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Lettres aux écoles 8

Par Le 18/04/2012

"L'avenir de tout être humain, des jeunes comme des vieux, semble sombre et effrayant. La société elle-même est devenue dangereuse et totalement immorale. Quand un jeune affronte le monde, il est inquiet et plutôt effrayé par ce qui va lui arriver au cours de sa vie. Ses parents l'envoient à l'école puis, s'ils ont les moyens, à l'université et ils veulent qu'il trouve un travail, qu'il se marie, qu'il ait des enfants. Quelques années après leur naissance, les parents consacrent peu de temps à leurs enfants. Ils sont préoccupés par leurs propres problèmes et les enfants sont à la merci de leurs éducateurs qui eux-même ont besoin d'éducation. Ces derniers ont peut-être un excellent niveau d'études et ils veulent que leurs élèves acquièrent les meilleurs diplômes, que l'école ait la meilleure réputation. Cependant, les éducateurs ont leurs propres problèmes et à l'exception de quelques pays, leurs salaires sont plutôt bas et socialement, ils ne sont pas tenus en haute estime. Donc, ceux qui vont être éduqués connaissent des moments plutôt difficiles avec leurs parents, leurs éducateurs et leurs compagnons d'études. Ils sont déjà dans ce flot de lutte, d'angoisse, de peur et de compétition. C'est le monde qu'ils ont à affronter : un monde surpeuplé, sous-alimenté, un monde en guerre, un terrorisme grandissant, des gouvernements incompétents, la corruption et la menace de la pauvreté. Cette menace est moins évidente dans les sociétés d'abondance. 

Voilà le monde que les jeunes doivent affronter et naturellement, ils ont vraiment peur. Ils pensent qu'ils doivent être libres, dégagés de toutes activités routinières, qu'ils ne doivent pas se laisser dominer par leurs aînés et ils refusent l'autorité. Pour eux, la liberté, c'est de choisir ce qu'ils veulent faire mais ils sont confus, incertains et ils aimeraient malgré tout qu'on leur montre ce qu'ils doivent faire.

Ainsi, l'étudiant est pris entre le désir de liberté et les exigences de la société qui le presse de se conformer à ses besoins à elle.

Voilà le monde qu'ils ont à affronter et auquel ils doivent s'intégrer au cours de leur éducation.

C'est un monde effrayant."

Krishnamurti.


Je rappelle que ce texte a été écrit en 1976...

Non seulement, rien n'a été fait pour améliorer la situation mais il est même évident que tout s'est aggravé.

Les "sociétés d'abondance" ne sont plus à l'abri de leur "croissance". L'économie ne peut plus valider la pression éducative parce que les perspectives d'avenir ne sont plus portées par cette fameuse évolution sociale. Le conditionnement de l'individu dans ce contexte prend désormais son vrai visage. Etant donné que les valeurs matérialistes ont perdu de leur aura, il ne reste rien. Et la perdition générale apparaît au grand jour.

La solution ne viendra pas des structures politiques étant donné que celles-ci tentent par tous les moyens de sauver l'ancien système. Le moi encapsulé. Le système économique impose un système éducatif, un système de pensées, un système familial, professionnel, un engagement complet de l'individu dans une voie de croissance économique. Mais pas de croissance spirituelle. Et le mot "spitiruel" continue à être perçu comme une dérive sectaire ou religieuse. La plupart des gens n'y voient que des connotations "New Age" ou de gourous infatués. La philosophie n'est pas une valeur marchande et la lucidité qu'elle préconise ne doit pas être mise en valeur. Sa pratique, cognitive, dans une classe de terminale ne met pas en péril le conditionnement. Il est déjà en place. 

La crise n'est pas encore autre chose qu'une crise économique et sociale. Elle ne prendra sa vraie mesure qu'avec la prise de conscience de l'état intérieur des individus. Pour l'instant, les politiques, les économistes, les financiers, s'évertuent à placer des pansements sur les blessures. Les dégâts collatéraux d'ordre existentiel ne sont perçus qu'à travers la détresse sociale. Il n'est pas question de nier la gravité des faits. Il y a des millions d'exclus. Et quelques milliers de privilégiés qui vont oeuvrer au maintien de leurs privilèges. Tout ça n'est toujours qu'un état des lleux superficiel. Dans le sens de l'observation intérieure. C'est le changement de paradigme qu'il faut envisager. Il viendra de chaque individu et sûrement pas d'une structure étatique. Aucun état ne voudrait d'une Révolution spirituelle. Les candidats à la Présidence ne parle que de changements matérialistes. Aussi importants soient-ils au regard de ces millions d'exclus, ces changements ne représentent qu'une tentative de maintien du paradigme. Pour la raison évidente que ce maintien permet le maintien des privilèges.

 

Pour ce qui est de l'éducation nationale, il est évident qu'elle ne proposera jamais ce changement. Elle est au service de l'Etat et les "éducateurs" sont eux-mêmes les serviteurs. La pyramide est en place. Système féodal. Lorsque j'ai écrit au ministre, il y a de ça, une vingtaine d'années, j'ai été convoqué par l'inspecteur d'académie et "cassé". Blocage de salaire pendant sept ans. Il suffisait de ne pas venir m'inspecter. Je n'ai pas changé de point de vue pour autant. Et je sais même avec le recul combien j'avais raison. Je n'avais juste pas perçu totalement l'ampleur de la manipulation.

 

Il y a une chose qui m'interpelle dans le texte de Krishnamurti. A mon sens, ça n'est pas "le monde qui est effrayant." C'est l'état intérieur des individus qui le constituent. Un groupe n'existe pas pour lui-même. Il n'est que l'assemblage des individualités. Il conviendrait donc de dire plutôt que "les individus sont effrayants" et que l'assemblage de ces individualités forme un monde effrayant. 

 

Plus effrayant encore est de considérer le fait que ces individus, une fois unifiés, n'existent plus individuellement. Là, on entre dans l'horreur.

Et lorsqu'un groupe existant dès lors par lui-même s'écroule, non seulement les individus perdent leurs repères, mais ils ne peuvent plus exister individuellement. C'est la que la "crise" prend toute son ampleur.

Oui, mais il y a les élections présidentielles qui viennent à point nommé pour rassembler et magnifier de nouveau les identifications. Et on repart pour un tour...Un petit tour...Tout petit...

 

Prise de conscience.

Midway

Par Le 17/04/2012

Triste à mourir.

Les oiseaux s'en chargent...

Comment a-t-on pu en arriver là ?...

LE FILM SUR VIMEO

http://vimeo.com/25563376

http://vimeo.com/30915581

http://vimeo.com/36745838


L'intellect et l'ineffable.

Par Le 16/04/2012

Tout le problème de notre fonctionnement trouve sa source dans l'usage de l'intellect. Nous fondons nos pensées sur le raisonnement, le raisonnement sur le savoir, le savoir sur la mémoire. Nous suivons une voie ancestrale qui tourne en boucle. Nous utilisons le savoir comme le fondement de notre comportement et dès lors, nous nous coupons de cette perception intuitive qui n'est pas explicable. Mais si elle n'est pas explicable, rationnellement, elle n'en existe pas moins. Nous fonctionnons par conséquent de façon partielle. Je marche de façon irrationnelle et aucun savoir ne détient l'explication. Mais, moi, intérieurement, spirituellement, existentiellement, je sais pourquoi je marche. Et cette connaissance-là, je n'ai pas besoin de la science pour y accéder mais juste de l'ouverture de l'âme. Personne ne peut reproduire l'ouverture de l'âme, personne n'en détient le fonctionnement, personne ne peut dupliquer ce qui se produit dans cet espace. Et tant mieux. Mais il est possible de tenter de l'écrire...Juste un partage, un témoignage qui crée une passerelle et qui évite de se croire fou au regard de la raison dressée comme un étendard.

Trente ans ans que j'écris. Je n'en vis pas et ça n'arrivera sans doute jamais mais ce que ça m'a appris sur la vie vaut bien plus qu'un mode de vie. J'ai eu le bonheur immense de rencontrer Jarwal sur le chemin. Pour nos trois enfants, sur un chemin de montagnes. Incroyable d'ailleurs à quel point la montagne aura été déterminante dans ma vie. J'ai rencontré la femme que j'aime en montagne. Ce que nous avons vécu de plus beau ensemble et avec nos trois enfants, c'était toujours en altitude. Et tout ce qui vibre en moi et que j'écris, c'est là-haut que je l'ai éprouvé. Le tome 4 de Jarwal avance, doucement...Il neige en altitude et demain on monte au ski. Tout est lié...Je prendrai mes skis de rando, je collerai les peaux et je monterai lentement, pendant des heures. Et Jarwal sera là...Comme un ouvreur de porte.

Jarwal le lutin et Krishnamurti

Par Le 15/04/2012

"Quelle est la fonction d'un esprit holistique ? Par esprit, nous entendons toutes les réactions des sens, les émotions -qui sont totalement différentes de l'amour- ainsi que la capacité intellectuelle. Actuellement, nous donnons une importance fantastique à l'intellect. par intellect, nous entendons la capacité de raisonner logiquement, sainement ou non, objectivement ou subjectivement. C'est l'intellect, avec son mouvement de pensée, qui conduit à la fragmentation de notre condition humaine. C'est l'intellect qui a divisé le monde du point de vue linguistique, national, religieux, qui a séparé l'homme de l'homme. L'intellect est le facteur central de la dégénérescence de l'homme partout dans le monde, car l'intellect ne forme qu'une partie de la condition et de la capacité humaines. Quand cette partie est exaltée, louée et tenue en honneur, quand elle prend une importance primordiale, alors la vie qui est relation, action, conduite, devient contradictoire et hypocrite. L'anxiété et la culpabilité apparaissent. L'intellect a sa place dans la science, par exemple mais l'homme a utilisé le savoir scientifique non seulement à son profit mais pour créer des instruments de destruction. 

L'intellect peut percevoir ses propres activités qui conduisent à la dégénérescence mais il est absolument incapable de mettre fin à son propre déclin parce qu'essentiellement, il n'est qu'une partie d'un tout"

Krishnamurti


 

C'est tout ce que je veux décrire dans la série des Jarwal. L'intellect est au service du mal parce que l'homme n'est qu'un homme et pas encore un être humain. Il lui manque la conscience du Tout. Et comme, il n'a même pas conscience de l'état d'inconscience dans lequel il vit, la route est encore terriblement longue...


 

JARWAL LE LUTIN, TOME 1

"Jarwal sortit de ses pensées en entendant un déclic au centre de la bibliothèque, un claquement sec puis il vit avec stupeur un panneau coulisser, tout un pan du meuble glisser. Il appela les enfants qui se regroupèrent à ses côtés. La bibliothèque partagée en deux découvrit un couloir sombre, juste effleuré par des effluves bleutés, un passage secret d’une hauteur surprenante, bien plus qu’une taille humaine. Un bruit sourd répété se fit entendre, un martèlement régulier qui prenait de l’ampleur. Un halètement grave l’accompagnait, comme une respiration caverneuse, un grondement de forge, un cliquetis métallique, des pièces animées par un mouvement mécanique.

 

Jarwal souleva son bonnet et libéra Léontine. La mouche s’envola aussitôt et disparut. Une dernière chance.

 

« J’ai peur, murmura Ysaline en prenant la main du lutin.

-Moi aussi, avoua Jarwal mais je sais que c’est inutile. Les enfants, il faudra m’obéir, sans réfléchir. Et ne pas obéir à votre peur. 

-On le fera Jarwal, » lança Hoel avec assurance.

 

Une ombre. Immense. Le battement des pas, la respiration éraillée, rauque, douloureuse et ces claquements saccadés, comme des tenailles qui se referment, des articulations en mouvement.

 

Jackmor.

 

Il occupait tout l’espace libéré. Une armure stupéfiante, un heaume renforcé d’une crête épineuse. Il sortit de l’ombre et prit toute sa mesure. Gigantesque.

 

« Plus de trois mètres, estima Jarwal. Et une armée à lui tout seul. »

Les gantelets, les coudières, les genouillères, les épaulières, le torse, tous les endroits névralgiques étaient hérissés de pointes. Il portait une massue cloutée à la taille, suffisante pour fracasser le crâne d’un taureau en pleine charge.

