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  • La patience

    Bien entendu, dans son sens commun, il s'agit d'une qualité. 

    Encore faut-il identifier le contexte.
    Les adeptes de l'écomodernisme nous disent que nous devons être patients et que les solutions technologiques viendront, c'est inéluctable et qu'elles résoudront les problèmes cruciaux.

    La patience, dans ce cas, n’est plus une vertu mais une complicité. Car il s'agit dès lors de perpétuer le système actuel, sans rien y changer mais en créant de nouveaux marchés, de nouvelles technologies, de nouveaux procédés pour pallier aux dégâts provoqués. C'est le même principe que la médecine allopathique en fait.

    En Chine, il existait un précepte qui disait que si tu as besoin d'aller voir ton médecin parce que tu es malade, la meilleure des choses n'est pas de retourner le voir mais d'en changer parce qu'il n'a pas su t'aider à préserver ta bonne santé.

    L'écomodernisme consiste à trouver un médicament pour soigner le mal qui est fait. Pas à éviter que ce mal survienne. 

    Il suffit de lire les statistiques, pas les statistiques officielles gouvernementales, mais celles qui émanent de groupes indépendants pour constater qu'une très grande majorité des personnes succombant aux effets du covid sont des personnes souffrrant de multiples commorbidités et particulièrement celle de l'obésité.

    Y a-t-il une instance gouvernementale qui conseillerait aux individus d'adopter une alimentation leur permettant de préserver leur système immunitaire ?  Non.

    Y a-t-il une instance gouvernementale qui préconiserait une pratique régulière de sport, ne serait-ce que la marche ? Non. Et en plus, nous nous sommes vus limiter dans notre pratique par le confinement. Marcher à un km de chez soi... Une aberration quand on sait à quel point l'activité physique est un bienfait indiscutable dans le renforcement des défenses immunitaires. 

    Par contre, les gouvernements préconisent la vaccination de masse. On use d'un subterfuge qui ne remonte pas à la source. Et c'est consternant. Bien entendu que toutes les victimes du covid ne sont pas dans ce cas-là mais ça représente malgré tout un large panel. 

    L'écomodernisme cherche un "vaccin" aux problèmes de la planète mais sans se questionner sur les causes. Je pouurais ajouter les effets dévastateurs liés au stress professionnel. J'ai lu une enquête parlant des atteintes à la santé dans tous les corps de métier. Notre système économique consumériste matérialiste contribue considérablement à l'affaiblissement des individus. Personne n'oserait le nier.

    Il ne s'agit donc pas d'être patient dans l'attente d'une solution "miracle" mais de cesser de contribuer à l'aggravation du mal. 

  • Massacre à la tronçonneuse

    On le voit ici, dans la Creuse. Une multiplication des coupes rases, une dévastation. Et de plus en plus de personnes qui se révoltent. Le week end prochain, un rassemblement est prévu sur le plateau des Millevaches. On y sera.  

     

    https://www.franceculture.fr/emissions/le-reportage-de-la-redaction/la-fuite-du-chene-francais-en-chine

     

    LE 13/07/2021

    La fuite du chêne français en Chine

    Réécouter La fuite du chêne français en ChineÉCOUTER (5 MIN)

    À retrouver dans l'émission

    LE REPORTAGE DE LA RÉDACTION par Anne-Laure Chouin

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    CONTACTER L'ÉMISSION

    La filière bois française lance un cri d'alarme : les volumes de chêne français achetés par la Chine en ce moment pourraient bien mettre le secteur en péril. Ces exportations massives constituent autant de matière première que ne pourront pas travailler les scieries et les artisans français.

    Grumes de chêne dans une scierie de l'Indre, juillet 2021

    Grumes de chêne dans une scierie de l'Indre, juillet 2021• Crédits : Anne-Laure CHOUIN - Radio France

    La France laisse t-elle partir ses chênes vers la Chine ?  Depuis quelques mois, avec la hausse de la demande en bois et l'envolée du cours des matières premières, on assiste à une ruée des acheteurs étrangers, particulièrement chinois, sur le chêne français. Notamment parce que la Russie, grand producteur de chêne, a décidé de stopper ses exportations. Mais également parce que la Chine souhaite préserver ses forêts.

    C'est donc en partie la France qui répond à la demande internationale, au détriment de sa propre filière bois. Les scieries et les artisans craignent de ne bientôt plus pouvoir se fournir.

    "Des conséquences graves et immédiates"

    La pétition qui circule pour demander que les grumes (les arbres une fois qu'ils sont abattus et n'ont plus de branches) de chêne ne soient plus exportés massivement, a déjà recueilli plus de 13 000 signatures d'entreprises, y compris en Pologne et en Allemagne. Une pétition lancée par la FNB, la fédération nationale du bois, qui craint que d'ici quelques semaines, certaines de ses entreprises de transformation n'aient plus la possibilité de se fournir en chêne français. Un comble quand on sait que la forêt française est largement en capacité de fournir en chêne la filière nationale. Pourquoi la pénurie guette-elle alors ? Parce que le marché du bois en général, et du chêne en particulier, est au plus haut en ce moment : la demande explose, et les prix aussi. Une demande dont les volumes atteignent des sommets du côté de la Chine, en pleine relance économique, qui doit se fournir en matière première. Le 9 juillet dernier les chiffres des douanes chinoises sont tombés, confirmant que l'hémorragie du bois français continue : entre janvier et mai 2021, il est parti 187 167 m3 de chêne français en Chine directement de la forêt française sans aucune transformation. C’est  42% de plus par rapport à 2020. La Chine est le principal acheteur, mais pas le seul. Et le chêne le principal bois vendu, mais pas le seul. 

    Samuel Deschaumes, dirigeant de CBM, fabricant parquets en chêne massif dans le Cher, juillet 2020

    Samuel Deschaumes, dirigeant de CBM, fabricant parquets en chêne massif dans le Cher, juillet 2020• Crédits : Anne-Laure CHOUIN - Radio France

    Les conséquences de cet insatiable appétit chinois, Samuel Deschaumes, patron de l'entreprise CBM, qui fabrique près de la forêt de Tronçais dans le Cher, des parquets en chêne massif issus de forêts locales, est en en train de les constater : "les conséquences sont graves et immédiates. Ce matin je recevais encore un mail d'un de mes plus gros fournisseurs, qui m'annonçait qu'ils ne pourrait sans doute pas me fournir. Demain, c'est toute une filière qui sera menacée."

    C'est un véritable choix de société : est-ce qu'on veut être autonome en chêne demain, est-ce qu'on décide de garder cet or vert en France car environnementalement parlant on ne fait pas mieux? Ou est-ce qu'on veut laisser partir notre chêne en Chine ? On sera gagnant de quelques centimes de plus à court terme, mais perdant à plus long terme, c'est une certitude. 

    De fait, laisser partir autant de bois français à l'export est une forme d'hérésie écologique : 230 000 m3 de forêt exportée, depuis 5 mois,  sans transformation, c’est selon la filière bois, 300 000 tonnes de CO2 déstocké du puit de carbone. Or le même bois transformé en France aurait permis le stockage définitif de 276 000 tonnes de CO2.  On rappelle au passage que la France vient d'être condamnée par le Conseil d’Etat pour inaction climatique. 

    Manque de visibilité à l'export

    Benoit Rachez, directeur adjoint de la coopérative forestière Unisylva, Cher juillet 2020

    Benoit Rachez, directeur adjoint de la coopérative forestière Unisylva, Cher juillet 2020• Crédits : Anne-Laure Chouin - Radio France

    Qui vend à la Chine ? Pour l'essentiel des propriétaires particuliers. La forêt française est détenue à 75% par une multitude de propriétaires privés, qui délèguent le plus souvent l'exploitation de leurs parcelles à des coopératives forestières. Ces dernières vendent les chênes sur pied soit par appel d'offre-un système d'enchères-soit par contractualisation. La première méthode est la plus utilisée : les lots de chêne partent ainsi au plus offrant, sans possibilité de savoir exactement qui est l'acheteur final qui se fait représenter par un trader ou un négociant. C'est pourquoi les coopératives forestières proposent d'élargir les contrats d'approvisionnement pour plus de transparence : cela revient à déterminer sur plusieurs années les volumes de bois à fournir, à quel prix, et surtout, à quel client final. 

    Les scieries français sont importantes pour la propriété forestière française. Nos clients ont besoin d'avoir des débouchés locaux, pérennes, qui les sécurisent sur le futur de leur forêt et son entretien. C'est pour cette raison qu'il faudrait élargir ce mode de commercialisation par contrats d'approvisionnement : ainsi tout le monde est sécurisé dans le temps.

    Mais pour l'heure, pas de préférence nationale pour les vendeurs privés de chêne français. Et pour cause, la France n'a pas interdit les exportations de ses grumes pour la période actuelle, comme l'a fait par exemple la Roumanie. L'hémorragie continue donc. 

    Un marché déséquilibré

    Bertrand Robert, à la tête de son entreprise d'abattage et de sciage, Indre, juillet 2020

    Bertrand Robert, à la tête de son entreprise d'abattage et de sciage, Indre, juillet 2020• Crédits : Anne-Laure CHOUIN - Radio France

    Sur le marché du bois "brut", scieurs français et traders ne jouent pas avec les mêmes armes. C'est ce que déplore notamment Bertrand Robert, qui dirige l'entreprise familiale dans le centre de la France, et se fournit en chêne un peu partout sur le territoire.  "Nous, scieurs, avons tout un tas de normes à respecter, environnementales et sanitaires notamment, ce sont des charges d'entreprises. Les traders, qui achètent sur catalogue et mettent dans des containers, n'ont pas ces charges et ne sont pas soumis à ces normes. C'est un marché qui est assez déloyal " se plaint-il. 

