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De l'usage politique de la peur.

Par Le 25/08/2013

Deux mois en montagne, dans le camion, deux mois coupés en grande partie des médias. On a bien entendu parler succinctement des accidents de train, des règlements de compte à Marseille et de quelques autres nouvelles du monde du même genre mais le silence radio entre les murailles rocheuses est un délice sans fin. J'en prends encore plus conscience une fois "rentré."

J'ai plutôt l'impression d'être sorti de la réalité en disant que je suis rentré...La réalité, elle était au coeur de ce monde d'en haut, avec des gens chaleureux, curieux, accueillants, ouverts, passionnés, amoureux de la terre, respectueux des Anciens, des gens ancrés dans une vie parfois rude au regard des aléas des saisons, de leur isolement, de l'exode montagnard, de l'abandon irrémédiable des valeurs associés à cette terre d'en haut . Nous avons rencontré des gens qui "luttent" pour maintenir une qualité de vie réelle.

Ici, dans ce monde de communications routières, de communications marchandes, de réseaux hertziens, de réseaux de cuivre et de wifi, dans ce monde où les hommes sont "reliés" par des systèmes dont l'organisation leur échappe, je redécouvre encore une fois l'usage de la peur, du drame, de la violence, des menaces, l'usage immodéré de l'émotionnel, du sensationel et de l'outrage, du sordide et de l'horreur, ce fatras d'informations jetées en pâture dans des esprits avides.

Je suis rentré dans une maison de la presse pour chercher une revue de philosophie que j'aprécie. Il m'a fallu explorer un bon moment les fonds d'étagères les plus perdues pour la découvrir. Un seul exemplaire...

Dans la file d'attente, j'ai regardé toutes les premières pages visibles : les photos "sexe" des people, leurs ruptures sentimentales, la grand-mère découpée par un psychopate, un enfant jeté dans un égout par une mère droguée, les phrases des hommes politiques, les guerres de clans, les combats des chefs, les guerres réelles et les civils massacrés, un catalogue "d'informations" quotidiennes, une espèce de bouillie infâme qui ressemblait surtout à une dose de camés...Une seringue remplie d'un amalgame toxique rapidement dilué dans le cerveau et créant automatiquement un état de manque.

Si ces journaux existent et sont présentés par dizaines d'explaires, c'est bien qu'ils se vendent et donc qu'il y a des toxicomanes.

"Quelle est la catastrophe du jour ?" "Combien y a-t-il de morts ?" "Où aura lieu le prochain attentat ?" "Comment sera la prochaine épidémie ?" "Combien de gens abattus à Marseille dans la nuit ?" "Ben laden n'est pas mort, nous l'avons rencontré." "Washington ferme ses ambassades au Moyen orient." "Fukushima va tous nous tuer". "Le Gulf Stream a disparu dans la nuit de lundi à mardi". "Le poisson rouge de Mimi Mathy est mort de la grippe aviaire;" "Le sein gauche de Nabilla est plus petit que le droit." "Valls a invité Taubira au bal masqué de la police".

Il reste à faire le tri.

Et ensuite à gérer la quantité astronomique d'informations restantes.

En oubliant donc l'objectivité étant donné que les infomations sont forcément subjectives.

En délaissant les informations du reste du monde, celui dont personne ne parle parce qu'il n'est pas vendeur. Qui a entendu parler de la Tasmanie dernièrement, par exemple ? Ou du Bouthan ? Personne. Ces gens-là ne seraient donc pas intéressants ? Ils n'auraient rien à nous apprendre ?

Le monde actuel est bien moins dangereux que le monde du passé. La peste noire du XIV siècle., des villages entiers vidés de leurs habitants. Pendant la guerre de trente ans, entre 1618 et 1848, la population concernée diminua de moitié. En une seule journée de combat de 14-18 furent tués plus de 300 000 soldats (des civils en uniforme...) Hiroshima et Nagasaki. Inutile de continuer. Nous n'en sommes plus là.

Mais il faut entretenir la peur car elle a un pouvoir de vente gigantesque.

Alors, l'industrie cinématographique, comme celle des jeux vidéos ou celle de la littérature, ou celle de la télé réalité va créer des supports qui font peur.

Et s'en suivra des ventes de supports destinés à apaiser les peurs. Il faut bien que les gens se "détendent".

Tout ça est un marché.

Les hommes politiques vont également s'en délecter en usant de leur pouvoir pour apparaître indispensables, les sauveurs du peuple, ceux qui ont les solutions aux problèmes qu'ils ont créés. 

La crise de la dette publique ? Quelle dette publique ? Il n'y a pas de dette publique. Ce sont des engagements sur des valeurs privées. Tout ça peut être annulé du jour au lendemain. Regardons l'Islande par exemple.

 

La classe (mafia) politique manipule le peuple à des fins qui leur appartiennent. Ce mélange entre la subjectivité négative des peuples et les calculs carriéristes des dirigeants politiques est à la source de cette culture de la peur.

Se pose dès lors le problème crucial de la notion de démocratie. Car où se trouve cette soi-disant "démocratie" lorsque des peuples entiers subissent des fonctionnements extrêmement pervers, générés par des énarques imbus et incompétents, par des visions électorales et financières ?

Nous ne sommes pas en démocratie. Le droit de vote aujourd'hui est un vol de consciences et rien d'autre.

Et la peur entretenue conduira de nouveau les électeurs vers les urnes...

Ubaye

Par Le 24/08/2013

Barcelonnette est la ville de départ. Col d'Allos, Col de la Cayolle, Mont pelat, Grand cheval de bois, Grande Séolane, Pointe de l'Estrop, Pointe de Sanguinière...Et les autres. Le choix est immense.

Les routes sont très étroites et une moyenne de 40 km/h est habituelle dès qu'on vise l'altitude...Virages en épingle à cheveux, pourcentages élevés, absence de barrières de sécurité, on longe les ravins et les personnes "sensibles" n'y montent pas une deuxième fois...

L'exode rural a fait des dégâts...Le ravitaillement n'est même plus assuré par les corbeaux. Rien, aucune épicerie, aucune boulangerie, même pas un camion itinérant...Les rares refuges et auberges doivent faire des kilomètres et des kilomètres pour remplir les frigos. Il faut donc monter avec un stock conséquent selon la durée du séjour pour s'éviter des descentes encore plus impressionnantes que les montées...

Le parc national du Mercantour interdit la nuitée des camping car sur les parking. Toujours ce problème récurrent des camping caristes qui se comportent en pays conquis, envahissent tous les lieux, déballent leurs affaires, vidangent leurs eaux usées, empêchent les voitures de se garer...Un camping car qui stationne quelque part et c'est obligatoirement cinq ou dix autres qui vont venir se garer à côté. Comportement lamentable de la majorité qui condamne tous les autres.

On a donc cherché à dormir en dehors des limites du parc et toujours dans des lieux où les autres camping caristes ne peuvent pas nous voir. Dans les Pyrénées, un soir, un véhicule est malgré tout venu se garer à cinq mètres du nôtre. Je pense que la conductrice n'est pas prêt d'oublier l'accueil que je lui ai fait...Elle s'est rapidement enfuie.

De la même façon, je trouve lamentable ces conducteurs de camping car qui se fichent que derrière eux, une file de dix voitures se forme et que certains conducteurs exaspérés finissent par prendre des risques pour les dépasser. Personnellement, je me range sur le bas-côté, dès que possible et je fais un signe de main. A 99%, les conducteurs me remercient et tout est bien. Mais bon, on ne changera pas les cons, faut juste attendre qu'ils meurent. Mais parfois, c'est long et c'est stupéfiant leur vitesse de reproduction, pire que des lapins.

L'Ubaye.

C'est en tout cas absolument magnifique.

p8140221.jpgLa Grande Séolane. Un couloir, au centre, de la paroi, permet de franchir les barres rocheuses et d'accéder au plateau avant de grimper au sommet. Une paire de jumelles est toujours utile pour trouver les "failles".

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Le Grand Cheval de bois.

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Lac d'Allos et Mont Pelat (3000 m)

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Le Mont Pelat depuis le lac d'Allos

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Et on remonte vers le col de l'Avalanche.

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p8160259.jpgPiscine privée :) Températures revigorantes !

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p8170271.jpgPointe de Sanguinière, un vallon totalement désert. On a vu ce premier bouquetin sur l'arête, on a grimpé sur l'éperon en contournant les rochers pour ne pas effrayer le groupe, on s'est approchés à une cinquantaine de mètres après moultes reptations silencieuses. Magnifique.

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p8170286.jpgEt pafois, ce sont les chamois :)

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Pyrénées

Par Le 24/08/2013

Les montagnes des Pyrénées sont vraiment particulières. Très chaotiques, des torrents et des lacs par dizaines, une végétation souvent plus dense que dans les Alpes à la même altitude, des dénivelées souvent impressionnants.

le Tuc de Montarqué (2889) au-dessus du lac du Portillon.

9 heures aller-retour.

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ete-2013-088.jpgLe lac du barrage était encore encombré de blocs de glace. L'enneigement de cet hiver a été exceptionnel et a contribué aux inondations du mois de juin. Catastrophiques pour les vallées. Le village de Saint Béat a été noyé sous les eaux et les dégâts étaient toujours présents en juillet quand nous y sommes passés. Une vive polémique habitait tout le pays : absence d'entretien des cours d'eau, pas de dragage des lits et donc une incapacité pour les rivières de contenir toute cette eau. La conjonction de trois facteurs météorologiques a joué : enneigement exceptionnel puis trois jours de températures caniculaires en juin, suivis de trois jours de pluie continue. Tous les cours d'eau ont débordé...En Espagne, deux jours après les inondations, l'armée intervenait pour aider les populations touchées et employait des moyens considérables pour draguer les lits de rivières. En France, Hollande et quelques notables sont venus salir leurs escarpins dans la boue et sont repartis...Certains habitants ont tout perdu : maison, voitures, mobilier, commerces, il ne leur reste rien. Deux mille euros ont été versés aux plus sinistrés, juste de quoi renforcer leur désarroi.

Lamentable.