 

Les enfants n’avaient pas bougé, figés dans leur terreur, les ventres noués, les respirations suspendues, bouches ouvertes.

Ce sifflement moribond remontant des entrailles les glaçait d’effroi tout autant que la stature et l’allure guerrière de l’apparition.

 

« Voilà donc mes invités ! Et cette fameuse surprise. Jarwal, selon tout ce que j’ai pu entendre. Fort intéressantes d’ailleurs ces discussions. Mes chers enfants, vous avez des talents remarquables.»

 

Une voix hachée, malgré sa puissance, comme une douleur à cacher.

Jarwal passa les mains sur son visage et effaça les traits d’Aymeric. Inutile de préserver le subterfuge, Jackmor l’avait parfaitement identifié.

 

 

« Ah, voilà donc le vrai visage de votre sauveur ! Tu m’as bien fait rire lutin.  Toute cette énergie ! Et tes petites graines magiques ! C’était fascinant. Quelles belles connaissances, je suis ravi de savoir que tout cela va bientôt m’appartenir. Mais venez donc vous asseoir à ma table, vous devez avoir faim. »

 

Jackmor s’engagea dans la salle, un pas mécanique, heurté, comme s’il ne possédait pas la souplesse des guerriers, comme si la masse de son corps l’handicapait. Il retira la chaise en bout de table et les autres chaises reculèrent d’un seul mouvement. Dans un silence absolu.

Les enfants ne bougèrent pas. Jarwal aperçut les poings serrés d’Hoel. Le garçon avait du courage à revendre.

 

« On préfère rester debout, annonça Jarwal.

-Ah, ah, ah, mais qu’espères-tu donc, lutin ? Que tu vas t’enfuir peut-être ? Et avec mes enfants en prime ! Mais enfin, pourquoi refuser ce que j’ai à vous proposer ? Rien de mieux ne peut vous arriver. J’ai besoin de vos talents, tu l’as compris lutin. Mais tu aimerais savoir comment je m’y prends. Je vais vous le dire. Mais laissez-moi d’abord vous expliquer l’essentiel. »

 

Jackmor engloba dans un geste de la main l’espace devant lui et la table se garnit d’une multitude de plats.

« Vous ne voulez vraiment pas vous restaurer ? Quel gâchis ! Des plats de cette qualité, spécialement préparés par mes équipes. Vous allez les vexer ! Il ne faut jamais négliger les talents. J’en ai fait une règle de vie et c’est la clef de ma puissance. »

 

Jarwal observait la salle tout en écoutant la voix métallique. Il devinait tout au fond de l’immense pièce un cercle étrange, comme un puits ouvert mais il ne parvenait pas à en être certain. Il aurait fallu s’approcher.

 

« Bien, je vous laisse libre de vos choix. Je ne suis pas le monstre que vous imaginez. Que penses-tu lutin de cette reproduction de notre espace visible, c’est fascinant n’est-ce pas ? Cette Voie Lactée est vraiment une pure merveille et je veux l’explorer. Et que penses-tu de ma bibliothèque ? Tu aimerais ouvrir ces livres n’est-ce pas ? Toi aussi, tu rêves de connaissances, toi aussi tu aimerais posséder le pouvoir sur les choses et sur les êtres et il n’y a que la connaissance qui le permet. La force, c’est bon pour les faibles. Et ça n’est jamais durable. Tu le sais comme moi. Tous les peuples oppresseurs ont fini en lambeaux, tous les dictateurs ont fini misérables ou pendus. La brutalité n’est qu’un aveu d’ignorance. Le pouvoir appartient à celui qui possède la connaissance. Le progrès est une arme infaillible. Il entraîne les peuples dans l’avidité du confort. Celui qui dirige le progrès dirige la masse, l’humanité entière. Personne ne s’opposera à ce bienfaiteur. L’opulence n’est même pas nécessaire, il suffit de maintenir les biens essentiels et de dispenser des rêves. Les rêves, c’est l’opium du peuple. Un mélange d’espérance, d’illusions modérément dispensées et des rêves, des rêves, pour atténuer les souffrances et les peines. C’est ça le progrès pour les masses aveugles et pour moi, c’est la puissance et le pouvoir, tout le monde s’y retrouve. »

 

Jackmor ne semblait pas s’émouvoir de l’incompréhension de son assemblée.

 

« Vous ne saisissez pas ce que je raconte mes chers enfants mais ça n’est pas grave. Bientôt, tout vous paraîtra évident car vous serez en moi et toi aussi lutin.

Vous pourrez profiter de mon immense savoir et vous participerez à son essor. »

 

Un coup au ventre. « Vous serez en moi… »

Jarwal chercha Léontine du regard. Il aperçut l’insecte furtif au moment où elle entrait sous le heaume par les fentes oculaires.

Il fallait gagner du temps.

 

« Où sont passés les enfants que tu as déjà enlevés ?

-Enlevés est un mot bien trop dur, lutin. Je les ai libérés de leur misère pour leur offrir l’accès au pouvoir, qu’ils puissent grâce à moi user de leurs talents, qu’ils ne restent pas croupir dans leur fange quotidienne. Il n’y avait rien de mieux pour eux et vous en jugerez lorsque vous sentirez en vous cette puissance du savoir, lorsque vos dons prendront en moi une dimension extraordinaire.

-Que veux-tu faire ?

-Patience, lutin, patience, tu vas trop vite. Laissez-moi tout d’abord vous rassurer. Voilà les amis pour lesquels vous vous inquiétez. »

 

Du couloir resté ouvert au centre de la bibliothèque apparut une file d’enfants. Hagards, les yeux fixes, des cernes noirs, les teints pâles, sans aucune réaction à la présence de leurs anciens compagnons de jeu. Comme endormis, inertes, figés dans leur apathie, une torpeur inquiétante. Les uns après les autres, ils vinrent se placer dans le dos de Jackmor. Une soumission craintive. Une trentaine de visages absents, égarés, comme privés de toutes émotions, de toute vie intérieure, les bras ballants, les épaules tombantes. Une léthargie spirituelle. Gailhart, Adelin, Tristan, Aénor, Bérenger, Ludivine, ils étaient tous là. Mais comme vidés de leur existence.

 

Ysaline ne put s’empêcher de murmurer à l’intention de son amoureux.

 « Je suis là Tristan, je suis avec toi, Jarwal va nous sauver. »

Elle crut percevoir dans le regard éteint un tremblement furtif, comme un contact rétabli.

 

« Vous voyez, ils sont bien tous là, continua Jackmor, ils n’ont pas disparu, je subviens à leurs besoins, ils profitent de mon château, de cette bibliothèque, d’un confort dont ils n’auraient jamais pu bénéficier dans leur vie de paysans.

-Que leur as-tu fait ?

-Un échange de bons procédés, tout simplement. Ils ont une vie heureuse et je profite de leurs talents.

-Une vie heureuse ? J’en doute sérieusement. Ce ne sont plus des enfants. Mais plutôt des fantômes.

-Et alors ? C’est la rançon du progrès ! Tu crois peut-être que leurs vies d’autrefois étaient préférables ? Qui es-tu pour décider qu’ils étaient plus heureux dans leur pitoyable village? La connaissance est au service du progrès, le progrès amène le confort, le confort favorise l’asservissement, l’asservissement est le fondement du pouvoir. Ceux qui ont la chance de participer à cet ouvrage sont des privilégiés et les miséreux comme toi ne peuvent pas comprendre.

-Je comprends qu’ils ne sont plus eux-mêmes mais des individus exploités. Je ne perçois même plus en eux la joie de vivre des enfants, la joie de découvrir le monde, de jouer et d’apprendre. Qu’as-tu fait de leur vie ?

-Tu n’as même pas idée du niveau de connaissances qu’ils ont déjà atteint. Pas un seul d’entre eux ne souhaiterait partir d’ici. Ils ne sont pas prisonniers, ils ont chacun un lit, ils sont bien nourris, habillés, soignés si nécessaire.

-Ça ne fait pas une vie heureuse. Il y manque la liberté. Et il y a autre chose que tu ne veux pas dire. Je pense pour ma part que tu as saisi leur esprit, que tu les as envoûtés, envahis, que tu t’es introduit en eux pour leur voler leurs talents.»

 

Léontine vint se poser sur l’épaule du lutin et se faufila au creux de son oreille.

 

« Il n’est qu’un esprit, cette armure est vide, il a pillé l’esprit des enfants, il prend leur énergie et leur talent, c’est un monstre, il se sert d’eux, il les dévore, il aspire leur esprit, tu comprends, il est le progrès, il les garde en vie mais pour se servir d’eux… Il a besoin de cette vigueur pour se développer, il a besoin de vous tous sinon…»

 

 

Un coup de poing sur la table.

Jackmor en avait assez de ce tête à tête avec le lutin. De l’impatience désormais.

 

« J’ai assez donné de mon temps. Maintenant, c’est à vous de me servir. »

Albert Jacquard

Par Le 15/04/2012

Je précise pour éviter les confusions que je ne voterai pas Mélenchon.
C'est ce que AJ dit sur la crise et le reste qui m'intéresse.
D'ailleurs, je ne voterai pas.
Le problème n'est pas politique et par conséquent, les politiciens n'y peuvent rien.

http://www.rue89.com/rue89-planete/2012/04/14/albert-jacquard-votera-melenchon-il-me-fait-penser-jaures-231183

Albert Jacquard chez lui à Paris le 5 avril 2012 (Audrey Cerdan/Rue89)

Albert Jacquard, le généticien « indigné » de 86 ans, publie un livre avec Stéphane Hessel (« Exigez ! Un désarmement nucléaire total », Stock) et votera Mélenchon. Il a décidé de le faire savoir.

« Mes forces sont déclinantes », reconnaît le vieil homme. Parfois comparé à un « abbé Pierre laïc », il vient d’être mis à la retraite forcée de la radio (il animait une émission sur France Culture jusqu’à récemment). Sa voix peine à se faire entendre, mais il a encore beaucoup à dire :

« J’ai envie d’écrire “désapproprions-nous”, disons à tous les humains que rien sur la Terre ne leur appartient. »

Au soir de sa vie, le scientifique apparu sur les écrans télé lors de la réquisition de l’immeuble de la rue du Dragon par Droit au logement, à Paris en 1994, vient aussi de sortir un livre de souvenirs, « Dans ma jeunesse » (Stock).


Dans ma jeunesse (Stock)

Il y explique « comment on devient soi-même » et revient pour la première fois sur l’accident de voiture qui l’a défiguré à l’âge de neuf ans.

Un tram a percuté la voiture familiale. Son frère de 5 ans et ses grands-parents sont morts, son père a été blessé. Voici comment il décrit l’événement :

« Un choc de fin du monde, suivi d’un silence qui semble définitif. J’ouvre les yeux et me vois moi-même debout au milieu de la route ; dédoublé, je suis à la fois cet enfant blessé, extérieur à lui, figé comme une image, et moi qui le regarde, incapable, durant un court instant, d’un mouvement ou d’une sensation, mais contraint d’accepter l’irréparable : mon univers vient, en un instant, d’être bouleversé. »

Ce livre-là, il a eu « de la peine » à l’écrire, confie-t-il :

« Je ne savais pas que ça me libérerait. Ça m’a transformé de le dire. »

Il voit dans son alliance avec Stéphane Hessel l’occasion de donner plus d’audience à ses opinions anciennes sur le nucléaire :

« On est en train de suicider l’humanité et personne ne réagit ; c’est monstrueux. »

Albert Jacquard serait-il en train de transformer l’indignation du nonagénaire en programme politique, de faire une OPA sur la campagne présidentielle ? Pas si vite. L’utopiste a juste décidé d’expliquer sur qui se portera son choix.

Rue89 : Si vous étiez candidat à l’élection présidentielle, quel message porteriez-vous ?

Albert Jacquard : Je serais le candidat des mutations, pas le candidat des crises. Moi, je pense que la crise n’existe pas. Une crise, par définition, ça passe. On dit bien une crise de toux, de larmes... Là, elle n’est pas destinée à passer. On édulcore l’événement en faisant comme si elle allait disparaître.

Là, on est dans une mutation, un appel au renouveau, c’est-à-dire que ce qui était bon avant ne l’est pas nécessairement après, c’est une occasion extraordinaire de tout changer. Il est normal de revoir le système économique, sanitaire... Or, dans cette campagne, personne ne profite de l’occasion pour définir ces mutations. Les politiques ont peur du changement, ils n’y croient pas.


