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  • Yuka. Le jour où...

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    C'est Marine, notre fille, qui a trouvé Yuka, bébé, en forêt, il était mort de faim, il mangeait l'herbe et l'écorce des branches. Elle l'a sauvé et le lien qui s'est créé est au-delà de l'imaginaire....

    Une intelligence incroyable, une attention, une gentillesse infinie, une joie de vivre communicative, il nous regarde quand on lui parle, il veut comprendre....Une énergie incroyable, un regard si profond, si doux...

    C'était avant...

     

     

    Ce matin-là, je suis allé au camion, j'avais un rendez-vous...Yuka n'était pas là. Il devait se balader. Je suis monté dans la cabine, j'ai mis le préchauffage, j'ai attendu et puis j'ai démarré. J'ai mis la marche arrière et j'ai reculé. 

    J'ai entendu ses hurlements et j'ai vu Yuka dans le rétroviseur. Il gesticulait, coincé sous la roue. 

    J'ai mis la 1ère et j'ai avancé en pensant que c'était impossible, qu'il n'était pas là....

    Je suis descendu et j'ai couru vers lui. Ma fille est arrivée au même moment. Yuka se traînait au sol, incapable de se relever.

     

    Son regard m'a déchiré, ouvert le ventre, anéanti...

     

    "Mon Dieu, qu'est-ce que j'ai fait, qu'est-ce que j'ai fait..."

     

    J'ai pris sa tête dans mes mains, Marine le serrait pour qu'il arrête de se traîner par terre.

     

    J'étais perdu, brisé, comme une implosion en moi. 

    Le regard de Marine. Toute cette douleur, épouvantable....

    Yuka continuait à hurler puis Marine a réussi à le calmer.

     

    "Papa, va chercher le gros coussin dans le garage, on va l'allonger dessus et prends les clés de la voiture."

     

    C'est elle qui a tout géré...J'étais comme un ectoplasme vide, bombardé de milliers de pensées, totalement impuissant...Sidéré...

     

    "Papa, aide-moi à me relever, je tiens Yuka."

     

    On a allongé Yuka dans le coffre du break et on est parti.

     

    C'est sur la route que j'ai senti que je revenais vers moi...De très, très loin...

     

    Yuka a été anesthésié directement dans la voiture. Radios, chirurgien, opération.....Il fallait tout planifier.

    Aucun chirurgien de disponible avant deux jours, peut-être trois. Pontcharra, Chambéry, Aix les Bains...Aucune possibilité.

    Le chrirugien de la clinique de Pontcharra nous dit que Yuka ne marchera plus et qu'il restera incontinent. Qu'il valait mieux l'euthanasier.

    Je hais les gens qui pensent que leurs connaissances rationnelles sont plus puissantes que tout.

    On s'en va.

    Une dernière solution : Hôpital vétérinaire de St Martin de Bellevue en Haute Savoie.

     

    "Oui, amenez-le nous, nous pourrons l'opérer demain."

     

    Une heure et demie de route. Yuka et Marine allongés dans le coffre de la voiture. Je l’entendais lui parler doucement à l’oreille, je sentais tout cet amour, cette tendresse infinie…

    J’avais roulé sur Yuka et c’était comme si j’avais frappé Marine, frappé ma Fille adorée.

    ... 

    Toutes ces pensées qui déboulaient comme des armées en guerre.

     

    Hôpital vétérinaire.

    Une équipe formidable, bienveillante, efficace, empli d’empathie. Des jeunes femmes pour la plupart. Deux secondes, je les imagine dans ma classe de CM2, dessinant des animaux et disant déjà qu’elles seraient vétérinaires. Je sais que Yuka ici sera bien soigné.

    J'aime le regard des gens qui nous parlent.

    J’ai encore envie de pleurer.

     

    On rencontre le chirurgien, des yeux très beaux, emplis d’amour, un sourire rassurant, une voix chaude. Il nous serre la main et nous entraîne vers son bureau.

    Je prends la main de Marine.

    Le chirurgien se retourne et nous regarde, il voit qu’on va craquer, qu’on est à bout, que c’est trop de douleurs…

    Il nous arrête dans le couloir.

     

    « Vous n’allez pas tenir à ce rythme-là. Respirez. On va s’occuper de Yuka, je vais vous expliquer. »

     

    Je n’arrive pas à le regarder sans me mettre à pleurer. Comme si je n’arrivais plus à recevoir cette empathie sans que le trop plein d’émotions ne déborde…

     

    Je ne me reconnais pas… Je sais que Marine a besoin que je sois fort et elle ne doit pas comprendre. 

    Comme autrefois, dans ma vie... J'avais été si fort que même mes parents ne me reconnaissaient plus. C'était pour mon grand frère.

    Aujourd'hui, c'est Marine qui se révèle, encore une fois, bien plus solide qu'elle ne l'imagine elle-même. 

    Le drame est un tremplin quand on ouvre ses ailes. 

     

    ...

     

    Il était 9 heures ce matin quand j’ai écrasé Yuka.

    Il est 16h15 heures quand on entre dans le bureau du chirurgien.

    J’ai les jambes si faibles…

     

    « Yuka a trois fractures du bassin, une partie du sacrum est cassé et s’est déplacé mais il ne semble pas comprimer la moelle épinière. Il y a tout de même des risques d’atteintes neurologiques et on va faire d’autres examens pour s’en assurer au mieux. »

     

    Je pose toutes les questions qui me viennent.

     

    Je vois à un moment qu’il est gêné.

    « Il faut que vous sachiez qu’en cas d’atteintes neurologiques graves et irréversibles, des propriétaires d’animaux peuvent décider de ne pas recourir à la chirurgie et au coût que ça représente.

    -Oui, et ? Ils sont piqués, c’est ça ? »

     

    Le chirurgien acquiesce.

     

    « Quels que soient les résultats neurologiques, Docteur, je vous demande d’opérer Yuka. »

     

    Je lui explique toute l’histoire. Le lien entre Marine et Yuka.

     

    « Très bien. Je l’opèrerai demain. »

     

     Allongé. Nuit noire, lumière éteinte.

    Comment dormir ? Comment attendre ? Comment rester là à ne rien faire ?

    Yuka…Ses yeux quand je suis descendu du camion… Comme s’il m’interrogeait, comme s’il me regardait sans me reconnaître…

     « Pourquoi tu m’as écrasé ? »

     

    Comment dormir ?

    Pourquoi est-ce que je ne l’ai pas vu ? Pourquoi est-ce qu’il est venu s’allonger là ? Pourquoi est-ce qu’il n’est pas parti quand j’ai démarré ? Pourquoi est-ce que je n’ai pas regardé dans le rétroviseur avant de reculer, juste un coup d’œil, je l’aurais vu ?

     

    Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?

     

    Toutes ces larmes avec Marine, dans les bras l’un de l’autre…

    « C’est pas de ta faute Papa. »

     

    Elle me l’a dit tout de suite, dès que c’est arrivé.

    Mais ça n’aurait jamais dû arriver.

     

    Je ne peux pas faire de mal à Marine, je ne peux pas faire de mal à Yuka. C’est inconcevable, inimaginable, totalement fou.