Pendant ce temps-là, les avions de chasse continuaient leurs petites balades quotidiennes au-dessus des montagnes. Juste envie de leur tirer dessus...

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Plus qu'à redescendre en passant par le lac d'Oo.

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Les gorges de Clarabide. Le tracé du chemin dans les parois a représenté un travail titanesque. Il s'agissait de monter le matériel nécessaire à la construction de barrages hydroélectriques. ete-2013-113.jpg

Des balises pédagogiques jalonnent toute la montée et racontent l'histoire du pays, sa faune, sa flore, les travaux des hommes, la géologie... Une initiative particulièrement instructive et passionnante.

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"A fond"..."Faut descendre..."

Quelques minutes plus tard, la grêle s'est invitée...Et courir sous la grêle, ça fait mal. Alors, on s'arrête, on met tous les habits qu'on a emportés et on recommence à courir :)

Un rêve ancien...

Par Le 23/08/2013

On a passé l'été à courir les montagnes dans tous les sens en vivant dans notre petit fourgon. Toujours cachés dans les forêts, sur les pistes, dans les chemins. Jamais de camping, jamais à côté de quelqu'un d'autre, une recherche constante de solitude. Au bord d'un torrent où on se baigne, au bord d'un lac ou au fond des bois. Levés à sept heures, parfois plus tôt, six, sept parfois dix heures de marche, 2000 mètres de délivelée, des sommets isolés, une solitude parfois stupéfiante, une journée entière sans rencontrer une seule personne mais des bouquetins,  des chamois, des marmottes, des aigles, des vautours et le silence de l'altitude ou le vent, cette lumière si particulière, cette lente dispersion des pensées anarchiques, un cheminement intérieur qui ramène à l'essentiel, l'effacement des manques, l'élaboration scrupuleuse des besoins essentiels, de l'eau, un peu de nourriture et beaucoup d'attention...

Peut-être est-ce l'explication de ce rêve qui est revenu. Comme un retour aux sources, à une vie ancienne et les valeurs qui me concernent le plus profondément.

Je sais qu'il s'agissait de moi et pourtant je voyais le personnage, très précisément. Un vieil homme, un teint basané, comme un Indien, debout, nu. Dans une grotte taillée, comme une kiva indienne. Une lumière violette autour de lui-moi. Une aura très douce. Devant lui-moi se tenait allongé, en apesanteur, une femme nue, elle aussi. Totalement détendue, les bras le long du corps. Je la massais puis je l'ai pénétrée, doucement, longuement et je savais qu'il n'y avait rien de sexuel dans cet acte mais une volonté de guérison...

J'étais un chaman.

Le corps de la femme s'est auréloée d'une lumière violette, similaire à celle qui émanait de moi. Mon sexe agissait comme un diffuseur d'énergie et cette énergie se diffusait dans le corps de la femme. Il n'y avait aucune parole, aucun bruit, aucune interférence, la grotte embaumait l'espace d'une paix ineffable puis mes mains se sont posées sur son ventre et l'ont massé dans un mouvement circulaire. Son ventre était dur, comme marqué par d'anciens traumatismes, strié de cicatrices fossilisées. Lentement, ces marques se sont effacées, comme absorbées par les tissus. La lumière violette continuait à grandir autour de lui-moi puis elle a illuminé l'intérieur du ventre de la femme.

Je n'éprouvais aucune émotion, aucun plaisir, aucune intention, aucune volonté. Rien. je faisais juste ce que je devais faire.

Je n'ai distingué à la fin que cette lumière.

Je me suis réveillé.

Qui étais-je ?

J'ai eu ce sentiment étrange, sur un des nombreux chemins de montagne où nous avons marché que j'étais déjà venu là. Une certitude, une évidence. Comme si je reposais mes pas dans des empreintes mémorisées dans la pierre.

Il y a quelques années, après avoir regardé un documentaire sur l'hypnose, j'ai proposé à mon plus jeune garçon de tenter l'expérience...

Il m'a fallu cinq minutes pour qu'il soit totalement dans un état "second". Ma femme était là. Nous nous sommes regardés, interloqués.

J'ai "réveillé" mon garçon et nous n'avons jamais recommencé.

Je ne compte plus les occasions pendant lesquelles, j'observe parfois dans le regard de certains interlocuteurs une étrange absence au bout de quelques instants, comme s'ils n'étaient plus vraiment là. Je n'ai jamais aimé cela. 

Qu'est-ce que ce rêve essayait de me dire ?

J'ai rêvé, lorsque j'étais cloué au lit, avec mes hernies discales d'auras bleutées qui me parlaient, comme des paroles d'anges qui me susurraient d'avoir confiance...

"Tu n'es pas au fil des âges un amalgame de verbes d'actions conjugués à tous les temps humains mais juste le verbe être nourri par la Vie divine de l'instant présent".

Qu'on ne vienne pas me dire qu'il puisse s'agir de paroles communes à nos rêves habituels...

Je ne suis pourtant pas monté à huit mille mètres cet été...Je n'ai pas consommé de champignons hallucinogènes.

Je ne pense pas être fou...

Qui étais-je ?

Picos de Europa

Par Le 21/08/2013

Début juillet, nous sommes partis dans le nord de l'Espagne. Cantabrie. Deux jours sur la côte vers Saint Vincente.

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Les accès à la côte sont limités et les propriétaires de prés s'installent dès le matin pour faire payer le stationnement...Cinq euros la journée, dix euros la nuit...Juste un champ...La crise et une ambiance morose...On a fait quelques virées avec les VTT et on a pris la route de Fuente De dans les Picos de Europa.

Fuente De est équipé d'un télécabine pour donner accès aux touristes. Neuf euros la montée, seize euros l'aller-retour... Nous avons choisi de monter à pied. Une entaille gigantesque dans la paroi.Un cheminement impressionnant avec une dénivelée conséquente.

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Une arrivée magnifique avec un passage dans la neige avant de déboucher sur un plateau immense, encadré de sommets.

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ete-2013-026.jpgLes cartes de relief sont assez sommaires et c'est compliqué de se repérer...

On a choisi un sommet, à vue, et on s'est engagé dans une longue montée vers un col. Deux espagnols nous ont emboîté le pas. Une fois au col, j'ai cherché un itinéraire pour accéder au sommet, des vires, quelques gradins à escalader, des détours pour éviter les ressauts les plus raides. Nous avons débouché sur une belle arête et nous avons fini au sommet. Les deux espagnols nous avaient suivi. Au sommet, ils ont enfilé des maillots de foot du FC Barcelone pour se prendre en photo... Sans commentaire...

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La descente a été plus délicate pour nos deux footballeurs. C'est toujours plus facile de monter mais quand on regarde le vide, tout se complique...

On a vu nos premiers vautours.

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Après Funte De, nous sommes partis vers Alto Campo.

La station était vide, déserte, toutes les maisons fermées mais le plus surprenant venait de ce nombre incroyable de chevaux en liberté.

Aucun humain. Personne. Aucun bruit de moteur. Juste ces dizaines de cloches qui résonnaient dans la montagne. Une ambiance étrange, comme si l'humanité avait disparu. On a parcouru les sommets dans tous les sens, trois jours de suite.

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ete-2013-051.jpgete-2013-066.jpgC'est en descendant d'un sommet qu'on a vu un vol de plusieurs vautours. Ils mangeaient une vache tombée d'une paroi. Pas un humain, pas un gardien, rien, personne. Nous étions sans doute les seuls humains dans un secteur gigantesque...Etrange impression.

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Nous avons enfin laissé les montagnes de Cantabrie pour nous diriger vers les Pyrénées.

Qui se souvient des Hommes ?

Par Le 21/08/2013

"Qui se souvient des Hommes?"

Un roman de Jean RASPAIL

Résumé : Ils s'appelaient eux-mêmes les Hommes.
Ils étaient parvenus à cette extrémité de la terre - qui devait, bien plus tard, être nommée Terre de Feu -, au terme d'une si longue migration qu'ils en avaient perdu la mémoire. Sans cesse poussés par de nouveaux envahisseurs, ils avaient traversé un continent et des millénaires dans l'ignorance et la peur. Ils s'étaient établis là où, semblait-il, nul ne pouvait les rejoindre, tant sont cruels le ciel, la terre et la mer dans cet enfer austral.
Ils furent peut-être un peuple ; ils ne furent plus que des clans, puis des familles. Un jour, et c'est demain, il n'y aura plus que Lafko - Lafko, fils de Lafko, fils de Lafko depuis le fond des âges -, le dernier des Hommes, celui que nous voyons, à la première et à la dernière page de ce livre, tenter de trouver dans la tempête la grève où il pourrait mourir, seul sous le regard de Dieu. Dans l'intervalle, depuis le rêve de Henri le Navigateur et l'apparition des vaisseaux de Magellan, les Hommes, ces " sauvages ", ont regardé passer l'Histoire et l'ont subie.
Demain, Lafko va se perdre dans la nuit. Qui se souvient des Hommes ? Jean Raspail, pour avoir rencontré l'un des derniers canots des Alakalufs (tel est leur nom moderne), ne les a pas oubliés. Dans ce livre - que, faute de mieux, il qualifie de " roman ", mais " épopée " ou " tragédie " seraient sans doute plus exacts -, il recrée le destin de ces êtres, nos frères, que les hommes qui les virent hésitèrent à reconnaître comme des hommes. C'est une immense et terrible histoire.
Et c'est un livre comme il n'en existe pas aujourd'hui, et dont on sort transformé.

http://www.babelio.com/livres/Raspail-Qui-se-souvient-des-hommes/94687


 

J'étais adolescent lorsque j'ai lu cette histoire. Tragique, cruelle. Toute la symbolique des Peuples Racines contre l'extension des Conquistadors.

  Une étrange similitude avec les vallées de montagnes où nous avons passé l'été. Personne, là-haut, n'a été massacré comme l'ont été les Alakalufs ou d'autres Peuples mais cet exode rural et le vide des hautes vallées est malgré tout terrifiant. Plus encore lorsqu'on redescend dans les basses vallées et les plaines urbanisées. Les concentrations humaines sont un étouffoir des consciences.

