Jaurès, censuré d'un passage, soit-disant pour ne pas "alourdir" le message diffusé.
Mais pas n'importe quel passage:
"J’en veux mortellement à ce certificat d’études primaires qui exagère encore ce vice secret des programmes. Quel système déplorable nous avons en France avec ces examens à tous les degrés qui suppriment l’initiative du maître et aussi la bonne foi de l’enseignement, en sacrifiant la réalité à l’apparence ! Mon inspection serait bientôt faite dans une école. Je ferais lire les écoliers, et c’est là-dessus seulement que je jugerais le maître."
Voici la lettre en entier, non modifiée, non censurée.
La "Lettre aux instituteurs et institutrices" de Jean Jaurès est lue à tous les élèves de France ce lundi 2 novembre, suite à l'assassinat de Samuel Paty. Elle a été publiée en premier dans La Dépêche, le 15 janvier 1888.
Ce jour de la rentrée des classes, après les vacances de la Toussaint, est lue dans toutes écoles, collèges et lycées de France la "Lettre aux instituteurs et institutrices" de Jean Jaurès, parue à l'origine dans les colonnes de notre journal, le 15 janvier 1888. Jean Jaurès a collaboré avec La Dépêche, de 1887 à 1914, au travers de 1312 articles, dont ce texte fort dédié aux instituteurs et institutrices français. il met en avant le rôle primordial des enseignants dans la formation d'un citoyen éclairé dans une démocratie libre.
Cette initiative voulue par le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, fait suite à l'assassinat de Samuel Paty, ce professeur d'histoire-géographie décapité par un terroriste islamiste tchétchène le vendredi 16 octobre à Conflans-Sainte-Honorine.
La rentrée des classes, qui devait initialement être décalée à 10 heures pour laisser le temps aux équipes pédagogiques de préparer un hommage à Samuel Paty, sera finalement maintenue à l'horaire habituel, a annoncé le ministre Jean-Michel Blanquer vendredi soir aux personnels. Une minute de silence sera observée à 11 heures, après la lecture de la lettre de Jean Jaurès, "de préférence dans les salles de classe, et si les conditions sanitaires le permettent, dans la cour de l’établissement" a précisé le ministère de l’Education nationale.
"Lettre aux instituteurs et institutrices" de Jean Jaurès parue dans La Dépêche le 15 janvier 1888.
Voici l'intégralité de cette "Lettre aux instituteurs et institutrices"parue le dimanche 15 janvier 1888 dans La Dépêche :
"Vous tenez en vos mains l’intelligence et l’âme des enfants ; vous êtes responsables de la patrie. Les enfants qui vous sont confiés n’auront pas seulement à écrire et à déchiffrer une lettre, à lire une enseigne au coin d’une rue, à faire une addition et une multiplication. Ils sont Français et ils doivent connaître la France, sa géographie et son histoire : son corps et son âme. Ils seront citoyens et ils doivent savoir ce qu’est une démocratie libre, quels droits leur confère, quels devoirs leur impose la souveraineté de la nation. Enfin ils seront hommes, et il faut qu’ils aient une idée de l’homme, il faut qu’ils sachent quelle est la racine de toutes nos misères : l’égoïsme aux formes multiples ; quel est le principe de notre grandeur : la fierté unie à la tendresse. Il faut qu’ils puissent se représenter à grands traits l’espèce humaine domptant peu à peu les brutalités de la nature et les brutalités de l’instinct, et qu’ils démêlent les éléments principaux de cette œuvre extraordinaire qui s’appelle la civilisation. Il faut leur montrer la grandeur de la pensée ; il faut leur enseigner le respect et le culte de l’âme en éveillant en eux le sentiment de l’infini qui est notre joie, et aussi notre force, car c’est par lui que nous triompherons du mal, de l’obscurité et de la mort.
Eh quoi ! Tout cela à des enfants ! Oui, tout cela, si vous ne voulez pas fabriquer simplement des machines à épeler. Je sais quelles sont les difficultés de la tâche. Vous gardez vos écoliers peu d’années et ils ne sont point toujours assidus, surtout à la campagne. Ils oublient l’été le peu qu’ils ont appris l’hiver. Ils font souvent, au sortir de l’école, des rechutes profondes d’ignorance et de paresse d’esprit, et je plaindrais ceux d’entre vous qui ont pour l’éducation des enfants du peuple une grande ambition, si cette grande ambition ne supposait un grand courage.
J’entends dire, il est vrai : À quoi bon exiger tant de l’école ? Est-ce que la vie elle-même n’est pas une grande institutrice ? Est-ce que, par exemple, au contact d’une démocratie ardente, l’enfant devenu adulte ne comprendra point de lui-même les idées de travail, d’égalité, de justice, de dignité humaine qui sont la démocratie elle-même ? Je le veux bien, quoiqu’il y ait encore dans notre société, qu’on dit agitée, bien des épaisseurs dormantes où croupissent les esprits. Mais autre chose est de faire, tout d’abord, amitié avec la démocratie par l’intelligence ou par la passion. La vie peut mêler, dans l’âme de l’homme, à l’idée de justice tardivement éveillée, une saveur amère d’orgueil blessé ou de misère subie, un ressentiment et une souffrance. Pourquoi ne pas offrir la justice à des cœurs tout neufs ? Il faut que toutes nos idées soient comme imprégnées d’enfance, c’est-à-dire de générosité pure et de sérénité.
Comment donnerez-vous à l’école primaire l’éducation si haute que j’ai indiquée ? Il y a deux moyens. Il faut d’abord que vous appreniez aux enfants à lire avec une facilité absolue, de telle sorte qu’ils ne puissent plus l’oublier de la vie et que, dans n’importe quel livre, leur œil ne s’arrête à aucun obstacle. Savoir lire vraiment sans hésitation, comme nous lisons vous et moi, c’est la clef de tout. Est-ce savoir lire que de déchiffrer péniblement un article de journal, comme les érudits déchiffrent un grimoire ? J’ai vu, l’autre jour, un directeur très intelligent d’une école de Belleville, qui me disait : « Ce n’est pas seulement à la campagne qu’on ne sait lire qu’à peu près, c’est-à-dire point du tout ; à Paris même, j’en ai qui quittent l’école sans que je puisse affirmer qu’ils savent lire. » Vous ne devez pas lâcher vos écoliers, vous ne devez pas, si je puis dire, les appliquer à autre chose tant qu’ils ne seront point par la lecture aisée en relation familière avec la pensée humaine. Qu’importent vraiment à côté de cela quelques fautes d’orthographe de plus ou de moins, ou quelques erreurs de système métrique ? Ce sont des vétilles dont vos programmes, qui manquent absolument de proportion, font l’essentiel.
J’en veux mortellement à ce certificat d’études primaires qui exagère encore ce vice secret des programmes. Quel système déplorable nous avons en France avec ces examens à tous les degrés qui suppriment l’initiative du maître et aussi la bonne foi de l’enseignement, en sacrifiant la réalité à l’apparence ! Mon inspection serait bientôt faite dans une école. Je ferais lire les écoliers, et c’est là-dessus seulement que je jugerais le maître.
Sachant bien lire, l’écolier, qui est très curieux, aurait bien vite, avec sept ou huit livres choisis, une idée, très générale, il est vrai, mais très haute de l’histoire de l’espèce humaine, de la structure du monde, de l’histoire propre de la terre dans le monde, du rôle propre de la France dans l’humanité. Le maître doit intervenir pour aider ce premier travail de l’esprit ; il n’est pas nécessaire qu’il dise beaucoup, qu’il fasse de longues leçons ; il suffit que tous les détails qu’il leur donnera concourent nettement à un tableau d’ensemble. De ce que l’on sait de l’homme primitif à l’homme d’aujourd’hui, quelle prodigieuse transformation ! et comme il est aisé à l’instituteur, en quelques traits, de faire sentir à l’enfant l’effort inouï de la pensée humaine !
Seulement, pour cela, il faut que le maître lui-même soit tout pénétré de ce qu’il enseigne. Il ne faut pas qu’il récite le soir ce qu’il a appris le matin ; il faut, par exemple, qu’il se soit fait en silence une idée claire du ciel, du mouvement des astres ; il faut qu’il se soit émerveillé tout bas de l’esprit humain, qui, trompé par les yeux, a pris tout d’abord le ciel pour une voûte solide et basse, puis a deviné l’infini de l’espace et a suivi dans cet infini la route précise des planètes et des soleils ; alors, et alors seulement, lorsque, par la lecture solitaire et la méditation, il sera tout plein d’une grande idée et tout éclairé intérieurement, il communiquera sans peine aux enfants, à la première occasion, la lumière et l’émotion de son esprit. Ah ! sans doute, avec la fatigue écrasante de l’école, il vous est malaisé de vous ressaisir ; mais il suffit d’une demi-heure par jour pour maintenir la pensée à sa hauteur et pour ne pas verser dans l’ornière du métier. Vous serez plus que payés de votre peine, car vous sentirez la vie de l’intelligence s’éveiller autour de vous. Il ne faut pas croire que ce soit proportionner l’enseignement aux enfants que de le rapetisser.
Les enfants ont une curiosité illimitée, et vous pouvez tout doucement les mener au bout du monde. Il y a un fait que les philosophes expliquent différemment suivant les systèmes, mais qui est indéniable : « Les enfants ont en eux des germes, des commencements d’idées. » Voyez avec quelle facilité ils distinguent le bien du mal, touchant ainsi aux deux pôles du monde ; leur âme recèle des trésors à fleur de terre : il suffit de gratter un peu pour les mettre à jour. Il ne faut donc pas craindre de leur parler avec sérieux, simplicité et grandeur.
Je dis donc aux maîtres, pour me résumer : lorsque d’une part vous aurez appris aux enfants à lire à fond, et lorsque d’autre part, en quelques causeries familières et graves, vous leur aurez parlé des grandes choses qui intéressent la pensée et la conscience humaine, vous aurez fait sans peine en quelques années œuvre complète d’éducateurs.
Dans chaque intelligence il y aura un sommet, et, ce jour-là, bien des choses changeront."
Jean Jaurès dansLa Dépêche, le dimanche 15 janvier 1888
Je n'ai pas parlé ici de l'assassinat du professeur d'histoire-géo. Je pense que le problème de fond ne vient pas de l'école, de la laïcité, du droit à la parole, à la critique, à l'intelligence. Le problème de fond est qu'il y a dans ce pays des fous furieux qui hantent nos villes. Ils sont connus pour beaucoup d'entre eux. La police fait son job. C'est ensuite que ça coince...Et là, j'en veux à l'Etat.
Pour ce qui est de la lettre de Jules Ferry, j'ai vu que seuls certains passages allaient être lus. Entre autre celui qui parle de la mission enseignante.
Mais il y a d'autres passages qui méritent d'être lus avec attention, surtout dans ce contexte actuel.
"Si parfois vous étiez embarrassé pour savoir jusqu’où il vous est permis d’aller dans votre enseignement moral, voici une règle pratique à laquelle vous pourrez vous tenir : avant de proposer à vos élèves un précepte, une maxime quelconque, demandez-vous s’il se trouve, à votre connaissance, un seul honnête homme qui puisse être froissé de ce que vous allez dire. Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant, pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu’il vous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire ; sinon, parlez hardiment, car ce que vous allez communiquer à l’enfant, ce n’est pas votre propre sagesse, c’est la sagesse du genre humain, c’est une de ces idées d’ordre universel que plusieurs siècles de civilisation ont fait entrer dans le patrimoine de l’humanité. […]
Quand on repense aux circonstances qui ont conduit à la décapitation de Samuel Paty, c'est un passage qui interpelle. On pourrait penser que Monsieur Paty aurait dû s'abstenir.
Non, il n'avait pas à le faire.
Pour deux raisons qui se trouvent dans le texte : "un seul honnête homme" puis "pourrait de bonne foi".
Les gens qui se sont offusqués du travail de conscience de ce professeur ne sont pas "des honnêtes gens" et ils ne sont plus assez lucides pour "agir de bonne foi".
Leur foi leur a ôté toute honnêteté et même toute morale. Ils sont à l'opposé de l'idée même de la foi. Eux, ils sont fous.
La foi (du latin fides, « confiance ») désigne étymologiquement le fait d'avoir confiance en quelque chose ou quelqu'un.
Ces gens-là n'ont foi que dans leur folie.
Donc, Samuel Paty dans le cadre de son travail d'éveil des consciences n'avait pas à se brider étant donné que les gens offusqués sont justement ceux qu'il combattait par l'intelligence de ses débats.
Juste deux exemples: un en Allemagne et un en France.
Pas vraiment utile que je commente. Tout est dit. Sauf que c'est à mes yeux encore plus grave qu'énoncé.
Etant donné le "chiffre d'affaires" très important généré par le domaine de la culture, que ça soit en France ou ailleurs, il me semble que le désintérêt du monde politique ne s'explique pas par l'aspect financier qui aurait pu être insignifiant mais bien parce que la culutre en général est à leurs yeux insignifiante. Peut-être même, et ça serait encore plus grave, la considèrent-ils comme une menace, étant donné qu'elle est amenée à faire réfléchir les individus...
Fermer les librairies, c'est nous « priver du meilleur bataillon pour affronter l'obscurantisme», plaide le présentateur de « La Grande Librairie», François Busnel. — Jean-philippe BALTEL pour FTV
Considérées comme des commerces non essentiels, les librairies sont contraintes à nouveau tirer le rideau en raison du confinement, laissant le champ libre aux géants de la vente de livres en ligne comme Amazon. Le critique littéraire François Busnel a annoncé vendredi sur franceinfo qu’il allait lancer une pétition en ligne pour réclamer la réouverture des librairies, une mesure défendue également par de nombreuses personnalités.
Selon le journaliste et présentateur de l’émission littéraire de France 5 La grande librairie, en fermant les marchands de livres, la France se prive de son « meilleur bataillon pour nous permettre d’affronter l’obscurantisme ».
