Je ne suggère pas que le covid s'est échappé du laboratoire de Wuhan.
Je ne suggère pas que tout cela est dû à une erreur humaine ou à une intention terriblement malveillante.
Je ne suggère pas qu'il s'agit d'un complot ou que cette erreur servirait désormais à d'autres intentions inavouables.
Je n'en sais rien et je serais un sacré guignol d'affirmer quoi que ce soit et je n'ai aucunement envie de relayer ici des "fake news".
Mais...Je trouve effroyablement dangereux que de tels laboratoires existent.
Qu'il s'agisse de chercher à contrer des épidémies, on pourrait penser que cela est justifié. Mais ne devrait-on pas plutôt chercher les raisons de l'émergence de ces épidémies et intervenir sur ces sources mêmes au lieu de chercher à combattre les effets ?
Les virus qui ont contaminé les humains ces dernières années ont une origine animale et si les humains s'y sont retrouvés confrontés, c'est pour la seule et unique raison de l'atteinte sur la biodiversité et l'emprise humaine sur la vie sauvage. Ce ne sont pas les virus qui sont venus "chercher" les humains mais les humains qui sont entrés sur des terrtioires où se trouvaient ces virus.
C'est bien l'invasion terrienne sur la nature qui est responsable des désastres.
La littérature et le cinéma ont raconté à maintes reprises des invasions extra-terrestres dans des scénarios apocalyptiques. L'espèce humaine ne se comporte-t-elle pas comme ces imaginaires civilisations guerrières envers sa propre planète ?
FAKE OFF Une théorie relayée sur les réseaux sociaux affirme que le coronavirus émanerait d'un laboratoire épidémiologique de haute sécurité siuté à Wuhan, conçu avec l'aide de la France
Coronavirus: Quel est ce virus qui inquiète ? — 20 Minutes
Depuis son apparition à Wuhan (Chine) en décembre 2019, l'épidémie de coronavirus a fait plus de 200 morts et contaminé près de 10.000 personnes.
Alors que son origine n'a pas été encore établie officiellement, une rumeur virale sur les réseaux sociaux affirme qu'il émanerait d'un laboratoire de haute sécurité de conception française situé dans la ville de 11 millions d'habitants.
20 Minutes revient sur l'origine de ce laboratoire et les mesures de sécurité qui y sont appliquées, avec deux spécialistes du sujet.
Mise à jour du 31 janvier 2020 : ajout de la réponse de la DGS, reçue peu après publication.
Comment le coronavirus, qui a fait à ce jour plus de 200 morts et près de 10.000 contaminations en Chine, est-il apparu à Wuhan ? Si les premières études autour de l’épidémie penchent pour plusieurs hypothèses – d’une maladie transmise par une chauve-souris ou un serpent, à l’absence totale de lien avec le marché aux poissons de Wuhan, jusqu’ici considéré comme le point de départ le plus probable –, une théorie bien différente circule depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux.
Nombre d’internautes partagent en effet des articles ou communiqués officiels de février 2017 annonçant « l’accréditation », à Wuhan, en présence du Premier ministre français de l’époque, Bernard Cazeneuve, du premier laboratoire épidémiologique de haute sécurité P4 (pour « pathogène de classe 4 »), consacré à l’étude de certains virus particulièrement dangereux, pour pointer du doigt un hasard surprenant.
« C’est sans aucun doute une pure coïncidence que l’épicentre du coronavirus [2019-nCoV] et le laboratoire P4 vendu à la Chine par la France se trouvent tous deux dans la même ville de Wuhan… », soutient par exemple un internaute sur Twitter, quand un post Facebook se demande si le coronavirus est un « petit joueur issu d’un labo ? », avant d’indiquer : « Un labo P4 qui a ouvert près de Wuhan en 2017, ce n’est sans doute qu’une coïncidence avec le nouveau "coronavirus". »
En 2003, au lendemain de l’épidémie de Sras – l’une des souches de la famille assez vaste du coronavirus, qui avait provoqué plus de 700 décès dans le monde –, la Chine décide de mieux lutter contre ces épidémies en construisant un laboratoire P4, consacré à l’étude des virus les plus redoutables (comme Ebola). Elle sollicite donc l’aide de la France, particulièrement en pointe dans ce domaine, notamment grâce à son propre laboratoire P4 Jean Mérieux-Inserm, installé à Lyon, pour l’aider à donner vie à ce projet.
Mais comme l’explique le journaliste de Challenges, Antoine Izambard, dans son ouvrage « France-Chine : Les liaisons dangereuses » (éditions Stock), le projet mettra de longues années à se concrétiser. Sa « cérémonie de réception » par l’Institut de virologie de Wuhan n’a en effet eu lieu qu’en juin 2016, ce dont se félicitait à l’époque l’ambassade de France en Chine, en rappelant que ce projet devait permettre « à la Chine, en partenariat pionnier avec la France, de mieux comprendre et prévenir les épidémies et les pandémies y compris les plus dangereuses comme la grippe aviaire, pour protéger la population chinoise et la santé mondiale. »
« Pas d’éléments concrets à ce stade » en faveur d’une telle théorie
Comment expliquer ce délai ? Notamment en raison des informations remontées par les services de renseignement hexagonaux (et américains) qui soupçonnent la Chine, au début des années 2000, de ne pas être totalement transparente dans sa démarche. « Ils avaient des craintes légitimes sur le fait que la Chine se serve de ce laboratoire P4 pour créer des armes biologiques », précise Antoine Izambard à 20 Minutes. « La Chine avait promis qu’elle construirait cet unique laboratoire mais, depuis, il a été établi qu’elle avait caché la construction d’autres laboratoires P4 sur son territoire, notamment l’un dédié aux animaux à Harbin. Son faible niveau de sécurité avait été pointé du doigt par plusieurs visiteurs français, mais c’était il y a une quinzaine d’années, les choses ont évolué depuis », souligne l’auteur, qui souligne toutefois la persistance d’inquiétudes chez certains diplomates français.
Toutefois, « aujourd’hui, au vu des éléments dont on dispose, les théories qui circulent sur l’émergence du coronavirus dans le laboratoire P4 à Wuhan sont complotistes. Je ne dis pas que c’est impossible, mais il n’y a pas d’éléments concrets à ce stade qui iraient en ce sens », poursuit le journaliste, qui a pu visiter le laboratoire à l’époque de son enquête. Et d’ajouter : « Le P4 ne tourne pas à plein régime : il a été accrédité en 2017 pour étudier Ebola, la fièvre hémorragique du Congo et le Nipah. Le Sras fait partie de ses projets d’étude à terme, mais ce n’est pas encore le cas. Pour devenir un centre de haut niveau, il faut qu’il obtienne l’accréditation de l’OMS, qui lui permettrait de rejoindre son réseau de laboratoires. »
Contactés par 20 Minutes, ni l’institut virologique de Wuhan ni les différentes entreprises ayant participé à la construction du laboratoire P4 n’ont donné suite. Le seul responsable français travaillant sur le site, le microbiologiste René Courcol, nous a pour sa part indiqué être dans l’impossibilité de répondre à nos questions en raison de son devoir de réserve. L’OMS explique pour sa part ne pas « pouvoir commenter de telles théories » mais la Direction générale de la Santé (DGS) nous indique qu'« aucun élément ne permet d’accréditer les allégations liant la crise sanitaire en cours à l’existence à Wuhan d’un laboratoire P4. »
Une protection de l’environnement et des équipes du laboratoire
Hervé Raoul, directeur du laboratoire P4 Jean Mérieux-Inserm de Lyon, celui qui a servi de modèle au laboratoire P4 de Wuhan, nous rappelle toutefois les nombreuses mesures de sécurité en vigueur dans ce type d’établissement partout à travers le monde : « Les P4 dédiés à la santé humaine font l’objet de mesures pour protéger l’environnement – c’est-à-dire pour éviter que le pathogène manipulé puisse se retrouver à l’extérieur – et les personnes qui y travaillent. Les laboratoires sont complètement étanches, avec un système de filtration absolue de l’air, des sas, des douches de décontamination chimiques utilisées sur les scaphandres des équipes… Ces scaphandres sont eux-mêmes maintenus en surpression pour les alimenter en air et permettre, en cas de défaillance, que l’air de la combinaison aille vers celui du laboratoire – plutôt que l’air du laboratoire n’aille vers les chercheurs. »
« En plus de mesures de sûreté pour éviter toute intrusion, les installations sont conçues sur le principe général des systèmes redondants : le système en première ligne est efficace à 100 %, mais, en cas de dysfonctionnement, il existe un deuxième système efficace à 100 % derrière », poursuit le spécialiste. Et d’ajouter : « Il est à peu près impossible qu’un technicien infecté sorte du laboratoire, car on n’y est jamais tout seul et on ne peut pas décider de sortir par soi-même après un incident sans se signaler. Il existe toute une procédure en cas de défaillance, qui prévoit notamment des échanges avec les services de santé dédiés pour savoir s’il faut l’isoler et la prendre en charge. »
« Aucune raison de penser » que le laboratoire travaillait sur le coronavirus
Hervé Raoul rappelle par ailleurs que tout travail de recherche scientifique, dans ce type de laboratoire, nécessite l’existence et la connaissance préalable d’un virus : « Quand il y a un début d’épidémie, il y a tout un ensemble d’éléments à recueillir avant de pouvoir se lancer dans la manipulation du pathogène : le taux de mortalité, le mode de transmission, l’existence ou non de traitements thérapeutiques… Il n’y a aucune raison de penser que les scientifiques du laboratoire de Wuhan travaillent sur le coronavirus. »
Un article qui date de 2013
Un virus inquiétant créé en Chine
Des chercheurs Chinois ont fabriqué un virus hybride de la grippe aviaire très dangereux. Des scientifiques tirent la sonnette d’alarme.
Le 5 mai 2013 à 07h00, modifié le 11 avril 2020 à 20h35
Edit du 11 avril : cet article, publié en mai 2013, a été partagé sur les réseaux sociaux par de très nombreux internautes ces dernières heures. Pour autant, aucune information sérieuse ne relie aujourd’hui l’expérience évoquée ici à l’épidémie de Covid-19 qui frappe le monde depuis plusieurs mois. A l’inverse, les scientifiques semblent s’accorder sur l’origine naturelle de ce nouveau coronavirus. Dans une étude publiée dans la revue Nature le 17 mars, des scientifiques établissaient ainsi que leurs recherches « montrent clairement que le SARS-CoV-2 n’est pas une production de laboratoire ou un virus délibérément manipulé ».
Utile ou dangereux? La communauté scientifique mondiale est en émoi depuis l’annonce, vendredi, dans la revue américaine « Science », de la création d’un dangereux virus hybride par des biologistes chinois. Alors que la Chine se débat avec une nouvelle énième épidémie de grippe aviaire, une équipe de chercheurs de l’université agricole du Gansu a donné naissance à un nouveau virus, mélangeant des gènes de H5N1 et de H1N1.
Le premier, qui a contaminé 628 personnes depuis 2003, mortel dans 60% des cas, peut être transmis à l'homme par les oiseaux, mais pas d'humain à humain. Le H1N1, apparu au Mexique en 2009, n'est pas réputé plus mortel qu'une grippe ordinaire mais il est hautement contagieux. Il aurait infecté un cinquième de la population mondiale lors de la pandémie de cette année-là, tuant 18 000 personnes.
Le but de l'expérience n'est pas clair
L'hybride made in China a pris le pire des deux, avec cette caractéristique inquiétante : il se transmet très facilement entre deux cochons d'Inde, via les voies respiratoires. Par un simple éternuement, par exemple. Conclusion des chercheurs chinois : le redoutable H5N1 n'a besoin que d'une toute petite mutation pour devenir transmissible entre mammifères?¦
« Fallait-il donner ce coup de pouce à la nature juste pour démontrer cela ? », grondent les spécialistes. La démonstration n'en vaut pas la chandelle au regard des risques. Une erreur de manipulation, une fuite, une mauvaise intention et un virus OGM de ce genre peut aisément « contaminer les gens, provoquer entre 100000 et 100 millions de morts », estime Simon Wain Hobson de l'Institut Pasteur.
Pour Robert May, ancien président de l’Académie des sciences britannique, l'équipe chinoise a cédé à l’ambition plus qu’au bon sens. Le but de cette expérimentation n’est pas clair. « Ce genre de recherche est inutile à la fabrication d’un vaccin. S’il s’agissait uniquement de démontrer qu’une mutation le rend transmissible entre humains, c’est aussi vain que coûteux : on le sait déjà, confirme le virologue de Pasteur Jean-Claude Manuguerra (lire ci-contre). Il y a deux ans, des recherches similaires, conduites aux Pays-Bas et aux Etats-Unis, s'étaient vues interdites de publication, par peur de récupération terroriste, et un moratoire décrété. Il a pris fin en janvier dernier.
Je ne pensais pas tomber aussi vite sur un article venant valider quelque peu ce que j'écrivais hier.
Je pense que nous ne sommes pas au bout des mauvaises surprises.
Augmentation du temps de travail, diminution des jours de congés, hausse des impôts...Les droits sociaux vont prendre cher...Et cette dette colossale qui va venir plomber les Etats pendant des plombes, nous allons en subir les conséquences...
Il y a des jours où je me demande si tout ça n'est pas programmé...Est-ce que le covid est devenu l'occasion rêvée pour brider les libertés des peuples ou est-ce qu'il a été délibérément lâché dans la nature ... Oui, je sais, ça fait "complotiste" mais comme je l'ai déjà écrit ici à maintes reprises, ne pas être "complotiste, c'est donner sa tête au bourreau en toute confiance.
Je n'aime pas du tout la tournure que ça prend en tout cas.
Coronavirus: pour relancer l'économie, le patron du Medef veut faire travailler plus
Coralie Cathelinais
Chaque jour de confinement coûte cher à l'économie. Geoffroy Roux de Bézieux, le patron du Medef, appelle les entrepreneurs qui le peuvent à reprendre dès maintenant leur activité. Et pour relancer l'économie après la crise, il propose de revoir le temps de travail.
La crise que le monde traverse est sans précédent. "On n’a jamais connu une crise où on a été obligé de fermer l’économie, dans quasiment tous les pays en même temps, en huit jours", estime Geoffroy Roux de Bézieux, le patron du Medef dans une interview au Figaro. Il juge primordial de "remettre la machine économique en marche et de reproduire de la richesse en masse" car chaque semaine supplémentaire de confinement coûte cher à l’économie.
"On ne pourra pas rester très longtemps avec sept millions de salariés en chômage partiel et plus d’un million de parents en arrêt de travail indemnisé pour garder leurs enfants", avance le patron du Medef.
"J’appelle donc tous les entrepreneurs qui le peuvent à reprendre dès maintenant leur activité, en respectant bien entendu les règles sanitaires de sécurité pour les salariés et en négociant des accords de reprise avec les représentants du personnel", lance-t-il.
"C’est la création de richesses qui permettra d’augmenter l’assiette des impôts et donc les recettes, et ainsi de rembourser la dette accumulée pendant la crise", fait valoir le patron du Medef. Il faudra que l'Etat relance la consommation car "les gens ne se précipiteront pas du jour au lendemain dans les restaurants ou dans les magasins".
Il estime aussi qu'il faudrait revoir le temps de travail des Français.
"Il faudra bien se poser la question tôt ou tard du temps de travail, des jours fériés et des congés payés pour accompagner la reprise et faciliter, en travaillant un peu plus, la création de croissance supplémentaire", met en avant Geoffroy Roux de Bézieux.
Pour rappel le gouvernement a déjà fait un premier pas dans cette direction, puisque le temps de travail hebdomadaire a été relevé à 60 heures ( contre 48 heures avant) pour des secteurs jugés essentiels( énergie, télécom, agroalimentaire...), le travail dominical a été assoupli et le repos compensateur réduit.
En France, il semblerait que les 45-65 ans, notamment les femmes, soient particulièrement touchés par le COVID-19. Mais les estimations s’appuient sur les données de cas avérés, et il est pour l’heure difficile d’établir un profil type. En parallèle, si 98 % des patients guérissent de la maladie, certains, plus à risque du fait de leur maladie ou leur âge, développent des complications. Doctissimo vous éclaire.
Il est pour l’heure difficile de réaliser un portrait-robot des personnes les plus touchées par le coronavirus. Pourquoi ? Car les personnes contaminées par le COVID-19 ne sont pas toutes dépistées : la France ne teste que les cas graves, et par ailleurs, plusieurs personnes, notamment les jeunes populations, présentent peu ou pas de symptômes. Bon nombre de contamination avérée passent donc entre les mailles du filet des données.
En s’appuyant uniquement sur les données françaises1 estimant les cas confirmés, on peut noter que les 45-64 sont les plus fortement touchées, comme le démontre le dernier bulletin épidémiologique de Santé publique France (15 mars 2020) basé sur 6 087 individus infectés dont l’âge est renseigné.
Cas confirmés
En réanimation
Décédés
Moins de 15 ans
126
3
0
15-44 ans
1 808
16
2
45-64 ans
2 067
80
11
65-74 ans
850
78
20
75 ans et plus
1 236
103
127
Au 15 mars, deux tiers des cas positifs avaient moins de 65 ans.
Pour le sexe, toujours selon Santé publique France, les femmes sont légèrement plus touchées que les hommes, mais ceux-ci sont davantage hospitaliés et développent plus des complications nécessitant une admission en service de réanimation lorsqu’ils sont contaminés. De même pour le décès.
Cas confirmés
En réanimation
Décédés
Nombre de cas
6 378
285
161
Sexe-ratio H/F
0,9
2
1,4
Encore une fois, ces données ne permettent pas de savoir réellement quelle population est la plus touchée. À titre de comparaison, la Corée du Sud a choisi d’opter pour une campagne massive de dépistage de la maladie : 15 000 à 20 000 personnes sont dépistées quotidiennement et chaque personne testée positive est soumise à une remontée très précise pour isoler toutes personnes infectées. Les autorités ont pu ainsi remarquer que la plupart des personnes contaminées sur le territoire sud-coréen sont des femmes, et près de la moitié ont moins de 40 ans.
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Les personnes plus à risque de développer des complications
Selon le Haut Conseil de Santé Publique (HCSP)2,3, les patients à risque de formes sévères sont :
Les personnes avec une immunodépression congénitale ou acquise : médicamenteuse ( chimiothérapie anti-cancéreuse, immunosuppresseur, biothérapie et/ou une corticothérapie à dose immunosuppressive), infection à VIH non contrôlé ou avec des CD4 <200/mm3, consécutive à une greffe d’organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques, liée à une hémopathie maligne en cours de traitement ;
Les malades atteints de cirrhose au stade B ou C de la classification de Child-Pugh ;
Les femmes enceintes à partir du troisième trimestre de la grossesse.
Quid des fumeurs ?
Selon une étude basée sur des données chinoises du coronavirus, relayée vendredi 20 mars par la Fondation contre le Cancer, les fumeurs sont plus à risque de développer une forme sévère du covid-19, pouvant conduire à la respiration artificielle, voire à la réanimation. Même si l’étude ne permet pas de conclusions définitives, le tabagisme est tout de même connu pour endommager voire paralyser les cils des voies respiratoires, dont les mouvements permettent d’éliminer la poussière, les bactéries, et les mucus. Ce qui empêche l’organisme de se protéger correctement des infections, rappelle la Fondation Contre le Cancer.
