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Humour : Sellig

Par Le 22/12/2020

Ah, vraiment, lui, je l'adore :) 

Et ça n'est pas souvent que je mets quelque chose de comique ici !

C'est la fête :)...

L'autorité et le pouvoir

Par Le 22/12/2020

Là, vraiment, il touche le fond de l'absurdité, "Monsieur" Macron.

J'ai relu ça deux fois tellement je n'y croyais pas. Le Gorafi n'aurait pas mieux fait.

On voit donc ici, le président de la République qui se plaint des réseaux sociaux et de leurs détournements, de leurs hérésies, de leur irrespect envers l'autorité, qu'elle soit politique ou scientifique.

Se peut-il qu'il aimerait mettre un baillon sur la parole citoyenne ?

Se peut-il qu'il ait oublié l'histoire de ce pays et de tous les méfaits politiques ou scientifiques, de tous ces scandales qui ont émaillé l'Histoire de France ?

Se peut-il qu'il considère que l'autorité est un dû et qu'elle ne doit aucunement être contestée, quels que soient les travers dont elle se pare au fil des années ?

Faut-il donc que les réseaux sociaux dont il critique la liberté de parole, quelle qu'en soit la pertinence, viennent lui rappeler que la démocratie est la seule autorité à laquelle lui-même doit obéir ? 

Veut-il donc que nous nous taisions tous, parce que certaines exubérances apparaissent ? Ne peut-il dont pas s'interroger sur les causes de ces exubérances ? N'a-t-il donc pas la capacité à prendre de la hauteur pour remonter à la source ? 

"Mais pourquoi donc les gens s'égarent dans des "discussions de comptoir" se demande-t-il ? 

Il faudrait juste que ses conseillers lui rappellent quelques épisodes éminemment douloureux, sur le plan politique et pire encore sur le plan sanitaire. Là, peut-être comprendrait-il d'où vient le désordre dont il se plaint.

Pour ma part, ce désordre est le signe d'une société qui s'interroge, qui s'inquiète, qui a peur, qui n'a plus confiance, une société qui ne reconnaît plus, a priori, l'autorité.

L'autorité n'est aucunement un dû, c'est une valeur qui se gagne, qui s'entretient, et pour laquelle on doit montrer une totale intégrité. N'importe quel enseignant, digne de ce nom, le sait. Sans intégrité, il n'y pas d'autorité possible ; il ne reste que l'autoritarisme. 

Monsieur Macron mélange la notion d'autorité et de pouvoir. Il voudrait que le pouvoir dont il dispose lui octroie automatiquement l'autorité. C'est une des caractéristiques de la dictature. Quel message veut-il donc nous envoyer ? 

Il devrait plutôt réfléchir sur la notion d'intégrité. C'est là que se trouve le remède au désordre ambient. 

 

https://www.francetvinfo.fr/politique/emmanuel-macron/emmanuel-macron-s-inquiete-de-la-crise-d-autorite-qui-favorise-le-complotisme_4229351.html

Emmanuel Macron s'inquiète, dans un entretien à L'Express (article pour les abonnés) publié mardi 22 décembre, de la "crise d'autorité" qui frappe le pays en pleine pandémie de Covid-19. Ce long entretien a été réalisé en visioconférence, jeudi 17 décembre, alors qu'il venait de s'isoler à La Lanterne (Yvelines) après avoir été déclaré positif au Covid-19. "Toutes les sociétés contemporaines vivent cette espèce d'horizontalisation de la société, de la contestation de toute forme d'autorité, y compris de l'autorité académique et scientifique", y déclare le chef de l'Etat.

"Les conséquences psychologiques et sociales sont terribles car on finit par ne plus croire en rien", ajoute Emmanuel Macron en décrivant un "cercle vicieux : un nivellement, qui crée du scepticisme, engendre de l'obscurantisme et qui, au contraire du doute cartésien fondement de la construction rationnelle et de la vérité, conduit au complotisme".

"Le deuxième confinement est un exemple d'efficacité"

Il s'inquiète notamment des conséquences du complotisme qui vise la science, face au "grand défi" que représente la crise sanitaire. "Je regarde pour ma part avec beaucoup d'admiration ce que les scientifiques ont accompli. Jamais dans l'histoire de l'humanité nous n'avions assisté à l'apparition d'un virus et, moins d'un an plus tard, à la découverte d'un vaccin, souligne-t-il. Mais la science n'est plus exempte du doute."

"Le problème clef pour moi, c'est l'écrasement des hiérarchies induit par la société du commentaire permanent : le sentiment que tout se vaut, que toutes les paroles sont égales, celle de quelqu'un qui n'est pas spécialiste mais a un avis sur le virus vaut la voix d'un scientifique."

Emmanuel Macron 

à "L'Express"

Citant les crises survenues depuis le début du quinquennat, dont celle des "gilets jaunes", Emmanuel Macron indique que, "pour répondre à la défiance, il faut (...) mêler l'action, la cohérence et l'explication". "Voilà la ligne que je me fixe. Pour recréer de la confiance, je crois qu'il faut une action qui ait véritablement une efficacité, un effet des mots aux choses, assure le président de la République. A ce titre, le deuxième confinement est un exemple d'efficacité car nous avons pris la décision au bon moment. Nous l'avons expliqué, les Françaises et les Français ont agi et, par leur action, ont réussi à casser le cycle du virus."

Macron veut "miser sur l'intégration"

Dans cet entretien qui évoque la "crise de la démocratie", le président est par ailleurs longuement interrogé sur les débats autour des valeurs républicaines. Emmanuel Macron affirme la nécessité de "miser sur l'intégration", qui permet à "chacun de pouvoir vivre entre plusieurs horizons culturels". "Il me semble qu'être français, c'est d'abord habiter une langue et une histoire, c'est-à-dire s'inscrire dans un destin collectif. C'est pour cette raison que nous renforcerons les cours de français et nos exigences en histoire, en particulier pour accéder à la nationalité", détaille-t-il.

"Quand vous parlez l'arabe à la maison, que votre famille vient des rives du fleuve Congo, que vous possédez une histoire qui ne se noue pas entre l'Indre et la Bretagne, vous avez une singularité qui importe et il faut pouvoir la reconnaître", estime-t-il, en soulignant "la richesse des diasporas". "Nous devons pouvoir être pleinement français et cultiver une autre appartenance, poursuit-il. C'est un enrichissement et pas une soustraction." L'Express indique que la seconde partie de cet entretien sera publiée mercredi.

 

 

Un rappel des derniers évènements :

Ve République : 1958 à nos jours

 

1959 : l'affaire des ballets roses ;

1965 : l'affaire Ben Barka, disparition d'un leader de l'opposition marocaine, Mehdi Ben Barka ;

1968 : l'affaire Marković ;

1973 : l'affaire des plombiers ;

1974 : l'affaire Eurodif et sa suite en 1985 l'affaire des otages du Liban ;

1979 : l'affaire Robert Boulin ;

1981+ : l'affaire du cancer caché de François Mitterrand ;

1983+: l'affaire des écoutes de l'Élysée

1985 : l'affaire des otages du Liban ;

1985+: l'affaire du sang contaminé ;

1985 : l’affaire du Rainbow Warrior, le sabordage du navire amiral de Greenpeace, par les services secrets français le 10 juillet 1985 ;

1989 : l'affaire Urba ;

Affaire des ventes d'armes à l'Angola

1990 : l'affaire de la profanation du cimetière juif de Carpentras ;

Affaire de la MNEF

1992 : l'Affaire Habache ;

1993 : l'affaire du suicide de Pierre Bérégovoy ;

1994 : l'affaire Dauphiné News ;

1995 : l'affaire des faux électeurs du 3e arrondissement de Paris ;

Affaire du « détail »

1999 : l'affaire des paillotes ;

 

Années 2000

 

2001+ : l'affaire du compte japonais de Jacques Chirac

Affaire Bédier

Affaire des frégates d'Arabie saoudite et des sous-marins du Pakistan

Affaire de l'hippodrome de Compiègne

Affaire des propos de Bruno Gollnisch d'octobre 2004

Affaire Clearstream 1

Affaire Clearstream 2

Affaire Sarkozy-Kadhafi

Affaire Tapie - Crédit lyonnais

2011 : l'« affaire des fadettes » ;

Affaire Woerth-Bettencourt

Affaire du détournement de fonds publics au profit de sénateurs UMP

Affaire Sylvie Andrieux

Affaire Thomas Thévenoud

Affaire Alstom

2013 : l'affaire Cahuzac ;

Affaire des assistants parlementaires du Front national au Parlement européen

Affaire Jeanne

2017 : l'affaire Fillon ;

Affaire des assistants parlementaires du Mouvement démocrate au Parlement européen

2018 : l'affaire Benalla.

Affaire Business France

Affaire Bruno Le Roux

Affaire Richard Ferrand et les Mutuelles de Bretagne

Affaire Gilles Le Gendre

Affaire Carlos Ghosn

Jean-Paul Delevoye#Polémique sur le cumul de revenus et conflit d'intérêts

Affaire des évadés fiscaux

Affaire François de Rugy

Panama Papers

Affaire Balkany ainsi que tout l’œuvre de Patrick Balkany


Crises de santé publique

 

Les soins médicaux ne sont pas sans risque et se justifient par l'analyse de leur balance bénéfice - risque. Toutefois certains manquements ont pu conduire à des crises ou scandales sanitaires :

1917, États-Unis : affaire des « Radium Girls », des ouvrières américaines avaient été exposées à de fortes doses de rayonnements ionisants pendant de longues périodes à cause du radium contenu dans une peinture utilisée pour marquer des cadrans lumineux ;

1932-années 1970, États-Unis : étude de Tuskegee sur la syphilis ;

1952 : affaire de la poudre Baumol ;

1953-1954 : affaire du Stalinon ;

1961-… : affaire du thalidomide ;

1971-1977, scandale du Distilbène ;

1972 : affaire du talc Morhange ;

1972 / 2000-… : scandale de la chlordécone aux Antilles françaises ;

1980 et 1988, France : affaire de l'hormone de croissance ;

1984-1985, France, affaire du sang contaminé ;

1991 : affaire de l'Isoméride ;

2005-2010 : affaire des implants mammaires PIP ;

2008-2015 : affaire des grossesses sous Dépakine ;

2010-2012 : biberons stérilisés à l'oxyde d'éthylène en milieu hospitalier ;

2010 : affaire du Mediator ;

2012- : crise des implants vaginaux ;

2015-2019 : crise des implants mammaires texturés cancérogènes (retirés du marché français en 2019) ;

2016- : crise de la durée de vie des TAVI ;

2018- : au moins 654 entreprises européennes ne respectent pas le règlement REACH et utilisent 970 substances interdites17 ;

2019 : crise des traitements au 5-FU de patients déficients en DPD (test devenu obligatoire en 2019 en France).

2019 : crise de la surprescription d'opiacés à fort risque d’accoutumance (comme l'oxycodone ; procès en Oklahoma en 2019 contre Johnson & Johnson)18.

2020 : Scandale politico-sanitaire de la Covid-19 19.

 

"Syndémie"

Par Le 21/12/2020

Bon, je n'écris pas dans "Philosophie magazine" mais j'ai déjà évoqué ici ce rapport entre la dégradation de l'humain, physiquement, psychologiquement, spirituellement et les conséquences de cet état de fait dans la propagation du Covid. Je ne connaissais pas le terme de "syndégie". Et c'est  exactement ce que je pense. Il ne s'agit pas d'une pandémie issue de nulle part mais d'une conséquence d'un mal plus ancien : Nous, "l'homme moderne" et tout ce que cela implique dans l'affaiblissement de nos organismes.

Nous sommes donc désormais engagés dans une course au vaccin ou à d'autres méthodes pour sortir de cette nasse mais qui se soucie de la raison première de l'existence de cette nasse ? S'il s'agit de sortir de celle-là pour retomber dans la suivante, ça n'a guère d'intérêt. Sinon celui d'enrichir les laboratoires pharmaceutiques. Alors bien entendu que tout le monde sera ravi que ça s'arrête. Mais on est devant le même phénomène que les incendies gigantesques en Californie ou en Australie. Les pompiers les éteignent et parfois c'est la pluie elle-même. Mais tous les ans ça recommence. C'est la prévention qui importe. Pas le passage à l'acte lorsque le désastre est entamé.

Alors quelles préventions faut-il instaurer pour que l'humain parvienne à échapper aux épidémies modernes ? Qu'il commence déjà par prendre conscience et par réaliser qu'il est responsable du désastre, qu'il reconnaisse ses torts envers la Nature toute entière. Ensuite, lorsqu'il aura appris l'humilité, il pourra réfléchir. Parce que s'il ne songe qu'à se sauver lui-même en luttant contre la Nature, en considérant qu'elle doit lui être assujettie, alors il est perdu. 

« On domine la Nature en lui obéissant » disait Francis Bacon.

https://www.philomag.com/articles/syndemie-deja-malades-avant-de-tomber-malades

© Su San Lee/Unsplash

Le concept du moment

“Syndémie” : déjà malades avant de tomber malades ?

Octave Larmagnac-Matheron publié le 30 novembre 2020 4 min

« Le Covid-19 n’est pas une pandémie », affirmait Richard Horton, le rédacteur en chef du plus célèbre journal médical britannique, The Lancet, il y a peu. Certes, sa propagation est devenue un problème mondial (pan- en grec désigne le « tout »). Mais constater sa diffusion rapide à l’échelle du globe est insuffisant : si le virus s’est développé avec une telle virulence, c’est qu’il profite de l’entrelacement de nombreux autres facteurs pathologiques affectant la santé humaine de manière structurelle. 

« C’est une syndémie » – du grec syn-, « avec ». Ce que vient confirmer une étude détaillée publiée elle aussi dans le Lancet le 17 octobre : « L’interaction du Covid-19 avec la hausse mondiale continue ces trente dernières années des maladies chroniques et de leurs facteurs de risques, dont l’obésité, l’hyperglycémie et la pollution atmosphérique, a créé les conditions d’une tempête, alimentant le nombre de morts du Covid-19. » Et les scientifiques à l’origine de l’étude d’ajouter que « de nombreux facteurs de risques et maladies non transmissibles étudiés dans ce rapport sont associés avec un risque accru de formes graves de Covid-19, voire de décès ». 

Nos sociétés étaient, sans peut-être s’en rendre compte, malade avant même de tomber vraiment malade. Avant d’être victimes d’un corps étranger, elles se sont elles-mêmes empoisonnées par leurs propres modes de vie. Le Covid-19 est un révélateur, la partie émergée de l’iceberg : son irruption nous montre combien le rapport entre santé et maladie sont plus ambigus qu’il n’y paraît.

Depuis au moins trois décennies, les pathologies « non transmissibles » se multiplient un peu partout dans le monde : développement de l’obésité et du diabète, multiplications des cancers dus aux innombrables pollutions d’origines humaines – alors que se perpétuent d’autres grandes « maladies » liées à l’alcool et au tabac. Ces différents facteurs s’entremêlent et s’aggravent mutuellement, de sorte qu’il devient presque impossible de les traiter séparément. Les inégalités d’accès au soin n’arrangent rien : si vous ne pouvez vous faire soigner pour une maladie, comment lutter contre des pathologies enchâssées ? C’est pour décrire cet « entrelacement de maladies en interactions et s’aggravant réciproquement », contre lequel la médecine n’est pas armée, que l’anthropologue américain Merrill Singer inventa, en 1990, la notion de « syndémie ».

Ce qui frappe le plus dans la « syndémie globale » que nous vivons, c’est qu’elle met en jeu des pathologies dont nous serions peut-être hésitants à dire qu’elle sont des maladies. Nous pensons en effet spontanément la maladie comme un événement, une rupture de la santé, liés à l’immixtion d’un corps étranger – un virus, une bactérie – qui ébranle l’intégrité corporelle. Rien à voir, par exemple, avec l’obésité, qui s’apparente à un processus plus qu’à un événement : on ne « tombe » pas obèse comme on tombe malade ; on le devient, progressivement. Et cette lente métamorphose, que l’on peine parfois à remarquer (sauf quand elle franchit un seuil particulièrement extrême), est endogène, non exogène : elle dépend de nos modes de vies et n’implique aucun élément étranger.

La syndémie globale, dont le Covid-19 révèle l’ampleur, nous pousse, ainsi, à repenser la maladie, et à redéfinir le rapport de celle-ci à la santé. Comme l’explique George Canguilhem dans La Connaissance de la vie (1952) : « La santé, c’est le luxe de pouvoir tomber malade et de s’en relever. Toute maladie est au contraire la réduction du pouvoir d’en surmonter d’autres. » Santé et maladie ne s’opposent pas mais se révèlent l’une l’autre. Et le philosophe d’ajouter que « vivre pour l’animal déjà, et à plus forte raison pour l’homme, ce n’est pas seulement végéter et se conserver, c’est affronter des risques et en triompher », c’est être en mesure d’encaisser les chocs et l’adversité du devenir.

« La santé [est] pour l’homme, note encore Canguilhem, un sentiment d’assurance dans la vie qui ne s’assigne de lui-même aucune limite. » Être en bonne santé, c’est être en capacité de choisir la manière dont on vit sa vie, sans se préoccuper de ce à quoi nous expose ce choix. Au contraire, l’homme malade, déjà malade avant d’avoir contracté le virus qui le tuera peut-être, est contraint de vivre confiné (un mot plus que jamais adapté) dans « un milieu “rétréci” » dicté par l’exigence exclusive de la survie. Un milieu qui l’isole de l’extérieur, dont son organisme n’est pas capable d’affronter le risque.

Nos modes de vie modernes, avec leurs lots de pathologies chroniques, auraient-ils créés corps structurellement fragilisés, déjà malades avant de tomber malades ? La stagnation de l’espérance de vie en “bonne santé” dans les pays les plus développés semble étayer cette idée. Avons-nous perdu « le luxe de pouvoir tomber malade et de s’en relever » ? Sans doute en partie – et nous ne nous en rendons pas compte. Il est cependant essentiel, pour éviter le culte puritain du corps sain, de citer encore Canguilhem : « L’homme […] ne se limite pas à son organisme. L’homme [prolonge] ses organes par des outils. » (Le Normal et le Pathologique) Tout l’enjeu, c’est que cet appareillage ne servent pas uniquement de bouées curative pour notre survie maladive, mais puisse, aussi, devenir un moyen d’encourager et de soutenir la santé de chaque individu – sa capacité à s’exposer au monde.

La pandémie de Covid-19 est, bien entendu, un drame. Cependant, si nous essayons de la penser comme syndémie, il est possible de tirer de ce drame une vérité et un horizon pour l’avenir : nos corps sont affaiblis par nos modes de vie ; plus que des politiques sanitaires de lutte contre la maladie, nous avons besoin de politique capable de développer la santé de chacun. 

Impact de la crise sur les enfants

Par Le 20/12/2020

Ariane Bilheran

http://www.arianebilheran.com/post/impacts-traumatiques-de-la-politique-sanitaire-actuelle-sur-les-enfants-un-constat-clinique-alarmant?

 

Impacts traumatiques de la politique sanitaire actuelle sur les enfants:un constat clinique alarmant

 

Mis à jour : il y a 6 jours

Pour la France, le 30 novembre 2020

Résumé

Des professionnels en psychologie, psychanalyse, pédiatrie et pédopsychiatrie dressent un constat alarmant au sujet des impacts traumatiques de la politique sanitaire actuelle sur les enfants. Décrivant leurs observations, ainsi que les symptômes relevés dans leurs consultations et analysant les témoignages de parents, enseignants et enfants, ils relèvent de graves perturbations dans le vivre-ensemble et la socialisation, la survenue de nouvelles maltraitances au sein des établissements, une condamnation de la tendresse, de l’empathie et un interdit implicite à l’altérité, une entrave au développement relationnel, psychomoteur ainsi que des régressions dans les apprentissages, une fragilisation majeure de l’autorité bienveillante/contenante et de la posture parentale, une perte de repères structurants et des discours paradoxaux. Le tableau clinique conclut à une souffrance psychique croissante chez les enfants, risquant d’entraîner une explosion de troubles psychiques graves et de passages à l’acte suicidaires.

Introduction

Nous professionnels en psychologie, psychanalyse, pédiatrie et pédopsychiatrie entendons alerter sur les impacts traumatiques de la politique sanitaire actuelle sur les enfants.

Ce traumatisme provient plus généralement d’une effraction du monde des adultes dans le monde des enfants, les adultes étant traités par l’État comme des enfants, et les enfants comme des adultes auxquels l’on supprime la joie de vivre, les loisirs, la socialisation, la projection confiante dans les adultes et l’avenir, la tendresse et l’innocence.

Le discours adressé aux enfants par la politique sanitaire actuelle est un matraquage de peur, de méfiance, de culpabilité, de maladie et de mort. De plus, il s’agit d’un discours d’adultes mortifère qui ne s’adapte pas à l’âge des enfants, et face auquel les enfants reçus en consultation nous paraissent totalement désorientés.

Les symptômes relevés dans nos consultations

Des enfants de plus en plus nombreux surgissent en consultations, avec un tableau traumatique sans équivoque.

Énumérons quelques-uns des symptômes les plus fréquemment rencontrés :

Angoisse, troubles du sommeil, démotivation, retrait émotionnel, baisse d’énergie (liée au manque d’activités, à la surveillance continue, à l’inquiétude de mal faire), asthénie liée à la peur constante (peur de la maladie, peur de mal faire, peur d’enlever le masque, peur de contaminer autrui, peur d’être grondé, peur de l’autre etc.), sidération, anxiété chronique (due notamment à la consigne induite de ne pas tomber malade pour pouvoir rester à l’école), troubles psychosomatiques (qui perdurent de retour à la maison, par exemple : tics, problèmes de peau, troubles respiratoires et asthmatiques inédits pour des enfants ne présentant pas de symptômes antérieurs, bouffées de chaleur qui entravent le sommeil la nuit, migraines, dermatoses…). Le développement de traits hypocondriaques et des retours d’énurésie chez des enfants déjà grands (ex. : enfants de CM2 qui avaient acquis la propreté depuis longtemps) ont également été constatés.

L’on constate une extrême agitation entraînant des diagnostics en chaîne d’hyperactivité (alors même que les enfants n’ont pas d’espace pour jouer et se dépenser à l’école, que leurs activités sportives et culturelles ont diminué au profit d’un temps plus important passé sur les écrans), des régressions dans le langage, des confusions émotionnelles, psychiques et intellectuelles graves entraînant une régression dans les apprentissages, dans l’adaptation et le comportement en société, une diminution de l’altérité, de la coopération et de l’empathie, un repli sur soi, une perte de spontanéité, et des troubles de type dépressifs inquiétants conduisant à une augmentation des idées suicidaires.

Pour certains, l’école est vécue sur un mode désormais phobique[1].

Les troubles traumatiques se lisent en particulier dans le déploiement exponentiel de sentiments de honte, de tristesse et de culpabilité, ainsi que de symptômes dissociatifs, voire d’épisodes de déréalisation.

Les environnements familiaux et éducatifs ne parviennent plus à contenir les angoisses des enfants, tant la politique sanitaire actuelle est intrusive et violente à leur égard, et nous souhaitons en particulier argumenter sur les raisons d’un tel tableau clinique.

La maladie et la mort : un rapport terrorisé au corps et au vivant

Les enfants absorbent tous les jours par les médias et au sein de leurs établissements scolaires le conditionnement d’une peur permanente et latente de la mort.

Le corps est désormais investi principalement à travers la maladie. Il devient un ennemi persécuteur dès l’apparition du moindre symptôme, entraînant sentiment de culpabilité et rejet de l’enfant. De plus, le corps est traqué et investi par des lavages de mains incessants (voire compulsifs) avec du gel hydro alcoolique, ou le signalement du masque mal mis sur le visage.

Le corps de l’enfant est également maltraité dans certaines situations, par exemple des parents dénoncent des situations ubuesques où le recours au casier au collège et lycée est interdit, ainsi les enfants doivent porter des sacs jusqu’à 11 kg, et prendre des itinéraires contraignants et épuisants au sein de l’école pour rejoindre une salle de classe[2].

Dans cet article paru dans le Lancet Child & Adolescent health, les auteurs insistent sur l’impact tragique des mesures politiques d’isolement social sur les enfants et les adolescents[3]. Ils rappellent que les interactions sociales font partie des besoins humains de base, tout comme le besoin fondamental de manger ou dormir. Se sentir insuffisamment relié aux autres a des conséquences négatives profondes et durables sur la santé physique et mentale, et cela peut même aller jusqu’à induire plus de mortalité[4].

Certains protocoles de biosécurité obligent les enfants à se tenir sur une case, ce qui entrave le libre déploiement du mouvement nécessaire à un développement psychomoteur harmonieux, notamment dans les cours de récréation.