« Condamner tout un pan de l’économie culturelle »
« Il y a des millions de personnes dans ce pays, et on l’a vu juste après le premier confinement, qui ont envie de lire, qui ont besoin de lire. Fermer les librairies, c’est condamner tout un pan de l’économie culturelle, sans doute à vaciller, pour certains à disparaître », a souligné François Busnel. Et le gouvernement fait au passage « un cadeau énorme à une entreprise qui commence par Ama et finit par Zon, dont on connaît les pratiques fiscales », a-t-il ajouté.
Le critique littéraire demande que le président Emmanuel Macron reçoive le syndicat des libraires de France, le syndicat national des éditeurs, et les écrivains, pour qu’ils puissent plaider en faveur d’une réouverture.
« Laissons ouvertes les librairies, les bibliothèques »
D’autres personnalités, dont la maire PS de Paris Anne Hidalgo, ont appelé à laisser les librairies ouvertes, estimant que l’accès à la lecture était aussi essentiel à la Nation que d’autres activités ayant bénéficié de dérogations.
« Laissons ouvertes les librairies, les bibliothèques, nous avons besoin de cette fonction-là, de s’évader », a pour sa part lancé François Hollande jeudi, dans l’émission télévisée Livres & vous sur Public Sénat.
Le prix Goncourt, qui devait être décerné le 10 novembre, a été reporté jeudi, sine die, par « solidarité » avec les librairies. Le prix vendredi de la littérature adolescente, qui devait être attribué lundi, a été également reporté, a-t-on appris ce vendredi.
A partir de lundi 2 novembre, l'Allemagne, à l'instar d'autres pays européens, impose de nouvelles restrictions face à la propagation de la pandémie, qualifiées de "reconfinement light" dans les médias. Elles prévoient la fermeture pendant un mois au moins de toute une série d'établissements, dans la gastronomie, les loisirs, le sport et la culture : théâtres, opéras et autres salles de concert, musées, salons et cinémas sont concernés.
Musiciens désemparés
"Une gifle" : la représentation vient de se terminer samedi soir 31 octobre, dans le très renommé Opéra de Munich et, juste avant que le rideau tombe, le baryton Michael Nagy, 43 ans, les larmes aux yeux, a du mal à cacher son émotion face au public.
Munich, le 31 octobre 2020. Sabine, une comédienne de l'Opéra national de Munich s'apprête, avec sa pancarte "Vergesst uns nicht !" (ne nous oubliez pas) à rejoindre la chaîne humaine reliant les salariés et amis de différents théâtres de la ville par solidarité en vue du reconfinement partiel. (MATTHIAS BALK / DPA)
L'Opéra de Munich est concerné au premier chef, comme au printemps. Et avec lui c'est l'ensemble du secteur de la culture, au "pays des poètes et philosophes", qui proteste de plus en plus vocalement. Les chanteurs et l'orchestre viennent d'achever une première de l'opéra Die Vögel (Les Oiseaux) du compositeur allemand Walter Braunfels. L'avant-dernier spectacle avant la fermeture des portes de l'enceinte lyrique bavaroise, qui peut accueillir en temps normal 2.100 personnes.
Pour cette "première" aux allures de "dernière", une cinquantaine de spectateurs ont fait le déplacement afin de les encourager dans l'immense salle parée de dorures et de lustres élégants. "Être assis ici dans une salle si vide, c'est totalement déprimant et douloureux", soupire Jan Brachmann, 48 ans, noeud papillon autour du cou et masque chirurgical sur le visage. Ce passionné d'opéra a tout de même voulu assister à cette première, par respect "pour les artistes qui l'ont préparée".
Aucune contamination déplorée depuis septembre à l'Opéra de Munich
Pour l'Opéra munichois, la nouvelle fermeture sonne comme un désaveu. Son directeur Nikolaus Bachler, 69 ans, dit ne pas comprendre pourquoi les "transports en commun" ou les "commerces" peuvent rester ouverts en novembre en Allemagne alors que sa scène doit fermer. "Nous avons un public discipliné, il est possible de maîtriser les risques. Ce n'est pas une décision adéquate", critique-t-il.
Munich, 24 octobre 2020. Manifestation d'artistes et autres travaileurs de la culture contre les restrictions imposées pour lutter contre la pandémie. Une femme tend une parcarte qui dit : "Sans la musique, ce serait calme". (LINO MIRGELER / DPA)
Nikolaus Bachler est d'autant plus découragé que sa salle avait passé avec succès un test en septembre. Elle a eu le droit d'accueillir 500 spectateurs au lieu des 200 autorisés normalement pendant le déconfinement de l'été en Bavière.
Règles d'hygiènes strictes, port du masque obligatoire, distanciation entre les spectateurs : en plus d'un mois, aucune contamination au Covid-19 n'a été déplorée. L'expérience a pourtant été arrêtée et désormais c'est la fermeture complète au public.
"Moins de valeur que des voitures"
Cette perspective effraie le secteur dans son ensemble. "Ces derniers mois, nous avons l'impression d'avoir moins de valeur que les voitures, les avions ou les footballeurs", dénoncent de nombreux chanteurs et artistes dans une lettre ouverte.
Les directeurs de musées ont mené plusieurs actions de protestation au cours du week-end pour qualifier leur fermeture en novembre de "mauvaise décision", de "portée très grave"."Les musées sont des lieux d'éducation importants et indispensables pour un bon fonctionnement de la société", écrivent-ils dans un communiqué.
Le célèbre trompettiste de jazz allemand Till Brönner a, lui, publié une vidéo devenue virale, pour clamer son "énervement" face au manque de soutien à ses yeux des pouvoirs publics au secteur de la culture et du divertissement qui emploie 1,5 million de personnes et génère des revenus annuels de près de 130 milliards d'euros.
Même la ministre de la culture et le chef de l'Etat sont inquiets
La ministre allemande de la Culture Monika Grütters a elle-même reconnu être "très inquiète" pour son secteur, qui emploie aussi de nombreux indépendants sans filet de sécurité. "Même si les nouvelles restrictions sont compréhensibles" sur le plan sanitaire, elles constituent "une catastrophe", a-t-elle dit.
Même le chef de l'Etat allemand, Frank-Walter Stenmeier, est intervenu dans le débat : "La crise du corona nous rappelle que la culture n'est pas un produit de luxe pour un petit nombre mais un elixir de vie pour tous". Le gouvernement a débloqué une dizaine de milliards d'euros d'aides supplémentaires pour tous les secteurs d'activités les plus touchés en novembre.
Il y a quelques livres qui m'auront marqué cette année et celui-là en fait partie.
C'est magnifiquement bien écrit, c'est très prenant, très bien documenté et ça m'a renvoyé à toutes mes lectures d'adolescent lorsque je dévorais tous les récits vécus d'expéditions.
La description de la vie des femmes de la bourgeoisie et le caractère atypique de la femme du militaire, déterminée à ne pas perdre de vue ses rêves, ses désirs et ses passions, malgré le regard et les jugements de ses "amies", les effets annoncés de la confrontation des Occidentaux, avides d'aventures et de richesses et les peuples autochtones, la distance immense entre les cultures, des phénomènes inexpliqués qui relèvent du chamanisme et qui sont si bien intégrés à l'histoire qu'on ne se pose pas la question de leur véracité, c'est une Terre qui se prête à ce genre de choses...
J'ai toujours éprouvé une certaine déception de ne pas avoir vécu à ces époques de découvertes de la planète.
Je suis né dans un monde déjà cartographié, géographiquement mais également socialement. Existait-il une réelle liberté à ce que je trace ma propre voie, ma propre exploration ? Il aurait fallu que je me rebelle à dix ans...Et je n'en éprouvais aucunement le besoin. J'ai fait ma scolarité avec en tête que c'était pour avoir un travail, que j'aurai une femme et des enfants et puis une maison...
J'aurais pu aussi décider d'aller vivre dans les forêts du nord Canada mais il aurait fallu que je découvre les livres des explorateurs encore plus tôt. Il y a aussi un manque de courage évident au regard de tout ça. J'ai choisi sans vraiment la choisir ce qui semblait être une "voie royale". Très loin de celle d'André Malraux.
Hiver 1885. Les terres de l'Alaska demeurent inexplorées. Le colonel Allen Forrester, héros de guerre décoré, remonte la Wolverine River pour en cartographier les abords. Il consigne son expédition dans un journal à l'intention de sa femme Sophie, dans l'espoir qu'elle puisse le lire s'il ne revenait pas. Sophie est restée à Vancouver après avoir découvert qu'elle était enceinte. Elle vivra seule sa grossesse, au sein d'une société peu apte à lui reconnaître la libe... >Voir plus
Je ne m'attendais pas à autant de plaisir dans un roman d'aventures, hors de ma zone de confort …
En 1885, le Territoire de l'Alaska est rattaché aux États Unis depuis 20 ans mais est encore à découvrir et à cartographier.
L'expédition du Lt Cl Allen Forrester part pour de longs mois vers le nord, remontant un fleuve encore inexploré en terres indiennes, dans des conditions extrêmes face au climat et aux dangers d'une nature vierge et chaotique.
Le militaire laisse derrière lui Sophie, une jeune épouse enceinte, qui va devoir vivre avec l'inquiétude et la solitude due à l'absence. Et contre toute attente, son quotidien va apparaître au lecteur tout aussi passionnant que les exploits de son mari, par son désir de modernité et par son travail de photographe ornithologue.
Pour nourrir ce récit inspiré d'une véritable expédition géographique, Eowyn Ivey en fait un montage narratif passionnant, associant des chapitres courts à des cartes, photos, et documents de recherche. Les deux journaux parallèles des époux Forrester illustrent une époque et une société corsetée pour les femmes quand les hommes font face à des dangers qui les dépassent. le tout reste pour autant un roman, avec des personnages forts, avant-gardistes et solidement construits, un réalisme à couper le souffle et une certaine forme de magie du monde.
Une bien belle histoire d'hommes dans les terres inhospitalières de l'Alaska du 19e siècle.
J'avais beaucoup aimé la fille de l'hiver, et je renouvelle mon plaisir avec ce deuxième roman. L'ambiance est tout aussi glaciale, et les paysages aussi grandiose.
C'est un livre intéressant de par sa construction, la diversité du genre : épistolaire notamment donne un rythme et des échanges entre les personnages, le côté journal intime aussi amène une originalité dans le récit enrichi par des photographies ou croquis. C'est varié et on ne s'ennuie pas une minute à suivre cette troupe en exploration en Alaska. Puis la vie de l'épouse restée à demeure qui elle explore la nature et s'intéresse ornithologie et à la photographie.
On parcourt divers lieux et peuple indien , bien sûr le chamanisme règne en maître.
Un bon gros pavé qui nous tient à l'affût de toutes les descriptions, et informations de l'époque qui se situe à la fin du XIX siècle.
De plus, nous avons l'échange de 2 personnages, sur l'étude de l'ensemble des documents retrouvés et mis au jour qui fait donc l'objet de ce roman.
Original, intéressant et bien écrit, un très bon moment de lecture.
Alaska – 1885
Ce roman alterne entre le journal du Colonel Forrester en expédition pour cartographier l'Alaska en particulier la Rivière Wolverine et celui de son épouse, Sophie, qui elle, est restée (enceinte) à Vancouver. Sophie est passionnée d'ornithologie ; elle aime également dessiner les oiseaux et devient peu à peu férue de photographie.
Ce parallèle, sur une année de séparation, entre les deux trajectoires des époux est pour moi la force de ce livre, qui sait renouveler ainsi l'intérêt : sans les sentiments de Sophie, les aventures d'Allen en territoire inconnu seraient bien fades et inversement sans Allen, les tentatives de Sophie de capter la lumière et les oiseaux lors de séances photos auraient moins d'intérêt.
Pour relier le tout, ce roman fait également état de la correspondance de deux hommes : le premier est l'arrière-petit-neveu d'Allen et Sophie. le deuxième est le conservateur du musée à qui le premier a envoyé les journaux intimes de ces deux aïeux. Plus d'un siècle plus tard, Sophie et Allen semblent revivre dans cet échange épistolaire…
Il y a d'un côté les rapports officiels du Colonel Forrester pour sa hiérarchie et de l'autre des carnets plus personnels empreints de réalisme magique et de légendes indiennes Midnouskis dans cette contrée âpre et sauvage….J'ai particulièrement aimé l'histoire de la naissance de Moses Picéa…
De nombreux croquis d'animaux et de cartes complète cette odyssée où j'ai appris (entre autre) que l''Alaska a été « racheté » par les USA à la Russie en 1867.
C'est la couverture du livre qui m'a attirée, cet oiseau semblant foncer sur sa proie et ce paysage glacial en arrière-plan. Je me suis dit que j'allais voyager. Et effectivement, le roman mêle le journal du colonel Allen Forrester qui doit s'aventurer dans des territoires encore mal connus de l'Alaska et celui de son épouse, enceinte, qu'il a dû laisser derrière lui, dans sa garnison. J'ai préféré d'ailleurs les passages consacrés au colonel, non pas que la vie de Sophie soit inintéressante mais je ne suis pas une passionnée ni des photos ni des oiseaux et j'ai eu un peu de mal à m'enthousiasmer sur les heures qu'elle passe à photographier le moment où un oiseau prend son envol.
Ce que vit son mari, par contre, m'a passionnée. Quand il suit la Wolwerine River pour en cartographier les abords, quand il traverse des territoires encore vierges de la présence des « blancs », on a l'impression d'être avec lui, marchant des jours durant parfois avec entêtement, malgré la fatigue et souvent la faim qui creuse son estomac, sans savoir exactement quel est le but de cette expédition. La nature qu'il traverse est sauvage, violente et cruelle pour la mission qu'il conduit et il manque plusieurs fois d'être anéantis lui et ses hommes : emportés par les courants trop forts, égarés dans la montagne, assaillis par des êtres fantomatiques ou bien est-ce une hallucination ? Au bout de sa mission, le colonel Forrester retrouve sa femme mais restera marqué à jamais par ce voyage « au bord de la terre glacée ».
Je mets 4 chats pour ce souffle épique venu d'Alaska.