Exigez ! Un désarmement nucléaire total

Cette campagne parle peu d’utopie et beaucoup de chiffres.

C’est une vraie maladie ces chiffres. Si j’allume la télé, il ne se passe pas trois minutes sans qu’il y ait un pourcentage d’augmentation qui diminuera, comme l’autre jour Sarkozy nous a expliqué que ça baissait, ce qui signifiait que ça montait... On a une fascination pour les nombres car on croit qu’ils permettent d’accéder à la vérité.

Néanmoins, le chiffre de la dette est une réalité....

Je voudrais bien la définir cette réalité. Pourquoi on n’en parlait pas il y a dix ans ? Je crois que le moment grandiose où on a oublié les nombres, c’est à la Libération : on a supprimé certains critères économiques comme l’inflation, et on s’en est sorti. Le Conseil national de la résistance était une utopie totale... Réalisée !

Que pensez-vous des candidats ?

Ma sympathie va naturellement à François Hollande. L’autre [Nicolas Sarkozy, ndlr], on ne peut pas lui faire confiance, il se moque du monde de façon éhontée, il a dit tout et son contraire.

Je me suis trouvé en sa présence, invité par un ami à la remise d’une Légion d’honneur. On m’a présenté à lui, il m’a serré la main et a tourné la tête. Il aurait pu avoir envie de me connaître, mais non. Il n’est même pas poli, et j’ai senti une espèce de mépris de sa part. On ne sent aucun souffle.

Et Hollande ?

Ce n’est pas l’homme d’un grand souffle. Au premier tour, il y a Mélenchon. Je voterai pour lui, même en ayant le sentiment de ne pas faire mon devoir qui serait de voter pour Hollande afin d’éviter que Sarkozy revienne. Je suis sensible à sa vigueur, à sa façon de me faire penser à Jaurès. J’espère ne pas faire une sottise au premier tour en laissant Sarkozy trop devant.

Mélenchon, il a une bonne tête, aucun doute, il a une sincérité qui est le contraire de ce que provoque Sarkozy. Si j’avais pu, je serais allé à La Bastille.

L’élection est très personnalisée...

C’est dommage. Apparemment, on a besoin d’un grand homme. Mélenchon, c’est un tribun, voire un populiste, mais pourquoi pas écouter le peuple ?
Avec Sarkozy, on est sûr d’avoir l’horreur, avec Hollande on aura sans doute des choses moins grandioses, mais qui sait ?

Vous prônez toujours une décroissance joyeuse ?

Oui, et je ne serais pas triste qu’on supprime Las Vegas. En tant qu’espèce consciente, nous pouvons développer une réflexion sur l’objectif : pourquoi Las Vegas ? La dernière fois que je suis passé aux Etats-Unis, j’ai été frappé de voir que toute la côte Est était éclairée en continu de New York à Boston. Mais pour quoi faire ? Ce gâchis d’énergie pourrait être supprimé.

Il faut réfléchir ensemble : à qui appartient le pétrole ? Dire qu’il appartient à Abu Dhabi est ridicule, il appartient aux 7 milliards d’hommes. Les ressources ne peuvent être que mondiales.

Pourtant, au sommet de Copenhague, en 2009, les Etats ont été incapables de se mettre d’accord...

Il faut réessayer, que les égoïsmes nationaux disparaissent. On en est loin si on regarde l’Europe ces temps-ci. De toutes façons, ou bien c’est la fin totale avec la guerre nucléaire, ou bien on admet qu’il faut tout repenser.

Le pouvoir du moment présent.

Par Le 15/04/2012

Une lecture inoubliable pour moi, un choc immense.

http://www.letransmuteur.net/le-pouvoir-du-moment-present-de-eckhart-tolle/

Eckhart Tolle est né en Allemagne et y a passé les treize premières années de sa vie. Après des études universitaires à Londres, il s’orienta vers la recherche et, dans ce cadre, dirigea même un groupe à l’université de Cambridge. À l’âge de 29 ans, il connut une profonde évolution spirituelle qui le transfigura et changea radicalement le cours de son existence.

Il consacra les quelques années suivantes à comprendre, intégrer et approfondir cette transformation qui marqua chez lui le début d’un intense cheminement intérieur.

Au cours des dix dernières années, il fut conseiller et enseignant spirituel auprès d’individus et de petits groupes en Europe et en Amérique du Nord. Depuis 1996, il vit à Vancouver, (Colombie-Britannique). Grâce à ses livres, un plus grand auditoire pourra enfin profiter de ses enseignements.

Voici la version abrégée du livre audio :

(Achetez le double CD audio) (Achetez ce livre)

Le pouvoir du moment présent01. Vous n’êtes pas votre mental

02. Se sortir de la souffrance par la conscience

03. Plonger dans le moment présent

04. Les stratégie du mental pour éviter le moment présent

05. La présence en tant qu’état

06. Le corps subtil

07. Diverses portes d’accès au non-manifeste

08. Les relations éclairées

09. Au-delà du bonheur et du tourment, la paix

10. La signification du lâcher-prise

(narration: Vincent Davy)

Eckhart Tolle nous enseigne qu’il est possible de vivre sans souffrance, sans anxiété et sans névrose. Mais pour atteindre cet état d’éveil nous devons arriver à comprendre que nous sommes nous-mêmes les créateurs de notre propore souffrance. Que notre mental – et non pas les autres et notre monde environnant – est à l’origine de nos problèmes. C’est notre mental, avec son flot presque continu de pensées, qui se soucie du passé et s’inquiète de l’avenir qu’il faut apprendre à maîtriser.

Pour entreprendre ce périple vers le pouvoir du moment présent, il nous faut laisser derrière nous notre esprit analytique et le faux moi qu’il a créé, c’est-à-dire l’ego.

Dès le début du premier chapitre, nous nous élevons rapidement vers des hauteurs où nous pourrons respirer un air plus léger propre à la spiritualité. Même si le périple où Eckhart Tolle nous emmène présente des défis, le langage qu’il emploie est simple et le format question-réponse qu’il a choisi constitue un guide rassurant. Les mots ne sont eux-mêmes que des panneaux indicateurs.

Si nous réussissons à être totalement dans ici-maintenant et à faire chaque pas dans le moment présent, si nous réussissons aussi à vraiment appréhender les réalités que sont notre corps énergétique, le lâcher-prise, le pardon et le non-manifeste, nous saurons nous ouvrir au pouvoir transformateur de l’instant présent.

« L’être est la vie éternelle et omniprésente. Il existe au-delà de toutes les formes assujetties au cycle de la vie et de la mort. L’être vous est accessible maintenant comme étant votre véritable nature. Mais n’essayez pas de le comprendre avec votre mental. Vous ne pouvez le saisir que lorsque votre mental s’est tu et que vous êtes pleinement et intensément présent. Retrouver la conscience de l’Être et se maintenir dans cet état de réalisation, c’est cela l’illumination. »

L’origine du livre « Le Pouvoir du Moment Présent »

Le passé ne m’est pas d’une grande utilité et j’y pense rarement. Cependant, j’aimerais vous raconter rapidement comment j’en suis venu à devenir un guide spirituel et comment ce livre a vu le jour.

Jusqu’à l’âge de treize ans, j’ai vécu dans un état presque continuel d’anxiété ponctué de périodes de dépression suicidaire.

Aujourd’hui, j’ai l’impression de parler d’une vie passée ou de la vie de quelqu’un d’autre.

Une nuit, peu après mon vingt-neuvième anniversaire, je me réveillai aux petites heures avec une sensation de terreur absolue. Il m’était souvent arrivé de sortir du sommeil en ayant une telle sensation, mais cette fois-ci c’était plus intense que cela ne l’avait jamais été. Le silence nocturne, les contours estompés des meubles dans la pièce obscure, le bruit lointain d’un train, tout me semblait si étrange, si hostile et si totalement insignifiant que cela créa en moi un profond dégoût du monde. Mais ce qui me répugnait le plus dans tout cela, c’était ma propre existence. À quoi bon continuer à vivre avec un tel fardeau de misère ? Pourquoi poursuivre cette lutte ? En moi, je sentais qu’un profond désir d’annihilation, de ne plus exister, prenait largement le pas sur la pulsion instinctive de survivre.

« Je ne peux plus vivre avec moi-même. » Cette pensée me revenait sans cesse à l’esprit. Puis, soudain, je réalisai à quel point elle était bizarre. « Suis-je un ou deux ? Si je ne réussis pas à vivre avec moi-même, c’est qu’il doit y avoir deux moi : le « je » et le moi » avec qui le « je » ne peut pas vivre. ». « Peut-être qu’un seul des deux est réel », pensai-je.

Cette prise de conscience étrange me frappa tellement que mon esprit cessa de fonctionner. J’étais totalement conscient, mais il n’y avait plus aucune pensée dans ma tête. Puis, je me sentis aspiré par ce qui me sembla être un vortex d’énergie. Au début, le mouvement était lent, puis il s’accéléra.

Une peur intense me saisit et mon corps se mit à trembler. J’entendis les mots « ne résiste à rien », comme s’ils étaient prononcés dans ma poitrine. Je me sentis aspiré par le vide. J’avais l’impression que ce vide était en moi plutôt qu’à l’extérieur. Soudain, toute peur s’évanouit et je me laissai tomber dans ce vide. Je n’ai aucun souvenir de ce qui se passa par la suite.

Puis les pépiements d’un oiseau devant la fenêtre me réveillèrent. Je n’avais jamais entendu un tel son auparavant. Derrière mes paupières encore closes, ce son prit la forme d’un précieux diamant. Oui, si un diamant pouvait émettre un son, c’est ce à quoi il ressemblerait. J’ouvris les yeux. Les premières lueurs de l’aube fusaient à travers les rideaux. Sans l’intermédiaire d’aucune pensée, je sentis, je sus, que la lumière est infiniment plus que ce que nous réalisons. Cette douce luminosité filtrée par les rideaux était l’amour lui-même. Les larmes me montèrent aux yeux. Je me levai et me mis à marcher dans la pièce. Je la reconnus et, pourtant, je sus que je ne l’avais jamais vraiment vue auparavant. Tout était frais et comme neuf, un peu comme si tout venait d’être mis au monde. Je ramassai quelques objets, un crayon, une bouteille vide, et m’émerveillai devant la beauté et la vitalité de tout ce qui se trouvait autour de moi.

Ce jour-là, je déambulai dans la ville, totalement fasciné par le miracle de la vie sur terre, comme si je venais de venir au monde.

Pendant les cinq mois qui suivirent, je vécus sans interruption dans une grande béatitude et une paix profonde. Par après, cela diminua d’intensité ou telle fut mon impression peut-être parce que cet état-là m’était devenu naturel. Je pouvais encore fonctionner dans le monde même si je réalisais que rien de ce que je faisais n’aurait pu ajouter quoi que ce soit à ce que j’avais déjà.

Bien entendu, je savais que quelque chose de profondément significatif m’était arrivé, sans toutefois comprendre de quoi il s’agissait. Ce ne fut que plusieurs années plus tard, après avoir lu des textes sur la spiritualité et passé du temps avec des maîtres spirituels, que je compris qu’il m’était arrivé, à moi, tout ce que le monde cherchait. Je compris que l’intense oppression occasionnée par la souffrance cette nuit-là devait avoir forcé ma conscience à se désengager de son identification au moi malheureux et plein de peur profonde, qui en fin de compte n’était qu’une fiction. Ce désengagement avait dû être si total que ce faux moi souffrant s’effondra immédiatement, comme un ballon qui se dégonfle quand on enlève le bouchon. Tout ce qui restait, c’était ma véritable nature, l’éternel je suis, la conscience dans son état vierge avant l’identification à la forme. Plus tard, j’appris également à retourner en moi, dans ce royaume intemporel et immortel que j’avais au début perçu comme un vide, tout en restant pleinement conscient. Je connus des états de béatitude et de grâce tels qu’il est difficile de les décrire et qu’ils éclipsent même la première expérience que je viens de décrire. Il fut un temps, pendant une certaine période, où il ne me resta plus rien sur le plan concret. Pas de relations, pas d’emploi, aucune identité sociale. Je passai presque deux ans assis sur les bancs de parcs dans un état de joie la plus intense qui soit.

