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Le message de la vraie démocratie

Par Le 03/05/2013

Pour bien comprendre le système...

Etienne CHOUARD

Keny ARKANA : Un autre monde est possible.

Par Le 03/05/2013

UN AUTRE MONDE EST POSSIBLE

"Nous avons besoin de Révolutionnaires, pas de révoltés."

"Combien ils sont, combien nous sommes ?"

"Les capitaux n'ont pas de frontières, ils ont besoin de mobilité, de mouvements et partout où ils passent, ils font des victimes. Des dégâts écologiques, sociaux, économiques, politiques. Par leur puissance, ils arrivent à influencer la politique des nations. Il y a une hégémonie culturelle, psychique, mentale qui accompagnent la domination politique et économique. Il n'y a pas d'arme plus puissante que la maîtrise de l'esprit d'autrui."

Je ne suis pas allée à l'école

Par Le 03/05/2013

Pour ce qui est de la "socialisation", j'irai même encore plus loin que l'article : l'école TUE l'humanisation, elle ne s'intéresse qu'à la socialisation, c'est à dire la capacité à répéter les mêmes erreurs que les aînés...


Le plus grand regret de ma vie sera de ne pas avoir choisi cette école-là pour mes enfants.


http://kaizen-magazine.com/je-nai-pas-ete-a-lecole/

Je ne suis pas allée à l’école…

Valérie et Bertrand ont sept enfants : Hugo, 21 ans, Océane 19, Baptiste 17, Jules 15, Emma 13, Noé 7 ans, Louve 19 mois. Lui est chef d’entreprise. Elle, assure le conseil juridique de l’association « Les enfants d’abord » qui aide les parents qui choisissent de déscolariser leurs enfants.

En 1999, alors que quatre de ses cinq enfants sont scolarisés, Valérie découvre que si l’instruction est obligatoire jusqu’à 16 ans, l’école ne l’est pas. Elle propose alors à ses enfants de vivre avec elle l’aventure. Treize ans plus tard, Valérie et Océane témoignent de leur expérience.

Kaizen : Qu’est-ce qui ne vous convenait pas dans l’école ?

Valérie : Au départ, la manière linéaire d’apprendre, sous la contrainte, les devoirs après des journées harassantes, la souffrance de mon fils ainé qui ne trouvait pas de réponse…

Kaizen : Comment vous y êtes vous prise pour leur faire « l’école à la maison » ?

Valérie : La première année j’ai passé du temps à les observer, à les écouter et à comprendre comment ils fonctionnaient, ce qui les intéressait. Petit à petit, je me suis informée sur les autres pédagogies qui existaient : Cuisenaire (réglettes), Montessori (j’ai utilisé les dictées muettes par exemple), Singapore pour les maths, Les frères Lyons… J’adapte en fonction des demandes.

La famille au grand complet

Kaizen : Et ça a marché ?

Valérie : Oui ! D’autant que je me suis rendue compte que, quoi qu’il arrive, les enfants apprennent ! Ils apprennent seuls à marcher, à parler… Nous n’avons pas besoin de contrôler les enfants pour cela. C’est avant tout une question de confiance. Ils apprennent en lisant des livres, en rencontrant des gens, en posant des questions, en regardant des films, en cherchant sur Internet. Comme nous ! J’ai appris à lâcher prise sur cette idée bien enracinée de l’adulte qui sait et qui va apprendre à l’enfant…

Valérie et Louve

Kaizen : A quoi ressemble l’une de vos journées ?

Valérie : En général, nous sommes tous ensemble pendant une heure le matin (Baptiste, Jules et Emma) autour d’un livre (collection philo par exemple) ou d’un article et nous discutons ensemble du sujet abordé. Après je vois chacun des enfants sur ses projets en cours. Celui qui passe le bac français, Emma qui s’intéresse aux oiseaux et avec qui l’on construit des nichoirs, un atelier pour apprendre à faire des fourchettes en bois tous ensemble, une sortie au palais de la découverte…

Je joue avec Noé dans la journée. Là, il lit une page par jour d’un livre pour apprendre à lire. La très grande partie pour ne pas dire toute la journée il joue, regarde des bouquins, vient faire du sport, passe beaucoup de temps à la ferme pédagogique du Piqueur (le mercredi et toutes les vacances scolaires). Nous sortons beaucoup (musées, expos, débats), nous voyageons…

Kaizen : Comment avez-vous fait pratiquement ? Est-ce que vous travaillez ?

Valérie : Je travaille à la maison. Et puis nous ne restons pas collés toute la journée les uns aux autres. Il faut arrêter de considérer que l’on doit absolument être avec les enfants pour qu’ils apprennent. Si l’environnement est favorable et qu’ils ont accès aux livres, à des sorties, à l’ordinateur, ils peuvent, pour partie, se débrouiller sans vous. Ceci dit, tous les métiers ne s’adaptent pas à ce type de fonctionnement.

Kaizen : Et sur l’aspect de la socialisation ? On a coutume de dire que l’école remplit aussi cette fonction…

Valérie : Ce n’est pas parce que les enfants ne vont pas à l’école qu’ils restent toute la journée enfermés à la maison ! Ils ont des activités associatives qui leur permettent de rencontrer des gens, et passent beaucoup de temps avec leurs copains.

Kaizen : Qu’est-ce qui compte le plus pour vous dans cette expérience ?

Valérie : Pouvoir vivre avec mes enfants. C’était ma première motivation. Un jour je me suis dit : « Valérie, tu as mis des enfants au monde et tu es leur nounou. » Je me suis rendu compte qu’ils passaient beaucoup plus de temps à l’extérieur qu’en famille. Et je me suis demandé : à quoi bon avoir des enfants si ce n’est pas pour partager, pour grandir avec eux ? Aujourd’hui, quand je vois leur épanouissement et la qualité de nos relations, je ne le regrette pas…

Océane a maintenant 19 ans, après des années de déscolarisation elle est aujourd’hui à la fac…

Kaizen : Quand as-tu quitté l’école ?

Océane : J’ai été à l’école jusqu’en CM1.

Océane fait une expérience à la Cité des Sciences

 

Kaizen : Qu’est-ce qui a le plus changé pour toi ?

A peu près tout ! Mon quotidien, ma façon d’apprendre, la relation avec ma famille…

Kaizen : tu es aujourd’hui à l’université, qu’est-ce qui t’a donné envie de retourner dans le contexte scolaire ?

J’étais attirée par la biologie et j’avais envie de creuser cette voie. A partir d’un moment, il n’y a plus vraiment le choix, il faut passer les diplômes. Avec mon frère nous avons décidé de passer un bac S. Nous avons potassé les annales deux mois et demie avant les examens et je l’ai eu au ras des pâquerettes.

Kaizen : la réadaptation a été facile ?

Je sais m’asseoir sur une chaise, écouter quelqu’un qui parle et prendre des notes, donc en gros ça va ! (rires) J’étudie ce qui me passionne, mais je m’ennuie horriblement. Je n’ai jamais eu l’impression de passer autant de temps à apprendre si peu de choses. Si j’avais été toute ma scolarité dans ce contexte, mon cerveau se serait atrophié !

Kaizen : Avec le recul, qu’est-ce qui te semble ne pas fonctionner dans le modèle scolaire actuel ?

La façon d’apprendre ! Se retrouver toute la journée assis derrière une chaise à entendre quelqu’un nous déverser un cours, puis apprendre par cœur tout ça quinze jours avant les examens pour tout oublier après, je ne vois pas à quoi ça sert. En dehors de l’école j’ai appris des milliers de choses en rencontrant des gens (adultes et enfants), en voyageant, en lisant des livres, en vivant des expériences…

Kaizen : Après coup est-ce que tu es heureuse que tes parents t’aient proposé ce choix ?

Je les remercie tous les jours ! C’était d’une richesse incroyable de pouvoir apprendre de cette façon, d’être libre…

Kaizen : Est-ce que tu laisseras le choix à tes enfants ?

Oui bien sûr. Mais honnêtement entre aller à l’école et ne pas y aller, le choix est vite fait ! Et puis, j’ai eu un tel bonheur à vivre cette expérience que j’ai vraiment envie de la faire partager à mes enfants.

Propos recueillis par Cyril Dion

 

Les vautours

Par Le 03/05/2013

Non, il ne s'agit pas d'une énième diatribe sur "nos" chers politiciens qui nous coûtent très cher d'ailleurs mais sur les vrais vautours.

  Cet article a au moins le mérite de ne pas laisser transparaître la moindre prise de position. Purement factuel et c'est très bien.

Certains vont être révulsés, d'autres diront qu'il s'agit d'une situation purement naturelle.

D'autres vont parler de surpopulation de ces rapaces et de leur propension à fondre sur tout ce qui tombe.

Oui, c'est le pirncipe. Il est impossible de leur en vouloir.

La surpopulation, elle est avant tout humaine. Je ne rappellerai pas le nombre effrayant d'espèces que l'homme a exterminées et la liste tout aussi effrayante de celles qui sont en sursis.

J'imagine que pour les proches, l'acceptation sera douloureuse. Je rappelle tout de même qu'au Bouthan, les morts sont donnés aux vautours, en hommage à la vie...

On est ici face aux valeurs éducatives, religieuses, sociétales, le respect des morts etc etc... Mais les vautours, eux, sont vivants. Il s'agit donc en les nourrissant d'un respect de la vie.

Personnellement, si c'était autorisé, j'accepterais immédiatement de leur servir de repas. Après avoir été découpé, au cas où quelque chose puisse être récupéré. Pour la viande, plutôt que de l'offrir aux vers et bactéries ou de consommer du gaz pour l'incinérer, il m'est plus agréable de l'imaginer dans l'estomac de ces magnifiques oiseaux.


http://lci.tf1.fr/france/faits-divers/apres-une-chute-de-300-metres-une-randonneuse-se-fait-devorer-7950368.html

Pyrénées : le corps d'une randonneuse dévoré par des vautours

par
le 03 mai 2013 à 11h26 , mis à jour le 03 mai 2013 à 12h04.
Temps de lecture
3min
Vautour fauve en France
Vautour fauve en France / Crédits : PATRICK VALASSERIS / AFP

Faits diversA Larrau (Pyrénées-Atlantiques) une randonneuse de 52 ans s'est tuée lors d'une chute de 300 mètres. Le Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) a découvert les restes de son corps, dévoré par des vautours.

Une randonneuse de 52 ans, accompagnée de son mari et d'un ami, s'est tuée en faisant une chute en montagne, après avoir dévalé une pente située sur le pic de Pista dans les Pyrénées, à 1779 mètres d'altitude. Son corps a été retrouvé quelques heures plus tard dévoré par les vautours.

Les faits se sont produits le 14 avril dernier. "Les trois randonneurs voulaient prendre un raccourci, a expliqué ce vendredi à MYTF1News le Major Didier Pericou du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM), qui s'est rendu sur place en hélicoptère pour porter secours à la victime. La randonneuse a glissé sur la neige, dévissé sur 300 mètres, sauté trois barres rocheuses d'une vingtaine de mètres chacune avant de s'arrêter au pied de la face nord du pic", a poursuivi le gendarme, confirmant une information du site kairn.com.

Les deux autres marcheurs ont tenté de la retrouver, en vain. Ils ont appelé le PGHM qui est arrivé sur place 35 minutes plus tard. "Au premier passage en hélicoptère, nous avons vu de nombreux vautours, sans faire le rapprochement avec ce que nous allions découvrir, raconte le major. Puis, 10 minutes plus tard, nous découvrons le corps de la victime... Du moins, ce qu'il en reste. Au sol, il n'y avait plus que des ossements, des habits et des chaussures".

"Décédée dans sa chute"

Entre 20 et 30 rapaces volaient dans le ciel. "Ils ont mis entre 45 et 50 minutes pour manger le corps. Au vu des nombreuses fractures au fémur, au niveau des côtes, il était sûr qu'elle était décédée dans sa chute", poursuit le gendarme, exposant le diagnostic établi par l'urgentiste qui était sur place.

Ce n'est pas la première fois qu'un tel drame se produit. Un accident similaire avait eu lieu en 2012 au Pic du Midi d'Ossau dans les Pyrénées.

L'homme qui plantait des arbres.

Par Le 01/05/2013

Il a planté une forêt à lui seul

Il a planté une forêt à lui seul

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Voici l’histoire digne d’un conte ou d’une vieille légende indienne. C’est celle de Payeng, un homme qui n’a jamais voulu renoncer. Depuis plus de 30 ans, il fait pousser des arbres sur un simple banc de sable. Devenu une véritable arche de Noé, le petit havre de paix de Johrat s’est transformé en refuge pour plusieurs animaux, dont des tigres du Bengale et des rhinocéros menacés d’extinction.

