Là-Haut

Articles de la-haut

1000 pages

Par Le 24/05/2012

Je tiens un dossier word dans lequel je compile tous les textes personnels que j'écris sur mon blog. Je viens de m'apercevoir en le mettant à jour que j'ai franchi les 1000 pages. 

Si seulement je pouvais tout arrêter et écrire, écrire...Cette impression d'avoir à peine commencé à marcher...

Je ne peux pas faire autrement.

Par Le 24/05/2012


« Ne t’invente pas des armées d’ennemis pour excuser tes propres faiblesses. « Jarwal le lutin

Je repensais à cette maxime de ce cher lutin et j'établissais le parallèle avec les difficultés que je rencontre pour être édité. J'ai écrit huit romans, deux sont publiés, un neuvième est en cours...Bon, il doit bien y avoir une raison. C'est certainement trop facile de rejeter la faute sur les éditeurs qui ne comprennent pas mon immense talent :))) Plus sérieusement, je sais bien depuis le temps que mes textes les rebutent parce que pour eux, ils concernent une "niche littéraire" et n'ont pas un potentiel de vente suffisant. Il faudrait donc que "j'adoucisse" ma prose, que je la simplifie. L'exigence serait mon ennemie ou ma faiblesse. Mais se pose dès lors, à travers cette simplification éventuelle, mon propre cheminement.
Je sais que mes livres m'enseignent. Ça peut paraître étrange mais ils sont le fil conducteur et non seulement des éléments conduits. Ils tracent eux aussi des routes et je suis le passager. Alternance constante entre ce que je produis et ce moment fabuleux où les mots s'enchaînent dans une fluidité incroyable parce que "j'ai" disparu et que je ne suis plus que le transmetteur et non seulement l'écrivain. C'est cette exigence et cet approfondissement qui créent ce flux libérateur. L'histoire m'appartient toujours mais pas les introspections qu'elle génère. Et ce fusionnement entre l'écrivain et le Soi n'est possible qu'au bout de ce chemin éprouvant de la vigilance. Si je décidais d'abandonner ce que je porte pour ne plus être que le transcripteur d'une histoire, je finirais peut-être par devenir un écrivain reconnu. Mais je ne me reconnaîtrais plus.

Ce qui m'importe d'ailleurs, c'est que le lecteur rencontre lui aussi sa propre disparition. Que l'histoire, nourrie par "cette écriture exigeante" devienne un effaceur de l'individu, qu'il disparaisse lui-même dans les atermoiements, les élévations, les tourments, les révélations, les drames, les rencontres, les fusions, l'inexplicable, l'invisible, l'irrationnel, que la vie du lecteur soit aspirée par cette exigence, que les mots, les idées, les pensées, les émotions l'envahissent jusqu'à ce qu'il n'ait plus conscience de lire, jusqu'à ce que la vie du livre coule en lui, jusqu'à ce que les mots résonnent en lui indéfiniment, qu'il ne puisse plus s'en défaire, qu'ils deviennent des compagnons, que le livre lui-même n'existe plus et qu'il ne reste que ce fil de vie qui relie l'existence des personnages et celui qui les accompagne et plus beau encore, qu'ils ne fassent plus qu'un.

Je vais donc garder mes faiblesses littéraires et continuer ma route.

Evaluations nationales

Par Le 23/05/2012

Sur le fond, je ne dirai pas ce que j'en pense...Mais je suis consterné par la dictée qui est proposée.

"La découverte d'un zoo"

Pendant les dernières grandes vacances, en juillet, toute la famille de Pierre a visité un zoo. Les lions étaient un peu endormis; ce sont des bêtes féroces qui ressemblent alors à de grosses peluches. Mais quand une lionne a rugi, les visiteurs ont eu peur. Les singes étaient très drôles, comme toujours. Ils jouaient entre eux; ils sautaient de branche en branche en se tenant avec une seule main. Les enfants ont appris qu'il est interdit de donner de la nourriture aux animaux. Les gardiens surveillent avec beaucoup d'attention. "

Ce texte, pour moi, montre à quel point les technocrates sont totalement incapables de cerner les discussions que des enfants de CM2 peuvent tenir, les réflexions qui sont le quotidien d'une classe dès lors qu'on prend le temps de discuter avec les enfants.

Un zoo est un mouroir, les lions ne sont pas des "bêtes féroces" ni de "grosses peluches" . Les singes ne s'amusent pas.

 

Pour moi, c'est consternant, affligeant et très représentatif de l'image que ces fonctionnaires du ministère ont des enfants. Effectivement, j'imagine bien la tête qu'ils feraient s'ils entendaient les commentaires de mes élèves à cette dictée. Une élève a d'ailleurs marqué dans la marge que "ce texte est débile". Tout comme les gens qui l'ont écrit.

Reflets du temps

Par Le 19/05/2012

Un article que ce site me fait l'honneur de diffuser. Aussi douloureux que soit le sujet, c'est un grand bonheur.

http://www.refletsdutemps.fr/index.php?option=com_zoo&task=item&item_id=1671&Itemid=2

L'école

Ecrit par Thierry Ledru le Samedi, 19 Mai 2012. Dans Société, La une, Education

L'école

Je récupère mon garçon, lycéen et j’écoute sa semaine pendant la route.

Et je m’entends parler à mes parents, il y a trente ans.

Comment est-ce possible ? Comment expliquer que ces rapports conflictuels, que cette incommunicabilité, que cette distance effroyable entre de jeunes individus et des personnes matures puissent encore exister ? Comment justifier que les programmes soient toujours entachés de connaissances inutiles, totalement abstraites pour des esprits qui sont à des années lumières de ce qui leur est imposé, comme si en trente ans les adolescents n’avaient pas changé, que ce monde technologique n’existait pas, que cette effervescence de communication n’était pas entrée dans les têtes des technocrates qui maintiennent sclérosés un monde scolaire terriblement isolé.

Des notes, des contrôles, des sanctions, des rapports de force, des humiliations, des menaces, des insultes parfois… Des examens, des concours, une course au métier, une compétition acharnée, exacerbée par ces professeurs qui usent de leur bulletin scolaire comme d’une guillotine. « Marche ou crève ». « Il faut maintenir les statistiques pour le BAC et puis je vais bientôt être inspecté ».

Quelles sont leurs motivations, quelles sont leurs raisons d’être là ?


Tout ce que j’ai connu il y a trente ans. Comme si ce monde de l’Education Nationale et ses représentants n’étaient en fait qu’une forme de vie fossilisée, agitée de l’intérieur par des fantômes.

J’ai eu pourtant des professeurs qui m’ont marqué. Trois exactement. Un professeur de Français au collège, un professeur de Français au lycée, une professeure de philosophie en Terminale.

Combien y en a t-il que j’ai détestés et que j’ai fini par oublier ? Une cinquantaine…

C’est effrayant.

Léo raconte : Cours de français, Apollinaire et ses techniques d’absence de ponctuation. Léo est en 1ère S. La prof devrait tenir compte des centres d’intérêt de cette classe et adopter son cours, le rendre actif, participatif, tourner même en dérision l’insignifiance absolue de ces paramètres techniques de la poésie. Qu’elle ne soit pas capable de prendre conscience que sa classe se contrefiche de ce cours académique, de ces notes qu’elle récite depuis quarante ans et que les élèves doivent copier en vue du contrôle-surprise à venir, qu’elle fasse mourir dans la tête de ces jeunes toute éventuelle surprise et pourquoi pas intérêt pour la poésie, qu’elle en vienne à tuer la mémoire anarchiste d’Apollinaire qui serait écœuré de ce massacre, comment est-ce possible ?

Comment tout cela est-il possible ?

Que font-ils là ces professeurs ?

Comment expliquer que dans les sphères de l’Éducation Nationale, d’autres individus encore plus obtus, limités, circonscrits à leurs connaissances techniques aient pu accéder à des postes de décideurs ?

Comment justifier que des générations de collégiens et de lycéens continueront à être martyrisés par des rapports humains dignes d’une enceinte carcérale ?

Et ça n’est pas que Léo qui me parle de ce calvaire. Trente ans que je suis instituteur. Trente ans que j’entends d’anciens élèves vomir leur dégoût.

QUI A UNE EXPLICATION ?

Pour ma part, je dirais déjà qu’un prof qui entre dans ce métier par amour d’une matière scolaire, d’une connaissance, pour prolonger ce bonheur du savoir accumulé, celui-là se trompe.

On n’enseigne pas ce qu’on sait, on enseigne ce qu’on est. Et un prof se doit d’être avant tout un diffuseur d’humanité. Un prof qui ne sentirait jamais jaillir en lui, jusqu’aux larmes, ce bonheur de l’osmose des âmes, alors celui-là se doit de se retirer. Ou de grandir au lieu de le réclamer à ses élèves.

Un malaise cette nuit en repensant à cet état des lieux au lycée et par là-même au collège.

Trop simpliste, un amalgame réducteur et mensonger.

Ils existent ces professeurs qui œuvrent au bien-être de leurs élèves, qui n’entrent pas en classe comme s’ils montaient au front, qui parviennent à établir un lien existentiel et non seulement frontal et conflictuel.

Mais que s’est-il passé à l’école maternelle et à l’école primaire pour ces élèves dont ils ont un jour la charge ?

Depuis combien d’années déjà souffrent-ils pour certains et certaines de jugements péremptoires et systématiquement transmis aux enseignants, classe après classe, comme s’il n’y avait aucune progression possible, comme une condamnation à perpétuité. « Ne peut rien faire de mieux… »

Ça ne sera pas marqué dans le dossier scolaire (quoique…) mais ça sera vécu ainsi, jour après jour, à travers des humiliations répétées, des sanctions, des mises à l’écart, des réflexions assassines. Une accumulation sans fin.

Jusqu’à l’arrivée de l’adolescence où les forces intérieures ne seront plus contenues, où cette colère amassée comme une marée derrière une digue emportera tout sur son passage. Il y aura d’abord une brèche, une faille dans le mur et puis si rien n’est fait pour colmater l’ouvrage, si aucun adulte ne parvient à apaiser, à aimer, à comprendre, à entendre, à ressentir le drame qui couve, tout finira par céder.

Et il n’y aura plus jamais cette confiance indispensable pour grandir.

L’école élémentaire porte une part de ce drame. Il serait trop facile de se satisfaire de la soumission provisoire des enfants et de reporter la faute sur le secondaire. Nous sommes, instituteurs et institutrices, les ouvriers de cette plénitude ou de ce tsunami à venir.

