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Les loups.

Par Le 01/03/2013

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vallon2.jpgPhotos prises par un ami dans un vallon au-dessus de chez nous. J'en rêve depuis des années de tomber dessus !!

Résilience : Alexandre Lecouillard

Par Le 28/02/2013

Un texte magnifique écrit par Mr Alexandre Lecouillard. Mille mercis à lui. 


Je suis né à l’âge de 12 ans.

Je suis né en salle de classe, j’étais assis sur ma chaise, muet, discret, je n’écoutais rien, ne comprenais rien. Je vivais en dehors de mon corps.

Mon esprit partait en balade dans des mondes imaginaires.

Je partais loin, très loin, dans des contrées que seuls les esprits peuvent connaître.

Puis, un jour, il est mort ; Et je suis né.

Il est venu en moi, m’a traversé. Il m’a parlé de ses erreurs, de ses fautes, un pardon, puis une libération. De lui à moi, il a vidé son amour, et m’a offert ses pardons.

Puis la maîtresse d’école est venue me taper sur l’épaule pour me demander si j’étais là. Car j’étais sûrement en transe, le visage fixe comme une statue de pierre, observant le vide. Nos esprits se sont détachés, et il est parti dans le monde de l’Au-delà.

À ma maîtresse d’école, je lui ai juste dit :

« Mon papa est mort. »

« Il est mort et ta mère te laisse venir en classe… » Patati, patata…

Comment expliquer à un humain adulte, conditionné, vivant dans le monde des solides, que mon père venait de mourir, et que je devais être au courant bien avant « tout le monde. »

Je savais déjà que je trouverais toute ma famille chez moi en rentrant de l’école.

Je n’ai pas pleuré, car son corps était parti, et son esprit vivait encore.

Son corps était mort pendant la nuit, il a dû se balader quelque temps avant de venir me traverser, moi l’enfant somnambule qui vivait ailleurs, totalement réceptif de l’accueillir.

Je n’eus aucune surprise à l’annonce de ma mère quand je suis rentré chez moi, je le savais, mais je n’ai rien dis. Je me suis assis sur mon lit et j’ai eu honte. Honte de ne pas pleurer, honte de ne pas être triste, honte même de me sentir libre. Mais je pense que cette liberté venait aussi de ces paroles intérieures qu’il m’avait offertes.

À 12 ans, je suis né, je n’avais plus peur de lui, plus peur des autres.

J’étais enfin libre, libre de vivre et de jouer, libre d’être.

 

Avant mes 12 ans, je n’ai pas grands souvenirs, juste peut-être le souvenir d’un enfant autiste qui vivait sans vivre, accroché à son monde.

Souvenir d’avoir été le psychanalyste jusqu’à l’âge de huit ans, d’un homme torturé par la misère du monde et qui le soir venu, venait saoul me raconter la guerre.

Cette guerre qui lui avait fait plus de mal que la mort. Cette guerre où il avait retiré la vie à d’autres humains, où il avait torturé des corps et saccagé des esprits. Et perdu dans la connerie humaine le sien.

Le doux nom de post traumatique de guerre était sa maladie. L’alcool lui offrait des apaisements à ses pulsions, ses surdoses de violence et d’adrénaline. Il les comblait par le massacre de son corps grâce à un poison qui le plongeait plus profondément dans un océan de noirceur. Puis une nuit, il est parti au travail en urgence sur sa mobylette.

Ma mère m’a pris par la main, et nous nous sommes enfuis.

J’ai vécu, çà et là dans ma famille, avec frères, sœurs, oncles et tantes ; muet, gentil, avec cette toux et mes gouttes de Valium®.

Jusqu’au jour de sa visite, je vivais dans une peur intérieure, jusqu’au jour de sa visite, mon esprit vivait ailleurs.

 

Avant mes 12 ans, j’étais un enfant que l’on ne dérangeait pas, car il ne dérangeait personne.

Un enfant muet et calme, qui pleurait à chaque fois que les adultes l’interrogeaient.

Qui vivait dans le monde des pensées et de l’imaginaire.

Et pour ne pas être ennuyé, j’étais devenu un maître de la dissimulation.

Je jouais des heures avec mes jouets. Mon imagination débordait d’histoires. Ma sœur m’avait offert un VICTOR, petit jeu de calcul à neuf niveaux d’addition, soustraction, multiplication et division. Je ne jouais pas, je supputais l’espace de chiffres qui se coupaient, se mélangeaient, se croisaient pour finir par un résultat, et ceci à l’infini.

 

À 12 ans, je n’avais aucune notion de l’école. J’y étais sans y être.

À mon réveil, je ne pleurais plus, mais je vivais toujours loin du monde des corps.

Et je me suis réveillé CANCRE.

Je ne comprenais vraiment rien à rien, le français était pour moi une torture, car je ne connaissais aucune règle et que la logique de la conjugaison et de la grammaire était pour moi complètement stupide. Donc, je remplissais ma feuille d’interro ou de dictée le plus vite possible, avec des inventions qui se résumaient souvent à de la phonétique pour rejoindre mon imaginaire. J’étais dans le monde des dinosaures, de Robinson Crusoé, d’un capitaine de bateau de pirates à la recherche d’un trésor.

Des rêves éveillés, des films plein la tête. Et personne pour venir m’en sortir.

Les yeux ouverts, fixés sur un point, je partais. À 12 ans, je méditais à profusion. J’étais capable de faire le vide total de mes pensées. Pour moi, c’était logique, accessible à chacun de nous, facile. Mais je compris par la suite que beaucoup d’humains passaient leur vie à chercher comment faire cela. Et moi, je partais en un instant de la réalité, comme on met « pause » sur la télécommande d’une télévision.

 

Nous avions deux professeurs, une de français et d'histoire géo, très gentille, mais qui me considérait comme un moins que rien, et qui ne m’a jamais vraiment considéré autrement que comme un meuble. Et une maîtresse de mathématiques qui…

Et oui, la seule matière, où j’étais vraiment très bon, était les mathématiques, mais une frustration totale venait de cette prof qui, je pense, m’aurait bien mis chez les fous.

Au début de l’année, je changeais de place tous les trois jours, elle fouillait mes affaires pour trouver ma calculette, elle me mettait seul au fond de la classe pendant les contrôles.

Et moi, je bougeais comme on bouge un meuble, jusqu’à atterrir à côté d’une fille qui comprenait autant les mathématiques que moi la grammaire et la conjugaison.

 

J’ai le souvenir de ce tableau qui s’ouvrait le matin, avec ses dix questions mathématiques, et en deux temps trois mouvements, je levais mon ardoise aux résultats exacts. Et cette maîtresse qui m’observait pour bien regarder si je ne manipulais pas une calculette en grand magicien tel Houdini. Je n’ai même pas souvenir d’avoir eu une calculette un jour dans mon cartable.

Puis, à une autre occasion, elle m’a fait venir au tableau avec un calcul qui devait être sûrement compliqué pour un gamin de mon âge, et elle m’a demandé de répondre à ça… « Ça » était un calcul qui devait sûrement m’humilier et la rendre victorieuse aux yeux de tous. Je sentais une tension très forte chez cette jeune femme. Alors j’ai répondu après une courte réflexion, et le résultat était juste.

Elle m’a demandé de lui expliquer mon raisonnement, de savoir comment j’en arrivais là. Alors je lui ai expliqué ; j’ai ce souvenir confus, d’un Chinois qui parle à une Japonaise. Mais expliquer à une sourde qui ne comprend pas votre langue, relève de l’impossible. Alors, pour le reste de l’année, j’ai sagement posé mes calculs comme tout le monde et je me suis enterré.

 

L’année de sixième est venue, et au bout de deux mois, je détestais définitivement le système scolaire. Mais j’ai eu la chance d’être malade, une hépatite alimentaire m’a mise en quarantaine, je suis resté le restant de l’année chez moi, ensuite chez ma sœur à la campagne. J’ai beaucoup dormi, j’ai vécu en mode léthargique, mon univers débordait d’histoires dans ma chambre de cet appartement de la région parisienne. Chez ma sœur, je passais ma vie à regarder les souffleurs de verre et à aller à la pêche.

Mais je pense n’avoir fait aucun devoir ni leçon. Ma gentillesse était telle que même mes parents ne s’inquiétaient pas pour moi. Ma mère et mon beau-père n’avaient pas vraiment connu l’école, à 14 ans, ils travaillaient déjà…

- Ce garçon sera un manuel…

 

Mon premier CP, à Avallon, je l’ai redoublé, car je pleurais tout le temps.

Je n’ai que le souvenir de Noémie, ma seule amie de l’époque que j’aimerais, soit dit en passant, beaucoup revoir, elle reste ma seule douceur de classe.

Mon deuxième CP fut dans une classe de handicapées mentales.

Ensuite, nous sommes partis en région parisienne.

Entre le CE1 et le CM1, je pense avoir changé six ou sept fois d’école et l'univers de mes lieux d'accueil était loin d’être sain. Mais il y avait de l’amour, et c’est le principal.

En CE2, j’ai retrouvé ma mère, nous pouvions enfin vivre ensemble. Ma mère, mon beau-père et moi vivions dans 15 m2, une chambre à côté d’un dancing, une sorte de garage pour miséreux. Mais pour moi, c’était l’accalmie. Puis Sannois est la résidence de tous mes plaisirs et de mes jeux.

La stabilisation en CM1 ; le réveil et le calvaire.

Voilà comment je suis arrivé, une seconde fois, en sixième avec une base à peu près nulle.

Mais ne pouvant plus redoubler et étant un gentil cancre, j’ai passé cette classe, car il ne pouvait en être autrement. La cinquième fut plus simple, car nous avions monté un groupe de loosers. « Loosers » qui par terminologie faisait partie de mes cinquante mots d’anglais connus. Nous n’étions pas méchants, mais vraiment pas bons. Nous faisions des concours de fautes d’orthographe qui amusaient beaucoup notre professeur.

C’est avec du recul, que je me rends compte que cette femme adorait mes rédactions.

Nous faisions des rédactions constamment, et j’aimais la douceur de cette prof, qui par indulgence, ne me retirait que quelques points pour mes fautes.

Mais elle ne pouvait s’occuper de moi, car mon niveau était si médiocre, qu’il lui aurait fallu me réapprendre toutes les bases du français. Et moi, je ne jurais que par sa poitrine généreuse, qui me laissait rêveur. Le massacre des lectures de groupe, ou quand elle m’interrogeait, je me retrouvais à lire à haute voix, tremblant et cafouillant des phrases dans une lenteur qui n’offrait qu’à mon auditoire, rires ou empathie. Je ne savais bien décrire qu’après plusieurs lectures dans ma tête les questions des interrogations, donc même étant un cancre, je ne faisais que rarement de hors sujet.

Puis un jour, je suis revenu de vacance, les dernières vacances avant la fin de l’année scolaire et par dépit, elle me demanda de lire.

Je ne peux me lancer des louanges ou dire que ma lecture était magnifique, de par son interprétation, mais je savais lire.

Et ce n’est pas M. Kessel et sa « cicatrice », ni les morceaux de M. Hugo et de son Gavroche, ni aucun des classiques de la littérature française qui, soit dit en passant, nous emmerdaient au plus haut point, qui m’apprit à lire.

Je ne comprenais pas et je ne comprends toujours pas, comment des gosses qui ont entre douze et seize ans peuvent digérer des auteurs comme Zola et son Assommoir, Hugo et ses Misérables, Maupassant et son livre le plus glauque qu’est Le Horla, Proust et sa Recherche du temps perdu, et Madame Bovary de Flaubert, etc. Alors oui, je les ai lus, mais plus tard, après ma scolarité. Je les ai dévorés avec passions. Mais en cinquième, j’en avais dégoût. Et je pense que la plupart de mes camarades se foutaient royalement de Madame Bovary et de sa vie de merde.

C’était comme demander de courir avant de savoir marcher. Car nous étions en banlieue parisienne, et les gosses de mon quartier étaient bien loin de toutes ses histoires d’adultes ou du passé.

Oui, ce jour-là, je savais lire. Mais comment répondre à cette interrogation soudaine ?

- As-tu eu des cours de français pendant tes vacances ?

Comment expliquer que j’avais, avec des amis, trouvé un sac-poubelle rempli de magazines de cul, et que par envie de savoir, j’avais laissé les magazines à images à mes copains pour souiller leurs draps, alors que moi, j’avais trouvé un trésor bien plus grand. C’est avec Union, magazine érotique sensuel à textes, que j’appris à lire ; Les Odeurs de Jasmine, Rencontre dans les bois, Prémisses du clitoris.

Moi, Alexandre Lecouillard, je découvrais le jardin interdit, le savoir absolu de l’amant en devenir, les secrets des préliminaires et la théorie de l’orgasme… Les désirs des femmes, le pouvoir des caresses, les secrets du sexe.

Je savais, avant ma première fois, qu’il n’y avait pas de place pour l’égoïsme dans le sexe, que le mot d’ordre était IMAGINATION. Et ma vie n’était qu’imagination ! Je compris aussi que trop d’hommes baisaient avec leur queue, et que les meilleurs amants étaient des lesbiennes au masculin.

Qu’ils étaient beaux ses mots : Cunnilingus, clitoris, urètre, prépuce, orgasme, préliminaires, jouissance. J’étais presque un homme ! Enfin, en théorie…

 

J’ai changé de collège pour faire une quatrième et une troisième technologique dans une ZEP de renom. Les profs étaient usés par la fatigue.

Je passais plus de temps à sécher les cours pour aller jouer à la pétanque avec mes potes du square, car Marcel, René, Gilbert, Ben, Gadaillant, Michel et les autres m’aimaient bien. Puis la pétanque était une passion et l’école était devenue une douleur. Une douleur terrible qui me donnait des boules au ventre, des envies de vomir, des insomnies, un stress incroyable. L’école était une punition.

Quelques professeurs me rabaissaient constamment, j’étais un cancre et ils me le faisaient savoir. J’étais un cancre, un fainéant, un nul, un futur chômeur, un rien du tout, un meuble.

J’étais mes mauvaises notes. Sauf en mathématiques et en sciences où là, tout le monde trouvait ça normal. J’attendais le facteur pour ne pas que ma mère tombe sur le bulletin, et ne pas en reprendre une couche. Mais à quoi bon, je lui montrais par respect et j’en reprenais une couche. Mais ma mère me voyait et me savait différent du reste du monde. Car oui, j’étais libre et différent, j’étais un passionné de l’imaginaire, un inventeur d’histoires, un créateur de rêve, un fou, un passionné qui avait décidé de vivre comme bon lui semble, mais dans le respect d’autrui.

Je n’avais qu’un seul mot d’ordre : ne pas faire de bêtise, ne pas finir au poste de police, ne pas faire de mal à ma mère qui en avait assez bavé dans la vie. Et ceci, je l’ai respecté et je le respecte encore plus aujourd’hui, car je suis sur le chemin des maîtres de la sagesse.