     

    Mais j’ai écrasé Yuka. C’est une réalité. Les faits restent les mêmes dans leurs conséquences.

     

    Je n’ai pas beaucoup dormi…

     

     

     

    On a attendu toute la journée, sans bouger.

     

    14h30. Téléphone.

    « Oui, l’opération s’est bien passée mais il a fallu 2h30 pour tout réaliser. Je ne pense pas qu’il y ait d’atteintes neurologiques. Il faudra attendre la fin de la sédation pour s’en assurer puis dans les prochains jours mais de ce que j’ai vu, il n’y a pas de lésions irréversibles. »

     

    Marine est devant moi. Je lève le pouce. J’écoute le chirurgien, on met au point les prochains jours, soins, visites, tests à venir, gestion de la douleur…

     

     Et je fonds en larmes.

     

    On a vu Yuka.

    Il est allongé dans une cage. Marine a ouvert la grille et Yuka est venu poser sa tête sur sa cuisse, elle l’a embrassé, embrassé, embrassé.

    Un interne me donnait les nouvelles médicales. Problème sur la vessie. A surveiller dans les prochains jours.

     

    Je m’agenouille et je prends la tête de Yuka dans mes mains.

    Ses yeux.

    J’avais peur d’y voir de la colère.

    Non. Toujours cette infinie douceur.

    Je lui parle, je lui demande pardon, je lui dis que je ne comprends pas, que je ne l’ai pas vu, que je ne voulais surtout pas lui faire de mal. Que je l’aime de tout mon cœur. Que je m’occuperai de lui, aussi longtemps que ça sera nécessaire, que je l’emmènerai marcher, nager, que je le masserai…

     

    J’ai une infinie patience quand il s’agit des gens que j’aime.

     

    Chose "étrange" cette catastrophe est survenue le lendemain de la réception de mon nouveau roman, un texte sur la culpabilité, l'amour, le Mal, Dieu...

    Mais je ne crois pas au hasard. 

     

    Yuka...Une semaine après...

    Yuka. Un mois après...

    Yuka...Noël 2015

    Yuka, un an après.

    Yuka et Marine

    Yuka et moi.

    Yuka, enseignant.

    Yuka, cinq ans après.

     

     

  • Fête du travail

    C'est la "Fête du travail" qu'ils disent mais dans quel sens doit-on le prendre ?

    Se réjouir de ne pas aller travailler quand 3 millions de personnes cherchent un emploi ? C'est étrange finalement....

    Ou alors, doit-on se réjouir d'avoir un travail et l'honorer par ce jour de fête ? .....

    En tout cas, je travaille depuis 6 h ce matin à l'écriture de mon roman. Mais est-ce un travail ou un bonheur ? Les deux termes peuvent-ils être associés ou la notion de travail comporte-t-elle un frein au bonheur ? Mais si bonheur, il y a, est-ce encore un travail ? La notion de travail implique-t-elle l'idée d'une corvée puisqu'inversement on a fait d'un jour "chômé" un jour de fête ?
    J'aime "travailler" l'écriture et je suis donc récompensé instantanément. Je n'ai donc rien à fêter puisqu'à chaque fois que je travaille à écrire, je suis heureux. Je travaille à mon bonheur. Et je n'ai nullement envie d'arrêter.

    ..On passe donc quarante ans de notre vie à travailler pour un salaire et on devrait se réjouir d'une journée annuelle de pause.....C'est totalement fou et si les Indiens Kogis nous voyaient faire, ils n'y comprendraient rien. J'aimerais pouvoir remonter à la source de ce fonctionnement qui a un jour considéré que les humains pouvaient s'enfermer dans quarante ans de vie de travail en se réjouissant de quelques jours de pause.

     

    Comment diable un homme peut-il se réjouir d'être réveillé à 6h30 du matin par une alarme, bondir hors de son lit, avaler sans plaisir une tartine, chier, pisser, se brosser les dents et les cheveux, se débattre dans le trafic pour trouver une place, où essentiellement il produit du fric pour quelqu'un d'autre, qui en plus lui demande d'être reconnaissant pour cette opportunité ?

    Charles BUKOWSKI

     

     

     

     

     

     

     

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  • Impuissance acquise

     

     

     

    impuissance acquise

     

    Voici la vidéo d’une expérience intéressante qui nous aide à mieux comprendre comment la résignation peut être inculquée à une population. On y voit une psychologue (Charisse Nixon) qui réussit à provoquer dans sa classe, à travers l’angoisse et la frustration, un état de résignation et d’impuissance, le tout en moins de 5 minutes.

    Il ressort de ce type d’expérience que dans des conditions de frustration ou d’angoisse permanente, l’être humain tend à se résigner et à considérer comme insurmontables des difficultés même légères.

    En pratique, la répétition de l’échec amène l’être humain à penser de manière pessimiste et à se croire incapable de résoudre un problème, du coup il abandonne et le résultat est un échec complet.

    Si l’on pense seulement un instant au bombardement médiatique auquel nous sommes soumis en permanence, il n’est pas difficile de comprendre de quelle manière ces études sont utilisées et qui les manie à son avantage… En soumettant une personne à un sentiment d’angoisse et de frustration constant, on peut l’induire à penser qu’il n’y a rien à faire, que rien ne peut changer sa propre condition, et l’amener ainsi à un état d’apathie où il supportera n’importe quel méfait. À l’inverse, comprendre comment ces mécanismes fonctionnent permet de savoir comment réagir de manière positive à l’adversité. Certains disaient par le passé que lire pendant 15 minutes un magazine de mode fait baisser le taux d’estime pour soi d’environ 30%, mais aujourd’hui, la guerre contre l’estime de soi s’étend sur tous les fronts : radios, télés, journaux, publicités partout dans les rues, sur Internet et sur les réseaux sociaux qui te suivent où que tu ailles. Imaginez ce que peut provoquer de s’entendre dire tout au long de son existence que quelque chose ne va pas dans votre vie, que votre voiture est vieille, que votre garde-robe est démodée, que vos dents ne scintillent pas, que vous avez de la cellulite, etc. Autrement dit, à travers la frustration, l’estime de soi plonge sous le niveau zéro et la voie est alors ouverte pour faire accepter avec résignation et apathie n’importe quelle solution qui en général, sera proposée par ceux-là mêmes qui sont à l’origine du problème. [La suite en italien ici]

    http://fr.sott.net/article/25126-Petite-demonstration-d-impuissance-acquise

     


     

    Combien d'enseignants ont entendu parler de ce concept, combien ont reçu une formation adaptée, combien d'enfants sont dans cette situation anxiogène pendant des années, pourquoi est-ce que l'Institution ne favorise-t-elle pas l'apprentissage de la dimension émotionnelle, pourquoi n'engage-t-elle pas la pédagogie sur le développement personnel ?...........

    La dimension spirituelle implique la bienveillance, l'observation de soi, l'empathie, la coopération, le soutien, l'accompagnement, le partage, le respect, l'absence totale d'idée de "compétition" ou de "comparaison".... Mais alors, comment un Etat parviendrait-il à préserver ses privilèges si on ôte de l'esprit des gens le principe même des règles du "Marché"....Il est nécessaire pour "la croissance" que les individus soient "opposés" et non "coopératifs."