Payeng, l’homme de la forêt

payengL’histoire commence il y a plus de 30 ans sur l’île de Majuli, en Inde. La petite étendue de sable flottant sur la rivière est régulièrement victime de fortes crues, qui pourraient causer sa perte en quelques décennies à peine.

Payeng qui vit là-bas avec sa famille a eu le choc de sa vie, lorsqu’il découvrit un jour de l’année 1979 des centaines de milliers de corps inanimés de serpents gisant sur sur le sol : « Les serpents étaient morts de chaleur, il n’y avait pas d’arbres pour les protéger. Je me suis assis et j’ai pleuré sur leurs corps sans vie. C’était un carnage. J’ai alerté le ministère des Forêts et leur ai demandé s’ils pouvaient planter des arbres. Ils m’ont répondu que rien ne pousserait ici et m’ont dit d’essayer de planter des bambous. »

Si la plupart d’entre nous auraient sans doute baissé les bras, Payeng lui s’est plutôt retroussé les manches. Le jeune homme âgé alors de 16 ans à peine s’est effectivement attelé à la tâche qui deviendra l’oeuvre de toute une vie.

Il commença à planter des bambous, un par un. Au bout de quelques années de travail en solitaire, le banc de sable est devenu une petite forêt de bambous. Payeng ne s’est pas arrêté là. « J’ai alors décidé de faire pousser de vrais arbres. J’en ai ramassé et je les ai plantés. J’ai aussi rapporté des fourmis rouges de mon village : les fourmis rouges changent les propriétés du sol. J’ai été piqué plusieurs fois ».

L’Arche de Payeng, un refuge pour la faune et la flore

rhino_java1C’est alors que Payeng a recrée un véritable écosystème : d’autres végétaux se mirent à pousser, des oiseaux migrateurs sont arrivés ainsi que des espèces menacées comme le rhinocéros ou le tigre du Bengale, attirés par le bétail venu en masse.

Ce qui est incroyable c’est que cette oasis soit restée inconnue des autorités pendant 30 ans. Le ministère des Forêts eut vent de cet endroit en 2008, lorsqu’un troupeau d’une centaine d’éléphants y a trouvé refuge après avoir détruit des villages sur leur passage, et la cabane de Payeng.

“Nous avons été surpris de trouver une forêt aussi dense sur le banc de sable. Les gens du coin dont la maison avait été détruite par les pachydermes voulaient abattre ce bois, mais Payeng leur a dit qu’il faudrait le tuer d’abord. Il traite les arbres et les animaux comme si c’étaient ses enfants. Quand on a vu ça, on a décidé de contribuer au projet. Payeng est incroyable. Ça fait trente ans qu’il est là-dessus. Dans n’importe quel autre pays, il serait un héros.”

Cette histoire incroyable d’un seul homme capable de changer le monde a de quoi être saluée !

*

Magouilles entre amis.

Par Le 01/05/2013

"« Le luxe corrompt à la fois le riche et le pauvre, l'un par la possession, l'autre par la convoitise ; il vend la patrie à la mollesse, à la vanité ; il ôte à l'Etat tous ses citoyens pour les asservir les uns aux autres, et tous à l'opinion ». Jean-Jacques Rousseau.

Mais lorsque l’État et la société en général, prônent le matérialisme comme vertu, lorsque les dirigeants d'une "démocratie" se vautrent et s'humilient pour accroître leurs richesses, lorsque seules des valeurs mercantiles sont mises en avant, il faudra bien que le système s'écroule sur lui-même pour qu'une autre voie apparaisse.

Nos sociétés foncent dans un mur. Et finalement, j'attends avec impatience qu'elles accélèrent.


Est-ce qu'il y a UN seul politicien qui ne soit pas corrompu ? Juste UN ?...Le fils de Fabius qui ne paie pas d'impôts achète un appart de 7 millions. Mais alors, moi qui paie des impôts, pourquoi je ne possède pas un appart d'au moins 10 millions ? C'est incompréhensible...http://www.francetvinfo.fr/le-parquet-intrigue-par-l-achat-d-un-luxueux-appartement-par-le-fils-de-laurent-fabius_314229.html?xtatc=INT-1%3Dobinsource


C'est ce qu'on appelle une tournée médiatique. Après Canal+ et LCI, c'est au tour du journal télévisé de France 2, ce mardi soir, de recevoir Claude Guéant, invité à s'expliquer sur les 500 000 euros trouvés sur son compte et à se défendre de tout blanchiment d'argent, détaillant au passage un système de "primes de cabinet"

Claude Guéant, ex-ministre UMP, a ainsi affirmé sur France 2 que des primes en liquide ont bien été versées aux fonctionnaires du ministère de l'Intérieur "jusqu'à 2006". L'ex-secrétaire général de l'Elysée fut un proche collaborateur de Nicolas Sarkozy lorsque ce dernier était ministre de l'Intérieur, de 2002 à 2004 puis de 2005 à 2007. 

Il était de nouveau contraint de s'expliquer sur les fonds retrouvés à son domicile lors d'une perquisition en février, dans le cadre de l'enquête sur un présumé financement illégal par la Libye de la campagne présidentielle de 2007. Et de factures payées en liquide "pour une somme de 20 à 25 000 euros". 

"Menteur" ou "voleur", lui lance Bachelot

"Il y avait deux régimes" de primes en liquides, selon Claude Guéant, pour rémunérer en espèces les membres de cabinets ministériels. Le premier, "un régime général sur les fonds dits secrets", auquel Lionel Jospin a mis un terme en 2002. Le second, "pour ce qui est du ministère de l'Intérieur", était un régime spécifique de primes concernant "des milliers de personnes" et sur lequel étaient "alignés" les membres de cabinet.  

"C'est absolument impossible d'avoir touché des primes de cabinet à partir de 2002", lui avait rétorqué ce mardi Roselyne Bachelot, ancienne ministre, ajoutant que son ancien collègue Guéant était "soit un menteur, soit un voleur". 

"Quand vous avez plusieurs milliers de fonctionnaires qui bénéficient de ce système, vous ne le changez pas du jour au lendemain", a plaidé Claude Guéant sur France 2, précisant qu'avec Nicolas Sarkozy comme ministre, "nous nous sommes efforcés bien sûr et nous avons réussi, en 2006, à mettre un terme à ce dispositif" pour payer "par virement". 

Claude Guéant dirigea lui-même la place Beauvau entre 2011 et 2012. "Les primes sont justifiées, ce sont des fonctionnaires, je ne parle pas de moi, qui travaillent très dur, qui sont très compétents, ils ont une indemnité", a-t-il détaillé.  

Des fonds de la DGPN pour "enquête"

De source gouvernementale, on explique que l'ex-ministre fait vraisemblablement allusion à un fonds spécifique à l'Intérieur dévolu aux "frais d'enquête et de surveillance", sous responsabilité du Directeur général de la police nationale. C'est à la justice d'éclaircir le caractère légal ou non de l'emploi de ces sommes à d'autres fins. 

"Je n'ai jamais rien blanchi, je ne sais pas comment on fait ça", avait-il affirmé peu avant sur un autre plateau, celui de Canal+. "Ces informations qui sont diffusées me portent préjudice, portent atteinte à mon honneur, me peinent, c'est déloyal", a-t-il ajouté, déplorant que le secret de l'instruction soit "de plus en plus souvent bafoué". 

Sur ce demi-million d'euros, provenant d'un compte à l'étranger, Claude Guéant a de nouveau affirmé qu'il s'agissait d'une "transaction privée" il y a" une vingtaine d'années" de deux tableaux ensuite vendus en 2008. Il assure avoir en sa possession les pièces justificatives à la vente, qu'il "réserve à la justice".


Pas de TGV dans le jardin de maman

le Mercredi 1 Mai 2013 à 07:20

Un ex-conseiller de Christine Lagarde aurait fait changer le tracé d'une ligne LGV pour sa mère. L'art contemporain ne connaît pas la crise. Et une nouvelle arme anti-marée noire

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Décidément les révélations se succèdent dans la presse sur des affaires qui mettent en cause des politiques ou leurs proches...

Pas de quotidiens aujourd'hui pour cause de Fête du Travail, mais il y a les sites Internets des journaux et les magazines.

Après les révélations du Canard Enchaîné sur les tableaux et l'argent liquide de Claude Guéant, Le Point révèle à son tour une affaire concernant cette fois Thomas Fabius, le fils du ministre des Affaires étrangères avec cette question : comment le fils du numéro deux du gouvernement qui ne paie pas d'impôt sur le revenu a-t-il pu acheter un appartement parisien de 7 millions d'euros sans que le fisc cherche à en savoir plus ?

Thomas Fabius a expliqué au Point avoir financé son achat par un emprunt bancaire assorti d'une mystérieuse garantie. D'autres sources impliquées dans la vente évoquent des gains de jeu.

Selon Le Point, Thomas Fabius n'a fait en tout cas l'objet d'aucune enquête fiscale, malgré un signalement de Tracfin, le service chargé de repérer les circuits financiers clandestins.

Et troisième affaire toujours dans la presse : elle concerne cette fois un proche de Christine Lagarde...

Sud Ouest annonce qu'un ancien conseiler de Christine Lagarde au ministère de l'Economie, François-Gilles Egretier, vient d'être mis en examen pour prise illégale d'intérêt par le juge Renaud Van Ruymbeke.

Cet ex-conseiller de l'actuelle directrice générale du FMI est soupçonné d'être intervenu pour faire modifier le tracé de la future Ligne à Grande Vitesse qui devait passer par le jardin de sa mère.

Yann Saint-Sernin raconte dans Sud Ouest qu'il y a trois ans, lorsque l'État et les collectivités valident le projet de LGV sur la petite commune d'Uchacq-et-Parentis, à quelques kilomètres de Mont-de-Marsan, c'est la douche froide. Soixante maisons sont impactées. Dont une qui est celle de la mère de François-Gilles Egretier.

Même la gazette communale se fait très peu discrètement l'écho d'une intervention en haut lieu d'un habitant de la commune
et remercie en passant son "antenne parisienne", Monsieur Egretier.

Quelques mois plus tard, le tracé LGV est providentiellement modifié. épargnant cette fois le jardin de Mme Egretier mais pas celui d'une quinzaine d'autres habitants qui déposent une plainte.

Pour Sud Ouest, c'est un dossier où l'amour filial d'un haut fonctionnaire rejoint le désarroi d'élus de petites communes qui ont vu débouler une Ligne à Grande Vitesse chamboulant l'urbanisme local.  Une histoire qui serait restée presque banale sans le jardin d'une maman...


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Le Point.fr - Publié le

Pierre Bachelot, le fils de la ministre de la Santé Roselyne Bachelot - Photo prise en 2000 © ANDANSON/SIPA
Pierre Bachelot, le fils de la ministre de la Santé Roselyne Bachelot - Photo prise en 2000 © ANDANSON/SIPA
lepoint.fr

C'est une nomination qui ne devrait pas passer inaperçue. Pierre Bachelot, fils de la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, a été nommé à la direction générale de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé. Il entrera en fonction mardi. Il s'agit d'un poste de chargé de mission directement attaché auprès de la directrice générale de l'Institut, une fonction qui existait déjà ponctuellement, mais qui a été mise en valeur dans le cadre de l'élaboration du projet d'établissement de l'INPES et du changement récent de l'organigramme. Pierre Bachelot sera chargé de développer une stratégie d'influence ou de lobbying, notamment auprès du Parlement, et de veiller à ce que la santé soit intégrée dans toutes les politiques publiques.

Pierre Bachelot, qui est âgé de 41 ans, est diplômé de l'Institut supérieur des Arts de Paris. Son cursus professionnel est lié au parcours politique de sa mère. L'actuelle ministre de la Santé a été députée RPR du Maine-et-Loire, puis députée européenne, ministre de l'Écologie. Pierre Bachelot a été assistant parlementaire de sa mère entre 1992 et 2002, attaché parlementaire au cabinet de la ministre de l'Écologie (de mai à juin 2002), puis conseiller parlementaire de juin 2002 à mars 2004, une fonction qu'il occupait également au cabinet de la ministre de la Santé depuis juin 2007... De 2004 à 2007, Pierre Bachelot a également été responsable des relations institutionnelles d'un groupe industriel spécialisé en environnement.


