Blog

  • "Que ma joie demeure" : Alexandre Astier

    Que ma joie demeure !

    un spectacle de et par Alexandre Astier mise en scène Jean-Christophe Hembert (Commentaire)
    afficher toute la distribution

    durée 1h20


    [PDF]> télécharger Dossier de presse Que ma joie demeure !

     
    Synopsis
     
     
     
    coup de coeur
     
     
    la presse
     

    [spectacle COMPLET]

    Ce cours est ouvert à tous, et aucune connaissance musicale n’est requise.
    Encore là où on l’attend le moins. Après Kaamelott ou son premier long-métrage qu’il tourne et interprète aux côtés d’Isabelle Adjani, Alexandre Astier joue les Kapellmeister. Maître de musique, claveciniste ou joueur de viole de gambe, l’acteur devient Jean-Sébastien Bach. Génie absolu de la musique baroque, pasteur protestant, organiste, le compositeur signe au xviiie siècle mille chefsd’oeuvre, préludes et passions, fugues et variations. Herr J. S. Bach donne enfin en 2012 une master class. « Introduction au contrepoint fleuri et rigoureux », avec illustrations sonores et extraits live. Lui le « cantor de Leipzig » reçoit ses élèves dans son appartement de Saint-Thomas. Exposé sur l’harmonie tonale, mais il peut déraper. Et Bach grogne, vocifère contre Dieu. Le musicien et ses épouses ont perdu dix de leurs vingt enfants. L’homme en deuil offre pourtant à Dieu des messes et des cantates inouïes de beauté et de dévotion.
    Musicien dès l’âge de six ans, Alexandre Astier intègre le Conservatoire National Supérieur de musique. Il joue, dirige, compose, mais « tombe à vingt ans par mégarde dans la comédie » avoue-t-il. Depuis, il écrit, joue, réalise, met en scène. L’humeur, les mots et le ton sont vifs et libres : de quoi pulvériser les clichés. Mais Astier reste sérieux quant aux costumes et aux instruments d’époque. « Comme dans Kaamelott, je ne veux ni décors en carton-pâte ni accessoires bidons. Tout doit être vrai. C’est le langage et la parole qui s’émancipent du vérisme. » Inusable, fascinant, le génie de Bach fait l’objet d’un portrait craché sans retenue. Un homme fort et rocailleux, arrogant, douloureux, loin des images convenues du religieux pratiquant, cloué sur sa chaise et ses partitions. Hommage savoureux et déglingué à J.S.B., Que ma joie demeure ! décortique gaiement la musique de Bach comme on ouvre un capot de bagnole pour comprendre un moteur.

    producteurs Alexandre Astier et Agathe Sofer / Regular, productrice associée Marie Guibourt / Chauffe Marcel !, chargés de production Gaëlle Marko et Claude Le Guen, stagiaires de production Jonathan Puppe dit Poppé
    avec le soutien de la SACD

    Un génie et c'est très rare.

    Lire la suite

  • Ontogenèse et phylogenèse

    Ontogenèse et phylogenèse

    L'ontogenèse (ou ontogénie) décrit le développement progressif d'un organisme depuis sa conception jusqu'à sa forme mûre, voire jusqu'à sa mort. En biologie du développement, ce terme s'applique aussi bien aux êtres vivants non-humains qu'aux êtres humains mais on le retrouve aussi dans le domaine de la psychologie du développement où l'ontogenèse désigne le développement psychologique d'un individu depuis l'enfance jusqu'à l'âge adulte et plus généralement, pour désigner les transformations structurelles observés dans un système vivant qui lui donne son organisation ou sa forme finale.

    En biologie de l'évolution, on contraste souvent l'ontogenèse, l'histoire d'un individu particulier, et la phylogenèse, l'histoire évolutive de l'espèce à laquelle appartient cet individu.

    phylogenèse /fi.lo.ʒə.nɛz/ féminin

    1. Histoire évolutive d'une espèce ou d'un groupe d'espèces.
      • Selon Haeckel, « l'ontogenèse récapitule la phylogenèse » : la formation de l'embryon récapitule l'histoire évolutive de l'espèce.

    Source Wikipédia

    -----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

    Il existe un parallèle troublant dans ces deux termes et notre évolution au regard de l’humanité.

    Les étapes du développement humain semblent refléter celles de l’Humanité à ses débuts. Au commencement, la conscience globale était probablement similaire à celle d’un nouveau-né.

    Les individus étaient conscients de l’environnement et aussi d’eux-mêmes en tant qu’êtres physiques mais possédaient sans doute une très faible notion du Soi individuel. L’unité avec l’univers du vivant restait ancrée, stable, profonde.

