Articles de la-haut
Le moi dominateur
Le véritable problème de la planète ne vient pas des ressources disponibles mais des ressources existentielles. Cette exploration-là n'en est qu'à ses balbutiements et la catalepsie que nous connaissons entretient le pillage des ressources et l'inégalité dans la distribution de ces ressources. Le monde occidental profite à outrance de ses avancées technologiques et de son aveuglement existentiel pour piller le reste du monde et nourrir dans les pays émergents le désir de parvenir à ce soi-disant bien être matériel. Bien entendu que la situation des pays occidentaux est préférable à celle des populations confrontées à la misère, à la famine, à la soif, aux maladies. Je sais très bien que je vis infiniment mieux que la plupart des Africains. Ce que je conteste, c'est l'imposition forcenée du paradigme matérialiste sur les populations indigènes qui ont établi depuis des millénaires un équilibre particulier avec la nature.
La vision du monde prédominante repose sur l'exploitation des ressources naturelles et la soumision des ethnies qui vivent dans les territoires concernés. Les Conquistadors justifiaient la colonisation par l'évangélisation. L'enrichissement restait la motivation première. Aujourd'hui, le fonctionnement est le même. La colonisation n'a jamais cessé. Les justifications religieuses n'ont plus cours. Elles ont été remplacés par le sacro saint progrès...Progrès dans l'affaiblissement progressif des ressources. Les ethnies n'y gagnent rien. Il suffit de regarder les populations déracinées qui hantent les bidonvilles de toutes les mégapoles de la planète.
C'est un fonctionnement court-termiste. le Moi exige l'accomplissement de ses intentions matérielles. Il n'y a aucune visée existentielle, aucune philosophie, aucune unité. Nous fonctionnons dans un registre essentiellement individualiste. Même l'idée de nation est un leurre. C'est une valeur qui contribue essentiellement à l'extension du Moi. Il ne s'agit pas de créer une unité planétaire mais de contribuer à la formation d'un Moi national. Le Moi français contre le Moi chinois, arabe, asiatique, un jour peut-être le moi extraterrestre. On reste dans le conflit d'intérêt.
Quand je tente de me projeter dans l'avenir, je ne parviens pas à voir la moindre éclaircie. La paradigme ayant institué la vision dualiste de l'existence des egos ne laisse paraître aucune faiblesse.
La conclusion s'impose d'elle-même. Rien ne se fera volontairement.
La rupture surviendra lorsque l'équilibre sera rompu, lorsque l'exploitation aura atteint un seuil limite et que le système s'effondrera de lui-même.
Le lac Vostok
Tiens, en voilà un bon scénario de film. Une bactérie remontée à la surface, qui élimine les scientifiques sur place et qui s'étend à toute la planète; Ca leur apprendra à forer aussi profond que la bêtise humaine;
http://www.lepoint.fr/science/lac-de-vostok-nous-sommes-obliges-de-croire-les-russes-sur-parole-10-02-2012-1430134_25.php
Selon Yves Frenot, président du Comité pour la protection de l'environnement en Antarctique, en forant jusqu'au lac, la Russie n'a enfreint aucune réglementation internationale.
Les chercheurs russes de la station de Vostok le 5 février, le jour où ils ont atteint le lac sous une couche de 3 769 mètres. © AP/Sipa
Survival
http://www.survivalfrance.org/peuples/dongria/montagnesacree
Les Dongria Kondh
Victoire sur un géant minier
Les Dongria Kondh ont gagné une bataille sans précédent pour sauver leurs terres et leurs forêts du projet de mine à ciel ouvert de la compagnie britannique Vedanta.
Vedanta Resources comptait exploiter une mine de bauxite à ciel ouvert sur la montagne Niyamgiri en Inde.
La mine aurait détruit les forêts dont dépendent les Dongria Kondh et anéanti la vie de milliers d’autres Kondh vivant dans cette région.
Au cœur du conflit se trouve la montagne sacrée des Dongria Kondh, ‘la montagne de la loi’. Les Dongria vénèrent son sommet qu’ils considèrent comme le domaine de leur dieu et protègent les forêts qui s’y trouvent.
Vedanta Resources veut exploiter la bauxite que renferme son sommet.
Les Dongria Kondh y perdraient tous leurs moyens de subsistance, leur identité même et leur site le plus sacré.
Comme d’autres peuples indigènes qui ont été déplacés ailleurs dans le monde, leur santé en serait affectée, ils perdraient leur autosuffisance et leurs connaissances expertes des collines, des forêts et des systèmes agricoles qu’ils ont sauvegardés jusqu’à présent.
La souffrance
D’autres groupes kondh subissent les effets destructeurs de la présence d’une raffinerie construite par Vedanta et fonctionnant au pied des collines de Niyamgiri.
Les villageois qui ont été déplacés à cause de la raffinerie ont subi menaces et intimidations. Ils ont à la fois perdu leur territoire et leurs moyens de subsistance.
Ils souffrent également de graves problèmes de santé dus à la pollution de la raffinerie qu’ils accusent d’être responsable d’affections de la peau, de maladies du bétail et de la destruction de leurs récoltes.
L’office du contrôle de pollution du gouvernement d’Orissa a estimé que les émissions chimiques de la raffinerie étaient ‘alarmantes’ et ‘continuelles’.
Agissez maintenant pour aider les Dongria Kondh
Écrivez une lettre au Premier Ministre de l’Inde pour lui faire part de votre préoccupation.
Basse synergie
Le besoin constant de soutenir le moi dérivé aboutit à une vision extrêmement courte des effets générés par les actes. Il n'y a aucune compassion envers les générations futures. Elles n'existent même pas à moins qu'elles puissent autoriser par leur venue prochaine la validation des actes présents. Les industriels alliés des politiciens qui combattent les ethnies de la planète pour s'attribuer leurs richesses naturelles utilisent le prétexte de l'aprovisionnement des générations actuelles et même futures en énergies fossiles et autres minéraux. Vaste mensonge qui n'a pour autre but que de maintenir le flux des richesses pour quelques privilégiés, au détriment de communautés entières et de l'équilibre naturel; La société indienne Vedanta en est un des nombreux exemples;
On a ici le détail d'une des affaires.
Il est indispensable de connaître tous les actes qui contribuent à cette basse synergie. Et à les combattre à notre mesure;
Bulletin Oeconomia Humana
Vedanta Resources et les Dongria Kondh : une histoire de responsabilité sociale ?
Par Kristell Labous et Anne de Malleray, candidates au Master développement durable de l'Université Paris Dauphine
Catégorie: RSE
Vedanta Resources, une compagnie minière, siégeant à Londres, exploite de nombreuses mines d’aluminium, de cuivre, de zinc et de plomb en Inde, en Australie et en Zambie. En projet depuis 1997, la mine de bauxite située dans l’état indien d’Orissa n’est pas en activité. Elle se situe en effet sous la colline sacrée des Dongria Kondh, une tribu de 9000 personnes dont le mode de vie ancestral serait menacé par l’ouverture de la mine. Ce conflit local est devenu international : l’ONG Survival International, spécialisée dans la défense des droits des tribus et peuples indigènes s’est saisie du sujet et a porté plainte devant l’OCDE pour non respect des droits de l’homme et des libertés. Cette plainte a donné lieu à une condamnation par le gouvernement britannique en octobre 2009. La même année, Amnesty International a lancé sa campagne. L’affaire a pris une ampleur médiatique à la sortie du film Avatar, en décembre 2009. Les ONG ont fait le parallèle entre la situation des Na’vi, la tribu du film, et celle des Dongria Kondh, ce qui a valu de nombreux articles dans la presse internationale.
Depuis 2007, des investisseurs retirent leurs actions de la société Vedanta, cotée à la bourse londonienne. Ainsi, l’Eglise d’Angleterre, après de nombreux avertissements, s’est retirée du capital de la compagnie, l’Etat norvégien ou encore le fonds de pension de la major britannique BP également.
Contre toute attente, la compagnie minière ne réagit que très peu aux pressions médiatiques. Elle dément le rapport publié par Amnesty International, a refusé de collaborer à l’enquête menée par l’OCDE sur la véracité des faits allégués par Survival International. Elle se contente uniquement de publier son rapport de développement durable annuel, d’informer ses investisseurs sur ses projets, de tenir quelques blogs sur les impacts positifs de la raffinerie de bauxite déjà implantée au pied de la colline Niyamgiri et de poursuivre ses projets auprès de la communauté locale indienne (implantation d’écoles, projet d’université en Inde…). Cette passivité nous a amené à nous interroger sur la stratégie de l’entreprise.
Pour répondre à cette question, nous nous sommes intéressées tout d’abord à l’émergence du problème social sur la scène médiatique internationale, dans un second temps au rôle de l’Etat, régulateur et arbitre, et dans un dernier temps à la stratégie de l’entreprise face à cet environnement hostile et complexe.
Pour comprendre l’émergence de ce conflit local sur la scène internationale, il nous a semblé pertinent de l’analyser selon une approche constructiviste. Le modèle de l’arène publique d’Hilgartner et Bosk (1988) offre un cadre d’analyse pour expliquer la sélection qui s’opère, dans l’espace public, entre les différents enjeux sociaux. Selon ces auteurs, la capacité d’attention de l’opinion et des institutions est limitée, c’est pourquoi une compétition s’installe entre les différents problèmes sociaux émergents. Différents critères opèrent pour permettre à un conflit de faire surface : la dramatisation, le principe de nouveauté, la culture, le contexte politique et l’espace disponible dans l’opinion publique. Concernant le cas de Vedanta Resources, la dramatisation a eu lieu à la sortie du film Avatar : l’ONG Survival International publie en février 2010 un appel à James Cameron dans la revue hollywoodienne Variety. Comparer la situation des Dongria Kondh à celle des Na’vi a suscité l’intérêt de tous les médias internationaux. L’enjeu, pour les ONG est désormais de conserver l’attention des médias pour maintenir la pression de l’opinion publique sur la compagnie minière. Nous pouvons aussi nous référer au principe de caractérisation formulé par Joel Best (2005) pour expliquer l’émergence de problème social. Premièrement, il faut souligner le fait que les ONG, impliquées dans le conflit, défendent les droits de l’homme et non la protection de l’environnement. Même si les impacts environnementaux sont mis en avant, la priorité dans ce conflit est de défendre les droits des peuples autochtones, dont les Dongria Kondh font partie. Dans un second temps, ce conflit peut être caractérisé comme un enjeu économique et politique pour l’Etat d’Orissa et l’Etat indien. En effet, le développement économique de l’Inde est une priorité pour le gouvernement et pour l’Etat d’Orissa, le plus pauvre en Inde. Concernant l’OCDE et les actionnaires, l’enjeu semble davantage correspondre à la responsabilité sociale et à l’éthique des affaires. Chaque acteur interprète ici le conflit entre les Dongria Kondh et Vedanta Resources selon sa propre culture, son propre point de vue, ce qui conduit à la complexification du problème.
