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La culture pendant le covid

Par Le 01/11/2020

Juste deux exemples: un en Allemagne et un en France.

Pas vraiment utile que je commente. Tout est dit. Sauf que c'est à mes yeux encore plus grave qu'énoncé.

Etant donné le "chiffre d'affaires" très important généré par le domaine de la culture, que ça soit en France ou ailleurs, il me semble que le désintérêt du monde politique ne s'explique pas par l'aspect financier qui aurait pu être insignifiant mais bien parce que la culutre en général est à leurs yeux insignifiante. Peut-être même, et ça serait encore plus grave, la considèrent-ils comme une menace, étant donné qu'elle est amenée à faire réfléchir les individus...

 

 

Fermer les librairies, c'est nous « priver du meilleur bataillon pour affronter l'obscurantisme», plaide le présentateur de « La Grande Librairie», François Busnel.
Fermer les librairies, c'est nous « priver du meilleur bataillon pour affronter l'obscurantisme», plaide le présentateur de « La Grande Librairie», François Busnel. — Jean-philippe BALTEL pour FTV

Considérées comme des commerces non essentiels, les librairies sont contraintes à nouveau tirer le rideau en raison du confinement, laissant le champ libre aux géants de la vente de livres en ligne comme Amazon. Le critique littéraire François Busnel a annoncé vendredi sur franceinfo qu’il allait lancer une pétition en ligne pour réclamer la réouverture des librairies, une mesure défendue également par de nombreuses personnalités.

Selon le journaliste et présentateur de l’émission littéraire de France 5 La grande librairie, en fermant les marchands de livres, la France se prive de son « meilleur bataillon pour nous permettre d’affronter l’obscurantisme ».

« Condamner tout un pan de l’économie culturelle »

« Il y a des millions de personnes dans ce pays, et on l’a vu juste après le premier confinement, qui ont envie de lire, qui ont besoin de lire. Fermer les librairies, c’est condamner tout un pan de l’économie culturelle, sans doute à vaciller, pour certains à disparaître », a souligné François Busnel. Et le gouvernement fait au passage « un cadeau énorme à une entreprise qui commence par Ama et finit par Zon, dont on connaît les pratiques fiscales », a-t-il ajouté.

Le critique littéraire demande que le président Emmanuel Macron reçoive le syndicat des libraires de France, le syndicat national des éditeurs, et les écrivains, pour qu’ils puissent plaider en faveur d’une réouverture.

« Laissons ouvertes les librairies, les bibliothèques »

D’autres personnalités, dont la maire PS de Paris Anne Hidalgo, ont appelé à laisser les librairies ouvertes, estimant que l’accès à la lecture était aussi essentiel à la Nation que d’autres activités ayant bénéficié de dérogations.

« Laissons ouvertes les librairies, les bibliothèques, nous avons besoin de cette fonction-là, de s’évader », a pour sa part lancé François Hollande jeudi, dans l’émission télévisée Livres & vous sur Public Sénat.

Le prix Goncourt, qui devait être décerné le 10 novembre, a été reporté jeudi, sine die, par « solidarité » avec les librairies. Le prix vendredi de la littérature adolescente, qui devait être attribué lundi, a été également reporté, a-t-on appris ce vendredi.

A partir de lundi 2 novembre, l'Allemagne, à l'instar d'autres pays européens, impose de nouvelles restrictions face à la propagation de la pandémie, qualifiées de "reconfinement light" dans les médias. Elles prévoient la fermeture pendant un mois au moins de toute une série d'établissements, dans la gastronomie, les loisirs, le sport et la culture : théâtres, opéras et autres salles de concert, musées, salons et cinémas sont concernés.

Musiciens désemparés

"Une gifle" : la représentation vient de se terminer samedi soir 31 octobre, dans le très renommé Opéra de Munich et, juste avant que le rideau tombe, le baryton Michael Nagy, 43 ans, les larmes aux yeux, a du mal à cacher son émotion face au public.

Munich, le 31 octobre 2020. Sabine, une comédienne de l'Opéra national de Munich s'apprête, avec sa pancarte "Vergesst uns nicht !" (ne nous oubliez pas) à rejoindre la chaîne humaine reliant les salariés et amis de différents théâtres de la ville par solidarité en vue du reconfinement partiel.  (MATTHIAS BALK / DPA)

L'Opéra de Munich est concerné au premier chef, comme au printemps. Et avec lui c'est l'ensemble du secteur de la culture, au "pays des poètes et philosophes", qui proteste de plus en plus vocalement. Les chanteurs et l'orchestre viennent d'achever une première de l'opéra Die Vögel (Les Oiseaux) du compositeur allemand Walter Braunfels. L'avant-dernier spectacle avant la fermeture des portes de l'enceinte lyrique bavaroise, qui peut accueillir en temps normal 2.100 personnes. 

Pour cette "première" aux allures de "dernière", une cinquantaine de spectateurs ont fait le déplacement afin de les encourager dans l'immense salle parée de dorures et de lustres élégants. "Être assis ici dans une salle si vide, c'est totalement déprimant et douloureux", soupire Jan Brachmann, 48 ans, noeud papillon autour du cou et masque chirurgical sur le visage. Ce passionné d'opéra a tout de même voulu assister à cette première, par respect "pour les artistes qui l'ont préparée".

Aucune contamination déplorée depuis septembre à l'Opéra de Munich

Pour l'Opéra munichois, la nouvelle fermeture sonne comme un désaveu. Son directeur Nikolaus Bachler, 69 ans, dit ne pas comprendre pourquoi les "transports en commun" ou les "commerces" peuvent rester ouverts en novembre en Allemagne alors que sa scène doit fermer. "Nous avons un public discipliné, il est possible de maîtriser les risques. Ce n'est pas une décision adéquate", critique-t-il.

Munich, 24 octobre 2020. Manifestation d'artistes et autres travaileurs de la culture contre les restrictions imposées pour lutter contre la pandémie. Une femme tend une parcarte qui dit : "Sans la musique, ce serait calme". (LINO MIRGELER / DPA)

Nikolaus Bachler est d'autant plus découragé que sa salle avait passé avec succès un test en septembre. Elle a eu le droit d'accueillir 500 spectateurs au lieu des 200 autorisés normalement pendant le déconfinement de l'été en Bavière.

Règles d'hygiènes strictes, port du masque obligatoire, distanciation entre les spectateurs : en plus d'un mois, aucune contamination au Covid-19 n'a été déplorée. L'expérience a pourtant été arrêtée et désormais c'est la fermeture complète au public.

"Moins de valeur que des voitures"

Cette perspective effraie le secteur dans son ensemble. "Ces derniers mois, nous avons l'impression d'avoir moins de valeur que les voitures, les avions ou les footballeurs", dénoncent de nombreux chanteurs et artistes dans une lettre ouverte.

Les directeurs de musées ont mené plusieurs actions de protestation au cours du week-end pour qualifier leur fermeture en novembre de "mauvaise décision", de "portée très grave". "Les musées sont des lieux d'éducation importants et indispensables pour un bon fonctionnement de la société", écrivent-ils dans un communiqué.

Le célèbre trompettiste de jazz allemand Till Brönner a, lui, publié une vidéo devenue virale, pour clamer son "énervement" face au manque de soutien à ses yeux des pouvoirs publics au secteur de la culture et du divertissement qui emploie 1,5 million de personnes et génère des revenus annuels de près de 130 milliards d'euros.

Même la ministre de la culture et le chef de l'Etat sont inquiets

La ministre allemande de la Culture Monika Grütters a elle-même reconnu être "très inquiète" pour son secteur, qui emploie aussi de nombreux indépendants sans filet de sécurité. "Même si les nouvelles restrictions sont compréhensibles" sur le plan sanitaire, elles constituent "une catastrophe", a-t-elle dit.

Même le chef de l'Etat allemand, Frank-Walter Stenmeier, est intervenu dans le débat : "La crise du corona nous rappelle que la culture n'est pas un produit de luxe pour un petit nombre mais un elixir de vie pour tous". Le gouvernement a débloqué une dizaine de milliards d'euros d'aides supplémentaires pour tous les secteurs d'activités les plus touchés en novembre.

 

 

 

"Au bord de la terre glacée"

Par Le 01/11/2020

Il y a quelques livres qui m'auront marqué cette année et celui-là en fait partie.

C'est magnifiquement bien écrit, c'est très prenant, très bien documenté et ça m'a renvoyé à toutes mes lectures d'adolescent lorsque je dévorais tous les récits vécus d'expéditions.

La description de la vie des femmes de la bourgeoisie et le caractère atypique de la femme du militaire, déterminée à ne pas perdre de vue ses rêves, ses désirs et ses passions, malgré le regard et les jugements de ses "amies", les effets annoncés de la confrontation des Occidentaux, avides d'aventures et de richesses et les peuples autochtones, la distance immense entre les cultures, des phénomènes inexpliqués qui relèvent du chamanisme et qui sont si bien intégrés à l'histoire qu'on ne se pose pas la question de leur véracité, c'est une Terre qui se prête à ce genre de choses...

J'ai toujours éprouvé une certaine déception de ne pas avoir vécu à ces époques de découvertes de la planète.

Je suis né dans un monde déjà cartographié, géographiquement mais également socialement. Existait-il une réelle liberté à ce que je trace ma propre voie,  ma propre exploration  ? Il aurait fallu que je me rebelle à dix ans...Et je n'en éprouvais aucunement le besoin. J'ai fait ma scolarité avec en tête que c'était pour avoir un travail, que j'aurai une femme et des enfants et puis une maison...

J'aurais pu aussi décider d'aller vivre dans les forêts du nord Canada mais il aurait fallu que je découvre les livres des explorateurs encore plus tôt. Il y a aussi un manque de courage évident au regard de tout ça. J'ai choisi sans vraiment la choisir ce qui semblait être une "voie royale". Très loin de celle d'André Malraux. 

 

EAN : 9782264074812
624 pages
Éditeur : 
10-18 (14/11/2019)

Note moyenne : 4.16/5 (sur 46 notes)
Résumé :
Hiver 1885. Les terres de l'Alaska demeurent inexplorées. Le colonel Allen Forrester, héros de guerre décoré, remonte la Wolverine River pour en cartographier les abords. Il consigne son expédition dans un journal à l'intention de sa femme Sophie, dans l'espoir qu'elle puisse le lire s'il ne revenait pas. Sophie est restée à Vancouver après avoir découvert qu'elle était enceinte. Elle vivra seule sa grossesse, au sein d'une société peu apte à lui reconnaître la libe... >Voir plus
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tynn
   25 juin 2019
★★★★★
★★★★★
Je ne m'attendais pas à autant de plaisir dans un roman d'aventures, hors de ma zone de confort …
En 1885, le Territoire de l'Alaska est rattaché aux États Unis depuis 20 ans mais est encore à découvrir et à cartographier.
L'expédition du Lt Cl Allen Forrester part pour de longs mois vers le nord, remontant un fleuve encore inexploré en terres indiennes, dans des conditions extrêmes face au climat et aux dangers d'une nature vierge et chaotique.
Le militaire laisse derrière lui Sophie, une jeune épouse enceinte, qui va devoir vivre avec l'inquiétude et la solitude due à l'absence. Et contre toute attente, son quotidien va apparaître au lecteur tout aussi passionnant que les exploits de son mari, par son désir de modernité et par son travail de photographe ornithologue.
Pour nourrir ce récit inspiré d'une véritable expédition géographique, 
Eowyn Ivey en fait un montage narratif passionnant, associant des chapitres courts à des cartes, photos, et documents de recherche. Les deux journaux parallèles des époux Forrester illustrent une époque et une société corsetée pour les femmes quand les hommes font face à des dangers qui les dépassent. le tout reste pour autant un roman, avec des personnages forts, avant-gardistes et solidement construits, un réalisme à couper le souffle et une certaine forme de magie du monde.
Une bien belle histoire d'hommes dans les terres inhospitalières de l'Alaska du 19e siècle.
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saphoo
   28 octobre 2018
★★★★★
★★★★★
J'avais beaucoup aimé la fille de l'hiver, et je renouvelle mon plaisir avec ce deuxième roman. L'ambiance est tout aussi glaciale, et les paysages aussi grandiose.
C'est un livre intéressant de par sa construction, la diversité du genre : épistolaire notamment donne un rythme et des échanges entre les personnages, le côté journal intime aussi amène une originalité dans le récit enrichi par des photographies ou croquis. C'est varié et on ne s'ennuie pas une minute à suivre cette troupe en exploration en Alaska. Puis la vie de l'épouse restée à demeure qui elle explore la nature et s'intéresse ornithologie et à la photographie.
On parcourt divers lieux et peuple indien , bien sûr le chamanisme règne en maître.
Un bon gros pavé qui nous tient à l'affût de toutes les descriptions, et informations de l'époque qui se situe à la fin du XIX siècle.
De plus, nous avons l'échange de 2 personnages, sur l'étude de l'ensemble des documents retrouvés et mis au jour qui fait donc l'objet de ce roman.
Original, intéressant et bien écrit, un très bon moment de lecture.
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VALENTYNE
   20 septembre 2020
★★★★★
★★★★★
Alaska – 1885
Ce roman alterne entre le journal du Colonel 
Forrester en expédition pour cartographier l'Alaska en particulier la Rivière Wolverine et celui de son épouse, Sophie, qui elle, est restée (enceinte) à Vancouver. Sophie est passionnée d'ornithologie ; elle aime également dessiner les oiseaux et devient peu à peu férue de photographie.
Ce parallèle, sur une année de séparation, entre les deux trajectoires des époux est pour moi la force de ce livre, qui sait renouveler ainsi l'intérêt : sans les sentiments de Sophie, les aventures d'Allen en territoire inconnu seraient bien fades et inversement sans Allen, les tentatives de Sophie de capter la lumière et les oiseaux lors de séances photos auraient moins d'intérêt.
Pour relier le tout, ce roman fait également état de la correspondance de deux hommes : le premier est l'arrière-petit-neveu d'Allen et Sophie. le deuxième est le conservateur du musée à qui le premier a envoyé les journaux intimes de ces deux aïeux. Plus d'un siècle plus tard, Sophie et Allen semblent revivre dans cet échange épistolaire…
Il y a d'un côté les rapports officiels du Colonel 
Forrester pour sa hiérarchie et de l'autre des carnets plus personnels empreints de réalisme magique et de légendes indiennes Midnouskis dans cette contrée âpre et sauvage….J'ai particulièrement aimé l'histoire de la naissance de Moses Picéa…
De nombreux croquis d'animaux et de cartes complète cette odyssée où j'ai appris (entre autre) que l''Alaska a été « racheté » par les USA à la Russie en 1867.
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Eroblin
   21 novembre 2018
★★★★★
★★★★★
C'est la couverture du livre qui m'a attirée, cet oiseau semblant foncer sur sa proie et ce paysage glacial en arrière-plan. Je me suis dit que j'allais voyager. Et effectivement, le roman mêle le journal du colonel Allen Forrester qui doit s'aventurer dans des territoires encore mal connus de l'Alaska et celui de son épouse, enceinte, qu'il a dû laisser derrière lui, dans sa garnison. J'ai préféré d'ailleurs les passages consacrés au colonel, non pas que la vie de Sophie soit inintéressante mais je ne suis pas une passionnée ni des photos ni des oiseaux et j'ai eu un peu de mal à m'enthousiasmer sur les heures qu'elle passe à photographier le moment où un oiseau prend son envol.
Ce que vit son mari, par contre, m'a passionnée. Quand il suit la Wolwerine River pour en cartographier les abords, quand il traverse des territoires encore vierges de la présence des « blancs », on a l'impression d'être avec lui, marchant des jours durant parfois avec entêtement, malgré la fatigue et souvent la faim qui creuse son estomac, sans savoir exactement quel est le but de cette expédition. La nature qu'il traverse est sauvage, violente et cruelle pour la mission qu'il conduit et il manque plusieurs fois d'être anéantis lui et ses hommes : emportés par les courants trop forts, égarés dans la montagne, assaillis par des êtres fantomatiques ou bien est-ce une hallucination ? Au bout de sa mission, le colonel 
Forrester retrouve sa femme mais restera marqué à jamais par ce voyage « au bord de la terre glacée ».
Je mets 4 chats pour ce souffle épique venu d'Alaska.

Lien : 
HTTPS://LABIBDENEKO.BLOGSPOT..
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trust_me
   16 juin 2018
1885. le lieutenant-colonel Allen Forrester est chargé de mener une expédition de reconnaissance en Alaska le long de la rivière Wolverine afin de cartographier le territoire et de recueillir des renseignements concernant les tribus indigènes. Accompagné des soldats Pruitt et Tillman, d'un trappeur et de guides indiens, le lieutenant a laissé au fort son épouse Sophie, sans savoir qu'elle est enceinte.
Le texte inclut cartes, dessins, photos de paysages et images d'objets de l'époque. L'histoire se découvre à la lecture, en parallèle, des carnets d'Allen, du journal intime de Sophie et des échanges épistolaires d'un de leurs descendants et d'un conservateur de musée. C'est un vrai récit d'aventure à l'ancienne qui mêle la grande aventure du lieutenant-colonel et l'aventure intime de Sophie. le premier défriche une terre vierge de la présence de l'homme blanc, conscient que si sa mission se réalise, elle ouvrira la porte à une colonisation de masse où les indiens ont forcément tout à perdre. de son côté sa femme aspire à briser le carcan d'une société patriarcale pour gagner une forme d'autonomie et de liberté à travers sa passion pour la photographie.
C'est une superbe histoire d'amour et un hymne à la beauté de la nature sauvage qui invite à la contemplation tout en dressant le portrait d'un couple soudé malgré l'éloignement. Il y a également une surprenante dimension fantastique, étroitement liée aux croyances autochtones. C'est ainsi que l'on voit un enfant naître dans le creux d'un épicéa, que l'on retrouve les soldats aux prises avec un monstre lacustre, que des femmes se métamorphosent en oies ou que des fantômes hantent la montagne chaque nuit. Ce mélange entre fantastique et réalité, entre pragmatisme des explorateurs et légendes indiennes ne sonne jamais faux et fonctionne au final à merveille.
Un pavé très « romanesque », traversé par le souffle d'une épopée digne des grands pionniers de l'Amérique.

