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  • Approvisionnement en hélium

    Le détroit d'Ormuz, ça ne concerne pas que le pétrole.

    Le téléphone de Donald doit beaucoup sonner. 

     

    "Samsung et SK Hynix sont en alerte maximale.

    Plus d'hélium. Plus de semi-conducteurs. Plus de téléphones. Plus d'IA. Plus d'avenir.

    Les navires transportant de l'hélium ont cessé de circuler dans le Golfe.

    Voici comment tout bascule, étape par étape :

    1- L’hélium est utilisé pour refroidir les équipements de fabrication de semi-conducteurs.

    2- Sans lui, les usines de semi-conducteurs sont à l’arrêt.

    3- Il n’existe aucun substitut à l’hélium dans ce processus.

    4- La plupart des navires transportant de l’hélium via le Golfe sont désormais menacés.

    5- La Corée du Sud produit 60 % des puces mémoire mondiales.

    6- Samsung et SK Hynix fournissent Apple, Nvidia, Tesla et toutes les entreprises d’IA du monde.

    Et maintenant, observez l’effet domino :

    1- Les livraisons d’hélium s’interrompent.

    3- La production des usines de semi-conducteurs ralentit en quelques jours.

    4- Nvidia ne trouve plus de puces mémoire.

    5- Les centres de données d’IA ne trouvent plus de GPU.

    6- Apple ne peut plus fabriquer d’iPhones.

    7- Tesla ne peut plus fabriquer de voitures.

    8- Tous les serveurs cloud, tous les ordinateurs portables, tous les appareils intelligents sont retardés.

    9- L’industrie des semi-conducteurs, un secteur de 600 milliards de dollars, est paralysée.

    Et il ne s'agit pas seulement d'hélium. Il y a aussi du néon, du palladium, et tous les gaz rares qui transitent par le Golfe et la mer Rouge.

    L'Iran n'a pas eu besoin de tirer un seul missile sur une usine de semi-conducteurs.

    Il lui a suffi de rendre les voies maritimes impraticables." 

    AfricaFoodResearch Review

     

    Le blocus du détroit d'Ormuz réduit de 33% l'approvisionnement mondial en hélium, menaçant les fabricants de puces

    Edgen StockEdgen Stock·Mar 10 2026, 02:17

     

    https://www.edgen.tech/fr/news/stock/strait-of-hormuz-blockade-cuts-33-of-global-helium-supply-threatening-chipmakers

    Points Clés

    Un blocus du détroit d'Ormuz, provoqué par un conflit, a interrompu la production d'hélium au Qatar, déclenchant une grave crise d'approvisionnement pour l'industrie mondiale des semi-conducteurs. Cette perturbation supprime un tiers de l'approvisionnement mondial en hélium, un gaz essentiel pour le refroidissement des plaquettes de semi-conducteurs pendant la fabrication, exerçant une pression immense sur les principaux centres de production comme la Corée du Sud.

    Choc d'approvisionnement mondial : Trois grandes installations d'hélium au Qatar ont cessé leurs opérations, retirant instantanément environ un tiers de l'approvisionnement mondial en hélium du marché.

    Goulot d'étranglement des semi-conducteurs : L'industrie sud-coréenne des puces fait face à une perturbation critique, car elle s'approvisionne en 64,7% de ses importations d'hélium auprès du Qatar, exposant une vulnérabilité majeure de la chaîne d'approvisionnement.

    Pressions sur les coûts imminentes : Bien que les entreprises utilisent les stocks existants, un conflit prolongé de plus de deux semaines pourrait créer des mois de chaos dans la chaîne d'approvisionnement, entraînant des augmentations de coûts significatives et des retards de production.

    Le blocus du détroit d'Ormuz réduit de 33% l'approvisionnement mondial en hélium, menaçant les fabricants de puces

    Le Qatar arrête sa production, 33% de l'approvisionnement mondial en hélium supprimé

     

    Un conflit en Iran a déclenché un blocus du détroit d'Ormuz, forçant le Qatar à fermer ses trois installations de production d'hélium. Cette mesure a brusquement réduit l'approvisionnement mondial en hélium d'environ un tiers, provoquant des ondes de choc dans les industries dépendantes de ce gaz critique. L'hélium est un composant irremplaçable dans la fabrication de semi-conducteurs, où il est utilisé pour le refroidissement des plaquettes. Ce choc d'approvisionnement, combiné à une flambée des prix du pétrole à 111 dollars le baril, soulève de sérieuses inquiétudes quant à l'augmentation des coûts de production et à la stabilité opérationnelle pour l'ensemble du secteur technologique.

    Le secteur des puces sud-coréen confronté à une perturbation de 64,7% de son approvisionnement

    La crise représente une menace directe pour la formidable industrie sud-coréenne des semi-conducteurs. Selon la Korea Trade Association, le pays a importé 64,7% de son hélium du Qatar en 2025, ce qui le rend exceptionnellement vulnérable à la fermeture qatarienne. Le blocus a coupé la principale voie maritime pour ces expéditions. Cet événement met également en évidence les risques de concentration de la chaîne d'approvisionnement de la région, car la Corée du Sud dépend également d'Israël pour 97,5% de ses importations de brome, un autre matériau clé pour la gravure des puces. Bien que l'approvisionnement en brome ne soit pas encore affecté, la pénurie d'hélium expose la fragilité de l'approvisionnement en matériaux critiques provenant de zones géopolitiquement sensibles.