    Dans la vie de l’enfant, le sens de l’individualité commence à s’installer seulement à partir du moment où il devient autonome par rapport à sa mère. Le « je » prend forme et l’entité indépendante se développe.

    Nous agissons de la même façon, non seulement au regard de l’Humanité mais bien plus profondément encore par rapport à la vie.

    Le jeune enfant découvre, jour après jour, le pouvoir qu’il détient et sa capacité à agir sur l’environnement. Le groupe humain n’a de sens pour lui qu’à partir du moment où il participe à ce pouvoir, qu’il lui donne des outils supplémentaires. L’école, par exemple, peut devenir un allié tout comme il peut devenir une menace. L’échec scolaire, c’est l’anéantissement de ce pouvoir, l’interdiction faite par l’humanité d’user de ce pouvoir naturel. Un désastre que l’individu cherchera à atténuer par des ersatz allant jusqu’à l’embrigadement.

    Les parents sont bien évidemment les alliés prioritaires, les tuteurs, le fil conducteur, la ligne d’horizon vers laquelle le jeune enfant va diriger ses rêves, ses attentes, sa volonté.

    Que l’aura parentale vienne à être affadie ou même brisée relève d’un drame existentiel effroyable.  

    Mais tout cela n’est que le résumé superficiel de l’existence.

    Le véritable problème n’est pas là.

    L’existence humaine, socialement intégrée dans des conditionnements archaïques, est un étouffoir de la conscience de la vie.

    L’individu au cours de l’ontogenèse, prend conscience et développe son pouvoir, devient autonome, indépendant, construit un projet, s’insère dans le monde social, se bat pour pérenniser sa place, l’accroître, amplifier son pouvoir et simultanément, il efface en lui sa participation à l’univers du Vivant. Cette conscience primaire des débuts de l’Humanité a été balayée.

    Les produits de substitution à cette appartenance sont innombrables : la famille, le clan, la bande d’amis, la meute, les castes sociales, les statuts professionnels, les groupes de supporters, le nationalisme, les syndicats… L’intention est toujours la même : le pouvoir, l’accroissement de la puissance, la reconnaissance, la sécurité, la protection lorsque l’émancipation familiale s’est installée.

    Tout cela est connu mais ce sont les effets qu’il faut observer et plus encore l’évolution probable.

    L’ontogenèse est marquée par un moment délicat, c’est celui de l’émancipation. Beaucoup de Peuples Racines ont instauré un rite de passage permettant de symboliser ce basculement dans la vie de l’individu, de l’enfance à l’âge adulte. Mais ils ont surtout préservé le sentiment profond d’appartenance à la Terre-Mère. C’est là que notre rupture occidentale s’est perdue. L’errance spirituelle, l’inconnaissance de soi, la solitude existentielle. Il nous fallait un produit de substitution pour combler le vide. A défaut de « se » posséder, nous avons appris à posséder. L’attachement au monde des objets prend sa source dans l’incomplétude spirituelle et la peur qui en émane.

    Ce n’est pas l’argent qui est à l’origine de tous nos maux mais l’amour de l’argent comme un produit de substitution à l’incomplétude spirituelle. L’amour de l’argent, de la possession, du monde des objets, des appartenances sociales, des adhésions aux mouvements de masse, tout cela n’est que le symptôme d’un mal spirituel.

    Nous ne nous appartenons pas, intérieurement. Il n’y a pas de paix en nous mais des désirs infinis, une volonté de marquer notre territoire, notre environnement, comme on établirait des clôtures, la sédentarisation est un mal spirituel et une source de profits immenses.

    Les Marchands du temple le savent. Ils vivent dans le même espace mais ils ont su en tirer profit. Tout notre fonctionnement est basé sur la douleur et sur la peur.

    « Je souffre d’un mal-être profond que je n’identifie pas mais si je possède et que j’accrois mon pouvoir, j’aurai moins peur de l’avenir. »

    Nous grandissons dans la peur et elle est le carburant idéal du monde matériel.

    « Quand j’aurai une maison, tout ira mieux. Quand j’aurai une nouvelle voiture, tout ira mieux. Quand je serai célèbre, tout ira mieux. Quand je serai amoureux, tout ira mieux. »

    Il n’y a pas d’amour qui se fonde sur la peur. Il n’y a que les êtres en paix intérieure qui peuvent aimer. Les autres posent simplement un cataplasme sur leurs douleurs.

    Notre ontogenèse récapitule la phylogenèse.

    Et rien ne changera tant que nous n’apprendrons pas à explorer nos abîmes.

    Le monde n’est que l’extension de ce que nous sommes.

    Nos guerres sont en nous et nous les projetons.

    Il n’y aura jamais de paix tant que nous aurons peur de nos vides intérieurs.      

  • Syrie

    Il ne faut SURTOUT pas se contenter des médias officielles.

