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Nature writing

Par Le 03/04/2019

 

J'aime beaucoup ce genre littéraire et finalement, au regard de ses caractères propres, je me dis que "JUSQU'AU BOUT" en fait partie. Loin de moi l'idée prétentieuse de me ranger aux côtés des maîtres mais sur le fond, ce que je cherche à traduire, rejoint les éléments incontournables de ces romans. 

 

Nature writing

Walden ou La vie dans les bois de Henry David Thoreau, ni roman, ni autobiographie, éloge de la nature et critique de la technologie, ouvrage fondateur du genre.

Le genre littéraire du nature writing1,2,3 (littéralement « écrire sur la nature » ou « écriture de la nature ») est né aux États-Unis dans une certaine tradition politico-philosophique remontant à Henry David Thoreau, mêlant observation de la nature et considérations autobiographiques.

 

Définition et historique

Les éditions Gallmeister, fondées en 2005, ont fait connaître ce genre en France, s’en faisant une spécialité éditoriale4,5. Mais on trouve des ouvrages se rattachant au genre depuis des années chez divers éditeurs.

Pour la Revue française d’études américaines, c’est d’abord « écrire la nature »6. Le fondateur du genre serait le philosophe Henry David Thoreau, également considéré comme le père de l'écologie politique.

Bien que la catégorie soit américaine, on peut y rattacher d’autres écrivains comme le Polonais Mariusz Wilk, avec La Maison au bord de l'Oniégo (Éditions Noir sur Blanc, 2007), ou le Suisse Blaise Hofmann avec Estive (Zoé, 2007).

Les Américains considèrent ce genre littéraire comme de la non-fiction mais en France les œuvres, romanesques ou non, se côtoient : Prairie, fiction de James Galvinparue chez Albin Michel 2004, et Les Bisons du Cœur-Brisé (Au diable vauvert, 2007), récit de Dan O'Brien, en sont de parfaits exemples. Pour ce dernier, romancier, fauconnier et éleveur de bisons, « L'avenir du monde est dans la beauté sauvage »7.

Pouvant s’apparenter à l’écologie, le récit de voyage ou la littérature des grands espaces (Légendes d'automne, de Jim Harrison), ce genre s’accommode aussi du thriller (comme la série de William G. Tapply) ou du roman historique (Danse avec les loups de Michael Blake).

Le genre nature writing comporte suffisamment de caractères propres pour qu’il soit considéré dans le monde francophone comme un genre littéraire à part entière, cf. l’étude très influente de Lawrence Buell, The Environmental Imagination. Thoreau, Nature Writing, and the Formation of American Culture. Ainsi, pour lui, les quatre éléments-clés, qui constitueraient le « texte environnemental » et qui seraient rassemblés dans certains classiques du genre et notamment dans Walden ou La vie dans les bois, sont, pour l’essentiel, les suivants :

  • l’environnement non-humain est évoqué comme acteur à part entière et non seulement comme cadre de l’expérience humaine ;
  • les préoccupations environnementales se rangent légitimement à côté des préoccupations humaines ;
  • la responsabilité environnementale fait partie de l’orientation éthique du texte ;
  • le texte suggère l’idée de la nature comme processus et non pas seulement comme cadre fixe de l’activité humaine8.
  •  

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nature_writing

JUSQU'AU BOUT : l'impuissance apprise

Par Le 03/04/2019

 

Image 3

Pierre, jeune instituteur, est nommé dans un petit village des Côtes-d’Armor, en Bretagne. C’est son premier poste, une classe unique avec 8 enfants.

Tourmenté, cherchant à donner un sens à sa vie, il s’engage dans cette tâche avec une folle énergie. Mais il se heurte rapidement à l’autorité et à la violence de Miossec, un des parents d’élèves qui semble entraîner tous les autres derrière lui.

La relation privilégiée qu’il développe avec les enfants le stimule, mais une angoisse tenace le submerge rapidement. Il accepte mal la dictature imposée par les programmes scolaires, celle qui le prive trop souvent d’un lien affectif essentiel.

Malmené par les événements qui vont s’enchaîner, et qui vont réveiller ses instincts les plus dangereux, Pierre ira jusqu’au bout de sa quête existentielle, entraînant avec lui les enfants.

 

 

"Dans la soirée, il se plongea dans la lecture. Il était consterné de voir le retard général que l’école avait accumulé dans ses méthodes alors que depuis 1920, une femme avait découvert qu’il était tout à fait possible de travailler différemment. Pour les auteurs de ces ouvrages, notre système scolaire était le plus efficace pourvoyeur de cas « d’impuissance apprise. »

L’expérience du brochet l’effraya au plus haut point : Un chercheur avait plongé un brochet dans un aquarium divisé en deux parties par une vitre invisible pour le prédateur. De l’autre côté de la vitre, il avait placé un petit poisson. Lorsque le prédateur eut faim, il se précipita sur la petite proie et se heurta violemment à l’obstacle. Il revint à la charge et s’assomma de nouveau. Toutes ses tentatives s’avérèrent évidemment infructueuses. Il finit par abandonner et resta prostré, piteusement, dans son coin. Lorsque le chercheur retira la vitre, le brochet ne fit aucun essai pour manger le petit poisson. Il avait appris l’impuissance.

Le chercheur, après d’autres expériences du même type, avait défini exactement ce que ces termes impliquaient chez l’enfant. Lorsqu’il subissait plusieurs échecs consécutifs dans une matière ou dans plusieurs, l’enfant finissait par ne plus manifester le moindre désir de maîtriser la situation, il devenait incapable d’établir un lien entre ses actions et ses résultats et il pouvait même tomber dans un état dépressif.

Revoyant son comportement dans la classe, face à des programmes dictatoriaux, il eut beaucoup de mal à s’endormir, rongé par les doutes, assailli par des idées contradictoires, incapable de cerner la vérité et d’établir une attitude stable, construite, positive. Ce mot surtout lui tourna longtemps dans la tête. Donner à la classe une image essentiellement positive. Faire en sorte qu’aucun exercice ne soit perçu comme un échec certain."

 

 

A CŒUR OUVERT : Les Kogis

Par Le 02/04/2019

Je relis encore une fois ce roman avant de l'envoyer à l'éditrice. 

Je ne m'en souvenais plus mais les Indiens Kogis y sont de nouveau mentionnés. 

A quel point ils m'ont marqué. Sans jamais les avoir rencontrés. Juste par les livres et des documentaires. 

Ils sont l'humanité à laquelle je crois. 

 

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Coeurouvertwhite

"Les jours suivants, Diane confia l’épicerie à Madame Boulard et à son mari.

Elle emmena Paul visiter tous les lieux qu’elle aimait. Toujours cette solitude adorée et ce silence des hauts lieux.

Col de la Chaumoune. Ils avaient laissé la voiture au début de la piste et ils avaient marché deux heures avant d’atteindre la crête.

« Plénitude de l’unité », ton livre, tu en as un exemplaire ?

- Oui, bien sûr et « Le voyage intérieur » aussi mais je ne les mets pas dans ma bibliothèque. Je n’arrive pas à les ranger près de Krishnamurti, Prajnanpad ou Harding. Rien de comparable. Je ne suis qu’une béotienne qui tente d’éclaircir ce qu’elle porte. Ces gens-là éclairent le monde entier.

- De quoi parlent tes deux autres livres ?

- C’est toujours la démarche spirituelle. « Plénitude de l’unité » est une tentative d’identification de tout ce qui nous perturbe et qui pourtant nous appartient, tout ce qui vient entraver le bien être intérieur et qui demanderait une haute vigilance pour s’en libérer. Beaucoup de gens se plaignent de la difficulté de leur existence mais ils oublient d’observer les prisons qu’ils se fabriquent. « Le voyage intérieur » parle de l’exploration du soi lorsque les prisons sont identifiées et que l’individu s’en est extrait, pas nécessairement dans les faits mais au moins par l’entremise de la conscience. Là encore, beaucoup de gens refusent cet état de plénitude parce que ça leur semble totalement vide. Personne ne nous a enseigné à avancer dans ces horizons gigantesques. Ne serait-ce que le silence intérieur, lorsque les pensées se taisent et qu’il reste à découvrir la présence de l’énergie vitale. La clameur matérielle est un étouffoir du silence existentiel. Et ce monde moderne adore le bruit. J’ai beaucoup lu sur les Peuples premiers, ceux que les Occidentaux traitent encore de sauvages ou de primitifs. Le silence, l’immobilité, l’arrêt de toute activité inutile, ce sont des attitudes essentielles chez ces Peuples. Je te passerai un livre sur les Indiens Kogis, tu verras à quel point leur vie est éloignée de la nôtre.

-Où vivent-ils ?

-En Colombie, dans une chaîne de montagnes qui dominent l’Océan, la plus haute chaîne côtière de la planète. Le gouvernement colombien leur avait proposé de cultiver du café mais lorsqu’ils se sont aperçus que l’argent gagné par certains créaient des envies chez les autres, ils ont tout abandonné. La Terre est leur Mère, le clan est leur Père. Nous sommes très loin de cette vision de la vie.

- Tu es allée là-bas ?

- Non. »

Un voile dans ses yeux. Il décela une douleur.

« Tyler et moi, on devait y aller à son retour de Grèce. On avait prévu d’y rester six mois, de faire un film, on avait pris contact avec un guide là-bas, il connaissait le Mamu d’un clan, un chef spirituel.

- Je suis désolé Diane.

- Tu n’y peux rien Paul. Je vivrai avec tout ça jusqu’à la fin de mes jours, même si je sais que ce passé est une prison.

- Les prisons qu’on se fabrique.

- Oui, et qu’on connaît très bien en plus sans pour autant parvenir à en détruire les murs.

- Tu n’imagines pas l’épaisseur des murs de la geôle dans laquelle je vivais. Et toutes ces décorations artificielles que j’avais élaborées pour ne rien voir, c’est bien pire que tout.

- Je ne sais pas si c’est pire, Paul. Parfois, je me demande si les gens insouciants n’ont pas raison.

- Regarde ce qui m’est arrivé. Le retour de bâton est violent quand on ne comprend rien.

- Si c’est peut-être vrai pour toi, quelle explication peut-on donner à la mort de Tyler ? Il n’y en a pas. Il vivait dans une lucidité totale. »

Tout l’amour qu’elle lui portait encore. Comme un cri en elle. Il entendait le rugissement de douleur dans ses yeux figés.

« Je ne sais pas, Diane. Juste une épouvantable malchance.

- Je ne crois ni au hasard, ni à la chance, ni à son opposé. Je n’ai aucun espoir et je ne suis donc jamais désespérée. Tout ça, ce sont des illusions humaines. La vie n’en a pas besoin. Elle a son projet, son intention, son objectif. »

Une voix âpre, presque dure, comme une colère à peine contenue.

Elle croisa son regard. Perdu.

Elle s’approcha, le força à s’arrêter et l’enlaça.

« Je m’excuse, Paul, je n’ai aucune raison de te parler comme ça. Tu n’y es pour rien. Ce sont mes combats.

- Je le sais bien, Diane. Ne t’inquiète pas pour moi. »

Ils arrivèrent sur la crête dénudée, juste un parterre d’herbes rases. Ils s’assirent, silencieux, les regards lointains, une plongée au plus profond, symétrie des voyages, les horizons infinis de la terre et les explorations intimes.

Contemplation.

Paul glissa sa main dans celle de Diane.

« Je n’aurais jamais imaginé ça.

- Quoi donc, Paul ?

- Une telle rencontre. Toi et la terre. Le même amour en fait, c’est ça que je réalise.

- Explique-moi.

- T’expliquer ? Je n’ai jamais rien su expliquer en dehors des chiffres de ma société.

- Tu n’en es plus là. Tu es devenu ce que tu portais en toi. »

Il la regarda. Oh, ces yeux.

Il n’avait jamais vu les yeux d’Alice. Des filtres trop épais. Ils reflétaient uniquement les possessions dont elle rêvait.

Les yeux de Diane s’ouvraient sur un univers d’étoiles.

« Je pense que l’amour réel pour une personne contient le même amour que pour cette terre, la nature épargnée, celle des êtres et celle du monde. J'ai compris ça ici.  Lorsque je montais seul sur une colline, j’éprouvais une telle paix, une telle sérénité, un silence intérieur aussi vaste que celui de l’altitude. J’aurais aimé monter à quatre mille mètres. Aujourd’hui, je comprends les alpinistes. Eh bien, je ressens la même paix avec toi. Comme un détachement, une absence de trouble, une ouverture spirituelle, le saisissement de l’instant, rien, aucune pensée, aucune inquiétude, aucun remord, aucune attente. Comme lorsque je suis assis ici. La même paix. L’amour. Peut-être que les gens ne savent plus aimer parce qu’ils sont loin de la terre. Juste une supposition. L’euphorie des villes, l’agitation, le bruit, le commerce des désirs, la multiplication des manques inventés, même les relations amoureuses sont à l’image de ce chaos. Une surenchère permanente. Cette impression maintenant qu’on ne peut aimer que dans l’abandon de tout, jusqu’au vide, jusqu’à cette absence de soi, se laisser envahir par l’inertie. C’est sûr que ça va à l’opposé de ce monde moderne. Pas assez rentable. Rien à vendre, la perte des consommateurs, un cauchemar. »

Il s’aperçut qu’il parlait en fixant un point lointain, un mont arrondi qui se découpait sur le ciel, comme des paroles lancées dans l’azur.

« Saint-Exupéry disait que les gens qui s’aiment ne passent pas leur temps à se regarder. Ils regardent le même horizon, intervint-elle.

- Et bien, je suis d’accord avec lui puisque tu es dans cet horizon. Puisque l’amour que je porte à cette terre est le même que celui que j’ai pour toi. Je te regarde en contemplant ce monde.