Vedanta Resources est également confronté à un autre acteur dominant : l’Etat. Plusieurs Etats interviennent dans le conflit : l’Etat indien, l’Etat d’Orissa, l’Etat britannique et l’Etat norvégien. Nous avons identifié différents rôles qu’endosse l’Etat selon la relation qu’il entretient avec l’entreprise. L’Etat d’Orissa soutient Vedanta Resources depuis le début du projet d’exploitation minière. Riche en métaux, notamment en bauxite, c’est l’Etat le plus pauvre d’Inde. Ainsi depuis 2002, le gouvernement d’Orissa a signé 54 accords d’exploitation minière. De plus, l’Etat d’Orissa a engagé son entreprise d’Etat Orissa Mining Corporation dans un consortium avec Vedanta Resources pour l’exploitation de la mine de Lanjigarh. Ce soutien est un soutien financier, économique et politique, l’Etat d’Orissa souhaitant développer l’économie locale autour du secteur minier. L’Etat indien a une position plus ambigüe : le Ministère de l’Environnement souhaite préserver les forêts de cette région et maîtriser l’exploitation forestière, tandis que le gouvernement indien espère développer économiquement son pays; Anil Argawal, président directeur de Vedanta Resources, disposant d’une fortune personnelle de 6 milliards de dollars, les enjeux économiques entre Vedanta Resources et l’Inde sont considérables. La divergence des intérêts indiens a conduit l’Etat indien à des décisions contradictoires : l’autorisation d’exploitation fut accordée en 2009 par la Cour Suprême indienne, un rapport recommande au Ministère de l’Environnement d’interdire l’exploitation et le gouvernement indien n’a toujours pas rendu sa décision. Ainsi le dossier est en suspens depuis 2006.
Concernant l’Etat britannique et l’Etat norvégien, les positions sont différentes de celles de l’Inde. L’Etat britannique héberge le siège londonien de Vedanta Resources depuis quelques années désormais. L’entreprise a donc la nationalité britannique. De ce fait, l’ONG Survival International a pu déposer une plainte auprès du point de contact national britannique de l’OCDE, selon le principe qu’une entreprise multinationale, dont le siège se situe dans un Etat membre de l’OCDE, doit respecter les principes directeurs de l’OCDE (Droits de l’Homme universels, transparence, droits du travail internationaux…). Selon l’ONG, l’entreprise aurait violé les droits des peuples autochtones. Le point de contact national britannique après avoir mené une enquête sur la véracité des faits a statué favorablement à la demande de Survival International, déçu de l’absence de réponse de la part de la compagnie minière. Malgré l’absence de force obligatoire des recommandations de l’OCDE, cette condamnation du point de contact national britannique signale à l’entreprise la nécessité d’être responsable socialement. C’est une intervention indicative et non normative de l’Etat britannique. Cette décision a ensuite été reprise médiatiquement par les ONG et les journaux internationaux. Pour l’Etat norvégien, actionnaire de Vedanta Resources, l’absence de considération à l’égard des Dongria Kondh relève d’un manque d’éthique des affaires, c’est pourquoi, l’Etat norvégien s’est retiré du capital. Cette intervention relève du champ des normes incitatives. L’Etat souhaite faire pression sur l’entreprise par une intervention financière. Toutefois, nous relevons que Vedanta Resources n’a pas réagi aux différents retraits de ces plus gros actionnaires. Est-ce dû au fait que l’entreprise est détenue majoritairement par la famille Argawal ? Dans le cas de Vedanta Resources, aucun Etat n’a pour l’instant pris de mesures coercitives. L’Etat indien pourrait condamner la compagnie minière pour la pollution de la rivière de Lanjigarh par la raffinerie de bauxite, il n’en est rien actuellement. La décision finale d’exploiter la mine de bauxite peut constituer, si elle est négative, une sanction. Nous supposons également que l’ONG pourrait saisir la Cour de Justice de la Communauté Européenne pour violation du droit communautaire et ainsi faire condamner Vedanta Resources. Cependant, un tel procès peut prendre plusieurs années avant d’aboutir, et la situation d’urgence des Dongria Kondh ne permet sûrement pas à l’ONG de recourir à ce type de procédure.
Dans un dernier temps, nous avons analysé le comportement de l’entreprise à l’égard de ses parties prenantes, que nous avions identifié précédemment. Selon le cadre d’analyse de Mitchell, Agle et Wood, les parties prenantes peuvent être classées selon leur degré d’influence sur l’entreprise. Celui-ci peut s’évaluer en fonction du nombre d’attributs que possèdent les parties prenantes : légitimité, urgence et pouvoir. Cette classification des parties prenantes nous a permis d’identifier quatre groupes. Le premier constitué de l’Etat d’Orissa et de l’Etat indien dispose des trois attributs : la légitimité au regard de Vedanta Resources du fait que le territoire concerné soit sous l’autorité des deux Etats, le pouvoir de sanctionner par l’autorisation ou l’interdiction d’exploiter et l’urgence pour Vedanta Resources d’exploiter le plus rapidement possible la mine de bauxite. Le deuxième est constitué de l’Etat britannique, des ONG et des communautés locales. Ce groupe dispose de la légitimité et du pouvoir. L’Etat britannique dispose de la légitimité au regard de sa compétence sur une entreprise de sa nationalité, du pouvoir de sanctionner, mais l’Etat britannique ne l’utilise pas. Il ne dispose donc pas de l’urgence. Concernant les ONG et les communautés locales, elles disposent de la légitimité d’agir, elles sont directement concernées par les activités de la compagnie minière, elles disposent du pouvoir médiatique et de l’opinion publique, mais au regard de l’entreprise, l’urgence ne leur est pas attribuée. La compagnie minière ne réagit pas à leurs revendications et ne répond pas à leurs attentes. La dernière entité est l’OCDE, qui dispose de l’urgence et de la légitimité. En effet, l’OCDE est légitime d’intervenir dans un conflit entre une ONG et une entreprise multinationale depuis la mise en place des points de contact nationaux. L’urgence a permis au point de contact britannique de rendre une décision rapide et de condamner l’entreprise, ce qui l’obligerait à réagir. Cependant, Vedanta Resources semble n’accorder que peu de pouvoir à l’OCDE, puisqu’elle ne répond pas à sa demande de lui apporter des preuves de son innocence. Les mesures indicatives de l’OCDE ne semblent pas ennuyer Vedanta Resources, qui reste silencieuse sur cette affaire.
Pour conclure sur les comportements de l’entreprise face à son environnement, Vedanta Resources use de trois stratégies différentes : l’évitement, la compétition et la non coopération. Ces trois stratégies ont pour cible des parties prenantes différentes en fonction des intérêts que porte l’entreprise à celles-ci. Nous pouvons ici faire le parallèle entre les stratégies déployées par l’entreprise et le classement que nous avons fait précédemment des parties prenantes. En effet, nous remarquons que la considération pour autrui coïncide avec le nombre d’attributs dont disposent les parties prenantes. Ainsi l’Etat d’Orissa et l’Etat indien disposent des trois attributs et Vedanta Resources adopte un comportement de collaboration pour le premier et un comportement de compétition pour le deuxième. Les autres parties prenantes ne possèdent que deux attributs. De ce fait l’entreprise semble négliger leur importance et leur potentiel d’influence sur les activités de l’entreprise. En effet, en optant pour une stratégie de non coopération à l’égard des ONG et de l’OCDE, elle fait abstraction de leur poids international et notamment des conséquences médiatiques d’une telle campagne. Pour les Dongria Kondh, principaux concernés par les conséquences de l’ouverture de la mine, elle ne prend pas en compte la légitimité et le pouvoir dont disposent les communautés locales. Vedanta Resources semble ne pas se soucier de son image dans la région, ni de son intégration dans la communauté locale. Ces comportements trahissent une stratégie uniquement économique, écartant toute responsabilité sociale dans la région.
Le renforcement identitaire.
Le moi dérivé qui s'est exclu de l'unicité a besoin d'interrelations pour renforcer constament son identité. Cette existence se limite dès lors à une accumulation d'expériences nourries par les schémas mentaux. En psychologie, on appelle cela le "renforcement positif". On ne peut reprocher aux individus d'oeuvrer ainsi à cette extension du domaine d'influence et à cette consommation effrénée d'énergie puisqu'ils ne font que reproduire avec application le formatage qu'ils ont subi. De la même façon, ces individus ne peuvent reprocher à l'existence de les blesser dans cette quête de reconnaissance. Dès lors qu'on attend d'autrui le renforcement psychologique inhérent à l'identité du moi dérivé, il faut en assumer les effets inverses. Les émotions néfastes associées à la vie amoureuse, professionnelle, familiale, sociale ne sont que des interprétations inévitables de cette "réalité" générée par le paradigme. Si j'ai besoin d'affirmer mon identité à travers les activités humaines, ces mêmes activités humaines sont à même décorner cette identité. C'est le phénomène des plateaux de la balance. Il n'y a pas de juste milieu mais une alternance conflictuelle entre ce qui est vécu de façon positive et ce qui est vécu de façon douloureuse. Lorsqu'on regarde l'existence du haut de son piédestal, on court le risque d'en tomber.
La vie sociétale au coeur du paradigme de la dualité génère une défense constante de l'individu sous la forme d'une justification, d'une comparaison, d'une compétition exacerbées par la confrontation permanente avec les individus qui fonctionnent dans les schémas identiques. L'école est le lieu d'apprentissage de ce moi dérivé...C'est absolument effrayant d'ailleurs que ce cadre d'évolution soit sali de la sorte par des intrusions matérialistes inhérents au paradigme.
L'accumulation de connaissances qui est vidée de son sens spirituel participe activement et aveuglément au formatage du moi dérivé.
Il suffit de lancer avec de jeunes enfants une discussion touchant à la perception de la Vie pour réaliser à quel point ils sont déjà manipulés, à quel point ils ont déjà adhéré à une vision matérialiste de la Vie. Ils ne sont pas coupables mais uniquement victimes. Ces garçons qui veulent devenir footballeur pour devenir millionnaires...Ils connaissent même la couleur de la dernière voiture de luxe de leur joueur millionnaire préféré.
Renforcement du sens du moi dérivé. Les publicitaires connaissent parfaitement les fonctionnements et les manipulations à entretenir. A ce propos, la Saint-Valentin se rapproche pour vous rappeler que vous êtes amoureux ou amoureuse... Au cas où vous auriez oublié de le montrer à chaque jour qui passe.
Les prochaines élections présidentielles vont également pouvoir jouer leur rôle de rassembleur. Un tel appartient à ce groupe et s'oppose à celui de l'adversaire de son idole. PSG/ OM, le choc de la ligue de foot, jusqu'à se balancer des boules de pétanque à la figure. L'imagination du moi dérivé est sans limite.
Je me demande parfois s'il y a quelque chose à attendre de ces individus. Puisqu'ils sont persuadés d'appartenir à la "bonne" société, au bon groupe politique, au bon groupe social, d'écouter la bonne musique, d'aller en vacances dans les bons endroits, d'être de bons parents, de bons amis, de bons voisins, de bons supporters, de bons amants, de posséder une bonne voiture, un bon portefeuille, une bonne femme pour certains...Le comble de l'ignominie.
On pourrait penser que toutes ces appartenances identitaires sont dérisoires, infantiles, immatures. Ouvrons un livre sur les deux guerres mondiales pour en voir les effets les plus fous. Ouvrons les yeux sur l'état de la planète pour en deviner les effets les plus destructeurs. Le pire est àvenir. L'humanité n'est plus la seule concernée.
Extension du domaine de la lutte. Il y a désormais l'humanité comme un corps encapsulé et l'environnement comme un corps à exploiter. Jusqu'à l'outrage.
Des étapes spirituelles.
Ce système scolaire dans lequel l'apprentissage cognitif est la seule référence aboutit à un système pervers de croyances. Les diplômes représentent la validation administrative des étapes dans l'accumulation de ces croyances. Je parle de croyances étant donné que ces savoirs contribuent à l'égarement de l'individu dans l'idée que ce qu'il fait, produit, réalise durant ce cheminement cognitif LE représente, que ce qu'il fait correspond à ce qu'il est et que la "réussite" dans ce parcours scolaire contribue à son être et par-dessus tout à la conscience unitaire de la Vie. Les concepteurs de la bombe nucléaire, les chimistes de Monsanto, les ingénieurs de chez Dassault, sont tous des gens hautement diplômés et ils sont à des années lumière de la moindre conscience unifiée. Ils oeuvrent à la validation de leurs études dans l'exploration de leur ego en ayant abandonné toute forme d'empathie avec le flux vital. Leurs croyances les nourrissent et ils se sentent certainement redevables de ce que le système scolaire leur a permis de devenir. Des fanatiques.