Le trajet du retour jusqu'à la maison n'a été qu'une accumulation d'incivilités, un catalogue consternant de cet enfermement des consciences dans l’ego. Je pensais qu’il s’agissait d’immaturité mais finalement, c’est bien plus grave que ça. Les enfants sont toujours susceptibles d’apprendre alors que ces adultes-là sont hermétiques à toutes réflexions…Il faudrait leur taper dessus pour qu’ils écoutent.

La rupture avec le bien-être et la plénitude distillés par l’altitude est une douleur réelle. Se dire qu’il faut, finalement, continuer à vivre ici bas sonne comme une malédiction.

Nous avons cherché cette haute vallée où nous irons vivre dans quelques années. Pyrénées, Ubaye, Queyras, Dévoluy, Lozère, Cévennes… J’ai eu l’impression d’assister dans ce périple à la destruction programmée des Hauts Lieux par une mondialisation qui agit comme les Conquistadors.

« Qui se souvient des Hommes ? »

Juste deux exemples de ces ressentis extrêmes : Une panne du camion nous a obligés à rester trois jours à vadrouiller dans les environs de Luchon (Pyrénées) et un après-midi, après une virée en altitude, nous sommes repassés par le centre ville. Le camion était au garage et nous avons donc cherché un endroit où nous poser. Nous avons vu une terrasse de brasserie, bondée, des gens qui parlaient fort, une agitation frénétique sur le trottoir, des badauds qui léchaient les vitrines comme des trésors et nous avons ressenti, tous les deux, un malaise physique, une douleur dans le ventre, comme si une entité énergétique cherchait à nous happer, une masse dans laquelle les consciences n’existaient plus. Il nous a été impossible de nous asseoir. Physiquement impossible. Comme si nous étions en danger, comme si un mal sournois allait nous envahir. Nous sommes partis.

Quelques jours auparavant, nous étions en altitude, sur des crêtes isolées, une succession de sommets parcourus dans la journée et sur le trajet du retour, nous sommes passés près d’une cabane, un abri en pierres, avec un toit en tôle, la taille d’un abri de jardin, ancré sur la crête, avec des horizons infinis. Un homme est sorti parce que les chiens s’étaient mis à aboyer à notre passage. Des chiens de berger. Il a dit aux chiens de se taire et il nous a demandé ce qu’on avait fait comme balade. La discussion s’est prolongée pendant deux heures. Il nous a offert un café et nous avons parlé de la vie des montagnes.

Gérald, berger itinérant, il avait grandi dans ces vallées, il en connaissait tous les chemins, l’histoire des Anciens, il gardait les troupeaux de plusieurs éleveurs, il allait passer un mois dans cet abri rudimentaire. Seul. Avec ces trois chiens et les vautours qui tournoyaient au-dessus des sommets.

ete-2013-074.jpgL'abri de Gérald, minuscule petit point blanc, sur les crêtes du Mourtis.

Les vautours… Il nous a expliqué que leur comportement avait changé en quelques années et que l’Union européenne en était responsable. Bruxelles avait imposé aux éleveurs de déclarer les bêtes mortes et de les confier à des équarisseurs. Cent cinquante euros par bêtes et en cas de refus, une amende. Soi-disant pour éviter des épidémies. Dans des montagnes en Espagne, nous avons vu une vache tombée d’une falaise être dévorée par une cinquantaine de vautours. Il leur faudrait 24 heures pour n’en laisser qu’un squelette qui serait à son tour attaqué par les gypaètes. La seule épidémie venait de Bruxelles. La diminution des cadavres disponibles avait conduit les vautours à devenir prédateurs et non plus simplement charognards. Gérald racontait que les vautours piquaient sur les brebis lorsqu’elles empruntaient des passages escarpés et que la panique les faisait chuter ou que les petits naissants étaient attaqués avant même qu’ils ne tiennent sur leurs pattes. Il connaissait l’histoire de cette randonneuse tombée dans une paroi, dévorée avant même que les secours ne trouvent son corps. Ils avaient eu besoin de cinq heures pour ne laisser que le sac à dos et le squelette…

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Les scientifiques nient ce changement de comportement parce que dans leurs études scolaires, les vautours sont des charognards et rien d’autre. Gérald vit là-haut. Mais, lui, sa parole ne compte pas…

On a donc parlé de conscience, d’énergie, des traditions, de la culture, de la société, de l’illusion de démocratie, de l’avilissement des consciences, du conditionnement, de l’éducation, de l’école, de politique, de l’Union européenne…

Nous étions là-haut, trois personnes, trois esprits unifiés par les Hauts Lieux. Une rencontre réelle, profonde, émouvante, spontanée, ce sentiment étrange d’une fusion immédiate, comme si émanait de nous une énergie similaire, aucune parole insignifiante, la nécessité d’aller explorer les pensées utiles.

Nous avons repris notre route sur les crêtes. Il est resté en nous avec ce sourire intérieur et la force de son regard. Il est toujours là-haut.

Nous sommes redescendus…

Entraunes, village de l’Ubaye, à la limite du Parc du Mercantour. Au XIX ème siècle, le village comptait plus de 800 habitants. Une activité économique qui permettait aux gens de vivre là-haut. Il reste une centaine d’habitants désormais. Que s’est-il passé ?

Le système de destruction des Hauts Lieux est redoutablement efficace et pervers. En premier lieu, l’école obligatoire a brisé la transmission des savoirs. Au nom de la « connaissance », les enfants ont dû partir dans les collèges et vivre à l’internat. On ne construit pas de petits collèges de montagne, on concentre… On retire aux parents la transmission du savoir et on impose l’accession aux diplômes. Les banques ne prêteront qu’à ceux qui peuvent faire valoir leur niveau d’enseignement. On ne s’intéresse pas aux petites exploitations familiales, il faut développer des activités subventionnées, répondre aux besoins du « marché », on ne cherche pas à maintenir l’équilibre entre les besoins des hommes et les ressources de la nature, on crée des manques et on surexploite jusqu’à la destruction.

Qui est ce « on » ?

Les instances gouvernementales, les financiers, les multinationales, la mondialisation et tous ceux qui la servent.

J’ai vu ce désastre déjà quand je vivais en Bretagne. On demandait aux marins pêcheurs d’abandonner leurs petits bateaux pour s’endetter et construire des bateaux capables d’augmenter les prises. Les enfants devaient aller à l’école pour apprendre le métier. Les pères payaient des droits de succession tout comme pour les exploitations agricoles. Racket organisé, mafia gouvernementale. Les marins se sont endettés, les ressources ont diminué, la mondialisation ne leur permet plus de vivre. On jette le poisson qui n’est pas rentable. La mer se vide. Les pêcheurs se tuent au travail et ils subissent les accusations des écologistes. Tout comme les agriculteurs.

Qui sont les vrais coupables ? Il ne faut pas s’arrêter à l’exploitant mais remonter vers celui qui tient les rênes des finances…

Les villages de montagne se sont vidés parce que les jeunes sont partis. L’aimantation de la masse, l’effacement des valeurs humaines pour les valeurs marchandes. Plus vous concentrez la masse aimantée, plus vous l'accroissez et c'est un phénomène exponentiel. Il faut avoir l'âme ancrée dans la terre pour ne pas être emporté...

« Qui se souvient des Hommes ? »

Nos enfants se poseront une question bien plus effroyable un jour prochain : « Où sont les Hommes ? »

Dans le cœur des hommes.

Par Le 12/08/2013

Plus de trois heures de montée dans un vallon désert, encadré par les sommets, un soleil rasant qui se couchait nonchalamment sur les parois et les champs d’herbes puis l’ascension régulière vers le zénith. Le col, au-dessus de nos têtes, nous aimantait et nous cherchions, nous aussi, à rejoindre l’altitude.

Une esquisse de sentier serpentait dans les barres rocheuses et nous devions rester concentrés malgré les regards qui se perdaient parfois dans les horizons gagnés. J’ai quitté le chemin pour escalader un ressaut rocheux éclaboussé par une cascade. J’avais vu cette ouverture étrange dans la paroi et j’imaginais une grotte. Il s’agissait en fait d’une galerie s’enfonçant dans les entrailles de granit. Je n’avais pas de lampe et n’avais pu aller bien loin. Mystère…

J’avais repris les pas de ma Bien-aimée.

Un final vraiment raide, une surprise constante dans le cheminement, l'intelligence du tracé qui serpentait dans les faiblesses de la pente.

Nous sommes parvenus au Col.

C’est là que nous l’avons vu.

Un homme, seul, au-dessus d’une pente d’herbe finissant en plongeon dans une barre rocheuse. Il hésitait, les mains cherchant des appuis solides, quelques mètres, puis un retour, des regards tournoyants, comme une quête de salut. J’ai sorti les jumelles. Un sac à dos, un casque d’alpiniste, aucune autre présence autour de lui. Il avait posé les fesses au sol. Le meilleur moyen pour entamer une glissade fatidique. Des attitudes qui ne trompaient pas… Peut-être un compagnon déjà tombé. J’observais le bas des parois mais ne voyais rien. Je l’ai appelé. Ma voix se perdait dans l’immensité des sommets, rebondissant sur les parois, il a mis longtemps à me voir. Je m’étais dressé sur un éperon et je lui faisais signe. Il m’a répondu de la main. Je lui ai crié de ne pas descendre mais de traverser vers l’Est, une rampe à suivre pour rejoindre une crête horizontale. Il n’a rien répondu mais il a pris la bonne direction et son attitude était plus solide, comme si notre présence et mon intervention venaient de déclencher en lui une montée d’énergie et d’assurance.

Je l’ai suivi aux jumelles jusqu’à ce qu’il disparaisse derrière une ligne de rochers.

Nous avons mangé nos fruits secs en l’attendant et il est apparu.

Souriant.

Un Espagnol. Une allure sportive, un matériel de qualité, des mains de grimpeur. Noueuses.

On lui a expliqué qu’il nous avait inquiétés, qu’il semblait perdu. Ma Belle parle un peu Espagnol et moi un peu Anglais. Il connaissait quelques mots de Français. Le tout mélangé, il nous a expliqué au bout de quelques minutes qu’il venait de perdre son travail et que sa compagne l’avait quitté…

Rupture totale.

