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José Mujica

Par Le 03/02/2013

Pas démago 22/01/2013 à 18h03

José Mujica : voici les cinq qualités pour faire un Président de légende

Blandine Grosjean | Redchef adj Rue89


José Mujica, assis près de Barack Obama, lors du sixième Sommet des Amériques, à Carthagène des Indes (Colombie), le 14 avril 2012 (Fernando Vergara/AP/SIPA)

L’Uruguayen José Alberto Mujica, plus connu sous le nom de Pepe, serait le Président le plus pauvre du monde. Il commence aussi à être le plus populaire du même monde, si l’on se fie aux journalistes (par exemple celui du New York Times) qui l’adorent. Son histoire a fait la une de Courrier international, « la préférée des lecteurs en 2012 » (article payant, nous ne l’avons pas lu...).


La une de Courrier international, 29 novembre 2012 

Ses réformes – légalisation de la marijuana, mariage des personnes de même sexe, libéralisation des lois sur l’avortement et soutien aux énergies renouvelables – sont évidemment extraordinaires dans le contexte latino-américain, et français pour au moins deux des réformes.

Mais ce n’est pas ce qui fascine l’opinion internationale, et nous avec. Le président Mujica, 77 ans, ne passe pas ses vacances sur le yacht d’un bon ami, il n’a pas appris à se faire servir. Il parle mal à certains de ses concitoyens. Il tue le job de Président.

1

Humble : « sa vieille », sa petite maison et sa bâtarde Manuela

Quand il a été élu président de la République le 29 novembre 2009, il n’a pas souhaité déménager de la petite maison (son « rancho » comme on appelle en Uruguay les habitations pauvres), 45 m² dans une banlieue pauvre de Montevideo, où il vit depuis vingt ans avec sa femme et sa chienne Manuela, une bâtarde.

La maison ne lui appartient même pas, elle est à sa femme, Lucia, qu’il appelle affectueusement « mi vieja » (ma vieille).

Un journaliste du quotidien espagnol El Mundo raconte qu’il l’a vu se rendre dans une droguerie de quartier pour acheter un siège de WC, et qu’il a accepté sur-le-champ une invitation des jeunes du petit club de foot Huracan, et là-bas, ils ont eu une petite discussion autour... du siège de WC.

Il reverse 90% de son traitement (250 000 pesos, environ 9 000 euros) à différentes ONG, conduit lui-même sa vieille voiture, une Volkswagen, son seul bien, d’une valeur de 1 400 euros – même si actuellement il dispose du véhicule présidentiel, une Chevrolet Corsa.

Chaque fois qu’on lui pose la question, et c’est assez fréquent, voire inévitable, « êtes-vous pauvre ? » il répond :

« Mon style de vie n’a rien de révolutionnaire, je ne suis pas pauvre, je vis de manière austère. »

2

Franc du collier : « Ne faites pas les petits cons »

En septembre dernier, il est apparu à une importante conférence latino-américaine du Mercosur avec le nez cassé : il a expliqué qu’il s’était blessé en aidant un voisin à réparer sa maison détruite lors d’intempéries.

Ce jour-là, il avait envoyé un message de soutien à tous ceux dont les maisons avaient été endommagées par le déluge :

« Chaque fois qu’il a plu, il a bien fini par s’arrêter de pleuvoir. Idem pour le vent. »

Mais il a fini par se fâcher :

« Nous sommes un petit pays avec une majorité d’habitants qui a choisi de vivre sur la côte et qui attend qu’il fasse un peu de vent pour ne pas aller travailler. La fatigue, ce n’est pas notre problème. »

Il sait parler « vrai » aux jeunes délinquants. Là, c’était après l’assassinat d’un pizzaiolo de 34 ans, père de cinq enfants :

« Ne vous comportez pas comme des petits cons, des nains de merde. Vous allez finir comme des rats de prison, dans le meilleur des cas. »

Pepe Mujica s’adresse aux jeunes délinquants

(En espagnol)

3

Réaliste : « Nous sommes tous fous »

Pepe Mujica a appris à vivre à la dure dans les prisons qu’il a fréquentées sous la dictature, entre 1973 et 1985. Il était un des dirigeants de la guérilla Tupamaros et a été torturé tout au long de sa détention. Il a raconté dans de rares interviews que les nuits où on lui donnait un matelas, il était content.

Lors de la célébration du centenaire d’un hôpital psychiatrique, il a expliqué que, « des problèmes de psychiatrie, il n’y en pas qu’ici, ils sont aussi dehors... nous sommes tous fous ». L’assistance a ri de la plaisanterie. Alors il a continué :

« Il y a de ça des années, quand j’étais en prison, j’ai souffert d’une paranoïa persécutrice infernale. J’entendais des voix. Ils m’ont envoyé dans un hôpital psychiatrique. »

4

Philosophe : « La liberté, c’est passer le balai et avoir du temps »

Pepe Mujica n’a pas que des amis en son pays. Un ancien administrateur de la banque Republica, dit de lui que :

« Son style, c’est celui du café du commerce, celui de philosopher sans fin et de ne rien faire. »

Il aime s’exprimer, et parmi ses nombreux apartés philosophiques, j’ai choisi celui-ci, tiré d’un entretien à La Republica :

« Je veux avoir du temps pour les choses qui me motivent. [...] C’est ça la vraie liberté : la frugalité, consommer peu, avoir une petite maison qui me laisse du temps pour profiter de ce que j’aime vraiment.

Sinon, il faudrait que j’ai une domestique, et je devrais supporter une présence étrangère chez moi. Et si j’avais beaucoup de choses, il faudrait que j’en prenne soin pour qu’on ne me les volent pas. La vieille ou moi, on passe le balai, et voilà, il nous reste beaucoup de temps, c’est ça qui nous enthousiasme. »

5

Pas démago : travaillez moins, pour consommer moins

Ses discours internationaux tranchent, et réjouissent une partie de la population latino-américaine. Celui qu’il a donné lors du sommet Rio+20, en juin 2012, sans cravate – personne n’a jamais pu lui en faire porter –, est une sorte de manifeste personnel, qui a fait un flop dans son pays :

« Mes compagnons travailleurs ont lutté pour obtenir les huit heures de travail quotidien. Là, ils vont obtenir les six heures. Mais celui qui obtient les six heures prend un deuxième emploi, et donc il travaille bien plus qu’avant. Pourquoi ?

Parce qu’il doit payer un tas de dettes. La petite moto qu’il a achetée à crédit. La petite auto qu’il a achetée à crédit. Et rembourser ses dettes et encore les rembourser. Et quand il peut enfin profiter de tout ça, c’est un vieux plein de rhumatisme, comme moi, et sa vie est déjà derrière lui. »

Ses dernières vacances d’été (de Noël dans l’hémisphère Sud), il les a passées comme un petit retraité. Avec Olga, aux terrasses de cafés, sans garde du corps. La photo a fait le tour de Twitter.

Noam Chomsky : manipulation des masses

Par Le 02/02/2013

Les dix stratégies de manipulation de masse – Noam Chomsky

 

 

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1/ La stratégie de la distraction

Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

 

2) Créer des problèmes puis apporter des solutions

Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

 

3/ La stratégie de la dégradation.

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

On retrouve tout ça dans le fameux cahier n 13... (Je rappelle que le démantèlement de l'école publique et des services publics y sont clairement identifiés)

Cahier numéro 13 de l'OCDE

OCDE, c'est du long terme...

 

4/ La stratégie du différé.

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

 

5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge.

La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

 

6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion.

Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

 

7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise.

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

 

8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité.

Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

 

9/ Remplacer la révolte par la culpabilité.

Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…

 

10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

 

La passion qui délivre

Par Le 02/02/2013

 

Les passions, dans l'imaginaire collectif, sont souvent décriées et les gens passionnés considérés comme des "inconscients". Effectivement, il existe des passions dévorantes. La lucidité n'est pas de mise car le plaisir du "passionné" prend forme dans la puissance des émotions générées par la passion. Sa "passion" n'est qu'un prétexte à jouir des émotions et des effets associés. C'est la passion émotionnelle et il n'y a pas d'élévation dans ce processus mais un avilissement de la personne.

Spinoza proposait pourtant une démarche de reconnaissance de la passion et de son fonctionnement. L'homme est libre de ne pas céder aux passions. Il peut en jouir tout en observant le processus. La passion destructrice n'est donc pas une fatalité puisqu'elle implique un passage à l'acte et que dans l'acte, l'homme peut insérer sa volonté et son contrôle.

Les marins solitaires du Vendée Globe ou les alpinistes sont des gens passionnés et ils grandissent à chaque instant, non pas dans un abandon euphorisant et incontrôlé mais dans une exploitation de leur potentiel au coeur de cette passion. La passion devient dès lors un engrais.

Ou un poison.... Le crime passionnel. Le dictateur. Les financiers, les traders, les marchands d'armes. 

Passionnés par le pouvoir, par la puissance, par l'influence, par la domination. Intégralement soumis à leurs egos et aux conditionnements éducatifs et sociétaux.

Ceux-là sont morts intérieurement, ils n'existent plus, ils ne sont que des plantes grimpantes fixées sur un tuteur artificiel. Que le tuteur disparaisse et ils tomberont au sol.

 

C'est là qu'entre en jeu la notion de "juste milieu".

Le juste milieu.

 

Il y a un choix à faire. Sombrer ou s'élever. La passion est un abîme ou un chemin vers les cimes intérieures...

 

 

Passé, présent, futur

Par Le 01/02/2013

                                                                                                                                             Résultat de recherche d'images pour "triskell"

En Bretagne, il est dit parfois que le Triskell symbolise les trois dimensions temporelles et que le point de convergence représente l'instant.

 

Il y a trois temps de conjugaison. Mais ces trois temps n'existent pas de la même façon. Il faut être inscrit dans le présent pour pouvoir se projeter dans le passé ou dans le futur. Il y a la conscience présente des choses passées et la conscience présente d'un futur à venir. Si je reste ancré dans le passé et que je le ressasse, je ne suis plus dans le présent et je perds ma faculté à saisir la vie. Je me nourris de choses mortes ou elles pourrissent en moi. Si je me projette dans un espoir et que le futur me nourrit, je perds là encore l'opportunité d'être vivant. Je suis dans un cas comme dans l'autre un fantôme temporel qui n'a plus de matière mais qui erre dans les affres d'un mental tout puissant.

Cela ne signifie pas que cette psychologie temporelle n'a pas d'importance mais il convient d'en saisir la futilité et même le danger.