Je dégonflais les pneus de mon vélo pour arriver en retard avec une excuse et pour finir en « permanence », car là, il n’y avait pas de notes, pas de critiques assassines, pas de rabaissement, pas de jugement ni de moqueries ou de contrôles…

J’avais une pionne complice qui m’aidait à ne pas être pris et puni.

Le soir, je partais avec les boules de pétanque dans mon cartable rejoindre les adultes.

Et là, j’étais bien, respecté et je dialoguais de choses qui n’étaient pas de mon âge.

 

Je suis passé d’enfant à adulte. La jeunesse était à mes yeux stupide et bête. Mes camarades étaient aussi méchants que les professeurs, mais j’avais une raison, je les comprenais, car j’étais un idiot incapable d’être bon en classe. Nous étions des petits groupes d'exclus.

Dans toute ma scolarité, mes véritables camarades étaient les cancres, les moches, les intellos, les gros, les boutonneux et toutes les personnes qui ne rentraient pas dans la norme. Mais moi, j’étais grand, maigre, boutonneux, cancre, je jouais à la pétanque et j’avais un nom de famille plus lourd que mon cartable ; LECOUILLARD était collé à toutes les bouches des méchants élèves.

 

« Ce que la bouche s’accoutume à dire, le cœur s’accoutume à croire. » Baudelaire.

L’auto-conditionnement mental. Ils disaient que j’étais un cancre, donc je l’étais.

Pourquoi alors étudier et chercher à savoir ? J’étais mes notes, j’étais un mauvais élève avant d’être un individu. Je me suis réfugié dans la pétanque avec plaisir.

J’ai appris la vie en observant le monde, et ceci ne s’apprend pas à l’école.

 

Mon conseiller d’éducation m’a interrogé cinq minutes. Mais il avait mes notes sous les yeux, et j’étais bon en math, alors je devais faire mécanique générale.

Cinq minutes dans la vie d’un gosse perdu. Et le conseiller ne m’a pas écouté une seconde.

Le verdict est tombé sans autres choix, et avec une voix grave, il m’a sermonné sur ma nullité, sur mon manque d’enthousiasme.

Je ne savais même pas que ce mot était possible à l’école. Mais je m’en foutais royalement, car j’étais libre. Libre de rentrer chez moi et de sortir, libre d’être dans ma tête. Une prof en cinquième m’avait dit que je finirais éboueur ou déménageur. Et je le pensais. Son jugement était sûrement bon. Les ânes ne deviennent pas des chevaux de course.

 

Mon BEP mécanique fut une découverte. Je suis arrivé les mains dans les poches, sans même savoir à quoi correspondait mon futur métier. J’ai passé les deux premiers mois à draguer les filles du lycée classique d’en face, sans grand résultat. C’est très joli Enghien les bains !

J’ai mieux connu la ville que le lycée. Puis je suis parti avant la fin du premier trimestre, car la mécanique était un métier qui n’était pas pour moi. Et je désirais jouer à la pétanque.

L’État m’a envoyé une lettre pour me dire qu’il fallait que je refasse une année d’études, car je n’étais pas majeur. « Étude » est un bien grand mot.

 

Le bilan de ma vie à l’école était assez étrange, j’étais un cancre et je le croyais.

Mes parents n’avaient jamais été convoqués par les profs.

Ils n’ont assisté à aucune rencontre parents-professeurs.

Je n’avais passé que quelques minutes chez les conseillers d’orientation, et toujours pour me faire rabaisser et me dire que je n’y arriverais pas, et ce, avec des tonnes de sermons à la con. La morale de l’adulte qui encourage par des critiques destructrices !

Les profs avaient des classes surchargées d’élèves de tous milieux, des gosses de familles nombreuses, des parents qui ne parlaient presque pas français, des élèves de cité livrés pour beaucoup à eux-mêmes, des jeunes sans but ni modèle.

 

Un dernier redoublement en classe de seconde. J’ai pris plomberie. C’était un CAP, et le niveau paraissait si haut, d’après les élèves du bahut, que je sentais vraiment que les profs oublieraient de me faire chier, car nous étions tous dans le même panier.

Un panier de cancres. Les vrais qui sont là car « on ne sait pas quoi en faire », ceux qui ne savent presque pas lire, pas écrire, pas compter. Une salle d’attente pour élèves en perdition qui deviendraient, avec un peu de chance, plombier à leur compte.

J’avais autant envie d’être plombier que d’être derrière une machine-outil.

Je me demande combien sont plombier aujourd’hui ? Deux ou trois…

Si j’avais eu à choisir, j’aurais pris une année de remise à niveau, plutôt que d’étudier un domaine que j’étais certain de ne pas exercer.

Mais bon, le lycée était à côté de chez moi.

Ma tête inventait des histoires et à 17 ans je me considérais comme un idiot libre et passionné de musique et de femmes.

Un idiot capable d’emballer plus vite que la musique, un charmeur, un menteur, un habile manipulateur d'esprits fragiles, un gentil filou qui connaissait la musique. Un gosse perdu mais un peu chef dans l’âme. Un cancre, stupide et inutile. Voilà comment je me voyais.

 

Alors je suis allé à ma première journée de CAP Plomberie.

Les mains dans les poches, avec un papier et un stylo. Je suis arrivé devant un algeco tout pourri, un petit bonhomme était devant avec son bleu de travail. C’était mon professeur principal, mon prof de plomberie. Un autre élève est arrivé, et nous sommes restés devant en attendant d’autres élèves. Mais c’était grève SNCF et en banlieue une grève de train est un motif suffisant, si de plus il fait beau, pour ne pas venir en classe. Alors au bout d’une heure, l’élève est rentré chez lui. Et nous nous sommes assis pour discuter de la vie. Je ne me souviens plus de notre conversation, mais je répondais à ses questions. Il m’a posé beaucoup de questions sur la vie et tout ce qui l’entoure. Pour moi, il n’était qu’un homme comme les autres, les adultes faisaient partie de ma vie. Avec la pétanque, mes amis avaient quand même quelques années de plus. Alors nous sommes restés ensemble toute la journée avec plaisir.

Je suis revenu le lendemain, et toujours grève.

Une intimité intellectuelle s’est formée, une sympathie. Je ne me suis pas rendu compte de pourquoi cet homme me pausait toutes ces questions. Mais avant de partir, il m’a demandé pourquoi j’étais là ? Il avait vu quantité de gosses défiler dans sa vie, et en concluait que ma place n’était pas là. Que j’étais intelligent, avec un sens de la logique et de l’analyse, du bons sens et doué de raisonnement. Je suis rentré chez moi, différent. Le cancre existait toujours, mais l’idiot était mort. Et ceci, à tout jamais.

 

Lorsque je suis revenu le lundi, ma classe était là. Un petit groupe de jeunes, plutôt sympas mais perdus. Nous nous sommes assis, il a fait les présentations et a eu une parole qui, je pense, a bouleversé ma vie.

- Donc, je présume que, comme d’habitude, personne n’a envie d’être chef de classe ? Donc, c’est tout vu, Alexandre Lecouillard sera votre chef de classe !

La surprise…

 

Mon année scolaire fut très riche, car j’avais confiance en moi. Mes notes étaient bonnes et j’étais un chef de classe exemplaire.

 

À la fin de l’année, M. Ollatz m’a dit de partir sur le marché du travail.

 

Des années d’intérim et de passions.

Puis un jour, j’ai voulu lire…

 

Je suis devenu agent de sécurité.

J’ai lu : Maupassant, Zweig, Zola, Proust, Gogol, Werber, Nothomb, Reeves, d’Ormesson, Baudelaire, Verlaine, Hess, etc. des milliers de bouquins…

Je suis devenu un personnage de roman. La vie était un grand théâtre où j’étais le personnage principal, le dialoguiste à la verve brûlante, un scénariste sans scrupule.

Une revanche à la connerie humaine, une haine et un dégoût des institutions.

Un ego sans mesure, un regard hautain pour autrui et plein de peurs dans la tête.

Le cancre n’était pas mort, je l’avais juste enfoui.

Je me suis tué par peur, et de toutes mes peurs, la plus grande était moi-même.

L’alcool, les femmes, les sorties, le manque de sommeil.

 

Puis j’ai touché le fond de l’abîme, l’ange noir avait brûlé les ailes d’une fée.

Et au fond de l’abîme, je me suis pausé, j’ai combattu tous mes démons et mes anges m’ont offert les armes : les livres de grands maîtres comme Confucius, Dalaï-lama, Coelho, Lao-Tseu, Kant, Ruiz, Coué, Kardec, Einstein, Gougaud, Krishnamurti et bien d’autres…

Mais ceci est une autre histoire !

 

 

 

 

CONCLUSION

 

 

Je vous demanderai en premier lieu de retirer de vos esprits toute empathie, car aujourd’hui je suis un homme heureux, et conscient qu’il marche sur un chemin de sagesse, de philosophie et de bonheur. Aujourd’hui, je n’ai plus aucune rage, car la rage est inutile et vaine ; J’ai tout pardonné même les douleurs du passé.

Pour le moment, je me consacre à la pensée, à l’étude, à l’écriture et à aider bénévolement des personnes qui se cherchent. Je dirai même plus, je tire un enseignement magistral et une grande force du dur chemin que fut mon passé.

Alors ne m’imaginez pas des malheurs qui n’existeront que dans vos esprits.

Ne m’imaginez pas tout court, prenez juste cette histoire comme une fable écrite à la première personne.

 

Mon père fut une victime de la guerre, un être qui a subi la bêtise humaine.

Comment ne pas lui pardonner ? Je serais un égoïste de ne pas le faire.

Son esprit a souffert à chaque horreur qu’il a pu faire. Je pense que, sur cette terre, il y a très peu d’humain qui désire faire la guerre et risquer sa peau. Alors je me mets à sa place un instant, et je me demande : « Aurais-je été plus fort que lui ? »

En vouloir au gouvernement de l’époque ? À quoi bon ? Cela ferait-il avancer le présent et rendre plus beau l'avenir ?

Non, tout simplement, non. Vivre dans la haine du passé, c’est refuser de construire l’amour du présent. Ne pas construire le présent, c’est partir sur de fortes probabilités de rater son avenir.

 

Ma mère m’a fait confiance, une confiance qui m’a offert une chose primordiale dans la vie. Aider les autres et être libre de faire comme bon me semble, sous condition de ne faire aucun mal à autrui. Et je l’aime plus que tout au monde.

 

Je ne désire pas écrire une biographie. Ma vie n’a d’importance que si elle donne à réfléchir. Je vous fais part de ce passage de mon existence pour faire comprendre une réalité : La bêtise de l’humiliation et la non écoute de l’individu.

 

Les diplômes n’ont plus aucune valeur pour le métier de philosophe et de politique que je suis doucement en train de construire, de forger. Un métier de conviction et de passion des autres, où seule l’expérience, le travail, les bonnes rencontres et le bon sens sont utiles. L’intelligence ne se mesure pas, seules la volonté et les aptitudes comptent.

J’apprends en observant au gré de mes envies, du moment, de l’étude.

J’apprends à regarder autrement, à étudier la vie avec plus de profondeur.

Regarder un oiseau planer dans le ciel et tomber à pic pour attraper une proie est une forme d’étude, elle peut même avoir plus de valeur que des dizaines d’ouvrages littéraires. J’ai donc la liberté de choisir mon institution, de lire de grands penseurs, et de par mon libre arbitre de forger mes propres pensées. J’écoute et j’observe, je prends la vie sur l’instant.

Tous les soirs, j’ai ce rituel de me demander : « Qu’ai-je appris aujourd’hui ? » Une digestion de la connaissance.

Nous faisons tous des erreurs, notre comportement n’est pas toujours bon, et des personnes croisent notre chemin pour nous le montrer.

Se remettre en question est primordial.

« Car qui crois tout savoir, ne sais rien… Je suis plus sage que les autres, car je ne sais rien. » Disait Socrate.

 

Confucius dit qu’ « Étudier sans penser est vain, mais que penser sans étudier est dangereux. » C’est vrai, mais le mot étudier doit avoir le sens du regard du monde, et non pas uniquement celui des livres ou des professeurs.

Une personne simple mais passionnée, qui a les yeux qui brillent en parlant d’un sujet qu’elle connaît bien, vaut bien plus pour moi qu’un savant qui cherchera à vous expliquer un savoir qu’il ne détient pas.

 

 

La non écoute de l’individu.

 

L’enfant a un esprit comme les autres. L’enfant est un individu unique avec des rêves, des envies, des passions, des désirs, des folies. L’enfant est un adulte en devenir.

Nous pourrions changer les programmes scolaires, modifier le mode de fonctionnement et les horaires, tenter toutes les expériences du monde pour avoir une meilleure éducation, tant que l’enfant ne sera pas écouté, tant que l’on ne prendra pas la peine de le regarder et de savoir à quoi il aspire en tant qu’individu, il y aura de très fortes chances qu’il rate sa vie professionnelle et même sa vie tout court.

 

Je pense que si quelques personnes de l’éducation m’avaient écouté avec intérêt pendant mon enfance, je serais devenu un bon élève.

Peut-être aurais-je triplé une classe pour reprendre les bases ? Et alors ?

S’ils m’avaient écouté, je serais sûrement devenu archéologue, préhistorien, naturaliste ou inspiré par une tout autre passion qui m’aurait donné des ailes.

Car seule la passion nous donne ce désir de nous lever le matin.

 

Je n’ai aucun regret, j’ai eu une bonne étoile. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde.

 

LA PASSION

 

L’école apprend des matières, donne des devoirs. Elle nous apprend à apprendre.

Mais jamais, elle n’interroge l’individu sur ses envies et ses passions, sur son savoir-faire et ses expériences ou son vécu.

L’éducation n’apprend pas la vie, elle présente des schémas pour parvenir jusqu’à un travail, une situation, un CV. Elle n’apprend pas la liberté, mais au contraire elle conditionne à être dans un moule. Elle vous donne des choses à apprendre, mais n’offre pas la manière de les digérer.

Un gamin qui a, par exemple, comme passion les avions, finira expert-comptable dans un bureau. Un gosse qui désire voir le monde sera derrière une machine-outil, et la gamine qui rêve de devenir sage-femme sera esthéticienne…

L’orientation dès l’enfance a un coût, c’est un prix à payer pour entourer de spécialistes des individus qui cherchent leur voie.

Mais ceci est une économie, car une personne passionnée travaille mieux, elle est moins malade, et surtout elle ne fera pas quarante stages inutiles chez Pôle Emploi.

De plus, une personne qui vit de sa passion et souvent plus apte à être heureuse et à rendre heureuses les autres.

Mais le bonheur en politique se mesure en pouvoir d’achat. Il suffit d’écouter les médias pour entendre que le moral des familles est « en hausse ou en baisse. »

Ils mesurent un sentiment !   C’est une notion qui me dépasse.

