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Le naturiste, un "bon vivant".

Par Le 29/04/2020

Dans les quelques échanges que j'ai eus sur la page Facebook de la Fédération française de naturisme, l'expression "un bon vivant" est parfois utilisée comme argument incontournable par cette population qui aime la nudité partagée.

"Un naturiste est une personne qui ne veut pas se prendre la tête et qui veut profiter pleinement des plaisirs de la vie."

Je suis donc allé chercher les différentes définitions de tout ça...

"Bon vivant"

Définition du dictionnaire

Personne qui aime la viequi sait en profiterdont le comportement est plutôt joyeux et ouvert aux autresElle aime souvent les plaisirs de la gastronomie.

Exemple : Pierre peut être qualifié de bon vivantIl ne refuse jamais une invitation à déjeuner ou à dîner, qu'elle soit privée ou professionnelle.

 

Ceci étant posé, je suis allé chercher la définition de "bon".

 

Vertueuxcharitablephilanthrope.

Exemple : C'est un homme bon.

Synonymes : estimableexcellentcharitablejustealtruisteindulgentsagedésintéressédévouéhonnêtehumainvertueuxgentil

bienfaisantbienveillantnoblegénéreux,  miséricordieuxmoral

consciencieuxexemplairemagnanime

 

 

J'y ai donc ajouté la notion de "bonté"

 

Qualité de quelqu'un qui est bon.

Synonymes : bonhomiebienfaisancebienveillancevaleurgénérositégentillessealtruismemagnanimitémansuétude

 

J'aurais pu y ajouter la définition de "vivant" mais c'est tellement évident que je me suis abstenu. 

"Vivant" s'entend à l'opposé de "mort". 

 

 

Un "bon vivant" est donc quelqu'un qui aime jouir des plaisirs de la vie, en communauté, quelqu'un qui fait preuve d'altruisme. 

Et c'est ce mot qui me gêne considérablement.

Définition de "altruisme" dans sa dimension philosophique


Etymologie : mot créé par Auguste Comte (1798-1857) à partir d'autrui, venant du latin alter, autre, avec le suffixe -isme, servant à former des mots correspondant à une attitude, un comportement, une 
doctrine, un dogme, une idéologie ou une théorie.

L'altruisme est une disposition de caractère qui conduit à s'intéresser, à se dévouer, à se consacrer et à vouloir 
faire le bien aux autres, à les aider, à faire preuve de générosité envers eux, sans rien attendre en retour.

L'altruisme est un sentiment désintéressé d'amour pour autrui qui peut être instinctif ou réfléchi. Il s'oppose à l'égoïsme.

 

À partir de cette définition, je suis donc allé chercher celle du "bien"

 

Définition de bien


Etymologie : du latin bene, bien, à propos, favorablement.

Au singulier, le bien est ce qui est l'opposé du mal, ce qui possède une 
valeur morale, qui a de la probité, de la vertu.
Ex : Un homme de bien.



En philosophie, le bien est la valeur 
normative de la morale, opposé au mal. La détermination de ce qui est bien ou mal peut se faire dans le cadre de :

  • de la religion,
  • de la légalité,
  • d'usages établis que sont les règles :
    • - de civilité,
      - de l'honneur,
      - de l'utilité collective,
      - de l'intérêt public ou particulier.

Lorsque les notions de bien ou de mal de ces différents cadres sont en contradiction, on parle alors de dilemme ou de conflit d'intérêts.

 

Bon, maintenant, il s'agit d'analyser tout ça dans la pratique du naturisme et au regard de la situation actuelle de la planète.

Est-ce qu'être "un bon vivant" est compatible avec l'état des lieux dans sa dimension écologique ?

Dès lors que les plaisirs de la table sont associés à cette idée du "bon", je m'interroge.

N'y a-t-il pas une contradiction majeure dans le fait de participer à l'exploitation démesurée des ressources de la terre pour des plaisirs alimentaires et le fait de se dire "bon" étant donné que cette bonté est irrémédiablement rattachée au fait de se montrer bienveillant envers les autres ?

Si je mange au-delà de mes besoins réels, pour le seul plaisir de manger, suis-je encore dans une dimension de bonté, étant donné que cette façon de vivre contribue à la dégradation de l'environnement dans lequel vivent les autres ? Est-ce que le fait de vouloir "être un bon vivant" ne s'oppose pas catégoriquement au vivant lui-même étant donné que cette exploitation outrancière des ressources alimentaires a pour effet de réduire ce vivant ?

Il existerait donc une expression qui viendrait valider le fait de jouir de la vie en la réduisant...

Quel est le lien avec le naturisme ? 

« Le naturisme est une manière de vivre en harmonie avec la nature, caractérisé par la pratique de la nudité en commun, et qui a pour conséquence de favoriser le respect de soi-même, le respect des autres et de l’environnement » – Définition internationale du naturisme, retenue en 1974 par la Fédération Internationale de Naturisme

Il me semble que la dissonance est évidente...

Les naturistes disent être tolérants, bienveillants, respectueux des autres.

Mais alors, il me semble impossible de s'attribuer le terme de "bon vivant".

On ne peut pas être respectueux des autres et de la nature et participer à l'exploitation outrancière des ressources naturelles alimentaires puisque cela contribue justement à porter atteinte à la nature et par conséquent à un bien qui n'a pas de propriétaire, un bien qui appartient à tous et qui par là se doit d'être protégé dès lors qu'on se dit respectueux des autres.

Les ressources alimentaires sont un bien commun et je fais preuve de bonté si je ne m'en octroie que la part qui me permet de rester vivant et en bonne santé. La suralimentation ne sera jamais associée à la bonne santé. Aucune étude médicale n'irait me contredire.

Il existe même une définition du naturisme encore plus précise:

https://www.linternaute.fr/dictionnaire/fr/definition/naturisme/

 

naturisme , nom masculin

Alimentation végétarienne...

Mais pourquoi donc, me dira-t-on? 

Eh bien, parce que cette alimentation fait preuve de bonté envers les animaux, qu'elle refuse la souffrance animale, qu'elle ne contribue pas à la dégradation de la biodiversité, qu'elle favorise la préservation des espaces naturels par une exploitation raisonnée.

Et que donc, par conséquent, elle fait preuve d'altrusime puisqu'elle participe au bien-être de tous dans un environnement sain, naturel, équilibré.

Elle respecte au mieux le "vivant".

La boucle est fermée...

Au regard de l'état des lieux de la planète dans sa dimension écologique, nous en sommes donc arrivés à un moment où il est devenu "égoïste" et non "altruiste" d'être un bon vivant dès lors que cela contribue à la suralimentation et au gaspillage des ressources alimentaires.

Etre un "bon vivant", c'est désormais être un individu qui ne prend à la terre que la part qui lui est due, c'est à dire celle qui contribue à sa santé et qui ne prive pas les autres de la part qui leur est également attribuée par leur nature originelle. 

Etre un bon vivant, c'est faire preuve de bonté envers le vivant.

 

 

 

Coronavirus : Effondrement.

Par Le 29/04/2020

Ceux et celles qui suivent les articles de ce blog, vous avez vu passer des échanges partiels avec les adeptes du naturisme et la problématique que j'ai posée au regard de ce manque d'engagement, à mes yeux, de cette frange de la population qui se veut proche de la nature.

Je copie ici une réponse que j'ai donnée à un lecteur :

"

  •  Patrice | 28/04/2020

Bonjour,tres intéressant,je me croyais nudiste,mais en faite je suis naturiste,je pratique tout le temps seul où quelque fois avec des amis,mes l'essentiel est le respect des autres de la nature et de soi.Se sentir libre est le principale.mais je ne comprend pas pourquoi la façon de manger rentre dans les critères du naturiste? Il y a des élevage écologique et non intensifs qui respectent des critères importants. Cordialement Patrice.

  • 1. Thierry LEDRU | 28/04/2020

Bonjour Patrice
Merci pour votre commentaire.
Vous écrivez " je ne comprends pas pourquoi la façon de manger rentre dans les critères du naturiste? "
Il s'agit pour moi d'une dimension considérablement importante.
L'impact de notre alimentation sur la planète est immense, considérable, autant dans l'exploitation des surfaces que dans l'énormité du commerce que cela génère.
Je me permets de vous mettre ici un extrait d'un de mes romans dans lequel le naturisme tient une place prépondérante :


"KUNDALINI : " « Elle n’aurait jamais pensé que le naturisme puisse être finalement aussi dérisoire au regard de la nudité intérieure. Il était si facile de retirer des vêtements. Mais comprendre ce qui se tenait caché à l’intérieur de l’enveloppe, parvenir à retirer toute les épaisseurs de pensée fossilisées, d’émotions enkystées, les portes des passés gangrenés, c’était autre chose qu’un simple déshabillage. Combien d’humains parvenaient à une réelle nudité, à une connaissance intégrale, l’effeuillage achevé des couvertures artificielles, des épaisseurs accumulées comme autant de protections illusoires. L’objectif ultime d’une vie n’était-il pas de mourir aussi nu qu’au premier jour ? Vierge de tout. S’envoler dans une nudité achevée. Libre comme l’air. L’âme légère ». (p. 238)


En quoi l'alimentation trouve une place dans cette démarche de "dépouillement" ? Pour la simple raison qu'elle n'est souvent pas consciente, qu'elle est imbriquée dans un ensemble de conditionnements, qui sont autant de "vêtements", comme des épaisseurs ajoutées. Il ne s'agissait pas ici de pointer du doigt les gens en surpoids, comme il m'a été reproché, mais d'amener à une réflexion intense quant à la suralimentation et ce qu'elle représente dans le "pillage" qui est fait des ressources de la planète. Cette suralimentation est le symbole même de ce conditionnement matérialiste de nos sociétés modernes. Prendre beaucoup plus que ce qui est nécessaire, quitte à dégrader l'environnement lui-même.

L'expression "être un bon vivant" est à mes yeux l'inverse même de la bonté dès lors que cette attitude contribue à porter atteinte à la vie de façon immodérée et injustifiée. Se nourrir pour vivre et jamais l'inverse. Se pose alors ce problème délicat entre la tolérance envers les autres et la responsabilité de chacun aux yeux de tous. Sommes-nous encore dans une situation où cette tolérance est acceptable ou bien la situation est-elle si grave que la responsabilité de chacun doit être demandée ? Et puisque la tolérance reviendrait à accepter que certains soient de "bons vivants" ne pouvons-nous leur demander de se montrer tolérant envers ceux qui tentent de ramener les comportements à leur juste mesure ? Sur la page FB de la FFN où cet article a été posté, il m'a été demandé par une adhérente de "disparaître, de me faire invisible. " Cette tolérance qu'on me réclame, on ne me l'accorde pas. Oui, je sais, que mon propos dérange, heurte, choque parce que beaucoup interprète cela comme une "grossophobie". Il ne s'agit pas de cela car je sais, comme je l'ai écrit, que toutes les situations ne sont pas de la responsabilité des individus concernés. C'est aux autres que je m'adressais. En quoi est-il absolument vital de s'alimenter au-delà des besoins ? En quoi cette suralimentation génère des effets destructeurs ? Je n'ai pas abordé dans cet article l'alimentation végétale et la souffrance animale. Bien qu'il existe des élevages qui se disent respectueux de l'animal, aucun animal ne souhaite finir dans une assiette. Mon médecin généraliste me disait il y a quelques temps qu'il était fortement inquiet de l'accroissement de personnes en surpoids et même chez des enfants. Et combien il était difficile d'aller leur proposer de changer de régime alimentaire.
Pour ce qui est du milieu naturiste, je pense que celui-ci devrait être porteur d'une recherche d'équilibre à travers la "simplicité volontaire" et que le problème de l'alimentation est une voie incontournable.
Bien cordialement
Thierry

La vidéo ci-dessous permet d'écouter Pablo Servigne, un auteur qui a très fortement contribué à faire découvrir la notion "d'effondrement" (collapsologie") et celle de "survivalisme". Le survivalisme ne consiste pas à construire un bunker avec des miradors et à entasser des armes à feu pour lutter contre des zombies mais à anticiper au mieux les temps à venir après avoir établi un état des lieux le plus exaustif possible.

J'ai déjà un peu écrit là-dessus. Le lien en rouge compile les différents articles du blog. La crise sanitaire, économique et sociale que nous vivons en ce moment est une alerte. Rien de plus si on la compare avec les crises à venir si rien de gigantesque n'est entrepris. Chaque jour qui passe est un jour de perdu...

 

THÈME : Survivalisme (7)

 

Déconfinement Là-Haut

Par Le 28/04/2020

On va pouvoir remonter là-haut, sans "jouer" aux gendarmes-voleurs...

Oui, je sais, j'ai de la chance.  :)

Bon courage à ceux qui travaillent et vivent en ville...

 

https://www.montagnes-magazine.com/actus-deconfinement-les-activites-plein-air-individuelles-autorisees?fbclid=IwAR2jKxE0Rh_Gd3J4MwUZ2I9_dh5bIF0PJGX6CfBaNN9IpO0uekFINvQfuLA

 

Déconfinement : les activités en plein air individuelles autorisées à partir du 11 mai

Le Premier ministre Édouard Philippe s'est exprimé aujourd'hui devant les députés de l'Assemblée nationale pour présenter le plan du gouvernement pour un déconfinement progressif de la population à partir du 11 mai. Les activités sportives individuelles en plein air seront autorisées au-delà du kilomètre aujourd'hui autorisé, en respectant les règles de distanciation et dans une limite de 100 kilomètres du domicile.

ARTICLE RECOMMANDÉ : Lettre ouverte à la ministre des sports Roxana Maracineanu

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© Fred Labreveux

Après le recueil des propositions des différents acteurs économiques et sociaux par le ministère des sports, l'arbitrage par la cellule centrale interministérielle coordonnée par Jean Castex, la décision finale du gouvernement vient de tomber :

« Il sera possible, les beaux jours aidant, de pratiquer une activité sportive individuelle en plein air, en dépassant évidemment la barrière actuelle du kilomètre et en respectant les règles de distanciation physique.

Il ne sera possible ni de pratiquer dans des lieux couverts, ni des sports collectifs, ni des sports de contact. »

Édouard Philippe

Il y a quelques jours, nous comparions les stratégies de nos pays voisins vis-à-vis des sports de montagne, afin de mettre en perspective les décisions prises dans la gestion de la crise sanitaire autant que pour tenter d'esquisser un plan pour l'après-11 mai. Alors que la France figurait parmi les pays ayant une politique restrictive en matière d'accès à la montagne, nous nous interrogions sur la pertinence d'appliquer le même traitement en ville et en montagne, sur la justification de l'interdiction des pratiques de pleine nature d'un point de vue épidémiologique, et plus généralement sur la confiance accordée dans le sens civique des Français.

ARTICLE RECOMMANDÉ : Interdiction d'aller en montagne : où en sont nos voisins européens ?

À compter du 11 mai, les amoureux de nature pourront donc, c'est confirmé, « courir, marcher et rouler » en extérieur dans des conditions « normales », comme cela était pressenti depuis quelques jours, avec les échanges qui se sont notamment tenus au ministère des sports le 17 avril dernier. Une nouvelle espérée par tous les passionnés de sports de pleine nature, dont notre éditeur se faisait le relais par le biais d'une lettre ouverte à destination de Roxana Maracineanu, Ministre des Sports, le 18 avril.

Le Premier ministre a toutefois précisé que « si les indicateurs ne sont pas au rendez-vous, nous ne déconfinerons pas le 11 mai » et que des indicateurs (rouge ou vert) seront composés le 7 mai pour déterminer l'aspect plus ou moins strict des limitations à l'échelle des départements.

Pas de déplacement de loisir à plus de 100 kilomètres

De plus, il y aura des restrictions aux déplacements longue distance : « il sera à nouveau possible de circuler librement, sans attestation, sauf pour les déplacements à plus de 100 kilomètres du domicile qui ne seront possibles que pour motif impérieux, familial ou professionnel. » Pas d'accès aux Alpes pour les Parisiens dès le 11 mai, ni à Chamonix pour les Lyonnais donc, mais un accès à la montagne assuré a minima pour les habitants des régions montagneuses.

Les propos tenus par Édouard Philippe à l'Assemblée nationale laissent entendre que le gouvernement ne compte pas mettre de palier intermédiaire à la reprise des activités de plein air : pas de reprise différenciée par degré de dangerosité, pas de nombre maximum de personnes en montagne ni d'obligation de pratiquer avec des gens du même foyer, à la différence de l'Autriche par exemple.

La formulation du Premier ministre, opposant activités individuelles et sports collectifs, laisse également espérer que l'escalade ou l'alpinisme, qui se pratiquent en cordée et donc à plusieurs, rentrent bien dans le cadre des activités autorisées. Y aura-t-il une distinction entre l'escalade en couenne et la grande voie dans l'application de la ligne directrice donnée par Édouard Philippe ?

Quoiqu'il en soit, les salles d'escalade resteront logiquement fermées, mais les magasins de montagne pourront rouvrir leurs portes à cette même date du 11 mai. Le Premier ministre a déclaré à ce propos que « le port du masque grand public sera recommandé pour les personnels et les clients lorsque les mesures de distanciation physique ne peuvent être garanties » et que « les préfets pourront décider de ne pas laisser ouvrir, au-delà des fonctions alimentaires déjà ouvertes, les centres commerciaux de plus de 40 000 mètres carrés ».

Coronavirus : Ecole (5) : Comité scientifique

Par Le 28/04/2020

 

 

 

Coronavirus : pourquoi le Conseil scientifique recommande une rentrée scolaire en septembre

 

Malgré cet avis, le gouvernement a décidé de rouvrir les établissements scolaires à partir du 11 mai et les spécialistes ont "pris acte" de la décision. Passage en revue de leurs arguments.

Des enfants de personnels soignants ou de policiers jouent dans la cour d\'une école élémentaire de Toulouse, le 16 avril 2020.
Des enfants de personnels soignants ou de policiers jouent dans la cour d'une école élémentaire de Toulouse, le 16 avril 2020. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Il s'incline. Dans une note datée du vendredi 24 avril, le Conseil scientifique chargé d'éclairer l'exécutif sur la gestion de l'épidémie de coronavirus, annonce avoir "pris acte de la décision politique" de rouvrir progressivement les établissements scolaires à partir du 11 mai, contrairement à l'avis qu'il avait émis.

>> DIRECT. Coronavirus : suivez toutes les informations liées à l'épidémie de Covid-19

Dans une précédente note datée du lundi 20 avril, la douzaine de scientifiques qui forment ce conseil, composée en majorité de médecins spécialistes des virus, proposait en effet de maintenir la fermeture des crèches, écoles, collèges, lycées et universités jusqu'au mois de septembre. Sur quels arguments se fondent ces experts ?

Parce qu'il y a un risque de transmission du virus important

Premier facteur mis en avant : écoles, collèges et lycées sont des lieux de rassemblement entre jeunes et adultes. Si l'on rouvre largement les établissements scolaires, le virus pourrait, à nouveau, beaucoup circuler. Et donc se transmettre à la population, faisant porter le risque d'une deuxième vague submergeant les hôpitaux.

"En l'état actuel des connaissances au plan épidémique, écrit le Conseil le 20 avril, le risque de formes graves est faible dans cette population les enfants]. Le risque de contagiosité individuelle chez les jeunes enfants est incertain, mais paraît faible. A l'inverse, le risque de transmission est important dans les lieux de regroupement massif que sont les écoles et les universités, avec des mesures barrières particulièrement difficiles à mettre en œuvre chez les plus jeunes".

En parallèle de cette mise en garde, les scientifiques avancent, dans leur seconde note datée du 24 avril, les chiffres montrant l'importance de la population concernée par ce déconfinement. "En France, soulignent-ils, on décompte 12 875 650 élèves" (tous niveaux confondus) et "870 900 enseignants." Soit environ 20% de la population.

Parce qu'il sera difficile de mettre en place les règles de "distanciation sociale"

Le Conseil scientifique a prévenu également, le 20 avril, que les établissements scolaires "devront impérativement mettre en place les conditions nécessaires à leur réouverture : mise en conformité des sanitaires dans les écoles, mise à disposition de solutions hydro-alcooliques, agencement des salles permettant le respect des distances interindividuelles etc". 

Même si seule une partie des 6,7 millions d'élèves du primaire rentrent effectivement en classe le 11 mai, d'après les pistes livrées par le ministre de l'Education (à priori, ne seraient concernés que la grande section de maternelle, les CP et les CM2, sur la base du "volontariat" des parents), ces exigences prennent l'allure d'un casse-tête pour les responsables concernés. Surtout s'il faut les résoudre rapidement et non avec les mois d'été devant soi comme temps de préparation.

Interrogés par l'AFP, Philippe Vincent, le secrétaire général du SNPDEN, premier syndicat des chefs d'établissement, estime qu'il s'agit d'une "mission impossible". 

La somme de toutes les préconisations du Conseil, si elles étaient retenues, est infaisable dans l'état actuel de nos capacités, avec du personnel qui ne sera certainement pas présent à 100%.Philippe Vincentà l'AFP

Mêmes réticences du côté des maires, chargés d'organiser ces mesures dans le primaire. Porte-parole en charge des questions d'éducation à l'Association des maires de France, Agnès Le Brun rappelle que de "nombreuses questions restent en suspens sur qui fait quoi dans la désinfection de l'école, avec quels moyens, etc."

A quoi s'ajoute le problème des transports scolaires qui devra, lui aussi, tenir compte de la fameuse "distanciation sociale". Ou encore celui des entrées et des sorties, qui devront "être échelonnées pour que les élèves d'un même niveau ne croisent pas les élèves d'un autre niveau", comme le préconise le Conseil scientifique.

Parce qu'il faut former les enfants aux gestes barrières et au port de masque

Enfin, dans sa note du 24 avril, le Conseil scientifique insiste sur la nécessité de former "les enseignants, le personnel de direction, le personnel éducatif ainsi que tous les agents des établissements scolaires aux mesures barrières, aux règles de distanciation sociale et au port du masque pour eux-mêmes et pour les enfants dont ils ont la charge le cas échéant".