Lien : 
HTTP://LITTERATURE-A-BLOG.BL..

Nature et confinement (suite)

Par Le 01/11/2020

Je reprends un titre pas très ancien. L'impression de tourner en rond du coup...

 

Confinement et nature

 

 

 

Les balades en partant de la maison, il n'est pas question de les limiter à une heure et un kilomètre. On est seuls dans la nature, on ne se met pas en danger et on ne risque pas de contaminer les arbres...

Hier, on a marché quatre heures en partant de la maison. On pourrait d'ailleurs dire qu'on est allé faire des courses alimentaires vu tout ce qu'on avait dans les sacs en rentrant. C'est hallucinant la quantité de nourriture qu'on trouve dans les bois. Nourritures émotionnelles et physiques.

Je me suis souvenu de cette demande officielle lors du premier confinement. Il va être nécessaire de la ressortir.

 

https://reporterre.net/Il-faut-autoriser-l-acces-aux-espaces-naturels-pendant-le-confinement

« Se promener dans la nature n’a pas d’incidence sur la circulation du coronavirus », rappellent les auteurs de cette tribune. « En revanche, de nombreuses études démontrent l’effet bénéfique du contact avec la nature et de l’activité physique sur la santé. »

Billy Fernandez est accompagnateur en montagne. Solène Petitdemange est médecin généraliste.


La liste des personnes signataires de cette tribune se trouve à la fin du texte.


Monsieur le président de la République,

Le confinement instauré par le décret n° 2020-293 du 23 mars 2020 limite l’exercice de l’activité physique et de la promenade à une heure quotidienne et dans un rayon maximal d’un kilomètre autour du domicile (et cent mètres de dénivelé par arrêté préfectoral en Haute-Savoie). Certains préfets, comme celui de l’Isère, ont également pris des arrêtés interdisant la pratique des activités de plein air et de montagne – dont la randonnée – sur l’ensemble du territoire départemental. Alors que nous manquons de moyens, cette réglementation semble être appliquée avec sévérité en espace naturel et mobilise des moyens parfois très importants (hélicoptères, drones, quads, motocross, etc.), y compris à l’encontre de simples promeneurs, respectant les gestes barrières de mise à distance. La presse locale et nationale s’en fait d’ailleurs régulièrement l’écho.

L’heure n’est pas à pratiquer des sports de nature ou de montagne à risque, au vu de la très forte tension, voire la saturation, dans certains établissements hospitaliers. Mais comment comprendre que l’on verbalise de simples promeneurs respectant les règles ?

Il serait pourtant logique de pouvoir se disperser dans les espaces de nature

En cette période de confinement, il serait pourtant logique de pouvoir se disperser dans les espaces de nature plutôt que de se concentrer dans les lieux à forte densité, dès lors que les activités pratiquées ne sont pas plus risquées que le jardinage ou autres pratiques domestiques, et de manière qu’elles n’induisent pas de surfréquentations dommageables pour la faune, la flore et les milieux. En effet, pratiquées de façon responsable et en respectant une distance minimale qui pourrait être portée à deux mètres, ces activités (promenade, randonnée, trail, photographie, yoga, etc.) n’ont pas d’incidence sur la circulation du virus, ni sur l’accidentologie.

Il est en outre scientifiquement établi que ces activités contribuent à maintenir les individus en bonne santé, sur le plan psychologique mais aussi immunitaire. Ainsi, de nombreuses études médicales démontrent l’effet bénéfique du contact avec la nature sur le stress, l’anxiété, ou encore la dépression. Il est aussi démontré que ce bénéfice se répercute sur le système immunitaire et sur les comportements addictifs (liés à la dépendance envers l’alcool, le tabac, les anxiolytiques, les psychotropes) et probablement même sur les violences familiales. C’est également un outil de justice sociale : l’accès à la nature est d’autant plus important quand on est confiné dans un environnement de béton, dans un logement exigu, sans jardin, et parfois toxique.

En l’absence de vaccin et de traitement, notre système immunitaire apparaît, outre les gestes barrières et de distanciation sociale, comme la meilleure arme pour lutter contre le virus. Il convient donc de le protéger.

Par ailleurs, en favorisant la motivation à « bouger » dans un environnement naturel agréable (beauté, silence, odeurs), ces activités permettraient de lutter contre la morbidité liée à la sédentarité (maladies cardiovasculaires, obésité, diabète, insuffisance veineuse, douleurs articulaires, mal de dos, etc.), inhérente au confinement. Du reste, en Allemagne, où l’épidémie de Covid-19 est moins sévère qu’en France, la pratique des sports et activités de plein air a été encouragée, dès sa première allocution, par la chancelière Angela Merkel, suivie depuis par les dirigeants des Länder. Les autorités appellent la population à être raisonnable et à privilégier les balades ou sorties en vélo de proximité, sans limitation kilométrique, ni attestation de déplacement. Il est ainsi autorisé d’aller à la plage lorsqu’on habite un Land côtier. Même la pratique générale des sports de montagne n’est pas interdite, seulement déconseillée. Des approches similaires existent en Suisse et en Belgique, notamment.

Le Covid-19 est à l’origine d’une épidémie qui compte déjà plus de 170.000 morts dans le monde et plus de 20.000 en France, et en provoquera certainement beaucoup plus. Le confinement risquant de durer encore de longues semaines, il ne faudrait pas que s’y ajoutent d’autres sources de mortalité parmi celles évoquées plus haut, qui tuent déjà en temps normal des milliers de personnes chaque année (41.000 pour l’alcool, 75.000 pour le tabac, 21.000 pour la sédentarité...)

Ainsi, nous vous demandons, Monsieur le président de la République, dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de Covid-19 et contre les autres causes de mortalité et morbidité associées au confinement, de modifier le décret et d’autoriser l’accès aux espaces naturels, à condition de respecter strictement des règles de distanciation sociale éventuellement renforcées, et exclusivement pour les activités qui ne présentent objectivement pas plus de risque que des activités domestiques ou de jardinage. Nous laissons le soin aux autorités de définir ce cadre.


  • Liste des signataire.s. de la tribune

- Christophe André - Psychiatre, psychothérapeute
- Alexia Barrier : Navigatrice, Skipper du Vendée Globe 2020, Fondatrice de 4myplanet
- Delphine Batho - Députée, ancienne ministre de l’écologie, présidente de Génération Écologie
- Philippe Bourdeau - Enseignant chercheur, spécialiste des pratiques sportives de nature
- Dominique Bourg - Philosophe, professeur honoraire à l’Université de Lausanne
- Valérie Cabanes — Juriste internationale, autrice de Homo Natura. En harmonie avec le vivant
- André Cicolella – Toxicologue, président du Réseau Environnement Santé
- Lionel Daudet – Alpiniste et écrivain engagé, auteur de Le tour de la France, exactement
- Pascale d’Erm – Autrice de Natura - Pourquoi la nature nous soigne... et nous rend plus heureux
- François Labande – Alpiniste, écrivain, administrateur du Parc national des Écrins
- Xavier de Le Rue – Snowboarder, double champion du monde et triple vainqueur du Freeride World Tour
- Henri Malosse – 30e président du Comité économique et social européen
- Frédi Meignan – Acteur de la montagne, ancien gardien du refuge du Promontoire
- Corinne Morel Darleux — Conseillère régionale d’Auvergne-Rhône-Alpes, autrice de Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce
- Guillaume Néry – Champion du monde d’apnée
- Xavier Ricard – Philosophe, ethnologue, essayiste, cofondateur de la revue Terrestres
- Marie Toussaint – Députée européenne, juriste, à l’origine de la pétition « l’Affaire du siècle »
- Guillaume Vallot — Journaliste, éditeur et alpiniste


Les auteurs de cette tribune sont à l’origine d’une pétition, déjà signée par près de 26.000 personnes, « pour un accès responsable à la nature en période de confinement ». Pour la signer, cliquez-ici.

"Le survivaliste" (mise à jour)

Par Le 29/10/2020

vendredi 10 avril 2020

Interview - LE MONDE




Je voudrais sincèrement remercier le journal “Le Monde” pour m’avoir contacté il y a quelques semaines pour une interview sur la thématique du Survivalisme. Je suis toujours enthousiasmé d’avoir l’occasion de peut-être influencer les lecteurs de journaux aussi sérieux que Le Monde, surtout dans une période de crise sanitaire et de tensions complexes sur nos sociétés.

Bien sur, je voudrais surtout remercier Le Monde pour, encore une fois, ne pas avoir publié ne serait-ce qu’une seule phrase de mon interview, et pour s’abandonner à la paresse intellectuelle remarquablement systémique chez nos journalistes; repli, croyance, catastrophe, sacs de nourriture, jubilation, néonazis, défiance vis-a-vis de l’Etat, fusils et arbalètes, lubies…sont les mots utilisés dans cet article pour dépeindre “les survivalistes”.

Et finalement merci de politiser le tout, en nous rappelant que “…le mouvement né aux États- Unis dans les années 1970 avec Kurt Saxon, un libertarien proche des néonazis, et par le courant européen de l’extrême droite identitaire, incarné par le Français Alain Soral ou le Suisse Piero San Giorgio, ils comptent aussi dans leurs rangs quelques « eco-warriors » d’extrême gauche, engagés dans un combat pour sauver la planète.”

Dans un effort de clarté, et pour peut être mettre à nu les motivations journalistiques, je partage ici même l’interview originale, qui n’a donc pas été publiée.

Merci a vous de partager cet article le plus possible !


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LE MONDE - Etes-vous surpris de ce qui arrive, à savoir cette pandémie de Covid 19 ?

volwest - Qu'il soit question de catastrophes naturelles, technologiques, économiques, sociales ou aujourd’hui sanitaires avec le coronavirus, chaque année de part le monde, des tensions plus ou moins dynamiques, plus ou moins lourdes et longues, perturbent la complexité de nos infrastructures techno-dépendantes, menacent le bon fonctionnement de nos systèmes de support tels que nos hôpitaux ou nos chaines d’approvisionnements, altèrent la nature même du vernis social ambiant, et finalement bouleversent, parfois violemment et soudainement, la stabilité physique et psychologique de millions de foyers.

- Athènes: Crise économique de 2012
- Aleppo: Guerre civile et sécheresse depuis 2011
- Japon: Tsunami et désastre nucléaire de 2011
- Caracas: Crise économique depuis 2010
- Mexico: Guerre des cartels depuis 2006
- USA: Ouragan Katrina de 2005
- Bagdad: Guerre et occupation militaire depuis 2003
- Argentine: Crise économique de 1998 a 2002
- Sarajevo - Siege de 1992 a 1996
- USA: Emeutes de 1992
- Mogadishu: Famine et guerre civile depuis 1991
- Russie: Effondrement de l’URSS des années 90
Etc.

La seule chose qui me surprend encore, est ce rapport de dépendance à outrance que nous, le peuple, entretenons avec l’Etat pour tous nos besoins de première nécessitée: nourriture, eau potable, énergie, soins et protection.



LE MONDE - Est-ce notamment, en prévision d'une telle crise que vous avez adopté depuis longtemps une façon différente de vivre ?

volwest - L’idée n’est pas de prévoir les crises en se demandant “comment vais-je survivre à demain” ?
L’idée est est de se demander “comment est-ce que je veux vivre dès aujourd’hui” ? Crise ou pas !

Outre les petites excentricités technologiques dont nous jouissons aujourd’hui, notre manière de vivre s’inscrit dans une longue lignée de rusticité “péquenaude”, de cohérence écologique, d’indépendance et finalement de résilience:

- Je ne m'intéresse pas à certaines méthodes alternatives de productions alimentaires comme la Permaculture juste pour survivre à une famine dans le cadre d'un effondrement total et systémique du monde tel que nous le connaissons.
Je m'intéresse a ces pratiques alternatives et parfois ancestrales pour contribuer, à mon échelle, à la construction d’une dynamique agricole locale, stable, cohérente et durable, pour pouvoir consommer des aliments sains, et finalement pour m'émanciper le plus possible d'un univers agro-alimentaire aujourd'hui principalement gouverné par l'agri-business, la monoculture et plus largement l'agriculture intensive.


- Je ne m'intéresse pas à la chasse pour le plaisir de tuer un animal, pour assouvir une quelconque pulsion “d’homme des cavernes” ou satisfaire un besoin en viande éléphantesque.
Je m'intéresse à la chasse pour m'éloigner de la manière dont notre espèce conçoit la consommation de protéines animales au travers de stratégies d’élevage obscènes, et pour peut-être redécouvrir une certaine vigueur primitive, soit une connexion au naturel responsabilisante et honnête: si je veux manger de la viande, je me dois de tuer l’animal.


- Je ne m'intéresse pas aux méthodes alternatives de production d'énergies pour pouvoir continuer d'utiliser mon frigo et ma tablette quand la troisième guerre mondiale éclate.
Je m'intéresse à la production d’énergie à l’échelle individuelle, familiale et clanique pour réduire mes factures mensuelles, pour gérer le plus simplement possible une coupure de courant, et pour sécuriser toujours un peu plus d'indépendance face à certains enjeux géo-politiques, écologiques et économiques concernant l'énergie.


- Je ne m'intéresse pas a la médecine et aux techniques de premiers soins pour pouvoir me faire des points de sutures après une fusillade quand l'effondrement de l'économie globale nous aura plongé au 18ème siècle.
Je m'intéresse à l’univers complexe de la médecine pour pouvoir intelligemment porter assistance à une personne victime d'un accident de la route, d'une agression physique, d'une chute ou d'un malaise.


- Je ne fais pas de la récupération des eaux de pluie pour pouvoir continuer de boire durant la prochaine pandémie.
Je m'intéresse à cette pratique intelligente pour réduire mes factures, pour arroser mes légumes avec de l’eau de pluie, pour avoir la capacité d'offrir un soutien logistique à l'échelle de mon quartier durant une coupure d'eau, et finalement pour réduire le gaspillage systémique et collectivement suicidaire de cette ressource critique.


- Je ne m'intéresse pas aux armes à feu pour tuer quelques pilleurs durant une guerre civile. Je m'intéresse à ces outils pour avoir un moyen adapté de défendre ma vie et la vie de mes proches dans un cadre extrêmement précis et strict, pour pouvoir récolter ma propre viande, aussi dans un cadre extrêmement précis et strict, et finalement pour contribuer à un certain équilibre de la force face au système et m'émanciper du monopole ambiant concernant mon droit naturel d'avoir la capacité d'affirmer ma propre conscience.


- Je ne fais pas des réserves de nourriture pour pouvoir bouffer dans mon coin quand le reste du monde a faim.
Je m'intéresse à cette tradition ancestrale pour faire des économies, pour mitiger les fluctuations de prix causées par la spéculation sur les produits de base, pour respecter les cycles de production de notre potager imposés par la nature, pour construire une certaine résilience alimentaire et m'émanciper d'un système de distribution aujourd'hui principalement fondé sur le "juste-à-temps".



LE MONDE - Vous sentiez vous aujourd'hui, en raison de votre mode de vie, plus prêt que d'autres à affronter une telle crise? comment appréhendez vous ce qui se passe ?

volwest - Une telle crise ?
De ma fenêtre, nous avons toujours l’eau courante, le frigo qui tourne, le chauffage central, le tout à l’égout, PornHub, les services d’urgence et la télévision !

Encore une fois l’idée n’est pas d’être prêt a surmonter une crise…l’idée est de devenir les acteurs de notre propre bien-être, en construisant, en parallèle de nos sociétés complexes et fragiles une manière de vivre moins dépendante. C’est reprendre le contrôle de sa propre condition.

Maintenant…avons-nous été obligés de nous ruer dans les supermarchés pour acheter des pâtes, du PQ et des boites de Doliprane ? Certainement pas: qui peut le plus, peut le moins.



LE MONDE - Certains survivalistes, sur les réseaux sociaux, semblent se réjouir de cette crise qui donne raison à leur engagement: est-ce votre cas ?

volwest - Pas du tout. La souffrance, physique, économique ou encore émotionnelle que doivent endurer les personnes directement touchées par la maladie, le personnel soignant ou encore les PME obligées de mettre la clé sous la porte me remplit de tristesse et d’humilité.

C’est un moment tragique.