Le bon sens a du mal à être validé par nos politiques qui supputent au quinquennat.

 

 

 

HUMILIATION

 

Voici une notion qui doit à tout prix disparaître. Ou alors, il faut partir du principe que si l’enfant est mauvais, c’est que le professeur est mauvais, et si le professeur est mauvais…

Mais ceci est inexact. Même si la fonction de professeur doit être exercée avec passion, et qu’il y a des gens qui ont réussi un concours et qui n’ont rien à faire dans l’éducation…

Enfin, des gens sûrement mal orientés pendant leur enfance…

L’écoute donc est primordiale.

Mais la confiance est tout aussi importante. Un élève qui se répétera : « Je suis nul, je n’y arrive pas, c’est trop dur » est déjà en échec, et fatalement n’y arrivera pas.

Pourquoi ne pas mettre quelques sujets sur la confiance en soi ?

Pourquoi ne pas apprendre « la pensée positive » ?

Pourquoi M. Coué, que j’enseigne en partie, n’aurait-il pas sa place au programme ?

Ah OUI, le coût… Aidez un individu à se construire fort et confiant, et il fera des miracles. Laissez-le ne pas croire en lui et il ratera sa vie.

Le sujet et si passionnant que je pourrais vous en pondre un livre.

Mais le fond est là. Arrêtez l’humiliation.

 

 

 

 

MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION

 

C’est beau un ministre ! Il se lève le matin avec ses convictions et décide de par son expérience de faire sa sauce sans véritable dialogue.

Il a été à l’école, donc il juge son raisonnement sur son vécu.

Puis il négocie avec des syndicalistes qui demandent plus d’enseignement et plus de moyens. Les supputations ne changent rien à la forme.

Car l’éducation reste, à quelques choses près, la même depuis fort longtemps.

Des gosses entre quatre murs qui apprennent un tas de choses inutiles par des enseignants qui ont pleine conscience de cette même inutilité.

Des programmes qui servent à programmer la masse, qui vous apprennent à devenir et non à être.

Le dialogue sera un des grands thèmes de mon livre politique.

Les réformes de l’éducation devront être faites par les enseignants, les éducateurs, les spécialistes mais aussi les élèves. Il est important d’essayer de comprendre comment faire pour que le système se porte mieux.

Alors oui, le ministre doit sortir de son bureau et organiser des dialogues, il est impératif de faire des groupes de travail avec des professionnels de l’éducation, des sociologues, des spécialistes pour faire des questionnaires valables, et rendre les idées, sur un changement, vraiment performantes.

Un questionnaire pour les professeurs, un questionnaire pour les élèves…

Faire des délégués régionaux présentant des solutions et des propositions faites en commun pour de réels changements, et ceci sans oublier d’écouter aucune des parties de l’éducation.

Les enseignants ne sont pas écoutés, et les élèves non plus.

Et cela doit être le premier changement.

 

Internet a ce pouvoir d’interaction qui permet les débats…

Puissiez-vous débattre avec ferveur sur ce sujet ?

Et n’oubliez pas que de l’autre côté de l’écran, vous avez des êtres humains, il est inutile de cracher vos rages ou de vous énerver.

 

 

Soufflez deux minutes et soyez doux dans vos propos.

(À vous)

 

 

Merci.

 

ALEXANDRE LECOUILLARD.

Daniel Mermet et les PPP

Par Le 28/02/2013

Une émission à écouter pour bien comprendre.

Et puis Daniel Mermet, de toute façon, il faut toujours essayer de l'écouter.

PPP, Pim Pam Poum

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Vous rêvez de vous faire construire la prison de vos rêves, ou bien un joli stade ou un chouette hôpital ou encore un accueillant ministère de la Défense ?

Ça vous plairait ? Mais quoi, que dites-vous, que vous n'avez plus de sous ? Ah, mais, aucun problème, vos amis sont là et ils vont s'occuper de tout ! Le financement, la construction et l'exploitation. Vous n'avez plus aucun souci. Vous aurez juste un petit loyer de rien du tout à payer, étalé sur dix, vingt ou cinquante ans. Ça s'appelle le PPP le Partenariat Public Privé, ça représente 18 milliards d'Euros en France aujourd'hui, tout le monde s'y met. Et qui sont les amis qui s'occupent de tout ? Bouygues, Véolia, Eiffage, des noms qui vous mettent en confiance.

Oh, bien sur, il y a des grincheux comme la Cour des Comptes pour dénoncer "des formules juridiques contraignantes et des financements aléatoires", ou encore des pays comme le Canada, l'Angleterre ou l'Australie qui en sont revenus, et même le gouvernement du Québec qui a suspendu radicalement les PPP. 

Mais ici tout va bien, il y a du cheval dans le boeuf et du cochon dans le DSK, nous on sait encore rigoler !

Reportage Gaylord Van Wymeersch.

PPP: un exemple typique...

Par Le 28/02/2013

Bordeaux : un partenariat public-privé de plus avec le grand stade

Les contrats de partenariat public-privé permettent à l'État et aux collectivités de ne pas tenir compte de leur endettement. Attention au réveil.

La Cité du surf de Biarritz (ici lors des travaux, en 2009) n'aurait jamais dû être construite dans le cadre d'un PPP.

La Cité du surf de Biarritz (ici lors des travaux, en 2009) n'aurait jamais dû être construite dans le cadre d'un PPP. (archives p. bernière)

Et un PPP de plus ! Le 19 décembre dernier, le tribunal administratif de Bordeaux a débouté les opposants au grand stade et validé le montage retenu par la municipalité d'Alain Juppé. Déduction faite des subventions allouées par l'État, la Région Aquitaine, la Communauté urbaine et la Ville, l'équipement sera financé, construit et géré par le groupement Vinci- Fayat pendant une durée de trente ans, le temps pour la commune de Bordeaux de rembourser les deux majors du BTP.

En quelques années, la France est devenue la championne d'Europe des contrats de partenariat public- privé, plus connus sous le sigle PPP. Depuis 2004, près de 41 milliards d'euros ont ainsi été engagés. La crise ne freine pas leur essor. Rien que pour le premier semestre 2012, 3,1 milliards d'euros supplémentaires ont été signés. De la ligne TGV Tours-Bordeaux au palais de justice de Paris en passant par les dernières prisons et le nouveau ministère de la Défense, la vague des PPP n'en finit pas d'enfanter des chantiers.

( et tant pis si on fabrique de la dette à outrance. Mais alors, si l'envie vous prend d'aller demander un prêt à votre banquier avec un RSA pour payer une formation professionnelle, attendez-vous à un grand éclat de rire)

Chantiers à crédit

Les PPP, qui permettent de confier à un privé la construction et la gestion d'un équipement public en contrepartie du paiement d'un loyer pendant la durée du contrat, présentent un immense avantage. Ils conjurent la fatalité des chiffres en favorisant l'étalement des remboursements sur plusieurs décennies. Une aubaine pour un État asphyxié par les déficits et des collectivités locales souvent endettées. En cas de dérive financière, les ministres et les élus concernés ne seront plus en poste pour répondre de leurs choix.

En 2011, la commune girondine de Saint-Laurent-Médoc avait envisagé d'édifier un groupe scolaire en privilégiant cette option. Il n'est pas certain qu'elle respectait les critères de l'ordonnance 2004 qui encadre le recours aux PPP. Ceux-ci ne peuvent a priori être retenus qu'en cas d'urgence ou de particulière complexité du projet. Et ce choix doit s'appuyer sur une analyse comparative démontrant qu'en matière de performance, de coût global et de partage des risques, la solution PPP est plus pertinente qu'un marché public traditionnel.

En la matière, il n'existe pas de véritable jurisprudence. Les tribunaux disposent d'une grande marge d'appréciation, même si le récent arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux a marqué les esprits. La juridiction a annulé la délibération prise en 2008 par le Conseil municipal de Biarritz. Celui-ci avait autorisé le maire à signer un PPP pour la construction de la Cité du surf et l'extension du musée de la Mer, un projet dont le degré de complexité ne justifiait pas selon les juges la mise en œuvre d'un tel montage.

Retards et dérapages

Une étude récente menée par l'Institut d'administration des entreprises de Paris-Sorbonne ensevelit les PPP sous les louanges. Qu'il s'agisse du coût des travaux, des charges d'exploitation, des délais de réalisation ou des possibilités de renégociation, l'indice de satisfaction des ministères et des collectivités locales concernées serait supérieur à 90 %. En ne séparant plus l'investissement du fonctionnement, les PPP permettent aux maîtres d'ouvrage de mieux définir leurs besoins. Ce qui évite souvent des retards et dérapages, à l'image des dépassements de budgets de l'ordre de 10 à 20 % fréquemment observés après des appels d'offres classiques.

Reste que les dessous des PPP ne sont pas toujours très affriolants. En 2009, les surveillants de la nouvelle prison de Roanne édifiée par Eiffage dénonçaient des finitions bâclées et des équipements low-cost. Et que dire du nouvel hôpital de Corbeilles-Essonnes, œuvre encore d'Eiffage. L'établissement, plombé par les malfaçons, devra verser chaque année à l'entreprise un loyer de 46 millions au lieu des 30 initialement prévus.

L'inconnue financière

Difficile pourtant d'expliquer ces écarts de conduite par la seule incapacité des élus et des décideurs à maîtriser un outil novateur. En 2011, un rapport de la Cour des comptes relevait qu'en matière de PPP pénitentiaires, la gestion publique était moins onéreuse que la gestion privée. Il y a quelques semaines, un audit de l'Inspection générale des finances a évalué à 25 % le surcoût des constructions en partenariat public-privé. Et qu'en sera-t-il dans trente ou quarante ans, lorsque les contrats arriveront à leur terme ?

Le 13 décembre dernier, lors du débat organisé par l'observatoire des PPP de Sciences Po Bordeaux, aucun des interlocuteurs présents n'a été en mesure de chiffrer la charge supplémentaire supportée par le contribuable du fait des PPP. Elle n'est guère contestable. Les opérateurs privés empruntent non seulement des capitaux à des taux beaucoup plus élevés que les collectivités ou les établissements publics, mais leurs prestations intègrent aussi les marges bénéficiaires exigées par des actionnaires de plus en plus gourmands. Alléchés par la manne des PPP, Vinci, Bouygues et Eiffage, les majors du bâtiment, raflent la grande majorité des contrats au détriment des PME qui composent le tissu économique local. (et ils sont bien entendu "amis" de tous les décideurs politiques. )

Bordeaux · justice · Saint-Laurent-Médoc

PPP: Partenariat Public Privé

Par Le 28/02/2013

Il FAUT COMPRENDRE comment fonctionnent les gens qui nous gouvernent.


http://fr.wikipedia.org/wiki/Partenariat_public-priv%C3%A9


Partenariat public-privé

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir PPP.

Le partenariat public-privé (PPP) est un mode de financement par lequel une autorité publique fait appel à des prestataires privés pour financer et gérer un équipement assurant ou contribuant au service public. Le partenaire privé reçoit en contrepartie un paiement du partenaire public et/ou des usagers du service qu'il gère. Ce mode de financement est présent dans de nombreux pays sous des formes variées.

Toutefois on utilise en général l'expression de « partenariat public-privé » pour désigner des projets plus récents, dans la lignée des contrats de type PFI (en anglais Private Finance Initiative) apparus en Grande-Bretagne depuis 1992, contrats dont se sont inspirés de nombreux pays. Un exemple typique de partenariat public-privé consiste pour un entrepreneur privé à construire un hôpital public dont il gérera ensuite les activités non médicales.

Sommaire

Les PPP, une formule soutenue par certaines organisations internationales

L'importance actuelle de la dette publique dans certains États occidentaux les pousse à se tourner de plus en plus vers la formule des partenariats public-privé. Le message est soutenu depuis plusieurs années par la Banque mondiale comme l'OCDE sans oublier la Banque européenne d'investissement.

Ce mode de financement est très critiqué par la société civile1. Ces mécanismes seraient nuisibles à la démocratie et n'apporteraient pas de réel bénéfice en matière de coût ou d'efficacité de gestion. Il ne serait selon eux qu'un moyen d'imposer une idéologie et de camoufler la dette publique.

Dans un dernier forum de mai 2007, les experts invités évoquaient à l'horizon 2030 le rôle croissant des fonds de pensions au regard d'une puissance publique qui finance de moins en moins ses infrastructures. Les détracteurs de ce système font néanmoins valoir que le PPP n'est ni plus ni moins qu'un montage permettant de dissimuler aux instances de contrôle (institutions internationales, marchés financiers) une partie de la dette publique, notamment dans la zone Euro où les critères de convergence plafonnent celle-ci à 60 % du PIB2. C'est le principe de la dette cachée. (c'est à dire celle que l'UE nous fait payer !!)

En ce qui concerne les partenariats public-privé dans les pays en développement, au XIXe siècle, les systèmes de distribution d’eau de nombreuses grandes villes d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie ont été financés, construits et exploités par des investisseurs privés étrangers qui en étaient propriétaires. Faute de régulation contractuelle adaptée, ces opérateurs privés ont souvent fini par abuser de leur situation de monopole, ce qui a débouché sur un vaste mouvement de nationalisation sur tous les continents. À la fin des années 1980, ils avaient disparu du monde en développement. C’est d’Amérique latine (et surtout Buenos Aires) qu’est véritablement venue l’impulsion, au début des années 1990. Les améliorations réalisées par le concessionnaire dans ses premières années d’exploitation ont créé une forte dynamique, qui a conduit à la signature de nombreux contrats sur tous les continents. Entre 1991 et 2000, la population desservie par des opérateurs privés dans les pays en développement et dans les pays en transition a connu une augmentation régulière, passant de 6 millions à 96 millions, tandis que le nombre de pays dans lesquels des projets de partenariats public-privé étaient actifs dans le secteur de l’eau passait de 4 à 38. Depuis 2001, la plupart des nouveaux contrats de partenariats public-privé ont été attribués à des opérateurs privés originaires de pays en développement3.

Les PPP au Royaume-Uni

Le principe du PPP fut mis en place par la Private Finance Initiative (PFI) lancée par le gouvernement conservateur de John Major en 1992. À partir de 1997, les travaillistes développèrent fortement ce mode de gestion, d'abord et particulièrement dans le domaine hospitalier, puis dans l'ensemble du secteur public jusqu'à la Royal Navy.

Aujourd'hui, 10 à 15 % des investissements publics britanniques sont réalisés en PFI4. Une étude du National Audit Office a démontré que les projets en mode PFI comparés à ceux réalisés de manière conventionnelle ont généré des bénéfices supérieurs tant en termes de respect du prix convenu que de l'échéancier de livraison des bâtiments. Mais les conséquences d'un tel mode de gestion ne sont finalement pas positives d'un point de vue financier pour le contribuable ou l'usager car les loyers-redevances sont sur la durée très lourds5.