Je ne parlerai pas du cadre de vie, celui de la campagne ou celui des banlieues, ni du cadre social, celui du fils de notaire ou celui du Rmiste, ni du cadre familial, celui du couple unifié et aimant ou celui de parents déchirés et haineux, je ne parlerai pas de l’image effroyablement déstabilisante d’un monde moderne n’ayant aucun ancrage, aucune ligne directrice sinon celui d’une folie consumériste et matérialiste, je ne parlerai pas des problèmes insolubles qui sont constamment jetés en pâture à des enfants ou des adolescents qui n’ont aucun pouvoir de changement, qui ne sont que les victimes impuissantes de ces images choisies intentionnellement par des adultes conspirateurs et cupides.

« Nous voulons des cerveaux vides et mous pour les emplir d’images qui rapportent ». Les propos, dans l’idée, à quelques mots près, de Patrick Le Lay, ancien PDG de TF1.

 

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=4S20kG2MoxI

 

Ces enfants puis ces adolescents seront un jour les adultes qui attaquent au sabre un commissariat, défenestrent leur compagne, étouffent leurs enfants, empoisonnent leur famille, exécutent, découpent, carbonisent, dévorent ou s’immolent dans une cour de lycée…

D’autres seront aimants, amants, attentionnés, respectueux, équilibrés, rieurs, lucides, conscients, ouverts, humains tout simplement.

Tout se jouera, ou en partie en tout cas, dans ce cadre étroit et douloureux ou magnifiquement ouvert des écoles, des collèges, des lycées…

C’est bien pour cela que ça n’est pas un métier, c’est bien plus…

 

Thierry Ledru

Tour de vélo

Par Le 19/05/2012

Il faisait beau, j'ai pris mon vélo. Evidemment, la machine à penser s'est mise en route en même temps que les jambes.

Toujours cette interrogation par rapport à l'espoir et l'intention.

Et puis, alors, que j'attaquais une belle côte, le flash, la lumière !!

Tout au long de mon parcours de vie, j'ai été confronté à des épreuves qui m'ont placé dans une situation de dépendance au regard de la médecine. Mon frère d'abord. Puis moi ensuite. Et là, j'ai compris que je détestais la notion d'espoir parce que j'en ai immensément souffert. Cet espoir que les médecins allaient sauver mon frère, puis qu'ils allaient me sauver. Je ne pouvais rien faire, j'étais dans une impuissance totale, du moins c'est ainsi que je le vivais. Même si je m'engageais autant que possible, cet espoir restait omniprésent et prioritaire. Mes actes passaient au second plan. 

Je n'avais aucune intention étant donné que je m'en remettais à leur toute puissance. Habitude éducative de l'abandon, l'image sacrée de la science.

 Cet espoir concernait par conséquent l'intention des autres. Pas la mienne.

J'ai appris peu à peu, au fil du temps à élaborer un autre cheminement. A me détacher intégralement de toute forme de soumission et de dépendance. Les espoirs appartenaient aux autres. Moi, je m'en tenais à l'intention. C'est à dire à ce que je pouvais mener à terme sans aucune aide extérieure.

J'ai repensé à cette expérience du canyoning, lorsqu'on s'est fait coincer Nathalie et moi et qu'on a failli se noyer sous les yeux de Léo. Je sais que je n'ai eu aucun espoir mais une détermination absolue, une force et une capacité de décision phénomènale, au-delà de tout ce que j'avais connu.

DÉLIVRANCE (récit)

J'avais une intention, celle de sauver Nathalie et de rester en vie. Et chaque geste, chaque décision, chaque pensée se joignait à une énergie fabuleuse. J'étais détaché de toute forme d'espoir. Et tout dépendait de moi. Nathalie comptait sur moi, même si elle aussi se retrouvait largement au-dessus de ses possibilités habituelles. Un saisissement extrême de chaque instant, une vie qui ne pouvait pas se projeter dans un futur inexistant. Etre là était la seule chance de rester en vie. L'espoir aurait été un dévoreur d'énergie.

Je sais que tout remonte à l'hôpital avec Christian que je veillais, jours et nuits. Toute ma vie a pris forme là-bas. J'avais seize ans. 

La vie m'a apris à me défaire de l'espoir et à me battre pour des intentions.

L'espoir est attaché à des dépendances envers autrui.

L'intention est ma propriété, je l'élabore, je la possède, j'en suis le seul garant.

Maintenant, tout est  clair. Mais il me reste à ré-appendre l'acceptation envers les personnes qui désirent m'aider...Délaisser les méfiances tout en restant vigilant. Ne pas absorber leurs espoirs, c'est leur propriété.

C'est en passant les 55 km que je me suis aperçu que je ne pensais plus à rien. Un grand éclat de rire.

L'intention et le réel.

Par Le 19/05/2012

Puisque je réfute l'abandon à l'espoir et que je veux m'en tenir à l'intention, il faut bien que j'analyse quelles en sont les conséquences sur le réel.

Je n'ai plus voulu de l'espoir jusqu'à en perdre toute intention, jusqu'à en limiter mes relations et mes démarches envers les éditeurs et tous les gens qui oeuvrent dans le milieu littéraire. À vouloir rester inscrit dans le réel, j'en ai abandonné toute intention. J'écrivais et "j'espérais" une publication mais sans parvenir à établir une linéarité dans mes actes. Je passais de l'acte décrire à l'espoir. Mais la distance entre les deux est gigantesque s'il n'y a pas une intention qui guide et alimente les actes. 

C'est là que le réel intervient. Il s'agit d'établir un équilibre constant entre l'intention et les actes. Si l'intention n'est plus validée par un engagement de l'individu, l'intention est devenue un espoir. Et finalement, dans mon cas, à ne pas vouloir m'illusionner d'espoir, j'en ai fini par ne plus engager mes actes dans une intention de partage. Mais sans cette démarche d'ouverture vers l'autre, l'intention devient justement un espoir, l'attente d'un miracle...

En même temps, je sais que cette réticence provient de nombreux échecs et de quelques rencontres qui auraient pu se révéler déterminantes. Les déceptions accumulées ont fini par brider l'intention et la projeter dans l'espoir.

Mais qui est responsable ? Pas les individus. Pas les évènements. Mais l'interprétation que je m'en faisais.

  C'est assez effroyable d'ailleurs. A vouloir être le "maître", j'en suis devenu l'ignorant. À vouloir maintenir une sagesse observatrice, j'ai fini par ne plus observer l'observateur, par ne plus voir que l'observateur se contentait d'observer ce qui magnifiait sa démarche.

Faut-il donc que la vie ne soit qu'une errance ponctuée de quelques instants fugaces de lucidité ? Et cette lucidité est-elle réelle ou n'est-elle qu'une interprétation réjouissante d'une errance qui se camoufle ?

Il me paraît parfois totalement illusoire d'envisager qu'en une vie un travail permanent sur soi puisse aboutir à une sagesse réelle.

C'est bien trop court.

L'intention et l'espoir.

Par Le 18/05/2012

 

 

Il a fallu que je sombre totalement dans la douleur physique, dans le délabrement moral pour que le mécanisme de l'espoir vole en éclat. Il a fallu que le goût de la mort devienne l’ultime espoir pour que je prenne conscience du mécanisme.

L’énergie vitale n’a pas besoin d’espoir. Pour elle, c’est un poison. C’est comme si l’individu vénérait une illusion alors que la vie est là. On peut même imaginer que la vie en soit déçue, effroyablement déçue. Au point de se retirer puisque l’illusion a plus d’importance que la vie elle-même. Pourquoi rester là ? Il y a sûrement mieux à faire ailleurs…

 

L’étape la plus difficile, la plus délicate, le travail de sape le plus redoutable à effectuer est de cesser de penser. Il s’agit de vibrer intérieurement alors que la pensée est une projection extérieure. Nous avons appris à penser jusqu’à finir par nous « dé-penser. » Nous sommes sortis de nous-mêmes en nous projetant dans un flot d’abstractions et nos pensées sont devenues des dépenses énergétiques, des dispersions multipliées à l’infini.

 

Je dois aussi à l’effort long d’avoir découvert cet espace « dé-pensé », cette plénitude de la vie étreinte dans le creuset de l’énergie originelle. Lorsqu’il n’y a rien d‘autre que le saisissement  du silence intérieur, le ronflement infime de l’univers qui s’étend.

 Mais je reconnais aujourd’hui que cette épreuve a généré en moi un autre adversaire. Celui du refus de toutes formes de projection, jusqu’à refuser de me mettre dans une situation dont certains paramètres pouvaient m’échapper. Les relations sociales en sont le symbole.

Je refuse d’être dépendant des autres. Je refuse même de leur demander quoique ce soit. Pour ne rien leur devoir. Et ne rien attendre, n’avoir aucun espoir, aucune illusion. Le problème vient de la puissance du fonctionnement. Je me suis vraiment coupé de tous.

Et puis, là, étrangement, la vie s’est chargée de me montrer l’erreur. A travers mes textes. Des gens que je ne connaissais pas et qui s’engagent pour moi, de façon totalement désintéressée, juste parce qu’ils ont été touchés par mes écrits.

Je ne pouvais pas échapper à une introspection supplémentaire.

Françoise, Martine, Max, Estelle, Jean-Michel, Chris, Nathalie, Valérie, Bérénice, Gaëlle, Albert et d’autres encore. Ils se reconnaîtront, je ne les oublie pas. Des témoignages émouvants, bouleversants pour moi. Il y avait quelque chose à comprendre. Cet enfermement dans lequel je m’étais réfugié pouvait également être une geôle. Et dès lors, ce travail d’écriture ne pouvait pas aboutir dans cette intention de partage qui m’importe. A ne vouloir subir aucun espoir, je bridais également ce que le partage pouvait m’apporter. Situation contradictoire étant donné que je remplis ce blog jour après jour.

Il y a donc les actes à mener.

Par ces actes, il peut y avoir une tentative pour aboutir à un objectif.

Dans cet objectif, un espoir peut venir se greffer et alimenter l’énergie nécessaire pour mener les actes à terme.

Alors, pour clarifier la situation et ne pas retomber dans les travers de l’espoir, je parlerai plutôt d’intention.

J’ai une intention mais les actes que j’accomplis me libèrent de l’espoir versatile et des désillusions qu’il fabrique.

J’imagine que la volonté suit le fil de l’intention pour aller vers l’objectif.

L’espoir est beaucoup plus lointain, comme un mirage fabriqué par l’évaporation des pensées incontrôlées.

« Il n’y a pas d’espoir sans crainte, ni de crainte sans espoir, » disait Spinoza.

Voilà ce que je cherche désormais.

Accepter l’intention mais sans jamais sombrer dans l’espoir.          

L'intention est une réalité à vivre dans les actes présents. L'espoir est immatériel tout comme l'est le mirage.

