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La réalité signifiante et le réel.
- Par Thierry LEDRU
- Le 28/02/2010
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Réalité matérielle.
Réalité signifiante.
Réel.
L'ordinateur sur lequel je travaille existe. Je ne peux pas le nier, il est là, dans sa matérialité. Il disparaîtra d'ailleurs quand il ne fonctionnera plus, c'est à dire lorsque ce que pour quoi il a été créé ne lui concèdera plus ce statut de "réalité matérielle".
Cette réalité matérielle est générée par nos besoins. Certains sont vraiment essentiels, d'autres très superficiels. Cette réalité matérielle a une telle incidence sur notre vie quotidienne qu'elle finit même par influer sur les phénomènes liés à la "réalité signifiante".
Notre conscience dispose de deux manières pour se représenter le monde. L'une correspond à la représentation exacte d'une réalité connue, la réalité matérielle, l'autre symbolise la perception intérieure de quelque chose d'impossible à voir.
Cet ordinateur n'aurait aucune réalité signifiante pour un Inuit ou un Aborigène. Il faudrait qu'ils changent leur représentation intérieure pour que cette réalité matérielle devienne tangible et prenne du sens. De la même façon, dans la jungle de Bornéo, nous serions confrontés à une réalité matérielle (environnementale) tellement déstabilisante que nous n'y trouverions qu'une durée de vie très limitée.
La réalité du monde n'est pas la même pour tous.
La réalité signifiante a tendance à unifier les individus les uns aux autres. Il s'agit du monde des significations construites par la pensée, par l'intermédiaire du langage, de l'imaginaire social institué, de l'imaginaire religieux ou de l'inconscient collectif, cette fabuleuse "matrice" qui agit sur nous comme un virus indécelable.
Ce monde est un espace signifiant et limité par des cadres très précis.
Dans la réalité signifiante, nous fonctionnons par accumulation de savoirs et par l'analyse rationnelle des phénomènes. C'est un monde conceptuel indispensable pour créer du sens. Les hommes y trouvent bien entendu toutes les marques d'appartenance qui leur sont si chères...Chacun se reconnaît et s'identifie à diverses catégories de sens. Les castes, les groupes, les peuples y prennent forme, nourris par les religions, les philososophies, les comportements sociaux, les idéaux, les fanatismes...
La réalité matérielle a une influence considérable sur cette réalité signifiante. Il est reconnu par les Occidentaux par exemple que la BMW apporte une image sociale ou mieux encore la Rollex...Le matériel permet d'entrer dans une catégorie et d'être reconnu. Le signifiant que l'homme a donné à cette réalité matérielle qui n'en avait pas à priori a fini par apporter à cette réalité matérielle un pouvoir d'influence sur la réalité signifiante...Etrange échange de "bons" procédés qui s'entretiennent et sont renforcés à tous prix (très cher le prix bien entendu...). Les "maîtres" de la réalité signifiante savent user de la dialectique, des médias, de la "people attitude" pour abreuver la réalité matérielle et manipuler les masses.
"J'existe parce que je possède une belle maison, que je roule en BMW et que je donne l'heure avec une Rollex. J'aime cette réalité signifiante et j'y adhère corps et âme. Et tant pis pour ceux qui doivent se contenter d'un HLM, d'une 4L et de la pendule de la cuisine. Nous ne sommes pas du même monde, nous n'avons pas les mêmes valeurs."
La mondialisation est une oeuvre de déliquescence intellectuelle. Elle consiste à construire une réalité signifiante planétaire. L'imagination doit être restreinte afin de répondre aux lois du marché. L'inconscient collectif se doit d'être régulé à des fins bien précises.
La création artistique elle-même entre dans des cadres de reconnaissance très précis. La rentabilité est son tuteur. À moins de créer pour soi et de ne pas chercher à diffuser aux autres étant donné que ça nécessite des structures financières, économiques, concurrentielles.
Soit on l'accepte, soit on créé pour son propre bonheur. Ultime liberté ?
Cette création solitaire favorise l'émergence d'une autre conscience. En s'extirpant des modèles et des phénomènes générés par la réalité signifiante, l'individu peut accéder à une dimension spirituelle qui n'est pas gangrénée par la pensée commune.
C'est là qu'apparaît le réel. Il a toujours été là d'ailleurs. Mais on ne le voyait plus.
Le réel serait donc ce qui reste lorsque la réalité matérielle aurait retrouvé sa place originale, qu'elle ne servirait plus à constituer une réalité signifiante dissimulant des objectifs innommés... Je devrais par conséquent jeter cet ordinateur portable qui n'a aucune nécessité autre que celle que je lui ai donnée, cette réalité qui me permet d'entrer en contact avec quelques uns de mes semblables et de leur proposer cette réflexion qui me valorise...Hum, hum... La réalité signifiante de cet appareil est donc de me permettre d'exister dans une réalité que j'ai créée à des fins peu louables... Je me suis fait piéger... J'aurais mieux fait d'aller voir mes voisins immédiats, d'allumer un feu de camp, de les inviter à discuter sous les étoiles. Pas d'ordinateur, pas d'électricité, pas d'abonnement téléphonique et la fibre...Ah, la fibre , mais comment j'ai pu vivre sans ça pendant aussi longtemps ?... Autrefois ils faisaient une veillée auprès de la cheminée. Les Anciens racontaient des histoires, les enfants grandissaient dans la réalité signifiante de leurs aînés. Une réalité signifiante aussi simple que la réalité matérielle... D'ailleurs, nous aussi on aime ces vieux refuges de montagne avec leur vieux poêle à bois.
Mais on ne resterait pas y vivre.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Pourquoi a-t-on laissé le réel disparaître ? Pourquoi la réalité matérielle a-t-elle pris une place si importante que la réalité signifiante s'en nourrit et simultanément l'entretient ?
C'est la perte du silence.
"Nous ne nous connaissons pas encore parce que nous n'avons pas encore commencé à nous taire ensemble." Albert Camus.