"Cette formation, ajoute-t-il, devra être adaptée à l'âge des enfants dont ils ont la responsabilité. Il pourrait s'agir d'un diaporama avec une narration. Le jour de la rentrée, les enfants devront bénéficier d'une information pratique sur la distanciation sociale, les mesures barrières et l'hygiène des mains, complètent les scientifiques. "Cette éducation devra être adaptée à l'âge des enfants."

A l'arrivée, il faudra donc mettre au point tout un arsenal pédagogique, dans un temps record. Et y ajouter des masques (recommandés par les scientifiques au collège et au lycée, notamment), dont on ne sait pas encore s'ils seront disponibles en quantité suffisante.

 

Coronavirus : Ecole (4) : Refus d'ouverture

Par Le 28/04/2020

Le pouvoir décisionnaire aux régions, aux départements, aux communes. Un aspect positif de la crise.

 

Montpellier, Hautmont… Ces mairies qui s’opposent à la réouverture des écoles le 11 mai

De nombreux édiles estiment que leurs établissements n’auront pas les moyens de garantir la sécurité et la santé des élèves et des équipes.

 

Par L'Obs

Temps de lecture 4 min

Alors que le 11 mai, date de début du déconfinement progressif de la France, approche à grands pas, les questions sur les modalités de celui-ci se multiplient. Sujet s’il en est qui focalise les inquiétudes : la réouverture des écoles. Organisation, crainte d’une contamination entre les enfants, réticences des parents et du corps enseignant : la perspective d’un retour en classe dans deux semaines interroge. Au point que certains maires, inquiets du manque de moyens et de garanties sanitaires, préféreraient que leurs écoles gardent portes closes au matin du 11 mai.

Couvre-feu, port du masque obligatoire… Les maires en font-ils trop ?

C’est le cas notamment à Montpellier : « Je considère que l’ouverture des écoles le 11 mai n’est pas raisonnable »a déclaré samedi sur BFMTV le maire de la ville, Philippe Saurel. Le 20 avril déjà, il s’était publiquement opposé à la réouverture des écoles et des crèches. « Nous n’avons pas de masques, ni de tests, ni de protocole, je considère donc qu’il est dangereux de rouvrir les écoles et les crèches tant que nous n’avons pas de protocole », déclarait-il auprès de France-Bleu… tout en sachant que son coup de gueule avait surtout une valeur symbolique : « Je n’ai pas le droit de garder les écoles fermées, cela dépend de l’Education nationale, mais j’utilise mon droit de parole pour expliquer qu’il y a des risques et la balance risque/bénéfice pour un mois d’école pour moi, elle est démesurée. »

« Ouvrir les écoles aussi tôt, c’est criminel »

Dans l’Hérault, d’autres maires ont fait part de leur opposition à la réouverture des écoles le 11 mai, comme le souligne France 3 Occitanie. Parmi eux, Christian Bilhac, maire de Péret et président de l’association des maires du département. « Je ne veux pas qu’on me traite de criminel et je pense que c’est criminel d’ouvrir les écoles aussi tôt », affirmait-il auprès de France 3, le 15 avril.

Rouvrir des écoles le 11 mai, est-ce prématuré ?

Maire de Lattes, Cyril Meunier se montre lui aussi critique envers la stratégie de l’exécutif : « On va faire prendre des risques à tout un tas de gens, pour quinze jours d’école. » Tout comme le maire de Montpellier Philippe Saurel, il sait les limites de ses compétences en tant qu’édile, mais souligne aussi ses responsabilités de maire.

Les maires veulent plus de garanties

Dans un courrier du 21 avril adressé au directeur académique des services de l’Education nationale en Seine-Maritime, le maire PS de Rouen Yvon Robert a de son côté prévenu que « sans garanties suffisantes et suffisamment transmises en amont, nous nous réservons la possibilité de ne pas rouvrir les écoles ».

Il a notamment demandé plus de masques et de gel hydroalcoolique pour chacun, et souligné qu’en respectant les règles de distanciation sociale, les écoles ne pourront pas accueillir plus du tiers des effectifs le 11 mai, rapportait « Ouest-France ».

Flippés, soulagés, culpabilisés… Comment réagissent les parents au retour à l’école le 11 mai ?

Le maire de Courcelles-lès-Gisors, village de quelque 800 habitants dans l’Oise, a lui informé les parents d’élèves par courrier que l’école sera fermée jusqu’au 31 août afin « de préserver la santé du personnel communal », rapportait samedi « le Courrier picard ».

Quant au maire de Colmar Gilbert Meyer, il a affirmé qu’il « n’autoriserait pas la réouverture des écoles avant d’avoir la certitude que toutes les mesures de sécurité sanitaire auront été prises », selon « les Dernières Nouvelles d’Alsace ». Rappelant les recommandations de l’Académie de médecine, qui « souligne l’importance du port du masque pour les activités récréatives pour les élèves à partir du CP », il a estimé que « chaque enseignant et chaque élève doit être doté d’un masque ».

Des arrêtés municipaux pour garder les écoles fermées

D’autres maires ont pris une décision plus drastique pour garantir la fermeture des écoles après le 11 mai : la prise d’un arrêté. C’est le cas dans le Nord, à Hautmont, où le maire Joël Wilmotte a fermé les six écoles de sa commune « jusqu’à nouvel ordre », par un arrêté pris vendredi. Celui-ci suit le modèle des arrêtés pour décréter la fermeture des équipements sportifs et autres salles municipales, détaille France-Bleu Nord. Joël Wilmotte a évoqué le « pouvoir de police » du maire pour lutter contre l’épidémie.

Un nombre important d’enfants ne reverra pas l’école avant septembre. Voilà pourquoi

Même manœuvre dans la Drôme, à Saulce-sur-Rhône, où le maire Henri Fauqué a pris, jeudi, un arrêté municipal indiquant que « les bâtiments publics abritant les écoles et le restaurant scolaire ne rouvriront pas jusqu’à nouvel ordre », rapporte « le Dauphiné libéré ». Citant le manque de masques et la difficulté de faire appliquer les gestes barrières à des enfants, le maire estime qu’il est dans l’incapacité de garantir le maintien de l’ordre public et de la sécurité des élèves.

Mais pour le préfet de la Drôme Hugues Moutouh, cet arrêté municipal est « entaché d’illégalité ». Il a rappelé que pendant l’état d’urgence sanitaire, déclaré le 23 mars pour une durée de deux mois, seules les autorités de l’Etat ont « compétence pour édicter les mesures générales et individuelles visant à mettre fin à l’épidémie », rapporte encore « le Dauphiné libéré ». Le préfet a donc demandé à Henri Fauqué de retirer son arrêté, et n’exclut pas un recours devant le tribunal en cas de réponse négative.

Une fronde au-delà des maires

Ces maires ne sont cependant pas les seuls à être réticents à une réouverture des écoles le 11 mai : jeudi, le président du Conseil exécutif de la collectivité territoriale de Martinique, Alfred Marie-Jeanne, a estimé qu’« il s’avère impossible de rouvrir les collèges et les lycées aux scolaires en mai ». Face au Premier ministre Edouard Philippe lors de la visioconférence avec tous les présidents de région, il a mis en avant les difficultés d’approvisionnement en masques pour tous les personnels, y compris ceux du nettoyage des locaux.

Suivre et comprendre la crise du coronavirus avec « l’Obs »

La veille, le maire de la commune de Prêcheur, ville du nord de la Martinique, avait annoncé sa décision de ne pas rouvrir l’école de sa commune le 11 mai. Marcellin Nadeau a appelé tous les maires de l’île à se concerter pour prendre une position commune sur le sujet.

 

Coronavirus : Quelle consommation pour demain ?

Par Le 28/04/2020

Est-ce qu'on est en mesure de se réjouir des résultats de cette enquête ? Est-ce qu'on est en  mesure de présager d'une consommation réfléchie ou doit-on craindre une continuité dans la surconsommation et les comportements individualistes ? Est-ce que les plaisirs personnels, sans aucune analyse de leurs effets délétères, resteront majoritaires ou est-ce que le refus de continuer à succomber aux multiples conditionnements émanant de la société marchande finiront par engendrer une vague de fond de grande ampleur ? Est-ce que l'idée de "simplicité volontaire" entrera dans les mœurs de ce monde d'après ? 

 

Je ne vois aucunement en tout cas, le made in France et le rejet de la mondialisation, comme un mouvement identitaire et je récuse le fait que le "patriotisme" soit entaché d'une connotation franchouillarde et malsaine. Privilégier l'autonomie et la souveraineté, ça n'est absolument pas un repli sur soi mais bien au contraire, un mouvement qui protège l'ensemble de la planète de tous les effets dévastateurs de ce commerce mondial. Produire et acheter local, c'est une mondialisation inversée qui protège le monde entier. 

 

 

 

 

 

 

Consommation : "Le Covid-19 accentue des clivages qui laissent présager des troubles sociaux à venir"

 

Par Anne-Laure Chouin

Entretien |Pour Philippe Moati, économiste à l'Université de Paris et co-fondateur de l'Observatoire Société et Consommation, la crise accentue le clivage entre deux manières de consommer : le "moins mais mieux" d'un côté, et la frustration de ne pas pouvoir consommer ce que l'on veut de l'autre.

Queue à l'entrée d'une grande surface alimentaire à Sochaux, 11 avril 2020

Queue à l'entrée d'une grande surface alimentaire à Sochaux, 11 avril 2020• Crédits : Lionel Vadam - Maxppp

Que va changer la crise du Covid-19 à nos manières de consommer ? Pour évaluer la portée de ces changements, L'Obsoco (l'Observatoire Société et Consommation) réalise depuis le début de la période de confinement des enquêtes qualitatives et quantitatives sur ce que consomment les personnes interrogées, mais aussi sur leur rapport à la consommation. Car ce que l'on achète dit beaucoup de ce que l'on est. Dans cette optique, à quoi ressemblera la société de consommation des "jours d'après" ? Entretien avec le co-fondateur de l'Obsoco, professeur d'économie à l'Université de Paris, Philippe Moati

L'impact de l'épidémie sur les consommateurs L'impact de l'épidémie sur les consommateurs• Crédits : Visactu - Visactu

Quelle est la méthode que vous avez mise en place pour observer les comportements de consommation des personnes interrogées ?

Nous avons mis en place un dispositif un peu après le confinement, qui consiste à interroger tous les jours une communauté de consommateurs en ligne. En parallèle, tous les 15 jours, nous réalisons une enquête quantitative. Les questions posées sont assez larges, on travaille beaucoup sur l'imaginaire des répondants, pour en déduire l'évolution des modes de vie et en quoi ces évolutions peuvent affecter les attentes et les comportements des consommateurs. En quoi également elles peuvent se répercuter sur le fonctionnement des marchés de consommation. La difficulté de l'exercice c'est d'arriver à déterminer en quoi ce que nous vivons aujourd'hui peut affecter ce que l'on va vivre demain. Tout l'enjeu, c'est d’essayer de filtrer ce qui est strictement circonstanciel et ce qui pourrait marquer le début d'une inflexion durable des comportements. L'observation de ce qui se passe aujourd'hui, c'est fiable. En ce qui concerne les projections sur l’après, ce ne sont que des hypothèses. 

Quels enseignements peut-on d'ores et déjà tirer ? 

Cette enquête nous apprend qu'aujourd'hui nos consommations sont totalement atypiques, avec une ligne de fracture très nette entre ceux qui subissent une forte dégradation de leurs revenus (30% des personnes interrogées disent souffrir d'une baisse de moyens) et les autres, qui continuent de gagner leur salaire d'avant. Sans doute y-a-t-il un biais cognitif dans ces réponses, car si l'on ressent nettement la baisse de revenus, on a souvent plus de mal à considérer l'impact positif sur nos budgets de la baisse de la consommation. Il faudra donc voir à plus long terme le solde du compte en banque. Cela dit le choc économique lié au Covid-19 touche inégalement la population française : ce sont les plus modestes qui en pâtissent le plus, ceux qui, par exemple, ne peuvent pas télétravailler. Cette première inégalité aura probablement des conséquences par la suite, car elle se couple avec des comportements consuméristes clivés, là encore. Passées les premières semaines de confinement, où on a assisté à un effet de sidération, on commence à voir qu'une partie de la population, celle qui regroupe plutôt les CSP , disposant notamment d'un fort capital culturel, associe cette crise du Covid-19 à une crise plus générale, environnementale, qui serait celle du capitalisme néolibéral. Cette partie de la population prolonge ou accentue des comportements déjà présents avant la crise : consommer moins mais mieux. Quelque part, ils se réjouissent d’être confrontés à une sobriété forcée qui leur permet de consommer avec une certaine conscience politique. Ils fréquentent les commerces de proximité ou les magasins de producteurs, à la fois par contrainte et par choix. La crise est, pour eux, l'occasion d'un passage à l'acte, une sorte de justification par la gravité de la situation du discours "il faut changer le monde". Attention, ce mouvement s'était déjà bien amplifié en 2019, il se voit donc conforté. 

Et pour les catégories de population moins favorisées ? 

De manière moins formalisée, moins clairement exprimée, on observe une sorte de "ventre mou" de la société française, qui commence à renouer avec les vieilles habitudes consuméristes, notamment via internet. Ces personnes recommencent à acheter des choses non essentielles en ligne, et surtout commencent à ressentir la frustration de ne pas pouvoir consommer comme elles en avaient l'habitude. Celles-là attendent la fin du confinement comme une opportunité de retrouver la vie d'avant. Et cette partie de la population est en moyenne plus touchée par la crise économique. Cela laisse à mon avis présager une tension particulière chez ces personnes, qui en temps normal ont déjà une orientation consumériste plus forte, sans toujours avoir les moyens de satisfaire cette pulsion d'achat. Elles risquent de se retrouver dans la configuration où, frustrées de ne pas avoir pu consommer comme elles le voulaient, elles vont avoir envie de se rattraper. Sauf que leur situation économique sera très dégradée, donc la frustration risque de s'intensifier. D'autant plus si la crise économique est violente et s'installe dans la durée. On risque alors d'assister à l'exacerbation de la tension entre un vouloir d'achat et un pouvoir d'achat qui ne sont pas au diapason. C'est exactement ce qui avait provoqué le mouvement des "gilets jaunes". Personnellement, je pense que cette crise va accélérer la division de la société en deux parts pas du tout égales : ceux qui vont vouloir accélérer la transition vers autre chose et ceux qui ont hâte de retrouver le monde d'avant, avec toutes les frustrations que cela risque d’engendrer, frustrations qui seront causées par la crise économique et ses conséquences sur les plus modestes. 

Concernant les canaux d'achats, l'e-commerce va-t-il sortir encore plus fort qu'avant de cette crise ? 

C'est sûr. Et le grand vainqueur du e-commerce dans cette crise, c'est l'e-commerce alimentaire, qui commençait à sortir de sa torpeur, mais qui avait quand même du mal à décoller en France. Les achats de nourriture en ligne ont explosé, les chiffres sont impressionnants, via notamment le drive ou la livraison à domicile. Avec à la clé le recrutement de nouveaux clients qui n'avaient pas l'habitude de consommer ainsi et qui vont certainement observer que c'est un mode d'achat très pratique. Évidemment, c'est aussi par crainte d'aller dans les magasins (les hypers notamment souffrent beaucoup de cette crainte), mais nul doute que la pratique va rester. C'est d'ailleurs une chance pour les distributeurs physiques, ceux qui disposent déjà d'un bon réseau de magasins et qui peuvent fournir la demande en ligne, car l'e-commerce alimentaire, c'est le point faible d'Amazon. 

Sur tout le reste du commerce via internet, c'est Amazon qui rafle le gros du marché (NB : selon des résultats publiés avant la décision du tribunal de Nanterre demandant à l'enseigne de restreindre ses activités). C'est la prime à l'opérateur le plus fiable en temps de crise, du fait de sa logistique à toute épreuve et du nombres de ses références (251 millions). Plus largement, les grands gagnants de cette crise, ce sont les géants du numérique, et leur hégémonie est un risque pour nos souverainetés, j'ai eu l'occasion de l'exprimer dans une tribune récente.

Pourtant, on a l'impression que le commerce de proximité a retrouvé du souffle ! 

Effectivement, les enquêtes de conjoncture notent un mouvement massif vers le commerce de proximité. Mais quand on demande aux gens pourquoi ils privilégient ces commerces, la plupart mentionnent le fait que "c'est plus facile, et plus sûr" sanitairement parlant. Les gens ont moins peur d'aller dans des petits commerces que dans des grands hypers en ce moment. Des hypers dont l'effondrement de la fréquentation (nonobstant la crise sous-jacente dont souffre le modèle) est conjoncturel. Quand la crise sera passée, les hypers vont retrouver une partie de la clientèle perdue. Je ne vois pas, dans la hausse actuelle de la fréquentation des petits commerces, une rupture de fond. 

Quid du "consommer moins mais mieux" qui semblait s'amplifier ces dernières années ? 

Dans toutes nos enquêtes, nous essayons d'analyser le rapport du répondant à la consommation, en lui demandant de choisir entre quatre propositions dont celle du "consommer moins mais mieux". Effectivement, le choix de cette proposition a augmenté de 10 points entre 2015 et 2019, passant de 26 à 36%, avec une forte accélération sur l'année 2019. Cela s'est fait en parallèle avec la prise de conscience des enjeux environnementaux, du fait qu'on ne peut pas continuer à consommer comme avant. Beaucoup de gens se disent prêts à consommer autrement, on l'a vu en particulier sur le secteur du textile. Donc oui, cette crise peut relancer encore la dynamique du "moins mais mieux." En outre le confinement est propice à l’introspection, à la réflexion, au bilan, et je ne serais pas étonné qu'au moins pour une partie de la population, il y ait une révision de la hiérarchie des priorités de consommation. Finalement, beaucoup se rendent compte qu'avoir du temps pour soi, à passer avec ses proches, à s'adonner à ses passions, aux loisirs, c'est peut-être plus important que travailler comme une bête pour avoir de l'argent qu'on dépense bêtement. Donc il n'est pas impossible que cette période, qui a été une période où on a pris le temps de réfléchir au sens de la vie, accentue une dynamique qui était déjà sous-jacente. Nos études antérieures notaient toutes très nettement le désir d'un ralentissement. Là, le ralentissement est certes forcé, mais ceux qui confinent dans de bonnes conditions en tirent aussi aussi les bénéfices. Cela dit, il ne faut surtout pas occulter le fait que l'hyper consommation et ses valeurs restent très importantes dans une partie de la population. 

La consommation "made in France" va-t-elle sortir renforcée de cette période de confinement ? 

C'était une tendance déjà présente et elle risque de se renforcer. L'année dernière par exemple, on avait proposé dans une enquête des modèles de société idéale, à laquelle les Français pourraient aspirer. On avait observé que la société écologique, décroissante, l'emportait très nettement. Elle séduisait, et c'est intéressant à noter, essentiellement par les modes de vie et de consommation qui lui étaient associés. Mais non loin derrière, on observait la montée de l'aspiration à une société identitaire, sécuritaire. Pour en revenir au "made in France" ou "made in local", on retrouve ces deux motivations : à la fois l'envie de revenir sur une mondialisation dont les effets écologiques sont catastrophiques (la mondialisation étant vraiment mise au ban des accusés dans toutes nos enquêtes) mais aussi de privilégier des entreprises nationales ou locales, par patriotisme ou réflexe identitaire. Donc le "made in France" constitue en cela un socle solide, parce qu'il répond à différentes motivations et peut réunir des populations finalement assez hétérogènes dans leurs idéaux, qui se rejoignent dans cette attraction vers le local, la proximité, les circuits courts etc. Je pense que c'est un terreau intéressant pour les politiques. 

Finalement, l'enseignement de la période que nous traversons, en termes d'habitudes de consommation, c'est un approfondissement de clivages qui étaient déjà à l'oeuvre plutôt qu'un changement de braquet.

Oui, on peut le résumer ainsi. Je crois qu'on a un double clivage qui risque de s'accentuer dans les années à venir, surtout quand la crise économique aura pris le pas sur la crise sanitaire. D'un côté, une avant-garde nourrie - on ne parle pas là de groupuscule, c'est une partie substantielle de la population - très volontaire pour accélérer la transition à tous les niveaux et notamment en termes de consommation, qui a la certitude d'avoir raison, qui a sa bonne conscience pour elle. Et de l'autre côté, ce ventre mou, moins structuré, qui formalise moins sa vision du monde, qui reste attaché au monde d'hier et qui va trépigner de ne pas pouvoir y accéder comme avant. Et cette tension forte entre ces deux mondes risque à mon avis de générer des troubles sociaux. D'autant que les premiers regardent les seconds d'en haut. 

On a du mal à saisir le positionnement des politiques : prévoyant un "monde d'après" qui doit être différent, et en même temps faisant tout pour que l'économie reparte comme avant. 

En effet, il y a là un enjeu de temporalité. Dans le court terme on a besoin d'un retour de la consommation, à condition évidemment que l'offre puisse y répondre. Mais si on ne change rien dès maintenant, on va, peut-être, réussir à relancer le système économique, sans rien changer sur le fond. D’où l'idée que certains expriment, et qui à mon avis mérite d’être étudiée, de la distribution de pouvoir d'achat, via la "monnaie hélicoptère" (expliquée ici par l'une des ses principales promotrices). Ce concept de distribuer directement et sans contreparties la monnaie d'une Banque centrale aux citoyens pour faire augmenter la dépense et soutenir la demande globale, pourrait être intéressant s'il était fléché. Une monnaie hélicoptère sélective. Il ne faudrait pas donner à tout le monde pour qu'il achète n'importe quoi mais peut être flécher l'usage qu'on pourrait faire de ce pouvoir d'achat ainsi distribué. On ferait d'une pierre deux coups : stimuler la demande, mais la stimuler dans des secteurs qui ne seraient pas trop perméables aux importations, pour en augmenter l'efficacité économique. Et dans des secteurs privilégiant un modèle de consommation plus vertueux sur un plan environnemental. On en parle beaucoup de cette monnaie hélicoptère, mais on parle assez peu du fait qu'il faudrait la flécher. À titre d'exemple, les librairies, qui ont beaucoup souffert et qui sont un des secteurs du commerce les plus fragiles en termes financiers, pourraient se voir renforcer par des bons d’achats qui seraient distribués aux consommateurs et qu'ils ne pourraient dépenser que dans les librairies. C'est anecdotique mais c'est l'idée : ce serait un usage intelligent et réfléchi de cette monnaie hélicoptère, si toutefois le gouvernement décidait d'aller dans cette direction. D'ailleurs, le projet initial mobilise plus la BCE que les gouvernements. 

