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"Nous creusons nos propres tombes"
Par
Thierry LEDRU
Le 10/11/2021
Nous creusons surtout celle de nos enfants.
Il faut imaginer cette situation.
Donner la vie et en même temps, creuser les tombes des nouveaux arrivants.
Nous en sommes là.
Cop26 à Glasgow . « Nous creusons nos propres tombes » : les dirigeants au pied du mur
Les dirigeants du monde entier réunis à Glasgow pour la conférence climat de l’Onu ont été sommés de prendre enfin des mesures concrètes au nom de l’avenir des futures générations.
Ouest-FrancePublié le 01/11/2021 à 21h03
Il est temps de dire « Assez » », a lancé Antonio Guterres, le secrétaire général de l’Onu, qui n’a pas mâché ses mots devant les quelque 120 dirigeants de tous les continents et les milliers de délégués et d’observateurs du sommet.
Assez de brutaliser la biodiversité. Assez de nous tuer nous-mêmes avec le carbone. Assez de traiter la nature comme des toilettes. Assez de brûler, forer et extraire toujours plus profond. Nous creusons nos propres tombes », a-t-il martelé.
Les principaux dirigeants de la planète ont ensuite répondu, chacun à leur manière, sur la ligne de crête entre engagements et contraintes politiques nationales.
Emmanuel Macron souhaite ambition et solidarité
Rappelant l’objectif commun d’un réchauffement limité à + 1,5 °C, conforme aux Accords de Paris, Emmanuel Macron a estimé que la France, mais plus largement l’Union européenne, le Royaume-Uni, sont aujourd’hui au rendez-vous de ces engagements. Notre défi est maintenant de les mettre en œuvre et je n’en sous-estime ni l’importance ni la difficulté.
Bottant en touche, il a estimé que la clé pour les quinze prochains jours ici dans notre Cop, est que les plus gros émetteurs, dont les stratégies nationales ne sont pas conformes à notre objectif des 1,5 °C, rehaussent leur ambition », allusion notamment à la Russie et à la Chine.
« Il est minuit moins une sur l’horloge de l’apocalypse »
Hôte de la Cop, le Premier ministre britannique Boris Johnson n’était pas en reste en matière de proclamation. L’humanité a longtemps joué la montre sur le climat. Il est minuit moins une sur l’horloge de l’apocalypse. Nous devons agir maintenant », a-t-il renchéri, mettant en garde contre la colère incontrôlable que provoquerait un échec de cette Cop26, six ans après les Accords de Paris.
Le G20 qui réunissait à Rome, ce week-end, les représentants des pays représentant 80 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, a bien réaffirmé à l’unisson l’objectif de limiter le réchauffement à + 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Mais cela n’a convaincu ni les ONG ni Antonio Guterres qui a fait part de ses espoirs déçus ».
Lire aussi : Climat, taxe mondiale, aide aux pays pauvres : le G20, ou la diplomatie tous azimuts
Faire « cause commune »
Les présidents russe et chinois figurent parmi les grands absents à la Cop26. Pékin a formellement déposé ses nouveaux engagements climat qui reprennent sans les renforcer les promesses faites par le président Xi Jinping. Quant à l’Inde, autre gros émetteur, elle s’est fixée comme objectif d’atteindre la neutralité carbone en 2070 », a annoncé lundi à Glasgow le Premier ministre indien, Narendra Modi.
Cop26 : l'avenir de la planète se joue-t-il à Glasgow ?
Dans un message vidéo, ce lundi soir, la reine Elizabeth II a exhorté les dirigeants mondiaux à faire « cause commune » pour s’attaquer au changement climatique. « En travaillant côte à côte, nous avons la capacité de résoudre les problèmes les plus insurmontables et de triompher de la plus grande des adversités. »
Par
Thierry LEDRU
Le 10/11/2021
"Désormais, le réchauffement est irréversible"
Paris Match | Publié le 08/11/2021 à 04h00
Interview Romain Clergeat


13 juin 2019. Les chiens de traîneau du climatologue danois Steffen Olsen pataugent dans l'eau du ford d'Inglefield qui devrait être gelé à cette période.AFP
Ce n’est plus de la science-fiction. Le sommet sur le climat qui vient de débuter à Glasgow apparaît comme celui de la dernière chance tant l’urgence est criante. En un siècle, la planète s’est réchauffée de 1,1 °C. Match a donné la parole à Valérie Masson-Delmotte, coprésidente du Giec.
Paris Match. L’activité des hommes est indiscutablement la cause des bouleversements climatiques, écrivez-vous dans le dernier rapport du Giec. Cela sonne-t-il, une bonne fois pour toutes, le glas du climato-scepticisme ?
Valérie Masson-Delmotte. Les connaissances scientifiques n’ont fait que s’affiner et le constat est clair : ce sont les activités humaines qui rajoutent des gaz à effet de serre, et ceux-ci piègent de la chaleur. Cette dernière s’accumule, devient responsable du réchauffement des océans, de la fonte généralisée des glaces et affecte le vivant. Sur la terre comme sous la mer. Par rapport à la fin du xixe siècle, nous en sommes à 1,1 degré de réchauffement. Oui, nous estimons qu’il est dû à l’influence humaine : 80 % à 90 % proviennent des énergies fossiles, pétrole, charbon, gaz, de la déforestation, de la destruction de zones humides, du méthane issu de l’élevage des ruminants… La conséquence, ce sont des événements extrêmes, plus fréquents et plus intenses, des pluies torrentielles et des sécheresses, ici et partout. Si nous n’avions pas altéré le climat, la vague de chaleur en Europe de l’été 2019 n’aurait pas eu cette intensité. Les records de température se succèdent, amplifiés par les îlots de chaleur dans les villes. Dans toutes les parties du monde, on vit déjà avec des valeurs qui dépassent les seuils de tolérance, pour les écosystèmes ou les sociétés. Et ces phénomènes ne vont pas s’arrêter demain. Mais leur intensité dépend du niveau de réchauffement planétaire. Donc des choix que nous allons faire.
Les extrêmes chauds, qui survenaient une fois tous les 50 ans, se produisent maintenant une fois tous les 10 ans en moyenne mondiale
La Cop21 en 2015 avait été un succès, disait-on. Or, depuis cinq ans, jamais les températures n’ont été aussi élevées. Pourquoi ?
Cette conférence était le début d’un processus. Un cadre structuré où chaque pays met sur la table ses engagements, réactualisés tous les cinq ans. Avec des mécanismes de solidarité, car les responsabilités ne sont pas les mêmes partout. Certains ont un poids historique dans la situation actuelle, et une capacité plus grande à agir. D’autres sont particulièrement exposés et vulnérables. Ces derniers mois, les engagements des pays ont été révisés à la hausse. C’est une bonne nouvelle. Les scénarios pour le futur proche, de très fortes émissions de gaz à effet de serre, sont moins plausibles. Tant mieux. Néanmoins, les engagements pris en 2015 et réactualisés signifient malgré tout que les émissions vont stagner dans les prochaines décennies. Cela implique de dépasser, dans les vingt prochaines années, un réchauffement de 1,5 degré, associé à une augmentation très forte de risques majeurs. Les extrêmes chauds, qui survenaient une fois tous les cinquante ans, se produisent maintenant une fois tous les dix ans en moyenne mondiale. Ils seront plus fréquents dans un monde à +1,5 degré. Davantage encore au-delà. Les épisodes de fortes précipitations intervenaient une fois tous les dix ans en 1850-1900, leur fréquence a augmenté de 30 % aujourd’hui. Ce sera +50 % dans un monde à +1,5 degré et +70 % dans un monde à +2 degrés. Chaque fraction de réchauffement supplémentaire a des effets énormes, il faut bien le comprendre.
Malheureusement, le niveau d’ambitions et d’actions n’est encore pas suffisant. Si on abaissait maintenant fortement les émissions de gaz à effet de serre, nous aurions des bénéfices rapides sur la qualité de l’air, mais pas sur la dérive du climat. Pour cela, il faudrait attendre une vingtaine d’années. Il faut bien comprendre que le climat ne s’est pas encore ajusté. Les glaciers vont continuer à reculer pendant des décennies. L’échelle de temps pour l’océan profond est de plusieurs siècles. Pour le Groenland et l’Antarctique, de l’ordre de milliers d’années. Il y a des conséquences qui seront inexorables. Si l’on peut stopper le réchauffement, la montée du niveau des mers est en revanche inévitable. On peut simplement limiter son ampleur et sa vitesse, mais il faudra faire avec, à l’échelle de millénaires. En 2100, nous aurons gagné 50 centimètres par rapport à 1900. À l’horizon 2300, nous pourrions être à 3 mètres.
L'accumulation de chaleur dans l'océan nous aide, mais rend le réchauffement de surface irréversible
Cette notion n’est pas encore vraiment bien admise par le grand public, mais le réchauffement climatique enclenché est désormais irréversible. C’est bien cela ?