    La comparaison entraîne une échelle de valeurs, une hiérarchie dans le positionnement et comme il est plus facile, plus accessible de se positionner matériellement que spirituellement, cette comparaison incite à la consommation. 

    "J'ai plus que les autres" est une valeur plus importante "Je suis ce que j'ai développé en moi".........

    La spiritualité n'a aucun avenir financier. C'est une menace pour le PIB........

     


     

      JUSQU'AU BOUT

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    Dans la soirée, il se plongea dans la lecture. Il était consterné de voir le retard général que l’école avait accumulé dans ses méthodes alors que depuis 1920, une femme avait découvert qu’il était tout à fait possible de travailler différemment. Pour les auteurs de ces ouvrages, notre système scolaire était le plus efficace pourvoyeur de cas « d’impuissance apprise. »

    L’expérience du brochet l’effraya au plus haut point : Un chercheur avait plongé un brochet dans un aquarium divisé en deux parties par une vitre invisible pour le prédateur. De l’autre côté de la vitre, il avait placé un petit poisson. Lorsque le prédateur eut faim, il se précipita sur la petite proie et se heurta violemment à l’obstacle. Il revint à la charge et s’assomma de nouveau. Toutes ses tentatives s’avérèrent évidemment infructueuses. Il finit par abandonner et resta prostré, piteusement, dans son coin. Lorsque le chercheur retira la vitre, le brochet ne fit aucun essai pour manger le petit poisson. Il avait appris l’impuissance.

    Le chercheur, après d’autres expériences du même type, avait défini exactement ce que ces termes impliquaient chez l’enfant. Lorsqu’il subissait plusieurs échecs consécutifs dans une matière ou dans plusieurs, l’enfant finissait par ne plus manifester le moindre désir de maîtriser la situation, il devenait incapable d’établir un lien entre ses actions et ses résultats et il pouvait même tomber dans un état dépressif.

    Revoyant son comportement dans la classe, face à des programmes dictatoriaux, il eut beaucoup de mal à s’endormir, rongé par les doutes, assailli par des idées contradictoires, incapable de cerner la vérité et d’établir une attitude stable, construite, positive. Ce mot surtout lui tourna longtemps dans la tête. Donner à la classe une image essentiellement positive. Faire en sorte qu’aucun exercice ne soit perçu comme un échec certain.

     

    Jusqu

  • "Ode à mon corps" (spiritualité et Nudité)

     

     

    Un très beau texte pour une expérience "initiatique". Une osmose entre l'Etre et la Nature dont il est issu, des retrouvailles emplies de plénitude et de joie.


     

    Ode à mon corps

     

    le JANVIER 30, 2015

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    dans ARTICLES

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    Photos en pleine nature

    Nous autres, occidentaux, sommes coupés de notre corps, éloigné de lui, tellement « dans la tête », dans le mental. Nous avons, depuis notre naissance et sans doute depuis de longues vies, un très faible amour pour notre corps, un regard complètement « falsifié », perverti sur notre corps, sur le corps en général. Nous avons très peu de connexion à lui. Des sentiments mêlés de honte, de dégoût parfois, de tabous surtout.

    Mon corps, cet étranger

    J’ai souffert moi-même beaucoup de mon regard sévère et « extérieur » sur mon corps. Je l’ai toujours en quelque sorte considéré comme un étranger, comme une machine à entretenir, mais je n’ai jamais ressenti que « j’étais lui ». Qu’il était mon être. Je suis séparée de lui, comme si ma conscience, mon esprit, ne savait pas bien le chemin pour s’y incarner.

    ode à mon corps

    Aujourd’hui, je suis en chemin pour faire la paix avec mon corps, totalement. 

    C’est incroyable parce que je réalise à quel point j’étais séparé de lui, malgré le fait que j’ai toujours fais beaucoup de sport, que j’ai toujours mangé sainement, que j’ai une hygiène de vie correcte, etc.
    Dans chaque prise de conscience que je vis ces derniers temps, je m’aperçois que j’applique des « concepts » entendus, jusqu’à ce qu’un jour j’intègre le message profondément, ou plutôt, que je redécouvre le chemin pour accéder à une conscience oubliée.

    Aujourd’hui, je commence à ressentir entièrement, totalement ce que veux dire « être son corps », s’incarner.

    Le corps, porte d’une jouissance infinie

    ode à mon corps

    Combien de personnes détestent leur corps, ont un regard sévère sur eux-même, oublient ou méconnaissent la sensualité, ont peur de leur nudité ! Comment avons-nous été éduqué dans nos sociétés, loin de notre corps, si loin de lui !

    Comme cela est anti-naturel pourtant.

    Notre corps est notre plus grand trésor.

    ode à mon corps

    Vivre une vie sensuelle avec soi-même est une source de jouissance sans fin. Reconnecter à son corps et l’incarner pleinement est la porte principale pour accéder à une vie entière, une spiritualité incarnée dans la matière. C’est essentiel.

    Je lis des livres sur les peuples aborigènes en ce moment. Je m’aperçois que grand nombre de cultures ont une connexion au corps complètement différente à la nôtre. Ils « sont » tellement leur corps que c’est leur corps qui pense, qui les guide, et non pas leur mental.

    Une séance photo pour se reconnecter…

    En juillet dernier, j’ai demandé intuitivement à Adèle Le Roux, photographe et modèle, de me prendre en photo nue dans la nature. Je ne savais pas bien encore pourquoi j’avais envie de vivre cela, mais c’était un appel très fort de mon âme pour cette expérience. Je sais aujourd’hui que je me préparais à ce que je vis aujourd’hui : me mettre en route vers mon corps et vers mon essence féminine.

    ode à mon corps

    ANous avons fait les séances photos pendant deux jours en septembre dernier en Bretagne.

    Une série photo a émergé du travail : La marcheuse du ciel.

    L’expérience était unique.
    Moi, nue, dans les éléments de la nature, pour la première fois de ma vie, j’ai ressenti pleinement que j’étais une habitante de la Terre, comme toutes les autres espèces. J’ai senti l’amour inconditionnel de la Terre, j’ai senti la Terre me porter, m’aimer inconditionnellement. C’est fou comme le simple fait d’ôter tous ces vêtements peut donner une sensation de liberté totale et d’harmonie avec l’environnement.

    ode à mon corps

    ode à mon corps

    ode à mon corps

    Je suis encore émue du souvenir : juste être nue dans la nature, c’est vraiment fabuleux, c’est faire la paix avec la Terre, avec l’amour, avec le ciel, avec toutes les espèces vivantes, avec soi-même. C’était juste magique, j’étais émerveillée, comme une enfant.

    Aimer la beauté de mon corps

    ode à mon corps

    Aujourd’hui, je choisis d’exposer ses photos de moi nue. Pourquoi ? J’aurais très bien pu vivre l’expérience et garder les photos privées.
    Mais j’ai tellement à cœur de faire exploser la vision que nous avons de la nudité, de notre corps !