Une étude4, publiée dans le American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine de l'American Thoracic Societ, s'est intéressée en autres aux antécédents médicaux de 85 patients décédés de complications liées au COVID-19, à Wuhan en Chine. "Le plus grand nombre de décès dans notre cohorte concernait des hommes de plus de 50 ans atteints de maladies chroniques non transmissibles" ont expliqué les auteurs, des scientifiques chinois et américains. En effet, l'âge médian des patients étudiés était de 65,8 ans et 72,9% étaient des cas masculins. L'hypertension, le diabète et les maladies coronariennes étaient les comorbidités les plus courantes. Quant aux complications, les scientifiques ont relevé des insuffisances respiratoires, un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) et de l'arythmie cardiaque.
En France, les hommes semblent aussi être plus touchés par des complications à en croire le le Dr Matthieu Schmidt, médecin réanimateur à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, interrogé par France 2 : "on a environ trois quarts de nos patients qui sont des hommes". Le professionnel de santé constate également qu'une grande majorité, "probalement 70%" des patients admis en réanimation sont en surpoids ou en situation d'obésité.
Un facteur génétique en jeu ?
Des facteurs génétiques pourraient-ils expliquer l'apparition de complications chez certains patients ? C'est ce que pensent deux équipes de chercheurs français. "La variabilité observée au cours de l'exposition et de l'infection par le SRAS-CoV-2 rend très probable l'existence de facteurs génétiques humains influençant la réponse à ce virus, explique Laurent Abel, co-fondateur du Laboratoire de génétique humaine des maladies infectieuses, dans un communiqué de l'Institut Imagine5. Très peu d'études ont été réalisées jusqu'à présent sur la génétique de l'hôte de l'infection par la famille des coronavirus, la plupart d'entre elles utilisant des modèles de souris infectées par le CoV SRAS, qui était responsable de l’épidémie en 2003. Ainsi, des souris dont la protéine adaptateur TLR Ticam2 impliquée dans la réponse immunitaire a été inactivée se sont avérées très sensibles à l'infection par le CoV-SRAS. " Une étude est à ce jour lancée.
Les personnes à risque peuvent-elles avoir un arrêt de travail ?
Oui. Toutes les personnes "à risque" citées par le HCSP sont autorisées à demander un arrêt de travail. Le gouvernement a mis en place une procédure d'arrêt de travail simplifiée pour ces patients dans le cas où elles n'ont pas de possibilité de télétravailler. Et ce, pour une durée initiale de 21 jours. Elles n’auront plus à passer par le médecin mais juste à se connecter directement sur le site declare.ameli.fr6. L’idée étant de ne pas surcharger les médecins avec des demandes d’arrêt de travail.
1 - COVID-19, Point épidémiologique - Situation au 15 mars 2020 à minuit, Santé publique France ( accessible en ligne).
2 - Les personnes à risque, site du ministère des Solidarités et de la Santé ( accessible en ligne).
3 - Recommandations relatives à la prévention et à la prise en charge du COVID-19 chez les patients à risque de formes sévères, HCSP ( accessible en ligne).
4 - Clinical Features of 85 Fatal Cases of COVID-19 from Wuhan: A Retrospective Observational Study, American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine, 3 avril 2020 ( accessible en ligne).
5 - COVID-19 : plusieurs équipes d’Imagine se mobilisent, communiqué d'Imagine, 19 mars 2020 ( accessible en ligne).
6 - Covid-19 : extension du téléservice declare.ameli.fr aux personnes à risque élevé ( accessible en ligne).
Info Coronavirus, site du ministère des Solidarités et de la Santé ( accessible en ligne).
Je viens de passer pas mal de temps à chercher ce qui se passe dans le reste du monde.
Les Galapagos sont touchées par le covid. C'est juste pour montrer à quel point, les humains propagent le virus partout dans le monde.
La situation en Equateur ressemble à un film d'horreur. La ville de Gayaquil est particulièrement touchée. Des morts abandonnés dans les maisons.
Aux Etats-Unis, des détenus sont réquisitionnés pour entasser des cercueils dans des fosses communes.
En Russie, personne ne s'avance clairement sur les chiffres mais c'est loin d'être réjouissant.
A Singapour, il semble qu'une "deuxième vague" se soit enclenchée.
Bon, c'est clair. C'est un désastre à l'échelle de l'humanité et personne n'est en mesure d'endiguer la propagation.
Se pose maintenant le problème économique. Et là, on entre dans la cinquième dimension...
C'est un effondrement de tout le système capitaliste que certains économistes évoquent si la situation perdure.
La planche à billets va tourner à plein régime jusqu'à chauffer au rouge les rotatives...
Au niveau des chiffres, ça dépasse l'entendement. Des milliards par paquets de millions.
(Quand je pense qu'il n'y avait soi-disant pas d'argent pour préserver un service hospitalier de qualité...)
Solution pour éviter un effondrement systémique? Le déconfinement.
Oui, mais il n'y a pas assez de masques pour protéger toute la population, ni en France, ni ailleurs.
Je pense que l'état français ne va pas tarder à inciter les citoyens à faire leur propre masque en envoyant des tutos par internet et sur les smartphones.
Je pense que le déconfinement va concerner les secteurs clés de l'économie avec une injonction de reprendre le travail. Pas une invitation. Une injonction... Avec toute la dialectique qui ira avec : "Notre pays a besoin de redémarrer, pour le bien de tous..."
Mais cela ne servirait pas à grand-chose si les autres états ne font pas de même. Ce sont les échanges commerciaux internationaux qui contribuent aujourd'hui au PIB des états. Aucun pays ne fonctionne en vase clos.
C'est donc une "entente" sur le déconfinement que j'imagine.
En sachant que les pertes humaines seront inévitables.
Il faut sauver l'économie, comme le soldat Ryan, même si d'autres soldats venaient à mourir.
Nous sommes en guerre. "Il" l'a martelé.
Le déconfinement ne concernera pas les personnes à risque. Elles sont assez clairement identifiées aujourd'hui : personnes âgées (au-delà de 60 ans), diabétiques, maladies cardio-vasculaires ou respiratoires, une très grande proportion d'individus en surpoids ou obèses, un pourcentage important d'hommes. L'idée sera de remettre au travail les individus les moins à risque. Les "forces vives" de la nation, comme on dit dans les milieux politiques.
"Tous au front, avec un masque sur la bouche. Pas de serrage de mains, pas de bises, maintenez toutes les barrières possibles mais allez travailler."
Je sais qu'il y a eu des décès chez des personnes ne portant aucun de ces critères. On pourrait comparer ça à des pertes collatérales dans un conflit militaire... Oui, je sais, c'est effroyable. Je parle d'êtres humains qui meurent. N'allez pas croire que ça me laisse froid. Mes parents sont âgés et pourraient être sur la liste...Et moi ou ma femme et mêmes nos "enfants" aussi puisqu'il est impossible de présager de la réaction de notre propre système immunitaire.
Maintenant, je pense que dans les hautes instances gouvernementales, ils ont tous conscience que le système vacille très fortement et que si l'économie s'écroule au-delà du connu, ils perdront leurs places et leurs privilèges. Le mot d'ordre dans les ministères, c'est de relancer l'économie au plus vite et donc de trouver le mode opératoire.
Les lignes rouges téléphoniques entre chefs d'état doivent être en mode open 24H/24... Aucun état ne se relèvera seul. La mondialisation leur revient à la figure avec une violence qu'ils n'ont sans doute pas imaginé. Ils sont tous dépendants les uns des autres. Mêmes les Etats-Unis ont besoin de la Chine et vice-versa. Et nous, en Europe, on a besoin des deux...
Il n'y aura pas de vaccin avant plusieurs mois et même si cela advenait, on ne connaît toujours pas les capacités de mutation du virus.
Des laboratoires et des sociétés biomédicales travaillent pour identifier des traitements curatifs afin d'éviter toutes les complications les plus graves.
D'autres sociétés mettent au point des tests permettant d'identifier les personnes ayant développé des anticorps et pouvant faire office de "coupe-circuit" au virus, tout autant que de connaître celles qui sont contaminées et qui doivent être isolées.
Ce déploiement des tests à l'échelle nationale va se faire, c'est inévitable. Les gouvernants se serviront de ces mesures pour légitimer la reprise de l'activité économique, avec les atteintes de toutes sortes aux droits du travail.
Aucune crise n'a eu cette ampleur depuis 1929. Ni celle des subprimes, ni aucune autre.
Nous sommes entrés dans l'inconnu. Les dirigeants également, sauf si de leur côté, il s'agit d'un projet conçu dans "les hautes sphères"...
Je pense que ce que nous allons entendre dans les prochains jours et semaines n'a pas fini de nous sidérer.
Nathalie aujourd'hui a fabriqué des masques. Il va falloir apprendre à vivre avec. Pendant un "certain" temps...
Je n'ai bien évidemment aucune certitude sur ce que je raconte. Je ne tente pas de jouer les Nostradamus ou de faire le malin. Je n'aime évidemment pas ce qui se passe.
Il n'est que les effets bénéfiques sur la nature qui puissent me réjouir quelque peu. C'est terrifiant d'en passer par là pour comprendre à quel point, cette nature et nous sommes irrémédiablement liés...
En pleine épidémie de coronavirus, pour répondre la pénurie de masques, le Centre Hospitalier Universitaire de Grenoble, en Isère, a transmis à son personnel soignant les patrons de couture pour fabriquer ses propres masques de soin.
Ces masques en tissu sont destinés uniquement au personnel soignant qui n'est pas en contact avec des patients atteints du coronavirus. - CHU de grenoble
Sans attendre que la pénurie ne touche son établissement, le CHU de Grenoble Alpes, en Isère, a fait passer il y a quelques jours un patron de couture à son personnel soignant. L'idée n'étant pas de remplacer les masques chirurgicaux ou FFP2, mais bien de partager "une option complémentaire pour ceux qui le souhaiteraient", "ça n'est pas une obligation" a précisé la direction du CHU de Grenoble à nos collègues de France Inter, une direction obligée de se justifier tant cette proposition a soulevé une polémique sur les réseaux sociaux.
Pas de pénurie au CHU de Grenoble pour l'instant
Précision importante, ce type de masque est uniquement destiné aux personnels soignants qui ne sont pas en contact avec des malades du coronavirus. Cette débrouille devrait permettre aux personnels mobilisés, mais pas en première ligne, de travailler en sécurité. Le CHU précise également qu'il s'agit d'une précaution en cas de "pénurie extrême", mais que ce n'est pas le cas pour l'instant.
Il est clair que les banques mondiales sont entrées dans une tourmente de grande ampleur et qu'il va être compliqué d'anticiper la suite pour le citoyen lambda. Nous ne serons pas informés a priori des difficultés qu'elles vont connaître. Les banques centrales affirment qu'elles soutiendront les banques car elles savent que la faillite de l'une d'entre elles aurait un effet systémique redoutable.
Affaire à suivre de près, autant que possible...En sachant que nous serons les derniers informés...
Krach : "Les banques françaises sont sous la menace de la faillite d'une grande banque européenne"
Au lendemain de la chute des marchés financiers de ce lundi 9 mars, l'économiste David Cayla analyse ses retombées, notamment pour les banques françaises. Il décrit un enchevêtrement d'intérêts financiers réciproques dans un monde bancaire en proie à un risque systémique.
Marianne : Après le "Black Monday" de ce lundi à la Bourse, dans quel état sont les marchés financiers, et y a-t-il un risque plus spécifique pour les banques françaises ?
David Cayla : Plusieurs évènements n'avaient pas été anticipés par la Bourse, dont l'effondrement des cours pétroliers et l'aggravation importante du coronavirus aux Etats-Unis. Tout cela est arrivé pendant le week-end, quand les marchés étaient fermés. Dès lors, ce lundi, nous avons assisté à une forte chute sur tous les marchés boursiers du monde.
Les banques sont en général durement frappées par ce genre d'événement, pour plusieurs raisons. La crise du coronavirus touche beaucoup de secteurs économiques, comme l'industrie, les voyages, le tourisme… Et les banques se situent en bout de chaîne : avec la baisse du chiffre d'affaire des entreprises, celles-ci peuvent subir des pertes. Certaines peuvent donc faire faillite, ce qui engendrera de nouvelles pertes chez les banques, à cause des crédits non remboursés. Il est donc naturel pour les banques d'être touchées a posteriori dans le bilan bancaire. Par ailleurs, les banques européennes sont déjà dans des situations difficiles à causes des taux d'intérêts faibles et du quantitative easing qui a été mis en œuvre à la suite de la crise de 2008. Leurs marges sont donc faibles, davantage qu'aux Etats-Unis, notamment. Enfin, les banques sont aussi des acteurs financiers et subissent de ce fait des pertes comme tous les investisseurs sur les marchés financiers. Elles sont donc triplement fragilisées.
Depuis quelques années, la Deutsche Bank a encaissé beaucoup de pertes, c'est la grande banque malade de l'Europe
Avons-nous affaire à un risque systémique ?
Le risque systémique est, par définition, toujours là. Si une grande banque fait faillite, il peut y avoir une faillite en chaîne de tout le secteur bancaire. Se pose alors le problème lié au fait que lorsque le secteur bancaire est en danger, les banques cessent de prêter (le "credit crunch"), ce qui bloque l'ensemble de l'économie.
Cette situation est envisageable car les banques européennes sont très fragiles : depuis quelques années, la Deutsche Bank a encaissé beaucoup de pertes, c'est la grande banque de l'Europe. Elle allait un peu mieux ces derniers mois, mais à partir du moment où elle a fait quasiment 5 milliards de pertes en 2019 – ce qui est énorme –, et si elle devait subir à nouveau de fortes pertes, elle serait susceptible d’entraîner une crise systémique. Ce n’est qu’un exemple. Il existe de nombreuses autres banques systémiques en Europe, en particulier en Italie, qui est très touchée par la crise du coronavirus.
Les banques françaises sont sous la menace de la faillite d'une grande banque européenne. L'Italie et l'Allemagne sont vulnérables. La première en raison de l’épidémie et à cause de sa faible croissance structurelle, la seconde car son industrie est très vulnérable à la conjoncture mondiale, parce que le secteur automobile est actuellement très fragile. En effet, le coronavirus crée des problèmes dans la chaine d'approvisionnement, dans l'industrie, qui touche davantage les économies très ouvertes et exportatrices, comme l'Allemagne. Cette crise intervient donc à un mauvais moment pour l’économie européenne.
A quelle échéance ?
La crise peut toucher le secteur bancaire à moyen et long terme. Pour l'instant il est difficile de juger, les banques seront soutenues par la Banque centrale européenne. Mais il faut bien avoir à l'esprit que dans ce genre de situation, les pertes se révèlent a posteriori. Il a fallu presque un an et demi entre la crise des subprimes et le moment où Lehmann Brothers a fait faillite en septembre 2008. Le risque de pertes bancaires n’apparaîtra sans doute pas dans l’immédiat et il faudra surveiller la santé des établissements, comme le fait la BCE qui supervise directement les grandes banques européennes.
Comment analysez-vous le fait que la BPI ait récemment annoncé vouloir acheter des actions des entreprises du CAC 40 ?
La BPI a été conçue par François Hollande pour financer l'économie réelle et faire ce que les autres banques ne font pas. Il est très surprenant de la part de son directeur Nicolas Dufourcq de vouloir monter un fonds financier pour acheter des actions du CAC 40. S'il y a des entreprises qui n'ont pas besoin de trouver des sources de financement, ce sont bien les entreprises du CAC 40. D'autant que deux milliards de ce fonds (sur les 10 milliards qui sont envisagés) proviendraient directement de la BPI, et seraient donc de l'argent public (voir l’enquête de Mediapart à ce sujet). On ne peut demander à une banque publique de participer à la spéculation boursière en se donnant pour mission de relever les cours boursiers. Il existe d'autres moyens pour empêcher le rachat d'entreprises stratégiques : le décret Montebourg, ou plus simplement la nationalisation. Utiliser la BPI pour valoriser la valeur actionnariale des entreprises du CAC 40 est un dévoiement complet de son action !"
La Banque publique d’investissement fait naufrage. Créée pour soutenir les projets d’investissement de long terme, elle va mobiliser de l’argent public pour voler au secours des groupes du CAC 40 dont les cours boursiers ont baissé.
C'est un bien étrange capitalisme que celui défendu par Emmanuel Macron. Un capitalisme où à tous les coups l’on gagne, en tout cas si l’on est dans le camp des milliardaires ou des actionnaires. Si la Bourse s’envole, c’est le jackpot ! Car les groupes du CAC 40 servent à leurs actionnaires des dividendes qui, année après année, ne cessent de s’envoler et qui, avec la « flat tax » inventée par le chef de l’État, sont désormais très peu imposés. Et si la Bourse baisse, c’est encore le jackpot. Pour une raison qui est toute nouvelle et renversante : la Banque publique d’investissement (BPI France) a décidé de voler à partir de la fin du mois d’avril au secours de ces mêmes groupes du CAC quand leurs cours boursiers baisseront.
Pour comprendre ce que cette idée a de choquant, il faut se souvenir de l’ambition qui a présidé à la naissance de BPI France. C’était l’une des idées défendues par François Hollande avant l’élection présidentielle de 2012 qui avait du sens, et qui ne cédait pas à la doxa néolibérale. Elle partait du constat que la finance avait dérivé au fil de ces dernières décennies vers les activités spéculatives et qu’il était urgent, à défaut de renationaliser le crédit, de créer au moins une banque publique qui finance les projets de long terme, ayant une utilité stratégique pour le pays ou pour préparer l’avenir.
En créant la BPI, l’État pouvait donc reprendre la main et afficher des ambitions industrielles de long terme, en des temps où l’industrie est si malmenée par les marchés.
Las ! Quand Nicolas Dufourcq prend la tête de BPI France en 2013, la banque, contrôlée à 50 % par l’État et à 50 % par la CDC, va progressivement se transmuter en un établissement bancaire quasi banal et progressivement délaisser ce qui semblait devoir être ses missions d’intérêt public. Question de tempérament : le patron de la banque publique a dans le passé accompagné la première filiale internet de France Télécom, dénommée Wanadoo, vers la Bourse, en réalisant donc la privatisation d’un actif public. Il est de ce point de vue très semblable à Emmanuel Macron : avec lui, c’est le privé qui fait la loi.
Les deux hommes sont d’ailleurs très proches.
Cette proximité entre Emmanuel Macron, ancien banquier d’affaires, et Nicolas Dufourq, qui a piloté la privatisation de la filiale stratégique de France Télécom, est importante à connaître, car si elle n’avait jamais existé, jamais le patron de la banque prétendument publique n’aurait osé cette transgression consistant à voler au secours du CAC 40. Car il y a quelque chose de très macronien dans cette transgression.
Ainsi, le patron de BPI France court depuis quelques jours micros et caméras pour annoncer la bonne nouvelle aux patrons du CAC 40 : la banque publique se met à leur service si d’aventure leur cours de Bourse chute, et mobilisera à cet effet beaucoup d’argent, dont de l’argent public.
Nicolas Dufourcq a ainsi expliqué que BPI France allait créer un fonds dénommé Lac d’argent qui serait doté de 4 milliards d’euros pour démarrer fin avril et qui mobiliserait ultérieurement jusqu’à 10 milliards d’euros, le tout devant servir à prémunir les groupes du CAC 40 contre la volatilité des marchés. Le patron de la banque n’a pas voulu donner les noms des premiers bénéficiaires de ces largesses.