    Les entreprises puisent dans leurs stocks alors que les coûts à long terme augmentent

    En réponse à cette pénurie soudaine, de grands fabricants comme SK Hynix s'appuient sur les stocks d'hélium existants et recherchent activement des fournisseurs alternatifs pour atténuer les perturbations immédiates. Cela offre un amortisseur à court terme, mais ce n'est pas une solution durable. Les analystes avertissent que si le conflit et le blocus qui en résulte persistent pendant plus de deux semaines, le chaos qui en découlera pourrait prendre des mois à se résoudre. Les entreprises seraient confrontées à des coûts d'approvisionnement croissants et à des délais de livraison prolongés, même si elles peuvent se tourner vers de nouveaux fournisseurs validés. Une crise prolongée risque de retarder les investissements dans les centres de données et pourrait même entraîner des fermetures d'usines mondiales.

  • ARTE : Guerre en Iran : va-t-on vers un choc énergétique mondial ?

    Des gens compétents qui savent de quoi ils parlent. 

    Quant à Trump, il n'est pas mécontent de la hausse du prix du baril étant donné que les USA sont exportateurs...Il faudra que les marchés financiers se décident à montrer leur mécontentement, non pas les entreprises pétrolières mais toutes les autres. Une guerre, aujourd'hui encore plus qu'autrefois, c'est d'abord et avant tout un problème d'argent, de beaucoup d'argent.

     

     

  • La stagflation

     

    On se souvient tous de l'inflation déclenchée par la guerre en Ukraine.

    Certains économistes commencent à parler d'une éventuelle stagflation au regard de l'enlisement éventuel du conflit USA-Israël-Iran.

    On sait tous que le pétrole est une denrée indispensable à nos économies.

    Un pétrole cher ajouté à un ralentissement du commerce mondial en raison du blocus sur le détroit d'Ormuz, à l'extension du conflit sur des pays considérés jusqu'ici comme des zones privilégiées (Dubaï, Arabie Saoudite, Emirats arabes unis, Koweit, etc ...), c'est le mélange détonnant pour que se mette en place une stagflation généralisée et par conséquent, ici, en France.

     

    Fiche thématique

    Qu'est-ce que la stagflation ?

    Dernière modification : 10 mai 2023

    Temps de lecture  3 minutes

    L’essentiel

    La stagflation décrit une situation dans laquelle l'économie souffre simultanément d'une forte inflation et d'une croissance faible, voire nulle.

    La stagflation est un phénomène rare. Stricto sensu, elle s'est produite seulement une fois, dans l'histoire économique récente, durant les années 1970, à la suite du premier choc pétrolier. 
     

    En détail

    Le terme de "stagflation" est né de la contraction des mots stagnation et inflation : l'économie souffre simultanément d'une forte inflation et d'une croissance faible, voire nulle. La stagflation s'accompagne souvent d'un taux de chômage élevé. Si le taux de croissance devient négatif, c'est-à-dire qu'il y a une chute du produit intérieur brut (PIB), on parle de "déclinflation" (ou slumflation).

    La notion a été utilisée la première fois au milieu des années 1960 pour décrire la situation économique du Royaume-Uni. Elle a gagné de popularité au cours des années 1970, à la suite du premier choc pétrolier de 1973. Les prix du pétrole et d'autres matières premières montent en flèche, entraînant une forte accélération de l'inflation et un fort ralentissement de la croissance. Le "nouveau" phénomène économique se généralise à l'ensemble des pays industrialisés. Avec un taux de croissance à -1% en 1975 en France, le spectre de "déclinflation" a plané brièvement sur l'économie.

    La stagflation est un phénomène très rare. Contrairement au boum et à la récession qui interviennent régulièrement lors de la succession des cycles économiques, elle reste exceptionnelle.

    En 2023, avec la réapparition d'une forte inflation à la suite de la hausse des prix de l'énergie, le risque de stagflation est réapparu.

    Le phénomène de stagflation est difficile à expliquer par la théorie économique car, en principe, les taux de croissance et d'inflation évoluent dans la même direction : en période de forte croissance, les prix augmentent et vice versa.

    La stagflation pose également un problème à la théorie keynésienne classique qui suppose un arbitrage entre inflation et chômage (courbe de Philipps : l'augmentation de l'un provoque la baisse de l'autre).

    La lutte contre la stagflation s'avère délicate. Relancer la croissance risque de stimuler encore plus l'inflation. Dans le même temps, lutter contre l'inflation via des politiques monétaire et budgétaire restrictives risque d'aggraver la chute de l'activité et augmenter le chômage. 

    La stagflation des années 1970 a ainsi contribué au basculement des politiques économiques dominées par un soutien à la demande vers des politiques de l'offre, des politiques expansionnistes vers des politiques de rigueur.

     

    Dernières analyses du front...

