Là-Haut

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L'agitation

Par Le 27/02/2012

Ce monde est agité.

j'ai regardé sur internet les informations du soir et j'en suis ébahi. On passe d'un paquebot en panne de moteur à un adolescent poignardé puis un restaurateur qui a obtenu trois étoiles, le salon de l'agriculture, l'oscar de Dujardin avec des questions totalement stupides de la part de la journaliste, "Êtes-vous heureux ? ", la saison de ski qui profite d'un enneigement exceptionnel, fermeture d'une usine, visite des guignols présidentiables, les prévisions météo pour les stations de ski, la nomination d'un grand couturier chez jesaispasqui, en prévision des prochaines "tendances", j'hallucine ou quoi...hop, de la pub, les prévisions météo nationales, de la pub, le film du soir, de la pub, le programme de demain, de la pub...Bon, là, j'avoue, j'ai craqué, j'ai éteint...

Ce monde est follement agité. Egaré. Halluciné. Cet effet de fragmentation du monde est effroyable. La vitesse des images est consternante. Dans le cas du meurtre de l'adolescent poignardé, j'ai vu deux femmes qui pleuraient, deux secondes, ça pourrait très bien être filmé à l'autre bout de la planète, ça pourrait très bien dater d'il y a cinq ans, vingt ans, rien n'a changé. Même pas le temps de réaliser ce dont on vient de nous parler. De toute façon, on est déjà passé à autre chose. Pub.

On vit donc dans un monde ultra connecté, avec une vitesse de diffusion des informations absolument stupéfiante mais rien n'a changé, fondamentalement. Je suis certain que si on regardait les informations télévisuelles des années 1960, on retrouverait le même fond de commerce. La raison en est très simple : nous n'avons pas évolué.

Technologiquement, le bond est phénoménal mais d'un point de vue philosophique, existentiel, spirituel, nous sommes dans le même état. En tout cas, pour une bonne partie de l'Humanité.

Quels sont les changements ?

"Dès le premier tressaillement de la réflexion, l'esprit d'inquiétude nous tourmente ; car la réflexion n'est pas là pour confirmer les évidences, mais au contraire pour les contester."
Jankélévitch

 

Et bien, ce monde-là ne veut pas de contestation. Le monde économique qui dirige le monde ne peut pas fonctionner dans la contestation. Il n'y a qu'à voir l'écroulement de l'économie tunisienne depuis le "printemps arabe". Alors, bien entendu, les économistes, les politiques, tous les pisse froids s'écrient que la contestation est un désastre et qu'il faut à marche forcée reconstituer "le vivier industriel, touristique, minier etc etc...Et c'est reparti pour un tour. Effet de la mondialisation ? Non, absolument pas. Juste l'effet multiplié à l'infini des "moi-encapsulé".

Les révoltes arabes n'ont pas donné ce que j'espérais. C'est facile pour moi de l'écrire, dans le confort de mon petit salon. Je le sais bien et je ne leur reproche rien. De quel droit le ferais-je ?

 

La route est encore longue avant de voir le début de l'ombre d'une évolution planétaire.

Economie de proximité.

Par Le 27/02/2012

Ce monde, tel que nous le connaissons, n'existe qu'au regard de ce que nous sommes. Il n'a aucune existence en dehors de nous, "il" n'est responsable de rien. C'est nous, individuellement, qui lui donnons forme parce que chaque individu se retrouve dans un fonctionnement établi par la similitude que nous recherchons chez autrui. Rien ne changera sans l'évolution spirituelle, puis sociale de chaque individu. Là aussi, on peut retrouver l'hypothèse des champs morphiques. Ce monde correspond à un schéma de pensées qui s'est propagé, non seulement de façon éducative mais de façon "philosophique", puis comme une évidence ou une condamnation... "C'est comme ça". Et c'est dans ce schéma de pensées que chacun essaie d'établir un sursaut de liberté. Mais il n'y en a pas fondamentalement. Juste la duplication d'ornements variés sur une architecture commune. Il s'agit dès lors d'établir ce travail individuel de prise de conscience de nos fonctionnements pour pouvoir établir une voie différente. Ces voies différentes se nourriront des individualités, il ne s'agit pas d'imposer une voie unique mais dès lors que le phénomène vital à l'échelle de l'Univers sera considéré, quelle que soit les voies philosophiques pratiquées, il existera une unité commune: celle de la Vie. Et non celle des egos dans l'égarement matérialiste et la course à la surenchère.

D'un point de vue économique, par exemple, je trouve que l'économie de proximité est une nécessité. Est-ce qu'on a besoin d'acheter des mangues, des litchis, des avocats ? Une nécessité vitale bien évidemment. Est-ce que nos grands-parents en manquaient ? Est-ce qu'on a besoin de faire venir des voitures de Corée étant donné qu'on en fabrique en France ? (presque plus justement...). Alors, évidemment, c'est un bouleversement planétaire de l'économie. Est-ce qu'on doit attendre que la planète ne puisse plus supporter ce fonctionnement par épuisement de ses ressources et que la crise qui surviendra inévitablement (exploitation pétrolière en chute libre...) soit catastrophique ou doit-on essayer de trouver une autre voie, par principe de précaution et aller peu à peu vers un changement radical dans nos us et coutumes?

Il ne s'agit pas pour autant d'en revenir à la bougie mais de ré-apprendre à vivre avec ce dont nous disposons, au mieux, au lieu de laisser s'installer le pire. Rien que ce changement implique une prise en considération d'une unité au regard du Vivant. Je ne peux pas me permettre d'abuser des ressources de la Terre étant donné que le reste de l'Humanité et du phénomène vital va en pâtir...C'est une question d'empathie en quelque sorte. Le fait de consommer de l'huile de palme participe à la destruction des forêts primaires qui abritent les orangs-outans. Est-ce que j'éprouve une compassion réelle envers cet animal ou pas ?

Oui. Bon, alors, je ne dois plus consommer d'huile de palme et Nestlé cessera d'en produire.

Non. Et bien, je continuerai alors à m'intéresser à ce qui répond à mes désirs.

Cette détermination ne relève pas pour moi d'un simple geste écologique mais bien plus profondément d'une souffrance réelle envers ce qui vit. Et d'un amour. Il n'y a pas "moi" et les Orangs-outans. Il y a la Vie. Celle qui est en moi est identique à celle qui vibre chez ce singe. Et le mot "singe" n'est que l'étiquette associée à une forme. Cette diversité de formes est une richesse fabuleuse et nous en avons fait une "distinction". Descartes disait des animaux qu'ils étaient privés d'âmes. Que pouvait-il penser des plantes ? Je n'ose l'imaginer. Mais le plus effroyable, c'est que nous fonctionnons toujours sur ce schéma de pensées "philosophique"...

Le Message.

Par Le 26/02/2012

C’est une proposition concrète qui doit rassembler derrière elle les millions de citoyens dont l’impuissance politique est programmée dans la constitution.

 

http://www.le-message.org/

Parce que ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir
“Nous voulons une Assemblée Constituante démocratique, donc tirée au sort.”

 En lisant les 6 chapitres de ce site, vous comprendrez pourquoi si vous voulez changer quoi que ce soit dans le fonctionnement actuel de notre société, vous devez faire de ce message votre seule revendication : de son application découlera tout le reste. Afin de comprendre concrètement la force de ce message prenez maintenant quelques minutes pour lire les six chapitres du site, ils sont très courts.

Les chapitres vont à l’essentiel et vous trouverez en bas de chaque page des sons, vidéos, documents et liens, pour approfondir le sujet.

Découvrez maintenant ce qu’est vraiment une démocratie.

 

Libre arbitre (2)

Par Le 26/02/2012

Image associée

 

Dans le déroulement de vie d'une personne, on peut considérer que l'éducation favorise l'émergence de trois paramètres : la culture s'impose en premier lieu, elle se renforcera dans certains domaines pour devenir une réelle connaissance à travers diverses expériences, puis, dans certains cas et pour certaines personnes, viendront prendre place les convictions.

Un petit enfant africain, un petit enfant européen ou un petit enfant asiatique n'aura pas le même bagage culturel, ses connaissances et ses convictions seront influencées par cet environnement culturel.

-Culture : accumulation de « savoirs. »

-Connaissances : une culture à laquelle s'ajoute une expérience. Savoir et faire. Avoir et être.

-Convictions : idées profondément ancrées à travers les connaissances accumulées.

Dès lors se pose le problème du libre arbitre...

« La notion de libre arbitre, synonyme de liberté, désigne le pouvoir de choisir de façon absolue, c'est à dire d'être à l'origine de ses actes. »

Mais si nous gardons à l'esprit les influences environnementales, est-ce qu'il est possible d'envisager ce libre arbitre ? Ne sommes-nous pas plutôt fondamentalement « enfermés » dans des fonctionnements qui nous échappent ? Le libre arbitre ne nous est-il pas retiré au fur et à mesure de notre avancée, au fil des expériences de vie ?

Ne s'agirait-il donc pas davantage d'une liberté à prendre ?

Un sujet qui se voudrait libre est sensé pouvoir choisir de lui-même ce qu'il choisit, sans être poussé à l'avance d'un coté ou d'un autre par quelque influence ou cause que ce soit. Si l'individu « choisit », c'est qu'il dispose de plusieurs options et surtout qu'il bénéficie d'un complet contrôle de lui-même. Il se doit d'être « vierge » de toutes influences... Mais est-ce que c'est possible ? Ne conviendrait-il pas plutôt d'être capable d'identifier clairement l'ensemble de ces influences afin de s'en détacher et de pouvoir assumer dès lors l'intégralité du choix ?

La diversité des conditions de vie, les relations sociales, le poids du passé, l'intégration, le formatage intellectuel, ne maintiennent-ils pas insidieusement un détournement de l'esprit, une direction donnée ?

Les conditions objectives n'enferment-elles pas l'esprit dans un conditionnement subjectif ?

Sur quoi repose la notion de libre arbitre ?

N'est-elle pas simplement une certaine forme de prétention, un déni de l'enfermement ?

Un exemple :

J'ai décidé de réfléchir sur la notion de libre arbitre, sur l'idée essentielle de ma liberté. Je tente de cerner les tenants et les aboutissants (en voilà une expression bien « culturelle »...) et aussitôt me viennent à l'esprit les résidus de mes cours de philosophie : Platon, Spinoza, Nietzsche, Schopenhauer... La culture est là (enfin, bon, quelques restes de culture...). Jaillissent aussi mes quelques expériences de vie à travers lesquelles je peux constater que beaucoup trop d'éléments m'ont échappé pour que je puisse affirmer que mes choix se sont faits en toute liberté. Intervient dès lors la conviction que ce libre arbitre n'est qu'une illusion...

Est-ce que cette réflexion porte fondamentalement une liberté totale ou n'est-elle qu'un imbroglio anarchique de multiples données chaotiques...Un immonde fatras en quelque sorte ...

Bien sûr que j'ai décidé librement de mener cette réflexion... Tiens, non, d'ailleurs, ça n'est même pas certain...C'est peut-être plus justement une certaine souffrance liée à un désordre intérieur, une inquiétude de voir à quel point tout m'échappe... Ce sont mes conditions existentielles de vie qui m'ont amené à réfléchir. Je n'ai fait que réagir à un tourment. Je n'ai pas été libre d'entamer cette quête et je ne peux que tenter de la mener à son terme pour m'en libérer... Mais alors, pour être libre, il faudrait s'être libéré... Ça paraît absurde et pourtant il s'agit bien sans doute de cela.

Le libre arbitre ne serait que l'effort à mener pour être davantage libéré de tout ce que l'on porte. Plus profondément encore, le libre arbitre ne serait que la conscience de mon enfermement et l'éventuel élargissement de la cellule...

Je peux quand même me réjouir de taper librement sur mon clavier, c'est un acte que je maîtrise, que j'ai pensé, que je pense et que j'élabore. GRTDFCVHKKIO...Voilà ce que ça donnerait si je n'avais pas de culture. Chouette, je suis donc libre par ma culture et la connaissance expérimentale que j'en ai. Tiens, d'ailleurs, je vais aller me faire un café et je reviens. Yeah, je suis libre de me lever et d'aller faire un café. Comme la vie est belle et riche de trésors !

Aucune moquerie là-dedans d'ailleurs... J'ai la chance extraordinaire de posséder encore toute mon intégrité physique. Peut-être d'ailleurs devrais-je m'en contenter et arrêter de me prendre la tête. Mais je suis aussi un être tourmenté qui a besoin d'explorer les espaces intérieurs. C'est peut-être culturel, peut-être historique (ma petite histoire personnelle bien évidemment), l'écheveau des traumatismes irrésolus pourrait-on dire.

Excellent ce café.

Bon, je suis libre de taper sur mon clavier parce que j'ai enregistré toute la connaissance nécessaire mais je ne suis pas libre des pensées qui m'envahissent et tourneboulent. Il faut donc que je les saisisse au vol et que je les autopsie. Sacrée boucherie en perspective...

Philosophiquement parlant, si je veux pouvoir autopsier ces pensées, il faut que je me libère des émotions qui les nourrissent sinon, je ne ferai qu'entretenir leur croissance en générant d'autres émotions comme autant d'engrais. Je me dois d'être lucide. D'ailleurs, si je continue à me répéter que mon libre arbitre est une illusion, je crée en moi une émotion mortifère qui me désole et me ronge et si par contre je décide que je suis libre, je libère un bonheur hallucinogène qui trouble ma lucidité.

Je dois donc être neutre ou pour parler scientifiquement me soumettre à une lobotomie volontaire. Cela fait-il du libre arbitre et du contrôle qu'il suppose une donnée évidente ? Est-il si évident que nous avons un contrôle sur nos pensées et nos émotions ? La plupart de nos supposées « actions », ne sont-elles pas en réalité des réactions mécaniques qui répondent à autant de facteurs intérieurs (émotions, préjugés...) et extérieurs (les circonstances) que nous ne contrôlons pas ? Et nos supposées pensées ne sont-elles pas toujours la résultante de pensées antérieures ?

Prenons l'exemple d'un arbre au milieu d'une forêt. Bien sûr qu'il continue à croître et à se dresser vers la lumière mais son environnement influe sur cette croissance. La proximité des autres arbres, le climat, l'intervention humaine, un accident de parcours dans une tempête redoutable. Il n'existe pas de croissance libre.

La multitude des expériences de vie et mon environnement immédiat et même planétaire conditionnent ma croissance. Et l'ensemble de mes pensées n'est qu'un courant agité par cet environnement lui-même.

D'ailleurs, si je remonte encore plus loin vers la source ou vers la graine, je n'ai même pas choisi ce que je suis. Je n'ai pas choisi délibérément ma naissance. Est-il envisageable de parler de liberté innée ? Je ne pense pas. Il ne peut s'agir que d'une liberté qui s'acquiert. Ou plutôt de la désintégration progressive de tout ce qui peut porter atteinte à la liberté.

Disons qu'il n'y a aucune liberté. Mais qu'il est éventuellement possible au fil du temps d'en acquérir.

Une liberté qui concerne uniquement l’énergie que je mets dans mes actes mais en gardant à l’esprit que ces actes sont générés par des influences que je me dois d’identifier. Sinon, quelle que soit la qualité de mes actes, ils ne pourront être qualifiés de « libres ».

Pour que cette identification se réalise, il est nécessaire d’entrer dans le « juste milieu ». 

Je ne suis rien à 100%, ni libre, ni enfermé mais je peux naviguer entre ces deux extrêmes en agissant lucidement, c'est à dire d'identifier, avant même d'agir, toutes les influences qui pourraient troubler la pensée et l'acte à venir. 

La quête de ce libre arbitre devient dans cette constance de l'analyse une sorte de tuteur contre lequel je dois m'appuyer pour crôitre. Il y a aura inévitablement des ralentissements dans cette croissance, des erreurs d'itinéraire, comme une plante qui s'éloignerait de son tuteur et piquerait du nez, il y aura des flamboyances aussi, comme des paliers franchis vers le haut, puis des moments de repos...

Rien ne sera jamais définitif, rien ne sera jamais figé.

C'est une ascension à mener avec tous les événements inhérents à la tâche.  

Le choix de se croire libre

Par Le 25/02/2012

Par cette expression, je ne parle pas de la liberté matérielle, professionnelle, familiale, sociétale mais de la liberté existentielle.

Pour ce qui est des situations précédentes, je ne crois pas un seul instant à une quelconque liberté. Tout est l'effet des causes initiales. Si je regarde les enchaînements de mon existence, je finis toujours par trouver une cause première. Mes choix n'ont été que des réactions et non des actions. Je sais pourquoi je suis devenu instituteur, je sais pourquoi j'aime la montagne, je sais pourquoi j'aime la solitude, pourquoi j'écris... Rien ne s'est fait "librement" mais parce qu'il y avait initialement un évènement qui m'amenait à réagir. Je pourrais convenir pour me rassurer qu'il y a tout de même une décision prise de ma part et qu'il y en avait sans doute une autre d'envisageable. Mais la source reste la même. Rien ne vient de rien.

Je pourrais choisir d'arrêter d'écrire cet article et de fermer l'ordinateur pour me prouver que j'ai un pouvoir décisionnel. Je regretterai certainement dans peu de temps ce caprice prétentieux et je reviendrai m'asseoir en me maudissant d'avoir perdu ce que j'avais déjà écrit. Je "dois" écrire ce que je porte. Je sais pourquoi je dois l'écrire, j'en ai déjà parlé.

Cette illusion du choix s'établit dans les contingences de la vie quotidienne. C'est certain mais c'est si insignifiant que ça n'a aucun intérêt. Je vais choisir une nouvelle tapisserie. Ouah, formidable...Ou acheter un smartphone, ouah, trop bien ! Ah, non, finalement, là je ne l'ai pas choisi, je n'en avais pas besoin, je n'ai fait que succomber à une pression médiatique et encore une fois prétentieuse. "Moi, j'ai un smartphone" !! (Je ne sais d'ailleurs même pas à quoi ça sert...) Ah, et puis, je pourrais changer de voiture aussi, là, il y a du choix. C'est important le choix d'une voiture ! Elles ont bien toutes quatre roues, un moteur et une caisse mais quand même il y en a qui sont mieux que d'autres et je serais tellement heureux de rouler dans une voiture qui me plaît. Oui, bon, ok , c'est ridicule, je sais...

