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  • Grenelle du livre

    Express Yourself

    "Il faut un Grenelle du livre, et vite!"

    Par (Express Yourself), publié le

    Pour Omri Ezrati, éditeur indépendant, la crise qui secoue actuellement la librairie française n'a qu'une cause réelle: la surproduction imposée par les distributeurs pour leur propre profit. 

    "Il faut un Grenelle du livre, et vite!"

    La rentrée littéraire. Abondance de biens nuirait-elle?

    DR

    L'affaire Virgin a suscité une vive polémique il y a quelques semaines. Et une occasion supplémentaire de taper sur les prétendus responsables de cette probable disparition. Ainsi, la ministre de la Culture Aurélie Filippetti a montré du doigt Amazon, responsable, selon elle la source du problème. Une accusation un peu facile, d'autant qu'il y a seulement quelques mois, la même, comme son prédécesseur d'ailleurs, accusait Virgin et les grands réseaux d'être déjà responsables de la mort de nombreuses petites librairies indépendantes de proximité. 

    Amazon n'est pas le bon coupable

    Seulement voilà, à force de chercher partout des responsables à une crise du livre qui n'en fini pas depuis 20 ans, on finit par s'éloigner des réalités d'un secteur en mutation permanente. Editeur, je me bats jour après jour contre les idées reçues. Non, assurément non, Amazon n'est en rien responsable de ce qui se passe dans le secteur! Loin de moi de vouloir défendre à tout prix un géant qui peut régulièrement m'exaspérer sur tel ou tel problématique, mais je ne supporte plus d'entendre partout des libraires accuser Amazon d'être responsable de leurs malheurs! Amazon n'est qu'un acteur d'un système à bout de souffle, un acteur qui continue de recruter du personnel en France et à ouvrir des plates-formes de distribution dans des régions qui ont besoin d'emploi. 

    Un système de distribution vérolé

    Le vraie responsable de cette crise reste ce système de distribution complètement vérolé qui oblige les éditeurs à toujours plus de productivité et impose des conditions toujours plus restrictives. Les éditeurs français, et notamment les petits, qui représentent pas moins de 80 % de la branche, sont les premiers asphyxiés par leurs charges et leurs trésoreries exsangues, et ils ne peuvent plus supporter les traites à 90 jours imposées par les distributeurs. Le dernier livre publié dans ma maison, Tokyo, est l'exemple même de ce que peut être un éditeur aujourd'hui: la vache à lait d'un système qu'il faut d'urgence réformer. Sur 35 euros que paie le client final, le libraire prend au passage entre 34 et 44 % du prix TTC! Pour la force de vente qui va proposer à ces mêmes libraires et pour le distributeur qui assure le stockage et la préparation des commandes du livre, nos sociétés de diffusion ponctionnent environ 20 % et prélèvent aussi dans le même temps un dépôt de garantie de 20 % du chiffre d'affaire des libraires pour compenser les éventuels invendus! Nous autres éditeurs pouvons donner des chiffres aux ministres pour qu'ils comprennent une bonne fois pour toutes que le problème vient bien de l'organisation de la distribution! 

    La fuite en avant

    Que dire de certaines très grandes sociétés de distribution qui imposent contractuellement à des éditeurs largement fragilisés des volumes toujours plus grands de livres dont on sait à l'avance que les trois quarts ne seront jamais vendus! Mais le système est comme ça, et l'éditeur n'a souvent d'autres choix que d'aller en Europe de l'Est, en Pologne ou en République Tchèque imprimer des livres à bas coût pour respecter les conditions fixées unilatéralement par les distributeurs. Les livres sont ensuite envoyés aux libraires par cartons, dont ils découvrent bien souvent à la livraison le contenu ! Ils aiment, ils gardent, ils n'aiment pas, ils retournent ! Les éditeurs n'ont alors pas d'autres choix que de racheter à leurs distributeurs les stocks d'invendus, parfois au double de ce que cela leur a coûté en impression ! Bien souvent dans l'impossibilité de racheter ces stocks, les distributeurs procèdent alors au pilonnage et n'oublient pas de transmettre la facture aux éditeurs, pris en otage d'un système bien huilé! Madame la ministre, faites un tour le vendredi après-midi à la déchetterie de la Cita, à Ivry sur Seine, regardez de vos propres yeux le spectacle aberrant et choquant de plusieurs dizaines de tonnes de bouquins partir en fumée et posez vous les vraies questions! 

    Comment sauver l'édition?

    Aujourd'hui, il faut remettre totalement à plat ce système et j'en appelle à la tenue urgente d'un véritable Grenelle du livre pour sauver l'édition française ! Des décisions importantes et courageuses doivent être prise par le gouvernement pour éviter à l'avenir de terribles hécatombes. Le gouvernement doit absolument jouer son rôle de régulateur et de contrôle d'un système tenu par quelques-uns qui est aujourd'hui économiquement irresponsable! 

    Par Omri Ezrati, éditeur indépendant. omriezrati.izibookstore.com/ 

     

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  • La morale d'un monde amoral

    Par Jean-Claude Renard - 8 mars 2013

    Alévêque condamné, la justice se lève pour Danone

    Dans son procès l’opposant à Zinédine Zidane, Christophe Alévêque a été condamné à 5 000 euros de dommages et intérêts. La justice n’entend rien au droit à l’humour.

    Christophe Alévêque avait vu juste. Dans un article consacré à l’humour aujourd’hui (Politis n° 1232, du 20 décembre 2012), l’humoriste soulignait « un certain couvre-feu moral », dénonçait « un retour à la morale dans un monde totalement amoral ». Avant d’observer qu’en « faisant son métier d’humoriste, sans même diffamer, quand on gagne son procès en première instance, c’est déjà un billet de 10 000. Quand il y a appel, c’est encore un billet de 10 000. On en vient ainsi à l’épuisement financier. Avec pour conséquences la censure et l’autocensure. À partir du moment où l’on s’attaque aux puissants, aux intouchables, aux icônes et au pouvoir, on se retrouve vite devant une machine financière ».

    Alévêque en sait quelque chose, engagé depuis deux ans dans un procès contre Zinédine Zidane, pour avoir déclaré à propos de la star du foot, au magazine SportMag, en janvier 2011, que « ce mec est un panneau publicitaire qui a trois neurones (…) et qui maintenant profite de son image à outrance (…) Ambassadeur de Danone, qu’il crève dans le yaourt ! »

    Plutôt que sourire, le joueur a traîné l’humoriste en justice, réclamant 75 000 euros de dommages et intérêts. Pas moins ! Au tribunal correctionnel de Paris, Christophe Alévêque avait maintenu ses propos, mis en avant le rôle du bouffon, « le seul à pouvoir s’attaquer au roi. J’ai critiqué avec mes mots quelque chose de vulgaire ». Et de rappeler au tribunal les 11 millions d’euros empochés par Zidane pour soutenir la candidature du Qatar pour la Coupe du monde de foot.

    En première instance, Alévêque a été relaxé. Ce qui n’a pas empêché la défense du footballeur de faire appel. Ses avocats déclarant même, en février dernier, qu’ils se contenteraient d’un euro symbolique de dommages et intérêts. Dans cette judiciairisation à l’extrême, de tout et n’importe quoi, la justice a tranché ce jeudi 7 mars, bien au-delà de ce qui était demandé : elle a condamné, en appel, l’humoriste à 5 000 euros de dommages et intérêts pour injure, outre 5 000 euros de frais de justice. Une justice de classe, au profit d’un VRP de Danone et du Qatar.

    Zinédine Zidane, le 24 janvier 2013 devant le palais de justice de Paris.
    Zinédine Zidane, le 24 janvier 2013 devant le palais de justice de Paris.

    AFP / Loïc Venance

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  • L'immortalité (spiritualité/santé)

    Pourquoi est-ce que je trouve ça terrifiant ? Parce que derrière tout ça, il y a des financiers et des sommes COLOSSALES en jeu. Donc, il n'y aura aucune morale dans tout ça, il n'y aura que des milliards. Et nous serons les cobayes, pas les patients. De plus, augmenter l'espérance de vie avec une conscience de la vie aussi dérisoire, je n'en veux pas. On prend le problème à l'envers...Des apprentis sorciers qui travaillent à accroître la durée de vie de marionnettes. Et j'en suis une aussi.

  • Le fiasco du siècle


    CONSTERNANT


    Accueil > L'enquête de l'Obs > L'incroyable histoire du mensonge qui a permis la guerre en Irak

    L'incroyable histoire du mensonge qui a permis la guerre en Irak

    Créé le 08-03-2013 à 10h21 - Mis à jour le 10-03-2013 à 18h06

    ENQUÊTE. Les informations qui ont servi, il y a dix ans, de prétexte à l'invasion de l'Irak, sortaient de l'imagination d'un affabulateur.

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    Rafid al-Janani (Capture d'écran BBC)

    Rafid al-Janani (Capture d'écran BBC)

    C'est le plus grand mensonge de l'histoire de l'espionnage - le plus meurtrier aussi. Une mystification imaginée par un quidam qui a servi de prétexte principal à l'invasion de l'Irak, il y a dix ans. Cette extraordinaire affaire est apparue au grand jour le 5 février 2003, à l'ONU.

