Blog

  • La mémoire cellulaire du cœur

    Charlotte Valandrey, témoignage
    d'une mémoire cellulaire ?

     

    http://www.inrees.com/articles/Charlotte-Valandrey-temoignage-d-une-memoire-cellulaire/

    A la suite d’une greffe de cœur reçue en 2003, Charlotte Valandrey a le sentiment de vivre et de ressentir des souvenirs qui ne lui appartiennent pas. Rêves, cauchemars, sensations de déjà-vu, nouveaux besoins... Une plongée au cœur de la mémoire cellulaire mêlée à une intrigue amoureuse. Extraits de son livre « De cœur Inconnu ».
    Le Taj Mahal est aussi beau, aussi blanc qu’en photo. Passé un porche qui le dissimule à dessein, il s’offre à vous d’un coup, majestueux, inouï.
    Au centre, une immense coupole protectrice symbolise la rondeur de l’amour, de la femme. A ses côtés, deux autres coupoles, plus petites qui ressemblent à des tétons. Autour, quatre colonnes, des tourelles effilées et hautes qui tendent vers le ciel, l’infini. La grâce du lieu immense me submerge. Lili est bouche bée. L’éblouissement incessant me fait tourner la tête. Je décide de m’asseoir sur un de ces bancs nombreux qui bordent le long bassin central. Je ferme les yeux en posant la tête entre mes mains. Lili me demande si je vais bien. Je ne réponds pas, je reste immobile. Je laisse le Taj Mahal illuminer mes yeux clos… Je me vois … marcher d’un pas régulier vers la coupole, le gravier craque sous mes pieds, je porte mon petit collier en or, et dans ma main, la main d’un homme… Je ne vois que sa main, son alliance, je ressens sa chaleur, la pression de ses doigts qui me guide. Je suis heureuse, pleinement. Et plus nous nous approchons du monument, plus je suis heureuse. Le lieu n’est pas très peuplé, l’air est presque frais. Puis, plus loin, sur la face du Taj Mahal, nous croisons nos mains sur un oiseau gracile sculpté dans le marbre. Sans rentrer dans le mausolée, nous contournons la coupole, longeons un fleuve calme, vert pâle, puis revenons devant l’entrée pour pénétrer ensemble à l’intérieur…
    - Charlotte ? Charlotte !
    Je sens la main de Lili secouer doucement mon épaule. J’ouvre les yeux. Je demande à Lili par un geste lent de me laisser dans mes pensées. La douceur de ces images intérieures me baigne encore quelques instants. J’aimerais la retenir, qu’elle puisse me remplir longtemps. Lili s’est assise à côté de moi, elle patiente en admirant tout autour d’elle la beauté du lieu. Quand le sentiment doux s’est enfin échappé, je ressens une puissante tristesse, une solitude que rien, personne, aucune pensée ne peut rompre. Je sens mes larmes déborder. Lili s’inquiète.
    - Mais enfin, parle-moi, qu’est-ce qu’il y a ? Pourquoi pleures-tu sans arrêt ?
    Je ne veux pas raconter ce qui m’appartient intimement, pas maintenant, j’aimerais retrouver ce souvenir d’où qu’il vienne pour le garder en moi. J’essuie mes yeux, me lève d’un coup en souriant à Lili et déclare :
    - Viens ma douce. Ce n’est rien, ça va passer, marchons.
    - C’est normal, tu es touchée…tu repenses à tout…
    - Oui, ça passera, je te dis…Viens, approchons-nous, c’est encore plus beau de près…Tu vas voir les fleurs, les oiseaux gravés…et, derrière, un fleuve paisible aux eaux vertes…
    - Lili me suit en m’interrogeant à voix basse d’un ton monocorde qui n’appelle pas de réponse : « Mais comment tu sais tout ça, toi ? »
    Sur l’esplanade surélevée, devant la coupole, je fais observer à Lili la délicatesse des fleurs, des lotus, roses, tulipes et des oiseaux verticaux aux longues pattes. « Celui-là est très beau, non ? » Je désigne un oiseau semblable à celui de mon rêve. Une sorte de héron, une cigogne tropicale, un oiseau qui vit au bord de l’eau avec un long bec pour piquer le poisson. Je suis heureuse de le revoir. Je le touche, le caresse. Mon cœur bat. Nous marchons lentement autour de la coupole et quand on aperçoit à nos pieds, bien en contrebas, le large fleuve, Lili s’exclame : « C’est étrange, il était invisible. Il ne figure même pas sur le guide… » […]

     

    Chez ma psy


    - Alors, Charlotte…
    - J’ai l’impression que ça fait une éternité que l’on ne s’est pas vues.
    - Trois semaines précisément.
    - Mon voyage en Inde était incroyable…
    - Je fais part à Claire de mes sensations troublantes de déjà-vu. Ce fleuve que je ne connaissais pas derrière le Taj Mahal, invisible de l’entrée, cette main d’homme dans la mienne, mes larmes devant le lac d’Udaipur…
    - Vous êtes entêtée, je vous reconnais bien là… Mais que croyez-vous ? Que vous revivez des souvenirs qui appartiennent à votre donneur ? Une expérience romantique de mémoire cellulaire ? Mais quelle amoureuse devant le Taj Mahal n’a pas ressenti une impression de déjà-vu ?
    - Mais j’ai décrit ce fleuve qui passait derrière, avant de le voir, il n’était signalé nulle part, je découvrais ce lieu !
    - Je vous crois, tout ça doit être troublant…Que vous dire… La sensation de déjà-vu est un phénomène courant que chacun a ressenti au moins une fois dans sa vie. Il intervient dans un contexte émotionnel fort et lorsque l’on vit finalement un événement longtemps désiré ou redouté. Votre description à l’avance de ce fleuve que vous ne voyiez pas peut être la résurgence d’un souvenir enfoui, d’une image oubliée. La mémoire inconsciente est comme la partie immergée de l’iceberg. Je ne crois pas à la voyance, ni à la mémoire cellulaire, à cet ésotérisme auquel vous semblez vous raccrocher. Si c’est vraiment cela qui vous intéresse, vous devez comprendre que je ne suis pas compétente pour vous répondre…
    - Mais à qui puis-je en parler alors ?
    - Avant de parler d’ « inexplicable », assurez-vous que c’est vraiment le cas. Réfléchissez, comment auriez-vous pu connaître l’existence de ce fleuve ? Cherchez, un guide, une photo, un livre, cela peut être il y a longtemps…Croyez-moi, si nous parvenons à comprendre tout ce qui est explicable dans notre fonctionnement, alors la part restante inexplicable ou irrationnelle est infime…Il ne faut pas sous-estimer les capacités immenses de notre cerveau, les connexions incroyables que nous pouvons faire, une photo marquante vue il y a quelques années peut resurgir comme cela alors que nous la croyions oubliée. Avant de vous intéresser aux mystères de la mémoire cellulaire, tentez de percer les mystères de votre propre mémoire… Quand avez-vous vu une représentation du Taj Mahal pour la première fois ? Vous êtes une amoureuse-née, ce symbole de l’amour a dû vous marquer il y a bien longtemps, quand ?
    - Alors, ça…
    - Oubliez la mémoire cellulaire, sondez un peu votre mémoire…Recherchez, souvenez-vous…
    - Je ne me souviens pas de la première photo que j’ai vue du Taj Mahal…
    Je m’interromps quelques instants et laisse ma mémoire opérer. Sollicitée par Claire, je me souviens maintenant d’une image précise.
    - Ce n’était sûrement pas ma première vision, mais, lorsque j’étais en rééducation après ma greffe, il y avait dans le couloir un poster du Taj Mahal qui me faisait rêver…
    - Très bien, peut-être ce fleuve y était-il présent…Vous trouverez d’autres images…Nos capacités de mémorisation sont surprenantes. L’oubli n’existe pas, nos souvenirs sont en veille, l’hypnose le démontre parfaitement comme l’analyse psychanalytique. Essayez de comprendre tout ce qui est explicable avant de vous passionner pour ce qui ne l’est pas. […]


