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  • Un site à connaître.

    Une "autre" information.

     

    http://www.mecanopolis.org/

     

    Pas une information "épurée" celle-là...

     

    Un exemple.

    La voie pour sortir de la crise financière et économique est celle de l’État national renforcé

    Article placé le 17 fév 2010, par Mecanopolis

    A peine un an après avoir sauvé les banques en y consacrant de chaque côté de l’Atlantique des sommes colossales (25 % du PIB, selon la Banque centrale européenne), voici les États endettés attaqués par ces mêmes établissements financiers. Comment sortir de cette impasse ? Depuis Dietlikon (Suisse), Reinhard Koradi nous livre son analyse.

    banque

    Il se peut que les citoyens doivent être préparés doucement au fait que suite à l’aide rigoureuse de quelques milliards de dollars à des entreprises privées, les caisses de l’Etat sont vides. Après la dilapidation généreuse des biens populaires et d’immenses dettes accumulées, l’argent manque maintenant pour éviter ou atténuer la catastrophe sociale.

    Il est extrêmement inquiétant que ces razzias sur l’argent des contribuables des Etats souverains aient été initiées pour la plupart par des organisations transnationales (G7 et G20) et aient servi primairement et uniquement de dopage du libre-échange des capitaux, mais pas de l’économie nationale réelle des pays respectifs. Et comme si ce n’était pas encore assez d’impertinences, les responsables mondiaux – les incendiaires et les profiteurs – de la crise financière devraient encore développer une solution globale pour un nouvel ordre économique et financier qui devrait nous sortir de la crise. Un système vraiment bien élaboré dans lequel les malfaiteurs sont en même temps les sauveurs pour tirer leurs marrons du feu. Dans ce contexte se situe aussi le gouvernement économique annoncé que veulent installer Mme Merkel et M. Sarkozy d’ici 2020 dans l’UE.

    Au lieu de soutenir l’économie locale et de venir à bout de la crise en remettant la souveraineté économique dans les mains de l’Etat national, on propage de nouveau la voie globale erronée. Ceci bien que le passé ait montré très clairement que les problèmes ne peuvent être résolus à l’échelle globale, tout au plus être différés dans le temps. Par contre on élabore des mécanismes de contrainte et des systèmes de contrôle pour assurer le libre flux des capitaux en faveur des riches. Plus vite les hommes comprendront qu’en fait la «crise globale» n’existe pas, mais que toute crise est issue d’un développement erroné dont l’origine peut être clairement définie, plus vite des voies effectives pour sortir de la crise pourront être développées.

    Etablir des frontières

    Pour arriver à contrôler des incendies gigantesques, on creuse des tranchées afin d’empêcher le feu de se propager. L’économie globale présente un risque énorme de concentration qui, en raison d’un échec dû au manque de frontières ou au manque de différenciation, entraîne les économies nationales dans l’abîme. L’effet domino menaçant peut être endigué à l’aide de «distances de sécurité». De telles digues de sécurité comprennent, à part le droit à l’autodétermination sur toutes les affaires de politique de l’Etat, de l’économie, de la fiscalité et de société, aussi une protection adéquate des frontières (souveraineté territoriale).

    Celui qui soupçonne tout de suite derrière cette exigence un nationalisme caché, du protectionnisme ou bien une isolation du monde extérieur, se ferme à la réalité des crises actuelles et nie le droit à l’autoprotection.

    Chaque cycle représente un système fermé, circonscrit qui, si l’on ne respecte pas les conditions naturelles, peut être percé, détourné ou même rattaché contre nature à un autre système. Sauf si l’on veut provoquer le collapsus intentionnellement. Ce sont avant tout les constitutions différentes des Etats qui sont engagés dans des traités et des alliances qui créent un déséquilibre dangereux avec menace d’effondrement déjà au moindre tremblement. Dans l’intérêt de la stabilité et de la sécurité, chaque convention, chaque traité, chaque adhésion à une organisation transnationale devrait être réglé de telle manière que tous les partenaires ou membres se trouvent à égalité et que ni les règles démocra­tiques ni l’objectif de l’Etat – le maintien du bien commun – ne soient enfreints.

    Dans tous les traités et autres créations transnationales, la première exigence devrait être : La souveraineté de l’Etat est indivisible et inaliénable.

    La plupart des traités interétatiques sont cependant soumis à l’idéologie néoconserva­trice et nient par conséquent le droit à l’existence d’Etats indépendants. Ils encouragent plutôt le centralisme supranational et enfreignent par conséquent l’intangibilité de la souveraineté de l’Etat de façon considérable; et cela au profit des puissants et au détriment des ­peuples. On ne peut pas contester que la plupart des traités et des organisations transnationales en­freignent le principe de la souveraineté indivisible de l’Etat national. Concernant l’économie nationale sont cités comme exemples l’introduction de la monnaie commune (Euro), les accords de l’OMC (ouverture des frontières, clause de la nation la plus favorisée, suppression du contrôle de la circulation des capitaux et des devises aux frontières) et les conditions du FMI pour les pays débiteurs: Privatisation des entreprises publiques, diminution de subventions (pour les systèmes d’éducation, de santé et pour l’agriculture), les diminutions de salaires dans les services publics, remise en cause des acquis sociaux, augmentation d’impôts, et bien plus encore.

    On n’a pas besoin de beaucoup d’imagination pour comprendre que de tels paternalismes affaiblissent l’Etat et coupent l’herbe sous les pieds du peuple. Et suite au Rapport sur l’agriculture mondiale il faudrait encore soumettre les relations entre Etats, les construc­tions transnationales et les alliances à une nouvelle estimation non prévenue. Un revirement rigoureux s’impose. La commercialisation globale de tous les domaines de la vie doit être relayée par le service au bien commun à l’échelle nationale. Cela comprend l’endiguement sévère de l’influence d’Etats tiers, de comités et d’organisations hors Etat sur les destins des Etats nationaux souverains.

    Redéfinir la valeur du travail

    L’impudence avec laquelle des acteurs privés (FED Federal Reserve System = ­Banque d’émissions américaine) et des organisations internationales (Banque mondiale, OMC, OCDE, FMI) se mêlent des affaires intérieures des Etats, est omniprésente avant tout dans la politique économique, et extrêmement douloureuse pour les pays concernés, et respectivement pour leurs populations (actuellement: la Grèce, la Lettonie et l’Islande). Bien que ces institutions aient imposé leurs «actions de sauvetage» déjà depuis des décennies aux Etats en détresse – en règle générale avec pas mal de pression – on n’a jamais entrevu une lueur à l’horizon promettant de meilleures conditions de vie pour la population de façon crédible et durable.

    Les causes de tous ces actes manqués se trouvent dans les objectifs malhonnêtes et dans la différenciation manquante. Chaque économie nationale se trouve en face des propres problèmes spécifiques à son pays, et les «assistances» servent tout d’abord d’enrichissement aux riches et non pas d’avancement du bien commun dans les pays concernés. Cela, parce que les programmes exigent toujours la destruction d’emplois et de biens populaires, ce qui amène l’économie interne dans ou au bord de la ruine. Ce qu’il nous faut à l’avenir, ce sont des mesures adaptées aux conditions locales qui renforcent en premier lieu l’économie interne. Pour cela, les Etats doivent reprendre leur marge de manœuvre pour venir à bout des crises.

    Il faut absolument placer au premier plan la création d’emplois. Le plein emploi est de première priorité, car il contribue essentiellement à la paix sociale à l’intérieur d’un pays. Chaque personne capable de travailler doit pouvoir exercer une activité régulière dans le pays où elle vit. On s’est habitué, également dans les pays industrialisés, à des taux de chômage avoisinant deux chiffres. Avec pour arguments de vouloir renforcer la capacité de concurrence des entreprises ou bien de redresser des entreprises échouées, on congédie les travailleurs et on les pousse au bord du gouffre de la pauvreté. Tant que le travail humain reste uniquement un facteur de coûts, sacrifié à la capacité mondiale de concurrence ou à un programme de redressement, soumis à la politique financière, l’économie ne remplit pas son vrai devoir – de porter la responsabilité d’assurer l’existence au sein de la société. La question s’impose: Aux intérêts de qui sert la capacité de concurrence mondiale?

    Au lieu d’encourager la compétitivité, il faudrait aujourd’hui utiliser tous ces moyens pour surmonter le chômage. Pour cette raison, l’idée de découvrir l’homme apte au travail comme une ressource très précieuse de l’économie nationale, et de le traiter et l’engager avec beaucoup de soin – suivant la loi de la durabilité – est adaptée au problème et au goût du jour. Il faut simplement une définition plus précise et plus juste du travail humain. La force de travail humaine ne doit pas être réduite à la notion de «facteur de coûts» et il ne faut pas non plus taire le fait que c’est le travail qui crée la plus-value.