Aujourd'hui, des gens partent dans des retraites bouddhistes ou autres pour entrer dans le silence, dans la méditation, dans la quête spirituelle... Je commence à craindre dans tout ce mouvement l'apparition d'une réalité signifiante peu glorieuse, une recherche identitaire pour combler un vide bien compréhensible. "Tu sais quoi, maintenant je suis Bouddhiste, tu sais, tu devrais t'y mettre, c'est vraiment chouette..."
Les lois du marché ne sont jamais loin de ce genre de "quête"... Robe rouge, tonsure, sandales et moulins à prières, stages et séminaires, conférences, livres et DVD...Bon, j'exagère...Un peu...Il y a bien entendu des gens honnêtes...Un peu...
Alors, où il est ce réel ? Comment je dois m'y prendre pour rétablir l'équilibre entre une réalité matérielle qui doit être à mon service et non l'inverse, comment je dois m'y prendre pour me nettoyer des réalités signifiantes (et souvent insignifiantes...) qui me servent de balises ou de projecteurs ?
Le silence.
Le silence du monde, de la nature, des espaces vides d'hommes ou tout du moins de tout ce qui aujourd'hui représente l'homme.
Pas de séminaires bouddhistes, taoistes, zen, zazen, pas d'églises catholiques, protestantes, musulmanes, scientologistes, survivalistes, et autres dérives en tous genres.
Le silence du désert, le silence des montagnes, de l'Océan, des forêts profondes.
Un feu de camp sous la lune et les étoiles. Peut-être un autre voyageur qui viendra attiré par les flammes, la chaleur, la communion d'âmes. Ils parleront d'autres territoires, des baies qu'il a trouvées sur la piste, du poisson qu'il a pris, de la cabane qu'il va construire, des villes qu'il a aperçues au loin, sous le brouillard...
Nous vivons dans la cacophonie de nos cerveaux rentabilisés par des réalités signifiantes. Et dedans, ça cause en permanence.
L'humanité s'est perdue en perdant le silence. Et chaque individu devrait apprendre à se taire. Pour enfin découvrir qui est à l'intérieur.
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Passion. (spiritualité)
- Par Thierry LEDRU
- Le 28/02/2010
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http://www.youtube.com/watch?v=wDOVTtPZm3U
Ce que j'aime là, c'est la simplicité de la passion. Une planche et le monde pour terrain de jeu. Un jeu formateur, la maîtrise et la fluidité comme objectif. Quelque soit l'environnement, le regard est porté sur l'opportunité à saisir : un banc, un trottoir, une rampe, un parking, une poubelle renversée. La passion transforme l'espace. Elle donne à la vie une énergie fantastique.
Le monde n'existe qu'à travers le regard qu'on lui porte.
Entre le groupe de jeunes le cul posé sur le banc de l'abri bus et qui moisit en se plaignant de l'inanité de la vie et les jeunes engagés dans une passion, le regard n'est évidemment pas le même...Il y a ceux qui vieillissent déjà et ceux qui naissent un peu plus chaque jour.
Choisis ton camp camarade. -
Amérindiens
- Par Thierry LEDRU
- Le 26/02/2010
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Un site incroyablement riche.
http://amerindien.e-monsite.com/rubrique,sagesse-amerindienne,1015476.html
Des heures de lecture et d'enrichissement.
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"Pieds nus sur la terre sacrée." (spiritualité)
- Par Thierry LEDRU
- Le 26/02/2010
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Un livre de Teri C. McLuhan
Un recueil de paroles et de discours provenant d'indiens de diverses tribus et de diverses époques. En préambule, chaque texte est expliqué par les circonstances qui l'ont provoqué.
http://www.syti.net/MessageIndiens.html
"Enfant, je savais donner. J'ai perdu cette grâce en devenant civilisé. Je menais une existence naturelle, alors qu'aujourd'hui je vis de l'artificiel. Le moindre joli caillou avait de la valeur à mes yeux. Chaque arbre était un objet de respect. Aujourd'hui, j'admire avec l'homme blanc un paysage peint dont la valeur est exprimée en dollars !"
Chiyesa, écrivain indien contemporain
http://www.amazon.fr/Pieds-nus-sur-terre-sacr%C3%A9e/sim/2207220028/2
D'autres sites importants.
http://terresacree.org/parole3.htm
Tellement de beaux textes, tellement de sagesse.
"Le Lakota était empli de compassion et d'amour pour la nature, et son attachement grandissait avec l'âge. (...) C'est pourquoi les vieux Indiens se tenaient à même le sol plutôt que de rester séparés des forces de vie. S'asseoir ou s'allonger ainsi leur permettait de penser plus profondément, de sentir plus vivement. Ils contemplaient alors avec une plus grande clarté les mystères de la vie et se sentaient plus proches de toutes les forces vivantes qui les entouraient.
Le vieux Lakota était un sage. Il savait que le coeur de l'homme éloigné de la nature devient dur. Il savait que l'oubli du respect dû à tout ce qui pousse et à ce qui vit amène également à ne plus respecter l'homme. Aussi maintenait-il les jeunes sous la douce influence de la nature."
Standing Bear, chef Lakota (Sioux)
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Bouddhisme et Zen
- Par Thierry LEDRU
- Le 23/02/2010
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Présentation
Le bouddhisme, l'une des principales religions du monde, apparut au nord de l'Inde et fut fondée sur les enseignements de Bouddha.
Il y aurait 361 985 000 bouddhistes (56% mahayana, 38% theravada et 6% lamaïstes) à travers le monde (« Britannica Book of the year 2001).
Le bouddhisme compterait 300.000 à 400.000 fidèles en France (2006).
Vie du Bouddha
Les premières informations disponibles sur la vie du Bouddha (v. 563 -v. 483 av. J.-C.) ne sont que des comptes rendus.
Le Bouddha (de son vrai nom Siddhârta Gautama, prince des Sakya), dit Shakyamuni (« sage des Sakya »), serait né, sous un figuier, à Lumbini (Rupendehi) au Népal. Son père, Suddhodana, aurait gouverné le petit royaume de Kosala.