Le masque est vécu tant comme une marque de musèlement qu’un objet fétiche irrationnel qui éloignerait un ennemi invisible. Aussi dès que l’enfant retire son masque pour retrouver une vie normale, il peut vivre des éprouvés de terreur et de culpabilité. Nous avons des retours d’orthophonistes et de psychologues indiquant que les enfants ont tellement peur de se faire gronder ou encore de mourir s’ils le retirent, qu’ils sont désormais bloqués pour enlever le masque.

La réalité est que les enfants ont un besoin important de voir le visage des personnes qui s’occupent d’eux : lire les visages, les expressions, les mimiques, ce qui se traduit par le jeu universel des grimaces (tirer la langue, etc.) ; la lecture du visage permet à la fois un apprentissage des émotions sur le visage de l’autre, et un apprentissage de ses propres fonctions nécessaires au langage et à la communication.

Le 06 septembre 2020, les professeurs de pédiatrie Christèle Gras-Le Guen, vice-présidente de la société française de pédiatrie, et Régis Hankard, coordonnateur du réseau de recherche clinique pédiatrique Pedstart, sont formels : « la COVID-19 n’est pas une maladie qui concerne les enfants. (…) la Covid-19 n’est définitivement pas une maladie pédiatrique. »[5]. Ils rajoutent : « L’idée qui se dégage de ces observations est qu’il ne faut surtout pas que les enfants fassent l’objet de mesures draconiennes, pénibles à vivre, qui pourraient bouleverser leur quotidien, alors que ce microbe ne les concerne que vraiment très peu. »

En dépit de ce constat médical, les plaintes des enfants quant au port du masque peuvent être banalisées, voire réprimandées, sous prétexte qu’il ne serait pas si terrible de porter un masque toute la journée (« les chirurgiens en portent bien eux ! »). D’où le message implicite qu’il n’est désormais plus permis aux enfants de se plaindre dans leur quotidien d’un quelconque désagrément ou mal-être physique et/ou psychologique.

De surcroît, sur un plan physiologique, l’on prive les enfants d’oxygène, ce qui aggrave tout ce que nous allons dire ensuite. Le port du masque en continu rend en effet la respiration difficile et accentue le ressenti d’angoisse[6]. Des médecins observent également une recrudescence de problèmes respiratoires de type bronchites asthmatiformes[7]. Le manque d’oxygénation du cerveau engendre des déficits de la concentration, de l’attention, de la mémoire, risquant de conduire davantage d’enfants en échecs scolaires, sans parler des répercussions sur leur immunité.

Le Dr Margarite Griesz-Brisson[8], docteur en médecine, neurologue consultante et neurophysiologiste, titulaire d’un doctorat en pharmacologie alerte sur la gravité d’un problème de saturation d’oxygène et de saturation en dioxyde de carbone : selon elle « pour les enfants et les adolescents, les masques sont un interdit absolu »[9] et ce, afin de permettre le développement du système immunitaire et le déploiement du cerveau.

De graves perturbations dans le vivre-ensemble et la socialisation

La peur et la terreur sont les maîtres mots de cette politique sanitaire, dans laquelle l’autre n’est plus un autre à apprivoiser, mais un ennemi potentiel duquel chacun doit se méfier en conservant des distances entravant tout apprentissage de la fraternité et de la solidarité.

Cette méfiance permanente est susceptible d’entraîner un sentiment de persécution qui, s’il vient se renforcer comme nous le constatons par des troubles dissociatifs ainsi qu’un déficit d’empathie, peut entraîner à termes des passages à l’acte auto-agressifs (conduites suicidaires) ou hétéro-agressifs (coups et blessures, conduites impulsives, dégradations), ainsi que des troubles de nature délirante (persécution).

Nous avons des retours d’enseignants, de parents et d’enfants concernant le développement de comportements désormais inadaptés dès l’école primaire (ex. : endormissements en classe, insolence face à une autorité dont les enfants ne reconnaissent plus la légitimité en raison de la violence subie, harcèlement entre élèves et passages à l’acte violents notamment à l’heure de la cantine).

La survenue de nouvelles maltraitances au sein des établissements scolaires

La politique sanitaire actuelle entraîne la survenue de nouvelles maltraitances au sein des établissements scolaires. Ces maltraitances sont de divers ordres : incitations à la délation des autres enfants ou encore des membres de sa propre famille, incitation des enseignants à la délation des enfants qui tiennent « des propos manifestement inacceptables »[10], isolement et rejet, stigmatisation, exclusion, mépris pour la vulnérabilité de certains enfants, présence des forces de l’ordre autour des établissements et parfois en leur sein, harcèlement.

Le traitement égalitaire d’enfants présentant une vulnérabilité rajoute une maltraitance doublée d’une discrimination, à une situation déjà difficile. Par exemple, les enfants présentant déjà des troubles du langage sont doublement affectés ; les enfants asthmatiques et/ou phobiques vivent une angoisse majorée et des conséquences psychosomatiques aggravées ; les enfants ayant des problèmes d’audition ne peuvent plus se raccrocher à l’expression faciale (l’expression du visage est l’un des 5 paramètres de la langue des signes.

Sans ce paramètre, le signe perd sa valeur d’intensité et n’a plus le même sens) ; les enfants autistes présentent des difficultés accrues pour analyser les visages, ce qui aggrave le déficit social dont ils souffrent déjà. Tout l’accompagnement psycho-éducatif se voit ainsi complètement bouleversé ; le travail effectué jusque-là sur plusieurs mois (voire années) est anéanti (apprentissage des mimiques, des expressions faciales, décryptage des émotions). Chez certains adolescents autistes, la médiatisation mortifère renforce leur rigidité mentale, et amplifie les troubles anxieux déjà bien présents.

Christophe Leroy, docteur en biologie moléculaire et cellulaire, résume ainsi la gravité de la situation : « A l’âge où ils apprennent les émotions, la lecture, l’expression orale et écrite, le mouvement, l’équilibre, ils se retrouvent dans les cours de récréation muselés, parqués dans des cercles ou des carrés délimités, cloisonnés en intérieurs avec étouffoirs devant des enseignants miroirs. Maltraitance ? Sans aucun doute. Restent dominants la peur, l’angoisse, le stress et l’immobilisme qui semble la nouvelle ligne éditorialiste de ce gouvernement pour instruire et épanouir nos enfants. »[11]

L’autorité est vécue comme déshumanisée, robotisée, sous l’angle du contrôle, de la démesure, de la surveillance et de la punition, sans le pendant qui rend d’ordinaire seul acceptables les limites éducatives, à savoir la bienveillance, la tendresse et l’humanisation des rapports humains au travers des émotions. Et c’est sans compter sur l’intrusion de la police au sein des établissements scolaires, certains policiers étant postés armés à l’entrée des écoles et des collèges : quel conditionnement de terreur souhaite-t-on imprégner dans le psychisme des enfants ?

Voici par exemple le témoignage public d’une maman (de surcroît ancienne professeur de lettres classiques durant 16 ans) pour sa fille au collège, et qui reflète les témoignages que nous recevons ainsi que les déclarations des parents et des enfants en consultation :

« Les profs sont de plus en plus odieux, mis à part une minorité ; une prof a tout de même osé lui dire que ce n’était pas son masque qui l’empêchait de respirer, mais qu’elle "avait un problème au cerveau", une autre l’a accusée d’être potentiellement responsable de la mort de sa famille, une autre prof saisit les copies avec une pince, pour les mettre en quarantaine dans un sac avant de les toucher…(…) L’infirmière du collège passe tous les 15 jours dans les classes pour rappeler aux élèves qu’ils peuvent tuer leurs grands-parents, et ne doivent pas faire de câlins en famille… »[12]

Cette mère relève différents actes de maltraitances à l’égard des enfants de la part du personnel enseignant, par exemple :

« Comment pouvez-vous tolérer qu’un élève se fasse exclure d’un cours parce qu’il a tenté à plusieurs reprises de respirer un peu en glissant le masque sous le nez ?

Comment pouvez-vous tolérer qu’un élève se fasse disputer et accuser de faire des histoires quand il se trouve avoir des vertiges à cause de l’hypoxie générée par le port du masque?» [13]

Un autre exemple, parmi les nombreuses maltraitances qui semblent surgir au sein des établissements scolaires, de violence d’adultes envers les enfants et nous a été rapporté en témoignage direct est celui d’un professeur menaçant une élève de collège de lui faire un procès pour motif d’atteinte à la vie d’autrui, parce qu’elle avait enlevé son masque pour remettre un élastique de ses bagues d’orthodontie !

Ainsi, des adultes référents, censés rassurer et protéger les enfants, peuvent ainsi réagir de manière exacerbée, voire irrationnelle, perdant eux-mêmes leur discernement et leur propre sécurité de base.

Une condamnation de la tendresse et de l’empathie, un interdit implicite à l’altérité

La distanciation sociale et le port du masque obligatoires dans les établissements scolaires dès l’âge de 6 ans interdisent de fait le réconfort de l’enfant à l’école par la tendresse, laquelle devient un acte dangereux interdit et assimilé comme tel. La spontanéité des gestes est interdite, réprimée et punie. La tendresse même au sein de la famille est réprimandée dans la narration médiatique ; l’isolement social au sein des familles est encouragé, sous peine de chantage à la culpabilité : l’enfant est ainsi assimilé à un meurtrier s’il a embrassé spontanément ses grands-parents ![14]

La représentation de la maladie est en soi problématique, vue comme un ennemi étranger et invisible duquel on doit se protéger en s’éloignant d’autrui. Les enfants développent des angoisses en rapport à ce qu’ils touchent, et ce d’autant plus que le toucher est l’un des premiers sens mis à contribution dans la découverte du monde (rappelons que les bébés portent les objets à la bouche avant de les manipuler, pour découvrir le monde. Les enfants touchent le matériel, les jeux, les vêtements, et c’est un besoin primordial dans la constitution psychique du principe de réalité). Priver les enfants du toucher revient à les priver d’un accès sensoriel fondamental au monde qui les entoure, et est une grave maltraitance aux terribles conséquences.

L’accès aux émotions est rendu extrêmement problématique par le port du masque. Les enfants n’apprennent plus à lire correctement les émotions sur le visage de l’adulte, ce qui renforce des processus de perte des affects. Le retrait du masque chez les adultes entraîne de l’angoisse chez les enfants en bas âge, qui vivent dès lors le visage de l’adulte comme menaçant. L’autre est perçu comme un ennemi, ce qui grève lourdement le développement de l’altérité. Le rapport au corps, la perte d’accès à l’humanité ainsi que la confusion générale (cf. infra) entraînent des troubles du comportement et, pour certains enfants, une perte du sentiment de réalité de nature à engendrer également des troubles de nature psychotique.

Plus l’enfant est jeune, plus ce risque est aujourd’hui accru.

Une entrave au développement psycho-affectif, relationnel, psychomoteur et des régressions dans les apprentissages

A 6 ans, l’enfant n’a pas encore accédé au stade logique, et vit encore dans un monde fait de pensée magique. Son développement psycho-affectif et relationnel est aujourd’hui empêché (ex. : impossible de se rassurer par un sourire ou des expressions sur le visage de l’adulte autour).

Le psychologue du développement et universitaire américain Edward Tronick a démontré dans ses recherches (the « Still Face Experiment ») qu’un nourrisson est en recherche de partage constant avec sa mère, et qu’il se trouve en détresse psychique sérieuse face à l’absence d’interactions, ou encore l’inexpressivité d’un visage ou son impassibilité. Ceci a un impact direct grave sur son développement affectif et le lien d’attachement. L’enfant est sensible à trois éléments : les expressions faciales, les vocalisations et les postures corporelles. Le masque vient aujourd’hui entraver de fait ce que ce psychologue américain appelle les unités expressives fondamentales, c’est-à-dire la capacité pour l’enfant en bas âge de grandir sans épisodes de détresse face à l’inexpressivité du visage des adultes référents autour de lui. Le port du masque des personnes autour empêchant l’accès au sourire et aux traits du visage engendre de facto cette inexpressivité et compromet donc sérieusement le développement psychique des enfants en bas âge.

Dès l’âge de 4 à 6 semaines, les bébés esquissent des mouvements de lèvres et réagissent à leur environnement de cette façon pour lui montrer le plaisir qu’ils éprouvent d’interagir avec lui. Dispenser et voir un sourire a des effets positifs sur le bien-être, le développement et l’apprentissage[15]. Ce mécanisme trouve une explication au niveau neurologique depuis la découverte récente des « neurones miroir » ou neurones de l’empathie[16] permettant de se mettre à la place de l’autre et d’imiter ses comportements. Ces neurones seraient tout particulièrement sensibles au sourire.

Par la suppression du sourire derrière le masque s’effectue donc une neutralisation très importante de l’empathie chez l’adulte vis-à-vis de l’enfant mais aussi chez l’enfant vis-à-vis des adultes qui l’entourent. Cette empathie est nécessaire pour la prise de confiance dans les relations sociales et donc, en supprimant l’accès au sourire, le port du masque est très dommageable à l’épanouissement et au développement psycho-affectif des enfants.

La suppression du visage au travers des masques ainsi que les contraintes exercées sur les corps entraînent des régressions nettes dans le développement relationnel et intellectuel de l’enfant et une perte d’élan vital pour communiquer. Pour beaucoup d’enfants, la socialisation commence avec l’école, et la découverte des règles du vivre-ensemble, comme de l’autorité du maître. Quel est donc ce maître qui n’a pas d’identité, comment reconnaître son humeur, savoir s’il est gentil, ou humain ?

Il convient de noter que ce problème de reconnaissance concerne aussi les adultes, un maître d’école nous a témoigné qu’il confondait les mamans et avait rendu un enfant à une autre… Une psychologue a également confondu une maman avec une autre, en allant chercher l’enfant dans la salle d’attente. Ceci est un grave problème de protection des enfants, dont la sécurité est mise en danger.

Le langage est lié aux émotions, il existe un besoin de lire les expressions du visage, de la bouche et d’entendre de façon audible une voix et les émotions qui l’accompagne. Renoncer à cette forme de communication consistant à lire le langage et les signes sur le visage revient à renoncer à la communication non verbale et à ses subtilités, à l’ironie et à l’humour qui convoque les mimiques du visage, à l’analyse de la communication paradoxale… Quelle cohérence y a-t-il aujourd’hui avec le déploiement au sein des établissements de la langue des signes au nom de « l’inclusion » ?

De plus, couper l’accès à un organe de communication essentiel, diminue la réceptivité des autres.

Les enfants dépendent largement des expressions faciales pour comprendre et appréhender leur environnement : « Cacher la moitié inférieure du visage diminue la capacité à communiquer, interpréter et imiter les expressions de ceux avec lesquels nous sommes en contact. Les émotions positives deviennent moins reconnaissables et les émotions négatives sont amplifiées. Le mimétisme émotionnel, la contagion et l’émotivité en général sont réduits ainsi que les liens entre les enseignants et les étudiants, la cohésion de groupe et l’apprentissage – dont les émotions sont un moteur majeur. » [17]

Le développement de l’élocution est lourdement freiné, de même que celui de la lecture, lesquelles fonctionnent également par mimétisme des phonèmes sur le visage d’autrui.

Les professeurs témoignent des difficultés à se faire entendre au travers du masque, les enfants devenant plus agités en classe, n’ayant pas accès à une audibilité correcte dans les enseignements reçus.

Des régressions nettes de l’apprentissage scolaire de base (diction, audition, lecture) et des replis sur soi sont à craindre.

Dans de nombreuses maternelles, l’accès spontané aux jeux est interdit (crainte de contagion par les jouets), ce qui bloque le développement psychique et moteur des enfants en bas âge.

Une fragilisation majeure de l’autorité bienveillante/contenante et de la posture parentale

Le message dominant est fait d’angoisse sur l’avenir.

Les modèles sont des adultes tristes et obéissants, rendus vulnérables par l’incertitude sur la situation économique (ce qui fragilise par ricochet les enfants). La politique sanitaire actuelle fragilise en outre la posture parentale auprès des enfants, mettant les parents en situation d’enfants devant obéir, ce qui entraîne tout à la fois une impuissance parentale et une perte de repères pour les enfants[18].

Le pouvoir imaginaire et symbolique de l’autorité parentale est en chute libre, or rappelons-le, c’est d’abord l’autorité parentale qui rassure les enfants et leur permet de grandir dans un environnement affectif sécurisant pour eux.

Les parents manquent d’arguments, ne sont plus en mesure de promettre que « ça va finir », ne soutiennent pas forcément la narration médiatique dominante et monopolistique, et n’ont pas le temps de préparer les enfants face à la variabilité chronique des décisions politiques à « effet immédiat », annoncées brutalement.

Les parents sont donc mis dans l’impossibilité d’accompagner leurs enfants dans leurs représentations, de les guider et de les épargner. Ils sont à court d’arguments pour expliquer des situations que les enfants ne manquent pas de questionner avec leur bon sens.

Une perte de repères structurants et des discours paradoxaux

La situation entraîne une perte de repères vis-à-vis du monde adulte, vécu comme menaçant et incohérent. Par exemple, un enfant témoigne pour dire qu’il ne comprend pas pourquoi il peut aller en classe, mais ne peut plus jouer dans la rue avec ses copains comme avant.

Le paradoxe est également présent dans la collusion entre un discours mortifère d’adultes qui est adressé aux enfants, et des apprentissages à l’école de chansons fort surprenantes parlant d’un « virus extra-terrestre » ou guerrières, telles que « le covid on en viendra tous à bout », d’après les témoignages que nous recueillons.

Les précautions hygiénistes sont poussées à l’absurde : interdiction de se laver les mains dans certains établissements pour éviter de toucher au robinet, repli par groupes (interdiction de se mélanger entre classes lors de la récréation) etc.

L’école n’est plus le lieu de l’apprentissage de la socialisation, mais celui de l’apprentissage de la distanciation sociale. Elle n’est plus le lieu du vivre-ensemble mais celui du marquage de la méfiance de tous contre tous. Le lien social est très attaqué : les proches deviennent de potentiels ennemis, nous nageons dans les paradoxes éducatifs.

Les enfants vont-ils avoir envie de grandir pour appartenir au monde adulte tel que nous sommes en train de le leur présenter ? Ou vont-ils se déconnecter et se réfugier dans l’imaginaire en refusant de grandir, des sentiments de toute-puissance avec passages à l’acte, ou encore des idées délirantes avec déréalisation ? Sans compter l’augmentation du recours aux écrans, déjà bien problématique, ayant pour conséquences la fuite de la réalité et du lien social au sein même de l’espace familial.

Le paradoxe éducatif concerne également l’écologie, au regard de la contamination du milieu ambiant due au gel hydro-alcoolique, ainsi qu’aux déchets produits cette année (gants, masques etc.) à l’échelle de la planète, mais également le rapport à la nature : un virus est-il vraiment un ennemi extérieur à notre organisme qu’il faudrait combattre ? Doit-on réellement abattre des troupeaux entiers d’animaux porteurs d’un virus ou l’idée d’éradiquer un virus en tuant son porteur vivant relève-t-elle davantage d’une pensée primitive dangereuse de type psychotique ?

Les enfants sont aujourd’hui stigmatisés, alors que durant la première période de l’année 2020, ils étaient considérés comme inoffensifs. Le port du masque est vécu comme un geste arbitraire ; beaucoup se soumettent à des ordres vécus comme arbitraires pour « ne pas avoir de problème » sans comprendre le sens de ce qui leur est demandé. Dès qu’un enfant se gratte le nez, ou baisse son masque, il est contraint à l’isolement et/ou disputé.

Les enfants nagent enfin dans la confusion psychique face à des règles floues, changeantes, contradictoires, arbitraires et uniquement punitives. Ils se vivent comme « mauvais », puisqu’ils sont, selon les moments, punis de jeux collectifs, de cours de récréations ; les sorties scolaires peuvent être annulées, les toboggans fermés et quid de l’accès aux bibliothèques ?

Il est urgent de retrouver la raison…

Si l’on reprend ces éléments du point de vue de la thérapeutique, dans le cas qui nous intéresse il s’agit d’un traitement préventif, c’est ainsi que nous est présenté le port du masque par les enfants et leur distanciation en milieu scolaire, il y a lieu, comme pour tout traitement, y compris préventif, d’évaluer son rapport risques/bénéfices.

Rappelons tout d’abord quel est l’objectif direct cherché actuellement par ce traitement préventif (le « bénéfice ») : diminuer la circulation du virus SARS-Cov-2 (ou COVID-19 virus) dans la population scolaire et par conséquence dans la population générale, c’est-à-dire en pratique, le nombre de personnes contaminées. De la réussite de cet objectif dépendraient des objectifs secondaires comme la diminution du nombre de patients hospitalisés et surtout celui des formes graves admises en service de réanimation, ainsi que la mortalité due à cette maladie, un lien effectivement probable du point de vue épidémiologique, encore qu’un lien de temporalité (la diminution du nombre de malades symptomatiques après ces mesures) n’implique pas de lui-même un lien de causalité et qu’il faudrait étayer ce dernier par d’autres arguments dans une méthodologie adéquate.

Cet abord de la prévention en milieu scolaire (le port du masque et la distanciation sociale rebaptisée physique) ne l’envisage que d’un point de vue passif, une sorte de ligne Maginot contre le virus, sans que soient réellement prises en compte les capacités de défense propres à chaque individu, en dehors, et ceci de manière paradoxale, de celles, affaiblies, des personnes « fragiles ». Ce qui vient d’ailleurs confirmer l’évidence : les défenses immunitaires personnelles d’un être humain jouent un rôle majeur pour contrer le développement d’une maladie infectieuse. Les grandes difficultés de traitement curatif ou préventif des infections des patients souffrant de déficience immunitaire congénitale ou acquise en sont la preuve a contrario.

Il est généralement admis avec de fortes présomptions scientifiques à l’appui, tant historiques qu’actuelles, que de nombreux facteurs qui ont été développés auparavant dans cet article interviennent dans l’état des défenses immunitaires propres à chaque individu à un moment donné de sa vie, à côté de caractéristiques constitutionnelles initiales ou de maladies chroniques. C’est par exemple, et quel que soit l’âge, l’hygiène de vie (air respiré, lumière naturelle, espace vital, activité physique, cadre de vie, rythmes circadiens tels que veille-sommeil, activités scolaires ou professionnelles et leurs productions, etc., tous ces éléments étant fortement perturbés par la vie en confinement), l’alimentation et les conditions des repas, enfin et tout particulièrement l’importance de l’état de son humeur psychique. De nombreuses études ont montré qu’une humeur dépressive (a fortiori une dépression), de même qu’une anxiété chronique, diminuent les défenses immunitaires de celui qui en souffre. Les facteurs sociaux jouent un grand rôle dans ces états psychiques, et la cohésion du groupe ainsi que la qualité des relations affectives avec l’entourage sont des éléments importants dans leur prévention ou leur traitement. Pour les plus jeunes, qui ont moins de moyens de prise de distance émotionnelle que les adultes, le port du masque, la distance sociale et même le confinement vont à l’évidence, au regard des éléments développés plus haut, à l’encontre des éléments favorables au développement d’une bonne immunité personnelle.

Pour en revenir plus précisément au port du masque en milieu scolaire, que peut-on en attendre sur le plan de la contamination ? Sa seule véritable action est de limiter la quantité de postillons et autres particules émises par la bouche et le nez. Son but n’est pas de protéger de ces particules celui qui le porte mais l’espace proche qui l’entoure : le masque chirurgical protège le champ opératoire, pas le chirurgien. Dans le meilleur des cas le masque porté par les enfants ne peut que limiter en partie la contamination entre eux durant le temps scolaire. La distance physique imposée (qui devient ainsi de fait une distance sociale) peut effectivement augmenter cette limitation de la contamination, mais n’importe quel enfant de l’école primaire peut s’interroger et poser des questions à ses parents sur ce qu’il observe. Des questions comme : pourquoi dans les transports publics cette distance physique n’est-elle plus nécessaire depuis que le port du masque est obligatoire pour les adultes ? Ou bien : pourquoi les deux ne sont-ils obligatoires qu’à l’école ? La situation scolaire est-elle bien plus dangereuse que n’importe quelle autre de sa vie quotidienne (puisqu’en dehors de l’école, comme on peut le constater de visu, une partie des enfants continue de jouer et de parler normalement entre eux) ? Et si l’école est effectivement dangereuse pourquoi continue-t-on à l’y envoyer ? Que répondriez-vous à la place des parents ?

