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  • Autodidacte

    La formidable histoire de Milton Humason : il quitte l’école à 14 ans et finit par devenir astronome

    Posté le 20th septembre 2010 Pas de commentaires

    Et pas n’importe lequel…

    Milton Humason est né à Dodge Center (Minnesota, Etats-Unis) en 1891. A 14 ans, ses parents l’envoient en colonie de vacances au Mont Wilson près de Los Angeles. Il est séduit par les lieux et réussit à convaincre ses parents de le laisser passer une année sabbatique pour rester à la montagne et trouver du travail.

    Il n’est jamais retourné à l’école. Au lieu de ça il devient muletier. Son travail est de transporter du bois de la Sierra Madre jusqu’au Mont Wilson pour la construction de l’observatoire du Mont Wilson. Un énorme projet organisé par George Ellery Hale, un pionnier de l’astronomie.

    En 1911, Humason se fiance avec Helen Dowd, la fille de l’ingénieur en chef de l’observatoire du Mont Wilson. Ils se marient rapidement après. Humason quitte son travail pour devenir contremaitre dans un ranch situé près de La Verne. Mais la montagne lui manque.

    En 1917, Humason trouve une chance d’y retourner et d’impressionner son beau-père : il devient gardien (concierge) de l’observatoire.

    Peu de temps après, l’observatoire propose un poste d’assistant de nuit qui consiste essentiellement à aider les astronomes qui en ont besoin pour manipuler le télescope et le dôme de l’observatoire. Humason obtient ce poste. Sa patience, ses compétences et sa diligence ont attiré l’attention de Hale en personne.

    En 1919, face à de sévères protestations, Hale le nomme titulaire. Du jamais vu pour quelqu’un qui n’avait pas de Doctorat ni même de diplôme d’études secondaires.

    Humason est resté à ce poste jusqu’en 1954

    Milton Humason a fait des découvertes clé pour le développement de la cosmologie. Il a travaillé avec Edwin Hubble, puis avec Allan Sandage (protégé de Hubble), pour étudier le décalage vers le rouge de centaines de galaxies pour déterminer quelle était leur vitesse de récession (ou vélocité radiale). Hubble croyait (à juste titre) que la vélocité radiale d’une galaxie était liée à sa distance, une relation maintenant connue sous le nom de Loi de Hubble.

    Mais ces galaxies lointaines avaient une luminosité très faible et étaient très difficiles à mesurer. Humason a développé des techniques pour optimiser les expositions et les mesures sur plaque photographique. Il a déterminé les vélocités radiales de 620 galaxies et a aidé à définir l’échelle de distance et l’âge de l’Univers. Une grande partie du succès de Hubble a été attribué aux mesures minutieuses de Humason.

    L’Université de Lund en Suède lui a décerné un doctorat honorifique.

    Il a découvert la Comète C/1961 R1 (comète Humason) et un des cratères de la Lune porte son nom.

    D’après CSMonitor









     C'est en lisant le livre des frères Bogdanov, "le visage de Dieu" que j'ai découvert l'histoire de Milton Humason.

    Ce qui me désole dans ce fabuleux parcours, c'est qu'aujourd'hui, le système éducatif interdit et même rend IMPOSSIBLE cette démarche. L'école et les diplômes sont la seule et unique voie. Cet homme était mû par une passion totale et elle lui a servi de moteur. Notre système éducatif nie la passion. Celui qui ne s'attelle pas à engranger une somme colossale de multiples connaissances ne pourra obtenir le sésame, le diplôme salvateur, il devra encaisser les milliers d'heures de cours dont il n'a que faire et il sera jugé sur sa capacité à se soumettre à cette déliquescence du bonheur d'apprendre. L'institution ne lui demande pas d'être heureux, elle lui impose d'être soumis mais malgré tout performant. C'est TOTALEMENT antinomique et il est évident que des milliers d'étudiants décrocheront et n'useront pas de leur potentiel, par dépit, par dégoût, par lassitude, par colère, par révolte. L'institution brise la passion. Elle se contente de former des techniciens, des grammairiens, des anglophones, des scientifiques, des architectes, des médecins... Combien parmi eux seront toujours aussi passionnés par leur domaine de prédilection ? Combien se seront perdus en cours de route ? Combien auront été dirigés de force dans une voie inédéquate ? Combien finiront par aller travailler pour "gagner leur vie" au lieu de la vivre ? 

    Les USA possèdent encore cette capacité à reconnaître des talents dénués de diplômes. Ils sont quelques-uns à être sortis du lot par la force incommensurable de leur passion. Pour la France, c'est mort, fini, terminé, totalement exclus. Et les diplômés d'HEC et autres boutiques qui dirigent le pays sont pour beaucoup d'entre eux, des incapables à vivre. Ils savent juste gagner leur vie en menant ce pays à sa ruine. Une ruine existentielle tout autant que sociale.

      Je rêve de ce jour où les élections présidentielles compteront 90 % d'abstentionnistes.

    Je rêve de ce jour où les idées d'Etienne Chouard seront reconnues.

    http://etienne.chouard.free.fr/Europe/

    "N'oubliez pas

    S'il faut retenir une chose de ce site, une seule, la voici :

     

    Notre prison politique, la SOURCE de notre impuissance à résister aux scandales quotidiens, c'est notre Constitution, mais seulement parce qu'elle est mauvaise.

     

    Elle est mauvaise chaque fois que ceux qui l'ont écrite avaient un intérêt personnel contraire à l'intérêt général.

