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Le monde selon Tippi

Par Le 08/03/2013

Tellement éloigné de nos enfants "geek" , surprotégés et finalement en "danger"...

Bilan économique de Chavez

Par Le 07/03/2013

Pour que les choses soient claires et au cas où certains tomberaient dans le piège des médias officielles...

Souveraineté nationale ? C'est fini.

Par Le 07/03/2013

 http://www.wikistrike.com/article-jour-de-deuil-pour-les-democraties-europeennes-feu-vert-au-two-packs-115967237.html?fb_action_ids=10200279025492415&fb_action_types=og.likes&fb_source=aggregation&fb_aggregation_id=288381481237582

La démocratie ? La souveraineté nationale ? Ne rêvons plus, c'est fini et dans la plus stricte intimité, comme d'habitude.

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Ce soir est un jour de deuil pour tous les démocrates ou ceux qui croient encore à la démocratie . 


Il vient de se passer quelque chose de très important qui n'est rien d'autre que l'enterrement dans la plus stricte intimité de nos principes démocratiques , ce qui a fait notre force , notre richesse , notre puissance .. 


Ce soir , l'Union Européenne a donné son feu vert au two Packs !!
Qu'est-ce qui se cache derrière ce jargon technique, cet anglicisme auxquels personne ne comprend rien. 

Le two packs : un paquet législatif qui renforce les pouvoirs de la Commission Européenne en matière de contrôle sur les budgets nationaux .  
 
 
 
 
 

En Français , çà veut dire quoi ? Ca veut simplement dire que les lois votées au Parlement sont susceptibles d'être retoquées par l'Union Européenne , si elles ne lui plaisent pas . Ou même , que si ces lois sont contraires à ce que pense l'Union Européenne ,  on peut imposer  le contraire en termes budgétaires . L'article précise : Cette décision prise à l'unanimité , n'est guère surprenante après l'accord politique trouvé fin Février entre le Parlement Européen et la présidence Irlandaise de l'UE . 

Cet accord  m'a tellement fait sursauter , car il s'agit d'une transgression totale des traités votés  et en particulier celui de Lisbonne et son article 123 qu'il m'a conduit  à écrire un article intitulé : 
Six milliards c'est facile Monsieur Cahuzac, Petits arrangements entre amis .. 


La décision à l'unanimité des Ministres des Finances prise aujourd'hui, décision qui avalise l'invraisemblable abus de pouvoir et transgression commise par Mario Draghi, Président de la BCE  dans le cadre de l'accord Irlandais , vient de signer le deuil de tous nos principes démocratiques .. 

La différence entre un régime totalitaire et une démocratie vient d'une notion essentielle : la séparation des pouvoirs : législatif (le vote des lois) , l'exécutif (leur mise en application) , le judiciaire (l'indépendance de la justice) . 


C'est cette séparation et elle seule qui permet de combattre la corruption , en particulier politique , qui permet de faire que des lois votées soient votées dans le sens de l'intérêt général et non pas d'intérêts privés ou catégoriels .. et qui permet de faire que l'exécutif se trouve obligé d'appliquer des lois qui ont été votées indépendamment de lui .. 


A partir du moment ou ces pouvoirs se trouvent concentrés dans une même main , il devient très facile à l'exécutif d'infléchir sur les votes parlementaires .. ou de refuser de les appliquer (ce qui s'est passé dans le cas de l'accord entre la BCE et l'IRLANDE .. ). Et si la justice n'est plus indépendante , tout est permis aux détenteurs de ces pouvoirs , puisqu'il n'y a plus aucun contre pouvoir !!!


En signant cet accord avec l'Irlande , Mario Draghi a simplement refusé d'appliquer un article du Traité de Lisbonne , l'article 123 , qui lui interdisait à la BCE de prêter directement aux Etats . 


Il a démontré que la BCE , Institution Européenne était au dessus des lois votées , qu'il n'en avait cure et ne se sentait en aucun cas obligé de les appliquer .  Il a démontré que les petits arrangements entre amis s'étaient substitués aux votes démocratiques, puisque cette solution pourrait très bien être applicable à l'Espagne ou à la France ,  mais que curieusement , il ne veut pas la leur voir appliquer .. A l'inverse même , la Commission Européenne vient de réclamer encore plus d'austérité pour le peuple Espagnol . 


Ce prêt fait à l'Etat Irlandais a non seulement allégé la dette de l'Etat, mais a également allégé son déficit budgétaire , sans aucune austérité supplémentaire pour la population Irlandaise , puisque le prêt consenti illégalement par la BCE est bien inférieur aux conditions du sacro saint marché . 


D'ailleurs les Irlandais ont bien compris et ils viennent de redemander un petit rabiot : 
Les Irlandais , rois de la roulette Irlandaise  .. 


Par contre , je ne sais pas quelle dent Monsieur Draghi et l'Union Européenne ont contre les Espagnols ,mais là , point de gentillesse, point de traitement de faveur .. il faut au contraire les tondre encore plus pour qu'ils deviennent enfin dociles !!! ... 


"Bruxelles demande à l'Espagne d'augmenter les impôts et de retarder l'âge de la retraite" .. 


On peut se demander au titre de quelle logique et de quelle cohérence  , Bruxelles ne demande rien aux Irlandais qui, il faut le rappeler, ont le plus bas taux d'imposition sur les sociétés en Europe , mais leur consent un prêt interdit par les statuts des traités, et réclame aux Espagnols beaucoup moins gâtés que les Irlandais en termes de fiscalité , une austérité supplémentaire .. 


J'ai une vague idée de la réponse : L'Espagne pourrait avoir des richesses cachées que l'Irlande ne possède pas , et qu'il serait utile de voir privatisées avant qu'elles ne soient découvertes . Il faut donc les écraser totalement pour les rendre dociles et résignés . Mais sans même préjuger du pourquoi , on peut juste s'arrêter au comment ... 


Quelle est cette Europe qu'on veut nous imposer, dans laquelle les élus n'ont plus aucune utilité ? qui fait tout à la tête du client , grâce à des petits arrangements entre amis , totalement exclus de tout débat public .. 


Là par contre j'ai une réponse  et elle n'est pas aimable : si les petits arrangements entre amis , la tête du client se substituent aux lois votées démocratiquement , cela s'appelle une Dictature, ou plus exactement une république bananière . 


La justice s'est d'ailleurs inscrite aux abonnés absents comme le montre désormais tous les  jours l'absence totale de poursuites et d'enquêtes , sans parler de condamnations, sanctions ou réparations des préjudices , du fait des différents scandales financiers qui émaillent notre quotidien . 


Du blanchiement d'argent de HSBC, en passant par la fraude du Libor , qui aura couté à Dexia la bagatelle de 600 millions d'euros , le sauvetage de Dexia ayant été mis à la charge du contribuable français, il semblerait que la justice soit un concept qui appartienne définitivement au passé dès qu'on touche à l'un des amis des petits arrangements , les financiers .. 


Jaimie Dimon , PDG de JP Morgan a même réussi à avouer publiquement la semaine dernière que l'intégralité des profits bancaires étaient issus de l'absence de réaction des politiques et avaient juste été pris sur le dos des contribuables . 


Pire , on arrive même à les conserver comme conseils , alors qu'ils sont eux mêmes poursuivis par d'autres justices comme la justice américaine, au coeur même de nos institutions , comme juges et parties .. (Agence France Trésor) . 
Le two packs est également ce qui permettra de faire passer la nouvelle Directive Européenne sur les Retraites, sans que quiconque ne puisse s'y opposer , ni au Sénat , ni à l'Assemblée : 
Retraites on nous dit rien , on nous cache tout 


La future Directive en question n'a comme objectif que d'étendre le terrain de jeu des financiers en leur laissant l'intégralité des régimes de retraites par capitalisation  à disposition 


Et l'année prochaine , Jamie Dimon, PDG de JP MORGAN,  pourra avouer que l'absence de réaction des poitiques européens aura permis aux banques de faire leurs profits grâce aux retraités Européens . 





Alors oui , aujourd'hui est un jour de deuil , le coup d'état a eu lieu .. Nos démocraties viennent de se faire enterrer dans le plus grand silence par nos propres Ministres . 


Nous pouvons désormais faire de grosses économies sur les députés et le Sénat devenus totalement inutiles .. Les décisions seront prises et mises à exécution sans eux .. 


Mais moi , j'ai juste le droit de pleurer .. de ce deuil insensé dont personne n'a encore pris vraiment conscience . 






P.S. : Le cas Irlandais montre que le rapport de forces peut marcher . Le gouvernement Irlandais , loin d'être intimidé par un Mario Draghi  et encore moins par les diktats de l'Union Européenne, a au contraire réussi ce que personne n'aurait supposé possible : lui faire transgresser les traités Européens .. Comme le disait JLM lors de la campagne présidentielle française, la France a un poids suffisant pour infléchir la politique de l'UE . Les Irlandais viennent de lui donner raison , mais il y a peu de chances que ce soit le "capitaine de pédalo " qui ait la force de caractère nécessaire pour faire ce que viennent de faire les Irlandais . 


Ce soir , beaucoup de gens pleurent également une disparition : celle d'Hugo Chavez . Je pense que Chavez laissera plus de traces dans l'histoire que les technocrates Européens qui viennent d'assassiner nos démocraties . 




Mise à jour du 7 Mars . 
Un décryptage du two packs paru dans la Tribune le 20 Février dernier nous donne un bien curieux élément de compréhension : 
"Les recommandations de la Commission européenne ne seront pas contraignantes, mais les gouvernements qui n'en tiendront pas compte s'exposeront à des sanctions de Bruxelles.

Si la compréhension des textes Européens est à ce niveau , on comprend que cet assassinat démocratique ait lieu aussi facilement . 

 

Caro pour WikiStrike


http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/afp-005047…
http://fipcarolinep.xooit.fr/t216-Six-Milliards-Monsieur-Cahuzac-c-est-faci…
http://www.wikistrike.com/article-six-milliards-monsieur-cahuzac-c-est-faci…
http://blogs.mediapart.fr/blog/jerlau/050313/les-irlandais-roi-de-la-roulet…
http://www.marianne.net/L-aveu-d-un-Bankster_a226950.html
http://www.melvineenaction.com/Europe/bruxelles-demande-a-l-espagne-d-augme…
http://fipcarolinep.xooit.fr/t7-RETRAITES-on-nous-dit-rien-on-nous-cache-to…
http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20130220trib00…

Safaris humains

Par Le 06/03/2013

La Cour suprême indienne lève l’embargo sur les safaris humains 6 Mars 2013


http://www.survivalfrance.org/actu/9012

Le refus de la Cour suprême d'interdire la réserve des Jarawa aux touristes fait à nouveau craindre l'exploitation de la tribu.
Le refus de la Cour suprême d'interdire la réserve des Jarawa aux touristes fait à nouveau craindre l'exploitation de la tribu.
© Ariberto De Blasoni/Survival

La Cour suprême indienne aurait cassé la décision provisoire de janvier dernier d’interdire les safaris humains dans les îles Andaman, portant un coup dur à la campagne contre cette forme de tourisme controversée.

Avant la décision de la Cour, des centaines de touristes traversaient quotidiennement la route Andaman Trunk Road en espérant pouvoir observer les Jarawa et leur jeter quelques biscuits pour les inciter à danser devant leurs caméras. Cette mesure provisoire avait permis de réduire d’environ deux-tiers le nombre de véhicules pénétrant dans la réserve.

Les tour-opérateurs des îles Andaman se préparent déjà depuis quelque temps à la réouverture de la route prévue vendredi.

Enmai, un jeune Jarawa, s’est exprimé sur ce qu’il ressent lorsque les touristes le prennent en photo : ‘Ça ne me plaît pas. Je n’aime pas qu’ils nous prennent en photo depuis leurs véhicules’.

L’exploitation des Jarawa à travers les safaris humains a été la cible d’une campagne menée depuis trois ans par Survival International et l’organisation locale Search. Ce genre de tourisme avait scandalisé l’opinion publique internationale il y a un peu plus d’un an, après la diffusion d’une vidéo sur le site internet du quotidien britannique The Observer montrant une femme jarawa forcée de danser pour les touristes.

Avant que la Cour suprême ne décide provisoirement d'interdire la route aux touristes, des centaines de véhicules empruntaient la route quotidiennement.
Avant que la Cour suprême ne décide provisoirement d'interdire la route aux touristes, des centaines de véhicules empruntaient la route quotidiennement.
© Denis Giles/Survival

Dans une lettre adressée à la Cour suprême avant l’audience, Survival demandait que ’l’interdiction du tourisme dans la réserve soit permanente et qu’une route côtière alternative soit ouverte pour remplacer celle traversant la réserve qui doit être définitivement fermée’. La Cour avait déjà ordonné la fermeture de la route en 2002, mais les autorités andamanes ont ignoré son verdict.

