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  • Le temps

    Imaginons une pluie continue, un crachin breton, par exemple :)

    Vous sortez bien habillé et vous commencez à marcher sous la pluie. Elle tombe doucement, verticale, presque imperceptible...Au début, vous la sentez à peine humidifier votre visage. Le reste de votre corps est bien à l'abri. Il ne reste que vos mains qui sont nues, vous devinez dans le balancement de vos bras des goutellettes infimes qui se déposent.

    La pluie ne cessera jamais. Vous continuerez à marcher toute votre vie. Après quelques années, vos habits ne seront plus imperméables, l'eau finira par passer à travers la première épaisseur, vous commencerez à sentir son poids et insensiblement, année après année, vous serez obligé de ralentir la cadence de votre pas.

    Et puis viendra le temps où plus rien ne sera sec. Vous sentirez sur la totalité de votre corps la présence de l'eau. Et plus tard encore, vous vous mettrez à avoir froid. Et plus tard encore, vous aurez l'impression que l'eau a traversé votre peau, qu'elle s'est inflitrée par les pores. Le poids se fera sentir avec une lourdeur que vous aurez de plus en plus de mal à combattre, votre pas raccourcira encore, vous ne franchirez plus de montagnes, la plaine sera devenu votre seul horizon.

    La pluie n'a jamais cessé.

    Vous l'avez traversée pendant toute votre vie. Elle est toujours restée identique. Parfois, vous l'avez oubliée, emporté par l'euphorie des bonheurs ou la détresse des drames. Parfois, elle vous a considérablement agacé. Mais elle n'a jamais changé. C'est vous qui l'avez perçue différemment. 

    Vous avez traversé le temps.

    Le temps ne passe pas. Il est immuable, insaisissable, indescriptible.

     « Qu'est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais; mais, si on me le demande, et que je veuille l'expliquer, je ne le sais plus ». Saint-Augustin

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  • Lettre ouverte aux éditeurs (2)

    Lettre ouverte aux éditeurs : Sortez de vos casseroles et innovez ! [2/2]

     La deuxième partie de la lettre est d’un genre  différent. Nous avons gambergé pour essayer de trouver des solutions aux problèmes repérés. L’idée n’est pas de vous fournir du clef en main, mais juste de montrer qu’il existe  des pistes  Si l’on prend le temps de réfléchir de manière collaborative, elles s’imposent comme des évidences.

    1. Déroulez le tapis rouge à vos auteurs

    Pour innover, il faut accepter de remettre en question tant ses certitudes que ses manières de faire et de penser.  Alors faisons table raz du mépris repéré pour les auteurs. Au contraire, considérons qu’ils sont votre ressource principale et que donc vous devez leur dérouler le tapis rouge.

    Vu l’époque, on peut considérer que ce tapis est tissé de manière numérique. Il se résume à un formulaire ergonomique permettant à l’auteur d’envoyer son manuscrit sans dépenser d’argent. Nom, prénom, présentation de l’auteur, du manuscrit, cases thématiques… Il est pensé pour que toutes les informations utiles s’affichent rapidement.

    Le premier atout serait de diminuer le temps de traitement en centralisant dans la même interface tous les manuscrits.  L’interface permettrait de tourner les pages et visualiser tous les projets. Un système d’identificateur permet aux différentes collections de visualiser les projets susceptibles de les intéresser.

    Et pourquoi ne pas rendre public ce dispositif et ajouter des liens qui permettraient aux auteurs d’indiquer qu’ils ont déposé leur œuvre chez vous.  Le premier point positif est que les auteurs assureront alors votre communication.

    Vu que l’affaire n’a pas été expérimentée, on peut tout imaginer. Le meilleur comme une réorganisation de l’envoi des manuscrits au pire la création d’un flux impossible à gérer.

    2. Transformez vos lecteurs en éditeur

    L’afflux de manuscrits étant une possibilité à ne pas exclure, il s’impose de trouver une solution pour les gérer.

    L’idée suivante s’accroche à une tendance montante portant le nom de « crowdsourcing » ou enrichissement pas les foules.

    L’idée est d’inviter des lecteurs et des auteurs à lire, juger et commenter ses manuscrits.

    Les atouts de cette pratique sont évidents :

    Les manuscrits sont évalués par ceux qui vont les acheter. Vous découvrez ceux qui retiennent l’attention des lecteurs.
    Les talents sont repérés. Vous risquez moins de passer à côté de la perle.
    Les auteurs bénéficient d’un retour sur leur travail riche et non complaisant. On évite la langue de bois qui n’apporte rien à l’écrivain.

    Cette évaluation doit bien entendu être animée par vos services. On imagine que vos éditeurs maison vont faire évoluer leur travail en devenant des animateurs de communautés littéraires.

    Outre animer les échanges en ligne, ils vont solidifier les échanges en proposant des rencontres où les lecteurs défendront des projets éditoriaux.

    Si au stade du choix, on retrouve l’enthousiasme pour un ou l’autre écrit, on peut sans aucun doute trouver des moyens de le perpétuer.