Le passé ne peut pas être un souvenir revécu et la prévision n'est pas une vie réelle. Ces deux entités psychologiques sont des ersatz éphémères et il ne tient qu'à moi de jouer avec sans qu'elles ne me dominent.

Le passé et le futur ne sont pas de purs néants mais ce ne sont pas non plus des existants. Ils ne sont que des extensions rendues possibles par la puissance trompeuse de mon mental. Cette puissance ne doit pas se retourner contre moi.

Bien entendu, mon passé est à la source de mon présent et le futur que j'envisage peut nourrir les forces présentes. L'équilibre à établir est un travail de longue haleine. L'observation interne se doit d'être constante. Ne jamais se perdre dans l'illusion. 

Même si le présent bascule sans cesse dans le passé, je dois faire en sorte que ce présent soit le plus efficient possible pour que le passé ne sombre pas dans le regret.

Même si le présent est une projection constante et immédiate vers le futur, je dois faire en sorte que ce présent soit le plus efficient possible pour que ce futur ne devienne pas une illusion.

La phrase que j'écris tombe immédiatement dans le passé et la phrase que je conçois n'est pas encore écrite. C'est l'intensité du présent qui parviendra à établir une justesse dans cette imbrication. Le présent représente donc un espace extrêmement bref, quasi inexistant au regard du temps. Mais c'est justement là que prend forme l'intensité. C'est parce que le présent est redoutablement furtif qu'il se doit d'être saisi à bras le corps, étreint, aimé, au risque de tomber dans un passé vorace ou un futur hallucinogène. C'est pour cela qu'il est juste et bon que le mot "présent", de par sa connotation temporelle, soit remplacé par le mot "instant". Lui seul existe.

 

Ubuntu

Par Le 31/01/2013

Un anthropologue a proposé un jeu aux enfants d'une tribu africaine. Il a mis un panier de fruits près d'un arbre et a dit aux enfants que le premier arrivé gagnait tous les fruits.

Au signal, tous les enfants se sont élancés en même temps ...... en se donnant la main !! Puis ils se sont assis ensemble pour profiter de leur récompense.

Lorsque l'anthropologue leur a demandé pourquoi ils avaient agi ainsi alors que l'un d'entre eux aurait pu avoir tous les fruits, ils ont répondu : "Ubuntu. Comment l'un d'entre nous peut il être heureux si tous les autres sont tristes ?"

UBUNTU dans la culture Xhosa signifie: "Je suis parce que Nous sommes"...

Une leçon

Par Le 31/01/2013

VOCABULAIRE

Travail sur les superlatifs avec mes élèves.

Consigne : Rangez du plus faible au plus fort les séries d'adjectifs

"maigre, mince, squelettique"

L'ensemble de la classe a rangé dans l'ordre suivant :

"squelettique, maigre, mince."

Je me suis demandé ce qui avait pu motiver cette réponse alors que POUR MOI, c'était exactement l'inverse.

Et bien il s'agissait de la logique des enfants et de l'imprécision de ma consigne.

Les enfants ont jugé que dans un état squelettique, la personne était plus faible que celui qui était maigre et plus encore que celui était mince. Celui-là était donc le plus fort...

Ils ont tenu compte de la personne.

Une grande leçon pour moi. Je les ai remerciés.

Ce qui est en nous.

Par Le 30/01/2013

JARWAL LE LUTIN, tome 4

 

Marine était allongée sur son lit. Elle avait laissé la fenêtre ouverte. Les yeux dans le vague, elle regardait passer les nuages. Elle revoyait le retour à la clairière, l’arrivée à l’orée de cet espace découvert, l’absurdité révélée de ce jeu des pierres. C’était fini, effacé, un rituel insignifiant. Elle réalisait à quel point cette journée avait marqué l’entrée dans un autre espace, une dimension bien plus haute mais il n’en restait malgré tout aucune honte, aucun déni. Ce jeu, comme tous les autres, avait fait partie de sa croissance, de son éveil. C’est d’avoir élaboré ces pratiques qui en avaient permis l’effacement. Rien n’était inutile.  

Elle revoyait aussi Rémi qui proposait à Tian un combat avec les bâtons. Il avait trouvé un morceau de hêtre bien droit, dur, facile à tenir. Tian avait accepté en limitant les touchers aux jambes. Interdiction de frapper plus haut.

Ils s’étaient salués, Rémi avait imité le rituel présenté par son adversaire. Les pointes des deux bâtons posées sur le sol puis une mise en garde. Rémi avait essayé par un balayage rapide de son bâton de toucher immédiatement la jambe gauche de Tian. Une parade sèche et parfaitement maîtrisée de son adversaire. Il n’avait même pas eu le temps d’esquisser un deuxième mouvement que le bâton de Tian tapait son genou. Il avait voulu recommencer en changeant de techniques d’attaque et avait connu la même désillusion. Tian était d’une dextérité stupéfiante, une vitesse et une précision inégalable. Sans aucune marque de satisfaction sur son visage. Juste de la concentration.

« Et bien, j’ai hâte que tu nous enseignes ce que tu sais Tian. Je suis très impressionné.

-Tu sais déjà tout ce dont tu as besoin Rémi. Mais tu ne sais pas le trouver. Je ne possède rien de plus que toi, ni que personne d’autre. J’ai juste appris à utiliser ce que je possédais sans le savoir. »

Elle avait été étonnée de cette réponse. Nous avions en nous ce que nous devions apprendre à connaître. Devenir ce que nous sommes alors que nous pensions être. C’était difficilement exprimable finalement. Comment aller vers un but quand il n’est même pas mesurable, quantifiable, identifiable, répertorié ? La vie ne proposait rien à priori, il n’y avait rien d’établi mais tout à saisir. Tout ce qui était nécessaire à cette exploration était déjà en nous. Sans que nous ne possédions de mode d’emploi. C’était effrayant d’imaginer que nous puissions passer à côté de nous. Cette impression de vivre à l’intérieur d’un trésor et de ne pas parvenir à soulever le couvercle. Etre soi-même le butin et ne pas pouvoir en user. Comme une condamnation qu’on s’imposait par manque de discernement ou de volonté. L’humanité n’était peut-être qu’une ébauche, une tentative avortée. Nous n’avions pas encore accouché de nous-mêmes.

Elle s’obligea à bouger sur le lit comme si cette douleur dans son ventre pouvait s’apaiser, comme si ce simple mouvement maîtrisé pouvait combler l’insignifiance révélée.

Un tourbillon de pensées en elle.   

Recherche.

Par Le 30/01/2013

Le site IPAGINATION recherche une personne compétente dans le domaine de l'édition de livres e-book et version papier. Poste bénévole, rénuméré par la passion !!

"Nous recherchons une personne qui connaisse ce qui est caractéristique de l'édition (typographie, règles d'imprimerie...) avec la maîtrise d'In-Design un logiciel Adobe pour la fabrication des e-books... puis des versions papier

Nous sommes sur un lancement par trimestre et cette compétence est importante dans le dispositif de lancement avec respect des délais...

"Maîtriser" In-Design c'est non seulement connaître le logiciel (c'est une sorte de word amélioré) mais c'est surtout comprendre les paramètres utilisés par les éditeurs / imprimeurs... il y a un vocabulaire technique... le réglage des blancs par exemple pour éviter qu'il y ait des espaces trop grands, les césures qui se passent plus ou moins bien... le respect des règles quand il y a des dialogues, des renvois... ... Celui qui "fabrique" le bouquin doit les connaître et les maîtriser car il doit parler "pro" avec l'imprimeur..."

Vous pouvez répondre ici si vous êtes intéressés. Je transmettrai. Ou alors prendre contact avec le site http://www.ipagination.com/com/Accueil?rmenu=0

Merci.

"Cher Monsieur Peillon"

Par Le 30/01/2013


Cher Monsieur Peillon,

L’illettrisme ? C’est ma faute. Ma méthode de lecture était sans doute trop globale. J’assume
Le décrochage scolaire ? C’est ma faute. Je ne suis pas capable d’intéresser mes élèves et rendre l’école attrayante. J’assume.
La délinquance juvénile ? C’est ma faute. Je n’insiste pas suffisamment sur l’Instruction civique et morale.
J’assume.
L’obésité ? C’est ma faute. A cause du biscuit à la récré. J’assume.
Les caries ? C’est ma faute. Je devrais fournir le matériel nécessaire à mes élèves afin qu’ils puissent se brosser les dents sur le temps de classe. J’assume.
Théo a 12 ans et porte encore des baskets à scratch ? C’est ma faute. J’aurais dû lui apprendre à faire ses lacets. J’assume.
Arthur s’est fait renverser par une voiture ? C’est ma faute. Je ne lui ai pas fait passer son permis piéton.J’assume.
Zoé ne connait ni ses tables de multiplication, ni sa poésie, ni Jules César, ni Vercingétorix, ni les départements français, ni…. Encore ma faute. J’aurais dû lui faire apprendre ses leçons pendant qu’elle se brossait les dents d’une main et nouait ses lacets de l’autre, avant de traverser la rue en courant pour éliminer les calories du biscuit que je l’avais forcée à ingurgiter à 10 heures ! Bref, j’assume tout.
Même la crise économique. Il faut bien avouer que l’Etat me paie grassement pour finir mes journées à 16 h 30 et passer le plus clair de mon temps en vacances…
Et j’allais oublier la sécurité de l’emploi…

Alors vous avez raison, Monsieur le Ministre. Il est grand temps de réformer tout ça. Le changement, c’est maintenant !
Vous avez enfin dévoilé votre plan pour une grande Refondation de l’École. Grandiose ! Magnifique ! Courageux ! Audacieux !
Mes collègues et moi-même sommes enfin investis d’une véritable mission d’intérêt général : supporter et soulager tous les maux de notre société. Alors, méprisez-nous, insultez-nous, frappez-nous, instrumentalisez les familles au nom du bien être et de l’avenir de leurs enfants…
C’est tout ce que nous méritons ! En plus, une fédération de parents d’élèves se gausse et certains de nos syndicats applaudissent. Franchement, vous auriez tort de vous en priver.
Toutefois, bien qu’irresponsable, paresseuse, incompétente et quelque peu limitée intellectuellement comparée aux cols blancs de la rue de Grenelle, j’ose vous dire, Monsieur le Ministre, que votre projet est une hérésie voire même une involution.

Bon nombre d’enseignants ne veulent pas de votre semaine de 4 jours et demi. Quel salarié accepterait de travailler plus pour gagner moins ? Le précédent gouvernement en a rêvé, vous l’avez fait !