    Ce soir-là, dans un discours resté célèbre, le secrétaire d'Etat américain, Colin Powell, lançait au monde : "Il ne peut faire aucun doute que Saddam Hussein a des armes biologiques" et "qu'il a la capacité d'en produire rapidement d'autres" en nombre suffisant pour "tuer des centaines de milliers de personnes". Comment ? Grâce à des "laboratoires mobiles" clandestins qui fabriquent des agents atroces tels la "peste, la gangrène gazeuse, le bacille du charbon ou le virus de la variole". Sûr de son fait, le puissant Américain ajoute : "Nous avons une description de première main" de ces installations de la mort. Du moins, le croit-il.

    Le menteur de Bagdad
    Colin Powell lors de son célèbre discours à l'ONU, le 5 février 2003, présente "les preuves" sur les armes de destruction massive. (Sipa)

    La source de cette information effrayante, pièce maîtresse du procès de l'administration Bush contre Saddam Hussein, est, assure Powell aux Nations unies, un "transfuge [qui] vit à l'heure actuelle dans un autre pays, dans la certitude que Saddam Hussein le tuera s'il le retrouve". Il s'agit d'"un témoin direct, un ingénieur chimiste irakien qui a supervisé l'un de ces laboratoires", "un homme qui était présent lors des cycles de production d'agents biologiques". La bonne blague...

    Son nom de code "Curveball"

    Qui est exactement cet informateur si important ? En février 2003, seule une poignée de personnes une dizaine tout au plus - connaît sa véritable identité, son parcours et son lieu de résidence. Même Colin Powell n'est pas dans la confidence. On ne lui a fourni que son nom de code, "Curveball", et celui de son service traitant, le BND allemand. "A l'époque, je n'avais pas besoin d'en savoir plus, dit aujourd'hui l'ancien secrétaire d'Etat au "Nouvel Observateur". Je pensais qu'évidemment la CIA l'avait interrogé et avait vérifié toutes ses allégations." Quelle erreur !

    Dix ans plus tard, on connaît l'identité de cet Irakien qui a fourni le prétexte idéal à ces néo-conservateurs américains obsédés par Saddam Hussein : il s'appelle Rafid al-Janabi. Aux dernières nouvelles, il vit dans un petit appartement avec sa femme et ses deux fils, près de Karlsruhe, en Allemagne. "Le Nouvel Observateur" a reconstitué son histoire hors du commun grâce aux témoignages de plusieurs responsables américains de l'époque, aux rapports de commissions du Congrès sur l'affaire et aux rares interviews que Rafid al-Janabi a accordées ces derniers mois dans quelques médias allemands et anglo-saxons (il n'a jamais répondu à nos multiples demandes d'entretien).

    Le menteur de Bagdad
    Rafid al-Janabi (Capture d'écran BBC)

    Rafid débarque à l'aéroport de Munich en novembre 1999, trois ans avant le discours de Powell. Sorti d'Irak grâce à un passeur, ce solide gaillard a 31 ans et un faux passeport acheté, assure-t-il, à Rabat, au Maroc, l'une des étapes de son long périple vers l'Europe. Arrêté par la police allemande, il est immédiatement envoyé dans un centre d'hébergement pour demandeurs d'asile à Zirndorf, près de Nuremberg.

    Le jeune homme devient l'un des 60 000 Irakiens anonymes qui, en Bavière, attendent un titre de séjour permanent. Il comprend vite qu'il a peu de chances (une sur cinq exactement) d'en obtenir un, et encore, pas avant plusieurs années. Entre-temps, il devra végéter dans ce centre surpeuplé. A moins qu'il ne parvienne à sortir du lot.

    Premières révélations du petit chimiste

    Comme chaque demandeur d'asile, Rafid doit, dès son arrivée, raconter sa vie à un fonctionnaire du centre. "Je suis ingénieur chimiste, diplômé de l'université de Bagdad, dit-il. Je travaillais dans une usine de semences agricoles à Djerf al-Nadaf à 70 kilomètres de Bagdad." A première vue, donc, un jeune Irakien comme tant d'autres, qui étouffait dans un pays écrasé par la dictature et les sanctions internationales. Au bout de quelques jours, il exige de voir un supérieur. Il a des révélations à faire. En réalité, déclare-t-il, les semences ne sont qu'une couverture, le site de Djerf al-Nadaf dépend non du ministère de l'Agriculture, mais de celui de la Défense. L'usine fait partie d'un vaste programme clandestin d'armes biologiques dont il connaît, confie-t-il, tous les détails. Il est prêt à les livrer.

    A Zirndorf, c'est le branle-bas de combat. On contacte les services de renseignement, au plus haut niveau. Rafid n'est plus interrogé par un fonctionnaire lambda, mais par un certain Dr Paul, qui se présente comme inspecteur de l'ONU, spécialisé en armes de destruction massive. En fait, c'est le chef de la division contre-prolifération du BND - une huile de l'espionnage.

    Un officier "tombé amoureux de sa source"

    Au début, cet officier expérimenté est très dubitatif, mais, au bout de quelques jours, il se laisse amadouer par Rafid. Au point de ne plus se méfier, de "tomber amoureux de sa source", comme on dit dans le jargon du renseignement. Le jeune Irakien, qui parle avec enthousiasme, en agitant les bras et en fumant cigarette sur cigarette, est si convaincant ! D'autant plus convaincant que les Occidentaux ne reçoivent plus d'informations sur l'Irak depuis que Saddam Hussein a expulsé les inspecteurs de l'ONU un an auparavant.

    A son officier traitant, Rafid assure qu'il est sorti major de sa promotion à l'université de Bagdad en 1994 et que, de ce fait, il a été secrètement embauché, dès la fin de ses études, par la commission de l'industrie militaire, le saint des saints du pouvoir, dirigé par un gendre de Saddam Hussein. "J'ai d'abord travaillé au centre Al-Hakam", dit-il en passant. Al-Hakam ! Le nom fait sursauter Dr Paul. C'est là qu'une équipe des Nations unies chargée de traquer les armes interdites en Irak, l'Unscom, a découvert, quelques années plus tôt, des restes de poulets tués par l'injection de toxines.

    Le site était le principal centre clandestin de fabrication d'armes biologiques. Il a été détruit par l'Unscom en 1996. "A Al-Hakam, je me suis occupé pendant deux ans de l'achat des pièces de rechange, assure Rafd. Je peux décrire l'endroit et citer les noms des responsables." On vérifie. Tout concorde.

    Le BND envoie un résumé des interrogatoires de la source miracle à son partenaire américain habituel, le service de renseignement de l'US Army, la DIA, qui a une importante base à Munich depuis les années 1950. Là, tout au long de la guerre froide, on a pris l'habitude d'attribuer aux informateurs sur les armes soviétiques un nom de code se terminant par "ball". Comme le pli est pris, Rafid devient donc à la DIA "Curveball" - un surnom que les autres services adopteront sans trouver gênant qu'en argot anglais curveball signifie... "destiné à tromper".

    Bel appartement, Mercedes et gardes du corps

    Du jour au lendemain, le petit chimiste change radicalement de statut. Fini Zirndorf, le centre d'hébergement surpeuplé. On lui fournit un bel appartement meublé, une télévision câblée, une assurance-maladie, une Mercedes (son rêve !), des gardes du corps et une carte de réfugié politique. Mieux : cinq officiers du BND à la retraite sont chargés de lui rendre la vie le plus agréable possible. Ils lui font visiter la ville et découvrir tous ses plaisirs, ils l'invitent dans les meilleurs restaurants, les boîtes de nuit les plus huppées. Seuls les transfuges de la plus haute importance ont droit à un tel traitement de faveur, à tant de "baby-sitters", comme on dit au BND. Selon le journaliste Bob Drogin, le tout coûtera au service allemand plus de 1 million d'euros en 2000 !

    En échange, "Curveball" parle. Beaucoup. Il dit que le projet de laboratoires mobiles est né en 1995. Quand il a compris que l'Unscom allait découvrir le centre d'Al-Hakam, raconte-t-il à Dr Paul, le gendre de Saddam Hussein a décidé de poursuivre le programme biologique dans des unités non repérables par l'Unscom : des camions réfrigérés qui circuleront en ville.

    Anthrax, botuline peste... tout y est

    Où a lieu l'assemblage de ces effrayants camions labos ? Justement dans la prétendue usine de semences, à Djerf al-Nadaf, dit Rafid. Comment le sait-il ? Parce que c'était lui le responsable du projet, pardi ! Les tests, précise-t-il, ont duré deux ans et les premiers labos sont devenus opérationnels en 1997. Il assure en avoir vu fonctionner sept, qui produisaient des agents létaux tels l'anthrax, la botuline ou la peste.

    Il affirme qu'outre Djerf al-Nadaf Saddam Hussein a ordonné la création de six autres sites clandestins de fabrication d'installations mobiles. Le jeune chimiste fournit un détail clé, qui achève de convaincre Dr Paul : avant que les inspecteurs de l'ONU ne soient expulsés d'Irak, les camions de la mort roulaient seulement le vendredi, jour de prière, quand l'Unscom tournait au ralenti.