Les gens pensent parfois que nous avons un thermostat et qu’il suffirait de le baisser pour que le climat se refroidisse. Mais ça ne marche pas comme ça ! Pour ce qui est du déséquilibre du bilan énergétique de la Terre, qu’on a provoqué, plus de 90 % de la chaleur rentre dans l’océan. Pour donner un ordre de grandeur, c’est vingt fois plus que l’ensemble de l’énergie consommée par l’humanité chaque année ! C’est colossal. L’accumulation de chaleur dans l’océan nous aide, car cela limite le réchauffement de surface mais le rend irréversible.
Il faut donc déjà penser à s’adapter à un climat qui va changer ?
Tout à fait. Notre rapport est disponible à l’échelle régionale. Avec un atlas interactif (interactive-atlas.ipcc.ch/), qui permet de visualiser ce que signifie un climat qui change, selon les scénarios. Et des seuils au-delà desquels il y aura impacts et conséquences. Ces informations sont là pour être utilisées. Car, aujourd’hui encore, beaucoup de décisions sont prises en regardant dans le rétroviseur. Par exemple, quand on redimensionne l’aménagement d’une rivière, on réfléchit encore par rapport aux crues et aux records de pluie du siècle passé. Mais demain, ce sera peut-être bien pire. Il faut l’anticiper. Sinon, on court derrière un climat qui change.
J'espère que les connaissances scientifiques que nous apportons seront prises en compte
Qui dit réchauffement dit stress hydrique. L’eau, fondamentale pour la vie, va-t-elle devenir l’enjeu majeur du siècle à venir ?
Quand l’atmosphère se réchauffe, cela augmente l’évaporation et la transpiration des sols. Un climat qui se modifie, cela intensifie le cycle de l’eau. Dans les régions froides, ce sera une augmentation moyenne des précipitations. Dans les régions chaudes, en revanche, il y aura une baisse de la pluviométrie. C’est déjà le cas en Afrique du Sud, autour de la Méditerranée, en Californie, en Amérique centrale, dans certains endroits en Australie… C’est une aridification attendue. Et dans des régions où les agricultures dépendent souvent entièrement de la pluviométrie…
Lire aussi.Climat : les prévisions choc d'un brouillon de rapport du Giec
Qu’attendez-vous de cette Cop26 ?
J’espère que les connaissances scientifiques que nous apportons sur les évolutions futures du climat, par exemple, seront prises en compte pour l’utilisation des fonds multilatéraux pour l’aide à l’adaptation. Afin que les investissements futurs fonctionnent, dans un climat qui change. J’espère aussi une action plus visible des pays les plus prospères pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. En effet, selon les estimations, les 10 % les plus riches émettent entre un tiers et la moitié des émissions globales. 
Par
Thierry LEDRU
Le 10/11/2021
C'est effarant ce titre.
Ce ne sont pas des pays qui trichent sur les chiffres mais les Etats ou gouvernants.
Les pays, ce sont les peuples.
Les peuples n'ont pas accès aux chiffres, ils ne délivrent aucun compte-rendu.
Alors, pourquoi ce titre ? Pourquoi nier ou vouloir cacher la responsabilité de ceux qui nous gouvernent ?
COP26 : de nombreux pays déclarent des émissions de gaz à effet de serre inférieures "de 20 à 30%" aux "meilleures estimations des scientifiques"
Une analyse publiée dans le "Washington Post" révèle des pratiques qui éloignent "l'objectif de limiter la hausse des température à + 2 °C", déplore le chercheur Philippe Ciais, interrogé par franceinfo.
Article rédigé par
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propos recueillis par - Camille Adaoust
France Télévisions
Publié le 10/11/2021 15:02Mis à jour le 10/11/2021 15:22
Temps de lecture : 3 min.

Des palmiers à huile, à Bornéo, en Malaisie, en 2015. (QUENTIN MARTINEZ / BIOSPHOTO / AFP)
Les calculs sont faussés. Dans un article publié dimanche 7 novembre, le Washington Post (en anglais) révèle que de nombreux pays déclarent des émissions de gaz à effet de serre largement inférieures aux estimations indépendantes, dans leur rapports rendus aux Nations unies. Ces données servent notamment de base aux négociations qui se tiennent en ce moment-même à Glasgow pour la COP26.
Le journal, avec l'appui de chercheurs, a épluché les rapports des 196 pays signataires de l'accord de Paris. L'écart entre les émissions qu'ils déclarent et leurs émissions réelles "va de 8,5 milliards à 13,3 milliards de tonnes, (...) de quoi faire grimper le réchauffement de la Terre", alerte le Washington Post. Philippe Ciais, directeur de recherche au Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) et chercheur au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE), a participé à cette analyse.
Franceinfo : L'étude à laquelle vous avez participé révèle que des pays sous-estiment leur émissions de gaz à effet de serre. Comment êtes-vous arrivés à ce constat ?
Philippe Ciais : Oui, nous avons analysé ce qu'on appelle les inventaires d'émissions, déclarés par les pays et utilisés comme base des négociations lors de la COP26. En faisant la somme de tous les chiffres officiels, on a compté moins d'émissions au global que les meilleures estimations des scientifiques. Il y a donc un déficit, des émissions qui manquent dans les déclarations des pays. L'écart, lorsque l'on convertit tout en équivalent CO2, est de 20 à 30% d'émissions entre ces chiffres officiels et les estimations scientifiques globales.
A quoi est dû cet écart ?
Cela dépend des pays. Les émissions déclarées sont par exemple toujours plus faibles que les estimations indépendantes chez les extracteurs de pétrole ou de gaz. Ensuite, beaucoup de pays n'ont pas rapporté leurs émissions depuis longtemps. Seuls les pays du protocole de Kyoto y sont obligés chaque année. L'Iran, par exemple, n'a fourni qu'une seule communication nationale de ses émissions en 2010.
Enfin, si certains pays comme le Canada rapportent moins d'absorption de carbone par les puits naturels [ces réservoirs qui stockent le carbone dans les sols] que ce qui est observé, d'autres surestiment la capacité de leurs forêts à capter du carbone. C'est le cas de la Malaisie, où l'expansion de la culture des palmiers à huile cause beaucoup de déforestation et de pertes de carbone des sols vers l'atmosphère. Dans les forêts qu'il reste, le pays surestime visiblement la quantité de carbone absorbé, allant jusqu'à être trois ou quatre fois au-dessus de ce que donnent des taux de croissance plausibles pour des forêts tropicales. Les déclarations du pays semblent être influencées par un lobby des producteurs d'huile de palme, qui minimisent par exemple la perte de tourbières, normalement riches en carbone, lorsque de nouvelles plantations sont créées.
Les contributions déterminées au niveau national (NDC) des Etats signataires de l'accord de Paris sont insuffisantes et les pays ne les respectent pas. Vous nous expliquez aujourd'hui qu'elles sont en outre fondées sur des chiffres faussés. Tout ceci n'est pas très encourageant...
Ce n'est pas encourageant, non... D'abord, les NDC ne sont souvent pas quantitatives, elles ne fournissent pas un budget carbone, mais un pourcentage de réduction. Prenez la Chine : elle donne des indications sur un pic de ses émissions avant 2030, sur son intensité carbone [le rapport entre la quantité d'énergie utilisé par le pays et le carbone émis] et sur un futur très lointain, une neutralité carbone en 2060. Mais il n'y a pas de trajectoire précise. Je souligne aussi que la France qui a une trajectoire de neutralité et un suivi tous les 5 ans, n'a pas atteint ses objectifs de réduction sur la période 2015-2018. Donc il ne suffit pas de faire un plan très bon pour la décarbonisation, il faut aussi s'y tenir.
En plus, si on part d'émissions sous-estimées, les effets d'une réduction seront moins impressionnants. Tout ceci permet encore moins d'atteindre notre objectif de limiter la hausse des température à + 2 °C.
"Il ne faut pas tomber malade"
Par
Thierry LEDRU
Le 07/11/2021
Ne rien oublier, fouiller dans le passé, chercher les causes et ne pas rester focalisé sur les effets. Sortir de la frénésie des informations, s'éloigner de la cacophonie, ne pas tomber dans le piège des dissensions, ne pas faire le jeu des gouvernants, ne rien oublier, fouiller dans le passé, chercher les causes...
Covid-19 : «Le meilleur moyen de soulager l'hôpital, c'est de ne pas tomber malade», avertit Jean Castex
Par Le Figaro
Publié le 24/10/2020 à 16:30, mis à jour le 24/10/2020 à 17:14
En déplacement samedi après-midi à l'hôpital nord de la cité phocéenne, le premier ministre a de nouveau mis en garde les Français. «Cette progression de l'épidémie n'est pas finie, a-t-il assuré. Mais nous allons tous ensemble faire face autour de nos soignants».
En déplacement samedi après-midi à l'hôpital nord de Marseille, le premier ministre Jean Castex a de nouveau mis en garde les Français contre le fort regain de l'épidémie de coronavirus. «C'est une bataille collective, elle est dure. Cette progression de l'épidémie n'est pas finie, a averti le chef du gouvernement sur BFM-TV. Mais nous allons tous ensemble faire face autour de nos soignants. C'est un rendez-vous avec nous-mêmes. Je fais confiance aux Français pour montrer que nous sommes une nation unie et solidaire».