35 Commentaires

peje le 20/06/2010 à 22:49

because

Oui je crois que nous sommes retombes au 19ème siècle. Pour ma part cela fait 12 ans que je suis interdit de travailler pour des contrats qui ne dépassent pas 4 mois on m'a proposé cet hiver un travail d'une journée et je cours pour mériter un contrat de trois jours malgré un niveau Bac+4 en informatique et prétendument interdit de passer un Master toujours dans le même domaine. Fantastique ! Sinon le terrorisme biologique est en pleine vitesse et les séjours à l'hôpital diminue mais pour les soins + ou - efficaces Il faut attendre un mois et demi pour avoir un rendez - vous pour un détail de santé qui a commencé cet hiver. Alors pour moi liberté, égalité, et fraternité ne veulent plus rien dire. Je remplacerais cela par discrimination, humiliation, et privation du droit au travail. J'ai encore plein de choses à dire, alors je n'ai trouve de refuge que dans l'indifférence. Sans commentaires mais je n'en pense pas moins. Heureusement qu'ils existent d'autres pays sur cette monde.

Dan78 le 11/06/2010 à 01:10

Récidivistes

Mme Bachelot et son fiston n'en sont pas à leur coup d'essai. Ce sont même des récidivistes. Déjà en janvier 2008 Le Canard enchainé avait révélé que le fils Bachelot était logé dans un appartement de la Ville de Paris de 80 m2 donnant sur le parc André Citroën, pour un loyer d'à peine 800 euros. Logement fourni grâce au maire de l'époque, Galy-Dejean.
[...]

Le recruteur le 27/05/2010 à 22:59

CV totalement vide

Que du pipo et du vent ! Ca ne mérite qu'un RMI !

Fredus le 27/05/2010 à 22:53

Maman et son fils

Quoi de plus touchant qu'une mère qui veille sur sa progéniture ? Le seul problème, c'est que la progéniture est aujourd'hui âgée de 41 ans et que le cordon ombilical n'est pas coupé. Les dégâts peuvent sans doute être constatés aux deux bouts du cordon et ne feront qu'aller croissant. Je leur souhaite bon courage à tous les deux, car je n'aimerais pas être à leur place !

zou le 27/05/2010 à 22:31

Périphrase...

Joli pour la période 2004-2007 où le pantouflage dans une multinationale coincide avec la période où sa mère n'était plus ministre. Quasi orphelin donc !

cqfd le 27/05/2010 à 22:20

... l'Art est difficile !

Des Arts à la Santé ! N'importe quel employeur, n'importe quel DRH de groupe pharmaceutique aurait mis le CV au panier sans donner suite car hors sujet, en se demandant comment quelqu'un de diplômé peut-il commettre pareille hérésie et lui faire perdre son temps ! Combien y a t-il tous les jours de par le monde de candidats qui ne sont pas recrutés bien qu'ayant le profil au prétexte qu'il leur manque un petit quelque chose ! Dans ce cas précis ce serait plutôt l'INPES qui se serait reconverti pour faire, peut-être à présent, dans l'Art !

daniel61 le 27/05/2010 à 22:07

Merci Maman

Et vive la démocratie hériditaire...
UMP-PS, même combat : placer le maximum de la famille et des amus dans des planques bien rémunérées, et que le peuple se taise, ces gueux !

Phil le 27/05/2010 à 21:56

République ?

Nos politiciens ont le sens de la famille, comme les familles nobles d'avant 1789. Je croyais qu'en république seul le mérite comptait ?

foxtofox le 27/05/2010 à 21:55

Pistonne ?

Qu'allez-vous chercher là ? Cela est l'évidence même que le fiston est la personne la plus compétente à ce poste ! Comment pouvez vous tous immaginer un seul instant que maman a oeuvré pour placer son fiston, tout le monde sais que dans notre monarchie républicaine seul le mérite est récompense ! Epad ça ne vous dit rien ?

Herodote le 27/05/2010 à 21:43

La France réelle (!)

Voici une des forme de notre nouvelle France
que voudrait dessiner le pouvoir plébiscité
par plus de 53 % des votants en 2007...


DE QUOI REMPLIR DES PAGES ET DES PAGES...Et ils viennent nous donner des leçons...

Qu'ils crèvent.

Mr Guillotin, vous me manquez.


L'ego encapsulé (2)

Par Le 30/04/2013

Le modèle du moi le plus commun est celui du moi individuel, séparé et distinct du monde. C'est un paradigme extrêmement puissant et tous les schémas de pensées qui en résultent conditionnent notre rapport aux autres et à la Terre. Le philosophe Alan Watts a surnommé cela "l'ego encapsulé de peau" (skin-encapsulated ego), ce qui est à l'intérieur de la peau est moi, ce qui est en dehors d'elle n'est pas moi. Toutes nos expériences, nos perceptions, nos rapports, nos relations sont générées par ce paradigme et nous modelons la réalité en conséquence. Nous transformons en fait la réalité puisque nous n'en percevons que la partie inhérente à cette façon de penser et de vivre. Il est dès lors quasiment impossible dans la cadre d'une vie formatée de sortir de cette enceinte et de s'ouvrir de nouveaux horizons. Nous n'avons même pas conscience qu'il puisse exister une autre réalité, ou plutôt une extension de la réalité.

Et je me heurte par conséquent à ce conditionnement dans ma classe, avec des enfants qui n’ont pourtant que dix, onze ans. Compétition, comparaison, jalousie, violences verbales et physiques, intimidations, chantages, mouvements de groupes contre l’exclu, mensonges, racket… Sans cesse plus haut sur l’échelle de la dégradation, de plus en plus jeunes. L’impression qui en ressort, si j’oublie les visages et que je ne prends en compte que les comportements, c’est de rencontrer constamment une forme de pensée totalement folle…

L’ego encapsulé. 

Le moi existe, il ne s'agit pas de le nier, c'est une réalité mais il n'est pas une entité fermée. Elle a été fermée. Le paradigme le plus développé a pris le pas sur toutes autres formes de perceptions. On peut bien entendu se demander ce qui a poussé l'être humain à une telle diminution de se perception...Un égocentrisme surpuissant peut-être lié à sa fragilité originelle. Le besoin de se sauver au cœur d'une Nature insoumise. C’est là que j’entrevois ces « caractères ancestraux » dont j’ai déjà parlé. Le goût du pouvoir sans doute également. Prendre la place du chef à la place du chef. Et le chef se doit d'être le Maître du monde pour recevoir l'adhésion du groupe. La Nature en devenant l'ennemi à dominer offrait un piédestal à ce goût du pouvoir... Juste des hypothèses bien entendu... On ne peut pas résumer une évolution aussi considérable en deux ou trois idées...

Mais ce qui est essentiel, c'est d'accepter l'idée qu'un paradigme n'est qu'une méta théorie, non pas une "méta réalité", ni encore moins le Réel.  Il est donc toujours possible de changer de théorie, il suffit de changer de regard... L'intellect suivra. Et fondera une autre théorie. La théorie n'a pas d'existence propre, elle est créée par un raisonnement. Effaçons le raisonnement ou changeons le et la théorie se transforme, rien n'est figé.

La tectonique des plaques restera à mon sens un des exemples les plus puissants de cette évolution possible. Wegener a commencé par observer, par regarder, par comparer les éléments naturels qu'il trouvait : les fossiles. Et puis il a travaillé sur les cartes de la Terre. Juste des regards à la source et puis les raisonnements qui s'emballaient...Mais les scientifiques de l'époque ne voulaient pas de ce changement de paradigme parce qu'ils auraient dû admettre que leurs théories précédentes étaient fausses, c'était une remise en cause inacceptable. Il s'agissait pourtant de scientifiques mais leurs connaissances paraissaient sérieuses et fondées aux yeux de tous et il ne leur était pas possible, intellectuellement parlant et existentiellement d'admettre une erreur...

L'ego encapsulé. Une force d'inertie redoutable. Le pouvoir ne peut pas tomber de cette façon. C'est insupportable. Le chef doit résister pour préserver son statut…

Nous sommes sans cesse, générations après générations, dans la même situation. Les scientifiques ont bien évidemment raison puisque toutes les preuves qu'ils ont apportées correspondaient aux recherches qu'ils menaient. On trouve ce qu'on cherche, c'est une évidence. Et puisqu'on l'a trouvé, c'est que c'était juste... Pour trouver autre chose, il faut aller chercher ailleurs. Mais là les scientifiques courent le risque de ne pas être subventionnés, de perdre leur poste, de ne pas voir publier leurs recherches ou de ne même pas obtenir les fonds pour les mener à terme.

Je pense de plus en plus que les recherches scientifiques s'engageront dans des voies différentes lorsque le peuple lui-même mettra en avant les priorités qui l'occupent. C'est de la masse que viendra le changement en haut de la pyramide. Sans doute aussi parce que nos egos encapsulés le sont moins que ceux qui l'ont renforcé au cœur de leur parcours universitaire...

Heureusement, à l'opposé d'un Gilles de Robien, on trouve les Rupert Sheldrake, John Lilly, Jean Marie Pelt, Stanislas Groff, Prigogine, David Bohm, Michael Sabom, Raymond Moody...

Les "coïncidences" ne nous apparaissent qu'à travers le filtre de notre "moi encapsulé". Tout comme les énigmes médicales. Juste un champ d'investigations qui est limité par le rationalisme ambiant. Si on avait accepté d'écouter par exemple les peuplades "primitives" un peu partout sur la planète, on n'en serait pas là... Il y a un manque effrayant d'humilité dans notre cheminement intellectuel parce que justement, ça n'est qu'un cheminement intellectuel...

Et puisque ce cheminement intellectuel est devenu la norme avec la bénédiction de la science, il est extrêmement difficile d’en sortir. L’éducation entretient le paradigme, l’enseignement lui emboîte le pas, le monde professionnel en est l’aboutissement le plus pervers… Le matérialisme en étendard.

Comment sortir de ce moi encapsulé ? Il faut déjà en prendre conscience… Réellement et pas dans un espace intellectuel.

Comment s’y prendre ?

Comment parvenir à concilier nos vies « modernes » avec un attachement à la quête spirituelle ?

Comment préserver les enfants du paradigme totalitaire ?

Comment éveiller en eux une dimension spirituelle étant donné qu’elle est la seule démarche permettant d’envisager une évolution verticale.

L’extension de l’homme s’est faite sur un plan horizontal, environnemental. Même la démarche scientifique répond à une intention de pouvoir. L’altruisme est une utopie morte.

La démarche spirituelle propose une extension verticale à ceux qui parviendront à plonger dans leurs propres abysses.

La futilité n’est pas de mise dans cette exploration.

Mais la futilité est l’arme du pouvoir dans le monde horizontal. La futilité incite à ne rien comprendre et à s’en réjouir. Le pouvoir accorde une importance considérable au développement de la futilité. Il y met des moyens gigantesques.

Les enfants adopteront donc le paradigme de leurs parents, de leurs enseignants, de leur société. Ils n’y comprendront rien mais ils lutteront de toutes leurs forces pour le préserver.

C’est déjà le cas dans ma classe.

Et ça me fait un mal de chien. Jour et nuit.

Ecole Montessori

Par Le 30/04/2013

Que peut nous apporter la pédagogie Montessori ? avec Marilyne MAUGIN, institutrice Montessori

SOS Education - Les Ateliers du mercredi

Date de l'atelier : le 27 / 03 / 2013

SOS Éducation a organisé un atelier du mercredi, le 27 mars dernier, réunissant une vingtaine d’enseignants venus de tous les horizons, public, privé, privé hors contrat, autour d’une intervenante Maryline Maugin, éducatrice Montessori.

Maryline a enseigné pendant plusieurs années dans des écoles Montessori, aujourd’hui elle s’est tournée vers la transposition de cette pédagogie sur iPad et sur iPhone. Elle intervient dans le cadre de cet atelier avec une question en tête : Maria Montessori a créé cette pédagogie pour les enfants déficients, souvent nécessiteux et aujourd’hui on ne la retrouve proposée que dans des écoles réservées à une élite.
Pourrait-on faire évoluer les choses ?

Une rencontre avec une philosophie

Maria MontessoriVouloir introduire un embryon de philosophie Montessori dans une classe où l’on est seule avec trente élèves, n’est pas une mince affaire, ni même complètement réaliste, mais on peut, en tous les cas s’inspirer de ce que ce médecin, Maria Montessori, a su développer en partant de l’observation de l’enfant et des étapes de son développement.

