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Coronavirus : Aurélien Barrau

Par Le 20/04/2020

Clair et net

Nous ne sommes pas "en croissance", comme le disent les économistes mais "en destruction".

Cette crise, je l'ai déjà écrit ici, est une opportunité de transformation.

Il n'est pas juste de vouloir revenir à "la vie d'avant", il serait même totalement fou de chercher à retrouver ce monde alors que cette crise sanitaire est une alerte bénéfique, salutaire.

Salutaire, c'est à dire qu'elle contient dans les réflexions et les actes à venir, le salut de l'Humanité et la vie de millions d'espèces animales et végétales.

Il est absurde d'ailleurs de se concentrer sur la gestion politique de cette crise. Oui, on peut trouver mille critiques à formuler.

Il aurait mieux valu formuler des critiques avant qu'elle ne survienne. Et mieux encore, il aurait mieux valu changer nos modes de vie avant de donner à ce virus le terrain idéal pour se propager. 

Une population mondiale considérablement affaiblie sur le plan de son système immunitaire. Surbouffe, stress, gaspillage gigantesque aussi effroyable qu'un pillage. 

Nous avons vécu depuis des décennies comme aucune espèce vivante ne le fait. Des pilleurs avides, inconsidérés, hallucinés.

Il ne faut pas revenir au monde d'avant.

Il faut le bannir.

Et en construire un autre.


Compter sur les instances politiques serait une aberration totale. Elles ne veulent pas de notre changement. Elles feront tout pour que rien ne change réellement.

C'est nous, individus, dans notre liberté d'agir et de nous organiser, qui devont prendre les choses en main. 

 

 

 

 

Coronavirus : Pétition

Par Le 20/04/2020

https://www.change.org/p/emmanuel-macron-pour-un-acc%C3%A8s-responsable-%C3%A0-la-nature-en-p%C3%A9riode-de-confinement?

Pour un accès responsable à la nature en période de confinement

 

Billy FERNANDEZ a lancé cette pétition adressée à Emmanuel Macron (Président de la République française.)

#RestezChezVous

Nous prenons très au sérieux l’épidémie de Covid-19, qui a déjà fait plus de 130 000 morts dans le monde, plus de 17 000 en France, et en fera certainement beaucoup plus. Nous sommes par ailleurs conscients de la situation de tension qui demeure dans certains hôpitaux.

Mais, alors qu'en Allemagne, la pratique responsable des sports et activités de plein air est autorisée pendant le confinement, et a même été encouragée dès sa première allocution par la chancelière Angela Merkel, en France ces activités sont interdites, et les moyens mobilisés pour faire respecter cette réglementation dans les espaces naturels sont considérables (hélicoptères, drones, quad, motocross etc).

Pourtant, ces interdictions ne reposent sur aucun critère de sécurité sanitaire. En effet, se promener dans la nature ne porte pas atteinte aux règles de distanciation sociale et ne conduit pas à une augmentation des accidents.

En revanche, elles portent préjudice à notre santé physique et mentale. De nombreuses études médicales démontrent l’effet bénéfique du contact avec la nature sur le stress, l’anxiété, ou encore la dépression. Il est aussi démontré que cet effet bénéfique se répercute sur le système immunitaire et sur les comportements d’addictions (alcool, tabac, anxiolytiques, psychotropes) et probablement même sur les violences familiales.

Par ailleurs, en favorisant la motivation à « bouger » dans un environnement naturel agréable (beauté, silence, odeurs), ces activités permettent de lutter contre la morbidité liée à la sédentarité (prévention des maladies cardiovasculaires, obésité, diabète, insuffisance veineuse, douleurs articulaires, mal de dos, etc.) inhérente au confinement.

Monsieur le Président de la République, nous vous demandons de modifier le décret n° 2020-293 du 23 mars 2020 qui instaure le confinement jusqu’au 11 mai au moins, afin d'autoriser l’accès aux espaces naturels, à condition de respecter strictement les règles de distanciation sociale, et exclusivement pour les activités qui ne présentent objectivement pas plus de risque que des activités domestiques ou de jardinage. Nous laissons le soin aux autorités de définir ce cadre, y compris en prévenant  d'éventuelles surfréquentations dommageables pour la faune, la flore et les milieux.

Oui #RestonsChezNous, mais restons aussi en contact avec la #Nature

Billy FERNANDEZ, Accompagnateur en montagne

Dr Solène PETITDEMANGE, Médecin généraliste

 

Coronavirus : "Autorisé / Interdit

Par Le 20/04/2020

C'est clair que si je vais en forêt, je ne fais pas tourner l'économie du pays. Ok. 

Mais en quoi est-il logique de l'interdire ? 

D'ailleurs, je suis à la retraite et mon objectif prioritaire au regard de la consommation, c'est de ne rien dépenser.

Donc ? 

Parce qu'il y a des citadins qui vont courir dans les parcs ou s'asseoir en groupe dans l'herbe, moi, je n'ai plus le droit d'aller en forêt, tout seul, ou avec Nathalie, alors qu'on vit en vase clos depuis des années ?...

Il arrive un moment où la désobéissance devient incontournable.

C'est bon, maintenant, je désobéis. 

Je ne vais plus me contenter de faire le tour habituel en partant de la maison.

On va élargir le périmètre...

Pour notre propre santé puisqu'il est prouvé que le sport modéré contribue au système immunitaire. 

D'autre part, au regard de tout ce que je lis dans les revues scientifiques, ce virus est là pour longtemps, voire très longtemps, voire même définitivement. Il se fiche totalement des températures élevées de l'été à venir et l'immunité collective, il faudra des mois ou des années pour y parvenir.

Il est fort probable que nous soyons entrés dans un mode de vie très particulier. 

Le secteur touristique va être considérablement impacté...

Mais en montagne, ça fait des années que là où on marche, il n'y a quasiment personne. On a fait des sorties de dix heures pendant lesquelles nous étions absolument seuls. Et même si on venait à croiser quelqu'un, il est toujours possible de s'éloigner. 

Alors les interdictions citadines, ça va bien un moment. 

Ici, c'est la montagne.

Et on y retourne. 

L’image contient peut-être : plein air, texte qui dit ’Autorisé Interdit’

Coronavirus : Les masques...

Par Le 20/04/2020

Il y a vraiment quelque chose qui ne va pas dans ce pays...

C'est juste hallucinant...

Je ne sais pas quoi en penser. 

Mais ce qui est clair en tout cas, c'est qu'un "bordel" pareil, ça ne me semblait quand même pas possible.

Et il est certain que ça va laisser des traces un sacré bout de temps.

La confiance dans les instances politiques étaient déjà très, très minces mais alors maintenant, ça devient aussi épais qu'une pelure d'oignon. 

Les pharmacies ne sont plus autorisées à vendre de masques de protection au grand public.

Les pharmacies ne sont plus autorisées à vendre de masques de protection au grand public. — FRANCK FIFE / AFP
  • Ce lundi, sur le plateau de Jean-Marc Morandini, un pharmacien d’Ile-de-France s’est plaint de ne pas pouvoir vendre des masques de protection au grand public, alors même qu’il serait possible pour les citoyens d'en acheter par d'autres biais.
  • Un décret daté du 3 mars dernier interdit en effet aux officines la vente de masques aux personnes ne travaillant pas dans le domaine de la santé.
  • Cette mesure a été prise pour répondre à la pénurie de masques censés protéger les personnels de santé, qui se retrouvent en première ligne face à l’épidémie de Covid-19. Analyse.

La vidéo, virale sur les réseaux sociaux, a beaucoup fait réagir : invité sur le plateau de Jean-Marc Morandini sur CNews ce lundi, un pharmacien d’Ile-de-France évoque l’impossibilité pour ses confrères et consœurs de vendre des masques au grand public, leurs stocks étant toujours réservés aux personnels de santé.

 

« Le pharmacien est capable d’équiper la population, il y a 22.000 pharmacies en France et on n’a pas le droit de vendre de masques…, se désole-t-il. Je peux m’approvisionner en masques sans l’aide de l’Etat, la majorité des pharmaciens peuvent le faire, il y a des réseaux, on a des filières, mais on n’a même pas le droit d’en acheter. »

FAKE OFF

La situation dénoncée sur CNews par Bruno Fellous est effectivement toujours d’actualité. Dans le cadre de sa politique de réquisition de masques destinée à équiper les personnels de santé, le gouvernement a interdit aux pharmacies par décret, le 3 mars dernier, la vente au grand public de masques de protection, dans un contexte de pénurie. Leurs stocks étant ensuite donnés aux professionnels de santé qui les redistribuent à leur tour aux malades.

Face aux demandes répétées de leurs clients, les pharmaciens français, en lien direct avec la population, sont contraints de se justifier à longueur de journée. « A cela s’ajoute, et nous le déplorons, les agressions verbales devant l’impossibilité de pouvoir donner une suite favorable à ces diverses demandes, expliquaient récemment Gaëlle Cattoz et Olivier Bories, de l’Ordre des pharmaciens du Lot, à La Dépêche. C’est devenu un acharnement qui nous empêche de travailler dans des conditions sereines. Il est donc inutile de continuer à appeler le pharmacien et son équipe officinale pour trouver des masques parce que nous n’avons rien à vous proposer. »

 

Est-il vrai que les pharmaciens ont l'interdiction de vendre des masques de protection ?

 

Par Jacques Pezet 

A Paris, le 21 mars.
A Paris, le 21 mars. Photo Franck Fife. AFP

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Les pharmaciens s'exposent à six mois de prison ou 10 000 euros d'amende s'ils vendent des masques au public. Ces protections ne peuvent être délivrées qu'aux professionnels de santé.

Question posée par Pierre le 14/04/2020

Bonjour,

Votre question fait référence à un coup de gueule passé par le pharmacien Bruno Fellous et la médecin Martine Perez, le 13 avril sur CNews dans l’émission de Jean-Marc Morandini. Les deux professionnels de santé critiquent le fait qu’en France, «on n’a pas le droit de vendre des masques» alors que les pharmaciens pourraient s’approvisionner grâce à leurs propres réseaux et que leurs clients leur réclament ces outils de protection obligatoires dans d’autres pays.

C’est vrai : en France, les pharmaciens ne peuvent pas vendre de masques de protection. Comme l’explique le ministère de la Santé sur son site : «Afin de préserver les ressources en masques de protection dans le cadre de la lutte contre le Covid-19, le Premier ministre a réquisitionné par décret du 3 mars l’ensemble des stocks et productions de masques sur le territoire national.» D’autres décrets ont précisé les modèles de masques respiratoires et antiprojections visés et indiquent que cette mainmise «est applicable, jusqu’au 31 mai 2020, à l’ensemble du territoire de la République».

Interdiction de vendre des masques chirurgicaux ou FFP2

En pratique, comme l’explique l’Ordre des Pharmaciens sur son site, les pharmacies sont approvisionnées en masques chirurgicaux et FFP2 issus du stock d’État. Mais ces masques sont délivrés uniquement et gratuitement aux professionnels de santé, qui en obtiennent un nombre hebdomadaire correspondant à leur profession. Un médecin en obtient ainsi 18 par semaine, contre 6 pour une sage-femme ou un kinésithérapeute. Les pharmaciens sont tenus de remplir un document permettant de suivre la traçabilité des masques délivrés, dans lequel ils notent les informations personnelles des personnes approvisionnées.

En ce qui concerne les clients lambda, l’ordre des pharmaciens confirme dans un courrier adressé au ministre de la Santé, lundi, que «les pharmacies d’officine ne distribuent pas de masques chirurgicaux ou FFP2 au public» et alerte sur le fait que cette restriction génère «une incompréhension majeure, et souvent de l’agressivité, ce qui nécessite de la part des pharmaciens beaucoup de patience, d’explications et de temps». L’ordre des pharmaciens précise également dans son «question-réponse», que les patients ne peuvent pas obtenir de masque même s’ils bénéficient d’une prescription médicale, notant que : «La direction générale de la santé a donné des consignes claires de ne pas honorer les prescriptions médicales de masques qui sont réservés aux professionnels. À ce jour, si un médecin juge nécessaire que le patient porte un masque, il doit lui en donner un issu de son propre stock.»

Les pharmaciens veulent vendre des masques en tissu

Contraints de ne délivrer les masques chirurgicaux et FFP2 uniquement qu’aux professionnels de santé, les pharmaciens ont exprimé leur souhait dans un communiqué de presse du 6 avril, de pouvoir vendre des masques alternatifs, en tissu et à usage non sanitaire, à la population. Ne figurant pas dans la liste des marchandises autorisées en pharmacie, «ces masques ne peuvent pas être vendus en officine, à l’heure actuelle», écrit l’ordre des pharmaciens. Mais l’organisme professionnel a trouvé un type de masque qui peut être commercialisé : il s’agit des masques FFP1, c’est-à-dire les «masques coquilles, vendus habituellement dans les magasins de bricolage». L’ordre des pharmaciens considère qu’ils peuvent être vendus car il s’agit d’équipements de protection individuelle respiratoire, qui figurent sur la liste des marchandises dont les pharmaciens peuvent faire le commerce dans leur officine. Il précise que «ces masques n’ont pas de finalité médicale et n’ont pas vocation à être utilisés dans ce cadre».

Malgré la réquisition de l’ensemble des masques par le gouvernement, des cas de pharmaciens qui ont continué de vendre ces protections ont été évoqués par la presse. Dans un article du 23 mars, le Parisien raconte que des pharmaciens à Lyon et à Annecy risquent six mois d’emprisonnement et 10 000 euros d’amende pour avoir violé le décret gouvernemental.

Cordialement

Ecoutez le podcast hebdo des coulisses de CheckNews. Cette semaine : Guerre des masques : l’Etat se sert-il dans les commandes des régions ?

Coronavirus : Sport et système immunitaire

Par Le 19/04/2020

Depuis le début du confinement, on marche et court deux à trois fois par semaine, en forêts. Pas de sommets.

Des sorties entre 10 et 20 km, entre 1 et 3 heures, avec des dénivelées modérées puisqu'on ne prend pas d'altitude.

On ne rencontre PERSONNE. Les premiers chemins sont à cent mètres de la maison. On a notre masque avec nous et notre attestation. J'ai également des documents médicaux qui attestent de ma sténose canalaire et justifient la pratique de la marche régulière.

On sait déjà ce qu'on dira aux gendarmes si jamais on venait à être contrôlés. Parfois, on revient à la maison en passant par un petit village où il y a une épicerie. On sait qu'on peut donc être contrôlés.

On leur demandera donc, déjà, de se tenir à distance puisqu'ils n'ont pas de masques et ensuite de nous expliquer en quoi, on met la population en danger étant donné qu'on ne voit et rencontre personne. Et je leur demanderai également de m'expliquer le rôle du sport dans le maintien du système immunitaire...

Ce dossier est issu d'un travail de thèse. Une lecture longue (100 pages) et technique mais très instructive.

https://pepite-depot.univ-lille2.fr/nuxeo/site/esupversions/243ca145-a236-4338-a6b5-e59e8f7902db

"2ème partie : L’exercice modéré et le système immunitaire

Avant de commencer cette seconde partie, quelques définitions sont nécessaires afin de mieux comprendre la suite.

Un exercice modéré se définit comme étant un exercice divisé en 3 à 5 séances hebdomadaires de 30 à 60 minutes avec une intensité de 40 à 60% du volume d’oxygène maximum. Le volume maximal d’oxygène ou VO2max est le débit maximal d’oxygène, provenant des poumons, consommé lors d’un effort par les muscles et par unité de temps.

1. BENEFICES DU SPORT :

GENERALITES 1.1

Les bienfaits du sport modéré : Le sport modéré réalisé en tant que loisir a de nombreux effets bénéfiques sur la santé :

1.1.1 Le sommeil La qualité du sommeil est améliorée et le cycle du sommeil est plus régulier. Pour éviter d’exciter l’organisme, l’exercice doit être réalisé préférentiellement dans la journée plutôt que dans la soirée. Le sport limite le stress ce qui est aussi en faveur d’un sommeil de meilleure qualité. Pratiquer une activité sportive, en particulier la course à pied, entraine une sécrétion d’endorphine connue pour procurer une sensation de plaisir et bien-être. Elle apporte un réel bénéfice contre l’angoisse, l’anxiété, la dépression et donc permettre un véritable sommeil réparateur.

1.1.2 L’aspect physique Le sport permet de perdre du poids et de le maintenir stable par la suite. En effet, la pratique sportive est connue pour brûler des calories et augmenter la masse musculaire. L’apparence physique étant de plus en plus importante aujourd’hui, le sport permet de gagner et garder confiance en soi. Dans la même idée, en particulier chez les enfants, pratiquer une activité physique régulière améliore l’image de soi et évite l’ennui. Le sport diminue les risques de fumer ou de se droguer en prenant conscience de sa santé et améliore également les résultats scolaires.

1.1.3 L’aspect médical De nombreux aspects positifs sont constatés sur la santé.

- Il facilite le transit et diminue les risques de constipation et de colopathie. -

Il diminue les risques d’ostéoporose en développant la masse osseuse en particulier chez les femmes ménopausées qui sont le plus touchées par ce phénomène. Il réduit également les atteintes rhumatismales.  

- Il a un effet positif sur le fonctionnement du cœur. Il permet une diminution des résistances s’opposant à l’éjection du sang ainsi qu’une dilatation des cavités cardiaques assurant l’éjection du sang oxygéné à partir du cœur. Un meilleur retour sanguin au cœur se fait aussi durant la course grâce à la contraction des muscles des membres inférieurs.

- C’est un véritable antidépresseur par sa production d’endorphine.

- Il prévient certains cancers. C’est le cas par exemple du cancer du côlon qui est deux fois moins fréquent chez les sportifs modérés.

- Le sport entraine une diminution du risque d’apparition du diabète non insulino-dépendant et de l’insulino résistance.

- Pratiquer une activité physique régulière modérée permet de prolonger l’espérance de vie et de diminuer la mortalité (voir partie 4). Suite à une étude de 15 ans, suivant plus de 55 000 adultes(11), des chercheurs des universités de l’Iowa et de Louisiane ont conclu que les personnes pratiquant une activité physique régulière, type course à pied, ont un risque de mortalité diminué de 30% par rapport aux sédentaires. Ils ont également 45% de risque en moins de mourir d’une maladie cardio-vasculaire.

Enfin, le point qui nous intéresse, il permet d’améliorer la réponse immunitaire. Par exemple, le sport modéré entraine une meilleure circulation des substances qui permet de prévenir l’infection de plaies par exemple mais surtout une stimulation plus importante des lymphocytes, macrophages et immunoglobulines ce que nous détaillerons dans cette partie.

1.1.4 Quelques chiffres

La pratique sportive apporte donc des bénéfices à tout niveau de l’organisme ; aussi bien au niveau psychologique qu’au niveau cardiovasculaire en améliorant l’aspect physique, cible marketing aujourd’hui privilégiée. Cette affirmation connue et vérifiée depuis longtemps, est revendiquée dans la presse et les médias de plus en plus souvent ces dernières années afin de sensibiliser la population. Pour aller plus loin, nous pouvons évoquer quelques chiffres révélateurs. Ils ont généralement plus d’impact que toutes les explications médicales ci-dessus afin de prendre conscience des réels bénéfices apportés :

- les coureurs vivent en moyenne 3 ans de plus que les sédentaires.

- les personnes, hommes ou femmes, physiquement actives ont 30% de risque en moins de décès comparées aux sujets inactifs physiquement.

- aux USA, plus de 10% des décès sont attribués à la sédentarité soit 1 décès sur 10. Nous pouvons donc comprendre que sur le plan de la santé, l’inactivité physique est considérée comme un facteur de risque non négligeable.

 1.2 Temps de sport idéal

De nombreuses recommandations au sujet du temps idéal de pratique physique en tant que loisir sont publiées.

1.2.1 Selon une étude de l’American College of cardiology Selon une étude danoise parue dans l’American College of cardiology en février 2015(12), un adulte devrait pratiquer 2h30 de jogging par semaine, avec un rythme lent ou moyen, jusque 3 fois/semaine. Au-delà de 3 séances/semaine ou plus de 4h de course à pied/semaine les bienfaits du sport ne sont plus visibles. Au contraire, les effets seront plutôt néfastes pour l’organisme (voir partie 3 et 4).

D’après cette même étude, si ces recommandations sont respectées, l’espérance de vie est augmentée de 6.2 ans pour les hommes et 5.6 ans pour la femme. Même s’il est vrai que, de nos jours, trouver le temps de faire du sport n’est pas toujours facile ce n’est plus une excuse fiable : 5 à 10 minutes de course quotidienne suffisent à améliorer l’espérance de vie.

1.2.2 Selon l’Organisation Mondiale de la Santé Selon l’OMS(13), pour les personnes âgées de plus de 18 ans, l’idéal serait de pratiquer au moins 150 min de sport d’endurance/semaine ou 75 minutes de pratique soutenue ou encore une alternance entre sport modéré et sport intense pour commencer. Pour plus de bénéfices, les sportifs peuvent augmenter la pratique sportive d’endurance modérée à 300 min/semaine et la pratique sportive soutenue à 150 min/semaine. Dans les 2 situations, un sport d’endurance doit être soutenu par période de 10 minutes minimum pour voir apparaitre les premiers effets bénéfiques. A cela, il faut ajouter, toujours selon l’OMS, des exercices de renforcement musculaire deux fois/semaine."

 

 

SANTÉ

Pratiquer un sport régulier aide à garder son système immunitaire jeune

 

Par Camille Gaubert le 04.04.2018 à 11h25

Une activité physique régulière et maintenue sur le long terme permet de préserver son immunité des méfaits de l'âge, d'après une nouvelle étude britannique menée sur 125 cyclistes amateurs de 55 à 79 ans, et dont une partie du système immunitaire était comparable à des 20-36 ans.

Cyclisme

Une activité physique régulière sur le long terme conserve l'immunité.

ROBERTO PERI / CULTURA CREATIVE

Une activité physique régulière permet de conserver non seulement sa masse musculaire, son poids, son cholestérol et son taux de testostérone (pour les hommes), mais également l'efficacité de son système immunitaire, d'après une étude anglaise publiée en mars 2018 dans la revue Aging Cell.

Le thymus rétréci avec l'âge, entrainant un affaiblissement de l'immunité

Le thymus est une petite glande du système lymphatique. De forme irrégulière, elle est située dans le thorax, juste sous le sternum et entre les poumons. C'est dans le thymus que sont produits les lymphocytes T, c’est-à-dire un type de globules blancs essentiels aux défenses immunitaires. Il était déjà bien admis que le thymus commence à rétrécir dès l'âge de 20 ans. Ainsi, le vieillissement s'accompagne d'un affaiblissement de l'immunité par une atrophie du thymus et une augmentation de la proportion de cellules T (un type de cellules immunitaires) avec une durée de vie courte et un faible pouvoir de prolifération. En revanche, l'impact de "l'activité physique, qui influe sur l'immunité, mais qui diminue considérablement avec l'âge, n'était pas prise en compte", expliquent les auteurs. Ils ont donc recruté 125 cyclistes amateurs âgés de 55 à 79 ans, excluant les fumeurs, les gros buveurs et ceux souffrant d'hypertension ou d'autres problèmes de santé. Les hommes devaient pouvoir parcourir 100 km en moins de 6,5 heures, tandis que les femmes devaient pouvoir parcourir 60 km en 5 heures et demie. Ils ont comparé leurs résultats avec ceux d'un second groupe ne pratiquant pas d'activité physique de façon régulière et comprenant 75 personnes en bonne santé âgées de 57 à 80 ans et 55 jeunes adultes en bonne santé âgés de 20 à 36 ans.

Une activité sportive régulière sur le long terme conserve le système immunitaire

Premier résultat : chez les cyclistes, la masse musculaire et la force étaient conservées, ainsi que leur cholestérol et taux de graisse corporelle, qui augmentent pourtant généralement avec l'âge. Enfin, les taux de testostérone ont également été conservés à un niveau élevé, "ce qui suggère qu'ils ont peut-être évité la plus grande partie de la ménopause masculine", d'après un communiqué du King's College de Londres.