    Ici, on a un avis divergent.


    Syrie : "Les attaques chimiques sont un coup monté"

    http://www.levif.be/info/actualite/international/syrie-les-attaques-chimiques-sont-un-coup-monte/article-4000384171801.htm

    François Janne d’Othée

    mardi 27 août 2013 à 15h28

    En exil depuis 35 ans, l’opposant Haytham Manna, responsable à l’étranger du Comité de Coordination nationale pour le changement démocratique (opposition syrienne non armée), s’oppose avec force à toute intervention étrangère contre son pays. 

    Haytham Manna © Reuters

    L’utilisation d’armes chimiques en Syrie pourrait amener les Occidentaux à "punir" le régime. Qu’en pensez-vous ?

    HAYTHAM MANNA : Je suis totalement contre, tout comme la coordination que je dirige. Cela ne fera que renforcer le régime. Ensuite, une intervention risque d'attiser encore plus la violence, d'ajouter de la destruction à la destruction et de démanteler un peu plus la capacité de dialogue politique. Le régime est le premier responsable car il a choisi l’option militaro-sécuritaire. Mais comment peut-on parler de guerre contre le terrorisme et donner un coup de main à des extrémistes affiliés à Al Qaeda ?

    Les Occidentaux choisissent la mauvaise option, selon vous ?

    Depuis le début, c’est une succession d’erreurs politiques. Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont poussé les parties à se radicaliser. Ils n’ont pas empêché le départ de djihadistes vers la Syrie et ont attendu très longtemps avant d’évoquer ce phénomène. Où est la démocratie dans tout ce projet qui vise la destruction de la Syrie ? Et pensez-vous que ce soit la morale qui les guide ? Lors du massacre d’Halabja [commis par les forces de Saddam Hussein en 1988], ils ont fermé les yeux. Je m’étonne aussi de voir que les victimes d’armes chimiques sont bien davantage prises en considération que les 100 000 morts qu’on a déjà dénombrés depuis le début du conflit.

    Qui est responsable du dernier massacre à l’arme chimique ?

    Je n’ai pas encore de certitude mais nos informations ne concordent pas avec celles du président Hollande. On parle de milliers de victimes, alors que nous disposons d’une liste de moins de 500 noms. On est donc dans la propagande, la guerre psychologique, et certainement pas dans la vérité. Ensuite, les armes chimiques utilisées étaient artisanales. Vous pensez vraiment que l’armée loyaliste, surmilitarisée, a besoin de cela ? Enfin, des vidéos et des photos ont été mises sur Internet avant le début des attaques. Or ce matériel sert de preuve pour les Américains !

    Pensez-vous qu’une partie au conflit a voulu provoquer les Occidentaux à intervenir ?

    C’est un coup monté. On sait que les armes chimiques ont déjà été utilisées par Al Qaeda. Or l’Armée syrienne libre et les groupes liés à Al Qaeda mènent en commun 80% de leurs opérations au nord. Il y a un mois, Ahmad Jarba [qui coordonne l’opposition armée] prétendait qu’il allait changer le rapport de forces sur le terrain. Or c’est l’inverse qui s’est produit, l’armée loyaliste a repris du terrain. Seule une intervention directe pourrait donc aider les rebelles à s’en sortir… Alors, attendons. Si c’est Al Qaeda le responsable, il faudra le dire haut et fort. Si c’est le régime, il faudra obtenir une résolution à l’ONU. Et ne pas laisser deux ou trois payer fédérer leurs amis, pas tous recommandables d’ailleurs.

    Entre Occidentaux et Russes, quelle position vous semble la plus cohérente ?

    Les Russes sont les plus cohérents car ils travaillent sérieusement pour les négociations de Genève 2 [sensées mettre autour d’une même table le régime et les opposants]. Les Américains ont triché. Deux ou trois fois, ils se sont retirés, au moment où s’opérait un rapprochement.

    Une solution politique est-elle encore possible ?

    Tout est possible mais cela dépendra surtout des Américains. Les Français se contentent de suivre. Une solution politique est la seule qui permettra de sauver la Syrie. Mais l’opposition armée ne parvient pas à se mettre d’accord sur une délégation.

    Que deviendra Bachar al Assad?

    Il ne va pas rester. Si les négociations aboutissent, elles mèneront de facto à un régime parlementaire. Si du moins on accepte de respecter le texte de base de Genève 2 qui est le meilleur texte, avec par-dessus un compromis international. Mais laissez-moi dire ceci : quand on parle de massacrer des minorités, et que le président fait partie d’une minorité, comment peut-on lui demander de se retirer ou ne pas se retirer ? Aujourd’hui, la politique occidentale a renforcé sa position de défenseur de l’unité syrienne et des minorités. Cela dit, personne ne pourra revendiquer de victoire : la violence est devenue tellement aveugle qu’il faudrait vraiment un front élargi de l’opposition et du régime pour en venir à bout.