Il avait eu besoin de venir se ressourcer dans « ses » montagnes, celles qu’il parcourait depuis son enfance. Il avait voulu rejoindre le col par un névé mais la neige s’était révélée trop dure et il avait opté pour l’escalade de barres rocheuses et de pentes herbeuses, jusqu’à ce qu’il se retrouve en posture délicate, sans savoir vers où aller.

On lui expliqua que son état intérieur n’était guère compatible avec de telles épreuves en montagne. Il sourit pour la première fois en acquiesçant. Qu’avait-il en tête au sommet de cette barre rocheuse ?...

   Il retira ses lunettes de soleil et nous vîmes ses yeux. Pétillants, lumineux, un sourire intérieur. On discuta un bon moment encore et il nous expliqua la suite de son parcours, une longue arête rocheuse jusqu’au sommet qu’on apercevait au loin.

Il comprenait bien qu’on tenait à être certain qu’il jugeait lucidement des difficultés à venir.

Il semblait aller beaucoup mieux lorsqu’il nous quitta. Il serra la main de Nathalie, en fit de même pour moi et posa sa main sur mon épaule en nous remerciant.

On le suivit des yeux un moment et il disparut derrière l'arête.

On l’imagine aujourd’hui auprès de ses amis, racontant cette journée.

Ce fut une rencontre vraiment particulière, la profondeur de nos échanges, malgré le problème de la langue, le fait qu’il se soit mis à nu aussi rapidement, l’intensité de son sourire, de ses yeux…Toute la beauté de l’altitude, jusque dans le cœur des hommes.

Sables mouvants

Par Le 03/07/2013

J'avais imaginé il y a quelques temps une représentation de la vie : le sol n'est qu'un vaste champ de sables mouvants mais au-dessus de chaque individu est tendue vers le ciel une corde lisse. Elle disparaît dans les cieux. Il existe un choix pour chaque individu : décider de s'extraire de la fange et se hisser sur ce brin salvateur en sachant que le haut s'ouvre sur un horizon inconnu, celui de la mort. La montée est redoutable, épuisante, incertaine, considérablement incertaine...La fange de son côté est douceâtre, accueillante, hallucinogène. L'enfoncement est régulier, indolore, de multiples processus d'accompagnement ont été inventés, des marchands s'y enrichissent, mais il arrive un moment où la mort s'invite. La victime se débat, furieuse de la tromperie mais c'est trop tard. Pendant ce temps-là, celui qui grimpe à la corde s'emplit de lumière. Il disparaîtra lui aussi mais en pleine conscience et l'esprit en paix.  

SOS INREES

Par Le 03/07/2013

Un des sites les plus importants au regard de la démarche spirituelle, un travail fabuleux réalisé par des gens passionnés et compétents. Je poste ici le mail reçu ce jour.


L'INREES et Inexploré magazine traversent un moment délicat.

Vous êtes des milliers à nous faire confiance chaque jour et à découvrir dans l'INREES, et dans son magazine Inexploré, ce que vous ne trouvez nulle part ailleurs. Un autre regard sur notre monde, sur les frontières de la science, sur la spiritualité. Des articles qu'aucun autre média ne publie, des interviews qui posent des questions que personne ne pose, des conférences prestigieuses, des idées, des perspectives nouvelles. Un univers qui donne du sens à ce monde de l'extraordinaire qui nous entoure, sans tabou, mais avec sérieux et rigueur, et ce dans une réelle indépendance.

Construire cet espace d'information, jour après jour, est une tâche extraordinaire, et il est important que vous sachiez que l'INREES n'appartient à aucun groupe. Aucun décideur ne contrôle l'INREES ou Inexploré, aucun annonceur n'intervient dans le choix des articles, ou encore dans la manière de les traiter. Cette indépendance, nous y tenons par dessus tout, elle est à la base de cette confiance qui nous lie à vous.

Mais cette liberté constitue aussi notre fragilité... En ces temps incertains, la crise qui nous affecte tous touche également l'INREES et son magazine Inexploré. C'est la raison pour laquelle je fais appel à vous aujourd'hui : nous avons besoin de renforcer les bases de notre indépendance. Les règles comptables de la distribution de la presse impactent notre trésorerie, nous devons trouver une solution urgente. J'ai pensé à ceux qui font l'INREES : à vous.

Si chacun d'entre vous offre un abonnement, ou fait s'abonner ne serait-ce qu'une seule personne, vous permettez à l'INREES de conserver cette indépendance, notre force, pour vous offrir cet espace unique.

Ou je propose à un ami de s'abonner

L'INREES a besoin de votre mobilisation.

Merci, merci de votre confiance à toutes et à tous, et bel été...


Stéphane Allix
Fondateur de l'INREES
& d'Inexploré magazine





Olafur Arnalds : Only the winds

Par Le 01/07/2013

Oh, comme j'aime cette musique ...

Une autre vie

Par Le 01/07/2013

 

Vivre sans argent : dans les Pyrénées, j'ai fait connaissance avec des néo-hippies

 

18 réactions | 18515 lu

Temps de lecture Temps de lecture : 3 minutes

Qui n'a jamais eu envie de tout plaquer et de partir loin ? Mathieu Lamour a sauté le pas. Au fil de ses pérégrinations, qu'il nous raconte sur Le Plus, il nous fait partager ses découvertes, ses rencontres, mais aussi ses remises en question. Aujourd'hui, il est allé à la rencontre des habitants de Uli-Alto, un village très isolé des Pyrénées.

Édité par Louise Pothier 

Dans le jardin de Uli-Alto

Uli-Alto est un village des Pyrénées espagnoles occupé depuis 4 ans par trois permanents français. Ils ont roulé leurs bosses, sont encore dans la première moitié de leur vie et relèvent chaque jour le pari fou de redonner vit à un village abandonné.

Perché en haut de la vallée, c'est tout un monde qui vit là haut. Les gens de passage se suivent, se croisent, se ressemblent parfois et alimentent constamment ce manège aussi vital que l'eau qui coule dans la rivière en contrebas. En bon lieu ouvert, Uli s'enrichit de ses visiteurs et compense ainsi son isolement (13km de pistes de montagne pour atteindre la première route goudronnée). Six villages sont occupés dans la vallée, le plus grand compte une cinquantaine de personnes et existe depuis trente ans, le plus petit compte deux personnes qui entament sa restauration. Il y a aussi une fille qui se construit son habitat en partant de zéro.

Une grande diversité qui m'a un peu perdu dans mon exploration des modes de vies alternatifs. Nés de préoccupations semblables, ces villages ont de nombreux points communs. A contrario, les différences de fonctionnement sont considérables.

Occuper l'inoccupé

L’Espagne a connu un exode rural plus tardif qu'en France, particulièrement dans les années 70, laissant à l'abandon de nombreux villages. Sur ma route, j'ai d'ailleurs croisé plusieurs villes fantômes. La vallée ne fait pas exception et son isolement conférait une place de choix pour ceux qui souhaitaient reconstruire un vivre autrement.

Lakabe est le premier village de la zone à avoir été investi au bénéfice d'une tolérance par les autorités. Cela fait plus de 30 ans que la communauté survit au fil des départs et des arrivées d'habitants. Aritzkuren, un hameau enfoui dans la forêt, est occupé depuis 16 ans. Uli-Alto n'en est pas à sa première occupation, le groupe actuel le reconstruit depuis 4 ans.

Un soir à Uli-Alto, un habitant originaire d'un squat de Barcelone

Ce n'est pas un hasard si un nombre substantiel d'habitants de la vallée est issu de la mouvance "squat". En France comme ailleurs, les squats citadins sont de plus en plus menacés et même rasés par les autorités. Ils tiennent pourtant un rôle de passerelle entre la société dominante et les sociétés alternatives.

Les villes perdent la pluralité nécessaire à une évolution saine et les occupants se voient privés des commodités pour une transition en douceur, le vieux dicton "Pour vivre heureux, vivons cachés" prend ici aussi du sens. Dans la vallée, les occupants vivent dans le statu-quo avec les autorités.

Une des places du village de Lakabé

En ville, on détruit des quartiers charmants pour construire des bâtiments plus "efficaces" en terme d'accueil ou de consommation (sans prendre en compte le coût écologique de fabrication). À quand des projets de développement rural pouvant concurrencer les projets de développement urbain ? Il y aurait possibilité de restaurer des espaces immenses et abandonnés en créant des emplois pour revaloriser les plus démunis.

Des dépendances à la société variées pour un même objectif

Loin d'un rejet tout entier de la société, l'envie de s'ouvrir est permanente. À Uli, ils ouvrent leur porte à qui le veut en ayant été jusqu'à prendre le risque de s'exposer publiquement via leur site web. À Lakabé, ils vendent du pain et de la bière, paient des impôts et inscrivent leurs enfants à l'école. Ça c'est pour la partie redistribution vers l’extérieur. La présence de la société dominante au sein des villages est plus contrastée.

Dans la vallée, on s'accorde sur l’impressionnante vitesse à laquelle Uli s'est développé. Tandis qu'à Ulo-Si, plus récente reconversion en date, ils construisent sans électricité, le groupe de Uli est arrivé chargé de groupes électrogènes et d'une quantité de matériel à faire pâlir n'importe quel bricoleur du dimanche. Pour la nourriture, l'indépendance alimentaire est encore très lointaine. Les vaches et chevaux qui vivent dans la vallée obligent à protéger chaque jardin. Au passage, ces animaux n'ont rien de sauvage et leur propriétaire profitent simplement de la grande zone de pâturage officiellement abandonnée. Beaucoup ont perdu leur récolte pour avoir négligé la robustesse de leur clôture, le sujet prête régulièrement à l'auto-dérision. 

Le jardin de Uli-Alto

En attendant de se nourrir majoritairement de sa production, Uli se nourrit de ce que "Babylon" considère comme jetable. Ils font de la "récup'" et ont même développé des liens amicaux sur le grand marché aux légumes de Pampelune. Régulièrement, ils ont le droit à des petits cadeaux. La nourriture abonde et Uli est même devenu une des meilleurs tables du coin !