Mais d'après les auteurs, "l'une des découvertes les plus frappantes et les plus inattendues a été la fréquence élevée" de certains types de lymphocytes T chez les cyclistes, plus que chez les adultes plus sédentaires et même, pour une catégorie de lymphocytes T, plus élevée que celle observée chez les jeunes de 20-36 ans. De plus, par rapport aux sédentaires du même âge, les cyclistes possédaient plus d'IL-7, molécule qui protège le thymus, et moins d'IL-6, qui favorise son atrophie. En revanche, le taux de certains types de lymphocytes T (les CD8, qui tuent les cellules infectées et cancéreuses) restaient inchangées chez les cyclistes par rapport aux moins actifs du même âge, montrant que l'activité physique n'agit pas sur tous les paramètres de l'immunité. "Nos futures études dans cette cohorte viseront à tester la fonction immunitaire, notamment la réponse à la vaccination, comme une preuve clinique de l'impact bénéfique de l'activité physique sur la fonction immunitaire adaptative chez les personnes âgées", expliquent les auteurs.

"Ces résultats montrent que ce n'est pas parce qu'ils sont en bonne santé que les cyclistes font du sport, mais que c'est parce qu'ils ont fait de l'exercice une si grande partie de leur vie qu'ils sont en bonne santé", déclare Le professeur Stephen Harridge, directeur du Centre des sciences physiologiques humaines et aérospatiales du King's College de Londres, dans le communiqué. "S'ils arrêtaient le sport, leur santé se détériorerait probablement", conclut-il. "Hippocrate en 400 av. J.-C. dit que l'exercice est la meilleure médecine de l'homme, mais son message s'est perdu et nous sommes une société de plus en plus sédentaire", déplore le Pr Janet Lord, directeur de l'Institut d'inflammation et de vieillissement de l'Université de Birmingham dans le communiqué. Cependant, "nos résultats apportent maintenant des preuves solides pour encourager les gens à faire de l'exercice régulièrement tout au long de leur vie", ajoute-t-elle.

 

Coronavirus : Huiles essentielles

Par Le 19/04/2020

Hou là, le sujet "casse gueule", parfait pour se prendre une volée d'attaques et de jurons. 


"Aucune étude scientifique fiable, du pipi de chat pour bobos arriérés"
etc etc etc...

J'utilise des huiles essentielles dans diverses situations : massage sportif, massage de détente ou autres...

Et aussi comme traitement curatif.

Je n'ai aucune preuve scientifique que ça marche. Je n'ai que ma propre expérience. 

 

 

Coronavirus : les huiles essentielles pour lutter contre le coronavirus ?

© Françoise Couic Marinier © Françoise Couic Marinier

PARTAGES

  •  

Plusieurs sites internet ont alerté sur l'utilisation des huiles essentielles en raison de leur caractère anti-inflammatoire. Des professionnels spécialisés dans le traitement des huiles essentielles sont vent debout contre ces déclarations et défendent leur cause. Alors huiles essentielles ou pas ?

Par Colyne Rongere 

Si de nombreuses recherches sont actuellement menées pour trouver un remède au coronavirus, aucun traitement n’a été trouvé pour soigner complètement les malades.

Les autorités sanitaires recommandent davantage la prise de paracétamol pour tenter de soulager les symptômes. Elles ont alerté sur la prise d’anti-inflammatoires non-stéroïdiens en cas de symptômes (fièvre notamment). En effet, ces derniers pourraient aggraver les infections chez les personnes symptomatiques et engendrer plusieurs complications notamment au niveau respiratoire. Parmi ces médicaments, le Ponstyl, Nurofen ou encore l’Advil. Un autre élément contre-indiqué crée le débat : les huiles essentielles anti-inflammatoires.

Les huiles essentielles sont-elles à bannir pendant le coronavirus ?

Suite à l’annonce du ministre de la Santé, de rester vigilant quant à l’utilisation des produits anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS), les huiles essentielles et leur utilisation en période de coronavirus ont été pointées du doigt par plusieurs sites internet.

Le site 
Naturatopia a répondu en quelques lignes sur les bienfaits des huiles essentielles et fait le point sur les différences existantes entre les anti-inflammatoires non-stéroïdiens de synthèse et les huiles essentielles.

Pour éclaircir cette polémique, nous nous sommes entretenus avec Françoise Couic-Marinier, docteur en Pharmacie, diplômée de la faculté de Limoges et aromathérapeute.

Ce débat part de sites internet ont relayé le fait que les huiles essentielles pourraient être anti-inflammatoires. Certains vendeurs des sentiers, pour ne pas les citer, ont extrapolé en disant que les huiles essentielles pouvaient masquer l'arrivée des premiers symptômes comme la fièvre.
 

Françoise Couic Marinier et ses huiles essentielles / © Françoise Couic Marinier

Une information que le Dr. Françoise Couic-Marinier réfute : "Le 19 mars dernier, l’OMS est revenue sur ce qu'il avait été dit à propos de l’ibuprofène : aucune donnée montre que prendre de l’ibuprofène diminuerait les symptômes. Prendre de l’ibuprofène et du paracétamol peut masquer la fièvre, les huiles essentielles n'ont pas cet effet-là."

"Les huiles essentielles ne peuvent pas être brevetées"

Selon Françoise Couic Marinier, une des raisons pour laquelle les huiles essentielles ne sont pas favorisées quant à l'élaboration d'un remède pour soigner le coronavirus, c'est parce qu'elles ne peuvent pas être brevetées, au même titre que les mélanges d'huiles essentielles.

Quel laboratoire, quel biologiste ferait des recherches sur les huiles essentielles alors que nous sommes en retard et qu'il faut agir rapidement et que nous n'avons pour le moment pas de traitement contre le covid-19 ? Travailler sur une huile essentielle signifie ne pas pouvoir la breveter et ne rien gagner dessus.

La spécialiste en aromathérapie pense d'ailleurs que les huiles essentielles seront utilisées en "dernier recours" si aucun traitement contre le virus n'est trouvé.

Pour Françoise Couic Marinier, les huiles essentielles, pourtant considérées comme le "parent-pauvre" de la médecine pourraient aider "à limiter les grosses inflammations" conséquences du virus dans les poumons.

Les huiles essentielles : quelle utilisation en période de coronavirus ?
Françoise Couic Marinier travaille depuis son salon, bénévolement, pour élaborer des mélanges destinés aux soignants qui la sollicite. Voici quelques éléments de sa composition pour réduire le stress en cette période "anxiogène". Journaliste : Colyne Rongère Crédit vidéo et interview : Françoise Couic Marinier - France 3 Limousin


Les huiles essentielles, notamment celles à l'eucalyptol agissent in vitro sur les mêmes médiateurs de l'inflammation que la chloroquine, par exemple. A l'inverse et sans pour autant lancer d'étude, l'ensemble des personnes qui s'intéressent aux huiles essentielles sont d'accord sur le fait qu'elles peuvent aider à limiter l'inflammation.

Une aide préventive pour certains soignants

"A ce jour, des centaines de soignants sont déjà morts." déplore Françoise Couic Marinier. Alors, pour prévenir ces décès survenus dans l'exercice professionnel et pour protéger le personnel soignant, elle élabore des mélanges, en fonction des demandes de ces soignants et médecins, et uniquement pour répondre à leur demande, afin de leur permettre de travailler dans les meilleures conditions possibles.

Les huiles essentielles sont d'abord efficaces au niveau préventif : elles stimulent les défenses immunitaires pour ne pas tomber malade. Elles aident aussi les soignants à se relaxer en cette période extrêmement anxiogène.

"Bien sûr, il ne faut pas jouer les apprentis-sorciers" Françoise Couic-Marinier répond à certaines demandes de soignants qu'elle a formé en aromathérapie. Pour autant, il est inconcevable pour cette Docteur en Pharmacie de proposer des protocoles à des patients lambda atteints du coronavirus. Selon elle, l'intérêt de l'utilisation des huiles essentielles est de prévenir la maladie. Et les résultats sont là :

J'ai donné des mélanges à trois médecins et praticiens qui ont eu le covid-19 et qui ont vu la différence. On a des études sur le sars-cov1, le virus survenu en Asie. On sait que les huiles essentielles sont anti-virales.

Des huiles essentielles : un remède préventif pour les soignants
Françoise Couic Marinier est spécialiste en aormathérapie et en phytothérapie. Pendant cette période de confinement, elle aide les soignants à se détendre, à leur demande, à travers des mélanges d'huiles essentielles qu'elle élabore chez elle. Journaliste : Colyne Rongère Crédit vidéo et interview : Françoise Couic Marinier - France 3 Limousin
Pour aider les soignants, Françoise Couic Marinier formule des sticks inhaleurs ou suggère à de verser quelques gouttes d'huiles essentielles dans leurs masques pour qu'ils soient "plus zen".

Quand un soignant apprend qu'il est malade, il se pose la question du manque de soignants et de la santé de sa famille avant même de penser à la sienne. Je leur fais don de mes mélanges et conseils, bénévolement, c'est ma petite contribution pour qu'ils puissent se détendre.

Françoise Couic Marinier travaille notamment avec des soignants de Savoie et du Limousin. "Dans la région, tout le monde se prépare." Elle propose notamment ses services à des soignants et dentistes de Haute-Vienne et aide également du personnel soignant d'hôpitaux du département.

Mise en garde contre certaines huiles essentielles

Françoise Couic Marinier rappelle que de nombreuses huiles essentielles sont anti-inflammatoires par différents mécanismes. Si elle ne contre-indique pas leur utilisation pour prévenir du coronavirus, elle met en garde contre l'utilisation de certaines d'entre elles.

Il faut faire attention à certaines plantes comme l'échinacée, le curcuma, le sureau, etc. Plusieurs études ont été faites concernant l'inflammation.

La docteure en Pharmacie donne également l'exemple de la gaulthérie qui possède une molécule appelée la salicylate de méthyle. "C'est une molécule extrêmement proche de l'aspirine. Un flacon de gaulthérie couchée de 10 ml équivaut à 14 grammes d'aspirine".

Ce que je critique dans les articles allant en l'encontre des huiles essentielles, c'est qu'ils citent des éléments non-documentés, en en oubliant d'autres qui le sont. En cette période anxiogène, le tout est de ne pas affoler les gens !

La France a légiféré sur les huiles essentielles pour que les doses soient respectées, etc. Dans le cadre d'une bonne pratique, je pense que l'on peut vraiment aider. Attention à tous ces "pseudos-savants" qui proposent des formules dangereuses sur le Net.

Les huiles essentielles à travers l'histoire

"L'Histoire est là pour éviter de la répéter, malheureusement, souvent, elle balbutie et on réitère les mêmes erreurs." Françoise Couic Marinier tient à rappeler les bienfaits des huiles essentielles sur des épidémies passées, notamment en période de la Peste.

Lors d'une épidémie de Peste, Hippocrate, dont tous les médecins font le serment, faisait des fumigations de plantes aromatiques et dans les rues, notamment grâce à un mélange aromatique. Au Moyen-âge, les médecins portaient des masques avec de longs becs, ils y incorporaient également des plantes aromatiques pour se protéger."

Le terme "aromathérapie" est utilisé pour la première fois en France par René Maurice Gattefossé, dans les années 1930. Si les huiles essentielles sont utilisées depuis des siècles dans le milieu de la médecine, Françoise Couic Marinier tient à rappeler le regain de popularité de celles-ci dans les années 1970, après qu'elles ont été mises sous cloche au cours de la Seconde Guerre mondiale.
 

© Françoise Couic Marinier

En parallèle, Françoise Couic Marinier, confinée elle aussi rédige un nouveau livre sur les huiles essentielles et le sport. Sport qu'elle pratique à domicile. Elle s'occupe également de sportifs de haut niveau à distance. "Il a fallu gérer l'annulation ou le report des Jeux olympiques, les arrêts des entraînements, etc."

Elle voit en les huiles essentielles une utilité sur le long-terme, notamment en raison des symptômes post-traumatiques que pourrait causer le coronavirus.

Nous sommes face à une situation que notre cerveau ne connaît pas, dans quel état psychologique serons-nous demain ? Nous n'avons jamais connu de telle situation. L'aromathérapie peut nous aider à rassurer notre cerveau.

Les drones de surveillance du gouvernement

Par Le 19/04/2020

A chacun de se faire son idée.

C'est juste pour information...

Je rappelle par contre que deux chercheuses travaillant en hôpital sur le covid n'arrivent pas à obtenir les financements nécessaires...Mais l'Etat trouve 4 millions pour la surveillance du pays. Surveillance de quoi, de qui ? Pas de réponses...

 

 

L’Etat commande 651 drones de surveillance pour un coût de 3,5 millions d’euros HT

 

3,5 millions d’euros peut paraître une « petite somme » par rapport aux milliards dégagés pour le « plan de relance » de la France, les moyens mis en œuvre pour étayer et renforcer la surveillance de la population sont-ils cependant vraiment nécessaires alors que notre système de santé public est aux abois ?

15 avril 2020 - Laurie Debove

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Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
Format : 130 pages
Impression : France

 

Commander

Lancée par «  Cerveaux Non Disponibles », l’information a vite fait le tour des réseaux : l’Etat passe un marché public pour commander 651 « micro-drones du quotidien » pour surveiller la population, dont certains sont équipés de capteurs thermiques. Si Place Beauvau a assuré que cette commande n’est pas en lien avec la crise sanitaire actuelle, cet appel d’offres interroge une fois de plus sur la part des dépenses publiques accordées à la surveillance de la population, contre les moyens nécessaires à apporter aux populations les plus précaires.

Des commandes publiques pour la sécurité intérieure

Publié le 12 avril par le ministère de l’intérieur, l’appel d’offre concerne l’acquisition de 651 drones, « de passerelles de réception des trames wifi des drones collaboratifs et de prestations associées pour les besoins de la sécurité intérieure. » Si l’accord-cadre est conclu sans montant minimum, ni maximum, la valeur estimée pour l’ensemble des lots représente un coût total de 3,5 millions d’euros HT.

Premier lot : 1,8 millions d’euros HT pour 565 « micro-drones du quotidien ». De moins d’un kilo, ils doivent être capables de voler pendant vingt-cinq minutes minimum, jusqu’à une hauteur de 100m en étant discrets. Ils doivent filmer en 4K ou UHD, posséder une caméra thermique et transmettre à un minimum de 3 kilomètres.

Deuxième lot : 1,58 millions d’euros HT pour 66 « drones de capacité nationale ». De 8 kilos maximum, discrets, jusqu’à une hauteur de 120 mètres, ils doivent posséder un objectif filmant à 500 mètres (avec un zoom x30 de jour), avoir une autonomie de vol de 20 minutes et transmettre au moins à 5 kilomètres.

Troisième lot : 175 000€ HT pour 20 « nano-drones spécialisés ». D’un poids inférieur à 50 grammes, ils doivent avoir une autonomie de vol de 25 minutes minimum et transmettre leurs images à une distance minimale de 2 kilomètres.

« De précédents appels d’offres font état de commandes de drones de la part du ministère, mais pour des montants et des quantités moindres (233 000 euros en 2011, 315 000 puis 487 000 euros en 2015, 328 000 euros en 2016, par exemple). » précise le journaliste Fabien Leboucq

Contacté par Libération, le ministère de l’Intérieur a simplement répondu que l’accord-cadre répond aux « besoins de la sécurité intérieure (gendarmerie nationale, police nationale et sécurité civile)», sans préciser quels besoins, et quelle proportion de la population va être concernée par l’usage de ces drones.

Auparavant utilisés pour secourir les personnes, les hélicoptères sont maintenant déployés pour verbaliser les contrevenants au confinement – Crédit : JacLou DL

Le coût de cette surveillance

Au mois de Mars déjàle gouvernement avait passé un appel d’offres, d’une valeur de 3 642 864 euros HT, pour remplir ses stocks de gaz lacrymogène. Si l’accord-cadre ne précise pas la façon dont ils vont être utilisés, la répression policière forte envers les derniers mouvements sociaux nous donnent une piste toute trouvée.

« Alors que l’hôpital est toujours en pénurie de masques et de blouses faute d’anticipation par l’Etat et qu’on fait plus de contraventions que de tests, la mécanique d’une société de surveillance se met en place. Voilà qu’on nous sort des bizarreries telles que des commandes de « micro-drones du quotidien » pour surveiller la population. Certains des drones seront même dotés de capteurs thermiques. » s’inquiète ainsi la page Cerveaux Non Disponibles

De fait, 3,5 millions d’euros peut paraître une « petite somme » par rapport aux milliards dégagés pour le « plan de relance » de la France, les moyens mis en œuvre pour étayer et renforcer la surveillance de la population sont-ils cependant vraiment nécessaires alors que notre système de santé public est aux abois ?

Durant le confinement, les moyens déployés pour verbaliser les contrevenants aux règles sanitaires posent de nombreuses questions. Ainsi, une drôle de scène a eu lieu près du village de l’Etang-Salé-les-Bains où un « nageur réfractaire » a été verbalisé par … un hélicoptère !

Sur de nombreuses plages et dans les montagnes, il est ainsi devenu courant que la surveillance soit réalisée par des des patrouilles aériennes. Si les règles du confinement doivent absolument être respectées, des moyens moins onéreux ne pourraient-ils pas être mis en œuvre pour les faire appliquer ? Dans un rapport d’information de 2014, le Sénat estimait entre 812 et 1 690 euros le prix de l’heure de vol des hélicoptères de la Gendarmerie.

« En Espagne, la police a été mobilisée pour distribuer dans les transports publics, gratuitement, plus de 10 millions de masques. En France, la police a verbalisé plus de 500 000 personnes. Cherchez l’erreur. » s’agace ainsi Cerveaux Non Disponibles

Ce nouvel appel d’offres pose donc deux questions : la dangereuse banalisation de la surveillance de masse, et la juste limite des moyens employés à la mettre en place.

Crédit photo couverture : FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

15 avril 2020 - Laurie Debove

 


 

Pourquoi le ministère de l'Intérieur vient-il de commander des drones ?

 

Par Fabien Leboucq 

Un drone diffuse les mesures de confinement sur la promenade des Anglais à Nice, le 20 mars 2020.
Un drone diffuse les mesures de confinement sur la promenade des Anglais à Nice, le 20 mars 2020. Photo Eric Gaillard. Reuters

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Place Beauvau vient de publier un appel d'offre d'un montant de près de 4 millions d'euros pour l'achat de plusieurs centaines d'appareils, assurant qu'il n'y a pas de lien avec leur utilisation dans la crise actuelle.

Question posée par Laurence le 14/04/2020

Bonjour,

Vous nous interrogez sur un appel d’offres publié le dimanche 12 avril sur le bulletin officiel des annonces de marchés publics (Boamp). Sobrement intitulé «Drones», il émane du ministère de l’Intérieur, via le Service de l’achat, de l’équipement et de la logistique de la sécurité intérieure (Saelsi, devenu le Sailmi).

Cet appel d’offres, repéré par un journaliste de Franceinfo, a donné lieu à de nombreux commentaires et reprises. Comme sur la page Facebook proche des gilets jaunes «Cerveaux non-disponibles», où une publication partagée plus de 11 000 fois s’interroge sur la temporalité de cette annonce : «Alors que l’hôpital est toujours en pénurie de masques et de blouses faute d’anticipation par l’Etat et qu’on fait plus de contraventions que de tests, la mécanique d’une société de surveillance se met en place. Voilà qu’on nous sort des bizarreries telles que des commandes de "micro-drones du quotidien" pour surveiller la population.»

«Nano-drones»

L’appel d’offres du ministère fixe un accord-cadre d’un montant total estimé à près de 4 millions d’euros hors TVA, sur quatre ans, et se décompose en quatre lots (les entreprises peuvent candidater pour obtenir un ou plusieurs lots). Il est possible de consulter les spécificités techniques de cet appel d’offres sur le site de la plateforme des achats de l’Etat, Place.

Le premier lot concerne environ 565 «micro-drones du quotidien», pour un prix estimé de 1,8 million d’euros (HT). Ces drones doivent faire moins d’un kilo, pouvoir voler pendant vingt-cinq minutes minimum, et à une hauteur de 100 mètres en étant discret. Ils doivent filmer en 4K ou UHD, et avoir une caméra thermique tout en transmettant à 3 kilomètres au moins.

Le deuxième lot concerne environ 66 drones «de capacité nationale», plus massifs (8 kilos maximum) mais également discrets à 120 mètres, pour un montant estimé de 1,58 million d’euros (HT). Ils doivent embarquer un objectif filmant à 500 mètres (avec un zoom x30 de jour), voler vingt minutes sans recharge et transmettre au moins à 5 kilomètres.

Le troisième lot concerne une vingtaine de «nano-drones spécialisés», pour un prix hors TVA de 175 000 euros. Ils doivent peser moins de 50 grammes, avoir vingt-cinq minutes minimum d’autonomie et transmettre leurs images à 2 kilomètres minimum.

«Besoins de la sécurité intérieure»

D’après l’appel d’offres, ces contrats comprennent, outre l’achat des équipements, leur «maintien en condition opérationnelle» et la formation des agents à leur maintenance. Ils s’inscrivent dans un «programme financé par des fonds de l’Union européenne», le Fonds pour la sécurité intérieure (FSI). D’après le site du ministère de l’Intérieur, le FSI se divise en deux volets : l’un centré sur les «frontières extérieures», et l’autre sur «la coopération policière, la prévention et répression de la criminalité, et la gestion des crises».

L’achat de drones sera-t-il fait, en partie ou entièrement, sur les deniers du FSI ? Et dans lequel de ses volets s’inscrit l’achat de ces équipements ? Le ministère de l’Intérieur n’a pas répondu à nos questions sur le sujet et se contente de nous écrire que l’accord-cadre répond aux «besoins de la sécurité intérieure (gendarmerie nationale, police nationale et sécurité civile)».

L’appel d’offres laisse aux entreprises jusqu’au 19 juin pour envoyer leur proposition, et celle-ci doit être valable pendant huit mois après cette date. Toutefois, le ministère ne nous a pas non plus communiqué la date à laquelle ces appareils entreront en fonctionnement.

«Sans lien avec la situation sanitaire»

Dans le contexte de crise sanitaire, l’utilisation de drones se généralise pour vérifier le respect des mesures de confinement, ce qui n’est pas sans inquiéter l’association de défense des libertés publiques la Quadrature du Net, qui a recensé plusieurs villes où les forces de l’ordre ont recours à ce dispositif. Une expérience de ce type, commencée à Nice, a par exemple été étendue à tout le département des Alpes-Maritimes où une entreprise privée de drone épaule policiers et gendarmes, selon l’agence spécialisée AEF. Dans d’autre cas, d’après l’agence, ce sont les drones de la gendarmerie qui sont utilisés, notamment sur les littoraux de Charente-Maritime, des Côtes-d’Armor, de Corse, du Pas-de-Calais, de Loire-Atlantique, du Var, ou encore «sur les berges du Doubs, en Haute-Garonne, ainsi qu’aux abords du lac du Bourget (Savoie)».

L’AEF chiffre à 300 le nombre de drones en dotation chez les gendarmes et à 110 chez la police nationale, notant que certains ont été déployés pour faire respecter le confinement à Marseille ou à Lille. La préfecture de police de Paris utilise ces équipements avec le même objectif dans la capitale, relève l’AFP.

Le ministère de l’Intérieur assure toutefois que la commande n’a rien à voir avec l’actualité : «Cet appel d’offres est sans lien avec la situation sanitaire actuelle, l’expression de besoin et les spécifications techniques ayant été consolidées au cours du second semestre 2019.» De précédents appels d’offres font état de commandes de drones de la part du ministère, mais pour des montants et des quantités moindres (233 000 euros en 2011, 315 000 puis 487 000 euros en 2015, 328 000 euros en 2016, par exemple).