Mais même les plus belles expériences ont une fin. Il y a peut-être quelque chose de plus important que n’importe quelle expérience, et c’est la paix sous-jacente qui ne m’a jamais quitté depuis ce jour-là. Elle est parfois très puissante, presque palpable, et les autres peuvent la sentir aussi. À d’autres moments, elle est plus en arrière-plan, semblable à une mélodie de fond.

Plus tard, les gens sont venus me voir à l’occasion en me disant : « Je veux arriver à la même chose que vous. Pouvez-vous m’y amener ou me montrer comment faire ? » Et je leur répondais:

« Mais vous y êtes déjà. Vous ne pouvez pas le sentir parce que votre mental fait trop de bruit. » Cette réponse s’élabora et devint plus tard le livre que vous tenez entre les mains.

En un rien de temps, je me retrouvai de nouveau avec une identité.

J’étais devenu un enseignant spirituel …

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5 commentaires pour “« Le pouvoir du moment présent » de Eckhart Tolle”
  1. Nono dit :

    J’ai découvert Eckhart Tollé complètement par hasard (mais y a t-il un hasard ?) en cherchant des livres de spiritualité sur le net. J’ai alors écouté ses douze CD audios disponibles plusieurs fois tout en faisant autre chose grâce à mon baladeur pendant des mois. Sans aucune intervention de ma part, je suis bien obligé de reconnaitre que j’ai connu il y a plusieurs mois d’une manière complètement inattendue, un véritable éveil spirituel. Peut-on dire que ma conscience a atteint un stade plus élevé ? Je n’en sais rien. Tout ce que je peux dire, c’est qu’à partir de ce moment, toute mon expérience quotidienne s’est complètement transformée. Quelque chose s’est débloqué. Toutes mes peurs se sont envolées. Une quiétude inconcevable m’habite depuis et ne me quitte plus. Ce qui m’a le plus frappé et qui m’étonne encore, c’est l’augmentation considérable de mon acuité auditive, probablement suite à la disparition de mon bavardage intérieur, je perçois des sons dont je n’avais jamais eu conscience autour de moi. Je perçois le silence et la beauté qui réside dans celui-ci. Etant la majeure partie du temps, dans l’ici et maintenant, toute mon anxiété provoqué par ma projection d’un futur incertain s’est envolée. La tension résiduelle provoquée par la souffrance dont l’égo est l’origine me saute aux yeux chez la plupart des personnes que je rencontre. J’essaye de leur montrer le chemin mais je ne peux pas l’arpenter à leur place. Je voudrais un jour me trouver devant cette personne et lui dire simplement « Merci pour tout. » Un véritable bienfait pour l’humanité.

    De Mars à Mai 2008, pendant dix semaines, un évènement sans précédent a eu lieu tous les lundis: la célèbre animatrice de télévision américaine Oprah Winfrey à reçu Eckhart Tolle pour commenter son livre « Nouvelle Terre », dans une émission diffusée en direct sur Internet. Cet échange, où l’on traite de spiritualité avec un des grands maitres de notre temps dans ce domaine, a été et est toujours visionné et téléchargé par des millions de personnes à travers le monde. Une personne généreuse s’est chargée de proposer ces vidéos avec une traduction en français :

  2. http://nouvelleterre.filialise.com/

Le parfum des fleurs.

Par Le 15/04/2012

Jarwal le lutin, tome 4

"Mon père m’a appris une chose à laquelle je tiens. Ne te crée pas de tourments dont tu ne peux te défaire. Je ne peux rien contre ce désastre. Je ne peux rien au regard du passé. Et vouloir comprendre la folie des hommes en usant de mon raisonnement me conduirait à une impasse. Comme si je voulais parfumer des excréments avec des pétales de roses. Les fleurs ne méritent pas un tel usage.

-Mais ça ne règle rien non plus dans la réalité.

-Qu’est-ce que tu appelles la réalité Marine ? Le monde agité des hommes n’est pas la réalité mais une excroissance de leurs illusions. L’illusion de leurs pouvoirs. Mais laisse passer dix mille ans et reviens voir. Ceux qui sont morts dans l’illusion ont-ils saisi le parfum des fleurs ? »

Court métrage

Par Le 14/04/2012

 Varmints (2008 - UK)
Confrontée à l’urbanisme massif, à l’indifférence et à l’inconscience, une petite créature lutte pour conserver un peu de la paix qu’elle a connue autrefois.

Lettres aux écoles 7

Par Le 14/04/2012

"La mémoire n'a pas de place dans l'art de vivre. La relation humaine est l'art de vivre. Si la mémoire intervient dans une relation, ce n'est plus une relation. La relation a lieu entre les êtres humains, pas entre leurs mémoires. C'est cette mémoire qui divise et crée les différents, l'opposition entre le toi et le moi. Ainsi, la pensée, qui est le souvenir, n'a absolument aucune place dans la relation. Cela est l'art de vivre.

La relation s'établit avec toutes choses, avec la nature, les oiseaux, les rochers, avec tout ce qui existe autour de nous, avec les nuages, les étoiles et le ciel bleu. Toute existence est relation. Sans relation, pas de vie. Nous vivons dans une société en dégénérescence parce que nous avons corrompu les relations humaines.

Il ne peut y avoir un art de vivre que lorsque la pensée ne contamine pas l'amour. "

Krishnamurti.


 

Il convient également d'oeuvrer à être en relation avec soi-même et non avec sa mémoire. Sinon, il sera bien entendu impossible d'être en relation avec les autres. Car qui serait en relation si ce n'est qu'une mémoire ?

Et là, je pense que la tache est immense, à l'échelle d'une vie entière. Quand je parle des conditionnements éducatifs, sociétaux, familiaux, historiques, il est bien entendu que tout est fondé sur la mémoire. Nos pensées sont des mémoires incessamment réactivées.

Il nous faut apprendre à penser librement, nouvellement, comme à chaque naissance, comme si à chaque instant nous apprenions à ne plus rien savoir.

Il ne s'agit pas bien évidemment de ne plus savoir rouler à vélo mais d'apprendre à "être" sur son vélo, consciemment, il ne s'agit pas de ne plus savoir entretenir son potager mais d'apprendre à être relié à la terre, il ne s'agit pas de désapprendre pour recommencer à accumuler du savoir mais juste de saisir la nécessité essentielle, vitale, permanente, d'aimer... 

Censure.

Par Le 13/04/2012

Sans nouvelles d’Islande : Pourquoi ?

Silence radio sur l’Islande !

Source : liste partidegauche 84

samedi 31 mars 2012, par Forum Civique Européen

Si quelqu’un croit qu’il n’y a pas de censure actuellement, qu’il nous dise pourquoi les journaux n’ont absolument rien dit ces dernières semaines sur ce qui se passe en Islande. Ou si le mot censure est considéré comme un terme exagéré dans le politiquement correct ou cela ne peut plus se dire : pourquoi on écarte ces informations qui viennent d’être adressées à Journarles par un lecteur ? Arrêt sur texte. Trois minutes . Instructif.

En Islande,


- le peuple a fait démissionner un gouvernement au complet,
- les principales banques ont été nationalisées et il a été décidé de ne pas payer la dette qu’elles avaient contractée auprès de banques de Grande Bretagne et de Hollande, dette générée par leur mauvaise politique financière
- une assemblée populaire vient d’être créée pour réécrire la Constitution.

Et tout cela, pacifiquement. Toute une révolution contre le pouvoir qui a conduit à cette crise. Voilà pourquoi rien n’a été publié pendant deux ans. Que se passerait-il si les citoyens européens en prenaient exemple ? Brièvement, voici l’histoire des faits :

- 2008 : La principale banque du pays est nationalisée. La monnaie s’effondre, la bourse suspend son activité. Le pays est en banqueroute.
- 2009 : Les protestations citoyennes contre le Parlement font que des élections anticipées sont convoquées et qu’elles provoquent la démission du Premier Ministre et, en bloc, de tout le gouvernement. La situation économique désastreuse du pays persiste. Par le biais d’une loi, il est proposé à la Grande Bretagne et à la Hollande le remboursement de la dette par le paiement de 3.500 millions d’euros, montant que paieront mensuellement toutes les familles islandaises pendant les 15 prochaines années à un taux d’intérêt de 5%.
- 2010 : le peuple descend à nouveau dans la rue et demande que la loi soit soumise à référendum. En janvier 2010, le Président refuse de ratifier cette loi et annonce qu’il y aura une consultation populaire. En mars, le référendum a lieu et le NON au paiement de la dette remporte 93% des voix. Pendant ce temps, le gouvernement a entamé une investigation pour régler juridiquement les responsabilités de la crise. Les détentions de plusieurs banquiers et cadres supérieurs commencent. Interpol lance une enquête et tous les banquiers impliqués quittent le pays. Dans ce contexte de crise, une assemblée est élue pour rédiger une nouvelle Constitution qui reprend les leçons apprises de la crise et qui se substitue à l’actuelle qui est une copie de la constitution danoise.

Pour ce faire, on a recours directement au peuple souverain. On élit 25 citoyens sans filiation politique parmi les 522 qui se sont présentés aux candidatures. Pour cela, il faut être majeur et recueillir le soutien de 30 personnes.

L’assemblée constituante commence ses travaux en février 2011 afin de présenter, en partant des avis collectés dans les diverses assemblées qui ont eu lieu dans tout le pays, un projet de Grande Charte. Elle doit être approuvée par l’actuel parlement ainsi que par celui qui sera constitué après les prochaines élections législatives.

Voici, en bref, l’histoire de la Révolution Islandaise :

  1. - Démission en bloc de tout un gouvernement
  2. - Nationalisation de la banque
  3. - Référendum pour que le peuple puisse se prononcer sur les décisions économiques fondamentales
  4. - emprisonnement des responsables de la crise et
  5. - réécriture de la constitution par les citoyens

Nous a-t-on parlé de cela dans les médias européens ? En a-t-on parlé dans les débats politiques radiophoniques ? A-t-on vu des images de ces faits à la TV ? Bien sûr que non ! Le peuple islandais a su donner une leçon à toute l’Europe en affrontant le système et en donnant une leçon de démocratie au reste du monde. SI CE MESSAGE VOUS PARAIT INTÉRESSANT, DIFFUSEZ-LE A BEAUCOUP DE GENS QUI NE LE SAVENT PAS !

Voici un petit complément extrait de CADTM

Depuis le samedi 27 novembre, l’Islande dispose d’une Assemblée constituante composée de 25 simples citoyens élus par leurs pairs. Son but : réécrire entièrement la constitution de 1944 en tirant notamment les leçons de la crise financière qui, en 2008, a frappé le pays de plein fouet.

Depuis cette crise dont elle est loin d’être remise, l’Islande a connu un certain nombre de changements assez spectaculaires, à commencer par la nationalisation des trois principales banques, suivie de la démission du gouvernement de droite sous la pression populaire. Les élections législatives de 2009 ont amené au pouvoir une coalition de gauche formée de l’Alliance (groupement de partis composé des sociaux-démocrates, de féministes et d’ex-communistes) et du Mouvement des Verts de gauche. C’était une première pour l’Islande, tout comme la nomination d’une femme, Johanna Sigurdardottir, au poste de Premier ministre.

Très vite, le nouveau gouvernement se trouve face à un problème épineux : le règlement aux Pays-Bas et au Royaume-Uni d’une dette de 3,5 milliards d’euros suite à la faillite d’Icesave, banque en ligne dont les opérations étaient tournées principalement vers ces deux pays. Sous la pression de l’Union européenne, à laquelle les sociaux-démocrates souhaiteraient adhérer, le gouvernement fait voter en janvier 2010 une loi autorisant ce remboursement, ce qui reviendrait, pour chaque Islandais, à débourser pendant huit ans une somme d’environ 100 euros par mois. Mais le président de la République refuse de ratifier la loi, dont le texte est alors soumis à un référendum. À plus de 93%, les Islandais votent contre le remboursement de la dette (6 mars), et depuis le problème reste en suspens.