    Le temps est mûr pour réfléchir à la valeur du travail. Le travail appartient, à part le sol, le capital et le savoir, aux facteurs de production sur lesquels toute économie nationale est construite. Ces quatre facteurs contribuent au rendement total de l’économie nationale – le produit intérieur brut. Si ces ressources (facteurs de production) ne sont pas utilisées de façon optimale est équilibrée, le potentiel de rendement de l’économie nationale n’est pas exploité à fond. Le pays perd son efficacité économique avec les conséquences négatives correspondantes pour toute la population. Aucun pays et aucune économie nationale ne peut se permettre de laisser inutilisé le potentiel de la création de la plus-value qui se trouve dans le capital humain. C’est pourquoi vaincre le chômage dans le cadre d’une politique économique qui veut surmonter la crise, est de première priorité.

    Pour cela, les Etats ont besoin d’instruments économiques appropriés. Il n’y a pas longtemps, on enseignait encore dans l’économie nationale le «pentagone magique». Le pentagone magique exige l’équilibre des dates-clés décisives de l’économie nationale. Angle 1: Plein-emploi, angle 2: Stabilité des prix (maintien du pouvoir d’achat de la population), angle 3: Croissance économique adaptée, angle 4: Répartition juste des revenus et des biens, et angle 5: Commerce extérieur équilibré (Equilibre entre importations et exportations).

    Cet état idéal, bien que difficilement réalisable, donne le cadre d’orientation pour une politique économique équilibrée. Cette exigence primordiale a disparu des manuels de l’économie sous l’influence des théories de la mondialisation et de la libéralisation. Le pentagone magique, précepte pour essentiel d’une politique économique nationale, est inutilisable dans un contexte de mondialisation. Ce qui parle en faveur de l’économie nationale et contre la pratique économique globalement orientée.

    La souveraineté économique en appelle à la renaissance de l’Etat national

    A tous ceux qui deviennent nerveux à l’égard de cette affirmation, il faut rappeler que la liberté de pensée ne doit pas être bloquée par des idéologies. Un Etat national fort et capable d’agir ne doit pas être calomnié comme tel avec des notions comme nationalisme ou isolement. Il s’agit tout simplement du droit et du devoir de l’Etat – respectivement du peuple souverain – de régler les relations de politique interne et les relations avec l’étranger sous leur propre responsabilité. Cela n’exclut pas l’aide mutuelle entre Etats non plus.

    La souveraineté économique inclut le droit à l’autodétermination des citoyennes et citoyens d’un Etat souverain à la construction de leur économie nationale. Dans un processus de décision démocratique, les objectifs, les stratégies et la réalisation de la politique économique sont fixés.

    La souveraineté économique signifie aussi que les Etats disposent des instruments adéquats de l’économie nationale. A part la propre monnaie avec une banque d’émission indépendante, il faut des mécanismes de contrôle et de régulation dans le domaine de la politique monétaire et financière, de la politique de l’emploi, de la circulation des capitaux et des devises, du commerce extérieur (droits de douane, contingents) ainsi que les compétences et la liberté de conclure des traités interétatique avec d’autres Etats – sous réserve mutuelle de préservation des intérêts de politique économique.

    Naturellement, aucun pays ne s’isolera sous l’aspect de la souveraineté économique. Déjà rien que le fait que les ressources sont distribuées de façon inégale sur notre planète conduira à des modèles d’économie ouverte. Et les conditions de production différentes (matières premières, le savoir, les capacités de production etc.) conduisent aussi à des activités de commerce extérieur – mais de façon autonome et pas imposée de l’extérieur. Ce sera une ouverture adaptée aux besoins de la propre population et à l’avancement du bien commun, et non pas sous le diktat d’organisations supranationales ou de conglomérats d’intérêts.

    Les voies pour sortir de la crise commencent à l’échelle locale et exigent le droit à l’autodétermination sur les mesures à prendre. Les pays doivent recouvrer leur souveraineté économique. Les nations intégrées dans une union monétaire ou trop dépendantes du dollar, ne pourront presque pas faire autrement que de faire revivre leurs propres monnaies locales. Des programmes pour procurer du travail et soulager la misère sociale ont pour condition préalable la capacité d’un pays de développer et de réaliser des mesures de politique économique sous sa propre responsabilité. C’est en abandonnant la tutelle des nations et en mettant à disposition les moyens encore disponibles pour des projets d’auto-assistance, et en libérant ces pays en détresse du poids de leurs dettes, que les institutions transnationales pourront le mieux contribuer à maîtriser la crise.

    Reinhard Koradi, pour Horizons et Débats

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  • Décroissance contre "vouloir d'achat".

    La décroissance se présente en deux volets :

    1. Comme slogan remettant en cause le consensus pour la croissance (économique entre autres). Il s'agit alors d'un « mot-obus » pour défier, entre autres, l'économisme, c'est-à-dire la croyance que toute économie doit augmenter la valeur de ses échanges et productions pour éviter la crise ou le désastre. Le but est aujourd'hui de lancer un débat de société.
    2. Comme processus concret en direction d'une société soutenable (juste et écologique…).

    C'est ce deuxième volet qui est développé ici.

    La décroissance est une démarche individuelle et collective fondée sur une réduction :

    • de la consommation directe et indirecte de matières, énergies et espaces (décroissance physique),
    • de la capacité d'acquisition de matières, énergies et espaces (décroissance économique). Il est trop risqué qu'une capacité d'acquisition se transforme en une consommation effective, sous la forme d'un « effet rebond ».

    Principes

    Cette décroissance doit être:

    • soutenable (supportable). La croissance dans un monde fini nous amène à une décroissance subie composée de crises, voire d'effondrements. L'idée de la décroissance soutenable est de nous épargner cette décroissance « insoutenable », cette « croissance ratée ».
    • équilibrée (en proportions harmonieuses). Pour éviter les crises et pour que personne ne soit exclu, trois processus doivent se combiner simultanément : réduction de la consommation (du « vouloir d'achat »), réduction de la production et partage (du travail notamment).
    • démocratique (pouvoir à tous les humains). La réorganisation à différents niveaux de la société et le partage requièrent davantage de « démocratie » : plus participative et directe.
    • conviviale (prenant en compte l'intérêt d'autrui autant que le sien), écologique (respect des écosystèmes), sociale (respect entre humains), positive, culturelle (…) La décroissance matérielle (physique) et économique doit laisser la place à de nombreuses autres croissances (qualitatives en grande partie) : des relations désintéressées, du temps pour soi et pour les autres, de l'équité, de la santé, de la chaleur humaine, de la nature, de la sécurité, de l'art, de la perception de ce qui nous environne, de la poésie, de l'empathie et ceci dans une grande variété...
    • équitable (du latin oequitas, égalité). Elle s'applique en premier lieu aux 20% favorisés de ce monde vivant principalement dans les pays industrialisés, mais concerne tout le monde lorsqu'il s'agit de « décoloniser l'imaginaire » lié aux modèles consuméristes et productivistes. Il s'agit d'une décroissance différenciée de façon à tendre vers une société plus juste dans les pays industrialisés et mondialement.
    • innovante (introduisant des nouveautés). Il s'agit d'une remise en cause de la situation actuelle (faite notamment d'autoroutes et des centrales nucléaires...), afin de créer un futur fondé sur une moindre consommation de ressources, dans lequel l'innovation a intégré la notion de limite, plutôt que de tenter de s'en soustraire. Certaines innovations feront l'objet de débats démocratiques et seront refusées si elles font fi de limites éthiques ou écologiques (OGM, Nucléaire, Nanotechnologies, etc.).
    • diversifiée. Le but de la décroissance est d'atteindre une société soutenable où chaque mode de vie est unique tout en étant potentiellement généralisable et partageable. L'urgence et la gravité des problèmes éco-sociaux impliquent des démarches à portée et échéance diverses. La diversité se comprend aussi en terme de croyance ou non-croyance idéologique ou spirituelle sans qu'aucune ne soit mise en avant.
    • ciblée et globale. Elle n'implique pas une décroissance à tous les niveaux pris séparément: les alternatives agricoles, énergétiques ou de transport soutenables (etc.) doivent croître, mais en créant une réduction plus importante des portions agricoles, énergétiques ou de transport non-soutenables de l'économie.
    • locale. Elle est fondée sur des économies de proximité ouvertes, mais se mesure à un niveau global. À ce titre une décroissance locale qui entraîne une croissance ailleurs ou dans le futur n'est pas une décroissance.
    • transitoire. Elle doit constituer une étape jusqu'à une société soutenable, juste, durable écologiquement, démocratique, participative, répondant aux besoins humains, localisée, d'une grande diversité culturelle, écologique et ethnique en chaque lieu, globale, ouverte, et dont l'économie est stationnaire. Cette société soutenable constitue une « utopie réalisable sans cesse renouvelée » dont les caractéristiques précises se réajustent au fur et à mesure.