Coronavirus : Economie locale

Par Le 19/04/2020

On pourrait penser que c'est anecdotique mais pour moi, ça ne l'est pas. Que cette crise en vienne à changer les comportements des consommateurs, c'est un pas immense parce qu'il existe à des centaines d'exemplaires, partout en France. Peut-être même des milliers. Je n'en sais rien mais j'a lu plusieurs articles sur ce thème. J'aimerais bien justement qu'une enquête soit lancée par l'association des Maires de France.

"Quels sont les changements de consommation alimentaire générés par cette crise ? 

Avez-vous l'intention de revenir à vos anciennes habitudes dans la grande distribution ou projetez-vous de continuer à soutenir l'économie locale ?"

Quelles sont les raisons qui vous amènent à prolonger ce système d'approvisionnement alimentaire ou quelles sont les raisons qui vous conduisent à retourner vers les grandes surfaces? "

 

Faire savoir à l'ensemble de la population  que des milliers de personnes ont revu leurs habitudes, c'est un moyen supplémentaire pour les implanter durablement et d'en intitier de nouvelles.

A Langeac, en Haute-Loire, le drive au jardin a du succès ! (photo Ateliers de la Bruyère, 2019)
A Langeac, en Haute-Loire, le drive au jardin a du succès ! (photo Ateliers de la Bruyère, 2019)

PARTAGES

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Depuis début avril, « les Ateliers de la Bruyère », implantés à Saugues et à Langeac en Haute-Loire, proposent des paniers de légumes et de produits transformés. Le succès est au rendez-vous pour la production bio de cette association d’insertion.

Par Gérard Rivollier

Créés en 1992, « les Ateliers de la Bruyère » emploient actuellement 40 salariés, 12 encadrants et conseillers d’insertion et 28 personnes engagées dans un parcours de retour à l’emploi. L’association est structurée autour de trois activités : le maraîchage, les espaces verts et le travail de la laine (ce plateau granitique du Gévaudan est une terre de moutons !).
Au qualificatif d’association d’insertion, le directeur préfère celui d’ « entreprise sociale apprenante » avec une double finalité : permettre à des personnes en difficulté de retrouver une place dans la société par le biais du travail et  créer de l’activité économique.

Un drive au jardin


La crise du coronavirus-COVID 19 a fortement perturbé l’association mais depuis quelques semaines elle a su rebondir. Ainsi, petit à petit, le jardin de 3 hectares à Langeac a repris vie. « Nous avons mis en place des procédures COVID », explique Pascal Lafont, le directeur des Ateliers de la Bruyère, lavage des mains régulier, utilisation de masques fabriqués par nous-mêmes, désinfection des locaux et des véhicules, respect des distances ». Pratiquement tous les salariés du jardin sont donc revenus travailler rejoints par quatre personnes de l’activité espaces verts.
Il faut dire qu’au jardin, à cette période, ce n’est pas le travail qui manque. « Il faut désherber, préparer le terrain, repiquer les tomates, les choux et les aubergines, planter les oignons car, commente Sylvain André, l’encadrant, si on ne travaille pas maintenant on ne récoltera rien dans trois mois ! ».
En temps habituel, les Ateliers de la Bruyère alimentent trois cantines scolaires et un restaurant gastronomique et écoulent aussi leurs produits sur un point de vente collectif à Brives-Charensac, dans la banlieue du Puy-en-Velay. Ils pratiquent occasionnellement la vente à la ferme.
Avec le COVID, il a fallu tout revoir.
Depuis trois semaines, un « drive au jardin » s’est mis en place.
Les clients passent leurs commandes par mail 
(jardins.labruyere@orange.fr) avant le mercredi et ils viennent ensuite récupérer leur panier soit au jardin de Langeac soit aux Ateliers à Saugues.
Cette semaine par exemple, dans le panier à 5 euros il y avait des radis, de la rhubarbe et un bocal de tartinable de poireaux.
L’autre proposition, à 10 euros, incluait en plus de la sauce tomate, du chutney de poivrons et quelques morilles séchées (!) : celles de l’an dernier car cette expérience de culture de morilles chinoises par le jardin d’insertion et des agriculteurs locaux a finalement été abandonnée.

« J’espère que cette crise fera tilt et changera les mentalités »


Ce drive au jardin a très vite séduit les consommateurs des rives du Haut Allier, à tel point que ce vendredi 17 avril il a fallu refuser des clients ! « Nous avons vendu 70 paniers dont 20 pour le CCAS de Langeac en partenariat avec la Fondation de France, détaille Pascal Lafont, et nous avons déstocké 4 tonnes de pommes de terre que nous ne pouvions plus utiliser puisque les cantines scolaires sont fermées ! ».
L’encadrant du jardin a lui aussi été surpris de cet engouement :  « Il y a beaucoup de demandes, nous avons refusé une trentaine de commandes cette semaine ! Nous avons aussi été sollicités par les épiceries solidaires et nous allons leur livrer plus d’une tonne de patates et 320 kilos de poireaux ».
« J’espère qu’on pourra continuer après cette crise sanitaire et que ça fera tilt dans la tête des consommateurs, que ça changera les mentalités en faveur d’une consommation plus locale », poursuit Sylvain André.

L’association s’est lancée l’an dernier dans la culture en plein champ de carottes, poireaux et pommes de terre, grâce à des agriculteurs qui lui ont cédé 4 hectares de terrain sur son secteur.
Elle va aussi bientôt récolter des haricots, des courgettes et des fraises poussés sous ses serres de Langeac.
Alors pas de problème, elle est prête à faire face à son succès, en rajoutant dans les paniers des produits transformés cet hiver dans sa légumerie, des soupes, des sauces tomate notamment.

Amaury : « tout le monde était content de revenir au jardin ! »


Amaury a 23 ans. Il est aux Ateliers de la Bruyère depuis un an, il aime le travail en plein air. Il raconte : « Au début du confinement, les équipes allaient au jardin en alternance un jour par semaine chacune. Dès que les mesures de protection ont été mises en place tout le monde était content de revenir. C’est mieux de travailler dehors que de rester enfermé et d’ailleurs personne n’est tombé malade ! ». Le jeune homme se félicite de voir des clients réguliers et satisfaits revenir tous les vendredis. Comme lui, ils sont seize actuellement à travailler la terre, engagés pour des contrats de 6 mois à 2 ans et payés au SMIC.
Pour les autres activités de l’association, espaces verts et laine, la poursuite est plus chaotique.
Les appels d’offres ont diminué pour les chantiers d’entretien et de démolition et la distanciation sociale est difficile à appliquer dans les véhicules. Pour l’atelier de feutrage de laine, certaines salariées sont absentes mais les autres se sont lancées dans la fabrication de masques en tissu aux normes AFNOR en collaboration avec des couturières de Langeac.
Comme beaucoup d’entreprises, les Ateliers de la Bruyère ont donc recours en partie au chômage partiel actuellement. Chaque année,
l’association réalise un million de chiffre d’affaires environ, cela représente le tiers de son budget, le reste étant pris en charge par l’Etat, la Région et le Département.

 

 

Coronavirus : Budget des hôpitaux

Par Le 19/04/2020

Et maintenant, que vont-ils faire ?

Il faut bien voir que des crises sanitaires, on va les enfiler comme des perles, année après année. Parce qu'il s'agira, comme celle-ci, de crise écologique et que rien n'est fait pour inverser la tendance. Ni même la ralentir. 

Le covid ou autre chose. 

Il faudra vivre avec. Ou mourir. 

Mais les Etats auront-ils des comptes à rendre ? Non, pas des comptes chiffrés mais des comptes judiciaires ?

A moins que ça soit même des "règlements de comptes". 

Après avoir subi une succession de coupes budgétaires ces dernières années, les hôpitaux sont mis sous pression par l'épidémie de coronavirus.

Après avoir subi une succession de coupes budgétaires ces dernières années, les hôpitaux sont mis sous pression par l'épidémie de coronavirus. - CLEMENT MAHOUDEAU / AFP

SOCIÉTÉ

Coupes à répétition

11,7 milliards d'économies en 10 ans : comment l'Etat a dépouillé l'hôpital

Par Sébastien Grob

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Les hôpitaux ont subi près de 12 milliards d'euros de coupes budgétaires dans la dernière décennie, planifiées par les différents gouvernements d'année en année. Des moyens qui font aujourd'hui défaut pour faire face à l'épidémie de coronavirus.

Une longue saignée avant la crise. Les plans d'économies se sont succédé ces dernières années dans les hôpitaux publics et privés, afin de répondre aux objectifs de dépenses fixés par le gouvernement d'année en année. Au total, les établissements de santé ont subi près de 12 milliards d'euros de coupes budgétaires en dix ans. Cette cure d'austérité s'est fortement intensifiée sous le quinquennat de François Hollande, et s'est maintenue à un niveau élevé depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron. Autant de moyens qui manquent aujourd'hui pour faire face à l'épidémie de coronavirus, alors que les soignants sont confrontés depuis des années à un manque de lits et de personnels.

LIRE AUSSICrise sanitaire : les vrais chiffres des hôpitaux

L'austérité dans les hôpitaux est planifiée à travers un instrument budgétaire dédié : l'Objectif national de dépenses d'assurance maladie, ou Ondam, un acronyme omniprésent dans les revendications des soignants. Créé en 1996 par le gouvernement Juppé, cet indicateur est fixé chaque année par la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) élaborée par l'exécutif. Il sert de cadre à la politique de santé, en définissant le montant des dépenses que la collectivité doit prendre en charge. Mais sans établir une enveloppe bloquée : les remboursements de l'Assurance maladie ne sont pas coupés s'ils dépassent l'objectif. "L'Ondam a été créé pour contenir les dépenses de santé, rappelle Rachel Bocher, psychiatre et présidente de l'Intersyndicat national des praticiens hospitaliers (INPH). Il correspond à un raisonnement budgétaire primaire, plutôt qu'à une logique de soin". L'Ondam est subdivisé en sous-objectifs par secteurs, dont un pour les hôpitaux.

HAUSSE SOUS CONTRAINTE

L'Ondam augmente chaque année, d'une LFSS à l'autre. Mais moins que l'évolution "naturelle" des dépenses des hôpitaux, qui s'accroissent pour suivre les besoins de santé de la population. "Cette progression est liée à la hausse de la population et de la part des personnes de plus de 65 ans, ainsi qu'à l'explosion des maladies chroniques depuis 30 ans", détaille Rachel Bocher. La hausse des charges des hôpitaux qui se produirait en l'absence de mesures nouvelles d'économies est calculée dans chaque LFSS, et tourne autour de 3,5% par an. "Et c'est une estimation basse", pointe Rachel Bocher. Or, la hausse de l'Ondam fixée chaque année est bien inférieure, à 2,3% en moyenne sur la dernière décennie.

 

L'écart entre les deux chiffres représente autant d'efforts demandés aux hôpitaux. Sur les dix dernières années, un total de 8,7 milliards d'euros d'économies était prévu par les LFSS successives. Cette cure d'austérité s'est fortement intensifiée sous le quinquennat de François Hollande, à partir de 2012. Ce qui peut s'expliquer par un contexte global de resserrement des dépenses publiques : "L'Ondam s'intègre dans une politique de rigueur budgétaire plus large", relève Rachel Bocher. Les restrictions ont culminé à près d'1,7 milliards d'euros en 2017, et sont restées élevées après l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron. A noter que la LFSS est adoptée en décembre pour l'année suivante : les économies prévues pour 2019 ont par exemple été décidées fin 2018.
 

 

Ces objectifs budgétaires sont mis en oeuvre à travers un "recours prépondérant à des leviers de régulation par les prix", avec "une minoration des tarifs hospitaliers", comme l'explique un rapport sénatorial sur l'Ondam publié en octobre 2019. C'est-à-dire en baissant les montants remboursés par l'Assurance maladie à travers la "tarification à l'activité". Mis en place en 2004, ce système organise le financement des hôpitaux à partir du nombre et du type de soins qu'ils effectuent. Un prix est attribué aux différentes opérations, qui sont comptabilisés par les établissements pour servir au calcul de leurs dotations. Ces tarifs sont révisés tous les ans par le gouvernement, et ont été diminués à plusieurs reprises ces dernières années pour atteindre l'Ondam. Charge aux hôpitaux de compenser cette perte de recettes. En plus de ce pilotage national, "les directeurs des Agences régionales de santé sont chargés de faire respecter l'enveloppe prévue" au niveau local, précise Rachel Bocher.

"ON EN PAIE LE PRIX FORT"

Les objectifs d'économies fixés par l'Ondam ont été systématiquement respectés depuis 2019. Et même dépassés : les versements de l'Assurance maladie aux hôpitaux ont été plusieurs fois inférieurs de plusieurs centaines de millions d'euros au plafond fixé en LFSS, comme le note le rapport sénatorial de 2019. Soit 3 milliards d'euros d'économies supplémentaires sur la dernière décennie, qui sont venues s'ajouter aux 8,7 milliards prévus. Au total, les hôpitaux ont donc subi 11,7 milliards d'euros de coupes budgétaires en 10 ans.

 

Les établissements se sont adaptés en sabrant leurs dépenses. "Cela s'est traduit par une réduction du personnel et du nombre de lits. Environ 40% des lits de réanimation ont par exemple disparu en trente ans", estime Rachel Bocher. De quoi handicaper les soignants face à la crise sanitaire actuelle. "On paie au prix fort les économies faites pendant toutes ces années, pointe la présidente de l'INPH. La nécessité du confinement est liée au manque de lits de réanimation. Et rien n'était prêt au niveau du matériel : on manque du surblouses, de masques, de tests…" Les coupes se sont aussi traduites par une "dégradation (...) de la situation financière des hôpitaux publics", avec une hausse de leur déficit budgétaire, indique le rapport sénatorial sur l'Ondam. La vague de l'épidémie de coronavirus a finalement poussé le gouvernement à desserrer l'étau : d'abord prévu à 2,1% pour 2020, l'Ondam a été relevé à 6,5%, comme l'a annoncé Olivier Véran le 14 avril sur RTL. Un répit éphémère ?

Coronavirus : Ecole (3)

Par Le 18/04/2020

Tant mieux si cette étude se confirme par la suite. 

On peut se demander si le gouvernement en avait déjà la primeur. 

On peut se demander également s'il n'aurait pas été plus honnête d'annoncer que l'ouverture des écoles allait participer au développement de l'immunité collective puisque maintenant, c'est clairement exprimé.


C'est ce qui m'irrite le plus en ce moment : prendre la population pour une masse de crétins. Qu'il y en ait dans la masse, c'est certain mais considérer que c'est la majorité, c'est particulièrement irrespectueux et totalement contraire à toute tentative d'amélioration. 

Dans une classe, il y a trois attitudes possibles pour un enseignant : 

1) Niveler par le bas

2) Abandonner les élèves en difficulté pour ne s'occuper que des élèves performants.

3) Inviter constamment les élèves en difficulté à se mêler aux autres et inviter les élèves performants à entraîner avec eux ceux qui ont du mal, c'est à dire créer une dynamique positive dans laquelle tout le monde se sent pris en considération et encouragé. Ce système met en avant l'individu tout autant que l'élève. 

Nous sommes dans une situation où le discours politique doit abandonner ses non-dits habituels, ses vérités cachées, ses mensonges et surtout cette attitude supérieure envers les individus. 

"Nous on sait, vous n'avez qu'à appliquer."

Non, ça ne marche plus comme ça. Et si les hautes instances de l'Etat ne le comprennent pas, alors, c'est qu'ils ne méritent pas d'être écoutés.

Il y a autre chose de très grave, c'est de voir que des études publiques ne peuvent être menées  parce qu'elles manquent de moyens financiers...Renflouer l'économie par des milliards, ça ne servira à rien si la lutte contre le virus n'est pas menée, en priorité. C'est comme si en période de guerre, l'Etat soutenait financièrement les multinationales agro-alimentaires mais pas l'industrie de l'armement...Je ne plaide pas pour les guerres mais il y a des phrases qui ne s'oublient pas...

 

Coronavirus : les enfants sont-ils moins vecteurs de la maladie qu'on ne le pensait ?

 

Alors que les établissements scolaires doivent rouvrir progressivement en France à partir du 11 mai, franceinfo fait le point sur ce que dit la littérature scientifique à ce sujet. 

Désinfection d\'une école primaire à Cannes (Alpes-Maritimes), le 10 avril 2020. 
Désinfection d'une école primaire à Cannes (Alpes-Maritimes), le 10 avril 2020.  (VALERY HACHE / AFP)

La décision d'Emmanuel Macron, annoncée lundi 13 avril, de privilégier la réouverture progressive des établissements scolaires, à partir du 11 mai, à celle d’autres lieux accueillant du public (restaurants, bars, musées, festivals…) suscite beaucoup d’interrogations en France

"Nos enfants et nos plus jeunes, selon les scientifiques (...), sont celles et ceux qui propagent, semble-t-il, le plus rapidement le virus", avait déclaré le président un mois plus tôt, pour justifier la fermeture des écoles. Les scientifiques ont-ils changé d’avis entre-temps sur la question ? Elements de réponse. 

>> Coronavirus : confinement, masques, tests... Retrouvez toutes informations concernant l'épidémie de Covid-19 dans notre direct

Les enfants sont-ils autant touchés par le coronavirus que les adultes ?

Ce qui ressort des données disponibles, c’est que le nombre d’enfants et d’adolescents diagnostiqués comme étant atteints du Covid-19 après un test demeure très peu élevé dans le monde. En Chine, en Europe ou aux Etats-Unis, les moins de 20 ans représentent entre 1% et 2% des cas confirmés. En France, sur les 29 721 personnes hospitalisées, on compte 110 jeunes de moins de 15 ans, dont 32 en réanimation (sur 7 059), selon les chiffres de Santé publique France arrêtés au 7 avril. Les formes graves et les décès sont très rares. Les enfants "ne semblent pas être très malades ni en mourir", résume auprès de l’AFP Justin Lessler, épidémiologiste à l'université américaine Johns Hopkins.

Faut-il en déduire qu’ils attrapent moins le virus ? Cette question n’est pas tranchée, faute d’études et de données suffisantes. Nombre de spécialistes estiment toutefois que ce nouveau coronavirus entraîne davantage de formes asymptomatiques ou pauci("peu")-symptomatiques que d'autres virus de la même famille comme le SRAS, notamment chez les enfants et les adolescents. Même infectés, "les enfants vont bien et ne vont pas à l'hôpital, donc ils ne sont pas testés", assure Sharon Nachman, professeur à l'école de médecine Renaissance de l'hôpital pour enfants Stony Brooks, près de New York.

Les chiffres des hôpitaux ne sont donc peut-être que la partie émergée de l’iceberg, comme dans nombre d’épidémies. Une étude (en anglais) pré-publiée début mars sans passer par le processus habituel de revue par d'autres scientifiques, établit ainsi que les jeunes sont "tout aussi susceptibles d'être infectés que les adultes". Ces travaux portent sur la situation à Shenzhen (Chine) entre janvier et février et ont le mérite de se pencher sur des cas en dehors du milieu hospitalier. Sur 1 286 personnes en contact avec des malades, les chercheurs observent un taux d’infection similaire chez les moins de 19 ans à celui du reste de la population.

Ce n’est pas ce qu’ont constaté certains médecins français. Selon un observatoire du Groupe de pathologies infectieuses pédiatriques (GPIP), dirigé par le pédiatre infectiologue Robert Cohen, les tests PCR (naso-pharyngés) pratiqués sur des enfants qui viennent consulter aux urgences pour des symptômes de Covid-19 reviennent "3 à 5 fois moins positifs" que ceux des adultes. Ces données, qui portent sur "des centaines de prélèvements", selon le professeur, n’ont pas encore fait l’objet d’une publication. Une campagne de tests menée en Islande, dont les résultats ont été publiés dans le New England Journal of Medicine (en anglais) mardi 14 avril, va dans le même sens et établit que les enfants de moins de 10 ans présentent deux fois moins de tests positifs que les personnes plus âgées.

Que sait-on de leur contagiosité ?

Pas grand-chose justement, c’est bien le problème. L’hypothèse de départ, comme l’écrit la Société française de pédiatrie sur son site, est que les enfants, "sous-diagnostiqués du fait de tableaux peu symptomatiques""pourraient transmettre la maladie même s'ils sont peu malades". En Israël, près d'un tiers des enfants de moins de 9 ans infectés par le coronavirus sont asymptomatiques ou "porteurs sains", selon une étude (en hébreu) des cas confirmés par âge, publiée par le ministère israélien de la Santé et relayée par la presse. Pour le professeur Sigal Sadetsky, chef du service de santé publique au ministère israélien de la Santé, "les données montrent que les enfants propagent la maladie sans même que l'on puisse s'apercevoir qu'ils sont infectés".

La plupart des pays ont donc procédé comme avec la grippe, virus bien connu et documenté, pour lequel la fermeture des écoles a montré son efficacité en cassant les chaînes de transmission. De fait, l’épidémie de grippe recule pendant les vacances scolaires. "L’argument initial sur les enfants, c’était que ce coronavirus se comportait un peu comme une grippe. Et on sait que les enfants sont de forts transmetteurs de ce genre de virus respiratoires. On s’aperçoit maintenant que ce coronavirus ne se comporte pas exactement de la même façon", analyse sur franceinfo l'épidémiologiste Pascal Crépey.

Quelques études viennent en effet contredire ce postulat de départ. Des travaux menés par les universités de Fribourg (Suisse) et Melbourne (Australie), publiés en mars dans la revue The Pediatric Infectious Disease Journal (en anglais), soulignent que "l’importance des enfants dans la transmission du virus reste incertaine". A partir de trois études menées en Chine sur des cas pédiatriques, les chercheurs observent que la majorité des enfants infectés étaient en contact avec un membre de leur famille qui a présenté des symptômes du coronavirus avant eux. Une tendance confirmée par l’observation menée dans les services d’urgences en France. "Huit fois sur 10, il y a un contaminateur dans la famille malade avant eux", indique le pédiatre infectiologue Robert Cohen à franceinfo.

Les adultes seraient-ils finalement davantage vecteurs du virus ? Une autre étude tend à accréditer cette hypothèse. Dirigée par des chercheurs de Santé publique France et publiée le 11 avril dans la revue Clinical Infection Diseases (en anglais), elle se penche sur le cluster français en Haute-Savoie en février, parti d’un chalet de touristes britanniques. On y apprend deux choses : un enfant de 9 ans, symptomatique et testé positif, a fréquenté trois écoles et une classe de ski, sans contaminer personne. Dans ce même groupe, un adulte asymptomatique présentait en revanche une charge virale similaire à celle d’un patient symptomatique.

Le fait qu'un enfant infecté n'ait pas transmis la maladie malgré des interactions étroites au sein des écoles suggère une dynamique de transmission potentiellement différente chez les enfants.Les auteurs d'une étude française publiée dans "Clinical Infection Diseases"

Est-ce risqué de rouvrir les écoles à partir du 11 mai ?

Après avoir lu les réponses précédentes, vous vous posez sans doute toujours la question : a-t-on suffisamment d’éléments de réponse pour rouvrir sans crainte les écoles à partir du 11 mai ? D’ici un petit mois, la communauté scientifique mondiale, qui planche nuit et jour sur ce nouveau virus, devrait nous permettre d’en savoir un peu plus.

En France, une étude a déjà été lancée mardi 14 avril par l’équipe du professeur Robert Cohen. Baptisée "Coville", elle porte sur 600 enfants venus consulter dans des cabinets pédiatriques d'Ile-de-France. Ils seront divisés en deux groupes : 300 enfants présentant des signes cliniques compatibles avec une infection au Covid-19 et 300 enfants sans aucun symptôme, venant pour des vaccinations ou des problèmes non infectieux. Objectif : évaluer, à partir de tests PCR et sérologiques, combien sont porteurs de la maladie. Les résultats seront connus dans un à deux mois.