1885. le lieutenant-colonel Allen Forrester est chargé de mener une expédition de reconnaissance en Alaska le long de la rivière Wolverine afin de cartographier le territoire et de recueillir des renseignements concernant les tribus indigènes. Accompagné des soldats Pruitt et Tillman, d'un trappeur et de guides indiens, le lieutenant a laissé au fort son épouse Sophie, sans savoir qu'elle est enceinte.
Le texte inclut cartes, dessins, photos de paysages et images d'objets de l'époque. L'histoire se découvre à la lecture, en parallèle, des carnets d'Allen, du journal intime de Sophie et des échanges épistolaires d'un de leurs descendants et d'un conservateur de musée. C'est un vrai récit d'aventure à l'ancienne qui mêle la grande aventure du lieutenant-colonel et l'aventure intime de Sophie. le premier défriche une terre vierge de la présence de l'homme blanc, conscient que si sa mission se réalise, elle ouvrira la porte à une colonisation de masse où les indiens ont forcément tout à perdre. de son côté sa femme aspire à briser le carcan d'une société patriarcale pour gagner une forme d'autonomie et de liberté à travers sa passion pour la photographie.
C'est une superbe histoire d'amour et un hymne à la beauté de la nature sauvage qui invite à la contemplation tout en dressant le portrait d'un couple soudé malgré l'éloignement. Il y a également une surprenante dimension fantastique, étroitement liée aux croyances autochtones. C'est ainsi que l'on voit un enfant naître dans le creux d'un épicéa, que l'on retrouve les soldats aux prises avec un monstre lacustre, que des femmes se métamorphosent en oies ou que des fantômes hantent la montagne chaque nuit. Ce mélange entre fantastique et réalité, entre pragmatisme des explorateurs et légendes indiennes ne sonne jamais faux et fonctionne au final à merveille.
Un pavé très « romanesque », traversé par le souffle d'une épopée digne des grands pionniers de l'Amérique.
Les balades en partant de la maison, il n'est pas question de les limiter à une heure et un kilomètre. On est seuls dans la nature, on ne se met pas en danger et on ne risque pas de contaminer les arbres...
Hier, on a marché quatre heures en partant de la maison. On pourrait d'ailleurs dire qu'on est allé faire des courses alimentaires vu tout ce qu'on avait dans les sacs en rentrant. C'est hallucinant la quantité de nourriture qu'on trouve dans les bois. Nourritures émotionnelles et physiques.
Je me suis souvenu de cette demande officielle lors du premier confinement. Il va être nécessaire de la ressortir.
« Se promener dans la nature n’a pas d’incidence sur la circulation du coronavirus », rappellent les auteurs de cette tribune. « En revanche, de nombreuses études démontrent l’effet bénéfique du contact avec la nature et de l’activité physique sur la santé. »
Billy Fernandez est accompagnateur en montagne. Solène Petitdemange est médecin généraliste.
La liste des personnes signataires de cette tribune se trouve à la fin du texte.
Monsieur le président de la République,
Le confinement instauré par le décret n° 2020-293 du 23 mars 2020 limite l’exercice de l’activité physique et de la promenade à une heure quotidienne et dans un rayon maximal d’un kilomètre autour du domicile (et cent mètres de dénivelé par arrêté préfectoral en Haute-Savoie). Certains préfets, comme celui de l’Isère, ont également pris des arrêtés interdisant la pratique des activités de plein air et de montagne – dont la randonnée – sur l’ensemble du territoire départemental. Alors que nous manquons de moyens, cette réglementation semble être appliquée avec sévérité en espace naturel et mobilise des moyens parfois très importants (hélicoptères, drones, quads, motocross, etc.), y compris à l’encontre de simples promeneurs, respectant les gestes barrières de mise à distance. La presse locale et nationale s’en fait d’ailleurs régulièrement l’écho.
L’heure n’est pas à pratiquer des sports de nature ou de montagne à risque, au vu de la très forte tension, voire la saturation, dans certains établissements hospitaliers. Mais comment comprendre que l’on verbalise de simples promeneurs respectant les règles ?
Il serait pourtant logique de pouvoir se disperser dans les espaces de nature
En cette période de confinement, il serait pourtant logique de pouvoir se disperser dans les espaces de nature plutôt que de se concentrer dans les lieux à forte densité, dès lors que les activités pratiquées ne sont pas plus risquées que le jardinage ou autres pratiques domestiques, et de manière qu’elles n’induisent pas de surfréquentations dommageables pour la faune, la flore et les milieux. En effet, pratiquées de façon responsable et en respectant une distance minimale qui pourrait être portée à deux mètres, ces activités (promenade, randonnée, trail, photographie, yoga, etc.) n’ont pas d’incidence sur la circulation du virus, ni sur l’accidentologie.
Il est en outre scientifiquement établi que ces activités contribuent à maintenir les individus en bonne santé, sur le plan psychologique mais aussi immunitaire. Ainsi, de nombreuses études médicales démontrent l’effet bénéfique du contact avec la nature sur le stress, l’anxiété, ou encore la dépression. Il est aussi démontré que ce bénéfice se répercute sur le système immunitaire et sur les comportements addictifs (liés à la dépendance envers l’alcool, le tabac, les anxiolytiques, les psychotropes) et probablement même sur les violences familiales. C’est également un outil de justice sociale : l’accès à la nature est d’autant plus important quand on est confiné dans un environnement de béton, dans un logement exigu, sans jardin, et parfois toxique.
En l’absence de vaccin et de traitement, notre système immunitaire apparaît, outre les gestes barrières et de distanciation sociale, comme la meilleure arme pour lutter contre le virus. Il convient donc de le protéger.
Par ailleurs, en favorisant la motivation à « bouger » dans un environnement naturel agréable (beauté, silence, odeurs), ces activités permettraient de lutter contre la morbidité liée à la sédentarité (maladies cardiovasculaires, obésité, diabète, insuffisance veineuse, douleurs articulaires, mal de dos, etc.), inhérente au confinement. Du reste, en Allemagne, où l’épidémie de Covid-19 est moins sévère qu’en France, la pratique des sports et activités de plein air a été encouragée, dès sa première allocution, par la chancelière Angela Merkel, suivie depuis par les dirigeants des Länder. Les autorités appellent la population à être raisonnable et à privilégier les balades ou sorties en vélo de proximité, sans limitation kilométrique, ni attestation de déplacement. Il est ainsi autorisé d’aller à la plage lorsqu’on habite un Land côtier. Même la pratique générale des sports de montagne n’est pas interdite, seulement déconseillée. Des approches similaires existent en Suisse et en Belgique, notamment.
Le Covid-19 est à l’origine d’une épidémie qui compte déjà plus de 170.000 morts dans le monde et plus de 20.000 en France, et en provoquera certainement beaucoup plus. Le confinement risquant de durer encore de longues semaines, il ne faudrait pas que s’y ajoutent d’autres sources de mortalité parmi celles évoquées plus haut, qui tuent déjà en temps normal des milliers de personnes chaque année (41.000 pour l’alcool, 75.000 pour le tabac, 21.000 pour la sédentarité...)
Ainsi, nous vous demandons, Monsieur le président de la République, dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de Covid-19 et contre les autres causes de mortalité et morbidité associées au confinement, de modifier le décret et d’autoriser l’accès aux espaces naturels, à condition de respecter strictement des règles de distanciation sociale éventuellement renforcées, et exclusivement pour les activités qui ne présentent objectivement pas plus de risque que des activités domestiques ou de jardinage. Nous laissons le soin aux autorités de définir ce cadre.
Liste des signataire.s. de la tribune
Christophe André - Psychiatre, psychothérapeute Alexia Barrier : Navigatrice, Skipper du Vendée Globe 2020, Fondatrice de 4myplanet Delphine Batho - Députée, ancienne ministre de l’écologie, présidente de Génération Écologie Philippe Bourdeau - Enseignant chercheur, spécialiste des pratiques sportives de nature Dominique Bourg - Philosophe, professeur honoraire à l’Université de Lausanne Valérie Cabanes — Juriste internationale, autrice de Homo Natura. En harmonie avec le vivant André Cicolella – Toxicologue, président du Réseau Environnement Santé Lionel Daudet – Alpiniste et écrivain engagé, auteur de Le tour de la France, exactement Pascale d’Erm – Autrice de Natura - Pourquoi la nature nous soigne... et nous rend plus heureux François Labande – Alpiniste, écrivain, administrateur du Parc national des Écrins Xavier de Le Rue – Snowboarder, double champion du monde et triple vainqueur du Freeride World Tour Henri Malosse – 30e président du Comité économique et social européen Frédi Meignan – Acteur de la montagne, ancien gardien du refuge du Promontoire Corinne Morel Darleux — Conseillère régionale d’Auvergne-Rhône-Alpes, autrice de Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce Guillaume Néry – Champion du monde d’apnée Xavier Ricard – Philosophe, ethnologue, essayiste, cofondateur de la revue Terrestres Marie Toussaint – Députée européenne, juriste, à l’origine de la pétition « l’Affaire du siècle » Guillaume Vallot — Journaliste, éditeur et alpiniste
Les auteurs de cette tribune sont à l’origine d’une pétition, déjà signée par près de 26.000 personnes, « pour un accès responsable à la nature en période de confinement ». Pour la signer, cliquez-ici.
Je voudrais sincèrement remercier le journal “Le Monde” pour m’avoir contacté il y a quelques semaines pour une interview sur la thématique du Survivalisme. Je suis toujours enthousiasmé d’avoir l’occasion de peut-être influencer les lecteurs de journaux aussi sérieux que Le Monde, surtout dans une période de crise sanitaire et de tensions complexes sur nos sociétés.
Bien sur, je voudrais surtout remercier Le Monde pour, encore une fois, ne pas avoir publié ne serait-ce qu’une seule phrase de mon interview, et pour s’abandonner à la paresse intellectuelle remarquablement systémique chez nos journalistes; repli, croyance, catastrophe, sacs de nourriture, jubilation, néonazis, défiance vis-a-vis de l’Etat, fusils et arbalètes, lubies…sont les mots utilisés dans cet article pour dépeindre “les survivalistes”.
Et finalement merci de politiser le tout, en nous rappelant que “…le mouvement né aux États- Unis dans les années 1970 avec Kurt Saxon, un libertarien proche des néonazis, et par le courant européen de l’extrême droite identitaire, incarné par le Français Alain Soral ou le Suisse Piero San Giorgio, ils comptent aussi dans leurs rangs quelques « eco-warriors » d’extrême gauche, engagés dans un combat pour sauver la planète.”
Dans un effort de clarté, et pour peut être mettre à nu les motivations journalistiques, je partage ici même l’interview originale, qui n’a donc pas été publiée.
Merci a vous de partager cet article le plus possible !
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- LE MONDE - Etes-vous surpris de ce qui arrive, à savoir cette pandémie de Covid 19 ?
volwest - Qu'il soit question de catastrophes naturelles, technologiques, économiques, sociales ou aujourd’hui sanitaires avec le coronavirus, chaque année de part le monde, des tensions plus ou moins dynamiques, plus ou moins lourdes et longues, perturbent la complexité de nos infrastructures techno-dépendantes, menacent le bon fonctionnement de nos systèmes de support tels que nos hôpitaux ou nos chaines d’approvisionnements, altèrent la nature même du vernis social ambiant, et finalement bouleversent, parfois violemment et soudainement, la stabilité physique et psychologique de millions de foyers.
- Athènes: Crise économique de 2012
- Aleppo: Guerre civile et sécheresse depuis 2011
- Japon: Tsunami et désastre nucléaire de 2011
- Caracas: Crise économique depuis 2010
- Mexico: Guerre des cartels depuis 2006
- USA: Ouragan Katrina de 2005
- Bagdad: Guerre et occupation militaire depuis 2003
- Argentine: Crise économique de 1998 a 2002
- Sarajevo - Siege de 1992 a 1996
- USA: Emeutes de 1992
- Mogadishu: Famine et guerre civile depuis 1991
- Russie: Effondrement de l’URSS des années 90
Etc.
La seule chose qui me surprend encore, est ce rapport de dépendance à outrance que nous, le peuple, entretenons avec l’Etat pour tous nos besoins de première nécessitée: nourriture, eau potable, énergie, soins et protection.
LE MONDE - Est-ce notamment, en prévision d'une telle crise que vous avez adopté depuis longtemps une façon différente de vivre ?
volwest - L’idée n’est pas de prévoir les crises en se demandant “comment vais-je survivre à demain” ?
L’idée est est de se demander “comment est-ce que je veux vivre dès aujourd’hui” ? Crise ou pas !
Outre les petites excentricités technologiques dont nous jouissons aujourd’hui, notre manière de vivre s’inscrit dans une longue lignée de rusticité “péquenaude”, de cohérence écologique, d’indépendance et finalement de résilience:
- Je ne m'intéresse pas à certaines méthodes alternatives de productions alimentaires comme la Permaculture juste pour survivre à une famine dans le cadre d'un effondrement total et systémique du monde tel que nous le connaissons.
Je m'intéresse a ces pratiques alternatives et parfois ancestrales pour contribuer, à mon échelle, à la construction d’une dynamique agricole locale, stable, cohérente et durable, pour pouvoir consommer des aliments sains, et finalement pour m'émanciper le plus possible d'un univers agro-alimentaire aujourd'hui principalement gouverné par l'agri-business, la monoculture et plus largement l'agriculture intensive.
- Je ne m'intéresse pas à la chasse pour le plaisir de tuer un animal, pour assouvir une quelconque pulsion “d’homme des cavernes” ou satisfaire un besoin en viande éléphantesque.
Je m'intéresse à la chasse pour m'éloigner de la manière dont notre espèce conçoit la consommation de protéines animales au travers de stratégies d’élevage obscènes, et pour peut-être redécouvrir une certaine vigueur primitive, soit une connexion au naturel responsabilisante et honnête: si je veux manger de la viande, je me dois de tuer l’animal.