- Et tu oses dire que tu ne sais pas parler ? »

Un rire bref, presque gêné.

« D’où ça vient tout ça ? demanda-t-il.

- Et à quoi ça te servirait de le savoir ? Ce qui importe, c’est que ça soit là.

- Oui, c’est vrai, Diane, mais c’est tout de même effrayant de réaliser qu’on peut passer à côté de soi à ce point. J’ai cinquante-trois ans.

- Cinquante-trois ans d’apprentissage tout simplement.

- Tu veux dire que tout était déjà là ? Qu’il fallait que la croissance se termine ?

- Elle n’est pas terminée.

- Et pourquoi est-ce que ça passe par une telle rupture, pourquoi les choses ne se font-elles pas en douceur, en toute conscience ?

- Parce qu’il n’y a plus de conscience. Parce que l’ego a pris le dessus. Alors, il faut une révolte.

- Il faut que tu m’expliques ce que tu entends par ego. »

Elle s’allongea, les yeux tournés vers le ciel. Il l’imita.

« L’ego, c’est quand tu ne vois plus le ciel. Non pas le voir avec tes yeux, non pas l’identifier avec des noms de nuages mais le voir comme s’il était en toi et comme si tu y étais évanoui, liquéfié, comme si tu n’étais même pas une particule de vapeur d’eau, rien, le vide immense en toi. Si tu ne peux plus ressentir cette disparition et que tu vois le ciel comme un beau paysage, alors, c’est que tu es identifié à ton ego, c’est que tu n’existes que pour toi-même et que tout ce que tu vois, c’est pour valider ton existence. Tu ne regardes pas le ciel, tu prends juste forme à travers le plaisir que tu éprouves en regardant le ciel. Pour aimer le ciel, il faut oublier que tu regardes l'idée que tu te fais du ciel. Il en est de même d’ailleurs pour la plupart des humains dans la relation amoureuse. Ils aiment l’autre pour le sentiment d’exister à travers cet amour. Et si l’amour s’étiole, chacun en voudra à l’autre de ne plus lui permettre d’exister à travers l'image qu'il a de l'amour. Combien sont-ils les humains qui aiment ? Pas ceux qui pensent aimer mais ceux qui aiment. Les Kogis, par exemple, ne regardent pas le ciel, ils le vivent. Comme toi maintenant. »

Une idée folle. Aller là-bas. Partir.

« Il faut que tu me passes des livres sur ces Indiens.

- Ce soir, promis.

- Et tes deux autres livres aussi.

- Tu ne vas pas lire toute la soirée et toute la nuit tout de même ? »

Il roula sur le côté et glissa une main sous sa chemise de lin.

« Non, aucun risque, répondit-il. J’aime infiniment vivre l’amour avec toi. Tout autant que de vivre sur cette Terre. »

 

Ecologie et économie

Par Le 02/04/2019

Menace sur la biodiversité :

 

"On ne peut pas à la fois protéger la nature et maintenir un modèle de développement destructeur"

INTERVIEW – Deux chercheurs du CNRS ont analysé pendant deux ans 13.000 études sur l’état de la biodiversité. Les conclusions de ce travail inédit ont été publiées début septembre dans la revue Trends in Ecology and Evolution et posent la question de la compatibilité entre notre modèle de développement et la protection de la nature.

 - Propos recueillis par Michel Veron

Cela fait des années, pour ne pas dire des décennies, que les scientifiques et les écologistes s’inquiètent de l’érosion de la biodiversité. Les rapports sont nombreux et pourtant rien ne semble vraiment s’améliorer. Pour en avoir le cœur net, deux chercheurs du CNRS, Vincent Devictor et Laurent Godet, ont analysé pendant deux ans pas moins de 13.000 études sur le sujet, toutes publiées au cours de ces 15 dernières années, afin de faire un bilan précis de l’état de la biodiversité. 

Que sait-on réellement ? Quelles sont les causes de son érosion ? Et quelles sont les solutions pour la préserver ? Les conclusions de ce travail inédit ont été publiées lundi 10 septembre dans la revue Trends in Ecology and Evolution. Et elles sont sans appel. Explications avec Vincent Devictor, le co-auteur de cette étude.

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LCI : En quoi votre étude apporte-t-elle un éclairage nouveau sur l’état de la biodiversité, que l’on sait grandement menacée ?

Vincent Devictor, chercheur au CNRS : L’un de nos objectifs était de faire le bilan des connaissances scientifiques sur la crise de la biodiversité et sur l’état de la nature et des espèces. Et premier constat : on accumule depuis 50 ans les mêmes connaissances sur les mêmes causes. Les premiers lanceurs d’alerte des années 70-80 évoquaient déjà les destructions massives d’habitats naturels, la surexploitation de certaines espèces à des fins commerciales ou encore l’homogénéisation du vivant avec l’introduction d’espèces invasives dans des milieux fermés.

Toutes ces causes sont connues et reconnues mais rien ne change véritablement. Là où notre étude peut être utile, c’est qu’elle permet de dépasser les discours rhétoriques sur la crise du vivant. Là on est sur des faits. Quand on parle de destruction d’habitats naturels, on donne des détails, qu’ils s’agissent d’hectares de forêt ou bien des récifs coralliens, sur ce qui est détruit. C’est tout à fait concret, ce ne sont pas des déclarations ou des estimations à la louche.

Et sans surprise, la situation est extrêmement préoccupante…

V.D : Effectivement. Pour vous donner un exemple, on assiste à des déclins d’espèces d’oiseaux en France qui sont assez spectaculaires. Sur 15 ans, des niveaux de populations ont chuté de 15 à 20%, cela représente des milliers d’oiseaux. Ce n’est pas tant à l’extinction dramatique de quelques espèces ici ou là à laquelle on assiste, mais plutôt à ce que certains chercheurs nomment une "défaunation", c’est-à-dire une sorte d’effondrement de la faune. 

D’autant qu’à l’image des recherches sur le climat, qui sont de plus en plus précises en raison de la multiplication des programmes de suivi, les recherches sur l’état de la biodiversité sont aujourd’hui plus fines que par le passé. Si on est constant sur l’identification des causes, on est bien meilleur sur la qualité et la quantité de données récoltées. Donc le diagnostic est de plus en plus solide et permet de connaître quel type de biodiversité est en danger, à quel point, à quel endroit, à quelle vitesse, etc. 

Rassurez-nous, votre étude comporte aussi quelques bonnes nouvelles ?

V.D : En effet. A travers ce travail, nous voulions vérifier l’idée que nous serions, dans le champ de la recherche, seulement en train d’accumuler des mauvaises nouvelles. Comme s’il y avait un pessimisme structurel dans les recherches menées sur la biodiversité. Eh bien, pas du tout. On a aussi une accumulation de bonnes nouvelles, c’est essentiel de le souligner. Car cela signifie que rien n’est perdu. On a vraiment des espèces qui redémarrent, on a des retours spontanés d’un certain nombre de milieux à des états favorables. 

C’est notamment le cas dans le milieu marin, quand on met en place des aires marines protégées, en quelques années, vous obtenez des résultats visibles d’amélioration de l’état des populations et de leur effectif. En France, nous avons des zones où l’on assiste à des retours spontanés de certaines espèces. Sur certains cours d’eau, les loutres et les castors reviennent. Ce sont des endroits où il y a bien évidemment un ralentissement des activités humaines. 

Ceci dit, la situation reste particulièrement préoccupante. En France métropolitaine, la surface d’habitat strictement protégée sont les réserves biologiques intégrales, aucune activité humaine ne peut avoir lieu dans ces zones, c’est 0,02% du territoire. C’est rien du tout. Partout ailleurs l’humain est présent. On ne se rend pas compte de la surdomination des activités humaines et de son intensité. Que reste-t-il à la nature ?

La bonne question n’est pas : "pourquoi on doit protéger la nature", mais "pourquoi on la détruit".Vincent Devictor

Venons-en aux causes, quelles sont-elles ?

V.D : Elles sont parfaitement identifiées depuis plusieurs décennies : destruction massive d’habitats naturels, emploi des pesticides, surpêche, surchasse, etc. Mais plus globalement, c’est notre modèle de développement et une certaine vision utilitariste de la nature qui est en cause.

C’est-à-dire ?

V.D : Il existe toute une littérature qui s’est développée depuis une trentaine d’années pour tenter de démontrer coûte que coûte de l’utilité des espèces et des écosystèmes. Comme s’il fallait toujours justifier la nécessité de protéger la biodiversité par son utilité. La bonne question n’est pas : pourquoi on doit la protéger, mais pourquoi on la détruit. Il faut arrêter de se poser la question de son utilité pour justifier sa protection et chercher à la place les motivations plus profondes qui engendrent sa destruction.

Est-ce vraiment pour faire plus d’emplois ? Moi j’en doute. Il y a beaucoup de projets où finalement la création d’emplois est extrêmement minime. Au final, quelle est la légitimité sociale, les conséquences éthiques et la pertinence économique de détruire la nature ? Si on prend le temps de répondre à cela, on aura des surprises sur certains projets.

Iriez-vous jusqu’à dire que l’espèce humaine se comporte comme un parasite ?

V.D : Il y a une grande diversité de comportements dans l’espèce humaine. Il y a des populations, des histoires et des cultures qui ont des anthropologies différentes qui ne sont pas toutes basées sur le mode de l’exploitation et la recherche de bénéfices. Il suffit de voyager un peu pour trouver d’autres types de relation à la nature que celle diffusée par l’économie capitaliste. C’est vrai au sein même de notre culture, nous ne sommes pas tous guidés par le profit et la domination de la nature.

Et si on voyage dans le temps, c’est la même chose. On s’aperçoit que la surexploitation et la surconsommation n’ont pas toujours existé. C’est d’ailleurs assez récent cette manière d’abîmer la nature à l’échelle industrielle. Donc à la fois dans l’espace et dans le temps, on aboutit à la conclusion qu’il existe d’autres voies que celle de l’exploitation effrénée. 

"Nous aurions besoin d’un Charlie Chaplin de l’écologie qui nous montrerait, avec humour, l’absurdité de certaines politiques"Vincent Devictor

Selon vous, il n’est pas possible de préserver véritablement la nature sans renoncer à notre modèle de développement ?

V.D : Absolument et pour une raison simple. La cause n°1 du déclin de la biodiversité c’est la destruction des habitats naturels et la cause n°2, c’est la surexploitation. Et quand on regarde les conversions de terre à des fins de production industrielle intensive, on a systématiquement le même constat : cela se traduit en cascade par plus de pollution et une destruction nette d’habitats naturels donc d’espèces. La majorité de ces destructions sont irréversibles. Combien de milieux artificiels sont ensuite détruits pour favoriser un retour de la nature ? 

On peut donc faire assez rapidement le lien entre mode de développement et destruction de la nature. Il y a une forme de contradiction à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui et dont il faut faire l’analyse et la critique. Non, tout n’est pas possible. On ne peut pas à la fois maintenir un modèle de développement destructeur et protéger la nature. Il se trouve que quand vous étudiez la dynamique du vivant, vous tombez sur des contraintes écologiques et il faut admettre les notions de limite et de limitation. 

Nos sociétés ont fait trop de compromissions. Il a toujours été question de maintenir les espèces ou les habitats naturels juste au-dessus du seuil de viabilité. Or, il y a une grande différence entre une protection minimale de la nature où l’on se contente d’éviter la disparition des espèces et une protection réellement écologique de la nature afin que les populations et les espaces naturels soient dans des dynamiques satisfaisantes sur un espace large et sur un temps long.

C’est donc le politique qui détient la clé du problème ?

V.D : Le politique n’est qu’un acteur parmi d’autres. Il y a aussi les associations locales et des acteurs de terrain qui ont un rôle essentiel. Mais oui, on attend du politique qu’il imprime un cap ambitieux qui n’est pas celui qu’on a connu jusqu’ici. 

Ceci dit, j’ai impression qu’on est en train de changer d’époque. Après une phase de diagnostic et de dénonciation, c’est aujourd’hui une logique de lutte et de combat qui prévaut. Même dans le champ scientifique. Regardez ce qui a été fait sur le climat. Il a fallu des lanceurs d’alerte. Il faut également prendre la réalité du monde biologique pour ce qu’elle est et ne pas avoir peur de dénoncer des projets absurdes.

Mais il ne faut pas non plus attendre le politique, il faut presque s’en passer car ce n’est pas forcement lui qui détient la clé. Moi, je crois beaucoup à l‘engagement sur un problème précis. Quel barrage ou quel supermarché va être construit ? A quel endroit ? Quand il y a un nouveau projet d’autoroute, est-ce vraiment un projet profitable ? Profitable à certains, probablement mais est-ce qu’il est éthiquement et socialement souhaitable ? Ce sont ces questions-là qu’il faut se poser. Dès lors, un autre projet de vie est possible afin de mettre à mal certaines absurdités. 

Certes, il y a un cap idéologique à franchir, il ne faut plus avoir peur de dénoncer la faillite du modèle de développement durable. Mais l’engagement, il doit se faire sur des sujets précis. Pour donner une note plus légère à tout ça, je pense que nous aurions besoin d’un Charlie Chaplin de l’écologie qui nous montrerait, avec humour, l’absurdité de certaines politiques. A un moment donné, il faut reconnaitre que notre modèle de croissance économique est frappé d’injonctions contradictoires. On ne peut pas détruire la nature et la protéger en même temps."

La normalité

Par Le 01/04/2019

 

En dehors des collègues de travail, je ne vois personne. Je suis soit tout seul, soit avec Nathalie.

Il y a des gens que j'aime autour de moi mais je sais que si je ne les voyais plus, il ne me manquerait pas. Sans chercher à les blesser aucunement. C'est un fait.

 
J'ai vu s'éloigner puis disparaître des gens que j'aimais et avec lesquels j'avais vécu des choses très fortes. Je suis autant qu'eux responsable de cet éloignement. C'est ainsi. 


