Là-Haut

Blog

Quatre millions de pages lues

Par Le 01/02/2026

Atmosphere terrestre

 

J'ai commencé ce blog en novembre 2009.

Jamais, je n'aurais envisagé qu'un jour il atteindrait ce chiffre ni les 1 400 000 visiteurs. 

J'avais deux romans publiés à cette époque, "VERTIGES " en 2004 et "NOIRCEUR DES CIMES" en 2007. 

L'intention de ce blog n'était pas de constituer une "vitrine "pour ces deux romans mais d'écrire mes pensées, mes réflexions.

Lorsqu'il m'arrive de relire les premiers articles, je réalise à quel point mes centres d'intérêt ont changé. Dans les premières années, l'école a beaucoup concentré mes écrits, la dimension spirituelle tout autant.

Aujourd'hui, c'est l'état de la planète et toutes les urgences qui la touchent qui nourrissent mes écrits. "What else?" comme dirait George. C'est devenu un thème si pregnant qu'il est devenu le fil conducteur de la quadrilogie en cours d'écriture. La Terre et l'humanité. Le rapport de force et celui d'amour puisque les deux sont possibles. Le premier ayant conduit l'humanité à une dégradation considérable de la vie toute entière.

Une inversion de ce rapport devient absolument nécessaire, primordial, vital. Le problème, c'est que ce lien d'amour ne semble pas envisageable par un simple choix. L'humanité ne décidera pas que désormais il est temps d'aimer la planète et par conséquent de la respecter. Cette décision se fera par obligation. On peut même considérer que de multiples événements mèneront à ce changement de paradigme.

Pour l'instant, les conflits intellectuels entre les adeptes de la croissance et ceux du ralentissement volontaire occupent les esprits. Ça n'est jamais que du temps perdu car de toute façon, ce ralentissement aura lieu. C'est juste physique. Et j'utilise le terme de "physique" intentionnellement pour suggérer que la Terre, physiquement, n'en peut plus.

L'épuisement des ressources n'est vu qu'à travers le filtre des chiffres : diminution des réserves de pétrole, de terres rares, d'uranium, de nickel, de cuivre, de tous les minerais qui contribuent à la technologie, diminution des réserves d'eau potable, diminution de la couverture végétale (les forêts primaires), diminution de la vie marine, diminution de la biodiversité. 

Année après année, nous nous approchons des limites. 

Ce que j'ai décidé d'explorer dans la quadrilogie, c'est de dépasser l'idée d'un épuisement physique de la planète et d'imaginer un épuisement spirituel de la Terre. Et donc de développer l'idée d'une planète vivante, non pas uniquement dans son aspect physique mais dans sa conscience. On en arrive à "Gaïa".

J'ai lu beaucoup d'ouvrages de James Lovelock ou de Peter Russel. C'est ardu mais fascinant.

C'est en écrivant la quadrilogie que je réalise à quel point ces lectures m'ont marqué.

La Terre est vivante, non pas simplement dans les formes de vie qu'on y trouve mais l'entièreté de la planète et mieux encore, elle est consciente. Oui, je sais, "c'est n'importe" quoi se diront certains. Et je répondrai que nous sommes entrés depuis un certain temps dans un très grand n'importe quoi en refusant de considérer la Terre autrement que comme un magasin à exploiter.

Nous, humains, pensons que tout ce qui nous environne n'est pas nous. Que tout ce qui existe, par ses infinies différences, peut et doit être cartographié, identifié, classé, hiérarchisé et que nous, humains, étant à même de le faire, sommes donc au sommet de cette hiérarchie. Et que la vie sur la Terre n'est rien d'autre qu'un champ d'études et d'exploitations. 

Sans doute sommes-nous allés trop loin.

 

 

LE DÉSERT DES BARBARES

"Nous sommes la Terre et la Terre est ce que nous sommes.

- Oui, tu l’as dit tout à l’heure mais il faut que tu m’expliques.

- Nous sommes un Tout, une seule entité. Toi, moi, les autres, tout ce qui vit, les animaux, les plantes, nous sommes des formes matérielles de l’énergie. Et cette énergie est en nous. La Terre est un être vivant, elle aussi. Pour beaucoup, la Terre nous influence, la lune, le magnétisme, l’atmosphère, la lumière, tous les phénomènes naturels terrestres ont un impact sur nous, les humains et sur tout ce qui vit.

- Oui, je n’y connais pas grand-chose mais ça me semble évident.

- D’accord mais si tu considères que tout ce qui vit est intrinsèquement lié, que tout ce qui vit expérimente exactement les mêmes phénomènes, à l’échelle de son état matériel, de sa dimension, de son activité, de ses interrelations avec l’ensemble du vivant, alors imagine l’humanité comme une entité unique, libère-toi de toutes les dissemblances de couleurs, de langues, de cultures, pense uniquement à une masse unique, celle de tous les humains.

- Oui, OK, et alors ?

- Puisque la Terre est un être vivant, elle est susceptible, elle aussi, d’être impactée, spirituellement, par le comportement de cette masse humaine, prise dans son entièreté.

- Tu veux dire que le bordel actuel dans l’humanité a un effet néfaste sur la Terre elle-même ?

- Voilà, c’est ça. La Terre reproduit ce que nous sommes, à son échelle. Non pas ce que nous sommes, en tant qu’individus esseulés mais en tant que masse indissociable.

- L’épidémie de choléra, le Hum, les attentats, les conflits, les destructions, tout ça serait un ensemble ?

- Oui, Francis. Tout ça est un ensemble avec les actes de l’humanité elle-même et celle de la Terre, une forme de partenariat spirituel dévastateur. Il n’y a pas d’un côté l’environnement et l’humanité, pas plus qu’il n’y a d’un côté la Terre et de l’autre cette humanité. Tout fonctionne dans une totale interconnexion. Et c’est la source même du dérèglement climatique, de l’émergence d’épidémie et maintenant de ce phénomène acoustique qui rend fou. L’humanité est spirituellement pervertie par des mouvements de pensées destructeurs, un égocentrisme qui l’a totalement persuadée qu’elle était hors du monde, profitant de la planète sans lui attacher d’autres intérêts que le développement de son pouvoir, de son confort, de sa richesse, de son hégémonie. Le chaos actuel déclenché par je ne sais qui n’est que la suite logique de cette folie, à une échelle que personne n’aurait imaginée.

- Et la Terre suit le mouvement, c’est ça ?

- Exactement. La résonance de Schuman n’est plus équilibrée. L’ionosphère est contaminée par la perversion de l’humanité entière. On sait depuis longtemps que l’atmosphère est polluée par des particules chimiques. Une pollution matérielle. Désormais, c’est une pollution électromagnétique mais elle n’est, elle même, que l’effet physique d’un effondrement spirituel à l’échelle de la planète toute entière.

