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COP 26

Par Le 12/12/2020

Il suffit de lire le numéro 26 pour réaliser à quel point, tout cela relève de la farce. Et quand je lis les dates fixées pour atteindre des réductions notables ( et déjà insuffisantes) de l'impact écologique, je me dis, encore une fois, que les générations futures, c'est à dire juste celle de mon petit-fils qui a deux mois, héritent d'un véritable chemin de croix. 

 

Climat : cinq ans après l'Accord de Paris, l'ONU appelle le monde à "déclarer l'état d'urgence climatique"

 

Les signataires de l'accord doivent soumettre d'ici fin 2020 une révision de leurs engagements. Seulement une vingtaine de pays, représentant moins de 5% des émissions mondiales, l'ont déjà fait.

Le secrétaire général de l\'ONU, Antonio Guterres, le 11 décembre 2020 à Oslo, lors d\'une prise de parole à l\'occasion Forum du Prix Nobel de la paix.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, le 11 décembre 2020 à Oslo, lors d'une prise de parole à l'occasion Forum du Prix Nobel de la paix. (HEIKO JUNGE / NTB / AFP)

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Pierre GodonThomas BaïettoFrance Télévisions

Mis à jour le 12/12/2020 | 16:14
publié le 12/12/2020 | 13:53

CE QU'IL FAUT SAVOIR

"J'appelle aujourd'hui les responsables du monde à déclarer l'état d'urgence climatique dans leur pays jusqu'à ce que la neutralité carbone soit atteinte." Tel est le message lancé par le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, samedi 12 décembre, en ouverture du sommet destiné à relancer les efforts pour lutter contre le réchauffement climatique, cinq ans après la signature historique de l'Accord de Paris.

 Des engagements insuffisants. Pour empêcher une hausse des températures supérieure à 2 °C par rapport à l'ère préindustrielle, les engagements demeurent insuffisants. Ainsi, les signataires de l'Accord de Paris doivent soumettre d'ici fin 2020 une révision de leurs engagements. Mais seule une vingtaine de pays, représentant moins de 5% des émissions mondiales, l'ont déjà fait. 

 Les "bons élèves" invités à prendre la parole. Les dirigeants conviés, dont le président français Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel ou le président chinois Xi Jinping, ainsi que des représentants d'entreprises, de la société civile et de peuples indigènes, participeront à ce sommet organisé par les Nations unies, le Royaume-Uni et la France, en partenariat avec le Chili et l'Italie. Les orateurs ont été sélectionnés en raison de l'ambition de leurs objectifs pour le climat, selon les organisateurs, qui promettent qu'"il n'y aura pas de place pour des déclarations générales". Parmi les absents, le Brésil et l'Australie, aux objectifs jugés insuffisants.

 Une étape avant la COP26. Le sommet, qui se veut aussi une étape en vue de la COP26, organisée en novembre 2021 à Glasgow, en Ecosse, sera ouvert par le Premier ministre britannique, Boris Johnson, à 15 heures, heure française. Ce dernier a d'ores et déjà annoncé dans un communiqué que le Royaume-Uni allait arrêter "dès que possible" de soutenir financièrement des projets d'énergies fossiles à l'étranger. Le gouvernement britannique s'est en outre engagé à réduire les émissions de CO2 d'au moins 68% d'ici 2030.

 Des annonces en amont. Avant le sommet, plusieurs Etats ont annoncé des plans ambitieux pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Vendredi, les 27 pays de l'UE se sont entendus pour réduire leurs émissions d'"au moins 55%" d'ici à 2030 par rapport au niveau de 1990, contre -40% précédemment, afin d'atteindre en 2050 la neutralité carbone. La Chine, plus grand pollueur au monde, a récemment annoncé son intention d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2060, tandis que le président élu Joe Biden s'est engagé à ce que les États-Unis atteignent cet objectif d'ici 2050.

LE LIVE

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#CLIMAT

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#CLIMAT Le format de ce sommet rappelle un peu celui de l'Eurovision confinée, avec des discours qui s'enchaînent en quelques minutes. Charles Michels, le patron du Conseil européen, rappelle "l'European Green Deal", une batterie de mesures adoptées par les 27 dans le cadre du plan de relance, discuté ces derniers jours à Bruxelles.

5 min

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Xi Jinping - Président chinois

Xi JinpingPrésident chinois

#CLIMAT "D'ici 2030, la Chine baissera ses émissions de CO2 de 65% par rapport à 2005. Elle portera à près de 25% la part des énergies non-fossiles (...) et portera à plus de 1,2 milliards de kilowatts la part de l'éolien et du solaire. La Chine honore toujours ses engagements. Nous travaillerons à une transition écologique dans tous les domaines économiques et sociaux."

7 min

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#CLIMAT C'est désormais le président chinois Xi Jinping qui prend la parole dans ce sommet virtuel sur le climat. Petit rappel : le lien, c'est par ici.

11 min

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Pierre Godon - franceinfo

Pierre Godonfranceinfo

Bonjour à toutes et à tous ! Nous sommes ensemble jusqu'à 23 heures pour ne rien manquer de l'actualité de ce samedi soir, marquée par le sommet sur le climat, les manifestations contre la proposition de loi Sécurité globale et de belles affiches de ballon rond, particulièrement Lens-Montpellier à 21h, le tout dans un contexte d'écroulement de la chaîne Téléfoot. Accrochez vos ceintures, on est partis.

19 min

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Emmanuel Macron - président de la République

Emmanuel Macronprésident de la République

"Nous devons tous être dans la trajectoire pour la neutralité carbone en 2050. C'est un devoir pour notre jeunesse, c'est un devoir pour nous-même."

#CLIMAT Le président français termine son discours par cette déclaration.

39 min

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#CLIMAT Lors de ce sommet virtuel, le président français vante la prochaine loi climat, fruit des travaux de la Convention citoyenne. Sans préciser que ses membres sont très sceptiques vis à vis des décisions prises.

40 min

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Emmanuel Macron - président de la République

Emmanuel Macronprésident de la République

#CLIMAT "Notre transition écologique doit être une transition sociale. Nous sommes en train de le faire en France, nous devons aussi le faire à l'échelle internationale."

43 min

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Emmanuel Macron - président de la République

Emmanuel Macronprésident de la République

"Nous avons décidé, entre Européens, il y a deux jours, de prendre l'engagement de réduire de 55% nos émissions de gaz à effet de serre en 2030 et de tous nous engager sur l'objectif de neutralité carbone en 2050."

#CLIMAT Le président français rappelle l'engagement pris par l'UE cette semaine.

45 min

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Emmanuel Macron - président de la République

Emmanuel Macronprésident de la République

"Nous nous retrouvons dans un moment important, quelques jours après que le président élu des Etats-Unis a indiqué sa volonté de revenir dans l'accord. Welcome back !"

#CLIMAT Au tour du président français de prendre la parole dans ce sommet climatique virtuel.

47 min

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#CLIMAT La violence du réchauffement climatique se fait déjà ressentir dans certaines régions. France 2 s'est rendu au Rwanda, à la rencontre de réfugiés climatiques.

(FRANCE 2)

50 min

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Thomas Baïetto - franceinfo

Thomas Baïettofranceinfo

#CLIMAT Bonjour @arf. Il fonctionne sur mon ordinateur. Vous pouvez essayer cet autre lien, sur Twitter.

57 min

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arf

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#CLIMAT Votre lien ne semble pas marcher pour suivre la conférence...

57 min

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alerte franceinfo

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#CLIMAT L'ONU appelle le monde à "déclarer l'état d'urgence climatique tant que la neutralité carbone n'est pas atteinte", annonce Antonio Guterres.

1 h

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Antonio Guterres - secrétaire général des Nations unies

Antonio Guterressecrétaire général des Nations unies

"Cinq ans après Paris, nous n'allons toujours pas dans la bonne direction. Les engagements pris sont insuffisants et nous ne les respectons pas."

#CLIMAT Premier orateur à s'exprimer, le numéro un de l'ONU ne mâche pas ses mots sur la situation actuelle.

1 h

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#CLIMAT Si vous souhaitez regarder ce sommet virtuel sur le climat, vous pouvez le faire sur cette page officielle (avec traduction simultanée en français).

1 h

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#CLIMAT Emmanuel Macron devrait prendre la parole en début de sommet, juste après le secrétaire général de l'ONU, le Premier ministre britannique et deux représentants de la société civile. Voici la liste des intervenants. A noter que seuls les "bons élèves" (ou les moins mauvais) en matière climatique ont été invités, Jair Bolsonaro et Donald Trump ne figurent pas parmi les orateurs.

1 h

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#CLIMAT Le sommet virtuel pour les cinq ans de l'Accord de Paris débute dans 10 minutes. Des dizaines de chefs d'Etat et de gouvernement doivent y afficher leurs nouvelles ambitions en matière de réduction de gaz à effet de serre. Vous pouvez suivre ce sommet dans notre direct.

1 h

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le point sur l'actu

le point sur l'actu

Voici le point sur l'actualité à 14 heures :

• #CLIMAT Un sommet virtuel pour les cinq ans de l'accord de Paris. Des dizaines d'Etat et de gouvernements se retrouvent aujourd'hui pour afficher leurs nouveaux objectifs, alors que "les politiques climatiques ne sont toujours pas à la hauteur de l'enjeu", comme le regrette l'ONU.

• #ETATS_UNIS Nouveau revers pour Donald Trump. La Cour suprême des Etats-Unis refuse de se saisir d'un recours formulé par les autorités du Texas qui visait à annuler sa défaite à la présidentielle. L'intéressé a regretté sur Twitter que la Cour Suprême "nous a[it] laissé tomber", accusant les juges de n'avoir fait preuve "ni de sagesse, ni de courage".

• #COVID_19 Les Français pourront fêter Noël malgré l'épidémie de Covid-19, mais la déception est grande pour les cinémas ou les théâtres, qui resteront fermés trois semaines de plus. Le président Macron a appelé les Français à "redoubler de vigilance" à Noël.

• #SECURITE_GLOBALE Nouvelle journée de mobilisation en France contre la proposition de loi sur la sécurité globale. Des manifestations sont prévues aujourd'hui dans plusieurs villes du pays, dont Paris, Lyon, Strasbourg, Bordeaux, Lille, Dijon, Caen, Tours ou encore Nancy.

2 h

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#CLIMAT "Plus on va retarder la transition écologique, plus il va y avoir des dégâts." Invitée sur franceinfo, Marie Chureau, militante de Youth for Climate, réclame une action forte et rapide contre le réchauffement climatique.

(FRANCEINFO)

2 h

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le point sur l'actu

le point sur l'actu

Il est un peu plus de midi, voici le point sur l'actualité :

• #CLIMAT Un sommet virtuel pour les cinq ans de l'accord de Paris. Des dizaines d'Etat et de gouvernements se retrouvent aujourd'hui pour afficher leurs nouveaux objectifs, alors que "les politiques climatiques ne sont toujours pas à la hauteur de l'enjeu", comme le regrette l'ONU.

• #ETATS_UNIS Nouveau revers pour Donald Trump. La Cour suprême des Etats-Unis refuse de se saisir d'un recours formulé par les autorités du Texas qui visait à annuler sa défaite à la présidentielle. L'intéressé a regretté sur Twitter que la Cour Suprême "nous a[it] laissé tomber", accusant les juges de n'avoir fait preuve "ni de sagesse, ni de courage".

• #COVID_19 Les Français pourront fêter Noël malgré l'épidémie de Covid-19, mais la déception est grande pour les cinémas ou les théâtres, qui resteront fermés trois semaines de plus. Le président Macron a appelé les Français à "redoubler de vigilance" à Noël.

• #SECURITE_GLOBALE Nouvelle journée de mobilisation en France contre la proposition de loi sur la sécurité globale. Des manifestations sont prévues aujourd'hui dans plusieurs villes du pays, dont Paris, Lyon, Strasbourg, Bordeaux, Lille, Dijon, Caen, Tours ou encore Nancy.

4 h

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Retrouvez ici l'intégralité de notre live #CLIMAT

16h14 : Le format de ce sommet rappelle un peu celui de l'Eurovision confinée, avec des discours qui s'enchaînent en quelques minutes. Charles Michels, le patron du Conseil européen, rappelle "l'European Green Deal", une batterie de mesures adoptées par les 27 dans le cadre du plan de relance, discuté ces derniers jours à Bruxelles.

16h11 : "D'ici 2030, la Chine baissera ses émissions de CO2 de 65% par rapport à 2005. Elle portera à près de 25% la part des énergies non-fossiles (...) et portera à plus de 1,2 milliards de kilowatts la part de l'éolien et du solaire. La Chine honore toujours ses engagements. Nous travaillerons à une transition écologique dans tous les domaines économiques et sociaux."

16h08 : C'est désormais le président chinois Xi Jinping qui prend la parole dans ce sommet virtuel sur le climat. Petit rappel : le lien, c'est par ici.

15h45 : "Nous devons tous être dans la trajectoire pour la neutralité carbone en 2050. C'est un devoir pour notre jeunesse, c'est un devoir pour nous-même."

Le président français termine son discours par cette déclaration.

15h38 : Lors de ce sommet virtuel, le président français vante la prochaine loi climat, fruit des travaux de la Convention citoyenne. Sans préciser que ses membres sont très sceptiques vis à vis des décisions prises.

15h35 : "Notre transition écologique doit être une transition sociale. Nous sommes en train de le faire en France, nous devons aussi le faire à l'échelle internationale."

15h34 : "Nous avons décidé, entre Européens, il y a deux jours, de prendre l'engagement de réduire de 55% nos émissions de gaz à effet de serre en 2030 et de tous nous engager sur l'objectif de neutralité carbone en 2050."

Le président français rappelle l'engagement pris par l'UE cette semaine.

15h34 : "Nous nous retrouvons dans un moment important, quelques jours après que le président élu des Etats-Unis a indiqué sa volonté de revenir dans l'accord. Welcome back !"

Au tour du président français de prendre la parole dans ce sommet climatique virtuel.

15h29 : La violence du réchauffement climatique se fait déjà ressentir dans certaines régions. France 2 s'est rendu au Rwanda, à la rencontre de réfugiés climatiques.

(FRANCE 2)

Crise, dette, croissance

Par Le 11/12/2020

Ce qui me rend très pessimiste sur les décisions à venir, c'est la dette colossale que cette crise économique est venue ajouter à celle déjà existante et qui déjà pesait considérablement pour les générations futures. 

Il n'y a qu'une solution pour rembourser une dette : gagner de l'argent.

Et lorsque cette dette se compte en milliards, il n'existe qu'une solution : accélérer la croissance, faire tourner les moteurs économiques à plein régime.

On voit bien le problème quant à l'impact sur la planète.

Et on imagine aisément que tous les plans de réduction de l'empreinte écologique ne sont que des paroles en l'air.
Cette crise et la dette qui en résulte, les pertes d'emploi, les situations sociales qui en découlent, cette pression sur les libertés individuelles, les restrictions, les angoisses, tout cela va contribuer à générer un élan commun vers la croissance, une croissance la plus forte possible, quel qu'en soit le prix à payer. Et tout le monde suivra.

Les scientifiques qui alertent sur l'impact écologique et sur les menaces considérables qui s'accroissent année après année, ces scientifiques ont perdu d'avance. Ils ne seront pas écoutés. Ou quand ils le seront, ils ne seront pas crus. 

La crise planétaire écologique qui se dessine n'a pas d'existence dans la tête des gouvernants, ni dans celle de la plupart des citoyens.

La crise du covid a balayé tout ça.


Et c'est l'impact le plus terrible.

Et dans quelques années, on verra arriver des crises écologiques bien plus puissantes que celle du covid (qui est déjà une crise écologique et non uniquement une crise sanitaire), et on entendra les gouvernants prendre des décisions urgentes...C'est consternant. 

 

 

Le ministre de l’Économie intervient dans le numéro inédit de "Capital" diffusé le dimanche 3 mai, dès 21h05, sur M6. Dans cet extrait exclusif, Bruno Le Maire explique que l'État dépense entre "1,5 et 2 milliards d'euros par jour" pour sauver les entreprises.

 

Bruno Le Maire explique dans "Capital" combien coûte la crise du Covid-19 à la FranceCrédit Image : Capture d'écran / M6 | Crédit Média : M6 | Date : 02/05/2020

Sylvain Zimmermann 

Sylvain Zimmermann Journaliste RTL

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PUBLIÉ LE 02/05/2020 À 12:51

La France est quasiment à l’arrêt depuis deux mois. Il faut pourtant continuer de fabriquer des denrées alimentaires, les transporter, les vendre dans les supermarchés. Il faut aussi progressivement relancer l’activité économique pour éviter "l’écroulement" du pays, comme le disait Édouard Philippe lors de la présentation de son plan de déconfinement.

Dimanche 3 mai, dès 21h05, M6 propose un numéro inédit du magazine Capital consacré aux "héros ordinaires" qui "font tourner la France". Julien Courbet et ses équipes y montrent le quotidien des travailleurs de l'ombre qui permettent aux Français de continuer à vivre pendant le confinement : producteurs et agriculteurs, transporteurs, entrepreneurs...

Bruno Le Maire intervient dans cette émission, dont RTL.fr vous dévoile un extrait exclusif. Le ministre de l’Économie rappelle quelles aides ont été débloquées par l'État pour soutenir les entreprises, et quelles initiatives sont à l’étude. On le voit également dans son bureau "sortir une nouvelle fois le carnet de chèque de la République" pour sauver deux poids lourds de l’industrie : Air France et Renault.

1,5 milliard à 2 milliards d'euros d'aides par jour

Le locataire de Bercy explique combien l'État a dépensé en aides pour sauver l'économie face à la crise du Covid-19 : "On a provisionné 110 milliards d’euros. On a dépensé à peu près une cinquantaine de milliards. On dépense environ 1,5 milliard, 2 milliards par jour".

 

Une fois la crise passée, qui paiera la facture ? Le ministre ne partage par l’idée de mettre en place "une dette perpétuelle qu’on ne remboursera jamais" : "Il faudra de toute façon, à un moment ou un autre, rembourser cette dette. Par le retour à une croissance plus forte qu’auparavant. Peut-être par de la réduction de la dépense publique, mais plus tard".

 

 

Par Marie Heuclin, AFP  |  04/11/2020, 14:05 | 708 mots

Le dispositif le plus coûteux est la prise en charge du chômage partiel, budgété à plus de 34 milliards d'euros, dont une partie est prise en charge par l'Unédic.

Le dispositif le plus coûteux est la prise en charge du chômage partiel, budgété à plus de 34 milliards d'euros, dont une partie est prise en charge par l'Unédic. (Crédits : CHARLES PLATIAU)

Dépenses prévues, réalisées ou incertaines, décryptage des milliards d'euros d'aides annoncés par le gouvernement pour lutter contre la crise sanitaire et économique.

Dépenses de santé, soutien aux entreprises et au ménages: depuis mars, l'État a débloqué des moyens considérables pour lutter contre l'épidémie de Covid-19 et ses impacts sur l'économie française. On fait le point.

Dépenses prévues: 86 milliards d'euros

Avec les 20 milliards d'euros de dépenses supplémentaires prévues dans le quatrième budget rectifié, le montant total des dépenses liées à la crise du Covid-19 devrait atteindre près de 86 milliards d'euros cette année.

Il y a d'abord les dépenses exceptionnelles de santé, évaluées à près de 12 milliards d'euros. Elles regroupent les achats de matériels ou encore la rémunération des personnels soignants.

Mais le gouvernement a surtout déployé un arsenal de mesures de soutien à l'économie, quasiment à l'arrêt durant le premier confinement et de nouveau freinée par le reconfinement.

Lire aussi : Confinement : l'économie française à nouveau au bord du précipice

Le dispositif le plus coûteux est la prise en charge du chômage partiel, budgété à plus de 34 milliards d'euros, dont une partie est prise en charge par l'Unédic. Près de 23 milliards ont déjà été dépensés.

Vient ensuite le fonds de solidarité, créé pour aider les petites entreprises et les indépendants, dont le montant budgété s'élève à 19,4 milliards d'euros, même si la totalité ne sera peut-être pas dépensée.

Le gouvernement a aussi décidé d'exonérer de cotisations sociales les entreprises des secteurs les plus touchés (hôtellerie-restauration, culture, évènementiel, etc.), ce qui représente un manque à gagner pour les finances publiques d'environ 8,2 milliards d'euros. À ce stade, les demandes effectivement transmises par les entreprises atteignent 2,6 milliards, selon Bercy.

Les primes (rentrée scolaire, bénéficiaires du RSA, étudiants boursiers, etc.) accordées aux ménages les plus précaires représentent elles une dépense de 2 milliards d'euros.

À cela s'ajoute le report de l'entrée en vigueur de la réforme de l'assurance-chômage, prévue en avril, qui va engendrer 1,6 milliard d'euros de dépenses supplémentaires cette année.

Le reste correspond à des avances remboursables accordées aux PME (500 millions), à des ajustements fiscaux permettant aux entreprises de réduire leurs impôts dus cette année (400 millions), à une aide exceptionnelle aux indépendants (900 millions), ou encore à divers autres crédits (6 milliards), notamment ceux prévus dans le cadre des plans automobile et aéronautique.

Pertes de recettes: 100 milliards d'euros

Au-delà des exonérations de cotisations accordées aux entreprises les plus touchées par la crise, la forte contraction de l'activité économique va mathématiquement réduire les recettes fiscales et sociales que l'État perçoit chaque année des ménages et des entreprises.

Selon le ministre des Comptes publics, Olivier Dussopt ce manque à gagner va atteindre 100 milliards d'euros.

Le gouvernement estime déjà à 70 milliards d'euros les pertes de rentrées fiscales (TVA, impôt sur les sociétés, impôt sur le revenu...) par rapport à ce qui était envisagé avant la crise, a indiqué M. Dussopt.

Le reste correspond au manque à gagner en matière de cotisations sociales, qui financent la sécurité sociale.

Le gouvernement a aussi accordé des reports de paiement de charges sociales et fiscales aux entreprises en difficulté. Ces pertes de recettes ne sont que temporaires puisque l'État a vocation à les percevoir l'an prochain ou plus tard en fonction des étalements négociés.

Des dépenses incertaines: 327 milliards

Au début de la crise, l'État s'est engagé à garantir jusqu'à 300 milliards d'euros de prêts que les banques accorderaient aux entreprises pour soutenir leur trésorerie.

Au 23 octobre, 123,7 milliards d'euros ont été accordés par les banques, à près de 600.000 entreprises.

Lire aussi : Le prêt garanti par l'Etat, comment ça marche ?