    J'ai un peu peur que cette crise financière, économique et sociale ne soit qu'une opportunité manquée...

    "Simplicité volontaire"

    http://fr.ekopedia.org/Simplicit%C3%A9_volontaire

    La simplicité volontaire est une attitude qui existe depuis des millénaires, même si le terme est très récent. Il y a 2500 ans, Socrate vivait une existence très simple et il croyait que celui qui possédait peu était plus près des dieux et de l'univers. Les Philosophes Cyniques, ainsi qu'Épicure prônaient déjà la simplicité dans l'Antiquité. Les communautés monastiques furent les premières organisations de vie à choisir volontairement la frugalité et à pratiquer l'autosuffisance. Saint François d'Assise, "l'unique parfait chrétien depuis Jésus" selon Ernest Renan, est aussi considéré comme un modèle de simplicité volontaire. Plus récemment, on peut trouver la trace de cette posture en Europe dans les écrits de Léon Tolstoï et de John Ruskin (Unto This Last), et en Amérique du Nord dans les écrits de Henry David Thoreau (Walden). La vie de Gandhi est un exemple de simplicité.

    Aujourd'hui, ce qui est devenu petit à petit un mouvement est représenté, entre autres, par les Compagnons de Saint François ou encore les Communautés de l’Arche de Lanza del Vasto, inspiré par Gandhi, lui-même inspiré par Thoreau et Ruskin. On le retrouve aussi au Québec, province du Canada, sous l'influence de penseurs comme Serge Mongeau et des éditions Écosociété. On peut enfin ajouter comme une des voix actuelles de cette pensée, Pierre Rabhi, agroécologiste et écrivain, et André Gorz, penseur qui prône l'autolimitation des besoins et des consommations.

    Premiers emplois de l'expression

    En 1936, l'on trouve pour la première fois l'expression "simplicité volontaire" (simple living) dans un article de Richard Gregg, un disciple de Gandhi, qui reprend les idées principales de celui-ci. Cet article passa inaperçu lors de sa première parution et n'eut d'impact que lors de sa réédition en 1974.

    L'expression "simplicité volontaire" est connue depuis le livre du même nom publié en 1981 par Duane Elgin[1]. Ce courant se développe depuis les années 1980 dans plusieurs pays industrialisés.

    Serge Mongeau, médecin quelques années, puis écrivain et éditeur est considéré comme le père de la simplicité volontaire au Québec par son volume La simplicité volontaire, publié en 1985.

    Principes

    L'idée est de chercher la simplification pour améliorer sa qualité de vie. Cette philosophie de vie est née de la constatation que la consommation n'apporte pas le bonheur, mais que seule la spiritualité apporte le bonheur véritable, que nul ne peut nous ôter. Dans la société de consommation, on consacre son temps à gagner toujours plus d'argent pour satisfaire des besoins matériels. Le principe de la simplicité volontaire est de moins consommer, donc d'avoir moins besoin d'argent et moins besoin de travailler. En vivant en dessous de ses moyens, on gagne alors du temps pour ce qui est important pour soi.

    La simplicité volontaire n'est pas la pauvreté ni le sacrifice. C'est un choix de vie délibéré. Mais elle peut représenter une aide pour des personnes ayant des difficultés financières.

    Arbre

    La simplicité volontaire, dans le sens où elle limite la consommation de biens matériels, contribue à ralentir la destruction des ressources naturelles. De la même façon, le refus du gaspillage permet d'économiser l'eau, l'électricité et toutes les formes d'énergie.

    La simplicité volontaire peut être critiquée sur le fait qu'il ne s'agit que d'actions individuelles (voire individualistes) qui ne sont pas en mesure de changer la société. Mais la simplicité volontaire n'a pas l'ambition de changer le monde, simplement de favoriser la réflexion pour changer sa façon de vivre. De plus, elle permet d'agir immédiatement sans devoir attendre que les gouvernements cessent de tergiverser. Les actions individuelles peuvent sembler comme une goutte d'eau dans l'océan, mais comme le disait si bien Mère Térèsa, si nous n'agissons pas, cette goutte d'eau ne se rendra pas jusqu'à l'océan. En réalité, c'est la somme de toutes les actions individuelles qui permettra de créer un monde meilleur et la simplicité volontaire représente un chemin privilégié pour arriver à cette fin.

    L'un de ces spécialistes, Mark A. Burch, explique que la simplicité volontaire peut s'appliquer également à des domaines moins matériels comme les activités, les relations, les souvenirs. L'idée est de vivre mieux avec moins. Or, il n'y a pas que les objets qui nous encombrent! On peut même penser que c'est en ayant l'esprit désencombré que l'on est alors capable d'appliquer la simplicité volontaire sur les objets qui nous entourent, car nous savons alors ce qui a vraiment de l'importance pour nous.

    À l'heure actuelle, la simplicité volontaire constitue un mouvement social assez marginal, mais la "vie simple" présente plusieurs avantages que l'on gagnerait à découvrir. Aussi, elle pourrait être associée à des bienfaits importants pour la santé et la recherche scientifique gagnerait certainement à s'y intéresser dans une perspective de santé publique.

    Exemples de remise en cause de ses habitudes

    La simplification commence par remettre en cause les habitudes prises parfois sous l'influence de la publicité et de la télévision. Mais a-t-on vraiment besoin de 20 détergents différents (un pour chaque type de surface)? A-t-on besoin de 10 crèmes de beauté différentes (une pour chaque partie du corps)? A-t-on besoin du dernier lecteur DVD sorti sur le marché? La simplicité volontaire est une démarche propre à chacun qui commence par la définition de ses vrais besoins et envies.

    C'est aussi alléger sa vie de tout ce qui l'encombre et privilégier l'Être plutôt que l'Avoir. La simplicité volontaire valorise les relations humaines et la solidarité : l'entraide permet en effet de résoudre bien des problèmes. On peut citer l'exemple des systèmes d'échanges locaux (SEL) basés sur le troc.

    Pratiquer le désencombrement. Par exemple, ne garder que les papiers vraiment importants et les livres que vous adorez. Vous avez alors besoin de moins de meubles de rangement, de moins d'espace, et donc de moins de produits d'entretien.

    Le service public est utile quand on veut se simplifier la vie. Le recours aux transports collectifs, aux piscines ou bibliothèques publiques évite des achats (par exemple l'achat d'une voiture).

    La simplicité volontaire implique souvent de chercher l'autosuffisance, c'est-à-dire faire soi-même au lieu d'acheter, par exemple en jardinant, cuisinant, cousant, de même qu'en construisant ou retapant sa maison.

    L'idée est aussi de privilégier la valeur d'usage : avoir pour avoir n'a aucun intérêt. N'ayez que des choses que vous utilisez vraiment. Un livre que vous n'avez pas relu depuis dix ans, c'est un livre qui aurait plutôt sa place dans une bibliothèque. Un vêtement que vous n'avez pas porté depuis un an pourrait être déposé dans une association. Vous allez rapidement vous rendre compte qu'en fait vous n'avez pas besoin de grand-chose!

     

  • Amour et séduction.

    L’amour ne peut être qu'illusoire s’il n'est pas établi en toute lucidité.

     

    L’amour est un affect, un concept, une idée qui se charge d’émotions mais la cause de cette émotion si elle est teintée d’illusions peut conduire au malheur. Tout le problème est là. Ca n’est pas l’amour en lui-même qui est responsable- il serait ridicule d’accuser une idée ou l’émotion qui s’en dégage- mais le manque de lucidité de la personne.

     

    Si je me laisse emporter par l’émotion et que je crée l’amour sur le coup de mon imagination, je ne fais qu’aimer l’illusion. Ce que j’aime, c’est le bonheur de cette émotion. J’attribue à l’autre une valeur qu’il n’a pas mais que je souhaite initier sans avoir conscience de mon erreur.