Je pourrais même choisir de changer de femme. Celle-là est vraiment trop nulle. Et d'ailleurs, je ne sais même pas pourquoi j'en suis arrivé à l'aimer et à avoir des enfants avec elle. Mais des femmes, il y en a tellement, c'est comme les voitures, il y a du choix...Quand je vois ce qui existe dans les revues que je lis...Non, pas les revues de bagnole, les revues avec de belles femmes ! Celle du cinéma par exemple, c'est extraordinaire comme elles sont belles au cinéma. Ah, oui, là c'est vrai, je me fais un film. J'en finis même par ne plus voir la réalité de ma femme...

Liberté du choix...Quelle fumisterie. Il faudrait déjà exister intérieurement pour pouvoir prétendre faire un choix. Car enfin, qui choisit ? Qui est là pour choisir ? Un individu lucide, conscient, éveillé ou une machine qui se remplit de carburant pour croire qu'elle avance par elle-même ? Qui lui donne ce carburant ? Les autres ? Des individus endormis qui fonctionnent avec le même carburant ? Ah, non, ceux-là sont propriétaires des pompes à carburant. Mais ils sont tout aussi endormis. C'est juste qu'ils ont appris à en profiter davantage et à se servir de ceux qui restent juste attachés à ce désir immodéré de remettre sans cesse du carburant. Hiérachie dans le sommeil et dans les addictions. Il y a les dealers camés et les camés tout court.

Le choix de se croire libre est par conséquent une auto mutilation. Je coupe en moi le lien qui me rattachait à mon âme et je "décide" de me soumettre à mon mental. Ca n'est évidemment pas une décision réfléchie mais juste un abandon par conditionnements. C'est pour cela qu'il faut bénir les drames. Ils sont la plupart du temps les seuls évènements susceptibles de réveiller les individus. Il y aura toujours ceux qui regretteront infiniment le temps du grand sommeil et de la multiplicité des pompes à carburant. Bon, tant pis. Peut-être ont-ils besoin de revenir pour un autre passage...Va savoir.

Et puis, il y a ceux ou celles qui ne peuvent plus dormir. Parfois même réellement. Ils vont aller marcher pendant des jours et des nuits. Mûs par une énergie inconnue qui les brûle intérieurement.

Il y a aussi ceux ou celles qui vont s'apitoyer en disant qu'il n'y a rien à faire, "que c'est comme ça ma pauvre dame, que la vie est dure, ah la la, pensez donc, il n'était pas bien vieux encore, partir comme ça, si vite alors qu'il allait être grand-père, c'est vraiment trop dur, et vous avez vu sa pauvre Ginette comme elle a l'air de s'en fiche, vraiment quelle honte."

Bon, on connaît...Et puis quand ça leur tombe dessus et bien ces personnes-là seront des victimes parfaites, elles tiendront leur rôle à la perfection, avec un professionalisme indéniable, comme si elles avaient attendu ça toute leur vie, LE grand rôle. "C'est comme ça, que voulez-vous, mais je suis courageux, je ne me plains pas même si je dois aller chez le docteur trois fois par semaine et deux visites à l'hôpital et que personne ne me fait les courses, mes enfants ne viennent même pas, vous vous rendez compte, avec tout ce que j'ai fait pour eux, mais bon, je ne me plains pas, c'est dur mais je peux y arriver même si avec l'hiver qui arrive, je sais que les journées seront longues tout seul et patati patata...Pas le choix, c'est comme ça ma pauvre dame, c'est même Dieu qui l'a voulu mais je vais à la messe quand même. Y'a rien d'autre à faire."

Bon, là, effectivement, l'absence de choix est vécu comme une opportunité. Pas question d'aller voir à l'intérieur ce qui se passe. L'environnement occupe toute l'énergie dépensée.

Et alors, qu'en est-il de cette liberté existentielle ?

On a donc les endormis qui se gavent de carburant. Liberté existentielle : néant.

On a aussi les victimes qui adorent leur statut de victimes. Liberté existentielle : néant.

On a aussi les traumatisés qui ne cherchent pas à se plaindre parce qu'ils ont basculé dans un espace qu'ils ne connaissaient pas et qui se révèlent absolument fabuleux. Liberté existentielle : en cours d'apprentissage.

Ces derniers possèdent-ils un libre arbitre ? Non, bien entendu étant donné que leur évolution est dictée par un évènement indépendant de leur volonté. Mais il y a une différence essentielle. ILS LE SAVENT.

Dès lors, il y a une observation lucide qui s'installe, celle que j'appelle "le juste milieu".

A mon sens "le cul entre deux sièges" est l'état d'une personne n'ayant pas réussi à faire un choix. Elle reste donc torturée par son indécision, hésitant constamment à prendre une direction définie et souffrant de son incapacité à le faire. A peine partie dans un sens, elle regrette déjà son élan et s'arrête, souffrant aussitôt d'être revenue au point de départ, là où pour elle il n'y a que le chaudron bouillant dans lequel elle cuit sans comprendre que les flammes sont attisées par sa propre errance.

Le juste milieu représente à mon sens, non pas la capacité à rester au centre du carrefour sans prendre de décision mais la capacité à ne pas s'identifier à la décision qui a été prise. Le juste milieu est l'endroit duquel l'individu peut observer ses actes sans être lui-même les actes. C'est un état d'observation qui fait que l'on peut entretenir la lucidité nécessaire à l'analyse de ce qui est entrepris. Je ne suis pas ce que je fais. Je ne suis pas ce que j'ai décidé de faire. Je le gère mais sans être emporté dans le flot d'émotions, de ressentis, que cela génère.

Pour ne pas couler au milieu de l'océan, il ne sert à rien de nager, il faut faire la planche et observer, saisir chaque instant en se libérant de l'activité. Le nageur aura systématiquement le cul entre deux chaises en décidant de prendre une direction puisqu'il ne sait pas vers où il va. Il va dépenser une énergie considérable à nager et dès lors il ne peut pas s'observer.
Le "planchiste" se laisse porter en mesurant ses efforts et en restant réceptif à tout ce qui l'entoure. Les courants l'entraînent mais ça n'a aucune importance étant donné qu'il ne sait pas vers où il faut aller. Il est donc inutile d'y penser. Agir dans le non-agir revient donc à être inscrit dans le juste milieu.

Il ne s'agit nullement de rester inerte au carrefour d'une décision à prendre. Le juste milieu consiste à ne pas devenir la décision...Chaque fois qu'une préoccupation trop vive nous saisit et que celle-ci implique une décision à prendre nous restons bien nous-mêmes évidemment mais nous ne sommes plus avec nous-mêmes. Nous nous perdons de vue dans les évènements extérieurs. Comme si les actes nous engloutissaient. Ca peut devenir de la colère, des regrets, de la rancoeur, de la jalousie ou du bonheur mais quelques soient les effets, si nous nous perdons de vue, il n'y a plus d'observateur, nous sommes devenus ce que nous faisons. Le juste milieu consiste à ne pas nous identifier à cette décision. Il s'agit donc de continuer à analyser les évènements, avec lucidité et si une autre direction s'impose, il n'y a aucun regret à avoir, il serait inutile de continuer à se fourvoyer, par prétention ou entêtement. Le juste milieu est à la source de la lucidité. Il ne s'agit pas de rester indécis et de refuser l'engagement. Il faut s'engager. Mais celui qui s'engage dans une voie ne devient pas la voie. Il reste une entité homogène.

Le juste milieu est une observation de ce que nous faisons. Comme si nous prenions de la hauteur en fait, que nous installions une vision macroscopique de nos actes au lieu de nous étourdir de ces actes eux-mêmes.

Le libre arbitre existe dans la dimension du juste milieu. Non pas qu'il y ait pour autant une liberté totale et inconditionnelle des choix mais il existe une conscience réelle de la raison de ces choix et ensuite une absence d'identification à ces choix. L'individu reste dans un état d'observation. Il ne dort plus et l'énergie intérieure est son seul carburant.

LES ÉGARÉS (roman) 9

Par Le 24/02/2012

LES ÉGARÉS 

Extrait

 


 

"Deux ans après la mort de Christian. 

Le poids de cette culpabilité ineffaçable.

 

Les douleurs dans sa jambe étaient réapparues avec une violence effroyable. Il avait suffi de quelques jours. Une angoisse épouvantable, une peur primale, le goût abject de la pourriture dans son corps. Ils étaient dans les Landes, fin de l’été. Il avait voulu sortir un vélo de la soute du camping car. Une douleur insoutenable, il avait failli tomber, le souffle coupé, comme un coup de sabre, le dos découpé par une lame affilée.

La visite chez le médecin du village. Un diagnostic sans appel, il fallait rentrer, passer des examens. Leslie avait conduit. Il était resté allongé, avec cette certitude que la mort l’avait retrouvé, qu’elle avait décidé d’en finir avec lui, qu’il avait laissé passer sa chance, que la vérité intérieure ne s’éveillerait jamais et qu’il devait payer son aveuglement par une condamnation sans appel. La certitude que cette fois il allait succomber. 

 

Trois hernies.

 

Celle déjà opérée s’était inexplicablement reconstituée, deux autres l’accompagnaient dans une œuvre destructrice, une déliquescence paralysante, une gangrène camouflée, une hargne irréductible. Un tueur à ses trousses depuis tant d’années. Une vie à s’enfuir et cette fois une impasse, plus aucune issue, le tueur est blasé, cette fois, il est là pour finir le travail et prendre un autre contrat. 

Morphine. Les retrouvailles. Le film relancé comme une boucle infâme qui resserre son étau, le nœud autour de son âme, la vie étranglée, l’air qui commence à manquer et la peur, cette peur ranimée, qui ronge, obsède, tourmente, sans relâche, sans aucune pause, il aurait voulu hurler cette douleur infinie déboulant dans son crâne, dans ses fibres, dans ses cauchemars, dans ses sanglots. Pourquoi ? Pourquoi cet acharnement ? Au-dessus de sa tête la lame tranchante de la guillotine, le filament décharné qui retenait le couperet, il suait de peur, de désespoir, d’incompréhension, ce goût immonde de la mort dans sa bouche, cette puanteur âcre du corps qui pourrit dans la tombe, les noirceurs insondables du néant, il imaginait l’errance éternelle de son âme torturée, l’absence de réponse comme une peine capitale. Il devait comprendre, il y avait forcément une explication. Il le sentait. Comme une main tendue au-dessus de la vase des traumatismes enfouis.

On lui parlait parfois, la nuit surtout, une voix étrange, délicate, rassurante, elle semblait descendre en lui par un canal indéterminé, une porte inconnue, une brèche infime dans les murs titanesques de ses refoulements morbides.

 

 

« Tu n’es pas un assemblage de pièces qu’il faudrait constituer mais une image morcelée dont tu ne vois pas l’étendue. Ça n’est qu’une question de lucidité.»

 

Il n’en disait rien.

 

Le chirurgien. Il avait espéré ne jamais le revoir, ne jamais retrouver ce parfum irritant des désinfectants, ces lumières glauques dans les couloirs souterrains, le bloc opératoire comme une salle de torture, la voix mielleuse de l’anesthésiste qui vous dit de vous laisser aller alors que vous ne savez pas si vous allez revenir, la chambre de réveil, l’angoisse des membres paralysés.

 

« Pour résumer simplement l’opération que j’envisage, il va falloir ouvrir au niveau ventral, dégager en partie les intestins pour accéder à la colonne vertébrale, on visse une plaque après avoir cureté les disques, puis on ouvre au niveau du dos pour aller placer une plaque identique et on boulonne les deux. Comme vous n’aurez plus de disques vertébraux, ce système va bloquer la colonne et vous protègera définitivement. Trois heures d’opération devraient suffire.»

 

L’envie furieuse de se lever du brancard et de s’enfuir en courant, cet homme était fou, il le prenait pour une marionnette qu’on éventre, qu’on scelle dans des étaux et qu’on recoud avant de la rejeter à la rue, il n’avait vu dans la proposition qu’une expérience intéressante pour l’homme en blanc, dans ses yeux pétillants le plaisir pervers de tenir un cobaye.

Il avait dit à Leslie de le sortir de cette cage immonde, ils étaient rentrés et le calvaire avait duré.

Des jours et des nuits de tortures incompressibles, des torsions de muscles irradiés, des nerfs lacérés, son corps qui maigrit, se décharne, disparaît dans la fange vorace des cauchemars éveillés, son esprit aimanté par l’écrin de la tombe, cet ultime refuge, cette paix acquise qui le tentait, les vers grouillant dans son corps éteint le terrorisaient moins que ces décharges électriques vrillant ses fibres, une guerre sans merci, un champ de bataille, seul au milieu d’une terre ravagée, des assauts incessants, la fureur des combats, les crampes comme des barbelés arrachant les chairs, tenir, résister, s’enfouir sous les draps comme au fond d’un trou, ces éclats d’obus qui le déchiraient, ces spasmes, ces sursauts à chaque blessure, la guerre en lui, son corps envahi, impossible de fuir.

Il était son propre ennemi.   

 

La détresse de Leslie. Cette absence de solution devait la détruire autant qu’elle le rongeait de l’intérieur, ses traits tendus, la peur dans ses yeux, des paroles gênées comme si la douleur créait une distance, elle ne savait plus quoi dire.

 

Il étouffe.

Une immense goulée d’air.

Il s’assoit sur le grain rugueux d’une pierre ronde.

Il aurait pu tout perdre. Il est passé si près. Cette boîte de morphine qu’il a tournée dans ses mains pendant des heures ... Vingt comprimés et le calvaire aurait pris fin. Il sait que la douleur l’avait enfermé dans un cachot sépulcral, que le couvercle de la tombe menaçait de se fermer à chaque battement de son cœur, que son écoeurement de la vie aurait pu l’emporter.

 

Il pleure et les paysages fragmentés par les larmes embuant ses rétines sont des kaléidoscopes féeriques qui le ravissent, tout cet amour coulant de l’Univers, toute cette vie qui l’entoure, toute cette vie qui l’anime, cette connivence qu’il a découverte, il aurait pu tout perdre mais cette vibration insoumise qu’il percevait parfois, noyau vital résistant aux assauts incessants de la douleur barbare, cette palpitation comme un cœur d’étoile, il ne pouvait l’abandonner, il était impossible de l’ignorer, de la laisser couler dans le néant putride de la mort souveraine. Quand Leslie, le matin, ouvrait les volets et qu’il découvrait le ciel du fond de son lit il pleurait les espaces perdus. Mais cette simple fissure dans le mur compact de ses souffrances érigées suffisait à insuffler le germe d’un sursis, l’esquisse d’un bourgeon de vie et les heures de tourmente, les tortures ressassées ne ravageaient jamais complètement cette terre fertile, cet espace d’amour qui le sauvait.

L’amour. Il sait ce qu’il lui doit. L’amour pour Leslie, l’amour pour les enfants, l’amour pour la Terre, l’amour pour ses parents.

Ses parents. Ils avaient déjà tellement souffert. La mort de Christian. Il les imaginait rongés de détresse à mille kilomètres de son supplice, ce désespoir dans leurs voix éteintes lorsqu’ils appelaient au téléphone, cet abattement gorgé de larmes, cette incompréhension désespérante devant cet acharnement de la vie à violenter leur amour parental. Ils avaient déjà tellement souffert. Les cendres de l'aîné dispersées en mer. Leur deuxième fils en sursis. Leslie tentait de les rassurer.

 

Les nuits sans sommeil, quelques cessez-le-feu épisodiques, l’observation inquiète des horizons éteints, les embrasements suspendus, les odeurs âcres des sueurs, des morves séchées, des peaux talées, les cheveux collés … Juste un répit. Il tentait de récupérer, se laisser porter par l’épuisement, flotter entre la surface lumineuse et les fonds obscurs, les yeux clos, le corps immobile, essayer de relâcher les résistances, les nœuds enflammés par les heures de lutte, respirer profondément et que l’air absorbé liquéfie les crampes, emporte les acides, purifie les tranchées ravinées, les artères souillées, les muscles brisés, arracher de son corps la boue solidifiée des douleurs.

Remonter à la source du conflit, identifier les forces en présence, analyser les raisons du désastre. Comprendre, chercher une issue, ailleurs que dans les réseaux médicaux, on voulait l’éventrer, en période de guerre, les chirurgiens ne font pas de détails.

Il était en guerre.

 

« A 50%, le risque c’est le fauteuil roulant, à 25% la paralysie de la jambe gauche, il reste 25% de chances que l’opération réussisse. »

Leslie lui avait fait part de ce commentaire du chirurgien dans le couloir, il ne considérait finalement que l’opération et pas l’individu, le geste chirurgical était évalué en pourcentage. Pas la vie de l’homme.

Il n’irait pas.

Plutôt mourir. 

 

Le rêve. Une voix qui lui parle. Au cœur d’un halo bleuté.

 

« Ce que tu vois n’est pas la vérité. Ca n’est qu’une image. Ton âme sait où elle va. »

 

Il n’en parlait pas.

Peut-être la morphine et pourtant cet amour ineffable, incommensurable. La lumière l’aimait, des auras bleues qui dansaient devant ses yeux émerveillés. La notice du médicament, les effets secondaires, une liste redoutable mais pas d’hallucinations. Une incompréhension totale. Habituellement, ses rêves disparaissaient au réveil. Rien, aucun souvenir. Celui-là perdurait et l’enlaçait de douceur. Comme un baume d’amour.

Une caresse d’ange.

 

 

Et puis.

L’apparition d’Hélène.

