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  • L'administration

    Il y a presque un an aujourd'hui, l'enseignant référent, chargé de coordonner les dossiers d'elèves rencontrant des difficultés (et non d'élèves "en difficulté") a eu un terrible accident de moto.

    Il n'a toujours pas repris son poste...

    Il a été remplacé après de longs délais par un enseignant volontaire qui s'est retrouvé à devoir gérer TROIS secteurs. Un travail titanesque pour lequel il n'avait reçu aucune formation et qu'il a pourtant mené avec une énergie considérable, un engagement complet, un professionnalisme indiscutable.

    Orientation, enfant handicapé, gestion des dossiers avec la maison du handicap, coordination avec les professionnels du privé ou les CMP, rencontres avec les familles, équipes éducatives...etc, etc, etc...Un travail indispensable pour des situations douloureuses.

    Cet enseignant n'a toujours pas été remboursé de ses frais de déplacements, avec sa voiture personnelle bien entendu. Il n'a pas non plus reçu la moindre marque de reconnaissance de la part de la hiérarchie mais alors comble de tout, alors qu'il s'était proposé, le 4 juillet, pour assurer la continuité du service à la rentrée, il n'a pas été reconduit dans cette fonction. Sans autre explication qu'un imbroglio administratif que cette fameuse hiérarchie n'a pas réglé.

    Résultat aujourd'hui : personne sur le terrain. Aucune autre enseignant n'a voulu de ce poste et on les comprend.

    Coup de fil en urgence de l'Inspection envers le reclus qui les a envoyés chez les Grecs et je l'applaudis haut et fort. 

    Tous les dossiers sont donc "suspendus jusqu'à nouvel ordre".

    Un ordre, quel ordre, c'est un juste un fabuleux BORDEL géré par des incapables.

    Et Peillon qui fait le beau devant les journalistes...

    Y'a vraiment des bâtons de dynamite qui se perdent.

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  • Responsabilité

    Je lis sur le net un article qui dit que la situation est délicate dans les grandes agglomérations "en raison de la hausse maintenue des températures" et leurs effets sur la pollution...

    Incroyable...

    C'est donc la chaleur qui est "responsable" de l'état sanitaire des grandes villes.

    Alors, moi qui passe une bonne partie de mon temps à apprendre à mes élèves à identifier les responsabilités dans chaque situation, on a ici des "adultes" qui se permettent de détourner la réalité pour trouver un fautif et se dédouaner d'une situation parfaitement identifiée mais qui n'est guère reluisante...

    Consternant.

    Un autre article présentait l'état catastrophique de certaines rivières dont le débit est devenu insuffisant pour la survie des poissons. Encore une fois, c'est le manque de précipitations qui est mis en avant.

    Mais pas le pompage par certains agriculteurs qui s'obstinent à arroser des monocultures en pleine journée, des cultures extrêmement voraces en eau. Alors que les Peuples Premiers savent depuis des millénaires que le mélange des espèces réduit considérablement ce besoin en eau.

    Consternant.

    S'y ajoutent les retenues d'eau d'EDF et la nécéssité de fournir de l'électricité et de la gaspiller en lampadaires et l'éclairage de vitrines par exemple...

    Qu'on éteigne toutes les sources lumineuses inutiles pour commencer.

    Qu'on change les méthodes de culture.

    Et qu'on cesse d'accuser la Nature.

    Quand aux adultes qui viennent dire aux enfants qu'ils doivent se montrer "responsables", je leur répondrais que les plus immatures ne sont pas ceux qu'on croit.

    Un exemple ce jour : Nous avons corrigé une fiche de lecture dans laquelle plusieurs consignes de dessin étaient données :

    "Dessine un arbre. A gauche de cet arbre, dessine un chat avec de longues moustaches et à droite de l'arbre un ballon rouge."

    "Trace un trait horizontal et au-dessus dessine trois triangles qui se touchent."

    "Dessine une maison et devant trois fleurs auxquelles il manque un pétale."

    etc etc

    Plusieurs erreurs identifiées : la latéralité, l'horizontalité, des triangles séparés, le répérage dans l'espace, la précision du graphisme, l'oubli d'une consigne.

    Après avoir corrigé les quelques erreurs, nous avons cherché à identifier les fonctionnements internes de chacun.

    "Quelles sont les causes exactes de ces erreurs ?"

    Car c'est cela qui est intéressant et non pas le résultat en lui-même. Il importe avant tout de remonter à la source.

    "Qui est responsable ?"

    "Que s'est-il passé ?"

    "Quelle information vous a échappé et plus important encore pourquoi nous a-t-elle échappée ?"

    "Est-ce qu'il s'agit d'une méconnaissance, d'une inattention, d'une précipitation, d'une inquiétude ?

    C'est là que la notion d'observation de soi intervient.

    Dans les articles que j'ai lus, je n'ai vu aucune observation de soi...

    Consternant.

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  • L'école.

    ENTIEREMENT EN ACCORD AVEC TOUT CE QUI EST DIT.




    Accueil > Education > "Si l'on ne fait rien, l'école fonctionnera comme un marché"

    "Si l'on ne fait rien, l'école fonctionnera comme un marché"

    A l'heure de la rentrée scolaire, le sociologue François Dubet passe au crible la réforme de Vincent Peillon et revient sur les blocages du système.

    Le sociologue spécialiste de l'éducation François Dubet. (VILA/V.S.D./SIPA)

    Le sociologue spécialiste de l'éducation François Dubet. (VILA/V.S.D./SIPA)

    Le niveau des élèves baisse. La France dégringole dans les évaluations internationales, en lecture, en sciences, en maths. Les mesures mises en oeuvre à la rentrée dans le primaire (plus de professeurs que de classes, scolarisation de 30% d'enfants de 2 à 3 ans dans les zones défavorisées, retour à la semaine de 4,5 jours pour mieux étaler les apprentissages...) sont-elles de nature à redresser la situation ?