À cela s'ajoutent d'autres garanties publiques, via notamment un dispositif de réassurance publique sur les encours d'assurance-crédit à hauteur de 10 milliards d'euros et une réassurance des crédits-exports de court terme à hauteur de 2 milliards d'euros.

Ces montants ne sont pas des dépenses certaines, puisque l'État n'aura à débourser le moindre euro que si les entreprises ne peuvent rembourser les crédits souscrits.

 

Hôpital et contraintes budgétaires

Par Le 11/12/2020

J'en ai assez de lire les querelles de fermeture, ouverture, couvre-feu, dérogation, distanciation, barrières et autres vocabulaires de crise.

J'aimerais lire des articles qui remontent à la source du problème ou plutôt aux diverses sources qui ont contribué au déferlement de cette vague, de ce fleuve empoisonné.

Les contraintes budgétaires datent des années 2010, c'est en tout cas à cette période qu'elles ont pris une ampleur dramatique pour le milieu hospitalier.

Dans le même temps, de nombreux scientifiques alertaient les gouvernements sur les risques de plus en plus visibles et crédibles de pandémie à l'échelle de la planète et non plus à l'échelle d'un pays ou même d'un continent.

On avait donc d'un côté des financiers et de l'autre des lanceurs d'alerte.

Les financiers voulaient faire des économies.

Et aujourd'hui, l'économie est à terre et le coût de cette crise économique n'est même pas chiffrable. Et pourtant, les épidémiologistes avaient clairement détaillé les effets économiques d'une pandémie.

Nous sommes donc, nous, la population, désormais confrontés à une crise sanitaire qui aurait pu être évitée ou limitée dans ses effets et nous nous concentrons sur les effets quotidiens. Notre champ visuel limite notre réflexion. Un champ visuel médiatique qui nous ramène sans cesse à l'instant présent. 

Le risque, c'est que le jour où nous sortirons de cette crise sanitaire, la remise en marche des moteurs économiques, sera la priorité des gouvernements et tout ce qui a contribué à l'émergence de cette crise sera envoyée dans les oubliettes parce que tout le monde sera tellement soulagé que seul le regard vers l'avenir comptera. 

Et donc ? 

Eh bien, on prendra une autre crise.

Si les leçons d'une situation critique ne concernent que les effets de la crise et non ses raisons, ce ne sont pas des leçons, ce sont des paravents. 

 

ARTICLE QUI DATE DE 2010

https://www.lesechos.fr/2010/02/les-contraintes-budgetaires-sement-le-trouble-a-lhopital-418037

Les contraintes budgétaires sèment le trouble à l'hôpital

 

Sur fond de restructurations, la tension monte d'un cran sur le terrain. Car les économies concernent aussi les effectifs qui pèsent jusqu'à 70 % du budget d'un hôpital.

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Par Tatiana Kalouguine

Publié le 16 févr. 2010 à 1:01

Douze naissances en cinq heures. En vingt ans de carrière à la maternité de Lagny située à Marne-la-Vallée, Caroline n'avait jamais connu le rush de ce début février. « Nou s n'avons que cinq salles d'accouchement, certaines femmes ont dû accoucher dans des chambres ou des salles d'admission. A trois sages-femmes, il a fallu se débrouiller, appeler des médecins, faire en sorte qu'elles n'accouchent pas en même temps », se souvient-elle. Trois sages-femmes de jour, deux de nuit. Cet effectif n'a pas bougé depuis plusieurs années tandis que le nombre de naissances a crû de 100 par an en moyenne. Les locaux sont prévus pour 2.200 accouchements par an. Il y en a eu 2.720 l'an dernier. A bout de nerfs, les 30 sages-femmes de Lagny réclament des postes supplémentaires. En vain.

Alors que la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a bouclé, mercredi dernier, le premier volet du plan Hôpital 2012, avec l'attribution d'une enveloppe de 883 millions d'euros pour moderniser certains établissements, nombre d'hôpitaux publics, dont les comptes sont dans le rouge, ont entamé de grandes manoeuvres pour faire des économies. En 2008, le déficit atteignait toujours la coquette somme de 575 millions d'euros pour les hôpitaux publics (contre 760 estimés en 2007). Et en septembre, un rapport de la Cour des comptes a épinglé leur gestion, pointant des écarts de coûts « surprenants » entre les établissements. « Equilibrer le système, c'est le sauver ! », martèle-t-on au ministère.

Partenariats public-privé
Partout, des regroupements d'hôpitaux, la mutualisation de services ou des partenariats public-privé sont envisagés. Partout, les directeurs réfléchissent à faire sortir les patients le week-end ou le soir, pour fermer des services et réaliser des économies de personnel tout en augmentant le taux d'occupation des lits.

Ainsi, à l'hôpital de Provins, le service chirurgie de 50 lits, jadis scindé en 25 lits d'orthopédie et 25 lits de chirurgie viscérale, s'est réorganisé : la moitié des lits sont désormais consacrés aux hospitalisations à la semaine, l'autre, à la prise en charge courte (urgences), ce qui permet de fermer des lits aux heures creuses. Résultat : 104 jours d'hospitalisation en moins et cinq postes supprimés. Mais ce n'est pas tout : un GIE réunit une machine de radiologie et une équipe d'imagerie médicale à l'échelle locale. Quant au personnel sanitaire de l'hôpital, il partagera son temps entre l'hôpital public et la clinique privée voisine de Saint-Brice. Un bâtiment de la clinique se dressera sur son site et le bloc opératoire rénové sera commun. S'y croiseront salariés du privé et fonctionnaires.

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Car, à l'heure des restrictions budgétaires, les économies concernent aussi les effectifs, qui pèsent jusqu'à 70 % du budget d'un hôpital. Une contrainte avec laquelle il faut désormais jongler. A la tête des établissements de Saint Omer et de Calais, Philippe Blua a entrepris d'ouvrir de nouveaux services à effectifs constants : « Nous renforçons le nombre de postes dans les nouvelles spécialités : urologie, neurologie, et ophtalmologie à Saint Omer », raconte ce dernier, par ailleurs président du Syndicat national des cadres hospitaliers. Et pour maintenir la qualité de soins : « Il faut renforcer la mobilité des agents, par exemple, entre deux ou trois services de médecine. Appeler des équipes internes en renfort. Orienter les effectifs vers les services au moment du pic d'activité. Avec le personnel, parfois ça tire un peu. »

Des changements qui nécessitent de nouveaux modes de management. « Une infirmière peut être déplacée au pied levé dans un autre service, ce qui est très déstabilisant et peut mettre ses patients en danger, admet Patrick Lorson, le directeur du centre hospitalier de Dreux, qui vient d'équilibrer son budget en 2009. Si on n'aborde pas cette réforme avec une gestion du personnel différente on n'y arrivera pas.» D'où sa volonté d'associer à ses démarches un corps médical, qui n'échappe plus aux objectifs chiffrés. « La loi HPST nous pousse à prendre des décisions conjointes avec eux et les oblige à entendre, à donner leur avis, mais aussi à s'impliquer », poursuit Patrick Lorson.

Des priorités inconciliables
Toutefois, le dialogue est parfois difficile entre deux mondes dont les priorités semblent s'affronter. « Il faut accroître les recettes en augmentant le nombre de séjours, maîtriser les dépenses en réduisant leur durée. On me demandait 100 % de coefficient d'occupation des lits, je ne faisais pas assez de turnover », raconte Jean-Louis Lejonc, ancien responsable d'un pôle médical, dont la gériatrie, au sein du groupement hospitalier Henri-Mondor - Albert-Chenevier de Créteil. De guerre lasse, ce médecin a renoncé à piloter le pôle, en novembre, décrétant « [s] on incapacité à organiser des redéploiements internes de personnel non médical dans le pôle pour maintenir ouverts tous les lits ». Dans un bureau sans âme, Jean-Louis Lejonc se montre amer : « Il est vrai que l'on a beaucoup gaspillé dans les hôpitaux et qu'il fallait faire quelque chose. Mais l'activité a beaucoup progressé en gériatrie l'an dernier avec 32 % de séjours en plus sur les seuls courts séjours. Il faut 28 infirmières pour les 69 lits ouverts. Nous n'en avons plus que 18. J'ai dû fermer des lits, cela m'a été vivement reproché. »

Reproches aussi à Lagny, où, pour augmenter l'efficacité, Thomas Leludec, qui pilote les établissements de Lagny, Meaux et Coulommiers, n'a pas lésiné : transfert de la cardiologie interventionnelle de Meaux et Coulommiers sur Lagny, services de stérilisation déplacés à Meaux pour éviter de construire un bâtiment (1,5 million d'euros économisés), rapatriement des blanchisseries à Meaux... Mais rien pour soulager la maternité ou les urgences. « La prise en charge des patients se dégrade, les urgences deviennent un service d'hospitalisation avec des malades qui traînent sur des lits faute de place, s'insurge Serge Cottin, secrétaire de la section SUD de Lagny. Pourquoi augmenter la capacité de l'hôpital si on ne peut pas mettre en face le personnel nécessaire ? »

Sur le terrain, la tension monte. L'équation n'est pas simple. « Le plus difficile à gérer, c'est cette contradiction entre la demande d'amélioration de la qualité et de la sécurité et la baisse des moyens. A force, ça tourne à la quadrature du cercle », estime Danièle Lacroix, directrice de l'hôpital de Meulan, qui se dit « dans l'absolue nécessité de réduire les effectifs car l'établissement est très déficitaire ». 40 emplois ont été supprimés sur 900.

Levée de boucliers à l'AP-HP
Mais la levée de boucliers est particulièrement vive à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, vouée à voir ses 37 établissements regroupés en 12 groupes hospitaliers, pour créer « une Assistance publique modernisée qui permette à tous les patients d'accéder à la fois à des soins de proximité et à des soins de pointe », selon les propos du directeur général de l'AP-HP, Benoît Leclercq. Quelque 3.000 à 4.000 postes seront supprimés, dont 1.000 dès 2010. Le but : une économie de plus de 300 millions d'ici à 2012. De quoi susciter l'émoi dans cette structure, qui compte 92.000 salariés... une urgence toutes les 29 secondes, 4.686.000 consultations annuelles et 22.474 lits.

La fronde s'organise. A Armand-Trousseau, centre universitaire de l'enfant renommé mais jugé vétuste, les équipes s'insurgent contre le transfert programmé de la pédiatrie lourde vers les hôpitaux Robert-Debré et Necker. Mené par son président, Noël Garabédian, le comité consultatif médical a contre-attaqué, armé de son propre projet de réorganisation. Ce dernier abriterait dans un même bâtiment des activités cohérentes comme les sur-spécialités, la médecine d'urgence et la recherche, et dans un autre, à construire, la chirurgie et les soins intensifs. Une réorganisation qui supprimerait un lit sur deux. Mais se solderait-elle par des économies majeures, tous les emplois étant préservés ? Le médecin reste de marbre : « Notre but est de réduire la souffrance des malades : nous refusons de céder sur les effectifs. »

TATIANA KALOUGUINE

 

 

Sports extrêmes et exploration intérieure

Par Le 10/12/2020

Il faudrait que les individus "normalisés" qui critiquent les explorateurs des situations extrêmes volontairement recherchées, lisent ce genre de récit.

Le livre "Cimes" de Rob Schulteis.

Et qu'ils essaient ensuite d'analyser ce qu'ils vivent dans leur existence codifiée et la profondeur ou la superficialité de leur propre exploration. 

J'avais lu ce livre bien avant l'épisode du canyoning et c'est plusieurs jours après cette expérience éprouvante que j'y ai repensé.

                                                                                        DÉLIVRANCE (récit)

Je sais que j'étais dans cet état-là, dans cette lucidité inconnue lorsque j'évoluais sur des prises qui n'en étaient pas. J'ai longtemps cherché à comprendre pourquoi j'avais manqué de lucidité dans les décisions à prendre avant de se retrouver dans cette galère et pourquoi, une fois en perdition, cette clairvoyance, cette énergie ultime, cette intuition salvatrice m'ont envahi.

La biochimie détient une partie des réponses.


 

Extase et sports de l’extrême

par Rob Schultheis

 

http://www.cles.com/dossiers-thematiques/psychologies/psychologie-des-profondeurs/article/extase-et-sports-de-l-extreme

Dépasser ses limites, trancender l’espace-temps, décupler ses énergies, un rêve ? Non. Une réalité, contenue en nous.

Comment pouvais-je rejeter la force et l’authenticité de ce qui m’était arrivé là-haut ?

J’avais éprouvé Cela, ce vide sans nom qui fit écrire à Lewis Carroll un jour :

Quand la vie devient un Spasme,

Et l’Histoire un Sifflement :

Si ce n’est une Sensation,

Je ne sais ce que c’est.

J’avais éprouvé Cela, et je Le voulais à nouveau. Cela, cette magie,et c’est ce qui me tourmentait, se trouvait quelque part en moi, avait toujours été là, et y perdurerait jusqu’à ma mort : assoupi, attendant d’être éveillé par un instant de panique, de danger, de désespoir total.

Eh bien, je trouverais un moyen de l’éveiller à nouveau, de le saisir, de l’utiliser, ou, du moins, j’essaierais. Le jeu en valait la chandelle. Mon corps et mon esprit m’apparaissaient comme le Nouveau Monde en 1491 : un continent perdu aux trésors inconnus, attendant d’être exploré, cartographié, amené à la lumière. Il y avait, bien sûr, nombre de cartes potentielles - physiologique, psychologique, biochimique, théologique et anthropologique, pour n’en pommer que quelques-unes ; je les parcourrais toutes, et d’autres encore si nécessaire, jusqu’à ce que je trouve la bonne, jusqu’à ce que je trouve le chemin du retour.

Mes premiers indices, je les cherchai au sein du territoire le plus évident, l’expérience d’autres aventuriers et athlètes de l’extrême. Si le risque et le stress avaient fait jaillir en moi une forme de satori sur le Neva, d’autres, à l’évidence, avaient dû éprouver la même expérience en des circonstances semblables ; si tel était le cas, en examinant chacune de ces expériences, je pourrais dresser une véritable étiologie des performances record et des extases induites par le stress : une grammaire de l’abracadabra.

En l’occurrence, il existait un grand nombre de cas semblables. Par exemple, John Muir : ce grand pionnier, coureur des bois et naturaliste, escaladait en solitaire le mont Ritter dans la Sierra Nevada, lorsqu’il se retrouva bloqué sur la face d’un à-pic. Incapable de monter ou de descendre, paralysé par la terreur, "il me semblait soudain que je possédais un sens nouveau, écrivit Muir. L’autre moi, expérience accumulée, Instinct ou Ange gardien - appelez-le comme bon vous semble - apparut et prit le contrôle. Mon tremblement cessa, chaque fente, chaque fissure (dans la roche), m’apparaissait comme vue au microscope, et mes membres bougeaient avec une telle sûreté, une telle précision qu’il me semblait que je n’avais plus à intervenir. Eussé-je été muni d’ailes, ma délivrance n’eût pas été plus complète." Il atteignit le sommet avec une incroyable facilité.

Le géologue suisse Albert von St. Gallen Heim rassembla des dizaines de comptes rendus sembla-bles dans une monographie originale de 1892, Remarques sur les chutes fatales (Notizen über dem Tod durch Absturz). Après avoir rapporté les propos de ceux qui avaient survécu à de telles chutes ou d’autres accidents, St. GalIen Heim conclut : "Il n’y avait ni anxiété, ni trace de désespoir, ni douleur ... L’activité mentale était devenue stupéfiante, cent fois plus rapide et plus intense. La relation entre les événements et leurs conséquences probables était analysée avec une clarté objective... L’individu agissait à la vitesse de l’éclair..." Athlètes et aventuriers ont rencontré ces formes d’expérience pendant des siècles, mais il fallut attendre les années 60 et 70 pour qu’un petit nombre de coureurs, de grimpeurs, de kayakistes, de surfeurs, de pilotes de deltaplane et de skieurs, notamment sur la.côte Ouest, tentât délibérément de sonder les possibilités magiques du sport. Nombre de ces athlètes chercheurs et visionnaires étaient des vétérans du LSD et des adeptes de gourous orientaux ; ils découvrirent que les états high engendrés par les hallucinogènes et la méditation pouvaient être retrouvés dans les sports extrêmes, sous une forme plus stable et plus profonde. Dans un article intitulé "Le grimpeur visionnaire", publié dans le numéro de mai 1969 de la revue Ascent, l’alpiniste californien Doug Robinson écrit : "... nous ressentons à présent chaque chose autour de nous. Chaque cristal individuel dans le granit se découpe en un puissant relief. Les formes infinies des nuages captent sans cesse notre attention. Pour la première fois, nous avons remarqué la présence de minuscules insectes sur les parois, si minuscules qu’ils en étaient presque invisibles. Alors que je m’assurais, j’en contemplai un durant un quart d’heure, surveillai ses mouvements en admirant sa brillante couleur rouge. Comment peut-on s’ennuyer alors qu’il existe tant de choses sublimes à voir et à sentir ? Cette unité avec la joie de notre environnement, cette perception pénétrante, nous donnait un sentiment de plénitude que nous n’avions pas éprouvé depuis des années."

"Cette vision n’était pas un accident, conclut Robinson. Elle était le résultat de plusieurs jours d’ascension. On avait dû passer par toutes les difficultés techniques, la déshydratation, les efforts violents, le désert sensoriel, la fatigue, la perte progressive du moi."

Certains skieurs découvrirent dans leur propre sport cette même forme d’extase déclenchée par le stress. Gil Harrisson, grand skieur professionnel dans les années 60, puis patrouilleur à ski, adepte de la méditation indienne et propriétaire d’un gros ranch, décrivit les sensations éprouvée lors d’une descente : "Lorsque vous entendez siffler les bosses et les portes, que le vent hurle dans votre casque protecteur, il n’y a plus de temps pour penser à quoi que ce soit - j’en oubliais même de respirer - vous vous retrouvez brusquement et de facto dans un autre monde, sans pensées, traversé de perceptions sensuelles, toute votre vision concentrée en un seul point. Puis, la porte d’arrivée, le vent qui s’arrête, et vous voilà revenu. Mais vous êtes toujours high, et vous savez que ce monde plus brillant, plus intense, est toujours là.

Où vais-je ?

Mais est-ce que je vais vraiment quelque part ?

Je repense au syndrome du Livre des records , cette volonté imbécile d’être le premier, de sauter le plus haut, d’aller le plus loin, de souffrir le plus possible. Qu’est-ce que l’aventure, une des plus pures et fondamentales constantes de l’homme, est devenue dans notre âge d’ignorance ? "Si l’aventure a une finalité globale, écrit Wilfred Noyce, l’explorateur et alpiniste britannique, c’est sûrement celle-ci : nous partons parce qu’il est dans notre nature de partir, d’escalader des montagnes, de descendre des rivières, de voler vers les planètes et de plonger dans les profondeurs des océans... Lorsque l’homme n’agira plus ainsi, il ne sera plus un homme." Une phrase à méditer. (Extrait de Cimes, éd. Albin Michel.)

La réponse du corps

Pour une biochimie du stress et de l’extase : la bêta-endorphine.

La réponse du corps à des situations de stress, comme celles que l’on rencontre en pratiquant les sports les plus durs, est orchestrée par un dispositif global complexe de messages chimiques entre les cellules nerveuses, de combinaisons chimiques correctes, d’appels et de réponses. Au commencement, une hormone, que les biochimistes appellent "grande HACT" (hormone adrénocoticotropique), est libérée ; en se décomposant, elle donne naissance à un large spectre de substances actives qui agissent toutes en vue de mobiliser l’esprit et le corps.

La bêta-endorphine semble constituer le premier déclencheur dans l’équation biochimique du stress. "Elle se tient exactement au centre du réseau de contrôle, dit le biologiste Derek Smyth. Elle est capable de produire une analgésie ou même une catatonie, d’abaisser le taux de sucre dans le sang, de moduler par inhibition les neuro-transmetteurs du cerveau, et de stimuler la décharge d’une multitude d’hormones pituitaires qui, en elles-mêmes, jouent un rôle déterminant dans le co portement." L’histoire de la découverte de l’endorphine est particulièrement remarquable : un véritable travail de détective. Les neurobiologistes qui travaillaient sur l’accoutumance aux narcotiques découvrirent des sites récepteurs sur les cellules nerveuses qui s’adaptaient à des substances opiacées exogènes (c’est-à-dire en dehors du corps humain) comme l’opium, la morphine et l’héroine. Comment de tels sites, se demandèrent-ils, avaient-ils pu se développer, alors que l’homme n’utilise des opiacés que depuis trois ou quatre mille ans ? (Le pavot somnifère, Papaver somni-ferum, fut probablement utilisé pour la première fois, à des fins thérapeutiques et/ou récréatives, sur les rives orientales de la Méditerranée durant le Néolithique). Il devait exister des substances endogènes, secrétées par le corps humain lui-même, qui s’adaptaient à ces mêmes sites récepteurs, similaires en forme et en fonction aux opiacés. Elles existaient effectivement, les neuro-biologistes découvrirent ainsila bêta-endorphine et d’autres peptides semblables quoique moins puissants appelés enképhalines.

Pour en revenir à. la réponse au stress, le rôle le plus important de la bêta-endorphine est celui d’un "destructeur" de la douleur ; des tests ont montré que son pouvoir analgésique est cent fois supérieur à celui de la morphine. D’autre part, les enképhalines, outre leurs qualités analgésiques, favorisent la modulation des substances chimiques modificatrices de l’humeur comme la sérotonine, la dopamine, la norépinéphrine (noradréaline) et l’épinéphrine (adrénaline) : elles aident en quelque sorte à rétablir et à maintenir l’équilibre émotionnel.

De façon intéressante, la bêta-endorphine peut être divisée en deux composants chimiques "Jekyll et Hyde", l’alpha-endorphine et la gamma-endorphine. La première, euphorique et analgésique, apporte un bien-être et supprime la souffrance. La gamma-endorphine, d’après des expériences menées sur des animaux de laboratoire, induit des effets exactement opposés : irritabilité, excitabilité, sensibilité accrue à la douleur. Dans des situations de stress ou de survie, les deux composants se révèlent complémentaires : une dose d’alpha pour surmonter la douleur et la peur, et une dose de gamma pour vous maintenir en contact avec la réalité de la situation afin d’y réagir correctement.