Un conseil d’une amie, une médium magnétiseuse, Leslie avait pris rendez-vous. Il avait étouffé les douleurs en triplant les doses de morphine. Se lever, marcher en traînant la jambe gauche, elle ne réagissait plus. Elle l’avait soutenu jusqu’à la voiture. Plus rien à perdre.

Une petite maison dans la montagne, un jardin très soigné, des volets et un portail violets.

Hélène en haut de l’escalier. Ce premier regard. Inoubliable. Tellement de force et tellement d’amour. Elle avait demandé à Leslie de les laisser. Elle lui téléphonerait quand ça serait fini. Il s’était effondré sur une banquette moelleuse. Les effets de la morphine qui s’estompaient, la terreur des douleurs à venir, tous ces efforts qu’il allait devoir payer. Une petite pièce lambrissée, aménagée pour la clientèle, des bougies parfumées, quelques livres. Ils avaient discuté, quelques minutes, tant qu’il pouvait retenir ses larmes puis elle l’avait aidé à se déshabiller.

 

« Je vais te masser pour commencer. Tu as besoin d’énergie. »

 

Il s’était allongé en slip sur une table de kiné.

Les mains d’Hélène. Une telle chaleur.

Elle parlait sans cesse. D’elle, de ses expériences, de ses patients, elle l’interrogeait aussi puis elle reprenait ses anecdotes, des instants de vie.

 

« Tu veux te faire opérer ?

- Non.

- Alors, il faut que tu lâches tout ce que tu portes. »

 

Il n’avait pas compris.

Elle avait repris son monologue, son enfance, ses clients, ses enfants, son mari, son auberge autrefois, maintenant la retraite, quelques voyages. Et tous ces clients. De France, de Suisse, de Belgique, de la Réunion … Elle n’avait rien cherché de ses talents. Ils étaient apparus lorsqu’elle avait huit ans, une totale incompréhension, des auras qui lui faisaient peur et puis elle avait fini par comprendre, nourrie par des révélations incessantes descendues en elle comme dans un puits ouvert.

 

Des auras … Les rêves qui habitaient ses nuits. Interrogations. Lui aussi ?

 

Les mains d’Hélène, sa voix, la chaleur dans son corps, ce ruissellement calorique. L’abandon, l’impression de sombrer, aucune peur, une confiance absolue, un tel bien-être, des nœuds qui se délient, son dos qui se libère, comme des bulles de douleurs qui éclatent et s’évaporent, une chaleur délicieuse, des déversements purificateurs, un nettoyage intérieur, l’arrachement des souffrances enkystées, l’effacement des mémoires corporelles, les tensions qui succombent sous les massages appliqués et la voix d’Hélène.

 

« Tu sais que tu n’es pas seul ?

- Oui, je sais, tu es là.

- Non, je ne parle pas de moi. Il y a quelqu’un d’autre. Quelqu’un que tu portes et tu en as plein le dos. Il va falloir que tu le libères. Lui aussi, il souffre. Vous êtes enchaînés.»

 

Il n’avait pas encore parlé de Christian.

 

Les mains d’Hélène, comme des transmetteurs, une vie insérée, les mots comme dans une caisse de résonance, des rebonds infinis dans l’antre insondable de son esprit, une évidence qui s’impose comme une source révélée, l’épuration de l’eau troublée, les mots comme des nettoyeurs, une sensation d’énergie retrouvée, très profonde, aucun désir physique mais une clairvoyance lumineuse, l’impression d’ouvrir les yeux, à l’intérieur, la voix qui s’efface, un éloignement vers des horizons flamboyants, il vole, il n’a plus de masse, enfin libéré, enfin soulagé, effacement des douleurs,  un bain de jouvence, un espace inconnu, comme une bulle d’apesanteur, un vide émotionnel, une autre dimension, les mains d’Hélène qui disparaissent, comme avalées doucement par le néant de son corps, il flotte sans savoir ce qu’il est, une vapeur, plus de contact, plus de pression, même sa joue sur le coussin, tout a disparu, il n’entend plus rien, il ne retrouve même pas le battement dans sa poitrine, une appréhension qui s’évanouit, l’abandon, l’acceptation de tout dans ce rien où il se disperse, le silence, un silence inconnu, pas une absence de bruit mais une absence de tout, plus de peur, plus de douleur, plus de mort, plus de temps, plus d’espace, aucune pensée et pourtant cette conscience qui navigue, cet esprit qui surnage, comme le dernier élément, l’ultime molécule vivante, la vibration ultime, la vie, il ne sait plus ce qu’il est, une voix en lui ou lui-même cette voix, la réalité n’est pas de ce monde, il est ailleurs, il ne sait plus rien, un océan blanc dans lequel il flotte mais il n’est rien ou peut-être cet océan et la voix est la rumeur de la houle, l’impression d’un placenta, il n’est qu’une cellule, oui c’est ça, la première cellule, le premier instant, cette unité de temps pendant laquelle la vie s’est unifiée, condensée, un courant, une énergie, un fluide, un rayonnement, une vision macroscopique au cœur de l’unité la plus infime, des molécules qui dansent.

Où est-il ?

Fin du Temps, même le présent, comme une illusion envolée, un mental dissous dans l’apesanteur, ce noir lumineux, pétillant, cette brillance éteinte comme un univers en attente, concentration d’énergie si intense qu’elle embrase le fond d’Univers qui l’aspire, la vitesse blanche, la fixité noire, la vitesse blanche, la fixité noire, le Temps englouti dans un néant chargé de vie, une vie qui ruisselle dans ses fibres, des pléiades d’étoiles qui cascadent, des myriades d’étincelles comme des galaxies nourricières dans son sang qui pétille.

 

 

Il est sorti en marchant.

Que s’est-il passé ?

Aucune réponse.

Il ne sait rien.     

 

Il se souvient d’Hélène qui l’embrasse sur le front alors qu’il est encore allongé. Il n’arrive pas à ouvrir les yeux. Comme l’abandon refusé d’un espace scintillant et la plongée douloureuse dans la lumière sombre de sa vie réintégrée.

Il aurait préféré ne jamais revenir.

 

 

Un filet d’eau qui sourd entre deux roches. Il remplit la gourde.

 

Il n’a jamais compris. Aucune explication rationnelle. Hélène n’en donnait pas.

 

« Moi, je n’ai rien fait, disait-elle avec son habituel sourire. Juste un transfert d’énergie mais cette énergie, c’est toi qui t’en sers ou qui la rejettes. Je n’ai fait qu’initier la guérison que tu portais. Tu étais au bout du rouleau, tu n’avais pas le choix, il fallait bien que tu comprennes.

- Mais comprendre quoi Hélène ? Je ne comprends rien.

-Ton mental ne comprend rien mais celui-là on s’en moque. C’est l’être réel qui importe. Et celui-là a tout compris ou ton âme si tu préfères. Laisse ton mental régler les problèmes quotidiens, c’est son travail. Mais pour le reste, c’est une question d’âme. »

 

Rien de plus.

 

Son médecin parlait de « chance. » La même incompréhension. Dans le cabinet médical. Il observait une nouvelle fois les radios, les hernies aussi visibles qu’une tumeur, « des œufs de moineau, » avait-il dit, le nerf sciatique englobé dans une fibrose solidifiée, l’inévitable opération et pourtant la disparition des symptômes.

Il était venu à pied, un besoin irrépressible de marcher.

 

« Ça vaudrait le coup que tu repasses un scanner Yoann, pour voir où sont passées ces trois hernies.

- Ca ne m’intéresse pas, elles ne sont plus là, c’est tout, je le sens bien, je n’ai pas envie de concentrer mes pensées sur elles. Je m’en suis libéré, inutile de les rappeler.

- Mais tu sais aussi bien que moi que c’est impossible. Quand elles sont aussi installées, rien ne peut les faire rentrer dans leur logement, c’est écrasé et c’est tout, il faut les enlever.

- Ça, c’est le point de vue de la médecine, pas celle de mon corps, ni de mon esprit. Je ne sais pas ce qu’Hélène a réussi à faire mais en tout cas, ces hernies ne sont plus là. C’est tout ce qui compte.

- Je n’y comprends rien. Je n'ai jamais vu ça.

- Y’a rien à comprendre. Ça obligerait à y penser et c’est du passé. Là, maintenant, je marche. C’est ça qui m’importe. »

 

Quatre rechutes. Violentes. Hélène l'avait prévenu. Des crises qui le laissaient hagard mais une étrange compassion envers son corps. Il n’était plus un ennemi mais juste le porteur d’une douleur. Il n’y était pour rien, la source était ailleurs. Il n’était pas sa douleur, il ne s’identifiait plus à elle, il savait qu’elle n’était qu’une intruse à laquelle il avait ouvert la porte et que si elle était parvenue à entrer, il existait nécessairement la possibilité qu’elle s’en aille.

Qu’il lui donne l’autorisation de le quitter.   

Il n’avait plus besoin d’elle pour exister.

L’impression d’entendre tomber autour de lui les murs ébranlés de sa geôle. Bloc après bloc, des coups de bélier répétés, les horizons qui s’ouvrent.

 

Hélène. Trois autres visites. Des heures entre ses mains, des plongées intérieures, des flux d’énergie, des mots comme des scalpels, tranchant les vieilles écorces, les armures invalidantes, des paroles chirurgicales, affûtées, une précision infaillible, il ne résistait plus, une évidence. La vérité.

 

« Comment veux-tu que ton dos vous porte tous les deux ? Il ne peut pas supporter un tel fardeau. Il faut que tu le poses. Christian aussi en sera libéré. Il ne peut pas partir puisque tu le retiens. Il n’a pas décidé d’être là, c’est toi qui l’emprisonnes avec tes regrets, ta culpabilité, ton identification. Tu n’existes qu’à travers cette histoire et profondément, là où ton mental se perd, tu crois que tu ne peux pas vivre sans ce passé. Tu t’y accroches comme une huître à son rocher. C’est inconscient bien entendu mais les dégâts sont gigantesques. Tu n’es pas là, dans l’instant, tu vis ailleurs, dans une dimension psychologique et ton corps n’en peut plus. »

 

Il écoutait sans aucun refus, sans aucune résistance, c’était impossible de ne pas admettre la vérité.

 

« La première fois que tu es entré, Christian était là, je le voyais, tu le portais, une âme violette, alourdie elle aussi, vieillie par ta propre souffrance, vous êtes tous les deux des victimes et il n’y a que toi qui puisses vous libérer. Christian attend que tu l’autorises à partir en abandonnant la culpabilité que tu traînes et qui le rattache à toi. Il a besoin que tu t’éveilles, il sait que tu souffres et il s’en veut. Son âme est emprisonnée dans ton histoire. »

 

Il n’en avait rien dit à Leslie, ça n’était pas racontable.

Un regret. Ca n’est pas elle qui ne pouvait pas comprendre mais lui qui ne savait pas en parler. Comme une honte aussi. Tout ce gâchis.

 

« Inutile de regretter. »

Hélène.

« Tu ne pouvais rien prévoir. Ça ne t’appartenait pas. C’est le chemin que tu as choisi. Il y a longtemps. Cette vie est nécessaire pour ton évolution. Elle n’appartient pas à ton mental mais à ton âme. »

Impossible à comprendre. Et il ne fallait pas chercher à comprendre. Pas avec le mental.

« Les choix de l’âme peuvent paraître redoutables mais elle sait où elle va, elle sait ce dont elle a besoin. Laisse faire. »

 

Laisser faire. Il s’y était attaché. Lâcher les résistances. Cette impression d’être conditionné, influencé, manipulé, il avait essayé d’admettre l’idée que c’était nécessaire, qu’il était inutile de lutter, que tout avait un sens. Même s’il ne le comprenait pas, que ça finirait par le mener quelque part, qu’un nouvel espace s’ouvrirait un jour. C’était peut-être déjà le cas avec cette guérison miraculeuse. L’âme en avait besoin même si le mental en souffrait. Et qu’il trouvait dans cette souffrance une identification qui le servait.

Des jours et des nuits de pensées ressassées, un chaos étrange, comme si dans ce fatras existait une volonté cachée, un cheminement désiré. Christian, l’hôpital, la douleur, les hernies, le goût de la mort. Aucun hasard là-dedans, un chemin de croix pour grandir. Le choix de l’âme à laquelle il appartenait.

Accepter, laisser faire.

 

« Quand tu les comprends, les choses sont ce qu’elles sont. Quand tu ne les comprends pas, les choses sont ce qu’elles sont. »

Hélène. Elle devait apparaître, c’était nécessaire et déjà établi.

Un plan minutieusement élaboré.

 

Ces marches la nuit, ce magma de forces en lui, impossible de dormir, une lampe frontale lorsque la nuit était trop sombre et parfois cette impression que le sol s’éclairait sous ses pas, une luminescence de la terre, des marées de questions sur le rythme de ses pas, il devinait des jaillissements d’énergie au bout de ses doigts. Dieu. Il n’aimait pas le nom, les hommes l’avaient tellement souillé.

L’Un.

Etait-ce lui qui avait programmé un chemin aussi douloureux ? Connaissait-il déjà l’issue ? Hélène avait-elle été le fil conducteur de ses intentions ? Un canal d’énergie. C’était au-delà de la raison. Personne ne comprenait cette rémission. Cette magie des pas qui se succèdent, ce sourire intérieur qui ne le quittait plus, cette joie incompressible, inaltérable, cette chaleur dans son corps, comme un noyau en fusion. Un flux vital libéré, comme si la raison éteinte ne pouvait plus maintenir enfermée la conscience du lien. Une connexion indescriptible.

La vie pouvait-elle souffrir des errances du mental au point de se détruire ? N’était-ce pas son amour retrouvé de cette vie qui avait permis la guérison ? Cette épuration de son mental, l’éveil de sa conscience, l’abandon, l’acceptation, tout ce qu’il avait découvert. La vie pouvait-elle se guérir ? Aucune intervention divine. Juste le flux vital qui se nourrit de l’amour qu’on lui porte.

 

Et ce rêve. Sans que le mot ne convienne, il aurait fallu un autre terme, une rencontre, un message, un contact, une bénédiction, un médecin aurait parlé de rêve, un psychiatre aurait dit hallucination ou délire, il n’en parlait pas, c’était inutile.

Des bulles bleues, phosphorescentes, il flottait dans un océan de plénitude, aucun mouvement, juste les arabesques lentes de ces entités lumineuses. Des voix qui résonnaient en lui, des murmures susurrés doucement dans son âme, il ne se voyait pas mais il était là, c’était lui, une présence, et des myriades d’esprits qui l’enlaçaient, il savait bien que ça n’était pas que des bulles, c’était vivant, animé, un rayonnement d’amour, des auras câlines.

 

« Tu n’es pas au fil des âges un amalgame de verbes d’actions conjugués à tous les temps humains mais juste le verbe être nourri par la vie divine de l’instant présent. »

 

La phrase inlassablement répétée, comme glissée en lui, coulant dans son âme comme une délivrance, une certitude, une naissance, oui, c’était ça, une naissance.

Convaincre

Par Le 24/02/2012

Une discussion sur un forum laissait entrevoir l'impression que mes écrits portaient en eux un désir de convaincre mes lecteurs et qu'ils étaient trop complexes pour ne pas éviter un sentiment "sectaire" ou en tout cas l'impression que je détenais la "vérité" et que je ne laissais pas assez d'amplitude dans les réflexions.

Très troublant pour moi.

J'ai passé la journée à y réfléchir.

Bien entendu, un parallèle s'est fait avec les réponses des éditeurs qui considèrent que mes écrits ne sont pas assez accessibles.

J'ai essayé de remonter à la source du problème. Effectivement, je lutte contre un mouvement de pensées que je perçois comme une machinerie dont beaucoup n'ont pas conscience. La rupture en moi n'est pas de mon fait. Elle s'est imposée. Trois hernies discales et une paralysie de la jambe gauche, deux opérations similaires antérieures et ratées. Il y avait en moi un total désoeuvrement, un désespoir absolu, l'impossibilité d'entrevoir la moindre issue étant donné que la science était impuissante à comprendre le phénomène d'un point de vue mécanique. Elle ne risquait pas de m'aider d'un point de vue existentiel.

Et puis j'ai rencontré Hélène. Une médium magnétiseuse. Quatre heures entre ses mains, quatre heures à l'écouter, à recevoir ce que je refusais jusque là de comprendre. J'aurais pu rentrer chez moi en courant...

Quelques nuits auparavant, il y avait eu ces auras bleutées qui me parlaient. "Laisse la vie te vivre, elle sait où elle va." Aucune explication.

Après la première séance avec Hélène, j'ai passé des jours et des nuits à marcher. Une brûlure constante dans ma tête, des flots de pensées, comme des marées d'une force incommensurable. De la chaleur jusque dans mes yeux, l''impression de voir jaillir des étincelles au bout de mes doigts, des phénomènes inexplicables. Une impression constante d'avoir basculé dans une autre dimension dont j'ignorais absolument tout.

J'ai recommencé à écrire. J'écrivais depuis mes années de lycée. Mais là, tout était différent. Je ne réfléchissais pas, c'était là, en moi, je n'avais juste qu'à mettre tout ça en mots, construire un cheminement, comme un puzzle que je devais reconstituer. J'avais toutes les pièces mais tout était mélangé par l'effervescence permanente qui s'agitait en moi. Je marchais la nuit pour rentrer à l'intérieur, au plus profond.

J'ai écrit "Noirceur des cimes" en neuf mois puis j'ai recommencé "Ataraxie" et "Jusqu'au bout", des milliers d'heures à écrire avec cette impression merveilleuse de posséder enfin la "musique" que je cherchais vainement depuis si longtemps. Puis est venu "Les Eveillés"... Et puis "Jarwal le lutin". Le tome 1 puis le tome 2 puis le tome 3...

Il y aura ce soir avec celui-ci 600 articles sur mon blog. Et je pourrais ne pas m'arrêter d'écrire si j'en avais la possibilité. 