C'est parce que l'enseignement actuel exclut la dimension spirituelle que ces croyances s'établissent avec une telle force. Le pouvoir, la puissance, la compétition sociale, la comparaison, l'envie, la rentabilité, la technicité jusqu'à l'absurde, le profit, le mensonge, la soumission, la compromission, toutes les dérives actuelles sont les conséquences d'une déshumanisation de l'enseignement.
Je me demande d'ailleurs comment justifier l'idée qu'une société malade puisse s'ériger en formateur de jeunes esprits ? Comment peut-on considérer que les pairs, dans leurs dérives anciennes, puissent oeuvrer au Bien-être des individus ?
Il me vient parfois à l'esprit que cette société agit comme un incubateur. Elle favorise l'éclosion de ses prochaines victimes. Victimes spirituelles à une échelle gigantesque. Jusqu'au sans domicile qui deviendra une victime physique. En passant par les suicidés, les intoxiqués, les déjantés, tous ceux qui se seront perdus en cours de route, qui auront quitté l'axe principal pour s'aventurer sur des chemins de traverse. Il y a des rescapés. Ceux qui basculent pour une raison qui parfois leur échappe dans cette dimension spirituelle dont ils ont été privés durant leur survie.
J'essaie d'identifier depuis quelques temps les étapes de ce cheminement. C'est flou encore...
1 ) La socialisation.
C'est l'intégration à la famille et à l'environnement socio-culturel. Cette construction du Moi contribue bien entendu à l'identification et à un engrenage qui peut durer une vie entière...Le lien avec la dimension spirituelle est inexistant ou très limité. L'individu est conditionné par la société où il vit et l'enseignement scolaire s'est chargé de lui faire admettre l'idée qu'il sera ce qu'il fera dans cette société.
Kipling disait : "Tu seras un Homme, mon fils..."
L'enseignement et la société qu'elle sert répète : "Vous serez des consommateurs, chers enfants et vous contribuerez également, pour les meilleurs d'entre vous à faire consommer la masse."
Il n'y a bien entendu pas de prise en considération de l'individu mais bien uniquement celle de la masse toute puissante.
2) La rupture.
Il suffit parfois d'un évènement, un choc émotionnel, un flash existentiel. La maladie, la souffrance psychologique, la douleur physique...L'individu n'y est pour rien, il ne maîtrise rien. La prise de conscience qui en résulte provoque des questionnements insolubles, un foisonnement insoumis d'interrogations, comme si avait volé en éclat une chape de plomb sur la conscience. C'est la fusion avec l'âme, et plus profondément encore avec l'Esprit. Dans une vision ternaire de l'Homme, le mental est un ouvrier au service de l'âme, l'âme étant le miroir se tournant simultanément vers ce mental qu'elle dirige et l'Esprit qui l'illumine. L'Esprit est à la source de la conscience unifiée alors que jusqu'ici, le mental évoluait dans une dimension duale : moi et mon environnement. Cette étape déclenche une découverte anarchique de l'inconscient alors que jusqu'ici il était nié et repoussé, n'apparaissant que dans des actes inconsidérés et inexpliqués. La création artistique vient s'adjoindre bien souvent à cette exploration. Cette sublimation des mondes intérieurs permet la cartographie des mondes inconnus dont les effluves remontaient parfois, de façon sporadique, à la surface de la vie évènementielle.
3) Exploration.
Il s'agit d'oeuvrer désormais, de façon organisée, à cette exploration de l'inconscient et de favoriser l'émergence de la conscience sacrée, et non seulement de la conscience du Moi. Les identifications vont se dissoudre, les attachements vont se perdre, les conditionnements vont se révéler.
Le danger est de se croire arrivé...Alors qu'on vient de faire le premier pas.
4) ?
Je ne sais pas de quoi il s'agit. Mais les horizons sont immenses.
L'enseignement spirituel
L'enseignement scolaire actuel exclut totalement la dimension spirituelle de l'individu. La classe de philosophie de terminale n'est qu'une accumulation de savoirs aboutissant à une évaluation chiffrée comme si le but essentiel de la philosophie tenait dans un cadre aussi restrictif. C'est consternant et ça contribue au rejet quasi général de ce regard porté sur l'existence. Pour ma part, la philosophie n'est même pas une finalité. Elle n'est qu'un moyen de tendre vers une complétude de l'individu, une unification de l'ego avec l'inconscient, du moi avec le Soi qui le contient, une observation lucide des conditionnements et leur analyse. La philosophie pour elle-même n'a pas plus d'intérêt que la connaissance de la carte du monde. Il ne s'agit que de l'image d'un territoire mais son exploration rend nécessaire l'engagement du marcheur. Sortir d'une classe de terminale en se contentant de connaître la carte sans que cela n'ait déclenché le désir absolu de se lancer sur la route intérieure est un échec cuisant pour l'éducation nationale. Il faudrait que ce mammouth cherche à connaître, sur le long terme, le nombre d'individus ayant éprouvé cet amour des horizons intérieurs. Le constat serait effrayant.
La philosophie est bien autre chose qu'une matière scolaire. Luc Ferry disait qu'il était inutile de chercher à initier de jeunes enfants à une démarche philosophique. Je suis d'accord avec lui s'il s'agissait de l'enseigner comme cela est fait en France. Mais pour ma part, je mets bien autre chose dans le terme que ce simple épandage de notions diverses dans des esprits en friche. Lorsque je travaille avec mes élèves sur la gestion des émotions, nous faisons de la philosophie puisque l'objectif est de vivre mieux comme l'entendait Sénèque. Pour Luc Ferry, la philosophie est un moyen d'épandre sur les autres ses connaissances. Evidemment, il trouverait humiliant que ça soit vers de jeunes enfants. Il a une trop haute estime de lui.
Et bien, je pense, pour le vivre depuis trente ans, qu'il est bien plus délicat d'initier de jeunes esprits que de formater des adolescents. Ceux-là, n'ayant justement jamais eu à s'observer réellement, en dehors du prisme étroit de leur vie sociale.
Lorsqu'une élève me dit, après notre discussion sur le chemin éclairé par les lampadaires qu'on allume,que les zones d'ombres lui apparaissent beaucoup moins inquiétantes dès lors qu'on sait qu'il est bon et reposant de venir se ressourcer sous les lumières acquises, et bien, je sais qu'il s'agit de philosophie. Puisqu'elle vivra mieux.
Apprentissage existentiel. (école)
J'utilise parfois une métaphore pour montrer aux enfants le chemin qu'ils parcourent dans les apprentissages cognitifs. Il s'agit des lampadaires. Sur le chemin de la connaissance, ils vont rencontrer un lampadaire qu'il s'agit d'allumer. C'est le travail qu'ils vont fournir qui va alimenter en énergie la colonne jusqu'à atteindre l'ampoule d'où jaillira la lumière. Cette lumière va éclairer le chemin qui se présente devant eux et ils devineront dans l'obscurité la silhouette du lampadaire suivant. Il faudra qu'ils s'aventurent sur le chemin en profitant de la lumière du lampadaire qu'ils viennent d'allumer, ils devront accepter de progresser dans une semi-obscurité, des zones d'ombres, ils devront éviter les pièges sur le chemin, des trous, des ornières, les fossés du bas-côté...
Si l'exploration se révèle trop pénible, ils pourront toujours venir se ressourcer à la lumière du lampadaire allumé. Il n'y a aucun échec dans ce repos nécessaire, juste une accumulation des nourritures indispensables pour se projeter de nouveau sur la route. Avancer en terrain inconnu dans un état de stress, de peur, de tension, n'est nullement favorable. Les émotions génèrent des obstacles illusoires, comme des fardeaux qui viennent compliquer davantage la tâche.
On peut utiliser également la progression des alpinistes sur une montagne himalayenne. Ils vont se charger de tout le matériel nécessaire pour aller installer le premier camp. Ils vont monter lentement pour que leur organisme s'habitue à la pression de l'environnement. Quand ils atteindront un replat favorable à l'installation du camp 2, ils s'accorderont un repos prolongé afin que leur organisme récupère des efforts produits et accumulent les forces nécessaires pour la suite. Ils repartiront lorsque le cheminement aura été minutieusement observé aux jumelles, discuté, préparé, que chacun connaîtra sa tâche, que le matériel indispensable aura été réparti dans les sacs. Il est possible que la montée vers le camp 3 n'aboutisse pas au premier essai. Trop difficile. Ils poseront le matériel et redescendront au camp 2 reprendre des forces. Aucun échec dans cette décision mais l'acceptation des délais, la reconnaissance en eux de leurs faiblesses. Ils doivent s'accorder ce repos, peut-être même redescendre jusqu'au camp 1 pour que ce repos soit encore plus bénéfique.
Cette validation des connaissances, ce repli vers des territoires connus, ce repos nécessaire avant une nouvelle exploration, une nouvelle avancée en terrain inconnu, les enfants le vivent continuellement. Il est indispensable de leur faire comprendre qu'il n'y a aucun échec dès lors que l'individu reste engagé dans le cheminement à venir. Avancer coûte que coûte est un risque inutile et dangereux. C'est soit une prétention exacerbée, soit une inconscience. Nullement une sagesse.
Qu'en est-il au regard de l'apprentissage existentiel ? La différence essentielle, à mes yeux, se trouve sur l'absence de balisage. Dans l'aprentissage cognitif, chaque étape à venir est connue, répertoriée, cadrée, préparée. L'enfant avance dans un terrain qui lui est inconnu mais l'enseignant en connaît chaque étape.
Dans l'apprentissage existentiel ou spirituel, chaque individu avance dans un territoire qui a certainement été parcouru par d'autres explorateurs mais leur expérience ne peut pas l'aider. Il n'y a pas de chemin commun.
Dans les apprentissages cognitifs, les routes sont partagées par des millions de voyageurs. Seul, le temps nécessaire à chacun variera. Quelles que soient les routes choisies, elles ont déjà été parcourues et les balisages installés.
Dans le domaine spirituel, je ne pense pas que les routes empruntées par les prédécesseurs puissent permettre une avancée certaine. Il ne s'agirait que d'une illusion. Le fait de connaître un peu les écrits de Krishnamurti ne me fait pas progresser sur le chemin que cet homme a emprunté. Je reste immanquablement sur un chemin personnel. Sans doute que les réflexions qui me sont proposées participeront à l'accumulation de l'énergie interne indispensable à l'éclairage de mes lampadaires mais ça ne sera jamais les lumières des autres explorateurs.
Le marcheur spirituel est seul sur son chemin. C'est peut-être cette solitude qui rebute tant les humains.
L'accumulation des savoirs cognitifs favorise les rencontres mais surtout les comparaisons entre individus, la compétition et la hiérarchie, et ces phénomènes générés par l'école elle-même contribuent tous ensemble à l'image de l'ego. L'individu se construit non pas dans l'estime de soi au regard des savoirs acquis mais au regard de son positionnement par rapport aux autres. Au lieu donc de se réjouir de l'avancée, chacun est confronté à la déception de ne pas être le premier...L'apprentissage devient par conséquent une accumulation de déceptions ou de pressions sans cesse renouvelées pour préserver le niveau atteint par rapport aux autres. Le bonheur du savoir est souillé.