Si le taux de portage [du virus] est bas, cela confirmera qu'à ce moment-là de l'épidémie, les enfants ne jouent pas un rôle majeur dans la transmission.Robert Cohen, pédiatre infectiologue
sur franceinfo

Si cette étude doit permettre de donner une photographie à un instant T de l’épidémie, elle ne répondra pas à un certain nombre d’interrogations, dont l’épineuse question de l’immunité : "Chez ces patients porteurs sains, combien de temps dure le portage du virus dans le nez, la salive, les selles ? Est-ce que l’enfant s’immunise immédiatement ou est-ce qu’il reste porteur longtemps à bas bruit, en s’immunisant de façon tardive ?" liste Isabelle Sermet-Gaudelus, pneumopédiatre à l’hôpital Necker à Paris, invitant à la plus grande prudence. "On a l’impression que cette maladie fait sauter tous les verrous qu’on avait avant", abonde Agnès Delaunay-Moisan, chercheuse au Commissariat à l'énergie atomique (CEA), qui collabore avec l’Institut Pasteur sur la validation des tests pour le Covid-19.

Les deux femmes travaillent à une étude à plus long terme au sein des hôpitaux de Paris, qui prévoit de tester 1 000 enfants venus consulter pour tous types de motifs et un de leurs parents. Soit 2 000 personnes. "En analysant les anticorps, on saura qui a contaminé qui. On pourrait avoir des retours assez rapides", analyse leur collègue Simon Fillatreau, professeur d’immunologie à Necker. Les cas positifs seront suivis pendant un an. Problème : l’étude est encore en attente de financements publics avant de pouvoir être lancée.

Malgré ces inconnues, la décision de rouvrir les classes avant l’été ne provoque pas de levée de boucliers parmi les spécialistes que nous avons interrogés.

Les enfants font moins de formes sévères, les remettre en collectivité n’est pas plus dramatique que ça. Il faut que la population commence à s’immuniser.Isabelle Sermet-Gaudelus, pneumopédiatre à l'hôpital Neckerà franceinfo

"C’est assez cohérent. C’est la population la moins à risque, il va falloir qu’ils s’immunisent pour protéger les plus fragiles", confirme Pierre Parneix, responsable du Centre d’appui pour la prévention des infections associées aux soins de Nouvelle-Aquitaine. Selon le ministre de la Santé, Olivier Véran, 10% de la population française seulement serait immunisée. On estime à 60% le taux nécessaire pour atteindre l’immunité collective. Mais alors pourquoi les avoir confinés pendant deux mois ? "Même si on pense que les enfants ne sont pas de grands contaminateurs, les arrivées et les sorties d'écoles sont des moments de rencontres entre adultes. C'est peut-être ça qui joue un rôle dans l'épidémie, bien plus que les enfants eux-mêmes", analyse Robert Cohen.

La période de confinement a ainsi permis d'éviter une saturation rapide des services de réanimation et d'absorber la première vague. "L’hôpital sera mieux armé si une deuxième vague se présente" à l'automne, souligne l'immunologue Simon Fillatreau. Commencer par déconfiner les enfants et contrôler la circulation du virus à ce moment-là est un choix qui me paraît raisonnable." 

"Je comprends très bien les craintes que suscitent les réouvertures d’écoles. On en apprend tous les jours et les choses qu’on croit savoir à l’intant T peuvent encore changer à l’instant T+1. Il faut être précautionneux et continuer la recherche", ajoute de son côté l'épidémiologiste Pascal Crépey. Maintenir les écoles fermées aurait pu aussi pousser des parents à confier leurs enfants aux grands-parents, un groupe beaucoup plus à risque. 

Comme le souligne Robert Cohen, une reprise progressive avant l’été permettra d’expérimenter à plus petite échelle la mise en place de gestes barrières à l’école : "Cela n’aurait pas été moins dangereux en septembre avec une rentrée massive. Il va falloir changer nos habitudes d’ici là."

 

Walter Lipmann : la fabrication du consentement

Par Le 17/04/2020

Des travaux qu'il est considérablement important de connaître et de bien garder à l'esprit...

La « fabrique du consentement » est une expression de l’essayiste américain Walter Lippmann, qui, à partir des années 1920, mettant en doute la capacité de l’homme ordinaire à se déterminer avec sagesse, a proposé que les élites savantes « assainissent » l’information avant qu’elle n’atteigne la masse.

 

WALTER LIPPMANN : LA FABRICATION DU CONSENTEMENT

 

ILLUSION CITOYENNE

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CONTROVERSE

 

Tour à tour journaliste, écrivain, commentateur et conseiller politique, l’américain Walter Lippmann aura marqué le XXe siècle en altérant irrémédiablement le visage de la démocratie. Avis aux personnes atteintes de scepticisme démocratique : vous ne trouverez aucun remède dans ces lignes. Notre homme s’est employé à esquisser des portraits cinglants de la démocratie et du citoyen dans Public Opinion (1922) et The Phantom Public (1925). Suite à cette sape des idées socialistes et démocrates, il s’attellera à « rénover » le libéralisme dans The Good Society (1937), ouvrage qui inspirera le colloque Lippmann, réunissant des partisans du libéralisme sous toutes ses formes.

L’ILLUSION DE LA DÉMOCRATIE

L’oeuvre de Lippmann porte un regard singulier sur le modèle démocratique. Son analyse s’ancre dans un contexte tant personnel qu’historique : les États du monde entier sont tiraillés entre des aspirations totalitaires et libertaires ; l’homme s’abreuve d’une littérature à la fois collectiviste et libérale. Après son passage à Harvard et son implication socialiste, le journaliste s’emparera des idées libérales de ses contemporains – son professeur et ancien socialiste Graham Wallas, les économistes Ludwig von Mises et Friedrich Hayek.

Alimenté par sa désillusion face aux principes socialistes et son rejet de la démagogie démocrate, Lippmann se livrera donc à une critique acerbe de ce qu’il appelle « la doctrine du citoyen omnicompétent01 ». Devant la complexité du monde moderne, la démocratie originelle ne peut s’appliquer qu’à un « village de campagne02 ». En d’autres mots, ceux de Bruno Latour03« ce qui était possible pour les petites cités grecques, à la limite pour les États nations, ne l’est plus par temps de mondialisation ».

Mais dans la pensée de Lippmann, c’est en réalité la figure du citoyen qui prend du plomb dans l’aile. Absorbés par l’alternance de travail et de divertissement, les supposés citoyens n’ont ni l’envie, ni la compétence, ni la vertu pour s’occuper des « affaires publiques ».

Le théâtre démocratique se jouerait donc sans son acteur principal, relégué au statut de « spectateur sourd assis dans la rangée de derrière04 ». Pour Lippmann, le rôle du public se résume en deux actions : s’aligner et se retenir d’interférer (to align without meddling).

Sa participation se limite en somme à appuyer ou rejeter la position d’un parti, à voter pour ou contre une proposition politique.

Ensuite, l’homme du peuple doit s’abstenir de jouer un rôle quelconque afin de ne pas parasiter le débat par son ignorance et ses remarques triviales. La liste s’arrête là.

Le suivisme et la retenue sont les deux grandes responsabilités politiques du citoyen.

Agir directement sur la scène politique le rendrait juge et parti, ce qui n’est pas souhaitable et entraînerait des conflits d’intérêts. En effet, dans la théorie de Lippmann, « les intérêts communs éludent entièrement l’opinion publique et ne peuvent être gérés que par une classe spécialisée dont l’intérêt personnel se situe bien au-delà du plan local.05 » L’exercice de la démocratie doit donc être confié à une classe spécialisée et avisée, une élite politique. Nous l’aurons compris : le petit s’éclipse devant les grands, l’amateur laisse travailler les professionnels.

LA CONSÉCRATION DE L’EXPERTISE

Recevoir l’appui du peuple, ça se mérite. Ou du moins ça se fabrique. Dans tous les cas, c’est un prérequis pour ceux qui gouvernent. Il s’agit d’être légitime concernant la conduite de la machine « démocratique ». Pour ce faire, il va être question pour l’élite en place (ou prétendant au pouvoir) de susciter le consentement, ou autrement dit, d’aiguiller l’opinion publique dans son sens. L’opinion publique ? C’est l’ensemble des représentations, « préjugés » et « stéréotypes » d’une population.

La réalité étant infiniment complexe, il est nécessaire de s’en forger des images mentales simplifiées, des approximations. Toute la subtilité de la « fabrication du consentement » (manufacture of consent06) réside dans la manipulation de ces « images dans la tête07 » des citoyens.

« La création du consentement n’est pas une discipline nouvelle. Elle est très ancienne et avait prétendument disparu avec l’apparition de la démocratie. Mais elle ne s’est pas éteinte. Elle a en réalité énormément gagné en technique » Walter Lippmann

S’entourer de techniciens semble indispensable pour tenir la barre de la démocratie lippmannienne09.

La classe politique convoque ainsi des spécialistes en tout genre : « statisticiens, comptables, contrôleurs de gestion, conseillers industriels, ingénieurs de toutes espèces, organisateurs scientifiques, chercheurs, scientifiques.10 » 

Pour les dirigeants, ils sont autant de moyens d’action sur le monde. Soit pour prendre la température de l’opinion publique et rester informés des événements d’importance sociétale – cette captation des faits étant réservée aux scientifiques pour garantir à tous une « communication sans malentendu11 ». Soit pour répandre des idées et valeurs via des dispositifs médiatiques considérés par le public comme des « fontaines de vérité12 ». La presse, la radio et la télévision, gérées par des professionnels, ne peuvent qu’être objectives et légitimes dans la diffusion d’informations claires et sélectionnées pour leur pertinence. Investis du statut de « sources de connaissances », les médias sont au premier plan pour toucher l’opinion publique.

Dans la logique de Walter Lippmann, cette légion d’experts est la grande garante de méthodes rigoureuses, rationnelles et surtout objectives dans le déroulement décisionnel de la démocratie. L’important reste d’éviter le choc des opinions diverses et désordonnées de la masse ignorante13 : Lippmann nous l’a appris, le citoyen et sa subjectivité ne sont plus nécessaires dans le mécanisme démocratique. Il les considère comme nuisibles. En définitive, la démocratie représentative est sévèrement ébranlée. Même le résultat d’une élection n’est plus un choix de la majorité mais le succès d’une mise en scène efficace des candidats élus14. Le citoyen obsolète est évacué du casting et n’a plus qu’à contempler les spécialistes de la politique jouer le spectacle démocratique, sur fond de raison et de vérité.

 

 

ICI, un article long très détaillé, une analyse émanant du "Monde diplomatique". Un entretien entre Daniel Mermet et Noam Chomsky. 

Edifiant. 

 

https://www.monde-diplomatique.fr/2007/08/CHOMSKY/14992

 

Plus efficace encore que les dictatures

Le lavage de cerveaux en liberté

 

Rachats de grands journaux – le « Wall Street Journal » aux Etats-Unis, « Les Echos » en France – par des hommes fortunés habitués à plier la vérité au gré de leurs intérêts (lire aussi « Prédateurs de presse et marchands d’influence », par Marie Bénilde), médiatisation outrancière de M. Nicolas Sarkozy, cannibalisation de l’information par les sports, la météo et les faits divers, le tout dans une débauche de publicités : la « communication » constitue l’instrument de gouvernement permanent des régimes démocratiques. Elle est, pour eux, ce que la propagande est aux dictatures. Dans un entretien accordé au journaliste de France Inter Daniel Mermet, l’intellectuel américain Noam Chomsky analyse ces mécanismes de domination et les replace dans leur contexte historique. Il rappelle, par exemple, que les régimes totalitaires se sont appuyés sur les ressorts de la communication publicitaire perfectionnés aux Etats-Unis au lendemain de la première guerre mondiale. Au-delà, il évoque les perspectives de transformation sociale dans le monde actuel, et ce à quoi pourrait ressembler l’utopie pour ceux qui, malgré la pédagogie de l’impuissance martelée par les médias, n’ont pas renoncé à changer le monde.

par Noam Chomsky 

 

Commençons par la question des médias. En France, en mai 2005, lors du référendum sur le traité de Constitution européenne, la plupart des organes de presse étaient partisans du « oui », et cependant 55 % des Français ont voté « non ». La puissance de manipulation des médias ne semble donc pas absolue. Ce vote des citoyens représentait-il aussi un « non » aux médias ?

Le travail sur la manipulation médiatique ou la fabrique du consentement fait par Edward Herman et moi n’aborde pas la question des effets des médias sur le public (1). C’est un sujet compliqué, mais les quelques recherches en profondeur menées sur ce thème suggèrent que, en réalité, l’influence des médias est plus importante sur la fraction de la population la plus éduquée. La masse de l’opinion publique paraît, elle, moins tributaire du discours des médias.

Prenons, par exemple, l’éventualité d’une guerre contre l’Iran : 75 % des Américains estiment que les Etats-Unis devraient mettre un terme à leurs menaces militaires et privilégier la recherche d’un accord par voie diplomatique. Des enquêtes conduites par des instituts occidentaux suggèrent que l’opinion publique iranienne et celle des Etats-Unis convergent aussi sur certains aspects de la question nucléaire : l’écrasante majorité de la population des deux pays estime que la zone s’étendant d’Israël à l’Iran devrait être entièrement débarrassée des engins de guerre nucléaires, y compris ceux que détiennent les troupes américaines de la région. Or, pour trouver ce genre d’information dans les médias, il faut chercher longtemps.

Quant aux principaux partis politiques des deux pays, aucun ne défend ce point de vue. Si l’Iran et les Etats-Unis étaient d’authentiques démocraties à l’intérieur desquelles la majorité détermine réellement les politiques publiques, le différend actuel sur le nucléaire serait sans doute déjà résolu. Il y a d’autres cas de ce genre.

Concernant, par exemple, le budget fédéral des Etats-Unis, la plupart des Américains souhaitent une réduction des dépenses militaires et une augmentation, en revanche, des dépenses sociales, des crédits versés aux Nations unies, de l’aide économique et humanitaire internationale, et enfin l’annulation des baisses d’impôts décidées par le président George W. Bush en faveur des contribuables les plus riches.

Sur tous ces sujets-là, la politique de la Maison Blanche est totalement contraire aux réclamations de l’opinion publique. Mais les enquêtes qui relèvent cette opposition publique persistante sont rarement publiées dans les médias. Si bien que les citoyens sont non seulement écartés des centres de décision politique, mais également tenus dans l’ignorance de l’état réel de cette même opinion publique.

Il existe une inquiétude internationale relative à l’abyssal « double déficit » des Etats-Unis : le déficit commercial et le déficit budgétaire. Or ceux-ci n’existent qu’en relation étroite avec un troisième déficit : le déficit démocratique, qui ne cesse de se creuser, non seulement aux Etats-Unis, mais plus généralement dans l’ensemble du monde occidental.

Chaque fois qu’on demande à un journaliste vedette ou à un présentateur d’un grand journal télévisé s’il subit des pressions, s’il lui arrive d’être censuré, il réplique qu’il est entièrement libre, qu’il exprime ses propres convictions. Comment fonctionne le contrôle de la pensée dans une société démocratique ? En ce qui concerne les dictatures, nous le savons.

Quand des journalistes sont mis en cause, ils répondent aussitôt : « Nul n’a fait pression sur moi, j’écris ce que je veux. » C’est vrai. Seulement, s’ils prenaient des positions contraires à la norme dominante, ils n’écriraient plus leurs éditoriaux. La règle n’est pas absolue, bien sûr ; il m’arrive moi-même d’être publié dans la presse américaine, les Etats-Unis ne sont pas un pays totalitaire non plus. Mais quiconque ne satisfait pas certaines exigences minimales n’a aucune chance d’être pressenti pour accéder au rang de commentateur ayant pignon sur rue.

C’est d’ailleurs l’une des grandes différences entre le système de propagande d’un Etat totalitaire et la manière de procéder dans des sociétés démocratiques. En exagérant un peu, dans les pays totalitaires, l’Etat décide de la ligne à suivre et chacun doit ensuite s’y conformer. Les sociétés démocratiques opèrent autrement. La « ligne » n’est jamais énoncée comme telle, elle est sous-entendue. On procède, en quelque sorte, au « lavage de cerveaux en liberté ». Et même les débats « passionnés » dans les grands médias se situent dans le cadre des paramètres implicites consentis, lesquels tiennent en lisière nombre de points de vue contraires.

Le système de contrôle des sociétés démocratiques est fort efficace ; il instille la ligne directrice comme l’air qu’on respire. On ne s’en aperçoit pas, et on s’imagine parfois être en présence d’un débat particulièrement vigoureux. Au fond, c’est infiniment plus performant que les systèmes totalitaires.

Prenons, par exemple, le cas de l’Allemagne au début des années 1930. On a eu tendance à l’oublier, mais c’était alors le pays le plus avancé d’Europe, à la pointe en matière d’art, de sciences, de techniques, de littérature, de philosophie. Puis, en très peu de temps, un retournement complet est intervenu, et l’Allemagne est devenue l’Etat le plus meurtrier, le plus barbare de l’histoire humaine.

Tout cela s’est accompli en distillant de la peur : celle des bolcheviks, des Juifs, des Américains, des Tziganes, bref, de tous ceux qui, selon les nazis, menaçaient le cœur de la civilisation européenne, c’est-à-dire les « héritiers directs de la civilisation grecque ». En tout cas, c’est ce qu’écrivait le philosophe Martin Heidegger en 1935. Or la plupart des médias allemands qui ont bombardé la population avec des messages de ce genre ont repris les techniques de marketing mises au point... par des publicitaires américains.

N’oublions pas comment s’impose toujours une idéologie. Pour dominer, la violence ne suffit pas, il faut une justification d’une autre nature. Ainsi, lorsqu’une personne exerce son pouvoir sur une autre – que ce soit un dictateur, un colon, un bureaucrate, un mari ou un patron –, elle a besoin d’une idéologie justificatrice, toujours la même : cette domination est faite « pour le bien » du dominé. En d’autres termes, le pouvoir se présente toujours comme altruiste, désintéressé, généreux.

Quand la violence d’Etat ne suffit plus

Dans les années 1930, les règles de la propagande nazie consistaient, par exemple, à choisir des mots simples, à les répéter sans relâche, et à les associer à des émotions, des sentiments, des craintes. Quand Hitler a envahi les Sudètes [en 1938], ce fut en invoquant les objectifs les plus nobles et charitables, la nécessité d’une « intervention humanitaire » pour empêcher le « nettoyage ethnique » subi par les germanophones, et pour permettre que chacun puisse vivre sous l’« aile protectrice » de l’Allemagne, avec le soutien de la puissance la plus en avance du monde dans le domaine des arts et de la culture.

En matière de propagande, si d’une certaine manière rien n’a changé depuis Athènes, il y a quand même eu aussi nombre de perfectionnements. Les instruments se sont beaucoup affinés, en particulier et paradoxalement dans les pays les plus libres du monde : le Royaume-Uni et les Etats-Unis. C’est là, et pas ailleurs, que l’industrie moderne des relations publiques, autant dire la fabrique de l’opinion, ou la propagande, est née dans les années 1920.

Ces deux pays avaient en effet progressé en matière de droits démocratiques (vote des femmes, liberté d’expression, etc.) à tel point que l’aspiration à la liberté ne pouvait plus être contenue par la seule violence d’Etat. On s’est donc tourné vers les technologies de la « fabrique du consentement ». L’industrie des relations publiques produit, au sens propre du terme, du consentement, de l’acceptation, de la soumission. Elle contrôle les idées, les pensées, les esprits. Par rapport au totalitarisme, c’est un grand progrès : il est beaucoup plus agréable de subir une publicité que de se retrouver dans une salle de torture.

Aux Etats-Unis, la liberté d’expression est protégée à un degré que je crois inconnu dans tout autre pays du monde. C’est assez récent. Dans les années 1960, la Cour suprême a placé la barre très haut en matière de respect de la liberté de parole, ce qui exprimait, à mon avis, un principe fondamental établi dès le XVIIIe siècle par les valeurs des Lumières. La position de la Cour fut que la parole était libre, avec pour seule limite la participation à un acte criminel. Si, par exemple, quand je rentre dans un magasin pour le dévaliser, un de mes complices tient une arme et que je lui dis : « Tire ! », ce propos n’est pas protégé par la Constitution. Pour le reste, le motif doit être particulièrement grave avant que la liberté d’expression soit mise en cause. La Cour suprême a même réaffirmé ce principe en faveur de membres du Ku Klux Klan.

En France, au Royaume-Uni et, me semble-t-il, dans le reste de l’Europe, la liberté d’expression est définie de manière très restrictive. A mes yeux, la question essentielle est : l’Etat a-t-il le droit de déterminer ce qu’est la vérité historique, et celui de punir qui s’en écarte ? Le penser revient à s’accommoder d’une pratique proprement stalinienne.

Des intellectuels français ont du mal à admettre que c’est bien là leur inclination. Pourtant, le refus d’une telle approche ne doit pas souffrir d’exception. L’Etat ne devrait avoir aucun moyen de punir quiconque prétendrait que le Soleil tourne autour de la Terre. Le principe de la liberté d’expression a quelque chose de très élémentaire : ou on le défend dans le cas d’opinions qu’on déteste, ou on ne le défend pas du tout. Même Hitler et Staline admettaient la liberté d’expression de ceux qui partageaient leur point de vue...

J’ajoute qu’il y a quelque chose d’affligeant et même de scandaleux à devoir débattre de ces questions deux siècles après Voltaire, qui, comme on le sait, déclarait : « Je défendrai mes opinions jusqu’à ma mort, mais je donnerai ma vie pour que vous puissiez défendre les vôtres. » Et c’est rendre un bien triste service à la mémoire des victimes de l’Holocauste que d’adopter une des doctrines fondamentales de leurs bourreaux.

Dans un de vos livres, vous commentez la phrase de Milton Friedman : « Faire des profits est l’essence même de la démocratie »...

A vrai dire, les deux choses sont tellement contraires qu’il n’y a même pas de commentaire possible... La finalité de la démocratie, c’est que les gens puissent décider de leur propre vie et des choix politiques qui les concernent. La réalisation de profits est une pathologie de nos sociétés, adossée à des structures particulières. Dans une société décente, éthique, ce souci du profit serait marginal. Prenez mon département universitaire [au Massachusetts Institute of Technology] : quelques scientifiques travaillent dur pour gagner beaucoup d’argent, mais on les considère un peu comme des marginaux, des gens perturbés, presque des cas pathologiques. L’esprit qui anime la communauté académique, c’est plutôt d’essayer de faire des découvertes, à la fois par intérêt intellectuel et pour le bien de tous.

Dans l’ouvrage qui vous est consacré aux éditions de L’Herne, Jean Ziegler écrit : « Il y a eu trois totalitarismes : le totalitarisme stalinien, nazi et maintenant c’est Tina (2). » Compareriez-vous ces trois totalitarismes ?

Je ne les mettrais pas sur le même plan. Se battre contre « Tina », c’est affronter une emprise intellectuelle qu’on ne peut pas assimiler aux camps de concentration ni au goulag. Et, de fait, la politique des Etats-Unis suscite une opposition massive à l’échelle de la planète. L’Argentine et le Venezuela ont jeté le Fonds monétaire international (FMI) dehors. Les Etats-Unis ont dû renoncer à ce qui était encore la norme il y a vingt ou trente ans : le coup d’Etat militaire en Amérique latine. Le programme économique néolibéral, qui a été imposé de force à toute l’Amérique latine dans les années 1980 et 1990, est aujourd’hui rejeté dans l’ensemble du continent. Et on retrouve cette même opposition contre la globalisation économique à l’échelle mondiale.

Le mouvement pour la justice, qui est sous les feux des projecteurs médiatiques lors de chaque Forum social mondial, travaille en réalité toute l’année. C’est un phénomène très nouveau dans l’histoire, qui marque peut-être le début d’une vraie Internationale. Or son principal cheval de bataille porte sur l’existence d’une solution de rechange. D’ailleurs, quel meilleur exemple de globalisation différente que le Forum social mondial ? Les médias hostiles appellent ceux qui s’opposent à la globalisation néolibérale les « antimondialistes », alors qu’ils se battent pour une autre mondialisation, la mondialisation des peuples.