    Je n’ai pas honte, non, d’exposer mon corps à votre regard. Mon corps est sacré, comme le votre, il est sacré, c’est mon véhicule de vie.

    ode à mon corps

    Je n’en peux plus de voir ces corps montrés, violentés, bafoués, vulgarisés par la publicité, la pornographie. Je n’en peux plus ! Je souhaite vraiment retrouver le chemin de la beauté, de l’amour, de la simplicité, de la joie avec mon corps, me rappeler, nous rappeler qu’il est naturel, qu’il est magnifique, qu’il est un temple sacré à aimer, à choyer, à embrasser.

    J’ai envie de l’aimer, ce corps, de l’intégrer à ma vie, de lui faire la belle place, de l’accueillir, de le magnifier.

    ode à mon corps

    Oui, j’aime mon corps, je l’aime profondément, respectueusement, je le chérie. Et aujourd’hui, enfin, je change mon regard à lui, je suis en pleine expansion de conscience à son sujet. C’est très beau, vraiment très beau. Il m’aide à faire le chemin.

    Notre corps a une conscience propre. Il nous parle chaque jour, il nous supplie de l’aimer et de le considérer.

    ode à mon corps

    Mon corps me dit : « Je suis ton ami »

    Voici le message reçu de mon corps il y a quelques jours, un message bouleversant. Je vous le partage, puisse la vibration de son message résonner en vous comme il a résonné en moi.

    (reçu le 15 janvier 2015)

    « J’ai besoin d’être ton ami, et pas ton ennemi.

    Tu me considères comme ton ennemi alors que je peux vraiment être ton ami.
    J’ai besoin que tu me traites vraiment bien car je suis un puits de ressource, ton principal puits de ressource.
    J’ai besoin que tu changes ton comportement vis-à-vis de moi, que tu me considères, que tu me fasses bouger, que tu me fasses me déplacer, l’énergie ne circule pas à l’intérieur de moi, j’ai besoin que l’énergie circule.
    J’ai besoin que tu me considères, que tu me vois, que tu me sentes. Que tu passes du temps avec moi, rien qu’avec moi, j’ai besoin que tu me consacres du temps et que tu y prennes plaisir !

    ode à mon corps

    J’ai besoin que tu me considères comme un ami car je suis la porte d’entrée pour régler tous tes soucis, je suis la porte d’entrée de tous tes autres corps. J’ai besoin que tu comprennes cela. Et tu refuses encore de le comprendre.

    Je suis ta priorité, sans moi, rien ne peut arriver.

    Je suis vraiment toi, je suis vraiment toi.

    ode à mon corps

    J’ai besoin que tu recrées du lien avec moi. Tu es si loin. J’ai besoin que tu t’incarnes en moi, pleinement, que tu acceptes de prendre vraiment la mesure de qui je suis.
    J’ai besoin que tu me considères comme un ami.
    J’ai besoin que tu me sentes, que tu vives avec moi, à travers moi.

    Je suis la porte de tous les possibles. Je suis la porte de ta vie aujourd’hui. Sans moi, tu ne peux rien faire sur cette Terre, j’ai besoin que tu sois là avec moi, que tu prennes soin de moi, que tu retrouves le plaisir de me sentir exister, que tu comprennes que je ne suis pas séparé de toi, je te représente aux yeux de tous, je suis ton véhicule, ton moyen de transport, je peux vibrer et j’ai une puissance de vie incroyable, qui t’attends si tu acceptes d’être totalement qui je suis.

    Incarne-toi, trouve-moi, ressens, prends conscience de chaque mouvement, de chaque battement, de chaque pulsation de vie qui m’habite, prends conscience de tout ce que je permets de te faire vivre, prends conscience que notre lien est essentiel pour que tu puisses te réaliser sur Terre.

    Je suis toi, tu es moi, il n’y a pas de séparation entre toi et moi.

    ode à mon corps

    J’ai besoin que tu t’incarnes en moi pour pouvoir trouver la pleine force de vie, la pleine force de mon potentiel.
    Tout passe déjà par moi, tout passe déjà par moi.

    ode à mon corps

    Je suis la porte d’entrée de tous tes désirs de vie. Je suis la porte d’entrée de toutes tes aspirations.

    Je suis ton corps et j’existe pour que tu puisses réaliser ton potentiel de vie à travers moi et à travers toutes les particules de vie qui m’animent.
    Ta conscience incarnée en moi peut soulever des montagnes et vivre une vie différente si elle accepte que je suis avant tout le seul moyen de se réaliser sur Terre.

    Viens, incarne-toi, reçois toute la chaleur et la vibration divine qui est en moi et reçois toute la potentialité de vie et de réalisation que je peux t’offrir.

    Je suis là, je suis avec toi, je suis le chemin qui te mène à la plénitude et à l’existence dans la matière. »

    ode à mon corps

    Pour retrouver le travail d’Adèle et la série photo sur son site : La Marcheuse du ciel.

    Je remercie du fond du cœur Adèle pour son travail et sa complicité.

      Mathilde  

    Accompagnante des âmes stellaires, flammes jumelles et hypersensibles
    à reconnecter à leur lumière d’incarnation

    Mon coaching Lumière :
      
    http://www.aime-toi.fr/lumiere/

    Mon coaching Incarnation :
      
    http://www.aime-toi.fr/je-mincarne/

    Ma newsletter :
      
    https://www.aime-toi.fr/

     

  • C'est Socrate qu'ils assassinent

     
     
     
     
    http://www.centre-presse.fr/article-364424-le-rectorat-suspend-le-prof-et-saisit-la-justice.html
    Le rectorat suspend le prof et saisit la justice
    Accusé par des parents d'élèves d'avoir perturbé la minute de silence, un professeur de philo du lycée Victor-Hugo à Poitiers est mis à pied. Il se défend.
    Jean-François Chazerans a reçu le courrier lui, notifiant sa suspension. Aucun motif n'est indiqué.
    Jean-François Chazerans a reçu le courrier lui, notifiant sa suspension. Aucun motif n'est indiqué.
    (Photo Patrick Lavaud)

    Jacques Moret organisait hier après-midi la mobilisation pour les valeurs de la République (lire plus bas). Dans son introduction il rappelait: « Le 8 janvier, il y a eu aussi l'inacceptable commis par quelques enseignants qui n'ont pas observé la minute de silence avec des arguments dérisoires invoquant une absence de nécessité. Ou des arguments plus contestables estimant que ce n'était pas le moyen le plus approprié. Mais aussi des arguments inadmissibles pour des fonctionnaires cautionnant plus ou moins les attentats. » Et le recteur de promettre des sanctions si ces faits étaient avérés. 
    Ainsi, un professeur de philosophie du lycée Victor-Hugo à Poitiers est suspendu à titre conservatoire pour 4 mois (*) depuis mercredi. Il a été remplacé.« Sur ce cas, il y a eu des plaintes de familles, nous a confié le recteur. L'enseignant aurait tenu des propos déplacés pendant la minute de silence. J'ai immédiatement diligenté une enquête. Le professeur a été suspendu. Il fallait l'éloigner de ses élèves. La procédure suit son cours. Le conseil de discipline statuera sur la suite de sa carrière. » Par ailleurs, Jacques Moret a porté l'affaire en justice hier soir. « Le recteur m'a effectivement dit qu'il me saisissait sur le fondement de l'article 40, nous a confirmé le procureur de la République Nicolas Jacquet. Je n'ai pas à cette heure les éléments en main. » L'apologie du terrorisme est évoquée. Mais le rectorat n'en dira pas plus.

