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Le Sens du Sacré (1)

Par Le 13/03/2013

LE SENS DU SACRÉ

 J’avais quatorze ans. Je vivais en Bretagne. Mes parents avaient fait construire une maison près des bois. Avec mon vélo, il me fallait vingt minutes pour arriver à la plage. Mon vélo, c’était le Solex de ma grand-mère, le moteur avait fini sa carrière et je l’avais entièrement démonté à grands coups de burin…Je me levais à sept heures les jours de congé, je me préparais un copieux petit-déjeuner, j’enfilais « mes habits des bois » et je partais pour la journée avec un bout de pain, une tranche de jambon, une pomme, une gourde.

J’aimais tellement le silence du matin. J’aimais la lumière, le vent, la pluie, le soleil. J’aimais par-dessus tout être dehors. Libre. Un sourire perpétuel, l’envie de rire parfois, tout seul, juste comme ça, pour le bonheur de la vie en moi, la force de mes muscles, ma respiration quand j’appuyais comme un mort de faim sur les pédales. 

Depuis ma toute petite enfance, j’avais été sujet à des crises d’asthme très fortes, très handicapantes, très angoissantes. Le médecin de famille disait à mes parents que je ne devais pas faire d’efforts physiques intenses, que « c’était dangereux. » J’étais gavé de cortisone et d’antibiotiques. En surpoids, harcèlement scolaire. L’été de mes treize ans, j’ai décidé d’arrêter, plus aucun médicament, j’ai tout jeté dans la poubelle et j’ai dit à mes parents, « ça passe ou ça casse ». Et de ce jour, j’ai pédalé pendant des heures, marché, couru, escaladé, pédalé, marché, couru, escaladé.

J’étais seul, très souvent. Mon grand-frère ne venait pas avec moi. Très peu de complicité entre nous…Olivier était mon seul ami. Les autres n’étaient que des connaissances épisodiques, des « camarades » de classe, mais rien ne nous unissait. Olivier, par contre, était comme moi. Il aimait la Nature, il aimait la mer, le silence, c’était un « taiseux », comme moi. On pouvait marcher ou rouler pendant des heures sans se dire grand-chose, juste des regards échangés ou une proposition de balade, des rochers à escalader, une cabane à construire, un nouveau lance-pierres qu’on coupait dans une fourche de sapins, un bâton de marche qu’on sculptait, assis sur un rocher, face à la mer. Parfois, on se lançait des défis : nager en hiver pour aller planter un bâton le plus loin possible au fond de la mer, trois, quatre mètres de profondeur, on restait habillé et après on se faisait sécher en allumant un feu sur la plage, avec le bois flotté. On escaladait des falaises qui tombaient dans la mer et quand on se loupait, on finissait à l’eau…On aimait bien aussi installer une rampe de tremplin au bout d’une jetée, une vieille porte qu’on cachait dans un buisson, on glissait une pierre dessous et on prenait notre élan à vélo de tout au bout de la jetée, on décollait, on sautait en l’air, on lâchait le vélo et on tombait à l’eau. On remontait le vélo avec une corde qu’on accrochait sur le tube de selle. On réparait nos vélos en allant dans les décharges sauvages, on trouvait toujours ce qui nous manquait.

J’ai passé des milliers d’heures à marcher dans les bois, à écouter le vent, le chant des oiseaux, à jouer au bord d’un ruisseau, à sculpter des bouts de bois, j’avais un joli couteau de poche, j’étais comme un trappeur, je lisais Jack London parfois, le dos appuyé à un tronc d’arbre et puis quand je sentais bouillir l’énergie en moi, je reprenais mon avancée. J’étendais inlassablement les horizons.

Je n’avais pas conscience de l’importance du Sacré. Je vivais l’instant. La joie de partager ma vie avec le monde. Il y avait bien ces moments de contemplation immobile, les yeux rivés sur la houle du large ou le balancement hypnotique des grands arbres. Une absence totale de pensées. Une plénitude qui ne portait pas de nom. Je me souviens avoir pleuré parfois. Sans savoir pourquoi.

Le Sacré.

J’ai mis longtemps à comprendre.

Je n’avais pas d’ordinateur, la télévision était rarement allumée, j’avais le droit de regarder « Histoires sans paroles » et « La piste aux étoiles. ». J’attendrais quelques temps encore pour avoir le droit de regarder les films du soir. J’aimais beaucoup le cinéma.  « Ben Hur », « Les révoltés du Bounty », « Vingt mille lieues sous les mers ». Quelques films comme ceux-là qui ont marqué mon adolescence.

Je n’avais pas de PlayStation, ni de Wii, ni de jeux vidéo, bien évidemment. Ma chambre était garnie de romans et de livres sur la nature. Je lisais sous ma couette avec une lampe de poche après que ma mère soit venue éteindre. J’apprenais les noms des animaux, les pays, les forêts, les grands fleuves et les Peuples Premiers, je lisais les aventures des grands explorateurs, les marins ou les marcheurs. « Bornéo » de Douchan Gersi, « Seul à travers l'Atlantique » d'Alain Gerbault, « Hymne à la mer » de Henry de Monfreid etc... et puis j’ai découvert un livre de montagnes à la bibliothèque du village où je passais beaucoup de temps : « Les conquérants de l’inutile » de Lionel Terray. Un choc immense, cet engagement physique et cette force morale m’enthousiasmaient, je sentais qu’il y avait dans les ascensions l’opportunité de se grandir…

Mais je vivais en Bretagne et je devais attendre. Alors, je continuais à courir dans les bois et à enfiler les kilomètres à vélo. Toujours dehors. Avec mes habits des bois que ma mère n’avait pas le droit de laver.

« Mais maman, les animaux me sentent arriver sinon, il faut que je sente la terre, les feuilles, la mer, il faut que je sente la Nature sinon ils s’enfuient. »

Parfois, elle craquait et fourrait le tout dans la machine à laver. À la première sortie, je me roulais dans les feuilles et dans la terre, je m’en couvrais, j’accrochais du lierre dans mes cheveux et je m’amusais à me glisser sous les frondaisons sans un bruit.

J’avais une vie très simple, construite sur un cadre immuable. L’école, des Maîtres que j'aimais, la Nature, le sport, les livres et un peu de télévision.

C’est le livre de Jack London, « L’amour de la vie » qui a été le véritable déclencheur. Le sens du Sacré. Le sens de la Vie.

Je réalise aujourd’hui que je ne me souviens quasiment plus des visages des gens que j’ai connus à cette époque. Tout s'efface. Mais je me souviens très bien des lieux, le petit pont, le moulin, la digue, le bois des marais, les rochers de Saint Guénolé, toutes les routes que j'ai parcourues...Je me souviens de la Terre. Je me souviens bien d’Olivier, un des seuls. Une tête ronde, des yeux rieurs, des bras de bûcheron. Il voulait être marin pêcheur. Il détestait l’école. Il a fait une formation d’apprenti à seize ans sur un chalutier et il a peu à peu disparu de ma vie.

Olivier est mort d’une rupture d’anévrisme l’année de ses vingt ans. Son grand-frère est mort de la même façon deux ans plus tard. Une malformation génétique qui n’avait jamais été décelée…

La mort. J’allais souvent la croiser. La souffrance, la douleur, la détresse, la lutte pour survivre, pour sauver ceux qu’on aime. Un très long apprentissage.

Le sens du Sacré. Je ne pouvais pas y échapper.

Mes parents travaillaient très dur pour qu’on ne manque de rien. Et ils me manquaient finalement. J’aurais aimé que mon père fasse du vélo avec moi, qu’ils viennent se promener avec moi. Ils n’avaient pas le temps. Ils étaient souvent fatigués ou ils étaient trop occupés, l’entretien de la maison et du jardin, des invitations chez des amis et des invitations à rendre.

Je n’aimais pas ces repas, ces visiteurs qui m’obligeaient à rester enfermé. Je n’aimais pas les repas du dimanche. Tout ça était si dérisoire à mes yeux.

Je savais déjà ce dont je ne voulais pas.

Je serai instituteur et mes élèves seront heureux. Je les aimerai comme nous aimait M Quéré, mon Maître de CM2. C’est dans sa classe que j’ai décidé que je serai instituteur. Je n’ai jamais changé d’avis. Il est la première personne que je suis allé voir quand j’ai eu mon diplôme. Il m’a pris dans ses bras. Il était mon père spirituel.  

J’aurai une femme et trois enfants, je les aimerai infiniment et je passerai tout mon temps libre avec eux. Je leur apprendrai la Nature. Je leur apprendrai le Sacre de la Vie.

Et puis je les laisserai grandir en les accompagnant au mieux.

J'avais seize ans. Mon grand-frère a eu un accident de voiture. Cliniquement mort. J'ai passé trois mois à ses côtés, nuits et jours. Il est sorti vivant. Une énigme médicale. Roger, un ami d'école, avait été admis dans le même service. Cliniquement mort. J'allais lui lire un livre de Saint-Exupéry toutes les nuits, "Citadelle". Et puis, une fois, je n'y suis pas allé, j'étais trop fatigué. Et Roger est mort cette nuit-là. On ne peut pas vivre sereinement avec ça en soi quand on a seize ans.

Le sens du Sacré. Le devoir. L'engagement. Ne jamais lâcher. Vérifier à chaque instant que les pensées, les décisions et les actes sont à l'image de la personne qu'on veut être.

Dix-huit ans. Lorsque j’ai passé mon permis, j’ai tout de suite travaillé. Éducateur sportif pendant neuf mois puis j'ai passé le concours pour devenir instituteur. Reçu.

Autonome. À vingt ans, j’ai acheté un fourgon et je l’ai aménagé. J’ai vécu pendant un an et demi dedans. Pas d’adresse fixe. J’étais instituteur remplaçant, j’allais dormir à la plage ou dans les bois, là où j’avais été nommé, je bougeais tout le temps. Marcher la nuit, j’adorais ça, me baigner sous les étoiles, courir avec une lampe frontale. Parler avec mes élèves, leur enseigner l'Amour de la Vie. 

Je passais tous mes congés à escalader les falaises de Pen Hir sur la presqu’île de Camaret. Je savais que le moment où je partirais en montagne approchait à grands pas.

L’escalade. Un défi puissant. Grimper en tête dans des falaises sans équipement fixe, poser ses protections, assurer son compagnon, apprendre le contrôle, la peur, l’euphorie, la puissance, cette énergie folle qui m’enflammait parfois, cette impression d’être plus que moi…

Je courais beaucoup aussi, vingt, trente, quarante kilomètres, dans les bois, sur la route, toujours ce désir de pousser le plus loin possible, d’entrer dans cet espace intérieur où tout se révèle, où l’insignifiant s’efface, où apparaît parfois ce qui n’est pas connu, l’invisible, l’insondable, l’insaisissable, des perceptions que je cherchais à prolonger, une fois allongé sur mon lit et que la pesanteur de mon corps disparaissait dans une évanescence délicieuse. Le vélo sur des distances de plus en plus importantes. Trois cent soixante-quinze kilomètres une fois. Je me souviens qu’au retour, je ne reconnaissais pas le paysage, les maisons, les villages et puis j’ai eu l’impression de me voir par-dessus, de très haut, un cycliste minuscule dans un espace immense, tout petit être agité sur la Terre, comme un insecte sur un animal gigantesque.

Je me souviens de galaxies d’étoiles, des lumières intérieures qui scintillaient, des pulsations de soleils, comme des chaleurs en moi, un cœur bien plus grand que l’organe.

J’avais une planche à voile et je partais parfois, droit vers le large, juste un petit sac sur le dos avec de l’eau et une pomme, je naviguais pendant des heures, sans aucun objectif sinon celui d’aller le plus loin possible. Plus d’une fois, je ne suis rentré qu’à la nuit en utilisant le phare de Bénodet qui m’indiquait la direction. Naviguer, debout sur ma planche, dans le silence immense de la nuit, la phosphorescence de l’eau sous les étoiles.

Mes parents ne savaient rien de ce que je faisais.

Ce qui était sacré pour moi leur était inaccessible, nous n’évoluions pas dans la même dimension. Mais je les aimais et je les aime toujours. Je sais aussi la vie qu’ils ont eue...De leur enfance, de la guerre, de la misère, l’Algérie pour mon père, les fins de mois sans un sou, travailler, travailler, enchaîner les heures, accepter les humiliations, gravir peu à peu les échelons, obtenir un poste un peu plus important et subir une pression encore plus forte…Ils se sont usés au travail.

En moi vibre toujours l’enfant qui pédalait sur les chemins de Bretagne, l’enfant qui courait sur le sable, grimpait sur les rochers, contemplait les vagues, construisait des cabanes, écoutait les oiseaux, dormait sur un tapis de feuilles, grillait des châtaignes et cuisait des pommes dans les braises, l’enfant qui aimait l’odeur du feu sur lui, l’enfant qui rentrait boueux, crotté, en sueur et heureux.

Rien de tout ça n'a disparu. J'ai toujours une tenue des bois et j'aime toujours autant sentir la terre sous la pluie et ruisseler de sueur quand le soleil inonde les montagnes.

Je vieillis mais je mourrai enfant.

 

Vivre sans peur (spiritualité)

Par Le 13/03/2013

Exactement la discussion que nous avons eue hier en classe. La peur est un phénomène qui les concerne au plus haut point et c'est en l'observant qu'ils apprennent à se "connêtre"


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Vivre sans peur

Vivre sans peur, dans le contexte socio-économique actuel ? Un doux rêve, pensez-vous. C’est pourtant ce que nous enseigne Brenda Shoshanna dans son livre intitulé "Vivre sans peur". Voici un avant-goût de cette lecture. Suivez le guide.

Se sentir en sécurité


Bien souvent, notre besoin de sécurité, affective ou financière, ne nous permet pas de quitter une relation amoureuse ou un emploi qui ne nous conviennent plus. Car rien n’est plus rassurant que ce que l’on connaît déjà, quitte à devoir y laisser quelques plumes. Ce qui nous terrifie, c’est l’inconnu, le changement. Ils représentent une menace et nous figent. Lorsqu’une personne ou une situation s’éloigne, nous paniquons et tentons de nous accrocher, souvent en vain. Mais que cache cette soi-disant sécurité ? Vous demandez-vous à quoi vous vous cramponnez désespérément ? A contrario, qu’est-ce que vous tenez à distance ? Cela vous permet-il de vous sentir en sécurité et d’être heureux ? Que seriez-vous prêt à perdre sans en souffrir ? Pour vous, qu’est-ce qu’une vie réussie ? Toutes ces questions vous feront prendre conscience de vos vrais besoins.

 

Identifier ses peurs


Dès notre enfance, la peur s’immisce dans notre vie et ne nous quitte plus. Il faut avoir de bonnes notes à l’école. Puis, il nous faut réussir notre vie personnelle, et surtout professionnelle. Il faut gagner notre vie, épargner pour la retraite, souscrire à de multiples assurances-vie, maladie, décès, accidents de voiture, incendie, inondation, cambriolage, attentat... Les pires catastrophes nous attendent ! Et il suffit de regarder le journal télévisé pour s’en convaincre ! Pourtant, comme le disait l’ancien président américain Franklin Roosevelt : « La seule chose dont nous devons avoir peur, c’est de la peur elle-même. » Car elle nous paralyse et nous empêche de nous réaliser. Parfois, elle dirige même notre vie au point de nous faire prendre des décisions allant à l’encontre de ce que nous sommes. Avez-vous conscience de l’incidence de la peur dans votre vie ? Savez-vous de quoi vous avez le plus peur ? De manquer ? De ne pas être heureux ? D’aimer ? De perdre l’autre ? De ne pas réussir dans la vie ? Pour certains, c’est au contraire la peur de réussir qui les conduit à l’échec. En identifiant vos peurs, vous allez pouvoir repérer à quels moments elles se manifestent et reprendre du pouvoir pour les affronter et même les dépasser.

 

Prendre des risques


Avant de vous fixer de nouveaux objectifs, il est nécessaire de vous demander ce à quoi vous êtes prêt à renoncer pour avancer. Car vouloir réaliser ses rêves implique souvent de prendre quelques risques : financiers, professionnels, personnels. En prenant conscience que le changement fait partie du flux de la vie, vous éloignez la peur et la souffrance. Méfiez-vous des choix en apparence les plus sûrs, qui finalement conduisent à des impasses. Changez votre regard sur le risque. En se préparant, ces risques peuvent s’anticiper, dans une certaine mesure… On ne peut connaître le futur, on ne peut que se connaître soi-même. Une fois que vous êtes prêt, il ne vous reste désormais plus qu’à agir ! Et comme le disait Sénèque : « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que l’on n’ose pas… c’est parce que l’on n’ose pas que les choses sont difficiles. » L’action ici et maintenant est un antidote à la peur. Agissez ! Choisissez une démarche que la peur vous incite à ne pas réaliser et lancez-vous ! Arrêtez de vous poser des dizaines de questions et foncez ! Etape après étape, avancez.

