Un guide de haute montagne, amputé d'une jambe, à la suite d'un attentat.
Avant de l'écrire, j'avais demandé à m'entretenir avec des personnes ayant vécu une amputation et avec le personnel médical qui les suivait. Je suis allé dans une clinique. Je n'oublierai jamais la puissance de vie que j'ai ressentie en ces lieux.
Le fonds "handicap et société" avait sélectionné ce roman pour un prix littéraire. Même si le livre n'a pas obtenu le prix escompté, les échanges avec les gens rencontrés lors de la cérémonie, à Paris, m'ont encore une fois rempli de joie, d'enthousiasme, d'énergie. La force de vie.
L'art photographique sait magnifier la différence pour en extraire l'unité humaine.
La reconstruction intérieure. L'amour en est le ferment le plus puissant. L'amour des montagnes, des forêts, des cieux, du vent, de la lumière, du soleil, de la pluie, de la neige, des oiseaux. Ces bonheurs simples et pourtant immenses, ces bonheurs qui diffusent cette joie de la vie en soi. Jusqu'au jour où cette vie ressentie emplit l'individu de l'amour de soi. Et que l'amour de l'autre redevient possible.
PHOTOGRAPHIES de la page Facebook de BENJAMIN LOUIS
Par quelle folie ou inconscience a-t-on pu en arriver ?
On connaît tous l'étendue des océans et des mers sur la planète et l'intégralité de cette masse liquide est contaminée, empoisonnée, saturée par le plastique.
On en trouve sur les côtes de l'Antarctique...
Aucun mammifère marin n'y échappe, aucun poisson, aucun être vivant et même les plus petits poissons finissent par ingérer des micro particules.
Parvenir à éviter intégralement les achats contenant cette matière est sans doute impossible.
Mais on peut en tout cas fortement les diminuer.
Une baleine enceinte a été retrouvée morte l'estomac rempli de plastique
De Alejandra Borunda
Une femelle cachalot enceinte échouée sur une plage de Sardaigne, une île italienne. Son estomac était saturé de plastique.
PHOTOGRAPHIE DE AVEC L'AIMABLE AUTORISATION DE SEAME SARDINIA
Cet article a été réalisé en partenariat avec la National Geographic Society.
Une femelle cachalot enceinte s'est échouée sur une plage de sable en périphérie de Porto Cervo, une cité balnéaire en Sardaigne. Lorsque les scientifiques et vétérinaires ont éventré la baleine décédée, ils ont assisté à un macabre spectacle : un baleineau mort et près de 22 kg de déchets logés dans son ventre.
Son estomac était rempli aux deux tiers de plastique. Les scientifiques ont également pu apercevoir les restes d'un calamar, mais il est fort probable que les nutriments qu'il contenait n'aient jamais atteint le système sanguin du cachalot car ses intestins étaient encombrés par la masse de déchets plastiques.
« Je n'avais jamais vu une aussi grande quantité de plastique, » rapporte Luca Bittau, biologiste marin au SEAME Sardinia, une organisation à but non lucratif dont centrée sur l'étude et la protection des cétacés vivant au large des côtes sardes. Ils ont trouvé des filets de pêche, des lignes de pêche, des sacs plastique dont certains étaient si récents qu'on pouvait encore y lire le code-barre, des tuyaux en plastique et même des assiettes en plastique « comme celles que l'on trouve chez nous, » ajoute-t-il. « C'est comme si toute notre vie quotidienne était là, mais dans son estomac. » Cette prise de conscience, confie-t-il, a été très accablante.
UN OCÉAN DE PLASTIQUE SOUS DES EAUX CRISTALLINES
Les scientifiques pensent que le cachalot, long de 8 m, faisait partie d'un banc qui évoluait dans les envions de l'île de Caprera où une fosse qui s'enfonce profondément sous les eaux turquoises de la mer Méditerranée leur permettait de donner naissance et de nourrir les baleineaux. La région attire bon nombre de touristes et de plaisanciers, les biologistes pensaient donc que le plus grand danger pour les baleines était les collisions avec les bateaux, et non la pollution plastique.
Pourtant, sous la surface aux allures paradisiaques, la réalité est autrement plus sombre, raconte Bittau. Le plastique recouvre le fond des océans où viennent se restaurer les cachalots et leurs acolytes. Les mammifères plongent au plus profond de la fosse et traquent les calamars dont ils raffolent à l'aide de l'écholocalisation.
Cependant, un sac plastique ballotté par l'océan est difficile à distinguer des mouvements de voltige d'un calamar. Une fois le sac ingéré, il ne sortira plus de la baleine. Chaque erreur commisse par le cachalot aggrave le problème et rapidement son estomac se remplit de ce matériau mortel.
Les causes de la mort de ce cachalot n'ont pas encore été déterminées. Les vétérinaires et les scientifiques de l'université de Sassari enquêtent toujours sur les motifs précis du décès du cachalot et de son bébé. Une triste découverte qui vient s'ajouter à la trèslongueliste de mammifères marins retrouvés morts l'estomac truffé de plastique.
UN PROBLÈME MONDIAL
« On retrouve aujourd'hui des plastiques partout sur la planète, à travers l'ensemble de l'écosystème marin et à chaque niveau de la chaîne alimentaire, des oiseaux de mer aux tortues en passant par les phoques, » constate Nick Mallos, directeur du programme Trash Free Seas pour l'organisme Ocean Conservancy, une organisation à but non lucratif qui s'intéresse à la protection des océans. « C'est un réel problème international dont les causes se mesurent à très grande échelle et dont les effets ne cessent de s'aggraver. »
La pollution plastique a réussi à atteindre les fosses océaniquesles plus profondes et la Méditerranée ne fait pas exception. Elle récolte les déchets des pays qui la bordent et, puisqu'elle est presque entièrement fermée, ces déchets ne quittent jamais ses eaux. Greenpeace estimait dans un rapport publié récemment que la majorité des 150 000 à 500 000 tonnes des macro-déchets en plastique qui entrent chaque année en Europe par voie maritime finissent dans la Méditerranée.
En réponse à cette crise du plastique, l'Union européenne a récemment adopté un texte visant à interdire les produits plastique à usage unique. Il entrera en vigueur en 2021.
Quoi qu'il en soit, il est déjà trop tard pour sauver ce cachalot.
« C'est un autre exemple tragique des impacts réels du plastique lorsqu'il envahit l'océan, » confie Mallos. Il y a de nombreux défis à relever en ce qui concerne l'océan, poursuit-il, « mais la pollution plastique en est un pour lequel nous connaissons la solution. Nous n'avons pas à nous préoccuper de modifier la chimie des océans ou de gérer les réserves de populations de poissons. Nous avons juste à fermer le robinet de plastique qui se déverse dans nos océans. »
« Nous nous sommes tous sentis responsables lorsque nous avons vu ces déchets dans le cachalot, » raconte Bittau, pour les assiettes que lui et ses collègues utilisaient chez eux comme pour les sacs ou les tuyaux. Il ne tient donc qu'à nous d'agir pour corriger ce problème, conclut-il.
National Geographic Society et Sky Ocean Ventures sont à l'initiative du projet Ocean Plastic Innovation Challenge dont l'objectif est d'amener divers acteurs du monde entier à collaborer pour développer des solutions innovantes afin de contrer la pollution provoquée par les déchets en plastique. Si vous avez une idée, n'hésitez pas à la partager avant le 11 juin à l'adresse oceanplastic-challenge.org.
Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.
UN CACHALOT RETROUVÉ MORT AVEC 6 KILOS DE PLASTIQUE DANS SON ESTOMAC
Depuis tout ce temps consacré au bien-être de l'autre, à ces heures de massage intégral, une connaissance affinée s'est installée, une sensibilité qui nous permet de ressentir des « nœuds », des blocages, des tensions, des contractures et de les libérer.
Il y a un aspect thérapeutique indéniable. Je sais combien le massage contribue à ce que je puisse vivre avec mes hernies discales. Le massage reçu tout comme celui que je prodigue : les deux soignent.
On ne discute pas pendant le massage. Rien ne doit nous détourner du saisissement de l'instant, qu'il s'agisse du massé ou du masseur.
Ce qui s'est installé également, c'est la sensualité du bien-être. Il est indéniable qu'il y a une profonde sensualité à masser l'être qu'on aime. Néanmoins, il ne s'agit pas d'érotisme.
Ce rituel de massage n'est pas un préliminaire à une étreinte sexuelle. Sans que rien ne soit « interdit » pour autant.
Le massage est un acte d'amour et c'est une forme de sexualité non génitale, non érogène. C'est une étreinte d'un autre ordre, d'une autre dimension. Masser un mollet, une cheville, une épaule, le creux poplité du genou, le crâne, la nuque, le visage, les orteils, la plante des pieds, les mains, chaque zone est aimée, pleinement aimée...
Les yeux du masseur fixés sur la zone concernée, toute l'attention concentrée, une visualisation des cellules, l'énergie coulant dans les tissus, les sensations précises des « reliefs »... C'est une « pénétration » de peau à peau, un effacement des limites corporelles, l'établissement d'un contact qui va bien au-delà de la matière.
Bien souvent, après le massage, lorsque nous en parlons, nous réalisons qu'à un moment, celui qui massait pouvait avoir été dans un lien émotionnel très puissant, un flux d'amour intense, une énergie libérée qui emplit le ventre, qui réchauffe encore davantage les mains et que celui qui était massé en a perçu la puissance, comme un renforcement du flux électrique. Sans que rien n'ait été dit dans l'instant. C'est un message sans paroles et ça n'est pas non plus une caresse. C'est là que le massage devient pleinement ce qu'il peut être : la sensualité du bien-être dans un coït asexué.
Il y a une dimension spirituelle considérable dans le massage partagé et ritualisé.
Bien évidemment que ce rituel a développé en nous une osmose très forte, une connaissance aimante, une attention qui ne relève pas du mental mais bien du cœur ou de l'âme ou de cette énergie vitale que nous aimons tant éprouver l'un avec l'autre.
Très clairement, il existe pour nous des degrés à l'amour, des paliers à franchir, comme des camps d'altitude qu'on se doit d'atteindre avant de viser plus haut encore. Monter en altitude, goûter à l'air épuré de l'amour intégral.
Ce bien-être est là, comme une présence en nous, un état qui relève de la pleine conscience.
Je m'en sers en méditation.
Non pas en pensant au massage lui-même mais à cet état de « flottaison » qui nous élève. Jusqu'à ce que le besoin d'y penser ne soit plus nécessaire puisque l'état de flottaison n'implique aucun effort. Il est inscrit en moi. Je peux le retrouver.
Il nous arrive parfois d'éprouver une forme de décorporation, comme si la frontière matérielle de la peau s'évanouissait. Les sensations ne sont plus d'ordre physique mais essentiellement énergétique. C'est là d'ailleurs que s'établit cette « pénétration » des fluides éthériques. Je ne sais pas quel nom leur donner. Je ne sais pas de quoi il s'agit. C'est au-delà de ce que je peux exprimer.
J'ai écrit « Kundalini » pour tenter d'en dessiner les horizons.
Juste de la tristesse pour ces deux hommes morts en mission.
J'ai lu pas mal de commentaires qui fustigent les deux touristes qui avaient été capturés alors que le quai d'Orsay avait lancé bien avant une alerte sur les risques.
On est au final dans la même situation que les gendarmes de haute montagne qui risquent leurs vies pour sauver des alpinistes parfois imprudents ou malchanceux... Ou des pompiers qui secourent des personnes entièrement responsables de leur détresse.
A mon sens, personne ne peut parler à la place de ses hommes. Eux seuls sont à même d'expliquer leur engagement. "Le commando d'action sous-marine Hubert, auquel appartenaient Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, a pour spécialités le contre-terrorisme et la libération d'otages."
Aucun de ces soldats ne se pose la question de la justification de leurs missions. Ils sont là pour libérer des otages, quoi qu'ils aient faits. Ou alors, il faudrait remettre en question l'engagement de ces hommes, ce qui serait leur manquer de respect. A mon avis.
Il n'empêche que la photo de ces deux hommes m'attristent profondément.
Tout comme le souvenir de Robert Sandraz, pompier volontaire, mort, noyé en secourant deux automobilistes.
Des commandos de marine s'éloignent du Sirocco, navire français attaché à la Force maritime européenne Atalante, au large des côtes somaliennes, le 26 mars 2014.
afp.com/Aymeric Vincenot
Les militaires français tués au Burkina Faso faisaient partie du commando d'action sous-marine Hubert, spécialiste en contre-terrorisme et en libération d'otages. Eclairage.
Ils sont morts lors du sauvetage d'otages français. Le maître Cédric de Pierrepont et le maître Alain Bertoncello, deux officiers mariniers qui officiaient au sein du commandement des opérations spéciales, ont perdu la viedans la nuit de jeudi à vendredi au Burkina Faso. Ces deux hommes respectivement âgés de 33 ans et 28 ans, appartenaient au commando Hubert.
Il s'agit de l'une des sept unités de commandos de la marine nationale, basée à Saint-Mandrier dans le Var. Ces unités, qui font partie des forces spéciales, emploient un total d'environ 700 hommes. La sélection pour rejoindre ce corps d'élite des commandos marines, créé en Ecosse par la France Libre pendant la Seconde Guerre mondiale, est réputée parmi les plus difficile au monde. Elle nécessite de passer sous les fourches caudines du "stage commando" (STAC), une sélection de plusieurs semaines lors de laquelle les candidats sont soumis à des efforts physiques et à une pression psychologique intenses.
Des missions secrètes
Chaque année, sur quelque 170 postulants, le plus souvent issus des rangs des fusiliers marins (une des composantes de la Marine), seulement une trentaine réussit. Aucune femme n'a jamais été brevetée commando. Recrutés, formés et entraînés au sein de la Marine, les "bérets verts" sont ensuite employés en opérations au profit du Commandement des opérations spéciales (COS).