Mais les endorphines et les enképhalines ne constituent pas les seuls éléments de l’équation bio-chimique. La "grande HACT" contient également une sorte de "petite HACT" qui déclenche la stimulation de substances chimiques telles que l’épinéphrine (adrénaline) et la noré- pinéphrine (noradréna- line), lesquelles produisent une conscience mentale et sensorielle accrue et une rigidité musculaire. Dans le catalogue de la "grande HACT", on trouve aussi la "HSM" (hormone stimulant la mélanocyte), une substance qui a la propriété d’augmenter la vigilance et d’accélérer le processus d’apprentissage chez les animaux de laboratoire. Cette dernière peut permettre d’expliciter les histoires rapportées par tant de survivants, selon les- quelles leur vie se déroulait devant eux comme un film en accéléré ; le bio- computer du cerveau est sans doute en train de conduire une recherche rapide à travers ses banques de mémoire, en quête d’une information susceptible de le sortir d’une impasse. Mais il y a plus : lorsque le corps manque d’oxygène, comme c’est le cas après un grand effort, le taux d’oxyde de carbone s’élève ; celui-ci se décompose en acide lactique, lequel provoque, on le sait, une modification des états de conscience. Déshydratation, variations du taux de sucre dans le sang - la diversité des conséquences chimiques du stress est pratiquement illimitée.

Qu’est-ce que tout cela signifie, au regard des performances et des expériences sportives extrêmes, ou de toute autre situation qui outrepasse les limites de l’animal humain ? On peut avancer différentes hypothèses. Il semblerait que la biochimie et les performances fussent directement reliées ; à bonne bio-chimie, bonne performance ; à mauvaise biochimie, mauvaise performance. Revenons à notre sujet. Est-il déraisonnable de suggérer que les chamanes contrôlent effectivement leur réaction biochimique au stress et peuvent fabriquer à volonté le juste mélange endocrinien ? Le Dr Raymond Prince, psychologue canadien, entrevoit une telle possibilité dans un article de 1980 intitulé "Chamanisme et endorphines : facteurs endogènes et exogènes en psychothérapie". Il y décrit un état psychophysiologique optimal dû à ce qu’il appelle "l’adresse omnipotente", un sentiment de contrôle absolu et parfait d’une situation dangereuse et, partant, de n’importe quelle situation. Prince croit que la réponse endocrinienne du corps au stress est à la racine de cette sensation. Les chamanes apprennent-ils à déclencher cette réponse en eux-mêmes et transmettent-ils ensuite celle-ci à. leurs disciples par le truchement de situations d’angoisse ritualisées, de crises soigneusement programmées ? Cette possibilité permettrait de penser ensemble des éléments aussi disparates que mon expérience sur le Neva, l’escalade du mont Kenya par M’Ikiara et les exploits gymnastiques impossibles du jeune sorcier Tenzing sur le Zatr Og.

"Dans une situation de stress, écrit le Dr Prince, un état d’hyperconscience surgit et engendre les endorphines ou autres neu-roendocrines appropriées en quantités suffisantes pour provoquer un sentiment de tranquillité et de paix cosmique." Cet état d’esprit (et de corps) est vraisemblablement à l’origine des grandes performances ; lorsque vous vous sentez complètement relaché bien que parfaitement concentré sur la tâche à. accomplir, vos actions et vos réactions sont les plus parfaites qui soient. Et si quelqu’un pouvait se plonger dans cet état à volonté (ce que les chamanes et leurs semblables sont capables de faire), il apparaîtrait au reste de l’humanité comme un surhomme. Les êtres humains atteignent parfois cet accord parfait au moyen d’une pratique continue, et parviennent à contrôler ce qui est normalement incontrôlable. Pensez à cette splendide question que posa un jour Shirley Temple, âgée de dix ans, à son metteur en scène : "Lorsque je pleure, voulez-vous que les larmes descendent jusqu’au bas de mon visage, oû qu’elles s’arrêtent au milieu des joues ?"

"Mon tas de bois"

Par Le 10/12/2020

Personnellement, je suis effaré, consterné, à chaque fois que je vais à la déchèterie du secteur et que je vois les quantités de bois jetées à la benne : des planches, des palettes, des meubles, des tasseaux, des poutres etc etc...Je récupère tout ce que je peux pour divers usages et en partie pour la cheminée.

J'ai trouvé un site où vous pouvez déposer des annonces si vous avez du bois à donner et trouver des annonceurs qui en proposent. 

Les mentalités changent, les comportements évoluent.

 

Pour donner ou trouver du bois

 

des petites annonces qui proposent des palettes et du bois

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Les petites annonces et les lots de bois proposés sont gratuits

La petite chronique de montasdebois

Chers amis belges,

Vous avez été très nombreux à nous demander que montasdebois soit aussi disponible en Belgique.

Alors, ça y est, montasdebois.be est officiellement en ligne.

Le site couvre toute la Belgique et n'existe pour l'instant qu'en version francophone.
Il permet, comme pour la France, de déposer des annonces et des alertes dans les 10 provinces et la région de Bruxelles-Capitale.
Quelques précurseurs ont déjà déposé des alertes !
Les premières annonces vont arriver progressivement.

N'hésitez pas à nous écrire pour nous faire part de vos réactions et rendez-vous sur montasdebois.be

Comment faire ?

montasdebois est un site de petites annonces pour donner ou trouver du bois.

Les lots de bois proposés sont gratuits.
La publication des annonces sur le site est gratuite.

De quels types de bois parle-t-on ?

de palettes, d'emballages, de caisses, de bûches, de branches, de planches, de chutes de bois, d'éléments de charpente, de bois de chantier...bref de bois sains que l'on peut utiliser au jardin, pour se chauffer ou bricoler.

on ne parle donc pas de bois souillés ou fortement traités comme les poteaux électriques ou les traverses de chemin de fer qui doivent être éliminés dans des circuits spécifiques.

et on ne parle pas non plus de bois peints.

Qui sont les offreurs de bois ?

des artisans, des commerçants, des entreprises, des collectivités locales qui doivent régulièrement aller porter à la déchèterie les déchets bois de leur activité : palettes, caisses, emballages bois, branches...

des entreprises qui produisent des quantités importantes de déchets bois de par la nature de leur activité comme les élagueurs, les menuisiers, les couvreurs...

des entreprises plus importantes qui cherchent à se défaire élégamment de palettes cassées ou non standards ou encore d'emballages spécifiques.

des particuliers qui ont du bois dont ils ne savent que faire, après avoir coupé un arbre par exemple ou effectué des travaux.

montasdebois n'est pas le site des offres de coupes d'arbres sur pied qui peuvent être compliquées voire dangereuses. Si vous ne pouvez pas réaliser la coupe vous-même, le recours à un élagueur s'impose.

Comment déposer puis gérer une annonce ?

en remplissant le formulaire en moins de 2 minutes.

l'annonce est active pendant 6 mois ; au bout de ces 6 mois, un email vous invite à la renouveler si vous le souhaitez ; elle peut être supprimée à tout moment à votre initiative.

votre adresse email n'est pas visible sur le site.

ce n'est que lorsque vous répondrez par email à une personne intéressée par votre annonce que celle-ci connaîtra votre adresse email.

lors de la prise de contact avec le preneur, n'hésitez pas à lui préciser toutes les caractéristiques du bois proposé, les conditions d'accès pour son véhicule, etc...

Comment répondre à une annonce ?

En cliquant sur "tous les détails" pour contacter l'offreur par email ou par téléphone et préciser avec lui :

la nature exacte du bois proposé ;

quand passer chercher le bois ;

le lieu où est situé précisément le bois ;

l'accessibilité avec un véhicule, une remorque ;

comment se présente le bois (rangé, en tas, en vrac...) ;

d'éventuelles conditions ou contraintes particulières.

Avec montasdebois vous pouvez laisser une alerte pour être prévenu de la mise en ligne d'une nouvelle annonce. Alerte, le bouton vert, en bas de page. Et aussi : Gérer les alertes, le gros bouton vert en haut de page.

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972 Martinique

973 Guyane

974 La Réunion

975 St-Pierre-et-Miquelon

976 Mayotte

 

 

L'accoutumance à la normalité

Par Le 07/12/2020

Clair, net, précis et incontestable.

 

Avec l’autorisation de Gérard WEIL

UNE DES CAUSES DU CONSUMERISME: L' ACCOUTUMANCE,

Introduction: Notre société occidentale est en crise.  Les partisans du libéralisme sans frein sont convaincus qu’elle n’est que passagère. Je n'en suis pas si sûr, car la crise a des causes bien plus profondes que les abus du système financier, comme je me propose d'essayer de le montrer ci-dessous.

Bien des auteurs ont analysé la naissance du capitalisme, Max Weber, qui l’attribue à l’éthique protestante. Très succinctement, l'enrichissement est pour les protestants, une bénédiction divine. Marx, bien sûr, l'attribue à la transformation des moyens de production, ce sont la naissance de la mécanisation et la rationalisation des moyens de production qui ont favorisé le développement du capitalisme.  

Freud voit dans l'avarice un symptôme de l'attachement au stade anal, il fait un parallèle entre le fait de «  retenir » ses sous avec le fait de retenir ses selles chez le petit enfant.

 Mélanie Klein voit dans l'avidité, une relation au stade oral.

Pour ce qui est de la dimension religieuse de la naissance du capitalisme, Max Weber en fait une analyse très poussée et très documentée et on ne saurait la nier. Mais à mon avis, la religion en l'occurrence n'est qu'une façon de se donner bonne conscience, les raisons de s'enrichir étant plus profondes.

La transformation des moyens de production est certes aussi un terrain favorable au développement du capitalisme, mais là encore, on peut se demander pourquoi les capitaines d'industrie, les banquiers ont profité de ces moyens pour accumuler les richesses au lieu de les partager.

La psychologie me semble donner des réponses bien plus profondes, mais on remarquera que les humains ne sont pas tous restés attachés au stade oral ou au stade anal. Or, dans notre société productiviste, ils continuent à consommer plus qu'il n'en faut pour vivre, à accumuler des biens. Pourquoi ?

Je pense qu'il existe une raison encore plus profonde, qui est d'ordre physiologique, c'est " l'accoutumance" ou habituation.

Développement.

Tout être vivant est doté d'un instinct d'exploration. C'est grâce à lui qu'il se procure nourriture, abri et sexe.        

Mais ses besoins vitaux satisfaits, il reste chez l’homme et chez nombre d’êtres vivants, un besoin d’exploration qu'on nomme aussi curiosité ceci pour une raison très simple: comme je le rappelle ci-dessus la vie est, entre autres choses, un ensemble de sensations. Pas de sensations, pas de vie ! C'est avéré dans le cas des nourrissons que l'on se contente de nourrir et de soigner mais  qu'on  ne stimule pas autrement, ils finissent par dépérir. (Ce que Spitz nomme « la dépression des nourrissons » ).

L'homme a besoin de se sentir vivre et pour se sentir vivre, il a besoin de variété dans les sensations, étant entendu qu'elles peuvent varier tant en nombre qu'en intensité. Pourquoi ce besoin de la variété ?

L'homme n'a pas seulement besoin de pain, mais de sensations, d’émotions, de sentiments et de pensées,  des besoins tels que celui de reconnaissance sociale, besoin très puissant, par exemple.

Or,  des sensations  ou des émotions ou même des pensées,  se répètent inévitablement et elles finissent par perdre les effets stimulants qu'elles avaient lors de leur découverte. C'est ce que je nomme l'accoutumance.

Par facilité, l'homme cherche à augmenter l'intensité de ces phénomènes et leur fréquence. Or, grâce aux technologies, il le peut. C'est à mon avis, une des raisons profondes du consumérisme.

Exemples:

            Vous changez de  logement, donc sensations nouvelles qui vous tiennent éveillé jusqu’à accoutumance à votre nouvel environnement sonore.

             Une ambulance passe, la sirène retentit, variant en intensité et en fréquence, vous prenez conscience de son passage mais si cela persistait du matin au soir et du soir au matin vous finiriez par ne plus y prêter attention, vous vous habitueriez.

            Vous entrez dans une pièce odorante;  l’odeur peut vous séduire ou vous incommoder, mais au bout d’un certain temps vous ne sentez plus rien, c’est l’accoutumance. Pour maintenir la sensation odorante, il faut augmenter les doses de gaz odorant dans la pièce. 

             Vous prenez l’autoroute, vous accélérez, vous éprouvez une sensation de vitesse, mais ne pouvant dépasser le 130, vous vous accoutumez à cette vitesse constante et bientôt, vous ne la ressentez plus d’où la tendance à accélérer et à dépasser les vitesses autorisées.

         Le tic-tac de votre pendule s’arrête, vous vous réveillez et en prenez conscience. Notez bien cette remarque car dans les exemples précédents, c’est par l’apport de sensations que vous restez vigilant, alors que dans cet exemple, c’est la disparition d’une sensation qui vous maintient éveillé.

         Les exemples précédents relatent un changement dans votre environnement, changement dépendant ou non de votre volonté. Le passage d’une ambulance ne dépend pas de votre volonté, mais le changement de logement peut en dépendre. Dans ce cas, ce changement est lié à une activité d’exploration.

         Certaines sensations sont liées aux mouvements de notre physiologie, sensations dont nous ne sommes  habituellement pas conscients car nous y sommes accoutumés, comme la respiration, la digestion ou les battements du cœur. Mais des variations de ces sensations peuvent provoquer des états de conscience, par exemple, on peut prendre conscience des battements du cœur lorsqu’il accélère. Il est intéressant de noter que moyennant un peu d’entraînement, on peut  prendre conscience des battements cardiaques même lorsque le cœur est au repos, mais ce n’est possible que parce qu’il s’agit de battements, c'est-à-dire de variations.

         En résumé, on constate que lorsqu’une variation se répète régulièrement, il y a accoutumance et l’état de conscience qu’elle suscite tend à disparaître, autrement dit, l’homme ne se sent plus vivre.

            Les sensations sont provoquées par des stimuli tels que l’impact de photons sur la rétine pour les sensations visuelles, des molécules sur la peau pour le toucher, la chaleur, des molécules d’air sur le tympan pour l’ouïe, etc. En ce qui concerne les émotions, les sentiments, les pensées, ce sont des ensembles de stimuli qui les provoquent, par exemple la vue d’un animal agressif provoque la peur, celle d’un ami la sympathie, la lecture d’un livre stimule les émotions ou la pensée, etc.

Pour continuer à se sentir vivre, l’homme a alors le choix entre plusieurs possibilités:

1- il peut augmenter le nombre et l’intensité des stimuli,

2- il peut affiner ses sens, de sorte qu’à stimuli égaux, les sensations soient plus intenses.

3- il peut se couper des stimuli obtenant de la sorte une variation importante dans l’ensemble de ses sensations, ce qui est aussi une façon de se sentir vivre (Cf. l’exemple du tic-tac qui cesse )

Partant de là, quatre modes de vie sont possibles:

1- Le consumérisme qui vise à augmenter le nombre et l’intensité des stimuli. Ce choix s’est fait par facilité car il va dans le sens de l’entropie croissante, ou, si vous préférez, dans le sens de la plus grande pente, tendance amplifiée au maximum par le marketing et la publicité.

On mange plus, des mets plus variés, dans les discothèques, le son est toujours plus fort, assorti de flash éblouissants, les tenues de plus en plus tapageuses, mèches de cheveux vertes, rouge vif, la télé nous assomme de clips étourdissants et de films de violence, d’horreur, les véhicules de sport ou de transport vont toujours plus vite, dans les grandes surfaces les marchands mettent  à notre disposition une variété infinie de produits de même nature dont on fait varier l'emballage et le nom ( Lessives, par exemple ) etc...

Mais ce choix mène à une impasse à cause de l’accoutumance . Cette remarque est valable pour tout: la boisson, le tabac, les drogues, la danse, la musique. Quand le haschisch ne suffit plus on passe à des drogues plus fortes, dans les discothèques on augmente le niveau sonore et le rythme jusqu’aux limites du supportable et au delà même puisqu’on sait maintenant que les habitués des boîtes de nuit deviennent sourds. A la télé on nous abrutit de clips, maelström de bruits et d’images. Cela est valable aussi pour la fringale d’achat. Ce mode de vie conduit à la mort, mort individuelle, non seulement car on atteint des limites biologiques (embonpoint, maladies cardio-vasculaires, overdoses, cirrhoses, accidents de la route) mais aussi mort sociale, comme nous l'explique fort bien Juan Roy de Menditte en conduisant à l'individualisme forcené, destruction du lien social et enfin mort planétaire, parce que pour produire toutes ces excitations à une population toujours plus nombreuse, on a besoin d’énergie et qu’on épuise les ressources naturelles de la planète, sans parler de la pollution. Le pire c’est qu’il conduit à la mort sans même qu’on soit passé par le bonheur, car chez ceux qui le pratiquent, le sentiment de vide subsiste  et les pousse parfois au suicide.

Les conséquences de ce consumérisme ont été fort bien expliquées par les co-auteurs de ce livre et je n'y reviendrai pas.  J'insiste toutefois sur l'infantilisation des individus qui mène aux difficultés que rencontrent les enfants à dépasser le complexe d'œdipe.

Comment échapper à ce destin funeste ?

Pour augmenter le nombre et l'intensité des sensations et des émotions, on peut choisir la vie à haut risque: pour cela, nous avons la guerre, les sports de l’extrême, l’exploration de terres vierges et la spéculation financière. Je pense à un jeu de rôle relaté par l'économiste Bernard Marris: si chacun joue la solidarité dans ce jeu, il est assuré de gagner un” salaire” à la fin du jeu, mais si un joueur décide de jouer perso, il peut rafler toutes les mises et se retrouver riche, les autres joueurs étant alors dépouillés, mais bien sûr il peut aussi tout perdre.  Le choix est sans doute producteur d’adrénaline, quel exultation  quand on gagne ! Mais à l’échelle de la finance internationale, c’est un jeu mortel pour la société, c’est bien ce que nous expérimentons en ce moment. C’est ce jeu qui conduit à aller toujours plus vite, autant dans les transports que dans la communication; il faut être le premier arrivé pour arracher un marché, les traders sont soumis à un stress  permanent. Mais ils aiment cela, c’est une source d’adrénaline. On peut parler d'addiction, car comme nous le dit Susan George, «  pour les Riches et les Puissants, rien ne sera jamais trop », ils sont fermés à toute argumentation rationnelle, comme le sont les tabagistes ou les alcooliques. Contrairement au consumérisme passif, télévision, achat,  induit par notre société marchande et ses serviteurs médiatiques, le choix d'une vie à haut risque implique une très grande activité, mais il apporte des stimuli puissants et comme le consumérisme passif,  il sert le capitalisme financier.

La guerre, apporte des stimuli puissants, tant à ceux qui la font qu'à ceux qui suivent l'actualité et on sait maintenant à quel point elle sert les intérêts financiers.

Les sports de l’extrême sont récupérés pour servir de spectacle à la foule ( Cf. les jeux dans l’empire romain ).  Mais ils ont de plus un aspect pernicieux qu’un ami montagnard, alpiniste chevronné m’a fait voir; il dit en substance : “ J'en étais là et c'était de plus en plus tendu dans l'engagement...Je n'analysais, rien en fait, c'était une course en avant, sans cesse rehaussée d'un cran. Bien que ça soit passé tout près à quelques reprises ça ne m'arrêtait pas parce que les stimuli avaient une telle puissance que rien d'autre dans ma vie ne pouvait me procurer l'impression d'exister. Il a fallu que je perde mon intégrité physique pour que ça s'arrête. La décision s'est imposée et j'ai dû tout réapprendre. C'est là que la conscience de ces stimuli s'est révélée, que la réalité de ma quête s'est dessinée. J'ai donc appris, non pas à diminuer les stimuli mais à les éprouver différemment, avec un autre regard. La perdition dans laquelle j'étais engagé depuis des années m'a sauté à la gorge. Je n'avais plus besoin de cette surenchère dès lors que je connaissais la source. Je cherchais à "humilier" la mort pour éprouver la vie alors qu'en fait je me séparais de la vie en croyant lutter contre une entité qui n'avait aucune existence. Je n'avais pas besoin de diminuer le nombre ou la puissance des stimuli étant donné que je n'en avais plus besoin. La façon dont j'éprouvais la vie ne se nourrissait plus de combats épiques mais d'une contemplation infinie. Il ne s'agissait pas de stimuli nécessairement réactivés mais d'une captation entière de chaque instant. J'ai continué à aller en montagne mais avec une autre démarche, sans l'objectif du sommet à tous prix, juste l'exploitation de la vie en moi.” (C'est à travers ce genre de témoignage que je parlais dans l'article précédent de la dimension spirituelle des "explorateurs". Quant à cette surenchère de l'extrême, j'ai pu voir depuis mon adolescence combien elle se révèle fatale lorsqu'elle n'est plus conscientisée. Beaucoup ont disparu..)

 

N’est-ce pas aussi cette volonté de puissance  qui motive les financiers avides ?

Cette course permanente, dénoncée avec le talent qu’on lui connaît par Raymond Devos dans son sketch “  Mais où courent-ils” est, selon le psychanalyste, ethnologue et neuro-psychiâtre Boris Cyrulnik, à l’origine d’une partie des suicides d’enfants, (Les pays nordiques y auraient mis bon ordre en réduisant la durée des cours, le temps d’école, bref, tout ce qui stresse les enfants ).

L’ épicurisme : Il est un autre moyen de maintenir le sentiment de vivre , voire de l’élever, c’est d’éduquer nos  sens ce qui, à stimulus égal, permet de mieux ressentir. C’est ainsi qu’un œnologue, ayant éduqué son nez, éprouve beaucoup plus de plaisir à déguster un grand vin qu’un  néophyte. Idem pour un mélomane capable de déceler le 1/16ème de ton à l’écoute de la musique, id° pour un peintre à la vue d’un tableau ou d'un paysage, etc... Quand on observe ce que les multinationales de l'agro-alimentaire proposent dans les grandes surfaces, nous sommes loin du compte. Les clients remplissent leur caddy, mais n'est-ce pas parce que la surconsommation sert d'ersatz à des besoins fondamentaux non satisfaits, comme le lien social, tout simplement ?

         Ceci est valable pour le registre des émotions.  Dans l’état actuel des choses, on nous abreuve, pour qui veut bien boire, de films d’horreur.  Et comme il y a accoutumance, les réalisateurs en rajoutent toujours plus: “ La nuit des morts vivants”, “ Massacre à la tronçonneuse » « The descent », « Saw », etc... N’est-il pas préférable d’éduquer sa sensibilité, d’apprendre à lire un film et d’en tirer un maximum d’émotions en devenant cinéphile ?

Cela implique qu’il faut réapprendre la patience, qu’il faut prendre son temps, ce que nous avons perdu dans notre société chronovore.