    François Janne d’Othée

    Lire la suite

  • Jarwal le lutin (tome 4)

     

    « Le plus simple, désormais, est que vous entriez dans le cœur de la vie. Toutes les questions obtiendront une réponse. Il en est ainsi. »

    Le vieux Sage se leva et invita les enfants à le suivre. Les autres Sages ne bougèrent pas. Ils suivirent les enfants des yeux et Rémi perçut dans un regard échangé une douceur rassurante, une invitation à se laisser guider.

    Ils serpentèrent entre les racines et s’arrêtèrent à l’ouverture de l’antre. Aucune trace d’outils, de coups de haches ou autres ustensiles, le tronc semblait s’être soulevé du sol, soutenu par des piliers de temples.

    Des visages inscrits dans la matière semblaient les observer, des regards rieurs, comme des gargouilles ligneuses, singes, lutins, herbivores, oiseaux, serpents, des dizaines d’animaux dont ils ignoraient l’identité.

    Des rayons rectilignes transperçaient le rideau de lierre qui obstruait l’entrée. Au-delà de ces tentures végétales, un espace sombre se laissait deviner, une obscurité fossilisée dans le silence. Rien, aucun mouvement, aucun bruit, même pas un insecte fureteur, comme si le lieu interdisait toutes intrusions.

    « Suivez-moi » annonça le vieux Sage. Il écarta délicatement les dentelles de feuilles et disparut.

    Les cinq enfants se regardèrent, sans un mot, des regards croisés chargés de curiosité et d’incertitude.

    Léo bougea le premier, il avança lentement, posa une main sur les cascades immobiles des frondaisons, sembla jeter un œil scrutateur en penchant la tête puis, d’un coup, il franchit le seuil. Rémi lui emboîta le pas, puis les trois compagnons s’élancèrent en même temps.

    Leurs yeux s’habituèrent difficilement à l’obscurité. Kiak était invisible. La fraîcheur les surprit, une température plus agréable que la moiteur de la forêt, cette impression étrange d’avoir quitté le monde ou d’être entré dans son ventre, comme si le lieu contenait tous les mystères les plus anciens, la source des révélations les plus bouleversantes, ils sentirent couler en eux des rayonnements inexplicables, des flux électriques qui les firent frissonner.

    « Asseyez-vous, les uns à côté des autres et donnez-vous les mains. Il est important que vous soyez reliés physiquement pour réaliser aussi que vous l’êtes par la pensée, par l’énergie, par l’amour, par tout ce que crée la Vie. »

    Dans les noirceurs, la voix monocorde de Kiak les figea. L’impression d’un espace immense qui renvoyait les paroles en écho. Léo pensa à cette nef de cathédrale que leurs parents leur avaient montrée. Ils s’obligèrent à bouger, prudemment, pour s’extraire de cette appréhension qui les raidissait.

    Les pupilles dilatées parvenaient désormais à se nourrir des flux infimes de lumière qui perçaient. Lou se retourna vivement, comme pour vérifier que personne ne se tenait dans son dos. Cette impression étrange d’être observée…

    Tian trouva la main de Marine. Les autres se joignirent. Lou, Rémi puis Léo qui ferma le cercle. Ils se souvinrent alors qu’ils devaient s’asseoir. Ils lâchèrent leurs emprises, s’installèrent puis reformèrent le lien.

    Les mouvements de leurs corps s’estompèrent. Ils sentirent à travers leurs habits la fraicheur de la terre. Aucune sensation de froid pourtant mais une douceur agréable, un bien-être de cocon, un placenta protecteur qui les isolait de tout. 

    La voix de Kiak les surprit de nouveau. Elle ne venait plus du même endroit et ils étaient pourtant persuadés de ne pas l’avoir entendu se déplacer.

    « Maintenant, vous allez fermer les yeux et arrêter de vouloir distinguer quelque chose. C’est dedans qu’il faut regarder et vous n’avez pas assez appris à vous libérer de vos yeux. Ne vous occupez pas du temps qui passe, c’est une idée fausse. C’est vous qui passez dans le temps. Mais ici, vous êtes immobiles, dans votre corps et dans le temps. Il ne vous reste qu’à immobiliser votre esprit et tout sera en paix. »

    Il avait dit « immobiles dans le temps. » Marine voulut comprendre puis elle se reprocha cette pensée inopportune. Elle devait trouver la paix de son esprit.

    Lou se demandait comment elle pourrait bien s’y prendre pour arrêter de penser. Un état qui lui paraissait totalement inaccessible. Elle ne cessait de penser à l’impensable.