Le même Nicolas Dufourcq a indiqué que sur les 10 milliards d’euros, 8 milliards seraient apportés par des investisseurs privés, dont 1 milliard apporté par le fonds souverain d’Abu Dhabi, tandis que les 2 milliards complémentaires seront apportés par la BPI. Autrement dit, il s’agira d’argent public.« Pour réunir 10 milliards, on n’a pas le choix, a expliqué le directeur de la BPI. Il faut aller chercher des fonds à l’étranger, auprès des fonds asiatiques, du Golfe, des fonds de pension canadiens et américains, car en France nous n’avons pas de fonds de pension, et les assureurs sont limités par les règles européennes Solvabilité II. »
Pour autant, le but d’une banque publique d’investissement ne peut pas être de soutenir des cours boursiers mais des projets d’investissement. Que les cours des groupes du CAC 40 décrochent lors d’une correction boursière, cela fait partie du risque, de la nature même du capitalisme. »
La BPI met à disposition sa structure publique, et de l’argent public, pour protéger les milliardaires du CAC 40 d’une possible instabilité boursière.
Un argument est même utilisé, qui laisse pantois : selon les promoteurs du projet, son but pourrait être aussi de protéger ces groupes du CAC 40 d’OPA toujours possibles, quand les cours chutent.
Mais la mauvaise foi saute aux yeux, car, si c’était vrai, il faudrait sur-le-champ suspendre la valse des privatisations, qui a précisément conduit à ce que des joyaux de l’industrie française soient croqués sur un coup de bourse, à la manière de Péchiney.
Non ! La vérité est plus sombre que cela : la BPI s’est transmutée en une sorte de banque d’affaires et ne défend plus l’intérêt général mais les appétits privés.
Pour faire bref, elle est devenue l’assureur du CAC 40, dans une sorte de Monopoly scandaleux où les citoyens sont les éternels payeurs et les groupes du CAC 40 les grands gagnants.
Adressé à : Emmanuel Macron, Président de la République,
240 scientifiques ont montré que la 5G était DANGEREUSE pour la nature et les humains[1]…
Les Suisses viennent de stopper le déploiement des antennes 5G…
Monsieur le Président, pourquoi restez-vous sourd aux appels à la prudence ?
Monsieur le Président de la République,
Nous, Français, ne sommes PAS technophobes.
Au contraire, nous apprécions tous les bienfaits des télécommunications.
Mais la course au « sans-fil » ne doit pas se faire à tout prix.
Vous voulez absolument avoir un réseau 5G avant 2020. Mais qu’est-ce qui presse ?
Nous n’avons aucune étude sérieuse prouvant l’innocence de la 5G. Au contraire…
La 5G augmente le risque de tumeur au cerveau[1] – surtout chez les enfants et les adolescents[2]
La 5G accentue le risque de Syndrome d’électrosensibilité[3] qui toucherait déjà 8% de la population.
L’électrosensibilité transforme des vies en cauchemars tous les jours :
maux de tête,
acouphènes,
insomnie,
vertiges,
maux de dents et de gencives,
troubles du rythme cardiaque,
douleurs articulaires,
irritabilité,
dépression,
fatigue permanente,
difficulté à se concentrer[4].
L’électrosensibilité fonctionne par effet de seuil. Il suffirait de quelques ondes en plus pour que des millions de nouvelles personnes basculent dans l’électrosensibilité.
La 5G peut réduire la fertilité masculine[5]
La 5G augmente les risques de fausses couches[6]
La 5G perturbe le rythme des plantes, des insectes pollinisateurs, et des animaux[7].
Le déploiement à marche forcée du réseau 5G en France est une expérimentation à grande échelle. C’est criminel !
Les cantons de Genève et de Vaud ont demandé d’arrêter le déploiement des antennes 5G en attendant de confirmer leurs effets sur la santé[8][9].
À cela s’ajoute que les antennes 5G seront bien plus nombreuses que les antennes-relais actuelles que la population redoute déjà.
Pour que la 5G fonctionne, les télécoms vont dissimuler des antennes partout[10][11][12][13] :
Dans les arbres
Dans les lampadaires
Sur les arrêts de bus
Dans les panneaux de circulations
Même les ampoules de nos maisons deviendront des antennes-relais 5G.
Monsieur le Président, nous ne souhaitons pas que la France soit transformée en four micro-ondes à ciel ouvert.
Le principe de précaution doit primer.
Ainsi que le Code de Nuremberg qui interdit les expérimentations sur deshumains non consentants.
La sécurité des Français doit l’emporter sur les intérêts des géants des télécoms et des autorités corrompues !
Nous tous, parents, grands-parents, citoyens, médecins, scientifiques, nous nous tournons vers vous, Monsieur le Président de la République, pour vous demander de stopper le déploiement du réseau 5G et de vous engager à réduire l’exposition de la population française aux champs électromagnétiques, conformément à la Résolution 1815 du Conseil de l’Europe signée le 27 mai 2011[14].
Veuillez agréer Monsieur le Président de la République, l’expression de nos salutations respectueuses.
Au nom du coronavirus, l’État libéralise l’installation des antennes-relais
Les ordonnances prises en application de la loi d’état d’urgence sanitaire autorisent les opérateurs téléphoniques à de nouvelles « installations radioélectriques » pour faire face à l’accroissement de l’usage du numérique. Cette dérégulation temporaire inquiète les associations de lutte contre les ondes.
Des antennes relais vont-elles pousser aux quatre coins de la France pendant le confinement ? Telle est la crainte de plusieurs associations de lutte contre les ondes à la lecture des ordonnances de la loi d’état d’urgence sanitaire.
Face à l’accroissement de l’utilisation d’internet, les opérateurs de téléphonie pourront adapter les « procédures applicables pour garantir la continuité du fonctionnement des services et de ces réseaux ». En clair : rajouter de la bande passante là où le web sature sans avoir besoin des autorisations habituelles. « Il s’agit de pouvoir intervenir en urgence pour rétablir l’intégrité du réseau dans cette période inédite de confinement, en installant des équipements à titre temporaire qui devront être démontés au plus tard dans les deux mois post état d’urgence sanitaire », assure à Reporterre la Fédération française des télécoms.
Suppression de l’obligation d’information des maires
Le premier article concerne les maires : il suspend « l’obligation de transmission d’un dossier d’information au maire ou au président d’intercommunalité en vue de l’exploitation ou de la modification d’une installation radioélectrique ». Terminé les dossiers d’information (DIM) à envoyer d’ordinaire aux mairies un mois avant toute installation. Cette mesure n’étonne pas vraiment l’association des maires de France. « Toutes les mairies ne sont pas en état de fonctionner normalement. Même si elles recevaient le DIM, elles n’auraient pas été en capacité d’assurer cette obligation d’information auprès des citoyens », explique une représentante de l’organisme.
Mais Sophie Pelletier, présidente de Priartem, association qui travaille sur les risques liés à l’exposition aux ondes électromagnétiques, s’inquiète. « Cette situation annihile la capacité des collectivités à assurer l’information et l’instruction des dossiers qui leur seraient adressés, ainsi que les droits des citoyens à participer et les droits des tiers à exercer un recours », a-t-elle déclaré dans une lettre envoyée au président du comité de dialogue de l’Agence nationale des fréquences (ANFR), le gendarme des ondes, co-signé avec France nature environnement, Agir pour l’environnement et l’association de consommateurs Cnafal.
L’ANFR, le gendarme des fréquences, est aussi mis sur la touche
Comment s’assurer que les opérateurs respecteront les règles, alors que l’ANFR, le gendarme des ondes, ne peut plus exercer de contrôles en amont ? Les ordonnances autorisent en effet un exploitant à implanter une station radioélectrique sans son accord. Habituellement, l’agence reçoit environ 1.500 demandes par semaine et vérifie chaque dossier, en regardant notamment la proximité avec des établissements scolaires. Elle consulte aussi les « grands usagers des fréquences » comme les ministères de la Défense (pour éviter les perturbations avec les radars), du Transport, ou de la Recherche (pour l’astronomie). « La grande majorité des dossiers est autorisé car les opérateurs n’ont pas d’intérêt à ce que le système se grippe et procèdent souvent à leurs propres vérifications avant », explique Gilles Brégant, le directeur de l’ANFR. Les demandes sont traitées en cinq semaines environ. Un délai que le gouvernement estime beaucoup trop long face à l’urgence. « Aujourd’hui, avec le télétravail, les antennes qui couvrent les domiciles sont très sollicitées. Des ajustements doivent être faits immédiatement, il est absurde d’attendre cinq semaines », poursuit Gilles Brégant.
Les opérateurs pourront ajouter de la bande passante là où le web sature sans avoir besoin des autorisations habituelles.
Les installations seront-elles retirées une fois la pandémie terminée ?
Dans le texte de l’ordonnance, il est précisé que ces mesures sont prises « à titre temporaire et dans le cadre d’interventions urgentes ». Or, un document soumis à la délibération du conseil des ministres indique que les opérateurs pourront régulariser ces installations dans un délai d’un mois après la fin de l’état d’urgence pour les mairies et de trois mois pour l’ANFR. « Bien que ce texte soit sans valeur juridique, il peut apporter des éclairages sur l’esprit des ordonnances. Ces installations pourront donc perdurer après l’état d’urgence. Nous allons veiller à ce que cela ne favorise pas la dérégulation de l’implantation des antennes-relais », s’alarme Sophie Pelletier, de Priartem.
Robin des Toits, autre association de lutte contre les ondes, estime que le gouvernement profite de la pandémie pour déréglementer la téléphonie mobile « au risque de l’accroissement des problèmes sanitaires qui y sont liés. On peut légitimement douter, au vu des expériences passées, que les installations réalisées durant cette période soient retirées lorsque cette période sera achevée », a-t-elle déclaré dans un communiqué.
L’ANFR va continuer ses contrôles
Les opérateurs vont-ils profiter de l’occasion pour multiplier les antennes relais ? Gilles Brégant demeure circonspect : « Je ne sais pas s’ils ont forcément envie d’investir durablement pour une configuration de réseau qui correspond à un pays en confinement. » D’autant que construire une antenne relais nécessite l’intervention d’entreprises du bâtiment, dont beaucoup subissent aussi des mesures de confinement. En revanche, il est très facile d’augmenter la capacité des installations déjà existantes. « Activer une nouvelle bande de fréquence peut se faire en quelque minute si l’antenne est déjà équipée », précise Gilles Brégant. En tout cas, il précise que tout ceci n’accélèrera pas le déploiement de la 5G, dont le processus d’attribution des licences a été décalé. Et assure que l’ANFR continue son travail de contrôle. « Si on commence à avoir des stations pirates, nous ne pouvons plus garantir le bon fonctionnement du réseau. Il n’est pas question de modifier les contrôles, qui sont réalisés a posteriori. Je pense que collectivement tout le monde sera vigilant pour être sûrs que tout cela soit conforme aux règles que nous nous sommes fixé depuis plusieurs années. » Précisons également que l’ANFR peut à tout moment, par un simple courriel, désactiver une antenne qui ne respecterait pas la législation en vigueur ou viendrait perturber l’environnement hertzien. « Ce n’est pas un pouvoir théorique, et il m’est déjà arrivé d’arrêter une antenne qui brouillait la réception de la télévision. Et cela pourrait arriver à nouveau dans les semaines qui vont venir », prévient Gilles Brégant. Une épée de damoclès qui pourrait inciter les opérateurs à plus de sagesse.
De plus en plus de personnes en sont convaincues : la croissance illimitée n’est pas viable à long terme dans un monde où les ressources s’épuisent peu à peu. Il s’avère en outre que l’augmentation du PIB dans les pays industrialisés n’a abouti à aucune amélioration notable de la qualité de vie des populations depuis les années 1970. Se pourrait-il alors que la société de consommation ne tienne pas ses promesses de bonheur et que le bien-être ne soit pas inhérent à la croissance ? On voit même de plus en plus d'inégalités au regard de ce que certains possèdent et de ce que d'autres n'ont plus.
Je place la notion de "simplicité volontaire" dans la dimension de "l'humanisme" car elle est de toute façon, à plus ou moins brève échéance, la seule solution pour l'humanité toute entière puisque c'est la seule alternative qui contienne l'idée possible d'un équilibrage entre les ressources naturelles, le potentiel de vie de la planète, sa durabilité et le maintien de notre présence...
Prenant conscience du manque de sens de nos vies modernes, régis par la consommation et la quête de superflus, nombre d’entre nous tendent à retrouver une certaine harmonie par le “retour aux sources”, se rapprochant de la nature et retrouvant le goût des choses simples et vrais.
Le système ne facilite pourtant pas les choses, beaucoup de barrières ont été mises en place pour nous brider, afin de maintenir le peuple dans la société capitaliste. Pourtant, malgré les obstacles, et faisant parfois certaines concession, gardant tout de même quelques liens avec le système, certains on réussi à changer de voie, et à retrouver la simplicité.
Je trouve assez révélateur le fait que cette simplicité volontaire soit souvent tournée en dérision lorsque les adeptes restent utilisateurs de produits qu'ils jugent essentiels mais qui proviennent pourtant de la société technologique et par conséquent du progrès.
Il ne s'agit pas effectivement de vivre nu dans une grotte en mangeant des oisillons et des fruits des bois mais de juger de la possibilité de limiter sa consommation et sa participation à un système économique qui n'a justement plus rien "d'économique" puisqu'il épuise les ressources et génère toujours plus d'effets délétères.
On retrouve souvent cette réflexion qui voudrait que puisqu'on ne peut pas se passer du progrès, il faut en user à l'extrême.
Qu'en est-il du juste milieu ?
Si j'ai un accident en montagne ou en voiture, avec des dégâts sérieux, je serai bien heureux qu'un chirurgien puisse tenter quelque chose. Je ne vais pas compter sur des tisanes et des prières. Mais rien ne m'empêchera pour autant de boire des tisanes et de réciter des prières une fois que je serai sorti de la zone rouge...
L'adhésion à un système ne doit pas pour autant en exclure un autre.
La simplicité volontaire ne consiste pas à tout cramer mais à établir son propre seuil d'appartenance.
A quel degré suis-je dépendant de la société ?
Voilà la question qui est posée.
Chacun sera ensuite en mesure de maintenir ou de se défaire de ses ancrages.
Mais encore faut-il le vouloir pour, ensuite, en être capable.
Cette crise sanitaire et économique offre donc la possibilité d'un état des lieux personnel, d'une réflexion qui ne serait peut-
être jamais arrivée. C'est en cela qu'elle est également une "chance".
"Dans l'épreuve, ne cherche pas l'adversaire ; cherche l'enseignement. " Mikao Usui
La crise sanitaire actuelle est à mes yeux une crise écologique.
L’emprise de l’humanité sur la nature est dévastatrice depuis des décennies et n’a jamais été circonscrite.
Le territoire sauvage s’est réduit drastiquement amenant les humains à croiser la route d’animaux porteurs de virus inconnus.
Les effets dramatiques de cette crise sur l’humanité et sa gestion chaotique ne doivent pas nous éloigner de la cause première de cette situation : Nous.
Il est de notre devoir, pour nous et nos descendants, de rétablir un équilibre entre cette nature sauvage et notre présence.
A ignorer les dégâts sur la biodiversité, nous en subissons maintenant les effets.
Il convient également de réaliser que cette crise sanitaire, économique et financière, n’est qu’un aperçu minime de ce qui nous attend lorsque les crises écologiques majeures surviendront. Voilà quarante ans que les scientifiques alertent les gouvernants. Rien de concret et de puissant n’a jamais été fait. C’est à nous, citoyens, d’œuvrer à la pérennité de la vie humaine.
L’arrêt des activités humaines est bénéfique à la vie elle-même. On le voit partout sur la planète. La Création n’est pas en danger. C’est nous qui le sommes. C’est là que la simplicité volontaire et tout ce qu’elle implique au regard de la Création reste à mes yeux l’unique voie de salut.
Il faut se dénuder de nos ambitions de croissance, jeter nos atours matériels, aller vers un confinement volontaire et bienheureux et chercher notre bonheur dans l’amour, dans l’être, dans la communauté d’âmes.
La nature agit actuellement comme un lanceur d’alerte.
Dans les premiers articles que j'ai postés sur ce virus, j'avais évoqué le risque important d'une crise économique.
Je n'imaginais pas qu'elle prendrait cette ampleur. Ce que cela démontre, c'est que cette fameuse "mondialisation" dont les gouvernants nous vantent les bénéfices depuis des décennies a rendu les états totalement perméables. Ce qui survient chez l'un arrivera fatalement chez les autres. Les échanges commerciaux, les transports de marchandises comme les déplacements humains sont devenus des porteurs de menaces. Et si les états cherchent à les stopper, c'est toute l'économie des pays qui vacillent. Il n'est pas envisageable de fermer els frontières et de dresser des murs. La solution ne viendra pas d'un repli sur soi. La solution est écologique puisque c'est bien d'une crise de cet ordre qui est à l'origine de cette crise sanitaire et économique.
La solution est dans un rééquilibrage de notre positionnement au regard de la biodiversité. Si nous continuons à lui porter atteinte, inévitablement, nous continuerons à en subir les effets.
En ce moment, la biodiversité, par contre, se refait une santé...
Coronavirus : l'article à lire pour comprendre pourquoi la France (comme le reste du monde) file tout droit vers la récession
Après la Chine et l'Italie, c'est au tour de la France de se confiner pour se protéger du Covid-19. Entreprises à l'arrêt, indices financiers en dégringolade et incertitude sur le futur... Le pays se dirige inévitablement vers une baisse durable de sa croissance. Franceinfo vous explique pourquoi.
. (JESSICA KOMGUEN / FRANCEINFO)
"Il y a aussi une guerre économique et financière. Elle sera durable, elle sera violente", a averti le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, mardi 17 mars. Depuis plusieurs semaines, face à l'intensification de la pandémie de coronavirus, l'économie mondiale a plongé dans la paralysie. De nombreuses entreprises ont été contraintes de stopper leur production, les avions des compagnies aériennes du monde entier sont cloués au sol, les pays ferment leurs frontières et les ménages –claquemurés chez eux – ont dû revoir à la baisse leur consommation.
La pagaille a été anticipée sur les marchés financiers. Face à l'incertitude, les investisseurs se sont tous mis à vendre leurs actifs (ressources), provoquant une panique boursière. De Paris à Wall Street, de Londres à Sao Paulo, l'hécatombe a atteint son apogée le 12 mars, où certaines Bourses, comme celle de Paris, ont enregistré les pires séances de leur histoire, avant de rebondir à l'annonce des mesures d'aide prises par les gouvernements et les banques centrales, puis de rechuter. Après le passage en confinement général de la France mardi, Bercy prévient : l'Hexagone va plonger dans la récession cette année. Concrètement, qu'est-ce que cela signifie ? Quelles seront les conséquences ? Faut-il s'en inquiéter ? Franceinfo vous explique tout.
1Tout d'abord, c'est quoi une récession ?
Si l'on s'en tient à la définition de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) en France, un pays est en récession lorsqu'il connaît un recul de son produit intérieur brut (PIB) – l'indice qui mesure la croissance d'un pays – sur deux trimestres consécutifs. "La crise sanitaire va inévitablement provoquer des pertes de production et de revenus", prévient Jézabel Couppey-Soubeyran, maîtresse de conférence en économie à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. D'ores et déjà, le PIB français devrait reculer de 1% en 2020, loin de la croissance de 1,3% prévue par le gouvernement avant l'apparition du virus.