    Au matin, je repense à mon rêve. Rien ne s’arrêtera si je ne cherche pas. Ni mes cauchemars, ni l’angoisse, ni les sensations puissantes de déjà-vu. Je dois retrouver ma sérénité pour pouvoir vivre mieux, travailler, pour préserver ma santé physique et psychique.
    Je vais aller au bout de tout cela. Je vais percer ce mystère qui s’est emparé de moi, trouver la lumière dans ces explications contraires. Je veux faire disparaître la peur et ces images d’une autre que moi. Tout cela n’est pas le fruit de mon imagination, le travail de mon esprit. J’ai beau chercher, je ne vois aucune symbolique dans ces rêves, ces sensations, rien qui ne m’appartienne. Ces images, ces goûts sont totalement, définitivement extérieurs, étrangers à moi, à qui je suis. Je vais suivre mon intuition.
    Je décide aujourd’hui, calmement, de rechercher seule l’identité de mon donneur, d’aller au bout de cette quête.

    De coeur inconnu, Charlotte Valandrey
    Le Cherche midi (Septembre 2
    011 ; 332 pages)

  • Exil fiscal

    http://www.lefigaro.fr/impots/2012/12/21/05003-20121221ARTFIG00624-gerard-depardieu-ses-amis-prennent-sa-defense.php

    Depardieu...
    Ils sont nombreux à revendiquer pour lui cette liberté. «Toutes ces années, Depardieu a bien travaillé pour la France. Qu'on le laisse tranquille!», affirme le réalisateur Jean Becker.

    La lettre ouverte de Philippe Torreton attaquant dans Libération Gérard Depardieu de manière injurieuse a déclenché une avalanche de réactions en faveur de l'acteur. De l'«assez minable» lancé par le premier ministre Jean-Marc Ayrault, on est rapidement passé à la vindicte de Philippe Torreton. Ses insultes envers le comédien ont été condamnées dans les colonnes du Figaro par Pascal Thomas, Jérôme Savary ou encore Xavier Giannoli. Vendredi, ce fut au tour de Catherine Deneuve de manifester dans un billet d'humeur sa désapprobation à «Monsieur Torreton…».

    Le courroux de la reine Catherine s'exprime par une allusion historique à la Révolution française: «Qu'auriez-vous fait en 1789, mon corps en tremble encore!» Le réalisateur Jean Becker, qui avait dirigé Gérard Depardieu dans La Tête en friche, répond: «Deneuve suggère que Torreton est un nouveau Robespierre. C'est un peu fort. Mais j'ai presque envie de lui donner raison. Vous voulez mon avis? Philippe Torreton est un con. Toutes ces années, Depardieu a bien travaillé pour la France. Qu'on le laisse tranquille!»

    Ils sont en tout cas nombreux à revendiquer pour lui cette liberté. À commencer par la comédienne Jeanne Moreau: «Chacun est libre de faire ce qu'il veut de sa vie. Personnellement, les histoires d'argent ne me gênent pas, ce qui m'ennuierait plutôt, ce sont les amitiés avec les dictateurs… Mais toute cette polémique ne me regarde pas et ne m'intéresse pas.»

    Pour le cinéaste Patrice Leconte, cette succession de lettres ouvertes publiées dans la presse «fait remonter à la surface les inimitiés, les rancœurs et les jalousies. Je suis proprement effaré des proportions prises par cette affaire qui n'en est pas une. C'est navrant. Je pense que les gens du métier se sont “balancés” parce qu'ils pensaient que c'était la fin du monde. Sinon, ils auraient fermé leur gueule.»

    Grande amie de Gérard Depardieu qu'elle a transformé en comte de Monte-Cristo, la réalisatrice Josée Dayan s'insurge contre les propos de Torreton et se dit «solidaire de la réponse de Catherine Deneuve et de celle de Fabrice Luchini». Ce dernier avait déclaré à Sud-Ouest: «Quand on attaque Depardieu, il faut avoir une filmographie solide. Moi, je ne fais pas de leçon de morale. Chacun dit ce qu'il veut.»

    Les blessures profondes

    Jean-Pierre Améris - qui vient de faire tourner Depardieu dans L'Homme qui rit d'après Victor Hugo (sortie le 26 décembre) - voit surtout en lui l'humanité et la poésie du génial comédien: «J'ai été surpris et choqué par l'attaque de Torreton: ça ne se fait pas entre gens du métier. Il devrait savoir qu'un acteur, c'est double, c'est triple, et que sa vérité est au moins autant sur scène et à l'écran que dans la réalité. A-t-on envie de savoir que Chaplin était radin? Souvent les acteurs ont un côté scorpion, autodestructeur et il y a de cela chez Gérard Depardieu, éternel gamin, éternel voyou, provocateur, avec cette tentation de gâcher les choses.»