    Rémi cherchait à savoir si Kiak se déplaçait de nouveau, il voulait pouvoir le suivre et ne plus être surpris par cette voix qui surgissait n’importe où. Il s’efforça de calmer les battements de son cœur et de tendre les oreilles. Il crut percevoir un infime frottement droit, devant lui, dans le dos de Tian.

    « Rien, ne rien vouloir, ne rien attendre, ne rien penser. Entrer au-dedans pour  voir l’Univers. Le silence maintenant.»

    Ils eurent un peu l’impression d’entendre un professeur dans une classe mais ils n’en avaient jamais connu de Sage.

    Rémi dut constater encore une fois que Kiak se déplaçait à son gré, sans qu’il ne soit possible de deviner sa position. Il était partout et nulle part. Incompréhension.

    Plus aucun mouvement. Juste cette conscience retrouvée de la respiration. Il fallait cesser de bouger pour réaliser que ce mouvement-là ne cessait jamais.

     

    « Fermez les yeux, dicta la voix grave de Kiak. Ne vous contentez pas de fermer les paupières, arrêtez aussi de regarder en dedans et de fabriquer des images, laissez-vous couler. Tout ce que vous portez appartient à la réalité que vous avez créée. Maintenant, vous allez découvrir le réel. »

     

    Marine sentit la main de Tian se crisper légèrement lorsque la chaleur les envahit, une chaleur bienfaisante, comme un câlin maternel qui vous enlace et que le bonheur ruisselle dans les fibres, la plénitude du petit enfant qui s’abandonne et l’amour de la mère qui se diffuse en lui, le contact établi, le lien au-delà des corps, le lien des âmes.

    Une blancheur indéfinissable les emplit, une clarté sonore qui murmurait dans les tréfonds de leurs corps immobiles, une marée montante qui les couvrait de sa chaleur, une sève surgissant de la terre, aimantée par le ciel.

    Comme un bateau soulevé au-dessus des flots, ils virent en eux l’immensité de l’Océan s’étendre sous leurs regards, une vision sans tête, comme si rien en eux ne possédait de centre, comme s’ils n’existaient plus individuellement.

    Accélération du processus.

    Une pulsation naissante, infime, dérisoire, puis des crépitements d’étincelles qui jaillissent et s’éteignent, se ravivent, se propagent, s’entretiennent, une énergie qui se répand et les pulsations qui s’étendent, se renforcent, les flux électriques nourrissent le cœur de l’étoile, des courants de matière liquide déboulent sous la surface, des flots qui gorgent le lit des veines, les pulsations prennent une ampleur insoupçonnée, les étincelles deviennent des flux constants qui ruissellent, tous reliés dans une aura fabuleuse, une couronne lumineuse qui s’agite, palpite, respire.

    Un noyau enveloppé de lumière, des particules animées par une vie interne s’infiltrant amoureusement dans un univers nimbé de phosphorescences.

    L’espace en eux s’étendit jusqu’aux confins des horizons, plus de limite, plus de structure, aucune frontière et cette impression inexplicable de relier par leurs mains unifiées des particules communes, une cohésion originelle retrouvée.

    Ils étaient l’un, ils étaient l’autre, ils étaient tous.

     

    C’est là qu’ils sentirent l’évaporation s’enclencher. Un maelstrom flamboyant prit forme et les emporta dans une colonne rectiligne qui plongeait vers le haut. Incompréhensible structure. Des coulées colorées qui tressautaient en laissant derrière elles des arabesques de fleurs.

    Ils disparurent.

         

     

    Combien de temps ? Combien de vies ? Dans quelle dimension voyagèrent-ils ?

    Ils n’auraient rien su expliquer, pas avec les mots connus, pas avec des pensées étroites et des repères humains, tout aurait été limité, insignifiant, insuffisant, comme une marque d’irrespect. On ne raconte pas l’indescriptible. On s’en nourrit.

    Ils ouvrirent les yeux tous les cinq en même temps, dans le même instant, une réincorporation simultanée, un retour conjoint dans leur enveloppe corporelle. Ils ressentirent tous, avec la même détresse, le poids terrifiant de cette masse de chair alors que résonnait en eux la légèreté délicieuse de l’âme évaporée.

    Ils ne dirent rien. L’insignifiance des paroles alors que les visions résonnaient en eux avec une force indescriptible.

    « Une autre version de la Vie, » avait expliqué Léontine.

    Ils auraient pu en parler pendant des années mais incapables à l’instant d’entamer la moindre phrase. Que peut-on dire de ce qu’on ne comprend pas et qui vous bouleverse ?

  • Putains de guerre.

    C'est à vomir mais il faut pourtant le savoir...Puisque ça a toujours lieu.

