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JUSQU'AU BOUT : les enseignants

Par Le 24/02/2019

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"JUSQUAU BOUT "

 

EXTRAIT
 

« Ça vous dirait de marcher un peu avec nous, c’est toujours très bon avant d’aller dormir.

- Oui, volontiers, » répondit-il en se levant vivement. 

Daniel prit la main de Laure. Connexion cellulaire. Il détourna les yeux. C’était trop pénible. Il regarda devant lui et sentit combien sa main était vide.

« Qu’est-ce qui vous montre que je peux avancer dans la connaissance dont vous parlez ?

- Il y a une chose dont nous sommes certains en vous regardant, c’est que vous n’êtes plus un observateur de la nature mais un participant, expliqua Daniel. Et ça, c’est essentiel. Pensez que quand vous observez quelque chose, vous vous mettez en retrait, vous cherchez à dominer votre sujet, vous gardez une distance qui vous permet, croyez-vous, d’analyser clairement chaque instant de votre observation. Par cette attitude, en fait, vous restez en dehors de votre sujet d’expérience. Pour comprendre la nature, il est impossible de se placer comme un observateur car il ne s’agit pas de la comprendre mais de s’y fondre. Il faut être un participant, comme une fourmi ou une fleur. Sinon, on ne sait rien. On croit savoir. Mais c’est une connaissance humaine, extérieure à la nature. C’est parce que l’homme s’est enfermé dans cette attitude qu’il se permet de détruire cette terre. Il ne se sent pas comme participant mais juste comme observateur et donc comme dominant. Vous n’êtes plus dans ce cas-là. Vous avez découvert la complicité. C’est la preuve aussi que vous commencez à distinguer votre essence de votre personnalité. Votre essence représente la part naturelle de votre individu, la part originelle, ce que vous ressentez par exemple quand vous contemplez la nature et qui vous bouleverse. Votre personnalité, c’est le résultat des pressions qui ont été exercées sur vous à travers les confrontations avec la morale, les autres individus et tout ce qu’ils transportent avec eux, qui ne leur appartient pas mais qu’ils considèrent pourtant comme personnel et qu’ils vont chercher à vous imposer, parfois inconsciemment comme dans la relation amoureuse, et souvent tout à fait consciemment, comme par exemple à l’école. C’est ce qui fait qu’un enfant est un être en voie d’extinction, non qu’il va mourir physiquement mais son essence va s’effacer devant la personnalité jusqu’à ce qu’il soit pleinement un adulte. C’est à dire un non-être.

- C’est terrifiant ce que vous dites. Je suis instituteur et je participe chaque jour à cette atteinte de l’intégrité des enfants. Même si j’essaie de faire en sorte qu’ils rentrent en classe avec le sourire et qu’ils en sortent heureux d’être venus, je ne peux m’empêcher de penser que mes repères d’adultes, mon éducation et mon intégration dans le monde vont leur servir d’exemple et les éloigner de l’essence dont vous parlez. Qu’est-ce que je peux faire dans une classe pour ne pas être un tueur d’enfants ?

- Un tueur d’enfants, c’est exagéré mais un étouffeur certainement. Le système est remarquablement bien construit dans sa perversité. Si vous voulez respecter le bonheur des enfants, leur joie de vivre et d’apprendre, leur essence même, qui en font des êtres aussi absorbants que des éponges, si vous voulez respecter cela vous n’êtes plus enseignant mais avant tout éducateur. Et c’est justement ce que les enseignants refusent dans leur grande majorité. Ils se considèrent avant tout comme des techniciens de l’enseignement.

- Moi je les appelle des techniciens de surface.

- Ah oui, c’est très bien trouvé ! L’individu et le moi réel ne les intéressent pas. Il leur fait même peur car eux-mêmes souvent ne sont rien, n’existent pas. Ils ne possèdent que leur savoir théorique et n’ont rien d’autre à donner et surtout pas de l’amour ou de la vie. Le seul bon enseignant, c’est celui qui parvient à faire travailler les enfants dans la joie. C’est le seul critère de réussite qui a une valeur réelle. Le reste n’a aucune importance.

-C’est ce que j’essaie de faire, coupa Pierre, mais la pression des programmes est redoutable.

-Nous le savons bien mais si nous nous y soumettons, nous perdons les enfants. Juste parce que nous avons peur de ne pas être reconnus. Un enseignant doit avant tout respecter l’essence de l’enfant. Lui révéler ce qu‘il est et ce qu’il aimerait devenir. L’extrême difficulté vient du fait que les adultes fonctionnent sur un critère que l’on nomme considération. Si vous prenez le cas d’un enseignant, il va s’identifier, bien souvent inconsciemment, à ce que les parents d’élèves, les autres enseignants, ses supérieurs hiérarchiques et la société en général, attendent de lui.

-Il continue en fait à reproduire indéfiniment ce que l’école lui a imposé quand il était enfant, intervint Laure. Il va donc gaspiller une énorme énergie pour s’identifier à ce groupe d’adultes qui l’entoure.

-Ce ne sont donc pas ses idées qu’il va développer, reprit Daniel mais des préceptes généraux, déjà reconnus par la masse. Même s’il y ajoute une touche personnelle, tout son travail restera axé sur cette quête de considération. Étant donné que ce concept est établi par un système généralisé et hiérarchisé, il n’existe aucune possibilité pour qu’un paradigme nouveau s’éveille. L’enseignement entre dans une standardisation rassurante pour l’ensemble des individus concernés. Sauf pour les enfants. Mais ce problème-là pour les adultes est secondaire puisqu’il s’agit pour eux de réussir à adapter les enfants à leur fonctionnement et jamais le contraire. Aujourd’hui dans les classes, on travaille à l’envers. On essaie d’affiner des techniques et on ignore l’amour. »


 


 

J'ai refusé d'obéir pendant trois ans. Trois ans de luttes administratives. Ils me l'ont fait payer cher. Ce qui a mes yeux justifiait la justesse de ma position.

 

CAHIER DE NUIT

495 pages de réflexions... Lorsque j'ai écrit à la Ministre de l'époque, sans passer par la voie hiérarchique, j'ai été convoqué quelques jours après par le premier adjoint de l'inspecteur d'académie. J'y suis allé avec ce "CAHIER DE NUIT".

"Vous n'êtes pas d'accord avec ce que je dis, vous pensez que je suis "malade". Non, c'est l'éducation nationale qui est malade."


 

387) DÉSERTION (février 2015) 

 

Il y a environ trois cent mille enseignants du premier degré en France.

Depuis la mise en place de la réforme Peillon, ils sont confrontés à un nombre invraisemblable de problèmes très lourds à régler. 

On ne compte plus les réunions. Enseignants, élus, parents d'élèves, associations...

Tout le monde œuvre à l'élaboration de planning, de bouclement de budgets, d'entretiens d'embauche, d'état des lieux des bâtiments susceptibles d'accueillir les enfants.

Branle-bas de combat.

En sachant pertinemment que tout cela n'évitera pas le désastre à venir.

 

J'ai entendu le président de la FCPE dire que cette réforme était ambitieuse et complexe et qu'il faudrait sûrement de nombreux ajustements et que ça prendrait du temps, un an, deux, trois peut-être...

Trois ans dans la vie d'un enfant de dix ans, est-ce qu'il s'est posé la question de savoir ce que ça représente ? Non. Il ne voit que son positionnement et sa propre analyse, (et surtout les subventions qu'il touche) totalement décorrélée de la réalité des enfants.

Un an dans la vie d'un enfant de dix ans, c'est donc un dixième.

J'ai 52 ans, cela représenterait donc plus de 5 ans.

C'est ainsi qu'il faut regarder cette période d'ajustements, la comparer à la vie d'un enfant...

Un an de troubles cognitifs, émotionnels, existentiels. Deux ans, peut-être trois...Un traumatisme irrémédiable.

Mais j'ai vraiment l'impression de parler dans le vide.

Tout le monde travaille à ordonner ce chaos.

Et je m'interroge. Pourquoi cette obéissance ?

Les raisons sont nombreuses : un attachement à un système qui a permis à ces enseignants d'obtenir un travail, une sécurité de l'emploi, un cadre de vie qui reste bien plus supportable que celui de l'ouvrier en usine...

Une certaine forme de respect pour cette "grande maison"...

La peur de l'avenir également.

Un enfermement professionnel étant donné que les gens de ma génération, nous n'avons que le BAC et notre diplôme d'instit. C'est à dire rien du tout...

J'ai eu mon 2ème RDV aujourd'hui avec le personnel de l'EN chargé de la reconversion des enseignants. Il n'y a rien, aucune solution...Un désastre.

Plus de budget, aucune prise en charge.

Prisonnier. Trente ans à enseigner, plus de mille élèves. Aucune valeur, rien, le néant. C'est comme du vide dans l'Univers. Inexistant.

Alors, tout le monde travaille.

Et c'est là que ça me pose un problème.

300 000 enseignants qui annonceraient au gouvernement qu'ils refusent catégoriquement d'appliquer cette réforme. Aucune menace de grève, aucun refus d'accueillir les élèves mais un blocus complet envers toutes les directives ; refus des inspections, aucun formulaire d'enquête, aucun document administratif, aucun retour. Tout à la poubelle. Aucune conférence pédagogique, ni en présentiel ni en virtuel (oui, c'est ainsi que ça va se passer désormais, conférences sur le net...). Aucun effectif communiqué. Un blocus.

Les enfants seraient accueillis, le travail serait fait, les parents soutiendraient l'action commune des enseignants.

Nous serions tous en faute professionnelle. Trois cent mille fonctionnaires.

Une désobéissance civile, une "désertion" administrative.

Que pourraient-ils les politiciens ? Sanctionner 300 000 fonctionnaires ? 300 000 électeurs ?...

M Peillon agiterait la responsabilité, il jouerait sur la culpabilisation et sur la peur.

Mais les parents verraient que le travail avec les enfants est fait. Aucune sanction morale ne serait appliquée par la population.

De quoi ont-ils peur les enseignants ?

De perdre leurs prérogatives, leur sécurité, peur de s'opposer à la hiérarchie ? Peur de trahir Dieu le Père ? 

Et les enfants ?

Qui pensent aux enfants ?

Finalement, le corps enseignant est un corps d'armée. Pas question de se pencher sur les victimes du conflit.

"Ne pense pas, tais-toi et obéis aux ordres. "

Je ne cautionnerai pas ce massacre. Plutôt crever.

LES ÉGARÉS : à la source des écrits

Par Le 23/02/2019

 

2014 02 25 18 28 29

 

C'est une partie de mon histoire.

La raison de mon besoin d'écrire.

Lorsque j'ai décidé d'écrire ce livre, il s'agissait d'une thérapie. De rien d'autre. 

Pour autant, je n'ai pas voulu utiliser la première personne du singulier. J'ai créé un personnage masculin. Yoann. Et sa femme, Leslie. 

Christian était mon frère.

J'avais besoin de me "détacher" de moi pour aller chercher tout ce qui devait être autopsié. J'avais besoin d'être le maître des mots et il m'était impossible de l'être sans l'usage de cette narration. Il fallait qu'il y ait moi, l'auteur, et Yoann, devant moi. De cette façon, je pouvais l'observer et comprendre son cheminement.

Comment un enquêteur pourrait-il enquêter sur lui-même et le raconter. Qui raconterait ? Est-ce que l'auteur peut parler de lui-même sans que la présence de l'un interfère sur le travail de l'autre ? 

Il fallait que je scinde tout ça. Que je fabrique une triade : l'auteur, le personnage, le récit.

Que je sois l'observateur de moi-même par personne interposée. 

 

Il y a bien longtemps déjà que j'ai écrit ce texte.

Je le reprends. Doucement. Par petits morceaux. J'arrive maintenant à ne plus pleurer.

Je m'aperçois que les douleurs ne sont plus là.

Et je comprends bien davantage tout ce qui s'est passé...

 

 

EXTRAIT 

"Christian.

Dans un fauteuil roulant, sur le perron de l’hôpital.

Les parents avaient trouvé une ancienne paire de lunettes. Il était très myope.

Et borgne désormais.

La première fois qu’il sortait de l’hôpital.

Il avait voulu marcher jusqu’à la voiture.

L’apprentissage des béquilles, la confrontation avec le monde extérieur, le tremblement des bras décharnés, les regards croisés des gens qui l’observent furtivement.

Le statut d’handicapé, l’étiquetage de la société civile.

Un autre combat à mener.

Équilibre précaire. Les parents de chaque côté et lui dans son dos.

Ce grand corps squelettique.

L’impression d’accompagner un rescapé des camps de la mort.

Il ne se souvient pas l’avoir vu sourire. Aucune joie, aucune fierté. Rien. Comme s’il ne réalisait pas qu’il était un survivant, que la Faucheuse l’avait enlacé et qu’il était parvenu à briser son étreinte.

Il l’avait vaincue.

Oui, mais il n’avait aucun souvenir de ce combat.

Aucune raison de s’estimer heureux.

Aucune possibilité de rembobiner le fil des évènements, de magnifier l’inimaginable résistance dont il avait fait preuve.

« Vous revenez de loin, Christian », avait dit le chirurgien.

Ça n’était que des mots.

Les anciens combattants aimeraient parfois effacer les souvenirs.

Christian n’en avait pas, c’était une guerre sans image.

Sa conscience retrouvée lui permettait juste de constater les dégâts.

Les effroyables dégâts.

Un œil perdu, l’odorat supprimé, une cheville bloquée, des broches dans une jambe, des plaques sur les vertèbres, un visage balafré, un crâne trépané, le creux effroyable de son front, ce vide couvert par une peau plissée, un corps efflanqué, une musculature évaporée, des migraines effroyables, des vertiges nauséeux, des médicaments à vie, un risque d’épilepsie, les projets anéantis, un avenir incertain.

Tout ce qu’il avait perdu.

Un espace vide avait englouti son existence, comme un trou noir dans le temps, quatre mois de rien, un néant, une absence, un au-delà.

L’antichambre de la Mort ne connaît pas la durée.

Il y avait avant et après.

Mais entre les deux, il n’y avait rien.

Aucune image dans l’intervalle. Rien. Une guerre d’une violence inimaginable et il n’en avait aucun souvenir.

Le coma lui avait volé la fierté du combat, l’épreuve dépassée, le courage infini.

Rien.

Comme un soldat qui ne sait même pas pourquoi il est encore là.

Il avait humilié la Mort mais, de ne rien retrouver du combat, il en refusait la fierté.

Le cahier de nuit dans la chambre de l'hôpital.

Il avait rempli des pages en veillant son frère absent, égaré dans les tranchées froides d’un combat intérieur. Les évènements, les ressentis, les échanges avec ses parents, l’organisation des premiers jours, les commentaires des chirurgiens, Charlotte, le prêtre, les livres lus.

Il attendrait un peu avant de le lui confier.

Les parents lui avaient laissé leur chambre du rez-de-chaussée. Le grand miroir face au lit, au-dessus de la commode. Fallait-il l’enlever ? Ils en avaient parlé avant le retour. Le retirer pour préserver Christian de son image ?

Mais dès lors laisser entendre qu’il n’avait plus figure humaine, qu’il devait se cacher, à lui-même et aux autres, qu’il n’était plus présentable.

Le miroir était resté.

Sa peur quand il était au lycée, cette difficulté à se concentrer. Il imaginait Christian à la maison. Seul. Son désespoir, son abattement, ce goût immonde d’une injustice, d’une vie brisée.

Le car scolaire le déposait au centre du village. Un kilomètre en courant jusqu’à la maison, le nœud au ventre, l’angoisse de le retrouver baignant dans son sang sur les draps rougis, les veines tailladées. Le suicide comme issue, un dernier geste volontaire, mettre un terme à cette souffrance, fermer le livre, refuser de découvrir la suite de l’histoire, rétablir sa domination. Qu’y avait-il à construire sur de telles ruines ?

Il savait que la dépression rongeait ses désirs, elle se lisait dans ses yeux sombres, la voix atone, les épaules voûtées. De combien d’années avait-il vieilli en quatre mois de luttes ?

Il avait décidé de lui passer son cahier. C’était un mercredi. Ses parents étaient au travail. Il avait juste évoqué le contenu.

Christian l’avait regardé, sans l’ouvrir, et d’un geste rageur, il l’avait déchiré, morceaux par morceaux.

Sans un mot.

Son ventre s’était vrillé, comme déchiré lui-même. Disparition de la dernière mémoire. Effacement du film, une négation totale, un déni absolu.

Il devenait correspondant d’une guerre dont le soldat répudiait toute trace, effaçait chaque empreinte mais dont le corps portait tous les stigmates.

Il ne restait que la colère, intraduisible, incommensurable, définitive.

Il ne comprenait pas son frère. Cette fierté d’avoir survécu, pourquoi la refusait-il ?

Il lisait dans les yeux coléreux un dégoût de son état, une haine de lui-même, un désamour effroyable, gigantesque, une insondable détresse.

Aujourd’hui, ces milliers de pages, ces nuits entières à écrire des romans, mus par une énergie intérieure, comme un magma irréductible, il en connaissait la source. Il savait combien les mots dans le silence des paroles partagées, dans le silence des nuits, la solitude et simultanément la rencontre avec soi, combien tous ces mots agissaient comme des sucs nourriciers, des sèves salvatrices, des élans vers la lumière. Christian n’avait pas voulu le lire et il avait, sans le savoir, initié une quête spirituelle en lui.

