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Une mosaïque d'effondrements

Par Le 05/11/2017

« Nous sommes en train de vivre une mosaïque d’effondrements » : la fin annoncée de la civilisation industrielle

 

PAR IVAN DU ROY

Sur les neuf frontières vitales au fonctionnement du « système Terre », au moins quatre ont déjà été transgressées par nos sociétés industrielles, avec le réchauffement climatique, le déclin de la biodiversité ou le rythme insoutenable de la déforestation. Transgresser ces frontières, c’est prendre le risque que notre environnement et nos sociétés réagissent « de manière abrupte et imprévisible », préviennent Pablo Servigne et Raphaël Stevens, dans leur livre « Comment tout peut s’effondrer ». Rappelant l’ensemble des données et des alertes scientifiques toujours plus alarmantes, les deux auteurs appellent à sortir du déni. « Être catastrophiste, ce n’est ni être pessimiste, ni optimiste, c’est être lucide ». Entretien.

Basta ! : Un livre sur l’effondrement, ce n’est pas un peu trop catastrophiste ?

Pablo Servigne et Raphaël Stevens : [1] La naissance du livre est l’aboutissement de quatre années de recherche. Nous avons fusionné des centaines d’articles et d’ouvrages scientifiques : des livres sur les crises financières, sur l’écocide, des ouvrages d’archéologie sur la fin des civilisations antiques, des rapports sur le climat… Tout en étant le plus rigoureux possible. Mais nous ressentions une forme de frustration : quand un livre aborde le pic pétrolier (le déclin progressif des réserves de pétrole puis de gaz), il n’évoque pas la biodiversité ; quand un ouvrage traite de l’extinction des espèces, il ne parle pas de la fragilité du système financier… Il manquait une approche interdisciplinaire. C’est l’objectif du livre.

Au fil des mois, nous avons été traversés par de grandes émotions, ce que les anglo-saxons appellent le « Oh my god point » (« Oh la vache ! » ou « Oh mon dieu ! »). On reçoit une information tellement énorme que c’en est bouleversant. Nous avons passé plusieurs « Oh my god points », comme découvrir que notre nourriture dépend entièrement du pétrole, que les conséquences d’un réchauffement au-delà des 2°C sont terrifiantes, que les systèmes hautement complexes, comme le climat ou l’économie, réagissent de manière abrupte et imprévisible lorsque des seuils sont dépassés. Si bien que, à force de lire toutes ces données, nous sommes devenus catastrophistes. Pas dans le sens où l’on se dit que tout est foutu, où l’on sombre dans un pessimisme irrévocable. Plutôt dans le sens où l’on accepte que des catastrophes puissent survenir : elles se profilent, nous devons les regarder avec courage, les yeux grand ouverts. Être catastrophiste, ce n’est ni être pessimiste, ni optimiste, c’est être lucide.

Pic pétrolier, extinction des espèces, réchauffement climatique… Quelles sont les frontières de notre civilisation « thermo-industrielle » ?

Nous avons distingué les frontières et les limites. Les limites sont physiques et ne peuvent pas être dépassées. Les frontières peuvent être franchies, à nos risques et périls. La métaphore de la voiture, que nous utilisons dans le livre, permet de bien les appréhender. Notre voiture, c’est la civilisation thermo-industrielle actuelle. Elle accélère de manière exponentielle, à l’infini, c’est la croissance. Or, elle est limitée par la taille de son réservoir d’essence : le pic pétrolier, celui des métaux et des ressources en général, le « pic de tout » (Peak Everything) pour reprendre l’expression du journaliste états-unien Richard Heinberg. A un moment, il n’y a plus suffisamment d’énergies pour continuer. Et ce moment, c’est aujourd’hui. On roule sur la réserve. On ne peut pas aller au-delà.

Ensuite, il y a les frontières. La voiture roule dans un monde réel qui dépend du climat, de la biodiversité, des écosystèmes, des grands cycles géochimiques. Ce système terre comporte la particularité d’être un système complexe. Les systèmes complexes réagissent de manière imprévisible si certains seuils sont franchis. Neuf frontières vitales à la planète ont été identifiées : le climat, la biodiversité, l’affectation des terres, l’acidification des océans, la consommation d’eau douce, la pollution chimique, l’ozone stratosphérique, le cycle de l’azote et du phosphore et la charge en aérosols de l’atmosphère.

Sur ces neuf seuils, quatre ont déjà été dépassés, avec le réchauffement climatique, le déclin de la biodiversité, la déforestation et les perturbations du cycle de l’azote et du phosphore. L’Europe a par exemple perdu la moitié de ses populations d’oiseaux en trente ans (lire ici). La biodiversité marine est en train de s’effondrer et les premières « dead zones » (zones mortes) apparaissent en mer. Ce sont des zones où il n’y a carrément plus de vie, plus assez d’interactions du fait de très fortes pollutions (voir ici). Sur terre, le rythme de la déforestation demeure insoutenable [2]. Or, quand nous franchissons une frontière, nous augmentons le risque de franchissement des autres seuils. Pour revenir à notre métaphore de la voiture, cela correspond à une sortie de route : nous avons transgressé les frontières. Non seulement nous continuons d’accélérer, mais en plus nous avons quitté l’asphalte pour une piste chaotique, dans le brouillard. Nous risquons le crash.

Quels sont les obstacles à la prise de conscience ?

Il y a d’abord le déni, individuel et collectif. Dans la population, il y a ceux qui ne savent pas : ceux qui ne peuvent pas savoir par absence d’accès à l’information et ceux qui ne veulent rien savoir. Il y a ceux qui savent, et ils sont nombreux, mais qui n’y croient pas. Comme la plupart des décideurs qui connaissent les données et les rapports du GIEC, mais n’y croient pas vraiment. Enfin, il y a ceux qui savent et qui croient. Parmi eux, on constate un éventail de réactions : ceux qui disent « à quoi bon », ceux qui pensent que « tout va péter »…

L’alerte sur les limites de la croissance a pourtant été lancée il y a plus de 40 ans, avec le rapport du physicien américain Dennis Meadows pour le Club de Rome (1972). Comment expliquer cet aveuglement durable des « décideurs » ?

Quand un fait se produit et contredit notre représentation du monde, nous préférons déformer ces faits pour les faire entrer dans nos mythes plutôt que de les changer. Notre société repose sur les mythes de la compétition, du progrès, de la croissance infinie. Cela a fondé notre culture occidentale et libérale. Dès qu’un fait ne correspond pas à ce futur, on préfère le déformer ou carrément le nier, comme le font les climatosceptiques ou les lobbies qui sèment le doute en contredisant les arguments scientifiques.

Ensuite, la structure de nos connexions neuronales ne nous permet pas d’envisager facilement des évènements de si grande ampleur. Trois millions d’années d’évolution nous ont forgé une puissance cognitive qui nous empêche d’appréhender une catastrophe qui se déroule sur le long terme. C’est l’image de l’araignée : la vue d’une mygale dans un bocal provoque davantage d’adrénaline que la lecture d’un rapport du GIEC ! Alors que la mygale enfermée est inoffensive et que le réchauffement climatique causera potentiellement des millions de morts. Notre cerveau n’est pas adapté à faire face à un problème gigantesque posé sur le temps long. D’autant que le problème est complexe : notre société va droit dans le mur, entend-on. Ce n’est pas un mur. Ce n’est qu’après avoir dépassé un seuil – en matière de réchauffement, de pollution, de chute de la biodiversité – que l’on s’aperçoit que nous l’avons franchi.

Ne pouvons-nous pas freiner et reprendre le contrôle de la voiture, de notre civilisation ?

Notre volant est bloqué. C’est le verrouillage socio-technique : quand une invention technique apparaît – le pétrole et ses dérivés par exemple –, elle envahit la société, la verrouille économiquement, culturellement et juridiquement, et empêche d’autres innovations plus performantes d’émerger. Notre société reste bloquée sur des choix technologiques de plus en plus inefficaces. Et nous appuyons à fond sur l’accélérateur car on ne peut se permettre d’abandonner la croissance, sauf à prendre le risque d’un effondrement économique et social. L’habitacle de notre voiture est aussi de plus en plus fragile, à cause de l’interconnexion toujours plus grande des chaînes d’approvisionnement, de la finance, des infrastructures de transport ou de communication, comme Internet. Un nouveau type de risque est apparu, le risque systémique global. Un effondrement global qui ne sera pas seulement un simple accident de la route. Quelle que soit la manière dont on aborde le problème, nous sommes coincés.

Les manières dont l’effondrement pourraient se produire et ce qui restera de la civilisation post-industrielle est abondamment représentée au cinéma – de Interstellar à Mad Max en passant par Elysium – ou dans des séries comme Walking Dead. Cet imaginaire est-il en décalage avec votre vision du « jour d’après » ?

Parler d’effondrement, c’est prendre le risque que notre interlocuteur s’imagine immédiatement Mel Gibson avec un fusil à canon scié dans le désert. Parce qu’il n’y a que ce type d’images qui nous vient. Nos intuitions ne mènent cependant pas à un monde version Mad Max, mais à des images ou des récits que nous ne retrouvons que trop rarement dans les romans ou le cinéma. Ecotopia, par exemple, est un excellent roman utopiste d’Ernest Callenbach. Publié aux États-Unis en 1975, il a beaucoup inspiré le mouvement écologiste anglo-saxon, mais n’est malheureusement pas traduit en français. Nous ne pensons pas non plus que ce sera un avenir à la Star Trek : nous n’avons plus suffisamment d’énergies pour voyager vers d’autres planètes et coloniser l’univers. Il est trop tard.

Il y a une lacune dans notre imaginaire du « jour d’après ». L’URSS s’est effondrée économiquement. La situation de la Russie d’aujourd’hui n’est pas terrible, mais ce n’est pas Mad Max. A Cuba, le recours à l’agroécologie a permis de limiter les dégâts. Mad Max a cette spécificité d’aborder un effondrement à travers le rôle de l’énergie, et de considérer qu’il restera encore assez de pétrole disponible pour se faire la guerre les uns contre les autres. Les scientifiques s’attendent bien à des évènements catastrophistes de ce type. Dans la littérature scientifique, l’apparition de famines, d’épidémies et de guerres est abordée, notamment à travers la question climatique. L’émigration en masse est déjà là. Il ne s’agit pas d’avoir une vision naïve de l’avenir, nous devons rester réalistes, mais il y a d’autres scénarios possibles. A nous de changer notre imaginaire.

Existe-t-il, comme pour les séismes, une échelle de Richter de l’effondrement ?

Nous nous sommes intéressés à ce que nous apprennent l’archéologie et l’histoire des civilisations anciennes. Des effondrements se sont produits par le passé, avec l’Empire maya, l’Empire romain ou la Russie soviétique. Ils sont de différentes natures et de degrés divers. L’échelle réalisée par un ingénieur russo-américain, Dmitry Orlov, définit cinq stades de l’effondrement : l’effondrement financier – on a eu un léger aperçu de ce que cela pourrait provoquer en 2008 –, l’effondrement économique, politique, social et culturel, auxquels on peut ajouter un sixième stade, l’effondrement écologique, qui empêchera une civilisation de redémarrer. L’URSS s’est, par exemple, arrêtée au stade 3 : un effondrement politique qui ne les a pas empêchés de remonter la pente. Les Mayas et les Romains sont allés plus loin, jusqu’à un effondrement social. Cela a évolué vers l’émergence de nouvelles civilisations, telle l’entrée de l’Europe dans le Moyen Âge.

Quels sont les signes qu’un pays ou une civilisation est menacé d’effondrement ?

Il y a une constante historique : les indicateurs clairs de l’effondrement se manifestent en premier lieu dans la finance. Une civilisation passe systématiquement par une phase de croissance, puis une longue phase de stagnation avant le déclin. Cette phase de stagnation se manifeste par des périodes de stagflation et de déflation. Mêmes les Romains ont dévalué leur monnaie : leurs pièces contenaient beaucoup moins d’argent métal au fil du temps. Selon Dmitry Orlov, nous ne pouvons plus, aujourd’hui, éviter un effondrement politique, de stade 3. Prenez le sud de l’Europe : l’effondrement financier qui a commencé est en train de muter en effondrement économique, et peu à peu en perte de légitimité politique. La Grèce est en train d’atteindre ce stade.

Autre exemple : la Syrie s’est effondrée au-delà de l’effondrement politique. Elle entame à notre avis un effondrement social de stade 4, avec des guerres et des morts en masse. Dans ce cas, on se rapproche de Mad Max. Quand on regarde aujourd’hui une image satellite nocturne de la Syrie, l’intensité lumineuse a diminué de 80% comparé à il y a quatre ans. Les causes de l’effondrement syrien sont bien évidemment multiples, à la fois géopolitiques, religieuses, économiques… En amont il y a aussi la crise climatique. Avant le conflit, des années successives de sécheresse ont provoqué des mauvaises récoltes et le déplacement d’un million de personnes, qui se sont ajoutées aux réfugiés irakiens, et ont renforcé l’instabilité.

Même simplifiée, cette classification des stades nous permet de comprendre que ce que nous sommes en train de vivre n’est pas un événement homogène et brutal. Ce n’est pas l’apocalypse. C’est une mosaïque d’effondrements, plus ou moins profonds selon les systèmes politiques, les régions, les saisons, les années. Ce qui est injuste, c’est que les pays qui ont le moins contribué au réchauffement climatique, les plus pauvres, sont déjà en voie d’effondrement, notamment à cause de la désertification. Paradoxalement, les pays des zones tempérées, qui ont le plus contribué à la pollution, s’en sortiront peut-être mieux.

Cela nous amène à la question des inégalités. « Les inégalités dans les pays de l’OCDE n’ont jamais été aussi élevées depuis que nous les mesurons », a déclaré, le 21 mai à Paris, le secrétaire général de l’OCDE. Quel rôle jouent les inégalités dans l’effondrement ?

Les inégalités sont un facteur d’effondrement. Nous abordons la question avec un modèle nommé « Handy », financé par la Nasa. Il décrit les différentes interactions entre une société et son environnement. Ce modèle montre que lorsque les sociétés sont inégalitaires, elles s’effondrent plus vite et de manière plus certaine que les sociétés égalitaires. La consommation ostentatoire tend à augmenter quand les inégalités économiques sont fortes, comme le démontrent les travaux du sociologue Thorstein Veblen. Cela entraîne la société dans une spirale consommatrice qui, au final, provoque l’effondrement par épuisement des ressources. Le modèle montre également que les classes riches peuvent détruire la classe des travailleurs – le potentiel humain –, en les exploitant de plus en plus. Cela fait étrangement écho aux politiques d’austérité mises en place actuellement, qui diminuent la capacité des plus pauvres à survivre. Avec l’accumulation de richesses, la caste des élites ne subit l’effondrement qu’après les plus pauvres, ce qui les rend aveugles et les maintient dans le déni. Deux épidémiologistes britanniques, Richard Wilkinson et Kate Pickett [3], montrent aussi que le niveau des inégalités a des conséquences très toxiques sur la santé des individus.

Le mouvement de la transition, très branché sur les alternatives écologiques, s’attaque-t-il suffisamment aux inégalités ?

Le mouvement de la transition touche davantage les classes aisées, les milieux éduqués et bien informés. Les classes précaires sont moins actives dans ce mouvement, c’est un fait. Dans le mouvement de la transition, tel qu’il se manifeste en France avec Alternatiba ou les objecteurs de croissance, la question sociale est présente, mais n’est pas abordée frontalement. Ce n’est pas un étendard. La posture du mouvement de la transition, c’est d’être inclusif : nous sommes tous dans le même bateau, nous sommes tous concernés. C’est vrai que cela peut gêner les militants politisés qui ont l’habitude des luttes sociales. Mais cela permet aussi à beaucoup de gens qui sont désabusés ou peu politisés de se mettre en mouvement, d’agir et de ne plus se sentir impuissant.