 

Définir ses rêves


Enfant, nous avons plein de beaux rêves en tête. Et puis, en devenant adulte, nous nous confrontons à la réalité et les abandonnons au profit de notre besoin de sécurité. La vie suit son cours et pour certains, un accident grave, une maladie ou le bilan de la quarantaine, fait voler en éclats nos croyances et nous renvoie parfois violemment à ces rêves d’autrefois, non réalisés. Faut-il attendre ces moments douloureux pour nous réveiller ? Pourquoi ne suivons-nous pas nos aspirations profondes ? Comme le dit un dicton zen : « C’est notre vision de nous-mêmes plutôt que notre véritable personnalité qui constitue les barreaux de notre propre prison. » Vous êtes-vous déjà demandé ce que vous feriez là tout de suite, si vous n’aviez plus peur de rien ? Pourquoi ne le faites-vous pas ? Quelles sont les solutions aux freins qui vous empêchent d’agir ? Comment pourriez-vous vous organiser ?

 

Apprendre à dire non


Pourquoi ces trois petites lettres sont-elles si difficiles à prononcer ? C’est souvent la peur qui nous empêche de dire non, la peur de décevoir, d’être jugé, rejeté, la culpabilité de ne pas répondre aux attentes des autres. Brenda Shoshanna insiste : « Vous ne pouvez pas dire oui si vous êtes incapable de dire non ! » Pour elle, apprendre à dire non est l’un des remèdes les plus puissants contre la peur. Dire non, c’est s’affirmer, se respecter et se rapprocher de sa véritable nature. Faites l’expérience, dites non à une chose que vous savez néfaste pour vous. Et observez. Est-ce que l’on vous tient rigueur de votre décision ? Est-ce que votre entourage vous tourne le dos ? Ou est-ce que, finalement, il ne passe rien ? Comment vous sentez-vous ? Soulagé ? Alors continuez ! Plus vous serez capable de dire non à ce qui est mauvais pour vous, plus vous pourrez dire oui à ce qui est positif.

 

Donner aux autres


Lorsque vous donnez aux autres, vous dissipez non seulement la peur, mais également tous les autres sentiments négatifs. « L’humanité toute entière est une famille, un peuple », enseignait Mahomet. En manifestant de l’attention aux autres, vous vous renforcez vous-même. Un sourire, un geste amical, une parole, une visite, sont autant de gestes qui enrichissent la vie. Cela suppose de faire attention à ceux qui vous entourent, de ne pas vous laisser aller à vos colères ni à vos peurs justement. L’autre vous rappelle que chaque minute vous pouvez agir en ce monde. Pour le psychanalyste Erich Fromm : « Le bonheur c’est d’aimer, non d’être aimé. En privilégiant l’amour plutôt que la haine, non seulement vous guérissez votre vie, mais vous guérissez le monde » souligne Brenda Shoshanna.

 

Apprécier ses erreurs


La peur nous conseille de ne pas agir. Elle suggère que nous ne sommes pas prêts, que nous allons commettre des erreurs et qu’il vaut mieux attendre, remettre à plus tard quand toutes les conditions favorables seront réunies. Ce moment n’arrivera jamais. La vraie question à se poser est la suivante : quel mal y a-t-il à se tromper ? N’est-ce pas des erreurs commises que nous tirons les plus grandes leçons ? La peur de l’échec conduit à l’immobilisme. Il est alors impossible de progresser. Un grand maître Dôgen disait : « La vie n’est qu’une suite d’erreurs. » Lorsque vous commettez une erreur, réjouissez-vous ! Cela veut dire que vous avez osé prendre un risque en dépit de la peur. Souvenez-vous : la dernière fois que vous avez commis une erreur, que s’est-il passé ? Était-ce la fin du monde ? Avez-vous appris quelque chose ? Brenda Shoshanna nous conseille de ne pas nous concentrer sur les résultats mais sur l’action en elle-même.

Alone in the zone

Par Le 13/03/2013

"On a tout perdu. "

Grenelle du livre

Par Le 12/03/2013

Express Yourself

"Il faut un Grenelle du livre, et vite!"

Par (Express Yourself), publié le

Pour Omri Ezrati, éditeur indépendant, la crise qui secoue actuellement la librairie française n'a qu'une cause réelle: la surproduction imposée par les distributeurs pour leur propre profit. 

"Il faut un Grenelle du livre, et vite!"

La rentrée littéraire. Abondance de biens nuirait-elle?

DR

L'affaire Virgin a suscité une vive polémique il y a quelques semaines. Et une occasion supplémentaire de taper sur les prétendus responsables de cette probable disparition. Ainsi, la ministre de la Culture Aurélie Filippetti a montré du doigt Amazon, responsable, selon elle la source du problème. Une accusation un peu facile, d'autant qu'il y a seulement quelques mois, la même, comme son prédécesseur d'ailleurs, accusait Virgin et les grands réseaux d'être déjà responsables de la mort de nombreuses petites librairies indépendantes de proximité. 

Amazon n'est pas le bon coupable

Seulement voilà, à force de chercher partout des responsables à une crise du livre qui n'en fini pas depuis 20 ans, on finit par s'éloigner des réalités d'un secteur en mutation permanente. Editeur, je me bats jour après jour contre les idées reçues. Non, assurément non, Amazon n'est en rien responsable de ce qui se passe dans le secteur! Loin de moi de vouloir défendre à tout prix un géant qui peut régulièrement m'exaspérer sur tel ou tel problématique, mais je ne supporte plus d'entendre partout des libraires accuser Amazon d'être responsable de leurs malheurs! Amazon n'est qu'un acteur d'un système à bout de souffle, un acteur qui continue de recruter du personnel en France et à ouvrir des plates-formes de distribution dans des régions qui ont besoin d'emploi. 

Un système de distribution vérolé

Le vraie responsable de cette crise reste ce système de distribution complètement vérolé qui oblige les éditeurs à toujours plus de productivité et impose des conditions toujours plus restrictives. Les éditeurs français, et notamment les petits, qui représentent pas moins de 80 % de la branche, sont les premiers asphyxiés par leurs charges et leurs trésoreries exsangues, et ils ne peuvent plus supporter les traites à 90 jours imposées par les distributeurs. Le dernier livre publié dans ma maison, Tokyo, est l'exemple même de ce que peut être un éditeur aujourd'hui: la vache à lait d'un système qu'il faut d'urgence réformer. Sur 35 euros que paie le client final, le libraire prend au passage entre 34 et 44 % du prix TTC! Pour la force de vente qui va proposer à ces mêmes libraires et pour le distributeur qui assure le stockage et la préparation des commandes du livre, nos sociétés de diffusion ponctionnent environ 20 % et prélèvent aussi dans le même temps un dépôt de garantie de 20 % du chiffre d'affaire des libraires pour compenser les éventuels invendus! Nous autres éditeurs pouvons donner des chiffres aux ministres pour qu'ils comprennent une bonne fois pour toutes que le problème vient bien de l'organisation de la distribution! 

La fuite en avant

Que dire de certaines très grandes sociétés de distribution qui imposent contractuellement à des éditeurs largement fragilisés des volumes toujours plus grands de livres dont on sait à l'avance que les trois quarts ne seront jamais vendus! Mais le système est comme ça, et l'éditeur n'a souvent d'autres choix que d'aller en Europe de l'Est, en Pologne ou en République Tchèque imprimer des livres à bas coût pour respecter les conditions fixées unilatéralement par les distributeurs. Les livres sont ensuite envoyés aux libraires par cartons, dont ils découvrent bien souvent à la livraison le contenu ! Ils aiment, ils gardent, ils n'aiment pas, ils retournent ! Les éditeurs n'ont alors pas d'autres choix que de racheter à leurs distributeurs les stocks d'invendus, parfois au double de ce que cela leur a coûté en impression ! Bien souvent dans l'impossibilité de racheter ces stocks, les distributeurs procèdent alors au pilonnage et n'oublient pas de transmettre la facture aux éditeurs, pris en otage d'un système bien huilé! Madame la ministre, faites un tour le vendredi après-midi à la déchetterie de la Cita, à Ivry sur Seine, regardez de vos propres yeux le spectacle aberrant et choquant de plusieurs dizaines de tonnes de bouquins partir en fumée et posez vous les vraies questions! 

Comment sauver l'édition?

Aujourd'hui, il faut remettre totalement à plat ce système et j'en appelle à la tenue urgente d'un véritable Grenelle du livre pour sauver l'édition française ! Des décisions importantes et courageuses doivent être prise par le gouvernement pour éviter à l'avenir de terribles hécatombes. Le gouvernement doit absolument jouer son rôle de régulateur et de contrôle d'un système tenu par quelques-uns qui est aujourd'hui économiquement irresponsable! 

Par Omri Ezrati, éditeur indépendant. omriezrati.izibookstore.com/ 

 

La morale d'un monde amoral

Par Le 11/03/2013

Par Jean-Claude Renard - 8 mars 2013

Alévêque condamné, la justice se lève pour Danone

Dans son procès l’opposant à Zinédine Zidane, Christophe Alévêque a été condamné à 5 000 euros de dommages et intérêts. La justice n’entend rien au droit à l’humour.

Christophe Alévêque avait vu juste. Dans un article consacré à l’humour aujourd’hui (Politis n° 1232, du 20 décembre 2012), l’humoriste soulignait « un certain couvre-feu moral », dénonçait « un retour à la morale dans un monde totalement amoral ». Avant d’observer qu’en « faisant son métier d’humoriste, sans même diffamer, quand on gagne son procès en première instance, c’est déjà un billet de 10 000. Quand il y a appel, c’est encore un billet de 10 000. On en vient ainsi à l’épuisement financier. Avec pour conséquences la censure et l’autocensure. À partir du moment où l’on s’attaque aux puissants, aux intouchables, aux icônes et au pouvoir, on se retrouve vite devant une machine financière ».

Alévêque en sait quelque chose, engagé depuis deux ans dans un procès contre Zinédine Zidane, pour avoir déclaré à propos de la star du foot, au magazine SportMag, en janvier 2011, que « ce mec est un panneau publicitaire qui a trois neurones (…) et qui maintenant profite de son image à outrance (…) Ambassadeur de Danone, qu’il crève dans le yaourt ! »

Plutôt que sourire, le joueur a traîné l’humoriste en justice, réclamant 75 000 euros de dommages et intérêts. Pas moins ! Au tribunal correctionnel de Paris, Christophe Alévêque avait maintenu ses propos, mis en avant le rôle du bouffon, « le seul à pouvoir s’attaquer au roi. J’ai critiqué avec mes mots quelque chose de vulgaire ». Et de rappeler au tribunal les 11 millions d’euros empochés par Zidane pour soutenir la candidature du Qatar pour la Coupe du monde de foot.

En première instance, Alévêque a été relaxé. Ce qui n’a pas empêché la défense du footballeur de faire appel. Ses avocats déclarant même, en février dernier, qu’ils se contenteraient d’un euro symbolique de dommages et intérêts. Dans cette judiciairisation à l’extrême, de tout et n’importe quoi, la justice a tranché ce jeudi 7 mars, bien au-delà de ce qui était demandé : elle a condamné, en appel, l’humoriste à 5 000 euros de dommages et intérêts pour injure, outre 5 000 euros de frais de justice. Une justice de classe, au profit d’un VRP de Danone et du Qatar.

Zinédine Zidane, le 24 janvier 2013 devant le palais de justice de Paris.
Zinédine Zidane, le 24 janvier 2013 devant le palais de justice de Paris.

AFP / Loïc Venance

L'immortalité (spiritualité/santé)

Par Le 11/03/2013

Pourquoi est-ce que je trouve ça terrifiant ? Parce que derrière tout ça, il y a des financiers et des sommes COLOSSALES en jeu. Donc, il n'y aura aucune morale dans tout ça, il n'y aura que des milliards. Et nous serons les cobayes, pas les patients. De plus, augmenter l'espérance de vie avec une conscience de la vie aussi dérisoire, je n'en veux pas. On prend le problème à l'envers...Des apprentis sorciers qui travaillent à accroître la durée de vie de marionnettes. Et j'en suis une aussi.

Le fiasco du siècle

Par Le 10/03/2013


CONSTERNANT


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L'incroyable histoire du mensonge qui a permis la guerre en Irak

Créé le 08-03-2013 à 10h21 - Mis à jour le 10-03-2013 à 18h06

ENQUÊTE. Les informations qui ont servi, il y a dix ans, de prétexte à l'invasion de l'Irak, sortaient de l'imagination d'un affabulateur.

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Rafid al-Janani (Capture d'écran BBC)

Rafid al-Janani (Capture d'écran BBC)

C'est le plus grand mensonge de l'histoire de l'espionnage - le plus meurtrier aussi. Une mystification imaginée par un quidam qui a servi de prétexte principal à l'invasion de l'Irak, il y a dix ans. Cette extraordinaire affaire est apparue au grand jour le 5 février 2003, à l'ONU.

Ce soir-là, dans un discours resté célèbre, le secrétaire d'Etat américain, Colin Powell, lançait au monde : "Il ne peut faire aucun doute que Saddam Hussein a des armes biologiques" et "qu'il a la capacité d'en produire rapidement d'autres" en nombre suffisant pour "tuer des centaines de milliers de personnes". Comment ? Grâce à des "laboratoires mobiles" clandestins qui fabriquent des agents atroces tels la "peste, la gangrène gazeuse, le bacille du charbon ou le virus de la variole". Sûr de son fait, le puissant Américain ajoute : "Nous avons une description de première main" de ces installations de la mort. Du moins, le croit-il.

Le menteur de Bagdad
Colin Powell lors de son célèbre discours à l'ONU, le 5 février 2003, présente "les preuves" sur les armes de destruction massive. (Sipa)

La source de cette information effrayante, pièce maîtresse du procès de l'administration Bush contre Saddam Hussein, est, assure Powell aux Nations unies, un "transfuge [qui] vit à l'heure actuelle dans un autre pays, dans la certitude que Saddam Hussein le tuera s'il le retrouve". Il s'agit d'"un témoin direct, un ingénieur chimiste irakien qui a supervisé l'un de ces laboratoires", "un homme qui était présent lors des cycles de production d'agents biologiques". La bonne blague...

Son nom de code "Curveball"

Qui est exactement cet informateur si important ? En février 2003, seule une poignée de personnes une dizaine tout au plus - connaît sa véritable identité, son parcours et son lieu de résidence. Même Colin Powell n'est pas dans la confidence. On ne lui a fourni que son nom de code, "Curveball", et celui de son service traitant, le BND allemand. "A l'époque, je n'avais pas besoin d'en savoir plus, dit aujourd'hui l'ancien secrétaire d'Etat au "Nouvel Observateur". Je pensais qu'évidemment la CIA l'avait interrogé et avait vérifié toutes ses allégations." Quelle erreur !

Dix ans plus tard, on connaît l'identité de cet Irakien qui a fourni le prétexte idéal à ces néo-conservateurs américains obsédés par Saddam Hussein : il s'appelle Rafid al-Janabi. Aux dernières nouvelles, il vit dans un petit appartement avec sa femme et ses deux fils, près de Karlsruhe, en Allemagne. "Le Nouvel Observateur" a reconstitué son histoire hors du commun grâce aux témoignages de plusieurs responsables américains de l'époque, aux rapports de commissions du Congrès sur l'affaire et aux rares interviews que Rafid al-Janabi a accordées ces derniers mois dans quelques médias allemands et anglo-saxons (il n'a jamais répondu à nos multiples demandes d'entretien).

Le menteur de Bagdad
Rafid al-Janabi (Capture d'écran BBC)

Rafid débarque à l'aéroport de Munich en novembre 1999, trois ans avant le discours de Powell. Sorti d'Irak grâce à un passeur, ce solide gaillard a 31 ans et un faux passeport acheté, assure-t-il, à Rabat, au Maroc, l'une des étapes de son long périple vers l'Europe. Arrêté par la police allemande, il est immédiatement envoyé dans un centre d'hébergement pour demandeurs d'asile à Zirndorf, près de Nuremberg.

Le jeune homme devient l'un des 60 000 Irakiens anonymes qui, en Bavière, attendent un titre de séjour permanent. Il comprend vite qu'il a peu de chances (une sur cinq exactement) d'en obtenir un, et encore, pas avant plusieurs années. Entre-temps, il devra végéter dans ce centre surpeuplé. A moins qu'il ne parvienne à sortir du lot.

Premières révélations du petit chimiste

Comme chaque demandeur d'asile, Rafid doit, dès son arrivée, raconter sa vie à un fonctionnaire du centre. "Je suis ingénieur chimiste, diplômé de l'université de Bagdad, dit-il. Je travaillais dans une usine de semences agricoles à Djerf al-Nadaf à 70 kilomètres de Bagdad." A première vue, donc, un jeune Irakien comme tant d'autres, qui étouffait dans un pays écrasé par la dictature et les sanctions internationales. Au bout de quelques jours, il exige de voir un supérieur. Il a des révélations à faire. En réalité, déclare-t-il, les semences ne sont qu'une couverture, le site de Djerf al-Nadaf dépend non du ministère de l'Agriculture, mais de celui de la Défense. L'usine fait partie d'un vaste programme clandestin d'armes biologiques dont il connaît, confie-t-il, tous les détails. Il est prêt à les livrer.

A Zirndorf, c'est le branle-bas de combat. On contacte les services de renseignement, au plus haut niveau. Rafid n'est plus interrogé par un fonctionnaire lambda, mais par un certain Dr Paul, qui se présente comme inspecteur de l'ONU, spécialisé en armes de destruction massive. En fait, c'est le chef de la division contre-prolifération du BND - une huile de l'espionnage.