    Première incohérence, "Curveball" s'énerve

    Rafid parle, parle... Il parle trop. Au bout de plusieurs mois d'interrogatoire, il confie que le patron de Djerf al-Nadaf, un certain Basil Latif, a un fils et que celui-ci est l'acheteur principal des produits destinés à la fabrication des agents toxiques. Mais Rafid ignore que ce Latif vit désormais à Dubai, où, en octobre 2000, des officiers du BND et du MI6 britannique vont l'interroger. Non seulement Latif dément que le centre qu'il dirigeait produisait des armes biologiques, mais les espions découvrent que son fils unique n'a que 16 ans. Confronté à cette incohérence, "Curveball" s'énerve, jure comme un charretier et refuse de répondre. Dr Paul a compris : sa source bien-aimée lui a probablement menti. En tout cas, il n'est pas fable.

    Le BND rompt tout contact avec Rafid pendant dix-huit mois. L'informateur vedette devient un modeste travailleur immigré comme les autres. Il trouve un job chez Burger King à Karlsruhe. En mars 2002, il se marie avec une jeune Marocaine, qui est très vite enceinte. L'affaire "Curveball" devrait s'arrêter là. Seulement voilà, depuis la rupture entre Rafid et le service secret allemand, il y a eu le 11-Septembre et la prise du pouvoir à Washington par les néo-conservateurs. Et ceux-là entendent se servir de son témoignage, quelle que soit sa valeur.

    Questionné de nouveau, Rafid change de version

    En mai 2002, la CIA demande au BND de reprendre contact avec le jeune Irakien. Elle a reçu copie de la centaine d'interrogatoires de "Curveball" ; elle veut en savoir davantage. Questionné de nouveau, Rafid change de version. Il dit qu'en fait il n'était pas le chef du projet des labos mobiles, seulement un assistant. Il n'a pas vu la production d'agents biologiques, il a quitté Djerf al-Nadaf avant. Puis il s'énerve et ne répond plus au téléphone. La CIA est mise au courant de ce comportement erratique.

    Pourtant, quelques semaines plus tard, en octobre 2002, dans un rapport au Congrès très médiatisé, l'agence affirme avec la "plus haute confiance" que l'Irak dispose d'unités mobiles de production d'armes biologiques. Devant une commission parlementaire, le patron de la CIA, George Tenet, précise que son service tient cela d'un "transfuge crédible".

    Le menteur de Bagdad
    Nommé à la tête de la CIA par Bill Clinton en 1997, George Tenet a démissionné en juillet 2004. (Sipa)

    A l'intérieur de l'agence, des voix s'élèvent contre cette utilisation abusive de "Curveball". Le chef de la division Europe, Tyler Drumheller, veut en avoir le cœur net. Il déjeune avec le chef de l'antenne du BND à Washington. Il lui demande que la source soit interrogée par des officiers de la CIA. A quoi bon, c'est un affabulateur, lui répond son interlocuteur. De toute façon, il refuse d'être questionné par des Américains ou des Israéliens. Donc c'est non. L'Allemand précise que son service a proposé à "Curveball", devenu dépressif, d'aller se faire oublier en Turquie, mais l'Irakien a refusé.

    La Maison Blanche veut croire que, malgré tout, "Curveball" a dit la vérité...

    L'affaire semble entendue. Pourtant, au bureau de la CIA chargé du dossier des armes de destruction massive, on veut croire que, malgré tout, "Curveball" a dit la vérité. Comment aurait-il pu connaître tant de détails ? George Tenet n'a pas le choix : le 18 décembre 2002, il écrit à son homologue allemand, August Hanning. Il lui demande officiellement si la CIA peut utiliser les informations de sa source. Il le prie également d'accepter que "Curveball" soit interrogé par un agent américain. Le patron du BND répond deux jours plus tard. Pour l'interrogatoire, c'est toujours non. Mais pour utiliser ce qu'il dit, c'est oui, à condition de ne pas mentionner le nom du service traitant et en n'oubliant pas que les dires de cette source n'ont pas été "confirmés".

    Malgré ces mises en garde, la Maison-Blanche tient à utiliser les allégations de "Curveball" dans le discours sur l'état de l'Union que George Bush doit prononcer le 28 janvier 2003. "W" veut mobiliser les ardeurs guerrières du Congrès et de l'opinion. Washington demande le point de vue du chef de l'antenne de la CIA à Berlin. Celui-ci répond le 27 que "l'utilisation de cette source [serait] très problématique".

    Pourtant, le président des Etats-Unis conservera le passage sur les laboratoires mobiles dans son discours. De même que Colin Powell, à l'ONU, quelques jours plus tard. "Tenet ne nous a pas dit qu'il y avait tant de réserves sur "Curveball", explique aujourd'hui le colonel Wilkerson, qui a aidé le secrétaire d'Etat à rédiger son discours. En fait, il était sûr qu'après la guerre l'armée américaine allait trouver des armes de destruction en Irak et que, du coup, ces histoires de source pas fable seraient oubliées."

    Le menteur de Bagdad
    Après le renversement de Saddam Hussein, le Pentagone a envoyé un équipe chargée de découvrir les armes de destruction massive en Irak. Ils n'ont trouvé aucune preuve... 100.000 civils tués en dix ans de guerre. (Sipa)

    Quelques mois après l'invasion de l'Irak, quand il est devenu évident que Saddam Hussein n'avait pas de telles armes, un groupe d'agents de la CIA a entrepris de comprendre l'affaire "Curveball". Ils ont interrogé une soixantaine de personnes qui avaient connu Rafid de près ou de loin. Ils ont découvert que le jeune chimiste n'était pas sorti major de sa promotion mais dernier ; qu'il avait bien travaillé quelques mois à Djerf al-Nadaf mais en tant qu'assistant et non chef de projet ; et surtout que ce site n'était qu'une usine de semences agricoles et rien d'autre. De son plus proche ami d'enfance, ils ont appris aussi que Rafid était un "menteur congénital".

    Enfin, il leur a été révélé qu'après Djerf al-Nadaf la source vedette du BND avait travaillé dans une maison de production de films dont il s'était fait licencier pour vol et que, par la suite, il était devenu chauffeur de taxi à Bagdad.

    Sa source : un gros rapport des inspecteurs de l'ONU

    Comment a-t-il pu berner si longtemps le BND et la CIA ? Comment a-t-il inventé et rendu crédible son histoire de laboratoires mobiles ? Une commission du Congrès a cherché à savoir si, comme d'autres transfuges, Rafid avait été briefé puis envoyé en Europe par Ahmed Chalabi, le chef d'un parti d'opposants à Saddam Hussein qui a réussi à intoxiquer une partie de la presse et des services américains. Bien que l'un de ses frères ait fait partie de ce groupe, il semble que Rafid lui-même n'ait eu aucun contact avec Chalabi et ses sbires.

    Les spécialistes pensent plutôt qu'il a agi seul, qu'avant de quitter l'Irak le jeune chimiste devenu chauffeur de taxi a lu sur internet le très gros rapport que les inspecteurs de l'ONU avaient publié après leur expulsion du pays. C'est là qu'il a pu mémoriser les noms des responsables du programme biologique avant son démantèlement et la description précise du site d'Al-Hakam. C'est là aussi qu'il a appris que les inspecteurs de l'ONU avaient mis la main sur une note écrite au début des années 1990, dans laquelle l'un des ingénieurs du programme biologique proposait à ses chefs de créer des laboratoires mobiles, plus faciles à cacher. Rafd ignorait que cette idée, jugée "trop compliquée", n'avait pas été retenue.

    Un "menteur" rémunéré par l'Etat

    Malgré ces découvertes embarrassantes, ou peut-être à cause d'elles, le BND accorde en 2004 à "Curveball" un salaire mensuel de 3 000 euros. C'est une compagnie bidon montée à Munich par le service secret qui le rémunère en tant que "spécialiste en marketing". En échange, il lui est interdit de parler à la presse. Pourtant son nom est révélé pour la première fois en 2007 par la chaîne américaine CBS. Le public allemand apprend alors que Raifid, qualifié de "menteur" par la CIA en mai 2004, est rémunéré par l'Etat.

    Le scandale est tel que Rafid perd son salaire. Il tente alors sa chance en Irak et se présente aux élections législatives de mars 2010, où il ne recueille que 17 000 voix. Il revient, penaud, dans son pays d'adoption, dont il a acquis la nationalité, et accorde sa première interview en février 2011, au quotidien britannique "The Guardian". Il y reconnaît avoir menti sur cette histoire de labos mobiles. "J'ai eu la chance, dit-il, d'avoir inventé quelque chose qui a fait tomber Saddam." Depuis, lors de ses rares apparitions publiques, il se plaint de vivre du minimum social et, surtout, que le BND ne lui paie plus ses notes de téléphone.

    • Article publié dans 'le Nouvel Observateur" du 7 mars.

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  • "Esprits libres" Keny Arkana

    « Car rien ne changera si on compte sur les pessimistes, cousin ! »

    Arrête de me juger, qui que tu sois et d’où que tu viennes
    Parce que l’on vient d’un quartier ou qu’on veut bousculer leur aile
    Parce qu’on est libres et rebelles
    Candides mais sur les nerfs
    Calmes comme le temps ou d’un tempérament nucléaire
    Oui, nous sommes l’intrigue aux frontières du réel
    Porteurs d’un dernier souffle
    Regarde dehors ce que la rue s’révèle
    La mauvaise foi, au rang du réveil
    Croire en elle c’est comme parler de solidarité avec un gars du Médef
    Ca sert à rien ça s’appelle se voiler la face
    Quand l’ignorance se cache derrière son ignorance avare
    Il en devient virulent, violent, défenseur de vos rangs
    S’accrochant à toutes vos romances, dévorant tout sur son passage
    Nous, nous sommes le brassage
    L’alliage du cœur et d’ la rage
    D’la base et d’la marge, nous on fait trembler vos palaces
    Voici les trublions, on changera le monde que vous le vouliez ou non
    Car c’est notre destin et que l’histoire nous donnera raison !

