Léo est le dernier enfant de la fratrie.
Aussi "engagé" et radical que son grand-frère et sa grande-soeur.
Sur la souffrance animale, il n'y a pas de demi-mesure possible. On ne peut pas dire qu'on aime les animaux et les manger.
"J'adore le poulet" est une phrase sidérante puisqu'il s'agit d'une adoration qui a condamné l'animal.
Prévert l'avait magnifiquement écrit.
"Je reste toujours un minimum perplexe sur l'efficacité de ces images pour promouvoir l'éthique animal mais jusqu'à preuve du contraire je me dis qu'il y a plus de chance que ça ait un effet positif que négatif.
Si tu vois cette publication et que tu as encore de la viande (et aussi du poisson !) dans ton alimentation, ça peut être intéressant de se confronter à ces images.
Normalement après ça le cerveau est en forte dissonance cognitive et fait un gros effort de rationalisation.
"Les animaux que je mange n'ont pas été tués comme ça, ils ont eu une belle vie, je n'en mange pas tant que ça, c'est exagéré".
Après avoir bien rationalisé, il est toujours possible de passer au round 2 :
https://www.youtube.com/watch?v=LQRAfJyEsko&t=5476s
Puis après avoir encore rationalisé pour s'en sortir indemne, passer au round 3 :
https://www.youtube.com/watch?v=BrlBSuuy50Y
Pour la sempiternelle rengaine "je mange des animaux élevés chez un éleveur gentil qui leur donne une belle vie" : l'animal qui a une "belle vie" (aussi subjectif et bancal que ce terme soit) est probablement encore plus désespéré et paniqué à son arrivée à l'abattoir que l'animal qui a eu une vie horrible sans jamais voir le jour et qui va enfin être libéré de ses souffrances par la mise à mort (c'est "anthropomorphé" mais l'argument de la belle vie est anthropomorphé aussi). Une vie consciente c'est une vie consciente."

Un sculpteur qui entame un bloc de marbre a pour désir de créer de cette masse indéfinie une oeuvre humaine reconnaissable.
Le potier transforme la boule de glaise et lui donne un usage.
Un musicien qui compose avec tous les accords possibles de notes retire de ce chaos de sons une création musicale.
Le peintre qui mélange les couleurs et les ajuste extrait chaque élément qui compose le noir originel et définit à son envie la palette des possibles.
Le cinéaste qui fixe des images précises sur la pellicule ne cherche pas à voir tout ce qui existe mais tout ce qui répond à son exigence visuelle et à l'objectif qu'il s'est fixé.
Le photographe saisit le réel dans le cadre qu'il lui donne. C'est sa réalité.
L'écrivain puise dans la masse agglomérée de tous les mots existants ceux qui conviennent à l'histoire qu'il porte.
Le jardinier ajuste les essences dans son potager de façon à en extraire toute la substance. Même un potager sauvage est ordonné puisque chaque plante est accompagnée dans sa croissance par la bienveillance et l'attention du jardinier.
L'amour, lui-même, est une création puisqu'il extrait de la masse immense de l'humanité deux éléments qui s'ajustent.
Toute forme de création est issue d'une masse informe et agglomérée.
Rien n'est créé à partir de rien, on le sait bien.
La nature dans son extension universelle est un chaos qui s'est ordonné. La création ultime.
Lorsque j'écris, c'est ainsi que je vis les choses. Je puise dans la masse des mots ceux qui décrivent les images que je vois. Il y a toujours une scène cinématographique, le mouvement de la caméra, le plan qu'elle utilise, il y a toujours les visages ou le paysage.
Les mots jaillissent de leur antre en réponse au regard que je porte sur la scène.
Il arrive dans le travail visuel que des images se chevauchent, s'ajustent, s'effacent et laissent la place à d'autres...Le jeu des personnages, leurs mouvements, leurs regards, leurs postures. La lumière, le silence, les odeurs, les couleurs, l'unité créée par un environnement choisi.
Puis, il y a toute la phase de montage. Les images que je valide.
Une fois que tout est en place, j'écris.
Et de la masse des mots, je sculpte une histoire.
J'aurais pu imaginer un océan de mots à la place d'une masse informe mais l'océan n'a pas besoin d'être ordonné. Il l'est déjà. Si j'imagine par contre une masse de mots, je sais que mon travail d'écriture contribue à ordonner quelque peu l'ensemble, à en identifier les éléments les plus adaptés à mon histoire et je ressens alors une joie profonde. Je crée.
Je m'amuse à espérer que cette masse des mots se réjouit de l'usage que j'ai d'elle et qu'elle sait le respect que je lui porte.
J'ai beaucoup lu sur les Indiens Kogis.
Ils me fascinent. Ils sont tout ce que nous ne sommes plus, tout ce que nous avons égaré.
Ils sont aussi ce que nous pourrions redevenir. Volontairement.
Au risque de n'être plus rien.
On vient de rentrer d'une virée de quelques jours dans le Massif Central, " le château d'eau" de la France. L'eau, dont parlent les Kogis dans cet article.
Même dans "le château d'eau", l'eau se raréfie considérablement. On a beaucoup discuté pendant ces quelques jours. On cherche une nouvelle maison et on s'est donc appliqué à aller à la rencontre des gens du pays. Dès qu'on abordait le problème de l'eau, un problème qui nous préoccupe grandement, tous nous ont dit que la situation devenait vraiment problématique. En Haute-Loire, par exemple, les restrictions d'eau ont déjà commencé... Dans le Cantal, d'autres personnes nous ont parlé de ces "sources ancestrales" qui se tarissent et finissent par s'éteindre. Dans le Puy de Dôme, des ruisseaux ont disparu sous les pierres, ils ne coulent plus que sous terre. Tout est mort en surface. Tous les barrages hydrauliques du Massif sont en manque d'eau. La neige n'est plus assez abondante et les pluies trop rares.
Il arrivera un jour où l'eau sera plus précieuse que le pétrole.
On a appris aussi qu'autrefois, il n'y a pas si longtemps d'ailleurs, dans les années 1960, beaucoup de maisons et de fermes étaient alimentées en eau de source et que le raccordement obligatoire au réseau communal a conduit un grand nombre de personnes à délaisser ces sources, à ne plus les entretenir. Les captages ont disparu sous la nature, effondré, envahi par la végétation, bouché. Leur emplacement n'est parfois même plus connu.
Des trésors enfouis, perdus, par "modernisme"...
C'est une source avec une maison qu'on veut trouver et pas l'inverse. Une maison, on en a déjà une. Mais elle n'a pas de source.
Une maison isolée, très isolée, au bout d'un chemin privé en terre, deux ou trois hectares de prés et de bois, exposée au sud, un ruisseau serait le bienvenu pour y monter une mini-centrale hydraulique. Des dépendances à retaper. Le cadeau supplémentaire serait d'y trouver un verger déjà productif.
On y mettra le temps qu'il faut mais on trouvera.
L'idée sera d'y vivre au mieux, en explorant à temps plein notre amour pour la Terre.
les Kogis : Le message des derniers Hommes
Culture & Solidarités
©Denis Mauplot
De fin août à mi-septembre 2018, trois chamanes Kogis de Colombie et une quinzaine de scientifiques français se sont rencontrés pour établir un diagnostic croisé sur l’état de santé écologique de la Drôme. Entre science occidentale et savoir traditionnel, quel bilan ont-ils tiré de cette expérience ?
« Les Kogis de Colombie sont-ils porteurs d’une connaissance que nous aurions perdue ou que nous ignorerions ? Est-ce une connaissance liée à leur culture ou est-elle l’expression d’une connaissance universelle ? » interroge Éric Julien, géographe, fondateur de l’association Tchendukua et à l’initiative d’une rencontre inédite entre des scientifiques français et des Amérindiens kogis – un peuple racine vivant en harmonie avec la nature depuis 4 000 ans dans les montagnes colombiennes. Pendant une dizaine de jours, quatre Kogis (dont trois chamanes) et une dizaine de scientifiques (naturalistes, géographes, anthropologues, un médecin et un philosophe) ont parcouru la Drôme pour croiser leurs diagnostics sur l’état de ce territoire. Et pour que l’expérience soit la plus objective possible, Français et Colombiens ont travaillé 5 à 6 jours de leur côté (sans cartes pour les Kogis), avant de se rejoindre trois jours pour partager leurs analyses sur un écosystème qu’ils n’avaient jamais étudié auparavant.
Géologie, eau, végétation, climat… Les thèmes abordés ont été l’occasion de confronter deux méthodes et deux regards sur la nature. Sur le terrain, Éric Julien se souvient avec émotion qu’en marchant dans une zone de grès, « l’un des Kogis a pris une roche et, lorsqu’on lui a demandé ce qu’elle était pour eux, ils nous a expliqué que c’était une roche très ancienne qui gardait la mémoire de la fondation du monde et de la création de la vie. En me tournant ensuite vers le naturaliste, celui-ci nous a dit que c’était du grès du Trias, qui datait de – 350 millions d’années, qui venait du magma de la terre et qui parlait de la création du monde ! »
La naturaliste Béatrice Krémer-Cochet a elle aussi constaté tout au long des échanges que si « les Kogis ont une manière différente de présenter les choses, les conclusions sont les mêmes ». Les diagnostics kogis se sont souvent révélés très pertinents. Ainsi, lorsque ces derniers ont décrit la zone du sud du Vercors comme un territoire où il y avait eu, en des temps anciens, la présence d’animaux marins, les scientifiques ont confirmé l’origine océanique de la formation de ces montagnes il y a 150 millions d’années. « Les Kogis avaient-ils observé des fossiles marins ou avaient-ils fait appel à d’autres sources de connaissance ? » s’interroge la naturaliste.
Comment savent-ils tout cela ? La question n’aura de cesse de tarauder les scientifiques à leur contact. Pour Gilbert Cochet, naturaliste, les Kogis ont une appréhension « quasi intuitive de la nature, un ressenti direct qui leur fait voir beaucoup de choses ». Souvent épaté, le chercheur associé au Muséum d’histoire naturelle, a été particulièrement surpris de constater que les chamanes kogis ont très vite perçu que les pins noirs d’Autriche « n’étaient pas à leur place » dans cet environnement. Une espèce en effet implantée dans la région en monoculture depuis la fin du XIXè siècle.
En marchant dans la montagne, quelle ne fut pas non plus la surprise des scientifiques lorsque les Kogis purent localiser une source d’eau ou une faille géologique invisibles à l’œil nu. « Tout au long de l’expérience, ils nous ont montré que leur savoir est opératoire et opératif. Je pense qu’ils ont une perception très fine. Il faut rappeler que les chamanes kogis ont une éducation très spéciale : ils passent dix-huit ans dans le noir à développer une hypersensibilité. Si nous pouvons sentir l’odeur d’un gâteau à la fraise, eux sont capables de sentir ce que la géobiologie voit comme du magnétisme avec les courants souterrains par exemple. En identifiant aussi l’effet des eaux souterraines sur les systèmes racinaires ou en localisant le déplacement des animaux, ils situent ce que les forestiers appellent les trames de la vie », analyse Éric Julien.
Le chamane Shibulata propose en effet une vision plus sensible en invitant les Occidentaux à « réapprendre de la nature ; la connaître, c’est aussi sentir la Terre Mère, car la nature n’est pas seulement une idée du mental ». Le philosophe Patrick Degeorges, directeur de l’école Anthropocène de l’ENS de Lyon, constate ainsi que « notre pensée objectivante et opératoire fonde la connaissance scientifique sur la mise à distance, la représentation de son objet, le détachement et le contrôle, alors que les Kogis nous invitent à renouer avec le vivant, pour interagir avec lui dans une relation d’épanouissement réciproque. Ce qui est, au premier abord, déroutant. »
© Philippe Brulois
« Maltraiter l’eau c’est comme maltraiter une femme »
Pour Gilbert et Béatrice Cochet, cette sensibilité s’explique parce qu’ « ils vivent en permanence dans la nature. Ils ont un tel contact avec leur environnement qu’ils ont appris à l’observer de manière très fine, au point d’être capables de la transposer dans un autre espace que le leur. » En sillonnant la Drôme, les Kogis ont été aussi particulièrement sensibles à la question de l’eau. En déroutant le lit des rivières, en construisant des barrages ou captant toute l’eau d’une source, la société monopolise à leurs yeux l’accès à l’eau au détriment du partage avec les autres êtres vivants comme les animaux et les végétaux. Les territoires s’assèchent et s’appauvrissent en biodiversité.
Femme chamane, Narcisa n’hésite pas à aller plus loin, en pointant la gravité de la situation. Pour cette femme, qui n’avait jamais quitté sa montagne en Colombie, « maltraiter l’eau c’est comme maltraiter une femme ». Elle rappelle ainsi que, pour les Kogis – comme chez tous les peuples racines des Amériques –, la Terre est une mère à qui l’on doit la vie. « Pour nous, la femme est aussi représentée par l’eau et la Terre Mère. Donc, si on maltraite une femme, on maltraite l’énergie de l’eau et la nature. Chez nous, il est impossible de tuer une femme, ce serait se tuer soi-même. Nous, les femmes, nous sommes d’une importance vitale. Donc, ce serait bien si vous pouviez protéger notre bien commun, comme une mère protège ses enfants », plaide avec sagesse Narcisa.
Aujourd’hui, dans la Drôme comme ailleurs, cette Mère Nature est malade, en déséquilibre. « “À quoi cela sert-il de faire toutes vos études pour finalement détruire la nature ? Vous voulez entrer en compétition avec le Soleil et vous brûler ?”, nous ont interpellé les Kogis », rapporte Gilbert Cochet, saisi par la force de leur propos. Pour Éric Julien, qui travaille avec ce peuple racine depuis près de trente ans, « les Kogis nous disent : “Réveillez vos connaissances, réveillez cet universel sur vos terres.” Il s’agit désormais de refaire de nos territoires des sujets et non plus des objets, pour passer du paysage au pays-sage, et de l’aménagement du territoire au ménagement des lieux. » « C’est peut-être en les écoutant, en les comprenant, que nous pouvons réapprendre aussi à remettre chez nous, au cœur de nos évaluations, l’unité indissociablement organique et spirituelle qui fait la vie d’un corps territorial », ajoute Patrick Degeorges.
Si le chamane Bernardo, qui n’avait lui non plus jamais quitté ses montagnes, a eu du mal au début du séjour à comprendre tout ce qui se passait dans ce monde extérieur, il fut néanmoins rassuré de rencontrer de nombreuses personnes en France préoccupées elles aussi par le sort de la nature. « Si on arrive vraiment à faire ces échanges entre vous et nous, peut-être que l’on pourra travailler et retrouver les lois de paix et d’harmonie avec la nature. Nous pourrons alors nous entendre pour arriver à un accord sur la façon de protéger la nature. »
Par Sabah Rahmani
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POSTED ONAuthorLaurent tourelle