Un officier "tombé amoureux de sa source"

Au début, cet officier expérimenté est très dubitatif, mais, au bout de quelques jours, il se laisse amadouer par Rafid. Au point de ne plus se méfier, de "tomber amoureux de sa source", comme on dit dans le jargon du renseignement. Le jeune Irakien, qui parle avec enthousiasme, en agitant les bras et en fumant cigarette sur cigarette, est si convaincant ! D'autant plus convaincant que les Occidentaux ne reçoivent plus d'informations sur l'Irak depuis que Saddam Hussein a expulsé les inspecteurs de l'ONU un an auparavant.

A son officier traitant, Rafid assure qu'il est sorti major de sa promotion à l'université de Bagdad en 1994 et que, de ce fait, il a été secrètement embauché, dès la fin de ses études, par la commission de l'industrie militaire, le saint des saints du pouvoir, dirigé par un gendre de Saddam Hussein. "J'ai d'abord travaillé au centre Al-Hakam", dit-il en passant. Al-Hakam ! Le nom fait sursauter Dr Paul. C'est là qu'une équipe des Nations unies chargée de traquer les armes interdites en Irak, l'Unscom, a découvert, quelques années plus tôt, des restes de poulets tués par l'injection de toxines.

Le site était le principal centre clandestin de fabrication d'armes biologiques. Il a été détruit par l'Unscom en 1996. "A Al-Hakam, je me suis occupé pendant deux ans de l'achat des pièces de rechange, assure Rafd. Je peux décrire l'endroit et citer les noms des responsables." On vérifie. Tout concorde.

Le BND envoie un résumé des interrogatoires de la source miracle à son partenaire américain habituel, le service de renseignement de l'US Army, la DIA, qui a une importante base à Munich depuis les années 1950. Là, tout au long de la guerre froide, on a pris l'habitude d'attribuer aux informateurs sur les armes soviétiques un nom de code se terminant par "ball". Comme le pli est pris, Rafid devient donc à la DIA "Curveball" - un surnom que les autres services adopteront sans trouver gênant qu'en argot anglais curveball signifie... "destiné à tromper".

Bel appartement, Mercedes et gardes du corps

Du jour au lendemain, le petit chimiste change radicalement de statut. Fini Zirndorf, le centre d'hébergement surpeuplé. On lui fournit un bel appartement meublé, une télévision câblée, une assurance-maladie, une Mercedes (son rêve !), des gardes du corps et une carte de réfugié politique. Mieux : cinq officiers du BND à la retraite sont chargés de lui rendre la vie le plus agréable possible. Ils lui font visiter la ville et découvrir tous ses plaisirs, ils l'invitent dans les meilleurs restaurants, les boîtes de nuit les plus huppées. Seuls les transfuges de la plus haute importance ont droit à un tel traitement de faveur, à tant de "baby-sitters", comme on dit au BND. Selon le journaliste Bob Drogin, le tout coûtera au service allemand plus de 1 million d'euros en 2000 !

En échange, "Curveball" parle. Beaucoup. Il dit que le projet de laboratoires mobiles est né en 1995. Quand il a compris que l'Unscom allait découvrir le centre d'Al-Hakam, raconte-t-il à Dr Paul, le gendre de Saddam Hussein a décidé de poursuivre le programme biologique dans des unités non repérables par l'Unscom : des camions réfrigérés qui circuleront en ville.

Anthrax, botuline peste... tout y est

Où a lieu l'assemblage de ces effrayants camions labos ? Justement dans la prétendue usine de semences, à Djerf al-Nadaf, dit Rafid. Comment le sait-il ? Parce que c'était lui le responsable du projet, pardi ! Les tests, précise-t-il, ont duré deux ans et les premiers labos sont devenus opérationnels en 1997. Il assure en avoir vu fonctionner sept, qui produisaient des agents létaux tels l'anthrax, la botuline ou la peste.

Il affirme qu'outre Djerf al-Nadaf Saddam Hussein a ordonné la création de six autres sites clandestins de fabrication d'installations mobiles. Le jeune chimiste fournit un détail clé, qui achève de convaincre Dr Paul : avant que les inspecteurs de l'ONU ne soient expulsés d'Irak, les camions de la mort roulaient seulement le vendredi, jour de prière, quand l'Unscom tournait au ralenti.

Première incohérence, "Curveball" s'énerve

Rafid parle, parle... Il parle trop. Au bout de plusieurs mois d'interrogatoire, il confie que le patron de Djerf al-Nadaf, un certain Basil Latif, a un fils et que celui-ci est l'acheteur principal des produits destinés à la fabrication des agents toxiques. Mais Rafid ignore que ce Latif vit désormais à Dubai, où, en octobre 2000, des officiers du BND et du MI6 britannique vont l'interroger. Non seulement Latif dément que le centre qu'il dirigeait produisait des armes biologiques, mais les espions découvrent que son fils unique n'a que 16 ans. Confronté à cette incohérence, "Curveball" s'énerve, jure comme un charretier et refuse de répondre. Dr Paul a compris : sa source bien-aimée lui a probablement menti. En tout cas, il n'est pas fable.

Le BND rompt tout contact avec Rafid pendant dix-huit mois. L'informateur vedette devient un modeste travailleur immigré comme les autres. Il trouve un job chez Burger King à Karlsruhe. En mars 2002, il se marie avec une jeune Marocaine, qui est très vite enceinte. L'affaire "Curveball" devrait s'arrêter là. Seulement voilà, depuis la rupture entre Rafid et le service secret allemand, il y a eu le 11-Septembre et la prise du pouvoir à Washington par les néo-conservateurs. Et ceux-là entendent se servir de son témoignage, quelle que soit sa valeur.

Questionné de nouveau, Rafid change de version

En mai 2002, la CIA demande au BND de reprendre contact avec le jeune Irakien. Elle a reçu copie de la centaine d'interrogatoires de "Curveball" ; elle veut en savoir davantage. Questionné de nouveau, Rafid change de version. Il dit qu'en fait il n'était pas le chef du projet des labos mobiles, seulement un assistant. Il n'a pas vu la production d'agents biologiques, il a quitté Djerf al-Nadaf avant. Puis il s'énerve et ne répond plus au téléphone. La CIA est mise au courant de ce comportement erratique.

Pourtant, quelques semaines plus tard, en octobre 2002, dans un rapport au Congrès très médiatisé, l'agence affirme avec la "plus haute confiance" que l'Irak dispose d'unités mobiles de production d'armes biologiques. Devant une commission parlementaire, le patron de la CIA, George Tenet, précise que son service tient cela d'un "transfuge crédible".

Le menteur de Bagdad
Nommé à la tête de la CIA par Bill Clinton en 1997, George Tenet a démissionné en juillet 2004. (Sipa)

A l'intérieur de l'agence, des voix s'élèvent contre cette utilisation abusive de "Curveball". Le chef de la division Europe, Tyler Drumheller, veut en avoir le cœur net. Il déjeune avec le chef de l'antenne du BND à Washington. Il lui demande que la source soit interrogée par des officiers de la CIA. A quoi bon, c'est un affabulateur, lui répond son interlocuteur. De toute façon, il refuse d'être questionné par des Américains ou des Israéliens. Donc c'est non. L'Allemand précise que son service a proposé à "Curveball", devenu dépressif, d'aller se faire oublier en Turquie, mais l'Irakien a refusé.

La Maison Blanche veut croire que, malgré tout, "Curveball" a dit la vérité...

L'affaire semble entendue. Pourtant, au bureau de la CIA chargé du dossier des armes de destruction massive, on veut croire que, malgré tout, "Curveball" a dit la vérité. Comment aurait-il pu connaître tant de détails ? George Tenet n'a pas le choix : le 18 décembre 2002, il écrit à son homologue allemand, August Hanning. Il lui demande officiellement si la CIA peut utiliser les informations de sa source. Il le prie également d'accepter que "Curveball" soit interrogé par un agent américain. Le patron du BND répond deux jours plus tard. Pour l'interrogatoire, c'est toujours non. Mais pour utiliser ce qu'il dit, c'est oui, à condition de ne pas mentionner le nom du service traitant et en n'oubliant pas que les dires de cette source n'ont pas été "confirmés".

Malgré ces mises en garde, la Maison-Blanche tient à utiliser les allégations de "Curveball" dans le discours sur l'état de l'Union que George Bush doit prononcer le 28 janvier 2003. "W" veut mobiliser les ardeurs guerrières du Congrès et de l'opinion. Washington demande le point de vue du chef de l'antenne de la CIA à Berlin. Celui-ci répond le 27 que "l'utilisation de cette source [serait] très problématique".

Pourtant, le président des Etats-Unis conservera le passage sur les laboratoires mobiles dans son discours. De même que Colin Powell, à l'ONU, quelques jours plus tard. "Tenet ne nous a pas dit qu'il y avait tant de réserves sur "Curveball", explique aujourd'hui le colonel Wilkerson, qui a aidé le secrétaire d'Etat à rédiger son discours. En fait, il était sûr qu'après la guerre l'armée américaine allait trouver des armes de destruction en Irak et que, du coup, ces histoires de source pas fable seraient oubliées."

Le menteur de Bagdad
Après le renversement de Saddam Hussein, le Pentagone a envoyé un équipe chargée de découvrir les armes de destruction massive en Irak. Ils n'ont trouvé aucune preuve... 100.000 civils tués en dix ans de guerre. (Sipa)

Quelques mois après l'invasion de l'Irak, quand il est devenu évident que Saddam Hussein n'avait pas de telles armes, un groupe d'agents de la CIA a entrepris de comprendre l'affaire "Curveball". Ils ont interrogé une soixantaine de personnes qui avaient connu Rafid de près ou de loin. Ils ont découvert que le jeune chimiste n'était pas sorti major de sa promotion mais dernier ; qu'il avait bien travaillé quelques mois à Djerf al-Nadaf mais en tant qu'assistant et non chef de projet ; et surtout que ce site n'était qu'une usine de semences agricoles et rien d'autre. De son plus proche ami d'enfance, ils ont appris aussi que Rafid était un "menteur congénital".

Enfin, il leur a été révélé qu'après Djerf al-Nadaf la source vedette du BND avait travaillé dans une maison de production de films dont il s'était fait licencier pour vol et que, par la suite, il était devenu chauffeur de taxi à Bagdad.

Sa source : un gros rapport des inspecteurs de l'ONU

Comment a-t-il pu berner si longtemps le BND et la CIA ? Comment a-t-il inventé et rendu crédible son histoire de laboratoires mobiles ? Une commission du Congrès a cherché à savoir si, comme d'autres transfuges, Rafid avait été briefé puis envoyé en Europe par Ahmed Chalabi, le chef d'un parti d'opposants à Saddam Hussein qui a réussi à intoxiquer une partie de la presse et des services américains. Bien que l'un de ses frères ait fait partie de ce groupe, il semble que Rafid lui-même n'ait eu aucun contact avec Chalabi et ses sbires.

Les spécialistes pensent plutôt qu'il a agi seul, qu'avant de quitter l'Irak le jeune chimiste devenu chauffeur de taxi a lu sur internet le très gros rapport que les inspecteurs de l'ONU avaient publié après leur expulsion du pays. C'est là qu'il a pu mémoriser les noms des responsables du programme biologique avant son démantèlement et la description précise du site d'Al-Hakam. C'est là aussi qu'il a appris que les inspecteurs de l'ONU avaient mis la main sur une note écrite au début des années 1990, dans laquelle l'un des ingénieurs du programme biologique proposait à ses chefs de créer des laboratoires mobiles, plus faciles à cacher. Rafd ignorait que cette idée, jugée "trop compliquée", n'avait pas été retenue.

Un "menteur" rémunéré par l'Etat

Malgré ces découvertes embarrassantes, ou peut-être à cause d'elles, le BND accorde en 2004 à "Curveball" un salaire mensuel de 3 000 euros. C'est une compagnie bidon montée à Munich par le service secret qui le rémunère en tant que "spécialiste en marketing". En échange, il lui est interdit de parler à la presse. Pourtant son nom est révélé pour la première fois en 2007 par la chaîne américaine CBS. Le public allemand apprend alors que Raifid, qualifié de "menteur" par la CIA en mai 2004, est rémunéré par l'Etat.

Le scandale est tel que Rafid perd son salaire. Il tente alors sa chance en Irak et se présente aux élections législatives de mars 2010, où il ne recueille que 17 000 voix. Il revient, penaud, dans son pays d'adoption, dont il a acquis la nationalité, et accorde sa première interview en février 2011, au quotidien britannique "The Guardian". Il y reconnaît avoir menti sur cette histoire de labos mobiles. "J'ai eu la chance, dit-il, d'avoir inventé quelque chose qui a fait tomber Saddam." Depuis, lors de ses rares apparitions publiques, il se plaint de vivre du minimum social et, surtout, que le BND ne lui paie plus ses notes de téléphone.

  • Article publié dans 'le Nouvel Observateur" du 7 mars.

"Esprits libres" Keny Arkana

Par Le 10/03/2013

« Car rien ne changera si on compte sur les pessimistes, cousin ! »

Arrête de me juger, qui que tu sois et d’où que tu viennes
Parce que l’on vient d’un quartier ou qu’on veut bousculer leur aile
Parce qu’on est libres et rebelles
Candides mais sur les nerfs
Calmes comme le temps ou d’un tempérament nucléaire
Oui, nous sommes l’intrigue aux frontières du réel
Porteurs d’un dernier souffle
Regarde dehors ce que la rue s’révèle
La mauvaise foi, au rang du réveil
Croire en elle c’est comme parler de solidarité avec un gars du Médef
Ca sert à rien ça s’appelle se voiler la face
Quand l’ignorance se cache derrière son ignorance avare
Il en devient virulent, violent, défenseur de vos rangs
S’accrochant à toutes vos romances, dévorant tout sur son passage
Nous, nous sommes le brassage
L’alliage du cœur et d’ la rage
D’la base et d’la marge, nous on fait trembler vos palaces
Voici les trublions, on changera le monde que vous le vouliez ou non
Car c’est notre destin et que l’histoire nous donnera raison !

[REFRAIN]
Écartez vous si vous êtes trop lâches pour voir la vérité
Laissez passer les esprits libres
Lignée de ceux qui renverseront l’histoire
On ne changera pas le monde si on compte sur les pessimistes
Alors fermez la maintenant, on en a marre de votre poison
V’nus faire péter les cloisons, car c’est l’heure de la moisson
Fermez- la maintenant, bande de propageurs de vibes sombres
Fermez- la maintenant !

[COUPLET 2]
Pourquoi tu nous prends d’haut ?
Sors de ta bulle et on en reparle
On construit pour mieux faire trembler leurs remparts
Sache que la beauté de la vie dépend de ton regard
Et qu’ lorsqu’un proche part à jamais non y’a jamais d’au revoir
Tout part en live et ça prétend qu’c’est normal
C’est vos rêves qu’ont fait ce monde et il ressemble à un cauchemar
Ne nous fais pas la morale si tu as la tête de leur format
Le cœur qui fait trop mal
Tu comprends pas, normal, le tiens est dans le coma
Après des siècles de trauma le flambeau n’est pas éteint
Il a traversé les siècles et on est plein
On a vu la bête essayer de nous étreindre
Elle est sortie de vos têtes pour nous enfermer dans l’écrin
Son vice on le connaît bien, ça fait un baille qu’il s’est trahi
Le système n’est qu’une abomination qui s’est bâtie
Sur les plus faibles, voué à s’écrouler, allez leur dire !
Mais qui peut être heureux quand tout le vivant est meurtri ?

[REFRAIN]
Écartez vous si vous êtes trop lâches pour voir la vérité
Laissez passer les esprits libres
Lignée de ceux qui renverseront l’histoire
On ne changera pas le monde si on compte sur les pessimistes
Alors fermez la maintenant, on en a marre de votre poison
V’nus faire péter les cloisons, car c’est l’heure de la moisson
Fermez- la maintenant, bande de propageurs de vibes sombres
Fermez- la maintenant !

[COUPLET 3]

On entend que vous depuis des siècles
Votre parole est monopole
Pédagogie « garde à vous », pensée unique et holocauste
Vous êtes en nous, nous sommes en vous puisqu’on est l’autre
Ressurgi des vieux bûchers car aujourd’hui sera notre époque
Donc on s’exprime et nos idées résonnent
Partout, parce qu’on porte le même cœur
Et qu’on s’est reconnu dans l’autre
Bande de sorciers, ça fait un baille que vos mots nous endorment
Arrivent à corrompre les nôtres jusqu’à voir l’enfer prendre forme
Mais voici l’temps des révélations
Qu’ils veuillent ou non, la dernière génération
Avant autre chose, la chute ou l’élévation
On a envers vous aucune vénération
Sans l’accélération l’passage aura la couleur de sa considération
C’est la guerre des esprits, conquête des imaginaires
On arrive à l’heure du choix, à la croisée des chemins
Le choix d’une civilisation, il y a longtemps partie en quête
Face à son propre destin

[REFRAIN]
Écartez vous si vous êtes trop lâches pour voir la vérité
Laissez passer les esprits libres
Lignée de ceux qui renverseront l’histoire
On ne changera pas le monde si on compte sur les pessimistes
Alors fermez la maintenant, on en a marre de votre poison
V’nus faire péter les cloisons, car c’est l’heure de la moisson
Fermez- la maintenant, bande de propageurs de vibes sombres
Fermez- la maintenant !