Qu'est-ce que les Français ne peuvent plus consommer aujourd'hui, mais qu'ils sont pressés de consommer, dès la fin du confinement ?

Nous avons posé cette question, et la première et principale réponse ce sont les restaurants et les bistrots. De façon générale, tout ce qui a rapport à la convivialité, c'est très net. Ce secteur devrait repartir sans trop de problèmes. La culture en revanche vient très loin derrière et concerne globalement beaucoup moins de gens. Ce qui est intéressant, c'est que le commerce est très bien placé. Les gens ont envie de se remettre à fréquenter "leurs" hypermarchés, de pouvoir faire du shopping, cela se classe assez haut dans la hiérarchie des priorités, à part peut-être les centres commerciaux, qui ne sont pas souvent cités. Donc on retrouve cette ambiguïté, ou pour le dire autrement, il y a de fortes chances que cette crise ne fasse qu'accélérer ce qu'on avait déjà observé par le passé. Avec ce grand écart entre deux fractions de la population. 

L'image des marques auprès des consommateurs L'image des marques auprès des consommateurs• Crédits : Visactu - Visactu

Est-ce que la vision qu'ont les consommateurs des grands acteurs économiques va évoluer ? 

Oui, il y a un autre clivage qui risque de s'accentuer : celui entre la plus grande partie de la population, sans distinction, et les grands acteurs de l'offre, grandes marques ou grandes enseignes de la distribution et même plus largement les grands acteurs de l'économie et de la politique. On a en effet, dans notre enquête, posé des questions sur la confiance et il est intéressant de voir que globalement, le niveau de confiance s'améliore et de façon spectaculaire pour la grande distribution, envers laquelle il y avait beaucoup de défiance. Mais quand viendra le temps d’œuvrer ensemble à la résolution de la crise, il y a fort à parier que cette défiance revienne, surtout si les grandes entreprises ne prennent pas leur part dans la restauration de l'équilibre, si elles ne prennent pas en charge une partie des coûts de cette crise. Je pense qu'il y a un vrai défi pour ces entreprises, si elles ne veulent pas subir à nouveau de défiance. Il faut qu'elles montrent qu'elles œuvrent elles aussi pour le bien commun. À cet égard, je pense que la question de la distribution des dividendes va se poser avec une forte acuité. Également celle du statut de l'entreprise, de sa raison d'être, de sa mission. On ne pourra plus s’accommoder d'entreprises qui tournent essentiellement pour le compte de leurs actionnaires. Au risque d'aller vers une crise sociale forte. Car le point qu'on mentionnait plus haut, à savoir cette envie d'une partie de la population de consommer sans en avoir les moyens, face à un monde de l'économie qui donne l'air de tourner pour lui, tout cela se mêle pour ressembler fortement à ce qui avait mené à la crise des "gilets jaunes". Je crains vraiment que cela ne resurgisse si les entreprises ne comprennent pas l'enjeu de l'époque que nous traversons. 

Sur la responsabilité sociale et sociétale des entreprises, là encore, un travail avait été amorcé : cette crise ne peut-elle pas être un facteur d'accélération ? 

Difficile de répondre. Carrefour, par exemple, s'était doté d'une raison d'être (et a décidé d'abaisser les salaires de ses dirigeants pendant deux mois, par solidarité), quand Sanofi ou Vivendi annoncent que les dividendes seront versés aux actionnaires, des dividendes encore plus importants que l'année dernière. Ces deux derniers exemples sont la preuve d'une incapacité à comprendre le sens de l'histoire. Alors que la période appelle à faire corps, à donner le sentiment qu'entreprises et population font front commun, chacun en fonction de ses possibilités. Il est très important de jouer collectif, c'est même un des socles de la modernité occidentale, cette idée que le progrès économique engendre le progrès social. Or depuis plusieurs décennies désormais, on en doute : on a l'impression que les entreprises roulent pour elles-mêmes, qu'elles se fichent éperdument du bien commun, et qu'au contraire elles ont plutôt un effet négatif sur le collectif. Cette idée-là n'est plus possible. La crise a accéléré la prise de conscience de la nécessité de travailler tous dans la même direction, la nécessité que les entreprises se remettent au service du bien commun. 

Anne-Laure Chouin

Processus démocratique pour le monde d'après

Par Le 27/04/2020

Que les territoires régionaux soient les décideurs et que le gouvernement soit l'exécutant. Voilà la solution. 

 

 

Dans un texte sous forme de lettre ouverte à Emmanuel Macron, des signataires aussi divers qu'Anne Hidalgo, Bernard Stiegler, Cyril Dion ou Priscillia Ludosky appellent à "une démarche démocratique en trois étapes". Ils sont prêts à prendre leur part pour "dessiner ensemble un chemin" pour sortir de la crise du coronavirus.

Métro Saint-Lazare à Paris, le 24 avril 2020.
Métro Saint-Lazare à Paris, le 24 avril 2020. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Plusieurs maires de grandes villes, des présidents d'exécutifs locaux et des personnalités publiques envoient une lettre ouverte à Emmanuel Macron, intitulée "Un scénario démocratique pour le 'monde d’après'", dans cette tribune pour franceinfo. Ils proposent trois étapes pour un plan de relance "juste et durable" après la crise due au coronavirus : une phase de consultation citoyenne, puis la création d'un Conseil national de la Transition et enfin la création d'une Assemblée citoyenne du futur.


Monsieur le Président de la République,

Dans votre dernière allocution, vous déclariez : "Sachons, dans ce moment, sortir des sentiers battus, des idéologies. Et nous réinventer. Moi le premier."

Nous les premiers, citoyens, associations, maires, présidents de régions et de départements, élus locaux, syndicats, entreprises, gilets jaunes, acteurs de la transition écologique, sociale et démocratique… sommes prêts à dessiner ensemble un chemin qui tire "toutes les leçons de cette crise".

Nous souhaitons que ne soient pas refaites les erreurs du passé. Oui, l’urgence de la sauvegarde des emplois nous impose de réagir vite. Nous le comprenons. Mais, puisque les mesures pour sortir de la crise impacteront durablement les choix politiques à opérer, les investissements qu’elles nécessitent ne peuvent se décider sans concertation, discutés en trois jours dans un Parlement vidé de ses membres où trois représentants LREM possèdent à eux seuls la majorité absolue. Nous regrettons notamment votre décision de ne pas poser de conditions environnementales et sociales sérieuses à l’octroi de 20 milliards d’euros à la relance d’industries comme l’aviation et l’automobile, contrairement au Danemark, l’Autriche ou encore la Finlande.

Tout se passe comme si les leçons de la relance consécutive à la crise financière de 2008 n’avaient pas été tirées : un plan de relance décidé sans y associer les territoires, ni les citoyens, qui creuse les inégalités, augmente la pollution et affaiblit de plus en plus les services publics…

Afin d’éviter que le climat, la biodiversité et la justice sociale ne fassent à nouveau les frais des premières actions de sortie de crise, nous vous demandons d’ores et déjà de prendre en compte les recommandations de la Convention Citoyenne pour le Climat. Ses 150 membres tirés au sort préconisent "que les financements mobilisés dans le cadre de la sortie de crise soient socialement acceptables, fléchés vers des solutions vertes et que les investissements se concentrent dans des secteurs d’avenir respectueux du climat".

Pour sortir de la crise "dans la concorde" et inventer ensemble ce fameux "monde d’après", il est indispensable de dessiner un scénario démocratique impliquant le plus largement possible les citoyens, les territoires et la société civile organisée, comme vous y invitent d’ailleurs de nombreuses voix depuis le début de la crise, à l'instar du CESE, des organisations du Pacte du pouvoir de vivre, de réseaux d'entrepreneurs, de plusieurs partis politiques, jusqu’au président de votre conseil scientifique Covid-19.

Ainsi nous vous proposons, à vous, mais également à tous les acteurs agissant à l’échelle des territoires, et à l’ensemble des Français, une méthode démocratique pour élaborer un plan de relance juste et durable, puis un grand plan de transformation de la société, articulés avec ceux des territoires. Celle-ci s’articule en trois étapes :

1- Dès maintenant (au moins pendant la durée du confinement) : permettre à chaque citoyen de participer à construire le "monde d’après" en faisant entendre son point de vue et ses idées à travers des canaux de contribution divers. De nombreuses initiatives ont d’ores et déjà été mises en place à travers différentes plateformes en ligne et contributions collectives (d’ONG, de parlementaires, de syndicats). Nous défendons le principe d’ouverture des données récoltées, centralisées dans un espace dédié (par exemple, le site www.apresmaintenant.org).

Par ailleurs, nous préconisons que l’ensemble de ces contributions fasse l’objet d’une synthèse indépendante du gouvernement, afin d’en garantir l’exhaustivité, la sincérité, et valoriser la parole citoyenne. Cette synthèse pourra ainsi alimenter les délibérations organisées aux deux étapes suivantes. Pour encourager la participation d’une population la plus diverse possible, notamment des personnes en première ligne, des quartiers populaires et des plus vulnérables, nous invitons l’ensemble des associations concernées, les plateformes de consultation, les médias et corps intermédiaires du pays à diffuser et faciliter l’engagement au sein de ces initiatives.

Enfin, pour faire le lien entre la contribution en ligne et les dynamiques locales d’engagement, nous proposons à chacun de participer à la démarche proposée par Bruno Latour permettant d’établir des "gestes barrières à tout retour à la normale".

2- A court-terme (mai-juin) : mettre en place des Fabriques de la Transition au niveau local ainsi qu’un Conseil national de la Transition. Nous avons la conviction qu’il faut partir des territoires, au plus proche des citoyens, pour concevoir des plans de relance juste et durable. Ainsi, nous proposons qu’au sein de tous les territoires, les acteurs de la transition (associations, conseils citoyens, conseils de développement, collectifs citoyens, entreprises, chercheurs, élus locaux, citoyens engagés, etc.) s’inscrivent dans une dynamique collective de "Fabrique de la Transition". Leurs missions : définir des mesures de relance pertinentes à leur échelle (commune, intercommunalité, métropole...) et faire remonter au Conseil national de la Transition, si possible dès le mois de juin, les projets pour un plan de relance juste et durable au niveau national.

C’est aux forces vives de chaque territoire que doit revenir l’initiative de lancer sa propre fabrique, de manière autonome, en fonction de ses spécificités, en respectant des lignes rouges méthodologiques claires... et bien entendu dans le strict respect des consignes sanitaires.

Pour ce faire, ils s’appuieront sur un référentiel et des outils communs. Le Conseil national de la Transition, dans l’esprit du "Grenelle" proposé par diverses organisations, aura une composition hybride (ONG, syndicats, entreprises, élus, citoyens) et donnera toute sa place à la parole citoyenne pour définir un plan national de relance durable, en respectant le principe de représentation des territoires. Le fonctionnement précis du Conseil national devra être défini avec ses parties prenantes et des experts de la participation citoyenne.

3- A moyen-terme (septembre) : préfigurer une Assemblée citoyenne du futur, comme imaginée lors du premier projet de réforme constitutionnelle sous l’impulsion d’organisations de la société civile. En attendant la possibilité d’une réforme constitutionnelle, nous préconisons que cette Assemblée reprenne la méthodologie de la Convention citoyenne pour le Climat. Sa mission: définir les grands principes d’un plan de transformation du pays, et établir des recommandations pour l’échelon européen, en vue de construire une société plus juste et plus résiliente. Nous proposons qu’elle soit composée uniquement de citoyens tirés au sort en s’appuyant notamment sur l’audition d’élus et de corps intermédiaires (associations, entreprises, syndicats, chercheurs et universitaires).

Nous demandons à ce que soit donnée à cette Assemblée citoyenne du futur une existence légale (à travers un vote du Parlement dès l’été 2020), afin de garantir sa légitimité et un débouché politique pour ses propositions. Une telle Assemblée citoyenne pourra être déclinée au niveau régional ou départemental par les collectivités volontaires. À terme, nous proposons que cette Assemblée citoyenne du futur soit entérinée par une réforme constitutionnelle et qu’elle ait un véritable rôle contraignant dans le processus législatif sur tous les sujets concernant le vivant et le long terme.

Cette démarche démocratique en trois étapes a été construite par une diversité d’acteurs, dans un large processus d’intelligence collective. Elle naît dans les territoires et s’appuie sur les forces vives du pays.

Elle répond aussi à la forte demande de participation citoyenne qui a émergé à l’échelon européen. Il serait souhaitable que la Convention sur l'avenir de l'Europe intègre les réflexions des citoyens européens sur le "monde d'après".

Monsieur le Président, que vous suiviez ou non nos recommandations, nous commençons dès maintenant à mettre en place une telle démarche de notre côté. Ainsi, une alliance d’acteurs institutionnels, citoyens, économiques, environnementaux et sociaux est d’ores et déjà engagée dans cette dynamique de transition démocratique. Alors que certains territoires préparent des plans de relance et de transformation avec les citoyens, d’autres travaillent à la mise en place d’un Conseil national de la Transition regroupant des personnalités aux compétences diverses reconnues, et à même d’imaginer le "monde d’après" et de mettre en place l’Assemblée citoyenne du Futur. Enfin, la Commission nationale du débat public s’est, de son côté, déclarée disposée à accompagner l’ensemble du processus que nous proposons.

Dans le sillon de ces pionniers, nous profitons de cette lettre ouverte pour lancer un appel aux autres collectivités, associations, syndicats, entreprises et citoyens qui, comme nous, considèrent que le "monde d’après" ne peut pas se décider sans les territoires et sans les citoyens ; toutes celles et ceux qui considèrent que la société de demain doit être plus transparente, participative et coopérative ; toutes celles et ceux qui sont convaincus que c’est par plus de démocratie que nous réussirons à sortir grandis des crises économiques et sanitaires qui nous ébranlent : rejoignez le mouvement ! Créez ou ravivez vos Fabriques locales de la Transition. Intégrez ou soutenez le Conseil national de la Transition pour imaginer un "monde d’après" plus juste, plus résilient et plus heureux. Cette crise est une épreuve difficile, ayons l’audace d’en faire une opportunité, en faisant collectivement les bons choix !

Des élus de tout bord, des représentants associatifs, des chefs d'entreprises, des têtes de listes aux municipales, des intellectuels, des personnalités publiques, des citoyens... soutiennent ce scénario démocratique pour construire le monde d'après. Parmi eux, notamment :

Élus : Nathalie Appéré (maire de Rennes), Patrice Bessac (maire de Montreuil), Vanik Berberian (président de l’AMRF), Damien Carême (eurodéputé), Jean-François Caron (maire de Loos-en-Gohelle, Fabrique des Transitions), Guillaume Delbar (maire de Roubaix, vice-président de la Métropole Européenne de Lille, vice-président de la Région Hauts-de-France), Carole Delga (Présidente de la Région Occitanie), Charles Fournier (vice-président de Région Centre-Val de Loire), Anne Hidalgo (maire de Paris), Mathieu Klein (président du Département de Meurthe-et-Moselle), François-Michel Lambert (député des Bouches-du-Rhône), Matthieu Orphelin (député du Maine-et-Loire), Bertrand Pancher (député de la Meuse), Eric Piolle (maire de Grenoble), Johanna Rolland (maire de Nantes), Jo Spiegel (maire de Kingersheim), Nicolas Thierry (vice-président de la Région Nouvelle Aquitaine), Marie Toussaint (eurodéputée, fondatrice de “Notre affaire à tous”), Cécile Untermaier (députée de Saône-et-Loire).

Société civile : Amandine Albizzati (présidente directrice générale d’Enercoop), Yann Arthus-Bertrand (auteur et réalisateur, président de la Fondation Good Planet), Jean-Louis Bancel (président du Crédit Coopératif), Roland Berthilier (président de la MGEN), Loïc Blondiaux (professeur de sciences politiques à l’Université Paris 1), Dominique Bourg (philosophe et professeur à l’Université de Lausanne), Matthieu Dardaillon (fondateur de Ticket for Change), Isabelle Delannoy (auteure et conseillère stratégique pour une économie régénératrice), Cyril Dion (réalisateur du film Demain), groupe de travail “Assemblées Citoyennes” Extinction Rebellion, Catherine Flouvat (directrice d’Ashoka France), Guillaume Gibault (président du Slip Français), France Nature Environnement (Fédération française des associations de protection de la nature et de l'environnement), Claude Grivel (président de l’UNADEL), Thomas Huriez (fondateur de 1083), Mathilde Imer (co-présidente de Démocratie Ouverte), Emery Jacquillat (président de Camif et président de la Communauté des Entreprises à Mission), Jonathan Jérémiasz (président du MOUVES), Jessica Laik (déléguée générale de Tech for Good France), Hélène Landemore (professeure à Yale University), Claudy Lebreton (président de la Fédération des Arts Vivants et Départements), Axelle Lemaire (ancienne ministre), Corinne Lepage (ancienne ministre de l’environnement, ancienne eurodéputée et avocate), Priscillia Ludosky (Gilet Jaune et co-fondatrice de la Ligue Citoyenne), Claudie Miller (présidente de la Fédération des Centres Sociaux de France), Claire Nouvian (fondatrice de BLOOM), Éric Pliez (ancien président du Samu social de Paris), Audrey Pulvar (militante écoféministe), Pierrick de Ronne (président de Biocoop), Maxime de Rostolan (fondateur de Fermes d'avenir), Samuel Roumeau (président de Ouishare), Jérôme Saddier (président de l'AVISE et d'ESS France), Inès Seddiki (fondatrice de Ghett’up), Pablo Servigne (auteur et chercheur "in-terre-dépendant"), Yves Sintomer (professeur de sciences politiques à l’Université Paris 8), Bernard Stiegler (philosophe et président de l’Institut de recherche et d’innovation), Patrick Viveret (philosophe et essayiste), mouvement Youth For Climate France, Loïc Yviquel (fondateur d’Ulule), Léa Zaslavsky (co-fondatrice de makesense).

Contact et informations via democratieouverte.org/nous-les-premiers

Coronavirus : Pétition pour la montagne

Par Le 26/04/2020

Confinement : un Haut-Savoyard réclame un “accès responsable à la nature”, sa pétition récolte plus de 75000 signatures

Un randonneur marchant dans le massif du Mont-Blanc, près de Chamonix (Haute-Savoie). / © Vincent Isore / MAXPPP Un randonneur marchant dans le massif du Mont-Blanc, près de Chamonix (Haute-Savoie). / © Vincent Isore / MAXPPP

PARTAGES

Un accompagnateur en montagne de Haute-Savoie a lancé une pétition en ligne plaidant pour un "accès responsable à la nature" pendant le confinement. Son appel a rencontré un franc succès, avec le soutien de plusieurs personnalités.

Par M.D. avec AFP

Le nombre de signataires grimpe de minute en minute. Ils sont plus de 76 000, samedi 25 avril, à s'être joint à l'appel de Billy Fernandez, accompagnateur en montagne de Haute-Savoie. Avec un médecin généraliste de la région parisienne, il réclame "un accès responsable à la nature" durant la période de confinement dans une pétition en ligne qui a rencontré un grand succès.

Le duo à l'origine du texte estime que l'interdiction de la pratique des sports et des activités de plein air, pourtant "autorisés en Allemagne", ne repose "sur aucun critère de sécurité sanitaire". En Isère, Savoie et Haute-Savoie, la pratique d'activités de montagne et l'accès aux massifs ont été temporairement interdits dans le cadre de la lutte contre l'épidémie de nouveau 
coronavirus.

 
"Se promener dans la nature ne porte pas atteinte aux règles de distanciation sociale et ne conduit pas à une augmentation des accidents", argumentent-ils, ajoutant que les moyens mobilisés pour faire respecter la réglementation en place dans les espaces naturels "sont considérables".


 

Respect des mesures barrières


Les signataires réclament à Emmanuel Macron la modification du décret qui instaure le confinement jusqu'au 11 mai au moins, "afin d'autoriser l'accès aux espaces naturels""À condition de respecter strictement les règles de distanciation sociale, et exclusivement pour les activités qui ne présentent objectivement pas plus de risque que des activités domestiques ou de jardinage", soulignent-ils.

"Nous laissons le soin aux autorités de définir ce cadre, y compris en prévenant d'éventuelles surfréquentations dommageables pour la faune, la flore et les milieux". Soutenue par une quinzaine de personnalités, dont l'ancienne ministre de l'Écologie Delphine Batho ou encore l'alpiniste Lionel Daudet. Billy Fernandez et le Dr Solène Petitdemange se sont fixé un objectif de 100 000 signatures.

 


"On a abdiqué sur les libertés au nom de la santé (...) Mais ce n'est pas parce qu'on va dans la nature qu'on va engorger les hôpitaux", estime Jean-Michel Asselin, journaliste et alpiniste isérois, signataire de cette pétition. "Ce n'est pas un enjeu suffisamment grave pour interdire l'accès à la nature qui n'est pas un besoin anecdotique", ajoute le passionné de montagne.


 

Déconfiner certains sports


Mardi, deux syndicats et une association de professionnels de la montagne ont 
appelé à déconfiner la pratique de certains sports de pleine nature pour les amateurs à partir du 11 mai, dans le respect des "objectifs de lutte contre la pandémie" de Covid-19.

 
Le Syndicat interprofessionnel de la montagne (SIM-CFDT), l'Union nationale des accompagnateurs de montagne (UNAM) et l'Association professionnelle sport & outdoor (APSO) plaident pour un "redémarrage raisonné et au plus tôt des activités de montagne et de pleine nature" et soumettent plusieurs "mesures de déconfinement à l'horizon du 11 mai 2020".

Les trois organisations proposent de lever l'interdiction autour des sports et des activités de plein air "à risque faible ou modéré" comme "la randonnée pédestre, équestre, cycliste et cyclotouriste" ou encore "la course à pied" et "l'escalade en site sportif". Elles soutiennent également la reprise des activités de pleine nature encadrée par des professionnels et dressent une série de huit mesures à respecter pour une "reprise progressive".