Il n’avait jamais cessé d’écrire depuis l’hôpital."

JUSQU'AU BOUT : les enfants

Par Le 23/02/2019

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Un roman particulier pour moi et c'est très symbolique qu'il soit publié alors que je suis à quatre mois du départ à la retraite. 

Tout au long du roman, les enfants de la classe seront le prétexte à des prises de décisions extrêmes de la part de Pierre, jeune instituteur, nommé sur son premier poste. 

Un "prétexte" car il ne s'agit pas de la source même de sa rage et de sa détermination. C'est la douleur existentielle qui est à la source de tout, cette douleur qui plonge l'individu dans une détresse insondable.

La question est simple en fait : qu'est-ce qui donne à la vie sa puissance, qu'est-ce qui enflamme l'esprit, qu'est-ce qui nourrit l'énergie de vie ?

J'ai 57 ans et j'ai croisé beaucoup de gens dont l'existence me paraissait totalement insipide. Je sais que c'était un jugement et qu'il aurait fallu que je vive avec ces gens pour pouvoir établir un constat plus lucide et encore aurait-il fallu que je ne "juge" pas de leurs existences à travers le filtre de mes propres repères. 

Je sais que tout cela était faux et évidemment injuste. J'ai longtemps été dans le jugement. 

 

Pierre, lui, le héros de ce roman, ne prend aucun recul. Non seulement, il juge mais il condamne également. Les enfants et la nature qu'il vénère sont les deux lumières qui éclairent sa voie. 

Rien, ni personne ne peut leur porter atteinte.

Sans en subir les conséquences.

 

 

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EXTRAIT

« Je n’utilise jamais le mot « élève. » C’est beaucoup trop réducteur. Il sous-entend qu’on ne s’intéresse qu’à l’aspect scolaire de l’enfant, qu’à ses capacités intellectuelles dans des domaines précis, ceux ci ne représentant d’ailleurs aucunement à mes yeux la quintessence de l’intelligence.

L’intelligence de l’être humain, c’est, avant tout, sa capacité à s’adapter à toutes les situations pour continuer à progresser.

C’est au maître de s’évaluer en jugeant du bonheur que les enfants ont eu à apprendre et de l’envie qu’ils éprouvent à continuer. La plus belle note, c’est l’éclat de rire de l’enfant devant un travail.

Quand, à la fin de la maternelle, certains enfants ne veulent plus de l’école, il s’agit à mes yeux d’un meurtre. Et les enseignants coupables sont des assassins.

Eux aussi mériteraient d’être exécutés. »

 

 

VIII

Mercredi.

Il rentra à Coëtlogon en début d’après-midi. Il pleuvait par intermittences. Il eut le sentiment qu’il avait uniquement attendu cette journée, occupant laborieusement les vacances, cherchant à accélérer le déroulement du temps.

PSG - OM, c’était bien la première fois qu’un match de foot allait lui servir à quelque chose.

Il s’installa à dix-huit heures. Le bosquet de noisetiers, dépouillé de ses feuilles, s’était garni de stalactites translucides. Entre les falaises sombres, le soleil était impuissant à réchauffer l’air humide et glacé. La couverture nuageuse maintenait prisonnière une brume pénétrante, remplacée régulièrement par des averses soudaines. La nature était une alliée fidèle. Deux voitures passèrent précautionneusement dans l’heure suivante.

Alors que l’humidité pesante commençait à traverser ses vêtements, un mugissement profond se fit entendre. Il se secoua pour ranimer ses muscles engourdis. Il serra le manche du lance-pierres, l’arma d’un boulon et en plaça deux autres dans sa bouche. C’était là qu’il était le plus facile de saisir les munitions nécessaires. C’était une technique qu’il maîtrisait parfaitement. Enfant, il avait passé des journées entières à affiner son tir. Même les cibles mobiles ne lui résistaient pas.

L’engin approchait, le ronflement puissant du moteur emplissant le silence comme une vague qui déferle. Il imagina un court instant les animaux de la terre fuyant devant le monstre et lui, attendant patiemment la rencontre fatidique. Identique à celle qu’il ressentait en entrant dans un sauna, une puissante excitation l’enflamma. Un orgasme cérébral. Il bandait de tout son être.

Comme à l’intérieur d’une caisse de résonance, le hurlement du moteur, entre les falaises, imposa sa domination.

Le faisceau des phares tranchait la nuit mouillée et ouvrait la route. L’engin surgit au bout de la ligne droite et dans un furieux vacarme s’approcha rapidement.

Il eut quelques secondes pour se réjouir de la vitesse du monstre. Trente mètres.

Il tendit la gomme au maximum, retint sa respiration et lâcha le projectile. Il n’entendit pas l’impact du boulon sur le pare-brise mais l’écart brutal de l’engin le rassura immédiatement sur la qualité du tir. Il arma de nouveau et au moment où la cabine passait à sa hauteur tira dans le carreau latéral qui vola en éclats. Une deuxième embardée entraîna l’engin sur le bas-côté glissant. Un écart violent ramena la cabine sur la route mais la remorque amplifia le mouvement. La motrice traversa la chaussée pour heurter la falaise dans un énorme déchirement de tôles. Le semi, aussitôt projeté dans la direction opposée, les roues bloquées, glissa sur le revêtement patiné, la masse incontrôlable de la remorque poussant irrésistiblement. La cabine s’envola et plongea vers le ruisseau.

Dans un fracas tonitruant, l’engin se disloqua, la remorque, animée d’un élan dévastateur, se dressa telle une colonne vertébrale, dépassa la cabine et se pulvérisa dans un vacarme apocalyptique. Des hurlements de tôles broyées se répercutèrent sans fin dans la gorge.

Il ne ferma jamais les yeux, gravant chaque instant dans sa mémoire. Quelle victoire ! David contre Goliath ! Il sortit du renfoncement et s’approcha en courant. Il contempla les monceaux de ferraille. Sur la remorque éventrée, deux roues tournaient encore.

Il pensa aux soubresauts des pattes de la biche.

Il espéra que l’agonie du tueur durerait quelques minutes. Il aurait aimé descendre jusqu’à la cabine mais c’était trop risqué. Il préféra disparaître dans l’ombre du chemin menant au plateau."

 

KUNDALINI : Pornographie, sexe ou sexualité sacrée ?

Par Le 22/02/2019

Kundalini web 1

 

Puisque ce roman "contient des scènes de sexe" et que cette expression employée par Brigitte Lahaie me laisse quelque peu circonspect sur l'interprétation à en faire, je poste un extrait bien précis.

Evidemment que sorti de son contexte, le passage peut prêter à confusion.

S'agit-il de pornographie, de sexe ou de cette sexualité sacrée que j'ai cherché à exprimer ?...

 

"Sat.

Comme un porteur de flambeaux enveloppant son âme et son cœur et son corps et sa joie d’une galaxie naissante, un espace à découvrir, à parcourir, à explorer, sans aucune limite, sans aucune peur, sans rien ne puisse altérer cette soif, cette faim, ce désir.

Elle voulait jouir à n’en plus finir.

Elle plongea sa langue dans la bouche de Sat, elle le lécha, elle l’embrassa avec une telle convoitise qu’elle se sentit couler en lui, mêlant sa salive à la sienne, glissant sous sa peau, goûtant ses parfums et sa puissance et sa douceur et sa force et sa maîtrise.

Elle réalisa subitement à quel point cette étreinte dépassait depuis longtemps en altitude les reliefs anciens.

Au-delà du connu.

Un territoire sans nom, sans image, sans aucune connaissance.

Elle avançait, l’âme dénudée et le corps libéré, dans une jungle émotionnelle dont elle avait jusqu’alors ignoré l’existence.

Les yeux de Sat. L’impression d’y voir son âme. Et de découvrir tout autant dans un reflet inexplicable l’étendue lumineuse qui s’ouvrait en elle.

Ouverte.

C’est à ce mot en elle que le rire se délivra.

Un rire cristallin, juste un éclat, les yeux dans ceux de Sat, sa verge raide en elle, ses mains sur ses fesses, sa langue jouant avec la sienne. Où était-elle ? Était-ce elle qui ondulait son bassin de la sorte ?

Elle flottait, suspendue, dans un océan électrique.

Un déferlement incessant. Un kaléidoscope de flashs colorés.

Elle se souvenait de cette nuit d’enfance. Son père, au plus froid de l’hiver, l’avait invitée à marcher sous les paillettes neigeuses, elle avait une lampe frontale et lorsqu’elle levait la tête, elle voyait descendre en cascades des marées floconneuses qui étincelaient et parsemaient les noirceurs de confettis scintillants. Des éclats de rire, la bouche grande ouverte, des flocons saisis au vol, les mains tendues vers le ciel. Et cette joie immense en elle, cette chaleur pétillante, ce bonheur de la vie, l’émerveillement.

Tout était là de nouveau. Ces bonheurs d’enfant dans son corps de femme. La vie qui se réjouissait d’elle-même. L’émerveillement qu’elle avait abandonné follement, au fil du temps.

Les mouvements circulaires de son bassin. C’est elle qui les avait initiés et elle gémissait de plaisir en contractant son périnée, la verge enserrée dans un écrin si sensible qu’elle se sentait fondre.

Elle repoussa délicatement le torse de Sat et l’invita à s’allonger sur le dos.

Il la laissa mener la danse.

Échanges de regards. Connivence silencieuse, des sourires qui racontaient des étreintes à vivre, des propositions muettes murmurées dans les yeux.

Les mains de chaque côté des épaules de Sat, elle entama de lents mouvements de va-et-vient sur son sexe dressé et chaque contact des pubis amplifiait la montée puissante et inexorable de la jouissance, la pression sur son clitoris l’emportait, les mains de Sat soupesant ses seins, sa bouche saisissant les tétons, mordillant tendrement la chair rosée, aspirant, enlaçant, cette langue infatigable, des réseaux de nerfs reliés, des lacis saturés de décharges longues et toujours plus intenses, elle découvrait des zones d’ombres et ne savait plus où se situaient les points les plus sensibles, comme si l’intégralité de son corps s’ouvrait au plaisir comme un corps nu au soleil, oui, c’était cela, comme des rayons solaires l’inondant, quand les arabesques invisibles des haleines célestes s’invitent dans les moindres recoins et qu’il serait indécent de refuser l’offrande.

Laurent n’y avait toujours vu que des invitations sexuelles et c’était là, dans l’instant, comme un voile déchiré.

Elle rejeta aisément les pensées anciennes en accélérant la cadence de ses mouvements, elle plongea de nouveau dans la bouche de Sat et saisit sa tête entre ses mains, écrasant ses lèvres, fouillant au plus profond avec une langue avide, le corps entier agité de soubresauts, de spasmes, de tensions, d’abandons lascifs et d’euphories dansantes puis sans même y songer, sans même qu’une pensée précise n’éclaire l’intention, elle éprouva le besoin irrésistible de se redresser à la verticale, de s’asseoir sur le sexe dressé et de l’engloutir comme un pieu. En appui sur les pieds, les genoux relevés, cambrée, totalement ouverte, les seins tendus, les fesses posées sur le bassin de Sat, la vision offerte de son vagin éclos engloutissant le soleil.

Ses bras entamèrent une danse hypnotique et elle vit autour d’elle les pollens libérés, des têtes de pissenlit voleter dans l’espace, des papillons comme des fous dansants, au gré du vent, elle s’évapora comme une marée verticale, une mer aspirée par une lune aimante, une sève projetée comme un jet de semence, elle imaginait des flots de sperme inondant le champ affamé de sa matrice.

« Doucement, murmura Sat. L’énergie a besoin de temps pour s’exprimer pleinement. »

Elle entendit sa voix dans un brouillard d’inconscience et la verge sortant de son étui engendra l’impression d’un vide insupportable.

Il empoigna les fesses de Maud et les attira vers son visage en glissant sur le lit.

Contemplation.

Les cuisses écartées au-dessus de lui, la vision délicieuse d’une rose ouverte, des parfums de sous-bois et de mousses épaisses, la douceur des pétales qu’on effleure.

Il posa sa bouche sur les lèvres auréolées de cyprine. Une langue fouisseuse, des succions, des baisers, des explorations minutieuses, mélange des sécrétions, absorption des ruissellements, de l’anus au clitoris, un aller-retour régulier, un crescendo répétitif, augmentation du volume sanguin.

Elle entama un mouvement saccadé, une pression de son sexe sur la bouche de Sat, l’envie d’être bue, absorbée, de se liquéfier en lui, de délivrer les ruissellements de son plaisir, une averse torride, des crues de rivières inondant les terres, des nuages gonflés à en crever de jouissance. Elle plongeait dans ses yeux, elle soutenait ses regards et se réjouissait du plaisir qu’elle lisait sur son visage enfoui entre ses cuisses.

Des milliers d’images fugitives dans sa tête, dans son corps, dans son âme. Elle ne savait plus où elle était, elle ne savait plus qui elle était, elle n’aurait même su dire depuis combien de temps la chaleur du soleil se déversait en orage, ni même trouver en elle la source de ces visions, comme un écoulement de pensées extérieures, comme un monde onirique et sensuel, émotionnel et érotique, la libération totale, absolue, définitive de son âme et de son corps. Comme un don du ciel.

Un don du ciel.

Tout en elle résonnait d’une symphonie divine.

Elle gémissait sans savoir d’où venaient ces sons étranges. De sa gorge, de son sexe, de son ventre, de ses seins, de ses mains ? L’impression qu’elle baignait intégralement dans une mélodie de jouissance sans fin, épanouie, délivrée, emplie, enflammée.

Comme si la vie s’extasiait d’elle-même en usant de son corps.

Elle ne comprenait plus rien et elle devinait un ancrage sur le point de lâcher, un cordage qui la reliait à son mental, à sa raison, à l’habitude cartésienne de l’explication qui rassure. Elle ne voulait plus de ces enceintes. Sans la moindre peur. Sans la moindre projection futile, l’inquiétude d’un avenir imaginé, cette frayeur des conséquences, cette angoisse de l’erreur, cette éventualité du regret. Il n’y avait rien d’autre que la langue de Sat dans les plis de son sexe et cette verge tendue qu’elle allait de nouveau engloutir.

Elle ne parvenait pas à comprendre comment son plaisir pouvait s’étendre ainsi, aussi longtemps, aussi intensément, sans que l’orgasme habituel ne survienne.

Bouleversement.

N’avait-elle donc jamais fait l’amour auparavant ?

Ou plutôt, n’avait-elle donc jamais été envahie par l’amour ?

Des phrases en elle comme des coups de tonnerre.

Un trouble si puissant. Des volets qui s’ouvraient. Une lumière trop vive pour qu’elle puisse y voir clair.

Elle eut envie de rire en pensant qu’elle pourrait en parler à Sat. Qu’il l’éveillerait, qu’il lui apprendrait à absorber l’illumination.

L’illumination.

Cette conscience jamais éprouvée décupla le brasier.

Elle se retourna, offrit de nouveau son sexe à la bouche de Sat, les cuisses de chaque côté de son visage et elle engloutit tendrement la verge dressée, elle l’aspira, lécha les réseaux de veines gonflées, lapant le gland de sa langue, elle écarta les cuisses de Sat et glissa ses doigts mouillés contre l’anus, massa le périnée, joua délicatement avec les testicules, une frénésie joyeuse, ardente, incandescente.

Qui était-elle ?

Cette vibration en elle, ce flux constant, intégral, innommé, cette incapacité à identifier cette énergie, cette extase au-delà de l’orgasme, cette impression de ne plus être en elle mais de flotter dans une bulle extensible, englobant leurs deux corps dans un cocon chaud, nourrie par des semences déversées depuis des altitudes insoupçonnées, elle ne pouvait en être l’instigatrice.

Qui était-elle, là, à l’instant ?

Elle n’avait jamais vraiment aimé prendre le sexe de Laurent dans sa bouche et elle s’y était résignée parfois. Sans un réel plaisir. Juste pour lui.

Elle découvrait soudainement un bonheur ineffable à se sentir ainsi visitée, un ravissement intense à propager sur la tige tendue de cet homme des pulsions érectiles, des montées de sperme comme une sève brûlante, elle aimait les bruits de succion, elle accompagnait les mouvements du bassin, enlaçant le gland d’une langue insatiable, aspirant, tournoyant, l’humectant de salive.

Elle accueillait avec une satisfaction immense les soupirs langoureux de Sat.

 

 

Il devait rester concentré sur la pression interne, la puissance du flux sanguin dans sa verge, les contractions de son périnée, la circulation de l’énergie, la captation des vibrations de Maud, les paliers orgasmiques, la mise en tension et le contrôle à maintenir, la synchronicité entre la respiration et la circulation de l’énergie. Ne pas succomber au chaos sensoriel, pas encore, ne pas s’embraser avant que Maud ne s’envole.

Son visage entre les cuisses ouvertes, la tendresse des lèvres plissées. Le parfum de son sexe épanoui comme une fleur inondée.

Il avait espéré cet instant. Il aimait infiniment absorber les sucs et les nectars, fasciné par la vision, enivré par les senteurs. Il aimait le corps des femmes. Il avait appris sur ce trésor tout ce qui doit être connu. Il avait lu, encore et encore, il avait médité, il avait remercié, et puis il avait lu encore et encore.

L’extase tantrique.

Là, maintenant, le chemin s’ouvrait.