La Cour a éveillé de vives inquiétudes lorsqu’elle a demandé aux autorités andamanes ‘si elles souhaitaient que les Jarawa restent à l’écart du courant dominant ou si elles préféraient qu’ils y soient assimilés’. Il est pourtant bien connu que forcer les peuples indigènes à s’intégrer à la société dominante entraîne des conséquences désastreuses, telles que maladie, dépression, addiction et suicide.

La politique officielle vis-à-vis des Jarawa stipule que ’Aucune tentative visant à les intégrer à la société dominante contre leur volonté… ne sera faite’. Mais les élus politiques indiens ont continuellement appelé à leur assimilation.

L'assimilation a déjà eu des impacts dévastateurs sur les peuples indigènes à travers le monde. Les Bo ont été assimilés de force par les Britanniques; leur dernière représentante est décédée en 2010.
L'assimilation a déjà eu des impacts dévastateurs sur les peuples indigènes à travers le monde. Les Bo ont été assimilés de force par les Britanniques; leur dernière représentante est décédée en 2010.
© Anvita Abbi/Survival

Les Jarawa eux-mêmes, et non pas les autorités, devraient pouvoir contrôler le type et la fréquence de leurs contacts avec le monde extérieur et choisir les changements éventuels à apporter à leur mode de vie. Jusqu’à présent, les Jarawa n’ont montré aucun signe de volonté de quitter leur forêt pour rejoindre la société dominante.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Ce volte-face catégorique est extrêmement alarmant. C’est pourquoi Survival continuera à mener campagne de manière soutenue pour la fermeture de la route. Que les safaris humains puissent continuer est tout simplement scandaleux. La fermeture de la route aux touristes avait au moins donné une chance aux Andamanais d’en finir avec ces pratiques dégradantes et ignobles et nous ferons tout pour qu’elles ne se renouvellent pas’.

Note aux rédactions :

- Lire le rapport de Survival International ‘Le progrès peut tuer’ qui rend compte des impacts catastrophiques de l’assimilation sur les peuples indigènes à travers le monde.

- Télécharger la lettre de Survival à la Cour suprême

 

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Question de mentalité

Par Le 06/03/2013

Sur le principe de précaution, il existe une limite récurrente, c'est celle de la mentalité des citoyens.

Ici, en Savoie, le département balance des tonnes de sel sur les routes en hiver et les déneigeuses passent et repassent à chaque chute de neige. Et bien, un ami garagiste me disait qu'il était sidéré par le nombre de gens qui roulent sans pneus neige parce qu'ils disent que les routes "doivent" être déneigées...Ils seront évidemment les premiers à se plaindre s'ils finissent au fossé.

Le principe de précaution est par conséquent détournée par des mentalités de profiteurs, de râleurs, de cons. 

Résultat: le nombre d'accidents reste conséquent et le département continue à balancer des tonnes de sel.

Conséquences : une atteinte importante sur les cours d'eau et les nappes phréatiques, sur la flore également. Ne parlons pas de l'état des voitures si vous ne vous astreignez pas à les laver très régulièrement. carosserie pourrie, perforée, rongée. Les gaines de freins de ma voiture ont été "bouffées" par le sel et le frein à main ne fonctionne plus. Tout à changer.

Solution : mettre des pneus neige, se munir de chaînes, partir avec une marge de temps importante, réduire sa vitesse, ne pas freiner mais utiliser le frein moteur...

(C'est dingue en fait d'être amené à écrire des choses aussi évidentes...Cet assistanat, cette déresponsabilisation, cette prise en charge constante...Tout cela ne devrait même pas exister...

Question de mentalité.


"Histoire du salage" (wikipédia)

Il a régulièrement augmenté durant la seconde moitié du XXe siècle pour atteindre plusieurs dizaines de millions de tonnes par an dans les années 2000, essentiellement dans l'hémisphère nord2. Rien qu'au Canada, au début des années 1990, c'étaient environ 4,9 millions de tonnes de sels de voirie qui étaient annuellement rejetés et perdus dans l'environnement2, source d'environ 3 millions de t/an de chlorures qui contaminent les eaux superficielles et souterraines (Environnement Canada, 2001)2,3. Les États-Unis quant à eux en utilisaient de 10 à 20 millions de tonnes/an (2003 Newsletter Envirocast)2. Les pratiques et quantités diffèrent fortement selon les collectivités, mais il est fréquent que pour couvrir leur responsabilité en cas d'accident, les responsables du salage en utilisent bien plus que le strict nécessaire2. En Amérique du Nord, la salinisation des eaux de surface et des nappes tend à augmenter, et « les conséquences environnementales du transport routier de salage ne sont pas encore bien comprises par le public et les décideurs »2. Ce sel est source de contamination des eaux de surface et souterraines, cause des dommages aux arbres et aux infrastructures, et dégrade les écosystèmes locaux4,5.

En France métropolitaine dans les années 2000-2010, environ 750 000 tonnes de sel sont été consommées essentiellement en une dizaine de jours et surtout en montagne. Durant les hivers froids, par exemple en 2004, jusqu'à 1 voire 1,5 million de tonnes sont épandus en France. Le record aurait été battu avant la fin de l'hiver 2009-2010 avec 1,9 million de tonnes de sel déversées sur les routes françaises6, soit plus du double d'une année moyenne.

En Suisse, 106 000 tonnes ont été épandues rien qu'en février 20057,8.

Coûts

En France, à raison de 80 euros par tonne en 2010, le coût annuel du salage en France dépasse les 100 millions d’euros (matériel et personnel compris)9.

Histoire

Le sel était autrefois une denrée trop rare et trop coûteuse dans les pays froids pour l'utiliser pour le déneigement. Quand au XXe siècle, sa production industrielle l'a rendu très disponible, alors que le réseau routier s'étendait dans le monde entier, il a été de plus en plus utilisé pour débarrasser les routes de la neige et du verglas. On utilise aussi dans certains pays ses propriétés hygroscopiques pour lutter contre les envols de poussière en été.

Environ 51 % de la production mondiale de sel est aujourd'hui consacrée par les pays froids à l'entretien des routes.

On a constaté que le chlorure de calcium était plus efficace que le chlorure de sodium (il produit une réaction exothermique avec l'eau, au contraire du NaCl qui quand il fond dans l'eau la refroidit), mais il présente aussi quelques inconvénients (voir plus bas).

Dans le monde, les régions qui épandent le plus de sel en hiver sont l'est du Canada, le nord-est des États-Unis, la Russie et le nord de l'Europe.

Hugo Chavez

Par Le 06/03/2013

Monde

Une «perte irréparable» pour l'Amérique latine

(Mis à jour: )
Le président vénézuélien Hugo Chavez s'adresse à la foule lors d'un meeting à Caracas, le 23 août 2003.
Le président vénézuélien Hugo Chavez s'adresse à la foule lors d'un meeting à Caracas, le 23 août 2003. (Photo Juan Barreto. AFP)

réactions Les pays d'Amérique du Sud ont été les premiers à s'exprimer après la mort d'Hugo Chavez. Le président français souligne qu'il a «profondément marqué l'histoire de son pays».

Les principaux alliés latino-américains du Venezuela ont salué mardi la mémoire du président Hugo Chavez, qualifié d'«homme exceptionnel» dont «la perte est irréparable» pour l’Amérique latine, tandis que le président américain Barack Obama a estimé que le Venezuela «entame un nouveau chapitre de son histoire».

Le régime communiste cubain a décrété un deuil national de trois jours en hommage à son principal allié politique et économique qui avait été hospitalisé durant deux mois à Cuba, avant son retour à Caracas à la mi-février. «Chavez est aussi Cubain ! Il a senti dans sa chair nos difficultés et nos problèmes et a fait tout ce qu’il a pu, avec une extrême générosité (...) Il a accompagné Fidel (Castro) comme un véritable fils et son amitié avec Raul (Castro) est profonde», a indiqué le gouvernement dans un communiqué.

Le président Barack Obama a affirmé que les Etats-Unis soutenaient les Vénézuéliens après la mort de leur dirigeant, et espéré des «relations constructives» avec le futur gouvernement de ce pays. «Au moment où le Venezuela entame un nouveau chapitre de son histoire, les Etats-Unis continuent à soutenir des politiques qui soutiennent les principes démocratiques, l’Etat de droit et le respect des droits de l’homme», a conclu le dirigeant américain.



L'état de droit et le respect des droits de l'homme", par les USA??????? C'est la blague du jour :(



A lire aussi  L'analyse de notre correpsondante aux Etats-Unis

Le président bolivien, Evo Morales, le 14 avril 2012 à Cartagène, en ColombieLe président bolivien Evo Morales (photo AFP), au bord des larmes, s’est lui dit «anéanti par le décès du frère Hugo Chavez», depuis le palais présidentiel à La Paz. Il a indiqué qu’il se rendrait au Venezuela dans les prochaines heures.

«Quand les passions s’apaiseront (...), il ne fait aucun doute que le monde entier reconnaîtra la grandeur d’un homme extraordinaire, courageux, plein d’amour et d’héroïsme», a déclaré le président équatorien Rafael Correa, la voix brisée, lors d’une allocution.

Le gouvernement du Nicaragua, également membre comme la Bolivie et l’Equateur de l’Alliance bolivarienne des Amériques (Alba), inspirée par le président vénézuélien, a estimé que «les hommes exceptionnels et formidables comme Hugo Chavez ne meurent jamais».

La présidente brésilienne Dilma Roussef s'exprime lors d'une conférence de presse le 27 janvier 2013 à Santiago«Le gouvernement brésilien n’a pas toujours été intégralement d’accord avec le président Chavez mais sa disparition représente une perte irréparable. Il était un ami du Brésil et du peuple brésilien», a pour sa part affirmé la présidente de gauche Dilma Rousseff (photo AFP).

«Avenir meilleur et plus prometteur»

«J’ai confiance dans le fait que son amour de la patrie et son engagement pour la cause des plus défavorisés continuera d’illuminer le futur du Venezuela», a de son côté déclaré son prédécesseur à la tête du Brésil, Luiz Inacio Lula da Silva.

En Colombie, le président Juan Manuel Santos a exprimé son «profond regret» pour la mort de Hugo Chavez, rappelant qu’il avait apporté un soutien important pour le processus de paix avec la guérilla marxiste des Farc.

Au Chili, le président Sebastian Pinera a notamment souligné le rôle joué par son homologue vénézuélien dans la création de la Celac (Communauté des Etats latino-américains et des Caraïbes), l’entité régionale fondée lors du Sommet de Caracas en décembre 2011 et dont le premier sommet s’est déroulé à Santiago le 28 janvier, en son absence. «Nous avions des différences mais j’ai toujours su apprécier la force, l’engagement avec lequel le président Chavez luttait pour ses idées», a-t-il conclu.

Au Canada, le Premier ministre Stephen Harper a estimé que le décès du président Chavez ouvre une période de transition qui doit permettre aux Vénézuéliens d’accéder à «un avenir meilleur et plus prometteur».



(Harper est haï par les étudiants, conspué par les écolo, détesté par le milieu ouvrier mais adulé par les banquiers...)



Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a rendu hommage à Hugo Chavez, soulignant qu’il s’était efforcé de «répondre aux aspirations et aux défis des plus vulnérables» dans son pays.

A lire aussi  Notre chronologie interactive, «Du putch manqué à la dérive autocratique»

«Perte d'un champion»

En Europe, le président français François Hollande a estimé que Hugo Chavez avait «profondément marqué l’histoire de son pays». Il «exprimait au-delà de son tempérament et de ses orientations, que tous ne partageaient pas, une volonté indéniable de lutter pour la justice et le développement».

«En tant que président du Venezuela pendant 14 ans, il a marqué les esprits dans son pays et bien au-delà», a pour sa part réagi le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague.

«La Palestine dit adieu à un ami loyal qui a défendu passionnément notre droit à la liberté et à l’autodétermination», a déclaré Nabil Shaath, en charge des relations extérieures du mouvement palestinien Fatah. «Le président Chavez a sans cesse travaillé non seulement pour la dignité et la gloire de son Amérique latine bien aimée, mais aussi pour tous les peuples opprimés, y compris la Palestine, un pays qu’il gardait dans son cœur», a-t-il ajouté.

A Hollywood, le réalisateur américain Oliver Stone, supporteur de longue date d’Hugo Chavez, a affirmé qu’il «restera à jamais dans l’Histoire». L’acteur engagé Sean Penn a également rendu hommage à Chavez, estimant que les personnes pauvres de la planète avaient «perdu un champion» et l’Amérique «un ami qu’elle a toujours ignoré avoir».

Le principe de précaution

Par Le 05/03/2013

"Le principe de précaution est un principe philosophique qui a pour but de mettre en place des mesures pour prévenir des risques, lorsque la science et les connaissances techniques ne sont pas à même de fournir des certitudes, principalement dans le domaine de l'environnement et de la santé." Michel Barnier.