Premier secteur bénéficiant du PFI, les hôpitaux ont désormais de lourdes charges annuelles de remboursement, les taux d'intérêt des emprunts sont supérieurs aux taux qu'aurait pu obtenir l'État britannique (s'il avait choisi d'utiliser l'emprunt ce qui n'est pas le seul choix possible). Le gouvernement britannique freine désormais ce type d'initiative 6.

Les PPP en France

Article détaillé : Contrat de partenariat.

Les PPP au sens strict, ou contrat de partenariat, ont été créés en France par ordonnance du 17 juin 2004. S'il n'est pas la première forme de contrat conduisant à un partenariat, au sens large, entre le public et le privé, l'usage du terme partenariat public-privé pour désigner ces seuls contrats s'est imposé 7.

Néanmoins, d'autres formes de contrats existaient auparavant conduisant à une certaine forme de partenariat. Ainsi, les concessions qui ont toujours eu cours dès l'Ancien Régime ont permis à la France de se doter de ses premières infrastructures publiques telles le canal du Midi ou la modernisation d'infrastructures urbaines comme à Paris sous le Second Empire sous l'impulsion du baron Haussmann.

En droit contemporain, c'est la loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure du 29 août 20028 qui a relancé ce mode contractuel en autorisant l'État à confier au secteur privé la construction et la maintenance d'immeubles utilisés par la police, la gendarmerie ou la défense nationale. La justice et le secteur hospitalier ont suivi avant que ce régime fasse l'objet d'un régime général à travers les contrats de partenariat.

On assimile généralement9 les contrats publics suivants au PPP contractuel :

Au sens strict, les PPP qui permettent un investissement public soutenu par un partenaire privé se limitent aux concessions, AOT, BEA et CDP car le partenaire privé n'est pas un simple exécutant de la commande publique comme c'est le cas lorsqu'il est titulaire d'un marché public.

Un dernier bilan du ministère de l'Économie et des Finances en janvier 2008 évoque un enjeu économique des PPP de 10 milliards d'euros dont 7,2 milliards pour les contrats de partenariat.

Nouvelles technologies

Par Le 28/02/2013

Le problème, à mon sens, ne vient pas des nouvelles technologies mais de la tendance naturelle de l'homme à s'abrutir. C'est même à se demander comment il a fait pour évoluer.


  • Nouvelles technologies : et si on se déconnectait ?

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    Par Astrid De Larminat Mis à jour | publié Réactions (5)
    Privés de médias électroniques, Susan Maushart et ses enfants, Anni, Bill et Sussy, ont redécouvert les joies de la vraie vie.
    Privés de médias électroniques, Susan Maushart et ses enfants, Anni, Bill et Sussy, ont redécouvert les joies de la vraie vie. Crédits photo : Frances Andrijich/AP

    Ordinateurs, smartphones, consoles de jeux : une mère de famille américaine a tout mis au placard pendant six mois. Une expérience passionnante qu'elle raconte dans Pause.

    Quel parent d'adolescent, exaspéré et inquiet de voir son enfant immergé dans son ordinateur envoyer des salves de SMS à longueur de journée, n'a-t-il pas rêvé de le débrancher de ces appareils numériques? Susan Maushart, mère de famille divorcée, docteur en sociologie des médias de l'université de New York, l'a fait. Et pourtant, elle-même était accro à son smartphone. Mais un jour, en relisant Walden, de Thoreau, elle a décidé de dire stop. Elle annonça à ses enfants, Anni, 18 ans, Bill, 15 ans, Sussy, 14 ans, qu'ils allaient faire pendant six mois une merveilleuse expérience, un grand voyage dans la vraie vie… en vidant leur maison de tous ses écrans, c'est-à-dire: quatre ordinateurs, quatre téléphones portables, une console de jeux, quelques iPod et deux télévisions.

    Réaction de sa fille cadette, typique d'un adolescent d'aujourd'hui: «Ce n'est pas juste, ce que tu nous demandes. Tu nous imposes ta volonté.» Commentaire de la mère: «Mes enfants auraient préféré renoncer à boire, à manger ou à se laver les cheveux.» Il faut dire qu'ils n'étaient pas loin de passer 7 h 38 par jour en compagnie d'un écran (téléphone non compris) comme l'adolescent américain moyen.

    Dispo 24 heures sur 24

    C'est donc au stylo qu'elle a tenu la chronique de leur cure de désintoxication. Le récit est drôle, enlevé ; la réflexion qu'elle mène, passionnante. Avant la coupure, comme toute mère de famille, elle était sans cesse sollicitée à son bureau par ses adolescents qui trouvaient normal qu'elle soit disponible 24 heures sur 24 pour répondre quand ils lui écrivaient par texto: «Il n'y a rien à manger», ou «Bill m'a frappé», ou «l'ampoule du salon a éclaté», etc. Quand elle sortait d'un rendez-vous, il n'était pas rare qu'elle ait dix ou douze appels en absence de ses enfants qu'elle rappelait, paniquée, pour s'entendre dire, «non, c'est bon, t'inquiète, on a retrouvé la télécommande». Que les téléphones portables accroissent dangereusement la dépendance des enfants à l'égard de leurs parents est une évidence dont on n'a pas toujours conscience.

    L'usage des SMS a une autre conséquence sur les ados, remarque-t-elle. Il leur permet de modifier leurs rendez-vous au dernier moment et les habitue à remettre toute décision à la dernière minute, à ne rien prévoir. Quant au mode de communication induit par les textos et messageries instantanées, il n'y a qu'à jeter un œil sur ce que les adolescents y écrivent pour être d'accord avec elle: il est confus, superficiel, voire totalement incohérent. Sussy, qui compensa son manque d'Internet en passant des heures sur le téléphone filaire de la maison, l'a reconnu. Elle déclara qu'une conversation n'avait rien à voir avec une discussion par messagerie interposée: «Sur MSN, tu fais coucou, LOL, j'aime, j'aime pas. Au téléphone, par contre, c'est super-profond…»

    Dix choses à la fois

    Les écrans et le travail scolaire: autre débat, d'autant plus aigu, aux États-Unis et en Australie, où réside cette famille, que beaucoup d'écoles donnent à leurs élèves un ordinateur pour rédiger leurs devoirs. Un jour, Susan Maushart a surpris sa fille Sussy en train de taper une dissertation sur le poète E. E. Cummings avec neuf fenêtres actives sur son écran. Six fenêtres de messageries instantanées, une septième qui passait un feuilleton téléchargé illégalement, et une huitième qui suivait les enchères en ligne d'un couple de perruches. Cerise sur le bureau: le téléphone en mode vibreur qui ne cessait de se tortiller. Les adolescents soutiennent qu'il est normal de faire dix choses à la fois et que leurs parents n'y arrivent pas parce qu'ils ont un cerveau d'un autre siècle.

    N'empêche, trois mois après le début du sevrage, les professeurs de la jeune fille notèrent une nette amélioration de ses résultats scolaires (sans doute, aussi, parce que l'abus d'écran perturbe le sommeil et engendre une fatigue chronique: le chapitre consacré à ce sujet fait froid dans le dos). Certes, il est avéré que les médias électroniques sont en train de modifier l'organisation du cerveau, mais toutes les études de neurobiologistes que détaille l'auteur montrent que la capacité du cerveau à travailler en mode dit «multitâche» est un mythe. Le laboratoire de médias interactifs de Stanford, qui voulait pourtant prouver les avantages du «multitâche», conclut: «Les individus qui font plusieurs choses à la fois mélangent toutes les informations. Ils gobent tout et n'importe quoi sans discernement. Les multitâches sont tout simplement mauvais à presque toutes les tâches.»

    L'auteur confirme: «Avant je me doutais que sauter sans cesse d'une tâche à l'autre ne pouvait favoriser un train de pensée fluide. Maintenant je le sais. Mes enfants sont sortis de l'état de “cogitus interruptus” pour devenir des penseurs plus logiques et plus concentrés.» Elle assure avoir vu leur capacité d'attention - très réduite - se développer de façon spectaculaire, si bien qu'ils étaient capables de «lire pendant des heures et non plus des minutes, d'avoir des conversations plus longues avec les adultes et de se projeter au-delà du moment présent».

    Les bénéfices du sevrage furent multiples: l'un reprit avec passion l'étude de son instrument de musique, l'autre dont la chambre était un bac à linge sale géant retrouva le sens de l'ordre, la troisième se mit à cuisiner et à écrire un roman. La vie de famille s'en trouva également bouleversée: «Nous sommes plus proches les uns des autres», affirma l'aînée de la fratrie. Par exemple, ils ne fuyaient plus les repas pour retourner dans leur bulle multimédia mais s'attardaient à table pour discuter.

    Enfin, ils se mirent à fréquenter leurs amis pour de vrai, ce qui n'est pas anodin: des études montrent en effet que les neurones dédiés aux rapports humains des individus qui ont grandi avec les nouvelles technologies sont souvent sous-développés, si bien qu'ils ont des carences dans certaines aptitudes sociales telles que l'écoute empathique.

    «Pause», de Susan Maushart, traduit de l'anglais (États-Unis) par Pierre Reignier, NiL, 366 p., 20 €.

    LIRE AUSSI:

    » Trop d'écrans, selon les Français (Ifop)

    » Les enfants aussi utilisent de plus en plus les tablettes

    » L'informatique modifie-t-elle notre manière de penser?

    » Non au TV-sitting!

    Par Astrid De Larminat
    Journaliste Figaro
     

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Avatar Mother93

Les nouvelles technologies comme le langage sont surtout victimes d'abord de la médiocrité, de l'intolérance, du manque de formation de bien des individus quand ce n'est pas de la société en général.
En même temps, la société d'hier sans les nouvelles technologies a construit de solides valeurs dont tous nous n'avons pas profité, cela est injuste, personne ne nous rendra des comptes.
Pour nombre d'enfants et de parents aujourd'hui, il n'a pas été question de choix, contrairement à ce que l'on voudrait nous faire croire mais d'adaptation, car ces technologies ont tout envahi y compris l'univers familial.
La modulation de l'utilisation et leur rationalisation intelligente suivant les besoins sont donc nécessaires.
Il est possible d'améliorer la qualité de vie. Il n'est pas possible et pas logique d'accuser les nouvelles technologies mais seulement certaines orientations de leur utilisation, elles sont très professionnelles et n'ont rien de l'amateurisme.

Le 28/02/2013 à 14:30 Alerter Répondre

Avatar piermer

Ce sujet est délicat ... car effectivement j'utilise AUSSI le clavier pour m'exprimer ici certes (je n'ai pas utilisé de courrier postal ),... MAIS !!! mais entre user et ABUSER n'y a t il pas un juste équilibre?
juste à partir de quand?Il me semble qu'il y a là un crénaux ou entre sévir et subir il faudra choisir : Je ne veux plus subir et même si le numérique a de beaux jours devant lui ( ne plus savoir écrire au stylo bic bientot?) j'ai très souvent déconnecté en partant sur des randos au long court ( Compostelle par ex ) quel plaisir !!! ce qui n'empéchait pas certains marcheurs de s'interroger sur la disponibilité de la Wi fi en arrivant au gite???Liberté avant tout à respecter mais n'y aurait il pas une grande reprise d'air pur à oublier ... téléphone, SMART de préférence,TELE ou autre substitut artificiel au profit du chant des oiseaux,des bruits de la forêt,des vibrations du marché le matin,et enfin utiliser son temps à bricoler,RE ...découvrir son environnement,
ouvrir ses yeux et ses oreilles aux rendez vous des contacts humains et autres rencontres de la vie.
Que se passerait il si le " numérique " n'existait plus?????

Le 28/02/2013 à 13:58 Alerter Répondre

Avatar Dominique Repronche

D'ou cette devinette de mauvais gout concernant les djeunes :

Tu connais la différence entre un smartphone et un clitoris ?

Non ?

Ben continue de jouer avec ton smartphone !

Le 28/02/2013 à 13:17 Alerter Répondre

Avatar marcel legand

Et bien je comprend mieux et tout se confirme.. j'ai fait cette expérience pendant 1 an... au début je culpabilisais comme si je me comportait comme un sauvage en me coupant de tout, mais non, en fait on fait a nouveau corps avec la vie, on se sent léger, frais, attentif et tellement plus heureux, la vie devient belle...en fait j'étais mal sans savoir pourquoi et c'était ça.. on a fini par m'inciter à reprendre et j'ai replongé... mon mal être revient.. je suis fatigué, triste plus rien n'a vraiment de goût, je suis a nouveau un esclave... Franchement, j'arrête... je conseille a tous d'essayer, stoppez tout ça pendant un moment, vous verrez... la liberté n'a pas de prix.. c'est la plus belle chose au monde.


Hors piste

Par Le 27/02/2013

Ils s'amusent bien les Petits Gars et ils envoient du lourd, oufti :))

Pédagogie.

Par Le 26/02/2013

La bonne façon de critiquer est d’encourager


Ne vous imaginez pas pouvoir améliorer les autres en soulignant sans cesse leurs imperfections.
Pourquoi est-ce qu’une personne serait motivée de s’améliorer puisque vous la critiquez? Si vous avez déjà une si piètre opinion d’elle, pourquoi ferait-elle des efforts?

Si vous critiquez régulièrement quelqu’un, il devient complètement démotivé. Et vous obtenez l’effet contraire de vos critiques. C’est-à-dire que plus vous critiquez et moins la personne veut s’améliorer.Critiquer est une mauvaise méthode dans la grande majorité des cas.

Pour obtenir quelque chose des autres, il faut les encourager même si la réalité n’est pas tellement fameuse. Il ne faut pas adopter envers les gens une attitude critique, car à ce moment-là vous les paralysez. Il est très souvent préférable de garder ses opinions négatives pour soi.
Cela ne signifie pas qu’on doit fermer les yeux et ne pas voir que quelqu’un est en train de vous faire du tort. Si vous devez absolument souligner certains points négatifs du comportement de quelqu’un, faites-le avec une grande diplomatie. Faites-le en mentionnant également les qualités de la personne. Et mettez l’accent sur ces qualités, car si vous soulignez certains points négatifs de quelqu’un et que cette personne réagit en devenant défensive; alors celle-ci ne sera pas motivée à se corriger.

En général, plutôt que de critiquer, il faut chercher à découvrir chez les autres des vertus et des qualités. Ces éléments positifs sont parfois cachés, et quelquefois la personne elle-même ne les connaît même pas. Il faut prendre l’habitude de regarder profondément dans les êtres au lieu de se limiter aux apparences. Celles-ci sont souvent trompeuses. Il est facile et peu noble de trouver les défauts. Mais pour trouver les qualités, il faut parfois une grandeur d’âme. Une fois les qualités de l’autre identifiées, il faut focaliser sur ces dernières, Ces bonnes pensées modifieront votre attitude face aux autres.