    Sa fille Roxane, 20 ans, connaît bien les blessures profondes de son père. Elle lui a d'ailleurs écrit une déclaration d'amour sur lepoint.fr dans laquelle elle écrit: «Mon père est mis sur la sellette comme pour le procès d'un grand criminel (…). Malgré sa notoriété, c'est un homme que j'ai toujours vu vivre dans une grande simplicité et proche des gens. Il explore le monde avec excès. Il aura marqué le siècle avec une émotion que seul un grand cœur peut contenir.»

    Jean-Pierre Améris renchérit: «Il faut voir tout ce qu'il nous a donné, tout ce qu'il est capable de donner encore. Il n'est pas dans une tour d'ivoire, il s'expose, il prend des risques, avec une générosité et une humanité rares. On ne peut pas demander à une nature aussi exceptionnelle de faire tout bien. Il y a en lui des gouffres qu'il essaie de combler. Il est dans une fuite en avant, partagé entre pulsion de mort et avidité de vivre. Il me rappelle cette phrase de Victor Hugo qu'il prononce dans L'Homme qui rit: “Si seulement on pouvait sortir du malheur comme on sort d'une ville.”»


    Le problème, pour moi, n'est pas de savoir si c'est bien ou pas. On s'éloigne de la cause. Pourquoi est-ce qu'autant de gens fortunés quittent le pays ? Voilà la seule question à laquelle il faut répondre. Nous ne vivons pas dans une geôle, les portes sont ouvertes.

    Depardieu en a assez d'être taxé d'une façon qu'il juge démesurée. Il a de l'argent et il donne du travail à un grand nombre de personnes (restaurant, magasin de motos, vignobles etc...) Doit-on le lui reprocher ?

    C'est absurde.

    Ce taux d'imposition a été mis en place pour pallier aux folies financières, aux errances des euros députés, aux arrangements entre amis banquiers et politiciens. La crise économique ne vient pas des gens qui ont accumulé de l'argent par leur travail mais d'apprentis sorciers qui ont laissé jouer avec les allumettes des pyromanes financiers.

    Que l'Etat aujourd'hui s'en prennent aux grands capitaux est une aberration. Une fois que le maillage industriel aura disparu, une fois que ces capitaux seront partis, l'ensemble de la masse salariale en souffrira. On parle de "solidarité" mais si cela contribue à l'appauvrissement du pays, il s'agit surtout d'un désastre à venir.

    Pendant ce temps-là, les financiers continuent à percevoir des subsides dépassant l'entendement, les politiciens continuent à s'enfoncer dans leurs délires "eurocratiques" et l'Islande continue son renouveau. Là-bas, les politiciens corrompus sont en prison, les banques les plus spéculatives ont fermé, elles n'ont pas été sauvées par des crédits gigantesques contribuant ensuite à la hausse de la dette et donc des impôts. 

    ici, on marche sur la tête et on condamne les ouvriers en supprimant les patrons d'entreprise. Que les salaires des patrons du CAC40 soient honteusement élevés, c'est une certitude. Ils ne méritent pas une telle surenchère. Ile se débrouillent très bien d'ailleurs pour ne payer le moins d'impôts possible. TOTAL est un champion en la matière. Doit-on comparer Depardieu à Total ? 

    TOTAL est protégé par les politiciens. Pas Depardieu. Ni tous les petits patrons qui n'en peuvent plus.

    Que les médias s'amusent à retranscrire la guerre médiatique des tweet écrits par des people, c'est du paravent qui fait monter l'audimat.

    Depardieu mourra d'un infarctus ou se plantera en scooter. Dommage pour lui mais tout ça, c'est de l'esbrouffe et les politiciens sont bien contents que ça occupe la populace.

    Cette opposition entre le rat des champs et le rat des villes, entre le capitaliste et l'ouvrier, entre l'ISF et le RSA, tout ça, ce sont juste des pare-feux. Quand on craint pour un château de cartes qui a pris de la hauteur, on s'intéresse surtout à la solidité du support.

    Dans notre cas, le support, c'est l'Europe et plus profondément encore la mondialisation. C'est du sable mouvant. Ce qui se passe à la surface, ce sont les dégâts collatéraux. Pas la cause des troubles.

    Depardieu, c'est une carte. C'est tout. Il ne fait pas tenir le château à lui tout seul.

    Les fondations sont pourries. C'est là qu'il faut agir.

    Que les médias donnent le coût des euro députés. Là, on aura une bonne raison de s'indigner. Que des journalistes d'investigation enquêtent sur les réseaux financiers, les paradis fiscaux, tous ceux qui les protègent et en profitent, qu'ils mettent en avant tous les arrangements entre amis.

    Depardieu, c'est insignifiant...


    Les paradis fiscaux restent très influents

    Le Parisien a publié mardi 7 décembre un rapport du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) qui montre que depuis le début de la crise financière, la puissance des Paradis Fiscaux n’a pas régressé.

    «Les paradis fiscaux, le secret bancaire, c’est terminé », affirmait à la télévision Nicolas Sarkozy, le 23 septembre 2009. A en croire un rapport publié aujourd’hui par le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) et dont notre journal s’est procuré une copie, les choses ont très peu évolué pourtant depuis l’éclatement de la crise financière, il y a trois ans.

    La note est même particulièrement « salée pour les pays dont les richesses sont détournées vers les paradis fiscaux », s’alarme l’ONG qui souhaite obliger les multinationales à publier leurs comptes, pays par pays, voire filiale par filiale.

    Une activité économique artificielle
    « Les îles Vierges britanniques (qui comptent 830 000 sociétés pour 24 491 habitants en 2010), les îles Caïmans, le Luxembourg, l’île Maurice et les Pays-Bas ne représentent que 1% du PIB mondial et 0,27% de la population de la planète », constate l’étude. A eux cinq, ces pays pèsent pourtant « 1,7 fois plus que les Etats-Unis et trois fois plus que le Japon, l’Allemagne et la France réunis en matière d’investissements à l’étranger », s’étonne l’ONG, se basant sur des chiffres de l’OCDE. Explication : ces Etats sont un havre de paix pour les holdings et autres sociétés écrans. Certains de ces pays garantissent même l’anonymat aux investisseurs s’y domiciliant (fonds spéculatifs, sites de commerce ou de paris en ligne et même messagerie rose…). Des conditions idéales pour qui souhaite échapper au fisc.
    Mêmes mécanismes d’évasion pour l’épargne. Ilot de 116 km2 planté entre la France et le Royaume-Uni, le territoire de Jersey, où les taxes et les droits de succession sont quasi inexistants, gère ainsi près de 500 milliards d’euros d’actifs, abritait, l’an dernier, 1 030 fonds spéculatifs et comptait une banque pour 1 125 habitants.