Maud. Elle était bien plus que ce qu’elle pensait, elle portait en elle des horizons immenses. Il pouvait être son accompagnant. Il n’y perdrait pas son intégrité morale, il ne s’égarerait pas dans les compromis et les frustrations. Elle vibrait tout autant que lui mais n’avait pas accès consciemment à la Source.

Elle baignait dans une lumière inconnue.

Il pouvait lui apprendre ce qu’il connaissait. Il pensa même qu’elle en constituerait un savoir plus vaste que le sien.

Elle avait en elle un potentiel inconcevable, jamais exprimé, jamais entamé, un territoire vierge de regards. Là où aucun homme ne l’avait encore aimée.

Une certitude.

Il s’appliquait à lécher les lèvres, à écarter les tissus, à pointer la langue comme un organe butineur, à titiller délicatement le bouton rosé dans son antre, à l’aspirer, l’envelopper, l’honorer.

Deux doigts contre la face antérieure du vagin, un point orgasmique qu’il convenait d’honorer, un mouvement répétitif, des pressions régulières, concentriques.

Se mêlaient à sa salive les liquides internes, des coulées de plaisir qu’il vénérait comme un élixir divin.

Il sentait combien le tremplin était proche.

Les halètements de Maud, les spasmes de son bassin, les contractions de ses fesses, les perles de plaisir sur ses lèvres, des ruissellements saccadés, des jets de plaisir cristallins.

Il enlaça sa taille et imprima un mouvement de bascule.

Elle abandonna le membre et se laissa guider.

Nouvelle posture. Sur le côté, face à face. Légèrement distants, quelques centimètres, pas de contact des sexes.

Il tendit le bras et ramena le bol d’huile.

Il l’invita à ouvrir la main et en fit couler. Il trempa ses doigts et le reposa.

« Juste un massage mutuel, Maud, tous les deux, en même temps. Un massage pendant lequel vous allez visualiser le plaisir en vous, vous allez lui donner une couleur, une densité, une forme, un son, un mouvement, un parfum. Pendant quelques minutes. J’en ferai tout autant. Puis, vous allez visualiser votre plaisir prendre contact avec le mien. Pendant nos caresses mutuelles. Le un plus un deviendra une unité plus vaste. Sans se quitter des yeux, Maud »

Il avait déjà commencé à glisser les mains sur son dos et sur ses cuisses. Elle l’avait imité. Sans le quitter du regard

Une intensité électrique et simultanément une douceur de soie.

Longues arabesques, effleurements des sexes.

Il rapprocha son ventre et laissa sa verge chercher la toison de Maud. Elle souleva légèrement une cuisse et l’invita en posant une main sur ses fesses. Rapprochements. Mouvements des corps, parfum de l’huile, reflets des lumières des bougies.

Disparition de la musique. Elle n’aurait su dire depuis quand. Il flottait dans la pièce des mélodies de souffles haletants.

Les yeux de Sat. Il était déjà en elle. Avant même que son sexe ne la pénètre.

Elle n’eut même pas besoin de se concentrer sur la vision. Elle était là et bien plus présente qu’une simple image. C’était comme un courant de marée, une force irrépressible, un envahissement intégral qui insufflait en elle un abandon inconnu, une plénitude nourrie de désirs, au-delà des sexes.

Elle n’aurait jamais imaginé cela possible.

Elle aimait un homme comme elle n’avait jamais aimé personne. Sexuellement. Et elle ne savait pas grand-chose de sa vie. Tous ses repères, toutes ses retenues, ses promesses, sa ligne de conduite.

Elle n’avait jamais voulu d’une passade, d’une rencontre éphémère dans un lit de hasard.

Et là, cuisses entrouvertes, seins tendus, bouche affamée, mains endiablées, elle se donnait, elle s’ouvrait, elle l’invitait à la pénétrer, à la combler et c’était au-delà de cette course frénétique à l’orgasme, de cet objectif à atteindre, de cette obligation de prouver à l’autre qu’il sait s’y prendre. Constat amer d’une sexualité ancienne. La dernière étreinte avec Laurent, comme l’annonce dramatique d’une mort inévitable. La dictature inventée de l’orgasme libérateur.

Elle rejeta férocement cette intrusion et plongea de nouveau dans l’océan vibratoire, dans les ondes qui s’étendaient, dans ce courant chaud qui l’emplissait.

Elle laissa la verge palpitante s’immiscer sur le seuil, entrouvrir la porte, reculer, puis revenir. Chaque sensation se diffusant en elle jusqu’au bout des doigts. Elle inspira profondément lorsqu’elle approcha ardemment son bassin et absorba le membre érigé.

Elle sentit ses yeux se fermer, comme un retournement à l’intérieur. Elle les rouvrit et s’accrocha à ceux de Sat, comme à une main tendue.

Il posa ses doigts au creux des reins de Maud, à la base de la colonne, à l’orée des fesses et il entama une caresse circulaire, une pression de plus en plus forte, imprimant à son bassin un va-et-vient régulier.

La vibration dans son dos, dans son sexe, dans la pointe raidie de ses seins, dans ses mains, dans ses jambes, dans son crâne. Elle en discernait avec une finesse incroyable chaque mouvement, chaque vague, chaque risée. Un amour sans identification, un breuvage étrange qui circulait dans un réseau inconnu, un lacis de chemins dont elle découvrait l’immensité.

Du cœur à son sexe, de son sexe à son cœur et dans ce flux constant, le mental perdait pied.

Elle ne pouvait plus fermer les yeux. Captivée, aimantée, comme si l’un et l’autre se reliait, s’unissait tout autant que leurs sexes imbriqués, comme un flux orgasmique dans une ronde embrasée. Elle devinait l’énergie coulant de ses yeux, enflammant son corps, ruisselant dans les sexes incendiés avant d’entamer un deuxième tour.

Puis un autre et encore un autre, une danse effrénée et consciente, des ondes de plus en plus vastes, couvrant des horizons inimaginables. Une circumnavigation interne, d’une âme à l’autre, d’un corps à l’autre, d’un souffle à l’autre. Cœur à cœur.

Elle devinait son propre visage au fond de ses prunelles. Elle était en lui.

Au point d’en ressentir ce qu’il vivait.

Au point d’éprouver ce qu’il percevait d’elle.

Elle en lui. Elle se regardait elle-même et prit conscience de ce qu’il voyait, elle découvrait son propre sourire, la profondeur pâmée de ses yeux, la finesse de son nez, la sensualité de sa bouche. Elle se contemplait en lui.

Et elle se trouva belle.

Et ce fut comme une évaporation, un évanouissement, la perdition de son état, elle n’était plus là et n’avait jamais senti autant la vie en elle.

À en perdre la raison et s’en réjouir.

Et en jouir.

Il le sentait. Elle allait partir, elle allait rompre les ancrages.

Il l’invita à s’allonger sur le dos et s’installa au-dessus d’elle. Sans jamais que leurs sexes ne se séparent. Doucement, sans la quitter des yeux.

Il accentua les mouvements de va-et-vient, pressant de son pubis le clitoris écarlate, fouillant au plus profond de la matrice, des pressions circulaires, des mouvements réguliers.

Visualisation des spasmes dans sa verge, circulation ouverte de l’énergie, les ondes du cœur nourries par le flux vital, captation de la source.

Orgasme énergétique.

Rétention spermatique.

Inversion du flux vital dans un rayonnement intégral.

Leurs sexes comme deux canaux reliés, mélange des énergies individuelles, l’unité acquise.

Elle prenait de l’altitude. Comme des marches montant vers le ciel, chaque palier ouvrait un nouvel horizon, elle montait, elle montait et la perception de son corps devenait si intense qu’elle ne le sentait plus.

Incompréhension.

Elle n’était plus que cette lumière en elle, cette flamboyance ultime, comme un cœur de soleil. La forme, la matière, une limitation, la vie n’était pas là.

Incompréhension.

Elle s’envolait dans une crispation libératrice, toute l’énergie condensée dans son corps.

Un flash cristallin, propagation de la lumière, décharges électriques, éclairs zébrant ses cellules, big bang de conscience.

Elle entendit une voix dans un râle prolongé.

Des ondes phosphorescentes qui transpiraient des yeux de Sat dans les siens.

Elle ne savait plus rien d’elle, comme une cessation et simultanément la constitution d’une entité plus réelle que sa matière.

Incompréhension.

Le membre viril continuait sa tâche comme un agrandisseur d’univers.

Elle sentit qu’elle basculait de nouveau dans un plongeon ascensionnel.

Inversion des positions. Sat l’invita à le chevaucher. Il s’allongea sur le dos et elle s’appliqua aussitôt à engloutir le membre tendu.

Dans les yeux de Sat, elle se voyait sauvageonne, femme des bois, elle respirait autour d’elle des parfums de mousse grasse, de rosées matinales et de terre mouillée. Les cheveux collés de sueur tombant sur son visage.

Elle se cambra et s’appliqua à monter et descendre sur le pilon qui fouillait en elle.

Elle se demanda dans un battement de paupières si Sat avait joui.

Puis elle laissa la lumière la consumer une deuxième fois. Un embrasement plus puissant qu’un fleuve de lave.

Elle posa la tête sur la poitrine de Sat, les bras tremblants, les jambes agitées de crispations interminables, le bassin incapable de suspendre ses ondulations.

Encore…Encore…Le mot tournait en boucle dans sa tête. Elle se redressa et offrit ses seins à la bouche de Sat.

Mouvements circulaires, les bassins accolés, unifiés, une danse accouplée, au sommet de l’extase. Elle pensa ne pas pouvoir survivre au-delà de cette altitude.

Troisième explosion. Une déflagration qu’elle n’aurait jamais pu contenir. Elle sentait jaillir de son sexe des crépitements liquides, des jets étoilés.

Sat augmenta encore la cadence des va-et-vient.

C’est lorsqu’elle croisa son regard que la quatrième envolée l’emporta.

Puis elle perdit toute conscience.

Elle bascula, épuisée, sur le côté. Sat se retira et vint s’allonger derrière elle, après avoir trempé ses doigts dans le bol d’huile. Ventre contre dos, son pubis contre les fesses de Maud, sexe tendu, glissant de nouveau au cœur du délice.

Il répandit l’huile sur les seins et le ventre, l’intérieur des cuisses, l’arrondi des fesses. Un lent mouvement de rotation du bassin, verge au plus profond.

Son bras gauche, passée sous la nuque de Maud. La main enveloppait un sein, le couvait de chaleurs, le soulevait, modelait sa rondeur, jouait avec le bouton érigé. Le bras droit, libre de ses mouvements parcourait inlassablement les territoires offerts, des tétons au visage, des épaules au ventre, jusqu’au bout des doigts, une pression renforcée, comme un éveil musculaire, un massage énergétique, rétablissement du flux.

Il visualisa le transfert d’énergie. Les deux cœurs associés, reliés, imbriqués dans le cocon des vibrations, les sexes comme des passerelles, un circuit fermé. Il en connaissait la puissance. Le Yang transmutant dans le corps de Maud, le Yin transmutant dans le sien.

Rétention spermatique maintenue. Préservation du flux vital. Toutes les pratiques ancestrales du tantrisme, un bonheur infini, l’application scrupuleuse des méthodes apprises. Son plaisir maîtrisé, son intensité tout autant que sa diffusion intégrale. Un orgasme énergétique. Des années de travail.

Soudainement, il sentit dans le ventre de Maud une contraction émotionnelle, un nœud d’inquiétudes, une énergie bridée, comme un barrage sur le flot. Elle avait tendu un bras vers l’arrière et elle caressait ses fesses, l’incitant à bouger en elle.

Il perçut une boule sombre dans son aura, une pensée récurrente, obsessionnelle, répétitive, un empoisonnement, l’impossibilité de basculer dans la Conscience. Un attachement ancien.

Il en devinait la source.

Il devait la délivrer et jouir en elle. Ce qu’elle espérait, qu’elle appelait de tout son corps, une attente fébrile, inquiète, le crépuscule d’une culpabilité mortifère qui la contenait elle-même, une entrave.

Il expliquerait. Plus tard.

Il se retira et l’invita à s’allonger sur le dos.

Pénétration lente, consciente, appliquée.

La verge contre la face antérieure du vagin. Là où elle avait senti tout à l’heure un plaisir inconnu et ce ruissellement entre ses cuisses. Elle se délectait de l’absence de gêne en elle et cette libération nourrissait sa jouissance. Le sourire de Sat l’avait délivrée. Éjaculation féminine. Elle se souvenait d’une discussion avec ses deux amies. Le pouvoir de la vie affublé de fantasmes. Elle ignorait pouvoir le vivre, en goûter un jour l’extase. Ce ruissellement entre ses cuisses, ce plaisir qui coulait comme des frissons liquides… Elle se demanda, éblouie, sur quel bouton interne, Sat avait appuyé et l’idée la fit rire, un petit rire cristallin, un éclat de voix. Le membre gonflé de Sat. Infatigable, appliqué, délicat et puissant. Comment pouvait-il rester en érection aussi longtemps ? N’avait-il pas de plaisir ? Pourquoi ne jouissait-il pas ? Elle n’osait le lui demander. Par crainte aussi d’une phrase incompréhensible. Elle n’était pas en état. Son mental parvenait difficilement à prolonger un raisonnement, au-delà d’un battement de paupières. Le verbaliser relevait de l’illusion.

Les mains de Sat sur son corps, l’enlacement de la force virile et sa délicatesse, son sexe en elle, vigoureux et tenace, tendre et respectueux.

L’embrasement de son vagin, de son ventre, de son crâne, des écheveaux de filaments dispersant des fusions de matière, des ondes colorées qui naviguaient en elle comme des arcs-en-ciel mouvants.

Elle se sentait partir.

Combien de fois déjà ?

Elle ne savait plus. Comment tenait-elle encore ? Elle aurait dû s’effondrer depuis longtemps et chaque orgasme semblait au contraire la nourrir d’une vitalité supplémentaire.

Sat entama des contractions régulières, des mouvements précis, une pénétration profonde et des retraits complets.

Il abaissa son visage vers une oreille.

« J’ai déjà joui plusieurs fois, Maud, ne t’inquiète pas. »

Un murmure.

« J’utilise mon souffle pour inverser le sens du sperme et l’énergie qu’il contient remonte dans tout mon corps. »

Il se redressa et elle plongea dans ses yeux.

Elle absorba l’énergie, avalant le membre jusqu’à la garde et le suppliant de revenir sitôt sorti, dix fois, trente fois, des heures peut-être, elle ne savait plus.

Une étoile en fusion.

« J’absorbe l’oxygène et je gonfle ma verge de son pouvoir nourricier. Je sens le bouillonnement du sperme mais je le contiens et je le diffuse.»

L’extension du membre lorsqu’il inspira et bloqua sa respiration. Augmentation du volume. Elle en percevait distinctement la raideur palpitante. Le jonc écarlate qui gonflait en elle emplissait son âme d’une chaleur sanguine. Elle en ouvrit la bouche comme un puits asséché, elle accueillit l’averse en elle, le torrent de sa puissance contrôlée.

Et le puits s’étendit au-delà des frontières de son corps, comme un gouffre, puis un espace sans limite, un cosmos étoilé.

Comme un nouveau-né pour son premier cri, elle se remplit d’air et plongea dans l’envol.

Déflagration, explosion totale, un éclair de particules embrasées, comme une marée montante agitée par la houle, tous les océans reliés par des courants inapaisables, le cœur de la Terre dans ses fleuves de lave, tous les cratères du monde déversant des flots de roches liquéfiées, des séismes si profonds qu’elle en perdait l’usage de son corps, ballotée, abandonnée, accueillante, ouverte, intégralement ouverte, dissoute, fondue, répandue, ruisselante. Une étoile aimant l’Univers qui l’accueille. Au-delà des espaces connus.

À en perdre la raison.

Il resta enfoui au plus profond, accolé, imbriqué, respirant les ondes, capturant à chaque inspiration les souffles embrasés qu’elle relâchait. Il initia des mouvements infimes, rotations de son bassin, en diminuant progressivement la pression.

Il se retira, lentement, laissant dans l’océan électrisé un sillage luisant.

Il descendit lentement, la langue pointée sur sa peau, de la nuque aux oreilles, des aisselles aux seins, de son ventre à son sexe.

Le visage entre ses cuisses, la bouche avide buvant la chaleur de ses lèvres, des scintillements cristallins, des parfums de fleurs en croissance, comme des flots d’amour coulant en lui.

Ses mains glissant avec tendresse ou ferveur, massant ou effleurant, la langue fouineuse dans le lit ouvert de la rivière, des crues libératrices, comme un barrage rompu et la délivrance des eaux prisonnières.

Les palpitations dans sa verge. Des soubresauts intérieurs, des flux de sève agités de spasmes. Il en acceptait la puissance, il en désirait l’épilogue.

Elle était une Déesse, il était sa couronne.

Un dernier baiser sur les lèvres suintantes, une bouche comblée qui se retire. Il quitta l’entrebâillement humide, les chaleurs moites et les douceurs.

Il se plaça au-dessus d’elle, jambes et bras tendus, sans aucun contact, juste une observation bienheureuse, la contemplation de la lueur dans ses prunelles dilatées.

Elle avait les joues rouges des brasiers intérieurs.

Il posa les lèvres sur sa bouche. Elle l’accueillit avec délectation, mêlant son souffle au sien.