Je ne crois qu'en l'amour et j'aime Nathalie. 


Je passe des milliers d'heures à écrire ou à lire, assis devant mon ordinateur. 
Je vais en montagne uniquement avec Nathalie. Je fais du vélo tout seul. 
Je pourrais rester sans dire un mot pendant des jours si Nathalie n'était pas là.
Ecrire m'est bien plus nécessaire que de parler.

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"Jean Willot, un suicide qui secoue l'école."

Par Le 01/04/2019

 

https://blog.francetvinfo.fr/l-instit-humeurs/2019/03/30/jean-willot-un-suicide-qui-secoue-lecole.html?fbclid=IwAR0N_hGHG0HkojfdlCJ5ZyQJcN4anZKaKiG3_VW_XwchTyACIxUmEmTsM2Y

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Mardi 12 mars, dans la cour de récréation de l’école Flammarion d’Eaubonne (95), Jean Willot, enseignant, 57 ans, s’approche d’un élève de CP qui se trouve sur les marches d’un escalier et lui demande de descendre. L’élève lui répond, refuse. Jean Willot renouvelle sa demande et devant l’opposition de l’élève, le saisit par le bras pour le faire descendre – ou se contente d’une punition verbale, sans aucune violence, comme il le dira à ses proches.

Le soir même, la mère de l’élève cherche à joindre la direction de l’école, sans y parvenir.

Le lendemain, mercredi, elle porte plainte pour « violence aggravée sur mineur ».

Jeudi 14 mars, à son arrivée à l’école, Jean Willot apprend le dépôt de plainte. Il tombe des nues. La mère de l’élève ne lui a même pas parlé. Jean Willot apprend aussi qu’il est convoqué par l’Inspection Académique. Sonné, incapable d’enseigner, il rentre chez lui, son médecin le met en arrêt.

Vendredi 15 mars, au matin, Jean Willot amène sa femme à la gare, dit qu’il va courir en forêt de Montmorency, pour « s’aérer la tête ». Il ne rentrera pas. Son corps est découvert pendu à un arbre à 16 heures. Sur lui, une lettre, dans laquelle il dit ne pas supporter les accusations et affirme son innocence.

Unanimité

Le lundi suivant, un groupe d’officiels venus de l’inspection débarque à l’école. On dit aux collègues de Jean Willot, tous abasourdis, qu’ils ne doivent pas parler de l’affaire aux parents, aux médias ou à qui que ce soit. Sur ce, l’équipe en état de choc est priée de reprendre le travail à 8 h 30, comme si de rien n’était. Le lendemain mardi, l’inspection leur signifie que seuls 3 enseignants sur 12 pourront aller aux obsèques. Devant l’indignation de l’équipe, l’inspection autorise finalement l’ensemble des collègues à s’absenter de l’école, entre 10 h et 12 heures.

Jean Willot était un enseignant irréprochable, apprécié de ses collègues, souriant, connu pour sa gentillesse, son calme, sa générosité. Il était juste, bienveillant, toujours à l’écoute de ses élèves. C’était quelqu’un de bien, de passionné, dit un parent d’élève, un prof en or, un prof unique, ajoutent d’autres. Une mère d’élève raconte, elle parle d’un homme bon, bon professeur, respectable, poli, attentionné, qui chaque jour traversait la route pour venir les saluer, qui avait toujours un petit mot gentil pour eux, pour leurs enfants.

Jean Willot est décrit comme incapable de la moindre violence.

Il n’était pas dépressif.

Au Parisien, le premier média à parler de l’affaire le jour des obsèques, jeudi 21 mars, la représentante des parents d’élèves de l’école dira : « Cette maman est venue nous voir pour parler de cet incident et nous demander conseil, explique-t-elle. On lui a dit d’aller en parler avec la direction de l’école et avec M. Willot. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé ensuite… C’est un incident tellement banal. Chaque famille réagit différemment, elle dit qu’elle protégeait son enfant, mais je ne comprends vraiment pas. » Et de préciser. « On compatit avec la douleur de sa famille. C’était un enseignant vraiment génial. Il aimait transmettre son savoir, il était à l’écoute des enfants, mais aussi des parents. L’école a perdu un enseignant en or. C’était quelqu’un de formidable. Personne ne pourra vous dire le contraire. » On lira aussi ce message sur les réseaux sociaux, qui dit que des mères d’élèves ont appelé Jean Willot sur son téléphone personnel le jeudi soir, la veille de son suicide.

Emotion, colère

Si les médias vont petit à petit s’intéresser à cette affaire, c’est parce que le monde enseignant s’en empare très rapidement. L’émotion est forte, l’empathie profonde, pour chacun d’entre nous. Mieux que les mots, qui seuls ont toujours du mal à dire les choses dans ce type de situation, ce sont les images qui vont parler au plus grand nombre. Le dessinateur et enseignant Remedium, alias Christophe Tardieux, couche 18 cases d’une bande-dessinée partagée 83 000 fois sur Facebook, une planche qui dit tout et se suffit à elle-même.

Sur les réseaux sociaux, les témoignages se multiplient, on découvre ici ou là des histoires similaires, qui heureusement ne se sont pas conclues de manière aussi dramatique. On lit surtout beaucoup de tristesse, de colère. Un hashtag demande bientôt une #uneminutedesilencepourjeanwillot. Mardi 26 mars, dans de nombreuses écoles, une minute de silence a lieu, parfois en salle des maitres en petit comité, à 10 h 00. L’heure de la récré.

Demain, dimanche 31 mars, une marche blanche est prévue à 14 h 00 dans la ville d’Eaubonne, avec l’accord de la famille de Jean Willot.

Devant la montée médiatique et réseau-sociale de l’affaire, le rectorat de Versailles, 10 jours après la mort de Jean Willot, se fend d’un communiqué, dans lequel la rectrice « tient à assurer l’ensemble des proches et des personnels de son profond soutien dans cette épreuve ». On y lit que dès le 21 mars « la décision a été prise d’engager une enquête du comité d’hygiène santé sécurité et conditions de travail [CHSCT] ». En réalité, ce sont les syndicats qui ont officiellement fait la demande d’enquête, la veille, au sein du CHSCT.

Le ministre, totalement muet depuis le début de l’affaire, finit par communiquer du bout de la souris en retwittant le tweet du rectorat de Versailles.

On pourra lire, parmi les commentaires :

Seuls

L’impression est forte, chez les enseignants, que ni la rectrice de Versailles, ni le ministre ne se seraient exprimés si l’émotion enseignante n’avait pas été aussi vive sur les réseaux sociaux, si elle ne s’était fait entendre et si les médias, alertés par cet écho, ne s’étaient pas peu à peu emparés de l’affaire. 6 mois après #pasdevague, rien n’a changé : il est toujours bien vu de se taire, de ne pas provoquer de remous, de ne pas communiquer. 6 mois plus tard, alors même qu’est censée se construire l’école de la confiance, il faut 10 jours à l’institution scolaire pour reconnaitre le suicide de Jean Willot et apporter son soutien à la famille et aux proches.

Lors d’un rassemblement à Eaubonne, lundi 25 mars, un intervenant a eu cette idée, relatée par le Parisien : « Il faut passer par la médiation, c’est la base de tout. Et pourquoi pas avec des médiateurs professionnels ? Il faut faire en sorte qu’avant un dépôt de plainte, il faudrait obligatoirement que les familles passent par là ». Une mesure peu couteuse, surement pas si difficile que cela à mettre en place et qui permettrait sans doute d’éviter quelques drames. Accessoirement, qui donnerait aux enseignants le sentiment qu’on se préoccupe d’eux, que l’institution ne les abandonne pas à la première plainte venue.

Car, au fond, c’est cela qui nous a tous profondément bouleversés : on a beau faire notre métier avec passion, être investi, se donner sans compter, être reconnu professionnellement, être bienveillant avec les élèves comme avec les parents, chacun de nous n’est jamais qu’à une accusation abusive d’une carrière foutue en l’air, du pilori et de la déchéance. Peu importe qu’on n’ait pas le moindre problème avec les élèves, jamais une anicroche avec un parent d’élève, il suffit d’une fois, il suffit de rien, et personne n’est plus à l’abri, personne ne peut plus se prévaloir d’une carrière sans tache. Et qu’importe au fond que Jean Willot ait pris cet enfant par le bras ou non : à sa place, devant un enfant de 6 ans qui oserait me répondre et refuserait de m’obéir, c’est sans doute ce que je ferais – ce que j’ai déjà fait – je le prendrais par le paletot, sans brutalité mais fermement, je le mettrais sur le côté durant 10 minutes, dans la cour, histoire de marquer le coup. Voilà qui fait certainement de moi, et de nombres de mes collègues, un coupable de « violences aggravées sur mineur ».

Je sais désormais que tout ne tient qu’à un fil.

Dans la loi pour l’école de la confiance récemment votée par les députés, on a beaucoup parlé du devoir de réserve renforcé par l’article 1. Dans ce fameux article, il y a aussi ceci (article L. 111-3-1) : « Ce lien implique également le respect mutuel entre les membres de la communauté éducative, notamment le respect des élèves et de leur famille à l’égard de l’institution scolaire et de l’ensemble de ses personnels. » Voilà une bonne occasion de construire la confiance, monsieur le Ministre.

Exceptionnellement, j’ai souhaité qu’aucun lien ne figure dans ce billet (la BD de remedium mise à part). Néanmoins je me dois de citer toutes mes sources, les voici : les articles du Parisien, (1)(2) et (3), de France Info, de France 3, de France Bleu, de l'Obs, du Huffpost,   #uneminutedesilencepourjeanwillot sur twitter, le témoignage cité sur Facebook, la demande d'enquête au CHSCT, le communiqué de l'Académie de Versailles.

Je termine avec quelques autres planches de BD, celles de Jacques Risso, qui dit notre engagement et notre fragilité. La totalité est visible ici.

A lire aussi

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37 Commentaires

Il y a 6 heures

Bill

J'espère que les conclusions du CHSCT rendrons justice à cet enseignant et déboucheront sur de larges compensations. 

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Il y a 9 heures

Colecolette

 36 ans d'Education Nationale ,dont 23 en ZEP /REP /REP+ou autre "quartier sensible" selon les appellations du moment,directrice d'école maternelle pendant des années à assurer des rôles d'assistantes sociale,psychologue,conseillère ,auprès de jeunes parents d'élèves dont c'était le premier rapport avec l'école,en plus des tâches administratives de plus en plus incohérentes ,et en plus de l'enseignement bien sûr (le truc pour lequel les programmes changent tous les 2 à 4 ans et que tu dois faire tout le contraire des précédents ou presque,sur les conseils de technopédagogues qui n'ont pas vu une classe d'enfants de 3 ans depuis qu'ils allaient chercher le leur à l'école -enfin,s'ils avaient le temps de le faire-),un métier choisi et aimé,pas dupe des manœuvres,brimades et injustices sévissant dans cette "grande famille" ,bref ,pas tombée de la dernière pluie....Et bien je n'ai pas tenu jusqu'au bout : tous les matins en arrivant je cherchais sur l'arbre de la cour la meilleure branche pour m'y pendre,un week end pour ne pas faire peur aux enfants,j'y réfléchissais toutes les nuits....après avoir cherché pendant des heures comment faire pour compenser l absence de médecin scolaire ,le retard de la psychologue overbookée, les consultations de pédopsychiatre à 6 mois ,les cabinets d’orthophonie complets,pour digérer les insultes et menaces de parents qui sont à côté de la plaque et les crises de nerfs des collègues qui ont disjoncté,pour avaler encore et encore les brimades d'une administration présente seulement pour te culpabiliser....

Donc je suis partie à la retraite,avant de me pendre, à temps si l'on peut dire et avec la chance d'être assez âgée pour ça,puisqu'il n'y a pas de reconversions prévues,ni de préretraite,...ni de parachute doré dans l'éducation nationale ,juste un mail :"vous serez rayée des cadre le 1° septembre " Du coup,avec la décote,je ne passerai pas ma retraite dans les îles,mais ça,ça ne me donne pas envie de me pendre...enfin,je savais que de toutes façons,pour être à l'aise financièrement,il ne faut pas faire instit -pardon,professeur des écoles-

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Il y a 10 heures

Did

Les parents de cet enfant vont avoir des nuits difficiles. Que cela les hante jusqu’à leur mort. 

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Il y a 11 heures

Floredunet

Chère Sophie 

En pareil cas on doit avant tout se garder de jugement à l' emporte pièce comme vous l' avez fait en parlant d' une eventuelle grande sensibilité de cet enseignant.

Un suicide n est pas lié à une grande sensibilité ! C est TELLEMENT plus complexe - comme tout être humain - même si le passage à l' acte est rapide. 

Cherchez documentez vous et lisez car il y a plus de 160 000 tentatives de suicide chaque année en France et entre 10 et 16 000 " réussites " hélas.

J' entends votre argumentaire / au ministre mais exprimer une compassion pour la famille face à un tel drame, ne demande pas de réflexion.

Ne le faisons nous pas lorsque nous apprenons un décès en écrivant ou allant aux funérailles ? Et pas besoin de délai de réflexion...

Personnellement je suis ancienne professeur d EPS et très très contente de m' être reconvertie face à la déliquescence de l' E.N.

Actuellement je connais le cas de 2 jeunes enseignants professeurs des ecoles, en burn out pour harcèlement de collègues ou parents et non soutien de l' inspectrice et supérieurs hiérarchiques. L un d entre eux pourtant, a été filmé par France 5 il y a qq années pour sa pédagogie innovante c est dire !!!

Il vient d être contacté par une fondation privée qui veut ouvrir une école pilote.

Il n' y a pas de hasard... Et l' E.N. va perdre encore un élément moteur. Car combien quittent le navire sans que cela se sache ...