Maria Montessori a développé beaucoup de matériel pédagogique que l’on peut introduire à plus ou moins forte dose dans sa classe.

Mais il faut d’abord se défaire d’un certain nombre d’idées reçues sur cette pédagogie. Quand on l’observe de loin, on a souvent l’impression que c’est du n’importe quoi, que les enfants font ce qu’ils veulent, comme ils veulent : faux.

 

Tout est orienté pour favoriser la concentration

Les premières heures de classe, c’est vrai, se déroulent dans un certain brouhaha. Mais tout l’enjeu va être justement d’arriver à dépasser cette situation. L’espace des classes Montessori est très organisé.

En général, en quatre coins : vie pratique, sensoriel, langage, mathématiques. Au départ, le coin vie pratique est celui qui prend le plus de place et plus l’enfant grandit, plus les autres seront importants.
L’atelier vie pratique est l’atelier qui va permettre de construire progressivement la capacité de l’enfant à se concentrer.

Des activités à proposer auxquelles on ne pense pas toujours

Classe MontessoriLes activités proposées surprennent ; on apprend à rouler et dérouler un tapis, à ranger, à laver du linge, à soulever une chaise sans faire de bruit, changer l’eau des fleurs, presser une éponge, etc...

Le matériel doit être présenté à chaque enfant et toujours de la même manière, en se plaçant à la gauche de l’enfant, du côté du cœur, non seulement en chuchotant mais aussi en en disant le moins possible. « Si vous visitez une classe Montessori en milieu d’année, vous êtes d’abord surpris par le silence, ce sont des classes où l’on chuchote », souligne Maryline.

Pour tenir cette pédagogie, il faut absolument comprendre l’importance de l’adulte, son rôle. C’est lui qui montre à chaque enfant, qui remontre si nécessaire. Il faut être précis à la fois dans ses gestes et dans le vocabulaire que l’on emploie.

Et c’est l’adulte qui est maître du cadre et le cadre est extrêmement important.

 

Évaluer en permanence

éleves apprenant avec la méthode MontessoriC’est une pédagogie qui repose sur l’observation et l’évaluation en permanence de chaque élève. L’adulte doit avoir la capacité de porter une appréciation sur chaque élève face à chaque activité. C’est loin d’être évident.
Il doit être particulièrement vigilant si des enfants s’enferment dans certaines activités. Il faut qu’il arrive à les amener vers d’autres.

Les classes Montessori ne proposent pas pour les tout-petits de coin poupées, kapla ou voiture. Tout est organisé à travers des plateaux d’activité conçus avec précision. Les plateaux suivent une progression logique, l’enseignant doit donc veiller à ce qu’ils soient toujours placés exactement au même endroit.

C’est un investissement pour l’enseignant qui doit à la fois s’approprier une philosophie, guider, veiller et bien souvent se remettre en question.

Le matériel Montessori

Chaque matériel correspond à un apprentissage. Les passer en revue donne des idées à chacun sur tout ce qu’il peut faire avec un balai, un plumeau ou une éponge mais aussi avec du matériel plus spécifique.

Lettres rugueuses - Montessori
Les lettres rugueuses
 : on les connait tous plus ou moins, d’autant que certains éditeurs ont commencé à les commercialiser auprès du grand public.
L’intérêt pour l’enfant est de voir la forme en même temps qu’il la sent. On peut s’en fabriquer un facilement avec du papier de verre.

Le fait d’associer le toucher au tracé va favoriser la concentration et l’application d’un certain nombre d’enfants.

L'alphabet mobile - Montessori
L'alphabet mobile :
l’intérêt est de proposer à l’enfant des lettres cursives qui vont lui permettre de former des premiers mots très courts.

Maria Montessori propose toujours dans ces différentes activités où l’enfant manipule des lettres, d’utiliser deux couleurs : les consonnes sont en bleu, les voyelles en rouge.

 

 

Pour aller plus loin :

  • Apprends-moi à faire seul :  la pédagogie Montessori expliquée aux parents de Charlotte Poussin, Eyrolles.
  • Éveiller, épanouir, encourager son enfant :  La pédagogie Montessori à la maison, Nathan, Paris 2010
  • Montessori Pas à Pas :  Les Principes fondateurs - Isabelle Patron, Vanessa Toinet, Sylvia Dorance - éditions école

Si vous le souhaitez, l’institut Supérieur Maria Montessori propose aussi des formations thématiques sur deux jours (Apprendre à lire et à écrire dans la maison des enfants, apprendre à compter dans la maison des enfants). http://www.formation-montessori.fr

 

Violences à l'école

Par Le 29/04/2013

Violence à l'école : pour moi, Christophe Lemaître, le collège a été un calvaire

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Temps de lecture Temps de lecture : 3 minutes

LE PLUS. Cette semaine, "Le Nouvel Observateur" consacre un large dossier aux violences à l'école. 10% des élèves seraient en effet victimes d'insultes ou de coups répétés. S'il n'a jamais subi de violences physiques, le champion d’athlétisme français Christophe Lemaître a bien connu ce harcèlement, qu'il raconte dans son autobiographie "La revanche du grand blond" (Jacob Duvernet). Extraits.



Édité par Hélène Decommer 

Christophe Lemaître après sa victoire sur le 200m au Aviva London Grand Prix, le 14/07/12 (TOM DYMOND/COLORSPORT/SIPA) 

Christophe Lemaître après sa victoire sur le 200m au Aviva London Grand Prix, le 14/07/12 (TOM DYMOND/COLORSPORT/SIPA)

 

Les premières moqueries ont commencé en CE2. Je n’ai jamais vraiment compris pourquoi. C’est vrai que je zozotais et que je ne parlais pas beaucoup. Je ne sais pas si c’était la raison car j’avais malgré tout quelques copains. Quelquefois ils étaient aussi durs avec moi. Mais du jour au lendemain, j’ai été rejeté, banni. Je n’étais plus invité à jouer avec les autres.

 

On se moquait de moi en permanence

 

Au collège, cela a viré à la catastrophe. Je n’en parlais pas à la maison. Je ne voulais rien dire. Pourtant, ma famille se rendait bien compte que quelque chose n’allait pas. Je n’étais pas bagarreur, je ne voulais pas d’histoire (…).

 

Ces années de collège ont été un véritable calvaire. Je n’en garde pas un seul bon souvenir. On se moquait de moi en permanence. En cours et à la récréation. Le matin, j’avais toujours une petite appréhension lorsque j’arrivais devant le portail de l’établissement. La peur de croiser ceux qui m’embêtaient. Ils étaient assez nombreux. Ils ne me tapaient pas – ça n’allait pas jusque là – mails ils se moquaient de ma grande timidité et notamment de mon cheveu sur la langue. Comme je zozotais, j’étais forcément un attardé (…). Ils en profitaient, ils insistaient, car j’étais très réservé. Je n’avais pas le courage de répondre, ma timidité m’en empêchait. C’était difficile à supporter, surtout sur le moment.

 

Dans l’encadrement scolaire, personne ne s'inquiétait

 

De nos jours, certains enfants victimes de harcèlement vont jusqu’à se mettre fin à leurs jours. Heureusement, je n’y ai jamais pensé. Ça n’allait pas fort mais je n’aurais jamais envisagé de me suicider. Je n’aurais jamais eu le courage de toutes façon. Parfois même le harcèlement de mes camarades se poursuivaient même au-delà du collège, dans les rues de Culoz (son village, ndlr). Mes parents n’ont jamais compris pourquoi, dans l’encadrement scolaire, personne ne s’était inquiété. Imaginez, je n’osais plus lever le doigt en cours ou répondre aux professeurs. J’étais tellement mal dans ma peau ! Même à la maison, on n’arrivait pas à me tirer les vers du nez (…).

 

Pendant ces années, j’ai nourri une rage folle à force de garder tout pour moi. C’est ce qui me fait avancer maintenant (…).

 

Au départ d’une course, je veux avant tout m’imposer, prouver que je suis le meilleur. Mais soyons honnêtes, quelque part, je me venge de ces faux amis qui viennent aujourd’hui me féliciter en faisant copain-copain mais qui, à l’époque, étaient les premiers à se moquer de moi (…). Quelque part, je les remercie : ils m’ont rendu plus solide ! Ils ont été un moteur à ma réussite.

 


 Je n'adhère pas à la dernière phrase. Tant mieux s'il parvient aujourd'hui à vivre les choses de cette façon mais l'idée que la dureté peut devenir une opportunité me révolte. L'armée fonctionne sur ce critère. C'est un monde à part.

Que certains enseignants ne réagissent pas, c'est une certitude. Justement parce que bien souvent, ils considèrent que c'est "normal et formateur". "La vie en société est difficile, ils font leurs expériences..." Je connais ces arguments, je les ai entendus en tant qu'elève...Asthmatique, bouffi par la cortisone, "interdit" de sport par les médecins, j'ai eu droit à toutes les moqueries, à toutes les humiliations dont beaucoup sont capables à cet âge.

Et maintenant, je suis cet enseignant qui ne sait plus comment faire pour que ça ne se produise pas dans SA classe... Même plus envie d'y retourner...Un effroyable sentiment d'impuissance...

 

Oh, mais que c'est beau...

Par Le 28/04/2013

que c'est beau...

pas bougé de l'ordinateur aujourd'hui, écriture depuis cinq heures ce matin, trois pages achevées...

Et la musique en boucle...

Comme une bande originale d'un film que j'écrirais...

Olafur Arnalds

Par Le 28/04/2013

C'est si beau de rencontrer des âmes identiques.

Biographie

Olafur Arnalds

Olafur Arnalds est un artiste islandais né en 1987. Il commence à étudier la musique à l'âge de cinq ans et se découvre un intérêt particulier pour les bandes originales de films et la musique classique vers 14 ans. Multi-instrumentiste, il compose une partie de son premier album à cette période. Eulogy for Evolution sortira finalement fin 2007 sur Erased Tapes. Olafur dira de cet album qu'il est minimaliste, à l'image de son village et de ses gens, principales sources de son inspiration.

Prenant le pari de "rafraichir" la musique classique et de l'amener à portée de tous en y incorporant des sonorités électroniques, l'islandais se fait connaître notamment grâce aux poids lourds de la scène nationale (Sigur Ros, Bjork) et bénéficie de retours très positifs, ce qui lui permet de sortir un nouvel EP, Variations of Static au printemps 2008 et d'assurer la première partie de Sigur Ros sur leur tournée mondiale la même année.

Chronique

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Variations Of Static ( 2008 )

Variations of Static se découvre comme un jour naissant. Sur "Fok", la piste d'ouverture, la nature s'éveille et se met en mouvement. Piano et violoncelles, bases de l'instrumentation d'Olafur Arnalds, prennent peu à peu leur envol, rejoints enfin par quelques beats electro délicatement dosés. Les éléments pourtant rassurants se transforment alors sous un ciel changeant. 'And all I heard was the screaming silence of the night'. Au milieu des plaines parcourues par le souffle des instruments , le fantôme d'une voix samplée s'élève, inquiétante puis désespérée. Sa présence hantera l'album tout au long des cinq morceaux comme une âme perdue et abandonnée.

5 pièces, comme autant de variations autour de la mélancolie où piano et violoncelles se répondent et s'entremêlent. Aux notes brisées de "Við Vorum Smá..." font écho les pleurs des cordes de "Haust" progressivement embrassés par de douces nappes electro. Un jeu de la tristesse et du hasard qui met en valeur tout le soin apporté à l'orchestration qui allie à la puissance des émotions portées les instruments classiques les songes éthérés de la musique électronique.

A la question de savoir d'où lui venait la mélancolie dégagée par cet album, Olafur Arnalds répondit qu'il n'y avait pas pensé en composant: 'Ces morceaux ne sont pas mélancoliques pour moi, j'essaie juste de trouver des mélodies qui touchent. Les gens peuvent les interpréter comme ils veulent'. L'invitation est alors lancée à façonner soi-même l'oeuvre et ses sentiments. L'enchevêtrement des instruments n'est qu'un gigantesque tableau esquissé par l'islandais auquel l'auditeur est encouragé à apporter les couleurs. Tout cela, au gré de ses propres voyages à l'intérieur des paysages dessinés par le compositeur.

A 21 ans, Olafur Arnalds signe là une oeuvre d'art dont la richesse réside dans sa portée évocatrice. Progressant sans cesse dans sa démarche de transformation de la musique classique, il dresse une sublime toile intimiste aux traits fins, changeants sous le regard du public et que chacun peut s'approprier. Olafur Arnalds est un artiste peintre au pinceau en forme d'archet.