    C’est le désir qui génère cette errance et ce désir est issu du manque qui me pèse. J’entre dans l’amour par la mauvaise porte, celle de mon incomplétude, de mon absence de vigilance.

    Pour Platon « le désir est manque » et pour Spinoza « il est puissance. »

    Par mon attitude, j’initie l’amour sous le coup de mon manque et je donne à mon illusion sa pleine puissance.

    Immanquablement, le retour de flamme va carboniser tout ça et il ne restera que cendres.

     

    Bien souvent on peut trouver la séduction à la source de cet égarement.

    Dans la séduction, l’initiateur s’accorde un pouvoir sous la forme de charmes édulcorés. C’est lui-même qu’il cherche à aimer à travers son pouvoir. L’autre n’est que « l’objet » dont il a besoin pour mener ou renforcer à terme son identification.

     

    Le narcissisme est encore plus dévastateur. Le Narcisse ne s’aime même pas car il ne se connaît pas, il ne reconnaît que son image et c’est elle qu’il aime. Il n’y a même pas d’individu dans le narcissisme mais juste une apparence. La chirurgie esthétique vit très bien grâce à eux. Leur quête est sans fin et elle se dégrade naturellement. Le filon absolu !

     

    Le séducteur aime bien entendu son apparence mais il aime tout autant la puissance de son charme. Son charisme, sa verve, son humour, sa culture, son argent, sa position sociale, son histoire personnelle, tout en lui le ravit. On pourrait juger tout cela intéressant si ça n’était construit que sur des fondations mouvantes. Car le séducteur est capable également de s’adapter à l’autre pour parvenir à son auto satisfaction. Un paramètre peut très bien s’effacer au profit d’un autre. Ce qui importe n’est pas de se révéler au grand jour mais de dévoiler ce qui va servir à la conquête. C’est là que le séducteur prive l’amour de tout espoir de germe. Un jour ou l’autre la face cachée passe au soleil. Et là...Ca se complique…

     

    Toute forme de séduction est forcément à double tranchant. Si les deux partenaires établissent le même fonctionnement, les dégâts collatéraux peuvent être redoutables car l’amour imaginaire est évidemment un obstacle à l’amour réel mais il crée aussi le terreau favorable à l’auto destruction. La répétition inconsciente de ce fonctionnement finit par entamer l’individu lui-même. Le désamour de soi n’est pas loin.

     

    Le bonheur d’aimer existe mais il réclame que l’amour de soi ne « soit » pas fondé sur une auto séduction mais sur une connaissance pleine et entière de ce soi, un être lucide et épuré.

    Lorsqu’on s’aime soi-même tel qu’on est, en toute connaissance de cause, ses traumatismes, ses errances, ses conditionnements, son histoire, ses manques, que les fonctionnements inconscients ont été mis à jour et éludés, lorsque la quête de l’amour n’est pas la recherche d’une complétude intérieure mais une simple recherche de partage, on peut aimer les autres sans leur faire courir le risque d’être « séduit. »

     

    Il ne s’agit pas d’une image ou d’un individu multiple mais bien d’une entité stable, durable, sans fard ni enluminure. Lorsqu’on est séduit, le charme existe bien mais la joie s’accompagne d’une peur sourde, une inquiétude qu’on ne parvient pas à identifier parce qu’il y a en nous une intuition innomée. Il existera nécessairement, un jour ou l’autre, un évènement révélateur qui brisera le charme.

     

    L’amour se doit d’être aimé et dès lors la rencontre ne doit pas être faussée. L’établissement d’une relation a une importance considérable et trop souvent la peur de l’échec pousse l’individu à occulter la part sombre…Alors que l’amour a justement la force de tout transformer.

    Il ne s’agit pas nécessairement d’avoir déjà établi en soi une connaissance parfaite ni d’être un « sage » J mais d’oser assumer ce que l’on est. Il ne doit pas y avoir tromperie sur la marchandise.

     

    L’idée de conquête ou de séduction est associée à une forme de pouvoir et on sait que c’est une soif qui conduit à boire n’importe quoi…

     

    L’amour est une mise à nu avant même de se glisser sous la couette. C’est là l’essentiel. Et lorsque cet amour est réel, il est bien plus émouvant de sentir chez l’autre la confiance indispensable à cette mise à nu que d’être trompé par des costumes de paillettes. 

  • Longévité.

    POURQUOI LES CHINOIS VIVENT VIEUX?


    / Encyclopédie / Société chinoise
    Pourquoi vit-on si vieux dans certains endroits de la Chine ?


    On compte trois foyers de longévité en Chine : Rugao, province du Jiangsu, Zhongxiang, province du Hubei, et le district de Bama, dans la région autonome zhuang du Guangxi. Ce sont des endroits ayant dépassé la projection démographique de l'ONU de 75 centenaires par million. Rugao abrite la plus grande concentration de centenaires en Chine, alors que le district de Bama s'enorgueillit du plus haut taux de longévité dans le monde. Dans le hameau de Bapan de ce district, il y a sept centenaires parmi les 510 villageois; c'est 200 fois la moyenne mondiale d'un foyer de longévité.

    Comment ces gens peuvent-ils vivre si vieux? Quels avantages ont-ils? Ont-ils des secrets particuliers?

    Un environnement naturel propice

    Ces trois foyers de longévité ont une caractéristique commune : un environnement naturel favorable à la santé.

    M. Wang Yungui, directeur de l'Institut de recherche sur la longévité de Zhongxiang, fait valoir que l'eau abonde à Zhongxiang et qu'elle est de bonne qualité. L'eau souterraine contient beaucoup d'oligoéléments comme le strontium, le molybdène et le potassium. Le pourcentage élevé de couverture forestière offre aux gens un bon habitat. Par ailleurs, les réserves de phosphorite se classent au deuxième rang du pays, et dans le cercle de rayonnement de l'exploitation minière de cette phosphorite se trouve justement le secteur densément peuplé en personnes âgées.

    Dans le district de Bama du Guangxi, la longévité va de pair avec l'air pur. Une analyse scientifique a permis de découvrir que, dans plusieurs villages renommés pour la longévité de leurs habitants, la quantité d'ions négatifs d'oxygène dépasse 30 000 par cm3, alors qu'elle est communément de 1 000 à 2 000 dans beaucoup de villes.

    Les experts ont découvert que, dans les secteurs montagneux de Bama, le sol contient des niveaux élevés de manganèse et de zinc, mais qu'il a une faible teneur en cuivre et en cadmium. Le manganèse contenu dans les cheveux des personnes âgées de Bama est dix fois supérieur à ce que ce l'on retrouve chez les personnes vivant à Guangzhou, Wuhan et Tokyo. Les recherches scientifiques ont montré qu'une structure de sol comportant un contenu élevé en manganèse et un faible contenu en cuivre est directement proportionnelle à un pourcentage élevé de personnes âgées dans la population, et indirectement proportionnelle à la fréquence de maladies cardiovasculaires.

    Le district de Bama se trouve dans une région montagneuse où les résidants sont peu affectés par les rayons du soleil; ils souffrent donc rarement de vieillissement prématuré de la peau. Parallèlement, leur type d'habitation est bon pour la santé : façade au sud et structure à étage : pièces habitées à l'étage et entrepôt en bas.

    Pour sa part, Rugao, située sur le cours inférieur du fleuve Yangtsé, c'est-à-dire en milieu assez développé, convient bien à divers types de cultures, avec un bon niveau de précipitations, des saisons clairement démarquées et des terres fertiles.

    La tradition et la culture du respect envers les aînés

    La tradition confucéenne de piété filiale est une autre raison pour laquelle il y a tant de personnes très âgées en certains endroits de la Chine.

    Comme le fait remarquer M. Wang Yungui, la longévité qu'on observe à Zhongxiang remonte aux temps anciens, et elle est liée à la tradition du respect envers les gens âgés. Par exemple, une certaine Mme Wang, que tous qualifiaient de bienveillante, juste, polie, sage et fidèle, est décédée à 105 ans sans souffrir de maladie. Afin d'honorer sa mémoire, les villageois se sont cotisés pour construire un pont sur la rivière qui passe devant son logement, et ils l'ont appelé le « pont de la centenaire Wang ».

    Le respect des enfants envers les aînés est un élément essentiel à la longévité. Parmi les 71 centenaires de Zhongxiang, 69 vivent avec leur fils ou leur fille et certains de leurs petits-enfants et arrière-petits-enfants de, faisant de la famille un clan de quatre ou cinq générations. Les aînés ont l'esprit ouvert et magnanime et sont bienveillants envers les membres de leur famille; leur attitude forme une atmosphère d'harmonie et de bonheur.