Dans l'exploration spirituelle, il n'y a aucun palier identifiable, aucun diplôme, aucune étape commune. Et par conséquent aucune comparaison possible.
"Ah, je suis plus éveillé que toi ! "
Absurdité totale qui confère à son propriétaire la nécessité de retourner avant même le premier lampadaire...Il n' a rien compris. D'un point de vue spirituel.
La méditation avec les enfants contribue très favorablement à ce retour sur soi et à la bienveillance que l'enfant doit s'accorder à lui-même. L'état méditatif est un état de paix.
Il serait absurde d'amener les enfants à comparer leurs états méditatifs. Il s'agirait d'une atteinte à la méditation elle-même.
La méditation est une dimension intime. Aucune injonction de commentaires envers les enfants ne serait judicieuse. Les commentaires ne seront que volontaires.
Il s'agit d'inviter les enfants à créer en eux un espace imperméable à toutes intrusions extérieures. Il serait contradictoire que l'école s'immisce dans ce refuge et vienne y réclamer un rendu.. L'apprentissage existentiel est un chemin vers la quiétude, la solitude intérieure. L'école peut présenter le chemin mais aucunement s'y inviter elle-même.
C'est pour cela que la méditation à l'école, comme toute autre dimension de développement personnel, ne peut et ne doit contribuer à hiérarchiser les enfants par l'entremise d'évaluation formative.
La méditation à l'école est une activité "extra-scolaire" et il est essentiel que les enfants en aient conscience pour que la méditation elle-même devienne possible...
Existence et essence.
Une problématique qui me tourne dans la tête depuis un moment...
L'essence est ce que l'individu porte avant que l'éducation ne vienne y développer une personnalité fluctuante et amovible.
Sartre disait que l'existence précède l'essence, dans ce sens, que rien au ciel n'est écrit...Pourtant, lui comme Heidegger, bien que niant l'idée d'une dimension "à postériori", proposaient de pénétrer au coeur même du "Néant" pour découvrir la source créatrice de "l'être".
Je me demande pour ma part si ces deux dimensions, plutôt que d'être antinomiques, ne seraient pas indissociables et qu'il est absurde de chercher à les opposer. Je vois dans cette lutte intestine bien davantage des conflits d'ego qu'une recherche salutaire... Conflits intellectuels.
L'existence est un chemin proposé aux êtres pour remonter à la source créatrice et par conséquent à l'essence. Il n'est pas question de savoir si l'essence permet l'existence ou si l'existence est primoridale, comme s'il s'agissait d'une course en ligne, mais juste de relier les deux entités, celle de l'esprit et celle du matériel, pour élever l'individu.
En dehors de ce travail, il n'y a qu'une série d'évènements qui relèvent bien cette fois du néant...Ce qui est absurde, c'est de ne pas entamer cette exploration.
Dans le chamanisme, il existe une vision ternaire de l'homme et du monde. Un monde matériel ou physique, un monde inconscient ou souterrain et un monde d'en haut, spirituel et lumineux. L'arbre en est le symbole. Rien en lui n'est séparé, il forme un tout harmonieux et il ne peut se défaire d'une partie de lui-même. Dans cette vision du monde, l'individu est placé au centre, au niveau du tronc et il doit apprendre à saisir ce qui le constitue dans son unité, l'existence tout comme l'essence. L'existence s'étendra dans une dimension matérielle et évènementielle. L'analyse lucide de cette existence génèrera une conscience active entre le monde souterrain de l'inconscient et celui de l'esprit, entre les profondeurs et les cieux.
Sans cette existence physique, il ne peut pas y avoir d'exploration de l'essence. Sans l'essence créatrice, il n'y a pas d'existence possible mais juste une extension horizontale. Une essence à qui aucune existence ne serait attribuée ne serait qu'une entité invisible figée dans l'éternité. Aucun intérêt. Cette entité figée, c'est celle des Dieux. A mes yeux, leur place n'est pas enviable.
La réalité et le réel.
On peut faire une distinction entre le monde de la réalité, c'est à dire la dimension dans laquelle nous évoluons, et le monde du réel, c'est à dire la dimension que nous pouvons explorer lorsque l'individu s'est "réalisé". Il s'agit à mes yeux de cet espace dans lequel l'individu s'est extrait des codes et des conditionnements inhérents à son statut.
Si quelqu'un me dit : "Vous êtes instituteur", je me dois de répondre que c'est faux. Je ne "suis" pas instituteur mais j'exerce la profession d'instituteur.
De la même façon, si quelqu'un me dit : "Vous êtes bien Thierry Ledru", je me dois de lui répondre encore que c'est faux. Je ne "suis" pas Thierry Ledru mais juste une forme prise par la Vie. Le concept associé à mon nom n'est qu'une étiquette qui permet à autrui de m'identifier. Si par exemple, je m'étais appelé Théodore Duchmol et que j'ai été élevé par les mêmes parents et que j'ai connu la même existence, je serais toujours le même. Si par contre, je m'étais bien appelé Thierry Ledru mais que j'ai été élevé par d'autres parents et que j'ai connu une autre existence, je ne serais absolument pas le même.
L'étiquette sociale se constitue. Elle n'existe pas a priori. C'est une réalité progressive. Le réel, par contre, existe lorsque je me libère de ces étiquettes. La réalité est un monde conceptuel permettant à l'individu de créer du sens pour son existence. Le risque est que l'individu s'identifie à ce sens alors qu'il n'est qu'une apparence. On pourrait même dire que cette réalité est totalement intellectuelle. Elle s'établit à travers la pensée. Elle n'a aucune existence matérielle. Il s'agit uniquement de costumes associés à des rôles et à des évènements qui s'accumulent et à travers lesquels la pensée prend forme. Mais si on prive l'individu de ces fonctionnements mécaniques et que sa pensée se libère de cette pression, il ne disparaît pas pour autant. C'est une réalité signifiante construite sur l'intellect social institué. Elle n'est pas matérielle étant donné que ce sont les pensées qui lui donnent cette apparence. Je ne suis pas propriétaire d'une maison. C'est totalement absurde. Il ne s'agit que d'un papier administratif. Je ne suis pas propriétaire d'un bout de terre. Je ne suis pas instituteur, je ne suis pas père de trois enfants. Je suis celui par qui la Vie s'est chargée de donner forme à trois existences. Il m'incombe par contre d'accompagner ces trois existences. Mais je ne "suis" pas pour autant père. Je suis une forme prise par la Vie. Dans la réalité, je me suis identifié à des devoirs, des exigences, des rôles, des comportements, des responsabilités. Tout cela ne me constitue pas, ce sont des costumes. Cela ne signifie pas qu'ils ne sont pas importants mais je dois faire une distinction entre cette réalité sociale et le réel.
L'énorme erreur de cette société moderne est d'avoir donné à la réalité une place prédominante et d'avoir par conséquent créé de toute pièce un assemblage disparate dans lequel l'individu perd de vue le réel. C'est une pression constante qui n'a rien à voir avec le phénomène vital. Nous en oublions par conséquent que nous sommes en Vie pour nous attacher uniquement à exister. L'existence est un phénomène social. la Vie est un phénomène originel.
On peut par conséquent établir une distinction entre le "réalisateur" et "l'acteur".
Le réalisateur est l'individu qui se réalise à travers l'exploration du phénomène vital.
L'acteur se contente de tenir des rôles auxquels il est parfaitement identifié et qui remplissent son existence. Il n'en est pas toujours heureux d'ailleurs mais il reste malgré tout attaché à ces rôles puisqu'ils lui donnent ce sentiment d'exister. C'est totalement insignifiant mais il prolonge aveuglément les comportements dont il a hérité. Le réel lui est totalement inconnu.
Le monde de la réalité est un monde clos malgré la multitude de voies qu'il propose. Il est clos parce qu'il n'ouvre pas un espace intérieur mais uniquement la multiplication des illusions de la pensée. J'aurais pu être avocat, médecin, ouvrier, maçon, célibataire, Anglais, Belge, Indien, Chinois, pauvre, riche, malade, handicapé, blond, roux, gros, maigre, chauve, barbu etc etc etc...Tout ça n'aurait rien changé au réel en moi mais aurait changé la réalité dans laquelle j'aurais évolué. On pourrait croire que la multitude des voies générées par la réalité propose des horizons immenses mais il n'en est rien étant donné que ces horizons, d'un point de vue spirituel, n'en sont qu'un. L'individu dépense une énergie considérable à explorer des voies illusoires balisées de panneaux variés mais c'est une extension horizontale alors que la voie spirituelle constitue une voie verticale à l'intérieur de l'individu. Victor Hugo, Nietzsche, Baudelaire, tous ont parlé de ce "gouffre" en nous.
De quoi se constitue ce réel ? Selon certain scientifiques, Fritjof Capra par exemple, notre univers physique ne se constitue pas de matière mais d'une force appelée énergie. La matière serait uniquement la forme condensée de cette énergie. Elle existe sous la forme de particules de plus en plus infimes, les unes à l'intérieur des autres pour finalement se réduire à l'état d'énergie pure. D'un point de vue physique, tout ce qui existe serait énergie et l'être humain ferait partie intégrante de cette énergie. Cette énergie émet des vibrations, à des vitesses variées et ces vibrations correspondraient à la qualité même de l'énergie. La pensée elle-même serait une énergie relativement subtile. Une des lois de l'énergie est qu'un niveau vibratoire d'énergie tend à attirer l'énergie de même qualité et de même vibration.
On voit immmédaitement que le maintien du fonctionnement de conscience actuel correspond à une énergie commune. Les individus vibrent de façon identique et favorisent l'hégémonie d'une forme de pensée. C'est une aimantation qui s'entretient elle-même. Étant donné que cette forme d'énergie aboutit à des conditionnements planétaires, l'humanité ne parvient pas à s'extraire de cette qualité basse d'énergie. Il faut imaginer un champ énergétique incommensurable à l'intérieur duquel les individus évoluent, tous de façon identique puisqu'ils vibrent tous avec la même "qualité"...
Il est évident que les Kogis, par exemple, ne sont pas inclus dans ce champ énergétique.
Pour notre part, quel que soit, le type d'existence dans lequel nous évoluons, il n'y a aucune liberté spirituelle tant que nous sommes associés à cette énergie basse. Bill Gates n'est pas plus libre que le SDF du pont de l'Alma... Mais le SDF rêve évidemment de la vie de Bill Gates. On ne peut pas lui en vouloir. C'est une "réalité" si parfaite...
Il est 4h10 du matin et je suis devant l'ordinateur. Impossible de dormir. Cette impression que ce réel est là et me tend les bras. Il y a quelque chose d'immense à comprendre.
Si un jour
Si un jour, en cherchant à ouvrir ce blog, vous tombez sur une page qui vous dit que le site n'existe plus, c'est parce que je l'aurai supprimé. Je ne m' en sors plus avec la nouvelle version de l'hébergeur et j'en ai ras le bol de passer des heures à essayer de gérer tout ça. Je ne suis pas informaticien. Et ça ne m'intéresse pas.
La désillusion
Avec le temps, les années à travailler avec les enfants, j'ai fini par comprendre que je n'avais aucun espoir à avoir au regard de l'énergie que je dépense avec eux. C'est totalement inutile. Ca ne m'appartient pas. Il y a beaucoup trop de paramètres qui entrent en compte et qui m'échappent totalement et même si je maîtrisais 99 % de la situation, il y aurait une pression ingérable qui s'installerait si je désirais obtenir des résultats conséquents. Ce qui importe et qui m'appartient totalement , c'est que je m'applique à faire ce qui me semble juste. L'intention ne doit pas faire partie de ce travail au risque de tomber dans la désilusion. Mais ce n'est pas la réalité qui crée cette désillusion. C'est moi parce que la réalité ne correspondra pas à ce que j'espérais atteindre. Dès lors, je vais renforcer ma pression sur les élèves étant donné que cette désillusion me renvoie une image négative de moi-même. Le piège est redoutable. Cette pression, je vais la transmettre et les enfants la recevront et la transformeront inconsciemment en peur. Leurs résultats en seront impactés parce qu'ils seront figés par mes attentes.