Cependant, il me parait important de dénoncer notamment les médias grand public pour avoir fait un travail de moquerie systématique des “Survivalistes” ces 10 dernières années. Peut-être aussi que si les médias ne nous avaient pas fait passer pour de grands farfelus névrosés qui attendent la fin du monde dans nos bunkers, nos voisins et nos collègues de bureau seraient aujourd’hui plus résiliants, plus bienveillants, plus sereins, plus stables…



LE MONDE - Comment vivez-vous aujourd'hui, avez-vous adapté votre vie à la pandémie ou votre façon de vivre "avant", suffit à bien affronter cette crise ?

volwest - Nous n’affrontons rien…

Nous préparons notre ferme urbaine au printemps. Nous plantons nos tomates, nos salades, nos épinards et nos poivrons dans la serre que nous avons construite. Les poules se promènent de plus en plus au fur et à mesure que la neige fond et nous donnent des oeufs frais et bio tous les jours. Nos abeilles commencent à sortir les jours de soleil. Nous leurs donnons des galettes de pollen pour indiquer à la reine qu’il est temps de pondre.

La neige qui fond est en train de remplir nos cuves de 1000 Litres pour l’arrosage. Nous faisons du troc avec un fermier local pour du lait de vache que nous transformons en beurre et en fromage.

Nous finissons les projets d’hiver. Un peu de couture, un peu de bricolage sur la maison, un peu d’artisanat…



LE MONDE - Comment vous êtes vous préparés matériellement, physiquement et mentalement pour affronter tous les accidents potentiels ?

volwest - Vouloir être capable d’affronter tous les accidents potentiels est totalement idiot. D’une part c’est impossible (voir la loi de Murphy), et d’autre part c’est un coup à devenir fou !

Avant de se poser la question de comment se préparer à survivre je ne sais quoi, il me parait pertinent de se poser la question de comment vivre !

- Vivre où ?
- Avec qui ?
- Manger quoi ?
- Boire quoi ?
- S’informer où ?
- S’éduquer où ?
- Produire quoi ?
- Consommer quoi ?



LE MONDE - Craignez vous aujourd'hui la réaction de tous ceux qui ne se sont pas préparés à vivre de tels événements? des réactions irrationnelles ou des réactions de violence ?

volwest - Lorsque nous prenons la décision de devenir totalement dépendants de la société pour nos besoins les plus basiques, il est effectivement inévitable de voir germer des comportements irrationnels et violents si la société ne peut assurer sa part du contrat.

Effectivement la réaction du collectif face à la faim, la peur, l’inconnu, la solitude ou encore la douleur est largement prévisible. L’histoire de notre espèce est plutôt catégorique: ça coupe, ça écrase, ça perce, ça arrache, ça viole, ça pend, ça égorge et ça brûle tout…



LE MONDE - Envisagez vous dans les jours, les semaines ou les mois qui viennent, de vous éloigner (plus que vous ne l'êtes) afin d'éviter les contacts extérieurs ou vous sentez-vous en sécurité là où vous êtes ?

volwest - L’option Zarathustra m’a toujours séduite…mais c’est en s’enracinant autour d’un clocher de village que nous devenons réellement résilients.



LE MONDE - Espérez vous que individuellement ou au niveau des Etats, des leçons seront tirées de cette crise, et lesquelles ?

volwest - A l’échelle des Etats, il me parait peu probable de voir des changements de fond capables d’optimiser la résilience du peuple, puisque la motivation première des Etats et des gouvernements est justement le maintien en place d’un peuple consommateur, abruti et dépendant.

Nous verrons sans doute des petits pas de danse pour projeter une aura salvatrice, peut-être un peu plus de matériel dans les hôpitaux, mais il est a craindre de surtout voir apparaitre une multitude de lois et de mesures donnant aux Etats encore et toujours plus de pouvoir…pour notre plus grand bien évidemment !

A l’échelle des individus, et si je dois rester le plus honnête possible, je pense que l’apathie cristallisée ces 40 dernières années fera que la grande majorité des gens ne tireront aucune leçon de cette crise sanitaire.

Bien sur, j’espère largement me tromper…et témoigner ces 10 prochaines années d’une révolution de la conscience collective et d’un changement radical de paradigme tournée vers l’indépendance et la résilience citoyenne.

A suivre…

Docteur Perronne

Par Le 28/10/2020

Je suis sur la toile depuis le discours du "patron" et je me dis qu'il serait bon d'entendre un "contestataire" qui s'est fait connaître par ses prises de position, tout comme le professeur Raoult depuis le début de cette crise.

Lui aussi, il est pendu haut et court par de nombreux scientifiques. 

Je ne dis pas qu'il a raison. Je n'en sais rien. Je n'ai pas les compétences. Tout comme je ne me positionne pas au regard des positions du professeur Raoult.

Je tiens juste à écouter les divers avis et celui-là va à l'encontre d'une grande partie du milieu scientifique.

Il est docteur, pas un people ou un journaliste qui n'aurait pas les connaissances requises. Donc, j'écoute. Et ça permet de mettre en contre-point tout ce qui est matraqué à longueur de journée sur les ondes et les médias. 

 

Albert Dupontel

Par Le 28/10/2020

Dans le cinéma français, c'est indéniablement le Monsieur que j'aime intégralement, autant sur un plan artistique que dans tous ses propos.

Un Grand.

 

Vibrio Choleare

Par Le 27/10/2020

Dans le tome 3 de la trilogie que j'ai mise de côté, j'avais imaginé une pandémie. C'était en décembre 2019. Juste avant le covid.

J'avais déjà beaucoup lu sur les zoonoses et notamment ce que les scientifiques ont nommé la "plastisphère"

J'en ai déjà parlé ici :

 

 "Plastisphère"
 


Chapitre 5

Genève. Bâtiment de l’OMS. Réunion des pays concernés par l’épidémie de plastisphère. État des lieux par le Docteur Huang.

« Nous comptabilisons à ce jour 8456 victimes et 42458 personnes hospitalisées. Les symptômes sont toujours les mêmes : diarrhée très abondante avec atteinte de tout le système digestif. Le choléra, vous l’aurez compris. Se sont ajoutées des atteintes pulmonaires et neurologiques. Les patients traités dès les premiers symptômes diarrhéiques et supportant le traitement succombent parfois de complications qui relèvent d’une mutation du vibrio choleare. La plupart des décès surviennent dans une fourchette de trois à huit jours. Certains décès se sont produits quelques heures après le début des diarrhées. Des traitements sont en cours avec des succès partiels. Très partiels, je ne vous le cache pas. Les neufs pays concernés actuellement ont mis en place une alerte sanitaire la plus drastique possible. Il est malgré tout très délicat d’atténuer la propagation de l’épidémie au regard des populations atteintes. La majorité de cette population côtière est désœuvrée, n’a pas accès aux soins d’urgence et vit principalement des ressources marines. On savait déjà que les crevettes pouvaient participer à la propagation du virus. Nous avons découvert que tous les éléments marins peuvent être contaminés, que ça soit la faune marine ou la flore. Quelques études scientifiques avaient déjà évoqué cette possibilité, il y a une dizaine d’années mais rien ne laissait présager une telle extension et une telle contamination. Il semble que la concentration exponentielle de plastique dans les océans ait accéléré le processus de symbiotique entre les divers micro-organismes relevés sur les déchets flottants ou immergés. C’est à une véritable jungle microbienne que nous sommes désormais confrontés. Il est d’ailleurs probable que le vibrio choleare ne soit pas le seul à avoir muté. Nous avons établi des restrictions préventives auprès des pays épargnés pour l’instant mais nous n’avons guère de doute sur l’extension à venir. Il est fort probable que des pays occidentaux seront concernés dans un avenir assez proche. La contamination semble se produire de façon totalement atypique. Les symptômes sont ceux du choléra mais la contamination est celle d’une grippe H5N1. Contacts physiques et postillons. Nous avons eu des cas qui semblent le confirmer. Des études bactériologiques sont en cours dans la Manche, la mer du Nord, la mer Méditerranée, sur la côte Pacifique de l’Amérique latine, sur la côte Atlantique de l’Afrique. Actuellement, l’épidémie frappe fortement l’Asie du sud-est et le pourtour de l’océan Indien. La pollution au plastique est fortement implantée dans ces zones. On peut envisager également que des lacs d’eau douce, des fleuves, des rivières sont ou seront impactés. Il suffit de penser à l’état du Gange par exemple. De nombreuses équipes scientifiques sont en alerte maximale dans toutes les zones urbanisées où les rejets plastique sont établis depuis bien longtemps. Il faut bien entendu tenir compte des courants marins qui contribuent à la propagation de ces bactéries à l’échelle planétaire. Le régime alimentaire des populations jouera un rôle prépondérant. Toutes les populations côtières attachées à l’exploitation marine sont les premières cibles de nos interventions préventives. Le rythme de propagation depuis l’apparition des premiers cas suggère une croissance exponentielle pouvant atteindre le million de personnes dans un délai de deux mois. La létalité est très élevée. Si nos soupçons de contamination par simple contact physique se révèlent exacts, nous n’échapperons pas à une pandémie qui pourrait se révéler dévastatrice. L’objectif prioritaire est donc de trouver un traitement adéquat et d’accompagner les populations les plus fragiles par une aide alimentaire. Il reste à convaincre les gouvernements. L’impact sur le tourisme se révèle déjà dévastateur pour l’Asie du sud-est. Les états les plus réticents, dans les premiers jours, se montrent désormais totalement réceptifs à nos interventions. On sait tous, par expérience, que la croissance économique des gouvernements a toujours été l’élément déterminant pour la prise en considération des populations. »

Coronavirus : état des lieux officiel

Par Le 27/10/2020

J'ai bien dit "officiel".

Chacun en fera ce qu'il voudra.

Pour ma part, je ne crois plus en rien, ni en personne. 

Je porte un masque quand je vais dans un magasin et je me lave les mains. Il n'est pas question pour moi d'entrer dans le rôle du rebelle. Mes parents ont 86 ans et je n'aimerais pas apprendre qu'ils sont atteints par ce virus. Il en est donc de même pour tout le monde. Donc, je respecte les consignes sans savoir si elles sont utiles. J'ai un sérieux doute pour le masque. Je n'en ai pas pour le lavage des mains. C'est juste logique. Ma mère m'a appris à me laver les mains quand j'étais petit. Je continue. 

Maintenant pour ce qui est des chiffres "officiels", on est toujours dans le même flou. De quoi ces gens sont décédés ? Etaient-ils déjà atteints par une pathologie lourde ? Est-ce qu'on meurt du covid ou le covid vient-il amplifier les effets d'une pathologie existante ? 

Je n'en sais rien et je sais aujourd'hui que je ne trouverai pas la réponse sur la Toile. Il faudrait que j'aille demander à mon médecin mais je n'ai aucune raison personnelle d'aller le voir...

En tout cas, ça ne change rien à mes habitudes de vie. Je ne vois toujours quasiment personne.

Par contre, j'imagine aisément les gigantesques difficultés rencontrées par des millions de personnes.

Quand je fais le tour des pays et que je vois le désastre économique et social, c'est juste effarant.

Par contre, à Wuhan, tout le monde a repris sa vie quotidienne.

Drôle de monde...

 

Covid-19 : 523 décès recensés en 24 heures en France, du jamais-vu depuis le mois d'avril

Les chiffres de la mortalité diffusés mardi soir par Santé publique France prennent en compte les décès en milieu hospitalier (+288) et dans les établissements médico-sociaux (+235) dont les Ehpad.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour 
 Temps de lecture : 1 min.
Une équipe médicale à Bron, près de Lyon (Rhône), récupère un malade du Covid-19 évacué d'un autre hôpital, le 27 octobre 2020.  (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

Tous les voyants sont au rouge. La France a recensé 523 décès attribués au Covid-19 ces dernières 24 heures, soit 266 de plus que la veille, ont annoncé mardi 27 octobre les autorités sanitaires. C'est du jamais-vu depuis le 22 avril, où l'on avait enregistré 544 morts, selon le tableau de bord du ministère de la Santé. Au total, 35 541 personnes sont décédées des suites du coronavirus. 

Le pays a également enregistré 33 417 nouvelles contaminations, contre 26 771 lundi, pour un total de 1 198 695 de cas depuis le début de l'épidémie. Les chiffres de la mortalité diffusés mardi soir prennent en compte les décès en milieu hospitalier (+288) et dans les établissements médico-sociaux et les Ehpad (+235).

148 patients en plus en réanimation 

Par ailleurs, il y a 148 patients de plus en réanimation (2 918 contre 2 770 lundi soir), occupant ainsi la moitié des lits actuellement disponibles en France dans ces services accueillant les patients les plus gravement atteints. 

Si on prend également en compte les sorties, ce sont 431 malades du Covid-19 qui ont été admis en réanimation (ou en soins intensifs) dans les dernières 24 heures, selon les données publiées par Santé publique France.

Près de 19 000 personnes hospitalisées 

Le nombre global des hospitalisations liées au Covid-19 continue lui aussi à augmenter. Près de 19 000 malades du Covid-19 (18 978) se trouvent à l'hôpital mardi, contre 17 784 la veille. Quelque 3 000 (2 988) hospitalisations pour cause de Covid-19 ont été comptabilisées dans les dernières 24 heures.

Face à la très forte dégradation de tous les indicateurs de l'épidémie, Emmanuel Macron fera une allocution télévisée mercredi à 20 heures pour présenter de nouvelles mesures.

Agnus Dei

Par Le 25/10/2020

Il y a quelques semaines, Nathalie et moi, nous avons été invités au mariage d'un ancien élève de CM2. Un élève profondément catholique, sa femme tout autant. Un élève qui est devenu un ami et qui continue à m'appeler par mon nom comme s'il était toujours dans ma classe. 

C'était une très belle cérémonie. 

Les églises. 

C'est un lieu qui me touche. Par leur histoire, par les milliers de personnes qui ont travaillé à leurs constructions, par ces milliers de personnes qui sont venus y prier. Ce sont des lieux chargés d'humanité. 

Je sais combien les hommes ne sont pas fondamentalement humains dans la pratique de leurs religions.

Mais je dissocie le lieu de ce que les hommes sont capables de faire dans le cadre de la religion.

C'est l'église elle-même qui me touche.

L'architecture, la lumière, le silence, le parfum des pierres, l'usure des sols, l'usure des bancs.

Les figures religieuses des peintures me laissent indifférents. 

J'ai lu la Bible et le Nouveau Testament. Rien dans tout ça ne m'a touché. 

J'ai lu également beaucoup d'ouvrages sur l'évangélisation des missionnaires, sur les colonies et  la bénédiction religieuse de toutes les souffrances commises. 

Mais j'aime les églises. 

J'aime aussi quelques chants religieux. Dans une église, ces chants sont à leur place. C'est comme le chant des oiseaux dans la nature. Un chant d'oiseau dans une cage n'est plus un chant d'oiseau. Un chant religieux dans une salle de spectacle a perdu de sa beauté. 

Là-bas.

Par Le 22/10/2020

Non, il ne s'agit pas d'une terre à l'altitude de l'océan. On ne part pas de Là-Haut pour rejoindre les terres basses. Elles n'ont pas la magie qui nous nourrit. Là-bas, c'est juste le lieu où nous souhaitons aller vivre. Une terre qui ne dévoile pas son nom. Parce qu'elle se doit d'être préservée, parce qu'il faut la trouver, parce qu'elle est très peu connue et qu'elle ne réclame aucunement les projecteurs. Nous y avons rencontré des gens aimant l'existence qu'ils y mènent, des gens ne cherchant aucunement à être connus mais qui se réjouissent d'autres personnes déclamant l'amour pour cette terre. Trente habitants au km², dix habitants sur certains secteurs. Il nous est arrivé de ne croiser qu'une dizaine de voitures en une journée lorsque nous naviguions à la recherche de notre prochaine habitation. 

Lors de nos randonnées, là-bas, nous sommes tombés sur un lieu particulier, une île qui se gagne par une voie piétonne, juste assez large pour le passage d'une voiture. Une ou deux par jour. Celles des personnes entretenant le lieu. Un bâtiment où se côtoient des artistes, des permaculteurs, des forestiers, des apiculteurs, des botanistes, des gens aimant le silence, la nature, les animaux qui se cachent dans les bois, les oiseaux qui chantent. C'est une île au milieu d'un lac artificiel. Mais un lac qui semble toujours avoir été là. L'étendue est immense, des reliefs qui dessinent des arabesques au-dessus de l'eau. Une eau douce.

Douce, le mot est particulièrement approprié. Je sais pourquoi j'aime autant les lacs de montagne. Ils offrent un spectacle qui me touche considérablement. Horizontalité de l'élément liquide baignant les élévations minérales, géométrie totale entre l'apaisement des surfaces planes et celles qui se dressent. S'y joignent les forêts et les roches affleurantes. Les couleurs multiples de l'automne, les résineux acharnés à préserver leurs aiguilles et les feuillus qui s'abandonnent à la nudité. Des troncs érigés comme des adorations au soleil. 

Je peux courir là-bas et sentir mes forces ou m'asseoir et ne plus bouger. Chaque instant est un bonheur. 

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La marginalité et la normalité.

Par Le 22/10/2020

La spiritualité.

Ce monde que nous croyons connaître.

La spiritualité est une découverte constante au cœur de la réalité.

"L'homme n'est que l'ombre de l'Homme qui est l'ombre de Dieu."

Et parce que la spiritualité exige de la part de l'individu une découverte et une élaboration totale, depuis la source, de la voie qui l'élève, il est actif et non "utilisé"...