Le mouvement de la transition est venu du Royaume-Uni où, historiquement, le recours à l’État providence est moins fort. « N’attendons pas les gouvernements, passons à l’action », est leur leitmotiv. Il s’agit de retrouver des leviers d’action là où une puissance d’agir peut s’exercer, sans les politiques ni l’État : une rue, un quartier, un village. Le rôle des animateurs du mouvement est de mettre chacun, individu ou collectif, en relation.

Le mouvement de la transition semble être configuré par les espaces où un citoyen peut encore exercer sa puissance d’agir : la sphère privée, sa manière de se loger ou de consommer, son quartier... Le monde du travail, où cette puissance d’agir est actuellement très limitée, voire empêchée, mais qui demeure le quotidien de millions de salariés, en est-il de fait exclu ?

Pas forcément. C’est ce qu’on appelle la « REconomy » : bâtir une économie qui soit compatible avec la biosphère, prête à fournir des services et fabriquer des produits indispensables à nos besoins quotidiens. Cela ne se fait pas seulement sur son temps libre. Ce sont les coopératives ou l’entrepreneuriat tournés vers une activité sans pétrole, évoluant avec un climat déstabilisé. Ce sont aussi les monnaies locales. Tout cela représente aujourd’hui des millions de personnes dans le monde [4]. Ce n’est pas rien.

La transition, c’est l’histoire d’un grand débranchement. Ceux qui bossent dans et pour le système, qui est en voie d’effondrement, doivent savoir que cela va s’arrêter. On ne peut pas le dire autrement ! Il faut se débrancher, couper les fils progressivement, retrouver un peu d’autonomie et une puissance d’agir. Manger, s’habiller, se loger et se transporter sans le système industriel actuel, cela ne va pas se faire tout seul. La transition, c’est un retour au collectif pour retrouver un peu d’autonomie. Personnellement, nous ne savons pas comment survivre sans aller au supermarché ou utiliser une voiture. Nous ne l’apprendrons que dans un cadre collectif. Ceux qui demeureront trop dépendants vont connaître de grosses difficultés.

Ce n’est pas un peu brutal comme discours, surtout pour ceux qui n’ont pas forcément la capacité ou la marge de manœuvre d’anticiper l’effondrement ?

La tristesse, la colère, l’anxiété, l’impuissance, la honte, la culpabilité : nous avons successivement ressenti toutes ces émotions pendant nos recherches. Nous les voyons s’exprimer de manière plus ou moins forte au sein du public que nous côtoyons. C’est en accueillant ces émotions, et non en les refoulant, que nous pouvons faire le deuil du système industriel qui nous nourrit et aller de l’avant. Sans un constat lucide et catastrophiste d’un côté, et des pistes pour aller vers la transition de l’autre, on ne peut se mettre en mouvement. Si tu n’es que catastrophiste, tu ne fais rien. Si tu n’es que positif, tu ne peux pas te rendre compte du choc à venir, et donc entrer en transition.

Comment, dans ce contexte, faire en sorte que l’entraide et les dynamiques collectives prévalent ?

Le sentiment d’injustice face à l’effondrement peut être très toxique. En Grèce, qui est en train de s’effondrer financièrement, économiquement et politiquement, la population vit cela comme une énorme injustice et répond par la colère ou le ressentiment. C’est totalement légitime. La colère peut être dirigée, avec raison, contre les élites, comme l’a montré la victoire de Syriza. Mais elle risque aussi de prendre pour cible des boucs émissaires. On l’a vu avec le parti d’extrême droite Aube dorée qui s’en prend aux étrangers et aux immigrés. Traiter en amont la question des inégalités permettrait de désamorcer de futures catastrophes politiques. C’est pour cela que les syndicats et les acteurs des luttes sociales ont toute leur place dans le mouvement de la transition.

Recueilli par Ivan du Roy

En une : déchets et pollution sur une plage de Malaisie / CC epSos .de
Photo de Pablo Servigne : © Marie Astier / 
Reporterre
Photo de Raphaël Stevens : © Jérôme Panconi


- A lire : Comment tout peut s’effondrer ; petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes, Pablo Servigne, Raphaël Stevens, Ed du Seuil (collection anthropocène), avril 2015, 304 p. 19€.

- Face aux risques d’effondrement, découvrez notre carte des alternatives en France ainsi que notre rubrique Inventer.


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Armes blanches

Par Le 05/11/2017

Je me déplace habituellement, selon les lieux où je vais, avec un poignard, un bon gros poignard "bushcraft".

L'intention est de pouvoir me défendre tout autant que de pouvoir intervenir en cas de situations critiques. 

J'aurais aimé que la joggeuse assassinée s'en soit munie et qu'elle parvienne à planter son agresseur.

J'ai décidé d'en porter un sur moi le jour de l'attentat de Nice après avoir lu le témoignage de l'homme qui avait eu le courage de s'accrocher à la cabine du camion et qui était donc à portée du tueur. Il n'avait eu que ses poings pour tenter d'arrêter le massacre... S'il avait eu un poignard, que se serait-il passé pour lui s'il avait "neutralisé" le terroriste ? On peut se poser la question quand on lit ceci...La législation française est une absurdité totale.

Mais je ne laisserai pas pour autant mon poignard à la maison et je n'hésiterai pas à m'en servir si nécessaire. Et si je suis contrôlé par les forces de l'ordre, je sais ce que je leur dirai. Puisque dans ce pays, il est possible de croiser la route de fous furieux, je considère que je suis en droit de me défendre et de défendre mes proches, tout autant que n'importe qui d'autre. Je me fiche de savoir qu'on viendra poser des fleurs sur ma tombe si je me fais descendre ou que ma femme touchera une indemnité proportionnelle à la "valeur" que l'Etat accordera à ma vie.

Ce qui m'importe, c'est de rester en vie.

Je ne suis pas responsable du fait que des esprits malades, fanatiques ou autres, circulent en liberté. Je suis par contre responsable de mon existence. 


Opinel : procédure contre un journaliste...

 

Un journaliste s’insurge contre la bétise de la règlementation des armes

mardi 13 septembre 2011

Tous les collectionneurs se souviennent avec "bonheur", et constatent chaque jour les positions prises par les médias, dont la presse écrite, à l’encontre des chasseurs tireurs et collectionneurs, enfin globalement à tout ce qui possède ou utilise légalement une arme quelconque blanche ou à feu...

Et bien dans Ouest France Nantes du 21 janvier 2008, un miracle vient de se produire !
Rien de bien étonnant en ce 150 ième anniversaire des apparitions à Lourdes vous diront les plus croyants, d’autres en riant, vous diront "encore un qui tombe du placard"arroseur arrosé, découvrant à ses dépends l’ineptie d’une législation appelée de tous les voeux, plébiscitée, soutenue par la plupart de la corporation avec pour certains l’utilisation de témoignages fumeux, de reportages staliniens bidonnés comme Cavada dans la marche du siècle de sinistre mémoire...

Mais venons en aux fait.

L’affaire concerne Gireg Aubert journaliste pigiste de 29 ans qui le 23 octobre a rendez vous à la cité judiciaire du Mans à l’invitation d’un substitut du procureur de la République pour la rédaction d’un article. Malheureusement il avait oublié dans sa poche le couteau qu’il avait utilisé quelques jours avant pour cueillir des champignons.
Avant de passer le portillon celui-ci remet au vigile un Opinel ( publicité gratuite) au vigile responsable de l’accès.

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Un opinel n’est pas une arme
Mais le juge l’a qualifié ainsi en raison d’un "trouble de l’ordre public"

A la sortie celui-ci ne récupère pas son bien mais est invité à remplir une fiche. Le vigile conserve le couteau et avise notre ami qu’il aura prochainement des comptes à rendre à la justice...

Un courrier est envoyé au procureur...



- De retour le 28 décembre chez lui notre pigiste découvre dans sa boite aux lettres une convocation pour le 11/12/2007 pour cette affaire. 
- Le 02/01/08 un officier de police judiciaire se présente à son domicile et remet une nouvelle convocation à sa compagne où il pose des questions sur un ton inquisiteur, nom métier etc... 
- Le 08/01/08 au commissariat où je me rends l’OPJ après avoir repris mon état civil intégral, carte d’identité, permis de conduire carte vitale me signifie que l’affaire n’ira pas plus loin qu’un simple rappel à la loi. Il constate que le vigile dans son rapport à déclaré que le journaliste avait passé le portillon avec le couteau...

Au final

Confiscation du couteau motivée "par arme de [6ème catégorie] de nature à jeter le trouble à l’ordre public", car la loi peut faire d’une fourchette une arme de 6ème catégorie si tel est le "désir du prince..."

 

Mais également inscription de son nom au système de traitement des infractions constatées, au cas d’une nouvelle infraction dans les cinq ans possibilité de poursuite pour ce port d’arme illicite...
Article signé de Igor Bonnet...

Scandaleux !

Un journaliste a subi ce qu’un collectionneur vit tous les jours en partie grâce à sa profession ! Grâce à l’image de marque à l’étiquette qu’il a permis de nous mettre sur le dos, celle d’un délinquant ! Les larmes me montent aux yeux !
Il y a des jours où il fait bon vivre ou la justice aveugle (disent certains) frappe au bon endroit !
Pouvons nous espérer qu’à la lueur de cette expérience vécue par un des leurs la presse puisse enfin réfléchir sereinement sur l’ineptie de certaines lois répressives à l’encontre du monde des amateurs et détenteurs légaux d’armes quelques quelles soient ?


[6ème catégorie] Extrait du décret du 6 mai 1995 :

- § 1 : Tous objets susceptibles de constituer une arme dangereuse pour la sécurité publique, et notamment les baïonnettes, sabres-baïonnettes, poignards, couteaux-poignards, matraques, casse-têtes, cannes à épées, cannes plombées et ferrées, sauf celles qui ne sont ferrées qu’à un bout, arbalètes, fléaux japonais, étoiles de jet, coups de poing américains, lance-pierres de compétition, projecteurs hypodermiques.
- § 2 : Générateurs d’aérosols incapacitants ou lacrymogènes classés dans cette catégorie par arrêté conjoint des ministres de la défense et de l’intérieur et des ministres chargés de l’industrie et des douanes.
- Une distinction est donc faite entre les armes énumérées et celles qui ne le sont pas. Cette différenciation est importante pour le port, le transport et l’application de l’article 215 du code des douanes.
A ce jour l’arrêté prévu au § 2 n’étant pas paru, ce paragraphe n’est donc pas applicable.
Ce qui signifie qu’un opinel n’est pas arme de 6ème catégorie.

 

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Le brame du cerf

Par Le 05/11/2017

Un très beau documentaire visuel et sonore sur le brame du cerf dans les forêts de Belledonne.

 


Par monts et par mots

 

Lionel Tassan

Grimper, glisser, marcher ou tout simplement regarder. Tout (ou presque) ce que l'on peut faire ou voir en montagne (et parfois aussi ailleurs).

 

Brame du cerf 2017 (XXII) : un "petit" film

 

http://www.lta38.fr/2017/11/brame-du-cerf-2017-xxii-un-petit-film.html

Publié le 4 Novembre 2017

"Bon il ne s'agit pas de rivaliser avec les vidéastes animaliers et je rajouterais, loin de là. Mais pour la première fois, j'estime produire un document qui se regarde. Il est le fruit de dizaines d'heures de présence sur le terrain et derrière la machine.

Le matériel utilisé reste du matériel amateur : Canon EOS 6D / Canon EOS 100 D avec objectif Canon 300 f/4 L IS USM et parfois l'Extender Canon EF 1,4x sur trépied basique ; Panasonic Lumix GM5 + 12-32 f/3,5-5,6 (souvent à main levée par flemme, avec pseudo stabilisation numérique en post-prod) ; Piège Photo/vidéo Browning Extreme.

En espérant que vous prendrez autant de plaisir à le regarder que moi à le produire."

Brame du cerf 2017 (XXII) : un "petit" film

[Haut]

"La faim du tigre" de Barjavel

Par Le 05/11/2017

Je l'ai lu quand j'étais adolescent, après avoir dévoré "Ravage" , "La nuit des temps", "Le voyageur imprudent", "L'enchanteur", "Tarendol", "Le grand secret", "Colomb de la lune", "Le diable l'emporte".

J'adorais la force visuelle de son écriture.

Et puis, il y eut donc "La faim du tigre".

Un sacré choc. A n'en plus pouvoir m'endormir. Une phrase, puis une autre, et encore une autre, une question, une réflexion, un doute, une hypothèse et ma tête partait dans une exploration sans fin.

Dieu y prenait une place considérable. 

Le pourquoi du comment.

Le sens de tout ça. 

Quelques paquets d'années plus tard, j'ai voulu écrire "Là-Haut" pour poser mes propres traces dans la neige vierge de mes interrogations.

Je me suis souvenu d'un passage dernièrement et j'ai voulu le retrouver.

Toute l'agitation ciblée de mes neurones tient dans cet extrait.

Résultat de recherche d'images pour "la faim du tigre"

 

 

"Le comportement général du monde vivant fait penser à celui du légendaire catoblépas, dont l'appétit et la stupidité étaient si grandes qu'apercevant le bout de sa queue il s'en saisit, commença à la manger et continua jusqu'à ce qu'il se fut entièrement dévoré. Mais le monde vivant n'est pas stupide : il est contraint. Il ne peut subsister qu'en dévorant sa propre chair. 

Et il ne parvient jamais à la dernière bouchée : en se mangeant, il assure sa survie et son accroissement ; ses entrailles lacérées se renouvellent, sa chair déchirée repousse et pousse et réclame encore plus de nourriture à ses mâchoires qui grandissent et mordent davantage sa chair renaissante et toujours dévorée.

Et sans arrêt, chaque jour, à chaque instant, tandis qu'il fuit en rond dans l'absurde espoir d'échapper à lui-même, tandis qu'il s'égorge et renaît pour recommencer à se meurtrir, sans cesse augmente la somme monstrueuse, la somme inexpiable de sa souffrance et de sa peur.

On ne peut pas pardonner cela à Dieu.

Voilà de nouveau ce nom gênant. Chaque fois que nous le rencontrons, il provoque dans notre esprit un réflexe immédiat d'adoration ou de haine, d'humilité ou de ricanement ou de pseudo indifférence qui est peut-être l'attitude la plus négative et la plus inhibitrice de toute liberté de jugement. Ce réflexe, pour ou contre, bloque immédiatement tout le mouvement de la raison. Et la passion prend sa place. Sinon la passion, du moins le sentiment, ce qui ne vaut pas mieux.

Comment puis-je me permetre d'écrire ce nom, moi qui ne suis ni croyant, ni anti ? Seulement l'homme qui cherche à comprendre.

Les fidèles vont me vouer au bûcher ou me plaindre, les rationalistes m'accuser de punaiser clandestinement les sacristies.

Mais que puis-je écrire ?

L'Esprit ? Le Créateur ? L'être suprême ? L'Ordinateur ? Le Grand Architecte ? L'Incréé ? L'Un ? Le Tout ? Le Père ?

Mille noms, aucun n'est bon, chacun détermine, limite, donne une sorte de personnalité à ce qui ne saurait en avoir. Seul le mot Dieu est assez indéfini pour ne pas tordre la direction de notre quête vers une impasse particulière. Mais il faut faire l'effort d'oublier deux mille ans de propagande des églises et les himalayas de niaiseries qu'on a entassés sur le nom de la Vérité.

Il faut se nettoyer des fanatismes anticléricaux ou religieux et des habitudes d'esprit qui font refuser toute vélléité de recherche au-delà du bout du microscope ou du catéchisme.

Nul ne sait plus ce que signifie le nom de Dieu.

L'adorer ou le haïr est tellement infantile.

On ne hait pas, on n'adore pas un "je-ne-sais-quoi".

Ce que je sais, c'est que notre univers, considéré dans ce que nous pouvons connaître ou deviner de son ensemble ou de ses plus infimes détails, ne peut être confondu avec un produit informe et inorganisé du hasard, fût-il éternel.