La légende dit qu'à sa naissance des maîtres de renom le reconnurent comme un être exceptionnel, né, sans coopération d'aucun homme, de la reine Mayadévi à l’extraordinaire beauté [d’où son surnom de « Maya » (illusion)] qui possède les 32 espèces de qualité (« aucune autre femme n’est capable de porter ce premier des hommes »).
L'enfant se serait mis aussitôt debout, aurait « pris possession » de l'Univers en se tournant vers les points cardinaux, puis aurait fait 7 pas vers le nord.
Le jeune prince fut élevé dans le luxe jusqu'à l'âge de 29 ans.
Puis il réalisa combien sa vie avait été vide et partit en quête de la paix et de l’Eveil, cherchant à s'affranchir du cycle des renaissances.
Pendant quelques années, il pratiqua le yoga et se soumit à de rigoureuses pratiques ascétiques.
Après 7 années d'efforts, il abandonna cette approche qui ne le satisfaisait pas et suivit une voie à mi-chemin entre une vie d'acceptation du monde et une vie de total renoncement.
Il s'asseyait sous un figuier pippal (connu depuis comme l'arbre de la Sagesse), méditait, expérimentait des états de conscience de plus en plus subtils ; il était « bodhisattva », c'est-à-dire candidat à la dignité de Bouddha.
Au cours d'une nuit, assis sous son figuier, il reçut l’Eveil et devint le Bouddha (« l’Eveillé »).
Il se mit à prêcher, allant de village en village, et, rassemblant un groupe de disciples, il forma une communauté de moines mendiants.
Il consacra le reste de sa vie à un enseignement purement oral (ce n'est qu'après sa mort que sa doctrine fut retranscrite par ses disciples).
Il mourut, âgé de 80 ans, dans une forêt, à Kusinagara (aujourd’hui Kasia, à 175 km au nord-ouest de Patna) où il avait fait halte au cours d’un long voyage à pied.
Une légende chinoise, réfutée par les hindous, identifie le Bouddha à Lao-Tseu.
La doctrine
Le bouddhisme fut à l'origine un mouvement monastique au sein de la tradition brahmanique.
Il prit rapidement une orientation bien différente puisque le Bouddha rejeta les aspects fondamentaux de la philosophie hindoue, récusa l'autorité sacerdotale, ne reconnut pas la validité des Ecritures védiques et renia le culte des divinités sur lequel elles étaient fondées.
De plus, la Voie qu'il prêchait était ouverte aux hommes et aux femmes de toutes castes car il refusait d'admettre que la valeur spirituelle d'une personne dépende de sa naissance.
Dans sa doctrine, le bouddhisme regarde le Bouddha comme un sage ayant montré le chemin du « nirvana » (l’extinction de tout désir et de toute peur), la libération de la roue (dharmaçakra) des incarnations (karma) appelée roue de la loi (dharmaçakrapravartana), l’abandon de la matière (sangsara) et la sérénité absolue.Selon la pensée tibétaine, l'univers expérimentable de la conscience est constitué de 6 grands royaumes dans lesquels se répartissent les âmes suivant leur attachement aux illusions du monde.
Ces royaumes sont représentés, dans la branche tibétaine du bouddhisme, par la Roue de la Vie à 6 rayons, tenue par le dieu Yama, personnification de la mort et juge des âmes.
Lorsque le dernier souffle s'évade du corps du mourant, il fait tourner cette Roue de Vie à laquelle il communique son énergie, faite des expériences positives et négatives qu'il vient de vivre.
Pour le bouddhisme, toute mort donnée est un sacrilège et le respect dû à la vie s'étend à toute existence animale, ce qui entraîne l'obligation d'une nourriture végétarienne.
Le fait qu'il n'exige pas de culte à un dieu ne signifie pas qu'il soit athée mais simplement que dieu et les divinités étant les maîtres ordonnateurs du monde, il n'est pas nécessaire de leur rendre un culte.
Les 4 vérités
L'enseignement du bouddhisme peut se présenter par ces 4 grandes vérités fondamentales :
- La Première Vérité énonce que tout est éphémère ; les joies momentanées que nous éprouvons ont nécessairement une fin, ce qui occasionne de nouvelles douleurs. Le moi n'est que temporaire et subit naissance et mort, tandis que la conscience est seule soumise aux enchaînements karmiques qui occasionnent les réincarnations.
- La Seconde Vérité précise que le malheur des êtres provient de leurs désirs des choses de la vie et de leur volonté de vivre toujours.
- La Troisième Vérité est le résultat de l'acquisition des deux premières. Si l'on parvient à supprimer les désirs, les frustrations et souffrances qui en découlent disparaîtront.
- La Quatrième Vérité enseigne comment réaliser sa libération de l'enchaînement karmique, comment parvenir à la méditation pure, comme celle qui permit à Siddhârta de devenir Bouddha.
Petit Véhicule et Grand Véhicule
Le bouddhisme est scindé en deux grandes tendances :
- la doctrine primitive ou Theravada, dite encore Hinayana ou « Petit Véhicule »
- le Mahayana ou « Grand Véhicule » qui se développa dès le Ier siècle.
Le philosophe de l'Inde du Sud, Nagarjuna (fin du IIème s. apr. J. C.), le plus grand théoricien de la doctrine madhyamika (la voie du milieu), donna au bouddhisme du Mahayana une orientation décisive.
Nagarjuna exposa huit préceptes proches du jainisme : "S'abstenir de tuer, de voler, de commettre l'acte sexuel, de mentir, d'ingérer de l'alcool, de manger à des heures indues, de s'asseoir avec plaisir sur des sièges élevés, de chanter, de danser et d'arborer des ornements" (D. Hiilsman / M.-A Malfray, op. cit).
Le bouddhisme mahayana admet un paradis, un enfer et un juge souverain : Ksitigarbha.