Comme aucune évaluation sérieuse de ces actions « anti-contamination-diffusion du virus » ne semble avoir été faite, ils sont bien en peine pour répondre à des questions qu’eux-mêmes se posent, ce qui nous renvoie à la baisse de la confiance des enfants dans le rôle protecteur parental exposée plus haut. Il en est de même dans les relations des enfants avec les adultes qui les enseignent, quand ne se sont pas installés des sentiments de défiance et de culpabilité bien plus toxiques tels que décrits supra dans cet article. Actuellement, le sentiment de culpabilité (et pas seulement de responsabilité pour plagier certaines anciennes réponses de « décideurs » lors d’affaires tragiques antérieures) est d’ailleurs assez général chez les enfants, sans qu’ils comprennent ce qu’ils ont pu faire de mal, surtout les plus jeunes, et il le reportent sur les messages culpabilisant de certains adultes : les petites incartades au port du masque, les jeux ou discussions entre eux, etc., qu’ils ne peuvent s’empêcher de faire, comme des enfants qu’ils sont. La mise en cause de leur responsabilité dans le risque mortel qu’ils feraient courir à leurs grands-parents ou autres personnes fragiles proches est particulièrement culpabilisante, alors que les données qui nous sont transmises sur ces voies de contamination par les enfants sont très parcellaires et contradictoires.

Au bout du compte cette diminution possible mais non vérifiée (ni humainement vérifiable) de la contamination entre enfants durant les heures scolaires est très probablement quantité négligeable dans la diffusion des vagues épidémiques actuelles de COVID 19. Les effets indésirables de cette prévention constatés lors de l’utilisation du port du masque et la distance entre enfants en milieu scolaire (et plus globalement, l’anxiété généralisée qui les accompagne), c’est-à-dire les « risques » du rapport « risques/bénéfices » sont donc bien présents et importants. Ils apparaissent ainsi prépondérants sur les « bénéfices », ce qui nécessiterait une réévaluation de ce rapport, un traitement, qu’il soit préventif ou curatif, ne pouvant être évalué que par son résultat clinique global et non sur celui d’une seule partie de ses effets. Cette réévaluation pourrait permettre un réexamen des mesures sanitaires en cours en milieu scolaire.

Un autre élément de prévention lors d’une épidémie, dont on entend parler fréquemment, est l’acquisition d’un taux suffisant de personnes immunisées au sein d’une population pour arrêter la propagation du virus en son sein et ainsi protéger également ceux qui n’ont pas encore été contaminés. En ce qui concerne ce nouveau virus, ce taux ne peut actuellement qu’être estimé en fonction des épidémies antérieures par d’autres virus plus ou moins proches de celui-ci. Quel qu’il soit, il ne semble pas atteint jusqu’à présent dans la plupart des populations mondiales, au vu de la pandémie en cours. Cette immunité de groupe ne peut être acquise que par un nombre suffisant d’individus immunisés après contamination par le virus circulant entre les membres de ce groupe. On comprend dans ce cas l’importance de l’immunité personnelle de chaque membre de ce groupe et de l’intérêt qu’elle soit la meilleure possible. La stratégie de limitation de la diffusion d’un virus ne peut que retarder l’acquisition d’une immunité collective plutôt que mettre fin à l’épidémie. Son intérêt est plutôt d’étaler l’évolution de celle-ci afin que les capacités de soins disponibles ne soient pas dépassées en cas de pic, ce que l’on peut comprendre.

Ce n’est pas la première fois dans l’histoire des épidémies à transmission interhumaine que nous sommes confrontés à une telle situation et nous le sommes même encore actuellement pour d’autres agents infectieux que le COVID 19. Pour mémoire, citons en trois cas, dus à différentes sortes d’agents infectieux :

1. Celui de la varicelle, due à un virus, qui sévissait sous forme d’épidémies à renforcements saisonniers. Celle-ci était très contagieuse dans la population enfantine, quasi exclusivement sous des formes peu symptomatiques ou relativement bénignes. Les formes graves, potentiellement mortelles, ne se voyaient que chez les enfants immunodéprimés (en cas de leucémie par exemple). La stratégie préventive consistait alors, dès qu’une épidémie de varicelle débutait, à protéger ces quelques malheureux enfants en les mettant au vert dans un milieu sans contact avec d’autres enfants, les grands-parents par exemple, avec scolarité à distance. Il n’était pas question de freiner la diffusion du virus mais au contraire de favoriser celle-ci dans l’entourage de l’enfant concerné, comme par exemple chez ses frères et sœurs, afin qu’ils constituent une barrière efficace pour son retour. Les enfants « boucliers » se sentaient ainsi valorisés par leur rôle après qu’on leur avait expliqué les raisons de l’éloignement de l’enfant malade.

2. Autre maladie : la coqueluche, due à une bactérie. Pas si anodine que cela chez l’enfant, elle reste très dangereuse chez le nouveau-né. La stratégie actuelle est donc d’établir une barrière sanitaire autour de lui, en vérifiant l’état d’immunité de toutes les personnes qui vont être amenées à s’en occuper pendant ses premiers mois de vie.

3. Troisième cas, celui de la toxoplasmose, qui est une parasitose. L’infection durant l’enfance passe le plus souvent inaperçue alors que pendant la grossesse elle aboutit fréquemment à des malformations graves, voire la mort du fœtus. Là encore la stratégie consiste à favoriser l’acquisition d’une immunité par l’absence de mesures empêchant la contamination spontanée par le toxoplasme à une période de la vie où elle est sans conséquence : l’enfance (sauf en cas de déficit immunitaire, bien évidemment), voire à la favoriser par le contact avec un des animaux transmettant le parasite et que les enfants adorent caresser : le chat.

Dans ces trois situations, la stratégie adoptée est celle d’une protection individuelle des personnes susceptibles de contracter une forme grave de la maladie, tout en favorisant l’acquisition d’une barrière immunitaire collective capable de les protéger en remplacement de cette protection individuelle qui ne peut être que provisoire pour de multiples raisons. Encore faut-il réduire le plus possible les effets indésirables de ces mesures provisoires et, lorsque c’est possible, demander aux personnes concernées leur avis sur ce qu’elles souhaitent (comme par exemple des grands-parents en institution par rapport au contact avec leurs petits-enfants pour l’épidémie actuelle). C’est sous cet angle que pourrait être considérée la protection des enseignants et autres professionnels de l’enfance, qui prennent probablement moins de risques avec les enfants qu’ils côtoient durant leur activité professionnelle, qu’en croisant sur le trottoir quelqu’un en plein effort de course à pied sans masque.

Pour résumer ces paragraphes, il est souhaitable de se demander si les mesures sanitaires actuelles concernant les enfants en milieux scolaire et autres ne relèvent pas d’un hygiénisme plus du registre de la phobie que de l’hygiène (et l’on commence à découvrir le rôle de la nosophobie des microbes dans les maladies allergiques) ainsi que d’un scientisme plutôt que d’une médecine clinique dans ses composantes somatique et psychologique.

Il est urgent de retrouver la raison et de formuler clairement les questions posées par cette épidémie si l’on veut avoir la possibilité d’y trouver des réponses adéquates à la situation qu’elle nous impose, sans avoir à l’aggraver par nos actions, comme le veut toute thérapeutique bien comprise.

Conclusion

Notre relevé clinique est très alarmant, et signale une politique sanitaire ne souffrant d’aucune contestation dans ses certitudes, mais qui semble très déconnectée du réel vécu et des troubles psychiques et physiologiques graves et sérieux qu’elle engendre sur la population en général, et les enfants en particulier.

« Maintenant on ne va plus à l’école pour travailler mais pour se faire gronder » est devenu un discours récurrent entendu dans nos consultations. Bientôt, tous les enfants seront traumatisés d’aller à l’école et ne souhaiteront plus grandir, puisqu’ils ressentent une hostilité franche à leur égard de la part du monde adulte. La souffrance psychique et les troubles associés chez les enfants sont par conséquent en pleine « explosion »[19].

L’enfance est aujourd’hui utilisée comme un champ expérimental hasardeux notamment de techniques manipulatoires institutionnalisées (cf. BVA nudge unitssupra), où la violence d’un monde adulte régi par l’angoisse focalisée sur la mort et la maladie fait effraction traumatique dans le monde de l’enfance, lui supprimant de façon totalitaire et abusive le droit à une autorité contenante, à une structure sécurisante favorisant les apprentissages, lui volant son innocence, sa joie de vivre et sa sérénité.

Il serait confortable de se reposer sur la capacité d’adaptation et de résilience des enfants face aux maltraitances, mais cela ne devrait en aucun cas nous permettre de faire l’économie d’un positionnement professionnel.

C’est pourquoi nous appelons les professionnels de l’enfance en particulier, et les adultes en général, à se manifester publiquement avec discernement, responsabilité et bienveillance, pour faire barrage à cette maltraitance systémique, aider à promouvoir une approche raisonnable et mesurée, et garantir ainsi la protection des enfants du peuple de France.

Références complémentaires (non exhaustives)

« Le droit de chacun à respirer un air qui ne nuise pas à sa santé », par Marianne Moliner-Dubost (maître de conférences)

Port du masque : le parcours du combattant d’un collégien asthmatique, décrivant les railleries et l’isolement subi par un collégien, vivant désormais un calvaire dans ses activités scolaires ; la mère ayant insisté pour la reprise des cours de l’enfant, a subi une garde à vue de 8 heures.

Témoignage : au collège, le droit à respirer de l’air pur est relégué aux toilettes

Masked education? The benefits and burdens of wearing face masks in schools during the current Corona pandemic, Trends Neurosci Educ. 2020 Sep.; 20, 11 août 2020

Le port obligatoire du masque pour les enfants, c’est de la maltraitance !, 21 Août 2020, par les docteurs G. Delépine, chirurgien oncologue et N. Delépine, pédiatre cancérologue.

Signataires

Karine Amistani, psychologue clinicienne

Cécile Auduc, psychologue clinicienne

Julien Baillet, psychologue, thérapeute EMDR Europe

Anaïs Barbier, psychologue

Mélissa Bellocq, psychologue spécialisée en neuropsychologie

Ariane Bilheran, psychologue clinicienne et docteur en psychopathologie

Marie Claude Bonnetto, psycho-praticienne

Sandra Brot, psychologue clinicienne

Régis Brunod, pédiatre et pédopsychiatre

Valérie Chénard, psychologue sociale et du travail

Stéphanie D’Attoma, Psychologue

Isabel Dousset, psychopédagogue

Anne Laure Duprat, psychologue référente de la CUMP 24, Psycho-traumatologue Laetitia Dutoict, thérapeute et praticienne EMDR

Thierry Duverger, psychologue clinicien

Sonia Fazio, Psychologue Clinicienne, Psychothérapeute, Expert près les Tribunaux

Catherine Frade psychologue et psychopathologue du travail, docteur en pharmacie, ancienne présidente de l'association EMDR France

Anne Gendron, psychologue

Laetitia Guias, psychologue du travail

Marie-Laurence Hercenberg, psychologue clinicienne

Stéphanie Jacques, psychologue clinicienne

Marie-Pierre Josancy, psychothérapeute pour enfants

Amandine Lafargue, psychologue clinicienne, psychologue sociale et des organisations du travail, psychothérapeute et psychanalyste

Virginia Leclercq, psychanalyste

Laurence Leroy, psychologue clinicienne

Carole Mary, psycho-praticienne et infirmière

Émilie Michaud, psychologue

Yoanna Micoud, psychologue clinicienne

Consuelo Palacios, psychologue clinicienne

Gwenaëlle Persiaux, psychologue clinicienne

Amandine Potier, psychologue clinicienne

Jocelyne Rabier, psychologue

Laurence Rasmussen-Amigues, psychologue clinicienne

Juliette Rocache, psychologue

Marta Cecilia Rodriguez Rave, psychologue clinicienne

Caroline Sanmori, Psychologue Clinicienne et Psychologue Scolaire

Marie-Catherine Thevenet, psychologue clinicienne et psychanalyste

Isabelle Torisi, psychanalyste

Cet article est proposé pour publication en première instance à France Soir ainsi qu’à Reinfocovid.

Un collectif de professionnels de la psychologie et de la psychiatrie est en constitution, contactez conscience.sante.liberte@protonmail.com, si vous souhaitez en faire partie.

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Notes [1] Ces troubles de nature phobique sont à relever également chez des enseignants dans nos consultations, certains étant en arrêt de travail pour cela, d’autres souhaitant démissionner et ne se sentant plus en capacité de transmettre de façon sereine dans de telles conditions.

[2] https://www.facebook.com/watch/?v=317319673026731 [3] The effects of social deprivation on adolescent development and mental health, The Lancet Child & Adolescent Health, Volume 4, Issue 8, 1 Août 2020. [4] Baumeister RF Leary MR. The need to belong: desire for interpersonal attachments as a fundamental human motivation. Psychol Bull. 1995 ; 117 : 497-529 Hawkley LC, Cacioppo JT. Loneliness matters: a theoretical and empirical review of consequences and mechanisms. Ann Behav Med. 2010; 40: 218-227 Mask mandates may affect a child’s emotional, intellectual development, Dr Mary Gillis, 23 Juillet 2020. [5] https://up-magazine.info/le-vivant/sciences/65177-la-covid-19-nest-pas-une-maladie-qui-concerne-les-enfants/ [6] Chen Y, Zhou Z, Min W. Mitochondria, Oxidative Stress and Innate Immunity. Front Physiol 2018 ;9 :1487. Doi :10.3389/fphys.2018.01487 [7] https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/332448/WHO-2019-nCov-IPC_Masks-2020.4-fre.pdf [8] https://www.londonneurology.com/dr-margareta-griesz-brisson Founder and Medical Director of The London Neurology & Pain Clinic Ltd, Specialized Clinic exclusively on Physiology, Neurotoxicology and Primary Prevention Medicolegal Expert in the USA, UK, Germany, Switzerland, Norway. Ce manque d’oxygène dû au port du masque étant qualifié de « fake news », nous souhaitons rappeler que cela contredit les observations cliniques de bon sens et les retours faits notamment par les enfants et les sportifs. Demandons donc aux sportifs s’ils obtiennent les mêmes résultats en s’entraînant avec un masque ou non, et cela permettra de valider par l’expérience les bienfondés de ces assertions théoriques. Bientôt, nous devrons également argumenter sur les raisons pour lesquelles il ne faut pas arroser les plantes avec du pétrole ! [9] http://www.francesoir.fr/societe-sante/les-gestes-barrieres-les-mains-oui-les-masques-vraiment-moins [10] https://www.nouvelobs.com/coronavirus-de-wuhan/20200512.OBS28723/une-fiche-invitant-a-signaler-les-propos-inacceptables-des-eleves-sur-le-covid-agace-les-profs.html [11] https://unpeudairfrais.org/le-port-du-masque-a-nos-enfants-de-6-11-ans-est-il-justifie-reinfocovid/ [12] https://m.facebook.com/100000304937380/posts/3620330454653750/?d=n [13] https://m.facebook.com/100000304937380/posts/3624932354193560/?d=n [14] Le gouvernement s’est doté institutionnellement d’une unité d’experts en sciences comportementales (BVA nudge unit au cœur même de Matignon) pour la campagne gouvernementale. Le nudge signifiant coup de pouce en anglais est une théorie d’économie comportementale mise de Richard H. Thaler et par Cass R. Sustein (2008 « Nudge. La méthode douce pour inspirer la bonne décision »). Aussi appelé manipulation douce, le nudge exploite nos réflexes en les bousculant à l’aide de biais cognitifs tels que l’aversion à la perte, l’émotion, la réciprocité, l’effet de groupe, les comptes mentaux ou les émotions. Cet outil permet de modifier inconsciemment le comportement des gens pour parvenir à un comportement souhaité. France culture a dédié une émission sur cette gestion manipulatrice de la crise sanitaire. Les enfants sont donc confrontés massivement au matraquage de ces messages de campagne de communication manipulant nos biais cognitifs pour condamner les gestes les plus élémentaires de tendresse et d’empathie. https://www.franceculture.fr/emissions/signes-des-temps/le-nudge-et-le-comportementalisme [15] https://www.caminteresse.fr/psychologie/le-sourire-un-langage-subtil-et-universel-11114950/ [16] https://sensoridys.fr/videos/les-neurones-miroirs/ [17] Mask mandates may affect a child’s emotional, intellectual development, Dr. Mary Gillis, 23 juillet 2020. Young children especially rely on facial expressions to understand situations. [18] Nous renvoyons à l’article de Laurence Leroy, « Fragilisation de la position parentale dans l’exercice de son autorité et "syndrome d’aliénation" ». http://www.arianebilheran.com/post/fragilisation-de-la-position-parentale-dans-l-exercice-de-son-autorite-et-syndrome-d-alienation [19] « Dans le nord-est de Paris, on constate un doublement des tentatives de suicide chez les mineurs de moins de 15 ans par rapport à l’année dernière (…). Depuis la rentrée de septembre, un enfant de moins de 15 ans arrive ainsi presque chaque jour aux urgences de Robert-Debré pour une tentative de suicide, contre environ un tous les trois jours un an avant ». https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/11/26/a-l-hopital-robert-debre-les-soignants-face-a-l-explosion-des-troubles-psychiques-chez-les-enfants_6061143_3244.html

Addenda : témoignages d'enfants au 13 décembre 2020

Covid19

Éducation

Protection de l'enfance

Psychisme de l'enfant

Santé psychique

Je suis un vilain complotiste

Par Le 20/12/2020

Je suis surtout quelqu'un qui ne croit plus du tout dans la parole gouvernementale, ni dans celle des medias "officielles."

Donc, je cherche d'autres informations, tout en gardant à l'esprit que certains autres medias racontent tout autant n'importe quoi que le gouvernement. Mais dans l'autre sens. 

Ici, il y a une information qui m'intéresse et donc je l'archive.

 

Un ancien cadre de Pfizer exige que l’UE mette un terme aux études sur le vaccin contre la COVID-19 en raison d’un “risque de stérilité potentielle” et d’autres problèmes de santé

Planetes360 PAR Planetes360

in SANTE ET ENVIRONNEMENT

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Un ancien cadre de Pfizer exige que l’UE mette un terme aux études sur le vaccin contre la COVID-19 en raison d’un “risque de stérilité potentielle” et d’autres problèmes de santé

L’ancien vice-président et directeur scientifique de Pfizer, le Dr Michael Yeadon et le Dr Wolfgang Wodarg, spécialiste des poumons et parlementaire allemand, ont déposé une demande urgente auprès de l’Agence européenne du médicament pour demander la suspension immédiate de toutes les études sur le vaccin contre le SRAS-CoV-2 – notamment l’étude de BioNtech/Pfizer sur le
BNT162b (EudraCT numéro 2020-002641-42).

Yeadon et Wodarg affirment que les études devraient être interrompues jusqu’à ce qu’une étude de conception soit disponible et qui répondra à toute une série de graves préoccupations en matière de sécurité exprimées par un nombre croissant de scientifiques renommés qui restent sceptiques quant à la rapidité avec laquelle les vaccins ont été mis au point, selon le site allemand 2020 News.

D’une part, les pétitionnaires demandent qu’en raison du manque de précision connu du test PCR dans le cadre d’une étude sérieuse, qu’un séquençage par la méthode dite de “Sanger” soit utilisé. C’est la seule méthode qui permet de faire des déclarations fiables sur l’efficacité d’un vaccin contre le Covid-19. Sur la base des nombreux et différents tests PCR de qualité très variable, ni le risque de maladie ni l’intérêt éventuel d’un vaccin ne peuvent être déterminés avec la certitude nécessaire, c’est pourquoi le fait de tester le vaccin sur des humains est contraire à l’éthique en soi – 2020 News.

Le couple souligne également des inquiétudes soulevées dans des études antérieures portant sur d’autres coronavirus – notamment (via 2020 News) :

* La formation d’anticorps dits “non neutralisants” peut entraîner une réponse immunitaire exagérée, en particulier lorsque la personne test est confrontée au vrai virus dit “sauvage” après la vaccination. Cette amplification dite anticorps-dépendante, l’ADE, est connue depuis longtemps grâce à des expériences de vaccins contre les coronavirus sur les chats, par exemple. Au cours de ces études, tous les chats qui avaient initialement bien toléré la vaccination sont morts après avoir attrapé le virus sauvage.

* Les vaccinations devraient produire des anticorps contre les protéines S du SRAS-CoV-2. Cependant, les protéines S contiennent également des protéines homologues de la syncytine et qui sont essentielles à la formation du placenta chez les mammifères tels que l’homme. Il doit être absolument exclu qu’un vaccin contre le SRAS-CoV-2 puisse déclencher une réaction immunitaire contre la protéine Syncytine-1 car sinon, une stérilité de durée indéterminée pourrait en résulter pour les femmes vaccinées.

* Les vaccins à ARNm de BioNTech/Pfizer contiennent du polyéthylène glycol (PEG). 70% des personnes développent des anticorps contre cette substance, cela signifie que de nombreuses personnes peuvent développer des réactions allergiques, potentiellement mortelles, à la vaccination.

* La durée beaucoup trop courte de l’étude ne permet pas une évaluation réaliste des effets secondaires. Comme dans les cas de narcolepsie survenus après la vaccination contre la grippe porcine, des millions de personnes en bonne santé seraient exposées à un risque inacceptable si une autorisation d’urgence devait être accordée et qu’ensuite seulement on avait la possibilité d’observer les effets secondaires de la vaccination. Néanmoins, BioNTech/Pfizer a apparemment bien soumis une demande d’approbation d’urgence le 1er décembre 2020.

Le Dr Yeadon a fait la une des journaux le mois dernier lorsqu’il avait déclaré “Aucune donnée scientifique ne permet d’affirmer qu’une deuxième vague devrait avoir lieu”, et que les faux-positifs résultant de tests COVID-19 intrinsèquement défectueux sont utilisés pour “fabriquer” une deuxième vague.

Comme l’écrit Ralph Lopez sur le site “HubPages”, le Dr Yeadon prévient que la moitié ou même “presque tous” les tests COVID sont des faux-positifs. Le Dr Yeadon affirme également que le seuil de l’immunité collective pourrait être beaucoup plus bas que ce que l’on pensait auparavant et a peut-être déjà été atteint dans de nombreux pays.

Dans une interview réalisée le mois dernier, la question suivante a été posée au Dr Yeadon :

“Nous basons une politique gouvernementale, une politique économique, une politique concernant les libertés civiles, par exemple, en termes de limitation du nombre de personnes à six dans une réunion…tout ça basées sur, ce qui pourrait bien être, des données complètement fausses sur ce coronavirus ?”

Le Dr Yeadon a répondu par un simple “oui”.

Il a ensuite déploré les vies perdues à cause des politiques de confinement et des innombrables vies “sauvables” qui seront encore perdues à cause des reports d’importantes opérations chirurgicales et d’autres soins de santé, si le verrouillage devait être réimposé.

Traduction planetes360 par Shining

Barnabé Chaillot, géotrouvetou

Par Le 20/12/2020

Ce gars-là est un phénomène et il m'apporte beaucoup d'idées avec toute la philosophie de "décroissance" qui me convient.

Il n'est pas du genre à tout balancer pour s'installer dans une grotte comme ironisent tous ceux qui rejettent li'dée de décroissance.

Barnabé utilise les technologies modernes mais pour en retirer tous les avantages dans cette optique de limitation de l'impact écologique.

Je suis abonné à sa chaîne, tout comme celle de Damien Dekarz. Des videos utiles. 

 

Damien Dekarz, philosophe de la nature

Par Le 20/12/2020

Un Henry David Thoreau moderne. Réflexions et mises en action.

Un véritable bonheur à écouter pour chaque vidéo.

Il est dans le Limousin, comme nous dans peu de temps, un véritable "château d'eau", une population de terriens et c'est cette population auprès de laquelle nous souhaitons vivre.

Pour ceux ou celles qui cherchent un terrain avec de l'eau, le Limousin est une perle.

Solastalgie ou éco-anxiété

Par Le 20/12/2020

Qui aurait imaginé ça il y a trente ans ? L'anxiété liée à l'état de la planète, les troubles physiques et psychologiques, le désordre intérieur à un niveau si intense que la vie quotidienne en est affectée.

Je n'en suis pas là pour ma part et Nathalie non plus mais c'est un sujet de discussion récurrent. On tente depuis longtemps d'agir à notre mesure. 

Il nous reste moins à vivre que ce que nous avons vécu, c'est en fait un soulagement...Effrayant d'écrire une chose pareille. Mais nous sommes grands-parents et la présence de ce petit bonhomme est un rappel constant que cette génération hérite d'un cadeau empoisonné et c'est véritablement douloureux, profondément. 

 

L’écoanxiété : qu’est-ce que c’est?