    Dans le district de Bama du Guangxi, on admire quelqu'un qui a un centenaire dans sa famille, car une personne âgée peut apporter la chance et le bonheur à ses descendants. À l'heure des repas, la place d'honneur est réservée à la personne âgée; en marchant sur la route, si une personne âgée vient à la rencontre, les jeunes doivent se tenir sur le côté de la route et attendre que celle-ci soit passée.

    À Rugao, le respect des aînés fait toujours partie de la morale sociale. Le centenaire Chou Ruxing vit avec sa fille, son beau-fils, sa petite-fille, le mari de celle-ci et son arrière-petit-fils. Chaque jour, les quatre générations se réunissent pour prendre le dîner. Voir cette grande famille réunie autour de la table et apprécier une vie de famille heureuse est source de longévité.

    Sobriété et attitude positive

    Un sondage montre qu'environ 77 % des centenaires de Rugao sont non-fumeurs; 67 % de ceux qui prennent de l'alcool ne boivent que du vin de riz local; 90 % dorment bien et 65 % d'entre eux font du sport ou des exercices physiques chaque jour.

    Pour leur part, les centenaires de Bama font du travail manuel et grimpent dans la montagne chaque jour, ce qu'ils ont d'ailleurs fait toute leur vie. Le même sondage révèle que 80 % des centenaires s'adonnent toujours à des tâches domestiques, et 40 % travaillent même aux champs. La plupart peuvent même prendre bien soin d'eux-mêmes.

    La plupart des centenaires sont illettrés, mais ils ont été influencés par le confucianisme, le bouddhisme et le taoïsme; ils sont honnêtes et tolérants et croient à la piété filiale et au destin. Ils travaillent dans un environnement naturel et ils le font dès le lever du jour; ils apprécient leur vie paisible. L'homme et la nature vivent en harmonie parfaite. Des autopsies pratiquées sur des centenaires de Bama ont indiqué qu'au moment de leur décès, aucun ne souffrait d'hypertension, de diabète, de maladies cardiovasculaires ou de cancer.

    Les gens de Bama aiment chanter des chansons folkloriques. Ayant étudié le phénomène de la longévité à Bama depuis des années, M. Chen Jinchao, directeur du Centre de recherche sur la longévité de Bama, fait remarquer qu'interpréter des chansons folkloriques est une activité de communication sociale toute particulière;elle rend l'esprit léger et empêche les gens âgés de sombrer dans la tristesse. Ces activités, ajoutées à l'hérédité, l'environnement et le régime alimentaire, constituent les causes principales de la longévité à Bama.

    Sur l'aspect de la sexualité et du mariage, à Bunuyao de Bama, les gens ont l'habitude de se marier et d'avoir des enfants assez tard dans leur vie. Les relations prémaritales et extraconjugales sont interdites. Les jeunes y ont la liberté de choisir librement leur conjoint. Le couple marié ne dort pas ensemble tant qu'il ne désire pas avoir un enfant.

    Régime alimentaire et produits santé

    Quand des invités arrivent, les gens de Bama montrent leur hospitalité en leur offrant un genre de « soupe de longévité »; elle est préparée avec de l'huile des graines du chanvre qui pousse dans les régions montagneuses. Cette huile a une teneur élevée en graisse insaturée, et la seule huile au monde à pouvoir se dissoudre dans l'eau.

    M. Chen Jinchao explique : « Cette huile peut faire baisser la tension artérielle et le cholestérol et retarder le vieillissement. »

    Tout comme les habitants de Bama, les personnes de Rugao ont leur propre régime alimentaire favorisant la longévité : un porridge au petit déjeuner et au dîner et du riz au déjeuner. Le porridge est principalement fait de riz, de farine de maïs et d'orge, des céréales qui sont bonnes pour la rate et l'estomac, selon la médecine chinoise. Rugao abonde en radis, navets et produits de la même famille, qui aident à avoir une diète équilibrée. Les légumineuses qu'on y cultive offrent suffisamment de protéine pour les personnes âgées. De plus, le vin jaune de Rugao est une boisson incontournable pour la plupart de ses centenaires, car il contient des protéines, des enzymes, des oligoéléments et des bacilles Bifidus.

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  • Créons-nous notre propre réalité?

    Créons-nous notre propre réalité? Tout le monde admet qu'il y a du vrai là-dedans. Le tout est de savoir jusqu'à quel point vous acceptez cette idée. Jusqu'au point d'hésiter à aller faire vos courses ou de croire que la feuille qui vous est tombée sur la tête était le résultat de votre création? Les implications de ce principe sont énormes. Pas seulement pour nous et pour la vie que nous menons, mais aussi pour des choses bien plus vastes, comme les villes, les États, les pays et la planète. Mais, tout d'abord, qu'en est-il en ce qui vous concerne?

    Qu'y a-t-il pour déjeuner? Que me réserve la vie?

    Vous reconnaîtrez sans doute que vous créez quotidiennement votre vie, et ce, d'innombrables façons. Lorsque le réveille-matin se met à sonner, vous décidez si vous allez vous lever ou non. Vous choisissez ensuite les vêtements vous allez porter, ce que vous allez manger au petit-déjeuner, ou vous décidez peut-être même de ne rien manger. Puis, chaque fois que vous croisez quelqu'un durant la journée, que ce soit à la maison, au travail ou sur l'autoroute, vous décidez comment vous allez vous comporter envers cette personne. Vos intentions pour la journée - ou votre décision de ne pas avoir d'intentions précises, mais de vous laisser simplement flotter au gré de vos envies et des événements - influent sur ce que vous faites et sur ce qui vous arrive.

    D'un point de vue plus large, la trajectoire de toute votre existence est déterminée par vos choix. Voulez-vous aller à l’université, vous marier, avoir des enfants? Vers quoi orienterez-vous vos études? Quelle carrière choisirez-vous? Quelle offre d'emploi accepterez-vous? Les circonstances de votre existence ne sont pas le fruit du "hasard"; elles sont basées sur les choix que vous faites - ou ne faites pas - chaque jour.

    Mais la question demeure: dans quelle mesure tout cela contribue-t-il à façonner votre existence? La rencontre fortuite avec la femme de vos rêves est-elle due à vos choix? Avez-vous vraiment choisi d'avoir un patron tyrannique? Est-ce grâce à vous-même si vous avez gagné à la loterie? Et, au fait, vous façonnez la vie de qui au juste? La question peut sembler idiote, mais il est intéressant de se demander qui est exactement ce " je " lorsque vous dites: "Je crée ma propre réalité." La réponse à cette fascinante question jettera un peu de lumière sur tout ce sujet de la création.

    Qui suis-je?

    Revenons aux grandes questions. Le sage indien Ramana Maharshi a construit tout son enseignement autour de celle-là. Selon lui, un examen minutieux de cette question peut mener directement à l'illumination. Mais laissons de côté l'illumination pour l'instant et limitons-nous à l'acte de création.
    Selon Fred Alan Wolf, "ce qu'il faut tout d'abord réaliser, c'est que l'idée que nous créons notre propre réalité est probablement erronée si nous entendons par ce "nous" cette personne égotiste qui, en nous, pensons-nous, mène le bal. Ce n'est sans doute pas cet aspect de nous qui crée la réalité ". Mais cela soulève une autre question: " Alors, qui l'a créé? "

    Assurément, lorsque vous commandez votre première tasse de café, le matin, il est assez évident que c'est votre personnalité égotiste qui a décidé de prendre ce double cappucino, et non votre moi transcendant et immortel. Et quand un arbre atterrit sur votre rutilante voiture neuve, votre personnalité n’y est absolument pour rien.

    La plupart des gens rejettent l'idée qu'ils sont responsables de la création de leur réalité lorsque survient dans leur vie quelque chose qu'ils n'auraient jamais voulu voir se produire. "Jamais je ne créerais une pareille chose!" C'est vrai; jamais leur personnalité ne le ferait. Mais, ainsi que l'affirment toutes les traditions spirituelles, notre être comporte plusieurs dimensions. Cette schizophrénie divine porte de nombreuses étiquettes: l'ego versus le véritable moi, la personnalité versus la divinité intérieure, le fils de l'homme versus le fils de Dieu, le corps mortel versus l'âme immortelle; mais, essentiellement, elle implique qu'il existe différents niveaux d'être à partir desquels vous pouvez créer. Le but de l'illumination est de dissiper cette fragmentation du moi et de créer à partir d'une unique source. Il s'agit donc d'élargir notre conscience jusqu'à ce que nous soyons pleinement conscients de toutes nos créations.