Un autre moyen de se procurer des stimuli intenses et nouveaux est le jeu. Il apporte des stimuli puissants car dans le jeu il y a compétition, fut-elle avec soi-même, pour améliorer ses performances. Mais il n'y a pas beaucoup de nouveauté dans les stimuli qu'il procure. Quand par exemple, on maîtrise le poker, seuls les partenaires peuvent changer mais les règles ne changent pas. Il en résulte que le joueur prend de plus en plus de risques et mise de plus en plus pour augmenter l'intensité des sensations. Il est clair que boursicoter est un jeu, le capitalisme joue au Monopoly avec le monde, sans état d'âme.

            Mais il existe des limites physiologiques et le vieillissement d’ où un affaiblissement des réponses aux stimuli d’où ennui, déprime et souhait de mort. Comment échapper à l’ennui, et maintenir le bonheur de vivre à niveau constant ?

            Qu’est-ce qui est toujours nouveau et permet ainsi de renouveler en permanence les sensations, les émotions, les sentiments, la pensée et donc de maintenir son sentiment de vie constant ou même de l’élever ?

Une  source de stimuli toujours nouveaux: la création- Vivre  créer, créer par son travail, créer  la danse ou la musique, peindre, écrire, faire du théâtre. Il est bien évident que par définition, créer amène toujours du nouveau, créer dans les arts et inventer dans les sciences et la technique augmente le nombre des stimuli. Plus un être sera habile et entraîné, plus il créera dans le même intervalle de temps. Quant à l’accoutumance, il est toujours possible de changer de champ de création si elle s’installe, mais dans le domaine de la création cela arrive rarement , les grands romanciers, peintres, compositeurs, interprètes ont souvent créé jusqu’à leur mort. Les domaines où cela n’est pas possible, du fait du vieillissement, sont le sport, la danse et tout ce qui fait appel aux performances psychomotrices, encore que, dans ces domaines, les pratiquants se font professeurs ou entraîneur et finalement ne cessent pas d’exercer leurs talents, mais sous une autre forme.

          Il est clair qu’en créant, non seulement on multiplie les stimuli sensoriels, mais on éprouve des émotions, tantôt  positives, quand on mène à bien une œuvre, un spectacle, une expérience scientifique et qu’on les partage, tantôt négatives quand on échoue, mais dans tous les cas, on vit.

Notre société encourage-t-elle la création ? En partie oui, dans la mode, l’ameublement, et même les arts, à condition que ce soit rentable, sujet à spéculation. Mais l’école n’encourage pas la créativité. C’est Albert Jacquard qui dit que l’Ecole Polytechnique fait des imitateurs, pas des créateurs. Le but avoué de l'école est de former des producteurs, il existe certes des enseignants qui tentent de développer les facultés créatrices de nos enfants, mais ils sont souvent sujets à la réprobation de leurs collègues et des inspecteurs d'académie, la plupart sont en fait les courroies de transmission du pouvoir. (Le but inavoué de l'éducation nationale est d'enseigner l'accoutumance à la normalité...)

Une source d'émotions, le service- Parmi les modes de vie on peut aussi choisir le service,  dans le social et la santé par exemple. Il est bien évident que cela permet de multiplier les émotions, en guérissant, en créant du lien, en aidant à trouver des solutions. Hélas, nous constatons que la société marchande tend à réduire pour ne pas dire détruite ce mode de vie, atteinte au service public, réduction des effectifs, etc.

Là encore, nous constatons qu'en matière de santé, par exemple, l'industrie pharmaceutique encourage la prise de médicaments, là encore, nous sommes dans la consommation.  Or, j'entendais un grand cancérologue affirmer qu'il n'a jamais pu guérir un malade qui ne voulait pas guérir, quelques soient les méthodes utilisées, et il reconnaissait l'importance du moral, de l'accompagnement, du lien.

Une autre façon de faire varier le nombre et l'intensité des sensations et des émotions, l'ascèse-  Quoiqu'on en pense, c'est aussi un choix de vie, qui s'explique par le fait de se maintenir éveillé par la suppression des stimuli; j'y ai fait référence à propos de l'arrêt du tic-tac. Ce mode de vie est peu répandu,  mais il existe et conduit certains hommes à se retirer du monde, du moins pendant une période plus ou moins longue. Un tel mode de vie n'est sans doute pas du goût des multinationales.

Sans aller jusqu'à proposer l'ascèse, A. Maslow nous propose une psychologie de l'être qui se résume en fait à une réalisation de soi.  Maslow constate que les êtres vivants sont écartelés entre deux tendances, le besoin de sécurité et la besoin de grandir. Si la sécurités, physique et affective sont assurées, les humains continuent à grandir toute leur vie, grandir c'est-à-dire apprendre sur soi et le monde, devenir de plus en plus indépendant des opinions, de plus en plus patient, tolérant, etc.  Peut-on dire que la société marchande favorise cette croissance?

En guise de conclusion- Les modes de vie non consuméristes impliquent l'effort, or les seuls efforts auxquels nous invite la société de consommation se font dans le cadre du travail. Pour le reste, du fait des facilités évidentes que la technologie nous apporte, et de l'exploitation qu'en font les multinationales, elle conduit à une perte du goût de l'effort.  Pourtant si nous voulons éviter les souffrances, l'effort est indispensable.

Les choses doivent se faire en temps utile, comme un accouchement par exemple.

Si elles ne se font pas, la souffrance apparaît. Tout se passe comme si la somme de souffrances devait être égale à la somme des joies, autrement dit comme si l’univers était un jeu à gain nul. Il en  résulte que la vie est une lutte permanente au cours de laquelle il faut faire des efforts. Les efforts sont des mini-souffrances, tout à fait surmontables et surtout des souffrances qui  n’abaissent pas, n’humilient pas mais au contraire font grandir. (Et c'est là que se trouve la source de vie des "explorateurs")

Si vous ne mettez pas chaque jour de l’ordre dans vos affaire, arrivera un jour où quelque chose vous obligera à le faire, remplir sa déclaration de revenus par exemple, et ce sera très désagréable, non seulement parce qu’une majoration vous sera imposée, mais parce qu’il faudra fouiller, fouailler, trier, jeter dans un laps de temps réduit.

C’est pour avoir refusé de faire des efforts que les humains subissent des souffrances, tout se passe comme s’ils devaient “payer”, en quelque sorte équilibrer le bilan. Par exemple, des enfants auxquels on ne refuse rien, dont on n’exige rien connaîtront plus tard une immense angoisse. Est-ce à dire que des enfants dont on exige trop, et souvent des efforts inadaptés à leur âge connaîtront la joie à l’âge adulte ? Non, car en imposant aux enfants des efforts inadaptés, les adultes se dispensent des efforts qu’ils devraient faire pour bien les éduquer. La balance n’est donc pas équilibrée et il faudra que quelqu’un paie.

On objectera le cas des gens atteints d’une maladie grave. Dans la logique de mon discours, on devrait dire “ Mais quels efforts aurait-il du faire pour l’éviter?” Je ne sais pas, mais il est une chose qu’il ne faut pas oublier, c’est que nous sommes tous solidaires de façon très profonde et cette solidarité est tellement profonde que certains paient pour d’autres.  ( «  Les parents ont mangé des raisins verts, et les dents des enfants en seront agacées »  Jérémie, 31-30)

Les grandes souffrances viennent d'un bilan mal équilibré.

Il faut une société où l'on cesse de produire pour la consommation à outrance et où l'on fasse tout pour développer les facultés créatrices de l’homme et lui redonner le goût de l'effort.

Les explorateurs

Par Le 07/12/2020

 

Il existe des individus qui ne sont pas inscrits dans le cadre sociétal et qui, bien souvent à travers une passion, ont opté pour une autre voie.

Ce sont des explorateurs, non pas dans le sens où ils parcourent la planète à la recherche de terres inconnues, mais bien avant tout parce qu'ils explorent une vie sociale qui peut apparaître comme une terre sans hommes, un no man's land qui leur offre tout ce dont ils ont besoin, intérieurement, pour exister.

Le matérialisme n'est pas une voie qui leur convient parce qu'ils sont tournés vers une voie de développement personnel qui les libère de la pression sociale. Il n'est pas question pour eux de s'intégrer à un groupe par rapport à une reconnaissance liée à un quelconque statut social mais uniquement de rencontrer des individus d'univers variés mais vibrant sur la même longueur d'ondes...

Le monde intérieur qui les habite diffuse les vibrations. Le monde extérieur leur offre le terrain de jeu dont ils ont besoin pour s'explorer.

Ils sont dans l'effort et simultanément dans la contemplation. Ils exploitent un potentiel physique et simultanément, ils progressent dans une voie spirituelle.

Ils utilisent la technologie qui s'avère nécessaire pour l'expression de cette voie. Des skis, des vêtements adaptés, un voilier, un vélo, un canoé, un matériel technique qui répond à des besoins réels et non à des désirs consuméristes.

Tout est fait avec parcimonie, sans aucune exagération, sans que cette technologie ne devienne le miroir d'une prétention sociale. Elle n'est qu'un outil, pas un étendard. Même dans le cas des voiliers ultra performants et hors de prix d'une course comme celle du Vendée globe.

Pour ce qui est des émotions, elles ne sont pas que des émotions chocs, inévitablement créatrices de manque comme il en est dans l'accoutumance, parce que ces émotions fortes sont également vectrices d'émotions contemplatives. Il y a une alternance constante entre le défi physique et la plénitude spitiruelle.

La Nature dispense ces deux états. L'effort et la contemplation. Et l'imbrication des deux favorise l'élévation. La raison en est très simple : tous les besoins de l'individu ont été assouvis.

L'émotion choc, l'extase physique, la jouissance de ce corps affûté qui exécute des gestes parfaits, la reconnaissance sociale au coeur d'une passion partagée, des échanges et des amitiés fortes, des regards échangés, les yeux brillants qui en disent plus longs que toutes les paroles, la contemplation enfin et ce retour sur Soi, cette exploration des "terra incognita" dans la profondeur des âmes. 

 

Je lis en ce moment de multiples critiques envers les marins du Vendée globe qui heurtent parfois des cétacés. Oui, c'est un fait. Cela arrive. Ils ne s'en réjouissent pas. Parfois, même, cela brise le rêve d'une aventure pour laquelle ils ont conssacré des années. Maintenant, est-ce que ceux qui écrivent ces critiques ont un comportement dénué de tous reproches ? Est-ce que leur mode de vie est sans impact sur la planète ? Ets-ce qu'ils achètent des produits manufacturés construits en Chine et venus par cargos ? Est-ce qu'ils consomment des animaux ? Sont-ils tous végétariens ceux qui accusent les marins d'avoir blessé ou tué une baleine ? 

Il y a une profonde hypocrisie dans ces mouvements de colère. 

Je n'aime pas les grosses expéditions en Himalaya et l'impact considérablement néfaste sur la nature et même sur les populations. J'estime par contre les alpinistes qui se lancent dans ces ascensions en solitaire. Il existe même quelques exemples extrêmes d'alpinistes dont le comportement relève de l'exemplarité. Un Suédois, dont j'ai oublié le nom, parti de chez lui en vélo, il rejoint le camp de base de l'Everest par ce moyen, réussit l'ascension en solitaire et rentre en vélo chez lui. On peut difficilement faire mieux.

Et pour en revenir aux océans et à ces fameux OFNI, il faut imaginer le volume de matériaux tombés des cargos et qui flottent à la dérive. Alex Thomson en a fait les frais, un OFNI en premier et un filet de pêche ensuite.

Est-ce que ceux qui critiquent les marins du Vendée globe qui blessent les baleines mangent du poisson ? 

Je ne suis pas exemplaire quant à mon impact écologique même si je m'y efforce. Il faudrait pour commencer que j'éteigne cet ordinateur et même que je m'en débarrasse. On sait combien les "terres rares" sont un désastre écologique. 

Alors, oui, cette course qui consiste à tourner en rond le plus vite possible sur les océans est en soi totalement inutile. Encore faudrait-il se poser la question de l'utilité. Qu'est-ce qui détermine l'utilité ? La question est la même que pour la "normalité". Ces marins ne sont pas "normaux." Normaux par rapport à nous qui avons décidé que notre vie serait la plus sécurisée possible. Est-ce un choix ou est-ce un conditionnement ? Mais s'il n'y a pas de choix, y a-t-il réellement une liberté ? Suis-je libre dans mon existence normalisée ?

Si on va au-delà des premières critiques émanant d'individus "normaux", et qu'on tente de comprendre ce qui se cache réellement dans de tels propos, n'est-ce pas en premier lieu, une certaine rancoeur envers ces explorateurs qui ont choisi une voie "anormale" et y trouvent un bonheur dont nous n'avons pas idée ? 

Retour vers le passé.

Par Le 06/12/2020

Je ne pensais pas que le trravail d'archives sur mon blog m'amènerait à de nouvelles réflexions, pas aussi intensément en tout cas.

Mais là, vraiment, je me réjouis d'avoir entamé cette tâche.

C'est édifiant de voir à quel point les sociétés capitalistes enchaînent les "crises" mais plus édifiant encore de constater à quel point, ces crises n'aboutissent à rien de profond.  

Je suis donc tombé sur un texte datant de novembre 2011 et parlant du mouvement des "Indignés".

Qui s'en souvient ?...

Le mouvement des Indignés (Indignados en espagnol) ou Mouvement 15-M1 est un mouvement de manifestations, non violent né sur la Puerta del Sol à Madrid, en Espagne, le 15 mai 2011, rassemblant des centaines de milliers de manifestants dans une centaine de villes2, se prolongeant par divers modes d’action (campements, marches). A suivi une série de manifestations pacifiques, rassemblant jusqu'à plusieurs dizaines de milliers de personnes, organisées sur les réseaux sociaux et des sites web dont ¡Democracia Real Ya!3 (Une vraie démocratie, maintenant), auxquels se sont joints de 2004 à 500 organismes soutenants, parmi lesquels les collectifs ATTACAnonymousNoLesVotes et Juventud Sin Futuro (« Jeunesse sans avenir »)5,1.

Ce mouvement, inédit par son ampleur et ses revendications, se poursuit encore actuellement. Régulièrement, des manifestants ou des organisations se réclament des Indignés. La principale manifestation est la journée mondiale des Indignés, le 15 octobre 2011. Et le 12 mai 2012, des centaines de milliers de manifestants se sont réunis, principalement en Espagne, pour fêter le premier anniversaire du mouvement6. En septembre 2012, la manifestation Rodea el Congreso (es)(« prise du Parlement »), cependant pas directement liée aux initiateurs du mouvement 15M, a rassemblé des dizaines de milliers de manifestants en Espagne.

 

Quelle conclusion en tirer ?

Que le mouvement des "Gilets jaunes" finira de la même façon. 

Jusqu'au prochain mouvement de contestation.

Est-ce que, fondamentalement, ces mouvements ont changé les systèmes concernés ?

Non. 

On peut se réjouir de quelques améliorations. Parfois.

Mais les systèmes sont toujours en place. Les mêmes sont aux commandes. Le jeu des chaises musicales continue. Les noms changent. Les règles perdurent. 

Une crise sanitaire vient par ailleurs renforcer leur pouvoir. Ils pourront bientôt se gausser d'avoir relancé l'économie et le peuple sera content de retrouver un emploi et son rythme de vie. C'est effrayant parce que, fondamentalement, rien n'aura changé. "Métro, boulot, dodo" rengaine bien connue, éculée et indéboulonnable. 

A ceux ou celles qui penseraient que j'exagère lorsque je dis que rien, fondamentalement, ne change au fil des crises, je renvoie aux philosophes des Lumières.

 

KANT ET LA RÉVOLUTION

En toute conscience

 

Kant et la Révolution.

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  •  Le 29/10/2011
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"Les Lumières, c'est la sortie de l'homme hors de l'état de tutelle dont il est lui-même responsable. L'état de tutelle est l'incapacité à se servir de son entendement sans la conduite d'un autre. On est soi-même responsable de cet état de tutelle quand la cause tient non pas à une insuffisance de l'entendement mais à une insuffisance de la résolution et du courage de s'en servir sans la conduite d'un autre...Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières. Paresse et lâcheté sont les causes qui font qu'un si grand nombre d'hommes, après que la nature les eut affranchis depuis longtemps d'une conduite étrangère, restent cependant volontiers toute leur vie dans un état de tutelle, et qui font qu'il est si facile à d'autres de se poser comme leurs tuteurs. Il est si commode d'être sous tutelle. Si j'ai un livre qui a de l'entendement à ma place, un directeur de conscience qui  a de la conscience  à ma place, un médecin qui juge à ma place de mon régime alimentaire etc, alors je n'ai pas à fournir moi-même d'efforts."

KANT

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La problématique posée par ce texte concerne la situation des hommes lorsque celle-ci ressemble davantage à une soumission passive qu'à une liberté issue de leur entendement. Kant considère en plus que les hommes sont responsables de cette situation et que cette "mise sous tutelle" est la conséquence de leur incapacité à user de leur "entendement" mais plus encore de la conséquence de leur "lâcheté". Il semblerait selon ce texte que les hommes ne sont pas asservis par la force d'une puissance étrangère mais, à l'origine, en raison de leur propre abandon, de leur "paresse."

On peut s'interroger sur cette situation de soumission. Est-elle réelle ? Concerne-t-elle tous les individus ? Existe-t-il une responsabilité de la part des victimes elles-mêmes ?

L'auteur ne laisse aucun doute sur son jugement. Pour lui, il n'y a aucune interrogation mais un état de fait général, universel. Le ton cynique, sarcastique est destiné à montrer de façon crue et détestable cette propension des hommes à se vautrer dans la bassesse. Le fait d'opposer des termes aussi forts que "paresse" et "courage" est révélateur.

Kant parle de courage car il est indéniable pour lui que cette situation réclame une prise de position pleine et entière, non seulement une prise de conscience mais un engagement à travers des actes. Puisque l'homme est "responsable" de cette soumission passive, il doit par-delà son entendement initial être responsable de sa révolte. L'entendement n'est pas suffisant. Il n'est qu'une étape intellectuelle. La cause ne vient pas d'une insuffisance de l'entendement mais à une insuffisance de la résolution qui devrait en résulter.

Les hommes délèguent leurs décisions et leurs actes à d'autres hommes qui leur paraissent plus aptes à les guider et à les prendre en charge. Ce raisonnement, car il s'agit bien d'un raisonnement, aussi primaire soit-il,  est à la source de la soumission et du pouvoir.

Même si je ne sais pas soigner une dent cariée et que je me dois m'en remettre au dentiste, je peux assumer l'entretien de mes dents et veiller à la qualité des aliments que je consomme. Le fait de m'en remettre selon les situations à des gens plus performants que moi dans certains domaines ne signifie pas pour autant que ce choix doit s'étendre à l'ensemble de mon existence et surtout pas aux domaines existentiels.

C'est là qu'il faut rester vigilant pour ne pas sombrer dans une complaisance assassine envers cette paresse et cette lâcheté.

Il y a dans "Le Bon, la Brute et le Truand" une réplique culte.

"Le monde se partage en deux catégories. Il y a ceux qui ont une arme et il y a ceux qui creusent. Toi, tu creuses. "

Selon Kant, on peut rajouter que ceux qui possèdent une arme et donc le pouvoir en disposent parce que ceux qui creusent les ont autorisés par leur soumission originelle à user d'une arme.

Si on prolonge la réflexion, les dictateurs ne sont pas des hommes plus puissants mais simplement des hommes qui ont saisi l'opportunité que la masse leur offrait. C'est la masse par son comportement lâche et servile qui donne le pouvoir aux dictateurs. Il n'est pas permis de critiquer les dictateurs avant même d'avoir pris conscience de ce comportement. La seule solution pour s'extraire de ce rapport de faible à fort, est d'avoir le courage de se servir de son propre entendement et non de se contenter d'un entendement servile. Il ne suffit pas d'analyser une situation. Il faut œuvrer à son évolution. 

Ce texte issu de l'époque des Lumières correspond au mouvement actuel des "Indignés". Ce mouvement n'attend pas des gouvernants des solutions miracles. Ils les proposent. Leur entendement et leur analyse de la situation les conduisent à entrer en résistance. Ils agissent. L'asservissement est généré aussi par le silence. Pour combattre, il faut d'abord saisir l'ensemble de ses insuffisances.

Une autre question surgit dès lors. Pourquoi les hommes en sont-ils arrivés là ? Est-ce un état naturel dont se servent les Puissants?  Mais dans ce cas-là, pourquoi les Puissants n'en sont-ils pas eux aussi les victimes ? Comment sont-ils devenus Puissants si cet état de laxisme existentiel est un état naturel ? Les Puissants sont bien pourtant des hommes.

La problématique ainsi posée met en évidence la part sociale de l'homme. Son statut de citoyen, c'est à dire un individu inséré dans un microcosme relationnel. Les Puissants oeuvrent à la pérennité de leur statut. Par héritage bien entendu mais bien plus encore par l'éducation. De la même façon, les asservis sont conditionnés à une existence soumise. Les Puissants se chargeront de les y maintenir par d'habiles subterfuges et en se servant de la paresse et de la lâcheté de la masse.

Il n'y a rien de naturel. Tout est éducatif. Certains vont naître avec une cuillère d'argent dans la bouche mais l'environnement va se charger de leur apprendre à s'en servir. Les asservis se contenteront de les envier et de geindre. 

Les Philosophes des Lumières ont mis en avant le droit des hommes à être responsables lorsque ce droit finissait par apparaître comme insaisissable.

 

Jean Jacques Rousseau disait « qu’on perd dans l’asservissement jusqu’au désir d’en sortir. »

 

Les révolutions arabes viennent de prouver qu’il n’en est rien. L’asservissement corrompt les âmes, contraintes à de multiples compromissions pour subvenir à l’essentiel. Toute l’énergie des individus s’y perd. La peur de la perte des biens vitaux devient générale et les individus en viennent à percevoir la masse environnante comme l’adversaire à combattre. Les Puissants entretiennent cette peur et l’amplifient si nécessaire. Elle sert leurs intérêts.

L’entendement devient dès lors la source des actes. Il faut parvenir à cet état d’observation macroscopique, une élévation au-dessus de la masse pour prendre conscience des entrelacs instaurés par la matrice, cette entité constituée par des individus anonymes, travaillant dans les palais. Une fois cette observation validée, chaque individu ayant effectué sa propre analyse et pris conscience de l’émergence d’une pensée commune, les individus éveillés peuvent entamer une tâche évolutionniste. Il ne s’agit pas de chercher des guides mais de favoriser par un travail intérieur son propre éclairage au risque d’être éblouis et par conséquent manipulés par les tenants des lampions…

Les Philosophes des Lumières prônaient la raison comme étendard. Il faut y adjoindre le courage.

Il reste ensuite à ne pas tomber dans l’euphorie magnifiée par des individus avides qui cherchent à se présenter comme les nouveaux Guides. Combien de Révolutions portées par les peuples et tombées aux mains des Puissants ?