    [REFRAIN]
    Écartez vous si vous êtes trop lâches pour voir la vérité
    Laissez passer les esprits libres
    Lignée de ceux qui renverseront l’histoire
    On ne changera pas le monde si on compte sur les pessimistes
    Alors fermez la maintenant, on en a marre de votre poison
    V’nus faire péter les cloisons, car c’est l’heure de la moisson
    Fermez- la maintenant, bande de propageurs de vibes sombres
    Fermez- la maintenant !

    [COUPLET 2]
    Pourquoi tu nous prends d’haut ?
    Sors de ta bulle et on en reparle
    On construit pour mieux faire trembler leurs remparts
    Sache que la beauté de la vie dépend de ton regard
    Et qu’ lorsqu’un proche part à jamais non y’a jamais d’au revoir
    Tout part en live et ça prétend qu’c’est normal
    C’est vos rêves qu’ont fait ce monde et il ressemble à un cauchemar
    Ne nous fais pas la morale si tu as la tête de leur format
    Le cœur qui fait trop mal
    Tu comprends pas, normal, le tiens est dans le coma
    Après des siècles de trauma le flambeau n’est pas éteint
    Il a traversé les siècles et on est plein
    On a vu la bête essayer de nous étreindre
    Elle est sortie de vos têtes pour nous enfermer dans l’écrin
    Son vice on le connaît bien, ça fait un baille qu’il s’est trahi
    Le système n’est qu’une abomination qui s’est bâtie
    Sur les plus faibles, voué à s’écrouler, allez leur dire !
    Mais qui peut être heureux quand tout le vivant est meurtri ?

    [REFRAIN]
    Écartez vous si vous êtes trop lâches pour voir la vérité
    Laissez passer les esprits libres
    Lignée de ceux qui renverseront l’histoire
    On ne changera pas le monde si on compte sur les pessimistes
    Alors fermez la maintenant, on en a marre de votre poison
    V’nus faire péter les cloisons, car c’est l’heure de la moisson
    Fermez- la maintenant, bande de propageurs de vibes sombres
    Fermez- la maintenant !

    [COUPLET 3]

    On entend que vous depuis des siècles
    Votre parole est monopole
    Pédagogie « garde à vous », pensée unique et holocauste
    Vous êtes en nous, nous sommes en vous puisqu’on est l’autre
    Ressurgi des vieux bûchers car aujourd’hui sera notre époque
    Donc on s’exprime et nos idées résonnent
    Partout, parce qu’on porte le même cœur
    Et qu’on s’est reconnu dans l’autre
    Bande de sorciers, ça fait un baille que vos mots nous endorment
    Arrivent à corrompre les nôtres jusqu’à voir l’enfer prendre forme
    Mais voici l’temps des révélations
    Qu’ils veuillent ou non, la dernière génération
    Avant autre chose, la chute ou l’élévation
    On a envers vous aucune vénération
    Sans l’accélération l’passage aura la couleur de sa considération
    C’est la guerre des esprits, conquête des imaginaires
    On arrive à l’heure du choix, à la croisée des chemins
    Le choix d’une civilisation, il y a longtemps partie en quête
    Face à son propre destin

    [REFRAIN]
    Écartez vous si vous êtes trop lâches pour voir la vérité
    Laissez passer les esprits libres
    Lignée de ceux qui renverseront l’histoire
    On ne changera pas le monde si on compte sur les pessimistes
    Alors fermez la maintenant, on en a marre de votre poison
    V’nus faire péter les cloisons, car c’est l’heure de la moisson
    Fermez- la maintenant, bande de propageurs de vibes sombres
    Fermez- la maintenant !

    Lire la suite

  • A qui profite le crime ?

    REGARDEZ BIEN DANS QUELLE POCHE TOMBENT LES SOUS...Et puis, c'est un bon moyen aussi de juger de "la liberté d'expression", VASTE SUPERCHERIE. Tous ces gens ont des intérêts et ils ne parlent qu'en fonction de ça, pas par rapport à un droit de parole, à l'équité, à la liberté...


    Accueil > Médias & pouvoirs > Qui possède quoi ?

    Qui possède quoi ?

    Créé le 24-01-2007 à 15h54 - Mis à jour le 02-09-2008 à 17h13

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    TF1, France 2, France 3, Canal+, France 5, Arte, M6, Paris Première, LCI, i-Télé, Direct 8, RTL9.

    Les radios:
    Europe 1, Europe 2, France Culture, France Info, France Inter, France Musique, Fun Radio, Le Mouv', Nostalgie, NRJ, RFM, Rire et chansons, RTL.

    Les quotidiens nationaux:H
    La Croix, L'Equipe, Les Echos, Le Figaro, L'Humanité, Libération, Le Monde, Le Parisien/Aujourd’hui en France, La Tribune

    Les quotidiens gratuits:
    20 Minutes, Direct Soir, Métro.

    Les magazines:
    Ca m’intéresse, Capital, Challenges, Courrier international, Elle, L'Etudiant, L'Expansion, L'Express, Femme actuelle, Géo, L'Histoire, Le Journal du Dimanche, Lire, Marianne, Le Monde 2, Le Monde diplomatique, Le Nouvel Observateur, Paris Match, Pèlerin magazine, Première, Le Point, Public, Sciences et Avenirs, Télérama, Valeurs Actuelles, Voici, VSD.

    Les quotidiens régionaux:
    L'Alsace, Bien Public, Centre Presse, Charente Libre, Corse Matin, Courrier de l'Ouest, Courrier Picard, Dauphiné Libéré, Dépêche du Midi, Dernières Nouvelles d'Alsace, Dordogne Libre, Echo Républicain, L'Eclair, L'Eclair des Pyrénées, Est Républicain, L'Indépendant, Journal de la Haute Marne, Journal de Saône et Loire, Liberté de l'Est, Liberté de Normandie, Maine Libre, Midi Libre, Nice-Matin, Nord Eclair, Nouvelle République des Pyrénées, Ouest France, Presse de la Manche, Presse-Océan, le Progrès, La Provence, République des Pyrénées, Sud Ouest, Var-Matin, Vendée Matin, La Voix du Nord.


    AB
    Le Groupe AB est le premier éditeur et diffuseur indépendant français de chaînes thématiques. Le groupe anime 20 chaînes thématiques, dont RTL9, détenue à 65%. Il possède 40% de TMC. Par AB Sat, il diffuse AB1, AB Moteurs, Action, Animaux, Chasse et pêche, CineBox, CineComic, CineFX, CinePolar, Encyclopedia, Escales, Fit TV, Mangas, Musique Classique, RFM TV, Toute l'histoire, XXL, Zik.
    Les chaînes thématiques représentent 56% de son chiffre d'affaires, les programmes télévisés 36% et le merchandising 8%.
    La société a été rachetée par Claude Berda, lequel, tout en restant majoritaire, a cédé 33.5% de ses parts au groupe TF1, le 5 décembre 2006.

    AMAURY
    Outre le Tour de France et le Paris-Dakar, Amaury détient: Le Parisien/Aujourd’hui en France (49%), L’Echo républicain, L’Equipe, France Football, Vélo Magazine et L'Equipe TV. En mars 2006, il lance l'hebdomadaire Rugby Hebdo, dont la parution est arrêtée en décembre 2007.
    Le groupe Amaury est détenu à 75% par la Société civile Amaury et à 25% par Hachette Filipacchi Medias (Lagardère).

    BAYARD PRESSE
    La structure du groupe est 100 % assomptionnistes (congrégation religieuse catholique des Augustins de l'Assomption, fondée en 1850). Le président du directoire est Bruno Frappat.
    Il édite les titres :
    - La Croix (Chiffre d'affaires 2005 : 29,4 millions d'euros, provenant à 83% des abonnements).
    - Les magazines Pèlerin, Notre temps, Vivre Plus, Vermeil (arrêt en 2007), Pomme d'Api, Astrapi, Babar, Popi, Youpi, Okapi, J'aime lire, Je bouquine, Les dossiers de l'actualité, Phosphore, J'aime la BD, Filotéo (ex-Grain de Soleil)...
    - BSE (Bayard Service Edition) : La Revue des scouts de France, la Revue des frères des écoles chrétiennes et l'agence photo Ciric France.
    - 66% de la SER (Société d'édition de revues) : revues jésuites Christus et Etudes. Cette société, dont les 34% restants sont détenus par la Compagnie de Jésus, a été créée en 2001 suite au rapprochement de Bayard et d'Assas Editions.
    - Après le rachat de Milan Presse en 2004, il édite également en presse jeunesse : Picoti, Toupie, Toboggan, Petites mains, Histoires pour les petits, J'apprends à lire, Wakou, Manon, Moi je lis, Wapiti, Julie, Les clés de l'actualité Junior, Lolie, Les clés de l'actualité, Toboclic, Mobiclic. En presse régionale : Alpes Magazine, Pyrénées Magazine, Pays basque Magazine, Provence Magazine, Bretagne magazine, Histoire et Patrimoine, Ethno, ainsi que Terre sauvage.
    Le groupe Bayard - Milan Presse représente 27% de la part de marché de la presse jeunesse en France, ce qui le place au premier rang, devant Hachette-Disney (25%). Le groupe enregistrait un chiffre d'affaires de 433 millions d'euros en 2005.