     

    Mais le même texte supérieur qui est aujourd'hui la source de notre aliénation pourrait être au contraire la source de notre émancipation, pourvu simplement que, à nouveau conscients et vigilants, nous reprenions le contrôle du processus constituant.

     

    Donc, partout dans le monde, quelle que soit l'époque et quelle que soit l'échelle, pour protéger tous les humains CONTRE LES ABUS DE POUVOIR, seule une Assemblée constituante désintéressée, donc forcément TIRÉE AU SORT, sera un jour capable d'écrire une bonne Constitution.

    Etienne CHOUARD

     

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  • Suicide

    Une prof retrouvée pendue dans sa classe

    Publié le lundi 17 décembre 2012 à 17H26 - Vu 1481 fois

    Philippe Robin

    VILLENEUVE-SAINT-GERMAIN (Aisne). En début d'après-midi, une professeur de Bio-technologie du collège Louise-Michel a été retrouvée pendue dans sa salle de classe. Elle avait une cinquantaine d'années.

    Vers 14 heures, les cours vont bientôt reprendre au collège Louise-Michel de Villeneuve-Saint-Germain, près de Soissons (Aisne). Une enseignante de bio-technologie n'est pas là pour accueillir ses élèves de 4e SEGPA qui attendent devant la porte. Des collègues s'inquiètent et entrent dans la salle de classe... et font la macabre découverte. L'établissement est sous le choc.

    Jean-Luc Lanouilh, vice-président conseil général de l’Aisne n'a pas tardé à réagir : "Je suis choqué et impressionné du nombre d’enseignants qui souffrent d’un mal-être et qui, parfois, portent ainsi atteinte à leurs jours. Ce drame traduit une crise profonde de cette profession".

    Une enquête a été ouverte par le commissariat de Soissons, mais le parquet s'oriente d'ores et déjà vers la thèse du suicide.













    Un drame de plus dans un milieu qui les cumule. Combien d'enseignants en dépression, combien d'enseignants qui ne peuvent plus gérer la difficulté de cette mission éducative et cognitive ?

    Comment est-ce possible que l'institution laisse se dérouler de tels drames ?

    Comment peut-on envisager que l'enseignement prodigué par ces personnes considérablement affaiblies soit de qualité et à la mesure de la tâche ?

    Combien faudra-t-il de drames du même ordre pour que l'institution réagisse ?

    Que va-t-elle dire cette fois encore ? Qu'il s'agissait d'une personne "souffrant de difficultés personnelles ? Mais alors, pourquoi n'a-t-elle pas été accompagnée, soutenue, réorientée si nécessaire ? Pourquoi laisse-t-on des individus en souffrance face à des jeunes qui savent très bien entrer dans les brèches et renforcer ce mal être ?

    Il est IMPOSSIBLE de mener à bien cette tâche si on ne dispose pas de toutes ses facultés et il est inadmissible de laisser des enseignants et des élèves se confronter. Il y DANGER. Pour tout le monde. Bien entendu qu'il est impossible d'être constamment performant mais ces situations témoignent d'un manque cruel de suivi psychologique.

    A mon sens, il y a un problème immense dans ce domaine : personne dans les établissements n'est véritablement formé pour prendre en charge un enseignant en détresse. Les psychologues scolaires sont submergés de travail, ils ne peuvent pas gérer les enseignants, ils sont de toute façon dramatiquement trop peu nombreux pour le faire.

    Il faut revoir le statut de directeur, proviseur, chef d'établissement. Ces gens, s'ils veulent obtenir ces postes, doivent suivre une formation en psychologie du travail, gestion du groupe, psychologie enfantine, ils doivent AVANT TOUT être aptes à entendre, à analyser, gérer des situations existentielles douloureuses. Au lieu de ça, les chefs d'établissement sont aujourd'hui avant tout des gestionnaires administratifs. Bien sûr que certains tentent de pourvoir aux besoins psychologiques mais ils n'ont bien souvent aucune connaissance dans le domaine, aucune analyse de la pratique et ils font ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont. Les études sont pourtant innombrables, très fouillées, les analyses sont connues dans le secteur privé, les DRH sont formés à ce genre de pratique. Et le milieu enseignant pourrait se passer de toutes ces connaissances ??? C'est soit une prétention criminelle, soit une lenteur archaïque qu'il est urgent de faire voler en éclat. Mais c'est en tout cas tout bonnement hallucinant et il n'est pas étonnant qu'on finisse par trouver des enseignants pendus dans leur classe...Ou des élèves...

    Un désastre absolu. Une négation de l'individu jusqu'à la mort alors qu'il s'agit d'oeuvrer à la vie de chacun.

    Les gouvernements se succèdent et enchaînent réformes sur réformes. Avec quels effets ? Qui donc aura enfin le courage d'établir un état des lieux existentiels de ce milieu??

    Le niveau scolaire n'est pas une cause du désoeuvrement de la population, enseignants et élèves... C'est l'inverse. 

     

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  • Professeur suspendu.

    UN SEUL ??? Franchement, faudrait enquêter un peu plus profondément dans le milieu.


    Orléans : un prof « méprisant » suspendu

    RENAUD DOMENICI à ORLÉANS (LOIRET) | Publié le 15.12.2012, 14h11

    ILLUSTRATION. Depuis jeudi, une professeur de français a été suspendue par le rectorat du Loiret. On lui reproche des mots déplacés perçus comme discriminatoires.