L'absence de repères établis autorise l'individu à œuvrer pour lui-même, non dans une voie reconnue et balisée, mais dans l'élaboration obstinée de ses propres horizons. "Voilà où je veux aller." Et non "je voudrais aller là où vous êtes."

La spiritualité est un chemin solitaire. Les rencontres sont des apports et non des soumissions, elles enrichissent celui qui y perçoit le diamant qui lui convient et non celui que les instances dirigeantes lui ordonnent d'honorer.

La foi n'est pas là. Ce monde religieux n'est pas le monde spirituel. La spiritualité n'a pas de fil conducteur, elle n'a pas de Bible, aucun texte Sacré, elle ne réclame aucune fidélité, elle accepte les errances, les changements de voie, les recherches multiples, elle reconnaît que l'individu est une unité existentielle et qu'il possède ce droit essentiel du choix.

Le fonctionnement vis à vis de Dieu me semble être le même. Nous nous engorgeons de données liturgiques sans les comprendre autrement que par auto persuasion, par goût de l'appropriation partagée, comme une nouvelle technologie ou une nourriture exotique. Nous en apprenons l'usage mais nous ne comprenons rien de son origine, de sa réalité, du mystère qui l'habite. Et croyant (justement) que ces religions nous élèvent, nous ignorons respectueusement que nous les servons. La tristesse inhérente à cette absence d'élévation malgré ce don de soi que nous maintenons à travers des pratiques ou des lectures, cette désillusion prolongée ne font que renforcer l'adhésion forcenée dans l'attente impatiente d'un "signe", d'un bonheur, d'une révélation, d'une protection accordée. On entre dans l'addiction. La lucidité en est exclue.

L’homme moderne est ainsi un être qui “ne sait quasiment rien” au sujet du fonctionnement du monde, de l’économie, de ce qui fait son quotidien, de son corps, de sa vie. Ou, en tout cas, si information il y a, elle lui arrive depuis un extérieur spectaculaire envers lequel il reste passif et éloigné. En d’autres termes, nous sommes chaque jour plus informés des choses dont nous ne savons rien.

"La tristesse comme symptôme de l’impuissance est alors la conséquence de cette déréalisation du monde. » Miguel Benasayag
 

Cette tristesse insoumise génère une anxiété qui ne trouve son apaisement que dans l'exubérance ou le formatage. On fait la fête, on s'étourdit puis on rentre dans le rang et on réintègre le cycle "métro-boulot-dodo". Un cycle rassurant finalement puisque tout le monde s'y trouve. La marginalité ne sera regardée que par le prisme déformant de l'anormalité alors que la normalité relève bien souvent d'une pathologie commune. 

Il existe pourtant des individus qui parviennent à établir un état de conscience constant, qui restent en état d'observation et qui dans leur vie quotidienne savent différencier ce qui relève de l'agitation et ce qui relève de l'analyse intérieure. C'est là  que la spiritualité prend forme. Dans l'observation consciente.

Carte des risques naturels

Par Le 14/10/2020

Je continue à suivre l'actualité de la région dévastée du Mercantour, Vésubie, Roya, Tinée.

C'est tout d'abord dramatique, épouvantable, un traumatisme que les gens n'oublieront jamais. 

J'en tire quelques conclusions.

L'anticipation, les réserves alimentaires, les réserves d'eau, un sac de survie toujours prêt avec les doubles de tous les papiers, une clé USB contenant les codes, les numéros de compte, les numéros de téléphone, tout ce qui sera indispensable au cas où...

Bien entendu que certaines zones sont particulièrement impactées et les vallées de montagne peuvent se révéler des pièges redoutables. Mais les tempêtes sur la côte Atlantique ont déjà coupé du monde des villages entiers. je l'ai vécu en 1987...

Aucune zone géographique ne doit se croire à l'abri. Ici, dans les Alpes, on peut rajouter le risque sismique. Dans le pourtour méditérannéen, le département des Landes et de la Gironde, le Var, les Alpes du sud, les Pyrénées orientales et jusqu'à la Bretagne ( Monts d'Arrée), ça peut prendre la forme d'incendies gigantesques.

Les tempêtes de vent, toutes les régions françaises en ont déjà connu.

Il y a un document intéressant à ce sujet : Il faut cliquer sur le lien ou le coller pour avoir les cartes. Mon blog ne les affiche malheureusement pas et elles sont impossibles à télécharger ici.

https://www.francetvinfo.fr/meteo/tempete/tempete-alex/cartes-quels-sont-les-territoires-de-france-metropolitaine-les-plus-vulnerables-aux-risques-climatiques_4134741.html

CARTES. Risques climatiques : quels sont les territoires les plus exposés en France métropolitaine ?

Non seulement le réchauffement climatique fournit les conditions propices à une météo instable mais il augmente aussi la fréquence des évènements graves.

"On sera là." Emmanuel Macron pose la main sur l'épaule des sinistrés, choqués et épuisés. A ceux qui ont perdu leur maison, emportée par la crue de la Vésubie ou de la Roya, d'innocentes rivières de l'arrière-pays niçois changées en monstres de boue par les pluies records de la tempête Alex, le président de la République a promis mercredi 7 octobre "plusieurs centaines de millions d'euros". Pour reconstruire. "Très vite." Le matin même, 55 communes ont été déclarées en état de catastrophe naturelle. Cinq personnes sont mortes. Une vingtaine sont portées disparues ou "supposées disparues". Traumatisés, certains veulent quitter leur vallée. Beaucoup n'ont pas d'autre choix. 

Tempêtes, érosion, mouvements de terrain, canicules, sécheresse, avalanches... La grande majorité du territoire, en France métropolitaine comme dans les outre-mer, est exposée à un ou plusieurs risques naturels susceptibles d'avoir de lourdes conséquences sur un territoire, ses habitants et son économie. Alors que le changement climatique fournit les conditions propices à une météo instable, franceinfo s'est concentré sur trois indicateurs qui touchent des régions disparates de France métropolitaine : les inondations, les feux de forêts et les mouvements de terrain.

Pour connaître le ou les risques auxquels est exposée votre commune ainsi que son indice d'exposition, entrez son nom dans le moteur de recherche ci-dessous. 

Des risques multiples sur tout le territoire 

En janvier, le ministère de la Transition écologique a rendu public un rapport sur la vulnérabilité de la France face aux risques climatiques (PDF), basé sur les données de l'année 2016. A l'époque, six Français sur dix étaient exposés à au moins un de ces risques : inondation, feu de forêt, avalanche et phénomène atmosphérique. 

Le risque d'inondations est le plus répandu : il concerne 64% des communes, en raison notamment de l'"implantation historique des villes le long des cours d'eau, utilisés alors comme voies de transport et renforcée depuis". Un constat qui "vaut également pour les territoires littoraux, confrontés à une urbanisation toujours croissante, en lien avec la pression touristique".  

La carte des risques d'inondation :

Les risques de feux de forêt concernent quant à eux en majorité des communes de Provence-Alpes-Côte d'Azur, de Corse, du Languedoc-Roussillon, de la Drôme, de l'Ardèche et de la région Aquitaine.

La carte des risques de feux de forêt :

Par ailleurs, 55% des communes sont exposées à un risque de mouvements de terrain. Les sols argileux sont particulièrement vulnérables dès lors qu'ils sont fragilisés par l'alternance de sécheresse et de précipitations. Aussi répandu que peu médiatisé, car moins spectaculaire qu'une coulée de boue dévalant une vallée ou qu'un mur de flamme léchant les abords d'une station balnéaire, ce phénomène de retrait-gonflement argileux touche aussi bien le nord de la France que la Bretagne, le Grand-Est et le sud du pays. 

La carte des risques des mouvements de terrain :

La densité de population, l'aménagement du territoire, le contexte socio-économique, le profil démographique et, bien sûr, la survenue d'un épisode météorologique extrême sont autant de facteurs susceptibles de transformer un aléa (un important phénomène pluvieux, par exemle) en catastrophe. "C'est une conjonction d'éléments", explique Agathe Euzen, directrice adjointe scientifique à l'Institut écologie et environnement du CNRS.

C’est une évidence, un événement extrême, comme une tempête, qui survient dans un territoire qui n'est pas habité a beaucoup moins de conséquences que dans les territoires occupés par des activités humaines, des habitations, des infrastructures... qui tendent à se développer et sont par conséquent plus vulnérables.Agathe Euzenà franceinfo

Ainsi, de fortes pluies ne suffisent pas à provoquer des inondations. De même, une canicule ou la sécheresse ne peuvent être les seules responsables de feux de forêt.

"Par nature, un risque est imprévisible", abonde le climatologue Hervé Le Treut, président d'AcclimaTerra, le comité régional sur le climat en Nouvelle-Aquitaine. "En revanche, nous sommes capables de déterminer quelles zones sont exposées à quels dangers. Par exemple, là ou l'eau s'écoule dans une passe très étroite, c'est une eau qui peut aller très vite et être très violente. Mais il existe toujours une part d'inattendu, c'est ça la difficulté."

Ainsi, Saint-Martin-Vésubie, commune en partie détruite par les intempéries du 2 octobre, bénéficiait d'un indice de risque "faible". Il était même "très faible" à la Bollène-Vésubie, où la rivière a emporté la route sur laquelle circulait une voiture avec deux pompiers à bord. De même, un phénomène peut toucher une région une année et une autre la suivante, rendant difficile la perception de ce risque pour les habitants et les pouvoirs publics locaux.

Des évènements plus intenses et plus fréquents 

Les climatologues interrogés par franceinfo sont formels : les risques sont en augmentation du fait du changement climatique, y compris sur le territoire français, comme en témoignent les données du ministère de la Transition écologique. Le rapport de janvier indique que la fréquence annuelle des "accidents très graves" – qui ont fait plus de 10 victimes et/ou plus de 30 millions d'euros de dégâts – a quasiment quadruplé en 20 ans : d'un événement par an entre 1950 et 1996, nous sommes passés à 3,6 sur la période 1997-2017. Or, depuis la récolte de ces données, les ouragans Maria et Irma ont balayé les Antilles, la ville de Cannes s'est à nouveau retrouvée sous les eaux, la France a connu plusieurs épisodes caniculaires (parfois dans le même été), une crue de l'Aude a fait d'importants dégâts...

"Tous les territoires vont devoir vivre avec des incertitudes plus fortes qu'avant", abonde Antoine Nicault, écologue et paléoclimatologue, membre du GREC-Sud, le groupe régional d'experts sur le climat en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Dans sa région, la hausse de la température de la Méditerranée couplée à la hausse de la température de l'air a pu, avec la présence d'un flux de Sud-Ouest, créer les conditions idéales pour les précipitations exceptionnelles observées cet automne dans les Cévennes et l'arrière-pays niçois.

"On a un doublement de la fréquence des évènements qui dépassent les 200 mm de pluie par jour, soit la limite à partir de laquelle on parle d'épisode méditerranéen. On observe aussi une augmentation de l'intensité de ces épisodes de l'ordre de 22%", remarque Antoine Nicault.

Ces événements ont toujours existé. Sauf qu'avec le changement climatique il y a une pression sur certaines variables à l'origine de ces phénomènes.Antoine Nicaultà franceinfo 

De même, la hausse du niveau des océans accroît l'érosion et le risque de submersion en cas de tempête, en Nouvelle-Aquitaine, du côté de chez Hervé Le Treut.

"La France est un observatoire très intéressant car nous connaissons à la fois les problématiques des pays du bassin méditerranéen et celles des pays du nord", relève à son tour la géographe Magali Reghezza-Zitt, membre du Haut Conseil sur le climat. En métropole, "nous observons une 'méditerranéisation' de la France avec par exemple des incendies au nord de la Loire. Ça, c'est nouveau."

Les pompiers de la moitié nord de la France ont longtemps envoyé des forces pendant l'été dans le Sud pour combattre les incendies. Désormais, ils peuvent être appelé à intervenir sur des feux de forêts chez eux.Magali Reghezza-Zittà franceinfo

En mars 2019, les Assises nationales des risques naturels estimaient que la saison des incendies de forêts pourrait s'allonger de trois à six mois à l'horizon 2050, exposant désormais les Pays de la Loire, le Val-de-Loire et la Bretagne. Des prévisions inquiétantes qui mettent sur la table la question de l'adaptation. 

"On ne va pas reconstruire à l'identique", a prévenu mercredi Emmanuel Macron depuis la vallée de la Vésubie. Certaines maisons trop proches de la rivière devront être évacuées et des travaux d'aménagement devront être réalisés, de sorte à limiter l'artificialisation des sols. Car les erreurs commises dans le passé en terme d'aménagement se payent cher, d'après les experts sollicités par franceinfo. Il est urgent de s'adapter, préviennent-ils, sans oublier de lutter contre le changement climatique. Réduire les émissions de gaz à effet de serre est encore la meilleure façon de réduire les risques de catastrophe naturelle.

 

 

Catastrophes naturelles (2)

Par Le 14/10/2020

En 2015, après un déluge dévstateur sur la côte d'Azur, j'avais écrit ça :

Catastrophes naturelles (1)

Je n'en change pas une ligne.

Pour moi, il ne s'agit plus d'essayer de savoir si le réchauffement climatique provient d'un phénomène essentiellement naturel ou principalement anthropique ou les deux à la fois. D'abord je n'en ai pas les compétences. Ensuite, ça ne me servirait à rien.  

La seule chose qui nous importe, à Nathalie et moi, c'est de nous préparer à la suite. Nous avons vendu notre maison en Savoie. Vingt-six ans de vie dans ce lieu. Nos trois enfants y ont grandi. Nous avions acheté une ruine, un ancien corps de ferme construit sous l'époque de Louis XIII. Il n'y avait plus de toit. On a tout reconstruit et la maison neuve y a été accolée. 

Mais ce terrain n'a pas de source et il est trop petit pour l'aménagement d'un potager-verger, d'une forêt jardin, un ensemble nous assurant l'autonomie alimentaire. 

Les scientifiques sont quasi unanimes pour dire que les sécheresses vont prendre une ampleur jamais connue. Cinq étés consécutifs ici avec une sécheresse dramatique pour le potager, avec en plus un vent chaud qui brûle les plantes. 

Il n'y a qu'une solution : le jardin-forêt. J'en ai déjà parlé ici. Les potagers en plein soleil sont condamnés à souffrir. Il faut les implanter à l'ombre d'arbres matures. Tout autant pour les arbres fruitiers. Il faut approcher des 500 mètres d'altitude pour bénéficier du rafraîchissement des nuits et de la rosée matinale et pas au-dessus de 800 mètres pour se protéger des gelées printanières. 

On a donc longuement étudié la carte de France. On sait où on doit aller. Pluviométrie importante, hivers encore un peu enneigés mais des gelées printanières devenues très rares. Des terres très peu urbanisées, un tourisme uniquement estival et dans une mseure très modérée, une population attachée à sa terre et à sa protection, des communautés villageoises, solidaires et attentives aux autres. 

On va tout recommencer mais avec notre expérience et nos connaissances, celles qu'on n'avait pas quand on s'est engagé ici.

La retraite, comme une nouvelle vie.

 

Les catastrophes naturelles ont doublé en 20 ans sous l'effet du réchauffement climatique

 

par la rédaction numérique de France Inter publié le 
 

Les phénomènes météorologiques extrêmes ont explosé ces vingt dernières années, notamment en Asie, et le changement climatique en est le principal responsable, alerte l'Onu.

 

Le tsunami de 2004 dans l'Océan indien a été le plus meurtrier des deux dernières décennies, faisant 220 000 victimes. © Maxppp / JIMIN LAI / AFP

Le changement climatique est le principal responsable du doublement des catastrophes naturelles dans le monde ces vingt dernières années, selon un rapport du Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophe, ou UNSDIR, rendu public ce lundi. 

Depuis l'an 2000, 7 348 désastres naturels ont été recensés dans le monde, faisant 1,23 millions de morts et affectant 4,2 milliards de personnes. L'Asie est particulièrement touchée : la Chine (577) est le pays qui a enregistré le nombre le plus élevé de catastrophes entre 2000 et 2019, devant les Etats-Unis (467) puis l'Inde (321), les Philippines (304) et l'Indonésie (278). Huit des dix premiers pays enregistrant le plus grand nombre de catastrophes sont asiatiques.

Sécheresses, inondations, tempêtes, incendies, températures extrêmes

Les années 2004, 2008 et 2010 ont été les plus dévastatrices, avec plus de 200 000 morts à chacune de ces années. Le tsunami de 2004 dans l'océan Indien a été le plus meurtrier, faisant plus de 220 000 victimes. Et le rapport montre que la progression de ces catastrophes est surtout lié à l'augmentation des catastrophes climatiques. Sur la période, le nombre d'inondations importantes ont ainsi plus que doublé et des épisodes de sécheresse, des incendies et des températures extrêmes ont aussi causé des ravages. Si les inondations et les tempêtes étaient les catastrophes les plus fréquentes ces vingt dernières années, l'Onu estime que le pire problème sera les vagues de chaleur.