Barbara Daniels, est irlandaise, et elle milite pour la cause animale en faisant des illustrations qui montrent ce que feraient les animaux s’ils se comportaient comme des êtres humains.
L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture estime que plus de 60 milliards de mammifères et 90 milliards d’animaux marins sont tués tous les ans. Ce sont des chiffres terribles, mais qui n’est que le reflet de notre société de moderne de consommer toujours plus. Et si les rôles étaient inversés et que les animaux dominaient sur la planète ?
Dans le monde imaginaire de Barbara, les femmes sont exploitées par des bovins afin de produire du lait, tandis que les hommes sont disséqués par des grenouilles. On peut aussi y voir des oies gaver des petits enfants pour en récolter le foie gras, ou encore des familles en cage sous le regard des visiteurs qui sont des singes.
Plus d’infos : Site Web (source)
Si les animaux agissaient comme nous :

Barbara Daniels

Barbara Daniels

Barbara Daniels

Barbara Daniels

Barbara Daniels

Barbara Daniels
Barbara Daniels

Barbara Daniels
Barbara Daniels
En fait, aujourd'hui, si j'étais élève-instituteur, je ne décrocherais pas ma titularisation au regard de mon niveau en ...anglais...
Après un an comme élève-enseignant dans une classe, un jeune peut se voir refuser sa titularisation si son niveau en anglais est jugé trop faible. Donc, aujourd'hui, je ne devrais pas pouvoir enseigner dans une classe.
Tout va bien dans le meilleur des mondes...
Les injonctions de l'éducation nationale sur les élèves-enseignants sont totalement absurdes. Et délivrées par des gens diplômés dont la capacité à enseigner relève du zéro absolu. C'est juste consternant...
Si j'étais "maître formateur", je viendrais visiter les enseignants et je leur dirais : "Bien, maintenant, vous fermez votre cahier-journal, vos progressions, vos fiches de préparation, vous fermez vos livres, vous oubliez tout ce que vous aviez préparé pour ma visite et vous allez faire une séance de ce que vous voulez avec deux objectifs indissociables : vous faire plaisir et intéresser les enfants. Le reste n'a aucune importance... "
On ne transmet qu'au regard du bonheur qu'on éprouve à le faire.
Là, l'éducation nationale brise toute forme de plaisir chez l'élève-enseignant en le bombardant de demandes toutes plus inutiles les unes que les autres. C'est fou, quand même, que j'entends aujourd'hui chez les jeunes enseignants ce que j'entendais à 19 ans, quand j'ai suivi la formation d'instituteur...
Existe-t-il une administration plus incompétente que celle de l'éducation nationale ?...Je n'ai pas connu la moindre amélioration de cette institution depuis ma première année, ce qui signifie à mes yeux, qu'au vu des progrès validés dans des tas d'autres domaines, l'enseignement en France a régressé. C'est comme si la société continuait son cheminement, avec des hauts et des bas, mais que l'éducation nationale, figée dans une posture caricaturale, voyait s'éloigner la société à l'horizon sans jamais réagir.
Le développement personnel a pris une importance considérable dans la société civile. La quête de plénitude, de sérénité, de bien-être, de connaissance de soi, toute cette dimension spirituelle qui occupe une partie de la sphère médiatique reste un sujet tabou et banni des classes. On est pourtant en droit de se demander s'il ne serait pas plus judicieux d'apprendre aux enfants à vivre sereinement, autant que possible, au lieu de les lancer dans la vie adulte sans aucune protection et en ayant déjà connu quelques dégâts collatéraux...
"Traiter le mal à la racine", dit l'expression populaire.
"Protéger le bien à la racine," serait bien plus constructif.
Par Marie Astier et Alexandre-Reza Kokabi / Reporterre
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Article paru initialement le 20 novembre 2018 sur Reporterre

La perspective de l’effondrement du monde peut être un puissant stimulant à l’action. Et permettre de tourner la page du capitalisme et de la société thermo-industrielle, qui ravagent le monde. Il reste à définir les modes d’action. C’est ce qu’explique Pablo Servigne dans cet entretien.
Reporterre lance une grande série d’entretiens de fond avec celles et ceux qui renouvellent la pensée écologique aujourd’hui. Parcours, analyse, action : comment voient-elles et comment voient-ils le monde d’aujourd’hui ? Pour ouvrir cette série, Pablo Servigne.
Malgré la barbe, Pablo Servigne ne fait pas ses 40 ans. Depuis le succès de son ouvrage, Comment tout peut s’effondrer, paru en 2015 au Seuil et coécrit avec Raphaël Stevens, les demandes de conférences pleuvent, la notoriété croît. Chercheur indépendant, essayiste, son domaine d’étude est principalement ce qu’il appelle la « collapsologie », l’étude de l’effondrement. Il s’est aussi attaché à contrer l’idéologie compétitive ambiante dans L’Entraide, l’autre loi de la jungle, coécrit avec Gauthier Chapelle et publié en 2017 aux éditions Les Liens qui libèrent. Ses deux compagnons de route et lui viennent de publier la suite du livre sur l’effondrement. Dans Une autre fin du monde est possible, ils mêlent travaux issus des sciences « dures », philosophie et spiritualité pour trouver une posture d’action face à l’effondrement annoncé.
Reporterre — Vous vous définissez comme chercheur « in-terre-dépendant ». Que voulez-vous dire par là ?
C’est Gauthier Chapelle qui a trouvé cette expression. On s’est dit in-terre-dépendants parce qu’on dépend les uns des autres, et on dépend de tous les chercheurs qui ont travaillé avant nous et dont on reprend les travaux, et puis on dépend des « autres qu’humains », les plantes, les champignons, les animaux, la biosphère. Cela captait bien, en un mot, notre posture.
- Pourquoi avoir quitté le monde universitaire ?
J’ai fait des études d’ingénieur agronome mais j’étais déçu de l’agronomie classique. J’ai finalement fait un mémoire sur les fourmis, qui m’a émerveillé et fait entrer dans la recherche fondamentale. J’ai aussi vu le monde de la recherche changer, devenir trop compétitif à mon goût. J’en suis donc sorti pour continuer à faire partager au plus grand nombre ces merveilles que je découvrais, et provoquer des déclics, comme ceux que j’avais eus, dans les imaginaires.
- Quels sont les penseurs de l’écologie qui vous ont inspiré ?
Dans l’écologie scientifique, j’ai des héros et héroïnes qui m’ont fasciné. Je dis bien héroïnes parce que, dans la filiation scientifique, on ne parle pas souvent des femmes. Lynn Margulis et Rachel Carson, m’ont marqué, en tant que scientifique. Et puis, il y a tous les pères de l’écologie. Edward Wilson est mon héros, parce qu’il est un grand spécialiste des fourmis. Il a popularisé le terme de biodiversité. C’est un des plus grands penseurs scientifiques de l’histoire, un des plus influents. Et puis Richard Lewontin sur la génétique, Richard Dawkins pour ses métaphores incroyables. Théodore Monod, Hubert Reeves, l’écologue François Ramade. Pour le côté politique, dans les femmes, il y a Vandana Shiva. Et puis toute la filiation de la décroissance qui part de Ivan Illitch, Shumacher, et qui va à Serge Latouche, etc. Cela m’a bien nourri mais, dès les années de fac, en même temps que la Confédération paysanne et José Bové, Charlie hebdo, Le Monde diplo, Attac, les forums sociaux. Tout cela a pu réunir sciences et politiques, dès que j’ai eu 20 ans.
- Quel enfant étiez-vous ?
J’ai grandi dans la ville, mis à part un petit séjour à la campagne, près de Cherbourg. Je devais avoir entre 2 et 5 ans. J’y ai mes plus beaux souvenirs de contacts avec la nature. Je me souviens d’avoir vu passer un lucane cerf-volant, un des plus gros coléoptères, sinon le plus gros en France. C’était un mâle, et avec mon frère, on est restés fascinés. Mais on est vite revenu en ville, en région parisienne, et il y a eu une déconnexion avec la nature. C’était télé, béton, voiture, Nutella. On avait des phases de respiration parce que ma mère est colombienne. Quand on allait en Colombie, la jungle tropicale, la nature complètement foisonnante m’ont aussi fasciné.
Pendant mon adolescence, je n’étais pas politisé, pas engagé dans le monde. Je ne me souviens pas de Tchernobyl en 1986. Pour moi, c’est un grand black out jusqu’à 20 ans. Puis, je me suis pris le monde dans la figure.
« Maintenant que le mot “transition” a été repris par plein de gens, même par le gouvernement, c’est devenu un fourre-tout, c’est terrible. »
- Vous écrivez que votre thème de recherche, depuis que vous êtes sorti du monde universitaire, est la « transition ». Que mettez-vous derrière ce mot ?
Maintenant que le mot « transition » a été repris par plein de gens, même par le gouvernement, c’est devenu un fourre-tout, c’est terrible.
Mais pour moi, le mot est venu d’Angleterre, par Rob Hopkins, le fondateur du mouvement des villes en transition. Il a publié Le Manuel de transition en 2008, qui a été traduit en France en 2010. Stratégiquement, Rob Hopkins a choisi le mot le plus neutre possible, le plus plat, le plus gentil, pour que tout le monde puisse se l’approprier. À l’époque, j’étais à Liège dans les milieux de l’éducation populaire, avec un tissu associatif ouvrier, militant, de gauche, féministe, et on a vu débarquer ce mot. On s’est dit « Comment ça, il n’y a plus de conflits, plus d’inégalités sociales, plus rien ? » Et en même temps, c’était fascinant parce qu’il parlait d’effondrement, de pic pétrolier, de catastrophe climatique. On a fait une critique. Donc, pour moi, c’est ça la transition, c’est une sorte de mélange de radicalité sur les catastrophes, de lucidité à pleurer, avec un pragmatisme anglo-saxon qui pousse à l’action.
Donc ce n’est pas un changement progressif de la société. C’est la mort de quelque chose et la renaissance d’autre chose. Au milieu, il y a un état de désorganisation radicale. Et ça, on l’oublie souvent.
- Pourtant, le mot transition est souvent utilisé pour désigner une transformation continue de la société, et opposé à l’effondrement, qui implique une rupture…
Mais pour moi, ce n’est pas opposé. Ce n’est pas parce qu’on pense des scénarios comme celui de Negawatt sur l’énergie ou d’Afterres 2050 sur l’agriculture, qui donnent un horizon continu et radical de transformation, que l’on doit s’empêcher de penser les discontinuités, les ruptures d’approvisionnement en pétrole, les catastrophes naturelles, etc. Donc mon travail, depuis le premier livre Nourrir l’Europe en temps de crise, c’est de dire QU'il faut des changements progressifs, radicaux, pour nourrir un horizon, mais il faut en même temps penser les discontinuités, apprendre à y réagir politiquement, et surtout, les prévoir.
- La notion d’effondrement fait débat dans le monde de l’écologie. Certains disent que l’annoncer dissuade de lutter contre la crise écologique. Qu’en pensez-vous ?
Face au mot effondrement, il y a une diversité de réactions. Il y a des gens qui sont sidérés, dans le déni, qui ne veulent pas voir la catastrophe. Il y en a qui disent « oui, il y a des catastrophes, mais on pourrait encore les éviter ». Il y en a qui disent « ah, enfin, on dit qu’il y a des catastrophes, maintenant, on passe à l’action ».
Beaucoup de gens dans le milieu de l’écologie m’ont dit « arrête avec tes mauvaises nouvelles, cela démobilise ». Je trouve que c’est faux. Cette réaction cache une peur de traverser des peines et des souffrances. Ne rester que dans les bonnes nouvelles et le positif, pour moi, c’est bancal. On ne voit pas arriver les choses. Je suis plutôt dans la posture du catastrophisme éclairé du philosophe Jean-Pierre Dupuy : on va se forcer à voir les mauvaises nouvelles, on va même considérer, alors qu’elles sont incertaines, qu’elles sont certaines, pour pouvoir mieux les éviter.
Cela en désarçonne certains, moi, je trouve que c’est plus puissant. Dans le nouveau livre, on appelle cela les « pessimistes plus ». Il y a aussi les « pessimistes moins », ceux qui disent que tout est foutu. Ils ont deux pieds dans les mauvaises nouvelles et d’un point de vue éthique, c’est insupportable. Et à l’inverse, il y a les « optimistes moins », les béats : ceux qui ne veulent pas voir les mauvaises nouvelles et vont se prendre un mur parce qu’ils ne regardent pas en face. Enfin il y a les « optimistes plus », dont on a besoin parce qu’une fois conscients des mauvaises nouvelles, ils passent à l’action.