    3. Vendez vos livres avant de les publier

    Après avoir esquissé des solutions pour une nouvelle gestion des manuscrits et un réveil de l’enthousiasme, passant au circuit de production. Vous ne pouvez pas modifier de manière significative les délais, à cause de la grande machinerie, faites un pas de côté et créez des éditions express.

    La spécificité des éditions express serait l’impression à la demande. Les lecteurs les commanderaient sur votre site ou dans des librairies en ligne et les recevraient quelques jours plus tard chez eux.

    Pour l’éditeur, l’intérêt est de pouvoir tester des livres avant des les imprimer en grand nombre et de les diffuser dans le circuit habituel. Le service ne peut être que gagnant-gagnant en mettant en place des partenariats avec des entreprises telles Lulu.com qui offrent déjà un service de grande qualité.

    L’auteur pourrait y retrouver son compte en ayant la possibilité de faire évoluer son livre en fonction des réactions et commentaires des lecteurs.

    On peut aussi imaginer que les problèmes de coût étant réduits vous choisissez d’éditer un plus grand nombre de livres.

    Quand au lecteur, il pourrait y voir l’intérêt d’un plus grand choix et autre cela un prix plus abordable.

    Et pourquoi ne pas, si l’affaire fonctionne, installer un LibroLab où l’on viendrait se faire conseiller des livres numériques et se les faire fabriquer en direct. Vous inaugurez la librairie du futur et montrez que les librairies ne vont pas signer leur acte de décès.

    4. Inventez les livres de demain

    Livres augmentés de sons, d’images, de commentaires, livres connectés à Internet, livre avec de l’encre qui s’efface, livres-jeux, livres avec des pages qui tournent toutes seules… Dans les cartons des innovateurs du livre, il y a de nombreux projets. S’ils retiennent votre attention, vous estimez que vous n’avez pas les moyens de les développer.

    Comme pour le circuit de distribution, faites un deuxième pas de côté et imaginez une nouvelle manière de faire.

    Libérez un espace d’une cinquantaine de m2 dans vos locaux.  Installez une quinzaine de postes de travail. Sélectionnez ensuite des auteurs, des designers, des secrétaires de rédaction, des développeurs, des artistes. Invitez-les à venir travailler gratuitement chez vous pendant une durée déterminée. Donnez-leur envie d’échanger en disant que vous financerez des projets innovants.

    Attendez et vous allez être vite étonnés. Ce métissage permettra de faire émerger des projets innovants.

    5. Partez à la conquête de nouveaux lecteurs

    Vous sentez que les vents de l’innovation commencent à souffler dans votre honorable maison.  Il reste néanmoins un élément, et pas des moindres, qui vous empêche de vous engager totalement dans la voie de l’innovation.  Entre les jeux, les réseaux sociaux, la profusion de vidéos et de musiques disponibles sur le Net, le temps disponible pour la lecture de livres se réduit chaque jour un peu. Même les grands lecteurs d’hier sont accaparés par les sirènes du Net.

    Au lieu de vous désoler, partez à la conquête ou reconquête des lecteurs en allant là où ils sont. Ils ne fréquentent plus les librairies, mais ils sont toujours dans les trains ou attendent le métro.  Cette manière de penser a permis l’émergence de quelques idées.  En Espagne, un éditeur propose les premiers chapitres de livres sur les vitres des trains. Le voyageur peut lire gratuitement le premier chapitre sur son smartphone, ensuite s’il veut continuer il achète une version en ligne ou commande le livre. Un éditeur thaïlandais rend l’attente agréable en imprimant des nouvelles sur les tickets d’attente. Si l’attente s’éternise, ils peuvent photographier le ticket et avoir la suite sur leur smarthpnone.

    Dans le même esprit, on peut imaginer des partenariats avec des constructeurs automobiles afin d’intégrer des librairies virtuelles pour enfants dans les fauteuils. On aurait alors aux stations-service des libraires-conseils.

    Kodak a mis la clef sous la porte. Entreprise leader dans son domaine, elle a été incapable de tirer partie d’une nouvelle technologie. Pour autant Kodak est une des premières entreprises à avoir activement travaillé à la photo numérique. L’entreprise a juste fait l’erreur de vouloir protéger son activité principale de l’époque, la vente de films argentiques. Chers éditeurs, si protéger votre système actuel est légitime, rien ne vous empêche de vous engager à moindre coût dans des voies d’innovation pour éviter que l’histoire se reproduise et vous prenne comme victime.

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  • Lettre ouverte aux éditeurs

    Lettre ouverte aux éditeurs : Sortez de vos casseroles et innovez ! [1/2]

    http://propulseurs.com/2013/03/06/chers-editeurs-sortez-de-vos-casseroles-et-innovez-12-partie-noire/

    Mesdames et Messieurs les éditeurs, innover ou mourir, vous n’avez plus le choix. Si vous persistez dans votre immobilisme, à l’instar des grenouilles, vous allez être très prochainement victimes des bouillonnements du numérique.

    Cette lettre est en noir et en innovations : en noir (assez noir) avec cinq justificatifs de votre mort annoncée ; en innovations (plus ou moins colorées) avec cinq pistes pour vous donner envie d’y croire.

