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Moderna suspendu
Non, mais franchement, cette phrase et cet aveu, c'est complètement ahurissant...Je rappelle tout de même que le moindre doute émis il y a quelques temps par des individus lambda leur valait d'être immédiatement traités de tous les noms et en particulier de complotiste. Et là, on découvre que la "haute autroité de santé" n'a rien dit pour ne pas désorganiser la campagne de vaccination...
"Confiance.
-Pardon, vous avez dit quel mot ? "
"Si Moderna était aussi utilisé jusqu'à présent, la HAS ne l'avait pas remis en cause "pour ne pas désorganiser la campagne en cours". "
Covid-19 : pourquoi le vaccin Moderna n'est plus autorisé pour les doses de rappel en France
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France Télévisions
Publié le 17/10/2021 17:03Mis à jour le 17/10/2021 17:42
Temps de lecture : 3 min.

Un flacon du vaccin Moderna contre le Covid-19 à l'hôpital général du Pays de Galles occidental à Carmarthen, au Pays de Galles, le 7 avril 2021. (JACOB KING / AFP)
La Haute Autorité de santé a décidé vendredi de ne plus injecter le produit développé par Moderna pour la campagne vaccinale de rappel.
Prudence est mère de sûreté pour la Haute Autorité de santé. Le régulateur français a décidé, vendredi 15 octobre, de ne plus permettre d'injecter le produit développé par Moderna pour une dose de rappel du vaccin contre le Covid-19. Seul le vaccin de Pfizer-BioNTech est donc utilisé pour la campagne de rappel pour les plus de 65 ans, les immunodéprimés et leurs proches, les personnes à risque, comme les obèses et les diabétiques, ainsi que les soignants. Si Moderna était aussi utilisé jusqu'à présent, la HAS ne l'avait pas remis en cause "pour ne pas désorganiser la campagne en cours". Franceinfo vous explique pourquoi l'instance a décidé de le suspendre.
Parce que les pays scandinaves s'inquiètent de risques cardiaques
Début octobre, la Suède et la Finlande ont suspendu l'emploi du vaccin de Moderna pour les moins de 30 ans et le Danemark et la Norvège l'ont formellement déconseillé pour les moins de 18 ans. L'Islande, elle, a suspendu totalement l'utilisation du produit à ARN messager du laboratoire américain en tant que dose de rappel. La raison ? Un possible risque d'inflammation du myocarde, muscle cardiaque, et du péricarde, la membrane recouvrant le cœur. Selon les autorités suédoises, la plupart de ces inflammations sont bénignes et passent d'elles-mêmes, mais un avis médical est recommandé en cas de symptômes. "En toute hypothèse, celles-ci [les myocardites et péricardites] demeurent rares et spontanément résolutives dans la quasi-totalité des cas", écrit de son côté la Haute Autorité de santé dans son communiqué.
Parce que l'Agence européenne des médicaments n'a pas donné son feu vert
D'ordinaire, la Haute Autorité de santé attend l'avis de l'Agence européenne des médicaments (EMA) pour ensuite se prononcer sur l'administration d'un vaccin en France. Le régulateur européen doit rendre sa décision sur l'administration d'une dose de rappel avec le vaccin de Moderna à la fin du mois d'octobre. "Celui-ci va déterminer la population cible de ces injections et la quantité de produit nécessaire", précise Dominique Le Guludec, la présidente de la Haute Autorité de santé, dans Le Journal du dimanche.
"Dans son avis du 6 octobre dernier sur les rappels dans la vaccination contre la Covid-19, la HAS recommandait l'usage de Comirnaty [le nom commercial du vaccin Pfizer-BioNTech] suite à son obtention de l'autorisation de mise sur le marché (AMM) dans cette extension d'indication, sans écarter l'utilisation de Spikevax [Moderna] qui lui ne l'a pas encore, écrivait la HAS dans son communiqué vendredi. Les annonces de diverses autorités sanitaires ont mis en lumière les inconnues qui demeurent."
Parce que les indicateurs sont bons et la France ne manque pas de vaccins
Rien ne justifie de prendre une décision dans l'urgence concernant l'utilisation du vaccin Moderna en dose de rappel puisque les indicateurs de la situation sanitaire sont positifs. Selon les chiffres de Santé publique France au 16 octobre, le nombre d'hospitalisations est en baisse, avec 6 437 personnes hospitalisées à cause du Covid-19. Et 4 679 nouveaux cas ont été recensés en moyenne sur les sept jours précédents.
Cela correspond à l'objectif fixé par Emmanuel Macron lors de son allocution du 24 novembre 2020 pour lever les conditions du confinement de l'époque et contrôler la propagation de l'épidémie. "Il nous est arrivé d'y déroger [à la publication d'un avis avant l'EMA] dans l'urgence de la pandémie, mais aujourd'hui la situation sanitaire est sous contrôle et il est important de revenir à des règles normales", explique Dominique Le Guludec dans Le Journal du dimanche.
D'autant que la France peut compter sur de nombreuses doses du vaccin de Pfizer-BioNTech, en attendant la mise sur le marché d'une dose de rappel de celui produit par Moderna. La France a reçu cette semaine 1,2 million de doses, rappelle Le Parisien. Dans tous les pays où le vaccin Moderna est suspendu, celui de Pfizer-BioNTech prend le relais. Depuis le début de la campagne de vaccination, 74% de la population en France a reçu un protection intégrale grâce aux différents produits mis sur le marché.
Gaspillage alimentaire
C'est bien joli tout ça, la réflexion est indispensable, les actes le sont bien plus encore.
Et quand je lis de la part de ce monsieur qu'il n'est pas nécessaire de produire moins, je me dis qu'on n'est pas prêt d'avancer....Bien entendu que la pléthore d'offre accroît la demande, c'est tellement évident...Mais bon, il ne faut pas toucher à la croissance et surtout pas aux lobbies agro-industriel.
Il aurait fallu parler également de la surconsommation alimentaire d'une grande partie des individus car cela aussi, c'est du gaspillage. Mais, houla, que diable, c'est impossible, on ne peut pas porter atteinte ainsi à la liberté de manger plus que nécessaire...Et puis, ça serait de la discrimination, de la "grossophobie", etc etc...
Non, c'est juste une question de bon sens...
Gaspillage alimentaire : "Chaque année, 30% de la production mondiale termine dans nos poubelles", se désole un député
"Il faut qu'on fasse davantage" sur le gaspillage alimentaire, a soutenu Guillaume Garot, député socialiste de Mayenne, ce samedi sur franceinfo.
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Radio France
Publié le 16/10/2021 19:46
Temps de lecture : 3 min.

Guillaume Garot lors d'une session de question au gouvernement dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, 13 juillet 2021. (THOMAS PADILLAT / MAXPPP)
"Chaque année, 30% de la production alimentaire mondiale termine dans nos poubelles", a déclaré samedi 16 octobre sur franceinfo Guillaume Garot, député socialiste de Mayenne, ancien ministre délégué à l’Agroalimentaire, auteur d'une loi anti-gaspillage, qui interdit à la grande distribution de rendre les invendus impropres à la consommation, à l'occasion de la journée mondiale de l'alimentation. Le député demande une "meilleure information des consommateurs", alors que 10 millions de tonnes de nourriture sont gaspillées chaque année en France.
franceinfo : La France s'est engagée à réduire de moitié le gaspillage alimentaire d'ici 2025. Est-ce qu'on en prend le chemin ?
Guillaume Garot : Il faut qu'on fasse davantage. Il est vrai que nous sommes un pays pionnier en Europe puisque nous avions, en 2016, voté la première loi en Europe et sans doute dans le monde contre le gaspillage alimentaire. Il faut rappeler que le gaspillage alimentaire, c'est considérable à l'échelle de planète, c'est 30% de la production alimentaire qui est jetée ou gaspillée chaque année. À l'échelle de notre pays, c'est 10 millions de tonnes qui finissent à la poubelle. Ça équivaut à 16 milliards d'euros. Nous sommes évidemment, comme consommateurs, directement concernés. C'est là-dessus que nous devons porter aujourd'hui l'effort dans nos politiques publiques. Il faut mieux informer les consommateurs, faire qu'on sorte des confusions entre les dates limites de consommation et les dates de consommation optimale. Tout cela est un peu difficile à comprendre. Il faut vraiment un effort de clarification et un effort d'explication auprès des consommateurs que nous sommes. Pour les produits secs, les biscuits par exemple, vous pouvez toujours manger votre biscuit au-delà de la date indiquée sur le paquet. D'ailleurs, si vous regardez bien, c'est "à consommer de préférence avant". Il faut cet effort d'explication. Et puis, je crois surtout fondamentalement qu'il faut un effort sur l'éducation à l'alimentation. Ça veut dire qu'il faut donner à chaque enfant de France les repères, les savoirs, les connaissances sur l'alimentation pour avoir une consommation plus responsable. C'est indispensable que notre pays s'engage dans cette voie.
C'est l'un des points de votre proposition de loi qui n'avait pas été retenu, justement : l'éducation au sein des établissements scolaires.
Je milite pour ça depuis depuis longtemps maintenant. Nous attendons des actes et rien ne sort. Ce qu'il faut aussi contre le gaspillage alimentaire, c'est que nous soyons beaucoup plus volontaristes sur la mesure exacte du gaspillage parce que c'est très bien de se doter d'objectifs pour que nous puissions réduire notre gaspillage alimentaire à l'horizon 2020, 2025, 2030, de 50% par ce qu'il était en 2015. Encore faut-il savoir de quoi on parle. Il faut donc que l'on puisse mesurer exactement ce qui est gaspillé.
L'une des solutions est-elle de moins produire ?
Non, la solution n'est pas de moins produire, mais de mieux consommer. Je pense qu'il faut aujourd'hui continuer à produire, bien sûr, parce qu'on a besoin de manger. Quand je dis besoin de manger, on a besoin que tous puissent accéder à la nourriture et une nourriture de qualité. Lutter contre le gaspillage alimentaire, c'est bien pour la planète. Parce qu'aujourd'hui, le gaspillage, c'est l'équivalent d'un troisième pays après la Chine et les États-Unis, qui produirait des gaz à effet de serre. C'est 8 à 10% du total des émissions de gaz à effet de serre mondiales et c'est un enjeu de solidarité. Il y a la précarité alimentaire pour beaucoup d'entre nous et donc ce qu'il faut aujourd'hui, c'est agir pour que la nourriture et l'alimentation soient mieux distribuées, qu'on puisse garantir à chacun l'accès à cette alimentation de qualité.
Interdit d'interdire - Dictature sanitaire ou démocratie sanitaire ?
"Statistiquement, l'homme est majoritairement bon et une minorité qui tient le devant de la scène et fait un bruit d'enfer, le pervertit. "
Michel SERRES.
J'adhère totalement à cette réflexion.
Il suffit d'aller lire les "actualités" sur la page google pour s'en apercevoir. Guerres, meurtres, viols, agressions, dilapidations de l'argent public, crise, chômage, infanticides, catastrophes...Et depuis plusieurs mois, l'épidémie, la pandémie, les morts, les morts, les morts.
Quel intérêt de mettre tout ça en avant, systématiquement, à outrance, quotidiennement?
La peur.
Tout simplement la peur que les gouvernants entretiennent parce qu'elle vient valider leurs discours de "sauveurs".
Et sont ignorés les millions de gens qui dans le même temps auront œuvré à leur bonheur et au bonheur de leurs proches.
Ceux qui vivent en paix, intérieurement et socialement et qui ne peuvent dès lors aucunement servir les Puissants qui ont besoin de cette peur.
La peur engendre également le besoin de se divertir et de l'oublier et dès lors, il est facile de vendre des ersatz de bonheur, des choses futiles, instables et provisoires. Le marché en regorge. La croissance se nourrit de la peur, c'est son moteur. Les Puissants ne souhaitent pas notre bonheur. Ils souhaitent uniquement notre pouvoir d'achat. La crise les dérange car elle réduit leur propre richesse.
Les nouveaux milliardaires travaillent d'ailleurs, soit dans l'armement, soit dans les marchés du "loisir", soit dans les matières premières volées aux pays envahis par les "Sauveurs"...
Le bonheur se nourrit de plénitude, pas d'accumulation de biens. Les biens nourrissent juste votre peur de les perdre et par conséquent votre désir d'être "protégés" par les Puissants. Et la boucle est bouclée.
Les actualités sont au service des Marchands et des Puissants qui les servent et qui sont rémunérés pour les services rendus.
L'Islam est une vache à lait. Le terrorisme est une mamelle qui coule sans fin. Les manipulations médiatiques entretiennent la traite. Et nous sommes les consommateurs. Ou alors, il convient de tout éteindre et d'allumer sa conscience. Pas une conscience formatée mais celle qui est tournée vers le Bien et le Beau.
Lutter soi-disant contre le Mal en l'exploitant à des fins mercantiles entretient le Mal et l'insère dans les esprits. Les enfants en sont les premières victimes, il s'agit de construire les futurs consommateurs. Intégrer en eux les processus de peur et créer déjà les appels au secours. "Sauvez-nous, par pitié". Et ne jamais comprendre qu'ils appellent à l'aide les créateurs des conflits.
"Votez pour moi, je vous sauverai. "
"Achetez le dernier ipod, achetez la dernière BMW, achetez les produits qui garderont votre beauté."
Ceux-là sont morts déjà. Ils font partie de la masse et n'ont plus d'existence propre.
De l'usage politique de la peur.
Les sénateurs PS et la vaccination obligatoire
Juste pour information, pour ceux à qui ça aurait échappé
Covid-19 : les sénateurs PS veulent rendre la vaccination obligatoire
Le sénateur PS et médecin Bernard Jomier a précisé sur France Info que l’effet du pass sanitaire était « quasiment épuisé ».

Pour les sénateurs socialistes, la solution n'est donc pas d'exiger le pass sanitaire dans les lieux publics, mais bien de rendre obligatoire à tous les Français la vaccination anti-Covid.© Vincent Isore / MAXPPP / IP3 PRESS/MAXPPP
Par LePoint.fr
Publié le 13/10/2021 à 10h27
Vers une obligation vaccinale pour tous ? C’est en tout cas ce que suggère le groupe PS au Sénat, qui dépose une proposition de loi concernant la vaccination contre le Covid-19 ce mercredi 13 octobre. « Le pass sanitaire a été très efficace pour inciter les Français à se faire vacciner, mais cet effet-là est quasiment épuisé », a ainsi expliqué sur France Info le sénateur Bernard Jomier, également médecin généraliste, alors que la prolongation du pass sanitaire est présentée en conseil des ministres.
Pour les sénateurs socialistes, la solution n’est donc pas d’exiger le pass sanitaire dans les lieux publics, mais bien de rendre obligatoire à tous les Français la vaccination anti-Covid. « L’idée est aussi d’instituer une règle générale, non pas réservée aux soignants ou aux gendarmes, ou aux uns ou aux autres », explique le professionnel de santé. Et de préciser : « C’est de dire "tout le monde doit être vacciné", c’est un devoir. » L’objectif : éviter une nouvelle vague causée par les millions de Français qui n’ont pas encore reçu leur injection contre le coronavirus.
« Il faut banaliser l’épidémie »
Pour appuyer ses idées, le sénateur cite l’exemple de la Nouvelle-Calédonie qui a choisi cette voie au début du mois de septembre. « Depuis, le taux de vaccination a grimpé en flèche », souligne le médecin. Au 8 octobre, 72,9 % de la population totale a complété son schéma vaccinal en France, selon le site du gouvernement.
À LIRE AUSSICoignard – Pass sanitaire : le pari – osé – d’Emmanuel Macron
« Il faut banaliser l’épidémie », affirme également Bernard Jomier. « Il faut arriver à une protection collective qui fasse que plus jamais ce virus ne puisse venir impacter aussi violemment notre société », poursuit-il, rappelant l’importance des vaccins dans l’éradication des maladies – notamment infantiles.
Passe sanitaire et 3ème dose
Evidemment. C'était couru d'avance. D'ailleurs, il s'agit bien d'une course, mais sans fin.
3ème, 4ème, 5ème, rappel tous les six mois.
On n'est plus très loin de ce moment où le gouvernement appliquera des sanctions fiscales, des baisses d'allocations familiales, des baisses d'APL, où le gouvernement demandera un carnet vacccinal à jour pour postuler à un emploi dans la fonction publique, à l'accès à un concours, voire même une injonction similaire dans le secteur privé. C'est toujours comme ça que ça se passe dès lors qu'on a mis un pied sur le tapis roulant...
Le gouvernement réfléchit à conditionner le passe sanitaire à l'administration d'une dose de rappel
Par Le Figaro
Publié hier à 10:19, mis à jour hier à 13:46
Pourrait-on perdre son passe sanitaire si l'on refuse la troisième dose? «C'est quelque chose que l'on regarde», répond Borne
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«C'est quelque chose que l'on regarde, ça n'est pas décidé», a indiqué la ministre du Travail ce jeudi matin.
La 3e dose de rappel de vaccin contre le Covid-19 sera-t-elle bientôt requise pour valider son passe sanitaire ? C'est une petite musique qui monte : si le rappel n'est pas requis pour le moment, la situation pourrait changer dans les prochaines semaines. Un moyen pour l'exécutif de pousser les injections, alors que le rythme actuel est jugé insuffisant.
À LIRE AUSSI : Vaccins contre le Covid: à quoi sert la troisième dose?
Invitée d'Europe 1 ce jeudi matin, la ministre du Travail a ainsi déclaré que le gouvernement envisageait la possibilité de supprimer le passe sanitaire pour les personnes refusant de faire la troisième dose. «C'est quelque chose que l'on regarde, ça n'est pas décidé. L'intérêt c'est de rester protégé avec ce vaccin», a affirmé Élisabeth Borne.
«Quand vous êtes une personne âgée vaccinée depuis plus de six mois, c'est vraiment très important, on sait que l'immunité baisse fortement au bout de six mois, donc il faut absolument faire cette troisième dose», a justifié la ministre. Quand la journaliste Sonia Mabrouk lui répond que cela «peut pénaliser» certaines personnes, la ministre tente d'encourager les Français à la troisième dose : «Vous savez, on est là pour protéger les Français face au virus».
La veille, le porte-parole du gouvernement était resté prudent sur les évolutions à venir concernant le lien entre le rappel et le passe sanitaire. «Aujourd'hui, la troisième dose, ou le rappel vaccinal, n'est pas requis dans le cadre du passe sanitaire», avait rappelé Gabriel Attal, sous-entendant que cette situation pouvait évoluer.
Car si la «campagne de rappel française apparaît plus dynamique que celle des autres pays», selon le ministère de la Santé, reste que les injections progressent trop lentement. 1,73 million de doses de rappel ont été administrées, mi-octobre, sur plus de «4,5 à 5 millions de personnes» éligibles. «Ce n'est clairement pas suffisant pour garantir dans la durée le niveau de protection immunitaire contre le virus», s'est inquiété Olivier Véran cette semaine. L'extension du passe sanitaire à la dose de rappel pourrait donner un coup de fouet à la campagne.
Ce dossier risque de devenir particulièrement central si la dose de rappel est étendue à l'ensemble de la population : «l'administration d'une dose de rappel deviendra probablement nécessaire au cours des mois qui viennent», avertissait ainsi la Haute autorité de santé la semaine dernière.
Piégeage des oiseaux
Ministre de l'écologie dans ce gouvernement, c'est comme ministre du droit des femmes en Afghanistan. La campagne présidentielle a débuté, ça ne fait aucun doute. Monseigneur râcle à droite toute. On sait depuis longtemps qu'il aime la chasse mais qu'il aime surtout le vote des chasseurs. Il sait de toute façon qu'il n'aura pas le vote des écologistes donc il s'en fiche. Pour ce qui est de ces chasseurs, adeptes des "traditions", il ne faudrait pas que j'en croise un. Là, je sais que je deviendrais violent. Quand j'étais enfant, les alouettes, il y en avait partout. J'adorais leurs chants et leurs envolées suivies de plongées musicales. Ce monde humain me révulse.
Chasses traditionnelles d'oiseaux à nouveau autorisées : la LPO dénonce l'acharnement à "tordre le droit pour tuer"
Le ministère de la Transition écologique a réautorisé plusieurs technique de chasse traditionnelle, en dépit d'un arrêt du Conseil d'État cet été.
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Radio France
Publié le 15/10/2021 11:00Mis à jour le 15/10/2021 11:07
Temps de lecture : 2 min.