"Les vagues de chaleur ont augmenté de 232% depuis 1999. C'est énorme, constate Debarati Guha-Sapir, professeure d'épidémiologie à l'université de Louvain, en Belgique, qui a co-écrit le rapport. Et les inondations dans le monde, notamment en France à l'heure actuelle, ont augmenté de 134%, donc elles ont plus que doublé". Selon elle, "si cette accélération de phénomènes météorologiques extrêmes continue pendant les prochaines vingt années, l'avenir de l'humanité semble certainement très sombre".

L'urbanisation ou la déforestation également en cause

"De plus en plus de personnes subissent les effets de cette situation d'urgence climatique qui est en train de se développer", a déclaré la représentante spéciale du Secrétaire général pour la réduction des risques de catastrophe de l'Onu, Mami Mizutori, lors de la présentation du rapport. Elle a appelé les gouvernements à investir dans des systèmes d'alerte précoce et à mettre en place des stratégies de réduction du risque.

Le réchauffement climatique est le principal responsable du doublement des catastrophes naturelles, conclut le rapport, mais d'autres facteurs interviennent : l'urbanisation mal réfléchie, la déforestation ou des constructions dans des zones à risques.

Les dauphins, les pêcheurs et les consommateurs

Par Le 13/10/2020

Je suis né en Bretagne. J'ai été élevé aux poissons et aux fruits de mer. J'ai pêché autant que je pouvais pendant ma jeunesse.

Mon père était boucher et on mangeait de la viande quasiment à tous les repas. Charcuterie à foison. En Bretagne, c'est une tradition. 

Il y a huit ans maintenant, j'ai arrêté de manger des animaux. Tous les animaux. ceux de la mer y compris. Et je ne reviendrai jamais sur cette décision. 

Parce que je ne veux pas porter la responsabilité, aussi infime soit-elle, de ce massacre. La seule chose qui m'importe, c'est de pouvoir dire : Je n'en fais pas partie. 

Hécatombe de dauphins : le gouvernement refuse de suspendre la pêche l’hiver

 

https://lareleveetlapeste.fr/hecatombe-de-dauphins-le-gouvernement-refuse-de-suspendre-la-peche-lhiver/?

 

« Il s’agit d’un revirement absolument considérable parce qu’on pensait que la Ministre allait instaurer une fermeture temporaire de la pêche de plus de 15 jours ! Durcir les contrôles n’empêche pas les prises accidentelles ! »
13 octobre 2020 - Laurie Debove
Envie d’une vraie déconnexion ? Évadez-vous avec notre nouvelle bande dessinée !

- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 130 pages
- Impression : France

 

Malgré les recommandations du monde scientifique et une action en justice de la Commission Européenne, la ministre de la Mer Annick Girardin a décrété qu’il n’y aurait aucune suspension de la pêche cet hiver dans le Golfe de Gascogne, même pour une courte durée. Les associations de protection de l’environnement dénoncent une décision scandaleuse qui laisse présager un nouveau désastre cet hiver. En effet, en 30 ans, la pêche a causé la mort de 90 000 dauphins en Atlantique nord-est ! Rien que pour ces deux dernières années, ce sont plus de 18 500 dauphins qui ont été massacrés dans le Golfe de Gascogne.

Une hécatombe à la hausse

Pire que les Iles Féroé, plus dévastateur que la baie de Taiji au Japon, il y a le Golfe de Gascogne, en France, qui est le théâtre d’une hécatombe sanglante année après année. Des milliers de dauphins sont capturés « accidentellement » dans les filets des pêcheurs, petits et gros bateaux, et rejetés morts dans l’océan. Ils viennent ensuite s’échouer sur le littoral français.

Chaque année, le nombre de mammifères marins qui meurent par capture accidentelle augmente. Pendant l’hiver 2019 – 2020, on estime ainsi que ce sont 11 500 dauphins qui ont été tués dans le Golfe de Gascogne !

Les dauphins sont pourtant une espèce protégée. L’affaire est tellement grave qu’elle a attiré l’attention de 1500 scientifiques du Conseil International pour l’Exploration de la Mer (CIEM) qui avaient rendu un avis historique en juin 2020 dans lequel ils expliquaient qu’il est impératif de fermer les zones de pêche du 15 janvier au 15 mars, accompagnées de mesures à plus long terme, pour sauver les dauphins de l’hécatombe.

En juillet, c’est la Commission Européenne qui était montée au créneau pour rappeler la France à l’ordre sur son devoir de protection de l’espèce. Les annonces du Ministère de la Mer étaient donc particulièrement attendues par les associations. Elles sont tombées de haut à l’annonce d’Annick Girardin, la Ministre de la Mer : la France refuse de fermer la pêche temporairement pour sauver l’espèce.

Mission Sea Sheperd France

La France dans le viseur de la communauté internationale

Face au tollé provoqué par cette décision en commission de travail, la Ministre de la Mer a expliqué depuis dans différents médias que la France préférait durcir les contrôles sur les prises accidentelles de dauphins, des mesures loin d’être convaincantes pour les ONG.

« Il s’agit d’un revirement absolument considérable parce qu’on pensait que la Ministre allait instaurer une fermeture temporaire de la pêche de plus de 15 jours ! Durcir les contrôles n’empêche pas les prises accidentelles ! Ce dossier existe depuis 30 ans, et les connaissances scientifiques dessus sont déjà très avancées notamment grâce à l’Observatoire Pelagis et l’IFREMER. Malgré l’intensification des mesures préventives, on a multiplié par deux ou trois la mortalité des dauphins entre 2016 et 2020 ! Encore une fois, le socio-économique prime alors qu’on peut tout à fait sauvegarder les intérêts économiques des pêcheurs en respectant les règlements sur les espèces protégées. Cette inertie considérable va coûter la vie de milliers de dauphins pour l’hiver 2020 / 2021, la décision du gouvernement français n’est pas bonne. » explique Dominique Chevillon, naturaliste, Président de Ré Nature Environnement et Vice-Président de la LPO, pour La Relève et La Peste

En effet, sur plus de 500 bateaux de pêche, seulement 55 ont déclaré avoir commis des captures accidentelles. Un chiffre bien faible qui est loin d’indiquer quels sont les techniques de pêche ou bateaux, majoritairement sous pavillon français dans le Golfe de Gascogne, les plus meurtriers. 

Parmi les mesures annoncées par la Ministre, le gouvernement français souhaite installer des caméras à bord d’une vingtaine de fileyeurs. Ce dispositif de surveillance sera peut-être une bonne façon de mieux comprendre les captures accidentelles mais n’empêchera en rien la mort de dauphins, ainsi que le précise Hélène Pelletier, biologiste à l’Observatoire Pelagis.

De la même façon, si les pingers eux diminuent bien le taux de capture accidentelle, ils n’en restent pas moins un dispositif intrusif dans les zones de chasse des cétacés et pourraient s’avérer bien plus nuisibles que positifs, ainsi que le dénonce l’association Sea Shepherd France dans leur attaque en justice contre cette béquille technologique.

Mission Sea Shepherd France

La France avait jusqu’au 2 octobre pour présenter des mesures concrètes à la Commission Européenne, et fait pour l’instant traîner le dossier. Une fois qu’il sera remis, la Commission Européenne pourrait bien décider de saisir la Cour de Justice Européenne (CJUE) face aux manquements de la France en la matière.

Les 26 ONG qui avaient interpellé la Commission Européenne sur le sujet se sont déclaré prêtes à aider la justice à se saisir du dossier. Si la CJUE s’en mêle, la France pourrait bien être obligée de fermer temporairement la pêche l’hiver et risque des amendes d’un montant pouvant s’élever à plusieurs dizaines de millions d’euros, payés par l’argent des contribuables français.

Les ONG dénoncent également l’hypocrisie du gouvernement français qui enchaîne les effets d’annonce sur la protection de l’environnement tout en dilapidant le droit environnemental et refusant de s’engager avec cohérence sur des mesures de protection efficaces.

« Dans un contexte d’érosion sans précédent de la biodiversité, suite à la publication de la Stratégie de l’Union Européenne en faveur de la biodiversité pour 2030, à la veille de la COP 15 de la Convention pour la biodiversité biologique, de la publication d’une stratégie nationale en faveur des aires protégées pour la décennie 2020-2030, et du Congrès mondial pour la nature dont la France est l’hôte, France Nature Environnement continuera d’alerter le public ainsi que la Commission européenne sur ce massacre, jusqu’à ce que la France se réveille et prenne enfin ses responsabilités. » conclut ainsi l’ONG dans un communiqué

13 octobre 2020 - Laurie Debove
 

Coronavirus : Mise au point

Par Le 12/10/2020

Covid : dans une tribune, près de 300 scientifiques dénoncent les mesures gouvernementales "disproportionnées"

 

https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/bouches-du-rhone/marseille/covid-tribune-pres-300-scientifiques-denoncent-mesures-gouvernementales-disproportionnees-1878840.html

Dans une tribune publiée lundi sur le site de Médiapart, près de 300 scientifiques, médecins et universitaires critiquent les dernières restrictions décidées par le gouvernement contre le Covid et leurs effets "secondaires" dramatiques. Ils appellent à changer en urgence de stratégie sanitaire.

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© SPEICH Frédéric, POOL/MaxPPP
Le 10 septembre, ils étaient 35 à signer une première tribune "Nous ne voulons pas être gouvernés par la peur". Le docteur Fouché était déjà de ceux-là.

17 jours plus tard, ils sont près de 300 à clamer : " Il est urgent de changer de stratégie sanitaire face au Covid-19." 

Louis Fouché, médecin anesthésiste-réanimateur à l’Hôpital de la Conception à Marseille (AP-HM) est à nouveau en tête des signataires de cette tribune publiée par 
Médiapart.

Des personnalités très médiatiques comme le Pr Jean-François Toussaint, le Pr Chritian Perronne, l’épidémiologiste Laurent Toubiana ou le philosophe André Comte-Sponville, côtoient des anonymes professionnels de santé, chercheurs mais aussi universitaires.

Une quinzaine de personnalités de la région PACA co-signent ce texte comme le sociologue Raphaël Liogier, professeur à l’Institut de Sciences Politiques d’Aix-en-Provence.

Porte-parole du 
collectif "Soignants pour une politique sanitaire juste et proportionnée" qui regroupe 400 médecins, chercheurs et soignants et citoyens, le Dr Fouché dénonce des "mesures disproportionnées". 

On maintient la peur et c’est surtout ça qui nous gêne.

Dr Louis Fouché anesthésiste-réanimateur

Le 23 septembre dernier, le ministre de la Santé a annoncé la fermeture des bars, restaurants et salles de sport dans la métropole d'Aix-Marseille en se basant sur les données de circulation du virus. Pour le docteur Fouché, le Covid masque les "défaillances du système hospitalier".

"Oui, il y a une tension hospitalière sur le nombre de soignants, de lits, etc. explique-t-il, mais cette situation n’est pas nouvelle, c’est lié à un sous-investissement dans l’hôpital public depuis une quinzaine d’années pour favoriser le secteur privé".

"Est-ce que l’hôpital est en tension à cause du Covid ? Je dis non, ajoute-il. La réalité, c’est qu’il y a eu un mort du Covid à Marseille ce week-end (NDLR 27 sur toute la France), alors qu’il y a en moyenne 1700 morts par jour en France, 450 morts de maladies cardio-vasculaires, 430 de cancers, 110 de maladies respiratoires, 27 suicides, 11 accidents de la route. C’est très disproportionné". 

Statistiques contre statistiques

Le médecin réanimateur estime qu'"on fait peser sur l’institution hospitalière l’ensemble de ces malades, or un certain nombre de ces malades ne sont pas là forcément pour le Covid".

"Les six derniers malades de la réanimation chez moi, trois avaient un Covid positif, et étaient comptés dans les statistiques Covid positifs. Mais en fait, ils étaient malades d’autre chose, un choc septique sur une pneumonie à bacille pyocyanique, un œdème aigü du poumon, un lymphome en cours d’induction de chimiothérapie…" explique-t-il.

"On fait dire aux chiffres des choses qui ne sont pas vrais, affirme-t-il. On fait dire à ces gens positifs qu’ils sont tous malades de la maladie Covid qu’on a vue au mois de mars, ce n’est pas vrai. Et je ne peux pas croire qu’on soit la seule réa dans ce cas-là. Ça veut dire qu’il y a environ 30% au moins des patients qui ne sont pas malades de la Covid."

Pour LouisFouché, il y a une raison à cela.

C’est un chantage aux ressources.

"Quand Olivier Véran vient à Marseille, pourquoi vient-il ? En gros, il vient donner de l’argent si on continue la narration de la peur et il vient faire un espèce de chantage consistant à dire "je ne nourris l’hôpital public que si vous continuez à faire ce que je vous dis sans discuter". Et les gens s’alignent pour maintenir l’institution et continuer de soigner les gens".

Louis Fouché ne nie pas la recrudescence du nombre de cas positifs. Mais, dit-il, c'est parce qu'' on voit ce qu’on s’est interdit de voir en mars par une politique de tests qui n’étaient pas adaptée à l’époque."

La menace d'un reconfinement 

Pour le praticien, il faut arrêter l'organisation de ces dépistages massifs, et se limiter aux tests sur prescription "quand on a un doute, après avoir vu un médecin". 

On ne peut pas cantonner une maladie virale c’est une illusion.

La menace d’un reconfinement brandie par le ministre de santé est selon lui une façon de "reprendre le contrôle sur les gens par la menace". "Ça jugule toute contestation, c’est tyrannique, anti-démocratique et ça n’est pas proportionné aux risques de cette épidémie de Covid", assène-t-il.

Selon le docteur Fouché, les restrictions prises rendraient le remède pire que la maladie.

"La volonté de la cantonner actuellement, c’est de ne pas mettre en tension le système hospitalier. Et on fait peser sur la population générale des mesures extrêmement liberticides et qui divisent et qui ont plein de dommages collatéraux alors que c’est la politique de gestion du système de santé qui est défaillante."

Des effets collatéraux dévasteurs

"On est en train de casser le lien social, de le disloquer en prenant la proie pour l’ombre" s'inquiète le médecin marseillais. 

"Il faut protéger les plus fragiles et ce n’est pas par la politique sanitaire actuelle qu’on les protège, au contraire. Il faudrait d’arrêter les masques dans les écoles, d’arrêter les masques à l’extérieur, d’arrêter les tests en population générale parce que tout cela procède d’une imposture et tout le monde le sait".

L’urgence, affirme-t-il, "c’est de protéger les plus fragiles, ça veut dire donner aux gens qui ont peur, aux gens qui ont une immuno-dépression sévère , ceux qui sont hypertendus, obèses, diabétiques, ou avec des comorbidités sévères, c’est ceux-là qui font les formes graves et on les connaît. Il faut leur donner des FFP2 et qu’ils les portent et pas faussement les rassurer avec un masque chirurgical qui ne les protège pas. Et laisser le reste de l’épidémie circuler pour que l’immunité collective se fasse."

Laure Farnault, hématologue-immunologue à Marseille, partage cette analyse. Elle aussi a signé la tribune. Elle tient à préciser qu'elle exprime de son point de vue et non au nom de l'institution.

Dans son service, elle a vu les conséquences des choix faits ces derniers mois. 

"En post-confinement dans mon service d’hématologie, j’ai vu arriver des patients avec des diagnostics qu’on a jamais vus, ils sont tous bien restés confinés chez eux pendant trois mois et ils pensaient que dans le monde il n’y avait que le Covid. 

On a tous oublié qu’on peut mourir d’un AVC, d’un infarctus, d’un cancer métastatique, de beaucoup d’autres choses… l’humanité a perdu un peu la raison.

Laure Farnault hématologue-immunologue

"Ces personnes ont vraiment perdu des chances de survie avec le confinement, on l’a vraiment vu beaucoup."

Laure Farnault met aussi en garde contre les stastitiques officielles qui ne reflèteraient pas la réalité des malades Covid et des décès.

"J’ai amené un jeune de 23 ans en réa en choc septique, il a eu une PCR Covid qui fait partie des 20 % de faux-positifs. Il serait mort, on aurait dit "il est mort du Covid", mais il avait une leucémie, un choc septique, du pyocyanique".

"Mais du point de vue de l’ARS, elle pouvait dire qu’il y avait un jeune en réanimation qui avait le Covid… il y a toute mascarade." 

"Je ne dis pas qu’il n’y a pas un problème sanitaire, souligne-t-elle, il y a bien un problème sanitaire, mais pour moi c’est aux médecins et groupements hospitaliers de le gérer, ce n’est pas aux artistes, aux restaurateurs, aux jeunes qui sortent, aux collégiens ou aux lycéens…"

L'AP-HM joue la transparence

Par souci de transparence, l'Assistance Publique des Hopitaux de Marseille (AP-HM) a décidé de publier au quotidien "la situation chiffrée des patients Covid dans ses hôpitaux marseillais.

Le bilan en date du 30 septembre fait état de 43 patients Covid en réanimation contre 46 la veille et 110 en hospitalisation contre 177.
En se basant sur une "augmentation significative au cours des dernières semaines"n le ministre de la Santé Olivier Véran a classé le territoire d'Aix-Marseille en "zone d'alerte maximale".

Etaient pris en compte le taux d’incidence, le taux d’incidence chez les personnes âgées et la part des patients covid dans les services de réanimations.
Le taux d'incidence est calculé sur la base du nombre de tests RT-PCR (tests effectués dans le nez) positifs pour 100.000 habitants.