C'est que son examen sans parti pris impose à notre logique la conclusion qu'il est le fruit d'une intelligence inventive et d'une volonté planificatrice. C'est que la soif me dévore de savoir ce qu'est cette intelligence, ce que veut cette volonté, ce qu'elle veut de nous, nous les vivants, nous les poissons avalés, les lièvres saignés, les rameaux coupés, les herbes tondues, nous la graine germante et le grain broyé.

Le Dieu-papa que nous proposent les religions leucémiques est une tentative aussi dérisoire et aussi cocasse d'apaiser notre soif de l'octroi d'une goutte de sirop à un déshydraté.

Il nous faut retrouver la source vive de la vérité et pour cela déblayer ou sonder l'himalaya dont on l'a recouverte.

C'est une tâche immense mais il n'y a pas de tâche plus urgente."

 

 

Le mensonge de "la croissance verte"

Par Le 04/11/2017

​Un remarquable travail sur la tromperie des énergies renouvelables. 

 

L’étrange logique derrière la quête d’énergies « renouvelables » (par Nicolas Casaux)

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Pour commen­cer, quelques ques­tions, trop rare­ment posées :

La destruc­tion en cours des diffé­rents biomes de la planète, leur conta­mi­na­tion par d’in­nom­brables substances et produits toxiques, et les pollu­tions massives des milieux natu­rels sont-elles les consé­quences de la produc­tion d’éner­gie ou de son utili­sa­tion (ou les deux) ? Et en quelles propor­tions ?

Autre­ment dit, la planète est-elle en train d’être détruite par les consé­quences directes de la produc­tion éner­gé­tique indus­trielle mondiale ou l’est-elle davan­tage par ses consé­quences indi­rectes ?

Le déver­se­ment annuel de millions de tonnes de plas­tique qui asphyxient les océans dépend-il du type d’éner­gie utili­sée par les usines et les zones indus­trielles ?

Les millions de tonnes de déchets toxiques annuel­le­ment géné­rées par les diffé­rentes indus­tries (cosmé­tique, élec­tro­nique, chimique, agri­cole, fores­tière, de la construc­tion navale, de la construc­tion auto­mo­bile, etc.) sont-elles les consé­quences de la manière dont est produite l’éner­gie qu’elles utilisent ?

La destruc­tion d’éco­sys­tèmes, leur pollu­tion, et l’ex­tir­pa­tion de millions de tonnes de ressources non-renou­ve­lables (métaux, mine­rais en tous genres) des entrailles de la planète par l’in­dus­trie des extrac­tions minières sont-elles liées à la manière dont est produite l’éner­gie qu’elle utilise ?

L’abat­tage des dernières forêts d’Afrique (et d’ailleurs) afin de four­nir du bois d’œuvre (ou l’abat­tage des forêts d’Amé­rique du Sud afin de déga­ger de l’es­pace pour l’éle­vage et d’autres acti­vi­tés indus­trielles) est-il lié à la manière dont est produite l’éner­gie utili­sée par les usines de trai­te­ment du bois ?

Le monde est-il en train d’être détruit par manque d’une produc­tion indus­trielle d’éner­gie « verte » ou « propre » ou « renou­ve­lable » ?

Inver­se­ment, si toute la produc­tion d’éner­gie indus­trielle était, ou plutôt, pouvait être, « verte » ou « propre » ou « renou­ve­lable », l’hu­ma­nité indus­trielle cesse­rait-elle de détruire, polluer, conta­mi­ner, et épui­ser la planète ?

En l’état des choses, les diffé­rentes indus­tries qui consti­tuent nos socié­tés indus­tria­li­sées surex­ploitent et épuisent déjà large­ment les ressources natu­relles (renou­ve­lables et non-renou­ve­lables) de la planète. Qu’en sera-t-il lorsque l’in­dus­tria­li­sa­tion (élec­tri­fi­ca­tion, moder­ni­sa­tion, urba­ni­sa­tion, etc.) de tous les pays dits en déve­lop­pe­ment sera ache­vée ? Lorsque tous les habi­tants de la planète consom­me­ront autant qu’un euro­péen ?

Étant donné que les pays du monde produisent actuel­le­ment envi­ron 50 millions de tonnes de déchets élec­tro­niques (ou e-déchets) par an, dont l’im­mense majo­rité (90%) ne sont pas recy­clées.

Étant donné qu’ils produisent égale­ment plus de 3,5 millions de tonnes de déchets solides par jour (d’après un rapport de la Banque mondiale).

Étant donné que cela suffit à parler de désastre.

Étant donné que c’est loin d’être le seul problème (et que c’est d’ailleurs un problème dont l’am­pleur va augmen­ter expo­nen­tiel­le­ment au cours des prochaines décen­nies, comme nous allons le voir).

Étant donné que les extrac­tions mondiales de ressources en métaux et mine­rais desti­nés aux diffé­rentes indus­tries s’élèvent actuel­le­ment à plus de 40 milliards de tonnes par an.

Étant donné qu’en 1970, d’après un rapport de l’ONU, la quan­tité totale des matières premières extraites à travers la planète par l’hu­ma­nité indus­trielle avoi­si­nait les 22 milliards de tonnes, et qu’en 2010, elle dépas­sait les 70 milliards de tonnes (et qu’il s’agit donc d’un triple­ment en 40 ans).

Étant donné qu’il nous faudra en extraire 180 milliards de tonnes en 2050 si nous conti­nuons à consom­mer comme nous consom­mons aujourd’­hui et si la course au « déve­lop­pe­ment » se pour­suit.

Étant donné que notre consom­ma­tion globale d’eau douce actuelle (imagi­nez donc ce qu’il en sera demain !), pour prendre un exemple, est elle aussi d’ores et déjà large­ment insou­te­nable(c’est-à-dire que nous consom­mons l’eau des nappes phréa­tiques et des aqui­fères plus rapi­de­ment qu’ils ne se remplissent, ainsi qu’un rapport de la NASA le souli­gnait en 2015 : 21 des 37 aqui­fères les plus impor­tants sont passés en-dessous du seuil de dura­bi­lité — ils perdent plus d’eau qu’ils n’en accu­mulent).

 

Étant donné qu’en raison de la course au « déve­lop­pe­ment » (élec­tri­fi­ca­tion, indus­tria­li­sa­tion, moder­ni­sa­tion, « progrès ») des conti­nents qui ne l’étaient pas encore entiè­re­ment (Afrique, Asie, Amérique du Sud, notam­ment), il est prévu que la produc­tion annuelle globale déjà fara­mi­neuse (50 millions de tonnes) de déchets élec­tro­niques (ou e-déchets) croisse de 500%, envi­ron, au cours des décen­nies à venir (en raison d’ex­plo­sions des ventes de télé­phones portables, d’or­di­na­teurs, de télé­vi­sions, de tablettes, etc.). Et étant donné qu’il est aussi prévu que la quan­tité totale des déchets solides produits chaque jour dans le monde triple d’ici 2100, pour atteindre plus de 11 millions de tonnes par jour.

Étant donné que la majo­rité des déchets élec­tro­niques des pays dits « déve­lop­pés » (ces 90% qui ne sont pas recy­clés, mais qui sont char­gés en métaux lourds et autres substances plus toxiques les unes que les autres) sont envoyés dans ces pays dits « en déve­lop­pe­ment », où ils s’en­tassent dans des « cime­tières élec­tro­niques » et autres « e-décharges », où ils polluent grave­ment les sols, l’air et les cours d’eaux (comme à Agbog­blo­shie au Ghana, ce que vous pouvez consta­ter dans le docu­men­taire ToxiCité, ci-après, ou comme à Guiyu en Chine, à Sher­shah au Pakis­tan, à Dhaka au Bangla­desh, et en Inde, et en Thaï­lande, et aux Philip­pines, et ailleurs), où ils détruisent la santé des humains qui travaillent à les trier (c’est-à-dire qui les brûlent n’im­porte où et n’im­porte comment, sans protec­tion, à l’air libre afin d’en sortir du cuivre et d’autres métaux qu’ils revendent ensuite pour une bouchée de pain), et la santé des animaux non-humains qui vivent sur place.

Étant donné que l’uti­li­sa­tion massive de ressources non-renou­ve­lables néces­saire à la fabri­ca­tion de ces produits high-tech est d’ores et déjà large­ment insou­te­nable et qu’elle le sera d’au­tant plus lorsque tous les habi­tants du monde consom­me­ront autant de produits high-tech que les habi­tants des pays riches, ce qui entrai­nera une multi­pli­ca­tion par 5 ou plus de la consom­ma­tion d’ap­pa­reils élec­tro­niques.

Étant donné que l’uti­li­sa­tion de ces produits élec­tro­niques est souvent nocive pour le « consom­ma­teur » (écrans qui abîment les yeux, qui altèrent les capa­ci­tés cogni­tives, qui nuisent au sommeil, télé­phones portables qui génèrent des cancers, des tumeurs, etc.) et qu’elle nuit bien plus aux rela­tions sociales qu’elle ne les enri­chit.

Étant donné que pour subve­nir à ces besoins crois­sants en mine­rais, métaux et autres « ressources natu­relles », la civi­li­sa­tion indus­trielle (l’en­semble de nos socié­tés indus­trielles) va conti­nuer à s’étendre (comme elle le fait depuis son avène­ment, par défi­ni­tion, puisque c’est ce qu’im­pliquent les concepts de « crois­sance » et de « déve­lop­pe­ment »).

Étant donné que cette expan­sion se fera comme toujours au détri­ment du monde natu­rel, des biomes, des derniers peuples tribaux et des espèces non-humaines de la planète.

Étant donné que l’ex­pan­sion de la civi­li­sa­tion indus­trielle se fait égale­ment au nom de ces tech­no­lo­gies soi-disant « vertes », comme au Groen­land, où des terres rares et autres mine­rais (comme l’ura­nium), récem­ment rendus acces­sibles (quelle chance !), grâce au réchauf­fe­ment clima­tique, vont être extraits du sous-sol afin de pour­voir aux besoins de « la nouvelle écono­mie verte mondiale ».

Étant donné, en effet, que toutes les tech­no­lo­gies de produc­tion d’élec­tri­cité dite « verte » ou « propre » ou « renou­ve­lable », les barrages, les éoliennes, les panneaux solaires, etc., requièrent égale­ment des extrac­tions minières massives de maté­riaux parfois haute­ment toxiques, et qu’elles impliquent donc égale­ment des déchets miniers en grande quan­tité :

L’in­dus­trie des panneaux solaires, pour prendre l’in­dus­trie perçue comme la plus « propre », requiert, entre autres, les maté­riaux suivants, listés en avril 2016 par le site Resource Inves­tor : l’ar­se­nic (semi-conduc­teur), l’alu­mi­nium, le bore (semi-conduc­teur), le cadmium (utilisé dans certains types de cellules photo­vol­taïques), le cuivre (câblage et certains types de cellules photo­vol­taïques), le gallium, l’in­dium (utilisé dans les cellules photo­vol­taïques), le mine­rai de fer (acier), le molyb­dène (utilisé dans les cellules photo­vol­taïques), le phos­phore, le sélé­nium, le sili­cium, l’argent, le tellure et le titane.

Étant donné que le déploie­ment des tech­no­lo­gies produc­trices d’éner­gie dite « verte » ou « propre » ou « renou­ve­lable » implique une forte crois­sance de ces extrac­tions minières ; pour prendre un seul exemple, souli­gné par Olivier Vidal (le direc­teur de recherches CNRS au labo­ra­toire de l’Ins­ti­tut des sciences de la terre de Grenoble dont les travaux ont fait l’objet d’un article dans la revue Nature Geos­cience), dans une inter­view parue sur le site de l’Uni­ver­sité Joseph-Fourier : « D’ici 2050, il faudra six ou sept fois la produc­tion mondiale d’acier actuelle pour les seuls secteurs des éner­gies renou­ve­lables ».

Étant donné qu‘il s’agit d’une évidence souli­gnée par la Banque mondiale, elle-même, dans un récent commu­niqué de presse (18 juillet 2017), inti­tulé « La tran­si­tion vers les éner­gies propres fera augmen­ter la demande de miné­raux », dont voici un extrait :

Il faut s’at­tendre à une augmen­ta­tion de la demande d’acier, d’alu­mi­nium, d’argent, de cuivre, de plomb, de lithium, de manga­nèse, de nickel et de zinc, ainsi que de certaines terres rares, telles que l’in­dium, le molyb­dène et le néodyme. Cette hausse pour­rait être parti­cu­liè­re­ment marquée sur le segment des accu­mu­la­teurs élec­triques, où l’aug­men­ta­tion de la demande de métaux (alumi­nium, cobalt, fer, plomb, lithium, manga­nèse et nickel) pour­rait être multi­pliée par plus de 1 000 % si les pays prennent les mesures néces­saires pour main­te­nir les tempé­ra­tures à ou en deçà de 2° C.

(Sauf que la Banque mondiale y voit des « oppor­tu­ni­tés » pour les « pays riches en miné­raux » qui auront alors la chance et l’hon­neur de pouvoir et de devoir extraire toujours plus de ressources de leurs sols et de leurs sous-sols — et donc de toujours plus détruire le monde natu­rel, ce que la Banque mondiale ne dit pas, au contraire, puisqu’elle conti­nue, comme elle l’a toujours fait, à prétendre que les extrac­tions minières peuvent êtres respec­tueuses de l’en­vi­ron­ne­ment.)

Étant donné que de toutes manières, une étude menée par l’in­gé­nieur Philippe Bihouix évoque trente à soixante ans de réserve pour la plupart des grands métaux indus­triels que sont le zinc, le cuivre, le nickel ou le plomb, et que les réserves acces­sibles d’in­dium, notam­ment utilisé dans les cellules photo­vol­taïques, se limi­te­raient, elles, à vingt ans, et celles de cuivre à trente ans. Cf., la vidéo suivante :

Étant donné, rappe­lons-le encore, que les extrac­tions minières sont des acti­vi­tés parti­cu­liè­re­ment nuisibles pour l’en­vi­ron­ne­ment (avez-vous déjà vu à quoi ressemble et en quoi consiste une zone d’ex­ploi­ta­tion minière ? Prétendre que cette pratique puisse être respec­tueuse de l’en­vi­ron­ne­ment, c’est prétendre qu’une coupe rase puisse être respec­tueuse d’une forêt), parce qu’elles impliquent en premier lieu de détruire des écosys­tèmes entiers, et parce qu’elles rejettent ensuite d’im­por­tantes quan­ti­tés de déchets (pour exemple, voir cet article du Monde, inti­tulé « En Chine, les terres rares tuent des villages »). & étant donné que le travail dans les mines est un très bon exemple du carac­tère néces­saire et intrin­sèque des inéga­li­tés et de la hiérar­chie dans une société de masse (quel plai­sir d’al­ler travailler à la mine, n’est-ce pas ? Qui n’en rêve pas ? D’ailleurs on se demande pourquoi on n’y trouve pas plus de PDG, de million­naires et de milliar­daires).

Étant donné que, comme le formule Philippe Bihouix, ingé­nieur centra­lien et auteur de « L’Âge des low tech », dans l’ou­vrage collec­tif « Crime clima­tique stop ! » (éd. du Seuil) :

Avec la crois­sance « verte » […] ce qui nous attend à court terme, c’est une accé­lé­ra­tion dévas­ta­trice et morti­fère de la ponc­tion de ressources, de la consom­ma­tion élec­trique, de la produc­tion de déchets ingé­rables, avec le déploie­ment géné­ra­lisé des nano­tech­no­lo­gies, des big data, des objets connec­tés. Le saccage de la planète ne fait que commen­cer.

(L’ar­ticle que Philippe Bihouix a écrit dans l’ou­vrage collec­tif « Crime clima­tique stop ! » est consul­table en ligne, en entier, et vaut le détour !)

Étant donné que toutes les tech­no­lo­gies de produc­tion d’élec­tri­cité dite « verte », les barrages, les éoliennes, les panneaux solaires, etc., sont prin­ci­pa­le­ment déployées par des grandes multi­na­tio­nales (Vinci, Total, BP, etc. ; pour plus de détails, lire la Note de Traduc­tion en fin de cet article).