Vous brandissez l’étendard des rythmes de l’enfant. Il est en effet d’une logique implacable qu’ils seront moins fatigués en travaillant une demi-journée supplémentaire. Vous êtes le Ministre de l’Éducation nationale et vous ne vous adressez qu’aux enseignants. Pourquoi n’expliqueriez-vous pas à moult parents qu’il est déraisonnable de coucher son enfant à 23h ?...

La journée d’école écourtée, bonne idée ! Expliquez à nos concitoyens que leurs impôts vont financer l’accueil périscolaire (par ailleurs totalement inégalitaire sur le territoire) et que leurs frais de garde vont augmenter. Je suis sûre qu’ils apprécieront! Les maires qui doivent supporter le coût de votre réforme aussi !

Savez-vous que le mercredi est une journée de coupure nécessaire à la santé mentale des enseignants qui gèrent une trentaine d’enfants chaque jour ?! Ignorez-vous que nous consacrons déjà la majeure partie de notre mercredi à l’école (formation, corrections, préparations…) ? Savez-vous que beaucoup de parents apprécient de travailler à 80 % pour passer le mercredi avec leurs enfants ? Ah oui ! Suis-je bête ! C’est vrai qu’ils sont mieux à l’école que chez eux …

Pensez-vous sérieusement qu’en supprimant les devoirs vous lutterez contre les inégalités sociales ? Venez dans nos classes et montrez-nous comment faire apprendre une leçon à 30 élèves en même temps ! Les parents investis continueront le suivi de leur enfant à la maison. Pour les autres, vous cautionnez leur manque d’intérêt pour l’école et les encouragez à se déresponsabiliser encore un peu plus. Les enseignants ne sont pas omnipotents et ne pourront jamais se substituer aux familles ! Leur faire croire le contraire est un mensonge éhonté et dangereux ! Dans notre métier, le temps consacré à l’éducation tend déjà à prendre le pas sur celui consacré à l’instruction (tant pis pour l’orthographe, Vercingétorix et Jules César !). Il est donc grand temps de redéfinir les missions de chacun !

Après les MDPH, les PPRE, les PPMS, les DUERP nouvelle révolution : vous tentez de nous enfumer avec les PET ! Jamais un sigle n’aura aussi bien porté son nom !

Et les enfants dans tout ça ? On continue de les asphyxier sous le poids de programmes surchargés et inadaptés. A quand un vrai retour aux fondamentaux ? On continue de les accabler sous le poids d’évaluations toujours plus normatives et dévorantes. Quand va-t-on leur rendre le temps d’apprendre ? On continue le bricolage avec les élèves en difficulté. Quid des RASED dans votre réforme. A quand une véritable égalité sur le territoire des prises en charge en orthophonie, psychomotricité, psychothérapie…. ? (Jusqu’à un an d’attente dans le Cher !) On continue d’intégrer les enfants handicapés dans des classes surchargées avec, dans le meilleur des cas, la présence d’AVS sous-payés, plein de bonne volonté mais pas formés ! La négligence confine parfois à la maltraitance ! Et les collégiens qui décrochent ? On continue de briser des talents sous prétexte qu’on a raté sa vie si on ne finit pas col blanc ? Pas de manuels, pas de pâtissiers, pas de boulangers, pas de plombiers... Au nom de l’égalité, tous bacheliers ! Et tant pis pour ceux qui craquent avant : ils ne pourront plus être orientés à temps !
Je pourrais continuer ainsi bien longtemps.
Vous l’aurez compris, Monsieur le Ministre, il va falloir réviser votre copie !
Les enseignants ne sont pas hostiles à toute réforme. Au contraire, nous voulons redresser notre école.

La refondation doit se faire avec nous. Nous sommes les premiers acteurs du système éducatif. Qui peut prétendre mieux le connaître que nous ? Nous débordons d’idées, de suggestions alors écoutez-nous !
Je n’appartiens plus à aucun syndicat, je ne suis membre d’aucun parti politique, mes propos ne feront sans doute pas l’unanimité, c’est pourquoi je vous invite à consulter les blogs sur le sujet. Vous constaterez alors qu’il y a au moins deux points sur lesquels nous sommes tous d’accord : votre projet en l’état actuel des choses est inacceptable (aussi bien pour les élèves que leurs enseignants) et nous ne nous laisserons pas déplumer !

J’appelle maintenant les deux premiers syndicats enseignants de France à ne plus rester sourds aux glouglous de leur base.
J’appelle tous les enseignants dépités, découragés, résignés à rester en colère.
J’appelle tous les parents qui veulent pour leurs enfants une école publique, républicaine et laïque digne de ce nom à nous rejoindre.
J’appelle tous les maires de France qui refusent d’assumer le poids de cette réforme à faire entendre leur voix.

J’appelle tous ceux qui se considèrent comme les dindons de cette farce à la mobilisation !

Soyons la nouvelle grippe aviaire de cet hiver !

Zaz Malaussène du 18
NB : Mes propos n’engagent que moi et en aucun cas la responsabilité du collectif des dindons.

Le dictateur

Par Le 30/01/2013

Charlie Chaplin : discours final du film "Le Dictateur" (1938)


Schulz :
- Parle, c'est notre seul espoir.
Le barbier :
- Espoir... Je suis désolé, mais je ne veux pas être empereur, ce n'est pas mon affaire. Je ne veux ni conquérir, ni diriger personne. Je voudrais aider tout le monde dans la mesure du possible, juifs, chrétiens, païens, blancs et noirs. Nous voudrions tous nous aider si nous le pouvions, les êtres humains sont ainsi faits. Nous voulons donner le bonheur à notre prochain, pas lui donner le malheur. Nous ne voulons pas haïr ni humilier personne. Chacun de nous a sa place et notre terre est bien assez riche, elle peut nourrir tous les êtres humains. Nous pouvons tous avoir une vie belle et libre mais nous l'avons oublié.
L'envie a empoisonné l'esprit des hommes, a barricadé le monde avec la haine, nous a fait sombrer dans la misère et les effusions de sang. Nous avons développé la vitesse pour nous enfermer en nous-mêmes. Les machines qui nous apportent l'abondance nous laissent dans l'insatisfaction. Notre savoir nous a fait devenir cyniques. Nous sommes inhumains à force d'intelligence, nous pensons beaucoup trop et nous ne ressentons pas assez. Nous sommes trop mécanisés et nous manquons d'humanité. Nous sommes trop cultivés et nous manquons de tendresse et de gentillesse. Sans ces qualités humaines, la vie n'est plus que violence et tout est perdu. Les avions, la radio nous ont rapprochés les uns des autres, ces inventions ne trouveront leur vrai sens que dans la bonté de l'être humain, que dans la fraternité, l'amitié et l'unité de tous les hommes.
En ce moment même, ma voix atteint des millions de gens à travers le monde, des millions d'hommes, de femmes, d'enfants désespérés, victimes d'un système qui torture les faibles et emprisonne des innocents.

Je dis à tous ceux qui m'entendent : Ne désespérez pas ! Le malheur qui est sur nous n'est que le produit éphémère de l'habilité, de l'amertume de ceux qui ont peur des progrès qu'accomplit l'Humanité. Mais la haine finira par disparaître et les dictateurs mourront, et le pouvoir qu'ils avaient pris aux peuples va retourner aux peuples. Et tant que des hommes mourront pour elle, la liberté ne pourra pas périr.
Soldats, ne vous donnez pas à ces brutes, à une minorité qui vous méprise et qui fait de vous des esclaves, enrégimente toute votre vie et qui vous dit tout ce qu'il faut faire et ce qu'il faut penser, qui vous dirige, vous manœuvre, se sert de vous comme chair à canons et qui vous traite comme du bétail.
Ne donnez pas votre vie à ces êtres inhumains, ces hommes-machines avec une machine à la place de la tête et une machine dans le cœur.
Vous n'êtes pas des machines !
Vous n'êtes pas des esclaves !
Vous êtes des hommes, des hommes avec tout l'amour du monde dans le cœur.
Vous n'avez pas de haine, sinon pour ce qui est inhumain, ce qui n'est pas fait d'amour.
Soldats ne vous battez pas pour l'esclavage mais pour la liberté.
Il est écrit dans l'Evangile selon Saint Luc "Le Royaume de Dieu est dans l'être humain", pas dans un seul humain ni dans un groupe humain, mais dans tous les humains, mais en vous, en vous le peuple qui avez le pouvoir : le pouvoir de créer les machines, le pouvoir de créer le bonheur. Vous, le peuple, vous avez le pouvoir : le pouvoir de rendre la vie belle et libre, le pouvoir de faire de cette vie une merveilleuse aventure.

Alors au nom même de la Démocratie, utilisons ce pouvoir. Il faut tous nous unir, il faut tous nous battre pour un monde nouveau, un monde humain qui donnera à chacun l'occasion de travailler, qui apportera un avenir à la jeunesse et à la vieillesse la sécurité.
Ces brutes vous ont promis toutes ces choses pour que vous leur donniez le pouvoir : ils mentaient. Ils n'ont pas tenu leurs merveilleuses promesses : jamais ils ne le feront. Les dictateurs s'affranchissent en prenant le pouvoir mais ils font un esclave du peuple.
Alors, il faut nous battre pour accomplir toutes leurs promesses. Il faut nous battre pour libérer le monde, pour renverser les frontières et les barrières raciales, pour en finir avec l'avidité, avec la haine et l'intolérance. Il faut nous battre pour construire un monde de raison, un monde où la science et le progrès mèneront tous les hommes vers le bonheur. Soldats, au nom de la Démocratie, unissons-nous tous !

Hannah, est-ce que tu m'entends ? Où que tu sois, lève les yeux ! Lève les yeux, Hannah ! Les nuages se dissipent ! Le soleil perce ! Nous émergeons des ténèbres pour trouver la lumière ! Nous pénétrons dans un monde nouveau, un monde meilleur, où les hommes domineront leur cupidité, leur haine et leur brutalité. Lève les yeux, Hannah ! L'âme de l'homme a reçu des ailes et enfin elle commence à voler. Elle vole vers l'arc-en-ciel, vers la lumière de l'espoir. Lève les yeux, Hannah ! Lève les yeux !

 

L'impureté de l'oisiveté

Par Le 29/01/2013

Depuis mon opération chirugicale en novembre et l'hémorragie interne qui a suivi, j'ai du mal à reprendre une activité physique aussi intense que d'habitude et je sens une certaine "lassitude", comme un ennui profond, une absence d'euphorie et de bonheur.