Une autre manière de considérer l'espace commun et son utilisation, un regard plus utilitaire sur les produits de la société, une clé pour s'ouvrir un peu plus. Le mouvement "Occupy" gagnerait peut être à s'inspirer de ces anonymes qui construisent ailleurs et laissent les convaincus avec leur jouets dangereux et usés. L'énergie qu'ils ne gaspillent pas en s'opposant est directement au service de leur avenir.

Tous les articles sur le blog et le quotidien sur Facebook. 

Guerre froide

Par Le 01/07/2013

"Des alliés" !

Purée, l'UE, faut vous enlever les oeillères, là, en plus de l'incompétence, vous êtes carrément IDIOTS !




Les Européens exigent des explications des USA : « Entre partenaires, on n’espionne pas »

Publié le 01/07/2013

Par La Voix du Nord

Les Européens ont exigé des explications sur le programme d’espionnage américain, qui aurait visé les institutions de l’UE et des millions de citoyens européens, alors que, dernier épisode en date, le quotidien britannique The Guardian a affirmé dimanche que la France, l’Italie et la Grèce figuraient parmi les 38 cibles surveillées par l’Agence nationale de sécurité (NSA) américaine.

GERMANY-US-INTELLIGENCE-PRISM-PROTEST

Face au déluge de documents communiqués via l’ancien consultant américain de la NSA, Edward Snowden, au coeur d’un imbroglio mondial digne des meilleurs romans d’espionnage, Bruxelles a averti même de possibles conséquences sur la négociation d’une zone de libre-échange transatlantique. « Entre partenaires, on n’espionne pas ! », a lancé dimanche au Luxembourg la commissaire européenne à la Justice, Viviane Reding. « On ne peut pas négocier sur un grand marché transatlantique s’il y a le moindre doute que nos partenaires ciblent des écoutes vers les bureaux des négociateurs européens », a-t-elle estimé, en réclamant que les Etats-Unis « dissipent ces doutes très rapidement ».

La Direction nationale du renseignement américain (ODNI), qui chapeaute les 17 agences de renseignement du pays dont la NSA, a indiqué dans un communiqué transmis à l’AFP que les Etats-Unis répondront de façon appropriée à l’UE et à ses Etats membres par les canaux diplomatiques.

De son côté, le commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht, a jugé sur une chaîne de télévision belge que l’affaire serait «très grave» si ces allégations étaient confirmées.

« Clarté, vérité et transparence: c’est ce qu’on peut et doit attendre de nos amis et alliés. Les explications américaines sont nécessaires et urgentes », a affirmé sur son compte Twitter le commissaire français, Michel Barnier.

La France a elle aussi demandé des explications dans les plus brefs délais. « Ces faits, s’ils étaient confirmés, seraient tout à fait inacceptables », a déclaré le chef de sa diplomatie, Laurent Fabius. La ministre française de la Justice, Christiane Taubira, est allée plus loin, en estimant que si Washington avait bel et bien mené les opérations d’espionnage décrites par le Spiegel, ce serait «un acte d’hostilité inqualifiable». Pour son homologue allemande Sabine Leutheusser-Schnarrenberger, qui a elle aussi réclamé des explications «immédiatement et en détail, ce n’est pas sans rappeler des actions entre ennemis pendant la Guerre froide».

Selon le Spiegel, le programme était constitué non seulement de micros installés dans le bâtiment de l’UE à Washington, mais aussi d’une infiltration du réseau informatique qui lui permettait de lire les courriers électroniques et les documents internes. La représentation de l’UE à l’ONU était surveillée de la même manière, toujours selon ces documents, dans lesquels les Européens sont explicitement désignés comme des «cibles à attaquer».

Et les dernières révélations du Spiegel dimanche risquent d’enflammer l’opinion allemande, très sensible sur les questions de protection de vie privée.

L’Allemagne est en effet « le pays européen le plus surveillé » par la NSA, avec 500 millions de connexions téléphoniques et Internet enregistrées mensuellement, assure le magazine, qui explique qu’une journée «normale» d’espionnage concerne environ 15 millions d’appels téléphoniques recensés en Allemagne, contre environ deux millions quotidiennement en France.

L’Allemagne, comme la France, sont considérées par la NSA comme moins fiables que le Canada, la Grande-Bretagne, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, explique aussi Der Spiegel se fondant sur ces documents.

Les USA...

Par Le 29/06/2013

Prism : la NSA espionnait l'Union européenne

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | • Mis à jour le

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La NSA espionnait dans le cadre du programme de surveillance Prism plusieurs bureaux de l'Union européenne, montrent des documents secrets dont "Der Spiegel" a pris connaissance.

Les services de renseignement américains espionnaient dans le cadre du programme de surveillance Prism plusieurs bureaux de l'Union européenne, dont ils avaient réussi à pénétrer les réseaux informatiques, montrent des documents secrets dont l'hebdomadaire allemand Der Spiegel a pris connaissance.

Le magazine allemand cite dans un article publié samedi 29 juin un document classé "strictement confidentiel" de la National Security Agency (NSA) daté de septembre 2010, que l'informaticien Edward Snowden a emporté dans sa fuite après avoir dévoilé l'existence de Prism et que les journalistes du Spiegel ont pu lire en partie.

Selon ce document, la NSA a implanté du matériel d'écoute dans les bureaux de l'Union européenne (UE) à Washington et aux Nations unies et était en mesure non seulement d'écouter les conversations téléphoniques, mais aussi d'accéder aux documents et aux courriels des diplomates européens, qualifiés de "cibles à attaquer" dans le document.

D'après le Spiegel, l'agence de renseignement américaine surveillait aussi les systèmes de communication de l'immeuble Justus Lipsius, qui héberge le Conseil européen à Bruxelles et où les gouvernements de l'UE disposent de bureaux à partir desquels ils peuvent passer des appels sécurisés. Il y a "plus de cinq ans", écrit Der Spiegel, les experts en sécurité de l'UE avaient découvert un système d'écoutes sur le réseau téléphonique et internet du bâtiment Justus-Lipsius, qui remontait jusqu'au quartier général de l'OTAN en banlieue de Bruxelles.

Lire : Aux Etats-Unis, une cybersurveillance digne d'un Etat policier

IMPACT SUR LES RELATIONS USA-UE

Der Spiegel a également recueilli sur son site internet des réactions de personnalités européennes, comme le président du Parlement européen, l'Allemand Martin Schulz, qui estime que "si cela se confirme, il s'agit d'un immense scandale". "Cela nuirait considérablement aux relations entre l'UE et les Etats-Unis", ajoute-t-il.

Pour le ministre des affaires étrangères luxembourgeois, Jean Asselbron, "les États-Unis feraient manifestement mieux de surveiller leurs services de renseignement plutôt que leurs alliés". L'espionnage américain est "hors de contrôle", juge-t-il, soulignant que si les activités de renseignement "sont justifiées par la lutte contre le terrorisme (...) l'UE et ses diplomates ne sont pas des terroristes".

Toujours sur le site du Spiegel, le député européen écologiste Daniel Conh-Bendit appelle à une rupture immédiate des négociations sur le traité de libre-échange transatlantique, tant qu'un accord n'a pas été signé avec les États-Unis sur la protection des données. Des négociations en ce sens, lancées en 2011, n'ont toujours pas abouti.

Mercredi, l'Union européenne avait demandé aux États-Unis de lui fournir "aussi rapidement que possible" des réponses à ses questions sur le programme de surveillance américain Prism.

CORREA S'EST ENTRETENU AVEC BIDEN

Edward Snowden se trouve depuis presque une semaine dans la zone de transit de l'aéroport de Moscou, en attendant la réponse de l'Equateur à sa demande d'asile politique. Cet ancien collaborateur de l'Agence nationale de sécurité (NSA) est recherché par les Etats-Unis pour avoir divulgué des informations explosives sur de vastes programmes américains de surveillance des communications.

Le président équatorien, Rafael Correa, a annoncé samedi s'être entretenu avec le vice-président américain Joe Biden du cas de l'ancien agent du renseignement américain, recherché pour espionnage par Washington. "Nous avons parlé de l'affaire Snowden et il m'a transmis de manière très courtoise la requête des Etats-Unis de bien vouloir rejeter la demande d'asile", a déclaré le président Correa lors d'une conférence de presse, précisant que M. Biden l'avait joint au téléphone vendredi.

Je réclame le lynchage

Par Le 28/06/2013

"Monsieur R.

 

Je vous adresse cet exemplaire de mon roman car je revendique le droit au lynchage médiatique. En effet, je ne suis qu’un instituteur perdu dans une petite vallée des Alpes, je ne connais personne dans le gotha des people, je n’ai pas accès aux médias et, comme de surcroît, je suis pétri de principes moraux dont je n’arrive pas à me défaire malgré une longue psychothérapie, je suis condamné à rester incognito et à continuer à vendre mes écrits dans des volumes misérables.

Je réclame par conséquent le droit à bénéficier de ce lynchage médiatique si puissant pour les ventes, cette reconnaissance de tous, cette mise en lumière, l’intégration à cette masse frénétique des stars conspuées mais rentables.

 

Je n’ai pas de femme de ménage par manque de moyens financiers et surtout parce que je trouverais cela inconvenant et même si c’était le cas, une agression sexuelle proférée par un instituteur n’intéresserait personne d’autre que le correspondant local du journal régional. Insuffisant pour doper les ventes de mes romans. Je pourrais à la rigueur agresser la dame qui fait le ménage dans ma classe le soir, quand l’école est déserte et qu’elle manie avec dextérité le manche…à balai. Je pourrais facilement la menacer de renvoi si elle venait à se plaindre. Je lui suis supérieur tout de même. Mais voilà, je n’arrive pas à me faire à cette idée d’une quelconque supériorité sociale. Je sais bien que vous trouvez cela absurde mais je vous l’ai dit, je suis un cas irrécupérable.

 Bon, alors, je pourrais m’en prendre à mes élèves et pratiquer des attouchements sexuels. Jamais, ils ne se plaindraient, ils auraient trop peur. Mais rien que d’avoir écrit ça, j’ai envie de vomir. Je n’ai pas d’histoire de pédophilie à raconter, ni actuelle, ni ancienne. Et d’ailleurs, si jamais, je venais à être informé de quoique ce soit de ce genre, je déclencherais aussitôt un tsunami policier et judiciaire. Ça me semble tellement évident. Vous voyez, je n’aurais même pas pu entrer dans les Ordres.  