Et j'ai bien l'intention d'y ariver :)

Changement de méthode

Par Le 17/05/2012

Il est clair que je ne m'y prenais pas de la bonne façon dans mes démarches auprès des éditeurs. L'état des lieux est simple : des lecteurs et lectrices qui commentent de façon élogieuse mes écrits et d'un autre côté, un silence complet des éditeurs auxquels j'envoie mes manuscrits ou des réponses sybillines et parfois des retours un peu plus détaillés avec une reconnaissance de mes qualités d'écriture MAIS un potentiel de vente jugé insuffisant. Bref, je tournais en rond...

Huit romans achevés et deux publiés...Pas de quoi être satisfait par rapport au temps passé et au travail effectué.

Le changement est venu de quelques contacts et "évènements" ayant eu lieu dernièrement. Deux interview, un sur un site de littérature jeunesse et un dans une radio locale. Les retours étaient enthousiastes. Ensuite, un contact sur un réseau social s'est fait avec une personne travaillant pour deux sites internet : "la cause littéraire" et "reflets du temps". Des lectures de mes textes se sont une nouvelle fois révélées positives. Manuscrits et textes parus sur ce blog. Un projet de "publications" de certains textes est en cours sur ces deux sites.

Une autre personne s'est faite connaître et une rencontre a eu lieu. Quelqu'un là encore qui croit dans le potentiel de mes textes. Des contacts sont en cours avec le milieu de l'édition.

La conclusion est évidente : je dois me forcer à aller vers les autres...Même si cela n'est pas dans ma nature et que j'avais jusque-là choisi de rester en retrait et de suivre la voie postale pour faire lire mes textes. C'est éminemment insuffisant. Les textes existent mais c'est à moi de les défendre, de les promouvoir, de les faire connaître par tous les moyens disponibles; Cette impression aussi que la vie m'offre des opportunités à saisir et que je ne dois pas les laisser passer, que je dois m'engager dans cette voie de socialisation...Sortir de mon isolement et aller vers les autres, me dévoiler et être à l'écoute des demandes du milieu littéraire. Retravailler mes textes et ne pas rester figé dans une écriture qui se doit d'être améliorée au regard de certaines exigences des professionnels; Et pourtant ne pas me trahir, ne pas aller contre ce que je porte. 

J'avance, j'avance, lentement, lentement...

Pour quelles raisons on crève.

Par Le 14/05/2012

La France, la Grèce, le Portugal, l'Espagne, le Portugal, les Pays Bas etc etc...Tous crèvent le ventre en l'air parce que les politiques se sont vendus aux banques commerciales.

Donc, on annule la dette des banques commerciales, elles font faillite et les banques centrales reprennent la main sous le contrôle du PEUPLE et pas des politiciens. Comités de Salut Public. La guillotine est remplacée par la faillite des banquiers.  De toute façon, c'est déjà le bordel et ça le sera pour nos enfants si on ne change pas complètement de système.

Quand un peuple ne se laisse pas convaincre par les arguments, il suffit de le persuader par la peur ou la séduction. On appelle ça de la politique.

Dépôt de bilan planétaire

Par Le 12/05/2012

Ecologie

http://www.bastamag.net/article2370.html

Pierre Rabhi : « Si nous nous accrochons à notre modèle de société, c’est le dépôt de bilan planétaire »

Par Agnès Rousseaux, Ivan du Roy (7 mai 2012)

Et si, après une stressante campagne électorale, on respirait un peu ? Quelle société voulons-nous aujourd’hui construire ? « La croissance est un problème, pas une solution », affirme Pierre Rabhi, paysan-philosophe. Face à la disparition des questions écologiques dans le débat politique, et à la frénésie marchande qui nous a pris en otages, il invite à repenser la vie sur un mode à la fois « sobre et puissant ». Et à inventer, pour éviter des explosions sociales et un chaos généralisé, un autre modèle de civilisation. Entretien.

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Basta ! : Vous défendez une société de la sobriété. Les crises actuelles et l’austérité qui menace vont-elles permettre de remettre en question le système économique dans lequel nous vivons ?

Pierre Rabhi [1] : Je ne me réjouis pas de cette situation, mais je me dis finalement que l’être humain a besoin d’entrer dans des impasses pour mieux comprendre. Les impasses peuvent soit finir sur un chaos généralisé, soit permettre d’initier autre chose. Le chaos est tout à fait possible : une sorte de cocotte-minute d’incertitudes et d’inquiétudes est en train de miner les âmes et les consciences. Qu’une seule ville explose et toute la France explose. Le problème aujourd’hui n’est pas de se réjouir de cela, mais de voir ce qu’on peut tirer de cette évolution. Notre modèle de société montre son inadéquation, son incapacité à continuer. Si nous nous y accrochons, ce sera le dépôt de bilan planétaire. Tous les pays émergents veulent vivre à la moderne. Où va-t-on puiser les ressources ? C’est totalement irréaliste. Il y a aujourd’hui à repenser la vie sur un mode qui soit à la fois sobre et puissant. Je crois beaucoup à la puissance de la sobriété. Je ne crois pas à la puissance des comptes en banque. La vraie puissance est dans la capacité d’une communauté humaine à se contenter de peu mais à produire de la joie. Notre société déborde de tout, mais nous sommes un des pays les plus consommateurs d’anxiolytiques, pour réparer les dégâts que produit la « société de la matière » ! Nous sommes une espèce de planète psychiatrique. Combien de souffrances produisons-nous ?

Pendant la campagne électorale, l’écologie a quasiment disparu du débat politique. Qu’en pensez-vous ?

C’est parce que les citoyens ne sont pas véritablement conscients de l’enjeu de l’écologie que nous sommes obligés d’avoir une écologie politique pour lui donner une place au forceps. Dans la réalité, l’écologie concerne absolument tout le monde. Je suis évidemment reconnaissant envers ceux qui essayent de placer l’écologie dans le débat politique. Mais c’est une anomalie. Car l’écologie est une affaire de tous. C’est ce qui détermine l’existence de tout individu, du phénomène de la vie. Nous sommes donc tous concernés.

Selon vous, le progrès technologique nous asservirait ?

La civilisation moderne est la civilisation la plus fragile de toute l’histoire de l’humanité. Plus d’électricité, de pétrole, de télécommunications et la civilisation s’écroule. Elle ne tient sur rien du tout. Le progrès ne libère pas. Plusieurs avancées ont apporté un certain bien-être. Mais ce bien-être n’est pas forcément partagé. Il faut que l’humanité se pose la question : le progrès, pour quoi faire ? Et avant : qu’est-ce que vivre ? S’il s’agit juste de consommer, je n’appelle pas ça la vie, cela n’a aucun intérêt. Nous sommes devenus des brigades de pousseurs de Caddie. Cela me terrifie. Nous sommes revenus au néolithique : nous sommes des cueilleurs, nous passons dans les rayons et nous cueillons. Tout cela n’est pas bon. On a évoqué la décroissance, qui est considérée comme une infamie dans le monde d’aujourd’hui : remettre en cause la croissance ! Au Moyen Âge, j’aurai été brûlé vif.

Peut-on se passer de l’industrie et du progrès technologique sur une planète qui comptera bientôt 9 milliards d’êtres humains ?

Le progrès technologique ne rétablit pas de l’équité dans le monde, au contraire. Une minorité en bénéficie. Ce ne sont pas les pays en voie de développement qui consomment le plus de voitures ou de frigos. C’est un leurre de dire que la planète ne pourra pas suffire, parce que nous serons plus nombreux. C’est une injustice totale : sur 7 milliards d’humains aujourd’hui, la moitié n’a pas accès à la nourriture pendant que les autres se bâfrent et gaspillent à outrance. Un cinquième de l’humanité consomme les 4/5es des ressources produites. Ce serait très pernicieux d’invoquer la démographie pour dire qu’on ne va pas s’en sortir. Non ! Plusieurs milliards d’humains ne s’en sortent déjà pas. Ce ne sont pas les pauvres qui épuisent les ressources. La démographie n’est pas en cause. Je sens cet argument s’insinuer de façon très vicieuse.

Pourquoi, après avoir été ouvrier, avez-vous choisi de devenir paysan ?

J’ai accompli mon retour à la terre, ici en Ardèche, en 1961, parce que je considère que notre système n’a pas d’intérêt. Je n’ai pas envie d’être né pour produire, pour consommer et mourir. C’est une destinée un peu limitée ! Je suis né pour vivre, je suis né pour admirer. Si on doit toute sa vie besogner pour que les poubelles débordent de déchets, cela n’a aucun sens. Il n’y a pas si longtemps, en mai 68, les jeunes défilaient dans les rues pour protester contre la société de consommation. C’était l’excès. Leur intuition était forte : nous ne sommes pas des consommateurs. Les gagneurs d’argent, la frénésie marchande nous ont pris en otages pour faire de nous des gens qui doivent absolument consommer pour faire monter le produit national brut. C’est complètement stupide. Les jeunes disaient : on ne tombe pas amoureux d’un produit national brut ! Ils lançaient des slogans très importants, qui étaient un appel à la vie. Nous ne vivons pas : nous sommes conditionnés, endoctrinés, manipulés, pour n’être que des serviteurs d’un système. Ils ressentaient ce besoin de sursaut de la vie. Depuis, je ne vois plus les jeunes défiler dans la rue pour dire qu’ils ont trop. Nous sommes au contraire entrés dans la phase du manque. Les certitudes d’une idéologie triomphante, c’est terminé ! Aujourd’hui, les jeunes ne savent pas quelle place ils auront et s’ils auront une place dans l’avenir. Ce système-là peut-il encore perdurer ? Non. Il ne faut donc pas s’illusionner et se raconter des histoires : notre système arrive à ses limites. Il faut maintenant que l’imagination se mette en route, pour en créer un autre.

D’où peut venir le changement ? D’abord de chaque individu ou de transformations portées collectivement ?

Vous pouvez manger bio, recycler votre eau, vous chauffer à l’énergie solaire, tout en exploitant votre prochain, ce n’est pas incompatible ! Le changement radical de la société passe par une vision différente de la vie. L’humain et la nature doivent être au cœur de nos préoccupations. Le rôle de l’éducation est souverain : et si on éduquait les enfants au contentement et non à l’avidité permanente ? Une avidité stimulée par la publicité, qui affirme qu’il nous manque toujours quelque chose. Cette civilisation du besoin chronique et permanent, sans cesse ressassé, installe dans les esprits la sensation de manque. Le phénomène de la vie, ce qui fait que nous existons, devrait avoir une place dans l’éducation des enfants. Or nous n’avons que des structures éducatives qui occultent complètement les fondements de la vie pour, le plus vite possible, fabriquer un petit consommateur et un petit producteur pour le futur. Cela en fait un petit ignorant qui s’occupera bien davantage de savoir comment il va avoir un bon boulot malgré la compétitivité.