Leurs missions, souvent gardées secrètes, sont aussi bien maritimes que terrestres : les commandos sont chargés de "mener des actions de combat, ainsi que de protection et d'évacuation des personnels militaires, des populations et des ressortissants, dans le cadre d'opérations militaires, en France et dans le monde entier", détaille la Marine. Rompus aux opérations amphibies, les commandos marine sont également formés au parachutisme et aux interventions dans le désert.
Depuis la Seconde Guerre mondiale, ils sont de tous les fronts : Indochine, Algérie et, depuis 1962, toutes les opérations extérieures majeures des armées françaises - Liban, Bosnie, Kosovo, Somalie, Rwanda, Afghanistan, large de la Somalie, Sahel et République Centrafricaine, Proche et Moyen Orient.
Le commando Hubert, un commando "d'assaut"
Les commandos d'assaut Jaubert, Trépel, Montfort et Penfentenyo sont plus particulièrement spécialisés dans le contre-terrorisme et la libération d'otages, le contre-terrorisme, la surveillance et neutralisation d'objectifs. Les commandos Kieffer et Ponchardier, eux, sont spécialisés dans l'appui. Tandis que le commando d'action sous-marine Hubert, auquel appartenaient Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, a pour spécialités le contre-terrorisme et la libération d'otages mais aussi l'action subaquatique.
Selon l'amiral Jean-Louis Vichot, ancien chargé des relations internationales pour le chef d'état-major de la Marine, interrogé sur France Info, il s'agit d'un "commando d'assaut". En 2008, le commando Hubert s'était déjà illustré en participant à la libération d'un couple de Français retenus en otage par des pirates somaliens.
"La particularité du commando Hubert, c'est ce qu'on appelle les nageurs de combat chez nous, c'est-à-dire qu'ils ont aussi cette aptitude à combattre sous l'eau", indique aussi l'amiral. Mais, poursuit-il, lors de l'opération de jeudi, "ce n'était pas le cas. Ils étaient dans leurs compétences 'ordinaires' de commando ou plutôt 'extraordinaires', celles d'être capables de faire des opérations de coup de main, d'aller chercher des otages au milieu de leurs ravisseurs et de les extraire".
Cédric de Pierrepont, 33 ans, cumulait 15 ans de service au cours desquels il a plusieurs fois été engagé sur des théâtres d'opérations en Méditerranée, au Levant et au Sahel, théâtre sur lequel il était déployé depuis le 30 mars dernier.
À 28 ans, Alain Bertoncello cumulait plus de sept ans de service au sein de la marine nationale. Après son entrée au sein des commandos Marine, il avait participé à des missions de défense des intérêts maritimes français aux Seychelles (protection des thoniers) et à plusieurs opérations extérieures au Qatar, au Levant.
"« Peu importe à quel point vous êtes bien renseignés, vous n’êtes sûrement pas assez inquiets. » David Wallace-Wells
Qu'est-ce que ça signifie ?
Pour moi, c'est la différence entre l'information reçue et digérée et l'information reçue mais qui ne peut pas être seulement absorbée, parce qu'elle est insupportable et qu'elle exige des actes et non seulement des pensées.
En fait, l'humanité, pour l'instant, est dans la première phase. Elle absorbe les informations.
Et elle y pense.
Aussi incontournable soit cette période "intellectuelle" puisqu'elle élabore malgré tout de possibles actions, il arrivera sans doute un moment où l'état des lieux ne sera plus acceptable et l'urgence sera si criante qu'elle en privera chacun de cette capacité mortifère à se contenter de penser...
Avec "la désobéissance civile", on entre dans les actes.
Je pense que la désobéissance civile démarre dès lors que les individus prennent conscience des conditionnements sociétaux et s'en libèrent. Le point le plus évident est celui du passage de la consommation effrénée à la simplicité volontaire. Il s'agit à mon sens d'atténuer le système marchand et son impact sur la planète. La désobéissance civile qui s'en prend aux institutions est à mon avis un combat sans issue. Les peurs sont bien trop fortes.
Je ne crois pas aux actions des gilets jaunes même si je comprends parfaitement le mouvement. Je ne crois pas que le peuple a les moyens d'imposer ses valeurs aux gouvernants et aux financiers. C'est utopique. A moins d'en passer par la révolution. Et on sait combien elles génèrent de souffrances.
Je ne crois qu'aux actes individuels, multipliés par des millions. C'est à dire des actes isolés, chacun à la mesure de ses possibilités, mais dans une idée fondamentale, unique, constante : la protection de la planète. Tout ce qui va à l'encontre de ce point unique doit être réfréné ou éliminé.
Bien entendu qu'il faudra des actes communs, pour multiplier les forces vives dans des travaux de grande ampleur, mais, là, dans l'immédiat, dès cet instant, il est possible de commencer, sans qu'aucun mot d'ordre ne soit donné par une instance dirigeante ou un mouvement social.
Dé-consommer.
Tout le problème vient de là.
Prendre conscience des "forces immatérielles" du conditionnement et s'en libérer, c'est une forme de désobéissance civile puisqu'il s'agit de se comporter différemment, de "sortir du système" autant que faire se peut.
La multiplication des "sorties de routes" finira par créer de nouveaux sillons. Il n'est pas sain, à mon humble avis, de chercher à entrer dans des sillons pré-tracés avant même de s'être engagé soi-même dans une voie personnelle. C'est une question de liberté. Et il serait absurde de se libérer d'un conditionnement marchand pour s'enfermer dans un conditionnement communautaire. C'est pour cela que je n'ai participé à aucune manifestation des gilets jaunes : je tiens à connaître les gens avec qui je marche. Dans une foule, c'est impossible.
Je ne crois pas qu'une action gouvernementale puisse nous épargner les tourments à venir.
Je ne crois qu'en ce que je peux faire.
Et si nous sommes des millions à croire en notre force personnelle, tout devient possible pour l'humanité entière.
Le mouvement Extinction Rebellion, né au Royaume-Uni et qui se développe en France, prône la désobéissance civile et dénonce l’inaction « criminelle » des gouvernements face au réchauffement climatique et à l’extinction massive d’espèces qui menacent l’humanité.
« L’échec abject de notre gouvernement en matière de protection des citoyens et des générations futures contre les souffrances inimaginables engendrées par la dégradation du climat et l’effondrement social n’est plus tolérable. Nous ne pouvons rester les bras croisés et permettre la destruction de tout ce que nous aimons. […] Nous avons à la fois le droit et le devoir de nous rebeller face à cette tyrannie de l'idiotie, à ce suicide collectif planifié. Rejoignez-nous. »
Cet extrait de la déclaration du mouvement britannique Extinction Rebellionprécédait leur déclaration officielle de rébellion, prononcée à Londres devant le Parlement, le 31 octobre 2018. Le groupe y assume recourir à la désobéissance civile non-violente face à « l’inaction criminelle » de son gouvernement et formule trois revendications : que le gouvernement informe ses citoyens de la gravité absolue de la situation ; qu’il agisse pour atteindre la neutralité carbone dès 2025 ; que soit mise en place une assemblée citoyenne pour superviser ces actions.
Le mouvement a rapidement gagné en visibilité : une centaine de chercheurs et de professeurs d’université ont signé une lettre ouverte dans le Guardian soutenant la rébellion. Les rebelles, qui affirment compter 500 personnes prêtes à aller en prison pour la « cause », mettaient dès le 17 novembre leurs principes de désobéissance civile en pratique en bloquant plusieurs ponts londoniens.
Plus de 1000 membres en France
Prônant l’horizontalité et la décentralisation, Extinction Rebellion a déjà égrainé aux États-Unis, en Italie, en Allemagne, en Australie, en Afrique du Sud… et en France, où le mouvement doit officiellement se déclarer « en rébellion » le 24 mars. Avant même sa naissance officielle, la branche française génère une relative effervescence, bien que difficile à quantifier : « Notre page Facebook compte plus de 5000 likes et nous sommes plus de 1000 membres à échanger sur notre forum privé. Ça prend de l’ampleur », nous assure Cécile, elle-même membre de « XR ».
« On fait des discours et des marches depuis 40 ans mais tant qu’on reste dans les clous, ça ne marche pas »
Cette vétérinaire de 36 ans n’avait jusqu’à présent jamais milité de sa vie. Pourtant, loin de la freiner, le choix de la désobéissance civile lui semble aujourd’hui inévitable : « On parle de réchauffement climatique et d’extinction d’espèces depuis les années 1980. On fait des discours et des marches depuis 40 ans mais tant qu’on reste dans les clous, ça ne marche pas. Face à l’urgence, nous n’avons plus d’autre choix que la désobéissance ».
Virgile, étudiant en école d’ingénieur de 22 ans, a rejoint Extinction Rebellion guidé par le même sentiment amer face à l’urgence : « Soit nos politiques n’ont pas pris conscience de l’ampleur du problème, soit ils sont trop corrompus pour prendre les bonnes décisions. Viser la neutralité carbone en 2025 n’est pas forcément utopique : c’est une question de volonté politique. Avec des mesures drastiques, on pourrait y arriver », assure-t-il.
« Faire apparaître la loi comme injuste »
Extinction Rebellion n’est pas le premier mouvement à prôner la désobéissance civile. Des ONG comme ANV-COP21, les Amis de la Terre ou Greenpeace sont, entre autres, adeptes des actions non-violentes pour alerter sur l’urgence écologique et organisent régulièrement des formations à la désobéissance civile.
Historiquement, le concept est pensé par le philosophe américain Henry David Thoreau en 1849, dans son essai La désobéissance civile. Il est ensuite retravaillé par Gandhi dans ses nombreux écrits et sa mise en pratique de la non-violence, puis connaît ses heures de gloire avec la lutte pour les droits civiques des Noirs américains dans les années 1950 et 1960 et ses héros désobéissants, Rosa Parks et Martin Luther King.
Une militante d'Extinction Rebellion en Angleterre (Photo Julia Hawkins. CC BY 2.0)
Si l’idée n'est donc pas nouvelle, elle semble connaître un regain de popularité ces dernières années. « Le recours à la désobéissance civile est de plus en plus important depuis le début du XXIe siècle », nous dit la philosophe Sandra Laugier, auteure avec Albert Ogien du livre Pourquoi désobéir en démocratie ?(La Découverte, 2010). « Sur les questions d’environnement en particulier, le phénomène semble croître depuis la signature de l’accord de Paris en 2015. Le ressort principal de ces actions est moral : il s’agit d’insister sur la légitimité morale ou politique de l’action pour, en se mettant dans l’illégalité, faire apparaître la loi comme injuste. »
Discrédit des politiques
En matière d’écologie, les faits participent à décrédibiliser l’action des gouvernements. Aucun pays de l’Union européenne ne respecte ses engagements pris lors de l’accord de Paris sur le climat. En France, les émissions de CO2 ont bondi de 3,2 % en 2017. Et plus récemment, en janvier 2019, un amendement du Sénat, soutenu par le gouvernement, reportait d’un anl’interdiction d’ustensiles plastiques à usage unique, pendant qu’Emmanuel Macron renonçait à l’interdiction du glyphosate pour 2021.
« Le gouvernement n’a aucun engagement honnête sur l’écologie »
« Il n’y a aucune cohérence entre le discours et les décisions prises », déplore Cécile. « Le gouvernement n’a aucun engagement honnête sur l’écologie. Il s’agirait déjà d’arrêter de déforester l’Amazonie pour construire une mine d’or en Guyane. C’est juste irresponsable », renchérit Virgile.
Un discrédit qui s’étend, pour les partisans de la désobéissance civile, à l’ensemble des institutions politiques et conduit presque mécaniquement à la désobéissance, estime Sandra Laugier : « Les canaux politiques traditionnels (partis, syndicats, etc.) sont inefficaces. La voie parlementaire est bloquée puisque l’Assemblée est aux ordres du gouvernement. Les pétitions et manifestations ne fonctionnent pas. Donc la désobéissance est perçue comme le dernier recours, le seul moyen de se faire entendre. »
Manifestation de militants d'Extinction Rebellion. (Photo Julia Hawkins. CC BY 2.0)
La priorité n’est toutefois pas de se faire entendre du gouvernement, mais d’abord de la population. La première des trois revendications d’Extinction Rebellion est « que le gouvernement doit dire la vérité sur la gravité mortelle de la situation ». « Il y a une prise de conscience que l’état de la planète est alarmant mais tout le monde est loin d’avoir compris ce que ça voulait dire », note Cécile.
Obtenir le soutien de 3,5 % des citoyens
Alors que l’effondrement de notre civilisation est devenu une hypothèse plausible et que le site du mouvement souligne qu’une « extinction de l’humanité est une réelle possibilité si nous ne prenons pas des mesures rapidement », il s’agit pour les militants de rassembler les citoyens avant d’espérer faire plier le gouvernement. « C’est un moment charnière. L’action en justice L’Affaire du siècle contre l’État français qui a réuni plus de 2 millions de signatures, l’ONU qui somme la France d’écouter les populations autochtones en Guyane… Il se passe plein de choses, c’est le moment d’en remettre une couche ! », assure la militante.
En ligne de mire, les fameux 3,5 %. Ce chiffre est souvent évoqué par les partisans de la désobéissance civile. Il fait référence aux travaux de Erica Chenoweth et Maria J. Stephan qui ont compilé et analysé les mouvements de résistance civile non-violente entre 1900 et 2006. Leur conclusion : non seulement les mouvements non-violents auraient deux fois plus de chance de succès que les insurrections armées, mais aucune de ces campagnes pacifiques n’a échoué dès lors qu’elle était soutenue activement par au moins 3,5 % de la population.
« C’est une vision des choses très XXe siècle », tempère Sandra Laugier. Pour la philosophe, une frange d’activistes ne bénéficiant que d’un « soutien vague » de la population ne suffira pas : « Il faut que beaucoup de gens se mobilisent. Il faut susciter une situation radicale perçue comme intolérable aux yeux du monde », dit-elle.
Violence contre non-violence
Pour cela, les mouvements de désobéissance civile comptent sur une stratégie et un atout médiatique majeur : opposer leur non-violence à la violence des représentants de l'État qu’ils sont susceptibles de subir en contrevenant à la loi. « Plus on sera traités injustement par les forces de police, et plus on aura l’adhésion de la population. L’idée est de faire boule de neige, et que plein de petits groupes autonomes de désobéissance civile se forment », espère Cécile.