« La meilleure façon d’avoir de bonnes relations avec les autres est de se concentrer sur leurs qualités, Et ensuite de les aider à exprimer le mieux possible celles-ci. »
Allen J. Boone

Les Indifférents

Par Le 26/02/2013

J'ai passé pas mal de temps sur le net depuis deux jours, à lire divers sites, blogs, forums. A lire aussi les infos "officielles" et puis les sites d'infos parallèles, celles qui cherchent à ouvrir les yeux.

Il y a une euphorie communicative et une force immense qui se déploient sur la toile. Rien de bêtement joyeux ou de niais mais une lucidité de plus en plus intense. J'ai l'impression que les Puissants perdent la partie, que la masse se retourne, que les consciences s'éveillent.

Et puis, il suffit que je sorte et que par malheur, des obligations m'amènent à rejoindre une ville pour avoir l'impression de croiser des milliers "d'Indifférents". Ceux qui s'agitent devant des vitrines ou visitent fiévreusement tous les magasins, qui s'assoient à une terrasse pour "boire un coup", qui discutent du dernier PSG-OM ou de la dernière édition de "the voice". Cette impression de côtoyer des gens immatures, des consommateurs chroniques, des hallucinés.

J'ai repensé à tout ce que j'avais lu ces deux jours et je ne comprenais pas cette distance immense entre ce monde de la ville et celui de la Toile. Comme s'il existait un espace futil et un espace spirituel et que les deux mondes évoluaient dans deux univers parallèles.

Simultanément, j'avais le sentiment que cette indifférence nourrie de l'artificiel était extrêmement fragile, qu'un rien suffirait à l'ébranler, à en saper les fondements. Sans doute que cette crise financière et économique a ce pouvoir. Malheureusement. Car tout cela est forcé, tout se fait sous la contrainte et on sait, historiquement, que les crises imposées sont suivies de rebonds tout aussi hallucinés pour la simple raison qu'il ne s'agit pas d'un travail sur soi, sur la conscience mais juste d'une souffrance au regard de ce qu'on croit avoir perdu. Alors qu'il n'y avait fondamentalement rien du tout. Comme si le pouvoir d'achat avait un réel pouvoir sur la conscience de la vie. Un pouvoir d'effacement certainement mais absolument pas un pouvoir d'éveil.

Alors, ces Indifférents pourront-ils un jour changer de voie ?

Je pense qu'il est préférable d'être indifférent que convaincu. L'Indifférent n'a pas d'ancrage, il suit le courant. Il suffit par conséquent qu'un mouvement puissant se dégage pour qu'il éprouve le besoin de sy intéresser. Il ne vit que dans le mimétisme alors que le convaincu est un être borné, fermé.

Personnellement ma seule conviction est de n'être convaincu de rien. Je suis même ouvert à l'idée que les politiciens peuvent contribuer à faire le Bien...C'est dire si je reste ouvert...

Je ne suis pas Indifférent. Je cherche à connaître, à comprendre, à élargir mon champ de vision. Je refuse les conditionnements et les mouvements de masse lorsqu'ils ne sont que des mimétismes reproduits.

Je ne sais pas d'où viendra le déclencheur d'un mouvement libérateur des consciences. J'espère qu'il ne s'agira pas d'un individu alliénant la masse, j'espère qu'il ne s'agira pas d'un prophète, on a déjà testé, c'est un échec cuisant dont on paie encore les dégâts, j'espère que rien d'identifiable ne permettra de situer le moment clé, qu'il n'y aura aucune raison historique, que personne ne pourra s'en attribuer la paternité.

Les Gandhi, Luther King, Krishnamurti, Bouddha et autres personnalités charismatiques n'ont pas réussi à changer la masse. Justement parce qu'il y avait un attachement, une appartenance, une reconnaissance, des clans, des adeptes, des inconditionnels...

Le mouvement ne viendra pas de nous, d'aucun homme en particulier. Je pourrais en être convaincu si je succombais à la prétention d'une telle prédiction. C'est juste que l'Histoire de l'Humanité n'a jamais montré un tel exemple. Rien n'a jamais duré.

Chaque homme deviendra ce qu'il porte au plus profond en allant l'extraire lui-même.

Il faut déjà cesser d'être indifférent à ce potentiel.

Pensées intentionnelles. (spiritualité)

Par Le 26/02/2013

Magazine | Articles

http://www.inrees.com/articles/Nos-pensees-et-nos-intentions-influenceraient-elles-la-realite/

Nos pensées et nos intentions influencent-elles la réalité ?

 

Nos pensées et nos intentions auraient-elles la capacité d’influencer la réalité ? De changer notre vie et celle des autres ? D’après de nombreuses expériences scientifiques en physique quantique, cette idée ne semble plus irrationnelle. Explications avec la journaliste scientifique américaine Lynne Mc Taggart.
© Andrew Myers
Et si nos pensées exerçaient une influence sur la réalité physique ? Et si la vigueur de nos intentions, focalisées sur ce que l’on souhaite vraiment, avait le pouvoir d’induire de véritables changements dans notre vie et de façonner le monde qui nous entoure ? Le Secret, best-seller de Rhonda Byrne, traduit en quarante-six langues, évoquait déjà en 2008 la loi de l’attraction de la pensée. Selon l’auteure, il suffit de visualiser l’objet de nos désirs et d'être convaincu qu’on l’aura pour qu’un message soit alors envoyé à l’Univers, qui se débrouillera pour réaliser notre souhait dans n’importe quel domaine : amour, santé, bonheur mais aussi pouvoir, argent, biens matériels, etc. Une recette simpliste, généreusement saupoudrée de « magie » et de « new age », un peu dure à avaler pour les plus cartésiens – qui taxèrent ce livre de « tissu de mensonges » -, et trop difficile à digérer pour les plus ouverts d’esprit– qui reprochèrent à l’auteure de mélanger ambitions matérialistes et spiritualité.

La même année pourtant, Lynne Mc Taggart, auteure à succès de réputation internationale, journaliste scientifique américaine primée et figure de proue parmi ceux qui se consacrent à l’étude de la conscience humaine, publie un ouvrage révolutionnaire, intitulé La Science de l’intention, dans lequel elle démontre, expériences et données scientifiques à l’appui, que la pensée dirigée ne serait pas une simple croyance et pourrait bien influencer la réalité.
A en croire différentes conclusions de recherches sur la conscience humaine dans le domaine de la physique quantique, menées par d’éminents scientifiques du monde entier -comme le physicien Fritz-Albert Popp de l’Institut international de biophysique ou le Dr Gary Schwartz, professeur de psychologie, de médecine et de neurologie à l’université de l’Arizona -, il semblerait, en effet, que ce potentiel sommeille en chacun de nous. « Les plus récentes études de l’effet de l’esprit sur la matière, précise la journaliste, semblent indiquer que l’intention a des effets variables qui dépendent de l’état du sujet, ainsi que du moment où il émet une pensée et de l’endroit où il se trouve. L’intention a déjà été employée dans maints domaines, notamment pour guérir les maladies, modifier des processus physiques et influencer des événements. Il ne s’agit pas d’un don spécial mais d’une compétence apprise et aisément enseignée. En réalité, nous utilisons tous déjà l’intention dans de nombreux aspects de notre vie quotidienne. »


 

Concrètement, qu’est-ce qu’une pensée ?


De nombreuses expériences semblent indiquer que notre conscience n’est pas enfermée dans notre crâne, mais semble être une « substance » qui irradie hors des limites du corps physique. Une énergie ordonnée capable de traverser l’espace et le temps. « On sait aujourd’hui que les pensées sont une forme d’émission de biophotons - ces particules de lumière porteuses d’énergie émises par tous les organismes vivants : plantes, animaux, êtres humains. Elles créent une énergie qui émane de nous en permanence, explique la journaliste scientifique. Le fait d’orienter ses pensées vers un objectif précis – ce que les scientifiques appellent « l’intention » ou « l’intentionnalité » - semble produire une énergie assez puissante pour transformer la réalité physique. »
Comment la pensée pourrait-elle influencer la réalité ? L’intention serait-elle une flèche d’information et d’énergie décochée par notre conscience et envoyée à l’Univers ?

« Cela suggère qu’il y a un moyen par lequel l’information est transférée et que le guérisseur, comme d’autres personnes d’ailleurs, est capable de se connecter à quelque chose de plus grand, quelque chose qui nous dépasse, qui va véhiculer la pensée », assure Marilyn Schlitz, chercheuse et présidente de l’Institut des Sciences Noétiques aux Etats-Unis. La physique quantique a, en effet, permis de mettre en évidence ce qu’on appelle le « champ du point zéro ». Un champ généré par les incessants mouvements d’énergie entre les milliards de particules subatomiques, composants de la matière de taille inférieure à celle d’un atome. Un champ auquel l’ensemble de la matière dans l’Univers est connectée grâce à de continuels échanges d’énergie. Lynne Mc Taggart présentait déjà dans son livre, Le Champ de la cohérence universelle, le concept d’un Univers interconnecté, étayé par des hypothèses scientifiques très sérieuses permettant de lever partiellement le voile sur certaines énigmes humaines passionnantes, allant de la médecine alternative – comme les thérapies énergétiques et l’acte de guérison à distance par exemple - aux perceptions extrasensorielles – comme l’intuition, la télépathie, les précognitions, etc. « L’acte de guérison à distance, explique Lynne Mc Taggart, est essentiellement un acte de pensée, une intention de guérir. Si c’est la jambe gauche qui doit être soignée, c’est vers elle que le guérisseur va envoyer l’intention en la dirigeant de manière précise. Comme beaucoup de physiciens quantiques, je suis convaincue que les guérisseurs, dans un « hyperétat » d’intense concentration sont capables d’exploiter ces pensées, pour en créer qui soient très cohérentes et énergisées, et de les projeter, peu importe la distance. Nous ne comprenons pas totalement ces mécanismes. Mais le modèle des biophotons nous permet de saisir que nous envoyons en permanence des instructions à l’Univers sous forme de rayonnements. Les guérisseurs, même à distance, sont, je pense, capables de rendre opérantes ces instructions en vue d’obtenir la guérison. »
Le magnétiseur Jean-Luc Bartoli confirme cette hypothèse : « L’intention au fond c’est quoi ? C’est de la compassion, c’est de l’amour que tu envoies à ton prochain. Moi, je dis tout le temps : ma main c’est le prolongement de mon cœur. Les passes magnétiques ne sont que de l’habillage technique dans le sens où l’intention pourrait suffire. Et pour moi, c’est exactement ce qui explique pourquoi cela marche à distance. »

Le pouvoir de la pensée et de l’intention a déjà été observé dans de tout autres circonstances. Au cours d’une étude américaine appelée « Love Study », impliquant plusieurs couples, l’un des partenaires devait envoyer à distance des pensées de guérison et de compassion à son partenaire malade. Aussi incroyable que cela puisse paraître, on a constaté une corrélation significative entre l’activité physiologique de celui qui émettait ces pensées et l’activité physiologique de celui qui les recevait. Sans le savoir, ce dernier réagissait instantanément. On a même observé, entre les deux partenaires, plusieurs phénomènes de synchronie entre différentes parties de leur corps: leurs ondes cérébrales, leurs rythmes cardiaques, les réponses galvaniques de leur épiderme…
Ce que des siècles de vision mécaniste nous ont appris à considérer comme irrationnel serait en train de devenir parfaitement plausible dans le monde quantique ! Nous nagerions donc dans un gigantesque champ d’énergie, dont nous faisons partie intégrante, et par lequel nous pourrions recevoir et envoyer de l’information, comme l’intention de guérir ou d’être guéri.

« Scientifiquement, explique le Dr Thierry Janssen, ancien chirurgien aujourd’hui psychothérapeute, des études nous ont permis de mieux comprendre la matière dans ces états les plus subtils. Notamment que deux photons ou biophotons jumeaux séparés peuvent continuer de communiquer. Il est intéressant de se dire que la matière, depuis la création du monde, est un grand continuum et que ce sont ces liens qui créent le vivant. J’aime cette phrase du Professeur Linus Pauling, prix Nobel de chimie et Prix Nobel de la paix qui disait : « La vie, ce n’est pas les molécules mais les liens qui existent entre elles. » Si l’on explore cette voie-là, on comprend mieux pourquoi deux individus séparés peuvent communiquer au niveau de l’intention, obtenir des effets sur la santé de l’un et de l’autre... Ces phénomènes de guérison à distance posent d’ailleurs une question très dérangeante pour l’esprit occidental : quels sont ces liens qui nous relient les uns aux autres, et qui relient tous les éléments du vivant ? »

« En s’envoyant et en recevant de l’énergie, précise Lynne Mc Taggart, les particules subatomiques créent, le temps d’un battement de paupière, des particules virtuelles. Ce petit échange ne représente pas beaucoup d’énergie, environ un demi-watt. Mais lorsqu’on additionne toutes les particules subatomiques qui font cet échange d’énergie à travers tous les éléments de l’Univers, on arrive à une quantité d’énergie inimaginable. Ce champ d’énergie géant, nous y sommes tous connectés, même aux plus lointains confins de l’Univers. Nous devons nous concevoir nous-mêmes comme autre chose qu’un ensemble d’éléments solides. Je ne suis pas seulement un paquet de cellules différent du vôtre. A un niveau quantique, nous sommes, vous et moi, comme des petits nœuds sur la même corde, nous faisons partie d’un immense champ d’énergie auquel nous sommes tous reliés : c’est cela, la réalité qui nous englobe. Nous envoyons en permanence de l’information à ce champ. Et c’est aussi par ce moyen que nous pouvons recueillir de l’information. C’est un réseau géant. »

La Science de l'intention, Lynne McTaggart
Editions Ariane (M
ars 2008 ; 416 pages)

Les Kogis (4)

Par Le 26/02/2013

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Les indiens Kogis
nous parlent de la Terre

L’INREES a rencontré deux représentants de la communauté des Indiens kogis, peuple autochtone de Colombie, venus en France à l’occasion d’une tournée de conférences intitulée « Regards Croisés sur ce monde qui vient ». Quels liens entretiennent-ils avec la nature et le vivant ? Que pensent-ils de notre comportement à l’égard de l’environnement ? Vidéo.
© Sébastien Lilli



Mais que représente réellement la Terre aux yeux des Kogis, et qui sont ces Indiens, derniers héritiers des civilisations précolombiennes ? Eric Julien, fondateur de l'association Tchendukua, a été sauvé d’un oedème pulmonaire par les Indiens Kogis alors qu’il découvrait leur territoire au cœur de la Colombie. Il y reviendra plusieurs fois, des années plus tard, et sortira de ces rencontres profondément transformé : « De rencontrer une communauté qui vit sans frigo, sans voiture, sans télévision, et qui a l'air plutôt heureuse de porter des valeurs fortes, de partager un sens collectif et d'avoir des valeurs de coopération, sur un territoire qu'elle semble respecter et avec lequel elle vit en harmonie, c'est vrai que c'est troublant. Les Kogis portent un sens que nous avons oublié. Ils ont un accès au savoir qui est déroutant, ils défendent un système de médecine préventive alors que nous sommes plutôt dans un système de médecine curative... ». Une connaissance qui oriente leurs comportements : « En fonction de ce qu'ils savent, ils agissent pour protéger la nature... Ils ont d'ailleurs tout un système de divination pour cela. Et ce qu'ils ne comprennent pas, c'est que malgré notre savoir, car nous "savons" aussi, nous faisons un tas de rapports et un tas de films qui nous expliquent que la planète ne va pas très bien, et pourtant rien ne change. » Et si le moment de changer, c'était maintenant ? Cela commence par ces prises de conscience, ces rencontres exceptionnelles qui nous invitent à transformer notre rapport à ce qui est pour vivre en harmonie avec les autres, avec la nature, avec la Terre.