Un pinson pris dans une "matole", technique qui est à nouveau autorisée dans les Landes et le Lot-et-Garonne. (NICOLAS TUCAT / AFP)
La LPO, la Ligue pour la protection des oiseaux, confirme qu'elle va saisir le Conseil d'État, ce vendredi 15 octobre sur franceinfo, après la parution de plusieurs arrêtés réautorisant un certain nombre de chasses traditionnelles d'oiseaux dans plusieurs départements. "On s'acharne à tordre le droit pour tuer davantage", s'est insurgé son président Allain Bougrain-Dubourg.
"On le regrette, c'est affligeant", a-t-il poursuivi, dénonçant le calendrier choisi par le ministère de la Transition écologique. "Il prend cette mesure un vendredi, ce qui veut dire que notre référé va partir aujourd'hui, mais qu'il ne prendra forme qu'à partir du début de la semaine prochaine, fait-il remarquer. Alors même si le Conseil d'État suspend les arrêtés, ils auront permis aux chasseurs d'aller maltraiter la faune pendant au moins un week-end". Le président de la LPO a dénoncé le "décalage total" entre les propos d'Emmanuel Macron, quand il affirme au Sommet mondial de la biodiversité à Marseille "que la France doit être exemplaire", et "cette réalité" où l'on ré-autorise des pratiques de chasse.
"C'est un loisir, un plaisir à tuer"
"Il ne s'agit pas de limiter des populations en surnombre comme le sanglier ou de chasser pour survivre, c'est un loisir, un plaisir à tuer", a dénoncé Allain Bougrain-Dubourg. Il a tenu à rappeler que les oiseaux, dans les Ardennes notamment, se faisaient "étrangler par des lacets" après avoir été capturés par ces pratiques qui consistent à piéger des oiseaux dans des cages ou des filets.
"Quand les traditions sont mauvaises, meurtrières, il faut les cesser"
Alain Bougrain-Dubourg, président de la LPO
à franceinfo
"Au XXIe siècle, ce n'est pas acceptable. L'Europe ne l'accepte pas, on est le dernier pays d'Europe à l'accepter", a-t-il critiqué appelant "à arrêter de se comporter de manière inacceptable à l'égard de la faune sauvage".
La population des alouettes des champs en déclin
Selon ses chiffres, les alouettes, visées notamment par ces réautorisations, ont perdu 30% de leur population en 15 ans. L'Union internationale pour la conservation de la nature considère également que l'espèce décroit. "Doit-on en rajouter encore alors qu'on les tire déjà au fusil ?", s'est interrogé Allain Bougrain-Dubourg. "Calmons-nous avec cette violence à l'égard de la nature, un peu de dignité élémentaire, c'est inacceptable", a-t-il répété dénonçant le poids du lobbying des chasseurs. "C'est pathétique, on est le pays des droits de l'Homme mais on n'est pas le pays des droits de la nature", a-t-il conclu.
L'association One Voice, de son côté, a également fait savoir sur son compte Twitter, ce vendredi, qu'elle s'apprêtait à saisir le Conseil d'État. "Nos référés partent", a-t-elle indiqué.
Jarwal et les Maruamaquas

JARWAL LE LUTIN
Tome 3
Chapitre 4
Jarwal se retourna sur sa natte.
Il ne dormait pas. Une idée qui tournait inlassablement dans son esprit en feu, un orage boursouflé, un tonnerre assourdissant. Impossible de le faire taire. S’il rentrait dans sa forêt, s’il quittait ce pays inconnu, il perdrait sans doute tout espoir de retrouver son passé, de retrouver ce lutin qu’il était, il ne resterait de lui que cette enveloppe vide qu’il traînait comme un fardeau. Personne ne pourrait lui venir en aide. C’est ici que se trouvait la seule issue. Gwendoline avait certainement raison. Et pourtant, cette colère contre ce peuple, cette rancœur contre ces lieux, ces regrets d’être venu ne cessaient de le déchirer, une scission irréparable, l’impression d’être habité par deux individus opposés. Et qu’un troisième observait leur conflit interne.
Il devait se donner une dernière chance. Essayer de retrouver ce peuple, ce jeune Kalén, accepter une aide, sortir de cette colère, abandonner cette prétention qui lui avait fait croire follement qu’il pourrait se guérir lui-même. Ou mourir ainsi.
Une autre pensée qui s’invita soudainement. Cette violence dont il avait été la victime n’avait pas nécessairement détruit en lui cette mémoire indétectable mais elle l’avait couverte d’un voile opaque. Tout était là encore, mais enfouie, contenue, comme une simple mousse sous les frondaisons immenses de la jungle. Une mémoire recroquevillée comme un petit animal maltraité. C’était d’amour dont elle avait besoin pour éclore. La colère ne ferait que la maintenir dans des ressentis néfastes. Il s’était mal comporté avec Gwendoline, il le savait. Toujours cette colère qui l’aveuglait. Les émotions sont redoutables si on leur lâche la bride, elles filent au galop et entretiennent l’aliénation. Il n’était plus qu’une bête affolée. Le cavalier était tombé au sol. Il devait redevenir le Maître intérieur.
Il écouta respectueusement la respiration régulière de Gwendoline.
Un sourire à l’âme.
Il ferma les yeux.
Le groupe armé avançait comme une marée montante sans reflux, une vague butée, obstinée, déterminée, emplie de colère, nourrie de rage, une soif de vengeance qui brûlait les âmes. Des machettes qui sectionnaient rageusement les branches, les lianes, les herbes hautes, tout ce qui entravait cette marche forcée.
Gwendoline entendit la rumeur qui gonflait comme une houle. Elle sursauta et réveilla aussitôt Jarwal.
Le lutin comprit immédiatement et courut à l’entrée de la hutte. Une lumière pâle de petit matin. Un ciel couvert, des vaisseaux de brume accrochés aux arbres comme à des récifs. Des bruits de pas, des branches cassées, des voix, mais surtout cette impression affolante d’une masse en marche, un roulement d’orage, un magma bouillonnant qui montait vers eux. La violence d’une armée.
Gwendoline s’empara de trois mochillas, les remplit de toute la nourriture qui tombait sous sa main, Jarwal l’aida de son mieux.
L’urgence, s’enfuir, les hommes de guerre approchaient.
Ils sortirent par une fenêtre à l’arrière de la hutte et disparurent sous le couvert des arbres, la peur au ventre, la terreur dans leur dos, des regards inquiets jetés en arrière, comme un prédateur à leur poursuite, des frissons incontrôlables qui se déversaient dans leurs muscles. Ils s’arrêtèrent lorsque la brûlure dans leur poitrine en feu les empêcha de respirer. Ils se tapirent sous un parterre de fougères, un lacis épais de verdure.
Aucun bruit d’hommes. Juste les cris des oiseaux.
Léontine vint les rejoindre.
« Ce sont des Portugais. L’armée ennemie de Jackmor. Trois soldats les guident, ils savent où est le camp des Kogis dans la montagne. Ils sont décidés à lancer une nouvelle attaque, ils ont eu des renforts. Tout le monde est excité à l’idée de récupérer l’or des Espagnols.
-C’est d’abord l’or des Kogis, rectifia Jarwal.
-Pour les Portugais, comme pour les Espagnols, les Kogis n’existent même pas, répliqua Léontine. Tu sais, Jarwal, il me suffit d’écouter leurs pensées et bien souvent les pensées sont bien plus proches de la réalité que les mots qu’on ose dire. Je peux t’assurer que les pensées de ces hommes n’ont aucune considération pour les Kogis. C’est bien plus effroyable encore que tout ce qu’ils racontent. Ils ne rêvent que de massacres et de fortune.
-Tu lis dans les pensées ? demanda Jarwal.
-Oui, mon cher ami et je sais ce que tu ressens ce matin. »
Une gêne dans l’âme du lutin, un regard furtif vers Gwendoline.
« Et j’en suis infiniment heureuse, » ajouta la petite mouche.
Jarwal joignit les mains et croisa les doigts nerveusement en regardant le sol. Une bouffée d’émotions, une incertitude, comme si les mots ne pouvaient pas prendre forme, qu’ils ne sauraient jamais exprimer ce qu’il portait.
Gwendoline posa une main sur sa joue.
Le lutin leva les yeux. Tellement d’amour dans les prunelles de sa compagne, tellement de douceur, même pas cette attente qui crée la tension du doute, aucun espoir dans les paroles à venir, juste cette acceptation dans les yeux de Gwendoline, juste cet accompagnement de l’être aimé, la patience et la confiance unifiées, la sérénité pour témoin de leur union.
Jarwal ne pouvait pas retenir en lui ce bouillonnement.
« Je sais que tu avais raison, Gwendoline. Il faut rejoindre les Kogis et voir ce qu’ils peuvent faire pour moi. Je ne dois pas abandonner et partir. C’est comme si je laissais ce Jarwal sur place et ne rentrait qu’avec un fantôme. Mon histoire est ici et c’est ici que je dois la retrouver. »
Elle l’embrassa sur le front. Juste un baiser plein de tendresse.
Léontine bourdonnait de bonheur autour d’eux.
C’est là qu’ils virent certaines fougères bouger étrangement. Comme un roulis, une houle de frissons, un frémissement continu. Ils se levèrent et reculèrent de quelques pas. Les sens aux aguets.
Sous leurs yeux ébahis, des formes s’agitèrent, une myriade de petits êtres couverts de feuillages, des fougères qui n’en étaient pas, une apparition stupéfiante. La troupe se plaça devant eux. Des corps envahis de végétation mais pourtant une forme bien identifiable. Pas plus haut que le chapeau pointu de Jarwal. Des branchages pour membres, des tiges garnis de jeunes pousses, des feuilles, des plantes, des mousses, un amalgame hétéroclite, comme un collage anarchique, mais un visage souriant et des yeux lumineux, parfaitement visibles dans l’imbroglio végétal, des prunelles luisantes comme des soleils.
« Ah ! L’amour, on ne peut y résister, annonça en sautillant un des petits êtres.
-C’est vrai, c’est tellement bouleversant, enchaîna un deuxième.
-Le seul phénomène qui puisse nous pousser à nous montrer, renchérit un troisième. »
Des bonds qui accompagnaient chaque parole, une frénésie joyeuse, une danse pétillante.
« Qui êtes-vous ? demanda Gwendoline qui ne lâchait pas la main de son lutin hagard.
-Nous sommes la Vie, comme toi ! » lança le plus impétueux.
Des éclats de rires dans l’assemblée, des cabrioles et des roulades, des individus qui se trémoussaient en mêlant leur verdure, des galipettes et des embrassades, une agitation paroxystique.
« La Vie, nous sommes la Vie, la Vie, nous sommes la Vie, répétaient-ils tous, en chœur.
Jarwal, Gwendoline et Léontine n’avaient jamais vu de tels êtres. Ils connaissaient pourtant bon nombre d’individus curieux et magiques, elfes et gnomes, farfadets et korrigans mais des êtres végétaux dansant des sarabandes endiablées, ils ne l’auraient même jamais imaginé.
Léontine se posa sur l’épaule de Gwendoline.
« Nous vous regardons depuis longtemps, mais l’amour était parti du cœur de celui-ci ! lança l’un d’eux en désignant Jarwal
-Non, pas parti, cher ami, mais submergé de tristesse, reprit un voisin.
-Oui, la tristesse est un étouffoir de l’Amour mais l’Amour n’est jamais triste. C’est juste des feuilles mortes qui le couvrent. Laisse passer l’hiver et tu verras la pourriture des feuilles nourrir la Vie,» enchaîna un troisième.
Des éclats de rire encore, cristallins. Des carillons de notes aiguës. Les feuilles agitées de leurs corps sautillants.
« Vous voulez dire que vous ne vouliez pas vous montrer à cause de moi ? demanda Jarwal.
-Pas à cause de toi, répliqua un petit être ébouriffé comme un buisson juvénile. Tu n’es pas ce que tu penses. Ne te trompe pas. Ce que tu penses n’est qu’une dérive de l’Amour de la Vie.
-Nous attendions que la pourriture des feuilles soit consommée, ajouta son compagnon. Et que l’Amour remonte à la surface.
-Vous n’apparaissez qu’aux êtres qui s’aiment alors, c’est ça ? interrogea Gwendoline.
-Tous les êtres sont dans l’Amour. L’Amour, c’est la Vie, mais les pensées de votre tête vous font aimer le désordre de vos pensées. Rien à voir avec l’Amour de votre âme. Vous parvenez même parfois à aimer ce qui vous enferme. Ce sont toujours vos pensées. Et votre tête finit par aimer ce qui la ronge. C’est incroyable ça. L’Amour de la Vie n’est pas un guerrier. Il aime la sérénité. Alors, il se retire et il attend que vous arrêtiez de vous mentir. »
Des réflexions secrètes, silencieuses, une analyse minutieuse.
« Et voilà, vous vous remettez à penser ! lança joyeusement une boule de feuilles agitée. Vous êtes tout de même incorrigibles ! Laissez donc rayonner votre Amour de la Vie.
-Nous avons un grave problème, annonça Gwendoline.
-Mais non, il n’y a pas de graves problèmes, il n’y a que ce que ce vous en pensez. Sinon, cela voudrait dire que la Vie est un grave problème et quand vous pensez cela, la Vie se retire dans son coin et vous laisse exister à travers vos pensées. La Vie ne lutte pas, elle aime la sérénité, je vous l’ai dit.
-Et bien, chers amis, intervint Jarwal, je pense que mes pensées sont un grave problème. Je pense sans cesse à ma mémoire qui a disparu.
-Mais non, elle n’a pas disparu. Elle s’est retirée dans un coin. Et comme tu étais en colère, elle avait peur. On ne réconforte pas un petit animal traumatisé avec de la colère ou de la peur.
-Tu veux dire que je peux retrouver ma mémoire ?
-Tu ne vas pas la retrouver, c’est elle qui reviendra. Vous êtes vraiment prétentieux, vous autres, à croire que tout dépend de vos pensées et de votre volonté. C’est comme si vous étiez en Vie parce que vous l’avez voulu ! Ridicule. La Vie n’a pas eu besoin que vous pensiez à elle pour s’installer. Et vous, vous pensez que vous pouvez imposer votre volonté à la Vie. C’est incroyable ça !
-Regardez ces grands arbres ! proposa un petit arbrisseau. Vous croyez que c’est la volonté de la graine qui a donné ce superbe ouvrage ? Et la Vie alors ? Elle se serait installée une fois que la volonté aurait pris forme ? Ridicule. Vous observez tout à l’envers. »
Des leçons proclamées par une troupe de joyeux lurons.
Gwendoline les observait avec fascination. Une multitude de visages dans une diversité hétéroclite. Des bouilles rondelettes ou triangulaires, des faces plates comme des assiettes, un mélange inexplicable de feuilles assemblées mais toujours ce pétillement dans leurs prunelles, deux soleils ardents qui irradiaient de bonheur.
« Vous voulez dire que nos pensées sont des œillères à la réalité de la Vie ? demanda Jarwal.
-La réalité ? Mais qu’est-ce que c’est cette réalité ? Ce que vous voyez ? Ridicule. »
L’ensemble de la troupe, dans un synchronisme parfait, s’évapora. Une multitude d’oiseaux colorés s’égailla au-dessus de leurs têtes, une nuée de piaillements dans des arabesques maîtrisées, des zébrures de corps fuselés, comme des flèches jouant un ballet de plumes. Et toujours ces yeux aussi brillants que des astres naissants, une énergie condensée, une concentration d’univers.
Le ballet cessa d’un coup, les oiseaux disparurent et un champ de pierres inertes s’étendit à leurs pieds. Des roches lisses et immobiles, éparpillées devant les trois amis. Au même instant, sur chaque caillou, des paires d’yeux s’ouvrirent et les observèrent, des prunelles étincelantes d’où jaillissaient des rires de lumières. Des battements de paupières aussi stupéfiants que des naissances d’étoiles.
Puis, avec la même célérité, dans une simultanéité parfaite, un florilège de papillons les entoura, plus de pierres sur le sol mais une farandole radieuse, des élucubrations étourdissantes, des figures imprévisibles, toute la magie délicieuse des vols de papillons. Et sur les corps délicats rayonnaient d’une intensité éblouissante des yeux aussi perçants que des fusions de soleils.
Comme un souffle tonitruant balayant tout sur son passage, la nuée de papillons s’évanouit. Rien d’autre n’apparut.
Les trois amis restèrent statufiés.
« Où êtes-vous ? demanda Jarwal.
-Chut, coupa Léontine. Les hommes. »
Des bruits dans la forêt, des voix qui portaient par-delà les arbres. La troupe des Portugais avait quitté le camp des Kogis et reprenait sa progression.
Jarwal se coucha sous le parterre de fougères en se demandant s’il ne manquait pas d’écraser un de leurs étranges visiteurs. Gwendoline s’allongea à ses côtés.
« Ils ne peuvent pas nous voir. Ne bouge pas, » murmura-t-il, en posant délicatement une main sur son bras.
Gwendoline frissonna de bonheur à cette parole protectrice, à cette attention inespérée. Jarwal veillait sur elle. Jarwal reprenait vie.
Ils n’aperçurent même pas les soldats à travers l’épaisseur végétale. Ils suivirent attentivement l’extinction des voix et se relevèrent prudemment. Ils regardèrent minutieusement autour d’eux. Des plantes, des oiseaux, des papillons, des pierres…Quelles formes avaient-ils pris ? Où pouvaient-ils bien être ?
La réalité n’était pas ce qu’ils voyaient…
Au pied d’un tronc colossal, ils virent un tapis de mousse s’agiter, des ondulations de nuages, des formes timides qui tentaient une croissance, puis des pousses opiniâtres qui se dressaient, des silhouettes redessinant l’esquisse des corps et enfin tout un petit peuple de bonhommes moussus, habillés de feuilles disparates. Les yeux flamboyants s’ouvrirent dans un seul mouvement et la troupe reconstituée, s’avança précautionneusement et les rejoignit.
« Bouh, toute cette méchanceté chez ces individus, c’est insupportable. Il nous est impossible de rester visibles dans cette ambiance morbide. Même les plantes en subissent les effets polluants mais moins tout de même que les autres formes vivantes. Chez elles, les pensées sombres s’évaporent rapidement. C’est l’Amour de la lumière qui permet ce nettoyage. Chez les humains, tout reste enfermé. Quand les égos sont les maîtres, la conscience de la réalité s’efface.
-Vous n’avez donc aucune forme définitive ? interrogea Gwendoline.
-Une forme ? Mais pour quoi faire ? C’est absurde, se moqua un individu hirsute.
-Tout aussi absurde que cette idée que nous devons avoir un nom, enchaîna son voisin. Vous avez vraiment une idée bien curieuse de la réalité. Vous pensez que parce que vous vous êtes identifiés à votre forme et que vous vous reconnaissez à travers votre nom, vous avez fait le tour de la Vie ? Mais c’est consternant tout ça ! Vous avez conscience de l’insignifiance de votre développement ? »
Un ton nullement arrogant, juste un total ébahissement.
Les trois amis sentaient que dans les paroles de ces petits êtres, il n’y avait aucune moquerie. Mais une absolue incompréhension.
« Un jour, vous allez mourir, vous allez perdre votre nom et votre forme. Vous aurez quitté la Vie mais la Vie, elle, n’aura rien quitté du tout. Elle n’aura pas disparu, vous comprenez ? C’est vous qui partez, c’est vous qui sortez du flux vital. La Vie continuera sa tâche créatrice, votre tour est passé. C’est ridicule dès lors de s’attacher de la sorte à cette image que la Vie vous a procurée. Il serait bien plus judicieux de saisir cette conscience de la Vie et non d’entretenir la conscience de votre forme. Cette forme n’est rien d’autre qu’une enveloppe. C’est comme si vous décidiez de vénérer votre outre et de délaisser l’eau qu’elle contient. C’est absurde.
-Les deux sont indispensables, intervint Jarwal.
-Bien entendu. Une outre vide ne sert à rien et de l’eau sans outre est intransportable. Mais par contre, elle a déjà une existence cette eau, vous n’êtes pas obligés de devoir la transporter, vous pouvez déjà en profiter. L’outre est secondaire si vous décidez de rester là où se trouve l’eau. Dans votre cas, c’est l’enveloppe qui compte avant ce qu’elle contient. Vous observez à l’envers.
-Vous voulez dire que vous pouvez changer de formes parce que vous êtes reliés à la Vie avant de l’être à votre forme ?
-Oui, c’est cela, magnifique, tu apprends vite cher lutin ! »
Une danse spontanée qui agita toute la troupe, des cris de joie et des cabrioles.
Gwendoline aperçut un sourire sur le visage de son aimé.
« Quand vous êtes identifiés à votre image, vous êtes attachés aussi à la diffuser à l’extérieur, comme pour la maintenir en vie. Vous voulez qu’elle vous représente et vous en venez à chercher des solutions à vos problèmes dans votre environnement et dans vos relations. Vous pensez même parfois que le monde est responsable de votre état intérieur. Vous mélangez les conditions de vie et la Vie en vous. Mais la seule réalité qui vous concerne, elle est en vous et nulle part ailleurs. Quand vous vous acharnez à faire, vous en oubliez d’être.»
L’urgence de la situation qui s’imposait à Jarwal, comme un coup au cœur qui le sortit de ce bonheur de l’échange. Les conditions de vie qui reprenaient le dessus.
« Est-ce que vous savez où se trouvent les Kogis ? Il faut absolument que je les retrouve.
-Les Kogis sont dans la montagne. Des hommes mauvais les retiennent. Et les hommes mauvais qui viennent de passer cherchent les hommes mauvais qui ont capturé les Kogis. Les Kogis sont des êtres humains très bons. Ils nous appellent les Maruamaquas.
-J’ai déjà entendu ce nom, murmura Jarwal. Quelqu’un m’a parlé de vous. Je ne sais pas qui c’était.
-Il ne sera pas difficile de trouver les Kogis, il vous suffira de suivre les hommes mauvais qui viennent de passer.
-Nous devons arriver avant eux.
-Et bien alors, nous allons vous guider, aucun problème. Nous aimons bien les voyages. »
Des cabrioles et des rires, des accolades et des embrassades.
« Merci infiniment, chers Maruamaquas. Une dernière question. Vous nous observiez depuis longtemps ?
-Longtemps ? Qu’est-ce que ça veut dire ce mot encore ? Toujours une identification de votre forme qui s’ajoute à un espace qui n’existe pas. Vous êtes ici et maintenant et c’est tout. Tous ces mots que vous utilisez ne sont que des commentaires sur vos conditions de vie. Vous ne pouvez pas être ailleurs que maintenant et dès lors le temps ne peut pas être long. Il n’existe pas. Vous faites durer les choses dans vos pensées mais les choses n’ont pas de durée. Elles sont. Nous étions là, tout près de vous mais nous ne savons pas quand ni combien de temps car le temps n’existe pas. Nous avons observé les évènements et nous n’avons jamais pensé que c’était long. C’était ce que ça devait être. Les pensées ne servent à rien quand elles se mettent à commenter les évènements en leur donnant une autre forme que la réalité de la Vie. Ce Temps que vous imaginez, vous lui avez donné une mesure qui vous correspond parce que tout cela renforce votre identification. Le Temps de votre vie, le Temps de vos ancêtres, le Temps de votre avenir. Demande à un arbre ce qu’il a fait hier et tu l’entendras rire.
-Et si je n’avais pas retrouvé le chemin de la lucidité, si je n’avais pas décidé de rechercher les Kogis, vous ne vous seriez pas montrés ?
-Tout ça n’a aucune importance. La seule chose qui comptait à nos yeux, c’était que tu laisses l’Amour s’étendre au lieu de le repousser. »
Une bouffée de chaleur dans le corps de Gwendoline, un bonheur immense. Les Maruamaquas percevaient ce que Jarwal portait et il s’agissait d’amour.
"Une autre pandémie est possible"
Tribune — Santé
Une autre pandémie est possible