La verge tendue à l’orée de ses territoires. Il la pénétra, lentement, par petites pressions et de brefs retraits, l’ouverture délicate d’un trésor.

Comme on reçoit un hommage. Un privilège. Une offrande.

Sa verge dans le calice de sa cathédrale. Une bénédiction.

Laisser jaillir les prières, les allers-retours de son vit comme la récitation des cantiques.

Une salutation au Soleil.

Il accompagna les mouvements de Maud, elle soulevait ses fesses vers son pubis pour l’engloutir davantage.

Il prit le bol et versa lentement le reste d’huile sur ses seins. Il laissa couler librement les ruisseaux épais entre les deux monts et vers sa gorge puis il caressa délicatement les tétons entre ses doigts, il les encercla, parcourut les auréoles, il posa les mains à la base des rondeurs et remonta vers les cimes.

Leurs deux corps assemblés dans une aura commune, enflammée, crépitante, un déversement continuel d’étoiles.

Comme l’aimantation des océans vers la Lune, un amour si puissant que les digues et les murs de pierres, tous les ouvrages cimentés se réjouissaient des brèches et des failles, des ouvertures et des invasions, des hordes sauvages qui libèrent, des armées de barbares amoureux dévastant les enceintes.

Le bonheur de sentir tomber les murailles.

Les yeux grands ouverts, elle regarda goutter du visage de son amant les perles de sueur, ses mâchoires se crisper, son souffle retenu, les flots énergétiques de sa jouissance, elle les enlaça de ses chaleurs et ce corps extasié des délices qu’elle prodiguait la propulsa de nouveau dans les entrailles du plaisir.

L’huile qui coulait entre ses seins avait des parfums de sperme.

« Viens, Sat… ! Viens… !»

Un cri lancé comme on ouvre les paupières. Une nécessité, un besoin primordial. Elle le voulait en elle, qu’il s’écoule, qu’il se répande, qu’il se liquéfie, qu’il l’inonde, que sa semence tapisse les parois de son sexe, que ce fleuve épais l’enflamme, qu’il la consume.

Il prit une ultime inspiration, il vit le courant d’oxygène se répandre, il guida le flot vers sa verge.

Libérer les marées écumeuses, lancer dans les cieux les râles gémissants de l’orgasme, déclencher les avalanches.

Elle vit dans l’embrasement de ses yeux jaillir des torrents.

Elle partit avec lui dans le courant.

Et l’espace s’embrasa.

Au-delà du connu."

Sur les langages de l'amour

Par Le 22/02/2019

Réussir ses relationsRéussir ses relations

Les 5 langages de l’Amour : le secret des couples qui durent

Les 5 langages de l’Amour est un best seller international de Gary Chapman, conseiller conjugal et animateur de séminaire pour couples.

Le concept de l’auteur est qu’il existe 5 manières de manifester notre amour, qu’il a nommé les 5 langages de l’Amour.

Nous avons chacun notre langage, qui ne correspond pas forcément à celui de notre partenaire, ce qui peut poser problème dans notre couple.

Vous pouvez visionner la vidéo de l’article ou lire la retranscription texte sous la vidéo.

Ce qui suit est un ensemble de mes notes de lecture de ce livre ainsi que mes remarques.

Se sentir aimé et tomber amoureux

Le mot Amour est un terme incontournable de la langue française et en même temps des plus ambigus. On peut dire « J’aime ma femme » mais aussi « J’aime les pates » ou « j’aime courir ».

Le besoin de se sentir aimé est pour l’humain un besoin affectif fondamental. Le fait de tomber amoureux répond au besoin affectif mais seulement temporairement car il a une durée de vie limitée et prévisible.

Le coup de foudre est un point fort d’une expérience sentimentale temporaire. Il relève de l’obsession. On perd le contrôle, on n’est plus nous même.

Notre besoin émotionnel le plus profond n’est pas de tomber amoureux mais d’être authentiquement aimé d’autrui, de connaître un Amour qui procède à la fois de la raison et de la volonté, et non d’un instinct.

Cet amour là fait intervenir l’effort et discipline.

Nous avons tous, depuis l’enfance un « réservoir émotionnel » qui ne demande qu’à être rempli d’Amour. Si nous avons manqué d’Amour pendant notre enfance, nous aurons encore plus besoin d’affection dans notre vie adulte.

Pour alimenter ce réservoir émotionnel, il y a plusieurs façons, plusieurs langages d’Amour à connaître qui diffèrent selon les individus :

  • Les paroles valorisantes
  • les moments de qualité
  • les cadeaux
  • les services rendus
  • le toucher physique

Si vous offrez régulièrement des cadeaux à votre copine mais que vous n’êtes jamais à la maison car trop occupé par votre travail, son réservoir émotionnel finira par se vider car elle se sentira délaissée.

Il faut donc savoir comment fonctionne notre partenaire et utiliser son ou ses langages.

Les paroles valorisantes

Les paroles varolisantes sont des mots d’appréciations et des compliments verbaux. Ce sont de puissants communicateurs d’Amour.

Il faut de préférence les utiliser sous forme d’affirmations simples et directes.

Mettre en valeur ce qui est positif plutôt que le négatif, amène une spirale vertueuse. Il est donc préférable d’utiliser les compliments verbaux à la place de remontrances.

Adresser des compliments sincères à votre conjoint n’est qu’une façon de lui faire comprendre combien vous l’estimez.

Encourager votre partenaire, c’est lui insuffler du courage car on manque tous de confiance et cela permet de l’aider à devenir meilleur.

On peut utiliser des paroles encourageantes, des paroles aimables, et des paroles humbles.

Exemples : je t’aime ma chérie, tu es ravissante aujourd’hui, ton dessin est magnifique, je suis bien avec toi, tu m’as manqué, etc…

On le voit, ce sont des affirmations simples et directes, qui font toujours plaisir à entendre.

Les moments de qualité

A quoi bon avoir une belle maison, une voiture pour sortir et d’autres avantages si nous n’en profitons pas ensemble ?

Les moments de qualité, ce sont de bons moments passés ensemble, du temps de qualité.

Ce sont des moments où on accorde à notre partenaire une attention totale. Ce n’est pas s’asseoir à côté de lui pour regarder la télé ou être scotché sur son téléphone portable ou sur sa tablette.

C’est la regarder, lui parler, l’écouter,  la prendre dans nos bras, se promener à deux, aller au restaurant…

On reconnaît généralement les fiancés dans un restaurant car ils se regardent et se parlent. On reconnaît les mariés car ils regardent les autres

Compte-rendu

Par Le 21/02/2019

Passage à 17 h 15 dans l'émission.

Quatre minutes d'antenne, à peu près une minute de parole pour moi. 

Je ne voyais pas ça comme ça. Comme quoi, il ne sert à rien d'imaginer... Je suis responsable de ma désillusion. 

 

Content que le titre du livre ait été donné, ainsi que la maison d'édtions. En terme de publicité, je n'imagine rien du coup. Personnellement, si j'avais été à l'antenne à écouter cette émission, je ne me vois pas sauter sur un papier pour écrire le titre du livre pour le chercher ensuite. Il m'en faut davantage.

Je ne comprends pas l'intérêt et encore moins la justification d'inviter quelqu'un à l'antenne si ça n'est pas pour le laisser parler. 

Lorsque Brigitte Lahaie évoque la Kundalini et demande à l'invitée dans le studio d'en expliquer le phénomène, je me suis demandé ce que je faisais là.

J'étais un faire-valoir de cette "personnalité" ? l'occasion de lui donner la parole ?

Lorsque, ensuite,  Brigitte Lahaie me dit qu'il y a des passages du roman qui sont très "sexe", là, je suis resté quelque peu ébahi... Un livre sur le Tantrisme qui n'explorerait pas la dimension sexuelle, c'est comme un roman d'alpinisme à la campagne...On n'est pas dans la visite du couvent des Chartreux ou dans une version de "Martine va à la messe".

Et ça n'est pas "sexe", ce sont des étreintes amoureuses intégralement décrites et vécus dans un état de pleine conscience.

C'est quoi le problème ? Les médias font des ronds de jambe à "Nuances de Grey" où ça humilie et manipule à tout-va et où ça "baise" sur le buffet du salon mais moi, si je raconte pendant dix pages une étreinte amoureuse dans la nature, c'est "sexe"?.....

Il ne faut pas utiliser le mot "verge" et "vagin" mais Houllebecq parle de bite, de fion, de connasse et tout va bien ?

Il y a des choses que je ne saisis pas. 

J'ai passé la matinée à préparer un fil conducteur en me doutant bien qu'il ne s'agirait que de ça et non d'un article à lire.

Le voilà :

GENÈSE DU ROMAN

Je m’intéresse à la philosophie et à la spiritualité. Je sais que ce sont deux termes qui ne laissent pas indifférents, qui agissent parfois comme des repoussoirs ou au contraire intriguent et attirent mais je cherche systématiquement, dans mes romans, à inséer mes réflexions dans un cadre proprement humain et non intellectuel. Il y a des ouvrages philosophiques qui me sont totalement obscurs malgré que je lise beaucoup dans le domaine.

Donc, je ne suis pas un philosophe mais j’aime utiliser le filtre de la philosophie dans mon existence. Ce qui m’importe, c’est de montrer que nous avons tous accès à la philosophie dès lors qu’elle a pour objectif la quête d’une certaine sagesse. Être philosophe à mes yeux, ça ne signifie pas réciter des classiques, de façon intellectuelle puis simultanément agir inconsidérément mais c’est appliquer à sa mesure une observation lucide et aussi constante que possible de ses pensées et de ses actes et de ses relations avec les autres et avec le monde vivant.

C'est ce que Sat, le héros masculin du roman, a développé et que Maud va découvrir à ses côtés.

La philosophie, à mes yeux, est un espace intellectuel et la spiritualité est l’application de cette dimension intellectuelle dans la vie quotidienne.

C’est donc avant tout un roman à visées spirituelles et non à visées philosophiques.

Maintenant, je différencie beaucoup la philosophie occidentale des diverses philosophies orientales et le Tantrisme occupe une place très particulière dans ce registre.

Le tantrisme c’est l’expérience que l’on fait à l’intérieur de soi, dans son corps, dans son cœur, dans son esprit, de la présence de l’amour.


Le tantrisme n’est pas une sensation, c’est l’expérience de l’unité, quand la reconnaissance se fait en soi que rien n’est séparé, que l’autre est soi parce qu’issu de la même énergie qui se manifeste en chaque être sensible, en chaque être vivant.

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Voilà ce que j’ai cherché à garder à l’esprit durant toute l’écriture de ce roman.

Mais si le Tantrisme parle d’unité, il explore également de façon très profonde, l’unité à l’intérieur du couple et la dimension corporelle, physique, aimante y occupe une place importante. Elle n’en est pas pour autant le tuteur. C’est juste un champ d’expérimentations et de développement personnel qui s’offre aux individus qui se rencontrent.

Par conséquent, il me semblait totalement impossible d’imaginer écrire un roman parlant du Tantrisme et dans lequel la sexualité n’aurait pas trouvé sa place.

Maintenant, je fais une distinction entre la sexualité génitale et la sexualité spirituelle. Sans porter le moindre jugement sur la première. Disons simplement que dans le cadre du Tantrisme, la sexualité va regrouper de façon holistique l’intégralité de l’individu et elle va surtout l’inviter à vivre l’instant présent à sa pleine mesure. Il ne s’agit donc pas de faire l’amour mais d’être dans l’amour.

« Personne ne fait l’amour ; c’est l’amour qui nous fait ». Ce sont les paroles de Sat.

Ce que ça signifie, c’est qu’il existe en nous la possibilité de conscientiser l’énergie créatrice qui fait que nous sommes là, non pas en tant qu’individu identifié mais avant tout en tant qu’être vivant et les diverses méthodes explorées par le Tantrisme pour développer cette pleine conscience concernent également la sexualité.

Il s’agit de se dénuder. Physiquement et bien évidemment intérieurement.

C’est cette nudité-là que je souhaitais exprimer. La nudité générée par l’état de pleine conscience.

Maud, le personnage féminin découvre, à cinquante ans passés, que son mari la trompe de longue date avec des hommes et qu'il la quitte pour un compagnon.

Si cela arrive, c'est que l'idée qu'elle avait de l'amour n'était pas celle de son mari. Qu'ils ne se rejoignaient pas ou plus dans cette dimension amoureuse. Qu'ils ne parlaient plus les mêmes langues.

Puisque c'est le fil conducteur de l'émission, « les langages de l’amour », j'ai un peu réfléchi à la question au regard du roman.

Comment est-ce que j'avais traduit ces différents langages ?

Mais je me suis dit aussi qu'avant de pouvoir analyser chaque élément, il fallait tout d'abord définir ce qu'on entend par « amour ».

Il me paraît difficile et quelque peu illogique de chercher à définir le langage qui conduit à cet amour s'il n'est pas identifié a priori.

Il s'agirait sinon d'un alpiniste qui cherche à analyser le parcours qui le mènerait à un sommet dont il n'aurait aucune idée de l'emplacement, ni encore moins de son altitude. Il n’est pas prêt d’atteindre son but.

Ça nous arrive même parfois de chercher un objet connu dans notre environnement quotidien, des clés par exemple, et de ne pas les voir, alors qu'elles sont là, dans notre champ de vision. Et notre cerveau ne les identifie pas. Il voit le reste mais pas les clés.

Alors, comment ce cerveau pourrait désigner cet amour qu'il n'aurait pas identifié au préalable ?

Comment pourrait-il trouver quelque chose qu'il ne connaît pas ?

Mais, dans ce cas-là, quelle idée nous faisons-nous, clairement, intégralement de ce qu'est l'amour ? D'où vient cette idée que nous portons ?

Voilà déjà des questions que j'ai tenté d'explorer dans « Kundalini ».

Quels sont ensuite dès lors les différentes langues ?

Si je me réfère aux travaux de Ferdinand de Saussure, le langage désigne la capacité naturelle qui permet à chacun de communiquer.

Les langues, ce sont les outils qui vont permettre la réalisation de cette capacité.

Le problème vient donc du fait que nous ne parlons pas tous les mêmes langues même si nous sommes tous des communicants.

On peut mettre vingt personnes dans une salle, toutes d'origine étrangère et ne parlant que leur langue maternelle, il va falloir un certain temps avant que leur tentative de communication aboutisse à quelque chose d'élaboré.

Avant qu'une histoire d'amour ne prenne forme, il va se passer bien plus de temps encore, à moins que la situation soit très particulière. 

Il en est de même avec deux individus parlant pourtant la même langue maternelle.

Parce qu’au-delà de cette communication verbale, il existe de multiples paramètres qui font que la réception des messages envoyés sera validée intégralement, partiellement ou pas du tout.

Lorsque cette multiple communication est intégralement reçue, que toutes les langues de l'amour sont comprises, entendues, partagées, là, on peut parler d’une situation amoureuse.

La parole est donc un élément incontournable et par là-même la voix.

Dans Kundalini, Maud aime la voix de Sat et l'effet de cette voix contribue à la qualité de réception.

Et inversement, l'attention de Maud encourage Sat à ne retenir aucun mot. Parce qu'il se sent entendu, écouté. Pleinement.

De la même façon, Sat aime écouter la voix de Maud, la fragilité qui en émane, tout autant que la détermination à apprendre, son impatience, son enthousiasme tout autant que sa voix quand elle se fait murmure.

Sat pratique d’ailleurs sur Maud une méditation particulière dans laquelle il utilise sa voix sur des mantras.

La voix est un outil très puissant.

L'usage de la parole est l'élément qui permet de maintenir la cohésion du couple. Une parole profonde, existentielle. Il ne s'agit pas des paroles quotidiennes, elles sont nécessaires mais néanmoins insignifiantes. Rien de vital. Il s'agit « d'informations ». Le problème, c'est que la vie sociale nous martèle l'esprit d'informations insignifiantes au point que nous finissons par considérer la parole comme insignifiante elle aussi. Et que nous en oublions de réellement communiquer. 

Nous devons apprendre à parler de nous. Profondément. Avec les êtres que nous aimons et qui nous aiment.

C'est cela aussi que Maud va découvrir. L'horizon infini des paroles et de la pensée. Nous possédons une machinerie cérébrale d'une puissance incommensurable mais si à la fin de chaque journée, nous pouvions réentendre l'ensemble des paroles prononcées, je pense que nous serions quelque peu désappointés.

Combien de paroles existentielles ? Celles qui parlent de nous, de notre être réel, pas de l'individu social mais de celui qui reste quand on a tout enlevé, toutes les fonctions, tous les rôles ? Est-il normal que celui-là soit ignoré ? Où bien n'existe-t-il même pas ?

Qui sommes-nous quand nous ne sommes plus rien « d'identifiés » par les autres ?

Est-ce cet individu-là que nous aimons ou l'individu social et toutes les parures qu'il porte ?

C’est le genre de questions auxquelles Maud va être amenée à répondre.

Mais avant d'utiliser la langue parlée, il y a habituellement la communication visuelle.

Maud est admirative et fascinée, immédiatement, par la beauté du corps de Sat. Il en est de même pour lui.

Ils sont tous les deux adeptes du yoga et attachent une grande importance à leurs corps. Pas avec la même intention malgré tout. Maud est professeur de yoga, elle a besoin que son corps soit opérant. Sat utilise le yoga à des fins spirituelles.