    - Les mesures de Vincent Peillon ne seront pas inutiles. Surtout, elles indiquent une tendance et une volonté. Mais le risque serait de croire que chacune de ces mesures serait un remède miracle. S'il est bon d'offrir des structures d'accueil aux enfants de 2 à 3 ans, il serait imprudent de penser que le niveau scolaire augmentera automatiquement ; après tout, la démonstration n'en a jamais été faite de manière irréfutable et bien des pays scolarisant plus tard ont de meilleurs résultats que nous.

    L'aménagement des rythmes scolaires est une bonne chose, mais le fait de confier les enfants à des animateurs ne suffira pas à accroître les performances ; il faudrait aussi que les élèves aient plus de temps pour travailler. Ce qui passe par des jours de classe plus nombreux et moins chargés. Nous concentrons encore trop d'heures dans trop peu de journées.

    Le ministre recrute aussi 54.000 enseignants supplémentaires...

    - Le fait d'ajouter des professeurs est une excellente mesure, mais elle ne suffit pas ! Voyez ce qui s'est passé dans les ZEP : l'attribution de postes supplémentaires n'a parfois rien changé aux manières de travailler et aux résultats des élèves. Recruter des professeurs va dans le bon sens, à condition qu'on leur demande de travailler autrement. Le coeur de l'affaire est la transformation des pédagogies, ce qui suppose des moyens, mais ne se limite pas à eux seuls.

    C'est aussi l'avis de la Cour des Comptes, qui lie les "résultats insatisfaisants de l'école" à l'utilisation défaillante des moyens existants.

    - C'est un fait ! On sait que des pays qui ont de meilleurs résultats scolaires que nous et autant d'inégalités sociales ne consacrent pas plus de ressources à l'éducation. En général, ils donnent plus au primaire et moins au lycée. Mais surtout ils ont engagé une véritable professionnalisation des enseignants. Ils ont appris à individualiser les pédagogies, ils ne sont pas obsédés par les notes et les classements, ils créent une école chaleureuse et accueillante, ils travaillent avec les parents, ils traitent les difficultés scolaires dans l'école elle-même sans les externaliser dans une multitude de dispositifs de soutien... Bref, je partage le bilan de la Cour des Comptes : les moyens nouveaux devraient être mis au service d'une transformation profonde du travail scolaire lui-même.

    La voyez-vous se profiler dans la loi sur la refondation de l'école ?

    - Pour le moment, ce n'est pas clair. Force est de constater que Vincent Peillon se heurte là à des blocages profonds de notre système. Prenons l'exemple de l'articulation entre l'école élémentaire et le collège. Pour être plus efficace, plutôt que d'être bâti comme un petit lycée, le collège devrait être le prolongement de l'école élémentaire, afin que les élèves ne passent pas brutalement d'un maître d'école à une dizaine de professeurs. Mais il semble extrêmement difficile d'opérer cette conversion, d'accentuer la polyvalence des professeurs de collège, d'offrir une formation commune aux professeurs des écoles et aux professeurs de collège. Alors, on s'en remet aux bonnes volontés, nombreuses, mais insuffisantes.

    Nos élèves sont champions pour le manque de confiance en eux. Or les travaux des neurobiologistes montrent que l'acquisition des connaissances se fait d'autant mieux qu'elle est liée au sentiment de plaisir. La nouvelle école de Vincent Peillon se fait-elle l'écho de ces découvertes ?

    - Assez peu. Depuis trente ans, nous sommes obsédés par l'efficacité et l'équité du système scolaire ; nous ne parlons que de performances et d'inégalités. C'est évidemment essentiel. Mais nous avons perdu de vue que l'école est aussi une institution d'éducation où des jeunes apprennent à grandir, à devenir des individus autonomes et des citoyens actifs, confiants dans les autres et en eux-mêmes. Cela ne signifie pas que les enseignants sont autoritaires et répressifs, mais notre tradition scolaire repose encore sur le clivage entre l'instruction et l'éducation. Aussi confions-nous la vie scolaire aux conseillers d'éducation et aux animateurs et, sauf militantisme de quelques équipes enseignantes, la vie scolaire est particulièrement pauvre. Non seulement le plaisir d'aller à l'école et celui d'apprendre ne sont pas tenus pour essentiels, mais on ne cesse de dénoncer le laxisme et le laisser-aller. On se méfie souvent des parents. A cette tradition pédagogique s'ajoute la pression qui pèse sur les élèves, sur les enseignants et sur les familles. Cette culture scolaire profondément enracinée contribue à la formation d'inégalités scolaires excessives et à la reproduction de ces inégalités.

    Le constat est désespérant. Quelles pistes pourrait-on imaginer pour améliorer les choses ?

    - Peut-être devrions-nous cesser de tout attendre de l'école, et de penser qu'il n'y a pas de mérite véritable en dehors d'elle. Il faudrait développer la formation permanente, assouplir le jeu des filières, nous convaincre que la vie d'un individu n'est pas jouée à 17 ans avec ses résultats scolaires, et même cesser d'expliquer que tout est joué à 5 ans ! Comment avoir confiance en soi dans ces conditions ? Comment ne pas haïr l'école si on a échoué ?

    Les ESPE (Ecoles supérieures du Professorat et de l'Education) ne semblent pas non plus préparer les futurs enseignants à changer de paradigme...

    - On peut être déçu que les ESPE rappellent étrangement les IUFM, alors qu'une formation professionnelle aurait exigé un modèle proche de celui des écoles d'ingénieurs par exemple. Vincent Peillon avait l'opportunité d'opérer un virage historique en reconnaissant que l'enseignement est un métier qui s'apprend, comme celui d'ingénieur ou de médecin. On serait entré dans une école professionnelle à bac+1 ou bac+2 pour apprendre un métier. Or, dans cette réforme, le poids essentiel reste celui de la formation académique, qui, pour les enseignants du secondaire, fonde leur identité et leur légitimité. Nous savons bien que c'est très insuffisant.