    Il est facile de comprendre pourquoi, encore aujourd'hui, le viol d'une femme est si peu condamné.

    Lire la suite

  • La gestion émotionnelle

    Je suis toujours effaré de constater à quel point les sportifs attachent, avec raison, une importance considérable aux émotions et à quel point, l'école française est incapable d'en faire autant alors que TOUT, absolument tout, découle de là.
    Cette observation des phénomènes intérieurs n'impliquerait aucun matériel à acquérir, c'est peut-être ça le problème...Le marché est dérisoire...Il est préférable de laisser les jeunes errer dans leur tête et dans leur corps plutôt que de chercher à leur donner les moyens de se connaître réellement. Quelqu'un qui se connaît, qui vit dans une sérénité autonome, qui a appris à identifier les besoins vitaux et à se libérér des manques induits, qui sait regarder en lui et exploiter son potentiel, c'est un client de perdu pour le marché...Mais que deviendrait la Croissance ? La Sacro Sainte Croissance ?
    ...
     

    Interview de Victoria Azarenka.
    «Victoria Azarenka, quel supplément de confiance tirez-vous de ce titre à Cincinnati obtenu en battant Serena Williams en finale ?
    Cela donne évidemment énormément de confiance mais je pense toujours que chaque semaine est une nouvelle histoire qui commence. On peut de toute manière toujours se servir des expériences passées, qu'elles datent d'une semaine ou de six mois. Donc oui je vais me servir de ce tournoi, mais Serena Williams reste la n°1 mondiale et tenante du titre ici. On repart toutes à zéro ici et l'important sera de monter en puissance match après match et de progresser.

    Vous vivez une saison un peu étrange avec de très belles victoires et puis des blessures. Pensez-vous avoir retrouvé votre meilleur niveau ?
    Je prends ça comme un processus, même si la situation a vraiment été comme un défi depuis Doha. J'ai été longuement blessée, je n'ai pas eu de chance, mais en revenant j'ai joué la meilleure saison sur terre battue de ma carrière. Et puis oui il y a eu Wimbledon et cette blessure... Allez on ne va pas en parler ! (rire) Mais je pense qu'avec tout ça mon équipe et moi avons appris beaucoup de choses sur le fonctionnement de mon corps. Je n'ai jamais été très souple par exemple mais j'ai travaillé là-dessus et ça va de mieux en mieux. Je cherche toujours à tourner le négatif en positif et à apprendre de tout ça. Toute mon équipe a fait du très bon boulot et je pense que ça commence tout juste à payer.
    «C'est comme si j'avais allumé la lumière pour décider d'être plus positive et d'aller au bout de mon potentiel.» Il y a encore quelques années, vous auriez perdu votre calme avec ces double-fautes ou autres erreurs. Mais aujourd'hui vous le prenez avec calme : comment avez-vous changé ça ?
    Bon alors déjà il y a beaucoup de double-fautes en ce moment alors il vaut mieux les oublier rapidement ! Je change tout le temps mon service, voilà pourquoi parfois ça devient la 4e dimension. Je pense que quand on est jeune, un peu seule, qu'on vient d'un autre pays et que soudain on est projeté sur le circuit il y a un apprentissage à faire. Il y a beaucoup de différentes cultures et parfois la façon dont les gens réagissent n'est pas bien comprise. Mais toutes ces émotions négatives et toute cette colère que je ressentais je les ai remplacées par un plus grand professionnalisme que je porte avec moi non stop sur le court et qui me pousse à être meilleure. C'est comme si j'avais allumé la lumière pour décider d'être plus positive et d'aller au bout de mon potentiel. C'était difficile d'apprendre à gérer toutes ces émotions.

    Quand vous repensez à l'édition 2012 : est-ce un bon souvenir ou reste-t-il de l'amertume ?
    Je ne regarde jamais en arrière, toujours devant. Mais ça restera toujours un moment spécial, parce que j'ai l'impression que tout ce tournoi jusqu'à cette finale a laissé une grande trace sur ma carrière et comptera pour le futur. Je le ressentais comme ça l'an dernier et c'est toujours le cas.»