Selon le psychiatre auteur de cette tribune, une approche démocratique de la pandémie est possible. Dans sa vision, tous resteraient égaux devant la médecine et leurs doutes ne seraient pas méprisés. En revanche, l’enrichissement de l’industrie pharmaceutique et l’emploi de l’argent public seraient scrutés, et mis en balance avec l’urgence climatique.
Le docteur Jean-Charles Bernard est médecin psychiatre dans le service public.
Une autre pandémie est possible. Dans l’idéal, sa gestion commencerait par des excuses : « Désolés, nous avons fait de mauvais choix, détruit les stocks de masques, dégradé les hôpitaux publics, démoli les conditions d’exercice du personnel soignant, peu considéré les budgets des services publics. » Des excuses, et non un discours guerrier et une infantilisation de la population devant rédiger ses propres attestations de sortie. Des excuses, et non une instrumentalisation des citoyens devant en contrôler d’autres pour l’accès à des espaces de socialisation ou à des lieux de soin. Des excuses, et non du personnel soignant qualifié hier de héros et aujourd’hui « suspendu » lorsqu’il ne se conforme pas à l’obligation vaccinale.
Une autre pandémie est possible. Dans cette autre pandémie, nous comprendrions qu’une nouvelle page d’histoire débute, que l’urgence vaccinale n’est rien comparée à l’urgence globale, écologique et sociale. Que l’urgence climatique n’a jamais été aussi présente, pour bientôt affecter des milliards d’humains — c’est-à-dire nous tous — et comptabiliser infiniment plus de morts que cette introduction au macabre. Dans cette autre pandémie, nous comprendrions l’ancienneté de cette urgence grâce à des rapports scientifiques plus accablants d’année en année. Et il n’y aurait pas toujours la même politique. Inchangée. Imperturbable. Méprisable et pourtant méprisante. Comment expliquer pareille inaction ? Par la bêtise ou par la compromission ? Et pourtant, l’action gouvernementale est possible, cette crise nous l’a montré.
Quelle utilisation de l’argent public ?
Une autre pandémie est possible. Dans cette autre pandémie, il n’y aurait pas les anti et les pro-vaccins, il y aurait les entre-deux, des nuances, des réflexions et des débats possibles. Dans cette autre pandémie, l’augmentation du prix des vaccins par des laboratoires pharmaceutiques aux profits records questionnerait. Alors que les caisses de l’État sont déclarées vides et dites trouées par la Sécurité sociale, peut-être préférerait-on allouer différemment cet argent ? Qu’en pense la prochaine génération, celle à l’enfance confinée et masquée héritant d’un monde de cendres ? Veut-on utiliser cet argent pour bientôt proposer ou imposer une troisième dose ou pour limiter les conséquences du dérèglement climatique et prendre le chemin d’une alimentation saine ? Quel est le plus urgent ? Cela se discute à vrai dire, ce choix de société concerne les générations futures.
Une autre pandémie est possible. Dans cette autre pandémie, la levée des brevets des vaccins serait sérieusement discutée puisque vacciner un ou quelques pays isolément ne sert à rien à l’échelle mondiale. Dans cette autre pandémie, l’intérêt de la vaccination généralisée en France serait débattu : y a-t-il une obligation morale pour une personne en bonne santé de se vacciner dans ce contexte global défaillant ?
Dans cette autre pandémie, on ne dénigrerait pas les personnes se questionnant sur d’éventuels effets secondaires à long terme. Car long terme, il n’y a pas encore eu. Donc on ne mépriserait pas les personnes qui s’interrogent, on ne culpabiliserait pas les hésitants. Dans cette autre pandémie, la désignation des boucs émissaires laisserait la place à la possibilité de débattre, de choisir notre avenir, et non de se voir imposer des décisions qui nous engagent sans que nous ayons le droit de penser.
« Je soigne et soignerai toujours toute personne de la même manière. »
Une autre pandémie est possible. Dans cette autre pandémie, il ne serait pas envisageable d’empêcher l’accès à l’hôpital public à des personnes selon un statut vaccinal ou un test nasal négatif, bientôt payant. En tant que médecin, je soigne et soignerai toujours de la même manière une personne croyant aux bienfaits du néolibéralisme et une autre croyant les vaccins dangereux. Car la médecine n’est pas juge.
Dans cette autre pandémie, le Conseil de l’ordre des médecins et le Conseil constitutionnel censureraient le passe sanitaire à l’hôpital, mesure digne d’un État autoritaire ! Dans cette autre pandémie, les effets globaux des mesures serait considéré : oui, il est probable que le nombre de contaminés diminue et donc de morts à court terme, mais qu’en est-il des défauts et retards de soins, de l’augmentation des inégalités d’accès aux soins et de la fracture de la société ? Dans cette autre pandémie, la boussole des morts ne serait pas notre seul outil de navigation.
Une autre pandémie est possible. Dans cette autre pandémie, les médias généralistes ne relaieraient pas juste le nombre de décès, les taux d’incidence, les territoires les plus touchés et des polémiques stériles. Au contraire, les journalistes enquêteraient sur le pourquoi et le comment l’État réduit drastiquement les investissements dans les biens communs (entre autres : santé, recherche, enseignement, justice, environnement) et altère les institutions, rendant ainsi la société vulnérable aux contaminations de tout ordre. Ils discuteraient de l’austérité promise — qui achèvera cette destruction — avant que des chroniqueurs ne bêlent en continu « Pas d’autre solution ! », malgré des inégalités toujours plus vertigineuses entre riches et pauvres. Dans cette autre pandémie, les mesures sanitaires ne s’accompagneraient pas de restrictions de liberté disproportionnées aux conséquences néfastes : la détresse psychique ayant accompagné les trois mesures citées en introduction justifierait à elle seule une remise en question de ces mêmes mesures.
Restaurer les débats démocratiques
Une autre pandémie est possible. Dans cette autre pandémie, à tous les niveaux, nous restaurerions des débats démocratiques : à la maison, au travail, dans la rue, dans les médias, dans nos cercles amicaux et nos institutions. Nous ouvririons le débat, c’est la base de la démocratie. C’est de notre responsabilité à chacun et chacune.
Et dans cette autre pandémie, nous demanderions un changement urgent d’attitude à celles et ceux qui nous gouvernent, l’arrêt de la destruction du lien social sous couvert d’urgence sanitaire — un exemple en est la pérennisation du passe sanitaire, c’est-à-dire le bannissement social d’une partie de la population sur le long terme. Nous demanderions plutôt une considération des enjeux écologiques et sociaux. Cette autre pandémie commencerait par là. Il y a urgence, il en va de notre santé physique et psychique à tous et toutes !
Si un jour, l'envie me reprend
Si un jour, l'envie me reprend d'écrire, je m'attellerai à reprendre les quatre tomes déjà écrits de "Jarwal le lutin".
Je suis grand-père et il me plairait de voir un jour ce petit homme lire ces histoires que son papa écoutait quand nous allions en montagne.
JARWAL LE LUTIN
Tome 3
Chapitre 1
Jarwal et les enfants s’installèrent à l’abri de leur cercle de pierres. Le petit Lac vert devant leurs yeux comblés de douceurs, les montagnes rayonnantes de soleil, des nuages blancs étirés courant sur les plaines célestes, le silence de la Terre.
Ils avaient œuvré ensemble à la construction de leur refuge, un assemblage de dalles et de roches qu’ils s’étaient acharnés à déplacer, à porter, à réunir, attentifs aux indications de Jarwal, maître d’ouvrage. Des rires et de la sueur, des efforts partagés, un lieu de vie à bâtir, un point de rencontre, un abri offert aux marcheurs, aux voyageurs inconnus, un cadeau pour les jours de vent.
Ils s’étaient engagés dans la tâche sans aucune réticence. Ils avaient appris des Kogis le don de soi. Des escaliers dans la montagne, au cœur de la forêt luxuriante, un ouvrage à préserver, à entretenir, pour soi et tous ceux qu’on ne connaissait pas, des êtres humains qui béniraient les ouvriers disparus, un devoir de mémoire, des générations plus tard. Aucune prétention devant le travail achevé. Juste un bonheur à offrir, le ciment de l’amour.
Jarwal, assis en tailleur, reprit le Livre et l’ouvrit délicatement. Il le posa sur ses cuisses et regarda les enfants.
Des yeux brillants comme des étoiles, des sourires contenus, une attente délicieuse.
L’absence de Gwendoline avait étouffé en lui ce bonheur de l’instant. Les enfants lui avaient permis de revenir à la vie. La douleur du passé n’était qu’une tristesse inventée. Il était responsable de son chagrin, de la source de ses émotions, comme un flot auquel il s’était abandonné.
Il devait l’expliquer aux enfants, révéler ses faiblesses pour les valider et les comprendre.
« Vous savez mes amis, j’étais triste tout à l’heure. Et je vous remercie de ce délai que vous m’avez accordé, j’en avais besoin, il fallait que je laisse s’éteindre cette douleur. La disparition de Gwendoline est une souffrance qui rejaillit parfois et les émotions débordent, comme si elles sortaient de leur lit. Je sais que ça ne sert à rien mais il n’est pas toujours simple de maîtriser ses émotions.
-C’est la même chose pour moi, Jarwal, avoua Rémi. Parfois, je me mets en colère et après, quand je suis redevenu calme, je me dis que ça ne servait à rien.
-Si quelqu'un vous insulte, les enfants, si quelqu’un vous fait du mal, la colère que vous ressentez, elle n'est pas venue en vous depuis l'extérieur, ce ne sont pas les mots qui sont tombés en vous comme un chargement néfaste. Cette colère, c'est vous qui lui avez donné vie. C'est une incapacité à maîtriser ce qui se passe en vous. L'autre n'est pas responsable. Les émotions n'ont aucune existence si vous les ignorez. Si vous vous y abandonnez, c'est vous qui leur donnez vie. L'autre, d'ailleurs, est satisfait du mal que vous fabriquez en vous en imaginant qu'il en est l’auteur. Vous lui donnez la puissance dont il rêvait. Vous succombez à vous-mêmes. Et non à lui. Si par contre, vous décidez d'observer en vous ce qui survient, vous devenez le maître de vos émotions étant donné qu'au lieu de vous soumettre à leur puissance, vous vous placez au-dessus d'elles. C'est votre conscience qui analyse et qui vous apprend le contrôle. Cette conscience agit comme un Maître intérieur, il est là et il regarde, il s'amuse de cette agitation qui aimerait vous emporter et à laquelle vous ne succombez pas. La colère retombe comme un soufflé qui dégonfle. Votre agresseur s'en trouve d'ailleurs totalement ébahi, stupéfait, vous êtes là, vous le regardez avec un détachement qu'il ne comprend pas parce que ça n'est même pas lui que vous observez mais vous-même. Lui, il a disparu et ses paroles sont tombées dans un puits sans fond. Il n'y a plus de colère parce que votre observation intérieure a pris le pas sur cette émotion insignifiante et inutile. C’est vous que vous observez et pas lui. Et cette agression verbale devient un cadeau inestimable. Vous êtes le Maître intérieur. Mais ça n’est jamais aisé, même avec des centaines d’années d’expérience.
-Je ne vais quand même pas remercier celui qui m’a mis en colère ? contesta Rémi.
-Et pourquoi pas ? rétorqua Jarwal. Étant donné qu’il te permet de mieux te connaître, tu peux lui en être reconnaissant.
-Ça risque d’être difficile quand même.
-Et je le comprends bien, Rémi. Moi-même, j’ai du mal à supporter la disparition de Gwendoline. Je continue à apprendre. Qu'en est-il maintenant si l'émotion propagée est de la joie ? Est-ce que je dois l'accueillir et la laisser m'emporter ou est-ce que je dois également l'observer ? Il convient pour ma part de la laisser s'étendre en sachant que l'autre n'en est pas responsable et que vous ne pourrez pas lui reprocher de l’abandonner. C'est vous qui avez laissé s'étendre cette joie. Pas l'autre. Un ami qui ne vous offre plus cette joie n'est pas responsable de votre déception. C'est encore vous. C'est votre façon de commenter la vie à travers vos émotions. Ça n'est pas la vie réelle mais ce que vous en faites, une image de la vie peinte par vos émotions. Vous pouvez en profiter tout en restant conscient qu'il ne s'agit que d'une illusion, un jeu éphémère, un moment de bonheur que vous vous accordez mais que l'autre n'a pas à entretenir sinon vous le prenez en otage de votre bonheur alors qu'il n'y est pour rien. La personne dont je dois me méfier, c'est celle qui me fait croire que le bonheur est durable, qui voudrait que cette joie ne disparaisse jamais. Et cette personne, c'est moi-même. Les autres ne sont pas responsables. C'est ce qu'on apprend de plus beau quand on aime.
-Et quand tu as dit tout à l’heure que tu voulais arrêter un peu de lire, j’étais déçu, avoua Rémi.
-Et moi aussi, ajouta Léo.
-Mais c’est nous qui avons créé cette déception, commenta Marine. Ce qui était important en fait, c’était que nous comprenions que tu avais besoin d’une pause.
-Et vous l’avez fait, mes chers amis.
-Et toi alors Jarwal ? Cette tristesse pour Gwendoline. Comment fais-tu ? demanda Marine, un peu gênée de cette intrusion dans la vie du lutin.
-Et bien, parfois, je n’y arrive plus, vous avez pu en juger, cette tristesse me submerge, elle m’emporte. Je ne suis pas infaillible. Alors, j’essaie d’observer cette émotion sans chercher à l’étouffer. Je sais aujourd’hui, avec ma longue expérience, que la joie de vivre reprendra le dessus. Ma tristesse ne changera rien à la situation, elle ne ferait que cacher la réalité de l’instant.
-Et donc, quand je suis impatient que tu lises ton histoire, je m’empêche de profiter de l’instant présent, c’est ça ?
-Oui, exactement, Rémi. La construction de notre abri aurait pu être gâchée pour toi si tu étais resté attaché à cette pensée de ce qui allait advenir. Et ça n’aurait pas fait arriver plus vite cette lecture. En plus, à chaque minute, tu aurais trouvé que l’abri ne montait pas assez vite, tu te serais peut-être mis en colère, tu aurais reproché à Léo de ne pas travailler assez ou tu aurais travaillé n’importe comment, tu aurais bâclé la tâche.
-Il faut donc observer les émotions et comprendre qu’elles nous appartiennent ?
-Oui, c’est ça, Marine. Je ne dis pas qu’il faut les rejeter, ça serait absurde, comme si nous voulions nous défaire d’une partie de nous-mêmes. Il faut comprendre qu’elles viennent de nous et que nous en sommes donc responsables. Ne t’invente pas des armées d’ennemis pour excuser tes propres faiblesses. C’est une devise que je me répète parfois.
-Et bien, moi, l’émotion que je vois, c’est l’envie de connaître la suite de l’histoire et là, c’est tout de suite ! lança Léo.
-Ah, ah, cher Léo, on y vient, on y vient. »
Les garçons s’allongèrent, Marine s’assit en tailleur. Jarwal tourna les pages, lentement, avec précaution. Il lissa le papier, une caresse délicate, il fixa les mots, silencieux, comme s’il devait rétablir un contact, accorder son esprit à ce qui allait suivre.
Il respira profondément et commença la lecture.
Taxations des GAFA
Je n'ai même pas envie de commenter tellement c'est révoltant. Lire l'article émanant du groupe OXFAM pour réaliser l'ampleur de ce détournement.
Pourquoi l'accord sur les taxations des multinationales, signé par 136 pays, essuie-t-il déjà des critiques ?
Les multinationales comme Google, Amazon et Facebook seront bien soumises à un impôt mondial d’au moins 15% sur leurs profits. Mais selon l'ONG Oxfam, cela reste insuffisant.
Article rédigé par
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France Télévisions
Publié le 09/10/2021 17:43Mis à jour le 09/10/2021 17:45
Temps de lecture : 4 min.