    ILLUSTRATION. Depuis jeudi, une professeur de français a été suspendue par le rectorat du Loiret. On lui reproche des mots déplacés perçus comme discriminatoires. | LP/GAEL CORNIER

    Zoom

    Le lycée technologique Pothier d’Orléans est toujours en émoi. Depuis jeudi, une professeur de français a été suspendue par le rectorat. On lui reproche des mots déplacés perçus comme discriminatoires.

    Depuis la rentrée, les 26 élèves d’une classe de 1re STMG (sciences et technologies du management et de la ), à majorité d’origine étrangère, se disent victimes de propos insultants de sa part.

    Cette enseignante de 60 ans, normalienne et agrégée, n’avait jusqu’à septembre jamais enseigné à des filières technologiques. A la rentrée, le ton est donné quand, pendant une quinzaine de jours, elle refuse d’enseigner à cette classe.

    « Nous lui avons demandé pourquoi mais elle n’a pas souhaité répondre », témoignent des parents. Début octobre, elle accepte ce poste. « Lorsqu’elle a vu les noms qui figuraient sur la liste d’appel, elle nous a dit qu’elle avait le vertige », raconte Samir, un élève. « Elle disait qu’elle était trop diplômée pour nous », ajoute Nacira. Le 25 octobre, jour de l’Aïd, alors qu’elle constate l’absence de certains jeunes, elle aurait lancé aux autres : « Vive les fêtes religieuses, on est enfin tranquilles ! »

    « Elle disait que le français était une langue étrangère pour nous et elle menaçait de ne pas nous faire passer le bac blanc », assurent également des élèves. Les lycéens en ont parlé à leurs parents qui ont écrit au ministre de l’Education nationale. Hier, les délégués ont été convoqués par le chef d’établissement pour établir un rapport détaillé des propos. « C’est une affaire bien triste et nous devons faire la lumière. Une est en . Cette professeur est actuellement interdite d’accès en cours. Elle est convoquée jeudi et nous verrons quelle suite nous donnerons. Ce sont des accusations graves et si les faits sont avérés, il peut être envisagé un conseil de discipline », indique, embarrassé, Denis Toupry, inspecteur d’académie du Loiret.

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  • Guerre de tranchées

    Les agressions envers les enseignants. On ne les compte plus depuis le début de l’année, mais qu’en est-il envers les élèves ?…

    Hier, un ancien élève vient me voir en classe. Il est dégoûté, désespéré, déprimé, au fond du trou. Un petit gars, dans une situation familiale très difficile, aucun soutien, non pas parce que les parents ne le souhaitent pas mais parce qu’ils ne peuvent pas, en survie constante, une maladie lourde pour le père, une maman qui gère comme elle peut. Et bien, ce petit gars a reçu cette appréciation sur un devoir d’Anglais : « Qu’est-ce que tu fais au collège, tu viens te chauffer près du radiateur ? »

    Au CM2, il a bossé comme un mort de faim, il a progressé toute l’année, il était fier de lui, il avait retrouvé une estime, une envie d’apprendre, ses faiblesses n’étaient plus une condamnation mais une opportunité de se battre, de devenir meilleur. Et là, après quelques mois de collège, l’image qu’il a de lui, c’est celle d’un « nul ».

    Tous les jours, en France, des enfants sont « poignardés » par des professeurs qui n’ont aucune conscience du mal qu’ils font, qui sont incapables de comprendre, de ressentir, de partager, d’avoir la moindre compassion, d’éprouver le moindre amour.

    Et les médias vont hurler quand ils seront poignardés.

    Qui se pose la question de ce que vivent les enfants ?

    Pour ma part, le prof est responsable de ce que les élèves lui font vivre. Non pas qu'il est responsable de la situation extérieure à sa classe, de toutes les difficultés inhérentes à la société, chômage, misère sociale, angoisses générées par les images de ce monde, contre tout cela il ne peut rien mais il se doit d'être le "Maître" du sanctuaire que doit être l'école. Les enfants qui y viennent n'ont pas à y souffrir et cela n'enlève en rien leur devoir de travail. L'immense différence au regard du monde extérieur, c'est qu'à l'école ils sont en droit d'attendre un regard accueillant, attentif, respectueux, une attitude nourrie par la patience, l'écoute, l'échange surtout, l'échange...Combien sont-ils ces professeurs qui connaissent réellement leurs élèves? S'ils ne voient face à eux que des élèves, comment pourraient-ils espérer établir une relation respectueuse puisqu'ils nient dès le départ, l'individu lui-même. C'est à l'adulte enseignant de faire le premier pas. Pas l'inverse. Les enfants et même les adolescents ne savent pas encore observer leurs propres fonctionnements. Ils agissent à l'instinct et leur instinct les conduit à une position défensive si l'adulte, face à eux, se contentent de monter au front...Je n'ai pas respecté mes professeurs "à priori" mais parce que je sentais profondément qu'ils nous respectaient. L'attitude inverse est tout autant vraie. Mais il est bien plus facile d'instaurer un rapport de forces, c'est à la portée de n'importe qui. La formation des enseignants est similaire à celle des gradés de l'armée. "Nous ne vous demandons pas d'en faire des hommes mais des techniciens. Montrez leur que vous possédez le savoir dont ils ont besoin pour trouver leur place. Qu'ils vous soient soumis. Mettez en place un conditionnement favorable à l'obéissance. Ils n'ont pas à comprendre ce qu'ils font, ils doivent juste appliquer vos directives."

