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Lettres aux écoles 2

Par Le 01/04/2012

"Le savoir ne conduit pas à l'intelligence. Nous accumulons beaucoup de savoir sur bien des choses, mais il semble presque impossible d'agir intelligemment selon ce que nous avons appris. Les écoles, les collèges, les universités cultivent les connaissances sur l'univers, la science, l'économie, la techonologie, la psychologie mais ces établissements aident rarement un être humain à exceller dans la vie de tous les jours. Les savants soutiennent que les êtres humains ne peuvent évoluer que grâce à de vastes accumulations d'informations et de connaissances. L'homme a pourtant vécu des milliers et des milliers de guerres. Il a amassé beaucoup de connaissances sur les diverses façons de tuer et ce sont précisément ces connaissances qui l'empêchent de mettre fin à toutes ces guerres. Nous acceptons les guerres comme une façon de vivre et toutes les brutalités, la violence et le meurtre comme faisant partie du cours normal de notre vie. Nous savons que nous ne devons pas tuer notre prochain mais le fait de le savoir reste totalement étranger à l'acte de tuer. Le savoir n'empêche pas de tuer les animaux et de détruire la terre. Le savoir ne peut pas fonctionner au moyen de l'intelligence mais l'intelligence peut fonctionner en utilisant le savoir. Le savoir ne peut résoudre nos problèmes humains. C'est l'intelligence qui le peut. "


Un regard sur l'Histoire montre à quel point tout cela est exact. Les progrès de la médecine sont des progrès mécaniques, les progrès de la qualité de vie sont des progrès mécaniques. Même s'ils représentent une avancée qu'il n'est pas question de renier, ils sont vides d'une substance pourtant indispensable. C'est cette intelligence. Ce regard existentiel sur le réel. Et non seulement sur la réalité.

L'école s'attache à transmettre les connaissances qui entretiennent la réalité mais à travers le voile des conditionnements. Il ne s'agit pas de tendre vers un individu lucide, capable d'une observation de tous les phénomènes inhérents à cette réalité mais uniquement de conduire l'individu à un statut de citoyen consommateur.

La crise actuelle fait d'ailleurs voler en éclat bien des illusions. A travers les générations, le rôle de l'école a été de porter les enfants à un statut social plus favorable que celui des parents. Les études sont destinées à fournir un diplôme et une qualité de vie supérieure à cette vie des ancêtres. L'objectif a pu être atteint depuis plusieurs générations parce que la croissance économique répondait aux ambitions. Des ambitions honorables. Mes parents ont eu une vie professionnelle bien plus difficile que la mienne. Je ne parle pas de celle de mes grands-parents. Je ne renie pas les structures qui m'ont permis de devenir instituteur.

Mais on voit bien aujourd'hui le désoeuvrement des adultes qui voient s'effondrer leurs désirs de participer à cette vie sociale proportionnellement à leur engagement dans les études. Le cas de la jeunesse espagnole est dramatique. Ces gens qui se considèrent comme "inexistants", vides de tout, abandonnés. Loin de moi l'idée de les critiquer. Ils ne sont que des victimes d'un fonctionnement archaïque. Tout ce savoir qui se révèle inapplicable se transforme en gouffre, un néant qui les absorbe parce que toute leur existence s'est construite sur ce concept. Le savoir devait les projeter vers le haut mais c'était en fait une échelle mouvante et elle vacille, elle tremble, elle projette en bas les moins solides. Le système sauve toujours en priorité les individus les plus rentables. D'autres chercheront dans des voies parallèles et non "légales" à sauver leur mise. Et puis certains en s'écroulant emporteront avec eux des victimes choisies au hasard des rencontres. Les quatre adolescents qui ont abattu leur "camarade" et brûlé son corps. Désoeuvrement, le vide des existences, aucune valeur humaine, juste une errance nourrie par le désoeuvrement des adultes, par les images multiples d'un monde sordide. Ces drames ont toujours existé. Ils ne sont pas modernes. Ce qui l'est par contre, c'est leur mise à jour à une échelle gigantesque. Le même fonctionnement pervers que celui de "l'art" qui utilise la violence, la folie, toutes les dérives les plus épouvantables. La télévision n'est pas responsable, l'art n'est pas un multiplicateur. Tout ça n'est qu'un reflet. Le miroir n'est pas la réalité. Que des individus choisissent d'agrandir la dimension du miroir ne change pas cette réalité. Elle peut avoir un effet facilitateur sur des individus qui sont sur le fil du rasoir. C'est certain. Mais il est inutile d'analyser l'image reflétée. Cette futilité qui consiste à condamner les projecteurs d'images, c'est consternant.

Si l'éducation n'est pas au service de l'intelligence, si elle ne favorise pas le développement intérieur, si elle ne stimule pas les explorations émotionnelles, les observations lucides, si elle se soumet uniquement à l'accumulation des savoirs avec une unique intention sociale, alors elle fabrique les scissions, les ruptures, les désillusions, les échecs, les images brisées d'une réalité inaccessible.

Cette impression de voir pousser des plantes alors qu'elles ne sont plus ancrées dans la terre. C'est une élévation illusoire, une suspension au-dessus d'un vide existentiel. Certains parviendront, par tous les moyens, à se maintenir dans des altitudes favorables à l'assouvissement de leurs désirs. Beaucoup retomberont au sol.

  Est-ce que l'école doit participer à cette réalité, est-ce que l'école a pour mission d'englober les individus dans l'illusoire ascension sociale ?

Il n'est pas question de brûler le système. Il s'agit de l'amener à s'observer. Mais le système en lui-même n'existe pas...Chaque individu construit le système. Il devient nécessaire de mettre un voile sur le miroir. De se détacher du reflet et d'apprendre à ne plus apprendre les reflets. C'est à la source intérieure qu'il faut remonter. 

 

Lettres aux écoles : Krishnamurti (1)

Par Le 31/03/2012

LETTRES AUX ECOLES

Un ouvrage indispensable, incontournable et méconnu...

 

Je le relis pour la nième fois.

 

 


 

"Quand l'enseignant et l'enseigné ont à coeur de comprendre vraiment l'importance extraordinaire de la relation, ils établissent alors entre eux, dans l'école, une relation juste. Cela fait partie de l'éducation et a une autre dimension que le simple enseignement des matières scolaires...

La relation requiert beaucoup d'intelligence. On ne l'acquiert pas en achetant un livre et on ne peut pas l'enseigner. Elle n'est pas la somme d'une grande expérience. Le savoir n'est pas l'intelligence. L'intelligence peut se servir du savoir. Le savoir peut être astucieux, brillant et utilitaire mais ce n'est pas l'intelligence. L'intelligence apparaît naturellement et facilement quand on perçoit toute la nature et la structure de la relation. C'est pourquoi il importe d'avoir du loisir afin que le maître et l'élève puissent calmement et sérieusement parler de leur relation dans laquelle ils percevront leurs vraies réactions, leurs susceptibilités et les barrières qui les séparent, au lieu de les imaginer et de les déformer pour se faire plaisir mutuellement ou bien de les supprimer pour amadouer l'autre."

Krishnamurti


 

L'immense problème au regard de cette relation vient du fait que les enfants rencontrent immanquablement dans leur parcours scolaire, cet enseignant qui n'agit que frontalement, qui nourrit et entretient les conflits par son attitude destructrice. Dès lors, la peur est ancrée. La peur de revivre ce cauchemar. Si un autre ensignant cherche pour sa part à établir une relation juste, cette peur va se muer en colère, un sentiment de revanche, au plus profond de l'inconscient, comme un traumatisme qui remonte à la surface, des émotions bridées, étouffées, qui soudainement jaillissent parce que l'enfant sent que les menaces n'existent plus, que le danger est inexistant. Au lieu de profiter de cette situation favorable, la peur emmagasinée, l'humiliation vécue, la colère ressassée, vont guider cette révolte jusque-là contenue. C'est comme un ressort comprimé qui reprend sa forme initiale mais en portant désormais les traces des coups reçus. La justesse du comportement est rendue impossible par la souffrance. Même si l'enseignant concerné n'en est pas responsable. Il faudrait à l'enfant une aide immense pour qu'il parvienne à établir en lui l'observation de sa dérive. Mais le courant a également une force immense... C'est pour l'enseignant un travail gigantesque. Il doit avant même de pouvoir oeuvrer à cette "intelligence" libérer l'esprit de ce qui l'encombre. Un travail bien plus long qu'il n'en a fallu pour que le traumatisme s'installe.

Imaginons maintenant qu'il ne s'agisse pas d'un seul enseignant humiliant mais de plusieurs...Et pendant plusieurs années...

Que deviendra cette intelligence ? Elle sera fossilisée dans la douleur. Quant au savoir, il sera limité par la place prise par cette douleur.


 

"La bonté (Intelligence, Plénitude, Lucidité) ne peut s'épanouir dans un climat de peur. Il existe toutes sortes de peurs, la peur immédiate et la peur à venir. La peur n'est pas un concept mais l'explication de la peur est conceptuelle et ces explications varient d'un spécialiste à l'autre ou d'un intellectuel à l'autre mais l'explication n'est pas importante. Ce qui compte, c'est d'affronter le fait même de la peur.

L'enseignant, ne doit pas éveiller la peur chez l'élève. La peur, sous toutes ses formes, rend l'esprit infirme, entraîne la destruction de la sensibilité et un rétrécissement des sens. La peur est le lourd fardeau que l'homme a toujours porté. Elle a donné naissance à diverses formes de superstition, religieuse ou scientifique. On vit désormais dans un monde de faux-semblants et le monde conceptuel dans son essence est né de la peur.

Si dans la relation, il existe la moindre crainte, l'enseignant ne peut pas aider l'élève à se libérer de ses peurs. L'élève arrive avec tout un arrière-plan dans lequel existent la peur, l'autorité et toutes sortes de tensions."


 

Il est aisé de comprendre qu'aucun enseignant ne peut accompagner un enfant s'il n'a lui-même instauré l'observation constante, approfondie, honnête, lucide de ses propres peurs.

Combien d'enseignants ont réellement accompli cette tâche ? 


"Affronter le réel, le présent et la peur est la plus haute tâche de l'enseignant ou de l'éducateur. Il lui appartient non pas de promouvor seulement un excellent niveau scolaire mais, ce qui est bien plus important, de donner à l'élève et à lui-même la liberté psychologique. Quand vous comprenez la nature de la liberté, vous éliminez alors toute compétition, que ce soit sur le terrain des jeux ou dans la salle de classe. Est-il possible d'éliminer complétement l'évaluation comparative sur le plan scolaire et sur le plan éthique ? Est-il posible d'aider l'élève à ne pas penser en termes de compétition dans le domaine scolaire, tout en excellant dans ses études, ses actes et sa vie quotidienne ? Veuillez garder présent à l'esprit que notre objet est l'épanouissement de la bonté et que cet épanouissement est impossible là où existe la moindre compétition. La compétition n'existe que lorsqu'il y a comparaison et la comparaison n'engendre pas l'excellence.

Nos écoles ont été crées non pas pour former de simples carriéristes mais pour promouvoir l'excellence de l'esprit. "


Apprentissage de l'absence

Par Le 29/03/2012

L'enseignement tel qu'il est pratiqué est un apprentissage de l'absence dès lors que le retour vers soi est nié. L'intention d'un enseignant est de former l'enseigné à une réponse mais sans que le fonctionnement inhérent à cette réponse soit analysé. Il s'agit bel et bien d'une violence parce que l'enseigné subit un apprentissage dans lequel il n'existe pas mais qui est destiné à lui donner une certaine existence ; une existence qui correspond à ce que l'enseignant attend. Il n'est pas question pour l'enseigné de "se" connaître mais juste de connaître. C'est le combat entre l'avoir et l'être.

"J'ai la bonne réponse mais je ne sais pas, en moi, qui connaît la réponse. Je ne suis pas celui qui connaît mais celui que l'enseignant à former à savoir. "

L'enseignement est une camisole de force dès lors qu'il n'est pas initialement porté par le développement existentiel de l'enseigné. Et il ne faut pas s'étonner que les enseignés finissent par se rebeller contre l'autorité qui enseigne. Si l'enseignement ne conduit pas l'enseigné à oeuvrer à sa propre connaissance mais uniquement à une connaissance technique, de quelque ordre qu'elle soit, il ne s'agit que de la possibilité donnée aux enseignants de se conforter dans l'accomplissement d'une tâche cognitive et les enseignés qui n'y parviennent pas deviennent des résistants qu'il faut forcer à la soumission. 

L'enseignement est un acte violent à travers lequel l'absence des enseignés est réclamée. Une absence existentielle. Chaque individu possède une nature. Dans une classe d'école primaire, ces individus sont des enfants. Leur fonction est d'être élève. Si la fonction prend le pas sur la nature et finit par s'imposer comme une identification, l'enseignement agit en sorte que l'élève soit présent et l'enfant absent. Il est indispensable d'établir une distinction extrêmement claire entre ce que l'enfant fait et qui correspond à une fonction provisoire et sa nature d'enfant. Si cette nature est bafouée parce que la fonction le condamne à porter une étiquette qui peut se révéler dévastatrice au regard de l'enseignant, l'enfant n'est plus.

Cette violence-là est éminemment destructrice.

L'énorme problème posé par les enseignements programmés, c'est justement qu'ils sont programmés. Impossible d'y échapper. Dès lors, il est absolument vital de les accompagner d'une démarche existentielle, philosophique, un regard intérieur, un ancrage sur le réel et non seulement sur cette réalité rapportée. Le réel est intérieur, la réalité est extérieure. Si cette réalité s'impose, il est évident que se posera un jour ou l'autre de savoir qui est "réellement" là. L'enfant ou l'élève. S'il ne reste que l'élève et que l'enfant n'a fait que subir et se conforter aux apprentissages, c'est une perdition de soi qui s'est jouée pendant des années.