    Le 13 février, Libération racontait l’histoire de Tibault Baka un jeune homme qui s’est passé des maisons d’éditons pour publier et gagner sa vie avec un roman sur fond de banlieue. Dans peu de temps, ces aventures deviendront la norme si, vous, les maisons d’édition, vous continuez à vous comporter comme de vulgaires batraciens.

    Plonger une grenouille dans une casserole d’eau bouillante, l’animal aura une réaction réflexe pour tenter de sortir de cet enfer. En revanche, mettez-la dans l’eau froide et faites chauffer la casserole, elle ne réagira pas et finira par périr.

    Chers éditeurs, malgré tout le respect que nous vous devons pour avoir contribué à la construction de notre patrimoine culturel, nous sommes de plus en plus nombreux à avoir l’impression que vous nagez dans les mêmes mares que les grenouilles. Les signaux indiquant le réchauffement climatique dans votre secteur se multiplient et vous ne réagissez pas.

    Cinq ont particulièrement retenu notre attention :

     

    1.    Le mépris des auteurs

    Ou comment repousser les talents.

    Depuis quelques lustres, vous avez réussi l’incroyable prouesse de faire croire aux auteurs que vous leur faites une fleur lorsque vous publiez leur livre. Pour entériner ce stratagème qui vise à diminuer leur niveau d’exigence, vous êtes d’une redoutable habileté. La preuve, peu le décèlent et vous renvoient dans vos buts en remettant les choses à leur place. Oui, soyons clairs, ce sont les auteurs qui vous font un cadeau en vous permettant de remplir votre tiroir-caisse et non l’inverse.

    Pour que les auteurs croient à votre bluette, vous ne lésinez pas sur les moyens. Vous avez été jusqu’à institutionnaliser une logique de mépris.

    Elle apparaît dès les premiers temps de la relation en les obligeant à financer l’envoi de leurs manuscrits. D’autres raisons justifient-elles que, dans un bel élan corporatiste, vous refusez de recevoir les textes par mail ?

    Dans un deuxième temps, vous signifiez votre refus en envoyant à l’auteur une lettre standard dénuée d’humanité et d’intelligence. (NB : les cas où vous avez retenu un manuscrit envoyé par la poste étant si rares, qu’on peut considérer que ce sont des exceptions qui confirment la règle). Cette missive les atteindra en plein ego. Nombreux auteurs en seront affectés. Cerise sur le gâteau du mépris, certains d’entre vous demandent aux auteurs de payer pour récupérer leur travail !

    Si manquer de considération à l’égard de ceux qui sont votre source de profit est un comportement étrange, vous ne vous arrêtez pas en si bon chemin. Vous avez ensuite une politique de rémunération on ne peut plus discutable, car non basée sur le temps ou la qualité de travail, mais sur une supposée notoriété. Cette pratique empêche les auteurs de se professionnaliser. Même les plus talentueux, ceux qui demain pourront faire votre succès ne vous donneront pas le meilleur d’eux-mêmes, car ils devront gagner leur vie ailleurs.

    Comme toutes les mythologies, celle du passage obligé par les éditeurs traditionnels, va prendre fin. Si aujourd’hui, vous recevez encore de nombreux manuscrits, attendez-vous à ce que cela change. Les auteurs ne vont pas tarder à comprendre que, avec les éditeurs et librairies en ligne et les réseaux sociaux, ils peuvent se passer de vous. Ils y gagneront même tant en notoriété que financièrement. Vous deviendrez alors des éditeurs sans auteurs. Rassurez-vous, vous pourrez avoir recours aux machines à créer des textes qui auront l’ultime avantage de ne pas s’offusquer quand elle recevra une lettre stéréotypée de lecture de texte !

    2.   La dégradation de votre fonds de commerce

    Quand des barils de livres lessivent votre crédibilité.

    Vous vous inquiétez. Vos caisses étant moins pleines, votre embarcation est moins solide. On pourrait imaginer que vous allez partir à la chasse de jeunes marins de l’écriture pour la remettre à flot. Avec leur dynamisme et leur fraîcheur, ils vont vous aider à colmater les brèches. Non, là encore, vous faites le choix étonnant d’éloigner les nouveaux talents comme en témoigne les chiffres : depuis 2006, le nombre de premiers romans publiés ne cesse de diminuer. En sept années, la chute est de plus de 40 % !

    Calculette à la main, vous avez déterminé qu’un premier roman se vend en moyenne 700 exemplaires, donc en dessous de votre seuil de rentabilité. Craignant de perdre quelques cacahuètes supplémentaires, vous refusez donc de plus en plus de prendre le risque du succès.

    Au lieu de cela, vous vous cantonnez dans l’édition qu’on pourrait appeler le livre-baril en analogie avec le baril de lessive.

    Le livre-baril est une valeur commerciale sûre : lorsque vous l’éditez, vous avez la garantie que vous n’allez pas perdre d’argent. En prime, vous pouvez tant espérer en gagner un peu que rêver au jackpot.