    A l'inverse, on peut apprendre aux enfants à observer ce qu'ils vivent. Un exemple : j'ai expliqué cette semaine que lorsque j'avais décidé au tennis de passer du revers à une main au revers à deux mains, j'avais réalisé que l'ensemble de mon jeu s'était détraqué. Tout à fait normal. On apprend par paliers et il faut accepter que les acquis précédents soient atteints lorsqu'un autre apprentissage se met en place. Il faut apprendre la patience et l'attention, apprendre à rester positif et appliqué, réfréner la colère ou le dépit, ne pas considérer que l'objectif est plus important que l'acte présent etc etc...
    Pourquoi les enseignants ne parviennent pas, pour beaucoup d'entre eux, à établir ces échanges existentiels, puisqu'il s'agit bien de ça ? Parce que la formation initiale ne les a pas amenés à cette voie ? Et pourquoi ne réalisent-ils pas que c'est le nœud du problème, pourquoi ne s'y engagent-ils pas d'eux-mêmes? Pourquoi attendent-ils des solutions techniques à un problème qui ne relève pas de la technique? On nous dit maintenant que tout ira mieux parce qu'on va travailler le mercredi matin, que le calendrier va changer, qu'on va revoir les programmes et patati et patata...Trente ans que je vois les mêmes plantages. On marche à l'envers et NOUS sommes responsables. Pas les enfants. Et qu'on ne vienne pas me dire que ce que je prône ne fonctionne que dans des classes "tranquilles". J'ai été éducateur sportif pour délinquants adolescents caractériels et j'ai enseigné en SEGPA. Et puis d'ailleurs, les classes "tranquilles", ça fait un moment que ça n'existe plus. Où que ça soit.

    Alors, on fait quoi ?
    Pour ce qui est des bulletins trimestriels, je n'en fais pas. J'écris cinq lettres dans l'année à chaque enfant. Des lettres dans lesquelles je leur parle d'eux, de leurs progrès, de leur attitude, de mes attentes, de tout ce que je ressens à travers ces instants de vie commune. Aucun jugement. Un partage. Des droits et des devoirs mais surtout, surtout en ne mélangeant jamais que ce que l'enfant fait n'est pas ce qu'il est. Le contenant avant le contenu. Toujours.

     

    Les médias ne parlent que de certains cas d'agressions, qu'il s'agisse de professeurs ou d'élèves. On connaît la vue extrêmement étroite des médias et leur parti pris pour leur audimat. La réalité du terrain est toute autre. Je pourrais parler pendant bien longtemps de tous les cas que je connais personnellement, d'enfants humiliés, d'enfants qui quittent le système scolaire, non pas parce qu'ils n'ont pas les capacités à apprendre mais parce qu'ils sont au bout, psychologiquement. Non, je ne fais pas d'amalgame avec les professeurs agressés pour avoir abordé des sujets sensibles au regard de certains élèves. Le sujet est éminemment complexe. De la même façon, je connais aussi des professeurs qui œuvrent au bien être de leurs élèves à travers les apprentissages. Ils sont nombreux eux aussi. Mais je connais aussi leurs difficultés au regard de la hiérarchie, de "l'équipe pédagogique", des proviseurs, du ministère. Quand un professeur se voit reprocher une "trop grande complicité" avec ses élèves et la raison de leur rébellion avec des professeurs "autoritaristes", je me dis qu'il y a vraiment quelque chose de pourri dans ce royaume. Rudolf Steiner disait qu'il ne sert à rien de lutter contre la vieille école, il faut juste attendre qu'elle meure. Mais combien d'enfants "morts" compterons-nous avec elle ? Suffit-il de se dire qu'il en a toujours été ainsi et que l'école ne peut pas tout régler? Non, elle ne le peut pas, c'est évident. Mais, elle n'a pas pour rôle d'accroître les douleurs. Je me souviens très bien de ma scolarité. J'ai rencontré des hommes et des femmes remarquables. Peu, mais ils m'ont considérablement marqué. Je suis devenu enseignant en me nourrissant de leur exemple. Je me souviens aussi très bien de ceux et celles qui m'ont cassé. Jusqu'à en tomber malade. J'ai cinquante ans aujourd'hui et je ne supporte plus l'idée que rien n'a changé. Claude Allègre parlait de "mammouth". Je préfère le terme de "fossile". On ne change pas un fossile. On le brise, on le réduit en poussière.

     

    Aucune professeur ne sera jamais parfait pour la simple raison que nous sommes dans une dimension humaine. En technologie, on peut parfois parler de perfection. Dans une classe, on peut viser la perfection en sachant qu’elle restera inaccessible. Elle consistera uniquement à refuser catégoriquement les stéréotypes, les amalgames, les « méthodes », les jugements péremptoires, l’idée que plus aucune évolution n’est envisageable, elle consistera à écouter, à ressentir, à être patient, attentif, accueillant. Elle consistera aussi à être rigoureux, intransigeant quand il faut l’être mais en étant capable de justifier chaque décision, non pas au regard d’un règlement intérieur mais au regard de l’humanité.
    Dans une classe, chaque enfant est une individualité mais il évolue au cœur d’un système familial, sociétal, il a une histoire personnelle et elles sont de plus en plus complexes…Il ne s’agit pas pour tous les acteurs qui se croisent de "soutenir" l’un ou l’autre, de s’opposer, de soumettre, de convertir mais d’œuvrer conjointement, en bonne intelligence, à l’éveil de l’enfant. Bien évidemment que c’est difficile mais rien n’est possible en se figeant dans une citadelle. L'échec, sinon, est déjà programmé. Nous n’accueillons pas des élèves, nous accueillons des enfants. Ils rentrent dans les enceintes scolaires avec leur histoire et il est aberrant d’espérer les voir entrer, « nus » et disponibles. Soit, l’ensemble de l’individu est pris en considération, soit on se heurtera à un élève, c’est inévitable. Bien évidemment qu’il faut laisser du temps aux enseignants pour valider une telle démarche. Encore faut-il qu’ils l’acceptent. Je connais une professeur qui s’est vue reprocher par « l’équipe pédagogique » d’un collège sa trop grande complicité avec les élèves, c’était de sa faute si les élèves ensuite se rebellaient dans les autres cours. La hiérarchie n’aime pas les singularités pédagogiques, elle n’aime pas que les enfants soient considérés, qu’ils ne soient pas que des élèves. « C’est le terreau du désordre. »
    Non, c’est le ferment de l’humanité.