C’est dans ce contexte que l’Islande décide de modifier sa constitution, qui en fait n’a jamais été vraiment rédigée : lorsqu’en 1944 la république avait été proclamée, on s’était contenté de recopier dans les grandes lignes la constitution du Danemark, pays dont l’Islande dépendait depuis plusieurs décennies, en remplaçant simplement le terme de “roi” par celui de “président de la République”. C’est donc une nouvelle constitution qu’il s’agit d’écrire entièrement, et pour cela on a décidé de faire confiance au peuple souverain. Il y a eu d’abord un appel à candidatures (tout le monde pouvait se présenter à l’exception des élus nationaux, à condition d’avoir dix-huit ans révolus et d’être soutenu par au moins trente personnes) auquel ont répondu 522 citoyennes et citoyens. C’est parmi eux qu’ont été élus les 25 constituants.

Ces derniers commenceront à se réunir à la mi-février et rendront leur copie avant l’été. Parmi les propositions qui reviennent le plus souvent, on peut noter la séparation de l’Église et de l’État, la nationalisation de l’ensemble des ressources naturelles et une séparation claire des pouvoirs exécutif et législatif.

Certes, l’Islande n’est qu’un petit pays d’environ 320 000 habitants. Elle donne cependant là une belle leçon de démocratie aux grands États dont la France : songeons que, dans notre pays, la réforme constitutionnelle de 2008 a été entièrement rédigée à l’Élysée, et que les parlementaires ne l’ont adoptée qu’à deux voix près après avoir été soumis pendant des semaines à des pressions intolérables de la part du chef de l’État.

Pour se renseigner directement auprès de l’Assemblée constituante en Island

Méta-conscience (spiritualité)

Par Le 09/04/2012

« L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature mais c’est un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser ; une vapeur, une goutte d’eau suffit pour le tuer.

Mais quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue puisqu’il sait qu’il meurt et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien.

Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C’est de là qu’il faut nous relever et non de l’espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser ; voilà le principe de la morale. »

« Les Pensées »

Blaise Pascal


 

Un texte qui ne plaide pas en faveur de l’homme finalement. Publié en 1670…

Je n’accorde pas la même valeur à la pensée pour la simple raison qu’elle est à mes yeux un phénomène secondaire au regard de la conscience. La pensée commente mais elle ne saisit pas.  C’est la conscience qui porte le juste.

Travaillons donc à être conscient. Et pour se faire apprenons à ne plus être soumis à la pensée.


 

« Tous les livres prétendument sacrés sont le produit de la pensée.  

La pensée a conçu la turbine et les grands temples de la terre, la fusée et aussi l’hostilité chez l’homme. La pensée est responsable des guerres, du langage que nous utilisons et de l’image créée par la main de l’homme ou par son esprit. La pensée domine la relation. La pensée a décrit ce qu’est l’amour, les cieux et les affres du malheur. L’homme adore la pensée, il en admire les subtilités, les astuces, la violence et les cruautés commises au nom d’une cause. La pensée a fait faire de grands progrès à la technologie en même temps qu’à sa capacité de destruction. Telle est l’histoire de la pensée qui s’est répétée tout au long des siècles. »

« Lettres aux écoles »

Krishnamurti


 

Pascal disait qu’il fallait penser juste, qu’il fallait travailler à bien penser, que c’était une question de morale.  Mais elle est insuffisante cette morale et elle ne suppléera jamais aux manquements de pensées des hommes. C’est bien pour cela d’ailleurs qu’il prônait l’autorité des gouvernements et même celle de Dieu.  

La pensée ne peut pas être éduquée par la morale parce que la morale, elle-même,  est issue de la pensée des hommes.  Le problème est bien réel mais le problème existe parce qu’à l’origine, la pensée a été présentée comme la délivrance, l’évolution, le tremplin. La morale devait en contenir les déviances. Elle n’y est pas parvenue.  

La pensée, elle-même,  n’est qu’une excroissance. Elle n’est pas le nœud essentiel.  

De croire que la pensée pouvait réfréner, guider, élever, canaliser, cadrer, éduquer, moraliser, relevait de l’utopie. Mais l’idée comblait le vide laissé par l’anthropocentrisme que Galilée et ses confrères avaient fait voler en éclat. La blessure narcissique pouvait cicatriser. L’homme possédait le don ultime, la pensée qui guiderait son avancée à travers les siècles.  La terre n’était plus au centre de l’Univers mais l’homme était au centre de l’intelligence par l’intermédiaire de sa pensée. Il ne restait qu’à établir un répertoire du bon usage…

Personne n’en est jamais venu à bout.

 

Qu’a-t-il donc manqué ?

L’humilité.

La contemplation.

L’amour.

La sérénité.

La plénitude des choses acquises.

La simplicité volontaire…

Il aurait suffi de ne jamais oublier la source. La méta-conscience. Non pas la conscience de soi à travers les pensées car cela n’est jamais que le rétablissement de l’anthropocentrisme mais une conscience de l’énergie vitale. Lorsque Blaise Pascal attribue à l’homme un pouvoir plus grand que celui de l’Univers, il omet l’hypothèse que nous ne soyons qu’une pensée de l’Univers.  Il préfère attribuer la création de l’homme à un Dieu et ce Dieu est bien évidemment empli de bienveillance envers l’homme. Nous sommes toujours dans l’anthropocentrisme…

Dieu, s’il existe, n’est qu’un ouvrier dont la Nature est l’architecte.  Les hommes se sont attachés à l’ouvrier parce qu’il était plus facile de le faire parler. Un esprit bourru et obstiné, facilement manipulable.

La pensée religieuse n’est qu’un tract syndicaliste.

Il faut remonter beaucoup plus en avant…

La matière est énergie et l'énergie est consciente.

La pensée, à son origine, est issue de la conscience lorsque cette pensée est consciente d'elle-même mais qu’elle parvient surtout à établir une observation de cette méta-conscience. La conscience auto-réflexive n’est qu’un serpent qui se dévore.  

Si ma pensée se nourrit de cette méta-conscience et me permet de la saisir, alors ma conscience reste reliée à l'énergie et la forme qu'a prise cette énergie à travers la matière qui me constitue est un calice dans lequel je me dois d'explorer la méta-conscience.

Il ne doit y avoir aucune rupture.

Krishnamurti disait que « si l’homme perd le contact avec la nature, il perd immanquablement le contact avec les êtres humains. »

On pourrait penser qu’au regard de la vie dans les mégapoles, les êtres humains ont cherché bien au contraire à s’extraire de la nature pour être uniquement centrés sur eux-mêmes, leurs semblables, loin des dangers et des aléas de la nature. Mais il n’en est rien finalement. Ces hommes sont effectivement séparés des êtres humains étant donné qu’il n’y a aucun être humain dans ces mégapoles… Nous sommes des êtres de nature. La méta-conscience est une énergie vitale. Pas un architecte urbain. Les hommes qui s’extraient de la nature s’extraient de leur nature. Ils ne sont donc pas des êtres humains mais des entités séparées de tout.

Il ne leur reste que les egos.

Et leurs pensées.

La boucle est bouclée.

Le désastre est consommé.

La nature est le reflet de celle qui vibre en nous. Le chant des oiseaux est un pépiement d’atomes.  Et le ballet des atomes est la symphonie d’une Conscience.

 

Jarwal le lutin : Quelques traces encore.

Par Le 08/04/2012

Il n'est plus vendu mais il existe toujours. Et il a laissé des traces.

Il reviendra. Je ferai ce qu'il faut pour ça.

Travailler.

 

http://www.frenchwritersworldwide.com/book-of-the-month/jarwal-le-lutin-tome-1

 

Jarwal le lutin. tome 1

 ROMAN JEUNESSE de Thierry Ledru.

Il suffisait d’écouter les discussions des arbres pour connaître les moindres

détails de la vie de la grande forêt. Le bruissement des feuillages,

emplissait l’air de confidences. Ce matin-là, il cueillait des myrtilles sous le

sommet du Capotet quand un murmure gonfla au cœur des arbustes.

Le lutin Jarwall mit ses pensées de côté, tendit l’oreille et peu à peu le

message s’éclaircit.

Les grands hêtres et les châtaigniers près du torrent racontaient que trois

enfants, Marine, Rémi et Léo, voulaient atteindre le sommet de la montagne.

 

Dès que vous ouvrez ce livre, un bol d’air frais et vivifiant vous envahit, vous respirez mieux, votre rythme cardiaque s’apaise comme si vous caressiez votre chat, vos pensées sont imprimées des fleurs sauvages des montagnes, vos souvenirs de promeneurs remontent à la surface et vous avez envie d’y entrer à pieds nus… 

«Gwendoline, l’amour de sa vie, elle était si inventive, chantonnait à longueur de journées, avec le vent dans les arbres, avec le silence des sous-bois, les mélodies des insectes, elle bourdonnait avec les abeilles, récitait des poésies aux fleurs, parlait aux nuages, écoutait leurs histoires dans la pluie qui tombe, leurs voyages autour de la terre, les grandes traversées au-dessus des océans, par-delà les montagnes, elle traduisait les chants des torrents, elle apprenait l’histoire du monde dans les murmures des fossiles, cueillait les plantes en les remerciant pour les tisanes et les soins qu’elle prodiguait, elle caressait les écorces et posait son oreille sur les troncs, partageant avec eux les mémoires de sève, et toujours ce rire dans ses yeux, cet éblouissement infatigable pour les beautés du monde, cet amour de la vie… »

 

Thierry Ledru dans son premier tome « Jarwal le Lutin » propose aux enfants, un parcours initiatique, un chemin de vie, sentier de montagne à travers une trouée de verdure gorgée de soleil.

Il fait découvrir aux enfants le sens caché des choses et des mots, en utilisant l’observation de phénomènes naturels simples.

Thierry Ledru, nous présente les mots comme des êtres à comprendre.

Le sens de la lumière, rayons du soleil indispensables « la vie végétale sous toutes ses formes tendait ses fibres affamées vers l’astre pour montrer aux humains la voie à suivre » mais aussi «  la lumière ( /la vérité) peut aussi être un danger, quand on ne sait pas la recevoir, certains se sont crû prêts et sont devenus fous. »

Une lumière trop forte nous aveugle, certains croient que le progrès est une lumière favorable, ils n’ont pas su apprendre l’essentiel. "Ils ont détourné la lumière et ils ont fini par penser qu’elle venait d’eux ! " .

 

Il leur fait comprendre que nos pieds nous rattachent à la terre ( attraction de la terre) mais que la tête est attirée par le ciel et que cette attirance devenant désir de curiosités intelligentes est le départ d’une évolution spirituelle.

Les commentaires des enfants sont des signes audibles de leur compréhension.

Léo : "Pourquoi ne pas parler à tout le monde ?" Marine : " Parce que nous serions pourchassés, Léo .Regarde les peuples minoritaires qui peuplent encore cette planète, ceux qui sont encore en contact avec la Nature, ceux qui l’aiment et la respectent. Ils sont parqués, humiliés, exterminés parfois, beaucoup ont même déjà totalement disparu" p 37

Rémi : « les pommes que l’on mange en montagne après l’effort sont meilleures que celles que l’on mange à la maison.. » p31 En s’investissant dans le moment présent, on ne vit pas de l’attente d’une chose que l’on espère...Restez dans l’attente c’est perdre son temps dans la fuite en avant.

Thierry Ledru  explique aux enfants que nos pensées construisent la réalité.

Marine : " Beaucoup de choses sont possibles, sauf celles qu’on juge impossibles".

 

Dans son livre, les enfants sont considérés comme des personnes à part entière, ils ne sont pas ‘trop petits’ pour comprendre et on ne leur dit pas : « on t’expliquera plus tard quand tu seras grand…»

Non avec Jarwal, le lutin, tous ces moments d’étonnements magiques, sont des énergies fondatrices. Un silence interrogatif, des réflexions secrètes au cœur de chacun…

 

En lisant Jarwal vous avez là une double lecture, à la fois vous lisez le livre de Thierry Ledru, mais aussi le Livre dont Jarwal est le gardien.

Dans le roman de Thierry on apprend que Jarwall cherche des êtres qui sont prêts à changer de vie et qui respectent la nature et à ne pas oublier le Petit Peuple.

Au moment où Jarwal ouvre son propre Livre, remède universel et voie de Sagesse, les enfants deviendront des portes-paroles qui raconteront les Histoires ( de Jarwal) et seront un relais contre l’oubli et l’effacement du Livre.