- Je ne m'intéresse pas aux méthodes alternatives de production d'énergies pour pouvoir continuer d'utiliser mon frigo et ma tablette quand la troisième guerre mondiale éclate.
Je m'intéresse à la production d’énergie à l’échelle individuelle, familiale et clanique pour réduire mes factures mensuelles, pour gérer le plus simplement possible une coupure de courant, et pour sécuriser toujours un peu plus d'indépendance face à certains enjeux géo-politiques, écologiques et économiques concernant l'énergie.
- Je ne m'intéresse pas a la médecine et aux techniques de premiers soins pour pouvoir me faire des points de sutures après une fusillade quand l'effondrement de l'économie globale nous aura plongé au 18ème siècle.
Je m'intéresse à l’univers complexe de la médecine pour pouvoir intelligemment porter assistance à une personne victime d'un accident de la route, d'une agression physique, d'une chute ou d'un malaise.
- Je ne fais pas de la récupération des eaux de pluie pour pouvoir continuer de boire durant la prochaine pandémie.
Je m'intéresse à cette pratique intelligente pour réduire mes factures, pour arroser mes légumes avec de l’eau de pluie, pour avoir la capacité d'offrir un soutien logistique à l'échelle de mon quartier durant une coupure d'eau, et finalement pour réduire le gaspillage systémique et collectivement suicidaire de cette ressource critique.
- Je ne m'intéresse pas aux armes à feu pour tuer quelques pilleurs durant une guerre civile. Je m'intéresse à ces outils pour avoir un moyen adapté de défendre ma vie et la vie de mes proches dans un cadre extrêmement précis et strict, pour pouvoir récolter ma propre viande, aussi dans un cadre extrêmement précis et strict, et finalement pour contribuer à un certain équilibre de la force face au système et m'émanciper du monopole ambiant concernant mon droit naturel d'avoir la capacité d'affirmer ma propre conscience.
- Je ne fais pas des réserves de nourriture pour pouvoir bouffer dans mon coin quand le reste du monde a faim.
Je m'intéresse à cette tradition ancestrale pour faire des économies, pour mitiger les fluctuations de prix causées par la spéculation sur les produits de base, pour respecter les cycles de production de notre potager imposés par la nature, pour construire une certaine résilience alimentaire et m'émanciper d'un système de distribution aujourd'hui principalement fondé sur le "juste-à-temps".
LE MONDE - Vous sentiez vous aujourd'hui, en raison de votre mode de vie, plus prêt que d'autres à affronter une telle crise? comment appréhendez vous ce qui se passe ?
volwest - Une telle crise ?
De ma fenêtre, nous avons toujours l’eau courante, le frigo qui tourne, le chauffage central, le tout à l’égout, PornHub, les services d’urgence et la télévision !
Encore une fois l’idée n’est pas d’être prêt a surmonter une crise…l’idée est de devenir les acteurs de notre propre bien-être, en construisant, en parallèle de nos sociétés complexes et fragiles une manière de vivre moins dépendante. C’est reprendre le contrôle de sa propre condition.
Maintenant…avons-nous été obligés de nous ruer dans les supermarchés pour acheter des pâtes, du PQ et des boites de Doliprane ? Certainement pas: qui peut le plus, peut le moins.
LE MONDE - Certains survivalistes, sur les réseaux sociaux, semblent se réjouir de cette crise qui donne raison à leur engagement: est-ce votre cas ?
volwest - Pas du tout. La souffrance, physique, économique ou encore émotionnelle que doivent endurer les personnes directement touchées par la maladie, le personnel soignant ou encore les PME obligées de mettre la clé sous la porte me remplit de tristesse et d’humilité.
C’est un moment tragique.
Cependant, il me parait important de dénoncer notamment les médias grand public pour avoir fait un travail de moquerie systématique des “Survivalistes” ces 10 dernières années. Peut-être aussi que si les médias ne nous avaient pas fait passer pour de grands farfelus névrosés qui attendent la fin du monde dans nos bunkers, nos voisins et nos collègues de bureau seraient aujourd’hui plus résiliants, plus bienveillants, plus sereins, plus stables…
LE MONDE - Comment vivez-vous aujourd'hui, avez-vous adapté votre vie à la pandémie ou votre façon de vivre "avant", suffit à bien affronter cette crise ?
volwest - Nous n’affrontons rien…
Nous préparons notre ferme urbaine au printemps. Nous plantons nos tomates, nos salades, nos épinards et nos poivrons dans la serre que nous avons construite. Les poules se promènent de plus en plus au fur et à mesure que la neige fond et nous donnent des oeufs frais et bio tous les jours. Nos abeilles commencent à sortir les jours de soleil. Nous leurs donnons des galettes de pollen pour indiquer à la reine qu’il est temps de pondre.
La neige qui fond est en train de remplir nos cuves de 1000 Litres pour l’arrosage. Nous faisons du troc avec un fermier local pour du lait de vache que nous transformons en beurre et en fromage.
Nous finissons les projets d’hiver. Un peu de couture, un peu de bricolage sur la maison, un peu d’artisanat…
LE MONDE - Comment vous êtes vous préparés matériellement, physiquement et mentalement pour affronter tous les accidents potentiels ?
volwest - Vouloir être capable d’affronter tous les accidents potentiels est totalement idiot. D’une part c’est impossible (voir la loi de Murphy), et d’autre part c’est un coup à devenir fou !
Avant de se poser la question de comment se préparer à survivre je ne sais quoi, il me parait pertinent de se poser la question de comment vivre !
- Vivre où ?
- Avec qui ?
- Manger quoi ?
- Boire quoi ?
- S’informer où ?
- S’éduquer où ?
- Produire quoi ?
- Consommer quoi ?
LE MONDE - Craignez vous aujourd'hui la réaction de tous ceux qui ne se sont pas préparés à vivre de tels événements? des réactions irrationnelles ou des réactions de violence ?
volwest - Lorsque nous prenons la décision de devenir totalement dépendants de la société pour nos besoins les plus basiques, il est effectivement inévitable de voir germer des comportements irrationnels et violents si la société ne peut assurer sa part du contrat.
Effectivement la réaction du collectif face à la faim, la peur, l’inconnu, la solitude ou encore la douleur est largement prévisible. L’histoire de notre espèce est plutôt catégorique: ça coupe, ça écrase, ça perce, ça arrache, ça viole, ça pend, ça égorge et ça brûle tout…
LE MONDE - Envisagez vous dans les jours, les semaines ou les mois qui viennent, de vous éloigner (plus que vous ne l'êtes) afin d'éviter les contacts extérieurs ou vous sentez-vous en sécurité là où vous êtes ?
volwest - L’option Zarathustra m’a toujours séduite…mais c’est en s’enracinant autour d’un clocher de village que nous devenons réellement résilients.
LE MONDE - Espérez vous que individuellement ou au niveau des Etats, des leçons seront tirées de cette crise, et lesquelles ?
volwest - A l’échelle des Etats, il me parait peu probable de voir des changements de fond capables d’optimiser la résilience du peuple, puisque la motivation première des Etats et des gouvernements est justement le maintien en place d’un peuple consommateur, abruti et dépendant.
Nous verrons sans doute des petits pas de danse pour projeter une aura salvatrice, peut-être un peu plus de matériel dans les hôpitaux, mais il est a craindre de surtout voir apparaitre une multitude de lois et de mesures donnant aux Etats encore et toujours plus de pouvoir…pour notre plus grand bien évidemment !
A l’échelle des individus, et si je dois rester le plus honnête possible, je pense que l’apathie cristallisée ces 40 dernières années fera que la grande majorité des gens ne tireront aucune leçon de cette crise sanitaire.
Bien sur, j’espère largement me tromper…et témoigner ces 10 prochaines années d’une révolution de la conscience collective et d’un changement radical de paradigme tournée vers l’indépendance et la résilience citoyenne.
Je suis sur la toile depuis le discours du "patron" et je me dis qu'il serait bon d'entendre un "contestataire" qui s'est fait connaître par ses prises de position, tout comme le professeur Raoult depuis le début de cette crise.
Lui aussi, il est pendu haut et court par de nombreux scientifiques.
Je ne dis pas qu'il a raison. Je n'en sais rien. Je n'ai pas les compétences. Tout comme je ne me positionne pas au regard des positions du professeur Raoult.
Je tiens juste à écouter les divers avis et celui-là va à l'encontre d'une grande partie du milieu scientifique.
Il est docteur, pas un people ou un journaliste qui n'aurait pas les connaissances requises. Donc, j'écoute. Et ça permet de mettre en contre-point tout ce qui est matraqué à longueur de journée sur les ondes et les médias.
Genève. Bâtiment de l’OMS. Réunion des pays concernés par l’épidémie de plastisphère. État des lieux par le Docteur Huang.
« Nous comptabilisons à ce jour 8456 victimes et 42458 personnes hospitalisées. Les symptômes sont toujours les mêmes : diarrhée très abondante avec atteinte de tout le système digestif. Le choléra, vous l’aurez compris. Se sont ajoutées des atteintes pulmonaires et neurologiques. Les patients traités dès les premiers symptômes diarrhéiques et supportant le traitement succombent parfois de complications qui relèvent d’une mutation du vibrio choleare. La plupart des décès surviennent dans une fourchette de trois à huit jours. Certains décès se sont produits quelques heures après le début des diarrhées. Des traitements sont en cours avec des succès partiels. Très partiels, je ne vous le cache pas. Les neufs pays concernés actuellement ont mis en place une alerte sanitaire la plus drastique possible. Il est malgré tout très délicat d’atténuer la propagation de l’épidémie au regard des populations atteintes. La majorité de cette population côtière est désœuvrée, n’a pas accès aux soins d’urgence et vit principalement des ressources marines. On savait déjà que les crevettes pouvaient participer à la propagation du virus. Nous avons découvert que tous les éléments marins peuvent être contaminés, que ça soit la faune marine ou la flore. Quelques études scientifiques avaient déjà évoqué cette possibilité, il y a une dizaine d’années mais rien ne laissait présager une telle extension et une telle contamination. Il semble que la concentration exponentielle de plastique dans les océans ait accéléré le processus de symbiotique entre les divers micro-organismes relevés sur les déchets flottants ou immergés. C’est à une véritable jungle microbienne que nous sommes désormais confrontés. Il est d’ailleurs probable que le vibrio choleare ne soit pas le seul à avoir muté. Nous avons établi des restrictions préventives auprès des pays épargnés pour l’instant mais nous n’avons guère de doute sur l’extension à venir. Il est fort probable que des pays occidentaux seront concernés dans un avenir assez proche. La contamination semble se produire de façon totalement atypique. Les symptômes sont ceux du choléra mais la contamination est celle d’une grippe H5N1. Contacts physiques et postillons. Nous avons eu des cas qui semblent le confirmer. Des études bactériologiques sont en cours dans la Manche, la mer du Nord, la mer Méditerranée, sur la côte Pacifique de l’Amérique latine, sur la côte Atlantique de l’Afrique. Actuellement, l’épidémie frappe fortement l’Asie du sud-est et le pourtour de l’océan Indien. La pollution au plastique est fortement implantée dans ces zones. On peut envisager également que des lacs d’eau douce, des fleuves, des rivières sont ou seront impactés. Il suffit de penser à l’état du Gange par exemple. De nombreuses équipes scientifiques sont en alerte maximale dans toutes les zones urbanisées où les rejets plastique sont établis depuis bien longtemps. Il faut bien entendu tenir compte des courants marins qui contribuent à la propagation de ces bactéries à l’échelle planétaire. Le régime alimentaire des populations jouera un rôle prépondérant. Toutes les populations côtières attachées à l’exploitation marine sont les premières cibles de nos interventions préventives. Le rythme de propagation depuis l’apparition des premiers cas suggère une croissance exponentielle pouvant atteindre le million de personnes dans un délai de deux mois. La létalité est très élevée. Si nos soupçons de contamination par simple contact physique se révèlent exacts, nous n’échapperons pas à une pandémie qui pourrait se révéler dévastatrice. L’objectif prioritaire est donc de trouver un traitement adéquat et d’accompagner les populations les plus fragiles par une aide alimentaire. Il reste à convaincre les gouvernements. L’impact sur le tourisme se révèle déjà dévastateur pour l’Asie du sud-est. Les états les plus réticents, dans les premiers jours, se montrent désormais totalement réceptifs à nos interventions. On sait tous, par expérience, que la croissance économique des gouvernements a toujours été l’élément déterminant pour la prise en considération des populations. »
Pour ma part, je ne crois plus en rien, ni en personne.
Je porte un masque quand je vais dans un magasin et je me lave les mains. Il n'est pas question pour moi d'entrer dans le rôle du rebelle. Mes parents ont 86 ans et je n'aimerais pas apprendre qu'ils sont atteints par ce virus. Il en est donc de même pour tout le monde. Donc, je respecte les consignes sans savoir si elles sont utiles. J'ai un sérieux doute pour le masque. Je n'en ai pas pour le lavage des mains. C'est juste logique. Ma mère m'a appris à me laver les mains quand j'étais petit. Je continue.
Maintenant pour ce qui est des chiffres "officiels", on est toujours dans le même flou. De quoi ces gens sont décédés ? Etaient-ils déjà atteints par une pathologie lourde ? Est-ce qu'on meurt du covid ou le covid vient-il amplifier les effets d'une pathologie existante ?
Je n'en sais rien et je sais aujourd'hui que je ne trouverai pas la réponse sur la Toile. Il faudrait que j'aille demander à mon médecin mais je n'ai aucune raison personnelle d'aller le voir...
En tout cas, ça ne change rien à mes habitudes de vie. Je ne vois toujours quasiment personne.
Par contre, j'imagine aisément les gigantesques difficultés rencontrées par des millions de personnes.
Quand je fais le tour des pays et que je vois le désastre économique et social, c'est juste effarant.
Par contre, à Wuhan, tout le monde a repris sa vie quotidienne.
Drôle de monde...