Que reste-t-il de nos enfants quand ils quittent le système scolaire ? Ont-il perdu en cours de route l'être réel ? S'est -il métamorphosé en diplômé ? Mais qui est diplômé ? Juste un élève ou un individu éveillé à soi ? Qu'a-t-il appris sur lui ? Juste qu'il a été un bon élève ? Et maintenant que se termine cette perdition de soi, comment va se dérouler la suite ? Eh bien, le désastre continuera mais en étant salarié...Etre payé pour se perdre...Mais se réjouir de pouvoir enfin consommer et d'apaiser les douleurs...Parce qu'elles sont toujours là les douleurs. Fossilisées. Et elles sont rentables, elles participent à la croissance puisqu'il faut bien les taire. Consommer, consommer, s'agiter, appréhender la réalité proposée en s'illusionnant de certitudes.

Le conditionnement de l'enfance a fini son oeuvre.

L'adulte est là.

Et puis parfois, la bombe des émotions ravalées explose. La réalité n'est plus qu'un cauchemar et l'être réel est mort. Il a tout perdu. La réalité et le réel. Il n'y a plus rien. Crise économique, crise amoureuse, crise familiale, crise professionnelle...Toutes les étiquettes se déchirent. Il ne reste que la haine, la violence, la folie, le fanatisme, l'errance. Plus aucune estime de soi puisque la réalité est un cauchemar et que l'individu ne se croyait exister qu'à travers cette réalité. Le mal est fait. Il ne reste qu'à le propager. Plus aucune estime pour les autres. Et c'est alors que faire du mal finit par faire du bien. Tout a volé en éclat. Plus aucune valeur humaine puisque cet être réel est mort depuis longtemps.

 

Je suis effaré parfois d'imaginer que parmi les enfants que je croise, il y aura peut-être un adulte assassin. Car tous les assassins ont été enfants, élèves, étudiants, diplômés, salariés ou "cancres" et chômeurs. Cette réalité qui est imposée à chaque individu est un champ de batailles. On y trouve les armes, on apprend même aux enfants à s'en servir. La compétition, la comparaison, le classement, l'honneur ou l'humiliation. 

 

Et je vis là-dedans depuis trente ans. Je croise des vies pendant dix mois de classe. Pendant dix mois, je tente de dresser devant eux le miroir de ce qu'ils sont, l'horizon de ce qu'ils veulent être. Non pas dans la réalité mais dans le réel.

 

Dans quelque semaines, un nouveau Président nommera un nouveau Ministre de l'Education Nationale. Et "on" nous dira qu'on ne sy' prenait pas comme il faut mais que maintenant, tout va aller beaucoup mieux parce qu'on va nous apprendre à travailler correctement.

 

Et je continuerai à oeuvrer pour le réel. Nature et fonction. Jamais dans l'ordre inverse.

Musique

Par Le 28/03/2012

Voilà un moment que je n'avais pas été bouleversé par une musique...C'est fait.

Dans dix mille ans.

Par Le 28/03/2012

"Le plus grand bonheur de l'homme qui réfléchit, c'est, après avoir cherché à comprendre ce qui peut être compris, d'adorer ce qui est incompréhensible. "

Goethe


"L'homme ne doit jamais cesser de croire que l'incompréhensible peut se comprendre, sans cela il renoncerait aux recherches. "

Goethe


 

Au regard des drames incessants générés par l'espèce humaine, il m'est impossible d'adorer l'incompréhension qui en résulte.

Pour avoir lu quelque peu Goethe, je sais qu'il s'agissait chez lui de l'intuition créatrice. Je ne suis pas celui qui crée mais celui qui perçoit "ce qui crée en moi". Le domaine de l'ineffable contenu dans l'âme ou l'esprit ou toute autre entité inexplorée par la raison.

Une distinction dès lors entre l'incompréhension perçue par le mental et celle qui concerne la dimension spirituelle de l'individu.

Il est donc question de chercher à comprendre les fonctionnements de l'humain et par conséquent ses dysfonctionnements, sans pour autant exclure ou ignorer dans cette quête rationnelle, l'inexpliqué, l'irrationnel, l'incompréhensible. Non, parce que cet espace restera inaccessible mais parce qu'il s'agit d'user d'une autre méthode.

"La grandeur de l'homme, c'est qu'il est un pont et non une fin. "


Nietzsche

Le piège du rationnel déploie ses entraves lorsque l'homme finit par être persuadé que la dimension rationnelle, scientifique, sociale, cognitive, expérimentale suffit à dresser un état des lieux.

Nous sommes d'un lieu dont nous n'avons pas la carte. Et de tirer quelques traits sur l’ineffable ne dessine pas l'Univers.

 

Il restera inévitablement pour moi une question essentielle :

La présence de l'espèce humaine répond-elle à une finalité?

Y-a-t-il dans cette Création une intention insaisissable ?

Si c'est non, alors il ne reste qu'à tenter de gérer au mieux ou au moins pire, les aléas du hasard, nourri par les egos tourmentés.
Développer les connaissances, expliquer les comment, cartographier le visible, panser les plaies des pensées déplaisantes, rectifier les choix après en avoir subi les conséquences. Les occasions ne manquent pas. Chaque lever de soleil dévoile les effets nocifs des egos intoxiqués.

 

Si c'est oui, alors il reste à accepter l'idée que nous sommes un pont. Non pas une multitude de ponts identifiés à des egos individualisés mais "UN" pont vers une dimension inconnue.

Le concept déifié est suranné. Il a depuis longtemps montré les déviances qu'il génère. L'humain ne peut pas être un pont bâti avec du béton armé. Les citadelles ont des portes closes. S'il ne s'agit que d'un pont levis cloisonnant les enceintes, rien n'est possible. Et les Dieux anciens ne sont que des seigneurs armés.

L'intention ne se lit pas dans les Textes sacrés dès lors que leurs interprétations sont des sacrements honorant les egos, les scissions, les barrières, les contrôles identitaires à l'entrée des ponts levis.

Où se cache l'intention ?

"L'Univers est une vaste pensée. En chaque particule, chaque atome, chaque molécule, chaque cellule de matière, vit et œuvre, à l'insu de tous, une omniprésence. "

Jean Guitton.

La Nature se pense et nous en sommes ses excroissances. Nulle entité à l'image de l'homme, nul Dieu dispensant des paroles, nul prophète annonçant des paradis. Tout est ici. « Le labeur des brins d'herbe n'a pas moins d'importance que le tournoiement des étoiles » écrivait Walt Whitman, le chant de la mésange a des intonations liturgiques, le frissonnement des arbres dans la brise est une messe à entendre. Quand on ferme les portes des églises, on ne voit plus le ciel, ni les montagnes, ni les nuages, et quand on chante des louanges, on n'entend plus les mésanges.

Les temples sont des autels à sacrifices. Des arrachements d'âmes et des congélations de cœur.

Tout est déjà là. Il n'y avait rien à bâtir, rien à écrire, rien à inventer. Nous n'avions qu'à jouir du présent et nous nous sommes acharnés à l'envelopper de papiers décoratifs jusqu'à en oublier le trésor. Et chaque parcelle de l'humanité se bat pour imposer ses propres enluminures.

 

Je n'attends rien de la science. Ni de la physique quantique ni du reste. A moins que les explorateurs s’abstiennent enfin de planter un drapeau au sommet de leurs connaissances.

Comme un étendard à la pointe de leur donjon.

 

Toujours des citadelles et des seigneurs armés entretenant des contingents d’adorateurs.

La poésie a un avantage incontournable. Elle ne cherche pas à expliquer, elle sait déjà et se plaît à aimer, simplement.

C’est sans doute ce que Goethe voulait exprimer dans cette idée de « l’incompréhensible. »

 Cet amour-là existera-t-il dans dix mille ans ? Cet amour de la Terre et de l’espace intérieur dont elle est le reflet.

Joe Kals

Par Le 25/03/2012

Il est arrivé ...

L'amour entre les peuples. (humanisme)

Par Le 25/03/2012

Par-delà les gouvernements

 


Quand Israéliens et Iraniens se déclarent leur amour

 

Créé le 20-03-2012 à 18h03 - Mis à jour à 18h18      9 réactions

Parti de l'initiative d'un enseignant en graphisme, "We love you" est devenu en un week-end un véritable phénomène.

 
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Une des photos postées sur le compte Facebook de la campagne (DR)

Une des photos postées sur le compte Facebook de la campagne (DR)

Une initiative israélienne consistant à déclarer son "amour" aux Iraniens, s’est transformée en véritable phénomène durant le week-end dernier sur Facebook, où les deux camps s’échangent leurs messages de paix.

L’idée de cette campagne est venue à Ronny Edry, un enseignant en graphisme israélien de gauche, qui regrettait de ne discuter qu’avec des gens partageants ses opinions. "Sur ma page Facebook, j’ai des amis de gauche qui parlent toujours de ce genre de chose", explique-t-il au quotidien israélien Haaretz ; "ils sont tous du même avis que moi. Quelque fois, quelqu’un de droite me répond en disant que ce que nous disons est stupide, mais je n’ai jamais parlé à un Iranien. Donc je me suis dit :

pourquoi ne pas essayer de contacter l’autre côté, de contourner les généraux et voir s’ils me détestent vraiment ?"

Avec l’aide de sa femme et de ses étudiants d’une école préparatoire de graphisme et de design, Ronny Edry a donc réalisé des posters sur une idée simple : prendre une photo de soi et juste ajouter comme message :

Iraniens. Nous ne bombarderons jamais votre pays. Nous vous aimons."

Ces premiers posters, mis en ligne sur Facebook samedi, étaient accompagnés du texte explicatif suivant:

Au peuple iranien, à tous les pères, les mères, les enfants, les frères et les sœurs, pour qu’il y ait une guerre entre nous, nous devons tout d’abord avoir peur les uns des autres, nous devons nous détester. Je n’ai pas peur de vous, je ne vous déteste pas. Je ne vous connais même pas. Aucun Iranien ne m’a jamais fait de mal. Je ne suis pas un représentant officiel de mon pays. Je suis un père et un enseignant. Nous vous aimons. Nous ne vous voulons pas de mal. Au contraire, nous voulons vous rencontrer, boire un café et parler de sport".

Au début, Ronny Edry reçoit majoritairement des critiques négatives. "Après le premier poster, les gens ont commencé à me critiquer, en me disant que je suis un idiot, que je suis naïf". Mais en quelques heures, le buzz commence à prendre et les internautes font circuler les posters tandis que s’accumulent des centaines de "Likes". Et très vite, les premières réactions parviennent du côté iranien, tout d’abord via des messages privés et de discrètes demandes d’amitié. Mais, peu à peu, le dialogue s’instaure et l’enseignant israélien se retrouve au milieu de quelque chose qui le dépasse.

"Quelque chose de fou"

"Je n’aurais jamais imaginé qu’au bout de 48 heures je serais en train de parler à l’autre côté. (…) Il se passe quelque chose de fou", raconte-t-il ainsi le samedi à Haaretz. Mais dans un premier temps, ses interlocuteurs iraniens refusent de donner des photos d’eux, craignant des représailles dans leur pays.

Puis, le dimanche, les premiers messages iraniens sont postés. "Nous vous aimons également. Vos mots nous parviennent malgré la censure (…)", dit ainsi l’un des premiers iraniens à écrire à Ronny. "Le peuple iranien, en dehors de son gouvernement, n’a aucune rancune ni animosité contre qui que ce soit, et en particulier contre les Israéliens".

Depuis, les messages se multiplient des deux côtés, et les Iraniens ont également commencé à faire circuler leurs propres posters, avec, en réponse, inscrit le message suivant :

Mes amis Israéliens. Je ne vous déteste pas. Je ne veux pas la guerre"

L’affaire, relayée par les médias israéliens, est devenue en un week-end un véritable phénomène et dispose maintenant de son propre compte Facebook et site internet. De son côté, Ronny Edry a décidé de passer la vitesse supérieure en demandant aux internautes de financer une campagne d’affichage dans les grandes villes et les journaux, le but ultime étant de s’offrir les fameux écrans géants de Times Square pour y diffuser les messages de paix.

Ronny Edry a à cette occasion postée une vidéo expliquant sa démarche.

 
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Vos réactions (9)

Petit Suisse

Petit Suisse a posté le 21-03-2012 à 16:09

encore un gauchiste... primo/humaniste etc...
(propos iconoclastes)
Bravo !

Cathy Sarda

Cathy Sarda a posté le 21-03-2012 à 13:26

Paraphysique de l ' anarchisme ( suite sur thx1138 poèmes , Patrice Faubert )


Toute étiquette est compromettante .
Une petite étude , sur la critique de la séparation , et de son interprétation .
Se méfier des étiquettes , car n ' importe qui , peut se dire n ' importe quoi .
Quand nous embrassons une personne cela met en jeu 34 muscles faciaux , et nous n ' avons pas la moindre conscience de ce phénomène physiologique .
Quand nous avons des céphalalgies , nous incriminons notre encéphale , alors qu ' il est indolore , car ce sont en fait , nos douze paires de nerfs crâniens qui sont sous pression .
Et je pourrais ajouter des tas de quand ceci , et des tas de quand cela , ceci juste pour réfléchir au fait , que nous ne sommes que des paquets d ' inconscience .
Et c ' est avec ces valises d ' inconscience , que nous pensons , que nous raisonnons , que nous réfléchissons , que nous exprimons telle ou telle opinion . Bref , que nous vivons . Et nous nous tuons aussi , pour des paquets d ' inconscience ...


" Si nous voyons , entendons et éprouvons en général une très grande mesure comme nous le faisons , c ' est parce que les habitudes linguistiques de notre communauté nous prédisposent à certains choix d ' interprétation . "


Edward Sapir ( 1884 - 1939 ) linguiste et anthropologue



Une digression à propos de la brochure " la F"A" et les situationnistes " de Guy Bodson , qui se trouve dans ma bibliothèque , et ce , dep

Gabriel Tisserand

Gabriel Tisserand a posté le 21-03-2012 à 13:20

C'est pour quand, le faire part de mariage ? de toute façon, ce serait un PAX !