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  • Y'a du boulot...

    Pourquoi certains enseignants finissent en maisons de repos !!
     
    Quelques perles...
     
    - Les soldats se cachaient pour éviter l'éclatation des obus.
    - Les avions lançaient des espadrilles contre l'ennemi.
    - A la fin, les hommes commençaient à en avoir marre d'être tués.
    - Après la défaite, les Français prirent comme chef le maréchal Pétrin.
    - Le 11 novembre, tous les morts de la guerre fêtent la victoire.
    - Sur les champs de bataille, on voit les tombes de ceux qui sont tombés, c'est pourquoi on les appelle des pierres tombales.
     
    MOYEN AGE
    - Les paysans étaient obligés de jeûner à chaque repas.
    - La famine était un grave problème pour ceux qui n'avaient rien à manger.
    - Au Moyen Age, la bonne santé n'avait pas encore été inventée.
    - Les Moyenâgeux avaient les dents pourries comme Jacquouilles.
    - La mortalité infantile était très élevée sauf chez les vieillards.
     
    JEANNE D'ARC
    - Son nom vient du fait qu'elle tirait à l'arc plus vite que son ombre.
    - On l'appelait "La Pucelle" car elle était vierge depuis son enfance.
    - Jeanne détestait les Anglais à qui elle reprochait de l'avoir brûlée vive.
     
    SCIENCES PHYSIQUES
    - Une bouteille d'eau explose s'il gèle car, sous l'effet du froid, l'eau devient un explosif.
    - Le passage de l'état solide à l'état liquide est la niquéfaction.
    - Quand on a un corps et qu'on le lâche, il se casse la gueule.
    - Un kilo de Mercure pèse pratiquement une tonne.
    - Le cheval- vapeur est la force d'un cheval qui traîne sur un kilomètre un litre d'eau bouillante.
    - Un avion dépasse le mur du son quand l'arrière va plus vite que l'avant.
    - Les atomes se déplacent dans le liquide grâce à leur queue en forme de fouet.
    - La climatisation est un chauffage froid avec du gaz, sauf que c'est le contraire.
     
    CHIMIE
    - Le gaz sulfurique sent très mauvais. On n'a jamais entendu une odeur pareille.
    - Pour rendre l'eau potable, il faut y ajouter de l'alcool à 90°.
    - L'acier est un métal plus résistant que le bois.
     
    MATHÉMATIQUES
    - Un polygone est une figure qui a des côtés un peu partout.
    - Pour trouver la surface, il faut multiplier le milieu par son centre.
    - Cette figure s'appelle un trapèze car on pourrait y suspendre quelqu'un.
    - Un triangle est un carré qui n'a que trois bordures.
     
    SCIENCES ET NATURE
    - Le chien, en remuant de la queue, exprime ses sentiments, comme l'homme.
    - Les lapins ont tendance à se reproduire à la vitesse du son.
    - Pour faire des oeufs, la poule doit être fermentée par un coq.
    - L'artichaut est constitué de feuilles et de poils touffus plantés dans son derrière.
     
    LE CORPS HUMAIN
    - Le tissu tissé autour de notre corps est le tissu tissulaire.
    - Le tissu cellulaire est le tissu que les prisonniers fabriquent dans leur cellule.
    - Le fessier est un organe en forme de coussin qui sert à s'asseoir.
    - C'est dans les chromosomes qu'on trouve le jeune homme (génome).
    - Quand on a mal en haut du derrière c'est qu'on a un long bagot.
    - Les ambidextres sont des gens qui ont dix doigts à chaque mains.
    - L'os de l'épaule s'appelle la canicule.
    - C'est dans les testicules que se développent les supermatozoïdes.
    - La femme a un sexe pareil que l'homme, mais rentrés à l'intérieur.
    - Quand une femme n'a plus de règles, c'est la mésopotamie.
    - L'alcool est mauvais pour la circulation. Les ivrognes ont souvent des accidents de voitures.
    - Au cours de la respiration, l'air rentre par devant et ressort par le derrière. (Ah ! ben vous voyez on ne fait que respirer quand on "pète" !)
     
    LES MALADIES
    - Pour aider les enfants à aller aux toilettes, on leur met des suppositoires de nitroglycérines.(Séverine, 20 ans, Ecole de soins infirmiers). (ça
    explique les selles explosives des nourrissons)
    - La plus contagieuse des maladies est la vermicelle.
    - Quand on a plus de dents, on ne peut mâcher que des potages.
    - L'opération à coeur ouvert, c'est quand on ouvre la poitrine de la tête aux pieds.
    - A l'école le médecin est venu pour le vaccin anti-titanic.
    - Dans les écoles, les médecins vaccinent contre le BCBG.
     
