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Jarwal le lutin : la conscience de la vie

Par Le 24/04/2012

 


JARWAL LE LUTIN

tome 4

"Ils mangèrent en gardant les yeux tournés vers les horizons ou sur les eaux miroitantes. Ce calme étrange dans les pensées secrètes et quelques paroles dérisoires qui surgissaient parfois. Cette présence du monde qui emplissait les esprits, comme un partenaire respectueux qui se tenait, immobile, silencieux et fidèle.

Au loin, des brumes de chaleur couvraient les vallées d’un voile diaphane, des haleines tièdes qui cachaient les agitations humaines. Les villes se dissipaient sous des volutes immobiles. Les sommets rayonnaient en pleine lumière. Quelques nids de neige subsistaient encore dans les faces sombres. Les forêts de résineux dessinaient des lignes de partage avec les alpages et, plus bas, les feuillus dispensaient des palettes de verts aux variétés infinies.

Léo jeta un caillou dans l’eau du lac. Des ondes circulaires s’étendirent dans une symétrie parfaite.

« Quand je vois les cercles, comme ça, sur l’eau, expliqua Rémi, j’imagine toujours mes pensées. Comme si la première qui arrive, c’est comme un caillou qui tombe à l’eau et ensuite, la pensée s’étend, s’étend. Et puis, après le calme revient et c’est tout lisse dans ma tête, comme le lac. »

Lou regarda Rémi avec surprise, une certaine curiosité. Une émotion étrange. Elle n’avait jamais fait attention à lui au collège. Il était juste le frère de son amie, de sa seule amie. Mais elle ne l’avait jamais écouté et elle découvrait un monde intérieur qui lui plaisait beaucoup. Elle se trouva absurde en réalisant qu’elle avait ignoré le garçon uniquement parce qu’il avait un an de moins qu’elle.

« C’est une très belle image Rémi, avoua-t-elle. Je trouve difficile en tout cas de parvenir à faire en sorte que dans ma tête, ça soit comme le lac. J’ai l’impression que des cailloux tombent tout le temps à l’intérieur et que tous les cercles se superposent sans arrêt. »

Rémi ressentit un picotement délicieux. Cette certitude qu’il existait vraiment pour Lou, qu’il n’était pas juste qu’un camarade du jour. Il se surprenait en même temps d’avoir osé révéler cette image devant de nouveaux compagnons. Cette conscience soudaine que les pudeurs entretenaient l’insignifiance des échanges alors qu’il suffisait d’être vrai et honnête pour créer un réel partage, une rencontre inespérée. Cette idée que les hommes construisaient leurs propres prisons. Jarwal l’avait dit.

Ils finirent leur casse-croûte et reprirent le chemin.

Les interrogations s’éveillèrent rapidement. Lou voulait en savoir davantage sur le voyage de l’eau. Tian s’intéressait grandement aux Kogis. Il pensait aux Tibétains, colonisés à leur tour. Encore et toujours des soumissions et des douleurs, rien n’avait changé dans le fonctionnement de l’humanité.

Marine essayait d’expliquer ce que Jarwal avait découvert à travers la perte de sa mémoire.

« Il dit que si on reste attaché à notre mémoire, on perd la conscience de la vie. Mais c’est compliqué à expliquer en fait. C’est comme si le passé que notre mémoire garde en elle nous privait de la compréhension de la vie immédiate.

-Un peu comme si on traînait un fardeau. On dépense notre énergie pour ça alors qu’on devrait l’utiliser dans l’instant présent, c’est ça ? demanda Tian.

-Oui, c’est ça, acquiesça Marine, en souriant au jeune garçon. Mais en plus, Jarwal disait qu’on en finissait par ne plus exister réellement. On se souvenait d’avoir vécu et on se servait de ces souvenirs pour recevoir le présent.

-Par exemple, en ce moment, on est tellement attaché au souvenir de Jarwal qu’on en finit par ne plus voir ce qui nous entoure, ajouta Léo, alors que la petite troupe arrivait au col.

-Tu as bien raison, petit frère, renchérit Rémi. On ne se sert même pas de ce que Jarwal nous a appris. C’est nul.

-C’est bien la preuve que quand on apprend quelque chose, ça n’est pas pour autant que c’est à nous.

-Oh oui, Léo, alors tu imagines un peu avec tout ce qu’on doit avaler à l’école, reprit Marine. Et en plus, ça ne nous concerne pas directement. C’est juste du savoir. Alors que Jarwal, il nous parle de notre vie. Et pourtant, même ça, on n’arrive pas vraiment à s’en servir.

- Dites donc, vous n’imaginez pas le plaisir que j’ai à être avec vous. Je pensais qu’on allait juste faire une balade en montagne et j’étais déjà très contente mais alors, là, ça dépasse tout ce que j’espérais, lança Lou, rayonnante. C’est chouette toutes ces discussions. C’est triste d’ailleurs qu’à l’école, on ne parle jamais de tout ça et même entre nous, comme si l’endroit lui-même nous rendait bête.

-Ah, ah, éclata Tian, c’est exactement ça, c’est un endroit qui nous rend bête de savoir.  

-Et qui nous éloigne de nous-mêmes, continua Rémi, en nous racontant que c’est pour nous préparer à gagner notre vie. Je déteste cette expression. »

Un regard de Lou que Rémi surprit, un choc immense, l’attention qu’elle lui portait, comme une volonté de le comprendre, de saisir tout ce qu’il portait, la tête légèrement inclinée, une interrogation curieuse, tendre, le bonheur de la rencontre, une découverte inattendue. Comme une fenêtre ouverte sur un espace inconnu.

Ils regardèrent silencieusement les horizons gagnés. La chaîne de la Lauzière et ses arêtes dentelées, les forêts comme arrêtées par une ligne infranchissable, l’altitude dessinée sur le faîte des derniers arbres, une longue ligne régulière courant sur les flancs, les alpages les dominant jusqu’aux premières zones rocheuses et cet élan vertical projetant vers les cieux immobiles des flèches minérales.

Ils percevaient, remontant du fond de la vallée, la rumeur des camions et des voitures filant sur l’autoroute, une rumeur sourde, envahissante.

« J’aurais aimé connaître cette vallée avant même que l’homme y soit installé, annonça Léo. Vous imaginez cette immensité dans le silence, tout à découvrir, aucun chemin, des animaux en pagaille, ça devait être extraordinaire.

-En Chine, il y a des régions qui sont encore très peu habitées, des étendues immenses, mon père m’a dit qu’il y avait une différence de vie incroyable entre certaines zones du Nord et les grandes villes. Dans les mégapoles, il y a des enfants qui n’ont jamais vu la nature, rien, ils ne sont jamais sortis de ces centaines de kilomètres de rues, les villes en France sont toutes petites comparées à Shangaï ou Pékin.

-Je ne pourrais pas y survivre, intervint Rémi.

-Moi non plus, Rémi, continua Tian et il y a d’ailleurs beaucoup de gens qui y meurent. La pollution atmosphérique est terrifiante. Certaines villes industrielles sont constamment recouvertes par un nuage gris. On n’y voit jamais le ciel bleu.

-C’est complètement fou. 

-Oui, Léo, pire que ça, même, c’est suicidaire. Et soi-disant pour vivre mieux.

-Il me fait terriblement peur ce monde adulte », avoua Lou, en baissant les yeux.

Une infinie tristesse qui toucha immensément Rémi, comme des tenailles qui enserraient son cœur.

Le silence qui s’imposa, une peur partagée, un avenir aussi inquiétant qu’un ciel d’orage.

« Et si on descendait voir notre cabane ? proposa Léo. De toute façon, Jarwal ne viendra pas, faut pas rêver.

-Ouais, tiens, chouette idée ça petit frère, » acquiesça Rémi.

Un dernier regard sur les horizons, comme un ultime espoir projeté. Tian et Lou, désolés de cette rencontre manquée, Marine, Rémi et Léo, inconsolables de cette disparition. Il fallait occuper le reste de la journée. La mission de partage était achevée. Et c’était déjà un grand bonheur. Et puis, il y avait ces émotions impromptues, fugaces mais déjà si puissantes. Tian et Marine. Lou et Rémi.  

Léo s’en amusait. Il sentait bien qu’il y avait dans l’air des parfums inhabituels, des échanges secrets, des pensées lumineuses.

Ils prirent le chemin vers la forêt."

Le cerveau des animaux.

Par Le 24/04/2012


Et un jour, les scientifiques découvriront que le cerveau n'est pas le centre unique de décision. Mais, là, il leur faudra encore faire des milliers d'expériences, là où les Peuples Premiers le savent par observation, humilité et amour.






Publié le 24/04/2012 à 18:55

Des chercheurs français viennent de démontrer que ces insectes

étaient capables de jongler avec des idées abstraites pour trouver de

quoi se nourrir.

Une abeille entraînée à trouver un distributeur d'eau sucrée en fonction des notions "au-dessus de, en dessous de" et "différence" (image initialement verticale).

Une abeille entraînée à trouver un distributeur d'eau sucrée en fonction des notions "au-dessus de, en dessous de" et "différence" (image initialement verticale). © A. Avarguès-Weber / CRCA

Manipuler des concepts n'est pas le propre de l'homme, ni de quelques rares primates ! Les travaux de l'équipe de Martin Giurfa, du Centre de recherches sur la cognition animale à l'université Toulouse III-Paul-Sabatier (CNRS), viennent de le démontrer. Les abeilles, pour qui ce chercheur se passionne depuis longtemps, sont capables d'en faire autant. Elles saisissent des idées abstraites comme "différent", "égal", " au-dessus de" ou "à côté de" et sont en mesure d'utiliser ces données pour établir une stratégie gagnante afin de débusquer de la nourriture.

Pour en arriver à cette conclusion, les scientifiques ont entraîné des abeilles à entrer dans une enceinte dans laquelle ils avaient installé un distributeur d'amère quinine entre deux images différentes, positionnées côte à côte, et un distributeur de solution sucrée entre deux autres figures différentes, installées l'une sous l'autre. Selon leurs travaux, publiés dans la revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), après une trentaine d'essais, les insectes se sont dirigés droit vers les images placées l'une sous l'autre près desquelles était délivré l'appétissant breuvage. Qu'importe si les images avaient été changées, leur position l'une par rapport à l'autre leur suffisait à se faire une idée. En revanche, lorsque les chercheurs ont placé deux images identiques l'une au-dessous de l'autre, les abeilles ont semblé désappointées, preuve qu'elles ne s'étaient pas contentées d'utiliser le concept "l'une au-dessous de l'autre" pour se repérer. Elles avaient aussi enregistré que les deux figures devaient être "différentes" et non "égales" !

Un tout petit cerveau...

"Nous savions déjà que ces petits insectes étaient capables d'apprentissage et de mémorisation pour des choses très simples, du type "telle couleur = sucre" ou "telle odeur = sucre", mais là, il s'agit de règles générales abstraites qui s'appliquent même à des objets que les abeilles ne connaissent pas", souligne le professeur Martin Giurfa, enthousiaste. "Le plus fascinant, c'est qu'elles puissent non seulement utiliser un concept, mais aussi en combiner deux pour prendre leur décision." Ces conclusions étonnantes remettent en cause plusieurs théories. D'une part, les scientifiques pensaient jusqu'ici que seuls des cerveaux de taille importante avec un cortex bien développé, comme ceux des mammifères, pouvaient permettre l'élaboration d'un savoir conceptuel. Or le cerveau des abeilles est plutôt du genre "miniature". "Celui-ci mesure à peine un millimètre cube", précise le chercheur. D'autre part, on associait systématiquement manipulation de concept et langage. Or, jusqu'à preuve du contraire, les abeilles ne parlent pas...

Forte de ces résultats, l'équipe du Centre de recherches sur la cognition animale de Toulouse espère maintenant pouvoir identifier les réseaux de neurones responsables de l'apprentissage de tels concepts. "Même si nous ne sommes pas certains d'y parvenir, cela semble chose possible sur un cerveau d'abeille qui compte approximativement 950 000 neurones, en tout cas plus que sur un encéphale humain à 100 milliards de neurones", explique Martin Giurfa. Les chercheurs travaillent donc actuellement à des outils d'imagerie permettant d'étudier, au neurone près, ce qui se passe dans la tête de ces abeilles savantes...

Machiavel.

Par Le 21/04/2012


Une lecture très intéressante quant à l'usage de la politique aujourd'hui...





MACHIAVEL

Quelques citations:

- Tout n’est pas politique, mais la politique s’intéresse à tout .
- Le riche désarmé est la récompense du soldat pauvre.
- En politique le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal.
- La soif de dominer est celle qui s’éteint la dernière dans le cœur de l’homme.
- Mais la distance est si grande entre la façon dont on vit et celle dont on devrait vivre, que quiconque ferme les yeux sur ce qui est et ne veut voir que ce qui devrait être apprend plutôt à se perdre qu’à se conserver ...
- L’habituel défaut de l’homme est de ne pas prévoir l’orage par beau temps.
- Quiconque veut fonder un état et lui donner des lois doit supposer d’avance les hommes méchants et toujours prêts à déployer ce caractère de méchanceté.



Nicolas Machiavel

1469 - 1527

Éléments de biographie


Machiavel est né à Florence en 1469. Il reçoit une éducation humaniste (Antiquité grecque et surtout romaine). Il fait des études de droit.

L'époque est politiquement très troublée. L'Italie est riche mais divisée en petits états très instables, la proie facile des invasions étrangères.
De 1494 à 1527, ce sont les guerres d'Italie : l'Italie ne cesse d'être envahie et pillée (par les Français, les Espagnols, les Allemands, les Suisses ...)
Machiavel rêve d'une Italie unifiée dans laquelle la paix et la stabilité seraient garanties par un état fort. C'est ce qui le déterminera à écrire Le Prince.

De 1498 à 1511, il exerce les fonctions de secrétaire de chancellerie à Florence et se voit confier des missions politiques importantes et délicates dont il s'acquitte avec efficacité et fidélité.
En 1512, la chute de la république de Florence le fait tomber en disgrâce.
C'est pendant cet exil sur ses terres qu'il écrit ses grandes oeuvres politiques.

En 1526, il reprend des fonctions officielles.
Il meurt en 1527 sans avoir vu la réalisation de ses rêves politiques pour l'Italie.