A écouter : Comme un tableau

L'école à la maison

Par Le 27/04/2013

Et bien voilà ce qu'il faut que je fasse : instituteur à domicile pour les parents qui sont réfractaires au système éducatif mais qui ne peuvent ou ne veulent pas assurer l'enseignement à la maison.

Je vais mettre une annonce sur le Bon Coin :)


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Classe à domicile : une autre approche de l’école… et de la vie

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Un manuel se penche sur tout ce qu’il faut savoir pour retirer ses enfants de l’école et leur faire ‘‘classe à la maison’’. Un choix qui peut être formidable… à condition d’inventer la vie qui va avec.

Les parents qui font classe à domicile doivent interroger leurs propres conformismes. (Aurélie Audurea/Le Parisien/MaxPPP)

Les parents qui font classe à domicile doivent interroger leurs propres conformismes. (Aurélie Audurea/Le Parisien/MaxPPP)

D’abord, ce rappel qui ouvre ‘‘Instruire en famille’’ de Charlotte Dien : non, il n’est pas obligatoire d’envoyer ses enfants à l’école en France. Ce qui importe au regard de la loi, c’est de leur garantir ‘‘l’instruction’’ et qu’à 16 ans, ils aient acquis le même socle de compétences que les autres enfants. Pourtant, le choix du homeschooling, relativement répandu en Amérique du Nord, est très rarement opéré au pays de Jules Ferry : entre 3 et 4.000 enfants seulement seraient dans cette situation - en plus de 12.000 inscrit au Centre national de l'enseignement à distance (Cned).

Pas facile en effet de ramer à contre-courant de la société et de répondre aux interrogations des grands-parents et voisins (‘‘Ben, il est pas à l’école, aujourd’hui, le petit ?’’). On a beau adorer sa progéniture, pas facile non plus de mettre (au moins) une partie de sa carrière de côté pour un face-à-face quotidien avec elle. Enfin, il faut avoir l’audace de se dire que l’on choisit pour ses enfants un sort différent de celui de 99% de ceux de son âge. C’est pourquoi, en général, l’option la classe à domicile se fait parce que quelque chose cloche en classe.

Aucune espèce d'encouragement

Ce n’est pas un scoop : l’école française privilégie en effet la méthode ‘‘caserne’’ plutôt que l’épanouissement des talents de chacun. Non pas parce que les maîtres sont de grands sadiques, mais parce que rien dans leur formation, ni dans le déroulement traditionnel des cours n’est fait pour encourager le chacun-son-rythme et la créativité personnelle : trop d’enfants à charge, de trop lourds programmes à boucler et aucune espèce d’encouragement (le mot est faible) de la hiérarchie  à initier des méthodes ‘‘différentes’’.

Du coup, comme l’écrit Charlotte Dien - pourtant fille de directrice d’école et ex-bonne élève - ‘‘tout enfant s’éloignant trop de la norme, par sa manière personnelle d’apprendre, de penser ou de se comporter, est testé et étiqueté (…). L’enfant est trop souvent désigné comme coupable. Tout vient de lui : il ne fait pas assez d’efforts,  il est trop distrait, trop bavard, pas assez concentré, pas assez motivé, trop remuant, trop agressif, il ne participe pas assez en classe… » Un enfant non scolaire, trop autonome, qui s’interroge beaucoup, sera jugé problématique, même s’il a une personnalité attachante.

Un "choix de vie"

Bref, dans ce cas, la non-scolarisation s’impose peut-être. Comment faire ? Evidemment, dépeint ‘‘Instruire en famille’’, la tentation est grande au départ de ‘‘faire le prof’’ à la maison. C’est en général une mauvaise idée, puisque précisément, il faut inventer autre chose. Et c’est là que se situe toute la difficulté de la pratique - sans doute un peu minorée par cet ouvrage passablement militant. Car incriminer le conformisme écrasant de l’école est une chose ; devenir un parent inventif, patient, suffisamment à l’écoute de ses enfants pour s’adapter à leur manière d’être, en est une autre.

C’est ce que l’auteure nomme un ‘‘choix de vie’’ : il faut être capable de déceler le merveilleux dans les choses du quotidien. De saisir qu’une balade en  forêt peut être aussi instructive qu’une leçon d’arithmétique. Que la quantité (d’heures de cours, de devoirs…) est moins importante que la qualité. Que la poésie est moins un texte de Maurice Carême, qu'une manière d’appréhender le monde. Au fond, l’aliénation des enfants scolarisés n’est que le reflet de nos aliénations d’adultes, comprimés par les horaires tyranniques, myopes sur nos grégarismes.

Quel genre d’adultes deviennent les ‘‘non-sco’’ ? Pas d’étude française sur le sujet (on s’en serait douté), mais des anglo-saxonnes. Apparemment, ils se déclarent deux fois plus souvent ‘‘heureux’’ que les autres, sont plus autonomes, plus investis dans le tissu social et gagnent en moyenne mieux leur vie  - ce dernier facteur s’expliquant sans doute par le fait qu’ils proviennent souvent de familles culturellement favorisées. Pourront-ils jamais devenir des salariés et citoyens ‘‘ordinaires’’, capables de se mettre au garde-à-vous quand on le leur réclame ? L’étude ne le dit pas. Mais beaucoup de ‘‘non-sco’’ redevenant ‘‘sco’’ vivent à grand peine la violence des rythmes collectifs. La liberté, ce n’est pas la facilité.

Charlotte Dien, Instruire en famille, Rue de l’échiquier, 160 p., 15 €

JARWAL LE LUTIN (4) : L'arbre de vie.

Par Le 27/04/2013

JARWAL LE LUTIN, tome 4

Les enfants réalisèrent que tous les jeunes lutins avaient disparu. Sans un bruit, comme avalés par la forêt. Marine imagina que la cérémonie qui s’annonçait ne leur était pas accessible.

Ils suivirent les vieux Sages et découvrirent sur l’autre flanc du tronc une ouverture immense, une voûte de cathédrale, un antre tapissé de chevelures végétales, cascades emmêlées de lierre et de vigne vierge, de liserons épanouis et de fleurs inconnues, des ribambelles de croissances anarchiques, des foisonnements colorés comme des hommages.   

« C’est l’Arbre de Vie, annonça Kiak, respectueusement.

L’assemblée s’assit en tailleur face à la voute immense et les cinq enfants les imitèrent.

« L’Arbre de Vie est le début de tout et le renouvellement de ce qui est fini. Tout ce qui est créé par la Nature prend sa source ici. »

Les cinq enfants n’osaient pas poser de questions, une retenue dictée par l’incroyable privilège qui leur était accordé tout autant que par l’infinie sagesse qui émanait des personnages qu’ils côtoyaient, comme s’ils n’étaient pas à leur place, comme si cette connaissance millénaire qu’ils percevaient les projetait à des années lumière.

« Vous avez envie d’en savoir davantage et vous n’osez rien demander. Cette humilité vous honore mais si vous êtes parmi nous aujourd’hui, c’est que vous le méritez et rien ne doit vous arrêter dans votre quête de savoir. »

Kiak les regarda intensément, l’un après l’autre.

« Léontine ne vous aurait pas ouvert le chemin des âmes si vous ne portiez pas en vous les lumières à venir. Je ne lis pas dans les pensées comme Léontine mais je lis dans les corps et vous êtes nerveux. Ce qui est tout à fait compréhensible. »

Une voix monocorde, dans une immobilité totale. Aucun geste de mains, aucun mouvement de tête, une sérénité stupéfiante qui impressionnait fortement le petit groupe. 

« Le plus simple, désormais, est que vous entriez dans le cœur de la vie. Toutes les questions obtiendront une réponse. Il en est ainsi. »

Le vieux Sage se leva et invita les enfants à le suivre. Les autres Sages ne bougèrent pas. Ils suivirent les enfants des yeux et Rémi perçut dans un regard échangé une douceur rassurante, une invitation à se laisser guider.

Ils serpentèrent entre les racines et s’arrêtèrent à l’ouverture de l’antre. Aucune trace d’outils, de coups de haches ou autres ustensiles, le tronc semblait s’être soulevé du sol, soutenu par des piliers de temples.

Des rayons rectilignes transperçaient le rideau de lierre qui obstruait l’entrée. Au-delà de ces tentures végétales, un espace sombre se laissait deviner, une obscurité fossilisée dans le silence. Rien, aucun mouvement, aucun bruit, même pas un insecte fureteur, comme si le lieu interdisait toutes intrusions.

« Suivez-moi » annonça le vieux Sage. Il écarta délicatement les dentelles de feuilles et disparut.

Les cinq enfants se regardèrent, sans un mot, des regards croisés chargés de curiosité et d’incertitude.

Léo bougea le premier, il avança lentement, posa une main sur les cascades immobiles des frondaisons, sembla jeter un œil scrutateur en penchant la tête puis, d’un coup, il franchit le seuil. Rémi lui emboîta le pas, puis les trois compagnons s’élancèrent en même temps.

Leurs yeux s’habituèrent difficilement à l’obscurité. Kiak était invisible. La fraîcheur les surprit, une température plus agréable que la moiteur de la forêt, cette impression étrange d’avoir quitté le monde ou d’être entré dans son ventre, comme si le lieu contenait tous les mystères les plus anciens, la source des révélations les plus bouleversantes, ils sentirent couler en eux des rayonnements inexplicables, des flux électriques qui les firent frissonner.

« Asseyez-vous, les uns à côté des autres et donnez-vous les mains. Il est important que vous soyez reliés physiquement pour réaliser aussi que vous l’êtes par la pensée, par l’énergie, par l’amour, par tout ce que crée la Vie. »

Dans les noirceurs, la voix monocorde de Kiak les figea. Ils s’obligèrent à bouger, prudemment, pour s’extraire de cette appréhension qui les raidissait.

Les pupilles dilatées parvenaient désormais à se nourrir des flux infimes de lumière qui perçaient. Lou se retourna vivement, comme pour vérifier que personne ne se tenait dans son dos. Cette impression d’être observée…

Tian trouva la main de Marine. Les autres se joignirent. Lou, Rémi puis Léo qui ferma le cercle. Ils se souvinrent alors qu’ils devaient s’asseoir. Ils lâchèrent leurs emprises, s’installèrent puis reformèrent le lien.

Les mouvements de leurs corps s’estompèrent. Ils sentirent à travers leurs habits la fraicheur de la terre. Aucune sensation de froid pourtant mais une douceur agréable, un bien-être de cocon, un placenta protecteur qui les isolait de tout. 

La voix de Kiak les surprit de nouveau. Elle ne venait plus du même endroit et ils étaient pourtant persuadés de ne pas l’avoir entendu se déplacer.

« Maintenant, vous allez fermer les yeux et arrêter de vouloir distinguer quelque chose. C’est dedans qu’il faut regarder et vous n’avez pas assez appris à vous libérer de vos yeux. Ne vous occupez pas du temps qui passe, c’est une idée fausse. C’est vous qui passez dans le temps. Mais ici, vous êtes immobiles, dans votre corps et dans le temps. Il ne vous reste qu’à immobiliser votre esprit et tout sera en paix. »

Il avait dit « immobiles dans le temps. » Marine voulut comprendre puis elle se reprocha cette pensée inopportune. Elle devait trouver la paix de son esprit.

Lou se demandait comment elle pourrait bien s’y prendre pour arrêter de penser. Un état qui lui paraissait totalement inaccessible. Elle ne cessait de penser à l’impensable.

Rémi cherchait à savoir si Kiak se déplaçait de nouveau, il voulait pouvoir le suivre et ne plus être surpris par cette voix qui surgissait n’importe où. Il s’efforça de calmer les battements de son cœur et de tendre les oreilles. Il crut percevoir un infime frottement droit, devant lui, dans le dos de Tian.

« Rien, ne rien vouloir, ne rien attendre, ne rien penser. Entrer au-dedans pour  voir l’Univers. Le silence maintenant.»

Ils eurent un peu l’impression d’entendre un professeur dans une classe mais ils n’en avaient jamais connu de Sage.

Rémi dut constater encore une fois que Kiak se déplaçait à son gré, sans qu’il ne soit possible de deviner sa position. Il était partout et nulle part. Incompréhension.

Plus aucun mouvement. Juste cette conscience retrouvée de la respiration. Il fallait cesser de bouger pour réaliser que ce mouvement-là ne cessait jamais.