Le bouddhisme s'est répandu en Inde, au Sri Lanka, en Thaïlande, au Cambodge, en Birmanie et au Laos, où la forme dominante a été le Theravada ; le Mahayana a surtout été représenté en Chine, au Japon, à Taïwan, au Tibet, au Népal, en Mongolie, en Corée, au Viêt-Nam, ainsi qu'en Inde.
Le zen
Le zen, une des formes les plus tardives du bouddhisme, est l'école de la méditation « dhyâna » apportée de Chine au Japon par des moines qui reçoivent les laïcs dans leurs monastères.
Le zen consiste à rechercher la sagesse et la maîtrise de soi par la méditation, une vie simple et naturelle, une discipline rigoureuse et la pratique de toutes sortes de travaux physiques (le zen considère les travaux manuels comme un support à la méditation).
Le but du zen est de parvenir à l'illumination « satori » sans que soit exigé un travail intellectuel ni une recherche spirituelle ou philosophique.
Il suffit de découvrir intuitivement la nature de Bouddha comme le dévoilent les « koans », sorte de problèmes insolubles qui démontrent que le raisonnement et l'intelligence ne sont pas nécessaires pour que s'éveille la « prajna » (sagesse) qui sommeille dans tout être humain.
L'intuition est jugée supérieure au raisonnement intellectuel, car le zen n'a pour objectif que le développement de l'être et la connaissance de soi selon l'aphorisme : « Regarde en toi, tu es le Bouddha ».
Historique
68 : l'empereur Mingdi (58-75) fait construire le premier temple bouddhiste de Chine : le monastère du Cheval Blanc à Luoyang (Hénan).
Vers 127/147. Sous le règne de Kanishka Ier [127(1)-147], le « concile » bouddhique de Kundalavana (Cachemire), définit les fondements du bouddhisme du « Grand Véhicule » : il est à l’origine de la division entre Grand et Petit Véhicule
277 : le lundi 26 février, Mani (ou Manès), fondateur du manichéisme, autoproclamé dernier prophète de la lignée des Zoroastre (ou Zarathoustra), Bouddha et Jésus, est mis à mort par le roi de Perse.
Vers 350 : apparition du bouddhisme zen au Japon.
448 : en Chine, le bouddhisme devient religion d’état.
502-549 : l’empereur de Chine, Liang Wudi, fervent bouddhiste, proscrit le taoïsme.
552 : année traditionnelle de l’introduction du bouddhisme au Japon.
607 : au Japon, le shintoïsme est détrôné par le bouddhisme.
641 : le prince tibétain Srong-btsan Sgam-po succède au roi Nam-ri (empoisonné) ; il épouse 2 princesses bouddhistes (l’une chinoise, l’autre népalaise) ; il fonde Lhassa et fait construire la forteresse (le Potala) et des monastères (religion Bôn).
Le 5 mai 685, le bouddhisme devient religion d'État au Japon.
731 : 16 juillet, sur ordre de l’empereur de Chine, Xuanzong, un « évêque » manichéen compose le « Catéchisme de la religion du Buddha de Lumière, Mani » (Moni guangfo jiao fa yi liüe) : ce texte, adroit mélange de taoïsme, de bouddhisme et de manichéisme et présentant Laozi et Sakya-muni comme des précurseurs ou des avatars antérieurs de Mani, est destiné à renseigner les autorités sur les dogmes, les Écritures, la discipline de la secte afin de la faire agréer officiellement. En 732, un édit accorda la liberté de culte à la « doctrine de Mo-mo-ni » (Mar Mani).
792 : au Tibet, le bouddhisme devient la religion officielle.
845 : en Chine, l’empereur Wuzong étant favorable au taoïsme, toutes les religions étrangères sont interdites et plus particulièrement le bouddhisme (sécularisation des moines, monastères détruits).
847 : l’empereur de Chine rouvre des couvents bouddhistes.
850 : disparition du bouddhisme dans le Nord de l’Inde ; l’hindouisme et le jaïnisme le remplacent.
1192 : en Inde, Mohammed de Ghor commence l’élimination des moines bouddhistes.
1197 : à Nâlandâ (Inde), le centre d’études bouddhiques est détruit par les musulmans.
1281 : en Chine, le taoïsme est proscrit par l’empereur Kubilay Khan au profit du bouddhisme.
1863 : en avril, en Perse, Mirza Husayn-Ali (+1892), dit « Baha Allah » (la Gloire de Dieu) d’où « Foi Baha’ie » ou « bahaïsme », déclare être la manifestation divine annoncée par le Bab. Les bahaïs croient qu’il est le dernier d’une série après Zoroastre, Bouddha, Jésus et Mahomet ; leur communauté religieuse est reconnue par les Nations Unies.
1950 : le 7 octobre, Mao Zedong donne l’ordre à l’armée de la République populaire de Chine d’envahir le Tibet considéré comme une province chinoise. Dès cette occupation, la région souffre de la violente politique d’assimilation chinoise : persécution des nombreux adeptes du bouddhisme lamaïque (le dalaï-lama part en exil en 1959), répression sanglante de toute velléité d’indépendance ou d’opposition au régime communiste, imposition du mandarin comme langue officielle, sinisation forcée.
1955. En octobre, proclamation de la République du Vietnam du Sud ; les catholiques s’opposent aux bouddhistes.
2009. Le 17 mai, des reliques du Bouddha (trouvées en Inde au XIXème siècle, lors de l'écroulement d'un stupa) sont installées à la Grande Pagode de Vincennes, un des pavillons construits pour l'Exposition coloniale de 1931, qui devient ainsi le haut-lieu spirituel du bouddhisme en Occident. L'Union bouddhiste de France (UBF) assure que l'installation en France de ces reliques a fait l'objet d'une prédiction et qu'elle symbolise un passage de relais du bouddhisme entre l'Orient et l'Occident. Il existe plusieurs reliques du Bouddha : pour remercier l'ONU d'avoir décrété jour férié la fête du Vesak, la Thaïlande, le Sri Lanka, ainsi que le Myanmar ont transféré douze de ses ossements au siège des Nations unies, à New York.