     

    "Donald Trump s'est retrouvé pris à son propre piège" : au Moyen-Orient, les Etats-Unis face au spectre d'une guerre sans fin contre l'Iran

     

    Les objectifs du président américain ont plusieurs fois changé depuis le lancement de l'attaque contre la République islamique, le 28 février. Les experts interrogés par franceinfo imaginent un enlisement durable du conflit, avec de possibles conséquences délétères.

    Consulter le Dossier : Tout comprendre à la guerre au Moyen-Orient

    Article rédigé par Fabien Jannic-Cherbonnel

    France Télévisions

    Publié le 12/03/2026 05:48

    Temps de lecture : 8min Un incendie touchant un dépôt de pétrole après une frappe, à Téhéran (Iran) le 7 mars 2026. (NEGAR / MIDDLE EAST IMAGES / AFP)

    Un incendie touchant un dépôt de pétrole après une frappe, à Téhéran (Iran) le 7 mars 2026. (NEGAR / MIDDLE EAST IMAGES / AFP)

    Combien de temps durera encore la guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran ? Washington semble bien en peine de répondre à la question. Interrogé, le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, s'est ainsi refusé mardi 10 mars à toute précision : "Ce n'est pas à moi de dire si c'est le début, le milieu ou la fin." La veille, Donald Trump avait affirmé que la guerre était "quasiment" terminée. Quelques jours plus tôt, le président américain parlait pourtant d'une guerre de "quatre semaines". "Nous ne voulons pas partir avant l'heure, n'est-ce pas ? Nous devons finir le boulot, non ?", a-t-il encore lancé, mercredi, pendant un meeting à Hebron, dans le Kentucky.

    Les objectifs mouvants des Etats-Unis n'aident pas à y voir plus clair. Donald Trump a multiplié les déclarations contradictoires, assurant tour à tour vouloir mettre fin au programme nucléaire iranien, éradiquer les capacités balistiques du pays, aboutir à un changement de régime, ou encore contrer une menace imminente. "Les choses semblent échapper à Donald Trump, qui a voulu dupliquer le modèle de la guerre des douze jours contre l'Iran [en juin 2025], sans avoir les mêmes cartes en main", analyse auprès de franceinfo Sylvain Gaillaud, chercheur en histoire contemporaine à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Le spécialiste de l'Iran estime le chef d'Etat américain "y est allé à l'instinct", pensant "que le régime iranien, affaibli, allait s'effondrer" après la mort du guide suprême, Ali Khomeini, et plusieurs dirigeants iraniens dès le premier jour du conflit, le 28 février. Or la République islamiste résiste, et a déjà désigné Mojtaba Khamenei comme nouveau leader.

    La Maison Blanche et les fantômes du passé

    "Il y a un manque total de préparation de l'administration américaine, on a pu l'observer avec le rapatriement des ressortissants, qui n'avait pas été anticipé", estime également Tara Varma, directrice du programme de prospective stratégique du German Marshall Fund of the United States. Washington fait face "à un risque d'enlisement" en Iran, qui a touché "de nombreux présidents américains" au Moyen-Orient, ajoute l'experte. La guerre en Irak, décidée par George W. Bush en 2003, a ainsi duré près de huit ans et a déstabilisé la région pour deux décennies, causant la mort de plusieurs centaines de milliers de personnes. La décision américaine d'intervenir en Afghanistan pour chasser les talibans, après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, a finalement mené à leur retour au pouvoir, par la force, en 2021. Bien conscient de cet historique, Donald Trump avait promis de "ne pas démarrer de guerre" lors de la dernière campagne pour la présidentielle.

    Entre-temps, "Donald Trump s'est retrouvé pris à son propre piège, avec une surenchère rhétorique sur les négociations, pour finir par s'aligner sur les objectifs d'Israël, qui sont la fin du régime iranien", souligne Sylvain Gaillaud. Mardi, le Premier ministre de l'Etat hébreu, Benyamin Nétanyahou, a ainsi affirmé ne pas "pas encore terminé" avec son ennemi. En face, "l'Iran ne cherche pas de victoire militaire immédiate" mais veut "garder la face le plus longtemps possible", notamment en élargissant la guerre au Liban ou aux pays du Golfe, expliquait le 2 mars à France Culture(Nouvelle fenêtre) Julia Tomasso, spécialiste de la région à l'Institut de relations internationales et stratégiques. L'objectif : installer une guerre d'usure.

    Les prix de l'énergie scrutés

    Cette perspective inquiète le reste du monde, notamment sur le plan économique. Le prix du baril de pétrole a frôlé les 120 dollars en début de semaine, avant de redescendre. Mais le blocage du détroit d'Ormuz, contrôlé de facto par le pouvoir iranien et par lequel transite un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié, fait craindre une flambée durable du coût de l'énergie. La Commission européenne a mis en garde(Nouvelle fenêtre) lundi contre un "choc stagflationniste majeur", soit une forte inflation combinée à une absence de croissance, capable d'ébranler l'économie mondiale.