On peut observer le contraste entre les uns et les autres, parce que, au même moment, a lieu, à Davos, le Forum économique mondial, qui travaille à l’intégration économique planétaire, mais dans le seul intérêt des financiers, des banques et des fonds de pension. Puissances qui contrôlent aussi les médias. C’est leur conception de l’intégration globale, mais au service des investisseurs. Les médias dominants considèrent que cette intégration est la seule qui mérite, en quelque sorte, l’appellation officielle de mondialisation.

Voilà un bel exemple du fonctionnement de la propagande idéologique dans les sociétés démocratiques. A ce point efficace que même des participants au Forum social mondial acceptent parfois le qualificatif malintentionné d’« antimondialistes ». A Porto Alegre, je suis intervenu dans le cadre du Forum, et j’ai participé à la Conférence mondiale des paysans. Ils représentent à eux seuls la majorité de la population de la planète...

On vous range dans la catégorie des anarchistes ou des socialistes libertaires. Dans la démocratie telle que vous la concevez, quelle serait la place de l’Etat ?

On vit dans ce monde, pas dans un univers imaginaire. Dans ce monde, il existe des institutions tyranniques, ce sont les grandes entreprises. C’est ce qu’il y a de plus proche des institutions totalitaires. Elles n’ont, pour ainsi dire, aucun compte à rendre au public, à la société ; elles agissent à la manière de prédateurs dont d’autres entreprises seraient les proies. Pour s’en défendre, les populations ne disposent que d’un seul instrument : l’Etat. Or ce n’est pas un bouclier très efficace, car il est, en général, étroitement lié aux prédateurs. A une différence, non négligeable, près : alors que, par exemple, General Electric n’a aucun compte à rendre, l’Etat doit parfois s’expliquer auprès de la population.

Quand la démocratie se sera élargie au point que les citoyens contrôleront les moyens de production et d’échange, qu’ils participeront au fonctionnement et à la direction du cadre général dans lequel ils vivent, alors l’Etat pourra disparaître petit à petit. Il sera remplacé par des associations volontaires situées sur les lieux de travail et là où les gens vivent.

Est-ce les soviets ?

C’étaient les soviets. Mais la première chose que Lénine et Trotski ont détruit, sitôt après la révolution d’Octobre, ce sont les soviets, les conseils ouvriers et toutes les institutions démocratiques. Lénine et Trotski ont été à cet égard les pires ennemis du socialisme au XXe siècle. En tant que marxistes orthodoxes, ils ont estimé qu’une société retardataire comme la Russie de leur époque ne pouvait pas passer directement au socialisme avant d’être précipitée de force dans l’industrialisation.

En 1989, au moment de l’effondrement du système communiste, j’ai pensé que cet effondrement représentait, paradoxalement, une victoire pour le socialisme. Car le socialisme tel que je le conçois implique, au minimum, je le répète, le contrôle démocratique de la production, des échanges et des autres dimensions de l’existence humaine.

Toutefois, les deux principaux systèmes de propagande se sont accordés pour dire que le système tyrannique institué par Lénine et Trotski, puis transformé en monstruosité politique par Staline, était le « socialisme ». Les dirigeants occidentaux ne pouvaient qu’être enchantés par cet usage absurde et scandaleux du terme, qui leur a permis pendant des décennies de diffamer le socialisme authentique.

Avec un enthousiasme identique, mais de sens contraire, le système de propagande soviétique a tenté d’exploiter à son profit la sympathie et l’engagement que suscitaient pour beaucoup de travailleurs les idéaux socialistes authentiques.

N’est-il pas vrai que toutes les formes d’auto-organisation selon les principes anarchistes se sont finalement effondrées ?

Il n’y a pas de « principes anarchistes » fixes, une sorte de catéchisme libertaire auquel il faudrait prêter allégeance. L’anarchisme, du moins tel que je le comprends, est un mouvement de la pensée et de l’action humaines qui cherche à identifier les structures d’autorité et de domination, à leur demander de se justifier et, dès qu’elles en sont incapables, ce qui arrive fréquemment, à tenter de les dépasser.

Loin de s’être « effondré », l’anarchisme, la pensée libertaire, se porte très bien. Il est à la source de nombreux progrès réels. Des formes d’oppression et d’injustice qui étaient à peine reconnues, et encore moins combattues, ne sont plus admises. C’est une réussite, une avancée pour l’ensemble du genre humain, pas un échec.

(Propos recueillis par Daniel Mermet, revus et corrigés par l’auteur.)

Noam Chomsky

Professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT), Boston, Etats-Unis. Auteur notamment de Les Etats manqués. Abus de puissance et déficit démocratique, Fayard, Paris, 2007. La plupart des textes de Noam Chomsky sont disponibles sur son site Internet.

 

Je mets un petit "corrigé" ici par rapport à la fameuse phrase de Voltaire...Elle n'est pas de lui...

En ce début d’année,bra07058 où nos valeurs républicaines viennent d’être violemment attaquées, la référence à Voltaire qui, au XVIIIe siècle, s’est battu pour la liberté d’expression, est quasi systématique. Le problème, c’est qu’on attribue souvent au philosophe de la tolérance des mots qu’il n’a jamais écrits ni prononcés. La fameuse phrase : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire » en est le meilleur exemple.

 

Celles et ceux qui ont décerné cette citation à Voltaire, et l’ont copieusement répandue sous son nom, se basent sur une lettre datant du 6 février 1770. Voltaire se serait adressé à l’abbé Le Riche en ces termes : « Monsieur l’abbé, je déteste ce que vous écrivez, mais je donnerai ma vie pour que vous puissiez continuer à écrire. » Si l’existence de cette missive a été avérée, la phrase n’y figure pas, ni même l’idée ! C’est ce qu’on appelle une citation « apocryphe », dont l’authenticité n’est pas établie.

Mais alors, à qui la faute ? Pas à Rousseau, ni à Voltaire lui-même, comme dans la chanson de Gavroche, mais à l’Anglaise Evelyn Beatrice Hall qui, dans un livre, The Friends of Voltaire, publié en 1906 sous le pseudonyme de S. G. Tallentyre, utilisa la célèbre formule pour résumer la pensée voltairienne. « « I disapprove of what you say, but I will defend to the death your right to say it », was his attitude now », écrit-elle. Elle confirmera par la suite que c’était sa propre expression et qu’elle n’aurait pas dû être mise entre guillemets. Qu’elle soit due à la maladresse de l’auteur ou de l’éditeur, la citation a été rapidement traduite en français avant de connaître le succès que l’on sait.

Si la devise n’est pas de Voltaire, il n’en demeure pas moins qu’elle illustre sa philosophie, telle qu’elle paraît notamment dans ses Questions sur l’Encyclopédie : « J’aimais l’auteur du livre de l’Esprit (Helvétius). Cet homme valait mieux que tous ses ennemis ensemble ; mais je n’ai jamais approuvé ni les erreurs de son livre, ni les vérités triviales qu’il débite avec emphase. J’ai pris son parti hautement, quand des hommes absurdes l’ont condamné pour ces vérités mêmes. »

Une autre citation apocryphe de Voltaire a été reprise en janvier 2014 dans le cadre de l’affaire Dieudonné : « Pour savoir qui vous dirige vraiment, il suffit de regarder ceux que vous ne pouvez pas critiquer. » En réalité, c’est un écrivain controversé américain, Kevin Alfred Strom, qui en revendique la paternité sur son site internet.

 Sandrine Campese

Edward Bernays : L'inventeur du marketing

Par Le 17/04/2020

 

Je mets trois documents ici, car ils sont intrinsèquement liés. Les deux premiers concernent un homme très peu connu, l'inventeur du "marketing". Un homme qui n'est pas entré dans la postérité mais dont les travaux conditionnent encore aujourd'hui des milliards d'être humains.

Le dernier document montre clairement les effets de ce conditionnement et la puissance de frappe des multinationales dans leur guerre du marketing.

Edward L. Bernays (1891-1995)

L’inventeur du marketing

 

par Mona Chollet 

 

Ne pas supplier le client d’acheter votre produit, mais l’amener à vous supplier de le lui vendre : ainsi se résume la révolution qu’Edward Bernays a introduite dans la technique publicitaire. Susciter le désir, créer l’événement, lancer des modes, fabriquer des polémiques de toutes pièces : autant de stratagèmes mis au point par ce neveu de Sigmund Freud dont la famille avait émigré aux Etats-Unis, et qui fut le premier représentant d’un métier qu’il a inventé : conseiller en relations publiques. Son « coup » le plus célèbre : en 1929, les industriels du tabac se plaignent auprès de lui des conventions sociales qui interdisent aux femmes de fumer, ce qui leur fait perdre la moitié de leur marché potentiel ; sur l’instigation de Bernays, lors de la parade du jour de Pâques à New York, un groupe de jeunes femmes allument toutes en même temps, devant les objectifs des photographes, des cigarettes qu’elles baptisent «  torches of freedom » (« les torches de la liberté »)...

Son passage à la Commission on Public Information, chargée de « vendre » à l’opinion la participation américaine à la première guerre mondiale (on lui doit l’affiche « I want you for US army »), lui a permis d’affiner encore ses méthodes. Il se rend vite indispensable tant aux entreprises qu’aux hommes politiques. S’inspirant des travaux de Gustave Le Bon et de Wilfred Trotter sur la psychologie des foules, il prône une « manipulation intelligente » des masses par la minorité éclairée – comprenez possédante –, afin de mettre cette dernière à l’abri des menaces de la démocratie. Il expose ses thèses dans Propaganda en 1928 (1) : « La propagande est l’organe exécutif du gouvernement invisible. » Un autre de ses ouvrages, Crystallizing Public Opinion, figurera en bonne place dans la bibliothèque de Joseph Goebbels, le ministre de la propagande d’Adolf Hitler – ce que Bernays apprit avec consternation.

C’est que sa mission, à ses yeux, n’est que probité. Ainsi, le concours de sculpture sur savon qu’il a lancé dans les écoles pour le compte de Procter & Gamble a pour noble but « la culture des impulsions esthétiques des jeunes générations ». Comme beaucoup de ses émules – signe d’une mauvaise conscience refoulée ? –, il n’a que le mot « éthique » à la bouche. Le propagandiste, estime-t-il, remplit «  une mission sociale au sens large du terme » : tout le monde en sort gagnant. Les Guatémaltèques sont peut-être d’un avis plus nuancé : en 1954, la campagne de diabolisation orchestrée par Bernays pour le compte de la société United Fruit, dont le gouvernement Arbenz gênait les intérêts, ouvrit la voie à un coup d’Etat de la CIA.

Mona Chollet

A l'origine des fausses nouvelles, l'influence méconnue d'Edward Bernays

 

Par Cécile de Kervasdoué

Edward Bernays est un personnage presque oublié par l'histoire. Double neveu de Sigmund Freud, il a pourtant été l'un des théoriciens de la propagande politique qui aujourd'hui, à l'ère de l'hyper-communication, anime entreprises et partis politiques. Julie Timmerman en a fait une pièce de théâtre.

Une scène de la pièce de théâtre "Un démocrate", de Julie Timmerman, consacrée à Edward Louis James Bernays Une scène de la pièce de théâtre "Un démocrate", de Julie Timmerman, consacrée à Edward Louis James Bernays• Crédits : Philippe Rocher

Edward Bernays était le double neveu de Sigmund Freud. Né à Vienne en 1891, il est mort aux Etats-Unis, 103 ans plus tard, presque oublié du grand public alors qu'il a inventé l'un des grands maux du XXe siècle : la manipulation de masse. Pour Julie Timmerman, dramaturge auteur d'Un démocrate, qui raconte sur scène la vie de ce publicitaire : 

C'est peut être le plus grand échec d'Edward Bernays, il aura passé toute sa vie à faire sa propre promotion mais il est mort dans l'oubli de l'opinion publique ! Son livre Propaganda, comment manipuler l'opinion en démocratie n'a été traduit en France que récemment, même s'il est aujourd'hui largement étudié dans les universités américaines, notamment en marketing. 

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De l'urgence de faire connaitre Edward Bernays au plus grand nombre. Julie Timmerman

Edward Bernays, à 89 ans, en mars 1981.

Edward Bernays, à 89 ans, en mars 1981.• Crédits : Bettmann - Getty

L'inconscient des citoyens au service du marché 

Tout le mérite d'Edward Bernays est d'avoir su trouver des applications pratiques aux découvertes sur l'inconscient de son époque. Les théories de Gustave Le Bon sur la psychologie des foules, de Wilfred Trotter sur la psychologie sociale, et bien sûr celles de son oncle sur la psychanalyse lui ont permis aux côtés par exemple de Walter Lippmann, l'auteur de la Fabrique du consentement, d'industrialiser la manipulation de l'opinion publique à des fins économiques et politiques.

La révolution industrielle ouvre l'ère des masses. A la fin du XIXe siècle aux Etats-Unis, les "barons voleurs" n'hésitent pas à tirer sur la foule qui demande par exemple des jours de travail moins longs. Ils décident aussi de trouver des moyens de contrôle social en amont. A l'époque, plusieurs penseurs comme Gustave Le Bon, Wilfred Trotter et bien sûr Sigmund Freud travaillent sur la psychologie sociale. Le mérite de Bernays est d'avoir mis en pratique ces théories pour faire passer des "messages ciblés".                                                    
Julie Timmerman

Après avoir été l'attaché de presse du ténor Caruso ou des ballets russes, le New-Yorkais a participé, aux côtés du président Wilson, à la Commission Creel qui permit de retourner l'opinion publique américaine en faveur de l'entrée dans la Première Guerre mondiale. Il retourne ensuite régulièrement en Europe, où il passe des vacances avec son oncle Freud dont les théories sur l'inconscient le fascinent. De retour aux Etats Unis il décide donc de monter sa propre entreprise de propagande au service de l'industrie. 

Sa femme et partenaire, Doris Fleischman, lui a vivement suggéré de ne pas utiliser le terme trop marqué de propagande pour leur commerce. Elle inventa, pour le remplacer, celui de relation publiques qui fait encore flores aujourd'hui partout dans le monde. Julie Timmerman

Julie Timmerman, comédienne, dramaturge et metteure en scène d'Un Démocrate Julie Timmerman, comédienne, dramaturge et metteure en scène d'Un Démocrate• Crédits : Cécile de Kervasdoué - Radio France

Pour les profits de l'industrie agroalimentaire, Edward Bernays contribue à instaurer le célèbre petit déjeuner à l'américaine fait d’œufs et de bacon, n'hésitant pas pour cela à mettre en scène des conseils de médecins sur le sujet. 

Edward Bernays est également celui qui rendra incontournable la présence d'un piano dans les appartements américains en poussant les architectes d'intérieur de l'époque à créer des alcôves afin de les accueillir dans les nouvelles constructions. 

Bernays a révolutionné la pratique publicitaire en instaurant un protocole précis fait de sondages d'opinion, de mises en scènes, de mensonges aussi parfois pour faire croire au consommateur qu'il désire un produit, que c'est un choix personnel. Ce genre de processus est encore largement utilisé aujourd'hui, il n'y a qu'à regarder les femmes dénudées partout dans les publicités pour les voitures. Julie Timmerman

L'affaire des cigarettes : un cas d'école étudié dans toutes les universités américaines

Dans les années 1920, Edward Bernays travaille pour l'entreprise Lucky Strike dont les ventes de cigarettes sont en baisse. Selon son mantra, il va "souffler aux gens les rêves avant qu'ils les aient rêvés". A l'époque, il est très mal vu pour les femmes de fumer dans les lieux publics. Le publicitaire va donc commencer par mettre la couleur verte du paquet de cigarettes Lucky Strike à la mode dans le prêt-à-porter féminin ou dans les fêtes du show-biz, avant d'aborder les suffragettes pour leur faire croire que la cigarette est un symbole d'émancipation. 

Selon la dramaturge : 

S'inspirant de son oncle Sigmund Freud, il leur dit que la cigarette est un symbole phallique et qu'il n'y a aucune raison pour que les femmes n'aient pas le droit de fumer en public. Il imagine et organise aussi en 1928 un défilé de fumeuses sur la 5e avenue à New York, où les femmes, toutes féministes, avaient dans une main une cigarette et dans l'autre une pancarte "torches de la liberté". L'idée est lancée devant la presse du monde entier : les femmes modernes doivent fumer et donc acheter des cigarettes.

Dans cette vidéo, le philosophe canadien Normand Baillargeon, raconte comment Edward Bernays a fait fumer les femmes : 

En 1929, à ceux qui lui objecteront que la cigarette est mortelle, Edward Bernays répondra en envoyant aux journaux des expertises contraires, souvent financées par l'industrie de la cigarette. Les fausses informations, "messages ciblés" dans le langage de l'époque, sont nées.

Quand la propagande politique devient "relations publiques"

S'il a permis l'élection du président Calvin Coolidge, en changeant l'image de l'homme taciturne comme il a changé l'image des cigarettes, Edward Bernays n'a pas toujours mesuré l'impact politique de ses méthodes de propagande. 

Aujourd'hui, tous les partis politiques et toutes les entreprises font des relations publiques, sans même connaître les théories d'Edward Bernays. Moi, avec cette pièce, j'ai voulu dénoncer la propagande, qui est omniprésente à notre époque d’hyper communication. Le théâtre est sans doute la meilleure façon de donner à penser et de faire éclore l'esprit critique des citoyens d'aujourd'hui.                          
Julie Timmerman

Edward Bernays considérait que le peuple était incapable de penser et qu'il devait être guidé par une élite. Juste avant la deuxième Guerre mondiale, un journaliste américain a raconté que l'un de ses livres se trouvait dans la bibliothèque du nazi Joseph Goebbels. Un comble, pour cet Américain qui n'a cessé de défendre l'idée que ses pratiques protégeaient la démocratie.

Peu de médias racontent l'influence de l'Américain, notamment dans nos démocraties d'aujourd'hui. Sur Arte, un documentaire de Jimmy Leipold analyse son héritage : 

Autre grande zone d'ombre du personnage, en 1954, Edward Bernays renverse avec la CIA le pouvoir démocratiquement élu au Guatemala pour satisfaire son employeur, une compagnie bananière qui prend le pouvoir dans le pays. Pour provoquer ce coup d'Etat, l'Américain va savamment utiliser tous les ressorts géopolitiques de l'époque et notamment l'anticommunisme, qui alimentera une vaste campagne de presse faite de fausses nouvelles et de vrais mensonges.

Aujourd'hui, les techniques de propagande en démocratie d'Edward Bernays sont utilisées par tous les partis politiques dans le monde. Le Brexit ou l'élection de Donald Trump mais aussi celle d'Emmanuel Macron en sont les héritiers et c'est l'une des phrase forte du spectacle. En bien ou en mal si on parle de nous, c'est toujours bon pour les affaires. Julie Timmerman

Un démocrate, texte et mise en scène de Julie Timmerman, est à voir à Paris au théâtre de La Reine Blanche, jusqu'au 23 juin, avec la compagnie Idiomécanic Théâtre, avant une tournée dans toute la France.

 

"UN MONDE OBESE"

ARTE

 

Alors que l’obésité progresse inexorablement, Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade enquêtent sur les causes de ce fléau planétaire et dévoilent le combat mené dans certains pays pour l’endiguer.

En 2030, on estime que la moitié de la planète sera obèse ou en surpoids, entraînant une explosion du diabète, des maladies cardio-vasculaires et de certains cancers. Comment expliquer cette épidémie mondiale, qu’aucun pays n’est encore parvenu à enrayer ?

Alors que l’obésité charrie son lot de clichés, des gènes tout-puissants aux volontés individuelles défaillantes, et que les industriels comme les autorités publiques continuent de pointer du doigt le manque d’activité physique ("Manger moins, bouger plus"), ce fléau ne serait-il pas le fruit d’un échec collectif mitonné dans nos assiettes ?

À la fin des années 1970, le combat contre le gras, désigné comme responsable des maladies cardio-vasculaires, fait des céréales, riches en glucides et massivement subventionnées, la nouvelle base de notre alimentation. Parallèlement, des produits transformés, allégés en matières grasses mais bourrés de sucre, au pouvoir addictif décuplé par le marketing, déferlent sur le marché. Alors que des voix s’élèvent pour dénoncer les conséquences funestes de cette révolution, les multinationales de l’agroalimentaire, jamais rassasiées, dépensent des milliards en lobbying pour préserver leur pré carré, tout en répandant le poison de la malbouffe et des boissons sucrées à travers le globe.

Si certains pays ont adopté des "taxes soda" ces dernières années, c’est au Chili que le vent de révolte souffle le plus fort : les produits trop riches en gras, sel, sucre ou calories sont frappés de logos d’alerte et interdits de publicité.

Colonisation alimentaire "On ne peut pas rester les bras croisés et les laisser nous tuer", soutient Malia Cohen, élue de la ville de San Francisco, émue aux larmes. Des États-Unis au Chili en passant par le Mexique et l’Europe, Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade ("Microbiote – Les fabuleux pouvoirs du ventre", "Le jeûne, une nouvelle thérapie ?") donnent la parole à des chercheurs, des médecins, des victimes culpabilisées, des politiques et des citoyens engagés pour dresser un état des lieux édifiant de cette épidémie planétaire, qui constitue le problème de santé le plus grave au monde. Mais si les constats, étayés de chiffres, se révèlent effrayants, le documentaire en expose les causes de manière limpide, et explore des solutions pour stopper cette bombe à retardement. Au-delà des réglementations obtenues de haute lutte, la prise de conscience des jeunes déshérités de San Francisco, propagée à travers des clips de rap incisifs, apparaît ainsi comme une vivifiante lueur d’espoir. Documentaire de Thierry de Lestrade et Sylvie Gilman (France, 2020, 1h30mn) Disponible jusqu'au 13/06/2020

Coronavirus : Ecole (2)

Par Le 17/04/2020

J'imagine déjà les commentaires sur les réseaux sociaux de tous ceux qui vont vouer aux enfers tous ces enseignants réfractaires, ces "fainéants blindés de vacances"...C'est habituel en France. 

Personnellement, si je n'avais pas été à la retraite, j'aurais désobéi, une fois de plus...

Hors de question de valider un tel projet.

Pourquoi la rentrée ne se fera pas à partir du 11 mai...

   

Les établissements scolaires n’ont pas vocation à devenir des garderies ouvertes pour permettre aux salariés des autres secteurs d’activités de reprendre le travail.
Communiqué de l’assemblée générale des enseignants du lycée Le Castel soutenue par plusieurs sections syndicales.

Savez-vous, Monsieur Blanquer, ce qu’est une école élémentaire, un collège, un lycée ? Oui bien sûr puisque vous êtes ministre de l’Education Nationale. Cela n’est donc pas à vous qu’il convient de rappeler que les petits enfants de maternelle se touchent, que les collégiens, même en demi-groupes, se soufflent dans le visage et que les lycéens se bousculent dans des couloirs même quand ils sont grands.

De l’école au lycée, le savon est rare, les lavabos peu nombreux. Quant aux toilettes, elles sont rarement désinfectées toutes les trois heures. Sans parler des queues à la cantine que l’on peinera à réduire à moins de faire passer les élèves 10 par 10 jusqu’à l’heure du goûter. Les tests et les masques baptisés « grand public » par le président de la république n’existent pas sauf dans les discours officiels. L’OMS déclare le 11 avril par la bouche de Tedros Adhanon Ghebreyesus, son directeur général : « Lever les restrictions trop rapidement pourrait entraîner une résurgence mortelle. »
Dans ces conditions, les enseignants seront dans l’incapacité d’assurer la rentrée d’après confinement à partir du lundi 11 mai car les aménagements envisagés, petits groupes, organisation par demi-journées voire tri des élèves selon leur niveau, ne sont que des pis-aller pour pallier le déficit de matériel sanitaire.