Citations
J'ai peine à croire qu'on puisse faire un Français d'un bouddhiste. (Xavier Saintine)
L'humanité a été tour à tour, fétichiste, idolâtre, chrétienne et bouddhiste, juive et mahométane, déiste et panthéiste. (Proudhon)
Si le bouddhisme est prôné de nos jours avec tant de faveur dans certains milieux européens, c’est que tous les esprits qui veulent tirer de l’humanitarisme une morale de bonté pour un monde sans Dieu sont déjà virtuellement bouddhistes (Jacques Maritain, Eléments de philosophie)
Note
(1) La découverte d'une inscription dans les années 1990 a permis de situer avec certitude l'an 1 de Kanishka en 127.
Auteur : Jean-Paul Coudeyrette. -
Intérieur, extérieur.
- Par Thierry LEDRU
- Le 23/02/2010
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Intérieur et extérieur.
N’y a-t-il pas dans ces deux termes qu’une simple croyance ? Une dialectique qui nous éloigne de la réalité. La souffrance offre peut-être une réponse. J’ai longtemps été confronté à cette souffrance morale et à la douleur physique. La médecine identifiait les causes matérielles des douleurs mais ne pouvait pas m’aider à cerner la problématique…
En insistant sur l’aspect mécanique elle me maintenait involontairement dans l’incompréhension spirituelle. Je devais remonter à la source au lieu de me laisser emporter par le courant et de saisir les bouées artificielles qu’on me proposait.
Chercher le début de la souffrance au lieu d’espérer sa fin. On ne peut comprendre la fin d’une histoire qu’en ayant d’abord analysé son début. Je travaillais à l’envers parce que la médecine fonctionne sur une projection temporelle vers un avenir meilleur. On ne peut pas lui en vouloir. C’est à nous de faire l’essentiel du travail.
Pourquoi la souffrance a-t-elle commencé ? Pour qu’il y ait une souffrance, il doit y avoir une personne qui souffre. Un individu égaré, un être tourmenté. En restant tourné uniquement vers la fin de la souffrance, l’individu entretient la personne en souffrance. Le mal n’est pas la cause mais juste le résultat. C’est parce que « je suis » mal que « j’ai » mal. Et non l’inverse.
L’environnement extérieur par l’envahissement qu’il génère étouffe l’intérieur. La médecine a comme principe d’apporter une solution extérieure vers l’intérieur alors que le dysfonctionnement vient de l’intérieur et se matérialise dans les conditions de vie extérieures. Parce que j’étais « déstructuré » intérieurement, ma vie extérieure s’effondrait.
C’est en cela qu’il faut remonter à la source.
Le piège, immense et redoutable, serait de croire que le « je » est à la source. C'est-à-dire que l’individu lui-même porte la totalité des responsabilités, qu’il est une entité à part entière et qu’il possède dès lors le processus de guérison, comme une méthode thérapeutique. En initiant une démarche intérieure, on pourrait croire que l’extérieur en sera positivement influencé. Encore faut-il que cette démarche ne soit pas une errance égotique… Il existe un nombre infini de personnes portant en elles une raison valable de développer un dysfonctionnement mécanique et pourtant elles parviennent à maintenir leur intégrité physique. D’autres par contre succombent. Il me semble probable que les tourments intérieurs portent une part conséquente de responsabilités…La source elle-même peut produire des toxines…On ne peut espérer dès lors se contenter de filtrer le flux.
Il faut remonter plus loin.
Mais où ?
Le sentiment « Je suis » contient en lui-même l’éventualité d’une souffrance car n'importe quel moment d'inattention peut provoquer une faille dans la carapace. Il en est de même avec n’importe quel aspect identitaire. Ce qui est à moi j’ai peur de le perdre, ce qui me constitue j’ai peur qu’il s’altère, ce qui me permet d’être reconnu pourrait se dissiper, etc…Dès lors que j’entre dans une dualité « extérieur/intérieur », je construis les raisons de mon égarement et la probabilité d’une défaillance dans le système.
Ce n’est pas la souffrance qui m’assaille mais l’illusion d’une personne qui permet à la souffrance de prendre forme.
Le seul problème, c’est qu'il y existe un nombre conséquents de concepts. Cette conceptualisation cache la vérité. Le raisonnement intellectuel porte en lui-même l’égarement qu’il cherche à combattre.
La douleur devient dès lors l’opportunité de briser les raisonnements, de fracturer les battants intérieurs qui maintiennent enfermés le tout puissant égo.
La douleur apporte la guérison.
Et c’est d’ailleurs parce que l’intellect est annihilé par cette douleur qu’il est si délicat de parler de ce processus. Les mots n’ont plus de sens, ils ne correspondent à rien de connu. On voudrait parler d’unité et on ne sait même pas user de nos sens pour entamer le début de l’esquisse d’une description…
Le Soi et rien que le Soi. Mais de quoi s’agit-il ?La sensation d'être séparé, d'exister comme un soi séparé, est absolument anéantie. Ni intérieur, ni extérieur. Ni forme, ni appartenance. Mais une certitude. Celle d’être bien autre chose que ce qu’on imaginait. Et ça n’est pas imaginable puisque c’est là. Cette fois. Le Soi ne serait donc pas une conquête mais une déliquescence de ce qui le couvre. Il ne s’agit pas de construire mais de détruire jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien de rapporté… Etrange phénomène qui s’oppose totalement à nos habitudes accumulatives. Nos connaissances seraient donc des paravents ou des fardeaux. Il s’agit de s’alléger et la douleur a ce pouvoir.
En Chinois, le mot « crise » se dit « wei chi ». « Wei » signifie « attention danger », et « chi » signifie « opportunité de transformation ».
La transformation ne consiste pas à créer de nouvelles appartenances mais à s’en libérer. La façon de penser qui entraîne des dégâts collatéraux ne peut pas résoudre elle-même les conséquences de ces errances. Il faut nécessairement passer à un autre fonctionnement.