Les applications des multinationales Google, Amazon et Facebook sur un téléphone, le 28 juillet 2019. (DAVID HIMBERT / HANS LUCAS / AFP)
Une avancée majeure ou un texte trop timoré ? L'accord sur la taxation des multinationales signé par 136 pays, vendredi 8 octobre, permet la mise en place d'un impôt de 15% sur les profits de ces sociétés. Un aboutissement après près de "quatre années de négociations intenses", a insisté Bruno Le Maire. Parmi les signataires figurent les Etats-Unis, la Chine, l'Inde et les Etats de l'Union européenne.
Mais cet accord historique est déjà l'objet de plusieurs critiques. Franceinfo vous explique pourquoi.
Parce que c'est "un accord au rabais", selon Oxfam
L'une des critiques portées par les ONG, dont Oxfam, à l'égard de cette taxe est que son taux est bien en deçà de celui recommandé par le Groupe de haut niveau sur la responsabilité, la transparence et l’intégrité financières internationales (FACTI Panel). Cette assemblée d'experts, composée d’anciens chefs d’Etat et de gouvernement, de gouverneurs de Banques centrales, de chefs d’entreprises, de figures de la société civile et de chercheurs, appelait à un taux compris "entre 20 et 30%", comme le rapporte l'ONG Oxfam dans un communiqué. De la même façon, la Commission d’experts de l’ICRICT, qui vise à lutter contre les inégalités sociales, composée notamment du prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz et de Thomas Piketty, préconisait un taux de 25%.
Finalement, l'accord présenté samedi 8 octobre a tranché pour un taux de "15%" au lieu d'un taux "d’au moins 15%". "Sous la pression des paradis fiscaux comme l’Irlande, l’OCDE accouche d’un accord au rabais pour les pays comme la France", estime Quentin Parrinello, porte-parole d'Oxfam France, contacté par franceinfo. Une concession clé dont le ministre des Finances irlandais, Paschal Donohoe, s'est vanté dans un communiqué (en anglais), en soulignant que cette nuance permet à Dublin de se protéger de la menace d'augmentations futures de ce seuil minimum.
L'Irlande offrait jusqu'ici aux entreprises présentes sur son territoire, parmi lesquelles se trouvent de nombreuses multinationales dont Google ou Apple, un taux de taxation de 12,5%, soit l'un des plus faibles de l'Union européenne.
Pour Quentin Parrinello, le taux d'imposition de l'Irlande, qui passera donc de 12,5 à 15%, se fait "en échange de fortes contreparties et de beaucoup d'exonérations, notamment au cours des dix prochaines années. C'est ce qui permettra aux multinationales de baisser leur taux d'imposition en deçà de 15%, explique-t-il. Nous avons absolument voulu avoir l'Irlande [dans cet accord], mais nous avons fait baisser le niveau général."
Parce que les pays en développement sont lésés
Selon les estimations de l'OCDE, les 136 pays signataires de l'accord, qui représentent 90% du PIB mondial, vont pouvoir dégager environ 150 milliards d'euros de recettes supplémentaires grâce à cet impôt minimum. Un montant colossal. Mais les pays en développement ne vont pas beaucoup en profiter, assure Oxfam.
En effet, d'après l'accord, une entreprise doit réaliser au moins un million d'euros de chiffre d'affaires dans un Etat pour que ce dernier puisse bénéficier de la mesure, ou 250 000 euros si le PIB de l'Etat est inférieur à 40 milliards d'euros. Or la majorité des recettes des multinationales sont enregistrées dans les pays du Nord.
"Les Etats-Unis et l'Europe vont essentiellement en bénéficier", affirme à l'AFP Daniel Bunn, responsable des projets internationaux à la Tax Foundation, à Washington (Etats-Unis). Car les multinationales "y abritent leurs sièges sociaux et la plupart de leurs clients". D'après Oxfam, les pays les plus pauvres récupéreront moins de 3% des recettes fiscales supplémentaires. L'ONG a dénoncé "un simulacre" et une "capitulation" vis-à-vis des pays aux taux d'imposition les plus faibles.
Oxfam assure que "les pays en développement sont plus dépendants des recettes fiscales issues des multinationales". En 2018, 19% des recettes fiscales des pays africains étaient issues de la taxation des entreprises, contre seulement 10% pour les pays de l’OCDE.
Parce que cette réforme doit encore être approuvée par l'administration américaine
Bien que les multinationales concernées aient approuvé l'annonce de cet accord, celui-ci doit encore être validé par l'administration américaine. Une étape importante dans le processus, car à la fin juin, les Etats-Unis ont demandé à plusieurs pays européens de retarder le projet de taxe sur les géants du numérique dans le cadre d’une démarche diplomatique discrète. "Il n’y a rien de dirigé contre les Américains et je souhaite que nous puissions lever les inquiétudes américaines là-dessus", avait assuré Bruno Le Maire en juin.
La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a déclaré que le plancher fixé par l'impôt minimum mondial était une victoire pour les États-Unis et pour la capacité du pays à lever des fonds auprès des entreprises. "Les Américains trouveront dans l'économie mondiale un endroit beaucoup plus facile pour trouver un emploi, gagner leur vie ou faire évoluer une entreprise", s'est félicitée Janet Yellen.
Elle a exhorté le Congrès à adopter rapidement les propositions fiscales internationales. Comme le rapporte le Wall Street Journal (article en anglais), de nombreux analystes assurent que cela nécessiterait un traité, qui devra obtenir le vote favorable de deux tiers des élus au Sénat, ce qui nécessiterait au gouvernement Biden d'obtenir le soutien d'une partie des élus républicains. Ce qui pourrait prendre du temps.
https://www.oxfamfrance.org/inegalites-et-justice-fiscale/taxe-francaise-sur-les-gafa-bonne-nouvelle-ou-ecran-de-fumee-decryptage/
Taxe française sur les GAFA : bonne nouvelle ou écran de fumée ?
POSTED ON5 FÉVRIER 2021
5 MINUTES DE LECTURE
Après 2 ans de tergiversations pour tenter d’empêcher des sanctions économiques américaines, la France devrait collecter pour la première fois fin 2020 une taxe sur le chiffre d’affaires des GAFA – Google, Amazon, Facebook, Apple. Ces géants numériques qui réalisent des profits gigantesques, même en pleine pandémie, échappent pourtant largement à l’impôt en France.
S’assurer que les GAFA jouent selon les mêmes règles du jeu fiscal que les autres entreprises est légitime, mais la taxe GAFA française risque de passer à côté de l’objectif. Décryptage.
Pourquoi taxer les GAFA ?
Alors que les GAFA profitent aujourd’hui de la crise pour réaliser des profits exceptionnels, une large partie de ces bénéfices échappent aujourd’hui à l’impôt français.
Les géants du numérique font partie de cette poignée de grandes entreprises mondiales qui réalisent des bénéfices record pendant cette pandémie du Covid-19 alors que l’ensemble de l’économie est à terre. Oxfam a révélé dans son rapport « Les profits de la crise » que Jeff Bezos pourrait, avec les bénéfices qu’il a réalisés pendant la crise, verser une prime 105 000 dollars aux 876 000 personnes employées par Amazon dans le monde, y compris les quelques 10.000 salariés en France, tout en restant aussi riche qu’il l’était avant la pandémie de coronavirus.
Les GAFA sont aussi les champions de l’évasion fiscale. Les faits sont là : les chiffres d’affaires des GAFA en France sont souvent largement supérieurs à ceux effectivement déclarés.
Si Google déclarait payer en 2017 en France 14 millions d’euros d’impôt pour un chiffre d’affaires de 325 millions d’euros, ce chiffre est, selon le Syndicat des Régies Internet, largement sous-estimé, au vu du quasi-monopole de la marque : Google domine près de 90% du marché de la publicité des moteurs de recherche qui pèse près de 2 milliards de dollars.
C’est également le cas pour Amazon. Les activités de ventes en propre de la marque 2,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017 pour 40 millions d’euros d’impôts payés. Selon le cabinet d’étude Kantar, le chiffre d’affaire réel de l’entreprise en France atteindrait 6,6 milliards d’euros en 2018.
La taxe sur les GAFA proposée rapportera des recettes insuffisantes
Cette mesure consiste à taxer temporairement le chiffre d’affaires de certaines activités numériques des GAFA à hauteur de 3%, dès le mois de décembre 2020 :

En 2018, le gouvernement estimait pouvoir collecter plus de 500 millions d’euros d’impôts grâce à cette taxe. En 2019, ce chiffre est ramené à 350 millions d’euros. Une somme bien dérisoire à côté de ce que vont coûter les mesures de pouvoir d’achat annoncées par le Président de la République en avril 2019, environ 11 milliards d’euros.
Au-delà du coût, l’impact de la taxe GAFA pourrait être nul faute de ciblage correct permettant de taxer l’ensemble des activités en ligne des géants du numérique échappant aujourd’hui à l’impôt. Amazon et Apple ont ainsi déjà annoncé qu’ils répercuteraient une partie de la taxe sur les commerçants utilisant leurs plateformes.
GAFA : Chronologie d’une taxe contestée
2018 :
La Commission européenne propose une taxe européenne sur le chiffre d’affaire des GAFA. Cette mesure, soutenue par la France, rencontre l’hostilité de plusieurs pays européens dont l’Allemagne et l’Irlande. Face au manque de consensus, la discussion est délocalisée au niveau international, où plus de 130 pays sont convoqués pour discuter d’une réforme de la fiscalité des multinationales et en particulier des géants du numérique, sous l’égide de l’OCDE. La France annonce son intention de mettre en place unilatéralement une taxation temporaire des GAFA en attendant la solution internationale.
2019 :
Sous la pression des Etats-Unis menaçant de rétorsions commerciales, la France suspend la mise en œuvre de la taxe GAFA nationale afin de donner une chance aux négociations internationales.
2020 :
Face à l’échec des négociations internationales, la France annonce qu’elle remet en place une taxation unilatérale des GAFA à partir de décembre 2020 dans un contexte de fronde face aux géants du numériques qui surfent sur la crise pour réaliser des bénéfices exceptionnels.
La France peut et doit aller plus loin
Taxer les GAFA, c’est s’attaquer à la face la plus visible de l’évasion fiscale car au-delà des géants du numérique, l’évasion fiscale est un fléau qui touche l’ensemble des secteurs d’activités. Aujourd’hui, les multinationales de tous les secteurs délocalisent en moyenne 40% de leurs bénéfices étrangers dans les paradis fiscaux. Si elles en sont capables, c’est parce que les règles fiscales internationales ne sont plus adaptées à l’économie du XXIe siècle. Pour y mettre un terme, il faut revoir en profondeur la façon dont les multinationales sont taxées.
Alors que faire ? En adoptant unilatéralement une taxe GAFA, la France rejoint l’Italie, le Royaume-Uni, l’Espagne et bientôt l’Autriche et met ses autres partenaires européens devant leurs responsabilités.
Mais pour être réellement efficace et éviter que le coût de la taxe soit transféré sur ses utilisateurs, la France devrait élargir le périmètre de la taxe GAFA aux activités en lignes comme la vente, ou le streaming.
Et cette taxe ne résoudra pas le problème de fond. Elle a été créée comme une solution temporaire en attendant trouver une solution de long terme pour adapter notre système fiscal à l’économie du 21ème siècle. C’est tout le système fiscal mondial qu’il faut réformer en profondeur.
La crise du COVID -19 rappelle l’urgence d’agir
Alors que les négociations internationales sur la réforme de la taxation des multinationales menées sous l’égide de l’OCDE sont au point mort, la France doit défendre une position ambitieuse et claire, pour :
Permettre de taxer les multinationales là où elles ont une activité économique réelle.
Mettre en place un taux minimum d’impôts payés par les grandes entreprises.
A l’heure où notre pays fait face à une crise sanitaire sans précédent, affaibli par des coupes budgétaires dans la santé depuis plusieurs années, il n’est pas acceptable de voir s’évaporer de telles sommes d’argent. Quand les multinationales ne paient pas leur juste part d’impôts, ce sont les citoyens qui en paient le prix, et en particulier les femmes et les filles qui sont les plus impactées par la réduction des services publics.
La patience
Bien entendu, dans son sens commun, il s'agit d'une qualité.
Encore faut-il identifier le contexte.
Les adeptes de l'écomodernisme nous disent que nous devons être patients et que les solutions technologiques viendront, c'est inéluctable et qu'elles résoudront les problèmes cruciaux.
La patience, dans ce cas, n’est plus une vertu mais une complicité. Car il s'agit dès lors de perpétuer le système actuel, sans rien y changer mais en créant de nouveaux marchés, de nouvelles technologies, de nouveaux procédés pour pallier aux dégâts provoqués. C'est le même principe que la médecine allopathique en fait.
En Chine, il existait un précepte qui disait que si tu as besoin d'aller voir ton médecin parce que tu es malade, la meilleure des choses n'est pas de retourner le voir mais d'en changer parce qu'il n'a pas su t'aider à préserver ta bonne santé.
L'écomodernisme consiste à trouver un médicament pour soigner le mal qui est fait. Pas à éviter que ce mal survienne.
Il suffit de lire les statistiques, pas les statistiques officielles gouvernementales, mais celles qui émanent de groupes indépendants pour constater qu'une très grande majorité des personnes succombant aux effets du covid sont des personnes souffrrant de multiples commorbidités et particulièrement celle de l'obésité.
Y a-t-il une instance gouvernementale qui conseillerait aux individus d'adopter une alimentation leur permettant de préserver leur système immunitaire ? Non.
Y a-t-il une instance gouvernementale qui préconiserait une pratique régulière de sport, ne serait-ce que la marche ? Non. Et en plus, nous nous sommes vus limiter dans notre pratique par le confinement. Marcher à un km de chez soi... Une aberration quand on sait à quel point l'activité physique est un bienfait indiscutable dans le renforcement des défenses immunitaires.
Par contre, les gouvernements préconisent la vaccination de masse. On use d'un subterfuge qui ne remonte pas à la source. Et c'est consternant. Bien entendu que toutes les victimes du covid ne sont pas dans ce cas-là mais ça représente malgré tout un large panel.
L'écomodernisme cherche un "vaccin" aux problèmes de la planète mais sans se questionner sur les causes. Je pouurais ajouter les effets dévastateurs liés au stress professionnel. J'ai lu une enquête parlant des atteintes à la santé dans tous les corps de métier. Notre système économique consumériste matérialiste contribue considérablement à l'affaiblissement des individus. Personne n'oserait le nier.
Il ne s'agit donc pas d'être patient dans l'attente d'une solution "miracle" mais de cesser de contribuer à l'aggravation du mal.
Massacre à la tronçonneuse
On le voit ici, dans la Creuse. Une multiplication des coupes rases, une dévastation. Et de plus en plus de personnes qui se révoltent. Le week end prochain, un rassemblement est prévu sur le plateau des Millevaches. On y sera.
https://www.franceculture.fr/emissions/le-reportage-de-la-redaction/la-fuite-du-chene-francais-en-chine
LE 13/07/2021
La fuite du chêne français en Chine
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LE REPORTAGE DE LA RÉDACTION par Anne-Laure Chouin
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La filière bois française lance un cri d'alarme : les volumes de chêne français achetés par la Chine en ce moment pourraient bien mettre le secteur en péril. Ces exportations massives constituent autant de matière première que ne pourront pas travailler les scieries et les artisans français.

Grumes de chêne dans une scierie de l'Indre, juillet 2021• Crédits : Anne-Laure CHOUIN - Radio France
La France laisse t-elle partir ses chênes vers la Chine ? Depuis quelques mois, avec la hausse de la demande en bois et l'envolée du cours des matières premières, on assiste à une ruée des acheteurs étrangers, particulièrement chinois, sur le chêne français. Notamment parce que la Russie, grand producteur de chêne, a décidé de stopper ses exportations. Mais également parce que la Chine souhaite préserver ses forêts.
C'est donc en partie la France qui répond à la demande internationale, au détriment de sa propre filière bois. Les scieries et les artisans craignent de ne bientôt plus pouvoir se fournir.
"Des conséquences graves et immédiates"
La pétition qui circule pour demander que les grumes (les arbres une fois qu'ils sont abattus et n'ont plus de branches) de chêne ne soient plus exportés massivement, a déjà recueilli plus de 13 000 signatures d'entreprises, y compris en Pologne et en Allemagne. Une pétition lancée par la FNB, la fédération nationale du bois, qui craint que d'ici quelques semaines, certaines de ses entreprises de transformation n'aient plus la possibilité de se fournir en chêne français. Un comble quand on sait que la forêt française est largement en capacité de fournir en chêne la filière nationale. Pourquoi la pénurie guette-elle alors ? Parce que le marché du bois en général, et du chêne en particulier, est au plus haut en ce moment : la demande explose, et les prix aussi. Une demande dont les volumes atteignent des sommets du côté de la Chine, en pleine relance économique, qui doit se fournir en matière première. Le 9 juillet dernier les chiffres des douanes chinoises sont tombés, confirmant que l'hémorragie du bois français continue : entre janvier et mai 2021, il est parti 187 167 m3 de chêne français en Chine directement de la forêt française sans aucune transformation. C’est 42% de plus par rapport à 2020. La Chine est le principal acheteur, mais pas le seul. Et le chêne le principal bois vendu, mais pas le seul.