    Pour créer le livre-baril, vous sortez les recettes éculées de l’édition et en particulier celle de la biographie de la vedette. Deux cents pages de propos insipides et vides d’une célébrité font désormais vibrer l’âme du marketeux que vous êtes devenu. Vous vous tournez vers l’étranger et importez de la camelote à succès. En résumé, qu’importe la qualité littéraire d’un livre-baril, votre calculette est désormais aux manettes.

    Et l’éditeur que vous prétendez encore être ne se fait pas de souci. Dans vos services, vous avez quelques génies du maquillage littéraire. Ils (et plus souvent elles) travailleront souvent des heures durant pour que le produit fasse bonne figure.

    Mais vos rafistolages ont du plus en plus de mal à convaincre. Allez sur les blogs des aficionados des livres, traînez vos guêtres dans les bonnes librairies, vous constaterez que ces livres écrits avec des moufles et un cerveau congelé et édités par des grandes maisons d’édition commencent à en agacer plus d’un. Même s’il n’y a pas de précédent en matière de boycott d’une maison d’édition, cela risque d’arriver si la qualité de vos ouvrages continue à diminuer.

    3.    Un produit congelé

    L’accouchement laborieux de livres mort-nés

    Dans un monde où tout va public, où les frontières s’estompent, les temps se raccourcissent, le circuit de fabrication d’un livre est de plus en plus long et besogneux.

    Quand un manuscrit entre dans votre tuyauterie, il passe de service en service pour être validé, revalidé avant d’être imprimé et diffusé. Là, il faudra trouver une fenêtre de tir en dehors des prix littéraires, des coffrets de Noël, des romans de plage… Résultat, il faudra souvent attendre plus d’un an avant qu’un livre arrive sur les étalages des librairies.

    Ces délais en font un produit froid, voire pire mort-né. Les auteurs ayant pris de la distance par rapport à leur production, ils en parlent de manière déshumanisée, voire glaciale. Ils n’ont plus l’enthousiasme nécessaire pour donner envie d’investir dans la lecture. Cette morosité commerciale ambiante fait que le livre passe vite aux oubliettes. Les lecteurs n’ont pas le temps de le découvrir qu’il est déjà mis au pilon.

    Cette inertie va-t-elle aussi finir par lasser des auteurs. Au lieu d’attendre, d’espérer, ils opteront pour une solution alternative type Lulu (www.lulu.com) qui permettra à leur livre d’être en moins d’une semaine, présent sur Amazon. En prime, des révisions pouvant être effectuées, cette alternative leur permettra de faire évoluer leur travail en fonction des commentaires des lecteurs.

    4.    Un circuit figé

    Ou l’art d’exclure toutes formes d’innovation !

    Les Propulseurs ont proposé un projet autour d’un sujet d’actualité : le cancer. Une célèbre maison d’édition a été emballée par le roman. Souci, le projet n’était pas d’éditer un roman sur le sujet, mais d’utiliser la fiction pour recueillir des réflexions des acteurs de la maladie. L’idée était de créer un livre augmenté des réflexions des personnes concernées. L’éditrice ennuyée a mâchonné son crayon avant de dire : « Je regrette. Je comprends l’intérêt du projet, mais nous ne pouvons pas l’éditer. Les représentants ne sauront pas s’ils doivent mettre le livre au rayon roman ou dans les documents société ».

    Cette anecdote symbolise votre manière d’imaginer la diffusion d’un produit. Vous ne pensez qu’en fonction de l’existant et en particulier de la manière de fonctionner de vos représentants. S’ils ne peuvent pas vendre un livre à chef de rayon d’une librairie, vous ne pouvez pas l’éditer. Un principe qui exclut tous les livres hybrides, métissés, innovants. Un auteur génial qui imaginerait un roman une entrée pour enfants et une autre pour adulte serait renvoyé dans ses buts.

    Avec le débarquement des librairies en ligne et les difficultés des grandes librairies, la manière d’acheter des livres évolue. Bizarrement, cela n’a aucune incidence dans votre manière de penser. À ce train, on est en droit de se demander, si demain, vous ne continuerez à penser vos choix éditoriaux en fonction de représentants qui n’existeront plus.

    5.   La défiance à l’égard de la technologie

    Ou l’art de résister aux changements

    Toutes évolutions génèrent des résistances. Il a par exemple fallu 35 ans avant que l’imprimerie arrive en France. Sans doute par respect pour vos ancêtres, vous considérez la technologie comme un tueur en série. Elle tue le livre et dans l’élan les éditeurs que vous voulez continuer à être. Même si vous accordez à la numérisation quelques bienfaits comme celle de limiter les déforestations massives et permettre d’alléger les sacs, rien pour vous ne remplacera l’odeur du livre et le bruit de la page qu’on tourne.

    A chacun ses nostalgies et ses erreurs d’appréciation, mais les vôtres ne sont pas sans conséquence. Vous faites le passage à la numérisation avec des sabots de plomb. Vu votre défiance envers la technologie, vous avez engagé des techniciens médiocres, voire vraiment incompétents qui confortent vos préjugés en vous faisant croire que la création de livres numériques est longue, fastidieuse, onéreuse.