Celui qui n’en est pas un, celui qui ne nous appartient pas mais que l’on porte dans un antre oublié. Un espace qui n’est ni intérieur, ni extérieur. Un espace qui n’est pas du domaine de notre pensée, de notre raison, de nos perceptions, de nos ressentis.
Si la douleur a cette force, c’est sans doute qu’elle implique un désespoir absolu, une disparition de tout dans un néant inconnu. Il faut avoir connu la désintégration progressive de toute forme d’espoir pour basculer dans cette conscience de la Source. Je ne suis pas une goutte d’eau mais le courant lui-même, l’énergie du courant, le flux vital, pas une particule identifiée, pas même une molécule insérée dans la masse mais plus intrinsèquement encore, l’énergie elle-même. Aucune identité, aucune forme, aucun objectif, aucune projection. Une énergie incommensurable qui n’est ni extérieure, ni intérieure, ni temporelle. Elle est le Tout. Et rien n’est à moi.
La dualité que j’imaginais n’était qu’une excroissance verbale, une dialectique pompeuse qui créait en moi le sentiment valorisant d’être autre chose que rien. C’est insupportable ce rien, il faut le remplir…De connaissances, de formes, d’identités, d’appartenances, de conditionnements. C’est comme ça que je pourrai exister…Effroyables fardeaux que j’accumule amoureusement tout au long de « ma » vie… Insignifiant parcours. Plus je possède et plus je m’appauvris, plus j’amasse et plus la masse me pèse. L’idée de cet extérieur que je dois maîtriser pour combler le vide intérieur qui m’angoisse. Même l’amour finit par succomber à cette peur du vide. Il faut combler tous les espaces. La présence de l’autre remplit le silence.
Intérieur, extérieur. Deux mots comme des barrages dressés contre le flux.
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Karl Renz
- Par Thierry LEDRU
- Le 23/02/2010
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Tout est exactement tel que c'est parce que l'Etre s'est manifesté de cette manière et pas autrement.
En étant ce que tu es, ou plutôt comme tu es : absolu, antérieur à tout et à rien, tous les concepts sont détruits. Ceci désigne ce qui ne requiert ni cognition ni illumination pour être ce qui est. Et c'est ce que tu es : l'Etre absolu dans une imperturbable harmonie.
Ta vraie nature est éternelle, antérieure à l'apparition du temps et de l'espace et à tout ce qui se manifeste en elle. Eternellement imperturbable, cette conscience pure et absolue se perçoit en elle-même comme elle-même.
Reconnaître que l'ego n'est qu'une ombre éphémère dans le Présent éternel invalide son apparente réalité.
Y a-t-il un seul instant où le Soi ne soit pas réalisé ? Ce que tu penses être ne sera jamais réalisé. Comment une idée ou un objet pourraient-ils être réalisés ? La réalisation signifie que la conscience, identifiée à un objet à un moment donné, devient infinie ; elle prend conscience d'être la conscience.
Le Soi n'est jamais illuminé ni non illuminé. Il est toujours antérieur à toute idée d'illumination ou non illumination ; quoi que tu en dises, ce sera toujours un concept.
La seule chose qui ne soit pas conceptuelle est le Soi. Avec des concepts, tu peux regarder les objets sous des angles infinis et, au cours de ce processus, créer de nouveaux concepts. Pour voir, il n'est besoin d'aucune explication ! Il faut simplement désigner le Cœur même et voir que seul le Soi est la réalité, antérieure à toute idée d'existence ou non-existence. Toute idée qui surgit est une fiction. Ce qui est antérieur à la fiction, aux idées, c'est ce que tu es.
Remplacer un concept par un autre afin de créer un concept « clair » ne présente absolument aucun avantage. Cela ne fait pas partie de la compréhension. Nous parlons de ce que tu es, qui ne requiert aucune compréhension ni connaissance de la manière dont cela fonctionne.
« Personne » n'a jamais rien réalisé, pas même Karl, qui fait partie de la réalisation. Bien que tu sois empli du désir d'améliorer ou de changer, vois qu'en réalité il n'y a et il n'y aura jamais d'échappatoire à ce que tu es. Tu ne peux jamais devenir ce que tu es déjà !
L'éveil n'est pas quelque chose qui se « produit » ; c'est juste un « Ha, ha ! » lorsque tu vois que ce que tu es est ce que tu as toujours été et seras toujours. Ce que tu es est en dehors du temps. Le temps existe à cause de toi ; c'est simplement un reflet partiel de toi-même.
Il n'y a jamais eu d'ego qui ait respiré. Il n'y a pas de « dernière » expiration parce qu'il n'y a pas eu de « première » inspiration. Ne crée pas de processus là où il n'y en a aucun. Vois simplement que ce que tu es est la seule chose réelle, et que cela n'a jamais été affecté par quoi que ce soit de sensoriel. Ce n'est pas nouveau ; c'est ancien et infini. Juste ce « Ha, ha ! Oh, l'infini ! », Et tout ce qui existe est l'infini et non une expérience ou un événement.
De l'idée d'un « possesseur » découle celle de posséder la conscience. Cela se produit à cause de la sensation de séparation. Il en résulte l'impression d'être une personne séparée, ce qui est également faux. La conscience joue le rôle d'une personne, mais il n'y a pas de personne « possédant » la conscience. Si possession il y a, quelle qu'elle soit, elle est du côté de la conscience qui « possède » la personne, étant donné qu'elle joue le rôle de cette personne.