    BERTELSMANN
    Bertelsmann est le premier groupe de médias européen.
    - L’Allemand est l’actionnaire majoritaire de RTL Group, soit 39 chaînes de télévisions et 33 radios, dont en France les radios RTL, RTL2, Fun radio, la chaîne de télévision RTL9 et le groupe M6 : les chaînes de télévision M6, TF6 (50%), Paris première, Téva, Série Club, Fun TV, W9, M6 Music Hits, M6 Music Rock, M6 Music Black et M6 Boutique La Chaîne.
    - Bertelsmann possède aussi la majorité du capital de Grüner + Jahr, qui contrôle Prisma Presse (les magazines Capital, Management, Géo, Géo Ado, National Geographic, Ca m’intéresse, Prisma TV, Télé 2 semaines, Télé Loisirs, TV grandes chaînes, Voici, VSD, Gala, Femme actuelle, Femme actuelle jeux, Prima, Prima cuisine gourmande, Prima maison, Bien dans ma vie, Jasmin, Cuisine actuelle, Guide cuisine).

    BOLLORE
    - Dans la presse écrite, Bolloré a lancé en 2006 le gratuit Direct Soir, diffusé à 500.000 exemplaires dans 15 villes de France. Il est associé au Monde pour Matin plus, lancé en février 2007.
    - Bolloré détient 10% de la société Gaumont et 31% de Havas. Le groupe exploite "Radio des Nouveaux Talents" et diffuse depuis le 31 mars 2005 sur la TNT la chaîne Direct 8.
    - Depuis la fusion en 2006 des activités de Bolloré Investissement au sein du groupe, la Financière de l'Odet détient en direct le groupe Bolloré. Le groupe Bolloré appartient également à AGF Vie (15,9% des parts), Groupama (4,6%) et la Société Industrielle et Financière de l'Artois (2,4%).
    - Les activités du groupe se répartissent entre: transport et logistique (84%); industrie (7%), médias, actifs financiers et divers (6%); distribution d'énergie (3%)
    En 2007, le groupe réalise six milliards d'euros de chiffre d'affaires et emploie 6 000 personnes en France. Il est dirigé par Vincent Bolloré.

    CANAL PLUS
    Le Groupe Canal Plus est une filiale à 100% de Vivendi Universal. Il regroupe les chaînes Canal+, i-Télé, et 17 chaînes thématiques, dont Canal+ Sport, Canal+ cinéma, planète, Kiosque, Sport+, NBA+, Comédie (71%), Cuisine TV (66%).
    Le groupe est actionnaire minoritaire de Pink TV.
    Canal+ a fusionné ses activités françaises avec TPS.
    - Le groupe Vivendi est présent dans la musique, la télévision, le cinéma, la téléphonie mobile, internet et les jeux. Le groupe possède également 20% de NBC Universal. Vivendi contrôle à 100% Universal Music Group, à 56% SFR (qui est actionnaire à 40,6% de Neuf Cegetel), ainsi que Vivendi Games et Maroc Telecom.
    Le capital social de Canal+ SA est de 95 017 326 euros détenu à 49% par Canal+ Groupe, à 11,52% par le Crédit industriel d'Alsace et Lorraine, à 5% par Pathé, à 4,48% par le Credit Suisse First Boston LTD, à 5,10% par le public.
    En 2005, le chiffre d'affaires du groupe Vivendi s'élevait à 19.5 milliards d'euros. Bertrand Méheut est le PDG du groupe.

    LA DEPECHE
    Le groupe La Dépêche appartient pour 67,3% à Occitane de Communication (holding de la famille Baylet), pour 15% à Hachette Filipacchi Médias (Groupe Lagardère) et pour 6% à Pierre Fabre (Sud Communication).
    Le groupe La Dépêche a pour PDG Jean-Michel Baylet, sénateur, président du conseil général de Tarn-et-Garonne et président du Parti radical de gauche.
    - Dans la presse écrite, le groupe possède La Dépêche du Midi, Midi Olympique, Le Petit Toulousain, La Nouvelle République des Pyrénées, Le Petit Bleu, Le Villefranchois.
    - Dans les gratuits, il possède la SARL Publi et 20 Minutes Toulouse, en partenariat avec le groupe Schibsted.
    - Le groupe détient une participation dans La Gazette de Nîmes et dans La Gazette de Montpellier (33%). Il possède 80% d'Hima Média, éditeur du mensuel gratuit Je Paris ainsi que Toulouse Mag, Toulouse Femmes et Toulouse Matchs.
    - Dans l'audiovisuel, le groupe La Dépêche détient 22% de Télé Toulouse (TLT) ainsi que La Dépêche TV.

    EST REPUBLICAIN
    Le groupe Est Républicain possède 51% de la société EBRA (Est, Bourgogne, Rhône-Alpes), Le Crédit Mutuel contrôlant les 49% restant. EBRA est devenu le premier groupe de presse quotidienne régionale de France.
    - EBRA publie: L'Est Républicain, Les Dernières Nouvelles d'Alsace, Le Journal de la Haute Marne, La Liberté de l'Est.
    - Le quotidien L'Alsace, qui appartient pour 80% au Crédit mutuel, devrait rejoindre le groupe EBRA.
    - Dans la presse hebdomadaire, le groupe publie: La Presse de Gray, La Presse de Vesoul et La Tribune de Montélimar.
    - EBRA publie également le gratuit d'annonces Top Est.
    - Dans l'audiovisuel, le groupe assure la correspondance TF1 et la sous-traitance audiovisuelle de M6 Nancy, TLM (Télé Lyon Métropole), SAPA, Carmin.
    Le capital du groupe Est Républicain est détenu à 33% par la famille Lignac et à 28 % par France Antilles, aujourd'hui groupe Hersant.

    ETAT FRANCAIS
    Appartiennent à l’Etat :
    - les chaînes du groupe France Télévisions : France 2, France 3, France 4, France 5, RFO
    - les antennes de Radio France : France Inter, France Info, RFI, France Bleu, France Culture, France Musique, Le Mouv’, Fip.
    - La chaîne franco-allemande Arte est détenue à 50% par Arte France (France Télévisions 45%, État français 25%, Radio France 15% et INA 15%).

    FINANCIERE PINAULT
    - Holding de la famille Pinault, la Financière Pinault possède 100% d'Artémis, qui possède 100% de la Sebdo SA, la Société d'exploitation de l'hebdomadaire Le Point, dont Franz-Olivier Giesbert est le président-directeur général et le directeur des publications.
    - Artémis est également actionnaire majoritaire (82%, part qui devrait monter à 100%) du groupe Finintel, qui édite le quotidien économique L'Agefi et l'hebdomadaire Actifs, et qui possède Companynews (communiqués de presse). Les médias et communication représentent 2% du portefeuille d'Artémis. 56% sont dédiés au luxe et à la distribution : PPR, Fnac, Gucci, Christie's international, Château Latour…
    Artémis participe à 12% dans la chaîne TV Breizh.
    La Financière Pinault possède 1,1 % de la chaîne KTO.
    - Sebdo SA publie Le Point, La Recherche, L'Histoire (par le biais de sa filiale Société Editions Scientifiques), Historia (par les Publications Taillandier, dont la participation de Sebdo SA s'élève à 100%), Le Magazine Littéraire (par Société Magazine Expansion, participation Sebdo SA : 30%) et Epok, magazine réalisé pour la Fnac (Le Point Développement).

    L'HUMANITE

     L'Humanité est dirigé par Patrick Le Hyaric. Le capital est réparti ainsi :
    - 20% sont détenus par la Société des lecteurs et lectrices de l'Humanité
    - 20% par la Société Humanité Investissements Pluralisme (Hachette-TF1-Caisse d'Epargne)
    - 10% par la Société des personnels de l'Humanité
    - 40,71% par des actionnaires individuels (représentant le Parti communiste)
    Le groupe édite : L'Humanité, L'Humanité dimanche, La Terre, Pif éditions (Pif Gadget, Glop Glop !, Tout à Lire). Le chiffre d'affaires en 2006 s'élevait à 29,9 millions d’euros, dont 3,39 provenant de la publicité.