Thèmes majeurs

La politique et l'histoire

Sans avoir jamais développé une philosophie de l'histoire, Machiavel se réfère continuellement à l'histoire comme source d'enseignement.


La politique et la religion

Dissociant politique et religion, Machiavel est le premier penseur de l'État laïque. Il ne voit pas dans la religion le fondement du pouvoir, mais tout au plus un instrument du pouvoir : il peut être utile de se servir de la religion pour gouverner, mais l'État n'a pas à rendre des compte à l'Église.


Selon Machiavel, le pouvoir ne vient ni de Dieu (contre les théories du Droit divin), ni d'une convention (contre les théories du contrat social) mais de la force.


Il faut, dit-il "s'en tenir à la vérité de la chose". Machiavel est avant tout un réaliste. La guerre est l'essence du politique.


La politique et la morale

"La fin justifie les moyens". Bien que Machiavel n'ait jamais écrit cette phrase qu'on lui attribue, elle résume bien sa position sur le sujet. Pour lui, le but de la politique, pour Machiavel, n'est pas la morale mais la réussite (obtenir et conserver le pouvoir).

Le prince n'a pas à être juste. Il suffit qu'il le paraisse. La politique est un art de la dissimulation au nom de l'efficacité.

Cependant, le pouvoir de l'État n'est jamais l'exercice de la force pure : la finalité de la politique est d'instaurer "de bonnes lois" pour le bien du peuple. Mais il n'y a pas de bonnes lois là où il n'y a pas de bonnes armes. Le prince n'est pas à proprement parler immoral. Il est amoral en ce sens qu'il est au-dessus de la morale ordinaire. L'efficacité est la morale du prince, car seul un pouvoir fort peut assurer la paix et donc garantir la moralité du peuple.


Nécessité, fortune et vertu (virtu)

Il y a place pour la liberté humaine dans l'histoire. L'avenir d'un état dépend de trois facteurs :

1. La nécessité : c'est l'ordre du monde et la nature humaine qui font qu'on peut s'attendre à ce que les choses se déroulent selon certaines attentes.
2. La fortune : c'est le hasard (la chance) dû à la complexité des événements qui les rend imprévisibles. C'est le caractère incontrôlable des circonstances (en partie l'effet de la nécessité).
3. La "virtu" : c'est la force (de "vir" virilité) de celui qui est capable d'imposer sa loi envers et contre les circonstances (c'est-à-dire envers et contre la fortune). C'est donc l'exercice de la liberté qui infléchit le cours des événements.


Le Prince

Le problème soulevé par Le Prince est : Quel est le fondement du pouvoir, c'est-à-dire comment prendre le pouvoir et le garder ?

Le titre original de l'ouvrage est en latin : De Principatibus ("Des Monarchies").
La notion de "prince" peut désigner :

1. celui qui détient seul l'autorité politique;
2. le souverain, c'est-à-dire l'autorité politique, qu'elle soit détenue par un individu ou un groupe

Pour Machiavel, c'est le premier sens qu'il faut retenir.

Dans Le Prince, Machiavel analyse les conditions de possibilité de la conquête et de la conservation du pouvoir personnel : à quelles conditions un pouvoir est-il bon, c'est-à-dire pour Machiavel, fort ? Pour Machiavel, le vice par excellence en politique, c'est la faiblesse.

On a vu dans Machiavel le théoricien du pouvoir personnel cynique, mais il est aussi le théoricien de la liberté populaire. En défendant l'idée d'une armée de citoyens et non de mercenaires, il intègre au moyen (la force) la fin bonne (le bien du peuple).

Si le prince peut être amoral (non pas immoral, mais au-dessus de la morale) quand les circonstances l'exigent, c'est pour pouvoir garantir la paix sans laquelle aucune moralité n'est possible.

Le Prince est la première grande étude de science politique portant sur l'état moderne.


Principales oeuvres

  • Le Prince (1513)
  • Discours sur la première décade de Tite-Live (1513-1520)
  • L'Art de la guerre (1521)
  • Histoire de Florence (1521-1525)


Zazen

Par Le 20/04/2012

 

Jacques Brosse, historien des mentalités religieuses et des mythologies, a enseigné le zen pendant plus de vingt ans. Il a reçu en 1987, pour l’ensemble de son oeuvre, le Grand Prix de Littérature de l’Académie Française
Jacques Brosse, naturaliste reconnu, vient de disparaître en ce début d’année 2008.

 

Penser à ne rien faire jusqu'à ne plus y penser.

"Il n'y a pas lieu de chercher à arrêter les pensées. Mais alors, que faire ? Et bien, rien, mais cela ne peut se comprendre qu'en zazen. Le détachement se produit alors de lui-même, spontanément, naturellement, automatiquement. Il n'y a rien à faire, mais à laisser faire, à "se" laisser faire. La posture zazen modifie d'elle-même le fonctionnement du cerveau, le rythme et la nature des ondes qu'il méet. Autrement dit, ce n'est pas l'esprit qui comande mais l'organisme. Voilà ce qu'il est difficile d'admettre pour des êtres chez qui le mental prétend tout régenter. Voilà qui pour eux est déconcertant et même humiliant.


Le moi, l'ego, est seulement le produit du passé. Il ne se convainc de sa propre existence que grâce à la pseudo continuité de l'expérience quotidienne, au souvenir de cette expérience. Dans le présent, cet ego ne peut constituer qu'une gêne. Il empêche de vivre le réel car il le filtre et le déforme à travers la grille de ses déterminations, de ses intérêts les plus immédiats, les plus subjectifs, les plus provisoires. Le passé vécu est l'écran qui s'intercale entre le moi et la perception du présent en tant que tel mais il est lui-même le moi. Aussi, lorsq'on parvient à l'exclure, n'y-a-til plus la perception et simultanément celui qui perçoit mais la seule perception, laquelle est, véritablement et elle seule, le présent. Et l'on s'aperçoit alors que celui qui perçoit était inutile, qu'il constituait à lui seul, l'obstacle.

Le moi n'est donc que la présence du passé abusivement introduite dans le présent. Il n'est que rétrospectif, n'existant en effet pas plus lui-même que le passé, lequel au contraire, ne peut lui exister en tant que passé, que dans le présent, dans le souvenir qu'on a de lui.


Ce "vous", je sais très bien qui il est. je le reconnais, c'est moi. mais le "je" qui s'adresse à lui, voilà quelqu'un que je ne connais pas. Et je vois bien que ce je là a raison contre le moi, qu'il est au-dessus de lui, vit dans une dimension supérieure et que lorque je l'accueille, il m'offre cette vision lumineuse de l'existence.

Puisqu'on peut ainsi le formuler, il doit nécessairement exister cet état supérieur, non dualiste et permanent, auquel se réfère cette impermence douloureuse, un point fixe situé au-delà. Ce somet, c'est lui que définissent les mots de félicité et de béatitude. Seulement, un tel état, où l'on se trouverait délivré de l'alternance bien-mal, bonheur-malheur, hors de la perpétuelle douche écossais qu'est l'existence, cet état où l'on n'aurait plus rien à craindre, on ne peut en fait se le représenter. Comment, en effet, désirer un état qui se siteu justement par-delà tout désir ? On ne peut jamais y aspirer tant qu'on ne l'a pas atteint et on ne l'atteint pas en y aspirant. Si on souhaite être libéré, c'est qu'on l'est déjà mais si on fait un efort pour se libérer, on ne le sera jamais puique le désir et l'effort vous enferment. Tel est le paradoxe et l'impasse où conduit le langage mais le paradoxe a en lui cette vertu de tordre le langage, de le mettre hors de lui, de vous mettre hors de vous et par là, il peut être une voie d'accès à l'inexprimable, c'est à dire à la réalité qui en tous sens le déborde.

Pendant le zazen, il n'y a plus ni bonheur, ni malheur. On se trouve spontanément par-delà. On expérmiente sans l'avoir désiré cette situation qui est suprêmement positive puisqu'elle transcende l'opposition positif-négatif. On est sorti du cercle fermé où l'opposition bien-mal vous obligeait à tourner en rond."

Jacques Brosse. Le zazen.


 

 

BOUDDHISME



- Jacques Brosse, pouvez-vous nous rappeler dans quel contexte s’est faite votre rencontre avec Taisen Deshimaru ?
A l’époque où j’ai rencontré Maître Deshimaru, on parlait beaucoup du zen en disant que c’était une affaire d’intellectuels : justement, les jardins zen, l’art du thé, ... Ca me semblait un peu trop lié à la civilisation japonaise. Mais je n’avais pas encore compris que le zen c’était zazen, la pratique de la méditation assise. C’est ce qu’est venu mettre au point Maître Deshimaru, en disant : "Le zen c’est ça et après c’est tout".
Ca peut paraître bizarre. Mais cette simple posture - celle du Bouddha au moment de l’éveil - est un tel état d’équilibre physiologique, qu’elle engendre un état d’équilibre psychique, qui lui-même permet de découvrir autre chose que les idées qu’on a toutes faites sur le monde.
Il y a une espèce de vide qui se fait en vous, et vous voyez enfin, vous n’avez plus les écrans successifs qui vous empêchent de voir la réalité.

- C’est donc le corps qui est premier dans cette voie ?
C’est le corps qui est premier, parce qu’il y a une réorganisation de l’organisme. Il n’y a pas que la posture, il y a également la respiration, semblable à ce que le taoïsme appelle "la respiration du nouveau né". Le nouveau né respire automatiquement bien, il en a absolument besoin, nous ne savons plus respirer. Il faut tout réapprendre !

- Apprendre ou désapprendre ?
Désapprendre d’abord et réapprendre ensuite.

- On a parfois l’image du zen comme d’une voie assez austère, dans laquelle il faut passer de longues heures assis en méditation, face à un mur.
Est-ce que cette image d’austérité est justifiée ?
Typiquement au cours d’une retraite on fait zazen 7 à 8 heures dans la journée, ce qui est certainement beaucoup. Mais ça n’est pas du tout l’épreuve qu’on imagine d’abord. J’ai vu beaucoup de débutants terrifiés à leur arrivée qui finalement ont très bien supporté. Parce qu’il y a un calme, un silence général.
On arrive très vite, une fois qu’on a consenti en somme à cette discipline, à en comprendre l’effet sur soi-même. Ce sont les résultats qui incitent à continuer, mais on obtient très rapidement les premiers résultats.
Ou alors c’est sans doute que le zen n’est pas pour vous. Aux gens qui me demandent : "Est-ce qu’il faut que je fasse zazen ?", je réponds : "C’est à vous à le décider, c’est pas à moi. Si vous en sentez la nécessité, si vous pensez que c’est une voie qui va vous rendre service, vous apaiser et que vous soyiez mieux avec vous même, effectivement essayez. Autrement, essayez une autre voie".

- Il faut trouver la voie qui correspond à sa propre histoire ?
Exactement. Et surtout ne pas voir dans le zen une espèce d’exotisme qui nous est imposé du dehors. Ca vient de nous-mêmes.
Dans une retraite zen, de même que dans un dojo, la discipline doit venir de soi-même. Elle n’est pas imposée du dehors. Il y a évidemment des gens qui sont là pour la faire respecter, parce que les débutants sont encore dans l’agitation de la vie quotidienne. Mais une fois qu’on a commencé, on comprend très vite, quelques jours suffisent.
Naturellement il reste d’immenses progrès à faire, on est simplement entré sur la voie : on peut aller jusqu’à sa propre mort. Vivre sa mort en zazen, c’est certainement l’idéal, mais c’est autre chose.

- La mort en méditation est surtout connue à travers le bouddhisme tibétain, notamment grâce au film "Little Bouddha".
Y a-t-il une tradition semblable dans le bouddhisme zen ?
Oui, beaucoup de maîtres zen meurent en méditation. Parce que c’est la bonne attitude pour passer de l’autre côté. Mais pour nous, passer de l’autre côté, c’est "passer sur l’autre rive", rien d’autre. Cela n’a rien de tragique, c’est un passage. Un passage où il se passe beaucoup de choses, je ne veux pas dédramatiser la mort, mais quand on en comprend à peu près le sens, on l’accepte très facilement.
Il est certain que dans l’aide aux mourants par exemple, les techniques du bouddhisme servent beaucoup. Ce n’est pas pour rien que ce sont les tibétains qui ont initié ces pratiques là : ça apaise les gens, ils comprennent la nécessité même de leur mort.
En tant que naturaliste, j’ai vécu avec beaucoup d’animaux, nous avons élevé ma femme et moi des animaux sauvages de France et d’Europe en quantité. J’ai donc vu mourir beaucoup de bêtes. Par rapport à l’homme, c’est d’une dignité et d’une noblesse... Les bêtes savent mourir.
Pourquoi nous, ne savons nous pas mourir ? Parce que nous avons des idées, tout simplement. Nous imaginons le trou noir, comme disent les gens, l’anéantissement complet, un paradis ou un enfer... Tandis que là, on met toutes ces choses à plat, tranquillement.

- La méditation peut-elle aider ici, apporter une ouverture ?
Parce que quand on a beaucoup d’idées, on a du mal à imaginer qu’il y ait autre chose que les idées qu’on a !
Bien sûr. Mais on s’aperçoit que justement on peut quitter ses idées au bout de quelque temps. On peut s’apercevoir que ces idées, dans le fond, on ne les a pas eues : ces idées vous ont été imposées, vous vous les êtes faites sans preuve.
Si vous examinez les choses comme ça, vous vous apercevez que la plupart de vos pensées sont surfaites. Elles sont illusoires, artificielles. Alors il y a peut-être autre chose, qui est de l’ordre plutôt de l’intuition que du raisonnement, qui surgit de la posture même.
Il y a une transformation du fonctionnement de l’esprit par la posture elle-même, ce qu’on appelle "le penser non pensé" (ce qui ne veut rien dire pour un non-pratiquant). Et en effet, c’est une forme de pensée dans laquelle on ne pense plus. La pensée surgit d’elle-même, tout seule.

- Ce n’est pas un trou noir ?
Absolument pas. Le vide n’est pas un trou noir. Le vide est beaucoup plus plein que le plein ! C’est plein de potentiel.
Les astrophysiciens et les physiciens quantiques le savent très bien. Le vide c’est simplement l’espace qui permet à la chose de se développer ou de bouger. S’il n’y avait pas de vide, il n’y aurait pas de mouvement possible.
Il ne faut pas se faire des idées toutes faites sur le vide, pas plus qu’il ne faut se faire des idées toutes faites sur la mort. C’est une expérience à vivre aussi !