Tout ça pour expliquer que ça n'est pas "moi" qui écrit...Aussi fou que ça puisse paraître. C'est quelque chose qui m'a été donné. Je ne sais pas par qui, ni pourquoi. Je ne cherche pas à convaincre. Je donne ce qui m'a été donné avec une force que personne ne comprend.

Je cours, je skie, je fais du vélo, je joue au tennis, je tronçonne mon bois de chauffage. J'ai eu cinq hernies discales...J'avais une jambe paralysée. Les trois dernières hernies n'ont pas été opérées. Elles ont disparu alors que c'est physiologiquement "impossible"...Pour la science.

Je comprends des livres que je n'avais jamais compris, je pleure en écoutant le silence des montagnes alors que j'avais passé des années à y courir sans rien y voir sinon ma prétention à réaliser des performances physiques.

La marée de pensées ne s'est jamais arrêtée. Elle me porte toujours.

Il y a parfois en moi une urgence à écrire et si dans l'instant ça n'est pas possible, j'en ressens une réelle souffrance. Comme si "ça" devait sortir.

Alors, oui, il est possible que tout ça paraisse dirigiste, sans nuances, étroit, ésotérique, sectaire, "New Age"...

Je n'y peux rien. Je ne choisis pas. Je fais avec ce qu'on me donne. Je ne suis qu'un transmetteur et je ne me considère pas comme un écrivain, ni comme un philosophe, ni comme un spiritualiste, ni comme un mystique parce que ça signifierait que tout ça m'appartient.

Rien n'est à moi. C'est à la Vie. Elle se sert de moi et je la bénis.

Complot

Par Le 24/02/2012

Pas la peine que je commente...Juste passionnant.

Insubordination et obéissance

Par Le 24/02/2012

« Je pense depuis longtemps que si un jour les méthodes de destruction de plus en plus efficaces finissent par rayer notre espèce de la planète, ce ne sera pas la cruauté qui sera la cause de notre extinction, et moins encore, bien entendu, l’indignation qu’éveille la cruauté, ni même les représailles et la vengeance qu’elle s’attire, mais la docilité, l’absence de responsabilité de l’homme moderne, son acceptation vile et servile du moindre décret public. Les horreurs auxquelles nous avons assisté, les horreurs encore plus abominables auxquelles nous allons maintenant assister, ne signalent pas que les rebelles, les insubordonnés, les réfractaires sont de plus en plus nombreux dans le monde, mais plutôt qu’il y a de plus en plus d’hommes obéissants et dociles. »

Georges BERNANOS.

L'écran

Par Le 23/02/2012

"Prenez l'exemple des images animées sur un écran de cinéma. Qu'y a-t-il en face de vous avant que le spectacle ne commence ? Seulement l'écran. C'est sur cet écran que vous regardez tout le film et à première vue, les images sont bien réelles. Mais si vous allez essayer de les saisir, qu'allez-vous toucher ? Seulement l'écran sur lequel ces images paraissaient si réelles. Après le spectacle, lorsque les images disparaissent, que reste t-il ? Seulement l'écran, de nouveau.

Il en est de même pour le Soi.

Cela seul existe.

Les images vont et viennent. "

 

Ramana Maharshi.


Attention et concentration

Par Le 23/02/2012

 

"Y a-t-il appellation plus fausse que celle de notre monde occidental baptisé à tort "société de consommation" alors même que rares sont ses membres pouvant prétendre avoir "consommé" quoique ce soit au sens PREMIER du terme : du latin "consummare", faire la somme, mener une chose au terme de son accomplissement, achever, couronner, parfaire, sinon leur propre délabrement intellectuel et spirituel.

La quantité d'excitations imposées, bon gré mal gré, à nos sens saturés nous barre souvent l'accès à une certaine perfection. La multiplication sans fin des expériences supplante la qualité et l'approfondissement sans pour autant éliminer refoulement et frustration. "

 Gilles FARCET


 

« Si vous faites attention, vous ne pouvez pas être concentrés. »

Un travail en classe sur cette idée que l’attention est une nécessité.

« Fais attention quand tu écris, quand tu calcules, quand tu apprends ta leçon…! »

Et bien non justement. L’attention est source de dispersion et elle est très représentative du fonctionnement actuel de ce monde « moderne. »

Lorsque nous faisons attention, nous sommes à l’écoute de tout ce qui nous environne, dans un florilège de perceptions liées à nos sens, attentifs justement à ne rien laisser passer, une discussion, un bruit, un mouvement, tout ce qui peut nous remplir de cette activité ambiante, une espèce de « caméra sensorielle », capable de distinguer le moindre déplacement, le moindre son, la moindre odeur, le moindre frôlement. Il faut imaginer un réseau routier sur lequel notre attention bifurquerait anarchiquement.

La concentration implique au contraire l’établissement d’un horizon limité, une interdiction de changer de chemin, comme si une voie unique était tracée et qu’elle devait être empruntée sans aucune interférence, dans le refus de toutes perceptions étrangères, une lobotomie sensorielle, uniquement attachée à la validation du travail entamé. Il n’y a qu’un objectif et rien ne doit s’y greffer.

Le silence et la solitude sont des alliés de choix.

Il me semble que cette fameuse attention est très représentative de cette dispersion ambiante. Les marchands, les médias, les autres, les contraintes sociétales, sont des éléments perturbateurs.

Les marchands sont d’ailleurs passés maîtres dans l’art d’entretenir l’attention.

« Attention, ce nouveau smartphone va révolutionner votre vie, attention cette nouvelle voiture sera une compagne fidèle, attention cette nouvelle série télé est un évènement, cette télé réalité va vous bouleverser, attention, attention, attention, ne manquez pas tout cela, vous le regretteriez. Soyez dans le coup !»

Et les consommateurs ne cessent de faire attention sans jamais se concentrer. L’attention est un phénomène tourné vers l’extérieur, la concentration est une plongée intérieure. Dès lors, elle est un ennemi de la consommation. Un ermite silencieux est un citoyen économiquement sans intérêt…

La concentration implique une observation de soi afin de ne pas quitter la voie intérieure. Alors que ce monde moderne est une ouverture constante sur l’extérieur.

Bien sûr qu’il est profitable de faire attention lorsqu’on marche en forêt. Il n’est pas question de le nier ou de rejeter ces bonheurs multiples. On peut par contre y adjoindre une certaine concentration dans la plénitude qu’on y trouve. Comme si la nature ramenait immanquablement l’individu vers soi. Une boucle en quelque sorte. Marcher en montagne est autant une ouverture aux sens qu’un état de méditation dans l’intériorisation que l’activité déclenche. Encore faut-il aller marcher avec des personnes oeuvrant à l’exploration intérieure et non aux commentaires des dernières nouveautés technologiques ou de la campagne présidentielle…Il y a des sujets de discussion qui sont des insultes aux arbres.

Quand j’entends mes élèves discuter du dernier jeu vidéo à la mode, alors qu’ils marchent en montagne, sous les frondaisons des arbres, au bord d’un torrent, je me dis que le travail à faire est gigantesque avant de les amener au silence…De l’attention à la concentration, le chemin est long et parsemé de pièges de toutes sortes.

Cette attention pourrait être visualisée sur un plan horizontal, une espèce d'extension destinée à capter tous les éléments générés par les esprits engagés dans le même fonctionnement.

La concentration implique un mouvement vers le centre. Une plongée verticale déclenchant simultanément une élévation du même ordre. Les perceptions environnementales ne sont plus des interférences dispersives mais des phénomènes aléatoires qui s'estompent naturellement. Juste des risées sur l'Océan intérieur.

"La société de consommation" porte mal son nom étant donné qu'elle en appelle à l'attention et que celle-ci ne permet pas de "consommer" mais uniquement de grapiller.

Il s'agit également de cette opposition entre l'émotion choc et l'émotion contemplation. La première est épisodique, éphémère, exacerbée, sans cesse mue par l'envie de renforcer ce choc, jusqu'à l'addiction.

L'émotion contemplation incite à opérer une concentration qui va générer une plongée intérieure jusqu'à l'extrême saisissement de tout ce que l'expérience contient. La précipitation n'est pas de mise. Là, il s'agira bien de "consommation" dans le sens d'achèvement absolue de la situation, dans un plan matériel, intellectuel, physique, existentiel, spirituel...Rien ne sera délaissé, tous les champs de connaissances seront explorés. 

La "société d'addiction" ne s'intéresse pas à cette exploration. Elle n'est pas rentable. Que ferait-elle d'individus qui passent des jours, des semaines, des années, une vie entière à viser la plénitude ?

Ma tribu Zen

Par Le 23/02/2012

Pour une amie, parce que son travail le vaut bien :)

 

MaTribuZen, c’est l’aventure d’une maman, artiste peintre autodidacte et entrepreneuse, qui se veut actrice à part entière du monde économique.

 

A ses débuts, Corinne Le Strat a lancé en 2007

un site qui s'appelait "Pinceau Magique" et sur lequel

elle vendait ses propres créations, tableaux pour enfant.


Depuis son enfance, l'art a toujours eu une place importante

dans sa vie, particulièrement attirée par les couleurs vives

et lumineuses. Après une carrière commerciale et un passage

aux Beaux-Arts de Rouen, elle a commencé à peindre des

tableaux pour décorer la chambre des enfants. 

D'un style ludique et haut en couleur, elle est aussi présente

sur des sites partenaires, des salons et marchés d'Art créatifs.

 

Aimant particulièrement la savane et l'esprit japonais, l'idée lui

est venue de créer "MaTribuZen" et de proposer toute une gamme

de produits originaux en adéquation avec son univers.

 

Trouvant des points communs avec Moulin Roty, marque renommée et reconnue en France, elle décide de distribuer la gamme "Les Loustics".



Puis vient la rencontre de deux créatrices de talent, Cécile Jéhanno et Lyson Courtabesserie, grâce à l'association "Les Mampreneurs" dont elle fait partie, avec lesquelles elle trouve un dénominateur commun la passion de créer et d’imaginer. Elles décident de partager cette aventure…

 

Nos priorités : la qualité, l'originalité en vous donnant la possibilité de personnaliser la chambre de votre enfant par des créations sur mesures.


Nous sommes à votre écoute pour que la chambre de votre enfant devienne un petit nid où il se sentira bien...


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Parce que votre enfant est unique, mettez une touche créative et artistique dans sa chambre !

MaTribuZen propose une décoration originale avec une sélection d’articles haut de gamme réalisés par des créateurs :

> Des tableaux avec des animaux de la savane aux couleurs lumineuses, des kokeshis stylées…pour développer son imagination.

> Du linge enfant et des doudous avec les gammes raffinées « Les Loustics » de Moulin Roty et "Origami" de Ctoudou.

> Des meubles pour enfant design et sur mesure avec les gammes "Tokyo" et "Orphée" d'Argolo.

Des créations uniques, de fabrication artisanale et française.


À votre écoute, MaTribuZen vous donne aussi la possibilité de personnaliser la chambre de votre enfant selon vos souhaits.

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Quels enfants laisserons-nous à la planète? (humanisme)

Par Le 23/02/2012

Quelle planète laisserons-nous à nos enfants ?

Ils sont acteurs, nous sommes acteurs, c'est un ensemble et l'école a un rôle immense à tenir.

 


http://dcroissance.blog4ever.com/blog/lire-article-443006-3685240-ecole_alternative_du_colibri___quels_enfants_laiss.html

 

Les Amanins, projet alternatif localisé en France dans la Drome, vient de fêter ses 5 années d'existence. C'est l'occasion de faire le point au travers des témoignages de ses 3 acteurs-fondateurs : Pierre Rabhi, Michel Valentin et Isabelle Peloux.

 

Il n’y a pas de modèle idéal sans simplicité et sobriété (ou modération). La sobriété n’est pas une limite ou une règle que l’on s’applique, c’est une stratégie adaptée au monde tel qu’il est et une évidence pour Pierre Rabhi depuis 1950. L’autonomie est indispensable à la sobriété pour passer d’une société qui triomphe par le gaspillage (ou la dissipation) à une société de préservation. La précarité liée à la crise développe l’imaginaire et nous oblige à devenir créatif pour subvenir à nos besoins par les moyens les plus simples.

 

Suite sur >> http://gacnivelles.over-blog.com/article-les-amanins-5-ans-de-projet-alternatif-51359516.html

 

 

L’école d’Isabelle Peloux

 

 

Au fur et à mesure que le projet écologique des Amanins s’est élaboré, la question éducative a pris toute sa place : l’idée d’une école sur le lieu s’est imposée. L’école élémentaire s’est ouverte en septembre 2006.

Une école où les apprentissages s’intégraient à la vie et prenaient sens concrètement, cela répondait à un manque certain de la réalité scolaire habituelle. Une école qui répondrait à : « Quels enfants laissons-nous à la planète ? ».

 

 

Si le centre accueille des classes vertes du primaire à la terminale, pour susciter chez les enfants le respect de la Terre, l’école du Colibri dirigée par Isabelle Peloux s’est imposée au fur et à mesure que le projet écologique des Amanins s’est élaboré car la question éducative avait toute sa place. L’école élémentaire s’est ouverte en septembre 2006.

 

 

 

Une école où les apprentissages s’intégraient à la vie et prenaient sens concrètement, cela répondait à un manque certain de la réalité scolaire habituelle. Une école qui répondrait à : « Quels enfants laissons-nous à la planète ? ».

 

 

L’école est nichée dans ce lieu pour être au cœur de la vie aussi bien professionnelle que naturelle. Les enfants bénéficient des infrastructures du centre et des compétences des professionnels qui y travaillent. Ils peuvent découvrir :

 

-le jardinage,

-l’élevage et la transformation du lait en fromage,

-les cultures céréalières et la transformation du blé en pain,

-la nutrition et la restauration,

-les énergies et le recyclage et d’autres démarches très concrètes en rapport avec le programme officiel.

 

Les apprentissages du lire, dire, écrire, compter sont ainsi concrétisés dans des exemples réels, ce lien direct permet à l’enfant de donner du sens à ses apprentissages. Il peut comprendre très clairement que ce qu’il apprend est utile en dehors de l’école. Les enfants sont en relation avec le monde du vivant pour l’apprentissage d’un mode de vie respectueux aussi bien de la planète que des humains qui y séjournent, pour l’acquisition d’une responsabilité écologique et relationnelle.

 

 

 

La gestion des conflits sur le mode coopératif, le jeudi après-midi, et les débats philosophiques, le lundi matin, permettent aux enfants d’avancer très efficacement le reste du temps dans l’acquisition des connaissances du programme. De plus, 5 enfants sur 34 sont en "grande difficulté" pour nourrir l’apprentissage du respect de la différence.

 

Allier bienveillance et fermeté Pour Isabelle Peloux, directrice de l’école du Colibri, la pédagogie doit permettre à l’enfant d’asseoir l’estime de soi dès le primaire, d’apprendre à apprendre en cherchant la solution avant d’avoir la réponse, en apprenant chaque soir à mémoriser une leçon, en expliquant comment il est parvenu à trouver la réponse ... Même les parents sont mis à contribution, la coopération est un impératif qui ne se monnaye pas : chaque parent doit participer aux travaux 1/2 journée par mois. Ménage, bricolage, aide en cuisine, couper du bois ou planter des arbres, le programme est varié et permet de les associer à la vie de l’école. De leur côté les enfants vont tous les jours chercher les oeufs et Isabelle Peloux fait systématiquement passer la vie en premier : naissance des agneaux ou des cabris sont prioritaires sur le programme des matières "théoriques". Et les Amanins permettent de tout faire pour de vrai : en mathématique par exemple, les enfants calculent la surface de carrelage d’une pièce et échangent avec le carreleur pour évaluer la qualité de leurs calculs !

 

SOURCE et SUITE sur >> http://gacnivelles.over-blog.com/article-les-amanins-5-ans-de-projet-alternatif-51359516.html

 

> http://youtu.be/KG6-xIlueOM

 

 

Cette question est au cœur de l'enseignement d'Isabelle Peloux, institutrice de l'école élémentaire du Colibri qu'elle a fondée aux Amanins, un site agro-écologique de la Drôme créé par Pierre Rabhi et Michel Valentin.

En immersion pendant un an, la réalisatrice franco-québécoise Anne Barth a su capter de façon sensible les interactions entre Isabelle, les enseignants-stagiaires et les enfants.

Quels enfants laisserons-nous à la planète ? est un film didactique et une porte d'entrée dans un monde pédagogique éclairé et inspirant. Il nous renvoie à l'enjeu même de l'éducation, notre éducation et celle des générations futures... Une éducation centrée sur la nécessité d'apprendre à faire ensemble, sur le besoin d'éduquer pour élever les consciences.

Ce film est  un outil de transmission vivant pour accompagner les professeurs, éducateurs, animateurs et parents dans l'éducation des enfants !
L'intention du film est simple : témoigner que vivre en paix, solidairement et en citoyen responsable nécessite un apprentissage.

 

 

 

 Ecole du colibri, le film : "Quels enfants laisserons-nous à la planète

 

?"

 

Cette question est au cœur de l’enseignement d’Isabelle Peloux, institutrice de l’école élémentaire du Colibri qu’elle a fondé aux Amanins. En immersion pendant un an, la réalisatrice franco-québécoise Anne Barth a su capter de façon sensible les interactions entre Isabelle, les enseignants-stagiaires et les enfants. Quels enfants laisserons-nous à la planète ? est un film didactique et une porte d’entrée dans un monde pédagogique éclairé et inspirant.