Henri David Thoreau en a une explication très claire.


"Je ne me sens jamais inspiré que mon corps ne le soit aussi. Lui aussi repousse une vie médiocre et terne. Ils se trompent fatalement ceux qui pensent qu'ils peuvent exercer leur esprit et laisser croupir leur corps dans la volupté et la fainéantise. Le corps est le premier disciple de l'âme. Notre vie n'est que l'âme manifestée par son fruit, le corps. Tout le devoir de l'homme peut tenir en une phrase : fais toi un corps parfait.

Une personne impure est une personne universellement indolente, quelqu'un qui reste assis près d'un poêle, que le soleil éclaire sur sa couche, quis e repose sans être fatigué. Si vous voulez éviter l'impureté et tous les péchés, travaillez avec sérieux, quand bien même ce serait au nettoyage d'une écurie.

L'impur ne peut rester ni debout, ni assis avec pureté. "

Thoreau


Je le vois chaque matin avec les enfants de la classe. Deux fois par semaine, je dispose du gymnase de 8h30 à 10H. On court, on joue, on saute, on rit, on se dépense sans compter. le retour en classe prolonge ce bonheur dans le travail intellectuel. Les enfants sont très actifs, appliqués, attentifs. Il n'y a aucune excitation mais une concentration parfaite. La pureté du corps en action s'est transmise à l'esprit.


J'aime beaucoup aussi cette réflexion de Gilles Farcet

"L'impureté d'un acte, qu'il s'agisse de manger, de se lever, de parler, réside dans le fait qu'il est accompli mécaniquement et non pas consciemment, par habitude et inertie, plutôt que par choix actif et délibéré en fonction de la situation présente. "


Il me semble évident aujourd'hui que ce travail sur le corps représente un apprentissage de toutes les formes d'attention, que les enfants y sont très réceptifs et qu'il y apprennent bien plus que dans les activités intellectuelles lorsqu'elles ne sont pas nourries par la connaissance de soi à travers l'activité physique.

De la même façon, j'ai lancé l'activité  d'assemblage de maquettes, des paquebots pré-découpés dans du carton qu'il faut assembler et coller avec une lecture attentive et ordonnée d'un plan de montage. Cette manipulation fine de pièces parfois très petites plonge les enfants dans une attention très profonde. Vingt-neuf enfants qui travaillent à leur place à monter, pièce par pièce, un objet, dans un silence de cathédrale...

Il faut pouvoir imaginer l'apprentissage des mathématiques par le corps...

Mesurer le périmètre du gymnase en allant le mesurer avec des pas, fractionner un gâteau d'anniversaire avant de le manger, diviser les cinquante ballons pour cinq groupes de joueurs...

Il faut imaginer tous les apprentissages à travers l'expérience du corps.

La semaine prochaine, je les emmène au ski.

Au printemps, nous irons marcher sur les chemins moyennâgeux de la vallée, observer les murets qui retenaient les charettes dans les dévers, visiter la maison des Réisistants, observer les paysages et lire la végétation sur l'adret ou l'ubac, suivre une sente de chevreuils, je leur lirai un livre de Jack London au fond des bois...

L'école ne devrait jamais rester enfermée et les enfants ne devraient jamais passer six heures assis. Ils ne sont pas là pour apprendre à vieillir.

L'insurgé des deux mondes

Par Le 26/01/2013

J'ai lu le premier roman de Max, "La route des frères Patison" et j'en avais été transporté. Une histoire qui prend aux tripes dans le Grand Ouest américain.

Max Mercier

Sur la route des frères Patison (nouvelle édition)

"Le Boeing pique légèrement du nez.

Derrière le minuscule rideau roulé en boule, la déferlante orangée des plateaux du Colorado explose sous un halo de lumière. Persuadé de venir voir uniquement mon carré d'ouest lointain, je ne sais pas encore qu'il va me falloir comprendre tout le reste..."

Durant tout un mois de bonheur, Didier Tonfale est bien décidé à s'enivrer de Far West, à engranger des paysages de cinéma jusqu'à l'overdose. Seulement, à peine a-t-il posé le pied sur le sol américain, qu'un vieil homme, avant de mourir, lui remet une lettre destinée aux frères Patison... C'est à cet instant que le véritable voyage de notre héros commence...

Des chercheurs d'uranium aux indiens Navajo, l'auteur nous invite à parcourir l'Ouest américain, les grands espaces, le désert, le Colorado.

La chaleur insoutenable, la poussière brûlante, la violence, la rudesse des personnages donnent à ce premier roman le goût de l'aventure, restituant les décors des plus grands westerns hollywoodiens.

À pied et en auto-stop d'abord, à vélo longtemps, puis en voiture de temps en temps, Max Mercier est un infatigable globe-trotter. De ses voyages, il nous rapporte des mots, des sons, des couleurs, pour toujours goûter l'instant présent et la vie dans tous ses états.

Sélectionné pour le prix du livre du Lion's Club 2012 !

Il ne me reste plus qu'à lire ce second roman.

Aux éditions ATRIA



http://www.editionsatria.com/a-paraitre/item/l-insurge-des-deux-mondes.html?category_id=89



L'insurgé des deux mondes

Max Mercier

L'insurgé des deux mondes

1728, en Corse. Si Lisandru Gafesi, apprenti négociant installé à Bastia, n'a que vingt-trois ans, il ne supporte plus les souffrances qui taraudent son île opprimée par la République de Gênes. Depuis les murs du village, ses proches le somment de venger sa sœur assassinée. A l'instant où le jeune commerçant fait le serment de ne jamais brandir le poignard, une amitié de passage lui ouvre les portes de la Louisiane : accompagné par quatre aventuriers de son âge, il s'embarque pour le pays des Indiens Natchez, où le ciel resplendit d'enthousiasme, de liberté, de paix pour toujours. Mais il lui faudra rapidement apprendre à compter avec les retournements de l'inconnu. Affronter la folie des hommes. Puis les appels sans fin des châtaigniers de son enfance...

L'insurgé des deux mondes explore une époque percluse de traditions et d'immobilismes, promise en retour aux plus beaux espoirs, à toutes les audaces. Entre la Nouvelle France balbutiante et la Corse au bord de la révolution, le héros expérimente tour à tour la haine, l'amour, la puissance des éléments, l'attachement au sol natal, répandant avant l'heure l'enivrant parfum des Lumières au long des chemins qu'il arpente en tous sens.

L'insurgé des deux mondes
Prélude :

A travers les aventures extraordinaires de ses personnages, Max Mercier nous entraîne vers une période de l'histoire et des lieux rarement mis en avant dans la littérature contemporaine : le premier tiers du XVIIIe siècle, la Corse prérévolutionnaire et la Louisiane des origines. Les sociétés de l'époque, tant dans l'Europe des Princes que sur les terres coloniales du Nouveau Monde, sont encore muselées par les réflexes millénaires, les traditions familiales, les intransigeances de la religion. L'auteur nous montre comment les villages corses et les territoires Indiens n'échappent pas à cette règle universelle, alors que les esprits commencent à s'en affranchir pour explorer d'autres voies d'existence, guidés par les lumières de la paix, de la liberté, par la recherche du bonheur.

Sur cette toile de fond romanesque, Max Mercier sonde l'intimité des hommes. Le thème de l'attachement est abordé sous tous les angles : comment et pourquoi sommes-nous liés, profondément, à un être aimé, à un lieu qui nous est cher, à des valeurs que nous défendons sans limites ?... L'Insurgé des deux mondes met en perspective le rôle joué, dans ce cadre, par la distance et par le temps : ailleurs vaut-il mieux que demain ?... Souvent, nous suggère l'auteur, l'un et l'autre se marient pour brouiller les pistes, d'autant plus que les apparences, depuis l'aube de l'humanité, s'avèrent tellement trompeuses...


Le plaisir

Par Le 26/01/2013

"François Gabart travaille beaucoup sans s'en rendre compte, et il adore ce qu'il fait, ce qui lui permet de le faire avec enthousiasme. C'est comme ça qu'on avance, en restant positif", explique Michel Desjoyeaux.


 

Le jour où l'éducation nationale et les enseignants comprendront que le plaisir est la source même de tous les apprentissages, on aura une chance de lutter efficacement contre le décrochage scolaire.

Et j'entends déjà les pisse-froid hurler que la notion de travail engage la capacité de l'enfant à passer outre son plaisir. Il faut donc juste lui apprendre à aller bosser la mort dans l'âme comme l'ont fait leurs parents et comme le font des milliers d'enseignants ? Magnifique, quel beau projet !!

 

Et quand est-ce que cette société mourante va se décider à crever qu'on passe à autre chose...C'est long...


Citations

Par Le 25/01/2013

Les derniers textes sur lesquels nous avons discuté avec les enfants, comme tous les matins.


"La vraie grandeur consiste à être maître de soi-même."

Daniel Defoe


"Nul ne sait ce qu'il peut faire avant d'avoir essayé. "

Publilius Syrus


"Soyez votre propre lampe, votre île, votre refuge. Ne voyez pas de refuge hors de vous-même. "

Bouddha


"Ne fais jamais rien contre ta conscience même si l'Etat te le demande. "

Albert Einstein


Vis comme si tu devais mourir demain. Apprends comme si tu devais vivre toujours. "

Gandhi


"Toute l'intelligence du monde est impuissante contre une idiotie à la mode. "

Albert Einstein


"Ne doutez jamais qu'un petit groupe d'individus conscients et engagés puisse changer le monde car, historiquement, c'est toujours de cette façon que le changement s'est produit. "

Margaret Mead


"Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal mais par ceux qui les regardent faire."

Albert Einstein


"Nous devons être le changement que nous voulons voir dans le monde. "

Gandhi


"La personne non éveillée vit dans son monde, la personne éveillée vit dans le monde. "

Andrew Cohen


"Le mental vit dans un cercle vicieux. Il crée lui-même les problèmes et essaie ensuite de les résoudre. "

Swami Prajnanpad


Soutien à Florence JARRIER

Par Le 24/01/2013

UN CAS PARMI TANT D AUTRES...

Tous aussi révoltants.