Lucile Orchidee

Lucile Orchidee a posté le 21-03-2012 à 12:32

bravo pour cette belle initiative qui pourra aller à l'encontre de ce qui est, peut-être programmé, hélas, lire ceci :

http://www.alterinfo.net/Toulouse-Strategie-du-chaos-deliberee-Par-eva-R-sistons_a73330.html

BIG Mama

BIG Mama a posté le 21-03-2012 à 01:38

Qu'elle belle initiative, Bravo Monsieur; on ne peut que vous encourager et souhaiter que beaucoup d'Israéliens vous suivent . Un jour peut-être , vous écrirez PAIX en énormes lettres

Hocine Rabah Kerkarine

Hocine Rabah Kerkarine a posté le 20-03-2012 à 19:30

Essayer cette pratique avec le peuple Palestinien et vous vaincrez tous ceux qui ont interêt à ce que cette stupide guerre y compris vos dirigeants et les dirigeants arabes. vous ne perdez rien et ça en vaut la peine.

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"La zone"

Par Le 25/03/2012

Zonards 23/03/2012 à 17h35

« La zone », le mystérieux état second dont rêvent les sportifs

Renée Greusard | Journaliste Rue89
 
 
http://www.rue89.com/rue89-sport/2012/03/23/la-zone-le-mysterieux-etat-second-dont-revent-les-sportifs-230425

« J'ai ressenti comme un étrange calme... Une sorte d'euphorie. » Ce sont les mots de Pelé, dans une biographie en 2006. Il parlait de ce que les psychologues appellent « la zone », « le flux » ou « le flow ».

Des mots mystérieux pour définir un Graal sportif. Un état où l'on gagne sans même l'avoir demandé. Car Pelé a aussi raconté :

« J'ai eu l'impression de pouvoir courir une journée entière sans fatigue, de pouvoir dribbler à travers toutes leurs équipes ou à travers tous, que je pouvais presque leur passer à travers physiquement. »

 

Julien Bois, chercheur en psychologie à l'université de Pau, explique que « le flux » est un état qui peut être ressenti dans bien des circonstances. Pas seulement le sport. On peut l'éprouver en lisant par exemple.

Il y a plusieurs critères pour définir cet état. Le principal est le suivant :

« C'est un moment où l'individu contrôle toutes ses pensées, toutes ses actions. Et pendant ce moment, le sujet a l'impression d'accomplir parfaitement chacun de ses gestes. »

Une transe ? « Comme chez les moines tibétains »

Paradoxe : si « la zone » est un état de contrôle, elle est aussi vécue comme un état second. Thomas Sammut, préparateur mental du cercle des nageurs de Marseille, parle même de « transe ».

« Ce n'est pas une extase mais c'est une sorte de transe. On ne ressent plus la douleur par exemple. “La zone” m'a souvent fait penser à des moines que j'ai rencontrés pendant un voyage au Tibet.

Ils sont dans un vrai travail de méditation. Pour devenir moines, ils doivent passer un test : on les mouille à 3000 mètres d'altitude et ils doivent se sécher seulement avec leur énergie corporelle. Pour accomplir un tel acte, il faut être dans la zone... »

Mais de par son mystère, « la zone » peut faire débat. Une transe ? Julien Bois n'est pas tout à fait d'accord.

« Il y a une perte de conscience de soi, notamment parce qu'on se fiche désormais de l'image qu'on peut renvoyer, mais cela n'empêche pas les athlètes d'être dans un contrôle de la situation. »

 

Stéphane Diagana, après avoir gagné un 400 mètres, aux championnats du monde d'athlétisme, à Athènes, en août 1997 (Jerry Lampen/Reuters)

« Pas un état dans lequel on se met, un état qu'on trouve »

Le chercheur de l'université de Pau préfère parler d'une concentration totale et noter que cet état exclut toute distraction possible.

« Un sportif sera ainsi complètement coupé du public, de l'idée de gagner, de la prime de match. »

Dernier critère majeur de « la zone » : quand on y est, la perception du temps est altérée.

Ces critères, si clairement énoncés, pourraient laisser croire que « la zone » est accessible à tous, avec un peu de travail. Les choses sont en réalité plus compliquées. Julien Bois explique :

« Ce n'est pas un état dans lequel on se met, c'est un état qu'on trouve. Et si vous prenez conscience que vous êtes en train d'accomplir quelque chose d'extraordinaire, vous vous déconcentrez, et vous sortez donc de “la zone.” »

Les préparateurs mentaux ne promettent donc jamais « la zone » à leurs athlètes. Ils tentent plutôt de s'en approcher le plus possible. Thomas Sammut explique travailler avec les sportifs sur leur connaissance d'eux-mêmes, leur identité.

« Il faut atteindre un état de sérénité, savoir qui l'on est, et si on a des doutes, les transformer en forces. »

Pour ce, il discute avec les sportifs, les sonde sur leur état mental. De son côté, Julien Bois, aussi préparateur mental d'athlètes, insiste sur la nécessité de faire travailler aux sportifs leur concentration.

« La focalisation, l'attention, ce sont des choses qui se travaillent. On utilise des techniques respiratoires qu'on retrouve aussi dans la yoga ou encore des techniques d'imagerie. On va demander au sportif de visualiser des paysages calmes par exemple. »

A la base du concept, une recherche sur le bonheur

En France, il n y a pas si longtemps de cela, le concept de « la zone » n'existait pas.

Il faut reconnaître qu'il pourrait faire penser à d'obscurs livres qu'on trouve dans les rayons « ésotérisme » et « développement personnel » des librairies s'il n'avait pas été théorisé par un grand psychologue hongrois, au nom imprononçable pour un Français.

C'est dans les années 80 que Mihaly Csikszentmihalyi, aujourd'hui professeur à l'université de Claremont en Californie, l'a formulé. Julien Bois :

« Ce qui est intéressant, c'est qu'à la base, il travaillait sur la question du bonheur. Que font les gens quand ils sont heureux ? Il s'est rendu compte qu'ils n'étaient généralement pas au bord d'une piscine un cocktail à la main, mais bien en train d'effectuer une activité, que ce soit de la musique ou du sport. »

« La psychologie du bonheur », le livre où il a couché ses travaux, a été publié aux Etats-Unis en 1990, mais il n'a été traduit en français qu'en 2004.

Il n'y a à notre connaissance, à ce jour, pas d'études neurologiques qui ont été menées pour éprouver les manifestations de ce phénomène avec IRM ou une méthode du même type. De tels tests seraient compliqués comme l'explique Julien Bois :

« Les techniques d'imagerie cérébrale nécessitent que les personnes sondées ne bougent pas, c'est donc compliqué d'imaginer une telle expérience avec des sportifs. »

« La zone » restera donc peut-être encore longtemps mystérieuse et les sportifs de haut niveau ne savent pas toujours la nommer. Trois d'entre eux ont accepté de nous en parler.

1

Franck Solforosi, 27 ans, rameur

« On entend un bruit de fond »

 

 

Franck Solforosi mène le « quatre de pointe poids léger » de la France aux championnats du monde de Munich (médaille d'argent) août 2007 (Alexandra Beier/Reuters)

J'ai pu ressentir cet état dans la dernière minute de certaines de mes courses. On entend un bruit de fond, vaguement une clameur, mais on ne sait pas ce qu'elle signifie. On ne sait plus si les cris sont encourageants ou pas.

Moi je choisis de les prendre positivement, je me dis que les gens sont en train de m'encourager.

Au niveau purement technique, on a plus de notion de ce qu'il se passe. On fait le geste sans trop y penser et on a l'impression de dominer tout ce qu'on fait.

2

Charles-Antoine Brezac, 26 ans, tennisman

« La sensation est agréable. On se sent hyper léger. »

 

 

Charles Antoine Brezac (DR)

J'ai vaguement entendu parler de « la zone », mais je ne savais pas que ça s'appelait comme ça. Quand ça m'est arrivé, j'étais souvent dans un état de fatigue physique. La sensation est agréable. On se sent hyper léger.

On sent qu'on n'est fixé que sur le principal. Il y a une perfection dans le geste. On sent bien la balle.

C'est un état parfait pour un sportif mais ça ne sert à rien de le chercher, c'est quelque chose qui arrive sans qu'on l'ait voulu. On ne l'attend pas.

3

Stéphane Diagana, 42 ans, ancien athlète

« La zone c'est un moment de grâce, de plaisir intense »

 

On a l'impression qu'on a le temps. Comme si l'action ralentissait le temps. Pour illustrer ça, je raconte souvent que j'ai des souvenirs, des tranches de vie, qui font l'épaisseur d'un trentième de seconde. Mais je me souviens qu'il s'est passé quelque chose de précis, que je me suis jeté sur la ligne d'une certaine manière par exemple.

 

Être dans la zone, c'est un moment de grâce, de plaisir intense où on a l'impression que c'est facile. C'est une question de disponibilité.

Je n'ai jamais ressenti « la zone » ailleurs que dans le sport. Le sport, c'est ce qui a fait que dans ma vie le millième de seconde a existé. Le sport dilate le temps et l'espace. Je crois que je ne serai plus jamais dans « la zone ».

Poésie

Par Le 25/03/2012

"J'ai cru connaître l'être autant que le non-être

J'ai cru percer à jour le haut comme le bas

Mais je ne connais rien si je ne puis connaître

L'Au-delà de l'ivresse en l'au-delà de moi. "

Omar Khayyâm


"Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,

Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,

Par-delà le soleil, par-delà les éthers,

Par-delà les confins des sphères étoilées

Mon esprit, tu te meus avec agilité,

Et comme un bon nageur qui se pâme dans

l'onde,

Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde,

Avec une indicible et mâle volupté.

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides,

Va te purifier dans l'air supérieur,

Et bois, comme une pure et divine liqueur,

Le feu clair qui remplit les espaces limpides. "

Charles Baudelaire.

 


 

 

 

 

 

Bonjour le Monde

Par Le 25/03/2012

Il fait beau, les oiseaux chantent, les neiges resplendissent sur les sommets.


Mis à jour le 25.03.12 à 09h04

Les forces de sécurité turques ont tué 15 militantes kurdes lors d'une intervention vendredi dans la province de Bitlis, près de la frontière avec l'Irak, a annoncé samedi le ministère de l'Intérieur.

Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) compte des femmes dans ses rangs mais il est rare que tant de combattantes participent à des affrontements contre les forces turques.

Reuters

Je vais aller faire du vélo.

Conflit

Par Le 24/03/2012

Un terrible dilemme...

Je prends un livre de Krishnamurti, n'importe lequel, j'ouvre à n'importe quelle page et je lis.

Des évidences, des chemins de paix intérieure.

Je vais sur google actualité ou sur n'importe quel site d'informations et je lis.

Et le conflit surgit.

 

Cette impression nauséeuse que rien dans l'organisation du monde ne favorise l'émergence d'une conscience unifiée et l'abandon des conditionnements.

Et puis cette seconde pensée qui me dit que si, malgré les innombrables philosophes et Maîtres, cette organisation est toujours valide, c'est qu'il y a une raison.

L'intérêt. Le pouvoir, l'argent, la puissance, la manipulation, la hiérarchie.

Si l'Humanité n'a pas évolué spirituellement, et à mon sens elle ne l'a pas fait, c'est parce que les résistances communautaires à cette évolution se sont montrées plus puissantes que les volontés individuelles.

 

Et c'est effroyablement désespérant.

 

Les films de guerre, de pouvoir, de destruction, la littérature à base de sérial killer, de boucheries, de découpages de viande et autres noirceurs innommables, tout ce qui fait le top ten de la "culture people" a encore de beaux jours à vivre.

Paris Match va sûrement doubler ses ventes avec les photos de l'assaut du Raid...Ou les visages des enfants assassinés.


Faut que je décroche moi... Je me fais du mal...Je tombe dans le piège...

André Lorulot

Par Le 24/03/2012

André Lorulot

http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Lorulot

André Lorulot, né Georges André Roulot, est un libre penseur et anarchiste individualiste français né le 23 octobre 1885 à Paris dans le quartier du Gros-Caillou et mort en 1963 à Herblay. Il exposa à de nombreuses reprises ses idées anticléricales, notamment dans son livre le plus célèbre Pourquoi je suis athée, paru en 1933 et préfacé par Han Ryner. Il a longtemps présidé la Fédération nationale de la libre pensée et dirigé son journal La Calotte.

À l'école, il se distingue pour ses aptitudes en histoire. La croyance en Dieu est pour lui un moyen de s'évader de la misère dans laquelle il vit, mais il perd la foi vers quinze ans. Il est contraint de quitter l'école à l'âge de quatorze ans pour travailler chez un éditeur parisien. Il devient petit à petit libre penseur, athée, matérialiste, antireligieux, démocrate, socialiste et s'engage dans la lutte sociale. Les premières manifestations auxquelles il participe sont organisées par la Libre Pensée.

Il lit Le Radical et La Petite République de Jean Jaurès, il s'abreuve des œuvres de Jules Guesde, de Lafargue et de Jean Jaurès, ainsi que des publications du Parti Ouvrier belge. Il hésite entre différents courants politiques et il est anarchiste un certain temps, mais écœuré par les divisions et les vaines querelles entre les partis progressistes (socialistes, anarchistes…).

Passionné par la lecture et l'écriture, il est directeur de la revue L'Anarchie de 1909 à 1911, puis il fonde L'Idée libre en 1911 et La Calotte en 1930, ce qui lui permet d'échapper à la censure des grands journaux face à ses idées révolutionnaires et son combat pour les droits des femmes.

Son entrée en politique coïncide avec le moment le plus polémique de l'affaire Dreyfus. Il se passionne pour ce combat qu'il mène aux côtés des dreyfusards libres penseurs, dont Émile Zola, Georges Clemenceau, Jean Jaurès et Sébastien Faure, et les républicains, socialistes, libertaires, syndicalistes. À l'école déjà, il prend la défense d'un de ses camarades, un Juif nommé Roos, et encaisse les coups avec lui. Ce fut sa « première prise de contact avec l'injustice ». Il dénonce les « faussaires de l'État-Major » et la « tourbe des décerveleurs antisémites ».