La France en est un "bel" exemple.     

Que reste-t-il de cet héritage ? Une démocratie ? Où ça ?

 

 

Un jour, je reprendrai tout ça

Par Le 06/12/2020

Je n'ai ni le temps, ni l'envie. Parce que d'autres urgences sont en cours.

Mais un jour, je reprendrai l'écriture de Jarwal.

C'est une certitude.

Parce que je suis grand-père et que je n'aurai pas besoin d'être édité pour que ça soit lu. 

 

En toute conscience

L'illusion de la matière

 Le 30/10/2011

"Il avait dix ans.

Un séjour dans la montagne avec Izel.

Il était allongé sur une natte, à même le sol, près d’un foyer. Son père était là, il alimentait le feu de temps en temps et parlait doucement. L’enfant devinait dans le reflet des flammes, les yeux étroits de son père, ce regard aiguisé comme celui des grands rapaces. La voix coulait en lui comme du miel. Il ne se souvenait pas du lait maternel mais la voix de son père l’avait nourri tout autant. Des nourritures spirituelles qui l’avaient grandi, insensiblement, patiemment, sans aucune volonté de transformation mais un simple accompagnement.  

« Tu ne choisis pas ton existence Kalén. La vie l’a déjà fait pour toi. Le libre arbitre de chaque humain consiste à être suffisamment lucide pour saisir cette voie d’éveil et de progrès. Ecoute ton âme, c’est là que se trouve le secret. »

Izel avait déposé dans les braises une branche de résineux. Les crépitements d’aiguilles avaient retenti dans le silence, des myriades d’étoiles avaient jailli. L’enfant, captivé, avait suivi des yeux le ballet des flammèches. Quand la nuit avait repris son pouvoir, il avait juste eu le temps de voir s’envoler une chauve-souris. Elle avait virevolté au-dessus de lui, il avait vu ses yeux d’aigle. Puis elle avait disparu.

Izel le regardait en souriant.

Des paroles comme des nourritures de l’âme.

Il avait quatorze ans. Au bord du bassin, au pied de la chute d’eau. Izel lui enseignait le voyage de l’eau.

« Notre corps est composé de matière mais nos pensées et nos émotions contiennent l’énergie qui permet à la matière de se condenser. Les hommes imaginent que la matière est à l’origine de la vie spirituelle des êtres humains, que la matérialisation des corps est prioritaire et que les phénomènes intérieurs suivront. Ils réfléchissent à l’envers. Il faut que l’Energie se condense pour que la matière prenne forme. Il n’y aurait pas de nuages sans la condensation de la vapeur mais il n’y aurait même pas de vapeur sans l’Energie qui la transforme. Nous sommes comme des nuages constitués de pensées. La pensée n’est même pas l’élément déclencheur. Elle n’est que la résultante de l’émotion originelle et nos émotions sont les passerelles entre la pensée et le corps. Les plus primaires sont liées au corps physique et émanent de lui comme la peur ou l’euphorie alors que les plus subtiles sont liées à l'esprit, comme la générosité ou l’empathie. Plus les émotions sont subtiles, plus elles gagnent en valeurs universelles, plus elles mènent les individus vers l’accomplissement de l’existence.

-Quelle est cette émotion originelle qui déclenche la matérialisation ?

-L’Amour, Kalén.

-Mais si le saisissement de l’Amour permet à une âme de se matérialiser, comment expliquer que certains êtres humains dévient de cette voie de sagesse et de plénitude pour sombrer dans les émotions les plus viles ?

-Par paresse et par lâcheté, mon fils. L’élévation des âmes est un cheminement bien plus exigeant que l’exploitation des émotions primitives. Ceux-là quittent la Conscience pour errer dans le mental et s’y complaire. Ils ne sont plus reliés avec l’Energie. Ils fonctionnent comme des entités individuelles.

-La matière n’est qu’une illusion alors ?  

-Non, elle existe bel et bien mais elle n’est qu’une conséquence, pas une cause.

Il ne pleut pas parce qu’il y a des nuages mais parce qu’il y a eu condensation de la vapeur et avant cela transformation de la vapeur et avant cela constitution de l’eau et avant cela fusion des constituants. Il faut tenter de remonter à l’origine des choses et de comprendre qu’avant les choses, il y avait l’Energie.

-L’illusion est de penser la matière comme une finalité, c’est cela Père ?

-Oui, Kalén, la finalité est dans la cause. Ce qui est visible n’est que l’illusion si tu considères cette matière condensée comme un élément fini. Celui qui parvient à retourner en lui à cette Energie dont il est né et devenir comme s’il était sans forme, celui-là existe réellement. Le reste n’est qu’illusion.  "

Pourquoi en sommes-nous arrivés là ?

Par Le 06/12/2020

Pablo Servigne n'est pas un illuminé, adepte du catastrophisme. C'est un lanceur d'alerte qui connaît parfaitement son sujet. 

 

 

Pablo

Les pillards

Par Le 05/12/2020

Le monde tel qu'il est n'est pas une fatalité. Il est la résultante du déni de ceux qui préfèrent continuer à profiter au mieux de ce qui leur reste. 

Parfois, j'ai l'image de l'humanité comme celle d'une bande de pillards. 

Hier, je suis descendu faire des achats et devant moi, à la caisse, j'ai regardé une dame de mon âge vider son caddie : Nuttela, viande en barquettes, coca-cola, plats surgelés, paquets de biscuits de toutes sortes etc etc. Elle devait peser vingt kilos de plus que moi. 

Ceux que j'appelle "les pillards". 

Elle s'est mise à parler avec la caissière de son regret de ne pas pouvoir partir en croisière, au soleil, comme tous les ans pour les vacances de Noël. 

Il y a des situations ou j'aimerais être contaminé par le covid et à pouvoir le transmettre. 

Il y a quelques jours, on a regardé le film "Les vieux fourneaux". Une comédie qui n'en est pas une. Une histoire forte. Un passage nous a particulièrement plu. 

Alors, oui, bien sûr, on pourrait dire que "les vieux fourneaux", ceux nés dans les années 1930-40 n'étaient pas conscients du drame dont ils étaient les acteurs. Ils avaient connu la guerre, les souffrances, les privations. Oui, c'est vrai et on peut comprendre qu'ils aient cherché à profiter de la suite. Mais la génération suivante, ceux des années 1960, celle dont je suis, nous avons vécu dans un pays en paix. Les informations, on pouvait les trouver, les alertes commençaient à poindre. Hubert Reeves, James Lovelock, Peter Russel, ...Ils alertaient dans les années 1980. Qui les a lus ? Qui a changé de comportement après ces lectures ? Qui a décidé qu'il ne lui était plus possible de vivre comme un pillard ? 

Les lanceurs d'alerte. Comme il doit être douloureux pour eux de voir où on en est. 

Les lanceurs d'alerte. Voilà un sujet de documentaire qui mériterait que les plus grands réalisateurs s'y attellent, un travail commun sur l'ensemble de la planète. 

 

L'histoire du premier lanceur d'alerte

17/09/2019

Par Yann Lagarde

Alors qu'Edward Snowden publie aujourd'hui ses mémoires, et que comme Assange ou Manning, il est toujours poursuivi par les autorités américaines, retour sur l'histoire du 1er lanceur d'alerte : Daniel Ellsberg, l'homme derrière les Pentagon Papers.

Automne 1969, les Etats-Unis sont empêtrés depuis plusieurs années au Vietnam, dans un conflit de plus en plus impopulaire. Daniel Ellsberg est un ancien marine qui travaille comme analyste et conseiller militaire. Le fonctionnaire doute depuis longtemps du bien-fondé de cette guerre. Il y a notamment fait plusieurs voyages en tant qu’observateur.

Ellsberg a participé à la rédaction d’un long rapport sur la situation au Vietnam. Ce document très confidentiel est gardé dans un coffre-fort de sa société. Le contenu du rapport est accablant pour le pouvoir américain.

Le gouvernement a volontairement intensifié le conflit, à l’insu du Congrès. Les Etats-Unis interviennent en réalité au Vietnam depuis les années 1950 et des opérations militaires secrètes ont même été menées au Laos et au Cambodge. Nixon a d’ailleurs envisagé plusieurs fois de larguer une bombe atomique sur le Vietnam.

Les documents révèlent aussi le machiavélisme incroyable de l’Etat-major qui envoie de jeunes Américains à la mort, tout en sachant que la guerre était perdue d’avance.

Daniel Ellsberg décide de faire éclater la vérité sur cette guerre en faisant fuiter le rapport. Il dira que c’est une rencontre avec des objecteurs de conscience qui l’a poussé à passer à l’acte. Il passe des nuits entières à photocopier les 7000 pages de documents. Il est aidé par l’un de ses amis, l’intellectuel Noam Chomsky. Il entre en contact avec des membres du Congrès, mais personne ne lui donne suite.

La presse versus Nixon

Ellsberg transmet alors les documents sensibles à des journalistes. Dans les semaines qui suivent, le New York Times publie des extraits du rapport. Les révélations font l’effet d’une bombe et le président Nixon est fou de rage contre les journalistes.

Le New York Times est rapidement interdit de publication par un juge fédéral. Le Washington Post prend le relais et continue de publier les informations, malgré les menaces.

Après une bataille judiciaire intense, la cour suprême donnera finalement raison aux journalistes, au nom de la liberté de la presse. Daniel Ellsberg est identifié comme la taupe. Il est poursuivi pour conspiration et espionnage et considéré comme “l’homme le plus dangereux des Etats-Unis”.

Il risque 115 ans de prison, l’administration Nixon tente de le discréditer par tous les moyens, notamment en publiant son dossier médical et psychiatrique.

Mais les charges contre lui sont abandonnées en 1973. Cette affaire fera basculer définitivement l’opinion contre la guerre du Vietnam, ajoutant au climat de défiance vis-à-vis du gouvernement. Nixon démissionne l’année d’après, suite à une autre crise : le scandale Watergate.

Daniel Ellsberg continue son combat pour la paix et la transparence. Il s'oppose à la guerre en Irak et apporte son soutien à Julian Assange, Edward Snowden et se fait même arrêter en 2011 lors d’une manifestation en soutien à Chelsea Manning.

Daniel Ellsberg est célébré aujourd’hui comme un héros. Pendant ce temps, 8 autres lanceurs d’alerte ont été poursuivis aux Etats-Unis, rien que sous la présidence de Barack Obama. En 2013, Donald Trump avait affirmé que Snowden méritait la peine de mort.

Yann Lagarde

Les alertes existaient (suite)

Par Le 05/12/2020

Qu'il s'agisse du milieu hospitalier comme de celui de l'éducation nationale, il y a bien longtemps déjà que quelques personnes alertent sur la situation.

Aujourd'hui, bien qu'à la retraite, je continue à surveiller ce qui se passe dans les écoles. On pourrait penser que c'est un goût pronconcé pour le dolorisme. 

Non, il ne s'agit pas de cela. Je ne ressens plus aucune douleur devant ce désastre. je cherche juste à savoir si ce que j'écrivais de mon côté il y a dix ans maintenant se révèle exact. Non par prétention mais pour pouvoir juger de la pertinence ou de l'absurdité de mes réflexions. 

En 2011, cet enseignant écrivait ceci. 

Un témoignage que je n'ai jamais oublié et qui m'a fait prendre conscience que moi aussi, je pouvais me positionner et non seulement critiquer su mon blog ce que constatais.

 

 

 

http://resistancepedagogique.blog4ever.com/blog/lirarticle-252147-1030669.html 

"En conscience, je refuse d'obéir !"
Lettre d'un instituteur de Colomiers (31) à son inspecteur


Lettre au format PDF

 

Colomiers, le 6 novembre 2008

Monsieur l'Inspecteur,

Je vous écris cette lettre car aujourd'hui, en conscience, je ne puis plus me taire ! En conscience, je refuse d'obéir.

Depuis un an, au nom des indispensables réformes, un processus négatif de déconstruction de l'Education Nationale s'est engagé  qui désespère de plus en plus d'enseignants. Dans la plus grande précipitation, sans aucune concertation digne de ce nom, au mépris de l'opinion des enseignants qui sont pourtant les « experts » du quotidien sur le terrain, les annonces médiatiques de « réformes » de l'école se succèdent, suscitant tantôt de l'inquiétude, tantôt de la colère, et surtout beaucoup de désenchantement et de découragement. La méthode est détestable. Elle témoigne de beaucoup de mépris et d'arrogance vis-à-vis de ceux qui sont les premiers concernés. La qualité d'une réforme se juge autant par son contenu que par la façon dont est elle est préparée, expliquée et mise en oeuvre. L'Education Nationale n'est pas l'armée ! Il n'y a pas d'un côté ceux qui décident et d'un autre côté ceux qui exécutent ! L'honneur de notre métier est aussi de faire œuvre de raison, de critique et de jugement.

Aujourd'hui, la coupe est pleine ! Le démantèlement pensé et organisé de l'Education Nationale n'est plus à démontrer tant les mesures décidées et imposées par ce gouvernement l'attestent au grand jour : des milliers de suppressions de postes qui aggravent une situation d'enseignement déjà difficile, la diminution du volume horaire hebdomadaire, la préférence accordée à la semaine de 4 jours, pourtant dénoncée par tous les chronobiologistes, l'alourdissement des programmes scolaires malgré une rhétorique qui prétend le contraire, la suppression des IUFM, la disparition annoncée des RASED alors qu'aucun bilan de leur action n'a été réalisé, la réaffectation dans les classes des enseignants travaillant pour les associations complémentaires de l'école, ce qui mettra à bas grand nombre de projets éducatifs dont l'utilité n'est plus à démontrer, la mise en place d'une agence chargée du remplacement avec l'utilisation de vacataires, la création des EPEP où les parents et les enseignants seront minoritaires dans le Conseil d'Administration, la dévalorisation du métier d'enseignant dans les écoles maternelles et les menaces qui pèsent sur celles-ci, la liste est longue des renoncements, des coupes franches et finalement des mauvais coups portés à notre système éducatif. Sans compter, ce qui m'est le plus insupportable, l'insistance à dénoncer le soit disant « pédagogisme », c'est-à-dire les mouvements pédagogiques qui, depuis des décennies, apportent des réponses innovantes, crédibles, raisonnables à l'échec scolaire.

Le démantèlement des fondements de l'Education Nationale est un processus que je ne peux accepter sans réagir. L'objet de ma lettre est de vous informer que je ne participerai pas à ce démantèlement. En conscience, je refuse de me prêter par ma collaboration active ou mon silence complice à la déconstruction d'un système, certes imparfait, mais qui a vocation à éduquer et instruire, à transmettre tout autant un « art de faire » qu'un « art de vivre », en donnant toutes ses chances à chaque élève, sans aucune distinction.

1. Les « nouveaux » programmes constituent une régression sans précédent. Ils tournent le dos à la pédagogie du projet qui permet aux élèves de s'impliquer dans les savoirs, de donner du sens à ce qu'ils font, de trouver des sources de motivation dans leur travail. Cette vision mécaniste et rétrograde des enseignements, qui privilégie l'apprentissage et la mémorisation, va certainement enfoncer les élèves en difficulté et accentuer l'échec scolaire. Ces programmes sont conçus pour pouvoir fournir des résultats « quantifiables, publiables et comparables » Or, « en éducation, tout n'est pas quantifiable, ni même évaluable en termes d'acquisitions immédiatement repérables ». (Philippe Meirieu). Nous sommes bien dans une logique d'entreprise et de libéralisation de l'école. Désormais, les enseignants seront évalués sur les progrès des acquis des élèves, c'est-à-dire sur la progression des résultats chiffrés. C'est notre liberté pédagogique qui est ainsi menacée. Dans la mesure où les programmes de 2002 n'ont fait l'objet d'aucune évaluation sérieuse et que d'autre part nous ne savons toujours pas qui a élaboré et rédigé les programmes 2008, d'ailleurs sans aucune concertation digne de ce nom, nous sommes en présence d'un déni de démocratie et de pédagogie. Pour toutes ces raisons, je considère que ces programmes sont totalement illégitimes. C'est pourquoi en conscience, j'ai décidé de ne pas les appliquer et de continuer à travailler dans l'esprit des programmes de 2002.

2. Tout particulièrement, je refuse de m'inscrire dans la logique d'une « Instruction morale et civique » aux relents passéistes. C'est une insulte faite aux enseignants et aux élèves de penser que l'inscription d'une règle de morale au tableau, apprise par cœur par les élèves, fera changer un tant soit peu leur comportement ! Aujourd'hui, plus que jamais nous avons besoin de mettre en place dans nos classes des dispositifs qui offrent aux élèves la possibilité de se connaître, de se rencontrer, d'échanger, de se respecter. Nous avons besoin d'une éducation au vivre ensemble, car si nous ne le faisons pas, qui le fera ? L'éducation citoyenne est l'un des piliers de l'école pour construire une société ouverte, démocratique et libérée de l'emprise de la violence. La priorité aujourd'hui est d'apprendre aux élèves à se respecter, à réguler positivement les inévitables conflits du quotidien par la parole, la coopération, la médiation. Aujourd'hui, comme hier, en conscience, j'ai fait le choix d'une éducation citoyenne qui permette aux élèves de découvrir leur potentiel créatif et émotionnel au service du mieux vivre ensemble.


 

3. La réduction du volume horaire de la semaine scolaire de 26h à 24h apporte des bouleversements tels dans l'organisation des écoles, qu'il faut aujourd'hui parler de désorganisation structurelle. Le dispositif d'aide personnalisée pour « les élèves en difficulté » n'est qu'un prétexte démagogique pour supprimer les RASED. Ce dispositif porte un coup fatal à la crédibilité du métier d'enseignant. En effet, de nombreuses expériences pédagogiques d'hier et d'aujourd'hui ont montré et montrent que la difficulté scolaire se traite avec efficacité avec l'ensemble du groupe-classe, dans des dynamiques de coopération, de tutorat, de travail différencié, d'ateliers de besoin, etc. Le dispositif actuel considère que la difficulté doit être traitée de façon « médicale », avec un remède individuel, en dehors de toute motivation et de tout projet de classe. C'est une grave erreur. Ce dispositif est une faute contre l'esprit et la pédagogie. Dès la rentrée, en conscience, je n'appliquerai pas ce dispositif d'aide personnalisée tel qu'il est actuellement organisé. Ces deux heures seront mises à profit pour mener à bien un projet théâtre avec tous les élèves de la classe, répartis en demi-groupe, le mardi et le vendredi de 15h30 à 16h30, ceci avec l'accord des parents.

4. Les stages de remise à niveau pendant les vacances scolaires à destination des élèves de CM1 et CM2 sont eux aussi des dispositifs scandaleux et démagogiques destinés à caresser l'opinion publique dans le sens du poil. Mis en place sous le motif populiste qu'il est anormal que seuls les riches peuvent se payer des heures de soutien scolaire (dixit notre ministre), ces stages dont certains ne seront pas animés par des enseignants, ne règleront en rien l'échec scolaire. Ils sont destinés à appâter les enseignants qui souhaitent effectuer des heures supplémentaires avec bonne conscience, alors que dans le même temps des milliers de postes sont supprimés, aggravant ainsi les conditions de travail dans les écoles. Parce que je respecte profondément les élèves qui ont des difficultés et leurs parents et que je suis persuadé que ce dispositif est néfaste, je continuerai à refuser de transmettre des listes d'élèves pour les stages de remise à niveau.


 

5. La loi sur le service minimum d'accueil dans les écoles les jours de grève n'est pas autre chose qu'une loi de remise en question des modalités d'application du droit de grève. Il est demandé aux enseignants de se déclarer gréviste 48h avant la grève afin que ce service minimum d'accueil puisse se mettre en place. Ce qui signifie clairement que les enseignants doivent collaborer à la remise en cause du droit de grève ! On ne saurait être plus cynique ! La commune de Colomiers ayant décidé de ne pas organiser ce service minimum d'accueil les jours de grève, il devient inutile de se déclarer 48h avant. En conscience, je ne me déclarerai pas gréviste à l'administration et j'informerai les parents trois jours avant de mon intention de faire grève.

Dans son dernier ouvrage, « Pédagogie : le devoir de résister », Philippe Meirieu écrit : « Nous avons le devoir de résister : résister, à notre échelle et partout où c'est possible, à tout ce qui humilie, assujettit et sépare. Pour transmettre ce qui grandit, libère et réunit. Notre liberté pédagogique, c'est celle de la pédagogie de la liberté. […] Nous n'avons rien à lâcher sur ces principes pédagogiques. Car ils ne relèvent pas de choix passagers de majorités politiques, mais bien de ce qui fonde, en deçà de toutes les circulaires et de toutes les réformes, le métier de professeur dans une société démocratique.

Et devant les errances de la modernité, le professeur n'a rien à rabattre de ses ambitions, bien au contraire… Face à la dictature de l'immédiateté, il doit travailler sur la temporalité. Quand, partout, on exalte la pulsion, il doit permettre l'émergence du désir. Contre les rapports de force institués, il doit promouvoir la recherche de la vérité et du bien commun. Pour contrecarrer la marchandisation de notre monde, il doit défendre le partage de la culture. Afin d'éviter la sélection par l'échec, il doit incarner l'exigence pour tous.

Personne ne prétend que la tâche est facile. Elle requiert détermination et inventivité. Echanges, solidarité et travail en équipe. Elle exige du courage. Et la force de nager à contre-courant. Il ne faut pas avoir peur de la marginalité. Car, plus que jamais et selon la belle formule de Jean-Luc Godard, « c'est la marge qui tient la page. » »

Si aujourd'hui je décide d'entrer en résistance et même en désobéissance, c'est par nécessité. Pour faire ce métier, il est important de le faire avec conviction et motivation. C'est parce que je ne pourrais plus concilier liberté pédagogique, plaisir d'enseigner et esprit de responsabilité qu'il est de mon devoir de refuser d'appliquer ces mesures que je dénonce. Je fais ce choix en pleine connaissance des risques que je prends, mais surtout dans l'espérance que cette résistance portera ces fruits. J'espère que, collectivement, nous empêcherons la mise en œuvre de ces prétendues réformes. Cette action est une action constructive car dans le même temps il s'agit aussi de mettre en place des alternatives pédagogiques concrètes, raisonnables et efficaces.

Monsieur l'Inspecteur, vous l'avez compris, cette lettre n'est pas dirigée contre vous, ni votre fonction, mais je me dois de vous l'adresser et de la faire connaître. Le propre de l'esprit responsable est d'agir à visage découvert, sans faux-fuyant, en assumant les risques inhérents à cette action. C'est ce que je fais aujourd'hui.

Je vous prie de recevoir, Monsieur l'Inspecteur, l'assurance de mes sentiments déterminés et respectueux.