Mais là aussi, Sandra Laugier est sceptique. « Cette stratégie est moins efficace qu’avant car il y a une plus grande tolérance à la violence d’État. Les violences policières contre des manifestants, ces derniers temps, n’ont pas provoqué de réelle indignation. Il faudrait une action de désobéissance civile qui suscite une répression particulièrement forte pour créer un électrochoc dans la population. Mais cela nécessite de passer à un niveau de lutte auquel la plupart des gens ne sont pas prêts, précisément parce qu’ils voient à quel point la répression peut être forte… »
« Certaines actions présentent un risque d’emprisonnement. On assumera les conséquences de nos actes »
Les militants d’Extinction Rebellion, eux, se disent prêts à faire face, à la hauteur de l’enjeu. « Certaines actions présentent un risque d’emprisonnement. On assumera les conséquences de nos actes », affirme Cécile. « Aujourd'hui, la désobéissance civile d’Extinction Rebellion est faite pour alerter et faire pression, complète Virgile. Mais chaque groupe autonome sera libre de choisir les actions qui s’imposent. » À condition, précisent-ils, de respecter la charte du mouvement et ses principes de non-violence.
Pour l’instant, un quart de siècle sépare leur revendication de neutralité carbone pour 2025 et l’ambition de gouvernement, qui vient d’annoncer vouloir fixer dans la loi l’objectif de neutralité carbone pour 2050. Le climat, lui, suit toujours une pente l’amenant vers un réchauffement de 3°C à 5°C d’ici la fin du siècle, avec son lot d’épidémies, famines et autres catastrophes annoncées pour les générations présentes et futures.
Un petit rappel puisqu'il est de bon ton de ne rien oublier par les temps qui courent...
Voilà ce qu'a dit Monsieur Macron il y a quelques temps : '«On ne peut pas prétendre lutter efficacement contre le terrorisme si on n’a pas une action résolue contre le réchauffement climatique».
Oui, je le pense également.
Mais alors, dans ce cas-là, comment expliquer l'absence réelle de faits, de changements radicaux dans les paroles et dans les actes ? Parce que question "bilan écologique", on frôle le néant.
Eh bien, c'est simple, la croissance économique passe avant le danger du terrorisme. Ils ne toucheront pas au système financier, ni au système économique, ni à la mondialisation, ni à leurs richesses.
Et ils pleureront les morts en affirmant solennellement que "le terrorisme ne mettra pas le pays à terre et que la nation saura se montrer forte et que les états démocratiques uniront leurs forces contre la terreur "patati et patata...
La déclaration de Macron au G20 selon laquelle «on ne peut prétendre lutter efficacement contre le terrorisme si on n’a pas une action résolue contre le réchauffement climatique» a déclenché une avalanche de critiques. Et s'il avait – en partie – raison ?
Non, le lien établi par Macron entre climat et terrorisme n'est pas inepte
Alors que Macron annonce un nouveau sommet sur le climat au G20, le 12 décembre, deux ans après l’entrée en vigueur de l’accord de Paris, il déclare qu'«on ne peut pas prétendre lutter efficacement contre le terrorisme si on n’a pas une action résolue contre le réchauffement climatique». Un sujet qui sera vraisemblablement mis sur la table lors de la visite de Donald Trump à Paris le 14 juillet.
Plusieurs personnalités politiques, notamment, se sont contentées de s’indigner devant la petite phrase quand d’autres ont abdiqué, non sans ironie, devant ladite complexité de la pensée macroniste. En réalité, étabir une corrélation entre ces deux luttes n’est pas absurde : plusieurs études scientifiques abondent dans ce sens depuis plusieurs années.
Des scientifiques américains ont déjà fait le lien entre la sécheresse en Syrie et l’émergence de l’EI
Si le Pentagone a dès 2003 établi un lien entre changement climatique et sécurité dans un rapport rendu public, c’est en 2007 que la Défense américaine a considéré officiellement le changement climatique comme un «multiplicateur de menaces». Cela dit, cette requalification est plus nuancée que le parallèle fait par Macron, comme le souligne le chercheur spécialisé dans les impacts géopolitiques du dérèglement climatique Bastien Alex, dans une interview qu’il nous a accordée en octobre 2015 : «Le lien entre changement climatique et conflits n’est ni à surévaluer ni à négliger».
De son côté, en 2015, l’Académie des sciences américaine a clairement corrélé la sécheresse syrienne, qui a eu lieu de 2006 à 2009, à la naissance du conflit syrien en mars 2011 contre le régime de Bachar al-Assad, et par ricochet à l’émergence du groupe Etat islamique. Par ailleurs, des experts américains ont conclu, en analysant la carte des territoires victimes de sécheresse et celle des territoires dominés par l’EI, qu’elles étaient quasi identiques.
Fin 2015, François Hollande, lors de son discours d’ouverture de la COP21, avait déclaré devant quelque 150 chefs d’Etat : «Le réchauffement annonce des conflits comme la nuée porte l’orage […]. Oui, ce qui est en cause avec cette conférence sur le climat, c’est la paix».
Bernie Sanders, l’adversaire d’Hillary Clinton pour l’investiture démocrate à la présidentielle américaine de 2016, affirmait, lors du débat télévisé du 15 novembre, en citant des rapports du Pentagone et du ministère de la Défense, que «le dérèglement climatique est directement lié à l’expansion du terrorisme».
Non loin de la pointe du Corbeau, sur la presqu'île de Plougastel-Daoulas (Finistère), un rocher laisse apparaître une énigmatique inscription, vraisemblablement datant du XVIIIe siècle. Pour lever le mystère de sa signification, la commune a lancé un appel national doté d'une prime de 2000 euros.
Par E.C avec AFP
"Cette inscription est un mystère et c'est pour ça qu'on lance cet appel", explique à l'AFP Véronique Martin, chargée de mission auprès de la petite commune de Plougastel-Daoulas à l'origine de l'opération "Le mystère Champollion", du nom du savant considéré comme le père de l'égyptologie, qui a déchiffré le premier les hiéroglyphes de la pierre de Rosette.
Une mystérieuse inscription
Pour parvenir jusqu'au rocher, ce qui n'est possible qu'à marée basse, il faut d'abord emprunter un petit chemin dans le hameau d'Illien ar Gwenn, l'un des 182 que compte la commune, puis remonter la grève vers l'anse du Caro. Le rocher se situe alors entre la pointe qui s'avance dans la mer et la falaise.
Il est entièrement gravé sur l'une de ses faces, de lettres capitales en grande majorité, mais aussi de dessins, dont un voilier avec son mât et son safran. Figurent également deux dates, 1786 et 1787. "Ces dates correspondent à peu près aux années de construction des différentes batteries qui protégeaient la rade de Brest et notamment le fort du Corbeau qui est situé à proximité immédiate", précise Véronique Martin.
ROC AR B... DRE AR GRIO SE EVELOH AR VIRIONES BAOAVEL... R I ou encore OBBIIE: BRISBVILAR... FROIK...AL, à côté d'un coeur surmonté d'une croix, peut-on notamment lire sur l'imposant rocher à flanc de falaise.
"Il y a des gens qui nous disent que c'est du basque (...) d'autres nous disent que c'est du vieux breton, mais on n'a encore jamais réussi à déchiffrer le texte", regrette le maire de Plougastel-Daoulas Dominique Cap, interrogé par l'AFP. L'appel, lancé à l'adresse de linguistes, historiens, universitaires, étudiants ou encore passionnés, prendra fin le 30 novembre. Un jury se réunira alors afin de choisir la proposition la plus plausible et attribuer la prime de 2000 euros. Le règlement du concours est disponible auprès de la mairie."
J'aime bien ces histoires de messages énigmatiques laissés dans des lieux improbables et pour les siècles à venir.
Lorsque j'ai connu Birgitt et Yolanda, on avait trouvé une grotte dans un lieu perdu en Ardèche et elles avaient réalisé un dessin au charbon de bois. Je n'ai jamais oublié cette forme étrange, comme un corps évanescent qui dansait sur la paroi rocheuse. Le temps a certainement effacé l'oeuvre.
Un jour, peut-être, j'irai quelque part, sur un sommet ou au fond d'une grotte et je graverai un message. Dans un coin discret. Peut-être qu'il ne sera jamais lu par personne. Mais je ne peux pas en être certain. Et j'imagine celui ou celle qui aura l'envie d'en résoudre l'énigme.
Juste un jeu à travers les siècles.
""Dans la noirceur des cimes, les héros sont tous morts dans l'étrange vertige de la Kundalini et les Eveillés, là-haut, ont vu leurs âmes à cœur ouvert. Jusqu'au bout, Jarwal le lutin les aura accompagnés."
Après une première websérie de fiction, Doxaqui dénonçait avec humour le triomphe des statistiques dans notre société - ça se passait dans un institut de sondage - le réalisateur Alexandre Pierrin signe Survivre, une websérie documentaire en immersion dans le monde de 5 survivalistes français.
Ils ont entre 19 et 60 ans, vivent chichement, grassement ou « avec prévoyance », avec un sac d’évacuation ou un arsenal à la maison, sans armes à la fraîche dans la forêt, heureux cachés dans une forteresse, en autonomie en off avec leur famille. Bernard, Yoann, Alexis, Freddy, Philippe sont survivalistes. Ils se préparent à la fin du monde. « Je suis cette petite voix qui te trotte dans la tête. Cette angoisse diffuse qui monte quand tu entends parler de réchauffement climatique, de terrorisme, et de crise économique. Je suis cette mauvaise conscience qui t’amène parfois à te demander : et si notre société s’effondrait ? ». Et cette question ronge chacun d’entre eux. Et chacun s’y prépare à sa manière. Le réalisateur Alexandre Pierrin (Doxa) les a suivis et en a tiré Survivre, une websérie documentaire de 5 épisodes, diffusée depuis le 5 mai sur France TV Slash et Youtube (chaque dimanche) et co-produite par Bridges. Survivrepropose une immersion dans le monde (très) disparate du survivalisme français. « Une idéologie composite », affirme le réalisateur. À chaque homme sa version de la survie.
Le jeu des 5 survivalismes
Bernard a 33 ans. Il n’est pas survivaliste, il est « prévoyant ». Il a un rituel particulier. Le soir quand il va se coucher trône au pied de son lit un sac d’évacuation pour être « tranquille 72 heures, jusqu’au cas où ». Et si l’État de droit était rompu, justifie-t-il. Après tout, même le ministère de l’Intérieur recommande d’avoir chez soi un sac permettant d’être pourvu pendant 3 jours, un « kit d’urgence ».
Survivre ou se défendre des autres ? (France TV Slash/Bridges)
Yoann, lui, est ingénieur informaticien. Pour ne plus être dépendant de la société, il a développé sa BAD, soit sa base autonome durable. Poules, culture en aquaponie, il a pour objectif d’être en autonomie totale sur l’alimentation et l’énergie. Aujourd’hui, il peut tenir 8 mois. En cas de « risques nbc » - d’attaques nucléaires, bactériologiques ou chimiques, au sous-sol l’attend lui et sa famille une pièce aménagée dans le sous-sol, une espèce de bunker.
« Il faudrait revenir à l’état sauvage, on s’en sortirait mieux »
Alexis a 19 ans et pratique le bushcraft, littéralement l’art de vivre dans les bois. « L’instinct primaire de l’homme, c’est vivre en milieu naturel », explique-t-il, « il faudrait revenir à l’état sauvage, on s’en sortirait mieux ». Avec des feuilles d’ortie, on peut faire des beignets. Freddy, lui, est célibataire et sans enfants. Avant d’être survivaliste, il se voit jardinier. La base de la survie, c’est le jardin, son stock, garant de son autonomie. Après un burnout, il a pris le large et s’est réfugié, littéralement dans une forteresse – « une sécurité, une carapace ».
Alexis, 19 ans, pro du bushcraft. (France TV Splash/Bridges)
Philippe est le plus âgé d’entre eux – 59 ans - et a connu en 2011 une période de disette. « Plus jamais ça ». Depuis, son garde-manger est alimenté de telle sorte qu’il serve comme un magasin. « J’essaie de vivre comme en survie ».
Survivalistes contre collapsos
Cette série documentaire, Alexandre Pierrin en a l’idée quand il lit un article sur de drôles de survivalistes. Encore plus différents de ceux que filment sa caméra : « Ça parlait de millionnaires de la Silicon Valley qui se préparent à la fin de notre société ». Il pense alors, raconte-t-il, que le mouvement survivaliste n’est pas « aussi caricatural que ce qu’on imagine ». « Tout le monde trouve la collapsologie (l’étude de l’effondrement, ndlr) cool, alors pourquoi considère-t-on les survivalistes fous ? », se demande alors Alexandre Pierrin. On tend à ridiculiser le survivalisme, parce qu’on a cette image du survivaliste américain « un peu taré qui se retranche », mais « derrière le survivalisme, il y a une philosophie très pratique, on est quasi dans le tutoriel ». À des crises virtuelles, le survivaliste cherche des solutions bien réelles. « Pour chaque problème, il y a une technique. On est d’abord dans du solutionnisme, ça évacue les questionnements politiques. »
« Et si à force de craindre un futur hostile, on participait à le créer ? »
Pour autant, « il y a un noyautage réel des survivalistes par l’extrême-droite ; forcément, dès que tu parles de déclin… Et sur Internet, c’est facile de prendre pour les plus importants ceux qui font le plus de bruit ». On ne dispose pas de chiffres, mais, avance-t-il, il existe des personnes issues d’autres mouvements, écolos, « qui en ont marre et qui se retrouvent à construire des fermes autonomes ». Et ça fait aussi partie du survivalisme.