Cette situation n'a toutefois pas grand-chose à voir avec la crise économique de 2008. La récession avait alors une origine financière liée à l'effondrement des "subprimes", ces prêts immobiliers octroyés par les banques américaines à des ménages incapables de les rembourser. Or, la crise actuelle vient d'un choc externe, le Covid-19, qui touche toute l'économie réelle (activité des entreprises et ménages) et s'étend au fur et à mesure que les pays se calfeutrent.
2Quel est le lien entre le coronavirus et la croissance ?
Pour freiner la propagation du Covid-19, les pays touchés ont pris des mesures de restriction strictes, allant jusqu'au confinement général en Italie, en Espagne ou en France. Hormis certains secteurs essentiels comme la santé ou l'alimentation, les entreprises ne produisent plus, ou moins, et les acheteurs confinés chez eux achètent aussi beaucoup moins. Conséquence : la production de la valeur ajoutée baisse et, logiquement, la croissance aussi.
En récession, ce n'est pas que les gens achètent moins de pommes pour acheter plus de poires. Le gens achètent moins tout court.Alexandre Delaigue, professeur d'économie à l'université de Lilleà franceinfo
Le secteur secondaire est particulièrement touché car les industries et les usines peuvent difficilement transposer leur activité en télétravail. Le groupe Michelin a décidé d’interrompre la production de ses usines de pneumatiques en Espagne, en France et en Italie jusqu'au 22 mars minimum. Plus de 20 000 salariés sont concernés. Le constructeur italo-américain Fiat Chrysler (FCA) a également déclaré qu'il fermait "la majorité de ses usines de fabrication européennes" jusqu'au 27 mars. Dans le domaine aéronautique, Airbus a suspendu sa production en France et en Espagne durant plusieurs jours.
Ces difficultés se faisaient déjà ressentir bien avant que le virus n'atteigne l'Europe. La mise à l'arrêt de la Chine – qui talonne les Etats-Unis à la place de première puissance économique mondiale – a provoqué de fortes turbulences dans les économies de nombreux pays, dont la France. "Nos productions sont devenues très dépendantes de l'extérieur, de la Chine notamment, où nos entreprises se fournissent en produits intermédiaires ou font assembler leurs produits", étaye Jézabel Couppey-Soubeyran. La Chine abrite en effet un grand nombre de sous-traitants essentiels dans la production de produits comme les téléphones, les vêtements ou les ordinateurs, rappellent Les Echos. En clair : quand "l'usine du monde" tousse, toute la production mondiale s'enrhume.
3Donc on risque tous de perdre notre travail ?
Forcément, il y aura des effets sur l'emploi mais il est difficile d'en évaluer l'ampleur dès à présent. De nombreuses entreprises et travailleurs indépendants ont cessé leur activité et certains devront mettre la clé sous la porte. Des compagnies aériennes ont déjà appelé à l'aide le gouvernement de leur pays en espérant être renflouées, comme l'ont été les banques en 2008. Le transport aérien américain a demandé jusqu'à 50 milliards de dollars d'aide au gouvernement fédéral et les compagnies britanniques, plus de 9 milliards de dollars.
Les secteurs d'activité ne sont pas tous égaux face à la crise. "En récession, la production de produits subit souvent une baisse, mais si vous avez besoin d'une voiture une année, vous l'achèterez sûrement quand même l'année d'après", illustre Alexandre Delaigue. En revanche, c'est plus compliqué pour les services.
Tous les gens qui ne mangent pas au restaurant en ce moment ne vont pas y manger trois fois plus à la fin de la pandémie.Alexandre Delaigue, professeur d'économie à l'université de Lilleà franceinfo
Les achats de services et produits en ligne pourront-ils pallier les pertes ? A priori non. "Il faudrait que les gens conservent leur pouvoir d'achat, or, ça ne sera pas le cas pour tout le monde. Et pour vendre des produits en ligne, il faut quand même des personnes dans les usines pour les fabriquer", explique Dany Lang, maître de conférence à l'université Paris-Nord, membre des Economistes atterrés.
A ce stade de la pandémie, l'Organisation internationale du travail (OIT), estime que 25 millions d'emplois pourraient être perdus dans le monde.
4Que peut faire l'Etat pour limiter la casse ?
Pour limiter les dégâts, notamment des faillites en cascade, l'Etat va prendre à sa charge la plupart des pertes des entreprises via un arsenal de 45 milliards d'euros. L'essentiel – 32 milliards d'euros – passera par un report ou une annulation de charges sociales et fiscales des entreprises sur le mois de mars. Pour les salariés, un dispositif de chômage partiel et un fonds de solidarité de 2 milliards d'euros environ ont été mis en place.
Les petites entreprises, les très petites entreprises (TPE) et les microentrepreneurs bénéficieront d'une suspension du paiement de leurs factures d'eau, de gaz, d'électricité et de loyers. "Si nous mettons autant d'argent maintenant sur la table, c'est pour aider (l'économie) à redémarrer rapidement", a déclaré Bruno Le Maire. Pour protéger les plus grandes entreprises françaises, le ministre envisage même des participations, voire des nationalisations "si nécessaire".
Pour permettre aux banques d'octroyer des crédits aux entreprises en difficulté après la crise, l'Etat va garantir à hauteur de 300 milliards d'euros les prêts bancaires. Et pour que ces banques disposent de suffisamment de liquidités, la Banque centrale européenne (BCE) a maintenu ses taux très bas (le taux directeur étant déjà à 0% depuis 2016). L'institution a également dévoilé un plan colossal de 750 milliards d'euros pour des rachats de dette privée et publique, soit six fois plus que le montant initial. Car, logiquement, plus un Etat dépense, plus il s'endette.
5Du coup, le pays risque d'être en faillite ?
Ce qui est certain, c'est que le coronavirus va plomber le budget de l'Etat et la consommation des Français. Le recul de l'activité et les dépenses pour sauver les entreprises vont encore plus alourdir la dette publique, qui dépasse déjà 100% du PIB, rappelleLe Monde. Le déficit public devrait grimper à 3,9% du PIB et les recettes fiscales devraient être amputées de 10,7 milliards d'euros en 2020.
La consommation des ménages, "le principal canal par lequel les mesures d'endiguement du coronavirus affecteraient l'économie", chuterait de 2%, soit deux fois plus que la diminution envisagée du PIB en 2020, selon le nouveau projet de loi de finances publié le 18 mars. Pour faire face à cette situation, "les gouvernements et banques centrales vont devoir coordonner étroitement leurs actions. Les banques centrales devront se mobiliser bien au-delà des mesures mobilisées lors de la crise des subprimes", estime Jézabel Couppey-Soubeyran. "Dans la situation actuelle, il ne s'agit plus simplement de faciliter les crédits, il va falloir combler des manques à gagner." La chercheuse estime que les banques centrales pourraient notamment prendre à leur charge les dépenses budgétaires que les Etats vont engager.
On est dans une situation d'urgence absolue, c'est le moment d'opter pour des solutions exceptionnelles.Jézabel Couppey-Soubeyran, maîtresse de conférence en économieà franceinfo
"Les banques centrales ont déjà beaucoup fait depuis 2008, elles ont baissé leurs taux, racheté des crédits pourris et de la dette... C'est maintenant aux gouvernements d'agir", pondère Dany Lang. "Le problème, c'est qu'on a des politiques monétaires expansionnistes et des politiques budgétaires restrictives. On appuie sur l'accélérateur et le frein en même temps. Ce n'est pas cohérent." A ce sujet, Emmanuel Macron a prévenu : "On ne calcule pas quand il s'agit de la vie des gens". La Commission européenne est également allée dans ce sens. Pour la première fois, elle a suspendu ses règles de discipline budgétaire afin de permettre aux Etats de l'UE de dépenser autant que nécessaire.
6Est-ce que, à la fin de la pandémie, la croissance repartira comme avant ?
C'est peu probable. Cela dépendra, entre autres, des politiques menées sur le long terme par le gouvernement. Une récession n'est pas simplement un ralentissement de la production, c'est aussi "une destruction du potentiel de production", rappelle Jézabel Couppey-Soubeyran. Certaines entreprises produisent moins, mais d'autres, trop fragiles, disparaissent. "Dans ces conditions, il est compliqué de faire repartir la croissance sur sa trajectoire initiale", reprend l'économiste.
Si l'on prend exemple sur la Chine, qui redémarre petit à petit après avoir été à l'arrêt pendant près de 50 jours, l'activité n'a pas repris d'un coup comme avant. "Une partie de l'économie chinoise est basée sur les exportations, mais comme les pays importateurs sont à leur tour à l'arrêt, il ne peut pas y avoir d'échanges", décrit Alexandre Delaigue. Pour s'assurer que l'épidémie ne reparte pas, il est également compliqué de faire revenir des touristes ou investisseurs étrangers, qui pourraient être contaminés et faire repartir l'épidémie.
Peut-être qu'à l'issue de cette crise, on constatera qu'on peut consommer moins et vivre tout aussi bien, qu'on peut réduire les dépendances entre les pays et que les marchés financiers sont extrêmement vulnérables.Jézabel Couppey-Soubeyran, maîtresse de conférence en économieà franceinfo
Pour l'économiste Dany Lang, cette crise est également l'occasion de repenser totalement notre modèle économique en prenant en compte l'urgence climatique. "Après 2008, pire crise du capitalisme après 1929, on est repartis comme si de rien n'était. En Europe, les Etats ont continué à comprimer les salaires et faire reposer toute la croissance sur une augmentation du crédit privé déraisonnable, comme en Irlande, ou sur les exportations, comme en Allemagne. Il faut maintenant investir dans la transition écologique."
7J'ai eu la flemme de tout lire, pouvez-vous me faire un résumé ;) ?
La France traverse actuellement une crise sanitaire et économique exceptionnelle due à la pandémie de coronavirus. Pour endiguer la propagation du virus, elle a mis en place un confinement général. Les économies sont à l'arrêt, les entreprises ne produisent plus ou moins, et les acheteurs consomment moins. La production de la richesse en France va baisser, ce qui devrait conduire inévitablement à une récession (soit un recul du PIB sur deux trimestres consécutifs selon la définition de l'Insee).
Sur les marchés financiers, ces perspectives ont déjà fait chuter les indices, à Paris, New York ou encore Francfort. Pour éviter des faillites en masse des entreprises et limiter les pertes d'emplois, le gouvernement a pris plusieurs mesures de sauvetage. Il a annoncé un allègement – report ou annulation – des charges des entreprises à hauteur de 32 milliards d'euros sur le seul mois de mars, un dispositif de chômage partiel et n'a pas exclu de procéder à des nationalisations. De son côté, la Banque centrale européenne va mettre 750 milliards d'euros sur la table pour racheter, entre autres, la dette des Etats.
Ces mesures suffiront-elles ? Difficile à dire pour le moment car tout dépend de la durée de la pandémie. Certains économistes estiment que cette crise pourrait permettre de revoir entièrement notre modèle économique, et d'y inclure à l'avenir l'urgence climatique.
Il y a le coronavirus chez les humains et puis il y a les abattoirs pour les animaux.
En ce moment, on oublie trop de choses...
Cet article date de 2016.
Malgré toutes les vidéos et témoignages, rien n'a changé. Absolument rien. Sinon le fait que ce gouvernement a rendu punissable le fait de filmer dans les abattoirs l'abattage des animaux...
Donc, je reposte cet article étant donné que seul l'arrêt de cette consommation animale mettra fin à ce massacre quotidien.
Il ne s'agit pas d'une lecture "facile"...Souvent, je passe certains passages en rouge pour en appuyer l'importance mais là, il aurait fallu que j'applique cette méthode à l'ensemble du texte.
Du rouge sang.
A chacun, en son âme et conscience, de choisir.
Souffrance animale : «L’objectif n’est pas d’éviter de la douleur à l’animal, mais de sécuriser le travail du tueur»
Extrait de la série «Rouge vif», dans un atelier d'équarissage. Photo Emmanuel Pierrot / Agence VU
Les vidéos insoutenables diffusées par l’association L214 ont ravivé l’indignation face à la souffrance faite aux animaux. Un ex-inspecteur des services vétérinaires livre son expérience dans les abattoirs, qui l’a conduit à abandonner ce métier.
«L’objectif n’est pas d’éviter de la douleur à l’animal, mais de sécuriser le travail du tueur»
Des abattoirs où on ne laisse même pas à l’animal le temps de mourir avant de le découper, où on lui inflige d’ultimes blessures pour soi-disant l’anesthésier, où les procédés sont pensés pour protéger le «produit» mais jamais pour éviter la souffrance… Martial Albar, 43 ans, a travaillé plus de douze ans dans cet univers. Aujourd’hui consultant en sécurité alimentaire, il raconte la routinière mise à mort des animaux.
Vous avez travaillé dans de nombreux abattoirs en tant que technicien supérieur. Quelles étaient vos missions ?
Entre 2 500 et 3 000 agents du ministère de l’Agriculture travaillent dans les abattoirs, ainsi que 500 inspecteurs de la santé publique vétérinaire. Les agents sont des contrôleurs sanitaires ou des techniciens supérieurs spécialisés. Leur rôle est essentiellement d’ordre sanitaire et consiste à inspecter les carcasses et les organes des animaux qui viennent d’être abattus en vue de déclarer les viandes propres ou impropres à la consommation. Seuls ces agents de l’Etat peuvent procéder à la saisie vétérinaire quand la viande est impropre à la consommation. Les contrôles, l’estampillage sur chaque carcasse, absorbent les trois quarts du temps.
Les vidéos diffusées par l’association L214 semblent montrer que l’étourdissement des animaux fonctionne mal. Comment cette étape se déroule-t-elle concrètement ?
Certains abattoirs utilisent des caissons de CO2 qui asphyxient les cochons. Mais généralement, pour eux comme pour les moutons et les chèvres, on utilise l’électronarcose. Deux pinces mécaniques sont appliquées par un opérateur sur les tempes des agneaux, des moutons, des chevreaux ou des chèvres, et envoient une décharge électrique à l’animal. Pour les cochons, c’est le même système, mais automatique : une pince mécanique vient leur serrer la tête et envoie l’électricité.
Il n’y a pas à ma connaissance d’étude sur la perte de sensibilité à la douleur qu’induit l’électronarcose. Autrement dit, rien ne prouve que l’animal ne ressent pas ce qui se passe ensuite. Ce système d’étourdissement, comme les autres procédés, est avant tout utilisé afin de favoriser le travail de l’homme pour la mise à mort car après avoir reçu la décharge, l’animal tombe à plat, inerte.
Après avoir reçu le choc électrique, l’animal est suspendu par une patte arrière sur la chaîne d’abattage qui le transporte jusqu’au poste de saignée. Dans tous les abattoirs que j’ai connus, presque systématiquement, les animaux reprennent conscience avant d’être saignés car trop de temps s’est écoulé depuis le choc électrique. L’électronarcose, ce procédé franchement archaïque, provoque ainsi une souffrance supplémentaire et inutile à l’animal avant d’être tué…
Qu’en est-il pour les vaches et les veaux ?
On leur applique sur le front un pistolet à tige perforante qui perce l’os frontal et leur cerveau. C’est le seul procédé, peu coûteux et pratique, qui est utilisé pour faire tomber un animal de 800 kg. Car là encore, le but recherché n’est pas d’anesthésier l’animal, mais bien de l’immobiliser. Parler d’anesthésie est un pur mensonge, une tromperie. L’objectif n’est pas d’éviter de la douleur à l’animal, mais de ne pas abîmer le «produit» et de sécuriser le travail du tueur. D’ailleurs, dans de nombreux abattoirs, du courant électrique est appliqué à l’aide de pinces sur les lèvres des bovins au moment de la saignée : ce choc les tétanise, limite le mouvement des pattes et permet donc d’éviter des accidents.
Comment se déroule la saignée ?
Cette opération consiste à trancher les carotides et les jugulaires pour que l’animal perde son sang. Les cochons sont saignés différemment : on ne laisse pas couler leur sang, on le pompe. On leur enfonce un trocart dans la gorge pour récupérer le sang qui servira à faire du boudin, des saucisses pour les hot-dogs ou même des produits cosmétiques. Ensuite, le cochon est échaudé : il est trempé dans l’eau bouillante pour préparer le brûlage des poils. Pour les bovins, le tueur ouvre souvent complètement la gorge pour accélérer la perte de sang avant d’enlever le «masque», c’est-à-dire la peau de la tête de la vache. Ensuite on lui sectionne les extrémités des deux pattes avant. J’ai vu des vaches encore vivantes et donc parfaitement sensibles à ce stade-là.
Et après la saignée ?
Dans tous les cas, la mort met du temps à venir. Le tueur est censé attendre que cette mort arrive avant de continuer à «travailler le produit», mais ce n’est pas du tout ce qui se passe. J’ai vu des cochons encore conscients quand ils entraient dans l’échaudeuse, le bain d’eau bouillante. Pareil pour les chèvres et les chevreaux, les agneaux et les moutons : après la saignée, on leur sectionne les quatre avant-pattes pour commencer à retirer leur peau, et bien souvent, quand l’opérateur attaque ça, l’animal n’est pas complètement mort.
Que faudrait-il faire selon vous pour éviter ces agonies ?
Sectionner la moelle épinière au niveau des premières vertèbres cervicales. Cela entraînerait une insensibilité totale de l’animal et permettrait une mise à mort par saignée sans souffrance. Mais en 2016, en France, on n’est toujours pas capables de tuer des animaux sans les faire souffrir.
Comment se déroule un abattage rituel par rapport à la procédure classique ?
Généralement, les moutons sont suspendus par une patte arrière et égorgés en pleine conscience. Les vaches et les veaux sont quant à eux placés dans des dispositifs mécaniques de contention, des sortes de cages rotatives qui se referment sur eux et se retournent. L’animal se retrouve les pattes en l’air, la tête enserrée dans un système qui fait tendre son cou. Le sacrificateur tranche profondément sa gorge, puis le piège se retourne à nouveau, l’animal tombe, parfois il tente de se relever, alors que sa tête ne tient plus que par la colonne vertébrale, avec des projections de plusieurs mètres… Ces scènes dépassent l’entendement.
Qu’est-ce qui vous a le plus marqué durant ces années de travail dans cet univers ?
Les agneaux. Avant d’être abattus, quand ils sont parqués, ils pleurent comme des bébés. On se croirait dans une crèche. Et quand on s’approche d’eux, ils veulent téter nos doigts parce qu’ils ont faim… C’est une pure horreur. Comme ils sont petits et qu’ils se manipulent facilement, il est fréquent que les opérateurs leur fracassent la tête pour aller plus vite, ou bien ne les électrocutent pas, comme on l’a vu dans une des vidéos diffusées par l’association L214. Je repense aussi à un cochon arrivé moribond dans un abattoir. J’ai appelé un saigneur pour l’égorger sur place, à l’extérieur, mais l’animal était tellement faible que son sang ne s’écoulait pas. Il a mis dix minutes à mourir.
Les vétérinaires présents dans les abattoirs ne sont-ils pas censés veiller au «bien-être» animal ?