La seule mort possible est celle de l'ego (l'idée de séparation). Et la question est : « Comment ce qui n'existe pas pourrait-il mourir ? Comment pourrait mourir ce qui est une apparence se présentant dans la perception comme simplement une sensation ? Par quel moyen le mensonge prétendant à l'existence d'un être séparé peut-il disparaître ? Pour quoi ou pour qui le mensonge de la séparation disparaît-il ? »
Il n'y a ni Créateur ni Création. Il n'y a que le seul et unique Soi et son déploiement, qui est infini. Comme il n'y a rien en dehors du Soi, il ne peut pas y avoir de Créateur séparé ni de Création. Par ce déploiement, le « Je » en tant que conscience pure devient la pensée « Je suis » ; de la pensée « Je suis » vient la sensation, « je suis un objet dans le temps ». Et tout cela fait partie intégrante du déploiement du Soi.
Ramana Maharshi a dit que de même que tu utilises une épine pour en déloger une autre, de même tu utilises un concept pour en enlever un autre ; après quoi, les deux sont abandonnés. De la même manière, toute cette investigation t'aide à réaliser que tu n'es rien de conceptuel. Tu vois cette expérience absolue lorsque tu es dans le vide total et qu'il n'y a pas de second.
Lorsqu'il n'y a rien à percevoir, tu demeures tel que tu es. Dans ce vide total, nous ne pouvons pas dire si tu es ou si tu n'es pas. Ainsi, tu existes sans idée ni perception de quoi que ce soit. Tu restes ce que tu es, même lorsque la sensation d'être « toi » n'existe plus.
Lorsque tu vois qu'il ne s'est jamais rien passé, il n'y a plus d'étapes. Tu es ce que tu as toujours été et toujours sera ; le reste est simplement le lila, un jeu théâtral.
Le Soi ne dépend de rien ni n'est le gardien de ce qui se déploie. Le Soi, étant ce qu'il est, est parfait en lui-même. L'absence de toute idée de ce qu'est le Soi ou de ce qu'il n'est pas confère le bonheur parfait et le contentement.
Revient toujours à ce point : soit antérieur à ce qui existe dans le temps. Vois que ce que tu es ne peut être perçu par aucun des sens.
Le Soi se révèle uniquement à lui-même, dans son omniprésence, dans le Présent éternel. Un disciple apparaît en même temps qu'un enseignant comme une question apparaît avec sa réponse. De l'absence de désirs surgit un désir dans le temps, qui se dissout lorsqu'il est comblé, exactement comme chaque question trouve sa délivrance à travers la réponse. C'est la loi karmique de la conscience. Il n'y a ni enseignant ni étudiant, seulement des questions et des réponses.
Le déploiement de l'Absolu est aussi absolu que ce qui se déploie. Même cette image nommée « moi », qui surgit le matin et retombe le soir, n'a aucun besoin de réalisation. Tant que tu crois être cette image et que cette pensée « je » est ta réalité, le Soi reste une idée. C'est la conscience qui cherche le Soi.
Seul le Soi regarde, peu importe comment : dans le temps, en dehors du temps ou antérieurement au temps. Le Soi perçoit, et ce qu'il perçoit est toujours le Soi, puisque le Soi est tout ce qui est.
Tu peux appeler le Soi la source du « Je suis », qui est la source de « je suis Karl », mais tu ne peux vraiment te reposer que lorsque tu vois que tout ce que tu définis ne peut pas être ce que tu es. De même que l'œil ne peut pas se voir lui-même, ainsi ce qui définit absolument ne peut pas définir ce qu'il est. Ce que tu es ne peut pas faire autrement que de se reposer dans « ce qui est » ; il ne peut se reposer nulle part ailleurs, puisque le Soi est tout ce qui est.
Tu ne peux pas t'échapper, car tout ce qui existe est le Soi. Où que tu ailles, tu y es déjà. Que tu restes tranquille ou que tu bouges de-ci de-là, personne ne bouge et personne ne reste tranquille. Vois simplement la totalité de ce que tu es, même dans le monde spatio-temporel. La totalité est tout ce qui existe.
La conscience pure est le premier déploiement ; c'est la sensation d'un soi conscient de l'existence. Ainsi y a-t-il un soi conscient de sa séparation. De cette manière, la conscience pure fait déjà partie de la séparation.
Le temps vient de l'idée d’un « moi ». Toutes ces idées ne sont que des aspects du déploiement de la totalité, le Soi. Même si tu peux percevoir ce qui paraît être le temps limité, qui semble apparaître et disparaître, ça ne veut pas dire que cela existe d'une manière limitée.
Aucun travail ni développement ne sont requis pour être ce que tu es. Tout concept de « voie », qui implique évolution et même cognition, apparaît avec la première pensée « je ». Cette première pensée crée le temps, l'espace et par conséquent l'univers entier.
Tant que cette pensée « je » semble réelle - ce qui signifie séparation, dualité et souffrance -, le désir d'unité apparaît ainsi que celui d'une échappatoire, d'une fin de la souffrance.
Cherche le début de la souffrance. Quand tu pourras le trouver, alors peut-être trouveras-tu également la fin. La souffrance a-t-elle jamais commencé ? Pour que souffrance il y ait, il doit y avoir une personne qui souffre, aussi commence par chercher cette personne. Tant que tu chercheras la « fin » de la souffrance, il y aura une personne en souffrance.
Le sentiment « Je suis » amène avec elle une personne en souffrance – même si elle ne souffre pas -, car n'importe quel moment d'inattention peut la projeter de nouveau dans la souffrance. Lorsque tu éradiques l'idée d'une personne en souffrance, où est la souffrance ?
L'annihilation totale de la personne qui souffre ne se produit que lorsque tu vois réellement ce que tu es - quand tu te perçois sans commencement ni fin. Lorsque tu vois cette manifestation comme le Soi et rien que le Soi, la sensation d'être séparé, d'exister comme un soi séparé, est absolument anéantie.
N'écoute personne, pas même toi-même. Tout ce que tu perçois ne peut pas être ce que tu es. Tout ce que tu as compris, tu peux l'oublier. Ce qui peut disparaître peut assurément réapparaître.
L'ego qui s'en va peut revenir tôt ou tard. D'abord, vois ce qui en fait apparaît, et aussi si cette apparition est réelle. Ensuite, qui se soucie d'une apparence ? C'est la vraie question à poser plutôt que de demander ce qui apparaît et disparaît. Se soucier d'une apparence, quelle stupidité ! L'ignorance du Soi, la croyance en un soi séparé, prend une apparence pour la réalité !