Dans ce roman il n’y pas que l’auteur qui écrit, chaque enfant qui participe en mettant ses pas dans ceux de Jarwal, est l’auteur de sa propre histoire parce qu’il a eu la liberté de choisir sa voie.

Par cette idée remarquable, Thierry Ledru, comble le fossé entre le passé et le futur, il rapproche invisiblement les générations les unes des autres. Car nous aussi lecteurs, nous faisons partis du relais et nous devenons aussi des portes-paroles, conscience remuée par les questionnements du progrès, de l’humanité lancée dans une course folle, nous sommes comme les diffuseurs d’huiles essentielles, huile de la sensibilité du Vrai Regard.

 

Asseyez-vous sur une grosse pierre plate à côté des enfants… des galettes de châtaignes et un mélange de fruits des bois dans un petit pot en terre, précieusement fermée par un chapeau de feuilles séchées, et lisez Jarwal racontant son histoire….cliquez sur la couverture du livre ci-dessous !

 

cliquez ici !

 

En savoir plus sur Thierry Ledru

Marie-Christine Dehove © frenchwritersworldwide.com

18 juin 2011.   

 

Matière, énergie, conscience (spiritualité)

Par Le 08/04/2012

La matière est énergie et l'énergie est conscience.

La pensée est issue de la conscience lorsque cette pensée est consciente d'elle-même et parvient à établir une observation de cette conscience. Un aller-retour qui n'est jamais rompu.

Si ma pensée se nourrit de cette conscience et me permet de l'élargir, alors ma conscience reste reliée à l'énergie et la forme qu'a prise cette énergie à travers la matière qui me constitue est un calice dans lequel je me dois d'explorer la conscience.

Il ne doit y avoir aucune rupture.

Je ne suis pas "en vie", je suis "la vie en moi."

Parce que j'en ai conscience.

Lettres aux écoles 6

Par Le 07/04/2012

"Il semble que les êtres humains aient d'énormes quantités d'énergie. Ils sont allés sur la lune, ils ont escaladé les sommets les plus élevés de la Terre, déployé une énergie prodigieuse pour faire la guerre et pour produire des instruments de guerre, pour développer la technologie, pour accumuler le vaste savoir élaboré par l'homme, pour travailler chaque jour, pour construire des pyramides ou pour explorer l'atome. Quand on considère tout cela, on est frappé de voir la quantité d'énergie que l'homme a dépensée. Cette énergie a servi à explorer le monde extérieur mais l'homme en a dépensé très peu pour étudier toute la structure psychologique.

  L'action et la non-action requièrent une grande énergie. La non-action nécessite pourtant beaucoup plus d'action que l'action prétendumment positive. Agir positivement, c'est contrôler, supporter, fuir. La non-action est la totale attention de l'observation. Dans cette observation, ce qui est observé subit une transformation. Cette observation silencieuse exige non seulement de l'énergie physique mais aussi une profonde énergie psychologique. Nous sommes habitués à la première et ce conditionnement limite notre énergie"

Krishnamurti


 

En début d'année, à chaque rentrée scolaire, mes élèves sont frappés par ces temps de paroles que je leur accorde, par ces multiples échanges dans lesquels nous explorons l'espace intérieur. Ils sortent de la classe avec cette impression de "n'avoir rien fait".

"On n'a rien écrit, t'as vu, on n'a même pas sorti la trousse."

Ce conditionnement qui voudrait que le travail soit associé à une action précise, matérielle, un remplissage de papier, un exercice qui sera corrigé, une note pour couronner le tout ou au moins une appréciation, un repère habituel au regard d'une matière scolaire, tout ce qui établit cette fonction de l'élève au détriment de la nature de l'enfant, ils en sont déjà remplis, salis, alourdis, en fin d'école primaire...Et ils ont pourtant encore tellement à vivre.

Cet arrachement forcené de leur être réel est une abomination. Ils ne sont déjà plus là. Ils ne sont que des copies conformes marquées par quelques plis personnels, des marges hâchurées, des coins écornés, des brouillons râturés. Mais, eux, dans leur réalité intérieure, ne sont plus là.

Je leur ai parlé hier de cette image des lampadaires qu'ils peuvent aller allumer en avançant dans le savoir, comme si chaque tube enflamé par un savoir acquis permettait d'avancer dans l'ombre, vers le lampadaire suivant. Mais la question qui est venue s'ajouter à la métaphore les a ramenés à cette quête essentielle : "Qui avance ?"

Est-ce un élève ou est-ce un individu ? Comment établir la distinction et ne jamais perdre de vue l'être humain, comment ne pas se laisser recouvrir par la fonction, comment ne pas étouffer la nature intrinsèque ?

L'image du savoir prend une place si considérable dans leurs esprits que le porteur de ce savoir finit par en être dissous. "Qui allume le lampadaire ?"

Le savoir n'avance pas de lui-même. Il est vital de ramener l'enfant vers cette conscience de lui-même. Il est le porteur de la lumière.

Cette non-action que je leur propose, cette rupture avec le travail scolaire, ils finissent immanquablement par y plonger. Cette liberté qu'ils vivent comme une permission à parler en tous sens, ils en perçoivent peu à peu le sens profond...Les débats, insensiblement, se concentrent, deviennent plus denses, plus ciblés... La parole s'éclaire d'elle-même. 

Il arrive un moment dans l'année où le thème lui-même s'efface devant l'observation interne. Le débat n'est plus le porteur mais il est porté par l'observateur et cette observation du cheminement intérieur crée une énergie qui au lieu d'être projetée vers un savoir à acquérir reste incluse dans le diffuseur. Le savoir n'a pas d'énergie propre. Mais il pompe l'énergie de l'individu si celui-ci n'a pas appris à rester tourné vers l'énergie qu'il porte. 

 

L'individu est la lumière, l'incandescence, l'énergie. Le savoir n'est que la blancheur laiteuse qui émane de cette source. 

 

LA-HAUT : le hasard et Dieu

Par Le 06/04/2012

Image 2

Un hasard pourrait expliquer une évolution aussi monstrueuse mais un Dieu ? Se peut-il qu’un Etre créateur instaure volontairement une telle forme de Vie ? Et peut-on dès lors la qualifier de supérieure ? La supériorité par la mort. Voilà donc apparue la putain du Maître. Toujours prête à se donner, à s’ouvrir, indécente, à tout ce qui passe à sa portée. Faire mourir pour vivre, il n’y pas d’autre issue. Et la douleur, comme un soldat fidèle et attentif aux ordres de son Maître, insensible aux cris de pitié, viendrait ajouter à ce goût du massacre l’insupportable plongée dans les délires de l’âme humaine lorsque plus rien ne la maintient à flot et qu’elle s’abandonne à la répugnante délectation du sang. Et Dieu se cacherait là-dedans ? Difficile à admettre.

 

Le sac sur les épaules, reprendre les bâtons, relancer la mécanique des pas.

 

Il reste une dernière solution à laquelle la main mise inconsciente des religions lui avait interdit de penser. Se pourrait-il que Dieu soit un être fondamentalement mauvais qui s’amuse à nos dépends ? Se pourrait-il que cette nature que nous adorons ne soit qu’un terrain de jeu pour un Esprit pervers ? Que la beauté du décor ne soit destinée qu’à apaiser les douleurs que le Maître du jeu s’amuse à infliger à la troupe d’acteurs ? Se pourrait-il que la complexité de l’être humain, son évolution lente et obstinée ne soit pas un progrès mais une déchéance, l’éloignement sans fin du point d’équilibre ? Croyant courir après le bonheur, l’humanité, engagée dans une fausse direction, ne serait-elle pas finalement en train de le perdre de vue, de laisser disparaître dans les horizons lointains, dans une Histoire antédiluvienne, la Vie simple et belle, immuable, sans désirs de conquêtes, juste installée dans la contemplation du lever du soleil ? Dieu n’aurait-il pas choisi de laisser en paix les créatures les plus simples, de l’amibe au ver de terre en passant par la baleine bleue et de condamner l’espèce humaine à l’angoisse du néant, l’obligeant à s’épuiser dans une quête matérialiste totalement stupide mais qui l’amuse au plus haut point ?

 

Ne serions-nous pas ses victimes préférées ?

 

Il débouche au sommet de la pente de neige qu’il avait aperçue la fois précédente. Le col au pied de l’arête des Grands Moulins se dessine devant lui à une heure de marche.

Un thé chaud. En effectuant un tour d’horizon, il devine le col de Claran sous la montagne opposée. Il se retourne et inspecte la pointe du Rognier qui pourrait servir de prochain objectif. Entre les deux sommets, en contrebas, un vaste plateau à l’architecture complexe, coule en pente douce vers les forêts. Il prend la carte et étudie les différents sentiers. Au milieu du plateau, un petit point indique la présence d’un lac. Le lac vert.

La jeune fille. Comme il serait bon, au printemps, de monter avec elle vers les eaux claires.

Elle est là, en lui, et il aimerait tant qu’elle soit également à ses côtés.

 

Il range la gourde et s’empresse de reprendre sa progression.

Retrouver le fil des pensées.

 

La science et la théologie n’auraient jamais dû se dissocier. Même s’il semble qu’il existe un abîme entre la démarche scientifique, fondée sur des expériences rigoureusement prouvées, et la démarche théologique, construite sur une hypothèse injustifiable, elles contenaient peut-être, l’une et l’autre solidaires, respectueuses et attentives, les réponses essentielles. Séparées, elles n’ont aucune chance de parvenir, à travers les millénaires, qu’à l’accroissement de leur égarement respectif, qu’elles continueront fièrement, chacune, à nommer progrès. De multiples progrès, c’est certain. Pour la médecine notamment. Mais pour la compréhension de l’Esprit, il n’en sera rien.

Et l’ensemble de la masse, abandonnée par les chercheurs et les mystiques, qui auraient pu faire office de guides spirituels, continuera à errer dans les affres de cette angoisse existentielle, toujours fiévreusement étouffée, et avec une imagination fertile, sous les artifices de la modernité.

Une pénible nausée. Un tel gâchis.

L’échéance de sa réintégration dans le monde humain l’effraie de plus en plus. Comment réussira-t-il à préserver l’incandescence de ses pensées dans le marasme des jours quotidiens ? Jamais, auparavant, il n’était parvenu aussi loin. Il ne sait si toutes ces idées ont un sens réel mais elles correspondent à la réalité que, lui, il cherche.

Se disant cela, il comprend combien il est facile de basculer dans l’élaboration d’une religion. Il ne sait si ses théories ont une logique scientifique ou si la foi, uniquement, les guide mais il serait prêt à les considérer définitivement acceptables et même peut-être transmissibles. Concevant cela, il s’aperçoit de son orgueil et donc de son appartenance à l’humanité et à ses travers. L’idée lui déplaît fortement mais étrangement elle le convainc qu’il n’a aucune raison de devoir lutter contre les sentiments amoureux. Il s’agit sans doute du même ordre de choses, d’une autre faiblesse. Il n’est qu’un humain.

Et c’est bien peu.

Dieu ne lui est pas accessible. Le Hasard non plus. L’Architecte, quel qu’il soit, n’est pas identifiable. Ni même la Vérité. Pas pour l’espèce humaine, en tout cas.

Il se demande si les animaux n’éprouvent pas davantage la réalité de la Vie que nous. N’ont-ils pas su préserver le Contact ?

L’ultime Compréhension.

Mais alors pourquoi pas nous ? De quoi avons-nous été punis ? Et s’agit-il d’ailleurs d’une punition ou d’une mission à accomplir ? Dieu nous aurait-il envoyé une épreuve afin de juger de l’intérêt de cette espèce particulière ? Si c’est bien le cas, le Créateur doit être effroyablement déçu. Dès lors, cette désillusion consommée, se peut-il qu’il soit parti voir ailleurs, désespéré et n’ayant plus aucune attente ? 

Si Dieu est parti, nous errons dans le Temps à la merci de notre folie qui est sans borne ou du Hasard qui a repris la place laissée vacante.

Et si Dieu est toujours présent et que la mission qu’il nous a envoyée est bien réelle, la tâche à accomplir est d’autant plus immense que nous avons perdu l’objectif de vue, que dans la cacophonie de nos agitations frénétiques, nous n’entendons plus rien. Il n’est dès lors  pas certain que l’humanité soit engagée dans la bonne direction et le progrès qu’elle vénère n’est peut-être en réalité que l’approche de la fange. Si dès lors nous nous éloignons de l’objectif que Dieu nous avait assigné, combien de temps nous faudra-t-il pour nous en apercevoir, expliquer, convaincre la masse non pensante et enfin changer de cap ?