    Recueilli par Carole BOUCHARD, à New York

  • L'essence de la philosophie

    « Contrairement aux idées reçues, un philosophe n’est pas un intellectuel. Ce n’est pas un expert, un savant, un professeur ni même un étudiant en philosophie. C’est une personne qui ressent de l’amour pour la sagesse, qui désire en faire la conquête et œuvre dans ce sens de toute son âme. Nul besoin de grandes connaissances, de longues études et de hauts diplômes. La philosophie n’est pas un savoir mais une activité accessible à tous, dès l’enfance. Elle ne consiste pas à tenir des discours abstraits ou à connaître des doctrines, mais à utiliser sa raison pour devenir plus sage et être ainsi plus heureux dans sa vie. Depuis l’Antiquité, un philosophe ne se reconnaît pas à son érudition mais à son état d’esprit, à son attitude globale dans l’existence, face à la réalité. La philosophie n’est pas une discipline scolaire, c’est une aventure spirituelle. Elle n’est pas une profession ou une spécialité mais un intérêt, un goût, une passion. Un philosophe peut gagner sa vie en étant chercheur, enseignant ou écrivain. Mais le titre de philosophe convient à toute personne qui cherche la sagesse dans sa vie avec un amour sincère, quels que soient son âge, son niveau intellectuel et sa profession. Cette recherche peut être plus ou moins habile et féconde. Mais elle est pleinement philosophique si elle est véritablement animée par un amour de la sagesse. Chez un authentique philosophe, cet amour n’est pas un simple attrait intellectuel, une banale curiosité, une passion passagère. C’est le grand et profond amour de la vie, l’amour vivant, vital et vivifiant qui mobilise un être dans sa totalité. »

    Bruno Giulani

  • Démocratie ? Quelle démocratie?

    Déclaration d'Utilité Publique des Accès français au Lyon Turin.


    http://vimeo.com/64201772


    Le film à voir sur vimeo

    La Déclaration d'Utilité Publique des accès français au Lyon Turin vient d'être publiée par le Journal Officiel sous la signature du Premier Ministre.

    Le Premier Ministre, grand promoteur de Notre Dame des Landes, a signé la déclaration d'utilité publique en contradiction avec ses propres déclarations du 9 juillet et du report annoncé de ce projet par la Commission "Mobilité 21".

    Un mauvais coup porté à la démocratie et aux finances publiques, au moment où l'on sait que ce projet est inutile, que rien ne le justifie, que le déficit public est toujours plus important comme les efforts demandés aux contribuables.

    Un mauvais coup pour la démocratie lorsque l'on sait qu'il n'y a jamais eu de débat public sur ce projet, que certains membres de la Commission d'Enquête sont frappés par des conflits d'intérêt et que les prévisions de trafic et financières ont toutes été démenties depuis plus de 20 ans.

    Un mauvais coup pour la démocratie alors que toutes les déclarations faites devant le parlement en 2002 se sont révélées fausses et mensongères, alors que la ligne ferroviaire existante n'est utilisée qu'à 17 % de sa capacité, au mépris de la santé des riverains, après avoir reçu près d'un milliard d'investissements qui devraient permettre de transporter la quasi-totalité des marchandises circulant sur les routes des Alpes franco-italiennes.

    Au moment où les feuilles d'impôts arrivent chez les contribuables et que des efforts importants leur sont demandés, le Premier Ministre des projets inutiles et imposés se moque des recommandations de la Commission "Mobilité 21" qui considère ce projet comme non prioritaire.

    Il se moque des recommandations de la Cour des Comptes, de l'Inspection Générale des Finances, du Conseil Général des Ponts et Chaussées, de la Direction Générale du Trésor, des anciens Présidents de RFF et de la SNCF, des élus et des citoyens.

    A l'inverse le 9 juillet dernier le premier ministre a revu à la baisse de moitié les engagements du Grenelle de l'Environnement en réduisant de moitié le nombre de camions qui devaient être transportés par les trains dans les Alpes.

    Où sont le bon sens et la décence ?

    La Coordination des Opposants au Lyon Turin appelle tous les élus et citoyens à se mobiliser contre la gabegie de 30 milliards d'argent public, ceux qui pensaient que le Gouvernement pouvait tenir compte de l'état des finances de la France et reconnaître l'inutilité de ce projet pour ne pas décréter l'utilité publique en sont pour leur frais.


    Les opposants ne seront pas entendus par l'Assemblée Régionale alors qu'ils proposent des solutions réalistes :

    • Ni Philippe ESSIG ancien Président de la SNCF, Président de la société qui a construit le tunnel sous la Manche, qui a déclaré : « Dans un environnement contraint, ce serait une erreur majeure de consacrer les ressources financières qui resteraient à des investissements ferroviaires pour le tunnel de base du Lyon-Turin. Cet ouvrage n'est pas nécessaire aujourd'hui et pour longtemps. La ligne actuelle n'est exploitée qu'au tiers de sa capacité. Ses performances pourraient être considérablement améliorées …. »