Accompagné du ministre de la Santé, Olivier Véran, Jean Castex a expliqué s'être rendu au sein du service de réanimation, où sont pris en charge les «malades les plus gravement atteints, de 47 à 72 ans». «Ce ne sont pas que des personnes extrêmement âgées, cette maladie frappe tout le monde», a-t-il rappelé.
«Le meilleur moyen de les aider (nos soignants, NDLR) et de soulager l’hôpital c'est de ne pas tomber malade», a martelé le locataire de Matignon. «Ça dépend de chacun d'entre nous. Il faut respecter les règles que nous avons édictées: le couvre-feu, mais aussi les gestes barrières, respecter les distances de sécurité, porter le masque...», a encore énuméré le premier ministre.
LE GOUVERNEMENT CONTINUE DE SUPPRIMER DES LITS D’HOSPITALISATION : LA CARTE DES HÔPITAUX CONCERNÉS
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Sécurités et protections sociales
Gouvernement et autorités sanitaires continuent de fermer des centaines de lits dans les hôpitaux, malgré la pandémie. Voici la carte des suppressions de lits à venir que nous publions en exclusivité.
On aurait pu penser qu’avec la première vague du Covid qui a déferlé au printemps, les autorités sanitaires, les Agences régionales de santé (ARS), les directions des hôpitaux auraient remis en question la politique de suppression de lits d’hôpitaux qui prime depuis des années. Il n’en est rien. Au moins treize hôpitaux vont continuer de perdre des places d’hospitalisation.
En septembre 2020, la direction du CHU de Besançon a annoncé la suppression d’un service entier de soins de suite et de réadaptation, soit 28 places d’hospitalisation en moins [1]. À l’hôpital psychiatrique du Rouvray, près de Rouen, il a été annoncé début octobre qu’au moins 80 lits seraient supprimés d’ici à 2022 « soit 20 % de la capacité d’hospitalisation », relève l’Union syndicale de la psychiatrie. C’est là, au Rouvray, que des soignants avaient fait une grève de la faim de deux semaines en 2018 pour demander des moyens afin de prendre en charge les patients. Ils avaient obtenu la promesse de créations de postes et de deux nouvelles unités. Ces engagements n’ont pas été tenus (lire notre article).
À l’hôpital psychiatrique du Vinatier, à Lyon, 75 places d’hospitalisation auront fermé en 2020 d’ici fin décembre, nous indique la CGT de l’hôpital. Pendant la première vague du Covid, trois unités hospitalisation pour adulte avaient été fermées, officiellement pour libérer du personnel, certains services en manquaient à cause de l’épidémie. Cela devait à l’origine être provisoire. Mais il est déjà clair que l’une de ces unités ne rouvrira jamais. Une autre doit rouvrir en décembre, la troisième est en suspens. En plus du Covid, le Vinatier fait les frais d’un plan d’économies décidé en 2018. Celui-ci prévoit la fermeture des unités d’hospitalisation de longue durée. 75 fermetures de lits sont planifiées dans ce cadre, dont 25 dès décembre. Les patients qui vivaient dans cette unité doivent partir dans des foyers médico-sociaux ou en Ehpad, si des places sont disponibles.
Au CHU de Clemont-Ferrand aussi, les fermetures de lits opérées pour répondre à la première vague du Covid font craindre aux soignants des suppressions à plus long terme. Au printemps, « des chambres du service de cardiologie ont été transformées en chambres pour les malades du Covid, des chambres de deux lits sont devenues alors des chambres d’un seul lit. Nous ne sommes pas encore repassés à deux lits. Nous avons aussi perdu des lits dans le service d’endocrinologie, 28 lits d’hospitalisation complète ont été transformés en hospitalisation de jour », témoigne un aide-soignant du CHU et délégué CGT.
Cliquer sur une étiquette pour lire les détails. Les données récoltées se basent essentiellement sur des informations publiées dans la presse, nationale et locale. Les sources précises sont indiquées dans les notes en bas d’article.
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Au CHU de Nancy, comme Basta! vous le racontait en avril, le Covid n’a pas non plus remis en cause le plan de suppression de 174 lits d’ici à 2024. Au CHU de Nantes, ce sont environ 100 lits qui ont été fermés depuis le début de la crise sanitaire, a comptabilisé Mediapart. En mai, des parlementaires alsaciens alertaient aussi sur un projet de leur agence régionale de santé de supprimer 20 lits de réanimation, surtout à Strasbourg, alors même que la région Grand Est sortait d’une phase très dure de Covid… [2] Partout, depuis des années, les hôpitaux français suppriment des places d’hospitalisations. Cette tendance se poursuit depuis mars 2020 comme en atteste la carte que nous publions ci-dessous.
CE COMITÉ INTERMINISTÉRIEL QUI DÉCIDE DES SUPPRESSIONS DE LITS
3400 lits avaient déjà été supprimés en 2019, 4000 en 2018. Entre 2003 et 2017, plus de 69 000 places d’hospitalisation à temps complet ont disparu [3]. Ces dernières années, ces suppressions de lits passent par des décisions du Copermo, pour « Comité interministériel de performance et de la modernisation de l’offre de soins », une instance interministérielle créée en 2012 [4]. C’est le Copermo qui a décidé de supprimer 174 lits et des centaines de postes au CHU de Nancy. C’est aussi le Copermo qui veut transformer le CHU de Reims, en y supprimant des lits : 184 lits en moins d’ici à 2027, selon les chiffres annoncés par le maire (LR) de Reims, 210 lits selon la CGT de l’hôpital. Le résultat en tout cas est clair : la capacité d’accueil des patients sera réduite [5]. Au CHU de Tours, le plan Copermo en cours avant la crise du Covid prévoyait de fermer 350 lits [6].
DES CONSIDÉRATIONS STRICTEMENT FINANCIÈRES
À Caen, c’est le projet de reconstruction de l’hôpital qui aboutira à supprimer 200 lits à l’horizon 2026 [7]. À Limoges, un projet de transformation du CHU adopté en 2018 devrait avoir pour conséquence la fermeture d’une centaine de lits [8]. À Nice, un « contrat de retour à l’équilibre financier » proposé par la direction du CHU en 2017 prévoit la disparition d’environ 200 lits [9].
Même chose à l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille où le projet de 2019 qui vise à fermer 230 lits est basé sur des considérations strictement financières : il s’agit de sortir les comptes du rouge [10]. Début octobre, en pleine deuxième vague du Covid, la chambre régionale des comptes d’Occitanie a publié un rapport préconisant, là encore, des suppressions de lits au CHU de Toulouse [11].
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IL FAUT « SORTIR DU DOGME DE LA FERMETURE DES LITS » AFFIRMAIT LE MINISTRE DE LA SANTÉ EN MAI 2020
En région parisienne, les regroupements en cours de sites hospitaliers auront aussi pour conséquence de réduire les capacités d’hospitalisation. Les hôpitaux de Longjumeau, Juvisy et Orsay doivent par exemple fermer pour en ouvrir un nouveau à Saclay (notre reportage). Résultat : des centaines de lits en moins [12]. À Paris, ce sont les hôpitaux Bichat et Beaujon qui doivent disparaître au profit d’un nouvel hôpital à Saint-Ouen. Le nouveau site devrait abriter plusieurs centaines de lits d’hospitalisation en moins que les deux qu’il est censé remplacer [13]. À Poitiers, la fusion prévue pour 2021 du CHU avec un groupement hospitalier « Nord Vienne » fait également craindre une diminution des places d’hospitalisation [14].
En mai, le ministre de la Santé Olivier Véran affirmait qu’il fallait « sortir du dogme de la fermeture des lits ». Cela fait cinq mois et rien n’a été fait en ce sens. La deuxième vague changera-t-elle la donne ? Les ARS, le gouvernement, les directions d’hôpitaux, écouteront-elles enfin ce que disent les soignants depuis plusieurs années : il faut arrêter de s’attaquer aux hôpitaux, on en a besoin pour soigner.
Rachel Knaebel
Cette carte, nourrie des informations publiées ces derniers mois et années dans la presse locale et nationale sur les suppressions de lits dans les hôpitaux, n’est évidemment pas exhaustive. Nous la compléterons en fonction des données qui nous parviendront à la suite de cette publication. Pour nous informer à ce sujet, vous pouvez nous écrire à basta@bastamag.net Ou via ce formulaire : [https://framaforms.org/suppression-de-lits-dans-les-hopitaux-publics-francais-aidez-basta-a-les-recenser-1603889009]
Ouverture des stations de ski : "Si la demande explose, nous ne pourrons pas prendre en charge toutes les urgences", selon un chirurgien
"On est déjà aujourd'hui sur un délai de presque une semaine, pour pouvoir gérer les urgences chirurgicales traumatologiques", alerte ce dimanche sur France Bleu Didier Legeais, chirurgien et président de l'Ordre des médecins de l'Isère.
