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L'Enquêteur et le Superviseur.

Par Le 07/09/2013

L'introspection désigne le fait, pour un sujet de s'observer lui-même, de saisir et rapporter ses propres processus cognitifs. L'objectif est de parvenir à une meilleure connaissance de soi et par conséquent à vivre mieux.

Tout le problème, à mon sens, vient de cette intention.  Dès lors que l'intention devient le fil conducteur d'une démarche, elle prend le pouvoir et la lucidité succombe sous le poids immense de cet horizon à atteindre.

L'introspection peut donc devenir tout aussi néfaste que l'inconscience de soi qu'elle cherche à dépasser.

C'est là qu'intervient pour moi une entité séparée de ce cheminement, une méta conscience, le "Superviseur", une parcelle en soi qui ne répond pas à cette introspection mais qui observe "l'Enquêteur" qui vise de son côté cette exploration interne.

Il s'agit de créer, dans une vision macroscopique, un regard neutre, libéré des émotions, des intentions, des objectifs, un observateur dénué de toute personnalité, inerte, déshumanisé. 

Déshumanisé ne signifie pas qu'il va renier ce qui fait l'humain mais qu'il va s'extraire de l'historique de l'humain qui projette une introspection.

Il sera donc un Superviseur.

Si l'introspection n'atteint pas l'objectif espéré, le Superviseur est là pour analyser le cheminement, non pas de l'introspection elle-même, mais de "l'introspecteur", de cet "Enquêteur" et de tous les tourments qui font que l'introspection peut se révéler chaotique...

Il s'agit de se détacher de l'objet de la quête pour étudier l'enquêteur car l'enquêteur ne peut pas s'étudier lui-même, simultanément à l'enquête.

Le Superviseur vient contrer l'idée de l'impossible « indépendance » de l'observateur par rapport à l'objet observé dans le processus.

Ce Superviseur se doit d'être neutre puisqu'en réagissant à une quelconque situation, il rejoindrait l'entité de l'enquêteur et subirait une "contamination".

Prenons un exemple :

J'avais décidé d'écrire une réflexion sur l'introspection et je cherchais en moi les tenants et les aboutissants de la démarche mais à un moment, j'ai senti que la réflexion m'échappait car venait s'y méler ma propre histoire, mes propres errances, des échecs répétés dans la compréhension fine de certains évènements et s'est levés alors, dans un flot d'émotions, le dépit, l'amertume, une certaine colère.

L'Enquêteur perdait le fil car devant lui, l'horizon visé se voilait, un paravent de trames nouées dressait une muraille. L'émotion contaminait l'esprit et le goût amer de l'échec grandissait.

C'est là que le Superviseur doit jouer son rôle. Il est là pour calmer le jeu, du haut de ses altitudes éthérées, il doit élever l'individu tout entier.

Il sait qu'il n'y a rien à atteindre, rien à gagner, ni rien à perdre.

Il n'y a aucun objectif, tout ça n'est qu'un jeu et la pire des solutions envisagées serait de vouloir laisser l'Enquêteur reprendre la main car il n'est plus en état. Il ne sert à rien que l'Enquêteur se torture, se dévalorise, s'humilie, s'auto flagelle ou se glorifie. Il doit juste s'abandonner dans la plénitude bienveillante du Superviseur.

Il sait aussi qu'il est inutile d'en parler à l'Enquêteur.

L'Enquêteur résiste la plupart du temps en arguant que cet abandon est une fuite, l'étendard des lâches, la faiblesse des esprits médiocres et sa colère grandit encore et cette colère accroit encore la hauteur des murailles qui voilent ses regards... Il cogne de toute sa rage contre les citadelles et nourrit la force des ciments. 

Le Superviseur observe tout cela sans aucune pitié, ni le moindre espoir, sans aucune compassion, ni la moindre lassitude.

Il attend.

Il observe.

S'il cherche à s'imposer, l'Enquêteur le prendra mal, il se sentira humilié, ridiculisé, soumis, obligé, contraint. Et de nouvelles émotions gonfleront les armées qui le broient.

Le Superviseur attend l'épuisement de l'Enquêteur, cet instant libérateur où rien d'autre n'est possible.

Et le silence intérieur.

C'est là qu'ils pourront se parler.

Lorsque les émotions auront perdu leur vigueur.

Le flot chaotique se jette dans l'océan de la plénitude et se disperse dans l'immensité. Les alluvions ne sont plus agitées, tout se dépose calmement et la surface s'immobilise.

"Regarde-toi, dira le Superviseur. Regarde dans quel état tu étais. Je ne te reproche rien, tu sais. Puisque si j'existe, c'est à toi que je le dois. 

Nous sommes Un.

 

Pédagogie différenciée.

Par Le 07/09/2013

..." s'épanouir dans la société..."

Je dirais davantage "changer la société"...Car s'épanouir dans une société malade n'est pas un signe de bonne santé.


»La (R)évolution des Colibris»Révolutionner l'éducation

http://www.colibris-lemouvement.org/revolution/revolutionner-leducation/le-plan-education

Le Plan Éducation

 

GRANDE DIRECTION À 50 ANS

Accompagner chaque être humain dans la découverte de lui-même (de ses aptitudes, de ses talents), des autres (vie sociale, règles…) et lui transmettre les savoirs et connaissances dont il aura besoin pour s'épanouir dans la société et relever les défis du siècle.

AXE #1 : Libérer l’école

Permettre aux établissements, aux enseignants, de mener des démarches pédagogiques ouvertes sur les savoirs intellectuels autant que manuels, sensibles, relationnels ; d'explorer des pédagogies adaptées à leurs élèves. Permettre aux chefs d'établissement de choisir leur équipe pédagogique. Permettre aux enseignants d'être des chercheurs en pédagogie. Faire entrer à part entière l'enseignement de la coopération, de la communication interpersonnelle, la connaissance de soi, dans les matières enseignées.

AXE #2 : Libérer les élèves

Placer l'élève et non les savoirs au centre du système scolaire. Faciliter et rendre libre et égaux les choix d'instruction : école publique, privée, école à la maison, etc. Permettre à chaque élève de choisir progressivement son "plan d'étude" : les matières et les disciplines qu'il va étudier, dès le plus jeune âge. Horizontaliser l'enseignement pour que les enseignants ne soient pas les seules sources du savoir mais créent des situations d'apprentissage pour leurs élèves. Assurer des passerelles entre les formations et supprimer la hiérarchisation des métiers.

AXE #3 : Enseigner la nature et l'intelligence des mains

Mettre au cœur de l'enseignement des enfants la connaissance, la compréhension, l'interaction avec
la Nature, tant par l'expérience et l'immersion que par l'étude, dès le plus jeune âge. Enseigner les cycles du vivant et la dépendance de l'être humain à la Nature. Placer les activités manuelles, indispensables à l'équilibre général des compétences, au coeur des programmes. Favoriser ainsi l'épanouissement des enfants, leur estime d'eux-mêmes et une véritable autonomie, gage de sécurité.

AXE #4 : Parfaire la formation des enseignants et revaloriser leur métier

Former les enseignants aux savoirs-être et à la coopération. Développer leur formation à la pédagogie et y inclure au moins un an de stage in situ. S'assurer que les candidats au métier de professeurs aient eu l'occasion de découvrir la vie active à laquelle ils prépareront leurs élèves, à travers l'expérience d'un ou plusieurs métiers notamment. Former les enseignants tout au long de leur carrière. Dans le cursus de départ, former les enseignants à la didactique, aux différentes pédagogies, aux techniques d'apprentissage, à la psychologie de l'enfant et à la gestion des groupes.

AXE #5 : Favoriser une société qui prend soin de ses enfants

Développer l'éducation à la parentalité, tout au long de la vie des parents. Mettre en place des moyens préventifs et curatifs pour lutter activement contre les violences faites aux enfants, et la violence éducative en général.

LEVIERS

Actions des élus nationaux et européens

  • Enrichir la formation des enseignants pour renforcer l’apprentissage de la pédagogie, accentuer les expériences de terrain, inclure savoir-être et coopération.
  • Modifier les programmes scolaires pour y inclure : coopération, savoir-être, écologie et lien à la nature, enseignements manuels et permettre aux élèves de choisir progressivement leurs cursus.
  • Rendre libres et égaux les choix d’instruction (école publique, privée, école à la maison, etc.)
  • Optimiser le fonctionnement de l’Éducation Nationale en limitant le nombre d’administratifs et en augmentant le nombre d’enseignants. Limiter à 20 le nombre d’élèves par classe et augmenter le nombre d’encadrants.
  • Mettre en place un système d’évaluation progressif et favorisant l’estime d’eux-mêmes des élèves.
  • Permettre des passerelles entre les formations et des équivalences nationales et européennes.

Actions des élus locaux

  • Rencontrer les enseignants afin d'avoir une école à murs ouverts en lien avec la vie locale. Favoriser ces échanges.
  • Encourager les démarches de transition écologique et humaine dans les écoles de son territoire : rénovation thermiques, cantines bio, recyclage, etc.

Actions des entrepreneurs

  • Créer des écoles alternatives
  • Être en lien avec les collèges et lycées afin d'ouvrir leurs entreprises pour une ouverture vers le monde professionnel.
  • Se mettre en lien avec des écoles de son territoire pour soutenir des démarches écologiques (fournir la cantine en aliments biologiques, aider au recyclage, proposer des produits d’entretiens respectueux de l’environnement, etc.)

Actions des citoyens

  • Accompagner son enfant au quotidien dans la découverte de lui-même, de ses talents, la relation aux autres et le lien avec la Nature.
  • Être en cohérence avec ce que l'on transmet à son enfant.
  • Inscrire son enfant dans une école qui met l’enfant au cœur de sa démarche pédagogique.
  • S’impliquer dans l’école de son enfant : conseil d’école, fédération de parents d’élèves, cantine, sorties scolaires… Dialoguer avec les chefs d’établissement, enseignants… Proposer des activités.
  • Créer des écoles de parents.

Dialectique

Par Le 05/09/2013

Lors de notre dernière randonnée, pendant une descente relativement raide, j'ai un genou qui a commencé à crier misère, une douleur lancinante.

J'ai donc établi une discussion avec lui en lui expliquant que j'avais bien pris en considération sa situation, que j'allais tenter de le soulager au mieux, que j'étais désolé pour lui mais qu'il fallait de toute façon continuer à descendre et que je lui étais reconnaissant des efforts qu'il allait continuer à produire, que nous étions de toute façon irrémédiablement liés et que je ne pouvais pas le laisser au bord du chemin.

La douleur a disparu.

Il y a longtemps déjà que je ne considère pas "avoir un corps". Je suis un corps. Tout est lié et forme une entité. Chaque parcelle identifiée constitue le territoire. Le territoire doit apprendre à considérer chaque parcelle avec bienveillance et jamais comme un adversaire ou un danger.

Ce genou n'était pas séparé à travers cette douleur de ce territoire et le territoire ne devait pas le rejetter ou tenter de le maîtriser par la force. Seul l'amour pouvait l'apaiser.

  Il s'agit par conséquent d'entrer en communication, de maintenir coûte que coûte cet échange, cette reconnaissance, cette prise en considération, qu'il s'agisse d'une douleur ou d'un bien être.

Il s'agit d'ailleurs là aussi de ne jamais oublier de bénir chaque parcelle du territoire lorsqu'elles participent, toutes à leur mesure, à ce bien être et à ne pas leur attacher d'importance uniquement lorsqu'elles se révèlent par des messages douloureux.

La dialectique prend une importance considérable dans ce fonctionnement.