Savez vous que l' E.N. sait parfaitement que désormais un enseignant fera en moyenne 15 ans ? 

Cherchez, fouinez, lisez tout est déjà connu de l E.N. 

Bien sincèrement 

Florence

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Il y a 20 heures

FAG

Excellente BD, mais le vrai problème n'est pas abordé!

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Il y a 20 heures

FAG

Qui me dit Bonjour?

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Il y a 21 heures

Asperger

On sait que la gendarmerie (et l'armée) sont un service public mais il devrait y avoir des restructurations au niveau de la reception de 'plaintes' en tous genres, pour tout et n'importe quoi !

- on enregistre une plainte pour 'violence' (sans preuves) contre un enseignant (casier judiciaire vierge)

- on refuse le depot de plainte d'une femme violenté (preuves souvent visibles à l'oeil nu) par son concubin (avec souvent un casier judiciaire...) sous prétexte que ce sont des 'problémes' privés internes au couple 

Les gendarmes eux mêmes sont en droit de se poser des questions sur le fonctionnement de leurs services  

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Il y a 23 heures

Mic

Bonjour,

Avez-vous le nom et les coordonnées de la mère d'élève qui a porté plainte SVP ?

A bientôt

Michel Petit / 33700 Mérignac

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Il y a 7 heures

Luigi

Oui, j'aimerais savoir qui est cette personne

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Il y a 6 heures

mario

pour la harceler à votre tour ? ça semble une très bonne idée

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Il y a 23 heures

Wand

Je lis la réaction de la hiérarchie sur votre excellent récit....

Que dire de ces établissements où règnent la délation, la flatterie, l’espionnage et un autoritarisme stupéfiant usant de misérables procédés? Pas tous, bien sûr...

  • Réponse

Il y a 1 jour

jérôme

Jérôme

Le mal être de l’Éducation Nationale, c'est l'abandon des enseignants par leur hiérarchie, qui ne sait faire que deux choses : étouffer les affaires embarrassantes et se couvrir !!!

J'ai été PE2 (entendre Professeur des Écoles Stagiaires) il y a une dizaine d'années dans l'Indre et Loire. Je n'ai pas été titularisé. L'inspectrice qui a scellé mon sort en tant que futur qu’enseignant était balloté d’une inspection à ,une autre d'année en année (on se demande bien pourquoi ??), et n'était pas autorisé a réaliser des inspections seules. Elle devait être accompagné d'une Conseillère Pédagogique !!!

Le jour de mon inspection de fin de PE2, elle était seule... Bref.

On imagine facilement les dégâts que peuvent faire ce genre de personnes auprès des enseignants qu'elles inspectent. en cherchant bien, vous trouverez de nombreux cas édifiants d'abus de pouvoirs, et autres dysfonctionnement ... 

J'ai aussi été, avant d'être PE2, en  emploi Jeune en école élémentaire dans l'Indre pendant 7 ans, le constat est le même. 

Bien sur, tout cela sous la discrétion de l'Inspection Académique et du Rectorat pour qui le maitre mot est "chut, pas de vagues..."

Economie ou pillage ?

Par Le 30/03/2019

L''extraction mondiale de matériaux atteint... 70 millliards de tonnes par an

Le terme "économie" est vraiment contradictoire. Quand j'étais enfant, mes parents m'ont appris à faire des "économies", c'est à dire à ne pas piller ma tirelire impunément sur un coup de folie et me retrouver démuni.

L'économie, telle qu'elle est considérée dans cet article, parle d'un système qui conduit à un véritable pillage. Il arrivera un jour où les suivants n'auront plus rien. Et tout le problème est là : ces individus ne sont que les "suivants" et ils n'ont pas d'importance réelle aux yeux des économistes et des financiers. Pas assez en tout cas pour que des décisions radicales soient prises...De la même façon, en dehors de la sphère financière, combien sommes-nous à avoir changé autant que possible notre façon de vivre ? Est-il moralement possible de continuer à ignorer tout cela ? Que les "suivants" ne soient pas encore là nous laissera-t-il encore longtemps indifférents à ce qu'ils sont en droit de trouver en arrivant ?

https://reporterre.net/L-extraction-mondiale-de-materiaux-atteint-70-millliards-de-tonnes-par-an?fbclid=IwAR32EoSMRxpRfpR40BEyeyEh0IBDY4ppVcSnmjSGLqHbccCpLMCCSMnQK3k

Selon un rapport de l’ONU, le développement rapide de l’extraction de matériaux est le principal responsable des changements climatiques et de la pression sur la biodiversité. L’utilisation des ressources naturelles a plus que triplé depuis 1970. La situation va s’aggraver si le monde n’engage pas une réforme systémique de grande ampleur.

« Perspectives des ressources mondiales 2019 », un rapport élaboré par le Groupe international d’experts sur les ressources, passe en revue les tendances de l’utilisation des ressources naturelles et les modes de consommation correspondants depuis les années 1970 afin d’aider les décideurs à prendre des décisions stratégiques et à opter pour une transition vers une économie durable.

Au cours des cinq dernières décennies, la population a été multipliée par deux et le produit intérieur mondial a été multiplié par quatre. Le rapport constate que, pendant la même période, l’extraction mondiale annuelle de matériaux est passée de 27 milliards de tonnes à 92 milliards de tonnes en 2017. Selon les tendances actuelles, ce chiffre sera encore amené à doubler d’ici 2060.

Selon le rapport, « l’extraction et le traitement des matériaux, des combustibles et des aliments représentent environ la moitié des émissions totales de gaz à effet de serre et sont responsables de plus de 90 % du stress hydrique et des impacts sur la biodiversité ». En 2010, les changements dans l’utilisation des sols avaient entraîné une perte d’espèces globales d’environ 11 %.

« Il n’y aura pas de lendemain pour beaucoup d’entre nous si l’on ne met pas fin à ces pratiques » 

« L’avenir des ressources mondiales montre que nous exploitons les ressources limitées de cette planète comme s’il n’y avait pas de lendemain, entraînant dans le même temps des changements climatiques et une perte de biodiversité », a déclaré Joyce Msuya, directrice générale par intérim d’ONU Environnement. « Je le dis franchement, il n’y aura pas de lendemain pour beaucoup d’entre nous à moins de mettre fin à ces pratiques. »

Depuis 2000, la croissance des taux d’extraction s’est accélérée pour atteindre 3,2 % par an, principalement en raison d’investissements importants dans les infrastructures et de niveaux de vie plus élevés dans les pays en développement et en transition, notamment en Asie.

Plus spécifiquement, l’utilisation de minerais métalliques a augmenté de 2,7 % par an et les effets connexes sur la santé humaine et les changements climatiques ont été multipliés par deux entre 2000 et 2015. L’utilisation de combustibles fossiles est passée de 6 milliards de tonnes en 1970 à 15 milliards en 2017. La quantité de la biomasse est passée de 9 milliards de tonnes à 24 milliards, principalement pour l’alimentation humaine et animale et l’énergie.

Evolution 1970-2015 du commerce mondial des produits de la biomasse, des combustibles fossiles, des métaux, et des minéraux.

En ayant recours à des données tirées de tendances historiques, le rapport prévoit d’atteindre l’horizon 2060. L’utilisation des ressources naturelles devrait augmenter de 110 % d’ici 2015-2060, ce qui entraînerait une réduction de plus de 10 % des forêts et d’autres habitats tels que les prairies à hauteur d’environ 20 %. Les conséquences sur les changements climatiques sont graves, car les émissions de gaz à effet de serre augmenteraient de 43 %.

« Avec des politiques efficaces, l’utilisation mondiale des ressources pourrait ralentir de 25 % » 

Le rapport indique que si la croissance économique et la consommation se maintiennent aux taux actuels, des efforts beaucoup plus importants seront nécessaires pour garantir qu’une croissance économique positive ne provoque pas d’impact négatif sur l’environnement.

Le rapport démontre que l’utilisation efficace des ressources est essentielle, mais pas suffisante en soi. « Nous avons besoin de passer de flux linéaires à circulaires en combinant des cycles de vie prolongés et une conception de produits intelligente, ainsi que la réutilisation, le recyclage et la re-fabrication », indique le rapport.

Si les mesures recommandées sont appliquées, la croissance économique pourrait accélérer, dépassant les coûts économiques initiaux du passage à des modèles économiques compatibles avec la limitation du réchauffement climatique à 1,5 °C au cours de ce siècle.

« La modélisation entreprise par le Groupe international d’experts sur les ressources montre qu’avec des politiques efficaces en matière d’utilisation rationnelle des ressources et de consommation et de production durables, l’utilisation mondiale des ressources pourrait ralentir de 25 %, le produit national mondial pourrait progresser de 8 %, en particulier pour les pays à faible revenu et les pays à revenu intermédiaire, et les émissions de gaz à effet de serre pourraient être réduites de 90 % par rapport aux prévisions concernant la poursuite des tendances historiques à l’horizon 2060 », ont écrit les coprésidents du Groupe d’experts, Isabella Teixeira et Janez Potocnik, dans la préface commune du rapport .

Compléments d’information :

. le résumé en français du rapport :

« Perspectives des ressources mondiales 2019 », le rapport élaboré par le Groupe international d’experts sur les ressources.

Hugh Herr, amputé et grimpeur.

Par Le 30/03/2019

 

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Lorsque j'ai décidé de me lancer dans l'écriture de "LÀ-HAUT", je connaissais l'histoire de ce grimpeur. Il était considéré, avant sa double amputation, comme un grimpeur d'exception. On peut lui attribuer également un mental d'exception...

 

 

Hugh Herr, né le 25 octobre 1964 à Lancaster (Pennsylvanie), est un grimpeuringénieur et biophysicien américain.

Grimpeur de haut niveau, il doit être amputé de ses deux jambes au niveau du genou à la suite d'une ascension. Il cherche malgré tout à continuer à escalader et crée des jambes prothétiques lui permettant d'escalader à nouveau au plus haut niveau. Il travaille toujours dans la recherche dans le secteur de la biophysique au sein du MIT Media Lab.

 

Biographie

Benjamin de cinq frères et sœurs d'une famille mennonite de Lancaster (Pennsylvanie), Hugh Herr est un prodige de l'escalade : à huit ans, il gravit une des faces du mont Temple (3 544 m) dans les Rocheuses canadiennes, et à dix-sept ans, il est reconnu comme étant l'un des meilleurs grimpeurs des États-Unis1.

En janvier 1982, après avoir fait l'ascension d'une paroi de glace techniquement difficile à Huntington Ravine sur le Mont Washington (New Hampshire), Hugh Herr et son compagnon d'escalade Jeff Batzer sont pris dans un blizzard et sont désorientés. Ils finissent par descendre dans le cirque glaciaire du Great Gulf (en), où ils passent trois nuits à −29 °C. Quand ils sont secourus, ils souffrent d'une gelure sévère, et les deux jambes de Herr doivent être amputées sous les genoux, tandis que Batzer perd la moitié de sa jambe gauche, les orteils de son pied droit et les doigts de sa main droite. Lors de l'opération de sauvetage, le volontaire Albert Dow est tué par une avalanche1.

Quelques mois après ses opérations et sa réhabilitation, Hugh Herr fait ce que ses docteurs lui avaient annoncé comme impossible : escalader à nouveau. Utilisant des prothèses qu'il a lui-même élaborées, il crée des pieds prothétiques avec un gros orteil suffisamment rigide pour faire qu'il soit possible de rester debout sur les bords d'une petite pierre, ainsi que des pieds en titane qui l'aident à escalader des murs de glace escarpés. Il utilise ces prothèses pour ajuster sa taille — de 1,5 à 2,4 m— et éviter des positions étranges du corps où il ne pourrait d'ordinaire pas atteindre ses pieds avec les mains.

Grâce à ces prothèses, Hugh Herr parvient à escalader des parois de plus haut niveau que celles qu'il escaladait avant son accident, faisant de lui la première personne ayant une amputation importante à être aussi performant dans un sport que des personnes non-handicapées au plus haut niveau.

Le glyphosate et la SNCF

Par Le 29/03/2019

Un sacré problème et qui doit être résolu. Entre sécurité, économie et écologie, le dilemme est de taille. Et où on voit, encore une fois, combien la technologie supplante l'idée même de créations d'emploi...Former des équipes chargées de l'entretien des voies au regard de la végétation...Non, impossible ? Pas les finances... Bon, alors, on va mettre des robots...

https://www.sudouest.fr/2018/09/14/38-tonnes-par-an-la-sncf-est-le-plus-gros-consommateur-de-glyphosate-5390968-706.php?fbclid=IwAR14oAHYwir9NIyyrcOFus7GS0KluxqtIRjqMo3h5655Y_YlhRsCPAQ8gE4

38 tonnes par an : la SNCF est le plus gros consommateur de glyphosate
La SNCF pourrait faire appel à Vitirover, un petit robot venu de Saint-Emilion, pour désherber ses voies. 

PHILIPPE HUGUEN AFP

La SNCF utilise beaucoup de glyphosate pour désherber ses voies, et espère trouver des alternatives avant que ce puissant herbicide ne soit interdit en France. 

Grande utilisatrice de glyphosate pour désherber ses voies et leurs abords immédiats, la SNCF espère trouver des alternatives avant que ce puissant herbicide ne soit interdit en France, faute de quoi la facture risque d’être très salée. "On a un standard aujourd’hui, qui est zéro végétation sur les voies et sur les pistes", explique Michel Morin, le responsable des voies ferrées chez SNCF Réseau.

C’est un impératif de sécurité pour la circulation des trains : la végétation pourrait retenir l’eau et déformer la plateforme (et donc les rails). Les touffes d’herbe pourraient en outre gêner les rayons laser vérifiant l’écartement des voies ou perturber les tournées d’inspection des cheminots. Quant aux pistes longeant les voies, elles doivent impérativement être dégagées pour que les agents puissent se déplacer rapidement et le cas échéant évacuer les voyageurs en cas de problème.