Samuel Deschaumes, dirigeant de CBM, fabricant parquets en chêne massif dans le Cher, juillet 2020• Crédits : Anne-Laure CHOUIN - Radio France
Les conséquences de cet insatiable appétit chinois, Samuel Deschaumes, patron de l'entreprise CBM, qui fabrique près de la forêt de Tronçais dans le Cher, des parquets en chêne massif issus de forêts locales, est en en train de les constater : "les conséquences sont graves et immédiates. Ce matin je recevais encore un mail d'un de mes plus gros fournisseurs, qui m'annonçait qu'ils ne pourrait sans doute pas me fournir. Demain, c'est toute une filière qui sera menacée."
C'est un véritable choix de société : est-ce qu'on veut être autonome en chêne demain, est-ce qu'on décide de garder cet or vert en France car environnementalement parlant on ne fait pas mieux? Ou est-ce qu'on veut laisser partir notre chêne en Chine ? On sera gagnant de quelques centimes de plus à court terme, mais perdant à plus long terme, c'est une certitude.
De fait, laisser partir autant de bois français à l'export est une forme d'hérésie écologique : 230 000 m3 de forêt exportée, depuis 5 mois, sans transformation, c’est selon la filière bois, 300 000 tonnes de CO2 déstocké du puit de carbone. Or le même bois transformé en France aurait permis le stockage définitif de 276 000 tonnes de CO2. On rappelle au passage que la France vient d'être condamnée par le Conseil d’Etat pour inaction climatique.
Manque de visibilité à l'export

Benoit Rachez, directeur adjoint de la coopérative forestière Unisylva, Cher juillet 2020• Crédits : Anne-Laure Chouin - Radio France
Qui vend à la Chine ? Pour l'essentiel des propriétaires particuliers. La forêt française est détenue à 75% par une multitude de propriétaires privés, qui délèguent le plus souvent l'exploitation de leurs parcelles à des coopératives forestières. Ces dernières vendent les chênes sur pied soit par appel d'offre-un système d'enchères-soit par contractualisation. La première méthode est la plus utilisée : les lots de chêne partent ainsi au plus offrant, sans possibilité de savoir exactement qui est l'acheteur final qui se fait représenter par un trader ou un négociant. C'est pourquoi les coopératives forestières proposent d'élargir les contrats d'approvisionnement pour plus de transparence : cela revient à déterminer sur plusieurs années les volumes de bois à fournir, à quel prix, et surtout, à quel client final.
Les scieries français sont importantes pour la propriété forestière française. Nos clients ont besoin d'avoir des débouchés locaux, pérennes, qui les sécurisent sur le futur de leur forêt et son entretien. C'est pour cette raison qu'il faudrait élargir ce mode de commercialisation par contrats d'approvisionnement : ainsi tout le monde est sécurisé dans le temps.
Mais pour l'heure, pas de préférence nationale pour les vendeurs privés de chêne français. Et pour cause, la France n'a pas interdit les exportations de ses grumes pour la période actuelle, comme l'a fait par exemple la Roumanie. L'hémorragie continue donc.
Un marché déséquilibré

Bertrand Robert, à la tête de son entreprise d'abattage et de sciage, Indre, juillet 2020• Crédits : Anne-Laure CHOUIN - Radio France
Sur le marché du bois "brut", scieurs français et traders ne jouent pas avec les mêmes armes. C'est ce que déplore notamment Bertrand Robert, qui dirige l'entreprise familiale dans le centre de la France, et se fournit en chêne un peu partout sur le territoire. "Nous, scieurs, avons tout un tas de normes à respecter, environnementales et sanitaires notamment, ce sont des charges d'entreprises. Les traders, qui achètent sur catalogue et mettent dans des containers, n'ont pas ces charges et ne sont pas soumis à ces normes. C'est un marché qui est assez déloyal " se plaint-il.
On ne sait pas quel volume de bois part au grand export. Les chiffres, ce sont les chinois qui nous les donnent.
Bertrand Robert réclame, comme ses collègue de la filière, un moratoire sur les exportations de grumes de chêne. Et fait remarquer que les autres bois aussi sont menacés, résineux et feuillus de toutes espèces. D'autant qu'en plus de ce phénomène de fuite de matière première dont les qualités écologiques sont reconnues par tous, et même mises en avant au travers de la règlementation française (la règlementation environnementale RE 2020), la forêt française souffre d'un autre mal, celui du dépérissement, qui fera sans doute drastiquement baisser la production dans les années à venir.
Le ministère de l'Agriculture, en charge du sujet, a réuni juin dernier les acteurs de la filière pour tenter de trouver une solution au problème. Il n'est pas question pour l'instant de moratoire sur les exportations, la France attend de trouver une solution au niveau européen. Mais les discussions continuent.
Se dé-capsuler
Ce texte m'est revenu à la lecture d'un article. La dernière phrase a bien failli se matérialiser mais je pense que la tentative est ratée. Rien n'a changé. La pandémie reste un épiphénomène, aussi douloureuse soit-elle pour ceux qui y ont succombé et pour leurs proches.
Les individus ne changent pas, les gouvernements ne changent pas, les sociétés restent les mêmes. Tout le monde, ou presque, ne rêve que d'une chose : retrouver la vie d'avant.
Le fait que cette vie d'avant porte en elle les germes de cette pandémie reste lettre morte. Les gens cherchent des responsables dans la gestion médicale de la crise, accusent les gouvernements, se plaignent des restrictions, se plaignent encore et encore. Je ne dis pas que leurs plaintes sont injustifiées, je dis juste que de s'intéresser uniquement aux effets d'une crise ne sert pas à grand-chose. Il faut remonter à la source et comprendre ce qui a déclenché un tel bouleversement.
Nos sociétés modernes sont malades, les populations sont malades, les esprits sont dévoyés, contaminés, formatés, cadenassés. Tellement cadenassés qu'ils ne souhaitent que retrouver les limites de leur geôle. C'est là que se trouve l'ego encapsulé. Et il n'existe qu'une seule solution : le décapsulage.
En quoi est-ce que ça consiste ?
Je pense pour ma part qu'il est vain de lutter contre des forces qui nous dépassent, des forces qui existent depuis des siècles, qu'il s'agisse d'entités politiques, économiques, financières ou soi-disant philosophiques. je suis consterné par les discours que j'entends en ce moment émanant des prochains candidats aux élections présidentielles. Rien ne changera, la réalité restera la même. Des épiphénomènes auront lieu et tout le monde en parlera, s'énervera, se plaindra, espèrera que ça sera mieux la prochaine fois, etc etc etc...Des siècles que ça dure.
Mais alors, que faire ?
S'éloigner, s'éloigner le plus possible de la masse des egos encapsulés et construire un autre espace, établir uniquement des liens avec des individus semblables à soi, engagés dans cette voie de distanciation, des individus qui construisent leurs existences sur des valeurs associées à l'être et non plus à l'avoir. Des individus spirituels.
Le dé-capsulage, c'est la spiritualité qui la propose. Et la spiritualité n'a que faire des voies déjà tracées, mille fois empruntées, des sillons si profonds que les bords sont devenus des talus qu'aucun individu ne peut escalader.
Il est certain que ma situation de retraité est un privilège. J'ai le temps de penser, j'ai la liberté intérieure. C'est bien là d'ailleurs un des drames du travail salarié. Il érige lui aussi les murs de la geôle, il en est même le ciment. Je suis d'ailleurs persuadé que le refus des gouvernements d'aller vers un revenu minimum s'explique par la peur du temps offert aux individus. Des individus qui auraient enfin le temps de penser. Non pas de penser dans le cadre de la "réalité sociale" mais dans la dimension du Réel... C'est terriblement dangereux un individu qui pense en dehors du cadre. Des individus dé-capsulés.
"La sous-ciété"
Par Thierry LEDRU
Le 30/07/2018
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La "sous-ciété"
Il m'est impossible d'utiliser le terme de société pour désigner cet environnement social et surtout spirituel dans lequel j'évolue. D'autant plus en lisant tout ce que la société Kogis a mis en place et cette osmose fascinante dans laquelle ce groupe humain évolue depuis des siècles.
Si j'utilise le terme de "sous-ciété" pour désigner le monde occidental, c'est parce qu'il s'agit à mes yeux d'un espace de basse synergie.
Une société digne de ce nom existe au contraire dans une haute synergie. Cette synergie prend forme dès lors que les individus ont opté pour une exploration lucide de leur implication dans une harmonie constante au regard de la Nature et du flux vital.
Ce n'est pas le système occidental qu'il faut blâmer. Ce soi-disant système n'a aucune existence spontanée, il n'est que le reflet de l'état de conscience des gens qui le composent. Un système n'est que l'amalgame de composants. Les individus sont ces composants et le système est activé par les liens qui unissent les composants.
Un moteur de voiture n'a pas d'existence en soi, ce sont les liens entre chaque composant qui lui donnent ce semblant d'existence. Il est totalement absurde de dire qu'un moteur ne fonctionne pas. Il s'agit d'identifier le composant défectueux. Pas d'accuser l'ensemble.
Le terme de "société" correspond à un paradigme extrêmement puissant. Les individus ont été conditionnés à s'en remettre à ce système et à quelques groupes ou individus chargés d'entretenir le système. Un paradigme est une "super théorie". Il propose les modèles de pensées auxquels chaque composant du système va apprendre à se référer. On trouve des paradigmes dans le domaine scientifique mais le concept de "société" s'établit dans un espace psychologique et philosophique, même si cette "philosophie" est indigne de la philosophie en tant que telle.
Inutile de se référer à des données politiques, économiques, sociales, historiques. Tout cela n'est que l'habillage d'un formatage philosophique.
Un paradigme se nourrit de schémas mentaux. Ceux qui nous concernent dans cette "sous-ciété" de basse synergie s'établissent au coeur de l'ego. Ces schémas mentaux sont destinés à préserver le paradigme. Une fois que les schémas mentaux sont appliqués à la masse entière, le paradigme devient une "réalité". Il ne s'agit pas du "réel" mais d'une interprétation des phénomènes dans le cadre du paradigme.
La "réalité" est instaurée de façon à propager le fonctionnement institutionnel. Non pas gouvernemental mais un fonctionnement philosophique. C'est là qu'il faut dépasser la condamnation infantile de la "société". La "société" est un moteur dont chaque individu est un composant.
Même les leaders de cette "sous-ciété" ne sont pas conscients de l'illusion dans laquelle ils évoluent. Ils ont simplement adopté les schémas mentaux de leurs pairs et les ont développés pour leurs propres intérêts. Personne, parmi les leaders, qu'ils soient politiques ou économiques, n'est conscient du courant qui les emporte. On ne demande pas à un carburateur d'être conscient de son appartenance à un moteur. On lui demande d'effecteur sa tâche avec soin. Les leaders de cette "sous-ciété" ne sont que des carburateurs et ils n'ont aucune vision verticale de l'ensemble. Ils se pensent "décideurs" quand ils ne sont que les copistes des écrits de leurs prédécesseurs.
Les manipulations dont ils sont régulièrement accusés ne s'établissent toujours qu'au coeur de ce paradigme. Les schémas mentaux sont modulables mais nourrissent toujours le paradigme. La prochaine élection n'est que la confrontation de schémas mentaux dans une "réalité" illusoire et perverse. Aucun changement de paradigme n'est envisagé car cela signifierait que les leaders prendraient le risque de ne plus être les leaders. Leur objectif n'est que de porter une étiquette différente de celle de leur adversaire. La philosophie interne au système reste la même dans un jeu de chaises musicales sous la direction d'un orchestre archaïque et fondamentalement conservateur.
L'idée fondamentale est de modifier quelque peu les composants du moteur pour lui donner un rendement différent et si possible "meilleur" au regard de la "réalité" instaurée afin de justifier les privilèges qui sont accordés aux solistes. Mais il n'est pas question de réfléchir à la justesse du moteur lui-même. On ne touche qu'aux schémas mentaux. Pas à la source de ces schémas.
Les individus sont donc responsables du paradigme en se sens qu'ils l'entretiennent à travers les schémas mentaux qu'ils ont adoptés. Le système n'existe qu'à travers cette adhésion. Non seulement comportementale mais bien avant tout philosophique.
Si ce paradigme nourrissant cette "sous-ciété" existe, c'est en raison de notre fonctionnement. Nous sommes encapsulés dans un moi tout puissant et tout ce qui ne participe pas à cette identité est extérieure à ce moi. Cette scission est à la source de la dualité et de la basse synergie si dévastatrice.
Ce modèle fondamental conditionne toute la "réalité" qui convient au maintien du paradigme. Le système s'auto-entretient à travers le figement philosophique des individus.
On peut parler désormais avec la mondialisation de "méta-modèle" ou "méta-paradigme", c'est à dire ce qui est au-delà du paradigme lui-même. Comme un moteur qui fonctionnerait de lui-même, sans aucun pilote...Mû par sa propre énergie. Un mouvement perpétuel. Ou qui se croit perpétuel...
La société des Kogis est organisée autour d'une idée radicalement différente de celle du moi encapsulé. C'est celle de l'unicité. Il n'y a pas de séparation mais une osmose qu'il faut entretenir. L'individu n'est pas qu'un composant d'un moteur. Il est conscient du moteur et du rôle qu'il tient au coeur de ce système. Il n'agit pas en restant centré sur le fonctionnement de la pièce qui le constitue et de son rôle parcellaire parce qu'il n'est jamais dissocié du moteur lui-même. On pourrait comparer cela également avec une cellule constituant le bout infime d'un doigt. Cette cellule aurait conscience de l'existence de l'individu auquel elle appartient malgré le gigantisme de l'ensemble dans lequel elle évolue. C'est une vision macroscopique qui donne à l'existence de l'individu une énergie bien plus puissante que celle d'une cellule qui se croit isolée et toute puissante. Le moi n'est plus une entité en elle-même mais un réceptacle de l'énergie vitale qui anime un ensemble d'une complexité infinie. Il ne s'agit pas pour autant de la négation de l'individu étant donné que l'individu puise dans cette appartenance une nourriture spirituelle d'une plénitude inconcevable pour la plupart des occidentaux et impossible à saisir dans le champ limité du moi encapsulé.
Le moi encapsulé est séparé du flux vital parce que ses schémas de pensées créent un voile opaque.
Ça n'est pas la vie qui l'anime mais lui qui donne à la vie l'image d'une réalité qui convient au maintien de son identité. Les pensées, les sentiments, les perceptions, les réflexions, les actes, les intentions sont irrémédiablement au service de ces schémas. Là encore, le fonctionnement est terriblement pervers étant donné que chaque instant de l'existence participe à l'édification puis au renforcement de l'identification. Le moi existe à travers lui-même et s'auto-persuade de la justesse de son raisonnement. On retrouve par conséquent à l'échelle de l'individu le fonctionnement inhérent au paradigme de l'ensemble. C'est en cela que le système qui apparaît comme responsable du mal être des individus est un leurre. Le moi accuse un système qu'il a lui-même constitué parce que dans cette lutte, le moi, lui-même, se renforce et se sent exister.
Même les individus qui disent oeuvrer à la constitution d'une quête spirituelle ne sont parfois que des ego établissant dans une démarche philosophique le renforcement de leur moi pour la simple raison qu'ils reproduisent un fonctionnement individuel au coeur duquel se trouve toujours le moi encapsulé. C'est en cela qu'il me semble extrêmement délicat de parvenir à rompre les schémas de pensées et tous les conditionnements qui en découlent lorsque l'individu a déjà évolué dans la dimension enivrante de la "sous-ciété".
Il faut se désintoxiquer pour entrer dans une autre vision de l'existence...
L'avenir de l'humanité appartient aux groupes ethniques ayant su préserver depuis des millénaires une vision uniciste de l'existence.
Les "sous-ciétés" modernes voient bien parfois s'éveiller quelques individus "dé-capsulés" mais ils ne seront sans doute jamais suffisamment entendus pour que des schémas de pensées opposés prennent suffisamment de puissance pour parvenir à insérer dans la masse un nouveau paradigme.
Je rêve parfois d'une intervention de la vie elle-même. Que le réel en vienne à s'imposer à la réalité. Par la force si nécessaire.
L'industrie blockchain
Que quelqu'un me dise que ce monde "moderne" va bien, qu'il agit avec raison et bon sens, qu'il est nourri par des intentions altruistes... Et je lui répondrai que ses oeillères sont si épaisses qu'il ne voit plus le monde réel de la vie mais uniquement une dimension artificielle, qu'il vit "hors sol" et que cette étroitesse de vue est une condamnation pour tous. Il est clair aujourd'hui que nous sommes sous la coupe de gens dont la folie porte des noms prestigieux pour eux : profits, bénéfices, fortunes, puissance, ego.
Ce fameux ego encapsulé :
Surconsommation, spéculation, impact environnemental : les dérives de l’industrie blockchain
Au point qu’en quelques années, l’électricité consommée par l’ensemble des microprocesseurs des mineurs travaillant à pleine puissance pour fournir la preuve de travail a surpassé les unes après les autres la consommation d’électricité de pays tels que le Bangladesh, la Hongrie et plus récemment l’Argentine ; soit la puissance fournie par une vingtaine de réacteurs nucléaires (voir le site créé par l’université de Cambridge) pour le seul Bitcoin.

30 avril 2021 - La Relève et La Peste
Envie d’une vraie déconnexion ? Évadez-vous avec notre bande dessinée !
- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 128 pages
- Impression : France
Coinbase vient d’entrer en bourse à une valorisation avoisinant les cent milliards de dollars, confirmant s’il était besoin son statut de chef de file des startups qui se construisent autour de la technologie blockchain. Coinbase est l’équivalent d’une banque pour cryptomonnaies : elle détient les clés des portefeuilles de ses clients, qui lui délèguent donc le contrôle des monnaies digitales qu’ils possèdent, parmi lesquelles les plus connues sont Bitcoin et Ethereum. Internet s’imaginait libre et décentralisé. Entre bancarisation et spéculation, surconsommation électrique et pénurie de matériaux engendrés par la course au minage, mais aussi numérisation à outrance des rapports sociaux, l’industrie des cryptomonnaies semble bel et bien sonner le glas de l’utopie numérique. Un article de Jonathan Bourguignon.
Coinbase, une insulte à la volonté originelle de Bitcoin
Une banque pour cryptomonnaies : ce devrait être un oxymore, si l’on se réfère au livre blanc originel qui décrit Bitcoin pour la première fois. Le document, signé du mystérieux sobriquet Satoshi Nakamoto, sur lequel tant d’encre a coulé sans jamais dévoiler la ou les personnes qu’il cachait, est publié en 2008.
En pleine crise des subprimes, et alors que la planche à billets fonctionne à plein régime pour sauver des banques prises au piège des junk bonds qu’elles ont elles-mêmes créé, Bitcoin se définit comme une monnaie indépendante du contrôle des Etats. Bitcoin offrait la promesse d’une monnaie décentralisée, à portée de tous et aux mains de personne, et surtout pas des puissants, Etats ou banques.
Coinbase est donc une insulte aux intentions originelles affichées. Et son entrée en bourse, le cauchemar de Satoshi. Aujourd’hui, en Europe comme aux Etats-Unis, la planche à billets tourne à nouveau, et le cours de Bitcoin, devenu valeur refuge, a explosé. Nourrissant l’essor d’une nouvelle banque.

Crédit : André François McKenzie
Coinbase est soutenue dès 2013 par l’un des fonds d’investissement les plus influents de la Silicon Valley : de Skype à Stripe, de Facebook à Airbnb, de Twitter à Clubhouse, Andreessen-Horowitz a soutenu dès leurs premiers pas les startups les plus iconiques du web 2.0.
Mais la légende d’Andreessen-Horowitz commence bien avant la création de la firme : son fondateur, Marc Andreessen, fut l’enfant-prodige à l’origine du navigateur web qui a rendu internet intelligible et incarné, accessible à tous, réalisant la prophétie des idéologues et idéalistes qui annonçaient la survenue du cyberespace.
Dans les écrits de l’utopie numérique (et notamment les pamphlets de l’Electronic Frontier Foundation, comme la Déclaration d’Indépendance du Cyberespace), internet devait devenir un espace hors de la portée des anciennes structures de pouvoir, et en particulier des gouvernements, des banques et des multinationales.
Après le passage du millénaire, Bitcoin se fait l’héritier de cette rhétorique. Et c’est donc l’ancien messie Andreessen qui finance le dévoiement du cyberespace à travers une banque centralisée cotée au NASDAQ. Mais Coinbase n’est peut-être que l’aspect le plus superficiel par lequel l’évolution récente de l’industrie blockchain révèle les contradictions profondes et anciennes de l’utopie numérique.