Si je dis par exemple :

"J'ai mon genou qui me fait mal." Il y a donc un "Je" , un "mon genou" et un "me"...Consternant.

ou

"Mon genou me fait mal", cela signifie que je considère qu'il y a une entité qui se nomme "me" et une entité qui s'appelle "mon" genou et que ce genou fait du mal à me. Une parcelle est donc devenue un danger pour l'identité du territoire. Une espèce de supra organisme...Totalement mégalomane le bonhomme...

"J'ai mal à mon genou." Il m'est impossible d'avoir mal au genou de quelqu'un d'autre...

"J'ai mal au genou." ou "J'ai un genou qui fait mal." Ces deux phrases-là semblent considérer qu'effectivement l'entité "genou" n'est pas dissociée du Je qui le perçoit, les deux restent unifiés et la conscience insérée dans le territoire a identifié une parcelle qui dysfonctionne mais il n'y a pas de rejet. L'entité entière prend en considération le symptôme ressenti.

La phrase la plus appropriée à mon sens resterait pourtant :

"Je suis mal au genou".

Et c'est là que la conscience unifiée peut établir un contact avec cette parcelle parce qu'elle la perçoit avec cette bienveillance salvatrice du Tout qui s'attache à son propre maintien. Rien en moi n'est séparé.

Le plus effroyable dans tout ça reste le conditionnement institué dans l'esprit des enfants...Un véritable désastre.

C'est là qu'il faut absolument les renvoyer constamment à l'observation de soi, dans toutes circonstances.

Ce matin, à la piscine, ceux et celles qui ne parvenaient pas à ressentir le battement de leurs pieds dans la nage crawlée, je les ai arrêtés et je leur ai dit :

"Pendant que vous nagez, vous devez vous survoler avec votre esprit, vous devez vous observer. Regardez votre corps qui nage, ne vous contentez pas de battre des pieds, car vous ne nagerez pas vraiment. Pour nager vraiment, il faut que votre esprit regarde votre corps qui nage. Rien ne sera parfait tant que vous laisserez votre corps nager sans l'observer. Lorsque vous serez parvenus à vous observer et que vous pourrez juger de la qualité de votre geste, que vous parviendrez à rester lucides, calmes, attentifs, précis, économes en énergie, que votre respiration sera régulière, que vous aurez ressenti le bonheur du geste fluide, souple et en même temps puissant, que vous aurez ressenti ce bonheur du corps qui glisse dans l'eau, vous reviendrez à l'intérieur de votre corps et vous l'observerez de l'intérieur, juste par les sensations de glisse dans l'eau, par le bonheur, par le plaisir. "

En fin de séance, pour beaucoup d'enfants, le bonheur du corps dans l'eau, ils l'avaient éprouvé. Maintenant, ils vont vraiment progresser.

"Je ne suis pas un nageur, je suis la nage, je suis l'eau, je suis un univers condensé de particules qui traversent le champ de particules de l'eau, je suis celui qui disparaît dans le bonheur."

L'administration

Par Le 05/09/2013

Il y a presque un an aujourd'hui, l'enseignant référent, chargé de coordonner les dossiers d'elèves rencontrant des difficultés (et non d'élèves "en difficulté") a eu un terrible accident de moto.

Il n'a toujours pas repris son poste...

Il a été remplacé après de longs délais par un enseignant volontaire qui s'est retrouvé à devoir gérer TROIS secteurs. Un travail titanesque pour lequel il n'avait reçu aucune formation et qu'il a pourtant mené avec une énergie considérable, un engagement complet, un professionnalisme indiscutable.

Orientation, enfant handicapé, gestion des dossiers avec la maison du handicap, coordination avec les professionnels du privé ou les CMP, rencontres avec les familles, équipes éducatives...etc, etc, etc...Un travail indispensable pour des situations douloureuses.

Cet enseignant n'a toujours pas été remboursé de ses frais de déplacements, avec sa voiture personnelle bien entendu. Il n'a pas non plus reçu la moindre marque de reconnaissance de la part de la hiérarchie mais alors comble de tout, alors qu'il s'était proposé, le 4 juillet, pour assurer la continuité du service à la rentrée, il n'a pas été reconduit dans cette fonction. Sans autre explication qu'un imbroglio administratif que cette fameuse hiérarchie n'a pas réglé.

Résultat aujourd'hui : personne sur le terrain. Aucune autre enseignant n'a voulu de ce poste et on les comprend.

Coup de fil en urgence de l'Inspection envers le reclus qui les a envoyés chez les Grecs et je l'applaudis haut et fort. 

Tous les dossiers sont donc "suspendus jusqu'à nouvel ordre".

Un ordre, quel ordre, c'est un juste un fabuleux BORDEL géré par des incapables.

Et Peillon qui fait le beau devant les journalistes...

Y'a vraiment des bâtons de dynamite qui se perdent.

Responsabilité

Par Le 05/09/2013

Je lis sur le net un article qui dit que la situation est délicate dans les grandes agglomérations "en raison de la hausse maintenue des températures" et leurs effets sur la pollution...

Incroyable...

C'est donc la chaleur qui est "responsable" de l'état sanitaire des grandes villes.

Alors, moi qui passe une bonne partie de mon temps à apprendre à mes élèves à identifier les responsabilités dans chaque situation, on a ici des "adultes" qui se permettent de détourner la réalité pour trouver un fautif et se dédouaner d'une situation parfaitement identifiée mais qui n'est guère reluisante...

Consternant.

Un autre article présentait l'état catastrophique de certaines rivières dont le débit est devenu insuffisant pour la survie des poissons. Encore une fois, c'est le manque de précipitations qui est mis en avant.

Mais pas le pompage par certains agriculteurs qui s'obstinent à arroser des monocultures en pleine journée, des cultures extrêmement voraces en eau. Alors que les Peuples Premiers savent depuis des millénaires que le mélange des espèces réduit considérablement ce besoin en eau.

Consternant.

S'y ajoutent les retenues d'eau d'EDF et la nécéssité de fournir de l'électricité et de la gaspiller en lampadaires et l'éclairage de vitrines par exemple...

Qu'on éteigne toutes les sources lumineuses inutiles pour commencer.

Qu'on change les méthodes de culture.

Et qu'on cesse d'accuser la Nature.

Quand aux adultes qui viennent dire aux enfants qu'ils doivent se montrer "responsables", je leur répondrais que les plus immatures ne sont pas ceux qu'on croit.

Un exemple ce jour : Nous avons corrigé une fiche de lecture dans laquelle plusieurs consignes de dessin étaient données :

"Dessine un arbre. A gauche de cet arbre, dessine un chat avec de longues moustaches et à droite de l'arbre un ballon rouge."

"Trace un trait horizontal et au-dessus dessine trois triangles qui se touchent."

"Dessine une maison et devant trois fleurs auxquelles il manque un pétale."

etc etc

Plusieurs erreurs identifiées : la latéralité, l'horizontalité, des triangles séparés, le répérage dans l'espace, la précision du graphisme, l'oubli d'une consigne.

Après avoir corrigé les quelques erreurs, nous avons cherché à identifier les fonctionnements internes de chacun.

"Quelles sont les causes exactes de ces erreurs ?"

Car c'est cela qui est intéressant et non pas le résultat en lui-même. Il importe avant tout de remonter à la source.

"Qui est responsable ?"

"Que s'est-il passé ?"

"Quelle information vous a échappé et plus important encore pourquoi nous a-t-elle échappée ?"

"Est-ce qu'il s'agit d'une méconnaissance, d'une inattention, d'une précipitation, d'une inquiétude ?

C'est là que la notion d'observation de soi intervient.

Dans les articles que j'ai lus, je n'ai vu aucune observation de soi...

Consternant.

Ce silence.

Par Le 02/09/2013

 

La haut

 

Ce silence.

Il marchait vers les cieux, sur des pentes rocheuses. Une allée empierrée par des hommes. Il y a si longtemps qu’il faudrait écouter les murmures des pierres pour en retrouver la trace. Des blocs immenses enchâssés comme des diamants…

De quels outils avaient-ils usés ?

Comment avaient-ils porté si haut de tels monuments de granit ?

Comment étaient-ils parvenus à les emboîter ?

Il imaginait la sueur et les paroles, les chants, les pauses avec une miche de pain, une bouteille de vin, des regards voyageant sur les crêtes qui enserraient le vallon.

Et ce silence.

Ce silence de granit, d’herbes reposées, de nuages cajolant le tissu tendu de l’azur, le vent lui-même se berçait de l’immobilité de l’atmosphère, comme subjugué par la douceur, des têtes de rochers comme des peuples fossilisés dressaient vers les altitudes des regards fascinés.

Ce silence.

 Il avait quitté la ville depuis cinq jours.

Il avait sué longuement avant que le vacarme humain ne s’efface de sa mémoire.

Les avions, les trains, les usines, les milliards de moteurs, les tronçonneuses et les machines agricoles, les guerres et les bombes, les cris d’horreur, les enfants qui hurlent, les mères qui agonisent, le vacarme de la folie humaine.

Il aurait voulu enregistrer ce chaos et le projeter en une seule seconde dans les cerveaux des hommes, tous les bruits condensés en une seule note, un hurlement qui déchirerait les neurones jusqu’au plus profond des boîtes crâniennes, un hurlement qu’aucune conscience ne pourrait imaginer, qu’aucune machine ne pourrait reproduire, les agonies des poissons dans les filets dérivants et les couinements aigus des porcs dans les abattoirs, les milliards de bêtes éventrées chaque jour, les cris invisibles des insectes piétinés, des poussins broyés dans les champs de blés par des moissonneuses aveugles, le vacarme de la folie humaine en un seul cri projeté, les gens figés, dans l’instant, les mains écrasant les oreilles, bouches ouvertes, happés par l’horreur, toute l’horreur de ce chaos.

Tués sur le coup.

Le cri qui délivrerait le monde.

L’humanité balayée par son propre hurlement.

 

Il ne resterait que le silence.

Et le chant des oiseaux, les houles du vent dans les chemins d’altitude, la ronde infinie des nuages et ce murmure très lointain de la rotation de la Terre dans l’Univers. Il l’avait déjà entendue ce chant de la Terre. Une fois.

Il ne l’avait jamais oublié. Il avait pleuré comme il pleurait d’amour quand il était dans le ventre de sa mère.

 

Il avait marché cinq jours. Et il avait senti couler en lui la mémoire du vacarme, il avait senti la paix l’emplir, comme un abandon très lent, des résistances à rompre, comme un statut d’homme à abandonner.

Il avait éprouvé cet empoisonnement du vacarme, il avait deviné la profondeur dans ses fibres des dépôts putrides, il s’était forcé à suer, larmes et eaux, tristesse et rage, comme une épuration indispensable.

 

Et puis, il avait découvert ce vallon.

Un chemin empierré, des sommets comme une ronde, des crêtes dentelées et des éboulis impassibles, il avait été surpris par la quantité colossale de roches entassées alors que rien ne bougeait, comme si les pierres ne se décrochaient que dans le secret des nuits, rien, le silence, pas un mouvement, pas une bête, pas un oiseau, pas un avion dans le ciel, aucun bruit de moteur. Aucun bruit.

Il s’était assis sur une roche plate et soudainement, il avait entendu son cœur. Un battement sourd jusqu’au bout des doigts.

Il avait retenu sa respiration.  

Boum………Boum……..Boum……

Il avait fermé les yeux.

Boum……Boum……Boum…..

Le ruissellement de son sang, le battement des cellules, la consommation des énergies insérées, le flux vital qui se prolongeait, puisait dans les réserves, entretenait la flamme, pas son existence limitée d'être humain mais le lien avec la vie, au-delà de lui.

Il avait entendu ce qui ne s’entend pas.

Là-Haut.

L'école.

Par Le 01/09/2013

ENTIEREMENT EN ACCORD AVEC TOUT CE QUI EST DIT.