Les vétérinaires sanitaires contractuels (des libéraux mandatés par l’Etat) et les inspecteurs de la santé publique vétérinaire assistent peu à la mise à mort des animaux et n’ont pas envie d’embêter les abattoirs avec des questions de souffrance animale. Parfois même, ils ne viennent que l’après-midi, lorsque les abattages sont terminés, comme je l’ai vu à Megève, en Haute-Savoie. Dans les abattoirs, ceux qui commencent à s’émouvoir sont très vite mis à l’index, même par leurs propres collègues. On se moque de leur sensiblerie. Car c’est un milieu viril, hein, pas le monde des Bisounours, comme ils disent… J’ai entendu fréquemment ces réflexions : «De toute façon, ils sont là pour mourir»… Personnellement, j’ai démissionné en 2012 après une douzaine d’années passées dans ce milieu. Pourtant, j’étais fonctionnaire d’Etat, j’avais la sécurité de l’emploi, je n’avais qu’à attendre la retraite…
Les cadences imposées au personnel expliquent-elles en partie toute cette souffrance animale ?
Les cadences sont en effet élevées : par exemple, un bovin était abattu toutes les trois minutes à Bonneville, l’un des sites où j’ai travaillé… En Bretagne, dans certains grands établissements, un porc est abattu toutes les six secondes ! Pourtant, les cadences sont loin de tout expliquer. Même si les métiers dans un abattoir restent durs, depuis vingt ans les conditions de travail se sont beaucoup améliorées, les étapes se sont mécanisées, les salariés sont davantage protégés, moins mis à l’épreuve. En revanche, rien n’a bougé pour les animaux. Rien n’est pensé pour leur éviter de souffrir. Mais ni les éleveurs ni les consommateurs ne veulent voir l’horreur, et au final, nous sommes tous complices de cette barbarie.
Marie Tabarly : "Si ce confinement peut servir d'électrochoc pour la sauvegarde de la planète..."
JOUR 21 |Confinée chez elle dans le Finistère, Marie Tabarly met ses projets en suspens. La navigatrice parcourt les mers et le monde pour sensibiliser à la crise climatique : en attendant la reprise, elle prépare la suite et espère que ce moment serve d'avertissement.
Marie Tabarly dans la soute à voiles de son bateau Pen-Duick VI. La navigatrice passe le confinement à terre, chez elle, dans le Finistère.• Crédits : Martin Kéruzoré
Autant le dire d’entrée : on imagine mal Marie Tabarly confinée. Son nom bien sûr évoque le grand large et l’aventure, de par son père, Éric Tabarly, disparu en 1998. Elle partage avec lui le goût de l’exploration, de la navigation et de la rencontre avec les autres… Mais elle y ajoute un engagement pour la nature, la biodiversité et le climat avec un tour du monde entamé il y a deux ans pour faire changer les mentalités. À bord de son bateau, Pen-Duick VI, elle embarque des personnalités et vogue de continents en conférences… Autant de projets mis en suspens en ces temps de confinement. Un moment qu’elle passe chez elle avec son compagnon dans le Finistère et qu’elle a accepté de nous raconter.
Un confinement "très différent car on ne l’a pas du tout choisi"
“Je pars du principe que j’ai de la chance, on vit à la campagne”, commence Marie Tabarly. Des bords de l’Odet où elle est cantonnée, la navigatrice de 36 ans nous décrit un cadre plutôt charmant : elle vit là avec son compagnon funambule, Théo, mais pas dans une maison : "Je suis dans un bus de ramassage scolaire des années 70 et dans des conteneurs de bateau qu’on a aménagé. On a de l’espace pour nous deux ; c’est un choix assez particulier mais c’est un style de vie qui me convient. J’aime bien vivre en camion, dans des bateaux, dans des bus… Être très proche de la nature aussi, sentir les températures monter, descendre. Mais c’est une vie un peu dure aussi.”
Un choix pas totalement voulu car Marie Tabarly vivait avant dans une maison auprès de ses chevaux ; la jeune femme a suivi une formation de comportementaliste équine. “Mais j’ai dû rendre cette maison en location et il a fallu payer une pension pour mes chevaux. Je ne pouvais pas tout assumer et je préférais qu’ils soient bien, pouvoir m’occuper d’eux.”
"Une photo de moi quelque part dans l'herbe", nous a écrit Marie Tabarly en nous envoyant le mail.• Crédits : Loïc Dorez
Le contexte et le décor sont plantés : mais que dire de ce confinement ?
On entend beaucoup de marins, de spationautes parler de cette situation [qu’ils ont déjà vécu]. Mais pour moi, c'est un confinement qui est très différent car on ne l’a pas du tout choisi. Quand on part longtemps en mer, on fait le choix de partir pendant une, deux trois semaines, voire plusieurs mois. C'est préparé et calculé. On va vivre avec des choses qu'on a à bord. Mais du coup, on a anticipé avant. On a décidé. On sait que pour la pharmacie, il faut tant de trucs. Pour nos petits plaisirs perso, il faut tant de livres, on fait des playlists avant. On sait qu'on va avoir tant de nourriture à prendre… Mais là, ça n'a rien à voir ici, on ne sait pas comment passer du temps chez nous. On peut se dire tiens, je vais faire du bricolage mais les magasins sont fermés et on ne peut pas sortir.
Pour autant, Marie Tabarly affirme qu’elle ne tourne pas en rond.“J'ai du travail quand même. On a un projet à faire tourner mais c'est sûr que j'ai toujours été quelqu'un de très libre et me retrouver à ne pas pouvoir sortir, c'est bizarre ! Maintenant, on n'est pas les plus à plaindre et je ne me plains pas du tout de la situation, au contraire.”
Poursuivre ses projets, même s'ils sont suspendus
Le projet qu’évoque Marie Tabarly s’appelle Elemen’Terre, un tour du monde en bateau avec des personnalités qui montent à bord pour faire changer les comportements.“On devait armer le bateau ce mois-ci et partir sur différents événements, dont le Congrès mondial de la nature à Marseille et le Congrès de l’ONU sur les océans à Lisbonne, tous les deux en juin. Forcément, ces rendez-vous ont été décalés dans le temps et pour l’instant, les deux tiers de la saison vont sauter… On espère que Brest 2020 aura lieu en juillet et normalement, on fera une tournée des îles du Ponant en septembre car clairement, on va avoir interdiction d’aller à l’étranger pour un moment.”
Du coup, on va organiser toute une série de tables rondes, de conférences et d'entretiens sur 5 îles avec des thématiques précises. On espère et on continue de travailler, de préparer les escales de 2021 mais on ne sait pas encore. On est comme tout le monde à regarder comment ça va se passer. Tout ça dépend aussi des finances qu'on va trouver, avec nos partenaires.
Ce moment est-il source de réflexion ? Oui, assure Marie Tabarly, “cette période est passionnante pour nous. Comment va-t-on arriver à emmener tout le monde vers cette révolution, qui ne sera pas choisie mais forcée ?”Évidemment, la métaphore est facile dans cette période : toute l’humanité dans le même bateau, qui renonce à beaucoup de choses pour le bien commun.“On peut faire un paquet de métaphores maritimes, oui… Mais c'est vrai que c'est l'avantage du bateau : à chaque fois qu'on embarque avec plein de gens différents, on se dit qu'on a un microcosme de l'humanité sur une coquille de noix. Et là, j'ai l'impression que les gens se rendent compte : on fait tous partie d'un énorme vaisseau spatial, mais qui est fini lui aussi. Et on doit faire tous ensemble avec ce qu'on a. Mais vraiment ensemble. À un moment, c'est sûr qu'avoir des inégalités pareilles, des disparités de richesse pareilles, n'est pas tenable. Maintenant, est-ce que j'aimerais être super positif et me dire que le monde va changer ? Mais on n'est pas sûr que ça change”.
Pour préparer l’après, Marie Tabarly échange beaucoup avec d’autres explorateurs par téléphone, “mais nous sommes dans une période d’attente, d’observation, pour le moment”. On le voit dans les médias et sur les réseaux sociaux, la nature reprend ses droits par-ci, par-là : des canards dans les rues de Paris, des coyotes à San Francisco, le silence, la pollution en baisse… Des phénomènes temporaires bien sûr.
Marie Tabarly lorsqu'elle n'est pas confinée : ici en septembre 2019 sur le quai d'Horta aux Açores (île de Faial). La tradition veut que chaque équipage laisse un dessin sur le quai : "il y en a des centaines", nous écrit la navigatrice.• Crédits : Théo Reynal
On se met à l’arrêt pour le bien commun, oui, mais le dérèglement climatique sera bien pire que ce Covid et on ne se met pas à l’arrêt pour autant. L’humain est comme ça : tant que la menace n'est pas visible, ça n'est pas important, c'est loin.
Des migrants qui sont en train de se noyer en Méditerranée, c'est pas grave, c'est loin. Mais si on les met exactement en train de crever sous nos yeux à 3 mètres ; là, ça nous toucherait. Les humains ne réalisent pas vraiment ce qui est en train de se passer car ça ne nous touche pas. Ce qui nous arrive est encore plus catastrophique que cette épidémie… Une fois que le permafrost va vraiment fondre et que des virus vont sortir de là, c'est là où ça fera mal. Mais à chaque fois, on agit dans l'urgence...
Désolé, tout cela n’est pas très optimiste", poursuit Marie Tabarly dans un sourire. "Mais il faut être réaliste. Si cette épidémie peut être un grand électrochoc mondial, ce serait formidable et j'espère de tout cœur que ce soit ça. Et si ça n’est pas là, ce sera plus tard, après d’autres catastrophes. De toute manière, on reste positif et on y croit. Sinon, on se serait déjà tiré une balle depuis longtemps !"
Avec Marie Tabarly, nous avons conclu de nous rappeler à l’issue de cette pandémie.
Je trouve que cette vidéo explique très bien le phénomène et tous les problèmes que ça pose.
Quand je vois le désastre sanitaire en cours aux USA et l'absence de confinement sur une très grande partie du territoire, j'en arrive à me demander si ça n'est pas la stratégie envisagée par les Etats, indépendamment de la direction Trumpienne qui dira demain l'inverse d'aujourd'hui et n'a aucune idée de ce qu'il dira après-demain.
Il va être intéressant en tout cas, en dehors de l'aspect effroyablement morbide du processus, de voir comment le virus va évoluer dans les semaines à venir sur l'ensemble des USA.
Est-ce que l'immunité collective finira par l'emporter ?
Est-ce que dès lors, les USA se retrouveraient à l'abri d'une deuxième vague telle que la craignent la plupart des États européens, la Chine et d'autres états adeptes du confinement ?
Le Royaume-Uni misait sur cette immunité collective et Boris Jonhson est hospitalisé depuis hier après avoir annoncé que beaucoup de sujets britanniques allaient mourir.
Le déconfinement est devenu l'interrogation prioritaire de la population française. On est pourtant très, très loin d'être dans une situation d'immunité collective...Il est évident que ce déconfinement doit arriver le plus tard possible au regard du désastre dans le système hospitalier. Les gens ne meurent pas que du covid. Certains meurent aussi parce que le personnel soignant ne peut pas être partout...Quand il n'est pas malade lui-même.
Quant à l'idée de sortir et de reprendre la même vie qu'avant, c'est juste risible si ça n'était pas si grave.
Le vaccin n'arrivera pas avant des mois et personne dans le milieu scientifique ne peut dire si le virus ne va pas muter d'une année sur l'autre et même d'une vague à l'autre...
Un traitement médicamenteux représente une voie de court terme envisageable. Les laboratoires y travaillent et il faut espérer qu'ils y parviennent.
En attendant, il reste le confinement. Et rien d'autre. A moins de présager que son propre système immunitaire est suffisamment performant pour résister. Personnellement, je préfèrerais tenter l'ascension du Mont Blanc en slip de bain...Sans compter que d'être porteur asymptomatique condamne les gens que vous cotoierez à tester leur système immunitaire à leur tour, sans pouvoir présager de la suite...
Coronavirus : on vous explique le principe de l'immunité collective", sur laquelle misent le Royaume-Uni et les Pays-Bas
Les deux pays ont décidé de ne pas prendre de mesures radicales de confinement et préfèrent que la population développe une "immunité collective" pour combattre le virus. Une stratégie critiquée par une partie de la communauté scientifique.
A Londres (Royaume-Uni), la vie continue malgré l'épidémie de Covid-19. (DAVID CLIFF / AFP)
"Seuls doivent demeurer les trajets nécessaires pour faire ses courses, pour se soigner ou pour aller travailler quand le travail à distance n'est pas possible." Emmanuel Macron a annoncé, lundi 16 mars, des mesures radicales pour ralentir l'épidémie de coronavirus. Après la fermeture des écoles, collèges, lycées et universités, de tous les commerces "non nécessaires à la vie de la nation", les sorties sont désormais limitées, sous peine d'amende salée.
Rien de tel outre-Manche, alors que les cas de contamination se multiplient. Boris Johnson, le Premier ministre britannique, n'a donné que deux conseils dimanche 15 mars : se laver les mains régulièrement et s'isoler pendant sept jours en cas de symptômes. Face au tollé et au confinement des pays voisins, il a annoncé le lendemain quelques mesures plus restrictives, sans toutefois fermer les écoles et les commerces.
"Beaucoup plus de familles vont perdre des proches avant que leur heure ne soit venue", a indiqué le chef du gouvernement. Pourquoi une telle différence avec les autres pays européens ? Car la stratégie affichée par le Royaume-Uni, et désormais par les Pays-Bas également, est de miser sur "l'immunité collective", en laissant le virus se propager.
Quel est le principe ?
Patrick Vallance, le conseiller scientifique en chef du gouvernement britannique, a martelé dans les médias britanniques l'approche adoptée par Boris Johnson. "Il n'est pas possible d'éviter que tout le monde attrape le virus. Et ce n'est pas non plus souhaitable, car il faut que la population acquière une certaine immunité", explique-t-il, cité par Bloomberg(en anglais).
L'immunité collective est un principe par lequel on peut enrayer la propagation d'une maladie contagieuse dans une population, à partir du moment où la majorité de cette population est immunisée. Elle ne s'applique donc pas aux maladies simplement infectieuses (comme le tétanos) et nécessite que certains individus soient immunisés via, par exemple, la vaccination ou le développement d'anticorps dû à une primo-contamination. Ainsi, même si le virus continue de circuler, plus le taux de personnes immunisées augmente, plus le risque de rencontre entre un malade et une personne non-immunisée diminue. Le seuil de personnes immunisées nécessaire à l'arrêt de la propagation du virus dépend de la contagiosité des pathologies.
"On va laisser circuler l'agent infectieux jusqu'à ce qu'un certain pourcentage de la population tombe malade, et développe ensuite des anticorps", précise Alexandre Bleibtreu, médecin infectiologue au service de maladies infectieuses de la Pitié Salpêtrière à Paris.
Le but est d'éteindre l'épidémie, en évitant la création de nouveaux foyers. Pour cela, on estime en général qu'il faut que plus de 75% de la population soit immunisée.Alexandre Bleibtreuà franceinfo
C'est sur ce principe d'immunité collective que repose la vaccination. Les individus vaccinés se protègent eux-mêmes et agissent comme "pare-feu" pour les non-vaccinés. Mais pour qu'une vaccination ait des effets sur l'ensemble d'un groupe, il faut donc qu'une majorité soit vaccinée. Les personnes pour lesquelles le vaccin est à risque, notamment celles présentant une immunodéficience ou une allergie, peuvent alors s'en passer : les personnes vaccinées forment une barrière de protection entre les personnes contagieuses et les personnes à risques.
On estime par exemple que le vaccin contre la grippe saisonnière n'est pas efficace à 100% pour le vacciné : un jeune adulte en bonne santé aurait entre 30 et 40% de risque de tomber malade malgré tout. En France, la politique vaccinale veut que ce soit les personnes les plus à risque que l'on vaccine. Mais comme le rappelle Odile Launay, médecin spécialiste des maladies infectieuses, sur France Culture, "si vous n'êtes pas dans les populations à risque vous pouvez vous faire vacciner pour protéger votre entourage". Au Royaume-Uni, par exemple, "on vaccine les enfants de façon généralisée pour qu'ils limitent la transmission de la grippe aux personnes fragiles, puisqu'on estime que pendant une épidémie de grippe environ 20% des enfants vont être affectés et seront donc le réservoir principal du virus".
Est-ce que ça marche ?
Oui... Pour certaines maladies et sous certaines conditions. Selon les chiffres avancés par les autorités, il faudrait qu'environ 60% des Britanniques contractent le virus pour que l'ensemble de la population soit protégée d'une épidémie. Des chiffres avancés à tâtons, puisque l'on manque encore de recul sur la situation. "On a par exemple observé qu'en dessous de 95% de personnes immunisées, la rougeole revenait en France", indique l'épidémiologue Alexandre Bleibtreu. Plus la maladie est contagieuse, plus le pourcentage de la population qui doit être immunisé augmente.
Lors de la pandémie de grippe H1N1 en 2009-2010, les personnes les plus vulnérables étaient les plus jeunes : celles nées avant 1957 étaient davantage protégées, car elles avaient déjà rencontré des virus de ce type, qui ont largement circulé entre 1918 et 1957. Ce sont ensuite les souches grippales H2N2 qui ont pris le dessus, rappelle Le Monde. Pour la grippe saisonnière, on estime que seuls 20 à 30% de la population sont susceptibles de contracter le virus chaque année : les autres sont immunisés par une précédente contamination ou vaccinés, donc.
Est-ce une bonne stratégie contre le Covid-19 ?
L'avantage de cette stratégie, c'est qu'elle permet au pays de conserver une activité économique. Le confinement total, comme c'est le cas en France et en Italie, n'a pas été envisagé par le Premier ministre hollandais, en grande partie pour des raisons économiques. "Nous devrions fermer notre pays pendant un an ou même plus, avec toutes les conséquences que cela implique, pour éviter les contaminations",a-t-il plaidé, estimant qu'en plus le virus"pourrait réapparaître immédiatement si les mesures étaient retirées".
Mais l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a insisté sur la nécessité d'une approche globale pour combattre l'épidémie : "Il ne s'agit pas de faire uniquement les tests, le traçage des malades, la quarantaine ou la distanciation sociale. Il faut tout faire", a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l'OMS. Dans la soirée de samedi, alors que la France écoutait Edouard Philippe annoncer la fermeture de tous les commerces "non nécessaires à la vie du pays", une pétition de plus de 250 chercheurs britanniques réclamait que Boris Johnson passe "immédiatement" au degré supérieur.
Le rédacteur en chef de la revue scientifique The Lancet (en anglais), Richard Horton, a quant à lui estimé sur Twitter que "le gouvernement [jouait] à la roulette avec le public. Il commet une erreur majeure". Ian Donald, professeur de sociologie à l'université de Liverpool, estime aussi que "la stratégie du gouvernement est bien plus élaborée que celle d'autres pays, et potentiellement très efficace. Mais elle est également plus risquée et fondée sur un certain nombre d'hypothèses".
Dans le cas du Covid-19, deux inconnues majeures semblent s'opposer à une immunité collective efficace et rapide. D'abord, aucun vaccin n'a pour l'instant vu le jour et la possibilité de contracter une deuxième fois le virus après avoir guéri n'est pas écartée, même s'"il n'y a pas de raison qu'un patient contracte deux fois le virus dans la même saison", assure Alexandre Bleibtreu. Par ailleurs, la contagiosité du Covid-19 est beaucoup plus importante que la grippe saisonnière. Ce qui signifie que le pourcentage de la population devant être immunisée pour que l'ensemble soit protégé est très élevé.