« La mondialisation a fait que tout est interconnecté. On est dépendant de la croissance économique, sinon tout le système économique s’effondre. »
- Donc, dire que l’on peut encore éviter un changement climatique allant au-delà de 2 °C ou 1,5 °C, c’est ne pas se donner les moyens de s’y opposer ?
En fait, il est déjà trop tard pour plein de choses. Limiter le réchauffement climatique à plus 1,5 °C, je n’y crois plus. Plus 2 °C, cela me paraît hyper optimiste. On pourra même aller à plus 9 °C si on trébuche et qu’on n’avait pas prévu quelque chose. Cela signifie l’anéantissement de la biosphère. Pourtant, il faut agir, on en a le devoir éthique. Ce n’est pas parce qu’on a des chances de ne pas arriver à inverser la tendance qu’il ne faut pas se mettre en action.
Je prends la métaphore de la maladie incurable : le médecin vous annonce que vous avez un cancer et que vous n’en avez plus que pour six mois. Comment allez-vous faire pour les vivre le mieux possible ? C’est une question de récit, d’émotions, de cheminement intérieur. Et si vous les vivez bien, avec conscience qu’il y a une fin possible, vous aurez une chance, peut-être, de la repousser, voire de guérir.
- Vous dites qu’il y a des effondrements souhaitables. Quels sont-ils ?
Le capitalisme, la société thermo-industrielle qui ravage tout… Après, à chacun de voir en fonction de sa culture politique. Il y a en ce moment des systèmes humains, politiques, qui sont toxiques, pour eux-mêmes, et pour la vie sur terre. Donc, ça pose la question stratégique de savoir ce qu’on veut voir s’effondrer, ce qu’on veut ne pas voir s’effondrer, et quand on est un peu plus clair là-dessus, on peut commencer à élaborer des stratégies, donc des alliances, et le début d’une politique de l’effondrement.
Ce que l’on constatait dans le premier livre est que, quand une société choisit un système sociotechnique, cela verrouille le système d’innovation. La mondialisation a fait que tout est interconnecté. On est dépendant de la croissance économique, sinon tout le système économique s’effondre. C’est la métaphore de la fusée. Elle est conçue pour accélérer et monter. Si après le décollage, on appelle la fusée et on dit « arrêtez, stop, ralentissez, reposez-vous », elle va s’écraser car elle n’est pas conçue pour cela. Par exemple, pour une transition des énergies renouvelables majeure, il faut de la croissance. Donc les effondrements servent à ça, à de grands déverrouillages. C’est comme une forêt, un écosystème, qui passe par une phase d’incendie, puis renaît. C’est aussi une occasion.
- Depuis la publication de Comment tout peut s’effondrer en 2015, avez-vous observé une évolution dans la perception de cette notion d’effondrement ?
Oui, clairement. Quelque chose a changé ces derniers mois, peut-être même ces deux dernières années. Je le vois dans les conférences que je donne. Il y a cinq ans, la moitié voire les trois quarts de la salle étaient sidérés, certains sortaient en pleurant, d’autres étaient en colère. Aujourd’hui, massivement, les gens disent « super, enfin on dit les choses, allez on peut aller de l’avant ». Même des partis politiques et des hauts-fonctionnaires en parlent.
- Nous sommes donc mieux préparés à l’effondrement ?
Peut-être, je l’espère. C’est le but, de créer des déclics. L’effondrement est une mise en récit de chiffres catastrophiques qui changent notre manière d’être au monde, de voir l’avenir, de s’organiser, de réfléchir à ce qu’on peut faire.
« Comment on s’organise de la manière la plus plate et horizontale possible pour favoriser l’entraide, la coopération, l’autogestion, et être en lien avec les autres qu’humains est pour moi l’aboutissement de la politique. »
- Dans L’entraide, l’autre loi de la jungle, vous faites un parallèle avec la série étasunienne « Games of Thrones ». La descente des marcheurs blancs peut provoquer l’alliance des familles… C’est le déclic que vous espérez ?
C’est cela… Ou pas. C’est ce qui fait que cette série a un bon scénario. On a envie que les familles s’allient pour lutter contre les menaces globales — d’ailleurs, au passage, c’est inversé : les migrants viennent du Nord et c’est le refroidissement climatique. Mais elles continuent à se déchirer malgré les deux grands méchants loups qui arrivent. C’est le héros, John Snow, qui pourrait faire le lien et unir ces familles. Le réchauffement climatique pourrait donc être une occasion, un grand méchant loup, pour faire coopérer tous les pays, ou même l’humanité avec les plantes, les champignons, les animaux.
- Vous vous voyez comme un John Snow ?
(rires) Je ne sais pas. Sur internet, il y avait une caricature de John Snow, ils avaient collé ma figure dessus, « collapse is coming » [1].
- Voyez-vous des John Snow ?
François Ruffin ? Il y en a qui, idéologiquement, ne se sont pas vautrés dans la compétitivité, qui arrivent à décloisonner, à aller voir les différentes familles sans se boucher le nez, c’est fort.
Car la culture du cloisonnement propre aux structures hiérarchiques pyramidales de nos sociétés pousse structurellement à la compétition. Arriver à aplatir ces hiérarchies, c’est tout l’enjeu de l’anarchisme. C’est très subtil, et c’est vraiment pour moi l’aboutissement de la politique. Comment on s’organise de la manière la plus plate et horizontale possible pour favoriser l’entraide, la coopération, l’autogestion, et être en lien avec les autres qu’humains.
- Et pourquoi a-t-on autant besoin de mettre en place ces systèmes moins compétitifs selon vous ?
Parce que la compétition est devenue toxique. L’ami de Darwin, Thomas Huxley, parlait de la vie comme d’une arène impitoyable où des gladiateurs se battent. Si tu mets des gladiateurs qui sont bien entraînés, bien armés, qui ont envie d’y aller parce que c’est un honneur d’aller se battre pour l’empereur, et que tu les mets une heure, cela fait une belle compétition. Si tu les mets deux ans dans l’arène, qu’ils n’ont pas d’arme, qu’ils n’ont pas envie d’y aller, cela va être très désagréable pour tout le monde. Là, on met des chômeurs, des étudiants, des chefs d’entreprise en compétition. Toute la vie, tu te lèves, tu es en compétition. Tu as gastrite, cancer, ulcère, burn-out, tout ce que tu veux. En plus, on entre en compétition avec les autres qu’humains. Tu as un champ, tu es agriculteur, tu vois un scarabée. C’est un compétiteur qui veut manger les mêmes grains. Tu vas créer des produits en « cide » et « cide », c’est tuer. Alors qu’on pourrait amener une guêpe, mettre des buissons ou des oiseaux, pratiquer une agriculture de la coopération. L’idée n’est pas d’aller vers un monde Bisounours de coopération totale. Mais c’est une forme de yin et de yang qu’il faut rééquilibrer.
- Et le rôle de la coopération dans la perspective de l’effondrement ?
On a remarqué que quand on apporte l’idée de l’effondrement ou des catastrophes brutales, la question qui revient est : « Mais, on va tous s’entretuer ? » Comme dans un film de zombies, parce que c’est notre imaginaire de penser que si l’État disparaît, on retrouve un état de nature qui est « sauvage », « barbare » et compétitive par nature. On croit que le voisin, s’il n’y a plus de policiers, est un ennemi potentiel qui va nous voler notre nourriture. C’est une prophétie autoréalisatrice car, par anticipation, on se prépare à la violence. Arriver brutalement dans les pénuries avec cette croyance généralisée, c’est une bombe à retardement qu’il faut désamorcer.
Or, plus tu es dans l’épicentre d’une catastrophe, plus il y a d’actes altruistes, d’entraide et d’auto-organisation. C’est ce que constatent tous les sociologues et les scientifiques des catastrophes.
Après, que ça dure, ce n’est pas sûr. Si la catastrophe dure des mois, des années, la coopération peut se dégrader. C’est pour cela qu’on a écrit L’Entraide, l’autre loi de la jungle: pour donner les outils pour stabiliser les niveaux d’entraide dans un groupe et pour arriver à croire dans notre potentialité prosociale. Nous sommes l’espèce la plus sociale du monde vivant. On arrive à coopérer avec des gens qu’on ne connaît pas, qui sont à l’autre bout du monde. C’est unique dans le monde vivant.
« Tu ne peux pas avoir juste des méditants qui font du yoga toute la journée et des militants qui ne font que de l’action sans s’être posé la question du rapport au monde et à soi. C’est un peu, encore une fois, une entreprise de décloisonnement, de réconciliation pour retrouver tout ce que le capitalisme et la modernité ont desséché : le lien et le sens. »
- Comment s’ouvrir également à une coopération avec les « autres qu’humains » ?
Le social et l’écologique, pour moi, participent du même rapport au monde : prendre soin des autres, de l’équité et de l’interdépendance entre humains ou non-humains. Il y a les humains, notre famille, mais aussi des animaux, des plantes, des champignons, des bactéries qui nous aident à vivre. Sans eux, nous sommes morts.
Un arbre dans la forêt, quand il croît, devient très grand et se déploie, il fait un million de graines et nourrit tout l’écosystème. Il est dans l’abondance. Dans la nature, il y a un principe qui veut que tu croisses, que tu croisses, et que, quand tu es bien dans ton rôle, tu t’arrêtes de croître. Chez les humains, il y a ça aussi. Tu commences à produire de l’abondance ; tellement, que tu deviens un ancien, et tu arrives dans le don. Mais si tu crées des produits en « cide », qui tuent le reste, tu te retrouves tout seul. Il n’y a plus de forêt. Et s’il y a un coup de vent, tu meurs. Donc, tu nourris tout le reste parce que tu es en interdépendance.
Alors, comment retrouver cette réciprocité fondamentale ? Il y a plein de pistes. L’une d’elles est d’aller voir les autres cultures. Parce que nous, les Occidentaux modernes, c’est Philippe Descola qui dit ça, on est « naturalistes ». On est la seule culture qui parle de « nature », qui a inventé un mot pour désigner les êtres vivants non humains. Les Indiens Jivaros ne le comprennent pas parce qu’ils ne se sentent pas exclus de la nature. Pour moi, il faut arrêter avec le mot « nature ». Conceptuellement, c’est toxique.
- Vous nous invitez aussi à nous ouvrir à la dimension spirituelle du rapport au vivant…
Tout à fait. « Spirituel » est un gros mot en France, alors, on va désamorcer tout de suite. Ce n’est pas forcément religieux. On peut avoir des spiritualités sans religion, sans structure hiérarchique qui te dise quoi penser. Inversement, on peut avoir des religions qui ne sont pas spirituelles. Pour moi, le spirituel, c’est deux choses définies par le philosophe Dominique Bourg.
Tout d’abord, c’est un rapport au monde et à ce qui nous est donné. À la naissance, on est complètement vulnérable. Tout nous est donné par maman, papa, l’environnement, la nourriture, les autres qu’humains. Donc, quel est ton rapport avec ce qui t’est donné, ce que tu n’as pas produit ? Es-tu dans la gratitude ? Dans le je-m’en-foutisme ? La réciprocité ? Ensuite, c’est ton rapport à l’accomplissement de soi. Que veux-tu raconter à tes petits enfants sur ton lit de mort quand tu diras : « Voilà, j’ai été ça. » La spiritualité, c’est ce chemin intérieur.
Pour moi, on ne peut pas se passer de ça. Et on est devenu, en France — par un rejet de tout ce qui est religieux et spirituel, et à juste titre d’ailleurs — un peu maladroits pour ce chemin intérieur. Or une action collective que je dirais extérieure doit passer aussi par une transition intérieure. Tu ne peux pas avoir juste des méditants qui font du yoga toute la journée et des militants qui ne font que de l’action sans s’être posé la question du rapport au monde et à soi. C’est un peu, encore une fois, une entreprise de décloisonnement, de réconciliation pour retrouver tout ce que le capitalisme et la modernité ont desséchés : le lien et le sens. Le livre est un appel à cela, pour aborder les tempêtes de manière un peu plus résiliente et solide.
- Vous faites le constat de l’effondrement et proposez une voie pour s’y préparer. Comment mettez-vous cela en pratique dans votre vie personnelle ? Vous avez notamment fait le choix d’aller vivre dans la Drôme.
J’ai de jeunes enfants et nous voulions qu’ils grandissent dans le sauvage, au contact des non-humains et d’un rapport plus fort avec les humains. Nous étions en ville, hors-sol, dans un appartement, et les petits étaient émerveillés par les tractopelles, les camions-poubelles, les ambulances… Nous, on voulait voir les renards et les chouettes. Et, en fait, on a remarqué qu’en quittant la ville, on quitte l’anonymat. La ville est une coopération entre plein d’individus anonymes. Mais à la campagne, on retombe dans des modes coopératifs fonctionnant sur la réputation. On voulait aussi apprendre à faire un potager, à prendre un peu d’autonomie pour savoir manger en cas de rupture du système alimentaire. On est assez maladroits Mais on commence à y parvenir. Et puis, on est arrivé et les gens nous ont tout de suite spontanément aidés. On est dans la montagne et plus on monte dans les montagnes, plus il y a d’entraide spontanée parce que le milieu est difficile. On retrouve cela dans tout le monde vivant : plus le milieu connaît la pénurie, plus l’entraide émerge. Tu y es obligé, sinon tu meurs.
« J’ai envie de vivre la suite, de trouver ma mission de vie, à quoi je sers, qui je veux être, comment relier les gens pour avoir moins de souffrance… »
- Dans vos conférences, j’imagine que les gens vous demandent toujours : « Qu’est-ce qu’on peut faire ? » Que leur répondez-vous ?
Que je ne sais pas trop. Nous, on donne des outils conceptuels, pour que les gens déploient leur imagination et leur « que faire » selon leurs sensibilités.
Après, dans la vie de tous les jours, une des clés pour nous a été de dépenser moins pour pouvoir travailler moins et nous libérer du temps. Aujourd’hui, on a un habitat léger, pas de loyer, pas de prêt à la banque, on n’a plus de crèche, les enfants sont à l’école. On n’a plus de choses à payer tous les mois et ça nous a fait un bien fou. On est arrivé dans une sorte, petit à petit, de dépouillement qui nous rend plus vulnérables. On a moins de puissance d’action mais en même temps, il y a des relations plus faciles de réciprocité avec les autres. C’est mon parcours, je ne dis pas que tout le monde doit le faire.
- Vous avez des enfants, tout en annonçant l’effondrement. N’avez-vous pas peur du monde que vous allez leur laisser ?
J’ai un peu peur, mais pas que. Je suis aussi triste. J’ai de la joie, de la colère. Avec Gauthier [Chapelle] et Raphaël [Stevens], on a eu tous les trois des enfants après avoir fait ces constats sur l’effondrement. Cela participe d’un élan vital, c’est le même élan qui m’empêche de me suicider. J’ai envie de vivre la suite, de trouver ma mission de vie, à quoi je sers, qui je veux être, comment relier les gens pour avoir moins de souffrance… Peut-être que ce n’est pas la solution de faire des enfants. Moi, ça m’a nourri dans mon parcours. Ça m’a ancré, m’a amené vers le sauvage, vers les émotions. Ça m’a fait sortir la colère et ils savent trop bien appuyer sur le bouton colère. Ça m’a aidé à trouver une posture pour les tempêtes, les catastrophes et l’effondrement.
- Lors de notre interview sur « Comment tout peut s’effondrer », vous aviez dit qu’eux seraient mieux préparés que nous. Le pensez-vous toujours ?
Oui, et je remarque ça dans le public aussi. C’est intéressant de voir qu’il y a des différences de réception du message en fonction des âges. Par exemple, chez les vieux je vois beaucoup de cynisme, de « je serai mort dans 10 ans, donc je m’en fous ». Cette posture, on l’a très rarement chez les femmes ou les hommes qui ont un bébé. Ils ne peuvent pas se permettre, ils sont dans un élan de vie. Et chez les encore plus jeunes, les ados, les enfants, il y a une plasticité. Ils sont nés dans l’effondrement. C’est leur normalité, depuis la naissance, on leur a dit que les oiseaux et les abeilles mouraient en masse. Donc, ils peuvent se mettre en mouvement plus facilement que les vieux écolos qui sont déjà avertis depuis 60 ans mais qui sont un peu usés, un peu cristallisés, un peu durcis.
Photos : © Mathieu Génon/Reporterre
[1] « L’effondrement vient ». Dans la série Games of Thrones, la phrase originale est « Winter is coming », « l’hiver vient
Oui, bien entendu que j'étais touché par les images de la cathédrale en feu.
J'ai une infinie admiration devant le travail effectué par les gens de cette époque. Il faut imaginer les ouvriers sur des échafaudages en bois... Total respect.
Mais je suis néanmoins effaré de la tournure des événements.
Il y a, à mes yeux, un parallèle évident avec le comportement des gouvernants envers la planète.
De nombreux historiens, architectes, conservateurs, théologiens avaient alerté, depuis des années, sur le délabrement de Notre Dame et bien pire encore sur l'absence de système fiable de sécurité et de surveillance. Ce qui était en place ne pouvait empêcher ce qui s'est produit.
De nombreux spécialistes l'ont confirmé. Et beaucoup sont en colère.
Le désastre a eu lieu.
Et maintenant, quarante-huit heures après, l'argent coule à flot.
Huit cents millions alors que le budget débloqué pour la réfection de la toiture se montait à 60 millions. Il était acté que rien ne serait fait sur les systèmes de surveillance et de sécurité. Par manque de budget.
C'est absurde, totalement absurde.
C'est le désastre consommé qui réveille les consciences.
La prévention n'est peut-être pas assez tape-à-l'oeil. Elle ne serait pas médiatisée, elle passerait inaperçue. Oui, je suis cynique en écrivant ça et peut-être parfaitement réaliste malgré tout...
Alors, oui, le parallèle avec l'état de la planète était évident.
L'urgence n'est pas encore dépassée. On sait que ça va mal mais pas assez encore pour que les secours soient déclenchés.
Il manque une catastrophe, une grosse, une qui frappe les eprits pour que les consciences soient émues et que des actes s'enclenchent.
C'est absurde, totalement absurde.
Même si la France est relativement épargnée par les grandes catastrophes naturelles, ouragans, tornades, tsunamis et autres cataclysmes majeurs, il n'en reste pas moins qu'une sécheresse durable et sur plusieurs années mettrait grandement à mal l'ensemble du pays.
Ca ne serait pas du sensationnel, ça n'attirerait pas toutes les télés du monde, ça ne ferait pas grimper l'audimat mais les dégâts seraient immenses.
Il y a déjà des dégâts. Sur l'ensemble de la biodiversité.
Le problème, c'est qu'avec le temps, on s'habitue.
Alors que personne n'est habitué à voir flamber une cathédrale.