    On ne sait pas quel volume de bois part au grand export. Les chiffres, ce sont les chinois qui nous les donnent. 

    Bertrand Robert réclame, comme ses collègue de la filière, un moratoire sur les exportations de grumes de chêne. Et fait remarquer que les autres bois aussi sont menacés, résineux et feuillus de toutes espèces. D'autant qu'en plus de ce phénomène de fuite de matière première dont les qualités écologiques sont reconnues par tous, et même mises en avant au travers de la règlementation française (la règlementation environnementale RE 2020), la forêt française souffre d'un autre mal, celui du dépérissement, qui fera sans doute drastiquement baisser la production dans les années à venir. 

    Le ministère de l'Agriculture, en charge du sujet, a réuni juin dernier les acteurs de la filière pour tenter de trouver une solution au problème. Il n'est pas question pour l'instant de moratoire sur les exportations, la France attend de trouver une solution au niveau européen. Mais les discussions continuent. 

  • Se dé-capsuler

    Ce texte m'est revenu à la lecture d'un article. La dernière phrase a bien failli se matérialiser mais je pense que la tentative est ratée. Rien n'a changé. La pandémie reste un épiphénomène, aussi douloureuse soit-elle pour ceux qui y ont succombé et pour leurs proches.

    Les individus ne changent pas, les gouvernements ne changent pas, les sociétés restent les mêmes. Tout le monde, ou presque, ne rêve que d'une chose : retrouver la vie d'avant.

    Le fait que cette vie d'avant porte en elle les germes de cette pandémie reste lettre morte. Les gens cherchent des responsables dans la gestion médicale de la crise, accusent les gouvernements, se plaignent des restrictions, se plaignent encore et encore. Je ne dis pas que leurs plaintes sont injustifiées, je dis juste que de s'intéresser uniquement aux effets d'une crise ne sert pas à grand-chose. Il faut remonter à la source et comprendre ce qui a déclenché un tel bouleversement.

    Nos sociétés modernes sont malades, les populations sont malades, les esprits sont dévoyés, contaminés, formatés, cadenassés. Tellement cadenassés qu'ils ne souhaitent que retrouver les limites de leur geôle. C'est là que se trouve l'ego encapsulé. Et il n'existe qu'une seule solution : le décapsulage.

    En quoi est-ce que ça consiste ?

    Je pense pour ma part qu'il est vain de lutter contre des forces qui nous dépassent, des forces qui existent depuis des siècles, qu'il s'agisse d'entités politiques, économiques, financières ou soi-disant philosophiques. je suis consterné par les discours que j'entends en ce moment émanant des prochains candidats aux élections présidentielles. Rien ne changera, la réalité restera la même. Des épiphénomènes auront lieu et tout le monde en parlera, s'énervera, se plaindra, espèrera que ça sera mieux la prochaine fois, etc etc etc...Des siècles que ça dure. 

    Mais alors, que faire ?

    S'éloigner, s'éloigner le plus possible de la masse des egos encapsulés et construire un autre espace, établir uniquement des liens avec des individus semblables à soi, engagés dans cette voie de distanciation, des individus qui construisent leurs existences sur des valeurs associées à l'être et non plus à l'avoir. Des individus spirituels.

    Le dé-capsulage, c'est la spiritualité qui la propose. Et la spiritualité n'a que faire des voies déjà tracées, mille fois empruntées, des sillons si profonds que les bords sont devenus des talus qu'aucun individu ne peut escalader. 

    Il est certain que ma situation de retraité est un privilège. J'ai le temps de penser, j'ai la liberté intérieure. C'est bien là d'ailleurs un des drames du travail salarié. Il érige lui aussi les murs de la geôle, il en est même le ciment. Je suis d'ailleurs persuadé que le refus des gouvernements d'aller vers un revenu minimum s'explique par la peur du temps offert aux individus. Des individus qui auraient enfin le temps de penser. Non pas de penser dans le cadre de la "réalité sociale" mais dans la dimension du Réel... C'est terriblement dangereux un individu qui pense en dehors du cadre. Des individus dé-capsulés.

     

     

    "La sous-ciété"

     

    Par 

     Le 30/07/2018

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    La "sous-ciété"
    Il m'est impossible d'utiliser le terme de société pour désigner cet environnement social et surtout spirituel dans lequel j'évolue. D'autant plus en lisant tout ce que la société Kogis a mis en place et cette osmose fascinante dans laquelle ce groupe humain évolue depuis des siècles.
    Si j'utilise le terme de "sous-ciété" pour désigner le monde occidental, c'est parce qu'il s'agit à mes yeux d'un espace de basse synergie. 
    Une société digne de ce nom existe au contraire dans une haute synergie. Cette synergie prend forme dès lors que les individus ont opté pour une exploration lucide de leur implication dans une harmonie constante au regard de la Nature et du flux vital.

    Ce n'est pas le système occidental qu'il faut blâmer. Ce soi-disant système n'a aucune existence spontanée, il n'est que le reflet de l'état de conscience des gens qui le composent. Un système n'est que l'amalgame de composants. Les individus sont ces composants et le système est activé par les liens qui unissent les composants. 
    Un moteur de voiture n'a pas d'existence en soi, ce sont les liens entre chaque composant qui lui donnent ce semblant d'existence. Il est totalement absurde de dire qu'un moteur ne fonctionne pas. Il s'agit d'identifier le composant défectueux. Pas d'accuser l'ensemble.

    Le terme de "société" correspond à un paradigme extrêmement puissant. Les individus ont été conditionnés à s'en remettre à ce système et à quelques groupes ou individus chargés d'entretenir le système. Un paradigme est une "super théorie". Il propose les modèles de pensées auxquels chaque composant du système va apprendre à se référer. On trouve des paradigmes dans le domaine scientifique mais le concept de "société" s'établit dans un espace psychologique et philosophique, même si cette "philosophie" est indigne de la philosophie en tant que telle.

    Inutile de se référer à des données politiques, économiques, sociales, historiques. Tout cela n'est que l'habillage d'un formatage philosophique.

    Un paradigme se nourrit de schémas mentaux. Ceux qui nous concernent dans cette "sous-ciété" de basse synergie s'établissent au coeur de l'ego. Ces schémas mentaux sont destinés à préserver le paradigme. Une fois que les schémas mentaux sont appliqués à la masse entière, le paradigme devient une "réalité". Il ne s'agit pas du "réel" mais d'une interprétation des phénomènes dans le cadre du paradigme. 
    La "réalité" est instaurée de façon à propager le fonctionnement institutionnel. Non pas gouvernemental mais un fonctionnement philosophique. C'est là qu'il faut dépasser la condamnation infantile de la "société". La "société" est un moteur dont chaque individu est un composant.

    Même les leaders de cette "sous-ciété" ne sont pas conscients de l'illusion dans laquelle ils évoluent. Ils ont simplement adopté les schémas mentaux de leurs pairs et les ont développés pour leurs propres intérêts. Personne, parmi les leaders, qu'ils soient politiques ou économiques, n'est conscient du courant qui les emporte. On ne demande pas à un carburateur d'être conscient de son appartenance à un moteur. On lui demande d'effecteur sa tâche avec soin. Les leaders de cette "sous-ciété" ne sont que des carburateurs et ils n'ont aucune vision verticale de l'ensemble. Ils se pensent "décideurs" quand ils ne sont que les copistes des écrits de leurs prédécesseurs.

    Les manipulations dont ils sont régulièrement accusés ne s'établissent toujours qu'au coeur de ce paradigme. Les schémas mentaux sont modulables mais nourrissent toujours le paradigme. La prochaine élection n'est que la confrontation de schémas mentaux dans une "réalité" illusoire et perverse. Aucun changement de paradigme n'est envisagé car cela signifierait que les leaders prendraient le risque de ne plus être les leaders. Leur objectif n'est que de porter une étiquette différente de celle de leur adversaire. La philosophie interne au système reste la même dans un jeu de chaises musicales sous la direction d'un orchestre archaïque et fondamentalement conservateur.

    L'idée fondamentale est de modifier quelque peu les composants du moteur pour lui donner un rendement différent et si possible "meilleur" au regard de la "réalité" instaurée afin de justifier les privilèges qui sont accordés aux solistes. Mais il n'est pas question de réfléchir à la justesse du moteur lui-même. On ne touche qu'aux schémas mentaux. Pas à la source de ces schémas.

    Les individus sont donc responsables du paradigme en se sens qu'ils l'entretiennent à travers les schémas mentaux qu'ils ont adoptés. Le système n'existe qu'à travers cette adhésion. Non seulement comportementale mais bien avant tout philosophique.

    Si ce paradigme nourrissant cette "sous-ciété" existe, c'est en raison de notre fonctionnement. Nous sommes encapsulés dans un moi tout puissant et tout ce qui ne participe pas à cette identité est extérieure à ce moi. Cette scission est à la source de la dualité et de la basse synergie si dévastatrice. 
    Ce modèle fondamental conditionne toute la "réalité" qui convient au maintien du paradigme. Le système s'auto-entretient à travers le figement philosophique des individus. 
    On peut parler désormais avec la mondialisation de "méta-modèle" ou "méta-paradigme", c'est à dire ce qui est au-delà du paradigme lui-même. Comme un moteur qui fonctionnerait de lui-même, sans aucun pilote...Mû par sa propre énergie. Un mouvement perpétuel. Ou qui se croit perpétuel...