L’exigence fondamentale, c’est que tout le monde puisse manger, se vêtir, se soigner. Voilà ce qu’une civilisation digne de ce nom devrait pouvoir fournir à tout le monde. Aucun bonheur n’est possible sans la satisfaction des besoins vitaux. Notre civilisation a la prétention de nous libérer alors qu’elle est la civilisation la plus carcérale de l’histoire de l’humanité. De la maternelle à l’Université, nous sommes enfermés, ensuite tout le monde travaille dans des boîtes. Même pour s’amuser on va en boîte, assis dans sa caisse. Enfin, on a la boîte à vieux quand on n’en peut plus, qu’on est usé, avant de nous mettre dans une dernière boîte, la boîte définitive.

Comment convaincre ceux qui profitent le plus de la société de consommation et d’accumulation ?

Qui enrichit ces gens-là ? C’est nous. Ils s’enrichissent parce que des gens insatiables achètent de plus en plus, parce que toute une communauté humaine leur donne les pleins pouvoirs. Ils n’existent que parce que nous les faisons exister. Je ne roule pas en char à bœufs mais en voiture, je pollue malgré moi, j’ai le confort moderne. Ce qui fausse tout, c’est que cela devient prétexte à un enrichissement infini. Ce serait différent si les objets fabriqués par le génie du monde moderne avaient vocation à améliorer la condition humaine. Nous donnons très peu de place à ce qui est indispensable, à ce qui amène véritablement la joie. Et nous ne mettons aucune limite au superflu.

Cela signifie donc s’attaquer aux puissances de l’argent ?

L’argent est noble quand il permet l’échange. C’est plus facile d’avoir quelques billets dans sa poche que de transporter deux kilos de pommes de terre. L’argent n’est pas à récuser dès lors qu’il participe au mécanisme de régulation du bien-être entre tous. Mais quand il régule seulement la richesse, non. Toutes les choses vitales, les biens communs – eau, air, terre, semences – devraient être soustraites à la spéculation. Ceux qui ont de l’argent commettent un hold-up légalisé sur le bien de tous. Un vol illicite mais normalisé par la règle du jeu. L’argent rend l’humanité complètement folle et démente. Aujourd’hui, on achète le bien des générations futures. Je possède de la terre, mais je suis prêt à dire que ce n’est pas la mienne. Je l’ai soignée pour qu’elle soit transmise à mes enfants ou à d’autres gens.

Comment soustraire les biens communs à ceux qui spéculent ?

Admettons qu’on aille jusqu’à la logique extrême : un jour, un petit groupe d’humains hyperriches va posséder la planète. Aux enfants qui arriveront, on leur dira qu’ils sont locataires. Qu’ils doivent payer leur droit d’exister. C’est stupide. C’est navrant. C’est d’une laideur infinie. Parce que j’ai de l’argent, j’ai le droit sur tout… C’est là que le politique devrait réguler. Mais, pour l’instant, les responsables politiques sont là pour maintenir en vie cette inégalité criante. Ils font de l’acharnement thérapeutique sur un modèle moribond. On peut le mettre sous perfusion tant qu’on voudra... on sait très bien qu’il est fini. Le drame serait que tout cela finisse dans le chaos, si on ne met pas en place une nouvelle orientation de la vie.

Il faut changer les règles du jeu démocratique, dites-vous… Pour aller vers quoi ?

On ne peut pas changer un monstre pareil du jour au lendemain. Ce que je regrette, c’est qu’on ne se mette pas sur la voie du changement. Ce modèle a été généré par l’Europe. La première victime de ce nouveau paradigme, cette nouvelle idéologie, c’est l’Europe elle-même. L’Europe était une mosaïque extraordinaire. Tout a été nivelé, standardisé. Et on a exporté ce modèle partout ailleurs, en mettant un coup de peinture « démocratie » là-dessus. Aujourd’hui ce modèle se délite, il n’a aucun moyen d’être réparé. Il faut aller vers autre chose. Ce que propose la société civile : elle est le laboratoire dans lequel est en train de s’élaborer le futur. Partout des gens essayent de faire autrement. Un État intelligent devrait encourager ça. Sinon, cela se fera sous la forme d’explosion sociale. Une grande frange des citoyens sont secourus par les dispositifs de l’État. Cela ne durera pas. Le jour où la société ne pourra plus produire de richesses, où prendra-t-on ce qu’il faut pour soutenir ceux qui sont relégués ? Nous sommes dans un système « pompier-pyromane » : il produit les dégâts et prétend en plus les corriger. On met des rustines au lieu de changer de système : ce n’est pas une posture politique intelligente.

Recueilli par Ivan du Roy et Agnès Rousseaux

Vidéo : Agnès Rousseaux

Photo : Ivan du Roy

Notes

[1] Pierre Rabhi vit en Ardèche, où il a été paysan. Il a crée en 2007 le Mouvement pour la Terre et l’Humanisme appelé ensuite mouvement Colibris. Il est aussi l’inventeur du concept « Oasis en tous lieux » et a lancé en 2012 la campagne Tous Candidats

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  • 1 - De maninoz  | 02:39 | 8 mai 2012 |

    Bonjour,

    je trouve l’article très intéressant, cependant, ce monsieur Pierre Rabhi, aurait, pour moi, été plus pertinent s’il ne cédait pas à l’argumentaire émotionnel de la peur qu’offre le catastrophisme. Je trouve cette démarche un peu trop facile, et cela décrédibilise le contenu de son point de vue.

    D’autan que je trouve sont point de vue assez obscurantiste en prétextant qu’avec notre technologie moderne nous somme devenus plus fragile. Je ne suis pas d’accord avec ça, car la technologie peut justement permettre à l’humanité de vivre dans un certain confort en oubliant la faim, le froid, la maladie et les dangers que la nature sème devant nous. Je ne crois pas me souvenir de la dernière famine en France, ou d’une maladie contagieuse digne de la peste noir. En somme, vous auriez du davantage souligner que le vrai problème n’est pas le continuel développement technologique, mais l’utilisation que l’humanité en fait. Elle n’est pas en accès libre à tous et elle n’est pas utilisée parfois comme il le faut.

    Vous dites que nous ne faisons que "cueillir" des produits dans des rayons de supermarché, pourquoi pensez vous que de récolter soi même ces produits agroalimentaire est il une meilleure chose ? Il nous faut bien un système pour se nourrir, ce n’est pas parce qu’on a un caddie entre les mains que tous les consommateurs sont abrutis par la pub et achètent des choses inutiles. (par ailleurs les français ont de moins en moins de pouvoir d’achat pour acheter des choses inutiles, cela devrait contenter vos préoccupations). L’humanité est une espèce jusqu’à présent unique en son sens dotée d’une grande intelligence, je ne crois pas que nous devrions passer beaucoup de temps à des choses primaires, comme se soucier de comment allons nous manger, boire ou dormir à l’abris. Un retour à la terre serait en mon sens, une perte énorme de liberté et un arrêt brutal à l’expansion du temps que l’humanité consacre à des choses créatives et innovantes.

    Répondre

    • De Miko  | 08:37 | 8 mai 2012 |

      Réponse aux divers mouvements de la décroissance

      Sinon, pour prolonger les idées et les convictions lors des réunions et celles contenues dans les tracts, j’aurais à vous soumettre quelques pensées et propositions :

      Je crois profondément que nous sommes à un instant charnière et que le moment est venu, bien choisi, d’unifier toutes les tendances qui portent le changement et qui remettent en cause le capitalisme et son acolyte le libéralisme.

      Il faut rassembler sans relâche toutes les mouvances écologiques qui agissent pour la planète. Essayer autant que faire se peut d’associer la population et lui faire prendre conscience de l’urgence de la situation, hors de toutes manipulations idéologiques et/ou partisanes, en étant sincères et vrais dans la vérité et la réalité.

      Dès maintenant savoir que nous avons un rôle à jouer et que nous sommes les vecteurs en marche, en étant des liens qui unissent et s’unissent à d’autres liens, en formant la trame qui tisse la toile de toutes les personnes, groupes, organismes encore éparpillés sur le territoire en France et hors du pays.

      Nous devons être divers et UN. Nous sommes la volonté ardente d’un avenir radieux, c’est désormais notre message d’optimisme.

      Nous savons que l’humanité va vers le mur, que la planète est exsangue, à bout de souffle et de ressources, que l’homme est son pire ennemi et qu’il scie la branche qui le soutient, le berce et le nourrit. Nous savons tous cela.

      Dorénavant, soyons la part d’humains qui comme le colibri fait sa part, qui propose, agit vers la lumière d’une renaissance, d’un autre monde que nous allons construire tous ensemble, nous les hommes de bonne volonté.

      Foin de toujours constater le pire et le défaitisme, nous devons au contraire incarner l’espoir auquel chacun, au fond de sa conscience, de son cœur, aspire.

      Nous sommes les colporteurs de bonnes nouvelles, le courant qui draine le changement par l’exemple. Notre mission est de redonner le moral aux citoyens et non de toujours les accabler du spectacle des turpitudes de ceux qui pensent présider. Ne jouons plus à ce jeux pervers.

      Ce n’est plus l’heure des constats mais du bilan. L’heure des constats est dépassée et il faut retrousser notre imaginaire.

      Ne soyons plus les prophètes de l’apocalypse et du malheur mais, sachons frapper les trois coups à la porte du bonheur pour une nouvelle représentation d’une humanité renouvelée sur scène. Les jours heureux n’attendent que nous si nous en avons la volonté.

      Je ferais suivre quelques suggestions d’un plan d’actions immédiates au fur et à mesure.

      Pour les prochaines réunions, je pense qu’il serait bien d’organiser des tables rondes avec un thème : quel monde voulons nous ? Comment le construire et l’organiser ?

      Un grand brainstorming ; L’idée générale de la méthode est la récolte d’idées nombreuses et originales. Deux principes définissent le brainstorming : la suspension du jugement et la recherche la plus étendue possible. Ces deux principes se traduisent par quatre règles : ne pas critiquer, se laisser aller (« freewheeling »), rebondir (« hitchhike ») sur les idées exprimées et chercher à obtenir le plus grand nombre d’idées possibles sans imposer ses idées.