Étant donné qu’une société en mesure de mettre en place tout ce système indus­triel de produc­tion de hautes tech­no­lo­gies est néces­sai­re­ment massive (c’est-à-dire que sa taille est exces­sive, qu’elle en devient inhu­maine), inéga­li­taire, coer­ci­tive, haute­ment hiérar­chi­sée et spécia­li­sée.

Étant donné que toutes les tech­no­lo­gies de produc­tion d’élec­tri­cité dite « verte », les barrages, les éoliennes, les panneaux solaires, etc., qui sont des hautes tech­no­lo­gies, requièrent et dépendent donc égale­ment de ce type de société.

Étant donné que la produc­tion d’éner­gie dite « verte » ou « propre » ou « renou­ve­lable », issue des barrages, des éoliennes, des panneaux solaires, etc., ne remplace pas du tout l’uti­li­sa­tion des combus­tibles fossiles (on assiste actuel­le­ment au déve­lop­pe­ment de l’ex­ploi­ta­tion indus­trielle des hydrates de méthane, une nouvelle manière d’ex­ploi­ter des combus­tibles fossiles ; des centrales nucléaires sont en construc­tion dans plusieurs pays du monde, ainsi que des centrales au char­bon ; la frac­tu­ra­tion hydrau­lique pour l’ex­ploi­ta­tion du gaz de schiste se déve­loppe égale­ment, tout comme la produc­tion de pétrole à partir des sables bitu­mi­neux) ; étant donné qu’elle n’est qu’une nouvelle manière, supplé­men­taire, ou complé­men­taire, de produire de l’éner­gie indus­trielle.

Afin d’illus­trer ce dernier point, quelques graphiques tirés d’un article publié le 13 juillet 2017 dans le Natio­nal Obser­ver :

Étant donné que la produc­tion d’éner­gie dite « verte » ou « propre » ou « renou­ve­lable », issue des barrages, des éoliennes, des panneaux solaires, etc., dépend de l’uti­li­sa­tion des combus­tibles fossiles (au mini­mum : au niveau des extrac­tions minières, de l’in­fra­struc­ture des trans­ports indus­triels, de la main­te­nance).

Étant donné que toutes les tech­no­lo­gies de produc­tion d’élec­tri­cité dite « verte » ou « propre » ou « renou­ve­lable », les barrages, les éoliennes, les panneaux solaires, etc., servent, entre autres, à alimen­ter en élec­tri­cité non seule­ment les proces­sus de fabri­ca­tion mais aussi l’usage des produits high-tech précé­dem­ment mention­nés (ceux dont 90% finissent dans des pays pauvres où ils détruisent l’en­vi­ron­ne­ment et tous ses habi­tants, ceux qui détruisent la santé mentale et physique de leur utili­sa­teur, ceux dont la consom­ma­tion va forte­ment croître mondia­le­ment, etc.), et parti­cipent ainsi de la conti­nua­tion du système écono­mique et tech­no­lo­gique en place (c’est-à-dire de la perpé­tua­tion du désastre écolo­gique et social en cours).

Étant donné qu’ac­tuel­le­ment, d’après le dernier rapport de l’IEA(Inter­na­tio­nal Energy Agency, ou Agence inter­na­tio­nale de l’éner­gie) sur la produc­tion d’éner­gie dite « verte » ou « propre » ou « renou­ve­lable » (publié en 2016), celle-ci ne repré­sente qu’en­vi­ron 13.8% de l’éner­gie consom­mée par la civi­li­sa­tion indus­trielle (c’est-à-dire que les 86.2% restants proviennent des combus­tibles fossiles et du nucléaire), et qu’au sein de ces 13.8% d’éner­gie dite « verte » ou « propre » ou « renou­ve­lable », les deux premières et prin­ci­pales sources de produc­tion sont :

  1. L’in­dus­trie des biocar­bu­rants et de la biomasse, qui désigne d’un côté le fait d’uti­li­ser des terres arables pour faire pous­ser des plantes qui pour­raient servir de nour­ri­ture (maïs, canne à sucre, soja, colza et palmiers à huile) de manière agro-indus­trielle (c’est-à-dire en détrui­sant les sols) afin de faire fonc­tion­ner des machines, et de l’autre, l’in­ci­né­ra­tion massive d’arbres, dont les forêts d’Eu­rope, d’Amé­rique et d’ailleurs (plus de détails par ici), et d’autres soi-disant « déchets » orga­niques (ou leur métha­ni­sa­tion), et qui repré­sente 72.8% de la produc­tion mondiale d’éner­gie quali­fiée de « verte » ou « propre » ou « renou­ve­lable ». (Un récent article de Libé­ra­tion explique d’ailleurs qu’aujourd’­hui, « à travers le monde et en France aussi, le bois est la première des éner­gies renou­ve­lables. Il repré­sente 40% du mix éner­gé­tique renou­ve­lable, loin devant l’hy­drau­lique (20%), l’éo­lien (8%) ou le photo­vol­taïque (3%) »).
  2. L’in­dus­trie des barrages et sa produc­tion d’hy­dro­élec­tri­cité (une autre catas­trophe écolo­gique et sociale, entre destruc­tions d’éco­sys­tèmes et dépla­ce­ments massifs de popu­la­tions, ce qui est détaillé dans cet article) qui compte pour 17.7% de la produc­tion mondiale d’éner­gie quali­fiée de « verte » ou « propre » ou « renou­ve­lable ».

(En effet, toujours d’après les derniers chiffres publiés par l’IEA, le solaire et l’éo­lien repré­sentent envi­ron 1% de la produc­tion d’éner­gie mondiale, l’hy­dro­élec­trique 2.4% et les biocar­bu­rants et la biomasse 10.1%, ce qui signi­fie que lorsque vous enten­dez des poli­ti­ciens ou des patrons parler d’éner­gie « verte » ou « propre » ou « renou­ve­lable », ou que vous lisez des articles à ce sujet dans les médias grand public, sauf préci­sion, ne pensez pas panneaux solaires et éoliennes, pensez inci­né­ra­teur, métha­ni­seur, biocar­bu­rants et barrages).

Étant donné que le problème (vous l’au­rez proba­ble­ment compris) des tech­no­lo­gies produc­trices d’éner­gie soi-disant « verte » ou « propre » ou « renou­ve­lable » est non seule­ment lié à la faus­seté de ces quali­fi­ca­tifs (puisqu’en effet, toutes les indus­tries de produc­tion d’éner­gie soi-disant « verte » ou « propre » ou « renou­ve­lable » sont en réalité nuisibles pour le monde natu­rel, comme toutes les indus­tries qui s’ins­crivent dans le cadre de l’éco­no­mie high-tech mondia­li­sée) mais égale­ment à l’uti­li­sa­tion de l’éner­gie produite.

Étant donné que tout ceci (plus ou moins) est expliqué par quelques personnes et dans quelques ouvrages que l’im­mense majo­rité des habi­tants de la civi­li­sa­tion indus­trielle ne connaissent pas et n’ont pas lu, et, pour l’im­mense majo­rité de cette majo­rité, dont ils n’ont pas même entendu parler (à ma connais­sance, en français, il existe en tout et pour tout trois livres qui traitent de cela : L’Âge des low tech de Philippe Bihouix, Comment tout peut s’ef­fon­drer : Petit manuel de collap­so­lo­gie à l’usage des géné­ra­tions présentes de Pablo Servigne et Raphaël Stevens, & Le soleil en face de Frédé­ric Gaillard, en anglais, il en existe davan­tage, comme Green Illu­sions: The Dirty Secrets of Clean Energy and the Future of Envi­ron­men­ta­lism d’Oz­zie Zehner, les ouvrages de Derrick Jensen, ceux de John Michael Greer, et d’autres encore).

Étant donné que l’ano­ny­mat rela­tif de ces ouvrages et de leurs auteurs s’ex­plique par la simple raison que l’ana­lyse et la pers­pec­tive qu’ils exposent ne plaisent pas aux indi­vi­dus les plus fortu­nés (à la classe diri­geante), puisqu’elles repré­sentent une menace pour la péren­nité de leur inté­rêts finan­ciers et de leur pouvoir/puis­sance, et qu’ils n’ont donc aucun inté­rêt à les promou­voir dans les grands médias et au sein de la sphère cultu­relle domi­nante, qu’ils contrôlent.

Pensez-vous que les tech­no­lo­gies de produc­tion d’élec­tri­cité dite « verte » ou « propre » ou « renou­ve­lable », les barrages, les éoliennes, les panneaux solaires, etc., puissent résoudre les innom­brables problèmes extrê­me­ment graves auxquels nous faisons face ?

Pensez-vous que leur déve­lop­pe­ment puisse résoudre le problème de la surex­ploi­ta­tion des ressources non-renou­ve­lables (et de la surex­ploi­ta­tion des ressources renou­ve­lables) ?

Pensez-vous que leur déve­lop­pe­ment puisse résoudre le problème des inéga­li­tés sociales crois­santes ?

Pensez-vous que leur déve­lop­pe­ment puisse résoudre le problème de la sixième extinc­tion de masse, prin­ci­pa­le­ment liée à l’éta­le­ment urbain de la société indus­trielle qui détruit les habi­tats natu­rels des animaux non-humains (et qui détruit tous les biomes et tous les habi­tats sains en géné­ral, donc ceux des humains) ?

Ou pensez-vous que la seule solu­tion cohé­rente au conglo­mé­rat des problèmes que nous connais­sons relève avant tout d’une dimi­nu­tion dras­tique à la fois de la produc­tion (et donc de la consom­ma­tion) de produits indus­triels high-tech, de la produc­tion d’élec­tri­cité, des extrac­tions minières, et des extrac­tions de combus­tibles fossiles ?

(Avec en ligne de mire un aban­don progres­sif de l’uti­li­sa­tion des — et de la dépen­dance aux — produits indus­triels high-tech et de l’élec­tri­cité indus­trielle ; un retour à un mode de vie simple, low-tech, basé sur un arti­sa­nat local, écolo­gique, permet­tant un maxi­mum d’au­to­no­mie, un respect complet des équi­libres biolo­giques, et des espèces vivantes non-humaines).

Nico­las Casaux

 énergies renouvelables  extractivisme  illusions vertes

Permis de tronçonner

Par Le 04/11/2017

Bon, si on suit leur logique de "sécurisation", il faudrait également posséder un permis d'utiliser une gazinière vu le nombre d'accidents de brûlés, puis un permis de marteau vu le nombre de doigts écrasés, un permis de visseuse-dévisseuse, de tondeuse, de sécateur, de sèche cheveu, un permis de ciseaux, un permis de monter et de descendre les escaliers...Et un permis pour avoir le droit de regarder la télévision, ça devrait exister aussi vu les dangers de la chose. En France, on n'a pas de pétrole mais on a une sacrée bande de tordus dans les sphères politiciennes. Et comme en plus ils viennent s'ajouter à ceux de l'UE, ça fait un sacré nid de coucous...

J'ai discuté un bon moment avec le vendeur de tronçonneuses du secteur aujourd'hui et il m'expliquait que le permis de tronçonneuse, c'était une idée des assurances avec l'aval de l'Etat : Si je me blesse avec ma tronçonneuse et que je n'ai pas suivi la formation, l'assurance sera en droit de ne pas couvrir les frais. Gains financiers considérables pour elle au regard des accidents domestiques. Pour l'Etat, l'intérêt, c'est d'empocher la TVA sur le coût de l'intervention d'un professionnel. On parle de millions d'euros là, pas de l'argent de poche de la semaine...Pas question de payer en liquide par conséquent. 
C'est déjà le cas, par exemple, avec le ramonage de la cheminée. C'est moi qui le fais depuis vingt ans. Si je venais à tomber du toit, l'assurance ne me couvrirait pas. C'est un professionnel qui doit le faire. Et si je le fais venir mais sans facture, ça sera pareil. On part bien évidemment dans un système ultra réglementé, non pas pour le "bien" de la population mais avant tout pour des intérêts financiers. 
Ici, on a un bouleau immense au bord de la grange-garage et s'il venait à tomber sur la toiture, l'assurance pourrait me reprocher de ne pas avoir été assez prudent en l'abattant. Mais si je décide de l'élaguer moi-même et que je me blesse, elle me reprochera de ne pas avoir payé un professionnel... La déresponsabilisation des individus a un intérêt financier, c'est ça le nœud du problème et c'est un nœud camouflé sous de belles paroles.
"On fait ça pour votre bien...".

 

"Le premier niveau, ECC1, est le certificat minimum pour tout utilisateur, particuliers, employés des espaces verts, pompiers… Il apporte les connaissances nécessaires au bon usage et à l’entretien d’une tronçonneuse. La formation dure une journée et s’y ajoute une matinée supplémentaire pour l’examen. Son coût est d’environ 250 €."

 

 

Permis tronçonneuse en décembre, dans l’Hexagone

permis tronçonneuse en france stiga magazine

Obligatoire dans plusieurs pays européens, le permis tronçonneuse sera mis en place dès ce mois de décembre 2017 en France. La formation s’affiche déjà dans diverses chambres d’agriculture et établissements scolaires. Quatre niveaux de permis sont proposés selon l’utilisation et les responsabilités. Au cœur du dispositif, la sécurité de l’usager.

Un certificat européen

La mise en place du permis tronçonneuse a été confirmée par le décret d’application sur les travaux forestiers applicable au 5 décembre 2017. C’est le premier certificat commun à tous les pays d’Europe (9 y ont souscrit pour l’instant).

A l’origine de cette formation, le souci de sécuriser le travail des bûcherons professionnels et amateurs. C’est dans cette optique que divers partenaires européens, centres de formation et d’entrepreneurs de travaux forestiers, ont créé en 2009 l’agence européenne EFESC (European Forestry and Environmental Skills Council). Cette agence a mis en place les standards de formation pour le permis tronçonneuse.  Ainsi, des centres de formation (une quinzaine à ce jour) ont été accrédités pour mener à bien ce projet. A la clef, une évaluation d’autant plus pertinente que formateurs et évaluateurs ne sont pas les mêmes.

Ce permis tronçonneuse a valeur de certificat de qualification, reconnu dans tous les pays européens. Il garantit un niveau de formation standardisé et conforme aux obligations de sécurité (pour la France code du travail art L.4142-2). Il devrait ainsi faciliter la mobilité et l’employabilité des professionnels en Europe.

permis tronçonneuse france stiga magazine

Un permis tronçonneuse, quatre niveaux de formation

Ce permis se décline en 4 niveaux de formation.

Le premier niveau, ECC1, est le certificat minimum pour tout utilisateur, particuliers, employés des espaces verts, pompiers… Il apporte les connaissances nécessaires au bon usage et à l’entretien d’une tronçonneuse. La formation dure une journée et s’y ajoute une matinée supplémentaire pour l’examen. Son coût est d’environ 250 €.

Ce niveau est exigible pour passer aux suivants qui se déroulent, le plus souvent, dans le cadre de la formation professionnelle. Soit ECC2, pour l’abattage de petits bois (1 300 euros pour le module pour 4 jours et demi de formation et une demi-journée d’évaluation); ECC3, pour l’abattage de gros bois ; ECC4 pour l’abattage des arbres difficiles, chablis. Quant aux titulaires du CAP ou du BPA de bûcheron, ils peuvent recevoir le permis tronçonneuse par équivalence (modules 1, 2 et 3).

Le permis sera délivré dans les centres de formation accrédités par des agences nationales, elles-mêmes membres de l’agence européenne EFESC. Ainsi, dans l’Hexagone, onze centres de formation sont opérationnels, répartis sur tout le territoire. Pour plus de renseignements, vous pouvez consulter le site internet Eduforest, qui regroupe la formation et qualification pour la gestion durable des forêts.

Les titulaires du permis tronçonneuse recevront une carte, valable à vie, indiquant leur identité et le niveau du permis. De plus, un recyclage tous les 3 à 5 ans est conseillé pour mettre à jour connaissances et compétences.