    Jean-François Chazerans par contre nous a livré sa version. Ce professeur de philo mis en cause est connu pour son militantisme d'extrême gauche. Enseignant à Victor-Hugo depuis 2005, il est apparu très ému hier midi. Sous le choc. Voici sa vérité. « J'ai été interrogé lundi par deux inspecteurs d'académie. Ils m'ont dit que leur rapport serait le soir même sur le bureau du recteur et le lendemain sur celui de la ministre. Je ne sais pas ce qu'on me reproche. Je ne sais pas quel cours, quel débat est concerné. On m'a juste dit "ce sont des propos qui ont été tenus en classe". On évoque qu'il y avait eu des plaintes d'élèves et de parents qui sont montées directement au rectorat. Je suis sonné, je m'attendais à tout sauf à ça. Ce fameux jeudi, j'ai organisé des débats avec mes six classes de terminale. Le but était de comprendre les causes du terrorisme en sortant autant que possible de la passion et de l'émotion du moment. »

    "Les djihadistes
    sont
    des fascistes"

    Jean-François Chazerans poursuit. « Ce sont les élèves qui étaient demandeurs. J'étais réticent. Je n'aime pas évoquer à chaud de tels sujets. Devant leur insistance et leur état de choc, j'ai décidé de mettre en place ces débats. » 
    Eludant la fameuse minute de silence (**) - « Je n'y étais pas » -, le prof engagé condamne aujourd'hui sans ambiguïté les attentats et leurs auteurs. « Ma réaction de citoyen est de dénoncer avec force ces actes odieux, horribles. On ne peut quand même pas m'accuser d'avoir la moindre sympathie pour les djihadistes. Ce sont des groupes fascistes que je combats. Il n'y a pas eu une quelconque apologie du terrorisme lors de mes cours. Au contraire... » Le prof fait montre d'incrédulité. « Je ne comprends pas. Je décide de m'exprimer car je ressens un fort sentiment d'injustice. »

    (*) Pendant sa suspension, le professeur bénéficie de l'intégralité de son traitement. Il peut former des recours gracieux, hiérarchique ou contentieux pour contester cette décision.
    (**) Au moment où nous avons interrogé le professeur, il ignorait qu'on lui reprochait d'avoir perturbé la minute de silence.

    Loïc Lejay
    Réagissez !
     
     par Vouvant - le 24/01/2015 08:00
    .
    Il est plus facile, pour un recteur qui n'en est pas à son premier coup d'éclat médiatique, de viser un prof dérangeant que de s'attaquer aux vrais problèmes. C'est d'ailleurs sur ce genre de "compétence" qu'on les recrute. Quant à J-F Chazerans, pour avoir eu l'occasion d'être son chef d'établissement, je connais sa valeur et sa capacité à faire réfléchir des élèves (y compris des collégiens). Je souhaite sincèrement aux élèves de "Victor" de croiser, dans leurs carrières qu'ils imaginent rectilignes, des adultes aussi dérangeants pour leur confort de pensée ou le conformisme de leurs géniteurs.
     
     
     - par Ana - le 24/01/2015 15:26
    Abérrations
    Une suspension qui n'a aucun sens. Ce qui est flagrant dans cet article, c'est qu'il fallait éloigner M. Chazerans du lycée Victor Hugo et que certains parents d'élèves n'ont pas manqué de se saisir de cet événement du 7 janvier 2015, pour le détourner et parvenir à leurs fins. C'est odieux et inadmissible. Lorsque j'étais au lycée Victor Hugo, je n'ai pas eu M.Chazerans comme professeur de philosophie mais j'ai eu l'opportunité d'assister à l'un de ces cours. Ce qui est notable, c'est que monsieur Chazerans n'anime pas son cours, en 3 paragraphes, 9 sous-paragraphes, thèse, anti-thèse, synthèse. Bien au contraire, et tout à son honneur, il nous mène à la réflexion, notre propre réflexion, en nous poussant dans nos retranchements. Il sait intéresser les élèves, en posant des questions qui mènent au débat. De là, diverses opinions vont sortir et il nous aident à les transformer en pensées, en réflexions : pourquoi, comment, dans quel but, faut-il un but etc.. Parfois, il intervient pour relancer le débat, pour réorienter la conversation, ou tout simplement pour que chacun puisse s'exprimer, ou pour apporter des connaissances et des notions. D'autre fois, il va nous laisser en autonomie pour que ce soit la classe qui chemine en pensées, la classe qui avance grâce à chacun sans aide extérieure. Bref, monsieur Chazerans nous apprend à être citoyen, à savoir pourquoi on agit. C'est en mon sens, un des rôles des professeurs de philosophie et c'est, sans doute, ce qui pose beaucoup de problèmes à certains parents-élèves qui ne voient la philosophie qu'en tant qu'épreuve du baccalauréat, qu'en tant que notes. Mais malheureusement pour eux, les études sont aussi là pour nous rendre responsables de nos actes c'est-à-dire nous faire réfléchir sur nos valeurs ainsi que celles de la société, n'en déplaise à certains ( notamment pour des raisons religieuses, politiques etc... ). M. Chazerans est un professeur que tout le monde connaît au lycée Victor Hugo, car il ne dérange pas comme certains le pense, mais il interpelle. Même en dehors des cours, il fait parler et donc réfléchir. Que peut-on demander de plus à un professeur de philosophie ?
     

  • Le Bien et le Mal (3)

     

     

     

     

    “Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire.”

    Albert Einstein

  • Une éternelle minute de silence.

    Aujourd'hui, en France aura lieu dans plusieurs endroits une minute de silence pour les victimes de l'attentat dans les locaux de Charlie-hebdo. 

    Des hommes sont morts. Ils défendaient une cause, à leur façon. L'hommage est indispensable, spontané, naturel, évident.

    C'est en France, à Paris, en pleine journée, avec des armes de guerre. On connaît les visages des morts. Ils étaient célèbres. N'importe qui d'entre nous aurait pu se trouver sur les lieux, dans la rue et être abattus pendant la fuite des tueurs.

    On reste sidéré, anéanti, horrifié.

    J'entends dire : C'est "chez moi", dans mon pays, sur "mon" territoire", dans un endroit symbolique, celui de la liberté d'expression...

    J'entends dire : "Je suis Charlie".

    Non. Je n'ai pas de territoire. Je suis né ici. C'est juste une circonstance. Ça n'est pas "chez moi". Aucune terre ne m'appartient, pas même celle où se trouve la maison que j'habite. C'est un papier qui dit que c'est à moi. Je ne partirai pourtant pas avec le jour de ma mort. Il n'en reste pas moins que j'aime ce pays, que j'ai la chance d'être né "au bon endroit".