    La société des Kogis est organisée autour d'une idée radicalement différente de celle du moi encapsulé. C'est celle de l'unicité. Il n'y a pas de séparation mais une osmose qu'il faut entretenir. L'individu n'est pas qu'un composant d'un moteur. Il est conscient du moteur et du rôle qu'il tient au coeur de ce système. Il n'agit pas en restant centré sur le fonctionnement de la pièce qui le constitue et de son rôle parcellaire parce qu'il n'est jamais dissocié du moteur lui-même. On pourrait comparer cela également avec une cellule constituant le bout infime d'un doigt. Cette cellule aurait conscience de l'existence de l'individu auquel elle appartient malgré le gigantisme de l'ensemble dans lequel elle évolue. C'est une vision macroscopique qui donne à l'existence de l'individu une énergie bien plus puissante que celle d'une cellule qui se croit isolée et toute puissante. Le moi n'est plus une entité en elle-même mais un réceptacle de l'énergie vitale qui anime un ensemble d'une complexité infinie. Il ne s'agit pas pour autant de la négation de l'individu étant donné que l'individu puise dans cette appartenance une nourriture spirituelle d'une plénitude inconcevable pour la plupart des occidentaux et impossible à saisir dans le champ limité du moi encapsulé.

    Le moi encapsulé est séparé du flux vital parce que ses schémas de pensées créent un voile opaque. 
    Ça n'est pas la vie qui l'anime mais lui qui donne à la vie l'image d'une réalité qui convient au maintien de son identité. Les pensées, les sentiments, les perceptions, les réflexions, les actes, les intentions sont irrémédiablement au service de ces schémas. Là encore, le fonctionnement est terriblement pervers étant donné que chaque instant de l'existence participe à l'édification puis au renforcement de l'identification. Le moi existe à travers lui-même et s'auto-persuade de la justesse de son raisonnement. On retrouve par conséquent à l'échelle de l'individu le fonctionnement inhérent au paradigme de l'ensemble. C'est en cela que le système qui apparaît comme responsable du mal être des individus est un leurre. Le moi accuse un système qu'il a lui-même constitué parce que dans cette lutte, le moi, lui-même, se renforce et se sent exister.

    Même les individus qui disent oeuvrer à la constitution d'une quête spirituelle ne sont parfois que des ego établissant dans une démarche philosophique le renforcement de leur moi pour la simple raison qu'ils reproduisent un fonctionnement individuel au coeur duquel se trouve toujours le moi encapsulé. C'est en cela qu'il me semble extrêmement délicat de parvenir à rompre les schémas de pensées et tous les conditionnements qui en découlent lorsque l'individu a déjà évolué dans la dimension enivrante de la "sous-ciété".
    Il faut se désintoxiquer pour entrer dans une autre vision de l'existence...

    L'avenir de l'humanité appartient aux groupes ethniques ayant su préserver depuis des millénaires une vision uniciste de l'existence.

    Les "sous-ciétés" modernes voient bien parfois s'éveiller quelques individus "dé-capsulés" mais ils ne seront sans doute jamais suffisamment entendus pour que des schémas de pensées opposés prennent suffisamment de puissance pour parvenir à insérer dans la masse un nouveau paradigme.

    Je rêve parfois d'une intervention de la vie elle-même. Que le réel en vienne à s'imposer à la réalité. Par la force si nécessaire.

  • L'industrie blockchain

     

    Que quelqu'un me dise que ce monde "moderne" va bien, qu'il agit avec raison et bon sens, qu'il est nourri par des intentions altruistes... Et je lui répondrai que ses oeillères sont si épaisses qu'il ne voit plus le monde réel de la vie mais uniquement une dimension artificielle, qu'il vit "hors sol" et que cette étroitesse de vue est une condamnation pour tous. Il est clair aujourd'hui que nous sommes sous la coupe de gens dont la folie porte des noms prestigieux pour eux : profits, bénéfices, fortunes, puissance, ego.

     

    Ce fameux ego encapsulé :

    L'ego encapsulé.

    L'ego encapsulé (2)

    L'ego encapsulé (3)

     

    Surconsommation, spéculation, impact environnemental : les dérives de l’industrie blockchain

     

    Au point qu’en quelques années, l’électricité consommée par l’ensemble des microprocesseurs des mineurs travaillant à pleine puissance pour fournir la preuve de travail a surpassé les unes après les autres la consommation d’électricité de pays tels que le Bangladesh, la Hongrie et plus récemment l’Argentine ; soit la puissance fournie par une vingtaine de réacteurs nucléaires (voir le site créé par l’université de Cambridge) pour le seul Bitcoin.

    30 avril 2021 - La Relève et La Peste

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    Envie d’une vraie déconnexion ? Évadez-vous avec notre bande dessinée !

    - Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
    - Format : 128 pages
    - Impression : France

     

    Commander

    Coinbase vient d’entrer en bourse à une valorisation avoisinant les cent milliards de dollars, confirmant s’il était besoin son statut de chef de file des startups qui se construisent autour de la technologie blockchain. Coinbase est l’équivalent d’une banque pour cryptomonnaies : elle détient les clés des portefeuilles de ses clients, qui lui délèguent donc le contrôle des monnaies digitales qu’ils possèdent, parmi lesquelles les plus connues sont Bitcoin et Ethereum. Internet s’imaginait libre et décentralisé. Entre bancarisation et spéculation, surconsommation électrique et pénurie de matériaux engendrés par la course au minage, mais aussi numérisation à outrance des rapports sociaux, l’industrie des cryptomonnaies semble bel et bien sonner le glas de l’utopie numérique. Un article de Jonathan Bourguignon.

    Coinbase, une insulte à la volonté originelle de Bitcoin

    Une banque pour cryptomonnaies : ce devrait être un oxymore, si l’on se réfère au livre blanc originel qui décrit Bitcoin pour la première fois. Le document, signé du mystérieux sobriquet Satoshi Nakamoto, sur lequel tant d’encre a coulé sans jamais dévoiler la ou les personnes qu’il cachait, est publié en 2008. 

    En pleine crise des subprimes, et alors que la planche à billets fonctionne à plein régime pour sauver des banques prises au piège des junk bonds qu’elles ont elles-mêmes créé, Bitcoin se définit comme une monnaie indépendante du contrôle des Etats. Bitcoin offrait la promesse d’une monnaie décentralisée, à portée de tous et aux mains de personne, et surtout pas des puissants, Etats ou banques. 

    Coinbase est donc une insulte aux intentions originelles affichées. Et son entrée en bourse, le cauchemar de Satoshi. Aujourd’hui, en Europe comme aux Etats-Unis, la planche à billets tourne à nouveau, et le cours de Bitcoin, devenu valeur refuge, a explosé. Nourrissant l’essor d’une nouvelle banque.

    Crédit : André François McKenzie

    Coinbase est soutenue dès 2013 par l’un des fonds d’investissement les plus influents de la Silicon Valley : de Skype à Stripe, de Facebook à Airbnb, de Twitter à Clubhouse, Andreessen-Horowitz a soutenu dès leurs premiers pas les startups les plus iconiques du web 2.0. 

    Mais la légende d’Andreessen-Horowitz commence bien avant la création de la firme : son fondateur, Marc Andreessen, fut l’enfant-prodige à l’origine du navigateur web qui a rendu internet intelligible et incarné, accessible à tous, réalisant la prophétie des idéologues et idéalistes qui annonçaient la survenue du cyberespace. 

    Dans les écrits de l’utopie numérique (et notamment les pamphlets de l’Electronic Frontier Foundation, comme la Déclaration d’Indépendance du Cyberespace), internet devait devenir un espace hors de la portée des anciennes structures de pouvoir, et en particulier des gouvernements, des banques et des multinationales. 

    Après le passage du millénaire, Bitcoin se fait l’héritier de cette rhétorique. Et c’est donc l’ancien messie Andreessen qui finance le dévoiement du cyberespace à travers une banque centralisée cotée au NASDAQ. Mais Coinbase n’est peut-être que l’aspect le plus superficiel par lequel l’évolution récente de l’industrie blockchain révèle les contradictions profondes et anciennes de l’utopie numérique.

    Deux couvertures de magazine avec Marc Andreessen, à vingt ans d’écart

    NFT : la fièvre de posséder

    Au-delà de l’explosion du cours des cryptomonnaies, ce début d’année a été marqué par l’attention médiatique qu’ont su capter d’autres artefacts numériques adossés à la technologie blockchain, appelés NFTs, pour Non-Fungible Tokens. Là où un bitcoin est équivalent à n’importe quel autre bitcoin, chaque NFT est unique (ce que traduit le terme barbare “non fongible”). 

    Un NFT représente l’actif qu‘il décrit de manière unique. Quelques cas qui ont captivé l’imagination ces derniers mois : Jack Dorsey, fondateur de Twitter, a vendu un NFT représentant le premier message envoyé sur le réseau à l’oiseau bleu pour 2,5 millions de dollars.

    Des NFT représentant des vidéos de LeBron James ont été écoulés par NBA Topshot pour des centaines de milliers de dollars. Ces NFT représentent un droit de propriété, enregistré sur une blockchain (le plus souvent Ethereum).

    Si les NFTs représentent un droit de propriété, elles n’empêchent nullement les onéreux tweets ou vidéos d’être présents sur Twitter ou Youtube. Elles se contentent d’enregistrer le droit de propriété de l’actif (qui peut être digital ou même physique), et les contrats qui y sont liés, comme leur acquéreur, ou les règles pour la cession future des actifs, incluant des droits de rétrocession.

    Leur fonctionnement technique ne garantit en rien, en retour, l’exercice de droits tels que le droit d’auteur.