Fracture.

Par Le 25/02/2013

En fait, ce qui m'intéresse, c'est de constater que dans tous les registres de la société, l'implication des hommes politiques finit en désastre. La fracture, elle est générale.

Notre mode de fonctionnement est pervers.



Rousseau: "Il y a une fracture"

Florian Rousseau quitte son poste d'entraîneur national. (Maxppp)
Florian Rousseau quitte son poste d'entraîneur national. (Maxppp)
Interview

Au lendemain de championnats du monde plutôt réussis, avec quatre médailles dont deux en or, Florian Rousseau a choisi de quitter son poste d'entraîneur national. L'ancien triple champion olympique dénonce l'inaction de la Fédération Française de Cyclisme depuis les J.O. de Londres. "Les athlètes ne peuvent pas se permettre d’attendre des projets", dit-il.

Florian, vous allez quitter votre poste d’entraîneur national. Quand avez-vous pris votre décision ?
Avant les championnats du monde. Ce n’est pas une décision sur un coup de tête, c’est une décision mûrement réfléchie depuis les Jeux Olympiques.

Vous n’avez pas digéré la déception de Londres ?
Non, non, non (il insiste). Il faut savoir avancer. Bien sûr que ç'a été une déception. J’ai continué dans ma mission d'accompagner l’équipe de France, pour préparer les championnats du monde en disputant des manches de Coupe du monde. Ce n’est pas la déception qui me fait me retirer de mes fonctions d’entraîneur. C’est l’inertie, la lourdeur de la Fédération à prendre les devants. Cette situation n’est pas nouvelle, et les personnes de la Fédération avaient été informées. Je leur avais donné mon avis, mon point de vue qui avait peut-être été pessimiste à l’époque. Il n’a pas été entendu. Aujourd’hui, ça se confirme. Mon sentiment était le bon.

C’est-à-dire ?
Les Jeux Olympiques sont passés depuis sept mois et il ne s’est rien passé depuis. C’est stupéfiant. La nouvelle olympiade a déjà commencé et on a déjà fait un championnat du monde. Il y a eu le temps politique, avec la réélection de David Lappartient (samedi, ndlr). Il va maintenant y avoir le temps institutionnel, où il va falloir désigner des personnes et organiser le fonctionnement de la Fédération. Aujourd’hui, les athlètes ne peuvent pas se permettre d’attendre des projets. Eux, ils sont dans l’action. On a besoin de faire des choix dès maintenant. Ça pouvait être fait, ça n’a pas été fait.

Comme par exemple à Hyères, où plusieurs athlètes comme Kevin Sireau et Mickaël Bourgain se retrouvent sans entraîneur ?
Ce n’est qu’une chose parmi un ensemble de choses dans les rapports entre les entraîneurs et la Fédération, comme le manque de confiance accordée aux techniciens.

Vous n’êtes pas assez consulté ?
Oui, effectivement. Quel que soit mon avis, bon ou pas bon. Pour faire des choix au niveau de la Fédération Française de Cyclisme, il faut quand même s’appuyer sur les entraîneurs, les techniciens, les hommes de terrain, les entraîneurs de terrain. Pour aller de l'avant, il faut avancer ensemble. On ne peut pas avancer seul, il faut l’avis de tout le monde. Cela n’a pas été le cas. Il y a une vraie fracture entre le côté politique et le monde sportif.

Que reprochez-vous à David Lappartient ? D’agir trop seul ?
Il est président de la Fédération. Il aura peut-être des explications à apporter concernant ses choix…

Et quand il annonce la création d’une équipe au budget de 20 millions d’euros, multidisciplinaire, sous l’égide de la FFC, ça ne vous convainc pas ?
Pour l’instant c’est un projet. Il faut trouver le partenaire. Les sportifs ne peuvent pas attendre. Un projet comme celui-ci, ça prendra un ou deux ans. Rio c’est en 2016 et les qualifications commencent dès 2014. Le projet est intéressant, mais ce n’est pas ça qui apportera des médailles d’or à la France. C’est un ensemble de choses. Il faut voir aussi comment on va restructurer les régions, revoir nos modes de fonctionnement concernant la détection, mais aussi la formation, des coureurs comme des entraîneurs. C’est un point important. Il y a un vaste chantier.

Avant de prendre votre décision, avez-vous consulté Grégory Baugé ?
Non, aucun athlète n’était au courant. Malheureusement, il va l’apprendre par la presse. Je n’avais pas souhaité l’annoncer avant parce qu’on préparait les championnats du monde. Si je l’annonce maintenant, ce n’est pas une coïncidence. La saison se termine, mais la nouvelle saison commence. L’entraîneur qui va me succéder va devoir faire des choix quant aux compétitions à disputer.

En démissionnant, vous tirez la sonnette d’alarme...
Je ne démissionne pas. Je n’ai pas dit que je quittais la Fédération, encore. Mais je quitte mes fonctions d’entraîneur national.

Quel rôle pourriez-vous endosser au sein de la FFC ?
Je ne sais pas. Je ne suis pas fermé à des propositions de la Fédération.

Est-ce trop tard pour Rio pour l’équipe de France de cyclisme sur piste ?
Il n’est jamais trop tard.

Retraite à 50 ans, 9000 euros/mois

Par Le 25/02/2013

C’est normal qu’il ne reste presque plus rien pour nous !
Vous avez remarqué que nos politiciens se battent comme des fous pour rentrer dans l’administration européenne
Pourquoi ?… Ce qui suit va vous éclairer…
C’est tout simplement scandaleux !!!

La retraite à 50 ans avec 9.000 euros par mois pour les fonctionnaires de l’UE a été approuvée !!!


http://actuwiki.fr/eco/15604


Ni la Gauche, ni la Droite ne supprimeront ces Privilèges. 

5259115-7848578

Cette année, 340 fonctionnaires partent à la retraite anticipée à 50 ans avec une pension de 9.000 Euros par mois.
Afin d’aider l’intégration de nouveaux fonctionnaires des nouveaux états membres de l’UE (Pologne, Malte, Pays de l’Est…), les fonctionnaires des anciens pays membres (Belgique, France, Allemagne..) recevront de l’Europe un pont d’or pour partir à la retraite.POURQUOI ET QUI PAIE CELA ?Vous et moi qui travaillons ou avons travaillé pour une pension de misère, alors que ceux qui votent les lois se font des cadeaux dorés.

La différence est devenue trop importante entre le peuple et les « dieux de l’Olympe » !!!
RÉAGISSONS par tous les moyens en commençant par divulguer ce message à tous les Européens.
Bonne journée à tous quand même.

CES HAUTS FONCTIONNAIRES DE l’UNION EUROPEENNE CONSTITUENT UNE VRAIE MAFIA

Les technocrates européens jouissent de véritables retraites de nababs.
Même les parlementaires qui, pourtant, bénéficient de la « Rolls  » des régimes spéciaux, ne reçoivent pas le tiers de ce qu’ils touchent… C’est dire !
-Giovanni Buttarelli, qui occupe le poste de « contrôleur adjoint de la protection des données », aura acquis après seulement 1 an et 11 mois de service (en novembre 2010), une retraite de 1 515 € / mois. L’équivalent de ce que touche, en moyenne, un salarié belge ou français du secteur privé après une carrière complète de 40 ans.

- Son collègue, Peter Hustinx, vient de voir son contrat de cinq ans renouvelé.
Après 10 années, lui aura droit à près de 9 000 euros de retraite par mois.

C’est simple, plus personne ne leur demande des comptes et ils ont bien décidé d’en profiter.

C’est comme si, pour leur retraite, on leur avait fait un chèque en blanc.

En plus, beaucoup d’autres technocrates profitent d’un tel privilège
1. Roger Grass, greffier à la Cour de justice européenne, va toucher 12.500 € de retraite par mois.

2. Pernilla Lindh, juge au Tribunal de première instance, 12.900 € par mois.

3. Ruiz-Jarabo Colomer, avocat général, 14.000 € par mois.

Consultez la liste sur :

http://www.sauvegarde-retraites.org/docs/Retraite_Hauts_fonctionnaires_europeens_Annexe_3_Etude_27.pdf

Dans cette liste vous trouverez un certain Jacques Barrot( 73 ans) avec une retraite de 4.728,60 € pour 5 années de commissaire européen aux transports

À cela il faut ajouter sa retraite d’ancien député, celle d’ancien ministre, d’ancien président du Conseil général de la Haute Loire, de maire d’Yssingeaux et pour couronner cette brillante carrière, le 23 février 2010 il a été nommé au Conseil Constitutionnel.
En poste depuis le milieu des années 1990, ils sont assurés de valider une carrière complète et, donc, d’obtenir le maximum : 70 % du dernier salaire.

Car, c’est à peine croyable… Non seulement leurs pensions crèvent les plafonds mais il leur suffit de 15 années et demie pour valider une carrière complète alors que pour vous, comme pour moi, il faut se tuer à la tâche pendant 40 ans et, bientôt, 42 ans.

Face à la faillite de nos systèmes de retraite, les technocrates de Bruxelles recommandent l’allongement des carrières : 37,5 ans, 40 ans, 41 ans (en 2012), 42 ans (en 2020), etc.

Mais, pour eux, pas de problèmes, le taux plein c’est 15,5 ans…

De qui se moque-t-on ? A l’origine, ces retraites de nababs étaient réservées aux membres de la Commission européenne puis, au fil des années, elles ont également été accordées à d’autres fonctionnaires.

Maintenant, ils sont toute une armée à en profiter : juges, magistrats, greffiers, contrôleurs, médiateur, etc.

Mais le pire, dans cette affaire, c’est qu’ils ne cotisent même pas pour leur super retraite !!!

Pas un centime d’euro, tout est à la charge du contribuable…

Nous, nous cotisons plein pot toute notre vie et, au moindre retard de paiement, c’est la déferlante : rappels, amendes, pénalités de retard, etc. Aucune pitié !

Eux, ils (se) sont carrément exonérés…. On croit rêver !
Rendez-vous compte, même les magistrats de la Cour des comptes européenne qui, pourtant, sont censés « contrôler » si les dépenses de l’Union européenne sont légales, faites au moindre coût et pour l’objectif auxquelles elles sont destinées…, profitent du système et ne paient pas de cotisations.

Et, que dire de tous ces technocrates qui ne manquent pas une occasion de jouer les « gendarmes de Bruxelles » et ne cessent de donner des leçons d’orthodoxie budgétaire alors qu’ils ont les deux mains, jusqu’aux coudes, dans le pot de confiture ?

A l’heure où l’avenir de nos retraites est gravement compromis par la violence de la crise économique et la brutalité du choc démographique, les fonctionnaires européens bénéficient, à nos frais, de pensions de 12.500 à 14.000 €/ mois, après seulement 15 ans de carrière et sans même cotiser…

C’est une pure provocation !

Mon objectif est d’alerter tous les citoyens des états membres de l’Union Européenne.

Ensemble nous pouvons créer un véritable raz de marée.

Il est hors de question que les technocrates européens continuent à jouir, à nos frais et en toute impunité, de telles retraites.

Nous allons leur remettre les pieds sur terre : Sauvegarde Retraites a réalisé une étude précise et très documentée qui prouve par « A+B » l’ampleur du scandale, reprise par les médias.

http://www.lepoint.fr/economie/les-retraites-en-or-de-l-europe-19-05-2009-344867_28.php

Diffusons, diffusons massivement auprès de tous nos relais des vingt-sept pays de l’Union Européenne, il en restera bien quelque chose !!!

la révolution n’est pas loin…

Mireille MARZARO
Cadre Coordinateur
Réseau de Soins Palliatifs des Alpes Maritimes

Source : Le blog de Lucien PONS

Déterminisme et acceptation

Par Le 24/02/2013

Entre nos gènes et notre déterminisme social, nous sommes en liberté surveillée. Nous avons hérité de nos gènes et nous sommes le produit d'un environnement social et de l'histoire qui s'en nourrit. Il existe pourtant une incertitude générée par notre cortex. En tout cas, on peut le supposer...La liberté est souvent définie comme un libre-arbitre, c'est à dire comme le pouvoir de prendre une décision contraire à l'évidence. Personnellement, je n'y vois qu'une "réaction", un état d'esprit rebelle. Je n'appelle pas ça la liberté. Mais l'illusion d'un pouvoir. Le dictateur ne prend pas des décisions lucides mais celles qui permettront le maintien de son statut. Lorsque nous "décidons" d'aller à l'encontre de l'évidence et de rompre avec le déterminisme, nous agissons sous la force d'un contrepoids, d'un esprit de contradiction. C'est à cet état d'esprit que nous nous aliénons. S'il n'y avait le poids du déterminisme, cette rébellion n'existerait pas. Elle n'est pas issue de rien, elle est nourrie par l'insupportable dépendance que nous portons.

La liberté n'est pas accessible dans une démarche réactive. Le prisonnier qui s'échappe de sa geôle n'est pas libre, il court désormais sous la menace d'être rattrapé...Nous sommes toujours sous la menace des chaînes et nos instants de liberté sont hallucinogènes si nous les nourrissons de notre colère.

C'est là qu'intervient la notion d'acceptation.

 

Même dans la lutte, cet effacement de l'individu est inévitable. Il sera bien entendu moins pitoyable que cette aliénation acceptée par la masse mais il ne faudra pas y voir pour autant autre chose qu'une dispersion. Les guerres ne peuvent exister qu'à partir du moment où deux entités s'opposent. Si je décide de lutter contre un déterminisme qui me révolte, je viens nourrir de mon énergie l'entité que je combats. Elle profitera de cette lutte pour se dresser.

L'acceptation a un pouvoir d'épuisement parce qu'elle ne cherche pas à lutter, elle absorbe. Il n'y a pas de combat et par conséquent, l'entité agressive est désamorcée, comme une bombe à laquelle on retire le détonateur. L'armée, prête à lutter, n'a plus d'opposition et ses intentions s'estompent d'elles-mêmes. L'indifférence est un antidote surpuissant.