    De même, la formation permanente ne peut pas dépendre des désirs aléatoires des uns et des autres. J'ajoute qu'un recrutement précoce aurait sans doute contribué à accroître la diversité sociale des personnes recrutées, car, à bac+4 ou bac+5, le public étudiant est nettement plus "embourgeoisé" et choisit l'enseignement parfois faute de mieux. Quant à prendre en compte le bien-être des élèves, les ESPE en sont loin...

    Les enseignants continueront d'avoir des inspections comme par le passé, stressantes et souvent inutiles...

    - Au collège et au lycée, en effet, le système de l'inspection me semble à la fois usé et un peu rituel. Je ne suis pas certain qu'il aide beaucoup les enseignants, même s'ils y sont attachés parce que cette inspection qu'ils redoutent les préserve du jugement de leurs pairs, de leurs élèves et du chef d'établissement. On pourrait imaginer plutôt des inspecteurs de la vie scolaire, plus proches des équipes éducatives et capables de les aider. Ou des enseignants confirmés qui consacreraient une partie de leur temps à cette activité de soutien et d'animation. De manière générale, on devrait circuler plus aisément dans le système : quarante ans à faire la même chose, c'est long.

    Vincent Peillon a été d'une prudence de Sioux, en ne touchant pas aux obligations de service des enseignants, qui datent de 1950...

    - C'est évidemment un enjeu décisif, non pour faire davantage travailler les enseignants, mais pour qu'ils restent plus longtemps dans leur établissement. Plus d'adultes à l'école permettrait de renforcer son rôle éducatif, et réduirait les incivilités. Mais c'est tout l'inverse qui se produit. Le métier étant devenu très difficile, les professeurs ont plutôt tendance à s'échapper au plus vite. Un cercle vicieux... Peut-être Vincent Peillon aurait-il pu lier la réforme du statut à la création des écoles professionnelles et choisir de consacrer ses ressources à améliorer ce statut plutôt qu'à recruter des professeurs. Mais il suffit de voir ce qui s'est passé avec les rythmes scolaires pour comprendre que le ministre "marche sur des oeufs".

    Au collège, rien de très nouveau. Les grandes structures restent en place : programmes, découpage par heures de l'emploi du temps, orientation par défaut vers la filière professionnelle des élèves les plus faibles.

    - L'identité des enseignants reste définie par le programme, la discipline enseignée et la hiérarchie des disciplines. Vincent Peillon a, semble-t-il, choisi de ne pas porter le fer sur cet enjeu pourtant décisif. Là encore il me semble qu'une nouvelle formation et un nouveau statut auraient peut-être été une stratégie efficace. Mais je dois avouer qu'il est plus facile de conseiller que d'agir, connaissant l'attachement des enseignants à ce modèle dont chacun mesure bien les effets pervers.

    De même, le lycée reste toujours conditionné par les programmes très lourds et par le bac, qui verrouille le système. Rien de neuf à l'horizon ?

    - Xavier Darcos avait proposé une réforme des lycées cassant le jeu des filières. Elle a été refusée sans appel, et je ne vois guère comment la situation pourra changer. Peut-être faudrait-il s'interroger sur la double fonction du bac. D'un côté, c'est un certificat de fin d'études secondaires ; de l'autre, c'est un pré-concours de recrutement dans l'enseignement supérieur par le jeu des filières et des mentions. Pendant ce temps, 40% de l'enseignement supérieur sélectionne plus ou moins. Peut-être faudrait-il distinguer un jour ces deux fonctions du bac en laissant l'enseignement supérieur orienter et sélectionner sous réserve que tous les bacheliers aient une place. Bien des pays procèdent de cette manière et semblent ne pas s'en porter plus mal.

    Peut-on espérer, avec cette réforme, que l'école en France soit moins injuste ? Qu'elle reproduise moins les inégalités sociales de départ ?

    - Le système scolaire est une machine extrêmement lourde qui ne peut changer d'un coup. Les réformes du gouvernement vont dans le bon sens dans la mesure où le diagnostic posé sur l'école me semble juste. Mais elles évitent de se heurter à tous ces points de blocage évoqués. En définitive, et la remarque excède très largement la politique de Vincent Peillon, on peut se demander si la France a toujours la capacité politique de changer l'école sans risques politiques excessifs.

    Vincent Peillon emploie-t-il la bonne méthode avec les enseignants ? Comment pourrait-on rendre les réformes acceptables et désirables à leurs yeux ?

    - Je me garderai bien de jugements rapides : depuis quelques décennies des styles ministériels contrastés se sont succédé sans que l'un d'eux s'impose. Les ministres de droite sont considérés comme des adversaires a priori ; et ceux de gauche, comme des alliés qui devraient se borner à donner plus de moyens. L'équation est complexe. Il faut affirmer une volonté de changement, tout en sachant que l'on ne peut se passer de l'adhésion des organisations syndicales. Choisir la force conduit au blocage ; choisir l'adhésion conduit à l'inaction. Il faut sortir le débat scolaire du cercle étroit dans lequel il se développe.

    Certes, Vincent Peillon a organisé une grande consultation l'été dernier sur l'école, mais je pense qu'il pourrait en appeler plus nettement encore aux parents, aux associations et organisations minoritaires mais réformistes, pour redire que l'école n'appartient pas à ceux qui la font vivre et qui en vivent. On pourrait imaginer que le Parlement et le président s'en saisissent plus nettement comme un enjeu national. Chacun sait que l'école n'est pas en bon état et qu'il s'agit là d'une question aussi importante que celles du chômage ou du développement industriel.