A qui profite le crime ?

Par Le 10/03/2013

REGARDEZ BIEN DANS QUELLE POCHE TOMBENT LES SOUS...Et puis, c'est un bon moyen aussi de juger de "la liberté d'expression", VASTE SUPERCHERIE. Tous ces gens ont des intérêts et ils ne parlent qu'en fonction de ça, pas par rapport à un droit de parole, à l'équité, à la liberté...


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Qui possède quoi ?

Créé le 24-01-2007 à 15h54 - Mis à jour le 02-09-2008 à 17h13

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Le Groupe AB est le premier éditeur et diffuseur indépendant français de chaînes thématiques. Le groupe anime 20 chaînes thématiques, dont RTL9, détenue à 65%. Il possède 40% de TMC. Par AB Sat, il diffuse AB1, AB Moteurs, Action, Animaux, Chasse et pêche, CineBox, CineComic, CineFX, CinePolar, Encyclopedia, Escales, Fit TV, Mangas, Musique Classique, RFM TV, Toute l'histoire, XXL, Zik.
Les chaînes thématiques représentent 56% de son chiffre d'affaires, les programmes télévisés 36% et le merchandising 8%.
La société a été rachetée par Claude Berda, lequel, tout en restant majoritaire, a cédé 33.5% de ses parts au groupe TF1, le 5 décembre 2006.

AMAURY
Outre le Tour de France et le Paris-Dakar, Amaury détient: Le Parisien/Aujourd’hui en France (49%), L’Echo républicain, L’Equipe, France Football, Vélo Magazine et L'Equipe TV. En mars 2006, il lance l'hebdomadaire Rugby Hebdo, dont la parution est arrêtée en décembre 2007.
Le groupe Amaury est détenu à 75% par la Société civile Amaury et à 25% par Hachette Filipacchi Medias (Lagardère).

BAYARD PRESSE
La structure du groupe est 100 % assomptionnistes (congrégation religieuse catholique des Augustins de l'Assomption, fondée en 1850). Le président du directoire est Bruno Frappat.
Il édite les titres :
- La Croix (Chiffre d'affaires 2005 : 29,4 millions d'euros, provenant à 83% des abonnements).
- Les magazines Pèlerin, Notre temps, Vivre Plus, Vermeil (arrêt en 2007), Pomme d'Api, Astrapi, Babar, Popi, Youpi, Okapi, J'aime lire, Je bouquine, Les dossiers de l'actualité, Phosphore, J'aime la BD, Filotéo (ex-Grain de Soleil)...
- BSE (Bayard Service Edition) : La Revue des scouts de France, la Revue des frères des écoles chrétiennes et l'agence photo Ciric France.
- 66% de la SER (Société d'édition de revues) : revues jésuites Christus et Etudes. Cette société, dont les 34% restants sont détenus par la Compagnie de Jésus, a été créée en 2001 suite au rapprochement de Bayard et d'Assas Editions.
- Après le rachat de Milan Presse en 2004, il édite également en presse jeunesse : Picoti, Toupie, Toboggan, Petites mains, Histoires pour les petits, J'apprends à lire, Wakou, Manon, Moi je lis, Wapiti, Julie, Les clés de l'actualité Junior, Lolie, Les clés de l'actualité, Toboclic, Mobiclic. En presse régionale : Alpes Magazine, Pyrénées Magazine, Pays basque Magazine, Provence Magazine, Bretagne magazine, Histoire et Patrimoine, Ethno, ainsi que Terre sauvage.
Le groupe Bayard - Milan Presse représente 27% de la part de marché de la presse jeunesse en France, ce qui le place au premier rang, devant Hachette-Disney (25%). Le groupe enregistrait un chiffre d'affaires de 433 millions d'euros en 2005.

BERTELSMANN
Bertelsmann est le premier groupe de médias européen.
- L’Allemand est l’actionnaire majoritaire de RTL Group, soit 39 chaînes de télévisions et 33 radios, dont en France les radios RTL, RTL2, Fun radio, la chaîne de télévision RTL9 et le groupe M6 : les chaînes de télévision M6, TF6 (50%), Paris première, Téva, Série Club, Fun TV, W9, M6 Music Hits, M6 Music Rock, M6 Music Black et M6 Boutique La Chaîne.
- Bertelsmann possède aussi la majorité du capital de Grüner + Jahr, qui contrôle Prisma Presse (les magazines Capital, Management, Géo, Géo Ado, National Geographic, Ca m’intéresse, Prisma TV, Télé 2 semaines, Télé Loisirs, TV grandes chaînes, Voici, VSD, Gala, Femme actuelle, Femme actuelle jeux, Prima, Prima cuisine gourmande, Prima maison, Bien dans ma vie, Jasmin, Cuisine actuelle, Guide cuisine).

BOLLORE
- Dans la presse écrite, Bolloré a lancé en 2006 le gratuit Direct Soir, diffusé à 500.000 exemplaires dans 15 villes de France. Il est associé au Monde pour Matin plus, lancé en février 2007.
- Bolloré détient 10% de la société Gaumont et 31% de Havas. Le groupe exploite "Radio des Nouveaux Talents" et diffuse depuis le 31 mars 2005 sur la TNT la chaîne Direct 8.
- Depuis la fusion en 2006 des activités de Bolloré Investissement au sein du groupe, la Financière de l'Odet détient en direct le groupe Bolloré. Le groupe Bolloré appartient également à AGF Vie (15,9% des parts), Groupama (4,6%) et la Société Industrielle et Financière de l'Artois (2,4%).
- Les activités du groupe se répartissent entre: transport et logistique (84%); industrie (7%), médias, actifs financiers et divers (6%); distribution d'énergie (3%)
En 2007, le groupe réalise six milliards d'euros de chiffre d'affaires et emploie 6 000 personnes en France. Il est dirigé par Vincent Bolloré.

CANAL PLUS
Le Groupe Canal Plus est une filiale à 100% de Vivendi Universal. Il regroupe les chaînes Canal+, i-Télé, et 17 chaînes thématiques, dont Canal+ Sport, Canal+ cinéma, planète, Kiosque, Sport+, NBA+, Comédie (71%), Cuisine TV (66%).
Le groupe est actionnaire minoritaire de Pink TV.
Canal+ a fusionné ses activités françaises avec TPS.
- Le groupe Vivendi est présent dans la musique, la télévision, le cinéma, la téléphonie mobile, internet et les jeux. Le groupe possède également 20% de NBC Universal. Vivendi contrôle à 100% Universal Music Group, à 56% SFR (qui est actionnaire à 40,6% de Neuf Cegetel), ainsi que Vivendi Games et Maroc Telecom.
Le capital social de Canal+ SA est de 95 017 326 euros détenu à 49% par Canal+ Groupe, à 11,52% par le Crédit industriel d'Alsace et Lorraine, à 5% par Pathé, à 4,48% par le Credit Suisse First Boston LTD, à 5,10% par le public.
En 2005, le chiffre d'affaires du groupe Vivendi s'élevait à 19.5 milliards d'euros. Bertrand Méheut est le PDG du groupe.

LA DEPECHE
Le groupe La Dépêche appartient pour 67,3% à Occitane de Communication (holding de la famille Baylet), pour 15% à Hachette Filipacchi Médias (Groupe Lagardère) et pour 6% à Pierre Fabre (Sud Communication).
Le groupe La Dépêche a pour PDG Jean-Michel Baylet, sénateur, président du conseil général de Tarn-et-Garonne et président du Parti radical de gauche.
- Dans la presse écrite, le groupe possède La Dépêche du Midi, Midi Olympique, Le Petit Toulousain, La Nouvelle République des Pyrénées, Le Petit Bleu, Le Villefranchois.
- Dans les gratuits, il possède la SARL Publi et 20 Minutes Toulouse, en partenariat avec le groupe Schibsted.
- Le groupe détient une participation dans La Gazette de Nîmes et dans La Gazette de Montpellier (33%). Il possède 80% d'Hima Média, éditeur du mensuel gratuit Je Paris ainsi que Toulouse Mag, Toulouse Femmes et Toulouse Matchs.
- Dans l'audiovisuel, le groupe La Dépêche détient 22% de Télé Toulouse (TLT) ainsi que La Dépêche TV.

EST REPUBLICAIN
Le groupe Est Républicain possède 51% de la société EBRA (Est, Bourgogne, Rhône-Alpes), Le Crédit Mutuel contrôlant les 49% restant. EBRA est devenu le premier groupe de presse quotidienne régionale de France.
- EBRA publie: L'Est Républicain, Les Dernières Nouvelles d'Alsace, Le Journal de la Haute Marne, La Liberté de l'Est.
- Le quotidien L'Alsace, qui appartient pour 80% au Crédit mutuel, devrait rejoindre le groupe EBRA.
- Dans la presse hebdomadaire, le groupe publie: La Presse de Gray, La Presse de Vesoul et La Tribune de Montélimar.
- EBRA publie également le gratuit d'annonces Top Est.
- Dans l'audiovisuel, le groupe assure la correspondance TF1 et la sous-traitance audiovisuelle de M6 Nancy, TLM (Télé Lyon Métropole), SAPA, Carmin.
Le capital du groupe Est Républicain est détenu à 33% par la famille Lignac et à 28 % par France Antilles, aujourd'hui groupe Hersant.

ETAT FRANCAIS
Appartiennent à l’Etat :
- les chaînes du groupe France Télévisions : France 2, France 3, France 4, France 5, RFO
- les antennes de Radio France : France Inter, France Info, RFI, France Bleu, France Culture, France Musique, Le Mouv’, Fip.
- La chaîne franco-allemande Arte est détenue à 50% par Arte France (France Télévisions 45%, État français 25%, Radio France 15% et INA 15%).

FINANCIERE PINAULT
- Holding de la famille Pinault, la Financière Pinault possède 100% d'Artémis, qui possède 100% de la Sebdo SA, la Société d'exploitation de l'hebdomadaire Le Point, dont Franz-Olivier Giesbert est le président-directeur général et le directeur des publications.
- Artémis est également actionnaire majoritaire (82%, part qui devrait monter à 100%) du groupe Finintel, qui édite le quotidien économique L'Agefi et l'hebdomadaire Actifs, et qui possède Companynews (communiqués de presse). Les médias et communication représentent 2% du portefeuille d'Artémis. 56% sont dédiés au luxe et à la distribution : PPR, Fnac, Gucci, Christie's international, Château Latour…
Artémis participe à 12% dans la chaîne TV Breizh.
La Financière Pinault possède 1,1 % de la chaîne KTO.
- Sebdo SA publie Le Point, La Recherche, L'Histoire (par le biais de sa filiale Société Editions Scientifiques), Historia (par les Publications Taillandier, dont la participation de Sebdo SA s'élève à 100%), Le Magazine Littéraire (par Société Magazine Expansion, participation Sebdo SA : 30%) et Epok, magazine réalisé pour la Fnac (Le Point Développement).

L'HUMANITE

 L'Humanité est dirigé par Patrick Le Hyaric. Le capital est réparti ainsi :
- 20% sont détenus par la Société des lecteurs et lectrices de l'Humanité
- 20% par la Société Humanité Investissements Pluralisme (Hachette-TF1-Caisse d'Epargne)
- 10% par la Société des personnels de l'Humanité
- 40,71% par des actionnaires individuels (représentant le Parti communiste)
Le groupe édite : L'Humanité, L'Humanité dimanche, La Terre, Pif éditions (Pif Gadget, Glop Glop !, Tout à Lire). Le chiffre d'affaires en 2006 s'élevait à 29,9 millions d’euros, dont 3,39 provenant de la publicité.

LIBERATION
Les actionnaires de Libération ont voté le 5 janvier le changement de statut et la recapitalisation du journal, après trois mois de crise. Le journal s’est doté en février 2007 d’un conseil de surveillance et d'un directoire.
Dans le nouveau capital, Edouard de Rothschild reste le premier actionnaire (38,7%), suivi de l'Italien Carlo Caracciolo, co-fondateur de La Repubblica, avec 33,3%. Pathé possède 10%, Mediascap (La Libre Belgique) 8%. Libération compte également des investisseurs à titre personnel, parmi lesquels Pierre Bergé, André Rousselet, Bernard Henri Lévy et Henri Seydoux, représentant 8% du capital. Suez détient 2%. Libération détient 26% de son imprimerie, le CIPP (Centre d'impression de la presse parisienne), appartenant au groupe Riccobono.
En novembre 2006, un "projet de refondation" assorti d'un important plan social, d'un changement des statuts et d'une recapitalisation de 15 millions d'euros est adopté par les salariés qui ont accepté la présidence de Laurent Joffrin.
Serge July, le patron historique de Libération avait été contraint à la démission par Edouard de Rothschild en juin 2006. Plusieurs figures historiques du journal sont également parties.
Le chiffres d'affaires 2006 était estimé à 34 millions d’euros et celui prévisionnel pour 2007 à 33 millions d’euros (Le Figaro, 5 octobre 2007)

LAGARDERE
Le groupe français Lagardère est présent dans l’armement et l’aéronautique (14,95% du groupe EADS : Airbus, Eurocopter…), le livre (Hachette), la distribution (Hachette distribution service : Relay, Virgin…), l’audiovisuel et la presse. Le groupe est dirigé par Arnaud Lagardère, ancien président de Matra et Hachette.
- Parmi les activités audiovisuelles : Europe 1, Europe 2, RFM et 17 radios à l’étranger. 11 chaînes thématiques de télévisions, notamment MCM, Europe 2 TV, Canal J, Gulli, Mezzo. Lagardère Active possède aussi 34% de CanalSat.
- Dans le secteur de la presse écrite, Lagardère possède, via Hachette Filipacchi Media (HFM), rebaptisé Hachette Holding en octobre 2007, 260 titres dans 41 pays. Soit, selon le groupe, plus de 1 milliard d'exemplaires et plus de 130.000 pages de publicité vendues par an.
- Parmi les titres vendus en France : Le Journal du Dimanche, Paris Match, Elle, Première, Isa, Choc, Psychologies Magazine, Public, Version Femina, TV hebdo.
- Le groupe détient 20% de L’Alsace, 15% de La Dépêche du Midi et 5,4% du Monde.
- Lagardère détient aussi une participation de 25% dans les Éditions Philippe Amaury (Le Parisien, L’Équipe).
- Hachette Holding  détient 42% du groupe Marie Claire (Marie Claire, Marie Claire Maison, Cosmopolitan, Cuisines et Vins de France, Avantages, Marie Claire Idées, Famili, Marie France, 100 Idées Jardin), qui est contrôlé par la famille Prouvost à 58%.

LA VIE-LE MONDE
Le groupe est contrôlé par la holding "Le Monde partenaires et associés" (LMPA), elle-même détenue à 52% par des actionnaires internes (Société des rédacteurs du Monde, Société civile des personnels des PVC, Association Hubert Beuve-Méry) et à 48% par des externes (InvestMonde, Le Monde Entreprises, Société des lecteurs du Monde). Sont aussi actionnaires du Monde SA : Lagardère (17%), Prisa (15%), Stampa (3%) et Le Nouvel Observateur (1,8%).
- Dans la presse quotidienne nationale, le groupe édite Le Monde et les publications associées Dossiers & documents et Le Monde 2.
- LMPA contrôle également Courrier international, Le Monde de l'Education, La Lettre de l'Education, le Monde diplomatique, Manières de voir et Cahiers du cinéma.
- La filiale Télérama SA édite Télérama.
- La filiale Malesherbes Publications édite La Vie, Le Monde des religions, Prier, Les Clés de la foi et Ecritures.
- La filiale Sper détient Danser, Top Famille Magazine (en partenariat avec Hachette Filipacchi Médias) et Voiles et Voiliers (50% avec le groupe Ouest France).
- Par diverses filiales, le groupe contrôle les publications : Les Cahiers du cinéma, Ulysse, Le Monde des ados, Je lis déjà, Abricot, Papoum, Je lis des histoires vraies, Mille et une histoires, Mon journal arc-en-ciel, Les P'tites sorcières, Les P'tites princesses et Pirouette.
La filiale Les journaux du Midi (ex-Groupe Midi Libre) édite Midi Libre, L'Indépendant, Centre Presse (Aveyron), La Semaine de Nîmes, La Semaine du Roussillon, Le Journal de Millau, L'Aveyronnais, Le Catalan, Judiciaire, Terre de Vins, Terres Catalanes.
- La Vie-Le Monde détient 34 % dans Timbropresse (Timbres magazine), 6 % dans le Nouvel Observateur, 5 % dans la Vie du rail, 5% dans Le Temps (Suisse), 12% dans l'Echo du Centre, 9% dans Édition du Témoignage Chrétien.
Le chiffre d'affaires 2006 est estimé à 650 millions d’euros.