Toujours ces principes moraux qui me condamnent à rester incognito.

 Je pourrais peut-être proférer des paroles racistes envers les enfants maghrébins de ma classe mais, moi, je ne suis pas un politicien et je serais certainement condamné, je perdrais mon poste et je ne pourrais plus subvenir aux besoins de ma famille sans être certain que le scandale suffise à assurer les ventes de mes livres. Le risque est vraiment trop grand. Pas assez de sécurité au regard de l’audimat.

 Je pourrais éventuellement entrer en string dans un magasin et brailler comme un goret dans un mégaphone, un guignol a usé de cette technique, j’ai oublié son nom mais je sais qu’il est aujourd’hui très riche et célèbre ou encore mieux pendant la montée des marches au festival de Cannes, là où je serais filmé mais c’est tout simplement ridicule et c’est une des grossières erreurs de l’évolution des espèces de n’être pas parvenu à tuer tous ceux qui postulent volontairement au ridicule et à l’outrage. Le problème de la surpopulation aurait été réglé.

 

Je pourrais aussi raconter dans mes romans des turpitudes adultères et révéler au grand jour, la vie privée de mes amantes mais je n’en ai pas étant donné que j’aime infiniment la femme qui partage mes jours et que je me satisfais de contempler la beauté ineffable de la gente féminine. Et d’ailleurs, il aurait fallu que je sois déjà un célèbre ex présentateur du journal de TF1 pour que ça ait une incidence réelle sur la vente de mes romans.

 

Voilà  d’ailleurs, le fond du problème. Pour exploser les scores des écrits, aussi insignifiants soient-ils, il faut déjà être célèbre. Je n’ose imaginer les ventes des prochains livres de tous les protagonistes de ces différentes affaires. Leurs ignominies sont si bien mises en scène.

 

Alors que moi, simple instituteur, ma vie ne sera jamais étalée au grand jour, c’est trop insignifiant. Je n’aurai jamais l’aura de ces puissants, je n’aurai jamais cette couverture médiatique.

 

Et mes principes moraux me condamnent à l’anonymat.

 

Je pourrais essayer de passer dans une télé réalité mais je ne suis pas une blonde à forte poitrine, ni un ancien sportif, ni un éphèbe, ni un macho décérébré, ni un border line, ni un acteur délaissé, enfin rien de tout ce qui remplit les castings. Juste un instituteur totalement basique et on sait à quel point aujourd'hui, ce métier ne porte aucune aura.

 

C’est pour toutes ces raisons que je réclame votre indulgence et souhaite par-là bénéficier de toutes les critiques les plus virulentes, que mes écrits soient vilipendés, qu’ils soient jetés en pâture dans les griffes les plus acérées de vos chroniqueurs les plus acerbes, qu’ils abandonnent toute retenue et profitent de cette opportunité pour mettre en lumière leurs immenses talents. Je suis tout disposé à subir les pires outrages et à en remercier les auteurs.

Je ne cherche pas la reconnaissance du milieu littéraire mais juste l’étalage au grand jour de mes insuffisances d’écrivain. Ce lynchage médiatique sera pour moi un fabuleux tremplin. Comme pour tous les autres.

 

Mes principes moraux m’interdisent toute autre voie.

Je compte sur votre rage.

 

Recevez Monsieur l’assurance de mes sincères salutations.


Réponse : (Mille mercis à Eléa (site IPAGINATION)

Monsieur L, 
 
Nous sommes au regret de ne pouvoir donner une suite favorable à vos adjurations. Vous comprendrez bien qu'un petit instituteur, reclu dans un coin perdu des Alpes où l!air est pollué d'oxygène ne peut décemment faire l'objet d'une quelconque médiatisation même des plus négatives.
Il nous parait évident que si notre lectorat et/ou nos téléspectateurs se rendaient compte de l'existence de valeurs morales, nous assisterions à une vraie débâcle, un cataclysme sans précédent. Vous affirmez que votre petite vie n'intéresserait personne mais personne ne devrait savoir que des gens tels que vous existent! 
Enfin, que diable, réfléchissez! Croyez-vous que la ménagère de moins de cinquante ans ait envie de découvrir l'existence d'un monde sans prétention? Et que faites-vous des parts de marché, du mercantilisme et pire de notre Société de consommation?
Vous citez en exemple les figures de demain qui seront des références comme jadis Hugo l'aura été pour certains d'entre nous!!! 
Encore une fois croyez-vous que le métier même d'instituteur ne soit  pas suffisant à votre malheur? Qui rêve encore d'apprendre aux enfants à lire, écrire et compter? Voyez comme le monde tourne, Monsieur L et finissez par croire que votre talent est désuet! Pourquoi parler donc de promouvoir votre écriture même dans le mauvais sens quand bientôt on nous dira que lire et quoi penser???
Nous ne pouvons donc pas prendre le risque que votre talent, vos bons sentiments et votre sens moral envahissent le paf!
Recevez, Monsieur L, l'expression de nos sentiments intéressés.
 
Ps: ci-joint le numéro d'un très bon psychothérapeute et allez vous faire soigner! ;)

Autobiographique

Par Le 25/06/2013

Message de Magali Aïta, l'auteure de "L'amour au bout du clic", un roman sur les rencontres par internet.

"Aujourd'hui, j'ai eu un appel peu ordinaire... Celui d'une journaliste, Zone Interdite, Capital, Investigations, Reportages etc... J'ai été repérée chez Ladies Room. Elle pensait que mes textes, mes nouvelles, étaient du vécu. Et bien non, je suis mariée avec trois enfants, tout va bien."

Dimanche 23 juin 2013

1ère de couv L'Amour au bout du clic

"J'allume mon ordinateur, je suis bien installée sur la table basse du salon, la télé en fond sonore. J'ai les mains moites, comme si j'allais commettre une bêtise, honnêtement je suis un peu stressée. Ce que je suis en train de faire va à l'encontre de mon éducation catholique et de mes valeurs personnelles auxquelles je suis tant attachée. Je suis arrivée à un tel point de solitude, que je suis prête à passer au-delà et à me laisser tenter par l'amour virtuel. J'essaye de me rassurer comme je peux en me disant que des tas de personnes le pratiquent déjà et qu'elles en sont contentes.
Ce sera mon secret, personne ne sera au courant. Un pan de ma vie rien qu'à moi, dont mon entourage n'aura pas connaissance. À compter de ce jour, c'est sûr tout va changer. Un nouvel univers m'ouvre ses portes, j'accède à un monde inconnu, que je m'étais jusqu'alors interdit."

220 pages - ISBN : 9782342006063 - Romans - Edition brochée

Disponible en format papier ou ePub.

 


 C'est très révélateur du système cet appel téléphonique.

L'auteur ne doit pas être un individu "ordinaire". C'est lui qui sera "vendu" et pas son livre. Si Magali avait dit que c'était autobiographique, demain elle passait à la télévision...

Je devrais avouer que "Jusqu'au bout" est entièrement autobiographique, de toute façon, je n'ai laissé aucune trace de mes meurtres, personne ne me coincera. J'ai eu des relations homosexuelles, j'ai couché avec Natacha, la transsexuelle, j'ai tourné dans un film porno, je fume du shit, j'ai dézingué Brohou, Jacquot, Kernaïs, la Pennec, le curé, j'ai démoli les deux casseurs de bouteilles à Pen-Hir, j'ai tiré sur les CRS à Plogoff avec mon lance-pierres.

Je n'ai juste pas eu le courage d'enlever mes élèves. Mais il n'est pas dit que je ne passerai pas à l'acte un jour, il suffira que je les aime assez pour ça.

Message lancé aux journalistes. Je suis un auteur déglingué, prêt à faire exploser l'audimat. J'ai également gardé des photos des meurtres et de mes ébats.

Le premier qui me contacte touchera le jackpot.


Où j'ai rangé mon shit, bordel.

 

Ipaginablog.

Par Le 23/06/2013

iPagination, un véritable passeport pour l’édition !

Publié par admin le 23 juin 2013

livre-qui-s'envole

iPagination, avec l’implication de ses membres, travaille farouchement depuis près de deux ans à faire valoir le talent d’auteurs qui ne bénéficient pas ou peu d’une visibilité suffisante pour accéder au graal de l’Edition.

iPagination Editions définit actuellement sa ligne éditoriale ainsi que sa charte graphique avec pour objectif d’être non seulement digne des trente-trois auteurs bénéficiant déjà d’une publication, mais aussi de préparer les futures éditions, notamment celles d’ici à la fin de l’année, mettant à l’honneur onze nouveaux talents.

Notre projet prend également sens auprès des éditeurs conventionnels, et nous en sommes fiers.

Deux de nos membres, au parcours identique, ont récemment trouvé un éditeur et nous avons décidé de leur laisser la parole pour témoigner de l’apport d’iPagination sur leur route vers l’édition.

Une inscription, un texte puis un premier commentaire qui marque : « C’est Marcel Faure qui a été le premier à commenter. Il disait avoir envie de lire la suite… », se souvient Thierry Ledru qui vient de signer un contrat d’édition numérique avec Numeriklivre.