Il est évident qu'il existe chez l'être aimé une dimension physique qui nous réjouit, qui répond à quelque chose en nous, quelque chose qui reste du domaine de l'inexplicable.

« C’est comme ça. »

C'est l'élément inspirateur. Je pourrais même dire « aspirateur ». Celui qui génère une forme d'attirance, une aimantation. Et il faut que ça « aspire » des deux côtés.

Lorsque le contact est établi et la proximité suffisante, c'est le regard immédiatement qui va jouer un rôle essentiel.

Sat a un regard très particulier. Il a une maladie (hypotricose) qui le prive totalement de cheveux et de poils. Il est totalement imberbe. Et il n'a donc ni cils, ni sourcils. Ce qui donne à son regard une profondeur indéfinissable.

Sat aime dans le regard de Maud l'interrogation, la curiosité, la vivacité, la joie et même les moments de perdition, de détresse intérieure devant les bouleversements qu'elle connaît.

Le regard est une porte qui ouvre sur l'intérieur. Parfois elle est juste entrebâillée, parfois elle s'ouvre en grand.

Le contact des peaux.

La première fois que nous avons touché les doigts de la personne à qui on voulait déclarer nos sentiments...Inoubliable. Juste le bout des doigts avant de serrer la main ou de caresser la joue. Juste quelques centimètres avant d'oser aller plus loin. Et déjà dans ce premier contact sentir l'intégralité de son propre corps qui rayonne.

Que se passe-t-il ?

Barjavel disait que c'est le flot de sperme de Roméo qui monte à l'échelle pour rejoindre le réceptacle utérin de Juliette. Clair et net. Le cerveau limbique dans sa toute puissance.

Oui, mais ça ne nous fait pas ça à chaque fois que quelqu'un nous touche et parfois, c'est même le phénomène inverse qui se produit. La répulsion ou la colère ou la peur.

C'est donc que le contact physique ne suffit pas.

C’est là qu’il faut que l’ensemble des langues disponibles s’accordent.

Mais est-ce qu’il est possible qu’une autre explication se tienne cachée en nous et en l’autre ?

Ça aussi, je voulais l'explorer dans Kundalini. Et je suis allé le plus loin possible, jusqu'au bout de mon idée initiale. Je n’en révélerai pas ici la teneur :)

Pourquoi est-ce que certains individus, dès leur rencontre, vont éprouver une aimantation irrésistible l'un envers l'autre, de façon similaire et simultanée ? Et surtout pourquoi est-ce que ça va durer dans le temps ? Il ne s’agit pas d’un coup de foudre avec l’extinction progressive de l’énergie diffusée. Là, je parle d’une rencontre qui va conduire les individus non pas à consumer cette énergie jusqu’à son épuisement mais à la développer.

Y a-t-il en nous une « intuition » qui ne se nourrit d’aucun élément rationnel ? Une émotion qui n’a aucune raison d’être et qui en vient à briser toutes les certitudes, tout ce qui était déjà connu ? Et cette émotion doit-elle être rejetée ou pleinement explorée ? Puisque nous pensons en fonction de nos expériences et des sensations déjà éprouvées, qu’en est-il lorsque la sensation est irrationnelle, qu’elle ne peut pas être rattachée à quelque chose de connu, qu’elle est au-delà du vécu ?

J'ai vraiment cherché à donner à la vie quotidienne de ces deux personnages une dimension spirituelle très forte. C'est dans la vie quotidienne que la spiritualité devrait prioritairement prendre forme. Nous avons malheureusement accepté que la frénésie de nos vies sociales nous éloignent de notre spiritualité.

Faut-il dès lors ajouter une activité spirituelle aux activités sociales ou réduire les activités sociales pour laisser une place réelle à la spiritualité ?

Sat a choisi la voie de la simplicité volontaire pour que sa vie soit emplie de ce qui contribue à son évolution spirituelle. La voie matérialiste est un outil, pas une finalité. Il a construit sa base de vie non pas comme l’étendard de son existence mais comme le lieu nécessaire à la vie qui lui convient. Juste ça.

Il n’est rien d’autre que ce qu’il est.

Moi, par exemple, je ne suis pas instituteur ; j’exerce le métier d’instituteur. C’est totalement différent.

Le fait de placer les deux personnages dans une situation de nudité quasiment sur la totalité du roman était bien entendu volontaire et avait un sens. Le premier dépouillement. L'effacement des attributs sociaux et de la catégorisation qu'ils entraînent.

C'est le début du dénuement. La nudité corporelle n'est pas une nudité intégrale. Elle en est la première étape. Et cette étape n'enclenchera pas automatiquement la suite. Il existe des résistances et parfois elles sont très fortes.

Il y a donc un élément incontournable dans le Tantrisme : c’est la dimension énergétique des individus.

Il y a dans les différentes langues utilisées dans le cheminement vers l'amour un phénomène qui n'a pas vraiment de nom, qui n'a pas de reconnaissances scientifiques, qui ne relèvent pas d'un des organes des cinq sens.

On en trouvera des expériences dans des récits d'ordre spirituel.

Maud sent la présence de Sat avant même de le voir. Sat également. D'où vient cette intuition ? Est-ce juste une imagination débridée ou une prise de contact qui n’est pas explicable dans le domaine scientifique occidental ?

Ruppert Sheldrake a raconté l'histoire d'un aviateur anglais pendant la bataille d'Angleterre. Il vivait chez sa mère et il avait un chien. Ils étaient très attachés l’un à l’autre. A chaque fois que le jeune pilote partait en mission, le chien se mettait dans son panier et attendait le retour de son maître et systématiquement, une vingtaine de minutes avant qu'il n'entre dans la maison, le chien allait s'asseoir devant la porte d'entrée. Il était pourtant impossible pour le chien comme pour la mère du jeune homme de connaître l’heure de son retour. Un jour, le jeune homme n'est pas rentré de sa mission. Ce jour-là, le chien n'est pas sorti du panier. Il s'y est même laissé mourir.

Que perçoivent les animaux que nous ne pourrions percevoir ?

Est-il « logique » qu’au vu du potentiel phénoménal du cerveau humain et de l’ensemble même de notre organisme, il n’y ait pas une « entité » capable de saisir ce qu’un animal perçoit ?

Et comment entrer en contact avec cette « zone de perception » ? Où se trouve-t-elle ? Peut-on réellement la stimuler ?

La méditation, par exemple, est-elle une voie d’accès ?


 Je savais bien que je pourrais pas parler de tout ça. 

Et en fait, je n'ai parlé de rien. Je n'ai pas eu le temps.

KUNDALINI chez Brigitte Lahaie

Par Le 20/02/2019

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Voilà, c'est officiel. En décembre, j'ai envoyé un exemplaire de "KUNDALINI" à Brigitte Lahaie. Je sais que le Tantrisme l'intéresse, la sexualité sacrée, la pleine conscience et tout ce dont je traite dans le roman. Je sais aussi qu'elle donne la parole aux "inconnus" et que c'est TRÈS rare dans le milieu médiatique. Donc, je me suis lancé. Je lui ai offert un exemplaire dédicacé. Elle m'a contacté il y a quelques temps pour me proposer un passage à l'antenne dans son émission. Ça se fera demain pour une diffusion le vendredi 22.
Heureux, je suis. :) 

 

"Thierry,
Pour faire suite à nos échanges, Je vous confirme votre participation à l'émission de Brigitte Lahaie demain, jeudi 21 Février.
Vous interviendrez dans la deuxième partie de l'émission soit entre 17H et 18H - et plus probablement aux alentours de 17H 15.
Nous vous appellerons sur votre portable dès 17H afin que vous écoutiez ce qui se passe à l'antenne.
Nous recevons 2 invités :
Catherine Aimelet-Perissol en première partie, médecin homéopathe et psychothérapeute, avec qui nous parlerons des différents langages de l'amour.
Puis avec Jean Abitbol, médecin ORL, phoniatre, nous parlerons du pouvoir de la voix.

C'est Brigitte qui vous annoncera à l'antenne et vous vous laisserez guider par elle dans une conversation libre autour de votre livre. Le module de votre intervention durera à peu près 10 mn, vous aurez donc le temps avec Brigitte d'explorer votre sujet.

n'hésitez pas à revenir vers moi si vous avez d'autre questions.

Je vous souhaite une bonne journée.
A demain donc !"

Brigitte Lahaie, le programme de la semaine

 

Lundi 18 février 2019 à 08:32

Brigitte Lahaie Sud Radio
Brigitte Lahaie, tous les jours de 14h à 16h sur Sud Radio

Retrouvez Brigitte Lahaie entourée de ses invités de 14h à 16h sur Sud Radio. Tous les jours, les conseils des experts de l’amour et du couple vous permettront d’en apprendre un peu plus sur vous, votre partenaire et les avancées en matière de sexualité. Sexo, psycho, amour, plaisir, cette semaine au programme...

Tous les jours des Sexy News viendront améliorer votre cul-ture et Brigitte recevra en libre antenne vos témoignages ! Rejoignez Brigitte Lahaie en direct sur Sud Radio pour témoigner si le sujet vous concerne et bien sûr poser toutes vos questions.

Un sujet vous interpelle et vous souhaitez réagir ? Pour intervenir, poser une question ou demander un conseil appelez le 0826 300 300.

Le programme de la semaine sur Sud Radio

Lundi 18 février : Bruno PONSENARD - La sensualité 

l est psychanalyste et sexologue clinicien dans le Vaucluse. Il est également l’auteur de « La masturbation, et si on en parlait » aux éditions La Musardine, collection psycho-love. 

Quelle est la part de la sensualité dans vos ébats sexuels, assez ou pas assez de sensualité de la part de votre partenaire ? De vos cinq sens quel est le plus important dans votre sexualité ?

Mardi 19 février : Robert ZUILI - Nos émotions

Il est psychologue clinicien et auteur de nombreux ouvrages sur les émotions dont « Les clés de nos émotions - Peur, colère, tristesse, joie : les comprendre pour mieux les maîtriser » aux éditions Mango Bien-être.

En quoi nos émotions guideraient-elles nos choix amoureux ? Quelles émotions produit le sexe ? Pourquoi certaines personnes rient ou pleurent lors d’un orgasme ?

Mercredi 20 février : Béatrice COPPER-ROYER - L’amour et nos relations familiales. 

Elle est psychologue clinicienne, spécialisée dans l'enfance et l'adolescence. Elle consulte à Paris et a écrit de nombreux livres dont « Grands-parents, le maillon fort »aux éditions Albin Michel. 

Si un enfant aime forcément ses parents, est-ce qu’on s’aime forcément entre frères et sœurs ? Entre cousins, etc. Quel membre de votre famille avez-vous adoré ou détesté ?

Jeudi 21 février : Anne-Clotilde ZIEGLER - La jalousie

Elle est psychothérapeute et auteure. Elle a notamment publié « La jalousie amoureuse, une effroyable opportunité qui vous fait grandir » au éditions Solar.

Est-ce un sentiment inévitable quand on aime ? Les femmes seraient-elles plus ou moins jalouses que les hommes ? Ou différemment… 

Vendredi 22 février : Catherine AIMELET PERISSOL - Les cinq langages de l’amour

Elle est médecin généraliste, homéopathe et psychothérapeute. Elle travaille notamment sur les émotions et fonde une méthode pour mieux les comprendre : La Logique Emotionnelle®. Elle est conférencière et l’auteure de nombreux ouvrages. 

Paroles valorisantes, cadeaux, moments partagés, services rendus, toucher physique… Quel langage est le plus essentiel pour vous ?

Le photographe et les écureuils

Par Le 19/02/2019

PHOTOGRAPHER FOLLOWS RED SQUIRRELS DAILY FOR SIX YEARS: HERE ARE 30 OF HIS BEST AND CUTEST SHOTS

Image source: Instagram/GeertWeggen

 

 

GOOD STUFF

Internationally acclaimed photographer Geert Weggen specialises in photographing Red squirrels. His images of the adorable little critters and their antics have been published worldwide in newspapers, books, calendars and magazines.

BY FINO
11 DAYS AGO

GEERT WEGGEN CAPTURES DELIGHTFULLY CANDID PHOTOS OF WILD RED SQUIRRELS BEING INQUISITIVE

Geert Weggen is a Swedish/Dutch national and an internationally awarded nature photographer. He has worked extensively with wild squirrels and birds over the past several years. In 2013 he became a full time photographer, and his current focus has been on photographing wild squirrels in a unique, beautiful and often whimsical way. Scroll down to see 30 of Geert’s works featuring the adorable and inquisitive red squirrels.

The squirrel and the photographer Photographer Geert Weggen captures photos of wild red squirrels who investigate his camera. Source: YouTube/GeertWeggen
1# Wishes The wind was just perfect for capturing this photo. Published in National Geographic, it won Photo of the Day.Source: Instagram/GeertWeggen
2# “I followed squirrels daily for 6 years with my camera and they became my friends,” Source: Flickr/Hardeko
3# Sun Head How hard can it be to get a spirit under a flower? It is very rare. Finalist in Smithsonian and published in magazines. Source: GeertWeggen.com
4# Flower Lover There were some seeds hidden inside the flower. Source: Facebook/GeertWeggen
5# Source: Flickr/GeertWeggen
6# Sunny Split “It took me some years to capture this idea. This year I managed.” Source: Instagram/GeertWeggen
7# Mushroom lover (this toadstool is not poisonous to the squirrel) Source: Facebook/GeertWeggen
8# Open wide... berry nice! Source: GeertWeggen.com
9# Nose Seed Often the squirrels move too quickly to notice the small details during shooting. This image was published as a Swedish postcard. Source: Instagram/GeertWeggen
10# Reach for the stars... Source: Instagram/GeertWeggen
11# Jasmine Stand Sometimes I take out the greens and make it grey Source: Flickr/GeertWeggen
12# Berry Meeting This is probably my most popular photo on my Internet Instagram account. Published in Fotosidan Magazine and Finalist in the Photocontest Source: Instagram/GeertWeggen
13# Source: Facebook/GeertWeggen
14# Source: Facebook/GeertWeggen
15# Mushroom shelter Published as Swedish postcard Source: Instagram/GeertWeggen
16# Source: Facebook/GeertWeggen
17# Autumn Walk Source: Facebook/GeertWeggen
18# Shake it! Source: GeertWeggen.com
19# Source: GeertWeggen.com
20# Mushroom Dance Published as a jigsaw puzzle

JUSQU'AU BOUT: sur l'amour

Par Le 17/02/2019

Il est certain que l'amour représente un élément incontournable dans tous mes romans. Ceux d'alpinisme tout autant que les autres. 

"JUSQU'AU BOUT" est une quête et l'amour est son Graal. 

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"Nouvelle tentative.

Il chiffonna la feuille et la jeta à la poubelle.

La petite lumière dessinait sur le bureau un soleil pâle, bien circulaire. Il avait beau se concentrer, il ne parvenait pas à rentrer dans le rond de clarté. Son esprit, obstinément sombre, refusait de plonger dans l’éblouissement et les mots restaient prisonniers de murs sordides, humides et indestructibles. Il entendait grincer des clés dans des serrures rouillées. Toujours les mauvaises clés.

Trois fois déjà qu’il jetait son brouillon. Impossible de traduire clairement tout ce qui s’était accumulé pendant des mois, tous les problèmes qui leur étaient tombés dessus sans prévenir et sans mode d’emploi, tous les non-dits qui s’étaient installés, les uns entraînant les autres avec toujours plus de gravité, toutes les caresses ratées, inabouties, les simulations de toutes sortes, sexuelles et affectives, juste pour étouffer la certitude de s’enfermer dans des carcans de concessions...

Oh! oui, c’était ça l’impression générale, un enfermement progressif, comme si jour après jour, ils avaient monté les murs, brique par brique, les murs de leur prison commune, des murs de silence, de communications suspendues dans l’attente d’un rétablissement de la liaison satellite. Mais leur satellite s’était perdu dès le début dans le vide interstellaire de leur vie quotidienne. Un trou noir où tous les espoirs avaient été engloutis.

Comment raconter cela ? Chaque mot criait son insuffisance, chaque phrase contenait dix versions différentes, un fouillis inextricable de compréhensions nuancées. Comme si les sentiments s’exprimaient d’une personne à une autre dans des langues différentes. Ce qu’il voudrait raconter, elle le comprendrait à sa façon. Chaque conclusion qu’il aurait retirée de tel événement ou de tel détail de la vie, elle en garderait une impression opposée ou même une absence totale de souvenirs.

Comment raconter cela ?

Il se souvenait bien, avec douleur, qu’à vouloir essayer de percer les idées d’Anne, il avait fini par ne plus être certain de la paternité réelle de ce qu’il pensait, qu’à vouloir adapter sa personnalité à celle de cette compagne de hasard, juste pour éviter les conflits, les paroles irrécupérables, celles qu’on n’oublie jamais, qui sont comme une tâche sur un mur blanc, qu’à vouloir ainsi protéger un château de cartes dans un blizzard glacial, il avait failli disparaître. Il s’était vu alors comme une image minutieusement découpée, jour après jour, il avait senti les lames des ciseaux et leurs arabesques compliquées, leurs détours pernicieux qui traçaient sur lui un puzzle fragile. Il avait frissonné à chaque fois qu’il avait senti vaciller les pièces sous les coups répétés de la honte de soi. Il avait senti la lâcheté nécessaire à la vie à deux. Il avait souffert, terriblement, pour maintenir scellé par quelques fibres fatiguées les dernières brides de lui-même. Il n’était pas devenu Anne ! Et maintenant on lui demandait de lui écrire pour s’en excuser et se justifier ! C’était impossible. Impossible.