« L'histoire de l'humanité a depuis toujours été guidée par cette logique de l'essai, de la tentative et de l'erreur sans cesse corrigée pour parvenir à la vérité. Le principe de précaution annihile cette dynamique et paralyse le progrès. » Mathieu Laine.



Il ne reste plus qu'à analyser, point par point, domaine après domaine, l'application de l'une ou l'autre proposition et d'essayer de déterminer celle qui est la plus souvent pratiquée.

Personnellement, que ce soit dans l'environnement, la santé, l'éducation, l'économie, l'enseignement... je pense qu'il y a bien longtemps que le principe de précaution n'est pas appliqué. Mais l'a-t-il déjà été ? Ou bien n'était-il qu'une façade pour cacher d'autres motivations,d 'autres intérêts ?

Le nucléaire par exemple...

Le pétrole.

Les vaccins.

La politique agricole de l'UE.

La politique financière de l'UE.

La politique sociale de l'UE.

La politique énergétique de l'UE.

La politique de santé de l'UE.


...

Tout le monde passe son temps et dépense une énergie folle à régler les problèmes qui sont survenus dans cette marche en avant vers "le progrès"...

De leur côté, les Indiens Kogis ont refusé de continuer l'exploitation du café sur leur terre quand ils ont pris conscience des tensions que cela créait dans la communauté. Gestion collective et non pyramidale...Principe de précaution. Mais bon, ce sont de "gentils sauvages", on ne peut pas se rabaisser à les imiter...:(

Armes de distractions massives

Par Le 05/03/2013

Armes de distraction massive (Les)

Armes de distraction massive (Les)
Cliquez l'image pour agrandir


Les extraits des oeuvres disponibles en feuilletage en ligne sont destinés à des fins de consultation seulement et ne doivent en aucun cas faire l'objet d'un autre type d'exploitation (incluant la reproduction ou la projection en classe à des fins pédagogiques).
Armes de distraction massive (Les)
Auteur : Matthew Fraser
Traductrice : Marie-Cécile Brasseur

ISBN : 978-2-89428-731-6 | Nombre de pages : 336
Prix suggéré : 29,95 $

Format : 15 x 22,5 cm | Année de parution : 2004

Collection : Hors collection
Éditeur : Éditions Hurtubise inc.
Résumé : Cet essai analyse la relation entre l'Amérique et le reste du monde en identifiant les différentes sources de son pouvoir d'attraction (et de distraction) des masses, représenté entre autre par le règne de chaînes d'alimentation telles que Coca-Cola et McDonald's, le rayonnement de Disney, l'efficience des chaînes de télévision comme MTV et CNN et surtout l'influence toujours grandissante d'Hollywood et de la musique pop.

L'auteur présente ici une analyse percutante, à la fois contemporaine et historique, de l'impact de la culture populaire américaine ainsi que de ses répercussions sur la politique étrangère. À travers plusieurs exemples tirés de domaines divers et impliquant plusieurs pays, il montre l'effet globalisant du mode de vie «à l'américaine» dont les valeurs sont tous les jours véhiculées par un système qui a plus d'impact et de portée que la puissance militaire.

Genre : Essai

Lieu de publication : Montréal

Fichier :
 > Consulter un extrait du livre en pdf

Le titre est vraiment bien choisi puisqu'il s'agit bien d'une destruction mondialisée par le biais de la distraction. Le monde des Indifférents dans toute sa splendeur.

Une liste rapidement constituée :

La télévision (99 % de la production télévisuelle est à jeter)

Le football (je ne mets pas les autres sports dans cette rubrique car il n'y a qu'au foot qu'on peut voir un tel condensé de QI d'huitres (je m'excuse envers les huitres)

La technologie :apple, écran plat, rond, carré, triangulaire, transparent, iphone, ipad, voitures, portables, jeux vidéos et tout les produits totalement vétustes en trois mois, étant donné que le principe de base, c'est de donner rapidement envie d'acheter le suivant et donc de créer une envie qui sera plus forte que le besoin réel. )

Les people (le choc des photos pour trois phrases : "je suis riche, je suis jeune, je suis beau" .La starisation à outrance avec une nécessité de renouveler très rapidement le stock des étoiles, aussi vite que la haute technologie d'ailleurs. Essayez donc de faire la liste des people qui ont disparu de la circulation dans les cinq dernières années, rendez-vous dans un an...Et vous n'aurez pas fini. La vitesse avec laquelle ils sont périmés est effrayante.

Le cinéma ( en excluant tout ce qui n'est pas film "grand public"...c'est à dire qu'il ne reste pas grand-chose puisque ceux qui ne sont pas passés "grand public" en rêvaient et avaient appliqué à la lettre les méthodes requises : casting, scénario usité, dialogues très facilement compréhensibles.

La littérature : Bon, là, je risque d'être très méchant. Je prends un joker et je passe à la liste suivante.

Le sexe : je dis bien le sexe, je ne parle pas de l'amour. Tout est lié avec les people qui nous dévoilent leur plastique (j'aime bien ce terme étant donné que LE plastique est un produit manufacturé. Comme eux.

Le Pape : bon, là, c'est clair, l'armée des fidèles décroit rapidement mais j'ai quand même du mal à comprendre que "ça" existe encore...

Le patriotisme sportif : je me fiche de savoir si c'est un Français ou une Française qui gagnent, ce qui m'importe c'est la beauté du geste, la performance, le charisme du champion.

Les actualités du jour qu'elles soient télévisuelles, radiophoniques ou écrites, sont des hallucinogènes quotidiens. Une fois que les effets du produit sont dissipés, on passe à une autre dose. Les médias sont des dealers professionnels, assermentés et légaux. Ce qui en dit long sur les intentions des politiques qui sont censés les surveiller.

La liste n'est sûrement pas close.

Je vais aller vomir.

Se connaître

Par Le 05/03/2013

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« L'éducation consiste à comprendre l'enfant tel qu'il est, sans lui imposer l'image de ce que nous pensons qu'il devrait être. »

Krishnamurti



Le problème majeur vient du fait que ceux qui pensent à ce que l'enfant devrait être n'ont pas cherché encore à comprendre ce qu'ils sont eux-mêmes. C'est juste le mimétisme qui les guide. Un mimétisme social, éducatif, une mondialisation dans laquelle ils sont insérés.

Est-ce qu'ils ont cherché à identifier clairement ce qu'ils sont et leurs propres fonctionements ? Comment peut-on considérer que la répétition des conditionnements suffit à être dans le Vrai ?

Un enseignant, digne de ce nom, devrait oeuvrer à la révélation des êtres et non à leur intégration dans un mouvement de masse. Cette intégration se fera si l'individu lui-même, lorsqu'il en aura la capacité et la lucidité, décide que c'est la voie qui lui convient.

J'en ai connu tellement des enfants qui une fois adolescents, erraient dans les méandres des études supérieures sans savoir où ils allaient. Et d'autres qui étaient sortis de ce système parce que le système avait tout fait pour qu'ils s'en aillent...

Peut-on considérer dans ces cas-là, et ils sont innombrables, que l'enseignement a joué son rôle ?

Quel est ce rôle?

Qui est responsable ? La question essentielle.

Responsable et responsabilité, deux notions complémentaires.

Est responsable celui qui identifie les responsabilités qui lui incombent.

Je peux être responsable de mes actes et responsable de moi-même. Il ne s'agit pas de s'arrêter uniquement sur une responsabilité au regard d'une situation mais de joindre à cette observation l'enseignement que l'individu doit en retirer. Pourquoi est-ce que j'étais dans cette situation, comment y suis-je arrivé, quelles ont été les émotions qui m'ont fait perdre pied, pour quelles raisons est-ce que je me suis emballé, pour quelles raisons est-ce que j'ai perdu confiance ? La liste des observations à tenir est longue. 

C'est cela que l'enseignement doit proposer aux jeunes enfants. Tout ce qui est de l'ordre cognitif n'est pas une finalité mais un chemin et sur ce chemin se présentent les opportunités pour apprendre à se connaître.

Il s'agit fondamentalement de se connaître en usant de ce qu'il y a à connaître.

Nouveau code de sécurité pour messages

Par Le 04/03/2013

Emonsite a mis en place un nouveau "captcha" pour les commentaires. Il semble plus simple que les mots illisibles qui avaient cours jusque là et dont des lecteurs et lectrices s'étaient plaints. J'espère que ça incitera les commentaires :))

Nouveau code de sécurité captcha & nouvelle opportunité de monétisation en version pro

Captchme sur e-monsite

Nous venons de mettre en place un code de sécurité Captcha sur les formulaires d'un nouveau genre. Ce nouveau code de sécurité vise à protéger encore mieux votre site contre le SPAM et est plus facile à utiliser par les internautes que l'unique proposé auparavant (reCaptcha).

A propos de ce nouveau captcha

Proposé par la société CaptchMe, le fonctionnement de cette sécurité antispam est très simple : pour envoyer un commentaire (ou tout autre formulaire sur votre site), les internautes devront regarder une annonce sous forme d'image ou de vidéo puis répondre à une question très simple. C'est beaucoup plus simple pour les internautes que la suite de caractères parfois illisibles proposée par reCaptcha (seul code captcha proposé auparavant) et cela fonctionne mieux contre le SPAM.

Connaissances ou croyances?

Par Le 03/03/2013

Après avoir visonné le documentaire sur les pyramides, j'ai eu l'impression de revivre les commentaires après le 11 septembre. 

"Est-ce qu'un avion peut faire tomber une tour de cette taille ?

-Et bien, oui bien sûr puisqu'on vient de le voir. "

La question qui se pose, c'est de savoir si ces "scientifiques" du CNRS fonctionnent avec de réelles connaissances ou si l'accumulation de savoirs transmis dans un cadre très restrictif n'a pas fini par devenir des croyances, c'est à dire des conclusions qui ne sont plus remises en question étant donné qu'elles sont évidentes DANS UN REGISTRE donné.

On sait très bien que les scientifiques vivent des subventions. Rupert Sheldrake, par exemple, a fait les frais de ses recherches sur les champs morphogénétiques. Si vous sortez du cadre officiel, vous entrez dans la caste des exclus.

Il ne s'agit donc plus de connaissances pour les scientifiques intégrés au système mais un prolongement irréfléchi. Comment considérer que les égyptologues nient tout ce qui a été découvert et certifié par des mathématiciens, des architectes, des géologues ? Que veulent-ils défendre à tous prix ?

Il ne s'agit pas de faire le procès des égyptologues. Je pense que c'est un schéma qu'on retrouve dans bien d'autres domaines. Je rappelle qu'Alfred Wegener a été conspué quand il a présenté sa théorie de la dérive des continents.

Les croyances surviennent lorsque plus rien n'est remis en doute et lorsque les "avancées" se nourrissent des données précédentes. Toute la religion fonctionne sur ce système.

Quand le "chercheur" du CNRS s'obstine à nier et à tourner en dérision les questions posées dans ce documentaire, je pense vraiment immédiatement aux gens qui continuent à penser que les WTC sont tombées à cause des avions.

Que veulent-ils protéger ? Leurs subventions, leurs salaires, leurs renommées, leurs prochaines publications ? 

Mais comment font-ils pour se supporter eux-mêmes ? C'est ça, surtout, que je ne comprends pas...

La révélation des pyramides

Par Le 02/03/2013

Un des documentaires les plus fascinants qu'il m'ait été donné de voir.

Qui est responsable ?

Par Le 01/03/2013

C'est une question que je pose souvent en classe. Dans diverses circonstance : un conflit, une erreur dans le travail, du matériel perdu, une évaluation ratée...La réponse n'est pas si évidente qu'on pourrait le croire. Bien souvent, le fait d'y réfléchir ensemble dénoue bien des problèmes. Il est d'ailleurs arrivé que ces échanges aboutissent à la conclusion que j'étais le premier responsable du problème.

Il est indispensable de mettre les choses à plat, sans émotion, sans parti pris, sans se sentir en danger, jugé, condamné, menacé. L'objectif est juste de parvenir à identifier tous les paramètres concernés, l'enchaînement des situations, les imbrications, le moment, bien souvent, où la maîtrise des choses nous a échappé.

C'est évidemment dans les conflits que cette démarche a un impact considérable. Il s'agit de permettre à chacun d'établir une observation de soi au lieu d'observer et de critiquer ce que l'autre a fait.

La classe est un lieu d'apprentissage de la vie sociale.

Mais qu'en est-il dans le monde adulte ?

Est-ce que cette lucidité quant à sa propre responsabilité existe encore ? Est-ce que la majorité des adultes se pose la question ?

Je parlais dans un post précédent des Indifférents, ces gens qui vivent par mimétisme et s'attribuent les idées de la masse, ou de certains groupes, de certaines modes, pensant établir une identification "remarquable" alors que leur fonctionnement est absolument identique à tous points de vue. On peut être punk ou évangélistes, le fonctionnement est rigoureusement le même : c'est l'appartenance et la perte de conscience. Je pense que ce système de "pensées" est généré par le refus de toutes responsabilités, je pense que le mimétisme est un phénomène de décompression interne.