« Fermez les yeux, dicta la voix grave de Kiak. Ne vous contentez pas de fermer les paupières, arrêtez aussi de regarder en dedans et de fabriquer des images, laissez-vous couler. Tout ce que vous portez appartient à la réalité que vous avez créée. Maintenant, vous allez découvrir le réel. »

Marine sentit la main de Tian se crisper légèrement lorsque la chaleur les envahit, une chaleur bienfaisante, comme un câlin maternel qui vous enlace et que le bonheur ruisselle dans les fibres, la plénitude du petit enfant qui s’abandonne et l’amour de la mère qui se diffuse en lui, le contact établi, le lien au-delà des corps, le lien des âmes.

Une blancheur indéfinissable les emplit, une clarté sonore qui murmurait dans les tréfonds de leurs corps immobiles, une marée montante qui les couvrait de sa chaleur, une sève surgissant de la terre, aimantée par le ciel.

Comme un bateau soulevé au-dessus des flots, ils virent en eux l’immensité de l’Océan s’étendre sous leurs regards, une vision sans tête, comme si rien en eux ne possédait de centre, comme s’ils n’existaient plus individuellement.

Accélération du processus.

Une pulsation naissante, infime, dérisoire, puis des crépitements d’étincelles qui jaillissent et s’éteignent, se ravivent, se propagent, s’entretiennent, une énergie qui se répand et les pulsations qui s’étendent, se renforcent, les flux électriques nourrissent le cœur de l’étoile, des courants de matière liquide déboulent sous la surface, des flots qui gorgent le lit des veines, les pulsations prennent une ampleur insoupçonnée, les étincelles deviennent des flux constants qui ruissellent, tous reliés dans une aura fabuleuse, une couronne lumineuse qui s’agite, palpite, respire.

Un noyau enveloppé de lumière, des particules animées par une vie interne s’infiltrant amoureusement dans un univers nimbé de phosphorescences.

L’espace en eux s’étendit jusqu’aux confins des horizons, plus de limite, plus de structure, aucune frontière et cette impression inexplicable de relier par leurs mains unifiées des particules communes, une cohésion originelle retrouvée.

Ils étaient l’un, ils étaient l’autre, ils étaient tous.

C’est là qu’ils sentirent l’évaporation s’enclencher. Un maelstrom flamboyant prit forme et les emporta dans une colonne rectiligne qui plongeait vers le haut. Incompréhensible structure.

Ils disparurent.

 

En Himalaya à 74 ans.

Par Le 26/04/2013

Une petite silhouette râblée transperce la nuit. Il est à peine 6 heures du matin et les premières lueurs du jour vont bientôt éclairer les pentes du Cerro del Telegrafo, un sommet moyen au pied de la Sierra de Guadarrama, le massif montagneux situé au nord-ouest de Madrid. Un bâton de marche dans chaque main, une lampe sur le front, Carlos Soria avale les derniers hectomètres de cette montée escarpée à un rythme soutenu et régulier, presque mécanique. Il fait un froid polaire en ce 19 mars 2013 quand une pluie épaisse et glaciale se met à tomber brutalement. Emmitouflé dans un anorak bleu azur, la capuche serrée sur la tête, l'alpiniste espagnol avance, le regard braqué devant lui.

Pas question de se laisser distraire par cette petite intempérie. Dans quelques jours, il s'envolera pour Katmandou, au Népal, afin de préparer l'ascension du Kangchenjunga, le « Kangch' ». Perché à 8586 mètres d'altitude, ce sommet est le troisième plus haut du monde après l'Everest et le K2. Vingt-trois ans après avoir gravi le Nanga Parbat, en 1990, son premier 8000, Soria s'attaque à son 12e méga sommet himalayen à l'âge canonique de… 74 ans. Du jamais-vu dans l'histoire de l'alpinisme. « Je ne suis pas le plus grand alpiniste de l'histoire, concède-t-il avec un léger sourire. Je suis juste le plus vieux. »

Pourtant l'Espagnol est bel et bien parti pour être « canonisé » de son vivant. Il a en effet programmé deux autres ascensions dans la foulée de son expédition dans le Kangch', l'Annapurna et le Dhaulagiri. Ce sont les deux seuls autres sommets himalayens de plus de 8000 mètres qui manqueront encore à son tableau de chasse. S'il les accroche, il intégrera le cénacle des alpinistes ayant conquis les quatorze plus hauts sommets du monde. Un Graal que l'Espagnol entend atteindre au plus tard en 2016. Il aurait alors 77 ans ! « C'est un bon âge pour le faire, assure-t-il froidement, sûr de sa force. Ça ne m'inquiète pas plus que ça. » Cela en ferait surtout le plus vieil himalayen de l'histoire. Une légende des cimes.

Ce 19 mars 2013, trois jours avant le grand départ vers les pentes enneigées du Kangchenjunga, Carlos Soria affiche une mine sereine. L'Espagnol a beau être en plein préparatif pour sa nouvelle expédition, ça ne l'empêche pas de nous recevoir pendant cinq heures chez lui. Dans sa maison de Moralzarzal, une bourgade résidentielle à une heure de Madrid, ou sur les pentes du Cerro del Telegrafo, « sa » montagne (1400 m d'altitude). Pour y accéder, il faut d'abord emprunter un grand parc peuplé de lapins et bordé de conifères. Puis mettre le cap sur le sommet où trône un vieux télégraphe édifié dans la première moitié du XIXe siècle pour communiquer avec les provinces du Nord. C'est sur un immense plateau rocheux, à mi-ascension, que Soria souhaite démarrer le reportage. Non loin des raidillons rocailleux qu'il emprunte chaque matin pour faire travailler ses genoux fatigués.

Soria prend la pose chez lui, en Espagne, avant de s'envoler au Népal.
© Hugues Lawson-Body

Les quatorze 8000

cliquez sur les pics du graphique et sur la carte pour voir les photos des sommets

« C'est là, dans ces montagnes, que j'ai commencé à grimper il y a soixante ans », explique-t-il d'emblée, l'index pointé vers les lignes fracturées de la Sierra de Guadarrama. « La montagne, c'est mon élément, j'y suis aussi à l'aise qu'au fond de mon lit, s'enthousiasme Soria. Il y a un an, un journaliste du New York Times m'avait demandé combien de jours j'avais passé dans ma vie, perché dans les cimes. J'ai fait mes comptes depuis cette interview. Et ça se chiffre à plus de cinq années… »

Carlos Soria s'amuse de l'intérêt que son histoire suscite dans la presse internationale. Et c'est avec une certaine jubilation qu'il accueille nos questions sur ses motivations, cette envie irrépressible de défier les lois de la nature à un âge avancé. On sent alors poindre derrière son visage impénétrable un feu ardent, presque juvénile. « Je ne cours après rien de particulier, sinon me faire plaisir, souligne-t-il, le regard perçant. Tant que mes forces me le permettront, je continuerai à gravir des montagnes, chez moi ou à l'autre bout de la planète. Tout le monde veut connaître mon secret… Est-ce la qualité de mes entraînements, de mon hygiène de vie ou est-ce que ce sont tout simplement mes gènes qui me font toujours grimper à 74 ans ? Il y a sûrement un peu de tout ça. Mais, moi, je dis que c'est la retraite la bonne réponse. Ma vie a changé le jour où j'ai arrêté de travailler. La retraite est une bénédiction. »

Caractères ancestraux

Par Le 25/04/2013

Génétique : quels sont les caractères héréditaires ?

Certains caractères physiques, morphologiques ou même moins visibles sont héréditaires, c'est-à-dire qu'ils sont hérités de nos parents, grâce aux gènes qu'ils nous ont transmis. C'est le cas de :

Caractères héréditaires influencés par l'environnement

D'autres caractères sont dictés par les gènes, mais sont également plus ou moins influencés par l’environnement :

  • la morphologie : si les gènes y sont pour beaucoup, l’alimentation peut affecter la croissance et donc la taille définitive, mais aussi le poids ;
  • les maladies : facteurs de risques de cancer (mutation d’un gène dans le cas de cancer du sein), etc.

Caractères non héréditaires

D'autres caractères ne sont pas héréditaires, mais plutôt liés au mode de vie ou à l’environnement. Ils peuvent donc évoluer avec le temps et différer entre deux vrais jumeaux qui ont pourtant les mêmes gènes :

  • les empreintes digitales (elles se forment aléatoirement pendant le développement embryonnaire dans le ventre de la mère) et restent constantes tout la vie ;
  • les cicatrices, qui apparaissent suite à des blessures ;
  • les maladies non héréditaires (par exemple le cancer du poumon lié à la cigarette), etc.

Bon, on peut aussi s'intéresser aux "caractères acquis" et aux "caractères ancestraux", Des milliers de pages à parcourir sur la toile.


Pour ma part, l'interrogation qui me travaille concerne principalement les "caractères ancestraux".

L'impression, et même l'inquiétude, c'est que les enfants naissent avec cette part "historique" en eux et que seule l'éducation pourra leur permettre d'évoluer.

Mais si j'observe l'évolution de l'Humanité et que j'essaie d'extraire des caractères généraux aux humains, à travers cette histoire millénaire, le constat est terrifiant.

Comment je suis arrivé à cogiter là-dessus pendant mon tour de vélo cet après-midi ? Et bien, c'est très simple : ce que je vis dans ma classe cette année me perturbe au plus haut point. Je n'y vois pas des incidents épisodiques mais une "structure mentale" qui remonte à très, très loin. Ceux et celles qui ne sont pas concernés (ils sont très, très peu...) ont eu la chance de recevoir une éducation leur permettant de dépasser ces "caractères ancestraux."

Bon sang, ça me déprime d'écrire ça...

J'y reviendrai demain...Ou plus tard...


Pôle emploi contre le Bon Coin

Par Le 25/04/2013

Les arguments des responsables du P.E sont effarants. Ils n'ont vraiment honte de rien. J'en connais un sacré paquet de jeunes qui galèrent et ça fait longtemps qu'ils n'attendent plus rien de cette boutique.



ZOOM - Entreprises et chômeurs se tournent de plus en plus vers ce site de petites annonces.

Le contexte. "À Pôle emploi, ils sont très bons pour recenser les chômeurs, mais pas pour leur trouver du boulot." Les chiffres du chômage sont tombés et ils ne sont pas bons. La France comptait fin mars 3,224 millions de demandeurs d'emploi de catégorie A (sans aucune activité), un record. Et pour Carl des Jamonières, patron de plusieurs agences "Mondial Pare Brise" interrogé par Europe1, Pôle emploi est en partie responsable. Car de l'emploi, assure-t-il, il y en a. Mais les chômeurs n'en sont pas toujours informés.

"Il y a trois millions de chômeurs et Pôle emploi ne peut pas m'en envoyer un. Mon développement est bridé à cause d'un manque de personnel", regrette ce patron qui, du coup, va chercher sa main d'œuvre par d'autres moyens. Mais pas n'importe où.

>> À lire : ça y est, le record de 1997 est battu

Quand Leboncoin.fr est plus fort que Pôle emploi ? "Alors que mon annonce sur Pôle emploi n'a attiré aucun candidat en un mois et demi, celle du Boncoin m'en a ramené 25 en une semaine", précise Carl des Jamonières. "J'ai même été obligé de supprimer l'annonce, sinon je serai débordé. J'y ai trouvé trois candidats, que j'ai embauchés. Aucun n'avait eu la proposition par Pôle emploi, alors que c'était des mécaniciens, donc des gens parfaitement adaptés à ce que je cherchais", poursuit-il.

Un succès en chiffres. Carl des Jamonières n'est pas le seul dirigeant à se tourner vers le site de petites annonces, qui a connu un essor fulgurant ces dernières années. Leboncoin.fr recense plus de 50.000 offres en ligne, et se hisse donc en tête des sites privés les plus fournis pour la recherche d'emploi (derrière Pôle emploi et ses 160.000 offres). Les employeurs auraient d'ailleurs tort de s'en priver, car les candidats potentiels affluent. Médiamétrie, qui a récemment intégré le site dans son "panel emploi", estime qu’en février dernier, il a accueilli près de 1,9 million de visiteurs uniques, derrière Pôle emploi (6,1 millions), dont les internautes se connectent aussi pour s'inscrire et mettre à jour leur statut, et Indeed (1,99 million), qui rassemble les offres d'autres sites. En un an, le Leboncoin.fr a gagné plus de 400.000 visiteurs, c'est presque autant de perdus pour Pôle emploi.