Peut-être s’agit-il d’ailleurs d’une lutte impossible, que le mal est déjà trop ancré dans chacune des cellules qui animent chacun des individus. Que nous tombons en refusant de le comprendre entraînés par la masse colossale de l’humanité. Nous nous sommes arrachés du corps de la nature et nous dégringolons emportés par notre orgueil et notre obstination à ne rien voir.

Les églises, quels que soient leurs noms, ne peuvent plus aider les hommes. Elles ont perdu l’essence même de la Vérité. Elles ne sont plus des temples où Dieu se présente mais des maisons closes où elles ont souillé Dieu, répandant sur la Beauté du mystère leur fiel prétentieux comme une semence assassine. Toutes les règles religieuses sont essentiellement destinées à créer un ciment, à établir une morale commune et donc à contenir les libertés individuelles, à les soumettre, à les anéantir. Les églises ne favorisent en rien la quête de Dieu. Elles l’ont limitée, lui donnant une direction unique, toujours imposée aux incroyants. On connaît les massacres, passés, présents et certainement futurs, perpétrés au nom de Dieu. Il déteste les églises. Dieu, s’il existe, ne peut pas être en dehors de sa Création. Il est dans le brin d’herbe et l’eau des ruisseaux, le vol agité du papillon et les yeux verts de la jeune fille de ses pensées. Que viennent faire les églises dans ce monde sinon le salir et retirer l’homme du temple divin de la Nature ?

 

La page 99

Par Le 06/04/2012

7 ans après ..., de Guillaume Musso, passe le test de la page 99

Par (LEXPRESS.fr), publié le 06/04/2012 à 09:00

L'éditeur anglais Ford Madox Ford aurait un jour prétendu qu'il pouvait juger de la qualité d'un manuscrit à la lecture de sa page 99. Qu'aurait-il dit du dernier Musso? 

Souvent imité, jamais égalé, notre test de la page 99 s'attaque cette fois à un roi du thriller à la française, Guillaume Musso

L'auteur

Guillaume Musso, 37 ans, est un auteur malheureux. Bien que ses romans se vendent très bien (il a écoulé plus de 430 000 exemplaires de L'Appel de l'ange en 2011), il reproche aux critiques de mépriser sa "littérature populaire". Maigre consolation, le ministère de la Culture l'a nommé Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres en janvier 2012. C'est promis, nous le lirons de la façon la plus impartiale possible. 

Le livre

Le titre de ce nouveau thriller: 7 ans après ... Une allusion à la suite des Trois mousquetaires, Vingt ans après? C'est se placer sous de bons augures. Mais les trois mousquetaires ne sont que deux, Sebastian et Nikki, qui se retrouvent après 7 ans de divorce pour rechercher leur fils Jeremy: "Des rues de Paris au coeur de la jungle amazonienne - Un thriller implacable brillamment construit - Un couple inoubliable pris dans un engrenage infernal", comme l'expose la quatrième de couverture. 

Extraits de la page 99

Trépignant d'impatience, Lorenzo Santos s'agitait dans le fauteuil de la salle d'attente, un long couloir de chrome et de verre qui surplombait l'est de Manhattan. 

Le lieutenant du New York Police Department regarda nerveusement sa montre. Il attendait Nikki depuis plus d'une heure. Avait-elle renoncé à venir déclarer la disparition de son fils? 

Santos sortit son téléphone et laissa un nouveau message à Nikki. C'était sa troisième tentative, mais elle filtrait manifestement ses appels. Cela le mit en rage. Il était certain que tout était la faute de Sebastian Larabee, cet ex-mari dont il ne voyait pas d'un bon oeil la réapparition. 

Bordel! Il était hors de question qu'il perde Nikki! Depuis six mois, il en était tombé désespérément amoureux. 

Notre lecture

Avançons pas à pas. Un premier héros, un nom latino, un long couloir de chrome et de verre qui surplombe Manhattan. Couleur locale, comme une bonne série américaine. On peut y croire. Par contre, Lorenzo "trépigne d'impatience". Cette formule-là est usée et manque de vie. 

Le lieutenant du NYPD - comme la télé nous l'a appris, les Latinos ont remplacé les Irlandais dans la police américaine - "regarde nerveusement sa montre". Argh, encore une formule usée. On le savait déjà, qu'il était énervé. Bon, entrée en scène de Nikki. Elle se fait attendre. L'éternel féminin, en quelque sorte. 

Lorenzo tente en vain de joindre Nikki. "Cela le met en rage". Femme=retard, homme=colère, c'est du classique. Entrée en scène du troisième personnage, Sebastian Larabee "ex-mari dont il ne voit pas d'un bon oeil la réapparition". C'est curieux comme à ce moment l'histoire semble se dévoiler d'avance. Dans un environnement aussi balisé, on sent que les ex vont recoller. Prime d'ancienneté. Lorenzo, le trépigneur énervé et jaloux, ne fait pas le poids. De toutes façons, c'est écrit, il est "désespérément amoureux". 

Le messe est dite, et c'est un mariage. Cette page concentre le rêve vain de tout enfant du divorce: que ses parents se remettent ensemble après s'être bouffé le nez. D'ailleurs on ne serait pas étonné que Jeremy ait fait exprès de disparaître. 

Le verdict

Musso a réussi un vrai thriller, oui. Cette page 99 nous donne l'impression angoissante d'être pris dans une mare de glu, sous un ciel bas, dans un air rare. Adieu Nikki, Lorenzo, Sebastian. Portez-vous bien, mais sans nous. 


Voilà la page 99 de mon roman "Jusqu'au bout". :)


Les nuages voyageaient vers d’autres territoires. La nature se gorgeait de soleil et l’humidité accumulée s’évaporait, vaste transpiration régulant la température d’un être qu’il savait vivant. Il sentait sous ses pieds le gonflement puissant et profond de sa poitrine. De temps en temps, il en perdait l’équilibre. Il décida de s’arrêter. Ce corps, sous ses pieds, l’attirait férocement.

Enfoui au plus profond des sous bois, il se déshabilla et s’allongea à même le sol. Il frotta sa peau à l’humus nourrisseur, se recouvrit de feuilles putréfiées, lava son corps à la terre molle. Une puissante érection enflamma son ventre. Il prit son sexe à pleines mains, l’entoura de végétaux divers et le caressa lentement. Les rayons solaires tombaient lourdement sur le sol. Aucune frondaison ne retenait encore son ardeur. Il sentait couler dans les troncs une sève nouvelle. Elle montait inexorablement. Elle était la vie, rien ne pouvait retenir ce flux, puissante marée tenace. Il était habité par la même force.

Il connaissait le lien subtil qui faisait de lui un animal terrestre avant d’être un humain. L’amour l’unissait à la terre, femme sublime, aimante et désirable. Il se coucha sur le ventre et enfouit son sexe dans les feuilles noires, draperies magnifiques exhalant des senteurs de pourriture, obéissant à l’envie totale de se donner, d’éprouver à son tour le plaisir des racines fouissant le sol, de la pluie s’infiltrant dans la terre accueillante, des rayons solaires la réchauffant. Il entendit dans son crâne le frémissement des myriades d’insectes creusant la terre et il les accompagna dans cette étreinte, sa verge usant de sa raideur pour tracer au sol le calice de sa liqueur. Il ouvrit la bouche et saisit un amalgame de fibres terreuses. Il frotta sa tête sur le sol et emplit ses oreilles du gémissement lascif des feuilles chiffonnées. Il eut l’impression enfin que toute l’énergie de la terre fusionnait en lui. Il se raidit et s’abandonna à l’extase, déversant dans des jets saccadés son amour pour le monde.

Un cri dans son dos brisa cette union.

Il releva la tête, se tourna et vit le visage horrifié d’une créature humaine.

C’était une femelle, grisonnante, portant un panier en osier. Dans l’incertitude de sa demi conscience, il crut reconnaître la Pennec.

Elle s’enfuit en courant. Il se releva et la poursuivit. Il la rattrapa rapidement et sauta sur son dos. Elle tomba au sol en hurlant. Deux mètres en avant, il vit une magnifique fourmilière, vaste dôme terreux couvert d’aiguilles de pin. Il traîna la femelle en la tirant par les cheveux. Elle se débattait en criant comme une folle. Ces couinements aigus dans le silence de la terre étaient trop abjects pour qu’il la laisse continuer. Il plongea le visage dans la fourmilière, appuyant de tout son poids sur le crâne.

Les bras de la femelle s’enfoncèrent dans l’amas de végétaux, les jambes raclèrent le sol mais tout cela fut beaucoup moins bruyant.

Il n’entendit plus que des sons étouffés, incompréhensibles, qui n’agressaient plus ses oreilles. Il s’allongea de toute sa masse sur le corps gesticulant. Le visage était à moitié enfoui. Les mains cherchaient un appui mais la fourmilière n’offrait aucun support solide. Il sentait des mollets poilus contre ses jambes. Son sexe turgescent avait glissé dans l’écartement de la jupe longue. Ca le dégoûtait et il voulait en finir rapidement. Il appuya encore d’une main, de toutes ses forces, sur la tête inerte, l’autre recouvrant la tignasse grisâtre de particules diverses. Des fourmis paniquées, cachées dans les profondeurs dans l’attente de jours printaniers, attaquèrent de tous côtés. 

Enfin, il ne sentit plus aucun mouvement de révolte sous lui. Il se redressa. Le corps ne bougeait plus. Les fourmis s’infiltraient de toutes parts, dans les replis et les ouvertures. Les bras pendaient de chaque côté, les jambes étaient tendues dans une ultime contraction. Cette position lui sembla totalement déplacée et répugnante dans la beauté de cette forêt.

 

Il s’assit contre un tronc lisse. Il ferma les yeux, posa les mains en coquille sur son sexe assagi et se concentra sur la paix autour de lui. Il engloba amoureusement sous ses paupières la beauté de la lumière, le chant mélodieux d’un oiseau caché, la douceur du silence, les odeurs de sa sueur mêlée à la sueur de la terre.

Ce fut un instant inoubliable. Vraiment. Un moment d’une rare beauté… D’une paix absolue.

Soudain, un florilège écarlate de visions féeriques submergea son cerveau, galaxies colorées, paysages délivrant des sensations inconnues, parades nuptiales d’animaux étourdissants, accouplements divers avec les étoiles, les rochers et le grand corps des océans.

Enfin, il ne resta dans sa mémoire encombrée qu’un manège d’images incompréhensibles.

En ouvrant les yeux, il eut le sentiment d’avoir connu des rêves n’appartenant pas aux hommes. Il en fut gonflé de joie.

 

Le corps étalé devant lui salissait cet instant magique. Il se releva lentement et entreprit de retrouver  ses affaires. Tous ces gestes d’homme furent particulièrement désagréables. Il se força néanmoins à les accomplir. Il tira le corps hors de la fourmilière. Les petits êtres agités, frémissants de tous côtés, abandonnèrent la masse ennemie et rejoignirent le refuge défait.

« Je m’excuse de vous avoir dérangés. Et je vous remercie de votre aide. »

Il chercha sur le sol un creux naturel. A vingt mètres se dessinait une petite dépression qui conviendrait à sa tâche. Il y mena le cadavre et le fit rouler au fond. Le visage congestionné apparut. Il reconnut aussitôt  la Pennec. Il ne s’était pas trompé. La bouche ouverte, remplie de matières brunâtres, les yeux exorbités et rouges, les traits tirés dans un dernier spasme hurlant mais étouffé, habillaient le personnage de sa vérité intérieure. Le monstre dévoreur d’enfants était mort. Quel hasard, quelle chance, quel bonheur suprême ! Il n’avait même plus besoin de concevoir des plans d’exécution, de réfléchir pendant des jours et des jours à des machinations aléatoires et compliquées. Le destin se chargeait de lui offrir ses proies. Tout était donc écrit. Il obéissait bien à une mission supérieure, il était le bras vengeur, l’élu d’un ordre séculaire, le guerrier de la lumière. Il ne lui restait plus qu’à rester prêt, disponible, à l’écoute. Les choses se mettraient en place toutes seules, le moment venu.