"Je n'y suis pour rien. J'ai fait comme les autres. "

Combien de fois j'entends les enfants réagir de cette façon !!

"Mais y'a pas que moi !"

"C'est pas moi qu'a commencé !"

Et bien si on regarde le monde adulte, une immense proportion d'individus en est toujours là.

Ils n'ont rien fait. Ils ont fait comme les autres. Ce qui signifie bien entendu pour eux qu'ils ne sont pas responsables.

C'est comme accuser la marée de charrier des déchets jetés par les hommes. La marée n'est responsable de rien.

C'est le même raisonnement qui fait dire aux journalistes : "La montagne a encore tué, deux skieurs emportés par une avalanche." Non, la montagne n'y est pour rien et ce raisonnement est le même que celui qui fait dire à mes élèves : "Ma règle s'est cassée ou la colle ne veut pas coller. "

Qui est responsable ?

Oh, combien il est important de se poser la question.

Les Indifférents n'ont pas d'existence propre. Ce sont les "déchets" charriés par la marée. La marée est un phénomène qu'ils ne comprennent pas, une force qui les dépasse mais il est rassurant pour eux d'être accompagnés par leurs semblables.

Je ne me mets pas au-dessus du flot. Moi aussi, la marée m'entraîne, moi aussi je subis des mouvements externes contre lesquels je ne peux rien.

La différence, c'est que je cherche constamment à mesurer mon degré de responsabilité. Et s'il me vient l'idée de nager à contre courant, ça n'est pas par esprit de contestation mais juste par désir de lucidité. Lorsque la nausée du refus de ma propre responsabilité devient trop forte et que je me débats dans les miasmes du monde adulte. 

"Je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre!!"

J'étais terrifié, enfant, par cette bulle étrange qui rattrapait le Prisonnier à chaque fois qu'il tentait de se sauver...

Mais je regardais chaque épisode, fasciné, en colère aussi, j'espérais tant qu'il se sauve, qu'il comprenne qui le manipulait, qu'il comprenne tout ce qui se passait autour de lui...

J'ai retrouvé les mêmes "angoisses" avec "The Truman show", les mêmes similitudes dans cette "marée" de forces qui entraîne l'individu. Car même les acteurs qui entourent Truman sont dans la même mouvance. Ils ne sont pas libres non plus, même s'ils en ont l'illusion. Ils jouent un rôle...Et ils sont identifiés à ce rôle. La question de la liberté se pose constamment.

Qui est responsable ?

Système D

Par Le 01/03/2013

Il conquiert le monde avec ses lunettes branchées aux verres personnalisés:

Un employé de Lulu Frenchie examine une paire de lunettes aux verres décorés d'une pellicule imprimé, le 28 février 2013 à Lyon

Ses lunettes branchées aux verres portant images, logos ou messages ont séduit des stars, de Lady Gaga aux Black Eyed Peas, et aujourd'hui des entreprises pour leur communication: avec un bac pro en poche et de la débrouille à revendre, Paul Morlet, à la tête de Lulu Frenchie à 22 ans, est un entrepreneur atypique.

Ce matin-là, brève panique à Lyon dans les 600 m2 de locaux de la société, qui s'affiche numéro un en Europe de la lunette publicitaire: le courant a été coupé, alors qu'une commande pour une société monégasque organisant un événement à Las Vegas était en cours de préparation.

"Ce sera expédié à temps", assure l'équipe. Paul Morlet, qui tient à honorer ses promesses de livraison même au bout du monde, serre les dents face au traceur où doivent être imprimées les pellicules personnalisées, percées d'une multitude de petits trous afin de ne pas obstruer la vision. Elle sont ensuite collées sur les verres.

Mèches brunes en bataille et blouson en cuir décontracté, le jeune homme est à l'image de ses salariés, une demi-douzaine de façon fixe et une poignée en intérim, qu'il dirige "dans un esprit start up" collaboratif.

Mais le parcours de chef d'entreprise de Paul Morlet, qui a réalisé près d'un million d'euros de chiffre d'affaires en 2012, est peu commun. "Collégien en ZEP, dernier de la classe, j'ai été orienté par mon prof de gym vers un BEP en électricité. Puis sans conviction non plus, j'ai passé un bac pro en alternance à la SNCF dans l'informatique", narre ce Lyonnais, fils d'un formateur technique et d'une secrétaire.

Paul Morlet examine les pellicules imprimées qui décoreront les verres de lunettes, le 28 février 2013 au siège de sa siciété Lulu Frenchie à Lyon

Il passe quelques mois dans un groupe de radio avant de lancer en octobre 2010 avec deux associés son projet, financé par ses 5.000 euros d'économies. "J'avais vu à la télé une soirée poker où la pub était partout sauf sur les visages des joueurs, d'où l'idée des lunettes", explique-t-il.

Celui qui se définit comme "technique et cartésien" met au point son procédé, applicable à des verres blancs ou solaires. Il "écrit" sur des lunettes les noms de stars et s'arrange pour leur faire remettre une paire, en backstage ou sur scène. Elles mordent souvent à l'hameçon en les portant et c'est ainsi que Lulu (comme lunettes) Frenchie s'assure une visibilité à bon compte.

500.000 paires écoulées en 2012

Depuis, la société a changé de dimension, avec 500.000 paires vendues en 2012, dont la moitié à l'export. Paul Morlet a décroché des licences comme celle du PSG, et parcourt les salons professionnels.

Les particuliers peuvent passer commande sur son site internet, à partir de 9-10 euros la paire. La livraison est garantie pour tous en 24 heures jusqu'à New York, assure Lulu Frenchie.

"Je veux offrir un service et laisser une production en France", martèle celui qui s'approvisionne néanmoins en montures en Chine, faute d'avoir trouvé un fournisseur compétitif dans l'Hexagone dit-il. Cet admirateur de Xavier Niel, le fondateur de Free, fustige les freins à l'activité et à l'innovation, alors que "notre pays a les cerveaux et les moyens" selon lui.

Une employée de Lulu Frenchie décore les verres d'une paire de lunettes, le 28 février 2013 au siège de la société à Lyon

Invité à des conférences à Pékin, Rome et Bruxelles par la Commission européenne, il a aussi contribué à la réflexion de l'institution sur la simplification de la création d'entreprise.

Pour son ami lyonnais Maxime Verner, candidat à 22 ans à la dernière élection présidentielle comme "porte-voix de la jeunesse", "Paul, très démerdeur, fait partie de ces quelques jeunes qui créent leur propre boulot et malgré un niveau d'études modeste, il montre par l'exemple que ça marche".

L'intéressé, qui n'est "pas de droite", est fier de ce qu'il a bâti sans être un héritier. "Je ne suis pas dans la même cour que les entrepreneurs de près de 30 ans sortis d'écoles de commerce, qui s'endettent mais ont les parents derrière", affirme-t-il.

Nouveau champ d'intervention pour ce boulimique de travail: les prisons. Paul Morlet doit accompagner des détenus souhaitant se mettre à leur compte à leur sortie. "Ils sont en galère, ont besoin d'être orientés, comme j'en aurais eu besoin plus jeune", dit-il, à 22 ans.

Les loups.

Par Le 01/03/2013

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vallon2.jpgPhotos prises par un ami dans un vallon au-dessus de chez nous. J'en rêve depuis des années de tomber dessus !!

Résilience : Alexandre Lecouillard

Par Le 28/02/2013

Un texte magnifique écrit par Mr Alexandre Lecouillard. Mille mercis à lui. 


Je suis né à l’âge de 12 ans.

Je suis né en salle de classe, j’étais assis sur ma chaise, muet, discret, je n’écoutais rien, ne comprenais rien. Je vivais en dehors de mon corps.

Mon esprit partait en balade dans des mondes imaginaires.

Je partais loin, très loin, dans des contrées que seuls les esprits peuvent connaître.

Puis, un jour, il est mort ; Et je suis né.

Il est venu en moi, m’a traversé. Il m’a parlé de ses erreurs, de ses fautes, un pardon, puis une libération. De lui à moi, il a vidé son amour, et m’a offert ses pardons.

Puis la maîtresse d’école est venue me taper sur l’épaule pour me demander si j’étais là. Car j’étais sûrement en transe, le visage fixe comme une statue de pierre, observant le vide. Nos esprits se sont détachés, et il est parti dans le monde de l’Au-delà.

À ma maîtresse d’école, je lui ai juste dit :

« Mon papa est mort. »

« Il est mort et ta mère te laisse venir en classe… » Patati, patata…

Comment expliquer à un humain adulte, conditionné, vivant dans le monde des solides, que mon père venait de mourir, et que je devais être au courant bien avant « tout le monde. »

Je savais déjà que je trouverais toute ma famille chez moi en rentrant de l’école.

Je n’ai pas pleuré, car son corps était parti, et son esprit vivait encore.

Son corps était mort pendant la nuit, il a dû se balader quelque temps avant de venir me traverser, moi l’enfant somnambule qui vivait ailleurs, totalement réceptif de l’accueillir.

Je n’eus aucune surprise à l’annonce de ma mère quand je suis rentré chez moi, je le savais, mais je n’ai rien dis. Je me suis assis sur mon lit et j’ai eu honte. Honte de ne pas pleurer, honte de ne pas être triste, honte même de me sentir libre. Mais je pense que cette liberté venait aussi de ces paroles intérieures qu’il m’avait offertes.

À 12 ans, je suis né, je n’avais plus peur de lui, plus peur des autres.

J’étais enfin libre, libre de vivre et de jouer, libre d’être.

 

Avant mes 12 ans, je n’ai pas grands souvenirs, juste peut-être le souvenir d’un enfant autiste qui vivait sans vivre, accroché à son monde.

Souvenir d’avoir été le psychanalyste jusqu’à l’âge de huit ans, d’un homme torturé par la misère du monde et qui le soir venu, venait saoul me raconter la guerre.

Cette guerre qui lui avait fait plus de mal que la mort. Cette guerre où il avait retiré la vie à d’autres humains, où il avait torturé des corps et saccagé des esprits. Et perdu dans la connerie humaine le sien.

Le doux nom de post traumatique de guerre était sa maladie. L’alcool lui offrait des apaisements à ses pulsions, ses surdoses de violence et d’adrénaline. Il les comblait par le massacre de son corps grâce à un poison qui le plongeait plus profondément dans un océan de noirceur. Puis une nuit, il est parti au travail en urgence sur sa mobylette.

Ma mère m’a pris par la main, et nous nous sommes enfuis.

J’ai vécu, çà et là dans ma famille, avec frères, sœurs, oncles et tantes ; muet, gentil, avec cette toux et mes gouttes de Valium®.

Jusqu’au jour de sa visite, je vivais dans une peur intérieure, jusqu’au jour de sa visite, mon esprit vivait ailleurs.

 

Avant mes 12 ans, j’étais un enfant que l’on ne dérangeait pas, car il ne dérangeait personne.

Un enfant muet et calme, qui pleurait à chaque fois que les adultes l’interrogeaient.

Qui vivait dans le monde des pensées et de l’imaginaire.

Et pour ne pas être ennuyé, j’étais devenu un maître de la dissimulation.

Je jouais des heures avec mes jouets. Mon imagination débordait d’histoires. Ma sœur m’avait offert un VICTOR, petit jeu de calcul à neuf niveaux d’addition, soustraction, multiplication et division. Je ne jouais pas, je supputais l’espace de chiffres qui se coupaient, se mélangeaient, se croisaient pour finir par un résultat, et ceci à l’infini.

 

À 12 ans, je n’avais aucune notion de l’école. J’y étais sans y être.

À mon réveil, je ne pleurais plus, mais je vivais toujours loin du monde des corps.

Et je me suis réveillé CANCRE.

Je ne comprenais vraiment rien à rien, le français était pour moi une torture, car je ne connaissais aucune règle et que la logique de la conjugaison et de la grammaire était pour moi complètement stupide. Donc, je remplissais ma feuille d’interro ou de dictée le plus vite possible, avec des inventions qui se résumaient souvent à de la phonétique pour rejoindre mon imaginaire. J’étais dans le monde des dinosaures, de Robinson Crusoé, d’un capitaine de bateau de pirates à la recherche d’un trésor.

Des rêves éveillés, des films plein la tête. Et personne pour venir m’en sortir.

Les yeux ouverts, fixés sur un point, je partais. À 12 ans, je méditais à profusion. J’étais capable de faire le vide total de mes pensées. Pour moi, c’était logique, accessible à chacun de nous, facile. Mais je compris par la suite que beaucoup d’humains passaient leur vie à chercher comment faire cela. Et moi, je partais en un instant de la réalité, comme on met « pause » sur la télécommande d’une télévision.