- La mort est aussi une idée dont on peut se débarrasser, en tout cas dans ce qu’elle a de surfait ?
Mais naturellement, bien sûr. Ne serait-ce que par la pratique de la méditation. On n’a même pas à se forcer. Ces choses, on les examine tout seul, ça vient tout seul.
C’est comme une espèce de récapitulation, qui se fait toute seule. On n’a rien à faire. Et tout à coup, le grotesque de certaines situations qu’on a vécues, de certaines réactions qu’on vit encore, de certaines idées qu’on se fait, vous apparaît.
Et finalement, dans une sesshin, là je reviens sur la question de la dureté d’une sesshin, les bons moments sont ceux où on éclate de rire. Et c’est très fréquent. Il y a parfois dans un dojo, dans le silence complet, quelqu’un qui se tord de rire. Ca gagne l’ensemble du dojo, tout le monde se met à rigoler !

- C’est un bon rire, un rire de recul ?
Exactement, on se dit : "Mais quel crétin j’ai été !". Bien sûr ça n’est pas agréable sur le moment, mais si on s’aperçoit qu’on est un crétin, on peut déjà réagir. On n’est plus possédé par tout ce système qu’on a fait, qui n’existe pas en soi.

- Mais ça n’est pas pour autant que le problème disparaît ?
Mais pas du tout ! Mais au moins on n’en rajoute pas, et on va vers les vrais problèmes. Et vers les vraies solutions, bien entendu !

- Donc rien d’inquiétant à ce qu’on réalise comme ça que nos pensées sont surfaites.
Au contraire, c’est plutôt un apaisement ?
Mais c’est un apaisement, bien entendu. Et puis cette espèce de clairvoyance, qui au début peut être difficile... On parle du regard intérieur : c’est vrai qu’à la fin on se regarde soi-même, on ne sait pas comment ça se passe, mais on se regarde. On voit effectivement qu’on est mû - comme l’affirme le bouddhisme lui-même - par le désir, la haine, l’ignorance... et qu’on est tout le temps piégé par ça.
Une fois qu’on l’a détecté en soi-même, on s’aperçoit aussi que c’est le propre de l’espèce humaine, de l’être humain, que ça n’est pas personnel. On n’en est pas culpabilisé, il n’y a pas de culpabilité.

- Qu’est-ce qu’on en fait, alors ?
Parce que le désir, la haine et l’ignorance ne disparaissent pas ?
Ca ne disparaît pas, mais on peut tourner l’obstacle. On peut se rendre compte qu’on est en train de faire le con. On peut se voir, apprendre à se connaître comme ça, et en rire ? C’est ça le plus important à dire. Ca n’a jamais cet aspect tragique, ou trop grave.
Dans le regard intériorisé, on arrive à faire quelque chose qui ressemble un peu à une auto-analyse. Alors évidemment, si c’est très grave, il vaut mieux recourir à des spécialistes. Mais il y a un tas de choses qu’on peut régler soi-même, sans psychothérapie.

- Cette expérience de la méditation facilite-t-elle la rencontre avec d’autres traditions ou disciplines ?
Oui certainement. Cependant pour moi, il est plus facile de dialoguer avec un moine qu’avec un prêtre, généralement. Et il est plus facile de dialoguer avec un moine contemplatif qu’avec un moine actif.
Je fais des retraites chez les Bénédictins, je m’entends extrêmement bien avec le père abbé, on s’appelle "cher frère" tous les deux. Il vient faire zazen avec nous parfois. Mais ils n’est pas devenu bouddhiste pour autant.
Et naturellement il y a des rencontres avec la psychologie.

- Et à l’intérieur de soi, est ce qu’on a parfois ce sentiment dans la méditation, de découvrir quelqu’un d’autre ?
Ou est ce qu’on en fait abstraction ?
On en fait abstraction, mais ça vient tout naturellement. En somme, quand on se considère, comme on vient de le définir, en voyant par quoi on est mû, on se considère déjà un peu comme un autre qui se voit. On se voit un peu comme un autre. Et c’est là qu’on se met à rigoler. Qu’on peut rigoler, aussi.
Quand on se traite de pauvre con, c’est quand même un autre ! (rires).
La recette, ou plutôt le principe, est assez difficile à appliquer. C’est qu’il faut considérer les autres comme s’ils étaient des "moi" eux-mêmes, comme s’il étaient moi, et soi-même comme si on était un autre. On renverse le système.

- Mais ça n’est pas juste une bonne idée, c’est quelque chose de très concret ?
Oui, et il y faut du temps. Les débuts peuvent être très prometteurs, très riches, mais après, c’est long. Parce qu’avant de modifier tout ça, de renverser tout ça, ça prend du temps. Il y a des îlots de résistance qui sont là, et qui sont très durs à défaire.


Emission Voix Bouddhistes du 29 Octobre 2000


http://www.buddhachannel.tv/portail/spip.php?article1476


www.buddhachannel.tv

 

Bilan scolaire du quinquennat.

Par Le 20/04/2012

Education, Sarkozy n'a pas la moyennne

Que reste-t-il du sarkozysme (5)«Libération» regarde dans le rétro et décrypte les principales réformes lancées par Nicolas Sarkozy en tant que président. Aujourd'hui, l'éducation.

http://www.liberation.fr/politiques/2012/04/19/bilan-education-sarko-n-a-pas-la-moyenne_812608?google_editors_picks=true

Par MARIE PIQUEMAL, VÉRONIQUE SOULÉ

Au début de son mandat, Nicolas Sarkozy avait promis une «refondation» de l’école dans sa «Lettre aux éducateurs», tirée à un million d’exemplaires. En cinq ans, il a multiplié les réformes controversées et supprimé 80 000 postes, et laisse des enseignants amers d’avoir été aussi mal traités.

La formation des enseignants : zéro pointé

A l’origine, «mieux payer les profs»

Dès avril 2008, Nicolas Sarkozy annonce une réforme de la formation des enseignants, appelée «masterisation» : désormais les profs, du primaire comme du secondaire, devront avoir un master (bac+5), au lieu d’une licence (bac +3) la plupart du temps, pour passer le concours. Il explique que la revalorisation des profs est une «priorité» et que la masterisation va permettre de «payer davantage les jeunes enseignants». Officiellement, il s’agit aussi de s’aligner sur le reste de l’Europe où, majoritairement, les profs ont un master.

La mise en œuvre, une contestation tous azimuts

La réforme est très controversée depuis le départ. Principale critique : l’année de formation en alternance dans les IUFM, qui suivait le concours, a été supprimée. Une fois le concours en poche, les nouveaux profs — les «stagiaires», qui seront titularisés au bout d’un an — sont parachutés en classe à plein-temps sans formation, démunis face aux élèves. Certains syndicats critiquent aussi la baisse du poids des épreuves disciplinaires dans le concours. Mais tous les syndicats s'accordent sur un point : cette réforme est une manière pour le gouvernement de faire des économies — 16 000 postes supprimés la première année.

Les conséquences, le ratage du quinquennat

Stress, démotivation, crise des vocations ... Beaucoup de jeunes profs souffrent de leurs conditions d’entrée dans la profession. [Témoignages à lire ici]. Les étudiants se plaignent de la difficulté à préparer à la fois le master et le concours à la fac. Et dans certaines disciplines, on peine à recruter. Dans son dernier rapport annuel, la Cour des comptes a dressé un bilan sans appel de cette réforme ratée et plus coûteuse que prévue, avec des conséquences désastreuses pour les élèves. [Les détails ici].

La réforme de l'école primaire : déstabilisante

A l’origine, diminuer l’échec en fin de primaire

Dès septembre 2007, le ministre de l’Education Xavier Darcos annonce la suppression de la classe le samedi matin. Au grand dam des chronobiologistes, la semaine de quatre jours, qui existait ponctuellement, devient la règle. De vingt-six heures, la semaine passe à vingt-quatre heures. En contrepartie, les enseignants sont tenus d’organiser deux heures d’«aide personnalisée» pour les élèves en difficulté. Simultanément, une réforme des programmes est adoptée, avec un recentrage sur les fondamentaux, et des stages gratuits de «remise à niveau» en français et en maths sont créés pendant les vacances pour les CM1 et les CM2.

La mise en œuvre, dans la pagaille

L’organisation de l’aide personnalisée, la principale nouveauté, vire au casse-tête : selon les écoles, cela se passe le midi ou après les cours, et souvent en groupe. Les profs s’estiment mal formés pour aider les élèves en grande difficulté alors même que l’on supprime des postes de Rased, les maîtres spécialisés dans la difficulté scolaire [Sur ce sujet, lire ici et là]. D’autres enseignants refusent d'appliquer la réforme, par conviction. «Les désobéisseurs», comme ils se font appeler, boycottent aussi les fameuses évaluations mises en place en CE1 et CM2, jugées «déstabilisantes pour les élèves».

Les conséquences, une école déstabilisée

Le débat sur les rythmes scolaires est relancé. Mais le ministre Luc Chatel n’a pas osé trancher, craignant de mécontenter les parents, les élus locaux ou les professionnels du tourisme. Il se félicite en revanche que la réforme du primaire a fait progresser les élèves au vu des évaluations de CE1. On est pourtant encore loin de l’objectif affiché au départ : diviser par trois en cinq ans le nombre d’élèves en difficulté (estimés à 15% à la sortie du CM2). Dans les classes, ces évaluations restent très contestées.

A lire aussi : notre dossier sur les rythmes scolaires

L’assouplissement de la carte scolaire : pagaille et appréhension

A l’origine, une promesse de campagne

En 2007, le candidat Sarkozy promet de redonner leur liberté aux familles pour choisir l’école de leurs enfants. Il estime que la carte scolaire est contournée par les parents les mieux informés qui arrivent toujours à inscrire leurs enfants dans les meilleurs établissements, alors que les autres sont condamnés à rester dans leur secteur. La supprimer serait, selon lui, faire œuvre de justice sociale. Dès son élection, il fixe à Xavier Darcos pour objectif de «rendre la carte scolaire superflue par l’égalisation du niveau des établissements».

La mise en œuvre, entre confusion et incompréhension

Pour en finir avec l’«opacité» du système précédent, Xavier Darcos fixe des critères ouvrant droit à des dérogations : être boursier, handicapé, membre d’une fratrie, avoir un parcours scolaire particulier, etc. Mais il ne parle que d’un assouplissement de la carte scolaire : les élèves habitant près d’un établissement continuent d’avoir le droit d’y être scolarisés. Et comme les locaux ne sont pas extensibles, il reste finalement assez peu de places libres pour des dérogations… Beaucoup de familles, qui croyaient pouvoir choisir, sont déçues. Sans le dire, la suppression de la carte scolaire, infaisable, a été abandonnée.

Les conséquences, la situation est pire aujourd'hui

Toutes les études concluent à un impact limité. Contrairement aux prévisions les plus pessimistes, les collèges ghettos ont parfois perdu des élèves, les meilleurs en profitant pour partir. Mais ils n’ont pas été vidés de leurs effectifs et très peu ont dû fermer. Des élèves boursiers ont par ailleurs pu s’inscrire dans de «grands» lycées ou cités scolaires, introduisant une certaine mixité sociale. Mais leur nombre est limité. Les annonces autour de la carte scolaire ont surtout accru l’angoisse des familles et conforté l’idée d’une hiérarchie entre établissements.

Pour débattre : Rendez-vous pour un tchat jeudi à 14 heures avec Marco Oberti qui a planché sur l'impact de cet assouplissement de la carte scolaire.

 

La création des «internats d’excellence» : limitée et critiquée

A l’origine, récompenser le mérite et l’effort

C’est en février 2008, dans le cadre du Plan Banlieue, que Nicolas Sarkozy lance cette idée. Ouvrir des internats pour les élèves «méritants», de milieux défavorisés et à qui on va offrir des conditions d’études particulièrement bonnes : soutien scolaire, activités sportives, culturelles, voyages, etc.

A l’autre extrémité, pour les élèves «perturbateurs», Sarkozy veut des «Etablissements de réinsertion scolaire» (ERS) où l’on retravaille les bases scolaires et les règles de vie en commun. Les premiers ont ouvert leurs portes en 2010.

La mise en œuvre, à grand renfort de publicité

Le premier «internat d’excellence» est inauguré en grande pompe à la rentrée 2009 à Sourdun (Seine-et-Marne), dans une ancienne caserne fermée en raison de la refonte de la carte militaire. Ces internats sont conçus comme des «avant-gardes» de l‘école de demain: des établissements largement autonomes où les profs sont recrutés par le directeur, où ils restent bien au-delà de leurs heures de cours, où l’innovation pédagogique est encouragée, etc. Des nouveautés qui seront reprises dans les 300 collèges et les lycées du dispositif «Eclair» (écoles, collèges, lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite). L’objectif affiché d’Eclair est d’arriver à fixer, dans ces établissements difficiles, des équipes motivées, qui seraient portées par un projet commun et constituées par des profs chevronnés.

Les conséquences, une vitrine très critiquée

Pour Nicolas Sarkozy, c’est l’une des réussites du quinquennat. Il vante régulièrement les 10 000 places créées - bientôt 20 000 - grâce au Grand Emprunt. En réalité, seize internats ont ouvert à ce jour, offrant 3 258 places, les autres étant des places réservées dans des internats déjà existants. Selon des études, ces internats font progresser les élèves. Mais le dispositif est très coûteux et suscite des réserves alors que dans le même temps, on supprime des postes et que l’éducation prioritaire s’appauvrit.

Les ERS (pour les élèves perturbateurs) ont connu des débuts difficiles et ne concernent au final que quelques dizaines d’élèves. Quant au dispositif «Eclair», conçu pour les établissements difficiles et que Sarkozy voudrait étendre, il peine à trouver des profs candidats.

La réforme du lycée : mitigée

A l’origine, une volonté de «moderniser»

Les temps ont changé mais pas le lycée, estime Nicolas Sarkozy : les élèves accumulent les heures de cours avec des profs enfermés dans leurs disciplines et sont mal préparés au supérieur.  Il charge le ministre de l'Education Xavier Darcos de mettre rapidement en place une réforme.