Les établissements scolaires n’ont pas vocation à devenir des garderies ouvertes pour permettre aux salariés des autres secteurs d’activités de reprendre le travail. Aucun professeur ne participera à la mise en danger des élèves et de leurs familles car c’est contraire à la raison. Si on ne peut plus aller au cinéma ou au restaurant jusqu’à cet été, comment envisager se retrouver enfermés dans une salle de classe plusieurs heures par jour sans courir et faire courir un réel danger aux élèves, aux professeurs ?

Alors qu’en Asie et dans beaucoup de pays européens, la rentrée est retardée de façon significative, alors que la communauté scientifique incite à la plus extrême prudence, en France, on prévoit, d’ici à quatre semaines, une réouverture progressive des établissements scolaires, potentiels lieux de contamination. Nous, personnels de l’éducation nationale mais aussi parents, sommes donc solidaires de tous ceux qui actuellement luttent contre la pandémie et nous refusons d’être les complices involontaires de sa recrudescence. Applaudir au balcon le 10 mai au soir et faire la rentrée les jours suivants, à 2000 dans un lycée ? Ne nous demandez pas l’impossible.

Ni les élèves, ni les enseignants, ni aucun salarié ne donnera sa vie pour gagner des points de PIB ! L’école transmet des connaissances, pas des virus. Pas de rentrée scolaire prématurée pour de mauvaises raisons !

L’assemblée générale des enseignants du lycée Le Castel,
soutenue par les sections syndicales CGT Educ’action, FO, SNES-FSU, Sud Education,
rassemblée virtuellement le 14 avril 2020


Nous ne sommes pas la garderie du MEDEF

Communiqué de la fédération nationale de l’enseignement, de la culture et de la formation professionnelle FO 21

La décision du président Macron et du ministre Blanquer est d’une gravité sans précédent.
Après des semaines où l’impréparation le dispute à l’absurdité et au mépris, l’annonce d’une reprise progressive des cours le 11 mai suscite une profonde colère et inquiétude chez les personnels de l’Education nationale.

  • Pourquoi serait-il sans risque d’ouvrir les écoles, les collèges et les lycées quand les cinémas, les théâtres, les restaurants resteront fermés ? Avec des établissements à plusieurs centaines d’élèves, des classes à 30, 35 et +, des internats à 4 par chambre, des cantines bondées ?
  • Comment croire que le ministre, qui n’a pas voulu annuler les suppressions de postes, se soucie des difficultés scolaires et fasse revenir en priorité des élèves en situation de décrochage à cause du confinement ?
  • Comment assurer que les établissements ne deviendront pas des foyers de contagion sans tester tous les élèves et les personnels ?
    Une seule explication : pour relancer l’économie, le gouvernement choisit de libérer les parents de la garde de leurs enfants. Quand l’économie prend le pas sur le respect des règles sanitaires, tous les personnels et les élèves sont délibérément mis en danger. C’est révoltant !
    FO refuse que les enseignants et les personnels de vie scolaire aillent travailler la peur au ventre.
    Pour FO, la reprise des cours n’est possible que sous les conditions de sécurité suivantes :
  • dépistage systématique de tous les élèves et personnels et confinement des personnels testés positifs,
  • désinfection des écoles, services et établissements scolaires,
  • des matériels de protection (gel hydroalcoolique, gants et masques FFP2) en quantité suffisante.

Au-delà des problèmes posés par la reprise le 11 mai, nous revendiquons à partir de la prochaine rentrée :

  • le rétablissement des postes supprimés par la préparation de rentrée 2020,
  • l’allègement des effectifs des classes afin de permettre un véritable suivi des élèves.
    Nous soutiendrons toutes les demandes de droit de retrait et les mouvements de grève des personnels qui refuseraient cette mise en danger collective.

Fait à Dijon le 15 Avril 2020

Coronavirus : "Négligences, mensonges et désinvolture"

Par Le 16/04/2020

Une excellente analyse sur le site "BASTAMAG", un journal indépendant...

 

https://www.bastamag.net/Faute-erreurs-gouvernement-Macron-gestion-de-l-epidemie-masques-tests-confinement-urgence-sanitaire

 

Négligences, mensonges et désinvolture : les fautes du gouvernement dans la gestion de la crise

 

PAR AGNÈS ROUSSEAUX

La gestion de la crise sanitaire par le gouvernement français est-elle à la hauteur ? Aux erreurs, lourdes de conséquences, commises jusqu’à mi-mars, s’ajoutent une inquiétante désinvolture face aux alertes de l’OMS et une communication incohérente. L’exécutif se révèle incapable de sortir de ses schémas de pensée.

« Rendre des comptes ». L’expression tourne et s’amplifie de jour en jour. Dans le brouillard de la situation actuelle, face aux contradictions et revirements de l’exécutif, ça bouillonne, ça s’enrage. Les plaintes se multiplient, déposées notamment par des soignants excédés. Fin mars, 79% des Français estiment que l’exécutif a trop tardé à prendre des mesures face à la crise [1]. À court d’arguments, nos dirigeants martèlent leurs éléments de langage, moulinant dans le vide des mots creux, appelant à l’union sacrée, fustigeant les polémiques, tentant vainement de justifier l’injustifiable.

Au-delà du froid décompte quotidien des décès, ce sont des hommes et des femmes qui meurent, coupés de leurs proches, dans des hôpitaux totalement dépassés, entourés de soignants à bout et sans doute pour longtemps traumatisés. Au-delà de la novlangue managériale qui justifie depuis plusieurs décennies la casse de l’hôpital, c’est une communauté de soignants qui se retrouve à faire des choix – qui va-t-on laisser mourir aujourd’hui. Ce sont des jeunes de vingt ans, élèves infirmiers, réquisitionnés pour être envoyés « sur le front » sans préparation, payés entre 28 et 50 euros par semaine, pour mettre des dizaines de corps dans des sacs mortuaires [2]. Ce sont des morts « évitables » qui ne pourront être évités, faute d’anticipation, en raison de choix politiques contestables. Une réalité qu’aucune communication politique ne pourra venir effacer. Résumé de ce fiasco, pour garder mémoire quand l’heure sera venue de rendre des comptes.

Pénurie de masques : non-assistance et négligence

Le plus évident, le plus visible : la pénurie de masques. Nous serions « en guerre », mais nous envoyons au front des soldats sans protection, et nous manquons chacun de la protection la plus élémentaire. Nous connaissons désormais la chronologie de cette débâcle, les responsabilités multiples dans l’effondrement des stocks stratégiques depuis 2011 (lire notre enquête). Le temps perdu au début de cette crise sanitaire laisse cependant perplexe : alors que le premier cas de Covid apparaît en France le 24 janvier, la Direction générale de la santé (DGS) demande à l’agence Santé publique France (SPF) d’acquérir fin janvier 1,1 million de masques FFP2 – ceux qui protègent les soignants et dont l’État n’a pas de stock stratégique. Le 7 février, elle passe à la vitesse supérieure et demande 28 millions de masques. 500 000 seulement seront reçus [3]. À cette époque, la DGS ordonne même de sortir des stocks 810 000 masques chirurgicaux pour les envoyer en Chine.

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Des masques, au rythme actuel, il en faut 40 millions par semaine – et encore, cela ne suffit pas pour protéger tous les soignants [4]. Il faut pourtant attendre un mois, fin février, pour que le gouvernement passe une commande plus massive de près de 200 millions de masques FFP2. « Il n’y a pas de sujet de pénurie », déclare pourtant le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon.

Ce n’est que le 3 mars que le Premier ministre ordonne la réquisition de l’ensemble des stocks et productions de masques sur le territoire national, alors que les quatre entreprises françaises qui en fabriquent continuent d’exporter vers la Chine ou le Royaume-Uni. Des entreprises de secteurs « non essentiels » continuent pourtant d’utiliser des masques. Durant les trois premières semaines de mars, seuls 20 millions de masques importés seront livrés. Plutôt que de reconnaître ses erreurs et d’admettre la pénurie, le gouvernement s’enlise dans une communication obscène sur l’inutilité supposée des masques.

Du côté des masques chirurgicaux, la situation est critique. À l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (APHP), il ne reste plus que 294 000 masques en stock le 31 mars : « Le ratio des entrées et sorties sur les derniers jours montre la gravité de la situation : en trois jours, l’APHP a distribué 829 750 masques… et n’en a reçu dans le même temps que 7500 », décrit Mediapart.

Les conséquences sont lourdes, en premier lieu dans les hôpitaux qui tentent de gérer la pénurie – depuis le début de l’épidémie, 1200 salariés de l’APHP ont été contaminés par le Covid-19. Également pour les médecins en ville qui sont contaminés et risquent de contaminer leurs patients. Dans les maisons de retraite, qui accueillent 750 000 résidents et où les équipements manquent, les principales fédérations du secteur craignent 100 000 décès [5]. Conséquences aussi pour l’Aide sociale à l’enfance et ses 300 000 enfants suivis, totalement oubliée (lire ici). Ou pour les travailleurs du nucléaire, alors que dans les centrales les salariés, sans masques et sans gel hydroalcoolique, ne peuvent pas respecter les distances de sécurité (lire notre article). Pour tous les salariés des secteurs « essentiels » ou non, contraints de travailler, et de prendre des risques sanitaires, le manque de masques, voir de gel hydroalcoolique, revient à les mettre en danger. L’exemple le plus flagrant en est le géant Amazon (voir ce témoignage en vidéo), mis en demeure par le ministère du Travail. Faute de masques, on laisse aussi se multiplier les « clusters familiaux », avec des malades restés à domicile, sans protection, qui vont contaminer leurs proches.

Tests de dépistage : contradictions et manque de transparence

L’autre négligence évidente concerne les tests de dépistage, que l’OMS déclare indispensables. Sans tests, les soignants, les personnels des Ehpad continuent d’être contaminés et de contaminer. Sans dépistage systématique, aucune donnée fiable n’est possible, que ce soit sur la progression de la maladie, le taux de complication, de mortalité, le nombre de décès. Sans tests, difficile même de compter les morts du Covid-19, d’évaluer la situation critique que connaissent les maisons de retraite. Puis sans tests sérologiques, impossible aussi de dépasser le confinement.

Le gouvernement multiplie les revirements et les contradictions. « La France n’est pas visée » par la consigne de l’OMS, assure le directeur général de la santé Jérôme Salomon, le 17 mars. Le lendemain, le président du Conseil scientifique constitué par l’Élysée, Jean-François Delfraissy, affirme qu’atteindre un nombre massif de tests est « un enjeu majeur »... Après plusieurs semaines de tergiversation, la production de tests devient une priorité. Mais la pénurie de gants, de lunettes de protection, de masques, empêche les laboratoires de ville de pratiquer les prélèvements. Une partie des machines utilisées ne fonctionnent qu’avec le réactif de la même marque, ralentissant encore le processus (lire notre enquête). Dès le 12 janvier, les autorités chinoises avaient pourtant partagé avec le reste du monde la séquence génétique complète du virus, permettant la fabrication de tests de dépistage.

On nous aurait reproché de dilapider l’argent public, si ces dépenses avaient finalement été inutiles, pointe l’exécutif, cherchant la parade. Un argument peut-être entendable si, depuis le début de son mandat, ce gouvernement n’avait pas multiplié les cadeaux aux plus riches.

Casse de l’hôpital public, délocalisations : la faillite des schémas de pensée néolibéraux

Ce qui rend la situation critique, ce sont bien évidemment aussi ces quatre décennies « d’austérité » imposées aux hôpitaux français. En 20 ans, plus de 60 000 places d’hospitalisation à temps complet (« lits ») ont disparu – dont près de la moitié en médecine et chirurgie (lire ici). Les hôpitaux publics sont passés de près de 400 000 lits en 1981 à moins de 260 000 en 2011. Après une année de grèves et de mobilisations pour alerter sur le manque criant de moyens de l’hôpital public, les quelques mesures promises par l’exécutif paraissent bien dérisoires. Le comble du cynisme ? Le 8 janvier 2020, Brigitte Macron lance une opération « pièces jaunes » pour aider les hôpitaux.

Dans son discours du 25 mars, Emmanuel Macron promet aux soignants : « Les heures supplémentaires que vous effectuez vont être majorées et vous aurez une prime exceptionnelle. Après la crise, un plan massif d’investissements et de revalorisation des carrières sera construit pour notre hôpital. Nous vous le devons ». Quelques semaines plus tôt, ces mêmes soignants étaient malmenés, frappés et gazés par les forces de l’ordre. Alors qu’ils manifestaient pour demander des moyens, non pour eux, mais pour l’hôpital, en tant que bien public. Pendant que nos dirigeants successifs ont créé cette impuissance de l’hôpital à faire face aujourd’hui. Mais depuis le début de la crise sanitaire, aucun mea culpa, aucun mot de l’exécutif pour admettre qu’il aurait dû écouter les alertes que les soignants martèlent depuis des années, que leur inquiétude était légitime, leur mobilisation nécessaire.

On pourrait aussi parler du manque de moyens du secteur de la recherche, du fait du désengagement de l’État (lire ici). Et de ces autres secteurs-clés comme la production de médicaments, totalement délocalisés, sapant notre capacité de réaction. On connaît l’histoire du paracétamol, aujourd’hui importé à 100 % d’Asie, depuis la fermeture en 2008 de la dernière unité de production européenne, détenue par Rhodia (lire notre enquête). On découvre aujourd’hui que nous manquons de tout, et surtout de l’essentiel : ce qui inquiète actuellement les soignants, c’est la menace d’une pénurie de certains sédatifs et anti-douleurs utilisés notamment en réanimation ou pour l’intubation des patients en insuffisance respiratoire.

« Les services hospitaliers sont aujourd’hui contraints d’utiliser "avec parcimonie" et "frugalité" certains médicaments tels que la morphine ou de rationner l’usage des curares. Cette situation dramatique est une atteinte à la sécurité sanitaire des personnes et à leur vie »dénoncent des collectifs de soignants. Certains antibiotiques sont aussi en tension, ainsi que des médicaments pour des malades chroniques. La France est totalement dépendante de ses importations. Pourquoi ces délocalisations ? Pour que quelques multinationales maximisent leurs profits, sans que les pouvoirs publics n’y trouvent rien à redire, malgré les risques évidents concernant l’approvisionnement de ces produits de première nécessité en situation de crise.

Désinvolture de nos dirigeants face aux alertes de l’OMS et des scientifiques

Pour mesurer l’ampleur des insuffisances du gouvernement, il faut faire un détour par l’information scientifique à disposition tout au long de cette crise [6]. Fin janvier, l’OMS considère le nouveau coronavirus comme une « urgence de santé publique au niveau mondial ». Dix-huit pays sont déjà concernés. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, déclare le 24 janvier que le virus ne nous concerne pas – il s’arrêtera sans doute à la frontière. Le 5 février, un article de la revue de référence Science évoque le fait que 20 % des personnes infectées souffrent de formes graves de la maladie, nécessitant une hospitalisation. Il souligne ainsi la probable pression sur les systèmes de santé qui en découlerait. Le 11 février, Science alerte sur la possible pénurie de tests de dépistage.

Tout cela semble bien secondaire pour le gouvernement. Mi-février, Agnès Buzyn quitte son ministère, pour mener campagne électorale à Paris, en remplacement de Benjamin Griveaux. Le Premier ministre Edouard Philippe se lance lui aussi dans la bataille électorale, au Havre. Le 25 février, un autre article de Science estime que « tout est question de vitesse » dans la mise en place de mesures préventives.

Le 28 février, l’OMS publie un rapport sur la stratégie chinoise, montrant que seule la mobilisation de toute la société permet de vaincre l’épidémie. Le lendemain, un Conseil des ministres exceptionnel lié à la crise du coronavirus se tient enfin à l’Élysée. A part l’annulation des rassemblements de plus de 5000 personnes en milieu confiné, aucune mesure nationale n’en sortira. « L’enjeu est de gagner du temps pour mieux se préparer », explique le gouvernement, sans donner de détails sur ce que signifie « se préparer ». Visiblement, d’autres sujets sont bien plus prioritaires : c’est le moment choisi par l’exécutif pour annoncer le recours au 49-3 pour faire passer la réforme des retraites. Alors qu’un krach boursier menace, envisager une réforme qui encourage la capitalisation des retraites, donc le recours aux fonds de pension, éclaire sur la très grande lucidité de l’exécutif.

De cette période restent en mémoire les images du couple Macron exhortant le 6 mars les Français à sortir au théâtre : « La vie continue. Il n’y a aucune raison, mis à part pour les populations fragilisées, de modifier nos habitudes de sortie ». Et la décision, inconcevable aujourd’hui, de maintenir les élections, après avoir ordonné la veille la fermeture des commerces et lieux publics – la France compte alors 127 morts recensés. Le 19 mars, après des déclarations fracassantes de l’ex-ministre de la Santé, des médecins portent plainte contre Agnès Buzyn et Édouard Philippe, les accusant de s’être abstenus « volontairement de prendre ou de provoquer les mesures permettant […] de combattre un sinistre de nature à créer un danger pour la sécurité des personnes ».

 

« On ne peut pas dire qu’il y a eu un défaut d’anticipation de cette crise, bien au contraire », annone la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, sur CNews le 23 mars. Deux jours plus tard, le Collectif Inter-Urgences dépose une plainte contre X, pour « abstention volontaire de prendre les mesures visant à combattre un sinistre », « homicide involontaire », « mise en danger délibérée de la vie d’autrui », dans l’objectif d’accélérer la prise de décision du gouvernement pour une livraison urgente de matériel médical.

Durant toute cette période, pas une décision politique n’a été « contraire aux choix des scientifiques », se défausse le gouvernement. « Les anthropologues, sociologues et historiens vont avoir la tâche très intéressante d’analyser, dans les années qui viennent, le fiasco qu’a été la gestion de la crise actuelle en particulier en France, en matière d’information scientifique, analyse l’historien des sciences biologiques Laurent-Henri Vignaud (lire notre entretien). Le système de défense des responsables politiques consiste aujourd’hui à déclarer : "Les scientifiques nous disent que… ". Mais les médecins n’ont pas à s’exprimer sur la fermeture ou non des frontières avec les conséquences économiques que cela implique ! (…) Les politiques ont raison de demander leur avis aux médecins, mais cela ne suffit pas. Une décision politique ne se résume pas à une estimation d’experts. »

Renvoyer à la responsabilité individuelle pour mieux dissimuler la débâcle politique

La chute est rude. « Sans prévenir, les corps souriants qui dansaient frénétiquement de réforme en ordonnances, ont été contraints de dessaouler plus tôt que prévu », commente le blog Les infiltrés tenu par des hauts-fonctionnaires opposés aux dogmes néo-libéraux. Emmanuel Macron, droit dans son nouveau costume de chef de guerre, tente se sauver ce qui peut l’être. Le discrédit de l’exécutif se ressent jusque dans sa communication : ton professoral voire paternaliste, argumentations alambiquées et injonctions contradictoires ajoutent à la confusion. On peut aller voter mais pas se réunir, on doit se protéger mais sans avoir le matériel sanitaire adéquat, on est prié de rester chez soi mais de continuer à aller travailler y compris pour des secteurs non essentiels. Des salariés doivent se rendre sur leur lieu de travail, alors que leurs employeurs ne respectent pas les consignes sanitaires – pour cause, entre autres, de pénurie d’équipements de protection. Les entreprises sont appelées à prendre des mesures de prévention, impossibles dans certains secteurs, et la ministre du Travail Muriel Pénicaud, déconnectée de la réalité, fustige le « défaitisme » des entreprises du BTP.

L’État qui s’affirme dans toute sa force, c’est l’État sécuritaire et néolibéral, autant que l’État-providence. Emmanuel Macron choisit le discours martial mais aussi la culpabilisation. Un ton moralisateur, infantilisant, pointant les responsabilité des autres pour mieux faite oublier la sienne. « Une des stratégies les plus efficaces mises en œuvre dans toute situation d’urgence par les pouvoirs forts consiste à culpabiliser les individus pour obtenir d’eux qu’ils intériorisent la narration dominante sur les événements en cours, afin d’éviter toute forme de rébellion envers l’ordre constitué »rappelle Marco Bersani, responsable d’Attac Italie. On met le projecteur sur ceux qui ne se plient pas comme ils le devraient au confinement, resquilleurs, semeurs de virus qui trainent dans la rue – parfois parce qu’ils y vivent –, pour mieux détourner le regard et la colère. « Cette chasse moderne, mais très ancienne, au semeur de peste est particulièrement puissante, car elle interfère avec le besoin individuel de donner un nom à l’angoisse de devoir combattre un ennemi invisible ».

« Je suis en colère et j’ai la rage, quand ils défilent dans les médiastempête un psychologue de l’hôpital de Mulhouse, toujours pour nous parler d’une situation dont ils sont un facteur aggravant, toujours pour pérorer sur la citoyenneté, sur le risque de récession, sur les responsabilités des habitants, des adversaires politiques, des étrangers… Jamais pour nous présenter leurs excuses, implorer notre pardon, alors même qu’ils sont en partie responsables de ce que nous vivons. (...) Je suis en colère et j’ai la rage, en pensant à toutes ces familles qui vivront avec la terrible douleur d’un deuil impossible, d’un adieu impossible, d’une justice impossible. »

Inégalités et rapport de classes exacerbés

« Je vois dans notre pays les facteurs de division, les doutes, toutes celles et ceux qui voudraient aujourd’hui fracturer le pays alors que nous ne devons avoir qu’une obsession : être unis pour combattre le virus », prévient Macron. Ce qui fracture, ce n’est pas la parole dissonante ou critique. Les fractures béantes n’ont pas attendu le coronavirus. La crise exacerbe les inégalités et les dépendances, tout comme elle exacerbe les peurs, les solitudes et les promiscuités, le vide et l’ennui, les angoisses de privation, les compulsions consommatrices, les violences. Les fractures entre les confinés et ceux qui sont « sur le front », entre ceux qui sont dans le risque permanent et ceux qui attendent « que ça passe », entre les confinés « de confort » et ceux qui s’entassent.

La surmortalité en Seine-Saint-Denis a ainsi atteint un record entre le 21 et le 27 mars : +63 % (par comparaison, 32 % à Paris). Le département fournit d’importants contingents d’aides-soignantes, d’aides à domicile, de travailleuses en Ehpad, d’agents d’entretien, de caissières et des livreurs. Autant de personnes exposées, en première ligne face au virus.

Les narrations du confinement mettent en lumière cet immense décalage. « La romantisation de la quarantaine est un privilège de classe », peut-on lire sur une banderole en Espagne. La mise en lumière, crue et directe, de ces rapports sociaux, du gouffre qui séparent ceux qui peuvent choisir et ceux qui subissent, la violence symbolique incarnée par le pouvoir, semble disloquer les éléments de langage de nos dirigeants. Ils ne sont plus que paroles vides de sens, face aux questions essentielles qui affleurent – comment faire société avec ces fractures, comment redonner une valeur à l’utilité sociale, comment décroître économiquement dans la justice sociale.

Cette crise est aussi un révélateur de notre rapport au monde. Une prise de conscience pour beaucoup de la finitude de nos modes de vie, des limites de nos sociétés. Nous sommes dans l’expectative, impuissants. Dans l’attente fébrile d’un remède, d’un vaccin. Espérant que cette crise trouve sa résolution, tout comme nous voudrions une solution « clé-en-main » pour les crises à venir – en première ligne climatiques et écologiques. Ce rappel de notre rapport délétère à l’environnement nous secoue. Un virus qui franchit la barrière entre espèces, qu’on ne pourra sans doute jamais totalement éradiquer mais qu’il faudra apprendre à gérer, qui nous remet à notre place de vivants entourés de particules du vivant, invitant à une posture d’humilité. Notre système économique mondial est un colosse aux pieds d’argile qu’un virus microscopique affole, notre science peut beaucoup mais ne peut pas tout.