    LIBERATION
    Les actionnaires de Libération ont voté le 5 janvier le changement de statut et la recapitalisation du journal, après trois mois de crise. Le journal s’est doté en février 2007 d’un conseil de surveillance et d'un directoire.
    Dans le nouveau capital, Edouard de Rothschild reste le premier actionnaire (38,7%), suivi de l'Italien Carlo Caracciolo, co-fondateur de La Repubblica, avec 33,3%. Pathé possède 10%, Mediascap (La Libre Belgique) 8%. Libération compte également des investisseurs à titre personnel, parmi lesquels Pierre Bergé, André Rousselet, Bernard Henri Lévy et Henri Seydoux, représentant 8% du capital. Suez détient 2%. Libération détient 26% de son imprimerie, le CIPP (Centre d'impression de la presse parisienne), appartenant au groupe Riccobono.
    En novembre 2006, un "projet de refondation" assorti d'un important plan social, d'un changement des statuts et d'une recapitalisation de 15 millions d'euros est adopté par les salariés qui ont accepté la présidence de Laurent Joffrin.
    Serge July, le patron historique de Libération avait été contraint à la démission par Edouard de Rothschild en juin 2006. Plusieurs figures historiques du journal sont également parties.
    Le chiffres d'affaires 2006 était estimé à 34 millions d’euros et celui prévisionnel pour 2007 à 33 millions d’euros (Le Figaro, 5 octobre 2007)

    LAGARDERE
    Le groupe français Lagardère est présent dans l’armement et l’aéronautique (14,95% du groupe EADS : Airbus, Eurocopter…), le livre (Hachette), la distribution (Hachette distribution service : Relay, Virgin…), l’audiovisuel et la presse. Le groupe est dirigé par Arnaud Lagardère, ancien président de Matra et Hachette.
    - Parmi les activités audiovisuelles : Europe 1, Europe 2, RFM et 17 radios à l’étranger. 11 chaînes thématiques de télévisions, notamment MCM, Europe 2 TV, Canal J, Gulli, Mezzo. Lagardère Active possède aussi 34% de CanalSat.
    - Dans le secteur de la presse écrite, Lagardère possède, via Hachette Filipacchi Media (HFM), rebaptisé Hachette Holding en octobre 2007, 260 titres dans 41 pays. Soit, selon le groupe, plus de 1 milliard d'exemplaires et plus de 130.000 pages de publicité vendues par an.
    - Parmi les titres vendus en France : Le Journal du Dimanche, Paris Match, Elle, Première, Isa, Choc, Psychologies Magazine, Public, Version Femina, TV hebdo.
    - Le groupe détient 20% de L’Alsace, 15% de La Dépêche du Midi et 5,4% du Monde.
    - Lagardère détient aussi une participation de 25% dans les Éditions Philippe Amaury (Le Parisien, L’Équipe).
    - Hachette Holding  détient 42% du groupe Marie Claire (Marie Claire, Marie Claire Maison, Cosmopolitan, Cuisines et Vins de France, Avantages, Marie Claire Idées, Famili, Marie France, 100 Idées Jardin), qui est contrôlé par la famille Prouvost à 58%.

    LA VIE-LE MONDE
    Le groupe est contrôlé par la holding "Le Monde partenaires et associés" (LMPA), elle-même détenue à 52% par des actionnaires internes (Société des rédacteurs du Monde, Société civile des personnels des PVC, Association Hubert Beuve-Méry) et à 48% par des externes (InvestMonde, Le Monde Entreprises, Société des lecteurs du Monde). Sont aussi actionnaires du Monde SA : Lagardère (17%), Prisa (15%), Stampa (3%) et Le Nouvel Observateur (1,8%).
    - Dans la presse quotidienne nationale, le groupe édite Le Monde et les publications associées Dossiers & documents et Le Monde 2.
    - LMPA contrôle également Courrier international, Le Monde de l'Education, La Lettre de l'Education, le Monde diplomatique, Manières de voir et Cahiers du cinéma.
    - La filiale Télérama SA édite Télérama.
    - La filiale Malesherbes Publications édite La Vie, Le Monde des religions, Prier, Les Clés de la foi et Ecritures.
    - La filiale Sper détient Danser, Top Famille Magazine (en partenariat avec Hachette Filipacchi Médias) et Voiles et Voiliers (50% avec le groupe Ouest France).
    - Par diverses filiales, le groupe contrôle les publications : Les Cahiers du cinéma, Ulysse, Le Monde des ados, Je lis déjà, Abricot, Papoum, Je lis des histoires vraies, Mille et une histoires, Mon journal arc-en-ciel, Les P'tites sorcières, Les P'tites princesses et Pirouette.
    La filiale Les journaux du Midi (ex-Groupe Midi Libre) édite Midi Libre, L'Indépendant, Centre Presse (Aveyron), La Semaine de Nîmes, La Semaine du Roussillon, Le Journal de Millau, L'Aveyronnais, Le Catalan, Judiciaire, Terre de Vins, Terres Catalanes.
    - La Vie-Le Monde détient 34 % dans Timbropresse (Timbres magazine), 6 % dans le Nouvel Observateur, 5 % dans la Vie du rail, 5% dans Le Temps (Suisse), 12% dans l'Echo du Centre, 9% dans Édition du Témoignage Chrétien.
    Le chiffre d'affaires 2006 est estimé à 650 millions d’euros.

    LVMH
    Le groupe de Bernard Arnault a racheté en 2007 Les Echos, ex-propriété du groupe britannique Pearson. LVMH est un groupe français, leader mondial de l'industrie du luxe en terme de chiffres d'affaires. Il est détenu à 47,5 % (et 64 % des droits de vote, au 31 décembre 2004) par le Groupe Arnault, et donc à travers lui par Bernard Arnault.

    MARIANNE
    L'hebdomadaire a été lancé en 1997 suite à l'arrêt de l'Evénement du Jeudi. Il est dirigé par Jean-François Kahn. Son chiffre d'affaires en 2005-2006 s'élevait à 24 millions d'euros.
    Son capital se répartit ainsi :
    - 40% sont détenus par Marianne Finance (Jean-François Kahn et Maurice Szafran)
    - Les 49,4% que détenait Robert Assaraf (président de Radio Shalom) ont été rachetés par Yves de Chaisemartin (25,4%), Thierry Verret et Guy Sitbon (24%)
    - Autres actionnaires : Paul Lederman, Franck Ullmann, Financière Bazire.

    METRO INTERNATIONAL
    Editeur du quotidien gratuit Métro, Metro France est détenu à 65,7% par Metro International et à 34,3 % par TF1 depuis septembre 2003.Le groupe suédois Modern Time Group (MTG) est l'actionnaire principal de Metro International.
    En janvier 2001 a été fondée une agence de presse interne, Metro World News. Le chiffre d'affaires 2006 de Metro France s'élève à 37,4 millions d’euros.

    NEWS PARTICIPATIONS
    La holding personnelle d'Alain Weill, P-dg de NextRadioTV (RMC, BFM, BFM TV, Groupe Tests) est en passe de racheter le quotidien économique La Tribune, ex-propriété de Bernard Arnault.

    NOUVEL OBSERVATEUR
    Claude Perdriel, son PDG, détient 93% du groupe Nouvel Observateur. Le Monde en détient 6% et la société des rédacteurs 1%. Son chiffre d'affaires est évalué à environ 150 millions d'euros.
    Le groupe édite Le Nouvel Observateur, Challenges (hebdomadaire économique) et Science et Avenir.

    NRJ GROUP
    L'actionnaire principal de NRJ Group est Jean-Paul Beaudecroux qui détient 72,6% du capital. 3,88% va aux autres membres du Directoire et du Conseil de surveillance et 23,19% à l'actionnariat public.
    Le groupe possède 100% de NRJ, Radio Nostalgie et Sonopar, qui diffuse Rire et Chansons. Chérie FM lui appartient à 99,99%.
    Le groupe est présent sur internet avec e-NRJ, à la télévision avec NRJ 12, dans la téléphonie mobile avec NRJ Mobile (89,99%), dans la musique avec Canal Music, NRJ production et NRJ audio.
    Le groupe possède également des radios en Suède, en Allemagne, en Belgique, en Finlande et en Norvège.
    Jean-Paul Baudecroux est président du Conseil de surveillance et Marc Pallain, président du Directoire.
    En 2006, le groupe a réalisé 398,3 millions d'euros de chiffre d'affaires.

    OUEST-FRANCE
    Le quotidien régional Ouest France est détenu à 99,97% par la société civile SIPA (Société d'Investissement et de Participations), laquelle appartient à 99,9% à l'Association pour le Soutien des Principes de la Démocratie Humaniste (association loi 1901), présidée par Jacques Duquesne.
    Les différents groupes de SIPA (Ouest France, Les Journaux de l'Ouest, Publihebdos, Precom et Sofiouest) éditent:
    - Ouest France (Diffusion: 781.000 exemplaires)
    - 20 Minutes (détenu par 25% par Ouest-France, 25% par Spir Communication, tous deux appartenant à SIPA, et 50% au groupe norvégien Schibsted)
    - Le Courrier de l'Ouest, Le Maine Libre , Presse-Océan/Vendée Matin/L'Eclair, La Presse de la Manche, la Liberté de Normandie
    - Les télévisions locales Angers 7 et Nantes 7,
    - Les radios Hit Ouest et Europe Régies Ouest
    - 37 hebdomadaires locaux d'information, dans 14 départements
    - des journaux gratuits d'annonce
    - Voiles et Voiliers (à 50-50 avec Sper, groupe La Vie-Le Monde), Le Marin, Produits de la Mer, Cultures Marines, L'Ostréiculteur.

    PEARSON
    Pearson, qui pèse 6,8 milliards de livres en Bourse (10 milliards d'euros), est propriétaire du groupe Financial Times et des éditions littéraires Penguin. C'est l'ancien propriétaire du quotidien économique français Les Echos. Il est surtout le numéro un de l'édition scolaire, universitaire et de formation professionnelle aux Etats-Unis.