La mise en œuvre, sans heurts ni enthousiasme

Le ministre Darcos se heurte à une forte mobilisation, la réforme est abandonnée sous la pression de la rue en 2008. Elle sera finalement remise sur la table en 2009 par Nicolas Sarkozy lui-même, dans une version édulcorée et avec la promesse qu’elle n’entraînera pas de suppressions de postes. Le calendrier de mise en œuvre est progressif : dès la rentrée 2010 pour la seconde, en 2011 pour la première et 2012 pour la terminale.

La réforme prévoit deux heures d'«accompagnement personnalisé» par semaine – pour du soutien, de l’approfondissement ou une réflexion sur l’orientation. Le choix de la filière est repoussé en première et pour les aider à se déterminer, en seconde les élèves ont des enseignements d’exploration d’une heure et demie par semaine.

 

Les conséquences, un bilan médiocre

Dans les faits, les changements sont timides [analyse à lire ici]. L’un des points clés – rééquilibrer les filières afin d’atténuer la suprématie de S – ne progresse guère. Des oppositions demeurent : certaines disciplines se retrouvent lésées comme l’histoire-géographie désormais facultative en terminale S, et les sciences économiques et sociales (SES) dont un quart du volume horaire part en fumée au cours des trois années de lycée. En mars 2012, les inspecteurs généraux en dressent un bilan très mitigé.

La réforme de la voie professionnelle : division et inquiétude

A l’origine, revaloriser une filière méprisée

Dès septembre 2007, le ministre Xavier Darcos annonce qu’il va généraliser la préparation du bac pro en trois ans – contre quatre ans jusqu’ici dans la plupart des cas, c’est-à-dire deux ans jusqu’au BEP (brevet d’enseignement professionnel), puis deux ans encore pour le bac. L’objectif est de pousser davantage de jeunes à poursuivre jusqu’au bac, voire après, et de diminuer les sorties sans qualification. Il s’agit aussi de valoriser une filière longtemps méprisée, en instituant un «vrai» bac en trois ans comme les bacs généraux et technologiques.

La mise en œuvre, dans la division

Les syndicats sont divisés. Certains se félicitent de cette revalorisation. D'autres craignent que les élèves, en difficultés souvent, aient du mal à acquérir en trois ans ce qu’ils apprenaient en quatre, à moins d’alléger encore la part des enseignements généraux. Enfin, beaucoup redoutent qu’en supprimant ainsi une année dans le cursus pro, le ministre cherche là encore à économiser des postes d’enseignants.

Les conséquences, une filière pro inquiète

Les BEP ont disparu et le nombre de bacheliers pros a grimpé. Mais il leur manque toujours des débouchés post-bac et beaucoup vont se perdre à la fac. La voie professionnelle, durement touchée par les suppressions de postes, est en outre inquiète pour son avenir. Nicolas Sarkozy veut rendre obligatoire l’alternance en terminale. Après une expérimentation cette année, le ministère généralise à la rentrée une troisième prépa-pro, et l’apprentissage est de nouveau autorisé dès 14 ans. Comme un retour à une orientation précoce vers des voies courtes, hors du scolaire.

Retrouvez: notre dossier «Education» et le blog «C’est classe !» de notre journaliste Véronique Soulé.

Méditation et enfance (2)

Par Le 19/04/2012

Et si on apprenait à méditer à nos enfants ?

Florence Deguen | 21.03.2012, 11h38

http://www.leparisien.fr/laparisienne/maman/et-si-on-apprenait-a-mediter-a-nos-enfants-21-03-2012-1916670.php
 

Aux Pays-Bas, Eline Snel est une star. Une jolie grand-mère de 58 ans, aussi souple que douce, capable de plonger dans un silence bienfaisant une trentaine de gamins surexcités en quelques minutes. Sa botte secrète? Avoir transposé à destination des 4-12 ans une méthode de méditation, la pleine conscience, prévue à l’origine pour les adultes.

 

Avec des histoires de spaghettis ou de petites araignées, elle leur apprend ainsi depuis trois ans à accueillir avec bienveillance pensées, sensations, respiration… Avec l’objectif d’apprendre tranquillement à les découvrir, les accepter et les maîtriser.
Délirant? De plus en plus de parents aux prises avec des enfants à la limite de l’hyperactivité, qui ne sont pas capables de rester le nez dans un livre plus de deux minutes ou qui mettent des heures à trouver le sommeil, « parce que leur corps est fatigué mais pas leur tête », sont prêts à essayer. Aux Etats-Unis, au Canada, en Belgique, les ateliers se multiplient. Aux Pays-Bas, les enseignants sont même formés gratuitement par l’Etat. Et le livre qui détaille la méthode d’Eline Snel a été publié la semaine dernière en
en terrain quasi conquis. Son titre charmant fait déjà le buzz sur les forums de mamans : « Calme et attentif comme une grenouille ». Préfacé par le célèbre psychiatre français Christophe André, il est assorti d’un CD pour que les enfants puissent, tout seuls ou avec leurs parents, effectuer des exercices. Une voix douce les guide, comme dans un conte : celle de Sara Giraudeau, dont le père, le comédien , a découvert et pratiqué avec passion la méditation dans les dernières années de sa vie.
« Assieds-toi confortablement, ferme les yeux si tu trouves que c’est agréable, imagine que tu es une grenouille au bord d’un étang… Pour rester aussi tranquille, il te faut de l’attention et du calme… » L’enfant est invité à repérer les bruits à l’intérieur de son corps, à porter son attention sur le bout de son nez, là où l’air entre et sort. « C’est un moyen d’apprendre à maîtriser la petite voix qu’ils ont dans leur
, celle de leurs pensées, explique Eline Snel. Ils apprennent à écouter… et à ne pas forcément réagir, ce qui est une formidable école de gestion des impulsions. » Pour eux, c’est un jeu bien sûr, mais un jeu dont ils ressortent apaisés et confiants. Et les quelques ateliers de méditation pour enfants qui s’ouvrent en France, à Paris ou dans l’Est notamment, ont des aficionados de 8 ans. « Ils ont tellement de stress et d’idées noires, soutient Eline Snel. Jamais personne depuis leur naissance ne leur a donné des outils pour y faire face. »
Les idées noires deviennent une petite araignée qui descend un fil et quitte progressivement la tête pour descendre dans le ventre, où l’on appose ses mains et où l’on respire. Les gamins commentent à leur manière ce qu’ils ressentent après la séance : « Je trouve que c’est super de respirer, je suis tout doux et reposé à l’intérieur. » Alors, s’il ne s’agit pas de les envoyer méditer dans un monastère, on se dit que dix minutes de calme introspectif entre la Nintendo et la télé ne peuvent pas leur faire de mal…
Pour Christophe André, la méditation n’est pas une activité de plus qu’imposent des parents trop soucieux de bien faire à des enfants déjà surbookés, mais bien d’« un cadeau dont ils se serviront toute leur vie ».

« CALME ET ATTENTIF COMME UNE GRENOUILLE » D’ELINE SNEL

Lettres aux écoles 9

Par Le 19/04/2012

"Nous avons voulu mettre de l'ordre dans notre société par une action politique et ainsi nous sommes devenus dépendants des politiciens. Pourquoi les hommes politiques ont-ils pris une telle importance, de même que les gouvernements et les dirigeants religieux ? Est-ce parce que nous dépendons toujours d'agents extérieurs pour mettre de l'ordre dans notre maison, est-ce parce que nous dépendons de forces extérieures pour contrôler et façonner notre vie ? Les autorités extérieures comme les gouvernements, les parents, les leaders de toutes sortes semblent nous rassurer sur l'avenir. Cela fait partie de notre tradition de dépendance et de soumission. C'est cette tradition accumulée depuis très longtemps qui conditionne notre cerveau. L'éducation a admis ces coutumes et c'est ainsis que le cerveau est devenue mécanique et répétitif."

Krishnamurti.


Plus cette société est complexe dans ses réseaux, plus la dépendance se renforce. Pour une raison très simple : chaque individu est encore plus égaré. Il lui est impossible de se servir des réseaux pour trouver en lui une éducation individuelle. C'est comme être perdu dans une forêt. Plus le sentiment d'être perdu est grand, plus la perdition se renforce. La peur annihile toute réflexion, la panique conduit l'individu, l'orientation devient anarchique, l'individu erre au hasard de ses intuitions et ses intuitions sont totalement fausses parce qu'il n'est pas en lui, dans une plénitude d'esprit mais dans un chaos intellectuel, sensitif, émotionnel.

Au regard de la société, le fonctionnement est identique et les individus se tournent vers des "leaders" pour qu'un chemin soit proposé. Alors que ce sont justement ces "leaders", tout aussi égarés intérieurement, qui ont déclenché le chaos.

Dans une classe, les jeunes enfants apprennent déjà à se soumettre à l'autorité de "leaders" alors que ce sont ces leaders qui les ont placés dans une situation chaotique. Le fait que les apprentissages soient imposés, sans aucune nécessité réelle, mais en fonction de "programmation ministérielle",  génère une inquiétude. Cette inquiétude instaure un phénomène de dépendance étant donné que les enfants doivent se soumettre à la parole du maître pour s'extraire de ce chaos. Leurs aptitudes ne sont reconnues que dans ce cadre limité des apprentissages.

Vingt ans d'éducation à la soumission. Le conditionnement est en place. Les enseignants se retirent, les politiciens les remplacent.

Lettres aux écoles 8

Par Le 18/04/2012

"L'avenir de tout être humain, des jeunes comme des vieux, semble sombre et effrayant. La société elle-même est devenue dangereuse et totalement immorale. Quand un jeune affronte le monde, il est inquiet et plutôt effrayé par ce qui va lui arriver au cours de sa vie. Ses parents l'envoient à l'école puis, s'ils ont les moyens, à l'université et ils veulent qu'il trouve un travail, qu'il se marie, qu'il ait des enfants. Quelques années après leur naissance, les parents consacrent peu de temps à leurs enfants. Ils sont préoccupés par leurs propres problèmes et les enfants sont à la merci de leurs éducateurs qui eux-même ont besoin d'éducation. Ces derniers ont peut-être un excellent niveau d'études et ils veulent que leurs élèves acquièrent les meilleurs diplômes, que l'école ait la meilleure réputation. Cependant, les éducateurs ont leurs propres problèmes et à l'exception de quelques pays, leurs salaires sont plutôt bas et socialement, ils ne sont pas tenus en haute estime. Donc, ceux qui vont être éduqués connaissent des moments plutôt difficiles avec leurs parents, leurs éducateurs et leurs compagnons d'études. Ils sont déjà dans ce flot de lutte, d'angoisse, de peur et de compétition. C'est le monde qu'ils ont à affronter : un monde surpeuplé, sous-alimenté, un monde en guerre, un terrorisme grandissant, des gouvernements incompétents, la corruption et la menace de la pauvreté. Cette menace est moins évidente dans les sociétés d'abondance. 

Voilà le monde que les jeunes doivent affronter et naturellement, ils ont vraiment peur. Ils pensent qu'ils doivent être libres, dégagés de toutes activités routinières, qu'ils ne doivent pas se laisser dominer par leurs aînés et ils refusent l'autorité. Pour eux, la liberté, c'est de choisir ce qu'ils veulent faire mais ils sont confus, incertains et ils aimeraient malgré tout qu'on leur montre ce qu'ils doivent faire.

Ainsi, l'étudiant est pris entre le désir de liberté et les exigences de la société qui le presse de se conformer à ses besoins à elle.

Voilà le monde qu'ils ont à affronter et auquel ils doivent s'intégrer au cours de leur éducation.

C'est un monde effrayant."

Krishnamurti.


Je rappelle que ce texte a été écrit en 1976...

Non seulement, rien n'a été fait pour améliorer la situation mais il est même évident que tout s'est aggravé.

Les "sociétés d'abondance" ne sont plus à l'abri de leur "croissance". L'économie ne peut plus valider la pression éducative parce que les perspectives d'avenir ne sont plus portées par cette fameuse évolution sociale. Le conditionnement de l'individu dans ce contexte prend désormais son vrai visage. Etant donné que les valeurs matérialistes ont perdu de leur aura, il ne reste rien. Et la perdition générale apparaît au grand jour.

La solution ne viendra pas des structures politiques étant donné que celles-ci tentent par tous les moyens de sauver l'ancien système. Le moi encapsulé. Le système économique impose un système éducatif, un système de pensées, un système familial, professionnel, un engagement complet de l'individu dans une voie de croissance économique. Mais pas de croissance spirituelle. Et le mot "spitiruel" continue à être perçu comme une dérive sectaire ou religieuse. La plupart des gens n'y voient que des connotations "New Age" ou de gourous infatués. La philosophie n'est pas une valeur marchande et la lucidité qu'elle préconise ne doit pas être mise en valeur. Sa pratique, cognitive, dans une classe de terminale ne met pas en péril le conditionnement. Il est déjà en place. 

La crise n'est pas encore autre chose qu'une crise économique et sociale. Elle ne prendra sa vraie mesure qu'avec la prise de conscience de l'état intérieur des individus. Pour l'instant, les politiques, les économistes, les financiers, s'évertuent à placer des pansements sur les blessures. Les dégâts collatéraux d'ordre existentiel ne sont perçus qu'à travers la détresse sociale. Il n'est pas question de nier la gravité des faits. Il y a des millions d'exclus. Et quelques milliers de privilégiés qui vont oeuvrer au maintien de leurs privilèges. Tout ça n'est toujours qu'un état des lleux superficiel. Dans le sens de l'observation intérieure. C'est le changement de paradigme qu'il faut envisager. Il viendra de chaque individu et sûrement pas d'une structure étatique. Aucun état ne voudrait d'une Révolution spirituelle. Les candidats à la Présidence ne parle que de changements matérialistes. Aussi importants soient-ils au regard de ces millions d'exclus, ces changements ne représentent qu'une tentative de maintien du paradigme. Pour la raison évidente que ce maintien permet le maintien des privilèges.

 

Pour ce qui est de l'éducation nationale, il est évident qu'elle ne proposera jamais ce changement. Elle est au service de l'Etat et les "éducateurs" sont eux-mêmes les serviteurs. La pyramide est en place. Système féodal. Lorsque j'ai écrit au ministre, il y a de ça, une vingtaine d'années, j'ai été convoqué par l'inspecteur d'académie et "cassé". Blocage de salaire pendant sept ans. Il suffisait de ne pas venir m'inspecter. Je n'ai pas changé de point de vue pour autant. Et je sais même avec le recul combien j'avais raison. Je n'avais juste pas perçu totalement l'ampleur de la manipulation.