- Mais beaucoup de gens se comportent de façon respectueuse avec la planète, je ne peux pas croire que tout le monde est irresponsable. Il y a forcément des individus qui sont engagés dans une voie spirituelle. Je n’en fais pas partie, d’ailleurs, soit dit en passant. Je ne me suis jamais intéressé à tout ça.

- Oui, il y en a mais ils ne représentent qu’une toute petite frange de la population totale. Essaie d’imaginer le nombre d’individus dont le seul objectif de vie est d’ordre matériel, une maison, une ou deux voitures, la consommation, les voyages, la mode, les gadgets technologiques, toujours plus de nouveautés, une fête permanente, effrénée. Je te parle de milliards d’individus. Et ceux qui n’ont pas accès à ce mode de vie sont prêts à tout pour y accéder. C’est le modèle, la référence, l’objectif suprême.»

La passion de Francis pour les grosses cylindrées, les femmes, les fêtes, le poker, les voyages exotiques, l’argent… Il ne pouvait contester l’analyse de Tim. Ni pour lui, ni pour toutes les connaissances et amis qu’il avait en France. Et au vu du développement économique de la Nouvelle-Zélande et du modernisme des villes, il en était de même ici. Tout le monde courait dans la même direction. Alors, oui, il était acceptable d’envisager l’hypothèse que cette masse émettait quelque chose, une forme de vibration, de fréquence, des ondes. Il ne savait pas l’exprimer. Aussi étranges que puissent paraître les propos de Tim, il n’avait aucune donnée incontestable à lui opposer. Il se dit que c’était peut-être justement la particularité de la dimension spirituelle. Tout et n’importe quoi pouvait y être développé. Rien n’était vérifiable. Et il admit aussitôt que la conclusion était trop simpliste et qu’il aurait déjà fallu posséder davantage de connaissances dans le domaine pour pouvoir argumenter. Devenait-il dès lors une proie idéale pour des individus manipulateurs, des individus illuminés possédant une dialectique capable d’envelopper leurs théories fumeuses dans des discours convaincants ? Tim était-il un scientifique illuminé et lui un béotien crédule ou Tim était-il totalement lucide, un précurseur et lui un auditeur privilégié d’une découverte majeure ? La Terre et l’humanité intrinsèquement liées dans une direction identique. Et que faudrait-il pour inverser le phénomène ?

« Donc, pour toi, Tim, le phénomène acoustique du Hum, c’est un dérèglement de l’ionosphère et de la résonance de Schuman ?

- Non, c’est un dérèglement simultané de l’humanité et de la Terre, c’est ça qu’il faut comprendre, Francis. Tout est lié. Ce qui se passe dans l’ionosphère n’est qu’une conséquence.

- Et c’est quoi alors ce bruit qui rend fou ? Je veux dire, techniquement parlant.

- C’est une souffrance, un cri à l’échelle de la planète, la masse humaine et la Terre, un cri qui va s’étendre, qui va toucher de plus en plus de gens, indifféremment, n’importe qui.

- On peut donc être atteint, toi et moi ?

- Oui, peut-être, même si, d’après ce que j’ai entendu, les cas semblent concentrés dans les zones urbaines. Ce qui est normal, après tout.

- Les lieux les plus « hors sol », c’est ça ?

- Oui, c’est comme ça que je le vois. Les mégapoles, tu sais ce que ça représente comme émissions polluantes ? Je ne te parle pas que des gaz et polluants atmosphériques mais également de tout ce qui concerne les ondes. Les villes sont devenues des zones de concentration d’ondes. Les cerveaux humains dans cette mélasse sont bombardés. Les ondes alpha, tu peux tirer un trait dessus.

- C’est quand on est détendu, c’est ça ?

- Oui, disons, dans un état de lucidité sereine. C’est pas une phase d’endormissement mais de plénitude. Va trouver des gens dans cet état-là en pleine journée, dans l’agitation d’une ville. Et je ne parle pas que de l’agitation physique des humains mais de celle des ondes qui les enveloppent. Tu connais le nombre de burn-out ou de dépressions dans les zones urbaines, l’intensité du stress liée à un mode de vie d’où est exclu toute sérénité, tout apaisement, autre que quelques récréations dans des centres de remise en forme, de yoga, de bien-être. Foutaises tout ça. Ce ne sont que des récréations comme celles des gamins à l’école. Mais le stress est toujours là et ces récréations ne sont que des paravents, des marchandisations de la souffrance spirituelle des individus. Tout ça est un énorme marché au service de la machine capitaliste. Il faut sauver le soldat Ryan, c’est à dire l’employé, l’ouvrier, l’ingénieur, tous les individus qui font tourner le moteur.

- Bon, ok, mais tu ne m’as toujours pas dit ce que c’est ce Hum.

- Si, je te l’ai dit mais ça ne rentre pas dans ta tête parce que, profondément pour toi, ça ne tient pas la route. C’est un cri, une souffrance. Celle de la masse humaine associée à celle de la planète. L’humanité est folle, la Terre suit le mouvement. Nous sommes la Terre et le Terre est ce que nous sommes. Tu comprends maintenant ? »

Silence.

« Nous ne sommes qu’un, non pas uniquement en tant qu’individus dans la masse mais un avec la Terre, elle-même.

- Voilà, Francis, c’est ça. Et donc, désormais, au vu de tout ce qui se passe sur la planète, on est qu’au début de ce que la Terre est susceptible de déclencher pour accompagner l’humanité."

Ski : corruption à tous les étages

Par Le 28/01/2026

La montagne, j'y vis depuis quarante ans. Je peux dire que j'ai vu son "évolution", son urbanisation, le commerce et le tourisme de masse et conjointement l'effacement des zones sauvages, la diminution de la faune.

Ici, Valérie Paumier décrit le "marché" de la montagne, la course à l'argent et tous les mensonges, les magouilles, les lobbies, la puissance de frappe du milieu financier et politique, les ambitions personnelles.

Juste du dégoût.

 

9 413 vues 25 janv. 2026 LOBBIES

Nous savons qu'ils mentent.

Par Le 28/01/2026

 

 

« Ils savent que nous savons qu’ils mentent. Nous savons qu’ils savent que nous savons qu’ils mentent.

Et pourtant, ils continuent de mentir. »

– Alexandre Soljenitsyne, dissident russe pendant l’époque soviétique.

 

Je pense que personne n'aura de difficultés à identifier les personnes concernées. Et d'ailleurs, si l'idée me venait d'en marquer les noms, un par un, je ne suis pas certain que j'aurais encore assez de temps de vie pour y parvenir. D'autant que la liste s'allonge sans cesse. Il existe des livres, des documentaires, des films, des séries.

Deux séries nous ont plu, beaucoup, pour leur scénario, l'analyse des personnages, les interprétations, les dénonciations, les prises de position. On voit d'ailleurs que les problèmes sont planétaires. La fiction apporte un effet "adoucissant" quant à la gravité des faits tout en apportant des connaissances utiles pour qui voudra approfondir. 