    En fonction de ces données délirantes, vous ressortez votre règle à calcul et annoncez qu’un livre numérique sera vendu quasi au même prix que la version traditionnelle. Ensuite, vous avez l’outrecuidance de déplorer les ventes confidentielles des livres numériques. Si l’on vous précise que toutes les études s’accordent sur le fait que les lecteurs sont prêts à payer 7 euros pour une version numérique et non le double, vous soupirez et ressortez la contrainte du prix unique du livre.

    Question technologie, vous vous arrêtez là. Vous laissez les nouveaux venus expérimenter le livre augmenté de commentaires, d’images ou de sons, les dispositifs d’annotations ou de liens avec les réseaux sociaux…

    Vous pensez qu’à un moment, s’il le faut vraiment, vous y viendrez. Sauf que le train roulera à une telle allure que vous ne pourrez pas monter dedans.

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  • Le monde selon Tippi

    Tellement éloigné de nos enfants "geek" , surprotégés et finalement en "danger"...

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  • Bilan économique de Chavez

    Pour que les choses soient claires et au cas où certains tomberaient dans le piège des médias officielles...

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  • Souveraineté nationale ? C'est fini.

     http://www.wikistrike.com/article-jour-de-deuil-pour-les-democraties-europeennes-feu-vert-au-two-packs-115967237.html?fb_action_ids=10200279025492415&fb_action_types=og.likes&fb_source=aggregation&fb_aggregation_id=288381481237582

    La démocratie ? La souveraineté nationale ? Ne rêvons plus, c'est fini et dans la plus stricte intimité, comme d'habitude.

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    Ce soir est un jour de deuil pour tous les démocrates ou ceux qui croient encore à la démocratie . 


    Il vient de se passer quelque chose de très important qui n'est rien d'autre que l'enterrement dans la plus stricte intimité de nos principes démocratiques , ce qui a fait notre force , notre richesse , notre puissance .. 


    Ce soir , l'Union Européenne a donné son feu vert au two Packs !!
    Qu'est-ce qui se cache derrière ce jargon technique, cet anglicisme auxquels personne ne comprend rien. 

    Le two packs : un paquet législatif qui renforce les pouvoirs de la Commission Européenne en matière de contrôle sur les budgets nationaux .  
     
     
     
     
     

    En Français , çà veut dire quoi ? Ca veut simplement dire que les lois votées au Parlement sont susceptibles d'être retoquées par l'Union Européenne , si elles ne lui plaisent pas . Ou même , que si ces lois sont contraires à ce que pense l'Union Européenne ,  on peut imposer  le contraire en termes budgétaires . L'article précise : Cette décision prise à l'unanimité , n'est guère surprenante après l'accord politique trouvé fin Février entre le Parlement Européen et la présidence Irlandaise de l'UE . 

    Cet accord  m'a tellement fait sursauter , car il s'agit d'une transgression totale des traités votés  et en particulier celui de Lisbonne et son article 123 qu'il m'a conduit  à écrire un article intitulé : 
    Six milliards c'est facile Monsieur Cahuzac, Petits arrangements entre amis .. 


    La décision à l'unanimité des Ministres des Finances prise aujourd'hui, décision qui avalise l'invraisemblable abus de pouvoir et transgression commise par Mario Draghi, Président de la BCE  dans le cadre de l'accord Irlandais , vient de signer le deuil de tous nos principes démocratiques .. 

    La différence entre un régime totalitaire et une démocratie vient d'une notion essentielle : la séparation des pouvoirs : législatif (le vote des lois) , l'exécutif (leur mise en application) , le judiciaire (l'indépendance de la justice) . 


    C'est cette séparation et elle seule qui permet de combattre la corruption , en particulier politique , qui permet de faire que des lois votées soient votées dans le sens de l'intérêt général et non pas d'intérêts privés ou catégoriels .. et qui permet de faire que l'exécutif se trouve obligé d'appliquer des lois qui ont été votées indépendamment de lui .. 


    A partir du moment ou ces pouvoirs se trouvent concentrés dans une même main , il devient très facile à l'exécutif d'infléchir sur les votes parlementaires .. ou de refuser de les appliquer (ce qui s'est passé dans le cas de l'accord entre la BCE et l'IRLANDE .. ). Et si la justice n'est plus indépendante , tout est permis aux détenteurs de ces pouvoirs , puisqu'il n'y a plus aucun contre pouvoir !!!


    En signant cet accord avec l'Irlande , Mario Draghi a simplement refusé d'appliquer un article du Traité de Lisbonne , l'article 123 , qui lui interdisait à la BCE de prêter directement aux Etats . 


    Il a démontré que la BCE , Institution Européenne était au dessus des lois votées , qu'il n'en avait cure et ne se sentait en aucun cas obligé de les appliquer .  Il a démontré que les petits arrangements entre amis s'étaient substitués aux votes démocratiques, puisque cette solution pourrait très bien être applicable à l'Espagne ou à la France ,  mais que curieusement , il ne veut pas la leur voir appliquer .. A l'inverse même , la Commission Européenne vient de réclamer encore plus d'austérité pour le peuple Espagnol . 