La Croix

Par Le 04/11/2017

 

L’image contient peut-être : montagne, ciel et plein air

Essayez donc de l'enlever celle-là !...

Je sens poindre chez moi une colère sourde... Elle a bon dos la loi sur les "lieux appartenant à l'espace public"... Je commence à la détester lourdement la "laïcité" française.

 

La statue de Jean-Paul II est installée depuis fin 2006 sur une place publique de Ploërmel.

La statue de Jean-Paul II est installée depuis fin 2006 sur une place publique de Ploërmel. — J. Gicquel / 20 Minutes

  • Le Conseil d’Etat a ordonné le retrait de la croix de la statue.
  • La décision a entraîné une polémique sur les réseaux sociaux.
  • Le maire de Ploërmel entend bien conserver le monument dans sa commune.

D’ordinaire très calme, la place Jean-Paul II à Ploërmel (Morbihan) est devenue depuis quelques jours un véritable lieu de pèlerinage. Le smartphone à la main, de nombreux touristes sont venus immortaliser la désormais célèbre statue à l’effigie de l’ancien pape polonais. Cette soudaine notoriété du monument remonte à mercredi. Ce jour-là, le Conseil d’Etat, plus haute juridiction administrative française, a ordonné le retrait de la croix qui surplombe l’édifice, au nom du respect de la loi de 1905 sur la laïcité qui « interdit d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public ».

>> A lire aussi : #MontreTaCroix, le hashtag contre le retrait d’un signe religieux en Bretagne

Cette décision a provoqué un véritable tollé sur Internet, avec un déferlement de photos de croix accompagnées du hashtag #MontreTacroix ce week-end sur Twitter.

Toi Neou @ToiNeou

, fier d'être savoyard

Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité

Même la Première ministre polonaise Beata Szydlo a réagi à la polémique en se prononçant en faveur d’un rapatriement de la statue en Pologne et tenter ainsi « de sauver de la censure le monument de notre compatriote ».

La télévision polonaise depuis deux jours sur place

Preuve de l’agitation qui règne dans cette petite ville du Morbihan d’à peine 10.000 habitants, une télévision polonaise est sur place depuis deux jours pour couvrir l’affaire. « En Pologne, on ne touche pas à Jean-Paul II. Cette statue doit rester là et conserver sa croix », assure Jacques Kaszubski. Installé dans le Morbihan, ce jeune Polonais a fait un détour par Ploërmel ce lundi après-midi pour envoyer des photos de la statue à sa famille.

>> A lire aussi : Bretagne: La Pologne veut récupérer la statue de Jean-Paul II, privé de sa croix par le Conseil d'Etat

Comme lui, beaucoup de touristes sont scandalisés par la décision du Conseil d’Etat. « Des croix, il y en a partout en Bretagne et dans toute la France. Et cela n’a jamais embêté personne, c’est vraiment stupide », indique Loïc, originaire du nord de la France. « On dirait que la France a honte de ses racines chrétiennes », s’énerve un couple de retraités. « Un pape avec une croix, je ne vois pas ce qui choque », souligne Fontaine des Bouches-du-Rhône, qui se revendique comme « athée ».

Le maire bien décidé à garder sa statue

Dans toute cette agitation, Patrick Le Diffon, maire Les Républicains de la commune, tente jouer la carte de l’apaisement. « Tout le monde ici est surpris car cette statue fait partie de la commune et n’a jamais posé de problème. Mais je ne veux surtout pas que cette polémique serve à attiser les haines religieuses, bien loin du message de paix véhiculé par Jean-Paul II », indique l’élu.

Sommé par le Conseil d’Etat de retirer la croix surplombant la statue dans les six mois, le maire se refuse pourtant à abandonner son monument. « Vous pouvez être sûr que je ne prendrai pas ma scie à métaux pour enlever la croix un bon matin. Cette statue est une œuvre d’art, elle est une et indivisible », assure le maire.

Pour éteindre la controverse, l’élu pourrait d’ailleurs être tenté de vendre la place publique où se trouve la statue à un investisseur privé pour se conformer ainsi à la loi. « La croix serait alors dans un domaine privé et le problème serait réglé », souligne-t-il. Il pourrait également porter l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’homme. « J’ai six mois pour prendre une décision. Mais je veux la prendre dans un climat apaisé et serein ».

 

 

 

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Les vaches maigres de l'éducation nationale

Par Le 04/11/2017

Le retour des vaches maigres

@Ervins Strauhmanis / Flickr / Creative Commons

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Six mois après le début du quinquennat, le doute n’est quasiment plus permis. Les années qui viennent devraient bel et bien être marquées par une nouvelle baisse du pouvoir d’achat, pour les enseignants. Après la courte embellie des dernières années, qui n’a pas compensé la grisaille de la période précédente, plusieurs dossiers attestent que les enseignants ne sont pas une priorité pour le gouvernement.

Gel du point d’indice

A peine en place, le gouvernement annonçait le gel du point d’indice, qui règle la rémunération des fonctionnaires. Pour l’instant la mesure est prévue pour la seule année 2018, mais tout laisse à penser qu’elle se prolongera tout au long du quinquennat. En effet la loi de programmation financière prévoit la baisse de 3 points de la dépense publique d’ici 2022, et l’effort annoncé dans les domaines des armées, de l’intérieur et de la justice sera nécessairement compensé dans les autres domaines. L’heure étant à l’austérité et au serrage de ceinture, l’éventualité d’un dégel est quasi nulle.

Rappelons que dans les faits, gel du point d’indice signifie automatiquement baisse du pouvoir d’achat, en raison de l’inflation. De 2010 à 2016, précédente période de gel du point d’indice, l’inflation a été de près de 7% pendant que les salaires stagnaient.

PPCR reporté

Technique, ce dossier est inconnu du grand public et même la plupart des enseignants ont du mal à en comprendre les enjeux. Le PPCR (Parcours Professionnels Carrières et Rémunérations) est un ensemble de mesures négociées en 2015 qui devait mener les salaires des enseignants français au niveau de celui des leurs homologues de l’OCDE. Le protocole prévoyait notamment une augmentation indiciaire en fonction de l’échelon et un avancement de grade plus rapide pour tous. Ces mesures devaient s’étaler sur plusieurs années jusqu’en 2020, mais seules celles prévues en 2017 et déjà budgétées par le précédent gouvernement échapperont à la coupe. Le gouvernement actuel a déjà annoncé le report du PPCR à 2019, là aussi on serait agréablement surpris qu’il ne soit pas enterré ensuite. A titre d’exemple, les professeurs des écoles et les certifiés devaient gagner 7 points d’indice au 1er janvier 2018. Ils peuvent oublier.

Retour du jour de carence

Rapidement, le gouvernement à réinstauré un jour de carence pour les fonctionnaires, selon des arguments connus : lutte contre l’absentéisme, économies, rééquilibrage avec le privé (3 jours de carence). Autant d’arguments discutables : on a dit ici même, s’agissant des enseignants, que leur taux d’absentéisme est moins élevé que pour la moyenne des salariés et dans tout le public il est à peine supérieur (3,9% contre 3,6%, source Dares). Côté financier, on se rappellera la déconvenue du gouvernement Sarkozy, instaurateur du jour de carence, qui comptait économiser 240 millions annuels et n’a engrangé dans les faits que 80 millions. Enfin s’agissant de rééquilibrer avec le privé, on se contentera de citer les propos d’un certain Emmanuel Macron, répondant au sénateur LR Roger Karoutchi en mai 2015 sur cette question : «Si l’on examine de près la situation des salariés du privé, on s’aperçoit que les deux tiers d’entre eux sont couverts par des conventions collectives qui prennent en charge les jours de carence. Donc, "en vrai", comme disent les enfants, la situation n’est pas aussi injuste que celle que vous décrivez ». De fait, d’après une étude menée par l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé, 66% des salariés bénéficient d’une prise en charge du délai de carence par leur prévoyance entreprise, ainsi que le rappelle un article de Libération intitulé « rétablir le jour de carence pour les fonctionnaires est-il équitable et efficace ? ».

Hausse de la CSG compensée sans gain de pouvoir d’achat

Cela a été un dossier assez brûlant, cet été. La hausse prévue de la CSG sera compensée par la baisse des cotisations chômage et aura un impact positif pour la majorité des salariés (elle devrait permettre un gain de pouvoir d’achat de 1,45% de salaire brut en moyenne). Mais dès le départ, il est apparu que deux publics seraient les dindons de la farce : les retraités et les fonctionnaires. Concernant les premiers l’affaire est toujours mal embarquée puisque le Président s’est contenté de dire « je vous fiche mon billet que dès l’année prochaine, dans la grande majorité des cas la hausse de la CSG sera compensée par la baisse de la taxe d’habitation ». S’agissant des fonctionnaires, cela a été très confus durant tout l’été, pour être honnête ça sentait un peu le bricolage, mais finalement la compensation est annoncée, avec la suppression de la CES et la création d’une prime compensatoire aux contours encore flous. Mais il s’agit d’une simple compensation, pas d’un gain de pouvoir d’achat, contrairement aux salariés.

Hausse des cotisations retraite

Il faut également rappeler que depuis 2010, le mois de janvier est synonyme de fiche de paie en berne, pour les fonctionnaires. En effet leur cotisation retraire augmente régulièrement et ce jusqu’en 2020 : le but est de rattraper graduellement le taux des salariés (11%, contre 7,85% en 2010 pour les fonctionnaires). Une bonne chose en termes d’équité, il faut le dire. Une bonne chose aussi car ce sera un argument en moins pour ceux qui souhaite attaquer la retraite des fonctionnaires qui vont bientôt cotiser autant que les autres. Néanmoins, chaque mois de janvier le montant en bas de la fiche de paie diminue de quelques euros, qui deviennent des centaines d’euros sur la durée et contribuent à la baisse du pouvoir d’achat.

La prime REP+, promesse non tenue

On se souvient que c’était une des mesures phare du candidat Macron : afin d’attirer les enseignants en éducation prioritaire, il était prévu de leur accorder une prime de 3000 € annuelle. L’élection passée, l’affaire a été moins médiatisée, et pour cause : dans les faits on a le plus grand mal à financer la mesure, au ministère : pour l’instant, le versement est prévu « progressivement », 20 millions en 2018, de quoi payer moins de 6 700 profs sur 43 000.

Le cout coup de la rigueur

Ainsi donc, au nom de la rigueur budgétaire, les fonctionnaires et parmi eux les enseignants davantage encore, ont un faux air de vaches à lait du gouvernement – pendant ce temps-là, les conseillers ministériels sont augmentés de 20%, les 10% de français les plus aisés profitent de 46% des gains des mesures fiscales prévues (OFCE), les baisses d’imposition du capital coutent 8 milliards à l’état…

Le dernier à avoir à ce point argué d’une nécessaire rigueur pour justifier les coupes sombres dans l’éducation nationale s’appelait Nicolas Sarkozy. Durant son quinquennat (l’actuel ministre JM Blanquer était alors numéro 2 de l’éducation nationale) 80 000 postes furent supprimés, la formation initiale des profs détruite, le point d’indice des fonctionnaires gelé, tout ceci au nom de la rigueur budgétaire. Bilan : entre 2012 et 2017, la dette publique de la France est passée de 1,253 milliards d’euros à 1,869 milliards, le déficit public s’est creusé de 51 milliards, la dette est passée de 64,4% à 89,6% du PIB.

Sous Hollande, la situation s’est tardivement mais sensiblement arrangée pour les enseignants. En 2016, le point d’indice a été dégelé de 1,2% (0,6% en juillet 2016 et 0,6% en février 2017, compensant à peine l’inflation), les accords PPCR ont été mis en place, un effort a été fait pour les enseignants de primaire avec la création de l’ISAE (une prime annuelle de 1200 € bruts que touchaient les profs de secondaires). Au final, un regain de pouvoir d’achat non négligeable, après des années de vaches maigres. En effet, de 2000 à 2010, le pouvoir d’achat des enseignants français avait baissé de près de 10% quand celui de leurs collègues de l’OCDE avait augmenté de près de 20%. Puis, de 2010 à 2016, lors du gel du point d’indice, la hausse des cotisations avait entrainé une perte de près de 2000 € nets.

C’est ce type d’ère qui s’ouvre, à nouveau : une période de baisse continue du pouvoir d’achat des enseignants. Le ministre JM Blanquer a beau jeu de s'afficher en séducteur : « Les professeurs sont mal payés, et cela contribue à un manque de vocations, mais aussi de plaisir. Cela pose la question plus générale de la dignité des professeurs. Je me considère comme le ministre des professeurs (…). Je parle souvent d’une école de la confiance pour une société de la confiance. Cela passe par le pouvoir d’achat des professeurs ».

Quel joli discours !

 

Nota : afin de mieux comprendre l'important dossier du PPCR, il faut lire cet article du Café Pédagogique.

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Textes sur l'Amour

Par Le 04/11/2017

J'ai entrepris de faire du "rangement" dans le blog et j'en suis venu à chercher les textes sur l'Amour.

J'ai pu réaliser à quel point cette quête, son exploration, son vécu, son saisissement intégral occupaient largement mes réflexions et mes romans.

En voici quelques liens parmi beaucoup d'autres :

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L'amour dans mes romans

 

Aimer

Apprendre à ne plus s'aimer.

Aimer l'amour. (roman)

Aimer et ensuite apprendre (spiritualité)

L'amour et le besoin (spiritualité)

L'amour et le besoin (2) (spiritualité)

L'amour et le besoin (3) (sexualité sacrée)

L'Amour et le juste milieu. (spiritualité)

Ma vision de l'Amour. (spiritualité)

L'amour en otage (spiritualité)

L'Amour véritable (spiritualité)

L'amour de la Nature (spiritualité)

L'amour du silence. (spiritualité) 

L'amour des montagnes. (A CŒUR OUVERT)

L'amour des âmes (spiritualité)

L'Amour révélé

L'amour inconditionnel (spiritualité)

Dans le territoire de l'amour (spiritualité)

"A COEUR OUVERT" : l'amour

Le corps Sacré. (sexualité sacrée)

Le Graal (sexualité sacrée)

Le couple et l'amour conscient (sexualité sacrée)

La réalité de l'amour (sexualité sacrée)

Sur l'Amour

En amour.

Amour et séduction. (spiritualité)

Amour et sexualité (sexualité sacrée)

Etre en amour. (spiritualité/sexualité)

Etre aimé. (spiritualité)

Les âmes enlacées (sexualité sacrée)

La raison et le couple.

La sexualité censurée (spiritualité)

Vélo, tantrisme et pleine conscience.

Vertiges de l'Amour à vélo. (spiritualité)

 

 

 

 

 

 

 

 

Aller aussi "haut" que possible

Par Le 02/11/2017

 

 

 

"On consacre la première moitié de sa vie à se forger un ego solide, et la seconde moitié à s’en débarrasser."
Carl Gustav Jung

 

Si la seconde moitié consiste à s'en défaire, il est juste de s'en réjouir. Le drame serait de mourir avec un ego intact et tout puissant.
Dans la première partie, nous sommes forgés, selon moi, à nous bâtir un ego, par mimétisme, par éducation, par conditionnement...Nous ne sommes responsables de rien étant donné que le "libre arbitre" ne nous est pas encore accessible. C'est parce que nous aurons donc été "socialisés" et autant que possible  « cultivés » que dans la deuxième partie, nous aurons la possibilité et le choix conscient de nous libérer. Là, nous serons pleinement responsables de la décision et de la détermination déployée. Il n'y aura aucune obligation, de qui que ce soit, aucune injonction, aucun diplôme à obtenir ou salaire à toucher, rien de tout ce qui aura empli notre existence sociale n'aura cours...Il ne restera que la conscience de l'individu.
Cet "enfermement " premier est donc l'opportunité, une fois atteint l'âge nécessaire, d'apprendre à devenir Soi.
Il faudra choisir entre l'inertie et l'Éveil.
Et savoir ce qui est juste et bon. 

 

Cela sera juste si c'est justifié.
Cela sera bon si mes valeurs sont respectée et si ces valeurs sont expurgées des intentions égotiques.