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"Si l'on ne fait rien, l'école fonctionnera comme un marché"

A l'heure de la rentrée scolaire, le sociologue François Dubet passe au crible la réforme de Vincent Peillon et revient sur les blocages du système.

Le sociologue spécialiste de l'éducation François Dubet. (VILA/V.S.D./SIPA)

Le sociologue spécialiste de l'éducation François Dubet. (VILA/V.S.D./SIPA)

Le niveau des élèves baisse. La France dégringole dans les évaluations internationales, en lecture, en sciences, en maths. Les mesures mises en oeuvre à la rentrée dans le primaire (plus de professeurs que de classes, scolarisation de 30% d'enfants de 2 à 3 ans dans les zones défavorisées, retour à la semaine de 4,5 jours pour mieux étaler les apprentissages...) sont-elles de nature à redresser la situation ?

- Les mesures de Vincent Peillon ne seront pas inutiles. Surtout, elles indiquent une tendance et une volonté. Mais le risque serait de croire que chacune de ces mesures serait un remède miracle. S'il est bon d'offrir des structures d'accueil aux enfants de 2 à 3 ans, il serait imprudent de penser que le niveau scolaire augmentera automatiquement ; après tout, la démonstration n'en a jamais été faite de manière irréfutable et bien des pays scolarisant plus tard ont de meilleurs résultats que nous.

L'aménagement des rythmes scolaires est une bonne chose, mais le fait de confier les enfants à des animateurs ne suffira pas à accroître les performances ; il faudrait aussi que les élèves aient plus de temps pour travailler. Ce qui passe par des jours de classe plus nombreux et moins chargés. Nous concentrons encore trop d'heures dans trop peu de journées.

Le ministre recrute aussi 54.000 enseignants supplémentaires...

- Le fait d'ajouter des professeurs est une excellente mesure, mais elle ne suffit pas ! Voyez ce qui s'est passé dans les ZEP : l'attribution de postes supplémentaires n'a parfois rien changé aux manières de travailler et aux résultats des élèves. Recruter des professeurs va dans le bon sens, à condition qu'on leur demande de travailler autrement. Le coeur de l'affaire est la transformation des pédagogies, ce qui suppose des moyens, mais ne se limite pas à eux seuls.

C'est aussi l'avis de la Cour des Comptes, qui lie les "résultats insatisfaisants de l'école" à l'utilisation défaillante des moyens existants.

- C'est un fait ! On sait que des pays qui ont de meilleurs résultats scolaires que nous et autant d'inégalités sociales ne consacrent pas plus de ressources à l'éducation. En général, ils donnent plus au primaire et moins au lycée. Mais surtout ils ont engagé une véritable professionnalisation des enseignants. Ils ont appris à individualiser les pédagogies, ils ne sont pas obsédés par les notes et les classements, ils créent une école chaleureuse et accueillante, ils travaillent avec les parents, ils traitent les difficultés scolaires dans l'école elle-même sans les externaliser dans une multitude de dispositifs de soutien... Bref, je partage le bilan de la Cour des Comptes : les moyens nouveaux devraient être mis au service d'une transformation profonde du travail scolaire lui-même.

La voyez-vous se profiler dans la loi sur la refondation de l'école ?

- Pour le moment, ce n'est pas clair. Force est de constater que Vincent Peillon se heurte là à des blocages profonds de notre système. Prenons l'exemple de l'articulation entre l'école élémentaire et le collège. Pour être plus efficace, plutôt que d'être bâti comme un petit lycée, le collège devrait être le prolongement de l'école élémentaire, afin que les élèves ne passent pas brutalement d'un maître d'école à une dizaine de professeurs. Mais il semble extrêmement difficile d'opérer cette conversion, d'accentuer la polyvalence des professeurs de collège, d'offrir une formation commune aux professeurs des écoles et aux professeurs de collège. Alors, on s'en remet aux bonnes volontés, nombreuses, mais insuffisantes.

Nos élèves sont champions pour le manque de confiance en eux. Or les travaux des neurobiologistes montrent que l'acquisition des connaissances se fait d'autant mieux qu'elle est liée au sentiment de plaisir. La nouvelle école de Vincent Peillon se fait-elle l'écho de ces découvertes ?

- Assez peu. Depuis trente ans, nous sommes obsédés par l'efficacité et l'équité du système scolaire ; nous ne parlons que de performances et d'inégalités. C'est évidemment essentiel. Mais nous avons perdu de vue que l'école est aussi une institution d'éducation où des jeunes apprennent à grandir, à devenir des individus autonomes et des citoyens actifs, confiants dans les autres et en eux-mêmes. Cela ne signifie pas que les enseignants sont autoritaires et répressifs, mais notre tradition scolaire repose encore sur le clivage entre l'instruction et l'éducation. Aussi confions-nous la vie scolaire aux conseillers d'éducation et aux animateurs et, sauf militantisme de quelques équipes enseignantes, la vie scolaire est particulièrement pauvre. Non seulement le plaisir d'aller à l'école et celui d'apprendre ne sont pas tenus pour essentiels, mais on ne cesse de dénoncer le laxisme et le laisser-aller. On se méfie souvent des parents. A cette tradition pédagogique s'ajoute la pression qui pèse sur les élèves, sur les enseignants et sur les familles. Cette culture scolaire profondément enracinée contribue à la formation d'inégalités scolaires excessives et à la reproduction de ces inégalités.

Le constat est désespérant. Quelles pistes pourrait-on imaginer pour améliorer les choses ?

- Peut-être devrions-nous cesser de tout attendre de l'école, et de penser qu'il n'y a pas de mérite véritable en dehors d'elle. Il faudrait développer la formation permanente, assouplir le jeu des filières, nous convaincre que la vie d'un individu n'est pas jouée à 17 ans avec ses résultats scolaires, et même cesser d'expliquer que tout est joué à 5 ans ! Comment avoir confiance en soi dans ces conditions ? Comment ne pas haïr l'école si on a échoué ?

Les ESPE (Ecoles supérieures du Professorat et de l'Education) ne semblent pas non plus préparer les futurs enseignants à changer de paradigme...

- On peut être déçu que les ESPE rappellent étrangement les IUFM, alors qu'une formation professionnelle aurait exigé un modèle proche de celui des écoles d'ingénieurs par exemple. Vincent Peillon avait l'opportunité d'opérer un virage historique en reconnaissant que l'enseignement est un métier qui s'apprend, comme celui d'ingénieur ou de médecin. On serait entré dans une école professionnelle à bac+1 ou bac+2 pour apprendre un métier. Or, dans cette réforme, le poids essentiel reste celui de la formation académique, qui, pour les enseignants du secondaire, fonde leur identité et leur légitimité. Nous savons bien que c'est très insuffisant.

De même, la formation permanente ne peut pas dépendre des désirs aléatoires des uns et des autres. J'ajoute qu'un recrutement précoce aurait sans doute contribué à accroître la diversité sociale des personnes recrutées, car, à bac+4 ou bac+5, le public étudiant est nettement plus "embourgeoisé" et choisit l'enseignement parfois faute de mieux. Quant à prendre en compte le bien-être des élèves, les ESPE en sont loin...

Les enseignants continueront d'avoir des inspections comme par le passé, stressantes et souvent inutiles...

- Au collège et au lycée, en effet, le système de l'inspection me semble à la fois usé et un peu rituel. Je ne suis pas certain qu'il aide beaucoup les enseignants, même s'ils y sont attachés parce que cette inspection qu'ils redoutent les préserve du jugement de leurs pairs, de leurs élèves et du chef d'établissement. On pourrait imaginer plutôt des inspecteurs de la vie scolaire, plus proches des équipes éducatives et capables de les aider. Ou des enseignants confirmés qui consacreraient une partie de leur temps à cette activité de soutien et d'animation. De manière générale, on devrait circuler plus aisément dans le système : quarante ans à faire la même chose, c'est long.

Vincent Peillon a été d'une prudence de Sioux, en ne touchant pas aux obligations de service des enseignants, qui datent de 1950...

- C'est évidemment un enjeu décisif, non pour faire davantage travailler les enseignants, mais pour qu'ils restent plus longtemps dans leur établissement. Plus d'adultes à l'école permettrait de renforcer son rôle éducatif, et réduirait les incivilités. Mais c'est tout l'inverse qui se produit. Le métier étant devenu très difficile, les professeurs ont plutôt tendance à s'échapper au plus vite. Un cercle vicieux... Peut-être Vincent Peillon aurait-il pu lier la réforme du statut à la création des écoles professionnelles et choisir de consacrer ses ressources à améliorer ce statut plutôt qu'à recruter des professeurs. Mais il suffit de voir ce qui s'est passé avec les rythmes scolaires pour comprendre que le ministre "marche sur des oeufs".

Au collège, rien de très nouveau. Les grandes structures restent en place : programmes, découpage par heures de l'emploi du temps, orientation par défaut vers la filière professionnelle des élèves les plus faibles.

- L'identité des enseignants reste définie par le programme, la discipline enseignée et la hiérarchie des disciplines. Vincent Peillon a, semble-t-il, choisi de ne pas porter le fer sur cet enjeu pourtant décisif. Là encore il me semble qu'une nouvelle formation et un nouveau statut auraient peut-être été une stratégie efficace. Mais je dois avouer qu'il est plus facile de conseiller que d'agir, connaissant l'attachement des enseignants à ce modèle dont chacun mesure bien les effets pervers.

De même, le lycée reste toujours conditionné par les programmes très lourds et par le bac, qui verrouille le système. Rien de neuf à l'horizon ?

- Xavier Darcos avait proposé une réforme des lycées cassant le jeu des filières. Elle a été refusée sans appel, et je ne vois guère comment la situation pourra changer. Peut-être faudrait-il s'interroger sur la double fonction du bac. D'un côté, c'est un certificat de fin d'études secondaires ; de l'autre, c'est un pré-concours de recrutement dans l'enseignement supérieur par le jeu des filières et des mentions. Pendant ce temps, 40% de l'enseignement supérieur sélectionne plus ou moins. Peut-être faudrait-il distinguer un jour ces deux fonctions du bac en laissant l'enseignement supérieur orienter et sélectionner sous réserve que tous les bacheliers aient une place. Bien des pays procèdent de cette manière et semblent ne pas s'en porter plus mal.

Peut-on espérer, avec cette réforme, que l'école en France soit moins injuste ? Qu'elle reproduise moins les inégalités sociales de départ ?

- Le système scolaire est une machine extrêmement lourde qui ne peut changer d'un coup. Les réformes du gouvernement vont dans le bon sens dans la mesure où le diagnostic posé sur l'école me semble juste. Mais elles évitent de se heurter à tous ces points de blocage évoqués. En définitive, et la remarque excède très largement la politique de Vincent Peillon, on peut se demander si la France a toujours la capacité politique de changer l'école sans risques politiques excessifs.

Vincent Peillon emploie-t-il la bonne méthode avec les enseignants ? Comment pourrait-on rendre les réformes acceptables et désirables à leurs yeux ?

- Je me garderai bien de jugements rapides : depuis quelques décennies des styles ministériels contrastés se sont succédé sans que l'un d'eux s'impose. Les ministres de droite sont considérés comme des adversaires a priori ; et ceux de gauche, comme des alliés qui devraient se borner à donner plus de moyens. L'équation est complexe. Il faut affirmer une volonté de changement, tout en sachant que l'on ne peut se passer de l'adhésion des organisations syndicales. Choisir la force conduit au blocage ; choisir l'adhésion conduit à l'inaction. Il faut sortir le débat scolaire du cercle étroit dans lequel il se développe.