LES DESSOUS SALES DE LA POLITIQUE;

Résumé de l'affaire au 8 janvier 2013

Détournements, gaspillage
et méthodes staliniennes


I - Les faits au ministère

Fonctionnaire civile au ministère de la défense, j'ai refusé de participer à des détournements (voir exemple) et j'ai géré avec rigueur un bureau de marchés (voir document). La hiérarchie a trouvé mon honnêteté et mon efficacité gênantes : pour tout remerciement, le ministère m'a mise d'office 26 mois en arrêt de maladie pour raisons psychiatriques et m'a licenciée à 56 ans sans droit à indemnités de chômage ni retraite. J'élevais seule mes enfants. Des pressions ont été exercées sur mon fils mineur élève à l'Ecole des Pupilles de l'Air par l'assistante sociale agissant pour le compte du service du personnel qui voulait ainsi se soustraire aux directives positives du Directeur de cabinet.


J'ai établi un recours devant les tribunaux administratifs et j'ai aussi porté plainte pour faux, usage de faux, discrimination et harcèlement.
En effet, Aucun psychiatre ne m'a estimée malade mentale (voir expertise). Dans son analyse le propre psychiatre du ministère a écrit que je n'étais "en aucun agressive ni vindicative", que j'avais "un intellectuel supérieur d'un excellent niveau" et "une importante dévotion pour le travail". Il a aussi noté : "Elle ne demande qu'une chose, c'est d'être réintégrée dans des fonctions non humiliantes pour elle". Le médecin du travail ayant demandé ma mise d'office en arrêt de maladie pour raisons psychiatriques ne m'a ni convoquée ni vue. Son rapport et ses certificats ne m'ont pas été transmis en dépit de demandes. La décision du comité médical du 1er août 2000 me plaçant en arrêt de maladie pour 11 mois est rétroactive sur 8 mois et ne m'a jamais été communiquée, mais elle est visée dans un arrêté.
Par ailleurs, mon dossier administratif et l'expertise du propre spécialiste du ministère témoignent de mon importante dévotion pour le travail. Je n'ai pas été licenciée pour faute. Dans son arrêté de licenciement, le directeur du personnel vise des mises en demeure discriminatoires et un avis favorable d'une commission administrative paritaire non existant. Le haut fonctionnaire s'est arrogé le droit de statuer sur des questions médicales en lieu et place de médecins. Sa propre correspondance atteste des problèmes médicaux soulevés. Enfin, il a présenté un dossier bien éloigné de la réalité et le dénaturant complètement (faux dossier). Aucun des représentants du personnel n'a participé à cette mesure.



II - Justice et pouvoir

Lors du référé me concernant, les écritures du ministère ont été prises sans délégation de signature le 7 mai 2002 (absence de ministre, changement de gouvernement) ; il a été plaidé également sans délégation de signature. Madame Alliot-Marie lors de sa prise de fonction avait donc toute latitude pour annuler les dispositions mises en oeuvre. Mais bien au contraire, le directeur de cabinet et la ministre ont signé les lettres des 4 décembre 2002 (voir) et 3 juillet 2003 (voir) transmises au tribunal administratif qui m'a déboutée. Ces documents, en effet, montrent l'accord de Madame Alliot-Marie et de son plus proche collaborateur avec les mesures, couvrent l'affaire et désinforment. La ministre, tout en précisant que le dossier était pendant devant le tribunal, a éprouvé le besoin de se prononcer sur la question dans une lettre de deux pages. Elle n'a pas réfléchi à l'absence de cohérence de l'affaire. Pourtant, le député auquel elle répondait, transmettait des éléments pour éviter sa méprise. Elle n'a pas prêté plus d'attention à cette signature qu'à celle d'une carte de voeux, confondant ainsi ceux qui sont vigilant à l'égard des deniers de l'Etat et ceux qui se servent dans ses caisses. Le licenciement d'un fonctionnaire en France est exceptionnel. La volonté de ne pas me permettre de faire valoir mes droits devant les tribunaux est à l'origine de ces deux lettres.


Plutôt que de laisser l'instruction au pénal suivre un cours normal, le pouvoir est intervenu et a utilisé les documents en question. Le directeur de cabinet a pris le soin de m'écrire, en répondant à un document non signé, afin de contrecarrer les directives positives de l'un de ses prédécesseurs que je portais à la connaissance du Procureur de la République. Ainsi aussi aucune des pièces que m'a montrées le juge d'instruction n'avait été déposée par la partie adverse, mais elles provenaient toutes du ministère. La directrice des Affaires juridiques, nommée par Madame Alliot-Marie précisément quand mon affaire est arrivée au correctionnel, récuse mon action devant cette juridiction en impliquant le directeur de cabinet du Premier ministre (voir lettre du 23 mars 2004). Monsieur Sarkozy, alors ministre de l'Economie et des Finances, a été suffisamment positif, sous l'impulsion de Cecilia, pour transmettre en 2004 à Monsieur Jacques Chirac Président de la République, ma lettre dénonçant les interventions du gouvernement au pénal dans les affaires individuelles (voir lettre).


Pour donner raison à la lettre de Madame Alliot-Marie, le ministère a alors essayé à nouveau de me faire passer pour malade mentale, et cette fois-ci en voulant m'interner d'office, grâce à des convocations anonymes auprès d'un hôpital psychiatrique et grâce à l'intervention de la police en vue d'un arrêté préfectoral (voir documents). Tel fut le dialogue mis en oeuvre par l'équipe au pouvoir. Des repérages ont eu lieu dans mon immeuble pour introduire une équipe médicale désinformée. Cependant les expertises que j'ai fait effectuer par des psychiatres assermentés auprès des tribunaux, (voir document) après avoir dû quitter rapidement mon domicile, ont déjoué cette manœuvre.


Par ordonnance du 10 mars 2005 (rejet), la Cour administrative d'appel s'est défaussée d'une affaire encombrante sous un prétexte fallacieux de délais (voir documents). Devant le tribunal administratif, la lettre de MAM n'avait pas été soumise au contradictoire et je n'en avais pas eu connaissance. Je n'avais donc pas pu rétorquer. En appel, j'ai versé des pièces la réfutant. Ainsi, suite aux injonctions à conclure de la Cour administrative d'appel, le ministère n'a pas trouvé d'arguments à m'opposer comme le montre le suivi informatique de l'affaire. Ainsi, après avoir jugé ma requête recevable pendant 17 mois, l'instance citée a préféré ne pas se prononcer sur le fond. Mes avocats m'ont dit : cette affaire n'est pas très honnête, il y a falsification de pièces par le ministère et le tribunal.


Monsieur Sarkozy, Premier magistrat de France et Président de la République, a privé le Conseil d'Etat de toute réouverture possible de mon dossier au pénal en prolongeant dans ses fonctions ou en faisant la promotion de l'équipe en question : Michèle Alliot-Marie et sa directrice des Affaires juridiques. Celles-ci cautionnées se sont servies de lui. Ainsi, le Conseil d'Etat (27 novembre 2007) reconnaît que la Cour administrative d'appel s'est trompée, elle aurait dû examiner ma requête. Mais il statue également dans le même arrêt sur le fond, sans ouverture des débats, et par mesure d'exception. MAM était alors ministre de l'Intérieur. Celle-ci alléguait déjà la question sécuritaire en 2004. Pour donner raison au ministre, l'aspect pénal de l'affaire est écarté et le jugement est discriminatoire. La réglementation en vigueur ne m'est pas appliquée. Aucun rapport, médical ou non médical ne justifie ma mise d'office en arrêt de maladie pour raisons psychiatriques. Le Conseil d'Etat fait abstraction de l'aspect positif des analyses des psychiatres du ministère, des certificats médicaux ou expertises produits et notamment de l'expertise d'un psychiatre compétent en cassation attestant de mon parfait état mental (voir expertise) (voir document). Aucun tribunal n'a jugé bon d'ordonner une expertise psychiatrique. Le Conseil d'Etat ne renvoie pas davantage l'affaire au pénal, ni ne diligente de perquisition. Pourtant la liste des documents non transmis en dépit d'avis favorables de la CADA et des règles internationales de droit suffisait à me donner raison. Tel est le cas par exemple de la décision du comité médical du 1er août 2000, rétroactive de 8 mois, prise par un médecin généraliste qui ne m'a ni convoquée ni vue, et qui me place d'office en congé de maladie pour raisons psychiatriques pour 11 mois... Aucun fait relevant de la psychiatrie n'est retenu à ma charge. Ma hiérarchie n'a pas établi de rapport en ce sens. Le comité médical supérieur de la fonction publique n'a pas été consulté, aucune commission administrative paritaire ne s'est prononcée en faveur de mon licenciement, le directeur du personnel n'était pas compétent pour juger de questions médicales.


Le pouvoir a maquillé mon dossier afin de lui donner l'apparence de ne pas satisfaire aux conditions de formes requises en France (dossier rejeté à tord en appel, un seul arrêt en cassation pour deux jugements), et de ce fait par la Cour européenne des Droits de l'homme. En outre, un simple appel téléphonique pouvait parfaire la méprise. Cette instance dispose d'un numéro spécial d'appel à l'intention des états. L'association Top Alerte a dénoncé le procédé voir dernier § de l'article TOP ALERTE. Mais aucune mesure n'a été prise pour mettre fin aux interventions et pour que je puisse enfin faire valoir mes droits. Madame Alliot-Marie, nommée ministre de la Justice en 2009, est restée ministre de la Justice. Ainsi, au premier barrage sur les conditions de formes, mon dossier a été écarté par la Cour européenne selon un formulaire standard (transmission du 24 juin 2010). La décision a été prise par un seul juge et on s'est servi de lui. Le Président de la Cour était français. Il était juge dans la section à laquelle mon affaire a été affectée et celui-ci s'est bien gardé de signer.


En résumé, sous les directives de MAM, aucun tribunal n'a examiné les pièces de mon dossier, excepté le tribunal administratif qui l'a fait sans respect du contradictoire et au vu de la lettre du ministre.