La fermeture des bars et restaurants confirmés par la justice

Selon Olivier Véran, il était supérieur 250 à Marseille dans la population générale (le seuil critique étant à 50) et 180 pour les plus de 65 ans, contre une moyenne de 100 pour 100.000 sur la France. 
Mercredi 30 septembre, le tribunal de Marseille a confirmé la fermeture totale des bars et restaurants à Aix-en-Provence et Marseille décidée par le gouvernement contre l'avis des élus locaux qui avaient déposé un recours.

Dans son arrêté la Préfecture des Bouches-du-Rhône a estimé que "l’intérêt de la santé publique justifie de prendre des mesures proportionnées aux risques encourus et appropriées aux circonstances afin de prévenir et limiter les conséquences et les menaces possibles sur la santé de la populations". 
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Reporter de guerre

Par Le 10/10/2020

J'étais au lycée quand j'ai lu  "La 317 ème section" de Pierre Schoendoerffer.

Un choc immense.

Puis j'ai vu le documentaire : "La section Anderson". Un documentaire tourné en 1967. Et qui devrait être montré dans les salles de classe.

Ont suivi les lectures de ses autres romans : Le crabe tambour / L'adieu au roi / Là-Haut, un roi au-dessus des nuages...

Et puis ses films avec Jacques Perrin, Jean Rochefort, Jacques Balutin, Claude Rich. "Le crabe tambour / Là-Haut / Dien Bien Phu...

Au lycée puis pendant des années, j'ai lu tout ce que je trouvais sur les récits de guerre. Des dizaines de livres : documentaires et romans. Guerre de 14-18, seconde guerre mondiale, Indochine, Vietnam.

Les cours d'Histoire à l'école m'intéressaient un peu. Mais il n'y avait jamais la puissance de vie des récits de guerre. J'en voulais aux professeurs, aux programmes, à l'éducation nationale. Il y avait pour moi un manque de respect. On ne devait pas réduire les guerres à des dates, à des noms, à des situations. La politique et les hauts gradés, les financiers et les idéologies, les stratégies, les défaites et les victoires, tout ça ne pouvait représenter la réalité, l'entière réalité.

Alors, je me suis intéressé aux reporters de guerre. A ceux et celles qui racontent ce qu'ils ont vécu. Au plus près. 

Des hommes et des femmes, souvent inconnues du grand public.

Pierre Chauvel, Camille Courcy, Tony Comiti,  par exemple.

 

https://www.la-croix.com/Culture/Expositions/Reporter-guerre-metier-haute-tension-2018-10-20-1200977340

Reporter de guerre, un métier sous haute tension

L’exposition « Raconter la guerre », à l’hôtel du Doyen à Bayeux, traverse deux siècles de reportages, via les mutations technologiques et l’évolution des conditions de travail des correspondants.

  • Jean-Claude Raspiengeas (envoyé spécial à Bayeux), 

Lecture en 2 min.

Reporter de guerre, un métier sous haute tension
Le correspondant de guerre Alan Wood en train de taper une dépêche dans un bois aux Pays-Bas en 1944.SERGENT D. SMITH/CROWN COPYRIGHT
    

« La première victime de la guerre, c’est la vérité. » Ce constat, énoncé en 1917, résume l’un des défis que doivent relever les reporters de guerre en forte période de propagande. Et leur vision au milieu du chaos et de la confusion demeure toujours parcellaire, rappelle Adrien Jaulmes.

iPourquoi lire La Croix ?

La Croix vous explique, avec lumière et clarté, le monde qui vous entoure, afin que vous puissiez bâtir votre opinion.

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Grand reporter au Figaro, il est le commissaire d’une exposition ambitieuse, conçue pour les 25 ans du prix Bayeux-Calvados-Normandie, riche de documents d’archives, de photos, de films et de matériels, sur l’évolution de leurs conditions de travail.

Roger Fenton, un précurseur

Reporter de guerre, un métier sous haute tension

Churchill pendant la guerre des Boers. / NAM

Raconter la guerre fut longtemps l’apanage des militaires, jusqu’au milieu du XIXe siècle, quand débarquent ceux qui font profession de rapporter l’information. Au nom d’un impératif : aller voir, décrire, transmettre. Mais le mélange des genres tarde à se dissiper. Winston Churchill, officier et correspondant de guerre, joue sur les deux tableaux pendant la guerre des Boers.

Parmi les précurseurs, Roger Fenton, couvrant la guerre de Crimée, se heurte aux états-majors. Il circule avec un chariot, labo photo ambulant, dans des conditions dantesques. On lui tire dessus. Il inaugure une longue tradition de tracas : l’hostilité des autorités militaires qui accusent les journalistes de nuire au moral des troupes et de renseigner l’ennemi. La censure, Anastasie et ses grands ciseaux, tranche les articles et impose la vérité officielle.

C’est pendant la Guerre de Sécession (1861-1865) que sont publiées les premières photos des morts de son propre camp. Les grands journaux, comme L’Illustration, se saisissent de ces documents qui frappent l’opinion et envoient leurs reporters des deux côtés. Très vite, les grandes plumes et les écrivains rappliquent. La mythologie des grands hôtels, refuge et QG des reporters, n’est pas oubliée dans cette exposition.

Reporter de guerre, un métier sous haute tension

L’équipe du <em>New York Herald</em> sur le terrain, à Bealeton (Virginie), pendant la Guerre de Sécession. / Mathew Brady Collection

De l’embrigadement à la dénonciation

« Ce sport dangereux mais exotique change de nature avec la Première Guerre mondiale. Les journalistes sont mobilisés pour soutenir l’effort de guerre et caricaturer l’ennemi. La crédibilité de la presse ne s’en remettra pas », estime Adrien Jaulmes. La guerre d’Espagne fera aussi des ravages. Les reporters choisissent leur camp. Les querelles entre eux seront violentes.

« Un journaliste doit travailler avec son cœur autant qu’avec sa tête », plaidera George Orwell. Quand George Steer, du Times, arrive le premier à Guernica, son témoignage est bouleversant. Comme le seront ceux des reporters qui découvriront les camps d’extermination. Même les plus chevronnés craquent. Avant de diffuser son reportage, Edward R. Murrow conseille aux auditeurs américains d’éteindre leur poste…

Reporter de guerre, un métier sous haute tension

Dans un bus, lors du siège de Sarajevo en 1992. / Laurent Rebours/AP

La vision et la perception de la guerre changent en permanence. De la proximité avec les militaires, on passe à l’embrigadement, puis au témoignage, et progressivement à la dénonciation, notamment depuis le génocide au Rwanda et le siège de Sarajevo.

« C’est un métier très individualiste, reconnaît Adrien Jaulmes, exercé dans des conditions contraignantes et dangereuses. Un artisanat qui nécessite un savoir-faire pour s’adapter aux ruptures technologiques et aux différentes formes de guerre. Il comporte aussi des continuités comme les problèmes logistiques, l’accès aux combats, les polémiques sur la vérité. Et surtout comment raconter. »

 

Instruction à la maison

Par Le 09/10/2020

Si nous étions jeunes parents aujourd'hui, c'est ce que nous ferions.

Instruction à la maison : les familles entrent en résistance

 

https://lareleveetlapeste.fr/instruction-a-la-maison-les-familles-entrent-en-resistance/?

“Il n'est pas tolérable qu'un gouvernement ait, de jure ou de facto, un contrôle complet sur l'éducation des gens. Posséder ce contrôle et surtout l'exercer est le propre d'un comportement despotique.” John Stuart Mill, Principes d'économie politique, (1848, livre V, ch XI)

8 octobre 2020 - La Relève et La Peste

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Suite au discours d’Emmanuel Macron, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a publié mardi le texte du projet de loi contre le “séparatisme”, renommé « projet de loi renforçant la laïcité et les principes républicains » dans un bel exercice de novlangue. Parmi ses cinq axes principaux se trouve la fin de la scolarisation à domicile pour tous les enfants. L’occasion de questionner qui est légitime pour les instruire, et comment sont définis et incarnés ces fameux principes républicains. 

La Relève et La Peste a donc invité Lénie Cherino, maman d’une “non-sco”, une enfant non-scolarisée, Thierry Pardo, chercheur indépendant associé au Centre de recherche en éducation et formation relatives à l’environnement et à l’écocitoyenneté de l’Université du Québec à Montréal et auteur du livre “Une éducation sans école” ainsi que l’association UNIE, spécialisée dans l’Instruction En Famille, pour mieux expliquer cet enjeu de société primordial.

Une annonce liberticide

Le discours d’Emmanuel Macron a frappé comme un coup de tonnerre pour les nombreuses familles et les 50 000 enfants qui ont choisi l’instruction en famille (IEF). Si l’association UNIE avait bien conscience par expérience que le dispositif, et notamment les familles non déclarées, étaient dans le viseur du gouvernement, la décision d’interdire purement et simplement l’IEF est vécu comme une véritable mesure liberticide.

Pour Lénie Cherino :

Ce n’est pas l’école qui est obligatoire mais l’instruction ! La majorité des familles françaises n’avaient pas conscience de cette nuance et  ignoraient ce droit… jusqu’à ce que le président Emmanuel Macron décide de changer la donne. 

Ce que je vois derrière cette annonce, au-delà du coup de massue que cela représente pour la maman « non sco » que je suis, c’est une des libertés les plus élémentaires, de TOUT.ES les français.e, se faire piétiner.

Aujourd’hui, pour les familles dont les enfants sont en souffrance à l’école, il est possible de choisir l’IEF… déscolariser son enfant et opter pour l’instruction à domicile est un droit légal pour TOUT.ES. Un droit menacé. Un de plus. 

Opter pour l’éducation à la maison serait ainsi l’une des plus belles façons d’incarner le principe républicain de la Liberté, ainsi que le rappelle Thierry Pardo :

L’éducation sans école est principalement un projet libertaire. Bien sûr, en se penchant à bâbord ou à tribord on peut trouver d’autres motivations que de saines aspirations à des horizons à perte de vue.

Mais pour l’essentiel, les pratiquants d’une éducation libre aspirent à découvrir le monde, rencontrer, se frotter aux quatre vents et apprendre tous les jours un peu plus de la diversité des paysages humains et naturels.

C’est pour cela qu’on ne trouve que très peu de soutien dans le monde politique, dans les institutions, l’école bien évidemment, mais aussi la justice. Nos alliés ne sont pas parmi ceux dont la mise en boîte est la fonction. À l’heure où notre mode de vie, nos choix éducatifs, la liberté de nos enfants sont menacés, qui, parmi ceux qui détiennent la règle et le bâton, le programme et le contrôle, ou parmi ceux qui aspirent à les détenir, nous soutiendra? Qui se lèvera pour dire qu’un enfant ne s’appartient qu’à lui-même?

Être libertaire dans le monde d’aujourd’hui ce n’est pas poser des bombes, ce n’est pas refuser toute forme d’État et beaucoup d’entre nous sont bien heureux de pouvoir compter sur les services publics, les musées, les routes et les transports comme moyens de parcourir la vie en famille. 

Mais que cette jouissance de l’espace public soit inféodée à une pensée unique, une vision étatique pour l’éducation de nos enfants, nous ne pouvons l’accepter. Que le gouvernement nous intime la « bonne » philosophie éducative, celle que tous les enfants devraient connaître, sous peine de nous faire passer pour des séparatistes de la République, cela revient à reconnaître que la République est un mot d’ordre et non plus le résultat de la convivialité d’un peuple.

Crédit : Ben White

Un amalgame raciste

Pour Lénie Cherino :

Cette allocution d’Emmanuel Macron, pétrie d’incohérences, ouvre la voie à des amalgames douteux. Elle aura provoqué de vives réactions chez certaines familles IEF et, peut-être,  l’air de rien, encouragé un racisme d’une fourbe discrétion. Ce racisme contesté mais en vérité, toléré par de trop nombreux citoyens français encore aujourd’hui. 

Ce racisme systémique qui imprègne encore et toujours la moelle de nos institutions républicaines. Ce racisme qui s’impose discrètement telle une ombre derrière une phrase du genre : « C’est  dégueulasse, nous on n’est pas musulmans et on se retrouve pénalisés ». 

Je n’accuse personne d’être raciste, je m’interroge sur les intentions de Mr Macron qui invite malencontreusement des pensées islamophobes dans des foyers qui n’en avaient peut-être pas auparavant. Qui au prétexte d’unir, divise… Pour mieux régner. 

Au sein des réseaux d’IEF, il y a beaucoup de parents laïques, catho, musulmans, bref ! Français, qui ont choisi l’instruction en famille précisément au nom des valeurs républicaines « Liberté, égalité, fraternité », pour ne citer que celles-ci. Des valeurs dont ils estiment qu’elles sont mal, voire pas du tout, respectées à l’école de la République.

Crédit : Andrew Ebrahim

De fait, les associations ou les regroupements de famille ayant opté pour l’instruction à la maison sont souvent un bel ensemble éclectique de personnes d’horizons et d’opinions variés, comme en témoigne Armelle, l’une des co-fondatrices de l’association UNIE :

Je pense que la seule fois où l’on a pu noter une vague plus marquée de nouveaux arrivants, c’est suite aux attentats terroristes où de trop nombreuses familles ont été victimes de racisme à l’école… Chez UNIE, nous avons depuis notre création des familles de tous bords, de toutes religions, de tous partis politiques. 

Des familles dont tous les enfants font l’instruction chez eux, tandis que d’autres sont mixtes avec certains enfants scolarisés et d’autres pas. Chacun fait comme cela lui convient ! Je n’arrive pas à comprendre la notion de séparatisme qui est un terme flou et vague, dans le séparatisme j’entends plutôt une divergence d’opinions avec l’Etat…

Or, on sait très bien qu’une majorité de personnes est en désaccord avec la politique menée par le gouvernement, ça ne fait pas d’eux des terroristes en puissance ! Notre association se définit comme apolitique dans le sens où notre but est que les droits de la famille soient respectés peu importe son obédience religieuse et son parti politique. 

Le fait qu’on soit pluriels et multiples est extrêmement intéressant car cela permet aux idées d’être échangées et débattues paisiblement. Avec leurs différences, nos adhérents travaillent ensemble sous la même bannière autour d’un but commun : l’éducation et le bien-être des enfants.

Crédit : Danielle Rice

Les valeurs républicaines hors de l’école

Pour Lénie Cherino :

Pour certains parents, il est difficile d’entrevoir la liberté dans un système qui contraint les enfants à rester assis à la même place parmi 30 autres, 6 heures par jour. 

Difficile aussi de reconnaître l’égalité quand l’âge est un motif d’injonction à se taire et à poser des questions à l’adulte uniquement quand celui-ci les y autorise. 

Difficile de reconnaître la fraternité quand le regroupement par tranche d’âge et le système de notation incite à la comparaison et à la compétition. Quand échanger lors d’un temps de travail est perçu comme un acte de tricherie plutôt que comme un acte d’entraide.

Tout le monde est d’accord pour reconnaître que les conditions d’enseignement, et donc d’apprentissage dans les écoles publiques des cycles primaire et secondaire sont de plus en plus affligeantes. Le système scolaire français comporte bien des incohérences, dues pour une grande part à la négligence du gouvernement et de l’Etat. 

Je me sens profondément solidaire du personnel enseignant qui réclame plus de moyens et plus de considération. Notre famille n’a pas choisi l’IEF contre l’école mais pour vivre une autre aventure ! 

Je souhaite de tout mon cœur cultiver un lien de qualité avec l’école de ma fille. Je souhaite profondément que les écoles et les familles en IEF se côtoient et échangent. Ce serait incroyablement enrichissant pour tous le monde. 

Crédit : Ben White

Pour Thierry Pardo : 

Le monde de l’éducation est un domaine de pensées, de recherches, de pratiques dont nul ne peut prétendre détenir des réponses définitives. Quand des parents sont concentrés sur les besoins de leurs enfants, les connaissent par cœur, les devinent, il n’est quand même pas aisé d’intervenir de façon toujours appropriée et nombre d’entre nous allons nous coucher le soir avec le regret de ne pas avoir été assez patient ou attentif. 

Nous naviguons au plus juste de notre réalité familiale, des possibilités de l’environnement, nous avons confiance en notre boussole de parent. 

Ironie du sort, l’association UNIE a vu son nombre d’adhérents triplé suite au discours d’Emmanuel Macron. Avec une adhésion en prix libre et facultative, les familles et nombreux soutiens ont voulu montrer leur solidarité dans l’adversité. Et les familles pensent déjà à la suite, comme l’explique Armelle :

De nombreuses familles sont en pleurs et complètement désemparées. Nous avons désormais deux options si cette loi passe vraiment : ceux qui vont partir car ils ont les moyens de le faire, et ceux qui vont opter pour la désobéissance civile.

Également inquiètes, les écoles “hors contrat” comme les écoles Montessori et toutes les écoles alternatives redoutent de voir un durcissement des règles freiner leur développement. Mais la résistance s’organise déjà pour toutes celles et ceux qui sont convaincus du bien-fondé de la démarche.

Pour Thierry Pardo : 

Qu’un gouvernement décide qu’aucun parent sur le territoire national ne pourra plus éduquer son enfant sans école revient à entériner « l’incompétence parentale pour tous ».

L’État considère désormais qu’un parent n’est pas apte à véhiculer les « bonnes » valeurs, les « bonnes » dispositions pour la vie collective et partagée de la nation. À quand le diplôme de parent préalable à la naissance ?