    Les Etats-Unis ont laissé entendre qu'ils pourraient escorter les pétroliers transitant dans le détroit. Mais la promesse est jugée irréaliste par les spécialistes, alors que Téhéran laisse entendre qu'il pourrait miner le passage. Mercredi, plusieurs navires se trouvant dans la zone ont été touchés par des "projectiles inconnus", provoquant un incendie à bord de l'un d'eux, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO. Dans le même temps, la production d'hydrocarbures par les pays du Golfe tourne au ralenti. La raffinerie de Ruwais aux Emirats arabes unis, l'une des plus grandes au monde, a ainsi suspendu son activité mardi après une attaque de drone.

    "Aucune unité nationale" pour Donald Trump

    Plus largement, le conflit risque de déstabiliser un peu plus le Moyen-Orient. "Les pays du Golfe voient d'un très mauvais œil ce conflit, analyse Sylvain Gaillaud. La disparition du régime iranien ne suscitera la détresse de personne, mais la question est de savoir ce qu'il y a après, de trouver un substitut qui donne de la stabilité régionale." Un enlisement du conflit poserait aussi la question "de la crédibilité et validité des garanties de sécurité américaine" pour les Etats de la région, dont certains sont des alliés de Washington, comme un écho aux questionnements européens après l'épisode groenlandais.

    "Les pays du Golfe se sont construits comme des îlots de stabilité et de richesse. S'ils ne sont plus correctement protégés, cela deviendra très compliqué pour eux."

    Tara Varma, directrice du programme de prospective stratégique du German Marshall Fund of the United States

    à franceinfo

    Du côté des Etats-Unis, se pose par ailleurs la question de l'opinion publique, alors que plusieurs soldats américains ont perdu leur vie depuis le début du conflit. Seuls 29% des Américains approuvent l'opération en Iran, selon un sondage Ipsos(Nouvelle fenêtre) publié lundi. "L'unité nationale sur ce sujet n'existe pas aux Etats-Unis, contrairement à ce qu'il se passe en Israël", souligne Tara Varma. La guerre pourrait réduire les chances des candidats républicains aux élections de mi-mandat, prévues en novembre, déjà traditionnellement défavorables au pouvoir en place. "Une victoire des démocrates à la Chambre des représentants et au Sénat redonnerait au Congrès son rôle de contre-pouvoir", rappelle la spécialiste.

    Mais arrêter la guerre pourrait s'avérer compliqué. "Le problème est que les deux parties sont actuellement déterminées à ne pas céder en premier", estime sur X(Nouvelle fenêtre) la chercheuse Kelly Grieco, spécialiste de la politique étrangère américaine au centre Stimson, basé à Washington. "Un camp augmente le coût [d'une possible fin] du conflit, puis l'autre en fait de même à son tour. Trouver une porte de sortie devient alors à chaque fois de plus en plus difficile. C'est ça le danger", ajoute-t-elle.

    "Il est difficile de trouver un scénario dans lequel Donald Trump pourra dire : 'J'ai obtenu ce que je souhaitais", résume Sylvain Gaillaud. La suite du conflit dépendra aussi de l'attitude du gouvernement israélien et de sa stratégie jusqu'au-boutiste. Donald Trump parviendra-t-il à imposer une fin des hostilités à son allié ? "Il est en tout cas tout à fait possible qu'il décide de se désengager de manière abrupte de cette guerre", estime Tara Varma, tant les décisions du chef d'Etat américain sont imprévisibles. Mais même si la guerre s'arrêtait demain, elle laisserait "d'importants dégâts et une situation très instable dans la région", prévient l'experte.

     

  • Restaurer les haies

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    L'aubépine pousse dans presque toutes les haies de France, et pourtant rares sont ceux qui savent qu'elle servait autrefois de clôture vivante bien avant l'invention du fil barbelé. Nos campagnes regorgent d'arbustes natifs dont les rôles écologiques et les usages anciens sont tombés dans l'oubli

    Aubépine (Crataegus monogyna) : reine des haies bocagères, elle nourrit plus de 150 espèces d'insectes et ses baies tiennent tout l'hiver pour les grives et les merles.

    Prunellier (Prunus spinosa) : premier arbuste à fleurir en fin d'hiver, ses épines protègent les nids des prédateurs. Ses prunelles servent à préparer le vin d'épine.

    Sureau noir (Sambucus nigra) : chaque partie a un usage — fleurs en beignets, baies en sirop, bois creux pour les sifflets. Les anciens l'appelaient la pharmacie du pauvre.

    Cornouiller sanguin (Cornus sanguinea) : ses rameaux rouges illuminent les haies en hiver. Son bois, parmi les plus durs d'Europe, servait à fabriquer des manches et des flèches.

    Troène commun (Ligustrum vulgare) : arbuste des lisières calcaires, ses fleurs parfumées en juin attirent une diversité de pollinisateurs difficile à égaler.

    Viorne obier (Viburnum opulus) : spectaculaire en automne avec ses grappes rouge translucide, elle pousse en sol frais et nourrit les fauvettes dès septembre.

    Fusain d'Europe (Euonymus europaeus) : ses fruits roses éclatants cachent des graines orange vif. Toxiques pour l'homme, elles sont indispensables aux rouges-gorges en migration.