Deux couvertures de magazine avec Marc Andreessen, à vingt ans d’écart
NFT : la fièvre de posséder
Au-delà de l’explosion du cours des cryptomonnaies, ce début d’année a été marqué par l’attention médiatique qu’ont su capter d’autres artefacts numériques adossés à la technologie blockchain, appelés NFTs, pour Non-Fungible Tokens. Là où un bitcoin est équivalent à n’importe quel autre bitcoin, chaque NFT est unique (ce que traduit le terme barbare “non fongible”).
Un NFT représente l’actif qu‘il décrit de manière unique. Quelques cas qui ont captivé l’imagination ces derniers mois : Jack Dorsey, fondateur de Twitter, a vendu un NFT représentant le premier message envoyé sur le réseau à l’oiseau bleu pour 2,5 millions de dollars.
Des NFT représentant des vidéos de LeBron James ont été écoulés par NBA Topshot pour des centaines de milliers de dollars. Ces NFT représentent un droit de propriété, enregistré sur une blockchain (le plus souvent Ethereum).
Si les NFTs représentent un droit de propriété, elles n’empêchent nullement les onéreux tweets ou vidéos d’être présents sur Twitter ou Youtube. Elles se contentent d’enregistrer le droit de propriété de l’actif (qui peut être digital ou même physique), et les contrats qui y sont liés, comme leur acquéreur, ou les règles pour la cession future des actifs, incluant des droits de rétrocession.
Leur fonctionnement technique ne garantit en rien, en retour, l’exercice de droits tels que le droit d’auteur.
En outre, les NFT n’ont rien de nouveau. C’est un cas d’usage de la technologie blockchain qui avait été identifié depuis longtemps : par leur aspect public et immuable, les blockchains ont valeur de registre notarial, et permettent de stocker des contrats automatisés.
Dès 2017, des crypto-chats digitaux – les cryptokitties, équivalent digital des cartes Pokemon – s’échangeaient sur Ethereum, faisant exploser le nombre de transactions sur le réseau au point de le paralyser temporairement. Alors pourquoi une telle explosion spéculative autour des NFTs ?
Retour à Andreessen-Horowitz, ou plus exactement au populaire podcast qu’héberge le fonds d’investissement, pour l’épisode de mars intitulé Tout sur les NFTs. En une heure de conversation, le verbe “posséder” revient quatre-vingts fois.
On y apprend que les NFTs permettent ce qui était impensable : posséder une image jpg, c’est à dire la version numérisée d’une image, posséder une vidéo, posséder des bouts d’information ; mais aussi, conceptuellement, posséder un moment (par exemple : le tweet historique de Jack Dorsey), posséder virtuellement n’importe quel évènement digital, n’importe quelle oeuvre digitale : le rêve de tout collectionneur.
Alors que le propre de l’information numérique est d’être exactement réplicable, instantanément, partout, alors que la promesse d’internet, “l’information veut être libre” est martelée depuis 1984 (voir par exemple L’Ethique des Hackers de Steven Levy) par les apôtres d’un web émancipateur qui promeut la propagation, sans frontières et sans limites, de l’information et de la culture, les nouveaux spéculateurs de l’univers crypto ont finalement trouvé le moyen de faire de l’octet une denrée rare.
Les GIFs peuvent désormais devenir œuvres d’art au même titre que les œuvres d’art physiques. Et par conséquent, devenir des refuges de valeurs non soumis à l’imposition, au même titre que les oeuvres d’art physiques qui dorment, cachées aux yeux de tous, dans les entrepôts des ports francs non-soumis à la vigilance des douanes, que par hasard mettait en scène Tenet en 2020, l’un des seuls blockbusters à avoir trouvé le chemin des salles de cinéma l’année où a explosé le marché du cryptoart.

Les cryptokitties, précurseurs des NFT dès 2017
Matérialisation physique des cryptomonnaies
Les opposants aux NFTs rappellent aussi, à raison, que cette nouvelle manière de posséder a un coût environnemental. Un coût non négligeable, lié au fonctionnement actuel de la majorité des blockchains.
Le principal enjeu d’une blockchain est d’assurer que chaque nouveau bloc de transactions ajouté à l’historique est légitime. L’action d’ajouter un bloc s’appelle “miner”, par analogie à l’effort exigé pour extraire de nouveaux lingots d’or auxquels était jadis adossée la monnaie fiduciaire. Le mineur est rétribué par de nouvelles unités de cryptomonnaie qui sont émises à chaque bloc ajouté.
Bitcoin part du principe qu’au-moins la moitié du réseau de mineurs est bien intentionnée, c’est-à-dire ne tente pas d’introduire des transactions frauduleuses (auquel cas, toute confiance dans le réseau s’effondrerait, ainsi que la valeur des bitcoins et donc l’effort des mineurs).
Elle fait donc accomplir aux mineurs un exercice de calcul mathématique – appelé preuve de travail ou proof of work – qui prouve que le mineur est bien en possession d’une puissance de calcul qu’il met au service du réseau.
La difficulté de cet exercice augmente avec le cours de Bitcoin, puisque l’extraction devient plus lucrative, incitant en retour de nouveaux mineurs, c’est-à-dire de nouveaux data centers, à rejoindre cette nouvelle ruée vers l’or.
Au point qu’en quelques années, l’électricité consommée par l’ensemble des microprocesseurs des mineurs travaillant à pleine puissance pour fournir la preuve de travail a surpassé les unes après les autres la consommation d’électricité de pays tels que le Bangladesh, la Hongrie et plus récemment l’Argentine ; soit la puissance fournie par une vingtaine de réacteurs nucléaires (voir le site créé par l’université de Cambridge) pour le seul Bitcoin.
Quant à Ethereum, la blockchain de prédilection des NFTs : les cartes graphiques sont particulièrement efficaces pour miner sur le réseau ; au point que les mineurs préemptent ce type de puce, participant à une pénurie mondiale si sévère que tout appareil qui en renferme, à l’image d’une Playstation 5 officiellement sortie en Europe avant Noël, reste aujourd’hui introuvable.
“Move bits, not atoms” (“déplacez de l’information, pas de la matière”), disait la tribune mensuelle du premier investisseur de Wired dans les années 90. A cette époque, l’économie de l’information devait apporter une réponse à la crise écologique, permettant de créer de la prospérité dématérialisée. Un autre pan de l’utopie tombe en lambeaux…

Crédit : QuoteInspector.com
Les opposants aux opposants aiment relativiser en comparant la consommation énergétique de Bitcoin au marché de l’or ou au système financier en général, qui incluerait l’empreinte énergétique de toutes les succursales bancaires, terminaux de paiement, distributeurs de billets et leur logistique.
Cette seconde comparaison serait pertinente si Bitcoin ou les NFTs avaient encore vocation à remplacer le système financier. Mais leur nouvel usage comme valeur refuge s’ajoute à l’ancien monde sans rien remplacer.
Que la blockchain soit une technologie qui apportera beaucoup à l’infrastructure financière ne fait guère de doute ; que le réseau Bitcoin lui-même, qui n’est qu’une implémentation de cette technologie, y participe jamais est plus douteux.
Le nombre de transactions sur Bitcoin limite d’ailleurs drastiquement les usages que pourrait avoir le réseau s’il était utilisé comme monnaie (environ deux mille transactions par bloc, chaque nouveau bloc étant miné toutes les dix minutes : le réseau ne pourrait supporter ne serait-ce que l’infrastructure de paiement du péage de Saint-Arnoult un jour de départ en vacances).
Les opposants aux opposants ont encore un autre argument dans leur besace : la preuve de travail pourrait être remplacée par la preuve d’enjeu ou proof of stake. Dans cet autre schéma, la difficulté de calcul est pondérée par la quantité de cryptomonnaie que possède déjà le mineur.
Plus le mineur possède d’actifs, moins il lui est difficile de miner ; l’idée sous-jacente étant qu’un mineur en possession de beaucoup d’actifs aura peu d’intérêt à compromettre le réseau. Ethereum, après des années d’effort, semble finalement progresser dans sa transition vers la preuve d’enjeu.
Pour Bitcoin et nombre d’autres blockchains, il n’est pas question de migrer vers la preuve d’enjeu. Car là où Bitcoin comptait créer une monnaie qui ne puisse être instrumentalisée par les puissants, la preuve d’enjeu signifie au contraire que plus vous possédez, plus il vous est facile de miner.
Le réseau rétribue les possédants (pour donner un ordre d’idée, actuellement, sur Ethereum le taux d’intérêt que rapportent des ethers placés pour miner se situe autour de 12% ; les taux sont équivalents sur Polkadot, une autre blockchain très utilisée en ce moment), concentre les fortunes déjà existantes, et leur donne en outre un poids plus fort dans la gouvernance.
Ce qui referme donc la boucle écologique : il n’est plus à démontrer (voir par exemple ce rapport du GIEC) qu’un système qui augmente les inégalités augmente les ressources allouées aux franges les plus riches. A moins de laisser se dégrader encore le niveau de vie des populations des plus favorisées, il augmente donc globalement la consommation de ressources et l’impact environnemental global de la société.

L’usine de bitcoins ‘Genesis Farming’ près de Reykjavik est l’une des plus grandes du monde à « miner » les bitcoins grâce à un système de microprocesseurs. Crédit : Halldor KOLBEINS / AFP
L’héritage cybernétique d’Ethereum
Ces contradictions matérialisées par les blockchains sont plus profondément inscrites dans l’idéologie d’internet elle-même qu’il n’y paraît. L’innovation la plus intéressante apportée par Ethereum est la notion de smart contracts, des contrats intelligents qui s’exécutent automatiquement sur la chaîne.
Un contrat peut stipuler, par exemple, que si une condition donnée est vérifiée (par exemple, si un chauffeur conduit un passager d’un point A à un point B, ce qui se matérialisera par la géolocalisation de leurs téléphones), une transaction sera effectuée en ethers.
La blockchain permet donc d’automatiser, sans avoir à reposer sur aucun intermédiaire de confiance (un notaire, par exemple, ou l’entreprise Uber qui a l’autorisation de prélever de l’argent sur la carte bancaire de ses clients), l’exécution de contrats.
Il suffit d’écrire dans la blockchain les conditions sous lesquelles une transaction doit s’exécuter pour que des ethers, à une date ultérieure, passent d’un portefeuille à l’autre, à condition que leurs possesseurs aient cryptographiquement signé le contrat.
Des projets vont plus loin dans l’idée d’une gouvernance programmatique, transparente, immuable, à l’image des DAO ou Organisations Autonomes Décentralisées. Ces dernières représentent une organisation ou une entreprise, et inscrivent dans la chaîne les règles qui régiront leur fonctionnement.
Les DAO transforment les organisations et les individus en entités souveraines capables de créer leurs propres lois, immédiatement appliquées, gravées dans le code.
Elles permettent d’imaginer des principes de fonctionnement difficilement exécutables autrement – par exemple, un réseau de type Uber dans lequel la gouvernance et la valeur seraient distribués entre les chauffeurs participant au réseau en fonction du travail qu’ils fournissent, et qui décideront eux-mêmes de l’attribution des bénéfices à la fin de l’année sans autorité centrale.
En tentant de codifier et d’automatiser ainsi les rapports sociaux, les smart contracts et les DAO appartiennent à une vision du monde qui voit dans les relations humaines une source de flottement dans lequel s’immiscent des enjeux de pouvoir (qu’on appelle communément la politique), et mettent en doute la capacité de l’Etat à faire appliquer les règles dictées par la Loi.
Ils contribuent à normaliser les rapports entre être vivants, entre le monde physique et le cyberespace. Ils créent un monde programmable, dans lequel les interactions entre hommes et machines s’inscrivent dans un vaste organisme, accomplissant la prophétie codifiée par Norbert Wiener dans son livre paru en 1948, La Cybernétique, Information et régulation dans le vivant et la machine.

Norbert Wiener, le père de la cybernétique
Dans l’utopie numérique, la cybernétique était la promesse qu’un système horizontal, décentralisé, à travers lesquels se propagent signaux et boucles de rétroaction, pouvait s’auto-réguler, à l’image de certains écosystèmes naturels, sans autorité centrale, sans gouvernement, sans oppression, garantissant une forme de liberté et d’émancipation.
Pourtant, la théorie cybernétique peut aussi être interprétée comme un précurseur aux dispositifs de contrôle qui viendront se greffer à internet, qu’il s’agisse du système imaginé par Cambridge Analytica pour agir sur les décisions des électeurs à travers Facebook, ou du système de crédit social toujours en cours de déploiement en Chine, visant à encourager les citoyens et les entreprises à conformer leurs comportements à l’éthique décidée par le Parti pour la société.
Entre centralisation à outrance, création artificielle d’une rareté numérique, ancrage de l’économie numérique dans une physicalité toujours plus destructrice de l’environnement, et dispositifs réduisant l’interaction sociale à des contrats automatisés, certaines tendances de l’industrie blockchain semblent finalement entériner la longue agonie de l’utopie numérique.
Plus d’infos sur l’auteur : article écrit par Jonathan Bourguignon, entrepreneur, impliqué sur plusieurs projets blockchain, et auteur d’Internet, Année Zéro, récemment publié aux éditions Divergences et disponible en librairie. Ses expériences à la croisée des communautés et des écosystèmes lui donnent la perspective nécessaire pour confronter les points de vue et multiplier les échelles d’analyse.
"Mordue de viande"
A force de le dire, de le hurler, de l'afficher, il va bien y avoir quelques centaines, quelques milliers, quelques millions de personnes que ça finira par toucher. Voilà douze ans que je ne mange plus d'animaux, ni terrestres, ni aquatiques. Et je m'en porte très bien, physiquement et psychologiquement. Je ne suis plus acteur de ce désastre.
Mordue de viande, l’Europe alimente la crise climatique par son addiction au soja
Mordue de viande, l’Europe alimente...
Publié en 2019
Agriculture, Forêts
En Europe de l’Ouest, une personne consomme en moyenne 85 kg de viande et 260 kg de produits laitiers chaque année. C’est plus du double de la moyenne mondiale. Si cette surconsommation de protéines animales pose un grave problème de santé publique, elle a aussi un impact environnemental et social désastreux. La majorité de la viande et des produits laitiers consommés en Europe proviennent d’élevages industriels où les animaux sont nourris avec du soja issu de la destruction d’écosystèmes en Amérique du Sud. C’est ce que démontre ce rapport de Greenpeace, intitulé « Mordue de viande, l’Europe alimente la crise climatique par son addiction au soja »
La culture industrielle du soja contribue à la destruction d’écosystèmes précieux
L’Amérique du Sud regorge de forêts et de savanes arborées uniques : l’Amazonie, le Gran Chaco ou encore le Cerrado renferment des trésors de biodiversité et constituent de précieux remparts contre le dérèglement climatique. Malgré leur importance capitale, ces trois écosystèmes disparaissent : ils sont détruits pour être remplacés par des champs de soja.Ce soja est destiné à satisfaire l’appétit dévorant de l’élevage industriel européen. L’Europe est en effet accro au soja sud-américain, dont la production ne cesse d’augmenter pour répondre aux besoins de l’industrialisation de notre élevage.
Cette addiction a impact énorme sur les écosystèmes. Elle a participé à la déforestation de l’Amazonie brésilienne. Aujourd’hui protégée de l’expansion du soja grâce à un moratoire, le gouvernement d’extrême-droite de Jair Bolsonaro fait cependant peser de sérieuses menaces sur la première forêt tropicale du monde. La culture du soja contribue désormais à détruire les régions du Gran Chaco et du Cerrado. Le Cerrado aurait ainsi déjà perdu près de la moitié de sa végétation naturelle, soit environ 88 millions d’hectares : une superficie équivalente 1,4 fois la France.
Impacts environnementaux, sanitaires et sociaux de la culture industrielle du soja
Le recours quasi-systématique aux pesticides et aux OGM dans la culture industrielle du soja en Amérique du Sud représente une grave menace pour la biodiversité et les communautés locales. Au Brésil et en Argentine, plus de 95 % du soja produit est génétiquement modifié. Depuis l’introduction des cultures transgéniques au milieu des années 1990, l’utilisation de pesticides par unité de surface a augmenté de plus de 170 % en Argentine comme au Brésil. L’Europe est bien consciente du danger, puisqu’aucune des variétés de soja GM utilisées au Brésil et en Argentine n’est autorisée à y être cultivée, et plus d’un tiers des pesticides actuellement autorisés au Brésil ne seraient pas autorisés par l’UE ! Ainsi, les milliers d’espèces endémiques ou fragiles vivant dans les régions du Gran Chaco, du Cerrado et de l’Amazonie sont directement mises en péril par l’agriculture intensive.
La culture intensive du soja menace également la santé humaine. D’après le Rapporteur spécial du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, les autorités brésiliennes recensaient 5 501 cas d’empoisonnement aigu aux pesticides en 2017, soit près du double par rapport aux chiffres de 2007.
Cette production a aussi un impact social considérable. En effet, son essor aurait favorisé de graves violations des droits des autochtones, travailleurs et communautés locales, manifestées entre autre par des déplacements de population et des formes d’esclavage. En parallèle, le pouvoir politique et économique des entreprises qui contrôlent la production et le commerce du soja ne cesse de s’accroître, et de plus en plus de terres se concentrent dans les mains d’une poignée de grands propriétaires.
L’Europe, folle de viande
En Europe, les élevages sont de moins en moins nombreux mais de plus en plus vastes et industrialisés. Cette industrialisation de notre élevage va de paire avec la hausse de la production du soja en Amérique du Sud qui provoque l’aggravation des problèmes précédemment cités. L’UE importe en effet environ 33 millions de tonnes de soja chaque année, majoritairement en provenance d’Amérique du Sud, et 87% du soja utilisé en Europe est destiné à l’alimentation animale. La production et la consommation de viande dans des quantités industrielles font planer de nombreuses menaces en Europe.
Le niveau européen de consommation de viande et de produits laitiers entraîne en effet d’importants problèmes de santé publique. De nombreuses études ont en effet pointé du doigt notre niveau actuel de consommation de viande, lequel augmenterait le risque de diabète, de maladie cardiaque et de cancer.
De plus, l’élevage industriel est un danger pour nos campagnes et celles et ceux qui les font vivre. Dépendant des cours mondiaux, les paysans et paysannes traversent une crise sans précédent. Ils disparaissent de nos campagnes avec l’essor de fermes-usines qui défigurent nos paysages et qui sont un cauchemar environnemental et sanitaire pour les riverains et riveraines. Les conditions d’élevage des animaux dans les exploitations industrielles sont par ailleurs catastrophiques : elles engendrent cruauté et souffrance, et sont tout simplement inacceptables.
Aujourd’hui, l’Europe surproduit et surconsomme de la viande et des produits laitiers. Ce sont les politiques agricoles mises en place par l’UE elle-même qui entretiennent ce système alimentaire qui produit viande et produits laitiers en quantités industrielles au détriment de l’environnement, du climat, des questions sociales et de la santé de ses propres habitants et habitantes. Il est urgent de sortir de ce système en opérant une véritable révolution alimentaire et agricole. Cela passe par la réforme de nombreuses politiques européennes encadrant la production agricole, au premier rang desquelles figure la Politique agricole commune, mais aussi par une réduction globale de la consommation de viande. Si l’Europe veut résoudre les problèmes environnementaux, sociaux et sanitaires posés par l’élevage industriel, alors elle n’a d’autres choix que d’opérer une véritable révolution écologique de notre système de production alimentaire.
Addiction électronique
Mon ordinateur portable et mon smartphone sont des appareils recyclés et il est hors de question d'en changer pour un "nouveau" modèle tant qu'ils fonctionneront.
La course à la "nouveauté" est une abberation écologique, un conditionnement sociétal, une addiction consumériste et il est nécessaire d'ne connaître les effets dévastateurs.
J'invite ardemment les lecteurs à aller visiter le site "Naturévolution".
Naturevolution > Partage et sensibilisation > Sensibilisation France > Impacts et solutions à notre addiction électronique
Impacts et solutions à notre addiction électronique
Written by Y. Bigant | 20 août 2021
EXPLOITATION MINIÈRE – La « dématérialisation » de l’économie est un leurre : le numérique n’a jamais été aussi dépendant des matières premières. La pollution et les déchets générés sont astronomiques. Dressons un très rapide panorama du sujet, de la mine jusqu’à l’acheteur, en passant par les solutions pour remédier à ce gâchis pourtant évitable.
Mines de nickel sur le littoral du Nord Konawe dans la baie de Matarape. La transformation du minerai de nickel est très énergivore. Pour des raisons économiques, elle est réalisée la plupart du temps grâce au charbon, avec des émissions de gas à effet de serre catastrophiques. Southeast Sulawesi, Indonesie. © Yann Bigant
À la base du numérique : l’exploitation minière
Sommaire
À la base du numérique : l’exploitation minière
Un flux ingérable de déchets électroniques
Très peu d’appareils sont réellement recyclés
Un coût payé par les populations défavorisées
La conception au cœur du problème
Comment savoir si un appareil est réparable ?
Des appareils conçus pour être réparables
Et pour vos téléphones qui dorment au fond du tiroir ?
Qu’il s’agisse de l’exploitation du nickel à Sulawesi, du lithium en Bolivie, en Argentine ou au Chili, du coltan au Congo ou des terres rares en Chine, notre société technologique génère en amont des chaînes de production une pollution intense des écosystèmes, de l’air, du sol, des rivières et des eaux côtières causée par l’activité minière. Celle-ci est aussi très consommatrice d’eau et d’énergie, et accroît la pression sur les derniers milieux naturels.
Nous avons choisi d’illustrer cet article avec les dégâts causés par les mines de nickel dans la région de Sulawesi où nous agissons. Le nickel est notamment utilisé pour la fabrication des batteries. Un autre exemple de la pression causée aux milieux naturels par l’exploitation minière est le projet Montagne d’Or en Guyane, dont le futur n’est pas encore décidé.
Une bonne partie des ressources minières existantes, notamment celles pour les hautes technologies et les énergies renouvelables, est située au sein d’aires naturelles protégées
Naturévolution
J'ai écouté aujourd'hui sur une radio le fondateur de cet organisme et c'était particulièrement passionnant.
Naturevolution > Actualités > (4/6) Comment agir contre la déforestation
(4/6) Comment agir contre la déforestation
Written by G. Deltour | 2 septembre 2019
Naturevolution démarre un projet de reboisement à proximité des villages du Makay : le projet 1 million d’arbres pour le Makay ! Mais nous ne pouvions lancer ce projet sans creuser le contexte des forêts du Makay, de Madagascar et du monde. À travers 6 articles nous faisons le point sur l’état actuel de la déforestation, des engagements ou actions initiés par les différents gouvernements, des initiatives en terme de reboisement en particulier à Madagascar et enfin des actions possibles à votre échelle pour lutter contre la déforestation. Tout un programme !
Introduction
Sommaire
Devenir végétarien/végan (ou presque)
Peser sur les décisions publiques
Soutenir des projets de protection des forêts
Le chocolat et l’huile de palme
Et le reste : le cuir, le papier, le bois, etc.
La limite des gestes individuels
Une grande partie de la déforestation dans le monde résulte de la surconsommation des populations urbaines (ou consommant de façon similaire) et de l’augmentation de leur niveau de vie, dans une économie mondialisée où les accords de libre-échange se multiplient. En tant qu’européens, nous sommes parmi les premiers concernés.
Un niveau de vie plus élevé se traduit souvent par une augmentation de la consommation de viande, de produits contenant de l’huile de palme, de chocolat, d’essence et de pneus pour la voiture, etc. Nombre de ces produits sont liés à la déforestation.
La déforestation engendrée par notre consommation est dite ‘importée’, car elle est causée dans d’autres pays du monde : des endroits où la déforestation est soit encouragée par le gouvernement local, soit n’est pas combattue faute de moyens ou de volonté politique. Ce sont malheureusement ces pays-là – comme le Brésil, l’Indonésie et la RDC – qui contiennent aujourd’hui les dernières grandes forêts tropicales de notre planète.
Si vous lisez cet article, il y a fort à parier que vous appartenez à cette part de la population mondiale qui est suffisamment favorisée (même si vous n’en avez pas l’impression !) pour avoir un impact sur des forêts à l’autre bout du monde. La bonne nouvelle ? Notre pouvoir en tant qu’européens pour peser sur la déforestation n’en est que d’autant plus fort ! Tour d’horizon.