 

Auteur

Annie Dubé

 

Femme entourée de nature et de catastrophes naturelles

Jacob_09 / Shutterstock

Vous arrive-t-il de ressentir une angoisse envahissante lorsque vous songez à la quantité de plastique qui se retrouve dans l’océan? Les changements climatiques vous empêchent-ils de bien dormir? Si oui, il est possible que vous souffriez d’écoanxiété.

Vous avez peut-être entendu ce terme, de plus en plus courant dans le langage populaire et les médias. Mais qu'est-ce que c'est exactement, l'écoanxiété?

L'écoanxiété, c'est quoi?

Aussi appelée solastalgie, l’écoanxiété est un sentiment de détresse face au dérèglement d’un écosystème. C’est donc une forme d'anxiété qui trouve sa source dans l’inquiétude liée aux enjeux environnementaux. 

Ce sentiment de détresse bien réel émane du constat selon lequel l’environnement proche se dégrade de manière irrémédiable.

En soi, l’écoanxiété n’est pas encore un diagnostic cliniquement reconnu, mais c’est un phénomène bien réel pour de plus en plus de gens. Ce type d’anxiété est un concept relativement nouveau dans l'esprit populaire. Bien qu’il ne soit pas inclus dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5), les personnes qui en souffrent décrivent de multiples symptômes, tels que des attaques de panique, une pensée obsessive, une perte d’appétit et de l’insomnie.

Puisque cette condition n’est pas très reconnue par les professionnels de la santé, il n’existe pas de statistiques compilant le nombre de gens souffrant d’écoanxiété.

Comment différencier une réaction normale devant les changements climatiques d’une écoanxiété? Difficile à dire!  Bien que cette étiquette soit de plus en plus populaire, aucune base scientifique ne vient réellement définir ce type d’anxiété pour le moment. On peut cependant supposer que les gens qui souffrent d'écoanxiété ressentent une anxiété causée par des bouleversements environnementaux divers. 

Greta Thunberg lors d'un discours public

Sarah Silbiger/Getty Images

De plus en plus de gens s'identifient comme éco-anxieux, dont un grand nombre de jeunes. L’un des visages qui symbolisent le mieux ce mal est l’activiste Greta Thunberg. L'adolescente suédoise raconte qu'elle s'est sentie si envahie par son écoanxiété qu’elle a décidé de faire la grève pour le climat. La jeune militante s'est tellement investie à combattre l'indifférence des politiciens face aux problèmes environnementaux qu'elle est devenue l'un des symboles de cette lutte.

Mais on n’a pas besoin d’aller si loin pour trouver des gens près de nous qui sont touchés par l’écoanxiété. Au Québec, de plus en plus de gens ressentent une détresse face à l’état de la planète. C’est le cas Andrée-Anne Brunet, animatrice, qui a décidé de vivre un mode de vie zéro déchet pour tenter de faire sa part.

Comment continuer de vivre malgré son écoanxiété

Pour Andrée-Anne Brunet, même si elle n’a pas consulté un professionnel pour cette problématique, elle s'identifie tout de même comme éco-anxieuse.

Celle qui a pris un grand virage qui tend vers le zéro déchet depuis quelques années pense que l'action est une clé afin d'exercer un certain contrôle sur nos craintes. 

Je me suis lancée dans l’aventure du zéro déchet avant de sentir de l’écoanxiété. J’ai effectué mon virage il y a 4 ans déjà. Je n’ai pas besoin de ressentir de grandes émotions vives pour décider de faire mieux dans mon quotidien. Or, le sentiment d’urgence s’est accentué alors que dans l’actualité on s’est mis à parler davantage d’environnement et surtout à parler de l’échéance qui se rapprochait dangereusement pour la survie de la planète. C’est ça qui fait que j’ai parfois envie de brasser les gens autour de moi. J’ai l’impression que ce n’est pas pris au sérieux et ça me dépasse. La planète va nous survivre, nous sommes les imbéciles heureux qui vont disparaître si on continue de consommer de la même façon qu’on l’a toujours fait. Pas besoin de sentir de l’anxiété ou de la colère pour agir. Dès qu’on accepte qu’on se dirige dans un mur et qu’on cesse de rejeter la faute sur les autres, et que l'on comprend qu’il faut se regarder le nombril même si on a l’impression que celui-ci est trop petit pour avoir un impact, on fait alors les choses différemment. 

–Andrée-Anne Brunet 

Elle nous explique qu'en observant ses humeurs et ses pensées récurrentes, elle a compris que quelque chose se passait en elle. 

Je suis quelqu’un de positif, de joyeux et qui a le bonheur facile. Quand j’ai constaté que ça faisait plusieurs journées consécutives que j’étais fâchée, dépassée et impatiente, j’ai compris qu’il y avait un problème. Je n’étais plus moi-même, j’étais obsédée par le sort de notre planète. Je le suis encore, mais je suis capable d’avoir de l’espoir à nouveau. Je ne sais pas s’il est important de poser une étiquette absolument, de se dire écoanxieux. Je pense que ce qui est primordial, c’est de poser des gestes concrets pour changer nos habitudes de consommation, que notre degré d’anxiété soit élevé ou bas. Ça regarde tout le monde.

–Andrée-Anne Brunet

Comprendre les troubles anxieux en général

Selon l’Institut Douglas, l’anxiété est un mécanisme biologique dont la fonction est de nous protéger contre les situations dangereuses. À petites doses, elle nous protège, alors qu’au contraire, une anxiété excessive peut nous emprisonner.

Il est normal pour l’humain de ressentir une certaine dose d’anxiété lorsqu’il fait face à un problème qui menace sa sécurité. On parle d’un trouble anxieux lorsque la détresse ressentie est envahissante et qu’elle n’est pas proportionnelle au danger auquel on fait face.

Les éco-anxieux sont-ils déraisonnables? Pour les climatosceptiques, probablement. Mais puisqu’il est difficile de prédire exactement les défis auxquels nous devrons faire face au cours des prochaines décennies, la peur générée par les changements déjà observés est compréhensible. Tout est donc dans la mesure de l’intensité de la souffrance, ainsi que l’impact que cette peur a sur le fonctionnement des personnes atteintes.

Mais ressentir de l'anxiété légitime peu avoir des avantages qui permettent d’agir en cas d’urgence. Certaines personnes utilisent cette crainte légitime de manière constructive afin d’opérer un changement. Même s’il est impossible d’avoir un contrôle absolu sur les faits et gestes de tout le monde, tous ont un pouvoir d’action sur leurs propres façons d’agir. Andrée-Anne Brunet, elle, a choisi d’adopter un mode de vie qui est en accord avec ses valeurs éco-responsables.

Le phénomène de l'écoanxiété affecterait de nombreuses personnes, qui participent même à des groupes de soutien et des groupes Facebook pour les aider à canaliser les émotions anxiogènes liées à l’information concernant l’urgence climatique.

L'écoanxiété des jeunes 

D’après la journaliste Marie-Ève Tremblay de Radio-Canada, plus on est jeune, et plus on aurait peur pour les générations futures. C'est normal après tout, puisque les jeunes seront eux-mêmes plus affectés par les changements climatiques.

Greta Thunberg lors de la Marche pour le climat

Minas Panagiotakis/Getty Images

Un sondage réalisé par YouGov en 2019 indique que les répondants britanniques sont plus inquiets au sujet de l’environnement depuis les dernières années, et c’est lors d’évènements majeurs, par exemple les vagues d’innondations qui ont eu lieu en 2014 ou la manifestation du groupe Extinction Rebellion en 2019, que les plus hauts taux d'anxiété ont été observés sur la courbe depuis 2010.

Selon Consoglobe, les jeunes Californiens serait 70% plus angoissés que ceux qui vivaient dans les années 50.

Le déni comme mécanisme de défense?

Paradoxalement, d'après le psychologue norvégien Per Espen Stoknes, certains ont plutôt recours au déni quand vient le temps d’aborder les changements climatiques afin de préserver leur équilibre mental. Le professionnel a analysé les taux d’inquiétude face aux changements climatiques depuis la fin des années 80 dans plus de 39 pays occidentaux, et a constaté que plus le niveau de certitude d’une urgence est présent, et moins les gens auraient tendance à se sentir concernés. L’idée de créer une distance entre nous et une menace – tant en termes de temps et d’espace – facilite le processus de déni.

Pancarte lors d'une manifestation pour l'environnement

Markus Spiske / UnSplash

Serait-il possible que plus on s'intéresse à l'environnement et plus on risque de devenir éco-anxieux? Dans certains cas, peut-être. Mais pour Andrée-Anne Brunet, des actions comme la Marche pour le climat qui a eu lieu le 27 septembre dernier lui font un grand bien. 

Je me sens plus calme, moins fâchée. Mon écoanxiété s’est transformée en encore plus d’actions posées concrètement dans mon quotidien.

–Andrée-Anne Brunet

Chose certaine, plus les écosystèmes seront perturbés et plus on risque d'entendre parler d'écoanxiété dans les prochaines années. Espérons qu'on trouvera des solutions tant environnementales que des ressources pour aider ceux aux prises avec cette angoisse écologique pas banale du tout.

Si vous croyez vivre de l'écoanxiété, consultez un professionnel de la santé qui pourra vous aider à trouver des pistes de solution pour mieux vivre avec les inquiétudes écologiques de notre époque. 

"Le jugement politique et l'opinion commune" Alain

Par Le 18/12/2020

C'est Monsieur Ollier, dont je n'oublierai jamais les heures passées dans sa classe de littérature, qui m'avait conseillé de lire Alain. (Emile Chartier) et ses "Propos". J'étais au lycée.

Je me souviens de ces lectures, des textes courts mais d'une portée phénoménale, tant les réflexions qu'ils généraient pouvaient m'occuper pendant des heures, des jours. Je trouvais ça fascinant qu'en quelques lignes, des pensées puissent déclencher de tels bouleversements. C'était comme magique. J'avais conscience que beaucoup de ces "Propos" ne m'atteignaient pas avec toute la grandeur qu'ils portaient parce que je n'avais pas la capacité à les saisir, parce que j'étais trop "jeune", trop inconstant dans mes réflexions, trop volage, trop agité. J'éprouvais le même phénomène avec Krishnamurti. Je savais pertinemment que ma compréhension était terriblement incomplète et parfois, je m'en énervais. Je sentais que le trésor était bien plus vaste, que je n'en effleurais que la surface mais en même temps, il me plaisait d'imaginer que je partais en exploration, qu'il me restait à garder la foi, que je parviendrais un jour à la terre promise, à la compréhension pleine et entière des propos de l'auteur.

Non, jamais je ne me ridiculiserai à affirmer que j'ai atteint cette terre promise mais je sais que je progresse. Et c'est juste ça qui me satisfait. Ce texte-là, par exemple, je n'en comprenais pas la quintessence, je n'en apercevais qu'une infime partie, comme un horizon voilé par les brumes. Il est heureux de voir que quarante ans plus tard, il me semble en saisir enfin toute la profondeur. Il est certain que l'expérience de l'âge est un atout considérable mais parfois, je trouve désolant le temps qu'il faut pour faire un pas, toutes les années accumulées pour parvenir à déchirer tous ces voiles de brume. En sachant d'autre part, que si l'expérience de la vie favorise la compréhension, elle porte aussi en elle l'avancée progressive et inéluctable vers le vieillissement et l'affaiblissement de l'énergie nécessaire pour continuer à faire un pas, puis un autre...

Toujours est-il que ce texte sur "l'opinion", il serait bon et utile qu'ils soit placardé sur les murs. 

 

"Le jugement politique et l'opinion commune


 

Chacun a pu remarquer, au sujet des opinions communes, que chacun les subit et que personne ne les forme. Un citoyen, même avisé et énergique quand il n'a à conduire que son propre destin, en vient naturellement et par une espèce de sagesse à rechercher quelle est l'opinion dominante au sujet des affaires publiques. « Car, se dit-il, comme je n'ai ni la prétention ni le pouvoir de gouverner à moi tout seul, il faut que je m'attende à être conduit ; à faire ce qu'on fera, à penser ce qu'on pensera. » Remarquez, que tous raisonnent de même, et de bonne foi. Chacun a bien peut-être une opinion; mais c'est à peine s'il se la formule à lui-même ; il rougit à la seule pensée qu'il pourrait être seul de son avis.


Le voilà donc qui honnêtement écoute les orateurs, lit les journaux, enfin se met à la recherche de cet être fantastique que l'on appelle l'opinion publique. « La question n'est pas de savoir si je veux ou non faire la guerre, mais si le pays veut ou non faire la guerre. » Il interroge donc le pays. Et tous les citoyens interrogent le pays, au lieu de s'interroger eux-mêmes.


Les gouvernants font de même, et tout aussi naïvement. Car, sentant qu'ils ne peuvent rien tout seuls, ils veulent savoir où ce grand corps va les mener. El il est vrai que ce grand corps regarde à son tour vers le gouvernement, afin de savoir ce qu'il faut penser et vouloir. Par ce jeu, il n'est point de folle conception qui ne puisse quelque jour s'imposer à tous, sans que personne pourtant l'ait jamais formée de lui-même et par libre réflexion. Bref, les pensées mènent tout, et personne ne pense. D'où il résulte qu'un État formé d'hommes raisonnables peut penser et agir comme un fou. Et ce mal vient originairement de ce que personne n'ose former son opinion par lui-même ni la maintenir énergiquement, en lui d'abord, et devant les autres aussi.


Posons que j'ai des devoirs, et qu'il faudra que j'obéisse. Fort bien. Mais je veux obéir à une opinion réelle ; et, pour que l'opinion publique soit réelle, il faut d'abord que je forme une opinion réelle et que je l'exprime ; car si tous renoncent d'abord, d'où viendra l'opinion ? Ce raisonnement est bon à suivre, et fait voir que l'obéissance d'esprit est toujours une faute.


Alain (Émile Chartier), "Mars ou la guerre jugée" (1936).

Jarwal le lutin : le détachement de soi

Par Le 18/12/2020

JARWAL LE LUTIN 

 

 

Pulsion de mort

 

« Cette histoire, les enfants, montre que toute mon expérience est centrée sur moi-même. Je suis celui par lequel tout ce qui vient à moi est reçu, analysé, commenté, rejeté, détesté, magnifié, adoré...Ce moi qui perçoit est au centre. Tout du moins, c'est l'impression qu'il donne. J’ai compris en ayant perdu provisoirement la mémoire que ce moi est ce qui m'appartient le moins, c’est une entité constituée de multiples fragments, parfois éparpillés au vent des conditions de vie. Lorsque je sais que quelqu'un pense du mal de moi, comme Jackmor par exemple, je suis en quelque sorte relié à cette personne, je me laisse emporter par les pensées générées par cette crise. De la même façon lorsqu'il s'agit de quelqu'un qui m'aime. C'est à partir du moi que j'entre en relation avec le monde. Je vais donc m'appliquer à confirmer l'existence de ce moi en accumulant des fragments à partir desquels je pourrai sculpter l'identification dont ce moi a besoin pour se prolonger. On devine le piège. Quelle est la réalité de ce moi sitôt qu'il prend forme à travers des pièces diverses qu'il ne maîtrise pas ? Juste un amalgame hétéroclite. C’est cela que j’ai compris. J’essayais d’exister alors que je n’avais aucune idée de l’image initiale.
-Ca me fait penser à un puzzle que je voudrais reconstituer alors que je n’aurais même pas eu l’image finie en modèle, expliqua Marine.
-Qu’est-ce que c’est ce puzzle ? demanda Jarwal.
-C’est un jeu de patience, on a des petites pièces avec un morceau d’image et quand on les assemble, ça donne une grande image complète.
-Je comprends, c’est une occupation très intéressante et effectivement, c’est un très bon exemple pour expliquer la façon dont nous voyons la Vie. On croit que parce que nous avons dans les mains quelques petites images, on a saisi l’ensemble. On essaie de construire quelque chose dont on ne possède même pas la vue générale.
-On dirait un ouvrier qui voudrait construire une maison alors qu’il n’a même pas idée de ce que ça va donner à la fin, ajouta Rémi.
-Oui, c’est exactement ça, s’enthousiasma le lutin. Vous voyez, vous comprenez très bien de quoi je parle. L'énergie dispensée pour élaborer cette image est pourtant phénoménale. Je vais accumuler et protéger mes objets, mes relations, mes connaissances, mes passions, mes projets...Tout cela créé un attachement grâce auquel je pense pouvoir donner de la valeur à mon existence. J'appartiens à mes attachements et je m'en glorifie... Il va falloir en plus que je protège mon territoire, toutes ces possessions. Je vais devoir lutter contre ceux qui s'opposent à mes droits. Je chercherai sans doute à intégrer un groupe qui me ressemble et qui pourra me défendre. J’abandonnerai certainement une partie de mes convictions pour être bien vu, bien accueilli et pouvoir bénéficier de la force de ce groupe.
-Ah, oui, on voit ça à l’école. Tous ces enfants qui veulent absolument suivre un chef et faire comme lui ou qui s’habillent comme leurs idoles de télévision. Ça m’énerve ! lança Rémi.
-Ils ont peur Rémi, tout simplement. C'est inévitable. Beaucoup de gens fonctionnent de cette façon. La peur qu'on me vole mon identification ou qu'on ne la reconnaisse pas, que je sois rejeté ou incompris, que mes choix de vie soient bafoués. J'entre en confrontation avec ceux qui ne me reconnaissent pas ou qui défendent leur image. La colère se nourrit de ma peur. Attachement, aversion, colère, peur, réjouissance, reconnaissance, insatisfaction, désillusion, amour, joie, peine. C’est un chaos immense. Il se peut qu'un jour, pour une raison connue ou pas, je prendrai conscience de ces tourments répétés. Une illumination, un choc, une révélation, quelque chose d'incompréhensible pour la raison mais qui me bouleversera au-delà du connu. J'entrerai peut-être dans une nouvelle dimension, ça sera long évidemment, douloureux sans doute mais je sentirai pourtant que c'est mon chemin.
-C’est ce qui t’est arrivé chez les Kogis ?
-Oui Léo. Mais il y a un autre risque. Si j’attribue cette révélation à moi-même sans comprendre qu’elle vient de la Vie elle-même, j'aurai l'impression d'être supérieur aux autres, d’être plus puissant qu’eux. Je détournerai la révélation pour m’en glorifier.
-Mais ça sera toujours le moi qui serait le Maître.
-Tout à fait Marine. Alors je chercherai à préserver cette plénitude, à l'accroître même, et dès lors se mettra en place une nouvelle identification. D'autres empilements. Juste d'autres perceptions, d'autres sensations, d'autres pensées, d'autres réflexions narcissiques. Je me prendrai pour un Sage ou un grand Maître. J'aurai juste changé ma façon de regarder les pièces du puzzle éparpillées.
-En ayant été incapable de voir l’image originale.
-Oui Marine. Cette quête n'aura été qu'une illusion, une machination du moi qui se sera finalement révélé le plus malin... Il sera toujours le maître des lieux.
-Mais quelle est cette image originale Jarwal ?
-Il faut comprendre avant tout qu’il n’y a rien à chercher. Tout est déjà là mais en le cherchant, je m'en éloigne. Tout le problème vient de ce remplissage inconsidéré de l’existence. On ne voit plus rien quand on a entassé des gravats.Le Soi, c’est la fusion de ce moi, du je et de la conscience de la Vie. C’est une entité immuable qui a le pouvoir d’analyser ces changements sans que ces changements n'influent sur elle. C'est l'identité véritable. L'expérimentateur. Mais un expérimentateur qui doit parvenir à se dessaisir de lui-même comme objet. Il ne s'agit pas là de s'observer dans les évènements extérieurs mais d'entrer dans un espace sans expérience et que cette observation ne devienne pas elle-même une expérience...Au risque de renvoyer l'expérimentateur face à son objet... Être conscient de n'être conscient de rien...Comme si l'on écoutait mais qu'il n'y avait rien à entendre. Même si ce silence est un bruit inaudible, il est toujours là. Le Soi n'est ni acteur, ni objet de l'action mais le contenant de ces deux entités identifiées. Le Soi n'a pas pour autant d'enveloppe, il n'est pas identifiable par des termes matérialistes ou scientifiques. Il est de l'ordre de l'ineffable.
-Je ne comprends plus rien, avoua Léo.
-Tu ne comprends pas les mots Léo mais ton âme sait de quoi je parle parce que tu es déjà dans cette vie intérieure. Sinon, tu ne serais pas là à m’écouter.
-Il ne s’agit pas de constituer l’image originelle parce qu’elle est nécessairement déjà là mais de parvenir à enlever tout ce qui la couvre. C’est ça Jarwal ?
-Oui Marine.
-Et cette image originelle, c’est la conscience de la Vie qui la détient. C’est lorsque nous avons abandonné notre appartenance à ce chaos humain.
-Pas exactement Rémi. Il ne s’agit pas de l’abandonner parce que sinon il faudrait aller vivre sur une île déserte. Il s’agit de ne pas lui appartenir. De faire la distinction entre la participation lucide et la disparition dans le flot. Imagine une particule d’eau de l’Océan. Elle n’est pas "dans" l’Océan car elle fait partie de l’Océan. Un bâton qui flotte est dans l’Océan. Pas une particule d’eau. Je dis par conséquent qu’elle est "de" l’Océan. Sans ces particules d’eau, l’Océan n’existe pas. Mais sans l’Océan, les particules ne seraient que des individualités esseulées. La fusion des particules crée l’Océan. Il y a plusieurs menaces ensuite. Soit certaines particules regroupées considèrent qu’elles ont un pouvoir plus grand que celui de l’Océan et elles finissent par l’oublier, le contester, le combattre même, soit certaines particules refusent de se voir assemblées dans un Tout et considèrent qu’elles doivent préserver une liberté de décisions, une autonomie qui leur paraît plus importante que le Tout. Dans les deux cas, ces particules sont dans l’erreur. Celles qui s’imaginent obtenir un pouvoir parce qu’elles pensent avoir une ressemblance, une particularité, des idées communes, des intentions autres que la participation à l’Océan, celles-là participent au désordre. Elles fabriquent une rupture dans la cohésion des particules. D’autres particules vont prendre peur et vont vouloir assembler leurs peurs pour fonder d’autres groupes. La confrontation prend une ampleur inéluctable et incontrôlable. De leur côté, celles qui pensent bénéficier d’une autonomie vont s’efforcer de s’isoler ou de lutter individuellement contre ces groupes. Elles ne participent pas pour autant à la cohésion perdue mais elles l’entretiennent en réagissant contre un désordre qu’elles condamnent. Elles utilisent le même fonctionnement que les groupes qu’elles critiquent. Des entités rebelles entêtées dans une distinction qu’elles vénèrent ne participent aucunement à la réhabilitation de l’Unité. Elles se voient comme plus importantes que l’Océan lui-même et succombent à la peur de disparaître. C’est toujours la peur qui crée le chaos. Cette incapacité à dépasser la vision restrictive de l’individu est une condamnation de l’Unité.
-Mais comment doit-on se comporter alors Jarwal ?
-C’est là qu’intervient cet apprentissage du détachement de soi. Il ne s’agit pas de se nier en tant qu’individu ni de rejeter l’appartenance à l’Océan mais de parvenir à observer les deux phénomènes. Juste les observer, sans leur apporter la moindre émotion. C’est ce qu’on appelle « agir dans le non-agir ». Je suis une particule animée par l’Océan. J’agis dans le champ de mes expériences mais sans jamais être dissocié d’une dimension bien plus grande. L’Amour est à la source de cette paix intérieure. Laisse la vie te vivre, elle sait où elle va. Cette phrase est essentielle pour moi. On pourrait penser que c’est une invitation à l’abandon et à la lâcheté, comme un bâton qui flotte sur l’Océan. Mais nous ne sommes justement pas des bâtons. Nous sommes animés par la Vie et c’est en son cœur que nous devons apprendre à agir. Non pas agir contre elle en nous dressant fièrement devant elle mais agir dans la dimension qu’elle nous propose. C’est un équilibre extraordinaire à trouver. »

Le silence retombé. L’écho de tous les mots, la nécessité d’aller au plus profond de la compréhension. Chacun animé par la volonté d’explorer les horizons proposés, au regard de son propre potentiel, sans se soucier de l’avancée des compagnons, juste dans l’acceptation de ses limites et de l’énergie disponible.

« Il faut que vous rentriez les enfants. Vous avez une longue descente et le jour va tomber. »
Cette difficulté à quitter les espaces intérieurs. Comme si les mouvements de l’Océan participaient au bonheur des voyages. Une particule aimante du grand corps qui l’accueille et qu’elle constitue elle-même. Comment abandonner un tel cadeau ?