Article rédigé par
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Radio France
Publié le 07/11/2021 13:03Mis à jour le 07/11/2021 16:16
Temps de lecture : 1 min.

Le peloton de gendarmerie de haute montagne de Modane intervient sur les pistes de la station de Tignes pour évacuer un skieur blessé, à Bourg-Saint-Maurice, le 5 février 2020. (YANN FOREIX / LP / MAXPPP)
"Si demain la demande explose, nous ne pourrons pas, en toute sécurité et en toute qualité des soins, prendre en charge toutes les urgences de traumatologie de la montagne", a affirmé le docteur Didier Legeais sur France Bleu Isère dimanche 7 novembre. Le chirurgien et président de l'ordre des médecins de l'Isère réagissait aux annonces de Jean Castex samedi sur le protocole qui accompagne la réouverture des stations de ski cet automne, après la fermeture l'hiver dernier à cause du Covid-19.
Une réouverture qui implique aussi le retour des accidents, selon le médecin. "L'ouverture des stations de ski c'est pour le bassin grenoblois une centaine d'urgences traumatologiques par jour qu'il va falloir gérer", a-t-il indiqué. "Les médecins de montagne vont, comme toujours, répondre à la demande et gérer la petite traumatologie mais pour les services d'urgence grenoblois c'est une centaine de malades qu'il faut hospitaliser quelques heures ou parfois quelques jours".
Plan blanc déclenché
Or, la crise qui touche le secteur de santé n'épargne pas l'hôpital, qui manque déjà de personnel : "On est déjà aujourd'hui sur un délai de presque une semaine, pour pouvoir gérer les urgences chirurgicales traumatologiques qui arrivent dans nos services actuellement", a ajouté le docteur Legeais.
À la demande de l'Agence régionale de santé, l'hôpital de Grenoble ainsi que celui de Voiron, à une trentaine de kilomètres, ont déclenché le plan blanc (outil qui permet à chaque établissement de santé de mobiliser des moyens supplémentaires pour faire face à l'afflux de patients) à cause de la pénurie de professionnels soignants.
Par
Thierry LEDRU
Le 07/11/2021
Comment avoir la moindre once d'espérance en l'humanité quand on voit ça?
L'affluence pour un salon "manga". Des milliers de personnes. Le métaverse est déjà là en fait. Cette existence virtuelle dans laquelle vivent des millions d'humains.
Et dans le même temps, il y aura eu quelques dizaines de personnes qui auront manifesté pour contester une coupe rase de plusieurs hectares, dans une zone classée naturelle, "pour la construction d'une zone commerciale qui va apporter de nombreux emplois et une vie économique dynamique dans la région." Où est-ce que ça a eu lieu ? Mais partout, n'importe où, dans tous les coins du pays. Les forces en présence sont totalement inégales. Le monde virtuel a une puissance incommensurable.
Alors, nous, ici, on plante des arbres. On sera mort avant qu'ils soient adultes. Mais on aura fait quelque chose.
Le salon Paris Manga & Sci-Fi Show s'excuse auprès des visiteurs mécontents après une affluence record
L'édition 2021 du Paris Manga & Sci-Fi Show, organisée ce week-end à la Porte de Versailles a été victime de son succès, ce qui a provoqué la colère des visiteurs.
Article rédigé par
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France Télévisions
Publié le 07/11/2021 15:07Mis à jour le 07/11/2021 17:10
Temps de lecture : 1 min.

Affluence monstre au Paris Manga & Sci-Fi Show, le festival de la pop culture, le 6 novembre 2021 Porte de Versailles, à Paris. (RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / AFP)
Affluence monstre. Le salon Paris Manga & Sci-Fi Show, consacré à la pop culture japonaise (comics, jeux vidéo, cinéma, séries télévisées, culture web, manga, animation japonaise, cosplay et arts martiaux), se tient samedi 6 et dimanche 7 novembre Porte de Versailles, à Paris.
Après deux ans d'absence, à cause de la pandémie de Covid-19, de nombreux visiteurs étaient dans les starting-blocks pour assister à ce rendez-vous. Les organisateurs n'avaient pas prévu une telle affluence et n'ont pas pu gérer les milliers de visiteurs présents. Certains ont dû attendre des heures pour pénétrer dans le Hall 3 du salon.
Face à une telle affluence, les organisateurs ont été contraints d'arrêter la vente des billets sur place et de conseiller aux personnes de reporter leur visite au lendemain. "Les visiteurs qui ne pourront hélas pas se rendre sur le salon dimanche 7 novembre se verront bien sûr rembourser l'intégralité de leurs billets sur simple demande après l'événement", ajoute le communiqué.
"Metaverse", avenir réel d'un monde virtuel
Par
Thierry LEDRU
Le 07/11/2021
Le monde réel vous pèse ? Pas d'inquiètude, le Metaverse arrive.
Et pendant que ces gens cogitent pour mettre au point un monde virtuel, aujourd'hui, on a récolté nos topinambours.
Le monde des champs, le monde des villes, le monde réel, le monde virtuel, le monde du sol, le monde hors sol...
19/10/2021 15:39 CEST
"Métaverse" de Facebook: vous n'avez rien suivi? On vous raconte
Le “métaverse” est le monde parallèle virtuel, à la frontière entre fiction et réalité.
Ce monde numérique totalement immersif serait l'avenir d'Internet pour Mark Zuckerberg.

KENZO TRIBOUILLARD VIA GETTY IMAGES
Le fondateur et PDG du service américain de médias sociaux et de réseaux sociaux Facebook, Mark Zuckerberg, à Bruxelles le 17 février 2020.
TECH - Dans la tourmente après une panne mondiale et des révélations embarrassantes d’une ancienne employée, Facebook a voulu communiquer sur ses projets d’avenir plutôt que sur les problèmes actuels.
Le réseau social a indiqué, lundi 18 octobre, vouloir embaucher 10.000 personnes dans l’Union européenne pour travailler à l’élaboration du “métaverse”: une sorte de monde parallèle numérique devenu le nouveau graal de Mark Zuckerberg, le fondateur et patron du géant américain des réseaux sociaux.
Si vous n’avez rien suivi à ce projet de réalité numérique futuriste à la sauce Facebook, Le HuffPost vous propose un résumé de ce qu’il faut en savoir.
C’est quoi le “métaverse” ?
Si vous avez regardé le film Ready Player One, vous avez déjà une bonne idée de quoi il en retourne. Les “métaverses” sont l’équivalent de l’OASIS du film de Steven Spielberg: une sorte de doublure du monde physique, accessible par Internet et des interfaces connectées, et dans lequel on devrait pouvoir exister sous forme d’avatars.
Le terme “metavers”, ou “méta-univers”, signifie littéralement “au-delà de l’univers”. Cette extension d’Internet qui avance à grands pas est rendue possible par la convergence de différentes technologies, afin qu’un individu puisse vivre l’expérience d’un monde en réalité virtuelle, en engageant son corps, vivant émotions et sensations.
“Progressivement, les écrans, hologrammes, casques de VR et lunettes de réalité augmentée sont censés permettre des déplacements fluides d’univers virtuels en lieux physiques, comme des téléportations”, avait expliqué Mark Zuckerberg sur son profil Facebook.
Quelles sont les promesses du “métaverse” ?
Le “métaverse” est imaginé par Facebook comme une sorte “d’internet incarné” où l’on devient acteur d’expériences et d’actions dans un univers virtuel, plutôt que n’être qu’observateur ou consommateur de contenus. “La qualité essentielle du métaverse sera la présence - le sentiment de vraiment être là avec les gens”, postait Mark Zuckerberg en juillet sur son profil Facebook.
Dans cet univers virtuel et immersif que Facebook entend construire, il pourrait par exemple être possible de danser dans une boîte de nuit avec des personnes situées à des milliers de kilomètres, de travailler, d’acheter ou de vendre des biens ou services numériques. En clair, l’objectif est d’avoir une vie sociale numérique bien plus immersive et englobante - par rapport à ce que tout le monde fait actuellement derrière son écran d’ordinateur ou sur son smartphone. Une sorte de Second Life, mais vécu à travers des lunettes connectées.

EDWARD BERTHELOT VIA GETTY IMAGES
Oculus Quest 2 est un casque de réalité virtuelle créé par Oculus, une marque de Facebook. Successeur de l'Oculus Quest, il a été officiellement dévoilé le 16 septembre 2020 lors de Facebook Connect 7.
D’où ça vient ?
Le terme “metaverse” provient à l’origine d’un roman dystopique des années 90. Le livre “Le Samouraï virtuel”, écrit par Neal Stephenson à l’aube d’Internet, arborait cependant une définition différente du sens actuel. Il présentait des utilisateurs d’un “métaverse” dont l’esprit est prisonnier d’un virus informatique qui infecte directement leur cerveau.