La stratégie adoptée par le Royaume-Uni n'est pas du tout aberrante. Mais elle ne sera efficace que lorsqu'au moins plus de 85% de la population sera immunisée. En dessous de ce seuil, on observera la résurgence de foyers infectieux
.Alexandre Bleibtreu
Invité du journal de 20 heures de France 2, mardi 17 mars, le docteur Damien Mascret a par ailleurs rappelé qu'avec "les coronavirus, l'immunité ne dure pas" plus de quelques mois, voire quelques semaines. En somme : une personne ayant attrapé le Covid-19 cette année peut le rattraper l'année prochaine et l'immunité collective n'aura servi à rien sur le long terme.
Quelles peuvent être les conséquences ?
Au-delà de l'efficacité médicale de la stratégie britannique, son coût humain risque d'être très important. Attendre que le seuil d'immunité collective soit atteint sans prendre aucune mesure revient à admettre que le nombre de décès sera très élevé – comme l'a reconnu Boris Johnson. Et en plus d'assumer "cette part tragique" de décès, il faut également mettre en place "un système de santé organisé de manière proportionnée", rappelle Alexandre Bleibtreu. Logique : si le virus se propage, le nombre de malades suivra sa courbe de progression naturelle et dépassera très rapidement le nombre de lits disponibles.
Un rapport de l'Imperial College de Londres, rendu public lundi soir, indique que l'épidémie de Covid-19 pourrait faire jusqu'à 510 000 morts au Royaume-Uni dans le cas purement hypothétique où aucune mesure ne serait prise. Avec cette stratégie du gouvernement, les chercheurs estiment que le pays risque jusqu'à 260 000 décès, en raison d'une "submersion" de son système de santé. Des mesures plus fortes, limitant les contacts, pourraient en revanche réduire à "quelques milliers ou dizaines de milliers" le nombre de décès au Royaume-Uni. "Les choix qu'ont à faire nos gouvernements en ce moment sont des choix de société", conclut Alexandre Bleibtreu.
Infecté par le covid-19, ce médecin du Jura mobilisé depuis des années pour réclamer des moyens pour les urgences, mène un combat désormais pour sa propre vie. Son épouse déposera plusieurs plaintes pour dénoncer le manque de protection des soignants face à la violence du virus.
Par Sophie Courageot
Claire Loupiac est une femme en colère, et comme ses proches dans une douloureuse attente. Suspendue aux nouvelles. Chaque matin, elle appelle l’équipe de réanimation de La Timone à Marseille où son mari est pris en charge depuis le 23 mars. L'urgentiste Eric Loupiac, est délégué déparemental de l'AMUF, l'Association des Médecins Urgentiste de France. Nous l'avions encore eu par téléphone mi-mars. Il était malade. Le souffle fatigué.
Eric savait que ça allait se passer comme cela
Eric Loupiac, médecin urgentiste de Lons-Saunier a développé les premiers symptômes du covid-19, le 16 mars. « Je suis tellement en colère, ça devait arriver, Eric savait que ça allait se passer comme cela » déplore son épouse. « Il sait qu’il a été contaminé le 6 mars par une patiente venue aux urgences. Mon mari l’a examiné, il n’y avait que quelques tests de dépistage faits quotidiennement alors, mon mari n’avait qu’un simple masque chirurgical, une mince protection » dit-elle. Pas de masques FFP2. « Il savait que l’hôpital était mal préparé. Depuis ce qui se passait depuis un an, on courait vers la catastrophe » ajoute Claire Loupiac.
Il ne faut pas applaudir les soignants, il faut les protéger
60 ans, sportif, en parfaite santé, le médecin se bat aujourd’hui sur un lit de réanimation. « C’est dur à vivre. C’est au jour le jour, mais je garde espoir » confie son épouse.
L’urgentiste du Jura bénéficie de la technique ECMO (oxygénation par membrane extracorporelle) afin de mettre ses poumons au repos pour les cicatriser.
« Je m’occupe pour l’instant de mon mari, mais je déposerai plainte comme l’ont déjà fait 600 médecins » dit-elle. A nos confrères du Progrès, Claire Loupiac a égrainé la longue liste des personnes à qui elle demandera des comptes. Elle envisage une plainte contre Agnès Buzyn et Olivier Véran, ex-ministre et ministre de la Santé. Mais également contre l'Agence Régionale de Santé de Bourgogne Franche-Comté, la direction de l'hôpital de Lons-le-Saunier et le chef du service des urgences.
"Il ne faut pas applaudir les soignants, il faut les protéger" confie aussi l'épouse du médecin. « Tout était prévisible, on voyait bien ce qui se passait en Italie. Il fallait commander des masques. Il aurait fallu confiner le pays dès le 27 février » ajoute-t-elle. « Moi je suis confinée depuis cette date, mon mari m’a dit tu ne sors plus ». Eric Loupiac est retourné travailler. Selon son épouse, un autre médecin urgentiste de Lons-Le-Saunier est également infecté par le covid.
Un médecin engagé et aux grandes valeurs
Sur les réseaux sociaux, la nouvelle de l'hospitalisation de ce médecin très connu et apprécié dans le Jura, a soulevé une vague de soutiens. "C'est un battant qui ne se rend pas quelque soit le combat ....Espérons qu'il l' emporte cette fois ci encore. Un médecin engagé et aux grandes valeurs" confie Jean.
"Je viens d'apprendre cette triste nouvelle... Courage docteur ! #Triste" écrit un internaute. "Pensées confraternelles et amicales à Eric Loupiac aux côtés duquel j’ai servi à la Brigade des Pompiers Paris" écrit un autre. Le Samu du Nord, l'AMUF, l'association des médecins urgentistes ont une pensée pour lui, ses proches, et toutes celles et ceux qui se battent contre le covid-19. Le neurochirurgien de Besançon Laurent Thines affiche aussi son soutien à ce confrère.
Défense d'une ligne de SMUR... Eric Loupiac, un homme de combat pour défendre le système de santé
Eric Loupiac se bat depuis des mois, des années dans le Jura pour réclamer des moyens pour les services de santé. En novembre 2019 alors que les urgentistes sont en grève, il recevait l'urgentiste Patrick Pelloux en visite aux urgences de Lons-Le-Saunier. Car à Lons comme dans nombre de services d'urgences en France, on manque de lits, de moyens. "Patrick Pelloux est très au fait des problèmes de la médecine d'urgence, des problèmes des hôpitaux et en plus, il s'intéresse aux problèmes de la province, un soutien comme le sien c'est vital pour nous" expliquait alors Eric Loupiac à France 3 Franche-Comté.
Le 15 décembre 2018, Eric Loupiac et ses collègues participaient à une marche blanche dans les rues de la cité lédonienne pour défendre la deuxième ligne de Smur à Lons-Le-Saunier :"La fermeture de ce SMUR va entraîner au minimum 40 morts par an. Pour 1 million d'euro, ça veut dire que la vie, une vie humaine, le ministère et l'agence régionale de santé - je ne sais pas lequel des deux estime le coût d'une vie humaine à 25.000 euros"lançait Eric Loupiac toujours prêt à clamer haut et fort son intérêt pour les patients et les soignants.
Il faudra que les responsables assument devant les tribunaux et la justice populaire
Eric Loupiac est le délégué jurassien de l’Amuf présidé au niveau national par Christophe Prudhomme. Pour ce dernier, les plaintes envisagées par Claire Loupiac sont une pièce essentielle. L’AMUF soutient les démarches de plaintes entamées par plusieurs organisations dont le collectif inter-hôpitaux, ou la CGT. « Il faut que ces plaintes soient le plus précises possibles. Par exemple à Lyon aux hospices civils, on lave les surblouses et on demande aux soignants d’enfiler comme tablier des sacs poubelles pour se protéger » dit-il. « Il faudra à un moment que les principaux responsables justifient leur position et les assume devant les tribunaux et la justice populaire » ajoute Christophe Prudhomme qui ne décolère pas face au manque de moyens dénoncés depuis des mois, des années dans toute la France.
Concernant Eric Loupiac dont il connait l’engagement depuis des années, il ajoute :« Quand on est dans une situation, un département ou on a des administrations, des politiques, des responsables médicaux qui ont validé le fait qu’on supprime une ligne de SMUR à Lons, qu’on ferme des hôpitaux comme à Champagnole ou Saint-Claude, cela crée un climat. ». « Nous n’accepterons pas que cela soit passé sous silence car les conditions de travail à l’hôpital de Lons-le-Saunier ou dans le Jura, sont inadmissibles » confie le médecin qui a des nouvelles régulièrement d’Eric Loupiac via son épouse.
Selon Christophe Prudhomme, plusieurs médecins urgentistes de France ont été infectés par le covid-19, et certains comme Eric Loupiac ont été pris en charge par des services de réanimation.
Les plaintes contre des membres du gouvernement ou contre X se multiplient
Contre des membres du gouvernement ou contre X, les plaintes liées à la gestion de la crise du coronavirus se multiplient depuis une quinzaine de jours et devraient encore affluer dans les semaines à venir.
Emanant de particuliers, de médecins, d'associations, ou encore de détenus, au moins onze plaintes ont déjà été enregistrées par la Cour de justice de la République, seule instance habilitée à juger des actes commis par des membres du gouvernement dans leurs fonctions.
La commission des requêtes de la Cour de justice de la République (CJR) devra se prononcer dans les mois à venir sur la recevabilité de ces plaintes et pour celles qu'elle jugerait fondées, saisir la commission d'instruction de la Cour pour qu'elle mène des investigations.
Confiné depuis le 15 mars 2020 dans le refuge de la Leisse en Vanoise, Félix Detrez reconnaît avoir de la chance. Accompagné d'un aide-gardien et sa compagne, il vit cette drôle de période comme un privilège. Témoignage.
Par Daniel Despin
Ils sont tous les trois, confinés là-haut depuis le 15 mars 2020, au cœur du parc de la Vanoise et ils ne s'en plaignent pas. Félix, le gardien, est accompagné de Bastien et Manon (un aide-gardien et sa compagne). Ils vivent en autarcie dans le refuge de la Leisse à 2487 mètres d'altitude, loin des affres de la vie d'en-bas.
Autonomie
En temps normal, le refuge accueille les randonneurs qui empruntent les sentiers du GR55 et de la Via-alpina. Il peut recevoir une trentaine de personnes. Mais ce printemps, la bâtisse est fermée au public pour cause de pandémie. Seuls, le gardien et ses aides sont admis à y séjourner durant le confinement.
Pour Félix, 26 ans, c'est la première saison en tant que gardien de refuge. Ingénieur de formation, originaire de Picardie, le cours de la vie et sa passion pour la montagne l'ont emmené jusqu'à Lyon, puis les Alpes où il a d'abord été aide-gardien.
Pas question en effet de prendre de risque et de s'éloigner du refuge, d'autant que les secouristes veillent et l'hélicoptère passe régulièrement dans le secteur. "Nous sommes bien conscients qu'il ne faut pas sortir en montagne : il n'y a pas de risque zéro et il serait regrettable de mobiliser les secours et d'engorger les hôpitaux.")
Des stocks de nourriture pour trois mois
Fort heureusement, Félix a fait le plein de provisions pour au moins trois mois. Si les produits frais leur manquent un peu, ils ont trouvé de quoi compenser en transformant certains produits : "on utilise la lactofermentation qui permet de conserver des fruits et légumes en les baignant dans une saumure [technique aussi utilisée pour conserver la choucroute, NDLR], c'est légèrement acide, mais c'est goûteux et ici, le résultat est probant. Cela se conserve bien."
Aux premières loges, pour assister à l'éveil de la nature, le trio a pu contempler des scènes animalières magnifiques. Un rassemblement de chamois au pied de la Grande Casse, le vol d'un gypaète qui a frôlé le refuge, ou encore les premières marmottes, les renards, les lagopèdes, des bergeronnettes et des chocards. Sans la présence des humains, les animaux sont sans doute moins dérangés et se cachent moins. "Nous n'avons pas vu de loup, mais nous avons eu la chance de voir ses empreintes fraîches", constate Félix.
Pour le reste, la lecture, la contemplation, un peu de musique, quelques films à visionner et des jeux de société remplissent leurs journées. "Je crois que nous sommes vraiment privilégiés et sincèrement, je ne regrette absolument pas de rester là-haut durant cette période de confinement. C'est même une grande chance."
Il peut être estimé qu'une bonne majorité des Français vit déjà en "décroissance" (c'est en quelque sorte ce que signifie le "déclassement social", "galérer de plus en plus pour boucler les fins de mois", "avoir de plus en plus de mal à faire le plein", "commencer à se priver de loisirs" etc...). Le but de cet article est de vous rapporter des témoignages de toutes sortes et de toutes classes sociales vivant déjà en décroissance depuis une décennie (voire plus). Cela met quelque peu en perspective le débat sur "faut-il faire de la croissance ou de la décroissance ?" (on peut de toute façon douter que l'une ou l'autre puisse se décréter, mais passons), puisque la décroissance serait déjà majoritairement là, et qu'elle semble hélas en grande partie subie. C'est un constat, et je ne suis pas responsable des chiffres officiels qui permettront de l'étayer (et je pense franchement que personne ne l'est). Croyez moi, je préférerais largement que tout le monde soit de plus en plus riche et qu'on détruise de moins en moins la planète. Or c'est exactement l'inverse qui se produit.
Le but de ces témoignages est de :
1) Donner, par induction, une idée de ce que ressentent les gens et de ce que signifie de "vivre avec X€ / mois dans telle situation" ou "Y€ / mois dans telle autre situation".
2) La nature ayant horreur du vide lorsque l'Etat et/ou les entreprises abandonnent les gens, montrer que de nouveaux modèles se créent (mais ce sera le focus d'un prochain article, car ce n'était pas le but annoncé de mon appel à témoignages). La "résilience" n'a potentiellement pas attendu les séances de brainstorming de nous (et moi) "têtes pensantes" dernières rescapées du déclassement social. Elle est déjà pratiquée ici et là et des modèles apparaissent spontanément lorsque les individus sont de plus en plus livrés à eux-mêmes. J'en ai un petit aperçu en Ariège (sans nullement idéaliser la vie là-bas, qui est dure, et le serait encore davantage sans le RSA), département qui n'a jamais véritablement connu la "croissance" des métropoles, ni même celle des anciens territoires industriels.
Avant d'en venir aux témoignages, puisque le déclassement social n'est apparemment qu'un "ressenti démenti par les chiffres officiels" (je comprends de mieux en mieux pourquoi ce discours, que j'ai tenu par le passé, peut être profondément agaçant), voici justement quelques chiffres officiels. Sautez directement après le point 4 si vous n'en avez rien à secouer et voulez passer directement aux témoignages.
1) La croissance de l'économie ramollit décennie après décennie... jusqu'à être quasi-nulle depuis 2008. Nous sommes en haut de cycle économique (du moins à en croire les annonces d'une prochaine crise), et le PIB par habitant est quasiment au même niveau qu’en 2008, le précédent haut de cycle. D'après mes calculs sur des données World Bank du PIB par habitant : +5% sur la décennie 2008-2018 en PIB constant à Parité de Pouvoir d'achat, +9% en PIB courant. Autant dire de l'ordre de +0,7% par an (en moyenne, sachant qu'en principe, les pauvres et les classes moyennes ne sont pas au-dessus de la moyenne).
Et encore, d'après des analystes comme Christophe Nijdam (merci encore Christophe, votre Thinkerview fut vraiment un révélateur important) : "pour sauver le système en 2008, on a planté les germes d'une crise peut-être encore plus grave".
2) Les graphiques de cet article suggèrent la même chose. D'après Eurostat, notre PIB réel par habitant a à peine augmenté depuis 2008. D'après la Banque mondiale, notre PIB courant en dollars par habitant a baissé. Seul le PIB courant (donc non corrigé de l'inflation) en dollars PPA a augmenté. Cet indicateur constitue l'un des derniers refuges des partisans du "meuuuuh non tout va bien, ce n'est que du ressenti" (alright dude, whatever floats your boat). Ces mêmes partisans qui dans les années 2000 mettaient par exemple en avant la hausse du "pouvoir d'achat" (un indicateur contestable, dont la moyenne rassurait néanmoins ceux, comme moi, qui ne voulaient pas voir cette France qui s'appauvrissait déjà).
3) Justement, le "pouvoir d'achat" est au point mort depuis 10 ans. Cet article de l'INSEE affirme "Cette disparité entre les ménages est d’autant plus importante que la croissance du pouvoir d’achat par unité de consommation a fortement ralenti depuis la crise : +0,1 % par an en moyenne entre 2007 et 2017 au lieu de +1,9 % par an en moyenne entre 1997 et 2017."
+0,1% par an, autant dire zéro. C'est une moyenne, et cela m'étonnerait que la majorité des Français soit au-dessus (sauf à penser par exemple que les 70% du bas auraient fait de la croissance, et que les 30% du haut auraient fait de la décroissance).
De surcroît, le pouvoir d'achat est une mesure imparfaite (l'article de l'INSEE l'explique très bien lui-même), mais ses imperfections ne plaident guère dans le sens de la prospérité. L'indicateur n'intègre pas, par exemple, le fait que les "dépenses contraintes" (carburant, logement) augmentent plus vite que l'inflation, et plus vite pour les pauvres que pour les riches (cela est développé dans les points 8 et 10 de cet article). Par ailleurs, l'indicateur du pouvoir d'achat n'intègre pas le fait que les produits de luxe deviennent des nécessités, un exemple notable de la dernière décennie étant le smartphone pour toute la famille.
4) D'après des analystes comme Christophe Nijdam, à défaut de donner du pouvoir d'achat aux gens, on leur a donné du crédit. En effet, le crédit n'est pas intégré au revenu servant à calculer le pouvoir d'achat. On peut néanmoins douter que les ménages modestes aient un accès significatif au crédit ou, lorsque c'est le cas, que cela soit particulièrement signe de prospérité.
Voici maintenant les 17 témoignages reçus sur Facebook de ceux qui vivaient la décroissance, copiés-collés tels quels (6-7 témoignages FB furent reçus de personnes vivant en croissance, mais pour une démarche scientifique fiez-vous plutôt aux "chiffres officiels").
Certains font état d'une grande perte d'espoir en notre société et en l'avenir, mais aucun ne m'est apparu malveillant, bien au contraire, je suis même étonné d'un tel degré d'apaisement au vu des désastres sociaux et écologiques en cours. Notre communauté d'intérêt semble entretenir un esprit de paix malgré les difficultés senties ou pressenties, ce qui est rassurant. Merci !
"J'étais patron d'une PME dans le bâtiment qui a fait faillite en 2008. Depuis, j'ai jeté l'éponge, j'ai fui ce système qui détruit le vivant, pour préparer l'autonomie et la résilience (alimentaire, mais pas seulement) avec mon voisinage. J'ai encore des dettes à payer, j'y arriverai, je ne dépense quasiment rien à part cela, et je serai totalement libre lorsque ma dette sera payée. Sur la décroissance subie, effectivement c'est bien pire que tu ne sembles le penser Cyrus. Les personnes des classes inférieures subissent déjà de plein fouet la crise depuis longtemps."
"C'est évident pour moi qui fréquente un panel sociologiquement extra-large que la décroissance est déjà là. L'écart se creuse de plus en plus en effet, et les plus modestes déploient, pour certains, des stratégies à la marge pour amortir les chocs. Tu le vois aussi beaucoup plus en milieu "rural" (la majorité du territoire étant rural contrairement à ce que les statistiques prétendent ... qui considèrent que n'est plus rural un environnement au delà de 5000 habitants ... or avec les com-com il n'y aurait donc que de l'urbain ... ce qui est une gageure). Bref, c'est un autre sujet, mais en tous les cas, je peux te dire que les pauvres augmentent en nombre... partout."