    Le terrain de jeu préféré des multinationales
    Depuis le1er mars, les entreprises françaises implantées dans l’un des 18 paradis fiscaux référencés par le gouvernement (lire ci-contre) sont passibles de sanctions financières. « Ces dispositions ne valent que pour les pays n’ayant pas de convention fiscale avec la France », remarque Jean Merckaert, auteur du rapport. En revanche, pas de sanctions, a priori, pour les entreprises implantées dans des pays ayant un accord de coopération avec Paris. « Et comme ces Etats sont incapables de fournir des informations fiables sur les sociétés établies sur leur territoire, ajoute Jean Merckaert, pour ces dernières, le risque est quasi nul. » D’autant qu’elles sont souvent secondées par « nombre de banques, juristes et avocats d’affaires ».
    Soucieuses d’alléger leur comptabilité, de payer moins de frais de siège ou moins de droits de propriété, par exemple, les multinationales ont bien compris les avantages qu’offre l’implantation dans ces territoires à la fiscalité parfois opaque. Parmi les 50 premières entreprises européennes, trois (le britannique Lloyds, l’allemand Bosch et le français Total) ne donnent quasiment aucune information sur leurs filiales. Les 48 autres, elles, déclarent 4706 filiales dans des paradis fiscaux, nous apprend l’étude. Les entreprises françaises — dont certaines sont publiques! — n’échappent pas à la règle(tableau ci-contre), la palme revenant aux banques.

    Paradis fiscaux : Sarkozy protège Panama

    Ratifié dans la précipitation en toute fin d’année, le traité de coopération fiscal avec le Panama a fait peu de bruit dans la presse.
    En signant ce texte, la France permet à ce paradis fiscal de sortir de la liste noire des pays non coopératifs. Son gouvernement menaçait d’exclure les entreprise françaises de gros contrats, Nicolas Sarkozy a cédé au chantage de son homologue panaméen.

    Un petit coin de parapluie pour un coin de paradis ». Si Georges Brassens ne figure pas dans son iPod, Nicolas Sarkozy a pourtant retenu le refrain. En signant à la mi-2011 avec son homologue panaméen un accord fiscal, le président a offert le dernier paraphe des douze sésames nécessaires pour sortir ce petit paradis fiscal d’Amérique centrale de la liste noire des pays non coopératifs. Restait au Parlement à ratifier le fameux traité. Ce qui tardait au président panaméen. De passage en France fin novembre, à Ricardo Martinelli, était-il venu plaider la remise en ordre de sa législation sur l’identification des actionnaires, l’absence de comptabilité des sociétés off-shore ou des titres au porteur ? Rien de tout cela à en croire Valérie Pecresse, la ministre du budget, qui qualifiait encore le Panama d’état « non coopératif»,  quelques jours auparavant. Le Président est surtout venu menacer d’écarter les entreprises Française des contrats mirifiques du pays : Alstom pour le métro de Panama city (déjà signé) ou la Compagnie du Rhône pour l’élargissement du canal.

    Le 30 novembre, le gouvernement panaméen met ses menaces à exécution : la Coface qui assure les financements tricolores à l’export est mise hors jeu, fragilisant le contrat Alstom. Message reçu 5 sur 5 : le lendemain, le texte de ratification est déposé sur le bureau de l’Assemblée nationale, et adopté dans la foulée. Qu’importe que « Le Forum mondial a jugé, en septembre 2010, que le Panama satisfaisait trois critères sur dix », explique Nicole Bricq, la nouvelle rapporteur général PS du budget au Sénat, qui emporte un vote négatif au Palais du Luxembourg.  Sans doute, ayant à cœur de mettre en œuvre la promesse présidentielle, « les paradis fiscaux, c’est fini »,  la majorité UMP à l’Assemblée blanchit de facto le Panama en ratifiant le traité.


    Voilà des choses intéressantes...

    Pour qui travaillent les "journalistes" ?

    Les people du cinéma feraient mieux de se taire. Ils contribuent à l'enfumage.

    Lire la suite

  • Etre Soi.

    "Je veux être tout ce que je peux devenir."

    Katherine MANSFIELD (1888-1923)


     

    Cette phrase contient des extensions considérables.

    Que signifie "être" ?

    Que signifie « vouloir » ?

    Que signifie "pouvoir" ?

    Qui est "Je" ?

    Plus étourdissant encore, comment expliquer que cette phrase suggère que nous possédons déjà un potentiel défini et qu'il convient de l'exploiter ? Cela signifie-t-il que tout est déjà inscrit en nous et qu'il revient à l'individu de parcourir le chemin ? Ou bien, s'agit-il d'une projection dans un avenir à conquérir, une lutte pour atteindre des rêves générés par l'individu lui-même et non des objectifs déjà établis, à priori ?
    S'agit-il donc de ne pas manquer ce qui est en devenir, une ligne à suivre et non à tracer?

    S'agit-il plutôt d'un projet à bâtir et d'une lutte à mener ?

    N'y a-t-il pas un risque de laisser faire si on accepte l'idée que tout est déjà tracé ?

    Pourquoi se démener si tout adviendra "fatalement"' ?

    Et s'il s'agit bien d'une architecture à élaborer, puis à construire, comment saisir ce potentiel inséré ?

    On peut supposer que ce potentiel originel n’est pas uniquement inscrit dans le corps mais également dans l’esprit. Il y a une volonté, une force intérieure. Comment les révéler ?

    Herman Bull fait partie des plus grands alpinistes d'après-guerre. Il avait été placé dans un orphelinat à huit ans. Frappé de rachitisme, une croissance flétrie par les privations. Mais la passion de l'altitude l'a saisie. Prisonnier de guerre, il a encore souffert au-delà de tout. Il a pourtant été le premier alpiniste à atteindre un sommet de huit mille mètres en solitaire...Personne ne parvenait à le suivre. Une force mentale incommensurable.  Des ascensions en solitaire qui n'ont été répétées que bien plus tard.

    Alors ?

    Est-ce que les épreuves endurées ont forgé ce mental d'acier, ce corps en a t-il été nourri au-delà de toutes les prévisions médicales?

    Ou bien était-ce un chemin déjà inscrit et les épreuves étaient-elles le chemin de la révélation de ce qui était là?

    Est-il devenu ce qu'il était déjà ? Ou s'est-il construit au-delà de ce qui était envisageable ?

    J'ai évidemment cherché à analyser mon propre parcours sous ce projecteur de la conscience de Soi.