  

Alain REFALO

Professeur des écoles

Ecole Jules Ferry, Colomiers (31)

Lettre adressée à Mr l'Inspecteur de l'Education Nationale de la 17ème circonscription de la Haute-Garonne.

Lettre au format PDF

 

 

 

Les alertes existaient.

Par Le 04/12/2020

Ce que le pays vit aujourd'hui n'est pas une surprise. De nombreuses personnes avaient lancé de multiples alertes. Qu'ils s'agisse du personnel médical, de scientifiques, et même de quelques personnalités politiques. Ce que nous vivons aujourd'hui n'est pas une surprise mais une trahison, une violence orchestrée, le résultat de calculs budgétaires, d'une impéritie qui devrait être immédiatement sanctionnée

Tous les aternoiements du gouvernement actuel qui visent à maintenir la peur et à culpabiliser les populations ne sont que des paravents utilisés par les gouvernants pour cacher leurs manquements. Aucun d'entre nous n'est responsable de ce que nous vivons. Nous en sommes les victimes. Les morts ne sont plus là pour le dire. C'est à nous de le faire. 

Impéritie : Incapacité, inhabileté ; ignorance de ce qu’on doit savoir dans sa profession. - Chef-dœuvre de suffisance en même temps que d'insuffisance administrative

 

EXPRESSION CITOYENNE

 

http://expressioncitoyenne.fr/2020/03/le-cri-des-soignants-le-silence-des-mourants.html

 

      

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LE CRI DES SOIGNANTS, LE SILENCE DES MOURANTS

 Gérard SENATORE 1 commentaire

28 MARS 2020

MISE A JOUR DE LA VIDEO EN FIN D'ARTICLE ce 19 avril 2020

Depuis plus d’un an les soignants crient. Ils crient pour qu’on entende leur colère. Ils crient pour dénoncer leurs conditions de travail indignes qui mettent en danger leur propre santé et celle des patients. Ils crient pour réclamer les moyens nécessaires (personnels, matériels, lits, salaires) qui ont été réduits comme peau de chagrin depuis des décennies : une politique libérale qui les a menés au bord du gouffre dans lequel la moindre secousse les précipitera, nous précipitera, une idéologie économique de l’UE à laquelle se sont soumis, crescendo, tous les présidents : Mitterrand à compter de 1983, Chirac, puis avec une férocité assumée Sarkosy, Hollande et puis Macron grand vaudou de la haute finance dont la mission était de finir la sale besogne en une mandature et de passer la voiture balai pour ramasser les restes agonisants de nos services publics et notamment celui de la santé qui, étant privatisé, offre potentiellement un des plus haut taux de rentabilité.

Ils ont crié à la mobilisation de tous pour faire entendre raison au gouvernement Philippe et au président Macron mais leurs cris n’ont eu pour écho qu’un chuchotement comparé au silence massif, pesant et coupable, celui des beaufs, des soumis, des consentants, incapables de se débrancher de leur I Phone, d’Hanouna ou des CIC (Chaines d’Information Continue) qui, inondant leurs cerveaux, provoquent l’AVC de la réflexion chez ceux qui n’utilisent pas l’antidote, celui des supports alternatifs. Du coup, à ne surtout pas oublier, leurs cris ont été étouffés par les matraques et les lacrymogènes de ce gouvernement légal mais illégitime.

Et puis la secousse est venue, brutale. Nom de baptême COVID-19, un méchant virus né en Chine mais qui a confortablement et rapidement voyagé, mondialisation débridée oblige.

Dès le départ la gestion stratégique a été d’une incroyable légèreté par le choix de l’immunité collective. Sans doute que l’état de crise permanent de notre système hospitalier, connu car créé par les mêmes politiques successives dont celle de Macron, a poussé le gouvernement vers cette stratégie contre ce qu’il avait considéré initialement comme une forme de grippe qui allait faire quelques centaines de morts mais dont la grande majorité de la population allait être rapidement immunisée, soutenu dans cette démarche par un comité plus politique que scientifique et par les habituels médias de service.

Oui mais voilà, ce laxisme de départ qui les arrangeait bien car il évitait d’exposer et d’expliquer la carence des moyens hospitaliers et occultait la nécessaire fabrication en masse des tests, a élargi la porte d’entrée d’un virus violent. Ils n’ont pas tenu compte de l’immense désastre qui se déroulait pourtant sous nos yeux en Chine puis en Italie.

Tel un boomerang le manque de lits, de masques, d’appareils de réanimation et de soignants, conséquence d’une politique d’abord au service  du fric contre le bien commun, nous est revenu en pleine figure comme une marque indélébile. La communication du gouvernement est pathétiquement cruelle en faisant croire que tout est maitrisé alors que tout part à volo. Les annonces de livraison massive de masques se multiplient, mais peu ou pas de livraisons sur le terrain y compris pour ceux qui sont en l’espèce les premiers de cordée. Aucune réquisition, aucune nationalisation même provisoire d’entreprise pour lancer une production massive  de tout ce dont on a besoin rapidement. C’est pourtant ce que l’on fait en temps de guerre quand la patrie est en danger. Le gouvernement s’acharne à refuser toute planification ou programmation du plan de bataille c’est-à-dire toute anticipation du niveau d’ampleur de la catastrophe.

Ainsi le sol se dérobe sous nos pieds, les derniers garde-corps se disloquent. Le gouffre au bord duquel se trouvaient déjà nos hôpitaux, tel un antre dantesque, avale des centaines de vies, bientôt des milliers.

Alors les soignants crient de nouveau. La toile est constellée de coups de gueule, de cris de colère contre cette gestion calamiteuse et contre le manque de moyens mais aussi de cris d’épuisement, de cris de pleurs, de cris de désespoir, de cris de désarroi, de cris d’impuissance devant la négation de l’humain qu’on leur impose, de cris d’humains refusant cette inhumanité.

Les français prennent peur, alors ils se mettent eux aussi à crier… sur leurs balcons en signe de solidarité, il était temps mais ce tintamarre non seulement ne compensera pas leur absence des rues mais sera d’autant moins efficace au fond si nombre d’entre eux ont voté ou continueront de voter pour LREM ou n’importe quel autre parti libéral qui appliquera la même politique de destruction des services publics.

Et c’est ce moment que choisit le gouvernement en saisissant l’opportunité de ce choc qui tétanise la population, pour finir de détruire le code du travail et quelques autres droits sociaux, ... en silence.

Un silence qui est une forfaiture contre les vivants

Un silence qui est une insulte au silence des mourants

Alors ceux qui nous gouvernent et leurs faire-valoir médiatiques et autres serviteurs ainsi que ceux qui ont gouverné selon les mêmes préceptes idéologiques, c’est-à-dire les responsables de ce désarmement sanitaire débouchant sur ce carnage, devront rendre des comptes.

Dès le jour d’après il faudra que des foules immenses déferlent dans les rues pour exiger le rétablissement de tous les droits sociaux, l’abrogation de toutes les réformes scélérates, la reconstitution in extenso de tous nos services publics à commencer par les hôpitaux, en d’autres termes LA DEMISSION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ET DE SON GOUVERNEMENT. Car ne nous y trompons pas, si ces gens conservent les rênes non seulement ils poursuivront leur politique du désastre et pérenniseront les reculs sociaux présentés comme provisoires mais ils nous feront payer la note des milliards d'euros mis sur la table pour rassurer les banques en réduisant drastiquement les pensions, les salaires, les indemnités sociales, en augmentant fortement les impôts, bref, ils nous feront cracher le sang.

Un peuple qui ne réagirait pas dans un tel contexte, soit dans la rue soit dans les urnes, serait un peuple complice de ses propres bourreaux. Je viens de paraphraser une citation de George ORWELL dont voici l’original qu’il convient de méditer. « Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n’est pas victime, il est complice »

Il me semble également très utile de méditer sur ce montage vidéo que j'ai réalisé reprenant les alertes de Jean Luc Mélenchon en 2016, et en 2017 dans ses discours de Lille et de Châteauroux sur la santé.  Ça devrait servir ….. Voir ci-dessous la vidéo.

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Soins palliatifs

Par Le 04/12/2020

 

Il y a trois ou quatre ans, j'ai déjà écrit ici que je donnais un maximim de dix ans à l'école publique avant de disparaître. Le nom existera peut-être encore mais il ne s'agira évidemment pas de l'école publique que les gens de ma génération ont connu, ni celle que j'ai connue dans les vingt premières années de ma carrière. Je sais également, pour l'avoir entendu de la bouche de mes anciens "collègues" que c'est une vision extrémiste et que je n'étais pas objectif.

Les gouvernements à venir, à la suite de leurs prédécesseurs, continueront à argumenter sur leur volonté, leur attachement, leur engagement envers les écoliers et étudiants mais il ne s'agira toujours que d'accompagner une mourante dans les service des soins palliatifs.

Rendez-vous dans dix ans.

https://www.lavoixdunord.fr/901735/article/2020-12-02/essonne-des-eleves-de-cm2-prives-d-ecole-jusqu-en-fevrier-faute-d-enseignant

Déjà bousculés par des mois sans classe en présentiel au printemps dernier, des élèves d’une classe de CM2 risquent de se retrouver à nouveau sans classe pendant trois mois. La faute au rectorat qui a demandé à l’enseignante, qui remplaçait déjà la titulaire en arrêt maladie, d’aller effectuer un remplacement dans une autre école.

À Mennecy, les parents de ces futurs collégiens ne décolèrent pas. « On est outrés. Ce qui nous choque, c’est qu’on peut laisser des élèves de cours élémentaire livrés à eux-mêmes, en année de CM2, en préparation au collège, c’est incompréhensible pour nous », dénonce une maman. « On est scandalisé. On ne pensait pas imaginable ce type de proposition émanant de l’inspection de l’Académie qui du jour au lendemain retire une remplaçante qui est tout à sa place, dans un établissement qu’elle connaît, avec des élèves qu’elle connaît, elle-même ayant formulé le désir de rester dans cette classe », explique une autre maman.

« Variable d’ajustement »

Selon franceinfo qui rapporte ces faits, l’Éducation nationale a proposé deux solutions aux familles : l’école à la maison ou une intégration dans d’autres classes.

Le maire de Mennecy a également partagé sa colère sur Twitter. « C’est quelque chose qui n’est pas acceptable, expliquer à des parents que leur enfant, pendant trois mois, n’aura pas accès à l’école, au pays de Jules Ferry, c’est fou », a-t-il écrit au ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. Les enfants n’ont pas à être « la variable d’ajustement des problèmes de RH de l’éducation nationale », a-t-il ajouté.

Une serre six pieds sous terre

Par Le 01/12/2020

Construisez une serre walipini pour cultiver toute l’année

 

Le jardinage est une science qui se confronte régulièrement aux contraintes climatiques. S’il est possible de chauffer une serre pour produire tout au long de l’année, c’est tout de même contreproductif d’un point de vue environnemental. La serre walipini, ou ‘serre enterrée’, est une réponse technique aussi écologique qu’efficace pour cultiver toute l’année!

Rédigé par Annabelle Kiéma, le 24 May 2020, à 14 h 40 min

Construisez une serre walipini pour cultiver toute l'année

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Walipini est un mot aymara – langue parlée en Bolivie, au Pérou, en Argentine et au Chili – qui signifie « lieu chaleureux ». C’est ainsi qu’a été baptisé ce concept de serre souterraine mis en oeuvre depuis plusieurs décennies dans les régions froides et montagneuses d’Amérique du Sud, et plus particulièrement en Bolivie.

Walipini ou serre souterraine, pour jardiner toute l’année

On trouve des serres Walipini très variées dans leurs dimensions et leurs formes, mais toutes ont un point commun : elles sont systématiquement sous le niveau du sol. C’est le fondement même de la technique !

walpini

L’intérieur d’une serre Walipini : Le volume peut être utilisé de nombreuses manières – © CanopTerre

Une serre Walipini ressemble à une cave avec un toit transparent en film plastique, en plaque alvéolaire ou encore en verre.

Lire aussi : Au potager, cultiver sous serre châssis pour profiter de la saison froide

Principes de fonctionnement d’une serre Walipini

La serre Walipini est donc une serre souterraine. Son principe est d’utiliser la chaleur constante du sol d’une part et d’emmagasiner la chaleur de la journée pour la restituer la nuit durant, d’autre part. On conserve ainsi une température constante de jour comme de nuit.
Protégée des intempéries (pluie, vent et froid), une serre Walipini permet de cultiver des fruits et légumes tout au long de l’année avec des variétés qui ne pourraient pas l’être normalement en hiver.

Pour la mettre en oeuvre, il faut créer un trou rectangulaire de 2 m de profondeur dans l’idéal et que l’on recouvre d’une bâche en plastique, ou de tout autre matériau qui peut faire office de serre

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© Institut Benson

© Institut Benson

À ce niveau, l’inertie thermique permet de conserver une température relativement constante, entre 10 et 15°C, évitant de soumettre les plants à des écarts de température trop importants. On arrive à recréer de cette manière un effet de serre.

Bien entendu, pour construire une serre Walipini, il ne suffit pas de juste creuser un trou ! Il faut veiller à plusieurs points cruciaux comme l’orientation par rapport au soleil, l’angle du toit, disposer d’un terrain dégagé, prévoir le système de ventilation, envisager de récupérer l’eau de pluie, se renseigner sur le niveau de la nappe phréatique pour éviter de se retrouver les pieds dans l’eau.

walipini

Et pourquoi pas un petit panneau solaire pour faire bonne mesure ? – © CanopTerre

Attention : Une fois la serre construite dans les règles, il est à noter qu’il faudra travailler le sol pour qu’il s’active, qu’il devienne vivant et donc productif. En effet, un sol à deux mètres de profondeur n’est pas un sol de surface sans quoi les techniques de labourage seraient effectivement constructives ce qui n’est absolument pas le cas.
De nombreuses techniques permacoles vous aideront à reconstituer un sol de culture digne de ce nom.

Vidéo décrivant ce principe simple et pourtant tellement ingénieux

Grâce à cette méthode alternative, on peut maintenir un potager productif toute l’année sur des légumes que l’on ne pouvait pas cultiver avant en hiver, même dans les climats les plus rudes, en n’utilisant que des énergies renouvelables, et pour un budget plus que raisonnable : 280 euros environ !

 

 

http://www.puresweethome.com/les-serres-walipini-caracteristiques-avantages-et-entretien%E2%80%89/

Concept issu d’un mot indien qui signifie « lieu de chaleur », la serre Walipini est une technique très appréciée dans l’univers du jardinage. Une invention astucieuse des agriculteurs des régions montagneuses de la Bolivie, l’origine de cette méthode de culture remonte aux années 90. Si cette technique est largement prisée dans les zones où les températures deviennent glaciales en hiver, les possibilités sont nombreuses. Bien réalisée, la serre Walipini permet de disposer d’un potager productif toute l’année. Mais, de quoi s’agit-il réellement ? Quel est le principe de cette technique ? Quelles sont ses particularités ? Comment fonctionne-t-elle ? Quels sont ses avantages ? Comment l’entretenir ? Retrouvez ci-dessous la réponse à toutes ces questions et bien d’autres.

Sommaire [Masquer]

1 La serre Walipini : de quoi s’agit-il ?

1.1 Quel est le principe des serres Walipini

2 Quels sont les éléments d’une serre Walipini ?

3 Comment fonctionnent les serres Walipini ?

4 Quelles sont les caractéristiques des serres Walipini ?

5 Quels sont les avantages des serres Walipini ?

6 Comment entretenir une serre Walipini selon les saisons ?            

6.1 Bon à savoir sur l’entretien annuel d’une serre Walipini

La serre Walipini : de quoi s’agit-il ?

La serre Walipini est une technique de culture permettant de remédier à la non-productivité des potagers lorsque les températures deviennent basses. Avec cette astuce, vous pouvez parfaitement prolonger la saison de croissance et donner un véritable coup de pouce à vos plantes. Il s’agit en effet d’une serre souterraine qui s’appuie sur des éléments simples comme les ressources naturelles, un air chaud et un lieu bien éclairé. Très souvent, ce sont des serres auxquelles nous sommes habitués. Elles sont généralement coûteuses et les versions vitrées peuvent demander un budget plus conséquent.

Encore appelée serre géoclimatique ou serre bioclimatique, une serre Walipini ne craint ni chaleur ni gel. En effet, plus vous descendez sous terre, plus la température est invariable. C’est un principe très connu en géothermie. La température étant constante, il suffit d’une petite quantité de chaleur pour réchauffer la serre et assurer la croissance des cultures. Il convient toutefois de préciser qu’il faut s’informer sur les principes du bioclimatisme pour mieux orienter la serre afin de favoriser les apports solaires.

Quel est le principe des serres Walipini

Dans les régions au climat plus ou moins froid, la serre Walipini est une technique prisée pour cultiver sans jardin. Si vous manquez d’espace dans votre jardin, vous pouvez recourir à cette méthode pour aménager le potager de votre rêve. De manière générale, le sol est creusé en profondeur pour être mis hors gel. Dans cet état, la chaleur du sol permet de réchauffer facilement les cultures. Retenez toutefois que l’inclinaison du toit d’une serre Walipini est toujours orientée vers le sud. Au cours de la saison hivernale, le rayonnement solaire permet de réchauffer l’air ambiant de la serre pendant la journée. De leur côté, les murs accumulent de la chaleur qu’ils restituent la nuit. Lors des journées les plus froides, il est préférable d’utiliser une couverture de neige pour créer des puits de lumière afin de favoriser la croissance des plantes.

Quels sont les éléments d’une serre Walipini ?

Pour garantir le bon fonctionnement de votre serre, il est important de veiller à certains éléments lors de la mise en place. De manière générale, il faut intégrer :

Un système de ventilation : c’est un élément très utile pour la saison estivale. Présent, ce système jouera un rôle important dans le processus de régulation de la température ambiante. Ajouté à la capacité naturelle des murs à absorber la chaleur, ce dispositif assure l’efficacité de votre serre. Il s’agira par exemple de placer deux portes aux extrémités de la serre pour favoriser la ventilation. Si vous voulez, vous pouvez mettre une trappe sur le faitage ou aménager une cheminée chapeautée pour empêcher la pluie de pénétrer dans la serre ;

Un toit transparent isolant : il s’agit de poser deux couches de bâches en plastique transparent pour favoriser l’isolation de la serre. Veillez toutefois à laisser un espace épais d’environ 10 cm entre les deux bâches ;

Un système de drainage : en posant le sol de votre serre Walipini sur une couche drainante, vous facilitez l’évacuation des eaux de pluie. Précisons que cette couche doit être composée de graviers et de pierres pour bien jouer son rôle ;

Une étanchéité à toutes les épreuves : en installant votre serre Walipini, gardez à l’esprit que l’eau ne doit pas s’infiltrer par les murs. Pour cette raison, il est conseillé de choisir un toit étanche et de veiller à créer une pente pour le remblai du mur nord. Dans ce cas, l’eau de la pluie sera évacuée le plus loin possible.

Pour favoriser une bonne pénétration de la lumière, certains jardiniers adoptent le modèle de base de la serre Walipini. Ce choix leur permet de vitrer le haut du mur sud non enterré pour pouvoir capter facilement les premiers rayons rasants du soleil en période hivernale.

Comment fonctionnent les serres Walipini ?

En principe, la serre Walipini est une technique qui fonctionne dans les régions au climat froid. Cependant, elle peut également être utile dans d’autres conditions climatiques et géographiques. Dans son fonctionnement, la technique emploie diverses ressources propices à la culture en continu toute l’année. Veillez toutefois à bien localiser la zone de culture pour capturer facilement les rayons du soleil. De manière basique, une serre Walipini est un trou rectangulaire que l’on recouvre de bâches en plastique. Sa construction est très simple et les résultats sont garantis lorsque la serre est bien positionnée. Le toit en lui-même est composé de deux couches de bâches distancées de quelques centimètres à l’aide de tuteurs en bois. Ce dispositif sert d’isolant complémentaire et favorise le stockage de la chaleur.

GRÂCE À CETTE TECHNIQUE, L’INERTIE THERMIQUE PERMET DE MAINTENIR LA TEMPÉRATURE À UN NIVEAU APPRÉCIABLE.

Le soleil pénètre en effet par le toit de la serre pour renforcer la qualité des accotements. Vous recréez ainsi un mini effet serre qui permettra de limiter les pertes de chaleur durant les nuits. À noter que la chaleur emmagasinée en journée se diffuse la nuit.

Pour une serre Walipini réussie, le sol doit être constitué d’une couche de graviers que vous recouvrez avec une couche de terre qui servira à la plantation. Pour la bâche, vous avez le choix entre plusieurs matières. Mais, il est recommandé d’opter pour le plastique qui filtre moins les rayons du soleil, favorisant ainsi une meilleure pénétration de la lumière dans la serre. Peu importe la localisation géographique de la serre souterraine, il est important de l’aménager de manière à stocker un maximum de chaleur en hiver. Plus la matière du toit est dense, plus elle emmagasinera de chaleur. L’eau placée dans le sol aura alors plus de facilité à stocker de la chaleur qui sera ensuite diffusée dans la pièce pour la croissance des plantes.

Quelles sont les caractéristiques des serres Walipini ?

Pour construire une serre Walipini conforme aux normes, vous avez besoin de quelques astuces. Pour commencer, vous devez creuser un trou situé à environ 2,5 m sous terre. C’est la profondeur généralement recommandée. Lorsqu’elle est hors sol, la serre est collée à une masse thermique. En plus d’être économique, elle représente la solution idéale pour cultiver des plantes, quelle que soit la saison. Précisons cependant qu’il faut veiller particulièrement à la capture et au stockage des rayons du soleil pour une serre fonctionnelle. L’autre précaution à prendre est de couvrir le tout avec une bâche soigneusement choisie. N’oubliez pas non plus de créer un espace isolant pour favoriser la croissance de vos plantes.

Pour l’autorisation, la mise en place d’une serre Walipini ne pose aucun problème. Même si l’on utilise parfois des blocs de béton antibruit pour stabiliser les parois de la serre souterraine, elle n’est pas une construction. Elle ne nécessite donc pas de fondation et vous n’avez pas à mener des démarches administratives pour obtenir un permis de construire. Toutefois, il est recommandé de contacter le service d’urbanisme de votre région pour en savoir davantage sur les limites légales de votre projet.

En ce qui concerne l’orientation, il est intéressant de préciser qu’une serre Walipini doit respecter un certain nombre de principes. D’ailleurs, il est recommandé de mener une étude de faisabilité avant de se lancer dans la réalisation du projet. Il s’agira de chercher à savoir si :

la nature de votre sous-sol permet d’y creuser une cavité sans heurter des roches ;

le jardin est souvent gorgé d’eau ;

la serre est bien exposée au soleil lorsque le soleil est au plus bas.

etc.