Dans ce métier, il ne faut avoir aucune attente, aucun espoir, aucune intention. Il faut juste se contenter de faire ce qui semble juste, utile, efficace, judicieux.
Finalement, il faudrait avoir dans chaque classe une personne qui observe l'enseignant et qui travaille avec lui sur son propre vécu, qui l'aide à analyser son propre parcours, les raisons de son engagement dans ce métier, les traumatismes et ce qu'il cherche à apaiser en lui, la reconnaissance qu'il voudrait obtenir, la vision qu'il a de l'enfance au regard de l'enfant qu'il porte en lui...Mais les enseignants sont seuls et c'est donc un travail qu'il doivent mener dans leur solitude et en explorant leurs angoisses. On rejoint le travail nécessaire de l'inconscient si cher à C.G. Jung. La connaissance de soi consiste en un travail d'introspection permettant la compréhension de ce qui nous constitue. Car comment envisager de transmettre des connaissances alors que celui qui en est chargé ne sait pas ce qu'il porte ? On pourrait penser que la maîtrise des techniques suffise mais ça serait une illusion redoutable là encore. Le contenu n'a aucune importance si le contenant ne sait pas de quoi il est constitué. C'est comme une outre percée qui se viderait sous la pression exercée par la fonction de porteur d'eau. Il faut que l'outre soit étanche, qu'elle ait colmaté les fissures, qu'elle ait renforcé la structure. Là, il sera possible qu'elle transporte ce pour quoi elle est faite et même, chose surprenante, qu'elle continue à croître et à porter un volume de plus en plus important.
Il y a une attitude indispensable pour apprendre de quoi l'outre est constituée. C'est l'humilité. Ce qui n'a rien à voir avec le doute. Celui qui doute ne peut transmettre que ses peurs. Celui qui reste humble transmet sans chercher à savoir si cela aura un effet. Il agit. Sans se soucier de la portée de ses actes. Il est du coup disponible pour analyser la justesse de ses actes et les modifier si cela lui semble nécessaire, non pas au regard des effets mais au regard de la réception de ses propos et de ses actes. Est-ce que ce qu'il fait est reçu avec enthousiasme ou est-ce que les personnes concernées restent inertes et juste soumises à sa pression ? Le seul effet à analyser, c'est l'engagement qui est déclenché par l'enthousiasme de celui qui transmet et l'enthousiasme de celui qui reçoit.
Il s'agit par conséquent de rester impliqué dans l'instant présent. Sans se préoccuper des résultats. Il sera toujours temps, plus tard, d'en juger. Si ces résultats se révèlent insuffisants au regard de ce qui est réalisable, il conviendra, non pas de juger, celui qui n'a pas atteint un objectif totalement subjectif mais de juger de l'investissement de celui qui transmet.
Il reste le problème posé par ceux ou celles qui restent imperméables à toute transmission ou qui ont besoin d'un laps de temps conséquent pour y parvenir. Les raisons, encore une fois, peuvent être innombrables. La structure scolaire, de part sa rigueur, génère dès lors une pression insurmontable. Celle de l'ensignant qui se sent impuissant, celle du temps qui file et qui va imposer une sentence, celle d'un cadre qui n'est absolument pas favorable à la prise en charge spirituelle de ces individus. Je dis bien "spirituelle" et non pas "psychologique". Là aussi, je suis persuadé aujourd'hui, après trente ans de travail, que c'est là que se situe le problème.
La psychologie n'est qu'une version scientifique de la spiritualité. Il fallait un terme "laïque" parce que la religion s'est accaparée la spiritualité. Il n'en est rien pourtant étant donné que la spiritualité est une voie d'éveil, là ou l'adhésion religieuse est un embrigadement. Et la religion n'a encore rien à voir avec la Foi.
C'est de spiritualité dont les enfants ont besoin. Mais quels enseignants considèrent que pour eux-mêmes, c'est un travail indispensable ?...
Ski, poudreuse, free-ride.
Il est loin le temps où on lui apprenait à prendre le tire-fesses. Il est grand le garçon et il envoie du lourd :) Bonheur total pour lui et pour nous de voir ce qu'il fait désormais.
Echec scolaire
Pour un pacte national de lutte contre l’échec scolaire
La France, 5ème puissance mondiale, connaît un échec scolaire massif qui se traduit par la sortie du système éducatif de 150 000 jeunes sans diplôme chaque année. Fortement inégalitaire, cet échec scolaire menace la cohésion sociale, à une époque où la réussite scolaire est un sésame de plus en plus indispensable à l’insertion sociale et professionnelle.
Au-delà des chiffres, c’est une réalité très difficile que vivent, dans leur rapport à l’école, des milliers d’enfants et leur famille, et dans une autre mesure les enseignants eux-mêmes. Notre système scolaire est en effet caractérisé par une forte pression sur les élèves et leurs parents et par une compétition qui créent de la souffrance et nuisent à son efficacité.
Il faut passer d’un système de «sélection» à un modèle de «promotion», d’où chaque enfant, quelles que soient ses difficultés et ses appétences, pourra sortir avec la qualification et les compétences nécessaires à son futur parcours, avec un rapport confiant aux apprentissages et une image positive de soi.
Ce ne sont pas des mesures, ni même des réformes aussi audacieuses soient-elles, qui suffiront à redonner à l’éducation son rôle premier et son efficacité. Il faut aujourd’hui définir ensemble le modèle éducatif que nous souhaitons pour la société française. C’est l’un des enjeux des prochaines élections nationales.
Pour aller plus loin
Quelques chiffres qui permettent de mesurer l’ampleur et l’urgence de la situation :
- 9% des adultes scolarisés en France sont en situation d‘illettrisme (source ANLCI)
- un taux de chômage des jeunes de 18% (23ème sur 30 des pays de l’OCDE),
- La France se classe 18e sur 65 au classement PISA 2009 [1]. La part d’élèves en grande difficulté est passée de 15 à 20 % entre 2000 et 2009.
- 30% des enfants partent à l’école en étant angoissés (source Baromètre Afev / Trajectoires du rapport à l'école des enfants des quartiers populaires)
- 5 fois moins d’enfants d’ouvriers que de cadres ont un niveau bac +4 [2]
- la France est classée 22e sur 25 pays de l’OCDE concernant le bien être à l’école [3]
Entendre la parole des familles des quartiers populaires
Une enquête exclusive Afev / Trajectoires-Reflex intitulée "Familles de quartiers populaires et école : sous le respect de l’institution se cache l’inquiétude des parents" a été réalisée en septembre 2011 auprès de 600 familles de quartiers populaires suivies par l’Afev.
A la question « Si vous pouviez changer quelque chose à l’école, que changeriez-vous en priorité ? », les trois grandes priorités évoquées par les familles sont :
- Permettre aux enfants plus faibles de réussir
- Qu’il y ait moins de tensions entre élèves
- Savoir mieux aider mon enfant
LIRE LE PACTE DANS SON INTEGRALITE
Une lutte inutile
Ne pas être dans le déni de la dualité, ni dans la quête immodérée d'un dépassement de l'individualité.
La mise en confrontation des oppositions crée une dépense d'énergie qui entrave la complète absorption de la Vie. Comme si en se mettant à table, on désirait manger les plats et en même temps on ne pouvait s'empêcher de craindre l'empoisonnement avec des aliments dont on ne connaît pas l'origine exacte.
Dès lors qu'on entame une lutte interne, on crée un désir, un espoir, une intention : gagner.
Et aussitôt, l'observation des conditions de vie et des implications du Soi n'est plus possible.
Un lutteur, au coeur d'un combat, ne passe pas son temps à s'observer, il agit et s'investit totalement dans le combat qu'il mène. Il observe par contre les mouvements de son adversaire et s'adapte afin de le contrer. Il n'est donc plus intégralement en lui mais dans une dimension extérieure qui influence ce qui se passe en lui. Le combat ne peut pas être favorable à une introspection parce qu'il impose une adpatation aux évènements. Le lutteur est sous la dépendance des flux extérieurs et même si cette adaptation lui permet d'affiner la connaissance qu'il a de ses qualités et l'exploitation de son potentiel, cette évolution est marquée par une intention précise : c'est toujours celle de gagner.
Celui qui cherche à se connaître et à tendre vers une compréhension des phénomènes internes au coeur d'un environnement ne peut pas se permettre d'avoir une intention individuelle. Il ne s'agit pas d'être plus fort que les flux extérieurs mais simplement de les observer et de les vivre. Il n'est pas question non plus de s'y soumettre et de se laisser emporter. C'est là que se trouve l'idée du juste milieu.
Le juste milieu représente à mon sens, non pas la capacité à rester au centre du carrefour sans prendre de décision mais la capacité à ne pas s'identifier à la décision qui a été prise. Le juste milieu est l'endroit duquel l'individu peut observer ses actes sans être lui-même les actes. C'est un état d'observation qui fait que l'on peut entretenir la lucidité nécessaire à l'analyse de ce qui est entrepris. Je ne suis pas ce que je fais. Je ne suis pas ce que j'ai décidé de faire. Je le gère mais sans être emporté dans le flot d'émotions, de ressentis, que cela génère. Je ne cherche pas à gagner quelque chose mais simplement à garder la lucidité nécessaire pour maintenir l'observation des évènements de l'existence.
Pour ne pas couler au milieu de l'océan, il ne sert à rien de nager, il faut faire la planche et observer, saisir chaque instant en se libérant de l'activité.
Le nageur sera inévitablement tiraillé en décidant de prendre une direction puisqu'il ne sait pas vers où il va. Il va dépenser une énergie considérable à nager et dès lors il ne peut pas s'observer.
Le "planchiste" se laisse porter en mesurant ses efforts et en restant réceptif à tout ce qui l'entoure. Les courants l'entraînent mais ça n'a aucune importance étant donné qu'il ne sait pas vers où il faut aller. Il est donc inutile d'y penser. Agir dans le non-agir revient donc à être inscrit dans le juste milieu.
Il ne s'agit nullement de rester inerte au carrefour d'une décision à prendre. Le juste milieu consiste à ne pas devenir la décision...Chaque fois qu'une préoccupation trop vive nous saisit et que celle-ci implique une décision à prendre nous restons bien nous-mêmes, évidemment, mais nous ne sommes plus avec nous-mêmes. Nous nous perdons de vue dans les évènements extérieurs. Comme si les actes nous engloutissaient. Ca peut devenir de la colère, des regrets, de la rancoeur, de la jalousie ou du bonheur mais quels que soient les effets, si nous nous perdons de vue, il n'y a plus d'observateur, nous sommes devenus ce que nous faisons. Le juste milieu consiste à ne pas nous identifier à cette décision. Il s'agit donc de continuer à analyser les évènements, avec lucidité et si une autre direction s'impose, il n'y a aucun regret à avoir, il serait inutile de continuer à se fourvoyer, par prétention ou entêtement. Le juste milieu est à la source de la lucidité. Il ne s'agit pas de rester indécis et de refuser l'engagement. Il faut s'engager. Mais celui qui s'engage dans une voie ne devient pas la voie. Il reste une entité homogène. Le juste milieu est une observation de ce que nous faisons. Comme si nous prenions de la hauteur en fait, que nous installions une vision macroscopique de nos actes au lieu de nous étourdir de ces actes eux-mêmes.