    Je sais d'où je viens, ce que j'ai vécu, ce qui m'a nourri, empoisonné, formé, traumatisé, grandi. Je sais surtout que TOUT CELA était intimement lié et que rien n'était évitable. Les drames comme les joies. En sachant que cette vision des évènements n’était issue que de l’interprétation que j’en avais et qui s’est révélée bien plus tard totalement subjective et incomplète.

    Est-ce qu'il s'agissait d'un enchaînement de faits et de leurs conséquences, ces conséquences élaborant secrètement les évènements à venir ? Comme une main manipulant un chapelet, les doigts passant d'une perle à une autre... L'individu est toujours libre d'arrêter cette manipulation. Mais le chapelet existera toujours...L'enchaînement existe à priori. Ne pas en user ne l'efface pas.

    Est-ce qu'il s'agissait d'un enchaînement de faits et de leurs conséquences, ces conséquences n'ayant aucun effet sur la suite de l'existence étant donné que l'individu possède un libre arbitre suffisamment puissant pour tirer les conclusions des évènements et de varier le parcours ? Rien au ciel n'est écrit. Je suis celui qui dessine le ciel. 

    Un entrelacs d’interrogations constantes, toutes les hypothèses qui tournent en boucle et se contredisent mutuellement.

    Je pense aujourd'hui qu'il est impossible de répondre à ces interrogations en restant dans la dimension du mental. Bien que ce soit le mental qui les élabore...Tout le dilemme est là...

    Les réponses qui m'ont été données n'ont pas surgi dans la dimension du moi, de l'ego, de la raison. Elles sont apparues parce que le cadre avait volé en éclat.

    L’écriture que j’ai aujourd’hui, je la dois à des milliers d’heures de travail, elle n’était pas en moi à priori, je l’ai construite peu à peu, lentement, avec des phases éblouissantes et de longues périodes sombres. Mais le désir d’y parvenir n’a jamais disparu. D’où vient-il ? Est-ce quelque chose qui a toujours été là, comme un organe rapporté ? Ce que je devais devenir ? Pourquoi suis-je toujours revenu à l’écriture alors qu’elle n’a quasiment jamais été reconnue par les éditeurs ? L’objectif inséré était bien au-delà. Une évidence. Mais j’ai mis longtemps à le saisir. Ce qui me peine aujourd'hui, c'est de ne pouvoir répondre à l'attente des lecteurs qui me demandent ce qu'il en est de la publication de mes ouvrages. Ca ne dépend pas de moi, je n'y peux rien...

    Ma volonté était illusoire parce que le désir ne m’appartient pas. « Je ne veux pas désirer », l’expression est absurde. Je n’ai fait que répondre à une intuition insaisissable. Je n’ai pas « voulu » être ce que je dois devenir, c’est ce désir qui s’en est chargé. Ma volonté s’en est nourri. C’est l’humilité qui est à comprendre.

    Le mental est un serviteur et son Maître se tient dressé dans une dimension archétypale. Jung l’explique bien mieux que moi. Kant parlait de « sujet transcendantal », celui qui possède le libre arbitre, la possibilité du choix de ses actes. Je suis libre de continuer à écrire ce texte ou d’éteindre l’ordinateur. Mais même si j’attends dix ans pour reprendre cette réflexion, j’y reviendrai immanquablement parce que le désir est là et qu’il n’est pas effaçable. Il peut être étouffé par l’incapacité à rester lucide et par l’égarement dans les voies multiples de l’existence sociale mais, intérieurement, dans cette dimension psychique, profonde, secrète, intime, dans ce gouffre sans fond et sans lumière,  se tient le désir, ce désir originel qui n’est pas issu de la raison, ni même d’un besoin, ni même d’un manque.

    Il s’agit de ce désir qui est le ciment des cellules, l’énergie fondatrice, la raison de leur cohésion. C’est le désir qui bat au cœur de la structure.

    C’est lui qui maintiendra éveillé la volonté d’être ce que je dois devenir. Et je n’existerai que dans le saisissement de ce désir et l’abandon de toute prétention au regard de cette volonté. Ma volonté n’est rien sans ce désir et les gens égarés sont ceux qui ont étouffé le désir au-delà de la raison vitale pour se perdre dans la raison mentale.

    Je ne peux rien vouloir de réel hors de la conscience de ce désir originel.  

  • Ipaginablog : mon cadeau de Noël

    UN SITE LITTERAIRE

    http://www.ipaginablog.com/

    Sélection de décembre 2012 par Véronique Brésil

    Publié par admin le 23 déc 2012
    Sélection de Véronique Brésil
    Véronique..

     

     

    Si Mathieu souhaitait se reconvertir, il pourrait aisément exploiter la filière touristique en créant sa propre ligne éditoriale. Il saurait dépasser les caractéristiques techniques et indiscutables des Guides Verts et amuser ses lecteurs par quelques anecdotes personnelles non dépourvues de subjectivité. Bravo pour ce match à rebondissement qui donne la victoire à la région de… On ne va quand même pas tout vous dire, allez donc découvrir le résultat final dans le texte.

     

    La boîte grise, par Fanny Houet

     

    Bien que posté par l’auteure en juillet 2012, ce texte conserve la force et l’émotion liées à la disparition d’un proche. Pas de larme ici, juste une angoisse immense, celle d’affronter les objets familiers ayant appartenu au défunt avec le risque de recevoir en pleine face leurs charges symboliques. Encore une histoire de match : la rencontre avec « avant » se révèlera-t-elle épouvantable ou pas ? Qui gagnera ? L’auteure pose la question ouvertement. J’ai ma petite idée sur le sujet. Et vous ?

     

    Ataraxie 1, Ataraxie 2 et Ataraxie 3 par Thierry Ledru

     

    Encore un combat dans ces lignes violentes, celui de la vie contre la mort, celui de l’amour contre l’absurde. L’auteur nous livre des extraits de son roman du même nom, « Ataraxie », qui à mon sens, mérite bien mieux qu’une sélection du mois.

     

    Lisez aussi le parcours personnel de Thierry Ledru et vous comprendrez la force et la rage qui émanent de ses mots.