    VOCABULAIRE
    - Quand on est amoureux de sa mère, c'est le complexe d'Adipeux.
    - Quand on ne veut pas être reconnu, on voyage en coquelicot.   (c’est ma préférée : la plus poétique !!!)
    - Le métier des fonctionnaires consiste à fonctionner.
    - Les hommes qui ont plusieurs femmes sont des polygones.

     

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  • "Débille"

    C'est l'annotation d'un professeur sur un devoir de littérature d'un élève de lycée.

    "Débille" avec DEUX L.

     

    Au-delà de l'incommensurable bêtise de ce "professeur", je me demande surtout ce qu'il attend de cette remarque, de ce jugement, de cette insulte portée à un adolescent.

    Des cas comme celui-là, il s'en produit des centaines par jour, des milliers peut-être dans toutes les classes de France.

    Je hais considérablement ces enseignants. Je sais le mal qu'ils font, je sais quel est le traumatisme vécu par ces jeunes individus qui subissent quotidiennement l'ire névrotique de ces personnes censées les accompagner dans leur développement.

    Je pense que ce milieu enseignant est peuplé de gens malades. Psychologiquement malades. C'est sans doute le pire scandale qui soit au coeur de la fonction publique.

    Ils sont malades parce qu'ils n'ont aucune connaissance d'eux-mêmes et que cette absence d'observation des phénomènes internes qui les dirigent les empoisonnent continuellement. La raison en est très simple : ILS ONT PEUR.

     

    Un enseignant n'ayant jamais oeuvré à sa propre connaissance agira de façon à recevoir la re-connaissance dont il a besoin pour exister. Il ne vit pas, il existe à travers sa profession et tous les éléments venant parasiter ou même s'opposer à cette re-connaissance dont il se nourrit seront des ennemis qu'il faudra soumettre, contraindre, humilier si nécessaire. C'est sa survie qui est en jeu. Les élèves ne seront jamais rien d'autre que des sujets devant apporter la considération sociale qui contiendra l'estime de soi dont cet adulte a besoin.

    En l'absence de CONNAISSANCE DE SOI, on met en place des systèmes oeuvrant à la RE-CONNAISSANCE DE SOI.

    C'est là que les conflits prennent forme. Des conflits externes parce que l'individu n'est rien en lui-même qu'un vaste chaos.

    Cette estime de soi, au lieu de prendre forme à travers un travail spirituel, se forgera dans une posture frontale, une confrontation dont le professeur doit sortir vainqueur pour exister. Tout est bon pour y parvenir, la sanction, l'humiliation, les arrangements pervers à l'intérieur du groupe, la manipulation des esprits les plus soumis pour contraindre les plus retors.

     

    "Ah, mais moi, je ne sais pas faire avec un garçon comme le vôtre, il faut l'emmener voir un psy."

    Une phrase prononcée par une enseignante à une mère décontenancée.

    L'institution protège ces enseignants-là, l'enfant est l'élément perturbateur, la famille est la source des perturbations. L'institution n'est pas responsable, les éléments qui constituent l'institution se soutiennent, cet enfant doit quitter le cycle "normal"...

     "NORMAL" ????

    Mais cette institution est remplie de gens qui se conduisent de façon irresponsable. Est-ce cela la "normalité" ?

     

    Monsieur Peillon (ni aucun Minsitre) ne changera rien parce qu'il ne s'attaque pas au problème majeur.

    Il veut réformer la formation ? Qu'il commence donc par limiter le droit à se présenter uniquement pour des étudiants ayant mené des études de psychologie. UNIQUEMENT. Pas des masters d'économie ou d'archietcure ou de biologie moléculaire...Il faut une connaissance du développement de l'individu.

    Qu'ensuite, il mette en place des suivis d'analyse de la pratique. Les conférences pédagogiques, formation continue et autres inspections, c'est un gachis de temps et d'énergie. Trois heures à écouter blablater un intervenant qui n'a sans doute jamais mis les pieds dans une classe. Chacun rentre chez soi et met les documents reçus à la poubelle. En 30 ans d'enseignement, je ne me souviens pas d'une seule séance de formation continue m'ayant apporté quelque chose d'indispensable.

    L'analyse de la pratique consisterait à être observé en classe par des personnes ayant le cursus professionnel à même d'apporter une aide psychologique, existentielle, philosophique, relationnelle, affective, humaine...Des choses indispensables en quelque sorte...Toutes celles qui sont ignorées par l'institution.

    Pourquoi est-ce que les techniques de "communication non violente" ne sont pas enseignées. Qui dans le milieu a entendu parler des travaux de Marshall Rosenberg ? 

    Je connais des enseignants qui ont détruit des dizaines d'enfants, traumatisés, dégoûtés, saccagés, humiliés, et qui sont très bien notés par la hiérarchie, considérés même, portés aux nues... L'institution trouve dans ces enseignants-là la validation du système, évaluations, remédiations, graphiques, statistiques, projet d'école, travail d'équipe... Tous ces paramètres n'ont aucune valeur étant donné qu'ils sont au service d'un système destructeur. 

    Qu'on demande aux Français quelle image première ils ont gardé de leur parcours scolaire ?