      Répondre

    • De Macarel  | 10:32 | 8 mai 2012 |

      C’est tout le contraire de l’obscurantisme que délivre le message de Pierre Rabhi.
      J’ai retenu :
      Si nous étions intelligents nous comprendrions que la joie ne s’achète pas.
      Le progrès doit être au service de l’homme et non l’inverse.
      Au delà d’un certain seuil de bien-être matériel, rien ne sert de continuer à accumuler frénétiquement, mais il faut prendre le temps de vivre tout simplement.
      En finir avec l’argent comme instrument de pouvoir.
      Développer notre conscience que nous n’avons qu’une planète, et qu’il faut en prendre soin.
      Quant à son supposé catastrophisme, je ne le vois pas. C’est au contraire pour éviter des catastrophes aux générations futures, qu’il dénonce les dérives du présent.
      Vous faites un contresens total, son message est celui d’un amoureux de la vie.
      Mais il est vrai que nos esprits sont tellement contaminés, par la propagande du système qu’il est facile de prendre des vessies pour des lanternes.
      Et quand il dit que notre civilisation est fragile, il a tout à fait raison, en ce sens que notre mode de développement actuel n’est pas soutenable sur plus d’un siècle, deux au maximum. Et d’ici là les conflits pour l’accès à des ressources devenant de plus en plus rares se multiplieront.

      Répondre

      • De Enoch  | 13:11 | 9 mai 2012 |

        1 ou 2 siecles mais vous revez !!

        Nous avons une decennie tout au plus et encore qui sera marquee par des crises a repetition.

        Nous allons vivre plus de changement dans les 25 prochaines annees que nous n’avons vecu les 100 dernieres.

    • De Winston Smith  | 10:42 | 8 mai 2012 |

      bonjour
      La technologie nous rend effectivement plus fragiles, on peut le reconnaître sans "jeter le bébé etc...". La crise de la productivité par exemple et, donc, le chômage de masse trouvent des origines dans l’innovation technologique. L’explosion démographique est, aussi, liée au "progrès" technologique(si si !). Mais, en fait, si vous devez accordez à cette idée une validité, c’est pour cette raison, que vous ne pouvez nier : l’ensemble des ,structures humaines, aujourd’hui, reposent ENTIEREMENT sur des structures technologiques, qui par ailleurs se caractérisent par une nature ambivalente de remède/poison, aide/entrave, et par une sensibilité à l’influence économique dans leur manifestation. Et il n’existe pas de méta-structure sur laquelle reposerait la technologie, sauf à dire qu’il y en a une économique. Cette méta-structure devrait en fait être "éthique", ce qui suppose un renversement total de réflexion, qui devrait se réaliser pour que nous puissions conserver sans danger ce corail technologique. Donc une telle dépendance à une technologie ambivalente, et soumise aux abstractions économiques, engendre bien une fragilité accrue, et alimente la probabilité du chaos.

      Répondre

    • De jeanclaude57  | 11:14 | 8 mai 2012 |

      En 1978, je suis allé travaillé chez Pierre Rabhi . A l’époque j’étais bien jeune je suis venu dans sa ferme a Lablachère pour un stage d’initiation à l’agriculture bio . C’était très précurseur pour un jeune de mon age et de la ville . Surtout qu’ a cette époque la plupart des lambda ne s’imaginait même pas que l’on pouvait vivre autrement , en autosatisfaction et en harmonie avec la terre . Je ne comprenait pas très bien a ce moment là la philosophie de Pierre , pour moi il était comme un néandertalien des temps modernes , à travailler la terre avec des outils rustiques et à planter des arbres à 45°en suivant la méthode "Boucher -Thomas "presque je lui en voulait quand il me faisait ramasser les pierres de son terrain à la main . De retourner le compost plusieurs fois de le nourrir pour qu’il soit bénéfique a la terre . Je ne comprenait pas très bien quand il me disait qu’il ne fallait pas abimer cette terre avec des engins modernes , avec des produits qui l’empoisonnait . Pour moi un paysan devait travailler avec des tracteurs et des outils modernes , des produits qui améliorait la productivité . J’étais tombé dans un autre monde , et petit à petit je commençait a comprendre le but de cette manœuvre . Si tu respecte la nature elle te le rend au centuple . Aujourd’hui en lisant cet article je suis tout à fait d’accord avec sa façon de voir les choses , et je suis d’accord avec lui quand il nous dit que nous ne sommes que des produits de consommations . Enlevez-nous le pétrole l’électricité les supermarchés et vous verrez que les gens se trouveront démuni , perdu ! La plupart d’entre nous ne savent même pas comment planter un légume . Il a raison Pierre de dire que nous sommes une société d’assisté . Depuis l’enfance on nous met dans des boites on nous guide et dirige jusqu’à notre dernier souffle , on ne sait plus penser par nous mêmes , on ne prend plus de décisions , on nous impose un tracé de vie pour faire partie de la société . "travail famille patrimoine " . Nous devons aujourd’hui nous sortir des sentiers bitumeux , repenser notre façon d’être , nos petites manies de consommations , penser aux générations futures à l’héritage qu’on va transmettre . Nous sommes tous responsables de la pollution de notre planète de la surconsommation et de la faim dans le monde . Nous devons aujourd’hui enlever nos œillères pour repenser notre façon d’être face à l’autre , pourquoi accumuler et m’enrichir alors que je sais que je ne fais rien pour le bien de l’humanité . Notre société actuelle est sur le déclin là dessus je te rejoint Pierre , nous devons cesser d’être égoïstes individualistes . La terre ne nous appartient pas , nous ne sommes que de passage , aussi notre devoir est de l’améliorer pour que les générations futures puissent y vivre en harmonie . Mais pour cela il faudrait que l’on puisse rééduquer nos politiciens . Cette élection ne nous apporteras pas grand choses de plus , que nous avons déjà . Si ce n’est le chaos ! Alors oui notre devoir de citoyen est de trouver et d’imposer une nouvelle façon vivre en harmonie avec 9 milliards d’être humain ! Les petits ruisseaux fonts les grandes rivières .
      Merci Pierre pour ce que tu ma enseigné pendant 1 an , ma vie entière en a été changé Je ne sais pas si aujourd’hui je suis un homme meilleur mais , je sais que je respecte mon prochain et que j’œuvre pour laisser un monde meilleur à mon fils et a ses descendants .
      Jean Claude

  • 2 - De DMonodBroca  | 12:25 | 8 mai 2012 |

    Pour que le peuple puisse exprimer le pouvoir qui est le sien en régime démocratique, encore faut-il qu’il puisse choisir, encore faut-il que les partis en lisse lui offre une alternative. Ce n’est plus le cas en France. Traditionnellement la gauche c’est le changement et la droite c’est la conservation. Il n’en est plus rien. Droite et gauche se veulent identiquement ennemies du si méprisable immobilisme, identiquement adeptes du si bienfaisant changement, identiquement déterminées à adapter la France, comme elles disent à l’unisson, au « XXIème siècle » et à « un monde qui bouge ». Comment choisir alors, puisque ça revient au même ? Que reste-t-il de la démocratie quand le peuple ne peut plus choisir ? Il y a bien quelques différences entre les recettes de droite et les recettes de gauche, mais les unes et les autres visent au même objectif, « toujours plus », toujours plus de nouveauté et de modernisme, toujours plus de science et de technique, toujours plus d’argent et de confort, toujours plus de consommation, toujours plus de richesse et de force, toujours plus de performance et de réussite… Il conviendrait, pour ranimer la démocratie, que les partis se distinguent à nouveau les uns des autres sur ce point essentiel, que sur l’échiquier politique réapparaisse une alternative véritable, que l’une, droite ou gauche, persévère dans la défense du toujours plus mais que l’autre à l’opposé s’engage résolument dans la défense du moins, avec pour mots d’ordre : frugalité, conservation, persévérance, retenue, effort, manque… Ce renoncement au changement perpétuel, ça, ce serait un changement ! Véritable cure de désintoxication, ce serait un changement oh combien salutaire ! Encore faudrait-il que le peuple puisse choisir une telle voie. Et pour cela qu’elle lui soit résolument proposée.

    Répondre

    • De Macarel  | 15:02 | 8 mai 2012 |

      Actuellement, l’échiquier politique se divise entre droite et gauche, ou démocrates et républicains comme aux USA. Mais les deux bords sont des adorateurs de la Sainte Croissance du PIB.
      La principale différence - elle n’est pas négligeable pour autant - c’est que normalement la gauche a davantage le soucis de répartir équitablement les fruits de cette croissance, alors que la droite s’ accommode plus des inégalités et de leur accroissement.
      Mais le monde politique et la société en général, n’en sont pas arrivés, et loin s’en faut, à prendre au sérieux la question des limites planétaires, que nous avons d’ailleurs déjà atteintes.
      Comme le dit Pierre Rabhi, il faudra sans doute en arriver à des formes de catastrophes, pour que ces questions s’imposent dans le débat public. Avec l’inconvénient majeur qu’il sera alors bien tard (peut-être trop) pour corriger la trajectoire. La prise de conscience brutale de l’ irréversibilité des processus engagés, risque malheureusement de conduire au chaos.

      Répondre

  • 3 - De Manso  | 13:09 | 8 mai 2012 |

    Dacord avec M. Rabhi, sauf en ce qui concerne la question démographique. Comment ne pas voir en effet que « c’est la dose qui fait le poison » ?

    Si la population occidentale était moitié moindre, il y aurait (au minimum) moitié moins de problèmes écologiques liés à sa consommation. Et il aurait été possible de stabiliser notre effectif dans l’après guerre, à l’époque où les alertes ont été lancées par les premiers écologistes. Cela n’a pas été fait du fait de la vanité humaine qui visiblement perdure.

    Ne parlons même pas de l’avenir qui se présente sous les plus sombres auspices : un peu plus d’un milliard de sur-consommateurs ont réussi à dérégler le climat. Que va-t-il se passer lorsque nous serons 9 milliards (2050) et même 10 milliards (2100) à revendiquer, fort légitimement, un niveau de vie décent ?

    Répondre

    • De louna  | 14:46 | 8 mai 2012 |

      bonjour,
      j’aime la vision de monsieur Pierre Rabhi..retourner aux choses simples..communiquer devient difficile car on vous demande quel est votre diplôme pour vous exprimer ainsi...je ne suis personne mais je vois que tout le monde ne pense qu’à lui...on pourrait encore utiliser ce que les gens mettent dans les conteneurs mais on ne peut plus aller prendre quelque chose qu’y s’y trouve...les enfants deviennent les objets d’une industrie (crèches et autres) parce que les parents veulent gagner leur vie à deux pour être sûr d’avoir une belle maison, des voitures, de la nourriture à foison, des vêtements hyper chers...de marque..les industries pour le développement de soi sont nombreuses...PAYER pour retrouver votre calme, votre sérénité...achetez tel talisman pour vous protéger...les gens ne sont même plus connectés à leur intuition...ils ont besoin qu’on leur vende du bonheur, du répit..de la spiritualité.ou des remèdes qui soulagent vite..les gens n’ont plus le temps de se remettre en question...ah l’ego...il exagère...
      depuis que j’écoute monsieur Rabhi, je me dis que tout n’est peut être pas perdu..c’est vrai qu’il faudra le temps et sans doute le chaos pour reconstruire une société de valeurs mais merci monsieur, vous me redonnez l’espoir

      Répondre

  • 4 - De Crapaud Rouge  | 16:34 | 8 mai 2012 |

    La "démesure humaine", évoquée par M. Rabhi, résulte d’une tendance culturelle antédiluvienne qui veut que nous jugions les êtres et les choses comme si on les mesurait par une grandeur. Du côté du bien, (et parfois même du beau), tout ce qui peut être haut, grand, gros, fort, puissant, performant, rapide, visible, riche, croissant, etc... Du côté du mal, tous les contraires de ce que je viens d’énumérer. A partir de ce constat, l’on voit mal comment une économie de la décroissance pourrait s’imposer : il y faudrait une profonde révolution culturelle dont rien, aujourd’hui, n’annonce l’avènement.