    Au rythme où nous allons, comment voyez-vous l'école dans dix ans ?

    - Si l'on ne fait rien, je pense que le fonctionnement de l'école publique se rapprochera de celui d'un marché. Et, dans ce cas, les élèves faibles et défavorisés y croiront moins encore, pendant que les industries culturelles offriront des alternatives éducatives dont on peut tout craindre. Nous aurions donc intérêt à nous donner des objectifs modestes et des moyens pragmatiques de les atteindre. Nous ne pourrons pas éternellement faire des promesses que nous ne tenons pas.

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  • Syrie 2

    Syrie : ça sent le gaz

    Les américains viennent de reconnaître qu’ils n’ont aucune preuve que Bachar el Assad ait donné l’ordre d’utiliser des armes chimiques. Hier soir, la porte-parole du gouvernement français affirmait avec aplomb et certitude que Bachar avait commis un crime contre l’humanité, avant de terminer son intervention en disant qu’il fallait quand-même en trouver les preuves... La confusion du monde augmente, et ce n’est pas une dynamique de paix. Trop de confusion produit des réactions violentes et pathologiques.

    La première guerre du gaz

    L’aveu des Etats-Unis est on ne peut plus clair : ils ne savent rien. « Les Etats-Unis, en fin de compte, tiennent donc le président Assad pour responsable de l'utilisation d'armes chimiques par son régime contre son propre peuple, d'où que soient venus les ordres ».

    Mais pourquoi cet acharnement contre le régime de Assad, alors qu’aucun gouvernant n’a réagi à la vidéo montrant un chef d’une brigade d’opposition arracher le coeur et le foie d’un soldat et les manger en direct ? Présenté il y a deux ans comme un gentil libérateur dans un reportage de propagande réalisé pour Arte, il appelle maintenant tous les djihadistes à faire de même avec tous les alaouites. La cruauté est-elle plus belle du côté d’Al Qaïda ? Pourquoi aller défendre ces gens-là ?

    Un article documenté explique les raisons d’Obama et de Hollande à vouloir intervenir en Syrie.

    Rappelons-nous les récents incidents verbaux entre Obama et Poutine. Derrière ces broutilles se trouve un enjeu considérable : la domination des ressources énergétiques du XXIe siècle, en particulier du gaz. La guerre de Syrie est la première guerre du gaz. Depuis 2009 on sait que le bassin du Levant, partie est de la Méditerranée entre l’Egypte et la Turquie, regorge de gaz de haute qualité et d’hydrocarbures. Les estimations actuelles font état de 9’700 milliards de m3 de gaz et de 3,4 milliards de barils de pétrole. Tout cela dort sous mer et terres. Israël et la Syrie sont promis à un avenir économique florissant. La Russie, alliée d’Assad, a aussi des milliards de m3 de gaz, qu’elle fournit à l’Europe par deux pipelines.


    La Russie en puissance montante
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    L’un des pipelines passe par le sud de l’Europe et fait concurrence à un autre projet de pipeline, Nabucco, sans cesse remis, qui traverserait la Syrie et la Turquie. Mais la Syrie fait de la résistance et les russes ont pris le marché en premier. Résultat : les réserves de gaz du Moyen-Orient ne sont pas acheminées. Ce qui signifie : pas de dépôts dans les pays traversés, par de taxes pour ces mêmes pays. La Turquie fulmine. Elle veut retrouver sa domination d’antan mais n’a pas de ressources pour se financer.

    Les monarchies pétrolières, dont la haine des chiites (y compris des alaouites) est historique, veulent donc détruire la Syrie pour maintenir leur hégémonie économique et religieuse (la religion n’étant plus qu’un prétexte politique). La France et les USA sont leurs mercenaires. L’intervention en Syrie leur vaudra possiblement du pétrole à meilleur prix. On comprend la pression mise par François Hollande, qui aimerait trouver les moyens de financer la reprise économique en France pour tenter de sauver son quinquennat. Quant à Obama, si brillant quand il était candidat, il se révèle aujourd’hui d’une faiblesse complice. Complice avec les djihadistes. L’Amérique se fait doubler par la nouvelle Russie de Poutine et il tente de rattraper le coup comme il peut. La montagne flamboyante Obama accouche d’une souris effarée. Le gentil Hollande cachait, lui, un angoissé compulsif.


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    Poutine a compris très vite que le gaz serait le pétrole du XXIe siècle. Il a misé sur cette ressource, avec succès. Il a placé ses pions, pris de court des tribus des pétromonarchies, rétabli la dignité de son pays et agi pour préserver la culture européenne et chrétienne contre la vague de démolition systématique que l’on constate en Europe. La tâche est immense, et si l’on pense à dans cent ans, les Pussy Riots sont peu de chose face à son ambition qui servira l’ensemble de son pays pour longtemps. Poutine est tout sauf un idiot, tout au plus un despote éclairé. Et il est un rempart contre la totale soumission à l’islam pétrolier et terroriste.

    Je recommande la lecture de cet article mis en lien plus haut, même s’il est un peu long. Il montre clairement les enjeux et intrications dans ce qui se passe en Syrie. Il laisse penser que la paix n’est pas prête d’être établie au Moyen-Orient, que les arabes de la région de Palestine, faussement érigés en peuple, ne sont qu’un prétexte à maintenir la confusion et à faire pression pour s’emparer du gaz israélien, et que les guerres internes à l’islam et aux dynasties régionales vont continuer durablement. Le Liban sera repris dans la guerre du gaz, la Turquie, Chypre. On peut aujourd’hui penser avec quelque raison que la situation en Syrie a été crée de toute pièces par les pétromonarchies, que les rebelles sont payés pour déstabiliser le pays avec l’aide des terroristes, et que la France et les Etats-Unis sont en accord avec ce plan.