Les clés du succès. Plusieurs facteurs peuvent expliquer le succès du Boncoin. Côté entreprise, la gratuité séduit les dirigeants, alors que d'autres sites comme Cadreemploi ou Monster demandent des centaines d'euros pour diffuser une annonce. Côté internautes, outre la précision des offres, le critère proximité fait également mouche. "Avant, une personne recherchait un poste. Avec la crise, si le conjoint a un travail, la personne cherchera plutôt un lieu, proche, où gagner de l'argent", décryptait pour Le Monde Laurent Gaignard, animateur du réseau de recruteurs commerce-RH, en septembre dernier.

Ce n'est pas le même métier, répond Pôle emploi. Pour Colette Pronost, secrétaire général SNU, syndicat majoritaire, les employés de l'agence publique "font ce qu'ils peuvent". "Il y a 11% de chômage, l'offre baisse, les entreprises sont plus fragiles qu'avant", souligne-t-elle au micro d'Europe1. D'autant que, selon cette syndicaliste, leur métier n'est pas le même que celui d'un site de petites annonces. "Il faut inscrire les demandeurs, leur fournir des renseignements sur leur indemnisation et ensuite on peut les mettre en relation avec l'offre d'une entreprise. Dès que l'on voit une offre qui correspond au demandeur, elle est proposée. On reste les meilleurs dans la relation entre l'offre et la demande", insiste-t-elle.

Du côté de la direction de Pôle emploi, si l'on se satisfait que les chômeurs trouvent du travail grâce au Boncoin, on met en avant une différence de qualité des offres d'emploi. "Le vrai sujet est la qualité de l'offre. Les entreprises qui passent des annonces sont-elles réelles et sérieuses ?", s'interroge Reynald Chapuis, directeur multicanal de Pôle emploi contacté par Le Monde. Et de poursuivre : Leboncoin.fr "a un positionnement discount. C'est de la petite annonce. Le métier de l'emploi est bien plus complexe". Colette Pronost, de son côté, reconnaît qu'il y a des améliorations à faire dans "la relation entre Pôle emploi et l'entreprise." "On peut faire davantage de prospection, mais pour ça, il nous faut des moyens", conclut-elle.

A l'école de la compassion. (école)

Par Le 25/04/2013

 

 

http://www.inrees.com/articles/La-compassion-sur-les-bancs-de-l-ecole/

 

La compassion sur les bancs de l’école

« Il ne faut pas se demander seulement quelle planète nous laisserons à nos enfants, mais quels enfants on laissera à la planète ! » plaide le philosophe Edgar Morin. Dans un monde qui fait de moins en moins sens, par trop de divisions, de repli et d’indifférence, remettre la compassion au cœur de l’éducation devient fondamental. Comment procéder ? Focus sur quelques initiatives clés.
© Mission Rosalie Cadron
Sur le terrain, les actions d’ouverture à la citoyenneté se multiplient : par ici, des jeux coopératifs destinés à favoriser l’écoute et le respect ; par là, des projets d’éducation à la philanthropie, afin d’éveiller les plus jeunes aux défis sociaux et au bien commun...
En mai prochain, l’Ecole des Possibles débarquera également en France. Déjà implantée dans 35 pays, auprès de 25 millions d’enfants de 8 à 13 ans, cette initiative les invite « à observer le monde autour d’eux, y repérer un problème qui les touche, puis imaginer une solution à leur échelle et travailler par petits groupes à sa réalisation », explique Florence Rizzo, cofondatrice de SynLab, structure porteuse du projet.
Objectif : développer chez les écoliers le sens de l’empathie et de l’engagement, au service de leur communauté. « Leur travail est ensuite partagé avec les gens du quartier, afin de propager l’idée que chacun peut être acteur du changement, quel que soit son âge, ses compétences ou son milieu », précise Florence Rizzo. En France, l’Ecole des Possibles sera ainsi lancée en ville, en zone rurale, en ZUP et dans un centre éducatif fermé.

Suffisant pour ancrer une culture de la compassion ? Pour beaucoup, cela passe surtout par l’acquisition d’un réflexe d’ouverture et de questionnement.

 

Enraciner le questionnement


Pendant des années, l’école primaire de Tursac, en Dordogne, a proposé à ses élèves des ateliers d’apprentissage des valeurs humaines. Qu’est-ce que le bonheur ? Peut-on vivre sans les autres ? A quoi servent les punitions ? Comment vivre avec nos ressemblances et nos différences ? « Pour apprendre aux enfants à mûrir et exprimer leur réflexion personnelle au contact des autres, explique l’un des instituteurs. Un exercice essentiel pour lutter contre l’individualisme et favoriser le vivre ensemble. »
Après une minute de silence – pratiquée après chaque récréation « pour se concentrer et se remettre dans un état d’esprit favorable » – la discussion commence. L’enseignant rappelle les objectifs : argumenter pour construire collectivement un point de vue plus valable. À tour de rôle, les écoliers se lancent, réagissent, avancent timidement un élément nouveau. Les laissant progresser par eux-mêmes, les adultes n’interviennent que pour clarifier, recentrer, inciter chacun à tirer le fil de sa pensée. « Ne vous laissez pas séduire par une idée, ne vous enfermez pas dans un raisonnement absurde, simplement pour avoir raison. Restez au niveau de l’expérience ! »
Efficace ? « Il faut sans cesse se répéter, leur rappeler de prendre conscience de ce qu’ils sont en train de faire, de revenir à l’écoute, à l’attention. Mais un jour, ils feront le lien. »

Expérimenté depuis 1998 en Inde, au Mexique, au Guatemala, en Chine et en Angleterre, le modèle éducatif du CIDEL (centre d’investigation pour un développement éthique) va un cran plus loin. Conçu en priorité pour des enfants de 4 à 6 ans, il vise à ancrer en eux une conscience de l’intersubjectivité et de l’interdépendance. Deux heures par semaine, pendant trois ans.
Rien à voir avec une leçon de morale : l’approche est empirique. « La première étape est d’amener les enfants à expérimenter leur intériorité, via des exercices de concentration et d’observation », explique Isabelle Combes, directrice de l’école Arborescences (seule en France pour l’instant à suivre le programme). Regarder la flamme d’une bougie, suivre le flux de ses pensées, goûter des aliments ou écouter des sons les yeux bandés, exécuter tous ensemble des mouvements de tai-chi…
Une fois acquise cette connexion à eux-mêmes, cap sur la découverte de la subjectivité. « Prenons une tasse. Je la pose, sans la nommer. Je demande aux enfants de la regarder puis je l’enlève. Par le questionnement, je les amène à réaliser que selon leur angle de vue et leur histoire personnelle, tous n’en font pas surgir la même pensée. » Touchant ainsi du doigt « que de tout ce que nous vivons, nous créons un objet mental qui nous est propre, et qu’il est impossible de connaître celui du voisin si on ne lui demande pas ».

Apprentissage suivant : l’interdépendance, « en commençant par interroger les causes et les conditions d’existence d’un phénomène ». Exemple : « qu’a-t-il fallu pour que ce paquet de mouchoirs se trouve sur ma table ? » Quelqu’un pour l’amener, un autre pour l’acheter, le distribuer, le fabriquer… Jusqu’à se rendre compte que tout est lié. « Grosso modo, il a fallu que le soleil brille pour qu’il atterrisse là ! »
Ensuite, les enfants travaillent sur la co-création d’une œuvre, et la perception – via des discussions ou des mises en situation basées sur des cas concrets, « comme une dispute avec un frère ou une sœur » – que leur comportement impacte celui des autres ; qu’auraient-ils pu faire pour que l’histoire se termine autrement ? En dernière année, les écoliers testent même leurs capacités à un niveau plus large, via des simulateurs qui les amènent à réagir face à des problèmes écologiques, sociaux ou idéologiques.
Et ça marche. « Chez les élèves de 5 à 7 ans, ce sens de l’intersubjectivité et de l’éthique devient véritablement un réflexe », se félicite Isabelle Combes.

 

Repenser la relation


Enthousiasmant… Mais possible uniquement si l’adulte, lui aussi, bouscule ses pratiques. « J’ai la chance de compter sur des instituteurs qui se disent que si les élèves bloquent, c’est qu’ils n’ont pas la bonne méthode, témoigne Isabelle Combes. La bienveillance induit cette capacité à se remettre constamment en question. »
Et à s’impliquer dans la relation. « Amener un enfant à retrouver son lien à lui et aux autres est une connaissance, non un savoir, indique Anne Bordage, thérapeute spécialisée. Tout éducateur, au sens le plus large, devrait se demander s’il réalise en lui-même, et dans sa vie, ce qu’il enseigne. » Quel être est-on ? De quelle intelligence de vie rayonne-t-on ? La compassion commence là, dans cette connexion de personne à personne, cette considération positive qui s’émancipe des postures et des préjugés pour porter une écoute attentive à l’enfant et à ses besoins profonds (pas juste ses envies de consommation) – sans perdre sa place d’adulte référent, chargé de fournir le cadre, la sécurité et l’accompagnement nécessaires pour qu’il puisse mobiliser ses ressources, se construire et s’épanouir.

Dans les ateliers qu’elles mènent à Beauvais avec des enfants de 6 à 11 ans souffrant de difficultés relationnelles, Anne Bordage et Michèle Bannay (psychologue scolaire) incarnent cette justesse de positionnement. « Le premier matin, nous passons du temps sur les prénoms, car ils ne se donnent pas souvent la peine de les retenir, alors que c’est le premier signe de reconnaissance de l’autre », racontent-elles.
Puis, d’exercices à exercices, elles donnent du sens, observent, expliquent, participent, adaptent le contenu de l’atelier au gré des attentes identifiées. Présentes à 100%, elles profitent de toutes les occasions pour inciter les enfants à se relier, à eux-mêmes et aux autres.

 

Tirer le fil


Ouvrir les enfants à la compassion n’est donc pas juste une histoire de contenu, mais de manière de faire.
« Si la pratique des arts ou des langues est un moyen d’ouvrir l’enfant à d’autres dimensions, les savoirs classiques, eux aussi, peuvent être porteurs de valeurs. Tout dépend comment on les considère : simples devoirs scolaires ou outils qui nous relient au monde ? interroge Michèle Bannay. C’est tout ce sens qu’il faut retrouver et valoriser. »

En prenant aussi conscience que les méthodes classiques ne sont pas toujours adaptées. « Les enfants ne constituent pas un bloc monolithique sur lesquels il suffit de déverser un savoir », souligne François Muller, membre du Département Recherche-Développement, Innovation et Expérimentation du ministère de l’Education nationale, mais des individualités dont il faut trouver la clé, et face auxquelles il faut savoir parfois activer d’autres vecteurs d’apprentissage – heuristiques, kinesthésiques…
C’est ainsi qu’un professeur de lycée hôtelier, confronté à la difficulté de ses élèves à apprendre par cœur de longues listes de vins et de fromages, a eu l’idée de leur faire écrire et jouer en petits groupes des saynètes mettant en scène le contenu de ces listes. L’activité est ludique, créative, elle fait appel à une façon d’apprendre plus vivante, coopérative et visuelle. Bingo : les lycéens se prennent au jeu, retiennent les noms, cartonnent à leurs examens, sont recrutés dans les plus grands établissements.

« L’empathie dont a fait preuve cet enseignant à l’égard de ses élèves montre l’importance de cette notion dans l’éducation », poursuit François Muller. Dans cette perspective, tout compte : le cadre de travail, la manière dont le professeur se place dans la salle, la posture qu’il adopte pour regarder, écouter et échanger avec ses élèves…
Autre facteur clé : favoriser la coopération plutôt que la compétition. « Celle-ci a un intérêt, mais pas tant que l’enfant n’est pas construit », estime Isabelle Combes. De plus en plus d’enseignants favorisent donc le travail en petits groupes et la co-évaluation. « On apprend avec, par et pour les autres, explique François Muller. Plus la relation dans le collectif sera riche est variée, plus le résultat sera bon. »
Jusqu’à s’engager vers une nouvelle définition de la réussite, « non plus basée sur la comparaison par rapport aux autres, mais sur le principe de faire toujours du mieux qu’on peut, au profit du plus de bien possible », souligne Bill Drayton, fondateur de l’association internationale Ashoka, qui œuvre pour que l’empathie soit reconnue comme l’une des compétences fondamentales à acquérir à l’école.

Reste à soutenir et diffuser ces initiatives : épauler les professeurs, leur permettre de s’exprimer et de se former, sensibiliser et impliquer les cadres de l’Education, intégrer ces nouvelles approches dans le référentiel national, en tenir compte dans les critères d’évaluation des enseignants, intégrer au cursus des futurs maîtres des cours de pédagogie empathique…
Et après ? « Je fais confiance aux enfants, conclut Isabelle Combes. La graine plantée dans leur esprit fera son chemin. Je crois sincèrement qu’un être capable de se mettre à la place de l’autre saura se sortir de situations délicates » et agir dans le bon sens, pour lui et pour le monde.