Selon les résultats de l’étude, pouvez commencer par creuser le trou, sachant que la profondeur varie selon le type de sol. Retenez également que la hauteur intérieure d’une serre Walipini doit vous permettre de vous tenir debout sans heurter la charpente du toit. N’oubliez pas non d’accorder une attention particulière à l’étanchéité, la ventilation et le drainage de votre serre.

En été, le soleil est généralement plus haut dans le ciel. C’est ce qui fait que l’inclinaison des rayons du soleil change souvent. Cette situation limite la pénétration du soleil et empêche les plantes de grandir normalement. Pour une serre Walipinie réussie, l’inclinaison du toit est obtenue par une hauteur du mur exposé au nord qui doit être supérieure à celle du mur exposé au sud. Ainsi construite, une partie du mur nord de votre serre est aérienne. Elle doit être renforcée avec un remblai pour optimiser son inertie thermique. Si la luminosité d’une serre Walipini est moins importante que pour une serre classique, il convient de préciser que l’efficacité thermique de cette technique permet de compenser le manque.

Quels sont les avantages des serres Walipini ?

Si la serre Walipini est de plus en plus prisée, c’est parce qu’elle offre des avantages non négligeables. Outre son prix abordable, elle est simple à mettre en place. Peu importe le cas, l’énergie nécessaire suffira pour cette technique. La terre possède une grande capacité d’absorption et de stockage de la chaleur qu’elle reçoit des rayonnements du soleil. Elle restitue cette chaleur lorsque l’air ambiant devient plus froid. Il s’agit de l’inertie thermique.

S’agissant d’une serre souterraine, votre serre walipini est protégée du froid extérieur et du vent. Dans cette condition, elle emmagasine une grande quantité de chaleur la journée et l’été pour la restituer la nuit et l’hiver. Grâce à l’inertie des parois, votre serre profitera d’une température constante de nuit comme de jour. En outre, vous évitez les risques de surchauffe en été et de refroidissement en hiver. La serre Walipini est donc une solution efficace pour manger local, quelle que soit la période de l’année.

Comment entretenir une serre Walipini selon les saisons ?            

Pour profiter longtemps de votre serre Walipini, vous devez apprendre à bien l’entretenir. Au printemps, essayez de ranger l’intérieur de la serre et de libérer de la place pour les premiers semis. Pensez également à supprimer les mauvaises herbes et à ratisser le sable des tables. En été, il est important d’arroser le sol de la serre tous les jours pour maintenir une humidité permanente. Si vous voulez, vous pouvez placer des bacs remplis d’eau à des endroits stratégiques pour l’arrosage. Dans tous les cas, retenez que l’évaporation de l’eau dans votre serre Walipini est un moyen simple et efficace pour faire chuter la température. Parfois, il sera nécessaire d’ouvrir la serre quelques heures par jour pour limiter les risques d’apparition de pourriture sur certaines plantes. À noter que la fin de matinée est le meilleur moment pour effectuer ce travail d’entretien. Évitez toutefois que les rayons solaires touchent directement les barquettes de semis.

En automne, il est conseillé de vérifier les joints se trouvant autour des vitrages. S’il le faut, tirez un film plastique à bulles sur les parois situées à l’intérieur de la serre. Si vous utilisez une serre vitrée, pensez à nettoyer les vitres pour maximiser la pénétration de la lumière. N’oubliez pas de débarrasser la serre de toutes les mauvaises herbes. Elles sont généralement des cachots pour les parasites. Juste avant l’hiver, essayez d’ouvrir grandement les portes de votre serre. Vous favorisez ainsi le renouvellement de l’air confiné qui pourrait causer des maladies. Une fois les protections retirées, la serre reçoit une quantité importante de lumière pour la photosynthèse des plantes. Elles pourront donc croitre plus rapidement.

Bon à savoir sur l’entretien annuel d’une serre Walipini

Avec le temps, il peut arriver que vous constatiez un dépôt verdâtre sur les parois de votre serre. En effet, lorsqu’elles respirent, les plantes produisent des déchets qui deviennent visibles au fil des mois. Il vous revient alors de procéder régulièrement à un grand nettoyage une ou deux fois par an pour éviter ce problème. Préférez le début de l’automne ou la fin de l’été pour l’entretien annuel de votre serre.

Dans un premier temps, votre travail sera de nettoyer les parois de la serre. Pour ce faire, vous aurez besoin d’un pulvérisateur rempli d’eau chaude et de vinaigre d’alcool. Prévoyez aussi une grosse éponge. Commencez par vaporiser le mélange sur les parois intérieures de la serre. Laissez agir quelques secondes et frottez avec l’éponge, puis rincez avec de l’eau propre.

Ensuite, vous devez vérifier l’ossature de la serre pour voir si l’ensemble est bien solide. Contrôlez les arceaux métalliques ainsi que les portes-arceaux et assurez-vous que le revêtement est complet. Pour finir, balayez les feuilles au sol et enlevez toutes les mauvaises herbes. Si vous utilisez des tablettes, des étagères ou des plans de travail lors de l’entretien, pensez à les nettoyer avec de l’eau chaude savonneuse et à les rincer avant de les ranger.

En résumé, une serre Walipini est une solution efficace pour cultiver son potager en tout temps. En suivant les recommandations de cet article, vous parviendrez à installer un jardin de rêve.

La dialectique du pire

Par Le 01/12/2020

Il m'arrive bien souvent de lire sur les réseaux sociaux des commentaires de personnes exprimant l'idée que c'est pire ailleurs et qu'il faut arrêter de se plaindre de ce qui advient.

L'exemple de droits de l'homme en Chine revient souvent sur le devant de la scène dès lors qu'on critique les mesures prises par le gouvernement français.

Ou que la pollution de la nature est bien pire dans de nombreux pays au regard de ce que nous connaissons en France.

Ou que le comportement incivique d'individus n'est rien comparé à ce qui se passe ailleurs.

Il y a toujours pire ailleurs. C'est une certitude.

Ce que je trouve inconvenant, c'est de considérer qu'il est dès lors "normal" d'accepter ce qui se produit sous nos yeux, comme si ce "pire ailleurs" autorisait  "le mauvais ici."

Je pense que lorsque des individus en arrivent là, c'est qu'ils ont déjà accepté ce "mauvais ici" et qu'ils s'en contentent en se réjouissant de n'être pas "dans le pire ailleurs".

Est-ce que cette attitude contribue à une amélioration de la situation présente ? Non, aucunement.

C'est comme une tour datant du Moyen-Age dont le toit a disparu et où les pierres sommitales sont à la merci des intempéries. Les joints finissent immanquablement par s'effriter et les premières pierres à tomber. Un observateur pourrait se dire que ça n'est pas grave puisqu'il en reste encore dessous. C'est absurde et on imagine très bien l'issue finale. Des ruines.

S'accommoder du "mauvais ici" parce qu'il existe un "pire ailleurs", c'est participer à l'effritement de la tour. 

La seule attitude positive à adopter, c'est de se tourner vers un "meilleur ailleurs" et de se servir de cet exemple. Et si ce "meilleur ailleurs" n'existe pas, il s'agit de le construire.

 

 

 

 

Sauvetage en mer

Par Le 01/12/2020

Lors du Vendée Globe 2008-2009, au large du cap Horn, le monocoque de Jean Le Cam a chaviré. Enfermé dans son bateau, alors que nul ne sait s'il est vivant, il sera finalement sauvé par Vincent Riou, autre concurrent du tour du monde en solitaire, venu secourir son ami.

 

Cette fois, c'est Jean Le Cam qui sauve Kevin Escoffier. 

 

« Un truc de barjot », raconte Kevin Escoffier (PRB) à propos de son avarie sur le Vendée Globe

Quelques heures après avoir été secouru par Jean Le Cam à un millier de kilomètres du Cap de Bonne-Espérance, alors qu'il avait abandonné son monocoque PRB, Kevin Escoffier a pris un court moment pour raconter son aventure.

 

mis à jour le 1 décembre 2020 à 10h54

 

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Kevin Escoffier revient de loin. Le skipper de PRB a été récupéré dans la nuit de lundi à mardi par son concurrent Jean Le Cam, qui avait été dérouté lundi après-midi par la direction du Vendée Globe pour lui porter secours.

Quelques heures après le sauvetage, la direction de la course a mis en ligne une vidéo dans laquelle Escoffier raconte son aventure à Jean-Jacques Laurent, président de son sponsor PRB. Après lui avoir dit qu'il était « désolé pour le bateau » et avoir été rassuré par le dirigeant ( « C'est que du matériel, c'est rien de grave Kevin »), le skipper explique : « J'ai zéro regret, j'ai renforcé le bateau tout ce que j'ai pu... Franchement j'ai zéro regret, j'ai mis 200 kilos de carbone, j'ai tout renforcé partout », commence-t-il.

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« En quatre secondes, le bateau il a planté »

« Vous voyez les films sur les naufrages ?, poursuit-il, pour suggérer la violence et la soudaineté de ce qui lui est tombé dessus. C'était pareil en pire. En quatre secondes, le bateau il a planté, l'étrave elle s'est pliée à 90 (degrés), j'ai mis la tête dans le cockpit, y'a eu une vague, j'ai eu le temps d'envoyer un texto, la vague après elle a tout fait shunter l'électronique et tout... Non mais c'est un truc de barjot, plier un bateau en deux. »

Tout sourire, tout de même, Kevin Escoffier semble aller bien. Et raconte également son échange avec Jean Le Cam à son arrivée à bord du bateau du doyen de l'épreuve : « Comme je disais à Jean, "tu fais une course de barjot, je suis désolé de te n... ton truc". Il m'a dit "écoute, la dernière fois c'était l'inverse, c'est PRB qui m'avait récupéré." »

En janvier 2009, Vincent Riou, alors skipper de PRB, avait secouru Jean Le Cam dont le bateau s'était retourné et partiellement rempli d'eau, au large du Cap Horn. Cette année, Le Cam réalise une très belle course et faisait mieux, jusqu'alors, que certains foilers.

lire aussiLe classement

Le marin a donné davantage de détails un peu plus tard, dans un communiqué transmis par son équipe :

« C'est surréaliste ce qui s'est passé. Le bateau s'est replié sur lui-même dans une vague à 27 noeuds. J'ai entendu un crac mais honnêtement, il n'y avait pas besoin du bruit pour comprendre. J'ai regardé l'étrave, elle était à 90°. En quelques secondes, il y avait de l'eau partout. L'arrière du bateau était sous l'eau et l'étrave pointait vers le ciel. Le bateau s'est cassé en deux en avant de la cloison de mât. Il s'est comme replié. Je vous assure, je n'exagère rien... il y avait un angle de 90° entre l'arrière et l'avant du bateau.

Je n'ai rien eu le temps de faire. J'ai juste pu envoyer un message à mon équipe ''Je coule. Ce n'est pas une blague. MAYDAY.''.

Entre le moment où j'étais sur le pont en train de régler les voiles et le moment où je me suis retrouvé en TPS (combinaison qui permet de lutter contre l'hypothermie, ndlr), il s'est passé même pas deux minutes. Ça a été d'une rapidité extrême.

Je suis sorti du bateau, j'ai enfilé comme j'ai pu la TPS. J'ai vu de la fumée, l'électronique qui cramait. Tout s'éteignait. Le seul reflexe que j'ai eu a été d'attraper le téléphone pour envoyer ce message et prendre la TPS que je ne matosse (déplace, ndlr) jamais. J'ai voulu prendre le grab bag (sac de survie) mais je n'ai pas réussi car l'eau montait.

J'ai pris le bib (radeau de survie) à l'arrière. Le bib avant n'était pas accessible, il était déjà trois mètres en dessous de l'eau. L'eau était dans le cockpit jusqu'à la porte.

J'aurais voulu rester un peu plus longtemps à bord mais je voyais bien que tout allait très vite et puis je me suis pris une déferlante et suis parti à l'eau avec le radeau.

A ce moment-là, je n'étais pas du tout rassuré... Tu es dans un radeau avec 35 noeuds de vent. Non, ce n'est pas rassurant. J'ai seulement été rassuré quand j'ai vu Jean. Mais le problème, c'était de savoir comment faire pour monter à bord avec lui.

On s'est dit deux-trois mots. C'était Verdun sur l'eau. Il a été contraint de s'éloigner un peu puis après, j'ai vu qu'il restait sur zone. Je suis resté dans le radeau jusqu'au petit matin.

Je ne savais pas si la météo allait mollir suffisamment pour permettre une manoeuvre. Il était à deux mètres de moi, il m'a envoyé la frite avec un lien mais c'était dur d'arrêter le bateau. Finalement, j'ai réussi à attraper un tube, une barre pour monter à bord. Il y avait encore de la mer, environ 3,5 m. C'est une épreuve dans ces conditions de monter à bord d'un 60', d'autant plus quand tu es contraint dans tes mouvements par la TPS. Sincèrement, heureusement que je suis en forme physique car je vous assure que ce n'est pas simple.

Quand je me suis retrouvé à bord avec Jean, nous sommes tombés dans les bras l'un de l'autre (...) Pour l'instant, je n'ai aucune idée pour la suite. On va voir avec la direction de course. Là, j'ai bien dormi 2 heures, me suis reposé, j'ai mangé. J'ai fait tout ce que j'ai pu pour le bateau. Je l'avais renforcé, j'ai tout fait, je n'ai pas de regret par rapport à ce que j'ai fait. »

Business is business

Par Le 30/11/2020

 

Business est un anglicisme qui signifie "affaires, activités commerciales et financières dans le but de générer le maximum de profits."

 

 

"Nicolas Chéron
@ncheron_bourse Il y a 4 mois
hothothothothot

0.7% de la population mondiale détient 45.9% des richesses (source Forbes) et la crise du Covid a encore renforcé les écarts. Les plus riches sont sauvés par les banques centrales alors que les populations héritent de dettes pharaoniques. C’est le plus grand casse du siècle."

 

 

 

Covid-19 : comment Gilead a vendu son remdésivir à l’Europe

 

Un contrat a été passé avec la Commission, alors même que le laboratoire Gilead connaissait les résultats négatifs d’un essai clinique de l’OMS. La France est le seul pays majeur à ne pas avoir passé commande.

Par Lise Barnéoud Publié le 27 novembre 2020 à 06h30 - Mis à jour le 28 novembre 2020 à 08h26

https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/11/27/covid-19-comment-gilead-a-vendu-son-remdesivir-a-l-europe_6061300_3244.html

Une ampoule d’antiviral remdésivir du laboratoire américain Gilead, lors d’une conférence de presse, le 8 avril à Hambourg (Allemagne).

Une ampoule d’antiviral remdésivir du laboratoire américain Gilead, lors d’une conférence de presse, le 8 avril à Hambourg (Allemagne). ULRICH PERREY / POOL via REUTERS

Comment en est-on arrivé à acheter partout sur la planète, à prix d’or, un médicament contre le Covid-19 dont l’efficacité n’est pas avérée ? C’est l’histoire du remdésivir, une molécule mise au point par le laboratoire américain Gilead, d’abord présentée comme un traitement miracle capable de perturber la réplication du virus, et finalement discréditée par un vaste essai clinique piloté par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans trente pays, dont la France.

Baptisée Solidarity, cette étude, lancée en février, devait évaluer l’efficacité du remdésivir contre le SARS-CoV-2, et la comparer avec celle de trois autres molécules, dont l’hydroxychloroquine. Les résultats publiés le 15 octobre montrent que l’antiviral n’a aucun effet sur les malades. Le 20 novembre, l’OMS finit même par en déconseiller l’utilisation, soulignant « la possibilité d’importants effets secondaires », notamment sur les reins, son coût important et ses implications logistiques (il doit être administré par intraveineuse).

Les faits : Traitements du Covid-19 : résultats négatifs pour l’essai Solidarity, confirmant l’inefficacité du Remdesivir et de l’hydroxychloroquine

Mais l’avertissement arrive trop tard : des dizaines de pays − notamment européens − ont déjà passé commande. La France fait figure d’exception, seul grand pays à ne pas avoir acheté de doses dans le cadre d’un vaste contrat européen.

Comment Gilead, qui a réalisé plus de 22 milliards de dollars (18,5 milliards d’euros) de chiffres d’affaires en 2019 grâce à ses médicaments contre le VIH et l’hépatite C, a-t-il réussi un tel tour de passe-passe ? Retour sur une stratégie scientifique et commerciale parfaitement orchestrée, qui a déjà permis au laboratoire américain d’empocher près de 900 millions de dollars à travers le monde.

« De nombreux manques »

Testé sans grand succès contre Ebola, le remdésivir a été opportunément repositionné au début de l’épidémie de Covid-19, sur la base d’études antérieures avec d’autres coronavirus (SARS-CoV-1 et MERS-CoV). Gilead n’a pas grand-chose à perdre : il ne sait que faire des doses qu’il n’a pas utilisées lors des essais cliniques menés en Afrique.

Le 6 février, un petit essai est lancé avec 237 patients recrutés dans les hôpitaux de Wuhan, foyer chinois de l’épidémie. L’espoir est immense, alors que la ville est déjà confinée depuis deux semaines, mais les résultats sont loin d’être à la hauteur : publiés en avril dans la prestigieuse revue scientifique The Lancet, ils ne montrent aucune efficacité sur la mortalité.

Le cours de Gilead perd quelques points sur les indices boursiers, mais le laboratoire américain ne se décourage pas. Un essai de plus grande ampleur − un millier de patients − a été lancé en février aux Etats-Unis : Gilead compte dessus pour convaincre la FDA, l’agence américaine du médicament. Un peu ébranlé par les résultats chinois, le laboratoire modifie cependant son critère d’efficacité principal : ce ne sera plus la mortalité, mais la « durée de récupération ».

Fin avril, des résultats intermédiaires sont rendus publics : l’essai ne montre aucune différence sur la mortalité, mais les patients avec une maladie sévère récupèrent en moyenne en dix jours avec du remdésivir, contre quinze dans le groupe placebo. C’est ce résultat qui pousse la FDA à délivrer une autorisation d’urgence de mise sur le marché du remdésivir, commercialisé sous la marque Veklury, le 1er mai. Deux jours plus tard, Daniel O’Day, le PDG de Gilead, annonce « donner » la totalité de son stock aux patients américains, soit 1,5 million de doses à l’époque.

L’EMA, l’agence européenne des médicaments, lui emboîte le pas et donne son feu vert pour commercialiser l’antiviral le 25 juin : il s’agit d’une autorisation de mise sur le marché « conditionnelle », avec une indication limitée aux patients avec pneumonie nécessitant une oxygénothérapie. « Même conditionnelle, avec réévaluation dans un an, cette autorisation supprime l’incitation principale de la firme à mieux évaluer ce médicament sur les critères majeurs que sont les gestes de réanimation et la mortalité », critique la revue médicale indépendante Prescrire, qui pointe « de nombreux manques dans les données fournies par la firme ».

« Maximiser son profit »

Une fois ces deux sésames décrochés, Gilead, connu comme l’un des négociateurs les plus intraitables de l’industrie, annonce fin juin son prix : 390 dollars la dose, soit 2 340 dollars (1 970 euros) le traitement, recommandé en six doses. « Une sortie plus rapide de l’hôpital permettrait de faire une économie d’environ 12 000 dollars par patient, calcule la firme, en s’appuyant sur les données américaines. Nous avons décidé de fixer le prix du remdésivir bien en dessous de ce montant. »

En 2014, le laboratoire avait réalisé un calcul économique similaire pour lancer son traitement contre l’hépatite C, le sofosbuvir (sous le nom commercial Sovaldi), au prix de 84 000 dollars. Un rapport du Sénat américain avait dénoncé la stratégie marketing de Gilead, seulement destinée à « maximiser son profit ».

D’après les calculs d’une équipe de chercheurs anglais, américains et australiens, le coût total de fabrication du remdésivir se situe aux alentours de 0,93 dollar par dose, soit 5,58 dollars pour un traitement en six doses. Autrement dit, 420 fois moins cher que le prix fixé par Gilead. Par ailleurs, le développement du remdésivir a déjà bénéficié d’investissements publics, pour environ 70 millions de dollars, d’après les calculs du cercle de réflexion américain Public Citizen. Selon l’Institute for Clinical and Economic Review, une organisation américaine qui évalue la valeur des médicaments, le prix de Gilead n’est « raisonnablement rentable » que si un bénéfice existe sur la mortalité des patients. Ce qu’aucun essai clinique ne parviendra à mettre en évidence.

Qu’importe, le coup d’envoi est donné. Le 15 juillet, la France accorde une autorisation temporaire d’utilisation (ATU) au remdésivir. Dans la foulée, Gilead demande à la commission de la transparence de la Haute Autorité de santé (HAS) l’évaluation de son médicament en vue d’un remboursement.

Mais c’est là que les choses se corsent. « La commission a considéré que le service médical rendu était faible, explique Jean-Pierre Thierry, conseiller médical de France Assos Santé (qui regroupe les associations de patients) et membre de la commission de la transparence de la HAS. Le laboratoire a alors abandonné sa demande de remboursement. En négociant directement avec la Commission européenne, il a pu imposer le prix de référence américain, qui n’aurait sans doute pas été accepté en France. »

Les faits : Covid : Gilead retire sa demande de prise en charge du remdesivir en France

Un total de trente-sept pays

Et de fait, fin juillet, un premier accord est trouvé, pour 30 000 traitements (soit environ 180 000 doses). Coût de l’opération : 63 millions d’euros, soit 2 100 euros par traitement. « Dans l’urgence, ils ont accepté le prix de l’industriel. C’est la première fois dans l’histoire que nous payons un médicament au même prix que les Etats-Unis », constate Jean-Pierre Thierry. Ce montant est directement financé par l’instrument d’aide d’urgence (ESI) de la Commission européenne.

En août et en septembre, la Commission assure deux livraisons aux Etats qui en font la demande, dont la France. Mais ce n’est pas assez. Bientôt, des alertes de pénurie parviennent de différents pays : les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Pologne, l’Italie, l’Espagne. En France, la molécule est peu utilisée : à peine 700 patients ont reçu ce traitement depuis le début de l’épidémie, nous indique Gilead France, soit dans le cadre de l’essai Solidarity, soit dans le cadre de l’ATU (qui a pris fin le 23 octobre).