    Je ne suis pas Charlie. Je suis un être Humain. Je ne pleure pas davantage les hommes qui sont morts à Paris que les migrants ou tous les enfants assassinés chaque jour, toutes les femmes battues à mort, tous les sans-abris morts de froid, tous les Africains contaminés par Ebola, tous les Palestiniens, tous les Peuples Racines traqués, anéantis, spoliés, toutes les femmes violées, tous les enfants abusés sexuellement, toute cette épouvantable misère humaine...

    Il faudrait des minutes éternelles de silence. 

    Je suis juste sidéré. Comme à chaque fois. Anéanti par mon impuissance. Car je ne fais rien pour les migrants, je ne fais rien pour les enfants enrôlés dans les guerres d'adultes, je ne fais rien pour les femmes battues à mort, je ne fais rien, je suis impuissant, épouvantablement impuissant. 

    Je ne peux pas faire de choix. Je ne peux pas faire une minute de silence pour Untel et pas pour les autres. Je ne peux pas rester figé dans une minute de silence jusqu'à la fin de mes jours.

    L'actualité quotidienne de ce monde est un vacarme effroyable et les minutes de silence ne couvriront jamais ce tumulte. 

    Et lorsque ces minutes de silence seront ciblées, qu'elles concerneront quelques individus, elles jetteront inévitablement dans le vacarme des violences ceux qui seront ignorés, oubliés, méprisés. Ils n'ont pas de noms, pas de visages connus, ils ne représentent pas une idée, ils ne défendent pas d'autres valeurs que la vie en eux et celles de leurs proches. Mais "on" ne les connaît pas. Ce sont des Humains anonymes.

    Je pleure tous les Humains anonymes qui meurent chaque jour, là où ils ne souhaitaient que de vivre en paix. 

    Je ne peux rien faire. Je peux juste essayer de ne pas attiser les haines. De ne pas faire d'amalgame, de ne pas stigmatiser, de ne pas me laisser emporter par des empathies sélectives...

    Je ne suis pas "Charlie", je suis un Humain. Comme tous les Humains qui se comportent en Humains.

    Elle est là l'unité. Car l'unité nationale, dans la dimension des douleurs, c'est le contraire de l'humanité. 

    Alors, je serai triste aujourd'hui. Triste pour le monde entier.

    Comme tous les jours d'ailleurs......


     

     

    Ils étaient dans l'eau depuis plus d'une heure. 

    Zaïa tenait son fils. Il avait froid, terriblement froid. L'immensité effroyable de la mer. 

    Quelques survivants. Elle avait appelé au secours mais aucun homme n'était venu les aider. Elle avait vu s'éloigner ceux qui savaient nager. Elle en avait vu couler beaucoup d'autres. Le bateau avait sombré en quelques minutes, entraînant dans son sillage des centaines de migrants. 

    Ahmed, son petit garçon. Il n'avait que trois ans. Elle l'avait obligé à s'accrocher sur son dos. Il serrait son cou mais elle sentait que l'étreinte se relâchait peu à peu. Elle criait parfois pour le réveiller et elle continuait à nager, nager, sans savoir si elle était dans la bonne direction. Elle avait arraché sa tunique, le tissu gorgé d'eau était trop lourd. 

    Elle ne voulait pas couler, elle ne voulait pas laisser son enfant mais elle redoutait également de le voir mourir avant elle. Deux secondes, pendant deux secondes, elle avait envisagé de couler volontairement avec lui, de l'entraîner dans ses bras vers une mort commune. Puis elle se révoltait et recommençait à battre des jambes.

    Tous ces hommes qui s'étaient enfuis, qui avaient ignoré ces suppliques. Elle les haïssait. 

     

    Mohammed soutenait la tête de sa femme. Aïcha était enceinte. Elle s'était mise sur le dos. Elle flottait en bougeant doucement. Mohammed tentait de la tirer vers la côte. Mais il ne savait pas où était la côte. Pas exactement. Il savait juste qu'elle était encore très loin, très loin. 

    Aïcha pensait à son bébé. Lui aussi, il était dans l'eau, à l'abri de son ventre. Que se passerait-il pour lui si elle se noyait. Peut-on mourir noyé en ayant déjà les poumons emplis d'eau ? C'était absurde et elle s'en voulait d'avoir de telles pensées. Elle ne devait pas mourir. Elle n'en avait pas le droit. 

     

    Abdelal regrettait d'avoir écouté son fils. Il n'aurait jamais dû prendre ce bateau. Ils étaient tous morts maintenant et lui, il flottait sur le dos en regardant le ciel. On ne quitte pas sa terre natale quand on a soixante-quinze ans, c'est absurde et il avait beaucoup de colère en lui. Il pensait à ce petit ruisseau au bord duquel il aimait s'asseoir depuis qu'il était enfant. Un gros rocher rond ombragé par des oliviers. Il aimait écouter le chant cristallin de l'eau sur les roches. Et maintenant, il allait mourir au milieu de la mer. Il n'avait même pas retrouvé son fils, ni sa femme, ni ses petits-enfants. Ils étaient tous morts, tous noyés, tous emportés dans les fonds noirs qu'il n'osait pas regarder. Il s'était mis sur le dos pour regarder les nuages. 

    Il avait froid.

     

    Bahir tenait ses deux enfants dans ses bras. Il était épuisé. Il y a quelques minutes, une pensée effroyable avait traversé son esprit. Il fallait qu'il abandonne un de ses deux garçons pour pouvoir sauver au moins l'autre. Il n'aurait pas la force de continuer à les soutenir. L'aîné était le plus lourd mais il aurait peut-être davantage de résistance au froid. Il pourrait continuer à nager avec le plus jeune sur son dos. Mais nager vers où ? Il guettait l'horizon pour y voir un bateau. Il fallait tenir. Et si des sauveteurs arrivaient quelques minutes après qu'il ait fait ce choix. C'était impossible et il ne comprenait pas qu'il puisse avoir de telles idées. Il n'avait déjà pas réussi à sauver sa femme. Il ne l'avait pas retrouvée lorsque le bateau s'était renversé. La panique, les cris, les tourbillons, la masse gigantesque qui bascule à la verticale et coule au milieu des cris. Fatima avait disparu. 

    Pourquoi avait-il entraîné sa famille dans cette traversée maudite ? Fuir la guerre, fuir la misère, et mourir au milieu de la mer. Mourir noyé, dans une ultime seconde de clairvoyance, sentir ses poumons qui se remplissent et l'air qui manque....Il regardait les visages terrifiés de ses deux garçons. 

    Il savait qu'ils ne tiendraient pas longtemps. 

    Personne ne serait sauvé.


     

    3.419

    C'est le nombre de migrants morts en Méditerranée dans l'année 2014.