    Noisetier commun (Corylus avellana) : ses chatons apparaissent dès janvier, première source de pollen pour les abeilles en sortie d'hivernage. Ses branches souples servaient en vannerie.

    Bourdaine (Frangula alnus) : discrète et méconnue, elle est pourtant la plante hôte exclusive du citron de Provence, un papillon jaune emblématique.

    Genêt à balais (Cytisus scoparius) : colonisateur des terres pauvres, il fixe l'azote et prépare le sol pour les espèces forestières qui lui succéderont.

    Églantier (Rosa canina) : ancêtre sauvage de nos rosiers, ses cynorrhodons contiennent vingt fois plus de vitamine C que l'orange. Les confitures d'églantine restent une spécialité régionale.

    Nerprun purgatif (Rhamnus cathartica) : arbuste des coteaux secs, il produit un colorant vert utilisé par les enlumineurs du Moyen Âge et reste un refuge pour les insectes auxiliaires.

    Ces arbustes forment le maillage invisible qui tient nos paysages ensemble — corridors pour la faune, brise-vent pour les cultures, garde-manger pour les pollinisateurs. Replanter une haie d'espèces locales, c'est restaurer un patrimoine vivant que trois générations de remembrement ont failli effacer.

  • Une fois la tempête passée

    « Je ne sais pas quelles seront les armes de la Troisième Guerre mondiale, mais celle de la quatrième seront des pierres et des bâtons. »

    Albert EINSTEIN

     

    On sait tous que la folie humaine rend possible l'éclatement d'une troisième guerre mondiale. Le nier relèverait d'un déni aux conséquences fâcheuses. Nous savons aujourd'hui quelles en seraient les armes. Missiles et drones et éventuellement le recours fatal à l'arme nucléaire. Et dans cette hypothèse, il est clair que le retour à l'âge préhistorique est envisageable, pour ceux et celles qui auraient survécu.

    Ce qui est effrayant dans cette citation, c'est d'entendre le savant lancer l'hypothèse que ces survivants porteraient toujours en eux, cette idée que la guerre est une chose juste, justifiable, que les gains à saisir sont plus importants que les pertes à subir, que rien de bon n'aurait émergé dans l'esprit des survivants de la troisième guerre mondiale ou de leurs descendants, que l'Histoire est un éternel recommencement et que rien ne pourrait guérir l'humain de ses travers les plus profonds.

    C'est justement l'inverse de cette idée que je cherche à développer dans le tome 4 de la dystopie en cours.

    Voilà le texte en exergue : 

     

    «Une fois la tempête passée, tu te demanderas comment tu as fait pour la traverser, comment tu as fait pour survivre. Tu ne seras pas très sûr, en fait, qu’elle soit vraiment achevée. Mais sois certain d’une chose : une fois que tu auras essuyé cette tempête, tu ne seras plus le même. »

    Haruki MURAKAMI

     

     

  • Journalistes en danger.

    Des journalistes en danger quand ils essaient d'alerter et donc de nous protéger. 

    «Je ne pensais pas que le sujet de mes articles pouvait m’attirer des problèmes» : la journaliste experte des PFAS Stéphane Horel cible de pressions

     

    https://vert.eco/articles/je-ne-pensais-pas-que-le-sujet-de-mes-articles-pouvait-mattirer-des-problemes-la-journaliste-experte-des-pfas-stephane-horel-cible-de-pressions

    PFAS aux faits. La journaliste d’investigation, qui coordonne des enquêtes internationales sur le scandale sanitaire des «polluants éternels», a été la cible de vols et de tentatives d’effraction de son domicile. Dans cet entretien à Vert, elle revient sur ces événements et sur la spécificité de son travail sur les PFAS.

    10/03/2026

    Par Mathilde Picard

     

    À l’origine de nombreuses révélations sur les scandales de pollutions chimiques, Stéphane Horel est journaliste au Monde depuis 2018. Ciblée par des intimidations depuis 2023, elle a porté plainte mi-février aux côtés de son média pour «entrave à la liberté d’expression, atteinte à l’intimité de la vie privée, tentative de violation de domicile, vol et détérioration de biens privés».

    Reporters sans frontières lui a apporté son soutien et affirme que si les faits sont avérés et organisés par une seule personne, «ce serait une atteinte très grave à la liberté de la presse et au droit des citoyen·nes à avoir accès à de l’information d’intérêt général». L’ONG rappelle que «de telles méthodes qui relèvent de moyens criminels sont rares en France, mais existent bien, comme l’ont montré les pressions exercées sur le média Fakir».

    Quels évènements ont mené à la plainte contre X que vous avez déposée aux côtés du Monde ?

    J’ai coordonné le Forever pollution project, une enquête transfrontalière qui a révélé l’ampleur de la contamination aux PFAS. Elle a donné lieu à une carte des zones les plus polluées en Europe. Dans la continuité, nous avons lancé le Forever lobbying project, une investigation collective sur le lobbying de l’industrie afin d’empêcher l’interdiction de ces substances dans la réglementation. J’ai rassemblé une équipe de 46 personnes pour mener ces enquêtes. C’est un projet collaboratif et je me sens responsable de la sécurité de mes collègues et de notre travail.