Coronavirus : le savoir-faire français (2)

Par Le 25/04/2020

Voilà un exemple de plus de la qualité de notre industrie, de la qualité d'innovation et la réactivité de nos PME, de l'esprit de recherche et de collaboration...Est-il donc nécessaire d'aller chercher des produits, parfois non fiables, en Chine ou ailleurs, pour réduire soi-disant les coûts, alors que des achats massifs en France et un soutien gouvernemental réduiraient justement ces coûts ? Et je ne parle pas de l'impact écologique de faire circuler des cargos ou des avions autour de la planète alors qu'on peut tout faire ici....

Une coque en plastique souple en contact avec le visage, un filtre FFP2 interchangeable et une coque extérieure : 3 éléments pour un masque réutilisable conçu dans le Puy-de-Dôme. / © 2CA.fr
Une coque en plastique souple en contact avec le visage, un filtre FFP2 interchangeable et une coque extérieure : 3 éléments pour un masque réutilisable conçu dans le Puy-de-Dôme. / © 2CA.fr

PARTAGES

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Depuis le début de la crise du coronavirus Covid 19, des entreprises tentent de trouver des alternatives aux masques jetables. A Arlanc dans le Puy-de-Dôme, 2CA n’a mis que 2 semaines pour faire approuver son prototype, un masque FFP2 réutilisable. Mise en vente prévue courant juin 2020.

Par Cyrille Genet 

Filiale du groupe Rexiaa installé à Issoire dans le Puy-de-Dôme, la société 2CA d’Arlanc travaille dans le même secteur : la fabrication d’éléments en matériaux composites pour le transport, le bâtiment, l’aéronautique et la défense. Dès le début de la crise sanitaire du coronavirus Covid 19, le PDG Philippe Moniot a mis ses équipes sur le projet d’un masque de type FFP2 réutilisable.

En à peine deux semaines ils ont mis au point un système composé de deux coques en plastique renouvelable, lavables au savon ou en machine à laver, entre lesquelles on insère un filtre rectangulaire sans couture à usage unique. "Il faut 6 semaines pour faire l'outillage de production, puis lancer la fabrication des 8000 premières pièces" dit Gilles Duissart, le Directeur Général de 2CA, "déjà des dentistes et la Fédération du bâtiment ont montré leur intérêt pour un masque que l'on pourra porter une journée entière".

Une collaboration en circuit court

Pour mettre au point ce prototype, ils se sont appuyés sur l’expertise de la société Joubert d’Ambert dans le Puy-de-Dôme, spécialisée dans les textiles innovants et sur le Hall 32, le centre de promotion des métiers de l’industrie à Clermont-Ferrand pour la fabrication des prototypes par impression 3D. Puis les premiers modèles ont été soumis à la Direction Générale de l’Armement pour homologation.

"Nous avons souhaité concevoir un masque non jetable, facile d’utilisation, permettant un nettoyage à domicile, sans matériel spécifique et non limitant pour l’approvisionnement en filtres. Un masque réutilisable, fabriqué en circuit court et limitant au maximum la production de déchets puisqu'on ne jette que la partie filtrante" précise Gilles Duissard.

Ces kits devraient être vendus à partir de mi-juin, ils seront proposés au prix de 20 euros avec 50 filtres et donc autant de jours d'usage, la recharge de 50 filtres coûterait une dizane d'euros. L’entreprise a déjà prévu d’en donner 2000 au personnel médical et paramédical du bassin d’Ambert et d’Issoire où elle est implantée.

 

Naturisme et bienveillance (suite)

Par Le 25/04/2020

Je poste ici les échanges qui ont eu lieu sur la page Facebook de la Fédération française de naturisme après qu'un lecteur ait posté mon article précédent. Les réponses ont fusé...

Ce qui en ressort principalement, c'est que je suis une personne intransigeante, suffisante, adepte du jugement, que je manque de tolérance. D'autres ont au contraire reconnu qu'il existe une dissonance entre le fait de se dire "naturiste" et de l'autre de ne pas appliquer cette philosophie à l'égard de la nature, dans son entièreté, c'est à dire de ne pas accepter de subir des injonctions consuméristes, qu'elles soient alimentaires ou autres. On me reproche de pointer du doigt les gens en surpoids même quand ils souffrent de diverses pathologies et de contribuer à ce qu'elles soient rejetées par la société civile. Lecture partielle de mon article...

Je comprends que cela touche et exaspère et cela met en exergue le fait qu'il est délicat de chercher à atteindre la dimension réflexive des individus dès lors qu'ils se sentent agressés. Ce qui n'était aucunement mon intention. Il est clair également que ma façon de m'exprimer ne plaide pas pour la sérénité des lecteurs quand ils se sentent par conséquent agressés. C'est une leçon que je dois retenir. J'ai pourtant bien précisé que je n'adressais ces "reproches" qu'aux personnes étant dans une situation de totale intégrité de leur être. J'ai moi-même souffert d'épisodes douloureux et je sais combien il est difficile de s'en remettre.

En violet, ma réponse.

Bleue et vert, quelques réponses dont j'ai effacé bien entendu le nom de l'auteur. 

 

 

"Bonjour à tous et toutes. Tout d'abord, désolé de n'avoir pas répondu plus tôt mais je travaille en forêt à deux cents mètres de la maison, pour remettre en état ce qui reste d'un bois massacré par des bûcherons. Je récupère tout le bois abandonné pour le chauffage mais surtout je dégage toutes les repousses d'arbres et j'en replante d'autres...C'est long. C'était un endroit magnifique où les chevreuils biches et autres animaux venaient se réfugier. J'essaie de réparer au mieux...

J'ai lu tous vos commentaires et je lirai les autres avec la même attention et je vous en remercie. Ils contribuent à ma réflexion et je suis très heureux de voir que beaucoup de gens souhaitent échanger sur tout ça. J'ai pleinement conscience que le ton de cet article peut choquer et qu'il peut donner de moi une image de suffisance, de prétention, de jugement. Il serait inutile que je cherche à prouver qu'il n'en est rien même si je reconnais que j'aurais pu "adoucir" les propos. J'aurais pu tout autant apporter de multiples informations sur ce problème de "dénaturation" dans le comportement de certains adeptes du naturisme au regard de la surconsommation alimentaire ou de l'impact écologique de la pratique dans le cadre de centres naturistes. Je suis ravi d'apprendre que les centres ont un attachement fort à la préservation de l'environnement dans l'enceinte. Effectivement, je n'ai pas mis les pieds dans un centre depuis plus de vingt ans. Ma perception n'est donc plus d'actualité. Il n'en reste pas moins que des exemples d'atteinte à l'environnement au regard de l'artificialisation des lieux est une réalité. Ce que je cherchais principalement à exprimer dans cet article, trop court évidemment pour que le propos soit clairement étayé, c'est que je pense que le naturisme devrait porter des valeurs universelles de préservation de la planète à travers une exigence de vie totale, entière, réfléchie, lucide et donc bienveillante envers l'ensemble de la création et non seulement envers les individus. Il est évidemment parfaitement honorable et positif que les individus puissent se sentir pleinement acceptés et accueillis sans aucun "jugement" ou rejet ou catégorisé selon leur statut social. Ce que je cherche à expliquer, c'est que cette bienveillance devrait considérablement s'élargir et que les comportements "naturistes" s'enrichiraient et deviendraient bien plus puissants s'ils s'accordaient également avec l'urgence planétaire. J'entends bien que mon propos semble dénué de tolérance mais si je mets dans la balance l'absolue nécessité d'une réflexion au regard de la société de consommation et le manque d'engagement d'une partie de la population qui se veut "naturiste", il arrive un moment où je bascule dans une forme de contestation difficile à entendre. Mais je peux retourner l'argument de ma soi-disant "intolérance" dès lors que l'urgence que je mets en avant est rejetée. Ça n'est sans doute pas la bonne méthode, ça je peux l'entendre sans aucun souci. Disons que ça fait longtemps que j'espère voir dans le mouvement naturiste l'émergence d'une force intellectuelle, philosophique, empirique qui viendrait soutenir et propager un engagement réel dans la défense d'une nature préservée, la nature des corps et des esprits, dans la mesure du possible et la nature de la création toute entière.

Je rappelle que dans cet article, je précise que je ne porte aucun "jugement" sur les personnes dont l'intégrité physique et psychologique, est malheureusement atteinte par les coups du sort multiples que l'on peut rencontrer. J'ai voulu quelque peu témoigner de mon parcours, non pas pour me donner "en exemple" mais juste pour montrer à quel point, il est possible de lutter et de revenir à cet état naturel qui est le garant de notre santé.

Si j'ai écrit cet article, c'est également au regard de nombreuses lectures et témoignages de naturistes et des dissonances cognitives qui apparaissent immanquablement. J'ai également précisé qu'il existe, fort heureusement, des centres dont la philosophie est forte et qu'il existe tout autant des naturistes dont la pratique est nourrie par une réflexion profonde.

Je ne "condamne" aucunement, qui que ce soit. Bien que l'article aurait pu être moins virulent. Je propose uniquement une réflexion sur un état philosophique du naturisme.

«-- Je suis désolé, mais moi ce n'est pas la question des centres qui me chagrinent (maintenant quasiment toutes les structures en France naturistes et textiles ont une politique responsable) C'est pour le reste. Le physique et le mode de vie des gens. Ce qui était vrai au début du naturisme ne l'est pas du tout sur certains points. Depuis la science a progressé et a permis de comprendre certaines choses. Comme le surpoids, si certains (je pense aux ricains) ont une alimentation ahurissante et mortifère, d'autres n'y peuvent absolument rien, merci la génétique. Pour beaucoup ce mode de vie ils le subissent, et ce n'est pas moi qui dira "ils n'ont qu'a se bouger le cul" pour changer et perdre du poids. Certains réussissent, mais tout le monde n'a pas la même niaque pour y arriver..sinon ce monde serait sans fumeur, sans alcoolique et sans personne en surpoids. Le naturisme c'est le respect de soi et des autres donc l'acceptation des autres, même dans ce qu'ils ont de pire. Sinon ? ça sera une foire d'empoigne parce que chacun aura son avis sur la doctrine. A ce rythme apparaîtra de nouveaux naturistes qui déclareront que moi omnivore je ne suis pas vraiment naturiste parce que je fais subir aux animaux des souffrances inhumaine et que je respecte pas les valeurs de ce mouvement. »

« --Et bien je pense que le naturisme se doit d'apporter une doctrine suffisamment stricte pour accepter les gens avec leur différence mais inciter à un mode de vie pas trop permissif. La tolérance ne veut pas dire que chacun fait comme il veut. »

« –- Oui mais...Moi qui ne suis pas devin, je ne peux pas voir juste en regardant un naturiste en surpoids si c'est un épicurien abusif ou un malade ou une personne avec une prédisposition génétique au surpoids. Le naturisme c'est une pléthore de pratique qui font son essence. Ce n'est pas a moi de juger et surtout de préjuger des gens et de leur pratiques. Le naturisme est une philosophie, donc une pensée basée sur des préceptes (nudité, sport etc) pas sur des dogmes qu'ils faut absolument suivre. Je m'excuse de me répéter, mais même si je suis le premier a dire que certains naturistes le sont moins que beaucoup de nudistes...Ce n'est pas a moi ni de les juger et encore moins de les excommunier (puisqu'on se focalise sur la religion). On peut toujours regretter le naturisme de masse qui marie nudité avec surconsommation. C'est ainsi, mais ça n’empêche aucunement d'y aller et d'y vivre comme les pionniers en n'utilisant que les vélos, en faisant du sport et en mangeant sain et local. »

« –- Cela ressemble à un retour aux fondamentaux du naturisme du XXème siècle, un seul oubli mais de taille :"respect de l’autre et tolérance" passent à la trappe ! Finalement je préfère être considéré comme nudiste que comme naturiste, ça doit d’abord être un plaisir avant d’être une contrainte ! »

« – Son analyse sur la tolérance et le respect du corps est à prendre dans le sens où on ne peut pas se dire naturiste si on mange McDo à longueur d'année. L'obésité physiologique est tout autre chose. Pour reprendre ce qu'il dit, je crois que quelque soit sa pratique, il serait bon d'apprendre aux gens à éviter d'ouvrir une boîte de raviolis (dont vous connaissez la composition et l'impact environnemental) pour le repas après avoir passé la journée à se prélasser à poil enduit de crème synthétique. »

« –- Je comprends, et je suis le premier a expliquer que le naturisme ce n'est pas que bronzer nu et le reste du temps polluer, détruire l’environnement etc. Cependant, je ne suis pas le gardien de l'orthodoxie naturiste et lui non plus. Le naturisme a mon sens c'est une philosophie, et comme toute pensée elle évolue au grès des expériences, des personnes et de la vie. Mon naturisme n'est en rien celui des pionniers, ou de beaucoup de ceux ici. Si un jour avec plusieurs personnes nous sentons que le naturisme évolue vers quelque chose de trop superficielle, de trop consumériste.et si on ne peut rien y changer, j’espère que nous prendrons nos responsabilités et construirons ailleurs quelque chose de plus représentatif de notre vision du naturisme. Voila, mais surtout comme je l'ai écrit tantôt. je comprends son conservatisme, mais la ou le bat blesse, c'est qu'il mélange sa vie accidentée et le naturisme. Parce qu’il a subit les affres de la vie et qu'il remonte la pente par conviction et force, il s’exaspère que les autres naturistes puisses vivre leurs vie avec insouciance. Pour finir cette logorrhée (désolé) Il y a des lieux naturistes en France ou l'on peut vivre comme il le désire a lui de délaisser les centres et d'aller vers ces lieux...Mais il n'a aucunement le droit de dicter ce que doivent faire les autres même si je suis d'accord que certains naturistes ne sont naturistes que pour être nus et le reste ils s'en fichent. »

«-- Je trouve dommage qu'il s’éparpille. Parfois son propos est vrai, mais des fois il s'aveugle lui même et se perd. Déjà concernant le nudisme et le naturisme, il n'y a pas si longtemps j'avais un avis tranché sur la question, mais au fil de la vie, des expériences je me rends compte que ce n'est pas si simple que ça. Après je comprends le sens de sa rhétorique, un conservatisme qui veut que le naturisme primaire (bien avant les pionniers) ou la gymnosophie est une doctrine ou le naturiste se contraint a une philosophie de vie, ou l'on vit nu au milieu de la nature et loin du monde moderne, en entretenant son corps par une alimentation saine et avec du sport .Cette philosophie depuis a disparu dans les centres et clubs naturistes pour laisser place à une autre philosophie beaucoup moins contraignante mais qui garde en elle l'essence des pionniers. Là où je ne le rejoins pas, c'est dans l'injonction. Moi qui autant que faire se peut essaye de vivre comme les pionniers, comprends aisément que d'autres ne le désirent pas, c'est ça la liberté. Je n'ai aucunement le droit d'exiger d'eux de ressembler à mon idéal du naturisme, mais je peux avec mes arguments les faire évoluer. Quand je le lis, je me dis (en paraphrasant Fabius) il pose les bonnes questions mais il donne les mauvaises réponses. »

« –- Quand tu as un idéal, et que tu vois qu'il est délaissé par les autres pour quelque chose de plus "négligeable". Et au vue de sa vie et des multiples accidents on comprend qu'il s’énerve en voyant les autres vivres nus de façon "légère" alors que lui il combat, après chaque blessure..il se relève. Je comprends les raisons de sa colère, mais je les cautionne pas. Il doit accepter que les autres puissent vivre nus et heureux sans accidents de la vie qui les touche. C'est assez flagrant dans son texte, plusieurs fois il rappelle qu'il comprend ceux que la vie blesse, mais n'accepte pas ceux qui vivent heureux sans faire d'effort »

« –- Je l'ai dis je comprends la pensée. Mais je ne la partage pas. Faire des efforts est louable et peuvent même être montrés en exemple, mais ils ne doivent pas être un but obligatoire pour les autres. Les religions ont assez démontré que ce genre de pensée, une recherche vers un idéal de "perfection" obligatoire entraîne les pires choses. Le naturisme est, pareillement une pensée qui nous pousse a sublimer notre corps et notre conscience au moyens de la gymnosophie. Mais il n'y a aucune contrainte. Il y a le respect. Et le respect passe aussi par l'acceptation que l'autre ne pense pas comme moi sur certains point ou sur tout. Je l'ai dit je ne peux pas préjuger de quelqu'un si je ne vis pas toute la journée avec lui. »

« –- La question de notre place sur terre et de notre impact sur la faune et la flore, c'est une question d'humanité (dans le sens de généralité) On est (presque) tous conscients que notre mode de vie depuis la révolution industrielle (car depuis, la destruction de notre planète est devenue elle même industrielle) a un impact que nous n'arrivons même pas a imaginer. Mais cet effort qui doit être global doit l’être sans contrainte. Des naturistes s'en fichent ? Conduisent des SUV en ville ? ou jettent leur déchets le long des routes ? Je confirme que c'est des gros c.... Mais ce n'est pas on les virant des lieux naturistes ou de leur faire un procès pour apostasie gymnosophiste qu'ils changeront. L’écologie (non politique) comme le naturisme, c'est le respect de soi, des autres et de la nature et une pédagogie pour faire prendre conscience aux autres de l'absurdité de notre monde et de la bêtise de leur style de vie. Et surtout il faut prendre conscience que le naturisme n'a pas de dogmes. C'est une pensée commune avec des idéaux. C'est une recherche de la "perfection", pas une obligation »

« –- Je n'aime pas le ton "donneur de leçon" de cet article où l'auteur se donne des excuses qu'il n'octroie pas aux autres. »

« –- J'ai lu votre article sur votre blog. Il est clair et vos convictions sont clairement expliquées.Juste un bémol , concernant le rapport à son corps.... Vous insistez beaucoup sur la différence et le regard des autres sur le surpoids et la malbouffe , en vous excusant d'être comme vous êtes.....On accepte les gens comme ils sont et on ne disserte pas sur ce sujet. Les naturistes ne se prennent pas la tête , et nous avons tous des soucis de tous ordres. Ne vous posez pas trop de questions . »

Thierry Ledru il serait bienvenue de vous faire discret...voir invisible.

"Je vais très certainement paraître putassière, intolérante et faisant de la psychologie de comptoir. Je suis ravie que ce type de personnage ne fréquente pas les centres naturistes. Cette personne est avant toute chose grossophobe.

Ayant elle même souffert de son problème de poids à un âge où l'on sait que les gamins sont impitoyables. Cette personne n'a su gérer son traumatisme et donc s'en prend aux personnes ayant de l'embonpoint pour se venger et ce, sous couvert de se prétendre naturiste ! La bonne blague. Les histoires de vies font que certaines personnes, de part des difficultés morales liées au travail, à la vie personnelle, à des chocs psychologiques, la ménopause ou encore une grossesse ont développé un surpoids. Nombre d'entre elles savent, que passé ces périodes compliquées, il n'est pas facile de se débarrasser du surplus pondéral. La société dans laquelle nous vivons joue à un jeu malsain qui consiste à montrer du doigt celles et ceux qui ne rentrent pas dans les critères de l'être parfait. Les gens qui jouent à ce jeu ont elles mêmes un déséquilibre qu'elles ne gèrent pas. Et bien puisque c'est la tolérance et la bienveillance qui sont les maîtres mots de l'article, il faudrait appliquer ces adages.
On dirait un ancien fumeur qui par frustration, crachent sur les fumeurs, ayant omis que fut un temps c' était lui qui dérangeait tout le monde. Et j'ajouterai que je vais et j'irai encore très longtemps en camp de naturisme, car ce sont les seuls endroits où l'indifférence à la différence est appliquée. Ainsi que, les problèmes d'ego se soignent aussi, et poster un tel article pour passer pour une victime, c'est on ne peut vulgaire.

Merci à la FFN pour sa campagne Body Shaming....
Y'a du boulot.

 

Merci  E...d'avoir initié cette file.

Thierry Ledru, Avec plaisir, échanges constructifs

« –- Je ne sais pas si c'est un débat "constructif" au regard de la forme donnée à mon article. Maintenant, j'ai déjà connu cette problématique avec d'autres thèmes : la souffrance animale, l'alimentation carnée, la société de loisirs consumériste, le survivalisme, l'éducation nationale...etc etc...Peut-être faut-il d'ailleurs construire les articles dans une forme "agressive" pour inciter à la réflexion...Peut-être faut-il bousculer pour inciter à sortir chacun de sa "zone de confort"....Il est clair en tout cas qu'en postant ce texte sur la page de la FFN, il ne pouvait en être autrement. Ce qui importe après tout, ça n'est pas ce que les gens pensent de moi, mais le "dérangement" que ça génère, dès lors que ça peut éventuellement amener à une réflexion. 

Je ne dicte rien à personne. J'énonce des faits, une situation, un état des lieux. Je pense que le naturisme a un rôle à jouer dans la prise de conscience d'un mode de vie, justement naturel, afin de corriger ce comportement consumériste qui nous a conduit à un état désastreux de la planète. J'ai été instituteur pendant 37 ans et je vais être grand-père dans quelques mois. J'éprouve une crainte très forte au regard des enfants. Ce monde que nous leur offrons n'est pas celui que nous aurions aimé découvrir à notre arrivée sur Terre. Je pense qu'aujourd'hui, l'état d'urgence au niveau de la biodiversité ne peut plus être occulté et j'ai toujours considéré que le naturisme pouvait porter une conscience très forte de notre rapport à la Terre. Est-ce qu'il est acceptable de "ne pas se prendre la tête", comme je l'ai lu ici dans un commentaire ? Est-ce que le naturisme peut se limiter désormais à une pratique hédoniste ou doit-il promouvoir une éthique responsable à l'échelle de la vie de la planète ? Il y a de la colère en moi, c'est indéniable, je le sais. Il y a surtout une très grande inquiétude. J'ai croisé la vie de plus de mille enfants et j'aurai donc bientôt dans mes bras mon petit-fils ou ma petite-fille. Cette présence de toutes ces vies innocentes a une importance considérable en moi... 