SynLab (Ecole des Possibles)
Enfants d’aujourd’hui (Anne Bordage et Michèle Bannay)
CIDEL
Arborescences
Catalogue d’expérimentation de l’Education nationale

Obsolescence programmée (3)

Par Le 24/04/2013

http://sosconso.blog.lemonde.fr/2013/04 ... fabricant/


Quand la panne est programmée par le fabricant

Machine à laver en panne au bout de cinq ans, téléviseur qui ne fonctionne plus au bout de trois...
Est-ce une fatalité si les biens d'aujourd'hui durent moins longtemps qu'avant?
Le Centre européen de la consommation (CEC) est persuadé qu'il s'agit d'obsolescence programmée.


Le Centre européen de la consommation vient de publier une étude intitulée: l'obsolescence programmée, dérive de la société de consommation.
Cette étude a été faite avec l'aide de Lydie Tollemer, une étudiante qui vient d'écrire un mémoire sur le sujet.
L'obsolescence programmée est le fait de planifier délibérément la durée de vie d'un produit. Cela permet de réduire cette durée de vie afin d'inciter les consommateurs à en acheter un autre.

Exemples d'obsolescence programmée

Le type d'obsolescence le plus répandu est l'obsolescence "par défaut fonctionnel": les producteurs font en sorte que si une seule et unique pièce tombe en panne, c'est l'appareil entier qui cesse de fonctionner. Cela concerne les produits électriques ou électroniques tels que les téléviseurs, les téléphones portables, les machines à laver ou les ordinateurs (voir ci-dessous).

- Machines à laver
Le CEC estime qu'elles sont programmées pour faire 2000 à 2500 cycles de lavage seulement. Le remplacement des cuves en inox par des cuves en plastique permet de limiter leur durée de vie: il suffit qu'une pièce de monnaie se soit glissée à l'intérieur, pour qu'elles se cassent, au moment de l'essorage; une température trop élevée peut aussi les déformer.

"En outre, les roulements à bille, qui sont des pièces vitales au fonctionnement de la machine, sont directement moulés dans la cuve en plastique. S'ils ne fonctionnent plus, il faut changer la cuve en entier. Et si la cuve en plastique, moins résistante que celle en inox, casse, il faut remplacer les roulements à bille."

- Téléviseurs
Le CEC estime qu'ils sont programmés pour fonctionner 20 000 heures.
Les pannes viendraient le plus souvent du "condensateur", une pièce qui a pour rôle de les allumer. On peut le faire gonfler et casser, en l'exposant à la chaleur sur la carte d'alimentation.

-Téléphones portables et smartphones
Ils sont victimes de plusieurs types d'obsolescence programmée:
-par défaut fonctionnel: il suffit que la batterie tombe en panne pour qu'ils deviennent inutilisables.
- indirecte: sur beaucoup d'appareils, il est certes aisé d'enlever la batterie, mais il est moins facile de trouver une batterie de remplacement. Même chose pour les chargeurs. Les accessoires ne sont plus disponibles, ce qui fait que l'on ne peut plus utiliser le bien principal.
-par incompatibilité: il faut des appareils toujours plus récents pour télécharger des applications.
-Et ne parlons pas de l'obsolescence esthétique! Les consommateurs veulent le modèle dernier cri. La périodicité de renouvellement des portables est en moyenne de vingt mois.

-Imprimantes
Elles sont victimes d'obsolescence par notification, assure le CEC. Elles signalent le moment où il faut changer la cartouche d'encre, mais continuent encore à imprimer plusieurs dizaines de feuilles. Certains consommateurs changent donc le toner avant que ce soit utile. "C'est l'imprimante qui rend la cartouche d'encre obsolète", conclut le CEC.
Parfois, une puce placée dans l'imprimante enregistre le nombre d'impressions faites et, au bout d'un nombre prédéterminé par le fabricant, bloque cette dernière.

-Ipod et Apple
Les Ipod de première, deuxième et troisième génération d'Apple n'avaient pas e batteries amovibles. Quand la batterie tombait en panne, au bout de dix-huit mois, il fallait acheter un autre appareil. Une "Class action" (action de groupe) a été lancée aux Etats-Unis, mais n'a pas abouti, Apple ayant accepté entre-temps de dédommager ses clients et de proposer des batteries de remplacement.

-Voitures
Il arrive souvent qu'un moteur devienne inutilisable, faute de pouvoir trouver les pièces détachées de rechange

Comment lutter contre l'obsolescence programmée? Les sites internet d'aide à la réparation

Nombre de consommateurs donnent des conseils pour réparer des appareils électrique.

Le site américain Ifixit.com propose des vidéos, sur lesquelles les salariés montrent comment tout réparer, du grille-pain à la voiture en passant par l'ordinateur portable ou la machine à laver.

En France, il y a le site Commentreparer.com (qui répertorie des sites de pièces détachéees d'électro-ménager), ou le forum de réparation Tout-electromenager.fr .

La réponse législative
Le CEC souhaite que l'Union européenne se saisisse de cette question

Il demande que, pour chaque appareil acheté, le consommateur ait accès à l'information sur la durée de vie de l'appareil. Il estime que la durée de la garantie de conformité devrait être allongée en fonction de cette durée de vie moyenne.

En attendant, le CEC soutient la proposition de loi "visant à lutter contre l'obsolescence et à augmenter la durée de vie des produits" déposée le 18 mars sénateur Jean-Vincent Placé (Europe Écologie Les Verts).

Ce texte propose d'étendre la durée légale de conformité des produits électriques et électroniques, de deux ans actuellement, à trois ans au 1er janvier 2014, quatre ans au 1er janvier 2015 et cinq ans au 1er janvier 2016.

"Le fabricant aura ainsi intérêt à produire des biens plus durables, tandis que le consommateur n'aura pas intérêt à renouveler l'achat avant la date d'expiration de la garantie", explique l'exposé des motifs.

Actuellement, pendant les six premiers mois à compter de la vente, le consommateur n'a pas à prouver l'antériorité du vice, mais seulement son existence. La proposition de loi propose d'étendre ce délai à deux ans.

Le texte dit aussi que le consommateur doit pouvoir disposer des pièces détachées indispensables ) la réparation dans un délai d'un mois, et pendant une période de dix ans à partir de l'achat.

Obsolescence programmée (2)

Par Le 24/04/2013

"Et pour l'environnement, l'enjeu est majeur. Par exemple, pour fabriquer un smartphone, 25 minerais différents sont utilisés. Cela oblige les producteurs à extraire les matériaux de plus en plus profond sous terre car la surface a déjà été utilisée. L'extraction de minerais détruit des habitats, des plaines ou encore des forêts. Et il y a aussi le problème des déchets. Nous ne sommes pas très performants dans le recyclage des déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE). Par exemple, quand on jette un ordinateur de deux kilogrammes, on ne jette pas seulement ce poids mais également les 430 kg de déchets produits lors de sa fabrication. C'est le sac-à-dos écologique ! On n'a pas toujours connaissance de tous les déchets et on rencontre des difficultés pour les recycler."


Obsolescence programmée: "Ce n'est plus tenable, il faut agir"

 Par Audrey Avesque - publié le 23/04/2013 à 18:32

Le président du groupe EELV au Sénat, Jean-Vincent Placé, a déposé une proposition de loi qui a été débattue ce mardi. Elle vise à lutter contre l'obsolescence programmée. Le point en trois questions avec Lydie Tollemer, juriste au Centre Européen de la Consommation.

Ce mardi 23 avril, une proposition de loi a été débattue au Sénat pour luter contre l'obsolescence programmée, pointée du doigt par Jean-Vincent Placé, président du groupe EELV.
Ce mardi 23 avril, une proposition de loi a été débattue au Sénat pour luter contre l'obsolescence programmée, pointée du doigt par Jean-Vincent Placé, président du groupe EELV.
REUTERS/Bobby Yip

Votre batterie de téléphone portable a lâché un an après l'achat ? Le fil de votre aspirateur s'est cassé et votre machine à laver a rendu l'âme juste après la fin de votre garantie ? Ce n'est pas un hasard mais certainement de l'obsolescence programmée, procédé qui consiste à limiter volontairement la durée de vie du produit.

Ce mardi 23 avril, une proposition de loi a été débattue au Sénat pour luter contre l'obsolescence programmée, pointée du doigt par Jean-Vincent Placé, président du groupe EELV. L'occasion de faire le point sur ce phénomène avec Lydie Tollemer, juriste au Centre Européen de la Consommation et spécialiste de la question de l'obsolescence.

Qu'est-ce-que l'obsolescence programmée et que prévoit le projet de loi pour lutter contre?

L'obsolescence programmée est la théorie selon laquelle les fabricants de produits mettent en place tes techniques afin de réduire délibérément la durée de vie de l'objet pour inciter le consommateur à en acheter un neuf plus tôt que prévu. L'exemple type, c'est celui de l'ordinateur portable composé d'une batterie non amovible. En effet, la batterie est l'un des composants qui tombe en panne le plus rapidement. Mais si elle ne se détache pas, on ne peut pas l'enlever pour la remplacer donc l'ordinateur n'est plus portable! Il peut être seulement utilisé sur secteur, c'est paradoxal. Le consommateur est alors contraint de renouveler son matériel.

Il est donc important de luter contre les industriels qui ont recours de façon délibérée à l'obsolescence. Cela passe notamment par deux propositions majeures : allonger la durée de garantie légale de deux à cinq ans d'ici 2016, et proposer à la vente les pièces détachées pendant dix ans. Mais le grand questionnement est : comment prouver l'intention de l'entreprise de réduire volontairement la vie du produit ? Ce n'est pas impossible mais c'est très complexe. L'industriel se défendra en expliquant qu'il a utilisé des composants moins chers donc de moins bonne qualité pour favoriser l'accès au plus grand nombre au produit. Pour apporter la preuve, il faudrait trouver des documents internes à l'entreprise comme des procès verbaux, des comptes-rendus ou encore des courriers électroniques dans lesquels la stratégie apparaitrait.

Quelles sont les conséquences de l'obsolescence programmée pour le consommateur et l'environnement ?

Pour le consommateur, la conséquence est financière. En plus d'une perte de confiance globale dans l'économie et dans les acteurs comme les producteurs, le problème est que tous les Français ne sont pas armés de la même façon pour acheter des produits de plus en plus tôt. Certains achètent une machine à laver à crédit et quand elle tombe en panne au terme de cinq ans, elle n'est pas encore amortie.

Et pour l'environnement, l'enjeu est majeur. Par exemple, pour fabriquer un smartphone, 25 minerais différents sont utilisés. Cela oblige les producteurs à extraire les matériaux de plus en plus profond sous terre car la surface a déjà été utilisée. L'extraction de minerais détruit des habitats, des plaines ou encore des forêts. Et il y a aussi le problème des déchets. Nous ne sommes pas très performants dans le recyclage des déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE). Par exemple, quand on jette un ordinateur de deux kilogrammes, on ne jette pas seulement ce poids mais également les 430 kg de déchets produits lors de sa fabrication. C'est le sac-à-dos écologique ! On n'a pas toujours connaissance de tous les déchets et on rencontre des difficultés pour les recycler.

Si on n'agit pas, que va-t-il se passer ?

Il faut agir. Aujourd'hui, nous consommons tellement qu'il nous faudrait en une année civile les ressources terrestres d'une année et demie. Cela signifie qu'on pioche déjà dans les ressources de l'année suivante. Ce n'est plus tenable. En effet, si les sept milliards d'êtres humains vivaient comme les Américains, il nous faudrait deux planètes chaque année pour subvenir à nos besoins. Il y a urgence et cette proposition de loi va dans ce sens.

Le problème est que le gouvernement doit arbitrer entre économie et écologie. L'économie est basée sur la consommation donc l'obsolescence programmée est un facteur favorable puisqu'elle incite les consommateurs à acheter. Mais si en faveur de l'écologie, on lutte contre l'obsolescence programmée, on arrête la consommation et la croissance, donc l'économie s'effondre. Le dilemme du gouvernement est : qu'est-ce-qui est plus profitable à " l'instant t ", privilégier l'emploi et l'économie ou l'environnement pour une planète propre pour les générations à venir ? Il faut savoir si on est altruiste ou pas.

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