    Accepter la responsabilité de ce que nous créons constitue un outil extraordinaire pour faciliter cette expansion de la conscience, car, si cette responsabilité existe, c'est une partie de nous-mêmes que nous rejetons ou nions chaque fois que nous refusons d'admettre le rôle que nous jouons dans la création de la réalité. Alors, la fragmentation continue. En fait, selon les sages illuminés, la partie spirituelle de notre être crée ces réalités dans le seul but de devenir complète. Pour évoluer, nous devons faire l'expérience de certaines choses qui ne sont pas nécessairement le premier choix de notre ego/personnalité. C'est ce qui s'appelle le karma: nous avons créé, dans un passé récent ou lointain, toutes les conditions auxquelles nous faisons face dans cette vie-ci. Mais de quelle façon les karmas de toutes les personnes vivant dans le monde sont-ils en interaction? Comment tout cela s'harmonise-t-il? Comment sont orchestrées toutes ces "coïncidences" heureuses (ou malheureuses) qui sont des signes avant-coureurs d'un nouveau monde? Qui fait fonctionner l'ordinateur qui gère tout cela pour plus de six milliards d'humains?

    Comment cela fonctionne-t-il ?

    C'est l'univers lui-même qui est l'ordinateur. Voilà la non-dualité. Tout est interconnecté et enchevêtré de telle sorte que tout est raccroché à tout et est créé à partir de tout ce qui est. L’univers ne réagit pas à nous; il est nous. Selon le modèle dualiste du karma, si je frappe quelqu'un, quelqu'un d'autre me frappera en retour. Cette manière de concevoir le phénomène est entièrement fondée sur le modèle newtonien de cause et d'effet. Mais si l'on aborde la chose à partir du modèle non dualiste de l’enchevêtrement de tout, on aura une vision fort différente du karma. On comprendra alors que l'idée d'une action ou d'une pensée (qui sont la même "chose") surgit dans une partie de ma conscience et qu'une certaine fréquence ou vibration y est associée. En accomplissant l'action, j'adhère à cette réalité, de sorte que je suis désormais relié à l'univers par cette fréquence ou cette vibration. Tout ce qui vibre à cette même fréquence dans l'univers y répondra et se reflétera ensuite dans ma réalité. [ C'est le principe sur lequel sont fondées la transmission et la réception d'ondes radio, rendues possibles lorsque le transmetteur et le récepteur syntonisent la même fréquence. ]

    Il s'ensuit que tout ce qui se trouve dans notre vie - les gens, les lieux, les époques et les événements - n'est rien d'autre que le reflet de notre signature vibratoire. Selon Ramtha, "tout ce qui existe dans votre vie est en résonance spécifique avec qui vous êtes". Par conséquent, si vous voulez connaître la réponse à la question "Qui suis-je?", il vous suffit de regarder autour de vous. L’univers vous la fournit constamment.

    L’ennui, c'est que les parties cachées et refoulées de notre être sont également reflétées, et nous les refoulons parce que nous ne les aimons pas. Ce sont ces reflets qui nous font dire: "Jamais je ne créerais une telle chose." Et c'est ce qui nous est reflété encore et encore jusqu'à ce que nous le comprenions. C'est la roue du karma, le grand manège de la vie. Ou encore, ainsi qu'un professeur de philosophie l'a déjà affirmé: "La vie est un sandwich à la merde et chaque jour nous en prenons une bouchée." Voilà le langage des vraies victimes.

    La victimisation : un remède à la réalité présente

    Se percevoir comme une victime, c'est peut-être la pire forme de refus de l'idée que nous créons notre propre réalité. Et cela arrive constamment. Ainsi, la victime dira: "Cette situation-là m'est tombée dessus. C'est injuste et injustifié." Comme corollaires, elle ajoutera : "Pauvre de moi. L’univers est injuste. Le karma s'applique de façon arbitraire et aléatoire."

    L’avantage de cette attitude, c'est que l'on obtient la sympathie des autres et que l'on peut ainsi se sentir mieux parce que l'on ne se croit pas responsable de la situation. On peut donc jeter l'expérience aux oubliettes sans voir le rôle qu'on y a joué.

    Le désavantage, c'est que l'on souscrit alors à l'idée que nous ne créons pas notre réalité (nous renonçons donc à ce pouvoir), et la leçon nous sera répétée à maintes et maintes reprises. Cela entraîne aussi une fragmentation de la réalité, puisque nous éliminons alors de la création le créateur.
    Pour constater à quel point le sentiment de victimisation est répandu, on n'a qu'à en observer le reflet dans l'ensemble de la société. Les nouvelles télévisées s'intéressent grandement aux victimes. Aux États-Unis, la mentalité de victime a atteint des proportions épiques. S'il arrive quoi que ce soit de fâcheux à quelqu'un, sa première réaction est de chercher un coupable à qui intenter un procès. Comme le dit Don Juan à Carlos Castaneda dans Le Voyage à Ixtlan : "Tu t'es plaint durant toute ta vie parce que tu n'assumes pas la responsabilité de tes décisions. En ce qui me concerne, je n'ai aucun doute ni remords là-dessus. Tout ce que je fais est le fruit de ma décision et j'en assume la pleine responsabilité."

    Le grand revirement

    Tout comme le sentiment de victimisation constitue la pire forme de rejet de la prémisse de ce chapitre, le fait de dire "J'accepte ma responsabilité" en exprime la plus inconditionnelle acceptation. C'est là un revirement majeur dans la manière d'aborder le monde et les expériences que l'on y vit. Chaque situation peut susciter en nous une foule de questions: "Où suis-je dans cette situation? Quel aspect du moi est en cause? Qu'est-ce qui m'est ainsi reflété? De quel niveau de mon être cela provient-il?"

    Au lieu de demander à l'univers de vous prouver que c'est bien vous qui créez la réalité, afin de pouvoir rester assis entre deux chaises et d'accepter ou de rejeter ce qui se passe, vous considérez comme allant de soi que vous créez vous-même votre vie et ses événements, et vous cherchez à comprendre ce qu'ils vous réflètent. Voilà en quoi consiste le revirement. Il ne s'agit pas de chercher à comprendre le sens philosophique ou cosmique de tel ou tel événement, mais plutôt de chercher à saisir ce qu'il révèle sur vous-même, sur votre création ou sur ce que vous niez dans votre vie. Désirez-vous changer des choses dans votre existence? Effectuez ce revirement et observez bien toutes les transformations qui se produiront

    "Les gens attribuent toujours aux circonstances de leur vie ce qu'ils sont devenus, affirme le dramaturge britannique George Bernard Shaw. Je ne crois pas qu'elles soient en cause. Les gens qui réussissent tout en ce monde sont ceux qui recherchent les circonstances qu'ils désirent et qui les créent eux-mêmes s'ils n'ont pu les trouver."

    Comment peut-on créer les circonstances? Comment fait-on apparaître les coïncidences qui auront un effet déterminant sur la direction que prendra notre existence? Il semble invraisemblable que quelqu'un puisse créer une série de coïncidences comme celles-ci: "J'avais oublié le formulaire chez moi et j'ai donc dû retourner le chercher en quatrième vitesse, mais j'ai eu une crevaison en chemin. Je me suis arrêté pour la réparer, et quand je me suis penché pour examiner le pneu, mon pantalon s'est déchiré. Je me suis mis une couverture autour de la taille et voilà qu'une personne passant par là en voiture a reconnu cette couverture qu'elle avait conçue. Elle s'est donc arrêtée, et, au bout de quelque temps, nous nous sommes mariés." Il ne s'agissait là que d'une série de coïncidences, mais ce que nous voulons démontrer par cet exemple, c'est qu'il s'agissait de co-incidences. Cet heureux époux avait-il créé la crevaison? Ou bien avait-il imaginé qu'il se marierait et l'univers a mis au point les détails ? (C'est le genre de questions qui sont soulevées lorsqu'on admet l'idée que nous créons notre propre réalité.) Lors des expériences visant à provoquer un changement de pH de l'eau, William Tiller fit observer ceci: "On me demande parfois s'il est préférable de formuler en détail ses intentions ou bien de les énoncer sommairement en laissant l'univers trouver un moyen de les réaliser. En général, la seconde méthode est la meilleure."

    Autrement dit, au lieu de dicter toutes les étapes du changement de pH de l'eau, comme le réarrangement des liens chimiques, l'échange d'ions et ainsi de suite, les méditateurs impliqués dans les expériences du docteur Tiller se sont focalisés sur le résultat souhaité et ont laissé toute la latitude à l'univers en ce qui concerne les détails.