"Pour l’instant, on n’a pas encore trouvé la solution"

Pour occire cette végétation indésirable, des "trains désherbeurs" passent au printemps. Ils aspergent les voies et les pistes d’une solution à base de glyphosate, produit accusé de provoquer des cancers. La SNCF en utilise entre 35 à 38 tonnes par an. "Cela représente 0,4% de la consommation française", relativise Michel Morin. Mais cela fait aussi de la SNCF le premier consommateur du pays, selon une étude de la Fondation Concorde.

Que faire si le glyphosate est bien interdit en France d’ici 2021, comme l’a annoncé l’exécutif ? "Pour l’instant, on n’a pas encore trouvé la solution, donc on fait plein d’expérimentations", répond brièvement le patron de SNCF Réseau, Patrick Jeantet. "D’ici là, on espère trouver des choses ! " 

Le groupe public s’est vraiment lancé dans la recherche d’alternatives au glyphosate quand la Commission européenne a provisoirement prolongé son autorisation pour dix-huit mois, en juin 2016 (ladite autorisation a depuis été prolongée pour cinq ans, délai que le président Emmanuel Macron s’est engagé à réduire à trois ans en France).

Robots et ondes électromagnétiques

Il y a urgence, car le coût du traitement des voies et des pistes sans glyphosate atteindrait environ 500 millions d’euros par an, avec les moyens actuellement à disposition. Certes, cette facture pourrait, selon Michel Morin, être réduite à 350 millions "si on dégradait (les) standards", mais la note serait particulièrement douloureuse par rapport aux 30 millions actuels… La perspective est peu enthousiasmante alors que SNCF Réseau, déjà lourdement endetté, manque de moyens pour entretenir le réseau.

L’entreprise étudie actuellement la faisabilité de toute une série de solutions après avoir lancé l’an dernier un "marathon de l’innovation" et consulté tous azimuts, y compris dans les pays voisins qui ont le même problème. Le groupe teste notamment des herbicides alternatifs, et en particulier des produits de biocontrôle (des désherbants naturels), qui n’ont pas encore fait leurs preuves… et ne sont pas homologués. Idem pour d’autres produits de synthèseproposés par les fournisseurs, qui pourraient au final être plus dangereux que le glyphosate.

Vitirover est désormais une véritable machine agricole autonome et tout-terrain.
Vitirover est désormais une véritable machine agricole autonome et tout-terrain. 

CRÉDIT PHOTO : KLEIN STÉPHANE

Un certain nombre de robots ont aussi été mis à contribution, comme Vitirover, un petit coupeur d’herbe autonome venu de Saint-Emilion essayé sur les pistes qui longent le TGV Nord. Les premiers tests sont "prometteurs", juge Michel Morin. Toujours pour les pistes, la pose de géotextiles (des matériaux synthétiques) pourrait aussi être une solution, ajoute-t-il.

La zone de confort

Par Le 26/03/2019

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En classe, aujourd'hui, j'ai longuement expliqué ce que signifie la "zone de confort" et l'importance considérable d'en connaître l'étendue et ses limites. Bien entendu, l'expression appelle une réflexion sur la peur. Il s'agissait au départ de la difficulté d'une élève dans l'exercice de lecture des grands nombres. Entre la semaine passée et ce matin, l'évolution est très favorable et à ma demande, cette élève a essayé d'observer ce qui se passait en elle.

"Je n'ai plus peur, je suis calme et quand je suis un peu coincée par un nombre, je ne laisse pas la peur me mettre en panique."

 

J'invite très souvent les enfants à observer en eux les effets du travail. Je leur dis également que c'est cette observation qui importe et non l'exercice en lui-même.

"Vous êtes avant tout en apprentissage de vous-même et non dans l'apprentissage unique des mathématiques et de tout le reste. Ce qui compte, c'est que vous acceptiez de sortir de votre zone de confort, celle dans laquelle vous aimez être car elle est rassurante et nullement ouverte à l'intrusion des peurs. Imaginez un escalier sur lequel vous devez monter, marche après marche. L'obstacle, devant vous, génère une inquiétude et même la peur de l'échec. Mais cette peur n'est pas incluse dans l'exercice lui-même. Elle vient de vous. Les mathématiques ou le reste ne diffusent pas de peur. C'est pour ça que vous ne pouvez pas dire que vous n'aimez pas les mathématiques ou d'autres matières. Elles n'y sont pour rien. Le problème vient de vous. Ce que vous n'aimez pas, en réalité, ce sont toutes les émotions qui jaillisent devant le travail. Il faut accepter cette inquiétude et même la peur. Il ne faut rien rejeter. Même pas la peur. C'est elle qui vous permettra d'apprendre à vous observer. C'est elle que vous devez amadouer, domestiquer, comme si vous étiez montés sur un cheval sauvage. C'est passionnant comme épreuve. Apprivoiser sa peur. Et plus cette peur sera sauvage, plus vous serez fier de vous lorsque vous la tiendrez fermement, comme les rènes d'un cheval. Peu importe le temps que ça prendra. "La chute n'est pas un échec ; l'échec, c'est de rester là où on est tombé." Vous vous souvenez de Socrate. Et le plus extraordinaire, lorsque vous aurez réussi à calmer votre peur, c'est de sentir ce bonheur immense d'être monté sur la marche qui était au-dessus de vous. Vous avez réussi l'exercice mais ça n'est pas ça qui vous a fait grimper : votre réussite, c'est d'avoir observé votre peur et d'en avoir fait une force. C'est elle que vous pouvez remercier. Elle était l'occasion magnifique de vous prouver à vous-même la force que vous possédez pour avancer. Maintenant que vous avez élargi votre zone de confort à travers cette connaissance de vous-mêmes, vous pouvez y rester, en apprécier la douceur, profiter des bienfaits du travail réussi. Mais il arrivera nécessairement un moment où le travail de classe vous mènera au pied de la marche suivante. Alors, vous devrez penser à toutes les marches que vous avez déjà franchies. Vous irez chercher en vous tous ces bonheurs et ce sentiment de force quand vous avancez. Imaginez que vous soyez un aventurier, un alpiniste ou un explorateur. Jamais, ces gens-là ne se sont contentés de ce qui était déjà connu, atteint ou exploré. Ils sont toujours allés voir plus haut ou ailleurs. Vous êtes des aventuriers. Dans votre aventure intérieure. La marche suivante n'est pas un obstacle infranchissable. Elle n'est rien d'autre que l'occasion de montrer votre persévérance, votre détermination. Observez tout ça, essayez de regarder ce qui se passe en vous quand vous êtes dans la joie du travail. C'est joyeux le travail quand on se sert de lui pour regarder en soi."

 

 

La violence

Par Le 25/03/2019

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Je ne cautionne aucunement les violences des casseurs dans les villes. C'est absurde et c'est rendre service au pouvoir. 

Mais je comprends la détresse.

Pour ma part, je préfère fuir tous les rassemblements de la sorte. Je n'ai participé à aucun défilé, aucune manifestation et je ne le ferai pas.

Je m'enfuis.

On va vendre la maison de Savoie et chercher un lieu totalement isolé ailleurs. Autonomie totale. On ne luttera pas frontalement contre le pouvoir. On le fuit pour le monde qui nous convient. 

Je sais combien c'est inutile pour le reste du monde. Je sais que nous sommes des privilégiés de pouvoir le faire. Je sais que cette attitude peut être considérée comme égoïste.

J'ai lutté fortement contre l'éducation nationale. Ca n'a servi qu'à me ruiner la santé pendant de longs mois. Je ne recommencerai pas. 

Je m'enfuis avec Nathalie.

Simplicité volontaire, décroissance, autonomie.

Essayer de ne dépendre de rien serait illusoire. Essayer d'en réduire l'ampleur est quelque chose de réalisable. 

Je ne lutterai pas frontalement contre le pouvoir.

Je pense qu'il est plus efficace d'en sortir pour le voir s'éteindre. 

La violence révolutionnaire renforce son pouvoir. 

Ériger face au système un contre-pouvoir qui l'ignore autant que possible et ne nourrit pas sa puissance. 

Est-il possible de vivre intégralement hors de ce système ? Non, pas ici, pas en France. Il restera des structures, des organismes, des institutions... On paiera toujours nos impôts, on aura toujours des assurances aux personnes et aux biens, on aura toujours un compteur d'eau reliée au réseau et un branchement au réseau électrique, on aura toujours un compte en banque, on bénéficiera toujours des soins médicaux si nécessaire, on continuera à acheter ce qui sera indispensable... Il restera inévitablement des "incontournables".

Le projet n'est pas de vivre dans une grotte ou une hutte mais de vivre en conscience au regard de tout ce qui peut être limité ou même supprimé. Nous n'aurions pas imaginé l'impact de ce mode de pensée lorsque nous avons décidé d'en appliquer les principes à notre vie entière. 

Je me dis également que l'âge compte dans ce phénomène "d'éloignement". Je vais être à la "retraite". Pour moi, le terme est approprié. 

Je vais entrer "en retraite" comme on entre dans un temple.

Pour le silence et la paix. 

 

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La lune sur la montagne

Par Le 21/03/2019

Ce matin, entre 6 h 15 et 6 h 30.


La lune au-dessus de la chaîne de la Chartreuse, depuis la maison.

 

L’image contient peut-être : ciel, nuit, nature et plein air

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L’image contient peut-être : ciel

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Celle-là a quelques années, quasiment au même endroit. 

L’image contient peut-être : ciel, plein air et nature

Alex Honnold : Au-delà du connu

Par Le 20/03/2019

 

Oscar du meilleur documentaire mais c'est dérisoire en fait au regard de l'exploit. J'ai commencé à m'intéresser à l'alpinisme et à l'escalade à 14 ans...J'en ai lu des récits et j'en ai vu des films. Je connais beaucoup d'histoires sur le milieu, des exploits fantastiques, des épreuves redoutables, des survies improbables. Mais là... Rien que les quelques images me laissent sans voix...Et presque sans mots.

 

 

https://www.nationalgeographic.fr/sports-daventure/2019/02/del-capitan-aux-oscars-la-vertigineuse-ascension-dalex-honnold

Cet article figure dans le magazine National Geographic daté du mois de mars 2019.

4h54, par une fin de nuit glaciale de novembre 2016, dans le parc national de Yosemite (Californie).

La pleine lune jette une lumière irréelle sur la face sud-ouest d’El Capitan, un mur de granite. Alex Honnold s’y cramponne de la seule extrémité de ses doigts et de ses semelles de caoutchouc. Il tente d’accomplir ce qui a long - temps été jugé impossible : l’ascension en solo intégral de l’une des parois les plus mythiques du monde. Cela signifie escalader 900 m de roc nu, tout seul et sans matériel d’assurage.

Le grimpeur braque sa lampe frontale sur la surface froide. Où poser le pied ? Au-dessus de lui, sur environ un mètre, la pierre est lisse, dépourvue de toute prise. Plus haut, d’autres sections comportent de fines mottes de terre, de minuscules bosses ou fissures. Mais cette dalle quasi verticale, sur la section appelée Freeblast, exige un subtil équilibre de finesse et de force. Les grimpeurs appellent cela l’« escalade en adhérence ». « C’est comme grimper sur du verre», a un jour décrit Alex.

Freeblast est l’une des sections les plus difficiles de l'ascension d'El Capitan en solo intégral. Contrairement aux sections plus en hauteur, qui comportent au moins quelques petites bosses, cette partie doit être maîtrisée pour maintenir un équilibre parfait. Honnold doit frotter sa semelle de caoutchouc contre la roche lisse et conserver l'équilibre. Il a renoncé ici lors de sa première tentative en solo.

PHOTOGRAPHIE DE MIKEY SCHAEFER

Deux mois plus tôt, il s’est foulé une cheville lors d’une chute à l’entraînement sur la même portion. Cette fois-là, il était encordé. Mais, aujourd’hui, toute chute est interdite. L’escalade en solo intégral diffère des autres sports dangereux où l’on risque de se tuer si l’on rate son coup. Lorsque vous dévissez sans corde de la hauteur d’un immeuble de soixante étages, la mort n’est plus un risque, mais une certitude.

Assis sur un tronc, 180 m plus bas, j’observe le mince halo de la lampe d’Alex. Il n’a pas bougé depuis une éternité, me semble-t-il (moins d’une minute, en fait). Et je sais pourquoi. Alex doit s’attaquer au geste qui le hante depuis qu’il a commencé à rêver de vaincre cette voie, il y a sept ans. Moi aussi, j’ai gravi cette section, et la simple pensée de l’escalader en solo intégral me donne la nausée. C’est alors qu’un cadreur de l’équipe de tournage cavale sur le sentier menant au pied du mur. Son talkie-walkie grésille.

« Alex abandonne », annonce-t-il.

Dieu merci, pensé-je. Alex vivra.

Je lui parlerai un peu plus tard, mais je sais déjà pourquoi il renonce. Il ne le « sent » pas. Évidemment, qu’il ne le sent pas ! Ce serait de la folie. J’en viens même à penser que, peut-être, ce type d’escalade ne devrait même pas exister

Dans le monde de l'escalade, certains pensent d’ailleurs que la grimpe en solo intégral est une hérésie. Soulignant la longue liste de ses victimes, ses détracteurs y voient une démonstration de virtuosité gratuite et irresponsable, qui ternit l’image de l’alpinisme. Pour d’autres, moi y compris, c’est la plus pure expression du sport.