Il se pose un problème majeur au regard de ces échanges. Il faudrait faire preuve de diplomatie, de pédagogie, de patience pour aborder des sujets cruciaux sans prendre le risque de choquer et de voir le propos partiellement entendu.

Alors, comment expliquer le fait que depuis plus de trente ans, les scientifiques de tous bords alertent de façon "pédagogique", avec une infinie patience, les populations et les gouvernants sur les risques grandissants générés par nos comportements et que cela n'a servi à rien ou en tout cas pas de façon suffisante pour stopper cette dégradation planétaire ? Tout le problème est là. Il faudrait donc ne pas se prendre la tête, vivre sereinement, sans se poser de questions, profiter de ce qui est encore offert, quitte à continuer le gaspillage et le pillage des ressources. Je ne suis pas scientifique. Je suis juste un individu lambda, qui n'a aucune légitimité sinon celle de mes propres réflexions. Elles sont emplies de manque, elles ne représentent rien d'autre que mon cheminement. Je ne m'érige pas en prophète, je ne distribue aucun jugement. Mais il arrive un moment où l'inertie de ce monde humain me désespère...

J'ai longtemps espéré que le mouvement naturiste irait dans cette voie d'un engagement puissant, d'une prise de paroles forte, d'une exemplarité aussi importante que possible. Bien entendu que rien ne sera jamais parfait. Bien entendu que la vie se doit aussi d'être accueillie avec bonheur et réjouissance. Mais il doit exister en retour une introspection la plus constante possible. Et les conclusions doivent être suivies de faits précis. 

Je ne porte aucune vérité universelle. Je fais des tas d'erreurs, je ne suis aucunement parfait mais je cherche à ne pas rester figé, je cherche à m'améliorer et pour cela, je ne tiens pas compte uniquement de mon propre état mais également de celui de la planète, en tout cas, dans le domaine qui reste à ma portée. 

Naturisme et bienveillance

Par Le 24/04/2020

J'ai une discussion depuis hier sur une page Facebook de la fédération française de naturisme sur les valeurs du naturisme, sa différence avec le nudisme et ça m'interpelle au regard de ce que je lis. Et de l'absence de réponses également...Disons que plutôt qu'une discussion, il s'agit de ma part de pointer une autre façon de vivre le naturisme et ça ne doit pas trop plaire sur une page comptant des adhérents à la fédération...

Je m'explique. 

Le nudisme est présenté comme une volonté d'être nu au soleil dans une pratique essentiellement tournée vers un plaisir épisodique et plutôt solitaire ou en tout cas isolé et qui ne correspondrait en rien avec un mode de vie intégral.


Le naturisme est présenté comme une volonté de vivre nu dans les activités quotidiennes au milieu d'autres personnes partageant le même intérêt. Le naturisme prône l'acceptation de l'autre, sans aucun "jugement" sur son physique ni sur sa façon de vivre. Ce serait donc une "philosophie" bienveillante amenant les individus à vivre les uns avec les autres dans une complète acceptation de leurs corps. 

Bien, très bien. C'est joli tout ça...

Mais est-ce que cela ne viendrait pas cacher une absence profonde de respect envers la nature ? 

Houla, j'entends déjà les hurlements...

Je mets cet article pour clarifier les choses et j'y reviens ensuite...

Connaissez-vous la différence entre nudisme et naturisme ?

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Connaissez-vous la différence entre nudisme et naturisme ?

Pour beaucoup de personnes, les deux termes prêtent à confusion et sont souvent considérés à tort comme étant identiques. Même si le principe de nudité reste pareil, il existe cependant une différence infime entre les deux pratiques. C'est pourquoi, Naturisme.com vous propose de découvrir la distinction entre nudiste et naturiste.

 

Qu'est-ce que le nudisme ?

L'attitude du nudiste consiste à se mettre nu dans l'espace public et non dans un espace légal et réservé comme le camping naturiste. Bien sûr, il serait très réducteur de dire que le nudiste se limite au simple fait d'exposer sa nudité aux yeux de tous.

Aujourd'hui, la nudité est également utilisée dans le cadre d'un certain activisme politique. Dans les années 60, aux USA, on se servait déjà de cette pratique pour militer contre le conformisme et la société de consommation. La PETA a lancé, il y a quelques années, sa fameuse campagne publicitaire "plutôt à poil qu'en fourrure" où on pouvait voir des stars entièrement nues. La nudité sans intention naturiste est de plus en plus utilisée comme mode de revendications.

Le nudisme peut être réalisé de façon ponctuelle à l'occasion d'une manifestation, d'une baignade ou d'un événement. La manifestation internationale cyclo-nudiste ou World Naked Bike Ride, ainsi que les festivals mainstreams sont un très bon exemple de pratiques nudistes.

 

Le naturisme : un art de vivre

 

La nudité pour le naturiste est bien plus que le fait de se dévêtir, car il s'agit pour lui d'une approche comportementale, d'une véritable philosophie de vie.

Les centres naturistes se situent bien souvent à proximité des éléments (rivières, mer, forêts...) pour être en parfaite harmonie avec la nature. Pour les naturistes, vivre nus au grand air est une véritable source de bien-être, de liberté totale. Fidèle à des valeurs et des croyances qui prônent le respect de notre mère la Terre, le naturiste recherche un style de vie sain et rejette la surconsommation ou le gaspillage.

Le nudiste n'aura pas forcément la même préoccupation pour l'environnement et sa préservation que le naturiste.

Dans un village naturiste, vous découvrirez aussi qu'il n'y a plus d'étiquette vestimentaire, de barrière sociale et que tout le monde vit dans le respect de soi et d'autrui. Pour le naturiste, être nu, c'est aussi se mettre à nu et partager la vie en communauté sans craindre le jugement des autres."


 

Un autre extrait d'article :

"Comme le naturiste et le nudiste ont le même uniforme, on a du mal à les différencier. (...) Le naturisme, ce n'est pas seulement un bermuda qu'on enlève, c'est surtout un style de vie. C'est le respect de son corps et de la nature. Le naturiste se couche tôt, il mange bio, il fait du yoga, de la poterie et de l'aquarelle. Grégaire, il retrouve ses pairs dans un camping dans les Landes ou les Cévennes. Là, c'est en tenue d'Adam (ou d'Ève) qu'il fait du vélo et joue au volley. (...) Rien à voir avec le nudiste qui expose à la nature, et surtout au regard des autres, un corps soigné, bronzé, musclé, ferme, bodybuildé. Comme il n'a rien d'un ascète, (...) Il se pavane le jour et fait la fête la nuit. (...) C'est dans une crique protégée qu'il se déshabille, histoire de ne pas avoir de problèmes (...)".

 


 

Un autre article :

La différence entre nudisme et naturisme ?

Le nudisme, c’est tout simplement le fait de ne pas porter de vêtements ou de se baigner nu dans un espace public. Attention, comme indiqué dans l’article 222-32 du Code pénal, cette incartade peut vous coûter cher puisque "l'exhibition sexuelle imposée à la vue d'autrui dans un lieu accessible aux regards du public est punie d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende."

Le naturisme, lui, va plus loin puisqu’il relève d’une approche comportementale. Les adeptes se veulent proches de la nature et recherchent un style de vie sain, un environnement naturel et préservé. La Fédération française de naturisme parle d'une manière de "vivre la nature, vivre son propre corps, vivre en famille, faire l'expérience de sa propre liberté. Être naturiste est le moyen le plus simple d'être humain".

A la différence du nudisme, le naturisme est encadré et pratiqué dans des espaces réservés et légaux." (et j'ajoute payant)

 


 

Je reprends donc mon propos. 

Vous avez pu constater à quel point les "nudistes" sont des pratiquants qui tombent sous le coup de la loi ( et donc, des gens peu fréquentables, des déviants en quelque sorte...) et que les naturistes, par contre, sont des gens sains, équilibrés, bienveillants, respectueux, des gens qui veulent vivre en harmonie avec la nature etc etc...

Je n'ai pas le droit de mettre ici des images présentant des centres naturistes avec leurs adeptes, malheureusement. J'aurais aimé pourtant, pour étayer tout ça...J'ai fréquenté deux fois des centres naturistes. J'en suis parti à chaque fois avant la fin de la semaine que j'avais prévu de passer. Pour plusieurs raisons : l'aménagement de l'espace naturel qui n'a plus grand-chose de naturel et pour la population que j'y croisais. 

A mes yeux, le naturisme est une philosophie qui va bien au-delà de la nudité. C'est un état de nature. Et notre état de nature implique le maintien de cet état. C'est à dire que les individus prônant le naturisme devrait faire en sorte que leur corps soit à l'image de ce que la nature leur a octroyé...

Je ne parle là que des individus possédant le potentiel initial et ne souffrant d'aucune pathologie conduisant à une dégradation de cet état naturel. J'étais très asthmatique quand j'étais enfant et on me donnait de la cortisone pour me "soigner"... A 14 ans, je pesais 64 kilos. J'en fais 56 aujourd'hui. 

Je sais qu'il existe malheureusement diverses maladies et diverses épreuves qui peuvent conduire à une dégradation du physique, sans que rien ne puisse être fait. 

Mais là, dans mon propos, je parle de ces individus naturistes qui font vingt, trente, quarante kilos de plus que leur poids de corps, qui vont passer leur séjour à manger comme quatre avec les amis qu'ils retrouvent, à prendre l'apéro et à buller à la plage, à enchaîner les barbecues et les soirées arrosées. A ces individus qui à travers le naturisme vont pouvoir rencontrer d'autres personnes leur ressemblant et donc à se sentir bien, sans aucun regard de jugement, sans culpabilité, sans aucune remise en question. Les valeurs du naturisme prônent la bienveillance, l'acceptation de l'autre dans ses différences, le non jugement, l'effacement des cadres hiérarchiques et sociaux, le banissement des a priori.

Le cadre de chez Renault côtoie l'ouvrier... Mais oui, bien sûr...Il faut voir les tarifs des centres naturistes...Les barrières sociales, elles sont toujours là, à l'entrée.

On peut me répondre dès lors qu'il s'agit de leur liberté et que je dois faire preuve de cette fameuse "bienveillance". Et c'est là, justement, que ça coince...

Ce comportement consumériste à travers une alimentation dénaturée et considérablement excessive est le contraire de la bienveillance envers l'ensemble des humains qui, eux, ont décidé d'avoir un comportement responsable, conscient, altruiste.

J'ai à maintes reprises ici écrit à quel point l'alimentation des sociétés capitalistes représentait un désastre pour la planète. Je n'y reviendrai pas. Il existe dans le comportement des individus une prise de possession des ressources de la Terre qui n'a plus rien de censé. Où est la bienveillance dès lors envers les animaux et les humains qui souhaiteraient pouvoir vivre dans cet état de respect, de mesure, de bon sens, de protection et de continuité ? Il n'y a aucune bienveillance chez ces naturistes mais uniquement une volonté de se dédouaner de toute remise en question, de tout regard objectif. Quitte à participer à la mise en danger de tous. 

"Ici, je suis bien parce que tout le monde m'accepte comme je suis. Et tant pis si ça ne plaît pas aux autres, aux "textiles" ou aux nudistes ou à tous ceux qui ne vivent pas comme moi."

 

Il y a selon moi dans ces centres une négation de la réalité. De la réalité des individus, de leur état tout autant que celui de la planète. Il s'agit juste d'un commerce, d'une illusion qui rapporte. Il n'y a rien de "naturiste" là-dedans. 

L'esprit naturiste, tel que je le conçois, c'est celui de la simplicité volontaire, et non celui de la reproduction d'une vie quotidienne avec la simple liberté d'être nu.  

Pour ne pas être taxé d'eugénisme, je redis encore une fois que je ne parle là que des individus qui ont le choix d'une vie équilibrée et qui ne souffrent d'aucune pathologie ayant porté atteinte, de façon irrémédiable, à leur potentiel naturel d'équilibre. 

J'ai connu trois périodes dépressives dans ma vie. A 25 ans, première hernie discale, opération manquée. Une lourde chute en montagne ajoutée à la pratique immodérée du sport d'endurance depuis le jour de mes 15 ans où j'ai décidé que je ne voulais plus de cortisone. 

C'est très douloureux à 25 ans de s'entendre dire par le milieu médical que la pratique des sports de montagne sera fortement impactée...J'ai pesé jusqu'à 85 kilos... Et puis je me suis "remis en selle..." Parce qu'il n'y avait rien d'irrémédiable à mes yeux. Parce que je le voulais. Parce que c'était encore possible.

Et tout a recommencé à 37 ans, deuxième opération... Deux hernies. La première mal opérée et une autre à l'étage au-dessus. Et j'ai tout reperdu de nouveau, tout ce que j'aimais le plus dans ma vie sportive...Et je me suis "remis en selle", encore une fois...C'est long, difficile, chaotique. Mais c'était toujours possible...

Et tout a recommencé à 44 ans. Trois hernies discales...Impossibilité de m'opérer... Et je me suis "remis en selle". Encore une fois. Et c'était toujours aussi chaotique.

Mon dos est en miettes et je dois vivre avec. Et maintenant, j'ai une sténose canalaire lombaire. Et personne ne sait où ça va me mener. Mais je marche toujours. Et je cours et je skie et je fais du vélo et je tronçonne le bois de chauffage...

Alors quand je lis que le naturisme est une voie d'acceptation des déséquilibres alimentaires quand ils ne sont que le résultat d'une faiblesse psychologique, je n'éprouve aucune bienveillance envers ces gens. Parce que leur comportement a des conséquences planétaires et qu'ils refusent de l'entendre. Et je ne parle pas de ceux qui vont prendre l'avion tous les ans pour aller dans un centre naturiste exotique, sous les tropiques, à Noël et ailleurs encore en été.

Ces gens-là n'ont rien compris au naturisme. Ce sont juste les mêmes consommateurs que les autres. Je pourrais parler aussi de l'impact écologique de ces centres naturistes qui s'implantent, bien évidemment, dans des coins merveilleux. De la consommation électrique, du bétonnage, du goudronnage, de l'arrosage estival des pelouses, des piscines chlorées, des palissades en plastique pour séparer les emplacements des mobilhomes et des caravanes... Je sais qu'il existe des centres qui n'ont pas cette optique et qui tentent de s'inclure dans le milieu avec le moins d'impact possible. Heureusement que ceux-là existent.

Je sais qu'il existe, bien évidemment, des naturistes qui sont engagés dans une voie de réflexion profonde, avec une alimentation raisonnée, un entretien réel de leurs corps, une recherche d'harmonie avec la nature. Ils existent, heureusement.

Maintenant, pour quelles raisons ne peuvent-ils pas vivre cette philosophie à l'extérieur de ces centres, en pleine nature, pourquoi ce désir de nudité reste-t-il encore aujourd'hui aussi vilipendé, montré du doigt, condamné même parfois, sans qu'il n'y ait eu pourtant aucunement l'intention de blesser ou de porter atteinte à autrui? 

Parce que nous vivons dans une société carcérale, avec un nombre considérable d'individus mal dans leurs corps et dans leurs têtes, avec des règles morales qui relèvent de l'idiotie. Parce qu'il existe aussi des individus frustrés qui deviennent des dangers, parce que le monde dans lequel ils ont été élevés a souillé leur nature. Parce qu'il existe aussi des individus qui vont utiliser la nudité, la sexualité, l'image des corps et particulièrement de la femme comme une source de frustration et que cette frustration contribuera à des ventes de leurs produits...Les femmes potiches au salon de l'automobile...Effarant...Toutes ces publicités dans lesquels les corps féminins sont utilisés. Et c'est le nudiste au bord d'un lac de montagne qui va être taxé de perversité...

Je ne pense pas que les centres naturistes puissent changer le comportement des gens au regard de la nudité. Puisque les naturistes vivent en vase clos. Ils profitent d'un lieu confiné...Et se réjouissent de l'être parce qu'ils y sont nus.

Personnellement, je pourrais me mettre nu en photo sur ce blog sans que ça ne me pose le moindre problème. Je n'y attache aucune importance. C'est toujours moi avec mon nez, mes dents, mes bras, mes jambes et mon sexe. Où est le problème ? Comment est-il possible que ça soit devenu un problème ? Ca reste pour moi un mystère insoluble. Je serais immédiatement censuré et il est même probable que certains en me lisant considèrent que je suis dès lors un exibitionniste.

Du coup, je ne le fais pas, par bienveillance envers tout le monde.

C'est étrange finalement cette "bienveillance" qui veut qu'on pense aux autres jusqu'à s'interdire de vivre comme on l'entend... 

 

 

 

Coronavirus : Les affamés.

Par Le 23/04/2020

Il faudrait que je retourne chercher dans mes 4000 et quelques articles mais j'ai quelques fois déjà évoqué le risque de pénurie alimentaire en France, dès lors qu'une crise économique ou autre surviendrait.

Je me souviens d'un commentaire d'un lecteur qui me disait que c'était "n'importe quoi" et que les réserves alimentaires en France n'étaient pas celles des pays pauvres ou en voie de développement.

Et pourtant, c'est un fait.

Paris, intra muros, dispose de trois jours de réserve alimentaire avant d'entrer dans un état de pénurie. 

Il suffirait d'une grève massive des routiers sur une semaine pour qu'il n'y ait plus rien à manger. Ce n'est pas moi qui le dit mais des bureaux d'études. C'est d'ailleurs pour cela que madame Hidalgo souhaite créer des zones cultivées importantes dans les zones qui pourraient encore être disponibles. Des "bacs à légumes" sont expérimentés actuellement dans des secteurs de la ville. Et ça n'est pas pour une quelconque mode "bobo" (un terme dans lequel on se retrouve vite catégorisé...) mais bien pour essayer de pallier ce déficit en ressources alimentaires et une dépendance qui représente une bombe à retardement...

On voit ici combien une crise sanitaire conduisant à une crise économique met en relief ce problème majeur. 

Confinement: "les files d'attente de la faim" sévissent dans les quartiers populaires

Le confinement provoqué par l'épidémie de coronavirus entraîne une situation inquiétante dans les quartiers populaires, met en garde le Parti socialiste.

AFP

Une de ces "files d'attente de la faim" à Clichy-sous-Bois ce mercredi 22 avril.

POLITIQUE - La crise sanitaire et ses conséquences. Alors que les témoignages racontant la difficulté de vivre le confinement dans les quartiers populaires se multiplient, le Parti socialiste appelle le gouvernement à accélérer ses dispositifs d’aides aux plus précaires. Pour que cessent notamment “les files d’attente de la faim” dans les quartiers populaires, propices à la propagation du coronavirus

“Les premières mesures annoncées par le gouvernement ne suffiront pas. Le plan d’urgence prévoit une aide de 150 euros par famille bénéficiaire du RSA ou de l’allocation de solidarité spécifique (ASS), à laquelle s’ajouteront 100 euros par enfant et une aide de 100 euros par enfant pour les familles qui ne bénéficient pas des APL, mais ces aides ne seront versées que le 15 mai”, regrette le PS dans un communiqué publié ce mercredi 22 avril. 

Le Premier secrétaire Olivier Faure vise notamment, par ce communiqué, les intolérables “files d’attente des parents à la recherche de quelques aliments.” “Dans les quartiers populaires, après un mois de confinement, la précarité est en train de se transformer en grande misère”, déplore encore le communiqué qui réclame plus d’aides et plus vite. 

Les distributions se multiplient, les files d’attente aussi

Une situation notamment mise en lumière par un reportage du Monde, publié le 18 avril. Le quotidien raconte la vie d’habitants de quartiers populaires, notamment à Clichy-sous-Bois en Seine-Saint-Denis, où se multiplient les files d’attente devant les distributions alimentaires.

“Les premiers sont arrivés à 8 heures, soit trois heures avant l’ouverture des portes de la maison de la jeunesse de la ville. (...)  Organisée par le collectif Aclefeu et le centre social Toucouleurs, avec le soutien de la Fondation Abbé Pierre, cette distribution alimentaire était la troisième en huit jours. 190 personnes se sont présentées la première fois, 490 la deuxième, puis 750”, peut-on lire dans cet article accompagné d’une photo aussi éloquente qu’inquiétante en ces temps de pandémie de coronavirus. 

Sylvie Kauffmann@SylvieKauffmann

"Les premiers sont arrivés à 8 heures, trois heures avant l’ouverture des portes de la maison de la jeunesse. A 11 heures, la file d’attente s’étirait sur 300 mètres" https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/04/18/dans-les-quartiers-populaires-si-on-remplit-le-frigo-on-chope-le-corona_6036998_3224.html … via @lemondefr

Dans les quartiers populaires, « si on remplit le frigo, on chope le corona »

Les quartiers populaires entament leur deuxième mois de confinement à bout de souffle, mais encore soutenus par un faisceau de solidarités inédites, réinventées dans l’urgence.

lemonde.fr

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Depuis le début du confinement, ce genre de distributions se multiplient. Toujours dans Le Monde, le président des Restos du coeur Patrice Blanc explique que les 1400 centres encore ouverts (sur 1700) sont pris d’assaut. À Bordeaux, les flux à chaque distribution alimentaire auraient été multipliés par cinq. Par trois à Toulouse.  

De la Savoie à la Creuse en passant par la Dordogne, les associations caritatives poursuivent leur mission. Un rôle nécessaire pour des familles, bien souvent mises dans la difficulté par la fermeture des cantines scolaires gratuites, qui apportaient des repas quotidiens équilibrés aux enfants. 

“Elles ne suffiront pas”

En Seine-Saint-Denis, l’association Têtes Grêlées -qui effectue d’ordinaire des maraudes auprès des migrants et des sans-abri- livre par exemple de plus en plus des colis de première nécessité aux habitants. “On essaie de faire ce qu’on peut, mais en vérité, on est dépassé. On se rend compte que ce ne sont pas des gens loin de nous”, indique le président Sylla Wodiouma à BFM Paris.

Viennent s’ajouter à ces aides, des initiatives locales pour les étudiants notamment. À l’université Paris-VIII, au moins 700 étudiants ont demandé à bénéficier d’une aide organisée par le Secours populaire et une cinquantaine de volontaires. 

Une solidarité entre citoyens qui ne saurait toutefois suffire pour le Parti socialiste. “Les initiatives des associations et des collectivités, de distribution de repas ou d’aliments, se multiplient sur le terrain mais ne suffiront pas à répondre à la demande exponentielle”, pointe le communiqué co-signé avec Stéphane Troussel, le président socialiste de la Seine-Saint-Denis.