    Or, le 3 janvier 2025, à dix jours de la publication du Forever lobbying project, j’étais chez moi et j’ai entendu un bruit métallique à l’extérieur de mon appartement. Peu après, je suis sortie sur mon palier et j’ai vu une marque autour de la serrure, la peinture était abîmée et le cylindre enfoncé. J’étais quasi seule dans l’immeuble, j’ai vérifié toutes les serrures de mes voisins : aucune autre n’avait été abîmée. J’en ai parlé avec les collègues avec qui je bosse sur le projet. Ils m’ont fait remarquer que c’était la troisième fois cette année que j’avais «un problème avec ma porte».

    Stéphane Horel coordonne une enquête transfrontalière sur les PFAS, ces polluants toxiques pour la santé et ultra-persistants dans l’environnement. © Lisa Drian/Vert

    Je me suis souvenue qu’en mai 2024, le lendemain de mon arrivée à une conférence de journalisme d’investigation à côté de Bruxelles, mes voisins m’avaient prévenue que ma serrure avait été cassée. Quelques mois plus tard, j’intervenais dans une autre conférence à Bologne : même scénario, ma serrure était de nouveau abîmée. J’ai compris que ces deux incidents étaient arrivés à des moments où mon absence était connue publiquement.

    «Sur la question de la pollution aux PFAS, les enjeux économiques sont colossaux.»

    Le vol de mon sac à dos dans un bar en juillet 2024 était-il un hasard ? En juin dernier, je me suis aussi fait voler mon téléphone à la terrasse d’un café, dans des circonstances un peu bizarres. Je ne m’étais jamais retrouvée dans des commissariats, et là j’y suis allée quatre fois en 18 mois, dans une période où je travaillais uniquement sur les PFAS. Le 3 septembre dernier, un homme m’a suivie en vélo jusqu’à l’endroit où je m’étais garée, au pied des locaux du Monde. Il a uniquement volé ma sacoche et ne s’en est pris à aucun autre vélo autour. Nous avons donc porté plainte avec Le Monde. Heureusement, aucun collègue ou chercheur du projet collaboratif n’a vécu ce même type d’incident.

    Travailler sur les questions environnementales est-il devenu risqué pour les journalistes ?

    Je ne pensais pas que le sujet de mes articles pouvait m’attirer des problèmes. J’ai des collègues qui travaillent sur des oligarques et des trafiquants de drogue au quotidien… Je n’envisageais pas que mes enquêtes pouvaient être aussi sensibles par rapport aux leurs. Je me suis dit que, peut-être, les gens visés par nos enquêtes voulaient savoir ce qu’on allait révéler, et qu’après la publication de nos articles on allait me laisser en paix. Mais ça n’a pas été le cas.

    © Lisa Drian/Vert

    En dehors de l’Europe, les journalistes les plus ciblés par des menaces et des assassinats, ce sont ceux qui travaillent sur l’environnement. Est-ce que ça devient aussi problématique en France ? Sur la question de la pollution aux PFAS, les enjeux économiques sont colossaux, on parle de dizaines ou centaines de milliards d’euros. Sans compter que, sur les questions environnementales, des personnes qui ont d’autres rôles dans la société subissent également des intimidations gravissimes. C’est le cas de Claire Nouvian, directrice de l’ONG Bloom, qui lutte pour une meilleure réglementation de l’industrie de la pêche et pour la protection des océans.

    Ces intimidations ont-elles changé votre quotidien de journaliste ?

    Il y a des périodes où j’étais aux aguets, mais on ne peut pas l’être tout le temps. Maintenant, je me demande beaucoup plus ce qui, dans mon travail, peut susciter ce genre d’évènements. Je ne bosse que sur les PFAS depuis 2022. Est-ce qu’il s’agit d’intimidations, ou de personnes qui voulaient se renseigner sur ce que nous allions publier ? Impossible de savoir, on peut seulement émettre des hypothèses.

    Comment en êtes-vous venu à travailler sur les PFAS, ces polluants persistants toxiques ?

    Les PFAS, c’est mon obsession journalistique, ça fait partie des sujets qui te percutent. C’est un sujet total qui recoupe toutes les problématiques liées à la pollution. Cela révèle les manquements de nos gouvernements, qui n’ont pas instauré de règles adéquates pour protéger la population.

    «Rendre visible l’invisible.»

    En enquêtant sur ces substances, j’ai découvert le concept du state-facilitated corporate crime : ce sont les dommages industriels facilités par l’État. Ce ne sont pas les entreprises les méchantes de l’histoire, et les pouvoirs publics les victimes : les normes sont coconstruites avec les pouvoirs publics, donc il y a une véritable absence de curiosité de leur part sur ce qu’il se passe à l’intérieur des usines. On compromet notre santé pour une molécule qui sert à protéger la moquette. Aujourd’hui, les bébés naissent pré-pollués, on a tous des PFAS dans le sang – et les enfants dans une proportion bien plus importante.

    Comment faire pour informer sur une pollution d’une telle ampleur et aux conséquences si graves sans se décourager ni accabler le public ?