Tchouang Tseu
"La nasse sert à prendre le poisson; quand le poisson est pris, oubliez la nasse.
Le piège sert à capturer le lièvre; quand le lièvre est pris, oubliez le piège.
Les mots servent à exprimer les idées; quand l'idée est saisie, oubliez les mots.
Où trouver un homme qui a oublié les mots ?
C'est avec lui que j'aimerais m'entretenir"
Tchouang-Tseu.
Anthony de Mello
Quand tu es éveillé, la vie continue, et, autour de toi, tout se passe de la même manière qu'avant de t'éveiller, seulement maintenant tu es conscient de ce qui se passe et tu y prends part.
Ce qui a changé, c'est toi, car tu commences à voir et à sentir les personnes et les choses de façon différente. Les problèmes persistent, mais ils ne t'affectent plus car maintenant tu ne les vis plus comme tels.
La différence vient de ce que tu es en paix et que plus rien ni personne ne peuvent te perturber.
Ton éveil te permet de voir les choses comme elles sont et cela te donne confiance et sérénité. C'est comme le lever du soleil après la nuit : la lumière, en chassant l'obscurité, permet de découvrir les formes, les mouvements, les couleurs, et elle t'aide à comprendre la signification des choses.
C'est comme la joie qui se révèle en elle-même, dépouillée de toute image.
Elle est pure joie et n'a besoin ni de masques ni de parures pour nous combler d'allégresse.
"Quand la conscience s'éveille"
Anthony de Mello.
JARWAL LE LUTIN (tome 3) La divine Matrice
En partie ce que je souhaite traduire dans le tome 3 de Jarwal...
Kalén vint les inviter à rejoindre le conseil dans la Nuhé.
« Nasta voudrait te parler Jarwal. »
Ce calme retrouvé, cette paix réinstallée, la plénitude des âmes, des visages sereins et des voix rassurées, l’impression que la Nuhé elle-même diffusait des parfums de quiétude.
Kalén reprit les paroles du vieux sage.
« Nous savons que tu as aidé Izel à vaincre ce Jackmor. Les soldats quittent les montagnes, notre peuple n’est plus en danger. Nous voulions tous te témoigner notre reconnaissance. Ainsi qu’à ta compagne et ta petite Maruamaqua bleue. Vous êtes venus de loin pour nous aider et vous avez pris de grands risques. Nous ne l’oublierons jamais.
-Qu’allez-vous faire maintenant ? demanda le lutin.
-Nous allons rester ici. Il nous faut rétablir le contact avec la pensée de la Terre. »
Nasta parla longuement.
Kalén expliqua.
« Nasta dit que les pensées des êtres humains sont comme les enfants de la pensée de la Vie. La Vie est la pensée qui a ensemencé la Terre. Elle est la pensée originelle. Les êtres humains imaginent que leurs pensées leur appartiennent, qu’ils en disposent librement. Ils ont oublié la première pensée, ils ne savent plus la ressentir. Toutes les pensées qui parcourent l’espace sont les enfants de la pensée créatrice. Ici, nous pouvons remonter à la source.
-Nasta veut-il dire que la Vie est une pensée ?
-Oui, c’est bien cela Jarwal. Cette pensée s’est matérialisée sous des formes innombrables. Les Kogis écoutent les pensées des arbres, des nuages, des montagnes, de toutes les formes créées par la pensée de la Vie et ils apprennent à équilibrer le flux de leurs pensées pour qu’elles n’étouffent pas les pensées qui les entourent. Les hommes pensent qu’ils existent parce qu’ils pensent alors que c’est la pensée de la Vie qui vibre en eux et leur donne vie. Les hommes ont oublié l’humilité.
-Kalén, pour qu’il y ait une pensée, il faut un émetteur. Qui est à la source de la pensée de la Vie ?
-La Vie. Les Conquistadors qui nous ont maltraités disaient qu’ils étaient en mission, qu’un Dieu tout puissant les guidait. Aucun Dieu n’existe. Pas les Dieux des hommes. Ces Dieux-là ne sont que des mensonges.
-La Vie est divine, c’est cela ?
-Exactement Jarwal. Et le reste n’est qu’invention des esprits manipulateurs.
-Et les hommes qui se sont coupé des pensées diffusées par la Nature ne seront plus jamais des êtres humains ?
-Oui, c’est cela Jarwal. Les Kogis sont des êtres humains, les Conquistadors sont des hommes. Ils vivent pour les biens matériels, la puissance, le pouvoir, l’exploitation, l’asservissement. Nasta dit que l’avenir de ces hommes est très sombre. Et qu’ils jetteront sur la Vie toute entière un voile d’ombre. Leur intelligence est au service du Mal parce qu’ils ignorent la pensée de la Vie. Ils sont soumis à des pensées d’hommes.
-Quel est l’avenir de ce monde d’hommes Kalén ?
-Il n’a pas d’avenir étant donné qu’il s’est coupé de la source. Il ne vit que dans le fardeau du passé et des erreurs commises sans pour autant prendre conscience qu’ils répètent à l’infini les mêmes erreurs en les habillant simplement de nouveaux apparats. Cet homme-là continuera à vouloir construire l’avenir qui correspond à son errance. Il est empoisonné par le poids de son histoire. Le voile d’ombre finira par s’étendre jusqu’à cacher la lumière du Monde. Ou de la Vie. »
Le progrès utile.
Bio Fuel Systems réalise la conversion accélérée du CO2 en pétrole.
Après 5 années de recherche menées en coopération étroite avec les universités d’Alicante et de Valence, Bio Fuel Systems (BFS) a mis au point le premier « procédé de conversion énergétique accélérée » qui permet de transformer les rejets excessifs de CO2 en un pétrole de qualité.
Ce système repose sur les effets conjugués de la photosynthèse, de l’énergie lumineuse et des propriétés organiques du phytoplancton, mobilisé comme puissant catalyseur, pour obtenir un carburant comparable au pétrole fossile et offrant les mêmes possibilités de produits dérivés (plastiques, polymères, etc.).
La culture intensive de phytoplancton s’opère dans des photobioréacteurs verticaux à partir de souches sélectionnées pour leur teneur en lipides et cela sans prélèvement sur la biodiversité.
TF1 – Journal télévisé du 31 janvier 2011
« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme disait Lavoisier. Aujourd’hui, il est désormais possible de valoriser le CO2 en une véritable source d’énergie de qualité, similaire au pétrole d’origine fossile, propre, inépuisable et économiquement viable »
(Bernard Stroïazzo-Mougin, Président-Fondateur de Bio Fuel Systems)
Sur 1 hectare et selon un scénario de rentabilité optimale, une usine-type BFS de dépollution/valorisation est ainsi capable d’absorber 12.000 tonnes de CO2 par an et d’assurer une production continue et annuelle d’environ 5.500 barils de pétrole, voire 0,45 Mégawatts d’électricité (le CO2 capté peut être transformé en électricité grâce à des turbines ou des Moteurs de Combustion Internes). Au cours du processus de transformation, de multiples coproduits et sous-produits à forte valeur ajoutée, tels les acides gras essentiels (type oméga 3 ou 6), peuvent par ailleurs être extraits du gisement de biomasse obtenu, assurant ainsi la rentabilité d’une installation-type.
Pour produire 1 baril de pétrole, BFS absorbe 2.168 kg de CO2 et neutralise définitivement 937 Kg de C02 après combustion. Ainsi, en prenant en compte l’ensemble du cycle de production de l’énergie consommée, à distance parcourue égale (100 km) et à puissance égale (135 chevaux), une voiture fonctionnant avec le pétrole BFS est la seule à avoir un bilan carbone négatif (- 48 kg de CO2), largement devant la voiture roulant grâce au pétrole fossile (+ 19 kg de Co2) ou encore la voiture électrique alimentée à l’énergie nucléaire (+0,3 kg de co2).
De l’amont à l’aval du procédé de conversion, BFS marque une avancée majeure en termes de capacité de dépollution, de rendements à l’hectare et de bilan carbone, dépassant largement les limites environnementales, économiques et sociétales des biocarburants de 1ère et de 2ème génération à base de matières premières agricoles.
Selon la société Bio Fuel Systems, « la production en continu du pétrole BFS à un coût moindre, la qualité du combustible obtenu, son caractère propre, inépuisable et économiquement viable, offrent une véritable réponse à la raréfaction des hydrocarbures ainsi qu’une alternative durable à la dépendance vis à vis des importations de pétrole et de gaz« .
L’usine pilote BFS d’Alicante, dont la première phase de construction au pied de la cimenterie Cemex (3ème cimentier mondial) est maintenant achevée ; celle-ci sera pleinement opérationnelle en mars 2011. Deux autres usines sont déjà signées : sur l’île de Madère au Portugal, et à Venise en Italie.
Convertir le CO2 en pétrole, une application immédiate !
La société espagnole Bio Fuel Systems (BFS) est à l’origine du premier procédé de conversion accélérée du CO2 en pétrole artificiel. Cette technologie de synthèse contrôlée, fruit de cinq années de recherche menée en coopération étroite avec les universités d’Alicante et de Valence, a permis la création d’une 1ère usine-pilote de production à Alicante, près de Valence en Espagne. Plus de vingt brevets déposés dans le monde et un procédé inédit d’ultra concentration énergétique donnent une productivité optimisée de pétrole à la tonne de CO2 capturé ; un des gros points forts qui distingue nettement BFS dans la filière mondiale des producteurs de biocarburants à partir d’algues.
Un principe inspiré de la nature
Inspiré du processus naturel de formation du pétrole d’origine fossile, le procédé développé capture les rejets industriels de CO2 pour les transformer en un pétrole de qualité similaire au pétrole d’origine fossile (norme IFT), mais sans métaux et offrant les même possibilités de produits dérivés (plastiques, polymères…). De multiples coproduits et sous-produits à forte valeur ajoutée, tels les acides gras essentiels de type omégas 3, omégas 6…, confortent la rentabilité et l’amortissement d’une usine BFS qui fonctionne en continu 24h/24 et sur plus de 8.000 h/an !
Un enjeu écologique, sociétal et économique
A l’heure où les capacités de régénération de la planète semblent dépassées, la percée technologique de BFS se révèle être une solution de premier plan pour éliminer les rejets industriels de CO2, répondre aux objectifs européens de lutte contre le réchauffement climatique et réduire la vulnérabilité énergétique des pays vis-à-vis des hydrocarbures. La technologie BFS est également une source d’allégement des taxes carbone pour les industriels et un nouvel espace financier de profitabilité sur le marché mondial du carburant algal estimé à 1,3 milliards de dollars d’ici 2020 ! (BE, Etats-Unis, numéro 227, 3/12/2010).
Le Fondateur
Ingénieur thermodynamique de formation, Bernard Stroïazzo-Mougin débute sa carrière au sein de l’entreprise familiale spécialisée dans la construction de centrales thermiques et d’usines de distillerie en France, en Allemagne, en Turquie et au Moyen-Orient. Il poursuit sa carrière au sein de Thomson–CSF dans la défense et l’ingénierie des systèmes avant de rejoindre North Atlantic Group, une entreprise de maintenance et d’ingénierie dans le domaine de l’aviation dont il assurera le développement. Parmi ses projets de recherches basés sur l’étude des phénomènes électromagnétiques terrestres, Bernard Stroïazzo-Mougin est notamment à l’origine des brevets « phénomène d’ionisation en milieu subaquatique » et « contrôle des champs magnétiques artificiels ». Avec une équipe de scientifiques et d’ingénieurs et le soutien des universités espagnoles d’Alicante et de Valence, il conçoit et développe le premier « procédé de conversion énergétique accélérée » qui permet de valoriser les émissions industrielles de CO2 en un pétrole de qualité, similaire au pétrole d’origine fossile.