 

 

 

Le programme est sur le site des Amanins > http://www.lesamanins.com/

 

Plus D'infos > http://lesamanins.nexenservices.com/spip.php?rubrique5

 

Vous pouvez également les soutenir en achetant le film. Plus d'informations et bon de commande :  www.lesamanins.com , www.lesamanins.com/quelsenfants

> http://www.lesamanins.com/spip.php?article113

> http://lesamanins.nexenservices.com/spip.php?rubrique5

 

Site Internet de la réalisatrice : www.annebarth.org

>http://www.annebarth.org/

 

SOURCE : http://www.dromeardeche-solidaires.org/

 

 

 

Eduquer : interview Pierre Rabhi

 

> http://youtu.be/ylXYZxX3pYA

 

Pierre Rabhi parle d'éducation, à l'occasion des 2e Assises de l'Éducation à l'Environnement vers un Développement Durable, qui se sont tenus du 27 au 29 octobre derniers à Caen.
Quelle planète laisserons-nous à nos enfants ? Quels enfants laisserons-nous à la planète ?
Réunissant, entre autres, les différentes structures déjà existantes autour de Pierre Rabhi, Colibris, mouvement pour la Terre et l'Humanisme est une plateforme déchanges et dinspiration pour tous ceux qui aspirent à un nouveau projet de société replaçant lhumain et la nature au centre de nos préoccupations.

J.S. Bach

Par Le 22/02/2012

"Jusqu'au bout"

Extrait

"Quand il ouvrit la porte latérale, il constata que le patron du centre naturiste ne s’était pas trompé. On devinait déjà que le voile grisâtre qui s’était couché sur le bleu du ciel ne tarderait pas à s’évanouir.

Le soleil dispersait des parterres blanchâtres aux quatre coins de l’horizon. Il laissa la porte ouverte. Les parfums du jour naissant tapissaient le fourgon d’un air vivifiant.

Il prépara joyeusement le café du matin. Un merle siffleur faisait ses vocalises.

Toilette, un peu de rangement, préparer le sac de la journée, la serviette était encore humide du bain de la veille, elle sècherait au soleil. Le soleil, la mer, Birgitt et Yolanda, c’était le bonheur, le grand bonheur, tout simple, à en rire tout seul, à vouloir garder les sensations juste sous la peau, à portée d’âme et pouvoir y plonger à n’importe quel moment, pour se refaire une santé !

Il démarra et rejoignit le parking de la plage. Il regarda la montre du tableau de bord. 8h20.

« Alors là, c’est peut-être un peu trop tôt ! » se moqua-t-il à voix haute.

Il décida d’aller marcher sur la plage. Il escalada le cordon de dunes.

Le vent léger du large l’accueillit, apportant l’odeur piquante du sel, des algues, des particules d’eau sans cesses agitées, le parfum de l’immensité. Il contempla l’étendue et pensa que c’était l’amour qui s’ouvrait devant lui. La paix, la beauté simple et nue, des odeurs mêlées, un corps offert aux regards, juste aux regards, pour le plaisir des yeux, et puis surtout cette complicité silencieuse, l’inutilité des mots, le bonheur limpide d’être ensemble, juste ensemble. C’était beau, si beau et si tendre. Il enleva ses chaussures et descendit sur la plage et dans la pente il pensa que, comme lui à cet instant, tout descendait un jour à la mer. Les glaciers et les ruisseaux, les rivières et les fleuves, les routes humaines et les chemins de forêts, tout aboutissait finalement dans ce grand corps accueillant. Et même si on restait au bord, même si on ne s’aventurait pas sur sa peau et qu’on restait assis contre ce ventre immense, on retrouvait déjà la paix de l’enfant contre sa mère. C’était ça la magie de l’océan…Comme un refuge offert à l’humanité entière.

Il se gorgea du chant mélodieux des vagues, buvant à satiété cette vibration vocale, sourde et puissante, continue et changeante, mélodie pénétrante qui diffusait dans les fibres des frissons humides et iodés. Il sentit combien son corps résonnait immédiatement à ces accords millénaires, s’ouvrant magiquement à cette musique universelle. Tous les hommes pouvaient un jour résonner à cette musique. C’était le chant du monde. Il pensa à tous les individus, debout, à cet instant, devant cette immensité horizontale, il eut envie de leur parler, de leur dire combien il était heureux de savoir qu’ils contemplaient la mer, comme lui, tous unis dans le même amour, dans le même respect. Il y avait tant de choses simples à vivre ici, dans cette nature, tant de joies accessibles. Qu’y avait-il donc de plus important que cette sérénité, cet oubli de tout, cet éblouissement sensoriel ? L’homme n’avait rien inventé. Il n’avait fait que copier misérablement les bonheurs du monde pour finir par les détourner, les salir par ses déviances, les mépriser finalement pour des chimères éphémères. Aucun bonheur n’avait la durée de celui-là. On pouvait passer une vie entière au bord de l’océan sans jamais éprouver la moindre déception, le moindre soupçon de trahison. La mer était pure dans ses sentiments et ses offrandes. Elle se donnait. Il se promit d’en parler aux enfants, de leur raconter le vent marin soyeux qui parfume la peau, le soleil généreux qui la réchauffe, le goût salé sur les lèvres, la symphonie des grands fonds remontée avec la houle, les caresses de l’eau comme des câlins maternels et cette envolée des regards au-delà de tout, au-delà de la courbure du dos de la mer, là-bas, quand on bascule de l’autre côté, si loin qu’on croit que c’est impossible à rejoindre. C’est un corps jamais découvert, c’est un être unique qui n’attend rien mais qui donne tout. Il donne la vie à tous ceux qui l’aiment. Il le dirait aux enfants. Il leur montrerait surtout. Il les plongerait dans le monde.

Il se sentit fort et heureux. Il marcha sans penser, sur un rythme de houle, les pas dans le sable comme le parcours respectueux des doigts d’un homme sur un corps de femme, des gestes délicats, légers, effleurements subtils. Il n’aurait pas osé courir. Il voulait juste que le sable le sente passer, délicatement. Il laissa une vague lécher ses pieds. Ce fut comme un salut matinal, un bonjour joyeux mais un peu endormi. L’eau se retira avec un sourire écumeux, des petites bulles d’air pleines de joies qui se dispersèrent dans le rouleau suivant. Il se demanda si l’océan avait pu ressentir ce contact. Est-ce qu’il percevait toute la vie qui l’habitait, les poissons amoureux, les coquillages multicolores, les baleines câlines, les dauphins joueurs, les algues dansantes ? Et les hommes, est-ce qu’il les ressentait comme des prédateurs impitoyables ou parfois aussi comme des êtres bons ? Il s’arrêta et regarda le large, lançant sur les horizons ouverts tout l’amour qu’il pouvait diffuser. Il se déshabilla et entra dans l’eau, juste quelques pas, sans atteindre le creux des rouleaux. Il s’allongea sur le dos et attendit la vague suivante. Elle le baigna soigneusement, glissant entre ses cuisses, passant sur ses épaules, jetant malicieusement quelques gouttes sur son ventre. Les yeux fermés. Il s’était senti enlacé par des bras souples et sensuels.

Il fut peiné pourtant de tous ces hommes et femmes qui avaient oublié ce mystère de la vie, enfermés dans des bagnes insipides. S’ils pouvaient retrouver l’enfant en eux, l’enfant et sa joie simple, l’enfant et son rire devant la mer, juste ce plongeon pétillant dans un monde adoré, combien leurs vies s’embelliraient.

« Retournez dans le monde, pensa-t-il de toutes ses forces. Abandonnez-vous à l’amour que cette terre vous offre. »

Il répéta cette litanie d’espoirs. C’était si triste cette plage déserte, ce vide d’hommes.

 

Il se releva et reprit son sac. Il resta nu et marcha les chevilles dans l’eau. Une trouée dans le ciel dispensa un souffle chaud qui descendit sur la plage comme une haleine solaire. Il s’arrêta et ouvrit la bouche, buvant les ondes célestes, inspirant à pleins poumons cette chaleur ténue mais pleine de promesses. Au large, des bandes bleues, luisantes de lumière, s’étaient peintes à la limite de la mer. Le vent de la marée montante rameutait vers la côte ces plages éclatantes comme autant de halos incandescents. Des crayons rectilignes, vastes torrents éblouissants, cascadant des altitudes éthérées, tombaient sur la mer enflammée. Il imagina les poissons remontés sous ces auréoles chaudes, jouant à la surface miroitante, frissonnant de bonheur sous leurs écailles.

Sa mélancolie disparut. C’était trop beau pour pleurer. De joie peut-être, mais pas pour autre chose.

Quand il s’arrêta, il s’aperçut que la courbure de la côte l’isolait de tout. Il ne voyait plus l’accès à la plage et devant lui, aucune zone habitée, ni même portant trace humaine, ne se dessinait. Cette solitude lui parut incroyable, presque irréelle. Le cordon de dunes le coupait de tous regards vers les terres. La mer était vide de toutes embarcations. Aucune trace dans le ciel du passage d’un avion. Seul au monde.

Il s’allongea. Une large déchirure, dans le fin tissu nuageux, se forma au-dessus de ses yeux. La boule ardente apparut soudainement, en quelques secondes, comme si les nuages vaincus s’étaient dispersés tous ensemble. Il ferma les yeux. L’impression que son corps s’enflammait tant la chaleur libérée trancha avec l’air frais de l’ombre. Ce fut comme une lave qui coula en lui, non seulement sur sa peau nue mais dans les muscles et les entrailles. Comme les paupières, fermées mais trop fines, laissaient passer une incandescence aveuglante, il s’assit pour ouvrir les yeux.

Le paysage avait changé. Tout s’était paré de lumière. Un gigantesque rouleau bleu vif avait repeint le tapis mouvant de la mer, des milliards de cristaux doraient le sable et l’embrasaient, les rouleaux écumeux balançaient des panaches blancs qui découpaient en puzzles agités les pièces bleues du ciel. Il se retourna et regarda la masse compacte des nuages gris qui refluait, battue et pitoyable, vers des terres plus accueillantes. Il se leva en bondissant. Le soleil ! Birgitt et Yolanda allaient arriver !

Il ramassa son sac et d’un pas rapide reprit ses traces."

 

 


Un jour, peut-être, avec cette musique, un film...

 

 

 

On devrait toujours tout noter...

Par Le 21/02/2012

 Ça éviterait de se faire avoir, générations après générations...

 

 

"En politique, rien n'arrive par hasard. Chaque fois qu'un évènement survient, on peut être certain qu'il avait été prévu pour se dérouler ainsi."

 

Franklin D. Roosevelt

Président des Etats Unis de 1932 à 1945

 

 

"Le monde se divise en trois catégories de gens: un très petit nombre qui fait se produire les événements, un groupe un peu plus important qui veille à leur exécution et les regarde s'accomplir, et enfin une vaste majorité qui ne sait jamais ce qui s'est produit en réalité."

 

Nicholas Murray Butler

Président de la Pilgrim Society, membre de la Carnegie, membre du CFR (Council on Foreign Relations)

 

 

"Le monde est gouverné par des personnages très différents de ce qui est imaginé par ceux qui ne sont pas derrière le rideau."

 

Benjamin Disraeli

Premier Ministre Britannique de 1874 à 1880

 

 

"Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New York Times, Time Magazine et d'autres grandes publications dont les directeurs ont assisté à nos réunions et respecté leurs promesses de discrétion depuis presque 40 ans. Il nous aurait été impossible de développer nos plans pour le monde si nous avions été assujettis à l'exposition publique durant toutes ces années. Mais le monde est maintenant plus sophistiqué et préparé à entrer dans un gouvernement mondial. La souveraineté supranationale d'une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux est assurément préférable à l'autodétermination nationale pratiquée dans les siècles passés."

 

David Rockefeller

Président et fondateur du Groupe de Bilderberg et de la Commission Trilatérale. Président du CFR (, Council on Foreign Relations).

Propos tenus à la rénion du Groupe de Bilderberg à Baden Baden en 1991

 

 

"Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l'entité adéquate pour le faire."

 

David Rockefeller

Interview dans Newseek en février 1999

 

 

"Aujourd'hui, l'Amérique serait outrée si les troupes des Nations Unies entraient dans Los Angeles pour restaurer l'ordre. Demain ils en seront reconnaissants! Ceci est particulièrement vrai s'il leur était dit qu'un danger extérieur, qu'il soit réel ou promulgué, menace leur existence. C'est alors que les peuples du monde demanderont à être délivrés de ce mal. L'unique chose que tous les hommes craignent est l'inconnu. Confrontés à ce scénario, les droits individuels seront volontairement abandonnés au profit de la garantie de leur bien-être assuré par le gouvernement mondial."

 

Henry Kissinger

Membre du Groupe de Bilderberg, de la Commission Trilatérale et du CFR

 

 

"Nous aurons un gouvernement mondial, que cela plaise ou non. La seule question sera de savoir s'il sera créé par conquête ou par consentement."

 

Paul Warburg

Grand banqier, premier président du CFR en 1920. Plus d'infos sur ce site)

 

 

"Nous sommes à la veille d'une transformation globale. Tout ce dont nous avons besoin est la bonne crise majeure, et les nations vont accepter le Nouvel Ordre Mondial."

 

David Rockefeller

 

 

"Je suis inquiet pour la sécurité de notre belle nation; pas tant à cause d'une quelconque menace de l'extérieur, mais d'avantage à cause des forces incidieuses qui y opèrent de l'intérieur."

 

Général Douglas MacArthur

Commandant suprême des forces alliées dans le Pacifique durant la Seconde Guerre mondiale

 

 

"La direction du Bureau du Président a été utilisée pour fomenter un complot pour anéantir la liberté des Américains, et avant que je ne quitte le Bureau, je dois informer les citoyens de ces conditions."

 

John Fitzgerald Kennedy

dans un discours fait à l'Université Columbia le 12 novembre 1963, dix jours avant son assassinat

 

 

"Le but des Rockefeller et de leurs alliés est de créer un gouvernement mondial unique combinant le Supercapitalisme et le Communisme sous la même bannière, et sous leur contrôle. (...) Est-ce que j'entends par là qu'il s'agit d'une conspiration? Oui, en effet. Je suis convaincu qu'il y a un tel complot, d'envergure internationale, en planification depuis plusieurs générations, et de nature incroyablement maléfique."

 

Lawrence Patton McDonald

Congressiste américain tué dans l'attaque d'un vol de la Korean Airlines. Message public diffusé en 1976

 

 

"Seuls les plus petits secrets ont besoin d'être protégés. Les plus gros sont gardés par l'incrédulité publique."

 

Marshall McLuhan

Auteur et chercheur canadien (1911-1980)

 

 

"Tous les êtres humains trébuchent un jour sur la vérité. La plupart se relèvent rapidement, secouent leurs vêtements et retournent à leurs préoccupations, comme si de rien n'était."

 

Winston Churchill

Premier Ministre de la Grande-Bretagne de 1940 à 1945 et de 1951 à 1955

 

 

"L'ennemi numéro 1 de tout État est l'homme qui est capable de penser par lui-même sans considération de la pensée unique. Presque inévitablement il parviendra alors à la conclusion que l'État sous lequel il vit est malhonnête, insensé et insupportable, ainsi, si cet homme est idéaliste il voudra le changer. S'il ne l'est pas, il témoignera suffisamment de sa découverte pour générer la révolte des idéalistes contre l'État."

 

Henry Louis Mencken

Journaliste, écrivain et libre penseur, l'un des écrivains américains les plus influents du 20e siècle (1880-1956)

Causalité formative.

Par Le 21/02/2012

"Lors d'une série d'expériences débutées à Harvard en 1920, le psychologue William McDougall a étudié à quelle vitesse des rats pouvaient apprendre à s'échapper d'un labyrinthe rempli d'eau. A sa grande surprsie, il a découvert que les générations successives apprenaient plus rapidement. Il ne s'agissait pas d'un exemple d'évolution Lamarckienne dans lequel les parents transmettent leurs talents à leur descendance. Il s'agissait de générations dissociées.

D'autres chercheurs ont découvert que lorsqu'ils ont recommencé l'expérience, leur première génération de rats, provenant d'une lignée tout à fait distincte a débuté au même niveau d'expertise que la dernière génération de McDougall. Certains ont même "appris" le système sans faire la moindre erreur. D'une certaine façon, ils "savaient" déjà. De plus, alors que l'expérience progressait, des générations successives du groupe de rats ayant participé à l'expérience, qui n'avaient jamais été à proximité du labyrinthe aquatique, se sont également améliorés, en même temps que le groupe expérimental. L'aptitude était en quelque sorte apprise par les autres rats, autant dans le laboratoire que dans le reste du monde.

Rupert Sheldrake, biologiste britannique, considère ceci comme un exemple de ce qu'il appelle "la causalité formative". Dans son livre, "Une nouvelle science de la vie", il observe que les systèmes ne sont pas seulement régis par les lois connues de la physique mais aussi par des champs d'organisation invisibles. Il les appelle "champs morphogénétiques".

Il estime que les régularités de la nature sont davantage des habitudes que des réflexions de lois éternelles de la physique. Sa théorie postule que si un membre d'une espèce biologique apprend un nouveau comportement, le champ morphogénétique de l'espèce change, même très légèrement. Si ce comportement est répété suffisamment longtemps, sa "résonnance morphique" se développe et commence à affecter l'espèce entière. Ainsi, dans ce cas des rats, plus il y avait de rats qui apprenaient le système, plus le champ morphogénétique se renforçait et plus les autres rats avaient de facilités à apprendre."

Peter Russel


 

On peut envisager au regard de cette théorie que le dysfonctionnement actuel d'une bonne partie de l'Humanité vis à vis du phénomène vital, de la Conscience de la Vie, de l'illusion de la dualité, est généré par le champ morphogénétique résultant de siècles d'errances.Le moi encapsulé, multiplié par des milliards d'individus, propage le système aux générations suivantes, bien au-delà de la simple éducation et de l'environnement sociétal.

 

En appliquant cette théorie, on peut envisager à l'inverse que plus il y aura d'individus à élever leur propre niveau de conscience, plus le champ morphogénétique d'états de conscience supérieur deviendra puissant. L'Humanité entière pourrait s'engager dans un processus d'Eveil nourri par un Champ de Consciences unifiées. Rupture du paradigme du moi encapsulé...