     


     

     
    Le bilan encore provisoire de l'attaque revendiquée par les talibans du TTP, principal groupe rebelle islamiste du pays, est lourd : au moins 141 personnes, dont 84 enfants, auraient été tuées. | AP/Mohammad Sajjad

    Un commando taliban a attaqué, dans la matinée du mardi 16 décembre, une école accueillant des enfants de militaires à Peshawar, principale ville du nord-ouest du Pakistan, qui compte environ 4 millions d'habitants. En fin d'après-midi, l'armée pakistanaise a annoncé la fin des combats contre les six assaillants du Mouvement des talibans du Pakistan (TTP), à l'origine de l'attaque. Au moins 141 personnes ont été tuées dans l'assaut, dont 132 enfants. 

    Plusieurs organisations internationales et chefs d'Etat du monde entier ont condamné l'attaque terroriste, la plus meurtrière qu'ait connu le Pakistan. A la surprise générale, les talibans afghans ont également condamné l'assaut le jugeant « contraire aux règles de l'islam ». Dans la soirée, l'armée a réaffirmé sa détermination à poursuivre ses opérations en cours contre le TTP jusqu'à son élimination totale. « C'est le devoir de la nation de faire face au terrorisme. »


    ISRAËL-PALESTINE

    Les enfants de Gaza ont un nom

    Un message radiophonique de B’tselem, association de défense des droits de l’homme, présentant la liste nominative des enfants palestiniens tués à Gaza, a été interdit. Ha'Aretz s'interroge sur l'indifférence et le manque d'empathie de la société israélienne.
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    Pendant quatre-vingt-dix secondes interminables, une voix de femme énumère, sur le ton détaché des présentateurs israéliens, les noms des enfants tués à Gaza au cours des trois dernières semaines. "La liste n'est pas exhaustive", répète-t-elle plusieurs fois.

    Telle est la teneur d'un message soumis le 23 juillet par l'ONG israélienne de défense des droits de l’homme dans les Territoires occupés B'tselem et interdit par l'Autorité israélienne de l'audiovisuel au motif qu'il est "politiquement controversé".

    Ce message n'accuse pourtant personne. Il ne fait que donner les noms d'enfants tués lors du dernier conflit en date entre Israël et le Hamas. Son titre : "Les enfants de Gaza ont un nom", s'inspire de la phrase du poète israélien Zelda sur l'Holocauste : "Chaque personne possède un nom que lui ont donné Dieu et ses parents."

    "Rien de ce qu'ils peuvent faire ne vaut la vie d'un seul soldat israélien"

    La censure dont a été victime le message de B'tselem révèle un phénomène latent, et préoccupant. La semaine dernière, alors que les Nations unies venaient de décider l'ouverture d'une enquête sur les victimes civiles de l'opération Barrière protectrice, les services du Premier ministre [Benyamin Nétanyahou] ont qualifié la décision de grotesque, tandis que Tzipi Livni, la ministre de la Justice israélienne, déclarait sur son compte Facebook qu'elle n'avait que deux mots à dire sur le sujet :"Hapsu oti" – soit un "bonne chance" ironique et méprisant.

    Et ce sont là deux réactions relativement modérées.

    "Nous sommes dénoncés de toutes parts pour notre brutalité, notre cruauté, la disproportion de nos attaques, et vous vous dites : 'On s'en fout'. Qu'ils nous empêchent donc tous, sans exception, de prendre un avion, qu'ils fassent ce qui leur chante, car rien de ce qu'ils peuvent faire ne vaut la vie d'un seul soldat israélien", a écrit Ben Caspit, éditorialiste et homme de télévision très en vue, dans le journal Maariv.

    "L'enfant d'aujourd'hui est le terroriste de demain. Autant qu'il meure maintenant."

    Et ces lignes ne sont rien à côté de certaines réactions non censurées au bilan civil de l'opération. Dans la culture actuelle du web, on poste désormais sur Facebook ou dans les pages de commentaires des médias les opinions que l'on gardait auparavant pour soi. "Quatre enfants morts, c'est tout ? Dommage !" ; "L'enfant d'aujourd'hui est le terroriste de demain. Autant qu'il meure maintenant !" ; "Tel est le prix de la guerre. La prochaine fois, qu'ils ne viennent pas nous chercher." ; "Et alors ?" Certains accusent aussi le Hamas de mentir. Un autre commentaire, lui, relativise : "On ne fait pas d'omelette sans casser des œufs."

    Ce sont évidemment des réactions extrémistes, qui ne sont pas représentatives de l'immense majorité de l'opinion israélienne. Beaucoup s'insurgent contre l'absurdité tragique de voir mourir des enfants, et ce dans les deux camps. Il n'empêche : il fut un temps en Israël où l'ordure était moins ordurière.

    Car le fait que des Israéliens puissent tenir ouvertement ce type de propos en dit long sur le glissement qui s'est opéré dans l'opinion ces dernières années.

    Auparavant, la mort accidentelle d'enfants – et même de civils en général – choquait. L'armée présentait des excuses, ou du moins rendait des comptes. Les médias en parlaient en long, en large et en travers.

    Dans l'Israël d'aujourd'hui, exprimer ne serait-ce qu'un doute sur la légitimité morale de notre armée est devenu un tel tabou que des groupes d'extrême droite, résolus à faire taire tous les suspects de "démoralisation", n'hésitent à se montrer violents. Parler simplement de victimes innocentes vous vaut d'être qualifié de "gauchiste" tenant un "discours de haine", y compris par des élus, comme la députée à la Knesset [le Parlement] Miri Regev.

    N'en concluons pas que la majorité des Israéliens n'ont que faire de la mort d'enfants. Mais si cela les choque, le fait est qu'ils n'en disent rien.

    N'en concluons pas qu'il n'est plus intolérable de tuer des enfants. Mais le fait est que c'était plus intolérable avant.

    Visiblement, plus il y a d'enfants parmi les victimes, moins l'on s'indigne.

    Il fut un temps où ces enfants avaient un nom, un visage même. C'est un fait.

    L'apathie totale est la dernière étape avant la haine.

     


     

     

     


     

  • "La fin du courage"

     

    « Savoir dire non » – La fin du courage..?

    A-t-on oublié ce qu’est le courage ?

     

    http://r-eveillez-vous.fr/savoir-dire-non-la-fin-du-courage/

     

    Sommes nous installés dans la soumission ?

    A part les super héros des jeux vidéos ou des productions hollywoodiennes qui, aujourd’hui se montre valeureux ? Dans La fin du courage, (1) essai qui vient de paraître, la philosopheCynthia Fleury déplore que le courage ne fasse plus vibrer les individus. Or, cette exigence, affirme l’intellectuelle de 35 ans, professeur à l’Américan University of Paris, pourrait fonder une nouvelle éthique morale qui remettrait en selle aussi bien l’homme contemporain perdu dans es élucubrations existentielles que la société.

    Pourquoi notre époque serait-elle particulièrement celle de la disparition du courage ?

    A leur travail ou dans leur vie quotidienne, de plus en plus d’individus désavouent ce qu’ils font mais continuent à le faire. Pourquoi ne se révoltent-ils pas ? Pourquoi une telle soumission à un non ordre des choses ? La peur est telle qu’ils en oublient d’avoir recours au courage. On a cru que l’individualisme était un processus de non-contrainte, de liberté absolue. L’individu se focalise sur ses propres intérêts, délaissant l’engagement public. Livré à cette quête narcissique, il est, en fait, fortement fragilisé, rendu vulnérable par ce processus d’individualisation qui le coupe des formes collectives de défense.