Covid-19 : 523 décès recensés en 24 heures en France, du jamais-vu depuis le mois d'avril
Les chiffres de la mortalité diffusés mardi soir par Santé publique France prennent en compte les décès en milieu hospitalier (+288) et dans les établissements médico-sociaux (+235) dont les Ehpad.
Une équipe médicale à Bron, près de Lyon (Rhône), récupère un malade du Covid-19 évacué d'un autre hôpital, le 27 octobre 2020. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)
Tous les voyants sont au rouge. La France a recensé 523 décès attribués au Covid-19 ces dernières 24 heures, soit 266 de plus que la veille, ont annoncé mardi 27 octobre les autorités sanitaires. C'est du jamais-vu depuis le 22 avril, où l'on avait enregistré 544 morts, selon le tableau de bord du ministère de la Santé. Au total, 35 541 personnes sont décédées des suites du coronavirus.
Le pays a également enregistré 33 417 nouvelles contaminations, contre 26 771 lundi, pour un total de 1 198 695 de cas depuis le début de l'épidémie. Les chiffres de la mortalité diffusés mardi soir prennent en compte les décès en milieu hospitalier (+288) et dans les établissements médico-sociaux et les Ehpad (+235).
148 patients en plus en réanimation
Par ailleurs, il y a 148 patients de plus en réanimation (2 918 contre 2 770 lundi soir), occupant ainsi la moitié des lits actuellement disponibles en France dans ces services accueillant les patients les plus gravement atteints.
Si on prend également en compte les sorties, ce sont 431 malades du Covid-19 qui ont été admis en réanimation (ou en soins intensifs) dans les dernières 24 heures, selon les données publiées par Santé publique France.
Près de 19 000 personnes hospitalisées
Le nombre global des hospitalisations liées au Covid-19 continue lui aussi à augmenter. Près de 19 000 malades du Covid-19 (18 978) se trouvent à l'hôpital mardi, contre 17 784 la veille. Quelque 3 000 (2 988) hospitalisations pour cause de Covid-19 ont été comptabilisées dans les dernières 24 heures.
Face à la très forte dégradation de tous les indicateurs de l'épidémie, Emmanuel Macron fera une allocution télévisée mercredi à 20 heures pour présenter de nouvelles mesures.
Il y a quelques semaines, Nathalie et moi, nous avons été invités au mariage d'un ancien élève de CM2. Un élève profondément catholique, sa femme tout autant. Un élève qui est devenu un ami et qui continue à m'appeler par mon nom comme s'il était toujours dans ma classe.
C'était une très belle cérémonie.
Les églises.
C'est un lieu qui me touche. Par leur histoire, par les milliers de personnes qui ont travaillé à leurs constructions, par ces milliers de personnes qui sont venus y prier. Ce sont des lieux chargés d'humanité.
Je sais combien les hommes ne sont pas fondamentalement humains dans la pratique de leurs religions.
Mais je dissocie le lieu de ce que les hommes sont capables de faire dans le cadre de la religion.
C'est l'église elle-même qui me touche.
L'architecture, la lumière, le silence, le parfum des pierres, l'usure des sols, l'usure des bancs.
Les figures religieuses des peintures me laissent indifférents.
J'ai lu la Bible et le Nouveau Testament. Rien dans tout ça ne m'a touché.
J'ai lu également beaucoup d'ouvrages sur l'évangélisation des missionnaires, sur les colonies et la bénédiction religieuse de toutes les souffrances commises.
Mais j'aime les églises.
J'aime aussi quelques chants religieux. Dans une église, ces chants sont à leur place. C'est comme le chant des oiseaux dans la nature. Un chant d'oiseau dans une cage n'est plus un chant d'oiseau. Un chant religieux dans une salle de spectacle a perdu de sa beauté.
Non, il ne s'agit pas d'une terre à l'altitude de l'océan. On ne part pas de Là-Haut pour rejoindre les terres basses. Elles n'ont pas la magie qui nous nourrit. Là-bas, c'est juste le lieu où nous souhaitons aller vivre. Une terre qui ne dévoile pas son nom. Parce qu'elle se doit d'être préservée, parce qu'il faut la trouver, parce qu'elle est très peu connue et qu'elle ne réclame aucunement les projecteurs. Nous y avons rencontré des gens aimant l'existence qu'ils y mènent, des gens ne cherchant aucunement à être connus mais qui se réjouissent d'autres personnes déclamant l'amour pour cette terre. Trente habitants au km², dix habitants sur certains secteurs. Il nous est arrivé de ne croiser qu'une dizaine de voitures en une journée lorsque nous naviguions à la recherche de notre prochaine habitation.
Lors de nos randonnées, là-bas, nous sommes tombés sur un lieu particulier, une île qui se gagne par une voie piétonne, juste assez large pour le passage d'une voiture. Une ou deux par jour. Celles des personnes entretenant le lieu. Un bâtiment où se côtoient des artistes, des permaculteurs, des forestiers, des apiculteurs, des botanistes, des gens aimant le silence, la nature, les animaux qui se cachent dans les bois, les oiseaux qui chantent. C'est une île au milieu d'un lac artificiel. Mais un lac qui semble toujours avoir été là. L'étendue est immense, des reliefs qui dessinent des arabesques au-dessus de l'eau. Une eau douce.
Douce, le mot est particulièrement approprié. Je sais pourquoi j'aime autant les lacs de montagne. Ils offrent un spectacle qui me touche considérablement. Horizontalité de l'élément liquide baignant les élévations minérales, géométrie totale entre l'apaisement des surfaces planes et celles qui se dressent. S'y joignent les forêts et les roches affleurantes. Les couleurs multiples de l'automne, les résineux acharnés à préserver leurs aiguilles et les feuillus qui s'abandonnent à la nudité. Des troncs érigés comme des adorations au soleil.
Je peux courir là-bas et sentir mes forces ou m'asseoir et ne plus bouger. Chaque instant est un bonheur.
La spiritualité est une découverte constante au cœur de la réalité.
"L'homme n'est que l'ombre de l'Homme qui est l'ombre de Dieu."
Et parce que la spiritualité exige de la part de l'individu une découverte et une élaboration totale, depuis la source, de la voie qui l'élève, il est actif et non "utilisé"...
L'absence de repères établis autorise l'individu à œuvrer pour lui-même, non dans une voie reconnue et balisée, mais dans l'élaboration obstinée de ses propres horizons. "Voilà où je veux aller." Et non "je voudrais aller là où vous êtes."
La spiritualité est un chemin solitaire. Les rencontres sont des apports et non des soumissions, elles enrichissent celui qui y perçoit le diamant qui lui convient et non celui que les instances dirigeantes lui ordonnent d'honorer.
La foi n'est pas là. Ce monde religieux n'est pas le monde spirituel. La spiritualité n'a pas de fil conducteur, elle n'a pas de Bible, aucun texte Sacré, elle ne réclame aucune fidélité, elle accepte les errances, les changements de voie, les recherches multiples, elle reconnaît que l'individu est une unité existentielle et qu'il possède ce droit essentiel du choix.
Le fonctionnement vis à vis de Dieu me semble être le même. Nous nous engorgeons de données liturgiques sans les comprendre autrement que par auto persuasion, par goût de l'appropriation partagée, comme une nouvelle technologie ou une nourriture exotique. Nous en apprenons l'usage mais nous ne comprenons rien de son origine, de sa réalité, du mystère qui l'habite. Et croyant (justement) que ces religions nous élèvent, nous ignorons respectueusement que nous les servons. La tristesse inhérente à cette absence d'élévation malgré ce don de soi que nous maintenons à travers des pratiques ou des lectures, cette désillusion prolongée ne font que renforcer l'adhésion forcenée dans l'attente impatiente d'un "signe", d'un bonheur, d'une révélation, d'une protection accordée. On entre dans l'addiction. La lucidité en est exclue.
L’homme moderne est ainsi un être qui “ne sait quasiment rien” au sujet du fonctionnement du monde, de l’économie, de ce qui fait son quotidien, de son corps, de sa vie. Ou, en tout cas, si information il y a, elle lui arrive depuis un extérieur spectaculaire envers lequel il reste passif et éloigné. En d’autres termes, nous sommes chaque jour plus informés des choses dont nous ne savons rien.
"La tristesse comme symptôme de l’impuissance est alors la conséquence de cette déréalisation du monde. » Miguel Benasayag
Cette tristesse insoumise génère une anxiété qui ne trouve son apaisement que dans l'exubérance ou le formatage. On fait la fête, on s'étourdit puis on rentre dans le rang et on réintègre le cycle "métro-boulot-dodo". Un cycle rassurant finalement puisque tout le monde s'y trouve. La marginalité ne sera regardée que par le prisme déformant de l'anormalité alors que la normalité relève bien souvent d'une pathologie commune.
Il existe pourtant des individus qui parviennent à établir un état de conscience constant, qui restent en état d'observation et qui dans leur vie quotidienne savent différencier ce qui relève de l'agitation et ce qui relève de l'analyse intérieure. C'est là que la spiritualité prend forme. Dans l'observation consciente.
Je continue à suivre l'actualité de la région dévastée du Mercantour, Vésubie, Roya, Tinée.
C'est tout d'abord dramatique, épouvantable, un traumatisme que les gens n'oublieront jamais.
J'en tire quelques conclusions.
L'anticipation, les réserves alimentaires, les réserves d'eau, un sac de survie toujours prêt avec les doubles de tous les papiers, une clé USB contenant les codes, les numéros de compte, les numéros de téléphone, tout ce qui sera indispensable au cas où...
Bien entendu que certaines zones sont particulièrement impactées et les vallées de montagne peuvent se révéler des pièges redoutables. Mais les tempêtes sur la côte Atlantique ont déjà coupé du monde des villages entiers. je l'ai vécu en 1987...
Aucune zone géographique ne doit se croire à l'abri. Ici, dans les Alpes, on peut rajouter le risque sismique. Dans le pourtour méditérannéen, le département des Landes et de la Gironde, le Var, les Alpes du sud, les Pyrénées orientales et jusqu'à la Bretagne ( Monts d'Arrée), ça peut prendre la forme d'incendies gigantesques.
Les tempêtes de vent, toutes les régions françaises en ont déjà connu.
Il y a un document intéressant à ce sujet : Il faut cliquer sur le lien ou le coller pour avoir les cartes. Mon blog ne les affiche malheureusement pas et elles sont impossibles à télécharger ici.
CARTES. Risques climatiques : quels sont les territoires les plus exposés en France métropolitaine ?
Non seulement le réchauffement climatique fournit les conditions propices à une météo instable mais il augmente aussi la fréquence des évènements graves.
"On sera là." Emmanuel Macron pose la main sur l'épaule des sinistrés, choqués et épuisés. A ceux qui ont perdu leur maison, emportée par la crue de la Vésubie ou de la Roya, d'innocentes rivières de l'arrière-pays niçois changées en monstres de boue par les pluies records de la tempête Alex, le président de la République a promis mercredi 7 octobre "plusieurs centaines de millions d'euros". Pour reconstruire. "Très vite." Le matin même, 55 communes ont été déclarées en état de catastrophe naturelle. Cinq personnes sont mortes. Une vingtaine sont portées disparues ou "supposées disparues". Traumatisés, certains veulent quitter leur vallée. Beaucoup n'ont pas d'autre choix.
Tempêtes, érosion, mouvements de terrain, canicules, sécheresse, avalanches... La grande majorité du territoire, en France métropolitaine comme dans les outre-mer, est exposée à un ou plusieurs risques naturels susceptibles d'avoir de lourdes conséquences sur un territoire, ses habitants et son économie. Alors que le changement climatique fournit les conditions propices à une météo instable, franceinfo s'est concentré sur trois indicateurs qui touchent des régions disparates de France métropolitaine : les inondations, les feux de forêts et les mouvements de terrain.
Pour connaître le ou les risques auxquels est exposée votre commune ainsi que son indice d'exposition, entrez son nom dans le moteur de recherche ci-dessous.
Des risques multiples sur tout le territoire
En janvier, le ministère de la Transition écologique a rendu public un rapport sur la vulnérabilité de la France face aux risques climatiques(PDF), basé sur les données de l'année 2016. A l'époque, six Français sur dix étaient exposés à au moins un de ces risques : inondation, feu de forêt, avalanche et phénomène atmosphérique.
Le risque d'inondations est le plus répandu : il concerne 64% des communes, en raison notamment de l'"implantation historique des villes le long des cours d'eau, utilisés alors comme voies de transport et renforcée depuis".Un constat qui "vaut également pour les territoires littoraux, confrontés à une urbanisation toujours croissante, en lien avec la pression touristique".
La carte des risques d'inondation :
Les risques de feux de forêt concernent quant à eux en majorité des communes de Provence-Alpes-Côte d'Azur, de Corse, du Languedoc-Roussillon, de la Drôme, de l'Ardèche et de la région Aquitaine.
La carte des risques de feux de forêt :
Par ailleurs, 55% des communes sont exposées à un risque de mouvements de terrain. Les sols argileux sont particulièrement vulnérables dès lors qu'ils sont fragilisés par l'alternance de sécheresse et de précipitations. Aussi répandu que peu médiatisé, car moins spectaculaire qu'une coulée de boue dévalant une vallée ou qu'un mur de flamme léchant les abords d'une station balnéaire, ce phénomène de retrait-gonflement argileux touche aussi bien le nord de la France que la Bretagne, le Grand-Est et le sud du pays.
La carte des risques des mouvements de terrain :
La densité de population, l'aménagement du territoire, le contexte socio-économique, le profil démographique et, bien sûr, la survenue d'un épisode météorologique extrême sont autant de facteurs susceptibles de transformer un aléa (un important phénomène pluvieux, par exemle) en catastrophe. "C'est une conjonction d'éléments", explique Agathe Euzen, directrice adjointe scientifique à l'Institut écologie et environnement du CNRS.
C’est une évidence, un événement extrême, comme une tempête, qui survient dans un territoire qui n'est pas habité a beaucoup moins de conséquences que dans les territoires occupés par des activités humaines, des habitations, des infrastructures... qui tendent à se développer et sont par conséquent plus vulnérables.Agathe Euzenà franceinfo
Ainsi, de fortes pluies ne suffisent pas à provoquer des inondations. De même, une canicule ou la sécheresse ne peuvent être les seules responsables de feux de forêt.