    En outre, les NFT n’ont rien de nouveau. C’est un cas d’usage de la technologie blockchain qui avait été identifié depuis longtemps : par leur aspect public et immuable, les blockchains ont valeur de registre notarial, et permettent de stocker des contrats automatisés. 

    Dès 2017, des crypto-chats digitaux – les cryptokitties, équivalent digital des cartes Pokemon – s’échangeaient sur Ethereum, faisant exploser le nombre de transactions sur le réseau au point de le paralyser temporairement. Alors pourquoi une telle explosion spéculative autour des NFTs ?

    Retour à Andreessen-Horowitz, ou plus exactement au populaire podcast qu’héberge le fonds d’investissement, pour l’épisode de mars intitulé Tout sur les NFTs. En une heure de conversation, le verbe “posséder” revient quatre-vingts fois. 

    On y apprend que les NFTs permettent ce qui était impensable : posséder une image jpg, c’est à dire la version numérisée d’une image, posséder une vidéo, posséder des bouts d’information ; mais aussi, conceptuellement, posséder un moment (par exemple : le tweet historique de Jack Dorsey), posséder virtuellement n’importe quel évènement digital, n’importe quelle oeuvre digitale : le rêve de tout collectionneur. 

    Alors que le propre de l’information numérique est d’être exactement réplicable, instantanément, partout, alors que la promesse d’internet, “l’information veut être libre” est martelée depuis 1984 (voir par exemple L’Ethique des Hackers de Steven Levy) par les apôtres d’un web émancipateur qui promeut la propagation, sans frontières et sans limites, de l’information et de la culture, les nouveaux spéculateurs de l’univers crypto ont finalement trouvé le moyen de faire de l’octet une denrée rare.

    Les GIFs peuvent désormais devenir œuvres d’art au même titre que les œuvres d’art physiques. Et par conséquent, devenir des refuges de valeurs non soumis à l’imposition, au même titre que les oeuvres d’art physiques qui dorment, cachées aux yeux de tous, dans les entrepôts des ports francs non-soumis à la vigilance des douanes, que par hasard mettait en scène Tenet en 2020, l’un des seuls blockbusters à avoir trouvé le chemin des salles de cinéma l’année où a explosé le marché du cryptoart.

    Les cryptokitties, précurseurs des NFT dès 2017

    Matérialisation physique des cryptomonnaies

    Les opposants aux NFTs rappellent aussi, à raison, que cette nouvelle manière de posséder a un coût environnemental. Un coût non négligeable, lié au fonctionnement actuel de la majorité des blockchains.

    Le principal enjeu d’une blockchain est d’assurer que chaque nouveau bloc de transactions ajouté à l’historique est légitime. L’action d’ajouter un bloc s’appelle “miner”, par analogie à l’effort exigé pour extraire de nouveaux lingots d’or auxquels était jadis adossée la monnaie fiduciaire. Le mineur est rétribué par de nouvelles unités de cryptomonnaie qui sont émises à chaque bloc ajouté. 

    Bitcoin part du principe qu’au-moins la moitié du réseau de mineurs est bien intentionnée, c’est-à-dire ne tente pas d’introduire des transactions frauduleuses (auquel cas, toute confiance dans le réseau s’effondrerait, ainsi que la valeur des bitcoins et donc l’effort des mineurs).  

    Elle fait donc accomplir aux mineurs un exercice de calcul mathématique – appelé preuve de travail ou proof of work – qui prouve que le mineur est bien en possession d’une puissance de calcul qu’il met au service du réseau. 

    La difficulté de cet exercice augmente avec le cours de Bitcoin, puisque l’extraction devient plus lucrative, incitant en retour de nouveaux mineurs, c’est-à-dire de nouveaux data centers, à rejoindre cette nouvelle ruée vers l’or.

    Au point qu’en quelques années, l’électricité consommée par l’ensemble des microprocesseurs des mineurs travaillant à pleine puissance pour fournir la preuve de travail a surpassé les unes après les autres la consommation d’électricité de pays tels que le Bangladesh, la Hongrie et plus récemment l’Argentine ; soit la puissance fournie par une vingtaine de réacteurs nucléaires (voir le site créé par l’université de Cambridge) pour le seul Bitcoin. 

    Quant à Ethereum, la blockchain de prédilection des NFTs : les cartes graphiques sont particulièrement efficaces pour miner sur le réseau ; au point que les mineurs préemptent ce type de puce, participant à une pénurie mondiale si sévère que tout appareil qui en renferme, à l’image d’une Playstation 5 officiellement sortie en Europe avant Noël, reste aujourd’hui introuvable. 

    “Move bits, not atoms” (“déplacez de l’information, pas de la matière”), disait la tribune mensuelle du premier investisseur de Wired dans les années 90. A cette époque, l’économie de l’information devait apporter une réponse à la crise écologique, permettant de créer de la prospérité dématérialisée. Un autre pan de l’utopie tombe en lambeaux…

    Crédit : QuoteInspector.com

    Les opposants aux opposants aiment relativiser en comparant la consommation énergétique de Bitcoin au marché de l’or ou au système financier en général, qui incluerait l’empreinte énergétique de toutes les succursales bancaires, terminaux de paiement, distributeurs de billets et leur logistique. 

    Cette seconde comparaison serait pertinente si Bitcoin ou les NFTs avaient encore vocation à remplacer le système financier. Mais leur nouvel usage comme valeur refuge s’ajoute à l’ancien monde sans rien remplacer.

    Que la blockchain soit une technologie qui apportera beaucoup à l’infrastructure financière ne fait guère de doute ; que le réseau Bitcoin lui-même, qui n’est qu’une implémentation de cette technologie, y participe jamais est plus douteux.

    Le nombre de transactions sur Bitcoin limite d’ailleurs drastiquement les usages que pourrait avoir le réseau s’il était utilisé comme monnaie (environ deux mille transactions par bloc, chaque nouveau bloc étant miné toutes les dix minutes : le réseau ne pourrait supporter ne serait-ce que l’infrastructure de paiement du péage de Saint-Arnoult un jour de départ en vacances).

    Les opposants aux opposants ont encore un autre argument dans leur besace : la preuve de travail pourrait être remplacée par la preuve d’enjeu ou proof of stake. Dans cet autre schéma, la difficulté de calcul est pondérée par la quantité de cryptomonnaie que possède déjà le mineur. 

    Plus le mineur possède d’actifs, moins il lui est difficile de miner ; l’idée sous-jacente étant qu’un mineur en possession de beaucoup d’actifs aura peu d’intérêt à compromettre le réseau. Ethereum, après des années d’effort, semble finalement progresser dans sa transition vers la preuve d’enjeu.

    Pour Bitcoin et nombre d’autres blockchains, il n’est pas question de migrer vers la preuve d’enjeu. Car là où Bitcoin comptait créer une monnaie qui ne puisse être instrumentalisée par les puissants, la preuve d’enjeu signifie au contraire que plus vous possédez, plus il vous est facile de miner. 

    Le réseau rétribue les possédants (pour donner un ordre d’idée, actuellement, sur Ethereum le taux d’intérêt que rapportent des ethers placés pour miner se situe autour de 12% ; les taux sont équivalents sur Polkadot, une autre blockchain très utilisée en ce moment), concentre les fortunes déjà existantes, et leur donne en outre un poids plus fort dans la gouvernance. 

    Ce qui referme donc la boucle écologique : il n’est plus à démontrer (voir par exemple ce rapport du GIEC) qu’un système qui augmente les inégalités augmente les ressources allouées aux franges les plus riches. A moins de laisser se dégrader encore le niveau de vie des populations des plus favorisées, il augmente donc globalement la consommation de ressources et l’impact environnemental global de la société.

    L’usine de bitcoins ‘Genesis Farming’ près de Reykjavik est l’une des plus grandes du monde à « miner » les bitcoins grâce à un système de microprocesseurs. Crédit : Halldor KOLBEINS / AFP

    L’héritage cybernétique d’Ethereum

    Ces contradictions matérialisées par les blockchains sont plus profondément inscrites dans l’idéologie d’internet elle-même qu’il n’y paraît. L’innovation la plus intéressante apportée par Ethereum est la notion de smart contracts, des contrats intelligents qui s’exécutent automatiquement sur la chaîne. 

    Un contrat peut stipuler, par exemple, que si une condition donnée est vérifiée (par exemple, si un chauffeur conduit un passager d’un point A à un point B, ce qui se matérialisera par la géolocalisation de leurs téléphones), une transaction sera effectuée en ethers.

    La blockchain permet donc d’automatiser, sans avoir à reposer sur aucun intermédiaire de confiance (un notaire, par exemple, ou l’entreprise Uber qui a l’autorisation de prélever de l’argent sur la carte bancaire de ses clients), l’exécution de contrats. 

    Il suffit d’écrire dans la blockchain les conditions sous lesquelles une transaction doit s’exécuter pour que des ethers, à une date ultérieure, passent d’un portefeuille à l’autre, à condition que leurs possesseurs aient cryptographiquement signé le contrat.

    Des projets vont plus loin dans l’idée d’une gouvernance programmatique, transparente, immuable, à l’image des DAO ou Organisations Autonomes Décentralisées. Ces dernières représentent une organisation ou une entreprise, et inscrivent dans la chaîne les règles qui régiront leur fonctionnement. 

    Les DAO transforment les organisations et les individus en entités souveraines capables de créer leurs propres lois, immédiatement appliquées, gravées dans le code

    Elles permettent d’imaginer des principes de fonctionnement difficilement exécutables autrement – par exemple, un réseau de type Uber dans lequel la gouvernance et la valeur seraient distribués entre les chauffeurs participant au réseau en fonction du travail qu’ils fournissent, et qui décideront eux-mêmes de l’attribution des bénéfices à la fin de l’année sans autorité centrale.