    Un élément ressort aussi de ce conflit et de la guerre du gaz : personne ne croit aux énergies renouvelables. Elles ne sont visiblement pas assez rentables, pas prêtes, ou rendent les pays trop indépendants des gros producteurs. On comprend la volonté des Etats-Unis à utiliser le gaz de schistes, bientôt les hydrates de méthane côtiers, et à continuer à explorer la filière nucléaire. La guerre du gaz, qui est la suite de la guerre du pétrole, est une guerre de l’énergie. Aucune société ne survit durablement sans accès aux ressources énergétiques. Ceux qui les détiennent sont les maîtres du monde.

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  • Syrie

    Syrie : le combat de la raison contre la folie

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    Par La Voix de la Russie | Ces derniers jours, les regards sont de nouveau massivement tournés vers la Syrie. Pour cause, une mobilisation militaire massive des principaux pays occidentaux, des discours plus menaçants que jamais et les médias de ces pays annonçant une intervention imminente.

    Ces menaces ne sont pas surprenantes. Il fallait quand même bien s’y attendre. Après les multi-milliards investis par la dite coalition occidentale, sans oublier leurs amis du Qatar, de l’Arabie Saoudite, de la Turquie et bien évidemment d’Israël pour soutenir financièrement, militairement et logistiquement leurs « amis » extrémistes, sans pour autant obtenir un résultat ne serait-ce qu’encourageant… Et même les outils de propagande médiatique, en allant de la CNN jusqu’à la BBC en passant par Al-Jazeera, n’ont pas rapporté le résultat escompté. Pourquoi ? Tout simplement car après toute la manipulation médiatique lancée par ces médias de « renom », grand nombre de gens issus de ces pays se posent de plus en plus de questions sur la véracité des informations fournies…. Ce que les dits pays voulaient éviter à tout prix !

    Néanmoins, les gouvernements des pays en question ne peuvent plus reculer. Ou du moins pensent que tout recul reviendrait à s’avouer vaincus et à perdre les investissements massifs engagés. Quoiqu’il en soit, la récente prétendue attaque chimique n’était vraisemblablement qu’une manipulation et un mensonge supplémentaire. Car même si cette attaque avait eu lieu, tout indiquerait au contraire que l’arme chimique aurait été utilisée par les « rebelles » soutenus par les Occidentaux…

    D’ailleurs, simple question logique : quel intérêt aurait-eu le gouvernement syrien à utiliser des armes chimiques au moment où l’armée arabe syrienne a pris un sérieux avantage sur l’ISOS (l’internationale salafiste opérant en Syrie) et que cette attaque a eu lieu le jour de l’arrivée des observateurs de l’ONU, touchant la banlieue de la capitale Damas ? Réponse : aucun…

    D’autre part, pour revenir à l’aspect moral et malgré l’atrocité de toute guerre, le gouvernement syrien n’a jamais dépassé la ligne rouge en terme de moralité, à la très grande différence des extrémistes copains des Obama, Cameron, Hollande, Netanyahou, Al Thani et autres « glorieux » personnages. Ces mêmes copains mangeurs de cœurs humains ou amateurs de décapitations filmées, notamment devant des mineurs…

    Maintenant, pour revenir à une éventuelle intervention des dits pays contre la Syrie, comme l’a bien indiqué à plusieurs reprises le Ministère russe des affaires étrangères, cela ne ferait que déstabiliser irrémédiablement non seulement la Syrie, mais tout le Moyen-Orient. D’autre part, les pays en question doivent se rappeler que cette intervention signifierait très certainement leur perte, ou du moins leur déclin définitif. Et ce pour plusieurs raisons :

    1) A un moment où le monde se retourne massivement contre l’hégémonie occidentale, une nouvelle intervention unilatérale après l’invasion de l’Irak en 2003 sans l’aval de l’ONU serait une « violation grossière » du droit international, comme l’a d’ailleurs bien rappelé le Ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov. Cela signifierait une fois de plus que les pays en question se placent au-dessus de l’ONU, pourtant seule habilitée à prendre des décisions aussi cruciales dans des situations aussi complexes. En gros, les pays occidentaux plus Israël, le Qatar & Co confirmeraient une fois de plus être tout simplement des violeurs du droit international.

    2) D’autre part et lorsqu’on parle d’accusations aussi sérieuses, il faut des preuves. Et là, il y a un problème : des preuves, il y en a toujours pas… Comme l’a bien rappelé l’émissaire spécial de l’ONU et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi, « Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et d’autres pays ont déclaré que des armes chimiques avaient été utilisées. Ils ont déclaré disposer de preuves indéniables. Ils nous ont dit qu’ils allaient les présenter. Or, ils n’ont rien présenté pour le moment. Il nous serait très intéressant de les voir fournir les preuves qui sont en leur possession »… Manque de temps ou simplement absence des dites preuves ? Nous sommes en droit de nous poser la question.

    3) Jouer avec les extrémistes est un jeu bien dangereux. Le précédent libyen aurait dû pourtant servir de leçon aux gendarmes du monde non-accrédités, notamment le massacre de l’ambassadeur des USA à Benghazi… Mais visiblement, en mauvais élèves et têtus comme d’habitude, refusant d’admettre la fin de leur hégémonie, les pays donneurs de leçons ne veulent toujours pas comprendre celle qu'ils ont reçu … Et leurs amis coupeurs de têtes et mangeurs de cœurs humains ne seraient-ils pas les mêmes qui, demain, s'attaqueront à Washington, Londres ou Paris ? Jouer avec le feu ne mène à rien de bon. Ils devraient pourtant le savoir.