LVMH
Le groupe de Bernard Arnault a racheté en 2007 Les Echos, ex-propriété du groupe britannique Pearson. LVMH est un groupe français, leader mondial de l'industrie du luxe en terme de chiffres d'affaires. Il est détenu à 47,5 % (et 64 % des droits de vote, au 31 décembre 2004) par le Groupe Arnault, et donc à travers lui par Bernard Arnault.

MARIANNE
L'hebdomadaire a été lancé en 1997 suite à l'arrêt de l'Evénement du Jeudi. Il est dirigé par Jean-François Kahn. Son chiffre d'affaires en 2005-2006 s'élevait à 24 millions d'euros.
Son capital se répartit ainsi :
- 40% sont détenus par Marianne Finance (Jean-François Kahn et Maurice Szafran)
- Les 49,4% que détenait Robert Assaraf (président de Radio Shalom) ont été rachetés par Yves de Chaisemartin (25,4%), Thierry Verret et Guy Sitbon (24%)
- Autres actionnaires : Paul Lederman, Franck Ullmann, Financière Bazire.

METRO INTERNATIONAL
Editeur du quotidien gratuit Métro, Metro France est détenu à 65,7% par Metro International et à 34,3 % par TF1 depuis septembre 2003.Le groupe suédois Modern Time Group (MTG) est l'actionnaire principal de Metro International.
En janvier 2001 a été fondée une agence de presse interne, Metro World News. Le chiffre d'affaires 2006 de Metro France s'élève à 37,4 millions d’euros.

NEWS PARTICIPATIONS
La holding personnelle d'Alain Weill, P-dg de NextRadioTV (RMC, BFM, BFM TV, Groupe Tests) est en passe de racheter le quotidien économique La Tribune, ex-propriété de Bernard Arnault.

NOUVEL OBSERVATEUR
Claude Perdriel, son PDG, détient 93% du groupe Nouvel Observateur. Le Monde en détient 6% et la société des rédacteurs 1%. Son chiffre d'affaires est évalué à environ 150 millions d'euros.
Le groupe édite Le Nouvel Observateur, Challenges (hebdomadaire économique) et Science et Avenir.

NRJ GROUP
L'actionnaire principal de NRJ Group est Jean-Paul Beaudecroux qui détient 72,6% du capital. 3,88% va aux autres membres du Directoire et du Conseil de surveillance et 23,19% à l'actionnariat public.
Le groupe possède 100% de NRJ, Radio Nostalgie et Sonopar, qui diffuse Rire et Chansons. Chérie FM lui appartient à 99,99%.
Le groupe est présent sur internet avec e-NRJ, à la télévision avec NRJ 12, dans la téléphonie mobile avec NRJ Mobile (89,99%), dans la musique avec Canal Music, NRJ production et NRJ audio.
Le groupe possède également des radios en Suède, en Allemagne, en Belgique, en Finlande et en Norvège.
Jean-Paul Baudecroux est président du Conseil de surveillance et Marc Pallain, président du Directoire.
En 2006, le groupe a réalisé 398,3 millions d'euros de chiffre d'affaires.

OUEST-FRANCE
Le quotidien régional Ouest France est détenu à 99,97% par la société civile SIPA (Société d'Investissement et de Participations), laquelle appartient à 99,9% à l'Association pour le Soutien des Principes de la Démocratie Humaniste (association loi 1901), présidée par Jacques Duquesne.
Les différents groupes de SIPA (Ouest France, Les Journaux de l'Ouest, Publihebdos, Precom et Sofiouest) éditent:
- Ouest France (Diffusion: 781.000 exemplaires)
- 20 Minutes (détenu par 25% par Ouest-France, 25% par Spir Communication, tous deux appartenant à SIPA, et 50% au groupe norvégien Schibsted)
- Le Courrier de l'Ouest, Le Maine Libre , Presse-Océan/Vendée Matin/L'Eclair, La Presse de la Manche, la Liberté de Normandie
- Les télévisions locales Angers 7 et Nantes 7,
- Les radios Hit Ouest et Europe Régies Ouest
- 37 hebdomadaires locaux d'information, dans 14 départements
- des journaux gratuits d'annonce
- Voiles et Voiliers (à 50-50 avec Sper, groupe La Vie-Le Monde), Le Marin, Produits de la Mer, Cultures Marines, L'Ostréiculteur.

PEARSON
Pearson, qui pèse 6,8 milliards de livres en Bourse (10 milliards d'euros), est propriétaire du groupe Financial Times et des éditions littéraires Penguin. C'est l'ancien propriétaire du quotidien économique français Les Echos. Il est surtout le numéro un de l'édition scolaire, universitaire et de formation professionnelle aux Etats-Unis.

ROSSEL
VNI (Voix du Nord Investissement), est détenu à 88% par le groupe belge Rossel. Il est dirigé par Michel Nozière (également responsable des pôles régionaux de la Socpresse avant leur cession). Le groupe Rossel est notamment le propriétaire du quotidien bruxellois Le Soir.
La Voix du Nord avait été rachetée en 2004 par la Socpresse de Serge Dassault puis reprise en 2005 par Rossel.
Le groupe édite : La Voix du Nord, Nord Eclair, Lille Plus (quotidien gratuit). Il détient 45%, avec le Crédit Lyonnais, du Courrier Picard.
Sont édités aussi : le Phare Dunkerquois, l'Indicateur des Flandres, le Journal des Flandres, l'Echo de la Ly, La Semaine dans le Boulonnais, l'Indépendant du Pas-de-Calais, l'Avenir de l'Artois, Le Messager (Thonon), l'Essor Savoyard, la Savoie, le Pays Gessien, la Tribune Républicaine, La Maurienne, L'Indépendant du Haut-Jura, La Gazette du Morvan, le Courrier (Saint-Claude).

ROULARTA
La filiale française du groupe de presse belge contrôle à 100% le groupe Express-Expansion, soit les magazines:
- L'Express, L'Expansion, L'Entreprise, Votre Argent, L'Etudiant, Transfac, Lire Classica-Repertoire, Point de Vue, Atmosphères, Maison française, Maison magazine, Côté Sud, Maison côté Ouest, Maisons côté Est, Guitar Part, Guitar Collector's, Guitare Classique, Pianiste, Keyboards-Recording, Radikal, Prestige AudioVidéo, Hi-Fi Audio Vidéo, Sonovision-Broadcast, Studio Magazine, Ciné live.
- Roularta possède 100% du gratuit A Nous Paris et du réseau des éditions "A Nous…" en province.
- Le groupe Roularta appartient aux familles Nolf et Claeys, actionnaires à 64,5 %. Les activités dans la presse française représentent 36 % des revenus de Roularta. Chiffre d'affaires de Roularta en 2006 : 609 millions d’euros, dont 35% en France. En intégrant le Groupe Express-Expansion : 760 millions d’euros

SCHIBSTED
Le quotidien gratuit 20 Minutes est édité par le groupe norvégien Schibsted, co-propriétaire à 50-50 avec Sofiouest et Spir (filiales de Ouest France) de 20 Minutes France.
Les onze éditions européennes sont contrôlées par 20 Min Holding, détenu à 98% par Schibsted. Schibsted a acquis en juin 2006 les activités européennes de Trader Classified Media, éditeur notamment de La Centrale et de J'annonce. Son chiffre d'affaires en 2006 est de 43,3 millions d’euros.

SOCPRESSE (GROUPE DASSAULT)
La Socpresse appartient à 100% au groupe Dassault. C’est l’une des deux branche du groupe Hersant, l’autre étant Groupe Hersant Médias, ex-France Antilles.
Elle édite Le Figaro, Le Figaro Magazine, Madame Figaro. La Socpresse possède aussi 40% du Journal du Dimanche (HFM - Lagardère). Elle a acquis le site culturel evene.fr en mai 2007.
La Socpresse possède aussi 49% du Journal des Finances, le reste appartenant à Dassault Communication.
En presse quotidienne régionale, le Pôle Nord (La Voix du Nord, Nord Eclair) a été cédé au groupe belge Rossel en 2005, le Pôle Ouest (Le Courrier de l’Ouest, le Maine libre, Presse-Océan/L’Eclair) a été cédé au groupe Ouest-France en 2005.
Le Conseil d'Etat a annulé mercredi 31 janvier 2007 la décision du ministère de l'Economie d'autoriser EBRA à racheter cinq quotidiens régionaux de la Socpresse: Le Progrès, le gratuit Lyon-Plus, le Bien Public, le Dauphiné Libéré et le Journal de Saône-et-Loire. EBRA (détenue à 51% par l'Est Républicain et à 49% par le Crédit Mutuel) va préparer un nouveau dossier.
Le groupe Dassault détient une participation dans Lagardère Active.
Serge Dassault est président d’honneur de Dassault aviation (Mirage 2000, Falcon, Rafale…) et président de la Socpresse. Serge Dassault est sénateur UMP de l’Essonne et Maire de Corbeil-Essonnes.
- Le pôle de presse quotidienne régionale dans le sud de la France, qui comprend notamment La Provence, Nice Matin, Var Matin, Corse Matin et Marseille Plus, a été cédé en décembre 2007 pour 160 millions d'euros, par Lagardère au Groupe Hersant Média (GHM).

SUD OUEST
Le groupe Sud Ouest est détenu à 80% par la famille Lemoine, à 10% par la société des journalistes et à 10% par la société des personnels.
Via Sapeso, Charente Libre, Pyrénées Presse, Atlanpresse, le groupe Sud Ouest possède:
- Sud Ouest, TV Hebdo Femina, Tout réussir dans la maison, La Charente Libre, La République des Pyrénées, L'Eclair des Pyrénées, la Dordogne Libre.
- les hebdomadaires Saintonge, Haute Gironde, La Dépêche du Bassin, La Semaine du Pays basque, l'Hebdo, Le Résistant
- des magazines consacrés au surf
- Le gratuit Bordeaux 7, des journaux d'annonces gratuits sur 28 départements, 45 magazines gratuits thématiques sur 43 départements et 7 éditions en Espagne
- la chaîne de télévision locale TV7 Bordeaux
En 2006, le groupe a réalisé 325,4 millions d'euros de chiffre d'affaires.

TF1
TF1 est la première chaîne de télévision généraliste française, avec 31,6% de part d'audience en 2006. Le chiffres d'affaires de TF1 s'élève à 2,7 milliards d'euros en 2006. Le Groupe TF1 est un groupe de communication:
- Il détient à hauteur de 100% TF1, LCI, Eurosport France, TV Breizh, Odyssée, Histoire, Ushaïa TV.
- Il possède 9,9% du "nouvel ensemble" Canal+ France : CanalSat, Canal+, TPS, Multithématiques (Planète, Canal Jimmy, Ciné Cinémas, Ciné Classic...), Kiosque, Sport+...
- Il détient 50% de France 24
- Il détient 34,3% du capital des Publications Métro France et 49% de Prima TV.
- TF1 détient 33.5% de AB groupe.
TF1 regroupe entre autres 5 maisons de production, une société de contenus multimédia, e-TF1 et Teleshopping.
Nonce Paolini est Président-directeur général. 
Le Groupe TF1 est détenu à 42,9% par Bouygues, qui possède également Bouygues Télécom, troisième opérateur de téléphonie mobile en France.
Dirigé par Martin Bouygues, le groupe Bouygues rassemble : Bouygues Construction (BTP); Axione (Constructeur et Operateur de réseaux); Colas (routes); Bouygues Immobilier.
Le chiffre d'affaires total de la société Bouygues est évalué à 26 milliards d'euros fin 2006.

Sources : Documentation du
Nouvel Observateur, Rapport de la commission Lancelot sur les problèmes de concentration dans le domaine des médias, site de l'ESJ et informations communiquées par les sociétés.

Hommage à Hugo Chavez

Par Le 09/03/2013

Un hommage très appuyé d'un homme politique français.

Merci à lui.

Lurel s'enflamme pour Chavez : «C'est De Gaulle plus Léon Blum»

P.Th. | Publié le 09.03.2013, 11h20 | Mise à jour : 12h48

Victorin Lurel, qui représentait le gouvernement français aux obsèques de Hugo Chavez vendredi à Caracas, a confié son émotion à la presse après la cérémonie.

Victorin Lurel, qui représentait le gouvernement français aux obsèques de Hugo Chavez vendredi à Caracas, a confié son émotion à la presse après la cérémonie. | AFP/Jean-Christonphe L'espagnol

Zoom
«Le monde gagnerait à avoir beaucoup de dictateurs comme , puisqu'on prétend que c'est un dictateur». Eu égard à la réserve affichée par les grandes puissances occidentales, dont l'exécutif français, depuis le décès du charismatique et controversé président vénézuélien, cette petite phrase du ministre des Outre-mer, Victorin Lurel, devrait faire grand bruit. «Ça pourra m'être reproché», a d'ailleurs d'emblée admis le ministre.

Représentant de la France aux obsèques du président défunt, le ministre s'est-il laissé emporter par la ferveur qui règne à Caracas ? Il a tout en cas rendu un hommage vibrant à l'ex-homme fort du Venezuela, au micro de RTL : «Toute chose égale par ailleurs, Chavez , c'est De Gaulle plus Léon Blum. De Gaulle, parce qu'il a changé fondamentalement les institutions. Puis Léon Blum, c'est-à-dire le Front populaire, parce qu'il lutte contre les injustices.»

«Il a respecté les droits de l'homme»

S'il a reconnu qu'«on peut ne pas être d'accord avec telle ou telle action d'Hugo Chavez», Victorin Lurel a souligné que «les gens sont fiers de ce qu'il a fait pendant quatorze ans». Quatorze années au cours desquelles, a insisté le ministre, «il a respecté les droits de l'homme».

Celui qui fut un soutien de Ségolène Royal, puis de François Hollande, pendant les campagnes primaires et présidentielles de 2007 et 2012, est également revenu sur l'embaumement d'Hugo Chavez. «Lénine a fait ça, Mao a fait ça... Je ne vous le cacherai pas, c'est d'un autre temps.» Et d'ajouter, de façon plus surprenante : «Mais bon, il était tout mignon, frais, apaisé comme peuvent l'être les traits de quelqu'un mort. On avait un Hugo Chavez pas joufflu comme on le voyait après sa maladie. C'était émouvant.»

Autant de propos qui tranchent avec la mesure de l'hommage rendu par le président de la République. Il «exprimait, au-delà de son tempérament et de ses orientations que tous ne partageaient pas, une volonté indéniable de lutter pour la justice et le développement», avait simplement déclaré François Hollande ce mercredi. Le patron du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, soutien indéfectible du président vénézuélien, avait alors tempêté contre les «infects sociaux-démocrates qui depuis vingt-quatre heures déversent leur haine anti-chaviste».

LeParisien.fr

Indiens, mes frères.

Par Le 08/03/2013


Belo Monte :
pétition du Cacique Raoni

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Actualités

Cacique RAONI METUKTIRE - lettre de soutien au mouvement Idle no more et à mes frères indigènes du Canada

Cacique RAONI METUKTIRE - lettre de soutien au mouvement Idle no more et à mes frères indigènes du Canada

Introduction : Cri de ras-le-bol des populations amérindiennes du Canada, le mouvement Idle no more est en marche pour entrer dans l'Histoire des grandes contestations qui font avancer l'humanité. Un mouvement spontané que les autorités locales n'ont pas vu venir et qui fleure bon le printemps arabe, car il tire sa sève du peuple et des réseaux sociaux.

Tout est parti de quatre femmes et d'une goutte d'eau, celle qui fait déborder le vase. Une loi, au nom affreux de matricule de prisonnier, la C-45, proposée puis adoptée par le gouvernement Harper, simplifiant l'acquisition de terres indigènes, révisant fortement à la baisse la protection des cours d'eau et des lacs, si chers à leur survie. 

Le moment est tragique pour les peuples indiens du Canada. "Idle no more" ("l'inaction, jamais plus !") devient leur chant de guerre. Routes, chemins de fer, ponts sont entravés pacifiquement. Ouvriers, syndicats, ONGs, altermondialistes, le peuple reprend la rue et se joint aux indiens. C'est historique. La goutte, devient ruisseau, puis rivière, puis fleuve et bientôt une marée humaine, car Idle no more grandit chaque jour et ses affluents gagnent les recoins éloignés de la planète. 

Elle fait peur aux médias, aux politiques, elle emprunte les chemins de traverse sur la toile. Elle est passée par les Etats-Unis, elle commence à gagner l'Europe, cette grande marée se gonfle aujourd'hui des eaux du Rio Xingu, frappé par le barrage de Belo Monte, par la voix de son plus ardent défenseur, le Cacique Raoni. Cette voix, celle d'un sage respecté dans le monde entier, a franchi 8 000 kilomètres. Elle jette un pont entre les drames de deux histoires parallèles : celle des peuples amérindiens du Nord et celle de leurs frères du sud. Les deux sont en cours et Idle no more peut en être un chapitre crucial. 

C'est le sens de l'appui du Cacique Raoni. Les indiens et peuples autochtones de tous continents doivent marcher ensemble, avec à leurs côtés ceux qui, broyés par notre civilisation, se reconnaissent dans leur lutte. Le message de soutien du Cacique Raoni a la force et l'impulsion d'une marée. Son flux, la voix des Kayapo, part aujourd'hui vers le Canada. Son reflux, le chant des Premières Nations et d'Idle no more,  fera bientôt, souhaitons-le, le chemin inverse, pour gagner le Brésil et le reste du continent amérindien. Il pourrait éveiller les consciences, le peuple et faire vaciller les puissants.