Outre l’approche de chacun, le réalisateur – et c’est l’un des angles les plus intéressants – documente la question du marketing de l’effondrement, ou quand la « survie devient un marché et la peur, un argument de vente ». L’un des épisodes se concentre sur le salon du survivalisme, espèce de supermarché de l’effondrement. Qui offre autant de jouets ou outils pour se protéger de la crise, mais surtout de l’autre – « une menace », comment s’en isoler, comment en cas de crise, se défendre contre le monde, contre cette époque. « Le survivalisme est une sécession », explique le réalisateur. Et c’est fascinant. En filigrane – et le réalisateur la pose clairement – ça pose la question finale : et si à force de craindre un futur hostile, on participait à le créer ?
« Je suis cette petite voix qui te trotte dans la tête. Cette angoisse diffuse qui monte quand tu entends parler de réchauffement climatique, de terrorisme, et de crise économique. Je suis cette mauvaise conscience qui t’amène parfois à te demander : Et si notre société s’effondrait ? »
En Occident, tout le monde peut aujourd'hui devenir survivaliste. Et pourtant, nous ne savons rien ou presque, sur eux. En France, ils seraient entre 100 000 et 150 000. On parle de 4 millions aux Etats-Unis. Ce qui est certain, c'est que leur nombre est en croissance exponentielle. En témoigne la tenue du premier « salon du survivalisme » à la Porte de la Villette en Mars 2018 qui a réuni des milliers de personnes et des dizaines de médias venus de toute l'Europe. Alexandre Pierrin est parti recueillir, partout en France, la parole de jardiniers, informaticiens ou artisans qui partagent tous la même certitude que quelque chose va se passer. Et qui s’y préparent...
"Les zones gérées par les peuples autochtones sont les plus préservées"...
Mais, nous, on est des gens civilisés et pas eux.
Il me semble, en fait, que le commencement de la dévastation est marqué par la colonisation et non pas, plus tard, par la révolution industrielle. La colonisation et l'extermination totale ou partielle des peuples autochtones présageaient de la révolution industrielle. D'abord, il a fallu marquer les esprits, ensuite on pouvait marquer le territoire...
Un million d'espèces menacées d'extinction, des trajectoires économiques et politiques qui ne permettront ni d'atteindre les objectifs fixés pour 2020, ni les prochaines échéances... Voici quelques-unes des conclusions très inquiétantes du rapport sur la biodiversité publié par l'IPBES lundi 6 mai.
"Nous dépendons très fortement de cette biodiversité que nous sommes en train de dégrader". Voici le bilan exposé par Paul Leadley, professeur à l'université Paris-Sud et coauteur du rapport de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) publié ce lundi 6 mai.
Ce rapport alarmant est le fruit du travail de plus de 150 experts de la biodiversité réunis au sein de l'IPBES. Aussi surnommé "le Giec de la biodiversité", ce groupe d'experts dresse un constat d'une dégradation de la biodiversité sans précédent : "On estime qu’il y a autour d’un million d’espèces qui sont menacées d’extinction, parmi les huit millions d’espèces qui existent très probablement sur Terre", explique Paul Leadley. Le rapport de l'ONU fait aussi le constat que 75% du milieu terrestre est "sévèrement altéré par les activités humaines". Est aussi mentionnée l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre, qui ont doublé depuis 1980.
"On a besoin des pollinisateurs"
Le rapport pointe l’évolution des systèmes financiers et économiques comme "un élément clé" pour des politiques plus durables. Il indique aussi très clairement que les politiques actuelles ne favorisent pas la biodiversité. Pour preuve, la plupart des objectifs d'Aichi (lien PDF), prévus pour 2020, ne pourront être atteints.
Si ces conclusions sont aussi inquiétantes, c'est avant tout car la biodiversité assure nombre de services dont nous dépendons. "Par exemple, on a besoin des pollinisateurs comme les abeilles pour polliniser des fruits et légumes, insiste Paul Leadley. On a aussi besoin de forêts pour stocker le carbone et éviter qu'il ne se retrouve dans l'atmosphère et contribue au réchauffement climatique."
"Je vais peut-être exagérer un petit peu mais, pour le public, on est un petit peu 'les amoureux de la nature' mais il faut porter comme message que c'est important pour tout le monde la biodiversité",explique le chercheur.
Le document met également l'accent sur la conservation des savoirs autochtones, car il souligne que les zones gérées par ces peuples, qui représentent un quart du globe, sont les plus préservées de la planète.
Biodiversité : l’humanité face à ses responsabilités
Alors qu’un million d’espèces animales et végétales, terrestres ou marines, sont menacées de disparition, la réponse à l’alerte des scientifiques est désormais entre les mains des gouvernements.
"L’alerte mondiale lancée, lundi 6 mai, par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques – le « GIEC de la biodiversité » –, est d’une gravité sans précédent. Le taux de disparition de la vie sauvage est aujourd’hui des dizaines, sinon des centaines de fois plus élevé que durant les derniers dix millions d’années. Un million d’espèces animales et végétales, terrestres ou marines – soit une sur huit –, sont menacées de disparition. Et le rythme s’accélère dramatiquement."
NATURE & ENVIRONNEMENT
Les peuples autochtones, gardiens assiégés de la nature mondiale
Des Waorani dont la présidente du Conseil Waorani de Pastaza, Nemonte Nemquimo (C), célèbrent un jugement contre un projet du gouvernement -qui a fait appel- de faire entrer les compagnies pétrolières sur leurs terres, à Puyo (Equateur) le 26 avril 2019 AFP/ARCHIVES - RODRIGO BUENDIA
De l'Amazonie à l'Océanie, les peuples autochtones ont réussi par leurs savoirs ancestraux à freiner le déclin des écosystèmes, mais la pression extérieure sur ces "gardiens de la nature" est de plus en plus difficile à supporter.
Pour la première fois à un tel niveau, le rapport du groupe d'experts de l'ONU sur la biodiversité (IPBES) publié lundi intègre les savoirs, les problèmes et les priorités de ces communautés, aux côtés des contributions scientifiques classiques.
"Ils sont clairement les gardiens de la nature pour le reste de la société", insiste Eduardo Brondizio, un des auteurs principaux de ce rapport qui a nécessité trois ans de travail avant six jours de négociations plénières à Paris la semaine dernière.
Ces peuples qui représentent quelques centaines de milliers de personnes réparties sur tout le globe, de l'Arctique au Pacifique, s'occupent en effet, "sous divers régimes fonciers, d'un quart des terres de la planète. Et c'est là qu'on trouve la nature la mieux conservée", précise-t-il à l'AFP.
Une reconnaissance accueillie avec grande satisfaction par ces communautés parfois regardées de haut.
"Ce rapport fait entendre la voix des peuples autochtones et essaie même de la renforcer au niveau international", se réjouit Lakpa Nuri Sherpa, de l'organisation Asian Indigenous Peoples Pact.
"Le rapport prouve aux décideurs que les peuples autochtones sont ceux qui protègent, conservent, et encouragent une gestion durable de la biodiversité", indique-t-il à l'AFP.
Un membre d'une tribu autochtone brésilienne se rafraîchit dans une fontaine au dernier jour d'un rassemblement des indigènes pour faire entendre leurs revendications au droit à la terre, à Brasilia le 26 avril 2019 (AFP/Archives - CARL DE SOUZA)
Une réussite qui s'explique notamment par leur dépendance encore plus forte aux fruits de cette nature, et le retour de bâton immédiat en cas de mauvaise gestion, note le rapport.
Et aussi parce que "nous avons une relation spirituelle, sacrée avec nos ressources naturelles", insiste Lakpa Nuri Sherpa.
- 'Poule aux oeufs d'or' -
Malgré tout, ces écosystèmes déclinent aussi, sous l'influence d'appauvrissement des savoirs ancestraux, du dérèglement climatique et surtout d'un changement d'utilisation des terres principalement imposé de l'extérieur.
"La pression qui pèse sur eux est énorme", souligne Eduardo Brondizio.
Déforestation pour faire place à des monocultures, mines, infrastructures... "Nous repoussons constamment les frontières de l'extraction des ressources à travers le monde. Les peuples autochtones ont été repoussés par ceux qui empiétaient sur leur territoire depuis 500 ans. Mais on les rattrape à chaque fois", poursuit le chercheur.
Des enfants jouent sur de la glace en train de fondre dans le village d'Esquimaux Yupiks de Napakiak en Alaska, le 19 avril 2019 (AFP/Archives - Mark RALSTON)
Alors leurs représentants demandent depuis longtemps une protection.
"Si leurs droits ne sont pas reconnus, les peuples autochtones auront du mal à continuer à gérer ces ressources", plaide Lakpa Nuri Sherpa, dénonçant notamment des "accaparements de terres".
Une question encore plus sensible aujourd'hui en Amazonie avec l'arrivée au pouvoir au Brésil de Jair Bolsonaro.
Le discours du président brésilien orienté vers l'exploitation des ressources et les exportations "vilipende les peuples autochtones" et "méprise les richesses de l'Amazonie", estime Eduardo Brondizio, s'exprimant sur ce point à titre personnel.
"C'est comme d'utiliser la poule aux oeufs d'or pour faire une soupe de poulet", lance l'expert brésilien.
A l'inverse, il plaide pour que le reste du monde tire des "leçons" de la façon dont ces communautés gèrent leurs terres. "Certaines choses peuvent être transposées à plus grande échelle", note-t-il, prenant en exemple la culture agro-forestière de l'açai, fruit énergétique en vogue.
Une fillette indienne arara se repose au creux d'un hamac dans un village traditionnel du territoire des Arara en Amazonie brésilienne, le 13 mars 2019 (AFP/Archives - Mauro Pimentel)
Aroha Te Pareake Mead, représentante du Forum international des peuples autochtones sur la biodiversité et les services écosystémiques (IIFBES) lors de la réunion de l'IPBES à Paris, va plus loin.
Elle est persuadée que le concept maori de "kaitiakitanga", qui décrit la responsabilité de "gardien" de la nature transmise de génération en génération, doit être adopté au niveau mondial.
"Nous aurions peut-être une chance de sauver notre planète et toute sa biodiversité", lance-t-elle.
« Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Les méthodes du genre de celles d’Hitler sont dépassées. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes.
L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées. Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif.
Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser. On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux.
En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté. Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur.
L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu. Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutiennent devront ensuite être traités comme tels. »
« Diane, comment tu expliques cette impression de vide qui m’envahit parfois ? Comme si je n’étais plus là et que pourtant, j’avais pleinement conscience de la vie en moi. »
Elle le regarda en souriant et glissa une main contre la sienne.
« J’ai écrit quelque chose là-dessus dans un de mes livres.
- J’aimerais encore mieux que tu me le racontes, lança-t-il immédiatement.
- C’est bien mon intention, mon amour. J’essaie juste de voir comment commencer, répondit-elle en posant une bise sur sa joue. Je vais essayer de ne rien oublier dans la description. C’est partie de la réflexion d’un auteur que j’aime bien. Il fait une analogie entre notre perception de notre moi et un trou dans un morceau de bois. Ce trou peut être décrit par rapport à la couleur du bois, sa forme, sa dimension, la texture du bois, la régularité du contour, etc… mais il ne s'agit réellement jamais du trou lui-même, c'est à dire du vide qui le constitue, de la qualité de l'air qui s'y trouve, en fait de tout ce qui se trouve dans l'espace même de ce trou et non de ce qui l'entoure.
- Difficile à décrire effectivement, commenta Paul.
- Les qualités du vide dans le trou sont trop abstraites pour être clairement définies et surtout nous avons l'habitude par notre conditionnement de porter notre attention vers l'environnement plutôt que vers le sujet lui-même.
- C’est ce que j’ai fait toute ma vie, Diane.
- Eh bien, c’est cette habitude qui constitue notre "moi". Notre sens d'identité personnelle est généré par notre environnement et toutes les expériences vécues dans cet environnement. Nous construisons nos schémas de pensées en fonction de nos interactions avec cet environnement, notre capacité à nous y insérer, à y prendre forme, à nous modeler en fonction de toutes les influences que nous subissons. Possessions, rôles, appartenances, croyances, statuts, sont des données rapportées au fil de l'existence et nous les érigeons en identité. Mais ce "moi" n'est qu'un ectoplasme fabriqué sur mesure, par l'individu lui-même en fonction des influences projetées par l'environnement. Il se moule en choisissant l'atelier de poterie qui répond à ses désirs ou en subissant la puissance des influences. »
Elle s’arrêta quelques secondes. Elle regardait l’horizon.
Il ne la quittait pas des yeux. Il aimait la profondeur de sa voix, il aimait ses paroles et ce regard intérieur.
« Mais tout autant que ses désirs, le moi est empli de peurs et de souffrances diverses. Même le statut de victime est identitaire et le moi s’y reconnaît tout autant que dans le bonheur.
- C’est ma vie que tu décris, Diane.
- Ton ancienne vie, » Paul.
Il lui sourit.
- Oui, tu as raison.
- Et elle était nécessaire pour que la suite du chemin se dévoile.
- Continue Diane, je ne t’interromps plus.
- Cette identité devient par conséquent son bien le plus précieux et il s'efforcera de la renforcer par des rencontres, des expériences, des situations qui valideront ces choix et le convaincront de la justesse de son raisonnement. Là, où il ne s’agit pourtant que de phénomènes inconscients. Qu'en est-il si par malheur pour lui cet environnement vient à être perturbé à un tel point que les repères s'estompent ou disparaissent ? Que reste-t-il de l'individu ? À quoi peut-il se raccrocher pour ne pas tomber dans le vide existentiel qu'il avait justement toujours évité d'explorer ? Cette conscience du vide survient avec une telle violence que tous les repères volent en éclat. Il n'y a plus de bois autour du trou. C’est le vide qui surgit. Et la peur qu’il génère. Divorce, chômage, dépression, maladie, accident, décès d'un proche, les éléments capables de ronger le bois comme des animaux xylophages sont nombreux et redoutables. Le plus souvent inattendus. Jusque-là, le moi se nourrissait de tout ce qui était le non moi et il entretenait l'image de cette identité. Si l'environnement devient une source de peur et de danger, ce vide jamais exploré n'offre aucun ancrage. C'est le néant qui apparaît, un néant aussi terrifiant que l'image que l'on a de la mort. Il ne reste rien, l'individu a disparu parce que l'environnement connu ne le maintient plus en état. Et c’est ce que j’ai vécu à la mort de Tyler.