Forêt du Makay, Madagascar
Devenir végétarien/végan (ou presque)
L’élevage bovin et la culture du soja qui est exporté comme aliment du bétail dans de nombreux pays du monde sont la première cause de la déforestation en Amérique du Sud. Selon Greenpeace, l’élevage bovin serait responsable de la destruction de près de 63% de la forêt amazonienne, et la situation est aujourd’hui pire dans les grands bassins forestiers adjacents. Au niveau mondial, l’élevage est responsable de 73% de la déforestation (FAO, 2020).
Une bonne partie de cette déforestation est attribuable aux européens qui sont le 2ème importateur mondial de soja. Si les viandes de bœuf et d’agneau ont une empreinte environnementale complètement démesurée sur le climat et qu’il vaut mieux les abandonner complètement, les volailles européennes sont presque intégralement nourries au soja importé. Ainsi, « l’impact déforestation » des volailles françaises est 6 fois plus important que celui de la viande bovine. Bref, il n’y a pas vraiment de ‘viande de remplacement’.
Pas convaincu ? Lisez le rapport complet de Greenpeace :
Mordue de viande – l’Europe alimente la crise climatique par son addiction au soja.
Une méta-étude scientifique publiée dans la revue Science en 2018 et portant sur 119 pays, 38.000 fermes, et 90% de tout ce qui est mangé à travers le monde, donne des chiffres vertigineux sur l’impact de la viande : au niveau mondial, 83% des terres agricoles sont utilisées pour la production de viande et de produits laitiers (83%!), tout ça pour ne produire que 37% des protéines et 18% des calories… tout en générant 60% des émissions de gaz à effet de serre du secteur agricole !
Les impacts considérés par l’étude vont de l’utilisation des terres (déforestation, pesticides, perte de la biodiversité et des milieux naturels, etc.) aux émissions responsables du changement climatique, en passant par la consommation d’eau et la pollution (eau, air). Difficile de faire plus exhaustif. L’étude a été peu relayée en France mais on trouve un article détaillé en français ici, ainsi qu’un article très complet en anglais sur The Guardian.
L’étude souligne également que la ‘viande responsable’ n’est pas une solution de remplacement : « la viande et les produits laitiers les plus ‘durables’ (plus petit impact) ont un impact beaucoup plus important que les végétaux et les céréales les moins durables. » Une conclusion qui rejoint les constats du rapport de Greenpeace ci-dessus.
Cet histogramme présente l’impact en terme de réduction de gaz à effet de serre des gestes individuels (issue du rapport Faire sa part ? / The Shift Project). Si ce schéma parle ici du réchauffement climatique et non seulement de la déforestation, il est bon de rappeler que l’élevage est un des postes les plus émetteurs de GES, notamment – mais pas seulement – à cause de la déforestation.
Il est bon de noter certains effets pervers du commerce mondial : la viande européenne, par exemple, largement nourrie avec du soja importé, est elle-même exportée. La France, où la consommation de viande rouge décroît depuis plus de 20 ans, vient d’obtenir de la Chine la levée d’un embargo de 17 ans sur l’importation de la viande de bœuf : le gouvernement français espère exporter plusieurs milliers de tonnes de bœuf français vers la Chine, alors que l’accord de libre-échange avec le Mercosur prévoit d’augmenter l’importation de viande de bœuf d’Amérique du Sud ! Ce qui nous amène au point suivant : l’action du gouvernement et les moyens pour les individus de peser dessus.

Peser sur les décisions publiques
VIA LES ÉLECTION : VOTER, ET PAS POUR N’IMPORTE QUI :)
On se lamente en France de l’inaction du gouvernement sur les questions environnementales et climatiques. Mais les électeurs continuent de porter au pouvoir des candidats et des partis politiques qui font bien peu en terme de défense du climat et de la biodiversité. Emmanuel Macron et LRM portent un programme libéral qui vise à signer plus d’accords de libre-échange (dernièrement le CETA avec le Canada et l’accord avec le Mercosur), et à donc augmenter le commerce mondial au lieu de favoriser le local. Leurs engagements en terme de climat et de biodiversité ne sont pas du tout à la hauteur des enjeux en cours.
Même suite à la démission fracassante de Nicolas Hulot, les élections européennes ont continué de favoriser LRM et le Rassemblement National (ex-FN). Le score de EELV, bien qu’acclamé, n’a été qu’autour de 17% et les autres partis politiques (PS, LFI etc.) qui ont un programme solide sur l’environnement ont fait encore moins. Alors n’oubliez pas que les élections sont un des moyens à disposition de faire changer les choses, et que l’environnement est le sujet le plus important du 21ème siècle.
VIA LA JUSTICE
Las d’attendre la concrétisation d’engagements politiques en matière d’environnement, des groupes de citoyens ont porté l’affaire devant les tribunaux dans plusieurs pays : aux Pays-Bas (avec succès!), en Colombie, en Afrique du Sud, etc. En France, quatre ONG (l’Affaire du siècle, la FNH, Greenpeace et Oxfam) ont décidé d’attaquer l’Etat français en justice pour qu’il respecte ses engagements climatiques et protège nos vies, nos territoires et nos droits : ajouter votre signature à L’affaire du siècle.
Faire reconnaître le crime d’Écocide – Un vaste mouvement mondial (et notamment européen) défend la reconnaissance légale du concept d’écocide, ou de crime contre l’environnement, ce qui offrirait bien plus de moyens juridiques d’assigner états et entreprises privées en justice pour les dégâts causés à l’environnement. En savoir plus par ici : le site End Ecocide on Earth et l’entrée Écocide sur Wikipédia.
VIA L’ACTIVISME
Les grandes avancées en matière d’environnement ou de droits sociaux ont été obtenus par de petits groupes d’individus motivés qui ont su rassembler et faire pression sur le politique et les groupes privés, via différentes méthodes, notamment médiatiques. Rentrer dans le détail n’est pas le but de cet article, mais il n’en reste pas moins que l’activisme est un des moyens les plus efficaces pour obtenir des avancées significatives. Il existe des groupes locaux un peu partout en France et en Europe, focalisés sur diverses causes environnementales. On peut citer notamment les groupes locaux des Amis de la Terre et le mouvement Extinction Rebellion. Découvrez également La carte des luttes pour découvrir les grands projets inutiles et nocifs à côté de chez vous (certains ont des liens avec la déforestation dans le monde, d’autres avec le climat ou encore les milieux naturels et la biodiversité en France).
Changer de banque
Les banques ont une immense part de responsabilité dans la crise climatique et la destruction des forêts par leurs investissements. L’ONG Global Witness a mené une enquête sur le rôle des banques françaises dans la déforestation : il apparaît que « depuis l’adoption de la loi sur le devoir de vigilance en 2017, trois banques françaises – BNP Paribas, Natixis et le Crédit Agricole – soutiennent des entreprises associées à la déforestation ». L’association française Canopée incrimine notamment BNP Paribas qui soutient le ‘soja de la déforestation’ en Amérique du Sud à hauteur de plusieurs milliards de dollars.
Entre 2013 et 2019, le secteur financier français a appuyé cinq des six entreprises agro-industrielles les plus nocives (…), directement ou indirectement impliquées dans des activités de déforestation dans les trois plus importantes forêts tropicales du monde, à savoir l’Amazonie brésilienne, le bassin du Congo et la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Ce soutien, à hauteur de près de 2 milliards d’euros, fait de la France le deuxième plus gros contributeur de fonds à ces entreprises dans toute l’UE. – La finance flambeuse, Global Witness
Ce sont souvent les mêmes qui aggravent la crise climatique : une étude publiée par Oxfam et les Amis de la Terre indique que « les investissements de 4 banques françaises (BNP Parisbas, Crédit Agricole, Société Générale, BPCE) ont produit 4,5 fois plus de C02 que la France entière en 2018. »
Il n’a jamais été aussi facile de changer de banque et de transférer ses comptes, par exemple au Crédit Coopératif (comptes courants et livrets épargne) ou à La Nef (livrets épargne). Il existe également une nouvelle initiative, Hélios, mais que nous n’avons pas creusé.

Soutenir des projets de protection des forêts
Voter avec son portefeuille, avec son bulletin de vote et réduire sa consommation sont des actions puissantes qu’en tant qu’européens nous pouvons faire tout les jours. Mais ce ne sera pas suffisant ! De nombreuses ONG développent d’excellents projets sur le terrain pour préserver du mieux possible les forêts existantes, reboiser pour réduire la pression sur celles-ci, et développer des projets au bénéfice tant de la biodiversité que des communautés locales. Mais la protection de la nature ne reçoit qu’environ 3% de la philanthropie mondiale et les ONG – Naturevolution y compris – sont chroniquement en manque de financement pour mener leurs projets.
Après avoir monté des projets autour de l’activité économique (apiculture, écotourisme) et sociale (éducation, potagers scolaires), Naturevolution lance en 2019 le projet de reboisement « Forêts Villageoises » autour des villages du Makay tant pour réduire la pression sur les forêts du massif, que pour fournir des ressources aux communautés. Alors, faites un don pour nous aider ! Mensuel de préférence ;-)
Je soutiens les projets de Naturevolution
Pépinière de Tsiajorambo dans le Nord Makay © Tom Dépériers / Naturevolution
Le chocolat et l’huile de palme
Oui, le chocolat ! La demande mondiale en terme de cacao est de plus en plus un moteur de déforestation. Si la déforestation est, en surface totale, la plus importante au Brésil, c’est le cacao qui est à l’origine des plus fortes accélérations de la déforestation en 2017 et 2018. Celles-ci ont lieu jusque dans les parcs nationaux d’Afrique de l’Ouest ! Lire à ce sujet l’excellent rapport en français de l’ONG Mighty Earth : La déforestation amère du chocolat ou regarder l’épisode Bitter Chocolate de la série Rotten sur Netflix.
France Nature Environnement s’est associée à Mighty Earth pour produire un classement des marques les plus connues. Vous pouvez également signer une pétition mais le plus efficace reste d’agir sur la demande.
L’huile de palme est quant à elle responsable de près de 20% de la déforestation dans le monde et se fait au dépens des dernières forêts tropicales primaires en Indonésie et, de plus en plus, en RDC. Il est à noter que l’huile de palme se cache dans de nombreux produits et est parfois invisible sur les listes d’ingrédients comme le dénonce l’ONG Foodwatch qui demande plus de transparence dans les étiquettes (pétition). Enfin, grâce à Total et au gouvernement français, l’huile de palme se cache également dans le réservoir de votre voiture !
Il n’est pas forcément opportun de bannir l’huile de palme pour la remplacer par une autre huile (qui pourrait avoir un impact pire sur l’environnement), mais il faut réduire son niveau de consommation au maximum, et tenter de s’assurer de sa provenance. Une tâche encore ardue en 2019. Vous pouvez également signer la pétition de Greenpeace contre la déforestation en Indonésie liée à l’huile de palme.
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Les pneus de voiture
La production de caoutchouc naturel a explosé depuis 2000 avec une augmentation de 75% de sa production mondiale via notamment la fabrication des pneus (70% de la production de catouchouc y est consacrée). C’est l’un des principaux facteurs de déforestation en Indonésie, Malaisie et Thaïlande comme le dénoncent le WWF et Mighty Earth.
Que faire ? Prendre moins la voiture pour commencer (ce qui réduit aussi notre consommation d’huile de palme), mais aussi n’acheter que des pneus avec un bon indice d’usure pour maximiser leur durabilité, ou des pneus reconditionnés et fabriqués en France, ou demander une certification (FSC ou équivalent) du caoutchouc de ces pneus.

Et le reste : le cuir, le papier, le bois, etc.
Le cuir, le papier, le bois et autres commodités ne sont plus les principaux moteurs de la déforestation au regard des autres menaces, mais ils y contribuent.
Le cuir – Le cuir est parfois presque plus le moteur de l’élevage intensif que la viande elle-même. Le cuir est largement responsable de la déforestation en Amérique du Sud, et le traitement des peaux utilisent des produits hautement toxiques souvent rejetés dans l’environnement. Les ouvriers qui travaillent dans les tanneries sont exposés à une pollution extrêmement toxique.
Le papier – Si vous avez des impressions à faire chez vous, ou à commander pour le compte de votre entreprise, choisissez des papiers certifiés, mais pas avec n’importe quels labels. Privilégiez les papiers 100% recyclés ou avec des fibres vierges certifiées FSC. Le mieux reste d’avoir des papiers qui associent 2 certifications ou plus, comme le label FSC, le label Ange Bleu ou l’Écolabel Européen.
Les labels Imprim’Vert ou PEFC souvent mis en avant en France offrent très peu de garanties car ces labels ont été mis en place par, respectivement, les imprimeurs et les papetiers eux-même.
Le bois – Pour l’achat du bois (parquet, meubles, mobilier de jardin, etc.), privilégiez le bois certifié FSC. En l’absence de ce certificat, privilégiez les meubles réalisés à partir d’essences de bois locales (hêtre, chêne, châtaignier…) ainsi que les circuits courts. Greenpeace donne quelques conseils supplémentaires sur cette page.
La limite des gestes individuels
Etendons la question à la crise climatique et à celle de la biodiversité dans leur ensemble : Manger moins de viande, prendre moins l’avion, rouler en vélo et autres ‘petits’ gestes individuels… cela sera-t-il suffisant pour sauver le climat et la biodiversité ? Pas complètement, d’une part parce qu’il est utopique de penser que tout le monde appliquera ces gestes, d’autre part car des changements aux racines des problèmes sont nécessaires et que celles-ci sont souvent hors d’atteinte par les gestes quotidiens (d’où la nécessité de l’activisme, de voter et de porter gouvernements et entreprises en justice).