Le libertaire et son drapeau noir a toujours été le paria de la mise en conformité des cités, des cadastres, des clepsydres, des boutiquiers. Il est le poil à gratter de tous ceux qui ne voit la gouvernance que comme une mise au pas, en conformité, en rang et en silence.

« Ne cherchez plus comment éduquer vos enfants, nous avons trouvé! Nous voulons votre liberté, et nous l’aurons » semblent chanter en chœur tous ceux, à droite comme à gauche, qui ne trouvent rien à redire à l’école obligatoire. 

Encore une fois, le libertaire devra reprendre la mer, hisser le pavillon noir et assumer sa condition de pirate. Ce n’est pas lui qui refuse la cité, c’est le monde des institutions, des instituteurs en chef qui criant au feu, au loup ou à la peste, profite du moment de panique qu’il a su créer pour fermer les portes de la ville et tourner ses canons vers la rue. 

Le projet de loi doit être examiné en Conseil des ministres le 9 décembre. A suivre.

8 octobre 2020 - La Relève et La Peste

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"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"

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Le covid à l'école

Par Le 04/10/2020

J'ai fêté ma première année de retraite en septembre et Dieu sait combien je suis considérablement soulagé d'être sorti de cette nasse.

Je suis convaincu que dans dix ans au plus, l'état ne trouvera plus assez de candidats pour devenir enseignant et que l'enseignement sera de plus en plus organisé autour de l'enseignement à distance par ordinateurs. Et il ne s'agit pas que du problème lié au covid. Le mal est bien plus profond que ça. D'ailleurs, les marchands se frotteront les mains. Et le sieur Macron pourra vanter la couverture du pays par la 5G... Quand à ceux des campagnes, les enfants continueront peut-être à aller dans des écoles de village. Ce seront les ploucs, les arriérés, les Amish de l'école. L'école des villes et l'école des champs. La Fontaine nous aurait écrit une bien belle fable. 
 

 

Covid, direction d’école, salaires : le ministère se fiche des enseignants

@ Loic VENANCE / AFP

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Un peu plus d’un mois après la rentrée, le moral des enseignants n’est pas franchement au beau fixe. Entre la situation sanitaire et les principaux dossiers en cours, les profs ont comme l’impression qu’on se fiche pas mal d’eux, rue de Grenelle.

Covid : l’entourloupe statistique

« On est prêt », nous assurait-on. Comme on nous avait déjà fait le coup lors du confinement, on était méfiant, et on n'avait pas tort : il a fallu à peine une semaine au scénario officiel pour voler en éclats.

Le 1er septembre le protocole sanitaire était clair en cas d’élève covid+ : classe fermée, tous les élèves et l’enseignant testés et en quatorzaine. Une semaine plus tard, il y avait tant d’élèves positifs dans certaines régions (à Marseille, à Paris, notamment) que la consigne, off, a commencé à circuler : « On ne ferme plus de classe ». Le problème ? Quand on ferme une classe pour 1 cas positif, ce sont 30 enfants à garder à la maison, et 30 parents qui ne peuvent pas aller travailler.

Et puis les cas ont continué à proliférer, au point qu’il a fallu changer le protocole : désormais, on ne ferme une classe qu’à partir de trois cas positifs. Des milliers d'élèves sont positifs, mais rarement trois dans la même classe, aussi le ministère obtient ce qu’il voulait, il n’y a quasiment plus de fermetures. Le ministre Blanquer peut parader dans les médias pour dire que la situation est sous contrôle à l’école.

La manipulation est énorme, les ficelles se voient comme des câbles haute-tension, on dirait Kevin quand il me montre son dernier tour de magie dans la cour de récréation et que je fais semblant de ne pas voir les cartes dans sa manche. Mais ça passe.

Les enseignants, qui aimeraient bien savoir définitivement si les enfants sont moins contaminants que les adultes (c’est bien possible, vu qu’ils sont largement asymptomatiques) ont franchement le sentiment que le ministère se fiche du monde, avec sa communication nord-coréenne qui n'a qu'un objectif : minimiser les chiffres.

La vérité, qui justifie cette entourloupe statistique, c’est que les écoles doivent rester ouvertes, non seulement parce que les élèves ont besoin de leur enseignant à leurs côtés pour progresser, mais surtout parce que leurs parents ont besoin d’aller travailler. Personnellement, c’est quelque chose que je comprends parfaitement, il est clair que la santé économique du pays est un enjeu considérable, et je n’ai aucune envie d’assister au grand collapse. Mais alors, pourquoi ne nous dit-on pas « vous avez un rôle majeur à jouer dans cette continuité économique, en plus de préparer la nation de demain vous permettez à celle d’aujourd’hui d’exister, c’est parce que vous jouez votre rôle que les autres travailleurs peuvent jouer le leur, et la patrie vous en est infiniment reconnaissante » ?

Au lieu de quoi les profs assistent atterrés aux prises de parole de leur ministre sur l’air de « Madame la marquise », en totale contradiction avec la réalité du terrain, leur réalité.

En guise de cerise sur cet indigeste gâteau, il y a eu l’affaire des masques slips DIM fournis par le ministère aux enseignants, un véritable scandale sanitaire, puisque ledit masque faisait de l’enseignant un cas contact en cas de covid+ dans la classe, contrairement au masque chirurgical. Autant dire que les profs ont doublement eu le sentiment qu’on se foutait d’eux puisqu’il a suffi, là encore, qu’on modifie le protocole pour régler le problème : dans les faits rien n’a changé, mais la définition du cas contact a simplement été modifiée.

Direction d’école : rien n’a changé

Cette semaine on a commémoré le suicide de Christine Renon, il y a un an tout juste. On se souvient de cette directrice d’école de Pantin, suicidée sur son lieu de travail en laissant une lettre qui avait fait grand bruit, dans laquelle elle pointait clairement les responsabilités de l’institution dans le surmenage de nombre de ses collègues et leur solitude dans la gestion quotidienne des problèmes de l’école. Il avait fallu l’émoi de toute une profession pour que le sujet émerge et que les médias s’en emparent, relayant le ras-le-bol des directeurs et obligeant le ministère à communiquer sur le sujet et à promettre des changements.

Il fut d’abord question d’aide à la direction avec la mise à disposition de services civiques, mais les rares SC qui ont été aperçus étaient déjà prévus, et puis il fallait les former, ils ne pouvaient pas faire grand-chose, bref, un sparadrap sur une plaie béante.

Il a fallu attendre la fin de l’année scolaire pour voir la suite, sous la forme de la « loi Rilhac » (du nom de la députée LREM) sur les directeurs d’école votée en juin dernier. Dans les faits, la loi, vidée de sa substance par les députés… LREM, a enterré l’emploi fonctionnel de directeur d’école, maintenu le rôle du directeur dans le flou, lui accordant un maigre droit de véto au sein du conseil d’école, mais surtout pas les jours de décharges tant demandés par les directeurs : l’article 2 qui prévoyait des décharges de direction pour les écoles de 8 classes a été purement et simplement abandonné (pas de budget pour ça). Côté rémunération, pas d’augmentation puisque pas « d’emploi fonctionnel », mais un simple avancement accéléré en forme d’os à ronger.

Bref, comme l’a parfaitement résumé un député de l’opposition : « A partir de maintenant tout sera comme avant ».

… Entretemps, les directeurs d’école ont eu à gérer la crise covid de plein fouet, ce furent notamment les seuls interlocuteurs de parents déboussolés et énervés, lors du déconfinement, par les contradictions entre la réalité du terrain et ce que vendait abusivement la parole ministérielle et gouvernementale ; à nouveau depuis la rentrée, avec la multiplication des cas d’enfants et d’enseignants positifs au covid, les directeurs d’école se retrouvent en surmenage, à devoir jouer (en plus d’enseigner, pour nombre d’entre eux, et en plus de gérer les habituels problèmes administratifs), le rôle de rustine, de piston, de courroie de transmission, bref, à se démultiplier dans tous les sens pour que l’école fonctionne. Le ministère a promis une prime covid pour les directeurs d’ici la fin de l’année, mais en attendant, leur situation est sans doute pire qu’il y a un an, lorsque Christine Renon s’est donné la mort.

Salaires : roupie de sansonnet

On se souvient, c’était il y a un peu moins d’un an (décidément, que de promesses faites, fin 2019…), le ministre et le gouvernement avaient garanti aux profs une revalorisation sans précédent, on parlait de 10 milliards par an de budget supplémentaire de l’EN consacrés aux salaires des profs, on allait voir ce qu’on allait voir, ceux qui osaient douter se faisaient reprendre de volée, si si, on vous assure, cette fois-ci c’est pour de bon, imaginez un peu, des centaines d’euros mensuels pour tous les profs, à terme, on allait enfin rattraper le retard de salaire par rapport aux collègues étrangers, enrayer la vertigineuse baisse du pouvoir d’achat.

Un an plus tard, on ne voit toujours rien venir. Les quelques euros en plus sur la fiche de paie début 2020 étaient dus aux accords PPCR passés sous le précédent gouvernement et que le présent avait confisqués une année durant en repoussant leur mise en place. Et puis, rien d’autre, si ce n’est qu’au printemps la baudruche avait commencé à se dégonfler, il n’était plus question d’augmentation jusqu’à 2037 (non mais, quelqu’un y a-t-il vraiment cru, ailleurs qu’au Figaro ?) mais d’un simple plan quinquennal sous la forme d’une loi de programmation portant sur la période 2022-2026 suscitant juste quelques rictus désabusés chez les profs.

Cette semaine, le budget de l’EN pour 2021 a été annoncé, l’enveloppe allouée aux augmentations de salaire se résume à 400 millions d’euros, et non plus 500 millions d’euros comme prévu initialement. De l’extérieur cela peut sembler une coquette somme, mais dans les faits on ne peut tellement rien faire avec qu’il faut faire des choix et celui du ministère consiste à favoriser les profs débutants, qui auront droit l'année prochaine à quelques dizaines d'euros de plus sur leur fiche de paie chaque mois. Tant mieux pour eux, sincèrement, mais on n’est pas dupes de la manœuvre : le ministère cherche à relancer l’attractivité du métier en proposant des salaires d’entrée un peu moins repoussoirs, mais les jeunes profs doivent comprendre qu’en contrepartie leur salaire va stagner plus longtemps avant de rejoindre celui des autres profs, qui eux, verront une nouvelle leur pouvoir d'achat baisser en 2021, comme depuis des années.

Quant aux profs qui auraient l'idée de dire « ah mais comment, on sort des centaines de milliards d’euros pour relancer le pays, et il n’y a rien pour les profs qui s’appauvrissent depuis deux décennies ? », ma foi ils auront une idée de l’estime que leur porte le président avec ces propos, tenus au ministre Blanquer qui avait demandé, une fois n’est pas coutume, la création de 3 000 postes de profs : « C’est le genre de créations d’emplois qui vont aggraver le déficit et qui ne servent pas à redresser le pays ».

Pour boucler cette bien belle semaine, on a découvert le calendrier du bac 2021… dans les journaux (le Figaro). Les syndicats eux-mêmes n’étaient pas au courant : comme d’habitude le ministère s’est débrouillé de son côté, sans consulter, et son calendrier semble aberrant et totalement hors-sol, les épreuves commencent en mars, c’est intenable. C’est ce qui arrive quand on ne demande pas leur avis aux gens qui bossent sur le terrain : on fait un peu n’importe quoi.

Voilà, sinon le sujet de la semaine n’a été aucun de ceux-là, il était bien plus urgent, visiblement, de parler de la manière de s’habiller des collégiennes, du retour de l’uniforme (on le répète, il n’y a jamais eu d’uniforme en France dans le public, tout au plus des blouses) et de faire des sondages sur le degré d’acceptabilité des décolletés de ces demoiselles.

Suivez l’instit’humeurs sur Facebook et sur Twitter @LucienMarboeuf.

la 5G et ceux des campagnes.

Par Le 04/10/2020

On ne pourra pas dire qu'il n'y a pas de problème. Un sérieux problème...Il y aurait donc pour les fournisseurs, des marchés juteux et puis les autres. Il n'y aurait donc pas de "services aux communications" mais la néceéssité de développer un nouveau réseau plus rentable. Il faut bien voir que ces zones non couvertes constituent des dangers pour les services médicaux et non seulement une "gêne" quotidienne. Il nous est arrivé de ne pas pouvoir communiquer avec nos garçons partis en montagne, sans savoir où ils étaient, même une fois redescendus dans la vallée d'où ils étaient partis. Il faut donc imaginer ce que ça donnerait pour un simple randonneur accidenté et seul dans une zone non couverte. pas besoin d'être sur des sommets des Alpes. Juste dans une forêt en Corrèze par exemple. On l'a vécu il y a quelques jours. Zéro réseau. A 700 mètres d'altitude. Quand on se balade et qu'on aimerait avoir sa position sur le GPS, c'est juste un peu embêtant mais ça n'a rien de grave. Ca peut le devenir en cas d'urgence. Une femme enceinte qui ne parvient pas à joindre les secours avec un incident à la maison, une personne âgée qui est tombée chez elle, un bûcheron qui s'est entaillée la jambe avec la tronçonneuse...Et tout le monde ne connaît pas le numéro 112. Quant à la catastrophe dans la vallée de la Vésubie, on voit bien l'importance considérable d'un réseau simplement de qualité. 

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Accessible même en cas de panne de réseau

Le 112 est un numéro d’appel destiné aux situations d’urgence. Il est gratuit et accessible même en cas de panne de réseau ou de forfait épuisé. Il permet de contacter tout type de services d’urgence comme le SAMU, les pompiers ou la police. Il peut être composé sur un fixe comme sur un téléphone portable, vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept."

 

 

Les débats sur la 5G sonnent dans le vide pour les habitants des zones blanches : "Chez moi, j'ai toujours zéro barre !"

 

Alors que l'arrivée de la 5G fait polémique, de nombreuses communes restent privées de réseau mobile fonctionnel. Reportage dans plusieurs villages du Morvan où, avant de parler de cafetières connectées et de voitures autonomes, on aimerait déjà pouvoir... téléphoner.

Mathias Dolidon, habitant de Brassy (Nièvre), a pris l\'habitude de s\'asseoir sur le&nbsp;muret de son jardin pour capter le réseau mobile.
Mathias Dolidon, habitant de Brassy (Nièvre), a pris l'habitude de s'asseoir sur le muret de son jardin pour capter le réseau mobile. (PIERRE-LOUIS CARON / FRANCEINFO)

De l'avis général, la saison touristique a été "très satisfaisante" pour le village de Brassy, dans la Nièvre. Blottie dans le parc naturel du Morvan, à environ une heure et demie de Dijon, la commune attire les visiteurs grâce à son lac endormi et ses épaisses forêts, sur lesquelles l'automne peint désormais ses premières couleurs. Mais si les voyageurs sont conquis par les charmes de ce village de 600 habitants, ils le sont un peu moins par son réseau mobile à la traîne. "On voit souvent des touristes belges ou hollandais qui crient dans leur téléphone, près de l'église, grimace une habitante installée sur l'une des terrasses du bourg. Car ici, on n'entend presque rien au bout du fil."

Avec d’autres communes alentours, Brassy se trouve en effet dans ce que l'on appelle encore une zone blanche, l’une des plus vastes de France d'après la carte de l’Arcep, le régulateur des télécoms. Alors que l'Etat vient de vendre aux enchères les fréquences du réseau 5G, et avec elles la promesse de débits ultra-rapides, des centaines de communes de l'Hexagone restent trop loin des antennes existantes. Un problème évoqué par les partis d'opposition, La France insoumise notamment, lors des débats sur la 5G, alors que le gouvernement promet de prendre le problème à bras-le-corps. Car en zone blanche, la qualité des appels est souvent médiocre, avec des coupures fréquentes. Sans parler d'internet depuis un téléphone : pour y accéder, il faut s'armer de patience et parfois même partir en balade, en quête d'une hypothétique connexion.  

"Qu'on nous mette d'abord la 1G !"

Dans ce coin du Morvan, la question de la 5G fait sourire, au mieux. "Ce n'est pas fait pour nous", tranche Denise, 58 ans, qui habite le hameau de Plainefas (commune de Saint-Martin-du-Puy) depuis trois ans. "Mon mari doit sortir pour consulter ses e-mails, ce n'est pas sérieux, souffle-t-elle, qu'on nous mette d'abord la 1G, ce serait bien !" Avec "deux barres, en moyenne", la situation n'est guère meilleure chez Anne-Marie, une voisine retraitée. "Même pour des choses simples comme les appels, ça va, ça vient", raconte-t-elle. Il y a bien le téléphone fixe et la box ADSL comme solution de repli, mais leur fonctionnement reste aléatoire. "Les intempéries peuvent nous couper du monde, et pour un dépannage, il ne faut pas être pressé", déplore Denise, qui s'est retrouvée sans internet pendant quatre semaines l'été dernier. 