Si le but du roman dystopique est de prévenir, voire d’effrayer sur les déviances à venir de nos sociétés, des grandes entreprises numériques ont investi des sommes titanesques dans des projets et technologies propres à construire des “métaverses”, comme la réalité virtuelle (VR) ou la réalité augmentée (AR).
Le Monde rapportait que, selon le cabinet IDC, “les dépenses dans ce secteur devraient être multipliées par six entre 2020 et 2024, pour passer de 12 milliards à 72 milliards de dollars”.
Pourquoi Facebook s’y intéresse ?
Les méta-univers sont considérés par les géants du web et du jeu vidéo comme le prochain grand saut technologique dans l’évolution d’Internet. Et c’est là où Facebook est en train de se positionner, en voulant inventer des nouvelles formes d’interactions sociales et d’expériences au sein d’un “métaverse” qu’il construit de A et Z en définissant lui-même ses propres paramètres.
Ce qui fait sens pour une entreprise qui s’est construite en ayant comme spécialité la mise en relation des internautes, à travers son réseau social fondateur (Facebook) mais aussi des diverses applications rachetées au fil des ans, comme WhatsApp ou Instagram.
“Pour accomplir notre vision du metaverse, nous avons besoin de construire le tissu connectif entre (les différents) espaces numériques, afin de passer outre les limitations physiques et de pouvoir se déplacer entre eux avec la même facilité qu’entre les pièces de sa maison”, avait détaillé Mark Zuckerberg sur son profil Facebook.
Pour y arriver, Facebook met beaucoup de moyens. L’entreprise californienne a racheté pour deux milliards de dollars la société de l’Oculus dès 2014. Depuis, elle a embrayé d’autres projets liés au “métaverse”, dans lesquels plusieurs milliards de dollars ont aussi été investis.
Où en sommes-nous aujourd’hui ?
Concrètement, il est déjà possible de vivre certaines expériences qui se rattachent au projet de “métaverse” de Facebook - mais elles sont pour l’heure très limitées. Le géant californien a par exemple dévoilé au mois d’août la version Beta de son application Horizon Workroom.
L’objectif est d’élaborer des salles de réunion en réalité virtuelle via le casque de réalité virtuelle Oculus Quest 2. Les participants apparaissent autour d’une table ronde sous forme d’avatars personnalisés, peuvent interagir via leur micro ou dessiner sur un tableau blanc virtuel grâce aux télécommandes.
Facebook et la marque Ray-Ban ont lancé au mois de septembre une paire de lunettes connectées. Ce gadget numérique permet de prendre des photos et vidéos et de se connecter au réseau social.
Les “Ray-Ban Stories” sont cependant démunis de système de réalité augmentée. Mais Facebook espère commencer à familiariser un nombre croissant de personnes avec ce genre d’accessoires connectés (alors que Google et Snapchat, avant lui, ont plutôt échoué sur le sujet).
Qui d’autre s’y intéresse ?
De son côté, le secteur du jeu vidéo a déjà créé des embryons de “métaverses”. C’est par exemple le cas de Fortnite, qui rassemble 350 millions de joueurs principalement âgés de 14 à 24 ans, et qui vivent, dans la plateforme virtuelle, de plus en plus d’expériences en ligne qui se détachent du concept initial du jeu de battle royal.
Des concerts virtuels du rappeur américain Travis Scott ou d’Ariana Grande, apparaissant sous la forme d’avatars, ont déjà eu lieu. En décembre 2019, le jeu avait aussi organisé un événement exclusif à l’occasion de la promotion de Star Wars: The Rise of Skywalker. Diffusé en direct, le réalisateur J.J. Abrams était présent “en personne” sous la forme d’un avatar pour y dévoiler en avant-première un extrait du film.
L’isolement social lié à la pandémie de covid a d’ailleurs été un catalyseur de ce phénomène. Un dirigeant d’Epic Games, l’éditeur de Fortnite, avait expliqué fin mars à l’AFP, que “dans une époque comme maintenant, où se réunir ensemble physiquement est plus difficile, il est extrêmement important d’avoir ces expériences virtuelles”, pensant vraiment “Fortnite comme une plateforme pour les expériences sociales connectées et pas seulement comme un jeu”.
Roblox, un système de création de jeux en ligne dans lequel la majorité du contenu est créée par les joueurs eux-mêmes, avait aussi organisé un concert du rappeur américain Lil Nas X en novembre 2020.
“Mon premier concert a eu lieu dans un stade. Le premier concert de mon fils était celui de Lil Nas X sur Roblox. Ce n’est pas parce que cela s’est passé à Roblox que cela l’a rendu moins réel”, Cathy Hackl, consultante en technologie qui conseille les entreprises sur le “métaverse”.
"Ready Player One" sur Netflix, le film pour comprendre le métaverse
Alors que Mark Zuckerberg a annoncé le changement de nom de Facebook pour Meta, le HuffPost s'est de nouveau penché sur le film "Ready Player One", meilleur exemple cinématographique de métaverse.

AAP BUITENDIJK
Dans l'adaptation du roman d'Ernest Cline, Tye Sheridan est Wade Watts et passe le plus clair de son temps dans un monde virtuel où tout est possible: l'OASIS.
CINÉMA - Comme le roman de Georges Orwell, Ready Player One serait-il un film prophétie? Alors que Mark Zuckerberg a annoncé ce jeudi 28 octobre le changement de nom du groupe Facebook, qui s’appelle désormais Meta, le film de Spielberg semble être celui à voir pour comprendre le concept du métaverse que veut développer la firme.
Le métaverse est une extension d’Internet qui assemble différentes technologies pour qu’un utilisateur puisse vivre l’expérience d’un monde en réalité virtuelle. Concrètement, le public y aura accès pour interagir, travailler ou se divertir via les lunettes de réalité augmentée et casques de réalité virtuelle.
Le concept est considéré par les géants du web et du jeu vidéo comme le prochain grand saut technologique dans l’évolution d’Internet. Et Mark Zuckerberg a annoncé dès juillet son entrée dans la course en décidant de dédier une équipe au développement d’un “méta-univers”. Le chef d’entreprise souhaite développer des équipements capables, via des capteurs, de reproduire les expressions du visage et l’apparence physique d’une personne dans le détail, jusqu’aux sensations et aux émotions des utilisateurs.
Inspiré du mot grec qui “meta” qui signifie “au-delà”, le terme “métaverse” trouve son origine dans le roman dystopique de Neal Stephenson, Le Samouraï virtuel, publié en 1992, qui est le livre de chevet de Mark Zuckerberg. En revanche, à l’époque, le livre décrivait plutôt un virus informatique qui prenait possession du cerveau des utilisateurs, devenus alors otages du métaverse.
Une science-fiction plus si fictive
Adapté d’un autre roman, celui d’Ernest Chine, Ready Player One de Steven Spielberg est un film de science-fiction où Wade Watts (Tye Sheridan), orphelin, vit dans le monde de 2045, délaissé par la population. Tout le monde passe presque tout son temps avec un casque de réalité virtuelle devant les yeux pour parcourir l’OASIS, un monde virtuel. Mais le créateur de ce métaverse, James Halliday (Mark Rylance), cache, avant sa mort, un ”œuf de Pâques”, et lance une grande chasse au trésor. À l’issue de la compétition, le gagnant remportera une immense fortune et prendra le contrôle de l’OASIS. Wade Watts s’élance alors dans la course, mais il n’est pas le seul.
Disponible sur Netflix, Ready Player One est plein de référence à la pop culture des années 80, tout en restant un film futuriste. Spielberg allie ainsi nostalgie et modernité avec brio. Et c’est ce qui en fait un excellent exemple de métaverse. Le spectateur est plongé à la fois dans la réalité et dans le virtuel inspiré de l’univers “gaming” et des jeux-vidéos de manière générale.
Mais c’est aussi un film qui montre les dérives d’un monde “au-delà” du réel. Ready Player One interroge sur la dépendance des humains à la technologie et questionne sur la perte du lien social et de notre notion du monde réel. Les personnages vivent une vie parallèle à travers l’OASIS, mais quand ils retirent leurs masques de réalité virtuelle, la réalité ne fait pas rêver. De fait, le 2045 imaginé par Spielberg est une gigantesque poubelle où les caravanes s’entassent à la place des grands buildings.
Ready Player One pose l’ultime question de l’intérêt d’une vie qui serait uniquement virtuelle.
Le film sorti en 2018 avait fait plus de deux millions d’entrées en France. Le Metaverse de Facebook saura-t-il en faire autant ?
Par
Thierry LEDRU
Le 03/11/2021
Il y a beaucoup de sujets de société qui ont disparu des radars avec le covid. Et pourtant, ce sont des sujets considérablement importants. Il existe des mouvements de contestation, de rébellion et même de dégradation. Et c'est inévitable car tout cela a été fait sans que nous ne soyons réellement informés.
https://lareleveetlapeste.fr/pays-basque-des-citoyens-empechent-pour-la-seconde-fois-la-construction-dune-antenne-5g/?