La réponse du gouvernement : des mesures d’exception attentatoires aux libertés et au droit du travail

Les enjeux de la situation et ces prises de conscience collectives appellent des réponses à la hauteur. Que fait le gouvernement ? Perdu dans la bataille sanitaire, il ressasse sur le front économique ses vieilles recettes. La loi instaurant un « état d’urgence sanitaire », adoptée le 22 mars au Parlement, met en place un régime d’exception et attribue des pouvoirs exceptionnels au gouvernement pour lutter contre l’épidémie de Covid-19. Elle autorise les employeurs à déroger au « droit commun » du travail. Alors que d’autres pays comme l’Espagne ont fait le choix d’interdire les licenciements, l’exécutif français préfère aller vers un démantèlement du droit du travail, au mépris de la sécurité et de la santé des salariés : augmenter la durée légale du travail et autoriser la semaine de 60 heures, réduire les durées minimales de repos, modifier des jours de congés ou de RTT sur décision de l’employeur… Les services sociaux et médico-sociaux peuvent dépasser les capacités d’accueil de leurs établissements et avoir recours à du personnel non formé. Les assistantes maternelles peuvent, en plus de leurs enfants, s’occuper simultanément de six enfants à leur domicile.

Pendant que les entreprises du CAC40 se demandent si elles vont verser des dividendes records, les pouvoirs publics émettent des « recommandations » pour que celles-ci restent décentes. Les aides financières annoncées sont dirigées principalement vers les banques et n’apportent que peu de garanties d’être utilisées au service de l’économie réelle. L’objectif principal semble être de rassurer la bourse plutôt que d’empêcher les faillites d’entreprises. Air France demande à l’État d’intervenir, les compagnies aériennes réclament une aide publique de 200 milliards de dollars au niveau mondial. Certains dirigeants, y compris du Medef, envisagent des nationalisations, si la situation devenait difficile pour certaines entreprises – autant dire renflouer pour mieux socialiser les pertes. L’État multiplie les annonces, mais ce n’est pas son argent qu’il distribue : celui de la Sécurité sociale (arrêts pour garde d’enfant et arrêts maladie), de Pôle emploi (chômage partiel). On attend les futures mesures d’austérité pour combler « le trou ». Le report de loyer à négocier avec son bailleur, et la prime de 1000 euros au bon vouloir de l’employeur. Sans compter les bonnes âmes qui suggèrent de faire don de ses RTT.

Le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, est envoyé fin mars annoncer un « appel à la solidarité nationale ». Il s’agit, via une plateforme de dons, d’aider l’État dans sa lutte contre la pandémie, notamment en soutenant les entreprises en difficulté. La solidarité nationale, c’est l’impôt, s’indignent tous les responsables politiques de gauche. Une loi pour mettre fin à l’évasion fiscale par exemple aurait déjà permis de collecter 17 milliards d’euros depuis le 1er janvier… Mais il n’en sera évidemment pas question. « Darmanin fait la manche au lieu de rétablir l’ISF [supprimé en 2018]. C’est un test pour mesurer la capacité d’indignation du pays ? », ironise Jean-Luc Mélenchon.

« La fin du "capitalisme néo-libéral" » ?

À rebours des discours habituels, on suspend d’un mot les règles budgétaires européennes, d’un geste on fait sauter « des verrous intangibles » et on débloque des financements publics colossaux, on encadre les prix, on réquisitionne. On découvre soudain que « l’État peut ». Pour la santé, pour la vie de quelques centaines de milliers ou millions d’humains, on donne un coup d’arrêt à l’économie. « Le Covid-19 crée ainsi un précédent : si on a pu arrêter l’économie pour sauver 200 000 personnes en France, pourquoi ne ferait-on pas demain le nécessaire pour prévenir les cancers et les 40 000 morts prématurés par an dues à la pollution ? », questionne l’historien des sciences Jean-Baptiste Fressoz (lire notre entretien).

Désormais certains discours ne seront-ils plus entendables ? Qui pourra demain défendre la mondialisation effrénée, les délocalisations ? Même l’économiste en chef de la banque d’affaires Natixis (BPCE), Patrick Artus, affirme que cette crise sonne « la fin du "capitalisme néo-libéral" qui avait choisi la globalisation, la réduction du rôle de l’État et de la pression fiscale, les privatisations ».

Mais cette onde de choc va nous mettre K-O. Ces chocs sont aussi des périodes d’instrumentalisation, des opportunités de faire passer des mesures anti-sociales, anti-écologiques, car « les caisses sont vides », « la situation est grave », et « on n’a pas le choix ». Des occasions pour faire graver dans le marbre des « mesures provisoires », décidées dans le feu de l’action. Le 15 février, le président chinois Xi Jinping a annoncé une relance économique pour sortir du marasme, avec levée des quotas de voitures, recours au charbon et massification de la 5G. Notre capacité de résilience se mesurera aussi à la possibilité de changer de cap. Rapidement et durablement.

Agnès Rousseaux

 

A qui appartiennent les médias français ?

Par Le 16/04/2020

 

Penser que les médias sont objectives, libres, honnêtes, c'est juste risible...Certains, oui. mais peu. Et certainement pas les médias "mainstream".

 

L’anglicisme média mainstream est un terme utilisé pour désigner collectivement les divers grands médias de masse qui influencent un grand nombre de personnes et qui reflètent et façonnent les courants de pensée dominants1. Le terme est utilisé pour contraster avec les médias alternatifs qui peuvent contenir un contenu avec une pensée plus dissidente en contradiction avec les vues dominantes des sources traditionnelles. Les expressions grand média et média traditionnel sont aussi utilisées2.

Le terme est souvent utilisé pour les grands conglomérats de presse, y compris les journaux et les médias audiovisuels, qui ont subi des fusions successives dans de nombreux pays. La concentration de la propriété des médias a suscité des inquiétudes quant à une homogénéisation des points de vue présentés aux consommateurs de nouvelles. Par conséquent, le terme médias mainstream a été largement utilisé dans les conversations et la blogosphère, parfois dans un sens opposé, péjoratif ou méprisant, dans les discussions sur les médias de masse et leurs partis pris.

Selon le philosophe Noam Chomsky, les médias ayant un public d'élite, telles que CBS News et The New York Times, sont des sociétés prospères disposant des atouts nécessaires pour donner le ton à d'autres agences de presse plus petites, qui manquent de ressources comparables en créant des conversations qui se répercutent en une nouvelle organisations utilisant l'Associated Press et d'autres moyens d'agrégation.

 

 

 

Le pouvoir d’influence délirant des dix milliardaires qui possèdent la presse française

 

PAR AGNÈS ROUSSEAUX

Dix milliardaires ont pris le contrôle d’une grande partie des médias français. Ces oligarques, venus du BTP, de l’armement, du luxe ou de la téléphonie, ont accaparé les grands quotidiens nationaux, les chaînes de télévision et les radios, pour asseoir leur influence. Avec à la clé, conflits d’intérêts, censures, pressions, licenciements, ingérence malsaine... Cette concentration des moyens de production de l’information entre les mains de quelques uns met en péril l’indépendance de la presse dans notre pays. Et porte ainsi atteinte au fonctionnement démocratique. Comment garantir la liberté de l’information et le pluralisme de la presse ? Résumé d’une situation critique, à l’occasion de la campagne #LibertéEgalitéInformés.

À qui appartient la presse française ?

Le secteur de la presse en France est un grand Monopoly. Tout s’achète, tout se vend, les journaux, les télés, les radios. Quelques milliardaires se partagent le gâteau. Résultat : 90 % des quotidiens nationaux vendus chaque jour appartiennent à 10 oligarques ! D’après les calculs de Basta !, les mêmes possèdent des télévisions et radios qui totalisent respectivement 55% et 40% des parts d’audience [1]. Vous avez donc une grande probabilité de lire, regarder ou écouter chaque jour des médias qui appartiennent à ce petit cercle de milliardaires.

Cela pose plusieurs problèmes. La concentration d’abord. Est-il sain qu’une si grande part de la presse appartienne à quelques personnes, richissimes, faisant partie d’une caste de privilégiés ? L’indépendance, ensuite. Est-il normal que les principaux médias de notre pays soient entre les mains de marchands d’armes, d’entreprises du luxe, du BTP, de la téléphonie, de banquiers ou de fabricant de toilettes ? Comment ces propriétaires peuvent-ils concilier liberté de l’information et intérêts privés ? Comment TF1, BFM-TV, Le MondeLibération peuvent-il produire en toute indépendance des enquêtes sur le secteur de la téléphonie, quand leurs propriétaires sont les patrons de Free, Bouygues Telecom et SFR ? Comment les journalistes du Figaro peuvent-ils porter un regard critique sur la politique de défense de la France, quand le propriétaire de leur journal vend des avions de chasse à l’État français ? Enfin, cette situation ne peut qu’encourager la reproduction d’un système économique qui assure la continuité des intérêts financiers de cette petite classe de possédants. Ils constituent une véritable communauté d’intérêt ! Et ce qui motive de riches patrons à créer des conglomérats médiatiques – qui ne rapportent pas vraiment d’argent – c’est d’abord la possibilité d’acheter de l’influence.

Qui sont ces 10 milliardaires ?

Ils sont cinq à faire partie du cercle des dix premières fortunes de France : Bernard Arnault, PDG du groupe de luxe LVMH (patron des Echos, du Parisien), Serge Dassault (Le Figaro), François Pinault (Le Point), Patrick Drahi, principal actionnaire de SFR (LibérationL’Express, BFM-TV, RMC), Vincent Bolloré (Canal+). On trouve ensuite Xavier Niel, patron de l’opérateur de téléphonie Free et 11ème fortune de France, qui s’est associé avec Pierre Bergé, héritier du couturier Yves Saint-Laurent, et avec le banquier Matthieu Pigasse, pour devenir propriétaire du groupe Le Monde (L’Obs, Télérama, La Vie...). Matthieu Pigasse possède également Radio Nova et l’hebdomadaire Les Inrocks.

Martin Bouygues, 30ème fortune de France, est propriétaire du groupe TF1. La famille Mohn, qui contrôle le groupe allemand Bertelsmann [2], est propriétaire de M6, RTL, GalaFemme actuelleVSDCapital,… Viennent ensuite Arnaud Lagardère, propriétaire d’Europe 1, Paris Match, du JDD, de Virgin radio, RFM, Télé 7 jours, et Marie-Odile Amaury, qui possède L’Equipe (et dont le groupe est, par l’une de ses filiales, organisateur du Tour de France notamment). Petite précision : ces deux derniers ne sont « que » millionnaires, avec tout de même une fortune évaluée entre 200 et 300 millions d’euros. A ce « Top 10 », on pourrait aussi ajouter la famille Bettencourt qui finance le journal ultra-libéral L’opinion. Ou le milliardaire d’origine libanaise Iskander Safa, 71ème fortune de France et propriétaire du très réac Valeurs actuelles.

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Conflits d’intérêts en pagaille

Quelles sont les conséquences sur l’indépendance des médias ? Un mélange des genres pour le moins douteux, qui peut mettre les journalistes en porte-à-faux. Comment TF1 pourrait-il produire des enquêtes critiques sur les abus des partenariats publics-privés (PPP) quand son propriétaire, Bouygues, fait partie des multinationales du BTP qui bénéficient de ces juteux contrats ? Autre exemple : comment un média peut-il s’intéresser de près aux affaires d’évasion fiscale quand son patron manifeste un attrait prononcé pour les paradis fiscaux ? C’est la question que doivent se poser les journalistes de BFM-TV à chaque nouveau scandale fiscal.

Leur boss, Patrick Drahi, a échafaudé, à partir de sa holding personnelle, un opaque et complexe montage de filiales et de trusts, dispersés au sein de paradis fiscaux notoires : Guernesey, Suisse ou Luxembourg. Comment BFM évoque-t-elle le scandale des Panama Papers, dans lequel apparaît le nom de Patrick Drahi ? « Vous avez vu la réaction des gens qui ont été cités ? Ils se défendent c’est normal. Patrick Drahi, par exemple, qui reconnaît avoir une société, mais rien d’illégal. (…) Est-ce que finalement c’est la bonne méthode de jeter en pâture des noms de personnalités, sans qu’elles aient vraiment la possibilité de se défendre ? »explique ainsi l’animateur Olivier Truchot dans son émission BFMStory...

Voir l’organigramme de l’empire industriel de Patrick Drahi, réalisé par l’économiste Benoît Boussemart et publié par Le Canard enchainé (cliquez sur l’image) :

Autre problème, les proximités entre patrons de presse et politiques. C’est Nicolas Sarkozy, proche de Bernard Arnault, qui annonce en 2007 aux journalistes des Echos le nom de leur nouveau patron ! Car ces richissimes propriétaires de presse entretiennent quelques affinités avec des responsables politiques : lors du mariage de Nicolas Sarkozy avec Cécilia Ciganer-Albéniz, les deux témoins sont… Bernard Arnault et Martin Bouygues. C’est sur le yacht d’un autre ami, Vincent Bolloré, que Nicolas Sarkozy choisit d’aller se reposer après son élection en 2007. « Arnaud est plus qu’un ami, c’est un frère »déclare encore Nicolas Sarkozy à propos de l’héritier Lagardère. Enfin, il compte Serge Dassault parmi les clients de son cabinet d’avocats. La moitié de ces dix propriétaires de presse sont des proches de l’ancien président. Bref, question indépendance, on repassera !

Quel que soit l’impact réel de ces connivences et les éventuelles pressions, les dégâts du soupçon – le fait que ces riches patrons se trouvent en conflit d’intérêts, en situation de pouvoir abuser de leur position pour leur intérêt propre – sont bien là. Cette simple suspicion produit une délégitimation du secteur de la presse. Conséquence : seuls 34% des Français estiment que les médias fournissent des informations dignes de confiance. Plus de deux tiers des Français pensent que les médias subissent des pressions commerciales ou politiques qui impactent les informations délivrées [3].

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Licenciements et coups de pression

Lorsqu’on est journaliste, peut-on travailler en toute indépendance dans cette situation ? Quelques exemples – la face visible de l’iceberg des pressions souterraines ! – montrent que ce n’est pas le cas : l’ingérence de ces patrons est bien réelle. Certains ont une fâcheuse tendance à faire le ménage en arrivant, pour mettre à la tête des médias des dirigeants compatibles avec leurs intérêts, avec pour mission de purger les rédactions. Un cas d’interventionnisme remarqué fut la nomination de Guillaume Zeller, catholique traditionaliste, comme directeur de l’information du groupe Canal+, par Vincent Bolloré. Ce dernier semble vouloir actuellement enterrer Canal+, après avoir vidé de ses forces vives la rédaction d’iTélé, rebaptisée CNews, après la plus longue grève de l’histoire de la télévision.

Il semble ne plus y avoir de limites à ce « grand ménage ». En 2016, Aude Lancelin, directrice adjointe de la rédaction de L’Obsest licenciée pour des raisons politiques. En 2017, Olivia Recasens, directrice adjointe de la rédaction du Point, est limogée du jour au lendemain, pour faute grave, et pour des motifs réels tout aussi inavouables. Autant de coups de pression, qui envoient un message clair aux rédactions : pas de vagues, rentrez dans le rang !

Ingérence et censures

Le patron de M6, Nicolas de Tavernost, avoue avoir exercé des pressions sur les journalistes de la chaîne pour « ne pas contrarier des clients ». Il explique ainsi avoir censuré une émission de Capital sur la téléphonie. Autre cas notable, la censure par Vincent Bolloré d’une enquête sur le Crédit mutuel, qui devait être diffusée par l’émission « Spécial investigation » sur Canal+. Un simple coup de fil a suffi pour contenter la banque, partenaire de Vincent Bolloré, qui ne voulait pas voir sortir cette enquête. Reporters sans frontières et le collectif « Informer n’est pas un délit » dénoncent par ailleurs la censure et la déprogrammation de quatre documentaires qui devaient être diffusés par Canal+.

Un autre risque, plus pervers car plus discret, est l’autocensure de journalistes. Des journalistes qui veulent bien faire leur métier, mais qui n’osent plus proposer des articles sur des sujets sensibles, ou qu’ils savent problématiques pour le propriétaire de leur média. Sans compter les pressions économiques, avec les suppressions de postes et des moyens nécessaires à tout travail d’enquête. Promouvoir des logiques managériales « musclées », imposer des contraintes économiques fortes sur la production de l’information, précariser les rédactions mises en permanence sur la sellette, bref, promouvoir une information low cost, est aussi une forme de censure.

A cette liste des moyens de censure, il faudrait ajouter les « poursuites baillons », dont l’objectif est de dissuader les médias de s’emparer de certaines affaires (lire notre article « Bolloré, la presse et les poursuites ‘homéopathiques’ en diffamation »). Ou les mesures de rétorsion, comme celle de Bernard Arnault, ulcéré par le titre « Casse-toi, riche con » de Libération, lors de sa demande de naturalisation en Belgique en 2012, et qui décide de couper les budgets de publicité alloués par le groupe LVMH au quotidien.

Comment cela évolue-t-il ?

Pas vraiment vers davantage de pluralisme ! En quelques mois, en 2015, on a vu le rachat par Patrick Drahi de Libération et du cinquième groupe de presse magazine en France, Express-Roularta, ainsi que sa prise de participation (à 49%) dans NextRadioTV (BFMTV, RMC). A la même période, Bernard Arnault, déjà propriétaire des Échos, rachète Le Parisien et Aujourd’hui en France, le groupe Le Monde rachète L’Obs, et Vincent Bolloré prend le contrôle de Canal +, via Vivendi. Des banques sont également entrées dans ce jeu de Monopoly. Le Crédit mutuel est ainsi devenu en dix ans l’unique propriétaire du groupe EBRA, premier groupe de presse quotidienne régionale, implanté dans l’Est de la France (Le Dauphiné libéré, Le Progrès, Dernières Nouvelles d’Alsace, L’Est républicain…) [4]. Et le Crédit agricole est devenu actionnaire de journaux régionaux, comme La Voix du Nord et Le Courrier picard (via le groupe belge Rossel).

Ce petit milieu multiplie les participations croisées [5]. En parallèle de cet accaparement, ces milliardaires ont mis la main sur l’ensemble de la chaine de production. Exemple avec les entreprises de production de contenus : c’est Lagardère qui produit pour France 5 les émissions « C dans l’air », par l’intermédiaire de sa société Maximal Productions. Ces oligarques sont aussi propriétaires des « tuyaux » de diffusion, comme les « box » (FreeBox, Bbox, Box SFR) qui permettent la diffusion dans tous les foyers de France d’internet et de la télévision. Une intégration « verticale » qui concentre la diffusion d’une grande part de l’information entre les mains de ceux qui détiennent les clés de sa production.

L’information devient ainsi un produit comme les autres : l’opérateur de télécoms SFR propose ainsi une box Internet « à partir de 19,99 euros par mois », avec, pour le même tarif, l’abonnement numérique à 18 journaux. « Une machine à tuer le journalisme de qualité »estime Le Point. Un peu comme un cadeau bonus. On achète le tuyau – une connexion web – et on gagne en prime un produit secondaire, des médias.

En quoi cela nous concerne tous ?

On pourrait se dire que chaque société a les médias qu’elle mérite. Ou que chacun lit, écoute, regarde ce qu’il veut. Que tout le monde peut faire son propre tri dans le flot médiatique. Sauf que les médias ne sont pas un business comme un autre. Défendre l’indépendance de la presse, ce n’est pas un combat « corporatiste », un « truc de journalistes » qui se battraient pour leur outil de travail. Il ne peut pas y avoir de démocratie forte, voire même de démocratie tout court, sans citoyens informés, et bien informés. L’information est un bien public. Autant de médias sous contrôle d’une petite oligarchie, véritables chiens de garde du néolibéralisme, c’est une atteinte à nos libertés fondamentales.

Cette situation n’est pas une fatalité. Lutter contre tout ce qui encourage la concentration des médias et leur financiarisation est possible (voir les propositions de la campagne #LibertéEgalitéInformés). On pourrait mettre en place des dispositifs anti-concentration plus exigeants. Ou interdire le contrôle de médias par des entreprises qui dépendent de marchés publics – Bouygues, Dassault,... – comme le propose l’association Acrimed. Ou conditionner le versement des aides à la presse aux médias qui ne sont pas détenus par des milliardaires, dont les intérêts principaux ne sont pas dans le secteur de la presse. Voire même, soyons fous, limiter ces aides aux médias à but non lucratif, qu’ils soient privés, coopératifs ou associatifs.

Il est nécessaire que ces propositions et réformes salutaires – ou d’autres ! – soient discutées et débattues. Mais aussi les conditions qui favoriseront l’émergence, le développement et la consolidation de médias indépendants, pour garantir le pluralisme de l’information en France. Défendre et faire vivre une presse libre ne semble malheureusement pas une priorité pour bon nombre de candidats à l’élection présidentielle.

@AgnèsRousseaux

- Voir la campagne #LibertéEgalitéInformés, lancée par le collectif Informer n’est pas un délit (dont fait partie la rédaction de Basta !) et Reporters sans frontières

Pour aller plus loin :

- Acrimed, « Les grandes manœuvres de concentration multimédia : comment et pourquoi ? »
- Acrimed, « 
Concentration des médias : convergences et dépendances »
- Le Monde diplomatique, « 
Médias français : qui possède quoi »
- Laurent Mauduit, « 
Main basse sur l’information ! », Médiapart
- Laurent Mauduit, Main basse sur l’information, Éditions Don Quichotte, 2016
- Aude Lancelin, Le monde libre, Editions Les liens qui libèrent, 2016

Et pour lire des médias indépendants :

Vous pouvez consulter l’itinéraire conseillé par Basta ! et la liste des 150 médias membres du Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (Spiil). Bonne lecture !

 

Manipulation des masses.

Par Le 16/04/2020

J'ai reçu ces derniers jours plusieurs commentaires sur un des articles que j'ai postés en février 2013. 

 

Noam Chomsky : manipulation des masses

 

Il s'agit d'un article sur la stratégie de manipulation des masses. Un texte qui aurait été attribué par erreur à Noam Chomsky. Je me souvenais avoir lu quelques années après avoir posté cet article, qu'effectivement Chomsky n'en était pas l'auteur. 

Un lecteur me l'a de nouveau précisé ce soir.

Je suis donc retourné chercher.

La source la plus ancienne que je trouve vient du site de Sylvain Timsit, en 2002. Ce site est également mentionné dans les commentaires qui suivent l'article émanant de "Le Grand Soir".

J'en mets une copie ici. 

Il y a donc eu une émission en 2010, "Le Grand Soir", qui a soulevé également le fait que Chomsky n'avait pas écrit cela et il l'a lui-même confirmé. 

Je me permets de dire que dès lors que les médias sont privées et appartiennent à des "groupes d'influence", j'ai du mal à penser que tout ce qui émane de ces médias n'est pas diligenté...

 

"« Je n’ai aucune idée d’où cela vient. Je n’ai pas fait cette compilation moi-même, je ne l’ai pas écrite ni mise sur le web. Je suppose que celui qui l’a fait pourrait prétendre que ce sont des interprétations de ce que j’ai écrit ici ou là mais certainement pas sous cette forme ni en tant que liste. »" Chomsky.

Voilà les deux articles :

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« Informer n'est pas une liberté pour la presse mais un devoir »

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11 octobre 2010

21 

A propos des « dix stratégies de manipulation de masses » attribué à Noam Chomsky

Jean BRICMONT

Un texte intitulé « Les dix stratégies de manipulation de masses » (http://www.pressenza.com/npermalink/les-dix-strategies-de-manipulation-de-masses) et attribué à Noam Chomsky circule abondamment sur le net ces jours-ci. Par ailleurs, on voit déjà , en réponse à ce texte, des critiques de Chomsky comme « adepte de la théorie du complot », dans la « grande » presse (1).

Le 10ème principe reflète d’ailleurs bien les fantasmes, fréquents dans l’extrême gauche, sur la connaissance que le « système » aurait de l’individu moyen grâce à « la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée », ce qui est très différent de ce que pense Chomsky, qui sait que la connaissance (vraiment) scientifique de l’être humain est extrêmement limitée.