Mais il n' échappe pas à la justice qui le condamne plusieurs fois à des peines de prison tout au long de sa vie pour des motifs mineurs (avoir sifflé lors du passage du roi d'Espagne en visite à Paris en 1905, provocation de militaires à la désobéissance…). Il est notamment emprisonné un an pour avoir commenté une phrase antimilitariste d'Aristide Briand qui appelait à la révolte contre les officiers. Briand était alors Ministre de la Justice. « J'étais donc poursuivi par Briand pour avoir cité un texte de Briand », fait remarquer Lorulot. Son avocat était Gustave Hervé. En prison il collabore à plusieurs journaux sous des pseudonymes, dont le journal tchèque « Prace », mais la Censure impériale autrichienne coupait les trois-quarts de ses articles. Il est aussi condamné à 15 mois de prison pour sa brochure « L'Idole Patrie ».

Évolutions[modifier]

Il a participé à une expérience de société communiste à la Colonie libertaire de Saint-Germain-en-Laye. Il rencontra la militante anarchiste et enseignante Émilie Lamotte qui devint sa compagne jusqu'à la mort de celle-ci en 1909.

Après la première guerre mondiale il se consacre à la réorganisation de la Libre Pensée. Il s'éloigne petit à petit de l'anarchisme et soutient la Révolution bolchévique dans les années 1920.

En 1924, il fut initié franc-maçon à la Loge "L'Équerre" de Moulins.

En 1933 un passeport pour le Maroc lui est refusé par les autorités françaises. La raison en est que son nom figurait dans le dossier « Service des anarchistes », mais également que le gouvernement italien s'était plaint auprès du gouvernement français qu'il critiquait Mussolini dans ses conférences. Pour obtenir son passeport André Lorulot a dû prendre l'engagement de ne pas critiquer M. Mussolini au cours de ses conférences au Maroc. Mais pour se venger il débutait toutes ses conférences par : « Je me suis engagé, pour obtenir un passeport, à ne pas attaquer M. Mussolini. Ne soyez donc pas surpris de mon silence forcé et veuillez ne pas l'interpréter dans un sens défavorable ».

Il donne des conférences dans toute la France et en dehors sur des thèmes très divers, liés à l'actualité, tels que « Fusilleurs et Fusillés » au lendemain des fusillades de Narbonne et de Villeneuve-Saint-Georges, « Les vrais bandits » au moment de l'affaire des « bandits tragiques », « Dieu existe-t-il ? », « Morale laïque ou morale religieuse ? », « La faillite de la politique », « Peut-on vivre sans autorité ? », « Pour ou contre la dictature ? » au début de la Révolution russe, « La véritable éducation sexuelle », « La guerre en Abyssinie », « L'Espagne en feu », « L'Église et la Guerre », « Pourquoi je suis athée », « Pour ou contre la confession », « La vérité sur Lourdes », « L'Église et l'Amour », « Faut-il autoriser les congrégations ? », « L'Église et les travailleurs », « Peut-on vivre sans religion ? », « L'Église et le fascisme », « Faut-il croire aux miracles ? », « Un socialisme peut-il être chrétien ? », « La faillite du Christianisme », « Jésus-Christ a-t-il existé ? », « La religion peut-elle sauver le Monde ? », « Dieu », etc. Ce travailleur infatigable a publié un nombre impressionnant de brochures et a tenu 2 500 à 3 000 conférences. Il fait également de nombreux débats contradictoires avec les cléricaux.

Il est adhérent pendant de nombreuses années de la Société des Gens de Lettres mais il en démissionne pendant l'Occupation « parce que ladite Société faisait célébrer, avec l'argent des adhérents, des messes pour le repos de l'âme de certains écrivains ! »

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, l'abbé Bergey de la Gironde demande son arrestation.

Décédé en mars 1963, Lorulot a été incinéré au Père Lachaise, en présence d'une foule émue. Il a été l'objet de très nombreux hommages de tout horizon (anarchie, partis politiques, franc-maçonnerie), en présence de nombreuses fédérations départementales de la Libre Pensée.

 

http://www.lombreduregard.com/lettres-recyclees/catechisme-du-parfait-mouton-andre-lorulot-extrait

 

Mélanie Talcott : blog : "L'ombre du regard"

 

Définition du Parfait Mouton

Êtes-vous un bon mouton ?
– J’ai l’orgueil d’être un Mouton Parfait.

Quels sont les principes du vrai Mouton ?
- Ce sont les principes de la Sainte Trinité Sociale : Je crois  à l’Autorité ; je crois à la Routine ; je crois à l’Imitation.

Sur quoi ces principes sont-ils basés ?
– Ils sont basés sur l’Obéissance et la Soumission.

Comment dirigez-vous votre conduite ?
– J’exécute les ordres qui me sont donnés, sans les discuter ni même les examiner. J’observe pieusement les traditions de mes Ancêtres et les habitudes de mon entourage ; je fais ce qu’on a toujours fait ; je copie ce que font les autres.

Pourquoi le Mouton a-t-il été créé ?
– Pour être tondu. Il ne saurait exister pour le Mouton de satisfaction plus grande que celle qui consiste à être tondu très souvent. Tous les sacrifices et tous les renoncements sont agréables au cœur du Mouton.

Du chef et de l’Autorité

Comment êtes-vous devenu un Parfait Mouton ?
- Je n’ai eu aucun effort à fournir. Il m’a suffit au contraire de m’abandonner avec une complète inertie.

A quoi faut-il s’abandonner ?
- A l’autorité de nos chefs.

Quels sont donc vos chefs ?
- Nous ne les choisissons pas, ils s’imposent.

Pourquoi les laissez-vous donc s’imposer ?
- Parce que nous craignons de faire des efforts et d’engager une lutte, au cours de laquelle nous serions certainement vaincus, puisque nous sommes des Moutons.

Quels sentiments éprouvez-vous à l’égard de vos Chefs ?
- Des sentiments de crainte et d’admiration, parce qu’ils sont plus forts et plus volontaires que nous.

N’avez-vous jamais désiré devenir vous-même un Chef, afin d’exercer le commandement ?
- Je suis un Mouton trop Parfait pour me griser de semblables chimères. Je suis né pour être Mouton et je le resterai.

Vous ne souffrez donc pas de votre situation ?
- Pourquoi en souffrirai-je, puisqu’elle correspond, d’une façon parfaite, à mon état d’esprit, à ma conception de la vie ; je dirai même à mon tempérament physiologique….Un bon Mouton ne doit avoir aucune idée personnelle. Il est même préférable qu’il n’ait pas d’idée du tout…

Le Mouton a-t-il le droit de changer de Chef ?
- Oui, à condition que ce changement lui soit imposé par une contrainte extérieure. En aucun cas, il ne doit se permettre d’en changer lui-même. Si on lui impose un changement d’autorité, il doit se soumettre docilement et se ranger du côté du plus fort. Un bon Mouton doit bêler : « Vive Machin » avec  autant d’entrain que  « Vive le Pape ! » ou « Vive la République », si on lui commande.

Antiquité de l’esprit moutonnier

L’esprit Moutonnier est donc très ancien ?
- Il remonte aux premiers temps de l’Histoire…et même beaucoup plus haut. Nos premiers et très lointains ancêtres étaient déjà des Moutons ! ! L’Homme ne descend donc pas du Singe, mais du Mouton.

Donnez des renseignements à ce sujet
– Les premiers Hommes étaient des Moutons plus parfaits que ceux d’aujourd’hui, car l’esprit moutonnier a malheureusement tendance à s’affaiblir et à perdre du terrain. Le clan primitif n’aurait pu se maintenir si les liens qui unissaient nos sauvages précurseurs n’avaient été solidement cimentés. La tribu vivait dans une discipline sévère ; ses membres obéissaient à un chef implacable, qui possédait sur eux le droit de vie et de mort. Au sein même de la famille, le père avait également le droit de tuer sa femme et ses enfants, lorsque bon lui semblait. La religion de ces hommes, fort voisine encore de la sorcellerie, exerçait sur leurs actions un contrôle de tous les instants. Le moindre manquement, la plus légère violation des règles communes, entraînait le massacre immédiat du réfractaire.

Cet état d’esprit s’est-il perpétué dans les sociétés civilisées ?
– Ce qu’on appelle Civilisation ne peut manquer d’amoindrir la servilité des sujets, car le progrès des connaissances humaines rend l’individu moins facile à domestiquer. Les dirigeants sont obligés de faire davantage de concessions quand les masses sont trop éclairées. Mais notre principe reste inattaquable et l’on y revient toujours : les sociétés les plus autoritaires sont également les plus durables.

De la vie personnelle du Mouton

Êtes-vous heureux ?
- La vie du Mouton est beaucoup plus agréable que ne le supposent les esprits forts. Nous n’avons aucun souci à nous faire. Il nous suffit, comme je vous l’ai déjà dit, d’exécuter les ordres qui nous sont donnés.

Parlez de votre vie personnelle.
- Le Mouton n’a  pas d’autres satisfactions que les satisfactions collectives.

Quelles sont les distractions du bon Mouton ?
- Toutes celles qu’il peut partager avec les autres Moutons. L’Individu ne vaut que par la Société, et n’existe que pour elle. Certains prétendent que l’Individu a le droit de vivre pour lui-même. Il ne faut pas les écouter. Ce sont des personnages subversifs et destructeurs de toute Morale et de toute Civilisation. L’Individu doit vivre uniquement pour la Société. L’esprit moutonnier doit être considéré comme le fondement de toutes nos institutions.

Pensez-vous que l’esprit moutonnier puisse être remplacé par d’autres principes ou par un autre idéal ?
- Cela est impossible. Rien de durable et de grand ne s’est  fait dans le monde que par la Discipline aveugle. L’Individualisme, voilà l’ennemi !

André Lorulot…

Et maintenant ?

Par Le 24/03/2012

Et bien, les services de renseignement vont continuer leurs enquêtes, elles vont chercher des complicités, les familles vont pleurer les victimes, les voisins vont reprendre leurs existences, les politiciens vont continuer leur campagne, ceux qui sont en place vont sûrement chercher à être plus performants...

 

Plus performants...

Mais toujours dans le même registre. Rien de fondamental ne sera remis en question.

J'ai du mal encore à avoir une vision claire de tout ce que ce drame génère en moi. Comme si des années de réflexions venaient de me sauter à la gorge. Vous vous demandez sans doute, lecteurs et lectrices, pourquoi j'attache autant de temps à essayer de comprendre ce qui s'est passé mais, existentiellement, je pense que tout ça valide ce cheminement philosophique que je tente de mettre en place ici et dans ma vie.

 

Ce qui me désespère quelque peu, c'est d'imaginer l'ampleur de la tâche dans ce renversement complet du paradigme identitaire.

Tout ce qu'il faudrait abandonner... C'est absolument gigantesque.

 

Juste un constat très simple.

Aucun enfant n'aurait idée de tuer un semblable pour une question de religion, pour une question de territoire, d'Histoire, d'honneur (Pour les autres "valeurs" menant au meurtre, voir les adultes...)

En parler avec eux suffit à les révulser. Je me demande d'ailleurs s'il est si "éducatif" d'enseigner l'Histoire. Cette impression que le monde adulte insère dans leurs esprits, l'idée effroyable que l'Histoire de l'Humanité n'est qu'une succession épouvantable de conflits, de guerres, de souffrances et que finalement, ça a un côté "normal" puisque ça dure depuis la Préhistoire... Il est indispensable en tout cas de porter une attention bienveillante aux progrès...La médecine, l'hygiène, l'espérance de vie, la mortalité infantile, l'éradication partielle des épidémies, la disparition partielle de l'esclavage, la situation des enfants, la lutte féminine, les loisirs, la qualité de vie, le partage des richesses...(oups...pas au point ça...). La liste des progrès est immanquablement ternie par les désastres en cours. 

Guerres, assassinats, prostitution infantile, pédophilie, viols, tortures, misère, exploitation des enfants, déforestation, pollution des sols, pollution de l'eau, de l'air, de la nourriture, empoisonnement de la vie...(Pas le courage de finir la liste...)

 

J'en reviens donc inexorablement au même problème. Qu'en est-il de l'évolution spirituelle ?

L'évolution matérialiste montre ses limites depuis bien longtemps déjà. L'embrigadement identitaire vient de nous montrer, encore une fois, l'extrême folie qu'elle contient. Les folies à venir sont immanquablement en gestation puisque les "victimes" mettent en avant leurs identités communautaires. C'est une histoire de fous, en quelque sorte...

Syrie, Mali, Soudan, Afghanistan, Irak, Iran, Corée du Nord, Etats-Unis, (oui, oui, je les mets bien évidemment dans la liste). Liste non exhaustive bien entendu. (Pas le courage de la continuer. C'est d'ailleurs effarant de voir à quel point quand on essaie d'établir un état des lieux de l'Humanité, on peut être vite abattu...) 

 

Je suis fatigué. Je n'arrive pas à dépasser le cadre du constat et à construire un autre paradigme, non pas parce que je ne parviendrais pas à l'imaginer mais parce que le travail titanesque que son adhésion représenterait relève de l'utopie la plus folle. Je suis par conséquent fou moi aussi...

 

Rendu fou par la folie des hommes.

Tiens, c'est curieux mais ce constat me renvoie de nouveau vers le tueur fou de Toulouse...

Vous en voulez encore un peu ? Lisez ce qui suit...

Un monde de fous... Je ne cautionne rien de tout ça mais le 11 septembre, par exemple, ça ne s'oublie pas...

Cette impression de fous (encore) que la Vérité, c'est tout ce qui ne se dit pas.


http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-etrange-relation-entre-mohamed-113234

L’étrange relation entre Mohamed Merah et Bernard Squarcini

Un jeune de banlieue particulièrement perturbé qui entre en confidence avec les fonctionnaires des services spéciaux français : on aura tout vu, décidément, sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Car ne nous leurrons pas : c'est bien ce qui s'est passé, au point aujourdhui d'en arriver à regarder tout autrement ce qui s'est passé à Toulouse. En ce moment, on le voit tous les jours, les américains, via leurs drones tueurs, liquident un par un tous leurs anciens amis talibans. Sysématiquement. Ceux qui les ont tant aidés jadis à repousser les soviétiques en Afghanistan. J'avais écrit il y a quelque temps qu'ils effectuaient un solde de tout compte, ce faisant. Partir du pays, certes, mais en ne laissant derrière eux rien qui puisse ressurgir un jour de leurs agissements et de leurs compromissions avec ceux qu'ils vitupèrent tous les jours depuis qu'ils se sont retournés contre eux. En France, nous ne possédons pas de drone (sinon des copies israéliennes recarossées par Serge Dassault, pour nous les vendre à un prix exorbitant). Mais nous pratiquons de même, en éliminant ceux qui, à un moment de leur vie, ont pactisé avec des services placés aujourd'hui au pied du mur et forcés de révéler leurs liaisons douteuses. Et même apeurés par les possibles révélations, à en avoir pris les devants aujourd'hui dans les colonnes du Monde.