Telle était l’opinion de l’alpi niste autrichien Paul Preuss, considéré comme le fondateur du solo intégral. Il proclamait que l’essence même de l’alpinisme consistait à dompter une montagne par ses seules capacités physiques et mentales, et non grâce à une « aide artifi cielle ». Preuss avait 27 ans et réalisé quelque 150 premières sans corde, quand, le 3 octobre 1913, il fi t une chute mortelle en escaladant en solo la crête nord du Mandlkogel, dans les Alpes autrichiennes.

Honnold inspecte ses mains après avoir terminé l'une de ses nombreuses séances d'entraînement sur El Capitan.

PHOTOGRAPHIE DE JIMMY CHIN

Mais ses idées ont survécu, inspirant des générations de grimpeurs et le mouvement de l’« escalade libre » des années 1960 et 1970. Celui-ci se fixa comme règle de n’utiliser des cordes et des équipements que pour assurer la sécurité, et non pour seconder le grimpeur dans l’ascension. 

En 1973, le premier héritier notable de Preuss se révéla : « Hot » Henry Barber stupéfia la communauté de la grimpe en escaladant sans corde les 450 m de la face nord du Sentinel Rock, dans le Yosemite. Là, trois ans plus tard, John Bachar, 19 ans, gravit en solo intégral les New Dimensions, une fissure haute de 90 m, particulièrement ardue. Personne ne fi t monter les enchères avant 1987. Peter Croft, un Canadien effacé, enchaîna alors en solo le même jour deux des voies les plus célèbres du Yosemite, l’Astroman et la Rostrum.

LANCER LE DIAPORAMA

Le record de Croft tint jusqu’en 2007, quand un jeune homme timide aux yeux de biche, Alex Honnold, apparut dans la vallée du Yosemite. À 22 ans, il reproduisit les hauts faits de Croft sur l’Astroman et la Rostrum. L’année suivante, il  gravit en solo intégral deux autres voies célèbres pour leur extrême difficulté : la Moonlight Buttress du parc national de Zion (Utah) et la voie classique de la face nord-ouest du Half Dome (« Demi-Dôme ») du Yosemite. 

Ces ascensions étaient si longues et techniquement diffi ciles qu’aucun grimpeur sérieux n’avait imaginé que, un jour, elles seraient réalisées sans corde. Mais, en secret, Alex Honnold envisageait déjà un objectif encore plus fou.

Soulignons que le projet d'Alex – l’ascension en solo intégral d’El Capitan – n’était pas une acrobatie conçue sur un coup de tête par un sportif dopé à l’adrénaline. Il m’en a évoqué l’idée en 2009, lors de notre première expédition commune –et j’ai pensé qu’il était timbré. Mais, vu sa confiance suprême et sa façon de gravir sans effort des parois d’une difficulté hallucinante, ça ne sonnait pas totalement prétentieux.

Honnold, 33 ans, écoute de la musique en se brossant les dents, à l’aube d’une journée d’escalade dans le Haut Atlas marocain, l’un des lieux à l’étranger où il s’est entraîné pour son ascension d’El Capitan.

PHOTOGRAPHIE DE JIMMY CHIN

Alex a examiné plusieurs voies déjà ouvertes sur les faces d’El Capitan. Il a arrêté son choix sur la Freerider, dont l’ascension exige en général plusieurs jours. Cette voie, d’une trentaine de longueurs de corde, met au défi de multiples capacités du grimpeur : sa force dans les doigts, avant-bras, épaules, mollets, orteils, dos et abdomen; son équilibre; sa souplesse; sa capacité de résolution de problèmes ; sa stabilité émotionnelle. À la mi-journée, le soleil rend la roche brûlante; quelques heures plus tard, la température peut tomber sous 0 °C. Bourrasques et courants ascendants balaient parfois la paroi. Des filets d’eau jaillissent des fissures. Abeilles, grenouilles et oiseaux peuvent surgir des crevasses lors d’un mouvement crucial. Des rochers de toute taille peuvent soudain céder et dégringoler.

La Freeblast est peut-être la portion la plus effrayante. Mais des sections plus exigeantes encore sur le plan physique arrivent ensuite : une cheminée qui se franchit au prix d’improbables contorsions ; un trou béant exigeant un grand écart quasi complet. Et puis, à 700 m au-dessus du fond de la vallée, se situe le Boulder Problem (« problème du rocher »), le passage le  plus délicat de la voie, celui qui requiert certains des mouvements techniques les plus difficiles de l’ascension.

Pendant un an, Alex va passer des centaines d’heures sur la Freerider, assuré avec des cordes, mémorisant des milliers d’enchaînements complexes avec ses pieds et ses mains. Chaque soir, il se retirera dans sa camionnette aménagée. Là, il consignera ses remarques sur l’entraînement dans des carnets à spirale.

Tandis qu’il prépare un dîner végétarien dans la kitchenette de son van, je lui demande, un jour où il s’est exercé sur le Boulder Problem :

«Alors, comment ça se passe, là-haut ?

- Je l’ai fait onze ou douze fois aujourd’hui, sans tomber. Mais c’est vraiment un truc pour lequel on doit être préparé psychologiquement. »

Il mime les onze enchaînements, puis décrit chacun: « Pied gauche dans la petite prise de pouce. Pied droit dans cette fossette où tu peux caler assez fermement ton orteil, alors en opposition avec la main gauche, puis tu peux aller chercher très loin une réglette, très fine, mais à laquelle tu peux t’agripper assez solidement. Je plaque un peu ma paume sur le mur pour pouvoir projeter mon pied en l’air, puis atteindre cette espèce de prise de pouce inversée.

- Cette prise est grande comment ?

- C’est la pire de toute la voie, me répond Alex, yeux écarquillés, laissant un espace de 3 mm entre son pouce et son index. C’est à peu près grand comme ça. »

Mais, avant, il devra franchir la Freeblast, le passage le plus épineux. Je l’y rejoins lors d’un entraînement avec corde. Et là où il s’est arrêté en novembre, Alex glisse encore.

Selon mon décompte, c’est la troisième fois qu’il tombe ici. « Ce mouvement n’est vraiment pas sûr. Je n’aime pas ça », me dit-il, alors que nous marquons une pause, juste au-dessus du passage en question. Je réalise à cet instant qu’Alex pourra s’entraîner autant qu’il le souhaitera, il ne maîtrisera jamais cette section comme il le voudrait. Et lui aussi doit sûrement en avoir conscience.

Après quatre heures d’ascension, Honnold pose avec son matériel d’escalade –soit ses chaussons et son sac de magnésie–, au sommet d’El Capitan. « En bas, j’étais un peu nerveux », avouera-t-il plus tard. Et pour la suite? « Je veux escalader d’autres faces difficiles. Un jour. On ne prend pas sa retraite parce qu’on est redescendu. »

PHOTOGRAPHIE DE JIMMY CHIN

Samedi 3 juin 2017, au matin, sept mois après la tentative avortée d’Alex, je me trouve dans la haute prairie couverte de rosée, presque au pied d’El Capitan. Le ciel est gris, comme toujours juste avant l’aube. On n’entend que le faible bruissement du vent dans les grands pins.

Je regarde Alex à la longue-vue. Il se trouve à 180 m au-dessus de la vallée, sur la Freeblast, le passage lisse qui le tourmente depuis près de dix ans. Ses mouvements, d’ordinaire si fluides, sont saccadés. Son pied tapote contre la paroi, comme sondant la roche pour y enfoncer le pied.

Un quart de seconde plus tard, voici Alex debout sur une vire, à 1 m au-dessus du passage qui l’a hanté pendant tant d’années. Je réalise que je retenais mon souffle. Enfin je peux respirer !

Des milliers de mouvements attendent encore Alex sur cette voie, et le Boulder Problem menace, bien plus haut. Mais, cette fois, il ne renoncera pas. Le voilà parti pour réaliser la plus incroyable escalade en solo intégral de l’histoire.

FREE SOLO : ALEX HONNOLD ESCALADE EL CAPITAN SANS AUCUN ÉQUIPEMENT

Free Solo a remporté dimanche 24 février l'Oscar du meilleur documentaire ! Rendez-vous le 24 mars à 20h40 sur National Geographic pour découvrir ce magnifique documentaire.

National Geographic est une chaîne disponible avec myCANAL

"Trop de livres tue le livre"

Par Le 19/03/2019

Rien à ajouter.

Sauf que pour éviter tout malentendu ou imagination débridée, je précise qu'un auteur touche en moyenne 8%, c'est à dire 1,80 euros pour un ouvrage à 22 euros. 

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Mis en concurrence avec 350 autres, mon nouveau roman sera selon toute probabilité un livre mort-né. | ActuaLitté via Flickr

Mis en concurrence avec 350 autres, mon nouveau roman sera selon toute probabilité un livre mort-né. | ActuaLitté via Flickr

Temps de lecture: 3 min

Je sors à la rentrée prochaine un nouveau roman –mon septième!– et pourtant à cette idée, je ne ressens aucune joie ni exaltation particulière. Pire, j'ai déjà dans la bouche cette odeur de cendres et de défaites qui sera la mienne quand, rentrant dans une quelconque librairie, j'aurai les plus grandes difficultés à le trouver, un parmi tant d'autres, un égaré dans la masse invraisemblable de romans parus en même temps que lui.

Je ne me fais aucune illusion. Je sais qu'il faudra un petit miracle pour que ce roman existe et parvienne à trouver ses lecteurs. Noyé dans le flot des nouveautés, mis en concurrence avec 350 autres écrabouillés par quelques mastodontes dont d'avance on aura décidé de leur importance, ce sera selon toute probabilité un livre mort-né, un livre voué à l'anonymat, un livre condamné à une vie brève et discrète, vendu à quelques centaines d'exemplaires, un livre sacrifié à l'autel de cette particularité de l'édition française qui année après année, sans que jamais rien ne change vraiment, continue à publier, dans une prodigalité extravagante, roman sur roman. Enfin, je dis cela mais je pense tout le contraire: je sens le méga carton qui s'annonce –j'ai d'ailleurs versé des arrhes pour une villa aux Canaries avec piscine, billard et parc d'attraction miniature pour mon chat.

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Il faut bien se représenter ce que signifie de publier en moins d'une quinzaine de jours une telle masse de romans –et je ne parle même pas là des romans étrangers! Au libraire, au critique, au membre d'un jury assez fou pour tous les lire, il lui faudrait en consommer…quatre par jour, au risque évident de sombrer dans la démence et de finir sa vie à l'asile psychiatrique, vaincu par une indigestion littéraire et un rhume de cerveau.

Si encore ces livres parvenaient, à la suite de je ne sais quel miracle –bénédiction papale ou onction rabbinique– à rencontrer leur lectorat, mais non, pour la très grande majorité d'entre eux, leur chiffre de ventes ne dépassera jamais 100 ou 200 exemplaires, c'est-à-dire le premier cercle d'amis rejoint dans ce grand élan humanitaire par les relations de Tata Huguette, la tante préférée de l'auteur ou de l'écrivaine, par ailleurs présidente honoraire de la puissante association des lectrices de l'Ehpad de Savigny-sur-Orge.

Non pas que le livre soit de piètre qualité mais cerclé de toutes parts par des centaines comme lui, ses chances de survie sont quasi nulles. Essayer d'imaginer une piscine olympique où prendraient le départ quelque 400 nageurs et vous aurez à peu près une idée du jeu de massacre qui chaque année se reproduit au sortir des vacances d'été (des vacances d'hiver aussi). Une véritable boucherie. Srebrenica à la puissance mille. Verdun en miniature et Waterloo pour presque tous.

Une effusion gargantuesque de livres renversés, mis au rebut, pilonnés dans l'indifférence générale sauf celle de l'auteur, bon alors pour une cuite monumentale suivie d'un divorce, d'une tentative de suicide par mastication de ses livres invendus et de 200 coûteuses séances chez le psy afin de rétablir sa confiance en soi, un brin, juste un brin ébréchée.

Les maux sont connus.

De moins en moins de grands lecteurs, une production toujours aussi haute en volume, des éditeurs peu scrupuleux qui publient tant et plus en espérant décrocher un très hypothétique gros lot –un prix ou un passage chez Ruquier–, l'atonie ou l'indifférence des pouvoirs publics, des livres bâclés rédigés par des autrices et romanciers payés au lance-pierres voire pas payés du tout, et donc des tirages de plus en plus faméliques.

Plus un milliard d'autres raisons qui tiennent tout autant de la cavalerie financière, de la mégalomanie de certains, de la flibusterie d'autres, d'un mode de fonctionnement obsolète, de pratiques douteuses, de comportements déviants, d'un ensemble de facteurs qui empêchent le système éditorial d'opérer sa pourtant très nécessaire révolution –j'y reviendrai dans une prochaine chronique.

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Évidemment, on pourra toujours me demander de quoi je me plains puisque je profite à plein des largesses du système qui permet à une buse comme moi, sans talent ni entregent, d'être tout de même et régulièrement publié malgré des ventes en parfaite adéquation avec les qualités de l'auteur, c'est-à-dire nulles. Certes, j'en conviens, c'est là un écueil considérable qui appellerait une réponse circonstanciée et forcément cinglante mais le temps m'est compté: j'ai rendez-vous avec mon responsable de compte en plein doute face à l'état de mes finances: du rouge, mon compte est passé soudain à l'écarlate.

L'art, monsieur le banquier, l'art…"

A CŒUR OUVERT : le libre arbitre

Par Le 18/03/2019

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Coeurouvertwhite 

Chapitre 5

"Une matinée pour trouver de la lecture. Il reprenait son train en début d’après-midi. L’hôpital avait appelé. Rien à signaler.

Il errait piteusement dans les allées de la librairie sans savoir même ce qu’il cherchait. Il avait bien inspecté les têtes de gondoles mais il n’était tombé que sur des romans grand public, des histoires d’amour ou de truands ou d’assassins, des noms d’auteurs célèbres qu’il avait vaguement entendus parfois à la radio. Il avait regardé discrètement ce que les clients achetaient et s’était demandé à quoi servaient toutes ces étagères qui restaient oubliées. L’impression que le marché se limitait à ces fameuses têtes de gondoles. Il aurait dû demander de l’aide à un vendeur mais il ne savait même pas comment l’aborder.