Certes, Vincent Peillon a organisé une grande consultation l'été dernier sur l'école, mais je pense qu'il pourrait en appeler plus nettement encore aux parents, aux associations et organisations minoritaires mais réformistes, pour redire que l'école n'appartient pas à ceux qui la font vivre et qui en vivent. On pourrait imaginer que le Parlement et le président s'en saisissent plus nettement comme un enjeu national. Chacun sait que l'école n'est pas en bon état et qu'il s'agit là d'une question aussi importante que celles du chômage ou du développement industriel.

Au rythme où nous allons, comment voyez-vous l'école dans dix ans ?

- Si l'on ne fait rien, je pense que le fonctionnement de l'école publique se rapprochera de celui d'un marché. Et, dans ce cas, les élèves faibles et défavorisés y croiront moins encore, pendant que les industries culturelles offriront des alternatives éducatives dont on peut tout craindre. Nous aurions donc intérêt à nous donner des objectifs modestes et des moyens pragmatiques de les atteindre. Nous ne pourrons pas éternellement faire des promesses que nous ne tenons pas.

Syrie 2

Par Le 30/08/2013

Syrie : ça sent le gaz

Les américains viennent de reconnaître qu’ils n’ont aucune preuve que Bachar el Assad ait donné l’ordre d’utiliser des armes chimiques. Hier soir, la porte-parole du gouvernement français affirmait avec aplomb et certitude que Bachar avait commis un crime contre l’humanité, avant de terminer son intervention en disant qu’il fallait quand-même en trouver les preuves... La confusion du monde augmente, et ce n’est pas une dynamique de paix. Trop de confusion produit des réactions violentes et pathologiques.

La première guerre du gaz

L’aveu des Etats-Unis est on ne peut plus clair : ils ne savent rien. « Les Etats-Unis, en fin de compte, tiennent donc le président Assad pour responsable de l'utilisation d'armes chimiques par son régime contre son propre peuple, d'où que soient venus les ordres ».

Mais pourquoi cet acharnement contre le régime de Assad, alors qu’aucun gouvernant n’a réagi à la vidéo montrant un chef d’une brigade d’opposition arracher le coeur et le foie d’un soldat et les manger en direct ? Présenté il y a deux ans comme un gentil libérateur dans un reportage de propagande réalisé pour Arte, il appelle maintenant tous les djihadistes à faire de même avec tous les alaouites. La cruauté est-elle plus belle du côté d’Al Qaïda ? Pourquoi aller défendre ces gens-là ?

Un article documenté explique les raisons d’Obama et de Hollande à vouloir intervenir en Syrie.

Rappelons-nous les récents incidents verbaux entre Obama et Poutine. Derrière ces broutilles se trouve un enjeu considérable : la domination des ressources énergétiques du XXIe siècle, en particulier du gaz. La guerre de Syrie est la première guerre du gaz. Depuis 2009 on sait que le bassin du Levant, partie est de la Méditerranée entre l’Egypte et la Turquie, regorge de gaz de haute qualité et d’hydrocarbures. Les estimations actuelles font état de 9’700 milliards de m3 de gaz et de 3,4 milliards de barils de pétrole. Tout cela dort sous mer et terres. Israël et la Syrie sont promis à un avenir économique florissant. La Russie, alliée d’Assad, a aussi des milliards de m3 de gaz, qu’elle fournit à l’Europe par deux pipelines.


La Russie en puissance montante
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L’un des pipelines passe par le sud de l’Europe et fait concurrence à un autre projet de pipeline, Nabucco, sans cesse remis, qui traverserait la Syrie et la Turquie. Mais la Syrie fait de la résistance et les russes ont pris le marché en premier. Résultat : les réserves de gaz du Moyen-Orient ne sont pas acheminées. Ce qui signifie : pas de dépôts dans les pays traversés, par de taxes pour ces mêmes pays. La Turquie fulmine. Elle veut retrouver sa domination d’antan mais n’a pas de ressources pour se financer.

Les monarchies pétrolières, dont la haine des chiites (y compris des alaouites) est historique, veulent donc détruire la Syrie pour maintenir leur hégémonie économique et religieuse (la religion n’étant plus qu’un prétexte politique). La France et les USA sont leurs mercenaires. L’intervention en Syrie leur vaudra possiblement du pétrole à meilleur prix. On comprend la pression mise par François Hollande, qui aimerait trouver les moyens de financer la reprise économique en France pour tenter de sauver son quinquennat. Quant à Obama, si brillant quand il était candidat, il se révèle aujourd’hui d’une faiblesse complice. Complice avec les djihadistes. L’Amérique se fait doubler par la nouvelle Russie de Poutine et il tente de rattraper le coup comme il peut. La montagne flamboyante Obama accouche d’une souris effarée. Le gentil Hollande cachait, lui, un angoissé compulsif.


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Poutine a compris très vite que le gaz serait le pétrole du XXIe siècle. Il a misé sur cette ressource, avec succès. Il a placé ses pions, pris de court des tribus des pétromonarchies, rétabli la dignité de son pays et agi pour préserver la culture européenne et chrétienne contre la vague de démolition systématique que l’on constate en Europe. La tâche est immense, et si l’on pense à dans cent ans, les Pussy Riots sont peu de chose face à son ambition qui servira l’ensemble de son pays pour longtemps. Poutine est tout sauf un idiot, tout au plus un despote éclairé. Et il est un rempart contre la totale soumission à l’islam pétrolier et terroriste.

Je recommande la lecture de cet article mis en lien plus haut, même s’il est un peu long. Il montre clairement les enjeux et intrications dans ce qui se passe en Syrie. Il laisse penser que la paix n’est pas prête d’être établie au Moyen-Orient, que les arabes de la région de Palestine, faussement érigés en peuple, ne sont qu’un prétexte à maintenir la confusion et à faire pression pour s’emparer du gaz israélien, et que les guerres internes à l’islam et aux dynasties régionales vont continuer durablement. Le Liban sera repris dans la guerre du gaz, la Turquie, Chypre. On peut aujourd’hui penser avec quelque raison que la situation en Syrie a été crée de toute pièces par les pétromonarchies, que les rebelles sont payés pour déstabiliser le pays avec l’aide des terroristes, et que la France et les Etats-Unis sont en accord avec ce plan.


Un élément ressort aussi de ce conflit et de la guerre du gaz : personne ne croit aux énergies renouvelables. Elles ne sont visiblement pas assez rentables, pas prêtes, ou rendent les pays trop indépendants des gros producteurs. On comprend la volonté des Etats-Unis à utiliser le gaz de schistes, bientôt les hydrates de méthane côtiers, et à continuer à explorer la filière nucléaire. La guerre du gaz, qui est la suite de la guerre du pétrole, est une guerre de l’énergie. Aucune société ne survit durablement sans accès aux ressources énergétiques. Ceux qui les détiennent sont les maîtres du monde.

Syrie

Par Le 30/08/2013

Syrie : le combat de la raison contre la folie

Британия США Сирия Великобритания флаг

Par La Voix de la Russie | Ces derniers jours, les regards sont de nouveau massivement tournés vers la Syrie. Pour cause, une mobilisation militaire massive des principaux pays occidentaux, des discours plus menaçants que jamais et les médias de ces pays annonçant une intervention imminente.

Ces menaces ne sont pas surprenantes. Il fallait quand même bien s’y attendre. Après les multi-milliards investis par la dite coalition occidentale, sans oublier leurs amis du Qatar, de l’Arabie Saoudite, de la Turquie et bien évidemment d’Israël pour soutenir financièrement, militairement et logistiquement leurs « amis » extrémistes, sans pour autant obtenir un résultat ne serait-ce qu’encourageant… Et même les outils de propagande médiatique, en allant de la CNN jusqu’à la BBC en passant par Al-Jazeera, n’ont pas rapporté le résultat escompté. Pourquoi ? Tout simplement car après toute la manipulation médiatique lancée par ces médias de « renom », grand nombre de gens issus de ces pays se posent de plus en plus de questions sur la véracité des informations fournies…. Ce que les dits pays voulaient éviter à tout prix !

Néanmoins, les gouvernements des pays en question ne peuvent plus reculer. Ou du moins pensent que tout recul reviendrait à s’avouer vaincus et à perdre les investissements massifs engagés. Quoiqu’il en soit, la récente prétendue attaque chimique n’était vraisemblablement qu’une manipulation et un mensonge supplémentaire. Car même si cette attaque avait eu lieu, tout indiquerait au contraire que l’arme chimique aurait été utilisée par les « rebelles » soutenus par les Occidentaux…

D’ailleurs, simple question logique : quel intérêt aurait-eu le gouvernement syrien à utiliser des armes chimiques au moment où l’armée arabe syrienne a pris un sérieux avantage sur l’ISOS (l’internationale salafiste opérant en Syrie) et que cette attaque a eu lieu le jour de l’arrivée des observateurs de l’ONU, touchant la banlieue de la capitale Damas ? Réponse : aucun…

D’autre part, pour revenir à l’aspect moral et malgré l’atrocité de toute guerre, le gouvernement syrien n’a jamais dépassé la ligne rouge en terme de moralité, à la très grande différence des extrémistes copains des Obama, Cameron, Hollande, Netanyahou, Al Thani et autres « glorieux » personnages. Ces mêmes copains mangeurs de cœurs humains ou amateurs de décapitations filmées, notamment devant des mineurs…

Maintenant, pour revenir à une éventuelle intervention des dits pays contre la Syrie, comme l’a bien indiqué à plusieurs reprises le Ministère russe des affaires étrangères, cela ne ferait que déstabiliser irrémédiablement non seulement la Syrie, mais tout le Moyen-Orient. D’autre part, les pays en question doivent se rappeler que cette intervention signifierait très certainement leur perte, ou du moins leur déclin définitif. Et ce pour plusieurs raisons :

1) A un moment où le monde se retourne massivement contre l’hégémonie occidentale, une nouvelle intervention unilatérale après l’invasion de l’Irak en 2003 sans l’aval de l’ONU serait une « violation grossière » du droit international, comme l’a d’ailleurs bien rappelé le Ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov. Cela signifierait une fois de plus que les pays en question se placent au-dessus de l’ONU, pourtant seule habilitée à prendre des décisions aussi cruciales dans des situations aussi complexes. En gros, les pays occidentaux plus Israël, le Qatar & Co confirmeraient une fois de plus être tout simplement des violeurs du droit international.

2) D’autre part et lorsqu’on parle d’accusations aussi sérieuses, il faut des preuves. Et là, il y a un problème : des preuves, il y en a toujours pas… Comme l’a bien rappelé l’émissaire spécial de l’ONU et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi, « Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et d’autres pays ont déclaré que des armes chimiques avaient été utilisées. Ils ont déclaré disposer de preuves indéniables. Ils nous ont dit qu’ils allaient les présenter. Or, ils n’ont rien présenté pour le moment. Il nous serait très intéressant de les voir fournir les preuves qui sont en leur possession »… Manque de temps ou simplement absence des dites preuves ? Nous sommes en droit de nous poser la question.

3) Jouer avec les extrémistes est un jeu bien dangereux. Le précédent libyen aurait dû pourtant servir de leçon aux gendarmes du monde non-accrédités, notamment le massacre de l’ambassadeur des USA à Benghazi… Mais visiblement, en mauvais élèves et têtus comme d’habitude, refusant d’admettre la fin de leur hégémonie, les pays donneurs de leçons ne veulent toujours pas comprendre celle qu'ils ont reçu … Et leurs amis coupeurs de têtes et mangeurs de cœurs humains ne seraient-ils pas les mêmes qui, demain, s'attaqueront à Washington, Londres ou Paris ? Jouer avec le feu ne mène à rien de bon. Ils devraient pourtant le savoir.

4) Mentir indéfiniment à ses propres concitoyens finira un jour par se retourner dramatiquement contre les « élites » des pays en question. Le début de ce processus a déjà commencé et ils ne peuvent ne pas le voir. Aux dites « élites » donc se savoir s’ils veulent se rapprocher de leur fin si rapidement.