Coronavirus : Une seule certitude

Par Le 23/04/2020

Il y a une seule certitude : c'est un gros bordel.

Désolé pour le terme quelque peu outrancier mais au final, il résume bien la situation. 


Et franchement, encore une fois, malgré toutes les bourdes du gouvernement, les non-dits, les contradictions, les revirements, l'imprévoyance etc etc etc, la situation des dirigeants n'est pas enviable. 

Parce que justement, il n'y a aucune certitude pour présager au mieux de ce qu'il faut faire. Et que la moindre décision peut se révéler désastreuse et nécessiter une décision inverse. Et vice versa... Il n'en reste pas moins que des améliorations sont parfaitement envisageables au regard du confinement. L'article précise que certaines régions sont très peu impactées : bon, et pourtant elles subissent le même confinement qu'à Paris. Il y a eu un seul décès dans le Cantal, et très peu de gens contaminés, à ce que j'en sais, et pourtant là-bas aussi, personne n'a le droit de sortir pour aller se balader dans la nature où la possibilité de rencontrer quelqu'un est aussi faible qu'ici, sur les chemins de montagne. C'est juste un exemple de la problématique d'un état décisionnaire alors qu'il existe des préfets, des présidents de région, des présidents de communautés de communes, des maires qui EUX connaissent le territoire où ils vivent...Et j'en reviens encore une fois à cette fameuse autonomie des régions que j'espère de tout coeur, depuis longtemps.

Autre problème et de taille, c'est celui du vaccin...Quel serait l'intérêt d'aller se faire injecter (pour ma part, c'est hors de question), un vaccin pour un virus dont les spécificités ne sont pas clairement établies et dont personne n'est capable de prévoir l'ampleur des mutations ?...

"Ce virus continuera à circuler tant que nous n'aurons pas une immunité collective importante, et nous en sommes très loin, ou un vaccin", a insisté le directeur général de la santé jeudi 23 avril. "L'objectif, a t-il ajouté, est d'empêcher la circulation du virus et d'avoir des conditions favorables pour gagner du temps par rapport à l'arrivée de médicaments efficaces ou de vaccins ».

En Inde, lors d\'une collecte de tests au coronavirus imposés à la population.
En Inde, lors d'une collecte de tests au coronavirus imposés à la population. (SAM PANTHAKY / AFP)

Lors de son audition devant la mission d'information parlementaire sur la gestion de l'épidémie de coronavirus, jeudi 23 avril, le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, a insisté sur le fait que de "nombreuses connaissances ne sont pas encore disponibles". L'avant-veille, le Pr Didier Raoult avait estimé possible que,"d'ici un mois, il n'y ait plus du tout de cas [de coronavirusdans les pays tempérés". Cette phrase, extraite d'une vidéo mise en ligne sur Youtube, a fait l'objet de nombreux commentaires et extrapolations sur les réseaux sociaux. La cellule Vrai du Faux de franceinfo vous explique pourquoi il est impossible, à ce stade, de faire des prédictions catégoriques sur l'évolution de l'épidémie. 

Parce que la transmission saisonnière du virus est encore une hypothèse

Le débat sur le caractère saisonnier de ce nouveau coronavirus n'est pas nouveau. Donald Trump déclarait, lundi 10 février, que le virus pourrait prendre fin "d'ici avril ou au cours du mois d'avril"Les infectiologues, à l'époque, avaient appelé à faire preuve de prudence, indiquant que rien ne permet d’affirmer que le retour de températures plus clémentes aura raison de l’épidémie.

De fait, à la date du jeudi 23 avril, les États-Unis restaient le pays comptant le plus grand nombre de décès (46 785 décès pour 842 624 cas confirmés d'après les données de l'université Johns Hopkins qui font référence).

Sur l’aspect saisonnalité, Antoine Flahaut soulignait, dès févrierque les virus respiratoires sous des latitudes tempérées sont en général sensibles aux saisons, avec une prédilection l’hiver. Mais, le directeur de l'Institut de santé globale à l'université de Genève faisait valoir que d’autres virus - notamment parmi les virus émergents - ont une circulation toute l’année avec des pics épidémiques ponctuels. "Il n'y a pas d'explication simple sur la saisonnalité", pointe quant à lui Didier Raoult. Le professeur de virologie au CHU de Lyon, Bruno Lina, ajoute que "beaucoup de virus respiratoires, une fois qu'ils sont installés chez l'homme, prennent une saisonnalité", mais pas nécessairement l’hiver.

Parce que de nombreuses incertitudes persistent sur le virus lui-même et la façon dont il évolue

"Il y a eu énormément d'incertitudes scientifiques à gérer autour de ce virus que personne ne connaissait et qui n'a été séquencé qu'en janvier ", a souligné jeudi 23 avril le Directeur général de la Santé Jérôme Salomon devant la mission d'information parlementaire sur la gestion de l'épidémie de coronavirus.

Des chercheurs, comme Qasim Bukhari et Yusuf Jameel du Massachusetts Institute of Technology (MIT), se sont par exemple intéressés au lien entre température, humidité et propagation du virus. Selon eux, l’évolution de l’épidémie pourrait être en partie freinée par des températures et un taux d’humidité élevés. Ils relèvent en effet que 90% des cas de Covid-19 enregistrés à ce stade - d'après les données qu'ils ont analysées - l'ont été dans des pays où les températures varient entre 3 et 17 degrés. Ils pondèrent néanmoins ces données en relevant que 83% des tests ont été menés dans des pays non tropicaux, et que le plus grand nombre de tests et la plus grande connectivité des pays tempérés du Nord peuvent en partie expliquer la différence de cas recensés dans les différentes zones.

Certains spécialistes, comme le professeur de virologie Bruno Lina, mettent en avant la possibilité d’un redémarrage épidémique en France, passée la phase de confinement. Ce redémarrage, indique le professeur de virologie, "est observé en Asie où il fait chaud. On voit aussi qu'il y a une épidémie très importante en Floride où il fait chaud".

Parce qu'il existe encore des incertitudes sur façon dont notre organisme réagit à la contagion

C’est une incertitude cruciale pour la suite de l’épidémie : peut-on être infecté à plusieurs reprises par ce nouveau coronavirus ? Les chercheurs n'ont pas, à ce stade, de certitudes. "On ne sait pas si les anticorps produits après l'infection sont protecteurs. On a quelques raisons de le penser, mais on ne sait pas combien de temps et on ne sait pas où, quand, comment, le virus va muter ", a indiqué William Dab, ancien directeur général de la Santé, à franceinfo. En Corée du Sud et en Chine, premiers pays touchés par l'épidémie, des patients considérés comme guéris ont développé à nouveau des symptômes. 

Une nouvelle vague d'épidémie n'est donc pas exclue, d'autant que d’après des estimations présentées dans une prépublication de l’Institut Pasteur, seuls 5,7% des Français, auront été infectés par le nouveau coronavirus au 11 mai, jour annoncé du début du déconfinement. Très loin donc de la proportion de 60 à 70% de personnes immunisées jugée nécessaire pour interrompre la circulation du virus. "Ce virus continuera à circuler tant que nous n'aurons pas une immunité collective importante, et nous en sommes très loin, ou un vaccin", a insisté le directeur général de la santé jeudi 23 avril. "L'objectif, a t-il ajouté, est d'empêcher la circulation du virus et d'avoir des conditions favorables pour gagner du temps par rapport à l'arrivée de médicaments efficaces ou de vaccins ».

Les médecins s’inquiètent aussi des incertitudes concernant la façon variable dont nos organismes réagissent à la contagion. Ainsi, si dans la majorité des cas les malades guérissent sans difficulté, "il est encore très difficile d'anticiper les patients qui vont développer des formes graves", a pointé dimanche 19 avril le Pr Florence Ader, infectiologue qui pilote le programme d’essai clinique européen Discovery. Elle a, lors de son exposé aux côtés du Premier ministre Edouard Philippe, souligné les progrès réalisés en moins de quatre mois en matière de connaissance du virus dans ce domaine, mais elle a également relevé les zones d'ombre qui persistent autour de la disparité homme/femme, de l'impact plus faible du virus sur les enfants, ou encore de l'immunité des malades.

Parce que l'épidémie semble loin d'être enrayée à l'échelle mondiale

Pour pouvoir parfaitement prédire l'évolution de la pandémie dans le mois qui vient, il faudrait que l'épidémie ait évolué et continue à évoluer dans le monde entier de la même façon, que les cas soient recensés de manière identique et que les mesures prises aient été et continuent d'être similaires. Or, cela n'est pas le cas, aussi bien à l'échelle des continents qu'au sein même de certains Etats. Ainsi, le nombre de nouveaux cas et de nouveaux décès reste à l'heure actuelle très élevé aux Etats-Unis. Par ailleurs dans ce pays, l'épidémie ne semble pas avoir progressé partout de la même façon. L'Etat de New York reste le plus touché avec plus de 15 000 morts, un tiers du bilan total.

Cette disparité régionale s'observe aussi en France, où le bilan est de 21 340 morts et où de nouveaux cas continuent, pour différentes raisons, d'apparaître. Jérôme Salomon a, devant la mission parlementaire jeudi 23 avril, mis en avant la "situation très hétérogène" à l'échelle nationale, "avec des territoires très touchés comme le Haut-Rhin" alors que "d'autres départements n'ont quasiment pas vu circuler ce virus", ajoutant que la situation des semaines à venir dépendrait de "la circulation du virus et de la situation épidémiologique en temps réel".

La Chine, premier pays touché par le coronavirus, a aussi été le premier Etat à avoir été confronté à de nouveaux cas post déconfinement. Après un long confinement de plus de deux mois, la ville de Wuhan, berceau de l'épidémie a commencé à revivre tout en replaçant en confinement plusieurs dizaines de quartiers après la découverte de porteurs asymptomatiques.

Il semble donc à ce stade impossible de faire des prédictions catégoriques. De fait, les décisions politiques sont et seront sans doute encore dans les mois qui viennent, ajustées progressivement, au fil des retours de terrain, de l'analyse des données et de l'amélioration des connaissances sur le virus.

Maison à insectes

Par Le 23/04/2020

Etant donné que les insectes participent à la bonne santé du potager, j'ai eu envie de leur faire un abri. Je suis allé chercher sur internet pour savoir quels types d'abris étaient les plus utiles. 
La vidéo ci-dessous est très claire.

Les matériaux viennent tous de la récupération : palettes, vitres pour isoler le toit, des tuiles cassées et puis ensuite des bambous, des bûches percées, des pommes de pin, la paillle du potager, des écorces.

Il est en place depuis huit jours et aujourd'hui, j'ai vu des abeilles solitaires rentrer dans les trous des bûches ^^

Coronavirus : Complexité du déconfinement.

Par Le 23/04/2020

Ce qui me semble le plus favorable au regard de la complexité des processus de déconfinement, c'est de voir émerger du monde scientifique un ou plusieurs traitements médicamenteux. 

Le vaccin, c'est au mieux dans un an et on sait qu'un virus, ça mute...

On sait aussi que les gens contaminés n'ont pas gardé sur une très longue durée les anticorps les protégeant d'une deuxième infection. 

L'immunité naturelle n'est donc pas suffisante à 100 %. 

Donc, si le vaccin et l'immunité ne sont pas des options permettant d'éliminer l'épidémie, il ne reste que les traitements médicamenteux. 

On en revient donc à l'Hydroxychloroquine administrée dès les premiers symptômes, l'antiviral Remdesevir, Lopinavir, etc etc... Plusieurs études sont en cours. On sait que c'est long...

J'ai écrit ici hier que le Professeur Raoult et le Professeur Cohen, de la société Pharnext, avaient décidé de travailler ensemble. Pharnext utilise une plate-forme d'intelligence artificielle pour trouver des combinaisons utilisant des molécules déjà éprouvées et par leur association identifier des traitements possibles. C'est ainsi que le Professeur Cohen et son équipe ont permis de trouver un traitement contre la maladie de Charcot Marie Tooth en utilisant différentes molécules qui n'étaient pas destinées à cette maladie. Les combinaisons de molécules ont des effets que la plateforme d'intelligence artificielle est capable d'identifier.

C'est peut-être là que se trouve la solution. 

Il ne s'agira donc pas d'éradiquer la maladie, puisque cela semble impossible, à court ou moyen terme, (3 à 6 mois) mais de parvenir à empêcher la maladie d'atteindre un stade extrême chez chaque patient atteint...Chaque année, à chaque réapparition du virus, le milieu médical saura comment traiter les patients et les mutations éventuelles du virus pourront être contrées par de nouvelles combinaisons de molécules. C'est une autre façon de concevoir la médecine...Plus besoin de vaccin, plus besoin de confinement...

Affaire à suivre...

 

Quand et comment pourrons-nous ressortir de chez nous ? Les enjeux du « déconfinement » expliqués en schémas

 

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/04/07/les-enjeux-du-deconfinement-expliques-en-schemas_6035827_4355770.html

Par Maxime Vaudano , Jérémie Baruch , Adrien Sénécat et Agathe Dahyot

Publié le 07 avril 2020 à 11h11 - Mis à jour le 15 avril 2020 à 22h35

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DÉCRYPTAGESLa perspective de la fin du confinement pose des questions : l’avantage d’une levée progressive, le risque d’une deuxième vague ou que faire si on ne peut pas éradiquer le virus ?

La question à se poser sur la fin du confinement n’est pas seulement « quand », mais aussi « comment ». Car, au fil des semaines, se dessine un scénario beaucoup plus complexe qu’une levée pure et simple des mesures mises en place en France contre le Covid-19 depuis le 17 mars à midi.

Le confinement, qui sera « probablement » prolongé au-delà du 15 avril, ne pourra être interrompu « que de façon progressive »a prévenu, jeudi 2 avril, le premier ministre, Edouard Philippe. Si les modalités de sortie de cette situation exceptionnelle sont encore loin d’être fixées en France, il est acquis que la menace du coronavirus SARS-CoV-2 planera sur la durée, posant de nombreuses questions.

Que se passe-t-il si on lève le confinement d’un coup ?

Le confinement a été décidé dans un contexte de propagation exponentielle du virus. Mi-mars, on estime que chaque malade pouvait contaminer en moyenne trois personnes.

En limitant les contacts, on réduit le nombre de contaminations. Si le confinement est efficace, on devrait donc observer dans le courant du mois d’avril une stabilisation, puis une baisse du nombre de malades. On aura alors franchi le « pic épidémique ».

Notre décryptage visuel :à quoi sert le confinement ?

Cette bonne nouvelle augure pourtant de difficultés futures. Une sortie brutale et mal préparée du confinement pourrait bien relancer l’épidémie. Une bonne partie des confinés seront en effet contagieux – parfois même sans le savoir, car une grande partie des porteurs du virus n’ont aucun symptôme. Si elles se mêlent au reste de la population, ces personnes risquent d’en contaminer d’autres et, ainsi, de relancer la diffusion du virus.

Sans compter que le problème ne s’arrête pas aux frontières de la France. Même si le virus disparaissait du territoire national, il risquerait d’être de nouveau importé par des personnes en provenance de l’étranger. Il suffirait alors d’une poignée de cas pour que l’épidémie reparte en flèche.

C’est ce que l’on appelle le risque de « deuxième vague ».

Ce rebond pourrait aussi bien survenir immédiatement après le déconfinement que longtemps après. Dans l’hypothèse – pour l’instant assez improbable – où le coronavirus refluerait cet été en raison de la chaleur, il pourrait tout à fait refaire son apparition l’hiver prochain, par exemple.

Alors quelles solutions pour éradiquer le virus ?

Si l’on vise une disparition complète du SARS-CoV-2, il faut que la population soit immunisée – c’est-à-dire que le système immunitaire des gens soit préparé à résister à une nouvelle agression du virus. Or, seules les personnes qui ont été en contact avec le virus – et qui ont survécu – ont produit les anticorps nécessaires à cette protection.

Il existe en théorie une seconde possibilité qui « force » les choses : la vaccination. On introduit une forme inactive ou atténuée du virus dans l’organisme du patient, pour stimuler ses défenses. Cela lui permet de développer une immunité sans avoir été malade :

Le problème est que nous n’avons pour l’instant pas de vaccin contre le SARS-CoV-2 – et que malgré les efforts des chercheurs, celui-ci n’arrivera probablement pas avant au moins un an. On ne peut donc compter pour l’instant que sur la protection naturelle des personnes déjà contaminées.

Heureusement, il n’est pas nécessaire que l’ensemble de la population soit immunisé pour éviter que le virus circule de manière épidémique. Selon les spécialistes, une proportion de l’ordre de 60 % à 70 % de la population pourrait suffire dans le cas du SARS-CoV-2.

C’est ce qu’on appelle l’« immunité de groupe » : au-delà d’un certain niveau de protection dans la population (variable d’une maladie infectieuse à l’autre), la diffusion du virus est efficacement freinée. C’est ainsi que de nombreuses maladies ont (presque) disparu grâce à la vaccination d’une grande partie de la population.

Se contenter d’attendre que la population atteigne le seuil de l’immunité collective est une option très risquée : cela supposerait qu’au moins 40 millions de Français soient infectés, ce qui pourrait engendrer des centaines de milliers de morts. Le Royaume-Uni et les Pays-Bas, initialement partisans de cette stratégie, s’en sont d’ailleurs récemment détournés. Dans l’Union européenne, seule la Suède mise encore sur l’immunité collective pour traverser la crise sanitaire sans imposer de confinement.

Autre problème : il n’y a encore aucune certitude sur la durée de l’immunité acquise par les personnes guéries du Covid-19. Se compte-t-elle plutôt en semaines, en mois, en années ? Il est trop tôt pour le dire, d’autant qu’il n’est pas impossible que la souche du SARS-CoV-2 mute et donc remette en cause l’immunité des personnes ayant été infectées – de la même façon que la grippe saisonnière évolue régulièrement.

Que faire si on ne peut pas éradiquer le virus ?

S’il n’est pas possible de faire complètement disparaître le virus, il reste un plan B : tenter d’en limiter la propagation et les conséquences.

  • Traiter les malades

La première solution est évidemment de rechercher des traitements pour soigner les malades. Cela aurait plusieurs intérêts :

  1. réduire le nombre de cas graves et mortels ;
  2. limiter la durée des hospitalisations, donc désengorger les hôpitaux ;
  3. utiliser des traitements « préventifs » pour réduire la charge virale dans l’organisme des malades, donc leur contagiosité.

De grands essais cliniques sont en cours pour tenter d’identifier les meilleures stratégies médicales contre le virus : la fameuse hydroxychloroquine, bien sûr, mais aussi d’autres traitements moins connus, comme le remdesivir, du laboratoire Gilead, ou le Kaletra (lopinavir et ritonavir), du laboratoire AbbVie. Les résultats ne seront toutefois pas connus avant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

  • Etaler l’épidémie

Si on part du principe qu’une grande partie de la population va de toute façon être infectée et que certains développeront des formes graves de la maladie, on peut au moins essayer d’étaler l’épidémie dans le temps, pour éviter la surcharge des hôpitaux. Plus on « aplatit la courbe », plus on soulage les services de réanimation.

Cette stratégie, c’est celle du confinement généralisé actuellement choisie par le gouvernement français et de nombreux autres pays du monde. Mais comme elle ne pourra pas durer éternellement, plusieurs pistes sont envisageables pour la suite.

  • Le « stop-and-go »

Plutôt que de prolonger le confinement pendant des mois, on pourrait alterner des périodes de confinement et des périodes de retour à la « normale ». Dans une telle logique, le confinement serait remis en place à chaque poussée de l’épidémie, pour limiter la saturation des hôpitaux. Et ce, jusqu’à ce qu’on ait trouvé un vaccin ou atteint l’« immunité de groupe ». C’est ce que les experts appellent le « stop-and-go ».

Cette seule stratégie présenterait cependant le risque de placer les populations face à une longue série de périodes de confinement. Une étude prépubliée le 24 mars par des chercheurs de Harvard estime ainsi qu’en l’absence d’autres facteurs, des mesures de distanciation sociale pourraient être nécessaires jusqu’en 2022 aux Etats-Unis.

  • Le confinement localisé

Il s’agirait de lever le confinement dans les régions qui ont passé le pic de l’épidémie et dans lesquelles les hôpitaux ne sont plus saturés. A l’inverse, le confinement sera maintenu dans les foyers actifs, où le risque de contagion est plus fort. Si la situation s’améliore nettement dans les régions les plus fortement touchées en premier, comme l’Ile-de-France et le Grand-Est actuellement, celles-ci pourraient alors figurer parmi les premières à sortir du confinement. Cette piste semble être envisagée par le gouvernement, qui travaille sur « la faisabilité d’un déconfinement qui serait régionalisé », selon Edouard Philippe. L’académie nationale de médecine l’envisage également dans un communiqué publié dimanche 5 avril.

Reste à savoir comment l’Etat pourrait contrôler les mouvements de population entre les régions, qui n’ont bien évidemment pas de postes-frontières. Dans un tel scénario, il semble probable que les transports ferroviaires et aériens seraient maintenus à un niveau très faible, pour décourager les déplacements.

  • Le confinement ciblé

L’idée serait de diviser la population en deux. On maintiendrait en confinement :

  1. les malades, pour éviter qu’ils ne transmettent le virus ;
  2. les populations les plus à risque en cas d’infection : personnes âgées et fragiles, patients souffrant de problèmes respiratoires, femmes enceintes, etc.

On « déconfinerait » :

  1. les personnes immunisées, qui ne sont plus contagieuses ;
  2. les populations les moins à risque, qui ont moins de chances de développer des formes sévères de la maladie.

Ainsi, on construirait progressivement une « immunité de groupe » en limitant le nombre de morts.

Cette stratégie, séduisante sur le papier, peut se révéler compliquée dans la pratique.

Tout d’abord, il ne faut pas sous-estimer les conséquences sociales et psychologiques d’un confinement de la population à long terme et la difficulté à le faire accepter. Mais surtout, le confinement ciblé n’est pas infaillible, car il faut bien que des soignants s’occupent des personnes isolées. Ainsi, malgré des précautions drastiques, le virus s’est largement répandu dans les Ehpad français, avec au moins 2 189 morts selon le dernier décompte, diffusé le 6 avril.