 

RAVAGES (Arte)

Arte diffuse les premiers épisodes de "Ravages", une série canadienne qui suit une avocate qui va se retrouver prise dans un engrenage mêlant crime, pollution minière et corruption.

Ce jeudi 22 janvier, Arte diffuse les premiers épisodes de Ravages, un thriller venu tout droit du Canada dans lequel se mêlent enjeux industriels et écologiques.

Écrite par Sophie Deraspe et Frédéric Ouellet, cette série en 6 épisodes nous transporte à Montréal. Alors qu’elle réside temporairement dans l’appartement de sa mère, qui est à l’hôpital pour soigner son cancer, Sarah Deléan, jouée par Caroline Dhavernas, se réveille un matin le torse couvert de sang.

Passé le premier moment de terreur, elle se rend compte que le sang provient de son plafond. Elle prend son courage à deux mains et se rend aussitôt chez Mercedes Casares, la voisine du dessus et amie de sa mère.

Elle découvre alors qu’elle a été sauvagement assassinée. Sentant que toute cette histoire est beaucoup plus complexe qu’elle n’y paraît, la jeune avocate décide de mener sa propre enquête et se trouve entraînée, du Québec au Mexique, dans les réseaux tentaculaires d’activités minières dévastatrices.

Ravages

Ravages

Sortie : 2025-08-28

Série : Ravages

 

Voir sur Arte

Un thriller environnemental complexe

C’est en 2010, sur le tournage d'un documentaire sur l’appel à la préservation de la biodiversité où elle était directrice de la photographie, que Sophie Deraspe a eu l’idée de la série Rivages.

“On a tourné partout dans le monde, et en Floride, on s’est retrouvés dans un lieu écologiquement désastreux avec une dame qui travaillait tout de même sur des solutions pour assainir l’eau là-bas. C’est à ce moment, avec la productrice Marie-Dominique Michaud, qu’on s’est dit qu’il fallait faire une fiction”, a-t-elle confié au site Le Devoir.

En écrivant un thriller, elle avait l’espoir de pouvoir toucher plus de monde et de sensibiliser les gens à ce sujet. “Ravages montre l’ouverture et l’éveil du personnage principal qui veut avoir des réponses et va mener sa propre enquête en parallèle de celle du policier Émile Lebeau”, a ainsi ajouté Frédéric Ouellet, le coauteur de la série.

Avec Ravages, les deux auteurs n’avaient cependant pas pour but de faire une fiction moralisatrice. “On a quand même une perspective pro-environnementale avec le cheminement de la protagoniste, mais on présente également les arguments des mines qui sont aussi valables d’une certaine façon, afin qu’il y ait un débat”, a expliqué le scénariste.

Ils avaient également à cœur de ne pas tomber dans les clichés du genre et de proposer une histoire la plus neutre possible. “Il a fallu faire beaucoup de recherches des deux côtés, bien s’informer sur comment ça fonctionne, parce qu’on voulait que la bataille entre les minières et les environnementalistes soit réaliste”, a confié Frédéric Ouellet.

Et Sophie Deraspe d’ajouter : “Il fallait être crédibles et en même temps repousser un peu plus les limites, parce que la réalité est parfois invraisemblable et que tout n’est pas noir ou blanc.” En résulte une série complexe aux multiples ramifications qui devrait passionner les téléspectateurs.

 

JEUX D'INFLUENCE (Arte)

Arte entame la diffusion dès ce jeudi 13 juin de la série "Jeux d'influence" signée Jean-Xavier De Lestrade, un expert du documentaire, qui raconte cette fois dans un format fictionnel l'influence des lobbys sur le monde politique... Saisissant !

What's up Films

De quoi ça parle ?

Le directeur marketing d’une grande entrerpise de l’agrochimie est découvert noyé dans la Seine. Un député et son assistant parlementaire bataillent pour l’interdiction d’un pesticide toxique. Un agriculteur porte plainte contre la multinationale qu’il accuse d’être à l’origine de la terrible maladie qui le frappe… "Jeux d’influence" tisse une toile de destins individuels en prise avec les lobbys.

Ecrite et réalisée par Jean-Xavier de Lestrade (3x Manon, The Staircase, Un coupable idéal). 6x 52 minutes.

Tous les jeudis soirs sur ARTE et disponible en replay, à partir du 13 juin. Bande-annonce :

Pourquoi il ne faut pas rater cette série engagée

Avec 3x Manon et sa suite Manon 20 ans, déjà pour Arte, le réalisateur Jean-Xavier De Lestrade avait frappé fort en racontant les tourments d'une adolescente rongée par la colère et la détresse face à un système éducatif inadapté et une cellule familiale explosée. Une fiction hautement politique et remuante, en tout point remarquable. Pour sa nouvelle création, le pro du documentaire -The Staircase, c'était lui- propose une oeuvre au moins aussi percutante, encore plus frontalement politique et toujours ancrée dans le réel.

L'affaire Monsanto, l'affaire du glyphosate... vous en avez forcément entendu parler dans l'actualité sans forcément en comprendre les tenants et les aboutissants. C'est le pari ambitieux de Jeux d'influence, qui détonne dans un paysage audiovisuel français qui a tendance à fuir tout ce qui pourrait paraître trop engagé ou polémique. Portée par une Alix Poisson ambigüe qui n'est jamais aussi bonne que quand elle s'éloigne de la comédie pure, cette mini-série en 6 épisodes tient ses promesses pédagogiques sans jamais tomber dans la facilité et le manichéisme.

Le récit, dense, est extrêmement bien construit et multiplie les points de vue de manière à traiter ce sujet complexe des lobbies et leur influence sur le monde politique et la vie de chacun de la façon la plus complète possible quitte, parfois, à sacrifier le romanesque... et l'émotion. Et c'est là peut-être son seul défaut : elle nous éclaire sans tout à fait nous emporter. Ne vous laissez toutefois pas impressionner par la raideur qui se dégage du premier épisode. Elle perdure, mais elle s'apprivoise.

"Une bouteille à la mer"

Par Le 28/01/2026

61fuqmw41il sx210



Si vous cherchez des informations sur l'état des mers et océans, une lecture informative, pédagogique, sourcée, objective, je vous invite à lire cet album. Là aussi, on peut identifier tous les mensonges et les actes destructeurs passés et en cours, commis par les états, dont la France :

https://www.babelio.com/livres/Autissier-Une-bouteille-a-la-mer-BD/1831274#!