    Il faut une énergie joyeuse pour travailler sur des sujets comme ça. Avoir de l’humour peut apporter de nouvelles idées, une perspective neuve sur les problèmes. Il y a une quinzaine de jours, lors d’une réunion pour préparer un voyage à Bruxelles, où certains d’entre nous ont suivi des «habitants de la pollution» [qui vivent dans des zones hautement contaminées, NDLR], j’ai fait une blague en disant : «I am a PFAS hotspot» [«Je suis une zone de haute contamination aux PFAS»], et ça a fini sur des autocollants qu’ils ont distribués pendant leurs rendez-vous.

    C’était une blague qui attrapait quelque chose de très réel : une des femmes italiennes que j’ai rencontrées a plus de 100 nanogrammes par millilitre (µg/l/ml) de PFAS dans le sang. Les Académies nationales des sciences, de l’ingénierie et de médecine américaines estiment que les patients présentant une concentration supérieure à 20 ng/ml devraient subir une série d’examens pour prévenir des effets importants sur la santé. Elle a eu un cancer du sein. L’humour permet de vulgariser ces sujets-là parce que, quand on parle de polluants, on doit rendre visible l’invisible. Et on peut avoir de la fantaisie tout en étant très carré.

    «On n’a pas encore pris la mesure du problème.»

    Le journalisme cross-border [transfrontalier, en collaboration avec des enquêteur·ices de différents pays, NDLR] crée aussi un espace de liberté énorme pour développer les sujets environnementaux. Il permet de sortir l’investigation des scandales politico-financiers sur lesquels elle se concentrait traditionnellement, et de féminiser la profession.

  • Détruire les datacenters

    C'est une nouveauté : le bombardement de datacenters.

    Le cloud héberge des services financiers, des systèmes de santé, des communications d’État et des données industrielles critiques, quels critères géopolitiques doivent guider le choix d’une région d’hébergement ? Les Émirats arabes unis sont devenus ces dernières années une destination prisée pour les grandes infrastructures numériques, attirées par une fiscalité avantageuse, une connectivité dense et une stabilité perçue comme solide.

    La nuit du 1er mars a mis un sérieux bémol à cette perception.

    C'est le système informatique qui est visé et on sait tous l'importance considérable de cette technologie.

     

    Guerre en Iran : les datacenters américains dans le viseur

     

    En ciblant les datacenters d’AWS au Moyen-Orient, l’Iran désigne les infrastructures numériques comme des cibles de guerre.

    Par Philippe Leroy, Le 6 mars 2026, 17h18

    3 min

    Des drones iraniens ont frappé délibérément cette semaine les data centers d’AWS aux Émirats arabes unis et à Bahreïn. Selon le Financial Times (FT), c’est la première fois qu’une opération militaire prend pour cible les infrastructures d’une entreprise technologique américaine de premier plan.

    L’agence Fars News, proche des Gardiens de la révolution islamique, a revendiqué ce jeudi des frappes contre des installations d’Amazon et de Microsoft dans la région. Si Microsoft a démenti tout incident opérationnel, AWS a confirmé que deux de ses sites aux Émirats avaient été « directement touchés » par des drones, mettant hors service deux de ses trois zones de disponibilité régionales.

    Un data center en Bahreïn a également été atteint lors d’une attaque à proximité. AWS a conseillé à ses clients de migrer leurs données vers d’autres régions, reconnaissant que « l’environnement opérationnel au Moyen-Orient reste imprévisible ».

    Des cibles difficiles à défendre

    Les data centers présentent des caractéristiques qui en font des cibles vulnérables : des groupes électrogènes diesel, des turbines à gaz, et surtout d’imposants systèmes de refroidissement. « Ce sont des installations tentaculaires, et si vous mettez hors service les refroidisseurs, vous pouvez les mettre entièrement hors ligne », explique au FT Sam Winter-Levy, chercheur à la Carnegie Endowment for International Peace.

    Lire aussi : OpenAI se raccroche à AWS pour avancer sur l'agentique

    Matt Pearl, du think-tank américain CSIS, résume la logique de ces offensvives : « Les Iraniens voient les data centers comme une composante du conflit. C’est une façon d’avoir un impact réel dans la région. »

    L’eldorado de l’IA du Golfe remis en question ?

    Les conséquences de ces frappes dépassent largement le cadre militaire. Le Golfe avait misé sur son image de havre de stabilité pour attirer des investissements colossaux dans l’intelligence artificielle. L’Arabie saoudite, via son entité Humain, et les Émirats arabes unis, via G42, ont engagé des milliards aux côtés de Nvidia, Amazon et Microsoft pour construire de vastes clusters de data centers.

    Abu Dhabi accueille également l’un des gigantesques projets « Stargate «  d’OpenAI. Le mois dernier encore, Microsoft annonçait l’ouverture prochaine d’un nouveau centre Azure en Arabie saoudite.