Ensuite, plusieurs exemples ont malheureusement montré qu’être jeune et en bonne santé ne garantit pas d’être complètement protégé contre les formes graves de la maladie.

Enfin, si on lève le confinement pour des porteurs sains du virus qui, faute de symptômes, ignorent qu’ils sont contagieux, ils risquent de contaminer le reste de la population.

  • Le dépistage à grande échelle avec traçage et isolement

C’est pour cela que de nombreux pays envisagent une stratégie plus fine, sur le modèle sud-coréen, qui repose sur trois piliers : dépistage massif, isolement des personnes infectées et suivi de leurs contacts.

Un dépistage à grande échelle de la population française permettrait d’identifier :

  1. les porteurs actifs du virus (qui devraient rester isolés, car contagieux)
  2. les personnes non infectées (potentiellement à risque)
  3. les personnes immunisées (qui pourraient sortir)

Reste à savoir si la France a les moyens de conduire des millions de tests – surtout qu’il faudra les réitérer à échéances régulières pour tester à nouveau les non-porteurs. A ce jour, par manque de moyens, les autorités sanitaires ont fait le choix de ne tester que les cas sévères. Il faudrait pourtant aussi le faire avec les patients ayant peu ou pas de symptômes pour mesurer l’« immunité de groupe ». Si le gouvernement ambitionne d’augmenter sensiblement le nombre de tests dans les prochaines semaines, il n’est pas certain que cela suffise.

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Le deuxième pilier consiste à mettre en place un suivi des personnes infectées. L’idée est de remonter la chaîne des contacts récents du patient pour détecter les personnes à qui il a pu transmettre le virus, afin de les dépister à leur tour ou de les isoler par précaution.

Un tel travail d’analyse des « clusters de contamination » a été conduit au cas par cas par les autorités sanitaires au début de l’épidémie, mais il est plus difficile à réaliser à grande échelle. C’est pourquoi le gouvernement envisage de proposer un « traçage numérique », par le biais d’une application mobile. Mais plutôt que d’imposer un tel système, comme l’ont fait Taïwan ou la Corée du Sud, il propose un suivi sur la base du volontariat, afin de respecter la protection de la vie privée.

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  • Le maintien des mesures de « distanciation sociale »

Même si le confinement est levé, partiellement ou complètement, il est envisageable que les mesures de distanciation sociale soient maintenues, comme l’interdiction des grands rassemblements, la fermeture des écoles ou des bars.

Il est aussi possible d’imposer le port du masque dans l’espace public, comme l’ont fait plusieurs pays d’Europe centrale.

Quoi qu’il en soit, il sera déterminant de conserver le plus longtemps possible les « gestes barrières » pour limiter les risques de contamination et le retour à « la vie d’avant » n’est pas pour tout de suite, comme a prévenu Edouard Philippe : « C’est un combat long, difficile, qui impliquera de mauvaises nouvelles, des déceptions. »

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Sur l’épidémie

*La distanciation sociale : pourquoi et comment ça marche ?

Journée mondiale du jardinage nu

Par Le 23/04/2020

Pour ceux et celles qui ont la chance immense en ce moment d'avoir un jardin :)

Un peu de détente dans ce monde agité.

Nu parmi les plantes, avec le bourdonnement des insectes qui pollinisent, en pleine discussion avec les semis, des encouragements avec ces jours de chaleur et de manque d'eau...

Les réserves d'eau de pluie sont déjà bien entamées...Et pas un nuage à l'horizon. Il n'a pas plu depuis quatre semaines...

Quand je pense à ces gens qui se sont battus pour des rouleaux de PQ, je n'ose imaginer ce qu'il en sera quand il y aura une pénurie d'eau. 

On devait passer le printemps à chercher notre prochaine maison, avec une source, au bout d'une piste en terre, sans aucun vis-à-vis, dans un silence absolu et aucune pollution lumineuse la nuit tombée... Projet suspendu. 

Alors, on s'occupe du potager de la maison, en attendant la suite...

 

L’image contient peut-être : une personne ou plus, texte, plein air et nature

Coronavirus : Professeur Raoult suite et resuite...

Par Le 22/04/2020

C'est vraiment un dossier très complexe, étrange, rempli de zones d'ombres.

Je n'ai évidemment pas la légitimité pour juger du bon droit de chacun, de ses compétences, de son honnêteté.

Je suis malgré tout amené à penser que le Porfesseur Raoult, au regard de son parcours, est une sommité dans son domaine.
Qu'il soit, semble-t-il, "border line" et peu scrupuleux quant aux méthodes académiques, son expérience ne lui en donne-t-il pas le droit ? Sans parler de l'urgence de la situation...

Quoi qu'il en soit, le Professeur Cohen et la société Pharnext se sont joints à lui. Et là aussi, le Professeur Cohen est une sommité internationale.

Un dossier passionnant et qui, s'il s'avère gagnant, va sacrément secouer le milieu. 

Enquête : Comprendre les deux mois de retard pour l’application du traitement à la Chloroquine de Didier Raoult

 

http://www.francesoir.fr/politique-france/enquete-deux-mois-de-retard-pour-savoir-si-le-traitement-la-chloroquine-de-didier

 Publié le 14/04/2020 à 15:30 - Mise à jour le 20/04/2020 à 20:36

Enquete France-Soir sur la Chloroquine

Scandale sanitaire ou polémique ?

 

Auteur(s): France-Soir: Grande Enquête Guy Courtois et Xavier Azalbert

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GRANDE ENQUETE : Comment nous avons perdu deux mois sur le fait de savoir si le traitement contre le Covid-19 proposé par le professeur Didier Raoult et son équipe fonctionne ou non ? Pourquoi il pourrait bien y avoir une commission d'enquête parlementaire sur cette affaire comme l'affirme Didier Raoult ?

Cet article est le fruit de nombreuses recherches documentaires mais également d'entretiens. Nous avons aujourd’hui acquis l’intime conviction, qu’il y a dans l'essai clinique Discovery et les autres, une véritable polémique pour ne pas dire un scandale des institutions sanitaires ! Seul un suivi précis de ce drame en 10 actes permet de le comprendre.

Acte 1 - Première volonté présidentielle.

Le 5 mars, Didier Raoult - qui n'a encore rien publié - rencontre le Président de la République à l'Elysée et lui parle de ses travaux. Le contact semble bien passer (note 1). Il semble que ce soit avant le 17 mars, que le Président de la République qui s'intéresse à la chose, demande à son ministre de la Santé Olivier Véran, de lancer les autorisations pour des essais cliniques, afin d'étudier la chloroquine sur laquelle travaille Didier Raoult (note 2).

Le professeur Didier Raoult prépublie une étude le 17 mars qui sera complétée par une deuxième le 27 mars (note 3). Les résultats prépubliés le 17 mars encouragent l’utilisation de l’hydroxychloroquine combinée à l'azithromycine contre le Covid-19. On constate une disparition du virus après 6 jours de traitement dans plus de 50 % des cas avec l'hydroxychloroquine seule et une disparition dans la très grande majorité - mais sur un échantillon très restreint - si celle-ci est associée à l'azithromycine (note 4). Toutefois, de nombreuses critiques sont faites sur l'approche méthodologique de l'étude de Didier Raoult, et de nombreuses voix s'élèvent pour dire que cette étude ne veut rien dire. Des querelles d'ordre méthodologiques apparaissent. C'est dans ce contexte, qu'il devient évident que le protocole du professeur Raoult doit être étudié avec une méthodologie à l'abris de toute critique et doit donc être inclus dans l'essai clinique Discovery.

Acte 2 - Inclusion de l'hydroxychloroquine dans Discovery.

Les chercheurs travaillant sur de l’essai clinique Discovery acceptent - semble-t-il à contrecœur - d'inclure un quatrième bras dans leur essai, sur l'hydroxychloroquine. Ainsi, l'hydroxychloroquine seule est ajoutée le 22 mars 2020 comme potentiel antiviral à l'essai clinique Discovery. Cet essai est présenté dans une conférence de presse des professeurs Bruno Lina et Florence Ader le 23 mars. Lors de cette conférence de presse, le professeur Bruno Lina explique que : « Le 4e bras est le bras hydroxychloroquine, c'est un bras qui a été rajouté un petit peu à la fois à la demande de l'OMS et de l'Etat français, pour qu'on puisse avoir des résultats fiables sur cette molécule aussi, de façon à ce que l'on sache si cela a un intérêt ou si ça n'en a pas. » La professeure Florence Ader complète en répondant à la question « N'y-a-t-il pas un emballement autour de cette molécule ? Doit-on être prudent ou au contraire espérer que cette molécule soit la solution miracle ? » de la façon suivante « Elle sera évaluée comme les autres et comparée comme les autres. C'est-à-dire que pour nous, on est sur essai pragmatique qui a pour vocation à répondre à des questions avec des arguments scientifiques solides. Par conséquent, comme toutes les autres molécules qui sont à l'essai dans cette étude, les résultats et les analyses seront extrêmement intéressants. On verra ce qu'il en est. » Elle ne fait aucune mention dans cette conférence de presse de l'azithromycine (note 5).

La chronologie des évènements semble avoir toute son importance. En effet, c'est probablement avant le 17 mars que le Président Emmanuel Macron demande que l'on étudie la chloroquine. Et c'est seulement le 17 mars que l'on comprend que la chloroquine seule a un effet limité, et que seule son association avec l'azithromycine donne des résultats significatifs. Discovery se sent donc légitime de n'étudier que la chloroquine seule, puisque c'est la demande du Président faite avant le 17 mars. Mais Discovery ne tient pas compte de la publication de Didier Raoult le lendemain qui précise qu'il faut absolument y adjoindre l'azithromycine, car les résultats sont bien meilleurs.

Acte 3 - Discovery laisse entendre qu'elle répondra rapidement à la polémique Raoult.

Les chercheurs travaillant sur Discovery laissent croire que les résultats permettront de savoir si le protocole de Raoult fonctionne ou non. Sans le dire directement, l’essai clinique Discovery insinue notamment cela, lors de la conférence de presse du lancement de l’essai que l’on peut voir en vidéo (note 5).

Par la suite, cette insinuation devient une affirmation y compris de ceux qui participent à cet essai. En conséquence, cette affirmation est reprise par un très grand nombre de médias : journaux et télévisions. C’est pourquoi, nous avons pu entendre en boucle que l’essai clinique Discovery allait nous apporter un résultat certain et cela rapidement, sur la validité ou non du protocole du professeur Raoult. Alors que des voix de nombreuses personnalités et médecins s'élèvent pour demander que l'hydroxychloroquine soit utilisée pour lutter contre le coronavirus, le ministre de la Santé Olivier Véran rappelle que les espoirs suscités par des traitements avaient parfois été déçus (note 6). Il déclare le 22 mars 2020 sur LCI : « Ce traitement s'il devait être efficace, nous le proposerions aux Français sans aucun délai », et ajoute que « plusieurs patients traités dans des hôpitaux français étaient en train de l'expérimenter (note 6). » Enfin, il ajoute « D'ici à 15 jours, nous devrions avoir des données consolidées » (note 6), ce qui si l'on fait le calcul nous amène au 5 avril.

Acte 4 - Incapacité pour Discovery de répondre à la question.

En fait, l’essai clinique Discovery ne reprend pas du tout le protocole de Raoult. Il ne peut donc pas répondre à la question de l'efficacité ou non de son traitement qui se base sur deux critères (note 7, 8) :  la combinaison de l'hydroxychloroquine et l'azithromycine (note 7, 8), et cela dès l'apparition des premiers symptômes (note 7, 8).

Didier Raoult et son équipe affirment que (note 3) : "L’hydroxychloroquine seule a une efficacité relative. Seule la combinaison des deux médicaments est vraiment efficace (note 3), a valeur de ce traitement tient au fait qu’il soit prescrit le plus tôt possible, avant que n’apparaisse une pneumopathie ; son efficacité lors d’un état grave étant limitée (note 3)."

Didier Raoult précise dans l’un des « bulletins d’informations » vidéo qu’il diffuse régulièrement depuis le début de la crise sanitaire, que : « mon protocole thérapeutique s’adresse essentiellement aux patients qui présentent des formes modérées, moyennes ou qui commencent à s’aggraver... Sur le plan thérapeutique, ce que l'on est en train de voir, c'est que les malades, au moment où ils ont une insuffisance respiratoire et qu'ils rentrent en réanimation, n'ont presque plus de virus. C'est alors trop tard pour traiter les gens avec des antiviraux » (note 9).

Or l'essai clinique Discovery ne suit pas ce protocole sur ces deux points. L’essai clinique (note 7, 8) : utilise uniquement l'hydroxychloroquine et non la combinaison des deux médicaments avec l'azithromycine (note 10), et ce sur des cas dans des situations de pathologies uniquement lorsqu’une pneumopathie est apparue et non dès l'apparition des premiers symptômes (note 10).

C’est donc une erreur d’affirmer que l’essai clinique Discovery permettra de dire si le traitement du Docteur Raoult fonctionne ou non (note 7). Pire, la façon dont cet essai clinique est conçu ne peut que fatalement aboutir à la démonstration que l’hydroxychloroquine ne fonctionne pas. Ce que dénonce d’ailleurs à la télévision très rapidement l’ancien ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy. Le 26 mars, le professeur Didier Raoult affirme dans une interview accordée au journal en ligne Marcelle, à propos de l'essai clinique Discovery et de son protocole « Si on avait envie de prouver que ça ne marche pas, on ne s’y prendrait pas autrement. Il y aura une enquête parlementaire après tout ça, et elle sera sanglante, autant que l’affaire du sang contaminé. Et ce sera pire si le gouvernement décide de refuser l’accès au médicament. » (note 11)

Il est légitime alors de se demander si les choix faits pour Discovery sont intentionnels et s'il n'y avait pas une volonté délibérée de démontrer que le traitement du professeur Raoult ne fonctionnait pas. Ou bien, si c'est l'inertie et la rapidité de l'enchainement des évènements qui n'a pas permis de reproduire le protocole du professeur Raoult. En effet, il n'y a que 6 jours entre la prépublication de la première étude de l'équipe de Didier Raoult qui a lieu le 17 mars et l'inclusion de l'hydroxychloroquine dans Discovery qui se fait le 22 mars.

Le 26 mars, dans une interview du journal Le Monde, le docteur Gilles Pialoux, infectiologue et chef du service de maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Tenon, répond à la question qui lui est posée : « Dans l’essai Discovery, pourquoi l’hydroxychloroquine n’est-elle pas associée à l’azithromycine, alors que c’est cette combinaison qui a l’air de produire les meilleurs résultats, selon le Dr Raoult ? » en affirmant que « L’hydroxychloroquine sera comparée comme les autres molécules. Ni plus ni moins » (note 12). Une telle réponse ne permet-elle déjà pas de se faire une idée sur l'intention ou non de faire un essai qui aboutirait à l'invalidation de l'étude du professeur Raoult ?

Acte 5 - Lancement de l'essai clinique Hycovid toujours sans azithromycine.

Le 31 mars est lancé l'essai en double aveugle « Hycovid » du CHU d'Angers afin de mesurer l'efficacité de l'hydroxychloroquine seule sur 1 300 malades atteints de formes moins sévères que ceux enrôlés dans Discovery. L'absence d'azithromycine est justifiée par le fait que l’association de ces deux molécules présentent un risque élevé de toxicité cardiaque. Par ailleurs, Hycovid précise : « Ils auront 75 ans et plus, population où le risque de dégradation est suffisamment élevé pour mesurer l’efficacité de l’étude. » (note 13, 14). Y-a-il une nouvelle volonté délibérée de chercher à prouver que le protocole de Didier Raoult ne fonctionne pas ? Nous ne le savons pas. A ce moment-là, le Président de la République ne semble pas être au courant, ou ne pas avoir compris le fait que les essais Discovery et Hycovid ne pourront pas répondre à la question de la validité du protocole Raoult. Il y a un doute sur le fait de savoir si le Ministre de la Santé, Olivier Véran et Jérôme Salomon le directeur général de la Santé, étaient au courant ou non de la situation.

Acte 6 - Prise de conscience du Président.

Le Président de la République est alerté de la problématique, que ce soit par son entourage, les députés ou la presse. Il faut dire que la sortie de Didier Raoult du 26 mars n'est pas passée totalement inaperçue. Par ailleurs, début avril, le Président de la République, le Premier Ministre et l’ensemble des 577 députés de l’Assemblée nationale ainsi qu'une cinquantaine de journalistes et médias reçoivent chacun une lettre par courriel détaillant et dénonçant cette problématique sur l'essai clinique Discovery, telle que décrite précédemment (note 15).

Quoi qu'il en soit, dans la foulée, probablement début avril, Emmanuel Macron exige que l'on teste immédiatement le protocole du professeur Raoult. Le 8 avril, Le Canard enchaîné écrit que « si la polémique n'a cessé d'enfler, c'est avant tout par la faute des autorités de santé, qui ont d'abord refusé d'expérimenter sur des patients en début de maladie l'association d'un antiviral, la chloroquine, avec un antibiotique, l'azithromycine. Ainsi l'étude européenne baptisée Discovery prend en compte la fameuse chloroquine mais ne la teste que sur des malades sévèrement atteints et sans y adjoindre l'antibio susnommé ». Le journal, précise que la problématique est la même pour les autres études, notamment celles menées par « les CHU d'Amiens, Tourcoing et Valenciennes qui étudient les effets de la chloroquine seule et uniquement sur les patients à risque élevé d'évolution défavorable... ». « Pour tenter de circonscrire l'incendie », Emmanuel Macron est intervenu personnellement sur le sujet. Il a ainsi ordonné de « tester de toute urgence le protocole Raoult, tel que celui-ci l'applique à Marseille » (note 16).

En conséquence, et à la demande du ministre de la Santé Olivier Véran, les CHU de Montpellier et d'Angers qui ne font pas partie de l'étude Discovery doivent expérimenter le protocole recommandé par Didier Raoult. (note 16)

Acte 7 - Le protocole Raoult enfin testé ? Pas vraiment.

Cependant, ce n'est pas si simple de changer l'essai Discovery en cours de route, ni l'essai d'Hycovid lancé le 31 mars. Toutefois, le CHU d'Angers, dans le cadre de l'étude Hycovid décide qu'il pourra aussi comme dans l'étude de Raoult tester quelques patients sous azithromycine et chloroquine, ainsi que quelques patients sous azithromycine seule, cas qui n'était pas étudié dans la première étude de Raoult. On peut donc affirmer que le test du protocole Raoult reste tout à fait à la marge de l'étude Hycovid (note 13).

Suite à la demande présidentielle, il est par ailleurs décidé de lancer en toute urgence un nouvel essai clinique dans d'autres CHU. Ainsi, le 10 avril 2020, le CHU de Montpellier annonce le lancement d’un essai randomisé, Covidoc, indépendamment des essais Discovery et Hycovid, pour tester l’efficacité de la bithérapie « hydroxychloroquine + azithromycine », comparativement à l’hydroxychloroquine seule, sur 150 patients qui présentent une pneumonie justifiant une hospitalisation (note 17, 18). Nous pouvons toutefois remarquer qu'il ne s'agit donc pas à nouveau tout à fait du même protocole que celui de Didier Raoult, puisqu'il ne prend en charge que les personnes justifiant une hospitalisation, alors que Raoult traite aussi les cas asymptomatiques ou ne nécessitant pas d'hospitalisation.

Acte 8 - La presse s'empare progressivement du sujet.

Le 2 avril puis le 4 avril, le professeur Christian Perronne dénonce la problématique dans Marianne (note 7) puis dans France-Soir (note 8) en disant que l’essai clinique Discovery manque d’éthique en ne suivant pas le protocole et en laissant croire qu’il sera capable de donner des résultats sur la validité ou non de ce protocole. Il affirme notamment : « Quant au test "Discovery", il ne prend pas en compte le protocole du professeur Raoult (hydroxychloroquine et azithromycine dès l'apparition des premiers symptômes), mais uniquement l'hydroxychloroquine, et ce sur des cas dans des situations de pathologies aggravées. Pour cela, ce test fait preuve d'absence d'éthique. On leur dit qu'ils vont être tirés au sort, et éventuellement ne pas être traités, tout en connaissant très bien les chiffres de mortalité élevés de cette maladie. »

Le 9 avril, Jérôme Salomon, directeur général de la Santé se voit poser une question lors de son point de situation télévisé sur le Covid-19 : « Parmi l'ensemble des études menées en France et en Europe, y-a-t-il une étude qui reprenne exactement le protocole mis en place par le docteur Raoult de IHU de Marseille ? ». Il répond : « Cette proposition est reprise dans de nombreux bras de protocoles internationaux et de protocoles français. Nous aurons, à l'issue de ces essais thérapeutiques bien menés, des résultats positifs ou négatifs. » (note 19) Or, il n'en est encore rien le 9 avril, puisque Covidoc est lancé le lendemain. A moins qu'il ne considère que les études Discovery et Hycovid soient capables de répondre à la question? Ce qui n'est pas le cas, nous l'avons vu.

Le 10 avril, le journal Libération rédige un article spécifiquement sur ce sujet, intitulé : « Est-il vrai que l'essai clinique Discovery ne permet pas de tester le protocole du professeur Raoult ? » Le journal confirme que l’essai Discovery ne porte pas sur ces cas, asymptomatiques à modérés, chez des personnes sans facteurs de risque et qude Discovery teste l’hydroxychloroquine seule, et non pas en combinaison avec l’azithromycine (note 20).

Les auteurs de l'essai clinique Discovery sont questionnés de toute part et tentent tant bien que mal eux aussi d'éteindre l'incendie. Ils se défendent comme ils peuvent (note 20), mais leurs explications sont difficilement acceptables par l'opinion publique qui prend conscience du problème. Selon le professeur Perronne, « interrogés sur l’absence d’association de l’hydroxychloroquine avec l’azithromycine, les investigateurs de l’étude, en bons élèves des canons de la méthodologie, répondent qu’il ne faut évaluer qu’un seul médicament à la fois et que si, à la fin de l’étude, l’hydroxychloroquine marche, on fera une nouvelle étude pour démontrer le bienfait de l’association. Ça signifie des résultats dans deux à trois mois. » (note 8)

Acte 9 - Eteindre l'incendie !