 

Nous avions deux professeurs, une de français et d'histoire géo, très gentille, mais qui me considérait comme un moins que rien, et qui ne m’a jamais vraiment considéré autrement que comme un meuble. Et une maîtresse de mathématiques qui…

Et oui, la seule matière, où j’étais vraiment très bon, était les mathématiques, mais une frustration totale venait de cette prof qui, je pense, m’aurait bien mis chez les fous.

Au début de l’année, je changeais de place tous les trois jours, elle fouillait mes affaires pour trouver ma calculette, elle me mettait seul au fond de la classe pendant les contrôles.

Et moi, je bougeais comme on bouge un meuble, jusqu’à atterrir à côté d’une fille qui comprenait autant les mathématiques que moi la grammaire et la conjugaison.

 

J’ai le souvenir de ce tableau qui s’ouvrait le matin, avec ses dix questions mathématiques, et en deux temps trois mouvements, je levais mon ardoise aux résultats exacts. Et cette maîtresse qui m’observait pour bien regarder si je ne manipulais pas une calculette en grand magicien tel Houdini. Je n’ai même pas souvenir d’avoir eu une calculette un jour dans mon cartable.

Puis, à une autre occasion, elle m’a fait venir au tableau avec un calcul qui devait être sûrement compliqué pour un gamin de mon âge, et elle m’a demandé de répondre à ça… « Ça » était un calcul qui devait sûrement m’humilier et la rendre victorieuse aux yeux de tous. Je sentais une tension très forte chez cette jeune femme. Alors j’ai répondu après une courte réflexion, et le résultat était juste.

Elle m’a demandé de lui expliquer mon raisonnement, de savoir comment j’en arrivais là. Alors je lui ai expliqué ; j’ai ce souvenir confus, d’un Chinois qui parle à une Japonaise. Mais expliquer à une sourde qui ne comprend pas votre langue, relève de l’impossible. Alors, pour le reste de l’année, j’ai sagement posé mes calculs comme tout le monde et je me suis enterré.

 

L’année de sixième est venue, et au bout de deux mois, je détestais définitivement le système scolaire. Mais j’ai eu la chance d’être malade, une hépatite alimentaire m’a mise en quarantaine, je suis resté le restant de l’année chez moi, ensuite chez ma sœur à la campagne. J’ai beaucoup dormi, j’ai vécu en mode léthargique, mon univers débordait d’histoires dans ma chambre de cet appartement de la région parisienne. Chez ma sœur, je passais ma vie à regarder les souffleurs de verre et à aller à la pêche.

Mais je pense n’avoir fait aucun devoir ni leçon. Ma gentillesse était telle que même mes parents ne s’inquiétaient pas pour moi. Ma mère et mon beau-père n’avaient pas vraiment connu l’école, à 14 ans, ils travaillaient déjà…

- Ce garçon sera un manuel…

 

Mon premier CP, à Avallon, je l’ai redoublé, car je pleurais tout le temps.

Je n’ai que le souvenir de Noémie, ma seule amie de l’époque que j’aimerais, soit dit en passant, beaucoup revoir, elle reste ma seule douceur de classe.

Mon deuxième CP fut dans une classe de handicapées mentales.

Ensuite, nous sommes partis en région parisienne.

Entre le CE1 et le CM1, je pense avoir changé six ou sept fois d’école et l'univers de mes lieux d'accueil était loin d’être sain. Mais il y avait de l’amour, et c’est le principal.

En CE2, j’ai retrouvé ma mère, nous pouvions enfin vivre ensemble. Ma mère, mon beau-père et moi vivions dans 15 m2, une chambre à côté d’un dancing, une sorte de garage pour miséreux. Mais pour moi, c’était l’accalmie. Puis Sannois est la résidence de tous mes plaisirs et de mes jeux.

La stabilisation en CM1 ; le réveil et le calvaire.

Voilà comment je suis arrivé, une seconde fois, en sixième avec une base à peu près nulle.

Mais ne pouvant plus redoubler et étant un gentil cancre, j’ai passé cette classe, car il ne pouvait en être autrement. La cinquième fut plus simple, car nous avions monté un groupe de loosers. « Loosers » qui par terminologie faisait partie de mes cinquante mots d’anglais connus. Nous n’étions pas méchants, mais vraiment pas bons. Nous faisions des concours de fautes d’orthographe qui amusaient beaucoup notre professeur.

C’est avec du recul, que je me rends compte que cette femme adorait mes rédactions.

Nous faisions des rédactions constamment, et j’aimais la douceur de cette prof, qui par indulgence, ne me retirait que quelques points pour mes fautes.

Mais elle ne pouvait s’occuper de moi, car mon niveau était si médiocre, qu’il lui aurait fallu me réapprendre toutes les bases du français. Et moi, je ne jurais que par sa poitrine généreuse, qui me laissait rêveur. Le massacre des lectures de groupe, ou quand elle m’interrogeait, je me retrouvais à lire à haute voix, tremblant et cafouillant des phrases dans une lenteur qui n’offrait qu’à mon auditoire, rires ou empathie. Je ne savais bien décrire qu’après plusieurs lectures dans ma tête les questions des interrogations, donc même étant un cancre, je ne faisais que rarement de hors sujet.

Puis un jour, je suis revenu de vacance, les dernières vacances avant la fin de l’année scolaire et par dépit, elle me demanda de lire.

Je ne peux me lancer des louanges ou dire que ma lecture était magnifique, de par son interprétation, mais je savais lire.

Et ce n’est pas M. Kessel et sa « cicatrice », ni les morceaux de M. Hugo et de son Gavroche, ni aucun des classiques de la littérature française qui, soit dit en passant, nous emmerdaient au plus haut point, qui m’apprit à lire.

Je ne comprenais pas et je ne comprends toujours pas, comment des gosses qui ont entre douze et seize ans peuvent digérer des auteurs comme Zola et son Assommoir, Hugo et ses Misérables, Maupassant et son livre le plus glauque qu’est Le Horla, Proust et sa Recherche du temps perdu, et Madame Bovary de Flaubert, etc. Alors oui, je les ai lus, mais plus tard, après ma scolarité. Je les ai dévorés avec passions. Mais en cinquième, j’en avais dégoût. Et je pense que la plupart de mes camarades se foutaient royalement de Madame Bovary et de sa vie de merde.

C’était comme demander de courir avant de savoir marcher. Car nous étions en banlieue parisienne, et les gosses de mon quartier étaient bien loin de toutes ses histoires d’adultes ou du passé.

Oui, ce jour-là, je savais lire. Mais comment répondre à cette interrogation soudaine ?

- As-tu eu des cours de français pendant tes vacances ?

Comment expliquer que j’avais, avec des amis, trouvé un sac-poubelle rempli de magazines de cul, et que par envie de savoir, j’avais laissé les magazines à images à mes copains pour souiller leurs draps, alors que moi, j’avais trouvé un trésor bien plus grand. C’est avec Union, magazine érotique sensuel à textes, que j’appris à lire ; Les Odeurs de Jasmine, Rencontre dans les bois, Prémisses du clitoris.

Moi, Alexandre Lecouillard, je découvrais le jardin interdit, le savoir absolu de l’amant en devenir, les secrets des préliminaires et la théorie de l’orgasme… Les désirs des femmes, le pouvoir des caresses, les secrets du sexe.

Je savais, avant ma première fois, qu’il n’y avait pas de place pour l’égoïsme dans le sexe, que le mot d’ordre était IMAGINATION. Et ma vie n’était qu’imagination ! Je compris aussi que trop d’hommes baisaient avec leur queue, et que les meilleurs amants étaient des lesbiennes au masculin.

Qu’ils étaient beaux ses mots : Cunnilingus, clitoris, urètre, prépuce, orgasme, préliminaires, jouissance. J’étais presque un homme ! Enfin, en théorie…

 

J’ai changé de collège pour faire une quatrième et une troisième technologique dans une ZEP de renom. Les profs étaient usés par la fatigue.

Je passais plus de temps à sécher les cours pour aller jouer à la pétanque avec mes potes du square, car Marcel, René, Gilbert, Ben, Gadaillant, Michel et les autres m’aimaient bien. Puis la pétanque était une passion et l’école était devenue une douleur. Une douleur terrible qui me donnait des boules au ventre, des envies de vomir, des insomnies, un stress incroyable. L’école était une punition.

Quelques professeurs me rabaissaient constamment, j’étais un cancre et ils me le faisaient savoir. J’étais un cancre, un fainéant, un nul, un futur chômeur, un rien du tout, un meuble.

J’étais mes mauvaises notes. Sauf en mathématiques et en sciences où là, tout le monde trouvait ça normal. J’attendais le facteur pour ne pas que ma mère tombe sur le bulletin, et ne pas en reprendre une couche. Mais à quoi bon, je lui montrais par respect et j’en reprenais une couche. Mais ma mère me voyait et me savait différent du reste du monde. Car oui, j’étais libre et différent, j’étais un passionné de l’imaginaire, un inventeur d’histoires, un créateur de rêve, un fou, un passionné qui avait décidé de vivre comme bon lui semble, mais dans le respect d’autrui.

Je n’avais qu’un seul mot d’ordre : ne pas faire de bêtise, ne pas finir au poste de police, ne pas faire de mal à ma mère qui en avait assez bavé dans la vie. Et ceci, je l’ai respecté et je le respecte encore plus aujourd’hui, car je suis sur le chemin des maîtres de la sagesse.

Je dégonflais les pneus de mon vélo pour arriver en retard avec une excuse et pour finir en « permanence », car là, il n’y avait pas de notes, pas de critiques assassines, pas de rabaissement, pas de jugement ni de moqueries ou de contrôles…

J’avais une pionne complice qui m’aidait à ne pas être pris et puni.

Le soir, je partais avec les boules de pétanque dans mon cartable rejoindre les adultes.

Et là, j’étais bien, respecté et je dialoguais de choses qui n’étaient pas de mon âge.

 

Je suis passé d’enfant à adulte. La jeunesse était à mes yeux stupide et bête. Mes camarades étaient aussi méchants que les professeurs, mais j’avais une raison, je les comprenais, car j’étais un idiot incapable d’être bon en classe. Nous étions des petits groupes d'exclus.

Dans toute ma scolarité, mes véritables camarades étaient les cancres, les moches, les intellos, les gros, les boutonneux et toutes les personnes qui ne rentraient pas dans la norme. Mais moi, j’étais grand, maigre, boutonneux, cancre, je jouais à la pétanque et j’avais un nom de famille plus lourd que mon cartable ; LECOUILLARD était collé à toutes les bouches des méchants élèves.

 

« Ce que la bouche s’accoutume à dire, le cœur s’accoutume à croire. » Baudelaire.

L’auto-conditionnement mental. Ils disaient que j’étais un cancre, donc je l’étais.

Pourquoi alors étudier et chercher à savoir ? J’étais mes notes, j’étais un mauvais élève avant d’être un individu. Je me suis réfugié dans la pétanque avec plaisir.

J’ai appris la vie en observant le monde, et ceci ne s’apprend pas à l’école.

 

Mon conseiller d’éducation m’a interrogé cinq minutes. Mais il avait mes notes sous les yeux, et j’étais bon en math, alors je devais faire mécanique générale.

Cinq minutes dans la vie d’un gosse perdu. Et le conseiller ne m’a pas écouté une seconde.

Le verdict est tombé sans autres choix, et avec une voix grave, il m’a sermonné sur ma nullité, sur mon manque d’enthousiasme.

Je ne savais même pas que ce mot était possible à l’école. Mais je m’en foutais royalement, car j’étais libre. Libre de rentrer chez moi et de sortir, libre d’être dans ma tête. Une prof en cinquième m’avait dit que je finirais éboueur ou déménageur. Et je le pensais. Son jugement était sûrement bon. Les ânes ne deviennent pas des chevaux de course.

 

Mon BEP mécanique fut une découverte. Je suis arrivé les mains dans les poches, sans même savoir à quoi correspondait mon futur métier. J’ai passé les deux premiers mois à draguer les filles du lycée classique d’en face, sans grand résultat. C’est très joli Enghien les bains !

J’ai mieux connu la ville que le lycée. Puis je suis parti avant la fin du premier trimestre, car la mécanique était un métier qui n’était pas pour moi. Et je désirais jouer à la pétanque.

L’État m’a envoyé une lettre pour me dire qu’il fallait que je refasse une année d’études, car je n’étais pas majeur. « Étude » est un bien grand mot.

 

Le bilan de ma vie à l’école était assez étrange, j’étais un cancre et je le croyais.

Mes parents n’avaient jamais été convoqués par les profs.

Ils n’ont assisté à aucune rencontre parents-professeurs.

Je n’avais passé que quelques minutes chez les conseillers d’orientation, et toujours pour me faire rabaisser et me dire que je n’y arriverais pas, et ce, avec des tonnes de sermons à la con. La morale de l’adulte qui encourage par des critiques destructrices !

Les profs avaient des classes surchargées d’élèves de tous milieux, des gosses de familles nombreuses, des parents qui ne parlaient presque pas français, des élèves de cité livrés pour beaucoup à eux-mêmes, des jeunes sans but ni modèle.