Pays basque : des citoyens empêchent pour la seconde fois la construction d’une antenne 5G
Pour le collectif Arberua Bizirik et ses soutiens, un tel projet de société ne peut pas être imposé sans concertation de la population. Ils sont donc déterminés à tenir le siège le temps qu’il faudra pour décider démocratiquement de l’aménagement de leur territoire.
Il va en être de même avec le "metavers" dont Facebook veut devenir un géant.
Quel intérêt ? Quelles conséquences ? Quels sont les effets ? Quel est le coût ? Quels sont les secteurs qui seront impactés ?
L'exemple de la 5G est exemplaire.
Un article qui date de 2020
« La 5G est un projet de société auquel les citoyens n’ont jamais été associés »
L’urgence, c’est le capitalisme mondialisé qui la crée. Dirigeants et industriels font passer la compétitivité avant la démocratie.

29 septembre 2020 - Augustin Langlade

Envie d’une vraie déconnexion ? Évadez-vous avec notre bande dessinée !
- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 128 pages
- Impression : France
L’évaluation scientifique des risques biologiques et sanitaires est encore en cours, la convention citoyenne sur le climat a expressément demandé un moratoire dans l’attente d’une étude d’impact environnemental, une action en justice citoyenne est en cours contre les opérateurs téléphoniques français, néanmoins le gouvernement ouvre ce mardi 29 septembre les enchères pour l’attribution des fréquences de la 5G. La France devrait ainsi prendre le « tournant » de cette technologie qui suscite des résistances de forme et de fond. Car le déploiement de la 5G est loin de se réduire à une décision technique : véritable choix de société, enjeu sanitaire et écologique, pari stratégique, la cinquième génération des standards de téléphonie est à la confluence de tous les débats sur les technologies.
Entretien avec Nicolas Bérard, journaliste à L’âge de faire, auteur en 2017 d’une enquête sur le compteur Linky, qui publie son nouvel ouvrage 5G mon Amour aux éditions Le Passager clandestin (2020).
Par Augustin Langlade et Maud Barret Bertelloni
La Relève et la Peste : Pour commencer, une question toute simple, mais qui n’est pas évidente : à quels usages servira la 5G ? À quels besoins répond son déploiement ?
Nicolas Bérard : Cette technologie répond avant tout à une logique générale qui veut qu’après la 3G et la 4G, on passe forcément à la 5G. Pour vous dire, des ingénieurs planchent déjà sur la 6G ! À mon avis, la 5G n’est pas faite pour répondre à un besoin précis. On crée le réseau, on le lance et après on évalue quels usages on pourra en faire.
Il y a déjà plusieurs choses dans les cartons des industriels, c’est vrai, mais malgré tout, on est face à un fonctionnement absurde qui veut qu’on construise les tuyaux avant de trouver comment les remplir…
L’industrie des télécommunications travaille depuis longtemps sur la 5G, c’est un projet de long terme. Il y a donc de grandes tendances qu’on peut constater dans le monde entier : connecter tous les objets qui nous entourent simultanément (on parle d’une capacité d’un million d’objets connectés par kilomètre carré) ; concrétiser la smart city, multiplier les échanges, « dématérialiser »…
C’est dans l’optique de la « smart city » qu’on a créé la 5G ?
En fait, j’ai l’impression que les différents grands secteurs industriels avaient tous besoin de se réinventer, afin de pouvoir faire perdurer le vieux système capitaliste, dont la 5G est l’héritage direct, car elle est fondée sur un renouvellement perpétuel par l’innovation.
Que ce soit l’automobile, l’électroménager, la téléphonie, tous les secteurs avaient besoin de passer à autre chose et se sont restructurés autour de ce projet d’hyperconnexion. C’est ce qu’on appelle l’industrie 4.0, la « smart production », c’est-à-dire la production industrielle à la demande, ou encore la « smart city », l’urbanisme connecté avec ses voitures intelligentes, les équipements ménagers connectés, les millions de capteurs disséminés dans toutes les villes… Tout cela rentre dans une logique de renouvellement du capital.
La 5G relève donc d’un choix de société. Duquel s’agit-il ?
C’est d’ailleurs ce qui caractérise la 5G, par rapport à la 2G ou à la 3G. La 4G a déjà changé énormément de choses, du fait que nous nous envoyons des vidéos, que nous sommes sans arrêt fixés sur nos smartphones. Mais en comparaison, nous allons passer à la vitesse supérieure avec la 5G.
Toutes les professions seront bouleversées, ainsi que l’organisation de la société, ou notre rapport aux objets. Du moins s’ils arrivent à mettre en place leur modèle. Tout va se restructurer autour de la connectivité.
Et c’est là où le fait que les gens n’aient jamais été associés à ce projet, qu’ils n’aient même pas été informés, pose véritablement problème. Ça fait un mois ou un peu plus qu’on parle vraiment de la 5G, alors que les enchères ont lieu aujourd’hui… Les citoyens découvrent qu’il s’agit d’un projet de société, mais c’est trop tard ! Personne n’a son mot à dire.

Antenne 5G en Chine – Macau Photo Agency
Vous parlez ici des usages de la 5G pour les particuliers, mais pourrait-elle trouver une utilité pour certaines professions ?
Un exemple que je trouve assez parlant, c’est celui de la santé. Quand on veut faire accepter une technologie par la population, on aborde toujours en premier lieu les bénéfices qu’en tirera le domaine de la santé. Les promoteurs de la 5G nous ont ainsi promis des applications extraordinaires, comme la télémédecine et la téléchirurgie, dont tout le monde a entendu parler, notamment quand un neurochirurgien, en Chine, a opéré un patient à 3 000 kilomètres de distance.
Et ils nous ont fait passer cette opération pour la tendance générale du progrès, alors qu’on pourrait plutôt remettre en question la fermeture de certains hôpitaux, les déserts médicaux, le manque de matériel de première nécessité…
Plutôt que de mettre en place la chirurgie à distance, on ne pourrait pas rouvrir les hôpitaux fermés, recruter du personnel hospitalier, former de nouveaux chirurgiens ?
À chaque fois, on évite ces sujets, c’est comme si c’était la 5G ou rien. On supprime des postes et des moyens, puis on prétend que la solution est technologique. Avec le Covid-19 et le confinement, c’est reparti de plus belle.
L’étude de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) visant à pallier l’absence de données relatives aux risques biologiques et sanitaires potentiels de la 5G est encore en cours de réalisation et sera rendue au début de l’année 2021. Pourquoi le gouvernement procède-t-il déjà à l’attribution des fréquences ?
L’urgence, c’est le capitalisme mondialisé qui la crée. Dirigeants et industriels font passer la compétitivité avant la démocratie. Le dernier exemple en date est celui de la Convention citoyenne pour le climat. Macron avait promis qu’il reprendrait sans filtre les 150 propositions pour répondre à l’urgence climatique. Il devait soit les présenter telles quelles à l’Assemblée nationale, soit les proposer à l’occasion d’un référendum.
Le jour de la remise des propositions, le président s’est accordé trois jokers. Ce n’était pas prévu, mais soit, d’accord. Il n’y avait pas la 5G dans ces jokers. Puis, quelques mois plus tard, mi-septembre, devant un parterre d’industriels, Emmanuel Macron nous a expliqué qu’il était hors de question de remettre en cause le déploiement de la 5G.
Il s’est donc contredit lui-même, comme si, dans son esprit, c’était quelque chose d’impensable de faire un moratoire sur une innovation. D’autres pays la mette en place, on ne peut pas se permettre de l’arrêter, c’est son argument. La Chine et les États-Unis l’ont déjà lancée, on n’a plus le choix.
Sur l’échelle des valeurs, il y a la démocratie et bien au-dessus, il y a la compétitivité. Notre modèle sera-t-il donc celui de la Chine dictatoriale et de l’Amérique de Trump ?
Un argument du déploiement consiste à dire que le développement des réseaux 5G permettra de ne pas se retrouver dans une dépendance économique et technologique par rapport à la Chine et les États-Unis.
Au contraire ! Un moratoire aurait pu nous aider à développer nos propres outils. Si nous avions pris du temps pour réfléchir correctement au déploiement de la 5G, peut-être que notre modèle de développement technologique et notre indépendance auraient pu s’inviter dans les débats, mais nous préférons entretenir cette course folle à la compétitivité et à la productivité. Nous sommes piégés dans notre modèle.
Les réseaux 5G ont été déployés sans grands remous par de nombreux voisins européens. Pourquoi la question suscite-t-elle autant de débat en France ?
Je pense que c’est lié au réseau de résistance qui est né autour du compteur Linky. Ça ne constitue pas l’ensemble de l’opposition à la 5G, mais aujourd’hui, on retrouve beaucoup de collectifs anti-Linky qui sont passés à la lutte contre la 5G. Linky a servi en quelque sorte d’outil pédagogique pour la population.
Ce compteur avait l’avantage, si je puis dire, d’aller chez tout le monde, dans toutes les couches de la population. Pour la première fois, la technologie rentrait littéralement chez les Français sans leur demander leur avis.