 

Il y a une chose qui m'interpelle dans le texte de Krishnamurti. A mon sens, ça n'est pas "le monde qui est effrayant." C'est l'état intérieur des individus qui le constituent. Un groupe n'existe pas pour lui-même. Il n'est que l'assemblage des individualités. Il conviendrait donc de dire plutôt que "les individus sont effrayants" et que l'assemblage de ces individualités forme un monde effrayant. 

 

Plus effrayant encore est de considérer le fait que ces individus, une fois unifiés, n'existent plus individuellement. Là, on entre dans l'horreur.

Et lorsqu'un groupe existant dès lors par lui-même s'écroule, non seulement les individus perdent leurs repères, mais ils ne peuvent plus exister individuellement. C'est la que la "crise" prend toute son ampleur.

Oui, mais il y a les élections présidentielles qui viennent à point nommé pour rassembler et magnifier de nouveau les identifications. Et on repart pour un tour...Un petit tour...Tout petit...

 

Prise de conscience.

Midway

Par Le 17/04/2012

Triste à mourir.

Les oiseaux s'en chargent...

Comment a-t-on pu en arriver là ?...

LE FILM SUR VIMEO

http://vimeo.com/25563376

http://vimeo.com/30915581

http://vimeo.com/36745838


L'intellect et l'ineffable.

Par Le 16/04/2012

Tout le problème de notre fonctionnement trouve sa source dans l'usage de l'intellect. Nous fondons nos pensées sur le raisonnement, le raisonnement sur le savoir, le savoir sur la mémoire. Nous suivons une voie ancestrale qui tourne en boucle. Nous utilisons le savoir comme le fondement de notre comportement et dès lors, nous nous coupons de cette perception intuitive qui n'est pas explicable. Mais si elle n'est pas explicable, rationnellement, elle n'en existe pas moins. Nous fonctionnons par conséquent de façon partielle. Je marche de façon irrationnelle et aucun savoir ne détient l'explication. Mais, moi, intérieurement, spirituellement, existentiellement, je sais pourquoi je marche. Et cette connaissance-là, je n'ai pas besoin de la science pour y accéder mais juste de l'ouverture de l'âme. Personne ne peut reproduire l'ouverture de l'âme, personne n'en détient le fonctionnement, personne ne peut dupliquer ce qui se produit dans cet espace. Et tant mieux. Mais il est possible de tenter de l'écrire...Juste un partage, un témoignage qui crée une passerelle et qui évite de se croire fou au regard de la raison dressée comme un étendard.

Trente ans ans que j'écris. Je n'en vis pas et ça n'arrivera sans doute jamais mais ce que ça m'a appris sur la vie vaut bien plus qu'un mode de vie. J'ai eu le bonheur immense de rencontrer Jarwal sur le chemin. Pour nos trois enfants, sur un chemin de montagnes. Incroyable d'ailleurs à quel point la montagne aura été déterminante dans ma vie. J'ai rencontré la femme que j'aime en montagne. Ce que nous avons vécu de plus beau ensemble et avec nos trois enfants, c'était toujours en altitude. Et tout ce qui vibre en moi et que j'écris, c'est là-haut que je l'ai éprouvé. Le tome 4 de Jarwal avance, doucement...Il neige en altitude et demain on monte au ski. Tout est lié...Je prendrai mes skis de rando, je collerai les peaux et je monterai lentement, pendant des heures. Et Jarwal sera là...Comme un ouvreur de porte.

Jarwal le lutin et Krishnamurti

Par Le 15/04/2012

"Quelle est la fonction d'un esprit holistique ? Par esprit, nous entendons toutes les réactions des sens, les émotions -qui sont totalement différentes de l'amour- ainsi que la capacité intellectuelle. Actuellement, nous donnons une importance fantastique à l'intellect. par intellect, nous entendons la capacité de raisonner logiquement, sainement ou non, objectivement ou subjectivement. C'est l'intellect, avec son mouvement de pensée, qui conduit à la fragmentation de notre condition humaine. C'est l'intellect qui a divisé le monde du point de vue linguistique, national, religieux, qui a séparé l'homme de l'homme. L'intellect est le facteur central de la dégénérescence de l'homme partout dans le monde, car l'intellect ne forme qu'une partie de la condition et de la capacité humaines. Quand cette partie est exaltée, louée et tenue en honneur, quand elle prend une importance primordiale, alors la vie qui est relation, action, conduite, devient contradictoire et hypocrite. L'anxiété et la culpabilité apparaissent. L'intellect a sa place dans la science, par exemple mais l'homme a utilisé le savoir scientifique non seulement à son profit mais pour créer des instruments de destruction. 

L'intellect peut percevoir ses propres activités qui conduisent à la dégénérescence mais il est absolument incapable de mettre fin à son propre déclin parce qu'essentiellement, il n'est qu'une partie d'un tout"

Krishnamurti


 

C'est tout ce que je veux décrire dans la série des Jarwal. L'intellect est au service du mal parce que l'homme n'est qu'un homme et pas encore un être humain. Il lui manque la conscience du Tout. Et comme, il n'a même pas conscience de l'état d'inconscience dans lequel il vit, la route est encore terriblement longue...


 

JARWAL LE LUTIN, TOME 1

"Jarwal sortit de ses pensées en entendant un déclic au centre de la bibliothèque, un claquement sec puis il vit avec stupeur un panneau coulisser, tout un pan du meuble glisser. Il appela les enfants qui se regroupèrent à ses côtés. La bibliothèque partagée en deux découvrit un couloir sombre, juste effleuré par des effluves bleutés, un passage secret d’une hauteur surprenante, bien plus qu’une taille humaine. Un bruit sourd répété se fit entendre, un martèlement régulier qui prenait de l’ampleur. Un halètement grave l’accompagnait, comme une respiration caverneuse, un grondement de forge, un cliquetis métallique, des pièces animées par un mouvement mécanique.

 

Jarwal souleva son bonnet et libéra Léontine. La mouche s’envola aussitôt et disparut. Une dernière chance.

 

« J’ai peur, murmura Ysaline en prenant la main du lutin.

-Moi aussi, avoua Jarwal mais je sais que c’est inutile. Les enfants, il faudra m’obéir, sans réfléchir. Et ne pas obéir à votre peur. 

-On le fera Jarwal, » lança Hoel avec assurance.

 

Une ombre. Immense. Le battement des pas, la respiration éraillée, rauque, douloureuse et ces claquements saccadés, comme des tenailles qui se referment, des articulations en mouvement.

 

Jackmor.

 

Il occupait tout l’espace libéré. Une armure stupéfiante, un heaume renforcé d’une crête épineuse. Il sortit de l’ombre et prit toute sa mesure. Gigantesque.

 

« Plus de trois mètres, estima Jarwal. Et une armée à lui tout seul. »

Les gantelets, les coudières, les genouillères, les épaulières, le torse, tous les endroits névralgiques étaient hérissés de pointes. Il portait une massue cloutée à la taille, suffisante pour fracasser le crâne d’un taureau en pleine charge.

 

Les enfants n’avaient pas bougé, figés dans leur terreur, les ventres noués, les respirations suspendues, bouches ouvertes.

Ce sifflement moribond remontant des entrailles les glaçait d’effroi tout autant que la stature et l’allure guerrière de l’apparition.

 

« Voilà donc mes invités ! Et cette fameuse surprise. Jarwal, selon tout ce que j’ai pu entendre. Fort intéressantes d’ailleurs ces discussions. Mes chers enfants, vous avez des talents remarquables.»

 

Une voix hachée, malgré sa puissance, comme une douleur à cacher.

Jarwal passa les mains sur son visage et effaça les traits d’Aymeric. Inutile de préserver le subterfuge, Jackmor l’avait parfaitement identifié.

 

 

« Ah, voilà donc le vrai visage de votre sauveur ! Tu m’as bien fait rire lutin.  Toute cette énergie ! Et tes petites graines magiques ! C’était fascinant. Quelles belles connaissances, je suis ravi de savoir que tout cela va bientôt m’appartenir. Mais venez donc vous asseoir à ma table, vous devez avoir faim. »

 

Jackmor s’engagea dans la salle, un pas mécanique, heurté, comme s’il ne possédait pas la souplesse des guerriers, comme si la masse de son corps l’handicapait. Il retira la chaise en bout de table et les autres chaises reculèrent d’un seul mouvement. Dans un silence absolu.

Les enfants ne bougèrent pas. Jarwal aperçut les poings serrés d’Hoel. Le garçon avait du courage à revendre.

 

« On préfère rester debout, annonça Jarwal.

-Ah, ah, ah, mais qu’espères-tu donc, lutin ? Que tu vas t’enfuir peut-être ? Et avec mes enfants en prime ! Mais enfin, pourquoi refuser ce que j’ai à vous proposer ? Rien de mieux ne peut vous arriver. J’ai besoin de vos talents, tu l’as compris lutin. Mais tu aimerais savoir comment je m’y prends. Je vais vous le dire. Mais laissez-moi d’abord vous expliquer l’essentiel. »

 

Jackmor engloba dans un geste de la main l’espace devant lui et la table se garnit d’une multitude de plats.

« Vous ne voulez vraiment pas vous restaurer ? Quel gâchis ! Des plats de cette qualité, spécialement préparés par mes équipes. Vous allez les vexer ! Il ne faut jamais négliger les talents. J’en ai fait une règle de vie et c’est la clef de ma puissance. »

 

Jarwal observait la salle tout en écoutant la voix métallique. Il devinait tout au fond de l’immense pièce un cercle étrange, comme un puits ouvert mais il ne parvenait pas à en être certain. Il aurait fallu s’approcher.

 

« Bien, je vous laisse libre de vos choix. Je ne suis pas le monstre que vous imaginez. Que penses-tu lutin de cette reproduction de notre espace visible, c’est fascinant n’est-ce pas ? Cette Voie Lactée est vraiment une pure merveille et je veux l’explorer. Et que penses-tu de ma bibliothèque ? Tu aimerais ouvrir ces livres n’est-ce pas ? Toi aussi, tu rêves de connaissances, toi aussi tu aimerais posséder le pouvoir sur les choses et sur les êtres et il n’y a que la connaissance qui le permet. La force, c’est bon pour les faibles. Et ça n’est jamais durable. Tu le sais comme moi. Tous les peuples oppresseurs ont fini en lambeaux, tous les dictateurs ont fini misérables ou pendus. La brutalité n’est qu’un aveu d’ignorance. Le pouvoir appartient à celui qui possède la connaissance. Le progrès est une arme infaillible. Il entraîne les peuples dans l’avidité du confort. Celui qui dirige le progrès dirige la masse, l’humanité entière. Personne ne s’opposera à ce bienfaiteur. L’opulence n’est même pas nécessaire, il suffit de maintenir les biens essentiels et de dispenser des rêves. Les rêves, c’est l’opium du peuple. Un mélange d’espérance, d’illusions modérément dispensées et des rêves, des rêves, pour atténuer les souffrances et les peines. C’est ça le progrès pour les masses aveugles et pour moi, c’est la puissance et le pouvoir, tout le monde s’y retrouve. »

 

Jackmor ne semblait pas s’émouvoir de l’incompréhension de son assemblée.

 

« Vous ne saisissez pas ce que je raconte mes chers enfants mais ça n’est pas grave. Bientôt, tout vous paraîtra évident car vous serez en moi et toi aussi lutin.

Vous pourrez profiter de mon immense savoir et vous participerez à son essor. »

 

Un coup au ventre. « Vous serez en moi… »

Jarwal chercha Léontine du regard. Il aperçut l’insecte furtif au moment où elle entrait sous le heaume par les fentes oculaires.

Il fallait gagner du temps.

 

« Où sont passés les enfants que tu as déjà enlevés ?

-Enlevés est un mot bien trop dur, lutin. Je les ai libérés de leur misère pour leur offrir l’accès au pouvoir, qu’ils puissent grâce à moi user de leurs talents, qu’ils ne restent pas croupir dans leur fange quotidienne. Il n’y avait rien de mieux pour eux et vous en jugerez lorsque vous sentirez en vous cette puissance du savoir, lorsque vos dons prendront en moi une dimension extraordinaire.

-Que veux-tu faire ?

-Patience, lutin, patience, tu vas trop vite. Laissez-moi tout d’abord vous rassurer. Voilà les amis pour lesquels vous vous inquiétez. »

 

Du couloir resté ouvert au centre de la bibliothèque apparut une file d’enfants. Hagards, les yeux fixes, des cernes noirs, les teints pâles, sans aucune réaction à la présence de leurs anciens compagnons de jeu. Comme endormis, inertes, figés dans leur apathie, une torpeur inquiétante. Les uns après les autres, ils vinrent se placer dans le dos de Jackmor. Une soumission craintive. Une trentaine de visages absents, égarés, comme privés de toutes émotions, de toute vie intérieure, les bras ballants, les épaules tombantes. Une léthargie spirituelle. Gailhart, Adelin, Tristan, Aénor, Bérenger, Ludivine, ils étaient tous là. Mais comme vidés de leur existence.

 

Ysaline ne put s’empêcher de murmurer à l’intention de son amoureux.

 « Je suis là Tristan, je suis avec toi, Jarwal va nous sauver. »

Elle crut percevoir dans le regard éteint un tremblement furtif, comme un contact rétabli.

 

« Vous voyez, ils sont bien tous là, continua Jackmor, ils n’ont pas disparu, je subviens à leurs besoins, ils profitent de mon château, de cette bibliothèque, d’un confort dont ils n’auraient jamais pu bénéficier dans leur vie de paysans.

-Que leur as-tu fait ?

-Un échange de bons procédés, tout simplement. Ils ont une vie heureuse et je profite de leurs talents.

-Une vie heureuse ? J’en doute sérieusement. Ce ne sont plus des enfants. Mais plutôt des fantômes.

-Et alors ? C’est la rançon du progrès ! Tu crois peut-être que leurs vies d’autrefois étaient préférables ? Qui es-tu pour décider qu’ils étaient plus heureux dans leur pitoyable village? La connaissance est au service du progrès, le progrès amène le confort, le confort favorise l’asservissement, l’asservissement est le fondement du pouvoir. Ceux qui ont la chance de participer à cet ouvrage sont des privilégiés et les miséreux comme toi ne peuvent pas comprendre.