 

Quels sont les moyens de parvenir à ce nouveau Champ morphogénétique ?

Internet peut jouer un rôle essentiel. La Toile ne sera que ce que les hommes parviendront à en faire. Elle n'a pas d'existence propre. 

J'avais écrit cette "lettre" il y a quelques temps sur le site de Frenchwriters

http://www.frenchwritersworldwide.com/authors-open-letter/culture-et-internet

 

005medias 

 

Il est 19 heures et je regarde passer à la télévision les bandes annonces des prochains films du soir… Interdit au moins de 12 ans ! Mais toutes les images les plus violentes, les plus sordides, les plus ensanglantées défilent dans cette bande annonce…Et à cette heure-là, les enfants de moins de 12 ans sont devant la télé… Le choix intentionnel des images est tout aussi violent que le film en entier, peut-être plus encore étant donné qu’il n’y a aucune explication, aucune logique, aucun déroulement linéaire, tout ça n’est qu’un patchwork volontairement agressif et incompréhensible. L’image qui en ressort est celle d’un monde dangereux, un monde adulte qui se présente aux enfants avec tout ce qu’il a de plus dégradé.

Je vois bien dans ma classe ce que cela donne.

Une espèce de banalisation de la violence mais qui cache plus profondément une perpétuelle inquiétude, un trouble angoissant, des peurs primales.

Si on ajoute à ces films, même parcellaires, les journaux télévisés du 20 h, on se retrouve avec une vision totalement pétrifiante du monde extérieur…

Je n'aime pas la manière dont les médias font  "commerce"  de la violence en général.

Une semaine devant les informations, les émissions du soir et on a une vue sordide de l'humanité. Agressions en ville, un jeune qui se fait tabasser par une bande alcoolisée, un viol, une séquestration, un attentat, une guerre, on augmente sans cesse dans le sensationnel le plus horrible. De la rue en bas de chez nous, du trottoir en ville, à la dimension d'un pays.

Toujours ce regard malsain sur la partie sombre de l'homme.

Une jeune collégienne tuée à la sortie du collège. Et on parle bien entendu de défaut éducatif, de défaut de surveillance, on dit qu’il faut doubler les effectifs de surveillants, de policiers, de juges, de tribunaux, de cellules, il faut renforcer les sanctions, mettre les multi récidivistes en prison, même à dix ans comme au Royaume-Uni… Il faut « ré-agir », en quelque sorte…

Et agir avant que tout ça n’arrive ?

Est-ce qu’il serait envisageable de travailler en amont ?...

 

J'ai entendu un jour les Guignols de l'info se moquer de Jean-Pierre Pernaud et de son Journal Télévisé de midi sur TF1. "Bienvenue chez les Bisounours" qu'ils disaient. Alors je suis allé voir.

Et bien, je ne suis pas du tout d'accord avec Canal. Ce Journal Télévisé de Mr Pernaud refuse de mettre en avant ce monde violent comme s'il était nécessaire pour l'information des masses que la noirceur soit mise sous les projecteurs.

Au contraire, on voit des reportages sur des artisans au fin fond des Cévennes, des actions solidaires pour sauver une exploitation agricole, des artistes, des jeunes qui montent des projets humanitaires, du commerce équitable, la rénovation d'une chapelle, le nettoyage d'une rivière par l'association des pêcheurs...

Insignifiant ? Non, absolument pas pour moi. C'est une vie réelle, une vie apaisée, réfléchie, une vie de rencontres, d'amitiés, de liens sociaux. Cela existe aussi, il y a des millions et des millions de cas identiques sur la planète, à chaque instant, en France, dans notre ville, dans notre quartier. Pourquoi est-ce que ça n'est pas mis sous les projecteurs ? Ca n'est pas assez sensationnel, ça n'est pas "rentable", ça ne fait pas monter l'audimat ?

Je pense pourtant que ces gens mériteraient bien davantage d'être connus. Et non, les casseurs, les violeurs, les banksters et leurs complices politiciens, les gangsters, les curés pédophiles, les serials killers.

Que quelqu’un qui aurait beaucoup de résistance en lui essaie de calculer le temps consacré à la violence à la télévision en huit jours, sur les chaînes principales et s’il y survit, qu’il vienne nous en parler…

Que quelqu’un qui aurait beaucoup d’amour en lui essaie de calculer le temps consacré à la beauté du monde à la télévision en huit jours, sur les chaînes principales et s’il n’est pas parti rejoindre ces lieux et ces gens, qu’il vienne nous en parler…

Il ne s'agirait pas de se voiler la face mais de montrer que ce monde n'est pas qu'un ramassis d'ordures.

Est-ce que ça ferait de nos enfants des "bisounours" ?

Ou des individus auxquels les adultes auraient su présenter deux voies bien distinctes. La possibilité d'un choix. Et non l'obligation de lutter dans un monde violent. Comme s'il n'y avait que cette possibilité.

On ne lutte pas contre le mal en exploitant les images qu'il génère.

On lui oppose le bien.

Le mal, on sait tous qu'il existe. Impossible de l'oublier. Mais quand une société, un peuple, une humanité finit par oublier que le bien existe en l'homme, on ne peut pas demander à nos enfants d'entrer dans la vie adulte avec confiance et sérénité...  

Quelle force peut-on utiliser pour tenter de s’opposer à ce marasme médiatique, à ce formatage à la violence ?

La littérature ?...

C’est en tout cas une de mes motivations. Les images ne sont pas imposées à travers les mots, elles correspondent à l’imaginaire de chacun. Ce qui est insupportable ne jaillira pas comme dans le petit écran… Le lecteur a la liberté du choix. Il ne s’agit donc pas nécessairement de relater la vie des « bisounours » mais bien d’analyser en profondeur tous les fonctionnements, toutes les situations, tous les troubles ou le bien-être mais sans jamais succomber aux raccourcis mensongers. Personne ne peut accuser un tiers de l’avoir traumatisé en le forçant à lire une œuvre. Si c’est insupportable, il suffit de fermer l’ouvrage. On pourrait dire qu’il en est de même avec la télévision, il suffit de changer de chaîne… Non, en fait, parce que l’ensemble des médias fonctionne de la même façon et on court le risque de retomber sur quelque chose de tout aussi glauque. Le choix se rétrécit considérablement. Entre la violence et le sexe, il reste peu de place pour le reste. Même les publicités répondent à ces critères…

 

Pour la littérature jeunesse, il me semble que les auteurs ont une responsabilité certaine quant au regard qu’ils portent sur l’humanité. S’il s’agit pour eux de relater et de participer à cette vision parcellaire, sans l’analyser et prendre de la hauteur, tout cela m’apparaît comme un détournement malsain de ce que la littérature contient.

Sans pour autant viser la perfection du « Petit prince », il est nécessaire pour ma part d’œuvrer à l’élargissement des consciences et non à l’entretien des formatages. Les mouvements de masse ne sont pas nécessairement des élévations des esprits… La littérature dispose d’un moyen d’expression bien plus large que l’ensemble des médias. Faut-il encore que tous les acteurs de la filière acceptent de tenir ce rôle…Le problème des éditeurs engagés dans cette voie d’ouverture, c’est de subir eux aussi la mainmise des médias et la course à l’audimat. Les émissions « culturelles » se font le relais des succès qu’elles ont elles-mêmes générés.

Il est éminemment difficile pour un éditeur lambda d’y trouver une place.

C’est là qu’Internet peut constituer une alternative très puissante. Cette ouverture vers un lectorat sélectif est d’autant plus pertinente qu’elle réclame une recherche de la part des lecteurs. Le lecteur ne subit pas un matraquage médiatique. Il crée un réseau qui correspond réellement à ses attentes, à ses préférences, à ses objectifs. Internet peut par conséquent devenir un « contre pouvoir culturel ».

C’est pour cela que j’y participe. 

 


 

La littérature a ce rôle à jouer mais elle est malheureusement cadenassée par les faiseurs d'argent...

Internet dispose encore, pour l'instant, d'une liberté et d'une ouverture d'esprit dont il faut user.

Finalement, ce blog porte en lui un projet. Partager ce travail de conscience et qu'il soit diffusé librement, autant que possible. Je n'y gagne rien, les éditeurs non plus, les hébergeurs des blogs en profitent un peu (enfin, je le leur souhaite).

Il y a depuis quelques temps un nombre assez stupéfiant de pages lues tous les mois. Si ces lectures ont un impact durable et qu'elles sont partagées, je me réjouis de penser que ce travail personnel dont les éditeurs ne veulent pas aura au moins trouvé un canal de diffusion bien plus puissant que les réseaux officiels de la littérature.

 

Internet comme vecteur d'un nouveau champ morphogénétique ?...

Je n'aime pas l'espoir. C'est le ferment des douleurs.

Il faut juste travailler et laisser les choses se faire. Quand on jette une pierre dans l'eau d'un lac, on ne peut pas présager de l'extension des ondes circulaires.

Surf

Par Le 21/02/2012

Une page de publicité pour un ami.

Une semaine de SURF à 490 euros tout compris.

 

Ambiance roots and cool ^^

 

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La fin de leur monde

Par Le 21/02/2012

PAROLES AKHENATON
Paroles La Fin de leur Monde


Regarde ma terre en pleure
Mais les choses ici prennent une telle ampleur
Les fils partent avant les pères, y a trop de mères en sueur
Quand les fusils de la bêtise chantent le même air en cœur
Le mangeur d’âme à chaque repas s’abreuve de nos rancœurs
Je l’entends toutes les nuits, las des fantômes qui la hantent,
Las de leurs complaintes,tellement que des fois elle en tremble
Par le sang de la haine, constamment ensemencée,au pas cadencé, Quand ce dernier chasse le vent hors des plaines
Rien n’a changé depuis, où je vis, Juifs, Catholiques,
Musulmans, noirs ou blancs, fermez vos gueules, vous faites bien trop de bruit
Comme ces orages dont l'eau se mêle à nos larmes,
Et leurs chocs sur le sol aride dont l’uranium à voler l’âme
Je veux pas d’une ville aux cimetières plus grand que la surface habitable
Même si paraît que de l'autre coté tout est plus calme, plus stable
Je veux pas qu’après le jour J, les survivants survivent sous le néon,
Trop proches du néant, car le soleil les prive de rayons
Les artères pleines d’amer comme un caddy au Géant,
On charge, on charge, à la sortie c’est tout dans les dents
J’crois que c’est dans l’ère du temps, chacun cherche son bouque émissaire
Ouais, d’une simple vie ratée à l’envoi d’une bombe nucléaire
L’amour manque d’air dans leur monde, nous on suffoque, tout ce qu’on supporte,
Ca pressurise, et c’est les psys qui vont exorciser,
Que quelqu’un me dise,si j’ai des chances de voir enfin la paix exigée.
Qu’un jour les abrutis s’instruisent,
Perché sur ma plume, j’attends c’ moment observe ce bordel
De petites flammes montées au ciel, pour elle j’ai saigné ce gospel
"Héra" se barre à tire d'ailes; las de la sève qu’on tire d’elle
On clame tous ce qu’on l'aime, mais aucun de nous n’est fidèle
Jalousie et convoitise, se roulent de grosses pelles
Quand les problèmes viennent, on règle ça à coup de grosses pêches
Et pendant ce temps là, certains amassent des sous par grosses bennes
Devine qui est ce qui creuse mais avec des plus grosses pelles
Quand est ce qu’on y arrive, là où le bonheur désaltère
Mon futur se construit, sans cris, sans mecs à terre,
Ni de centrale en fuite rien sur le compteur Gegere
Et finalement conscient qu’ici, on est que locataire
Tu parle d’une location, regarde un peu ce qu’on en a fait
Quand le vieux fera l’état des lieux, on fera une croix sur la caution
On aurait du le rendre comme on nous l’a donné,
Clean, sans taches, et innocent comme un nouveau né,
Seulement les nôtres meurent de faim en Afrique
Et y a pas assez de fric pour eux
Alors la dalle faudra la tempérer
Les hommes tombent sous les rafales racistes,
Mais on peut rien pour eux,
Alors les balles faudra les éviter
Le cul devant la télé, occupé à rêver,
le doigt poser sur la commande, on se sent exister
On râle, on gueule, on vote, espérant que ça va changer
Mais dresse tes barricades et tu les verra tous hésiter
Garni d’incompréhension et de stèles géantes,
Le globe rêve de compassion et de bourgeons renaissant sur ses branches
Les mêmes qu’on laissera crever un soir de décembre, dans le silence,
Juste un bout de carton pour s’étendre,
Tout le monde à ses chances, de quelle planète vient celui qu’à dit ça ?
Un homme politique, je crois, live de Bora Bora
Pendant que les foyers subissent, façon tora tora,
Mais bon c’est bien trop bas, alors forcément il ne nous voit pas
Parole et paroles et paroles, ils ont promis monts et merveilles,
Mais les merveilles se sont envolées,
Il reste que des monts, mais c'est raide à grimper
Et au sommet, y a que des démons en costumes cendrés
Et en bas, c’est les jeux du cirque, César Avé
Parce qu’on va se faire bouffer par des fauves qu’ils ont dressés
On note une sévère chute de sang sur la map, une montée d’air noir
Un jour on payera cher pour une bouffée d’air pur
Ici c’est chacun sa culture, chacun son racisme
Seulement sur fond blanc, c’est le noir qui reste la meilleure cible
Les temps changent c’est sur, mais y a toujours des irascibles
Ils ont le bonjour d’Henry, d'Arron, Mormeck ou Zinédine
A l’heure où les gens dînent,
Y en a encore trop cherchent, pour eux pas de 8 pièces, ils crèchent au parking
Tout le monde s’en indigne,
Ca dévalue le quartier, ça effraye mémé,
Et on sait bien ce que mémé va voter
Du haut de leurs tours de biz’, droites comme la tour de Pise
Jumelles sur le pif, ils fractionnent, divisent à leur guise
On s’étonne ensuite que ça finisse en fratricide
Car tout ce qui compte c’est de gonfler les commandes de missiles
Vive la démocratie, celle qui brandie la matraque, face à des pacifistes,
T’es pas d’accord, on te frappe,
Multirécidivistes : c'est jamais ceux là qu'on traque
Ils vivent en haut des listes et mettent leurs tronches sur les tractes
Ce monde agonise, vu ce qu’on y fait, c’était prévisible
Comme la goutte sur le front, dès que la merde se profile
Mais la peur atrophie les cœurs, peur de tout ce qu’on connaît pas
Alors on se barde de préjugés débiles
De partout les extrêmes dominent, en prime time,
A chaque fois qu’ils déciment une famille
Et bien avant ces régions où sévie la famine
Image trop crue pour un beauf devant sa viande trop cuite
Lui qui croyait que l’euro ferait beaucoup d’heureux,
Pour les vacances faudra attendre un peu ou gagner aux jeux
Mais là c’est pas trop l’heure, demain très tôt y a le taffe
Comprend ce monde va trop vite, aucune chance qu’on le rattrape
Sur la route des principes, ils ont mis des pièges à Loups,
Des gilets dynamites, et des skeud y en a un peu partout
Faudra faire gaffe aux mines, aux puits d’où la mort s’écoule
Il a beau être vif, mais à la longue il évitera pas tout
Et un de ces quatre il finira par tomber,
J’espère qu’il y a aura quelqu’un pour aider le prochain à se relever
J’espère qu’il sera pas comme le notre, aigri et crever
Et j’espère surtout que celui-là essayera pas de se faire sauter

Akhenaton:

Tu sais, on vit dans la télé,
Le globe s'est fêlé,
Ils servent de l'emballé mais en vrai c'est la mêlé
On s'prend à espérer des choses simples
Mais leur fabrique à peur s'est mise en branle
Tout ça pour les dérégler
cris sans cicatrices, terreur dans la matrice
Ils disent qu'une vie de plus à New York Paris Londres ou Madrid
Alors c'est comme ça une échelle dans la peine
On aime ces catastrophes quand des gens manquent à l'appel
Surtout s'ils nous ressemble, on les film à la morgue,
Et nous dans les sofas content d’échapper à la mort,
Il reste dans les cœurs l'anomalie appelée peur
Et grâce à ça de toute part ils ont recours à la force,
C'est une révolution, cette fois elle est de droite
Voilà pourquoi le chantage à l'emploi dans pleins de boîtes
Voilà pourquoi ils veulent à tout prix implanter la croix
Et face à la télé souvent on les croit dans leur droit,
Ils disent c’est humanitaire
Mais ils niquent les mers et la terre pour chaque écart c'est la guerre
Si le quotidien est précaire,
C'est qu'ils nous dressent à être délétères et se contenter de joies éphémères
Si l'Afrique est en colère, c'est parce que les trusts la pillent
Seuls les généraux corrompus coopèrent et jouent des vies au poker
Est-ce que la rancœur et le désir d'revanche est tout ce qu'on leur a offert?
On parle du droit des femmes quand leurs maris les frappent,
Avec des clichés religieux sortis tout droit des fables
Comme ci ici elles étaient bien depuis le Moyen-Âge
Mais c'est en 46 que c'est ouverte une nouvelle page
Maintenant elles nous valent, on dit dans les ouvrages
Pourquoi elles touchent moins de pognon à compétences égales?
Pourquoi elles seraient moins faites pour êtres responsables ?
Alors qu'elles nous ont tous torché le cul nu dans le sable
On force sur la boisson, parie sur les canassons
Mais la réalité c'est qu'ils nous font bouffer du poison
Et dans l'hôtel du bonheur beaucoup font la valise,
L' espoir tué par des fanatiques libéralistes
Pas de bombes S.A.L , ni de grosses salves
La stratégie est simple ils exploitent et ils affament
Quand on les voit à la télé ces cons ont l'air affables
Mais le monde est à genoux quand ces bandits sont dix à table
Des comptes sous faux noms ils prétendent agir au nom de la liberté
Mais c'est la monarchie du pognon
La France et les States par factions interposées
Se livre une guerre en Afrique, et tu veux rester posé?
Freedom par-ci démocratie par-là
Mais j'ai mater sous la table et j'ai vu que c'était que des palabres
La vrai mafia non la cherche pas en Calabre ni dans ce bled
Où dans les quartiers pauvres à quarante ans on tombe malade
A fumer du mauvais tabac et manger de la merde
Où le xanax fait un tabac avec l'alcool fort
Les rues deviennent des grosses forges
Et le métal y est commun monté sur grosses crosses
La violence au quotidien de tant de gosses pauvres
Et moi j'attends l'apocalypse après cette apostrophe
J'en ai marre de tous ces mensonges qu'ils colportent
Pour les servir , dans de nombreux cas il y a mort d'homme
Tous terroristes j'entend leurs théories
Venter le sacrifice pour des principes c'est horrible
Les mômes survivent nourris à l'eau et au riz
Pendant que leur pouf se baladent à Aspen ou St Morritz
La flore crame la faune canne
Dit : c'était des barbus qui lâché l'agent orange sur le nord Vietnam ?
Non c'était les boys mais qui peut m'indiquer la justesse d'une cause
En partant de là chacun écrit ses droits
Désolé je trouve aucune excuse à Hiroshima
On peint l'histoire comme on colorie vite une image
Et peut importe qui se fait tuer chaque fois je le vit mal
On croit en nos gendarmes qui servent et nous protègent
Du moins, est ce au Rwanda quand ils jouent du lance rocket?
Pour placer le pantin qui conviendra a la France
Une casserole de plus au ministère de la défense
Il se crêpe le chignon au fond ils sont ignobles
Sur la conscience des députés y en a plus d'un million
"Quand ils font les aiguilles nos politiques ont des chignoles"
Défilent sur des chars le 14 , ils se bignolent au son de la marseillaise
Et d'une imagerie guerrière qu'ils veulent tranquillement refiler aux élèves de leur appart dans le 16
On voit un tableau différent : ils disent croire en dieu mais croit en ce qu'ils possèdent
Ils trouvent même pas un corps dans les ruines du world-trade mais sortent des débris le passeport de Mohamed
Je peux plus exprimer combien on trouve ça grotesque
Tu comprends pourquoi "ça le désire" dans les bibliothèques
Au collège de le vie ils jouent les profs d'histoire
Et abreuvent le quotidien de milles sornettes illusoires
On a battis une forteresse on l'a nommé alamut
Coincé physiquement entre garde à vue et garde à vous
Compte tenu de la pression patriotique j'admire les gens de gauche en Israël , en Amérique
est ce qu'on vaut mieux en France
désolé si j'insiste mais regardons nous franchement,
on est aussi raciste, ensuite on vend de la liberté au marché public,
putain le drame avec les valeurs de la république.
La république, elle passe ces week-end en régate
puis se prostitue de toutes part pour un airbus ou une frégate,
elle exécute dans une grotte des opposants canaques
et mange à table avec des gars style Giancanna
puis explose le rainbow warriors
et dessine les frontières du tiers monde à la terrasse du Mariot,
sponsorisent les fanatiques aux 4 coins du monde,
les entraînent aux combats et manipuler les bombes
le collier casse, ces cons échappent à tous contrôles
et quand ils mordent la main du maître alors on crie aux monstres.
ils discutent notre futur autour d'un pichet
pour notre sécurité zarma, ils veulent nous ficher.
C’est la france de derrière les stores
et j'en ai marre de me faire gruger
par des tronche de dispenser de sport.
je me bat pas pour la porche mais pour un meilleur monde
avec mes petits bras
Souvent à cette époque ou la terreur gronde
ou la frayeur monte, je travaille sur moi chaque seconde
pour être un meilleur homme.
On vit en ces temps où dans un taudis de Paris.
36 gosses meurent brûlés vifs quand les demandes en HLM dorment
depuis des années dans les archives
alors que des employés de la mairie en obtiennent avec terrasse et parking
t'appelle pas ça du racisme
après ils pleurent quand perdu on revient aux racines.
ils ont caricaturés nos discours radicaux
et l'on résumé par wesh wesh ou yo yo !
Nous complexé, si peu sûr de soi,
on s'interpelle entre nous, comme rital, rebeu ou renoi.
Chaque jour, la grande ville resserre l'étreinte
et tu peux voir les noms des nôtres évaporés écrits sur des trains.
Ma vie, un mic, une mix-tape, loin des ambitions
de ce qui sera élu président en 2007
j'adore ce moment où il dévoile le minois
de qui devra tailler des pipes monumentales au chinois.
à défaut d'argent putain, donnons du temps,
dans nos bouches le mot liberté devient insultant
car c'est les soldats qui le portent et non plus le vent
comme si le monde était rempli de cruel sultan.
Mécontent des schémas qu'on nous propose, je cultive maintenant
les roses dans mon microcosme.
Mesure les dégâts minimes que mon micro cause.
Ca ne peut qu'aller mieux alors j’attends la fin de leur monde…

Validation

Par Le 20/02/2012

Pour que l'Humanité réussisse à changer de paradigme, il ne sert à rien que des millions d'individus perçoivent, intellectuellement, que nous ne sommes pas condamnés à être des "moi encapsulés", que la dualité est une illusion, que chaque individu est une partie intégrante de la Nature.

L'humanité doit passer par l'étape de la validation de l'intellect, c'est à dire la réalisation de tout ce que cela implique dans la vie quotidienne. Il s'agit de s'extraire de la sphère intellectuelle pour entrer dans la sphère existentielle.

Je ne crois pas qu'un mouvement politique puisse développer une éthique écologique et holistique sans que cela ne soit au préalable intégré par chaque individu. Et lorsque cette validation sera réelle, les mouvements politiques n'auront plus aucune raison d'être. Chaque individu, dans ses actes, sera acteur, réalisateur, metteur en scène, spectateur, producteur, accessoiriste et critique. L'ensemble de la communauté existera  à travers l'osmose de cette validation et non à travers des mouvements de pensées dualistes.

 

Comment cette validation peut-elle survenir ?

Quand on étudie les populations ayant connu des périodes noires, catastrophes naturelles, guerres, famines, épidémies, on s'aperçoit à quel point la rupture déclenchée par ces troubles gigantesques a parfois engendré une osmose étourdissante, une unité qui n'est pas seulement du registre de la solidarité ou de l'empathie mais bien plus profonde que cela. Une unité qui ne concerne pas que les humains d'ailleurs mais l'ensemble du Vivant.

 

L'Humanité devra-t-elle passer par une catastrophe planétaire pour valider en elle cette Conscience unifiée ?

 

De quelle façon pourrait survenir cette catastrophe planétaire ?

 

Il existe dans la littérature un ouvrage qui m'a considérablement marqué lorsque j'étais adolescent. "Ravage" de René Barjavel.

http://barjaweb.free.fr/SITE/ecrits/Ravage/ravage.html

RAVAGE.

Dans une société mécanisée à l'extrême où les hommes ne font plus rien qui ne puisse être fait pour eux par une machine, l'électricité vient à disparaître subitement. Tout est paralysé : les lumières s'éteignent, les voitures s'immobilisent, les pompes qui distribuent l'eau assèchent les robinets, la radio n'informe plus, les secours se déplacent à chevaux mais déjà des meutes de citoyens affamés commencent à attaquer les animaux au couteau. C'est la loi de la jungle qui s'empare de la cité. François Deschamps, jeune étudiant chimiste d'origine familiale agricole, décide de quitter la ville qui sombre dans la violence et le crime. Il court d'abord à la rescousse de Blanche Rouget, son amie d'enfance qui s'est fiancée au richissime et tout puissant Jérôme Seita. Celui-ci, sans ses subordonnés, ne peut même pas sortir de chez lui sans se mettre en danger de mort.
Après avoir confectionné des armes et amassé suffisamment de provisions pour tenter une escapade au travers des bandes de criminels affamés, François prend la route de son village d'enfance avec ses compagnons. Il compte y reprendre une vie saine sans devenir l'esclave des machines dont les hommes croyaient être les maîtres. Le parcours sous un soleil de plomb est difficile.
L'expédition doit affronter incendies et tempêtes. Une fois parvenue à leurs fins, les rescapés de la catastrophe fondent une société où les machines sont proscrites et le progrés banni. La hiérarchie est patriarcale et basée sur le respect et l'obéissance au chef, qui sélectionne les meilleurs sujets pour assurer sa descendance.
Au cours des célébrations qui fêtent la passation de pouvoir entre François et celui qu'il a désigné comme son successeur, un homme surgit avec une machine monstrueuse, qu'il a fabriqué en cadeau pour le patriarche. Il affirme avoir trouvé le moyen de délester les siens de la peine des labours. François qui devient fou à l'image de cet engin qui lui rappelle la société mécanisée désormais éteinte, décide de détruire la machine et de faire exécuter son inventeur. Ce dernier dans son incompréhension et son égarement tue le patriarche. Ainsi disparaît le dernier survivant de la catastrophe. Comme il l'avait voulu la machine est détruite et avec elle le cerveau qui l'a imaginée, mais les hommes demeurent et avec eux probablement d'autres machines à venir.


SURPOPULATION

Le Mahabarata indien, quant à lui, prévoit depuis des milliers d'années que la surpopulation de la planète en causera la fin.


EVOLUTION CLIMATIQUE

"Le vrai danger n'est pas le réchauffement climatique, mais la venue d'une période glaciaire en 2012" (Marsh, physicien)

 

images.jpg L'article remonte à 2008, mais il vaut son pesant d'or, le physicien Gerald E.Marsh évoque la venue d'une période glaciaire qui devra commencer en 2012. Au moment où l'Europe gèle, surtout dans l'est, un petit rappel des dires de ce physicien est intéressant.

 

PAR GERALD E. MARSH - CHICAGO - contrairement à l'idée populaire actuelle, le vrai danger pour l'humanité n'est pas le réchauffement global, mais plus probablement la venue d'une nouvelle période glaciaire. 

Ce que nous vivons actuellement est connu en tant qu'époque interglaciaire, une période relativement brève entre de longues périodes glaciaires. Malheureusement nous, la plupart des périodes interglaciaires durent seulement 10 milliers d'années, et combien de temps s'est écoulé depuis la dernière période glaciaire ?


Combien de temps avons-nous avant que la glace commence à reprendre sa place sur la surface terrestre ? Moins de cent ans ou plusieurs centaines d'années ? Nous ne le savons pas.

Même si toute l'augmentation de la température au cours du siècle dernier est attribuable aux activités humaines, l'élévation a été peu importante et relativement modeste 0.6° C - une augmentation tout à fait en conformité avec des variations normales depuis des millénaires. 

Tandis qu'un réchauffement durable de la même taille au cours du siècle à venir apporterait à l'humanité quelques modifications, nous sommes assurés de pouvoir nous adapter.

Connaître une nouvelle période glaciaire, cependant, serait catastrophique pour la suite de la civilisation moderne. 

On a regardé seulement des cartes montrant l'ampleur des grandes carottes de glace pendant la dernière période glaciaire pour comprendre ce que signifierait un retour en période glaciaire. Beaucoup de l'ensemble de l'Europe et de l'Amérique du Nord ont été recouvertes par une glace épaisse, de milliers de mètres dans bien des régions et le monde dans son ensemble était beaucoup plus froid. 

Le dernier « petit » âge glaciaire a commencé dès le XIVème siècle où la mer baltique gelait même hors saison, des orages, et une élévation au niveau de la Mer Caspienne. Cela a été suivi de l'extinction des morses au Groenland et de la perte de culture en Islande. Des moissons même ont été sévèrement réduites en Scandinavie. Et c'était une seule annonce des misères à venir.

Au milieu du XVIIème siècle, les glaciers dans les Alpes suisses ont avancé, éliminant des fermes et des villages entiers. En Angleterre, le fleuve la Tamise était congelée pendant l'hiver, et en 1780, le port de New York a gelé. Si cela avait continué ainsi, histoire aurait été très différente. Heureusement, la diminution de l'activité solaire qui a causé le petit age glaciaire a fini et le résultat a apporté le printemps à la civilisation moderne.

Il y avait très peu de périodes glaciaires jusqu'il y a à environ 2.75 millions d'années quand le climat de la Terre a écrit une période peu commune d'instabilité. Ça a Commencé des cycles il y a environ 1 million d'années, des périodes glaciaires durant environ 100.000 ans, séparés par les périodes interglaciaires relativement courtes, comme celui que nous vivons actuellement qui est devenu la règle. Avant le début des périodes glaciaires, et pour la majeure partie de l'histoire de la Terre, c'était le réchauffement comme aujourd'hui. 

En effet, le Soleil était devenu plus lumineux de toute l'histoire entière de la Terre et la flore et la faune sur la Terre se sont épanouies. Les deux ont eu l'effet de laisser tomber des concentrations en anhydride carbonique dans l'atmosphère au niveau le plus bas dans la longue histoire de la Terre. 

Il y a cinq cents millions d'années, les concentrations en anhydride carbonique étaient plus de 13 fois supérieures à aujourd'hui ; et il y a environ 20 millions d'années, les niveaux d'anhydride carbonique sont tombés un peu à moins de deux fois ce qu'elles sont aujourd'hui.

Il est possible que les concentrations modérément accrues en anhydride carbonique puissent prolonger la période interglaciaire actuelle. Mais nous n'avons pas encore atteint le niveau exigé, ni nous ne connaissons le niveau optimum à atteindre. 

Ainsi, plutôt que l'appel pour des limites arbitraires sur des émissions d'anhydride carbonique, peut-être que la meilleure chose à faire pour l'IPCC (GIEC) de l'ONU sur le changement climatique et la communauté en climatologie en général est de consacrer leurs efforts pour déterminer la gamme optimale de l'anhydride carbonique requise pour prolonger la période interglaciaire actuelle indéfiniment. 

La NASA a prévu que le cycle solaire faisant une pointe en 2022 pourrait être un des plus faibles depuis plusieurs siècles et devrait causer un refroidissement très significatif du climat sur Terre. Est-ce que cela sera le déclenchement d'une nouvelle période glaciaire ?

Nous devons soigneusement considérer cette possibilité avant que nous éliminions notre prospérité actuelle en dépensant des trillions de dollars pour combattre une menace perçue du réchauffement global qui peut bien s'avérer être seulement une étincelle.

GERALD E. MARSH est un physicien retraité du laboratoire national d'Argonne et un ancien conseiller au Département de la Défense sur la technologie nucléaire stratégique et à la politique à Reagan, à Bush, et au gouvernement de Clinton. 

source : http://www.winningreen.com/


DEREGLEMENT CLIMATIQUE

Une nouvelle étude note que le débit du Gulf Stream aurait diminué de façon significative, ce qui pourrait entraîner un refroidissement climatique majeur en Europe

C'est la revue scientifique britannique Nature qui a publié le 1er décembre les résultats d'une étude menée par Harry Bryden, Stuart Cunningham et Hannah Longworth, du National Oceanography Centre, de Southampton.
Régulièrement (1957, 1981, 1992 et 1998) des navires de recherche et des capteurs effectuent des sondages près du 25e parallèle pour connaître la température de l'eau, la pression, la salinité, la vitesse et la direction des courants de surface et du fond des océans. Ainsi, ils obtiennent une mesure de l'intensité du Gulf Stream.
Ces données valables pour 2004, enregistrent depuis 1957 une baisse de 30% du débit la dérive nord-Atlantique qui est passé de 20 millions de tonnes d'eau/seconde à 14 millions de tonnes d'eau/seconde. Si le Gulf Stream, en surface, évolue peu, les courants de retour les plus profonds auraient diminué de 50%. Ces résultats se retrouvent dans certaines simulations océaniques mais dans des proportions plus modestes.

"Les études précédentes menées au cours des 50 dernières années montraient une circulation océanique et un transport de chaleur de part et d'autre du 25e parallèle relativement constant. C'est pour cela que nous avons été surpris que les chiffres de la circulation océanique en 2004 soient si différents des estimations précédentes", a relevé le Pr Bryden.

Le réchauffement climatique en cause

D'après les scientifiques du National Snow and Ice Data Center, la banquise arctique se réduisait d'environ 8% tous les dix ans. Un phénomène inquiétant qui s'amplifie et semblerait devenir durable puisque ces quatre dernières années, la formation de glace durant l'hiver a été de 20% inférieure à la période 1978-2000, et que la température moyenne à la surface de l'océan Arctique était, entre janvier et août 2005, de 2 à 3 degrés Celsius plus élevée qu'au cours des cinquante dernières années.
Lorsque la banquise fond, le niveau de l'eau n'augmente pas pour autant puisque le passage de l'état solide à l'état liquide de l'eau n'induit pas une augmentation du volume d'eau. C'est la fonte des glaciers terrestres qui contribue à l'élévation du niveau des océans. Il n'y a donc pas, ici, d'élévation possible du niveau des océans.
Pour autant, en fondant, la banquise introduit un surplus d'eau douce qui pourrait contribuer à freiner la circulation thermohaline qui redistribue la chaleur sur Terre.

Vers un nouvel âge glaciaire en Europe ?

"Les implications de ces observations sont considérables", estime Detlef Quadfasel, chercheur à l'institut d'océanographie de l'université de Hambourg (Allemagne), dans un commentaire publié par Nature. "Les relevés paléoclimatiques montrent que les températures de l'hémisphère Nord peuvent s'effondrer de plus de 10 ºC en quelques décennies et que ces changements abrupts sont intimement liés à des interruptions de la circulation océanique."