- Et c’est ce que j’ai vécu quand mon cœur a lâché.
- Et sans doute ce vécu commun nous a-t-il rapprochés.
- Comme une reconnaissance de conscience alors ?
- Oui, Paul, c’est comme ça que je vois les choses.
- Alors que se passe-il concrètement quand tout s’est effondré ?
- C’est la possibilité pour le trou d'exister enfin. Mais le vide dans le trou ne peut pas être éprouvé dans le même champ d'expériences que l'environnement, avec les mêmes outils de compréhension. Il existe une entité immuable qui a le pouvoir de considérer ces changements sans que ces changements n'influent sur elle. C'est l'identité véritable, le Soi. Un expérimentateur qui est parvenu à se dessaisir de lui-même. C’est un état de conscience pure, dépourvu de tout contenu. Il ne s'agit pas là de s'observer dans les évènements extérieurs mais d'entrer dans un espace sans expérience et que cette observation ne devienne pas elle-même une expérience. Au risque de renvoyer l'expérimentateur face à son objet. Il s’agit d’être conscient de n'être conscient de rien en soi.
- Une conscience désidentifiée en quelque sorte.
- C’est exactement ça, Paul. Et je pense que c’est la raison de tes tourments. On peut voir ça comme un conflit intérieur entre ton mental et ses propres schémas de pensées et cette conscience.
- C’est l’âme qui contient cette conscience ?
- C’est ce que je pense.
- Et c’est l’âme libérée des chaînes du mental qui entre en conscience avec l’esprit ?
Oui, bon, je sais, c'est sordide mais ça m'amène à penser à cette réflexion d'un lecteur des "héros sont tous morts" qui trouvait que l'enchaînement des cadavres et les conditions dans lesquelles ils passaient de vie à trépas étaient quelque peu "inhabituelles".
Sauf que j'ai lu les "faits divers" pendant plusieurs mois avant de me lancer dans cette écriture et qu'à un moment, j'ai arrêté de compiler les documents tellement ça finissait par puer la mort dans mon ordinateur.
Dans le registre des capacités humaines, on est toujours en deçà du possible.
« Toutes les horreurs que les romanciers croient inventer sont toujours au-dessous de la vérité. »
Balzac
Le cadavre d’une femme a été découvert lundi sur l’Oise, à hauteur de Neuville-sur-Oise
Fin mars, un batelier avait repéré une valise qui flottait dans l'Oise. Dedans, le corps d'une femme. Il s'agit d'une consultante scientifique franco-américaine âgée de 53 ans.
Par MT/AFP
La femme retrouvée morte fin mars dans une valise qui flottait dans l'Oise était une consultante scientifique franco-américaine âgée de 53 ans, selon une source proche de l'enquête, confirmant une information du Parisien.
Le corps de cette femme avait été découvert dans un bon état de conservation le 23 mars, dans une valise repérée par un batelier à hauteur de Neuville-sur-Oise (Val-d'Oise).
La victime était de nationalité franco-américaine et travaillait comme consultante en communication et développement dans le domaine de la "biotechnologie" et des "industries de la beauté", selon son site internet et le site Expertes France, qui recense les femmes expertes dans différents secteurs.
Causes de la mort inconnues
Les causes de sa mort ne sont pas connues pour l'heure. "Les investigations médico-légales sont encore en cours", a indiqué à l'AFPle parquet de Pontoise.
Sa disparition avait été signalée à Puteaux (Haut-de-Seine), quelques jours avant que son corps ne soit retrouvé.
EXTRAIT : "C’était sûrement de l’argent sale. Qu’est-ce que ce gars faisait là-haut avec une telle fortune ? Il n’avait vraiment pas l’allure d’un truand. Rien ne collait. De quoi avait-il eu peur ? Des tueurs aux trousses du chasseur, il les aurait vus. C’était incompréhensible. S’il cherchait à planquer du pognon, ça n’était pas vraiment une cachette idéale. Et pourquoi trimballer ça dans une mallette en cuir ? Un mec en montagne aurait dû avoir un sac à dos. À moins que… Il venait peut-être de la trouver, elle n’était pas à lui, il a eu peur en étant surpris, il a paniqué. Bon, et bien, si ça n’était pas à lui, à qui appartenait-elle ? Peut-être que des mecs pas nets la cherchaient cette foutue mallette. Il ne fallait pas descendre comme un bourrin. Rester très prudent. En mode « alerte ». Son préféré.
Réfléchir…
Il ne dirait rien à Lucie, elle aurait sûrement peur et c’était le meilleur moyen pour qu’elle dise une connerie. C’était déjà compliqué pour lui. Il ne pouvait pas prendre ce risque.
Il s’aperçut subitement qu’il ne lui était jamais venu à l’idée d’aller poser la mallette au commissariat.
L’idée l’arrêta net, comme un mur intérieur contre lequel il venait de buter.
Il avait décidé d’emblée qu’il garderait tout, sans le moindre doute, sans même y réfléchir, ça s’était imposé à lui, comme s’il n’avait jamais éprouvé la moindre morale. C’était certainement de l’argent sale, il avait tué un gars, il l’avait cramé, et rien, aucune pensée, aucun trouble ne s’étaient immiscés... Il en fut considérablement surpris. Il était devenu lieutenant de police par amour de la loi, pour combattre les voleurs, pour protéger les citoyens, pour être utile et parce qu’il aimait l’adrénaline et les armes. Et là, en l’espace d’une seconde, sans la moindre interrogation, il avait décidé de balayer tout ça comme de la poussière. Et de basculer de l’autre côté. Il avait déjà abattu deux gars dans sa carrière. Légitime défense. Mais c’était dans le cadre de son boulot et il n’avait rien caché. Il n’y avait même pas eu d’enquête. Le témoignage de ses collègues avait suffi. Mais lui, ça l’avait bien brassé. Le deuxième, tout autant que le premier.
Et là. Rien. Absolument rien. Il se foutait totalement de ce gars et ne pensait qu’à la fortune qu’il tenait.
C’était donc ça la folie des truands. L’argent balayait tout.
Il ne se pensait pas aussi faillible. Il était comme eux. À partir de quelle somme basculait-on ? À partir de quel rêve devenions-nous des truands ? La morale ne concernait peut-être que les gens sans espoir, les gens soumis, les gens éteints. Et lui se sentait brûler d'une euphorie diabolique. Et c'était délicieux.
Il entendit des sirènes monter de la vallée. Droit vers lui. Plusieurs véhicules. Gendarmerie. Puis un véhicule de pompiers. Il pensa que le chalet en feu avait dû se voir depuis la ville. Il continua à descendre sous le couvert des arbres. À l’écart du sentier. Un coureur en montagne avec une mallette en cuir, le moindre promeneur s’en souviendrait immanquablement. Personne ne devait le voir.
À cent mètres du parking. Des portes qui claquent, des appels de voix, des moteurs. Il chercha un angle de vue sous le couvert des arbres, juste de quoi se faire une idée.
Non, ça n’était pas le chalet en feu qui avait déclenché un tel raffut. Une certitude. Les pompiers ne seraient pas montés dans cette impasse. Aucun moyen d’accéder aux pentes supérieures. Il vit les deux véhicules arrêtés, les bandes de rubalise encadrant la scène, les gendarmes délimitant la zone, des photographes en action, toute la procédure enclenchée.
Scène de crime.
Le chasseur.
Putain, dans quel bordel il avait mis les pieds ! Toutes les suppositions déboulèrent dans son crâne, toutes les décisions à prendre, toutes les précautions à établir.
Il vit des draps blancs sur des corps. Le chasseur les aurait butés, il aurait pris la mallette, il serait monté se planquer là-haut ? Mais pourquoi ? Quel intérêt ?
Deux collègues en service qui discutaient. Fabien et Mathieu. Deux bons. Demain, il aurait un compte-rendu détaillé. Ce soir, peut-être. Ils souhaiteraient certainement lui parler de l’affaire.
Il devait rentrer. Planquer la mallette. Et reprendre une vie normale, participer à l’enquête. Il comprendrait peut-être l’énigme. Est-ce que le chasseur avait tué ces gars ? Il ne parvenait pas à distinguer toute la scène. Combien y avait-il de morts ? Pourquoi ensuite serait-il monté là-haut ? C’était n’importe quoi. Si c’était pour se planquer, l’idée était pourrie. Vu la merguez carbonisée que ça devait être maintenant, le chasseur ne le contredirait pas. Peut-être un idiot, le crétin du village, un ivrogne, un viandard qui tire sur tout ce qui bouge, un amoureux de cette cabane, un refuge habituel. Peut-être aussi que tout ce pognon l’avait rendu dingue.
Il quitta sa planque, remonta pendant cent mètres et traversa en diagonale pour s’éloigner des lieux. Il croisa le chemin des muletiers et entama une descente hors sentier. La cheville le lançait, il devrait trouver une excuse s’il ne pouvait s’empêcher de boiter devant les collègues. Surtout pas une course dans le coin. Raconter une sortie dans le Vercors, par exemple. Loin de la vallée. Ses collègues savaient de toute façon qu’il avait l’habitude de partir seul. Il n’aurait pas eu de témoin et ça ne surprendrait personne.
Rejoindre la voiture par les bois, ne jamais sortir à découvert, attendre que les deux amoureux béats s’en aillent, foncer jusqu’au break, les clés dans la main, ouvrir et cacher la mallette sous sa veste de montagne. Il s’accorda cinq minutes de pause. Les yeux fermés. Il se félicita de n’être pas parti de la maison en courant. Il ne s’était pas vraiment expliqué cette inhabituelle entame. Les deux kilomètres de plat représentaient pourtant un bon échauffement. Encore une étrange intuition, comme si en lui, tout était déjà prévu, comme si les événements à venir coulaient déjà dans ses pensées. Il se surprit à sourire et se sentit invincible.
Il démarra et quitta le parking. Il roula avec une attention accrue. Vraiment pas le moment d’avoir un accrochage. Il réalisa que la pression interne ne le lâchait plus et il comprit soudainement la tension inhérente aux actes illégaux. Cette nervosité chronique qu’il avait souvent ressentie chez les malfrats inexpérimentés… Un qui-vive permanent. La main sur le flingue pour calmer les angoisses. Il se souvenait de ce gars qui baisait uniquement avec son holster, un dingue qui avait déballé toute sa vie de taré pendant la garde à vue. Finalement, c’était tout à fait compréhensible.
Il se gara devant la maison, une allée empierrée, il descendit et ferma les vantaux en bois du portail. Il prit la mallette, l’enveloppa dans la veste et entra par le garage. Porte d’accès à la partie habitable. Il traversa la cuisine en direction du salon. Il voulait se servir un scotch avant de prendre une douche. Réfléchir encore.
Lucie.
Elle était assise dans le canapé. Il s’arrêta. Un coup au ventre, une décharge courut en lui, comme s’il venait de toucher une clôture électrique.
Il posa la mallette sur la table et la couvrit rapidement avec la veste.
« Qu’est-ce que tu fais là ? »
Il se reprocha la dureté de sa voix. Il n’avait rien deviné et ne le supportait pas.
« Je t’attendais. J’ai quelque chose d’important à te dire.
-Tu veux baiser ? lança-t-il sur un ton rieur. Il voulait se reprendre, cacher son inquiétude, ne pas laisser transparaître sa nervosité.
-Non, vraiment pas. Ni ce soir, ni plus jamais. Je te quitte. »
Elle s’était levée, elle avait pris son sac.
Elle posa distinctement les clés sur la table.
Il n’avait rien pressenti. Comme avec Chloé. Les femmes s’obstinaient à l’humilier. Une colère immense, une brûlure qui l’envahit et réveilla la douleur de son front. Comme si la colère était allée se nicher dans un antre fragilisé.
« Qu’est-ce que c’est que ce délire ? C’est parce que je suis allé courir que tu me fais une crise ? J’ai besoin de décompresser, tu le sais bien pourtant !
-Rien à voir. Je sais bien que ton boulot est stressant et que tu lui accordes une place immense. C’est bien ça le problème d’ailleurs. Moi, je ne suis rien qu’un substitut, un produit de remplacement quand tu n’as pas le temps d’aller te vider là-haut. Alors, tu me baises et tu te vides. J’en ai marre de ça, c’est sans espoir. Je ne compte pas pour toi. J’en ai marre que tout soit sali, j’ai besoin d’amour, un véritable amour. »
Il n’avait rien pressenti et c’était insupportable. Bien pire que tout. Comme si les femmes détenaient un pouvoir plus puissant que le sien, comme si, à tout jamais, il ne serait que le dindon de la farce, celui qui ne voit rien venir, qui ne comprend rien, qui ne serait qu’un jouet dans leurs mains. La brûlure dans son crâne s’amplifia. Il savait comment l’éteindre.
Elle n’aimait pas son silence, elle devinait des crispations redoutables. Elle n’avait plus rien à dire. Elle voulut quitter la maison, s’éloigner, ne plus le voir, l’oublier.
Elle ne vit pas le coup venir. Une claque monumentale. Elle tomba au sol et il se rua sur elle.
« T’es qu’une salope, comme toutes les autres, toujours à m’humilier, c’est ça qui te fait jouir, hein, c’est ça ? »
Elle chercha à se redresser mais un coup de pied dans le ventre lui coupa le souffle.
Il hurlait.
« Tu t’es foutue de ma gueule hein, t’en as bien profité, t’as bien caché ton petit manège. Et maintenant, tu me jettes comme une merde. Tu m’as manipulé pour que je ne devine rien.
-Arrête, lâcha-t-elle en se glissant sous la table.
-Sors de là, salope, je vais te montrer ce que ça coûte de te foutre de moi. »
Elle se releva en saisissant la mallette posée à l’extrémité de la table, elle la jeta au sol en courant vers la cuisine. Porte d’entrée inaccessible, il lui barrait la voie.