"Je crois que pour une grosse majorité les revenus n’augmentent plus depuis longtemps. Je suis médecin (praticien hospitalier) et notre point d’indice n’a pas augmenté depuis 12 ans, et notre pouvoir d’achat perdu 25% en 20 ans. Alors même dans un milieu bourgeois, beaucoup sont plus ou moins décroissants.Je ne roule plus en voiture, je ne prends pas l’avion donc passe mes vacances en France, le plus souvent en bivouac en montagne, et fait les trajets en vélo. Donc oui, même en milieu bourgeois en île de France, pour maintenir une certaine qualité de vie, il a fallu trancher dans les dépenses. Par ailleurs, en tant que médecin légiste (thanatologie et vivants) je vois en consultation des gens de tous milieux sociaux, du SDF migrant toxicomane aux benzodiazepines au cadre très supérieur. Et la majorité des gens que je vois ne sont pas franchement aisés dans leur vie quotidienne, que ce soit des gens CSP+ ou défavorisés. Les seuls gens réellement aisés que je vois en consultation sont soit des boomers, soit des retraités, soit des salariés du tertiaire ne produisant rien de réellement utile. Cela m’attriste profondément sur la société actuelle."
"Pour être né en 1970, et comparé le niveau de vie de mes parents à l'époque, ce qui a augmenté et fait la différence : l'énergie gaz essence, clop, forfaits et téléphone portable et internet, les ados sont plus la cible des marques à la con aussi !Bref si j'habille tout le monde chez Kiabi, que je paye mes clops 1€le packet, que je jette les iPhones et autres, en mettant de l'essence à 60 centimes ! Je peux rivaliser avec les générations passées..."
"Je vois de plus en plus de gens sauter des repas ou acheter des produits de mauvaise qualité qui n'étaient même pas proposés à la vente auparavant. Rien de plus écoeurant que ce poulet à bas prix ou ces galettes des rois toutes sèches vendues actuellement dans les rayons premiers prix (qui n'existaient pas non plus il y a quelques années)."
"En tant que paysan je n'ai que 800 euros de retraite mensuelle.Mais j'ai une épouse qui a 1400. Donc ça va bien.Par contre j'ai un gros atout, je me fiche royalement de ce que possèdent les autres, je ne suis pas du tout envieux. Et quand je vois à la télé des télé-réalités ou des reportages dans le luxe... Ça me dégoûte plus qu'autre chose. En plus quant on voit les résidences de riches personnes on s'aperçoit qu'ils ont souvent des goûts de chiottes. Je plains ces gens. Je pense même que leur avenir est compromis."
"J'ai effectivement l'impression de devenir un cas social au fur et à mesure que le temps passe
Les recherches scientifiques s'accordent à dire que le Covid-19 nous a été transmis par des animaux sauvages. Mais si elle est à l'origine de l'épidémie, la nature détient aussi la solution pour en venir à bout.
Des policiers gardent l'entrée du marché de gros de fruits de mer de Huanan, à Wuhan, soupçonné d'être le foyer de l'épidémie de coronavirus, le 24 janvier 2020, depuis fermé par les autorités chinoises. (HECTOR RETAMAL / AFP)
La scène se déroule à Paris, le 21 janvier. Il y a dix semaines, ressenti dix ans. En ce jour ordinaire, une quinzaine de spécialistes français de la santé et de la biodiversité se sont donné rendez-vous dans la salle de conférence d'un hôtel particulier qui borde la Seine, à deux pas de l'Assemblée nationale. Face à un public d'une centaine de personnes, des neurologues, cancérologues, vétérinaires ou autres agronomes discutent du lien entre "biodiversité et humanité : une seule santé", selon l'intitulé du colloque.
Derrière un pupitre transparent, l'écologue Serge Morand présente ses travaux sur ce qu'il appelle l"épidémie d'épidémies", autrement dit l'explosion récente du nombres de maladies infectieuses du fait de la destruction des écosystèmes. La dernière d'entre elles, appelée Covid-19, s'est invitée in extremis à ce rassemblement d'experts, planifié de longue date par l'organisateur, la Caisse des dépots. Derrière le scientifique, un rétroprojecteur illumine le mur de la première estimation du nombre de cas à Wuhan, berceau chinois de l'épidémie, publiée trois jours plus tôt par l'Imperial College of London : "au moins 1 700" malades, peut-on lire.
Lundi 6 avril, à l'heure d'écrire cette introduction, plus d'1,25 million de personnes – à travers plus de 200 pays – ont été testées positives à ce nouveau coronavirus. Plusieurs millions d'habitants du globe pourraient l'avoir contracté mais ne pas avoir été testés. Au moins 70 000 en sont morts, dont plus de 8 000 en France. Entre-temps, les spécialistes rassemblés en janvier à Paris sont retournés dans leurs laboratoires, bureaux ou hôpitaux. Tous observent le déroulement du scénario qu'ils redoutaient : un virus hautement contagieux transmis de l'animal à l'homme et déployé sur la planète à la vitesse d'un long-courrier.
Pour franceinfo, ils reviennent sur le rôle de l'homme dans l'apparition de cette pandémie et nous expliquent pourquoi la lutte contre ce coronavirus – et tous ceux qui, inévitablement, lui succéderont – passe par la protection de l'environnement.
"La grande accélération" à l'origine des pandémies
"C'est fou, quand on y pense, note Serge Morand, dans un rire stupéfait. En octobre, peut-être même encore en novembre, un virus circulait tranquillement sur une population de chauves-souris, quelque part en Asie du Sud-Est. Cinq mois plus tard, il a contaminé toute la planète. C'est hallucinant." La ligne téléphonique n'est pas très bonne. L'écologue spécialiste des maladies infectieuses se trouve en Thaïlande, où il enseigne à la fois dans une faculté de médecine vétérinaire, une université d'agriculture et une faculté de médecine tropicale. Aux journalistes qui le sollicitent quotidiennement depuis la France, il explique, pédagogue, comment ce coronavirus est passé d'une espèce à l'autre, et surtout, comment l'activité humaine a favorisé cette transmission, improbable d'un point de vue de profane. "Nous avons affaire à un coronavirus classique de chauves-souris, qui s'est modifié en passant par un hôte intermédiaire. Chez cet hôte, une recombinaison du virus s'est opérée, ce qui lui a permis de passer chez l'humain. Des équipes chinoises estiment que l'intermédiaire pourrait être le pangolin. Une autre plaide en faveur de la civette, soit la piste des félidés." Des espèces sauvages vendues illégalement sur les marchés de l'empire du Milieu, où certains leur prêtent des vertus thrapeutiques.
A défaut de connaître le coupable – "l'enquête est en cours", dit Serge Morand, empruntant au vocabulaire policier –, le spécialiste de la biodiversité pointe le rôle certain d'une autre espèce impliquée dans ce qui se passe aujourd'hui : l'homme.
A Surabaya, en Indonésie, les douanes ont saisi une cargaison d'1,3 tonne de pangolins congelés, le 8 juillet 2015. (SURYANTO / ANADOLU AGENCY / AFP)
L'activité humaine "a modifié considérablement ce que l'on appelle l'équilibre dynamique, ou la résilience, des écosystèmes", explique-t-il. Urbanisation, exploitation des ressources et agriculture industrielle ont rapproché des espèces qui ne se seraient jamais croisées dans la nature, initiant "des contacts entre une faune sauvage, dont les habitats se réduisent, et une faune domestique ou d'élevage – cochons, dromadaires, poulets, chèvres, chats, chiens, etc. – Nous créons ces nouvelles interfaces, tout en mettant les animaux en situation de stress avec la déforestation, les feux de forêt, la fragmentation des habitats, etc. Des prédateurs disparaissent et tout ce qui se trouve en dessous est dérégulé", résume Serge Morand. Si des centaines de milliers de virus circulent à bas bruit – de façon indétectable – dans la nature, en la détruisant pour subvenir à ses besoins croissants, l'homme a multiplié les risques de transmission. A titre d'exemple, le virus Nipah, qui a frappé la Malaisie en 1998, est apparu quand des chauves-souris, chassées de leur habitat par l'exploitation de l'huile de palme, se sont mises à côtoyer des élevages de cochons, infectés puis consommés par l'homme.
"Depuisles années 1960, on observe une augmentation du nombre de maladies infectieuses : Zika, chikungunya, Mers, coronavirus, Ebola, sida, grippe aviaire, etc. Et puisque que tout, y compris le tourisme de masse, s'est développé, ces épidémies ne restent plus cantonnées à un pays," poursuit-il. Ces cinquante dernières années correspondent ainsi à ce qu'il appelle "la grande accélération." Au moment de notre conversation, le chercheur boucle avec des collègues chinois un article sur le rôle du transport aérien dans la propagation des épidémies : "Entre 1970 et 2018, il a augmenté de 1 200% pour les passagers, et de 1 300% pour les marchandises", explique-t-il. Mais si "l'homme a cru un temps en avoir fini avec les maladies infectieuses grâce aux antibiotiques et aux vaccins", la nature a elle-même douché ses ambitions de toute-puissance.Au début des années 2000, des scientifiques du monde entier se sont mis à étudier ces nouvelles interactions, à l'aune de la crise environnementale. C'est alors qu'"on s'est rendu compte qu'en réalité, l'homme ne maîtrisait pas tout."
"La biodiversité, c'est un peu notre assurance-vie"
En 2012, le journaliste et auteur américain David Quammen a synthétisé ces récents travaux dans un livre [Spillover. Animal Infections and the Next Human Pandemic, éd. W. W. Norton & Company]. Tels des haruspices – ces prêtres qui, dans l'Antiquité, lisaient l'avenir dans les entrailles des animaux –, les scientifiques qu'il interroge décrivent à quoi ressemblera le "next big one", "la prochaine pandémie" : à un virus de chauve-souris, transmis à l'homme via le marché d'animaux sauvages d'une grande ville, probablement en Chine et hautement contagieux... Et pour cause, "c'était couru d'avance", confirme Hélène Soubelet, vétérinaire de formation, directrice de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité et secrétaire scientifique du Comité français pour l'IPBES, le groupe scientifique qui est à la biodiversité ce que le Giec est au climat.
Elle aussi anticipait le scénario actuel. Il y a un an presque jour pour jour, elle organisait un colloque sur ce thême au ministère de la Santé. En novembre, elle signait un article "sur ce sujet, précisément," dans La Dépêche vétérinaire. Enfin, en janvier, elle figurait elle aussi parmi les experts conviés par la Caisse des dépôts.
J'espérais n'être qu'une autre Cassandre qui crie sur tous les toits qu'une catastrophe se prépare, mais qu'on serait assez intelligents, tant les écosystèmes que nous-mêmes, pour faire en sorte que la situation ne dérape pas.Hélène Soubelet, directrice de la Fondation pour la recherche sur la biodiversitéà franceinfo
"Et puis ça a dérapé", raconte-t-elle au téléphone. "Se rendre compte qu'on avait raison, c'est désespérant", souffle la scientifique. "Cela allait un peu mieux ces derniers temps, mais nous [les chercheurs qui travaillent sur la biodiversité] avons longtemps été ignorés et qualifiés d'extrémistes écologistes." La crise du coronavirus, espère-t-elle, pourrait faire de son combat pour la préservation des écosystèmes – et de sa discipline, "parent pauvre de la recherche" – une nouvelle priorité, en mettant en lumière "les services écosystémiques" que la nature nous rend.
Régulation de la qualité de l'air, de la qualité de l'eau, de la production de biomasse dont l'espèce humaine se nourrit... La liste de ces services est longue, bien qu'encore incomplète, faute de recherches. "De plus en plus d'études démontrent un lien entre l'accès à la biodiversité et la santé. Dans certaines populations, on voit que les microbiotes – les micro-organismes que l'on retrouve chez un hôte – sont très homogénéisés car leur qualité de vie, au sens environnemetal du terme, a été très dégradée", avance-t-elle. "Plusieurs autres études établissent un lien entre l'hyperactivité chez l'enfant et un manque de nature, par exemple", liste encore Hélène Soubelet. De même, connaître les espèces et les écosystèmes doit permettre de mieux nourrir la planète : "Nos cheptels, dans lesquels la diversité génétique a été érodée au moment de l'agriculture industrielle, au sortir de la guerre, sont très peu résistants à l'émergence d'un nouveau virus. Or, nos sociétés humaines dépendent de ces cheptels pour se nourrir."
Les employés des services sanitaires russes transportent la carcasse d'un porc mort de la grippe porcine, en vue de son incinération, dans le village d'Ozerki, en Russie, le 13 mai 2012. (KONSTANTIN CHALABOV / SPUTNIK / AFP)
Sans oublier les bénéfices et les risques encore inconnus : "A cause de ce manque de connaissances sur la biodiversité,lorsque l'on agit sur la nature, en déforestant, par exemple, on se retrouve face à des conséquences que l'on n'avait pas anticipées. On ne sait même pas comment les écosystèmes réagissent à un processus de restauration", poursuit Hélène Soubelet.
Florian Kirchner, écologue et chargé de programme "Espèces" au sein du Comité français de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), insiste à son tour sur la nécessité de préserver ces écosystèmes que l'on connaît si mal. "Les trois quarts des médicaments ou vaccins que l'homme utilise pour se soigner viennent des plantes et des animaux", plaide-t-il par téléphone. "Bien sûr, on les synthétise, donc on n'a plus forcément besoin de ces plantes. Mais dans une forêt, il y a quantité de molécules que nous n'avons pas encore découvertes et qui seront peut-être les solutions pour les maladies de demain. Or, il y aura de nouvelles épidémies, c'est certain", met en garde l'écologue, qui aime présenter les choses simplement : "La biodiversité, c'est un peu notre assurance-vie. C'est un réservoir de molécules." Et de citer l'AZT, une molécule aujourd'hui bien connue "que l'on utilise dans les trithérapies administrées aux malades du sida et qui vient d'une banale éponge des mers tropicales. Si l'éponge avait disparu avant que l'on puisse isoler et synthétiser cette molécule, déjà qu'on est assez démunis face au sida...".
"Un problème de santé publique"
Les experts de la biodiversité interrogés par franceinfo formulent tous à leur manière la recommandation suivante : "La crise dramatique que nous sommes en train de vivre doit agir comme un signal d'alarme. Elle doit nous engager à agir." Ce que le coronavirus nous enseigne ? "On ne peut pas faire comme si de rien n'était et ne rien changer dans nos pratiques, abonde Florian Kirchner. Nous devons reconsidérer nos modes de production et de consommation, nos échanges mondiaux, nos modes d'élevage et, plus globalement, notre relation avec le vivant. Nous ne sommes pas en dehors de la biodiversité. Nous en faisons partie".
Rappelant que le pangolin est l'une des espèces les plus menacées au monde, il préconise, à court terme, de renforcer la lutte contre le braconnage et le trafic illégal d'animaux sauvages, notamment dans ces marchés d'Asie du Sud-Est, de Chine ou d'Afrique subsaharienne : "La présence de chauves-souris sur ces marchés est une bombe à retardement." La formule, assure-t-il, n'est pas une caricature militante, mais la conclusion de nombreuses études scientifiques. "Cela peut se faire rapidement dans les pays concernés", plaide-t-il. "A plus long terme, il faut stopper la déforestation. Nous savons que c'est plus compliqué à mettre en œuvre, car ça heurte pas mal d'autres intérêts. C'est pourtant essentiel." Il pointe une autre "bombe", plus près de chez nous : les élevages intensifs "où l'on trouve des animaux standardisés." Autant de leviers sur lesquels il faut agir, abonde Hélène Soubelet, qui demande, à terme, "que l'homme puisse habiter le monde différemment" : "Il faut prendre les bonnes décisions. Je ne vous cache pas que je suis un peu paniquée à l'idée que les choses puissent mal tourner en raison de quelques personnes qui vont prétendre qu'il faut repartir comme en 40 après le confinement. En consommant le plus possible pour relancer l'économie."
Et déjà, la scientifique s'agace de voir l'apparition d'un discours "sceptique", semblable à celui mettant en doute le réchauffement climatique, à rebours de la parole scientifique. C'est l'ancien ministre Luc Ferry, dans une tribune publiée le 30 mars dans Le Figaro, qui a ouvert le bal : "La croissance libérale mondialisée repartira donc en flèche dès que la situation sera sous contrôle, prédit-il. 'Business as usual' est l'hypothèse la plus probable, et du reste aussi la plus raisonnable, n'en déplaise aux collapsologues."
Ce type de discours, Anneliese Depoux, codirectrice du centre Virchow-Villermé à l'université de Santé publique de Paris, le connaît bien. Chercheuse au centre des politiques de la Terre, elle travaille notamment sur la question du lien entre environnement et santé et sa perception par le grand public ainsi que par nos dirigeants. Selon elle, l'immédiateté de la menace du coronavirus peut favoriser une prise de conscience, et ce alors que "la santé est la première préoccupation des Français", explique la chercheuse.
Le changement climatique ne nous apparaît pas comme quelque chose d'imminent, mais comme un problème qui concerne les autres. Pour plus tard, et ailleurs. Avec le coronavirus, la perpection de la menace est différente : nous sommes affectés directement. Tout le monde, immédiatement.Anneliese Depoux, codirectrice du centre Virchow-Villerméà franceinfo
Ainsi, cette crise sanitaire pourrait servir plus globalement la cause environnementale : "On sait que le réchauffement climatique a un impact important sur la distribution géographique de toute une série de maladies infectieuses, comme la malaria, la dengue ou le chikungunya, relève encore Anneliese Depoux. On sait aussi que la fonte du pergélisol peut libérer des virus et de nouvelles bactéries. On a encore trop tendance à voir le réchauffement climatique comme un problème écologique, alors qu'il s'agit aussi d'un problème de santé publique." Ce lien, le grand public l'a constaté en 2003, avec la vague de chaleur qui a fait près de 20 000 morts en France et 70 000 dans toute l'europe, rappelle la chercheuse. Un bilan national supérieur à celui affiché aujourd'hui par le Covid-19. Espérons que ce dernier fera plus, en quelques semaines, pour la préservation de l'environnement que des décennies d'augmentation des températures.
Cette crise sanitaire a un aspect positif : elle met en avant la capacité d'innovation et de fabrication de la France.
Le maillage industriel a beau avoir été saccagé par des décennies d'abandon de la part de nos gouvernants, il reste des entrepreneurs déterminés.
On va me dire qu'ils sont "intéressés". Oui, évidemment. Il ne s'agit pas de mécénat. Tout a un coût.
Mais cela montre à quel point les délocalisations, les désintégrations du maillage industriel, de notre savoir-faire, de notre ingéniosité, de nos capacités de fabrication, tout cela existe, a toujours existé et mérite d'être amplifié désormais, soutenu, accompagné financièrement.
Entre les fabricants de masques dans des entreprises de couture, des respirateurs inventés par des "géo-trouvetous" ingénieux, de gel hydroalcoolique, les exemples sont nombreux...
Il faut rajouter les laboratoires français, des start-up, qui se financent difficilement, pour des études très coûteuses, et qui travaillent jour et nuit pour trouver une parade efficace.
Il faudrait rajouter la recherche scientifique qui dispose de moyens archaïques et qui voit ses budgets réduire année après année.