    En tentant de codifier et d’automatiser ainsi les rapports sociaux, les smart contracts et les DAO appartiennent à une vision du monde qui voit dans les relations humaines une source de flottement dans lequel s’immiscent des enjeux de pouvoir (qu’on appelle communément la politique), et mettent en doute la capacité de l’Etat à faire appliquer les règles dictées par la Loi. 

    Ils contribuent à normaliser les rapports entre être vivants, entre le monde physique et le cyberespace. Ils créent un monde programmable, dans lequel les interactions entre hommes et machines s’inscrivent dans un vaste organisme, accomplissant la prophétie codifiée par Norbert Wiener dans son livre paru en 1948, La Cybernétique, Information et régulation dans le vivant et la machine.

    Norbert Wiener, le père de la cybernétique

    Dans l’utopie numérique, la cybernétique était la promesse qu’un système horizontal, décentralisé, à travers lesquels se propagent signaux et boucles de rétroaction, pouvait s’auto-réguler, à l’image de certains écosystèmes naturels, sans autorité centrale, sans gouvernement, sans oppression, garantissant une forme de liberté et d’émancipation.

    Pourtant, la théorie cybernétique peut aussi être interprétée comme un précurseur aux dispositifs de contrôle qui viendront se greffer à internet, qu’il s’agisse du système imaginé par Cambridge Analytica pour agir sur les décisions des électeurs à travers Facebook, ou du système de crédit social toujours en cours de déploiement en Chine, visant à encourager les citoyens et les entreprises à conformer leurs comportements à l’éthique décidée par le Parti pour la société.

    Entre centralisation à outrance, création artificielle d’une rareté numérique, ancrage de l’économie numérique dans une physicalité toujours plus destructrice de l’environnement, et dispositifs réduisant l’interaction sociale à des contrats automatisés, certaines tendances de l’industrie blockchain semblent finalement entériner la longue agonie de l’utopie numérique.

    Plus d’infos sur l’auteur : article écrit par Jonathan Bourguignon, entrepreneur, impliqué sur plusieurs projets blockchain, et auteur d’Internet, Année Zéro, récemment publié aux éditions Divergences et disponible en librairie. Ses expériences à la croisée des communautés et des écosystèmes lui donnent la perspective nécessaire pour confronter les points de vue et multiplier les échelles d’analyse.

     

  • "Mordue de viande"

    A force de le dire, de le hurler, de l'afficher, il va bien y avoir quelques centaines, quelques milliers, quelques millions de personnes que ça finira par toucher. Voilà douze ans que je ne mange plus d'animaux, ni terrestres, ni aquatiques. Et je m'en porte très bien, physiquement et psychologiquement. Je ne suis plus acteur de ce désastre. 

     

    Mordue de viande, l’Europe alimente la crise climatique par son addiction au soja

      

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    Mordue de viande, l’Europe alimente...

    Publié en 2019

    Agriculture, Forêts

    En Europe de l’Ouest, une personne consomme en moyenne 85 kg de viande et 260 kg de produits laitiers chaque année. C’est plus du double de la moyenne mondiale. Si cette surconsommation de protéines animales pose un grave problème de santé publique, elle a aussi un impact environnemental et social désastreux. La majorité de la viande et des produits laitiers consommés en Europe proviennent d’élevages industriels où les animaux sont nourris avec du soja issu de la destruction d’écosystèmes en Amérique du Sud. C’est ce que démontre ce rapport de Greenpeace, intitulé « Mordue de viande, l’Europe alimente la crise climatique par son addiction au soja »

    CONSULTER LE RAPPORT

    La culture industrielle du soja contribue à la destruction d’écosystèmes précieux

    L’Amérique du Sud regorge de forêts et de savanes arborées uniques : l’Amazonie, le Gran Chaco ou encore le Cerrado renferment des trésors de biodiversité et constituent de précieux remparts contre le dérèglement climatique. Malgré leur importance capitale, ces trois écosystèmes disparaissent : ils sont détruits pour être remplacés par des champs de soja.Ce soja est destiné à satisfaire l’appétit dévorant de l’élevage industriel européen. L’Europe est en effet accro au soja sud-américain, dont la production ne cesse d’augmenter pour répondre aux besoins de l’industrialisation de notre élevage.

    Cette addiction a impact énorme sur les écosystèmes. Elle a participé à la déforestation de l’Amazonie brésilienne. Aujourd’hui protégée de l’expansion du soja grâce à un moratoire, le gouvernement d’extrême-droite de Jair Bolsonaro fait cependant peser de sérieuses menaces sur la première forêt tropicale du monde. La culture du soja contribue désormais à détruire les régions du Gran Chaco et du Cerrado. Le Cerrado aurait ainsi déjà perdu près de la moitié de sa végétation naturelle, soit environ 88 millions d’hectares : une superficie équivalente 1,4 fois la France.

    Impacts environnementaux, sanitaires et sociaux de la culture industrielle du soja

    Le recours quasi-systématique aux pesticides et aux OGM dans la culture industrielle du soja en Amérique du Sud représente une grave menace pour la biodiversité et les communautés locales. Au Brésil et en Argentine, plus de 95 % du soja produit est génétiquement modifié. Depuis l’introduction des cultures transgéniques au milieu des années 1990, l’utilisation de pesticides par unité de surface a augmenté de plus de 170 % en Argentine comme au Brésil. L’Europe est bien consciente du danger, puisqu’aucune des variétés de soja GM utilisées au Brésil et en Argentine n’est autorisée à y être cultivée, et plus d’un tiers des pesticides actuellement autorisés au Brésil ne seraient pas autorisés par l’UE ! Ainsi, les milliers d’espèces endémiques ou fragiles vivant dans les régions du Gran Chaco, du Cerrado et de l’Amazonie sont directement mises en péril par l’agriculture intensive.

    La culture intensive du soja menace également la santé humaine. D’après le Rapporteur spécial du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, les autorités brésiliennes recensaient 5 501 cas d’empoisonnement aigu aux pesticides en 2017, soit près du double par rapport aux chiffres de 2007.

    Cette production a aussi un impact social considérable. En effet, son essor aurait favorisé de graves violations des droits des autochtones, travailleurs et communautés locales, manifestées entre autre par des déplacements de population et des formes d’esclavage. En parallèle, le pouvoir politique et économique des entreprises qui contrôlent la production et le commerce du soja ne cesse de s’accroître, et de plus en plus de terres se concentrent dans les mains d’une poignée de grands propriétaires.

    L’Europe, folle de viande

    En Europe, les élevages sont de moins en moins nombreux mais de plus en plus vastes et industrialisés. Cette industrialisation de notre élevage va de paire avec la hausse de la production du soja en Amérique du Sud qui provoque l’aggravation des problèmes précédemment cités. L’UE importe en effet environ 33 millions de tonnes de soja chaque année, majoritairement en provenance d’Amérique du Sud, et 87% du soja utilisé en Europe est  destiné à l’alimentation animale. La production et la consommation de viande dans des quantités industrielles font planer de nombreuses menaces en Europe.

    Le niveau européen de consommation de viande et de produits laitiers entraîne en effet d’importants problèmes de santé publique. De nombreuses études ont en effet pointé du doigt notre niveau actuel de consommation de viande, lequel augmenterait le risque de diabète, de maladie cardiaque et de cancer.

    De plus, l’élevage industriel est un danger pour nos campagnes et celles et ceux qui les font vivre. Dépendant des cours mondiaux, les paysans et paysannes traversent une crise sans précédent. Ils disparaissent de nos campagnes avec l’essor de fermes-usines qui défigurent nos paysages et qui sont un cauchemar environnemental et sanitaire pour les riverains et riveraines. Les conditions d’élevage des animaux dans les exploitations industrielles sont par ailleurs catastrophiques : elles engendrent cruauté et souffrance, et sont tout simplement inacceptables.

    Aujourd’hui, l’Europe surproduit et surconsomme de la viande et des produits laitiers. Ce sont les politiques agricoles mises en place par l’UE elle-même qui entretiennent ce système alimentaire qui produit viande et produits laitiers en quantités industrielles au détriment de l’environnement, du climat, des questions sociales et de la santé de ses propres habitants et habitantes. Il est urgent de sortir de ce système en opérant une véritable révolution alimentaire et agricole. Cela passe par la réforme de nombreuses politiques européennes encadrant la production agricole, au premier rang desquelles figure la Politique agricole commune, mais aussi par une réduction globale de la consommation de viande. Si l’Europe veut résoudre les problèmes environnementaux, sociaux et sanitaires posés par l’élevage industriel, alors elle n’a d’autres choix que d’opérer une véritable révolution écologique de notre système de production alimentaire.

  • Addiction électronique

    Mon ordinateur portable et mon smartphone sont des appareils recyclés et il est hors de question d'en changer pour un "nouveau" modèle tant qu'ils fonctionneront.

    La course à la "nouveauté" est une abberation écologique, un conditionnement sociétal, une addiction consumériste et il est nécessaire d'ne connaître les effets dévastateurs. 

    J'invite ardemment les lecteurs à aller visiter le site "Naturévolution". 

     

     

    Naturevolution > Partage et sensibilisation > Sensibilisation France > Impacts et solutions à notre addiction électronique

     

    Impacts et solutions à notre addiction électronique

    Written by   |  20 août 2021

    EXPLOITATION MINIÈRE – La « dématérialisation » de l’économie est un leurre : le numérique n’a jamais été aussi dépendant des matières premières. La pollution et les déchets générés sont astronomiques. Dressons un très rapide panorama du sujet, de la mine jusqu’à l’acheteur, en passant par les solutions pour remédier à ce gâchis pourtant évitable.