    Atelier d’écriture du 28 décembre 2012

    Publié par admin le 22 déc 2012

    Proposé et animé par Allison et Tippi Rod

    Attention : les dépôts de textes sont limités à un seul par 24H00. L’afflux massif d’auteurs ces dernières semaines nous y encourageant. Ainsi, chaque auteur disposera de plus d’attention et de suivi. Ce temps servira à chacun pour soigner plus encore ses textes avant de les donner à lire. En conséquence, si vous souhaitez participer à l’atelier d’écriture en flash le vendredi à 20H30, merci de ne  déposer aucun texte au-delà du jeudi à 20H30. Cette disposition, afin d’offrir et d’assurer à toutes et tous, un service optimal, la qualité plutôt que la quantité. Merci de votre compréhension.

    Sujet 1 :

    « Côté obscur »

    (A déposer sur ipagination.com pour le Jeudi 27 décembre 2012 avant 20H30)

    masque dark vador

    Qui n’a jamais rêvé de faire tomber un ennemi dans l’escalier ? Dénoncer son frère à sa place ? Et qui sait peut être même draguer la femme/le mari d’un(e) collègue lors d’un dîner ?

    Aujourd’hui, et jusqu’à vendredi midi, vous activez le dark mode, laissez votre petit diable détruire toute conscience pour vous livrer à tout ce que vous avez toujours rêvé de faire, en dépit de la morale.

    Bien entendu, après cela, vous serez forcés de vous repentir en moins de 1500 mots…

    Lire la suite

  • "Le message de la crise"

     

     

    Un excellent article.

    http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20121221trib000738815/faut-il-craindre-une-aggravation-de-la-crise-ou-pire-encore-.html

    Faut-il craindre une aggravation de la crise ou pire encore ?

    Copyright Reuters
    Copyright Reuters

    2

    Jean-Yves Lefevre, chargé de cours à l'Université de Paris Dauphine | 21/12/2012, 08:59 - 2163 mots

    L'Insee vient d'annoncer une croissance zéro pour le premier semestre 2013 en France. Petit rappel de la fragilité financière de notre monde en mutation, pour tous ceux qui pensent que la crise n'est pas finie.

    La crise que nous traversons est la suite logique des choix d’hier. Pour bien comprendre, il faut remonter à la fin des "30 glorieuses" d’après guerre, stoppées par les chocs pétroliers des années 70. Tandis que le monde communiste s’écroulait quelques années après, toutes les économies libérales occidentales étaient aussi confrontées à un sévère épuisement de la croissance. Pour relancer cette croissance, nous sommes rentrés dans l’ère de ce que les économistes appellent le « néolibéralisme ».

    Il avait trois principaux piliers :

    • Le développement de la mondialisation, marquée par l’émergence de nouvelles puissances économiques. C’est 1/3 du monde, parmi les plus pauvres, qui se met à produire bon marché, pour le plus grand bonheur des consommateurs des pays riches.
    • La limitation de l’interventionnisme étatique puisque l’on fait l’apologie de « l’efficience des marchés ».
    • Le développement intense de la diffusion de crédits, pour stimuler la consommation, donc la croissance.

    Les "marchands" sont alors les nouveaux rois, les tout-puissants, car cela fonctionne. La croissance repart, la rentabilité moyenne des entreprises est même multipliée par 5 entre 1980 et 2007.

    Les banques (qui sont aussi des entreprises marchandes) sont l’instrument privilégié de ce néolibéralisme. Elles bénéficient d’une réglementation permissive (suppression du cloisonnement entre les banques de crédit et les banques d’investissement mis en place après la crise de 1929) et profitent de mesures qui favorisent leur pouvoir (la bancarisation générale par exemple : tout le monde doit déposer son argent dans une banque).

    Riches et libres, les banques investissent pour leur propre compte l’argent des dépositaires et s’octroient des crédits à elles-mêmes. Elles achètent des immeubles (des quartiers entiers), des entreprises (ou des bouts d’entreprises). Elles "financiarisent" l’économie. Elles investissent sur des marchés à effet de levier comme ceux ce que les professionnels appellent les "dérivés" où avec 1 euro, elles spéculent sur 100, transformant la bourse en casino.

    Mais le recours au crédit s’est à ce point généralisé qu’il en est devenu excessif, pour tous les acteurs économiques :

    • Les ménages (aux USA, on a même prêté à des familles que l’on savait insolvables).
    • Les entreprises (dans les pays anglo-saxons toujours, avec la pratique de l’OBO qui consiste pour une entreprise à emprunter l’équivalent de sa valeur, afin d’investir puissamment sur les marchés notamment).
    • Les Banques qui ont considérablement développé leurs propres investissements à crédit ou à découvert.
    • Les États qui recourent à l’emprunt (par l’émission d’obligation) non plus pour investir mais pour fonctionner ou parfois seulement payer leurs dettes.

    Or, le crédit consiste à prendre immédiatement la richesse de demain (en anticipant donc sur des revenus futurs). Évidemment, si ces recettes futures ne se fabriquent pas, c’est la panique !

    C’est exactement ce qu’il s’est passé en 2008. L’économie mondiale a connu un moment de récession (moment de respiration normal dans une économie de marché), sauf que cette récession s’adossait à une situation de surendettement généralisée, d’où la panique des marchés bousiers, la peur du spectre de la crise de 29. Au cœur de cette panique, nous avons redécouvert que les établissements financiers (les Banques et les Compagnies d’assurances) pouvaient faire faillite comme toute entreprise et que notre économie financiarisée à outrance était en fin de compte devenue très fragile et même incontrôlable du fait de son caractère systémique (c’est-à-dire qu’un Établissement ou un État qui fait défaut, peut entrainer les autres).

    Depuis, les marchés ont bien récupéré, notamment aux États-Unis. La capitalisation mondiale est revenue à son niveau d’avant 2008. En d’autres termes, l’histoire que nous relatent la bourse peut se résumer ainsi : la crise est derrière nous !

    C’est aussi le discours que relaient les politiques et bien sûr les banquiers, qui voudraient que le monde d’hier se prolonge. C’est-à-dire que la thèse économique qui est défendue aujourd’hui encore reste "néolibérale", niant la rupture et l’alerte de 2008 qui nous parlent pourtant des limites atteintes par ce système. 

    La quasi-totalité des économistes non-attachés au monde bancaire ou gouvernemental estime pourtant que non seulement la crise n’est pas derrière nous, mais que les problèmes ont doublé de volume, pour certains d’entre eux.