 

La socialisation ne doit pas être condamnée tant qu'elle est initiée et développée avec une intention juste et bonne. 
C'est là qu'il convient d'être assez lucide ou clairvoyant pour distinguer entre l'Amour qui nous est proposé ou la manipulation sous-jacente. 
Les "manipulateurs" n'ont pas nécessairement de mauvaises intentions. Ils sont juste des egos qui n'ont jamais déclenché en eux la deuxième phase du processus d'Éveil. 

 

J'ai pleinement conscience, depuis quelques mois, que tout ce que j'ai pu écrire depuis des années, que toutes mes réflexions et mes recherches sur la quête du Soi, je ne les ai pas appliquées suffisamment pour pouvoir me protéger des errances émotionnelles. J'ai pleinement conscience que tout ça n'était encore qu'une étape intellectuelle, rationnelle, même si je me plais à penser que la rationalité commune ne me fige plus. 
Je remercie l'épreuve en cours. Rien n'est dû au Hasard. 

 

Il fallait que j'aille beaucoup plus loin dans la démarche, que je l'associe à mon corps, à l'énergie, à l'Inconscient, il fallait que je valide les découvertes en les expérimentant moi-même. Plus profondément encore et encore et encore...Descendre pour s'élever, creuser pour remonter, déblayer les gravats jusqu'à ce qu'il ne reste rien. 
 

Maîtriser les Pensées.
Accueillir les Émotions.
Garder à l'esprit que tout ce qui arrive est nécessaire.
Faire confiance à mon Intuition.
Explorer dans mon Corps les résidus fossilisés de mes émotions anciennes. 
Les extraire et les remercier de l'exploration nécessaire qu'elles ont déclenchée. 
Aimer la Vie autant qu'elle m'aime puisque je suis vivant, qu'elle a jugé juste et bon que je sois là. 

 

Je ne crois ni au Hasard, ni aux Miracles. Juste parce que ces deux mots sont considérablement dérisoires au regard de l'infini bonheur d'être là. 
Nous ne sommes pas là par hasard et ça n'est pas non plus un Miracle. 
C'est une Décision. 
Mais je n'en connais pas l'Instigateur. 
Alors, je remercie l'élan vital, le souffle originel, la vibration.
Je remercie, en aimant la femme que j'aime et en la bénissant de ce privilège de pouvoir l'aimer, en aimant les trois enfants qui ont jugé juste et bon de nous élever spirituellement en faisant de nous leurs Parents, je remercie les Montagnes, la lumière de l'altitude, le silence des sommets, l'immensité de Là-Haut.

 

Je sais que je ne suis encore qu'un novice, un être empli de failles et de tourments. Mais je les accueille désormais avec bienveillance. Comme un Horizon lumineux qui se dessine, loin devant moi, un appel à grandir, encore et encore, à explorer inlassablement, à ne jamais me satisfaire de l'inertie. 
J'irai jusqu'au bout de ce que la Vie m'accordera, au plus "haut" de moi-même.

Sur la chasse (7)

Par Le 02/11/2017

Alors qu'il se trouvait dans son jardin, un homme blessé par des tirs de chasseurs

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  • Alors qu'il jardinait dans sa serre, un homme de 52 ans a reçu 14 plombs dans le corps, dont un dans la tête.
    Alors qu'il jardinait dans sa serre, un homme de 52 ans a reçu 14 plombs dans le corps, dont un dans la tête. | Ouest-France

Alors qu’il jardinait dans sa serre, un homme de 52 ans a reçu 14 plombs dans le corps, dont un dans la tête. Tous n’ont pas pu être enlevés par les médecins qui craignent des complications. L’ouvrier agricole, en arrêt maladie, a porté plainte.

« Je m’occupais de mes plants de melon quand j’ai reçu deux coups de fusils » Il était 15 h 45, dimanche, lorsqu’un Plouescatais s’est fait tirer dessus par un chasseur, alors qu’il jardinait dans sa serre.

L’homme, un ouvrier agricole âgé de 52 ans, a reçu quatorze plombs dans le corps. Quatre dans le bras gauche, autant dans la jambe gauche, un dans la tête, un dans la jambe droite et le reste dans la hanche et dans le bas du dos.

« Je leur ai demandé de l’aide mais ils sont partis »

« J’étais tout seul. Je leur ai montré mon bras en sang en leur disant qu’ils m’avaient tiré dessus. Je leur ai demandé de l’aide mais ils sont partis », témoigne le Plouescatais qui a porté plainte auprès de la gendarmerie de Saint-Pol-de-Léon, chargée de l’enquête.

Contactée, sa femme est arrivée sur place et a contacté les gendarmes et les secours. Ces derniers ont transporté le jardinier à l’hôpital de la Cavale Blanche, à Brest, dont il est ressorti lundi soir.

« Trop dangereux de les enlever »

« Ils m’ont retiré les plombs qu’ils ont pu mais pas tous car certains sont trop profonds, comme celui qui est dans la tête. Les médecins ont jugé que c’était trop dangereux de les enlever », confie le Plouescatais, en arrêt de travail.

Pour l’ouvrier agricole, inquiet pour son avenir professionnel, la coupe est pleine. « Ce n’est pas la première fois qu’ils tirent dans mon jardin. On a déjà retrouvé la serre criblée de balles ! Il faut que ça cesse ! »

Emmanuelle Guimard, artiste

Par Le 01/11/2017

"Faut-il manger les animaux?"

Par Le 31/10/2017

"Faut-il manger les animaux ?" Hugo Clément, journaliste de l'émission "Quotidien" a lu le livre de Jonathan Safran Foer. Une grande claque, qu'il résumait hier dans cette publication sur sa page Facebook.

Aucun texte alternatif disponible.

Hugo Clément

29 octobre, 16:17 · 

Ce livre ("Faut-il manger les animaux ?" de Jonathan Safran Foer) est une grande claque dans la gueule. Pas de leçon de morale, simplement des faits et des chiffres sur la pêche et l'élevage industriel, exposés cliniquement.

En voici quelques-uns.

- L'élevage industriel participe + au réchauffement climatique que le secteur des transports (voitures, bateaux, avions et trains réunis).

- Un omnivore, qui mange viande et poisson, émet en moyenne 7 fois + de gaz à effet de serre qu'un végétarien.

- 99,9% des poulets de chair, 97% des poules pondeuses, 99% des dindes, 95% des porcs et 75% des bovins que nous mangeons sont issus de l'élevage industriel.

- Une poule pondeuse, qui à l'état naturel peut vivre jusqu'à 10 ans, est systématiquement tuée avant ses 1 an, car plus assez productive. L'industrie a calculé qu'il coûtait moins cher de les massacrer que de continuer à les nourrir et à les stocker puisqu'elles ne pondent plus assez.

- Un Américain mange en moyenne 21 000 animaux entiers (poulet, vache, lapin, etc.) durant son existence. 21 000.

- Le trajet moyen effectué par notre viande quotidienne est de 2500 kilomètres.

- Les scientifiques s'accordent aujourd'hui tous pour dire que les porcs sont des animaux aux capacités cognitives très développées. Ils sont capables d'empathie, d'aider d'autres porcs, d'apprendre, de jouer, de transmettre des savoirs à leur progéniture, d'ouvrir un loquet de leur enclos pour aller retrouver un mâle ou une femelle en chaleur puis de revenir dans cet enclos avant le lever du jour sans que l'éleveur ne s'en rende compte. Les porcs sont des êtres au moins aussi intelligents et sensibles que les chiens et les chats.

- Aujourd'hui, 684 000 poussins mâles de poules pondeuses vont être "détruits" aux Etats-Unis. Broyés vivants. Ou étouffés lentement dans des bacs en plastique. Pourquoi ? Parce qu'ils ne peuvent pas pondre. Aux yeux de l'industrie, ils sont "inutiles" et donc "détruits".

- 50 milliards de poulets sont abattus chaque année dans le monde. 50 000 000 000 de poulets qui "vivent" toute leur "vie" sur une surface équivalente ou inférieure à une feuille A4.
Extrait : "Sous la plupart des aspects, tous les élevages industriels de poulets, bien ou mal gérés, avec ou sans cages, sont fondamentalement identiques : tous les oiseaux proviennent de manipulation génétique à la Frankenstein, tous sont confinés, aucun ne profite de la brise ou de la chaleur du soleil, aucun n'est capable d'adopter l'ensemble (voire un seul) des comportements spécifiques à son espèce tels que construire un nid, se percher, explorer les alentours et former des unités sociales stables, la maladie est généralisée, la souffrance est toujours la règle, la mort est invariablement cruelle."

- 80 à 90% des animaux marins ramenés à bord d'un navire pendant un chalutage de crevettes sont rejetés morts ou agonisants à la mer.

- Pour 500 grammes de crevettes, 13 kilos d'autres animaux marins sont tués inutilement et rejetés à la mer.

- Pour pêcher le thon, 145 autres espèces sont tuées et rejetées à la mer.

Je pourrais continuer toute la journée. Que vous mangiez de la viande, du poisson, beaucoup ou peu, que vous soyez végétarien ou vegan, lisez ce bouquin. C'est glaçant.

L'élevage industriel est une aberration écologique, éthique, sociale, et économique. Presque tout le monde le sait, mais beaucoup cherchent à l'oublier.

 

Sur le loup

Par Le 30/10/2017

On tue beaucoup trop de loups en France

Par Loïc Chauveau le 28.03.2017 à 09h05

 

L’autorisation d’abattage de 36 loups pour la saison 2016-2017, qui s’achève le 30 juin prochain, menace la viabilité à long terme de l’espèce en France. Les auteurs de l’expertise scientifique publiée le 24 mars plaident pour une "gestion adaptative" qui tienne compte des paramètres écologiques de l’espèce.

Loups

La population de “Canis lupus” en France est estimée entre 250 et 300 individus.

© JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

TIRS. Tuer des loups pour réduire leurs attaques sur les troupeaux de moutons principalement sur les estives de l'arc alpin, est-ce une méthode efficace ? Sans pour autant repousser ces mesures d'abattages, les experts de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) et du Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) soulignent que personne n'est capable aujourd'hui d'affirmer que ces tirs atteignent bien leur objectif. Les auteurs de cette "démarche d'évaluation prospective à l'horizon 2025/2030 et viabilité à long terme" du loup en France appellent de leur vœux une gestion plus intelligente de l'espèce. Aujourd'hui, affirment-ils, l'autorisation de tuer 36 individus produit un taux de mortalité de l'ensemble de la population qui met en danger la pérennité du loup en France.

Revenu sur le territoire français via le parc national du Mercantour (Alpes-Maritimes) en 1992 après en avoir disparu dans les années 1930, Canis lupus ne cesse depuis de gagner en effectif et en territoires. On évalue la population actuelle entre 250 et 300 individus regroupés dans 35 meutes dans les Alpes françaises, dont quatre transfrontalières avec l’Italie. Depuis 1992, le nombre de zones de présence permanente (ZPP) ont doublé tous les cinq ans pour atteindre une cinquantaine d’endroits où au moins un loup s’est sédentarisé. En conséquence, les dommages ont augmenté. 9000 ovins ont été tués par le canidé en 2015. Or, soulignent les auteurs, cette croissance est stoppée depuis 2014 avec l’augmentation des abattages. Alors que le taux annuel moyen de mortalité était de 22%, il est désormais de 34% avec les tirs. Soit la limite au-delà de laquelle une population commence à décroître.

Le nombre de loups en France et les autorisations d'abattages. Les experts constatent une stagnation des effectifs de loup depuis 2014 (carrés gris) et l'accroissement des autorisations de tirs de loups (en noir), mais il n'y a pour l'instant aucun lien scientifique établi. Rapport expertise loup.

Une espèce qui se "disperse" sur le territoire

MODÈLES. Ces résultats ont été obtenus à partir de modèles de dynamique des populations de loup. Ces modèles, reconnaissent les auteurs, représentent une version très simplifiée de ce qui se passe dans la nature sans laquelle il ne serait pas possible d’évaluer les tendances démographiques à long terme d’une population tant les paramètres écologiques, climatiques, territoriaux sont nombreux. Les loups vivent en effet en meutes d’environ dix individus dans lesquelles un seul couple se reproduit. Pour les autres mâles et femelles, il n’existe que deux possibilités: soit accepter la dominance du reproducteur et rester sur le territoire de la meute, soit partir. Ces "disperseurs" effectuent des centaines de kilomètres jusqu’à ce qu’ils trouvent un territoire à leur convenance. Ces distances s’expliquent : les meutes occupent exclusivement un territoire qui peut couvrir jusqu’à 200 km². Il faut donc savoir s’éloigner pour éviter les conflits de territoires. Pour les disperseurs, se présentent deux cas de figure : soit l’individu reste seul, soit il est rejoint par un autre individu de sexe opposé. Dans ce cas, une nouvelle meute se crée.

C’est cette dynamique qui est en cours en France. Le réseau de 3000 observateurs créé par l’ONCFS a ainsi repéré des individus sédentarisés en provenance du noyau alpin dans les Vosges, la Lozère et les Pyrénées-Orientales.

Présence régulière (en bleu foncé) et non régulière (en grisé) du loup en France en 2016. Réseau Loup/lynx ONCFS.

Les scientifiques ne savent absolument pas pourquoi un individu décide de cesser son errance. Une certitude : ce n’est pas à cause de la disponibilité en nourriture. Le rapport nous apprend en effet que l’augmentation des surfaces forestières et l’explosion du nombre de grands ongulés (cerfs, chevreuils, chamois), qui représentent 75% du régime du loup, fournissent au prédateur des conditions favorables de vie sur tout le territoire à l’exception des franges littorales de Normandie et de Bretagne. En théorie, tout est réuni pour que le loup s’épanouisse dans l’hexagone.

L'abattage d'un reproducteur peut augmenter les menaces sur les troupeaux

POLITIQUE. Seulement, avec moins de 300 individus, l’espèce est encore fragile. Pour que tout risque de disparition soit écarté et que la population soit viable, il faudrait un effectif minimal de 2500 à 5000 individus sexuellement matures. On en est loin. Mais avec un taux de mortalité naturel, sans intervention de l’homme, cette croissance est envisageable pour le cours de ce siècle. Ce qui pose un problème politique : comment concilier le retour du prédateur avec les activités d’élevage ?

Les tirs ne constituent pas la solution idoine, selon les chercheurs. Il faudrait en effet savoir quel type d’individu est tué. La mort d’un "disperseur" ne constitue pour l’espèce qu’une occasion manquée de s’étendre. L’abattage d’un chef de meute ou d’une reproductrice en revanche fait plus de mal que de bien. Dans 40% des cas en effet, la meute éclate et les loups dominés en profitent pour fonder leur propre groupe qui occupe alors les espaces libres entre les territoires des meutes existantes. Au lieu de la réduire, on étale ainsi la menace de prédation.

Les chercheurs plaident donc pour une "gestion adaptative". Clle-ci prend en compte les incertitudes sur la connaissance du fonctionnement des grands systèmes naturels et du mode de vie des loups. Cela implique une grande prudence dans les décisions à prendre pour éviter que des situations irréversibles ne se produisent. Si les tirs peuvent s’avérer nécessaire là où les pressions sont les plus fortes, les chercheurs préconisent le renforcement des méthodes de protection comme les chiens ou les clôtures électriques. Selon eux, le loup est revenu depuis trop peu de temps pour pouvoir conclure sur l’efficacité de ces mesures. Enfin, ils proposent de ne rien faire contre l’expansion de l’espèce via les "disperseurs". La meilleure protection du loup, ce sont ces vastes naturels abandonnés par l’agriculture et dans lequel il a tout pour bien vivre.