    ROSSEL
    VNI (Voix du Nord Investissement), est détenu à 88% par le groupe belge Rossel. Il est dirigé par Michel Nozière (également responsable des pôles régionaux de la Socpresse avant leur cession). Le groupe Rossel est notamment le propriétaire du quotidien bruxellois Le Soir.
    La Voix du Nord avait été rachetée en 2004 par la Socpresse de Serge Dassault puis reprise en 2005 par Rossel.
    Le groupe édite : La Voix du Nord, Nord Eclair, Lille Plus (quotidien gratuit). Il détient 45%, avec le Crédit Lyonnais, du Courrier Picard.
    Sont édités aussi : le Phare Dunkerquois, l'Indicateur des Flandres, le Journal des Flandres, l'Echo de la Ly, La Semaine dans le Boulonnais, l'Indépendant du Pas-de-Calais, l'Avenir de l'Artois, Le Messager (Thonon), l'Essor Savoyard, la Savoie, le Pays Gessien, la Tribune Républicaine, La Maurienne, L'Indépendant du Haut-Jura, La Gazette du Morvan, le Courrier (Saint-Claude).

    ROULARTA
    La filiale française du groupe de presse belge contrôle à 100% le groupe Express-Expansion, soit les magazines:
    - L'Express, L'Expansion, L'Entreprise, Votre Argent, L'Etudiant, Transfac, Lire Classica-Repertoire, Point de Vue, Atmosphères, Maison française, Maison magazine, Côté Sud, Maison côté Ouest, Maisons côté Est, Guitar Part, Guitar Collector's, Guitare Classique, Pianiste, Keyboards-Recording, Radikal, Prestige AudioVidéo, Hi-Fi Audio Vidéo, Sonovision-Broadcast, Studio Magazine, Ciné live.
    - Roularta possède 100% du gratuit A Nous Paris et du réseau des éditions "A Nous…" en province.
    - Le groupe Roularta appartient aux familles Nolf et Claeys, actionnaires à 64,5 %. Les activités dans la presse française représentent 36 % des revenus de Roularta. Chiffre d'affaires de Roularta en 2006 : 609 millions d’euros, dont 35% en France. En intégrant le Groupe Express-Expansion : 760 millions d’euros

    SCHIBSTED
    Le quotidien gratuit 20 Minutes est édité par le groupe norvégien Schibsted, co-propriétaire à 50-50 avec Sofiouest et Spir (filiales de Ouest France) de 20 Minutes France.
    Les onze éditions européennes sont contrôlées par 20 Min Holding, détenu à 98% par Schibsted. Schibsted a acquis en juin 2006 les activités européennes de Trader Classified Media, éditeur notamment de La Centrale et de J'annonce. Son chiffre d'affaires en 2006 est de 43,3 millions d’euros.

    SOCPRESSE (GROUPE DASSAULT)
    La Socpresse appartient à 100% au groupe Dassault. C’est l’une des deux branche du groupe Hersant, l’autre étant Groupe Hersant Médias, ex-France Antilles.
    Elle édite Le Figaro, Le Figaro Magazine, Madame Figaro. La Socpresse possède aussi 40% du Journal du Dimanche (HFM - Lagardère). Elle a acquis le site culturel evene.fr en mai 2007.
    La Socpresse possède aussi 49% du Journal des Finances, le reste appartenant à Dassault Communication.
    En presse quotidienne régionale, le Pôle Nord (La Voix du Nord, Nord Eclair) a été cédé au groupe belge Rossel en 2005, le Pôle Ouest (Le Courrier de l’Ouest, le Maine libre, Presse-Océan/L’Eclair) a été cédé au groupe Ouest-France en 2005.
    Le Conseil d'Etat a annulé mercredi 31 janvier 2007 la décision du ministère de l'Economie d'autoriser EBRA à racheter cinq quotidiens régionaux de la Socpresse: Le Progrès, le gratuit Lyon-Plus, le Bien Public, le Dauphiné Libéré et le Journal de Saône-et-Loire. EBRA (détenue à 51% par l'Est Républicain et à 49% par le Crédit Mutuel) va préparer un nouveau dossier.
    Le groupe Dassault détient une participation dans Lagardère Active.
    Serge Dassault est président d’honneur de Dassault aviation (Mirage 2000, Falcon, Rafale…) et président de la Socpresse. Serge Dassault est sénateur UMP de l’Essonne et Maire de Corbeil-Essonnes.
    - Le pôle de presse quotidienne régionale dans le sud de la France, qui comprend notamment La Provence, Nice Matin, Var Matin, Corse Matin et Marseille Plus, a été cédé en décembre 2007 pour 160 millions d'euros, par Lagardère au Groupe Hersant Média (GHM).

    SUD OUEST
    Le groupe Sud Ouest est détenu à 80% par la famille Lemoine, à 10% par la société des journalistes et à 10% par la société des personnels.
    Via Sapeso, Charente Libre, Pyrénées Presse, Atlanpresse, le groupe Sud Ouest possède:
    - Sud Ouest, TV Hebdo Femina, Tout réussir dans la maison, La Charente Libre, La République des Pyrénées, L'Eclair des Pyrénées, la Dordogne Libre.
    - les hebdomadaires Saintonge, Haute Gironde, La Dépêche du Bassin, La Semaine du Pays basque, l'Hebdo, Le Résistant
    - des magazines consacrés au surf
    - Le gratuit Bordeaux 7, des journaux d'annonces gratuits sur 28 départements, 45 magazines gratuits thématiques sur 43 départements et 7 éditions en Espagne
    - la chaîne de télévision locale TV7 Bordeaux
    En 2006, le groupe a réalisé 325,4 millions d'euros de chiffre d'affaires.

    TF1
    TF1 est la première chaîne de télévision généraliste française, avec 31,6% de part d'audience en 2006. Le chiffres d'affaires de TF1 s'élève à 2,7 milliards d'euros en 2006. Le Groupe TF1 est un groupe de communication:
    - Il détient à hauteur de 100% TF1, LCI, Eurosport France, TV Breizh, Odyssée, Histoire, Ushaïa TV.
    - Il possède 9,9% du "nouvel ensemble" Canal+ France : CanalSat, Canal+, TPS, Multithématiques (Planète, Canal Jimmy, Ciné Cinémas, Ciné Classic...), Kiosque, Sport+...
    - Il détient 50% de France 24
    - Il détient 34,3% du capital des Publications Métro France et 49% de Prima TV.
    - TF1 détient 33.5% de AB groupe.
    TF1 regroupe entre autres 5 maisons de production, une société de contenus multimédia, e-TF1 et Teleshopping.
    Nonce Paolini est Président-directeur général. 
    Le Groupe TF1 est détenu à 42,9% par Bouygues, qui possède également Bouygues Télécom, troisième opérateur de téléphonie mobile en France.
    Dirigé par Martin Bouygues, le groupe Bouygues rassemble : Bouygues Construction (BTP); Axione (Constructeur et Operateur de réseaux); Colas (routes); Bouygues Immobilier.
    Le chiffre d'affaires total de la société Bouygues est évalué à 26 milliards d'euros fin 2006.

    Sources : Documentation du
    Nouvel Observateur, Rapport de la commission Lancelot sur les problèmes de concentration dans le domaine des médias, site de l'ESJ et informations communiquées par les sociétés.

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  • Hommage à Hugo Chavez

    Un hommage très appuyé d'un homme politique français.

    Merci à lui.

    Lurel s'enflamme pour Chavez : «C'est De Gaulle plus Léon Blum»

    P.Th. | Publié le 09.03.2013, 11h20 | Mise à jour : 12h48

    Victorin Lurel, qui représentait le gouvernement français aux obsèques de Hugo Chavez vendredi à Caracas, a confié son émotion à la presse après la cérémonie.

    Victorin Lurel, qui représentait le gouvernement français aux obsèques de Hugo Chavez vendredi à Caracas, a confié son émotion à la presse après la cérémonie. | AFP/Jean-Christonphe L'espagnol

    Zoom
    «Le monde gagnerait à avoir beaucoup de dictateurs comme , puisqu'on prétend que c'est un dictateur». Eu égard à la réserve affichée par les grandes puissances occidentales, dont l'exécutif français, depuis le décès du charismatique et controversé président vénézuélien, cette petite phrase du ministre des Outre-mer, Victorin Lurel, devrait faire grand bruit. «Ça pourra m'être reproché», a d'ailleurs d'emblée admis le ministre.

    Représentant de la France aux obsèques du président défunt, le ministre s'est-il laissé emporter par la ferveur qui règne à Caracas ? Il a tout en cas rendu un hommage vibrant à l'ex-homme fort du Venezuela, au micro de RTL : «Toute chose égale par ailleurs, Chavez , c'est De Gaulle plus Léon Blum. De Gaulle, parce qu'il a changé fondamentalement les institutions. Puis Léon Blum, c'est-à-dire le Front populaire, parce qu'il lutte contre les injustices.»

    «Il a respecté les droits de l'homme»

    S'il a reconnu qu'«on peut ne pas être d'accord avec telle ou telle action d'Hugo Chavez», Victorin Lurel a souligné que «les gens sont fiers de ce qu'il a fait pendant quatorze ans». Quatorze années au cours desquelles, a insisté le ministre, «il a respecté les droits de l'homme».

    Celui qui fut un soutien de Ségolène Royal, puis de François Hollande, pendant les campagnes primaires et présidentielles de 2007 et 2012, est également revenu sur l'embaumement d'Hugo Chavez. «Lénine a fait ça, Mao a fait ça... Je ne vous le cacherai pas, c'est d'un autre temps.» Et d'ajouter, de façon plus surprenante : «Mais bon, il était tout mignon, frais, apaisé comme peuvent l'être les traits de quelqu'un mort. On avait un Hugo Chavez pas joufflu comme on le voyait après sa maladie. C'était émouvant.»