    • Par exemple, l’endettement des États occidentaux a globalement doublé; celui des entreprises s’est un peu réduit, mais pas celui des ménages (aux USA, 8 ménages sur 10 consomment toujours 110 % de ses revenus).
    • Le chômage a doublé en Europe du Sud et aux USA, contrairement aux statistiques que l’on soumet au peuple, car là bas, non seulement la durée et le montant de l’indemnisation est 3 fois inférieurs aux nôtres, mais lorsque le demandeur d’emploi arrive en fin de droits, il sort des statistiques (il sort même de la population active). Décidément, on ne compte pas de la même façon en Europe que de l’autre coté de l’Atlantique.
    • Toujours aux USA, 30 % de la population est tombée sous le seuil de pauvreté (5 % chez nous). Le soir, dans les grandes villes, on ouvre les gymnases pour servir « la soupe populaire ». Le nombre de personnes éligibles aux bons de nourriture augmente de plus d’un demi-million chaque mois. 8 millions de familles ont déjà perdu leur maison. La Banque Mondiale vient même de constater que le système de santé américain est devenu moins efficace en termes de mortalité infantile que celui de la Biélorussie ou de la Malaisie. Ce sont des faits !
    • En Europe, la scission entre les banques de crédit et celles d’investissement est en cours pour éviter les abus d’hier. Aux USA, non ! Idem pour l’utilisation abusive des effets de leviers qui fait prendre des risques monstrueux aux banques, donc à l’argent des déposants.

    En fait, la principale mesure qui a été mise en place depuis 2008 (à savoir la politique monétaire accommodante des banques centrales) est en réalité 'une intervention de pompier" qui fait plaisir aux marchés, mais les mesures qui pourraient embellir l’avenir des peuples n’ont pas encore commencé à être explorées.

    L’effet d’optique que procurent les plans de quantitative-easing suffit à nous rassurer, nous laissant penser qu’effectivement, la crise s’éloigne. En effet, avec cette inondation de milliers de milliards de dollars et d’euros déversés par les banques centrales dans l’économie et les marchés, les affaires peuvent continuer; la circulation de l’argent est fluide. Mais cette politique de "planche à billets" de la FED et maintenant de la BEC, consiste à fabriquer de l’argent sans contrepartie de richesse (du faux argent en somme, comme les crédits insolvables qui ont conduit à la crise de 29 et à celle de 2008).

    Ainsi, entre 2008 et aujourd’hui, on a partiellement substitué le crédit pour stimuler les marchés et l’économie, par la fabrication d’argent fictif, ce qui, au bout du chemin, revient au même, car pour mettre en face de cet argent « inventé » une production de richesse équivalente, on anticipe toujours sur la croissance demain. L’argent d’aujourd’hui reste l’argent de demain.

    La question qui se pose est alors la suivante : comment allons-nous faire pour fabriquer demain, la croissance que nous n’avons pas su générer ces trente dernières années sans l’utilisation abusive du crédit, alors même que ce modèle a trouvé ses limites en 2008 ? Comment allons-nous fabriquer de la richesse alors que la croissance est en panne dans les économies occidentales et en net ralentissement dans les pays émergents ?

    L’Europe est en récession, nonobstant ses problèmes de cohésion. Les États-Unis pourraient générer (selon les chiffres officiels) une croissance de 2 points l’année prochaine, mais en réalité, son endettement progresse 5 fois plus vite que son PIP, alors que les américains ont déjà des dettes abyssales (55 000 milliards de dollars : ils doivent plus d’argent que la valeur totale des entreprises cotées dans le monde). Enfin, la croissance des pays émergents se réduit au point qu’ils ne pourront plus aider les pays riches comme hier. Ils doivent désormais financer la création de leur propre middle-classe et développer leur marché intérieur afin de moins dépendre des exportations. On notera ici le caractère kafkaïen de cette situation où les pauvres devaient aider les riches à payer leurs dettes et à consommer. Quand les choses sont à l’envers, c’est bien que l’on marche sur la tête…

    Pourtant, le maître mot qui court dans les bouches de tous dirigeants politiques, de tous les financiers, c’est encore et toujours : la croissance. Mais cette fameuse croissance ne pourra mécaniquement plus être aussi soutenue qu’hier et tout se passe comme si nous étions dans la négation de ce constat. Comme si l’on voulait maintenir un système économique "néolibéral" atteint d’un cancer (qui se prépare depuis 30 ans et qui s’est vraiment déclaré en 2008), en le soignant avec de l’aspirine, pour lui fluidifier le sang (l’argent qui circule en lui).

    Nous sommes assis sur une véritable poudrière et nous le nions. Seule la taille de la mèche nous est inconnue; s’agit-il d’une mèche longue ou d’une mèche courte ?

    La situation est explosive car (en Europe et encore davantage dans le monde anglo-saxon) elle porte en elle tous les ferments d’une nouvelle crise majeure, peut-être comparable à celle de 1929, avec une forte probabilité de faillites bancaires et de compagnies d’assurance. Les États le savent si bien que l’essentiel du temps de travail lors des 4 derniers sommets européens a été consacré au sauvetage des banques (d’où la création de "l’union bancaire"). Les premières faillites ont déjà commencé et ce phénomène pourrait fortement s’accélérer, avec comme toile de fonds d’une part, la crise des dettes souveraines qui impacte massivement les établissements financiers, et d’autre part la désillusion qui viendra des USA dans les mois à venir.

    Sur le plan patrimonial, pour nous épargnants, le choix d’une banque ou d’une compagnie d’assurance s’appuyait hier sur des considérations relatives à sa notoriété, à ses tarifs, son implantation. Aujourd’hui, il faut en priorité faire son choix selon des critères de solvabilité afin de passer, dans les meilleures conditions possibles, la crise financière et bancaire que l’on devrait rencontrer dans les mois à venir. Dans un tel contexte de risque, il s’avère plus prudent de prendre des mesures pour préserver son patrimoine, en bon père de famille. Il ne faut pas hésiter à protéger ses portefeuilles de valeurs mobilières et plus généralement tous ses actifs financiers, afin de pouvoir mieux rebondir en sortie de crise et saisir des opportunités qui ne manqueront pas de se présenter. En attendant, il faut bien choisir ses banques, ses compagnies d’assurance et privilégier les solutions d’investissement patrimoniaux sécurisés par des établissements dont on peut valider la solvabilité.

    Ensuite, plus philosophiquement, on peut s’interroger sur cette situation alarmante. Si nos modèles de croissance sont en panne, quel est le message que de la crise de 2008 porte en elle ? Pourquoi avons-nous tant de mal à fabriquer cette croissance pour laquelle nous œuvrons tous, tous les jours, jusqu’à nous en rendre malade ? Peut-être que nous voulons générer un développement économique à une vitesse supérieure à celle du progrès scientifique et technologique ? Peut-être que notre avidité appelle plus de rapidité que le progrès ne le permet ?