Gert-Peter Bruch - Planète Amazone 

 


 

 

Cacique RAONI METUKTIRE, peuple Kayapo, Mato Grosso, Brésil 

 

 

Lettre de soutien au mouvement Idle no more et à mes frères indigènes du Canada

 

Par cette lettre moi, Cacique Raoni Metuktire, chef du peuple Mebengokre (Kayapo) natif du Brésil, je souhaite apporter mon soutien au mouvement Idle No More, né récemment au Canada et initié par nos frères indigènes de ce pays.  

A l'été 2001, au mois d'août, j'ai eu l'honneur et la joie immense de rendre visite à certains d'entre eux. Avec d'autres représentants kayapo, Takrakudja, Patni et mon fils Tedje, nous avions répondu à l'invitation des Innus de la Côte-Nord du Québec et nous avons été accueilli dans les communautés de Mani-utenam, de Unaman-shipu, de Pakut-shipu et d’Ekuanitshit. J'avais soutenu, au nom de mon peuple, les efforts des Innus pour la préservation du Nitassinan et ses ressources naturelles. Nous avions pu nous rendre compte que bien que vivant très éloignés les uns des autres, nos deux peuples frères rencontraient les mêmes problèmes, faisaient face aux mêmes préoccupations, aux mêmes menaces : les barrages hydroélectriques, les prospections minières, la séparation des territoires indigènes pour construire des routes, la déforestation. A cela s'ajoutait la commercialisation de l'eau et le survol d'avions à basse altitude. Nous avons vécu cela sur nos propres terres et notre peuple a subi les conséquences que cela a entraîné sur l'écosystème, la faune, la flore, sur nos familles et sur nos activités traditionnelles.

À Pakut-shipu, j'ai pu observer les installations du barrage Robertson et les bouleversements qu'il a entraîné sur le territoire des Innus. J'ai moi-même demandé l'appui du monde entier, au nom de mon peuple et d'autres peuples du Xingu, pour empêcher la construction du barrage de Belo Monte qui nous préoccupe tant. Beaucoup de gens nous soutiennent mais le gouvernement de mon pays ne veut pas les écouter, comme ils ne veulent pas m'écouter moi et mon peuple et comme le gouvernement du canada ne veut pas écouter la voix de nos frères indigènes.

J'ai appris ce qu'il se passe en ce moment-même au Canada et je suis très préoccupé. J'ai appris que le gouvernement du Premier ministre Stephen Harper avait adopté en décembre 2012 le projet de loi C-45 sans avoir consulté préalablement les leaders des Premières Nations ni avoir obtenu leur consentement libre et éclairé, ce qui constitue une violation des traités autochtones signés par le Canada. J'ai appris que cette loi donne le pouvoir au ministre des Affaires indiennes d'engager des mesures afin d'enlever le statut de réserve à un territoire autochtone, laissant la porte ouverte à la privatisation des territoires indigènes du Canada. Encore une fois, tout est mis en place pour déposséder nos frères de leurs terres. J'ai appris que cette loi permettrait de réduire le nombre de lacs et rivières protégés au Canada. J'ai appris que cette loi allait assouplir les normes environnementale pour que les entreprises puissent augmenter les profits, sans se soucier de la pollution et de la contamination des populations autochtones, qui ont déjà beaucoup souffert à ce sujet. J'ai appris que cette loi mettait en danger l'eau potable dont nos frères indigènes ont besoin pour vivre. J'ai appris que cette loi allait affecter les pêcheurs. La pêche est essentielle à la survie de mon peuple et c'est l'une des raisons pour laquelle nous sommes opposés aux grands barrages qui y portent atteinte en entraînant la disparition de nombreuses espèces dont nous avons besoin pour survivre. Je comprends donc la grande préoccupation des pêcheurs du Canada.

Tous comme les notre, les droits des populations autochtones du Canada sont protégés par la Constitution de leur pays et par les convention internationales relatives aux Droits de l'Homme. Tous comme les notre, les droits des populations autochtones du Canada sont bafoués par le gouvernement de leur pays.

Le ministre des Affaires indiennes, John Duncan, affirme avoir visité 50 communautés autochtones et mené 5000 consultations mais lui et son équipe n'ont clairement pas obtenu le consentement des Premières Nations pour les sept projets de lois auxquels les militants d'Idle No More s'opposent. C'est pour toutes ces raisons que tiens à faire part de ma totale solidarité avec les activistes d'Idle No More, qui réclament du gouvernement Harper qu'il empêche l'application de la loi C-45 tant qu'il n'aura pas rencontré et consulté les leaders autochtones et obtenu leur consentement.

J'ai appris que dans le monde entier les gens sont plus nombreux chaque jour pour soutenir le mouvement Idle No More, particulièrement à travers les réseaux sociaux. J'invite tous ceux qui me soutiennent dans mes actions à soutenir également Idle No More, comme j'invite tous ceux qui soutiennent le mouvement Idle No More à soutenir également la lutte de mon peuple Kayapo pour la sauvegarde des territoires indigènes et l'opposition au barrage de Belo Monte.

C'est un même combat. ALors n'oubliez jamais que nous sommes plus forts quand nous sommes unis. C'est pourquoi mes frères indigènes du Canada pourront toujours compter sur mon soutien. Je suis aujourd'hui et je serais demain toujours auprès d'eux par l'esprit dans leurs luttes et manifestations pour sauvegarder leurs droits.

Avec toute ma fraternité.

  

Cacique Raoni Metuktire*

 


*Le document original de cette lettre portait aussi les signatures de Megaron Txucarramae, Yabuti Metuktire et Ararapam Trumai, de grands représentants du peuple Kayapo.

 

Idle no more sur le web:

- site officiel (anglais)
- facebook 

 

 

Date de l'article : 01/03/2013

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Le temps

Par Le 08/03/2013

Imaginons une pluie continue, un crachin breton, par exemple :)

Vous sortez bien habillé et vous commencez à marcher sous la pluie. Elle tombe doucement, verticale, presque imperceptible...Au début, vous la sentez à peine humidifier votre visage. Le reste de votre corps est bien à l'abri. Il ne reste que vos mains qui sont nues, vous devinez dans le balancement de vos bras des goutellettes infimes qui se déposent.

La pluie ne cessera jamais. Vous continuerez à marcher toute votre vie. Après quelques années, vos habits ne seront plus imperméables, l'eau finira par passer à travers la première épaisseur, vous commencerez à sentir son poids et insensiblement, année après année, vous serez obligé de ralentir la cadence de votre pas.

Et puis viendra le temps où plus rien ne sera sec. Vous sentirez sur la totalité de votre corps la présence de l'eau. Et plus tard encore, vous vous mettrez à avoir froid. Et plus tard encore, vous aurez l'impression que l'eau a traversé votre peau, qu'elle s'est inflitrée par les pores. Le poids se fera sentir avec une lourdeur que vous aurez de plus en plus de mal à combattre, votre pas raccourcira encore, vous ne franchirez plus de montagnes, la plaine sera devenu votre seul horizon.

La pluie n'a jamais cessé.

Vous l'avez traversée pendant toute votre vie. Elle est toujours restée identique. Parfois, vous l'avez oubliée, emporté par l'euphorie des bonheurs ou la détresse des drames. Parfois, elle vous a considérablement agacé. Mais elle n'a jamais changé. C'est vous qui l'avez perçue différemment. 

Vous avez traversé le temps.

Le temps ne passe pas. Il est immuable, insaisissable, indescriptible.

 « Qu'est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais; mais, si on me le demande, et que je veuille l'expliquer, je ne le sais plus ». Saint-Augustin

Lettre ouverte aux éditeurs (2)

Par Le 08/03/2013

Lettre ouverte aux éditeurs : Sortez de vos casseroles et innovez ! [2/2]

 La deuxième partie de la lettre est d’un genre  différent. Nous avons gambergé pour essayer de trouver des solutions aux problèmes repérés. L’idée n’est pas de vous fournir du clef en main, mais juste de montrer qu’il existe  des pistes  Si l’on prend le temps de réfléchir de manière collaborative, elles s’imposent comme des évidences.

1. Déroulez le tapis rouge à vos auteurs

Pour innover, il faut accepter de remettre en question tant ses certitudes que ses manières de faire et de penser.  Alors faisons table raz du mépris repéré pour les auteurs. Au contraire, considérons qu’ils sont votre ressource principale et que donc vous devez leur dérouler le tapis rouge.

Vu l’époque, on peut considérer que ce tapis est tissé de manière numérique. Il se résume à un formulaire ergonomique permettant à l’auteur d’envoyer son manuscrit sans dépenser d’argent. Nom, prénom, présentation de l’auteur, du manuscrit, cases thématiques… Il est pensé pour que toutes les informations utiles s’affichent rapidement.

Le premier atout serait de diminuer le temps de traitement en centralisant dans la même interface tous les manuscrits.  L’interface permettrait de tourner les pages et visualiser tous les projets. Un système d’identificateur permet aux différentes collections de visualiser les projets susceptibles de les intéresser.

Et pourquoi ne pas rendre public ce dispositif et ajouter des liens qui permettraient aux auteurs d’indiquer qu’ils ont déposé leur œuvre chez vous.  Le premier point positif est que les auteurs assureront alors votre communication.

Vu que l’affaire n’a pas été expérimentée, on peut tout imaginer. Le meilleur comme une réorganisation de l’envoi des manuscrits au pire la création d’un flux impossible à gérer.

2. Transformez vos lecteurs en éditeur

L’afflux de manuscrits étant une possibilité à ne pas exclure, il s’impose de trouver une solution pour les gérer.

L’idée suivante s’accroche à une tendance montante portant le nom de « crowdsourcing » ou enrichissement pas les foules.

L’idée est d’inviter des lecteurs et des auteurs à lire, juger et commenter ses manuscrits.

Les atouts de cette pratique sont évidents :

Les manuscrits sont évalués par ceux qui vont les acheter. Vous découvrez ceux qui retiennent l’attention des lecteurs.
Les talents sont repérés. Vous risquez moins de passer à côté de la perle.
Les auteurs bénéficient d’un retour sur leur travail riche et non complaisant. On évite la langue de bois qui n’apporte rien à l’écrivain.

Cette évaluation doit bien entendu être animée par vos services. On imagine que vos éditeurs maison vont faire évoluer leur travail en devenant des animateurs de communautés littéraires.

Outre animer les échanges en ligne, ils vont solidifier les échanges en proposant des rencontres où les lecteurs défendront des projets éditoriaux.

Si au stade du choix, on retrouve l’enthousiasme pour un ou l’autre écrit, on peut sans aucun doute trouver des moyens de le perpétuer.

3. Vendez vos livres avant de les publier

Après avoir esquissé des solutions pour une nouvelle gestion des manuscrits et un réveil de l’enthousiasme, passant au circuit de production. Vous ne pouvez pas modifier de manière significative les délais, à cause de la grande machinerie, faites un pas de côté et créez des éditions express.

La spécificité des éditions express serait l’impression à la demande. Les lecteurs les commanderaient sur votre site ou dans des librairies en ligne et les recevraient quelques jours plus tard chez eux.

Pour l’éditeur, l’intérêt est de pouvoir tester des livres avant des les imprimer en grand nombre et de les diffuser dans le circuit habituel. Le service ne peut être que gagnant-gagnant en mettant en place des partenariats avec des entreprises telles Lulu.com qui offrent déjà un service de grande qualité.

L’auteur pourrait y retrouver son compte en ayant la possibilité de faire évoluer son livre en fonction des réactions et commentaires des lecteurs.

On peut aussi imaginer que les problèmes de coût étant réduits vous choisissez d’éditer un plus grand nombre de livres.

Quand au lecteur, il pourrait y voir l’intérêt d’un plus grand choix et autre cela un prix plus abordable.

Et pourquoi ne pas, si l’affaire fonctionne, installer un LibroLab où l’on viendrait se faire conseiller des livres numériques et se les faire fabriquer en direct. Vous inaugurez la librairie du futur et montrez que les librairies ne vont pas signer leur acte de décès.

4. Inventez les livres de demain

Livres augmentés de sons, d’images, de commentaires, livres connectés à Internet, livre avec de l’encre qui s’efface, livres-jeux, livres avec des pages qui tournent toutes seules… Dans les cartons des innovateurs du livre, il y a de nombreux projets. S’ils retiennent votre attention, vous estimez que vous n’avez pas les moyens de les développer.

Comme pour le circuit de distribution, faites un deuxième pas de côté et imaginez une nouvelle manière de faire.

Libérez un espace d’une cinquantaine de m2 dans vos locaux.  Installez une quinzaine de postes de travail. Sélectionnez ensuite des auteurs, des designers, des secrétaires de rédaction, des développeurs, des artistes. Invitez-les à venir travailler gratuitement chez vous pendant une durée déterminée. Donnez-leur envie d’échanger en disant que vous financerez des projets innovants.

Attendez et vous allez être vite étonnés. Ce métissage permettra de faire émerger des projets innovants.

5. Partez à la conquête de nouveaux lecteurs

Vous sentez que les vents de l’innovation commencent à souffler dans votre honorable maison.  Il reste néanmoins un élément, et pas des moindres, qui vous empêche de vous engager totalement dans la voie de l’innovation.  Entre les jeux, les réseaux sociaux, la profusion de vidéos et de musiques disponibles sur le Net, le temps disponible pour la lecture de livres se réduit chaque jour un peu. Même les grands lecteurs d’hier sont accaparés par les sirènes du Net.

Au lieu de vous désoler, partez à la conquête ou reconquête des lecteurs en allant là où ils sont. Ils ne fréquentent plus les librairies, mais ils sont toujours dans les trains ou attendent le métro.  Cette manière de penser a permis l’émergence de quelques idées.  En Espagne, un éditeur propose les premiers chapitres de livres sur les vitres des trains. Le voyageur peut lire gratuitement le premier chapitre sur son smartphone, ensuite s’il veut continuer il achète une version en ligne ou commande le livre. Un éditeur thaïlandais rend l’attente agréable en imprimant des nouvelles sur les tickets d’attente. Si l’attente s’éternise, ils peuvent photographier le ticket et avoir la suite sur leur smarthpnone.

Dans le même esprit, on peut imaginer des partenariats avec des constructeurs automobiles afin d’intégrer des librairies virtuelles pour enfants dans les fauteuils. On aurait alors aux stations-service des libraires-conseils.

Kodak a mis la clef sous la porte. Entreprise leader dans son domaine, elle a été incapable de tirer partie d’une nouvelle technologie. Pour autant Kodak est une des premières entreprises à avoir activement travaillé à la photo numérique. L’entreprise a juste fait l’erreur de vouloir protéger son activité principale de l’époque, la vente de films argentiques. Chers éditeurs, si protéger votre système actuel est légitime, rien ne vous empêche de vous engager à moindre coût dans des voies d’innovation pour éviter que l’histoire se reproduise et vous prenne comme victime.

Lettre ouverte aux éditeurs

Par Le 08/03/2013

Lettre ouverte aux éditeurs : Sortez de vos casseroles et innovez ! [1/2]

http://propulseurs.com/2013/03/06/chers-editeurs-sortez-de-vos-casseroles-et-innovez-12-partie-noire/

Mesdames et Messieurs les éditeurs, innover ou mourir, vous n’avez plus le choix. Si vous persistez dans votre immobilisme, à l’instar des grenouilles, vous allez être très prochainement victimes des bouillonnements du numérique.

Cette lettre est en noir et en innovations : en noir (assez noir) avec cinq justificatifs de votre mort annoncée ; en innovations (plus ou moins colorées) avec cinq pistes pour vous donner envie d’y croire.

Le 13 février, Libération racontait l’histoire de Tibault Baka un jeune homme qui s’est passé des maisons d’éditons pour publier et gagner sa vie avec un roman sur fond de banlieue. Dans peu de temps, ces aventures deviendront la norme si, vous, les maisons d’édition, vous continuez à vous comporter comme de vulgaires batraciens.

Plonger une grenouille dans une casserole d’eau bouillante, l’animal aura une réaction réflexe pour tenter de sortir de cet enfer. En revanche, mettez-la dans l’eau froide et faites chauffer la casserole, elle ne réagira pas et finira par périr.

Chers éditeurs, malgré tout le respect que nous vous devons pour avoir contribué à la construction de notre patrimoine culturel, nous sommes de plus en plus nombreux à avoir l’impression que vous nagez dans les mêmes mares que les grenouilles. Les signaux indiquant le réchauffement climatique dans votre secteur se multiplient et vous ne réagissez pas.

Cinq ont particulièrement retenu notre attention :

 

1.    Le mépris des auteurs

Ou comment repousser les talents.

Depuis quelques lustres, vous avez réussi l’incroyable prouesse de faire croire aux auteurs que vous leur faites une fleur lorsque vous publiez leur livre. Pour entériner ce stratagème qui vise à diminuer leur niveau d’exigence, vous êtes d’une redoutable habileté. La preuve, peu le décèlent et vous renvoient dans vos buts en remettant les choses à leur place. Oui, soyons clairs, ce sont les auteurs qui vous font un cadeau en vous permettant de remplir votre tiroir-caisse et non l’inverse.