Reste donc l’espoir que les interventionnistes réfléchiront bien deux fois avant de s'embourber dans une aventure dont ils ne sortiront jamais vainqueurs mais qui ne fera qu’accélérer leur chute. Dernière question d'ordre logique et moral : s’il s’avère que les armes chimiques ont été utilisées par leurs copains salafistes, les coalisés occidentaux seront-ils prêts à intervenir militairement contre ces mêmes extrémistes qu’ils soutiennent massivement jusqu’ici, ou du moins de cesser de les financer ? Sapientia est potentia… /N

 

L’opinion de l’auteur ne coïncide pas forcément avec la position de la rédaction

 
Lire la suite: http://french.ruvr.ru/2013_08_30/Syrie-le-combat-de-la-raison-contre-la-folie-3400/

Monsanto, fabricant d'armes chimiques.

Par Le 30/08/2013

Monsanto, un demi-siècle de scandales sanitaires

Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par

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En octobre, le groupe avait annoncé un bénéfice en hausse de 27 % sur l'ensemble de l'exercice 2012.

La condamnation, lundi 13 février, du géant américain de l'agroalimentaire Monsanto, poursuivi par un petit agriculteur charentais intoxiqué par un herbicide, est une première en France. A l'échelle de l'histoire de la multinationale, centenaire, cette condamnation ne constitue qu'une péripétie judiciaire de plus dans un casier déjà très chargé.

PCB, agent orange, dioxine, OGM, aspartame, hormones de croissance, herbicides (Lasso et Roundup)... nombre de produits qui ont fait la fortune de Monsanto ont été entachés de scandales sanitaires et de procès conduisant parfois à leur interdiction. Mais rien n'a jusqu'ici freiné l'irrésistible ascension de cet ancien géant de la chimie reconverti dans la biogénétique et passé maître dans l'art du lobbying. Portrait d'une multinationale multirécidiviste.

  • Un géant de la chimie... explosif

Depuis sa création en 1901 à Saint-Louis, le petit producteur de saccharine devenu un des principaux semenciers de la planète n'a cessé de défrayer la chronique. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l'explosion accidentelle d'une usine de plastique Monsanto provoquée par celle d'un cargo français chargé de nitrate, qui fit 500 morts à Texas City en 1947, est ainsi restée dans les annales comme l'un des premiers désastres de l'industrie chimique.

Deux ans plus tard, c'est au tour d'une deuxième usine de la firme, à Nitro en Virginie, de partir en fumée. Cette fois-ci, la responsabilité de l'entreprise est engagée. Plus de deux cents ouvriers développent des chloracnés, un trouble aussi rare que sévère de la peau, rapporte Marie-Monique Robin, lauréate du prix Albert-Londres, dans son documentaire Le monde selon Monsanto.

L'accident révèle que le produit phare de la marque, l'herbicide 2,4,5-T, contient des niveaux élevés de dioxines, des substances hautement toxiques et cancérigènes, de composition assimilable à celle des polychlorobiphényles (PCB). La première étude suggérant la dangerosité potentielle de la dioxine était connue de Monsanto dès 1938 : la commercialisation de l'herbicide se poursuivra pourtant pendant près de quarante ans, avant son interdiction dans les années 1970.

Monsanto, qui a dirigé l'usine de Nitro entre 1934 et 2000, a par ailleurs fait l'objet d'une plainte déposée en 2007 par 77 habitants de Virginie atteints de cancer, qui accusent la compagnie d'avoir diffusé "illégalement" de la dioxine dans les environs de l'usine.

  • PCB : le procès de la honte
L'usine de Monsanto à Anniston (Alabama).

En 2001, 3 600 habitants de la ville d'Anniston, en Alabama, attaquent Monsanto pour une contamination aux PCB. Selon un rapport déclassifié de l'Agence de protection de l'environnement des Etats-Unis (EPA), Monsanto a déversé pendant près de quarante ans des milliers de tonnes de déchets contaminés dans un ruisseau et une décharge à ciel ouvert, au cœur du quartier noir de la ville.

La façon dont The Washington Post rapporte l'histoire est édifiante : "Des milliers de pages de documents de Monsanto – dont beaucoup sont estampillés 'CONFIDENTIEL : lire et détruire' – montrent que pendant des décennies, la multinationale a dissimulé ce qu'elle faisait et surtout ce qu'elle savait. En 1966, des responsables de l'entreprise avaient découvert que des poissons immergés dans ce ruisseau se retournaient sur le dos en moins de dix secondes, pissant le sang et perdant leur peau comme s'ils avaient été bouillis vivants. Ils ne l'ont dit à personne", raconte le quotidien américain.

En 1975, une étude menée par Monsanto révèle que le PCB provoque des tumeurs chez le rat. La multinationale décide d'en changer les conclusions, de "légèrement tumorigènes" à "n'apparaît pas cancérigène". "Nous ne pouvons nous permettre de perdre un seul dollar" : ainsi se conclut l'un des mémos consultés par The Washington Post.

Monsanto a finalement été jugée coupable en 2002 d'avoir pollué "le territoire d'Anniston et le sang de sa population avec les PCB". La firme sera condamnée à payer 700 millions de dollars de dommages et intérêts et à assurer le nettoyage de la ville. Aucune peine de prison n'a été retenue contre les responsables de l'entreprise.

En février 2007, The Guardian révèle que le géant agrochimique a appliqué les mêmes méthodes sur plusieurs sites en Grande-Bretagne entre 1965 et 1972. Le quotidien a eu accès à un rapport gouvernemental montrant que 67 produits, dont l'agent orange, la dioxine et des PCB, ont été identifiés dans une carrière au pays de Galles. En France, la fabrication et l'utilisation des PCB sont interdites depuis 1987.

  • Agent orange : condamné pour "empoisonnement"
Un Vietnamien de 14 ans, victime supposée de l'agent orange.

Durant ces mêmes années, entre 1961 et 1971, Monsanto produit l'agent orange, constitué à partir de l'herbicide 2,4,5-T, dont la dangerosité est largement connue depuis l'explosion de l'usine de Nitro. Ce défoliant sera massivement déversé par l'aviation américaine au-dessus des forêts vietnamiennes pendant la guerre. Les conséquences se font encore sentir aujourd'hui, avec de nombreux cancers et des malformations de naissance au Vietnam, ainsi que des séquelles diverses chez nombre d'anciens combattants américains.

Dans les années 1970, des vétérans du Vietnam ouvrent une Class Action contre les producteurs de l'agent orange. Monsanto se retrouve, au côté de six autres entreprises, accusé principal d'un procès en réparation pour empoisonnement. En 1987, les sept producteurs de l'agent orange sont condamnés à verser 180 millions de dollars à un fonds de compensation destiné aux soldats américains.

Durant le procès, Monsanto présentera des études scientifiques démontrant l'absence de lien entre l'exposition à la dioxine et les nombreux cancers dont souffraient les vétérans, pour les débouter de leur action. Il sera démontré au début des années 1990 que ces études se fondant sur les conséquences de l'explosion de l'usine de Nitro en 1949 étaient biaisées.

Cette fraude scientifique sera confirmée par le National Research Council, qui constate que les études de Monsanto "souffraient d'erreurs de classification entre les personnes exposées et non exposées à la dioxine, et qu'elles avaient été biaisées dans le but d'obtenir l'effet recherché". L'affaire sera relatée en 1990 par Greenpeace et le chercheur Joe Thornton dans un rapport intitulé Science for Sale.

  • L'herbicide Roundup est-il toxique ?

Souvenez-vous de cette publicité et de ce bon chien Rex : "Roundup ne pollue ni la terre ni l'os de Rex". Elle a valu à Monsanto d'être condamnée deux fois, aux Etats-Unis et en France, pour des mentions mensongères placées sur l'emballage de cet herbicide total (qui élimine toutes les plantes).

En 1975, l'entreprise lance sur le marché Roundup, un herbicide très puissant présenté comme "biodégradable" et "bon pour l'environnement". En 1996, le procureur de New York condamne Monsanto à une amende de 50 000 dollars et au retrait des mentions jugées mensongères. En janvier 2007, la firme est condamnée en France (extrait du jugement) pour les même motifs à... 15 000 euros d'amendes. Roundup est aujourd'hui l'herbicide le plus vendu au monde.

Plusieurs études concordantes affirment pourtant que le pesticide phare de Monsanto – et son principe actif, le glyphosate – est potentiellement tératogène, c'est-à-dire responsable de malformations fœtales. L'une d'entre elles, publiée fin 2010 dans Chemical Research in Toxicology, montre que l'exposition directe d'embryons de batraciens à de très faibles doses d'herbicide à base de glyphosate entraîne des malformations.

Monsanto réfute ces conclusions : "Le glyphosate n'a pas d'effets nocifs sur la reproduction des animaux adultes et ne cause pas de malformations chez la descendance des animaux exposés au glyphosate, même à très fortes doses", affirme la firme sur son site.

Lundi 13 février, le rapporteur du Conseil d'Etat a asséné un nouveau coup dur au produit phare de Monsanto : il enjoint au ministère de l'agriculture d'en analyser la toxicité dans un délai de six mois et de statuer à nouveau sur l'autorisation de mise sur le marché du pesticide.

Reportage : En Argentine, les habitants exposés à l'herbicide se plaignent de multiples affections

Paul François, céréalier charentais victime des pesticides, a fait condamner Monsanto en première instance au TGI de Lyon, lundi 13 février.

La condamnation qui a frappé, lundi 13 février, le deuxième herbicide de Monsanto est plus significative. Les juges français ont en effet considéré que le fabricant de produits phytosanitaires devra indemniser "entièrement" le plaignant, Paul François. Ce céréalier ne travaille plus qu'à mi-temps, en proie à des fatigues chroniques et des maux de tête tenaces. Les médecins considèrent que son système nerveux central a été affecté à la suite de l'inhalation du Lasso.

Monsanto a fait appel. "Les produits de Monsanto sont conformes aux exigences de sécurité en place au moment de leur mise sur le marché. [La société] a une politique très rigoureuse en ce qui concerne l'évaluation scientifique de la sécurité des produits de protection des plantes", a réagi l'entreprise, dans un communiqué.

Jugé dangereux, cet herbicide est pourtant interdit au Canada depuis 1985, en Belgique et au Royaume-Uni depuis 1992 et en France depuis 2007 (il avait été autorisé le 31 décembre 1968).

  • Hormones de croissance : scandale chez Fox News

Au début des années 1990, Monsanto commercialise son premier produit issu des biotechnologies : Posilac, l'hormone de croissance bovine recombinante (rBGH), une hormone transgénique destinée à augmenter la lactation des vaches de près de 20 %. L'hormone entraîne des mammites, des inflammations de la mamelle, qui contraignent les éleveurs à traiter leurs vaches avec des antibiotiques, dont on retrouve ensuite la trace dans le lait. Ce produit miracle est aujourd'hui interdit partout, sauf aux Etats-Unis.

Un documentaire canadien, The Corporation, raconte comment Monsanto a fait pression sur Fox News (groupe Murdoch) pour l'empêcher de diffuser une enquête dévoilant les dangers du Posilac en 1997. Cet extrait illustre le lobbying particulièrement agressif de la firme : non seulement l'enquête n'a jamais été diffusée, mais ses auteurs ont été licenciés par la chaîne.

  • OGM : des procès en pagaille
Un champ de colza génétiquement modifié.

Entre 1995 et 1997, le soja génétiquement modifié Roundup Ready, le colza Roundup Ready et le coton Roundup Ready, tous trois résistants à l'herbicide Roundup, reçoivent les autorisations de commercialisation. Détentrice d'un brevet aujourd'hui périmé sur le glyphosate (commercialisé sous le nom de Roundup), l'entreprise décide de changer de stratégie et entreprend de breveter le vivant. Elle produit actuellement 90 % des OGM de la planète.