En arrivant au hameau de Plainefas (Nièvre), le réseau mobile ne permet plus d\'accéder à internet.
En arrivant au hameau de Plainefas (Nièvre), le réseau mobile ne permet plus d'accéder à internet. (PIERRE-LOUIS CARON / FRANCEINFO)

Deux cents mètres plus bas, la route sinueuse amène au hameau de l'Huis-Rabeux, qui regroupe quelques maisons de campagne. Alain, la cinquantaine, s'affaire dans l'écurie de sa résidence secondaire, où il aimerait vivre toute l'année. "Ici, je rate beaucoup d'appels et de SMS", raconte-t-il, planté dans ses bottes, une casquette couleur crème vissée sur la tête. Pour remédier à cet isolement, il a développé une technique. "Je monte en voiture quelques kilomètres plus haut et là, je ramasse tous les messages", explique-t-il, pas plus gêné que ça.

Même s'il se sent "peu concerné" par la 5G, Alain a suivi les nombreux débats autour du déploiement de cette technologie et reste mitigé sur ses bienfaits supposés. "Si on veut nous l'installer, je ne serais pas contre. On ne se plaint pas quand la mariée est trop belle, sourit-il. Mais je ne suis pas pour le progrès à tout prix." Parmi ses craintes, le quinquagénaire évoque les effets des ondes sur l'environnement. Il redoute aussi que la France ne devienne trop dépendante des Etats-Unis et de la Chine, deux pays à la pointe de la recherche sur la 5G. "Autant de débit, c'est quand même un caprice. Tout le monde n'a pas besoin de jouer aux jeux vidéo en ligne avec des Australiens." 

La maraîchère Valentine Cuillier, sur le marché de Brassy (Nièvre), le&nbsp;30 septembre 2020.
La maraîchère Valentine Cuillier, sur le marché de Brassy (Nièvre), le 30 septembre 2020. (PIERRE-LOUIS CARON / FRANCEINFO)

Quinze minutes de départementale séparent le hameau de Plainefas et la commune de Brassy. Dix quand on est habitué aux virages serrés. Sur la place de l'église, "l'endroit où ça capte", c'est jour de marché, comme tous les mercredis, à Brassy. Depuis son stand, Valentine Cuillier, maraîchère de 35 ans, confirme qu'elle a bien du réseau ce matin-là. "Mais c'est loin d'être toujours le cas, tient-elle à rappeler. Alors on n'imagine pas la 5G ici." Pour l'agricultrice, ce nouveau bond technologique répond surtout à la logique du "toujours plus", à laquelle elle entend s'opposer. "Je n'ai pas de smartphone par choix, et je n'ai pas envie d'avoir un frigo ultra-connecté non plus", assume-t-elle. Ce qui ne l'empêche pas de réclamer, à l'instar de la plupart des villageois, un réseau plus stable. 

"Quand on m'appelle sur l'exploitation, je décroche mon portable mais je dois très souvent remonter et rappeler depuis le fixe", détaille-t-elle. Outre les démarches en ligne et son activité d'hébergement en gîte, ce sont ses proches qui sont parfois affectés. "Cet été, mon beau-frère avait besoin de recevoir des codes importants par texto, se souvient-elle. Il a dû monter en haut de la colline pour réussir à les obtenir, puis redescendre en vitesse avant qu'ils n'expirent."

Le hameau des Blancs, sur la commune de Saint-Agnan (Nièvre), fait partie de la zone très mal desservie par les opérateurs mobiles.
Le hameau des Blancs, sur la commune de Saint-Agnan (Nièvre), fait partie de la zone très mal desservie par les opérateurs mobiles. (PIERRE-LOUIS CARON / FRANCEINFO)

Dans les zones blanches plus qu'ailleurs, le confinement face à l'épidémie de Covid-19 a souligné le besoin d'avoir une connexion digne de ce nom et un téléphone fonctionnel. A Plainefas, les enfants de Denise ont réussi tant bien que mal à télétravailler depuis la maison familiale. "C'était tout juste. On parle beaucoup des citadins qui voudraient s'installer ici, mais ils ne tiendraient pas plus d'une saison avec ce réseau, on ne peut pas compter dessus."

"Obligé de placer mon portable sur la cheminée"

Même constat à Quarré-les-Tombes (Yonne), à une vingtaine de minutes en voiture à travers les plateaux boisés. "Les Parisiens veulent du vert, mais avec internet, résume Sébastien, accoudé au comptoir de sa brasserie. On a besoin d'être connectés pour redynamiser le village." Debout à ses côtés, Dario, son jeune apprenti, ne peut qu'acquiescer : "Ça a été très dur pour les cours, je n'ai pas l'ADSL dans mon logement et je suis obligé de placer mon portable sur la cheminée, pour l'utiliser comme modem", explique-t-il. Une solution branlante à plus d'un titre. "Parfois quand je rentre, ça ne veut pas marcher, souffle le jeune homme, et puis mon portable s'est cassé plusieurs fois en tombant."

Assis sur un muret, Mathias Dolidon cherche à capter le réseau mobile à Brassy (Nièvre).
Assis sur un muret, Mathias Dolidon cherche à capter le réseau mobile à Brassy (Nièvre). (PIERRE-LOUIS CARON / FRANCEINFO)

Travailler à distance depuis une zone blanche, Mathias Dolidon en connaît la difficulté. Voilà deux ans que ce développeur informatique de 37 ans s'est installé à Brassy, notamment pour élever sa fille "tranquillement". En découvrant le réseau mobile capricieux, il a procédé à quelques ajustements. "Les mauvais jours, c'est mort partout, chez moi j'ai zéro barre, s'amuse-t-il, il faut aller dans le coin derrière pour capter, ou alors dans le jardin." Pour ses coups de fil importants, Mathias Dolidon a ses habitudes : s'asseoir sur le muret en pierre au bout de l'allée. Il privilégie aussi les messageries en ligne comme WhatsApp plutôt que les SMS, car elles limitent davantage les pertes. "Je rate des appels, mais je peux compter sur mon réseau fixe pour la visioconférence", tempère-t-il.

On connaît les communes qui ont un bon réseau. En cas de besoin, on y va.Mathias Dolidonà franceinfo

Quand on lui parle des débits faramineux de la 5G, le développeur se frotte la barbe sans trop y penser. "Je n'arrive pas à me sentir concerné, confie-t-il. C'est un truc de citadin pour regarder des séries dans le métro, ce sont des choix sociaux en fin de compte." Avec sa connexion ADSL relativement stable, il se sent déjà "privilégié" par rapport aux habitants des hameaux qui n'y ont pas du tout accès. "Pour les touristes, c'est pittoresque, mais pour les professionnels, c'est quand même pénible", lâche-t-il avec une mine plus sombre. "C'est comme pour les routes avec la neige ou en cas de chute d'arbre. On est habitués à être aidés en dernier", conclut-il. 

"On attend de voir le 'New Deal mobile'"

La situation devrait toutefois s'améliorer à Brassy, avec l'installation d'une antenne-relais "très prochainement", assure Jean-Sébastien Halliez, maire (PS) de la commune depuis 2008. Le dernier round d'un long combat mené par l'édile. "On en a signé, des pétitions..." sourit-il. Paiements en ligne, livraisons, terminaux de carte bancaire, régulation à distance du système d'eau : la liste des activités dépendantes d'un réseau stable est longue.

Pour l'heure, le lieu d'implantation de la future antenne reste secret. "Tout le monde ou presque veut l'antenne, mais personne ne veut l'avoir plantée derrière chez soi", souligne le maire. Cette nouvelle installation ne bénéficiera pas non plus à tous, car la commune compte une trentaine de hameaux répartis sur 54 kilomètres carrés, "une zone aussi grande que la moitié de Paris". 

Dans le Morvan, les antennes-relais sont un équipement convoité. Ici, une installation sur la commune de Saint-Agnan (Nièvre).
Dans le Morvan, les antennes-relais sont un équipement convoité. Ici, une installation sur la commune de Saint-Agnan (Nièvre). (PIERRE-LOUIS CARON / FRANCEINFO)

La faible densité de population et le relief accidenté de la région "expliquent en grande partie la réticence des opérateurs à y installer des antennes", détaille à franceinfo Pierre Bareille, directeur de Nièvre numérique, une structure publique qui épaule les collectivités du département sur ces dossiers. "Une antenne coûte au minimum 100 000 euros, sans parler des travaux de raccordement", ajoute-t-il.

Le réseau mobile est un service, certes, mais pas un service public.Pierre Bareilleà franceinfo

Dans ce département, les autorités recensent une quarantaine de "poches de 20 à 100 logements" à équiper d'urgence. L'Etat, lui, ajoute fréquemment des communes à sa liste de sites prioritaires. Ces dernières années, plusieurs grands plans gouvernementaux ont été lancés pour en finir avec les zones blanches. Mais les opérateurs sont loin de se bousculer pour couvrir ces régions. "Avant de parler de la 5G, on attend de voir le 'New Deal mobile', comme il a été baptisé [par le gouvernement en 2018], explique Pierre Bareille, en espérant que les promesses soient tenues d'ici 2022."

De la patience, les habitants en ont ici à revendre. Certains, comme Valentine Cuillier à Brassy, se préparent même à ce que la 4G n'arrive jamais. "Les touristes viennent surtout ici pour chercher du calme, le mauvais réseau pourrait alors devenir un avantage, avance-t-elle. Pourquoi ne pas jouer cette carte ?" Pas sûr que tous ses voisins soient sur la même longueur d'onde.

Le prix de l'eau

Par Le 04/10/2020

Main basse sur l’eau : la nouvelle guerre a déjà commencé

 

https://lareleveetlapeste.fr/main-basse-sur-leau-la-nouvelle-guerre-a-deja-commence/?

« Il faut faire payer aux gens le véritable prix de l’eau pour qu’ils réalisent que chaque fois qu’ils en boivent une gorgée, il y a un coût. Il faut qu’ils le sentent au niveau du portefeuille. Comment les convaincre de réduire leur consommation si vous leur donnez gratuitement ? »

22 janvier 2020 - Sarah Roubato

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C’était le miracle de la vie : un étang où prédateurs et proies viennent s’abreuver, un puits où se retrouvent les habitants d’un village. Une source du voisin où on vient se fournir quand la sienne était à sec. Aujourd’hui, elle est un bien financier retenu par des vannes qui s’ouvrent dès qu’on a acheté sur une application de téléphone portable. L’eau est la ressource la plus convoitée de la planète. 70% de l’eau mondiale est utilisée pour nourrir les hommes. Sans eau, plus de vêtements, plus de voiture, plus de portable, plus de maison et plus de nourriture. Le reportage de Jérôme Fritel nous plonge dans une guerre qui a déjà commencé, et qui sera le grand enjeu de demain.

L’eau, un produit financier comme un autre ?

C’est ce que soutiennent nombre de financiers qui décident d’augmenter le prix de l’eau pour créer un marché comme celui du pétrole. Nous sommes au début de la révolution financière de l’eau. Une guerre a déjà commencé, entre la mainmise des marchés financiers et les mobilisations citoyennes. 

C’est au cœur de la City londonienne que l’eau est devenue une denrée financière. En 1989, Margaret Thatcher, devant la Chambre des Communes, déclare : « La privatisation de l’eau sera un succès ». L’année suivante, le nombre de personnes se voyant coupés l’eau faute d’avoir pu payer leur facture tripla. Dix ans plus tard, une loi interdira cette pratique.

Crédit photo : Robert Bye

Au début des années 2000, Les Fonds de Capital Investissement sont créés. Aussi appelés Fonds Vautours, ils sont créés pour dix ans et cherchent la rentabilité à court terme. McQuarie, un fond australien, en est un symbole. Conscients que la population mondiale augmente, la nouvelle génération d’investisseurs a compris que la consommation d’eau devient un investissement idéal. Dès lors, les factures d’eau augmentent, les dividendes reversés aux investisseurs aussi, et l’évasion fiscale tourne à plein régime.

Ce serait 3 milliards d’euros qui auraient été ainsi ponctionnés chaque année. Et au bout de dix ans, 50 milliards de dettes, que seuls les consommateurs auront à payer. 

L’Australie est le pays le plus chaud de la planète. C’est là que se joue le scénario de ce que deviendra le rapport à l’eau dans le monde. Chaque année, l’État des quotas aux éleveurs, aux industriels et aux villes. Les éleveurs qui le peuvent doivent acheter l’eau sur des marchés privés, s’endettant et risquant de tout perdre si les températures augmentent, ce qui est déjà le cas. L’eau est enfermée dans des vannes qui s’ouvrent automatiquement quand l’éleveur a payé.

Waterfind est la première bourse mondiale de l’eau. Le prix actuel est environ de 350 euros le mégalitre (un million de litres). Tom Rooney, PDG de Waterfind, défend l’argument en vogue dans ces milieux :

« N’est-ce pas bien de donner une valeur à l’eau ? En lui fixant un prix, on apprendra à mieux la respecter. »

1 500 litres d’eau pour faire un steak.

Mais le schéma ne se résume pas à des consommateurs d’eau à la merci d’exploitants avides. Nous, consommateurs, les nourrissons dans un savant cercle vertueux pour la finance : car le marché de l’eau dépend de l’agriculture intensive, en particulier de l’élevage. 1 500 litres d’eau pour faire un steak. Toute forme d’agriculture intensive consomme énormément d’eau. En Australie toujours, les amandes exportées dans le monde entier offrent un excellent rapport quantité d’eau-bénéfices. L’entreprise Webster Company, productrice d’amandes, détient un stock d’eau d’une valeur de 200 millions d’euros. Brendan Barry est le gestionnaire de l’eau. On le voit discuter avec un trader de deux bonnes nouvelles : la sécheresse fait augmenter le prix de l’eau, et les éleveurs ruinés offrent un bon potentiel d’acquisition de terres à bon marché. 

Crédit photo : LilitGray

Mike Young, économiste australien mondialement reconnu, conseiller de l’ONU, a théorisé le marché de l’eau, et annonce : « Les pénuries de l’eau ont déjà commencé. D’ici 2050, la moitié de l’humanité vivra avec des ressources limitées. L’eau doit être gérée d’une manière très précieuse, et utilisée le mieux possible pour gagner de l’argent et nous nourrir. » Partisan de la création de comptes d’eau gérés comme des comptes en banque, il affirmait en 2017 :

« L’Australie a l’un des meilleurs systèmes de répartition de l’accès à l’eau au monde, notamment grâce aux réformes réalisées ces vingt dernières années qui ont permis de redéfinir nos droits à l’eau sous forme de parts ».

Avec le système qu’il a inventé, la météo devient la variable d’ajustement des marchés : plus il fait sec, plus les affaires sont bonnes. « Quand l’eau se fait rare, certains doivent arrêter d’en consommer. Les marchés sont là pour découvrir et désigner ceux qui doivent sortir de l’agriculture. » À ses élèves, il dit : « Mon cours vous permettra de faire du monde un meilleur endroit où vivre »

Un éleveur vend sa ferme. Ses machines qui devaient lui apporter la prospérité, ses bâtiments qui faisaient sa fierté, ses vaches dont il a connu les mères, les grand-mères, les arrière-grand-mères, la terre que son père lui a confiée et d’où pour la première fois il devra partir. Cet éleveur n’est pas seulement une victime d’un système : il en est le partenaire consentant et perdant. À son échelle aussi, il a voulu produire toujours plus et créer de la richesse, dans un système dont il ne maîtrisait pas les variables.

Crédit photo : Jong Marshes

Au pays du business de l’eau, il n’y a pas les bons d’un côté et les méchants de l’autre. Il y a tout un système qui change et auquel chacun doit s’adapter. C’est ainsi que les écologistes font des deals avec les rois de l’eau, en négociant des zones sanctuaires où l’eau ne sera pas marchandée, contre le vote d’une Réforme de l’Eau favorable aux traders. Les associations écologistes elles-mêmes ont dû acheter de l’eau pour la restituer à la nature. « Si nous voulons être sûrs que la rivière reste vivante, nous devons créer des marchés pour acheter et vendre l’eau », affirme Sarah Hanson-Young, sénatrice du parti écologiste. 

Si l’Australie est un laboratoire de la gestion de l’eau, ailleurs déjà la question se travaille. Willem Buiter, conseiller économique de la banque Citigroup, décrit lui-même les terribles sécheresses qui ravagent deux lieux emblématiques de l’agriculture intensive : la Californie et le sud de l’Espagne. Sa conclusion :

« Il faut faire payer aux gens le véritable prix de l’eau pour qu’ils réalisent que chaque fois qu’ils en boivent une gorgées, il y a un coût. Il faut qu’ils le sentent au niveau du portefeuille. Comment les convaincre de réduire leur consommation si vous leur donnez gratuitement ? » 

Il serait confortable de se dire « Ces gens sont fous ». Ils sont en réalité la rationalité même du système dans lequel nous vivons. Le conseiller demande au réalisateur pourquoi il serait immoral de commercialiser l’eau. Celui-ci répond « Parce que l’eau c’est la vie. » La réponse du conseiller est implacable de réalisme : « Vous payez bien votre assurance santé. » En effet, comment nous offusquer de la privatisation de l’eau alors qu’elle est l’aboutissement logique de tout un système qui régit nos vies et que nous acceptons bout par bout ?  Quand le conseiller affirme « Ce n’est pas parce que l’eau c’est la vie qu’elle ne doit pas avoir de prix », est-il en train d’énoncer une aberration, à l’heure où derrière nos vêtements pas chers ou nos téléphones, se cachent l’esclavage et les vies brisées de millions d’enfants ? Soyons donc horrifiés, mais devant notre propre miroir collectif. 

22 janvier 2020 - Sarah Roubato

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