Pour que les auteurs croient à votre bluette, vous ne lésinez pas sur les moyens. Vous avez été jusqu’à institutionnaliser une logique de mépris.

Elle apparaît dès les premiers temps de la relation en les obligeant à financer l’envoi de leurs manuscrits. D’autres raisons justifient-elles que, dans un bel élan corporatiste, vous refusez de recevoir les textes par mail ?

Dans un deuxième temps, vous signifiez votre refus en envoyant à l’auteur une lettre standard dénuée d’humanité et d’intelligence. (NB : les cas où vous avez retenu un manuscrit envoyé par la poste étant si rares, qu’on peut considérer que ce sont des exceptions qui confirment la règle). Cette missive les atteindra en plein ego. Nombreux auteurs en seront affectés. Cerise sur le gâteau du mépris, certains d’entre vous demandent aux auteurs de payer pour récupérer leur travail !

Si manquer de considération à l’égard de ceux qui sont votre source de profit est un comportement étrange, vous ne vous arrêtez pas en si bon chemin. Vous avez ensuite une politique de rémunération on ne peut plus discutable, car non basée sur le temps ou la qualité de travail, mais sur une supposée notoriété. Cette pratique empêche les auteurs de se professionnaliser. Même les plus talentueux, ceux qui demain pourront faire votre succès ne vous donneront pas le meilleur d’eux-mêmes, car ils devront gagner leur vie ailleurs.

Comme toutes les mythologies, celle du passage obligé par les éditeurs traditionnels, va prendre fin. Si aujourd’hui, vous recevez encore de nombreux manuscrits, attendez-vous à ce que cela change. Les auteurs ne vont pas tarder à comprendre que, avec les éditeurs et librairies en ligne et les réseaux sociaux, ils peuvent se passer de vous. Ils y gagneront même tant en notoriété que financièrement. Vous deviendrez alors des éditeurs sans auteurs. Rassurez-vous, vous pourrez avoir recours aux machines à créer des textes qui auront l’ultime avantage de ne pas s’offusquer quand elle recevra une lettre stéréotypée de lecture de texte !

2.   La dégradation de votre fonds de commerce

Quand des barils de livres lessivent votre crédibilité.

Vous vous inquiétez. Vos caisses étant moins pleines, votre embarcation est moins solide. On pourrait imaginer que vous allez partir à la chasse de jeunes marins de l’écriture pour la remettre à flot. Avec leur dynamisme et leur fraîcheur, ils vont vous aider à colmater les brèches. Non, là encore, vous faites le choix étonnant d’éloigner les nouveaux talents comme en témoigne les chiffres : depuis 2006, le nombre de premiers romans publiés ne cesse de diminuer. En sept années, la chute est de plus de 40 % !

Calculette à la main, vous avez déterminé qu’un premier roman se vend en moyenne 700 exemplaires, donc en dessous de votre seuil de rentabilité. Craignant de perdre quelques cacahuètes supplémentaires, vous refusez donc de plus en plus de prendre le risque du succès.

Au lieu de cela, vous vous cantonnez dans l’édition qu’on pourrait appeler le livre-baril en analogie avec le baril de lessive.

Le livre-baril est une valeur commerciale sûre : lorsque vous l’éditez, vous avez la garantie que vous n’allez pas perdre d’argent. En prime, vous pouvez tant espérer en gagner un peu que rêver au jackpot.

Pour créer le livre-baril, vous sortez les recettes éculées de l’édition et en particulier celle de la biographie de la vedette. Deux cents pages de propos insipides et vides d’une célébrité font désormais vibrer l’âme du marketeux que vous êtes devenu. Vous vous tournez vers l’étranger et importez de la camelote à succès. En résumé, qu’importe la qualité littéraire d’un livre-baril, votre calculette est désormais aux manettes.

Et l’éditeur que vous prétendez encore être ne se fait pas de souci. Dans vos services, vous avez quelques génies du maquillage littéraire. Ils (et plus souvent elles) travailleront souvent des heures durant pour que le produit fasse bonne figure.

Mais vos rafistolages ont du plus en plus de mal à convaincre. Allez sur les blogs des aficionados des livres, traînez vos guêtres dans les bonnes librairies, vous constaterez que ces livres écrits avec des moufles et un cerveau congelé et édités par des grandes maisons d’édition commencent à en agacer plus d’un. Même s’il n’y a pas de précédent en matière de boycott d’une maison d’édition, cela risque d’arriver si la qualité de vos ouvrages continue à diminuer.

3.    Un produit congelé

L’accouchement laborieux de livres mort-nés

Dans un monde où tout va public, où les frontières s’estompent, les temps se raccourcissent, le circuit de fabrication d’un livre est de plus en plus long et besogneux.

Quand un manuscrit entre dans votre tuyauterie, il passe de service en service pour être validé, revalidé avant d’être imprimé et diffusé. Là, il faudra trouver une fenêtre de tir en dehors des prix littéraires, des coffrets de Noël, des romans de plage… Résultat, il faudra souvent attendre plus d’un an avant qu’un livre arrive sur les étalages des librairies.

Ces délais en font un produit froid, voire pire mort-né. Les auteurs ayant pris de la distance par rapport à leur production, ils en parlent de manière déshumanisée, voire glaciale. Ils n’ont plus l’enthousiasme nécessaire pour donner envie d’investir dans la lecture. Cette morosité commerciale ambiante fait que le livre passe vite aux oubliettes. Les lecteurs n’ont pas le temps de le découvrir qu’il est déjà mis au pilon.

Cette inertie va-t-elle aussi finir par lasser des auteurs. Au lieu d’attendre, d’espérer, ils opteront pour une solution alternative type Lulu (www.lulu.com) qui permettra à leur livre d’être en moins d’une semaine, présent sur Amazon. En prime, des révisions pouvant être effectuées, cette alternative leur permettra de faire évoluer leur travail en fonction des commentaires des lecteurs.

4.    Un circuit figé

Ou l’art d’exclure toutes formes d’innovation !

Les Propulseurs ont proposé un projet autour d’un sujet d’actualité : le cancer. Une célèbre maison d’édition a été emballée par le roman. Souci, le projet n’était pas d’éditer un roman sur le sujet, mais d’utiliser la fiction pour recueillir des réflexions des acteurs de la maladie. L’idée était de créer un livre augmenté des réflexions des personnes concernées. L’éditrice ennuyée a mâchonné son crayon avant de dire : « Je regrette. Je comprends l’intérêt du projet, mais nous ne pouvons pas l’éditer. Les représentants ne sauront pas s’ils doivent mettre le livre au rayon roman ou dans les documents société ».

Cette anecdote symbolise votre manière d’imaginer la diffusion d’un produit. Vous ne pensez qu’en fonction de l’existant et en particulier de la manière de fonctionner de vos représentants. S’ils ne peuvent pas vendre un livre à chef de rayon d’une librairie, vous ne pouvez pas l’éditer. Un principe qui exclut tous les livres hybrides, métissés, innovants. Un auteur génial qui imaginerait un roman une entrée pour enfants et une autre pour adulte serait renvoyé dans ses buts.

Avec le débarquement des librairies en ligne et les difficultés des grandes librairies, la manière d’acheter des livres évolue. Bizarrement, cela n’a aucune incidence dans votre manière de penser. À ce train, on est en droit de se demander, si demain, vous ne continuerez à penser vos choix éditoriaux en fonction de représentants qui n’existeront plus.

5.   La défiance à l’égard de la technologie

Ou l’art de résister aux changements

Toutes évolutions génèrent des résistances. Il a par exemple fallu 35 ans avant que l’imprimerie arrive en France. Sans doute par respect pour vos ancêtres, vous considérez la technologie comme un tueur en série. Elle tue le livre et dans l’élan les éditeurs que vous voulez continuer à être. Même si vous accordez à la numérisation quelques bienfaits comme celle de limiter les déforestations massives et permettre d’alléger les sacs, rien pour vous ne remplacera l’odeur du livre et le bruit de la page qu’on tourne.

A chacun ses nostalgies et ses erreurs d’appréciation, mais les vôtres ne sont pas sans conséquence. Vous faites le passage à la numérisation avec des sabots de plomb. Vu votre défiance envers la technologie, vous avez engagé des techniciens médiocres, voire vraiment incompétents qui confortent vos préjugés en vous faisant croire que la création de livres numériques est longue, fastidieuse, onéreuse.

En fonction de ces données délirantes, vous ressortez votre règle à calcul et annoncez qu’un livre numérique sera vendu quasi au même prix que la version traditionnelle. Ensuite, vous avez l’outrecuidance de déplorer les ventes confidentielles des livres numériques. Si l’on vous précise que toutes les études s’accordent sur le fait que les lecteurs sont prêts à payer 7 euros pour une version numérique et non le double, vous soupirez et ressortez la contrainte du prix unique du livre.

Question technologie, vous vous arrêtez là. Vous laissez les nouveaux venus expérimenter le livre augmenté de commentaires, d’images ou de sons, les dispositifs d’annotations ou de liens avec les réseaux sociaux…

Vous pensez qu’à un moment, s’il le faut vraiment, vous y viendrez. Sauf que le train roulera à une telle allure que vous ne pourrez pas monter dedans.

Le monde selon Tippi

Par Le 08/03/2013

Tellement éloigné de nos enfants "geek" , surprotégés et finalement en "danger"...

Bilan économique de Chavez

Par Le 07/03/2013

Pour que les choses soient claires et au cas où certains tomberaient dans le piège des médias officielles...

Souveraineté nationale ? C'est fini.

Par Le 07/03/2013

 http://www.wikistrike.com/article-jour-de-deuil-pour-les-democraties-europeennes-feu-vert-au-two-packs-115967237.html?fb_action_ids=10200279025492415&fb_action_types=og.likes&fb_source=aggregation&fb_aggregation_id=288381481237582

La démocratie ? La souveraineté nationale ? Ne rêvons plus, c'est fini et dans la plus stricte intimité, comme d'habitude.

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Ce soir est un jour de deuil pour tous les démocrates ou ceux qui croient encore à la démocratie . 


Il vient de se passer quelque chose de très important qui n'est rien d'autre que l'enterrement dans la plus stricte intimité de nos principes démocratiques , ce qui a fait notre force , notre richesse , notre puissance .. 


Ce soir , l'Union Européenne a donné son feu vert au two Packs !!
Qu'est-ce qui se cache derrière ce jargon technique, cet anglicisme auxquels personne ne comprend rien. 

Le two packs : un paquet législatif qui renforce les pouvoirs de la Commission Européenne en matière de contrôle sur les budgets nationaux .  
 
 
 
 
 

En Français , çà veut dire quoi ? Ca veut simplement dire que les lois votées au Parlement sont susceptibles d'être retoquées par l'Union Européenne , si elles ne lui plaisent pas . Ou même , que si ces lois sont contraires à ce que pense l'Union Européenne ,  on peut imposer  le contraire en termes budgétaires . L'article précise : Cette décision prise à l'unanimité , n'est guère surprenante après l'accord politique trouvé fin Février entre le Parlement Européen et la présidence Irlandaise de l'UE . 

Cet accord  m'a tellement fait sursauter , car il s'agit d'une transgression totale des traités votés  et en particulier celui de Lisbonne et son article 123 qu'il m'a conduit  à écrire un article intitulé : 
Six milliards c'est facile Monsieur Cahuzac, Petits arrangements entre amis .. 


La décision à l'unanimité des Ministres des Finances prise aujourd'hui, décision qui avalise l'invraisemblable abus de pouvoir et transgression commise par Mario Draghi, Président de la BCE  dans le cadre de l'accord Irlandais , vient de signer le deuil de tous nos principes démocratiques .. 

La différence entre un régime totalitaire et une démocratie vient d'une notion essentielle : la séparation des pouvoirs : législatif (le vote des lois) , l'exécutif (leur mise en application) , le judiciaire (l'indépendance de la justice) . 


C'est cette séparation et elle seule qui permet de combattre la corruption , en particulier politique , qui permet de faire que des lois votées soient votées dans le sens de l'intérêt général et non pas d'intérêts privés ou catégoriels .. et qui permet de faire que l'exécutif se trouve obligé d'appliquer des lois qui ont été votées indépendamment de lui .. 


A partir du moment ou ces pouvoirs se trouvent concentrés dans une même main , il devient très facile à l'exécutif d'infléchir sur les votes parlementaires .. ou de refuser de les appliquer (ce qui s'est passé dans le cas de l'accord entre la BCE et l'IRLANDE .. ). Et si la justice n'est plus indépendante , tout est permis aux détenteurs de ces pouvoirs , puisqu'il n'y a plus aucun contre pouvoir !!!


En signant cet accord avec l'Irlande , Mario Draghi a simplement refusé d'appliquer un article du Traité de Lisbonne , l'article 123 , qui lui interdisait à la BCE de prêter directement aux Etats . 


Il a démontré que la BCE , Institution Européenne était au dessus des lois votées , qu'il n'en avait cure et ne se sentait en aucun cas obligé de les appliquer .  Il a démontré que les petits arrangements entre amis s'étaient substitués aux votes démocratiques, puisque cette solution pourrait très bien être applicable à l'Espagne ou à la France ,  mais que curieusement , il ne veut pas la leur voir appliquer .. A l'inverse même , la Commission Européenne vient de réclamer encore plus d'austérité pour le peuple Espagnol . 


Ce prêt fait à l'Etat Irlandais a non seulement allégé la dette de l'Etat, mais a également allégé son déficit budgétaire , sans aucune austérité supplémentaire pour la population Irlandaise , puisque le prêt consenti illégalement par la BCE est bien inférieur aux conditions du sacro saint marché . 


D'ailleurs les Irlandais ont bien compris et ils viennent de redemander un petit rabiot : 
Les Irlandais , rois de la roulette Irlandaise  .. 


Par contre , je ne sais pas quelle dent Monsieur Draghi et l'Union Européenne ont contre les Espagnols ,mais là , point de gentillesse, point de traitement de faveur .. il faut au contraire les tondre encore plus pour qu'ils deviennent enfin dociles !!! ... 


"Bruxelles demande à l'Espagne d'augmenter les impôts et de retarder l'âge de la retraite" .. 


On peut se demander au titre de quelle logique et de quelle cohérence  , Bruxelles ne demande rien aux Irlandais qui, il faut le rappeler, ont le plus bas taux d'imposition sur les sociétés en Europe , mais leur consent un prêt interdit par les statuts des traités, et réclame aux Espagnols beaucoup moins gâtés que les Irlandais en termes de fiscalité , une austérité supplémentaire .. 


J'ai une vague idée de la réponse : L'Espagne pourrait avoir des richesses cachées que l'Irlande ne possède pas , et qu'il serait utile de voir privatisées avant qu'elles ne soient découvertes . Il faut donc les écraser totalement pour les rendre dociles et résignés . Mais sans même préjuger du pourquoi , on peut juste s'arrêter au comment ... 


Quelle est cette Europe qu'on veut nous imposer, dans laquelle les élus n'ont plus aucune utilité ? qui fait tout à la tête du client , grâce à des petits arrangements entre amis , totalement exclus de tout débat public .. 


Là par contre j'ai une réponse  et elle n'est pas aimable : si les petits arrangements entre amis , la tête du client se substituent aux lois votées démocratiquement , cela s'appelle une Dictature, ou plus exactement une république bananière . 


La justice s'est d'ailleurs inscrite aux abonnés absents comme le montre désormais tous les  jours l'absence totale de poursuites et d'enquêtes , sans parler de condamnations, sanctions ou réparations des préjudices , du fait des différents scandales financiers qui émaillent notre quotidien . 


Du blanchiement d'argent de HSBC, en passant par la fraude du Libor , qui aura couté à Dexia la bagatelle de 600 millions d'euros , le sauvetage de Dexia ayant été mis à la charge du contribuable français, il semblerait que la justice soit un concept qui appartienne définitivement au passé dès qu'on touche à l'un des amis des petits arrangements , les financiers .. 


Jaimie Dimon , PDG de JP Morgan a même réussi à avouer publiquement la semaine dernière que l'intégralité des profits bancaires étaient issus de l'absence de réaction des politiques et avaient juste été pris sur le dos des contribuables . 


Pire , on arrive même à les conserver comme conseils , alors qu'ils sont eux mêmes poursuivis par d'autres justices comme la justice américaine, au coeur même de nos institutions , comme juges et parties .. (Agence France Trésor) . 
Le two packs est également ce qui permettra de faire passer la nouvelle Directive Européenne sur les Retraites, sans que quiconque ne puisse s'y opposer , ni au Sénat , ni à l'Assemblée : 
Retraites on nous dit rien , on nous cache tout 


La future Directive en question n'a comme objectif que d'étendre le terrain de jeu des financiers en leur laissant l'intégralité des régimes de retraites par capitalisation  à disposition 


Et l'année prochaine , Jamie Dimon, PDG de JP MORGAN,  pourra avouer que l'absence de réaction des poitiques européens aura permis aux banques de faire leurs profits grâce aux retraités Européens . 





Alors oui , aujourd'hui est un jour de deuil , le coup d'état a eu lieu .. Nos démocraties viennent de se faire enterrer dans le plus grand silence par nos propres Ministres . 