Conscience collective et empathie

Par Le 30/10/2017

Un merle et un rhinocéros se font face

Et si la loi du plus fort n’était pas la seule loi de la jungle ? Et si l’entraide généralisée entre les êtres n’était pas une douce utopie de poètes mais une loi éternelle et universelle du vivant ? Dans L’Entraide, l’autre loi de la jungle (Les liens qui libèrent, 2017), Pablo Servigne et Gauthier Chapelle mettent à l’honneur la coopération, l’empathie, la symbiose et tout ce qui maintient interconnecté le monde du vivant sur Terre. Au travers d’un grand travail de synthèse transdisciplinaire, ils mènent une passionnante démonstration pour battre en brèche le mythe de l’égoïsme roi. L’homme n’est pas un loup pour l’homme. Ou plutôt si, mais le loup, comme les oiseaux, les insectes, les plantes et les bactéries, privilégiera toujours la collaboration à la compétition. Pablo Servigne nous explique comment l’homme peut aussi s’y (re)mettre.

De Thomas Hobbes à The Walking Dead, une certitude a façonné notre vision du monde au cours des quatre derniers siècles : l’égoïsme est le fondement de la nature humaine, et de la nature tout court. L’état de nature, c’est « la guerre de tous contre tous », pour citer le philosophe anglais. Supprimez l’État et les hommes pillent, tuent et se dévorent les uns les autres comme les zombies de la BD brillamment adaptée en série.

 

Étrange… New York n’a pourtant pas été submergé par des hordes de pilleurs le 11 septembre 2001. Du séisme qui a ravagé San Francisco en 1906 à celui d’Haïti en 2010, après le tsunami de 2004 dans l’océan Indien ou l’ouragan Katrina à la Nouvelle-Orléans l’année suivante, aucun chaos n’a éclaté, les pulsions meurtrières, les vols et les agressions sexuelles n’ont pas explosé. 

Bouleverser les imaginaires

C’est même plutôt l’entraide et la coopération qui ont surgit spontanément, d’après les observations qu’ont relevé Pablo Servigne et Gauthier Chapelle. Dans leur ouvrage paru le 12 octobre, L’Entraide, l’autre loi de la jungle (Les liens qui libèrent, 2017), les deux docteurs en biologie remettent en cause nos vieilles croyances sur la nature humaine. « Les représentations que nous avons de foules irrationnelles hurlant et courant en tous sens proviennent des histoires qu’on se raconte ou qu’on voit au cinéma, pas de la réalité. […] Si la panique est rarissime, l’entraide, elle, est bien au rendez-vous », assurent-ils.

« La théorie de la sélection naturelle émise par Darwin tombait à point nommé. Elle a servi de fondement idéologique au capitalisme naissant, en Angleterre » 

Lors de catastrophes, mais également au quotidien, l’entraide serait omniprésente. Un trait de caractère universel, ancré dès la plus petite enfance, mais dont l’action serait rendue invisible par les mythes fondateurs de notre société. « La théorie de la sélection naturelle émise par Darwin tombait à point nommé. Elle a servi de fondement idéologique au capitalisme naissant, en Angleterre. La mauvaise interprétation, plus ou moins volontaire, qui a été faite de Darwin, permettait d’imposer la compétition et les mécanismes du marché ultralibéral qui rendent les plus forts toujours plus forts », nous explique Pablo Servigne, également connu comme collapsologue et co-auteur du livre Comment tout peut s’effondrer (Seuil, 2015).

Des bénévoles aidant à la distribution de nourriture et de vêtements après le passage de l'ouragan Sandy en 2012, sur la côte Est américaine
Des bénévoles aidant à la distribution de nourriture et de vêtements après le passage de l'ouragan Sandy en 2012, sur la côte Est américaine. (Image : Shutterstock) 

En 300 pages, aussi vulgarisantes que convaincantes, les deux auteurs se sont attelés à démonter le mythe. Ils convoquent les neurosciences, la génétique, la biologie, la psychologie, l’éthologie, l’économie ou l’anthropologie pour démontrer que la loi de la jungle, depuis des milliards d’années, ne favorise pas le plus fort, mais bien souvent le plus coopératif. « Si on affirme que la nature humaine est altruiste et que la nature est coopérative, on passe pour un naïf. On nous rétorque que c’est illogique. Il y a là un biais dans l’imaginaire et le but de ce bouquin est de créer des déclics qui viennent bouleverser ces imaginaires », résume Pablo Servigne.

La sécurité sociale des arbres 

L’histoire de la vie sur Terre revisitée sous le prisme de la coopération est fascinante. À chaque étape de l’évolution, des premières bactéries procaryotes il y a plus de 3 milliards d’années aux premiers hommes, les êtres vivants ont survécu et se sont transformés grâce à la coopération. Sans entraide, nous ne serions tout bonnement pas là.

La « symbiodiversité » est présente à divers degrés, de la collaboration ponctuelle à la fusion complète, et à toutes les échelles. Une cellule dotée d’un noyau ? La fusion entre une grande bactérie (une archée) et un virus (devenu noyau). Les forêts ? Les arbres produisent du sucre par photosynthèse et en donnent aux champignons contre les minéraux que ces derniers collectent. Entre eux, les arbres partagent les nutriments selon des mécanismes incroyables que les auteurs comparent à une véritable « sécurité sociale ».

Une cellule de vaisseau sanguin dont le noyau apparaît en bleu. Dans un lointain passé, les ancêtres de ce noyau étaient un virus isolé. (Image : Wikipédia) 

Partout, les animaux coopèrent entre eux, au sein de l’espèce et aussi entre espèces. Nous-mêmes serions incapables de digérer et de résister à certains agents pathogènes sans les milliards de « bonnes » bactéries qui nous rendent ces services contre le gîte et le couvert. En fait, la loi de la jungle n’avantage pas les individus les plus forts mais les groupes les plus forts, donc les plus coopératifs.

De Kropotkine à Harari

L’essentiel de l’ouvrage s’attarde sur le cas de l’être humain. Gauthier Chapelle et Pablo Servigne décrivent de nombreuses expériences sociologiques dont le résultat est le suivant : l’homme aurait un penchant spontané pour aider son prochain, il serait généreux même sans contrepartie.

« Dès l’âge de 14 à 18 mois, les bébés viennent spontanément aider un adulte en difficulté. Ces préférences prosociales peuvent même s’exprimer dès 3 à 5 mois » 

Le modèle cognitif du psychologue Daniel Kahneman (prix Nobel d’économie en 2002) aide a comprendre comment nous serions « intuitivement » altruistes mais aussi comment la culture et l’environnement peuvent bouger le curseur de nos réflexes généreux ou égoïstes. Les auteurs décortiquent notre cerveau à coup de neurones miroirs et d’ocytocine et y cherchent des fondement pour réhabiliter l’altruisme. « L’entraide et la générosité font non seulement du bien au moral, mais contribuent à l’augmentation du sentiment de bonheur ! » Ou encore : « Dès l’âge de 14 à 18 mois, les bébés viennent spontanément aider un adulte en difficulté. Ces préférences prosociales peuvent même s’exprimer dès 3 à 5 mois. »

Les lichens, capables de survivre dans des conditions extrêmes pendant plusieurs centaines d'années pour certains, sont le produit d'une symbiose entre une algue et un champignon. (Shutterstock)

Les mécanismes de don et contre-don de Marcel Mauss, « l’empathie mature » définie par le psychiatre Serge Tisseron, la compassion chère à Matthieu Ricard… Les auteurs réalisent un gigantesque travail de synthèse partant de Pierre Kropotkine, fondateur du concept d’entraide, jusqu’à Yuval Harari et son concept - développé dans le best seller Sapiens - de « révolution cognitive » ayant fait émerger l’ultrasociabilité humaine. Il en ressort la conclusion que l’entraide, trop longtemps reléguée au rand de comportement anecdotique, joue un rôle central, immuable mais aujourd’hui étouffé, dans l’organisation du vivant en général, et des sociétés humaines en particulier.

Pour Pablo Servigne, l’objectif est de rééquilibrer notre vision du monde, qui exacerbe aujourd’hui l’égoïsme et l’individualisme. Mais il assure se garder de tout angélisme ou manichéisme : « Il ne s’agit pas de nier l’existence de la compétition et de l’agression, qui font partie du vivant et sont aussi indispensables pour poser des limites, un territoire ou lors de la reproduction. La compétition et la coopération sont les deux jambes du vivant, mais aujourd’hui nous avons une jambe hypertrophiée. L’idée est de réapprendre à marcher, de retrouver l’usage de notre jambe atrophiée fondée sur l’entraide. »

"Vous me débarrassez de ces saloperies de parasites et en échange je vous nourris. Deal ?" (Shutterstock)

Les auteurs s’inscrivent dans un mouvement préexistant qu’ils espèrent voir grandir. « Nous sommes dans une lignée intellectuelle, avec Matthieu Ricard, Jacques Lecomte, le mouvement convivialiste et en remontant jusqu’à Pierre Kropotkine et Darwin. On voit aujourd’hui la résurgence de l’économie collaborative, du peer to peer, l’émergence d’une nouvelle culture de l’horizontalité », constate Pablo Servigne.

L’entraide pour sortir de la crise climatique ?

Davantage d’interconnexions et de culture de la collaboration ne seraient pas de trop pour faire face aux dangers planétaires du siècle, à commencer par le réchauffement climatique. Mais n’est-il pas déjà trop tard pour ressusciter ces facultés enfouies ? Les auteurs se posent la question mais laissent peu d’espoir quant au dénouement. La trop lente avancée des négociations climatiques, freinées par les inégalités entre pays, l’absence de vision commune et tous les blocages résultants, selon les auteurs, de notre culture séculaire de l’égoïsme, laissant présager du pire.

« Le problème, ce n’est pas la pénurie, c’est d’arriver en situation de pénurie avec une culture de l’égoïsme » 

Mais en bon collapsologue, Pablo Servigne estime que le plus important n’est pas l’effondrement - inévitable, selon lui - mais la manière dont nous nous y serons préparés : « Le problème, ce n’est pas la pénurie, c’est d’arriver en situation de pénurie avec une culture de l’égoïsme. Pour éviter le chaos social, il nous faut anticiper, avoir une culture de la coopération. Ce bouquin est une boîte à outils conceptuelle pour les temps de tempête. »

Reste que la coopération pose un autre problème, et un problème de taille : les mécanismes comme la « réciprocité étendue » ou la « réciprocité invisible » décrits dans l’ouvrage permettent la formation de groupes et la coopération entre groupes, mais l’entraide résiste mal aux grands nombres. « Selon l’anthropologue britannique Robin Dunbar, notre cerveau est adapté pour entretenir un réseau social (et interagir convenablement) de maximum 150 personnes », écrivent les auteurs. À l’échelle des groupes, les inégalités, entre autres obstacles, détruisent l’entraide. D'ailleurs, Sully, le premier ministre de Henri IV, rêvait déjà en son temps d’une Europe redécoupée entre États égaux mieux à même de collaborer.

L'Europe imaginée par Sully, constituée de nations à la puissance sufisamment équilibrée pour permettre la coopération. (Source : Bernard Barbiche, In : Historia n°652, avril 2001) 

Êtres sociaux sans réseaux sociaux

Les technologies numériques ne permettent-elles pas de dépasser ces limites ? Certains, comme l’anthropologue Alain de Vulpian, y voient l’opportunité d’atteindre un nouveau niveau de conscience en connectant tous les individus, reliés entre eux « comme un cerveau ». Mais Pablo Servigne n’y croit pas : « Ces technologies ont certes permis de faire émerger une culture de la coopération, de l’horizontalité, qui est beaucoup plus puissante que la culture classique pyramidale. Mais on arrive dans une époque de pénurie, avec un pic pétrolier, un pic des ressources, des minerais. La sphère virtuelle sera la première chose qui s'effondrera ».

« Il ne faut pas avoir peur de l’effondrement de la sphère virtuelle. On peut développer une conscience collective sans technologie »

L’idée n’est toutefois pas de démoraliser les troupes : « Il ne faut pas avoir peur de l’effondrement de la sphère virtuelle. On peut développer une conscience collective sans technologie. Les premiers peuples amérindiens le faisaient très bien, ils avaient une cosmologie et une manière de vivre en interdépendance avec le vivant. On peut apprendre à se reconnecter sans les nouvelles technologies, sans indium ni palladium ».

De cet ouvrage passionnant, chacun pourra donc retenir la leçon qui lui plaira : enseignement philosophique, pistes d’organisations politiques (recentrées sur des groupes de taille optimale), ouverture spirituelle à tendance anti-spéciste, préparation à l’effondrement ou bien le simple plaisir de porter un regard moins sombre sur ses congénères, ou du moins sur leur potentiel. « On a apporté notre petite pierre pour faire émerger une culture de l’entraide, espère Pablo Servigne. Il faut que tout le monde, notamment les artistes, s’en emparent pour créer de nouveaux récits et de nouveaux mythes. Mais bien malin qui saura à quoi ressemblera cette culture dans dix ans… »

 

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Image à la une : Shutterstock

 

Massage aimant

Par Le 30/10/2017

Telechargement

 

Une pratique véritablement enrichissante, pour soi et pour la vie du couple. Depuis six ans maintenant que nous partageons ces moments, chaque semaine, nous avons pu voir une étonnante évolution dans la qualité d'émission et de réception. 

La Pleine Conscience est le point crucial du massage.

Le bénéficiaire du massage :  Il ou elle aura pour tâche de visualiser assidûment les mouvements des mains et chaque zone parcourue, de s'extraire des tourments ou des simples pensées intrusives. Il s'agira d'établir un lien sensoriel constant entre les perceptions et leur saisissement. Ce "travail", peu à peu, au fil des semaines, des mois, des années...améliore considérablement la conscience de soi, corporellement mais également spirituellement. L'observation maintenue est un excercice qui deviendra un élément fondamental de l'individu, un besoin, une nourriture, une forme de vie entière. C'est bien évidemment également un lien émotionnel très puissant avec le partenaire de par les échanges d'énergies. 

Cette quête de la Pleine Conscience durant le massage s'étend peu à peu à la vie quotidienne. C'est cela le plus émouvant. Comme si cet état de plénitude et d'absorption, de calme intérieur et de réceptivité parvenait à un certain niveau et devait s'étendre par manque de place ou qu'il finissait par s'infiltrer dans les carapaces de l'individu identifié. Dans le massage, il se crée un effacement profond de l'identité. C'est l'osmose entre le corps et l'esprit qui devient la "norme".

 

Le dispensateur du massage : Il peut paraître étrange de considérer que le masseur bénéficie lui aussi des bienfaits du massage et c'est pourtant éminemment le cas. Les énergies se "soignent" mutuellement et le masseur, qui a pour intention de prodiguer des bienfaits, se trouve par conséquent dans une "posture émotionnelle amoureuse", dans le sens où il œuvre au bonheur de l'être aimé. Cette énergie qu'il diffuse, par ses mains, s'installe dans un système commun, une boucle, un circuit interne qui relie les deux individus. 

Le masseur est simultanément massé, non pas dans un contact matériel mais par l'entité éthérique créée par le massage conscient. Comme si l'énergie délivrée par le massage revenait en écho dans le corps du masseur. C'est de délivrer le corps de l'être aimé de toutes ses tensions quotidiennes qui génère le flux aimant qui enveloppe les deux partenaires. 

Il nous arrive parfois, le lendemain d'un massage, de ne plus savoir qui a été massé et qui a été masseur...

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On a vu se développer également une sensibilité profonde de chaque zone du corps : les articulations, le creux poplité, les chevilles, les oreilles, le crâne, les doigts, les aisselles… L’exploration par le massage implique une attention immédiate, non pas dans l’attente d’un soulagement mais juste dans le saisissement des contacts.

C’est là, bien évidemment, que cet enseignement de l’instant présent, vient s’adjoindre à la sexualité.  

Tout comme dans le massage, il ne s’agit pas d’avoir une intention mais d’être dans l’attention. L’intention viserait l’orgasme et priverait l’individu du saisissement de chaque instant. L’attention, au contraire, reste impliquée dans cet instant et entraîne les deux individus dans un plaisir constant, un orgasme continu, non pas sur un plan génital mais bien davantage holistique. Un orgasme énergétiquement spirituel avant de devenir physique.