« Putain, touche pas à ça! »
Il ramassa la mallette avec délicatesse, comme un animal blessé, un objet précieux, une marque de tendresse, un amour absolu. Il la reposa sur la table, respectueusement, et se tourna vers Lucie. Une rage totale. Des affronts qu’il fallait laver.
Elle espérait sortir par la baie vitrée de la cuisine. Il était dans son dos.
Elle saisit le couteau à pain posé sur le buffet américain et le serra contre son ventre.
« Cette fois, tu vas t’en souvenir un bon moment ! » hurla-t-il en se précipitant dans la pièce.
Grimper, glisser, marcher ou tout simplement regarder. Tout (ou presque) ce que l'on peut faire ou voir en montagne (et parfois aussi ailleurs).
Qui a peur du grand méchant loup ?
Publié le 4 Mai 2019
Lettre à Mme Véronique Pueyo, journaliste
Lettre à la rédaction de France Bleu Isère
Lettre à M. Thomas Guillet, maire de Corrençon-en-Vercors
Lettre à M. Gilles Ruel, président de la société de chasse de Corrençon-en-Vercors
Lettre à M. Lionel Beffre, préfet de l'Isère
Bonjour
Je réagis à un article publié par France Bleu Isère intitulé "Corrençon-en-Vercors, un loup achève sa proie dans le centre du village" et paru ce samedi 4 mai 2019. Ce billet entretient la psychose du loup de manière inutile et il était impératif de rétablir un minimum d'objectivité.
Je passe rapidement sur le titre et le chapeau, peut-être destinés à faire cauchemarder les gens pas (ou peu, ou prou, ou mal) informés sur le loup, en particulier les habitants du Vercors. Quelle belle idée ! Je m'attarderai un peu plus sur le corps du billet en question :
- Vous tirez des conclusions (sur le loup) avant même le moindre résultat d'une étude ADN, étude ADN qui, même si elle prouvait que ce soit un loup, ne confirmera jamais le lieu de la scène. Il y a en effet suffisamment de personnes mal intentionnées "anti-loup" dans nos campagnes pour qu'il soit même possible que ce cadavre ait été rapporté ici par l'un d'entre eux en pleine nuit.
- Sans les mêmes conclusions, vous autorisez des tirs d'effarouchement. Et quand bien même : si les louvetiers venaient à abattre un loup, on n'aurait aucune preuve que ce soit le "coupable". Je m'intéresse à cet animal à titre personnel et je peux vous affirmer que l'espace de quelques heures, ils peuvent être à des kilomètres de là et ne pas y revenir avant plusieurs semaines. Cette mesure fait un peu l'enfant qui veut se venger de quelque chose. Puéril et sans effet. D'autant qu'il n'est même pas prouvé que la régulation des loups ait un effet "positif" pour ceux qui se disent gênés par l'animal. On le voit ; le loup est maintenant présent partout sur le territoire français, peut-être en partie à cause de cette dispersion causée par les tirs et l'éclatement des meutes.
- On peut lire que "le loup n'a plus peur de venir jusque dans les villages". Le loup n'a pas peur tant qu'il ne croise pas son ennemi de toujours. Il se "promène" la nuit : pour être heureux, vivons caché vous dira-t-il. Parfois, il se fait surprendre par un randonneur, un citadin qui passe par là. Après quelques secondes d'hésitation et d'identification, il fuit. Le loup craint l'homme et "gère tranquillement" cette crainte.
- "Le cerf a cru qu'il serait protégé du loup en entrant dans le village". Là, j'ai failli m'étouffer. Le cerf n'a rien cru du tout. On parle quand même d'un cerf !! Encore une fois, s'il n'a pas été déposé ici "artificiellement", ce cerf s'est retrouvé là suite à la panique lors de l'attaque (que ce soit un loup, un chien...) et lors de la poursuite. Point. A noter qu'il y a eu récemment le même type de conclusions sur un loup aperçu se nourrissant du cadavre d'une biche aux portes d'un autre village isérois. On a crié à l'entrée des loups dans les villages. En réalité, le cervidé avait été tué par percussion avec une voiture et l'opportuniste et intelligent canidé en avait profité. Simplement.
- Vous craignez les attaques de loup sur l'homme. Pour parler de ce que je connais à savoir, depuis la date du retour du loup en France en 1992 soit bientôt trente ans, aucune humain n'a été tué par un loup. Et même aucune blessure véritable n'a pu être trouvée. Et chaque année, "on" continue à perdre de la salive en entretenant cette psychose de l'enfant qui finira par se faire manger. L'être humain est suffisamment intelligent et prendra les mesures adéquates le jour où cela arrivera, si cela arrive. En attendant, arrêtons d'entretenir ces inepties et, au contraire, contentons-nous des faits. Et là, il y a du travail. Zero attaque de loups mais combien de chiens ? Dans le même laps de temps, sur une trentaine d'années, les accidents de chasse causent entre 15 et 20 morts par an soit peut-être 500 depuis le retour du loup et les autres "usagers" de la nature attendent toujours des mesures pour réduire les risques (diminution des zones géographiques autorisées à la chasse, réduction de la durée avec un jour de non-chasse le week-end, les vacances etc).
Réapparu en 1992 en France, le loup est effectivement un prédateur et le fait qu'il se nourrisse d'animaux n'est pas un scoop. Dans l'état actuel de notre biodiversité dont je ne vais pas faire la liste ici, il est impératif que tout être vivant soit protégé et que, lors de conflits avec l'homme (dans le cas du loup, je ne vois que celui avec les éleveurs), nous trouvions des réponses (et il y en a toujours) qui mettent la protection de la biodiversité en priorité. La presse peut aussi contribuer à tout cela en cessant ces billets "à grands titres" et se contentant de relater les faits.
Surprise au réveil pour les habitants de Corrençon-en-Vercors, petit village de montagne de 350 habitants. Ils ont découvert en plein centre de la commune la carcasse d'un cerf, à moitié dévo...
« Khalil Gibran a écrit que nous sommes comme des noix. Pour être découverts, nous avons besoin d’être brisés. Et bien nous avons été brisés, avoua difficilement Daniel.
- Notre fils est mort quand il avait dix ans, continua Maryse d’une voix sombre. Tué par un chauffard dans une rue de Paris. Sa sœur jumelle a été gravement blessée mais elle a survécu. »
Il baissa les yeux et ramassa un petit caillou sur le sol. Il le fit rouler nerveusement dans ses doigts. Il imagina Rémi mort et Marine grièvement blessée. Un immense frisson le secoua. Il préféra parler pour chasser cette image.
« Je suis désolé, ça a dû être terrible.
- Ce drame a tué les non êtres que nous étions, continua Maryse. Nous aurions pu mourir physiquement et c’est ce qui serait arrivé si Lydie aussi était morte. Nous étions en partie responsables de la mort de Mathieu. Nous aimions l’agitation de Paris, les rencontres, les spectacles, la vie trépidante de la ville, la concentration humaine nous étourdissait et nous nous pensions heureux. Nous étions en fait des êtres endormis en train d’entraîner avec eux leurs deux enfants. Nous avons été brisés et nous le devons à la disparition de Mathieu. Si nous n’avions pas su en retirer une nouvelle connaissance, nous aurions tué Mathieu une deuxième fois. »
Daniel, silencieux, fixait le lac. Maryse baissa la tête.
« Vous êtes peut-être trop sévères avec vous-mêmes quand vous affirmez que vous êtes en partie responsables de ce drame. Vous ne pouviez pas prévoir.
- Prévoir, cela signifie voir en avance, répondit Daniel. Nous, nous étions en permanence en retard. Nous ne faisions que réagir à tout ce qui nous arrivait avec la prétention stupide de croire que nous maîtrisions quelque chose. Mais l’homme ne décide rien. Tout lui arrive. Vous croyez par exemple que vous avez décidé de venir ici mais ce sont les événements de votre vie qui vous ont conduit ici. En fait, quelqu’un qui saurait lire dans la vie d’un homme aurait deviné que vous alliez venir ici. Pour pouvoir faire quelque chose, c’est à dire en avoir l’idée, ensuite la volonté de l’exécuter, le courage de passer à l’acte avec énergie, la capacité d’en retirer les enseignements, il faut déjà être quelqu’un. Il faut déjà exister. Sinon, vous vous contentez de subir des pressions extérieures qui vous poussent dans des directions qui vous dominent. Tant que vous refusez d’accepter cette terrible réalité, vous ne pouvez pas être.
- Et si je pense le savoir et que je l’accepte, que me reste-t-il à faire ?
- Le plus difficile. Beaucoup de personnes atteignent cet état de conscience dans lequel il découvre la futilité de leur vie et l’absence de contrôle. Une grande partie refuse d’aller plus loin. C’est souvent à cette occasion que surviennent les dépressions, les conflits familiaux, les difficultés professionnelles. Alors, on continue à se mentir. En général, la faute retombe sur les proches. On se sent incompris alors que c’est soi-même qu’on ne comprend pas. Mais ça, c’est une vérité trop douloureuse. Et d’avoir entrevu ainsi une nouvelle source de lumière et de prendre conscience aussitôt de son incapacité à la saisir pleinement, par faiblesse, par manque de courage et de volonté, accentue considérablement les états de dépendance. Les gens vont se plonger avec furie dans l’agitation pour tenter d’oublier et surtout de s’oublier. C’est pour cette raison qu’il faut être prudent et ne pas amener à la porte de cette nouvelle conscience une personne dont la faiblesse pourrait s’avérer destructrice.
- En tout cas, pour y parvenir, reprit Maryse, il est indispensable d’établir la liste des pressions extérieures et tenter ensuite d’échapper à ces états de dépendance. Les états de dépendance, ce sont ceux dans lesquels nous n’avons plus aucune réflexion réelle car l’agitation qui leur est afférente empêche toute observation claire. Parfois, on croit dans ces états que l’on est encore capable de discerner ce qui nous arrive mais c’est un subterfuge du mental. Sinon, le dégoût de nous-mêmes nous éloignerait de cette source de plaisir. Car la récompense de ces états et le fait que nous les recherchions, c’est uniquement le plaisir. La conscience de l’homme dépendant est prête à toutes les ruses pour en obtenir sa dose quotidienne. Tous ces individus sont des drogués. Le mensonge est la ruse principale pour satisfaire la soif de plaisir. Il faut donc comprendre que nous nous mentons sans cesse pour commencer le vrai travail et savoir que ce sera douloureux. Les années de soumission créent une dépendance dont il est très difficile de se défaire. C’est ce qui explique l’aveuglement de telles masses. C’est aussi pour cette raison que les adultes soumettent le plus rapidement possible les enfants. Ils sont malléables mais ne le resteront pas. Ceux qui auront résisté jusqu’à l’âge adulte seront des révoltés de toutes sortes. Parfois, leur révolte sera destructrice et violente, parfois ils se détruiront eux-mêmes, souvent ils deviendront des marginaux. Quelques-uns parviendront à garder cette clairvoyance qui les a surpris un jour et ils la développeront, l’approfondiront, l’enrichiront à travers de nouvelles expériences ou des rencontres avec d’autres individus illuminés. On se moque des gens qu’on traite d’illuminés. On ne veut pas comprendre qu’ils ont découvert une vérité qui nous dépasse. »
Il y a déjà quelques temps que j'ai lu des alertes lancées par les scientifiques sur le problème du permafrost et de sa fonte accélérée.
On y est.
Et ça n'est que le début.
Ce qui "m'amuse" ou me désole, selon les jours, c'est de penser aux individus vivant en France et qui s'imaginent encore que le réchauffement climatique ne les atteindra pas.
Croire que les climats de la planète ne sont pas étroitement imbriqués et ne seraient pas tous atteints par le déréglement d'une zone précise, c'est d'une naïveté désespérante.
L'épaisseur de la bulle dans laquelle ces individus vivent est consternante...
Emmanuel Grynszpan, Moscou
Publié vendredi 3 mai 2019 à 11:52, modifié vendredi 3 mai 2019 à 14:49.
RUSSIE
En Sibérie, la fin du permafrost
En Yakoutie, le réchauffement climatique provoque la fonte de sols jusqu'ici gelés toute l'année. Des milliers d’habitations menacent de chavirer dans la boue en été, tandis que les villages du nord sont submergés par des inondations noires
Economie, politique, société, culture, sport, sciences : les enjeux écologiques traversent toutes les strates de notre société. Comment passer de l'analyse à l'action? Quelle est la part de décisions individuelles et celles qui relèvent de choix politiques? Pourquoi la complexité du défi ne doit pas nous décourager?
Découvrez pendant la première quinzaine de mai, et à tout moment sur une page dédiée, une série d'enquêtes sur le thème de la transition écologique. Retrouvez le 9 mai, une édition spéciale du Temps à ce sujet, à l’occasion du Forum des 100.
On l’appelle en Russie le «gel éternel» et rien n’est plus fallacieux. Les Yakoutes sont en train de l'apprendre à leurs dépens. La totalité de cette république perdue au fin fond de la Sibérie orientale, grande comme 72 fois la Suisse, repose sur le pergélisol (ou permafrost), une couche de terre gelée d’une profondeur dépassant parfois 1000 mètres. Où que l’on creuse le sol – même au milieu du bref été continental, au cours duquel la température atteint les 40°C – on tombe rapidement sur une terre dure comme du béton. Enfin, c’était le cas avant le réchauffement global. Désormais, la couche dégelée (ou «couche active» en jargon scientifique) descend jusqu’à 3 mètres de profondeur.
«Tous les Yakoutes ont remarqué le phénomène», raconte Valentina Dmitrieva, présidente d’Eyge, une association locale de protection de la nature. «Nous enterrons traditionnellement nos défunts en été 2 mètres sous terre. Avant, il fallait verser de l’eau bouillante pour dégeler les 50 derniers centimètres. Aujourd’hui, la terre est déjà molle», poursuit Dmitrieva, qui est aussi directrice des programmes de recherche à l’Université fédérale du Nord-Est à Yakoutsk.