"Par nature, un risque est imprévisible", abonde le climatologue Hervé Le Treut, président d'AcclimaTerra, le comité régional sur le climat en Nouvelle-Aquitaine. "En revanche, nous sommes capables de déterminer quelles zones sont exposées à quels dangers. Par exemple, là ou l'eau s'écoule dans une passe très étroite, c'est une eau qui peut aller très vite et être très violente. Mais il existe toujours une part d'inattendu, c'est ça la difficulté."
Ainsi, Saint-Martin-Vésubie, commune en partie détruite par les intempéries du 2 octobre, bénéficiait d'un indice de risque "faible". Il était même "très faible" à la Bollène-Vésubie, où la rivière a emporté la route sur laquelle circulait une voiture avec deux pompiers à bord. De même, un phénomène peut toucher une région une année et une autre la suivante, rendant difficile la perception de ce risque pour les habitants et les pouvoirs publics locaux.
Des évènements plus intenses et plus fréquents
Les climatologues interrogés par franceinfo sont formels : les risques sont en augmentation du fait du changement climatique, y compris sur le territoire français, comme en témoignent les données du ministère de la Transition écologique. Le rapport de janvier indique que la fréquence annuelle des "accidents très graves" – qui ont fait plus de 10 victimes et/ou plus de 30 millions d'euros de dégâts – a quasiment quadruplé en 20 ans : d'un événement par an entre 1950 et 1996, nous sommes passés à 3,6 sur la période 1997-2017. Or, depuis la récolte de ces données, les ouragans Maria et Irma ont balayé les Antilles, la ville de Cannes s'est à nouveau retrouvée sous les eaux, la France a connu plusieurs épisodes caniculaires (parfois dans le même été), une crue de l'Aude a fait d'importants dégâts...
"Tous les territoires vont devoir vivre avec des incertitudes plus fortes qu'avant", abonde Antoine Nicault, écologue et paléoclimatologue, membre du GREC-Sud, le groupe régional d'experts sur le climat en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Dans sa région, la hausse de la température de la Méditerranée couplée à la hausse de la température de l'air a pu, avec la présence d'un flux de Sud-Ouest, créer les conditions idéales pour les précipitations exceptionnelles observées cet automne dans les Cévennes et l'arrière-pays niçois.
"On a un doublement de la fréquence des évènements qui dépassent les 200 mm de pluie par jour, soit la limite à partir de laquelle on parle d'épisode méditerranéen. On observe aussi une augmentation de l'intensité de ces épisodes de l'ordre de 22%", remarque Antoine Nicault.
Ces événements ont toujours existé. Sauf qu'avec le changement climatique il y a une pression sur certaines variables à l'origine de ces phénomènes.Antoine Nicaultà franceinfo
De même, la hausse du niveau des océans accroît l'érosion et le risque de submersion en cas de tempête, en Nouvelle-Aquitaine, du côté de chez Hervé Le Treut.
"La France est un observatoire très intéressant car nous connaissons à la fois les problématiques des pays du bassin méditerranéen et celles des pays du nord", relève à son tour la géographe Magali Reghezza-Zitt, membre du Haut Conseil sur le climat. En métropole, "nous observons une 'méditerranéisation' de la France avec par exemple des incendies au nord de la Loire. Ça, c'est nouveau."
Les pompiers de la moitié nord de la France ont longtemps envoyé des forces pendant l'été dans le Sud pour combattre les incendies. Désormais, ils peuvent être appelé à intervenir sur des feux de forêts chez eux.Magali Reghezza-Zittà franceinfo
En mars 2019, les Assises nationales des risques naturels estimaient que la saison des incendies de forêts pourrait s'allonger de trois à six mois à l'horizon 2050, exposant désormais les Pays de la Loire, le Val-de-Loire et la Bretagne. Des prévisions inquiétantes qui mettent sur la table la question de l'adaptation.
"On ne va pas reconstruire à l'identique", a prévenu mercredi Emmanuel Macron depuis la vallée de la Vésubie. Certaines maisons trop proches de la rivière devront être évacuées et des travaux d'aménagement devront être réalisés, de sorte à limiter l'artificialisation des sols. Car les erreurs commises dans le passé en terme d'aménagement se payent cher, d'après les experts sollicités par franceinfo. Il est urgent de s'adapter, préviennent-ils, sans oublier de lutter contre le changement climatique. Réduire les émissions de gaz à effet de serre est encore la meilleure façon de réduire les risques de catastrophe naturelle.
Pour moi, il ne s'agit plus d'essayer de savoir si le réchauffement climatique provient d'un phénomène essentiellement naturel ou principalement anthropique ou les deux à la fois. D'abord je n'en ai pas les compétences. Ensuite, ça ne me servirait à rien.
La seule chose qui nous importe, à Nathalie et moi, c'est de nous préparer à la suite. Nous avons vendu notre maison en Savoie. Vingt-six ans de vie dans ce lieu. Nos trois enfants y ont grandi. Nous avions acheté une ruine, un ancien corps de ferme construit sous l'époque de Louis XIII. Il n'y avait plus de toit. On a tout reconstruit et la maison neuve y a été accolée.
Mais ce terrain n'a pas de source et il est trop petit pour l'aménagement d'un potager-verger, d'une forêt jardin, un ensemble nous assurant l'autonomie alimentaire.
Les scientifiques sont quasi unanimes pour dire que les sécheresses vont prendre une ampleur jamais connue. Cinq étés consécutifs ici avec une sécheresse dramatique pour le potager, avec en plus un vent chaud qui brûle les plantes.
Il n'y a qu'une solution : le jardin-forêt. J'en ai déjà parlé ici. Les potagers en plein soleil sont condamnés à souffrir. Il faut les implanter à l'ombre d'arbres matures. Tout autant pour les arbres fruitiers. Il faut approcher des 500 mètres d'altitude pour bénéficier du rafraîchissement des nuits et de la rosée matinale et pas au-dessus de 800 mètres pour se protéger des gelées printanières.
On a donc longuement étudié la carte de France. On sait où on doit aller. Pluviométrie importante, hivers encore un peu enneigés mais des gelées printanières devenues très rares. Des terres très peu urbanisées, un tourisme uniquement estival et dans une mseure très modérée, une population attachée à sa terre et à sa protection, des communautés villageoises, solidaires et attentives aux autres.
On va tout recommencer mais avec notre expérience et nos connaissances, celles qu'on n'avait pas quand on s'est engagé ici.
La retraite, comme une nouvelle vie.
Les catastrophes naturelles ont doublé en 20 ans sous l'effet du réchauffement climatique
Les phénomènes météorologiques extrêmes ont explosé ces vingt dernières années, notamment en Asie, et le changement climatique en est le principal responsable, alerte l'Onu.
Depuis l'an 2000, 7 348 désastres naturels ont été recensés dans le monde, faisant 1,23 millions de morts et affectant 4,2 milliards de personnes. L'Asie est particulièrement touchée : la Chine (577) est le pays qui a enregistré le nombre le plus élevé de catastrophes entre 2000 et 2019, devant les Etats-Unis (467) puis l'Inde (321), les Philippines (304) et l'Indonésie (278). Huit des dix premiers pays enregistrant le plus grand nombre de catastrophes sont asiatiques.
Les années 2004, 2008 et 2010 ont été les plus dévastatrices, avec plus de 200 000 morts à chacune de ces années. Le tsunami de 2004 dans l'océan Indien a été le plus meurtrier, faisant plus de 220 000 victimes. Et le rapport montre que la progression de ces catastrophes est surtout lié à l'augmentation des catastrophes climatiques. Sur la période, le nombre d'inondations importantes ont ainsi plus que doublé et des épisodes de sécheresse, des incendies et des températures extrêmes ont aussi causé des ravages. Si les inondations et les tempêtes étaient les catastrophes les plus fréquentes ces vingt dernières années, l'Onu estime que le pire problème sera les vagues de chaleur.
"Les vagues de chaleur ont augmenté de 232% depuis 1999. C'est énorme, constate Debarati Guha-Sapir, professeure d'épidémiologie à l'université de Louvain, en Belgique, qui a co-écrit le rapport. Et les inondations dans le monde, notamment en France à l'heure actuelle, ont augmenté de 134%, donc elles ont plus que doublé". Selon elle, "si cette accélération de phénomènes météorologiques extrêmes continue pendant les prochaines vingt années, l'avenir de l'humanité semble certainement très sombre".
L'urbanisation ou la déforestation également en cause
"De plus en plus de personnes subissent les effets de cette situation d'urgence climatique qui est en train de se développer", a déclaré la représentante spéciale du Secrétaire général pour la réduction des risques de catastrophe de l'Onu, Mami Mizutori, lors de la présentation du rapport. Elle a appelé les gouvernements à investir dans des systèmes d'alerte précoce et à mettre en place des stratégies de réduction du risque.
Le réchauffement climatique est le principal responsable du doublement des catastrophes naturelles, conclut le rapport, mais d'autres facteurs interviennent : l'urbanisation mal réfléchie, la déforestation ou des constructions dans des zones à risques.
Je suis né en Bretagne. J'ai été élevé aux poissons et aux fruits de mer. J'ai pêché autant que je pouvais pendant ma jeunesse.
Mon père était boucher et on mangeait de la viande quasiment à tous les repas. Charcuterie à foison. En Bretagne, c'est une tradition.
Il y a huit ans maintenant, j'ai arrêté de manger des animaux. Tous les animaux. ceux de la mer y compris. Et je ne reviendrai jamais sur cette décision.
Parce que je ne veux pas porter la responsabilité, aussi infime soit-elle, de ce massacre. La seule chose qui m'importe, c'est de pouvoir dire : Je n'en fais pas partie.
Hécatombe de dauphins : le gouvernement refuse de suspendre la pêche l’hiver
« Il s’agit d’un revirement absolument considérable parce qu’on pensait que la Ministre allait instaurer une fermeture temporaire de la pêche de plus de 15 jours ! Durcir les contrôles n’empêche pas les prises accidentelles ! »
13 octobre 2020 - Laurie Debove
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Malgré les recommandations du monde scientifique et une action en justice de la Commission Européenne, la ministre de la Mer Annick Girardin a décrété qu’il n’y aurait aucune suspension de la pêche cet hiver dans le Golfe de Gascogne, même pour une courte durée. Les associations de protection de l’environnement dénoncent une décision scandaleuse qui laisse présager un nouveau désastre cet hiver. En effet, en 30 ans, la pêche a causé la mort de 90 000 dauphins en Atlantique nord-est ! Rien que pour ces deux dernières années, ce sont plus de 18 500 dauphins qui ont été massacrés dans le Golfe de Gascogne.
Une hécatombe à la hausse
Pire que les Iles Féroé, plus dévastateur que la baie de Taiji au Japon, il y a le Golfe de Gascogne, en France, qui est le théâtre d’une hécatombe sanglante année après année. Des milliers de dauphins sont capturés « accidentellement » dans les filets des pêcheurs, petits et gros bateaux, et rejetés morts dans l’océan. Ils viennent ensuite s’échouer sur le littoral français.
Chaque année, le nombre de mammifères marins qui meurent par capture accidentelle augmente. Pendant l’hiver 2019 – 2020, on estime ainsi que ce sont 11 500 dauphins qui ont été tués dans le Golfe de Gascogne !
Les dauphins sont pourtant une espèce protégée. L’affaire est tellement grave qu’elle a attiré l’attention de 1500 scientifiques du Conseil International pour l’Exploration de la Mer (CIEM) qui avaient rendu un avis historique en juin 2020 dans lequel ils expliquaient qu’il est impératif de fermer les zones de pêche du 15 janvier au 15 mars, accompagnées de mesures à plus long terme, pour sauver les dauphins de l’hécatombe.
En juillet, c’est la Commission Européenne qui était montée au créneau pour rappeler la France à l’ordre sur son devoir de protection de l’espèce. Les annonces du Ministère de la Mer étaient donc particulièrement attendues par les associations. Elles sont tombées de haut à l’annonce d’Annick Girardin, la Ministre de la Mer : la France refuse de fermer la pêche temporairement pour sauver l’espèce.
Mission Sea Sheperd France
La France dans le viseur de la communauté internationale
Face au tollé provoqué par cette décision en commission de travail, la Ministre de la Mer a expliqué depuis dans différents médias que la France préférait durcir les contrôles sur les prises accidentelles de dauphins, des mesures loin d’être convaincantes pour les ONG.
« Il s’agit d’un revirement absolument considérable parce qu’on pensait que la Ministre allait instaurer une fermeture temporaire de la pêche de plus de 15 jours ! Durcir les contrôles n’empêche pas les prises accidentelles ! Ce dossier existe depuis 30 ans, et les connaissances scientifiques dessus sont déjà très avancées notamment grâce à l’Observatoire Pelagis et l’IFREMER. Malgré l’intensification des mesures préventives, on a multiplié par deux ou trois la mortalité des dauphins entre 2016 et 2020 ! Encore une fois, le socio-économique prime alors qu’on peut tout à fait sauvegarder les intérêts économiques des pêcheurs en respectant les règlements sur les espèces protégées. Cette inertie considérable va coûter la vie de milliers de dauphins pour l’hiver 2020 / 2021, la décision du gouvernement français n’est pas bonne. » explique Dominique Chevillon, naturaliste, Président de Ré Nature Environnement et Vice-Président de la LPO, pour La Relève et La Peste
En effet, sur plus de 500 bateaux de pêche, seulement 55 ont déclaré avoir commis des captures accidentelles. Un chiffre bien faible qui est loin d’indiquer quels sont les techniques de pêche ou bateaux, majoritairement sous pavillon français dans le Golfe de Gascogne, les plus meurtriers.