Puis très vite, le partage et l’échange offrent une bouffée d’oxygène dans une passion jusque-là solitaire :

« J’ai vu des âmes qui ruisselaient de mots, des mains tendues à travers les écrans, des tristesses camouflées au creux des virgules, des apothéoses dans les trois points suspendus, j’ai vu les sourires se dessiner à la lecture des commentaires reçus, comme des bonheurs propagés, j’ai senti ce goût lumineux des nourritures spirituelles. La communion des âmes qui écrivent. J’avais trouvé le refuge espéré. »

Magali Aïta, alias La Chouette Bavarde, a elle aussi usé de la voix numérique pour se faire connaître grâce à son blog personnel avant d’intégrer iPagination pour élargir son lectorat et amplifier sa visibilité :

« Un chapitre chaque soir sur mon blog, avec Internet on abolit les frontières, c’est toujours surprenant. J’ai ensuite rejoint iPagination où j’ai déposé des nouvelles, mon roman, des poésies… c’est un succès immédiat. »

Au-delà du fait même de se faire connaître, c’est l’occasion aussi de se mesurer, d’éviter de se fourvoyer, de se remettre en question comme nous l’exprime Thierry :

« Cet instant où la souris clique du museau sur l’étiquette « commentaires » […], c’est parfois un rappel à l’ordre qui vient nourrir le goût immodéré du travail et je reprends l’ouvrage, j’affûte mes outils, je me pose devant la page, je retourne et triture dans tous les sens les suggestions proposées puis je cisèle, je découpe, je dissèque, je polis. »

A force de travail, d’humilité et de partages, Magali et Thierry finissent par s’ouvrir les voies de l’Edition. Thierry nous invite à cette phase de découverte :

« J’avais mis déjà quelques textes lorsque j’ai été contacté par une éditrice. Elle avait lu mes textes et souhaitait en lire l’intégralité. Une éditrice qui me contactait par le biais d’un site de littérature ? Depuis vingt ans que je les coursais et qu’ils se débrouillaient toujours pour me renvoyer au fin fond des jungles du doute et de la désespérance, je n’y croyais pas…

J’ai pensé à une embrouille. Elles foisonnent et se nourrissent de cette fameuse désespérance, contre vastes monnaies discordantes, des compliments somptueux jusqu’à l’émergence de l’espoir halluciné. »

iPagination n’est pas peu fière de ces résultats, car la Chouette avait déjà bénéficié d’une publication dans le recueil collectif Sens interdits des Editions éponymes avec sa nouvelle, Qu’importe le prix, racontant l’histoire d’une jeune fille participant à la révolution de Jasmin, en Tunisie. Son talent n’était pas passé inaperçu.

De même pour Thierry Ledru qui, à plusieurs reprises, a pu bénéficier des sélections des conseillers d’iPagination et prendre conscience de son talent et de ses prédispositions flagrantes à transmettre par l’écrit.

Il convient ici de souligner que l’enrichissement mutuel permet de franchir des étapes importantes, et que commenter le travail d’autrui est également nécessaire, comme nous le précise Thierry :

« Je n’ai pas délaissé les bonheurs de lecture pour autant. J’ai vu se créer une relation respectueuse de liseur et de lu, un échange de procédés humanistes puisque l’humanité se regarde quand l’humain l’écrit, l’opportunité d’apprendre aussi. Et j’ai beaucoup appris. »

Que ce soit avant ou après, cet apport compte comme le conclue Thierry Ledru : « Dans cette histoire, iPagination a joué un rôle inattendu. Avec le contrat d’édition signé, j’aurais pu succomber à l’appel de l’euphorie, des illusions ranimées, imaginer des succès planétaires, des milliers de courriers reçus, des invitations littéraires. Non, rien de tout ça parce que je lisais mes compatriotes et qu’ils étaient mes garde-fous, le maintien de mes pensées dans l’écrin de la lucidité, le goût immodéré du partage et de l’accompagnement bienveillant, fasciné, enthousiaste, ému jusqu’à en rêver la nuit. »

Vous retrouverez l’ensemble du témoignage de Thierry sur son texte, « Mille mercis ». Vous pouvez également vous procurer son livre « A cœur ouvert » aux éditions Numériklivres.

La Chouette Bavarde quant à elle, est déjà en phase de promotion et vous pouvez vous procurer son livre, « L’amour au bout du clic », aux éditions Mon petit Editeur. En fin d’article, vous trouverez les articles réalisés par le Dauphiné libéré, l’allevardin ou encore Magali en une de 20mn, l’édition de Grenoble pour relayer la sortie de son livre, mais aussi cette nouvelle forme de promotion qu’offre iPagination au service de ses auteurs.

Nous souhaitons à notre Chouette Bavarde et à Thierry Ledru, toute la réussite possible pour cette première sortie.

Ces résultats sont autant de succès pour iPagination qui rencontre actuellement de nombreux acteurs de l’édition professionnelle pour élaborer avec eux des projets d’avenir. Dans la volonté de partage qui nous anime, nous sommes pleinement disposés à répondre aux sollicitations qui pourraient survenir. Le succès des auteurs est au cœur du projet d’iPagination avec l’appui de toutes les bonnes volontés.

Chouette bavarde Dauphiné libéré

 

allevardin12720minutes1

L'arrière boutique.

Par Le 23/06/2013

Note de lecture

Titre :

 

Avis général sur le texte : Une vie brisée, un regard acide sur la société, une errance de plus en plus grande, des tentatives d’intégration avortées, des amitiés perdues, des amours gâchés, la destruction entretenue par des drogues de plus en plus dures, une désespérance associés aux mensonges de famille, au rejet parental, aux silences, aux non-dits, aux secrets les plus lourds…Le néant effroyable d’une vie.

 

 

Dans le tableau ci-dessous, points positifs / points négatifs :

 

+

Une puissance indéniable dans le récit, froid, dur, violent, une désespérance progressive, une fin inéluctable, les relations humaines, les silences, les mensonges, les secrets familiaux.

Les phrases surlignées en jaune doivent absolument être reprises. Il est inutile de vouloir faire de grandes tirades dans ce registre littéraire, le décalage avec l’histoire brise parfois le rythme mais rien de rédhibitoire.

Une narration cinématographique, des réflexions parfaitement imbriquées dans le scénario, des pensées redoutables, destructrices.

Il manque des virgules dans les phrases de type : Comp CIR+ GS+V+COD. Le Comp CIR DOIT être isolé par une virgule.

La dégradation humaine, nourrie par des règles sociales qui conduisent les êtres au désenchantement, à la haine, au rejet, à l’errance. Une noirceur effroyable…

Un titre qui ne parle pas, trop neutre au regard de la noirceur de l’histoire. « Inéluctable » conviendrait mieux, par exemple.

Notation (de 0 à 5)

Ecriture (niveau de langue) :

 

Orthographe : 4

 

Intérêt de l’histoire : 5

 

Personnages : 5

 

Qualité de l’intrigue : 5

 

 

Conclusion :

(en quelques lignes, avec avis de publication ou pas)

 

 Une qualité narrative indéniable : les sentiments, le mal être, la routine, la lassitude, les ruptures familiales, sociales, une société qui broie, humilie…Une capacité à maintenir une tension parfois insoutenable, la certitude des drames à venir, des flash back très bien construits, des révélations qui surgissent et éclairent le lecteur. Les relations père-fils, patron-ouvrier, mère-fils, les amitiés, les amours brisés…Rien ne peut sauver ces individus…Des scènes extraordinairement bien racontées (la mort de Pierre), des phrases couperets, tristes à pleurer, des violences ravalées qui nourriront les actes futurs, toujours plus loin dans les noirceurs, des flics violeurs qui finissent séropositifs et qui se flinguent…Une alternance magnifique entre les situations et les conclusions qui s’imposent, inéluctables. C’est le plus effrayant dans ce récit : tout devient inéluctable. Jusqu’au suicide…Finalement dans cette histoire, aucune vie ne vaut la peine d’être vécue, tant la peine qu’elle impose est destructrice…Terrifiant.

Avis très positif.

 


Voilà un exemple des fiches de lecture que j’écris pour mon éditeur.

 

Une réflexion qui s’impose.

J’ai eu la chance d’être directement contacté par Numeriklivres pour la publication de « À cœur ouvert ». Je sais pourtant que beaucoup d’auteurs se tournent vers l’édition numérique par dépit, que les refus des maisons classiques s’entassent sur leur bureau.

S’il en est de même pour ce roman, comment expliquer les refus ? Rien ne peut les justifier. C’est remarquablement bien écrit, même si quelques passages méritent d’être encore travaillés. Alors, quel est le problème ?

C’est très simple : cet auteur est inconnu. Comme moi et les milliers d’autres en France qui ne parviennent pas à décrocher le Graal. Un éditeur parisien me l’a dit un jour : « Vous écrivez très bien mais vous avez un gros défaut. Vous ne vivez pas à Paris et personne ne vous connaît. » Ça avait le mérite d’être clair.  

Il n’est qu’à voir le lynchage en direct orchestré par l’équipe de Ruquier envers une auteur qui a été publiée après un beau parcours sur un site littéraire. Une petite maison d’édition, aucun contact médiatique, aucun « sponsor people », les chroniqueurs s’en sont donnés à cœur joie. Eux, ils savent, eux, ils jugent, ils sont les maîtres à penser, ils détiennent le pouvoir…

 

Il reste donc l’édition numérique. Mais l’image qui lui est associée est celle d’une arrière boutique, des recoins sombres et malodorants, des produits délaissés qui tentent de survivre… C’est consternant mais très bien entretenu par les maisons classiques qui ne veulent pas lâcher l’os qu’elles rognent depuis des décennies. « Vous êtes publiés en numérique ? Bon, alors, c’est que ça ne vaut rien. »

 

Il semblerait donc que je ne sache pas écrire. Les médias que j’ai contactés ne répondent même pas. Pour eux, je ne suis pas un auteur digne de ce nom. Et puis de toute façon, pourquoi iraient-elles s’intéresser à un auteur inconnu ? Qu’est-ce que ça pourrait leur rapporter ? Et des romans à visées philosophiques en plus ! N’importe quoi…Le roman que je viens de lire par exemple ne les intéressera pas : « Une vision cauchemardesque de la société ? Non, mais vous n’allez pas bien, mon bon monsieur, c’est invendable ! »

 

La réussite, la voilà :

« Cinq nuances de Grey », meilleures ventes sur Fnac, Amazon et autres.

Résumé :

Romantique, libérateur et totalement addictif, ce roman vous obsédera, vous possédera et vous marquera à jamais.
 
Lorsqu’Anastasia Steele, étudiante en littérature, interviewe le richissime jeune chef d’entreprise Christian Grey, elle le trouve très séduisant mais profondément intimidant. Convaincue que leur rencontre a été désastreuse, elle tente de l’oublier, jusqu’à ce qu’il débarque dans le magasin où elle travaille et l’invite à un rendez-vous en tête-à-tête. 