Mohammed Merah lui aurait dit, à lui où à un de ses fonctionnaires "de toute façon, je devais t'appeler pour te dire que j'avais des tuyaux à te donner, mais en fait, j'allais te fumer (*)," finit par lâcher Bernard Squarcini dans une interview sollicitée au journal le Monde pour tenter de masquer son rôle délétère dans ce qui devient une histoire sordide, comme si les meurtres d'enfants d'une école juive ne l'avaient pas encore assez été. Qu'est-ce qui peut faire qu'un paumé de banlieue de 23 ans puisse parler sur ce ton à l'instance la plus haute, en France, des services de sécurité du pays ? D'où lui est venu cette familiarité, à ce jeune meurtrier qui écrivait pourtant à son juge sur un ton très respectueux ? Pourquoi en était-il arrivé à autant de familiarité avec ce fonctionnaire ou ses subordonnés ? Pourquoi en être arrivé à vouloir souhaiter tuer celui qu'il aura eu pendant des mois comme interlocuteur privilégié ? S'est-il senti trahi ? Pourquoi en est-il arrivé, avant de voir sa vie se terminer au bout de l'entonnoir qu'il s'était construit, ou qu'on lui avait fabriqué, à vouloir dire qu'il avait "mis la France à genoux ?" En quoi pouvait-il penser l'avoir fait en commettant de pareils actes ?

Pour une raison simple : on lui avait confié un rôle. Un double rôle, à l'évidence. Le jeune jihadiste devait en avoir à nous dire, en effet. Et mort, Bernard Squarcini s'est empressé de parler à sa place. Tellement rapidement que le soupçon n'est même plus supposé. Le lendemain même où le pantin terroriste été retrouvé en bas de son immeuble criblé de balles, l'homme qui avait demandé à le rencontrer à l'automne 2011 est venu aussi vite parler à sa place, pour nous dresser un tableau hallucinant du personnage, mais aussi et encore plus de ses propres relations avec lui. A dresser le tableau de quelqu'un qui le connaissait très bien depuis... 2007. Celui d'un jeune de banlieue sans le sous, ou vivant d'un RSA (un peu plus de 400 euros par mois) ayant déjà fait tamponner son passeport dans neuf pays, et non des moindres. Mais laissons donc le "Squale" en dresser lui-même la longue liste : "il a passé du temps chez son frère au Caire après avoir voyagé au Proche-Orient : Turquie, Syrie, Liban, Jordanie, et même Israël. A Jérusalem, la police découvre un canif dans son sac puis le relâche. Ensuite, il se rend en Afghanistan en passant par le Tadjikistan. Il prend des parcours qui sont inhabituels et n'apparaît pas sur nos radars, ni sur ceux des services extérieurs français, américains et locaux. Il arrive le 13 novembre à Kaboul, il est contrôlé le 22 novembre à Kandahar et il rentre en France le 5 décembre 2010." Neuf pays vous ai-je dit : oui, car à la liste, il faut aussi ajouter le Pakistan et même... l'Iran, qui comme chacun le sait, est un pays où l'on rentre très facilement... c'est bien connu !!! "Un autre élément troublant sur les déplacements de Mohamed Merah reste à éclaircir : sa présence en Iran "à deux reprises" d'après une source militaire française en Afghanistan. Interrogée par Le Monde, mercredi, la DCRI, chargée du contre-espionnage et de la lutte antiterroriste, a démenti ce séjour" apprend-t-on encore ce jour.

En fait, fort étrangement, ce n'est même pas le gros poisson de la sécurité française qui prend les devants en 2010. C'est le jeune de banlieue, fiché pourtant comme délinquant à surveiller par la police ou la médecine psychiatrique, qui décroche son portable et appelle Squarcini en personne : et il ne le fait pas alors qu'il est rentré, non, il le fait... à partir du Pakistan même. Tout le monde sait bien que c'est d'un naturel fou, pour un gamin de Toulouse qui avant ses voyages à 21 ans n'a jamais mis les pieds au dehors de la ville rose, à part une petite incursion en Espagne, d'appeler de son propre chef les services de renseignements français, au prix où sont les communications téléphoniques, même au fin fond d'une échoppe de communication pakistanaise : " Mohamed Merah l'appelle le 13 octobre 2011 car il n'est pas en France à ce moment-là, il est au Pakistan. "Dès que je rentre, je vous contacte", a-t-il dit. Le 3 novembre, il rappelle de l'hôpital Purpan, à Toulouse, ou il est hospitalisé pour une hépatite. "Dès que je sors, je viens vous voir", assure-t-il. Il fait preuve d'une excellente coopération, d'éducation, et de courtoisie" raconte le chef du renseignement français. Car, fait totalement hallucinant pour celui qui a déjà eu maille à partir avec la police locale (au point de vouloir dégommer son représentant !) ; et vient de sortir d'une période de 9 mois de prison (pour une condamnation à 18 mois, preuve qu'emprisonné il s'est montré plutôt coopérant, pour une tête brûlée manifeste), celui qui possède un casier judicaire lesté de 15 condamnations pour des faits sérieux (dont des agressions physiques), vient tranquillement causer le bout de gras avec un fonctionnaire de la police du plus haut niveau (Squarcini parlant d'un de ses afjoints comme interlocuteur). Et c'est lui qui propose le rendez-vous ! Un fonctionnaire un peu à côté de ses dossiers, puisqu'il oublie de lui parler ce jour-là d'une interdiction de prendre un avion américain, pour le cas où il y aurait une prochaine fois de programmé pour ses talents évidents de voyageur sans le sou vaillant.

Les autres services secrets, ceux de la concurrence pourrait-on dire, qui ont stipulé en 2011 que la rixe à laquelle a participé notre excité vient de lui fermer définitivement la porte des voyages sur les lignes US. C'est la deuxième fois, en prime, que les services US envoyaient la menace à leurs collègues français. la première fois, c'était en 2010... et ce sont eux qui avaient payé le retour à la case départ du Toulousain. Ce que raconte, toujours à sa façon, son illustre confident Squarcini : "après un simple contrôle routier à Kandahar, en Afghanistan, en novembre 2010, qui est effectué par la police afghane. Ils le remettent aux Américains qui l'ont forcé à remonter dans l'avion pour rentrer à Kaboul. La direction de la sécurité et de la protection de la défense (DPSD), un des services de renseignement des armées, nous a signalé l'incident". Un an avant que le jeune homme se propose de venir s'expliquer, les gens à qui il s'adressaient savaient déjà tout de lui, via l'ambassade française au Pakistan et celle d'Afghanistan qui avaient averti la France du "cas" Mérah. On a dit qu'il avait un "lourd passé", à Toulouse. Ailleurs aussi, sans nul doute !

Un cas passionnant en effet : débarqué devant les fonctionnaires, raconte toujours l'homme à l'allure du prédateur des mers, dont il a gardé le surnom, voilà notre étrange Phileas Fogg de banlieue venir étaler ses photos de vacances, assure le proche de Nicolas Sarkozy, avec un Merah qui le prend bien entendu au mot, dans une séquence qui tourne au surréalisme : "il vient à l'entretien avec sa clé USB qui contient ses photos de voyages. Il demande à s'allonger sur la table pour pouvoir discuter parce qu'il est malade, dit-il. Il explique en photos tout le parcours touristique qu'il a réalisé au Proche-Orient, en Afghanistan et au Pakistan. " Un fonctionnaire des services de renseignement qui feuillette un album de photos "familial" ou de randonnée et semble s'en contenter, avouez que c'est tout aussi rare qu'un tueur en scooter qui circule sur un engin dont on connait la trajectoire au mètre près grâce à sa puce émettrrice incorporée ! Sidérante scène !!! Racontée ce jour par Bernard Squarcini en personne !

Alors, reprenons un peu nos esprits, choqués à la fois par les crimes commis et par ce qu'on lui a demandé de faire quelques mois auparavant, à ce Mohammed en scooter. Les américains, a-t-on dit, ont déclaré le jeune banlieusard persona non grata au Pakistan. Très bien, découvrons exactement pourquoi, en examinant où notre photographe de vacances s'est rendu pour remplir sa clé USB. Pour cela, il suffit de demander à son frère. Ou à sa mère, tiens, plutôt. Cette dame, qui semble bien avoir eu tout le mal du monde à élever ses enfants après que son mari ne l'ait quittée pour rentrer en Algérie, s'est depuis remariée. Avec un monsieur dont le nom de famille est Essid. Un nom que les fonctionnaires de la DGSE de l'époque connaissaient bien : ce monsieur a en effet lui-même un fils, qui s'appelle Sabir Essid. En 2007, en Ariège (et donc a proximité immédiate de Toulouse), il avait fait parler de lui, ce garçon. Et pas qu'un peu, car la presse titrait alors "une filière terroriste démantelée à Toulouse". Une filière où des noms étaient apparus. Et mieux encore : une filière bien connue de la DGSE ! Qui emmagasine dans ses ordinateurs regroupés en "clusters" dans une immense salle blanche des millions de fichiers, sur des prérendants au terrorisme... ou sur les groupes de djihadistes, alors que Mérah continue à être présenté comme un "loup solitaire"...

A l'époque, comme récemment, on avait indiqué la méthode pour les "surveiller"  : "La détection d'un islamiste radical parti pour l'Afghanistan ou envisageant de le faire commence souvent dans le secret du bureau d'un magistrat antiterroriste ou d'un policier de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Les enquêtes en cours sur les « nouvelles filières afghanes » permettent d'identifier les membres des groupes plus ou moins organisés envoyant des « volontaires ». Chaque individu et ses proches font l'objet d'une surveillance. Les écoutes téléphoniques, les interceptions Internet, les témoignages recueillis dans l'entourage, l'aide éventuelle d'indicateurs permettent souvent de « découvrir » un ou plusieurs nouveaux djihadistes." Une méthode qui n'a donc pas marché, mais le Figaro comme le Squale ont la solution à ce dysfonctionnement : "Cette détection ne connaît qu'une seule faille : elle suppose l'existence d'un réseau, même informel. Un homme seul partant par ses propres moyens a des chances de passer inaperçu. Selon les déclarations du procureur de la République de Paris, ce serait le cas de Mohamed Merah, parti pour l'Afghanistan sans passer par des « facilitateurs » liés à des groupes radicaux". D'où le pilonnage de la presse actuellement pour présenter la thèse du loup... agissant seul. En Ariège, c'est vrai que les loups on connaît... "Chercheuse à la chaire d'histoire du monde arabe du Collège de France, Nora Benkorich note que dans la mesure où des témoignages et plaintes ont montré que Merah pouvait avoir un comportement dangereux, les autorités "ont plutôt intérêt à miser sur un loup solitaire chez qui les meurtres ne pouvaient pas être anticipés", note finement Rue89.

En 2007 en prime, c'était déjà une répétition, car"ce n'est pas la première fois que de jeunes extrémistes se revendiquant d'Al Qaïda font parler d'eux à Toulouse" écrivait alors la Dépêche. "Preuve de l'enracinement d'un phénomène inquiétant dans les cités, comme du travail de fond de la mouvance salafiste. Fin 2006, en Syrie, non loin de la frontière avec l'Irak, deux jeunes hommes sont arrêtés. L'un est un Albigeois de 28 ans, Thomas Barnouin, l'autre un Toulousain de 22 ans, Sabri Essid. « Des frappés qui étaient prêts à se faire sauter en Irak », lâche alors une source proche de l'enquête. Expulsés en France, les deux jeunes sont cueillis à Roissy par la police qui les attend." Des jeunes, en 2006, provenant des mêmes quartiers : "Issus des quartiers de la Reynerie, de Papus, des Izards, Stéphane Lelièvre, Imad Djebali, Mohamed Megherbi et Sabri Essid, ainsi que l'Albigeois Thomas Barnouin, partageaient leur vie entre petits boulots et prières à la mosquée. Ils s'étaient mis en tête de résister aux Américains présents en Irak". Regroupés par ce que la Dépêche résume ainsi sans hésiter : "c'était le bureau de recrutement pour le djihad islamique". Le salafisme toulousain, c'est donc comme le cassoulet du même coin ; aujourd'hui, c'est la version réchaufée qui est celle la plus prisée. Dès 2007, on savait tout de la filière, comme quoi les "entraînements" armés n'avaient pas lieu au Pakistan mais... en Egypte : 'La filière toulousaine, elle, fonctionnait depuis plusieurs mois, et aurait recruté une dizaine d'apprentis djihadistes, dont certains auraient rallié la Syrie en bus. « Il y avait une première phase d'endoctrinement, explique un enquêteur. Puis, les jeunes étaient envoyés en Égypte, pour des séjours de plus en plus longs. » Une phase de préparation, plus dure, était ensuite organisée : stages sportifs, conditionnement à base de vidéos de combats de djihad. Les candidats djihadistes devaient compléter leur « formation » en Égypte, dans une école du Caire, avant d'atteindre l'Irak, via la Syrie.'
 