 

Un dernier redoublement en classe de seconde. J’ai pris plomberie. C’était un CAP, et le niveau paraissait si haut, d’après les élèves du bahut, que je sentais vraiment que les profs oublieraient de me faire chier, car nous étions tous dans le même panier.

Un panier de cancres. Les vrais qui sont là car « on ne sait pas quoi en faire », ceux qui ne savent presque pas lire, pas écrire, pas compter. Une salle d’attente pour élèves en perdition qui deviendraient, avec un peu de chance, plombier à leur compte.

J’avais autant envie d’être plombier que d’être derrière une machine-outil.

Je me demande combien sont plombier aujourd’hui ? Deux ou trois…

Si j’avais eu à choisir, j’aurais pris une année de remise à niveau, plutôt que d’étudier un domaine que j’étais certain de ne pas exercer.

Mais bon, le lycée était à côté de chez moi.

Ma tête inventait des histoires et à 17 ans je me considérais comme un idiot libre et passionné de musique et de femmes.

Un idiot capable d’emballer plus vite que la musique, un charmeur, un menteur, un habile manipulateur d'esprits fragiles, un gentil filou qui connaissait la musique. Un gosse perdu mais un peu chef dans l’âme. Un cancre, stupide et inutile. Voilà comment je me voyais.

 

Alors je suis allé à ma première journée de CAP Plomberie.

Les mains dans les poches, avec un papier et un stylo. Je suis arrivé devant un algeco tout pourri, un petit bonhomme était devant avec son bleu de travail. C’était mon professeur principal, mon prof de plomberie. Un autre élève est arrivé, et nous sommes restés devant en attendant d’autres élèves. Mais c’était grève SNCF et en banlieue une grève de train est un motif suffisant, si de plus il fait beau, pour ne pas venir en classe. Alors au bout d’une heure, l’élève est rentré chez lui. Et nous nous sommes assis pour discuter de la vie. Je ne me souviens plus de notre conversation, mais je répondais à ses questions. Il m’a posé beaucoup de questions sur la vie et tout ce qui l’entoure. Pour moi, il n’était qu’un homme comme les autres, les adultes faisaient partie de ma vie. Avec la pétanque, mes amis avaient quand même quelques années de plus. Alors nous sommes restés ensemble toute la journée avec plaisir.

Je suis revenu le lendemain, et toujours grève.

Une intimité intellectuelle s’est formée, une sympathie. Je ne me suis pas rendu compte de pourquoi cet homme me pausait toutes ces questions. Mais avant de partir, il m’a demandé pourquoi j’étais là ? Il avait vu quantité de gosses défiler dans sa vie, et en concluait que ma place n’était pas là. Que j’étais intelligent, avec un sens de la logique et de l’analyse, du bons sens et doué de raisonnement. Je suis rentré chez moi, différent. Le cancre existait toujours, mais l’idiot était mort. Et ceci, à tout jamais.

 

Lorsque je suis revenu le lundi, ma classe était là. Un petit groupe de jeunes, plutôt sympas mais perdus. Nous nous sommes assis, il a fait les présentations et a eu une parole qui, je pense, a bouleversé ma vie.

- Donc, je présume que, comme d’habitude, personne n’a envie d’être chef de classe ? Donc, c’est tout vu, Alexandre Lecouillard sera votre chef de classe !

La surprise…

 

Mon année scolaire fut très riche, car j’avais confiance en moi. Mes notes étaient bonnes et j’étais un chef de classe exemplaire.

 

À la fin de l’année, M. Ollatz m’a dit de partir sur le marché du travail.

 

Des années d’intérim et de passions.

Puis un jour, j’ai voulu lire…

 

Je suis devenu agent de sécurité.

J’ai lu : Maupassant, Zweig, Zola, Proust, Gogol, Werber, Nothomb, Reeves, d’Ormesson, Baudelaire, Verlaine, Hess, etc. des milliers de bouquins…

Je suis devenu un personnage de roman. La vie était un grand théâtre où j’étais le personnage principal, le dialoguiste à la verve brûlante, un scénariste sans scrupule.

Une revanche à la connerie humaine, une haine et un dégoût des institutions.

Un ego sans mesure, un regard hautain pour autrui et plein de peurs dans la tête.

Le cancre n’était pas mort, je l’avais juste enfoui.

Je me suis tué par peur, et de toutes mes peurs, la plus grande était moi-même.

L’alcool, les femmes, les sorties, le manque de sommeil.

 

Puis j’ai touché le fond de l’abîme, l’ange noir avait brûlé les ailes d’une fée.

Et au fond de l’abîme, je me suis pausé, j’ai combattu tous mes démons et mes anges m’ont offert les armes : les livres de grands maîtres comme Confucius, Dalaï-lama, Coelho, Lao-Tseu, Kant, Ruiz, Coué, Kardec, Einstein, Gougaud, Krishnamurti et bien d’autres…

Mais ceci est une autre histoire !

 

 

 

 

CONCLUSION

 

 

Je vous demanderai en premier lieu de retirer de vos esprits toute empathie, car aujourd’hui je suis un homme heureux, et conscient qu’il marche sur un chemin de sagesse, de philosophie et de bonheur. Aujourd’hui, je n’ai plus aucune rage, car la rage est inutile et vaine ; J’ai tout pardonné même les douleurs du passé.

Pour le moment, je me consacre à la pensée, à l’étude, à l’écriture et à aider bénévolement des personnes qui se cherchent. Je dirai même plus, je tire un enseignement magistral et une grande force du dur chemin que fut mon passé.

Alors ne m’imaginez pas des malheurs qui n’existeront que dans vos esprits.

Ne m’imaginez pas tout court, prenez juste cette histoire comme une fable écrite à la première personne.

 

Mon père fut une victime de la guerre, un être qui a subi la bêtise humaine.

Comment ne pas lui pardonner ? Je serais un égoïste de ne pas le faire.

Son esprit a souffert à chaque horreur qu’il a pu faire. Je pense que, sur cette terre, il y a très peu d’humain qui désire faire la guerre et risquer sa peau. Alors je me mets à sa place un instant, et je me demande : « Aurais-je été plus fort que lui ? »

En vouloir au gouvernement de l’époque ? À quoi bon ? Cela ferait-il avancer le présent et rendre plus beau l'avenir ?

Non, tout simplement, non. Vivre dans la haine du passé, c’est refuser de construire l’amour du présent. Ne pas construire le présent, c’est partir sur de fortes probabilités de rater son avenir.

 

Ma mère m’a fait confiance, une confiance qui m’a offert une chose primordiale dans la vie. Aider les autres et être libre de faire comme bon me semble, sous condition de ne faire aucun mal à autrui. Et je l’aime plus que tout au monde.

 

Je ne désire pas écrire une biographie. Ma vie n’a d’importance que si elle donne à réfléchir. Je vous fais part de ce passage de mon existence pour faire comprendre une réalité : La bêtise de l’humiliation et la non écoute de l’individu.

 

Les diplômes n’ont plus aucune valeur pour le métier de philosophe et de politique que je suis doucement en train de construire, de forger. Un métier de conviction et de passion des autres, où seule l’expérience, le travail, les bonnes rencontres et le bon sens sont utiles. L’intelligence ne se mesure pas, seules la volonté et les aptitudes comptent.

J’apprends en observant au gré de mes envies, du moment, de l’étude.

J’apprends à regarder autrement, à étudier la vie avec plus de profondeur.

Regarder un oiseau planer dans le ciel et tomber à pic pour attraper une proie est une forme d’étude, elle peut même avoir plus de valeur que des dizaines d’ouvrages littéraires. J’ai donc la liberté de choisir mon institution, de lire de grands penseurs, et de par mon libre arbitre de forger mes propres pensées. J’écoute et j’observe, je prends la vie sur l’instant.

Tous les soirs, j’ai ce rituel de me demander : « Qu’ai-je appris aujourd’hui ? » Une digestion de la connaissance.

Nous faisons tous des erreurs, notre comportement n’est pas toujours bon, et des personnes croisent notre chemin pour nous le montrer.

Se remettre en question est primordial.

« Car qui crois tout savoir, ne sais rien… Je suis plus sage que les autres, car je ne sais rien. » Disait Socrate.

 

Confucius dit qu’ « Étudier sans penser est vain, mais que penser sans étudier est dangereux. » C’est vrai, mais le mot étudier doit avoir le sens du regard du monde, et non pas uniquement celui des livres ou des professeurs.

Une personne simple mais passionnée, qui a les yeux qui brillent en parlant d’un sujet qu’elle connaît bien, vaut bien plus pour moi qu’un savant qui cherchera à vous expliquer un savoir qu’il ne détient pas.

 

 

La non écoute de l’individu.

 

L’enfant a un esprit comme les autres. L’enfant est un individu unique avec des rêves, des envies, des passions, des désirs, des folies. L’enfant est un adulte en devenir.

Nous pourrions changer les programmes scolaires, modifier le mode de fonctionnement et les horaires, tenter toutes les expériences du monde pour avoir une meilleure éducation, tant que l’enfant ne sera pas écouté, tant que l’on ne prendra pas la peine de le regarder et de savoir à quoi il aspire en tant qu’individu, il y aura de très fortes chances qu’il rate sa vie professionnelle et même sa vie tout court.

 

Je pense que si quelques personnes de l’éducation m’avaient écouté avec intérêt pendant mon enfance, je serais devenu un bon élève.

Peut-être aurais-je triplé une classe pour reprendre les bases ? Et alors ?

S’ils m’avaient écouté, je serais sûrement devenu archéologue, préhistorien, naturaliste ou inspiré par une tout autre passion qui m’aurait donné des ailes.

Car seule la passion nous donne ce désir de nous lever le matin.

 

Je n’ai aucun regret, j’ai eu une bonne étoile. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde.

 

LA PASSION

 

L’école apprend des matières, donne des devoirs. Elle nous apprend à apprendre.

Mais jamais, elle n’interroge l’individu sur ses envies et ses passions, sur son savoir-faire et ses expériences ou son vécu.

L’éducation n’apprend pas la vie, elle présente des schémas pour parvenir jusqu’à un travail, une situation, un CV. Elle n’apprend pas la liberté, mais au contraire elle conditionne à être dans un moule. Elle vous donne des choses à apprendre, mais n’offre pas la manière de les digérer.

Un gamin qui a, par exemple, comme passion les avions, finira expert-comptable dans un bureau. Un gosse qui désire voir le monde sera derrière une machine-outil, et la gamine qui rêve de devenir sage-femme sera esthéticienne…

L’orientation dès l’enfance a un coût, c’est un prix à payer pour entourer de spécialistes des individus qui cherchent leur voie.

Mais ceci est une économie, car une personne passionnée travaille mieux, elle est moins malade, et surtout elle ne fera pas quarante stages inutiles chez Pôle Emploi.

De plus, une personne qui vit de sa passion et souvent plus apte à être heureuse et à rendre heureuses les autres.

Mais le bonheur en politique se mesure en pouvoir d’achat. Il suffit d’écouter les médias pour entendre que le moral des familles est « en hausse ou en baisse. »

Ils mesurent un sentiment !   C’est une notion qui me dépasse.

Le bon sens a du mal à être validé par nos politiques qui supputent au quinquennat.

 

 

 

HUMILIATION

 

Voici une notion qui doit à tout prix disparaître. Ou alors, il faut partir du principe que si l’enfant est mauvais, c’est que le professeur est mauvais, et si le professeur est mauvais…

Mais ceci est inexact. Même si la fonction de professeur doit être exercée avec passion, et qu’il y a des gens qui ont réussi un concours et qui n’ont rien à faire dans l’éducation…

Enfin, des gens sûrement mal orientés pendant leur enfance…

L’écoute donc est primordiale.

Mais la confiance est tout aussi importante. Un élève qui se répétera : « Je suis nul, je n’y arrive pas, c’est trop dur » est déjà en échec, et fatalement n’y arrivera pas.

Pourquoi ne pas mettre quelques sujets sur la confiance en soi ?

Pourquoi ne pas apprendre « la pensée positive » ?

Pourquoi M. Coué, que j’enseigne en partie, n’aurait-il pas sa place au programme ?

Ah OUI, le coût… Aidez un individu à se construire fort et confiant, et il fera des miracles. Laissez-le ne pas croire en lui et il ratera sa vie.

Le sujet et si passionnant que je pourrais vous en pondre un livre.

Mais le fond est là. Arrêtez l’humiliation.

 

 

 

 

MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION

 

C’est beau un ministre ! Il se lève le matin avec ses convictions et décide de par son expérience de faire sa sauce sans véritable dialogue.

Il a été à l’école, donc il juge son raisonnement sur son vécu.

Puis il négocie avec des syndicalistes qui demandent plus d’enseignement et plus de moyens. Les supputations ne changent rien à la forme.

Car l’éducation reste, à quelques choses près, la même depuis fort longtemps.