Pouvoir et responsabilité des individus, des entreprises et de l’état face à l’urgence climatique.
Cliquer sur l’image pour ouvrir en grand. Source : le rapport Faire sa part de Carbone 4.
Mais faut-il pour autant ne rien faire, en se disant que « ça ne sert à rien » ? Bien au contraire ! Les changements de comportement sont indispensables. Les plus impactants d’entre eux permettent d’atténuer la gravité de la situation. Par exemple, entre 1990 et 2010, le seul poste de consommation des français qui a vu son empreinte carbone diminuer a été l’alimentation, grâce à la diminution importante de la consommation de viande rouge, diminution liée à l’époque aux scandales sanitaires et à des préoccupations de santé (lire la lettre de Carbone 4 ou l’article de terraeco), mais de plus en plus motivée par la protection du climat et des forêts.
Surtout, faire un choix de consommation ou de non-consommation est une manière de changer sa relation au monde, de prendre conscience de son impact et de pousser la réflexion plus loin. Des études ont également montré que les changements d’opinion et de comportement dans la population se traduisaient par des changements au niveau politique. Et bien entendu, il faut associer les gestes individuels aux autres moyens décris dans les paragraphes ci-dessus ‘Peser sur les décisions publiques‘ et ‘Soutenir un projet de reforestation‘. Tout commence donc par nous !
Nos partenaires
Un premier financement à hauteur de 10.000€ a été obtenu auprès de Maltem, permettant le lancement du projet 1 Million d’arbres pour le Makay. Maltem est un écosystème de sociétés de conseil spécialisées dans la transformation digitale et l’innovation durable, et un partenaire de Naturevolution depuis 2016.
Les ordures de Marseille
Oui, le titre prête à confusion.
Volontairement.
Lorsque Léo, notre benjamin, était étudiant à Marseille, j'ai eu à rayonner quelque peu dans la ville et j'étais effaré par cette saleté ambiante. N'importe quel bord de chaussée, talus, fossé, espace vert, trottoir, caniveau etc... est jonché de canettes, cartons de pizza, plastiques, sac de McDo, bouteilles de verre, paquets de cigarettes, des détritus en pagaille, des sacs de poubelle jetés de la voiture, partout.
Dans les commentaires qui suivent cet article, tout le monde tape sur les éboueurs qui étaient en grève. Mais c'est une fausse explication. La raison principale tient dans le comportement des habitants. Uniquement. La qualité du ramassage des ordures ne pourra jamais pallier l'incivisme et la bêtise des gens.
Deuxièmement, j'aimerais voir émerger dans un gouvernement quelqu'un capable de taxer directement sur les bénéfices, les entreprises qui multiplient les emballages. C'est à la source du problème qu'il faut remonter. Et que ces taxes ne puissent pas être reportées sur le prix des produits.
Mais l'élément primordial reste et restera toujours le comportement des gens.
Les ordures ne sont pas que par terre, elles sont également humaines.
Et maintenant, les associations vont se démener pour pallier les déficiences de la municipalité, les plages seront partiellement nettoyées et rien ne sera fait sur le long terme. Jusqu'à la prochaine fois et la suivante et la suivante...
Lorsque j'étais jeune, il m'est arrivé d'aller grimper dans les Calanques et le problème des déchets existait déjà. La surfréquentation était dénoncée mais surtout le comportement destructeur qui accompagne systématiquement les flux humains. Et rien n'a changé depuis sinon que l'accès aux Calanques a été limité. Et du coup, le problème d'incivisme se déplace ailleurs. Dans les gorges du Toulourenc par exemple. J'en ai déjà parlé ici.
Ce monde consumériste me dégoûte.
Méditerranée : tourisme, industrie, pollution.
Dans le cas présent, les habitants de Marseille ne peuvent pas accuser le tourisme de masse. On est en octobre, la foule est partie. Ce que les inondations ont balayé, c'est la population qui en est responsable. Maintenant, je ne suis pas "anti-Marseillais". Je sais très bien qu'il y a des gens respectueux là-bas, comme partout ailleurs. Et je suis désolé pour eux.
J'étais tout autant révolté lorsque nous vivions encore en Savoie de voir les déchets dans les fossés. Ou de trouver des contenants plastiques de nourriture énergétique sur les chemins de randonnée. Il n'aurait pas fallu que je tombe sur l'ordure qui se permettait de l'abandonner.
Ramassage des déchets, conséquences sur l'environnement... Trois questions sur la pollution des plages après les intempéries à Marseille
Avec l'alerte rouge aux pluies-inondations lundi, la ville de Marseille a été touchée par de très fortes pluies entraînant des inondations. Celles-ci ont charrié des tonnes de déchets dans la mer.
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France Télévisions
Publié le 05/10/2021 16:14Mis à jour le 05/10/2021 17:21
Temps de lecture : 4 min.

Des déchets ont ruisselé jusqu'à la mer avec les fortes pluies à Marseille, le 5 octobre 2021. (NICOLAS TUCAT / AFP)
"Triste scène", s'est indignée la ministre de la Mer, Annick Girardin. A Marseille, les pluies torrentielles ont fait ruisseler les déchets entassés dans les rues, lundi 4 octobre, après une semaine de grève des éboueurs dans toute la Métropole. Eparpillés par les pluies, de détritus se sont déversés dans la mer Méditerranée. Franceinfo revient en trois questions sur cette pollution liée, avant tout, à un concours de circonstances.
Comment ces déchets ont-ils pu se retrouver dans la Méditerranée ?
Lundi, les Bouches-du-Rhône ont été placées en vigilance rouge aux pluies-inondations. A Marseille, il est tombé en une nuit "l'équivalent de plusieurs mois de précipitations", jusqu'à 180 mm d'eau, selon Météo France. Or ces fortes pluies sont tombées sur la ville après une semaine de grève des éboueurs, opposés à l'allongement de leur temps de travail. Et malgré une reprise du service durant le week-end, les déchets continuaient à s'amonceler dans les rues de la ville, bientôt balayées par les eaux.
"Les déchets sont partout. C'est une catastrophe !", a déploré auprès de l'AFP la biologiste Isabelle Poitou, directrice de l'association MerTerre. "Un fort Mistral est attendu et va maintenant pousser sur les plages ces déchets qui sont en train de descendre vers la mer, sous l'effet des pluies torrentielles qui agissent comme une chasse d'eau en lessivant les bassins versants", expliquait lundi soir la biologiste. Le fleuve côtier de l'Huveaune, en crue lundi d'après le site Vigicrue, a notamment emporté nombre de déchets vers la Méditerranée. Mardi matin, les internautes photographiaient déjà les plages souillées.
"A Marseille comme dans d'autres grandes villes du bord de la Méditerranée, les réseaux pluviaux ne sont pas raccordés aux stations d'épuration, sauf dans l'hyper-centre, où il y a 'un déversoir d'orages' qui stocke les eaux de pluie avant qu'elles ne soient traitées par la station d'épuration. Mais cela ne représente que 20% du territoire marseillais. A l'extérieur de cette zone restreinte, les déchets partent donc directement à la mer", ajoute la spécialiste.
Quelles sont les conséquences pour l'environnement ?
L'adjoint à la mairie en charge de la biodiversité marine, Hervé Menchon, dénonce sur Twitter un "écocide". Les déchets retrouvés sur le littoral à Marseille sont en grande partie faits de plastique, décrivait en mai dernier l'association Explore and Preserve auprès de France 3. "Or, sous l'eau, à l'abri de la lumière, il n'y a pas de date de péremption du plastique. Cette matière n'est pas biodégradable, le plastique est fabriqué pour être imputrescible", alerte Isabelle Poitou.
Résultat : s'ils ne sont pas ramassés, les déchets plastiques vont perdurer et menacer les écosystèmes marins. "Certains poissons, mollusques ou tortues les avalent (...) D'autres espèces peuvent aussi être blessées", décrit Isabelle Poitou. Selon l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), 95% des déchets plastiques flottants finissent dans les fonds marins, et deviennent donc inaccessibles et impossibles à nettoyer.
Comment le ramassage de ces déchets va-t-il s'organiser ?
"Ces déchets flottants vont être poussés par le vent d'Est, vers les plages du Frioul [une île au large de Marseille] par exemple. Il est indispensable de venir ramasser les déchets sur les plages mardi ou mercredi. Mais souvent, en dehors des périodes estivales, les nettoyages des plages ne sont pas prévus. Pourtant, il faudrait agir avant que les déchets ne soient éparpillés dans la mer au premier coup de vent", réclame Isabelle Poitou. Lundi, la métropole Aix-Marseille-Provence a mis en place des "dispositifs exceptionnels, notamment en matière de collecte des déchets".
Sur les plages, les ramassages, organisés par la Métropole et les associations, ont déjà commencé.
A plus long terme, le maire de Marseille souhaite récupérer la gestion des déchets, actuellement attribuée à la Métropole "à des kilomètres de Marseille sans compréhension de ce qu'il se passe", juge Benoît Payan sur franceinfo. La métropole "aurait dû anticiper l'alerte orange en mettant le paquet pour ramasser ces milliers de tonnes de déchets sur la chaussée". L'élu en appelle aux pouvoirs publics : "Ne laissez pas la ville de Marseille comme ça. Le pluvial, la voirie, le ramassage des déchets, le nettoiement, toutes ces compétences que la ville de Marseille n'a pas, ne peuvent plus nous échapper." Il dénonce une "situation écologique, environnementale et sanitaire insupportable".
Crépuscule des Dieux

Voilà trois ans maintenant, ma mère a été victime de deux AVC consécutifs.
Elle en a réchappé mais en a gardé des troubles cognitifs spatio-temporels, sa mémoire immédiate s'est effacée puis au fil du temps, même les souvenirs plus anciens ont commencé à se diluer.
On n'imagine pas comme une déficience de mémoire immédiate représente un handicap lourd, très lourd...
Mon père s'est épuisé. Comme bien souvent quand on adopte le rôle d'aidant.
J'ai mis en place toutes les aides possibles, portage de repas, ménage, infirmiers à domicile, suivi des rendez-vous médicaux, prendre en charge toutes les démarches administratives, devenir référent, gérer le courrier, les impôts, les caisses de retraite, l'assurance, la mutuelle, les factures, la banque, etc etc..
J'ai vu mon père dépérir, mois après mois, perdre son énergie, devenir de plus en plus fragile.
Il se perdait en voiture et a fini par ne plus pouvoir conduire.
Puis ils ont fini par se perdre en allant marcher autour de chez eux.
Puis, à son tour, en juillet dernier, mon père a été victime d'un AVC.
Dégringolade.
Mon père actif, énergique, travailleur, organisé, s'est retrouvé perdu, désorienté, privé de son autonomie.
Ma mère tenaillée par une angoisse constante devant l'état de son mari, une angoisse qui obscurcissait les jours.
Le chemin a été long, douloureux, chaotique mais ils ont désormais intégré une résidence seniors.
Suspicion d'Alzheimer pour ma mère et démence sénile pour mon père.
Le diagnostic était sans appel. Ils ne pouvaient plus rester dans leur maison. Ils étaient en danger.
Depuis trois ans, je me retrouve à prendre des décisions majeures pour mes parents.
On ne nous apprend pas à être parents, on le découvre quand le bébé s'annonce.
On ne nous apprend pas non plus à devenir parent de nos parents.
Je fais de mon mieux mais les questionnements sont constants.
Le « syndrome du glissement », un phénomène connu qui touche particulièrement les personnes âgées qui doivent quitter leur lieu de vie. Même si cela se fait pour leur bien, pour les protéger, pour les accompagner dans la vieillesse, il n'en reste pas moins que pour certains, cette rupture est trop lourde et engage un processus de dégradation. Processus fatal.
Bien sûr qu'on préfère envisager du mieux, un apaisement dans la vie quotidienne, une sérénité retrouvée mais rien n'est jamais certain.
Et il faut vivre avec ça.
Avec cette incertitude. Avec l'idée qu'il est impossible de présager de la suite et que les décisions prises auront peut-être un effet contraire à celui escompté.
Je viens donc de déménager mes parents en gardant le maximum de meubles, en reconstituant au mieux l'intérieur de la maison qu'ils quittaient, en recréant les repères.
Ils sont en Bretagne et je vis dans la Creuse. Ils ne veulent pas quitter la mer. Ils veulent être incinérés et que leurs cendres soient dispersées là où celles de mon frère ont été immergées il y a vingt-six ans.
La vieillesse est un chemin de croix et je me dois de les soulager dans cette douloureuse montée vers Là-Haut. Par amour, par respect, parce que je connais leur parcours, parce que je connais les drames qui les ont frappés dans leur enfance, dans leur adolescence, dans leurs années de jeunes adultes puis dans leur vie de parents.
Crépuscule des Dieux. Les Dieux de mon existence puisqu'ils m'ont donné vie.
Combien de soignants suspendus ?
Je n'en avais pas encore parlé ici alors que ça fait plusieurs jours que je cherche des estimations fiables sur le nombre de personnels soigants suspendus, auxquels il faudrait ajouter les pompiers et les médecins et les infirmiers et les ostéopathes et les kinésithérapeutes et toutes les professions paramédicales.
C'est hallucinant comme cette information est quasiment introuvable...3000 soignants concernés ? Mais bien sûr...
Ici, on a un article émanant du "Monde", qui est loin pourtant d'être un site complotiste au regard du matraquage quotidien favorable à une vaccination de masse, à la culpabilisation et à l'amalgame anti vax, anti pass, anti-tout...
Je suis effaré également par la violence des commentaires sur les réseaux sociaux concernant ces personnels réfractaires à l'obligation vaccinale. Après avoir été applaudis, certains sont désormais conspués. Sans aucun discernement, sans aucune réflexion, sans aucune compréhension de tout ce qui se joue désormais. Si jamais, on peut appeler ça un "jeu"...
Ce qui est certain en tout cas, c'est qu'il n'est pas conseillé de se retrouver à l'hôpital , ni maintenant, ni dans les semaines et mois à venir. Et c'est effrayant. Et en disant cela, c'est au gouvernement que j'en veux et aucunement à ces personnes réfractaires.
D'ailleurs, si j'avais encore été en exercice comme instituteur et qu'une obligation vaccinale avait été décrétée pour le personnel enseignant, j'aurais quitté ma classe immédiatement.
Trois mille soignants suspendus : l’estimation « parcellaire » d’Olivier Véran
DERRIÈRE LE CHIFFRE - Le cabinet du ministre de la santé reconnaît que ce chiffre, communiqué au lendemain de l’application de l’obligation vaccinale des soignants, est loin de relever d’une recension exhaustive.
Publié hier à 18h38, mis à jour hier à 19h19

Jeudi 16 septembre, Olivier Véran a tenu à rassurer sur le bon fonctionnement du système de santé français, après l’entrée en vigueur de l’obligation vaccinale pour les soignants. STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
L’entrée en vigueur de l’obligation vaccinale pour les soignants et les travailleurs paramédicaux à compter du 15 septembre n’aurait pas entravé le fonctionnement du système de santé français : c’est le message qu’a voulu faire passer le ministre de la santé, Olivier Véran. « Il y a eu hier quelque 3 000 suspensions qui ont été signifiées à du personnel des établissements de santé ou médico-sociaux qui n’étaient pas encore rentrés dans un parcours de vaccination », a-t-il affirmé jeudi 16 septembre sur RTL, précisant que ce sont « essentiellement des services supports, très peu de blouses blanches ».
Pourquoi ce chiffre est très sous-estimé
Une remontée « à un instant T »
Ce chiffre est « partiel et parcellaire », assume le cabinet d’Olivier Véran, interrogé par Le Monde. « Il s’agit de 3 000 remontées sur la journée de mercredi, à un instant T, faites établissement par établissement. »
L’entourage du ministre explique aussi que ce chiffre a déjà augmenté, soit parce que des établissements qui ne l’avaient pas encore fait ont entre-temps fait remonter leur nombre de professionnels suspendus, soit parce que de nouvelles suspensions ont été décidées. Un chiffre plus actualisé est « en cours de consolidation » avec l’aide des agences régionales de santé.
Par définition, il ne concerne que les personnels travaillant en établissement de santé, ce qui exclut tous les médecins, infirmiers et professionnels paramédicaux qui exercent en libéral, mais aussi tous les pompiers et les ambulanciers.
Des situations disparates selon les hôpitaux
Difficile de collecter tous les chiffres des suspensions, car les remontées de terrain restent fragmentaires. Certains établissements expliquaient mercredi ne pas avoir encore de données complètes quant à leurs effectifs.
Pour les seuls établissements hospitaliers, les situations varient d’une région à l’autre : à Nice, sur les quelque 7 500 employés du CHU, 350 ont été suspendus, selon France Bleu, soit environ 5 % des effectifs. Dans les hôpitaux des Alpes du Sud (Gap, Sisteron, Embrun, Briançon, Aiguilles et Guillestre), ils sont 100 sur 3 100 à avoir été relevés de leurs fonctions. A l’inverse, la clinique de la Sagesse à Rennes ne dénombre que deux non-vaccinés sur ses 700 salariés.
Un « fossé » par rapport aux dernières données de vaccination
Le cabinet d’Olivier Véran admet qu’il y a un « fossé » entre ce chiffre et le nombre par ailleurs annoncé de soignants n’attestant pas d’une entrée dans le cycle vaccinal.
En effet, selon le dernier point épidémiologique de Santé publique France, au 14 septembre, veille de l’entrée en vigueur de l’obligation vaccinale, plus de 10 % des personnels exerçant en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) ou établissement de santé n’avaient reçu aucune dose de vaccin. Cela représenterait une centaine de milliers de personnes, « environ 300 000 » selon les estimations du ministère, qui compte tous les professionnels de la santé, quelle que soit leur catégorie.
Pourquoi il sera difficile d’obtenir un chiffre exhaustif
Tous les soignants non vaccinés ne sont pas suspendus
Plusieurs éléments peuvent expliquer, en partie, ce « fossé ». D’abord, tous les soignants ne sont pas éligibles à la vaccination, soit parce qu’ils présentent des contre-indications médicales (même si c’est très rare), soit parce qu’ils ont contracté le Covid-19 et que leurs symptômes se sont arrêtés il y a moins de deux mois. Ces personnels figurent parmi les chiffres de soignants non vaccinés, mais ils ne seront pas suspendus de leurs fonctions pour autant.
Des arrêts maladie ou des prises de congés
A ces travailleurs s’ajoutent les personnels soignants en arrêt maladie. Ce phénomène, loin d’être marginal, affecte depuis plusieurs années l’hôpital public, en sous-effectif chronique. Ces derniers, n’étant pas présents dans les locaux ou sur les plannings lors de l’entrée en vigueur de l’obligation vaccinale, n’ont pu être suspendus. Les soignants peuvent aussi choisir d’utiliser, avec l’accord de leur direction, des jours de congés pour éviter la suspension de leur contrat de travail et de leur rémunération. D’autres employeurs peuvent aussi avoir décidé, comme au Mans, d’accorder un délai supplémentaire d’une semaine à leurs salariés.
Des assouplissements dans les territoires d’outre-mer
Enfin, l’obligation vaccinale a été assouplie dans les territoires d’outre-mer touchés durement par le Covid-19. Le 26 août, Olivier Véran avait annoncé que cette mesure serait « repoussée » à l’après-quatrième vague épidémique. Des déclarations qui ont semé la confusion en Guadeloupe. « Nous ferons des rappels pédagogiques aux soignants non vaccinés » avant l’instauration de contrôles plus stricts, assortis d’éventuelles sanctions, a précisé le 15 septembre la directrice générale de l’agence régionale de santé de Guadeloupe, Valérie Denux.
Le niveau de vaccination y reste en effet beaucoup moins élevé qu’en métropole, y compris chez les professionnels de santé libéraux et les travailleurs des Ehpad. Au point que le directeur général du CHU de Guadeloupe a estimé, jeudi 16 septembre, être « dans l’impossibilité » de suspendre les agents non vaccinés, car ces derniers représenteraient 70 % du personnel.
Les Décodeurs