Les officiers de la DGSE, qui les"cueillent" à leur descente d'avion de Syrie, à une époque où ce pays coopérait avec la France, Sarkozy commençant un rapprochement certain avec El-Hassad. Une DGSE qui en ramasse plein ses filets, de salafistes : "Le lendemain, le 14 février 2007, un vaste coup de filet est aussitôt déclenché par la Sous-direction anti-terroriste, la Police judiciaire et les RG. A Reynerie, à Papus, aux Izards, dans la banlieue parisienne et dans le village d'Artigat en Ariège, onze personnes sont interpellées. Dans les filets des enquêteurs : des jeunes de nationalité française. Certains sont originaires du Maghreb. Beaucoup sont de récents convertis à l'islam. À Artigat, un couple franco-syrien, âgé d'une soixantaine d'années, est soupçonné d'avoir joué les prédicateurs. Le 23 octobre 2007, dans la même affaire, lors d'une seconde vague d'interpellations dans la Ville rose et le Lot, les policiers arrêtent un Toulousain. Officiellement étudiant, il aurait formé au combat rapproché les deux candidats au Jihad. Des cités toulousaines à l'Irak, c'est toute une filière d'endoctrinement, d'acheminement et de combat que les policiers estiment avoir démantelée". La Syrie, comme zone d'envoi pour passer en Irak, et aller se faire un bel avenir (mais plutôt bref) de kamikaze, pour la simple raison que le gourou religieux ariègeois était (et est toujours) Syrien d'origine ! Des gens "surveillés de près" à l'époque : "les membres du réseau toulousain étaient étroitement surveillés depuis plusieurs mois par les renseignements généraux, la police judiciaire et la sous-direction antiterroriste (SDAT)." Au point de les attendre au bas de l'échelle de coupée à leur retour, ce que Bernard Squarcini ne sait plus faire (ou ne souhaite plus faire) en 2010 et 2011, au retour des deux voyages de Mohammed Mérah ! Le Figaro semble lui aussi depuis avoir oublié sa description forte du cas de Thomas Barnouin, devenu Thomas-Abdelhakim... et son itinéraire à la Merah !

Un Barnouin déjà très "écouté".... "Il quitte Médine juste avant un coup de filet des services de sécurité saoudiens. Mais sa trace n'est pas perdue pour autant. Les Saoudiens ont enregistré ses communications téléphoniques avec deux amis toulousains, auxquels il a donné rendez-vous en Syrie. Durant ses trois ans à Médine, Barnouin est resté également en contact avec les autres membres du réseau toulousain, démantelé en février par les policiers français. Parmi les huit hommes mis en examen, le cerveau du groupe, cheikh Olivier Qorel, 60 ans, Français d'origine syrienne, habitant Artigat, un village de l'Ariège. C'est lui qui convainc Sabri Essid, un compagnon de Barnouin, d'aller rejoindre ce dernier en Syrie, via la Bulgarie et la Turquie. « Tu retrouveras ta copine au paradis, mais avant vend ta voiture et règle tes dettes » lui enjoint Qorel." 

Un prototype de Mohammed, que ce Barnouin, comme le décrit le Figaro, qui oublie régulièrement qu'il détient des trésors qui disent le contraire de ce que sa direction actuelle aux ordres lui fait écrire : "comme la plupart des 25 à 30 djihadistes français, partis depuis quatre ans dans l'ancienne Mésopotamie, il n'avait pas d'expérience militaire. Si ce n'est les exercices de combat rapproché, auxquels les membres du réseau toulousain s'entraînaient régulièrement à cinq heures du matin dans une cité de la Ville rose. « Pour être prêt physiquement le jour où l'on devrait partir pour la guerre sainte », reconnaîtra l'un d'entre eux. « Même si on est loin des camps d'al-Qaida en Afghanistan, ce n'est tout de même pas très rassurant », s'inquiète un policier. D'autant que sur leurs ordinateurs, les enquêteurs ont retrouvé un florilège de vidéos islamistes. L'une d'elles livrait la recette de fabrication d'une bombe artisanale. Une autre martelait que « la meilleure mort, c'est la mort au combat ». Pas besoin de s'entraîner au Pakistan, donc : une "cité" toulousaine suffit !

Une filière qui atterrit donc logiquement en prison, après un procès en juin 2009 où apparaît un autre nom, comme "sympathisant " : celui d'Abdelkader Merah "soupçonné mais pas inquiété" dit la Dépêche. Le frère de l'autre. Un frangin qui a une emprise notable sur son petit frère, une emprise religieuse que les policiers connaissent là encore très bien : "son voyage en Irak aurait été facilité par son frère Abdelkader connu des services de police français pour avoir participé à l'organisation d'une filière islamiste basée dans la région toulousaine en direction de ce pays. Ce frère et sa sœur, considérés comme les "religieux de la famille Merah", selon un policier de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), auraient séjourné au Caire dans une école coranique où la proximité avec les réseaux salafistes régionaux ont permis de mettre sur pied cette filière." C'est fou ce qu'il connaît sur cette famille, notre requin élyséen ! Et c'est fou ces facultés à ne pas se rappeler du rôle "militaire" du grand frère, à entraîner les jihadistes en Egypte, dans son fief ! 

Fait tout aussi sidérant : qui donc retrouve-t-on comme porteur d'oranges à la prison où sont enfermés les salafistes désireux de finir en martyrs explosés, dont le fils du futur beau père de Merah ? Mohammed Merah en personne, pardi, alors âgé de 19 ans ! "En 2008, Mohamed Merah avait obtenu un permis pour rendre visite en prison à Sabri Essid, ex-grutier, l'un des principaux protagonistes de ce groupe. Les services de police notent, à cette époque, qu'il lui apportait de l'argent. Sabri Essid a été arrêté, les armes à la main, à la frontière entre la Syrie et l'Irak." Un beau-frère embrigadé dans un mouvement salafiste, Mohammed qui le rempace, mais qui n'est pas considéré comme membre du groupe ? On croît rêver ! Cela, l'année même ou le "Squale" devient le directeur de la DCRI (officiellement créée le 1er juillet 2008 par décret du Président de la République, une nomination qui a l'art de rendre furax les anciens de la DST et des RG, forcés à fusionnner). Une volonté Elyséenne, de "surveiller de plus près le terrorisme", le dada d'un président qui crée alors avec "Mam" une sorte de Homeland Security à la française, calqué entièrement sur le modèle US. Un Président qui vient également de nous balancer il y a deux jours une tirade sur l'apprentissage de l'islamisme extrémiste en prison... à partir de l'exemple de quelqu'un qui ne l'était pas alors, en prison, mais qui allait porter des oranges à un taliban en herbe !!! Condamnera-t-il aussi les porteurs d'oranges ?

Les voyages, c'est bien connu, ça coûte. Neuf pays, ça coûte bonbon quand on ne gagne... rien, comme cela était le cas pour le tueur toulousain. De l'argent provenant de où alors ? A coup sûr, en 2007 et 2008, du groupe qui soutient notre autre salafiste près à aller jouer les bombes vivantes en Irak. Un mouvement qui envoie aussi ses recrues au Pakistan, via un obscur mouvement ouzbèke, ce qui va arriver illico à notre Mohammed, remplaçant sur le pouce du beau-frère purgeant sa peine de prison : il a en effet été "pris en charge par le Mouvement islamique d'Ouzbékistan (MIO), qui a pour tâche, depuis la chute des talibans en 2001, d'encadrer les "étrangers" qui viennent combattre "les infidèles" en Afghanistan ou les forces de sécurité pakistanaises qui tentent, périodiquement, de les déloger. Le MIO, qui intègre aussi les combattants déclarés d'Al-Qaida, opère sous l'autorité du Tehrik-e-Taliban Pakistan (Mouvement des talibans du Pakistan, TTP)."

Le Tehrik-e-Taliban ? Voilà qui devient passionnant. C'est en effet le mouvement de Baitullah Mehsud, celui qui est soupçonné d'avoir commandité l'assassinat de Benazir Bhutto ! Les américains, là-bas, avaient leur "envoyé spécial" de la CIA, Michael Headley, qui n'a pas fini mort, lui mais a hérité depuis de la prison à vie sans qu'on ne sache dans quelle prison exactement (façon Ali Mohammed, que sa propre femme cherche toujours aujourd'hui !) ou ont même un successeur (Raymond Davis), qui se fera bêtement prendre dans un sorte de rixe en pleine rue. Les français ne semblant avoir personne, là-bas. Sauf, il est vrai, un jeune "touriste" de 22 ans, qui arrive même à se faire engager dans les mêmes camps d'entraînement que surveillait également Headley... malgré un stature qui n'est pas d'athlète, et qui prend des photos de "touriste" de la région... avant de sagement les rapporter sur une clé USB à qui vous savez. Tout cela avant de se faire repérer pour "faits de droit commun" et de se retrouver à l'ambassade de France, renvoyé par la police pakistanaise, qui prend soin quand même d'aller consciencieusement vider sa chambre d'hôtel (car notre banlieusard a débarqué àl 'hôtel et non en chambre d'hôtes comme il en existe des milliers là-bas).

Un parcours bien singulier, donc, que celui de notre photographe du dimanche... pakistanais. Qui n'a donc pas beaucoup d'amis à Toulouse, à-t-on appris depuis, parlait peu, mais s'épanchait beaucoup chez les fonctionnaires de la DRCI. "Les éléments détenus par les services spécialisés montrent donc des liens entre le tueur présumé de Toulouse, le MIO et le TTP qui lui ont permis d'accéder à cette zone dangereuse, l'ont formé et encadré. Ces connexions avec des structures terroristes reconnues remettent en cause le statut de "personnage solitaire" de Mohamed Merah. Il est par ailleurs surprenant qu'il ait échappé au contrôle de la CIA ou de son homologue française, la DGSE, qui prêtent une attention toute particulière aux combattants djihadistes étrangers venus dans la région et qui constituent une menace terroriste majeure pour leur pays d'origine". Une DGSE qui n'a toujours pas digéré les prérogatives étendues dont s'est emparé le vorace Squale. Une DGSE qui serait passé à côté de la plaque... Mérah. Pas d'amis ou peu à Toulouse, mais un correspondant privilégié qui lui parlera, à sa demande, derrière la porte où il s'était retranché pour ses dernières heures d'existence : "c'est d'ailleurs avec ce fonctionnaire qu'il a "souhaité parlé" lors des négociations avec le RAID, semblant avoir établi avec lui "un rapport de confiance" avoue encore Squarcini. Un "rapport de confiance" qui en dit long, très long, sur les étranges relations entre le terroriste toulousain et les services secrets français.

Sur France-Info, avant-hier, un commentateur avisé avait évalué l'impressionnant arsenal saisi chez Mohammed Merah à environ 5000 euros au bas mot. Le jeune désœuvré, apprenti carrossier ayant acheté son stock grâce à des "cambriolages", présentés depuis hier comme de "simples larcins". Personnellement, voyez-vous, je verrais davantage des revenus provenant de ventes de photos, mais bon, je ne sais pas combien ça se vend, des paysages pakistanais où apparaîtrait un bout de camp du TTP ! Comme ça, par simple analyse et le flair émanant de la déclaration ahurissante de Squarcini, à peine le corps de son "correspondant" refroidi. Car il existe de sales histoires qui sentent fort mauvais, et celle d'un jeune de banlieue prenant aussi souvent l'avion pour se balader autant en deux ans à l'art de remuer des remugles que n'aurait pas renié l'as en la matière, Charles Pasqua, le formateur d'un certain... Nicolas Sarkozy. "Charly" avait en son temps réussi à envoyer au Burkina Faso des prétendus terroristes islamistes qui ne l'étaient en rien, islamistes. Envoyés là-bas sans le sou, ils y sont encore, et pensent toujours à lui, pour sûr.

Envoyé, revenu et... poussé à agîr, mais cette fois en France. Une chercheuse en histoire du monde arabe au Collège de France, Nora Benkorich va plus loin encore : « J'ai lu beaucoup de mémoires de djihadistes, et ce sont tous des radicaux très extrêmes dans leur islamisme. Le côté bon vivant de Mohamed Merah montre, au contraire, qu'il n'a pas agi par conviction profonde. Il faut donc s'interroger sur les moteurs de ses actions. Et parmi les hypothèses, il y a celle d'une commande, d'une influence exercée par d'autres personnes sur lui afin qu'il commette ces assassinats. » Ce qu'on découvrira peut-être en épluchant les participations de Mérah à des blogs et notamment au site du groupe Forsane Alizza, dissous par Guéant en janvier dernier, et ses forums où l'on pouvait s'inscrire pour un entraînement à la guérilla urbaine ! Bien monté en sauce, nôtre jihadiste devient vite chaud comme un cassoulet devenu trop bouillant !

Mohammed Méeah, lui, s'est retrouvé en apprenti-taliban ayant fleurté de trop près avec des apprentis sorciers, qui ont fini par décider de se passer de ses services après l'avoir bien manipulé. J'ai vu ce soir son appartement, ravagé par le tir de 300 cartouches diverses et l'envoi de grenades. En voyant sa cuisine, j'ai pensé à un tir de HellFire à partir d'un drone, dans les zones tribales du Pakistan ! On vient d'apprendre qu'il a été atteint de plusieurs balles (dont deux mortelles,) la plupart, souligne le médecin légiste, tirées dans le dos. Ce qui est en complète contradiction avec Amaury de Hautecloque, le responsable du RAID, dont le témoignage sur France 2 le 23 mars, laisse plutôt pantois. Ses armes "non létales" qui laissent 300 douilles vides et qui criblent quand même le corps du forcené restent une belle vue de l'esprit, comme l'est aussi la nouvelle idée de l'usage de lacrymogène, survenue après que le web ne se soit emparé des reproches à faire à ce ratage manifeste. Jamais auparavant il n'y avait eu allusion à son usage. Son "je donne l'ordre à mes hommes de ne pas riposter", les riverains on pu l'entendre, en effet, et nous aussi en direct sur BFM : Mérah a tiré une trentaine de projectiles (il aurait possédé sur place trois Colt 45), en face dix fois plus. Son "honoré de se mesurer au Raid" une auto-admiration même pas déplacée, plus que gênante. Les crimes de Merah ont été les pires de ses seize dernières années en France Mais j'aurai aimé, tout criminel odieux qu'il ait pu être, l'entendre nous dire ce qu'il faisait en novembre 2011 dans le bureau de quelqu'un venu hier nous dire qu'il venait lui rapporter ses photos de vacances d'un endroit régulièrement bombardé par des drones, car infesté de terroristes talibans qui tuent eux aussi femmes et enfants.