 

Une bouteille à la mer (BD)

 

infosCritiques (7)Critiques presse (4)Citations (1) Forum

Une bouteille à la mer (BD) par Autissier
Ajouter à mes livres

 

Lire un extrait

3,84★

42 notes

9782754844475
10/09/2025

Futuropolis / Albums  

Résumé :

Au milieu de l`océan Arctique, Isabelle Autissier confie à la mer un SOS dans une bouteille... à l`attention de Zelba, avec l`envie de faire un livre à deux. L`une est une navigatrice de renom, première femme à avoir fait le tour du monde en solitaire, présidente d`honneur du WWF France et spécialiste de la mer, l`autre une autrice drôle et engagée et fut championne du monde junior d`aviron ! Ensemble, elles vont à la rencontre de personnes d`horizons différents, ayant en commun la protection des mers et océans : des spécialistes comme la biologiste Françoise Gaill, le professeur en écologie marine Didier Gascuel, l`ambassadeur des pôles et des océans Olivier Poivre d`Arvor ou encore la présidente de Sea Shepherd France, Lamya Essemlali. Avec ces témoignages et de beaux souvenirs de mer racontés par Isabelle Autissier, Zelba a réalisé un reportage, comme une nouvelle bouteille à la mer.

 

 

BurjBabil

BurjBabil

22 janvier 2026

Une bande dessinée de plus qui nous décrit toutes les prédations auxquelles sont confrontées les espaces maritimes. Ici essentiellement l'océan Atlantique.
C'est descriptif, sourcé, didactique, académique presque puisque les protagonistes sont une dessinatrice de bande dessinée germanique, un ambassadeur des pôles et des océans, écrivain et ancien dirigeant de radio, un professeur d'écologie marine et directeur du pôle halieutique, mer et littoral à l'Institut Agro de Rennes et membre du Conseil scientifique de l'Ifremer, une biologiste océanographe de la fondation Tara Océan (partenaires : BNP, CMN naval, AXA, CapGemini), vice-présidente de la Plateforme Océan Climat...
Je ne parle pas de l'ancienne égérie des navigatrices, présidente d'honneur du WWF-France.
Bref du beau monde qui, vu leurs âges et leurs professions, ont largement contribué à l'état dans lequel se trouve la planète et les océans, quel qu'il soit, constat réaliste ou alarmiste, et pour qui l'activisme consiste à vouloir aller dans la même direction avec des garde-fous nous permettant de continuer longtemps avec le même paradigme. Pourquoi pas, cela ne mange pas de pain, surtout pas le leur.
Graphiquement, c'est du dessin orienté jeunesse, limite caricatural lorsque la dessinatrice se croque elle-même. A vouloir accentuer certains traits physiques de sa personnalité, elle frise l'outrance et c'est dommage.
Pareil lorsqu'elle essaie de faire preuve de modernité en mettant en scène certaines de ses pensées ou saynètes de sa vie de couple avec dérision. le féminisme qu'elle dessine consiste à présenter un mari soumis et servile qui accepte avec un sourire béat de tenir le rôle que sa femme dessinatrice lui assigne. le féminisme comme symétrique sexuel du machisme, bof bof...Comme c'est un peu l'ouverture de la bande dessinée, cela donne un ton bizarre à la suite.
Reste le public visé par cet ouvrage : jeune nécessairement pour entrer dans le graphisme et l'humour décrit précédemment.
Et le but : dresser un constat, alerter, mais est-ce nécessaire ?
Tout le monde ici le sait et sait bien aussi que la pêche industrielle, la spoliation indirecte des ressources halieutiques de toutes les populations côtières d'Afrique et d'ailleurs est le prix à payer (par eux) pour que tous les lecteurs ici et les gens cités plus haut (pour nous donc) puisse réfléchir à la tenue du prochain sommet "one ocean" ou "cop 59" devant un pavé de saumon au four.
Reste que la description formelle des problèmes est bien rendue. Froidement, scientifiquement.


Lire la suite

Commenter  J’apprécie          310

Magieraf

Magieraf

09 octobre 2025

Une bouteille à la mer de Zelba et Isabelle Autissier est une BD documentaire qui multiplie les fronts et qui frappe par la richesse de son propos, bien qu'elle adopte un rythme parfois décousu, sautant des abysses marines aux pôles, au gré des rencontres et des anecdotes. C'est l'une de ses forces et parfois une de ses limites : chacun y navigue selon ses affinités ou se perd, emporté par l'humour ou une digression scientifique inattendue.

Au fil des pages, le lecteur découvre des figures marquantes telles que
Françoise Gaill, biologiste ayant travaillé sur les Tuniciers marins et militante pour l'intégration de l'océan dans les débats du GIEC ; Isabelle Autissier elle-même, mais aussi Didier Gascuel, spécialiste des ressources halieutiques, Olivier Poivre d'Arvor, ambassadeur pour les pôles et les enjeux maritimes, ou encore Pierre-Ange Guidicelli, tous engagés pour la cause des océans. L'album qualifie justement ces activistes de « vous êtes les apôtres de la mer », incitant à reconnaître la portée quasi spirituelle de leur engagement.

La dimension institutionnelle est largement abordée, avec des acteurs comme l'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer), l'AFM, la fondation Tara, l'INEE ou l'IPOS, qui structurent la recherche, l'éducation et la gouvernance de l'océan à l'échelle internationale.

Le livre n'esquive pas le politique : il fait appel à la collaboration de tous les partis, à l'exception explicite du Rassemblement National, ce qui apporte une coloration militante à l'ouvrage et politise hélas le propos – une démarche assumée et susceptible de susciter le débat.

D'un point de vue pédagogique, on y apprend que la France possède le 1er ou 2d domaine maritime mondial en surface (ZEE). Cela souligne l'immense responsabilité politique, économique, scientifique et militaire du pays, mais aussi les multiples enjeux liés à ce « trésor » souvent méconnu par le grand public.

Une image centrale de l'album est celle de l'étoile de mer à cinq branches, symbolisant les facettes de la puissance maritime : 1) la souveraineté juridique (ZEE, droits internationaux), 2) la force militaire, 3) la puissance économique, 4) la science, la recherche et la capacité à connaître l'océan et 5), l'impact sur le climat (régulation, biodiversité, puits carbone).
Cette étoile incarne de manière didactique la complexité et l'universalité des enjeux marins.

Enfin, le choix d'un appel permanent au dialogue, d'une coopération scientifique et citoyenne, s'impose dans toute la BD : parler, convaincre, agir ensemble, sont répétées comme un mantra. Mais la politisation sur la question des alliances compromet en partie la portée universelle de l'appel, en refusant certains partenaires.

En somme, Une bouteille à la mer est une lecture dense, engagée, foisonnante et éducative, appuyée par des dessins pétillants et expressifs de Zelba, qui rendent accessibles témoignages, luttes, institutions et données scientifiques. le propos digressif en fait une fresque polyphonique, à la croisée de l'essai, du plaidoyer et de l'autofiction graphique.

Peut-être un cinquième.