    M. Rabhi déplore que l’argent donne tous les droits : mais si c’était au contraire une piste à explorer ? Car si ce pouvoir que confère l’argent était dans les mains de la "société civile", non dans celles de l’état ou de quelques gigantesques entreprises, il en irait tout autrement. Mais l’argent est encore ce qu’il était à sa naissance, vieille de quelques millénaires : un instrument exclusif dans les mains du monarque.

    M. Rabhi explique enfin que : "La vraie puissance est dans la capacité d’une communauté humaine à se contenter de peu mais à produire de la joie." C’est une idée forte, profonde et révolutionnaire. Cette puissance-là n’est pas visible comme celle des grandes entreprises : il faut un complet renversement des valeurs pour pouvoir l’apprécier.

    Répondre

    • De Eric  | 20:54 | 8 mai 2012 |

      UNE ÉCONOMIE BASÉE SUR LES RESSOURCES

      1 – Dans le cadre d’une économie basée sur les ressources on considère que les ressources, c’est-à-dire les ressources naturelles, les ressources technologiques et les compétences des individus, sont le patrimoine commun de l’humanité et qu’elles ne peuvent donc appartenir à des entreprises privées qui les exploitent (d’une façon aberrante) non pour servir l’intérêt général, mais pour servir leurs intérêts particuliers.

      2 - Une économie basée sur les ressources mettra la science et la technologie au service de l’homme et de son environnement naturel, et non pas du capital et du complexe militaro-industriel puisqu’ils n’existeront plus. Le terme « économie » signifiant étymologiquement
      « administration de la maison », on peut dire que l’économie basée sur les ressources naturelles est une véritable économie, contrairement à l’économie monétaire, cette anti-économie qui non seulement détruit quotidiennement notre maison (la Terre), mais encore oblige la moitié de l’humanité à vivre avec un ou deux dollars par jour, entre autres terribles maux.

      3 - Une économie basée sur les ressources implique une approche cybernétique du « système Terre » afin que les ressources naturelles ainsi que la production et la distribution des biens de consommation soient gérées d’une façon intelligente, synergique et responsable. La
      cybernétique est la science du contrôle des systèmes. Un système cybernétique peut être défini comme un ensemble d’éléments en
      interaction entre eux et avec l’environnement. Il s’agit donc d’un système global intégré. Les interactions entre les éléments consistent en des échanges de matière, d’énergie et d’informations. La cybernétique appliquée au « système Terre » consiste à concevoir un système de mesure des ressources disponibles à chaque instant. En modulant les paramètres de distribution (arrosage, constitution de bassins de stockage, adaptation des canaux de fourniture d’énergie aux villes, etc.) et en adaptant la production à la demande (qui ne sera plus irresponsablement stimulée par la publicité et le marketing), ce système préviendra l’épuisement des ressources naturelles et les dérives des métriques environnementales (composition de l’air ambiant, qualité et quantité des nappes phréatiques, état des sols, état de la fourniture énergétique en temps réel des éoliennes, des panneaux photovoltaïques, etc.).

      4 - Aujourd’hui, la science et la technologie sont au service d’intérêts privés qui se font stupidement concurrence au lieu de coopérer et, ce
      faisant, nuisent considérablement à l’environnement. Comme l’a si bien dit l’économiste Kenneth Boulding : « Celui qui croit qu’une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. » Dans une économie basée sur les ressources, les produits seront gratuits mais les gens consommeront beaucoup moins qu’aujourd’hui car la publicité et le marketing n’existeront plus et la production des biens de consommation ne sera plus soumise aux règles environnementicides que sont l’obsolescence programmée et l’obsolescence perçue. Les produits auront pour la plupart la même durée de vie que leurs détenteurs et les déchets seront recyclés. Aussi l’abjecte société de consommation (nous vous invitons à lire « La société de consommation », essai de Jean Baudrillard) fera-telle place à la société de la conscience.

      5 - Une économie basée sur les ressources implique l’abolition de l’anachronique système monétaire, de sorte que tous les habitants de la planète seront libres, égaux en droits et fraternels. Il n’y aura donc plus ni riches ni pauvres. Dans l’économie monétaire, les droits des citoyens sont proportionnels à leurs revenus. Nous parlons bien sûr des droits économiques qui sont beaucoup plus importants que les droits civiques, puisque les citoyens exercent ces premiers quotidiennement. Par ailleurs, comme il suffira de se munir d’une simple carte d’identité pour se rendre à l’étranger et que les moyens de transport seront gratuits, les échanges culturels internationaux s’accentueront tant et si bien que les identités nationales et régionales s’en trouveront enrichies.

      6 – Aujourd’hui, les citoyens votent pour des privilégiés qui défendent les intérêts de la classe sociale ou de la caste à laquelle ils appartiennent ainsi que les intérêts des banques et des entreprises multinationales. Dans une économie basée sur les ressources, il n’y aura plus de partis politiques car ces derniers, outre l’immaturité et l’étroitesse d’esprit qu’ils dénotent chez les individus, sont indissociables de l’existence du système monétaire et des classes sociales. La politique aura donc pour seul objet de gérer au mieux la cité (ce sera une politique au sens étymologique du terme et non plus une politique partisane ou politicienne) et non plus de promouvoir des intérêts de caste.

      7 – Les équipes interdisciplinaires constitueront l’institution clé de l’économie basée sur les ressources. On peut imaginer qu’il y aura une équipe interdisciplinaire dans toute ville d’au moins 50 000 habitants. Des scientifiques spécialistes des sciences exactes et des sciences humaines en feront partie. Ces équipes interdisciplinaires contrôleront les systèmes cybernétiques, assureront leur évolution et décideront par vote des choix de société qui seront ensuite validés ou non par le peuple (le recours au référendum d’initiative populaire sera fréquent). Toute personne pourra accéder à l’information et, sous condition de compétence, intégrer une équipe interdisciplinaire. Les membres des équipes interdisciplinaires seront des hommes et des femmes politiques dignes de ce nom.

      8 - Aujourd’hui, tous les pays qui prétendent être des démocraties (gouvernement par le peuple) sont en vérité des ploutocraties
      (gouvernement par les plus fortunés ; une ploutocratie est évidemment une oligarchie), et ce, pour deux raisons principales : les citoyens ne
      sont pas égaux en droits et le peuple n’est pas un, mais divisé en plusieurs peuples qui luttent les uns contre les autres. C’est bien sûr le peuple des riches qui domine les autres. Les soi-disant représentants du peuple (en réalité, ils représentent les intérêts des oligarchies financière et industrielle) appartiennent pour la plupart au peuple des riches et ne sauraient par conséquent défendre les intérêts des membres des autres peuples ou classes sociales. Étant donné que les médias de masse sont la propriété des puissants, ils sont obligés de faire croire à l’opinion publique que nous sommes en démocratie.

      9 - Dans une économie basée sur les ressources, les propositions élaborées collectivement et avec l’aide de l’outil informatique prévaudront sur les opinions individuelles. Les membres des équipes interdisciplinaires auront des compétences scientifiques et sociales qui dépasseront de très loin celles des actuels soi-disant représentants du peuple mais, contrairement à eux, ils ne jouiront d’aucun privilège et seront contrôlés par le peuple.

      10 - Dans une économie basée sur les ressources, les tâches non gratifiantes seront accomplies par des machines, si bien que les individus travailleront pour se réaliser et servir l’intérêt général et non pour subsister ou s’enrichir. La motivation financière avilit l’homme. Aujourd’hui, les êtres humains sont pour la plupart des aliénés car ils sont contraints d’exercer des activités qu’ils n’aiment pas pour subsister. En outre, ils ne peuvent pas servir l’intérêt général de la planète étant donné que la lutte pour la subsistance les oblige à ne se soucier que de leur intérêt personnel. Très peu d’entre eux ont conscience que c’est en servant l’intérêt général qu’on sert le mieux son intérêt personnel.

      Si vous souhaitez en savoir plus sur l’économie basée sur les ressources, nous vous invitons à visiter le site Internet de l’association Resource Based Economy Human Project (R.B.E.H.P.) : http://www.rbehpfr.org/naissance-re...

      Répondre

      • De Enoch  | 13:28 | 9 mai 2012 |

        Dans l’absolue vos idees sont interessantes mais je ne sais pas si c’est le style ou si c’est le fond de votre pensee mais il y a un tel dedain des autres et meme une pointe de haine envers les hommes.

        Moi, je ne concois pas de systeme n’ayant pas pour base l’amour.

        Notre monde va s’ecrouler, les gens ne veulent pas de moins !

        Ils ne veulent pas de changement radicale. Laissons les etres fou ! La planete se moque de nos folies, elle a vu bien pire que l’humanite dans son histoire.
        Si nous disparissons, ce ne sera pas si grave !

        Pour moi, c’est retour aux communautes enracines et laissons les villes dans leurs plaisirs Samsariques. Lorsque l’effondrement et les violences surviendront alors il faudra survivre.
        Ensuite nous reconstruirons avec les survivants et puis nous referons des erreurs encore et encore jusqu’a notre disparition.
        99,9 % des especes ont disparus sur terre, nous n’echapperons pas a cette regle.

  • 5 - De DS0167  | 09:46 | 11 mai 2012 |

    Un Grand Monsieur que j’aimerais voir Président du Monde ! ou à minima à la droite (ou la gauche !) de ceux qui nous dirigent aujourd’hui...

    Bref, merci, il est toujours bon de savoir que des gens comme Monsieur Rabhi existent et que leur parole dépourvue de haine peut être transmise... et qui sait un jour appliquée.

    Répondre

    • De Eric  | 20:43 | 11 mai 2012 |

      Il est regrettable que comme la plupart des gens M. Rabhi n’ait pas conscience que les produits seraient en libre accès dans un monde débarrassé du fléau monétaire et régi par une économie basée sur les ressources (voir trois posts plus haut). Le troc n’est pas l’unique alternative au délétère et anachronique système monétaire. Par ailleurs, l’argent n’a jamais "régulé le bien-être" mais a toujours été la racine d’une multitude de maux que dénonce M. Rabhi.