    Mines de nickel sur le littoral du Nord Konawe, sur l'île de Sulawesi en Indonésie

    Mines de nickel sur le littoral du Nord Konawe dans la baie de Matarape. La transformation du minerai de nickel est très énergivore. Pour des raisons économiques, elle est réalisée la plupart du temps grâce au charbon, avec des émissions de gas à effet de serre catastrophiques. Southeast Sulawesi, Indonesie⁠. © Yann Bigant

    À la base du numérique : l’exploitation minière

    Sommaire

    À la base du numérique : l’exploitation minière

    Un flux ingérable de déchets électroniques

    Très peu d’appareils sont réellement recyclés

    Un coût payé par les populations défavorisées

    La conception au cœur du problème

    Comment savoir si un appareil est réparable ?

    Le mauvais exemple d’Apple

    Des appareils conçus pour être réparables

    L’essor du reconditionnement

    Et pour vos téléphones qui dorment au fond du tiroir ?

    Qu’il s’agisse de l’exploitation du nickel à Sulawesi, du lithium en Bolivie, en Argentine ou au Chili, du coltan au Congo ou des terres rares en Chine, notre société technologique génère en amont des chaînes de production une pollution intense des écosystèmes, de l’air, du sol, des rivières et des eaux côtières causée par l’activité minière. Celle-ci est aussi très consommatrice d’eau et d’énergie, et accroît la pression sur les derniers milieux naturels.

    Nous avons choisi d’illustrer cet article avec les dégâts causés par les mines de nickel dans la région de Sulawesi où nous agissons. Le nickel est notamment utilisé pour la fabrication des batteries. Un autre exemple de la pression causée aux milieux naturels par l’exploitation minière est le projet Montagne d’Or en Guyane, dont le futur n’est pas encore décidé.

    Une bonne partie des ressources minières existantes, notamment celles pour les hautes technologies et les énergies renouvelables, est située au sein d’aires naturelles protégées 

  • Naturévolution

    J'ai écouté aujourd'hui sur une radio le fondateur de cet organisme et c'était particulièrement passionnant. 

     

    Naturevolution > Actualités > (4/6) Comment agir contre la déforestation

     

    (4/6) Comment agir contre la déforestation

    Written by   |  2 septembre 2019

    Naturevolution démarre un projet de reboisement à proximité des villages du Makay : le projet 1 million d’arbres pour le Makay ! Mais nous ne pouvions lancer ce projet sans creuser le contexte des forêts du Makay, de Madagascar et du monde. À travers 6 articles nous faisons le point sur l’état actuel de la déforestation, des engagements ou actions initiés par les différents gouvernements, des initiatives en terme de reboisement en particulier à Madagascar et enfin des actions possibles à votre échelle pour lutter contre la déforestation. Tout un programme !

    Introduction

    Sommaire

    Introduction

    Devenir végétarien/végan (ou presque)

    Peser sur les décisions publiques

    Changer de banque

    Soutenir des projets de protection des forêts

    Le chocolat et l’huile de palme

    Les pneus de voiture

    Et le reste : le cuir, le papier, le bois, etc.

    La limite des gestes individuels

    Une grande partie de la déforestation dans le monde résulte de la surconsommation des populations urbaines (ou consommant de façon similaire) et de l’augmentation de leur niveau de vie, dans une économie mondialisée où les accords de libre-échange se multiplient. En tant qu’européens, nous sommes parmi les premiers concernés.

    Un niveau de vie plus élevé se traduit souvent par une augmentation de la consommation de viande, de produits contenant de l’huile de palme, de chocolat, d’essence et de pneus pour la voiture, etc. Nombre de ces produits sont liés à la déforestation.

    La déforestation engendrée par notre consommation est dite ‘importée’, car elle est causée dans d’autres pays du monde : des endroits où la déforestation est soit encouragée par le gouvernement local, soit n’est pas combattue faute de moyens ou de volonté politique. Ce sont malheureusement ces pays-là – comme le Brésil, l’Indonésie et la RDC – qui contiennent aujourd’hui les dernières grandes forêts tropicales de notre planète.

    Si vous lisez cet article, il y a fort à parier que vous appartenez à cette part de la population mondiale qui est suffisamment favorisée (même si vous n’en avez pas l’impression !) pour avoir un impact sur des forêts à l’autre bout du monde. La bonne nouvelle ? Notre pouvoir en tant qu’européens pour peser sur la déforestation n’en est que d’autant plus fort ! Tour d’horizon.

    Forêt du Makay, Madagascar

    Forêt du Makay, Madagascar

    Devenir végétarien/végan (ou presque)

    L’élevage bovin et la culture du soja qui est exporté comme aliment du bétail dans de nombreux pays du monde sont la première cause de la déforestation en Amérique du Sud. Selon Greenpeace, l’élevage bovin serait responsable de la destruction de près de 63% de la forêt amazonienne, et la situation est aujourd’hui pire dans les grands bassins forestiers adjacents. Au niveau mondial, l’élevage est responsable de 73% de la déforestation (FAO, 2020).

    Une bonne partie de cette déforestation est attribuable aux européens qui sont le 2ème importateur mondial de soja. Si les viandes de bœuf et d’agneau ont une empreinte environnementale complètement démesurée sur le climat et qu’il vaut mieux les abandonner complètement, les volailles européennes sont presque intégralement nourries au soja importé. Ainsi, « l’impact déforestation » des volailles françaises est 6 fois plus important que celui de la viande bovine. Bref, il n’y a pas vraiment de ‘viande de remplacement’.

    Pas convaincu ? Lisez le rapport complet de Greenpeace :
    Mordue de viande – l’Europe alimente la crise climatique par son addiction au soja.

    Une méta-étude scientifique publiée dans la revue Science en 2018 et portant sur 119 pays, 38.000 fermes, et 90% de tout ce qui est mangé à travers le monde, donne des chiffres vertigineux sur l’impact de la viande : au niveau mondial, 83% des terres agricoles sont utilisées pour la production de viande et de produits laitiers (83%!), tout ça pour ne produire que 37% des protéines et 18% des calories… tout en générant 60% des émissions de gaz à effet de serre du secteur agricole !

    Les impacts considérés par l’étude vont de l’utilisation des terres (déforestation, pesticides, perte de la biodiversité et des milieux naturels, etc.) aux émissions responsables du changement climatique, en passant par la consommation d’eau et la pollution (eau, air). Difficile de faire plus exhaustif. L’étude a été peu relayée en France mais on trouve un article détaillé en français ici, ainsi qu’un article très complet en anglais sur The Guardian.

    L’étude souligne également que la ‘viande responsable’ n’est pas une solution de remplacement : « la viande et les produits laitiers les plus ‘durables’ (plus petit impact) ont un impact beaucoup plus important que les végétaux et les céréales les moins durables. » Une conclusion qui rejoint les constats du rapport de Greenpeace ci-dessus.

    Impact des gestes individuels sur les réductions de GES

    Cet histogramme présente l’impact en terme de réduction de gaz à effet de serre des gestes individuels (issue du rapport Faire sa part ? / The Shift Project). Si ce schéma parle ici du réchauffement climatique et non seulement de la déforestation, il est bon de rappeler que l’élevage est un des postes les plus émetteurs de GES, notamment – mais pas seulement – à cause de la déforestation.

    Il est bon de noter certains effets pervers du commerce mondial : la viande européenne, par exemple, largement nourrie avec du soja importé, est elle-même exportée. La France, où la consommation de viande rouge décroît depuis plus de 20 ans, vient d’obtenir de la Chine la levée d’un embargo de 17 ans sur l’importation de la viande de bœuf : le gouvernement français espère exporter plusieurs milliers de tonnes de bœuf français vers la Chine, alors que l’accord de libre-échange avec le Mercosur prévoit d’augmenter l’importation de viande de bœuf d’Amérique du Sud ! Ce qui nous amène au point suivant : l’action du gouvernement et les moyens pour les individus de peser dessus.

    La viande, moteur de la déforestation

    Peser sur les décisions publiques

    VIA LES ÉLECTION : VOTER, ET PAS POUR N’IMPORTE QUI :)

    On se lamente en France de l’inaction du gouvernement sur les questions environnementales et climatiques. Mais les électeurs continuent de porter au pouvoir des candidats et des partis politiques qui font bien peu en terme de défense du climat et de la biodiversité. Emmanuel Macron et LRM portent un programme libéral qui vise à signer plus d’accords de libre-échange (dernièrement le CETA avec le Canada et l’accord avec le Mercosur), et à donc augmenter le commerce mondial au lieu de favoriser le local. Leurs engagements en terme de climat et de biodiversité ne sont pas du tout à la hauteur des enjeux en cours.

     

    Même suite à la démission fracassante de Nicolas Hulot, les élections européennes ont continué de favoriser LRM et le Rassemblement National (ex-FN). Le score de EELV, bien qu’acclamé, n’a été qu’autour de 17% et les autres partis politiques (PS, LFI etc.) qui ont un programme solide sur l’environnement ont fait encore moins. Alors n’oubliez pas que les élections sont un des moyens à disposition de faire changer les choses, et que l’environnement est le sujet le plus important du 21ème siècle.