    On croit se sauver en succombant à de régulières petites lâchetés, en fait, il y a un prix à payer. L’émergence de ce moi décomplexé, non distancié d’avec soi-même, signe la fin du courage moral. Nous sommes les passagers clandestins de l’absence de morale. En se faufilant, l’individu pense sauver sa peau. Il fabrique sa propre érosion et sombre dans la dépression.L’érosion de soi vient de la somme de ces démissions quotidiennes. Jamais le malaise individuel n’a été à ce point lié à une déstructuration de la société. L’homme et plus largement la société, meurent par manque de courage. Et comble du paradoxe, cet individu acculé à une mise en disposition de soi-même n’en est que plus invisible.

    C’est dans le monde du travail que le manque de courage sévit, particulièrement, dites-vous.

    Chaque matin, en allant travailler, un certain nombre d’individus adhèrent à un système qui désavoue les principes mêmes qui  les construisent. Ils critiquent la culture de l’évaluation, les objectifs de rentabilité, le management par le harcèlement. Des puéricultrices disent : « Nous ne pouvons pas avoir seize bébés dans les bras », Les salariés de Pôle Emploi dénoncent la déshumanisation des services. Autour d’eux, de grandes entreprises gagnent de l’argent mais ferment des usines. L’homme ne résiste pas à ces logiques illogiques, à sa propre schizophrénie. Le monde du travail est donc le lieu même de l’érosion du moi et des structures collectives de résistance. A défaut de faire exploser le système, les individus se font imploser eux-mêmes. Ce sont les suicides au travail qui peuvent devenir un massacre.

    Des salariés pourtant s’opposent. Dans l’Education nationale ou ailleurs, des « désobéissants » se font entendre.

    Descendre dans la rue, signer des pétitions, faire la grève ou mettre en place un droit de retrait restent des actes forts. Il y a d’ailleurs plus d’actes que d’hommes courageux. Nous commettons tous, un jour, quelque acte courageux. Mais la guerre économique requiert hélas plus que des intermittents du courage. L’atomisation de tels actes ne permet pas toujours la construction d’une éthique collective du courage. C’est tout le paradoxe : il n’y a d’éthique du courage que seul. Que si nous sommes prêts à faire ce geste sacrificiel qui consiste à savoir ce que l’on peut perdre sans connaître ce qu’on peut gagner. Et, en même temps, seule l’éthique collective du courage est durable et peut nous permettre de résister.

    Pourquoi cette valeur semble t-elle désuète ?

    Qui enseigne le courage ? Le père, la mère, les grandes figures faisant loi. Lié à l’autorité et à l’exemplarité, le courage est donc l’inverse de l’égalitarisme ambiant. Il est perçu presque comme un geste autoritaire. Aujourd’hui, les parents se focalisent sur la réussite de leurs enfants et transmettent de moins en moins de valeurs morales. Mais le courage ne disparaît pas pour autant, il a simplement déserté le monde réel. Nous sommes vaillant dans notre imaginaire. Jeux vidéos ou fictions, content de magnifiques épisodes de bravoure ou plutôt de performances de courage. Et c’est là une forfaiture. Pour être réellement courageux, il faut avoir éprouvé la peur et trouver en soi la force de la surmonter. Dans le monde réel, chacun se nourrit d’un fantasme de courage totalement travesti qui n’a nullement besoin de tout cet apparat.

    En fait, les individus ne sont pas devenus fondamentalement peureux, ils ont simplement perdu l’entraînement au courage. Cette valeur s’apprend, se transmet par des figures dans l’entourage familial, amical, scolaire, etc.  Plus que l’absence, c’est le manque d’entraînement et d’apprentissage du courage qui caractérise notre société.

    En quoi le courage serait-il un excellent moyen de lutter contre la dépression ?

    D’abord, malgré ce que l’on croit, l’ennemi c’est la mélancolie. La mélancolie est cette chose terrible qui vous met à terre. La posture de résistance et de combat permet de sortir de cette logique du découragement. L’ennemi désigné est ainsi à l’extérieur, il n’est plus soi-même. Geste sacrificiel, le courage peut être sans victoire – il l’est même très souvent – mais il restaure le moi, son unicité et sa légitimité. C’est un régulateur contre la dépression, qui permet de sortir de l’anonymat et de l’interchangeabilité des hommes. Ce que le courage dit-, c’est que vous n’êtes pas interchangeable avec les autres.

    C’est à vous que l’acte incombe. Or, le système capitaliste est là pour nous prouver exactement le contraire, que nous sommes tous remplaçables les uns par les autres. Le courage ne s’exerce donc pas exclusivement en temps de guerre ou de circonstances exceptionnelles. Il fait partie intégrante du temps quotidien et de la pratique démocratique. Bien sûr, il ne s’agit pas de jouer constamment les héros, ce serait intenable. Mais il faut apprendre à faire du courage un réflexe, un éthos.

    Comment l’enseigner ?

    Tout le monde est convoqué, les parents dans l’éducation de leurs enfants, les enseignants à l’école, les médias dans le choix des parcours qu’ils mettent en avant, les hommes politiques dans les valeurs et les pratiques qu’ils défendent. Ceux qui sont exemplaires ont l’exigence de croire à l’exemplarité des autres. Les Lâches sont toujours ceux qui désespèrent des autres.

    Pourquoi est-ce si difficile d’être courageux ?

    Faire preuve de courage, c’est instaurer un rendez-vous radical avec ses principes et soi-même. Voilà pourquoi la majorité des individus se défilent. L’autre difficulté est que cette épreuve se vit seul. Savoir dire non, en assumer le risque et le sacrifice est une démarche solitaire. Peu d’entre nous prennent ce risque. On sait ce qu’on va perdre, pas ce qu’on va gagner. Mais le courageux n’est pas non plus celui qui ignore la peur. On juge le courage d’un homme à ses peurs, celles qui sait éviter ou bien garder.

    Cet acte individuel aurait des vertus thérapeutiques sur le fonctionnement même de la démocratie ?

    Je travaille sur la démocratie, ses écarts entre les principes et la réalité. Comment réguler et corriger les excès désordonnés de la démocratie ? La paix qui caractérise notre société a fait croire qu’il n’y avait plus de guerre à mener, que la démocratie, c’était du statut quo mais la démocratie n’est pas un ordre spontané de l’égalité. C’est une dynamique entre plusieurs forces,celles qui portent les valeurs d’égalité et de liberté et celles qui s’y opposent.

    En déléguant nos intérêts aux automatismes de la démocratie, nous sommes entrés dans un système dégénérescent. Il ne suffit pas d’alimenter la machine démocratique, en allant voter par exemple, il faut aussi ranimer son âme et son esprit. Le courage pourrait être le pilier de cette régulation.

    (1) La Fin du courageCinthia Fleury, Fayard 14 €

    par Dominique Netchaïev

    http://r-eveillez-vous.fr/savoir-dire-non-la-fin-du-courage/