« Tu sais Jarwal, c’est très à la mode depuis quelques temps de parler de l’environnement. La pollution, les destructions de la planète et tout ça. Mais j’ai un peu l’impression que cette façon de voir cet environnement est totalement fausse et en plus je me dis que notre façon de nous voir est également fausse. Ce que nous voyons de nous n’est qu’un environnement mais c’est au cœur de cet environnement que se trouve la réalité. Enfin, j’ai du mal à l’expliquer. Tu vois, c’est comme si nous, les humains, on voyait la Terre comme quelque chose de séparée de nous mais en fait, c’est pareil pour nous. Nous sommes séparés de nous-mêmes parce que nous ne percevons que ce qui est visible ou identifiable, tout ce sur quoi on sait mettre un nom. Ah, ça m’énerve, je ne sais pas comment l’expliquer !
-J’ai parfaitement compris ce que tu veux dire Marine. Notre identité, tout ce que sur quoi nous avons-nous-mêmes apportés une reconnaissance que nous transmettons aux autres, toute cette fabrication est artificielle. Elle n’est qu’un environnement. Mais ce qui importe et qui est réel est caché en nous-mêmes. Nous portons un trésor et nous nous occupons du coffre qui le contient. De la même façon que les hommes s’inquiètent de l’environnement ou y sont totalement indifférents sans comprendre qu’ils ne s’intéressent qu’à des formes matérielles en ignorant le flux vital qui les anime. Mais il n’en reste pas moins que je préfère les voir s’inquiéter de la préservation de cet environnement plutôt que de le délaisser. Il existe au moins la possibilité qu’un jour ils parviennent à établir un vrai regard et qu’ils cessent de jouer des rôles de sauveur, juste pour leur gloire personnelle.
-Tout ça, c’est de l’espoir Jarwal et cet espoir est une illusion. Tu l’as dit toi-même.
-C’est vrai Rémi. C’est pour cela qu’il faut juste agir dans le non-agir, faire ce qui te semble juste sans te préoccuper des résultats éventuels. Faire ce que tu es sans vouloir que les choses soient ce que tu aimerais. Puisque les choses ne peuvent pas être ce que tu n’es pas.
-Tu veux dire que les choses sont ce que je suis ?
-Oui Rémi. Tu crées la réalité qui te correspond. Tu vis ce que tu es et tes actes influent sur la réalité de ton environnement mais ils ne changent rien à la réalité de la Vie que tu portes. La Vie que tu portes, je l’appelle le réel. L’environnement n’est que la réalité. Mais il faut arrêter nos discussions les enfants, vous allez vous mettre en retard et je m’en voudrais que vos parents s’inquiètent. Filez vite. Nous nous reverrons.
-C’est difficile de te laisser Jarwal. J’aimerais tellement ne plus te quitter, avoua Marine en baissant les yeux. La vie quotidienne ne sera jamais aussi belle qu’avec toi.
-Ta vie quotidienne sera ce que tu es Marine. Ne l’accuse pas d’être d’une quelconque responsabilité.
-Tu as raison Jarwal. Je m’en souviendrai. Allez les garçons, on y va. »

Le Professeur Perronne : viré.

Par Le 17/12/2020

Je n'ai pas regardé le documentaire "Hold-up" et je ne le ferai pas. Ce que je trouve sur la Toile me suffit. Je trie, je filtre, je soupèse, je jette, je garde, j'archive etc etc...Tout ce qui relève du "montage" de diverses données, j'en suis toujours très méfiant. 

Je sais que le Professeur Perronne est cité dans ce documentaire. Ca n'a sûrement pas contribué à apaiser les sbires qui le poursuivaient. 

Toujours est-il qu'il me semble inconcevable que ce médecin, tout comme le Professeur Raoult, soient des illuminés déglingués qui cherchent à passer à la télévision et à se faire aduler par des fans en délire.

J'ai lu de tout sur ces deux personnages mais je trouve toujours très dérangeant que les prises de position des uns comme des autres soient toujours très extrémistes. Ce sont soit des diables soit des génies. 

Le mieux étant toujours de lire ce qu'ils écrivent ou d'écouter ce qu'ils disent, sans que ça ne passe par le filtre journalistique. 

Christian Perronne : "Les tirs de barrage reçus par Didier Raoult sont aussi liés à des querelles d'égos"

"Quand nous finirons par réagir, car nous réagirons, c'est inévitable, nous serons pris au dépourvu."
© Bruno Coutier

Christian Perronne : "Les tirs de barrage reçus par Didier Raoult sont aussi liés à des querelles d'égos"

Entretien

Propos recueillis par 

Publié le 02/04/2020 à 17:00

 

Le professeur Christian Perronne estime que les hésitations du gouvernement et des experts médicaux concernant l'hydroxychloroquine et le protocole du professeur Raoult nous conduisent à commettre une grave erreur. Entretien.

Le professeur Christian Perronne est chef du service infectiologie de l'hôpital Raymond Poincaré de Garches. Spécialiste de la maladie de Lyme, il a été président de la commission spécialisée maladies transmissibles du Haut Conseil de la santé publique. Il est aussi coresponsable des cours en maladies infectieuses et tropicales pour l’université de Versailles-Saint-Quentin, et membre de l'OMS. Il s'inscrit en faux contre ce qu'il considère comme une vision erronée de la médecine de la part des experts médicaux ayant critiqué la méthodologie des essais du Professeur Raoult sur l'hydroxychloroquine. De même, il revient sur les suspicions concernant les effets secondaires de ce médicament, qu'il juge disproportionnées au vu de sa connaissance personnelle de ce dernier.

Marianne : Pourquoi avoir pris position en faveur du professeur Didier Raoult et de ses essais cliniques sur l'hydroxychloroquine, au moment où nombre d'experts médicaux entendent rester prudents ?

Christian Perronne : Je suis un scientifique pragmatique. Et cela me désole de voir l'ampleur qu'a pris, en France, l'esprit des statistiques sur le véritable esprit de la médecine. Il consiste à laisser penser que la médecine ne procède que de chiffres, de tirages au sort, d'équations... Cela est efficient lorsqu'on peut procéder sur le long terme, mais devient totalement inopérant dans certains secteurs de la médecine, comme celui des maladies rares.

Il est consternant de constater que dans la médecine actuelle la démarche empirique puisse être méprisée, sous prétexte qu'on n'ait pas recouru à des tests en randomisation avec tirage au sort. Ce qui est impossible actuellement, alors que nous sommes dans une situation d'urgence, une crise sanitaire comme nous n'en avons pas connue depuis un siècle. En cela nous nous devons plutôt de considérer une méthode de "médecine de guerre", bien loin des préceptes méthodologiques que prêchent les experts médicaux.

Certains relèvent tout de même des problèmes méthodologiques dans le premier essai clinique de Didier Raoult... La méthodologie du test européen "Discovery" en cours n'est-elle pas meilleure ?

Reprenons quelque peu. Avant la publication des études de Didier Raoult, des études chinoises avaient déjà relevé les vertus de la chloroquine pour baisser la charge virale du coronavirus, ce que de nombreux experts chinois ont pu confirmer depuis. Comme ce fut le cas dans une étude ce mardi, qui valide le protocole de Didier Raoult en montrant que l'hydroxychloroquine améliore l'état des patients en début d'infection.

Il semble que cela en dérange beaucoup de voir que le protocole marseillais fonctionne.

On a critiqué Didier Raoult après sa première étude, dont il a révélé les résultats le 16 mars dernier, car il n'avait pas 500 malades et un test en double aveugle disponible sous la main. Mais, en réalité, nul besoin de 300 malades pour démontrer que la charge virale baisse. Si l'on sait des médecins chinois que le virus peut persister jusqu'à trois semaines d'une part, et que le protocole du professeur Raoult diminue la charge virale au bout de quelques jours d'autre part, nous nous devons d'avancer sur la base du succès de ce protocole. Mais cela en dérange beaucoup de voir que le protocole marseillais fonctionne. Ce qui n'empêche pas d'évaluer le protocole par la suite, avec la méthode de long terme qui convient.

Quant au test "Discovery", il ne prend pas en compte le protocole du professeur Raoult (hydroxychloroquine et azithromycine dès l'apparition des premiers symptômes), mais uniquement l'hydroxychloroquine, et ce sur des cas dans des situations de pathologies aggravées. Pour cela, ce test fait preuve d'absence d'éthique. On leur dit qu'ils vont être tirés au sort, et éventuellement ne pas être traités, tout en connaissant très bien les chiffres de mortalité élevés de cette maladie.

Les autorités sanitairesmettent par ailleurs en garde contre les effets secondaires de ce médicament...

C'est intellectuellement malhonnête. Ce médicament était en vente libre depuis plus de cinquante ans jusqu'au mois de janvier. Il n'avait fait l'objet d'aucun signal d'alerte de pharmacovigilance. Je le prescris moi-même depuis vingt ans, et n'ai jamais rencontré aucun problème à son sujet. Il a des effets secondaires bien connus, c'est vrai. Il faut être prudent, notamment avec les personnes cardiaques, et plus spécifiquement les personnes âgées prenant simultanément plusieurs médicaments. Ce traitement doit être pris sous surveillance médicale en respectant la dose. Quant aux problèmes rétiniens, ils ne peuvent survenir qu'après avoir pris des doses très fortes pendant plusieurs années. Mais, de toute façon, les prescriptions du protocole de Didier Raoult ne concernent que quelques jours pendant lesquels on peut facilement surveiller les patients.

On assiste à une multiplication imaginaire du nombre d'effets secondaires depuis huit jours...

On constate surtout un gros problème médiatique et de nombreux fantasmes concernant la question de ces effets secondaires. On a quasiment dit, par exemple, qu'un Américain était mort à cause du médicament... alors que ce dernier, n'ayant pas réussi à se le procurer, a avalé une cuillère à café de phosphate de chloroquine, d'un produit pour nettoyer son aquarium. Aucun rapport, donc. On assiste à une multiplication imaginaire du nombre d'effets secondaires depuis huit jours... Cela est surtout lié à des problèmes d'égo du côté des experts médicaux.

Qu'entendez-vous par là ?

La chloroquine ne coûte pas cher, est un vieil anti-paludique, tombe comme un cheveu sur la soupe pour soigner une telle maladie virale : ne serait-ce pas un peu dérangeant pour nos amis virologues ? Oui, je formule l'idée que les tirs de barrage reçus par Didier Raoult sont aussi liés à des querelles d'égos, à son caractère iconoclaste et à son déficit d'académisme pour les "experts" médicaux parisiens, qui voient cela comme une atteinte manifeste à leur pré carré et à leurs dogmes. Dans cette situation de guerre, ces postures ne sont pas acceptables.

Nous ? Quand nous finirons par réagir, car nous réagirons, c'est inévitable, nous serons pris au dépourvu.

Le gouvernement pouvait-il faire autrement ?

Dans certaines régions, notamment aux États-Unis, les médecins se sont rendu compte qu'en donnant le médicament et en traitant suffisamment tôt, ils avaient à faire face à beaucoup moins d'hospitalisations. Un grand nombre de pays y recourt désormais. En Italie, tous les médecins généralistes ont désormais la possibilité de traiter avec ce médicament leurs patients, même avec des signes débutants. L'administration américaine a elle aussi tergiversé, avant de donner son feu vert ce dimanche. D'autant que les États-Unis sont en train de faire main basse sur les stocks mondiaux depuis des semaines.

Nous ? Quand nous finirons par réagir, car nous réagirons, c'est inévitable, nous serons pris au dépourvu. Car Sanofi ne pourra pas produire en quelques jours des doses pour l'ensemble du pays... Et le marché international aura été raflé. Le même épisode auquel nous assistons aujourd'hui avec les masques. Je ne comprends pas cette imprévision, qui pour moi est totale.

Nous avions des indices sous les yeux depuis des semaines...

L'exemple de l'hésitation de notre gouvernement sur l'encadrement de l'hydroxychloroquine le montre. La position officielle consiste à expliquer qu'il faut l'utiliser uniquement dans les formes désespérées, sauf que le professeur Raoult dit l'inverse : il faut commencer dès les premiers symptômes, et éviter que la maladie ne bascule subitement dans des formes graves.

Nous avions des indices sous les yeux depuis des semaines... Et même si ce sont des indices, gouverner c'est prévoir. Et il fallait prévoir que cela pourrait marcher. D'autant que ce médicament ne coûte pas cher, que nous avons Sanofi à disposition pour le produire... Pourquoi aucun ordre n'est-il venu pour enjoindre ce groupe à produire ? Nous sommes désormais à 500 morts par jour. Combien de milliers de morts ce gouvernement aura-t-il sur la conscience ? Mais qui les conseille ? C'est révoltant.

Du haut de cette pyramide...

Par Le 17/12/2020

 

De la préhistoire à nos jours, l'humain a considérablement progressé. Personne n'irait le nier.

Le problème, désormais, est de comprendre pour quelles raisons et à partir de quel seuil, les progrès qui étaient nécessaires ont été dépassés par des progrès qui non seulement n'avaient pas de raisons fondamentales d'être développés mais qui de surcroît ont contribué à une involution dont nous voyons aujourd'hui les effets. 

Je pense bien entendu à la pyramide de Maslow.

Du haut de cette pyramide, des milliers de siècles sont à nos pieds. Et l'humanité ne s'est toujours pas dressée au sommet. 

Les besoins que tout individu cherche à satisfaire par ordre de priorité.

1.Survie : besoins physiologiques : faim, soif, sommeil, …

2.Sécurité : besoins de sécurité : protection morale et physique…

3.Socialisation : besoins de socialisation : amitié, affection, échange…

4.Estime : besoins d’estime : respect de soi, considération, prestige…

5.Accomplissement : besoins d’accomplissement : réalisation personnelle…

 

Le véritable problème de la planète ne vient pas des ressources disponibles mais des ressources existentielles. Cette exploration-là n'en est qu'à ses balbutiements et la catalepsie que nous connaissons entretient le pillage des ressources et l'inégalité dans la distribution de ces ressources.

Le monde occidental profite à outrance de ses avancées technologiques et de son aveuglement existentiel pour piller le reste du monde et nourrir dans les pays émergents le désir de parvenir à ce soi-disant bien être matériel.

Bien entendu que la situation des pays occidentaux est préférable à celle des populations confrontées à la misère, à la famine, à la soif, aux maladies...

Je sais très bien que je vis infiniment mieux que la plupart de millions d'humains. Ce que je conteste, c'est l'imposition forcenée du paradigme matérialiste sur les populations indigènes qui ont établi depuis des millénaires un équilibre particulier avec la nature.

La vision du monde prédominante repose sur l'exploitation des ressources naturelles et la soumision des ethnies qui vivent dans les territoires concernés. Les Conquistadors justifiaient la colonisation par l'évangélisation. L'enrichissement restait la motivation première. Aujourd'hui, le fonctionnement est le même. La colonisation n'a jamais cessé. Les justifications religieuses n'ont plus cours. Elles ont été remplacés par le sacro saint progrès...Progrès dans l'exploitation effrénée des ressources. Les ethnies n'y gagnent rien. Il suffit de regarder les populations déracinées qui hantent les bidonvilles de toutes les mégapoles de la planète.

C'est un fonctionnement court-termiste. le Moi exige l'accomplissement de ses intentions matérielles. Il n'y a aucune visée existentielle, aucune philosophie, aucune unité. Nous fonctionnons dans un registre essentiellement individualiste, ce que j'appelais la "pulsion de mort". Même l'idée de nation est une abberation dès lors qu'elle prend le pas sur l'humanité. C'est une valeur qui contribue essentiellement à l'extension du Moi. Il ne s'agit pas de créer une unité planétaire mais de contribuer à la formation d'un Moi national. Le Moi français contre le Moi chinois, arabe, asiatique, un jour peut-être le moi extraterrestre. On reste dans le conflit d'intérêt.

Quand je tente de me projeter dans l'avenir, je ne parviens pas à voir la moindre éclaircie. La paradigme ayant institué la vision dualiste de l'existence des egos ne laisse paraître aucune faiblesse.

La conclusion s'impose d'elle-même. Rien ne se fera volontairement.

La rupture surviendra lorsque l'équilibre sera rompu, lorsque l'exploitation aura atteint un seuil limite et que le système s'effondrera de lui-même.

Si je reprends la pyramide de Maslow, le dernier étage est à mon sens celui qui explique le désastre en cours :

5.Accomplissement : besoins d’accomplissement : réalisation personnelle…

" Réalisation personnelle"

Mais si elle est personnelle, elle n'est encore qu'au service de l'ego et donc à l'opposé de l'universalité et donc contraire à toute notion de sauvegarde de la vie.

Effectivement, les besoins fondamentaux ont été assouvis (oui, je sais, pour des millions de personnes, ça n'est pas le cas, il y a quelques jours j'ai donné un duvet de montagne à un SDF qui crevait de froid, plus une veste polaire et des chaussettes) Juste là, à deux kilomètres de chez moi. Il est évident que pour lui le besoin existentiel ne contient pas les mêmes données que celles que je cherche à explorer. 

Considérons, malgré tout, au vu de la masse monétaire en circulation dans les pays occidentaux et la quantité de marchandises achetées chaque jour, que les besoins fondamentaux sont assouvis pour des centaines de millions de personnes. Pour quelles raisons, malgré cet accomplissement matériel et psychologique, une part gigantesque de ces individus ne franchit pas le dernier palier ?

"La matrice" répondrait le Néo de Matrix. Ah oui, le "système", le fameux système. Le formatage, le conditionnement, l'éducation, la socialisation.

Je me souviens d'un débat-philo avec mes élèves de CM2, une discussion sur la notion de manque et de besoin. Et finalement, tout est là et c'est effrayant. Nous avons été éduqués à souffrir de manque qui ne sont aucunement des besoins. Et ces manques deviennent des désirs si puissants que nous finissons par nous persuader qu'il s'agit de besoins.

Le désir puis le manque.

Le manque, le besoin, le désir.

Besoins matériels. (spiritualité)

Besoins physiques et psychologiques. (spiritualité)

Le manque et le désir.

 

Et alors, donc, quelles solutions ? 

Il y en a deux :

1) une évolution spirituelle qui contribuera à mener les humains vers l'idée fondamentale de la décroissance : "Je suis riche des biens dont je sais me passer" Louis Vigée

ou

2) l'épuisement des ressources vitales et par conséquent les conflits dévastateurs qui réduiront l'espèce humaine à sa portion congrue.

Pour l'instant, au vu de la lenteur de cette évolution spirituelle, j'opte pour la deuxième. 

 

 

Do it yourself (suite)

Par Le 16/12/2020

En 2011, j'avais posté cet article présentant un mouvement de contestation né aux USA en 1970.

Il s'agissait pour moi de le mettre en parallèle avec le mouvements des "Indignés" qui s'étaient développés en France et dans d'autres pays européens.

J'essaie de comprendre pour quelles raisons ces mouvements (celui des Gilets jaunes en fait partie) finissent toujours pas s'effacer, par disparaître, sans que rien de fondamental ne reste. Bien sûr que certains individus engagés dans ces mouvements en garderont l'essentiel et construiront leurs existences différemment.

Mais qu'en est-il au regard du pays entier, au niveau de l'état, au niveau du système lui-même ? 

Cette résistance au changement à une grande échelle m'interpelle depuis longtemps. Il est clair que les forces qui s'y opposent sont d'une puissance redoutable mais je pense que rien ne pourrait contrer la force populaire si vraiment, la prise de conscience devenait générale.

Oui, je sais, je suis un utopiste, tout autant qu'un individu désabusé. 

Et pourtant, ça serait possible.

Alors, finalement, quelle est la solution ?

Changer soi-même.

Sans adhérer à quoi que ce soit.

Et lorsque les individus ayant trouvé une voie personnelle parviendront à un nombre suffisant, la vie qu'ils mèneront deviendra une ouverture possible au plus grand nombre. Sans aucune intention de le faire, juste par mimétisme, osmose, reconnaissance spirituelle. 

 

 

Do it yourself

  

Un mouvement de contestation des années 1970...

Qu'en reste-t-il ? Rien. Pour la bonne raison que tout le monde a fini par rendre les armes. La raison en est très simple : récupération du mouvement par des instances dirigeantes, une infiltration sournoise qui a fini par donner au mouvement une direction mercantile. Il a suffi que quelques leaders trouvent dans le plaisir des projecteurs une identification vite récupérée. Un travail existentiel insuffisant. Dès lors qu'on s'adapte à une société malade en usant pour la contester des fonctionnements qu'elle a construits, on lui appartient.

Do it yourself

Aller à : Navigationrecherccle)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Do_it_yourself

Philosophie Do It Yourself 

On peut associer la formule « Do It Yourself » au « bricolage » ou encore au « système D », mais cela ne s'arrête pas là. Qu'est ce qui s'apparente à la philosophie « faites-le vous-même » ?

Toute activité où l'on n'est plus spectateur ou consommateur.

Participer, et échanger ses connaissances, sa culture, son information, débattre et décider par exemple sur une encyclopédie libre, telle Wikipedia.

Toute activité créatrice ; exemples : l'artisanat, ou la notion de création, avant l'ère industrielle.

Tout recyclage, consumériste, technologique ou culturel.

L'auto-édition de livres, magazines, bandes dessinées et de remplacement.

Les groupes ou artistes solo libérant leur musique (musique libre) ou la finançant sans les maisons de disques.

La culture de la cassette, et de la copie « privée » ou plus dans la culture punk.

La création artisanale comme le tricot, la couture, les bijoux faits à la main, la céramique, etc.

En informatique, les logiciels libres, ou le hack.

En comédie, le détournement situationniste, ou tout simplement toute parodie.

Beaucoup d'activité créatrice pour enfant.

L'auto-régulation, l'auto-organisation, la démocratie directe.

La conception libre de médicaments3.

Dans la culture punk

Dans la culture punk, l'éthique DIY est liée à la vision punk anti-consumériste ; c'est un rejet de la nécessité d'acheter des objets ou d'utiliser des systèmes ou des procédés existants.

Le DIY comme sous-culture a sans doute commencé avec le mouvement punk des années 19704. On peut noter cependant que la débrouille, le bricolage, les activités pour enfants, etc., existaient avant le mouvement punk DIY.

En musique les groupes punk émergents effectuent souvent des spectacles dans les sous-sol des habitations, plutôt que sur des scènes traditionnelles, pour éviter le mécénat d'entreprise ou pour assurer la liberté de la performance. Depuis, alors que de nombreuses salles ont tendance à fuir la musique expérimentale, les maisons (ou les caves) sont souvent les seuls endroits où ces groupes peuvent jouer. L'underground est alors réellement underground, et pourtant les salles de spectacle dans les caves gagnent en renommée dans les grandes villes.

Les adhérents de l'éthique punk DIY peuvent également travailler collectivement. Par exemple, le CD Present (une compagnie musicale de promotion de concert) de l'imprésario punk David Ferguson permettant une production de concerts DIY, et octroyant un studio d'enregistrement, et un réseau de maisons de disques5.

L'éthique punk DIY s'applique également à la vie quotidienne, tels que l'apprentissage de réparation de vélos plutôt que les conduire à l'atelier, la couture (réparation/modification des vêtements plutôt que d'acheter de nouveaux), la culture de jardins potagers, la récupération de produits réutilisables dans les poubelles. Certains enseignants se livrent aussi à des techniques d'enseignement de bricolage, parfois appelé Edupunk.

De ce fait le mouvement DIY est une approche concrète et une mise en pratique de l'écologie et de l'anticapitalisme, par l'anti-consumérisme.

Engagement politique 

Au-delà d'une simple volonté de récupération, le mouvement Do It Yourself (il ne s'agit pas d'un mouvement constitué) se voit comme une alternative politique en opposition au monde d'ultra-consommation dans lequel il baigne. Ses membres sont ainsi souvent liés à l'anarchisme, l'autogestion et aux mouvements squat et punk. Le besoin de créer, d'avoir une certaine indépendance par rapport à l'industrie et aux grands groupes commerciaux, de retrouver un savoir-faire abandonné les pousse à trouver des solutions pour faire le maximum de choses par eux-mêmes, en opposition à la marchandisation dominante, tout en recherchant la gratuité ou les prix faibles.

 

La recherche médicale en France

Par Le 15/12/2020

C'est un chirurgien urologue qui parle. 

 

 

Gérard Maudrux

 

blog.gerardmaudrux.l...

Gerard Maudrux est chirurgien urologue. Il a aussi été durant 20 ans Président d’une des plus grosse caisses de retraite des libéraux, celle des médecins. Il est à l’origine de la transformation de la retraite de base des libéraux de trimestres en points, et d’une retraite à la carte à 62 ans pour la retraite complémentaire des médecins pour contrer les 67 ans demandés par la tutelle. Auteur également de « Retraites, le mensonge permanent » en 2000, qui a reçu le prix Turgot (catégorie grand public).