Nathalie Vieyra est une professionnelle dans le bien être : Wutao, Tantra, développement personnel, sexualité sacrée, massage, écoute, bienveillance...Des années d'expérience.
Nathalie a écrit la préface de Kundalini. Un hommage pour moi.
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5 questions vérité sur un massa bien -être sacré chez etre-bien.eu
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Y a-t-il une norme sexuelle : podcast du 10 mars 2017 Chez Open Your
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Le Tantra, une voie d'expansion de la conscience
C’est une voie d’éveil permettant d’élargir le champ de sa propre conscience et dont le corps constitue le terrain d’expérience.
«Tan» signifie tisser, sentir la structure de son corps comme un ensemble de fils à délier et à relier. en prenant conscience de ce réseau, comme d’une trame tissée, il est alors possible de saisir et ressentir toute la profondeur de son être.
«Tra», c’est être « avec l’autre » et l’univers. en prenant pleinement conscience de soi, de sa propre constitution, il est alors possible de créer du lien, de percevoir cette relation intime qui nous lie avec l’environnement, la nature, les autres, et l’Univers.
Le Tantra est une voie spirituelle très ancienne
Transmise d’abord par voie orale, puis par écrits et dessins en Inde, en chine, au Tibet.
Il existe le Tantra de la main droite et celui de la main gauche. Le premier est basé sur des pratiques de méditation, sans référence à la sexualité. Le Tantra de la main gauche utilise méditation, yoga et intègre l’énergie sexuelle et la sexualité comme une voie possible vers le spirituel.
Le tantra pour moi
Je dirai que le Tantra est un cheminement, une voie de connaissance de soi, pour une conscience qui s’expanse. Cela passe par la compréhension de ce qu’est notre énergie vitale, notre énergie sexuelle, par retrouver l’estime de soi, la confiance en soi, l’amour de soi. Le Tantra n’est pas une thérapie, mais la conscience de soi étant au cœur des pratiques, cela amène des prises de conscience, des émotions, des compréhensions qui peuvent transformer profondément l’être. Le sexe étant vécu comme partie intégrante du corps, lui-même vécu dans la totalité de la globalité, il est la porte du chaudron magique. Celui de l’alchimie. Le Tantra ne se définit pas par des pratiques sexuelles ou uniquement la position du yabyum. Celui-ci symbolise shiva shakti, nos énergies féminines et masculines, notre couple intérieur. Le vivre dans cette proposition méditative à deux est un vrai bonheur, mais je dirai que le vivre avec soi-même est merveilleux. Se mettre à nu, s’exposer à soi dans une totale vulnérabilité, et être puissant, c’est s’offrir d’être dans l’amour universel, connecté au divin.
Propositions de séances
Séance pour vous, dans l'intimité
et aussi : Tantra dans l'eau chaude, DreamWater

Initiation au tantra 4h ou 8h
En individuel, et en couple
Vous souhaitez découvrir le Tantra, voie d’expansion de la conscience, et vous ouvrir à la dimension que le corps offre ? Vous avez envie de vivre plus en cohérence avec vous-même et votre environnement ? Vous êtes prêt à vous voir pleinement dans toute la beauté de votre imperfection ? Vous vous posez des questions sur votre sexualité et votre envie de partage pour un épanouissement global ? Vous avez envie de découvrir la présence et la communication loin des mots. Ceci est une proposition de découverte du tantra dans un cadre sécurisé.
300€ pour 4 heures en individuel.
400€ pour 4 heures en couple.

Initiation au massage tantrique 4h
En individuel, et en couple
Le massage tantrique est un voyage au cœur de soi. Nous massons comme nous aimons être massé. En cela apprendre le massage tantrique est une voie de connaissance de soi, et de communication subtile avec l’autre.
Je vous propose de découvrir et expérimenter : L’énergie du corps, les rythmes internes, la dimension globale du corps, les mouvements et les silences, la lenteur, le non faire, la respiration, la présence. Ceci est une proposition de découverte du massage tantrique dans un cadre sécurisé.
300€ pour 4 heures en individuel.
400€ pour 4 heures en couple.

Accompagnement
Vous avez une problématique, un questionnement, et souhaitez transformer cet état.
Avec un regard profond sur soi, guidé par les mots, le mouvement, et le Souffle, exploration en conscience et Amour de : "qui suis-je ?".
Reconnaitre ou Voir que l'on est le résultat de : l'éducation, les réactions émotionnelles face à des évènements et situations, le regard des autres sur nous et notre propre regard sur nous-mêmes ... et qu'en être conscient peut faire changer notre vie.
Pourquoi je rencontre tel problème ? Pourquoi je vis toujours la même chose ?
Pourquoi je n'accepte pas qui je suis ? Pourquoi je n'ai pas confiance en moi ?
L’esprit, le mental, peut comprendre bien des choses mais tant que le corps n’a pas ressenti l’information profondément comme une vérité, rien ne change. Une fois que le corps a perçu l’information, la transformation s’opère.
Ces séances d’1h30 qui allient la parole et le corps dans une proposition personnalisée de ressenti, sont pour vous. Cela peut être ponctuel, ou dans un suivi de quelques séances.
1h30 : 150 euros.
DreamWater
Le Tantra dans l'eau
L’eau chaude contribue immédiatement à un état de relaxation profond du corps. Toutes Les tensions s’évanouissent, le corps est comme en apesanteur et les articulations se « libèrent ». Facilement les émotions affleurent, l’abandon intervient avec la confiance et l’esprit se met à vagabonder au gré des mouvements, des vibrations et des silences.
Légèreté, liberté, lâcher prise, rêve, dreamwater.
J’ai créé dreamwater après avoir suivi les deux premiers niveaux de la formation en watsu. Ces ateliers sont inspirés du watsu mais ce n’est pas du watsu. C’est une proposition de voyage à travers le corps et les énergies, soutenu par l’eau. L’eau, élément féminin nous porte et nous accueille. La dimension spirituelle qu’offre l’eau de « nous laver », comme dans de nombreux rituels de par le monde, est présente dans cette proposition.
Par tradition, l'eau est associée au féminin. L'eau est perçue comme un élément de fertilité : elle donne la vie, tout comme la femme. Cette association pourrait aussi venir du fait que la femme donne la vie grâce à l'eau - le liquide amniotique contenu dans l'utérus. La connexion entre l’eau et l’origine de la vie est incontestable, ramène à l’unité et à une force de guérison incomparable. Le rythme respiratoire produit un doux balancement. Se laisser porter, bouger, étirer et masser en apesanteur sans rien faire est une expérience merveilleuse. La Détente physique induit la détente psychique. Lorsque ce niveau est atteint, la détente spirituelle peut succéder.
Un cadre sérieux est posé avant chaque atelier. Un entretien téléphonique est nécessaire au préalable pour toute première participation.
Sessions
Mixte, couple ou entre femmes, découvrez les différentes propositions