« Bonjour, je cherche un livre qui me dirait pourquoi j’ai l’impression de n’être plus moi. »

Sûr que le vendeur le dirigerait vers le rayon psychiatrie.

Il continua à s’enfoncer vers les profondeurs du magasin. Cuisine, bricolage, voyages, politique, sport, histoire du monde, philosophie.

La catégorie l’interpella. C’était peut-être là. Il sortit un exemplaire au hasard.

« Les grands philosophes »

Il lut un passage. Un désastre. Dix termes inconnus en cinq lignes. Des tournures de phrases qui lui étaient incompréhensibles. Il reposa l’exemplaire et continua à avancer.

« Religions. »

Non, la religion ne répondrait pas à ses questions. Il en était persuadé. La religion apportait des réponses avant même d’écouter les questions. Il avait détesté les messes que ses parents lui avaient imposées jusqu’à son adolescence, jusqu’à ce qu’il parvienne à se rebeller.

Il continua à s’enfoncer en terre inconnue.

Une étiquette placée sur le devant d’un rayon l’arrêta.

« Développement personnel. »

Il fut surpris par l’existence d’un tel registre, il pencha la tête et lut les différents titres. Un panel de mots se constitua peu à peu.

Conscience, éveil, quête spirituelle, esprit, soi et moi, peur, souffrance, conditionnements, âme, ego, mental…

Il finit par sortir certains ouvrages, enflammé par la découverte.

Il sentait les battements de son cœur, un emballement qui le ravissait. Une machinerie qui s’affole quand le cerveau pense à la spiritualité. Il s’en amusa quelques secondes.

Il posa certains livres sur l’extrémité du présentoir et continua sa progression dans la file. Il ne connaissait aucun auteur et ne s’en étonnait pas. Il prit un peu de recul et s’aperçut que le registre qu’il consultait s’étendait sur dix bons mètres et six étagères. Il retourna rapidement à l’entrée du magasin et inspecta les livres présentés. Il ne décela aucun ouvrage susceptible d’entrer dans la catégorie du développement personnel. Une incompréhension. La cuisine, les thrillers du moment, du bricolage, les stars people qui racontaient leurs vies, les politiciens qui arrondissaient des fins de mois déjà copieuses, les derniers prix littéraires… Mais que faisait-on du cheminement intérieur ? S’il existait une telle profusion d’essais, de romans, d’autobiographies, de comptes rendus de conférences, de dialogues entre chercheurs de sens, il devait bien exister une clientèle ? Qu’y avait-il donc de plus important que cette exploration personnelle ? L’art devait-il constituer un soutien à la futilité ou aux dérives égotiques ? Lui savait où ça l’avait mené. Devait-il le crier dans le magasin ? Une colère qui gonflait, comme un gâchis à dénoncer.

Il sortit un ouvrage conséquent.

« Inconnaissance de Soi » Diane Constance, éditions du soleil levant.

Sur la quatrième de couverture, une photographie en couleur. Il hésita quelques secondes tant la surprise était de taille. Il scruta attentivement le visage. C’était bien elle.

L’épicière de la Godivelle.

Il rangea tous les livres qu’il avait sortis, fonça vers la caisse, paya et se retrouva dans la rue. Il héla un taxi et se fit ramener à l’hôtel.

Ordinateur portable, moteur de recherche : Diane Constance. Journaliste, écrivain, conférencière, de multiples participations à des revues diverses, le développement spirituel comme ligne de conduite. A vécu à Paris. Trois ouvrages :

« Inconnaissance de Soi »

« Plénitude de l’unité »

« Le voyage intérieur »

Pas d’autres informations, une photographie datant d’une dizaine d’années. Il reconnaissait un quartier de Notre Dame. Aucune explication sur son départ de Paris, ni depuis combien de temps. Il revint sur la page d’accueil du moteur de recherche et tomba sur un site personnel. « Nudité de l'âme. »

Une musique démarra. Johann Johansson. Il ne connaissait pas. Très doux, cristallin, des violons mélodieux, synthétiseur. Il ignorait tout de la musique en dehors des tubes qu’il pouvait entendre parfois à la radio.

Le poids de toutes ses ignorances culturelles devenait insupportable et il en venait à se dire qu’il n’aurait pas le temps de les combler.

Il s’appliqua à lire quelques articles.

Une sensation de chaleur intérieure.

Il observa le phénomène. Le cardiologue lui avait expliqué que les effets des émotions, les rougeurs du visage, la transpiration, les mains moites et tous les troubles associés, il en était débarrassé, et pourtant cette lecture semblait l’atteindre d’une façon profondément humaine. Il abandonna toute tentative d’explication.

Comme cette chaleur devant l'épicière. Ce désir de l'enlacer, c’était absurde, inconvenant, incompréhensible. Il bougea la tête pour sortir de sa catalepsie intérieure. Il se leva pour se servir un verre d’eau puis il reprit sa lecture. Un article paru dans une revue à visées philosophiques et qu’elle avait mis en ligne sur son site.

LE LIBRE ARBITRE

« Dans le déroulement de vie d’une personne, on peut considérer que l’éducation favorise l’émergence de trois paramètres : la culture s’impose en premier lieu, elle se renforcera dans certains domaines pour devenir une connaissance stable. Puis, dans certains cas et pour certaines personnes, viendront prendre place les convictions. D’autres individus resteront engagés dans des voies fluctuantes, au hasard des expériences et des rencontres. Ni conviction, ni connaissance mais juste un vernis culturel.

Un petit enfant africain, un petit enfant européen ou un petit enfant asiatique n’auront pas le même bagage culturel, leurs connaissances et leurs convictions seront influencées par cet environnement culturel.

Dès lors se pose le problème du libre arbitre…

   «La notion de libre arbitre, synonyme de liberté, désigne le pouvoir de choisir de façon absolue, c’est à dire d’être à l’origine de ses actes. »

Mais si nous gardons à l’esprit les influences environnementales, est-ce qu’il est possible d’envisager ce libre arbitre ?

Ne sommes-nous pas plutôt fondamentalement « enfermés » dans des fonctionnements qui nous échappent ?

Le libre arbitre ne nous est-il pas retiré au fur et à mesure de notre avancée, au fil des expériences de vie ?

Ne s’agirait-il pas davantage d’une liberté originelle à ne pas perdre ?

Un sujet qui se voudrait libre est sensé pouvoir choisir de lui-même, sans être poussé à l’avance d’un côté ou d’un autre par quelque influence ou cause que ce soit.

Si l’individu « choisit », c’est qu’il dispose de plusieurs options et surtout qu’il bénéficie d’un complet contrôle de lui-même. Il se doit d’être « vierge » de toutes influences.

Mais est-ce que c’est possible ? Ne devrait-on pas apprendre à identifier clairement la totalité de ces influences afin de s’en détacher et de pouvoir assumer dès lors l’intégralité du choix ?

La complexité des conditions de vie, les relations sociales, le poids du passé, l’intégration professionnelle, le formatage intellectuel, cette culture imposée ou cette inculture propagée ne maintiennent-ils pas, tous imbriqués, insidieusement ou intentionnellement, un détournement de l’esprit, une direction donnée ?

Les conditions objectives n’enferment-elles pas l’esprit dans un conditionnement subjectif ?

Sur quoi repose la notion de libre arbitre ? N’est-il pas simplement une certaine forme de prétention, un déni de l’enfermement ?

Est-il si évident, par exemple, que nous ayons un contrôle sur nos pensées et nos émotions ?

La plupart de nos supposées « actions », ne sont-elles pas en réalité des réactions mécaniques qui répondent à autant de facteurs intérieurs (émotions, préjugés, culture, histoire personnelle…) et extérieurs (les circonstances) que nous ne contrôlons pas ?

Et ces supposées pensées ne sont-elles pas toujours la résultante de pensées antérieures, juste la croissance entretenue des entraves ?

Le mental est fondamentalement boulimique. Comme on nous a appris à faire de lui le seul élément capable de trouver les solutions et que l’ego est sans cesse en recherche de sécurité et de maintien de son pouvoir, les pensées deviennent l’unique point de repère.

On est couché, prêt à passer une bonne nuit de sommeil, on éteint la lumière et la ronde des idées commence. L’un après l’autre, tous les soucis vont se présenter et le mental va vouloir traiter, penser, échafauder des hypothèses. Alors, on tourne, on vire, on cherche une position pour s’endormir et plus on cherche, moins on trouve. Il n’y a pas d’interrupteur interne. On va lutter contre ces pensées et simultanément en créer d’autres.

Prenons l’exemple d’un arbre au milieu d’une forêt. Bien sûr qu’il continue à pousser et à se dresser vers la lumière mais son environnement influe sur cette croissance. La proximité des autres arbres, les aléas climatiques, l’impact humain. Il n’existe pas de croissance libre mais une capacité d'adaptation plus ou moins grande.

La multitude des expériences de vie et mon environnement immédiat et même planétaire conditionnent mon évolution. Et l’ensemble de mes pensées n’est qu’un courant agité par cet environnement lui-même. Il est intéressant, par exemple, de lister les activités quotidiennes tout autant que les pensées et d'en identifier les sources. Le résultat est consternant. Nous sommes fondamentalement conditionnés.

Si je remonte encore plus loin vers la source ou vers la graine, je n’ai même pas choisi ce que je suis. Je n’ai pas choisi délibérément ma naissance. Est-il envisageable de parler de liberté innée ou d'une liberté à conquérir ?

Il ne peut s’agir à mes yeux que d’une liberté qui s’acquiert. Ou plutôt de la désintégration progressive de tout ce qui peut porter atteinte à la liberté désirée … Il n'y a pas de liberté unique ou universelle : il n'est question que de la liberté choisie de chacun, même si ces diverses libertés peuvent sembler carcérales à d'autres.

Disons qu’il n’y a aucune liberté. Mais qu’il est envisageable au fil du temps de s'en inventer une dès lors que chacun des actes et chacune des pensées les plus essentielles sont nourris par la pleine conscience. Rien de rapportée ne doit influer de façon inconsciente.

Est-ce que c'est possible ? Il convient de se poser la question.

Le fait de s'engager dans la quête de cette liberté n'est-il pas déjà en soi un acte libérateur ? Ne s'agit-il pas dès lors de s'astreindre à cette quête, sans se projeter vers un objectif final ? Le chemin n'est-il pas le but ? »

Marée noire et bénévoles

Par Le 18/03/2019

Si vous êtes par là-bas et disponible. Et le cœur bien accroché...Je l'ai fait en Bretagne et voir les oiseaux mazoutés, c'est ...

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Chacune des trois organisations a posté un message sur leur page Facebook : elles indiquent vouloir s'unir "pour prévenir cette catastrophe." Sea Shepherd, le Biome et Darwin Coalitions "préparent un plan d’action pour sauver le vivant" et attendent les bénévoles. 

Par Hélène Chauwin 

Leurs posts relayés ce jeudi rappellent qu'  "en feu depuis dimanche, le Grande America a sombré mardi à 4600 métres de profondeur. A bord, "365 conteneurs, dont 45 répertoriés comme contenant des matières dangereuses et 2 200 tonnes de fuel lourd dans ses soutes", d'après le préfet maritime de l'Atlantique".

Les trois organisations redoutent une marée noire plus tôt qu'annoncée par la préfecture maritime de l'Atlantique et qui toucherait  les côtes girondines voire landaises 
Elles précisent : "une nappe de 10 km² se déplace vers les côtes girondines poussée par des vents de Nord-Ouest.

Joint par téléphone, Philippe Barre, fondateur  de Darwin, explique que Sea Shepherd, le Biome et Darwin Coalitions travaillaient déjà ensemble à la mise en place d'une unité d'intervention en cas de marée noire.  Le naufrage du Grande América les oblige à accélérer leur calendrier 

Il ne faudrait pas qu'on se dit, on n'est pas prêt !

Les trois organisations écologiques veulent donc mettre à disposition des autorités leurs logistiques et leur savoir-faire. Sous le contrôle de spécialistes, ils se proposent de centraliser les besoins. 

Elles concluent d'ailleurs leur post Facebook pour cette recommandation : "Restez connectés, dans les prochaines heures nous vous tiendrons informés de nos besoins.

Philipe Barre anticipe. Selon lui, les besoins devraient surtout être humains. Il faudra des bénévoles munis d'imperméables, de bottes, de gants et de cartons et papiers journaux pour transporter les oiseaux mazoutés. 

350 kilomètres de côte pourraient être touchés. Des milliers d'oiseaux impactés. On a besoin de se préparer le plus tôt possible et de préparer le plus de bénévoles possibles. 



Des tutos à destination des bénévoles pourraient être mis en ligne. Une unité mobile de soins pour oiseaux mazoutés installée au plus près de la côte girondine et des zones d'accès rapides idéalement entre la dune du Pyla et Biganos. Une demande d'autorisation a déjà été envoyée à la préfecture. 


La LPO, la 
Ligue de Protection des Oiseaux est déjà en alerte et suit la situation de très près afin de pouvoir intervenir au plus vite.

LPO France@LPOFrance

Les équipes de la LPO sont en alerte et suivent de très près l'évolution de la situation afin d'intervenir au plus vite en cas d'impact sur le littoral atlantique et la faune sauvage, notamment les oiseaux de mer.

Premar Atlantique@premaratlant

#GrandeAmerica] Présence d’une nappe d’hydrocarbures à la verticale du lieu de naufrage du #GrandeAmerica. Plus d'information : https://bit.ly/2TB43HN 

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Philippe Barre devrait essayer de la joindre. 