 

SANTÉ 23 OCTOBRE 2020

Covid : l’ivermectine souligne les méfaits de la politique du médicament

Photo by Candace Mathers on Unsplash - https://unsplash.com/photos/yY145j0NdOQ — Candace Mathers ,

Vendre un produit ou financer une activité à un prix en dessous de sa valeur ne peut être une politique durable, c’est une politique qui ignore volontairement et méprise l’avenir, donc une très mauvaise politique.

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Par Gérard Maudrux.

L’industrie pharmaceutique française, à la pointe au niveau mondial il y a quelques décennies existe-t-elle encore quand on voit l’Institut Pasteur faire appel au mécénat ou aux dons pour tester un vieux médicament courant. Pourquoi et comment ?

L’ivermectine est un autre exemple d’un système destructeur. Il s’agit d’un traitement avancé par certains en phase précoce de la maladie. Les publications sont nombreuses et certains pays l’ont même adopté comme traitement conseillé pour la Covid.

Pour ceux qui veulent creuser, voici la liste d’une soixantaine d’études consacrées à l’ivermectine, qui, à l’inverse de la chloroquine, ne subit pas une avalanche d’études à charge menées en général par des personnes ayant ou ayant eu des rapports financiers avec de gros laboratoires qui verraient d’un très mauvais œil l’émergence d’un traitement bon marché de la Covid.

Ce médicament est reconnu par la FDA comme « antiparasitaire dont l’activité antivirale à large spectre a été démontrée in vitro, capable d’effectuer une réduction d’environ 5000 fois l’ARN viral à 48 h après l’infection Vero- Cellules hSLAM 2 h par le SRAS-CoV-2 « .

MedinCell, biotech montpelliéraine, s’y intéresse de près et lance une étude, avec comme objectif l’obtention d’une AMM en 2021. Pour envisager une AMM, nous sommes dans du sérieux, pas dans l’élucubration d’internautes comme le pensent certains. Rappelons que c’est à l’origine un traitement antiparasitaire, commercialisé dans 90 pays, essentiellement pour la gale mais aussi efficace contre 183 espèces de nématodes, 129 espèces d’insectes et d’acariens et plusieurs virus. Très utilisé chez les vétérinaires.

Fin mars je proposais ici que face à l’urgence les autorités reprennent systématiquement les observations de médecins sur le terrain pour en vérifier leurs résultats de traitements atypiques, ce que fait MedinCell pour l’ivermectine. J’en parlais début juin, et plus en détails il y a un mois.

L’Institut Pasteur en collaboration avec Apteeus n’a rien fait d’autre en testant plus de 2000 molécules, mais sans se préoccuper des constatations de terrain qui auraient évité un travail long et fastidieux et quelques mois qui se chiffrent en milliers de vies. Au passage, s’ils ont vraiment tout testé in vitro comme ils l’affirment, je suis étonné qu’ils n’évoquent pas ivermectine ou hydroxychloroquine, dont l’efficacité in vitro n’est contestée par personne.

Je vois toutefois un hic majeur dans la démarche de MedinCell. Alors que l’ivermectine est utilisée depuis des décennies en dose unique, à titre thérapeutique dans plusieurs indications et dans la Covid dans certains pays ainsi que chez nous par nombre de médecins, le laboratoire cherche à élaborer une forme retard, pour la prescrire à titre préventif une fois par mois, ne s’intéressant pas au traitement des patients touchés par la Covid.

L’étude qui vient d’être lancée va dans un premier temps tester les effets de prises prolongées, effets inconnus car depuis sa sortie, il n’est prescrit qu’en dose unique (ou deux prises pour le VIH par la FDA).

Nous avons affaire à des laboratoires, entreprises privées. Pour survivre, ces laboratoires doivent en permanence innover. Pour financer la recherche, il faut des bénéfices, et sans bénéfices, pas de recherche, et sans recherche, plus de laboratoire. C’est ainsi que l’industrie pharmaceutique française a quasiment disparu.

Regardez le prix de médicaments phares : la boîte de clamoxyl est à 1,99 euro, la boîte de bactrim à 1,78 euro ! Ces prix comprennent la marge du pharmacien, le grossiste et sa marge, ainsi que le transport. Que reste-t-il au laboratoire pour la recherche après le prix du produit, de sa fabrication, de l’emballage avec toutes les contraintes sanitaires afférentes, et après impôts et taxes diverses, et non des moindres.

On vous dit que le médicament n’est pas soumis à TVA, mais on vous cache l’URSSAF, dont on se demande ce qu’elle vient faire ici.

Pour information, outre les cotisations URSSAF habituelles, l’industrie pharmaceutique est soumise à nombre de contributions URSSAF :

la contribution vente en gros (article L138-1 du CSS)

la contribution sur les dépenses de promotion des médicaments (article L245-1 du CSS)

la contribution sur les dépenses de promotion des dispositifs médicaux (article L245-5-1 du CSS)

la contribution sur les premières ventes de dispositifs médicaux (article L245-5-5-1 du CSS)

la contribution sur le chiffre d’affaires (article L245-6 du CSS)

la contribution au titre de médicaments destinés au traitement de l’hépatite C (article L138-19-1 du CSS)

les contributions taux « Lv/Lh » (article L138-10 duCCS)

Taxes logiques ou racket de la haute administration qui a pondu ces textes signés par des ministres ? Le résultat est l’asphyxie de la recherche française.

Pourquoi, au lieu d’une étude débouchant sur un traitement immédiat éprouvé et rapide, MedinCell part sur une étude sur un nouveau traitement incertain et destiné à ceux qui ne sont pas certains de contracter la Covid, pas à ceux qui en sont porteurs ? Aberrant ?

Non simplement et probablement une histoire de gros sous, liée à la politique du médicament. Lancer une étude à quelques millions d’euros pour prouver l’efficacité d’un médicament qui sera vendu par d’autres à un prix dérisoire est un bon moyen de couler l’entreprise. Par contre, en élaborer une nouvelle forme, avec possibilité de commercialisation à un prix correct avec exclusivité pendant quelques années, là c’est économiquement plus crédible, même si cela l’est moins sur le plan santé publique. Ils n’ont pas le choix.

Vous comprendrez ainsi l’état de l’industrie pharmaceutique française, son peu d’intérêt pour les anciens médicaments, et son grand intérêt pour caser les nouvelles molécules. Vous comprendrez pourquoi aucun labo dans le monde n’a fait d’étude pour promouvoir l’hydroxychloroquine, mais pourquoi certains dépensent des milliards pour d’hypothétiques remdésivir, lopinavir et autre ritonavir. Vous comprendrez pourquoi Pasteur fait appel à la charité publique et au mécénat pour tester un vieil antibiotique retiré du commerce depuis 15 ans.

Par contre, comme moi vous comprendrez moins pourquoi en situation d’urgence sanitaire les frais pour des études sur des médicaments tombés dans le domaine public ne sont pas pris en charge par les autorités sanitaires bien qu’étant d’intérêt général avec pour conséquence la dépense de milliards pour les effets secondaires plutôt que des millions pour essayer de les éviter.

Pour encore mieux comprendre, un traitement complet du Covid à l’ivermectine, c’est 8,51 euros, avec le plaquénil c’est 4,17 euros, et pour le remdesivir, c’est 2085 euros.

Actuellement c’est le largactil, la ranitidine, la cyclosporine, dernièrement le clofoctol (Pasteur), et d’autres qui sont essayés, avec des mois de retard. Ces études auraient dû être menées et financées par les autorités. Ne l’envisageant pas, veulent-elles vraiment traiter la Covid ?

Au lieu de voir un laboratoire financer une transformation de l’ivermectine, pourquoi ne pas leur financer une étude sur 2-300 patients, faciles à trouver actuellement sur 20 000 par jour, avec résultats en une semaine. C’est négatif, on arrête d’en parler pendant des mois ; c’est positif, on confirme et on affine avec des études randomisées (pourquoi pas ?), avec une autorisation temporaire avant AMM donnée si les études confirment.

Pourquoi randomiser si cela ne marche pas alors qu’on peut avoir la réponse en une ou deux semaines ? Aujourd’hui on randomise et on met 8 mois pour constater que cela ne marche pas ! Ces procédures ne fonctionnent pas dans une situation d’urgence. Regardez Discovery : on a tout bloqué, autres prescriptions comprises, pour constater 8 mois plus tard qu’il faut repartir de zéro, aucun produit testé n’étant efficace.

Échec total de la méthode se traduisant par des milliers de morts. Notre président par ailleurs chef des armées a dit que nous sommes en guerre. Je ne suis pas militaire mais je me pose une question : est-ce qu’un bon général n’envoie pas des éclaireurs avant la cavalerie lourde pour rien ?

Voici les résultats in vitro de l’ivermectine. Il faut une à deux semaines et quelques centaines d’euros pour savoir si cela se reproduit in vivo, pouvant déboucher sur une autorisation temporaire en attendant le résultat d’études randomisées plus poussées pour AMM. Ne serait-ce pas mieux que de mettre un an pour une éventuelle forme préventive sortant une fois l’épidémie terminée ? Testons, traitons aujourd’hui, et non peut-être demain.

Tout savoir sur l’Ivermectine ici.

Vendre un produit ou financer une activité à un prix en dessous de sa valeur ne peut être une politique durable, c’est une politique qui ignore volontairement et méprise l’avenir, donc une très mauvaise politique. Lorsqu’il s’agit du médicament, de petites économies pour un résultat à court terme coûtent bien plus cher à moyen et long terme, et sur le pan financier, et sur le plan humain.

Sur le web

"Adieu les cons" Albert Dupontel

Par Le 15/12/2020

Un homme que j'adore, un cinéaste de grand talent, un acteur qui ne ressemble à personne d'autre.

Les commentaires de la vidéo me réjouissent également. Il y a des gens avec qui j'aimerais discuter :) 

J'en profite pour faire de la pub pour cette chaîne internet. Des interviews de grande qualité, des invités qu'on ne voit pas ailleurs pour certains et donc des discussions qu'il est bon d'écouter  : Thinkerview.

 

 

Adieu les cons, transhumance suicidaire ? Albert Dupontel [EN DIRECT]

 

1 774 965 vues

•Diffusé en direct le 14 oct. 2020

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Thierry Ledru

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il y a 2 mois

On a besoin de vous pour tenir, pour être plus fort, pour pouvoir continuer à vous fournir des bonnes vidéos, ça coûte un bras, sans vous on pourra pas tenir, soutenez nous sur Tipeee, L'indépendance a un prix, la qualité aussi, on vous aime, merci. https://fr.tipeee.com/thinkerview

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Musicothérapie & Relaxation

Musicothérapie & Relaxationil y a 1 mois

Intelligence, sensibilité, humanité, humour raffiné, professionnalisme et j'en passe.... il a tout pour lui! C'est un grand.

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Dojang 29

Dojang 29il y a 1 mois

"Quand je vais à une manif, je vois des pauvres qui tabassent des pauvres pour protèger des gens qui sont infiniment plus puissants et qui n'ont même pas à subir les conséquences de ça". Albert Dupontel

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MgAls

MgAlsil y a 1 mois

une interview où la personne invitée peut finir ses phrases, wouaw.

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NAT RIKA

NAT RIKAil y a 1 mois (modifié)

Un français tel qu'il résonne dans mon cœur: libre, juste, fraternel...bref, j'aime bien ce gars là

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JIGMÉ

JIGMÉ

il y a 2 mois

Toujours aussi intéressant, intelligent et cultivé ce Albert Dupontel. Toujours grand fan de son travail !

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Pascal bougouin

Pascal bougouinil y a 2 semaines

"Adieu les cons" un film genialissime d'une poésie inouïe a voir imperativement !

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Gaël Pache

Gaël Pacheil y a 1 mois

Intelligent et sensible, double malédiction(un peu commen Desproges?)

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Georges Albert

Georges Albertil y a 1 mois

Papa, c'est quoi l' humilité ? Regarde l' interview de A. Dupontel tu vas comprendre

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Dash Rendar

Dash Rendaril y a 1 mois (modifié)

Albert et Thinkerview, ne mourez pas tout de suite, merci.

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Rick

Rickil y a 2 mois

Dupontel, c'est l'intelligence sans l'arrogance ; la créativité sans les ornières !

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GIRARD A.

GIRARD A.il y a 1 mois

Passionnant à écouter ce monsieur, merci Thinkerview.

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dji dji

dji djiil y a 1 mois

"Un petit film" Faut pas être dur avec ce que vous faites, vous avez fait un grand film. Bisou

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Patrice Gaudicheau

Patrice Gaudicheauil y a 1 mois

Albert Dupontel est un humain brillant et passionnant.

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J G

J Gil y a 1 mois

putain, il m’émeut ce mec. Je ressens si fortement ces mots et propos, il me parle vraiment.

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Lekirikikoo Mamair

Lekirikikoo Mamairil y a 2 mois

"en tant que consommateur je suis constamment sollicité par la pub, en tant que citoyen, je suis sollicité tous les 5 ans" Elle est bonne...

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Léo Philippe

Léo Philippeil y a 1 mois

"ce qu'ils appellent l'élite, c'est un circuit qui finalement évite les émotions populaires" bruh

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Richarles Berthemy

Richarles Berthemyil y a 1 mois

"Adieu les cons" est un chef d'oeuvre du genre ; Virginie Efira, que je n'avais jamais vue, y est sublime.

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Christina F

Christina Fil y a 1 mois

Du grand Art ! Merci pour cette interview pleine d'humilité et d'intelligence... Soyons nous-mêmes ... Liberté Chérie ❤

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Franck

Franckil y a 1 mois

"Nous les hommes, on est un peu encombré par la testostérone !" Culte !

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Ben Bail

Ben Bailil y a 2 mois

Un homme qui depuis le début de sa visibilité médiatique est droit, sincère et surtout humain ! Respect

De la lecture de romans

Par Le 15/12/2020

J'étais adolescent lorsque j'ai lu ces romans :

"Sa majesté des mouches" de William Golding

puis

"L'île" de Robert Merle.

Ces deux romans ont été adaptés au cinéma et je les ai vus également. 

Peut-être est-ce que ça a nourri mon peu d'optimisme quant au comportement humain. Et qu'ensduite d'autres lectures ont conforté cette sombre vision.

D'ailleurs, depuis que j'ai décidé de parler de ces deux romans, au regard de l'état du monde, j'ai également cherché des romans qui à l'opposé, présenteraient le groupe humain sous un jour favorable, dans une situation similaire de rupture avec le cadre quotidien. Et je n'en trouve pas...

La fin du roman "Ravages" de René Barjavel contenait pourtant l'émergence d'un monde meilleur mais la "machine" réapparaît.

Cette pulsion de mort est systématiquement la plus forte. Est-elle ancrée dans l'humain de façon irréversible ? 

 

Sa majesté des mouches par Golding
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LIRE UN EXTRAIT


Lola Tranec-Dubled (Autre)

EAN : 9782070374809
245 pages
Éditeur : 
GALLIMARD (14/06/1983)


Note moyenne : 3.78/5 (sur 2421 notes)

Résumé :

Soit un groupe d'enfants, de six à treize ans, que l'on isole sur une île déserte. Qu'advient-il d'eux après quelques mois ? William Golding tente l'expérience. Après les excitantes excursions et parties de baignade, il faut s'organiser pour survivre. C'est au moins la réflexion de Ralph, celui qui fut élu chef au temps heureux des commencements, et du fidèle Piggy. Mais c'est ce que refusent de comprendre Jack, le second aspirant au "trône", et les siens. Cette première division clanique n'est pas loin de reproduire un schéma social ancestral. S'ensuivent des comportements qui boudent peu à peu la civilisation et à travers lesquels les rituels immémoriaux le disputent à une sauvagerie d'une violence sans limite.

Dès "Sa Majesté des Mouches" (1954), porté à l'écran par Peter Brook (1963), apparaît l'obsession de William Golding : l'homme est foncièrement mauvais. Le monde est porteur d'une cruauté sans faille dans laquelle chacun se fourvoie et finit par périr, comme il l'illustre plus tard dans "Les Héritiers" ou "Parade sauvage". L'écrivain reçut le prix Nobel de littérature en 1983. "--Laure Anciel--

Après un accident d'avion, des collégiens britanniques se retrouvent seuls, sans adultes, sur une île du Pacifique. Obéissant à Ralph, le chef qu'ils ont élu, ils s'organisent pour survivre. Mais, la nuit, leur sommeil se peuple de rêves terrifiants. Et s'il y avait vraiment une étrange créature tapie dans la jungle ? Sous la conduite de Jack, la chasse au monstre est lancée. Les clans de Jack et de Ralph ne vont pas tarder à s'affronter cruellement.
A travers les aventures d'un groupe d'enfants livrés à eux-mêmes, William Golding nous raconte la terrifiante évolution de la civilisation vers la sauvagerie.

 

 

L'île par Merle
AJOUTER À MES LIVRES

EAN : 9782070365838
696 pages
Éditeur : 
GALLIMARD (04/04/1974)


Note moyenne : 4.14/5 (sur 438 notes)

Résumé :

Quatrième de couverture : Le soleil brillait à perte de vue sur la houle longue du Pacifique et le Blossom, ses trois mâts penchés à bâbord, recevait par le travers une brise Sud-Sud-Est... Purcell prêta l'oreille. Bien qu'une île fût proche, il n'entendit pas de cri d'oiseau. Sauf quand une lame déferlait, l'océan était silencieux. Mais il y avait autour de Purcell ces bruits qui, par jolie brise, lui faisaient toujours plaisir : le choc des énormes poulies de bois, la vibration des haubans, et au-dessous de lui, derrière son dos, le passage de l'étrave dans l'eau, doux et continu comme une pièce de soie qu'on déchire.

 

 

NowowakNowowak   16 août 2020

★★★★★

★★★★★


Robert Merle est le plus grand romancier contemporain de littérature populaire en France. "Week-end à Zuydcoote" a légitimement obtenu le prix Goncourt en 1949. En 1952, il écrit l'admirable : "La mort est mon métier", roman historique inspiré de la biographie de Rudolf Höß, commandant du camp de concentration d'Auschwitz. En 1967 est publié : "Un animal doué de raison" : roman de science/politique-fiction sur ce qui sépare l'homme de l'animal. En 1972, paraît l'immense "Malevil" qui conte l'histoire d'une communauté de survivants retranchée dans un château après une guerre nucléaire. Par la suite seront posés sur les rayons d'autres ouvrages tout aussi puissants. C'est un auteur à découvrir de toute urgence.
En 2008, 
Pierre Merle a publié une volumineuse biographie illustrée d'une vingtaine de photos consacrée à son père. "Une vie de passions" (Éditions de l'Aube). L'ouvrage débute par une question : « Par quelle alchimie de hasard et de nécessité, Robert Merle, ce gosse courant dans les rues d'Alger, est-il devenu un écrivain ? »
Connaissant moins l'auteur que son fiston, ma question sera plus candide : "comment un auteur peut-il mener une carrière aussi variée et écrire des livres aussi passionnants et compétents ?" 
Robert Merle est un spécialiste de l'Histoire mais également de tout ce qui le guide avec une curiosité débordante. Ici je désire en dire tout le bien que je pense alors que j'ai lu à peine 100 pages sur 700. Sur Babelio et sur mon blog, je n'analyse pas, je n'écris pas des critiques n'ayant pas les connaissances et la prétention pour exercer ce rôle. Je n'y vais jamais avec le dos de la cuillère mais au fond je me contente de livrer un ressenti, une ambiance. N'appartenant pas au genre Homo Patientus, pourquoi attendre la fin ?
Dans "
L'île", mon intérêt est éveillé à chaque ligne. Ce roman d'aventures (pas un style que j'affectionne d'habitude, c'est dire) parle de mon quotidien : comment vivre avec le toxique, comment l'éliminer, comment rester léger en toutes circonstances, ignorer la bêtise ? Comment agir comme Purcell, vivre avec les cons (sans les flinguer). Certains en tiennent une sévère couche. Supporter Simon, Mason, Burt ? Quelle belle preuve de tolérance voire de bienveillance. La jeune Ivoa et les Tahitiens appellent joliment les étrangers : "Peritani". Ils sont fatalistes, ils vivent le moment présent, n'aiment pas les conflits. Ils n'ont pas d'orgueil et de goût pour cultiver la rancoeur. Ils représentent la dernière chance d'innocence de l'humanité alors que Mason et ses sbires incarnent l'homme dans son incommensurable et stupide soif de pouvoir, de propriété et d'ego.
Il est impossible de ne pas associer dans ce livre maritime deux chefs d'oeuvre du genre romanesque qui avant lui ont creusé de tels personnages, ont décortiqué leur psychologie. Ces naufragés érigent un monde social dont l'auteur n'exagère ni les travers ni les espoirs. L'humanité dans sa sauvagerie devient vite plus crétine que la morne existence d'un troupeau de buffles (pardonnez-moi les buffles). Je parle bien sûr du livre de 
Jules Verne : "Les Révoltés de la Bounty" et du livre de William Golding : "Sa Majesté des Mouches".
Ce livre parle admirablement de la mer et de la vie des marins à bord d'un navire. Il est également un rappel à méditer sur le fait que dans une situation de crise et dans un contexte particulier, la violence et la perte de contrôle peuvent surgir à tout moment. Ce "syndrome de la face noire" (terme que j'invente en l'occasion) peut se déclencher chez n'importe quel individu lorsque la convention sociale explose. Sa mauvaise conscience, son génie du mal tapi au fond de lui se réveille. Diable drogué au stress et à l'appétit des pulsions qui fomente de sales coups. Une voix ténébreuse s'empare de votre cerveau, le commande et lui ordonne d'agir en dépit du bon sens. L'instant peut durer deux secondes mais c'est fait, l'acte est commis, irréparable. Cela peut être une gifle donnée par un parent, un simple croche-pied, un mot de trop ou un coup de couteau. Trop tard, le mal est fait.
Nowowak

Lien : 
HTTPS://PASPLUSHAUTQUELEBORD..

Une humanité malade d'elle-même

Par Le 15/12/2020

Intermittents du spectacle

 

 

Si je m’en tiens à l’idée que la Vie est une pensée qui a pris forme, cela sous-entend que cette pensée contient deux voies :

Une pulsion de vie dont le but est de créer, de prolonger puis de renouveler.

Et une pulsion de mort.

Pour que ce renouvellement se fasse, la mort a pour rôle de mettre un terme aux formes. Il était inconcevable que des formes apparaissent sans que celles existantes ne laissent la place. Dans la pensée de la Vie, il y a une finitude des formes mais pas de la Vie elle-même. C’est juste un remplacement afin que les formes existantes soient vivaces, exaltées, enthousiastes, lumineuses et soient dans un état favorable à l’idée du renouvellement.

L’épuisement de la forme n’est pas associable à l’idée de reproduction. Le principe de la reproduction s’appuie sur des formes robustes.

La Mort n’intervient pas comme une fin mais comme une évolution possible. Le remplacement implique l’éventualité d’une amélioration, d’un renforcement, d’une transformation nécessaire. Rien n’est figé parce que la Mort se charge d’éliminer l’ancien afin que la Vie propose une suite. Et si nécessaire un changement, aussi infime soit-il, aussi dérisoire dans le temps d’existence de cette forme. La Vie a tout son Temps.  

Cette mort a pourtant eu une conséquence néfaste dans ce système parfait. La pulsion de mort qu’elle génère est devenue chez l’homme une véritable addiction.

Un enfant marche le long d’une haie. Il laisse traîner sa main dans les feuillages puis soudainement, il serre les doigts et arrache une feuille. Il la malaxe quelques secondes et la laisse tomber au sol.

Pulsion de mort.

Un geste irréfléchi, une action très facile à réaliser, un sentiment de puissance qui vient renforcer l’identification de l’individu, cette irréalité du détachement envers la Vie.

« Tu as écrasé cette chenille. C’était facile. Maintenant, refais-la. » Lanza del Vasto.

- Je ne suis pas cette plante, je ne suis pas cette chenille. »

Et se disant cela, l’enfant peut la blesser ou la tuer. Elle n’est pas « lui ». Effectivement, elle n’est pas lui, mais elle porte une Vie identique à celle qui est en lui.

Pour concevoir cette idée, il faut être habité par la pulsion de Vie. Cela implique un détachement envers cette identification formatée dont l’individu est abreuvé depuis sa naissance.

La pulsion de vie n’est pas la norme en vigueur dans le monde occidental. Elles l’est chez les Peuples Premiers, les Kogis par exemple.

La pulsion de mort a un impact incommensurable. Elle répond à des désirs immédiats d’identification et cette identification favorise le développement de comportements destructeurs. La pulsion de mort renforce le conditionnement qui consiste à présenter l’individu comme séparé de la Vie. Il y a lui et « l’environnement ».