Parmi les mesures annoncées par la Ministre, le gouvernement français souhaite installer des caméras à bord d’une vingtaine de fileyeurs. Ce dispositif de surveillance sera peut-être une bonne façon de mieux comprendre les captures accidentelles mais n’empêchera en rien la mort de dauphins, ainsi que le précise Hélène Pelletier, biologiste à l’Observatoire Pelagis.
De la même façon, si les pingers eux diminuent bien le taux de capture accidentelle, ils n’en restent pas moins un dispositif intrusif dans les zones de chasse des cétacés et pourraient s’avérer bien plus nuisibles que positifs, ainsi que le dénonce l’association Sea Shepherd France dans leur attaque en justice contre cette béquille technologique.
La France avait jusqu’au 2 octobre pour présenter des mesures concrètes à la Commission Européenne, et fait pour l’instant traîner le dossier. Une fois qu’il sera remis, la Commission Européenne pourrait bien décider de saisir la Cour de Justice Européenne (CJUE) face aux manquements de la France en la matière.
Les 26 ONG qui avaient interpellé la Commission Européenne sur le sujet se sont déclaré prêtes à aider la justice à se saisir du dossier. Si la CJUE s’en mêle, la France pourrait bien être obligée de fermer temporairement la pêche l’hiver et risque des amendes d’un montant pouvant s’élever à plusieurs dizaines de millions d’euros, payés par l’argent des contribuables français.
Les ONG dénoncent également l’hypocrisie du gouvernement français qui enchaîne les effets d’annonce sur la protection de l’environnement tout en dilapidant le droit environnemental et refusant de s’engager avec cohérence sur des mesures de protection efficaces.
« Dans un contexte d’érosion sans précédent de la biodiversité, suite à la publication de la Stratégie de l’Union Européenne en faveur de la biodiversité pour 2030, à la veille de la COP 15 de la Convention pour la biodiversité biologique, de la publication d’une stratégie nationale en faveur des aires protégées pour la décennie 2020-2030, et du Congrès mondial pour la nature dont la France est l’hôte, France Nature Environnement continuera d’alerter le public ainsi que la Commission européenne sur ce massacre, jusqu’à ce que la France se réveille et prenne enfin ses responsabilités. » conclut ainsi l’ONG dans un communiqué
Dans une tribune publiée lundi sur le site de Médiapart, près de 300 scientifiques, médecins et universitaires critiquent les dernières restrictions décidées par le gouvernement contre le Covid et leurs effets "secondaires" dramatiques. Ils appellent à changer en urgence de stratégie sanitaire.
Le 10 septembre, ils étaient 35 à signer une première tribune "Nous ne voulons pas être gouvernés par la peur". Le docteur Fouché était déjà de ceux-là.
17 jours plus tard, ils sont près de 300 à clamer : " Il est urgent de changer de stratégie sanitaire face au Covid-19."
Louis Fouché, médecin anesthésiste-réanimateur à l’Hôpital de la Conception à Marseille (AP-HM) est à nouveau en tête des signataires de cette tribune publiée par Médiapart.
Des personnalités très médiatiques comme le Pr Jean-François Toussaint, le Pr Chritian Perronne, l’épidémiologiste Laurent Toubiana ou le philosophe André Comte-Sponville, côtoient des anonymes professionnels de santé, chercheurs mais aussi universitaires.
Une quinzaine de personnalités de la région PACA co-signent ce texte comme le sociologue Raphaël Liogier, professeur à l’Institut de Sciences Politiques d’Aix-en-Provence.
Porte-parole du collectif "Soignants pour une politique sanitaire juste et proportionnée" qui regroupe 400 médecins, chercheurs et soignants et citoyens, le Dr Fouché dénonce des "mesures disproportionnées".
On maintient la peur et c’est surtout ça qui nous gêne.
Dr Louis Fouché anesthésiste-réanimateur
Le 23 septembre dernier, le ministre de la Santé a annoncé la fermeture des bars, restaurants et salles de sport dans la métropole d'Aix-Marseille en se basant sur les données de circulation du virus. Pour le docteur Fouché, le Covid masque les "défaillances du système hospitalier".
"Oui, il y a une tension hospitalière sur le nombre de soignants, de lits, etc. explique-t-il, mais cette situation n’est pas nouvelle, c’est lié à un sous-investissement dans l’hôpital public depuis une quinzaine d’années pour favoriser le secteur privé".
"Est-ce que l’hôpital est en tension à cause du Covid ? Je dis non, ajoute-il. La réalité, c’est qu’il y a eu un mort du Covid à Marseille ce week-end (NDLR 27 sur toute la France), alors qu’il y a en moyenne 1700 morts par jour en France, 450 morts de maladies cardio-vasculaires, 430 de cancers, 110 de maladies respiratoires, 27 suicides, 11 accidents de la route. C’est très disproportionné".
Statistiques contre statistiques
Le médecin réanimateur estime qu'"on fait peser sur l’institution hospitalière l’ensemble de ces malades, or un certain nombre de ces malades ne sont pas là forcément pour le Covid".
"Les six derniers malades de la réanimation chez moi, trois avaient un Covid positif, et étaient comptés dans les statistiques Covid positifs. Mais en fait, ils étaient malades d’autre chose, un choc septique sur une pneumonie à bacille pyocyanique, un œdème aigü du poumon, un lymphome en cours d’induction de chimiothérapie…" explique-t-il.
"On fait dire aux chiffres des choses qui ne sont pas vrais, affirme-t-il. On fait dire à ces gens positifs qu’ils sont tous malades de la maladie Covid qu’on a vue au mois de mars, ce n’est pas vrai. Et je ne peux pas croire qu’on soit la seule réa dans ce cas-là. Ça veut dire qu’il y a environ 30% au moins des patients qui ne sont pas malades de la Covid."
Pour LouisFouché, il y a une raison à cela.
C’est un chantage aux ressources.
"Quand Olivier Véran vient à Marseille, pourquoi vient-il ? En gros, il vient donner de l’argent si on continue la narration de la peur et il vient faire un espèce de chantage consistant à dire "je ne nourris l’hôpital public que si vous continuez à faire ce que je vous dis sans discuter". Et les gens s’alignent pour maintenir l’institution et continuer de soigner les gens".
Louis Fouché ne nie pas la recrudescence du nombre de cas positifs. Mais, dit-il, c'est parce qu'' on voit ce qu’on s’est interdit de voir en mars par une politique de tests qui n’étaient pas adaptée à l’époque."
La menace d'un reconfinement
Pour le praticien, il faut arrêter l'organisation de ces dépistages massifs, et se limiter aux tests sur prescription "quand on a un doute, après avoir vu un médecin".
On ne peut pas cantonner une maladie virale c’est une illusion.
La menace d’un reconfinement brandie par le ministre de santé est selon lui une façon de "reprendre le contrôle sur les gens par la menace". "Ça jugule toute contestation, c’est tyrannique, anti-démocratique et ça n’est pas proportionné aux risques de cette épidémie de Covid", assène-t-il.
Selon le docteur Fouché, les restrictions prises rendraient le remède pire que la maladie.
"La volonté de la cantonner actuellement, c’est de ne pas mettre en tension le système hospitalier. Et on fait peser sur la population générale des mesures extrêmement liberticides et qui divisent et qui ont plein de dommages collatéraux alors que c’est la politique de gestion du système de santé qui est défaillante."
Des effets collatéraux dévasteurs
"On est en train de casser le lien social, de le disloquer en prenant la proie pour l’ombre" s'inquiète le médecin marseillais.
"Il faut protéger les plus fragiles et ce n’est pas par la politique sanitaire actuelle qu’on les protège, au contraire. Il faudrait d’arrêter les masques dans les écoles, d’arrêter les masques à l’extérieur, d’arrêter les tests en population générale parce que tout cela procède d’une imposture et tout le monde le sait".
L’urgence, affirme-t-il, "c’est de protéger les plus fragiles, ça veut dire donner aux gens qui ont peur, aux gens qui ont une immuno-dépression sévère , ceux qui sont hypertendus, obèses, diabétiques, ou avec des comorbidités sévères, c’est ceux-là qui font les formes graves et on les connaît. Il faut leur donner des FFP2 et qu’ils les portent et pas faussement les rassurer avec un masque chirurgical qui ne les protège pas. Et laisser le reste de l’épidémie circuler pour que l’immunité collective se fasse."
Laure Farnault, hématologue-immunologue à Marseille, partage cette analyse. Elle aussi a signé la tribune. Elle tient à préciser qu'elle exprime de son point de vue et non au nom de l'institution.
Dans son service, elle a vu les conséquences des choix faits ces derniers mois.
"En post-confinement dans mon service d’hématologie, j’ai vu arriver des patients avec des diagnostics qu’on a jamais vus, ils sont tous bien restés confinés chez eux pendant trois mois et ils pensaient que dans le monde il n’y avait que le Covid.
On a tous oublié qu’on peut mourir d’un AVC, d’un infarctus, d’un cancer métastatique, de beaucoup d’autres choses… l’humanité a perdu un peu la raison.
Laure Farnault hématologue-immunologue
"Ces personnes ont vraiment perdu des chances de survie avec le confinement, on l’a vraiment vu beaucoup."
Laure Farnault met aussi en garde contre les stastitiques officielles qui ne reflèteraient pas la réalité des malades Covid et des décès.
"J’ai amené un jeune de 23 ans en réa en choc septique, il a eu une PCR Covid qui fait partie des 20 % de faux-positifs. Il serait mort, on aurait dit "il est mort du Covid", mais il avait une leucémie, un choc septique, du pyocyanique".
"Mais du point de vue de l’ARS, elle pouvait dire qu’il y avait un jeune en réanimation qui avait le Covid… il y a toute mascarade."
"Je ne dis pas qu’il n’y a pas un problème sanitaire, souligne-t-elle, il y a bien un problème sanitaire, mais pour moi c’est aux médecins et groupements hospitaliers de le gérer, ce n’est pas aux artistes, aux restaurateurs, aux jeunes qui sortent, aux collégiens ou aux lycéens…"
L'AP-HM joue la transparence
Par souci de transparence, l'Assistance Publique des Hopitaux de Marseille (AP-HM) a décidé de publier au quotidien "la situation chiffrée des patients Covid dans ses hôpitaux marseillais.
Le bilan en date du 30 septembre fait état de 43 patients Covid en réanimation contre 46 la veille et 110 en hospitalisation contre 177.
En se basant sur une "augmentation significative au cours des dernières semaines"n le ministre de la Santé Olivier Véran a classé le territoire d'Aix-Marseille en "zone d'alerte maximale".
Etaient pris en compte le taux d’incidence, le taux d’incidence chez les personnes âgées et la part des patients covid dans les services de réanimations.
Le taux d'incidence est calculé sur la base du nombre de tests RT-PCR (tests effectués dans le nez) positifs pour 100.000 habitants.
La fermeture des bars et restaurants confirmés par la justice
Selon Olivier Véran, il était supérieur 250 à Marseille dans la population générale (le seuil critique étant à 50) et 180 pour les plus de 65 ans, contre une moyenne de 100 pour 100.000 sur la France.
Mercredi 30 septembre, le tribunal de Marseille a confirmé la fermeture totale des bars et restaurants à Aix-en-Provence et Marseille décidée par le gouvernement contre l'avis des élus locaux qui avaient déposé un recours.
Dans son arrêté la Préfecture des Bouches-du-Rhône a estimé que "l’intérêt de la santé publique justifie de prendre des mesures proportionnées aux risques encourus et appropriées aux circonstances afin de prévenir et limiter les conséquences et les menaces possibles sur la santé de la populations".
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J'étais au lycée quand j'ai lu "La 317 ème section" de Pierre Schoendoerffer.
Un choc immense.
Puis j'ai vu le documentaire : "La section Anderson". Un documentaire tourné en 1967. Et qui devrait être montré dans les salles de classe.
Ont suivi les lectures de ses autres romans : Le crabe tambour / L'adieu au roi / Là-Haut, un roi au-dessus des nuages...
Et puis ses films avec Jacques Perrin, Jean Rochefort, Jacques Balutin, Claude Rich. "Le crabe tambour / Là-Haut / Dien Bien Phu...
Au lycée puis pendant des années, j'ai lu tout ce que je trouvais sur les récits de guerre. Des dizaines de livres : documentaires et romans. Guerre de 14-18, seconde guerre mondiale, Indochine, Vietnam.
Les cours d'Histoire à l'école m'intéressaient un peu. Mais il n'y avait jamais la puissance de vie des récits de guerre. J'en voulais aux professeurs, aux programmes, à l'éducation nationale. Il y avait pour moi un manque de respect. On ne devait pas réduire les guerres à des dates, à des noms, à des situations. La politique et les hauts gradés, les financiers et les idéologies, les stratégies, les défaites et les victoires, tout ça ne pouvait représenter la réalité, l'entière réalité.
Alors, je me suis intéressé aux reporters de guerre. A ceux et celles qui racontent ce qu'ils ont vécu. Au plus près.
Des hommes et des femmes, souvent inconnues du grand public.
Pierre Chauvel, Camille Courcy, Tony Comiti, par exemple.
L’exposition « Raconter la guerre », à l’hôtel du Doyen à Bayeux, traverse deux siècles de reportages, via les mutations technologiques et l’évolution des conditions de travail des correspondants.
Jean-Claude Raspiengeas (envoyé spécial à Bayeux),
Lecture en 2 min.
Le correspondant de guerre Alan Wood en train de taper une dépêche dans un bois aux Pays-Bas en 1944.SERGENT D. SMITH/CROWN COPYRIGHT
« La première victime de la guerre, c’est la vérité. » Ce constat, énoncé en 1917, résume l’un des défis que doivent relever les reporters de guerre en forte période de propagande. Et leur vision au milieu du chaos et de la confusion demeure toujours parcellaire, rappelle Adrien Jaulmes.
Grand reporter au Figaro, il est le commissaire d’une exposition ambitieuse, conçue pour les 25 ans du prix Bayeux-Calvados-Normandie, riche de documents d’archives, de photos, de films et de matériels, sur l’évolution de leurs conditions de travail.