Un quasi-monopole que la firme défend chèrement. Au cours des années 2000, Monsanto assignera ainsi devant les tribunaux des centaines de paysans accusés d'avoir utilisé "frauduleusement" ses semences transgéniques brevetées, c'est-à-dire de les avoir replantées.

Monsanto revendique des droits à la propriété intellectuelle sur certaines semences. Ce qui ne l'empêche pas d'être elle-même poursuivie pour acte de "biopiraterie". En août 2011, l'Autorité nationale de biodiversité indienne a ainsi annoncé qu'elle portait plainte contre la compagnie, accusée d'avoir mis au point une aubergine génétiquement modifiée (BT-Brinjal) à partir de variétés locales sans en avoir demandé l'autorisation.

Autre condamnation, aux Etats-Unis cette fois. Monsanto a accepté en 2010 de payer 2,5 millions de dollars d'amende pour avoir vendu du coton OGM non autorisé. L'Agence de protection de l'environnement (EPA) reproche à l'entreprise d'avoir violé la législation lui interdisant de vendre des cotons génétiquement modifiés dans certaines régions du Texas, où ces variétés étaient prohibées par crainte d'une résistance aux pesticides.

  • Aspartame : vers nouveau scandale sanitaire ?
L'aspartame est présent dans de nombreux aliments et médicaments.

Monsanto le précise clairement sur son site Internet : après en avoir été l'un des principaux producteurs dans les années 1980 et 1990, l'entreprise ne produit plus d'aspartame depuis 2000. La firme tient pourtant à insister sur le fait que cet édulcorant, le plus utilisé au monde, "ne provoque aucune maladie".

Des études récentes ont cependant mis en évidence un risque accru de naissances prématurées chez les femmes qui consomment ce produit. L'Autorité européenne de sécurité des aliments a même été invitée en mai par la Commission européenne à anticiper la réévaluation complète de la sécurité de l'aspartame en 2012.

Dans les colonnes du Monde (abonnés), Yann Fichet, directeur des affaires institutionnelles de la filiale française de l'entreprise, déplore que Monsanto soit devenu "un nom attractif pour qui veut faire de l'audience". Une réputation malmenée que la firme tente de gommer en déclinant sur son site les principes de sa charte éthique : "Intégrité", "Dialogue", "Transparence", "Partage", "Utilité" et "Respect". Contacté par Le Monde.fr, Monsanto n'avait pas répondu à l'heure où cet article était publié.

Soren Seelow
Journaliste

Armes chimiques

Par Le 30/08/2013

Faut leur envoyer une armée !!

Oui, mais laquelle ?...

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L'évolution

Par Le 30/08/2013

Peter Russel, dont je conseille fortement la lecture, a établi un raccourci très parlant de l'évolution de l'Humanité et de la vitesse exponentielle des changements.


"Nous allons essayer de styliser le mouvement de l'évolution par le schéma du plus haut building de New York, plus de quatre-cents mètres, le WTC ( oui, ça date...il ne pouvait pas prévoir...) jusqu'à une profondeur de 1200 mètres.

Au-dessus du niveau de la rue, les cellules vivantes les plus simples apparaissent voici environ trois milliards et demi d'années, soit à la hauteur du vingt-cinquième étage de cette tour qui en compte hit-cent.

La photosynthèse commence aux environs du cinquantième étage et la première bactérie respirant de l'oxygène dix étages plus haut- soit plus haut que la mi hauteur de la tour. Les cellules plus complexes, capables de reproduction sexuelle et porteuses d'un noyau central, apparaissent aux environs du soixante-dixième étage. Les organismes multicellulaires se trouvent dix étages plus haut et les crustacés arrivent sur la vague du quatre-vingt-quatorzième étage.

Les poissons nagent au quatre-vingt-dix-septième étage puis sortent de l'eau au quatre-vingt-dix-neuvième.

Les dinosaures règnent du cent quatre au cent septième étage.

Les mammifères vivent au dernier étage.

L'homo erectus se dresse sur ses deux jambes, à quelques centimètres du plafond du cent-huitième étage. Il a fallu parcourir 99,99% du voyage avant d'arriver à cette étape qu'est le tout début de l'humanité.

L'homme de Néanderthal avec son cerveau élargi, ses très simples outils et sa culture tribale, apparaît dans les six derniers millimètres.

Puis vient l'homme de Cro-Magnon avec ses vêtements, sa peinture, son langage et peut-être sa religion. 

les Pharaons règnent sur l'Egypte à 0,5 millimètre du sommet de la tour et les empires romains et grecs à 0,25 millimètre plus haut.

La Renaissance, quant à elle, se situe à un micron (1/1000mm) du sommet (plus fin que la couche de peinture).

l'ensemble de l'Histoire moderne est de la dimension d'une bactérie microscopique et l'âge de la puce électronique, du rock'n'roll, de la télécommunication mondiale, de la bombe atomique, la marche sur la lune et le réchauffement planétaire est d'une dimension impossible à mesurer...

Où que nous allions, nous y allons de plus en plus vite.

Mais où allons-nous ?"

"Que ma joie demeure" : Alexandre Astier

Par Le 29/08/2013

Que ma joie demeure !

un spectacle de et par Alexandre Astier mise en scène Jean-Christophe Hembert (Commentaire)
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durée 1h20


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Synopsis
 
 
 
coup de coeur
 
 
la presse
 

[spectacle COMPLET]

Ce cours est ouvert à tous, et aucune connaissance musicale n’est requise.
Encore là où on l’attend le moins. Après Kaamelott ou son premier long-métrage qu’il tourne et interprète aux côtés d’Isabelle Adjani, Alexandre Astier joue les Kapellmeister. Maître de musique, claveciniste ou joueur de viole de gambe, l’acteur devient Jean-Sébastien Bach. Génie absolu de la musique baroque, pasteur protestant, organiste, le compositeur signe au xviiie siècle mille chefsd’oeuvre, préludes et passions, fugues et variations. Herr J. S. Bach donne enfin en 2012 une master class. « Introduction au contrepoint fleuri et rigoureux », avec illustrations sonores et extraits live. Lui le « cantor de Leipzig » reçoit ses élèves dans son appartement de Saint-Thomas. Exposé sur l’harmonie tonale, mais il peut déraper. Et Bach grogne, vocifère contre Dieu. Le musicien et ses épouses ont perdu dix de leurs vingt enfants. L’homme en deuil offre pourtant à Dieu des messes et des cantates inouïes de beauté et de dévotion.
Musicien dès l’âge de six ans, Alexandre Astier intègre le Conservatoire National Supérieur de musique. Il joue, dirige, compose, mais « tombe à vingt ans par mégarde dans la comédie » avoue-t-il. Depuis, il écrit, joue, réalise, met en scène. L’humeur, les mots et le ton sont vifs et libres : de quoi pulvériser les clichés. Mais Astier reste sérieux quant aux costumes et aux instruments d’époque. « Comme dans Kaamelott, je ne veux ni décors en carton-pâte ni accessoires bidons. Tout doit être vrai. C’est le langage et la parole qui s’émancipent du vérisme. » Inusable, fascinant, le génie de Bach fait l’objet d’un portrait craché sans retenue. Un homme fort et rocailleux, arrogant, douloureux, loin des images convenues du religieux pratiquant, cloué sur sa chaise et ses partitions. Hommage savoureux et déglingué à J.S.B., Que ma joie demeure ! décortique gaiement la musique de Bach comme on ouvre un capot de bagnole pour comprendre un moteur.

producteurs Alexandre Astier et Agathe Sofer / Regular, productrice associée Marie Guibourt / Chauffe Marcel !, chargés de production Gaëlle Marko et Claude Le Guen, stagiaires de production Jonathan Puppe dit Poppé
avec le soutien de la SACD

Un génie et c'est très rare.

Ontogenèse et phylogenèse

Par Le 28/08/2013

Ontogenèse et phylogenèse

L'ontogenèse (ou ontogénie) décrit le développement progressif d'un organisme depuis sa conception jusqu'à sa forme mûre, voire jusqu'à sa mort. En biologie du développement, ce terme s'applique aussi bien aux êtres vivants non-humains qu'aux êtres humains mais on le retrouve aussi dans le domaine de la psychologie du développement où l'ontogenèse désigne le développement psychologique d'un individu depuis l'enfance jusqu'à l'âge adulte et plus généralement, pour désigner les transformations structurelles observés dans un système vivant qui lui donne son organisation ou sa forme finale.

En biologie de l'évolution, on contraste souvent l'ontogenèse, l'histoire d'un individu particulier, et la phylogenèse, l'histoire évolutive de l'espèce à laquelle appartient cet individu.

phylogenèse /fi.lo.ʒə.nɛz/ féminin

  1. Histoire évolutive d'une espèce ou d'un groupe d'espèces.
    • Selon Haeckel, « l'ontogenèse récapitule la phylogenèse » : la formation de l'embryon récapitule l'histoire évolutive de l'espèce.

Source Wikipédia

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Il existe un parallèle troublant dans ces deux termes et notre évolution au regard de l’humanité.

Les étapes du développement humain semblent refléter celles de l’Humanité à ses débuts. Au commencement, la conscience globale était probablement similaire à celle d’un nouveau-né.

Les individus étaient conscients de l’environnement et aussi d’eux-mêmes en tant qu’êtres physiques mais possédaient sans doute une très faible notion du Soi individuel. L’unité avec l’univers du vivant restait ancrée, stable, profonde.

Dans la vie de l’enfant, le sens de l’individualité commence à s’installer seulement à partir du moment où il devient autonome par rapport à sa mère. Le « je » prend forme et l’entité indépendante se développe.

Nous agissons de la même façon, non seulement au regard de l’Humanité mais bien plus profondément encore par rapport à la vie.

Le jeune enfant découvre, jour après jour, le pouvoir qu’il détient et sa capacité à agir sur l’environnement. Le groupe humain n’a de sens pour lui qu’à partir du moment où il participe à ce pouvoir, qu’il lui donne des outils supplémentaires. L’école, par exemple, peut devenir un allié tout comme il peut devenir une menace. L’échec scolaire, c’est l’anéantissement de ce pouvoir, l’interdiction faite par l’humanité d’user de ce pouvoir naturel. Un désastre que l’individu cherchera à atténuer par des ersatz allant jusqu’à l’embrigadement.

Les parents sont bien évidemment les alliés prioritaires, les tuteurs, le fil conducteur, la ligne d’horizon vers laquelle le jeune enfant va diriger ses rêves, ses attentes, sa volonté.

Que l’aura parentale vienne à être affadie ou même brisée relève d’un drame existentiel effroyable.  

Mais tout cela n’est que le résumé superficiel de l’existence.

Le véritable problème n’est pas là.

L’existence humaine, socialement intégrée dans des conditionnements archaïques, est un étouffoir de la conscience de la vie.

L’individu au cours de l’ontogenèse, prend conscience et développe son pouvoir, devient autonome, indépendant, construit un projet, s’insère dans le monde social, se bat pour pérenniser sa place, l’accroître, amplifier son pouvoir et simultanément, il efface en lui sa participation à l’univers du Vivant. Cette conscience primaire des débuts de l’Humanité a été balayée.

Les produits de substitution à cette appartenance sont innombrables : la famille, le clan, la bande d’amis, la meute, les castes sociales, les statuts professionnels, les groupes de supporters, le nationalisme, les syndicats… L’intention est toujours la même : le pouvoir, l’accroissement de la puissance, la reconnaissance, la sécurité, la protection lorsque l’émancipation familiale s’est installée.

Tout cela est connu mais ce sont les effets qu’il faut observer et plus encore l’évolution probable.