On a parlé de fiasco, pour l'intervention. Personnellement, je pense que pour Bernard Squarcini c'est une superbe réussite. La France ne possède pas de drone tueur, mais arrive à faire exactement la même chose sans.

 

 

Cellule psychologique

Par Le 23/03/2012

Autre chose encore qui me tourmente.

Dans les situations de catastrophe, de drames, de morts, de violences comme celle qui vient par exemple de se produire, il est mis en place une "cellule psychologique", une assistance destinée à réduire autant que possible les impacts émotionnels. Si cela est fait, c'est bien que la psychologie est reconnue d'utilité publique, que les progrès effectués dans cette discipline lui confère une légitimité qui doit être partagée.

Mais pourquoi cela se fait-il en bout de chaîne ? J'en reviens à ce déploiement d'hommes et de technologies dans les services de renseignement. Le choix de l'implication la plus forte se fait dans les conséquences des dérives et non dans leur prévention.

Puisque les effets de la psychologie sont reconnus, pourquoi n'est-elle pas beaucoup plus utilisée en amont et non seulement pour atténuer les effets des drames ? Bien entendu que c'est impossible dans le cas d'un tsunami par exemple. Mais dans le cas de la tuerie de Toulouse, il s'agissait d'intervenir en amont pour que la catastrophe n'ait pas lieu. Le tsunami était humain et il était prévisible.

 

J'ai bien une esquisse de réponse à ma dernière question mais je n'arrive pas à me dire que c'est possible...

 

Constat d'échec.

Par Le 22/03/2012

Un député UMP salue «la mort d'un salaud». Dans un communiqué, le député des Alpes-Maritimes Lionnel Luca se félicite de l'assaut final, qui a «mis hors d'état de nuire un islamo-fasciste» et salue «la mort d'un salaud». «Justice a été faite... et bien faite !», conclut-il.

 


 

 "Si ton royaume a besoin des gendarmes, c'est que ton royaume est déjà mort. "Antoine de Saint Exupéry "Citadelle".

 


 

"Ils l'ont eu ce salaud."

"Dommage qu'il n'ait pas souffert".

"Il a eu ce qu'il méritait."

"On va être tranquille maintenant. "

 


 

Bien entendu que je suis epouvanté par la mort des enfants et des adultes. Bien évidemment que je suis opposé à toute forme de violence. Bien évidemment que je pense à cette femme qui a perdu son mari et ses deux enfants, à cette petite fille assassinée ou à cette jeune femme enceinte dont le compagnon est mort.

Qu'on ne vienne pas me reprocher de prendre parti pour cet homme.

Maintenant, je tente de poser mes émotions premières et d'observer le parcours de cet homme et de comprendre autant que possible ce qui l'a mené là. Il ne s'agit pas de compatir jusqu'à en oublier les victimes mais de comprendre comment lui a pu devenir victime de son existence.

 

Je pense que l'orsqu'on n'a plus d'estime pour sa propre vie, on en perd l'estime de la vie des autres.

Alors pourquoi était-il dans cet état-là ?

Il n'est pas né assassin, il l'est devenu.

Je m'interroge sur le fait que son désir de rentrer dans l'armée ait été anéanti par son casier judiciaire. Il était prêt à se soumettre à une autorité "légale" et ce rejet l'a peut-être conduit à se soumettre à une autorité fanatique. L'armée ne se sent donc pas capable de prendre en charge et d'accompagner psychologiquement un individu qui lance un appel ? Son casier judiciaire, à l'époque, comportait une condamnation pour vol et conduite sans permis. Etait-ce suffisant pour refuser son engagement ? Un premier séjour en prison avait permis d'établir un profil psychiatrique pour lequel les "experts" préconisaient une aide. L'armée ne pouvait-elle le faire ? Je ne porte pas de jugement, je pose une question. Si l'armée forme des individus au combat et donc à l'éventualité de tuer, on peut supposer qu'elle sait aussi prendre en charge la partie existentielle que cela représente.

J'ai travaillé comme éducateur sportif avec des adolescents délinquants caractériels. Certains avaient déjà opéré des attaques à main armée. Il y avait à l'époque des structures, des professionnels, un encadrement. La politique sociale aurait-elle tiré un trait là-dessus. La politique répressive l'aurait-elle emporté ? Je pose une question...

 

Je m'interroge sur le fait que l'école publique voit ses postes de rééducateur, psychologue scolaire, enseignants disparaître année après année. Très facile d'imaginer ce que cet enfant (oui, il a été enfant...) a pu connaître. Un rejet.Une incapacité à prendre en charge les tourments de cet enfant. Avant qu'il ne soit embrigadé. Par dépit, par dégoût, par colère. Parce que le rejet est une souffrance indescriptible.

 

Je m'interroge sur le fait que le milieu familial n'ait pas été accompagné. Une maman qui ne parvenait plus à gérer son fils. Un père absent. Tout le monde le savait. Assistante sociale, éducateurs de rue. Des "espèces" en voie de disparition. Le royaume est encadré par les forces de l'ordre...Qu'on nous donne le coût annuel du maintien en l'état du RAID...Qu'on nous donne le coût annuel d'une cohorte d'éducateurs, d'enseignants, de psychologues, ceux qui oeuvrent à la prévention...

 

Je m'interroge sur le fait que des jeunes, par perte de repère, par rejet, par désoeuvrement ne finissent par trouver de sens existentiel que dans les mouvements fondamentalistes. Bien évidemment que le fonctionnement identitaire dont j'ai déjà parlé tient un rôle considérable dans ces parcours de vie.

Si l'individu ne se sent ni français, ni algérien, ni travailleur, ni mari, ni chrétien ou musulman, ni militaire, ni reconnu en quoique ce soit, ne devrait-on pas finir par considérer que ces identifications sont bien plus dangereuses que favorables?

 

Je m'interroge sur le fait que l'éducation nationale, par la bouche de Luc ferry ou autres "sommités" de la philosophie intellectuelle considère que toute tentative d'éducation philosophique et existentielle à l'école primaire est vouée à l'échec.

Comment se fait-il alors que mes élèves soient capables de prendre en considération le fait que cet homme avait certainement épouvantablement souffert pour en arriver là alors que des adultes ne sont capables que de proférer des paroles de haine, d'exclusion, de s'exprimer avec une violence verbale similaire à l'extrême violence dont il a fait preuve ?

La violence verbale ne tue pas, je le sais bien. Elle nourrit par contre les meurtres à venir. En quoi cette violence verbale va-t-elle favoriser l'apaisement et la recherche de la compréhension exacte de ces faits ?

Comment se fait-il que des enfants soient capables d'éprouver une certaine compassion dans la fin dramatique de cette vie tout autant que pour la mort des enfants ?

Comment se fait-il qu'ils soient capables de prendre en considération le fait que cet homme a lui aussi été un enfant?

 

Je leur ai parlé de l'humiliation, je leur ai demandé d'imaginer la souffrance psychologique et de ressentir ce que cette souffrance pouvait générer ?

Ils m'ont immédiatement parlé de la colère. Comment se fait-il qu'ils soient capables de le comprendre ?

Sans doute parce que ces identifications carcérales ne les ont pas encore totalement formatés. Qu'ils sont encore capables de s'exprimer comme des êtres humains et non comme des hommes désireux que l'état les protège et maintienne le fonctionnement névrotique dans lequel ils se reconnaissent.

Ces individus vont pouvoir reprendre leurs habitudes et espérer simplement que les gendarmes du royaume les protège de la folie. La folie dont ils ne veulent pas entendre parler, qu'ils ne veulent pas voir, dont on doit les débarrasser, comme de la mauvaise herbe.

Non, la justice n'a pas été faite. La justice n'est pas une entité de répression mais une entité de prévention. Les salauds sont ceux qui le récusent et ne voient dans cette justice que le glaive.

Qu'ils lisent Saint Exupéry s'ils en ont par miracle entendu parler.

Quant aux individus qui se réjouissent de la mort d'un homme, qu'ils apprennent à observer la haine qu'ils propagent. Et ils comprendront davantage la violence prochaine qui les saisira. Puisque leur violence verbale aura nourri les prochaines dérives.

 

J'entends ce soir des critiques envers les services de renseignement qui n'auraient pas mesuré la dangerosité de cet homme ou qui n'auraient pas agi en conséquence. Et avant ? Bien plus tôt ? Y a-t-il une responsabilité au niveau de l'Etat ? Notre Président vient de dire que "de chercher des explications serait une faute morale." Ah, oui, c'est certain que vu comme ça ... 

 

Je vais pleurer la mort des enfants, la mort des hommes. Et la mort de celui que le royaume avait condamné depuis longtemps déjà.

Je ne participerai pas à la condamnation verbale parce que je ne veux pas nourrir les drames à venir. Et j'aurais honte de me présenter devant de jeunes enfants en portant en moi des pensées de haine.

Cet homme-là, aussi, a été un enfant. Et il est trop facile de condamner l'adulte sans savoir exactement tout ce qui s'est passé avant.

Tout le monde dit que le RAID a fait son boulot. Mais c'est un constat d'échec lorsqu'il doit intervenir. C'est là le fond du problème.

L'identité nationale.

Par Le 21/03/2012

Identité nationale.

« C’est la France qui est attaquée. »

« C’est toute la communauté juive qui est sous le choc. »

« Nous avons affaire à un Salafiste djihadiste. »

« La nation est solidaire contre le terrorisme qu’il soit islamiste ou autre. »

« La France a été trop laxiste envers les fondamentalistes. »

Etc. etc. etc.

Bien. Et maintenant que toutes ces paroles identitaires ont été proférées, est-ce qu’il y aura quelqu’un pour remonter à la source des problèmes ?

Est-ce qu’il y aura quelqu’un qui parviendra à expliquer que ces identifications nationalistes, religieuses, communautaires, historiques, sociales, sont à la source de tout cet épouvantable gâchis.

Gâchis de vies humaines, exacerbation des haines, des carcans, des peurs, des fantasmes, des accusations, des amalgames.

Parce que le chef de l’Etat met en avant la « résistance » de la France, il entretient les scissions.

Parce que le gouvernement israélien fustige les attaques envers le peuple élu, il entretient les scissions.

Parce que le mot « islamisme » est utilisé, les médias entretiennent les scissions.

Personne ne veut admettre que le fonctionnement même des peuples est totalement suranné. Que ce schéma de pensées a conduit l’Humanité à des désastres épouvantables et que d’autres viendront. Personne ne conteste le fait que les politiciens se servent de ces pensées archaïques pour leurs intérêts personnels. Celui-là va proclamer que celui-là s’est trompé et que lui fera mieux…Mais toujours dans le même paradigme identitaire.

Le conflit israélo-palestinien a commencé le 14 mai 1948.

Faut-il un autre exemple pour valider l’idée de l’identification et de ses conséquences ?

Je ne suis pas catholique, ni musulman, ni juif, bouddhiste,  hindouiste, protestant, orthodoxe,  jaïnisme, sikhisme, taôiste, mormons, témoin de Jéhovah, créationniste, adventiste, ni sunnite, chiite, salafiste…Je ne suis pas athée ni agnostique.

Je suis un être humain. Et c’est encore terriblement insignifiant au regard de ce qui vibre en moi. Je suis de l’ordre de l’ineffable. TOUT COMME LES AUTRES ETRES HUMAINS.

Et c’est parce que cet ineffable était insupportable au regard des ego que les identifications sont apparues. Et les épouvantables gâchis.

J’enseigne l’Histoire de l’Humanité depuis tente ans à de jeunes enfants. Avec un sentiment de honte qui ne disparaîtra jamais.

J’ai entendu parfois des adultes dire que ces « différences » représentaient la richesse de l’Humanité et qu’il serait désastreux que les êtres humains abandonnent ce patrimoine historique, qu’il est impossible de renier les parcours de vie de nos ancêtres, leur engagement, leur découverte, leur évolution. Cette trahison conduirait l’Humanité à une uniformisation épouvantable…

Comme si les identifications religieuses, historiques, nationales, sociétales représentaient le fondement de l’humain.

Non, c’est faux. Ceux qui sont attachés à cette vision de la vie n’ont jamais éprouvé la vie mais juste les oripeaux des existences formatées.

Je ne pleurerai jamais la disparition d’un enfant juif, musulman, catholique, hindouiste, bouddhiste, français, européen, africain, japonais, noir, blanc, jaune.

Je pleurerai simplement la disparition des enfants.

Et je tenterai difficilement de ne pas en vouloir aux adultes qui ont propagé les haines.

Et je continuerai à œuvrer dans mon coin à l’éventuelle transformation des consciences des enfants. Travail de fourmi à qui on aurait arraché les pattes…Dérisoire à l’échelle de la planète, insignifiant au regard de l’ampleur gigantesque de la tâche.

Mais j’y gagne au moins la possibilité de m’estimer un peu. Je partirai de cette Terre en ayant fait ma part du travail.   

Minute de silence (spiritualité)

Par Le 20/03/2012

Minute de silence

 

Alors, donc, nous avons reçu « l’ordre » d’effectuer une minute de silence dans les écoles.

Et de nous débrouiller pour expliquer le pourquoi du comment aux élèves.

Il aurait donc fallu que j’explique à mes élèves de CM2 les liens très étroits de la politique française avec la communauté juive, « l’intérêt » évident que les politiciens avaient immédiatement cerné à travers ce drame effroyable.

 

Je m’en suis tenu à honorer avec mes élèves la mémoire de ces enfants.

Pas d’enfants « juifs » mais juste d’enfants.

J’ai malgré tout précisé que je ne soutenais pas, et depuis longtemps, la politique du gouvernement israélien et que mon adhésion à cette minute de silence n’était pas une reconnaissance de ce gouvernement.

 

Juste la reconnaissance de vies brisées. Des vies d’enfants. Et j’aurais refusé cette minute de silence s’il n’y avait pas eu d’enfants assassinés.