Comme ce texte me semblait être une simplification et une déformation de sa pensée, et que je ne trouvais pas son équivalent en anglais, je lui ai posé la question, pour en avoir le coeur net. Voici sa réponse : « Je n’ai aucune idée d’où cela vient. Je n’ai pas fait cette compilation moi-même, je ne l’ai pas écrite ni mise sur le web. Je suppose que celui qui l’a fait pourrait prétendre que ce sont des interprétations de ce que j’ai écrit ici ou là mais certainement pas sous cette forme ni en tant que liste. »

Le succès apparent de ce texte illustre bien la mauvaise compréhension de la pensée de Chomsky à propos de la « manipulation », à la fois chez certains de ses partisans et de ses adversaires. Lui et Ed Herman, co-auteurs de La fabrique du consentement (ed. Agone, 2008) ne suggèrent jamais qu’il y a quelque part une organisation cachée qui « manipule les masses ». Ils montrent qu’il existe un certain nombre de filtres, liés à la propriété privée des médias, à nécessité de la publicité, à l’action de groupes d’influence etc., qui ont pour résultat que la vision du monde véhiculée par les médias est extrêmement biaisée, mais tout cela fonctionne un peu comme l’idéologie chez Marx, un processus sans sujet. 

Curieusement, il est d’une certaine façon rassurant de penser qu’il existe des manipulateurs conscients qui, parce qu’ils le dirigent, savent au moins où va le monde. Malheureusement, il y a bien des relations de pouvoir, des mensonges et des biais idéologiques, mais il n’y a pas de pilote dans l’avion.

Jean Bricmont

(1) Par exemple, Thomas Gunzig, L’ordre et le chaos, Le Soir (Bruxelles), 6 octobre 2010 (http://archives.lesoir.be/%C7a-va-mal-finir-l-ordre-et-le-chaos_t-2010...)

URL de cet article 11700

 


 

Voici maintenant le texte le plus ancien que j'ai trouvé présentant cette "stratégie de manipulation". L'auteur Sylvain Timsit en donne une explication ici. A chacun de se faire son opinion... : 

"Le document suivant a été publié dans la revue "America's Promise Newsletter" en 1979, puis en annexe du livre "Behold a pale horse" de William Cooper en 1991.
Daté de Mai 1979, il est présenté par Cooper comme ayant été trouvé par un employé de Boeing le 7 Juillet 1986 dans un photocopieur IBM acheté à une vente de surplus militaire à la base aérienne de McChord.

Le document ne portait pas la mention de l'organisation dont il provenait, mais les dates citées désignaient le Groupe de Bildergerg, un "club de réflexion" qui rassemble des personnes extrêmement puissantes des mondes de la finance, de l'économie, et de la politique.

Le document se présente comme un "manuel de programmation" de la société, apparemment destiné aux nouveaux membres de l'organisation.

L'auteur réel du document est en fait Lyle Hartford Van Dyke, un activiste américain qui a également travaillé à la création de monnaies locales alternatives. Il a écrit le texte en 1979 et distribué quelques exemplaires à des amis. C'est l'un de ces exemplaires qui a été oublié dans la photocopieuse.

Mais l'important est que les stratégies qui sont décrites ici sont très largement appliquées dans les orientations de l'économie et de la société depuis plus de 40 ans, dans tous les pays occidentaux, et avec une remarquable synchronisation."

https://www.syti.net/Manipulations.html

Stratégies de manipulation
Les stratégies et les techniques des Maitres du Monde
pour la manipulation de l'opinion publique et de la société...

1  La stratégie de la diversion



image: création de Laurent Courau
 Elément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l'attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d'informations insignifiantes.

La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s'intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l'économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique.

 
« Garder l'attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. »

(extrait de "Armes silencieuses pour guerres tranquilles")

2  Créer des problèmes, puis offrir des solutions

Cette méthode est aussi appelée "problème-réaction-solution". On crée d'abord un problème, une "situation" prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu'on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore: créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

3  La stratégie du dégradé

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l'appliquer progressivement, en "dégradé", sur une durée de 10 ans. C'est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n'assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution si ils avaient été appliqués brutalement.

4  La stratégie du différé

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme "douloureuse mais nécessaire", en obtenant l'accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d'accepter un sacrifice futur qu'un sacrifice immédiat. D'abord parce que l'effort n'est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que "tout ira mieux demain" et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s'habituer à l'idée du changement et l'accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.
Exemple récent: le passage à l'Euro et la perte de la souveraineté monétaire et économique ont été acceptés par les pays Européens en 1994-95 pour une application en 2001. Autre exemple: les accords multilatéraux du 
FTAA que les USA ont imposé en 2001 aux pays du continent américain pourtant réticents, en concédant une application différée à 2005.

5  S'adresser au public comme à des enfants en bas-age

La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Exemple typique: la campagne TV française pour le passage à l'Euro ("les jours euro"). Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi?

"Si on s'adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d'une personne de 12 ans."

(cf. "Armes silencieuses pour guerres tranquilles")

6  Faire appel à l'émotionnel plutôt qu'à la réflexion

Faire appel à l'émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l'analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l'utilisation du registre émotionnel permet d'ouvrir la porte d'accès à l'inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements...

7  Maintenir le public dans l'ignorance et la bêtise

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage.

"La qualité de l'éducation donnée aux classes inférieures doit être de la plus pauvre sorte, de telle sorte que le fossé de l'ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures."

(cf. "Armes silencieuses pour guerres tranquilles")

8  Encourager le public à se complaire dans la médiocrité

Encourager le public à trouver "cool" le fait d'être bête, vulgaire, et inculte...

9  Remplacer la révolte par la culpabilité

Faire croire à l'individu qu'il est seul responsable de son malheur, à cause de l'insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l'individu s'auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l'un des effets est l'inhibition de l'action. Et sans action, pas de révolution!...
 

10  Connaître les individus mieux qu'ils ne se connaissent eux-mêmes

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le "système" est parvenu à une connaissance avancée de l'être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l'individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

 
 

Sylvain Timsit

© Syti.net, 2002

 

 

Coronavirus : Ecole.

Par Le 16/04/2020

J'ai beau tourner le problème dans tous les sens, j'en reviens toujours aux deux mêmes options : soit nos gouvernants sont des crétins finis, soit ils ont une autre idée derrière la tête. (l'une n'excluant pas l'autre, d'ailleurs...On peut être un crétin fini et avoir une idée de crétin derrière la tête...) Ce que je pense en tout cas, désormais, c'est que cette annonce d'ouverture des écoles cache encore autre chose que la volonté inavouée d'accélérer l'immunité collective en propageant la contamination sur une population adulte, potentiellement capable de résister au virus et chez les enfants, minoritairement atteints.

Les réactions sur les réseaux sociaux, de la part des parents, des enseignants, des associations de parents d'élèves et de l'Ordre des médecins, dénoncent l'absurdité de cette prévision d'ouverture des classes. Le gouvernement joue peut-être là-dessus pour revenir sur sa décision ou en tout cas lui donner une tournure très allégée afin de pouvoir se dédouaner ensuite de la prolongation de la fermeture, partielle, des écoles. 

"Vous n'avez pas voulu profiter de cette proposition de remettre vos enfants à l'école pour leur permettre de se remettre au travail et de pallier les jours perdus. Si les prochaines études sur le niveau scolaire des élèves français marquent une chute importante, nous n'en serons pas responsables".  

Dès lors, la porte est ouverte à de nouvelles réformes...Et je n'ose même pas imaginer ce qui peut germer dans leurs cerveaux.

Il y a bien longtemps que je ne crois absolument plus aux intentions bienveillantes des gouvernements à l'égard des élèves. 

 

Une petite fille porte un masque contre le Covid-19 à Toulouse, le 17 mars 2020.
Une petite fille porte un masque contre le Covid-19 à Toulouse, le 17 mars 2020. (ALAIN PITTON / NURPHOTO / AFP)

De plus en plus de Français sortent désormais équipés d'un masque pour lutter contre la propagation du Covid-19. Mais qu'en est-il des enfants ? Invité à s'exprimer sur la réouverture "progressive" des écoles à partir du 11 mai, le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a apporté une réponse plutôt évasive sur le sujet. "Nous n'excluons pas" que les enfants portent des masques lors de leur retour à l'école, a-t-il indiqué sur France 2, mardi 14 avril. 

>> Coronavirus : confinement, recherche... Retrouvez toutes les informations sur l'épidémie de coronavirus dans notre direct

Interrogé par franceinfo, le ministère de la Santé précise que "le port de masque n’est pas recommandé de manière systématique" pour les enfants. Si les parents le souhaitent, ils peuvent toutefois les équiper, à condition que les petits "tolèrent" le masque. "L’âge minimum pour le port d’un masque est de 2 ans", indique le ministère. "Il existe en dessous [de cet âge], en effet, un risque de difficulté respiratoire à travers le masque", précise-t-il. Dans tous les cas, et particulièrement pour les enfants de moins de 2 ans, "il faut appliquer les gestes barrières et les mesures de distanciation sociale", rappelle le ministère de la Santé. ( Oui, mais c'est IMPOSSIBLE dans une école.)!!!!

Il peut en effet être difficile de faire porter un masque efficacement à de jeunes enfants. Car s'ils le manipulent mal ou le retirent, pour parler ou manger par exemple, avant de le remettre, le masque n'a plus aucune utilité. Dans cette vidéo, le médecin et journaliste Damien Mascret répond à plusieurs questions concernant les enfants et le coronavirus.

Régénérer les océans.

Par Le 16/04/2020

Quand je dis que je ne mange plus d'animaux, cela concerne aussi les animaux marins, poissons et crustacés. Et j'en ai pourtant mangé pendant plus de 40 ans. Breton d’origine, c'est une alimentation régionale traditionnelle. Aujourd'hui, je me réjouis de ne plus participer à la destruction des populations marines et à leur habitat. Ce qu'il y a dans mon assiette est secondaire par rapport au maintien de la vie. Et je me régale de ce que le potager nous offre. Double satisfaction. Nous avons tous un rôle à jouer...C'est la demande qui conditionne l'offre...Quant au plastique, nous le bannissons autant que possible. Ce qui contribue à limiter le réchauffement climatique puisqu'il est issu du pétrole...Rien n'est inutile. Ce qui compte, c'est de multiplier les gestes individuelles à l'échelle planétaire. Tant que nous compterons sur les instances gouvernementales, nous serons complices. Le commerce mondial, c'est nous qui le faisons, c'est notre demande qui conditionne l'offre. C'est cela qu'il ne faut jamais oublier.

https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/biodiversite/video-regenerer-les-oceansen-30-ans-ne-serait-pas-une-mission-impossible_3919185.html?fbclid=IwAR2osH2Zs1bxEihyqTPlMakbUol6MsTmLgDPEfBt71PmkCulEyEtrQK7mME

(CLIQUER SUR LE LIEN POUR LIRE LA VIDEO)

Régénérer les océans d'ici 2050 : c'est possible. C'est la conclusion d'une étude scientifique d'envergure internationale. Voilà les actions immédiates à prendre pour sauver la vie marine en moins de 30 ans.

BRUT

 

 

#AlertePollution

Rivières ou sols contaminés, déchets industriels abandonnés… Vous vivez à proximité d’un site pollué ?
Cliquez ici pour nous alerter !

Une étude scientifique - Régénérer la vie marine - d'envergure menée par 16 universités dans 10 pays différents a rendu ses résultats : il serait possible de régénérer les océans en 30 ans.

La résilience de la vie marine

Grâce à une meilleure protection des écosystèmes, le nombre d'espèces marines menacées d'extinction est passé de 18 % en 2000 à 11 % en 2019. Certaines espèces protégées ont même vu leur population largement augmenter.

Ainsi, la vie marine pourrait encore se remettre des nombreuses pressions exercées sur elle comme la surexploitation des stocks de poissons, la pollution plastique, le réchauffement climatique… "Nous n'avons pas encore atteint le point critique au-delà duquel le rétablissement est sans espoir. Nous avons malheureusement perdu environ 20 espèces marines. Mais c'est très peu comparé aux milliers d'extinctions que nous avons subies sur terre", avance Carlos M. Duarte, auteur principal de l’étude.

Des actions nécessaires

Pour régénérer la vie marine d'ici 2050, des actions immédiates sont toutefois nécessaires. Parmi les mesures : réguler la pêche internationale, réduire la pollution chimique et plastique, protéger les habitats côtiers qui absorbent du carbone... Selon Carlos M. Duarte, ces mesures doivent être prises simultanément.

Si le coût de ces mesures est estimé à plus de 10 milliards de dollars par an, les scientifiques estiment que les bénéfices économiques, humains et environnementaux seront bien supérieurs.

Confinement des animaux de cirque.

Par Le 16/04/2020

@OneVoice à mené une enquête choc sur le sort tragique de Baby, elephante arrachée à sa famille en milieu naturel et condamnée à une vie de servitude pour nous divertir. Elle passe l'essentiel de son existence dans un camion, une forme extrême et éternelle de confinement... Signez la pétition de One Voice pour soustraire Baby à ses geôliers. Mercii !

 

https://www.elephante-de-cirque.fr/#petition

 

Baby, le confinement c’est toute sa vie. Dans un camion

 

Depuis notre rencontre il y a plus de quinze ans alors qu’elle était exhibée aux côtés de Micha, Bony et Glasha, nous suivons Baby.

Depuis sa capture au Kenya quand elle avait à peine deux ans et le massacre certain de sa famille, elle est traînée de force de cirques en parcs animaliers, sous des chapiteaux, dans des foires, des fêtes de village, des publicités, des émissions de télévision, des reconstitutions historiques, des films…

Baby est sage, Baby est bien « éduquée », Baby est aussi souple que de la pâte à modeler… Baby est une éléphante de cirque.

 

SAINT LÉGER EN BRAY, NOVEMBRE 2019

la vie de baby dans le camion

L'espace que les éléphants devraient avoir à leur disposition devrait leur donner la liberté de se déplacer et d'explorer, de passer du temps à se nourrir et à boire pendant de nombreuses heures par jour. Un camion ne peut jamais répondre à ces exigences et le manque d'espace dans un camion peut provoquer des problèmes mentaux, entraînant un comportement stéréotypé lorsqu'un éléphant est maintenu à l'intérieur pendant une période prolongée (qui peut être aussi courte que 1 heure).

DR. WILLEM SCHAFTENAAR
SAINT LÉGER EN BRAY, MAI - OCTOBRE 2019

Un jour de spectacle

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Baby au générique de Magic in the Moonlight de Woody Allen (2014)

Lundi 6 janvier 2020 à Medina del Campo, Valladolid, Espagne
Lundi 6 janvier 2020 à Medina del Campo, Valladolid, Espagne

Un éléphant à la Grande parade de Lorient 2016. Ouest-France
Un éléphant à la Grande parade de Lorient 2016. Ouest-France
POUR BABY, ÉLÉPHANTE DE CIRQUE, UNE PLACE EN SANCTUAIRE !

La pétition

Baby a été capturée en 1985 au Kenya où elle vivait libre au sein de sa famille, elle avait deux ans. Depuis, elle doit effectuer, sous la contrainte, des parades et des contorsions de numéros de cirque jusqu’à la nausée, porter son dresseur et geôlier sur sa trompe, marcher et tenir l’équilibre sur une patte douloureuse, poser pour des photos avec des spectateurs agités…

Mais la plupart de son temps s’écoule loin des yeux du public entre les 6 parois d’une remorque de camion. Baby peut à peine tourner sur elle-même, ce qu’elle fait péniblement à longueur de journées, tentant de soulager ainsi son esprit et ses membres.

Son quotidien, c’est un camion. Le peu de sorties auxquelles elle a droit n’ont lieu que pour servir son dresseur.

Pour Baby, éléphante de cirque, je soussigné(e) demande, avec One Voice qui a mis en évidence son calvaire, son placement en sanctuaire en urgence.

Signez la pétition

– 20,734 signatures –

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Peinture et naturisme

Par Le 16/04/2020

Je ne vais pas parler de coronavirus, ni de crise financière, ni de déroute économique, ni de confinement, ni d'école, ni des guignols du gouvernement( oui, je ne prends plus de gants, ce sont des incapables, des incompétents et j'ajouterais même des gens dangereux).

Je vais parler de soleil, des chants d'oiseaux, du parfum des fleurs, des frondaisons gorgées de vie, du silence, du repos, de moments tendres et sereins et de la nudité comme un hommage, un partage, une communion d'être avec le monde de la nature.

D'ailleurs, je ne vais même pas en parler.

Je vais juste poster les photos de peinture qui parlent de tout ça.

 

Composition numérique  : anonyme

L’image contient peut-être : une personne ou plus, montagne, ciel, plein air et nature

 

 

"Cascades"

Maria Filopoulou (peintre grecque née en 1964)
Plusieurs de ses oeuvres sont exposées à la Galerie Nationale Grecque et au
Parlement

L’image contient peut-être : personnes debout, plein air et eau

 

 

 

"Soeurs à la Plage"

Denis Chernov (peintre et dessinateur ukrainien né en 1978)

L’image contient peut-être : une personne ou plus, plein air et eau

 

 

 

"Secret pool" (huile sur panneau)

Paul Kelley (peintre hyper-réaliste canadien né en 1955)

L’image contient peut-être : une personne ou plus, arbre, plein air et nature

 

 

"Two girls at Hidden Forest Lake"

Slava Groshev (Artiste russe né en 1968)
Le processus singulier de ce peintre figuratif est de d'abord imaginer ce qu'il veut obtenir, et ensuite de rechercher les modéles et les lieux.

L’image contient peut-être : 1 personne, plein air

 

 

"The bath day friday" (1991)

Panfilcev Nikolay (peintre russe né en 1949)

L’image contient peut-être : une personne ou plus et plein air

 

 

"On the Beach"

Paul Gustave Fischer (peintre danois 1860 - 1934)

L’image contient peut-être : une personne ou plus, personnes assises et plein air

 

 

"Initiates"

 



Maria Filopoulou (Peintre grecque née en 1964)
A étudié la peinture à l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris. Ses œuvres sont exposées à la Galerie Nationale d'Athènes, au Parlement grec

L’image contient peut-être : plante, arbre, plein air, eau et nature

 

 

"Annie and lorinda"

Eric Fischl (peintre, sculpteur, graveur américain né en 1948)

L’image contient peut-être : 1 personne

 

 

'Bather"

Igor Belkovsky (peintre russe né en 1962)
Membre à part entière (académicien) de l'Académie des Arts de Russie.

Aucune description de photo disponible.

 

 

 

"Female nude at the sea"

Wilhelm Hempfing (peintre impressioniste et sculpteur allemand 1886 - 1948)

Aucune description de photo disponible.

 

 

"Bare reflections"

Laura Lee Zanghetti (peintre impressionniste américaine)

Aucune description de photo disponible.

Aucune description de photo disponible.

Kundalini web 1

"Sentir son corps en action, la vie en soi. Une nécessité, un apaisement, la consommation des énergies accumulées, les colères, les rancœurs, les peurs et les espoirs. Son corps comme un four consumant les pensées sombres.

Des désirs qui l’étourdissaient. Une alternance involontaire entre l’euphorie physique et le désœuvrement moral.

Le ressaut rocheux.

Une succession de blocs empilés et le courant qui se faufilait en arabesques. Elle examina le passage et choisit un cheminement. Les appuis, la recherche des prises, des positionnements équilibrés, le bonheur de sentir la roche sous ses doigts. Elle se dit qu’une journée en paroi avec un moniteur serait une bonne idée.

Elle franchit rapidement l’obstacle et reprit son avancée. Les falaises s’ouvrirent peu à peu, un long replat se dessina, le courant s’atténua.

Elle s’arrêta et balaya des yeux le paysage.

Des sangles et des vires étroites, des plate-formes assez larges pour que des résineux y poussent, des failles, des brèches, des terrasses, des piliers et des dalles grises, jaunes, sombres, des surplombs où scintillaient des veines de quartz, des murs qui remontaient vers un plateau sommital cent mètres plus haut. Un encadrement fascinant, toute la magie du monde minéral et végétal assemblée dans un écrin immobile. Seule la mélodie de l’eau agitait le silence.

Il lui sembla soudainement que quelqu’un l’observait. Cette inexplicable impression d’une présence, comme un regard qui se pose et qu’on devine. Elle tourna sur elle-même, lentement, guettant un bruit de pas ou de voix.

Aucune présence, aucune menace, aucun signe d’un quelconque danger. Juste ce sentiment étrange de ne pas être seule. Elle se trouva ridicule.

Elle reprit son avancée et se dirigea vers l’extrémité du bassin, en amont. Elle traversa le cours d’eau à son endroit le plus étroit et rejoignit un parterre de dalles qu’elle longea sur une centaine de mètres. L’eau était d’une clarté absolue et entre les roches, là où le courant s’était éteint, il était difficile de situer la surface sans y poser la main.

Une cascade d’une quinzaine de mètres de haut fermait les lieux, plusieurs ressauts accumulant des bassins. Un débit limité, nul vacarme liquide mais un chant de carillons qui ruisselait dans un couloir verdi par des mousses. Une imposante barrière rocheuse limitait la poursuite de l’exploration. Il aurait fallu un matériel d’escalade complet.

C’est en atteignant l’extrémité du bassin qu’elle le vit. Il était sur l’autre rive. Debout, dans une posture étrange. Un large bloc descendant jusqu’à l’eau l’avait caché jusque-là.

Un homme. Nu.

Une jambe pliée à angle droit, comme s’il était assis sur une chaise, l’autre posée sur la cuisse horizontale, les bras levés au-dessus de la tête. Elle n’aurait jamais imaginé une telle position.

Les yeux fermés semble-t-il. Parfaitement immobile. Les mains tournées vers le ciel, paumes ouvertes.

Le crâne chauve, lisse. Et pourtant un corps qui paraissait jeune. Elle devinait des muscles saillants, des reflets noueux.

Elle redescendit vers l’aval pour ne pas rester face à lui. Le bassin les séparait d’une vingtaine de mètres. Elle ne voulait pas paraître intrusive.

Séance de méditation. Une certitude. Elle ne pouvait affirmer qu’il l’avait vue.

Elle posa son sac, sans bruit et libéra ses cheveux.

Un instant d’hésitation.

Elle se déshabilla. Un adepte du naturisme, elle n’avait aucune raison de gâcher sa journée. Elle était venue là pour le soleil et l’eau sur son corps. Sur tout son corps.

Elle entra doucement dans le bain, mouilla sa nuque et ses épaules, puis avança. Elle s’allongea et fit quelques brasses. La fraîcheur la ravit, ce bonheur sensuel du contact sur sa peau. Elle ne comprenait pas les gens qui se privaient de cette étreinte.

Elle lança un regard rapide vers l’homme. Il n’avait toujours pas bougé… Elle en était fascinée. Elle connaissait pleinement la difficulté de l’épreuve. Cette immobilité totale, dans une telle posture, réclamait un effort physique redoutable.

Elle rejoignit la berge et sortit. La sensation délicieuse que sa peau s’était contractée sous l’effet du froid, comme un bain de jouvence. Elle se sécha rapidement et huila son corps avec attention. Personne pour s’occuper de son dos.

Elle ne comptait plus les situations qui lui rappelaient sa solitude. Même la plus insignifiante surgissait immanquablement. Les caresses des mains de Laurent sur son dos n’entraient pas dans le registre des choses insignifiantes mais de celles qui la faisaient désormais souffrir par leur absence. Elle sortit ses lunettes de soleil et s’allongea.

Cesser de penser à un temps fini. S’ancrer dans l’instant. Laisser la vie mener son existence.

L’expression la surprit. Ces pensées insolites qui jaillissaient depuis peu en elle, ces associations inhabituelles de mots, ces verbalisations percutantes, des observations intérieures qui ne lui ressemblaient pas.

Elle avait du mal à se les attribuer. Comme si les données émanaient de l’extérieur, qu’il ne s’agissait pas d’elle mais d’une compréhension nouvelle qui lui était proposée, comme si un élément récepteur s’était enclenché.

Elle ne comprenait même pas ce qu’elle imaginait. "

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