L’ontogenèse est marquée par un moment délicat, c’est celui de l’émancipation. Beaucoup de Peuples Racines ont instauré un rite de passage permettant de symboliser ce basculement dans la vie de l’individu, de l’enfance à l’âge adulte. Mais ils ont surtout préservé le sentiment profond d’appartenance à la Terre-Mère. C’est là que notre rupture occidentale s’est perdue. L’errance spirituelle, l’inconnaissance de soi, la solitude existentielle. Il nous fallait un produit de substitution pour combler le vide. A défaut de « se » posséder, nous avons appris à posséder. L’attachement au monde des objets prend sa source dans l’incomplétude spirituelle et la peur qui en émane.

Ce n’est pas l’argent qui est à l’origine de tous nos maux mais l’amour de l’argent comme un produit de substitution à l’incomplétude spirituelle. L’amour de l’argent, de la possession, du monde des objets, des appartenances sociales, des adhésions aux mouvements de masse, tout cela n’est que le symptôme d’un mal spirituel.

Nous ne nous appartenons pas, intérieurement. Il n’y a pas de paix en nous mais des désirs infinis, une volonté de marquer notre territoire, notre environnement, comme on établirait des clôtures, la sédentarisation est un mal spirituel et une source de profits immenses.

Les Marchands du temple le savent. Ils vivent dans le même espace mais ils ont su en tirer profit. Tout notre fonctionnement est basé sur la douleur et sur la peur.

« Je souffre d’un mal-être profond que je n’identifie pas mais si je possède et que j’accrois mon pouvoir, j’aurai moins peur de l’avenir. »

Nous grandissons dans la peur et elle est le carburant idéal du monde matériel.

« Quand j’aurai une maison, tout ira mieux. Quand j’aurai une nouvelle voiture, tout ira mieux. Quand je serai célèbre, tout ira mieux. Quand je serai amoureux, tout ira mieux. »

Il n’y a pas d’amour qui se fonde sur la peur. Il n’y a que les êtres en paix intérieure qui peuvent aimer. Les autres posent simplement un cataplasme sur leurs douleurs.

Notre ontogenèse récapitule la phylogenèse.

Et rien ne changera tant que nous n’apprendrons pas à explorer nos abîmes.

Le monde n’est que l’extension de ce que nous sommes.

Nos guerres sont en nous et nous les projetons.

Il n’y aura jamais de paix tant que nous aurons peur de nos vides intérieurs.      

Syrie

Par Le 27/08/2013

Il ne faut SURTOUT pas se contenter des médias officielles.

Ici, on a un avis divergent.


Syrie : "Les attaques chimiques sont un coup monté"

http://www.levif.be/info/actualite/international/syrie-les-attaques-chimiques-sont-un-coup-monte/article-4000384171801.htm

François Janne d’Othée

mardi 27 août 2013 à 15h28

En exil depuis 35 ans, l’opposant Haytham Manna, responsable à l’étranger du Comité de Coordination nationale pour le changement démocratique (opposition syrienne non armée), s’oppose avec force à toute intervention étrangère contre son pays. 

Haytham Manna © Reuters

L’utilisation d’armes chimiques en Syrie pourrait amener les Occidentaux à "punir" le régime. Qu’en pensez-vous ?

HAYTHAM MANNA : Je suis totalement contre, tout comme la coordination que je dirige. Cela ne fera que renforcer le régime. Ensuite, une intervention risque d'attiser encore plus la violence, d'ajouter de la destruction à la destruction et de démanteler un peu plus la capacité de dialogue politique. Le régime est le premier responsable car il a choisi l’option militaro-sécuritaire. Mais comment peut-on parler de guerre contre le terrorisme et donner un coup de main à des extrémistes affiliés à Al Qaeda ?

Les Occidentaux choisissent la mauvaise option, selon vous ?

Depuis le début, c’est une succession d’erreurs politiques. Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont poussé les parties à se radicaliser. Ils n’ont pas empêché le départ de djihadistes vers la Syrie et ont attendu très longtemps avant d’évoquer ce phénomène. Où est la démocratie dans tout ce projet qui vise la destruction de la Syrie ? Et pensez-vous que ce soit la morale qui les guide ? Lors du massacre d’Halabja [commis par les forces de Saddam Hussein en 1988], ils ont fermé les yeux. Je m’étonne aussi de voir que les victimes d’armes chimiques sont bien davantage prises en considération que les 100 000 morts qu’on a déjà dénombrés depuis le début du conflit.

Qui est responsable du dernier massacre à l’arme chimique ?

Je n’ai pas encore de certitude mais nos informations ne concordent pas avec celles du président Hollande. On parle de milliers de victimes, alors que nous disposons d’une liste de moins de 500 noms. On est donc dans la propagande, la guerre psychologique, et certainement pas dans la vérité. Ensuite, les armes chimiques utilisées étaient artisanales. Vous pensez vraiment que l’armée loyaliste, surmilitarisée, a besoin de cela ? Enfin, des vidéos et des photos ont été mises sur Internet avant le début des attaques. Or ce matériel sert de preuve pour les Américains !

Pensez-vous qu’une partie au conflit a voulu provoquer les Occidentaux à intervenir ?

C’est un coup monté. On sait que les armes chimiques ont déjà été utilisées par Al Qaeda. Or l’Armée syrienne libre et les groupes liés à Al Qaeda mènent en commun 80% de leurs opérations au nord. Il y a un mois, Ahmad Jarba [qui coordonne l’opposition armée] prétendait qu’il allait changer le rapport de forces sur le terrain. Or c’est l’inverse qui s’est produit, l’armée loyaliste a repris du terrain. Seule une intervention directe pourrait donc aider les rebelles à s’en sortir… Alors, attendons. Si c’est Al Qaeda le responsable, il faudra le dire haut et fort. Si c’est le régime, il faudra obtenir une résolution à l’ONU. Et ne pas laisser deux ou trois payer fédérer leurs amis, pas tous recommandables d’ailleurs.

Entre Occidentaux et Russes, quelle position vous semble la plus cohérente ?

Les Russes sont les plus cohérents car ils travaillent sérieusement pour les négociations de Genève 2 [sensées mettre autour d’une même table le régime et les opposants]. Les Américains ont triché. Deux ou trois fois, ils se sont retirés, au moment où s’opérait un rapprochement.

Une solution politique est-elle encore possible ?

Tout est possible mais cela dépendra surtout des Américains. Les Français se contentent de suivre. Une solution politique est la seule qui permettra de sauver la Syrie. Mais l’opposition armée ne parvient pas à se mettre d’accord sur une délégation.

Que deviendra Bachar al Assad?

Il ne va pas rester. Si les négociations aboutissent, elles mèneront de facto à un régime parlementaire. Si du moins on accepte de respecter le texte de base de Genève 2 qui est le meilleur texte, avec par-dessus un compromis international. Mais laissez-moi dire ceci : quand on parle de massacrer des minorités, et que le président fait partie d’une minorité, comment peut-on lui demander de se retirer ou ne pas se retirer ? Aujourd’hui, la politique occidentale a renforcé sa position de défenseur de l’unité syrienne et des minorités. Cela dit, personne ne pourra revendiquer de victoire : la violence est devenue tellement aveugle qu’il faudrait vraiment un front élargi de l’opposition et du régime pour en venir à bout.

François Janne d’Othée

Jarwal le lutin (tome 4)

Par Le 26/08/2013

 

« Le plus simple, désormais, est que vous entriez dans le cœur de la vie. Toutes les questions obtiendront une réponse. Il en est ainsi. »

Le vieux Sage se leva et invita les enfants à le suivre. Les autres Sages ne bougèrent pas. Ils suivirent les enfants des yeux et Rémi perçut dans un regard échangé une douceur rassurante, une invitation à se laisser guider.

Ils serpentèrent entre les racines et s’arrêtèrent à l’ouverture de l’antre. Aucune trace d’outils, de coups de haches ou autres ustensiles, le tronc semblait s’être soulevé du sol, soutenu par des piliers de temples.

Des visages inscrits dans la matière semblaient les observer, des regards rieurs, comme des gargouilles ligneuses, singes, lutins, herbivores, oiseaux, serpents, des dizaines d’animaux dont ils ignoraient l’identité.

Des rayons rectilignes transperçaient le rideau de lierre qui obstruait l’entrée. Au-delà de ces tentures végétales, un espace sombre se laissait deviner, une obscurité fossilisée dans le silence. Rien, aucun mouvement, aucun bruit, même pas un insecte fureteur, comme si le lieu interdisait toutes intrusions.

« Suivez-moi » annonça le vieux Sage. Il écarta délicatement les dentelles de feuilles et disparut.

Les cinq enfants se regardèrent, sans un mot, des regards croisés chargés de curiosité et d’incertitude.

Léo bougea le premier, il avança lentement, posa une main sur les cascades immobiles des frondaisons, sembla jeter un œil scrutateur en penchant la tête puis, d’un coup, il franchit le seuil. Rémi lui emboîta le pas, puis les trois compagnons s’élancèrent en même temps.

Leurs yeux s’habituèrent difficilement à l’obscurité. Kiak était invisible. La fraîcheur les surprit, une température plus agréable que la moiteur de la forêt, cette impression étrange d’avoir quitté le monde ou d’être entré dans son ventre, comme si le lieu contenait tous les mystères les plus anciens, la source des révélations les plus bouleversantes, ils sentirent couler en eux des rayonnements inexplicables, des flux électriques qui les firent frissonner.

« Asseyez-vous, les uns à côté des autres et donnez-vous les mains. Il est important que vous soyez reliés physiquement pour réaliser aussi que vous l’êtes par la pensée, par l’énergie, par l’amour, par tout ce que crée la Vie. »

Dans les noirceurs, la voix monocorde de Kiak les figea. L’impression d’un espace immense qui renvoyait les paroles en écho. Léo pensa à cette nef de cathédrale que leurs parents leur avaient montrée. Ils s’obligèrent à bouger, prudemment, pour s’extraire de cette appréhension qui les raidissait.

Les pupilles dilatées parvenaient désormais à se nourrir des flux infimes de lumière qui perçaient. Lou se retourna vivement, comme pour vérifier que personne ne se tenait dans son dos. Cette impression étrange d’être observée…

Tian trouva la main de Marine. Les autres se joignirent. Lou, Rémi puis Léo qui ferma le cercle. Ils se souvinrent alors qu’ils devaient s’asseoir. Ils lâchèrent leurs emprises, s’installèrent puis reformèrent le lien.

Les mouvements de leurs corps s’estompèrent. Ils sentirent à travers leurs habits la fraicheur de la terre. Aucune sensation de froid pourtant mais une douceur agréable, un bien-être de cocon, un placenta protecteur qui les isolait de tout. 

La voix de Kiak les surprit de nouveau. Elle ne venait plus du même endroit et ils étaient pourtant persuadés de ne pas l’avoir entendu se déplacer.

« Maintenant, vous allez fermer les yeux et arrêter de vouloir distinguer quelque chose. C’est dedans qu’il faut regarder et vous n’avez pas assez appris à vous libérer de vos yeux. Ne vous occupez pas du temps qui passe, c’est une idée fausse. C’est vous qui passez dans le temps. Mais ici, vous êtes immobiles, dans votre corps et dans le temps. Il ne vous reste qu’à immobiliser votre esprit et tout sera en paix. »

Il avait dit « immobiles dans le temps. » Marine voulut comprendre puis elle se reprocha cette pensée inopportune. Elle devait trouver la paix de son esprit.

Lou se demandait comment elle pourrait bien s’y prendre pour arrêter de penser. Un état qui lui paraissait totalement inaccessible. Elle ne cessait de penser à l’impensable.