Des pilotis de béton
Les conséquences de ce dégel accéléré font penser aux sept maux de l’apocalypse: déformation du sol, érosion ultra-rapide des berges de l’océan Arctique, inondations d’eaux noires, marais et lacs engloutissant les pâturages, «forêts ivres» où les arbres s’inclinent de manière chaotique, réveil de microbes et bactéries centenaires capables de déclencher des épidémies…
Même en milieu urbain, le phénomène saute aux yeux. A Yakoutsk, la capitale de la région, le pergélisol offrait une fondation d’une dureté sans égale aux bâtiments. Mais les 400 000 habitants de la ville «la plus froide du monde» ont du souci à se faire. Tels des mille-pattes de béton, toutes les constructions sont perchées sur des pilotis plantés dans le pergélisol. Un espace de 1 à 2 mètres est laissé vide entre le rez-de-chaussée et le sol pour que la chaleur des habitations ne fasse pas fondre le sol les supportant, et afin que l’air glacial refroidisse la «couche active». Jusqu’en 2000, la norme obligeait les constructeurs à planter des pilotis de 8 mètres pour les immeubles. Ce qui signifie qu’aujourd’hui, pendant plusieurs mois, ces constructions de cinq étages ne sont plus maintenues que sur les 5 derniers mètres. Conséquence: des fissures lézardent des dizaines de bâtiments construits à l’époque soviétique. Elles sont vite colmatées par la mairie, mais pas assez pour empêcher de faire jaser. D’autant que certains bâtiments se sont déjà effondrés. Officiellement, 331 constructions ont été déclarées «inutilisables» par les autorités. Seules 165 seront effectivement détruites, faute de financement.
Les lacs débordent, tout se transforme en marais, c’est un désastre et de nombreux villages doivent être reconstruits
«Les autorités ont tendance à fermer les yeux et à autoriser la construction d’immeubles dépassant les 15 étages, alors que nous avons toujours recommandé de ne pas aller au-delà de cinq niveaux», prévient Semion Gotovtsev, directeur du laboratoire de géo-cryologie à l’Institut du pergélisol de Yakoutsk. Pour lui, de nombreuses maisons risquent de s’effondrer et «personne ne sait combien de temps elles vont tenir car on ignore à quelle vitesse la couche active va descendre». En outre, le scientifique note que Yakoutsk connaît aussi «de gros problèmes avec les lignes électriques, les canalisations d’eau et de gaz qui traversent des sols différents».
«Nous allons avoir de mauvaises surprises»
Pour pallier le plus urgent, des rangées de «thermosiphons» sont plantées le long des immeubles les plus menacés. En forme de «Y», ils ressemblent à des radiateurs inversés dont le pied est planté dans le sol. Ces appareils captent l’air glacial et, grâce à un liquide de refroidissement, injectent du froid dans la couche active pour qu’elle regèle plus rapidement. Très inquiet, Semion Gotovtsev pointe aussi un phénomène encore mal étudié, appelé «thermokarstique» (érosion du sous-sol). «On sait que des grottes se forment sous terre, mais nous ne disposons pas aujourd’hui des moyens techniques et financiers pour les détecter. Nous allons avoir de mauvaises surprises, y compris dans le centre de Yakoutsk, car ce phénomène va s’accélérer», redoute-t-il. La presse locale s’est déjà émue d’affaissements de terrain durant l’été dernier.
Il est déjà trop tard pour les centaines maisons en bois de deux étages appelées ici «baraques». Elles sont presque toutes complètement déformées et en piteux état, ce qui ne les empêche pas d’être toujours habitées. En devenant instable et mouvante, la couche active a aussi fait valser des infrastructures posées à la va-vite sur le sol à l’époque soviétique, comme des chemins de fer et des routes. Plus grave, la pollution provoquée par des milliers de fuites venant de gazoducs et d’oléoducs hâtivement construits alerte Greenpeace.
Beaucoup plus marqué dans le Grand Nord, avec déjà 3°C de plus qu’il y a trente ans, le réchauffement climatique engendre des cercles vicieux dans un milieu très fragile. Auparavant, le climat continental hyper-sec ne donnait que 40 mm de précipitations par an. «Il arrive aujourd’hui qu’on ait 80 mm en une seule journée», note Valentina Dmitrieva. Résultat: l’intensité des inondations est décuplée. Celles, habituelles, qui accompagnent la fonte des neiges fin mai, accélèrent l’érosion des bords de rivière. Une seconde vague d’inondations survient fin juillet à cause des pluies anormales. Mais le plus terrible, c’est la troisième inondation, fin août. Elle est provoquée par les lacs qui débordent [la Yakoutie en compte plus d’un million] et les eaux noires résultant de la fonte du pergélisol, juste avant le retour de l’hiver. Les habitations n’ont pas le temps de sécher que le gel survient et tout doit être abandonné. Il n’y a pas de budget pour aider la population, le gouvernement de la république n’est pas préparé pour ce genre de catastrophe. Les villages du nord de la Yakoutie, où vit 10% de la population de la république, sont très isolés. Même les aéroports sont inondés.
Les pluies anormalement importantes viennent de la rétraction de la calotte glaciaire polaire, qui découvre depuis une décennie l’océan Arctique, note Semion Gotovtsev. Ces masses humides venues du nord dérèglent le climat et décuplent les précipitations. En hiver, elles créent un manteau neigeux épais, qui isole le sol de l’air glacial. Le froid de la surface ne peut plus pénétrer en profondeur. Le surplus neigeux contribue ainsi à l’apparition de «talik», c’est-à-dire de couches dégelées toute l’année. «Le cycle de l’eau est bouleversé, insiste Gotovtsev. Les lacs débordent, tout se transforme en marais, c’est un désastre et de nombreux villages doivent être reconstruits. De très nombreuses digues de pergélisol doivent être renforcées, parce qu’en fondant, elles vont s’effondrer. C’est un processus très rapide et on observe une nette accélération au cours de la dernière décennie.»
Quelques craintes exagérées
Le péril touche particulièrement la toundra couvrant le nord de la Yakoutie. Dans le sud, la forêt (taïga) résiste mieux aux changements climatiques, mais les processus thermokarstiques déforment à ce point le terrain que les arbres se mettent à pencher dans tous les sens, d’où l’expression locale de «forêt ivre». La taïga est toutefois menacée par les incendies (à 60% causés par l’activité humaine) et par la coupe de bois excessive à des fins commerciales, assure Trofim Maximov, directeur du centre de biochimie et de climatologie à l’Institut des sciences naturelles de Yakoutsk. «Si nous étendons la forêt, nous pouvons contrer le réchauffement climatique, et pas uniquement en Yakoutie. Mais il faut des financements et c’est pourquoi nous devons convaincre la population et les politiques.»
Dans la vague de fléaux s’abattant sur la Yakoutie, il semblerait que quelques exagérations aux contours eschatologiques se soient glissées. Par exemple l’annonce que de monstrueuses poches de méthane formées par la fonte du pergélisol pourraient monter à la surface et éclater (voire exploser). «C’est une erreur due à l’utilisation d’une modélisation erronée basée sur des mesures épisodiques lors de périodes trop courtes. Quinze ans, c’est trop peu pour étudier l’évolution du terrain», rassure Trofim Maximov. Le terrifiant dégel de microbes et bactéries centenaires, voire millénaires, connus ou inconnus, ne s’est pas non plus vérifié. La «peste sibérienne», appelée chez nous fièvre charbonneuse, a effectivement refait surface à cause du dégel de charniers, mais la maladie est aujourd’hui facilement traitée par des antibiotiques. La maladie rongeant le «gel éternel» semble en revanche plus incurable que jamais.
« Nous avons choisi d’habiter un lieu d’une profonde poésie qui n’est pas animé par une haine du système, mais habité par du beau et du vivre-ensemble. La désobéissance fertile s’oppose à la destruction du vivant pour régénérer notre environnement. En assumant ce choix de vie, nous souhaitons que celles et ceux qui veulent vivre au plus près de la Nature ne soient plus traités comme des marginaux. » Jonathan Attias, pionnier dans la désobéissance fertile
29 avril 2019 - Laurie Debove
La révolution aurait-elle lieu dans les bois ? Vivre au plus près de la Nature tout en participant à la régénération du vivant, sans attendre que la législation évolue en faveur de notre environnement : voici venu le temps de la désobéissance fertile.
Peuple de la forêt, hors-la-loi ?
Après la désobéissance civile, place à la désobéissance fertile ? Partout en France, des personnes expérimentent d’autres modes de vie, au plus près possible de la Nature, avec pour « objectif absolu de régénérer la Vie, sans se préoccuper des lois existantes ». Où la désobéissance civile dénonce une injustice perpétrée par une institution pour la changer, la désobéissance fertile veut permettre l’expérimentation et la création de nouvelles sociétés respectueuses du vivant, sans que ses habitants soient inquiétés par les forces de l’ordre.
« Aujourd’hui, c’est toujours l’économie qui prend le pas sur la Nature pour promouvoir de nouvelles lois. En étant obligés de chiffrer les bénéfices de la Nature pour la protéger, on perpétue unsystème basé sur l’accumulation de richesses et de profits, comment alors espérer un vrai changement ? Face à l’urgence climatique, il y a une réelle nécessité d’apprendre à vivre autrement, de sortir de l’anthropocène pour aller vers un « Naturocène ».Ces quatre dernières années, je me suis beaucoup investi dans les lois et j’ai vu la lenteur avec laquelle les choses évoluent. La loi peut faire jurisprudence sur une situation donnée, mais il faut que nous puissions avant toutexpérimenter par nous-mêmes.» Jonathan Attias, pionnier dans la désobéissance fertile
Jonathan et Caroline ont choisi d’habiter dans une forêt en Corrèze avec leurs deux enfants de façon autonome dans une communauté d’une dizaine de personnes. La maison leur a coûté moins de 1 000 euros alors qu’elle est bioclimatique. Ils ont construit eux-mêmes leur cabane de 40m2 avec des matériaux trouvés sur place : du bois, de la terre et du foin. Ce choix de vie radical n’est pas un long fleuve tranquille, ils ont énormément réduit leurs besoins pour vivre en accord avec leurs valeurs : récupération de baies vitrées en déchèterie, un poêle à bois pour la maison, une machine à laver avec pédalier, un chauffe-eau solaire, et bientôt la transformation d’huile de friture en carburant. Ils refusent également toute aide sociale comme le RSA.
Crédit Photo : Jonathan et Caroline
Créer une solidarité
Ce droit à l’expérimentation se veut populaire et accessible à tous. En effet, de nombreux éco-lieux restent assez élitistes avec un prix d’achat pouvant aller de 300 000 à 1 million d’euros, loin d’être à la portée de toutes les bourses, même quand des personnes se constituent en groupe pour les acheter. Jonathan veut ainsi créer une plateforme internet pour que les propriétaires de terrains sensibles au concept puissent le mettre à disposition des gens qui veulent créer ce genre de projet. Les propriétaires pourraient en échange bénéficier de biens produits sur les lieux : nourriture, vannerie, menuiserie…
Ses créateurs proposent de voir la désobéissance fertile comme une posture philosophique que chacun-e peut s’approprier, pas besoin d’adopter soi-même ce mode de vie pour y participer : un médecin peut décider de soigner gratuitement les habitants, un magasin mettre à disposition ses invendus, un urbain décider d’investir dans un terrain, des soutiens intellectuels ou pragmatiques, etc.
« Nous avons choisi d’habiter un lieu d’une profonde poésie qui n’est pas animé par une haine du système, mais habité par du beau et du vivre-ensemble. La désobéissance fertile s’oppose à la destruction du vivant pour régénérer notre environnement. En assumant ce choix de vie, nous souhaitons que celles et ceux qui veulent vivre au plus près de la Nature ne soient plus traités comme des marginaux. » Jonathan Attias, pionnier dans la désobéissance fertile
Crédit Photo : Jonathan et Caroline
Vivre en régénérant la forêt et le vivant
Jonathan et Caroline n’ont pas choisi de s’installer en forêt par hasard. Les forêts françaises sont en danger : elles souffrent de malforestation et deviennent peu à peu d’immenses monocultures sans vie, bradées pour les secteurs privés. La désobéissance fertile souhaite encourager le rachat et la protection des forêts pour empêcher leur annihilation, et leur laisser le temps de se régénérer.
Dans cette lignée, l’association Faîte et Racines s’est ainsi constituée en Corrèze pour acquérir une forêt mixte de 8ha, comprenant principalement des châtaigniers et pins sylvestres, mais aussi du hêtre, du chêne, du bouleau, de l’épicéa, du charme et du merisier. L’association veut empêcher la coupe rase de cette forêt pour favoriser des usages vivriers ou professionnels en accord avec son rythme de vie, et sans détruire toutes les espèces qui y vivent.
Dès juin et juillet, Jonathan, Caroline et leurs pairs vont ouvrir leur lieu de vie pour former gratuitement ceux qui le souhaitent à la construction de cabanes à partir de matériaux naturels, et de la vie en pleine nature. Leur but : inspirer la création d’autres lieux de désobéissance fertile.
Léo est en doctorat "écologie" et il intervient dans cette vidéo à partir de 1 H 03.
Au-delà du plaisir et de la fierté de père, il est important de mettre en avant l'énorme travail effectué par des milliers de scientifiques dans le domaine de l'écologie et de souligner bien évidemment le fait qu'ils lancent des alertes depuis des décennies sans être vraiment entendus. Il faut prendre conscience du travail considérablement pointu qui est effectué par tous ces scientifiques. En voilà un exemple parmi des milliers d'autres. Chapeau bas, Léo.
Il y a une certitude à retirer de tout ça. C'est que les scientifiques qui ne valident pas l'idée d'une "croissance infinie" ne sont pas écoutés et parfois leurs recherches seront ignorées ou même contestées par les instances dirigeantes.
Ces alertes sur la biodiversité lancées par de multiples scientifiques et ce depuis les années 1950 n'ont pas été entendues. Volontairement et non pas par manque de diffusion. Ces études étaient connues mais elles n'ont pas été relayées et diffusées comme elles le sont aujourd'hui.
J'imagine parfois la détresse de tous ces scientifiques. Le fait de savoir et de ne pas être entendu...