Par Le 17/01/2026

 

Les heros sont tous morts

Je ne sais pas trop où je vais dans le tome 4, "TERRE SANS HOMMES", non pas dans le scénario que j'ai en tête, dans les grandes lignes, mais dans le volume que ça prendra. 

Ce que mon ordinateur me sort comme données pour chaque manuscrit.

Tome 1 : LES HÉROS SONT TOUS MORTS  :134 pages / 42 608 mots / 252 662 caractères

Tome 2 : TOUS, SAUF ELLE : 208 pages / 85 117 mots / 514 834 caractères

Tome 3 : LE DÉSERT DES BARBARES : 332 pages / 108 178 mots / 640 705 caractères

Tome 4 : TERRE SANS HOMMES (en cours d'écriture) : 88 pages / 40 610 mots / 239 583 caractères

Je pense que je suis au premier tiers. Même si j'ai le scénario en tête, je ne peux pas estimer la longueur de chaque passage. Sans parler du fait que des surprises dans le scénario peuvent devenir incontournables. Je ne maîtrise pas tout :)

La nécessité d'un tome 5 commence à pointer son nez. La nuit dernière, j'y ai réfléchi. L'avantage, à la retraite, c'est que quand le sommeil est en mode absent, ça n'engage aucunement la journée à venir. Il suffira d'une sieste pour combler le manque. 

Et donc, puisque cette série de romans a débuté par un roman contemporain dans la catégorie "polar"  (Les héros sont tous morts) et qu'ensuite, tout bascule dans une trilogie d'anticipation, j'en arrive à me demander si le tome 5 ne pourrait pas aller encore plus loin, non pas une anticipation proche mais une projection lointaine, pas dans les décennies à venir mais au siècle prochain. 

J'ai donc tenté d'identifier les éléments prioritaires pour décrire le monde dans les années 2100. Et j'ai vite réalisé que c'était impossible, totalement illusoire. Aucune prédiction, aucune projection, aucune modélisation ne pourrait aujourd'hui établir un état des lieux aussi lointain. Les risques en cours, les menaces identifiées, les déséquilibres étudiés, les dégradations de toutes sortes, climatiques, écologiques, économiques, financières, sociales, politiques, tout est tellement exponentiel, tout va tellement vite que les têtes chercheuses les plus performantes ne s'en tiennent qu'à des hypothèses, en ajoutant juste que les possibilités d'erreurs dans les projections sont par contre certaines.

On ne sait pas où on va. On sait juste que ça n'est pas la bonne direction.

J'en ai donc conclu qu'il serait préférable que le tome 4 soit le dernier. Ce qui s'y trouve est déjà suffisamment inquiétant. 

Je ne sais pas, en fait.

J'écris un peu, de temps en temps, je vais doucement. L'idée de cette série de romans après la publication du tome 1 a germé il y a quatre ans. Je suis incapable de dire quand je poserai le point final au tome 4. 

Ni même s'ils seront édités. La décision ne m'appartient pas.

"Les héros sont tous morts" est une histoire finie. L'idée d'une suite n'était pas du tout programmée. Si les trois tomes suivants ne sont pas édités, ils ne manqueront à personne vu que personne ne les attend. 

Mais, moi, j'ai envie de connaître la suite :) 

 

TERRE SANS HOMMES : Imaginons.

Par Le 12/01/2026

La terre sans hommes 1

 

Imaginons qu'une entité secrète, genre Bilderberg ou autre (ça ne manque pas en fait) réalise qu'en laissant l'humanité se développer et exiger la continuité de la croissance, c'est l'entité elle-même qui sera sous la menace de sa disparition étant donné que la croissance représente le carburant menant nos sociétes consuméristes (et toutes les autres ) dans le mur.

Imaginons que cette entité à la tête de laquelle se tient l'homme le plus riche de toute l'histoire de l'humanité réalise que les bases de survie que chaque membre de cette entité à fait construire dans des lieux susceptibles de les préserver ne seront pas suffisantes pour les sauver et que les atteintes multiples à la vie sur Terre les condamneront.

Imaginons que cette entité, sous les ordres d'un maître tout puissant que personne n'oserait contredire décide de réduire considérablement la masse d'individus peuplant la Terre afin de stopper l'évolution destructrice du vivant tout en sachant qu'il est déjà trop tard pour les sauver eux-mêmes et qu'il s'agit avant tout de préserver la pérénité de cette entité elle-même, à travers les générations, comme il en a toujours été depuis des siècles et que les descendants de cette entité ayant survécu grâce au sacrifice de leurs aînés soit en mesure d'organiser une nouvelle humanité, un groupe humain dans l'adoration inconditionnelle de l'entité.

Imaginons maintenant que le chaos que cette entité déclenche en détruisant les éléments essentiels de l'ordre planétaire soit imité par la Terre elle-même, sans que personne n'y comprenne rien, et que le plan élaboré par l'entité échappe complètement à l'ensemble de ses membres.

Imaginons que plus rien ne soit sous contrôle.

Qui de l'homme solidaire du barbare est le plus à même de survivre ? 

Comment concevoir une Terre habitée par des survivants éparpillés, n'ayant plus aucun contact entre eux, en dehors des voisins les plus proches ?

Comment se projeter dans un futur post apocalyptique quand une situation aussi inconnue n'a jamais été vécue ?

Je ne parle pas d'une période similaire à celle de l'après seconde guerre mondiale où tout ce qui pouvait contribuer à reconstuire le monde humain était disponible. Je parle d'un monde humain qui n'a plus accès à rien.

Ni pétrole, ni électricité.

Imaginez maintenant ce que cela signifie.

Voilà cinq ans que je lis tout ce qui existe dans le domaine.

Par le progrès, nous avons bâti un château de cartes.

Loin de moi l'idée de renier le progrès dans son utilité.

Je serai sans doute mort aujourd'hui si un chirurgien ne m'avait pas opéré. Et je sais bien qu'il en est de même pour des milliards d'individus. Le problème, ça n'est pas le progrès accompli depuis le début de la révolution industrielle, le problème, c'est que nous n'avons mis en place aucune limite, aucune barrière, aucun contrôle et que le mouvement s'autoalimente sans que personne ne soit en mesure de le stopper et que ce progrès a atteint un point haut, celui de la limite des ressources de la planète.

Il faudra bien qu'un événement se charge de mettre un frein, voire de déclencher un arrêt brutal. Car ce qui est certain, désormais, c'est que ça sera brutal.

Est-ce qu'il s'agira du réchauffement climatique et de ses multiples conséquences, est-ce que ça sera une crise économique systémique, une crise financière, des conflits majeurs déclenchés par des fous, est-ce que ça sera un mix de tout ça étant donné que tout est irrémédiablement lié ? 

Je n'en sais rien mais voilà sur quoi je m'astreins à écrire depuis que l'idée d'écrire la suite de "Les héros sont tous morts" s'est invitée. 