    Le temps et les possibilités

    Pourtant la question demeure: comment tout cela fonctionne-t-il? Et comment peut-on être davantage conscient des possibilités de sorte que le processus de création soit plus conscient? Voici ce qu'Amit Goswami nous confiait à ce sujet:

    On peut prendre comme hypothèse de travail que la conscience est le fondement de l'être. Il y a tout un éventail de possibilités auxquelles elle a accès. Parmi ces possibilités, elle en choisit une qu'elle manifeste et qu'elle observe. En physique quantique, on parle souvent de possibilités, mais, lorsque vous y réfléchissez, combien de fois vous êtes-vous demandé quelles étaient toutes les possibilités? Vous pouvez vous en tenir à des choses banales, comme la sorte de crème glacée que vous choisirez cette fois-ci, vanille ou chocolat, ce qui repose entièrement sur vos expériences antécédentes. Mais vous ratez ainsi la dimension quantique de votre vie.

    Le docteur Goswami compare les possibilités offertes dans la vie d'un individu aux ondes de probabilité d'un électron qui se dispersent. Cela signifie que les options de votre vie sont aussi "réelles" que les ondes prédites par l'équation de Schrodinger. Stuart Hameroff pousse ce concept un peu plus loin:
    Chaque pensée consciente peut être considérée comme un choix, une superposition quantique s'effondrant pour devenir un choix donné. Supposons, par exemple, que vous regardez le menu d'un restaurant en essayant de décider si vous prendrez des crevettes, des pâtes ou bien du thon. Imaginez que vous avez une superposition quantique de toutes ces possibilités coexistant simultanément. Vous pouvez même vous projeter en pensée dans l'avenir quelques instants afin de goûter à ces différents mets. Ensuite vous décidez: "Ah! Je vais prendre du spaghetti."

    Se projeter ainsi dans l'avenir ne relève pas autant de la science-fiction qu'on pourrait le croire. Comme le docteur Hameroffle fait remarquer : "Dans la théorie quantique, on peut aussi remonter dans le temps, et des indices nous laissent croire que certains processus du cerveau permettent à la conscience de se projeter dans le passé." Si toutes ces théories s'avèrent correctes, cela veut dire que la conscience d'un individu scrute constamment toutes les possibi1ités futures, allant peut-être même dans l'avenir afin, par exemple, de "sentir" s'il convient d'épouser ou non telle personne, pour ensuite se focaliser sur la possibilité retenue et l'amener à se manifester (s'effondrer) dans la réalité présente. La façon dont tout cela se produit est prise en charge par l'univers superintelligent et immensément interactif, qui réagit automatiquement à la conscience parce que telle est sa nature fondamentale.

    L'univers est comme un ordinateur qui supervise tout ce qui se passe; voilà pourquoi il existe. Et s'il peut créer des formes de vie douées de conscience et capables de se reproduire elles-mêmes, il est certainement capable de réparer un pneu crevé.

    En quoi cette vision des choses rend-elle la création plus consciente? Pour bien des gens, l'avenir paraît se trouver de l'autre côté d'un grand mur qu'il leur est impossible de franchir. Ces possibilités latentes ne sont donc pas décelées et c'est ainsi une surprise totale ou même un choc pour eux lorsqu'elles se manifestent. Mais le fait de prendre conscience que ces possibilités sont bel et bien réelles, et qu'elles peuvent être développées, manipulées et manifestées (effondrées), nous fait progresser au-delà du mur et jusque dans l'avenir, où de nouveaux horizons s'ouvrent alors à nous.

    Créer sa journée

    Votre pool de réalité créée se trouve juste devant vous. S'étalant sur le paysage du temps, ces possibilités attendent un "mouvement de la conscience" pour lui faire vivre un événement réel. Mais supposons que vous faites preuve d'un peu plus d'initiative, et imaginons, par exemple, que vous êtes un paysagiste engagé qui ne veut pas laisser les mauvaises herbes de l'univers s'implanter en lui et qui ensemence plutôt ce paysage de possibilités avec ses créations conscientes.

    Ce qui semble avoir fasciné le plus les gens qui ont vu le film What the BLEEP Do We Know? [Que sait-on vraiment de la réalité?], c'est le concept de la création de sa journée. Cette technique fut enseignée par Ramtha à ses étudiants pour la première fois en 1992 et elle est l'un des fondements des enseignements de son école, à Yelm, dans l'État de Washington. "Aucun maître digne de ce nom, expliquait Ramtha, ne laisse la journée se dérouler sans l'avoir préalablement visualisée. Les maîtres créent effectivement leur journée."

    * * *

    Cet admirable enseignement aborde la question de l'identité du moi, qui est le véritable sujet de ce chapitre. Qui est le " je " qui crée? Si c'est la personnalité, les créations seront alors constituées à partir des structures existantes, c'est-à-dire vos habitudes, vos penchants naturels, le contenu de vos réseaux neuronaux et toute votre vieille personnalité, et vous ne créerez rien d'autre que les mêmes vieilles choses habituelles. Créer ce qui existe déjà peut difficilement être qualifié de nouvelle création.
    Mais vous pouvez aussi créer à partir du moi supérieur, de votre moi divin. Dans ce cas, cela se fait habituellement de façon inconsciente et c'est le résultat d'un karma quelconque dont les racines sont profondément enfouies en vous. Alors, bien que ces créations soient merveilleuses pour l'esprit, elles semblent arbitraires et injustes aux yeux de la personnalité déconnectée, et elles font naître des sentiments d'impuissance et de victimisation.

    Il faut noter que cette technique tire avantage du moment de non-moi ou d'émergence du nouveau moi. On peut manifester quelque chose de véritablement nouveau et le faire en toute conscience à partir de cet aspect supérieur de notre être. Créer de cette manière fait disparaître pour toujours le piège de la victimisation et de la déresponsabilisation.

    Cela permet d'affirmer chaque jour, et de manière très réelle que vous créez votre propre réalité. Si tout cela est fondé, cette affirmation aura énormément d’impact dans votre vie.

    William Arntz, Betsy Chasse et Mark Vincente : Extraits de leur livre Que sait-on vraiment de la réalité? p.108-117.Editions Ariane, 2006.

  • Non dualité.

    http://eveilimpersonnel.blogspot.com/2007/08/le-dharma-primordial-lama-denys.html

     

    Une expérience. Juillet 2009.

     

    INTEMPOREL

     

    Dimanche dernier, j'ai fait mon premier vol biplace en parapente. Très impressionnant. On n'imagine pas quand on les regarde d'en bas à quel point ça peut brasser quand on monte de 7 mètres par seconde dans une thermique... Il vaut mieux ne pas avoir chargé l'estomac avant...



    Mais là n'est pas l'essentiel.



    Pour rejoindre le décollage, tous les participants prennent une navette, un minibus de neuf places. Douze kilomètres de montée sur une route sinueuse et étroite. Je me suis assis sur la banquette du fond aux côtés de mon plus jeune garçon et de son amoureuse. Tous les autres passagers étaient des adultes. Les gens parlaient entre eux pendant que les deux ados à mes côtés se câlinaient en se regardant dans le fond des yeux.



    Sans rien fixer de précis, les yeux envahis par les immensités et les couleurs des montagnes, je regardais rêveusement le paysage par la fenêtre et j'écoutais d'une oreille distraite les quelques échanges qui me parvenaient : des vols merveilleux au-dessus des montagnes, une nouvelle voile performante, la prochaine compétition, un nouveau site à découvrir, des voyages, un accident... Des discussions de passionnés à d'autres passionnés.

     

    Une longue montée. Je me suis laissé bercer. Un décrochement progressif…

    A la sortie d'un virage dans lequel je trouvais que le conducteur était passé très près du fossé, j'ai senti que je n'étais pas là.

    Une impression indéfinissable. Soudaine. Un vide étrange, comme si je n'existais pas. Je sentais bien que quelque chose était là puisque "je" voyais le paysage, que j'entendais les discussions, que je me faisais des remarques sur le conducteur... Mais je ne parvenais pas à avoir une image de celui qui vivait tout ça, comme si le récepteur de ces impressions n'était pas réel, comme s'il ne s'agissait que d'un rêve et que je n'étais même pas le rêveur.