III - Responsabilité de MAM et de SARKOZY

Mon supérieur hiérarchique qui se servait dans les caisses du ministère a trouvé normal que je sois récompensée de ma vigilance à l'égard des deniers de l'Etat. Mais cela n'a pas été le cas de Madame Alliot Marie. Sans réfléchir ni regarder le dossier, elle a signé une lettre de deux pages à mon encontre (voir) transmise aux tribunaux et m'a fait envoyer les forces de police pour m'interner d'office (voir documents) . Elle s'est comportée avec moi, comme elle tentera de le faire plus tard avec les Tunisiens: elle a exercé sans vergogne sa répression. MAM a reconnu que les mesures prises à mon encontre étaient une erreur. Ainsi, le directeur du personnel a quitté le ministère (documents) 15 jours après le rejet de la cour administrative d'appel qui n'a pas trouvé d'arguments à m'opposer. Cinq jours plus tard, la sous-directrice du personnel civil a été renouvelée dans ses fonctions mais il a été précisé dans l'arrêté, ce qui est exceptionnel, qu'il n'y aurait pas d'autre prolongation. Toutefois, Michèle Alliot Marie n'a rien fait pour me rétablir dans mes droits. En dépit de mes demandes expresses ( voir documents), elle n'a averti ni le Procureur, ni le Conseil d'Etat de sa désinformation à mon sujet, montrant ainsi sa volonté de maintenir les mesures. Mais encore, elle est allée toujours plus loin dans la répression, en ne sanctionnant pas la directrice des Affaires juridiques, et ainsi en la cautionnant. Son amour propre et son mépris de ma personne ont été plus forts. La présence, dans la procédure correctionnelle, de pièces non pas communiquées par la partie adverse, mais par le ministère, la mettait aussi en difficulté. Le jugement en cassation, encombrant à bien des titres, témoigne donc de son acharnement à mon encontre.

Par courrier du 24 décembre 2007, le Chef de cabinet de l'Elysée m'écrit que le Président a été informé de mon affaire. Quand celle-ci a été susceptible d'être traitée par la Cour européenne, Madame Alliot-Marie, très impliquée, est devenue ministre de la justice (2009). Elle a ainsi pu faire valoir le cautionnement du Chef de l'Etat dans la conduite de ce dossier. A la suite des suicides à France Télécom, le Président de l'entreprise a été changé. A la suite de mon affaire, Madame Alliot-Marie a été promue ministre d'Etat. Dans sa réponse du 21 janvier 2010 à un membre de mon comité de soutien, diplomate Britannique à la retraite, la Présidence veut ignorer le rôle et les latitudes du Chef de l'Etat.

Un journaliste canadien parlera de complot cf réseau HEM. L'association TOP ALERTE emploiera le terme d'acharnement du pouvoir.




IV - A présent

Les deux mesures, mise d'office en arrêt de maladie pour raisons psychiatriques et licenciement, sont intervenues quand la gauche était au pouvoir. Informé de la première par Françoise Giroud, Lionel Jospin - alors Premier ministre - y a fait mettre fin. Le médecin du travail et mon directeur ont quitté le ministère. Mais 17 mois plus tard, le directeur du personnel m'a licenciée. La nomination de ce dernier, le CGA Palagos comme directeur adjoint du cabinet civil et militaire en mai 2012 (voir documents) pose problème. Monsieur Hollande affirme qu'il veut faire des économies et éviter les licenciements. La presse n'a pas diffusé mon affaire qui reste bien inconnue... Que veut l'Etat, que veulent les Français ? A propos de l'affaire Dreyfus, Monsieur Jospin a dit : « Quand on a fait une erreur, on la reconnaît ». Le fait que je n'aie pas pu à ce jour faire valoir mes droits devant les tribunaux en raison des interventions de l'équipe précédente au pouvoir ne dispense pas l'actuel Chef de l'Etat d'agir en ma faveur. Je demande à Monsieur Hollande, de permettre à mon dossier de reprendre un cours normal, ma réhabilitation et mon indemnisation, ce qui conduira à de très nettes améliorations du système. « Monsieur Normal » devrait normalement le comprendre. Ainsi, il ne mettrait pas en difficulté la démocratie, mais bien au contraite l'assurerait.




Ce qui n'est pas acceptable au nom des Droits de l'homme en Russie, n'est pas acceptable en France. J'ai consacré 11 ans de ma vie à la défense de mon dossier, 9 ans sans salaire, ni indemnités de chômage, ni retraite. J'ai dû vendre mon appartement pour m'assurer un quotidien. Le préjudice financier est toujours réel et présent. Ma retraite a été amputée de plus de 50%. Les médecins experts ont noté ma souffrance psychique. Ne pas prendre ma défense alors que j'ai été économe des deniers de l'Etat revient à cautionner ce qui se passe par ailleurs et qui coûte des milliards aux Français. Internet offre, dans une certaine mesure, une nouvelle donne.


Je vous remercie de m'apporter votre soutien afin qu'il soit remédié à ma situation. Ceci représente aussi un pas vers la démocratie et une meilleure utilisation des impôts.

  Florence JARRIER
37 Bd Ornano
75018 Paris
florence.jarrier@gmail.com




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Gandhi

Par Le 24/01/2013

Le texte que nous étudierons demain matin avec les enfants de ma classe.


"La civilisation, au vrai sens du terme, ne consiste pas à multiplier les besoins mais à les limiter volontairement.

C'est le seul moyen pour connaître le vrai bonheur et nous rendre plus disponible aux autres.

Il faut un miminum de bien-être et de confort mais passé cette limite, ce qui devait nous aider devient source de gêne.

Vouloir créer un nombre illimité de besoins pour avoir ensuite à les satisfaire n'est que poursuite du vent.

Ce faux idéal n'est qu'un traquenard.

Il faut savoir imposer une limite à nos propres besoins, physiques, matériels et même intellectuels. Sinon, la nécessité de les satisfaire devient recherche de la volupté.

Nous devons nous arranger pour que nos conditions de vie, sur le plan matériel et culturel, ne nous empêchent pas de servir l'humanité, mission qui doit mobiliser toute notre énergie."

GANDHI


Le monde moderne s'est laissé embarquer dans une voie opposée. Les "marchands", encouragés par les financiers ont créé les besoins et se sont débrouillés pour que les peuples éprouvent des manques. 

Nous avons tous des besoins. Mais si ces besoins sont assouvis, les "marchands" sont démunis. Il fallait donc créer des manques. C'est le marketing.

Il est impossible pour le commun des mortels d'assouvir les désirs générés par ces manques artificiels et certains finissent par en être malheureux. Désespérant.

Le seul choix qui reste à notre portée est d'analyser chacun de nos besoins et de repousser tous les manques qui n'ont pas de réelles valeurs.

Certaines nuits, j'essaie d'imaginer l'humanité dans dix mille ans. Et je n'en dors plus...

Alors, je pense à Gandhi. Il a existé. C'est donc que c'était possible. Peut-être qu'un jour, un autre homme de cette envergure apparaîtra. Et là, j'essaie de rejeter l'idée que personne ne l'écoutera...

Les animaux et l'hiver

Par Le 24/01/2013

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En hiver, les animaux ne vivent que grâce aux réserves accumulées pendant l'été. Chaque dérangement les oblige à puiser dans leur stock d'énergie et réduit leurs chances de survie. La multiplication et la diversité des pratiques sportives et de découverte accroit les risques. A chacun d'entre être conscient et d'adapter un comportement qui respecte les espèces et leurs milieux de vie.

À petit pas, sans bruit, le randonneur s'approche du chamois. L'animal l'a vu. Un pas de plus et il partira. Dans sa fuite, il aura perdu inutilement un peu de l'énergie dont il avait besoin pour résister à l'hiver. Au chaud, le soir dans son canapé, le randonneur goûtera peut-être encore la satisfaction d'avoir réussi à venir au plus près de la vie sauvage. On le comprend. Mais demain, un autre viendra tenter sa chance, puis d'autres encore... Nous sommes de plus en plus nombreux à souhaiter cette «rencontre» avec la nature. Difficile de connaître l'impact réel de cette fréquentation de la montagne sur la faune. La précaution s'impose. Elle passe par l'information et la responsabilisation de chacun.

En montagne l'hiver peut durer de novembre à mai. Parmi les animaux, certains partent et migrent plus ou moins loin pour des territoires aux conditions plus clémentes, certains hibernent et pour les autres il faut tenir et survivre à l'hiver. Pendant plus de 6 mois, ils subissent de plein fouet le froid, le vent, la neige et le manque de nourriture.

Alors que les animaux ont davantage de besoins énergétiques pour se déplacer et pour maintenir leur température constante, les apports en nourriture sont les plus faibles.

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L'herbe sèche est 4 fois moins nourrissante qu'au printemps. Les ongulés passent alors trois fois plus de temps à se nourrir.

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Le bouquetin mâle peut perdre un tiers de son poids en hiver.

Les animaux ne vivent que grâce aux réserves accumulées pendant l'été. Ils doivent donc économiser leur énergie.

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Le froid accentue les besoins en énergie. Le tétras lyre et le lagopède ont besoin de 2 à 3 fois plus d'énergie pour maintenir leur corps à température. En hiver, ces perdrix passent plus de 20h dans des igloos, enfouis sous la neige. Des dérangements et envols répétés les affaiblissent parfois jusqu'à épuisement.

Dans la neige, les animaux consomment beaucoup plus d'énergie pour se déplacer et impossible pour eux de refaire les stocks !

Un espace partagé

La montagne en hiver est également le terrain privilégié pour nombre de sports de nature. La pratique du ski de randonnée commence désormais dès les premières neiges, les raquettes à neige permettent de parcourir la montagne pour des pratiquants qui jusqu'alors ne s'aventuraient pas en montagne. À ces sports plus classiques s'ajoutent désormais de nouvelles disciplines telles que le snow kite, le ruisseling, dry-tooling... Autant de pratiques qui sont des invitations à la découverte... et qui peuvent avoir des incidences sur la faune.

Souvent par envie de mieux voir cette magnifique faune de montagne, et par méconnaissance des conséquences, les randonneurs et skieurs s'approchent des animaux au plus près, jusqu'à la fuite des animaux. Si ce dérangement apparaît unique pour son « auteur », et donc sans impact sur l'animal, il peut être subit de façon répétitive.

Le dérangement oblige l'animal à se déplacer, à puiser dans son stock d'énergie et s'ajoute alors aux conditions hivernales difficiles. Il peut être l'élément « de plus » qui va l'épuiser voire le tuer.

Expositions, conférences, panneaux d'information... En hiver, le message du Parc national des Écrins est une invitation permanente au respect du milieu naturel.

La campagne "Chuut, c'est l'hiver" est relayée par les partenaires du Parc national dans les Écrins.

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Cliquer sur l'image pour l'agrandir

Pour une meilleure approche de la nature en l'hiver, faites appel aux professionnels de la montagne, guides et accompagnateurs qui vous conduiront en raquettes ou à ski vers une découverte respectueuses du milieu naturel. Les sorties "traces douces" sont proposées dans cet esprit dans le Briançonnais, le Champsaur et le Valgaudemar.