J'ai découvert cette video et cette musique il y a peu. Je la regarde et l'écoute, à chaque fois, avant de reprendre l'écriture de "Terre sans hommes". .

LES HÉROS SONT TOUS MORTS (roman)

TOUS, SAUF ELLE. (roman)

LE DÉSERT DES BARBARES (roman)

TERRE SANS HOMMES (roman)

"Ecrire un bon livre ne suffit plus"

Par Le 11/01/2026

Ecrire un bon livre ne suffit plus parce que la masse de livres publiés est absolument affolante et dans cette masse, il est considérablement difficile de trouver une place.

Ma page Babelio est muette. Alors que mon blog atteindra le million et demi de visites cette année. Ce que j'en conclue, c'est que les visiteurs ne sont pas là prioritairement pour découvrir mes romans et par conséquent encore moins pour les lire. Et je ne vois pas ce que je pourrais faire pour que ça change.

Peut-être aussi qu'il existe une certaine forme d'habitude générale de consommation : la tendance à prendre la plume pour écrire un mécontentement est plus fréquente que pour écrire quelque chose de positif. Mais sur Babelio, je lis souvent des commentaires très positifs, enthousiastes, argumentés. Celui de John boyne "Les éléments" est un exemple parfait. Des commentaires aussi élogieux, tous les écrivains en rêvent.

En fait, je ne me pose plus vraiment la question du pourquoi du comment. C'est factuel et je n'y peux rien. Je ne suis pas une "belle gueule" photogénique, je ne suis pas un individu charismatique, je n'ai aucun carnet d'adresses, je n'aime pas parler en public bien que j'ai parlé à mes élèves pendant 37 ans. Mais pour enseigner, ça ne me posait aucun problème. S'il s'agissait de faire la promotion de mes romans, je serais certainement incompétent. J'ai participé à des salons et à des séances de dédicaces. Il y a bien longtemps que j'ai arrêté. Je ne me sentais pas du tout à ma place et je déteste être là où je me sens inutile. Et ça n'est pas à 63 ans que je vais considérer que de perdre une journée n'est pas quelque chose de grave. Si, ça l'est. Demain, je serai peut-être mort.  

 

Il reste bien évidemment une dernière question et je me la pose à chaque fois que je me mets à écrire : Est-ce que mes livres peuvent être considérés comme bons ? 

 

"Ecrire un bon livre ne suffit plus" : comment Babelio est devenu un incontournable tremplin vers le succès littéraire

 

Article rédigé par Pierre Godon

France Télévisions

Publié le 11/01/2026 07:05

Temps de lecture : 11min Pour les critiques de livres sur Babelio comme pour les chauffeurs de VTC, une note inférieure à quatre étoiles est considérée comme mauvaise. (HELOISE KROB / FRANCEINFO)

Pour les critiques de livres sur Babelio comme pour les chauffeurs de VTC, une note inférieure à quatre étoiles est considérée comme mauvaise. (HELOISE KROB / FRANCEINFO)

Le site de critiques littéraires le plus utilisé de France joue un rôle central dans la fabrique des best-sellers. On a décortiqué pour vous ce phénomène qui implique lecteurs, mais aussi éditeurs, libraires et auteurs.

Le plus grand club de lecture de France compte 2,3 millions de membres. Babelio, le leader des sites littéraires tricolores, revendique 600 000 critiques de livres chaque année et voit sa communauté s'agrandir de 800 personnes chaque jour. Avec des profils très différents. L'explorateur, comme @Pecosa : "J’ai trouvé dans les bibliothèques de grands lecteurs de littératures policières de quoi lire pendant au moins un demi-siècle." La prof, Chrystèle : "Avec mes abonnés, nous avons un programme de lectures communes sur douze mois." L'influenceuse influencée, @BookyCooky : "Un excellent billet babeliote peut détourner les plans de ma prochaine lecture, et me faire lire le livre en question de suite." Lecteurs, mais aussi éditeurs, libraires et auteurs se retrouvent sur Babelio. Au point d'en faire un thermomètre du monde de l'édition, si ce n'est un faiseur de rois.

Pour les lecteurs, Babelio fonctionne "comme un outil de vérification et de réassurance", résume Guillaume Teisseire, cofondateur de la plateforme, toujours aux manettes près de deux décennies plus tard. Devant la profusion de titres, "il peut m'arriver de dégainer mon téléphone en pleine librairie pour lire les avis", décrit Chrystèle, utilisatrice assidue du site. "Notamment les critiques rédigées par des personnes que je suis et dont je connais les goûts, sur un livre qui m'est inconnu."

A mi-chemin entre Wikipédia et un réseau social, Babelio bénéficie d'une réputation solide, grâce à sa communauté "bienveillante, mais sans filtre", souligne Guillaume Teisseire. Mais aussi grâce à son indépendance vis-à-vis des maisons d'édition et des géants du secteur, alors que son équivalent anglo-saxon, Goodreads, appartient à Amazon, par exemple. "Combien de fois m'est-il arrivé en dédicace de voir un lecteur retourner mon livre, me dire 'je vais réfléchir', et chercher notes et avis sur Babelio ?", s'amuse Nicolas Gaudemet, auteur du remarqué Nous n'avons rien à envier au reste du monde. "Et après, ils reviennent !"

L'angoisse de la fausse note

Tous les bouquins, ou presque, sont chroniqués et notés sur Babelio, bien plus que dans la presse traditionnelle. "Le site est basé sur le principe assez classique contribution/rétribution", détaille Etienne Candel, auteur d'une thèse sur la prescription littéraire à l'ère d'internet(Nouvelle fenêtre). "On a une communauté qui aime afficher ses lectures et de gros lecteurs qui aiment l'idée d'orienter leurs pairs, de faire partie d'une élite, quitte à produire du contenu gratuitement." Les éditeurs encouragent cette pratique, via l'opération Masse critique(Nouvelle fenêtre), où les lecteurs les plus assidus reçoivent gratuitement des ouvrages à paraître en échange d'une critique sur le site. Idéal pour rassurer le chaland qui découvre le livre au moment de sa sortie. "Il y a des livres que nous ciblons spécifiquement pour la communauté de Babelio", renchérit Aglaé de Chalus, des éditions du Tripode. "Un de nos auteurs [qu'elle ne souhaite pas nommer] a pu recevoir énormément de critiques positives pour un livre écrit d'un seul jet sur le deuil, quand son précédent ouvrage, plus difficile, a été accueilli avec plus d'indifférence."

L'enjeu est bien de voir quatre ou cinq étoiles s'afficher à côté de la couverture du livre.

"Votre regard converge forcément vers la note. C'est ce qui saute aux yeux, elle est faite pour ça, et elle est affichée au bon endroit."