C’est pour cette raison, je crois, qu’un grand nombre d’opposants à Linky, qui n’avaient jamais milité de leur vie – c’étaient souvent des personnes âgées –, ont rejoint les centaines de collectifs qui se sont créés. Il y a eu beaucoup d’échanges et de réunions, qui ont été très formateurs.
Derrière le compteur Linky, les gens ont vu pour la première fois se dessiner le modèle de la smart city, avec la déshumanisation, les problèmes de santé, la consommation d’énergie, la surveillance, et tous les problèmes que le compteur était en quelque sorte le premier à poser.
Au moment où la 5G est apparue dans le débat public, il y avait déjà ce maillage du territoire, ces organisations, ces collectifs qui existaient et qui ont pu se mobiliser assez rapidement.

Antenne 5G qui a été brûlée – crédit : YORICK JANSENS / Belga / AFP
Cette résistance a aussi pris la forme de dégradations d’antennes, qui ont eu lieu ces six derniers mois dans différents endroits d’Europe. Où ce phénomène trouve-t-il son origine ?
Je crois que les problèmes de santé n’expliquent qu’une partie de l’opposition à la 5G. Cela concerne plus largement le rejet d’une forme d’intrusion, de l’imposition d’une certaine conception du monde. Lors de la journée anti-5G organisée à Lyon le 19 septembre, une partie des opposants se préoccupaient de leur santé, mais ils représentaient une minorité.
J’ai eu l’impression que les Lyonnais s’attachaient beaucoup à la disparition de l’humain dans ce modèle où tout est interconnecté, où la machine prend le pouvoir. L’humain était au cœur de tous les débats.
Pourquoi dans ce cas les débats se cristallisent-ils autant autour des ondes ?
Les grands médias ont du mal à comprendre l’opposition à la 5G, c’est mon impression, et se concentrent sur ce point. Aujourd’hui, ils sont quand même plus prudents qu’avant. Il y a quelques années, avec les compteurs Linky, les opposants étaient décrits comme des abrutis, des complotistes, alors qu’ils étaient en train de se former, de créer des collectifs et de réfléchir à comment s’emparer de ces questions de technologie. Il y avait beaucoup à dire sur ces compteurs et les médias sont passés complètement à côté.
Vous remarquerez qu’ils ont eu autant de mal à saisir les « Gilets Jaunes ». Ce sont là encore des collectifs, mais pas des associations, pas des partis, et tous ces groupes d’opposition brassent des populations extrêmement variées, sans logique identifiable, de tous les âges. Pour les médias, ce genre de mouvements est un mystère…
En ce qui concerne la 5G, par contre, on peut aussi se demander si les médias ne sont pas influencés par le fait qu’ils sont détenus par des patrons des télécommunications :
Xavier Niel, patron de Free, possède Le Monde, la famille Bouygues possède les chaînes TF1 et LCI, Patrick Drahi, patron de SFR, détient plusieurs radios et la revue Paris Match, et ainsi de suite… La question de l’indépendance se pose davantage sur la 5G que sur les autres questions.
Dans votre livre, vous faites le rapprochement entre l’industrie pharmaceutique, les firmes phytosanitaires produisant des pesticides, les géants du tabac et les entreprises des télécommunications, qui ont tous intérêt à minimiser les effets nocifs de leurs produits et à décrédibiliser leurs contradicteurs. Est-ce là le mécanisme à l’œuvre avec la 5G ?
Comme je l’explique dans mon livre, le lobby des télécommunications mobiles s’est organisé dans les années 1990, quand les téléphones portables ne représentaient pas encore grand-chose, les clients se comptaient par milliers. Ils ont repris toutes les techniques de lobbying mises en place aux États-Unis, notamment par l’industrie du tabac.
On retrouve vraiment des parallèles entre les firmes des deux secteurs, notamment dans la « fabrique du doute » : à chaque fois qu’une étude semble démontrer un effet négatif de leurs technologies, ils font produire d’autres études, à la seule fin de créer du doute. Même si ces études sont biaisées, même si elles ne sont pas sérieuses, en attendant que ce soit prouvé, le doute bénéficiera à l’industrie et empêchera l’homme politique de prendre des décisions.
Selon l’argumentaire des opérateurs de télécommunication, le seuil d’innocuité des ondes est fixé à environ 60 volts par mètre par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), tandis que l’exposition des êtres humains à la 5G ne sera que d’un volt par mètre. Que répondez-vous ?
Le problème ne se trouve pas dans le seuil que dépassera ou non la 5G, mais dans la norme elle-même. Les industriels des télécommunications ont réussi à faire fixer des normes qui ne prennent en compte que les effets « avérés » et, depuis, c’est devenu leur principal argument.
C’est l’ICNIRP [Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants, ndlr], qui a conseillé l’OMS pour déterminer les seuils d’exposition aux ondes électromagnétiques que tous les pays ont fini par reprendre sur leur territoire, soit à peu près 60 volt de puissance par mètre.
Quand on prend les documents à l’origine de la règlementation mondiale, on voit bien que l’ICNIRP n’avait fixé qu’un seuil à partir duquel les effets des ondes électromagnétiques étaient « avérés », c’est-à-dire « immédiats ». Cela veut seulement dire que quand on finit une conversation au téléphone portable, on n’a pas la peau brûlée. Mais il n’est nullement question des effets à long terme : les suspicions de cancers, de tumeurs, d’insomnies, de migraines ne figurent jamais dans ces documents ou dans ces seuils.
Autrement dit, le principe de précaution n’est jamais appliqué quant aux effets des ondes sur le long terme ?
En ce qui concerne le risque sanitaire des ondes, la 4G et la 5G, il s’agit forcément d’études qui doivent être menées sur le long terme. Admettons qu’on ne puisse pas attendre dix ans pour déployer la 5G. Pourquoi ne pas patienter au moins jusqu’aux résultats de l’étude de l’Anses, qui sera publiée au début de l’année 2021 ?
J’ai l’impression que le principe de précaution n’est en fait jamais appliqué. En l’occurrence, on n’est même pas capable d’attendre six mois. On a préféré se baser sur les agences de santé d’une vingtaine de pays qui se seraient déjà prononcées et prétendraient qu’il n’y a aucun danger dans la 5G. Plus besoin d’attendre ! Mais à ce moment-là, à quoi servent notre agence de santé et son étude ?

Antenne 5G – F. Muhammad
Quel pourrait être le poids environnemental de la 5G ?
Le déploiement de la 5G va entraîner une augmentation de la consommation d’énergie. Ses défenseurs soutiennent que les antennes seront plus efficaces, ce qui est vrai si l’on prend pour référence un même volume de données. Seulement, la multiplication des échanges va créer un « effet rebond », dans le sens que le déploiement du réseau augmentera le trafic.
On estime actuellement que le volume d’échanges de données, avec la consommation d’énergie qui l’accompagne, pourrait être par 100 ou 1 000 avec le déploiement des nouveaux réseaux.
Puis, il y a le renouvellement des smartphones pour qu’ils soient compatibles avec la 5G, ce qui implique leur fabrication, l’extraction des métaux rares, toute la chaîne de production. Il faut y ajouter tous les objets connectés qui seront produits et mis sur le marché. En fait, ce projet relève d’une visée extractiviste énorme. Globalement, tout cela va augmenter le poids environnemental des technologies.
Actuellement, la consommation énergétique du numérique représente autour de 3,7 % des émissions de gaz à effet de serre – l’équivalent de l’aviation civile. Si l’on continue sur cette lancée, dans cinq ans le volume aura doublé, atteignant 7,5 % environ des émissions mondiales – l’équivalent du trafic routier. Alors qu’on recherche la sobriété énergétique, c’est un secteur qui devient de plus en plus polluant.
Dans une tribune du 12 septembre dernier, une soixante d’élus, dont les maires de onze grandes villes, ont appelé le gouvernement à décréter un moratoire sur la 5G. Pour eux comme pour nombre de critiques de cette technologie, ce n’est pas une interdiction pure et simple qui est visée, mais l’organisation « d’un débat démocratique décentralisé sur la 5G et sur les usages numériques ». À quoi une telle délibération pourrait-elle ressembler ? D’une manière plus générale, comment faire des nouvelles technologies un véritable débat de société ?
Je suis assez sceptique à l’égard de l’organisation d’un débat de ce genre, institutionnalisé. On a vu ce qu’a donné le Grand Débat après la crise des « Gilets Jaunes »… On a tendance à croire aussi que les télécommunications seraient un débat d’experts, qu’il faudrait vulgariser. Mais il n’y a pas besoin de pédagogie : la 5G, c’est très concret.
Exactement comme pour le compteur Linky, les gens se rendent parfaitement compte de ce qui les touche dans leur quotidien. Actuellement, les citoyens s’organisent à travers des collectifs. C’est un combat citoyen, décentralisé et local, exactement comme les Gilets jaunes. Le point le plus important est de montrer qu’il y a des alternatives à ce modèle de développement. Il faut développer un autre imaginaire de société.