DreamWater mixte et couple
Je crée une suite de propositions de bercements, à donner et à recevoir, avec une intention. Une méditation pour commencer, de la respiration et une prise de conscience de l’ancrage. Des bercements en groupe, puis par trois, puis par deux. Ce sont des ateliers ludiques et aussi parfois inspirante pour chacun(e).
Ce sont des moments de détente, de partages, surprenant de profondeur. Nous Entrons dans la dimension sacrée du corps, le cœur.
Participation 35€ par personne, groupe de 12 personnes.
Prochaines dates : 4 mai & le 1er juin
de 14h à 18h

DreamWater femme
C’est un voyage dans la sororité et un processus de révélation de soi et de guérison.
Ensemble, on pratique des méditations, on se berce, on partage, on fait des rituels sacrés et on joue. On se berce parfois à 2, ou à plusieurs. Parfois on est seule. On apprend beaucoup les unes des autres.
Nous explorons les aspects du féminin, les archétypes, la symbolique, mais aussi sa sexualité, son cycle menstruel, la naissance, la ménopause, sa spiritualité, etc.
Dans ce groupe, nous entrerons dans le sanctuaire du cœur, lieu de magie alchimique. La méditation, le rituel et la célébration nourriront votre voyage dans le cœur et dans l’âme.
Le groupe est constitué de 12 femmes, participation 35€ par personne.
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J'écris essentiellement avec de la musique. Les écouteurs enfoncés dans les oreilles.
Les musiques que j'écoute sont pour la plupart très lentes et répétitives. J'y vois souvent comme des vents d'altitude.
Elles ne font pas partie des musiques les plus appréciées ni les plus connues.
Etrangement, lorsque parfois, je les partage, elles sont très souvent perçues comme emplies de tristesse.
Pour ma part, elles rayonnent de bonheur. Un bonheur sans effusion, quelque chose de très profond, de cellulaire.
Un ressenti de placenta, de ces émotions qui ne sont pas saisissables mais qui nécessairement sont là.
La nostalgie n'est pas un mystère à mes yeux. Elle est la paix intérieure du foetus quand les émotions prennent forme.
La première émotion. L'amour qui nourrit.
Être au monde comme dans un ventre et l'aimer pour ce bien-être offert.
Contempler les montagnes, aimer le silence, l'absence de troubles, l'absence même de pensée.
Juste le ressenti de la vie en soi.
Nous sommes sortis d'un ventre humain pour entrer dans le ventre de la Terre.
Tous nés d'une maman et tous enfants de la même Mère.
En 2018, Adrien Costa, le Franco-américains a été victime d’un terrible accident pendant une randonnée, alors qu'il était un grand espoir du cyclisme mondial. Une pierre d’1,8 tonne lui ait tombé sur la jambe. Il a été amputé de la jambe droite.
Ecouter jusqu'au bout pour sa définition du bonheur... Un grand homme de 21 ans.
Une nouvelle réjouissante. Un salaud de moins.
Je n'ai plus de respect, a priori, pour l'humain.
J'attends de voir ce qu'il porte, ce qu'il fait, ce qu'il dit.
Je bénis cet éléphant et les lions.
Qu'on rende le pantalon à la famille, ça suffira.
J'aime bien aussi la solidarité animale : un rhinocéros visé, un éléphant justicier, des lions qui nettoient.
Impeccable.
Un homme, qui tentait de braconner un rhinocéros dans le parc national Kruger (Afrique du Sud), a été piétiné, le 1er avril, par un éléphant, avant d'être dévoré par des lions, rapporte la BBC, dimanche 7 avril. Ses complices ont alerté le lendemain du drame la famille de la victime, qui a ensuite prévenu le parc.
Dans un communiqué publié le 6 avril, la police sud-africaine explique que seuls le crâne du braconnier et son pantalon ont été retrouvés. Une opération a été lancée pour retrouver les complices de la victime : trois hommes, âgés de 26 à 35 ans, ont été arrêtés, tandis que deux fusils de chasse et des munitions ont été saisis.
"Entrer illégalement et à pied dans le parc national Kruger n'est pas raisonnable. Cela représente de nombreux dangers et cet incident en est la preuve", a réagi auprès de la BBC le directeur général de la réserve, Glenn Phillips.
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SA Police Service✔@SAPoliceService
#sapsMP Komatipoort: A human skull found in the Kruger National Park (KNP) is believed to be that of a man reportedly killed by an elephant while poaching with his accomplices on 01/04; duo arrested, rifles & ammo seized. MEhttp://www.saps.gov.za/newsroom/msspeechdetail.php?nid=20009 …
Dans une dizaine de jours, des milliers d'agneaux vont être égorgés pour Pâques !
Il n'y aura pas d'article dans les journaux et les éleveurs ne viendront pas se plaindre d'avoir perdu leurs animaux " tant aimés..."
Il serait temps d'analyser les pratiques humaines avant d'aller crier "au loup"...
Et de s'intéresser aussi à tous les chiens errants perdus pendant les parties de chasse...
Il y a eu une analyse des morsures, des tests qui assurent que c'est un loup ?
Et donc, même s'il s'agit d'un loup, que représente cette attaque dans le contingent de cadavres cachés à la vue de tous et qui jonchent les abattoirs ? Comment se fait-il que là, il n'y ait pas d'émotions ?
Je n'ai rien cherché à connaître pendant cinquante ans. J'ai mangé des animaux sans jamais me poser la question et puis j'ai commencé à lire des documents et j'ai fini par regarder l'animal avant de voir le plat...
"Pourquoi mangez-vous des animaux si vous aimez la nature? "
Il va bien falloir que chacun et chacune se pose cette question et tente d'y répondre, non pas dans le cadre de l'éducation, de la tradition, des faux arguments nutritionnistes et de tout le reste mais au regard de cet amour. Juste ça. Peut-on aimer et faire mourir ?
Dire qu'on aime une entrecôte saignante signifie-t-il qu'on aime l'animal ou le goût qu'il a ?