    Ce prêt fait à l'Etat Irlandais a non seulement allégé la dette de l'Etat, mais a également allégé son déficit budgétaire , sans aucune austérité supplémentaire pour la population Irlandaise , puisque le prêt consenti illégalement par la BCE est bien inférieur aux conditions du sacro saint marché . 


    D'ailleurs les Irlandais ont bien compris et ils viennent de redemander un petit rabiot : 
    Les Irlandais , rois de la roulette Irlandaise  .. 


    Par contre , je ne sais pas quelle dent Monsieur Draghi et l'Union Européenne ont contre les Espagnols ,mais là , point de gentillesse, point de traitement de faveur .. il faut au contraire les tondre encore plus pour qu'ils deviennent enfin dociles !!! ... 


    "Bruxelles demande à l'Espagne d'augmenter les impôts et de retarder l'âge de la retraite" .. 


    On peut se demander au titre de quelle logique et de quelle cohérence  , Bruxelles ne demande rien aux Irlandais qui, il faut le rappeler, ont le plus bas taux d'imposition sur les sociétés en Europe , mais leur consent un prêt interdit par les statuts des traités, et réclame aux Espagnols beaucoup moins gâtés que les Irlandais en termes de fiscalité , une austérité supplémentaire .. 


    J'ai une vague idée de la réponse : L'Espagne pourrait avoir des richesses cachées que l'Irlande ne possède pas , et qu'il serait utile de voir privatisées avant qu'elles ne soient découvertes . Il faut donc les écraser totalement pour les rendre dociles et résignés . Mais sans même préjuger du pourquoi , on peut juste s'arrêter au comment ... 


    Quelle est cette Europe qu'on veut nous imposer, dans laquelle les élus n'ont plus aucune utilité ? qui fait tout à la tête du client , grâce à des petits arrangements entre amis , totalement exclus de tout débat public .. 


    Là par contre j'ai une réponse  et elle n'est pas aimable : si les petits arrangements entre amis , la tête du client se substituent aux lois votées démocratiquement , cela s'appelle une Dictature, ou plus exactement une république bananière . 


    La justice s'est d'ailleurs inscrite aux abonnés absents comme le montre désormais tous les  jours l'absence totale de poursuites et d'enquêtes , sans parler de condamnations, sanctions ou réparations des préjudices , du fait des différents scandales financiers qui émaillent notre quotidien . 


    Du blanchiement d'argent de HSBC, en passant par la fraude du Libor , qui aura couté à Dexia la bagatelle de 600 millions d'euros , le sauvetage de Dexia ayant été mis à la charge du contribuable français, il semblerait que la justice soit un concept qui appartienne définitivement au passé dès qu'on touche à l'un des amis des petits arrangements , les financiers .. 


    Jaimie Dimon , PDG de JP Morgan a même réussi à avouer publiquement la semaine dernière que l'intégralité des profits bancaires étaient issus de l'absence de réaction des politiques et avaient juste été pris sur le dos des contribuables . 


    Pire , on arrive même à les conserver comme conseils , alors qu'ils sont eux mêmes poursuivis par d'autres justices comme la justice américaine, au coeur même de nos institutions , comme juges et parties .. (Agence France Trésor) . 
    Le two packs est également ce qui permettra de faire passer la nouvelle Directive Européenne sur les Retraites, sans que quiconque ne puisse s'y opposer , ni au Sénat , ni à l'Assemblée : 
    Retraites on nous dit rien , on nous cache tout 


    La future Directive en question n'a comme objectif que d'étendre le terrain de jeu des financiers en leur laissant l'intégralité des régimes de retraites par capitalisation  à disposition 


    Et l'année prochaine , Jamie Dimon, PDG de JP MORGAN,  pourra avouer que l'absence de réaction des poitiques européens aura permis aux banques de faire leurs profits grâce aux retraités Européens . 





    Alors oui , aujourd'hui est un jour de deuil , le coup d'état a eu lieu .. Nos démocraties viennent de se faire enterrer dans le plus grand silence par nos propres Ministres . 


    Nous pouvons désormais faire de grosses économies sur les députés et le Sénat devenus totalement inutiles .. Les décisions seront prises et mises à exécution sans eux .. 


    Mais moi , j'ai juste le droit de pleurer .. de ce deuil insensé dont personne n'a encore pris vraiment conscience . 






    P.S. : Le cas Irlandais montre que le rapport de forces peut marcher . Le gouvernement Irlandais , loin d'être intimidé par un Mario Draghi  et encore moins par les diktats de l'Union Européenne, a au contraire réussi ce que personne n'aurait supposé possible : lui faire transgresser les traités Européens .. Comme le disait JLM lors de la campagne présidentielle française, la France a un poids suffisant pour infléchir la politique de l'UE . Les Irlandais viennent de lui donner raison , mais il y a peu de chances que ce soit le "capitaine de pédalo " qui ait la force de caractère nécessaire pour faire ce que viennent de faire les Irlandais . 


    Ce soir , beaucoup de gens pleurent également une disparition : celle d'Hugo Chavez . Je pense que Chavez laissera plus de traces dans l'histoire que les technocrates Européens qui viennent d'assassiner nos démocraties . 