    4) Mentir indéfiniment à ses propres concitoyens finira un jour par se retourner dramatiquement contre les « élites » des pays en question. Le début de ce processus a déjà commencé et ils ne peuvent ne pas le voir. Aux dites « élites » donc se savoir s’ils veulent se rapprocher de leur fin si rapidement.

    Reste donc l’espoir que les interventionnistes réfléchiront bien deux fois avant de s'embourber dans une aventure dont ils ne sortiront jamais vainqueurs mais qui ne fera qu’accélérer leur chute. Dernière question d'ordre logique et moral : s’il s’avère que les armes chimiques ont été utilisées par leurs copains salafistes, les coalisés occidentaux seront-ils prêts à intervenir militairement contre ces mêmes extrémistes qu’ils soutiennent massivement jusqu’ici, ou du moins de cesser de les financer ? Sapientia est potentia… /N

     

    L’opinion de l’auteur ne coïncide pas forcément avec la position de la rédaction

     
    Lire la suite: http://french.ruvr.ru/2013_08_30/Syrie-le-combat-de-la-raison-contre-la-folie-3400/

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  • Monsanto, fabricant d'armes chimiques.

    Monsanto, un demi-siècle de scandales sanitaires

    Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par

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    En octobre, le groupe avait annoncé un bénéfice en hausse de 27 % sur l'ensemble de l'exercice 2012.

    La condamnation, lundi 13 février, du géant américain de l'agroalimentaire Monsanto, poursuivi par un petit agriculteur charentais intoxiqué par un herbicide, est une première en France. A l'échelle de l'histoire de la multinationale, centenaire, cette condamnation ne constitue qu'une péripétie judiciaire de plus dans un casier déjà très chargé.

    PCB, agent orange, dioxine, OGM, aspartame, hormones de croissance, herbicides (Lasso et Roundup)... nombre de produits qui ont fait la fortune de Monsanto ont été entachés de scandales sanitaires et de procès conduisant parfois à leur interdiction. Mais rien n'a jusqu'ici freiné l'irrésistible ascension de cet ancien géant de la chimie reconverti dans la biogénétique et passé maître dans l'art du lobbying. Portrait d'une multinationale multirécidiviste.

    • Un géant de la chimie... explosif

    Depuis sa création en 1901 à Saint-Louis, le petit producteur de saccharine devenu un des principaux semenciers de la planète n'a cessé de défrayer la chronique. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l'explosion accidentelle d'une usine de plastique Monsanto provoquée par celle d'un cargo français chargé de nitrate, qui fit 500 morts à Texas City en 1947, est ainsi restée dans les annales comme l'un des premiers désastres de l'industrie chimique.

    Deux ans plus tard, c'est au tour d'une deuxième usine de la firme, à Nitro en Virginie, de partir en fumée. Cette fois-ci, la responsabilité de l'entreprise est engagée. Plus de deux cents ouvriers développent des chloracnés, un trouble aussi rare que sévère de la peau, rapporte Marie-Monique Robin, lauréate du prix Albert-Londres, dans son documentaire Le monde selon Monsanto.

    L'accident révèle que le produit phare de la marque, l'herbicide 2,4,5-T, contient des niveaux élevés de dioxines, des substances hautement toxiques et cancérigènes, de composition assimilable à celle des polychlorobiphényles (PCB). La première étude suggérant la dangerosité potentielle de la dioxine était connue de Monsanto dès 1938 : la commercialisation de l'herbicide se poursuivra pourtant pendant près de quarante ans, avant son interdiction dans les années 1970.

    Monsanto, qui a dirigé l'usine de Nitro entre 1934 et 2000, a par ailleurs fait l'objet d'une plainte déposée en 2007 par 77 habitants de Virginie atteints de cancer, qui accusent la compagnie d'avoir diffusé "illégalement" de la dioxine dans les environs de l'usine.

    • PCB : le procès de la honte
    L'usine de Monsanto à Anniston (Alabama).

    En 2001, 3 600 habitants de la ville d'Anniston, en Alabama, attaquent Monsanto pour une contamination aux PCB. Selon un rapport déclassifié de l'Agence de protection de l'environnement des Etats-Unis (EPA), Monsanto a déversé pendant près de quarante ans des milliers de tonnes de déchets contaminés dans un ruisseau et une décharge à ciel ouvert, au cœur du quartier noir de la ville.

    La façon dont The Washington Post rapporte l'histoire est édifiante : "Des milliers de pages de documents de Monsanto – dont beaucoup sont estampillés 'CONFIDENTIEL : lire et détruire' – montrent que pendant des décennies, la multinationale a dissimulé ce qu'elle faisait et surtout ce qu'elle savait. En 1966, des responsables de l'entreprise avaient découvert que des poissons immergés dans ce ruisseau se retournaient sur le dos en moins de dix secondes, pissant le sang et perdant leur peau comme s'ils avaient été bouillis vivants. Ils ne l'ont dit à personne", raconte le quotidien américain.

    En 1975, une étude menée par Monsanto révèle que le PCB provoque des tumeurs chez le rat. La multinationale décide d'en changer les conclusions, de "légèrement tumorigènes" à "n'apparaît pas cancérigène". "Nous ne pouvons nous permettre de perdre un seul dollar" : ainsi se conclut l'un des mémos consultés par The Washington Post.

    Monsanto a finalement été jugée coupable en 2002 d'avoir pollué "le territoire d'Anniston et le sang de sa population avec les PCB". La firme sera condamnée à payer 700 millions de dollars de dommages et intérêts et à assurer le nettoyage de la ville. Aucune peine de prison n'a été retenue contre les responsables de l'entreprise.

    En février 2007, The Guardian révèle que le géant agrochimique a appliqué les mêmes méthodes sur plusieurs sites en Grande-Bretagne entre 1965 et 1972. Le quotidien a eu accès à un rapport gouvernemental montrant que 67 produits, dont l'agent orange, la dioxine et des PCB, ont été identifiés dans une carrière au pays de Galles. En France, la fabrication et l'utilisation des PCB sont interdites depuis 1987.