Etienne Candel, professeur en sciences de l'information et de la communication

à franceinfo

Tant pis pour Honoré de Balzac, dont les étoiles se sont réduites comme Peau de chagrin (3,8 étoiles pour 5 900 notes(Nouvelle fenêtre)), ou Gustave Flaubert, renvoyé à ses chères études, ou presque (Madame Bovary culmine à 3,73 sur 5(Nouvelle fenêtre)).

Pour les auteurs d'aujourd'hui, comme pour les chauffeurs de VTC, en dessous de 4, c'est une mauvaise note, résume l'influenceuse littéraire @Lectrice à plein temps(Nouvelle fenêtre), de son vrai nom Pauline Locufier, qui réalise de temps à autre des chroniques vidéo contre rémunération. Elle se souvient d'avoir un jour attribué une note moyenne qui n'est pas passée. "J'ai noté l'ouvrage 3,5 sur 5. Dans mon barème, cela reflète un livre avec du potentiel, mais pas totalement abouti." Le ressenti de l'autrice du livre est plus proche du zéro pointé. "Une demi-heure après, elle me laisse un message incendiaire. Elle l'a super mal pris."

Dis-moi ce que tu lis, je te dirai comment tu notes. "La communauté qui lit de la romance est plus prompte à défendre un genre qu'elle juge ne pas être considéré à sa juste valeur, et mettra plus facilement cinq étoiles qu'en littérature générale", appuie l'autrice Delinda Dane, dont la saga Majesty(Nouvelle fenêtre) a déplacé les foules (et cumule 4,25 étoiles de moyenne sur les trois tomes). C'est d'ailleurs sur Babelio qu'Arthur de Saint-Vincent, directeur d'Hugo Publishing, dont le pôle New Romance est un des poids lourds du secteur, a repéré Océane Ghanem. D'abord auto-éditée, la jeune autrice est devenue une des locomotives de la maison avec 30 000 à 40 000 exemplaires écoulés à chaque nouveauté.

"L'Anomalie" repérée par Babelio

Loin des sites marchands où il faut écrémer les commentaires se lamentant de l'état du colis, Babelio se distingue aussi par la qualité de ses critiques, qui font davantage mouche que celles des journalistes. L'auteur de BD Jean Dytar n'est ainsi pas resté insensible à un babelionaute qualifiant(Nouvelle fenêtre) d'"expérience sensorielle et intellectuelle" la lecture des Sentiers d'Anahuac, son dernier album en date. "Parfois, il y a des recensions vraiment fines, plus fines que bien des chroniques plus 'professionnelles'. Je trouve cela touchant, car ce sont des personnes anonymes qui prennent le temps de développer un propos étayé et de partager leur expérience de lecture. C'est généreux." Nicolas Gaudemet se souvient de la qualité d'une critique "liant [son] livre à une œuvre de Shakespeare, c'était particulièrement bien vu". Delinda Dane aime surveiller les citations mises en avant par les lecteurs, en l'occurrence ses lectrices, qui constituent l'écrasante majorité des fans de romance : "Ça me permet d'isoler les phrases qui ont le plus résonné pour eux !"

C'est aussi ça que le monde du livre vient chercher sur Babelio : des retours. "On a coutume de dire qu'on ne sait véritablement ce qu'on a publié qu'une fois que cela a été lu", expose David Meulemans, patron des éditions Aux forges de Vulcain. C'est grâce aux commentaires des lecteurs qu'il a réaxé en catastrophe la stratégie de communication autour du livre Le Soldat désaccordé, de Gilles Marchand, un des succès de 2023. "On s'est rendu compte que ce qui avait marqué les gens, ce n'était pas la vision inédite de la Première Guerre mondiale, mais la force de l'histoire d'amour entre les deux personnages."

Babelio fait ainsi office de thermomètre d'une profession d'éditeur devenue frileuse sur les tirages des ouvrages. Guillaume Teisseire se revoit prévenir Gallimard qu'il se passe quelque chose autour du bien nommé L'Anomalie, d'Hervé Le Tellier. "Ce n'était pas du tout un enjeu éditorial pour eux au départ. On a vu très vite le livre décoller, avant que ça se traduise dans les relevés de ventes. Peut-on dire pour autant qu'on a contribué au succès ? Je ne sais pas." Mais éviter au futur prix Goncourt 2020, initialement tiré à 12 500 exemplaires, de tomber en rupture, assurément. "Je ne m'y attendais pas", reconnaissait Hervé Le Tellier en 2021 sur franceinfo. "J'avais quand même composé un livre avec l'idée que je jouais avec les codes du best-seller. Mais je jouais avec."

"On n'est pas dépendant d'un algorithme"

"Ecrire un bon livre ne suffit plus pour que ce soit un succès", constate Arthur de Saint-Vincent. "Le triangle des Bermudes de l'édition, c'est de cumuler la communauté de Babelio, des lecteurs aguerris et prosélytes, briser le plafond de verre des lecteurs occasionnels via les réseaux sociaux, et le bonus, c'est d'atteindre les gens via une campagne marketing." Pour lui, il faut toucher un lecteur sur trois ou quatre supports différents avant qu'il ne passe à la caisse. Là où les campagnes avec les influenceurs littéraires culminent lors de la sortie du format broché, l'influence de Babelio s'inscrit dans le long terme, y compris au moment des sorties en format poche.

"On n'est pas dépendant d'un algorithme qui met un temps en avant les contenus liés au livre avant de changer de stratégie", appuie Guillaume Teisseire, qui fait référence à TikTok, partenaire du Festival du livre de Paris en 2024 avant de se recentrer sur le Tournoi des six nations. "Quand un livre sort en poche, on voit que ça s'emballe de nouveau sur Babelio", confirme David Meulemans. En fantasy, genre prisé de la communauté Babelio, le cycle de La Tour de garde s'est ainsi écoulé à 100 000 exemplaires en poche, le double du grand format, assure-t-il.

Une voix au chapitre qui n'est pas gratuite

Les salariés du site ne vivant pas d'amour et de lectures fraîches, Babelio tire ses revenus de la publicité, sous toutes ses formes. "Même pour le nouveau Pierre Lemaitre, l'éditeur viendra faire un affichage chez nous, c'est pour rappeler aux lecteurs la date de sortie. C'est l'équivalent d'une campagne de pub sur RTL", estime Guillaume Teisseire. Les données collectées sur les lecteurs permettent aussi aux plus petits éditeurs de s'adresser à la cible de leurs ouvrages. Autre levier puissant, les articles thématiques en une de Babelio, recommandant des listes d'ouvrages. "C'est très qualitatif", reconnaît Arthur de Saint-Vincent, de Hugo Publishing. Mais pas gratuit. "De temps à autre, Babelio nous propose de participer à sa sélection thématique mensuelle, mais nous déclinons systématiquement", regrette Erwann Perchoc, des éditions Le Bélial', spécialisées dans l'imaginaire. "Les tarifs sont trop élevés à notre goût."