    Mise à jour du 7 Mars . 
    Un décryptage du two packs paru dans la Tribune le 20 Février dernier nous donne un bien curieux élément de compréhension : 
    "Les recommandations de la Commission européenne ne seront pas contraignantes, mais les gouvernements qui n'en tiendront pas compte s'exposeront à des sanctions de Bruxelles.

    Si la compréhension des textes Européens est à ce niveau , on comprend que cet assassinat démocratique ait lieu aussi facilement . 

     

    Caro pour WikiStrike


    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/afp-005047…
    http://fipcarolinep.xooit.fr/t216-Six-Milliards-Monsieur-Cahuzac-c-est-faci…
    http://www.wikistrike.com/article-six-milliards-monsieur-cahuzac-c-est-faci…
    http://blogs.mediapart.fr/blog/jerlau/050313/les-irlandais-roi-de-la-roulet…
    http://www.marianne.net/L-aveu-d-un-Bankster_a226950.html
    http://www.melvineenaction.com/Europe/bruxelles-demande-a-l-espagne-d-augme…
    http://fipcarolinep.xooit.fr/t7-RETRAITES-on-nous-dit-rien-on-nous-cache-to…
    http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20130220trib00…

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  • Safaris humains

    La Cour suprême indienne lève l’embargo sur les safaris humains 6 Mars 2013


    http://www.survivalfrance.org/actu/9012

    Le refus de la Cour suprême d'interdire la réserve des Jarawa aux touristes fait à nouveau craindre l'exploitation de la tribu.
    Le refus de la Cour suprême d'interdire la réserve des Jarawa aux touristes fait à nouveau craindre l'exploitation de la tribu.
    © Ariberto De Blasoni/Survival

    La Cour suprême indienne aurait cassé la décision provisoire de janvier dernier d’interdire les safaris humains dans les îles Andaman, portant un coup dur à la campagne contre cette forme de tourisme controversée.

    Avant la décision de la Cour, des centaines de touristes traversaient quotidiennement la route Andaman Trunk Road en espérant pouvoir observer les Jarawa et leur jeter quelques biscuits pour les inciter à danser devant leurs caméras. Cette mesure provisoire avait permis de réduire d’environ deux-tiers le nombre de véhicules pénétrant dans la réserve.

    Les tour-opérateurs des îles Andaman se préparent déjà depuis quelque temps à la réouverture de la route prévue vendredi.

    Enmai, un jeune Jarawa, s’est exprimé sur ce qu’il ressent lorsque les touristes le prennent en photo : ‘Ça ne me plaît pas. Je n’aime pas qu’ils nous prennent en photo depuis leurs véhicules’.

    L’exploitation des Jarawa à travers les safaris humains a été la cible d’une campagne menée depuis trois ans par Survival International et l’organisation locale Search. Ce genre de tourisme avait scandalisé l’opinion publique internationale il y a un peu plus d’un an, après la diffusion d’une vidéo sur le site internet du quotidien britannique The Observer montrant une femme jarawa forcée de danser pour les touristes.

    Avant que la Cour suprême ne décide provisoirement d'interdire la route aux touristes, des centaines de véhicules empruntaient la route quotidiennement.
    Avant que la Cour suprême ne décide provisoirement d'interdire la route aux touristes, des centaines de véhicules empruntaient la route quotidiennement.
    © Denis Giles/Survival

    Dans une lettre adressée à la Cour suprême avant l’audience, Survival demandait que ’l’interdiction du tourisme dans la réserve soit permanente et qu’une route côtière alternative soit ouverte pour remplacer celle traversant la réserve qui doit être définitivement fermée’. La Cour avait déjà ordonné la fermeture de la route en 2002, mais les autorités andamanes ont ignoré son verdict.

    La Cour a éveillé de vives inquiétudes lorsqu’elle a demandé aux autorités andamanes ‘si elles souhaitaient que les Jarawa restent à l’écart du courant dominant ou si elles préféraient qu’ils y soient assimilés’. Il est pourtant bien connu que forcer les peuples indigènes à s’intégrer à la société dominante entraîne des conséquences désastreuses, telles que maladie, dépression, addiction et suicide.

    La politique officielle vis-à-vis des Jarawa stipule que ’Aucune tentative visant à les intégrer à la société dominante contre leur volonté… ne sera faite’. Mais les élus politiques indiens ont continuellement appelé à leur assimilation.

    L'assimilation a déjà eu des impacts dévastateurs sur les peuples indigènes à travers le monde. Les Bo ont été assimilés de force par les Britanniques; leur dernière représentante est décédée en 2010.
    L'assimilation a déjà eu des impacts dévastateurs sur les peuples indigènes à travers le monde. Les Bo ont été assimilés de force par les Britanniques; leur dernière représentante est décédée en 2010.
    © Anvita Abbi/Survival

    Les Jarawa eux-mêmes, et non pas les autorités, devraient pouvoir contrôler le type et la fréquence de leurs contacts avec le monde extérieur et choisir les changements éventuels à apporter à leur mode de vie. Jusqu’à présent, les Jarawa n’ont montré aucun signe de volonté de quitter leur forêt pour rejoindre la société dominante.

    Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Ce volte-face catégorique est extrêmement alarmant. C’est pourquoi Survival continuera à mener campagne de manière soutenue pour la fermeture de la route. Que les safaris humains puissent continuer est tout simplement scandaleux. La fermeture de la route aux touristes avait au moins donné une chance aux Andamanais d’en finir avec ces pratiques dégradantes et ignobles et nous ferons tout pour qu’elles ne se renouvellent pas’.

    Note aux rédactions :

    - Lire le rapport de Survival International ‘Le progrès peut tuer’ qui rend compte des impacts catastrophiques de l’assimilation sur les peuples indigènes à travers le monde.

    - Télécharger la lettre de Survival à la Cour suprême

     

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  • Question de mentalité

    Sur le principe de précaution, il existe une limite récurrente, c'est celle de la mentalité des citoyens.

    Ici, en Savoie, le département balance des tonnes de sel sur les routes en hiver et les déneigeuses passent et repassent à chaque chute de neige. Et bien, un ami garagiste me disait qu'il était sidéré par le nombre de gens qui roulent sans pneus neige parce qu'ils disent que les routes "doivent" être déneigées...Ils seront évidemment les premiers à se plaindre s'ils finissent au fossé.

    Le principe de précaution est par conséquent détournée par des mentalités de profiteurs, de râleurs, de cons. 

    Résultat: le nombre d'accidents reste conséquent et le département continue à balancer des tonnes de sel.

    Conséquences : une atteinte importante sur les cours d'eau et les nappes phréatiques, sur la flore également. Ne parlons pas de l'état des voitures si vous ne vous astreignez pas à les laver très régulièrement. carosserie pourrie, perforée, rongée. Les gaines de freins de ma voiture ont été "bouffées" par le sel et le frein à main ne fonctionne plus. Tout à changer.

    Solution : mettre des pneus neige, se munir de chaînes, partir avec une marge de temps importante, réduire sa vitesse, ne pas freiner mais utiliser le frein moteur...

    (C'est dingue en fait d'être amené à écrire des choses aussi évidentes...Cet assistanat, cette déresponsabilisation, cette prise en charge constante...Tout cela ne devrait même pas exister...

    Question de mentalité.


    "Histoire du salage" (wikipédia)

    Il a régulièrement augmenté durant la seconde moitié du XXe siècle pour atteindre plusieurs dizaines de millions de tonnes par an dans les années 2000, essentiellement dans l'hémisphère nord2. Rien qu'au Canada, au début des années 1990, c'étaient environ 4,9 millions de tonnes de sels de voirie qui étaient annuellement rejetés et perdus dans l'environnement2, source d'environ 3 millions de t/an de chlorures qui contaminent les eaux superficielles et souterraines (Environnement Canada, 2001)2,3. Les États-Unis quant à eux en utilisaient de 10 à 20 millions de tonnes/an (2003 Newsletter Envirocast)2. Les pratiques et quantités diffèrent fortement selon les collectivités, mais il est fréquent que pour couvrir leur responsabilité en cas d'accident, les responsables du salage en utilisent bien plus que le strict nécessaire2. En Amérique du Nord, la salinisation des eaux de surface et des nappes tend à augmenter, et « les conséquences environnementales du transport routier de salage ne sont pas encore bien comprises par le public et les décideurs »2. Ce sel est source de contamination des eaux de surface et souterraines, cause des dommages aux arbres et aux infrastructures, et dégrade les écosystèmes locaux4,5.

    En France métropolitaine dans les années 2000-2010, environ 750 000 tonnes de sel sont été consommées essentiellement en une dizaine de jours et surtout en montagne. Durant les hivers froids, par exemple en 2004, jusqu'à 1 voire 1,5 million de tonnes sont épandus en France. Le record aurait été battu avant la fin de l'hiver 2009-2010 avec 1,9 million de tonnes de sel déversées sur les routes françaises6, soit plus du double d'une année moyenne.

    En Suisse, 106 000 tonnes ont été épandues rien qu'en février 20057,8.

    Coûts

    En France, à raison de 80 euros par tonne en 2010, le coût annuel du salage en France dépasse les 100 millions d’euros (matériel et personnel compris)9.

    Histoire

    Le sel était autrefois une denrée trop rare et trop coûteuse dans les pays froids pour l'utiliser pour le déneigement. Quand au XXe siècle, sa production industrielle l'a rendu très disponible, alors que le réseau routier s'étendait dans le monde entier, il a été de plus en plus utilisé pour débarrasser les routes de la neige et du verglas. On utilise aussi dans certains pays ses propriétés hygroscopiques pour lutter contre les envols de poussière en été.

    Environ 51 % de la production mondiale de sel est aujourd'hui consacrée par les pays froids à l'entretien des routes.

    On a constaté que le chlorure de calcium était plus efficace que le chlorure de sodium (il produit une réaction exothermique avec l'eau, au contraire du NaCl qui quand il fond dans l'eau la refroidit), mais il présente aussi quelques inconvénients (voir plus bas).

    Dans le monde, les régions qui épandent le plus de sel en hiver sont l'est du Canada, le nord-est des États-Unis, la Russie et le nord de l'Europe.

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