En étant éduqué comme une entité individuelle évoluant dans un environnement et non comme un fragment d’une entité originelle, une pièce infime d’une image immense et en dehors de laquelle il n’est rien, l’individu n’est pas amené à se tourner vers la pulsion de Vie mais bien au contraire à exploiter cette pulsion de mort qui exacerbe ce schéma de pensée éducatif.

Les effets mercantiles se mettent en place dès lors que l’identification à l’individu est suffisamment ancrée pour que des désirs de puissance viennent l’alimenter. Posséder et détruire sont deux phénomènes révélateurs de ce formatage. La possession matérielle va apporter à l’individu un renforcement de sa distinction, de cette croyance à son extériorité au regard du phénomène vital. En accumulant les biens, il comble inconsciemment le vide tombé en lui avec son rejet forcené du phénomène vital.  N’étant pas « vivant » au cœur de ce phénomène vital, il va s’efforcer de devenir « vivant » au cœur du matérialisme. L’appartenance à des groupes sociaux renforce là encore l’identification étant donné qu’elle créé un miroir dans lequel l’individu s’observe. « Je suis comme ceux-là. »

Tous les phénomènes sociaux, qu’ils soient politiques, économiques, religieux, consuméristes, médiatiques… sont des excroissances de cette pulsion de mort. Il s’agit tout simplement de renforcer sans cesse, en multipliant les supports, tout ce qui permet de combler le vide laissé par la perte de la pulsion de Vie.

Là où le phénomène a pris une ampleur jamais perdue depuis, c’est lorsque certains individus totalement impliqués dans cette pulsion de mort se sont aperçus du bénéfice qu’ils pouvaient en tirer. Ils sont devenus « les Maîtres » à penser. Dans un schéma de pensées individualistes.  

La guerre en est l’exemple parfait : Pouvoir, puissance, accumulation des richesses, extension des territoires, suprématie etc… Pour parvenir à ses fins, un conquérant, qu’il soit président élu, dictateur ou empereur doit avant tout accumuler des armes. Il faut des matières premières, des usines, des marchands. Des sommes colossales. Une fois les terres ravagées et la paix revenue, il faut reconstruire. Des sommes colossales. La pulsion de mort dans toute son horreur. Les instigateurs des combats n’en seront pas les victimes. Il leur aura suffi d’utiliser les masses populaires, celles qui depuis leur naissance ont appris à être identifié à eux-mêmes, puis à une nation, à un drapeau, à des idées politiques, à tout un ensemble intellectuel, jusqu’à la déraison. Pensant avec les Maîtres en retirer des bénéfices. Aussi dérisoires soient-ils. L’essentiel étant de continuer à exister comme l’individu qu’ils ont appris à être.

 

En temps de paix, la pulsion de mort est très profitable également. Le principe est toujours le même. Pour exister, il faut posséder et combler le vide de la pulsion de Vie abandonnée. Les possessions matérielles sont là pour ça. L’individu existe parce qu’il a une maison à son nom, une voiture à son nom, un compte en banque à son nom, des enfants qui portent son nom, il a un bout de terrain qui lui appartient, il achète la technologie à la mode et il peut en parler avec ceux qui font comme lui, il est supporter d’un club de foot, il a même une femme qui a pris son nom…

Mais tout ça ne serait pas très enthousiasmant s’il n’y avait pas la possibilité de changer. Il suffit de casser et on remplace, il suffit d’attendre la dernière nouveauté et on remplace, il suffit de jeter, de perdre, d’abîmer, d’user, d’abuser. Même une femme, « ça » se remplace…Mêmes des enfants, « ça » se remplace, « ça » se jette. C’est normal tout ça. Tout le monde vit comme ça. C’est le monde moderne.

Il est tout aussi intéressant de renforcer les appartenances. Les religions ont montré la voie dans ce domaine. Les religions technologiques les ont remplacées. Toujours des appartenances, du néant pour combler le vide originel. Les religions politiques, les religions médiatiques, les religions syndicalistes, historiques... Du néant.

Ce qui importe pour tous les Maîtres de ces mouvements, c’est de prolonger et d’intensifier les richesses accumulées, de renouveler la masse des consommateurs, des électeurs, des participants. Il suffit qu’ils y trouvent du rêve à défaut d’une réalité enviable.

Il est facile de faire rêver un endormi.

Dans la pulsion de Vie, le principe du renouvellement est une nécessité afin de maintenir la vie.

Dans la pulsion de mort, le principe du renouvellement est évènementiel. Il s’agit de créer un évènement qui va renouveler le rêve, lui donner un nouveau visage. Il n’y a aucune nécessité intrinsèque mais une intention cachée. Il faut changer la décoration de la cellule.

Le droit de vote n’est jamais que le droit de rester endormi. Comme il est doux de continuer à rêver après avoir fait son devoir…Juste le devoir inséré dans le cerveau de la masse par les Maîtres du système.

« Ce n’est pas un signe de bonne santé que d’être adapté à une société malade. » Krishnamurti.

 

Il ne sert à rien de chercher à améliorer le confort d’un malade quand on en oublie de combattre la maladie. Ou pire encore quand on ne la voit même pas.

Ce monde moderne s’entête dans une voie sans issue.  

Et je ne vois aucune solution collégiale au problème. L’Humanité n’évoluera qu’au regard de l’évolution spirituelle de chacun.

D’avoir perdu le sens de l’unité originelle a généré une unité fondée sur l’individualisme. Les individus se regroupent sous les bannières des Maîtres à penser. Eux-mêmes regroupés sous la bannière de leurs propres intérêts. Le monde moderne fonctionne comme une unité morcelée qui broie l’individu en prônant sa liberté.  

Il est impossible d’imaginer ce que sera l’Humanité dans dix mille ans. En imaginant qu’elle existe encore. Mais il m’est tout autant impossible d’envisager une évolution positive et c’est le plus effrayant.

Je n’ose même pas essayer d’imaginer ce qu’il restera de la Nature. Et cette douleur-là est insupportable.

Pour l’Humanité elle-même, je n’en éprouve aucune peine, ni aucun soulagement.

C’était sans doute un beau projet. Mais la Vie aura peut-être besoin d’en changer.

On peut même imaginer que l'apparition et le déferlement du Covid à l'échelle planétaire marque le début d'un changement. Je ne m'en réjouis aucunement. Je constate. En dehors de Taïwan aujourd'hui, aucun état impacté par l'épidémie depuis son apparition, n'est parvenu à se débarrasser intégralement de ce virus. Taïwan est une île. La Nouvelle-Zélande s'en sort bien également malgré quelques "vaguelettes". De nouveau une île. L'avenir de l'humanité réside-t-il donc dans les groupes isolés ? La mondialisation est-elle devenue l'arme idéale pour réduire le groupe humain ? Le covid est-il une arme de destruction massive ou juste une expérimentation pour nous ramener à la raison ? Si l'humanité ne parvient pas à concevoir l'idée que le covid est une alerte et qu'elle implique la nécessité d'un changement radical de paradigme, quel sera l'impact de l'alerte suivante ?

Ce virus n'est pas un "accident de parcours", il ne disparaîtra pas par enchantement. Il est l'image de ce que nous avons élaboré depuis des millénaires : un groupe humain qui agit comme un virus et se propage sans aucun contrôle, nourri par une pulsion de mort commune.

Je viens de finir la lecture du dernier roman de Michel Moutot : "L'América". Un résumé du comportement humain dans le déferlement de la pulsion de mort. Mafia sicilienne et course à l'argent, pillage des ressources des terres vierges de l'Amérique du Nord dans les années 1900. Ca n'est pas tant le périple des immigrés qui m'a interpelé mais bien cette frénésie dévastatrice, ce pillage immodéré, totalement fou des richesses naturelles. C'était déjà le cas dans un roman précédent dont j'ai déjà parlé ici : "Sequoias".

"Séquoias" de Michel Moutot

C'est effroyable quand on regarde le comportement de l'humanité depuis des millénaires d'imaginer l'ampleur de notre dévastation. C'est même au-delà de l'imaginable. 

Et aujourd'hui, l'humanité malade d'elle-même craint pour sa vie. Ou plutôt, et c'est même encore pire, chaque individu craint pour sa vie. Jusque dans la mort, nous resterons coupés de tout. 

Nous ne sommes pas malades du covid, nous sommes malades de nous-mêmes. 

 

Le code de Nuremberg

Par Le 14/12/2020

Il est bon de rappeler les articles du code de Nuremberg, en ce moment. Personnellement, le premier article me suffit pour ne pas envisager le vaccin contre le covid (oui, je sais, c'est "la" covid mais je n'arrive pas à le mettre au féminin, son comportement est tellement pénible que ça ne peut pas être autre chose que du masculin).

Depuis cette sombre époque et les abominations commises, il est clair que le parallèle avec le moment présent semble totalement déplacé. Effectivement, ça n'a rien à voir. Et heureusement. Il s'agit juste pour moi de rappeler qu'il existe des textes de lois et qu'il est judicieux de les connaître. 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Code_de_Nuremberg

La traduction moderne de référence du code de Nuremberg, faite depuis le texte du jugement, est la suivante pour les 10 articles :

Le consentement volontaire du sujet humain est absolument essentiel. Cela veut dire que la personne concernée doit avoir la capacité légale de consentir ; qu’elle doit être placée en situation d’exercer un libre pouvoir de choix, sans intervention de quelque élément de force, de fraude, de contrainte, de supercherie, de duperie ou d’autres formes sournoises de contrainte ou de coercition ; et qu’elle doit avoir une connaissance et une compréhension suffisantes de ce que cela implique, de façon à lui permettre de prendre une décision éclairée. Ce dernier point demande que, avant d’accepter une décision positive par le sujet d’expérience, il lui soit fait connaître : la nature, la durée, et le but de l’expérience ; les méthodes et moyens par lesquels elle sera conduite ; tous les désagréments et risques qui peuvent être raisonnablement envisagés ; et les conséquences pour sa santé ou sa personne, qui pourraient possiblement advenir du fait de sa participation à l’expérience. L’obligation et la responsabilité d’apprécier la qualité du consentement incombent à chaque personne qui prend l’initiative de, dirige ou travaille à l’expérience. Il s’agit d’une obligation et d’une responsabilité personnelles qui ne peuvent pas être déléguées impunément ;

L’expérience doit être telle qu’elle produise des résultats avantageux pour le bien de la société, impossibles à obtenir par d’autres méthodes ou moyens d’étude, et pas aléatoires ou superflus par nature ;

L’expérience doit être construite et fondée de façon telle sur les résultats de l’expérimentation animale et de la connaissance de l’histoire naturelle de la maladie ou autre problème à l’étude, que les résultats attendus justifient la réalisation de l’expérience ;

L’expérience doit être conduite de façon telle que soient évitées toute souffrance et toute atteinte, physiques et mentales, non nécessaires ;

Aucune expérience ne doit être conduite lorsqu’il y a une raison a priori de croire que la mort ou des blessures invalidantes surviendront ; sauf, peut-être, dans ces expériences où les médecins expérimentateurs servent aussi de sujets ;

Le niveau des risques devant être pris ne doit jamais excéder celui de l’importance humanitaire du problème que doit résoudre l’expérience ;

Les dispositions doivent être prises et les moyens fournis pour protéger le sujet d’expérience contre les éventualités, même ténues, de blessure, infirmité ou décès ;

Les expériences ne doivent être pratiquées que par des personnes scientifiquement qualifiées. Le plus haut degré de compétence professionnelle doit être exigé tout au long de l’expérience, de tous ceux qui la dirigent ou y participent ;

Dans le déroulement de l’expérience, le sujet humain doit être libre de mettre un terme à l’expérience s’il a atteint l’état physique ou mental dans lequel la continuation de l’expérience lui semble impossible ;

Dans le déroulement de l’expérience, le scientifique qui en a la charge doit être prêt à l’interrompre à tout moment, s’il a été conduit à croire — dans l’exercice de la bonne foi, de la compétence du plus haut niveau et du jugement prudent qui sont requis de lui — qu’une continuation de l’expérience pourrait entraîner des blessures, l’invalidité ou la mort pour le sujet d’expérience.

Jean-François Brient : De la servitude moderne

Par Le 14/12/2020

 

Je ne considère aucunement une révolution violente comme une issue. Je ne crois aucunement que le chaos social puisse être libérateur. L'Histoire des pays démontre d'ailleurs à quel point ces révolutions violentes ont systématiquement échoué puisqu'aucun pays concerné n'est aujourd'hui parvenu à sortir de la société marchande.

Je pense par contre que la construction d'une "société parallèle" relève du champ des possibles. Il s'agit plutôt de "micro-sociétés" d'ailleurs, des entités communautaires insérées dans un Etat. Des groupes humains qui se sont extraits du modèle capitaliste et qui ont construit une société à visage humain et mieux encore à visage naturel, c'est à dire pour moi, une osmose entre le Vivant et nous alors que la société marchande considère le Vivant comme une marchandise qui nous "environne".

Il n'y a de toute façon aucune autre voie de transformation dans un registre réfléchi et volontaire. Il se pourrait par contre, si rien ne change, que survienne un jour une voie dévastatrice. 

 

 

 

 

 

De la Servitude Moderne

 

 

De la Servitude Moderne par Brient
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EAN : 9782361940287
62 pages
Éditeur : 
EPERVIER (24/03/2016)


Note moyenne : 3/5 (sur 1 notes)

Résumé :

De la Servitude moderne est un livre construit sur une inquiétude et sur un espoir. D'une part sur la crainte que le système de domination ne parvienne à créer et à pérenniser une société sans opposition, où le consentement collectif rendrait l'oppression éternelle. D'autre part sur l'espoir que la prise de conscience à laquelle ce livre veut participer renaisse et se fortifie, dans la radicalité et la détermination. . Passant en revue les impasses politiques, économiques, sociales, culturelles, environnementales, vers lesquelles le capitalisme contemporain envoie l'humanité tout entière, l'auteur nous appelle, dans un style à la fois réfléchi et poétique, à une désobéissance active dirigée vers des changements véritablement libérateurs. Ecrit au milieu du tourbillon des luttes sociales, parfumé au gaz lacrymogène, cet ouvrage, dont le style est à la fois incisif et poétique, entend redonner à la jeune génération comme à l'ancienne, le goût du combat et le sentiment que la victoire contre l'aliénation du monde de la marchandise est possible.

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CRITIQUES, ANALYSES ET AVIS (3)AJOUTER UNE CRITIQUE

TerrainsVagues

TerrainsVagues   05 décembre 2020

« Ils ne sont pas esclaves parce qu'il existe des maitres mais il existe des maitres parce qu'ils ont choisi de demeurer esclaves. »
Tout est dit de « La servitude moderne » dans cette phrase. Ca tombe bien car ce bouquin est malheureusement introuvable… étonnant non?
Un billet de l'ami Serge (Hardiviller) m'a fait rechercher ce titre et trouver un texte court de 
Jean François Brient. L'intégral du bouquin est-il dans les pages que j'ai trouvé, je ne sais pas et j'en doute mais le message, s'il ne fait que renforcer le sentiment d'un convaincu (que je suis) de la vulgarité, de l'obscénité, du non sens de notre système sociétal, pourrait juste faire réfléchir monsieur tout le monde sur cette condition d'esclaves modernes qui nous caractérise.
Pas de solution ni de projet dans ces quelques lignes, juste une piqûre pour éveiller quelques consciences pas encore complètement endormies.
Je sais que dans notre Oxydant, le hors piste est discrédité, moqué et marginalisé, c'est tellement facile et tellement confortable d'être dans les clous, comme tout le monde. La religion de l'argent et du pouvoir mène l'Ô vin de messe à l'abattoir et le beau vin en redemande.
Sans forcément adhérer à ce qui est dit dans ces pages car remettre en cause tout ce qu'on nous a appris depuis toujours n'est pas à la portée de tous et que ça peut être très violent, si vous trouvez parfois que nous marchons sur la tête votre curiosité vous mènera peut être par là :
https://fr.theanarchistlibrary.org/library/jean-francois-brient-
de-la-servitude-moderne
« On conçoit en occident, on produit en Asie et l'on meurt en Afrique. »

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Hardiviller

Hardiviller   30 novembre 2020


Une analyse très claire de la condition des citoyens du monde capitaliste . l'auteur montre que nous nous croyons en démocratie puisque nous avons le droit de vote , mais que notre choix se limite dans la pratique à nous choisir un maître entre deux tendances , certes opposées sur des points de détail mais qui se rejoignent toujours dans la défense acharnée du capitalisme et de ses lois du marché . le tout est expliqué dans un langage accessible à tous . Lecture assez déstabilisante pour les esclaves modernes que nous sommes .

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ProfDoc45ProfDoc45   19 septembre 2016

★★★★★

★★★★★

Réflexions à caractère volontairement anti-capitaliste, voire anarchique, autour de questions de société très variées (aménagement du territoire, langage, médecine marchande...). Avec une ambition commune : décrypter le mécanisme d'asservissement.
Lecture aisée : chaque chapitre aborde un thème précis, et le traite de façon très succinct, incitant ainsi le lecteur à développer lui-même le raisonnement.
Quelques répétitions tant idéologiques, que textuelles, se rencontrent au fil de la lecture.

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CITATIONS ET EXTRAITS (5)AJOUTER UNE CITATION

TerrainsVaguesTerrainsVagues   05 décembre 2020

Or l’esclave moderne est persuadé qu’il n’existe pas d’alternative à l’organisation du monde présent. Il s’est résigné à cette vie car il pense qu’il ne peut y en avoir d’autres. Et c’est bien là que se trouve la force de la domination présente : entretenir l’illusion que ce système qui a colonisé toute la surface de la Terre est la fin de l’Histoire. Il a fait croire à la classe dominée que s’adapter à son idéologie revient à s’adapter au monde tel qu’il est et tel qu’il a toujours été. Rêver d’un autre monde est devenu un crime condamné unanimement par tous les médias et tous les pouvoirs. Le criminel est en réalité celui qui contribue, consciemment ou non, à la démence de l’organisation sociale dominante. Il n’est pas de folie plus grande que celle du système présent.

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TerrainsVaguesTerrainsVagues   03 décembre 2020

Comme tous les êtres opprimés de l’Histoire, l’esclave moderne a besoin de sa mystique et de son dieu pour anesthésier le mal qui le tourmente et la souffrance qui l’accable. Mais ce nouveau dieu, auquel il a livré son âme, n’est rien d’autre que le néant. Un bout de papier, un numéro qui n’a de sens que parce que tout le monde a décidé de lui en donner. C’est pour ce nouveau dieu qu’il étudie, qu’il travaille, qu’il se bat et qu’il se vend. C’est pour ce nouveau dieu qu’il a abandonné toute valeur et qu’il est prêt à faire n’importe quoi. Il croit qu’en possédant beaucoup d’argent, il se libérera des contraintes dans lesquels il se trouve enfermé. Comme si la possession allait de paire avec la liberté. La libération est une ascèse qui provient de la maitrise de soi. Elle est un désir et une volonté en actes. Elle est dans l’être et non dans l’avoir. Mais encore faut-il être résolu à ne plus servir, à ne plus obéir. Encore faut-il être capable de rompre avec une habitude que personne, semble-t-il, n’ose remettre en cause.

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HardivillerHardiviller   29 novembre 2020

La servitude moderne est une servitude volontaire , consentie par la foule des esclaves qui rampent à la surface de la terre . Ils achètent eux-mêmes toutes les marchandises qui les asservissent chaque jour un peu plus . Ils courent eux-mêmes derrière un travail toujours plus aliénant , que l'on consent à leur donner s'ils sont suffisamment sages . Ils choisissent eux-mêmes les maîtres qu'ils devront servir ( par le vote ) . Pour que cette tragédie mêlée d'absurdité ai pu se mettre en place , il a fallu d'abord ôter aux membres de cette classe toute conscience de son exploitation et de son aliénation . Voilà bien l'étrange modernité de notre époque . Contrairement aux esclaves de l'antiquité , aux serfs du moyen-âge ou aux ouvriers des premières révolutions industrielles , nous sommes aujourd'hui devant une classe totalement asservie mais qui ne le sait pas ou plutôt qui ne veut pas le savoir . Ils ignorent par conséquent la révolte qui devrait être la seule réaction légitime des exploités . Ils acceptent sans discuter la vie pitoyable que l'on a construite pour eux . Le renoncement et la résignation sont la source de leur malheur .
Voilà le mauvais rêves des esclaves modernes qui n'aspirent finalement qu'a se laisser aller dans la danse macabre du système de l'aliénation .
L'oppression se modernise en étendant partout les formes de mystification qui permettent d'occulter notre condition d'esclave . Montrer la réalité telle qu'elle est vraiment et non telle qu'elle est présente par le pouvoir constitue la subversion la plus authentique . Seule la vérité est révolutionnaire .

Juste un rappel en ces temps agités

Par Le 14/12/2020

je viens de lire les commentaires sur France info de la conférence présidentielle. Rien que les commentaires. Pour le reste, je ne me fais aucune illusion.

Eh bien, ces commentaires reflètent avec une acuité effroyable cette "servitude volontaire" dont parlaient déjà Etienne de la Boétie ou Elisée Reclus.

 

Elisée Reclus

Discours de la servitude volontaire

Discours de la servitude volontaire. (suite)

 

 

De la servitude moderne


Chapitre I : Épigraphe

 

« Mon optimisme est basé sur la certitude que cette civilisation va s’effondrer.
Mon pessimisme sur tout ce qu’elle fait pour nous entraîner dans sa chute. »



 

la terre

 



 Chapitre II : La servitude moderne

"Quelle époque terrible que celle où des idiots dirigent des aveugles."

William Shakespeare


 

foule

 

 

    La servitude moderne est une servitude volontaire, consentie par la foule des esclaves qui rampent à la surface de la Terre. Ils achètent eux-mêmes toutes les marchandises qui les asservissent toujours un peu plus. Ils courent eux-mêmes derrière un travail toujours plus aliénant, que l’on consent généreusement à leur donner, s’ils sont suffisamment sages. Ils choisissent eux-mêmes les maitres qu’ils devront servir. Pour que cette tragédie mêlée d’absurdité ait pu se mettre en place, il a fallu tout d’abord ôter aux membres de cette classe toute conscience de son exploitation et de son aliénation. Voila bien l’étrange modernité de notre époque. Contrairement aux esclaves de l’Antiquité, aux serfs du Moyen-âge ou aux ouvriers des premières révolutions industrielles, nous sommes aujourd’hui devant une classe totalement asservie mais qui ne le sait pas ou plutôt qui ne veut pas le savoir. Ils ignorent par conséquent la révolte qui devrait être la seule réaction légitime des exploités. Ils acceptent sans discuter la vie pitoyable que l’on a construite pour eux. Le renoncement et la résignation sont la source de leur malheur. 

    Voilà le mauvais rêve des esclaves modernes qui n’aspirent finalement qu’à se laisser aller dans la danse macabre du système de l’aliénation.

    L’oppression se modernise en étendant partout les formes de mystification qui permettent d’occulter notre condition d’esclave.
    Montrer la réalité telle qu’elle est vraiment et non telle qu’elle est présentée par le pouvoir constitue la subversion la plus authentique.
    Seule la vérité est révolutionnaire.



 Chapitre III : L’aménagement du territoire et l’habitat

« L’urbanisme est cette prise de possession de l’environnement naturel et humain par le capitalisme qui, se développant logiquement en domination absolue, peut et doit maintenant refaire la totalité de l’espace comme son propre décor. »

 

La Société du Spectacle, Guy Debord.


 

 

immeubles



    À mesure qu’ils construisent leur monde par la force de leur travail aliéné, le décor de ce monde devient la prison dans laquelle il leur faudra vivre. Un monde sordide, sans saveur ni odeur, qui porte en lui la misère du mode de production dominant.
    Ce décor est en perpétuel construction. Rien n’y est stable. La réfection permanente de l’espace qui nous entoure trouve sa justification dans l’amnésie généralisée et l’insécurité dans lesquelles doivent vivre ses habitants. Il s’agit de tout refaire à l’image du système : le monde devient tous les jours un peu plus sale et bruyant, comme une usine.
    Chaque parcelle de ce monde est la propriété d’un État ou d’un particulier. Ce vol social qu’est l’appropriation exclusive du sol se trouve matérialisé dans l’omniprésence des murs, des barreaux, des clôtures, des barrières et des frontières… ils sont la trace visible de cette séparation qui envahit tout.
    Mais parallèlement, l’unification de l’espace selon les intérêts de la culture marchande est le grand objectif de notre triste époque. Le monde doit devenir une immense autoroute, rationnalisée à l’extrême, pour faciliter le transport des marchandises. Tout obstacle, naturel ou humain doit être détruit.
    L’habitat dans lequel s’entasse cette masse servile est à l’image de leur vie : il ressemble à des cages, à des prisons, à des cavernes. Mais contrairement aux esclaves ou aux prisonniers, l’exploité des temps modernes doit payer sa cage.