Un immense soulagement, une sérénité inespérée, une confiance inaltérable.

 

Il recouvrit le corps d’un tapis de feuilles et de branches et rentra.

Comme à son habitude, il rejoignit l’école à travers champs, évitant le village, les regards et les rencontres. Avant de sortir de la forêt et de franchir la dernière zone dégagée, il observa les environs et ne s’engagea qu’une fois assuré de la tranquillité de son approche.



Lettres aux écoles 5

Par Le 05/04/2012

"Les écoles existent primordialement pour amener une profonde transformation chez les êtres humains. C'est de cela que l'éducateur est totalement responsable. A moins que le maître ne prenne conscience de ce facteur central, il ne fera qu'instruire l'élève pour le préparer à devenir un homme d'affaires, un ingénieur, un homme de loi ou un politicien. Il y a tant de ces gens qi paraissent incapables soit de se transformer eux-mêmes, soit de transformer la société dans laquelle ils vivent. Peut-être eu égard à la présente structure de la société, faut-il des hommes de loi et des hommes d'affaires, mais quand ces écoles furent créées, ce fut et cela reste, dans l'intentiond e transformer profondément l'home. Il faudrait que dans ces écoles, les enseignants comprennent cela réellement, non intellecteuellement, non comme une idée mais parce qu'ils en voient, avec tout leur être, la pleine implication. Notre objet est le développement totale de l'homme et pas seulement l'accumulation du savoir.

Les idées et les idéaux sont une chose, et le fait, l'évènement réel, en est une autre. Les deux ne peuvent jamais aller de pair. Les idéaux ont été surimposés aux faits et déforment l'évènement de manière à le rendre conforme à ce qui devrait être, à l'idéal issu de la société. L'utopie est une conclusion formulée à partir de ce qui se passe et elle sacrifie le réel, pour le rendre conforme à ce qui a été idéalisé. C'est le processus qui s'est poursuivi depuis des millénaires et tous les intellectuels se complaisent dans les idéations. Esquiver ce qui est, c'est le commencement de la corruption de l'esprit. Cette corruption imprègne toutes les religions, la politique et l'éducation, tous les rapports humains.

L'idée détourne l'attention du fait, de ce qui est et ainsi dirige cette attention vers le chimérique. Ce mouvement de pensées pour esquiver le fait conduit aux symboles, aux images, qui prennent alors une importance dévorante. Ce mouvement pour s'écarter du fait, c'est la corruption de l'esprit. Les êtres humains se laissent aller à ce mouvement dans la conversation, dans leurs rapports, dans presque tout ce qu'ils font. Le fait est instantanément traduit en une idée ou une conclusion qui dicte alors nos réactions. Quand quelque chose est vu, la pensée le transpose immédiatement en une image, laquelle devient la réalité.

Krishnamurti


 

Le savoir est issu du passé et c'est déjà une corruption lorsque ce savoir est présenté comme un objectif final. Il l'est encore plus lorsque ce savoir est une projection vers le futur et l'obtention d'un statut inhérent à la vie en société. C'est dans cette alternance constante, ce balancement entre le passé et le futur que l'enfant sera déconstruit, éloigné de lui-même, assourdi, aveuglé, formaté. Il ne sera jamais avec lui mais uniquement relié avec le savoir ancien et ce qu'il doit faire de ce savoir pour son avenir. Passé et futur et néant entre les deux.

Le savoir nourrit les idéaux et les individus se repaissent de ces idéaux. Idéal matérialiste, religieux, professionnel, amoureux...Aucun saisissement réel des faits mais une lecture programmée construite sur un savoir ingéré. Le libre arbitre...Vaste supercherie. L'arbitre, dans ce cas, est chargé de réguler la liberté et de lui donner une voie communautaire. Tu seras libre dans l'embrigadement général. Le déterminisme est un fait. Et il est impossible de s'en extraire dès lors que le savoir contribue à son maintien. Le système de l'enseignement en France est justement un sytème. Alors qu'il ne devrait être qu'un contre système. Ce système a une intention. C'est la participation au savoir, son extension par les individus les plus performants, et l'abrutissement des moins actifs.

Combien d'adultes continuent à apprendre une fois qu'ils sont installés dans une voie professionnelle? Je ne parle pas d'aprentissages liés à ce métier mais un apprentissage existentiel.

Combien d'adultes pensent encore ? Non pas des pensées liées aux idées, aux idéaux et au savoir, des pensées externes qui se sont incrustées au fil du temps mais des pensées internes, des observations lucides et approfondies des mouvements de pensées dans le creuset de la réalité existentielle et non de la réalité matérielle ? 

Qui donc ?

Lettres aux écoles 4

Par Le 04/04/2012

"Il faut comprendre toute la signification du mot responsabilité. Il vient du verbe répondre ; réagir non pas partiellement mais totalement. Le mot implique aussi de se référer au passé ; réagir à ce qui constitue à notre aaprière-plan, c'est à dire se référer à notre conditionement. La responsabilité, telle qu'on la comprend généralement, est l'action de notre conditionnement humain. Naturellement, la culture, la société dans laquelle nous vivons, conditionne l'esprit, que cette culture soit celle du pays natal ou celle d'un pays étranger. Nous réagissons à partir de ce passé et cette réactin limite notre responsabilité. Si nous sommes nés en Inde, en Europe, en Amérique ou dans quelque autre pays, notre réaction dépendra de supersititions religieuses, -toutes les religions sont faites de superstition-, du nationalisme ou de théories scientifiques. Ces facteurs, qui sont toujours limités, conditionnent notre réaction. En conséquence, il y a toujours contradiction, conflit et l'on voit naître la confusion. Cela est inévitable et crée la division entre êtres humains.

Comme le mot l'implique, la responsabilité s'applique à la totalité et concerne non pas soi-même, sa famille, des concepts ou des croyances, mais l'humanité toute entière. "

 


Je pense qu'aujourd'hui ( ce texte a été écrit en 1976), les conditionnements ne sont plus majoritairement religieux, ni nationalistes, ni même scientifiques mais médiatiques. Les médias et le système commercial.

Etant donné l'insignifiance de ces influences, non pas leur puissance mais les "valeurs" qu'elles transmettent, il est évident que la notion de responsabilité est inefficace. L'idée de responsabilité est associée à une intention. Se montrer responsable ne se fait pas avec un objectif universel mais avec une intention egotique, intéressée. 

"Je suis responsable de ma voiture" ne signifie pas que je ne dois pas conduire n'importe comment en mettant les autres en danger, mais que je dois l'entretenir parce qu'elle est à moi !!

"Je suis responsable de mes enfants" ne signifie pas que je dois leur apprendre à être conscient de la vie mais juste à les amener à ne pas se comporter de façon à ce que des problèmes me retombent dessus.

 

 

Oui, je sais, l'humanité me désole...

Musique encore.

Par Le 02/04/2012

Ce compositeur a dans sa tête les musiques que j'ai pour images. Et c'est un cadeau inestimable.

Lettres aux écoles 3

Par Le 01/04/2012

"Nos esprits vivent dans la tradition. Le sens même de ce mot - transmettre - nie l'intelligence. Il est facile et confortable de suivre la tradition, qu'elle soit politique, religieuse ou de sa propre invention. On n'a pas besoin, dans ce cas, d'y penser, on ne la met pas en question ; accepter et obéir font partie de la tradition. Plus la culture est ancienne, plus l'esprit est attaché au passé, vit dans le passé. Lorsqu'une tradition disparaît, une autre vient s'imposer, inévitablement. Un esprit qui a derrière lui plusieurs siècles d'une certaine tradition, refuse de rompre avec elle et ne s'y résigne qu'en faveur d'une autre tradition également satisfaisante et sécurisante. La tradition sous toutes ses diverses formes, de la tradition religieuse à la tradition scolaire, nie forcément l'intelligence. Celle-ci est ilimitée alors que le savoir, aussi vaste soit-il, est limité comme la tradition. Dans nos écoles, il nous faut observer le mécanisme de l'esprit générateur d'habitudes et dans cette observation, il y a activation de l'intelligence. "


 

Je suis convaincu que si le monde enseignant parvenait à établir ce travail de l'observation, de la déconstruction des traditions et des ancrages,  les conditionnements finiraient par s'effacer. Et c'est bien pour cela que les instances dirigeantes ne le veulent pas et s'opposent à toute forme de développement personnel. Ce ne sont pas les programmes scolaires de l'école élémentaire qui participent au développement des individus. C'est une aberration de le croire. Aucun enfant n'évolue en tant qu'humain en étudiant la numération ou la grammaire, ni l'informatique ou une langue étrangère, la science, l'histoire de France, l'histoire des Arts, ni tout le reste. Ces éléments pourraient effectivement favoriser ce développement personnel de l'individu s'ils étaient nourris d'une observation des phénomènes internes qu'ils génèrent. Mais dès lors qu'ils n'existent que pour eux-mêmes, ils ne sont qu'une accumulation de savoirs dénués de sens. L'objectif qui est présenté aux enfants est de répondre favorablement à la continuité des traditions ; "Tu auras un travail mon fils..." On pourrait prolonger la phrase par un "Et tu consommeras..."

Il est inconvenant de penser que les programmes scolaires sont chargés de former des individus éveillés, conscients, responsables, autonomes. Non, il s'agit bien évidemment de renforcer les identifications et l'absorption des fonctionnements archaïques. Dès lors que les enseignants adhèrent à ce formatage, ils ne tiennent pas le rôle de cette mission d'éveil inhérente au métier d'enseignant mais ils deviennent des "sergents recruteurs".

Je suis convaincu que ce travail sur l'intelligence et non uniquement sur le savoir, s'il était fait à l'école élémentaire, participerait au bien-être des individus au lieu de les conduire, soit à la rébellion, soit au découragement et dans le moins pire des cas à l'obtention d'un diplôme. Un diplôme attestant de la validté de l'embrigadement. Quelle réussite...

Il est aberrant également d'attendre la classe de Terminale du lycée pour enfin initier les individus à la philosophie. Comment justifier le fait que le parcours scolaire des enfants soient entâchés d'une soumission craintive jusqu'à cette classe pour qu'enfin leur soient présentés des "penseurs" ? La raison en est très simple : le formatage est déjà validé et la philosophie ne sera donc plus une opportunité de développement mais uniquement la participation à un diplôme convoité. La philosophie en elle-même n'apparaît que comme une "épreuve" et elle est redoutable pour des esprits qui ont jusque-là été éduqués à ne pas penser à eux-mêmes mais uniquement à l'accumulation d'un savoir livresque. C'est justement cette absence de considération pour l'individu qui explique cette aversion quasi générale des élèves pour la philosophie. Jusque-là, il leur a été répété jusqu'à l'outrance et si nécessaire jusqu'au harcèlement : "Tais-toi et apprends" et là, pendant un an, il va leur être répété "Apprends mais ne pense pas à ce que les Penseurs enseignent. Contente-toi de le savoir. "

Il ne s'agit pas de le vivre. Juste de le savoir. D'ailleurs, la complexité des programmes interdit toute profondeur. Il faut juste absorber, absorber, encore et encore. Juste des éponges. C'est là que repose la Tradition. Ne pense pas, apprends, applique et transmet.

Si les enseignants considèrent qu'ils doivent oeuvrer à ce marasme spirituel, alors effectivement je n'exerce pas le métier d'enseignant.

 

Pour le prochain ministre de l'Education Nationale, mon programme de l'école élémentaire est simple.

Suppression de l'apprentissage de la langue étrangère, suppression de l'apprentissage de l'informatique, suppression de la moitié du programme de français (le subjonctif par exemple...), suppression de l'Histoire des Arts, suppression de la moitié du programme d'Histoire (culture humaniste, la vaste supercherie...).

Tout le temps libéré sera consacré aux débats philosophiques. Que ceux ou celles qui ne se sentent pas capables de le faire, entament déjà un débat philosophique envers eux-mêmes. Que ceux ou celles que ça n'intéresse pas laissent la place. Et que le recrutement pour la voie enseignante se fasse sur le cheminement existentiel des individus et non sur un master en architecture ou autre aberration du même genre...Le cursus scolaire n'a aucun intérêt si ça n'est qu'une adhésion aveugle à la Tradition.  

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