Là aussi, d’ailleurs, tout comme dans le massage où il arrive de ne plus savoir qui est masseur ou massé, les ressentis physiques dans les étreintes longues ne sont plus constamment sexués sur un plan organique, homme-femme mais s’étendent dans une dimension principalement énergétique. Les sensations de l’un et de l’autre s’échangent, comme dans une osmose du féminin et du masculin, une complétude retrouvée, une enveloppe dans une dimension de polarité magnétique, générant une aimantation parfaitement équilibrée.

Le massage intégral engendre bien évidemment une auscultation intérieure de son propre corps mais également de celui de l’autre. De masseur à massé, chaque individu part à l’aventure de territoires inconnus ou délaissés.

La sexualité se nourrira de cette cartographie sensorielle.

Cela ne signifie pas pour autant que les séances de massage doivent être conduites avec une intention érotique. Elles sont essentiellement un lien énergétique, un bien être à vivre pour soi, en soi, sans rien d’autre en tête.

L’attention est toujours le but et l’intention son adversaire.

Le plaisir du massage n’a pas besoin d’être sexualisé pour combler les individus. Le massage des zones érogènes ne sera rien d’autre qu’un massage. Les deux individus, tout entier, corps et âme, sensations et pensées, décideront de la suite.

 

Il viendra d’ailleurs un temps pour ceux et celles qui sauront se montrer assidus où le massage sera sexuel et la sexualité un massage puisque la corporéité grandissante des individus à travers la pleine conscience de l’attention englobera dans une entité nouvelle les corps et les âmes.

Il arrivera donc un moment où donner ou recevoir un massage deviendra aussi intense qu’une relation sexuée puisque tout ce qui s’éveillera dans ce flux puissant du partage sera nourri par l’amour : l’amour de l’autre, de soi et de la vie en soi et dans l’autre.

C’est un tout, un organisme énergétique, un placenta qui favorise la croissance commune des êtres.

Massage

Herboristerie

Par Le 30/10/2017

Plantes apaisantes

En usage externe, principalement sous forme de cataplasme, les plantes apaisantes peuvent soulager foulures, douleurs articulaires et voies respiratoires.
En usage interne, sous forme de tisane, d'infusion ou de décoction, ces plantes médicinales peuvent aider à lutter contre l'insomnie et le mal de tête.
Les simples peuvent également avoir un effet apaisant dans le cas d'inflammations, notamment articulaires ou des voies respiratoires.
Enfin, certaines plantes médicinales peuvent également avoir un effet antistress.

Bain relaxant à la marjolaine

Plantes digestives

Repas trop riches ou pris trop vite, environnement stressant, alimentation inadaptée, sédentarisation et position coupant la digestion, le mode de vie contemporain met le système digestif à rude épreuve. Ballonnements, spasmes, perturbations du transit intestinal…certaines plantes médicinales permettent de contrer ces petits maux.

Plantes dermatologiques

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Bien-être au naturel : le thym

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Bien-être au naturel : la verveine citronnelle

Sous forme de cataplasme, de gel ou de pommade, un certain nombre de préparations à base de plantes redynamisent l'épiderme, soignent les éruptions cutanées, eczémas et autres mycoses, hydratent, apaisent et assouplissent la peau. Les plantes médicinales peuvent également permettre de soigner les petites coupures et plaies, les brulures légères et de soulager des piqûres d'insectes.

Lotion corporelle pour réveiller votre peau
Soins capillaires au bouleau
Éliminer les points noirs
Baume réparateur pour pieds crevassés
Après-shampoing au thym pour la beauté des cheveux
Macération d'achillée millefeuille contre les minicoupures


 

Plantes "coups de fouet"

En apportant vitamines et sels minéraux, mais aussi en favorisant l'élimination des toxines, ces plantes médicinales redynamisent le corps et aident à surmonter les fatigues passagères.
 

Bouillon de légumes d'hiver reminéralisant
Infusion contre la dépression hivernale ( millepertuis & sauge officinale )

A savoir :
Les principes actifs des plantes médicinales peuvent occasionner des effets indésirables lorsqu'ils sont pris en même temps que certains médicaments. Il peuvent également être contre-indiqués dans le cas de certaines pathologies. Si des troubles surviennent, n'hésitez pas à consulter votre médecin.

 

Le besoin d'écrire.

Par Le 29/10/2017

Je participe à une société de consommation qui me déplaît fortement. Je suis un des éléments de cette humanité qui dans son ensemble est responsable partiellement du réchauffement climatique. Est-ce que d'en avoir conscience me dédouane de cette responsabilité ? Non.

On peut même considérer qu'un individu qui en aurait conscience et n'agirait aucunement pour réduire son empreinte serait bien plus responsable. Par conséquent, que puis-je faire pour éviter que mon existence soit entachée par ces méfaits ? Réduire, réduire tout au possible, dans la limite de mes besoins. C'est à dire exclure ce qui ne serait qu'un désir.

Je n'ai pas besoin, par exemple, de manger d'animaux et je n'en ai donc plus aucun désir.

Le désir ne crée pas de besoin ; il l'invente.

Il faudrait donc que je jette cet ordinateur dont la fabrication a contribué à l'épuisement de la planète et dont l'usage réclame une électricité nucléaire ? Non. Parce que son usage répond à un besoin et non à celui d'un désir.

 

Le besoin de partager pour réfléchir, le besoin d'écrire pour que mon empreinte spirituelle soit enfin une belle chose venant de moi. Comme une offrande à la vie en dédommagement de mes outrages d'humains exploiteurs.

Cirques et souffrances animales

Par Le 29/10/2017

Les animaux ne sont pas des clowns
Les animaux ne sont pas des clowns
 
Signez la pétition

 

Monsieur le Directeur du magasin Toys’r us de La Queue en Brie
Copie Monsieur le Maire de La Queue en Brie

Monsieur,

Cela ne vous aura pas échappé , nous sommes au 21ème siècle.
Il nous paraît bien loin le temps des jeux du cirque, des bêtes sauvages et féroces luttant dans l’arène pour leur vie face aux lances acérées des gladiateurs, eux-mêmes en proie à la même lutte. C’était il y a fort longtemps me direz vous et pourtant.

Plus de deux mille ans se sont écoulés et les mêmes bêtes sauvages - tigres, zèbres, ours, éléphants et j’en passe - continuent d’être données en spectacle.
Elles sont condamnées à une vie en cage ( de transport) avec juste un passage ( cage de passage) dans l’arène ( cage de présentation) le temps d’exécuter un petit numéro d’un autre âge devant des spectateurs qui ignorent tout de ce qui se passe en coulisses.

Savent-ils que pour le plaisir de voir un éléphant s’assoir sur un tabouret, cela représente une vie de souffrance tout simplement parce que sa morphologie ne le permet pas ? 
Savent-ils qu’au bout du bâton, le dompteur active un aiguillon comme une lame de couteau pour forcer l’animal à exécuter son numéro ? 
Que le dompteur contraint l'éléphant par une piqure derrière les oreilles, partie du corps très sensible, car très vascularisée, mais que les touristes ne verront pas ?
Que le tigre, ayant passé son cercle de feu, n'aura que sa cage exigüe pour seul avenir ?
Que pour le plaisir de voir un ours debout faire des claquettes, c’est une vie de misère derrière des grilles desquelles il dodelinera toute sa vie, soumis au stress et à l’ennui ?

N’avez-vous que la souffrance à offrir en spectacle à nos enfants ?
Évidemment non.

Pourquoi ne pas attirer vos clients et redynamiser vos ventes en innovant avec d’autres actions ?
Des saltimbanques, comédiens ( ce ne sont pas les intermittents du spectacle qui manquent), des challenges sportifs proposés aux enfants inscrits... que sais je encore !

Au 22 octobre 2017, 62 communes françaises, dont 15 de plus de 20 000 habitants, disent non aux cirques avec animaux.

Au nom des signataires de cette pétition, je vous en conjure, renoncez à l’implantation des cirques avec animaux sauvages sur vos parkings et dans votre commune. 

Respectons ces animaux, respectons-nous.

« Le degré d’évolution et la valeur d’une nation se reconnaît à la façon dont celle-ci traite ses animaux » Mahatma Gandhi.

 

Signez la pétition
 
Informez vos amis de ce combat citoyen.
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Fonte des glaciers

Par Le 29/10/2017

Pourquoi la fonte des glaciers alpins ne concerne pas uniquement les skieurs de la Toussaint

Si rien n'est fait pour lutter contre le réchauffement climatique, la fonte de ces neiges pourrait bien être irrémédiable. Franceinfo revient sur ce phénomène dont les conséquences ne se limitent pas seulement aux amoureux de la glisse.

Une vue aérienne du glacier d\'Argentière, en Haute-Savoie, le 24 avril 2017.
Une vue aérienne du glacier d'Argentière, en Haute-Savoie, le 24 avril 2017. (PHILIPPE ROY / AFP)

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Marie-Violette BernardFrance Télévisions

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Le glacier des Deux-Alpes est à nu. Pour la première fois depuis quarante ans, le domaine skiable isérois ne sera pas ouvert pour les vacances de la Toussaint, a indiqué France 2, samedi 21 octobre. En cause : l'absence de neige en haut des pistes. 

Et le glacier pourrait enregistrer une fonte record cette année. "2017 est une année très particulière, souligne Delphine Six, glaciologue à l'Institut des géosciences de l'environnement, dans les colonnes de 20 Minutes. Il s’agit d’une année catastrophique qui s’inscrit dans une lignée catastrophique." Et ce phénomène affecte l'ensemble du massif alpin.

"Un glacier repose sur un équilibre entre deux phénomènes : l'accumulation de neige au sommet et la fonte de la glace en bas, explique à franceinfo Christian Vincent, ingénieur au CNRS. Lorsque l'accumulation est plus importante, le glacier grandit. Lorsque la fonte l'emporte, il diminue. Nous sommes depuis trente ans dans une phase où la fonte l'emporte clairement."

Certains glaciers "auront disparu d'ici 2100"

Entre 2003 et 2015, les glaciers alpins ont ainsi perdu 25% de leur superficie, révèle le laboratoire de Glaciologie et géophysique de l'environnement (LGGE) de Grenoble. Les scientifiques ont étudié six sites, en France, en Autriche et en Suisse. En exploitant des données plus précises que celles jusqu'ici utilisées, ils ont découvert que les glaciers alpins perdaient en moyenne 1,80 mètre de glace par an. Les scientifiques pensaient jusqu'ici que cette fonte était de seulement 1,15 mètre chaque année.

L'accélération de la fonte des glaciers constitue l'un des effets du changement climatique, observent les chercheurs ayant mené l'étude (en anglais). "Ce phénomène est observé sur tous les glaciers du massif Alpin situés sous une altitude de 3 500 mètres", souligne Christian Vincent. Certaines années, comme 2003, 2015 ou 2017, sont particulièrement inquiétantes. "A ce rythme, il ne fait aucun doute que tous les glaciers situés sous cette altitude auront disparu d'ici 2100, martèle le glaciologue. Même avec un scénario de réchauffement climatique modéré, celui de Saint-Sorlin [Savoie] disparaît d'ici 2080, alors qu'il est situé à 3 460 mètres d'altitude."

La situation est moins préoccupante pour les glaciers situés à très haute altitude qui bénéficient de conditions plus favorables. "Au-dessus de 3 500 mètres, ils vont diminuer mais résister longtemps au réchauffement climatique", assure Christian Vincent. L'épaisseur du glacier du dôme du Goûter, l'un des contreforts du mont Blanc, n'a ainsi varié que "de quelques mètres seulement depuis le début du XXe siècle". "Par comparaison, le bas de la mer de Glace a enregistré une perte de 120 mètres sur la même période", souligne le glaciologue. Il n'y a toutefois que peu de glaciers au-dessus de 3 500 mètres dans le massif alpin.

Les cours d'eau affectés par les changements

Cette fonte inéluctable des glaciers ne concerne pas uniquement les skieurs et les alpinistes, qui verront la superficie de leurs terrains de jeu diminuer dans les prochaines décennies. "Les glaciers alimentent les cours d'eau, avec des débits plus importants pendant l'été, rappelle Christian Vincent. L'accélération de la fonte va avancer ces pics dans l'année mais aussi réduire le débit de certains cours d'eau. Cela peut notamment affecter la production d'électricité des barrages." 

Le massif alpin ne devrait toutefois pas connaître la même situation que celle observée, mi-avril, dans le territoire canadien du Yukon : la fonte, en seulement quatre jours, du glacier Kaskawulsh avait modifié le ruissellement des eaux et donc l'écoulement de deux rivières. "Il n'y aura pas de situation catastrophique dans les Alpes, ni même de grave épisode de sécheresse, car cette zone bénéficie de précipitations régulières qui continueront à alimenter les cours d'eau", estime ainsi le glaciologue.

Avalanches de glace et glissements de terrain

Christian Vincent s'inquiète aussi de la chute des glaciers suspendus, situés à très haute altitude. Leur température interne est négative, entre -11°C et -17°C sur ceux du massif du mont Blanc, contre 0°C pour les glaciers situés plus bas. "Ces glaciers se situent sur des pentes très raides mais sont 'collés' à la roche par les températures négatives. S'ils venaient à se réchauffer, de l'eau coulerait à leur base et pourrait les faire déraper subitement, provoquant des avalanches de glace." 

Ce phénomène représenterait évidemment un grave danger pour les alpinistes. Mais pas seulement. "Quelques glaciers des Alpes françaises surplombent des vallées, comme celle de Chamonix, souligne Christian Vincent. Cela pose donc la question de la gestion du risque en aval." Concrètement, certaines habitations, situées sur les communes de Chamonix et des Houches, sont menacées.  

Pour ne rien arranger, le réchauffement climatique "dégrade" aussi "le permafrost, le sol gelé en permanence qui cimente les montagnes", indique Ludovic Ravanel, géomorphologue au CNRS, au Dauphiné Libéré. Cela peut entraîner "des laves torrentielles", des "coulées de boue" ainsi que d'importants glissements de terrain. Le 23 août dernier, quelque quatre millions de mètres cubes de roches et de terre se sont ainsi détachés du Piz Cengalo, tuant huit randonneurs et dévastant le village suisse de Bondo.

Des bâches pour protéger la glace

Certaines mesures sont testées pour faire face aux fontes. Des bâches blanches peuvent être installées sur des pans de certains glaciers, comme sur celui du Rhône, en Suisse. "Cela permet de réfléchir les rayonnements [du soleil] et de réduire la fonte de 30% environ", détaille Christian Vincent, citant "des études menées en Autriche". "Le problème, c'est qu'on ne peut pas laisser ces bâches toute l'année et qu'elles ne peuvent être installées que sur de petites surfaces", explique le glaciologue.

 

Des touristes visitent le glacier du Rhône (Suisse), protégé par des bâches blanches, le 19 juillet 2016.
Des touristes visitent le glacier du Rhône (Suisse), protégé par des bâches blanches, le 19 juillet 2016. (MAXPPP)

 

En septembre, la station des Deux-Alpes a installé six canons à neige sur le glacier, pour le recouvrir d'un manteau protecteur, rapporte Le Parisien. "L'avantage de la neige de culture, c'est qu'il s'agit d'une neige beaucoup plus dense que la neige naturelle. Elle fond donc moins rapidement, explique au quotidien Arnaud Guerrand, responsable de l'enneigement aux Deux-Alpes. Autre avantage, cette neige de culture est également plus blanche. Or, plus un matériau est blanc, plus il renvoie les rayonnements et donc la chaleur." "C'est très efficace, car la neige artificielle augmente l'accumulation", abonde Christian Vincent.

Mais, selon le chercheur du CNRS, ces mesures ne sont "que des solutions limitées". "Il n'y a pas de solution à long terme et la disparition des glaciers de moins de 3 500 mètres d'altitude semble donc irrémédiable, estime Christian Vincent. Il faudrait vraiment ralentir le réchauffement planétaire, initier un changement drastique du climat, pour que nos glaciers retrouvent une bonne santé."

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