"Stopper le naufrage de la nature", le très ancien cri d'alarme des scientifiques
Le sommet mondial sur la biodiversité s'ouvre le 29 avril à Paris. Pendant trois ans, 150 experts de 50 pays ont planché sur un rapport de 1 800 pages, soumis aux dirigeants politiques. Le début d'une réelle prise de conscience ?
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Le Golf d'Esery aux portes de Genève prétend au Label Argent dans le programme en faveur de la biodiversité. (Olivier Rithauser)
On pourrait penser que la prise de conscience de la nécessité de protéger la nature date de la fin des années 1980, quand le terme de "biodiversité" s’impose sous la plume du biologiste anglais Edward Osborne Wilson, puis avec comme premier jalon institutionnel, le sommet de la Terre de 1992 à Rio. En réalité, cette prise de conscience est bien plus ancienne.
1949 : Roger Heim tire la sonnette d'alarme
Roger Heim, grand mycologue, a longtemps dirigé le Museum national d’histoire naturelle à Paris. Il s'est exprimé dans un enregistrement daté de 1949 - il y a donc très exactement 70 ans - et qui n'a pas vieilli. "L'homme a détruit, par le fer, par le feu. Mais a-t-il suffi par son action directe, par ses armes, à provoquer de tels carnages? Non. L'extinction de tant d'espèces et de tant d'individus animaux et végétaux, provient plus encore de la transformation des lieux où ceux-ci vivaient."
"Une extinction" alors sans commune mesure avec aujourd’hui, mais déjà le scientifique insistait sur le fait que ce n’était pas d’abord l’action directe de l’Homme - comme la chasse ou la pêche - qui entraîne ces extinctions, mais son action indirecte qui détruit l’habitat, cadre de vie des espèces animales et végétales. En cause, par exemple, l’urbanisation et la déforestation.
Un cri dans le désert
Ce discours a rencontré peu d’écho. Pour communiquer, il faut un émetteur mais aussi un récepteur, et il est clair qu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’enjeu est de gagner la bataille de la production industrielle, d’entrer dans la modernité urbaine et d’atteindre l’autosuffisance alimentaire, quitte à user et abuser des produits phytosanitaires.
Mais Roger Heim n’est pas le seul à tirer la sonnette d’alarme. Aux États-Unis, la prise de conscience est forte dans les années 1960 notamment avec le grand livre de la biologiste Rachel Carson, Silent Spring (1962), traduit sous le nom Printemps silencieux en 1963 en France. Dans ce livre, la scientifique dénonce les effets négatifs des pesticides sur l'environnement et plus particulièrement sur les oiseaux. Dix ans plus tard, les États-Unis interdiront le produit chimique DDT (pour dichlorodiphényltrichloroéthane).
"Avant que nature meure" (1965), le livre qui devait tout changer
En France, c’est aussi un spécialiste des oiseaux, Jean Dorst, qui publie en 1965 un livre très important, Avant que nature meure : "Au cours de ma carrière de biologiste, j'ai été frappé de la dévastation de la nature proprement dite, la disparition, la régression des espèces animales ou végétales".
La préface de ce livre est l’œuvre de Roger Heim, à cette époque à la tête du Museum national d'histoire naturelle. Il se montrait confiant sur l'impact du livre sur le public.
Nous y sommes, à l'aube de cette prédiction terrible, et je suis persuadé que le livre de M. Dorst permettra de stopper ce naufrage de la nature
Roger Heim, 1965
Nous étions en 1965, il y a plus de 50 ans donc, et selon les experts réunis à Paris, il était encore temps alors pour infléchir et de stopper ce que Roger Heim appelle "ce naufrage de la nature". Que de temps perdu depuis. On espère désormais que les scientifiques seront écoutés par les politiques, car il est plus que temps.
Je me posais la même question ces derniers jours. A la différence que mes romans ne sont pas connus du grand public. Mais, effectivement, il est nécessaire de s'interroger : quel est l'intérêt d'écrire des romans sur des sujets "légers" alors que la situation planétaire est dramatique ?
Se pose alors inévitablement le sens de l'art. Doit-il être utile ?
Est-ce qu'un seul de mes écrits a eu un effet utile ? Un effet planétaire, évidemment pas. Un effet individuel, je l'ignore. Dès lors, est-ce que ce temps consacré à écrire des romans n'aurait-il pas dû être employé à écrire des essais, des livres de réflexions ? Ou est-ce qu'il aurait mieux valu que je m'engage dans des actions réelles, sur le terrain, autres que dans mon potager ?
Si je parviens à finir la trilogie en cours et dont le thème principal concerne "l'utilité de l'humanité", je ne sais pas ce que je pourrais bien écrire ensuite...
Très heureux de voir une auteure aussi célèbre et talentueuse prendre la plume...
""En comparaison (de la situation de la planète), écrire un polar me paraît dérisoire."" Fred Vargas.
Fred Vargas en décembre 2011 dans l'émission "Vol de Nuit" sur TF1 (T.F.1-SUREAU/SIPA / NUMERIQUE)
Dans L'Humanité en péril, essai tiré à 80.000 exemplaires, Fred Fargas s'attaque aux crimes contre la planète, au changement climatique, à l'épuisement des ressources naturelles. Mais contrairement à ses enquêtes policières, les coupables sont vite démasqués : "eux", les gouvernants et autres lobbies.
L'élément déclencheur : la démission de Hulot
"L'élément déclencheur a été la démission de Nicolas Hulot, paralysé par le gouvernement, gouvernement lui-même au service des grands lobbies et des multinationales. C'est ça qui nous a mené à la catastrophe", explique la romancière à l'AFP.
Puis la COP24 sur le climat, en décembre, qu'elle qualifie d'"échec catastrophique", a finalement fait sauter le pas à cette historienne et archéozoologue de formation.
Celle qui a été chercheuse pendant 15 ans au CNRS s'est plongée dans la science climatique, avec l'idée de mettre toutes les informations disponibles à portée de ses nombreux lecteurs. "Je me suis dit peut-être que mon nom ne fera pas peur aux gens", malgré un sujet ardu et souvent anxiogène, explique la créatrice du commissaire Adamsberg.
"Hantée du matin au soir" par la crise climatique et environnementale
Mais Fred Vargas a découvert que le problème qui désormais la "hante du matin au soir" était pire qu'elle ne l'imaginait. "Je pensais être informée, mais je me suis aperçue que j'étais presque aussi désinformée que les autres, et cette désinformation m'a scandalisée. Je la trouve criminelle", insiste-t-elle.
"Ça me rend folle ! Si on s'y était pris il y a 40 ans, à commencer à faire progressivement les transitions, à booster la recherche, à abaisser les productions..."
Mais "les gouvernements sont pris comme dans une toile d'araignée, ils ne peuvent pas sortir de ce modèle productiviste de la surabondance", se désole la romancière.
Une revue des causes de la crise et des "bonnes pratiques" à adopter
Épuisement des matières premières, pénurie d'eau, déforestation, émissions des gaz à effet de serre responsables du réchauffement... L'humanité en péril - Virons de bord, toute ! (Flammarion) passe en revue les causes de l'état déplorable de la planète et les "bonnes pratiques" à adopter, toutes accompagnées de leurs possibles effets secondaires négatifs.
Parmi ses cibles principales, le système agro-alimentaire, qui notamment "pompe" l'eau de la planète. Alors "je ne mange plus de viande", dit-elle.
Et pour ne pas perdre son lecteur dans ces 200 pages de données, d'explications, de scénarios catastrophes, Fred Vargas s'adresse directement à lui.
Elle s'adresse directement au lecteur
"Comment vais-je me sortir de cette tâche insensée ? De cette idée de m'entretenir avec vous de l'avenir du monde vivant ? Comment vais-je me tirer de là ? Je n'en ai pas la moindre idée, et vous non plus", écrit-elle à la première page.
Et si ses fans ne l'attendaient peut-être pas sur ce créneau, elle assure avoir baigné dedans depuis toute petite. Grâce à son père, "naturaliste amateur de grand niveau", explique-t-elle à l'AFP.
"Il nous arrêtait devant chaque fleur, dans nos balades il disait : stop les filles, vous voyez cette petite fleur jaune à cinq pétales luisants et pointus au bout, ça s'appelle une ficaire et maintenant que vous savez son nom, vous ne marcherez plus jamais dessus...".
"Écrire un polar me paraît dérisoire"
La romancière sait que ce nouveau livre risque de ne pas se vendre autant que ses polars. Le dernier, Quand sort la recluse, a été écoulé à 540.000 exemplaires en grand format et 195.000 en poche, selon Flammarion.
Mais ce n'est pas pour autant qu'elle planifie une nouvelle enquête du commissaire Adamsberg. "En comparaison (de la situation de la planète), écrire un polar me paraît dérisoire."
Le volume global d’eau sur Terre n’est pas infini. Il y a en effet 1,386 milliard de km3 d’H2O sur notre planète, ce qui représente… 0,023 % de la masse totale de la Terre. Une « goutte », effectivement. Qui recouvre 70 % de la superficie du monde.
Sur cette image insolite, on peut se représenter la « goutte » que représente l’eau par rapport à notre planète tellurique. L’eau ne fait qu’affleurer à la surface de la Terre. Un peu comme un papier cadeau qui couvrirait une grosse boule de roche.
On trouve de l’eau dans les océans et les mers, bien sûr, mais aussi dans les lacs, rivières, nappes phréatiques, glaciers, calottes glaciaires et neige des montagnes etc.
De cette eau, seule une petite partie est disponible pour les humains. L’eau douce, celle que nous buvons et que nous utilisons pour l’irrigation par exemple. La petite boule bleue située à droite de la grosse boule bleue représente la masse d’eau douce totale sur la Terre. Et, surprise, le tout petit point bleu, presque invisible, situé juste en dessous de cette deuxième boule représente, lui, l’eau douce accessible aux humains. Le reste se trouve coincé aux pôles nord et sud, dans les glaces et dans les nappes phréatiques profondes inaccessibles.
7,4 milliards d’humains puisent leur principale ressource dans cette toute petite boule bleue de 60 km de diamètre. Et ils doivent partager. Pas facile apparemment. Mais pas le choix.
"Avoir accès à l’eau potable, un acquis plus fragile qu’on ne l’imagine"
Il est courant d’entendre dire qu’avoir accès à l’eau potable est un droit humain fondamental. Pourtant, une part importante de la population mondiale en est dépourvue. Dans l’article suivant, Waterlogic analyse cette étonnante situation. Aujourd’hui, l’accès à l’eau pour tous reste une bataille, perturbée par des crises de l’eau qui affectent le monde entier, même ceux qui se croyaient autrefois à l’abri de tels dangers.
Cet article dévoile les dures réalités de la sécheresse et de l’assainissement de l’eau. Waterlogic rend compte de la récente crise de l’eau au Cap. Malgré les progrès du siècle passé, le pire est à venir. Une grande partie du monde pourrait bientôt souffrir d’une crise de l’eau.
Accéder à une eau propre, c’est essentiel pour avoir une bonne qualité de vie. L’Organisation mondiale de la santé estime qu’une personne a besoin de 20 à 50 litres d’eau par jour pour couvrir ses besoins, qu’il s’agisse de boire, de cuisiner ou de se laver.
Sans source d’eau potable, les populations souffrent de mauvaises conditions d’hygiène, de maladies infectieuses et de décès prématurés. Malgré cela, une grande partie du monde n’y ont pas accès et les conséquences sont terribles à énumérer :
88 % de ces décès résultent d’une mauvaise qualité de l’eau potable
9 % des maladies dans le monde pourraient être évitées en améliorant l’accès en eau potable.
Et malheureusement, ce sont encore et toujours les femmes qui en pâtissent le plus. Chaque fois qu’elles collectent de l’eau, celles-ci risquent d’être infectées par les matières fécales présentes dans ces eaux impropres, sans parler du harcèlement qu’elles subissent sur le chemin. Tout ce temps perdu pour s’approvisionner en eau restreint d’autant plus les opportunités économiques de ces populations en entretenant une pauvreté tenace. Ces inégalités doivent faire l’objet de notre attention permanente pour enfin les voir disparaître.
L’objectif du Millénaire pour le développement visait à « réduire de moitié la proportion de la population universelle sans accès durable à une eau potable propre et salubre… d’ici 2015 ». Il reste encore beaucoup de chemin à faire.
La crise de l’eau en Afrique du Sud
Même dans les régions économiquement développées, l’accès à l’eau potable n’est pas une garantie absolue. Les sécheresses au Cap, ville d’Afrique du Sud, ont été telles que la ville a frôlé le « Jour Zéro », moment fatidique où une ville est complètement à sec, les robinets fermés et les citoyens contraints de faire la queue pour obtenir leur allocation d’eau quotidienne. Les pluies sont venues offrir un soulagement temporaire mais l’accalmie ne devrait durer que jusqu’en août 2019.
Pourquoi les crises hydriques deviennent plus fréquentes
La crise au Cap est bien plus grave qu’une sécheresse passagère. La croissance démographique associée à l’urbanisation galopante met de plus en plus à rude épreuve les approvisionnements municipaux déjà surmenés. Au fur et à mesure que les villes se développent, le déséquilibre entre l’offre et la demande se creuse. Les infrastructures existantes s’avèrent incapables de combler les nouveaux besoins.
L’eau est un droit fondamental que nous devons protéger
Alors que les réserves en eau des nappes phréatiques tarissent, la fonte des glaces présente une nouvelle menace invisible qui pourrait bientôt avoir un impact mondial. Nous devons restreindre notre propre consommation pour que d’autres communautés conservent – ou gagnent – un accès à l’eau potable.
Si nous ne modifions pas nos habitudes, nous assisterons à une diminution de l’activité agricole et à une multiplication des maladies et des décès chez les populations qui ne disposent pas de systèmes d’assainissement de base. Nos réserves vont finir par s’épuiser, sans que jamais nous ayons pris la pleine mesure de la situation. Il sera trop tard.
Il est impératif que nous agissions maintenant pour protéger les populations les plus menacées. Personne n’est à l’abri d’une crise qui pourrait arriver bien plus vite qu’on ne le croit.