    Est-ce que la souffrance, l'ennui, la peur, le dégoût, la colère, la révolte, l'absence, la soumission sont des réponses honorables ?

    L'école est un service public.

    Est-ce qu'un service public a le droit d'exclure, de détruire, de rejeter, d'humilier, d'abrutir, de soumettre ?

    Quelle est la mission de l'école ?

    Quelle est la mission des enseignants ?

    Quels sont les moyens mis en oeuvre?

    Est-ce qu'ils sont pertinents ?

    Qui est habilité à juger du bon fonctionnement du système ?

    Et bien, c'est la dernière question qui fait tout s'écrouler. Dès lors que les instigateurs d'un système sont les seuls à juger de sa pertinence ou de son efficacité, les résultats sont faussés. Toutes les structures chargées d'étudier les résultats des élèves ne tiennent compte que de l'aspect cognitif des résultats. Est-ce qu'un organisme indépendant au système s'est déjà interrogé sur le bien-être des élèves, leur développement spirituel ?

    Rien que le terme "spirituel" est une aberration dans l'institution. Alors, comment pourrait-on espérer voir un jour une enquête sur le bonheur des élèves.

    Un Inspecteur m'a reproché d'utiliser le terme de "méditation" et tenait à ce que je parle de "relaxation". Pourquoi ? 

     

    A l'inverse de la méditation et de la dimension spirituelle, on voit aujourd'hui les enfants de maternelle qui sont ÉVALUÉS. Ils ont trois ou quatre ans et ils sont déjà étiquetés par l'institution. Le dossier va passer de main en main, le renforcement identitaire va s'imposer, peu à peu, tout le système oeuvrant à une reconnaissance du système...L'enfant catalogué devient une statistique.

    "Il est en échec, il est en décalage, il est agité, il perturbe, il n'écoute rien, il est bête, il est "DÉBILLE."

     

    LES PARENTS SONT BEAUCOUP TROP TOLÉRANTS. Cette peur de l'école, cette peur de s'opposer à l'enseignant, elle est extrêmement révélatrice de l'image générée par l'institution. L'école est un tribunal. Les parents y sont jugés. 

    Le gouvernement veut s'occuper des élèves en difficulté...

    Qu'il commence déjà par virer tout les enseignants qui détruisent ce métier, tous ceux et celles qui ont fait de l'école un centre de détention. 

    Après, on pourra peut-être avancer.


     

  • La stratégie du choc

    Journaliste, essayiste et réalisatrice, diplômée de la prestigieuse London School of Economics, Naomi Klein est l'auteur du best-seller international No Logo, traduit dans vingt-huit langues et devenu une référence incontournable dans le monde entier. Elle contribue régulièrement à la rubrique internationale de The Nation et The Guardian, et s'est rendue en Irak pour le magazine Harper's. En 2004, elle a réalisé un film documentaire : The Take, sur l'occupation des usines en Argentine, qu'elle a coproduit avec le réalisateur Avi Lewis

    L'objet de l'ouvrage : le choc (et sa stratégie) est une métaphore ou un paradigme : le choc politique, économique, social est à un pays ce que la torture est à un individu. Ceux qui pratiquent cette violence extrême partent de l'idée qu'il faut effacer et déstructurer pour écrire autre chose : "Nous allons vous presser jusqu'à ce que vous soyez vide puis nous vous emplirons de nous mêmes" (G. Orwell, 1984, cité par l'auteur). En fait, c'est faux, bien sûr. Le pays ressort brisé pour des décennies comme l'individu qui parfois meurt ou devient fou. En outre, le choc appliqué au pays implique souvent la torture massive des opposants : il y a donc un lien entre le niveau individuel et le niveau global. NK illustre son propos avec les expériences criminelles d'Ewen Camron de l'université McGill dans les années soixante, expériences financées par la CIA, le programme MKUltra, la méthode Kubark (Partie 1).

    Le second fil conducteur qui donne l'unité à l'ouvrage (de la première à la dernière page) est la dénonciation constante de l'idéologie de l'école de Chicago et de son maître à penser Milton Friedman (1912-2006), fils spirituel de Friedrich Hayek (1899-1992). On suit la piste de l'application de ces théories dans un certain nombre de cas entre les années soixante-dix et les années quatre-vingt-dix : les pays du cône sud américain, Chili, Argentine, Bolivie, Brésil (l'opération Condor), l'Indonésie, pour finir avec la Pologne, la Russie (Eltsine 1993) et l'Asie d'une façon générale. La piste en question pue l'odeur de terre brûlée et de charogne : les société sont ruinées, mais lorsque leurs économies finissent par se redresser, les populations ont sombré dans la misère et les élites se sont enrichies sur le dos des pauvres au-delà de toute décence démontrant ici dans tous les cas qu'il n'y à pas d'effet de percolation : l'enrichissement de l'élite n'a aucun effet positif sur la misère des masses (Parties 2 à 4).

    Les parties 5 et 6 de l'ouvrage portent sur la seconde phase de l'application de la théorie de l'école de Chicago, en fait, son aboutissement extrême par une application méticuleuse grâce au 11 septembre (dont la nature exacte n'est pas réellement questionnée par l'auteur). Le capitalisme crée le désastre (Irak, Yougoslavie, Afghanistan) ou utilise les catastrophes naturelles (Tsunami au Sri-Lanka, Katrina) pour mettre en place le circuit fermé des profits liés à la destruction et à la reconstruction. Rien n'échappe plus à la privatisation. L'État corporatiste n'est plus qu'une coquille vide au sein de laquelle les dirigeants des grandes sociétés privées agissent sans contrainte et s'enrichissent sans limitation.