L’Equipe de recherche
Le cœur historique de BFS, c’est une équipe de 25 chercheurs et universitaires de renoms associés, à l’image de Cristian Gomis Catalá, Docteur en Biologie de l’Université de Valence, Professeur associé en Biotechnologie à l’Université d’Alicante, chercheur senior de l’Institut Ecologique du Littoral d’Alicante. Parallèlement à ses activités universitaires et fort de son expérience acquise dans la direction de nombreux projets internationaux, Cristian Gomis Catalá est le directeur scientifique de BFS depuis sa création. Co-inventeur du procédé de « transfert d’énergie », il pilote le programme de Recherche sur le phytoplancton et le pétrole. Ses travaux pour BFS ont été présentés à l’occasion de nombreux congrès scientifiques et ont fait l’objet d’une trentaine d’articles publiés dans des revues internationales avec Comité de lecture. Plus de vingt brevets protègent le procédé BFS autour de la sélection des souches de micro-algues à haut potentiel, de la stimulation du processus de croissance et de démultiplication des micro-algues, du métabolisme et de la concentration énergétique…
Le procédé biotechnologique
Le procédé de synthèse breveté et développé par BFS s’inspire du processus naturel à l’origine de la formation du pétrole d’origine fossile. Il utilise des éléments comme l’énergie solaire (comme source principale d’énergie), la photosynthèse et les champs électromagnétiques associés aux propriétés organiques du phytoplancton (micro-algues marines) pour convertir le CO2 issu des émissions industrielles, en une biomasse puis en un pétrole artificiel similaire au pétrole fossile, sans soufre et sans métaux lourds, en quelque sorte un pétrole propre. La culture intensive des micro-algues et l’absorption massive du CO2 s’opère en milieu fermé et dans des photobioréacteurs verticaux pour une optimisation des surfaces d’implantation, un meilleur contrôle des propriétés physico-chimiques du milieu d’élevage et une rentabilité optimale.
Les échangeurs Phytoplanctons et cyanobactéries
Le phytoplancton et les cyanobactéries sont des organismes vivants unicellulaires microscopiques, ancêtres de toutes formes de vie animale et végétale, et à l’origine du pétrole qui s’est formé à partir de leur décomposition. Ce sont des organismes « autotrophes », qui utilisent pour leur croissance un processus photosynthétique semblable à celui des plantes. Ce sont d’authentiques usines biochimiques en miniature, capables de réguler le CO2.
Le phytoplancton marin est responsable de plus de la moitié de la fixation totale du CO2 sur notre planète. Le rendement de ces micro-algues est nettement supérieur à celui des plantes terrestres. En effet, certains de ces micro-organismes unicellulaires se divisent par mitose toutes les 24 heures et se multiplient à l’identique sans autre apport que la cellule d’origine, de la lumière, de l´eau et du CO2. Les équipes de recherche biologique BFS travaillent à partir de souches de phytoplancton à haute teneur en lipides, sélectionnées parmi plus de 30.000 espèces répertoriées,sans manipulation artificielle et sans prélèvement sur la biodiversité. La concentration cellulaire normale de ces micro-organismes dans l’eau de mer est de l’ordre de 100 à 300 cellules par millilitre. En milieu d’élevage, BFS atteint dans ses bioréacteurs une croissance exponentielle des micro-algues avec des concentrations de 300 millions à 1 milliard de cellules par millilitre ; une avancée technologique qui permet à BFS d’obtenir une biomasse à haut dosage énergétique puis, par extraction thermochimique, un pétrole artificiel de qualité élevée !
La captation du CO2
Le CO2 est le principal élément du cycle du carbone. Il intervient dans les échanges de carbone entre les êtres vivants, l’atmosphère et les éléments photosynthétiques. La technologie BFS vise à capturer le CO2 rejeté par les industries en installant ses implantations à proximité. Le processus de traitement du CO2 permet de passer d’un carbone gazeux capturé (CO2) à un carbone organique (1 kg de biomasse dispose de 52% de carbone) pour arriver à un carbone minéral avec 65% de carbone et produire en toute fin un hydrocarbure avec 85% de carbone ; garantissant dès l’origine un pétrole BFS pleinement utilisable dans un moteur à combustion. Enfin, la production journalière BFS élimine 938 kg de CO2 issu des émissions anthropiques par baril produit et convertit 2.168 kg de CO2 par baril.
Des photobioréacteurs profilés pour une rentabilité optimum
La culture intensive des micro-organismes s’opère en milieu fermé dans des photobioréacteurs verticaux de 8 mètres de haut pour optimiser les surfaces d’implantation au sol et la productivité à l’hectare. Les photobioréacteurs BFS offrent une large surface de réception à l’énergie lumineuse afin d’assurer la fixation des photons et la production de biomasse en continu, avec un rapport m2/m3 optimisé. Ils ont été pensés pour être également « autonettoyants ». Le confinement du milieu d’élevage, assuré par le maintien constant d’une « pression positive », assure qu’aucun élément extérieur pathogène ou contaminant ne peut pénétrer le milieu de culture ni en altérer sa productivité.
La mise en structure cellulaire des tubes des photobioréacteurs facilite la photosynthèse.
Un pétrole « propre » en 48h !
Un pétrole similaire au pétrole d’origine fossile
A la différence des biocarburants produits à partir de matières premières agricoles qui ne peuvent être utilisés qu’à hauteur de 5 voire 10% dans les moteurs, le pétrole issu de la technologie BFS est un excellent substitut au pétrole d’origine fossile. Il en présente les mêmes caractéristiques en matière de densité énergétique avec un pouvoir calorifique élevé, prouvé et certifié, de 9.700 kcal/kg (rapports Intertek et SGS). Une fois raffiné, il peut donc être utilisé sans aucune adaptation particulière dans les moteurs. Ses coûts de raffinage sont par ailleurs moindres car exempts de souffre et de produits secondaires toxiques. A l’instar de son cousin d’origine fossile, le pétrole BFS peut également servir à fabriquer des plastiques, des solvants, des résines synthétiques, des détergents ou des engrais.
Un substitut au pétrole produit en moins de 48 heures
Elaboré à partir des émissions de CO2 des industries dites polluantes telles les cimenteries, les déchetteries, les centrales thermiques ou encore les raffineries, le pétrole BFS est produit directement sur place ou, selon les options retenues, sur un site distant de transformation. Alors que le pétrole d’origine fossile a nécessité des millions d’années pour se former à la suite d’un long et complexe processus de sédimentation, 48h suffisent à produire le pétrole BFS. Il faut en effet près de 24h pour obtenir le gisement de biomasse et autant pour en extraire le pétrole par voie thermochimique. Les installations BFS fonctionnent 24h/24 pour permettre l’absorption massive du CO2 et assurer une production en continu du pétrole.
Les coproduits et sous-produits innovants
Un potentiel d’extraction à forte valeur ajoutée
Le gisement de biomasse obtenu au cours du processus de conversion du CO2 en pétrole offre un potentiel d’extraction de multiples coproduits et sous-produits à forte valeur ajoutée. Parmi ceux-ci, on retrouve notamment le charbon actif qui, de par sa capacité d’absorption, trouve ses applications dans les systèmes de filtration d’air et les omégas 3 qui se révèlent être de véritables partenaires de notre santé au quotidien…
Les omégas, des partenaires essentiels de notre santé
Le gisement de biomasse obtenu au cours du processus de conversion contient 3% d’omégas 3. Généralement extraits des noix, du soja, du colza mais encore des poissons « gras » tels, par exemple, le saumon ou l’anchois, les omégas 3 sont essentiels au bon fonctionnement des systèmes nerveux, cardiovasculaire, oculaire, cutané, pileux et reproductif. Ces dernières années, ces acides gras polyinsaturés se sont imposés comme des partenaires essentiels de notre santé au quotidien, d’autant plus que l’organisme humain est incapable de les produire. Des compléments alimentaires à la prévention de certains cancers en passant par la lutte contre la maladie d’Alzheimer, le marché des omégas 3 et 6 est en plein essor. Il attire de très nombreux acteurs, parmi lesquels les industries agroalimentaire, pharmaceutique et cosmétique.
L’usine-pilote d’alicante
L’usine pilote BFS d’Alicante en Espagne, vient d’achever en novembre 2010 sa première phase de construction au pied de la cimenterie Cemex (3ème cimentier mondial) et sera pleinement opérationnelle en mars 2011. Cette usine pilote est capable, par hectare équipé et par an, d’absorber 12.000 tonnes de CO2 et de produire 5.500 barils de pétrole voire, selon l’option retenue, 0.45 Mégawatts d’électricité par heure (le CO2 capté peut être transformé en électricité grâce à des turbines ou des Moteurs de Combustion Internes). A échéance, cette usine sera déployée sur 40 hectares et neutralisera 450.000 tonnes annuelle d’émissions de CO2 dans l’atmosphère pour une production de 220.000 barils de pétrole sans compter la production de produits secondaires hautement nutritifs (type acides gras essentiels oméga 3, oméga 6…). Cette usine préfigure l’usine-type de dépollution/valorisation BFS retenue comme modèle à commercialiser pour un déploiement international.
Un accompagnement au déploiement industriel
Deux usines-type dédiées à la production d’électricité sont en préparation sur l’archipel de Madère au Portugal et à Venise en Italie. D’autres projets sont en étude, notamment aux Etats-Unis et en Corée. D’ici 2020 et selon une feuille de route clairement établie, BFS prévoit de commercialiser 50 usines. Pour assurer ce développement rapide et maitriser sa technologie, BFS a modélisé tous ses process technologiques et industriels avec ses partenaires et prestataires, permettant ainsi de dupliquer la mise en œuvre d’un projet et garantir à l’opérateur local, la bonne marche des installations. BFS apporte en amont comme en aval du projet, une rigueur de premier plan pour la conception, l’installation et la mise en route de l’usine, ainsi que pour la formation du personnel. A ce titre, BFS a développé pour l’opérateur local un Operating System très élaboré de contrôle et de décision des procédures de capture et transport du CO2, de traitement et diffusion des gaz, de séparation des produits, de traitement des fluides… Cet Operating System permettra à BFS d’assurer un rôle de surveillance et d’intervention à distance. Sur demande des opérateurs locaux, BFS peut s’impliquer dans la commercialisation de tout ou partie de la production.
Des installations rentabilisées en moins de cinq ans
L’obligation pour BFS de maitriser totalement la transition du stade « Laboratoire » au stade « production industrielle » a justifié la construction de la première usine grandeur nature sur fonds propres (CEMEX Alicante). Cette usine-type BFS est capable de neutraliser à elle seule et par hectare équipé, 12.000 tonnes de CO2 par an pour une production de 5.500 barils de pétrole. Chiffres évocateurs quand on sait que les émissions mondiales de gaz à effet de serre ne cessent d’enregistrer des niveaux ‘‘record ’’ avec +41% depuis le protocole de Kyoto ! L’investissement des installations s’amortit en moins de cinq ans, notamment grâce à l’exploitation des revenus issus du pétrole, des crédits carbone générés par l’élimination massive du CO2 et des coproduits associés tels les acides gras essentiels.