Il n’oublierait jamais le poison mielleux de l’amour.

Il était certain aujourd’hui qu’un couple ne pouvait connaître l’harmonie dans l'accumulation nauséeuse des concessions. Le drapeau blanc flottait sur le champ de batailles tant que l’équilibre des négociations était maintenu entre les deux protagonistes. Le mensonge et la négation de soi restaient les alliés indispensables pour le maintien de cette paix.

Il aurait fallu être l’autre pour survivre à deux !

« Je suis toi et je me comprends en te regardant vivre. »

Là, tout aurait été possible. Mais dans leur cas, c’était presque risible. Comme une tentative de mariage entre une Parisienne et un Aborigène.

Il jeta le quatrième brouillon à la poubelle. Il ne savait plus quelles idées relevaient vraiment de lui-même et quelles idées n’étaient que les pustules nécrosées de leur relation morte. Aujourd’hui, il devait s’en laver, s’en purifier et se retrouver.

Mais retrouver qui ?

Une fatigue lourde, un goût acide de vomi lui monta à la tête. Une bile cérébrale qu’il ne parvenait pas à évacuer. Il respirait comme une odeur douceâtre de vase. Toujours cette vase tenace… Pour la première fois, il percevait combien les dégâts étaient irrémédiables. Existait-il réellement ? N’était-il plus qu’un emboîtement de poupées gigognes ? Oh, oui, c’était cela ! La plus petite, mignonne, pure, rayonnante, originelle avait été très vite enfermée dans une autre, déjà terne puis une autre, toujours plus déprimée, perdue, angoissée mais toujours décorée d’enluminures éclatantes. Et on vivait ainsi prisonnier de cellules multicolores, oubliant peu à peu ce qu’enfant on avait été, attachant nos regards aux couleurs merveilleuses de nos carapaces fabriquées. L’amour représentait sans doute la poupée la plus dangereuse, la plus vicieuse. Il suffisait de constater le nombre faramineux de personnes succombant avec délectation à ses charmes.

Il avait décidé de se retrouver. Mais retrouver qui ? C’était effrayant. Il ne savait même pas qui rechercher. Que restait-il de lui ? Qui pouvait prétendre être encore lui-même ? Où était l’enfant dans l’adulte ? Mort ? Caché ? Était-il possible de le retrouver ?

La vie en couple n’était en fait que la dernière étape d’un processus de destruction, instauré depuis la petite enfance et ne prenant fin qu’avec la mort. Ah ! la voilà cette fameuse mort, l’ultime possibilité de retrouver sa liberté. Personne n’y pouvait rien, on y aurait droit. C’était rassurant finalement de constater que quelque chose nous appartenait pleinement. D’ailleurs, ce film qui défilait à des vitesses inhumaines, lorsque le dernier souffle emplissait les poumons, lorsque le dernier battement de cœur venait de retentir, ce film de notre vie devait remonter à l’origine, comme le nettoyage d’une bande surchargée qui s’effacerait, s’effacerait, à la recherche effrénée de la seule image importante, celle avec laquelle il faut partir… Soi … Parfois il avait presque hâte d’y arriver… Cette impression de virginité intérieure devait être splendide et apaisante. L’idéal serait de pouvoir le crier, juste dans les derniers instants : 

« Regardez, ça y est, je suis moi, j’ai trouvé ! Oh comme c’est bon, comme c’est bon ! » et partir.

Quel beau souvenir ce serait.

Il eut envie de pleurer. Il ne possédait même pas le début de l’esquisse de ce moi. Il lui semblait être tout et n’importe quoi. Mais de moi, pas la moindre trace.

Il jeta le cinquième brouillon.

Trop compliqué. Et puis les mots étaient trop faibles pour expliquer tout cela. Il aurait fallu en inventer d’autres."

LES ÉGARÉS (13)

Par Le 17/02/2019

 

 

 

 

 

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LES ÉGARÉS 

 

 

 

 

 

 

13

« La vie réelle, c’est ce qui se manifeste à soi-même dans le vécu de la conscience. Le reste, ce ne sont que les conditions extérieures de vie. Le problème d’une majorité d’humains vient du fait que ces fameuses conditions représentent la trame de leur vie intérieure, qu’ils limitent leur propre extension spirituelle à l’agitation frénétique de leur existence sociale. Ils se contentent de faire et en oublient d’être. Et pour noyer les soubresauts occasionnels de l’âme bafouée, ils se projettent sans cesse dans un temps psychologique qui leur donne l’illusion d’une maîtrise. L’alternance constante entre la nostalgie doucereuse du passé ou les traumatismes anciens et la peur d’un avenir incertain ou l’espérance d’un avenir meilleur, ce chaos temporel les prive de l’instant. Ceux-là ne sont jamais là. Ils n’existent pas. Ils coexistent avec leur être réel, comme deux voisins, sans parvenir à créer la fusion magnifique qui s’offre à eux. Cette identification à leurs rôles les protège de l’angoisse du vide.

- Et, dès lors, ils ne peuvent pas réaliser que ce vide est la vie réelle. Et qu’il permet l’éveil à la présence et à vouloir se protéger, ils se condamnent.

- Leslie et Yoann sont sur le chemin. Ils ne le savent pas et leurs tourments leur apparaissent comme des épreuves et non comme des opportunités. Mais ça viendra. Dans cette vie. Ou plus tard. »

 

L’impression pesante que cette impossibilité d’arrêter le flot des pensées suffit à poser un couvercle sur le réceptacle où tourbillonne l’amalgame hétérogène, la bouillie insipide des réminiscences accumulées, les souvenirs fossilisés, les inquiétudes chroniques, les tourments ingérables. Qu’il suffirait de cesser de penser, d’opérer l’esprit par une lobotomie volontaire pour que disparaisse dans le vide d’une plénitude espérée le magma perpétuel des questionnements ressassés.

Mais cet espoir, par l’insatisfaction inévitable qu’il déclenche, entretient lui-même la source profonde des ressentis douloureux. L’espoir est un poison, elle le sait, une intoxication inconsciente, immature, futile, illusoire, le ferment des tristesses qui tombent, des sanctions érigées sur l’autel des films intérieurs, un cinéma de basse fosse.

Elle n’a pas de solution. Elle voudrait trouver le bouchon au fond du réservoir, retirer rageusement cet obstacle à l’évacuation et contempler le tourbillon disparaître dans le siphon vorace, se vider des résidus, retrouver le vide originel.

Le vide originel.

Est-il accessible ? Existe-t-il une méthode favorisant l’émergence de la pureté enfouie ? Elle devine en elle, dans les profondeurs de l’esprit envasé, la blancheur cristalline d’un calice souillé de salissures, des boues ingérées par un mental perturbé. Elle reconnaît que ce Mal en elle n’est pas une intrusion forcée, un viol de son intimité spirituelle. C’est elle qui s’est laissée envahir. Elle est l’unique fautive.

Simultanément, cette constatation nauséeuse l’encourage car elle perçoit dans cet abandon néfaste la possibilité d’une révolte, une rébellion cathartique, une épuration volontaire. Elle n’est pas condamnée à l’emprisonnement puisqu’elle a constitué elle-même les murs de sa geôle. Personne ne la retient prisonnière. Elle est son propre bourreau. Il ne lui reste qu’à inverser le fonctionnement. Une question de lucidité.

Dans son esprit embrasé jaillissent des espoirs mirifiques, une onde de chaleurs revitalisantes.

Et aussitôt l’éventualité d’un échec, le gigantesque défi que ce projet représente, la faiblesse dont elle a fait preuve jusque-là, l’exigence nécessaire, la charge émotionnelle de ses imbrications amoureuses, maternelles, familiales, sociales, professionnelles...

La solitude n’est-elle pas indispensable, l’absence de volonté le ferment nécessaire, l’acceptation de la vie une clause indéfectible ?

Impossible pourtant de croire que ce lâcher-prise puisse être autre chose qu’une condamnation irrévocable, une chute programmée dans la détresse cuisante des désirs anéantis.

S’éloigner de Yoann et des enfants. Pas seulement à travers une randonnée solitaire mais dans une situation totalement neuve, étourdissante, exaltante, une expérience qui lui permettrait de briser les chaînes mentales qui la relient à la famille et à ce passé commun dont elle ne parvient pas à se libérer. Créer un présent vierge de tous souvenirs. Découvrir enfin l’être intime, sans identification, sans reconnaissance, sans pression. Être ailleurs. Loin. Et plonger en soi.

Elle ne voit pas d’autre solution.

Une autre vie, pour ne plus souffrir de celle-ci.

 

 

 

 

 

Christian.

Quatre mois de survie.

Une remontée lente vers les bonheurs à saisir, une existence à étreindre, oublier l’antichambre de la mort, ne plus penser à ceux qui y croupissent, regarder la mer, les soleils couchants, marcher sur la terre, s’abandonner aux rires, retrouver le goût délicieux de l’insouciance.

Chaque instant était un défi, chaque journée passée une vie réussie, l’impression de s’éloigner progressivement du bord de la falaise, l’appel du précipice, l’écrin reposant de la tombe.

Christian avait repris des forces. Suffisamment pour entrer de nouveau dans le bloc opératoire. Reconstituer le front. Une prothèse. Et une première médicale.

La science l’avait sauvé, affirmait-elle.

Maintenant elle allait lui rendre figure humaine, combler le vide sous la peau flétrie, ouvrir de nouveau la boîte crânienne, regarder palpiter le cerveau dénudé, mouler une coque en plastique, la placer dans le réceptacle, sans rien déranger, refermer, recoudre, provoquer le réveil.

Lui, il savait bien que Christian ne pouvait pas mourir. La science … Elle avait évidemment eu un rôle primordial.

Mais ce patient aurait tout de même dû mourir.

C’était ce que la science avait annoncé avant de se targuer de l’avoir ramené à la vie.

L’histoire n’était pas finie.

Lui, il le savait. Un livre se lit jusqu’à la dernière page, jusqu’au dernier point, jusqu’à l’ultime émotion.

L’émotion ne s’était jamais éteinte. Elle avait incrusté son empreinte sur son existence, comme une marque aux fers rouges.

 

Mieux vaut en rire

Par Le 17/02/2019

L’image contient peut-être : 7 personnes, personnes assises, table et intérieur

Yves Tes

2 août 2018

Évolution pour un monde meilleur ?

 
1969
Je suis instituteur, il gèle à pierre fendre, je jette des seaux d'eau dans la cour de récré pour que les élèves puissent faire des glissades. Tout le monde est content ! On prolonge les récrés.

2016
Je suis directeur, la cour est verglacée, je demande aux ouvriers de l'école de jeter du sel de déneigement sur toute la cour.
Tout le monde est content ! On abrège les récrés extérieures.

 

1969 :
Michel doit aller dans la forêt après la classe. Il montre son couteau à Jean avec lequel il pense se fabriquer un lance-pierre.
Le directeur voit son couteau et lui demande où il l'a acheté pour aller s'en acheter un pareil.

2016 :
L'école ferme. On appelle la gendarmerie. On emmène Michel en préventive.
TF1 présente le cas aux informations en direct depuis la porte de l'école.

 

 

1969 :
Tu fais une bêtise en classe. Le prof t'en colle deux. En arrivant chez toi, ton père t'en recolle deux autres.

2016 :
Tu fais une bêtise. Le prof te demande pardon.
Ton père t'achète une console de jeux et va casser la gueule au prof.!!!

 

 

1969 :
Dominique et Marc se disputent. Ils se flanquent quelques coups de poing après la classe.
Les autres les encouragent, Marc gagne.
Ils se serrent la main et ils sont copains pour la vie.

2016 :
L'école ferme. FR3 proclame la violence scolaire, relayée par BFMTV et ITélé en boucle et TF1 au journal de 20 heures.
Le lendemain, Le Parisien et France Soir en font leur première page et écrivent 5 colonnes sur l'affaire.

 

 

1969 :
Jean tombe pendant une course à pied. Il se blesse au genou et pleure. Sa prof Jocelyne le rejoint, le prend dans ses bras pour le réconforter.
En deux minutes Jean va beaucoup mieux et continue la course.

2016 :
Jocelyne est accusée de perversion sur mineur et se retrouve au chômage, elle écopera de 3 ans de prison avec sursis.
Jean va de thérapie en thérapie pendant 5 ans. Ses parents demandent des dommages et intérêts à l'école pour négligence, et à la prof pour traumatisme émotionnel. Ils gagnent les deux procès.
La prof, au chômage et endettée, se suicide en se jetant du haut d'un immeuble. Plus tard, Jean succombera à une overdose au fond d'un squat!!!

 

 

1969 :
Arrive le dernier dimanche d’octobre.
Il ne se passe rien.

2016 :
C'est le jour du changement d'horaire : les gens souffrent d'insomnie et de dépression.

On vit une époque vraiment formidable !!!
 

De la colère au silence

Par Le 16/02/2019

Résultat de recherche d'images pour "la colère, le sage et le silence"

 

Un sage hindou qui était en visite au Gange pour prendre un bain a remarqué un groupe de personnes criant de colère les uns après les autres.

Il se tourne vers ses disciples, sourit et demande :

– Savez-vous pourquoi les gens crient les uns sur les autres lorsqu’ils sont en colère ?

Les disciples réfléchirent pendant quelques instants et l’un d’eux dit :

– C’est parce que nous perdons notre calme que nous crions.

– Mais pourquoi criez-vous quand l’autre personne est juste à côté de vous ? demanda le guide, pourriez-vous tout aussi bien lui dire ce que vous avez à dire d’une manière plus douce ?

Comme aucune des réponses des disciples n’était suffisamment satisfaisante pour le sage, il finit par donner son explication :

– Quand deux personnes sont en colère l’une contre l’autre, leurs cœurs sont séparés par une grande distance. Pour couvrir cette distance, ils doivent crier, car sinon ils sont incapables de s’entendre l’un et l’autre. Plus ils sont en colère et plus ils auront besoin de crier fort pour s’entendre l’un et l’autre et couvrir cette grande distance.

– Que se passe-t-il lorsque deux personnes s'élèvent dans l'amour ?
Ils ne crient pas l'un sur l’autre, mais ils se parlent doucement parce que leurs cœurs sont très proches. La distance entre eux est soit inexistante, soit très faible.

Le sage continua…

– Et quand ils s'aiment encore plus, que se passe-t-il ? 
Ils ne se parlent pas, ils chuchotent et obtiennent encore plus de proximité et plus d’amour.
Enfin vient un moment où ils n’ont même plus besoin de chuchoter, ils se regardent seulement l’un et l’autre et se comprennent.

Puis il regarda ses disciples et leur dit :

– Ainsi quand vous discutez les uns avec les autres ne laissez pas vos cœurs s’éloigner.
Ne dites pas les mots qui vous éloignent davantage, ou bien viendra un jour où la distance sera si grande que vous ne trouverez pas le chemin du retour…

Comme sur l'île de Tromelin

Par Le 16/02/2019

J'avais déjà lu des articles sur cette histoire. Et après la lecture de celui-ci, je me suis posé une question :

Pour quelle raisons ne se sont-ils pas entretués ?

 

Ils ne se sont pas entretués parce qu'ils n'avaient pas le choix. Ils avaient besoin de toutes les forces disponibles pour rendre la vie possible sur l'île, même si ces forces représentaient également la nécessité de les nourrir toutes.

Est-ce qu'il vaut mieux être seul pour trouver sa subsistance ou être à plusieurs et la partager ? Est-ce qu'il vaut mieux devoir se construire un petit abri seul ou une plus grande surface à plusieurs ? Est-ce qu'il vaut mieux affronter les rudesses de l'existence seul ou à plusieurs ?

Si on prend en compte la vie des hommes préhistoriques, il semble bien que le choix de la communauté ait été le plus viable.

Ensuite, si je veux extrapoler encore davantage, je peux imaginer qu'ils ne se sont pas entretués parce qu'aucun parmi eux n'avait davantage qu'un autre et qu'il n'y avait donc aucune envie. Sinon, celle de profiter de l'aide de tous et d'apporter la sienne en retour.


C'est là que j'ai réalisé que nous étions nous aussi sur une île mais que nous n'avions pas adopté les mêmes comportements. La Terre est une île dans l'univers. Oui, mais elle est grande, immense, d'une richesse infinie, avec une multitude de différences.

Et c'est de là que sont venues la comparaison, l'envie, la jalousie et l'idée même de la violence. 

Il aurait suffi que les humains comprennent que nous étions tous comme sur l'île de Tromelin pour que les choses prennent une autre tournure. Parce que là, maintenant, c'est l'île qui va mal, très mal et si la vie sur l'île se réduit, alors que la population augmente, ça ne pourra pas bien se passer.

Et il n'y aura pas de vaisseau de secours pour venir nous déposer dans un coin plus accueillant que celui où nous sommes déjà.


En 1761, l’Utile, un navire français, s’échoue sur l’île Tromelin, à 500 km des côtes de Madagascar et de celles de la Réunion. A bord se trouvent quelque 160 esclaves malgaches, dont la moitié se noie. L’équipage repart, abandonnant les captifs sur l’îlot désert. Une exposition au musée de l’Homme raconte leur extraordinaire histoire, reconstituée notamment grâce à l’archéologie.