    Par exemple, on sait désormais qu’il faudrait sept Terres si tout le monde voulait consommer comme les américains ; trois Terres pour que tout le monde ait le même niveau de vie qu’un français. Alors, n’avons-nous pas atteint les limites de se que peut nous donner notre Terre, pour l’instant en tout cas, en l’état actuel de nos connaissances ?

    A une époque où un tiers du monde vient de décider d’arrêter d’avoir faim (les pays émergents) et demain l’Afrique, ne sommes nous pas en train de demander quelque chose d’impossible : de la croissance, encore de la croissance, alors qu’il est très probable que nous venons de rentrer dans une ère où c’est le partage qu’il nous faut apprendre. Partager l’enrichissement sur la scène économique internationale et au sein même des nations. Dans cette nouvelle aventure, il faudrait rester pragmatique plutôt de dogmatique si l’on veut éviter l’exode des richesses et des talents qui sont créateurs d’emplois. Par exemple, il conviendra d’éviter de confondre la contribution des plus riches avec leur spoliation, comme certains pays sont tentés de le faire. L’ennemi n’est pas le riche, mais plutôt notre obsession à générer de la croissance artificiellement dopée, auquel s’ajoute notre difficulté à organiser un partage équitable.

    En somme, la crise de 2008 est déjà oubliée alors qu’elle n’était très probablement que les prémices d’une crise plus importante, celle d’un modèle économique qui bute sur des limites infranchissables pour le moment, celle de la Terre, de notre Savoir et de leur exploitation. Il est fort possible que l’Homme soit arrivé à une époque de son histoire où il doive apprendre à mieux gérer son antagonisme : convoiter tout en partageant. C’est certainement cela le message de la crise de 2008. Et si tel est le cas et que nous ne l’entendions pas, nous courons un risque supérieur à celui d’une nouvelle crise mondiale.

    Dans cette perception des choses et contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, la croissance de demain dépend plus de notre capacité à innover et à partager plus équitablement, que d’un système économique. Espérons que nous en prendrons conscience à temps.

    Jean-Yves Lefevre est dirigeant du Cabinet « LEFEVRE & Associés » conseil en patrimoine.

  • Le Sûtra du cœur

    "Lorsque l'esprit et l'intellect se sont développés, l'homme s'est demdandé: Qui suis-je ? Qu'y avait-il avant moi ?

    Alors a commencé la quête de la réalité.

    En cherchant la réponse à la question "Qui suis-je" ? l'homme a déplacé la conscience de l'extérieur vers l'intérieur.

    La sagesse a dirigé la conscience vers l'intérieur et l'homme a perçu son âme. 

    Le voyage de l'âme dans le monde extérieur était achevé, celui de l'intérieur commençait. "

    Mahaprajna.


    Combien d'humains se reconnaissent là ?...


     Le Sûtra du coeur.

    Maha-Prajna-Paramita Hridaya Soutra

    Sûtra du coeur



    Le Bodhisattva Avalokiteshvara, étant parvenu à la parfaite Sagesse Suprême, vit que les agrégats,
    avec lesquels nous essayons de comprendre le Monde où nous vivons, sont artificiels et n'ont
    pas d'existence propre; ce sont ces artifices, pris pour la réalité, qui sont causes de
    l'amertume et de la souffrance de tous les Hommes.

    Ô disciple, la forme n'est pas différente du Vide, ni le Vide de la forme.
    La forme est Vacuité; la Vacuité est forme.
    Il en va de même pour les sensations, les perceptions, les formations mentales et la conscience.

    Ô disciple, toutes les choses dans ce monde se résolvent dans la Vacuité,
    elles ne viennent pas à l'Être, elles ne cessent pas d'Être,
    elles ne sont ni altérées, ni immaculées,
    elles n'augmentent ni ne diminuent.
    Ainsi, dans la Vacuité, il n'y a pas de forme, pas de sensation,
    Pas de perception, de formation mentale, ni de conscience.
    Pas d'yeux, pas d'oreilles, pas de nez, de langue, de corps ni de mental.
    Pas de forme, pas de son, pas d'odeur, de goût, de toucher, ni de pensée.
    Pas non plus de conscience de ces choses depuis l'oeil jusqu'à la conscience mentale.
    En soi seul, il n'y a ni interdiction, ni permission, ni aucun des douze chaînons,
    ni mort, ni vieillissement, ni souffrance, ni cause de souffrance, ni science, ni savoir.

    C'est en raison de cette Vacuité non-dualisante, ni artificielle, que les Bouddhas,
    s'appuyant sur cette Sagesse Suprême, sont libérés des obstacles du mental.
    Comme ils sont libérés de ces attachements mentaux, ils n'ont ni voile, ni crainte.
    Ils sont libérés de toutes les perturbations et de toutes les illusions et à la fin parviennent à l'Éveil parfait.
    C'est en appliquant la quintessence de cette Sagesse Suprême
    que tous les Réalisés des trois Temps réalisent l'Illumination Ultime.

    Partez donc sur la Voie de la Sagesse Suprême avec le grand Verbe d'Incantation, ce Mantra Ultime !
    Mantra suscitant la Connaissance, mantra incomparable, insurpassé,
    développant la faculté de mettre fin à toutes souffrances dans la Vérité sans faille.
    C'est pourquoi ce mantra qui ouvre la Voie de la Sagesse Suprême doit être prononcé ainsi:

    Om Gate Gate Paragate Parasamgate Bodhi Svaha

    Cela est ainsi !
    http://www.larbredesrefuges.com/t10-sutra-du-coeur-maha-prajna-paramita-hridaya-soutra

  • Les routes de l'impossible

    Quand je pense qu'en France, tout le monde râle quand les routes ne sont pas déneigées...

    Lire la suite

  • VERTIGES : Commentaire (1)

    bonjour Thierry,

    j'ai terminé la lecture de "Vertiges"!

    je dirai "vertigineux"!!

    j'ai encore des crispations dans le ventre, tellement je me suis

    pris à la lecture de votre ouvrage! j'étais dans l'histoire et avais l'impression de souffrir ce qu'ils souffraient!!

    sincèrement il y a longtemps que je n'avais pas ressenti une telle impression à la lecture d'un roman!

    vous êtes "un grand"!!

    je vous souhaite de grands succés en librairie, vous le méritez!

    merci encore pour ces très bons moments de lecture,

    au plaisir de lire "noirceurs des cimes", qui, peut être me laissera la même impression;

    cordialement Thierry

    Robert B