-Je comprends qu’ils ne sont plus eux-mêmes mais des individus exploités. Je ne perçois même plus en eux la joie de vivre des enfants, la joie de découvrir le monde, de jouer et d’apprendre. Qu’as-tu fait de leur vie ?

-Tu n’as même pas idée du niveau de connaissances qu’ils ont déjà atteint. Pas un seul d’entre eux ne souhaiterait partir d’ici. Ils ne sont pas prisonniers, ils ont chacun un lit, ils sont bien nourris, habillés, soignés si nécessaire.

-Ça ne fait pas une vie heureuse. Il y manque la liberté. Et il y a autre chose que tu ne veux pas dire. Je pense pour ma part que tu as saisi leur esprit, que tu les as envoûtés, envahis, que tu t’es introduit en eux pour leur voler leurs talents.»

 

Léontine vint se poser sur l’épaule du lutin et se faufila au creux de son oreille.

 

« Il n’est qu’un esprit, cette armure est vide, il a pillé l’esprit des enfants, il prend leur énergie et leur talent, c’est un monstre, il se sert d’eux, il les dévore, il aspire leur esprit, tu comprends, il est le progrès, il les garde en vie mais pour se servir d’eux… Il a besoin de cette vigueur pour se développer, il a besoin de vous tous sinon…»

 

 

Un coup de poing sur la table.

Jackmor en avait assez de ce tête à tête avec le lutin. De l’impatience désormais.

 

« J’ai assez donné de mon temps. Maintenant, c’est à vous de me servir. »

Albert Jacquard

Par Le 15/04/2012

Je précise pour éviter les confusions que je ne voterai pas Mélenchon.
C'est ce que AJ dit sur la crise et le reste qui m'intéresse.
D'ailleurs, je ne voterai pas.
Le problème n'est pas politique et par conséquent, les politiciens n'y peuvent rien.

http://www.rue89.com/rue89-planete/2012/04/14/albert-jacquard-votera-melenchon-il-me-fait-penser-jaures-231183

Albert Jacquard chez lui à Paris le 5 avril 2012 (Audrey Cerdan/Rue89)

Albert Jacquard, le généticien « indigné » de 86 ans, publie un livre avec Stéphane Hessel (« Exigez ! Un désarmement nucléaire total », Stock) et votera Mélenchon. Il a décidé de le faire savoir.

« Mes forces sont déclinantes », reconnaît le vieil homme. Parfois comparé à un « abbé Pierre laïc », il vient d’être mis à la retraite forcée de la radio (il animait une émission sur France Culture jusqu’à récemment). Sa voix peine à se faire entendre, mais il a encore beaucoup à dire :

« J’ai envie d’écrire “désapproprions-nous”, disons à tous les humains que rien sur la Terre ne leur appartient. »

Au soir de sa vie, le scientifique apparu sur les écrans télé lors de la réquisition de l’immeuble de la rue du Dragon par Droit au logement, à Paris en 1994, vient aussi de sortir un livre de souvenirs, « Dans ma jeunesse » (Stock).


Dans ma jeunesse (Stock)

Il y explique « comment on devient soi-même » et revient pour la première fois sur l’accident de voiture qui l’a défiguré à l’âge de neuf ans.

Un tram a percuté la voiture familiale. Son frère de 5 ans et ses grands-parents sont morts, son père a été blessé. Voici comment il décrit l’événement :

« Un choc de fin du monde, suivi d’un silence qui semble définitif. J’ouvre les yeux et me vois moi-même debout au milieu de la route ; dédoublé, je suis à la fois cet enfant blessé, extérieur à lui, figé comme une image, et moi qui le regarde, incapable, durant un court instant, d’un mouvement ou d’une sensation, mais contraint d’accepter l’irréparable : mon univers vient, en un instant, d’être bouleversé. »

Ce livre-là, il a eu « de la peine » à l’écrire, confie-t-il :

« Je ne savais pas que ça me libérerait. Ça m’a transformé de le dire. »

Il voit dans son alliance avec Stéphane Hessel l’occasion de donner plus d’audience à ses opinions anciennes sur le nucléaire :

« On est en train de suicider l’humanité et personne ne réagit ; c’est monstrueux. »

Albert Jacquard serait-il en train de transformer l’indignation du nonagénaire en programme politique, de faire une OPA sur la campagne présidentielle ? Pas si vite. L’utopiste a juste décidé d’expliquer sur qui se portera son choix.

Rue89 : Si vous étiez candidat à l’élection présidentielle, quel message porteriez-vous ?

Albert Jacquard : Je serais le candidat des mutations, pas le candidat des crises. Moi, je pense que la crise n’existe pas. Une crise, par définition, ça passe. On dit bien une crise de toux, de larmes... Là, elle n’est pas destinée à passer. On édulcore l’événement en faisant comme si elle allait disparaître.

Là, on est dans une mutation, un appel au renouveau, c’est-à-dire que ce qui était bon avant ne l’est pas nécessairement après, c’est une occasion extraordinaire de tout changer. Il est normal de revoir le système économique, sanitaire... Or, dans cette campagne, personne ne profite de l’occasion pour définir ces mutations. Les politiques ont peur du changement, ils n’y croient pas.


Exigez ! Un désarmement nucléaire total

Cette campagne parle peu d’utopie et beaucoup de chiffres.

C’est une vraie maladie ces chiffres. Si j’allume la télé, il ne se passe pas trois minutes sans qu’il y ait un pourcentage d’augmentation qui diminuera, comme l’autre jour Sarkozy nous a expliqué que ça baissait, ce qui signifiait que ça montait... On a une fascination pour les nombres car on croit qu’ils permettent d’accéder à la vérité.

Néanmoins, le chiffre de la dette est une réalité....

Je voudrais bien la définir cette réalité. Pourquoi on n’en parlait pas il y a dix ans ? Je crois que le moment grandiose où on a oublié les nombres, c’est à la Libération : on a supprimé certains critères économiques comme l’inflation, et on s’en est sorti. Le Conseil national de la résistance était une utopie totale... Réalisée !

Que pensez-vous des candidats ?

Ma sympathie va naturellement à François Hollande. L’autre [Nicolas Sarkozy, ndlr], on ne peut pas lui faire confiance, il se moque du monde de façon éhontée, il a dit tout et son contraire.

Je me suis trouvé en sa présence, invité par un ami à la remise d’une Légion d’honneur. On m’a présenté à lui, il m’a serré la main et a tourné la tête. Il aurait pu avoir envie de me connaître, mais non. Il n’est même pas poli, et j’ai senti une espèce de mépris de sa part. On ne sent aucun souffle.

Et Hollande ?

Ce n’est pas l’homme d’un grand souffle. Au premier tour, il y a Mélenchon. Je voterai pour lui, même en ayant le sentiment de ne pas faire mon devoir qui serait de voter pour Hollande afin d’éviter que Sarkozy revienne. Je suis sensible à sa vigueur, à sa façon de me faire penser à Jaurès. J’espère ne pas faire une sottise au premier tour en laissant Sarkozy trop devant.

Mélenchon, il a une bonne tête, aucun doute, il a une sincérité qui est le contraire de ce que provoque Sarkozy. Si j’avais pu, je serais allé à La Bastille.

L’élection est très personnalisée...

C’est dommage. Apparemment, on a besoin d’un grand homme. Mélenchon, c’est un tribun, voire un populiste, mais pourquoi pas écouter le peuple ?
Avec Sarkozy, on est sûr d’avoir l’horreur, avec Hollande on aura sans doute des choses moins grandioses, mais qui sait ?

Vous prônez toujours une décroissance joyeuse ?

Oui, et je ne serais pas triste qu’on supprime Las Vegas. En tant qu’espèce consciente, nous pouvons développer une réflexion sur l’objectif : pourquoi Las Vegas ? La dernière fois que je suis passé aux Etats-Unis, j’ai été frappé de voir que toute la côte Est était éclairée en continu de New York à Boston. Mais pour quoi faire ? Ce gâchis d’énergie pourrait être supprimé.

Il faut réfléchir ensemble : à qui appartient le pétrole ? Dire qu’il appartient à Abu Dhabi est ridicule, il appartient aux 7 milliards d’hommes. Les ressources ne peuvent être que mondiales.

Pourtant, au sommet de Copenhague, en 2009, les Etats ont été incapables de se mettre d’accord...

Il faut réessayer, que les égoïsmes nationaux disparaissent. On en est loin si on regarde l’Europe ces temps-ci. De toutes façons, ou bien c’est la fin totale avec la guerre nucléaire, ou bien on admet qu’il faut tout repenser.

Le pouvoir du moment présent.

Par Le 15/04/2012

Une lecture inoubliable pour moi, un choc immense.

http://www.letransmuteur.net/le-pouvoir-du-moment-present-de-eckhart-tolle/

Eckhart Tolle est né en Allemagne et y a passé les treize premières années de sa vie. Après des études universitaires à Londres, il s’orienta vers la recherche et, dans ce cadre, dirigea même un groupe à l’université de Cambridge. À l’âge de 29 ans, il connut une profonde évolution spirituelle qui le transfigura et changea radicalement le cours de son existence.

Il consacra les quelques années suivantes à comprendre, intégrer et approfondir cette transformation qui marqua chez lui le début d’un intense cheminement intérieur.

Au cours des dix dernières années, il fut conseiller et enseignant spirituel auprès d’individus et de petits groupes en Europe et en Amérique du Nord. Depuis 1996, il vit à Vancouver, (Colombie-Britannique). Grâce à ses livres, un plus grand auditoire pourra enfin profiter de ses enseignements.

Voici la version abrégée du livre audio :

(Achetez le double CD audio) (Achetez ce livre)

Le pouvoir du moment présent01. Vous n’êtes pas votre mental

02. Se sortir de la souffrance par la conscience

03. Plonger dans le moment présent

04. Les stratégie du mental pour éviter le moment présent

05. La présence en tant qu’état

06. Le corps subtil

07. Diverses portes d’accès au non-manifeste

08. Les relations éclairées

09. Au-delà du bonheur et du tourment, la paix

10. La signification du lâcher-prise

(narration: Vincent Davy)

Eckhart Tolle nous enseigne qu’il est possible de vivre sans souffrance, sans anxiété et sans névrose. Mais pour atteindre cet état d’éveil nous devons arriver à comprendre que nous sommes nous-mêmes les créateurs de notre propore souffrance. Que notre mental – et non pas les autres et notre monde environnant – est à l’origine de nos problèmes. C’est notre mental, avec son flot presque continu de pensées, qui se soucie du passé et s’inquiète de l’avenir qu’il faut apprendre à maîtriser.

Pour entreprendre ce périple vers le pouvoir du moment présent, il nous faut laisser derrière nous notre esprit analytique et le faux moi qu’il a créé, c’est-à-dire l’ego.

Dès le début du premier chapitre, nous nous élevons rapidement vers des hauteurs où nous pourrons respirer un air plus léger propre à la spiritualité. Même si le périple où Eckhart Tolle nous emmène présente des défis, le langage qu’il emploie est simple et le format question-réponse qu’il a choisi constitue un guide rassurant. Les mots ne sont eux-mêmes que des panneaux indicateurs.

Si nous réussissons à être totalement dans ici-maintenant et à faire chaque pas dans le moment présent, si nous réussissons aussi à vraiment appréhender les réalités que sont notre corps énergétique, le lâcher-prise, le pardon et le non-manifeste, nous saurons nous ouvrir au pouvoir transformateur de l’instant présent.

« L’être est la vie éternelle et omniprésente. Il existe au-delà de toutes les formes assujetties au cycle de la vie et de la mort. L’être vous est accessible maintenant comme étant votre véritable nature. Mais n’essayez pas de le comprendre avec votre mental. Vous ne pouvez le saisir que lorsque votre mental s’est tu et que vous êtes pleinement et intensément présent. Retrouver la conscience de l’Être et se maintenir dans cet état de réalisation, c’est cela l’illumination. »

L’origine du livre « Le Pouvoir du Moment Présent »

Le passé ne m’est pas d’une grande utilité et j’y pense rarement. Cependant, j’aimerais vous raconter rapidement comment j’en suis venu à devenir un guide spirituel et comment ce livre a vu le jour.

Jusqu’à l’âge de treize ans, j’ai vécu dans un état presque continuel d’anxiété ponctué de périodes de dépression suicidaire.

Aujourd’hui, j’ai l’impression de parler d’une vie passée ou de la vie de quelqu’un d’autre.

Une nuit, peu après mon vingt-neuvième anniversaire, je me réveillai aux petites heures avec une sensation de terreur absolue. Il m’était souvent arrivé de sortir du sommeil en ayant une telle sensation, mais cette fois-ci c’était plus intense que cela ne l’avait jamais été. Le silence nocturne, les contours estompés des meubles dans la pièce obscure, le bruit lointain d’un train, tout me semblait si étrange, si hostile et si totalement insignifiant que cela créa en moi un profond dégoût du monde. Mais ce qui me répugnait le plus dans tout cela, c’était ma propre existence. À quoi bon continuer à vivre avec un tel fardeau de misère ? Pourquoi poursuivre cette lutte ? En moi, je sentais qu’un profond désir d’annihilation, de ne plus exister, prenait largement le pas sur la pulsion instinctive de survivre.

« Je ne peux plus vivre avec moi-même. » Cette pensée me revenait sans cesse à l’esprit. Puis, soudain, je réalisai à quel point elle était bizarre. « Suis-je un ou deux ? Si je ne réussis pas à vivre avec moi-même, c’est qu’il doit y avoir deux moi : le « je » et le moi » avec qui le « je » ne peut pas vivre. ». « Peut-être qu’un seul des deux est réel », pensai-je.

Cette prise de conscience étrange me frappa tellement que mon esprit cessa de fonctionner. J’étais totalement conscient, mais il n’y avait plus aucune pensée dans ma tête. Puis, je me sentis aspiré par ce qui me sembla être un vortex d’énergie. Au début, le mouvement était lent, puis il s’accéléra.