Naïve et innocente, Ana ne se reconnait pas dans son désir pour cet homme. Quand il la prévient de garder ses distances, cela ne fait que raviver son trouble. 

Mais Grey est tourmenté par des démons intérieurs, et consumé par le besoin de tout contrôler. Lorsqu’ils entament une liaison passionnée, Ana découvre ses propres désirs, ainsi que les secrets obscurs que Grey tient à dissimuler aux regards indiscrets? 

 

Consternant…

 

Alors qu’en est-il pour ces quelques auteurs qui parviennent à entrer malgré tout dans des petites structures classiques, qui tiennent dans leurs mains leur ouvrage en papier. Et bien, ils les vendent à leur famille, à leurs amis, ils vont dans des salons et tentent d’intéresser une dizaine de lecteurs. Deux paramètres rédhibitoires : Personne ne les connaît et un roman-papier, ça coûte cher. Peu de gens sont prêts à payer quinze euros un auteur inconnu. Au moins, quand ils achètent du Lévy ou du Musso ou n’importe qui d’autre dont ils entendu parler à la télé, qui ont eu un article dans le Figaro ou autres boîtes soudoyées, ils sont rassurés…Ils entretiennent bien entendu l’abattoir littéraire, ils n’entendront jamais parler de tous les auteurs mort-nés. C’est de la cul-ture. Nabila sait se vendre, elle, et sa petite entreprise rapporte gros. Denisot qui l’invite au Grand Journal…On s’enfonce dans la fange…

Donc, il me reste à virer transsexuel, à me faire greffer deux lolos ou bien à enlever mes élèves, à éviscérer mon Inspecteur, enfin, à tenter par tous les moyens de passer dans la lucarne.

 

Revenons au numérique.

 

Le prix des romans est abordable comparé au livre papier mais soit les lecteurs ne sont pas prêts à franchir le pas technologique, soit ils ne connaissent pas l’auteur. Retour à la case départ.

Qui a acheté mon roman ces derniers jours ? Les gens qui ont lu mon blog ? Les gens qui me connaissent un peu ? (vu que je ne vois absolument personne, ça limite grandement…)

Je ne passe pas dans le Figaro magazine, Denisot n’a jamais entendu parler de moi, je ne gonflerai pas l’audimat. Fin de l’histoire.

Si je regarde sur Amazon, les livres numérisés existent déjà en papier. Dans ce sens-là, l’exploitation commerciale est possible et le transfert technologique intéresse les éditeurs. S’il ne s’agit que d’un roman numérisé, c’est comme s’il n’existait pas. Il faut rester lucide…

 

Y a-t-il une solution ?

Oui.

Elle passe par les lecteurs. C’est à eux de sortir des sentiers balisés, des tranchées dirais-je…C’est à eux d’entrer en résistance au lieu de collaborer aveuglément. Le même phénomène existe avec la télévision ou la musique.

Peut-on l’envisager, y a-t-il un espoir ?

 

Ou alors, si je ne sais pas écrire, qu’ils me le disent et qu’on en finisse. J'écrirai juste pour moi. J'aime bien ce que j'écris. C'est déjà pas mal. Il m'aura fallu vingt ans pour y parvenir. 

Les lecteurs ne comptent pas

Par Le 21/06/2013

C'est très symptomatique d'un mal profond.

Les médias décident de ce qui est bon ou pas, une nomenklatura "intellectuelle", le parisianisme dans toute sa "splendeur".

Et je sais de quoi je parle vu qu'un éditeur m'avait répondu que je savais écrire mais que j'avais un défaut rédhibitoire.  Je n'étais pas Parisien et je ne connaissais personne de connu.

Consternant.

Il ne reste plus qu'à vous, lecteurs et lectrices, de faire savoir ce que vous pensez et pas ce qu'on aimerait que vous pensiez.


Article
19 juin 2013

« On n’est pas couché » invite Agnès Martin-Lugand : que de mépris !

Agnès Martin-Lugand est maintenant plus célèbre pour son aventure littéraire que pour sa littérature : elle dépose son ouvrage sur le net en Décembre 2012, se retrouve trois mois plus tard en tête du hit parade du numérique d’Amazon avec plus de 8500 exemplaires vendus.

Elle est alors contactée par Michel Lafon qui décide de l’éditer, en respectant ses exigences. Les ventes démarrent. L’aventure est close et l’auteure est heureuse. Lui restera à prouver si elle est une vraie écrivain dans le temps ou tout du moins une écrivain honnête, ce qui est une autre histoire, la sienne. Mais on a envie de bien l’aimer quand à la question : quand devient on un auteur ?  Elle répond « quand on a un lecteur ». Car c’est la vraie question.

 

Ce conte moderne ou la fée bienfaitrice s’appelle internet, est symboliquement un signal fort sur la révolution de l’édition.  Il ne faut pas s’y tromper : le vrai débat est sur le dysfonctionnement des Maisons d’édition et leurs incapacités à révéler et surfer dignement (mais aussi commercialement) sur ce qui plait aux lecteurs. Il n’est pas question ici de parler de qualité (elles en sont capables). Mais nous le savons bien : elles sont toutes prêtes à plonger pour « Cinquante nuances de gris » ou pire si cela peut les sauver. Demain quel sera le vrai circuit pour se faire éditer quand on est inconnu (et qu’on a peut être du talent) ?

 

La télévision est sensée porter ces messages modernes et nous aider à comprendre l’aventure d’Agnès Martin-Lugand à travers son autopromotion accélérée sur les réseaux sociaux, nous faire comprendre en quoi elle est annonciatrice d’une nouvelle révolution de l’édition: le pouvoir est aussi à ceux qui lisent, pas seulement à ceux qui décident ce que l'on va lire. .

Agnès Martin-Lugand accède à la célébrité paradoxalement mieux que les journalistes qui l’interrogent et qui bénéficient eux de réseaux d’influence. Les temps changent.

 

Nous assistons à une descente en règle de notre écrivain à l’émission de Ruquier, expliquant que ce n’était pas du Proust (Marcel est donc le référent de ce que l’on doit sortir, c’est nouveau), que c’était un roman de gare (on ne peut donc plus lire dans les trains), qu’elle était psychologue et que c’était d’autant plus décevant (nos anciens métiers font de nous des bons ou mauvais écrivains). .. Et les journalistes de lire sur des tons grotesques la prose de notre invitée (Même Rimbaud n’y aurait pas résisté)…

 

Mais la palme de l’incompréhension revient à  Aymeric Caron qui déclare : « ...puisque le livre est mauvais, il n’a pas trouvé d’éditeurs ». Cela est grave, car (outre les milliers de livres édités de qualité désastreuses) cela témoigne de l’incompréhension de ce qui est entrain de se produire sur le marché du livre. Cette auteure a trouvé un éditeur malgré l’archaïsme des éditeurs (sauf un) par la seule magie de la rencontre d’un auteur et de ses lecteurs. Ces lecteurs ne se sont pas demandés s’ils lisaient du Proust, et s’ils avaient le droit de lire dans le train, et si l’auteure était une bonne psy. Cela signifie que pour une partie de la nomenklatura journalistique, le lecteur compte pour du beurre. Pas étonnant qu’on lise de moins en moins…

Christophe lucius

http://www.monbestseller.com/actualites-litt%C3%A9raire/1110-on-nest-pas-couche-invite-agnes-martin-lugand-que-de-mepris

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La mer gelée en nous...

Par Le 17/06/2013

Le 3 juin 1924 disparaissait à Prague Franz KAFKA, un des plus grands écrivains de langue allemande du XXème siècle.

"Nous avons besoin de livres qui agissent sur nous comme un malheur dont nous souffririons beaucoup, comme la mort de quelqu'un que nous aimerions plus que nous-mêmes, comme si nous étions proscrits, condamnés à vivre dans des forêts loin de tous les hommes, comme un suicide - un livre doit être la hache qui brise la mer gelée en nous."
(Lettre à Oskar Pollak, 27 janvier 1913)
Photo : Le 3 juin 1924 disparaissait à Prague Franz KAFKA, un des plus grands écrivains de langue allemande du XXème siècle.
 
"Nous avons besoin de livres qui agissent sur nous comme un malheur dont nous souffririons beaucoup, comme la mort de quelqu'un que nous aimerions plus que nous-mêmes, comme si nous étions proscrits, condamnés à vivre dans des forêts loin de tous les hommes, comme un suicide - un livre doit être la hache qui brise la mer gelée en nous."
(Lettre à Oskar Pollak, 27 janvier 1913)

La peur d'avoir peur.

Par Le 16/06/2013

La peur est juste un manque d'entraînement. 
C'est flagrant chez les enfants.
Si on les entraîne à observer en eux, non pas la peur mais celui qui a peur, les effets de cette peur ne sont plus paralysants mais euphorisants. Les adultes qui sont toujours dans des peurs invalidantes sont à mon sens des individus qui ont toujours fui la peur comme un ennemi ou à qui toutes situations engendrant des peurs ont été bannies. Finalement, ils ont atteint l'âge adulte en ayant peur d'avoir peur. Le mal est ancré.

La peur de la mort, la peur du vide, la peur de l'eau, la peur de ne pas être aimé...Je parle de peurs "irraisonnées" ou qui en tout cas n'ont aucune cause ancienne, aucun traumatisme profond...Celui qui a manqué de se noyer, on peut facilement comprendre par exemple. Mais le travail reste possible malgré tout. Je rencontre des enfants qui ont "des peurs sans source", par exemple, celle de plonger dans la piscine alors qu'ils savent nager ou de rater une évaluation alors qu'ils effectuent parfaitement les exercices préparatoires... De quoi ont-ils peur ? De l'inconnu souvent, de conséquences qu'ils imaginent, une pression qu'ils s'imposent, des errances intérieures. Leur imagination fait le reste. C'est là qu'il faut leur apprendre à observer en eux. Sinon, au fil du temps, les peurs se seront accumulées, elles auront tracé des sillons émotionnels, l'individu fera tout son possible pour ne jamais y retomber. Il aura peur de ses peurs. Un empoisonnement. Il n'en mourra pas mais il en souffrira et il finira par avoir peur de souffrir encore davantage...

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