    • Agent orange : condamné pour "empoisonnement"
    Un Vietnamien de 14 ans, victime supposée de l'agent orange.

    Durant ces mêmes années, entre 1961 et 1971, Monsanto produit l'agent orange, constitué à partir de l'herbicide 2,4,5-T, dont la dangerosité est largement connue depuis l'explosion de l'usine de Nitro. Ce défoliant sera massivement déversé par l'aviation américaine au-dessus des forêts vietnamiennes pendant la guerre. Les conséquences se font encore sentir aujourd'hui, avec de nombreux cancers et des malformations de naissance au Vietnam, ainsi que des séquelles diverses chez nombre d'anciens combattants américains.

    Dans les années 1970, des vétérans du Vietnam ouvrent une Class Action contre les producteurs de l'agent orange. Monsanto se retrouve, au côté de six autres entreprises, accusé principal d'un procès en réparation pour empoisonnement. En 1987, les sept producteurs de l'agent orange sont condamnés à verser 180 millions de dollars à un fonds de compensation destiné aux soldats américains.

    Durant le procès, Monsanto présentera des études scientifiques démontrant l'absence de lien entre l'exposition à la dioxine et les nombreux cancers dont souffraient les vétérans, pour les débouter de leur action. Il sera démontré au début des années 1990 que ces études se fondant sur les conséquences de l'explosion de l'usine de Nitro en 1949 étaient biaisées.

    Cette fraude scientifique sera confirmée par le National Research Council, qui constate que les études de Monsanto "souffraient d'erreurs de classification entre les personnes exposées et non exposées à la dioxine, et qu'elles avaient été biaisées dans le but d'obtenir l'effet recherché". L'affaire sera relatée en 1990 par Greenpeace et le chercheur Joe Thornton dans un rapport intitulé Science for Sale.

    • L'herbicide Roundup est-il toxique ?

    Souvenez-vous de cette publicité et de ce bon chien Rex : "Roundup ne pollue ni la terre ni l'os de Rex". Elle a valu à Monsanto d'être condamnée deux fois, aux Etats-Unis et en France, pour des mentions mensongères placées sur l'emballage de cet herbicide total (qui élimine toutes les plantes).

    En 1975, l'entreprise lance sur le marché Roundup, un herbicide très puissant présenté comme "biodégradable" et "bon pour l'environnement". En 1996, le procureur de New York condamne Monsanto à une amende de 50 000 dollars et au retrait des mentions jugées mensongères. En janvier 2007, la firme est condamnée en France (extrait du jugement) pour les même motifs à... 15 000 euros d'amendes. Roundup est aujourd'hui l'herbicide le plus vendu au monde.

    Plusieurs études concordantes affirment pourtant que le pesticide phare de Monsanto – et son principe actif, le glyphosate – est potentiellement tératogène, c'est-à-dire responsable de malformations fœtales. L'une d'entre elles, publiée fin 2010 dans Chemical Research in Toxicology, montre que l'exposition directe d'embryons de batraciens à de très faibles doses d'herbicide à base de glyphosate entraîne des malformations.

    Monsanto réfute ces conclusions : "Le glyphosate n'a pas d'effets nocifs sur la reproduction des animaux adultes et ne cause pas de malformations chez la descendance des animaux exposés au glyphosate, même à très fortes doses", affirme la firme sur son site.

    Lundi 13 février, le rapporteur du Conseil d'Etat a asséné un nouveau coup dur au produit phare de Monsanto : il enjoint au ministère de l'agriculture d'en analyser la toxicité dans un délai de six mois et de statuer à nouveau sur l'autorisation de mise sur le marché du pesticide.

    Reportage : En Argentine, les habitants exposés à l'herbicide se plaignent de multiples affections

    Paul François, céréalier charentais victime des pesticides, a fait condamner Monsanto en première instance au TGI de Lyon, lundi 13 février.

    La condamnation qui a frappé, lundi 13 février, le deuxième herbicide de Monsanto est plus significative. Les juges français ont en effet considéré que le fabricant de produits phytosanitaires devra indemniser "entièrement" le plaignant, Paul François. Ce céréalier ne travaille plus qu'à mi-temps, en proie à des fatigues chroniques et des maux de tête tenaces. Les médecins considèrent que son système nerveux central a été affecté à la suite de l'inhalation du Lasso.

    Monsanto a fait appel. "Les produits de Monsanto sont conformes aux exigences de sécurité en place au moment de leur mise sur le marché. [La société] a une politique très rigoureuse en ce qui concerne l'évaluation scientifique de la sécurité des produits de protection des plantes", a réagi l'entreprise, dans un communiqué.

    Jugé dangereux, cet herbicide est pourtant interdit au Canada depuis 1985, en Belgique et au Royaume-Uni depuis 1992 et en France depuis 2007 (il avait été autorisé le 31 décembre 1968).

    • Hormones de croissance : scandale chez Fox News

    Au début des années 1990, Monsanto commercialise son premier produit issu des biotechnologies : Posilac, l'hormone de croissance bovine recombinante (rBGH), une hormone transgénique destinée à augmenter la lactation des vaches de près de 20 %. L'hormone entraîne des mammites, des inflammations de la mamelle, qui contraignent les éleveurs à traiter leurs vaches avec des antibiotiques, dont on retrouve ensuite la trace dans le lait. Ce produit miracle est aujourd'hui interdit partout, sauf aux Etats-Unis.

    Un documentaire canadien, The Corporation, raconte comment Monsanto a fait pression sur Fox News (groupe Murdoch) pour l'empêcher de diffuser une enquête dévoilant les dangers du Posilac en 1997. Cet extrait illustre le lobbying particulièrement agressif de la firme : non seulement l'enquête n'a jamais été diffusée, mais ses auteurs ont été licenciés par la chaîne.