    La partie 7 (et dernière) est une réflexion sur la globalisation d'un tel système qui mène manifestement vers la fiction de Ruffin dans Globalia. Les élites accaparant les plus beaux espaces de la planètes se protègent dans des zones vertes derrière des murs de sécurité, 25% à 60% de la population est mise au rancard. "zones vertes" et "clôtures" de sécurité sont déjà les paradigmes d'un apartheid global.

    Ce livre est passionnant, mais sa lecture est un peu déprimante même si la conclusion tente d'exprimer quelques réflexions optimistes. Les pages de remerciement mettent en évidence un travail relativement collectif même s'il revient à l'auteur de l'avoir écrit. Quelque absences remarquées dans un index pourtant bien étoffé : AGCS, Bilderberg, PNAC .. Enfin, pour faire une lecture réellement intelligente de ce bon livre, lire préalablement Friedman (Captalism and Freedom) et même Hayek (La route de la servitude) serait peut-être une bonne idée.

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  • Pilule mortelle (santé)

     

    Pilule : Marion Larat, l'injustice transformée en combat

    LE MONDE | • Mis à jour le

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    Marion Larat doit déposer plainte pour "atteinte involontaire à l'intégrité de la personne humaine" contre le directeur général de Bayer Santé, auprès du procureur de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Elle est lourdement handicapée à la suite d'un accident vasculaire cérébral, dont elle estime que la pilule de 3e génération Meliane est la cause.

    Comment dire l'immense injustice ressentie, la colère qui l'anime ? Marion Larat, 25 ans, tente de raconter sa vie brisée en s'agaçant de ne pouvoir convoquer les mots plus rapidement, "pfff...", en comptant sur ses doigts pour retrouver un chiffre, une date. Puis un silence, son regard s'absente. Elle bredouille, ne supporte pas de ne plus être celle qui parlait et pensait à toute allure. "Avant...", commence-t-elle souvent ses phrases.

    Lire l'enquête (en zone abonnés) : Alerte sur la pilule de 3e et 4e génération

    "Avant, j'étais vraiment bonne élève, avec un an d'avance." En juin 2006, Marion la jolie, Marion la brillante élève de classe préparatoire au lycée Montaigne de Bordeaux, vient de se frotter aux concours des grandes écoles de commerce. Quand, soudain, elle s'effondre, terrassée par un AVC massif. Un œdème se développe dans son cerveau, elle plonge dans un coma dont elle se réveille, trois jours plus tard, hémiplégique et aphasique. S'ensuivent neuf opérations au CHU de Bordeaux, des mois en centre de rééducation ; une lutte acharnée pour redevenir la Marion des interminables randonnées en montagne, des lectures de sociologie, et pour ne pas se laisser envahir par la dépression.

    Car il lui faut l'admettre. Elle ne sera plus jamais cette femme-là. La nouvelle Marion est handicapée à 65 %, épileptique, sa main droite ne lui est plus d'aucune utilité (elle était droitière), sa marche et son élocution sont extrêmement laborieuses. Elle blâme le sort. Tente de reprendre ses études pour s'en découvrir physiquement incapable. Quand un jeune homme entre dans sa vie, en 2010, elle envisage de reprendre la pilule. La nouvelle gynécologue consultée demande transmission des analyses de sang faites à l'hôpital. Elle découvre alors l'anomalie génétique dont Marion est porteuse : le facteur II de Leiden, qui accentue la coagulation. Une contre-indication à la prise d'une contraception orale.

    QUÊTE DE JUSTICE

    En clair, c'est sa pilule, Meliane, qui a provoqué l'AVC. "Après ça, je n'ai pas dormi pendant un an. J'ai appris que 8 % des femmes avaient la même anomalie, donc j'ai réalisé que d'autres étaient mortes, que d'autres allaient mourir." Marion n'avait jamais entendu parler des dangers thromboemboliques de la pilule. Ne se savait pas davantage porteuse d'une mutation génétique – personne, dans sa famille, n'ayant connu le moindre accident de santé évocateur. En juin, la Commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux de la région Aquitaine, confirme le lien : "L'AVC est survenu dans les trois mois de la prescription du Méliane. Ces éléments constituent autant de présomptions graves, précises et concordantes permettant d'imputer la survenue de l'AVC à l'administration du Meliane."

    Quelques mois avant, Marion avait vécu comme une violence la réunion d'expertise commandée par la commission. On lui a demandé si elle avait envisagé de mettre fin à ses jours. Que répondre lorsque ses parents sont dans la salle ? Ne pas se laisser dévorer par la colère... Ne pas rester à jamais la handicapée qui vivote avec 700 euros d'allocation mensuelle... Marion effectue, à tout petit rythme, un service civique. Idée lui vient de créer et de commercialiser des bas de contention moins laids que ceux qu'on lui a infligés à l'hôpital. Le nouvel Institut du service civique, lancé cet été par Martin Hirsch, fait d'elle une lauréate soutenue dans ses projets d'activité. Mais rien ne la fera dévier de sa quête de justice. Elle a renoncé aux indemnisations, espérant que sa voix porte devant le tribunal de grande instance. Toutes les autres jeunes filles, elles, doivent savoir

     


     

    La justice défendra toujours les multinationales.
     
    Les juges savent très bien qui distribuent l'argent.