« Car ce n’est pas l’homme mais le monde qui est devenu un anormal. »
Antonin Artaud



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 Chapitre IV : La marchandise

« Une marchandise paraît au premier coup d'œil quelque chose de trivial et qui se comprend de soi-même. Notre analyse a montré au contraire que c'est une chose très complexe, pleine de subtilité métaphysique et d'arguties théologiques. »

Le Capital, Karl Marx


 

publicité marchandise 



    Et c’est dans ce logis étroit et lugubre qu’il entasse les nouvelles marchandises qui devraient, selon les messages publicitaires omniprésents, lui apporter le bonheur et la plénitude. Mais plus il accumule des marchandises et plus la possibilité d’accéder un jour au bonheur s’éloigne de lui.

« A quoi sert à un homme de tout posséder s’il perd son âme. »

                    Marc 8 ; 36


    La marchandise, idéologique par essence, dépossède de son travail celui qui la produit et dépossède de sa vie celui qui la consomme. Dans le système économique dominant, ce n’est plus la demande qui conditionne l’offre mais l’offre qui détermine la demande. C’est ainsi que de manière périodique, de nouveaux besoins sont créés qui sont vite considérés comme des besoins vitaux par l’immense majorité de la population : ce fut d’abord la radio, puis la voiture, la télévision, l’ordinateur et maintenant le téléphone portable.
    Toutes ces marchandises, distribuées massivement en un lapse de temps très limité, modifient en profondeur les relations humaines : elles servent d’une part à isoler les hommes un peu plus de leur semblable et d’autre part à diffuser les messages dominants du système. Les choses qu’on possède finissent par nous posséder.



 Chapitre V : L’alimentation

« Ce qui est une nourriture pour l’un est un poison pour l’autre. »

Paracelse


 

nourriture


   
    Mais c’est encore lorsqu’il s’alimente que l’esclave moderne illustre le mieux l’état de décrépitude dans lequel il se trouve. Disposant d’un temps toujours plus limité pour préparer la nourriture qu’il ingurgite, il en est réduit à consommer à la va-vite ce que l’industrie agro-chimique produit. Il erre dans les supermarchés à la recherche des ersatz que la société de la fausse abondance consent à lui donner. Là encore, il n’a plus que l’illusion du choix. L’abondance des produits alimentaires ne dissimule que leur dégradation et leur falsification. Il ne s’agit bien notoirement que d’organismes génétiquement modifiés, d’un mélange de colorants et de conservateurs, de pesticides, d’hormones et autres inventions de la modernité. Le plaisir immédiat est la règle du mode d’alimentation dominant, de même qu’il est la règle de toutes les formes de consommation. Et les conséquences sont là qui illustrent cette manière de s’alimenter.
    Mais c’est face au dénuement du plus grand nombre que l’homme occidental se réjouit de sa position et de sa consommation frénétique. Pourtant, la misère est partout où règne la société totalitaire marchande. Le manque est le revers de la médaille de la fausse abondance. Et dans un système qui érige l’inégalité comme critère de progrès, même si la production agro-chimique est suffisante pour nourrir la totalité de la population mondiale, la faim ne devra jamais disparaitre.

« Ils se sont persuadés que l’homme, espèce pécheresse entre toutes, domine la création. Toutes les autres créatures n’auraient été créées que pour lui procurer de la nourriture, des fourrures, pour être martyrisées, exterminées. »

Isaac Bashevis Singer


    L’autre conséquence de la fausse abondance alimentaire est la généralisation des usines concentrationnaires et l’extermination massive et barbare des espèces qui servent à nourrir les esclaves. Là se trouve l’essence même du mode de production dominant. La vie et l’humanité ne résistent pas face au désir de profit de quelques uns.



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Chapitre VI : La destruction de l’environnement

« C’est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain ne l’écoute pas. »

Victor Hugo


 

puits de petrole en feu 



    Le pillage des ressources de la planète, l’abondante production d’énergie ou de marchandises, les rejets et autres déchets de la consommation ostentatoire hypothèquent gravement les chances de survie de notre Terre et des espèces qui la peuplent. Mais pour laisser libre court au capitalisme sauvage, la croissance ne doit jamais s’arrêter. Il faut produire, produire et reproduire encore.

    Et ce sont les mêmes pollueurs qui se présentent aujourd’hui comme les sauveurs potentiels de la planète. Ces imbéciles du show business subventionnés par les firmes multinationales essayent de nous convaincre qu’un simple changement de nos habitudes de vie suffirait à sauver la planète du désastre. Et pendant qu’ils nous culpabilisent, ils continuent à polluer sans cesse notre environnement et notre esprit. Ces pauvres thèses pseudo-écologiques sont reprises en cœur par tous les politiciens véreux à cours de slogan publicitaire. Mais ils se gardent bien de proposer un changement radical dans le système de production. Il s’agit comme toujours de changer quelques détails pour que tout puisse rester comme avant.




 Chapitre VII : Le travail

Travail, du latin Tri Palium trois pieux, instrument de torture.

 

 

horloge 



    Mais pour entrer dans la ronde de la consommation frénétique, il faut de l’argent et pour avoir de l’argent, il faut travailler, c'est-à-dire se vendre. Le système dominant a fait du travail sa  principale valeur. Et les esclaves doivent travailler toujours plus pour payer à crédit leur vie misérable. Ils s’épuisent dans le travail, perdent la plus grande part de leur force vitale et subissent les pires humiliations. Ils passent toute leur vie à une activité fatigante et ennuyeuse pour le profit de quelques uns.

    L’invention du chômage moderne est là pour les effrayer et les faire remercier sans cesse le pouvoir de se montrer généreux avec eux. Que pourraient-ils bien faire sans cette torture qu’est le travail ? Et ce sont ces activités aliénantes que l’on présente comme une libération. Quelle déchéance et quelle misère !

    Toujours pressés par le chronomètre ou par le fouet, chaque geste des esclaves est calculé afin d’augmenter la productivité. L’organisation scientifique du travail constitue l’essence même de la dépossession des travailleurs, à la fois du fruit de leur travail mais aussi du temps qu’ils passent à la production automatique des marchandises ou des services. Le rôle du travailleur se confond avec celui d’une machine dans les usines, avec celui d’un ordinateur dans les bureaux. Le temps payé ne revient plus.

    Ainsi, chaque travailleur est assigné à une tache répétitive, qu’elle soit intellectuelle ou physique. Il est spécialiste dans son domaine de production. Cette spécialisation se retrouve à l’échelle de la planète dans le cadre de la division internationale du travail. On conçoit en occident, on produit en Asie et l’on meurt en Afrique.




 Chapitre VIII : La colonisation de tous les secteurs de la vie


« C’est l’homme tout entier qui est conditionné au comportement productif par l’organisation du travail, et hors de l’usine il garde la même peau et la même tête. »

 

Christophe Dejours


 

publicité vacances 



    L’esclave moderne aurait pu se contenter de sa servitude au travail, mais à mesure que le système de production colonise tous les secteurs de la vie, le dominé perd son temps dans les loisirs, les divertissements et les vacances organisées. Aucun moment de son quotidien n’échappe à l’emprise du système. Chaque instant de sa vie a été envahi. C’est un esclave à temps plein.



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 Chapitre IX : La médecine marchande

« La médecine fait mourir plus longtemps. »

Plutarque


 

laboratoire 



    La dégradation généralisée de son environnement, de l’air qu’il respire et de la nourriture qu’il consomme ; le stress de ses conditions de travail et de l’ensemble de sa vie sociale, sont à l’origine des nouvelles maladies de l’esclave moderne.
Il est malade de sa condition servile et aucune médecine ne pourra jamais remédier à ce mal. Seule la libération la plus complète de la condition dans laquelle il se trouve enfermé peut permettre à l’esclave moderne de se libérer de ses souffrances.

    La médecine occidentale ne connaît qu’un remède face aux maux dont souffrent les esclaves modernes : la mutilation. C’est à base de chirurgie, d’antibiotique ou de chimiothérapie que l’on traite les patients de la médecine marchande. On s’attaque aux conséquences du mal sans jamais en chercher la cause. Cela se comprend autant que cela s’explique : cette recherche nous conduirait inévitablement vers une condamnation sans appel de l’organisation sociale dans son ensemble.

    De même qu’il a transformé tous les détails de notre monde en simple marchandise, le système présent a fait de notre corps une marchandise, un objet d’étude et d’expérience livré aux apprentis sorciers de la médecine marchande et de la biologie moléculaire. Et les maîtres du monde sont déjà prêts à breveter le vivant.
Le séquençage complet de l’ADN du génome humain est le point de départ d’une nouvelle stratégie mise en place par le pouvoir. Le décodage génétique n’a d’autres buts que d’amplifier considérablement les formes de domination et de contrôle.

    Notre corps lui-aussi, après tant d’autres choses, nous a échappé.



 Chapitre X : L’obéissance comme seconde nature

« À force d’obéir, on obtient des réflexes de soumission. »

 

Anonyme


 

rat de laboratoire 



    Le meilleur de sa vie lui échappe mais il continue car il a l’habitude d’obéir depuis toujours. L’obéissance est devenue sa seconde nature. Il obéit sans savoir pourquoi, simplement parce qu’il sait qu’il doit obéir. Obéir, produire et consommer, voilà le triptyque qui domine sa vie. Il obéit à ses parents, à ses professeurs, à ses patrons, à ses propriétaires, à ses marchands. Il obéit à la loi et aux forces de l’ordre. Il obéit à tous les pouvoirs car il ne sait rien faire d’autre. La désobéissance l’effraie plus que tout car la désobéissance, c’est le risque, l’aventure, le changement. Mais de même que l’enfant panique lorsqu’il perd de vue ses parents, l’esclave moderne est perdu sans le pouvoir qui l’a créé. Alors ils continuent d’obéir.

    C’est la peur qui a fait de nous des esclaves et qui nous maintient dans cette condition. Nous nous courbons devant les maîtres du monde, nous acceptons cette vie d’humiliation et de misère par crainte.
    Nous disposons pourtant de la force du nombre face à cette minorité qui gouverne. Leur force à eux, ils ne la retirent pas de leur police mais bien de notre consentement. Nous justifions notre lâcheté devant l’affrontement légitime contre les forces qui nous oppriment par un discours plein d’humanisme moralisateur. Le refus de la violence révolutionnaire est ancré dans les esprits de ceux qui s’opposent au système au nom des valeurs que ce système nous a lui-même enseignés.
    Mais le pouvoir, lui, n’hésite jamais à utiliser la violence quand il s’agit de conserver son hégémonie.




 Chapitre XI : La répression et la surveillance

« Sous un gouvernement qui emprisonne injustement, la place de l’homme juste est aussi en prison. »

La désobéissance civile, Henry David Thoreau


 

 foule 1984



    Pourtant, il y a encore des individus qui échappent au contrôle des consciences. Mais ils sont sous surveillance. Toute forme de rébellion ou de résistance est de fait assimilée à une activité déviante ou terroriste. La liberté n’existe que pour ceux qui défendent les impératifs marchands. L’opposition réelle au système dominant est désormais totalement clandestine. Pour ces opposants, la répression est la règle en usage. Et le silence de la majorité des esclaves face à cette répression trouve sa justification dans l’aspiration médiatique et politique à nier le conflit qui existe dans la société réelle.

   

 Chapitre XII : L’argent

« Et ce que l’on faisait autrefois pour l’amour de Dieu, on le fait maintenant pour l’amour de l’argent, c’est-à-dire pour l’amour de ce qui donne maintenant le sentiment de puissance le plus élevé et la bonne conscience.»

 

Aurore, Nietzsche


 

billet 



    Comme tous les êtres opprimés de l’Histoire, l’esclave moderne a besoin de sa mystique et de son dieu pour anesthésier le mal qui le tourmente et la souffrance qui l’accable. Mais ce nouveau dieu, auquel il a livré son âme, n’est rien d’autre que le néant. Un bout de papier, un numéro qui n’a de sens que parce que tout le monde a décidé de lui en donner. C’est pour ce nouveau dieu qu’il étudie, qu’il travaille, qu’il se bat et qu’il se vend. C’est pour ce nouveau dieu qu’il a abandonné toute valeur et qu’il est prêt à faire n’importe quoi. Il croit qu’en possédant beaucoup d’argent, il se libérera des contraintes dans lesquels il se trouve enfermé. Comme si la possession allait de paire avec la liberté. La libération est une ascèse qui provient de la maitrise de soi. Elle est un désir et une volonté en actes. Elle est dans l’être et non dans l’avoir. Mais encore faut-il être résolu à ne plus servir, à ne plus obéir. Encore faut-il être capable de rompre avec une habitude que personne, semble-t-il, n’ose remettre en cause.



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 Chapitre XIII : Pas d’alternative à l’organisation sociale dominante

 

Acta est fabula
La pièce est jouée


 

horloge 



    Or l’esclave moderne est persuadé qu’il n’existe pas d’alternative à l’organisation du monde présent. Il s’est résigné à cette vie car il pense qu’il ne peut y en avoir d’autres. Et c’est bien là que se trouve la force de la domination présente : entretenir l’illusion que ce système qui a colonisé toute la surface de la Terre est la fin de l’Histoire. Il a fait croire à la classe dominée que s’adapter à son idéologie revient à s’adapter au monde tel qu’il est et tel qu’il a toujours été. Rêver d’un autre monde est devenu un crime condamné unanimement par tous les médias et tous les pouvoirs. Le criminel est en réalité celui qui contribue, consciemment ou non, à la démence de l’organisation sociale dominante. Il n’est pas de folie plus grande que celle du système présent. 



 Chapitre XIV : L’image

« Sinon, qu’il te soit fait connaitre, o roi, que tes dieux ne sont pas ceux que nous servons, et l’image d’or que tu as dressé, nous ne l’adorerons pas. »

 

Ancien Testament, Daniel 3 :18


 

 panneaux



    Devant la désolation du monde réel, il s’agit pour le système de coloniser l’ensemble de la conscience des esclaves. C’est ainsi que dans le système dominant, les forces de répression  sont précédées par la dissuasion qui, dès la plus petite enfance, accomplit son œuvre de formation des esclaves. Ils doivent oublier leur condition servile, leur prison et leur vie misérable. Il suffit de voir cette foule hypnotique connectée devant tous les écrans qui accompagnent leur vie quotidienne. Ils trompent leur insatisfaction permanente dans le reflet manipulé d’une vie rêvée, faite d’argent, de gloire et d’aventure. Mais leurs rêves sont tout aussi affligeants que leur vie misérable. 

    Il existe des images pour tous et partout, elles portent en elle le message idéologique de la société moderne et servent d’instrument d’unification et de propagande. Elles croissent à mesure que l’homme est dépossédé de son monde et de sa vie. C’est l’enfant qui est la cible première de ces images car il s’agit d’étouffer la liberté dans son berceau. Il faut les rendre stupides et leur ôter toute forme de réflexion et de critique. Tout cela se fait bien entendu avec la complicité déconcertante de leurs parents qui ne cherchent même plus à résister face à la force de  frappe cumulée de tous les moyens modernes de communication. Ils achètent eux-mêmes toutes les marchandises nécessaires à l’asservissement de leur progéniture. Ils se dépossèdent de l’éducation de leurs enfants et la livrent en bloc au système de l’abrutissement et de la médiocrité.

    Il y a des images pour tous les âges et pour toutes les classes sociales. Et les esclaves modernes confondent ces images avec la culture et parfois même avec l’art. On fait appel aux instincts les plus sordides pour écouler les stocks de marchandises. Et c’est encore la femme, doublement esclave dans la société présente, qui en paye le prix fort. Elle en est réduite à être un simple objet de consommation. La révolte elle-même est devenue une image que l’on vend pour mieux en détruire le potentiel subversif. L’image est toujours aujourd’hui la forme de communication la plus simple et la plus efficace. On construit des modèles, on abrutit les masses, on leur ment, on crée des frustrations. On diffuse l’idéologie marchande par l’image car il s’agit encore et toujours du même objectif : vendre, des modes de vie ou des produits, des comportements ou des marchandises, peu importe mais il faut vendre.



 Chapitre XV : Les divertissements

« La télévision ne rend idiots que ceux    
qui la regardent, pas ceux qui la font. »

 

Patrick Poivre d’Arvor


 

public télévision 



    Ces pauvres hommes se divertissent, mais ce divertissement n’est là que pour faire diversion face au véritable mal qui les accable. Ils ont laissé faire de leur vie n’importe quoi et ils feignent d’en être fiers. Ils essayent de montrer leur satisfaction mais personne n’est dupe. Ils n’arrivent même plus à se tromper eux-mêmes lorsqu’ils se retrouvent face au reflet glacé du miroir. Ainsi ils perdent leur temps devant des imbéciles sensés les faire rire ou les faire chanter, les faire rêver ou les faire pleurer.
    On mime à travers le sport médiatique les succès et les échecs, les forces et les victoires que les esclaves modernes ont cessé de vivre dans leur propre quotidien. Leur insatisfaction les incite à vivre par procuration devant leur poste de télévision. Tandis que les empereurs de la Rome antique achetaient la soumission du peuple avec du pain et les jeux du cirque, aujourd’hui c’est avec les divertissements et la consommation du vide que l’on achète le silence des esclaves.



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 Chapitre XVI : Le langage

 « On croit que l'on maîtrise les mots, mais ce sont les mots qui nous maîtrisent. »

 

Alain Rey


 

 bouche vendetta



    La domination sur les consciences passe essentiellement par l’utilisation viciée du langage par la classe économiquement et socialement dominante. Étant détenteur de l’ensemble des moyens de communication, le pouvoir diffuse l’idéologie marchande par la définition figée, partielle et partiale qu’il donne des mots.
    Les mots sont présentés comme neutres et leur définition comme allant de soi. Mais sous le contrôle du pouvoir, le langage désigne toujours autre chose que la vie réelle.
    C’est avant tout un langage de la résignation et de l’impuissance, le langage de l’acceptation passive des choses telles qu’elles sont et telles qu’elles doivent demeurer. Les mots travaillent pour le compte de l’organisation dominante de la vie et le fait même d’utiliser le langage du pouvoir nous condamne à l’impuissance.
    Le problème du langage est au centre du combat pour l’émancipation humaine. Il n’est pas une forme de domination qui se surajoute aux autres, il est le cœur même du projet d’asservissement du système totalitaire marchand.

    C’est par la réappropriation du langage et donc de la communication réelle entre les personnes que la possibilité d’un changement radical émerge de nouveau. C’est en cela que le projet révolutionnaire rejoint le projet poétique. Dans l’effervescence populaire, la parole est prise et réinventée par des groupes étendus. La spontanéité créatrice s’empare de chacun et nous rassemble tous.
   


 Chapitre XVII : L’illusion du vote et de la démocratie parlementaire

« Voter, c’est abdiquer. »

Élisée Reclus


 

parlement



    Pourtant, les esclaves modernes se pensent toujours citoyens. Ils croient voter et décider librement qui doit conduire leurs affaires. Comme s’ils avaient encore le choix. Ils n’en ont conservé que l’illusion. Croyez-vous encore qu’il existe une différence fondamentale quant au choix de société dans laquelle nous voulons vivre entre le PS et l’UMP en France, entre les démocrates et les républicains aux États-Unis, entre les travaillistes et les conservateurs au Royaume-Uni ? Il n’existe pas d’opposition car les partis politiques dominants sont d’accord sur l’essentiel qui est la conservation de la présente société marchande. Il n’existe pas de partis politiques susceptibles d’accéder au pouvoir qui remette en cause le dogme du marché. Et ce sont ces partis qui avec la complicité médiatique monopolise l’apparence.  Ils se chamaillent sur des points de détails pourvu que tout reste en place. Ils se disputent pour savoir qui occupera les places que leur offre le parlementarisme marchand. Ces pauvres chamailleries sont relayées par tous les médias dans le but d’occulter un véritable débat sur le choix de société dans laquelle nous souhaitons vivre. L’apparence et la futilité dominent sur la profondeur de l’affrontement des idées. Tout cela ne ressemble en rien, de près ou de loin à une démocratie.
    La démocratie réelle se définit d’abord et avant tout par la participation massive des citoyens à la gestion des affaires de la cité. Elle est directe et participative. Elle trouve son expression la plus authentique dans l’assemblée populaire et le dialogue permanent sur l’organisation de la vie en commun. La forme représentative et parlementaire qui usurpe le nom de démocratie limite le pouvoir des citoyens au simple droit de vote, c'est-à-dire au néant, tant il est vrai que le choix entre gris clair et gris foncé n’est pas un choix véritable. Les sièges parlementaires sont occupés dans leur immense majorité par la classe économiquement dominante, qu’elle soit de droite ou de la prétendue gauche social-démocrate.
    Le pouvoir n’est pas à conquérir, il est à détruire. Il est tyrannique par nature, qu’il soit exercé par un roi, un dictateur ou un président élu. La seule différence dans le cas de la « démocratie » parlementaire, c’est que les esclaves ont l’illusion de choisir eux-mêmes le maitre qu’ils devront servir. Le vote a fait d’eux les complices de la tyrannie qui les opprime. Ils ne sont pas esclaves parce qu’il existe des maitres mais il existe des maitres parce qu’ils ont choisi de demeurer esclaves.



 Chapitre XVIII : Le système totalitaire marchand

 

« La nature n’a créé ni maîtres ni esclaves,
Je ne veux ni donner ni recevoir de lois. »

Denis Diderot


 

 satelite



    Le système dominant se définit donc par l’omniprésence de son idéologie marchande. Elle occupe à la fois tout l’espace et tous les secteurs de la vie. Elle ne dit rien de plus que : « Produisez, vendez, consommez, accumulez ! » Elle a réduit l’ensemble des rapports humains à des  rapports marchands et considère notre planète comme une simple marchandise. Le devoir qu’elle nous impose est le travail servile. Le seul droit qu’elle reconnait est le droit à la propriété privée. Le seul dieu qu’elle arbore est l’argent.
    Le monopole de l’apparence est total. Seuls paraissent les hommes et les discours favorables à l’idéologie dominante. La critique de ce monde est noyée dans le flot médiatique qui détermine ce qui est bien et ce qui est mal, ce que l’on peut voir et ce que l’on ne peut pas voir.

    Omniprésence de l’idéologie, culte de l’argent, monopole de l’apparence, parti unique sous couvert du pluralisme parlementaire, absence d’une opposition visible, répression sous toutes ses formes, volonté de transformer l’homme et le monde. Voila le visage réel du totalitarisme moderne que l’on appelle « démocratie libérale » mais qu’il faut maintenant appeler par son nom véritable : le système totalitaire marchand.

    L’homme, la société et l’ensemble de notre planète sont au service de cette idéologie. Le système totalitaire marchand a donc réalisé ce qu’aucun totalitarisme n’avait pu faire avant lui : unifier le monde à son image. Aujourd’hui, il n’y a plus d’exil possible.



Chapitre XIX : Perspectives


 

 le pouvoir n'est pas à conquérir, il est à detruire



    A mesure que l’oppression s’étend à tous les secteurs de la vie, la révolte prend l’allure d’une guerre sociale. Les émeutes renaissent et annoncent la révolution à venir.

    La destruction de la société totalitaire marchande n’est pas une affaire d’opinion. Elle est une nécessité absolue dans un monde que l’on sait condamné. Puisque le pouvoir est partout, c’est partout et tout le temps qu’il faut le combattre.

    La réinvention du langage, le bouleversement permanent de la vie quotidienne, la désobéissance et la résistance sont les maîtres mots de la révolte contre l’ordre établi. Mais pour que de cette révolte naisse une révolution, il faut rassembler les subjectivités dans un front commun.

    C’est à l’unité de toutes les forces révolutionnaires qu’il faut œuvrer. Cela ne peut se faire qu’à partir de la conscience de nos échecs passés : ni le réformisme stérile, ni la bureaucratie totalitaire ne peuvent être une solution à notre insatisfaction. Il s’agit d’inventer de nouvelles formes d’organisation et de lutte.

    L’autogestion dans les entreprises et la démocratie directe à l’échelle des communes constituent les bases de cette nouvelle organisation qui doit être antihiérarchique dans la forme comme dans le contenu.

    Le pouvoir n’est pas à conquérir, il est à détruire.




Chapitre XX : Épilogue
 
« O Gentilshommes, la vie est courte… Si nous vivons, nous vivons pour marcher sur la tête des rois. »

 

William Shakespeare


 



Jean-François Brient

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