Nous pouvons désormais faire de grosses économies sur les députés et le Sénat devenus totalement inutiles .. Les décisions seront prises et mises à exécution sans eux .. 


Mais moi , j'ai juste le droit de pleurer .. de ce deuil insensé dont personne n'a encore pris vraiment conscience . 






P.S. : Le cas Irlandais montre que le rapport de forces peut marcher . Le gouvernement Irlandais , loin d'être intimidé par un Mario Draghi  et encore moins par les diktats de l'Union Européenne, a au contraire réussi ce que personne n'aurait supposé possible : lui faire transgresser les traités Européens .. Comme le disait JLM lors de la campagne présidentielle française, la France a un poids suffisant pour infléchir la politique de l'UE . Les Irlandais viennent de lui donner raison , mais il y a peu de chances que ce soit le "capitaine de pédalo " qui ait la force de caractère nécessaire pour faire ce que viennent de faire les Irlandais . 


Ce soir , beaucoup de gens pleurent également une disparition : celle d'Hugo Chavez . Je pense que Chavez laissera plus de traces dans l'histoire que les technocrates Européens qui viennent d'assassiner nos démocraties . 




Mise à jour du 7 Mars . 
Un décryptage du two packs paru dans la Tribune le 20 Février dernier nous donne un bien curieux élément de compréhension : 
"Les recommandations de la Commission européenne ne seront pas contraignantes, mais les gouvernements qui n'en tiendront pas compte s'exposeront à des sanctions de Bruxelles.

Si la compréhension des textes Européens est à ce niveau , on comprend que cet assassinat démocratique ait lieu aussi facilement . 

 

Caro pour WikiStrike


http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/afp-005047…
http://fipcarolinep.xooit.fr/t216-Six-Milliards-Monsieur-Cahuzac-c-est-faci…
http://www.wikistrike.com/article-six-milliards-monsieur-cahuzac-c-est-faci…
http://blogs.mediapart.fr/blog/jerlau/050313/les-irlandais-roi-de-la-roulet…
http://www.marianne.net/L-aveu-d-un-Bankster_a226950.html
http://www.melvineenaction.com/Europe/bruxelles-demande-a-l-espagne-d-augme…
http://fipcarolinep.xooit.fr/t7-RETRAITES-on-nous-dit-rien-on-nous-cache-to…
http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20130220trib00…

Safaris humains

Par Le 06/03/2013

La Cour suprême indienne lève l’embargo sur les safaris humains 6 Mars 2013


http://www.survivalfrance.org/actu/9012

Le refus de la Cour suprême d'interdire la réserve des Jarawa aux touristes fait à nouveau craindre l'exploitation de la tribu.
Le refus de la Cour suprême d'interdire la réserve des Jarawa aux touristes fait à nouveau craindre l'exploitation de la tribu.
© Ariberto De Blasoni/Survival

La Cour suprême indienne aurait cassé la décision provisoire de janvier dernier d’interdire les safaris humains dans les îles Andaman, portant un coup dur à la campagne contre cette forme de tourisme controversée.

Avant la décision de la Cour, des centaines de touristes traversaient quotidiennement la route Andaman Trunk Road en espérant pouvoir observer les Jarawa et leur jeter quelques biscuits pour les inciter à danser devant leurs caméras. Cette mesure provisoire avait permis de réduire d’environ deux-tiers le nombre de véhicules pénétrant dans la réserve.

Les tour-opérateurs des îles Andaman se préparent déjà depuis quelque temps à la réouverture de la route prévue vendredi.

Enmai, un jeune Jarawa, s’est exprimé sur ce qu’il ressent lorsque les touristes le prennent en photo : ‘Ça ne me plaît pas. Je n’aime pas qu’ils nous prennent en photo depuis leurs véhicules’.

L’exploitation des Jarawa à travers les safaris humains a été la cible d’une campagne menée depuis trois ans par Survival International et l’organisation locale Search. Ce genre de tourisme avait scandalisé l’opinion publique internationale il y a un peu plus d’un an, après la diffusion d’une vidéo sur le site internet du quotidien britannique The Observer montrant une femme jarawa forcée de danser pour les touristes.

Avant que la Cour suprême ne décide provisoirement d'interdire la route aux touristes, des centaines de véhicules empruntaient la route quotidiennement.
Avant que la Cour suprême ne décide provisoirement d'interdire la route aux touristes, des centaines de véhicules empruntaient la route quotidiennement.
© Denis Giles/Survival

Dans une lettre adressée à la Cour suprême avant l’audience, Survival demandait que ’l’interdiction du tourisme dans la réserve soit permanente et qu’une route côtière alternative soit ouverte pour remplacer celle traversant la réserve qui doit être définitivement fermée’. La Cour avait déjà ordonné la fermeture de la route en 2002, mais les autorités andamanes ont ignoré son verdict.

La Cour a éveillé de vives inquiétudes lorsqu’elle a demandé aux autorités andamanes ‘si elles souhaitaient que les Jarawa restent à l’écart du courant dominant ou si elles préféraient qu’ils y soient assimilés’. Il est pourtant bien connu que forcer les peuples indigènes à s’intégrer à la société dominante entraîne des conséquences désastreuses, telles que maladie, dépression, addiction et suicide.

La politique officielle vis-à-vis des Jarawa stipule que ’Aucune tentative visant à les intégrer à la société dominante contre leur volonté… ne sera faite’. Mais les élus politiques indiens ont continuellement appelé à leur assimilation.

L'assimilation a déjà eu des impacts dévastateurs sur les peuples indigènes à travers le monde. Les Bo ont été assimilés de force par les Britanniques; leur dernière représentante est décédée en 2010.
L'assimilation a déjà eu des impacts dévastateurs sur les peuples indigènes à travers le monde. Les Bo ont été assimilés de force par les Britanniques; leur dernière représentante est décédée en 2010.
© Anvita Abbi/Survival

Les Jarawa eux-mêmes, et non pas les autorités, devraient pouvoir contrôler le type et la fréquence de leurs contacts avec le monde extérieur et choisir les changements éventuels à apporter à leur mode de vie. Jusqu’à présent, les Jarawa n’ont montré aucun signe de volonté de quitter leur forêt pour rejoindre la société dominante.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Ce volte-face catégorique est extrêmement alarmant. C’est pourquoi Survival continuera à mener campagne de manière soutenue pour la fermeture de la route. Que les safaris humains puissent continuer est tout simplement scandaleux. La fermeture de la route aux touristes avait au moins donné une chance aux Andamanais d’en finir avec ces pratiques dégradantes et ignobles et nous ferons tout pour qu’elles ne se renouvellent pas’.

Note aux rédactions :

- Lire le rapport de Survival International ‘Le progrès peut tuer’ qui rend compte des impacts catastrophiques de l’assimilation sur les peuples indigènes à travers le monde.

- Télécharger la lettre de Survival à la Cour suprême

 

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Question de mentalité

Par Le 06/03/2013

Sur le principe de précaution, il existe une limite récurrente, c'est celle de la mentalité des citoyens.

Ici, en Savoie, le département balance des tonnes de sel sur les routes en hiver et les déneigeuses passent et repassent à chaque chute de neige. Et bien, un ami garagiste me disait qu'il était sidéré par le nombre de gens qui roulent sans pneus neige parce qu'ils disent que les routes "doivent" être déneigées...Ils seront évidemment les premiers à se plaindre s'ils finissent au fossé.

Le principe de précaution est par conséquent détournée par des mentalités de profiteurs, de râleurs, de cons. 

Résultat: le nombre d'accidents reste conséquent et le département continue à balancer des tonnes de sel.

Conséquences : une atteinte importante sur les cours d'eau et les nappes phréatiques, sur la flore également. Ne parlons pas de l'état des voitures si vous ne vous astreignez pas à les laver très régulièrement. carosserie pourrie, perforée, rongée. Les gaines de freins de ma voiture ont été "bouffées" par le sel et le frein à main ne fonctionne plus. Tout à changer.

Solution : mettre des pneus neige, se munir de chaînes, partir avec une marge de temps importante, réduire sa vitesse, ne pas freiner mais utiliser le frein moteur...

(C'est dingue en fait d'être amené à écrire des choses aussi évidentes...Cet assistanat, cette déresponsabilisation, cette prise en charge constante...Tout cela ne devrait même pas exister...

Question de mentalité.


"Histoire du salage" (wikipédia)

Il a régulièrement augmenté durant la seconde moitié du XXe siècle pour atteindre plusieurs dizaines de millions de tonnes par an dans les années 2000, essentiellement dans l'hémisphère nord2. Rien qu'au Canada, au début des années 1990, c'étaient environ 4,9 millions de tonnes de sels de voirie qui étaient annuellement rejetés et perdus dans l'environnement2, source d'environ 3 millions de t/an de chlorures qui contaminent les eaux superficielles et souterraines (Environnement Canada, 2001)2,3. Les États-Unis quant à eux en utilisaient de 10 à 20 millions de tonnes/an (2003 Newsletter Envirocast)2. Les pratiques et quantités diffèrent fortement selon les collectivités, mais il est fréquent que pour couvrir leur responsabilité en cas d'accident, les responsables du salage en utilisent bien plus que le strict nécessaire2. En Amérique du Nord, la salinisation des eaux de surface et des nappes tend à augmenter, et « les conséquences environnementales du transport routier de salage ne sont pas encore bien comprises par le public et les décideurs »2. Ce sel est source de contamination des eaux de surface et souterraines, cause des dommages aux arbres et aux infrastructures, et dégrade les écosystèmes locaux4,5.

En France métropolitaine dans les années 2000-2010, environ 750 000 tonnes de sel sont été consommées essentiellement en une dizaine de jours et surtout en montagne. Durant les hivers froids, par exemple en 2004, jusqu'à 1 voire 1,5 million de tonnes sont épandus en France. Le record aurait été battu avant la fin de l'hiver 2009-2010 avec 1,9 million de tonnes de sel déversées sur les routes françaises6, soit plus du double d'une année moyenne.

En Suisse, 106 000 tonnes ont été épandues rien qu'en février 20057,8.

Coûts

En France, à raison de 80 euros par tonne en 2010, le coût annuel du salage en France dépasse les 100 millions d’euros (matériel et personnel compris)9.

Histoire

Le sel était autrefois une denrée trop rare et trop coûteuse dans les pays froids pour l'utiliser pour le déneigement. Quand au XXe siècle, sa production industrielle l'a rendu très disponible, alors que le réseau routier s'étendait dans le monde entier, il a été de plus en plus utilisé pour débarrasser les routes de la neige et du verglas. On utilise aussi dans certains pays ses propriétés hygroscopiques pour lutter contre les envols de poussière en été.

Environ 51 % de la production mondiale de sel est aujourd'hui consacrée par les pays froids à l'entretien des routes.

On a constaté que le chlorure de calcium était plus efficace que le chlorure de sodium (il produit une réaction exothermique avec l'eau, au contraire du NaCl qui quand il fond dans l'eau la refroidit), mais il présente aussi quelques inconvénients (voir plus bas).

Dans le monde, les régions qui épandent le plus de sel en hiver sont l'est du Canada, le nord-est des États-Unis, la Russie et le nord de l'Europe.

Hugo Chavez

Par Le 06/03/2013

Monde

Une «perte irréparable» pour l'Amérique latine

(Mis à jour: )
Le président vénézuélien Hugo Chavez s'adresse à la foule lors d'un meeting à Caracas, le 23 août 2003.
Le président vénézuélien Hugo Chavez s'adresse à la foule lors d'un meeting à Caracas, le 23 août 2003. (Photo Juan Barreto. AFP)

réactions Les pays d'Amérique du Sud ont été les premiers à s'exprimer après la mort d'Hugo Chavez. Le président français souligne qu'il a «profondément marqué l'histoire de son pays».

Les principaux alliés latino-américains du Venezuela ont salué mardi la mémoire du président Hugo Chavez, qualifié d'«homme exceptionnel» dont «la perte est irréparable» pour l’Amérique latine, tandis que le président américain Barack Obama a estimé que le Venezuela «entame un nouveau chapitre de son histoire».

Le régime communiste cubain a décrété un deuil national de trois jours en hommage à son principal allié politique et économique qui avait été hospitalisé durant deux mois à Cuba, avant son retour à Caracas à la mi-février. «Chavez est aussi Cubain ! Il a senti dans sa chair nos difficultés et nos problèmes et a fait tout ce qu’il a pu, avec une extrême générosité (...) Il a accompagné Fidel (Castro) comme un véritable fils et son amitié avec Raul (Castro) est profonde», a indiqué le gouvernement dans un communiqué.

Le président Barack Obama a affirmé que les Etats-Unis soutenaient les Vénézuéliens après la mort de leur dirigeant, et espéré des «relations constructives» avec le futur gouvernement de ce pays. «Au moment où le Venezuela entame un nouveau chapitre de son histoire, les Etats-Unis continuent à soutenir des politiques qui soutiennent les principes démocratiques, l’Etat de droit et le respect des droits de l’homme», a conclu le dirigeant américain.



L'état de droit et le respect des droits de l'homme", par les USA??????? C'est la blague du jour :(



A lire aussi  L'analyse de notre correpsondante aux Etats-Unis

Le président bolivien, Evo Morales, le 14 avril 2012 à Cartagène, en ColombieLe président bolivien Evo Morales (photo AFP), au bord des larmes, s’est lui dit «anéanti par le décès du frère Hugo Chavez», depuis le palais présidentiel à La Paz. Il a indiqué qu’il se rendrait au Venezuela dans les prochaines heures.

«Quand les passions s’apaiseront (...), il ne fait aucun doute que le monde entier reconnaîtra la grandeur d’un homme extraordinaire, courageux, plein d’amour et d’héroïsme», a déclaré le président équatorien Rafael Correa, la voix brisée, lors d’une allocution.

Le gouvernement du Nicaragua, également membre comme la Bolivie et l’Equateur de l’Alliance bolivarienne des Amériques (Alba), inspirée par le président vénézuélien, a estimé que «les hommes exceptionnels et formidables comme Hugo Chavez ne meurent jamais».

La présidente brésilienne Dilma Roussef s'exprime lors d'une conférence de presse le 27 janvier 2013 à Santiago«Le gouvernement brésilien n’a pas toujours été intégralement d’accord avec le président Chavez mais sa disparition représente une perte irréparable. Il était un ami du Brésil et du peuple brésilien», a pour sa part affirmé la présidente de gauche Dilma Rousseff (photo AFP).

«Avenir meilleur et plus prometteur»

«J’ai confiance dans le fait que son amour de la patrie et son engagement pour la cause des plus défavorisés continuera d’illuminer le futur du Venezuela», a de son côté déclaré son prédécesseur à la tête du Brésil, Luiz Inacio Lula da Silva.

En Colombie, le président Juan Manuel Santos a exprimé son «profond regret» pour la mort de Hugo Chavez, rappelant qu’il avait apporté un soutien important pour le processus de paix avec la guérilla marxiste des Farc.

Au Chili, le président Sebastian Pinera a notamment souligné le rôle joué par son homologue vénézuélien dans la création de la Celac (Communauté des Etats latino-américains et des Caraïbes), l’entité régionale fondée lors du Sommet de Caracas en décembre 2011 et dont le premier sommet s’est déroulé à Santiago le 28 janvier, en son absence. «Nous avions des différences mais j’ai toujours su apprécier la force, l’engagement avec lequel le président Chavez luttait pour ses idées», a-t-il conclu.

Au Canada, le Premier ministre Stephen Harper a estimé que le décès du président Chavez ouvre une période de transition qui doit permettre aux Vénézuéliens d’accéder à «un avenir meilleur et plus prometteur».



(Harper est haï par les étudiants, conspué par les écolo, détesté par le milieu ouvrier mais adulé par les banquiers...)



Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a rendu hommage à Hugo Chavez, soulignant qu’il s’était efforcé de «répondre aux aspirations et aux défis des plus vulnérables» dans son pays.

A lire aussi  Notre chronologie interactive, «Du putch manqué à la dérive autocratique»

«Perte d'un champion»

En Europe, le président français François Hollande a estimé que Hugo Chavez avait «profondément marqué l’histoire de son pays». Il «exprimait au-delà de son tempérament et de ses orientations, que tous ne partageaient pas, une volonté indéniable de lutter pour la justice et le développement».

«En tant que président du Venezuela pendant 14 ans, il a marqué les esprits dans son pays et bien au-delà», a pour sa part réagi le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague.

«La Palestine dit adieu à un ami loyal qui a défendu passionnément notre droit à la liberté et à l’autodétermination», a déclaré Nabil Shaath, en charge des relations extérieures du mouvement palestinien Fatah. «Le président Chavez a sans cesse travaillé non seulement pour la dignité et la gloire de son Amérique latine bien aimée, mais aussi pour tous les peuples opprimés, y compris la Palestine, un pays qu’il gardait dans son cœur», a-t-il ajouté.

A Hollywood, le réalisateur américain Oliver Stone, supporteur de longue date d’Hugo Chavez, a affirmé qu’il «restera à jamais dans l’Histoire». L’acteur engagé Sean Penn a également rendu hommage à Chavez, estimant que les personnes pauvres de la planète avaient «perdu un champion» et l’Amérique «un ami qu’elle a toujours ignoré avoir».

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