    « Ces frappes pourraient fondamentalement changer le calcul de risque pour les investisseurs privés, les assureurs et les entreprises technologiques elles-mêmes », avertit Jessica Brandt, du Council on Foreign Relations. « Le Golfe s’était vendu comme une alternative sûre à d’autres marchés. Cet argument vient de perdre de sa force. »

    Un avertissement mondial

    Au-delà des capitaux, c’est le recrutement de personnel d’ingénierie et de construction qui pourrait pâtir du nouveau climat d’insécurité, selon un vétéran américain de l’industrie tech installé dans la région, cité par le FT. Il compare le projet « Stargate » aux usines de fabrication de puces d’Intel en Israël, protégées par l’armée et entourées de défenses anti-aériennes : « Il faut intégrer la protection dès le départ, c’est incontournable pour un projet de cette envergure. »

    Reste que l'attaque soulève une question qui dépasse le seul Moyen-Orient. « C'est un avant-goût de ce qui va venir, et ces types d'attaques ne se limiteront pas à cette région », prévient Winter-Levy. À l'heure où les infrastructures numériques deviennent le nerf de la guerre économique et technologique mondiale, leur protection physique s'impose désormais comme un enjeu de souveraineté à part entière.

     

  • Risque d'enlisement

    Je tente de suivre les événements au Moyen-Orient. Non pas avec BFMTV ou TF1 mais sur les pages de personnes que je suis depuis longtemps et que j'ai toujours trouvé pertinentes, informées, objectives. Le détroit d'Ormuz, l'approvisionnement en pétrole (bien que 80 % du pétrole passant par Ormuz part vers l'Asie), on est dans une problématique explosive au regard de la hausse des cours du pétrole et par conséquent d'un retour violent de l'inflation. Et donc d'un impact majeur sur les économies occidentales. On sait tous que les marchands vont répercuter les coûts sur les consommateurs. La durée du conflit va être déterminante pour la suite. J'ai déjà parlé ici des risques systémiques, inflation, économie, finance, dette, banqueroute, effondrement du commerce mondial. Encore une fois, les puissants affûtent la lame du rasoir.

    Nous tous, on regarde, on observe, on cherche à comprendre, à anticiper, à notre humble niveau.

    Depuis une semaine, avec le beau temps, on a pu reprendre les activités dans le potager.

    On sait à quel point, c'est une situation de privilégiés.

    Là-bas, ils comptent les morts. 

     

     

    Cyrus Farhangi

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    Contrairement à ce que j'imaginais intuitivement au départ, l'Iran aurait en fait la capacité, par ses drones pas chers et ses mines maritimes, de bloquer le Détroit d'Ormuz pendant "des mois".

    Ce n'est évidemment pas le seul risque d'enlisement de ce conflit, mais ce serait un choc de grande ampleur sur l'économie mondiale et la sécurité alimentaire (le pétrole-gaz est déjà critique pour l'approvisionnement alimentaire, mais par le détroit d'Ormuz transite également un tiers du commerce mondial d'engrais azotés).

    L'Iran est un important fabricant de drones et dispose d’une capacité industrielle permettant d’en produire environ 10 000/mois, selon le Centre for Information Resilience, groupe de recherche financé par le ministère britannique des Affaires étrangères.

    « L’Iran ne va pas céder facilement ni rapidement ; il dispose des moyens de rendre dangereuse la circulation commerciale dans le détroit d’Ormuz », déclare à Reuters Bob McNally, président du cabinet Rapidan Energy Group.

    « Les États-Unis donnent la priorité aux attaques contre les munitions, les bases et les installations iraniennes qui menacent le détroit. Mais il suffit à l’Iran de montrer qu’il peut frapper quelques pétroliers, et l’inquiétude fera le reste : les navires n’oseront tout simplement plus passer ».

    La dernière génération de drones Shahed-136 possède une portée de 700 à 1 000 kilomètres, suffisante pour atteindre n’importe quel point de la côte sud du Golfe, selon Farzin Nadimi, chercheur au Washington Institute.

    Ces drones parviennent à pénétrer les systèmes de défense aérienne des États du Golfe : 65 d’entre eux sont entrés aux Émirats arabes unis depuis le début du conflit.

    Ils ont frappé des centres de données d’Amazon, l’aéroport international de Dubaï et un hôtel Fairmont. Bahreïn a subi des dommages matériels sur des infrastructures, une base navale américaine et une tour comprenant un hôtel et des appartements.

    Des négociants pétroliers se préparent à de nouvelles hausses des prix.

    « Je suis très inquiet : ce risque est actuellement sous-évalué sur les marchés pétroliers », a déclaré un cadre dirigeant de Vitol, société mondiale de négoce de matières premières. « La théorie dominante est que l’Iran utilise d’abord des missiles et des drones plus anciens pour épuiser les défenses aériennes. Si c’est le cas, leur véritable riposte n’a pas encore vraiment commencé. »

    Si les missiles et les drones venaient à manquer, l’Iran pourrait déployer des mines marines. Téhéran disposerait d’un stock de 5 000 à 6 000 mines de ce type, selon Dryad Global, société spécialisée dans l’analyse des risques maritimes.

    « Si des mines marines sont posées, il faudra beaucoup de temps pour s’en débarrasser », a déclaré Cormac McCarry, directeur chez Control Risks spécialisé dans le renseignement maritime et les services de sécurité. « C’est à ce moment-là que l’on pourrait parler de plusieurs mois de perturbations. »