Est-ce que ce gouvernement et les suivants réaliseront enfin la richesse économique que cela représente, la souveraineté indispensable dans ce domaine, est-ce qu'ils seront capables d'élargir enfin leur vision à court terme de "rentabilité" pour oeuvrer au déploiement des qualités immenses de tous ces gens inventifs, prêts à s'engager ?
Est-ce qu'ils seront capables aussi d'identifier tous les autres secteurs qui doivent absolument revenir sur notre territoire ?
Est-ce qu'ils seront capables de comprendre qu'il existe désormais une occasion inespérée de faire de cette épidémie un tremplin pour exploiter au mieux toute la richesse humaine du pays ?
Coronavirus : en Auvergne-Rhône-Alpes, Michelin va participer à la production de 5 millions de masques, d'ici fin juin
Mardi 7 avril, des acteurs économiques de la région Auvergne-Rhône-Alpes, dont Michelin, ont annoncé être mobilisés afin de produire un masque de protection réutilisable dans le cadre de la lutte contre le coronavirus COVID 19. L'objectif est de produire 5 millions de pièces d'ici fin juin.
Par C. L avec communiqué
Depuis le 16 mars dernier, un écosystème collaboratif travaille à la conception et au déploiement à grande échelle d’un masque réutilisable dans le cadre de la lutte contre le coronavirus COVID 19. Cet écosystème est composé du CEA de Grenoble, de grandes entreprises telles que Michelin, dont le siège est à Clermont-Ferrand, ARaymond, Schneider, des PME comme Ouvry, APA, Sofileta mais aussi des institutions et des collectivités comme la mairie de Grenoble, la région Auvergne-Rhône-Alpes, l’Agence Régionale de Santé, le CHU GA, la préfecture de l’Isère, l’ordre des médecins et la Société Française de Médecine de Catastrophe, sous l’impulsion et la coordination du collectif grenoblois VOC-COV.
Une industrialisation en moins de 3 semaines
Dans un communiqué, l’écosystème précise : « Appelé « OCOV® », entièrement développé et produit dans la région Auvergne-Rhône-Alpes en un temps record, ce masque est économique, durable et peut être fabriqué en grande quantité. Pour mettre en œuvre ce projet, le CEA Grenoble a mis à disposition ses infrastructures et ses moyens de recherche et d’essais. S’appuyant sur son savoir-faire qui a permis la réalisation très rapide d’un premier prototype, les équipes de Michelin et du CEA ont été très vite mobilisées ainsi que celles d’autres partenaires industriels régionaux. Cette réactivité a permis d’initier l’industrialisation du masque en moins de trois semaines ».
Une PME lyonnaise en première ligne
Selon Carole Dougnac, chef produit chez Ouvry : « Ouvry, PME lyonnaise spécialisée dans les équipements de protection biologique et chimique, a été choisie pour assurer l’industrialisation et la mise sur le marché du masque. Habituellement nous produisons des équipements de protection NRDC : Nucléaire, Radiologique, Biologique et Chimique. Notre entreprise est en charge de l’industrialisation, de la mise sur le marché et de la commercialisation du produit ».
Objectif 5 millions de masques d'ici fin juin
Une pré-série de 5 000 unités de cette première version est aujourd’hui en cours de fabrication. L’objectif de capacité de production est d’un million de masques par semaine courant mai, soit une production dépassant 5 millions d’ici fin juin (l’équivalent de 500 millions de masques jetables actuels). Quelque 130 000 masques sont déjà aujourd’hui réservés. Michelin offrira une partie des masques commandés aux Agences Régionales de Santé d'Auvergne-Rhône-Alpes.
"Ça protège une personne pendant un mois" : face au coronavirus, les Tissages de Charlieu fabriquent 250 000 masques lavables par jour
Ils sont spécialisés dans les tissus jacquard, mais depuis le début de la crise du coronavirus, l'entreprise les Tissages de Charlieu, dans la Loire, a décidé de mobiliser ses moyens de production pour fabriquer des masques en tissus réutilisables.
Les machines de l'entreprise Les tissages de Charlieu (Loire) ont été adaptées pour fabriquer des masques de protection contre le coronavirus (FABIEN GOSSET / RADIO FRANCE)
Sous la verrière centenaire, les métiers à tisser tourne à plein régime. En quelques jours, grâce à la technologie de l’impression 3D, l'entreprise Les Tissages de Charlieu, située près de Roanne, s'est lancé dans la fabrication de masques à usage non sanitaire, en pleine épidémie de coronavirus. Et ça n'a pas été simple. "On a eu toutes les peines du monde à trouver des élastiques, les seuls qu'on arrive à trouver sont en Chine", affirme Eric Boël, le directeur de la société. "On n'a rien contre les Chinois évidemment, mais on s'est débrouillé pour trouver des élastiques qu'on fait fabriquer à 100 km d'ici."
Ici, on fabrique local afin de soutenir l'effort national face à la pénurie. "Je peux vous dire que s'il y a des Américains qui viennent ici, qui nous disent 'on vous achète en bifetons vos masques', ils vont repartir avec un coup de pied au derrière, ça c'est clair !", lâche Eric Boël.
Eric Boël, directeur de l'entreprise Les tissages de Charlieu, le 6 avril 2020 (FABIEN GOSSET / RADIO FRANCE)
Près de 250 000 masques sont désormais fabriqués par jour, et tout le monde en veut. Pierre-Edouard Forissier, associé des tissages, a reçu 2 500 commandes. "Les premiers jours, c'était essentiellement des hôpitaux, des pompiers, des Ehpad, explique-t-il, et puis au fur et à mesure des semaines, on est passé aux industries agroalimentaires, et puis de plus en plus de gens du BTP, de la grande distribution aussi qui ont besoin de masques, qu'on est en train de fournir."
Des masques lavables et réutilisables
Composés de trois couches, ces masques sont lavables et donc réutilisables. Pour Eric Boël, il faut aussi lutter contre le gaspillage. "Les masques jetables, comme ceux que vous portez, au bout de 4 heures vous les mettez à la poubelle. Les nôtres, vous pouvez les mettre dans un sac en plastique, vous les lavez à 60 degrés pendant 30 minutes, ça protège une personne pendant un mois", assure le patron.
Les 70 salariés se relaient sept jours sur sept, ils ont tous accepté de revenir travailler plus, sans hésiter. "C'est pour sauver des vies ! Ça ne me serait pas venu à l'idée de rester chez moi si on faisait des masques", affirme cette salariée. Dehors, Guy Pegon, qui travaille dans le BTP, charge sa commande. "Cela nous a permis de remettre nos personnels sur les chantiers, dans les camions etc, car on ne trouvait pas de masques ailleurs qu'ici", reconnaît-il. Les tissages de Charlieu contribuant ainsi, à son échelle, au redémarrage de l'économie.
J'ai reçu un commentaire sur la page du roman "Kundalini" qui présentait ce site et après l'avoir parcouru, j'ai décidé de le présenter directement. Ce que je ne fais que rarement. Je ne tiens pas à ce que mon blog devienne une vitrine de sites professionnels.
J'aime tout ce qui est expliqué. J'aime la beauté du site, la présentation et les expériences proposées. J'aime les textes, les musiques, les mantras, les livres présentés. (Il ne manque que mon roman :) :) :)
J'ai découvert avec bonheur une vidéo de Krishnamurti sur le yoga. Et je me réjouis toujours à l'écouter.
J'invite donc ceux et celles que ça intéresse à visiter ce site, sans aucune crainte.
Ressources gratuites sur le Tantra et le Kundalini Yoga
Se connecter à soi et à l'autre.
Pour être dans le cercle vivant et joyeux de la vie !
Démarrez votre première séance de Kundalini Yoga !
Bravo ! Vous avez décidé de vous reconnecter à vous même, c'est le plus beau cadeau que vous puissiez vous faire ! Les séances de Yoga que nous vous présentons vont faire de vous un Yogi. Et si vous arrivez à vous fixer une pratique quotidienne, vous deviendrez un Saddhu. Le meilleur moment pour pratiquer est le matin dès votre lever, si possible avant le lever du soleil. C'est un moment particulier de la journée où les énergies de purification sont maximales, le mental étant encore assoupi. Donc quelque soit votre problème et votre objectif, le secret est de commencer une pratique quotidienne. Quelques minutes chaque jour suffisent pour commencer.
Une séance minimaliste se déroule comme ceci :
Chant d'ouverture « Ong Namo Guru Dev Namo ». Répéter trois fois ce mantra annonce le début de la pratique
Un Kriya ou un Pranayama
Une relaxation
Chant de clôture « Sat Nam ». Répéter trois fois ce mantra clôture la séance.
Essayez et observez les changements survenir en vous. Rapidement le temps consacré à la pratique augmente, en même temps que les effets se manifestent à tous les niveaux de l'être. Lire sur le Yoga ne sert à rien, seule la pratique vous transformera. N'ayez pas peur du jugement, du regard des autres. Ceux qui vous critiquent sont jaloux du fait que vous ayez trouvé les ressources en vous pour amorcer votre révolution intérieure.
Toutes les respirations se font par le nez *
Toutes les postures se font les yeux fermés *
* Sauf Exceptions signalées
La posture simple
En posture simple, vous avez les jambes croisées en tailleur. Le bassin doit être au-dessus des genoux (vous pouvez utiliser un zafou) et la colonne vertébrale parfaitement droite. Sur l'image, les mains sont en position de prière qui est utilisée pour chanter les mantras d'introduction et de clôture de la sadhana.
La respiration lente et profonde
Cette repiration utilise toutes les parties de nos poumons : la partie abdominale, puis la poitrine et enfin la zone claviculaire. Inspirez en commencant par remplir le bas des poumons en gonflant le ventre, puis a remonter lentement jusqu'à les remplir au maximum mais sans forcer. Puis expirez doucement en sens inverse et continuez ce mouvement. Cela va faire baisser votre rythme cardiaque et relâcher vos tensions nerveuses et musculaires.
Prenez une respiration complète pour vous détendre puis une demi-inspiration. Ensuite expulsez l'air qui se trouve dans vos poumons en contractant le ventre de manière rapide. Cela revient à imaginer que le nombril se rapproche de la colonne vertébrale. Cette respiration est très rapide : sur la contraction du ventre, on expire et sur le relâchement on inspire. Tout le mouvement doit venir du ventre et ne pas être forcé par les voies respiratoires, il s'agit de mettre en place une sorte de « pompe » !
Les Mudras sont des positions particulières des doigts. Le Gyan Mudra est le plus connu : le pouce et l'index sont en contact et les autres doigts sont colés et tendus. Sa pratique vous apporte la réceptivité et le calme. Les grands penseurs tels que Bouddha, Mahavir, Jésus-Christ et Guru Nanak sont généralement représentés dans cette pose.
Les bandhas sont des blocages (ou verrous) d'une ou plusieurs partie du corps. Mulbandha consiste à contracter l'anus ainsi que les muscles du plancher pelvien. Comme si l'on se retenait très fort d'aller à la selle et de faire pipi. Ce verrou sert à éviter des fuites énergétiques par les voies anales et sexuelles de manière à activer l'énergie kundalini et à la faire remonter dans le corps.
Une sadhana (séance de Yoga) de Kundalini Yoga commence par le chant « Ong Namo Guru Dev Namo » répété trois fois. Assis en posture simple les mains jointes au centre de la poitrine. Les pouces en contact avec la poitrine.
Une sadhana se clôture par le chant « Sat Naam » répété également trois fois et toujours dans la posture simple main jointes au centre de la poitrine.
Ces chants ont pour but de marquer l'entrée et la sortie d'une sadhana de manière à ritualiser le passage à un moment centré sur soi avant de retourner à d'autres occupations.
Pour approfondir vos connaissances
Les respirations
Les principales respirations utilisées pendant une sadhana sont : la respiration calme et profonde, la respiration alternée et la respiration du feu. La plupart du temps le rythme d'inspir/expir suit le mouvement à réaliser et dépend donc de sa vitesse d'éxécution.
Vous trouverez ci-dessous une sélection de mandalas choisis aléatoirement dans notre répertoire.
Visitez la page des Mandalas afin de consulter l'ensemble de notre collection.
Mandala of black and white Mah¯ak¯alas. Distemper painting Wellcome L0015312
Vous trouverez ci-dessous une sélection de vidéos sur le Kundalini Yoga et le Tantra.
Visitez la page des vidéos pour plus de ressources.
N'oubliez pas de visionner ces vidéos en basse définition lorsque cela est possible afin de réduire votre empreinte énergétique.
D'après Socrate : Un trésor de belles maximes est préférable à un amas de richesse.
Pour plus de ces richesses, visitez la page des citations.
Yogi Bhajan
Si vous voulez apprendre quelque chose, lisez sur le sujet.
Si vous voulez comprendre quelque chose, écrivez sur le sujet.
Si vous voulez maîtriser quelque chose, enseignez sur le sujet.
Yogi Bhajan
Si l'argent est perdu, rien n'est perdu.
Si la santé est perdue, quelque chose est perdu.
Si le caractère est perdu, tout est perdu.
Yogi Bhajan
La loi de l'excellence est : obéir, servir, aimer, exceller.
Personnellement, les rares fois où je descends dans une zone habitée (épicerie), je mets un masque et des gants. On a un seul exemplaire de masque...Nathalie va donc fabriquer d'autres exemplaires sur ce modèle.
Il est certain que la période de déconfinement va être problématique. Il faudra rester très, très prudent...L'immunité collective n'est absolument pas atteinte. Toutes les données scientifiques le disent. Léo, notre plus jeune garçon est en doctorat "écologie" et utilise beaucoup la modélisation dans ses travaux de recherche. Il a travaillé sur des modèles relatifs à l'immunité. On en est vraiment très, très loin...
Donc, un déconfinement dans lequel les barrières seraient levées, aurait des conséquences très néfastes...
Coronavirus : le CHU de Grenoble réalise un tuto pour fabriquer des masques en cas de "pénurie extrême"
En pleine épidémie de coronavirus, pour répondre la pénurie de masques, le Centre Hospitalier Universitaire de Grenoble, en Isère, a transmis à son personnel soignant les patrons de couture pour fabriquer ses propres masques de soin.
Ces masques en tissu sont destinés uniquement au personnel soignant qui n'est pas en contact avec des patients atteints du coronavirus. - CHU de grenoble
Sans attendre que la pénurie ne touche son établissement, le CHU de Grenoble Alpes, en Isère, a fait passer il y a quelques jours un patron de couture à son personnel soignant. L'idée n'étant pas de remplacer les masques chirurgicaux ou FFP2, mais bien de partager "une option complémentaire pour ceux qui le souhaiteraient", "ça n'est pas une obligation" a précisé la direction du CHU de Grenoble à nos collègues de France Inter, une direction obligée de se justifier tant cette proposition a soulevé une polémique sur les réseaux sociaux.
Pas de pénurie au CHU de Grenoble pour l'instant
Précision importante, ce type de masque est uniquement destiné aux personnels soignants qui ne sont pas en contact avec des malades du coronavirus. Cette débrouille devrait permettre aux personnels mobilisés, mais pas en première ligne, de travailler en sécurité. Le CHU précise également qu'il s'agit d'une précaution en cas de "pénurie extrême", mais que ce n'est pas le cas pour l'instant.
Dans l'épreuve, ne cherche pas l'adversaire ; cherche l'enseignement ». Mikao Usui
« Ne serrez pas les mains des gens que vous rencontrez, ne faites pas la bise, pas d'accolade, gardez vos distances, ne sortez pas de chez vous tant que c'est possible, isolez-vous avec vos proches... Protégez-vous et vous protégerez les autres. »
Le SIDA avait contraint la population mondiale à se protéger dans la dimension sexuelle.
Le COVID19 contraint la population mondiale à se protéger dans la dimension sociale.
L'éloignement prend une nouvelle tournure.
Contraindre ou inviter les individus à vivre essentiellement avec leurs proches.
Contraindre ou inviter.
Toute la différence est là. Tout dépend de la façon dont les consignes sont entendues.
Il existe des situations où cette consigne sera une contrainte. C'est triste mais c'est ainsi. Et le confinement va exacerber ce constat. Le fait qu'il s'agisse d'une contrainte et non d'un choix augmente encore l'impact émotionnel de cette situation. Toutes les possibilités de rendre la cohabitation supportable sont effacées. Il est exigé de rester dans une situation qui jusque-là pouvait être gérée, avec plus ou moins de douleurs, mais ça tenait...
Les violences conjugales, les maltraitances... Il est certain que le confinement en augmente le risque.
Effroyable constat.
Beaucoup d'individus ne supportent leur vie commune qu'au regard de toutes les occasions offertes de s'en échapper.
Il ne s'agit pas nécessairement de mésentente entre les individus dans le couple ou la famille mais également de soulagement dans des situations très lourdes. Le handicap, par exemple, la dépendance. Les enfants en situation de handicap ou les adultes, et les personnes âgées qui ne sont plus indépendantes. Le confinement a fait voler en éclat toutes les structures d'accompagnement et les personnes responsables, parents, conjoints, fils et filles de personnes âgées, se retrouvent confrontés à une solitude terriblement épuisante.
Il existe des milliers de personnes actuellement qui se lèvent chaque matin en se sachant pas comment elles vont faire pour tenir une journée de plus.
Et puis, heureusement, il existe à l'inverse des individus pour lesquels le confinement devient l'opportunité d'une expérience intime encore plus profonde, une proximité encore plus intense. Des milliers de personnes se lèvent chaque matin, dans une totale sérénité à l'idée de passer une journée supplémentaire avec une même personne ou en petit noyau. Mari et femme, père-mère et enfants.
Un noyau qui à cette occasion va expérimenter cette situation dans laquelle les interlocuteurs ne changeront pas. Une situation d'isolement choisi également. Des personnes qui vont découvrir qu'elles peuvent rester seules, dans leur chambre ou une autre pièce, sans avoir besoin d'échanges verbaux, dans le silence. Lecture, dessin, peinture, couture, puzzle, bricolage, maquette, pyrogravure, modelage...Une perception du temps qui va changer. Rien n'est programmé avec une heure précise. La perception du temps est intrinsèquement lié à la situation de travailleur, d'élèves, d'étudiants... Il suffit de voir les différences qui s'installent lorsque nous sommes en congé dès lors que les rituels ne sont pas maintenus.
Les perceptions, les émotions, les réflexions, les moments de trouble, les moments de sérénité, les inquiétudes, les apaisements, les colères, les joies, tout est à vivre dans une conscience vive. Puisque la possibilité nous est offerte de « rentrer en soi », de rencontrer l'autre, celui ou celle qui nous accompagne, puisque le temps est quelque peu suspendu, et que nous ne savons pas combien de temps cela durera, il est de notre ressort d'en retirer le meilleur. Autant que faire se peu.
Puisque nous ne pouvons plus serrer de mains, ne plus faire de bises, plus d'accolades, puisqu'il n'y a plus de proximités extérieures autorisées, il nous reste à multiplier envers ceux ou celles que nous aimons le plus, les embrassades et les câlins, les moments d'amour et les regards tendres, les paroles aimantes et les silences partagés...
Se découvrir dans la liberté offerte par le confinement.
il existera même, on peut le supposer, des couples que ce confinement sauvera.
Rien n'a changé pour Nathalie et moi. "Confinés volontaires » depuis des années, il ne nous manque que les sorties en montagne. Mais les montagnes sont toujours là. Sous nos yeux. Il serait inutile de laisser la douleur du confinement nous étreindre.
Dans l'épreuve, ne cherche pas l'adversaire ; cherche l'enseignement ». Mikao Usui