      Quant à la science et à la technologie, il semble que M. Rabhi n’ait pas conscience qu’elles ont été dévoyées par le système monétaire et que dans un monde non-monétaire, elles seraient au service exclusif de l’homme et de son environnement.

Curieux...

Par Le 11/05/2012

Le 22 mars, il y a eu 187 visiteurs sur mon blog et 1235 pages lues.

C'était le jour où j'ai commencé à parler de Mohammed Mehra sans que je n'ai cité son nom.

Les deux jours suivants, les visites ont diminué mais le nombre de pages lues étaient très élevés.

Les robots étaient programmés pour trouver les mots : meurtre, assassinat, Toulouse, scooter, minute de silence, terrorisme, tuerie, juif, école, enfants etc etc...

Ce nombre de visites et de pages lues ne s'est pas reproduit ensuite. Dans le graphe des statistiques dont je dispose, c'est très impressionnant...Il ne pouvait s'agit des lecteurs habituels, l'affluence était beaucoup trop inhabituelle pour ça.

Terrorisme, Al Qaida, Ben Laden, Kadhafi, Sarkosy, attentat, corruption, fascisme, nazi, bombe, Islam, mosquée, scooter, militaire, Irak, Afghanistan, Iran, bombe nucléaire, avion, tours, centrales nucléaire, détournement d'argent, banque centrale, FMI, Grèce, Révolution populaire, dette, corporatisme, collusion entre états et banques, Goldman Sachs, Georges Bush, les "Faucons", Francs maçons, Bilderberg, Illuminati etc etc etc etc etc 

Amusez-vous les robots. Je vous emmerde.

Etienne Chouard : sur Hugo Chavez

Par Le 11/05/2012

Il ne passera jamais à la télévision cet homme-là...

Pour comprendre ce qui est possible

Par Le 11/05/2012

et que les politiques et les financiers ont rendu impossible.

Socialistes, UMP et autres étiquettes à fond dans le même système. Faut pas se leurrer...

Les gens qui sont censés respecter la Constitution sont ceux qui l'écrivent...Totalement absurde.

Le despotisme démocratique

Par Le 11/05/2012


http://www.philolog.fr/le-despotisme-democratique-tocqueville/

Le texte de la vidéo s'y trouve.


http://www.marianne2.fr/La-France-du-pays-de-Cocagne-au-despotisme-democratique_a210892.html

Le prof de philo Bernard Vasseur interroge les consciences sur l’émancipation humaine dans son essai « La démocratie anesthésiée », dont le seul titre, péremptoire, annonce la couleur. Communiste, Vasseur explore le nouveau visage du politique et conclut à une entrée dans un « âge post-démocratique » qu’il appelle aussi, en reprenant un concept de Tocqueville, un « despotisme démocratique ».

La France, du pays de Cocagne au despotisme démocratique ?
Despotisme ? « A peine lâché, le mot fera naturellement frémir d’indignation », concède d'entrée l’auteur, pour mieux cadrer son propos : le despotisme dont il est question ici est d’un genre nouveau. Rien qui ne corresponde aux figures antiques, et désormais obsolètes du « tyran », du « dictateur » ou du « despote ». Pas de schlague ni de férule ici, non. Un despotisme « tranquille et doux », « cool et kiffant », tout aussi efficace, mais plus insidieux que son lointain prédécesseur.
 
Bernard Vasseur assied sa réflexion sur les apports des philosophes, au premier rang desquels Alexis de Tocqueville, dont il reprend le concept de « despotisme démocratique » pour l’opposer à l’un des créateurs de la doxa libérale, Benjamin Constant, tant elle domine, écrit-il, « encore puissamment les idées courantes de notre temps. »

Le théâtre politique autour de « l’emploi »

Trois thèmes nourrissent son raisonnement : le travail, l’économie, la démocratie. Le travail, donc. L’auteur s’étonne de voir ce mot sinistré du débat politique et refoulé par le discours officiel et médiatique sur « l’emploi ». La gauche et la droite, note-t-il, « rivalisent d’ardeur pour promouvoir d’emploi ». Mais quand la droite au pouvoir cherche à faire oublier son bilan calamiteux en allumant des contrefeux sécuritaires (les banlieues, la délinquance, la burqa, les musulmans et les mosquées, les « Roms » etc.), la gauche de gouvernement, elle, reste focalisée sur la nécessité d’une « transformation sociale », toute impuissante qu’elle est à changer la nature et les conditions de la « guerre économique ». Elle s’est laissée aller, critique-t-il, à « un climat », à « une mode », par des analyses des transformations en cours de la vie économique et sociale (« la société post-industrielle », « la société des loisirs ») au point d’ignorer les attentes et les angoisses liées au travail.
 
Et donc, déplore Vasseur, plus un mot sur le travail humain. A l’exception près de la campagne de Sarkozy en 2007, « menée tous azimuts pour capturer des électorats composites », lorsque ce dernier écumait les usines pour saluer « la France qui se lève tôt », la pudeur des ouvriers, le goût et « la fierté du travail bien fait », jusqu’au fameux « travailler plus pour gagner plus » largement entendu de l’opinion. Et Sarkozy, le soir même de son élection, d’aller fêter ce « hold-up » au Fouquet’s avec ses copains milliardaires… (sa description nerveuse de l’ère Sarkozy, celle de « la réussite qui se montre et s’étale en parfaite impudeur », se veut ironique : « du pipole comme s’il en pleuvait ! »).
 
« L’expérience ouvrière se heurte aujourd’hui à la philippique managériale de l’emploi », reprend l’auteur. Le chômage reste un moyen de peser sur les conditions de travail et les salaires, le sauve-qui-peut de l’emploi à n’importe quel prix remplace la mise en valeur du travail, l’économie et « l’Empire du management » dictent leur loi tandis que les vrais « maîtres », les actionnaires, sont passés à l’extérieur de l’entreprise, et devenus insaisissables ! « Tout se brouille : on ne sait plus s’il faut toujours se battre et contre quel adversaire. Fin de la sempiternelle lutte des classes ! Un autre mot désormais tabou, exclu, usé, fini. »
 
Aussi conclut-il, invoquant Tocqueville, que « l’aristocratie industrielle succède à l’aristocratie fondée sur la naissance », que le despotisme contemporain s’insinue dans le travail, « qui est organisé en lui-même de telle façon qu’il « tienne » le peuple au corps, dans l’usure physique, dans la soumission, dans l’angoisse et la crainte, dans le stress et parfois le désespoir. »

Comment l'économie impose son scénario et ferme l’horizon

Cette réduction du travail à l’emploi résulte selon lui d’une science, l’économie politique, qu’il entreprend de critiquer en revisitant Adam Smith et Karl Marx. Ce refoulement du travail, la disparition de la « classe ouvrière » et du « prolétariat » dans les années 80 saluée comme « le dépassement d’un archaïsme et d’une mythologie périmée », Vasseur l’interprète par le passage de l’économie politique à l’« économie » tout court, qui sous la pression des intérêts financiers, est devenue une fin en soi.
 
Bernard Vasseur scrute les non-dits de l’économie (l’accumulation du capital notamment), toujours animé par la « stratégie du soupçon » qu’avaient développée en leur temps des penseurs comme Marx, Nietzsche et Freud. Les réflexions d'autres intellectuels, plus contemporains, étayent son raisonnement : entre autres Emmanuel Todd sur la globalisation, Jacques Rancière sur les pouvoirs de la naissance et de la richesse.
 
« L’économie, écrit-il, se change en « économisme » pour établir son « pouvoir absolu et solitaire ». Elle dit la loi du monde et impose son règne aux consciences. Destin irrépressible : il faut s’y soumettre ! Impossible pour les Etats d’ignorer ses lois. »


Heureusement, pour oublier, il y a les loisirs ! Ah, le temps des loisirs (contraints) pour « s'éclater », « ne pas se prendre la tête », « kiffer »… L’auteur livre un diagnostic décapant sur la « société de loisirs » en montrant comment tout est fait pour que « les hommes courent vers leur servitude comme s’il s’agissait de leur salut » (Spinoza). La « servitude volontaire » de La Boétie n'est pas loin.

Le divertissement a pris le pas sur la culture, note le prof de philo, qui passe au crible la « fabrication » de consommateurs (le désir étant replié sur le marché, l’achetable, la marchandise), le marketing et les « industries culturelles », en même temps que les pièges de l’endettement et de « la vie à crédit ».
 
Dans son quatrième et dernier chapitre, Vasseur déjoue « La comédie démocratique », en montrant d'abord combien la démocratie, honnie pendant des siècles, se conjugue mal dans son histoire avec « la représentation » et la confiscation du pouvoir par des professionnels de la vie politique. Il souligne aussi les vraies raisons (politiques) de la mise en cause de la « démocratie sociale » et du « modèle social » français, avant d’alerter sur l’obsession de la « gouvernance », venue cacher le renoncement au partage des pouvoirs.

Parce qu'elle anime aussi la comédie démocratique, la télévision, cet « appareil d'assentiment », fait l'objet d'une longue critique par Vasseur, qui n'entend plus seulement dénoncer « la société du spectacle » de Debord, le problème étant désormais plus large. Dans le sens où la télé d'aujourd'hui, outre son mépris et son arrogance pour des téléspectateurs forcément inaptes à la raison et à l'intelligence, « joue à informer, mais ne fait que vendre des produits ». L'auteur enfonce le clou : « La télévision transforme le « citoyen » en « consommateur », et le politique en marchand de « produits miracles » qu'il s'applique à vendre de son mieux, avec le discours emprunté à la séduction publicitaire. »

« Tout est sous contrôle »

Bernard Vasseur, qui a exercé d'importantes fonctions au sein de la direction nationale du PCF (il fut assez proche de Robert Hue dans les années 1990), voulait que son ouvrage soit accessible à tous. Le message doit donc être clair : « Tout est sous contrôle : travail, désirs, affects, imaginaire, conscience, mais tout est fait pour vous donner le sentiment de votre puissance, de votre capacité à décider par vous-même, à être le seul et véritable auteur de votre vie. »
 
Au final, son essai, enchâssé de références philosophiques, littéraires et politiques qui l'orientent, accouche d'une pensée critique et radicale de la démocratie. Et Vasseur de conclure que, sans que l’on n’y prête attention, en trente ans, le projet émancipateur fondé sur la capacité des êtres humains à se libérer de leurs servitudes s’est peu à peu effacé - « anesthésié au nom de la modernité ». De quoi nourrir le débat politique de la gauche  à l'aube de la campagne présidentielle.