« Gilead avait énormément de demandes et ne voulait pas signer vingt-sept contrats différents en Europe, raconte, sous couvert d’anonymat, un des responsables des négociations de la Commission européenne. Si nous avions laissé les choses se faire, seuls les gros Etats auraient obtenu des contrats, les autres n’auraient rien eu. »

D’où une nouvelle approche en préparation dès l’été : un contrat-cadre, qui donne accès à un volume donné, à prix fixe. Mais, cette fois, l’argent ne provient pas de la Commission, mais directement des Etats qui achètent ou pas la quantité souhaitée, dans la limite de ce qui peut leur être attribué. Ce contrat commun va au-delà des vingt-sept pays membres, puisqu’il en inclut au total trente-sept, parmi lesquels l’Albanie, la Macédoine du Nord, le Kosovo, la Serbie ou encore la Bosnie-Herzégovine.

Lire aussi  Nos 36 réponses à vos questions sur la pandémie de Covid-19

C’est lors de la négociation de ce contrat que Gilead reçoit le manuscrit de l’essai clinique Solidarity, durant la deuxième quinzaine de septembre. « L’OMS avait une obligation contractuelle de leur envoyer le manuscrit avant publication, puisque l’essai Solidarity testait leur molécule. Comme c’est généralement le cas, la société avait un temps défini pour faire des retours avant que l’article ne soit soumis pour publication », explique Marie-Paule Kieny, directrice de recherche à l’Inserm et membre du comité exécutif de l’essai Solidarity. Problème : cet essai, durant lequel 2 750 personnes ont pris du remdésivir, ne trouve aucun effet de la molécule, ni sur la mortalité des malades, ni sur leur durée d’hospitalisation.

Coïncidence ? Les quinze jours de révision du manuscrit par Gilead s’achèvent juste après la signature du contrat avec la Commission européenne. Le 7 octobre, la Commission commande ainsi 500 000 traitements (soit trois millions de doses), sans avoir connaissance de ces nouvelles données. « Il y a un problème de transparence si la société Gilead − qui connaissait les résultats − n’a pas signalé à la Commission européenne leur existence », juge Marie-Paule Kieny, qui n’avait pas connaissance des négociations en cours. « Il est aussi regrettable que la Commission n’ait pas pris des renseignements auprès de l’OMS sur l’avancée du plus gros essai clinique mené avec le remdésivir », poursuit la chercheuse française.

« Une énorme pression »

La Commission concède ne pas avoir discuté de ces résultats « avant la publication des essais préliminaires de Solidarity de l’OMS », officiellement accessible le 15 octobre sur la revue en ligne MedRxiv. Quant à Gilead, sa défense consiste en deux points : d’une part, l’essai clinique américain serait « mieux adapté pour évaluer rigoureusement le délai de récupération » que l’essai Solidarity. Et, d’autre part, le contrat « n’oblige ni la Commission européenne ni aucun pays participant à acheter du remdésivir. L’accord permet d’acheter jusqu’à 500 000 traitements, mais les pays contrôlent les quantités qu’ils choisissent d’acheter ».

De fait, le contrat européen n’est assorti d’aucune obligation d’achat. Mais la crainte d’une pénurie a parfaitement fonctionné. Dans certains hôpitaux, « des pharmaciens restaient jusqu’à 3 ou 4 heures du matin pour obtenir une fiole de remdésivir, raconte un haut responsable de santé publique européen. Lorsque, le 8 octobre, Gilead a annoncé que le médicament était largement disponible, les autorités compétentes ont immédiatement passé leur commande. Il y avait une énorme pression pour qu’ils signent ».

Ainsi, dès les jours qui suivent la signature du contrat avec la Commission, de nombreux pays passent commande. Parmi eux, les pays des Balkans, à revenus intermédiaires, qui achètent un médicament dont le prix a été fixé pour… les Etats-Unis. L’accès aux génériques ne leur a pas été autorisé par Gilead, qui a fixé, en mai, une liste de 127 pays qui peuvent en bénéficier. Un peu plus à l’est, l’Ukraine a pu, de son côté, négocier 28 200 doses à un génériqueur pakistanais, fin septembre, au prix de 24,25 dollars la dose (20,45 euros).

Dans cette frénésie, un pays fait exception : la France. Contrairement aux accusations de Didier Raoult, qui parle de « fanatisme pro-Gilead », l’Hexagone est l’un des seuls pays à ne pas avoir passé commande dans le cadre du contrat du 7 octobre (avec le Liechtenstein, qui ne possède pas d’unité de soins intensifs sur son sol, et le Luxembourg, qui a signé mais n’a pas encore passé commande). Néanmoins, plusieurs milliers de doses de remdésivir, allouées précédemment à la France par Gilead et par la Commission européenne dans le cadre de son premier contrat de juillet, seraient encore disponibles pour les hôpitaux qui en feraient la demande auprès de la direction générale de la santé (DGS). Cette dernière n’a jamais répondu à nos sollicitations.

L’avis de la Haute Autorité de santé a sans doute joué dans l’abstention française. Par ailleurs, « l’essai Discovery, qui testait aussi le remdésivir et est rattaché à Solidarity, a d’abord été un essai français avant son extension à l’Europe, rappelle Marie-Paule Kieny. Donc il y a sûrement eu plus d’attention à la prise en compte des résultats scientifiques qu’ailleurs ».

Mais pour les trente-cinq autres pays qui ont déjà signé avec Gilead, il est désormais impossible de renoncer à leur commande, ni de renégocier le prix durant les six prochains mois. D’après notre enquête, au moins 640 000 doses ont déjà été achetées, qui rapportent déjà plus de 220 millions d’euros à Gilead. Des doses qui n’apporteront, en revanche, pas grand-chose aux citoyens.

Cette enquête fait partie du projet européen #BehindthePledge, financé par Journalismfund et IJ4EU. Ludovica Jona (Italie), Hristio Boytchev (Allemagne), Lucien Hordijk (Pays-Bas), Priti Patnaik (Suisse) et Staffan Dahllöf (Danemark) ont également contribué à l’enquête.

Et même BFMTV

Par Le 28/11/2020

Si même des journalistes de cette chaîne signent cette tribune, c'est que vraiment, ce gouvernement est capable de rameuter contre lui ses plus fidèles serviteurs.

Le premier du gouvernement en place qui s'en va critiquer la Chine pour les droits de l'homme va vraiment passer pour un guignol. Et le premier qui me répond qu'on est encore loin de ce qui se passe en Chine comprenne bien qu'il faut un début à tout avant qu'un pays démocratique devienne autre chose...

 

"En exigeant une validation de nos reportages, les pouvoirs publics veulent s’octroyer un droit à la censure"

 

Plusieurs directeurs et directrices de l'information, rédacteurs et rédactrices en chefs, présentateurs et présentatrices des magazines d'information télévisés français, dont ceux de franceinfo, demandent aux institutions de renoncer à des conventions qui portent atteinte au droit de la presse.

Article rédigé par

franceinfo

France Télévisions

Publié le 28/11/2020 14:49Mis à jour le 28/11/2020 15:24

 Temps de lecture : 5 min.

Une pancarte dans une vitrine pour protester contre le projet de loi sur la "sécurité globale", à Paris, le 18 novembre 2020.  (XOSE BOUZAS / HANS LUCAS / AFP)

Une pancarte dans une vitrine pour protester contre le projet de loi sur la "sécurité globale", à Paris, le 18 novembre 2020.  (XOSE BOUZAS / HANS LUCAS / AFP)

Les journalistes de l’audiovisuel, réalisateurs de documentaires, rédacteurs en chef, directeurs de l’information, producteurs de magazines d’actualité tiennent par ce texte commun à dénoncer de nouvelles entraves à la liberté d’informer. Les tentatives de contrôle de nos tournages par les pouvoirs publics (police, justice, administration pénitentiaire, gendarmerie notamment) n’ont jamais été aussi pressantes.

TRIBUNE. "Nous n'accréditerons pas nos journalistes pour couvrir les manifestations"

Un exemple illustre cette dérive : avant d’autoriser à filmer des policiers dans l’exercice de leur fonction, le service de communication de la police nationale exige désormais un droit de validation du reportage avant diffusion.

Il demande aux sociétés productrices de reportages la signature d’une convention stipulant qu’il "visionnera l’émission dans sa version définitive avant première diffusion dans un délai permettant une éventuelle modification (...) sera le seul habilité à valider définitivement le contenu produit sur les plans juridiques, éthiques et déontologiques en accord avec la société (...) Les enregistrements ne doivent pas porter atteinte à l’image de marque de la police nationale, ni comporter de scènes pouvant être considérées comme 'choquantes' (...) Aucun extrait ne pourra être diffusé sans l’accord express du représentant de la police nationale."

Un exemple de moins en moins isolé, toutes institutions confondues. Les conventions de tournage, établies à l’origine pour protéger la sécurité de personnes ou d’institutions dans des cas très spécifiques sont détournées de leur esprit initial.

De nouveaux alinéas fleurissent sous des formes diverses qui deviennent une claire entrave à nos prérogatives éditoriales et au droit du public à l’information. La presse est déjà soumise au contrôle du législateur. La loi de 1881 sur la liberté de la presse, qui détaille le délit de diffamation et le droit à l’image sont nos garde-fous. S’y ajoutent nos chartes déontologiques sans cesse améliorées depuis le texte initial de 1918.

Les directions de l’information et des magazines, les rédacteurs en chef et leurs équipes ont la responsabilité de veiller au respect de ces obligations légales et éthiques. Tout reportage est soumis à l’examen de nos propres services juridiques avant diffusion. Le traitement d’affaires particulièrement sensibles, ayant trait notamment au terrorisme ou à la sécurité nationale, nécessite des précautions particulières et nous en tenons compte en responsabilité.

Mais en exigeant une validation de nos reportages et documentaires, les pouvoirs publics veulent s’octroyer un droit à la censure. Aucun journaliste ayant pour vocation d’informer librement le public ne peut l’accepter. Il est impensable que la cohérence globale d’un reportage sur le plan juridique, éthique et déontologique soit supervisée par des ministères.

Ces demandes de conventions arrivent par ailleurs dans un contexte où l’article 24 de la loi sur la sécurité globale inquiète de très nombreuses rédactions et agences de presse. Nous demandons donc aux institutions concernées de renoncer à ces conventions qui portent atteinte au droit de la presse. Pas plus que nous, le public ne saurait comprendre la persistance de cette obstruction à la liberté d’informer.

Les signataires

Laurent Guimier, directeur de l’information de France Télévisions

Thierry Thuillier, directeur général adjoint Groupe TF1, en charge de l’information TF1-LCI

Marco Nassivera, directeur de l’information d’Arte

Marc-Olivier Fogiel, directeur général de BFMTV

Hervé Béroud, directeur général délégué d’Altice Média

Vincent Régnier, directeur général de C Production, groupe M6

Catherine Alvaresse, directrice de l’unité documentaires de France Télévisions

Fabrice Puchault, directeur de l’unité documentaire société et culture d’Arte

Harry Roselmack, présentateur et rédacteur en chef de Sept à Huit (TF1)

Elise Lucet, présentatrice et rédactrice en chef d’Envoyé Spécial et de Cash Investigation (France 2)

Laurent Delahousse, présentateur et rédacteur en chef des magazines 13h15 et 20h30 (France 2), producteur La Bambola

Yann Barthès, présentateur de Quotidien (TMC) et producteur, Bangumi

Marie Drucker, présentatrice d’Infrarouge (France 2), réalisatrice et productrice, No School Productions

Jacques Cardoze, présentateur et rédacteur en chef de Complément d’Enquête (France 2)

Karim Rissouli, présentateur de C politique (France 5)

Bernard de La Villardière, présentateur d’Enquête Exclusive (M6) et producteur-fondateur de Ligne de Front

Martin Weill, présentateur et grand reporter (TMC)

Emmanuel Chain, producteur et PDG d’Éléphant

Philippe Levasseur, directeur général de Capa Presse

Laurent Bon, producteur, Bangumi

Renaud Le Van Kim, producteur, Together Media

Christian Gerin, président du Syndicat des Agences de Presse Audiovisuelles (SATEV)

Elsa Margout, directrice des magazines de l’Information de France Télévisions

Philippe Pécoul, directeur de la rédaction de Sept à Huit (TF1)

Grégoire Marçais, Philippe Visseyrias, Stéphanie Davoigneau, Laurent Briot, Claire Wambergue, rédacteurs de chef de Sept à Huit (TF1)

Sébastien Vibert et Séverine Lebrun, rédacteurs en chef d’Envoyé Spécial (France 2)

Hugo Plagnard, Clément Castex et Samuel Humez, rédacteurs en chef de Complément d’Enquête (France 2)

Emmanuel Gagnier et Sophie Le Gall, rédacteurs en chef de Cash Investigation (France 2)

Marie de la Chaume et Jean-François Gringoire, rédacteurs en chef de Pièces à conviction (France 3)

Christophe Brulé, producteur exécutif de Capital (M6)

Jean-Marie Tricaud, producteur exécutif de Zone Interdite et Enquête Exclusive (M6)

Maud Brunel, rédactrice en chef de Zone Interdite (M6)

Hervé Robin, producteur exécutif Ca Peut Vous Arriver (M6)

Bertrand Deveaud, rédacteur en chef d’Enquête Exclusive (M6)

Serge Mousson, rédacteur en chef d’Enquête d’Action (W9)

Myriam Alma, rédactrice en chef de Ligne Rouge (BFMTV)

La rédaction de Sept à Huit (TF1)

Les rédactions d’Envoyé Spécial et de Complément d’Enquête (France 2)

Le service Reportage de France 24

Les SDJ de France 2, France 3 et France 24

Frédérick Lacroix, directeur délégué des flux et des documentaires de France.tv Studio

Luc Hermann, producteur, Premières Lignes

Stéphanie Lebrun, productrice, Babel Press

Benoît Thevenet, directeur général délégué de 17 Juin MEDIA

Laurent Lucas, Guillaume Lacroix, Rémy Buisine, et la rédaction de Brut.

Tony Comiti, producteur, Tony Comiti Productions

Patrice Lucchini, directeur de la rédaction, Tony Comiti Productions

Amandine Chambelland, directrice adjointe de la rédaction de Capa Presse

Patrice Lorton, directeur adjoint de la rédaction de Capa Presse

Gaël Leiblang, producteur Elephant Doc

Jérémie Drieu, rédacteur en chef, Elephant et Cie

Mathieu Jego, rédacteur en chef aux magazines, BFMTV

Thierry Tripod et Mikaël Guedj, producteurs, Brainworks

Frédéric Boisset, rédacteur en chef, Brainworks

Denis Boutelier et Frédéric Texeraud, producteurs, CAT & Cie

Stéphane Girard, rédacteur en chef, CAT & Cie

Eric Colomer, producteur, Dreamway

Jacques Aragones, producteur, TV Presse

Jean-Bernard Schmidt, directeur général Spicee Media

Sébastien Legay, rédacteur en chef à France.tv Studio

Caroline du Saint,Thomas Zribi et Cyprien D’Haese, rédacteurs en chef à Nova Prod

Patrick Spica, producteur, Patrick Spica Productions

Eric Pierrot, producteur, Pallas TV

Laurent Delhomme, producteur, Yemaya Productions

Olivier Ponthus, rédacteur en chef, Yemaya Productions

Gabrielle Gerin, rédactrice en chef, PitchTV

Marina Ladous, Etienne Huver et Jean-Pierre Canet, Slug News

Pascal Artaud, producteur, Stp Productions

Stéphanie Ponsart, Rémi Delescluse et Guillaume Cahour, rédacteurs en chef, Stp Productions

Stéphane Bentura, président de la commission journalistes de la Guilde des Auteurs et Réalisateurs de Reportages et de Documentaires (GARRD)

Elizabeth Drévillon, présidente de la Guilde des Auteurs et Réalisateurs de Reportages et de Documentaires (GARRD)

 

Terrorisme gouvernemental (suite et sans fin)

Par Le 27/11/2020

Je viens de lire un article expliquant que des "gilets jaunes" avaient été condamnés à de la prison ferme pour "destruction de biens".

https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/un-gilet-jaune-condamne-a-9-mois-de-prison-ferme-pour-avoir-force-la-porte-d-un-ministere-avec-un-chariot-elevateur_4198055.html

 

Il est bon de rappeler dès lors ce que les gouvernements successifs font depuis quelques décennies. On pourrait rajouter au système éducatif, le milieu hospitalier, le maillage industriel, l'économie dans son ensemble, la "justice"... La liste est longue de ces secteurs détruits à grands coups de restructions budgétaires et de malversations en tous genres. Je rappelle que le nombre de milliardaires ne cesse d'augmenter. Dans une proportion bien moindre que celui des individus sous le seuil de pauvreté. 

Où est le terrorisme ? Qui devraient être poursuivis ? 


 

 

  • Le 22/06/2011
  •  

  •  

On n'en parle plus mais je me souviens très bien de cet article...

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/12/20/des-primes-variables-pour-les-recteurs-d-academie_1456066_3224.html

 

Ce qui est certain, c'est qu'ils vont bien la toucher leur prime. Le nombre de suppressions de postes est effarant. Instituteur, professeurs en collèges, au lycée, à la FAC, psychologues scolaires, maîtresses E, rééducateurs (il n'y en a quasiment plus et la formation n'existe plus), conseillers pédagogiques, infirmières, responsables de CDI, surveillants, toute l'Education nationale se vide comme une outre percée.

Depuis cinq ans, j'ai 30 élèves de CM2 en moyenne. Quand ils sont tous en classe, ils restent très peu de place pour circuler...

Les petites écoles de montagne ferment les unes après les autres.

 

Descendons la pyramide hiérarchique pour voir ce que ça donne. Et bien, les Inspecteurs de circonscription subissent une pression énorme. Certains s'en contentent et approuvent et mettent une pression énorme sur les enseignants. D'autres tentent de soutenir les enseignants et connaissent la réalité du terrain.

Ceux-là ne sont pas bien nombreux.

 

Les paperasses en tous genres donnent à l'école française une allure d'administration à la Kafka... Projets d'école, statistiques, progressions, enquêtes, graphiques, pourcentages, évaluations nationales, tableaux de présence, programmations, multiplication des enseignements, réunions, réunions, réunions...

"Il faut rendre ce dossier pour hier au plus tard..."

 

Pour les élèves, la situation est tout aussi catastrophique. Les dégâts collatéraux sont importants. Difficultés à se concentrer dans des classes surchargées, impossibilité d'établir des échanges oraux, programmes à finir, conflits incessants, difficultés relationnelles, décalage complet de l'école et du monde extérieur, programmes à finir, pression des inspecteurs, conflits relationnels, chahut, stress, conflits, programmes à finir, pas le temps de discuter, pas de psychologue ou alors un secteur gigantesque, des horaires d'usine, programmes à finir, inspection à venir, projets d'école à refaire, quinze enfants en souffrance psychologique, comportements difficiles, pas le temps, programmes à finir, des sanctions qui renforcent les conflits, pas le temps de discuter, programmes à finir...

 

Des parents qui font au mieux ou au pire. Le Centre médico psychopédagogique a fermé, il faut aller à la ville voisine mais il n'y a pas de place avant trois mois. Pas d'assistante sociale non plus. Pas d'éducateurs de rues. Il y a bien le foyer pour jeunes mais un animateur pour une ville, c'est peu. 

Des charges émotionnelles qui gonflent, des bombes à retardement, des jeunes qui vont à l'école avec le nœud au ventre, ou la haine, ou la peur, la rage, violences verbales, violences physiques...On va embaucher au collège des surveillants mal payés. Non, ils n'auront pas le temps de discuter et d'ailleurs, on ne le leur demande pas. Juste des sanctions ou rien. Le règlement, le règlement... On peut même envoyer l'armée, pourquoi pas. Des bérets verts dans les couloirs, mais non , ça n'est pas choquant, c'est l'époque qui veut ça.

Et puis, on mettra aussi des policiers dans les rues. Y'en a plein les rues aux USA et tout va bien là-bas...

Ah, j'oubliais les profs qui n'ont plus d'enveloppe budgétaire pour le soutien aux enfants en difficulté. On supprimera des heures à la rentrée mais on dira que le dispositif est toujours en place.

Non, il est impossible de changer les ordinateurs du collège. Windows 95, ça marche très bien.

Non, il n'y a pas de budget pour le renouvellement des livres du CDI. On va scotcher les couvertures de La Comtesse de Ségur, ça ira bien.

Et les profs ont leur programme à finir avec trente élèves dont certains sont des bombes à retardement...

Et puis, un jour, à la sortie du collège, il y a une bombe qui explose. Ou ailleurs.

 

Terrorisme gouvernemental. Je travaille pour des terroristes. Mais, moi, je n'ai pas le droit d'allumer une mèche. Devoir de réserve.

Si ce blog disparaît dans quelques jours, vous saurez pourquoi.

Les moteurs de recherche trouvent très rapidement le mot "terrorisme". Associé au mot "gouvernemental", on peut appeler ça une mèche courte (Pour ceux et celles qui connaissent la réplique culte de James Cobburn, dans "Il était une fois la Révolution)."

 

Commentaires (3)

Thierry
  • 1. Thierry | 24/07/2011
Bonjour Kallenborn.
Ca n'est sûrement pas moi qui vais vous jeter la pierre pour vos choix de vie...Je les comprends infiniment. Le problème pour moi, c'est que j'ai toujours voulu être instituteur, depuis mon passage en CM2 et que je suis effroyablement consterné de la tournure prise. J'aime ce métier, j'aime travailler avec les enfants, je sais combien une année de vie pour eux est un chemin immense...Je voudrais continuer à croire que c'est encore possible de mener cette mission à bien...Juste encore quelques illusions qui tiennent par quelques fils usés...Le cordon lâchera un jour. Et je finirai ma carrière sur un immense sentiment de gâchis...Bonne route à vous.
kallenborn
  • 2. kallenborn | 24/07/2011
bonjour

excusez moi mais moi je trouve ce récit trop marrant et tellement vrai, tristement vrai , les bérets verts a l’école mais pourquoi pas ?on moins certains feraient une scolarité militaire, je vais vous choquer mais c'est en partie à cause de tout cela que je refuse d'envoyer mes gosses à l’école, car en cette époque rien n'a plus de sens , plus personne ne trouve sa place , et je trouve qu'ils peuvent apprendre bien mieux à la maison avec un programme adapter, qu'à l’école avec tout les autres, depuis qu'ils y vont plus ils sont bien plus calme poser à l’écoute du monde et curieux de savoir plein de choses, alors qu'avant ils étaient tristes fermer anxieux du lendemain ,ils avaient constamment peur de tout .
depuis j'ai rencontrer d'autres familles ayant fait ce choix et les enfants sont heureux , alors es ce que l’école n'est pas un lieux fait pour casser l'individu le rendre fou de violence ou au contraire le former dans le moule?en tout cas depuis que nous vivons presque libre nous sommes heureux ...
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