La dérive nord-atlantique qui adoucit en partie le climat de l'Europe occidentale transporte une partie de la chaleur tropicale du golfe du Mexique vers l'Atlantique nord, c'est la prolongation du Gulf Stream. Ce courant joue un rôle majeur dans l'équilibre climatique que nous connaissons.
"La chaleur qu'elle transporte apporte une contribution substantielle au climat modéré de l'Europe maritime et continentale et tout ralentissement de la circulation océanique aurait des implications profondes pour les changements climatiques", affirme l'étude.
L'interruption de la circulation océanique dans l'Atlantique pourrait faire baisser, d'ici à 2100 de 4°C les températures moyennes en Europe, ce qui plongerait notre continent dans des hivers très rigoureux avec des zones de froid localisés... Rien de comparable pour autant avec une glaciation en Europe.

La circulation thermohaline

Stéphane Foucart, dans le journal Le Monde, précise que "le Gulf Stream se divise en deux flux de retour. Le premier - qui circule dans le sens des aiguilles d'une montre - est constitué d'un courant de surface chaud, qui descend vers les côtes de l'Afrique de l'Ouest pour revenir ensuite vers l'Amérique centrale. Le second monte vers l'Atlantique nord, s'y refroidit et, ayant ainsi acquis une densité supérieure, plonge pour se transformer en courant profond. Ces eaux profondes retournent quant à elles à leur point de départ en descendant le long des côtes nord-américaines."
En effet, au niveau planétaire, actuellement, les eaux de surface des mers de Norvège et du Labrador, plus salées avec la formation de glace, plongent entre 2 000 et 4 000 mètres de profondeur (on parle de l'Eau Profonde Nord Atlantique) et circulent lentement vers les autres bassins océaniques. Dans le même temps, les eaux tropicales chaudes de surface remontent notamment vers le pôle Nord. Cette circulation lente (environ 1 500 ans) atténue les différences de températures entre les latitudes.

Un phénomène complexe encore peu prévisible

Ce phénomène est toutefois très complexe et les physiciens ajustent régulièrement leurs modèles climatiques pour tenter de prévoir les conséquences de cet affaiblissement. A ce titre, ils sont demandeurs de relevés encore plus précis et réguliers. Alain Colin de Verdière, professeur d'océanographie physique à l'université de Brest note à ce titre que "les mesures ont été faites sur une seule section et au cours d'une période très courte, environ un mois. Rien ne dit que ces mesures auraient été les mêmes deux mois ou un an plus tard." De plus, remarque Didier Paillard, chercheur au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement, "l'océan est observé depuis peu de temps et nous n'avons pas le recul nécessaire pour avoir l'absolue certitude que les changements mesurés ne sont pas, par exemple, le fait de variations naturelles". Un fait que ne contestent pas les auteurs de l'étude qui confirment pour autant les simulations climatiques réalisés avec le réchauffement de la Terre.

Cette hypothèse qui est très loin de faire l'unanimité dans la communauté scientifique est toutefois de plus en plus acceptée comme une hypothèse probable car l'étude des climats passés montre que l'affaiblissement et le la disparition temporaire du Gulf Stream a eu des précédents.
Le dernier coup de froid enregistré dans les glaces du Groenland et en Europe s'est produit non pas en période glaciaire, mais il y a 8 200 ans au coeur de la période chaude actuelle. Il résulte d'un apport massif d'eau douce dans l'Atlantique nord depuis la Baie d'Hudson : cet évènement montre que, même en période interglaciaire, un apport massif d'eau douce peut entraîner un refroidissement significatif (typiquement 5°C pendant 40 à 200 ans) (Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement, 11/2004). Si cet épisode devait se reproduire, le réchauffement climatique en cours serait alors, pour l'Europe occidentale, fortement atténué, voire inexistant.

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Current velocities of the Gulf Stream - DEOS

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avatar Christophe Magdelaine / notre-planete.info ; date originale : 03 décembre 2005, 15 h 13 - Tous droits réservés


FOLIE HUMAINE

Dans un article publié par le quotidien Rossiskaya Gazeta, le favori de la présidentielle russe, développe le plan de modernisation militaire lancé il y a un an

Les nostalgiques de la guerre froide applaudissent à deux mains: Vladimir Poutine veut dépenser 590 milliards d'euros d'ici à dix ans pour se protéger de la menace militaire que représenteraient l'Otan et les États-Unis. En particulier le projet de déploiement d'un système de bouclier antimissile aux frontières orientales de l'Europe. Dans un article publié par le quotidien Rossiskaya Gazeta, le favori de la présidentielle en Russie, développe le plan de modernisation militaire lancé il y a un an, multipliant les chiffres: construction de 400 missiles balistiques intercontinentaux d'ici à 2022, 8 croiseurs sous-marins lance-missiles stratégiques, 20 sous-marins polyvalents, 50 navires de surface, 600 chasseurs de cinquième génération, mille hélicoptères, 2300 chars modernes, 2000 canons automoteurs, 28 régiments de systèmes de missile sol-air S 400…

«L'époque exige une politique déterminée de renforcement du système de défense aérien et spatial du pays. C'est la politique des États-Unis et de l'Otan en matière de défense antimissile qui nous y pousse», écrit le premier ministre, qui se défend de tout «patriotisme» excessif. «Nous voyons éclater sans arrêt de nouveaux conflits locaux ou régionaux. Apparaissent des zones d'instabilité, où le chaos est entretenu et manipulé. Et on voit des tentatives de provoquer de tels conflits à proximité immédiate de nos frontières et de celles nos alliés», poursuit-t-il. Après la Libye, Poutine a notamment en tête la Syrie, menacée selon Moscou d'une intervention militaire occidentale. «Dans ces conditions, la Russie ne peut se contenter des méthodes diplomatiques et économiques de règlement des conflits.»

Ces nouveaux équipements seront produits en Russie sur la base de technologies russes, a précisé Poutine. Le vice-premier ministre, et ancien ambassadeur à l'Otan, Dmitri Rogozine, un authentique «faucon», sera chargé de la gestion des achats publics militaires, qui reste aujourd'hui un trou noir de la corruption d'État. L'exception à la règle est notamment l'achat à la France de deux navires porte-hélicoptères, type Mistral, dont le contrat avait été signé en juin 2011.

Les idéologues du régime se félicitent. «Une période de nouvelles guerres coloniales a débuté. Les États-Unis cherchent à s'approprier des ressources naturelles extérieures. La Russie doit protéger les siennes. En agissant de la sorte, Vladimir Poutine se situe dans le sillage de Pierre le Grand et d'Alexandre III», se réjouit Igor Korotchenko, président du Conseil public auprès du ministère de la Défense. Néanmoins, l'état de l'industrie nationale de défense est tellement «dégradé» que beaucoup d'experts doutent de la possibilité d'estampiller les nouveaux équipements militaires du «made in Russia».


VIRUS

Dans le nord de l'Ouganda, près de 3.000 enfants sont aujourd'hui atteints d'un mal mystérieux dont l'origine n'a pu être identifiée. Celui-ci provoque des crises de convulsion qui les empêchent de se nourrir, les conduisant parfois à mourir de faim.

Maladie du hochement de tête ou maladie du tremblement. C'est le nom qu'ont donné les scientifiques à ce nouveau mal qui a déjà tué au moins 200 enfants dans la région du nord du Ouganda. C'est en 2010 que la maladie a été observée pour la première fois mais depuis elle s'est répandue atteignant désormais 3.000 enfants dans la région. Si son origine reste inconnue, les symptômes observés s'avèrent redoutables : les malades sont pris de crises de convulsions qui les empêchent de se nourrir provoquant des retards de croissance, des membres amoindris, voire des handicaps mentaux. Certains en viennent même à mourir de faim.

Patrick âgé de 14 ans est l'une des victimes et demeure recroquevillé, luttant pour relever la tête et apercevoir son frère et sa soeur cadets qui jouent devant le domicile familial. Sa mère Rugina Abwoyo a déja perdu un fils et assiste impuissante aux ravages de la maladie sur son autre fils. "Avant, il marchait et courait comme les autres enfants, mais maintenant, quelqu'un doit veiller sur lui en permanence, explique-t-elle. La maladie est terrible, elle l'empêche de manger et de boire tout seul", explique t-elle citée par l'AFP. 

Des médicaments contre l'épilepsie inadaptés

Sur un sentier ouvert dans un champ de sorgho, Joe Otto, un auxiliaire médical volontaire de 54 ans, raconte que la pathologie a ravagé son village de Tumangu, dans le district de Kitgum, à environ 450 kilomètres au nord de Kampala. "Dans le village vivent 780 personnes et nous avons 97 cas. Presque toutes les familles ont été touchées", explique-t-il. Grâce au dipsensaire local situé à plusieurs kilomètres, Joe Otto parvient à se procurer des médicaments. Mais ceux-ci sont loin d'être adaptés en l'absence d'une meilleure connaissance de la maladie. "Nous donnons des médicaments contre l'épilepsie, comme la carbamazepine, mais cette maladie est différente de l'épilepsie", souligne-t-il.

Depuis 2010, de très nombreux scientifiques : épidémiologistes, biologistes, neurologues, toxicologues, comme psychiatres ont mené toutes sortes de tests pour tenter de découvrir les origines de la maladie qui ne touche que les enfants. Si plusieurs hypothèses ont émergé, aucune n'a pour l'heure été avérée. Parmi les causes envisagées figurent notamment un parasite tel que celui provoquant l'onchocercose (ou cécité des rivières) mais les spécialistes ont également évoqué des possibles effets secondaires de la guerre civile dans le nord de l'Ouganda.

Tenter de soulager les malades

"Nous avons examiné tout cela, mais malheureusement nous n'avons pu identifier aucun réel facteur déterminant ou de risque (...) les recherches de l'agent pathogène continuent", explique Miriam Nanyunja, du service de prévention et contrôle des maladies à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) à Kampala. En outre, d'autres questions subsistent : les scientifiques ne savent pas si la maladie est liée à des épidémies similaires au Soudan du Sud et en Tanzanie. De même, ils tentent de comprendre si elle continue de s'étendre ou a commencé à décliner, et pourquoi elle se limite à quelques communautés.

Face à la situation, le ministère de la Santé ougandais a mis en place fin janvier un plan d'intervention d'urgence pour tenter d'identifier et de circonscrire la maladie. Mais en attendant que des progrès soient faits et qu'un éventuel traitement soit trouvé, Miriam Nanyunja estime que les médecins doivent se consacrer à tenter de soulager les patients. "Il existe de nombreuses maladies dont nous continuons à traiter les symptômes sans en connaître la cause exacte", souligne t-elle.

 

Source: Maxisciences


 

Je pourrais remplir des pages entières de catastrophes en puissance.

 

Je viens de relire le roman de denis Marquet : "Colère".

C'est un excellent livre, documenté, très bien mené. Effroyable.


Édition Livre de poche

 http://calounet.pagesperso-orange.fr/resumes_livres/marquet_resume/marquet_colere.htm

 

La Terre. Exploitée, martyrisée, défigurée. La Terre se révolte. Séismes, raz de marée, ouragans, éruptions volcaniques, virus foudroyants... Devant une série de cataclysmes sans précédents, les scientifiques du monde entier sont sans réponses. Une femme, elle, a compris. Parce qu'elle a su payer le prix. Mais le monde est-il prêt à écouter une femme ? Colère. un thriller à la puissance 10. Un roman initiatique qui résonne comme un dernier avertissement : et si le compte à rebours avait déjà commencé ?

Denis Marquet, normalien et agrégé de philo, remet en question toutes les théories scientifiques, dans un roman cauchemardesque sur l'avenir de l'humanité. À la fois thriller ésotérique, roman apocalyptique et roman d'anticipation, voici un récit écologique de grande qualité. Le dysfonctionnement climatique d’une Terre qui se rebelle contre l’homme, son principal prédateur. Ce thème ne présente rien de très nouveau, mais c’est un roman à suspense mené avec imagination, qui entrecroisent une documentation scientifique impressionnante, une touche de spiritualité, un brin de morale et beaucoup d’amour. Marquet navigue subtilement sur les angoisses et interrogations de notre temps. Son roman apocalyptique sert une véritable mise en garde contre les abus de la nature par l'homme et un vibrant appel à l’humilité.

Pascale Arguedas


La dédicace de l’auteur :
Colère est né d'un moment de ma vie, qui est devenu un passage du livre. Une plage, sous les tropiques. Je suis à moitié dans l'eau, je laisse le rythme des vagues guider mes pas. La mer est belle. Soudain, un vacarme de moteurs. Trois jets-skis sont apparus. Trois jeunes hommes, qui se sentent visiblement tout-puissants, sur cette eau qu'ils sillonnent comme s'il s'agissait d'une autoroute. Ils me mettent en colère. Ils n'ont rien compris. La mer est une étendue sacrée, imprévisible, dangereuse. Tous les vrais marins le savent. Il faut la connaître, et la respecter. Ce n'est pas un objet que l'on peut dominer. Je me prends à rêver. Si l'océan révélait soudain sa nature véritable ? S'il rappelait au dérisoire orgueil de ces pauvres en conscience leur incroyable fragilité face à l'élément ? En les engloutissant par exemple... Et le bruit cesserait. La paix reviendrait. Puis cette idée, qui me fait frissonner. Ne sont-ils pas la métaphore exacte de nous tous, frères humains, unis dans la même outrecuidante incompréhension de la Nature, et de notre nature ? Et celle-ci n'a-t-elle pas commencé, déjà, - modifications du climat, maladies émergentes - de nous rappeler que nous ne sommes pas des dieux ? Alors, en exagérant un peu, ne pourrait-on pas imaginer que... Colère est né. Mais est-ce tellement exagéré ? (Denis Marquet)

 


 Bon, alors, que fait-on ?

On lit les dernières nouvelles du monde ou on s'efforce d'écrire les prochaines ?

 

 

 

 

Ataraxie

Par Le 19/02/2012

Ataraxie

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ataraxie

L’ataraxie (du grec ἀταραξία / ataraxía signifiant « absence de troubles ») apparaît d'abord chez Démocrite et désigne la tranquillité de l’âme résultant de la modération et de l’harmonie de l’existence.
L’ataraxie devient ensuite le principe du bonheur (eudaimonia) dans le stoïcisme, l’épicurisme et le scepticisme. Elle provient d’un état de profonde quiétude, découlant de l’absence de tout trouble ou douleur. Cette notion apparaît à l'époque d'Épicure.
L'état d'ataraxie n'est pas uniquement une affaire mentale. L'étude rationnelle d'une éthique et d'une paix intérieure telle que firent ces trois mouvements philosophiques reste limitée par l'expression de ce sentiment de quiétude. Nous ne pouvons que souligner l'importance des exercices corporels dans ces doctrines afin de mieux faire apparaître la relation controversée entre le corps et l'esprit. L'ataraxie est en effet liée, d'une façon non nécessaire, à l'aponie, ou absence de troubles corporels. Selon Épicure, ces deux états liés mènent à l'euthymie.

Dans le scepticisme 

Au sein de l’école sceptique, l’ataraxie est le résultat de l’épochè, la suspension de l'assentiment ou du jugement. Elle consiste dans le fait, grâce à l'absence de jugements dogmatiques, de ne pas connaître ses désirs et ses craintes [réf. nécessaire]. Les sceptiques pensent que la valeur de l'ataraxie réside dans son caractère d'absence ou de déni de connaissance, c’est-à-dire que le scepticisme prône l'idée que la connaissance n'est pas nécessaire à l'action, mais qu'au contraire ce sont nos convictions qui nous paralysent.
En revanche, les sceptiques n'arrêtent pas leur réflexion sur les choses et les évènements; ils n'accordent simplement aucun crédit ni aucune véritable certitude sur l'une ou l'autre vision des choses.
Dès lors, une libération intérieure résulte de ce détachement face aux affections rencontrées au fil des jours, et permet à l'individu d'envisager la vie libérée des troubles, d'où résulte cette absence de trouble, l'ataraxie.

Dans l'épicurisme 

Pour Épicure, la réflexion sur le bonheur est incontournable car l'existence de l'humain est tout entière dominée par la recherche des causes qui le produisent. Épicure enseigne à distinguer les désirs naturels des désirs non naturels, et les désirs nécessaires des désirs non nécessaires :

« Quand nous disons que le plaisir est notre but, nous n'entendons pas par là les plaisirs des débauchés ni ceux qui se rattachent à la jouissance matérielle, ainsi que le disent ceux qui ignorent notre doctrine, ou qui sont en désaccord avec elle, ou qui l'interprètent dans un mauvais sens. Le plaisir que nous avons en vue est caractérisé par l'absence de souffrance corporelle et de troubles de l'âme1. »

"Il n'est pas possible de vivre de façon bonne et juste, sans vivre avec plaisir."1
Il faut viser la suffisance à soi, car ainsi la douleur provenant du manque est supprimée.
Pour Épicure, une amitié restreinte mais véritable est importante à l'ataraxie. Dans le jardin d'Épicure, seuls ses vrais amis sont présents, ce qui empêche tout trouble de l'âme.

Dans le stoïcisme

Pour les adeptes du stoïcisme (chez Epictète il apparaît comme le complément de l'apatheia, l'absence de passion), l'ataraxie désigne un état acquis grâce à la méditation et un travail sur soi, notamment l'étude de leur doctrine. La quiétude stoïcienne résulte de la connaissance du mouvement de l'univers, animé selon eux par un air chaud (le pneuma) animant tout l'univers dans un mouvement infini et cyclique d'inspiration et d'expiration. L'éthique est ainsi imbriquée avec la physique. En méditant sur le cosmos, les stoïciens tentaient de trouver un rythme de vie calqué sur la totalité cosmique, libérée des passions négatives, qui deviennent des troubles et engendrent angoisse et colère. Ce détachement amène donc le stoïcien à considérer chaque évènement comme un moment nécessaire à la bonne marche de l'univers.

En médecine

Et plus spécifiquement en neuro-psychiatrie, l'ataraxie est qualifiée de « calme d'esprit ». C'est l'état d'une personne qui ne se laisse troubler par rien. C'est un état d'indifférence émotionnelle totale du sujet qui n'éprouve pas d'émotion émanant de lui-même et qui lui serait propre.

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