Il ne s'agit pas pourtant d'un abandon ou d'une soumission. Il est toujours possible de dénoncer, de s'opposer, de refuser de s'aliéner à la masse mais tout doit se faire dans une complète inertie émotionnelle. Il ne faut pas projeter sur l'ennemi l'énergie de ma colère, sinon, je le nourris et je tombe dans le piège. Délibérément...Ce qui est bien plus grave que l'indifférence elle-même. L'indifférence nourrit le mimétisme mais elle n'est qu'une nourriture fade, terne, sans force. Elle peut facilement être vaincue. La colère est bien plus dangereuse puisqu'elle pervertit la lucidité de l'individu. Combien de combats inutiles par simple entêtement égotique ? La politique est la scène la plus risible qui soit dans ce registre.

Pas d'abandon, pas de collaboration, ni de colère.

L'ataraxie de l'acceptation. C'est la seule solution.

L'acceptation de tout.

Par Le 23/02/2013

"Lorsqu'on a l'attitude hostile et qu'on travaille à éliminer les choses, chaque fois qu'on en chasse une, il en surgit une autre à sa place et dès qu'on s'attaque à celle-ci, il y a celle-là qui arrive. La chose à faire, c'est de ne plus se battre, de ne pas chercher à expulser les mauvaises choses en voulant réaliser seulement les bonnes, mais au contraire, de les prendre en considération et de les accepter. La grande chose est, somme toute, de cultiver l'acceptation de tout ce qui se présente et ainsi n'aura-t-on pas à discriminer ou à être pris dans quelque lutte que ce soit. Voilà la technique essentielle de la méditation." Chogyam Trungpa.


Quel terrible lutte...

J'ai lu ce soir qu'un jeune garçon était mort après une bagarre dans la cour de son collège. Je pensais à sa famille.

J'ai lu qu'une mère avait égorgé ses trois enfants et que c'est le père qui les a découverts. Je pensais à lui, à cet instant.

Rien que ça, rien que cette douleur dans mon ventre, cette brûlure pour des êtres qui souffrent, au-delà de l'imaginable.

Je pensais aux enfants qui meurent de faim, de soif, de la guerre de leurs aînés, d'épidémies enrayées depuis longtemps ici.

Je pensais aux massacres des aniamaux, à la déforestation, aux océans vidés, aux dauphins massacrés, aux baleines pourchassées, aux orang outans, aux rhinocéros, aux milliers d'espèces animales en voie d'extinction, aux forêts tropicales qui disparaissent.

Je pensais à toute cette épouvantable souffrance. Si chaque plante, chaque animal, chaque humain qui meurt poussait un cri interminable, ce monde ne serait qu'un vacarme insupportable, une plainte infinie.

"L'acceptation de tout..."

Je comprends bien de quoi il s'agit. Ne pas apporter d'émotions exacerbées dans l'accueil, rester neutre et lucide, analyser et agir, le plus efficacement possible.

L'émotion n'est pas un moteur, elle dévore l'énergie. Si je m'abandonne à la colère, je deviens une victime et je participe à l'extension du Mal.

La violence de ce monde est peut-être une opportunité de croissance intérieure finalement.

L'abandon est une voie, l'acceptation en est une autre. La collaboration est la pire de toute.

Patrick Edlinger

Par Le 22/02/2013

Nombre de pages : 320
Photos : nombreuses

ISBN-13 : 9782352210603

Prix indicatif : 56€

Auteur : Jean-Michel Asselin et Patrick Edlinger
Editeur : Guérin
Année d'édition : 2013
Type : Biographie

Résumé : Voici le livre tel que Patrick Edlinger l'avait imaginé. Voici le livre tel que nous l'avons concrétisé. À mi-chemin entre la biographie et l'autobiographie, Jean-Michel Asselin compose un portrait à hauteur d'homme, ce géant au sommet de son art.

Voici les premières pages de la biographie de Patrick Edlinger

Dédicace
Je souhaite à tous les êtres, quelle que soit leur activité, de la vivre pleinement en homme libre. Il faut prendre la vie avec humour et détachement. Il faut savoir rester humble, à l’écoute des autres et s’efforcer de les aider. Peu importe si l’on juge que le monde est peuplé de crétins et de cupides, il se peut que nous en fassions partie, d’où cette idée de penser aux autres et rendre la vie plus belle pour tous. Avec toute ma sympathie !
Patrick Edlinger

Avant-Lire
« Le livre que vous tenez dans les mains est une autobiographie. Patrick l’a écrite, je lui ai juste prêté mes doigts. Comme dans certaines fissures, les siens étaient trop forts, trop gros pour courir sur les touches d’un clavier. Il me disait et j’écrivais, c’est aussi simple que cela. Ce sont ses mots, ses souvenirs, ses pensées, ses faits et gestes, ses emportements, ses rêves, ses difficultés, ses gloires, sa vie. Il voulait ce livre, il l’a travaillé avec soin, avec passion. Il clôturait un grand chapitre de sa vie pour mieux en ouvrir d’autres. »
Jean-Michel Asselin

Exergue :
« Et les doigts ! Longuement étirés puis pliés, coincés, pendus, accrochés, déchiquetés, poncés… et reblanchis de magnésie pour une longueur de plus. Les doigts d’Edlinger, ses mains. Comme les serres de l’Aigle… »
Maurice Rebeix


Extrait 1 :
Quand Patrick rencontre Patrick
Fin 1977, un des amis de Patrick, Robert Exertier, se met à lui parler d’un grimpeur niçois, Patrick Berhault, qui habite Nice et grimpe souvent seul au Baou de Saint-Jeannet. Après tout, ce pourrait être un bon compagnon de cordée, d’autant que la rumeur parle de lui comme d’un grimpeur très fort… Rendez-vous est pris. Robert prend sa voiture et conduit Patrick à Nice, plus exactement ils se rendent dans le quartier du Petit-Nice où Patrick Berhault vit avec son frère et sa mère Jeanine dans un petit appartement. Berhault est aussi brun qu’Edlinger est blond. Sinon, c’est un peu le même gabarit, le même accent du sud, une nonchalance apparente. Les deux garçons sympathisent vite. « Il m’a tout de suite plu ! J’ai compris que c’était le genre de gars que rien ne pouvait arrêter, il était à la fois totalement présent mais on sentait que son esprit ne cessait de penser montagne. On avait le même état d’esprit, la même passion folle de grimper. Jusqu’à ce jour, je n’avais jamais rencontré quelqu’un qui ressente cette urgence : nous nous comprenions immédiatement. » Les deux Toulonnais ne peuvent s’empêcher de lui demander une petite démonstration, ils ont entendu dire qu’il accomplissait quelques jolis tours de force. Berhault s’exécute et, devant leurs yeux ébahis, il réalise une traction sur l’index de la main droite. « À cette époque, j’étais “juste” capable de tracter sur un seul bras… Inutile de dire qu’un peu plus tard, je lui ai rendu la monnaie de sa pièce en me tractant, cette fois, sur le petit doigt ! »

Extrait 2 :
Quand la vie tient à un film
« Lentement, il se dirige au pied de la falaise. Il pose les mains sur le rocher et l’incroyable se produit. Tel un ludion élevé chez Nijinsky, le grimpeur s’élève sur la paroi. On dirait qu’il glisse, qu’il danse, qu’il se joue de la pesanteur. Janssen reste bouche bée, il voit Edlinger monter puis descendre, puis se reposer en pleine paroi, pendu par une main et le tout, sans l’assurance-vie de la corde. À chaque pas, Janssen ressent un pincement au coeur, comment est-ce possible ? Ses mains sont moites, il a le sentiment de vivre la séquence d’un film à suspens. Est-ce là qu’il va tomber ? Autour de lui technicien et preneur de son n’osent plus parler. Surtout, apprécier ces minutes de grâce, ne pas troubler ce moment qui ne reviendra sans doute jamais. Le moment où un homme semble défier le vide, tous les vides du monde. Le spectacle dépasse de très loin la performance physique, Janssen ne sait pas encore quel nom lui donner, quels mots mettre derrière cette gestuelle, il sent en revanche que ces quelques pas à la verticale racontent une histoire universelle, celle de l’effort des hommes pour vaincre la peur, la peur de vivre, la peur de mourir. La démonstration a duré une petite heure, et lorsque le jeune homme revient vers lui, le visage rayonnant, Janssen n’a qu’une question : « Tu peux refaire ça devant une caméra ? » La question semble presque incongrue et Patrick ne peut que lui avouer : « Évidemment, c’est mon truc, je peux le refaire dix fois de suite si tu veux ! » Alors, le lendemain, et ce pendant trois jours, ils vont tourner des kilomètres de pellicule. Et ils vont parler, l’écouter parler… Et lui, il ignore encore que cette histoire presque née du hasard va bouleverser sa vie. Il aura fallu quatre jours pour que naisse La vie au bout des doigts.

Extrait 3 :
Victoire à Bardonecchia
Les 10 000 spectateurs présents attendent Patrick Edlinger et n’ont d’yeux que pour leur champion… Il porte le dossard 110. Et quand il arrive pour la voie de la finale, le silence s’installe. La pression est palpable. Patrick, en short bleu ciel pour la demi-finale, a revêtu son collant noir et rose, celui-là même avec lequel, l’an passé, il a réalisé ses voies les plus dures aux États-Unis. Sans oublier un bandana vert pâle. Il porte le débardeur officiel, des chaussons jaune et gris et un sac à magnésie à carreaux violets. « J’étais à la fois tendu mais je n’avais que cette pensée forte dans la tête : bien grimper. J’ai fait le vide, j’ai oublié le murmure de la foule, et j’ai regardé le rocher, exactement comme je le faisais d’habitude. La pression est tombée, j’étais juste un grimpeur qui prend du plaisir à suivre une ligne, à plier son corps, à quitter le sol. » Il va s’élever presque sans suspens jusqu’à la chaîne. La légende rapporte que son concurrent le plus redoutable aurait dit : « Personne ne sait lire le rocher comme lui ! » Patrick, lui, n’a qu’une ligne de conduite : «Même si je ne dois faire que deux mouvements et tomber, il faut que ces deux mouvements soient superbes ! » Cette année 1986, Patrick gagne…



Quelques grandes citations évoquant la carrière de Patrick Edlinger

Yvan Audouard dans le Canard Enchaîné
Retournons sur la terre parmi les hommes. Parmi les miracles vrais. Pendant cinq minutes, lors du film de Jean-Paul Jansson (sic!), j’ai coupé le son. J’ai vu un fou mettre stupidement sa vie en péril le long d’une paroi rocheuse dont il risquait à tout moment de “dévisser”. J’ai remis le son et j’ai entendu cet énergumène (il s’appelle Patrick Edlinger) parler posément, raisonnablement, de son aventure, de sa folie. Nous étions bien loin de “Incroyable mais vrai”. Nous étions en présence d’un artiste : c’est à dire d’un homme qui veut savoir qui il est, de quoi il est capable et jusqu’où il peut aller trop loin. Et qui faisait le seul miracle à la portée de l’être humain : "se connaître pour s’accomplir”.

Françoise Giroud dans l’Express
Il faut rediffuser (la vie au bout des doigts) à une heure de grande audience. Ce que fait ce jeune homme, au péril de sa vie, avec une sorte d’ivresse lucide, n’a aucun sens apparent. C’est une affaire avec lui-même qu’il mène là. Une de ces somptueuses extravagances dont seuls les humains sont capables et qui les rend aimables en dépit de tout.

Jacques Lanzmann, après avoir vu le film lors d’un festival à la Plagne
On en a mal aux doigts, mal aux tripes. Edlinger qui chante ici son opéra vertical est formidable d’assurance et de modestie. En contrepoint des images superbes que l’on doit à Janssen, vient s’inscrire le texte, non moins superbe, d’Edlinger, sorte de monologue où se mêlent voix intérieure et voix extérieure. La première montant des entrailles en passant par l’âme, la seconde coulant de source et des lèvres pour lâcher des mots aussi précis que le geste du grimpeur.

Pour en savoir plus: http://www.editionsguerin.com/boutique_fr_article_366.html

Le désastre de l'Euro

Par Le 22/02/2013



http://www.atlantico.fr/decryptage/homme-qui-disait-deja-en-2000-que-euro-allait-amener-trop-maisons-en-espagne-trop-fonctionnaires-en-france-trop-usines-en-allema-641349.html

Economiste et financier, Charles Gave s'est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire en 2001 " Des Lions menés par des ânes ". En s'appuyant sur un graphique, il démontre comment les technocrates ont freiné la croissance économique de l'Europe

De 1975 a 2000 , la croissance en Europe, telle que l’on peut la mesurer en utilisant les indices de la production industrielle était de 2. 5% par an en moyenne. Qui plus est, la dispersion autour de cette moyenne était très faible, chacun croissant allégrement de 2.5 % par an, avec cependant des petits à-coups de temps en temps, corrigés très vite, ce qui permettait à chaque pays de revenir dans le peloton sans trop de problèmes. A partir de 2000, une vraie catastrophe semble avoir frappé les économies du vieux continent. La croissance s’arrête NETTE.

La moyenne (ligne orange sur le graphique) passe d’une pente fort régulière de 2.5 % par an à une pente de 0 % par an. Les 12 dernières années sont DE LOIN les pires en Europe depuis les années trente, en tout cas pour les pays de l’Europe du Sud. De plus, la dispersion autour de cette moyenne « explose » pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale et l’Europe se scinde en deux. D’un coté, l’Allemagne (accompagnée de certains pays du Nord) qui continue sa croissance , et de l’autre la France, l’Espagne, le Portugal ou l’Italie qui perdent entre 10 % et 20 % de leur capacité industrielle (en 12 ans!),ce qui ne s’était JAMAIS produit. Mais quelle est donc cette catastrophe, ce Tsunami qui a réussi à tuer en si peu de temps toutes ces économies en Europe dont la croissance équilibrée faisait l’admiration du monde entier ? La réponse est simple. Une intervention technocratique dans l’un des prix les plus importants dans tout ce qui touche à l’allocation du capital, le taux de change.

Revenons en arrière: En 1990, l’Allemagne se réunifie, ce qui créé une immense panique en France. Munie d’une banque centrale crédible, la Bundesbank, possédant la plus grande et la plus efficace économie en Europe, l’Allemagne va dominer ses voisins et le DM devenir la monnaie de réserve et d’épargne de chaque Européen, ce qui interdira aux technocrates/élus Français de continuer à vivre au dessus de leurs moyens et d’enregistrer déficits budgétaires sur déficits budgétaires. Branle bas de combat entre Delors, Trichet and co, et l’Euro est mis en chantier avec comme but ultime de tuer la Bundesbank et de pouvoir continuer à avoir des déficits. Le prix à payer toutefois était d’avoir un taux de change fixe avec la monnaie Allemande. Or c’étaient les variations des taux de change entre DM et les autres monnaies européennes qui permettaient aux différents systèmes de s’adapter au travers du temps.