Voir le programme d'accueil et de découverte

Télécharger le document d'information : icon Dépliant Chuuut - traces douces (2.81 MB)

Un document de sensibilisation au respect de la faune et des patrimoines de l'hiver réalisé dans le cadre des opérations "chuut" et "Traces douces"

Observez la faune à distance ! Si l'animal s'enfuit, c'est que vous êtes déjà trop proche.

Pour limiter les dérangements, il faut adapter son comportementn et appliquer quelques règles:

Le cœur du parc national des Écrins et les réserves naturelles constituent des zones de tranquillité dans lesquels tous les animaux, quels que soient leurs statuts, sont préservés.

Pour ces raisons, certaines pratiques sont encadrées, voire interdites. Ainsi,  les circulations motorisées terrestres et aériennes sont interdites sauf autorisation du directeur. Les routes ouvertes à la circulation publique ne sont pas déneigées en hiver.

Par ailleurs, les manifestations sportives sont soumises à autorisation du directeur.

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Les survols à vol à voile (planeur) sont limitées à des couloirs de transit situés à plus de 2800m d'altitude.
Les survols en vol libre (deltaplane et parapente) sont interdits du 1er novembre au 1er mai ;
Notez également que les chiens sont interdits ;
Concernant la pratique du snow kite, cerf-volant de traction sur neige, est interdite dans le cœur du Parc et les reserves naturelles.
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Seule une zone est autorisée en réserve naturelle du Combeynot par autorisation préfectorale.
Cet espace convoité par les pratiquants est une zone où les enjeux environnementaux sont moindres.

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Les pratiquants de snow kite sont invités à se renseigner pour connaître les espaces où la pratique est autorisée ou interdite (comme ci-dessus pour le Parc national des Écrins et la réserve naturelle du Combeynot).

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Respectez les consignes de sécurité pour vous et les autres usagers :
cliquer sur l'image à gauche pour l'agrandir.

Dans tout l'espace parc comme ailleurs, la découverte de la montagne et de ses hôtes doit se faire en respectant leur tranquillité. L'adaptation de quelques comportements suffit parfois pour éviter aux animaux des dépenses d'énergies inutiles.

Lire aussi :

Des espaces de quiétude pour le tétras lyre - octobre 2012
Trois nouvelles zones ont été "protégées" du passage des skieurs sur un itinéraire de ski de randonnée, à l'Argentière-la-Bessée. Un dispositif expérimental mis en œuvre depuis l'an dernier par la commune, le réseau Natura 2000 et le Parc national.

 

Planète Métis Magazine

Par Le 24/01/2013

Interview PlanèteMétis Magazine : Philippe BAINIER

http://www.mespremiereslectures.com/Interview-PlaneteMetis-Magazine.html

A la Une
Libraire Philippe Bainier
Pour les Du côté des parents

Spécialiste du livre écolo, le green libraire a créé un Web magazine spécialisé : PlanèteMétis Mag

Photo DR

 

 

Tandis qu’en ce mois de Janvier 2013 sortait le Numéro 2

du tout nouveau Webzine (magazine Internet), ...PlanèteMétis Magazine

 

Découvrons cette publication qui remporte déjà un vif succès sur la toile...

 

retour sur le Numéro 1

NOV/DEC 2012

 

MANGA et ECOLOGIE 

 

 

pour découvrir le Numéro 2

JAN/FEV 2013

 

c’est ICI

 

 

PlanèteMétis Magazine est né

 

Tâchons d’en savoir plus sur sa ligne éditoriale et son contenu ...

 

Interview de Philippe Bainier, le fondateur de cette Revue

 

 

 

 

 

Nathalie Damide Baldji pour MPL : Bonjour Philippe Bainier. Vous n’êtes pas tout à fait un Libraire comme les autres, puisque non seulement spécialiste de l’écologie mais aussi e-Libraire, nous avions eu l’occasion d’en parler lors d’une précédente Interview. Aujourd’hui vous êtes aussi fondateur et directeur de la rédaction d’une nouvelle revue.

Pourquoi ce webmag littéraire ?

 

Philippe Bainier : Parce que c’est un domaine que je connais bien étant e-libraire spécialisé dans l’écologie. Actuellement, il n’existe pas, à ma connaissance, de magazine spécialisé dans ce domaine.

Les magazines littéraires existants parlent peu des livres écologiques, malgré une production abondante et souvent de qualité.

Nathalie Damide Baldji pour MPL : Que va t-il apporter de plus ou quel manque va t-il combler ?

Philippe Bainier : Ce webmagazine est consacré à la littérature écologique et naturaliste. Vous y trouverez des thématiques dites "alternatives" oubliées et marginalisées par les autres magazines littéraires telles que l’écologie, le végétarisme, l’écoconstruction, le jardinage biologique, les médecines alternatives... Ce webmagazine va combler un vide littéraire.

Nathalie Damide Baldji pour MPL : Pourquoi ce nom ?

 

Philippe Bainier : Tout simplement, il fait référence à ma e-librairie spécialisée en écologie, Planète Métis. Notre planète bleue est une planète métisse constituée d’un ensemble de biodiversités différentes.

Nathalie Damide Baldji pour MPL : Quel va être son support ?

Philippe Bainier : Ce magazine est un webmagazine, donc diffusé principalement par internet, publié tous les deux mois. Son format est A4 et il est composé d’une trentaine de pages. Le premier numéro en compte 32.
Ensuite, il y aura une possibilité d’obtenir une version papier payante sur demande.

Nathalie Damide Baldji pour MPL : Comment s’abonner et combien cela coûte ?

Philippe Bainier : La version numérique est gratuite. Vous pouvez le recevoir directement dans votre boîte mail tous les deux mois en envoyant un petit message à l’adresse suivante : magazine@planetemetis.com. Vous recevrez ainsi un lien qui vous permettra d’accéder au magazine.

Ensuite, un blog consacré à ce magazine a été créé ici : http://magazine.planetemetis.com

où vous pourrez consulter le magazine, laisser des commentaires, écrire aux rédacteurs, s’y abonner.

Pour la version papier, vous pouvez vous abonner pour les 6 numéros au prix de 33 € frais port inclus, à partir du prochain numéro, en envoyant un message à l’adresse indiquée ci-dessus.

Nathalie Damide Baldji pour MPL : Y-a-t-il une place pour les annonceurs et seront-ils néanmoins triés sur le volet ?

Philippe Bainier : Non, PlanèteMétis magazine souhaite vis à vis de ses lecteurs, garantir un confort de lecture en évitant une pollution visuelle dûe à la présence des publicités. C’est aussi un gage d’indépendance.



Nathalie Damide Baldji pour MPL : A qui s’adresse t-il ?

 

Philippe Bainier : A tout le monde !

Nathalie Damide Baldji pour MPL : Parlez-nous de la Thématique du premier numéro ?

Philippe Bainier : Le premier numéro était consacré à notre alimentation et ses conséquences sur notre santé. Nous y abordions les problèmes des pesticides et des OGM dans nos assiettes. Vous pourrez également découvrir un dossier sur le manga et l’écologie. Chaque numéro traitera d’une thématique précise. Le prochain aura pour fil conducteur l’agroécologie.

Nathalie Damide Baldji pour MPL : Quelles rubriques va t-on trouver ?

Philippe Bainier : Tout d’abord, "un livre, une histoire" présentera un livre qui a marqué la mouvance écologique. Pour le premier numéro, il s’agissait de Printemps silencieux de Rachel Carson

Ensuite vous pourrez lire une rubrique "actualité" consacrée à l’actualité environnementale par le livre.

Puis une rubrique "coup de coeur" où sera présentée un livre aimé par un des rédacteurs.

Vous pourrez trouver une rubrique "livre audio", dédiée aux livres audio écologiques.

et bien entendu, vous y trouverez des chroniques de livres et des recensions.

 

 Nathalie Damide Baldji pour MPL : Merci beaucoup Philippe Bainier.

 

 

PlanètesMétisMagazine version numérique gratuite s’abonner ici : magazine@planetemetis.com

abonnement à la version Print dès le prochain numéro de mars 2013 : 33 euros pour 1 an (6 numéros) magazine@planetemetis.com

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Philosenfants (école)

Par Le 23/01/2013

La philo à l’école primaire, est-ce bien sérieux ?

 

Questions à Jocelyne Beguery, professeure agrégée de philosophie, ancien formatrice en IUFM à l'université de Cergy-Pontoise, qui vient de publier Philosopher à l’école primaire, préface d'André Comte-Sponville, aux éditions Retz, dans la collection Comment faire ?, dirigée par André Ouzoulias.

Commençons par un point de vocabulaire. Le concept que les médias ont retenu de certaines expériences, c'est « la philo à l'école ». Vous le reprenez d'ailleurs, sur un ton moins familier, dans votre titre. Mais à vous lire, on s'aperçoit vite que vous préférez les termes de « discussion à visée philosophique »...

Le titre, de même que "la philo à l'école" sont des termes génériques. La notion de "discussion à visée philosophique", initiée par Michel Tozzi, est plus précise. Je la reprends à mon compte pour me démarquer essentiellement du terme de "débat" très usité aussi et qui ne renvoie pas au même exercice.

Pratiquer la « discussion à visée philosophique » à l’école primaire, parfois dès la grande section de maternelle, cela veut-il dire, de la part de l'enseignant, s'écarter délibérément du programme ?

Pas du tout. Même si elle n’y est pas formellement inscrite, la discussion à visée philosophique est conforme à l'esprit des programmes depuis longtemps, y compris, même si cela peut étonner, aux programmes de 2008 actuellement en vigueur. Il s'agit en effet d’une pratique du dialogue régulée par l’enseignant, où les élèves s’efforcent de penser ensemble des concepts comme la beauté, grandir, le courage, l’amitié, la liberté, etc. Les programmes demandent aux enseignants d’être autre chose que de « simples exécutants » et disent qu'à « partir des objectifs nationaux, le professeur des écoles doit inventer et mettre en œuvre les situations pédagogiques qui permettront à ses élèves de réussir dans les meilleurs conditions ».

Or justement, les pratiques de discussion à visée philosophique les plus réussies sont nées de l’initiative de maîtres confrontés aux nécessités internes à l’enseignement : ici l'apprentissage de la langue, ailleurs l'instruction civique et morale, ailleurs encore le rapport au savoir, etc. Amener les élèves sur le terrain de la philosophie est une façon de servir les missions et finalités de l’institution scolaire. Il s’agit avant tout d’apprendre à parler pour apprendre à penser. Et il est bon de prendre plaisir très tôt à partager le sens des mots. Au nom de la maîtrise de la langue, première compétence du « socle » à acquérir, cela s'applique dès la grande section, quand les enfants commencent à pourvoir argumenter. Au cycle 3 (CE2-CM), l’introduction de contenus relatifs à la « culture humaniste » apporte de nouvelles justifications à ce type de pratique. La culture humaniste, qui met en jeu des valeurs,  relève du discutable et nécessite donc examen et échanges. L’instruction civique ainsi que l’enseignement de la morale, questions, semble-t-il, toujours d’actualité, donnent également prise à la réflexion philosophique.