    • Ni Jean Pierre DUPORT ancien Président de RFF qui a déclaré : « Le fret est pénalisé par des retards techniques. Aujourd’hui encore, on ne connaît ni la position exacte ni la vitesse des trains, ce qui limite les possibilités de fluidifier les circulations, de gagner en fiabilité et en capacité ; le freinage des trains fret est archaïque, les vingt secondes s’écoulant entre la commande de freinage et son activation « consomment » plusieurs centaines de mètres d’infrastructure ; la circulation des trains de fret se réserve un an et demi à l’avance, délai dissuasif qui gaspille des circulations réservées et in fine non utilisées ; les chargeurs déplorent la non-traçabilité des envois ; l’absence d’attelage automatique limite la charge des trains et perpétue des métiers dangereux… » (preuve des marges de manœuvre disponibles sur l'existant)

    • Ni Yves CROZET membre de la Commission Mobilité 21, Professeur au LET Lyon qui a déclaré : « On voit que sur les 3 tunnels français, les deux routiers Fréjus Mont-Blanc et ferroviaire Fréjus, les trafics baissent depuis une dizaine d'années, que ce n'est pas lié à la crise, que ça a commencé en 1994, depuis cette époque, les trafics routiers plafonnent et ils plafonnent essentiellement parce que les échanges entre la France et l'Italie ont atteint une sorte d'asymptote... »

    • Ni la Coordination des opposants au Lyon Turin qui révèle jour après jour que les trafics ne saturent pas la ligne existante, qu'aucune des déclarations faites devant l'Assemblée Nationale le 13 février 2002 ne s'est réalisée, elles prévoyaient la saturation de l'existant en 2010 et la déclaraient « préalable indispensable », elles promettaient de mettre 300.000 camions sur les trains, elles annonçaient l'utilisation des vingt millions de tonnes disponibles, elles annonçaient 371 millions pour les études et descenderies.

    • Ni le monde agricole unanime qui a adressé un appel à tous les parlementaires pour leur demander de rejeter l'accord franco-italien du 30 janvier 2012 et d'arrêter le LYON-TURIN inutile.

    • Ni les élus de droite comme de gauche qui ont déclaré ne plus soutenir ce projet malgré leur soutien durant plusieurs dizaines d'années.

    Les Conseillers Régionaux n'entendront pas non plus Philippe DURON qui a déclaré que 82% des français rejettent les nouveaux projets et choisissent l'utilisation de l'existant, que les japonais sur les mêmes lignes que nous font passer beaucoup plus de trains...

    Les Conseillers Régionaux n'entendront que le dogme du LYON TURIN, on leur parlera à n'en pas douter de CAVOUR et des pentes, mais on ne leur dira pas que les Suisses font passer 17 millions de tonnes de marchandises sur la ligne historique du Gothard qui a les mêmes pentes et date de la même époque.

    Comme les lobbyistes n'ont plus d'argument et ne peuvent répondre aux faits et aux constats, ils invoquent le projet « pluri séculaire » comme les intégristes invoquent la volonté du tout puissant.

    A l'appui de leurs incantations, ils utilisent la publicité, les pleines pages dans ... l'Equipe et les deniers publics alors que des efforts sont demandés à tous.

    Et comme leur Dieu s'appelle le Lyon Turin, ils lui organisent de grandes messes comme celle d'aujourd'hui ou celle de l'an dernier dans la même enceinte.

    Mais ils délaissent l'essentiel et les priorités :

    • la mise en œuvre des moyens pour reporter aujourd'hui les camions sur le train comme promis devant l'Assemblée Nationale et le Sénat en 2002

    • Le développement de nouveaux matériels ferroviaires automoteurs intelligents, plus performants et plus adaptés au transport régional qui représente 80 % du trafic routier des marchandises.

    • Le doublement des lignes ferroviaires entre Saint André le Gaz et Chambéry et entre Annecy et Aix les Bains.

    Les opposants sont sûrs, que comme tous les grands services de l’État, comme la Cour des Comptes, comme la Commission Mobilité 21, comme nombre d'autres élus, les Conseillers Régionaux ne se laisseront pas berner par les incantations et la grand messe que l'exécutif régional ose appeler « débat ».

    Il est encore temps d'adopter une attitude responsable et de constater la baisse durable des trafics, les besoins de doublement des lignes ferroviaires, la modernisation du matériel ferroviaire.

    L'objectif reconnu de tous est l'utilisation de l'existant, reconnaître aujourd'hui que l'existant n'est pas saturé, que le matériel permet d'améliorer les performances, n'hypothèque en rien l'avenir.

    Philippe DURON le disait encore le 2 juillet devant les Députés, il n'existe que deux financeurs des infrastructures de transports : les passagers et les contribuables.

    Les Conseillers Régionaux sauront le rappeler à l'exécutif et refuser la voix unique.

    Coordination des Opposants au Lyon Turin


    Contact Presse:

    Daniel IBANEZ 06 07 74 10 17 contact@lesmollettes.eu / Olivier CABANEL 06 09 85 87 39 olivier.cabanel@yahoo.fr

    http://lyonturin.fr/



    Lire la suite