    Autant de propos qui tranchent avec la mesure de l'hommage rendu par le président de la République. Il «exprimait, au-delà de son tempérament et de ses orientations que tous ne partageaient pas, une volonté indéniable de lutter pour la justice et le développement», avait simplement déclaré François Hollande ce mercredi. Le patron du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, soutien indéfectible du président vénézuélien, avait alors tempêté contre les «infects sociaux-démocrates qui depuis vingt-quatre heures déversent leur haine anti-chaviste».

    LeParisien.fr

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  • Indiens, mes frères.


    Belo Monte :
    pétition du Cacique Raoni

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    Actualités

    Cacique RAONI METUKTIRE - lettre de soutien au mouvement Idle no more et à mes frères indigènes du Canada

    Cacique RAONI METUKTIRE - lettre de soutien au mouvement Idle no more et à mes frères indigènes du Canada

    Introduction : Cri de ras-le-bol des populations amérindiennes du Canada, le mouvement Idle no more est en marche pour entrer dans l'Histoire des grandes contestations qui font avancer l'humanité. Un mouvement spontané que les autorités locales n'ont pas vu venir et qui fleure bon le printemps arabe, car il tire sa sève du peuple et des réseaux sociaux.

    Tout est parti de quatre femmes et d'une goutte d'eau, celle qui fait déborder le vase. Une loi, au nom affreux de matricule de prisonnier, la C-45, proposée puis adoptée par le gouvernement Harper, simplifiant l'acquisition de terres indigènes, révisant fortement à la baisse la protection des cours d'eau et des lacs, si chers à leur survie. 

    Le moment est tragique pour les peuples indiens du Canada. "Idle no more" ("l'inaction, jamais plus !") devient leur chant de guerre. Routes, chemins de fer, ponts sont entravés pacifiquement. Ouvriers, syndicats, ONGs, altermondialistes, le peuple reprend la rue et se joint aux indiens. C'est historique. La goutte, devient ruisseau, puis rivière, puis fleuve et bientôt une marée humaine, car Idle no more grandit chaque jour et ses affluents gagnent les recoins éloignés de la planète. 

    Elle fait peur aux médias, aux politiques, elle emprunte les chemins de traverse sur la toile. Elle est passée par les Etats-Unis, elle commence à gagner l'Europe, cette grande marée se gonfle aujourd'hui des eaux du Rio Xingu, frappé par le barrage de Belo Monte, par la voix de son plus ardent défenseur, le Cacique Raoni. Cette voix, celle d'un sage respecté dans le monde entier, a franchi 8 000 kilomètres. Elle jette un pont entre les drames de deux histoires parallèles : celle des peuples amérindiens du Nord et celle de leurs frères du sud. Les deux sont en cours et Idle no more peut en être un chapitre crucial. 

    C'est le sens de l'appui du Cacique Raoni. Les indiens et peuples autochtones de tous continents doivent marcher ensemble, avec à leurs côtés ceux qui, broyés par notre civilisation, se reconnaissent dans leur lutte. Le message de soutien du Cacique Raoni a la force et l'impulsion d'une marée. Son flux, la voix des Kayapo, part aujourd'hui vers le Canada. Son reflux, le chant des Premières Nations et d'Idle no more,  fera bientôt, souhaitons-le, le chemin inverse, pour gagner le Brésil et le reste du continent amérindien. Il pourrait éveiller les consciences, le peuple et faire vaciller les puissants.

    Gert-Peter Bruch - Planète Amazone 

     


     

     

    Cacique RAONI METUKTIRE, peuple Kayapo, Mato Grosso, Brésil 

     

     

    Lettre de soutien au mouvement Idle no more et à mes frères indigènes du Canada

     

    Par cette lettre moi, Cacique Raoni Metuktire, chef du peuple Mebengokre (Kayapo) natif du Brésil, je souhaite apporter mon soutien au mouvement Idle No More, né récemment au Canada et initié par nos frères indigènes de ce pays.  

    A l'été 2001, au mois d'août, j'ai eu l'honneur et la joie immense de rendre visite à certains d'entre eux. Avec d'autres représentants kayapo, Takrakudja, Patni et mon fils Tedje, nous avions répondu à l'invitation des Innus de la Côte-Nord du Québec et nous avons été accueilli dans les communautés de Mani-utenam, de Unaman-shipu, de Pakut-shipu et d’Ekuanitshit. J'avais soutenu, au nom de mon peuple, les efforts des Innus pour la préservation du Nitassinan et ses ressources naturelles. Nous avions pu nous rendre compte que bien que vivant très éloignés les uns des autres, nos deux peuples frères rencontraient les mêmes problèmes, faisaient face aux mêmes préoccupations, aux mêmes menaces : les barrages hydroélectriques, les prospections minières, la séparation des territoires indigènes pour construire des routes, la déforestation. A cela s'ajoutait la commercialisation de l'eau et le survol d'avions à basse altitude. Nous avons vécu cela sur nos propres terres et notre peuple a subi les conséquences que cela a entraîné sur l'écosystème, la faune, la flore, sur nos familles et sur nos activités traditionnelles.

    À Pakut-shipu, j'ai pu observer les installations du barrage Robertson et les bouleversements qu'il a entraîné sur le territoire des Innus. J'ai moi-même demandé l'appui du monde entier, au nom de mon peuple et d'autres peuples du Xingu, pour empêcher la construction du barrage de Belo Monte qui nous préoccupe tant. Beaucoup de gens nous soutiennent mais le gouvernement de mon pays ne veut pas les écouter, comme ils ne veulent pas m'écouter moi et mon peuple et comme le gouvernement du canada ne veut pas écouter la voix de nos frères indigènes.

    J'ai appris ce qu'il se passe en ce moment-même au Canada et je suis très préoccupé. J'ai appris que le gouvernement du Premier ministre Stephen Harper avait adopté en décembre 2012 le projet de loi C-45 sans avoir consulté préalablement les leaders des Premières Nations ni avoir obtenu leur consentement libre et éclairé, ce qui constitue une violation des traités autochtones signés par le Canada. J'ai appris que cette loi donne le pouvoir au ministre des Affaires indiennes d'engager des mesures afin d'enlever le statut de réserve à un territoire autochtone, laissant la porte ouverte à la privatisation des territoires indigènes du Canada. Encore une fois, tout est mis en place pour déposséder nos frères de leurs terres. J'ai appris que cette loi permettrait de réduire le nombre de lacs et rivières protégés au Canada. J'ai appris que cette loi allait assouplir les normes environnementale pour que les entreprises puissent augmenter les profits, sans se soucier de la pollution et de la contamination des populations autochtones, qui ont déjà beaucoup souffert à ce sujet. J'ai appris que cette loi mettait en danger l'eau potable dont nos frères indigènes ont besoin pour vivre. J'ai appris que cette loi allait affecter les pêcheurs. La pêche est essentielle à la survie de mon peuple et c'est l'une des raisons pour laquelle nous sommes opposés aux grands barrages qui y portent atteinte en entraînant la disparition de nombreuses espèces dont nous avons besoin pour survivre. Je comprends donc la grande préoccupation des pêcheurs du Canada.

    Tous comme les notre, les droits des populations autochtones du Canada sont protégés par la Constitution de leur pays et par les convention internationales relatives aux Droits de l'Homme. Tous comme les notre, les droits des populations autochtones du Canada sont bafoués par le gouvernement de leur pays.

    Le ministre des Affaires indiennes, John Duncan, affirme avoir visité 50 communautés autochtones et mené 5000 consultations mais lui et son équipe n'ont clairement pas obtenu le consentement des Premières Nations pour les sept projets de lois auxquels les militants d'Idle No More s'opposent. C'est pour toutes ces raisons que tiens à faire part de ma totale solidarité avec les activistes d'Idle No More, qui réclament du gouvernement Harper qu'il empêche l'application de la loi C-45 tant qu'il n'aura pas rencontré et consulté les leaders autochtones et obtenu leur consentement.

    J'ai appris que dans le monde entier les gens sont plus nombreux chaque jour pour soutenir le mouvement Idle No More, particulièrement à travers les réseaux sociaux. J'invite tous ceux qui me soutiennent dans mes actions à soutenir également Idle No More, comme j'invite tous ceux qui soutiennent le mouvement Idle No More à soutenir également la lutte de mon peuple Kayapo pour la sauvegarde des territoires indigènes et l'opposition au barrage de Belo Monte.

    C'est un même combat. ALors n'oubliez jamais que nous sommes plus forts quand nous sommes unis. C'est pourquoi mes frères indigènes du Canada pourront toujours compter sur mon soutien. Je suis aujourd'hui et je serais demain toujours auprès d'eux par l'esprit dans leurs luttes et manifestations pour sauvegarder leurs droits.

    Avec toute ma fraternité.

      

    Cacique Raoni Metuktire*

     


    *Le document original de cette lettre portait aussi les signatures de Megaron Txucarramae, Yabuti Metuktire et Ararapam Trumai, de grands représentants du peuple Kayapo.

     

    Idle no more sur le web:

    - site officiel (anglais)
    - facebook 

     

     

    Date de l'article : 01/03/2013

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