 

Je n’adhère pas pour autant aux comparaisons faites envers les enfants syriens, afghans, irakiens, africains…

Comment pourrions-nous attribuer une échelle de valeur à la vie d’un enfant, quel qu’il soit. Ces enfants français ne mériteraient pas qu’on les pleure parce que des enfants meurent partout dans ce monde ? En quoi en sont-ils responsables ? Que pouvaient-ils y faire ? Ils en étaient certainement plus émus d’ailleurs que des milliards d’adultes rassasiés de paix et de bien-être…

 

Non, je pleure ces enfants-là tout autant que ceux qui aujourd’hui sont morts de faim, de froid, de soif, de maladie, de violence, sous les coups des adultes.

 

Aucune comparaison n’est possible. C’est un enfant mort. Et un autre, un autre, un autre, un autre, un autre, un autre, un autre, un autre, un autre, un autre, un autre…

Pas un enfant juif, syrien, africain, afghan, tibétain,…Juste un enfant, et un autre, et un autre, un autre, un enfant, un enfant, un enfant…

JUSQU'AU BOUT : Crise

Par Le 19/03/2012

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Le retournement vers soi. Il ne s’agissait pas de se contenter d’un regard humain mais d’instaurer un regard différent, neuf, épuré, jusqu’à l’effacement de cet humain. Qu’il ne reste qu’une forme de vie en symbiose avec d’autres formes de vie. L’oubli de soi, quand il ne s’agit que d’une forme aiguë de prétention, était la clé nécessaire à cette ouverture vers le monde. Il tenait la solution et la joie qui le gonflait aurait pu le faire voler au-dessus de la cime des arbres.

Ce fut comme une naissance. Et l’accession à une nouvelle lumière.

Pas, cette fois, la lumière artificielle d’une salle d’hôpital mais la lumière de l’univers. Un rayonnement d’étoile, un embrasement au cœur de ses fibres, un noyau en fusion, une âme libérée, un envol. Des vagues de frissons qui cascadent.

Un autre état de conscience, différent de celui prôné par l’esprit humain. Un état naturel. Un état de connivence avec le monde. Nous serions donc en dehors de la vie, attachés comme du bétail à tirer dans une fuite aveugle des fardeaux imposés, à nous abrutir jour et nuit de drogues licites, à nous interdire, par tous les moyens, de nous observer. Il pensa à ses journées de travail, à ses six heures en classe, à ses deux heures au bureau, à l’entretien de son logement et de son fourgon, de son vélo et de toutes ses petites affaires, aux courses, à la télévision et à la radio, à ces informations d’un monde en débâcle, aux discussions sur le mauvais temps et le prix de l’essence, et à tous les passe-temps dérisoires pour occuper les dernières minutes de cette mort camouflée dans une journée quotidienne. Toutes nos activités nous tournaient irrémédiablement vers un extérieur artificiel, à des distances considérables de nous-mêmes et du monde. De notre complicité avec ce monde. Nous étions tous dans un état de non vie.

Il s’assit au sommet d’une butte. Il dominait la cime des arbres. Le paysage devant lui s’étendait jusqu’à l’horizon. Il eut peur brutalement de ce qu’il découvrait.

Il eut peur du moment où il redescendrait parmi les morts.   

Il eut envie de leur parler. Il eut pitié d’eux. Pour la première fois, il aima l’humanité. Pendant quelques secondes. Pourquoi cette humanité avait-elle abandonné ce bonheur ?

Il chercha… Et comprit qu’il ne devait pas le faire. Chercher, c’était encore faire appel à l’esprit humain pour répondre à une question qui concernait un ordre planétaire, une harmonie universelle d’où l’homme s’était retirée.

Il déposa son sac, sortit sa serviette et l’étala. Il se déshabilla et s’allongea au soleil. Les yeux fermés.

Une brise légère mais régulière coiffait le sommet dégagé et repoussait les insectes. Il pensa aux rennes de Scandinavie qui progressent sur les crêtes ventées pour se protéger des taons. Il suivit leurs longues marches. Vaste troupeau obéissant à des migrations séculaires, chaque individu posant ses pas dans les pas de ses ancêtres, acceptant la loi du groupe sans même y penser, perpétuant sereinement un ordre naturel. Un faucon survolait les troupeaux. La danse suspendue de l’oiseau le conduisit au bord de l’océan. Jonathan Livingstone l’accueillit. Le goéland avait acquis la liberté à travers le vol, il avait brisé les règles établies et choisi de développer des qualités extraordinaires pour éveiller sa propre connaissance. Mais s’il avait atteint une liberté sublime, il ne le devait qu’à une volonté farouche. Ce n’était pas un exemple accessible à tous. Le développement de cette connaissance hors du commun n’avait été rendu possible qu’à travers l’extrême perception et l’absolue maîtrise de son essence. Il avait retrouvé enfoui sous de misérables comportements quotidiens toutes les possibilités de son corps et de son esprit. De son être unifié. Aujourd’hui, le culte de la personnalité qui servait de référence ne représentait en fait que la consolidation d’un système pervers, nullement l’accession à cette connaissance supérieure. Ce n’était pas l’homme qui était promu mais sa totale participation à une vie de masse. Et les quelques individus parvenant à s’extirper de cette foule anonyme cautionnaient par cette fausse réussite un esclavage doré, totalement éloigné de toute essence. Rien ne s’éveillerait. Ce n’était pas l’homme libre qui pouvait jaillir mais juste l’homme privilégié, profitant avidement de l’opulence sordide des plaisirs offerts par ce système, l’embellissement frénétique des murs de la prison. Et celui qui y parvenait apparaissait comme le plus heureux et le meilleur des hommes. Et la foule envieuse continuait à rêver avec le même enthousiasme aveugle, la même convoitise. Se nourrissant d’espoirs de gloire et de fortune quand la paix de l’âme restait à portée de main, accessible à tous, sans distinction sociale, raciale ou d’intelligence. C’est l’esprit seul, sa sensibilité et sa capacité à goûter pleinement l’importance d’un brin d’herbe comme celle d’une étoile qui ouvrait les portes du monde.

Il s’étonna de la fluidité de son raisonnement. Il ne se souvenait pas avoir connu auparavant des éveils aussi flamboyants. Il ne pouvait certifier qu’il parviendrait à échanger de telles idées mais ce bonheur  était déjà si inattendu qu’il lui suffisait amplement. Il douta d’ailleurs d’une possible transmission de tels raisonnements. N’était-ce pas à chacun de constituer sa propre théorie ? Sa propre vérité…Opposée à cette vacuité terrible qui nous étouffait. Soudainement, encore une fois, le vide de l’existence telle qu’elle était instituée, lui brûla la gorge. Physiquement. Il s’assit, prit la gourde et avala plusieurs goulées d’eau fraîche. L’angoisse disparût mais la tension dans laquelle l’esprit s’était maintenu céda d’un coup. Les larmes coulèrent, librement, sur les joues. Il fallait pleurer, il le sentait, c’était une délivrance nécessaire, pas une fuite ou un abandon mais un lien avec ce monde oublié et battu. La rencontre triste de deux consciences esseulées, la complicité fabuleuse de deux esprits en sursis, deux êtres condamnés à plus ou moins brève échéance, sentant au-dessus de leurs consciences effrayées la menace permanente d’un sabre que l’espèce humaine tenait fièrement.

Il refusa de sombrer dans les noirceurs et se releva. Il reprit son sac et s’engagea sur une sente. Il força son pas durant de longues minutes, crachant des bouffées de déprime dans les souffles jaillis de ses poumons, dans les brûlures de ses muscles, les gouttes de sueur qui voilaient ses yeux. Il sentit combien la peur pouvait étouffer les plus beaux sentiments, les plus intenses émotions. Il avait entrevu son retour parmi les hommes et la terreur qui s’était dressée l’avait tétanisé. Comment supporter ce mensonge immonde ? Ca ne lui semblait plus possible.

Il marcha comme un forcené, évadé d’une prison morale et qui court, qui court, sentant dans son dos la rage haineuse des morts.

Il serpenta entre les arbres, hors de tout objectif et de toute conscience réelle. Ce fut une fuite sans but. La douleur était en lui, les terreurs l’habitaient. Et il souffrait davantage encore de ne pas maîtriser ces assauts morbides, de ne pas parvenir au contrôle de soi et de devoir, pour trouver une certaine paix, consumer ses forces dans des défis déraisonnés.

Il atteignit un nouveau sommet, simple colline déboisée, ouverte sur les horizons. Dans la dernière montée, un vertige l’avait ébloui. Il décida de manger. Espérant surtout y trouver l’absence de pensées dont il avait besoin.

Face à lui s’étendaient des pentes boisées, vastes mers de couleurs superbes sur lesquelles les rayons solaires, variant leurs inclinaisons et leurs intensités, jouaient pendant des heures. Il devina, sous le secret des frondaisons, les itinéraires répétés des animaux, leurs parcours ancestraux, incessamment agressés par des hommes envahisseurs. Il sentit l’angoisse pesante des espèces encerclées, les cris suppliants des arbres abattus, les râles étouffés d’une terre labourée, toutes ces souffrances quotidiennes qui resserraient impitoyablement sur des êtres fragiles leurs étreintes mortelles. Il aperçut au loin une brume étrange, surplombant une vallée invisible. Etait-ce une vapeur échappée d’un lac ou la pollution d’une ville ? Embryon de pluie ou haleine putride. C’est de nos âmes que s’élevait ce poison. L’empreinte des hommes sur la Terre. Le cerf, au fond des bois, percevait le parfum pestilentiel des fumées d’usine, le ronflement des moteurs, le vacarme des avions, le hurlement aigu des tronçonneuses, les appels des chasseurs vers les meutes excitées des chiens. Même le parfum âcre de sa sueur agressait les narines des animaux aux abois. L’homme n’était toujours qu’une menace, que le complice cynique de la mort. Le dégoût. Il n’était qu’un humain. Les fumées de son fourgon, les routes dont il profitait, les champs sulfatés pour les récoltes forcées dont il se nourrissait, les bétails engraissés pour des populations obèses, les mers vidées par les filets dérivants, les centrales nucléaires pour des électricités gaspillées, les forêts vierges rasées pour des meubles coûteux, les fleuves agonisants sous les rejets nitratés, les décharges sauvages et les dépotoirs engorgés. On immergeait dans les fosses marines des containers de déchets radioactifs comme on jetait par les fenêtres des voitures un paquet de cigarettes. Le geste était le même. C’est la mort qu’on propageait.

Le dégoût.

Il ne voyait pas d’issue et sentait combien ses réflexions le conduisaient à une impasse. Si les animaux vivaient dans la peur permanente, la planète elle-même ressentait-elle cette angoisse ? Représentions-nous désormais le mal absolu ? 

Sa simple présence éveillait dans les arbres des frissons inquiets. Et les gens incrédules mettaient cela sur le compte du vent. Un pigeon passa devant lui. Son vol était puissant et rapide. Etait-ce une fuite, la recherche désespérée d’un dernier refuge ? On trouvait jusque dans les mers australes des traces de dérivés chimiques. Où pouvait-il aller ? Les feuilles des arbres, autour de lui, le regardaient avec des yeux terrifiés. Des hordes d’insectes affolés fuyaient devant ses pas aveugles. Les nuages empoisonnés pleuraient des larmes acides.

Les hommes avaient propagé la mort. Ils étaient son plus fidèle allié. L’humanité comme l’étendard de la grande faucheuse.

Le dégoût.

La violence du dégoût.

Il se leva et prit le chemin du retour. Un court instant, des désirs de suicide. Il en gardait sur les lèvres un goût sucré, presque bon. L’anéantissement salvateur de la culpabilité. Et l’impression d’un geste enfin à soi.

Il ne devait pas rester seul. Il en mourrait. C’était certain.

Tête baissée, il parcourut les bois, la mort aux trousses. Et c’est ce sentiment effroyable de la fin à venir que les hommes étouffaient sous des agitations frénétiques. Ne pas savoir, ne pas écouter ni sentir. Rien. Vivre dans l’aveuglement, juste pour se supporter. Nous étions la mort et nous le savions. Mais nous maintenions avec obstination l’interdiction de le dire.

Il finit par courir espérant que la violence de l’effort empêcherait toute intrusion raisonnée.

Arrêter de penser et ne penser qu’à cela.

C’était donc cela le rôle du sport. Juste le complice d’une dictature complexe. L’opium du peuple, un de plus.

Ne pas penser. Courir. Etouffer le dégoût sous des épuisements musculaires.

« Arrête de penser ! » cria-t-il dans le silence craintif des bois. Des sanglots échappés bloquaient ses souffles dans la gorge serrée.

« Arrête de penser, gémit-il, arrête, c’est plus supportable. »

A l’orée d’une clairière, il s’arrêta. Il ne se souvenait pas de cet espace dégagé. Il regarda autour de lui et ne reconnut rien. Au premier instant, il se dit qu’il était perdu mais l’absurdité de cette conclusion le frappa. Parmi les hommes il était perdu. C’est ici qu’il était quelque part. Mais il n’y trouvait pas les repères inculqués. Et se sentait totalement égaré.

Avant de s’effondrer, il fonça, droit devant.

Ce n’est pas le temps qui s’égrena mais la répétition mécanique de ses foulées, la force de ses respirations, l’usure de ses muscles, le choc dans son crâne des pas retombés, les crachats de salive qui suintaient aux coins des lèvres. Et les larmes salées qui coulaient de son corps comme un pus honteux.

Honteux.

C’est ainsi qu’il déboucha sur une route. Il reconnut l’accès au lac. Il était descendu trop bas. Il remonta le ruban goudronné et songea à ces milliards de kilomètres balafrant la planète, cicatrices sans cesse entretenues, élargies, renforcées, reliées entre elles par des réseaux de plus en plus étendus. Il crut devenir fou et comprit qu’il découvrait la vraie raison. Les fous, de leurs côtés, traçaient de nouvelles routes pour rejoindre plus rapidement leurs semblables.

Le parking, le fourgon. Il courut encore, s’engouffra, ferma la porte et sauta fébrilement sur la boîte de cannabis. Anesthésier les flots de pensées sous des brouillards parfumés, étouffer fébrilement des consciences insupportables.

 

 

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