    Je n'arrivais pas non plus à me situer parmi tous les passagers. Je savais très bien que je n'étais pas comme les deux ados à mes côtés mais je ne pouvais pas non plus m'identifier aux adultes présents. Je n'étais pas parmi eux en tant qu'individu reconnaissable, je ne pouvais pas établir à travers leurs regards la consistance de mon être, je ne pouvais pas prendre forme en me nourrissant de leurs attentions, tout ça n'était qu'un mirage.

    Je n'avais pas d'âge. J'essayais de visualiser mon visage et je n'en avais aucune image nette, comme s'il me fallait nécessairement un miroir pour pouvoir "matérialiser" cette entité pensante qui s'interrogeait sur son existence.



    Un sentiment très étrange.

    Intemporel.

    Une dés-identification totale, brutale, comme un vide incommensurable en moi et pourtant une absence totale de peur, aucune interrogation, aucune inquiétude ou tentative de rappel, de réveil ou je ne sais quelle réaction de survie...Je me suis laissé partir.


    Je me suis souvenu de toutes ces impressions particulières, dans différentes situations, cette inexplicable sensation de n'avoir pas d'âge, de ne pas faire partie intégrante du groupe de gens, une impossibilité d'exister dans cette activité sociale, comme si au-delà des regards que je pouvais recevoir, des paroles qu'on pouvait me proposer, des idées mêmes qu'on pouvait m'attribuer, qu'au-delà de ce foisonnement d'émotions il n'y avait rien...

    Des plongées abyssales dans un néant de plénitude, une abolition totale de toute appartenance intérieure. Les images reçues de l'extérieur n'avaient aucune réalité. Et rien n'était là pour recevoir cette sensation d'inexistence. Impossible de décrypter l'entité. Je n'étais rien, qu'un vide animé par une palpitation innommée. L'idée soudaine que ce vide en moi contenait en fait la source même de la vie, de cette vibration inexpliquée, de la cohésion des cellules, l'aimantation des molécules. La seule réalité. J'ai vu là, dans ce noir d'univers opaque et stable une absorption irrémédiable de toutes les images inhérentes à mon être social, comme un trou noir engloutissant un conglomérat disloqué de matières recyclables...



    Je n'ai rien cherché à maintenir. D'ailleurs, je ne maîtrisais rien, il n'y avait rien de volontaire, ni de construit, ni d'intentionnel, comme une marée cosmique qui emportait les résidus éparpillés d'un moi illusoire.


    Et puis, je sais qu’à un moment il n’y a plus rien eu. Aucune impression, aucune perception, plus de pensée, plus de temps, plus de durée, un vide complet en moi, un moi disparu, comme une défragmentation, un éparpillement. Plus rien.


    C'est l'arrêt brutal du fourgon au bout de la piste qui m'a ranimé en me plongeant de nouveau dans le "sommeil". C’est là que j’ai pris conscience que « je » n’étais plus là…

    Je suis allé voler avec mon moniteur, sous une grande voile rouge dont je voyais l'ombre avancer sur la cime des arbres.

     

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  • La beauté qu'on n'entend plus.

    http://www.qobuz.com/info/Qobuz-info/Video-du-jour/Joshua-Bell-fait-la-manche-dans-le8742

    Un musicien de rue était debout dans l'entrée de la station "L'Enfant Plaza" du métro de Washington DC.


    C'était un matin froid, en janvier dernier.
    Il a joué durant quarante-cinq minutes.
    Pour commencer du Bach, puis l'Ave Maria de Schubert, du Manuel Ponce, du Massenet et de nouveau Bach.

    A cette heure de pointe,
    il était près de 8h du matin, quelque mille personnes ont traversé ce couloir, pour la plupart en route vers leur travail
    Celui qui a marqué le plus d'attention fut un petit garçon d'environ trois ans.
    Sa mère l'a tiré, pressée, mais l'enfant s'est arrêté pour regarder le violoniste.
    Finalement sa mère l'a secoué et agrippé vivement afin qu'il reprenne le pas.
    Toutefois, en marchant, l'enfant a gardé la tête tournée vers le musicien
    Durant les trois quarts d'heure de jeu du musicien,
    seules sept personnes se sont vraiment arrêtées pour l'écouter un temps.
    Il a récolté en tout et pour tout 32 dollars !
    Quand il a eu terminé de jouer
    personne ne l'a remarqué.
    Personne n'a applaudi.
    Une seule personne l'a reconnu, sur plus de mille .
    Personne ne se doutait que ce violoniste était Joshua Bell, un des meilleurs musiciens sur terre.
    Il a joué dans ce hall les partitions les plus difficiles jamais écrites, avec un Stradivarius de 1713 valant 3,5 millions de dollars !

    Deux jours avant de jouer dans le métro, sa prestation au théâtre de Boston était «à guichet fermé» avec des prix avoisinant les 100 dollars la place.

    C'est une histoire vraie

    L’événement Joshua Bell, jouant incognito dans une station de métro, a été organisé par le « Washington Post » dans le cadre d'une enquête sur la perception, les goûts et les priorités d'action des gens.
    Les questions étaient :
    • dans un environnement commun, à une heure inappropriée, pouvons-nous percevoir la beauté ?
    • Nous arrêtons-nous pour l'apprécier ?
    • Pouvons-nous reconnaître le talent dans un contexte inattendu ?


    Une des possibles conclusions de cette expérience pourrait être :

    Si nous n'avons pas le temps pour nous arrêter et écouter l'un des meilleurs musiciens au monde jouant quelques-unes des plus belles partitions jamais composées, à côté de combien d'autres choses exceptionnelles passons-nous ?

    Merci à "Gereve" pour cette info.

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  • Le cerveau, boîte noire préformatée.

    Le cerveau...Une boîte noire remplie d'images.



    Sperry a démontré un principe de latéralisation de type binaire dans la localisation de nos activités cérabrales:

    Le côté gauche est le siège du temps, de l'approche séquentielle, analytique et rationnelle.

    Le côté droit est orienté vers l'espace, c'est le lieu de la vision, de l'intuition, de l'imagination.



    Mac Lean a été le premier à décrire un fonctionnement de type biologique, par niveaux interactifs. Il a mis à jour un système tertiaire reposant sur le cerveau reptilien, le cerveau limbique et le cerveau cortical.

    Le cerveau reptilien est le siège de nos énergies vitales. C'est notre pile énergétique. Au cerveau reptilien est attachée la notion de territoire. Il faut savoir que "l'agressivité est toujours le signe d'un territoire mal défini."

    Le cerveau limbique est le siège de nos émotions, de nos sentiments, de nos ressentis. C'est le lieu de notre mémoire. C'est le cerveau de l'apprentissage, de l'expérience, de l'éducation, de la culture, de nos croyances et des convictions. Il est "le moteur de l'action et de la communication."

    Le cerveau cortical, particulièrement développé chez l'homme, est le lieu de notre "conscience différentielle". Seule, l'espèce humaine semble posséder la capacité d'analyser le passé et de se projeter dans l'avenir. L'imaginaire est le propre de l'homme. Comme le dit Hayek, "le futur n'existe pas, il se génère au présent pour transformer le passé."



    Le système cérébral est celui qui nous permet de maîtriser les quatre modes de représentations mentales que sont la logique, la dialectique, la créativité, la systémique. Tout n'est que représentation mentale. Nous passons notre vie à fabriquer des images mentales en fonction des situations rencontrées et de la façon dont nous les vivons.

    "Il n'y a pas de vérité en soi, il n'y a que des situations." G. Proisy.



    On en revient donc à cette fameuse "réaction" devant la réalité. Réaction qui finit par devenir une référence aboutissant à transformer systématiquement la réalité...Et cela sans fin...Comme en plus, nous subissons les réactions collectives, chaque individu, au fil des années, accumule des réactions formatées, partagées, adoptées qui le convainc d'être dans la réalité...Une réalité liée à notre participation à l'humanité, à une excroissance transgénérationnelle, on pourrait peut-être dire une "tumeur"...



    Se pourrait-il donc que notre socialisation ne soit qu'une privation de notre potentiel cérébral ou ce cerveau n'est-il dès le départ qu'une boîte noire destinée à nous connecter au réseau cérébral de l'humanité ? Est-ce à notre avantage ? Peut-on considérer que l'évolution de ce cerveau soit favorable à l'individu ou n'est-il qu'une entrave à notre évolution personnelle ? Se peut-il qu'à un moment dans l'histoire de l'humanité quelques esprits manipulateurs aient trouvé la faille dans cette boîte noire pour en tirer profit à des fins gouvernementales, politiques, économiques ? Y a-t-il dans les dérives actuelles une perdition existentielle proportionnelle aux progrès scientifiques ? On manipule plus facilement une entité que l'on connaît...

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