Une peur intense me saisit et mon corps se mit à trembler. J’entendis les mots « ne résiste à rien », comme s’ils étaient prononcés dans ma poitrine. Je me sentis aspiré par le vide. J’avais l’impression que ce vide était en moi plutôt qu’à l’extérieur. Soudain, toute peur s’évanouit et je me laissai tomber dans ce vide. Je n’ai aucun souvenir de ce qui se passa par la suite.

Puis les pépiements d’un oiseau devant la fenêtre me réveillèrent. Je n’avais jamais entendu un tel son auparavant. Derrière mes paupières encore closes, ce son prit la forme d’un précieux diamant. Oui, si un diamant pouvait émettre un son, c’est ce à quoi il ressemblerait. J’ouvris les yeux. Les premières lueurs de l’aube fusaient à travers les rideaux. Sans l’intermédiaire d’aucune pensée, je sentis, je sus, que la lumière est infiniment plus que ce que nous réalisons. Cette douce luminosité filtrée par les rideaux était l’amour lui-même. Les larmes me montèrent aux yeux. Je me levai et me mis à marcher dans la pièce. Je la reconnus et, pourtant, je sus que je ne l’avais jamais vraiment vue auparavant. Tout était frais et comme neuf, un peu comme si tout venait d’être mis au monde. Je ramassai quelques objets, un crayon, une bouteille vide, et m’émerveillai devant la beauté et la vitalité de tout ce qui se trouvait autour de moi.

Ce jour-là, je déambulai dans la ville, totalement fasciné par le miracle de la vie sur terre, comme si je venais de venir au monde.

Pendant les cinq mois qui suivirent, je vécus sans interruption dans une grande béatitude et une paix profonde. Par après, cela diminua d’intensité ou telle fut mon impression peut-être parce que cet état-là m’était devenu naturel. Je pouvais encore fonctionner dans le monde même si je réalisais que rien de ce que je faisais n’aurait pu ajouter quoi que ce soit à ce que j’avais déjà.

Bien entendu, je savais que quelque chose de profondément significatif m’était arrivé, sans toutefois comprendre de quoi il s’agissait. Ce ne fut que plusieurs années plus tard, après avoir lu des textes sur la spiritualité et passé du temps avec des maîtres spirituels, que je compris qu’il m’était arrivé, à moi, tout ce que le monde cherchait. Je compris que l’intense oppression occasionnée par la souffrance cette nuit-là devait avoir forcé ma conscience à se désengager de son identification au moi malheureux et plein de peur profonde, qui en fin de compte n’était qu’une fiction. Ce désengagement avait dû être si total que ce faux moi souffrant s’effondra immédiatement, comme un ballon qui se dégonfle quand on enlève le bouchon. Tout ce qui restait, c’était ma véritable nature, l’éternel je suis, la conscience dans son état vierge avant l’identification à la forme. Plus tard, j’appris également à retourner en moi, dans ce royaume intemporel et immortel que j’avais au début perçu comme un vide, tout en restant pleinement conscient. Je connus des états de béatitude et de grâce tels qu’il est difficile de les décrire et qu’ils éclipsent même la première expérience que je viens de décrire. Il fut un temps, pendant une certaine période, où il ne me resta plus rien sur le plan concret. Pas de relations, pas d’emploi, aucune identité sociale. Je passai presque deux ans assis sur les bancs de parcs dans un état de joie la plus intense qui soit.

Mais même les plus belles expériences ont une fin. Il y a peut-être quelque chose de plus important que n’importe quelle expérience, et c’est la paix sous-jacente qui ne m’a jamais quitté depuis ce jour-là. Elle est parfois très puissante, presque palpable, et les autres peuvent la sentir aussi. À d’autres moments, elle est plus en arrière-plan, semblable à une mélodie de fond.

Plus tard, les gens sont venus me voir à l’occasion en me disant : « Je veux arriver à la même chose que vous. Pouvez-vous m’y amener ou me montrer comment faire ? » Et je leur répondais:

« Mais vous y êtes déjà. Vous ne pouvez pas le sentir parce que votre mental fait trop de bruit. » Cette réponse s’élabora et devint plus tard le livre que vous tenez entre les mains.

En un rien de temps, je me retrouvai de nouveau avec une identité.

J’étais devenu un enseignant spirituel …

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5 commentaires pour “« Le pouvoir du moment présent » de Eckhart Tolle”
  1. Nono dit :

    J’ai découvert Eckhart Tollé complètement par hasard (mais y a t-il un hasard ?) en cherchant des livres de spiritualité sur le net. J’ai alors écouté ses douze CD audios disponibles plusieurs fois tout en faisant autre chose grâce à mon baladeur pendant des mois. Sans aucune intervention de ma part, je suis bien obligé de reconnaitre que j’ai connu il y a plusieurs mois d’une manière complètement inattendue, un véritable éveil spirituel. Peut-on dire que ma conscience a atteint un stade plus élevé ? Je n’en sais rien. Tout ce que je peux dire, c’est qu’à partir de ce moment, toute mon expérience quotidienne s’est complètement transformée. Quelque chose s’est débloqué. Toutes mes peurs se sont envolées. Une quiétude inconcevable m’habite depuis et ne me quitte plus. Ce qui m’a le plus frappé et qui m’étonne encore, c’est l’augmentation considérable de mon acuité auditive, probablement suite à la disparition de mon bavardage intérieur, je perçois des sons dont je n’avais jamais eu conscience autour de moi. Je perçois le silence et la beauté qui réside dans celui-ci. Etant la majeure partie du temps, dans l’ici et maintenant, toute mon anxiété provoqué par ma projection d’un futur incertain s’est envolée. La tension résiduelle provoquée par la souffrance dont l’égo est l’origine me saute aux yeux chez la plupart des personnes que je rencontre. J’essaye de leur montrer le chemin mais je ne peux pas l’arpenter à leur place. Je voudrais un jour me trouver devant cette personne et lui dire simplement « Merci pour tout. » Un véritable bienfait pour l’humanité.

    De Mars à Mai 2008, pendant dix semaines, un évènement sans précédent a eu lieu tous les lundis: la célèbre animatrice de télévision américaine Oprah Winfrey à reçu Eckhart Tolle pour commenter son livre « Nouvelle Terre », dans une émission diffusée en direct sur Internet. Cet échange, où l’on traite de spiritualité avec un des grands maitres de notre temps dans ce domaine, a été et est toujours visionné et téléchargé par des millions de personnes à travers le monde. Une personne généreuse s’est chargée de proposer ces vidéos avec une traduction en français :

  2. http://nouvelleterre.filialise.com/

Le parfum des fleurs.

Par Le 15/04/2012

Jarwal le lutin, tome 4

"Mon père m’a appris une chose à laquelle je tiens. Ne te crée pas de tourments dont tu ne peux te défaire. Je ne peux rien contre ce désastre. Je ne peux rien au regard du passé. Et vouloir comprendre la folie des hommes en usant de mon raisonnement me conduirait à une impasse. Comme si je voulais parfumer des excréments avec des pétales de roses. Les fleurs ne méritent pas un tel usage.

-Mais ça ne règle rien non plus dans la réalité.

-Qu’est-ce que tu appelles la réalité Marine ? Le monde agité des hommes n’est pas la réalité mais une excroissance de leurs illusions. L’illusion de leurs pouvoirs. Mais laisse passer dix mille ans et reviens voir. Ceux qui sont morts dans l’illusion ont-ils saisi le parfum des fleurs ? »

Court métrage

Par Le 14/04/2012

 Varmints (2008 - UK)
Confrontée à l’urbanisme massif, à l’indifférence et à l’inconscience, une petite créature lutte pour conserver un peu de la paix qu’elle a connue autrefois.

Lettres aux écoles 7

Par Le 14/04/2012

"La mémoire n'a pas de place dans l'art de vivre. La relation humaine est l'art de vivre. Si la mémoire intervient dans une relation, ce n'est plus une relation. La relation a lieu entre les êtres humains, pas entre leurs mémoires. C'est cette mémoire qui divise et crée les différents, l'opposition entre le toi et le moi. Ainsi, la pensée, qui est le souvenir, n'a absolument aucune place dans la relation. Cela est l'art de vivre.

La relation s'établit avec toutes choses, avec la nature, les oiseaux, les rochers, avec tout ce qui existe autour de nous, avec les nuages, les étoiles et le ciel bleu. Toute existence est relation. Sans relation, pas de vie. Nous vivons dans une société en dégénérescence parce que nous avons corrompu les relations humaines.

Il ne peut y avoir un art de vivre que lorsque la pensée ne contamine pas l'amour. "

Krishnamurti.


 

Il convient également d'oeuvrer à être en relation avec soi-même et non avec sa mémoire. Sinon, il sera bien entendu impossible d'être en relation avec les autres. Car qui serait en relation si ce n'est qu'une mémoire ?

Et là, je pense que la tache est immense, à l'échelle d'une vie entière. Quand je parle des conditionnements éducatifs, sociétaux, familiaux, historiques, il est bien entendu que tout est fondé sur la mémoire. Nos pensées sont des mémoires incessamment réactivées.

Il nous faut apprendre à penser librement, nouvellement, comme à chaque naissance, comme si à chaque instant nous apprenions à ne plus rien savoir.

Il ne s'agit pas bien évidemment de ne plus savoir rouler à vélo mais d'apprendre à "être" sur son vélo, consciemment, il ne s'agit pas de ne plus savoir entretenir son potager mais d'apprendre à être relié à la terre, il ne s'agit pas de désapprendre pour recommencer à accumuler du savoir mais juste de saisir la nécessité essentielle, vitale, permanente, d'aimer... 

Censure.

Par Le 13/04/2012

Sans nouvelles d’Islande : Pourquoi ?

Silence radio sur l’Islande !

Source : liste partidegauche 84

samedi 31 mars 2012, par Forum Civique Européen

Si quelqu’un croit qu’il n’y a pas de censure actuellement, qu’il nous dise pourquoi les journaux n’ont absolument rien dit ces dernières semaines sur ce qui se passe en Islande. Ou si le mot censure est considéré comme un terme exagéré dans le politiquement correct ou cela ne peut plus se dire : pourquoi on écarte ces informations qui viennent d’être adressées à Journarles par un lecteur ? Arrêt sur texte. Trois minutes . Instructif.

En Islande,


- le peuple a fait démissionner un gouvernement au complet,
- les principales banques ont été nationalisées et il a été décidé de ne pas payer la dette qu’elles avaient contractée auprès de banques de Grande Bretagne et de Hollande, dette générée par leur mauvaise politique financière
- une assemblée populaire vient d’être créée pour réécrire la Constitution.

Et tout cela, pacifiquement. Toute une révolution contre le pouvoir qui a conduit à cette crise. Voilà pourquoi rien n’a été publié pendant deux ans. Que se passerait-il si les citoyens européens en prenaient exemple ? Brièvement, voici l’histoire des faits :

- 2008 : La principale banque du pays est nationalisée. La monnaie s’effondre, la bourse suspend son activité. Le pays est en banqueroute.
- 2009 : Les protestations citoyennes contre le Parlement font que des élections anticipées sont convoquées et qu’elles provoquent la démission du Premier Ministre et, en bloc, de tout le gouvernement. La situation économique désastreuse du pays persiste. Par le biais d’une loi, il est proposé à la Grande Bretagne et à la Hollande le remboursement de la dette par le paiement de 3.500 millions d’euros, montant que paieront mensuellement toutes les familles islandaises pendant les 15 prochaines années à un taux d’intérêt de 5%.
- 2010 : le peuple descend à nouveau dans la rue et demande que la loi soit soumise à référendum. En janvier 2010, le Président refuse de ratifier cette loi et annonce qu’il y aura une consultation populaire. En mars, le référendum a lieu et le NON au paiement de la dette remporte 93% des voix. Pendant ce temps, le gouvernement a entamé une investigation pour régler juridiquement les responsabilités de la crise. Les détentions de plusieurs banquiers et cadres supérieurs commencent. Interpol lance une enquête et tous les banquiers impliqués quittent le pays. Dans ce contexte de crise, une assemblée est élue pour rédiger une nouvelle Constitution qui reprend les leçons apprises de la crise et qui se substitue à l’actuelle qui est une copie de la constitution danoise.

Pour ce faire, on a recours directement au peuple souverain. On élit 25 citoyens sans filiation politique parmi les 522 qui se sont présentés aux candidatures. Pour cela, il faut être majeur et recueillir le soutien de 30 personnes.

L’assemblée constituante commence ses travaux en février 2011 afin de présenter, en partant des avis collectés dans les diverses assemblées qui ont eu lieu dans tout le pays, un projet de Grande Charte. Elle doit être approuvée par l’actuel parlement ainsi que par celui qui sera constitué après les prochaines élections législatives.

Voici, en bref, l’histoire de la Révolution Islandaise :

  1. - Démission en bloc de tout un gouvernement
  2. - Nationalisation de la banque
  3. - Référendum pour que le peuple puisse se prononcer sur les décisions économiques fondamentales
  4. - emprisonnement des responsables de la crise et
  5. - réécriture de la constitution par les citoyens

Nous a-t-on parlé de cela dans les médias européens ? En a-t-on parlé dans les débats politiques radiophoniques ? A-t-on vu des images de ces faits à la TV ? Bien sûr que non ! Le peuple islandais a su donner une leçon à toute l’Europe en affrontant le système et en donnant une leçon de démocratie au reste du monde. SI CE MESSAGE VOUS PARAIT INTÉRESSANT, DIFFUSEZ-LE A BEAUCOUP DE GENS QUI NE LE SAVENT PAS !

Voici un petit complément extrait de CADTM

Depuis le samedi 27 novembre, l’Islande dispose d’une Assemblée constituante composée de 25 simples citoyens élus par leurs pairs. Son but : réécrire entièrement la constitution de 1944 en tirant notamment les leçons de la crise financière qui, en 2008, a frappé le pays de plein fouet.

Depuis cette crise dont elle est loin d’être remise, l’Islande a connu un certain nombre de changements assez spectaculaires, à commencer par la nationalisation des trois principales banques, suivie de la démission du gouvernement de droite sous la pression populaire. Les élections législatives de 2009 ont amené au pouvoir une coalition de gauche formée de l’Alliance (groupement de partis composé des sociaux-démocrates, de féministes et d’ex-communistes) et du Mouvement des Verts de gauche. C’était une première pour l’Islande, tout comme la nomination d’une femme, Johanna Sigurdardottir, au poste de Premier ministre.