Dans la santé : est-ce vraiment la télémédecine qui nous intéresse ? Ou bien est-ce avoir suffisamment de soignants pour qu’ils puissent, plutôt que d’exécuter leurs tâches à la chaîne, avoir le temps d’accomplir un véritable travail de soin ? La question se pose de la même manière pour la 5G.
Les opposants ont pris conscience de la nécessité d’un changement de modèle qui mette l’écologie et l’humain au cœur du projet de société. La défense à tout prix de la 5G – comme lorsque Macron a accusé ses opposants de vouloir retourner au modèle Amish – c’est le symptôme de l’absence de tout autre projet que la croissance du PIB et la « smart city ». Il faut leur renvoyer la balle : ce sont eux les « Gaulois réfractaires » au changement nécessaire de société, pas nous.
Comment les maires peuvent-ils combattre l’arrivée inéluctable de la 5G dans leur commune, et les citoyens dans leur vie ? De quels outils disposent-ils ?
Au niveau juridique, les élus locaux n’ont pas vraiment d’instruments pour s’opposer à l’implantation des antennes, outre les règles d’urbanisme et de paysage. C’est de la compétence de l’Agence nationale des fréquences, de l’ARCEP [l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes, ndlr], et du secrétaire d’État au numérique.
Les maires disposent néanmoins d’une petite marge d’action à travers leur Plan local d’urbanisme (PLU) et les dispositifs de protection des paysages et des monuments. Le fait que les maires des grandes villes demandant un moratoire a certainement eu le mérite de mettre le dossier sur le devant de la scène médiatique. Mais le combat se joue au niveau de la mobilisation citoyenne de lieu en lieu.
Crédit photo couv : Jack Sloop
29 septembre 2020 - Augustin Langlade
Par
Thierry LEDRU
Le 03/11/2021
Je lis parfois des commentaires très virulents sur l'Afrique.
Je n'y ai jamais mis les pieds et je ne connais que ce que j'en lis. C'est bien évidemment insuffisant.
Il n'en reste pas moins que l'Afrique est un continent et qu'il faut absolument identifier clairement de qui on parle. Ici, il s'agit d'un petit pays, méconnu et je suis allé voir sur une carte pour le situer. J'avais bien une idée mais aucune certitude...
La Gambie, comme beaucoup d'autres états, est durement frappée par le changement climatique, bien que le pays ne puisse être pointé du doigt de façon négative. C'est une des problématiques, et non des moindres, des effets du réchauffement. Les élèves attentionnés payent les conséquences des élèves inconscients. Tous ces élèves dispendieux et gaspilleurs, tous ces élèves pilleurs, et l'Afrique est une terre victime du pillage depuis bien trop longtemps, ne devraient-ils pas désormais se tourner vers les "petits" pays qui souffrent de leur inconséquence ?
On pourrait se dire que les sommes nécessaires sont déjà beaucoup trop importantes.
Faux. L'argent existe, c'est juste qu'il n'est pas utilisé correctement.
02/11/2021 03:31 CET | Actualisé 02/11/2021 15:04 CET
COP26: la Gambie, médaillée d'or des engagements climatiques.
A l'heure de la COP26, zoom sur ce petit pays qui rejette peu de CO2 mais qui voit grand pour le climat. Encore faut-il que la Gambie puisse financer ses ambitions.

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La Gambie, petit pays de l'ouest africain, a de grandes ambitions en matière de politiques climatiques. (Photo au Kenya prise par James Wakibia/SOPA Images/LightRocket via Getty Images)
COP26 - L’Allemagne prépare sa sortie du nucléaire pour 2022. La France entend décarboner son économie d’ici 2030. La Chine s’engage à atteindre la neutralité carbone en 2060. Alors que la COP26 s’est ouverte lundi 1er novembre, les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre de la planète nous noient de promesses, encore loin d’être tenues. Pourtant, il y a un discret pays situé à la pointe ouest de l’Afrique qui a su tirer son épingle du jeu. La Gambie est en effet le seul État dans les clous de l’Accord de Paris sur le climat, a révélé en septembre un rapport du Climate Action Tracker.
Plus précisément, c’est le seul, parmi les 36 pays analysés par cet organisme, à avoir mis en route des politiques climatiques suffisantes pour baisser drastiquement ses émissions de gaz à effet de serre. Le seul aussi, à ne pas dépasser le cap de la barre “des +2 voire +1,5 degrés” d’ici la fin du siècle. C’est l’orientation demandée aux 197 États signataires de l’Accord de Paris sur le climat, lors de la COP21 de 2015.
Les pays présents à la COP21, souvent citée en exemple, ont retroussé leur manche en 2015. Ils se sont attelés à écrire noir sur blanc des promesses pour 2030, date à laquelle les émissions globales doivent avoir été réduites de 50 %. Ces promesses ont un nom : les Contributions déterminées au niveau national (CDN). Sans surprise, la plupart des États ne les ont pas respectées.
La Gambie médaillée d’or des promesses climatiques
C’est pourquoi Climate Action Tracker a décidé d’évaluer le niveau des promesses non tenues. Deux organismes à but non lucratif, le Climate Analytics et le NewClimate Institute, ont analysé les réels engagements de ces 36 États, parmi les plus gros émetteurs, pour établir un classement.
La médaille d’or des politiques climatiques “suffisantes” revient donc à la Gambie. Sur le podium, on trouve aussi d’autres pays africains comme le Maroc ou le Nigéria dont les mesures sont jugées “presque suffisantes”. Un seul pays d’Europe rejoint ce groupe de bons élèves: la Grande-Bretagne. Quant à l’Union européenne, son engagement est noté “largement insuffisant”. Les bons derniers sont l’Iran, la Russie ou encore l’Arabie Saoudite.
Ce classement récompense la Gambie pour ses efforts. Depuis l’Accord de Paris, le plus petit pays de l’Afrique continentale n’a pas chômé: le gouvernement a lancé en 2018 un plan de restauration de 10.000 hectares de forêts, de mangroves et de savane. Un projet solaire à grande échelle est aussi prévu pour 2024: des systèmes tournant à l’énergie solaire dans 1100 écoles publiques et établissements de santé vont être déployés.
Un pays mis sous le joug des sécheresses
La Gambie est donc sacrément motivée pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Pourtant, le pays n’en émet pratiquement pas. L’Afrique de l’Ouest, qui abrite 5% de la population mondiale, rejette seulement 1,8% des GES de la planète. Peu d’émissions et beaucoup de propositions pour les juguler : c’est très paradoxal.
Soit la Gambie veut être un héros du climat -ce qui ne lui rapporterait pas beaucoup d’argent- soit le pays s’inquiète pour son avenir. La deuxième proposition est, bien sûr, la bonne réponse. Des mesures drastiques se sont imposées à la Gambie qui est déjà touchée par les conséquences du changement climatique.
Il y a une dizaine d’années, la Gambie a connu un épisode de sécheresse dévastateur. Les ménages ont souffert de mauvaises récoltes, de pertes de bétail, et de prix élevés des denrées alimentaires. “Plus d’un million de nos 1,7 million d’habitants ont eu besoin d’aide. Aucun ménage n’a été épargné”,indiqueLamin B. Dibba, ministre de l’Environnement de la Gambie sur le site de l’institut international de l’environnement. La Gambie - et l’Afrique de l’Ouest dans son ensemble - est l’une des régions du monde les plus vulnérables au changement climatique.
Des objectifs qui dépendent de l’aide internationale
Or, ces pays “pauvres” ne peuvent pas répondre seuls aux conséquences du changement climatique. S’ils sont déterminés face aux enjeux, le manque de ressources financières est une barrière majeure à l’application de ces mesures.
Pour faire simple: les pays africains, comme la Gambie, ont deux types d’objectifs. D’une part, les “conditionnels”, ce sont des objectifs souvent très ambitieux mais qui ne verront le jour que si les pays riches leur donnent des sous. D’autre part, les “inconditionnels” qui sont toutes les mesures prises pour le climat sans aide internationale.
Forcément, “les objectifs conditionnels sont plus ambitieux que les inconditionnels, car les pays disent ‘on fera plus si on a des financements internationaux’”, explique au HuffPost Sandrine Mathy, directrice de recherche au CNRS en économie de l’environnement et de l’énergie.
Les pays du Sud attendent l’argent de ceux du Nord
L’aide internationale se fait pour l’instant attendre. Lors des précédentes COP, les pays du Nord avaient promis 100 milliards d’euros à ceux du Sud. Or, “il manque 20 milliards aux 100 milliards promis lors de l’Accord de Paris”, relève Sandrine Mathy.
Mais même si la promesse des 100 milliards était tenue, l’aide resterait insuffisante. Pour s’adapter au changement climatique, 140 à 300 milliards par an sont nécessaires à ces pays, a évalué en 2016 le Programme des Nations unies pour l’environnement. Lors de la COP26, les oreilles seront attentives aux annonces des pays du Nord pour soutenir financièrement ceux du Sud.