La rançon du statut de "premier apporteur d'affaires via les liens marchands" sur le site de la Fnac (en plus d'autres partenariats avec Amazon ou Place des Libraires) et de celui de première plateforme littéraire, assez loin devant ses concurrents Booknode ou Gleeph. Des renvois vers des sites d'e-commerce qui pèsent cependant moins que les librairies indépendantes, où 51% des babelionautes assurent acheter leur dose de lecture, selon une étude menée sur le public du site en 2019(Nouvelle fenêtre). "Babelio, ça marche, parce que tout le monde, lecteurs, éditeurs, auteurs, y trouve son compte", conclut Etienne Candel.

John BOYNE : Les éléments

Par Le 09/01/2026

Je lis une cinquantaine de romans par an.

Celui-ci est remarquable.

Un choc littéraire, autant pour l'histoire que pour l'écriture.

Le genre de romans que tout écrivain rêve d'être capable d'écrire.

Le premier commentaire publié sur Babelio contient tout ce que je pourrais en dire.

Difficile de commencer une autre lecture après ce roman.

Difficile même pour moi de me sentir légitime de continuer à écrire tant le sommet de ce livre semble inatteignable.

Les Eléments par Boyne

Fnac - Roman - 2025

Femina - Etranger - 2025


Ajouter à mes livres

4,44★

1,2K notes

EAN : 9782709674300
512 pages

J.-C. Lattès (20/08/2025)
 
Existe en édition audio

Résumé :

D'une mère en fuite sur une île à un jeune garçon prodige des terrains de football, en passant par une chirurgienne des grands brûlés hantée par des traumatismes et enfin, un père qui monte dans un avion pour un voyage initiatique avec son fils, John Boyne crée un kaléidoscope de quatre récits entrelacés pour former une fresque magistrale.
Grâce à une prose envoûtante, John Boyne sonde les éléments et les êtres avec une empathie extraordinaire et une honnêteté implacable, nous mettant sans cesse au défi de confronter nos propres définitions de la culpabilité et de l'innocence.

Kirzy

Kirzy

23 septembre 2025

°°° Rentrée littéraire 2025 #16 °°°

J'ai eu le privilège de faire partie des 400 jurés lecteurs du Prix du roman FNAC 2025 et suis totalement en phase avec le tout frais lauréat (surprise aussi car je pensais, bêtement, qu'un roman aussi sombre aux sujets aussi lourds pourrait rebuter ...). C'est sans doute un des romans les plus impressionnants de cette rentrée littéraire, composant une fresque magistrale autour de l'abus sexuel de mineurs. Il sonde ainsi les êtres avec une puissante empathie et une honnêteté implacable, nous mettant sans cesse au défi de confronter nos propres définitions de la culpabilité et de la rédemption.

Eau. On fait d'abord la connaissance de Vanessa, quinquagénaire qui vient s'installer dans une île irlandaise loin de tout, animée d'un impérieux besoin de savoir s'il y a quelque chose à sauver du désastre qu'elle a fuit et si elle mérite la paix.
Terre. Evan lui a fuit la masculinité toxique de son père qui refuse qu'il devienne peintre car c'est pour les « pédés ». Il abandonné son rêve et est devenu footballeur à succès, comme le voulait justement son père. Il doit affronter un procès dans lequel il est inculpé.
Feu. Freya est une chirurgienne réputée, spécialisée dans les grands brûlés. Mais derrière cette façade sociale confortable, elle est en proie à des démons dont elle cherche à en éteindre les flammes s'il n'est pas trop tard.
Air. Aaron, psychologue des enfants, et son fils de quatorze, s'envolent d'Australie pour l'Irlande dans un voyage initiatique qui sera peut-être l'occasion pour le père de faire la paix avec un traumatisme qui a détruit sa vie intérieure et l'empêche d'être libre.

« Une partie de moi a envie de se coucher dans l'herbe et de laisser la tempête faire son oeuvre. Combien de temps survivrais-je ? Une heure, peut-être ? Un peu plus ?
Les éléments – l'eau, la terre, le feu, l'air – sont nos plus grands amis, ceux qui nous animent. Ils nous nourrissent, nous réchauffent, nous donne la vie, et pourtant, ils conspirent pour nous tuer à chaque tournant. Je n'ai pas besoin de leur permission pour qu'ils m'emportent. Si je pouvais simplement taper des mains et m'endormir d'un profond sommeil ici, pour ne jamais me réveiller, je taperais des mains. Encore et encore et encore, jusqu'à avoir quitté ce monde pour renaître ou être oubliée – selon ce que décidera l'univers. » (Freya)

Eau, Terre, Feu, Air. Quatre éléments, composants de base de la matière, autant de métaphores qui accompagnent le « je » de chacun des personnages afin de forer au plus profond de leur âme. Initialement, ces quatre récits ont été publiés au Royaume-Uni sous forme de nouvelles séparées. C'est vrai qu'on peut les lire indépendamment, mais réunis ensemble, ils impressionnent par leur cohésion narrative et les résonances émotionnelles qui se déploient.

Le passage de l'un à l'autre peut sembler brutal mais très subtilement, des fils rouges souterrains apparaissent, des échos souvent inattendus qui tournent autour de thématiques douloureuses (inceste, pédophilie, viol, innocence perdue, enfance saccagée) auxquelles on n'a pas envie de se confronter. Victime, bourreau, complice, chacun est amené à se confronter à sa conscience afin de faire des choix fermes et forts qui leur permettraient de casser le cycle de la violence.


John Boyne crée immédiatement une intimité naturelle avec eux, ce qui rend d'autant plus marquantes et dérangeantes les révélations sur leur passé, dévoilées par des flash-backs intelligemment distillés qui font naître un réel suspense tant on devine les flux terriblement intenses qui les agitent inétrieurement. On entend leur voix, on est hanté par ce qu'ils nous disent, terrifié parfois, ému toujours.

Et derrière les émotions, omniprésentes, c'est toute une réflexion qui est initiée autour de la culpabilité et du pardon. Que feriez-vous face à l'impensable ? Sans donner de réponses faciles ni de solutions toutes faites, sans imposer une doxa limitante, sans surtraduire les agissements de ces personnages écorchés,
John Boyne laisse vivre les débats, n'écrase pas les questionnements, faisant confiance au lecteur pour ressentir ce qui n'est pas dit et se positionner.

Le roman est très sombre. Et pourtant, on ne le referme pas désespéré car il laisse entrevoir des lueurs d'espoir et de grâce avec une possible rédemption, quelle que soit sa forme, pour ces personnages à l'humanité imparfaite. le dernier récit, Air, le plus introspectif, avec son alchimie littéraire à relier tous les arcs narratifs précédents, apporte une conclusion sublime qui résonne longtemps. Ce roman est exceptionnel.

Commenter  J’apprécie