    • OGM : des procès en pagaille
    Un champ de colza génétiquement modifié.

    Entre 1995 et 1997, le soja génétiquement modifié Roundup Ready, le colza Roundup Ready et le coton Roundup Ready, tous trois résistants à l'herbicide Roundup, reçoivent les autorisations de commercialisation. Détentrice d'un brevet aujourd'hui périmé sur le glyphosate (commercialisé sous le nom de Roundup), l'entreprise décide de changer de stratégie et entreprend de breveter le vivant. Elle produit actuellement 90 % des OGM de la planète.

    Un quasi-monopole que la firme défend chèrement. Au cours des années 2000, Monsanto assignera ainsi devant les tribunaux des centaines de paysans accusés d'avoir utilisé "frauduleusement" ses semences transgéniques brevetées, c'est-à-dire de les avoir replantées.

    Monsanto revendique des droits à la propriété intellectuelle sur certaines semences. Ce qui ne l'empêche pas d'être elle-même poursuivie pour acte de "biopiraterie". En août 2011, l'Autorité nationale de biodiversité indienne a ainsi annoncé qu'elle portait plainte contre la compagnie, accusée d'avoir mis au point une aubergine génétiquement modifiée (BT-Brinjal) à partir de variétés locales sans en avoir demandé l'autorisation.

    Autre condamnation, aux Etats-Unis cette fois. Monsanto a accepté en 2010 de payer 2,5 millions de dollars d'amende pour avoir vendu du coton OGM non autorisé. L'Agence de protection de l'environnement (EPA) reproche à l'entreprise d'avoir violé la législation lui interdisant de vendre des cotons génétiquement modifiés dans certaines régions du Texas, où ces variétés étaient prohibées par crainte d'une résistance aux pesticides.

    • Aspartame : vers nouveau scandale sanitaire ?
    L'aspartame est présent dans de nombreux aliments et médicaments.

    Monsanto le précise clairement sur son site Internet : après en avoir été l'un des principaux producteurs dans les années 1980 et 1990, l'entreprise ne produit plus d'aspartame depuis 2000. La firme tient pourtant à insister sur le fait que cet édulcorant, le plus utilisé au monde, "ne provoque aucune maladie".

    Des études récentes ont cependant mis en évidence un risque accru de naissances prématurées chez les femmes qui consomment ce produit. L'Autorité européenne de sécurité des aliments a même été invitée en mai par la Commission européenne à anticiper la réévaluation complète de la sécurité de l'aspartame en 2012.

    Dans les colonnes du Monde (abonnés), Yann Fichet, directeur des affaires institutionnelles de la filiale française de l'entreprise, déplore que Monsanto soit devenu "un nom attractif pour qui veut faire de l'audience". Une réputation malmenée que la firme tente de gommer en déclinant sur son site les principes de sa charte éthique : "Intégrité", "Dialogue", "Transparence", "Partage", "Utilité" et "Respect". Contacté par Le Monde.fr, Monsanto n'avait pas répondu à l'heure où cet article était publié.

    Soren Seelow
    Journaliste

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  • Armes chimiques

    Faut leur envoyer une armée !!

    Oui, mais laquelle ?...

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  • L'évolution

    Peter Russel, dont je conseille fortement la lecture, a établi un raccourci très parlant de l'évolution de l'Humanité et de la vitesse exponentielle des changements.


    "Nous allons essayer de styliser le mouvement de l'évolution par le schéma du plus haut building de New York, plus de quatre-cents mètres, le WTC ( oui, ça date...il ne pouvait pas prévoir...) jusqu'à une profondeur de 1200 mètres.

    Au-dessus du niveau de la rue, les cellules vivantes les plus simples apparaissent voici environ trois milliards et demi d'années, soit à la hauteur du vingt-cinquième étage de cette tour qui en compte hit-cent.

    La photosynthèse commence aux environs du cinquantième étage et la première bactérie respirant de l'oxygène dix étages plus haut- soit plus haut que la mi hauteur de la tour. Les cellules plus complexes, capables de reproduction sexuelle et porteuses d'un noyau central, apparaissent aux environs du soixante-dixième étage. Les organismes multicellulaires se trouvent dix étages plus haut et les crustacés arrivent sur la vague du quatre-vingt-quatorzième étage.

    Les poissons nagent au quatre-vingt-dix-septième étage puis sortent de l'eau au quatre-vingt-dix-neuvième.

    Les dinosaures règnent du cent quatre au cent septième étage.

    Les mammifères vivent au dernier étage.

    L'homo erectus se dresse sur ses deux jambes, à quelques centimètres du plafond du cent-huitième étage. Il a fallu parcourir 99,99% du voyage avant d'arriver à cette étape qu'est le tout début de l'humanité.

    L'homme de Néanderthal avec son cerveau élargi, ses très simples outils et sa culture tribale, apparaît dans les six derniers millimètres.

    Puis vient l'homme de Cro-Magnon avec ses vêtements, sa peinture, son langage et peut-être sa religion. 

    les Pharaons règnent sur l'Egypte à 0,5 millimètre du sommet de la tour et les empires romains et grecs à 0,25 millimètre plus haut.

    La Renaissance, quant à elle, se situe à un micron (1/1000mm) du sommet (plus fin que la couche de peinture).

    l'ensemble de l'Histoire moderne est de la dimension d'une bactérie microscopique et l'âge de la puce électronique, du rock'n'roll, de la télécommunication mondiale, de la bombe atomique, la marche sur la lune et le réchauffement planétaire est d'une dimension impossible à mesurer...

    Où que nous allions, nous y allons de plus en plus vite.

    Mais où allons-nous ?"

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