Roger Fenton, un précurseur
Churchill pendant la guerre des Boers. / NAM
Raconter la guerre fut longtemps l’apanage des militaires, jusqu’au milieu du XIXe siècle, quand débarquent ceux qui font profession de rapporter l’information. Au nom d’un impératif : aller voir, décrire, transmettre. Mais le mélange des genres tarde à se dissiper. Winston Churchill, officier et correspondant de guerre, joue sur les deux tableaux pendant la guerre des Boers.
Parmi les précurseurs, Roger Fenton, couvrant la guerre de Crimée, se heurte aux états-majors. Il circule avec un chariot, labo photo ambulant, dans des conditions dantesques. On lui tire dessus. Il inaugure une longue tradition de tracas : l’hostilité des autorités militaires qui accusent les journalistes de nuire au moral des troupes et de renseigner l’ennemi. La censure, Anastasie et ses grands ciseaux, tranche les articles et impose la vérité officielle.
C’est pendant la Guerre de Sécession (1861-1865) que sont publiées les premières photos des morts de son propre camp. Les grands journaux, comme L’Illustration, se saisissent de ces documents qui frappent l’opinion et envoient leurs reporters des deux côtés. Très vite, les grandes plumes et les écrivains rappliquent. La mythologie des grands hôtels, refuge et QG des reporters, n’est pas oubliée dans cette exposition.
L’équipe du <em>New York Herald</em> sur le terrain, à Bealeton (Virginie), pendant la Guerre de Sécession. / Mathew Brady Collection
De l’embrigadement à la dénonciation
« Ce sport dangereux mais exotique change de nature avec la Première Guerre mondiale. Les journalistes sont mobilisés pour soutenir l’effort de guerre et caricaturer l’ennemi. La crédibilité de la presse ne s’en remettra pas », estime Adrien Jaulmes. La guerre d’Espagne fera aussi des ravages. Les reporters choisissent leur camp. Les querelles entre eux seront violentes.
« Un journaliste doit travailler avec son cœur autant qu’avec sa tête », plaidera George Orwell. Quand George Steer, du Times, arrive le premier à Guernica, son témoignage est bouleversant. Comme le seront ceux des reporters qui découvriront les camps d’extermination. Même les plus chevronnés craquent. Avant de diffuser son reportage, Edward R. Murrow conseille aux auditeurs américains d’éteindre leur poste…
Dans un bus, lors du siège de Sarajevo en 1992. / Laurent Rebours/AP
La vision et la perception de la guerre changent en permanence. De la proximité avec les militaires, on passe à l’embrigadement, puis au témoignage, et progressivement à la dénonciation, notamment depuis le génocide au Rwanda et le siège de Sarajevo.
« C’est un métier très individualiste, reconnaît Adrien Jaulmes, exercé dans des conditions contraignantes et dangereuses. Un artisanat qui nécessite un savoir-faire pour s’adapter aux ruptures technologiques et aux différentes formes de guerre. Il comporte aussi des continuités comme les problèmes logistiques, l’accès aux combats, les polémiques sur la vérité. Et surtout comment raconter. »
“Il n'est pas tolérable qu'un gouvernement ait, de jure ou de facto, un contrôle complet sur l'éducation des gens. Posséder ce contrôle et surtout l'exercer est le propre d'un comportement despotique.” John Stuart Mill, Principes d'économie politique, (1848, livre V, ch XI)
Suite au discours d’Emmanuel Macron, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a publié mardi le texte du projet de loi contre le “séparatisme”, renommé « projet de loi renforçant la laïcité et les principes républicains » dans un bel exercice de novlangue. Parmi ses cinq axes principaux se trouve la fin de la scolarisation à domicile pour tous les enfants. L’occasion de questionner qui est légitime pour les instruire, et comment sont définis et incarnés ces fameux principes républicains.
La Relève et La Peste a donc invité Lénie Cherino, maman d’une “non-sco”, une enfant non-scolarisée, Thierry Pardo, chercheur indépendant associé au Centre de recherche en éducation et formation relatives à l’environnement et à l’écocitoyenneté de l’Université du Québec à Montréal et auteur du livre “Une éducation sans école” ainsi que l’association UNIE, spécialisée dans l’Instruction En Famille, pour mieux expliquer cet enjeu de société primordial.
Une annonce liberticide
Le discours d’Emmanuel Macron a frappé comme un coup de tonnerre pour les nombreuses familles et les 50 000 enfants qui ont choisi l’instruction en famille (IEF). Si l’association UNIE avait bien conscience par expérience que le dispositif, et notamment les familles non déclarées, étaient dans le viseur du gouvernement, la décision d’interdire purement et simplement l’IEF est vécu comme une véritable mesure liberticide.
Pour Lénie Cherino :
Ce n’est pas l’école qui est obligatoire mais l’instruction ! La majorité des familles françaises n’avaient pas conscience de cette nuance et ignoraient ce droit… jusqu’à ce que le président Emmanuel Macron décide de changer la donne.
Ce que je vois derrière cette annonce, au-delà du coup de massue que cela représente pour la maman « non sco » que je suis, c’est une des libertés les plus élémentaires, de TOUT.ES les français.e, se faire piétiner.
Aujourd’hui, pour les familles dont les enfants sont en souffrance à l’école, il est possible de choisir l’IEF… déscolariser son enfant et opter pour l’instruction à domicile est un droit légal pour TOUT.ES. Un droit menacé. Un de plus.
Opter pour l’éducation à la maison serait ainsi l’une des plus belles façons d’incarner le principe républicain de la Liberté, ainsi que le rappelle Thierry Pardo :
L’éducation sans école est principalement un projet libertaire. Bien sûr, en se penchant à bâbord ou à tribord on peut trouver d’autres motivations que de saines aspirations à des horizons à perte de vue.
Mais pour l’essentiel, les pratiquants d’une éducation libre aspirent à découvrir le monde, rencontrer, se frotter aux quatre vents et apprendre tous les jours un peu plus de la diversité des paysages humains et naturels.
C’est pour cela qu’on ne trouve que très peu de soutien dans le monde politique, dans les institutions, l’école bien évidemment, mais aussi la justice. Nos alliés ne sont pas parmi ceux dont la mise en boîte est la fonction. À l’heure où notre mode de vie, nos choix éducatifs, la liberté de nos enfants sont menacés, qui, parmi ceux qui détiennent la règle et le bâton, le programme et le contrôle, ou parmi ceux qui aspirent à les détenir, nous soutiendra? Qui se lèvera pour dire qu’un enfant ne s’appartient qu’à lui-même?
Être libertaire dans le monde d’aujourd’hui ce n’est pas poser des bombes, ce n’est pas refuser toute forme d’État et beaucoup d’entre nous sont bien heureux de pouvoir compter sur les services publics, les musées, les routes et les transports comme moyens de parcourir la vie en famille.
Mais que cette jouissance de l’espace public soit inféodée à une pensée unique, une vision étatique pour l’éducation de nos enfants, nous ne pouvons l’accepter. Que le gouvernement nous intime la « bonne » philosophie éducative, celle que tous les enfants devraient connaître, sous peine de nous faire passer pour des séparatistes de la République, cela revient à reconnaître que la République est un mot d’ordre et non plus le résultat de la convivialité d’un peuple.
Cette allocution d’Emmanuel Macron, pétrie d’incohérences, ouvre la voie à des amalgames douteux. Elle aura provoqué de vives réactions chez certaines familles IEF et, peut-être, l’air de rien, encouragé un racisme d’une fourbe discrétion. Ce racisme contesté mais en vérité, toléré par de trop nombreux citoyens français encore aujourd’hui.
Ce racisme systémique qui imprègne encore et toujours la moelle de nos institutions républicaines. Ce racisme qui s’impose discrètement telle une ombre derrière une phrase du genre : « C’est dégueulasse, nous on n’est pas musulmans et on se retrouve pénalisés ».
Je n’accuse personne d’être raciste, je m’interroge sur les intentions de Mr Macron qui invite malencontreusement des pensées islamophobes dans des foyers qui n’en avaient peut-être pas auparavant. Qui au prétexte d’unir, divise… Pour mieux régner.
Au sein des réseaux d’IEF, il y a beaucoup de parents laïques, catho, musulmans, bref ! Français, qui ont choisi l’instruction en famille précisément au nom des valeurs républicaines « Liberté, égalité, fraternité », pour ne citer que celles-ci. Des valeurs dont ils estiment qu’elles sont mal, voire pas du tout, respectées à l’école de la République.
Crédit : Andrew Ebrahim
De fait, les associations ou les regroupements de famille ayant opté pour l’instruction à la maison sont souvent un bel ensemble éclectique de personnes d’horizons et d’opinions variés, comme en témoigne Armelle, l’une des co-fondatrices de l’association UNIE :
Je pense que la seule fois où l’on a pu noter une vague plus marquée de nouveaux arrivants, c’est suite aux attentats terroristes où de trop nombreuses familles ont été victimes de racisme à l’école… Chez UNIE, nous avons depuis notre création des familles de tous bords, de toutes religions, de tous partis politiques.
Des familles dont tous les enfants font l’instruction chez eux, tandis que d’autres sont mixtes avec certains enfants scolarisés et d’autres pas. Chacun fait comme cela lui convient ! Je n’arrive pas à comprendre la notion de séparatisme qui est un terme flou et vague, dans le séparatisme j’entends plutôt une divergence d’opinions avec l’Etat…
Or, on sait très bien qu’une majorité de personnes est en désaccord avec la politique menée par le gouvernement, ça ne fait pas d’eux des terroristes en puissance ! Notre association se définit comme apolitique dans le sens où notre but est que les droits de la famille soient respectés peu importe son obédience religieuse et son parti politique.
Le fait qu’on soit pluriels et multiples est extrêmement intéressant car cela permet aux idées d’être échangées et débattues paisiblement. Avec leurs différences, nos adhérents travaillent ensemble sous la même bannière autour d’un but commun : l’éducation et le bien-être des enfants.
Crédit : Danielle Rice
Les valeurs républicaines hors de l’école
Pour Lénie Cherino :
Pour certains parents, il est difficile d’entrevoir la liberté dans un système qui contraint les enfants à rester assis à la même place parmi 30 autres, 6 heures par jour.
Difficile aussi de reconnaître l’égalité quand l’âge est un motif d’injonction à se taire et à poser des questions à l’adulte uniquement quand celui-ci les y autorise.
Difficile de reconnaître la fraternité quand le regroupement par tranche d’âge et le système de notation incite à la comparaison et à la compétition. Quand échanger lors d’un temps de travail est perçu comme un acte de tricherie plutôt que comme un acte d’entraide.
Tout le monde est d’accord pour reconnaître que les conditions d’enseignement, et donc d’apprentissage dans les écoles publiques des cycles primaire et secondaire sont de plus en plus affligeantes. Le système scolaire français comporte bien des incohérences, dues pour une grande part à la négligence du gouvernement et de l’Etat.
Je me sens profondément solidaire du personnel enseignant qui réclame plus de moyens et plus de considération. Notre famille n’a pas choisi l’IEF contre l’école mais pour vivre une autre aventure !
Je souhaite de tout mon cœur cultiver un lien de qualité avec l’école de ma fille. Je souhaite profondément que les écoles et les familles en IEF se côtoient et échangent. Ce serait incroyablement enrichissant pour tous le monde.
Le monde de l’éducation est un domaine de pensées, de recherches, de pratiques dont nul ne peut prétendre détenir des réponses définitives. Quand des parents sont concentrés sur les besoins de leurs enfants, les connaissent par cœur, les devinent, il n’est quand même pas aisé d’intervenir de façon toujours appropriée et nombre d’entre nous allons nous coucher le soir avec le regret de ne pas avoir été assez patient ou attentif.
Nous naviguons au plus juste de notre réalité familiale, des possibilités de l’environnement, nous avons confiance en notre boussole de parent.
Ironie du sort, l’association UNIE a vu son nombre d’adhérents triplé suite au discours d’Emmanuel Macron. Avec une adhésion en prix libre et facultative, les familles et nombreux soutiens ont voulu montrer leur solidarité dans l’adversité. Et les familles pensent déjà à la suite, comme l’explique Armelle :
De nombreuses familles sont en pleurs et complètement désemparées. Nous avons désormais deux options si cette loi passe vraiment : ceux qui vont partir car ils ont les moyens de le faire, et ceux qui vont opter pour la désobéissance civile.
Également inquiètes, les écoles “hors contrat” comme les écoles Montessori et toutes les écoles alternatives redoutent de voir un durcissement des règles freiner leur développement. Mais la résistance s’organise déjà pour toutes celles et ceux qui sont convaincus du bien-fondé de la démarche.
Pour Thierry Pardo :
Qu’un gouvernement décide qu’aucun parent sur le territoire national ne pourra plus éduquer son enfant sans école revient à entériner « l’incompétence parentale pour tous ».
L’État considère désormais qu’un parent n’est pas apte à véhiculer les « bonnes » valeurs, les « bonnes » dispositions pour la vie collective et partagée de la nation. À quand le diplôme de parent préalable à la naissance ?
Le libertaire et son drapeau noir a toujours été le paria de la mise en conformité des cités, des cadastres, des clepsydres, des boutiquiers. Il est le poil à gratter de tous ceux qui ne voit la gouvernance que comme une mise au pas, en conformité, en rang et en silence.
« Ne cherchez plus comment éduquer vos enfants, nous avons trouvé! Nous voulons votre liberté, et nous l’aurons » semblent chanter en chœur tous ceux, à droite comme à gauche, qui ne trouvent rien à redire à l’école obligatoire.
Encore une fois, le libertaire devra reprendre la mer, hisser le pavillon noir et assumer sa condition de pirate. Ce n’est pas lui qui refuse la cité, c’est le monde des institutions, des instituteurs en chef qui criant au feu, au loup ou à la peste, profite du moment de panique qu’il a su créer pour fermer les portes de la ville et tourner ses canons vers la rue.
Le projet de loi doit être examiné en Conseil des ministres le 9 décembre. A suivre.
8 octobre 2020 - La Relève et La Peste
"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"