    VIA LA JUSTICE

    Las d’attendre la concrétisation d’engagements politiques en matière d’environnement, des groupes de citoyens ont porté l’affaire devant les tribunaux dans plusieurs pays : aux Pays-Bas (avec succès!), en Colombie, en Afrique du Sud, etc. En France, quatre ONG (l’Affaire du siècle, la FNH, Greenpeace et Oxfam) ont décidé d’attaquer l’Etat français en justice pour qu’il respecte ses engagements climatiques et protège nos vies, nos territoires et nos droits : ajouter votre signature à L’affaire du siècle.

    Faire reconnaître le crime d’Écocide – Un vaste mouvement mondial (et notamment européen) défend la reconnaissance légale du concept d’écocide, ou de crime contre l’environnement, ce qui offrirait bien plus de moyens juridiques d’assigner états et entreprises privées en justice pour les dégâts causés à l’environnement. En savoir plus par ici : le site End Ecocide on Earth et l’entrée Écocide sur Wikipédia.

    VIA L’ACTIVISME

    Les grandes avancées en matière d’environnement ou de droits sociaux ont été obtenus par de petits groupes d’individus motivés qui ont su rassembler et faire pression sur le politique et les groupes privés, via différentes méthodes, notamment médiatiques. Rentrer dans le détail n’est pas le but de cet article, mais il n’en reste pas moins que l’activisme est un des moyens les plus efficaces pour obtenir des avancées significatives. Il existe des groupes locaux un peu partout en France et en Europe, focalisés sur diverses causes environnementales. On peut citer notamment les groupes locaux des Amis de la Terre et le mouvement Extinction Rebellion. Découvrez également La carte des luttes pour découvrir les grands projets inutiles et nocifs à côté de chez vous (certains ont des liens avec la déforestation dans le monde, d’autres avec le climat ou encore les milieux naturels et la biodiversité en France).

     

    Changer de banque

    Les banques ont une immense part de responsabilité dans la crise climatique et la destruction des forêts par leurs investissements. L’ONG Global Witness a mené une enquête sur le rôle des banques françaises dans la déforestation : il apparaît que « depuis l’adoption de la loi sur le devoir de vigilance en 2017, trois banques françaises – BNP Paribas, Natixis et le Crédit Agricole – soutiennent des entreprises associées à la déforestation ». L’association française Canopée incrimine notamment BNP Paribas qui soutient le ‘soja de la déforestation’ en Amérique du Sud à hauteur de plusieurs milliards de dollars.

    Entre 2013 et 2019, le secteur financier français a appuyé cinq des six entreprises agro-industrielles les plus nocives (…), directement ou indirectement impliquées dans des activités de déforestation dans les trois plus importantes forêts tropicales du monde, à savoir l’Amazonie brésilienne, le bassin du Congo et la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Ce soutien, à hauteur de près de 2 milliards d’euros, fait de la France le deuxième plus gros contributeur de fonds à ces entreprises dans toute l’UE. – La finance flambeuse, Global Witness

    Ce sont souvent les mêmes qui aggravent la crise climatique : une étude publiée par Oxfam et les Amis de la Terre indique que « les investissements de 4 banques françaises (BNP Parisbas, Crédit Agricole, Société Générale, BPCE) ont produit 4,5 fois plus de C02 que la France entière en 2018. »

    Il n’a jamais été aussi facile de changer de banque et de transférer ses comptes, par exemple au Crédit Coopératif (comptes courants et livrets épargne) ou à La Nef (livrets épargne). Il existe également une nouvelle initiative, Hélios, mais que nous n’avons pas creusé.

    Mangrove sur l'île de Sulawesi

    Soutenir des projets de protection des forêts

    Voter avec son portefeuille, avec son bulletin de vote et réduire sa consommation sont des actions puissantes qu’en tant qu’européens nous pouvons faire tout les jours. Mais ce ne sera pas suffisant ! De nombreuses ONG développent d’excellents projets sur le terrain pour préserver du mieux possible les forêts existantes, reboiser pour réduire la pression sur celles-ci, et développer des projets au bénéfice tant de la biodiversité que des communautés locales. Mais la protection de la nature ne reçoit qu’environ 3% de la philanthropie mondiale et les ONG – Naturevolution y compris – sont chroniquement en manque de financement pour mener leurs projets.

    Après avoir monté des projets autour de l’activité économique (apicultureécotourisme) et sociale (éducationpotagers scolaires), Naturevolution lance en 2019 le projet de reboisement « Forêts Villageoises » autour des villages du Makay tant pour réduire la pression sur les forêts du massif, que pour fournir des ressources aux communautés. Alors, faites un don pour nous aider ! Mensuel de préférence ;-)

    Je soutiens les projets de Naturevolution

     

    Pépinière de Tsiajorambo dans le Nord Makay © Tom Dépériers / Naturevolution

    Le chocolat et l’huile de palme

    Oui, le chocolat ! La demande mondiale en terme de cacao est de plus en plus un moteur de déforestation. Si la déforestation est, en surface totale, la plus importante au Brésil, c’est le cacao qui est à l’origine des plus fortes accélérations de la déforestation en 2017 et 2018. Celles-ci ont lieu jusque dans les parcs nationaux d’Afrique de l’Ouest ! Lire à ce sujet l’excellent rapport en français de l’ONG Mighty Earth : La déforestation amère du chocolat ou regarder l’épisode Bitter Chocolate de la série Rotten sur Netflix.

    France Nature Environnement s’est associée à Mighty Earth pour produire un classement des marques les plus connues. Vous pouvez également signer une pétition mais le plus efficace reste d’agir sur la demande.

    L’huile de palme est quant à elle responsable de près de 20% de la déforestation dans le monde et se fait au dépens des dernières forêts tropicales primaires en Indonésie et, de plus en plus, en RDC. Il est à noter que l’huile de palme se cache dans de nombreux produits et est parfois invisible sur les listes d’ingrédients comme le dénonce l’ONG Foodwatch qui demande plus de transparence dans les étiquettes (pétition). Enfin, grâce à Total et au gouvernement français, l’huile de palme se cache également dans le réservoir de votre voiture !

    Il n’est pas forcément opportun de bannir l’huile de palme pour la remplacer par une autre huile (qui pourrait avoir un impact pire sur l’environnement), mais il faut réduire son niveau de consommation au maximum, et tenter de s’assurer de sa provenance. Une tâche encore ardue en 2019. Vous pouvez également signer la pétition de Greenpeace contre la déforestation en Indonésie liée à l’huile de palme.

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    Les pneus de voiture

    La production de caoutchouc naturel a explosé depuis 2000 avec une augmentation de 75% de sa production mondiale via notamment la fabrication des pneus (70% de la production de catouchouc y est consacrée). C’est l’un des principaux facteurs de déforestation en Indonésie, Malaisie et Thaïlande comme le dénoncent le WWF et Mighty Earth.

    Que faire ? Prendre moins la voiture pour commencer (ce qui réduit aussi notre consommation d’huile de palme), mais aussi n’acheter que des pneus avec un bon indice d’usure pour maximiser leur durabilité, ou des pneus reconditionnés et fabriqués en France, ou demander une certification (FSC ou équivalent) du caoutchouc de ces pneus.

    L'impact des pneus de voiture sur la forêt en Asie du Sud-Est

    Et le reste : le cuir, le papier, le bois, etc.

    Le cuir, le papier, le bois et autres commodités ne sont plus les principaux moteurs de la déforestation au regard des autres menaces, mais ils y contribuent.

    Le cuir – Le cuir est parfois presque plus le moteur de l’élevage intensif que la viande elle-même. Le cuir est largement responsable de la déforestation en Amérique du Sud, et le traitement des peaux utilisent des produits hautement toxiques souvent rejetés dans l’environnement. Les ouvriers qui travaillent dans les tanneries sont exposés à une pollution extrêmement toxique.

    Le papier – Si vous avez des impressions à faire chez vous, ou à commander pour le compte de votre entreprise, choisissez des papiers certifiés, mais pas avec n’importe quels labels. Privilégiez les papiers 100% recyclés ou avec des fibres vierges certifiées FSC. Le mieux reste d’avoir des papiers qui associent 2 certifications ou plus, comme le label FSC, le label Ange Bleu ou l’Écolabel Européen.

    Les labels Imprim’Vert ou PEFC souvent mis en avant en France offrent très peu de garanties car ces labels ont été mis en place par, respectivement, les imprimeurs et les papetiers eux-même.

     

    Le bois – Pour l’achat du bois (parquet, meubles, mobilier de jardin, etc.), privilégiez le bois certifié FSC. En l’absence de ce certificat, privilégiez les meubles réalisés à partir d’essences de bois locales (hêtre, chêne, châtaignier…) ainsi que les circuits courts. Greenpeace donne quelques conseils supplémentaires sur cette page.

    La limite des gestes individuels

    Etendons la question à la crise climatique et à celle de la biodiversité dans leur ensemble : Manger moins de viande, prendre moins l’avion, rouler en vélo et autres ‘petits’ gestes individuels… cela sera-t-il suffisant pour sauver le climat et la biodiversité ? Pas complètement, d’une part parce qu’il est utopique de penser que tout le monde appliquera ces gestes, d’autre part car des changements aux racines des problèmes sont nécessaires et que celles-ci sont souvent hors d’atteinte par les gestes quotidiens (d’où la nécessité de l’activisme, de voter et de porter gouvernements et entreprises en justice).

    Faire sa part 6 - Carbone 4

    Pouvoir et responsabilité des individus, des entreprises et de l’état face à l’urgence climatique.
    Cliquer sur l’image pour ouvrir en grand. Source : le rapport 
    Faire sa part de Carbone 4.