Cette nuit du 6 avril, un ou plusieurs loups auraient attaqué un troupeau de brebis à Saoû, au sud de la forêt.
Le propriétaire des bêtes, Michel Morel, déplore la mort de 12 bêtes, sur les 22 qui composent son cheptel. « Pour moi, c’est la première fois, mais mon voisin a déjà été victime deux fois d’une attaque de loups… Il y en a 7 ou 8 qui traînent à Saoû », assure-t-il.
Je relis ce roman écrit en 2013... Je découvre que j'avais déjà imaginé notre prochaine destination et la vie qui nous appelle. Une "retraite" dans un coin perdu du Massif central, un amour à vivre jusqu'au bout, la quête intérieure, la simplicité volontaire.
A COEUR OUVERT
« La quête est une illusion. Une tromperie du moi qui se joue de tout. Je n'ai rien à chercher. Tout est déjà là mais en le cherchant, je m'en éloigne. Le moi, je le reconnais et je connais la complexité de ses errances et je n'ai pas à le craindre. Il n’est pas ce que je suis, il n’est qu’une interprétation. »
Il pensa que c’était ça, sans doute, le lâcher-prise. Cette douceur de l’acceptation. L’apaisement des interrogations, tout comme leur accueil. Tant que les émotions ne venaient pas créer un conflit, un objectif, une peur, une euphorie. Rester inerte pour vivre pleinement. C’était la voie. Et pourtant, il sentait bien cette chaleur dans son ventre quand Diane venait se blottir contre lui, quand il posait ses mains sur son corps dénudé, quand il percevait dans ses yeux l’amour qui vibrait en elle, quand ils partageaient leurs paroles comme des parfums qui embaument. Il n’était pas question de chercher à en maîtriser les effets. Il fallait s’y abandonner pour que l’énergie se consume et ne se transforme pas en tensions délétères. S’y abandonner sans aucune pensée, ne rien ajouter, comme on saisirait un parfum sans vouloir connaître le nom de la fleur, sans vouloir la cueillir, sans vouloir l’autopsier ou chercher à la multiplier. Oui, c’était ça la beauté du monde. Juste saisir. Sans aucune autre intention. C’est cela qu’il aimait dans les paysages de cette terre. Il pouvait les regarder mais il ne les emportait pas, il ne les transformait pas, il ne cherchait même pas à en connaître les détails, les savoirs des hommes ne l’intéressaient pas. Il n’était qu’un spectateur.
Le vent, dehors, s’était calmé, une suspension brutale qu’il n’avait pas encore remarquée. C’est le tumulte éteint de sa tête qui le plongea dans le silence retrouvé.
Il entendait des résidus de souffles retardés dans le sillage de la tempête, comme des traînées d’écume dans les grands courants du large, il imaginait des soldats fatigués titubant derrière le gros de l’armée, quelques coups affaiblis sur la toiture, quelques grognements poussifs, la lutte n’était plus l’objectif, rien à prouver.
Juste passer et disparaître.
Il remonta la couverture, éteignit la lumière, se roula en boule et écouta longuement les murmures s’éteindre.
« Allo, Monsieur Laskin, c’est le secrétariat du Professeur Cartier. Le Professeur m’a demandé de vous communiquer l’adresse d’un cardiologue qui a suivi la formation pour le suivi de votre prothèse. Il est sur Clermont-Ferrand. Vous n’aurez plus besoin de monter à Paris. »
Il nota l’adresse et téléphona pour prendre rendez-vous.
Pour le 15 décembre à 14h00 heures.
Il pensa qu’il avait eu raison d’acheter un 4X4. Une Volvo break blanche, intérieur bleu en tissu épais, sièges chauffants et climatisation. Un condensé d’électronique. Diane s’était gentiment moquée de lui.
« Il te reste quand même des relents de luxe ! »
La neige avait déjà habillé les monts d’une pelure cristallisée. La première fois, la remontée des températures avait balayé le fin tissu. À la deuxième tentative, le saupoudrage s’était amplifié.
Un sucre glacé qui lissa les reliefs les plus hauts, figea les forêts, étouffa les babillages des ruisseaux.
Il découvrit avec Diane le silence de la neige. Juste le crissement des pas dans le tapis givré, cette mélodie hypnotique qui comble les failles intérieures, endort les pensées insoumises, comme une berceuse infinie, un leitmotiv infatigable ; il s’amusait parfois à suivre des yeux un flocon virevoltant, cette descente légère, tourbillonnante, cette danse imprévisible, les souffles créateurs guidant les arabesques ; il imaginait la quantité de silence insérée dans l’architecture fragile, comme une mission à finir : déposer sur le monde le calme des cieux et niveler les rumeurs. Il aimait infiniment les matins bleus et gelés, quand la couverture nuageuse s’est retirée pendant la nuit et que la Terre s’est glacée. Cette immobilité de l’hiver. Ce silence inégalable du froid qui absorbe les bruits, jusqu’au moindre souffle d’air. Un instant suspendu, pétrifié.
Sam et Lisa les invitèrent un soir. Une crémaillère joyeuse. Des discussions singulières, des partages enthousiastes, des intérêts communs. Ils ne voulaient pas de ces mouvements contestataires, de ces mouvements de masse qui critiquaient « le système. » Non pas qu’ils n’aient aucune utilité mais parce qu’ils représentaient de nouveau un courant commun. Ils ne pouvaient s’y résoudre. Comme un enchaînement volontaire.
« En même temps, c’est sans doute le seul moyen d’établir un contre-pouvoir, non ?
-Oui, Paul, c’est certain mais il faut supporter les décisions communes. Personnellement, Lisa et moi, on a choisi d’œuvrer à notre propre pouvoir. Celui que l’on peut porter sur les choses qui nous concernent, celles de notre vie quotidienne, une implication constante, sans aucun rejet si ça n’est qu’un mot d’ordre imposé. Juste des choix raisonnés. Le minimum de technologie par exemple, juste pour éviter d’appartenir à des richesses inertes et provisoires.
-Ce n’est pas moi, pourtant, qui vais aller critiquer la technologie. La médecine qui sauve les hommes ne peut pas être condamnée, précisa Paul.
-C’est certain, ajouta Lisa. Et c’est très impressionnant ce que vous vivez. Nous, ici, on a besoin d’une connexion internet pour faire connaître notre gîte et c’est fabuleusement pratique pour passer les commandes aux fournisseurs. Le téléphone devient secondaire. Nous serions ridicules de rejeter ce progrès-là.
-Une question d’équilibre, intervint Diane. Parvenir à établir les besoins réels et à repousser les désirs. Il faut une certaine maturité finalement. Et beaucoup de personnes ne la cherchent pas. »
Jusqu’au bout de la nuit. Le feu de cheminée qui dessinait sur les murs lambrissés des sarabandes de derviches tourneurs, des chaleurs diffusées jusque dans les âmes, des brillances au fond des yeux, le crépitement du bois qui nourrissait les rêves de douceur, comme un enfant câliné, un doudou retrouvé."
Tout est prouvé, certifié. Ce ne sont pas des arguments fallacieux ni un état des lieux catastrophistes. C'est juste factuel.
La solution n'est pas dans l'élaboration de nouveaux véhicules mais dans un changement d'existence. Mais quand je vois, le matin, sur la route de l'école, le nombre hallucinant de véhicules et dans lesquels il n'y a la plupart du temps que le conducteur, j'ai bien conscience que ce changement d'existence est impensable...
Une solution ? Non, je n'en ai aucune. Je me contente de relayer une information. Oui, je sais, c'est pitoyable et j'ai bien conscience que ça ne résoud pas le problème. Et je roule avec un vieux 4X4 diesel en plus. Par besoin, pas par plaisir. Un vieux "tracteur" tout en métal, très peu de plastique (pétrole) et peu de terres rares puisqu'il n'y a guère d'électronique. J'essaie de trouver des pièces à la casse pour ne pas en faire venir de nouvelles. Je me demande par contre si nos 2CV, 4L et R12, n'étaient pas bien plus écologiques que tout ce qui roule aujourd'hui...
Dans une mine d'extraction de terres rares de la province chinoise du Jiangxi, en octobre 2010. Photo stringer. Reuters
Métaux rares : «Un véhicule électrique génère presque autant de carbone qu’un diesel»
Iridium, indium, platine, terres rares : ces métaux aux noms parfois méconnus sont essentiels pour les industries de pointe. Sans eux, pas de batteries électriques, d’éoliennes, de téléphones portables ou de fibre optique. Le journaliste Guillaume Pitron s’est intéressé aux conséquences environnementales et géopolitiques de l’extraction de ces métaux rares. A l’occasion de la sortie de son livre la Guerre des métaux rares, il revient sur six ans d’enquête à travers une douzaine de pays.
L’Union européenne fournit une liste de 27 matières premières rares (phosphore, cobalt, hélium, etc.), dont de nombreux métaux. Ce sont des minerais présents en quantité infime dans la croûte terrestre. Ils sont naturellement mélangés à d’autres métaux plus abondants (fer, aluminium, etc.). Pour en obtenir quelques kilos, il faut extraire des tonnes de terre. Les scientifiques parlent de rareté géologique mais aussi industrielle. Certains métaux abondants peuvent devenir rares si la demande explose.
Grâce à leurs propriétés chimiques uniques, ce sont les vitamines de la transition énergétique et numérique, le pétrole du XXIe siècle. Sans métaux rares, nos téléphones portables feraient la taille d’une brique, n’auraient ni écran tactile ni vibreur. Sans eux, impossible de propulser un TGV à 500 km/h. C’est hallucinant, ils nous ont envahis. Notre futur high-tech sera toujours plus tributaire de ces minerais dont la production ne cesse de croître.
La Chine a le leadership sur la production d’une ribambelle d’entre eux. Elle contrôle notamment 95% de la production mondiale de terres rares. En 1992, Deng Xiaoping (numéro un de la Chine de 1978 à 1992) aurait dit de façon prémonitoire, «le Moyen-Orient a le pétrole, la Chine a les terres rares». Historiquement, les Etats-Unis étaient leader sur le marché. Mais avec la prise de conscience écologique des années 80, les Occidentaux ne veulent plus de mines chez eux. Extraire des métaux rares est trop sale et coûteux en énergie.
Les Chinois, dans une quête de croissance effrénée, récupèrent le job. Pendant des décennies, au prix d’un dumping social et environnemental sans précédent, l’Empire du milieu inonde l’Occident de métaux rares très peu chers. Cette situation arrange tout le monde, d’un côté les pays occidentaux développent leurs nouvelles technologies à faible coût, de l’autre les Chinois s’enrichissent.
Tout va bien dans le meilleur des mondes, jusqu’à ce que la Chine prenne conscience des leviers économiques et géopolitiques qu’elle peut actionner avec ces ressources. Au tournant des années 2000, sa croissance et ses besoins en métaux rares explosent. Pour satisfaire sa demande intérieure et développer ses propres technologies, Pékin décide de fermer le robinet. Après avoir gavé l’Occident de métaux rares, le pays restreint ses exportations. C’est la fameuse politique des quotas qui chauffe les oreilles de l’Organisation mondiale du commerce.
A LIRE AUSSILa Chine, receleuse de terres rares…
Exactement, au détriment de la nôtre. Le mot innovation est devenu un mantra en Chine. Les technologies vertes et le numérique sont les nouveaux moteurs de la croissance chinoise, indispensable à la survie du Parti communiste. Pour assurer son avance industrielle, Pékin n’a pas hésité à s’approprier les technologies occidentales. En échange d’un accès direct et illimité aux métaux rares, de nombreux industriels ont migré vers l’Empire du milieu. Les Chinois ont accédé à leurs laboratoires de recherche. Sous couvert de co-innovation, ils ont sinisé les brevets européens et américains. Grâce à ce chantage aux métaux, la Chine est devenue le leader mondial de la transition énergétique. Le pays est sorti de l’âge de pierre auquel les Occidentaux voulaient le cantonner.
Il y en a partout, du lithium en Bolivie et en Argentine, du cuivre au Chili, du cobalt en république démocratique du Congo. L’Indonésie est également une grande puissance minière qui regorge d’étain. Tous ces pays veulent s’inspirer de l’exemple chinois et capter la valeur ajoutée des métaux rares. Plus aucun Etat ne veut reproduire le schéma néocolonialiste selon lequel les pays en développement produisent les minerais bruts, le vendent une poignée de dollars aux Occidentaux ; et ces derniers le valorisent avec quelques brevets pour le revendre dix fois plus cher.
Au-delà des ambitions, c’est très dur à mettre en place car ça veut dire ouvrir des routes, installer des lignes électriques, faire venir des savoir-faire. En 2015, l’Indonésie a tenté un embargo sur l’exportation de minerais brut. Derrière, elle n’avait pas un tissu industriel suffisamment développé pour transformer la ressource. Elle a dû faire marche arrière deux ans plus tard. Seule certitude, les Occidentaux doivent accepter de partager le gâteau technologique auquel toutes les nations aspirent.
Qui dit mine, dit dégâts environnementaux. C’est le revers de la croissance verte à tous crins. En Mongolie intérieure, la principale région minière chinoise, c’est un enfer de Dante. Aucune réglementation n’est appliquée. Les usines rejettent leurs effluents toxiques directement dans les sols. La population paye un lourd tribut avec un taux de cancer très élevé. Le problème c’est que le recyclage coûte plus cher que l’extraction. Piégés par une logique du moindre coût, les industriels préfèrent renvoyer leurs déchets en Chine et s’approvisionner directement en nouveaux minerais.
Cette transition est un leurre. Un fabuleux marketing nourrit l’illusion que les énergies renouvelables sont vertes. Nous oublions sciemment qu’elles sont tributaires de l’extraction de métaux sales. Nous avons juste délocalisé la pollution et faisons semblant de faire du propre. Prenez l’exemple des voitures électriques. Le terme «zéro émission» est délirant. Sur l’ensemble de son cycle de vie, un véhicule électrique génère presque autant de carbone qu’un diesel. Comment peut-on qualifier cette technologie de durable ?
La révolution numérique, essentielle au développement de nouvelles sources d’énergie, entretient aussi le mirage d’un monde moins physique. En réalité, derrière un courriel se cachent des milliers de kilomètres de câbles de cuivre. Nous oublions que la quantité de matière est finie. Les experts connaissent déjà le jour exact où on extraira le dernier minerai rentable. Les technologies pourront toujours évoluer et repousser la date butoir, mais à quel prix ? C’est une course de vitesse qui épuise la terre.
Au nom de la sobriété, du moindre impact de l’homme sur l’environnement, nous creusons toujours plus. Nous vivons en plein paradoxe. Les plus productivistes pensent déjà aux océans et aux astéroïdes où le potentiel minier serait gigantesque. Les grandes puissances sont en train de s’approprier des endroits que la communauté internationale s’était juré de laisser à l’abri des appétits industriels. En 2015, Barack Obama a ouvert la danse. Il a autorisé les citoyens américains à devenir propriétaires d’astéroïdes pour exploiter des gisements de métaux rares. C’est en rupture totale avec l’idée que l’espace est un bien commun de l’humanité.
A LIRE AUSSIDes terres de moins en moins rares
Je ne le propose pas de gaieté de cœur mais c’est indispensable. Si les Français ont sous leur fenêtre la tonne de minerais qui a servi à la construction de leur voiture électrique, ils seront obligés d’ouvrir les yeux. Je plaide pour ce choc visuel, psychologique et physique. Nous sortirons peut-être de cette transition au rabais et rationaliserons notre utilisation de métaux rares. Nous devons partager le fardeau écologique de la transition énergétique. En France, nous avons la chance d’avoir de bonnes réglementations environnementales, la transition serait un peu moins sale.
Je suis conscient que la réouverture des mines nécessite un immense courage politique et beaucoup de pédagogie. La transition énergétique a besoin de sauts de conscience et pas seulement de sauts technologiques. Nous nous sommes enfermés dans l’idée qu’avec quelques technologies de plus nous allons tout résoudre.
La Barkley, une course d'une difficulté extrême de 160 km et 18 000 m de dénivelé sans balisage, se déroule chaque année dans le Tennessee.
L'édition 2019 s'est achevée sans finisher sur la ligne d'arrivée, pour la deuxième année consécutive....Une course que la plupart ne finisse pas et qui attire les meilleurs...Le film qui a été tiré de cette course est à mes yeux absolument magique...Avec un scénario particulièrement "rude"...Jusqu'à la dernière seconde.
Je suis surpris qu'Hollywood ne se soit pas encore emparé du sujet...Si j'avais été cinéaste, j'aurais tout donné pour faire un film là-dessus. Il faudra un jour que je mette en roman le scénario que j'ai en tête...
Je remonte un ancien article du blog.
Ce film est magnifique, époustouflant et le scénario est diabolique... Un remarquable documentaire visuel et émotionnel. Du grand art cinématographique pour une épreuve extrême.
Voyage au bout de soi-même.
"La Barclay sans pitié"
Depuis sa création en 1986, douze participants seulement ont terminé les cinq boucles de 32km (soit 160km au total) du tracé, avec un dénivelé total correspondant à une double ascension de l’Everest...
Par Mirko Hominal le 26/04/2015
...
La "Barkley : L'Ultra Trail le plus difficile du monde
Patrick Montel, pour l'émission Stade 2, s’est rendu dans la forêt du Tennessee où se déroule cette course hors-norme : il a rencontré son organisateur, l’atypique Laz, et a suivi les souffrances d’un des participants tricolores de l’édition 2015.
Aucun Trailer n'est parvenu au bout de l'édition 2015.
L’idée de cette course est venue de l’évasion de la prison nichée au coeur des montagnes, le 10 juin 1977, de James Earl Ray, le meurtrier de Martin Luther King, repris après 54 heures de cavale et seulement huit miles (12,8 km) parcourus.
Près de 130 Miles en 5 boucles de jour comme de nuit (le parcours change chaque année et est seulement connu des concurrents quelques minutes avant le départ) et près de 16000m de dénivelé positif avec seulement une carte et une boussole.
https://www.lequipe.fr/explore-video/020-la-barkley-sans-pitie/
Par Didier Arnaud —
La Barkley: il y a ceux qui la finissent, et tous les autres
C’est une course qui laisse des traces. Ceux qui y ont participé disent «on est toujours à la limite de ce qui est humainement possible» ou «il faut lutter contre ses démons parce qu’il y aura toujours en soi une bonne raison d’arrêter» ou enfin, un de ses vainqueurs, «tout le corps fait extrêmement mal mais il faut surmonter si tu veux finir».
Le programme de la Barkley, cet ultratrail dont la trentième édition partira ce vendredi est chargé: 100 miles (160 kilomètres) et 18 000 mètres de dénivellé à parcourir en moins de soixante heures, sur cinq tours, à travers une forêt dense et très escarpée, dans le Tennessee, au départ de Frozen Head. Pour prouver qu’il est bien passé au bon endroit, chaque concurrent doit trouver des livres cachés le long du parcours et arracher la page correspondant à son numéro de dossard. Le ravitaillement aussi est limité à son strict minimum: deux points d’eau seulement. L’organisateur, «Laz» (Lazarus Jake), en a eu l’idée après l’évasion de James Earl Ray, l’assassin de Martin Luther King, en 1977. Le fugitif avait été arrêté par la police après cinquante quatre heures de cavale: il n’avait réussi à parcourir qu’une douzaine de kilomètres. «Moi, en 54 heures, j’aurais pu faire 100 miles», fanfaronne Laz à l’époque. Neuf ans plus tard, il crée la Barkley dans cette même forêt (1).
Rémy Jegard, journaliste sportif pour le site Running Mag, grand habitué des trails, a eu la chance de compter parmi les inscrits pour cette édition 2015 (il n’y a que 35 participants, cooptés sur lettre de motivation par l’organisateur). Rémy parle «très mal l’anglais» et il pense que ce sont ses erreurs qui ont fait sourire l’organisateur et ont fait pencher la balance pour qu’il soit pris. Comme les quelque 40 autres élus, il a été averti de sa sélection par un courrier aux allures de lettre de condoléances style désolé, vous avez été retenu pour participer. Ambiance.
Le départ de la course est fixé «entre minuit et 11 heures du matin». A un moment, Laz souffle dans une conque: une heure après, tous les participants doivent être fins prêts. «L’épreuve est très longue et très dure, dit Rémy, Jegard, contacté par Libération. Mais l’organisateur ne prendra pas forcément les meilleurs coureurs du monde. Personnellement j’ai travaillé l’orientation, les cartes.» Il faut savoir qu’après le premier tour, une vingtaine de coureurs abandonnent, ils ne sont plus que 7 ou 8 sur après le troisième, et seulement 2 ou 3 à accomplir l’ensemble du parcours. Depuis sa création, en 1986, seuls 14 coureurs ont réussi à achever la Barkley dans le temps limite de soixante heures. Et un seul a réussi cet exploit deux fois.
Pour sa part, Rémy tentera de se caler avec ceux qui connaissent (les vétérans contrairement aux «vierges», ceux qui participent pour la première fois). «Ensuite, [je vais tenter de] réaliser trois tours, c’est l’objectif que je me fixe.» Même si peu sont choisis, la Barkley est à la portée de toutes les bourses: 1,6 dollar l’inscription pour les virgins, et une plaque d'immatriculation de l'endroit d'où l'on vient. «Les gens ne viennent pas pour la gloire ou pour un prix, dit le vainqueur de l'an dernier. Ils viennent ici pour apprendre des choses sur eux-mêmes, savoir de quoi ils sont faits.»
(1) Histoire à retrouver dans le documentaire de Canal+ sur l'édition 2014: «Les Rescapés».
La centrale nucléaire de Plogoff, à quelques kilomètres de la pointe du Raz. Un projet qui avait mis le feu aux poudres. J'ai participé à quelques journées mémorables.
Première confrontation avec les CRS. Il y en a eu d'autres par la suite.
J'avais vraiment été bouleversé par la puissance des foules, l'attachement à la terre, la détermination des gens, la résistance des maires et des habitants de la presqu'île, tous ces Bretons qui s'ajoutaient sans cesse, puis ceux du Larzac, puis les antinucléaires de tous bords. Impressionné aussi par la furie des "forces armées"...
Les matraquages des gilets jaunes ne me surprennent aucunement...
J'ai vu des Polius de 14-18 se faire piétiner à Plogoff.
Les vacances de février débutèrent le samedi 1 mars ! Mystère des calendriers scolaires.
Aucune nouvelle d’Anne.
Il décida d’aller se balader sur la presqu’île de Camaret. Il prit son matériel d’escalade et fixa son VTT sur le porte vélo. Il voulait repérer des promenades à effectuer avec les enfants et remercier le maire pour son accueil.
En écoutant France Inter, il s’aperçut que, depuis une dizaine de jours, il s’était complètement coupé du monde. Aucune information ne lui était parvenue. Il n’avait éprouvé aucun manque.
« …manifestation anti nucléaire à Plogoff… »
Ces quelques mots captèrent son attention.
« …Depuis une semaine, les CRS s’opposent aux manifestants sur le site de construction de la future centrale. La violence est encore montée d’un cran et on craint… »
À Châteaulin, il prit la direction de Douarnenez et abandonna l’idée de la presqu’île de Camaret.
« Si enfin les gens se révoltent en masse contre une autorité destructrice, je dois en être. »
Depuis 1976, on parlait de cette centrale en Bretagne. Il avait lu quelques articles sur les premières manifestations. Aux informations régionales, il avait vu ces milliers de personnes, allongées dans les rues de Brest à la lecture du plan « Orsec Rad » qui serait déclenché en cas d’accident.
En 1978, il avait failli participer à une marche sur le site mais, ce jour-là, il avait fait du vélo. Aujourd’hui, il n’était plus le même. Il savait faire la part des choses entre l’indispensable et le secondaire.
Une étrange excitation.
Il dépassa Audierne. Dernier poste avancé. L’impression de franchir une frontière. Une enclave étroite pointée sur l’Océan. Etrange paysage momifié sous le joug d’une menace. Ici, le vent imposait sa loi. Les arbustes dépouillés, les maisons trapues, les arbres tordus, les tapis d’herbes rases, les visages tannés. Comme une appartenance. Les marques de la lutte, fierté de la résistance.
Des inscriptions hostiles à la centrale fleurirent sur la route, sur les poteaux EDF, les châteaux d’eau et quelques bâtiments.
Il croisa deux véhicules blindés.
En passant le pont du Loch, il ralentit et contempla l’océan. Un rideau de brume flottait au-dessus de l’anse. Les rochers gris, les vagues sombres et sans écume, la terre aride, juste habillée d’une herbe rase, les nuages lourds retenant leurs menaces et le vent d’est, glacé et piquant. Il fallait avoir les pieds plantés dans la terre pour rester vivre ici. Plantés avec ceux des ancêtres.
« Un jour, mon fils, cette terre accueillera mes os. Ne vends jamais les os de ton père. »
Il pensa à cette phrase d’un sage indien, inquiet de l’invasion de l’homme blanc. Les Bretons tentaient encore de l’appliquer.
A deux kilomètres de Plogoff, il fut arrêté par un barrage. Cinq cars bleus, grillagés, vingt ou trente camions de troupes. Devant les véhicules, un cordon de gendarmes, alignés, casqués, boucliers et matraques à la main. Des centaines de voitures garées sur les bas côtés, dans les champs, sur les chemins. Il fit demi-tour et rangea le fourgon.
Par les sentiers côtiers, entraînés par les flots de manifestants, il rejoignit la pointe de Feunten Aod.
Saisissement total. Communion indicible, comme une aimantation infaillible, une force tellurique, un courant irrésistible.
Et lui, engagé dans son combat solitaire, sentit gonfler dans ses entrailles l’énergie puissante de cette masse. Un bonheur immense, une révélation sublime.
Il passa de groupe en groupe, recueillit en quelques minutes les informations qui lui manquaient : un nouveau contingent de CRS arrivait, ils devaient « nettoyer » le site, les manifestants avaient construit une bergerie sur place, on pouvait acheter des parcelles de terrain pour cent francs, la multiplication des propriétaires compliquait l’expropriation, le comité de défense s’opposait farouchement au gouvernement et à EDF qui, sous couvert d’une fausse enquête d’utilité publique, s’octroyaient le droit de saisir les terrains.
Tout le Cap Sizun s’était levé. La Bretagne se dressait contre Paris. Ceux du Larzac et de Creys Malville soutenaient la lutte.
Il s’en voulut de ne pas être venu plus tôt.
De violents combats la nuit dernière. Les CRS et l’armée avaient chargé les barrages avec des tanks. Les manifestants avaient dressé des barricades de voitures enflammées, ils avaient vidé des citernes d’huile de vidange sur la route, scié les poteaux EDF, entassé des pierres et des gravats.
Des combats jusqu’au matin. De nombreux blessés. La violence des soldats. La détermination farouche de la résistance.
Des paroles enflammées, la solidarité, la fierté du défi, les générations portées par le même idéal. Des artistes chantaient sur des scènes improvisées. Les chants folkloriques comme des racines entremêlées. Les anciens parlaient Bretons et les autres s’en voulaient de n’y rien comprendre. Un groupe de « poilus » arriva : drapeau breton porté bien haut, médailles au veston, casquette vissée sur le crâne.
Quelques mots d’ordre fusèrent dans les micros et la foule se mit en marche vers la route.
Le « Bro Goz Ma Zadou » l’hymne breton, comme un étendard.
Se laisser porter par la masse, marée montante à l’assaut du pouvoir. Tellement d’amour. Un choc, une bourrasque en lui, sa solitude évanouie, les hommes luttaient, les hommes résistaient, tous ensemble, portés par le même idéal, ne pas se soumettre.
Il s’était trompé, il n’était pas seul.
Face à la foule se dressèrent les rangs serrés des soldats : uniformes verts, bottes de cuir, boucliers portant des inscriptions « bretons têtes de cons, bougnouls de Plogoff », matraques, fusils à grenades chaînes de mousquetons, menottes…
Les anciens de 14-18 avancèrent jusqu’à les toucher.
Les casqués frappèrent leurs boucliers avec leurs matraques en scandant un chant de combat.
Les insultes fusèrent.
Un porte-voix braillait l’ordre de dispersion.
Il s’efforça d’arriver au premier rang.
Derrière les visières, des gueules tendues à l’extrême. Ça puait l’alcool.
Les CRS commencèrent à pousser avec leurs boucliers.
L’un d’entre eux souleva sa visière et cracha sur une petite vieille. Un « poilu » lui sauta à la gorge et ce fut l’hallali.
Coups de matraque, de pieds, de boucliers, la furie, les cris.
Ceux de 14 et leurs femmes furent piétinés.
Les grenades lacrymogènes, tirées au ras des têtes, crachèrent leur poison. Dispersion, débandade, bousculades.
Deux CRS le traînaient vers un camion bâché. Plié en deux, le souffle coupé. Deux coups, frappés sans aucune retenue, avaient suffi à le faire tomber. Les côtes en feu. Ils le firent monter.
« Maintenant tu signes là, ça prouve que t’étais dans la manif ! » gueula un colosse.
Il pensa à son poste. Renvoyé peut-être. Il perdrait les enfants. Le fourgon puait la transpiration et la bière.
« Dépêche-toi ! » hurla l’abruti.
Un chef de section beuglait des ordres à ses hommes regroupés.
« Pétez-leur la gueule. C’est tous des gauchistes de merde, allez-y, vous êtes couverts. Tapez dedans ! »
Deux CRS poussèrent violemment un autre manifestant. Il criait et tapait des pieds, insultait, se rejetait en arrière, résistait rageusement. Le colosse se leva, saisit une matraque, attrapa la main du jeune gars, posa de force les doigts sur le bord de la table, pendant que les deux autres le maintenaient et frappa. Hurlements. Le corps qui s’affale.
Pierre bondit, bouscula un CRS, sauta du fourgon et fonça droit devant lui. À travers champs, vers un pâté de maisons. Deux hommes à ses trousses. Les fumées des grenades, les cris, les appels, les ordres, des bouteilles incendiaires. Le chaos. Il rejoignit la route de Cléden. Une pointe rougie entre les côtes. Les deux CRS gagnaient du terrain. Une voiture déboucha d’un chemin, elle pila à ses côtés, la portière s’ouvrit. Il s’y engouffra. Une jeune femme. Elle démarra en trombe.
« Ces types-là sont fous, dit la conductrice. Ça fait une semaine qu’ils sont là. Ils en ont marre, alors maintenant ils cognent. Les parachutistes de Mont de Marsan sont avec eux. Les CRS sont incapables d’organiser une telle rafle. Il faut des militaires pour ça et les paras sont les pires, tous des brutes.
- Comment vous savez ça ? demanda-t-il, intrigué, reprenant difficilement son souffle.
- Je suis journaliste à Ouest France.
- Et bien vous avez un sacré papier à écrire.
- Faudrait encore que mon patron le passe.
- Et il le fera ?
- Oui, cette fois, je pense qu’il marchera. Qui pourrait soutenir ce que fait le gouvernement ?
- Faut que j’aille récupérer mon fourgon. Je suis garé après le pont du Loch.
- Maintenant c’est trop risqué. Par là-bas, ils arrêtent tous les véhicules. Faut attendre que ça se calme. Je connais bien le coin, je sais par où passer pour leur échapper. Y a rien d’autre à faire.»
Détermination, pas l’ombre d’une hésitation. Il ne contesta pas.
« Ça vous fait mal ? demanda-t-elle, en le voyant grimacer.
- J’ai un peu de mal à respirer. J’ai pris un coup dans les côtes et un autre dans le dos. »
Elle l’invita à attendre chez elle. Elle se présenta. Nolwenn Le Bihan. Elle habitait à Plouhinec. Originaire de la presqu’île, elle était engagée dans la lutte depuis juin 1976, début des premières barricades.
Il fut gêné par sa méconnaissance du dossier. Il ne s’était jamais vraiment intéressé au problème et convenait intérieurement que c’était une erreur.
Ses certitudes sur la mollesse et la médiocrité des adultes volaient en éclats.
Il s’était glorifié de ses combats comme si les autres n’en menaient pas. Prétention aveuglante."