Très vite, le nouveau gouvernement se trouve face à un problème épineux : le règlement aux Pays-Bas et au Royaume-Uni d’une dette de 3,5 milliards d’euros suite à la faillite d’Icesave, banque en ligne dont les opérations étaient tournées principalement vers ces deux pays. Sous la pression de l’Union européenne, à laquelle les sociaux-démocrates souhaiteraient adhérer, le gouvernement fait voter en janvier 2010 une loi autorisant ce remboursement, ce qui reviendrait, pour chaque Islandais, à débourser pendant huit ans une somme d’environ 100 euros par mois. Mais le président de la République refuse de ratifier la loi, dont le texte est alors soumis à un référendum. À plus de 93%, les Islandais votent contre le remboursement de la dette (6 mars), et depuis le problème reste en suspens.

C’est dans ce contexte que l’Islande décide de modifier sa constitution, qui en fait n’a jamais été vraiment rédigée : lorsqu’en 1944 la république avait été proclamée, on s’était contenté de recopier dans les grandes lignes la constitution du Danemark, pays dont l’Islande dépendait depuis plusieurs décennies, en remplaçant simplement le terme de “roi” par celui de “président de la République”. C’est donc une nouvelle constitution qu’il s’agit d’écrire entièrement, et pour cela on a décidé de faire confiance au peuple souverain. Il y a eu d’abord un appel à candidatures (tout le monde pouvait se présenter à l’exception des élus nationaux, à condition d’avoir dix-huit ans révolus et d’être soutenu par au moins trente personnes) auquel ont répondu 522 citoyennes et citoyens. C’est parmi eux qu’ont été élus les 25 constituants.

Ces derniers commenceront à se réunir à la mi-février et rendront leur copie avant l’été. Parmi les propositions qui reviennent le plus souvent, on peut noter la séparation de l’Église et de l’État, la nationalisation de l’ensemble des ressources naturelles et une séparation claire des pouvoirs exécutif et législatif.

Certes, l’Islande n’est qu’un petit pays d’environ 320 000 habitants. Elle donne cependant là une belle leçon de démocratie aux grands États dont la France : songeons que, dans notre pays, la réforme constitutionnelle de 2008 a été entièrement rédigée à l’Élysée, et que les parlementaires ne l’ont adoptée qu’à deux voix près après avoir été soumis pendant des semaines à des pressions intolérables de la part du chef de l’État.

Pour se renseigner directement auprès de l’Assemblée constituante en Island

Méta-conscience (spiritualité)

Par Le 09/04/2012

« L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature mais c’est un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser ; une vapeur, une goutte d’eau suffit pour le tuer.

Mais quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue puisqu’il sait qu’il meurt et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien.

Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C’est de là qu’il faut nous relever et non de l’espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser ; voilà le principe de la morale. »

« Les Pensées »

Blaise Pascal


 

Un texte qui ne plaide pas en faveur de l’homme finalement. Publié en 1670…

Je n’accorde pas la même valeur à la pensée pour la simple raison qu’elle est à mes yeux un phénomène secondaire au regard de la conscience. La pensée commente mais elle ne saisit pas.  C’est la conscience qui porte le juste.

Travaillons donc à être conscient. Et pour se faire apprenons à ne plus être soumis à la pensée.


 

« Tous les livres prétendument sacrés sont le produit de la pensée.  

La pensée a conçu la turbine et les grands temples de la terre, la fusée et aussi l’hostilité chez l’homme. La pensée est responsable des guerres, du langage que nous utilisons et de l’image créée par la main de l’homme ou par son esprit. La pensée domine la relation. La pensée a décrit ce qu’est l’amour, les cieux et les affres du malheur. L’homme adore la pensée, il en admire les subtilités, les astuces, la violence et les cruautés commises au nom d’une cause. La pensée a fait faire de grands progrès à la technologie en même temps qu’à sa capacité de destruction. Telle est l’histoire de la pensée qui s’est répétée tout au long des siècles. »

« Lettres aux écoles »

Krishnamurti


 

Pascal disait qu’il fallait penser juste, qu’il fallait travailler à bien penser, que c’était une question de morale.  Mais elle est insuffisante cette morale et elle ne suppléera jamais aux manquements de pensées des hommes. C’est bien pour cela d’ailleurs qu’il prônait l’autorité des gouvernements et même celle de Dieu.  

La pensée ne peut pas être éduquée par la morale parce que la morale, elle-même,  est issue de la pensée des hommes.  Le problème est bien réel mais le problème existe parce qu’à l’origine, la pensée a été présentée comme la délivrance, l’évolution, le tremplin. La morale devait en contenir les déviances. Elle n’y est pas parvenue.  

La pensée, elle-même,  n’est qu’une excroissance. Elle n’est pas le nœud essentiel.  

De croire que la pensée pouvait réfréner, guider, élever, canaliser, cadrer, éduquer, moraliser, relevait de l’utopie. Mais l’idée comblait le vide laissé par l’anthropocentrisme que Galilée et ses confrères avaient fait voler en éclat. La blessure narcissique pouvait cicatriser. L’homme possédait le don ultime, la pensée qui guiderait son avancée à travers les siècles.  La terre n’était plus au centre de l’Univers mais l’homme était au centre de l’intelligence par l’intermédiaire de sa pensée. Il ne restait qu’à établir un répertoire du bon usage…

Personne n’en est jamais venu à bout.

 

Qu’a-t-il donc manqué ?

L’humilité.

La contemplation.

L’amour.

La sérénité.

La plénitude des choses acquises.

La simplicité volontaire…

Il aurait suffi de ne jamais oublier la source. La méta-conscience. Non pas la conscience de soi à travers les pensées car cela n’est jamais que le rétablissement de l’anthropocentrisme mais une conscience de l’énergie vitale. Lorsque Blaise Pascal attribue à l’homme un pouvoir plus grand que celui de l’Univers, il omet l’hypothèse que nous ne soyons qu’une pensée de l’Univers.  Il préfère attribuer la création de l’homme à un Dieu et ce Dieu est bien évidemment empli de bienveillance envers l’homme. Nous sommes toujours dans l’anthropocentrisme…

Dieu, s’il existe, n’est qu’un ouvrier dont la Nature est l’architecte.  Les hommes se sont attachés à l’ouvrier parce qu’il était plus facile de le faire parler. Un esprit bourru et obstiné, facilement manipulable.

La pensée religieuse n’est qu’un tract syndicaliste.

Il faut remonter beaucoup plus en avant…

La matière est énergie et l'énergie est consciente.

La pensée, à son origine, est issue de la conscience lorsque cette pensée est consciente d'elle-même mais qu’elle parvient surtout à établir une observation de cette méta-conscience. La conscience auto-réflexive n’est qu’un serpent qui se dévore.  

Si ma pensée se nourrit de cette méta-conscience et me permet de la saisir, alors ma conscience reste reliée à l'énergie et la forme qu'a prise cette énergie à travers la matière qui me constitue est un calice dans lequel je me dois d'explorer la méta-conscience.

Il ne doit y avoir aucune rupture.

Krishnamurti disait que « si l’homme perd le contact avec la nature, il perd immanquablement le contact avec les êtres humains. »

On pourrait penser qu’au regard de la vie dans les mégapoles, les êtres humains ont cherché bien au contraire à s’extraire de la nature pour être uniquement centrés sur eux-mêmes, leurs semblables, loin des dangers et des aléas de la nature. Mais il n’en est rien finalement. Ces hommes sont effectivement séparés des êtres humains étant donné qu’il n’y a aucun être humain dans ces mégapoles… Nous sommes des êtres de nature. La méta-conscience est une énergie vitale. Pas un architecte urbain. Les hommes qui s’extraient de la nature s’extraient de leur nature. Ils ne sont donc pas des êtres humains mais des entités séparées de tout.

Il ne leur reste que les egos.

Et leurs pensées.

La boucle est bouclée.

Le désastre est consommé.

La nature est le reflet de celle qui vibre en nous. Le chant des oiseaux est un pépiement d’atomes.  Et le ballet des atomes est la symphonie d’une Conscience.

 

Jarwal le lutin : Quelques traces encore.

Par Le 08/04/2012

Il n'est plus vendu mais il existe toujours. Et il a laissé des traces.

Il reviendra. Je ferai ce qu'il faut pour ça.

Travailler.

 

http://www.frenchwritersworldwide.com/book-of-the-month/jarwal-le-lutin-tome-1

 

Jarwal le lutin. tome 1

 ROMAN JEUNESSE de Thierry Ledru.

Il suffisait d’écouter les discussions des arbres pour connaître les moindres

détails de la vie de la grande forêt. Le bruissement des feuillages,

emplissait l’air de confidences. Ce matin-là, il cueillait des myrtilles sous le

sommet du Capotet quand un murmure gonfla au cœur des arbustes.

Le lutin Jarwall mit ses pensées de côté, tendit l’oreille et peu à peu le

message s’éclaircit.

Les grands hêtres et les châtaigniers près du torrent racontaient que trois

enfants, Marine, Rémi et Léo, voulaient atteindre le sommet de la montagne.

 

Dès que vous ouvrez ce livre, un bol d’air frais et vivifiant vous envahit, vous respirez mieux, votre rythme cardiaque s’apaise comme si vous caressiez votre chat, vos pensées sont imprimées des fleurs sauvages des montagnes, vos souvenirs de promeneurs remontent à la surface et vous avez envie d’y entrer à pieds nus… 

«Gwendoline, l’amour de sa vie, elle était si inventive, chantonnait à longueur de journées, avec le vent dans les arbres, avec le silence des sous-bois, les mélodies des insectes, elle bourdonnait avec les abeilles, récitait des poésies aux fleurs, parlait aux nuages, écoutait leurs histoires dans la pluie qui tombe, leurs voyages autour de la terre, les grandes traversées au-dessus des océans, par-delà les montagnes, elle traduisait les chants des torrents, elle apprenait l’histoire du monde dans les murmures des fossiles, cueillait les plantes en les remerciant pour les tisanes et les soins qu’elle prodiguait, elle caressait les écorces et posait son oreille sur les troncs, partageant avec eux les mémoires de sève, et toujours ce rire dans ses yeux, cet éblouissement infatigable pour les beautés du monde, cet amour de la vie… »

 

Thierry Ledru dans son premier tome « Jarwal le Lutin » propose aux enfants, un parcours initiatique, un chemin de vie, sentier de montagne à travers une trouée de verdure gorgée de soleil.

Il fait découvrir aux enfants le sens caché des choses et des mots, en utilisant l’observation de phénomènes naturels simples.

Thierry Ledru, nous présente les mots comme des êtres à comprendre.

Le sens de la lumière, rayons du soleil indispensables « la vie végétale sous toutes ses formes tendait ses fibres affamées vers l’astre pour montrer aux humains la voie à suivre » mais aussi «  la lumière ( /la vérité) peut aussi être un danger, quand on ne sait pas la recevoir, certains se sont crû prêts et sont devenus fous. »

Une lumière trop forte nous aveugle, certains croient que le progrès est une lumière favorable, ils n’ont pas su apprendre l’essentiel. "Ils ont détourné la lumière et ils ont fini par penser qu’elle venait d’eux ! " .

 

Il leur fait comprendre que nos pieds nous rattachent à la terre ( attraction de la terre) mais que la tête est attirée par le ciel et que cette attirance devenant désir de curiosités intelligentes est le départ d’une évolution spirituelle.

Les commentaires des enfants sont des signes audibles de leur compréhension.

Léo : "Pourquoi ne pas parler à tout le monde ?" Marine : " Parce que nous serions pourchassés, Léo .Regarde les peuples minoritaires qui peuplent encore cette planète, ceux qui sont encore en contact avec la Nature, ceux qui l’aiment et la respectent. Ils sont parqués, humiliés, exterminés parfois, beaucoup ont même déjà totalement disparu" p 37

Rémi : « les pommes que l’on mange en montagne après l’effort sont meilleures que celles que l’on mange à la maison.. » p31 En s’investissant dans le moment présent, on ne vit pas de l’attente d’une chose que l’on espère...Restez dans l’attente c’est perdre son temps dans la fuite en avant.

Thierry Ledru  explique aux enfants que nos pensées construisent la réalité.

Marine : " Beaucoup de choses sont possibles, sauf celles qu’on juge impossibles".

 

Dans son livre, les enfants sont considérés comme des personnes à part entière, ils ne sont pas ‘trop petits’ pour comprendre et on ne leur dit pas : « on t’expliquera plus tard quand tu seras grand…»

Non avec Jarwal, le lutin, tous ces moments d’étonnements magiques, sont des énergies fondatrices. Un silence interrogatif, des réflexions secrètes au cœur de chacun…

 

En lisant Jarwal vous avez là une double lecture, à la fois vous lisez le livre de Thierry Ledru, mais aussi le Livre dont Jarwal est le gardien.

Dans le roman de Thierry on apprend que Jarwall cherche des êtres qui sont prêts à changer de vie et qui respectent la nature et à ne pas oublier le Petit Peuple.

Au moment où Jarwal ouvre son propre Livre, remède universel et voie de Sagesse, les enfants deviendront des portes-paroles qui raconteront les Histoires ( de Jarwal) et seront un relais contre l’oubli et l’effacement du Livre.

Dans ce roman il n’y pas que l’auteur qui écrit, chaque enfant qui participe en mettant ses pas dans ceux de Jarwal, est l’auteur de sa propre histoire parce qu’il a eu la liberté de choisir sa voie.

Par cette idée remarquable, Thierry Ledru, comble le fossé entre le passé et le futur, il rapproche invisiblement les générations les unes des autres. Car nous aussi lecteurs, nous faisons partis du relais et nous devenons aussi des portes-paroles, conscience remuée par les questionnements du progrès, de l’humanité lancée dans une course folle, nous sommes comme les diffuseurs d’huiles essentielles, huile de la sensibilité du Vrai Regard.

 

Asseyez-vous sur une grosse pierre plate à côté des enfants… des galettes de châtaignes et un mélange de fruits des bois dans un petit pot en terre, précieusement fermée par un chapeau de feuilles séchées, et lisez Jarwal racontant son histoire….cliquez sur la couverture du livre ci-dessous !

 

cliquez ici !

 

En savoir plus sur Thierry Ledru

Marie-Christine Dehove © frenchwritersworldwide.com

18 juin 2011.   

 

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