Vue aérienne de l\'île française de Tromelin dans l\'océan Indien, l\'\"île des esclaves oubliés\". Photo prise le 16 avril 2013.
Vue aérienne de l'île française de Tromelin dans l'océan Indien, l'"île des esclaves oubliés". Photo prise le 16 avril 2013. (RICHARD BOUHET / AFP)

A cette époque, la France et l’Angleterre se combattent au cours de la "guerre de Sept Ans". Une sorte de conflit mondial avant l'heure.

La frégate Utile a été envoyée à Madagascar pour ravitailler les colonies. Dans la zone de l’île de France (aujourd’hui île Maurice), le gouverneur de cette dernière a provisoirement interdit la traite des Noirs. Mais ce trafic rapportant des sommes considérables, des marins se mettent à leur compte. Le capitaine du navire, Jean de Lafargue, a embarqué clandestinement 160 esclaves malgaches. Il a choisi de les vendre discrètement sur une autre île. Ce qui l’oblige à modifier sa route.

Dépourvu de cartes fiables et contre l’avis de son pilote, Jean de Lafargue 
navigue la nuit. L’Utile fait alors naufrage à proximité de Tromelin. La moitié des esclaves se noient, ainsi que 18 marins. Les 210 rescapés gagnent l’île, qu’on appelle alors l’île des Sables.

Les survivants s’organisent. Un puits est creusé. Une embarcation est construite avec les débris de l’épave et grâce aux "secours que nous avons tirés depuis le premier moment jusqu’au dernier, de ces malheureux esclaves", écrira par la suite le premier lieutenant, Barthélémy Castellan du Vernet. Mais seuls les Français repartent. Ils promettent de revenir chercher les captifs, que "nous avons été obligés (d’)abandonner", faute de place, dixit le premier lieutenant. 

 

Ancre émergée du navire l\'Utile, qui a coulé près de l\'île de Tromelin en 1761. Depuis le naufrage, elle reste là, plantée dans le corail...
Ancre émergée du navire l'Utile, qui a coulé près de l'île de Tromelin en 1761. Depuis le naufrage, elle reste là, plantée dans le corail... (Groupe de recherche en archéologie navale, GRAN)

Quand l’archéologie prend le relais

C’est là le début d’une autre histoire. 80 esclaves sont laissés à leur triste sort : ils resteront 15 ans bloqués sur l’île et oubliés de tous. Sauf, apparemment, de Barthélémy Castellan du Vernet, qui aurait tenté de prévenir les autorités, dont le ministre de la Marine. C’est seulement en 1776 qu’une corvette commandée par Jacques Marie de Tromelin vient les secourir. Seuls sept femmes et un bébé de huit mois ont survécu.

Sur la vie menée par les esclaves restés à Tromelin, île dépourvue d’arbres, les archives écrites françaises, très dissertes sur le reste, sont évidemment muettes. "Le relais a été pris par l’archéologie", souligne Thomas Romon, co-commissaire de l’exposition et archéologue à l’Inrap. De 2006 à 2013, quatre missions de fouilles, à la fois terrestres et sous-marines, ont ainsi été menées sur la petite île coralienne (qui accueille depuis 1954 une station météo). "Nous avons pu ainsi étudier la façon dont les esclaves se sont comportés pour survivre dans cet espace clos de 1 km2. C’est un véritable petit laboratoire!", précise l’archéologue.

Pour les fouilleurs, ce fut une expérience unique. "Nous étions isolés du monde pour mener nos travaux. Dans le même temps, on ne trouve pas beaucoup d’endroits dans le monde avec ce genre de vestiges", explique Thomas Romon. "Une fois qu’on enlève les couches de sable, on a un peu une photo de Tromelin au moment où les derniers esclaves présents ont été secourus. Nous avons ainsi retrouvé, dans ce qui était la cuisine, la vaisselle parfaitement rangée!", ajoute le scientifique. 
 

Tortue sur une plage de Tromelin, comme celles dont se nourrissaient les esclaves abandonnés sur l\'île.
Tortue sur une plage de Tromelin, comme celles dont se nourrissaient les esclaves abandonnés sur l'île. (Groupe de recherche en archéologie navale, GRAN)

Récupération et alimentation

L’exposition présente certains des objets utilisés par les infortunés habitants. Objets parfois récupérés sur le navire. Tels des éléments de porte transformés en haches ou des gonds de sabord (ouverture pour les canons dans le flanc des navires) devenus des marteaux.

Les esclaves ont aussi récupéré les métaux de l’Utile, qu’ils ont façonnés et fondus. On peut ainsi voir une bassine en plomb réparée à… sept reprises, preuve qu’il fallait faire durer ce bien précieux. Des cuillères ont été découpées dans des plaques de cuivre avec un ciseau, travaillées avec un marteau, puis fixées à un manche en bois ou en cuivre. Rare objet issu des ressources naturelles de l’île, un coquillage évidé semblait servir de louche.
 

Sorte de bassine métallique retrouvée sur l\'île de Tromelin. Cet objet servait peut-être à conserver l\'eau de pluie ou celle recueillie au puits creusé juste après le naufrage de l\'Utile. Trouvé par les archéologues devant l\'ouverture d\'un bâtiment, il semble correspondre à une tradition malgache consistant à placer une cruche d\'eau à l\'entrée des habitations.
Sorte de bassine métallique retrouvée sur l'île de Tromelin. Cet objet servait peut-être à conserver l'eau de pluie ou celle recueillie au puits creusé juste après le naufrage de l'Utile. Trouvé par les archéologues devant l'ouverture d'un bâtiment, il semble correspondre à une tradition malgache consistant à placer une cruche d'eau à l'entrée des habitations. (J. Kuyten)


Les fouilles ont aussi permis d’apprendre comment les naufragés se débrouillaient pour leur alimentation. Ils se nourrissaient ainsi d’animaux locaux, tortues, poissons, oiseaux, dont les archéologues ont retrouvé les restes. Les extrémités d’ailes des volatiles étaient apparemment préservées, ce qui laisse penser que les plumes ont pu servir pour des pagnes.

Les aliments étaient cuits. Des feux pouvaient être allumés grâce aux briquets et silex prélevés sur l’Utile. Feux probablement alimentés par les éléments de l’épave, comme semblent le prouver la présence de nombreux fragments de charbon de bois.

Les naufragés se logeaient dans des bâtiments construits avec les minéraux retrouvés sur place : corail et grès. "L’étude de ces bâtiments montre qu’ils ont bravé un interdit religieux malgache réservant la pierre aux tombeaux, preuve qu’ils ont su s’adapter à leur environnement", explique Max Guéroutco-commissaire de l’exposition et ancien officier de marine, qui a contribué à la fondation du Groupe de recherche en archéologie navale (GRAN). Leurs murs, larges d’un mètre et d’une grande résistance au climat cyclonique, rappellent ceux… des édifices mortuaires de la même époque à Madagascar.
 

Vue d\'ensemble du site archéologique
Vue d'ensemble du site archéologique (Jean-François Rebeyrotte)

Cyclones et solidarité

La douzaine de bâtiments était regroupée autour d’une cour centrale. "Cet habitat donne ainsi une image de la solidarité qui soudait le groupe. Il diffère de celui de Madagascar, en général individuel et dispersé. De plus, il est orienté par rapport aux vents dominants de Tromelin alors que dans leur région d’origine, les habitations sont construites en fonction des points cardinaux. Ce qui prouve, une nouvelle fois, que les esclaves ont su s’adapter à leur environnement pour survivre", poursuit Max Guérout.

Mais ceux-ci ont su aller au-delà de la simple survie. "Ils ont su s’organiser et recréer une société", commente Thomas Romon. 
 

Objets ornementaux, dont un bracelet, présentés dans l\'exposition \"Tromelin, l\'île des esclaves oubliés\" au musée de l\'Homme à Paris.
Objets ornementaux, dont un bracelet, présentés dans l'exposition "Tromelin, l'île des esclaves oubliés" au musée de l'Homme à Paris. (GEORGES GOBET / AFP)



Une société dont les membres se souciaient d’éléments esthétiques. C’est ce que montre, par exemple, les bijoux découverts sur deux squelettes : une petite chaîne et un type de bracelet, originaire du sud-est de Madagascar et appelé vangovango en malgache. Bracelet que l'on trouve encore aujourd’hui sur la Grande Ile. 

 

Illustration figurant dans l\'exposition \"Tromelin, l\'île des esclaves oubliés\". Elle est extraite de la bande dessinée éponyme, réalisée par Sylvain Savoia \"d\'après les recherches menées par Max Guérout (GRAN), Thomas Romon (Inrap) et leur équipe\".
Illustration figurant dans l'exposition "Tromelin, l'île des esclaves oubliés". Elle est extraite de la bande dessinée éponyme, réalisée par Sylvain Savoia "d'après les recherches menées par Max Guérout (GRAN), Thomas Romon (Inrap) et leur équipe". (© Sylvain Savoia, Collection Aire Libre, Dupuis - Crédit photo © JF Rebeyrotte)


"Tromelin, l’île des esclaves oubliés", exposition au musée de l’Homme (17 Place du Trocadéro et du 11 Novembre, 75116 Paris), du 13 février au 3 juin 2019. Pour tout autre renseignement, voir le site.

 

Obligation scolaire et fermetures d'écoles

Par Le 16/02/2019

Alors donc, Blanquer fait passer une loi d'obligation de scolarisation à 3 ans et limite autant que possible la scolarisation à domicile...D'autre part, l'état demande de limiter les déplacements en voiture pour lutter contre le réchauffement climatique. Tout ça est d'une logique ubuesque. Il y a de moins en moins d'écoles mais il faut y mettre les enfants. Conclusion : "allez tous vivre en ville..." Ça fait 37 ans que je vois leurs conneries mises bout à bout et au final, c'est une vraie muraille de Chine qu'ils ont constituée.

D'un côté il y a le bon sens et de l'autre côté "le raisonnement politique". 

Ce qui est clair en tout cas, c'est que les gens qui ont les compétences, le courage, l'envie, la foi et le financement pour ouvrir une école privée dans les petites communes, la voie pour eux est en train de se libérer à grande vitesse...

Tout bénef pour l'état : pas de construction d'école, pas d'entretien, de rénovation, pas de fournitures à payer tous les ans, pas de sorties scolaires, pas d'intervenant extérieurs à payer etc etc etc... des enseignants en moins à payer quand ils s'en vont eux-mêmes dans le privé ou quand ils démissionnent (il y en a de plus en plus), moins de retraites à reverser, on écrème le "public" à tout va.

Je ne sais pas quand ça arrivera mais un jour, dans ce pays, il y aura davantage de classes privées que de classes publiques. Il est même possible que je vois ça avant que la mort ne m'invite si jamais elle veut bien patienter encore quelques temps.

 

 

© France 3 Poitou-Charentes
© France 3 Poitou-Charentes

PARTAGES

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L'annonce a été faite par le rectorat de Charente. A la rentrée prochaine, il y aura douze fermetures d'écoles et vingt trois fermetures de classes notamment en milieu rural. Une annonce qui ne sera pas sans conséquence pour les écoles ou les villages. Les parents d'élèves et les élus protestent.

Par Luc Barré 

Ces fermetures de classe ou d'écoles auront inévitablement des conséquences. L'annonce du rectorat fait réagir de nombreux élus, parents d'élèves et professeurs des écoles.

Exemple à la fin de cette année scolaire le regroupement pédagogique qui comporte deux écoles l'une à Voulgezac et l'autre à Plassac-Rouffiac disparaîtra. Les parents des vingt deux élèves devront s'organiser.

"Normalement, ma fille devra aller sur Mouthiers, je n'ai pas trop le choix. J'aurais préféré qu'elle reste à l'école de Vougezac, c'est une très bonne commune et une très bonne école. Ca va être compliqué, je travaille, et déjà je dois emmener mon autre fille sur Blonzac, je travaille sur Plassac et donc il faudra que je fasse des trajets en plus pour aller sur Mouthiers", explique un parent d'elève.

Pour l'une des enseignantes, titulaire de son poste et qui sera réaffecté dans une autre école c'est un petit pincement au cœur de se séparer de ses élèves et des habitants de la commune.

Même s'ils s'y attendaient, les élus déplorent cette décision de l'Education Nationale. La fin d'une très longue histoire pour leurs communes et des inquiétudes pour l'avenir.

"La crainte c'est qu'il y est ( le journaliste aurait dû réfléchir deux secondes..." ait" et non "est"...) de moins en moins d'habitants qui soient tentés de venir habiter ici. Il y avait une attractivité pour l'école, le fait qu'il y ait un ramassage scolaire porte à porte. Et donc la crainte c'est que ça devienne une commune dortoir, que la désertification se développe, bien que l'on soit dans le Grand Angoulême", déplore Georges Dumet, le maire de Plassac-Rouffiac

Une autre conséquence, les six salariés cantinières ou encore la chauffeuse du bus à qui il faudra trouver un autre emploi au sein des communes concernées ou dans le Grand Angoulême.

Charente : Le rectorat annonce 12 fermetures d'écoles et la fermeture de 23 classes 
L'annonce a été faite par le rectorat de Charente. A la rentrée prochaine, il y aura 12 fermetures d'écoles et 23 fermetures de classes notamment en milieu rural. Une annonce qui ne sera pas sans conséquence pour les écoles ou les villages. Les parents d'élèves et les élus protestent. Intervenants : Sandrine Pennetau, parent d’élève - Céline Lacressonniere, Enseignante - Georges Dumet, maire de Plassac-Rouffiac. Un reportage de Bruno Pillet, Christophe Guinot et Christophe Pougeas.

Krishnamurti : le chaos

Par Le 15/02/2019

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Jiddu Krishnamurti (1895 -1986)

Question : Si tous les individus étaient en révolte, ne croyez-vous pas que le monde serait plongé dans le chaos ?

Krishnamurti : Écoutez d'abord la question, car il est très important de comprendre la question et de ne pas se contenter d'attendre une réponse. La question est celle-ci: si tous les individus étaient en révolte, le monde ne serait-il pas dans le chaos ? Mais la société actuelle baigne-t-elle dans un ordre à ce point parfait que, si tout le monde se révoltait contre elle, ce serait le chaos ? Le chaos n'est-il pas déjà là en ce moment même ? Tout est-il magnifique, exempt de corruption ?

Tout le monde mène-t-il une existence heureuse, pleine et riche ? L'homme ne se bat-il pas contre son semblable ? N'est-ce pas le règne de l'ambition, de la compétition sauvage ? Le monde vit donc déjà dans le chaos: telle est la première constatation à faire. Ne prenez pas pour acquis le fait que cette société soit en ordre - ne vous laissez pas hypnotiser par les mots. Que ce soit ici en Europe, ou en Amérique, ou en Russie, le monde est en voie de décadence.

Si vous voyez cette décadence, vous êtes face à un défi: vous êtes mis au défi de trouver une solution à ce problème urgent. Et la façon dont vous relevez ce défi a de l'importance, n'est-ce pas ? Si vous réagissez en tant qu'hindou, bouddhiste, chrétien ou communiste, votre réponse reste très limitée - cela revient à ne pas répondre du tout.

Vous ne pouvez répondre de manière complète et adéquate que si vous êtes sans peur, si vous ne pensez pas en tant qu'hindou, communiste ou capitaliste: c'est en tant qu'être humain intégral que vous vous efforcez de résoudre le problème ; et vous ne pouvez le résoudre que si vous êtes en révolte contre tout le système, contre l'ambition, la soif de posséder qui sont les fondements mêmes de la société. Si vous n'êtes vous-même ni ambitieux, ni avide, ni cramponné à votre propre sécurité, alors vous pouvez répondre au défi et faire éclore un monde nouveau.

(Question 10 - Sur la révolte - Le sens du bonheur - 1966)

GIEC et députés

Par Le 15/02/2019

Cette vidéo a été tournée au Luxembourg.

Il serait intéressant et certainement révélateur de connaître le nombre de députés français à avoir lu ce rapport.

 

 

Alors que le rapport du GIEC à destination des décideurs politiques rappelle  l’urgence et l’impérieuse nécessité de limiter le réchauffement climatique pour éviter le désastre, aucune mesure d’envergure n’a encore été prise. Pourquoi cet immobilisme ? Eh bien peut-être parce que nos décideurs politiques, tout simplement, n’ont pas pris la peine de lire le rapport en question… C’est en tout cas l’hypothèse soulevée par cette étonnante prise de parole d’un militant écologiste face à des parlementaires luxembourgeois.

Brice Montagne, c’est son nom, a posé une toute petite question de bon sens aux élus qu’il avait en face de lui : « Qui a lu ce rapport ? » Réponse ? Un silence aussi coupable qu’édifiant. Regardez :

 

« Le rapport du GIEC, qui a été publié en automne 2018, détaille tout ce que nous devons faire et tout ce à quoi nous avons affaire. J’ai une question pour vous : qui a lu ce rapport ? »

« Ne pas lire ce rapport (…) ça vous empêche d’avoir cette connaissance. Ça vous empêche de faire avancer l’état de crise dans lequel nous devons entrer. Parce que la crise est déjà là mais la réaction politique, elle, non. »

Ceci pourrait expliquer cela, en effet… Et, pour que ça bouge un peu, rien de tel qu’une petite remise en question imposée par une question toute simple. Belle initiative.