Décroissance.org

Par Le 10/05/2012

Celui qui croit que la croissance peut être infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. »

Kenneth Boulding (1910-1993), président de l'American Economic Association.

 

 


 

 

Comment démolir le portrait d'un objecteur de croissance candidat à la présidentielle

 

Par Gwenael De Boodt

http://www.decroissance.org/


Il s’agit de la critique d’un article paru dans Libération du 27 Février 2012 dans la rubrique « Portrait » sous la plume de Laure Noualhat. Sujet de ce « portrait », Clément Wittmann, candidat du Parti des Objecteurs de Croissance à la présidentielle, en plus d’être traité de manière discriminatoire en regard des candidats « élus » des médias, fait l’objet d’insultes à peine masquées.


Un « PORTRAIT » pour saper les idées
En premier lieu, à part une courte mention dans ce même journal il y a quelques mois, le programme et les idées politiques portées par Clément Wittmann n'ont jamais été mentionnées dans les pages consacrées à l'actualité politique depuis le début de la campagne présidentielle. En le reléguant dans les colonnes d’un « portrait », la rédaction l'exclut du débat d'idées, pour en faire un personnage quasi-romanesque propice à satisfaire les appétits d'exotisme de son lectorat.


De l’insulte à l’escroquerie
D’emblée, la légende de la photo, imprimée en très gros caractères, de façon à la faire passer pour un sous-titre, dénie toute importance au candidat par le truchement d’un oxymore pour le moins dévalorisant : « Ce nano-prétendant à l’Elysée…». Ce qui sonne comme « ce nain prétentieux » renvoie non seulement à l’image de Sarkozy tant affectionnée jadis par les caricaturistes mais élimine d’emblée les élans de sympathie que peuvent provoquer des termes moins insultants comme « petit candidat » ou simple « prétendant ». Passons sur « Ce nostalgique de la ruralité… » qui aurait pu être présenté comme son « promoteur » dans l’optique d’une redécouverte et d’un renouvellement de cette ruralité plutôt que d’une « nostalgie » dont l’étymologie désigne un comportement maladif. Enfin, le sous-titre se clôt sur une déformation malhonnête de l’idée maîtresse du candidat : « la décroissance » à laquelle la journaliste adjoint l’épithète « environnementale », ce qui, en plus de vider « la décroissance » du sens politique acquis par sa présence active dans le débat sociétal et écologiste depuis plusieurs dizaines d’années, l’investit d’un sens contraire à l’écologie en jouant sur l’imprécision du mot « environnement » en termes de nature et de culture.


Laure Noualhat


L’ « austère et le bigot » contre la tendance « humaniste »
Plus loin dans l’article, les« Attentes de l’auditoire acquis à sa cause sont plus vertébrées que ne le sont ses réponses. »

Est-ce un signe particulier du candidat Clément Wittmann que de s’exprimer devant des auditoires « acquis à sa cause » ? A-ton vu Hollande ou Sarkozy hués, voire contredits, dans leurs meetings ? Non. Par contre, si les médias faisaient leur travail, eux qui se gargarisent d’agiter les opinions et de porter le débat sur la place publique, Clément Wittmann aurait été depuis longtemps mis en situation de débattre avec un panel de lecteurs et avec d’autres candidats. De plus, si les attentes de l’auditoire sont ici plus « vertébrées » que celle du candidat, c’est que la culture politique et le projet de la décroissance, loin de se laisser vider de son sens par des stratégies électoralistes intéressées et de se plier à la démagogie, repose sur des convictions nourries par un débat perpétuel au sein du mouvement.de la décroissance, qui jusqu’à maintenant, ne distinguait ni base ni tribuns. Il fallait donc bien rapporter les querelles qui divisent désormais le mouvement de la décroissance et s’y affichent. Ce que fait la journaliste, mais elle se complaît dans leur description, toujours au détriment du portraitisé, dont elle fait le chantre de la tendance « austère et bigote » contre celle « humaniste » d’un certain politologue. Il s’agit sans aucun doute de Paul Ariès dont elle tait le nom par mesure de rétorsion contre toutes les années qu’il a passées à écrire dans le journal « La Décroissance », mensuel sans publicité, virulent dans ses critiques contre les accointances entre la publicité, le pouvoir financier et les médias. Les poussées d’égo mises en cause du côté de Clément Wittmann par la journaliste sont-elles insoupçonnables dans la faction de la décroissance qui a choisi de se rassembler derrière d’autres mouvements du champ électoral ? Y-aurait-il une grande humilité partagée dans la tendance dite « humaniste » qui, à l’image de la presse, ne serait que l’accoucheur du politique, sans volonté de pouvoir ?


Paul Ariès

A l’instar de la journaliste, le politologue en question apparaît ainsi dans l’article infiniment plus sage et plus sérieux que Clément Wittmann. C’est d’ailleurs « un observateur de la politique » comme son nom l’indique. L’article ne dit pas qu’en tant que professionnel, il demande à être payé pour ses interventions publiques. Si la journaliste lui accorde une certaine crédibilité au travers de l’ « humanisme » de sa faction, c’est parce qu’il est « de gauche » et qu’à l’occasion, il servira l’union sacrée et le PS face à Sarkozy (en plus il est rédacteur en chef d’un journal d’opinion plus mesuré dans ses propos que « La Décroissance »).


La question du bonheur
Pour conclure son article, la journaliste, après avoir précisé que si l’auditoire des militants écolos ou d’extrême gauche est déjà convaincu par la Décroissance, il l’est moins par Clément Wittmann, fait dire à l’un d’entre eux : « C’est étonnant, vous ne parlez jamais de bonheur ». A-t-on jamais rapporté de pareils propos au sujet des autres candidats qui, pourtant, ne parlent pas plus de bonheur que Clément Wittmann ? Pourquoi faudrait-il, et spécialement chez Clément Wittmann, que les questions d’égalité, de justice, de fraternité, de liberté cèdent leur prérogative en politique à celle du bonheur ?

Les journalistes ont-ils fait remarquer des autres candidats qu’ils ne parlaient jamais de paix ou d’inégalité planétaire, contrairement à Clément Wittmann ?

Ce que cache cette conclusion, et que ne devrait pas ignorer la journaliste si elle était consciencieuse, c’est que la division qui s’opère dans le mouvement des objecteurs de croissance est électorale avant d’être idéologique et que les débats concernant la gratuité et le revenu garanti sont loin d’être clos, de même que celui de la compromission admissible ou non avec les partis productivistes.

Pouvoir politique

Par Le 10/05/2012

Exemples du "pourquoi" de la dette. Dans le cas présent, c'est en Espagne. C'est évidemment identique dans les autres pays de l'UE. Gestion inexistante.

En Espagne :

- une mairie de la Province de Guadalajara a obtenu 7058 ans pour rembourser sa dette

- 2000 mairies en situation d'impayés n'ont présenté aucun plan de paiement

- des notes internes distribuées aux banques demandent à créer des fiches de paie fictives rétroactives pour justifier des dépenses d'exploitation

- un village de 5000 habitants (Muela) subventionnait à hauteur de 600 K€ chaque voyage de ses habitants au Brésil, à Cuba, au Mexique ... Ce même village a construit en moins de 10 ans un centre sportif pour 20 M€, 3 musées pour 6 M€, un auditorium pour 3 M€, des arenes pour 2 M€. Aujourd'hui, tout est fermé et à l'abandon

- l'Espagne a le parc d'autoroutes payants le plus important du monde derrière ... les USA et la Chine. L'autoroute payante Madrid-Tolède a coûté 400 M€ et était prévue pour 20.000 véhicules/jour ; elle en accueille moins de 2000/jour. Tout simplement parcequ'il existe une autoroute en parrallèle qui est ... gratuite !

- Le projet de méga-stade de Valence a coûté 400 M€ et est aujourdh'ui à l'abandon ...

- L'Espagne a le plus grand nombre d'aéroports d'Europe avec 49 devant la GB (33), l'Allemagne (24) et la France (23). L'aéroport de Burgos a coûté 45 M€ en investissement et coûte 15 K€ par jour en fonctionnement pour ... 1 vol commercial par jour et 30 passagers (au lieu des 1300 prévus). De plus le billet Barcelone-Burgos (le seul vol existant) coûte 60 € aller-retour, la ville et la région de Burgos subventionnant 160 € (prix réel : 220 € !). Même chose pour Huesca (0 vols commerciaux pour 40 M€), Castellone, ... Anecdote : la plupart des aéroports sont baptisés par l'Église Catholique !

- l'Espagne est le second pays au monde pour le nombre de véhicules officiels blindés (coût jusqu'à 400 K€)

- La Cité de la Culture a coûté 300 M€ à la région de Galice pour aujourd'hui être complètement à l'abandon

Alors quand on parle de le dette immobilière en Espagne "sensible" pour 200, 250 ou 300 milliards €, on oublie de parler des dettes des collectivités publiques ...Grèce, Portugal, Italie et France dans le peloton de tête avec l'Espagne. La solution ? Arrêter de laisser des "dirigeants" mélanger les intérêts privés avec l'argent public. C'est à dire moraliser la sphère politique et financière. Euh...Quelqu'un a une autre solution?...Ah oui, arrêter de leur donner "notre "pouvoir. Un homme ou une femme élu n'a pas "le pouvoir", il a obtenu le droit d'user du nôtre pour le bien de tous. Et pas seulement pour ceux qui ont voté pour lui ou pour elle. Par là même, cette personne a perdu son "pouvoir" d’œuvrer à ses propres intérêts. Il doit œuvrer pour la communauté. Autant dire qu'on travaille à l'envers...

En même temps, la population est responsable de cet état car elle cautionne les dépenses pour lesquelles elle voit un intérêt personnel. Tant qu'on fonctionnera de cette façon, avec ce regard communautaire, voire individualiste, les politiciens et les financiers en useront puisqu'ils se sentiront soutenus. Et rien ne sera possible sur le long terme.

Krishnamurti : Crise de conscience.

Par Le 08/05/2012

"Ce ne sont ni la politique, ni les religions en place, ni l’accumulation de connaissances scientifiques qui vont résoudre nos problèmes — pas plus que les psychologues, les prêtres, les spécialistes.

La crise, elle est dans notre conscience, c’est-à-dire dans notre esprit, dans la manière que nous avons de considérer le monde sous un angle étriqué et limité.

C’est là qu’est la crise.

L’esprit humain a évolué sur des millions et des millions d’années, il est conditionné par le temps et l’évolution.

Un esprit conditionné de la sorte, avec la conscience étroite, limitée, exclusive qui est la sienne — considérant la crise qu’il traverse dans le monde actuel — peut-il jamais être changé ?

Peut-il amener un changement radical au sein de ce conditionnement ?"

Krishnamurti à Ojai le 9 mai 1981.

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