Texte par :Françoise MARMOUYET
Ryanair figure désormais au classement des dix plus importants pollueurs européens. Une première pour une compagnie aérienne, symptomatique des dommages croissants que ce type de transport, de plus en plus populaire, inflige à l'environnement.
C'est une donnée révélatrice de la pollution émise par les transports aériens, qui croît à mesure que les vols, de plus en plus accessibles, se démocratisent. La compagnie low cost Ryanair intègre le top 10 des plus gros pollueurs européens, une première pour un transporteur aérien, le classement étant jusqu'ici occupé par des entreprises exploitant des centrales à charbon.
Ces données ont été publiées lundi 1er avril par la Commission européenne et relayées par l'ONG bruxelloise Transport & Environment, à l'origine de ce classement annuel.
Avec une augmentation de 6,9 % de ses émissions de CO2 en 2018, l'entreprise irlandaise occupe désormais la 10e place.
Pire : depuis 2013, selon des chiffres émanant de la Commission européenne, ces mêmes émissions ont augmenté de 26,3 % pour le transport aérien dans son ensemble.
Comment l'expliquer ? En quelques décennies, le secteur a tout simplement explosé. Rien qu'entre 2013 et 2017, le nombre de passagers transportés dans l'Union européenne est passé de 840 millions à plus d'un milliard. Et la tendance va s'amplifiant. En octobre 2018, l'association des compagnies aériennes internationales (Iata) tablait de son côté sur un doublement du trafic mondial sur les vingt prochaines années, pour atteindre 8,2 milliards de passagers en 2037 – contre 4,1 milliards en 2017.
Ryanair, qui propose des vols à prix cassés, n'est pas en reste : en 2017, la compagnie enregistrait un nombre record de 120 millions de passagers transportés.
Moins de contraintes et moins de taxes
"Cette augmentation est notamment due à la promotion du transport aérien par les compagnies et les pouvoirs publics. Les low cost et les petits aéroports bénéficient par ailleurs de subventions publiques directes qui permettent d'afficher des prix bas", fustige Lorelei Limousin, spécialiste des transports de l'ONG Réseau Action Climat, contactée par France 24.
Surtout, les compagnies aériennes ne sont pas soumises aux mêmes contraintes en ce qui concerne la réduction de gaz à effet de serre, contrairement au secteur automobile, ultra-réglementé. Ainsi, le projet Corsia, récemment adopté par l'Organisation de l'aviation civile internationale, ne vise pas la réduction des gaz à effets de serre, mais met en place un système de compensation du carbone émis. Une sorte de droit à polluer pour les compagnies, accordé si celles-ci financent des projets écologiques.
L'ONG Réseau action climat incrimine également la taxation extrêmement favorable dont bénéficient les compagnies européennes au sein de l'Union européenne.
"Contrairement aux autres carburants polluants, le kérosène utilisé pour les avions est totalement exonéré de taxes dans presque tous les pays européens. Les billets de vols européens et mondiaux sont aussi exemptés de TVA", regrette Lorelei Limousin. Pour la France, le manque à gagner en termes de recettes fiscales est de 3,6 milliards d'euros annuels, selon les estimations de Réseau action climat. Dans l'Hexagone, une TVA de 10 % est cependant appliquée sur les billets de vols nationaux – contre 20 % en vigueur pour la majorité des autres produits commercialisés.
"Développer des lignes ferroviaires grandes distances"
À l'origine de ces avantages, la convention de Chicago sur l'aviation civile internationale, adoptée en 1944. Il s'agissait à l'époque d'encourager le transport aérien balbutiant, bien des années avant une prise de conscience écologique.
"Cette tendance [à la pollution] se poursuivra jusqu'à ce que l'Europe se rende compte que ce secteur sous-taxé et sous-réglementé doit être mis en conformité, en commençant par une taxe sur le kérosène et l'introduction de mandats qui obligent les compagnies aériennes à passer aux carburants d'aviation zéro émission", a déclaré lundi dans un communiqué Andrew Murphy, directeur de l'ONG Transport & Environment.
Les choses bougent cependant. Certains pays taxent le kérosène : le Japon, les États-Unis, ou le Brésil. Les Pays-Bas et la Belgique, soutenus par la France, ont récemment proposé une taxation européenne de l'aviation au nom de la lutte contre le réchauffement climatique.
Mais au-delà de la taxation, plaide Réseau Action Climat, ce sont des alternatives pour le transport sur de longues distances qu'il faut encourager pour enrayer cette augmentation de la pollution par le transport aérien. Et parmi elles, le transport ferroviaire : "Une politique volontariste est nécessaire au niveau européen pour développer des lignes grandes distances", avance Lorelei Limousin, qui regrette la suppression, il y quelques années, de trains de nuit reliant Paris aux Pays-Bas, au Danemark, ou encore à l'Autriche.