"Le but, ce n'est pas de leur faire concurrence, le but est de faire le maximum. La LPO a déjà le centre d'Audenge. Il pourrait être débordé. Le but, c'est de pouvoir les épauler"


Ceux et celles qui souhaitent se porter comme volontaires pourront le faire via un groupe Facebook en cours de constitution. 

Les dernières informations ce jeudi après-midi sont fournies par la préfecture maritime de Brest compétente sur la zone. Les nappes d'hydrocarbures "se déplacent vers l'Est d'environ 30 kilomètres par jour", explique le directeur du Cedre, qui estime qu'elles devraient atteindre les côtes françaises d'"ici une semaine environ". Il s'est exprimsé lors de la conférence de presse dédiée au naufrage. 

Le biome, basé à  Pouydesseaux dans les Landes et ouevre pour la conservation des espèces était déjà intervenu lors des marées noires provoquées par le naufrage d'Erika et du Prestige. 
Sea Sheperd une une organisation internationale connue pour ses actions directes menées pour préserver les Océans. 
Enfin, installée dans l'ancienne friche de la caserne Niel, 
Darwin se définit comme une "initiative entrepreneuriale de transition écologique de l'économie". 

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Le paradoxe de Fermi

Par Le 17/03/2019

Passionnant, comme à chaque fois.

J'adore.

McDonald's et les déchets

Par Le 17/03/2019

Le rêve serait que plus personne n'aille dans ces "restaurants" mais on peut également imposer à la société de respecter les lois.

 

©8th.creator/Shutterstock

En un mois et demi, la pétition "Zéro déchet au McDo" a rassemblé plus de 112 000 signataires. Cette initiative citoyenne entend inciter le géant de la restauration rapide à réduire drastiquement ses emballages et s'engager dans une démarche "zéro déchet". 

"Les restaurants McDonald’s produisent plus d’un kg de déchets chaque seconde en France, du fait d’un modèle basé sur le tout-jetable pour la restauration à emporter comme pour les repas servis sur place"dénonçait l'association Zero Waste France en 2017. Cette année, une pétition citoyenne souhaite inciter la chaîne de fast-food à supprimer ses emballages superflus et à réduire drastiquement ses déchets. Lancée par Marine, une jeune fille de 24 ans, la pétition en ligne, appelée "Zéro déchet au MacDo", a recueilli plus de 112 000 signatures en un mois et demi. 

Parmi les propositions avancées, "utiliser de la vaisselle (comme dans la restauration classique), reconsidérer les emballages vers des réutilisables, les consigner, ou opter pour des emballages biodégradables". Les signataires réclament à la firme de supprimer ses déchets superflus (les pailles, les sets en papier sur les plateaux...), d'opter pour des alternatives, et surtout, de s'engager dans une démarche "zéro déchet". 

 

Marine_La_ReCreation@Marine_La_ReCre

http://www.change.org/p/zéro-déchet-à-mc-do …

McDonald's déjà mis en cause pour le mauvais tri de ses déchets

Leader du marché de la restauration rapide, le géant américain McDonald's a déjà été épinglé à de nombreuses reprises quant à la pollution qu'il génère. En octobre dernier, Zero Waste France déposait plainte contre l'un des restaurants parisiens de l'enseigne pour non-respect de leurs obligations en matière de gestion des déchets. Dans la foulée, Envoyé Spécial avait fait un test au sein du centre de tri de Dreux, révélant qu'aucun des emballages présents sur un plateau McDo n'étaient recyclés.

Enfin, à la fin du mois de janvier dernier, Brune Poirson est montée au créneau : la secrétaire d'Etat auprès du ministère de la Transition écologique a intimé l'ordre aux patrons de fast-food de respecter le décret du 10 mars 2016 en triant leurs déchets, sous peine d'amendes ou de "sanctions pénales pouvant aller jusqu'à des peines de prison".

Belledonne

Par Le 17/03/2019

Trente ans qu'on vit au pied de la chaîne de Belledonne. Un écrin de montagnes, des lacs, des sommets, des forêts, des chemins peu fréquentés, encore moins en hiver. 

Après quarante-huit heures de neige et de vent, on a décidé de profiter du retour du soleil pour monter avec les raquettes à neige. Le manteau neigeux était trop instable pour les pentes de ski de randonnée. On a donc choisi un parcours en forêt puis une longue crête vers le sommet du Grand chat.

Il n'y avait aucune trace, hormis celles des animaux. 

Le silence. Le ciel bleu, le soleil, la neige, les chapelets de sommets, les pas qui se succèdent., la recherche de l'itinéraire. 

Puis la sortie de la forêt et la remontée des crêtes vers le sommet. Des structures de glace autour des arbustes et des herbes.

Magique. 

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Les panneaux indicateurs ont juste la tête au-dessus de la neige :) 

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Le nappage neigeux sur les aiguilles de la Lauzière.

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Températures printanières...

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Autonomie

Par Le 13/03/2019

Le cauchemar.

Au-delà de toute prise de position dont je suis incapable et qui serait absurde, vu d'ici.

Ce qui "m'intéresse", c'est le chaos que génère une panne électrique générale sur un pays entier. Cette dépendance est totalement folle.

Le projet qu'on a en tête, avec Nathalie, pour les mois à venir sera principalement de régler ce problème.

Eau, électricité, autonomie alimentaire...L'essentiel.

Vente de la maison de Savoie.

Achat d'un très grand terrain dans le Massif central (plusieurs hectares), dans le coin le plus désert possible, avec source reliée à la maison pour l'approvisionnement, panneaux solaires avec batteries à décharge lente, très grand potager et verger pour l'alimentation. Pour le reste, on fera avec les moyens du bord. 

J'aurai le temps à la retraite  :) 

 


https://www.lemonde.fr/international/article/2019/03/12/panne-de-courant-geante-au-venezuela-a-caracas-c-est-le-chaos_5435054_3210.html?fbclid=IwAR3Pb43At6QIwHR55N89pFbdCNse42In6loBIFOi6dc-cKIPYdvXndcTD04

Propos recueillis par Faustine Vincent Publié hier à 18h54, mis à jour hier à 19h26

 

Le Venezuela était toujours confronté, mardi 12 mars, à cette gigantesque panne de courant qui paralyse le pays depuis cinq jours. Face à la situation « calamiteuse » sur le plan alimentaire et sanitaire après cent heures sans électricité, le Parlement a décrété, la veille, l’état d’alerte, à la demande de l’opposant Juan Guaido, président par intérim autoproclamé et reconnu par une cinquantaine de pays.

Le courant a commencé à revenir partiellement dans plusieurs quartiers de la capitale, Caracas, mais l’intérieur du pays reste privé d’électricité. Selon une ONG qui se consacre aux questions de santé, la Coalition des organisations pour le droit à la santé et à la vie (Codevida), la panne a déjà provoqué la mort d’au moins quinze malades dans les hôpitaux, ces derniers étant très peu équipés de générateurs en état de marche. Il est toutefois extrêmement difficile de savoir ce qui se passe dans le pays, faute de moyens de communication.

Lire aussi  Juan Guaido visé par une enquête pour « sabotage » après la panne de courant qui touche le Venezuela

Catalina Vargas, coordinatrice de la réponse humanitaire en Amérique latine au sein de l’ONG Care, basée en Equateur, a pu entrer en contact avec les partenaires locaux avec lesquels elle travaille au Venezuela depuis un an. Selon elle, « les gens ont très peur de ce qu’il va se passer à la fin de la semaine, car ils ont épuisé leurs réserves d’eau et de nourriture ».

Quelle est la situation sur place ?

Les gens restent calfeutrés chez eux. Ils ont peur de sortir dans la rue, car beaucoup d’émeutes ont eu lieu ces derniers jours. Des habitants des quartiers défavorisés viennent à la nuit tombée pour piller les supermarchés. A Caracas c’est le chaos. La police elle-même est débordée. Face à cette insécurité, Nicolas Maduro a décrété trois jours fériés jusqu’à mercredi et a recommandé aux Vénézuéliens de ne pas sortir.

Un employé de Corpoelec, la société d’électricité d’Etat, vérifie un câble, à Caracas, le 11 mars. Un employé de Corpoelec, la société d’électricité d’Etat, vérifie un câble, à Caracas, le 11 mars. STRINGER / REUTERS

Les gens parviennent-ils à se nourrir ?

C’est extrêmement difficile. A Caracas, les supermarchés sont fermés. Comme la monnaie nationale n’a plus aucune valeur, les gens ne payent que par carte bleue. Or sans électricité, les terminaux de CB ne fonctionnent plus. Seuls 10 % des supermarchés sont ouverts, lorsqu’ils ont la chance d’avoir un générateur. Mais ils n’acceptent, en espèces, que les dollars, ce que personne n’a.

Lire aussi  Au Venezuela, cinq jours de panne d’électricité et un nouvel appel à manifester

Les gens avec qui on a pu entrer en contact à Caracas ne mangent plus que des fruits secs. Tout ce qui était au frigo est perdu. Ils avaient aussi stocké de la viande et du poulet au congélateur, mais avec la panne électrique, ils ont dû tout jeter.

Les habitants n’ont plus d’eau potable non plus, car les pompes sont activées par l’électricité. Il y a déjà eu des coupures de courant auparavant, mais ça ne durait que quelques heures. Ca n’est jamais arrivé qu’il manque d’eau et d’électricité aussi longtemps. Les gens ont très peur de ce qu’il va se passer à la fin de la semaine, car ils ont épuisé leurs réserves d’eau et de nourriture.

Je n’ai pas encore pu joindre nos équipes déployées dans les quartiers ruraux, mais je redoute que ce soit encore plus difficile qu’à Caracas, car il y a encore moins d’infrastructures et de supermarchés.

Des habitants collectent des eaux usées d’un canal à Caracas, le 11 mars. Des habitants collectent des eaux usées d’un canal à Caracas, le 11 mars. CRISTIAN HERNANDEZ / AFP

Comment les habitants font-ils face à ces pénuries ?

Ce qui marche c’est le réseau familial, car les habitants ont peur que la nourriture soit empoisonnée si elle vient de personnes qu’ils ne connaissent pas. Il y a eu beaucoup de rumeurs et de mensonges sur l’aide humanitaire que Juan Guaido voulait faire entrer dans le pays [à laquelle M. Maduro s’est farouchement opposé]. Les gens les ont crus, et se méfient donc beaucoup de l’aide alimentaire, même quand ils en ont besoin.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi  « Une intervention militaire contre le Venezuela serait déclenchée hors de toute légalité internationale »

Votre ONG parvient-elle à travailler dans ces conditions ?

Non. Nos équipes ne peuvent pas sortir de chez elles, donc nos actions sont suspendues – on devait notamment distribuer de la nourriture. Comme il n’y a plus d’électricité, il n’y a ni Internet ni téléphone, donc nous avons aussi beaucoup de mal à communiquer avec elles. L’incertitude est totale, pour les habitants comme pour nous, car la situation change dramatiquement tous les jours. On ne sait pas vraiment comment faire.

Une petite fille dans un tonneau en plastique tandis que sa famille attend pour collecter de l’eau, dans une rue de Caracas, le 11 mars. Une petite fille dans un tonneau en plastique tandis que sa famille attend pour collecter de l’eau, dans une rue de Caracas, le 11 mars. Ariana Cubillos / AP

Très peu d’ONG sont présentes dans le pays, où le président Maduro répète qu’il n’y a « pas de crise humanitaire ». Etes-vous entravés dans votre travail ?

Non, mais nous essayons de rester assez discrets. Le plus important pour nous est de ne pas mettre en difficulté les personnes à qui nous venons en aide.

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Mise à jour du 13 mars 2019 à 9h30 : pour ne pas mettre en difficulté le travail de l’ONG, nous avons légèrement modifié à sa demande une de ses réponses.

Faustine Vincent

 

Juste pour information, on sait de longue date que les relations entre le Venezuela et les USA sont très tendues...

Rappel : Année 2017

 

Le Venezuela envisage d'arrêter de vendre du pétrole aux États-Unis

 

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Maduro

Maduro se dit prêt à cesser de vendre du pétrole aux Etats-Unis. - Federico Parra - AFP

Le Venezuela livre 750.000 barils par jour aux États-Unis. Face aux tensions entre les deux pays, Nicolas Maduro, président vénézuélien s'est dit prêt à cesser ces transactions.

Nicolas Maduro s'est déclaré prêt à cesser de vendre du pétrole aux États-Unis, en pleine tension avec ce pays auquel le Venezuela livre quelque 750.000 barils par jour. "Le jour où ils ne veulent plus qu'on leur vende notre pétrole, on prend notre truc et (...) on vend tout notre pétrole en Asie, pas de problème", a affirmé le président vénézuélien à la prise de fonction du général Manuel Quevedo à la tête du groupe pétrolier public PDVSA.   

Caracas accuse Washington de mener une "persécution financière" contre le Venezuela, auquel le président américain Donald Trump a imposé des sanctions économiques fin août. Washington a notamment interdit à ses banques et à ses citoyens d'acheter de nouvelles obligations ou de négocier des accords avec le gouvernement vénézuélien au moment où le pays et PDVSA ont été déclarés en défaut partiel de paiement par des agences de notation.       

Renégociation de la dette extérieure

Nicolas Maduro est en pleine renégociation de la dette extérieure du pays, estimée à environ 150 milliards de dollars, dont 30% seraient dus à PDVSA.      

"Monsieur le président Donald Trump: vous décidez, mon ami. Si vous voulez que nous continuions à vendre du pétrole, nous vendons. Si un jour vous vous laissez chauffer les oreilles par les fous extrémistes de droite, le Venezuela prend ses bateaux et envoie son pétrole dans le monde et on le vend de la même manière", a insisté le dirigeant vénézuélien sous les acclamations de centaines de salariés du groupe public présents lors de la cérémonie.

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