    Mais faut-il pour autant ne rien faire, en se disant que « ça ne sert à rien » ? Bien au contraire ! Les changements de comportement sont indispensables. Les plus impactants d’entre eux permettent d’atténuer la gravité de la situation. Par exemple, entre 1990 et 2010, le seul poste de consommation des français qui a vu son empreinte carbone diminuer a été l’alimentation, grâce à la diminution importante de la consommation de viande rouge, diminution liée à l’époque aux scandales sanitaires et à des préoccupations de santé (lire la lettre de Carbone 4 ou l’article de terraeco), mais de plus en plus motivée par la protection du climat et des forêts.

    Surtout, faire un choix de consommation ou de non-consommation est une manière de changer sa relation au monde, de prendre conscience de son impact et de pousser la réflexion plus loin. Des études ont également montré que les changements d’opinion et de comportement dans la population se traduisaient par des changements au niveau politique. Et bien entendu, il faut associer les gestes individuels aux autres moyens décris dans les paragraphes ci-dessus ‘Peser sur les décisions publiques‘ et ‘Soutenir un projet de reforestation‘. Tout commence donc par nous !

    Nos partenaires

     

    Un premier financement à hauteur de 10.000€ a été obtenu auprès de Maltem, permettant le lancement du projet 1 Million d’arbres pour le Makay. Maltem est un écosystème de sociétés de conseil spécialisées dans la transformation digitale et l’innovation durable, et un partenaire de Naturevolution depuis 2016.

  • Les ordures de Marseille

    Oui, le titre prête à confusion. 

    Volontairement.

    Lorsque Léo, notre benjamin, était étudiant à Marseille, j'ai eu à rayonner quelque peu dans la ville et j'étais effaré par cette saleté ambiante. N'importe quel bord de chaussée, talus, fossé, espace vert, trottoir, caniveau etc... est jonché de canettes, cartons de pizza, plastiques, sac de McDo, bouteilles de verre, paquets de cigarettes, des détritus en pagaille, des sacs de poubelle jetés de la voiture, partout. 

    Dans les commentaires qui suivent cet article, tout le monde tape sur les éboueurs qui étaient en grève. Mais c'est une fausse explication. La raison principale tient dans le comportement des habitants. Uniquement. La qualité du ramassage des ordures ne pourra jamais pallier l'incivisme et la bêtise des gens. 

    Deuxièmement, j'aimerais voir émerger dans un gouvernement quelqu'un capable de taxer directement sur les bénéfices, les entreprises qui multiplient les emballages. C'est à la source du problème qu'il faut remonter. Et que ces taxes ne puissent pas être reportées sur le prix des produits. 

    Mais l'élément primordial reste et restera toujours le comportement des gens. 

    Les ordures ne sont pas que par terre, elles sont également humaines.

    Et maintenant, les associations vont se démener pour pallier les déficiences de la municipalité, les plages seront partiellement nettoyées et rien ne sera fait sur le long terme. Jusqu'à la prochaine fois et la suivante et la suivante...

    Lorsque j'étais jeune, il m'est arrivé d'aller grimper dans les Calanques et le problème des déchets existait déjà. La surfréquentation était dénoncée mais surtout le comportement destructeur qui accompagne systématiquement les flux humains. Et rien n'a changé depuis sinon que l'accès aux Calanques a été limité. Et du coup, le problème d'incivisme se déplace ailleurs. Dans les gorges du Toulourenc par exemple. J'en ai déjà parlé ici.

    Ce monde consumériste me dégoûte.

    Tourisme de masse (1)

    Tourisme de masse (2)

    Tourisme de masse (3)

    Tourisme de masse (4)

    Méditerranée : tourisme, industrie, pollution.

     

    Dans le cas présent, les habitants de Marseille ne peuvent pas accuser le tourisme de masse. On est en octobre, la foule est partie. Ce que les inondations ont balayé, c'est la population qui en est responsable. Maintenant, je ne suis pas "anti-Marseillais". Je sais très bien qu'il y a des gens respectueux là-bas, comme partout ailleurs. Et je suis désolé pour eux.

    J'étais tout autant révolté lorsque nous vivions encore en Savoie de voir les déchets dans les fossés. Ou de trouver des contenants plastiques de nourriture énergétique sur les chemins de randonnée. Il n'aurait pas fallu que je tombe sur l'ordure qui se permettait de l'abandonner. 

     

     

    Ramassage des déchets, conséquences sur l'environnement... Trois questions sur la pollution des plages après les intempéries à Marseille

     

    Avec l'alerte rouge aux pluies-inondations lundi, la ville de Marseille a été touchée par de très fortes pluies entraînant des inondations. Celles-ci ont charrié des tonnes de déchets dans la mer.

    Article rédigé par

    franceinfo

    France Télévisions

    Publié le 05/10/2021 16:14Mis à jour le 05/10/2021 17:21

     Temps de lecture : 4 min.

    Des déchets ont ruisselé jusqu'à la mer avec les fortes pluies à Marseille, le 5 octobre 2021. (NICOLAS TUCAT / AFP)

    Des déchets ont ruisselé jusqu'à la mer avec les fortes pluies à Marseille, le 5 octobre 2021. (NICOLAS TUCAT / AFP)

    "Triste scène", s'est indignée la ministre de la Mer, Annick Girardin. A Marseille, les pluies torrentielles ont fait ruisseler les déchets entassés dans les rues, lundi 4 octobre, après une semaine de grève des éboueurs dans toute la Métropole. Eparpillés par les pluies, de détritus se sont déversés dans la mer Méditerranée. Franceinfo revient en trois questions sur cette pollution liée, avant tout, à un concours de circonstances.

    Comment ces déchets ont-ils pu se retrouver dans la Méditerranée ?

    Lundi, les Bouches-du-Rhône ont été placées en vigilance rouge aux pluies-inondations. A Marseille, il est tombé en une nuit "l'équivalent de plusieurs mois de précipitations", jusqu'à 180 mm d'eau, selon Météo France. Or ces fortes pluies sont tombées sur la ville après une semaine de grève des éboueurs, opposés à l'allongement de leur temps de travail. Et malgré une reprise du service durant le week-end, les déchets continuaient à s'amonceler dans les rues de la ville, bientôt balayées par les eaux.

    "Les déchets sont partout. C'est une catastrophe !", a déploré auprès de l'AFP la biologiste Isabelle Poitou, directrice de l'association MerTerre. "Un fort Mistral est attendu et va maintenant pousser sur les plages ces déchets qui sont en train de descendre vers la mer, sous l'effet des pluies torrentielles qui agissent comme une chasse d'eau en lessivant les bassins versants", expliquait lundi soir la biologiste. Le fleuve côtier de l'Huveaune, en crue lundi d'après le site Vigicrue, a notamment emporté nombre de déchets vers la Méditerranée. Mardi matin, les internautes photographiaient déjà les plages souillées. 

    "A Marseille comme dans d'autres grandes villes du bord de la Méditerranée, les réseaux pluviaux ne sont pas raccordés aux stations d'épuration, sauf dans l'hyper-centre, où il y a 'un déversoir d'orages' qui stocke les eaux de pluie avant qu'elles ne soient traitées par la station d'épuration. Mais cela ne représente que 20% du territoire marseillais. A l'extérieur de cette zone restreinte, les déchets partent donc directement à la mer", ajoute la spécialiste.

    Quelles sont les conséquences pour l'environnement ?

    L'adjoint à la mairie en charge de la biodiversité marine, Hervé Menchon, dénonce sur Twitter un "écocide". Les déchets retrouvés sur le littoral à Marseille sont en grande partie faits de plastique, décrivait en mai dernier l'association Explore and Preserve auprès de France 3. "Or, sous l'eau, à l'abri de la lumière, il n'y a pas de date de péremption du plastique. Cette matière n'est pas biodégradable, le plastique est fabriqué pour être imputrescible", alerte Isabelle Poitou.

    Résultat : s'ils ne sont pas ramassés, les déchets plastiques vont perdurer et menacer les écosystèmes marins. "Certains poissons, mollusques ou tortues les avalent (...) D'autres espèces peuvent aussi être blessées", décrit Isabelle Poitou. Selon l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), 95% des déchets plastiques flottants finissent dans les fonds marins, et deviennent donc inaccessibles et impossibles à nettoyer.

    Comment le ramassage de ces déchets va-t-il s'organiser ?

    "Ces déchets flottants vont être poussés par le vent d'Est, vers les plages du Frioul [une île au large de Marseille] par exemple. Il est indispensable de venir ramasser les déchets sur les plages mardi ou mercredi. Mais souvent, en dehors des périodes estivales, les nettoyages des plages ne sont pas prévus. Pourtant, il faudrait agir avant que les déchets ne soient éparpillés dans la mer au premier coup de vent", réclame Isabelle Poitou. Lundi, la métropole Aix-Marseille-Provence a mis en place des "dispositifs exceptionnels, notamment en matière de collecte des déchets". 

    Sur les plages, les ramassages, organisés par la Métropole et les associations, ont déjà commencé. 

    A plus long terme, le maire de Marseille souhaite récupérer la gestion des déchets, actuellement attribuée à la Métropole "à des kilomètres de Marseille sans compréhension de ce qu'il se passe", juge Benoît Payan sur franceinfo. La métropole "aurait dû anticiper l'alerte orange en mettant le paquet pour ramasser ces milliers de tonnes de déchets sur la chaussée". L'élu en appelle aux pouvoirs publics : "Ne laissez pas la ville de Marseille comme ça. Le pluvial, la voirie, le ramassage des déchets, le nettoiement, toutes ces compétences que la ville de Marseille n'a pas, ne peuvent plus nous échapper." Il dénonce une "situation écologique, environnementale et sanitaire insupportable".

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