Suite à l'observation d'Inouk, nous avons commandé un rapport à la biologiste spécialiste des orques, Ingrid Visser. Ce rapport, co-écrit par trois scientifiques, est clair: Inouk souffre le martyr à force de ronger les parois du bassin où il est détenu. One Voice lance une campagne pour Inouk, et dépose plainte contre le Marineland d'Antibes pour actes de cruauté. Nous demandons qu'il soit placé dans un sanctuaire marin.

Inouk est né en captivité le 23 février 1999 de parents capturés bébés dans le grand Nord islandais. Orphelin depuis l'enfance, cela fait vingt ans qu'il tourne en rond et se laisse flotter inerte dans le bassin. Ces mouvements répétitifs sont, comme les cent-pas pour les félins ou les balancements pour les éléphants, une autre expression du même mal : la folie due au stress de l'enfermement, typiques des animaux captifs en grand mal-être… des mouvements stéréotypés pathologiques.
Le jeune grand mâle est reconnaissable par sa nageoire dorsale totalement affaissée sur le côté droit. Ingrid Visser précise que chez les orques en liberté cela est rare, et "associé à une mauvaise santé et à des traumatismes". En captivité, en revanche...
Il n'y a rien dans les bassins d'Antibes. Ni à faire, ni à voir. Aucune échappatoire. Rien qu'un ennui profond. Pour lui qui fait partie d'une espèce si intelligente ayant une conscience de soi, un langage très complexe, des liens sociaux élaborés... cette piscine minuscule comparée à l'Océan, c'est une geôle infâme!
Entre ses tours de bassin maladifs, Inouk est dans un tel état de souffrance et de frustration, qu'il ronge les parois de béton. De nombreuses publications documentent le phénomène. En captivité, la majorité des orques rongent les murs des bassins. Mais Ingrid Visser, qui l'a observé sur site, est catégorique: ses collègues et elle n'ont jamais vu une mâchoire en si mauvais état. Inouk a fini par user toutes ses dents. Jusqu'à la pulpe. Or la douleur dentaire est la même pour les orques que pour les humains. Il en a développé des ulcères aux gencives, des régurgitations. L'acide stomacal ne venant qu'empirer la situation.
« Inouk souffrait et souffre vraisemblablement encore d'un déchaussement des dents, de dents cassées, et de dents dont la pulpe est exposée. Inouk souffre de facteurs de stress aigus et chroniques manifestes, associés à un confinement non naturel. En somme, il a une qualité de vie amputée en raison de sa captivité. »
Ingrid Visser, John Jett, Jeffrey Ventre
Comble de l'aveuglement sur sa propre responsabilité, le parc déclare dès 2010 : "Inouk est souvent malade, à cause des agressions des autres orques et de ses problèmes dentaires qui ont déjà provoqué de nombreuses infections à la gorge ainsi que des problèmes de candidose sur la langue. Il peut manifester un niveau d'énergie très faible et souffre s'il y a de la glace dans son poisson".
Comment Inouk peut-il s'alimenter sans douleur, puisque tout poisson donné aux orques du delphinarium est conservé dans la glace? De sa détresse découle des problèmes physiques d'une extrême gravité. Le rapport est sans appel, la captivité des orques fait chuter dramatiquement leurs défenses immunitaires, menant à des maladies en chaîne, et causant souvent leur mort.
Pour toute réponse au problème, Inouk a été médicamenté. Enfin, à présent que sa nageoire dorsale effondrée montre des traces de morsure, le parc en fait porter la responsabilité sur les autres orques, pourtant elles aussi victimes de cette industrie. Quel cynisme, quand il suffirait de ne pas leur imposer une telle vie de misère!
Cette situation intenable a déjà bien trop duré. Qu'attend le ministre de l’Ecologie pour agir?Nous l'avons attaqué au Conseil d'État, car il n'a toujours pas pris un nouvel arrêté "delphinarium" interdisant les échanges et la reproduction des cétacés captifs.
Nous portons plainte contre Marineland pour actes de cruauté sur Inouk! Sa place est dans un sanctuaire marin.
Inouk détenu dans un bassin d'eau chlorée et Jumbo dans un camion loin de la rivière, ont les mêmes ancêtres: les baleines. Nous cesserons de nous battre le jour où ils auront retrouvé une vraie vie.
Signez la pétition pour obtenir #UneViePourInouk !
Source: Visser, Ingrid N; Jett, John; Ventre, Jeff (2019). INOUK – Captive 20-year-old male orca, with chronic and extensive tooth damage.
Report prepared for One Voice (www.one-voice.fr) March 2019. Pp25
Jessica Lefèvre-Grav

Ce passage contient l'essentiel de ce que je souhaitais explorer.
Le coeur, l'amour, leurs liens.
"Il souriait intérieurement. Un bonheur à s’accorder, une confiance à sauver.
« On ne voit bien qu’avec le cœur. » Saint-Exupéry n’aurait jamais imaginé qu’un homme puisse vivre sans le sien, sans même un cœur humain. Diane parlait d’un émetteur plus vaste. Quoi ? Le corps entier ? Le cerveau ? Non, pas le cerveau. D’autres organes n’auraient pas été munis de neurones si tout avait été concentré là-haut. Il y avait autre chose. Pas le cœur, ça au moins, il en était certain. Et si on lui enlevait les intestins ? Qu’en serait-il ? Tout ça était trop limité. Les systèmes scientifiques avaient une vue étroite. Mais alors quoi ? Et si nous n’étions qu’un récepteur ? Et si nous n’émettions rien du tout ?
Il se redressa soudainement et eut un vertige. Il s’adossa, la main sur le front, les yeux fermés.
La force de ce flash. Nous n’étions que des récepteurs. Tout venait de l’extérieur. Sa transformation n’était pas dû au fait que son cœur n’émettait plus rien mais juste que le mental avait perdu une partie de ses repères, que l’identification avait été entamée, partiellement brisée. Les émotions venaient de l’extérieur. Aussi folle qu'elle soit, l'idée lui plaisait. Les émotions nous saisissaient parce que nous étions disponibles et ensuite, le cerveau les interprétait. Il se les attribuait parce que nous avions été éduqués ainsi. L’ego, le maître, une entité fabriquée de toutes pièces, la prétention humaine, l’identification. Oui, c’était ça… « Je suis en colère » était une affirmation totalement erronée. La colère est en moi parce que je l’ai laissée entrer. « Je me suis laissé envahir par la colère. » Voilà la réalité. Et je ne suis pas amoureux, par moi-même. L’amour est entré en moi. Il tient juste à moi de lui offrir une place durable. Rien n’est à moi, tout m’est donné. Je possède le choix de l’exploitation ou de la perdition mais pas de ce qui est.
Un bonheur immense. Un embrasement. Des bouffées d’amour qui l’envahissaient.
Des grésillements. L’accélération de son cœur.
Non, c’était impossible. Il n’avait pas bougé, les microprocesseurs n’avaient aucune raison de faire varier le rythme cardiaque. C’était inconcevable. Un trouble gigantesque. L’impression qu’il était utopique de vouloir élaborer une explication rationnelle et fiable, définitive, tangible, incontournable.
Cette impression incompréhensible d’être envahi par une entité extérieure.
Il aurait voulu que Diane soit là, il se sentait partir, un malaise, un chaos trop puissant. Il s’allongea de nouveau et ferma les yeux.
« Calme-toi, calme-toi. Respire. »
Les grésillements s’effacèrent peu à peu.
L’amour n’est pas dans notre cœur, ni dans notre cerveau, il n’a pas de coffre réservé, pas d’antre secret, pas plus de centre émetteur interne. Il n’émane pas de nous. Nous n’en sommes pas les concepteurs. L’amour est partout. Et si nous restons ouverts, il s’invite. Personne n'est apte à générer de l'amour. Il ne s'agit que de s'ouvrir à lui.
Il tentait de remonter à la source, de trouver le nœud originel qui libérerait toutes les révélations. Son cœur avait participé à ce conditionnement épouvantable de l’homme intégré et du Soi désintégré, son cœur avait été un ouvrier attelé à sa destruction. Saint-Exupéry s’était trompé. On ne voit bien qu’avec le cœur relevait d’un monde idyllique, d’un monde qui n’aurait aucune influence, qui ne chercherait pas à s’octroyer les raisons d’aimer. En perdant son cœur, les fondements même de son enfermement avaient été supprimés, non seulement la masse infinie de toutes les données enregistrées dans la boîte noire des émotions vécues mais le récepteur lui-même. Tout n’avait pas disparu puisqu’un seul organe avait été retiré mais il représentait le cœur du système. Bien évidemment.
L’homme avait fait de l’homme son propre prédateur. Nul besoin de guerre. Il suffisait d’éduquer le cœur et tout le reste suivrait, il suffisait d’inculquer les raisons d’aimer, il suffisait de canaliser les émotions, d’identifier les cibles, de laisser croire à la clientèle qu’elle était libre de ses choix. Personne n’irait accuser le cœur d’être un traître. Le cœur n’était qu’un disque dur formaté.
Les tenants de la spiritualité et de la libération des esprits seraient sans doute décontenancés d’apprendre qu’il convenait d’enlever le cœur des hommes avant de s’engager sur une voie d’éveil.
Il pensa à tous les implantés qui l’avaient précédé. Il serait intéressant de les retrouver. Une nouvelle espèce humaine. Des hommes sans cœur. Des hommes libres. Défragmentation du disque dur.
Il se sentit fatigué, comme un voyage trop long, un manque de condition spirituelle en quelque sorte.
Il se laissa partir, respiration lente et profonde, visualisation du flux d’oxygène, jusqu’à l’effacement des dernières pensées…"