Prenons l’exemple de l’Italie qui doit « porter » une Italie du Sud quelque peu corrompue, inefficace et criminelle. L’Italie du Nord, extraordinairement efficace, avait comme habitude de gagner des DM et de transférer des Lires vers l’Italie du Sud. Quand le poids de l’Italie du Sud devenait si important qu’il mettait en danger la compétitivité de l’Italie du Nord, une dévaluation de la Lire suffisait à remettre les pendules à l’heure et l’Italie recommençait à croitre de 2 % à 3 % par an, sans problème.

Prenons le cas de la France qui a le bonheur de compter 40 % de fonctionnaires de plus que l’Allemagne par 10 000 habitants (autre forme de corruption). Même scenario: les entreprises recevaient des DM, les fonctionnaires des francs français et tout revenait à l’équilibre par l’intermédiaire d’un changement de parité qui ne faisait qu’entériner les différences qui existaient entre les pactes sociaux des différents pays.

A partir de l’Euro, le Sud de l’Italie et les fonctionnaires Français ne reçoivent plus qui des Lires qui des Francs français mais bel et bien des DM, ce qui rend les entreprises Italiennes et Françaises, à terme, complètement non compétitives avec leurs concurrentes allemandes. Que le lecteur imagine que les entreprises Italiennes doivent payer une forme de protection et les entreprises françaises un cout du super siège social qu’est la superstructure étatique et que les entreprisses allemandes n’ont a payer ni l’un ni l’autre..et cela dans la même monnaie…c’est entrer dans un ring de boxe contre les allemands avec les mains attachées derrière le dos.

Et donc les usines ferment en Italie, en Espagne, en France pour aller s’installer en Allemagne. La logique ultime de l’Euro est qu’à terme il n’y aura plus d’usines nulle part en Europe, si ce n’est en Allemagne… Mais comme il faut bien continuer à payer la Mafia en Italie ou les fonctionnaires en France, et que les recettes fiscales s’effondrent compte tenu du départ des usines Outre Rhin, eh bien il faut emprunter ces transferts et les déficits budgétaires explosent…ce qui amène les génies qui nous gouvernent (et qui ont inventé l’Euro) à augmenter les impôts (pour réduire le déficit budgétaire…ce qui ne marche jamais), mais ce qui rend l’Italie et la France encore moins compétitive, ce qui fait que plus d’usines partent en Allemagne, et ainsi de suite …

En fait, l’Euro est une stupidité économique inimaginable: bloquer le taux de change entre des pays qui ont des productivités différentes n’a jamais marché, nulle part et a en revanche toujours amené à des désastres économiques, politiques et sociaux .

Nous y sommes , en plein milieu…

Quand l’Euro a été créée en 2000, j’ai écrit un livre, « des Lions menés par des Anes » dans lequel je disais que l’Euro allait amener à trop de maisons en Espagne, trop de fonctionnaires en France, trop d’usines en Allemagne. Hélas, j’aurais préféré avoir tort. Le désastre est d’une telle ampleur que j’étais persuadé que l’Euro devait et aller disparaitre, et cela de façon Démocratique. La classe (au sens Marxiste du terme ) des technocrates qui l’a crée se rend cependant bien compte que son pouvoir ne tient que par l’Euro et fait tout pour que l’Euro survive, même si cela doit amener la ruine des populations Européennes. Eux, ils continueront à très bien se porter et à aller de symposium en conférence et de Davos à Aspen.

Ce qui veut dire que l’exécution finale de ce monstre sera sans doute révolutionnaire et non pas Démocratique, lorsque l’un des pays martyrisés se souviendra qu’il est SOUVERAIN et sortira sans demander d’avis à personne ce qui sera bien embêtant.

Cet article a déjà été publié sur le site de l'Institut des libertés
En savoir plus sur http://www.atlantico.fr/decryptage/homme-qui-disait-deja-en-2000-que-euro-allait-amener-trop-maisons-en-espagne-trop-fonctionnaires-en-france-trop-usines-en-allema-641349.html#idSURIRhoc8BLlrP.99

Devenir enseignant

Par Le 21/02/2013

Un article qui date de mars 2012.

Pour ma part, dans ma classe, alors qu'il y a vingt ans, un tiers des enfants voulait être "maîtresse" ou "prof de sport", aujourd'hui, il n'y en a PLUS DU TOUT.


Devenir prof: «Qui ça fait rêver aujourd’hui?»

Le nombre de candidats aux concours de l’enseignement est en chute libre, et certains postes ne sont mêmes plus pourvus. Pourquoi le métier de professeur ne fait-il plus rêver?

Nicolas Sarkozy dans une école de Montpellier, 28 février 2012. REUTERS/Philippe Laurenson

- Nicolas Sarkozy dans une école de Montpellier, 28 février 2012. REUTERS/Philippe Laurenson -

Invité de la matinale de France Inter jeudi 1er mars, Nicolas Sarkozy s’interrogeait en ces termes sur la baisse des vocations dans l’enseignement:

«Est-ce qu’on se pose la question de savoir combien d’enfants aujourd’hui dans une classe ont envie de devenir professeur? Qui ça fait rêver aujourd’hui, le statut que la société réserve aux professeurs?»

Quelques jours plus tôt, le candidat UMP avait suggéré d’augmenter le temps de présence des professeurs de «18h à 26h» par semaine et d’assortir cette mesure d’une hausse de la rémunération pouvant aller jusqu’à 500 euros par mois. Une proposition grâce à laquelle il espère «vendre du rêve» à une jeunesse pour qui le statut de professeur est de moins en moins attractif.

De moins en moins de candidats

Si la «revalorisation» du métier d’enseignant est l’objectif affiché du candidat UMP, c’est que, depuis le début des années 2000, le nombre de candidats au Certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré (Capes) est en baisse. En témoigne une campagne de recrutement inédite, à mi-chemin entre une publicité pour l’armée et une annonce Pôle emploi, lancée au printemps 2011.

Selon le rapport annuel de la Cour des comptes, le nombre d’inscrits aux différents concours d’enseignement dans le second degré est passé de 86.250 en 2010 à 65.314 en 2011, «une baisse de 20.936 inscriptions», soit 24% en un an.

De plus, le nombre de présents, c’est-à-dire d’étudiants qui passent effectivement le concours, est également en chute libre. Seuls 51,6% des inscrits au Capes se sont présentés le jour de l’épreuve en 2011, contre 69,9% en 2010. Avantage pour les étudiants, le taux de réussite au Capes a fortement augmenté du fait de la raréfaction des postulants.

Des centaines de postes non pourvus

Mais il y a plus préoccupant: tous ceux qui choisissent quand même de passer le concours ne le réussissent pas forcément. C’est là tout le paradoxe: près de 70.000 postes ont été supprimés dans l’Education nationale depuis 2007. La logique voudrait que les postes restant soient pourvus facilement. Dans les faits, certaines matières font face à une vraie pénurie de candidats.

Les résultats des écrits du Capes sont tombés en février 2012. Selon le syndicat SNES-FSU, le nombre de candidats admissibles est inférieur au nombre de postes à pourvoir dans plusieurs matières, comme en lettres classiques ou en musique, et la situation est critique dans d’autres spécialités comme l’anglais ou les mathématiques. De la même manière, des centaines de postes n’avaient pas été pourvus en 2011, dont 376 en mathématiques, rapportait le Monde.

Les matières scientifiques et techniques sont particulièrement sinistrées. Une partie des étudiants préfère souvent s’orienter vers le secteur privé, plus rémunérateur, plus prestigieux et, paradoxalement, «plus rassurant», explique Alexis, 25 ans. Après avoir étudié la chimie dans une université parisienne, il a renoncé au Capes pour travailler dans une entreprise pharmaceutique. «Pourtant je voulais vraiment enseigner, mais on a l’impression d’être livrés à nous-mêmes dans cette formation», raconte-t-il.

Même si le site du ministère de l’Education nationale assure que «le nombre de candidats présents aux concours suit la baisse du nombre de postes» et qu’on «retrouve en 2010 le même ratio candidats/postes qu’en 2000», le recrutement des nouveaux enseignants demeure laborieux.

Le «manque de lisibilité» de la formation

Moins de candidats donc, mais autant d’élèves. Si le nombre d’enfants scolarisés dans le secondaire (privé et public) a en effet diminué d’environ 500.000 entre 1993 et 2010, la tendance est repartie à la hausse depuis 2009, selon les chiffres du ministère. «Dans les dix prochaines années les besoins en enseignants seront constants ou en hausse», estime Patrick Demougin, président de la Conférence des directeur d’IUFM (CDIUFM).

Selon ce directeur de l’IUFM de Montpellier, deux facteurs expliquent la fuite des jeunes: une cause «conjoncturelle» tout d’abord. Les études sont plus longues et le stage rémunéré après le concours a été supprimé. Patrick Demougin déplore surtout un «manque de lisibilité».

«Aujourd’hui le système est déconstruit, tout le monde forme les professeurs, les étudiants sont perdus.»

A cette  désorganisation s’ajouterait «une tendance structurelle» plus profonde: «La désaffection pour les métiers de l’éducation est un phénomène européen», affirme Patrick Demougin qui prépare une étude pour la Commission européenne sur le sujet.

«Le métier manque de reconnaissance, il est souvent sous-payé et souffre souvent d’une véritable méfiance sociale à son égard.»

Un concours à bac+5

Pour Frédéric Charles, enseignant-chercheur en sciences de l’éducation à l’université de Picardie Jules Vernes, la crise du recrutement a principalement été causée par les récentes réformes. «L’Etat et le gouvernement ont créé cette crise, en modifiant le processus de recrutement et en asséchant le nombre de postes», lâche-t-il, amer.

«Il y a près de 2,8 millions de chômeurs en France, les professeurs bénéficient d’une certaine sécurité de l’emploi, et pourtant les candidats désertent le concours. Le métier ne fait plus rêver mais l’explication est politique.»

Dans le viseur des professeurs et des étudiants, la réforme de la formation des enseignants, qui avait provoqué l’un des plus longs mouvements de protestation universitaire en 2009 et 2010. Alors que les concours étaient jusqu’alors accessibles à bac+3, avec une licence, ils sont désormais «masterisés», terme barbare pour signifier qu’il faut un master, soit un bac+5, pour devenir professeur.

Des études plus longues qui découragent

La Cour des comptes a pointé du doigt en février 2012 le caractère contre-productif de cette réforme. Non seulement les économies budgétaires espérées n’ont pas été au rendez-vous, mais l’allongement de la durée des études a contribué à décourager les éventuels candidats, explique Frédéric Charles:

«Les étudiants se projettent dans l’avenir, on leur a annoncé qu’ils devaient faire deux ans supplémentaires d’études, avec une moins bonne formation. Dans ces conditions, certains ne veulent plus tenter leur chance, alors qu’ils seraient certainement de bons profs.»

Passer le concours du Capes aujourd’hui s’apparente à un «parcours du combattant», raconte Kévin Rossary. Etudiant lyonnais de 23 ans en histoire-géographie, il vient de réussir les épreuves écrites et prépare l’oral prévu en juin.

«On nous demande d'être pratiquement bilingue dans une langue vivante, de maîtriser l'informatique, de faire deux stages, tout en préparant le concours et en rédigeant un mémoire de recherche.»

L’emploi du temps est chargé et la pression de l’examen quotidienne. Difficile alors pour les moins fortunés d’avoir un petit boulot à côté, une situation qui concerne pourtant «50% des candidats au Capes», selon Patrick Demougin. A un problème de vocation s’ajoute donc un aspect financier: «La masterisation a réduit considérablement le nombre de candidats, car beaucoup d’étudiants ne peuvent pas se permettre de payer 2 ans d’étude en plus», estime Lisa Chamaraud, qui prépare elle aussi le Capes d’histoire.

«Les jeunes ont peur du métier d’enseignant»

Mais l’allongement des études n’est pas seul en cause. Philippe Meirieu est catégorique: «Le métier d’enseignant ne fait plus rêver parce qu’on se trompe d’objectif et de méthode», lâche le vice-président de la région Rhône-Alpes en charge de la formation, élu sous l’étiquette Europe Ecologie.

Pour ce chercheur spécialiste des sciences de l’éducation et inspirateur de la création des IUFM en 1990, «enseigner c’est transmettre une passion, un savoir, un désir, et non pas échanger une marchandise». Or, estime-t-il, les réformes de ces dernières années visent «à gérer l’école comme une entreprise, avec ses exigences d’efficacité et de rentabilité».

Pour l’universitaire et homme politique qu’est Philippe Meirieu, «les jeunes ont peur du métier d’enseignant». Peur du manque de formation, peur d’être envoyés dans des zones difficiles, peur du déracinement (en étant nommé loin de leur domicile), peur de faire de longues études pour un salaire peu élevé. «Tout concourt à décourager les jeunes», résume-t-il, avant d’ajouter:

«La promesse d’augmenter le salaire n’est pas suffisante pour les remotiver, surtout si elle s’accompagne d’une dégradation des conditions de travail.»

Rendre le métier plus attractif: la formation avant tout

Pour inverser la tendance et attirer plus d’étudiants, les différents acteurs de l’éducation sont quasiment unanimes: l’accent doit être mis sur la formation. Fin 2011 la CDIUFM a publié ses «22 propositions à destination des candidats à l’élection présidentielle».

Au cœur des réclamations: une «remise à plat» du dispositif. «Il faut sélectionner plus tôt» les futurs enseignants, éventuellement en mettant en place un prérecrutement, avance Patrick Demougin, qui, comme Philippe Meirieu, estime qu'une hausse de salaire comme celle proposée par Nicolas Sarkozy ne peut pas suffire à elle seule.

Hausse des rémunérations, création de postes, autonomie des établissements, recruter plus tôt, mieux former, encadrer les jeunes professeurs, autant de propositions qui fleurissent dans les programmes des candidats à la présidentielle. Une chose est certaine: ce n’est qu’au prix d’une refonte profonde que l’Education nationale pourra faire à nouveau rêver les jeunes générations.

Mathieu Perisse

La pauvreté intérieure des riches.

Par Le 21/02/2013

«On m’appelle le président le plus pauvre, mais je ne me sens pas pauvre. Les pauvres sont ceux qui travaillent uniquement pour avoir un style de vie dépensier, et qui en veulent toujours plus. C’est une question de liberté. Si vous n’avez pas beaucoup de possessions, vous n’avez pas besoin de travailler comme un esclave toute votre vie pour les soutenir, et vous avez plus de temps pour vous-même.»

José MUJICA, président de l'Uruguay.

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