Des gosses entre quatre murs qui apprennent un tas de choses inutiles par des enseignants qui ont pleine conscience de cette même inutilité.

Des programmes qui servent à programmer la masse, qui vous apprennent à devenir et non à être.

Le dialogue sera un des grands thèmes de mon livre politique.

Les réformes de l’éducation devront être faites par les enseignants, les éducateurs, les spécialistes mais aussi les élèves. Il est important d’essayer de comprendre comment faire pour que le système se porte mieux.

Alors oui, le ministre doit sortir de son bureau et organiser des dialogues, il est impératif de faire des groupes de travail avec des professionnels de l’éducation, des sociologues, des spécialistes pour faire des questionnaires valables, et rendre les idées, sur un changement, vraiment performantes.

Un questionnaire pour les professeurs, un questionnaire pour les élèves…

Faire des délégués régionaux présentant des solutions et des propositions faites en commun pour de réels changements, et ceci sans oublier d’écouter aucune des parties de l’éducation.

Les enseignants ne sont pas écoutés, et les élèves non plus.

Et cela doit être le premier changement.

 

Internet a ce pouvoir d’interaction qui permet les débats…

Puissiez-vous débattre avec ferveur sur ce sujet ?

Et n’oubliez pas que de l’autre côté de l’écran, vous avez des êtres humains, il est inutile de cracher vos rages ou de vous énerver.

 

 

Soufflez deux minutes et soyez doux dans vos propos.

(À vous)

 

 

Merci.

 

ALEXANDRE LECOUILLARD.

Daniel Mermet et les PPP

Par Le 28/02/2013

Une émission à écouter pour bien comprendre.

Et puis Daniel Mermet, de toute façon, il faut toujours essayer de l'écouter.

PPP, Pim Pam Poum

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Vous rêvez de vous faire construire la prison de vos rêves, ou bien un joli stade ou un chouette hôpital ou encore un accueillant ministère de la Défense ?

Ça vous plairait ? Mais quoi, que dites-vous, que vous n'avez plus de sous ? Ah, mais, aucun problème, vos amis sont là et ils vont s'occuper de tout ! Le financement, la construction et l'exploitation. Vous n'avez plus aucun souci. Vous aurez juste un petit loyer de rien du tout à payer, étalé sur dix, vingt ou cinquante ans. Ça s'appelle le PPP le Partenariat Public Privé, ça représente 18 milliards d'Euros en France aujourd'hui, tout le monde s'y met. Et qui sont les amis qui s'occupent de tout ? Bouygues, Véolia, Eiffage, des noms qui vous mettent en confiance.

Oh, bien sur, il y a des grincheux comme la Cour des Comptes pour dénoncer "des formules juridiques contraignantes et des financements aléatoires", ou encore des pays comme le Canada, l'Angleterre ou l'Australie qui en sont revenus, et même le gouvernement du Québec qui a suspendu radicalement les PPP. 

Mais ici tout va bien, il y a du cheval dans le boeuf et du cochon dans le DSK, nous on sait encore rigoler !

Reportage Gaylord Van Wymeersch.

PPP: un exemple typique...

Par Le 28/02/2013

Bordeaux : un partenariat public-privé de plus avec le grand stade

Les contrats de partenariat public-privé permettent à l'État et aux collectivités de ne pas tenir compte de leur endettement. Attention au réveil.

La Cité du surf de Biarritz (ici lors des travaux, en 2009) n'aurait jamais dû être construite dans le cadre d'un PPP.

La Cité du surf de Biarritz (ici lors des travaux, en 2009) n'aurait jamais dû être construite dans le cadre d'un PPP. (archives p. bernière)

Et un PPP de plus ! Le 19 décembre dernier, le tribunal administratif de Bordeaux a débouté les opposants au grand stade et validé le montage retenu par la municipalité d'Alain Juppé. Déduction faite des subventions allouées par l'État, la Région Aquitaine, la Communauté urbaine et la Ville, l'équipement sera financé, construit et géré par le groupement Vinci- Fayat pendant une durée de trente ans, le temps pour la commune de Bordeaux de rembourser les deux majors du BTP.

En quelques années, la France est devenue la championne d'Europe des contrats de partenariat public- privé, plus connus sous le sigle PPP. Depuis 2004, près de 41 milliards d'euros ont ainsi été engagés. La crise ne freine pas leur essor. Rien que pour le premier semestre 2012, 3,1 milliards d'euros supplémentaires ont été signés. De la ligne TGV Tours-Bordeaux au palais de justice de Paris en passant par les dernières prisons et le nouveau ministère de la Défense, la vague des PPP n'en finit pas d'enfanter des chantiers.

( et tant pis si on fabrique de la dette à outrance. Mais alors, si l'envie vous prend d'aller demander un prêt à votre banquier avec un RSA pour payer une formation professionnelle, attendez-vous à un grand éclat de rire)

Chantiers à crédit

Les PPP, qui permettent de confier à un privé la construction et la gestion d'un équipement public en contrepartie du paiement d'un loyer pendant la durée du contrat, présentent un immense avantage. Ils conjurent la fatalité des chiffres en favorisant l'étalement des remboursements sur plusieurs décennies. Une aubaine pour un État asphyxié par les déficits et des collectivités locales souvent endettées. En cas de dérive financière, les ministres et les élus concernés ne seront plus en poste pour répondre de leurs choix.

En 2011, la commune girondine de Saint-Laurent-Médoc avait envisagé d'édifier un groupe scolaire en privilégiant cette option. Il n'est pas certain qu'elle respectait les critères de l'ordonnance 2004 qui encadre le recours aux PPP. Ceux-ci ne peuvent a priori être retenus qu'en cas d'urgence ou de particulière complexité du projet. Et ce choix doit s'appuyer sur une analyse comparative démontrant qu'en matière de performance, de coût global et de partage des risques, la solution PPP est plus pertinente qu'un marché public traditionnel.

En la matière, il n'existe pas de véritable jurisprudence. Les tribunaux disposent d'une grande marge d'appréciation, même si le récent arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux a marqué les esprits. La juridiction a annulé la délibération prise en 2008 par le Conseil municipal de Biarritz. Celui-ci avait autorisé le maire à signer un PPP pour la construction de la Cité du surf et l'extension du musée de la Mer, un projet dont le degré de complexité ne justifiait pas selon les juges la mise en œuvre d'un tel montage.

Retards et dérapages

Une étude récente menée par l'Institut d'administration des entreprises de Paris-Sorbonne ensevelit les PPP sous les louanges. Qu'il s'agisse du coût des travaux, des charges d'exploitation, des délais de réalisation ou des possibilités de renégociation, l'indice de satisfaction des ministères et des collectivités locales concernées serait supérieur à 90 %. En ne séparant plus l'investissement du fonctionnement, les PPP permettent aux maîtres d'ouvrage de mieux définir leurs besoins. Ce qui évite souvent des retards et dérapages, à l'image des dépassements de budgets de l'ordre de 10 à 20 % fréquemment observés après des appels d'offres classiques.

Reste que les dessous des PPP ne sont pas toujours très affriolants. En 2009, les surveillants de la nouvelle prison de Roanne édifiée par Eiffage dénonçaient des finitions bâclées et des équipements low-cost. Et que dire du nouvel hôpital de Corbeilles-Essonnes, œuvre encore d'Eiffage. L'établissement, plombé par les malfaçons, devra verser chaque année à l'entreprise un loyer de 46 millions au lieu des 30 initialement prévus.

L'inconnue financière

Difficile pourtant d'expliquer ces écarts de conduite par la seule incapacité des élus et des décideurs à maîtriser un outil novateur. En 2011, un rapport de la Cour des comptes relevait qu'en matière de PPP pénitentiaires, la gestion publique était moins onéreuse que la gestion privée. Il y a quelques semaines, un audit de l'Inspection générale des finances a évalué à 25 % le surcoût des constructions en partenariat public-privé. Et qu'en sera-t-il dans trente ou quarante ans, lorsque les contrats arriveront à leur terme ?

Le 13 décembre dernier, lors du débat organisé par l'observatoire des PPP de Sciences Po Bordeaux, aucun des interlocuteurs présents n'a été en mesure de chiffrer la charge supplémentaire supportée par le contribuable du fait des PPP. Elle n'est guère contestable. Les opérateurs privés empruntent non seulement des capitaux à des taux beaucoup plus élevés que les collectivités ou les établissements publics, mais leurs prestations intègrent aussi les marges bénéficiaires exigées par des actionnaires de plus en plus gourmands. Alléchés par la manne des PPP, Vinci, Bouygues et Eiffage, les majors du bâtiment, raflent la grande majorité des contrats au détriment des PME qui composent le tissu économique local. (et ils sont bien entendu "amis" de tous les décideurs politiques. )

Bordeaux · justice · Saint-Laurent-Médoc

PPP: Partenariat Public Privé

Par Le 28/02/2013

Il FAUT COMPRENDRE comment fonctionnent les gens qui nous gouvernent.


http://fr.wikipedia.org/wiki/Partenariat_public-priv%C3%A9


Partenariat public-privé

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir PPP.

Le partenariat public-privé (PPP) est un mode de financement par lequel une autorité publique fait appel à des prestataires privés pour financer et gérer un équipement assurant ou contribuant au service public. Le partenaire privé reçoit en contrepartie un paiement du partenaire public et/ou des usagers du service qu'il gère. Ce mode de financement est présent dans de nombreux pays sous des formes variées.

Toutefois on utilise en général l'expression de « partenariat public-privé » pour désigner des projets plus récents, dans la lignée des contrats de type PFI (en anglais Private Finance Initiative) apparus en Grande-Bretagne depuis 1992, contrats dont se sont inspirés de nombreux pays. Un exemple typique de partenariat public-privé consiste pour un entrepreneur privé à construire un hôpital public dont il gérera ensuite les activités non médicales.

Sommaire

Les PPP, une formule soutenue par certaines organisations internationales

L'importance actuelle de la dette publique dans certains États occidentaux les pousse à se tourner de plus en plus vers la formule des partenariats public-privé. Le message est soutenu depuis plusieurs années par la Banque mondiale comme l'OCDE sans oublier la Banque européenne d'investissement.

Ce mode de financement est très critiqué par la société civile1. Ces mécanismes seraient nuisibles à la démocratie et n'apporteraient pas de réel bénéfice en matière de coût ou d'efficacité de gestion. Il ne serait selon eux qu'un moyen d'imposer une idéologie et de camoufler la dette publique.

Dans un dernier forum de mai 2007, les experts invités évoquaient à l'horizon 2030 le rôle croissant des fonds de pensions au regard d'une puissance publique qui finance de moins en moins ses infrastructures. Les détracteurs de ce système font néanmoins valoir que le PPP n'est ni plus ni moins qu'un montage permettant de dissimuler aux instances de contrôle (institutions internationales, marchés financiers) une partie de la dette publique, notamment dans la zone Euro où les critères de convergence plafonnent celle-ci à 60 % du PIB2. C'est le principe de la dette cachée. (c'est à dire celle que l'UE nous fait payer !!)

En ce qui concerne les partenariats public-privé dans les pays en développement, au XIXe siècle, les systèmes de distribution d’eau de nombreuses grandes villes d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie ont été financés, construits et exploités par des investisseurs privés étrangers qui en étaient propriétaires. Faute de régulation contractuelle adaptée, ces opérateurs privés ont souvent fini par abuser de leur situation de monopole, ce qui a débouché sur un vaste mouvement de nationalisation sur tous les continents. À la fin des années 1980, ils avaient disparu du monde en développement. C’est d’Amérique latine (et surtout Buenos Aires) qu’est véritablement venue l’impulsion, au début des années 1990. Les améliorations réalisées par le concessionnaire dans ses premières années d’exploitation ont créé une forte dynamique, qui a conduit à la signature de nombreux contrats sur tous les continents. Entre 1991 et 2000, la population desservie par des opérateurs privés dans les pays en développement et dans les pays en transition a connu une augmentation régulière, passant de 6 millions à 96 millions, tandis que le nombre de pays dans lesquels des projets de partenariats public-privé étaient actifs dans le secteur de l’eau passait de 4 à 38. Depuis 2001, la plupart des nouveaux contrats de partenariats public-privé ont été attribués à des opérateurs privés originaires de pays en développement3.

Les PPP au Royaume-Uni

Le principe du PPP fut mis en place par la Private Finance Initiative (PFI) lancée par le gouvernement conservateur de John Major en 1992. À partir de 1997, les travaillistes développèrent fortement ce mode de gestion, d'abord et particulièrement dans le domaine hospitalier, puis dans l'ensemble du secteur public jusqu'à la Royal Navy.

Aujourd'hui, 10 à 15 % des investissements publics britanniques sont réalisés en PFI4. Une étude du National Audit Office a démontré que les projets en mode PFI comparés à ceux réalisés de manière conventionnelle ont généré des bénéfices supérieurs tant en termes de respect du prix convenu que de l'échéancier de livraison des bâtiments. Mais les conséquences d'un tel mode de gestion ne sont finalement pas positives d'un point de vue financier pour le contribuable ou l'usager car les loyers-redevances sont sur la durée très lourds5.