Le plus souvent, la spiritualité revient à « garder le dharma ». Elle garde le dharma vivant ; elle garde le lila vivant.
Reconnais que tout est mensonge, surtout celui qui reconnaît que tout est mensonge.
Les idées « je suis sans forme » ou « je ne suis pas » font encore partie du domaine de la séparation. « Qui » n’a pas de forme et mais a encore besoin d'en avoir une ? Vois simplement que ce qui existe dans la « non forme » existe également dans la forme. Je suis le même avec ou sans forme. Sans la sensation de différence, sans la sensation de séparation, tout est complet.
Tu n'as besoin d'aucune circonstance particulière. Ce que tu es existe dans n'importe quelle circonstance, quelle qu'elle soit. Les circonstances que nous nommons naissance et mort ne peuvent jamais te toucher. Tu es antérieur à la sensation de naissance et de mort. Ce que tu es existait avant que ce corps ne soit né.
Vois que tu es totale compassion, que rien ne t'arrive, que tout ce qui surgit, surgit parce que tu es. Il n'y a pas de différence entre cet œil qui regarde quelque chose ou un autre œil ; tu es l'œil infini qui regarde en ce qu'il est sous des angles infinis. Tu es la perception infinie, qui ne perçoit que des informations du Soi.
L'essentiel est de voir qu'il n'y a pas besoin d'échappatoire. Et dans cette résignation – la réalisation que tu es l'essence ou le substrat de ce qui est -, il n'y a pas d'échappatoire, car tu es la source même de ce qui est. Alors seulement y a-t-il la paix.
Un concept contre un autre, vois-tu ce jeu stérile de ping-pong ? Le seul problème est qu'il y a des concepts. Cette conceptualisation cache la vérité.
Voir le vide des concepts est voir leur essence, qui est la liberté. Et dans cette vision, même celui qui voit disparaît.
Pour aborder la réalité, les mots sont inutiles. Seul le silence profond (l'immobilité) permet à tous les objets du monde (y compris toi et moi) de disparaître dans la conscience pure d'une potentialité totale, dans tout, dans « Je suis celui qui suis ».
Le vide, l'absence de « toi », est comme le poison d'un serpent : s'il est pris correctement, il peut guérir ; sinon, il peut tuer.
L'absence de toute sensation d'un « toi » et d'un « moi » séparés est la médecine ultime. Si cela est compris à travers le filtre du mental qui est le maître de tous les concepts, le monde est empli de souffrance et de mort. Lorsque cela est compris par le Cœur, il n'y a pas de séparation. Tu es « un » avec toutes les souffrances, y compris celle de l'enfant en Ethiopie, mais avec cette différence : l'absence d'une personne en souffrance.
Dans l'absence de « toi », il n'y a plus aucun jugement. Ainsi, en venir à aider les « autres » n'est pas entre « tes » mains.
Il n'y a pas de « toi » pour atteindre un objectif, étant donné qu'il ne peut pas y avoir d'individu dans cette Absence. Là où toute action ou non-action est absolue, il n'y a pas la sensation d'être l'auteur de l'action. Tout se produit spontanément et tout à fait naturellement.
Lorsque le Cœur est recouvert par le sens de ta propre individualité, le monde est comme un enfer séparé. Lorsque ce sens de séparation a disparu et que le Cœur est découvert, le vide, notre vraie demeure, est comme le paradis. C'est la signification de para (antérieur et postérieur à toute apparence). Ce sera toujours et seulement l'absolu.
Vois, tout simplement ! Le Soi est tout, et tout ce qui se passe se passe dans le Soi et fait partie du Soi.
Lorsque le vide est, il n'y a plus rien à dire.
Traduction : Anasuya
À lire :
Pour en finir avec l'éveil et autres erreurs conceptuelles, éditions les Deux Océans.
Pour en savoir plus :
www.karlrenz.com -
Chuck Norris
- Par Thierry LEDRU
- Le 22/02/2010
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Une petite page "humour" :)
Neil Armstrong est le premier homme à avoir marché sur la Lune. Mais Chuck Norris y était déjà allé courir.
La maison de Chuck Norris a une alarme : pas pour prévenir Chuck Norris des voleurs, mais pour prévenir les voleurs de Chuck Norris.
Les suisses ne sont pas neutres, ils attendent de savoir de quel coté Chuck Norris se situe.
Chuck Norris a fabriqué de l'eau en poudre.
Chuck Norris a déjà compté jusqu'à l'infini. Deux fois.
Chuck Norris peut trouver du foin dans une aiguille !
Chuck Norris peut encercler ses ennemis. Tout seul.
Chuck Norris peut t'étrangler avec un téléphone sans fil.
Chuck Norris peut claquer une porte fermée...
Chuck Norris peut applaudir d'une seule main.
Chuck Norris a fait loucher un cyclope.
Quand Chuck Norris prend un bain, il ne se mouille pas, c'est l'eau qui se Chucknorrise.
Chuck Norris ne vit pas sur Terre... la Terre vit sous Chuck Norris.
Un jour Chuck Norris a dit "Va voir là-bas si j'y suis" ....et il y était...
Chuck Norris a perdu sa virginité avant son père.
Chuck Norris est né dans une petite cabane qu'il avait construite lui-même.
Chuck Norris a frôlé la mort... elle ne s'en est jamais remise.
La mort se demande souvent ce qu'il y a après Chuck Norris.
Chuck Norris ne croit pas en Dieu, mais Dieu croit en Chuck Norris.
Chuck Norris ne ment pas, c'est la vérité qui se trompe.
Chuck Norris connait un plus court chemin que la ligne droite.
La rumeur comme quoi Chuck Norris est égal à lui même est fausse: il est encore meilleur.
Si Chuck Norris te donne rendez-vous le 30 Février, tu y vas.