Je reviens sur la définition. Apprendre à parler, apprendre à penser : ce sont vos propres mots. Alors pourquoi vouloir à toute force se hausser du col avec « discussion à visée philosophique » ?

C’est tout l’enjeu du livre que je propose, sur la base d'un travail fait en amont avec les professeurs d’école en formation. Le pari pour l'enseignant est de tenir la visée philosophique, d’en connaître les enjeux et les difficultés, de s’y préparer. La référence disciplinaire, même s’il ne peut évidemment être question à l’école élémentaire d’un enseignement de la philosophie, garantit contre les dérives de vertueuses intentions démocratiques, le débat stérile qui répète lieux communs ou préjugés, la sophistique ou le seul plaisir de triompher de l’autre, la démagogie.

En général, ce qu'on appelle « débat » est exclusivement contradictoire : il faut être pour ceci ou contre cela. Les élèves ne gagnent rien à cette simplification. La discussion à visée philosophique exige une argumentation et une problématisation plus serrées. Elle exerce à la pensée dialogique. Il ne s’agit pas seulement de s’exprimer ou de communiquer mais de s’efforcer à penser, fut-ce modestement, en explorant par exemple les acceptions d’un concept. Et cela peut s’apprendre très tôt. Il s’agit de mettre le logos — langage et raison — au cœur de l’enseignement. Et les retombées des compétences acquises ne servent pas la seule civilité ni même l’esprit citoyen, si ce n’est par surcroît. La visée philosophique se suffit à elle-même, elle exclut l’instrumentalisation de la discussion à des fins d’inculcation ou de discipline scolaire. Elle forme à l’autonomie de pensée d’un sujet.

C'est bien beau, mais d'une part n'y a-t-il pas des choses, ne serait-ce qu'en matière de comportement, à inculquer ? D'autre part, en quoi la seule référence à la « visée philosophique, par des enseignants qui, quelles que soient leurs qualités et leurs intentions, ne sont pas rompus à cette discipline suffirait magiquement à éviter les écueils que vous venez de citer ?

Bien sûr, il y a des choses à inculquer pas seulement en matière de comportement mais aussi en ce qui concerne les apprentissages fondamentaux, comme le langage ou la numération. C'est l'enjeu de l'école maternelle qui s'emploie également à inculquer des comportements, de civilité et des attitudes morales et civiques. C'est pourquoi les questions morales qui commencent à interroger l'autonomie morale de chacun ne peuvent être abordées avant la fin du cycle 3.

Les enseignants n'éviteront pas les écueils par incantation et magie mais par le travail et un minimum de formation philosophique. Il leur faut apprendre à distinguer une opinion d'un jugement vrai,    à interroger les concepts. Et ne pas encourager les élèves à seulement dire ce qu'ils pensent, mais les amener à douter, à problématiser afin de réellement penser ce qu'ils disent.

Le ministre, Vincent Peillon, a mis en avant le concept de « morale laïque », ce qui n'a pas manqué de déclencher les réserves de ceux qui redoutent un catéchisme d'Etat. Comment analysez-vous ce concept et voyez-vous un rapport possible avec la discussion à visée philosophique ?

Vincent Peillon estime , je cite,  « que la laïcité consiste à faire un effort pour raisonner, considérer que tout ne se vaut pas, qu’un raisonnement ce n’est pas une opinion. Le jugement cela s’apprend ». Sous couvert de laïcité, il me semble donner ainsi une définition de l’attitude philosophique. Ou alors, mais ce n'est pas du tout ce que j'ai compris, il s'agirait  de revenir au catéchisme laïque et à ses maximes. Lorsqu'il parle de « morale laïque », cela renvoie plutôt à l'idée d'une morale universelle, de valeurs qui font consensus mais  ne peuvent faire l’économie de l’adhésion propre du sujet, c’est-à-dire de son jugement. Or, la confrontation des idées dans la discussion, leur problématisation, leur conceptualisation et le recours à l’argumentation relèvent bien de la discussion à visée philosophique. Celle-ci consiste à construire rationnellement le jugement et non, comme cela arrive parfois, à faire comme si toutes les opinions se valaient. Il ne s'agit donc  pas de déguiser en tolérance le relativisme intellectuel et moral ambiant. C’est pourquoi, avec les précautions qu’impose une déontologie laïque, la discussion à visée philosophique est une manière sensée et sensible de mener à bien l’instruction morale et de la faire aimer.

En d'autres termes, vous aimeriez bien qu’à la faveur de la prochaine révision des programmes de l’école primaire, ce soit généralisé...

Surtout pas ! Cela peut paraître contradictoire puisque je défends les bienfaits d’une telle pratique pour les élèves. Mais elle n’est pas pour les professeurs anodine. Elle doit correspondre à un réel intérêt de leur part et être menée en cohérence avec leur conduite de classe, dans un climat d’ouverture et d’écoute philosophique. Elle nécessite une posture particulière, que tous les enseignants ne peuvent pas ou ne veulent pas avoir, ce qui est tout à fait leur droit. D'autre part, ces discussions doivent être en phase avec ce qui se vit dans la classe. Leurs sujets émergent souvent spontanément de questions posées lors des apprentissages. Et il n’y a pas de façon de mener ces discussions qui ne soit marquée par le style de l’enseignant. Les imposer serait imposer un programme et les thèmes traités perdraient ce lien vivant avec la curiosité des élèves. C'est précisément là que l'on risquerait l’artifice et le dogmatisme.

Depuis une dizaine d’années, sont déjà parus de nombreux ouvrages pédagogiques sur la discussion à visée philosophique. Qu’apporte de plus ou de différent votre livre ?

Ce livre reflète une expérience dans les classes de plus de dix ans. Je tente de relever le défi d’une véritable visée philosophique et ce dès les tentatives de discussion en grande section de maternelle, par l’attention portée, dès ce niveau scolaire, à l’analyse langagière et conceptuelle. J’ai voulu témoigner du faisable, à travers la restitution intégrale de discussions menées dans les classes de tout niveau par des maîtres formés à cet effet. J’ai cherché à penser la discussion à visée philosophique à l’école hors de tout esprit militant mais en référence aux principes de l’école publique et laïque, et à mettre en garde contre toutes sortes de dérives préjudiciables aux élèves. C'est pourquoi, j'invite aussi le lecteurs à s’interroger sur l’impensé de nos représentations de l’enfance, sur les attendus idéologiques de certaines de ces dites nouvelles pratiques.

« Dérives préjudiciables », dites-vous ?

Je suis très critique envers les ouvrages parus ces dernières années. Ils ont pour la plupart été rédigés dans la précipitation avec comme souci premier de livrer clés en main des méthodes courtes pour mettre en place à tout prix « du » débat, le plus souvent de la communication, à mon avis. D’autres, il est vrai plus instruits des techniques éprouvées par la recherche, s’intéressent exclusivement à l’éducation citoyenne et ont sur ce plan de l’efficacité. Mais je n’en connais pas qui prennent au sérieux la dimension philosophique et de ce fait formatrice de ces exercices. Je n'en connais pas qui mènent de concert la double question : « Qu’en est-il de la teneur philosophique de ces pratiques ? » et « Qu’en est-il de l’école dans ces tentatives ? » Beaucoup de ces parutions, de ce fait, s’emploient à une diffusion militante et inconsidérée des nouvelles pratiques dites philosophiques à l’école qui ne relèvent pas du projet de l’école et qui, pour certaines, peuvent même contribuer à le mettre à mal.

Ce que je crois comprendre, à ma surprise, c'est qu'il y a du conflit dans l'air et que vous vous placez en  opposition à des personnalités ayant travaillé sur ce thème. Alors pourquoi ne pas mettre les pieds dans le plat et les nommer ? A qui faut-il attribuer la « diffusion militante et inconsidérée » ? Viseriez-vous par exemple Michel Tozzi, que nous avons cité au départ ?

En parlant de diffusion militante et inconsidérée, je vise une attitude et un esprit plutôt que des personnes qui ne sont cependant que trop nombreuses à vouloir prôner "la philo à l'école" où le débat comme une cause idéologique. Leur militantisme est d'ailleurs le plus souvent inversement proportionnel à leur formation philosophique et s'emploie à propager un anti-corporatisme vis-à-vis des professionnels de la philosophie. On le rencontre dans bien des associations se donnant pour tâche cette seule divulgation. Je ne vise pas Michel Tozzi avec qui j'ai travaillé et de qui j'ai beaucoup appris. Mais certains de ses épigones développent un esprit prosélyte et partisan que je trouve hors de propos en la matière.

Quelle peut être aujourd'hui la place pour cette pratique dans la formation initiale et continue des enseignants ?

Quelques enseignants chercheurs s’y intéressent et nombre de formateurs de terrain aussi. Mais le problème majeur est la lente agonie de la philosophie dans la formation des maîtres. Au moment où l’on célèbre le tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau, l’auteur de l’Émile, les IUFM sont en effet en train de perdre leurs derniers professeurs de philosophie ! Ce phénomène est très inquiétant. On peut l’analyser comme le produit d’une conception de la compétence pédagogique réduite à une pure technicité, avec, en arrière-plan, un projet d’éducation utilitariste et un projet de société fondé sur les valeurs de l’économie libérale. Il est indispensable de redonner à la philosophie la place qu’elle doit avoir dans le formation des maîtres dans notre pays. Cela s’impose évidemment si le ministre envisage d’encourager la pratique de la discussion à visée philosophique comme un des moyens de refonder l’éducation morale.

Propos recueillis par Luc Cédelle

Pétole

Par Le 23/01/2013

A quoi bon écrire. Tout a déjà été dit. Tout le monde répète ce que peu entende comme si le point haut spirituel avait été atteint depuis des lustres et que le surplace soit devenu une condamnation. Je me suis demandé un moment hier soir quelle était l'utilité de ce blog. Sur le point de le fermer.

J'ai tellement l'impression maintenant de me répéter.

J'ai peut-être atteint mon propre point haut.

Comme disent les marins du Vendée Globe : "C'est la pétole."

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