Le Président doit agir vite, s'il veut « éteindre l'incendie », pour reprendre les termes du Canard enchaîné. Et ce d'autant plus qu'un sondage souligne la popularité de Didier Raoult (note 21) et que de nombreuses personnalités prennent parti pour un assouplissement des règles de prescriptions de l'hydroxychloroquine liée à l'azithromycine, notamment Philippe Douste-Blazy dans sa pétition en ligne sur Change.org (note 22). Par ailleurs, le scandale du manque de masques fait rage, suite à la sortie le 2 avril de l'article de Mediapart "Masques : les preuves d’un mensonge d’Etat" (note 23). Il ne faudrait pas ajouter un nouveau scandale.

Le Président de la République doit agir vite, nous l'avons vu, et décide à la surprise de tous de rendre visite - le 9 avril dans la même journée - aux représentants de l'essai clinique Discovery le matin et à Didier Raoult l'après-midi, c'est-à-dire aux deux protagonistes principaux de la polémique naissante sur les essais cliniques. C'est l'occasion pour Didier Raoult de lui présenter en exclusivité sa nouvelle étude portant sur plus de 1000 patients (note 24). Tous les médias se font l'écho de cette visite à Marseille auprès de Didier Raoult. Toutefois, probablement afin de ménager tout un chacun, ou encore de ne pas se dédire, l'Elysée a insisté sur le fait que cette rencontre ne représentait pas « une reconnaissance » de la méthode du professeur Raoult (note 25). Les médias mettent en avant qu'il consulte tous les spécialistes du Covid-19 comme le président l’a confirmé dans son allocution du 13 avril 2020.

« J’ai tenu moi-même à comprendre chacune des options possibles, à m’assurer que tout était essayé dans les meilleurs délais et avec rigueur » Emmanuel Macron 13 avril 2020.

C'est bien joué de la part du Président de la République car la popularité de Didier Raoult reste au beau fixe.

Mise à jour : Le 16 avril dans un interview à RFI, le president confirme l'objet de sa visite à Marseille:

« Mon role, et c'est ce que j'ai fait en me rendant chez le Pr Raoult c'est de m'assurer que ce sur quoi il travaille, et c'est vraiment une de nos plus grandes sommités en la matière, rentrait bien dans le cadre d'un protocole d'essai clinique, qu'on pouvait aller vite pour s'assurer, en tout cas regarder, avec des méthodes qui doivent être simples mais rigoureuses, si ça marchait ou ne marchait pas ".

Acte 10 - Deux mois de perdus... pour des querelles d'égo ?

Alors, le traitement proposé par le professeur Raoult est-il efficace ? Il faudra attendre probablement encore plusieurs mois avant d'en avoir la réponse, comme le souligne le professeur Christian Perronne dans France-Soir (note 8). Nous devions avoir les résultats début avril, si l'essai Discovery avait immédiatement repris le protocole du professeur Raoult. Or apriori, les résultats définitifs de l'essai qui se rapproche le plus du protocole du professeur Raoult, à savoir l'essai clinique Covidoc, ne sont attendus que fin mai (note 18).

Toute cette triste histoire nous a donc fait perdre deux mois. Or en cas de crise pandémique telle que celle que nous vivons, deux mois c'est considérable. Car, à supposer qu'effectivement la solution proposée par Didier Raoult et son équipe fonctionne, alors en deux mois, nous aurions pu faire tant de choses. Nous aurions pu préparer très rapidement toute la production et la logistique pour une distribution massive du traitement. Nous aurions pu sauver de nombreuses vies. Nous aurions pu permettre d'entrevoir et d'avoir une fin de confinement rapide. Nous aurions pu soulager psychologiquement  la population en lui disant qu'il existait un traitement efficace. Nous aurions pu apporter cette solution à d'autres pays, notamment ceux les moins armés comme en Afrique et en Amérique Latine. Nous aurions pu tant de choses, mais encore aurait-il fallu que nous sachions avec une totale certitude, si ce traitement fonctionne ou non. Et si la réponse était que ce traitement ne fonctionne pas, alors nous aurions pu clore rapidement cette polémique une fois pour toute.

Alors, « polémique » ou « scandale » ?

Sans doute, l'avenir nous le dira. Mais une chose est certaine : si jamais le traitement proposé par Didier Raoult se révélait être efficace, alors les institutions sanitaires auront le devoir d'expliquer pourquoi tant de temps a été perdu. Et si jamais il est démontré que la cause de ces retards se trouve dans « des querelles d'égo » pour reprendre les termes du professeur Perronne (note 7), alors oui, nous pourrons parler d'un « scandale des autorités sanitaires ». Ce serait pire s'il était démontré que de possibles connivences avec des laboratoires pharmaceutiques aient pu influer certains choix protocolaires et l'orientation des essais, comme l'affirment déjà certains (note 26). L'ouverture d'une enquête parlementaire deviendrait alors inévitable. Comme le laissait entendre Didier Raoult lui-même, à propos de l'essai clinique Discovery : « Il y aura une enquête parlementaire après tout ça, et elle sera sanglante. » (note 11)  Voici alors les questions auxquelles cette commission d'enquête devrait répondre :

1. Pourquoi les essais clinique Discovery et Hycovid n’ont-t-il pas pris en compte immédiatement le protocole du Docteur Raoult ?

2. Quelles personnes ont pris ces décisions et comment les justifient-elles ?

Nous pourrions ajouter deux questions à l'attention du gouvernement, compte-tenu de ces deux mois de retard : 

  1. Ne devrions-nous pas commander tout de suite des millions de médicaments, afin d'être « logistiquement » déjà prêts à les distribuer le jour où nous aurons une réponse certaine ? Quitte à ne pas les utiliser compte-tenu de leur coût négligeable, si la réponse s'avérait négative.
  2. Ne devrions-nous pas tout de suite laisser tous les médecins hospitaliers libres de prescrire cette combinaison dès qu’une personne est positive, compte-tenu du calcul risque / bénéfice et, comme cela a été proposé par de nombreux médecins, y compris l'ancien ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy (note 22) ? Voire pourquoi pas à tous les médecins généralistes ?

Pour reprendre Plenel, face à « l'impéritie » des autorités sanitaires, 

« nous ne faisons pas silence et nous défendons le droit de savoir. » (note 27)

Références 

  1. Arthur Berdah et Marcelo Wesfreid, « De Marseille à l’Élysée, comment Didier Raoult a séduit la classe politique », Le Figaro,‎ 1er avril 2020 
  2. « Rubrique "Le plus lu de la semaine", Comment le président s'est décidé sur la chloroquine », Valeurs Actuelles,‎ 2 au 6 avril 2020
  3.  Didier Raoult et al., « Clinical and microbiological effect of a combination of hydroxychloroquine and azithromycin in 80 COVID-19 patients with at least a six-day follow up: an observational study », IHU-Méditerranée Infection, Marseille, France,‎ 27 mars 2020 
  4. François Mallordy, « Hydroxychloroquine contre Covid -19 : l’étude qui redonne espoir », egora.fr,‎ 21 mars 2020 
  5. Bruno Lina et Florence Ader, « Conférence de presse video, sur l'essai clinique Discovery contre le Covid-19 », HCL. Citations à la 7e et 19e minutes de la vidéo,‎ 23 mars 2020 
  6. Reprise Reuters, « Coronavirus : un essai clinique européen débute avec notamment la chloroquine », Le Figaro,‎ 22 mars 2020 
  7. Etienne Campion et Christian Perronne, « Les tirs de barrage reçus par Didier Raoult sont aussi liés à des querelles d'égos », Marianne,‎ 2 avril 2020 
  8. Christian Perronne et Xavier Azalbert, « En temps de guerre, la vision de la médecine doit s’adapter, avant qu’il ne soit trop tard », France-Soir,‎ 4 avril 2020 (lire en ligne)
  9. Barthélémy Philippe, « La chloroquine a bien été autorisée pour le coronavirus, mais seulement dans les cas graves », Capital,‎ 27 mars 2020 )
  10. Communiqué de presse, « Lancement d’un essai clinique européen contre le Covid-19 », Inserm,‎ 22 mars 2020 
  11. Hervé Vaudoit et Paul Molga, « Covid-19 – Entretien avec celui qui est au cœur des polémiques : Didier Raoult », Marcelle,‎ 26 mars 2020 
  12. Quatre questions d’internautes… au docteur Gilles Pialoux, infectiologue et chef du service de maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Tenon, à Paris, sur l’hydroxychloroquine, « Coronavirus : « L’hydroxychloroquine sera comparée comme les autres molécules. Ni plus ni moins » », Le Monde,‎ 26 mars 2020 
  13. CHU d'Angers, « Etude Hycovid – Foire Aux Questions (FAQ) », Communiqué de presse, Consulté le,‎ 12 avril 2020 
  14. Antoine Jeuffin, « Coronavirus : une nouvelle étude clinique sur l'efficacité de la chloroquine lancée en France », France Bleu,‎ 1er avril 2020 
  15. Retours personnels de plusieurs députés de l'Assemblée nationale
  16. « Le protocole Raoult enfin testé », Le Canard enchaîné,‎ 8 avril 2020, p. 2
  17. Rédaction, « Coronavirus. Occitanie : un essai pour lever les polémiques sur l’hydroxychloroquine piloté du CHU de Montpellier », actu.fr,‎ 10 avril 2020 
  18. Géraldine Woessner, « Ce nouvel essai qui pourrait clore la polémique sur le professeur Raoult », Le Point,‎ 12 avril 2020 
  19. Jérôme Salomon, « Point de situation sur le COVID-19 télévisé, à la 15e minute », AFP,‎ 9 avril 2020 
  20.  Florian Gouthière, « Est-il vrai que l'essai clinique Discovery ne permet pas de tester le protocole du professeur Raoult ? », Libération,‎ 10 avril 2020 
  21. Élodie Forêt et Olivier Bénis, « Sondage coronavirus : pour les deux tiers des Français interrogés, le gouvernement n'est pas à la hauteur », France Inter,‎ 27 mars 2020 
  22. Philippe Douste-Blazy et Christian Perronne (COLLECTIF 3 AVRIL), « Traitement Covid-19: ne perdons plus de temps ! #NePerdonsPlusDeTemps », Change.org,‎ 3 avril 2020 
  23. Yann Philippin, Antton Rouget et Marine Turchi, « Masques : les preuves d’un mensonge d’Etat », Mediapart,‎ 2 avril 2020 
  24.  Didier Raoult et al., « Abstrat - Prépublication d’une étude portant sur plus de 1000 patients », IHU-Méditerranée Infection, Marseille, France,‎ 27 mars 2020 
  25. « Coronavirus : Didier Raoult revient sur la visite d'Emmanuel Macron », Le Figaro,‎ 10 avril 2020
  26. François Asselineau, « "Je pense qu’il (E.Macron) est complètement à l'Ouest !" - Les Incorrectibles, à la 15e minute », Sud Radio,‎ 12 avril 2020 
  27. Edwy Plenel, « Masques : ce que révèle l’enquête de Mediapart », Vidéo de Mediapart,‎ 3 avril 2020 
  28. Remerciement à de nombreux contributeurs de Wikipédia

Auteur(s): France-Soir: Grande Enquête Guy Courtois et Xavier Azalbert

"Tous surveillés"

Par Le 22/04/2020

 

 

“Tous surveillés” sur Arte :

 

“Attention à cette société du tout-sécuritaire qui se dessine !”

  • Olivier Tesquet
     Olivier Tesquet
  • Publié le 21/04/2020. Mis à jour le 22/04/2020 à 11h11.
Caméras de surveillance et reconnaisance faciale, Tous surveillés : 7 milliards de suspects

Avec “Tous surveillés : sept milliards de suspects”, sa glaçante enquête diffusée sur Arte ce mardi 21 avril, le réalisateur Sylvain Louvet nous met en garde contre le développement de technologies de plus en plus intrusives. Des outils qui mettent en danger nos libertés. Et la pandémie actuelle n’arrange rien. Entretien.

Dans Tous surveillés : sept milliards de suspects, son redoutable documentaire sur la banalisation de dispositifs techniques toujours plus prédateurs de nos libertés, le réalisateur Sylvain Louvet compare le risque sécuritaire, invisible, permanent, alimenté par les politiques et les industriels, à un virus. Alors que le Covid-19 affaiblit les corps en même temps que les défenses immunitaires de nos démocraties, son film devient étrangement prophétique : non seulement la surveillance est partout, mais chacun peut désormais la voir se matérialiser dans son environnement intime, au nom de l’urgence sanitaire.

Cette industrie, dont le poids se chiffre à quarante milliards de dollars, possède une particularité : elle craint la lumière, et à la pénombre, préfère encore l’opacité. Particulièrement prisées par les régimes autoritaires et dictatoriaux, les technologies les plus intrusives se frayent aujourd’hui un chemin jusque dans nos démocraties occidentales, au nom d’une faim jamais rassasiée de sécurité. Sous nos latitudes, des élus s’en félicitent en répétant les promesses des brochures commerciales dont ils sont abreuvés ; en Chine, nouvel épicentre de l’innovation technologique, ce nouvel arsenal renforce un peu plus un quadrillage policier toujours plus serré. Y compris contre les journalistes un peu trop curieux.

Votre film navigue entre la France et la Chine, en passant par Israël. Comment s’empare-t-on d’un sujet aussi insaisissable que la surveillance ?
Sylvain Louvet :
 Je m’étais déjà rendu plusieurs fois en Chine, et j’avais pu observer à quel point Xi Jinping cherche à exporter son savoir-faire en matière de contrôle social, à travers notamment cette doctrine des nouvelles routes de la soie, version numérique. Quand il a transformé le Xinjiang, cette région à majorité musulmane, en laboratoire grandeur nature de la surveillance, je me suis dit qu’il y avait matière à un film.

Les touristes font la queue pour le mausolée de Mao sous un poteau contenant 11 caméras de surveillance, à Pékin, le 18 avril 2018.

On croit à tort qu’il s’agit d’un horizon lointain

Mais ça m’intéressait de partir de chez nous, pour montrer qu’un véritable mouvement de fond est enclenché au niveau mondial. En voyant fleurir les expérimentations de reconnaissance faciale en France, les détecteurs d’émotions à Nice, les capteurs de sons suspects à Saint-Étienne, j’ai voulu alerter le public sur cette société du tout-sécuritaire qui se dessine. On croit à tort qu’il s’agit d’un horizon lointain, alors que les films de science-fiction des années 90 n’ont jamais semblé aussi proches de la réalité. Dans ce modèle, pas besoin de 300 000 agents derrière des ordinateurs : comme dans le panoptique décrit par le philosophe britannique Jeremy Bentham à la fin du XVIIIe siècle, les gens modifient d’eux-mêmes leur comportement.

Ce qui caractérise ce “marché de la peur”, c’est la vitesse de son expansion, au nom d’une innovation permanente. Où arrêter son enquête ?
J’ai écrit le sujet il y a deux ans, et l’enquête a pris environ un an. Il y a tellement d’exemples qu’on aurait facilement pu tourner deux ou trois films. Dans cette course à l’armement technologique, j’ai choisi de m’arrêter à la 
Plateforme intégrée d’opérations conjointes (Ijop), l’application utilisée par la police pour surveiller les Ouïgours au Xinjiang, en les classant par degré de suspicion pour les envoyer dans des camps de rééducation. C’est, comme aurait pu le décrire Orwell, le cas d’école d’une population qui disparaît sous l’invasion des technologies de surveillance. À mes yeux, l’Ijop est ce qui se fait de plus intrusif et de plus liberticide aujourd’hui.

Justement, comment avez-vous pu tourner au Xinjiang, qui est probablement la région la plus surveillée au monde ?
La filature a commencé avant. Je tenais à un visa presse, qui nous rendait visibles mais offrait aussi une protection. J’ai dit que je voulais faire un film sur l’intelligence artificielle et son utilisation à des fins sécuritaires. J’ai dû me faire inviter par des entreprises chinoises ; on m’a demandé mon parcours. Au bout de la première semaine de tournage, on a commencé à être suivis par la police, après avoir filmé un bâtiment d’État à Rongcheng, au sud-est de Pékin. On a été pris en photo par des officiels, et, à partir de là, on ne nous a plus lâchés. Des agents dormaient sur le parking et dans le hall de l’hôtel. On a vu des policiers sortir de nos chambres, on a été interpellés dans la rue et on nous a finalement demandé de quitter la région, en nous filochant jusque dans l’avion.

IMAGE SATELLITE D'UN CAMP REEDUCATION POUR OUIGHOURS AU XINJIANG.

“Au Xinjiang, un dixième de la population a été déporté dans un camp, c’est un véritable ethnocide culturel”

On a repris le tournage dans une autre région, on a de nouveau été suivis, et lorsqu’on est arrivés au Xinjiang, ça s’est resserré. Comme j’avais une petite expérience des terrains sensibles, notamment parce que j’ai enquêté sur les services secrets turcs, j’ai tout de suite mis en place un système de sauvegarde un peu particulier pour protéger nos images. Au Xinjiang, les citoyens ouïghours ont à cœur de parler de ce qui se passe. Un dixième de la population a été déporté dans un camp, c’est un véritable ethnocide culturel, tout le monde a un parent enfermé. Mais, dans le même temps, beaucoup de Chinois ne savent même pas ce qu’il se passe là-bas, puisqu’on leur répète qu’il s’agit d’une politique antiterroriste.

Est-il possible de recueillir des témoignages dans ces conditions ? Dans le film, votre chauffeur disparaît mystérieusement
Nous pensions être en sécurité à l’intérieur de la voiture. Après sa disparition, on nous a dit qu’il avait été interrogé par la police, mais qu’il allait bien. Pourtant, quelques semaines plus tard, tous nos interlocuteurs nous ont rayés de la liste de leurs contacts sur les réseaux sociaux chinois. Il a fallu s’assurer que les gens qu’on rencontrait avaient bien conscience du risque. On s’est par exemple interdit les rencontres dans des cafés ou d’autres lieux publics, infestés de caméras. On a également minimisé les risques en restant une semaine sur place, afin de ne pas trop attirer l’attention.

Quand on est un journaliste occidental là-bas, on est radioactif, et il a fallu choisir un fixeur sinophone n’ayant pas la nationalité chinoise, pour ne pas le mettre en danger. Cela a été éprouvant jusqu’au bout, puisque les autorités nous ont convoqués au commissariat une heure et demie avant de prendre l’avion. On leur a dit qu’on avait le droit de partir ; j’ai glissé la carte mémoire dans ma chaussette, on a sauté dans un taxi, direction l’aéroport.

“Comme un virus, la peur des attentats se propage”, nous dit la voix off au début du film. Quel regard portez-vous sur la pandémie et le risque qu’elle fait peser sur nos libertés ?
Quand cette image du virus de la surveillance a surgi en salle de montage en octobre, je n’imaginais pas un seul instant vivre une situation comme celle à laquelle nous faisons face aujourd’hui. L’irruption de cette pandémie fait vraiment écho à mon film car il se passe très exactement ce qu’on y décrit.

Des policiers et des opérateurs de CSU, travaillent sur un système de projection vidéo, au Centre de contrôle de la surveillance urbaine (CSU) le 26 avril 2016 à Nice.

“La pandémie est un levier encore plus puissant que le risque terroriste”

Le schéma est toujours le même : les États justifient les dispositifs de surveillance par la nécessité de protéger les citoyens d’une menace. Ceux-ci sont déployés à titre dérogatoire ou préventif. Or, dès que surgit un attentat ou un virus, le verrou saute et les technologies sont généralisées. On l’a vu avec le Patriot Act aux États-Unis après le 11 Septembre, ou avec l’état d’urgence chez nous. L’adhésion se fait par la peur, et ce que je trouve terrifiant, c’est que la pandémie est un levier encore plus puissant que le risque terroriste. Il suffit de voir à quel point les Français seraient prêts à accepter l’installation d’une application intrusive pour sortir du confinement.

Déconfinement chez McDO

Par Le 22/04/2020

Je vais me retenir de dire ce que j'en pense...

Vous avez rêvé d'un autre monde.

Alors, il va falloir le faire sans eux.

Et je sais qu'il en sera de même avec la réouverture des grandes enseignes d'achat.

Des achats inutiles mais grâce auxquels ces gens vont se sentir "revivre".

Il y a des jours où je suis considérablement écoeuré.

Si seulement le covid pouvait choisir intelligemment ces cibles...

 

 

 

Coronavirus : Zoonose (2)

Par Le 20/04/2020

Pourquoi nos modes de vie sont à l’origine des pandémies

 

https://www.lemonde.fr/planete/video/2020/04/19/pourquoi-nos-modes-de-vie-sont-a-l-origine-des-pandemies_6037078_3244.html

 

VIDÉO Déforestation, pression sur la biodiversité, mondialisation des échanges, consumérisme… de très nombreuses actions humaines participent à l’émergence et à la propagation des épidémies.

Par Marc Bettinelli Publié hier à 09h00

Si l’épidémie de Covid-19 provoque des retentissements inédits, il ne s’agit pas de la première pandémie que connaît l’humanité. L’Histoire récente a notamment été marquée par les grippes aviaires ou le Sida. Toutes ces maladies ont un point commun : ce sont des « zoonoses ». C’est-à-dire des maladies qui se transmettent de l’animal à l’homme.

Alors, comment expliquer que des virus, souvent issus de la vie sauvage, puissent nous contaminer ainsi de manière récurrente ? Pour un nombre croissant de scientifiques, la faute incombe aux humains eux-mêmes, qui, à travers leur développement, bouleversent les écosystèmes.

Sources :

Global trends in emerging infectious diseases (2008)

Global hotspots and correlates of emerging zoonotic diseases (2017)

Evaluation des ressources forestières mondiales, FAO (2015)

A Strategy To Estimate Unknown Viral Diversity in Mammals (2013)

Emergence de maladies infectieuses, risques et enjeux de société (2016)

Les maladies infectieuses émergentes : état de la situation et perspectives (2011)

Marc Bettinelli

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