Méditation zen : le blog

Par Le 15/02/2019

J'ai découvert ce blog aujourd'hui et ce texte me plaît beaucoup.

Quant à la peinture, Dali était vraiment un Maître. 

 

Méditation Zen – Le blog

Méditation Zen – Le blog

CONSCIENCE EGO MEDITATION

Je est un jeu de miroir

10 février 2019

« Comme dans le miroir, la forme et le reflet se répondent. Vous n’êtes pas le reflet, mais le reflet est vous » (Maitre Tozan).

Cette citation de Maître Tozan est la meilleure illustration de ce qu’est l’ego. Celui qui regarde, c’est celui qui EST. Mais il ne sait pas QUI il est. Il ne peut voir son visage, ni même la majeure partie de son corps. Il a besoin du reflet pour prendre forme à ses yeux. Même si le reflet n’a aucune existence propre, il va s’identifier à lui, il va mettre des mots sur ce qu’il voit : jeune, vieux, grand, petit, blond, brun, beau, laid, gai, triste…, et dira « ça, c’est moi ». Pourtant, s’il veut attraper ce « moi », il ne touchera que la surface réfléchissante du miroir.  Ce reflet, c’est l’ego.

L’ego n’est pas la conscience d’être

Nous héritons de notre conscience d’être et de la conscience de notre individualité, avec la vie. Cette conscience est constitutive de notre personne. Elle n’a pas besoin d’être pensée. Cette conscience d’être n’est pas l’ego. L’ego est ce qui pense cette conscience. C’est par la pensée que nous nous délimitons, que nous définissons un dedans et un dehors, un moi et un autre, que nous séparons les choses et mettons un nom dessus… L’ego se construit sur ce que nous pensons être.

L’ego a besoin du miroir

L’ego a besoin du miroir pour savoir qu’il existe. Pourtant rien ne relie le visage dans le miroir à celui qui le regarde. C’est par la pensée, le raisonnement, la déduction, que nous comprenons très jeunes que ce reflet est le nôtre, et que nous nous identifions à notre reflet, c’est-à-dire à l’idée que nous nous faisons de nous-mêmes.

On peut dire cela autrement : l’ego, en tant que sujet – celui qui regarde –  a besoin de devenir l’objet de son observation pour exister. Cette séparation de soi est comme une déchirure, une source de souffrance.  Nous détruisons notre unité naturelle pour entretenir une relation dualiste, conflictuelle entre celui qui est et celui qu’on veut ou qu’on croit être, entre notre perception du monde et le monde tel qu’on l’imagine et le désire.

C’est par la pensée que l’ego existe

Dans cette relation ni l’objet ni le sujet – qui n’existe que par sa relation à l’objet – , n’ont d’existence propre. Ce sont ce qu’on appelle des bonnos, ces constructions mentales que se substitue dans notre conscience à la réalité.

L’ego n’a donc aucune existence propre, aucune substance originelle. Il n’existe que tant que la pensée le fait exister et c’est la pensée qui en reliant entre eux des souvenirs disparates et souvent déformés, des sensations, des émotions, des idées, crée l’illusion d’une continuité et d’une permanence qui va nous permettre de dire : « je suis ceci ou je suis comme cela » » de façon catégorique et définitive. Nous gardons une image figée de nous-mêmes comme une photographie, illusion de permanence, alors que ce que nous vivons réellement change sans cesse, change nos traits, nos idées, nos sentiments, au grès des évènements, des rencontres, du temps qui passe…

Méditer, c’est passer de la conscience de soi à la conscience en soi.

Alors qui suis-je ? Celui qui voit ? Surement. Mais si je demande qui est celui qui voit, je serai bien obligé de répondre « moi », c’est-à-dire le reflet de celui qui regarde. L’œil ne peut pas se regarder lui-même.

Méditer, c’est passer de la conscience de soi à la conscience en soi. Passer de celui que je regarde dans le miroir, à celui qui voit. Et au-delà, être la vision elle-même, être la perception du monde sans le filtre de la pensée. Sortir de l’illusion de la relation sujet-objet et faire l’expérience de la présence du monde en nous.

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"Les quatre lois de la spiritualité"

Par Le 15/02/2019

Les quatre lois de la spiritualité

 

·  22 septembre 2015

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On dit qu’il existe des moments dans la vie où l’on se sent plus perdu que jamais, et que c’est le moment de la rencontre. Une rencontre avec soi-même, avec ses abîmes, ses peurs, et son âme.

La spiritualité va au-delà du matériel et du terrestre. Ce n’est pas une religion, ni une doctrine. La spiritualité est le fait de prendre soin et de choyer son intérieur, de laisser notre coeur sauter les abîmes, de créer notre esprit, et de cultiver humblement nos valeurs.

On dit que si ce texte arrive entre vos mains, ce n’est pas un hasard, mais parce qu’il y a quelque chose que vous devez comprendre.

Voici les quatre lois de la spiritualité de la philosophie hindoue…

1. La personne qui arrive dans votre vie est toujours la bonne personne

Chaque personne qui passe dans notre vie est unique. Elle laisse toujours un peu d’elle-même, et prend un peu de nous-même. Certains peuvent prendre beaucoup, mais en revanche, personne ne peut sortir de notre vie sans y laisser une trace. C’est ce qui prouve que deux âmes ne se sont pas rencontrées par hasard.

Jorge Luis Borges

Personne n’arrive dans notre vie par hasard. Toutes les personnes qui nous entourent sont là pour quelque chose, même les personnes toxiques. A chaque échange et à chaque moment, nous recevons et donnons quelque chose.

Nous vivons dans un monde aux tonalités grises. Nous ne sommes pas toujours des élèves ou toujours des professeurs.

Chacun d’entre nous apporte quelque chose de positif, même si c’est à travers des traits négatifs, comme par exemple quelque chose que nous ne pouvons plus supporter ou qui nous fait du mal.

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Les personnes sont toujours des lanternes dans l’obscurité. Il y a des personnes plus représentatives que d’autres mais toutes, sans exception, ont quelque chose à dire.

C’est pour cela qu’avec le temps, nous arrivons toujours à remercier les pierres de notre chemin, comme si quelqu’un nous compliquait l’existence à un moment donné mais, finalement nous, soutenait fidèlement.

Tout, absolument tout, apporte dans la vie. C’est pour cela que nous ne devons pas avoir de préjugés envers les autres et ne pas sous-estimer les petits apprentissages de la vie.

2. Ce qui arrive est la seule chose qui aurait pu arriver

Nous sommes des hasards pleins d’intentions.

Rien de ce qu’il se passe dans nos vies pourrait s’être déroulé d’une autre manière.

Depuis qu’il s’est passé ce qu’il s’est passé, c’est la seule chose qui aurait pu se passer. Ce qui nous arrive est ce qui doit arriver, et à travers de quoi nous devons tirer une signification concrète.

Nous sommes habitués à penser à ce qui aurait pu se passer, à créer des situations hypothétiques dans lesquelles nous agissons différemment, et qui mènent à d’autres résultats.

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Chaque changement génère des situations indispensables et c’est pour cela que nous devons accepter que ce qui arrive est ce qui devrait arriver, et qu’il n’y pas d’autres possibilités. C’est fait, c’est comme ça.

Chacun de nos comportements génère dans notre entourage une chaine séquentielle d’événements qui marquent notre chemin.

Ne ressentez pas d’amertume avec ce que vous auriez pu faire et que vous n’avez pas fait. Chaque chose a besoin de son moment et met du temps pour assimiler les apprentissages nécessaires.

Comme on dit, on ne peut pas courir un marathon si on n’a pas appris au préalable à marcher à quatre pattes. En définitive, il n’est pas possible d’éviter certaines étapes nécessaires de la vie

3. Lorsque quelque chose débute, c’est le bon moment

N’attendez pas que le moment parfait arrive… Prenez le temps et faites-le parfaitement.

Ce qui débute arrive toujours au bon moment, pas avant, pas après. Ce qui est nouveau dans notre vie apparaît car nous l’attirons et nous sommes préparés à le voir et à en profiter.

Une fois cela compris, il faut accepter que quand la vie met quelque chose sur notre chemin, il faut en profiter.

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4. Quand quelque chose se termine, c’est terminé

Laissez couler, ne vous accrochez pas à quelqu’un ou à quelque chose, tout a son moment dans nos vies, et tout a une raison.

Nous avons tendance à nous attacher à une infinité d’histoires et d’émotions.

Le fait de dire adieu fait mal mais quand quelque chose se termine, le garder à nos côtés est un exercice de masochisme qui génère un grand mal-être et de multiples dépendances et insécurités.

Aller de l’avant et avancer est la meilleure option pour s’enrichir et ne pas souffrir.

N’oubliez pas que la personne la plus influençable avec qui vous parlez chaque jour est vous-même. Faites attention à ce que vous vous dites à vous-même et lâchez prise dans la vie.

JUSQU'AU BOUT : publication

Par Le 13/02/2019

 

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Mon sixième roman.

Il est assez particulier pour moi.

La mission enseignante, l'engagement, la foi, la force, la détermination, la réflexion. 

Jusqu'aux décisions les plus extrêmes.

La publication de ce roman à quelques mois de la retraite. Très symbolique. 

Personne ne m'aura contraint à quoi que ce soit de fondamental dans cette mission. 

Trois ans de luttes administratives contre le ministère à l'époque de la réforme Peillon.

Je serai allé "jusqu'au bout".

Pas aussi loin que Pierre dans ce roman...

 

Synopsis

Pierre Cobane est un jeune instituteur nommé dans une classe unique dans le centre des Côtes d'Armor, en Bretagne. C'est son premier poste. Il a la charge de huit enfants d'âges différents. Il s'engage dans cette tâche avec une énergie totale. C'est un individu tourmenté qui cherche à donner un sens à sa vie.
Cette relation privilégiée avec ces huit enfants le stimule mais une angoisse tenace le submerge rapidement. Il prend conscience que les programmes scolaires sont une dictature permanente qui le prive trop souvent d'un lien affectif essentiel. Le contenant lui importe davantage que le contenu.

Ses méthodes d'enseignement l’amènent à entrer en conflit avec Robert Miossec, le père de David et d'Olivier. Tous les autres parents, sauf ceux de Léo, sont sous l'emprise de cet homme violent et autoritaire.

Pierre est enfermé dans une relation pesante avec Anne, institutrice. Elle voudrait l'entraîner dans sa vie frivole de citadine mais il est avant tout amoureux de la nature et seuls quelques lieux sauvages sont capables de l'apaiser.
Il voudrait mettre un terme à cette histoire mais il n'y parvient pas.

Les périodes d'angoisse devant les responsabilités de son métier, ses difficultés à respecter ses certitudes, le harcèlement d'Anne et son incapacité à se libérer d'elle, ses difficultés relationnelles avec les parents, sa dépendance au cannabis, tout cela le ronge. Il pense souvent à Marc, un ancien compagnon homosexuel avec lequel il a vécu.

Les quelques moments de bonheur avec les enfants ne parviennent pas à adoucir la misère affective dans laquelle il sombre.

Il se sent investi d'une mission et il s'interdit de trahir ses serments ou de se montrer faible. Cette exigence absolue dans laquelle il trouve un puissant soutien va l'amener à prendre des décisions dramatiques.

Brohou, directeur d'école, chasseur, alcoolique, va être sa première victime.

D'autres suivront...


                                                                                           JUSQU’AU BOUT

Écraser les pédales, pousser la machine dans ses derniers retranchements, jusqu’à l’extase de l’épuisement, appuyer toujours plus fort, sans répit, vider la nausée des jours, s’étourdir et ne plus penser, s’enfuir.

Pierre longeait la côte au milieu de la lande. Un sentier étroit qui dominait des falaises. Le vent charriait des nuées salées. Le ronronnement des vagues diffusait dans l’air une symphonie exaltée. La vitesse ajoutait à ce chant épique un souffle rageur. Quelquefois des descentes escarpées débouchaient sur une plage, des criques serties dans des écrins de rochers. L’océan agité se dentelait d’écume, des flocons duveteux arrachés par les vents du large.

Écraser les pédales. La bave aux lèvres, les battements cardiaques comme des percussions déchaînées, un tempo assourdissant, le courant de son sang, l’énergie arrachée des enceintes musculaires, tout le corps en action, les yeux exorbités sur les pièges du chemin, l’équilibre maintenu sur le fil du rasoir, cette impression de voler, cette force magnifiée, la vie comme un rêve, s’extraire de la fange, briser le flux continu des pensées, entrer dans l’absence, plonger en soi comme dans un gouffre lumineux.

Un raidillon escarpé, des cailloux, une ornière, les doigts crochetés sur le guidon, deviner l’itinéraire, écraser les pédales, ne rien lâcher, maintenir la tension, calciner les forces, exploiter les résidus, cracher les cendres dans des flots de sueur, descendre encore, descendre encore dans les profondeurs des fibres, explorer les filons dans les moindres recoins, arracher l’énergie, parcourir les galeries, ne rien oublier, ne rien oublier, écraser les pédales.

Il passa le haut de la bosse.

À cent mètres, devant lui, un tracteur. Une remorque. Une silhouette dressée.

Une cassure dans l’absence.

Garder la vitesse.   

Il s’approcha.

Un homme. Il tenait une pelle. Des gravats qui volaient.

Mauvaise intuition. La colère qui montait. Il devinait déjà.

Il ralentit. Calmer son souffle, récupérer un peu. Il connaissait la suite.

L’homme l’entendit, il tourna la tête et reprit sa tâche. Un sac de toile qu’il vidait, des déchets épars, des plastiques que le vent emportait.

La remorque surplombait le vide. Un chemin venant de la route conduisait à la falaise.

Dérapage. Il avala sa salive.

Un regard sur le chargement. Des briquettes rouges en miettes, du placoplâtre, polystyrène, plastique, fils électriques, tuyaux…Un artisan. Bleu de travail, une carrure de poids lourd.

Le dégoût.

« Bonjour, pourquoi vous balancez tout ça ici ? »

La colère dans la voix. Impossible de se retenir.

Un regard interrogateur du bonhomme. Plein de mépris. La remorque comme le piédestal de sa connerie. Il se redressa, prit appui sur le manche de la pelle.

« Eh, oh, t’es qui toi ? T’es pas d’ici alors t’as rien à dire. Je travaille moi. »

La honte d’être surpris. Des yeux mauvais, le teint rougeaud, la moustache en bataille, la casquette vissée comme une appartenance, un signe de reconnaissance.

« Putain, mais c’est dégueulasse.

- À la première tempête, y’aura plus rien alors tu m’emmerdes pas. »

Un con. Un de plus. Il en a tellement vus.

Le dégoût.

« Ça va juste partir un peu plus loin, ça sera éparpillé mais ça ne disparaîtra pas. Y’en a partout des saloperies.

- Putain, mais fous-moi la paix. Je paie mes impôts ici alors je fais ce que je veux. »

La pelle qui reprenait sa tâche. Indifférence totale.

« J’en ai marre de tous ces cons dans votre genre qui salopent la nature, j’en ai marre des gens qui se croient tout permis. Et si j’allais vous dénoncer aux flics du coin ?»

Les jambes tremblotantes, les mains moites, l’envie de frapper, de le jeter dans le vide, qu’il s’écrase au milieu de sa merde, que la haine nourrisse ses forces, qu’elle soit son arme.

La pelle qui s’arrête. Le visage qui se tourne.

« Et si je te foutais ma pelle dans la gueule ? Ça te dirait ça ? Allez, casse-toi et laisse-moi bosser, j’ai pas que ça à foutre.

- Comment vous vous appelez ?

- Mais t’es vraiment con toi hein ? T’as pas compris ce que j’ai dit !! Casse-toi !! Mon beau-frère, il est chez les flics, t’imagine même pas comment il va te recevoir !! »

Un éclat de rire. Son pus cérébral jeté à la figure.

Il ne pouvait rien. Le dégoût.

Il contourna la remorque.

Nouvelle pelletée.

Une arme à feu. Lui exploser le crâne, regarder gicler en l’air la viande putride de ce cerveau infâme.

« Sale con. »

Ecraser les pédales.

« Casse-toi, pauvre pédé !! »

L’insulte suprême. Il l’a tellement entendue. À croire que seuls les pédés sont capables de respecter la nature."

 

JUSQU'AU BOUT : l'Amour

JUSQU'AU BOUT : La force en soi

JUSQU'AU BOUT : la douleur

JUSQU'AU BOUT : avant Kundalini

 


 

Tout est faussement vrai.

Par Le 10/02/2019

Il est tout proche ce temps dans lequel nous n'aurons plus aucune certitude au regard des "informations".

L'idée même de cette falsification des identités est très symbolique du monde humain finalement.

Qui est "vrai" ? Qui ne joue pas un rôle ? Qui ne s'attribue pas des paroles ? Qui ne se voit pas attribuer ce qu'il n'a jamais dit ? Qui reste le même quelle que soit la situation ? Qui n'est pas constitué d'un mental modelable en fonction des intérêts du moment ou à venir ? Qui est intègre ? 

Que des informaticiens et mathématiciens reproduisent tout cela à travers l'intelligence artificielle n'est pas un problème en soi.  

Le problème, c'est que le mental de l'homme ait contribué à rendre cela possible.

La technologie n'invente rien ; elle matérialise ce que l'homme porte en lui. 

 

 

 

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