Premier secteur bénéficiant du PFI, les hôpitaux ont désormais de lourdes charges annuelles de remboursement, les taux d'intérêt des emprunts sont supérieurs aux taux qu'aurait pu obtenir l'État britannique (s'il avait choisi d'utiliser l'emprunt ce qui n'est pas le seul choix possible). Le gouvernement britannique freine désormais ce type d'initiative 6.

Les PPP en France

Article détaillé : Contrat de partenariat.

Les PPP au sens strict, ou contrat de partenariat, ont été créés en France par ordonnance du 17 juin 2004. S'il n'est pas la première forme de contrat conduisant à un partenariat, au sens large, entre le public et le privé, l'usage du terme partenariat public-privé pour désigner ces seuls contrats s'est imposé 7.

Néanmoins, d'autres formes de contrats existaient auparavant conduisant à une certaine forme de partenariat. Ainsi, les concessions qui ont toujours eu cours dès l'Ancien Régime ont permis à la France de se doter de ses premières infrastructures publiques telles le canal du Midi ou la modernisation d'infrastructures urbaines comme à Paris sous le Second Empire sous l'impulsion du baron Haussmann.

En droit contemporain, c'est la loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure du 29 août 20028 qui a relancé ce mode contractuel en autorisant l'État à confier au secteur privé la construction et la maintenance d'immeubles utilisés par la police, la gendarmerie ou la défense nationale. La justice et le secteur hospitalier ont suivi avant que ce régime fasse l'objet d'un régime général à travers les contrats de partenariat.

On assimile généralement9 les contrats publics suivants au PPP contractuel :

Au sens strict, les PPP qui permettent un investissement public soutenu par un partenaire privé se limitent aux concessions, AOT, BEA et CDP car le partenaire privé n'est pas un simple exécutant de la commande publique comme c'est le cas lorsqu'il est titulaire d'un marché public.

Un dernier bilan du ministère de l'Économie et des Finances en janvier 2008 évoque un enjeu économique des PPP de 10 milliards d'euros dont 7,2 milliards pour les contrats de partenariat.

Nouvelles technologies

Par Le 28/02/2013

Le problème, à mon sens, ne vient pas des nouvelles technologies mais de la tendance naturelle de l'homme à s'abrutir. C'est même à se demander comment il a fait pour évoluer.


  • Nouvelles technologies : et si on se déconnectait ?

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    Par Astrid De Larminat Mis à jour | publié Réactions (5)
    Privés de médias électroniques, Susan Maushart et ses enfants, Anni, Bill et Sussy, ont redécouvert les joies de la vraie vie.
    Privés de médias électroniques, Susan Maushart et ses enfants, Anni, Bill et Sussy, ont redécouvert les joies de la vraie vie. Crédits photo : Frances Andrijich/AP

    Ordinateurs, smartphones, consoles de jeux : une mère de famille américaine a tout mis au placard pendant six mois. Une expérience passionnante qu'elle raconte dans Pause.

    Quel parent d'adolescent, exaspéré et inquiet de voir son enfant immergé dans son ordinateur envoyer des salves de SMS à longueur de journée, n'a-t-il pas rêvé de le débrancher de ces appareils numériques? Susan Maushart, mère de famille divorcée, docteur en sociologie des médias de l'université de New York, l'a fait. Et pourtant, elle-même était accro à son smartphone. Mais un jour, en relisant Walden, de Thoreau, elle a décidé de dire stop. Elle annonça à ses enfants, Anni, 18 ans, Bill, 15 ans, Sussy, 14 ans, qu'ils allaient faire pendant six mois une merveilleuse expérience, un grand voyage dans la vraie vie… en vidant leur maison de tous ses écrans, c'est-à-dire: quatre ordinateurs, quatre téléphones portables, une console de jeux, quelques iPod et deux télévisions.

    Réaction de sa fille cadette, typique d'un adolescent d'aujourd'hui: «Ce n'est pas juste, ce que tu nous demandes. Tu nous imposes ta volonté.» Commentaire de la mère: «Mes enfants auraient préféré renoncer à boire, à manger ou à se laver les cheveux.» Il faut dire qu'ils n'étaient pas loin de passer 7 h 38 par jour en compagnie d'un écran (téléphone non compris) comme l'adolescent américain moyen.

    Dispo 24 heures sur 24

    C'est donc au stylo qu'elle a tenu la chronique de leur cure de désintoxication. Le récit est drôle, enlevé ; la réflexion qu'elle mène, passionnante. Avant la coupure, comme toute mère de famille, elle était sans cesse sollicitée à son bureau par ses adolescents qui trouvaient normal qu'elle soit disponible 24 heures sur 24 pour répondre quand ils lui écrivaient par texto: «Il n'y a rien à manger», ou «Bill m'a frappé», ou «l'ampoule du salon a éclaté», etc. Quand elle sortait d'un rendez-vous, il n'était pas rare qu'elle ait dix ou douze appels en absence de ses enfants qu'elle rappelait, paniquée, pour s'entendre dire, «non, c'est bon, t'inquiète, on a retrouvé la télécommande». Que les téléphones portables accroissent dangereusement la dépendance des enfants à l'égard de leurs parents est une évidence dont on n'a pas toujours conscience.

    L'usage des SMS a une autre conséquence sur les ados, remarque-t-elle. Il leur permet de modifier leurs rendez-vous au dernier moment et les habitue à remettre toute décision à la dernière minute, à ne rien prévoir. Quant au mode de communication induit par les textos et messageries instantanées, il n'y a qu'à jeter un œil sur ce que les adolescents y écrivent pour être d'accord avec elle: il est confus, superficiel, voire totalement incohérent. Sussy, qui compensa son manque d'Internet en passant des heures sur le téléphone filaire de la maison, l'a reconnu. Elle déclara qu'une conversation n'avait rien à voir avec une discussion par messagerie interposée: «Sur MSN, tu fais coucou, LOL, j'aime, j'aime pas. Au téléphone, par contre, c'est super-profond…»

    Dix choses à la fois

    Les écrans et le travail scolaire: autre débat, d'autant plus aigu, aux États-Unis et en Australie, où réside cette famille, que beaucoup d'écoles donnent à leurs élèves un ordinateur pour rédiger leurs devoirs. Un jour, Susan Maushart a surpris sa fille Sussy en train de taper une dissertation sur le poète E. E. Cummings avec neuf fenêtres actives sur son écran. Six fenêtres de messageries instantanées, une septième qui passait un feuilleton téléchargé illégalement, et une huitième qui suivait les enchères en ligne d'un couple de perruches. Cerise sur le bureau: le téléphone en mode vibreur qui ne cessait de se tortiller. Les adolescents soutiennent qu'il est normal de faire dix choses à la fois et que leurs parents n'y arrivent pas parce qu'ils ont un cerveau d'un autre siècle.

    N'empêche, trois mois après le début du sevrage, les professeurs de la jeune fille notèrent une nette amélioration de ses résultats scolaires (sans doute, aussi, parce que l'abus d'écran perturbe le sommeil et engendre une fatigue chronique: le chapitre consacré à ce sujet fait froid dans le dos). Certes, il est avéré que les médias électroniques sont en train de modifier l'organisation du cerveau, mais toutes les études de neurobiologistes que détaille l'auteur montrent que la capacité du cerveau à travailler en mode dit «multitâche» est un mythe. Le laboratoire de médias interactifs de Stanford, qui voulait pourtant prouver les avantages du «multitâche», conclut: «Les individus qui font plusieurs choses à la fois mélangent toutes les informations. Ils gobent tout et n'importe quoi sans discernement. Les multitâches sont tout simplement mauvais à presque toutes les tâches.»

    L'auteur confirme: «Avant je me doutais que sauter sans cesse d'une tâche à l'autre ne pouvait favoriser un train de pensée fluide. Maintenant je le sais. Mes enfants sont sortis de l'état de “cogitus interruptus” pour devenir des penseurs plus logiques et plus concentrés.» Elle assure avoir vu leur capacité d'attention - très réduite - se développer de façon spectaculaire, si bien qu'ils étaient capables de «lire pendant des heures et non plus des minutes, d'avoir des conversations plus longues avec les adultes et de se projeter au-delà du moment présent».

    Les bénéfices du sevrage furent multiples: l'un reprit avec passion l'étude de son instrument de musique, l'autre dont la chambre était un bac à linge sale géant retrouva le sens de l'ordre, la troisième se mit à cuisiner et à écrire un roman. La vie de famille s'en trouva également bouleversée: «Nous sommes plus proches les uns des autres», affirma l'aînée de la fratrie. Par exemple, ils ne fuyaient plus les repas pour retourner dans leur bulle multimédia mais s'attardaient à table pour discuter.

    Enfin, ils se mirent à fréquenter leurs amis pour de vrai, ce qui n'est pas anodin: des études montrent en effet que les neurones dédiés aux rapports humains des individus qui ont grandi avec les nouvelles technologies sont souvent sous-développés, si bien qu'ils ont des carences dans certaines aptitudes sociales telles que l'écoute empathique.

    «Pause», de Susan Maushart, traduit de l'anglais (États-Unis) par Pierre Reignier, NiL, 366 p., 20 €.

    LIRE AUSSI:

    » Trop d'écrans, selon les Français (Ifop)

    » Les enfants aussi utilisent de plus en plus les tablettes

    » L'informatique modifie-t-elle notre manière de penser?

    » Non au TV-sitting!

    Par Astrid De Larminat
    Journaliste Figaro
     

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Avatar Mother93

Les nouvelles technologies comme le langage sont surtout victimes d'abord de la médiocrité, de l'intolérance, du manque de formation de bien des individus quand ce n'est pas de la société en général.
En même temps, la société d'hier sans les nouvelles technologies a construit de solides valeurs dont tous nous n'avons pas profité, cela est injuste, personne ne nous rendra des comptes.
Pour nombre d'enfants et de parents aujourd'hui, il n'a pas été question de choix, contrairement à ce que l'on voudrait nous faire croire mais d'adaptation, car ces technologies ont tout envahi y compris l'univers familial.
La modulation de l'utilisation et leur rationalisation intelligente suivant les besoins sont donc nécessaires.
Il est possible d'améliorer la qualité de vie. Il n'est pas possible et pas logique d'accuser les nouvelles technologies mais seulement certaines orientations de leur utilisation, elles sont très professionnelles et n'ont rien de l'amateurisme.

Le 28/02/2013 à 14:30 Alerter Répondre

Avatar piermer

Ce sujet est délicat ... car effectivement j'utilise AUSSI le clavier pour m'exprimer ici certes (je n'ai pas utilisé de courrier postal ),... MAIS !!! mais entre user et ABUSER n'y a t il pas un juste équilibre?
juste à partir de quand?Il me semble qu'il y a là un crénaux ou entre sévir et subir il faudra choisir : Je ne veux plus subir et même si le numérique a de beaux jours devant lui ( ne plus savoir écrire au stylo bic bientot?) j'ai très souvent déconnecté en partant sur des randos au long court ( Compostelle par ex ) quel plaisir !!! ce qui n'empéchait pas certains marcheurs de s'interroger sur la disponibilité de la Wi fi en arrivant au gite???Liberté avant tout à respecter mais n'y aurait il pas une grande reprise d'air pur à oublier ... téléphone, SMART de préférence,TELE ou autre substitut artificiel au profit du chant des oiseaux,des bruits de la forêt,des vibrations du marché le matin,et enfin utiliser son temps à bricoler,RE ...découvrir son environnement,
ouvrir ses yeux et ses oreilles aux rendez vous des contacts humains et autres rencontres de la vie.
Que se passerait il si le " numérique " n'existait plus?????

Le 28/02/2013 à 13:58 Alerter Répondre

Avatar Dominique Repronche

D'ou cette devinette de mauvais gout concernant les djeunes :

Tu connais la différence entre un smartphone et un clitoris ?

Non ?

Ben continue de jouer avec ton smartphone !

Le 28/02/2013 à 13:17 Alerter Répondre

Avatar marcel legand

Et bien je comprend mieux et tout se confirme.. j'ai fait cette expérience pendant 1 an... au début je culpabilisais comme si je me comportait comme un sauvage en me coupant de tout, mais non, en fait on fait a nouveau corps avec la vie, on se sent léger, frais, attentif et tellement plus heureux, la vie devient belle...en fait j'étais mal sans savoir pourquoi et c'était ça.. on a fini par m'inciter à reprendre et j'ai replongé... mon mal être revient.. je suis fatigué, triste plus rien n'a vraiment de goût, je suis a nouveau un esclave... Franchement, j'arrête... je conseille a tous d'essayer, stoppez tout ça pendant un moment, vous verrez... la liberté n'a pas de prix.. c'est la plus belle chose au monde.


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