Une solution aux besoins énergétiques
Selon les estimations de la Banque mondiale, la demande de pétrole dans le monde devrait continuer à augmenter de +1,6% par an pour atteindre 114 millions de barils par jour d’ici 2030, contre 87 millions aujourd’hui. A l’heure où les réserves d’hydrocarbures accessibles tendent à diminuer et que les découvertes de nouveaux gisements, y compris de pétrole non-conventionnel (schistes bitumineux, hydrates de méthane, …) se font désormais rares ou difficilement exploitables à un coût acceptable, la haute percée technologique de BFS se révèle être une solution de premier plan pour contourner la crise énergétique majeure qui se profile. La production en continu du pétrole BFS à un coût fixe et acceptable, la qualité et la densité énergétique du combustible obtenu, son caractère propre, inépuisable et économiquement viable sont autant d’atouts qui concrétisent l’émergence d’une véritable alternative durable au pétrole, au gaz et au charbon
Un nouveau marché intégré multi-produits
La magnitude des enjeux auxquels BFS entend apporter une réponse concrète et l’ampleur des perspectives de marché qui en découlent, permettent des objectifs délibérément prometteurs. Si le secteur des hydrocarbures est très réglementé et taxé, les directives européennes en matière d’énergies renouvelables, d’utilisation des « biocarburants » dans les transports, de réduction des émissions de CO2 ainsi que les différentes « taxes carbones » appliquées à l’échelon européen et mondial, constituent pour BFS une opportunité plus qu’une contrainte. Et ces directives sont amenées à se renforcer dans le temps. Si BFS intervient sur plusieurs marchés de taille (pétrole, énergies renouvelables, CO2, Oméga 3) qui peuvent être abordés séparément, il convient de tenir compte du caractère spécifique de BFS en tant que technologie multi-produits. En réalité, BFS crée un nouveau marché intégré, mêlant valorisation du CO2 évité, pétrole, production d’électricité et dérivés biochimiques. BFS-France a élaboré un programme d’investissement destiné aux industriels et aux investisseurs lié au déploiement de sa technologie en France.
Un bilan carbone négatif
TABLEAU COMPARATIF D’ÉMISSION ET D´ABSORPTION DE CO2 D´UNE VOITURE DE 135 CV (100 KW)
SUR UN PARCOURS DE 100 KM AVEC DIFFÉRENTS COMBUSTIBLES.
Tous les calculs nécessaires à l’établissement de ce tableau comparatif ont été réalisés à partir de données scientifiques publiées par des universités et des organismes publics :
Carburant fossile – les émissions de CO2 ont été calculées pour la combustion du carburant sans prendre en compte l’extraction, le transport et le raffinage.
Biodiesel – tous les éléments ont été pris en compte dans les calculs : CO2 émis pendant la plantation,la récolte, la fabrication et la combustion.
Véhicules électriques – le véhicule ne rejette pas d’émissions de CO2 par combustion, mais du CO2 a été émis à l’occasion de la construction et de l’exploitation des équipements de production d’électricité
Pétrole BFS – il élimine du CO2 au cours de la photosynthèse par fixation biochimique.
Les émissions dues à la combustion ont été prises en compte.
Sur un cycle complet, de l’absorption du CO2 à la combustion du pétrole BFS obtenu à la suite du processus de transformation, le carburant BFS présente un bilan carbone négatif. L’analyse des rejets de CO2 en fonction des sources de carburants effectuée sur la base d’un véhicule de 135 cv et parcourant une distance de 100 km présente + 19 kg de CO2 rejeté pour un carburant pétrolier d’origine fossile et + 25,4 kg pour le plus vertueux des biodiésels issu de la transformation du soja. Quant à l’électricité issue du nucléaire pouvant alimenter le même moteur, avec un rejet très faible de +0,3 kg de CO2 justifié par sa production amont (+0,5kg pour l’éolien quand le photovoltaïque est à +4kg) elle reste très au delà des - 48 kg de CO2 rejeté pour le carburant BFS. L’empreinte positive sans concurrence du carburant BFS s’explique par le fait que le CO2 rejeté par le véhicule se trouve très inférieur à la quantité de CO2 absorbée par BFS pour produire le pétrole consommé sur les 100kms. Le pétrole BFS satisfait donc aux exigences de la directive européenne sur les énergies renouvelables qui fixe l’objectif de 20% d’EnR dans le secteur des transports d’ici 2020 sous réserve du respect de certains critères de durabilité, dont la réduction des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 35% par rapport aux équivalents fossiles. Enfin comme toute entreprise « environnementale » les usines BFS sont en production vertueuse, reconditionnant leurs propres rejets de Co2 dans leur cycle de production et prélevant sur leur production leurs besoins énergétiques.
Des atouts environnementaux
Les avantages de la technologie BFS et de son pétrole artificiel sont incontestables :
– Un pétrole propre sans soufre, ni métaux lourds donc plus facilement biodégradable que le pétrole d’origine fossile… et consommateur d’importantes quantités de Co2 pour sa fabrication.
– une superficie de production réduite (avantageux) favorisant une installation proche des usines à dépolluer (économique),
– Une consommation économique en eau qui requiert 0,1 litre d’eau pour produire 1 litre de pétrole quand il faut 1000 litres d’eau d’arrosage pour obtenir un litre de diester à base de colza ou de tournesol,
– une production de biomasse sans prélèvement sur la biodiversité, sans manipulation artificielle et riche de composants pour l’alimentation humaine et animale,
– des usines vertueuses qui recyclent leurs rejets et prélèvent les besoins énergétiques sur leur production.
Le défi de l’excellence
En moins de cinq années de Recherche & Développement, BFS a enregistré une avancée majeure en termes de capacités de dépollution et de valorisation des émissions industrielles de CO2, et les plus-values environnementales, sociétales et économiques sont colossales. Le protocole de production, aujourd’hui clairement établi, marque la transition entre le stade de la recherche-conception et la phase de déploiement industriel. Clef de voûte du succès de la société BFS, ce département R & D poursuit sa lancée pour améliorer encore les rendements et les performances du système de conversion énergétique, mais également en travaillant sur la chaîne organique en amont de la chaîne minérale de transformation du CO2 pour en extraire les éléments protéiniques et les acides gras essentiels, nécessaires à une meilleure nutrition des populations.
(source: bfs-france.com | bfs-biopetrole.com | biopetroleo.com)




Par Guy Savoy
En atteignant la surface du lac Vostok, enfoui sous 4 kilomètres de glace en Antarctique, les Russes ont-ils pris un risque insensé en matière de contamination bactérienne ? Sous prétexte de vouloir découvrir une vie autonome depuis au moins un million d'années, ne l'ont-ils pas condamnée à mort ipso facto ? Les scientifiques russes qui ont conduit le forage affirment avoir pris toutes les mesures possibles et imaginables pour que leur foreuse n'introduise pas d'organismes étrangers dans les eaux du lac, et, inversement, pour que des germes - éventuellement pathogènes - du lac ne remontent pas en surface.
Dans le document qu'ils ont remis l'an dernier au Comité pour la protection de l'environnement (CPE) en Antarctique, et que Le Point.fr s'est procuré, les autorités russes écrivent : "La couche de kérosène-fréon dans le trou de forage constitue une barrière biologique efficace au transport de matériel biologique depuis la surface par les équipements de forage et le câble. Par conséquent, les risques potentiels de contamination des eaux relictuelles (protégées de toute concurrence extérieure, NDLR) du lac, en utilisant la méthode russe, sont réduits au minimum." C'est cette notion du "risque minimum" qui pose problème à de nombreux scientifiques et à plusieurs pays, qui condamnent l'initiative russe. Simple rappel : les experts de l'atome japonais ne parlaient-ils pas également de risque minimum quant à la fusion simultanée du coeur de plusieurs centrales nucléaires nippones ? On connaît la suite...
Dans les clous
Reste qu'en poursuivant leur forage jusqu'à la surface du lac Vostok, les Russes n'ont enfreint aucune réglementation internationale. Ils sont restés totalement dans les clous, selon Yves Frenot, directeur de l'Institut polaire français Paul Émile Victor (Ipev), qui préside le Comité pour la protection de l'environnement en Antarctique. "Les Russes ont fourni l'étude d'impact réclamée par le Protocole de Madrid pour toute activité en Antarctique. Ils l'ont rendue publique, à la fois dans leur pays et à l'international comme le veut la procédure, puis l'ont soumise en 2003 au CPE pour discussion", précise Frenot. L'étude a été très contestée par la communauté scientifique internationale. "Elle était très sceptique quant aux capacités d'atteindre le lac Vostok sans contamination par le fluide de forage, et, par conséquent, elle encourageait vivement les Russes, d'une part, à faire des essais préliminaires dans des lacs plus petits pour tester leur technologie et, d'autre part, à attendre que la technologie s'améliore avant de travailler en grandeur nature à Vostok", poursuit le directeur de l'Ipev.
Après sept ans de réflexion, les Russes ont donc produit l'an dernier un document répondant point par point aux craintes émises par le CPE. Grosso modo, ils ont répété qu'ils avaient revu tous leurs calculs, qu'ils étaient sûrs de leur coup, et que, donc, plus rien ne les empêchait de percer les derniers mètres jusqu'à la surface du lac. Et ce en toute légalité. "Effectivement, confirme Yves Frenot, l'étude d'impact finale ne repasse pas devant le comité. La Fédération de Russie est juste tenue de la faire circuler. L'autorisation définitive de forer est donnée par l'autorité compétente nationale. Il n'y a aucun moyen d'empêcher une activité de se faire à partir du moment où l'autorité compétente nationale délivre une autorisation."
Aucune obligation
Pire que cela, le Protocole de Madrid ne prévoit aucun contrôle de l'activité sur place. Les scientifiques russes n'ont de comptes à rendre à personne, sinon à leurs propres autorités. Aucune délégation internationale ne pourra se rendre spécialement sur place pour vérifier les travaux de forage. "On peut le regretter, mais c'est comme cela. On attend avec impatience que les Russes nous rendent compte de leurs travaux, qu'ils nous expliquent s'ils estiment que c'est un succès, s'il y a eu contamination ou non, mais surtout ce qui leur permet de l'affirmer. Mais là, une fois encore, ils ne sont pas obligés de nous faire ce rapport", note Yves Frenot. On imagine facilement qu'en cas de contamination de la surface par des bactéries du lac, les Russes n'aillent pas le crier sur les toits. "Nous sommes obligés de croire les Russes sur parole", poursuit-il.
L'enjeu scientifique en vaut-il la chandelle ? Le responsable du forage parle d'une avancée pour l'espèce humaine aussi importante que le jour où l'homme est allé dans l'espace. Petite plaisanterie qu'il ne faut pas prendre au sérieux. Dans leur enthousiasme, les Russes auraient un peu trop tendance à vouloir nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Par exemple, lorsqu'ils parlent d'une grande avancée attendue en matière climatique, elle est généralement considérée comme fausse par tous les paléoclimatologues du monde.
Plaisir médiatique
Les carottages actuels ou à venir dans la calotte glaciaire fournissent suffisamment d'informations sans avoir à explorer le lac Vostok. Quant à la découverte d'une vie "extraterrestre" extraordinaire, il existe encore sur Terre et sous les océans de très nombreuses formes de vies isolées et inconnues pour satisfaire la curiosité de milliers de scientifiques. Bref, les Russes se sont surtout fait un grand plaisir médiatique en perçant le lac Vostok et en prenant le risque d'une contamination. Sans doute réduit, mais bien réel. Maintenant, on peut aussi penser au risque pris par les Américains le jour où ils ont posé le pied sur la Lune. Celui de la polluer biologiquement ou, au contraire, de rapporter sur Terre des germes nocifs. Qui s'en soucie, aujourd'hui ?