Rémi cherchait à savoir si Kiak se déplaçait de nouveau, il voulait pouvoir le suivre et ne plus être surpris par cette voix qui surgissait n’importe où. Il s’efforça de calmer les battements de son cœur et de tendre les oreilles. Il crut percevoir un infime frottement droit, devant lui, dans le dos de Tian.

« Rien, ne rien vouloir, ne rien attendre, ne rien penser. Entrer au-dedans pour  voir l’Univers. Le silence maintenant.»

Ils eurent un peu l’impression d’entendre un professeur dans une classe mais ils n’en avaient jamais connu de Sage.

Rémi dut constater encore une fois que Kiak se déplaçait à son gré, sans qu’il ne soit possible de deviner sa position. Il était partout et nulle part. Incompréhension.

Plus aucun mouvement. Juste cette conscience retrouvée de la respiration. Il fallait cesser de bouger pour réaliser que ce mouvement-là ne cessait jamais.

 

« Fermez les yeux, dicta la voix grave de Kiak. Ne vous contentez pas de fermer les paupières, arrêtez aussi de regarder en dedans et de fabriquer des images, laissez-vous couler. Tout ce que vous portez appartient à la réalité que vous avez créée. Maintenant, vous allez découvrir le réel. »

 

Marine sentit la main de Tian se crisper légèrement lorsque la chaleur les envahit, une chaleur bienfaisante, comme un câlin maternel qui vous enlace et que le bonheur ruisselle dans les fibres, la plénitude du petit enfant qui s’abandonne et l’amour de la mère qui se diffuse en lui, le contact établi, le lien au-delà des corps, le lien des âmes.

Une blancheur indéfinissable les emplit, une clarté sonore qui murmurait dans les tréfonds de leurs corps immobiles, une marée montante qui les couvrait de sa chaleur, une sève surgissant de la terre, aimantée par le ciel.

Comme un bateau soulevé au-dessus des flots, ils virent en eux l’immensité de l’Océan s’étendre sous leurs regards, une vision sans tête, comme si rien en eux ne possédait de centre, comme s’ils n’existaient plus individuellement.

Accélération du processus.

Une pulsation naissante, infime, dérisoire, puis des crépitements d’étincelles qui jaillissent et s’éteignent, se ravivent, se propagent, s’entretiennent, une énergie qui se répand et les pulsations qui s’étendent, se renforcent, les flux électriques nourrissent le cœur de l’étoile, des courants de matière liquide déboulent sous la surface, des flots qui gorgent le lit des veines, les pulsations prennent une ampleur insoupçonnée, les étincelles deviennent des flux constants qui ruissellent, tous reliés dans une aura fabuleuse, une couronne lumineuse qui s’agite, palpite, respire.

Un noyau enveloppé de lumière, des particules animées par une vie interne s’infiltrant amoureusement dans un univers nimbé de phosphorescences.

L’espace en eux s’étendit jusqu’aux confins des horizons, plus de limite, plus de structure, aucune frontière et cette impression inexplicable de relier par leurs mains unifiées des particules communes, une cohésion originelle retrouvée.

Ils étaient l’un, ils étaient l’autre, ils étaient tous.

 

C’est là qu’ils sentirent l’évaporation s’enclencher. Un maelstrom flamboyant prit forme et les emporta dans une colonne rectiligne qui plongeait vers le haut. Incompréhensible structure. Des coulées colorées qui tressautaient en laissant derrière elles des arabesques de fleurs.

Ils disparurent.

     

 

Combien de temps ? Combien de vies ? Dans quelle dimension voyagèrent-ils ?

Ils n’auraient rien su expliquer, pas avec les mots connus, pas avec des pensées étroites et des repères humains, tout aurait été limité, insignifiant, insuffisant, comme une marque d’irrespect. On ne raconte pas l’indescriptible. On s’en nourrit.

Ils ouvrirent les yeux tous les cinq en même temps, dans le même instant, une réincorporation simultanée, un retour conjoint dans leur enveloppe corporelle. Ils ressentirent tous, avec la même détresse, le poids terrifiant de cette masse de chair alors que résonnait en eux la légèreté délicieuse de l’âme évaporée.

Ils ne dirent rien. L’insignifiance des paroles alors que les visions résonnaient en eux avec une force indescriptible.

« Une autre version de la Vie, » avait expliqué Léontine.

Ils auraient pu en parler pendant des années mais incapables à l’instant d’entamer la moindre phrase. Que peut-on dire de ce qu’on ne comprend pas et qui vous bouleverse ?

Putains de guerre.

Par Le 26/08/2013

C'est à vomir mais il faut pourtant le savoir...Puisque ça a toujours lieu.

Il est facile de comprendre pourquoi, encore aujourd'hui, le viol d'une femme est si peu condamné.

La gestion émotionnelle

Par Le 26/08/2013

Je suis toujours effaré de constater à quel point les sportifs attachent, avec raison, une importance considérable aux émotions et à quel point, l'école française est incapable d'en faire autant alors que TOUT, absolument tout, découle de là.
Cette observation des phénomènes intérieurs n'impliquerait aucun matériel à acquérir, c'est peut-être ça le problème...Le marché est dérisoire...Il est préférable de laisser les jeunes errer dans leur tête et dans leur corps plutôt que de chercher à leur donner les moyens de se connaître réellement. Quelqu'un qui se connaît, qui vit dans une sérénité autonome, qui a appris à identifier les besoins vitaux et à se libérér des manques induits, qui sait regarder en lui et exploiter son potentiel, c'est un client de perdu pour le marché...Mais que deviendrait la Croissance ? La Sacro Sainte Croissance ?
...
 

Interview de Victoria Azarenka.
«Victoria Azarenka, quel supplément de confiance tirez-vous de ce titre à Cincinnati obtenu en battant Serena Williams en finale ?
Cela donne évidemment énormément de confiance mais je pense toujours que chaque semaine est une nouvelle histoire qui commence. On peut de toute manière toujours se servir des expériences passées, qu'elles datent d'une semaine ou de six mois. Donc oui je vais me servir de ce tournoi, mais Serena Williams reste la n°1 mondiale et tenante du titre ici. On repart toutes à zéro ici et l'important sera de monter en puissance match après match et de progresser.

Vous vivez une saison un peu étrange avec de très belles victoires et puis des blessures. Pensez-vous avoir retrouvé votre meilleur niveau ?
Je prends ça comme un processus, même si la situation a vraiment été comme un défi depuis Doha. J'ai été longuement blessée, je n'ai pas eu de chance, mais en revenant j'ai joué la meilleure saison sur terre battue de ma carrière. Et puis oui il y a eu Wimbledon et cette blessure... Allez on ne va pas en parler ! (rire) Mais je pense qu'avec tout ça mon équipe et moi avons appris beaucoup de choses sur le fonctionnement de mon corps. Je n'ai jamais été très souple par exemple mais j'ai travaillé là-dessus et ça va de mieux en mieux. Je cherche toujours à tourner le négatif en positif et à apprendre de tout ça. Toute mon équipe a fait du très bon boulot et je pense que ça commence tout juste à payer.
«C'est comme si j'avais allumé la lumière pour décider d'être plus positive et d'aller au bout de mon potentiel.» Il y a encore quelques années, vous auriez perdu votre calme avec ces double-fautes ou autres erreurs. Mais aujourd'hui vous le prenez avec calme : comment avez-vous changé ça ?
Bon alors déjà il y a beaucoup de double-fautes en ce moment alors il vaut mieux les oublier rapidement ! Je change tout le temps mon service, voilà pourquoi parfois ça devient la 4e dimension. Je pense que quand on est jeune, un peu seule, qu'on vient d'un autre pays et que soudain on est projeté sur le circuit il y a un apprentissage à faire. Il y a beaucoup de différentes cultures et parfois la façon dont les gens réagissent n'est pas bien comprise. Mais toutes ces émotions négatives et toute cette colère que je ressentais je les ai remplacées par un plus grand professionnalisme que je porte avec moi non stop sur le court et qui me pousse à être meilleure. C'est comme si j'avais allumé la lumière pour décider d'être plus positive et d'aller au bout de mon potentiel. C'était difficile d'apprendre à gérer toutes ces émotions.

Quand vous repensez à l'édition 2012 : est-ce un bon souvenir ou reste-t-il de l'amertume ?
Je ne regarde jamais en arrière, toujours devant. Mais ça restera toujours un moment spécial, parce que j'ai l'impression que tout ce tournoi jusqu'à cette finale a laissé une grande trace sur ma carrière et comptera pour le futur. Je le ressentais comme ça l'an dernier et c'est toujours le cas.»

Recueilli par Carole BOUCHARD, à New York

L'essence de la philosophie

Par Le 25/08/2013

« Contrairement aux idées reçues, un philosophe n’est pas un intellectuel. Ce n’est pas un expert, un savant, un professeur ni même un étudiant en philosophie. C’est une personne qui ressent de l’amour pour la sagesse, qui désire en faire la conquête et œuvre dans ce sens de toute son âme. Nul besoin de grandes connaissances, de longues études et de hauts diplômes. La philosophie n’est pas un savoir mais une activité accessible à tous, dès l’enfance. Elle ne consiste pas à tenir des discours abstraits ou à connaître des doctrines, mais à utiliser sa raison pour devenir plus sage et être ainsi plus heureux dans sa vie. Depuis l’Antiquité, un philosophe ne se reconnaît pas à son érudition mais à son état d’esprit, à son attitude globale dans l’existence, face à la réalité. La philosophie n’est pas une discipline scolaire, c’est une aventure spirituelle. Elle n’est pas une profession ou une spécialité mais un intérêt, un goût, une passion. Un philosophe peut gagner sa vie en étant chercheur, enseignant ou écrivain. Mais le titre de philosophe convient à toute personne qui cherche la sagesse dans sa vie avec un amour sincère, quels que soient son âge, son niveau intellectuel et sa profession. Cette recherche peut être plus ou moins habile et féconde. Mais elle est pleinement philosophique si elle est véritablement animée par un amour de la sagesse. Chez un authentique philosophe, cet amour n’est pas un simple attrait intellectuel, une banale curiosité, une passion passagère. C’est le grand et profond amour de la vie, l’amour vivant, vital et vivifiant qui mobilise un être dans sa totalité. »

Bruno Giulani

Démocratie ? Quelle démocratie?

Par Le 25/08/2013

Déclaration d'Utilité Publique des Accès français au Lyon Turin.


http://vimeo.com/64201772


Le film à voir sur vimeo

La Déclaration d'Utilité Publique des accès français au Lyon Turin vient d'être publiée par le Journal Officiel sous la signature du Premier Ministre.

Le Premier Ministre, grand promoteur de Notre Dame des Landes, a signé la déclaration d'utilité publique en contradiction avec ses propres déclarations du 9 juillet et du report annoncé de ce projet par la Commission "Mobilité 21".

Un mauvais coup porté à la démocratie et aux finances publiques, au moment où l'on sait que ce projet est inutile, que rien ne le justifie, que le déficit public est toujours plus important comme les efforts demandés aux contribuables.

Un mauvais coup pour la démocratie lorsque l'on sait qu'il n'y a jamais eu de débat public sur ce projet, que certains membres de la Commission d'Enquête sont frappés par des conflits d'intérêt et que les prévisions de trafic et financières ont toutes été démenties depuis plus de 20 ans.

Un mauvais coup pour la démocratie alors que toutes les déclarations faites devant le parlement en 2002 se sont révélées fausses et mensongères, alors que la ligne ferroviaire existante n'est utilisée qu'à 17 % de sa capacité, au mépris de la santé des riverains, après avoir reçu près d'un milliard d'investissements qui devraient permettre de transporter la quasi-totalité des marchandises circulant sur les routes des Alpes franco-italiennes.

Au moment où les feuilles d'impôts arrivent chez les contribuables et que des efforts importants leur sont demandés, le Premier Ministre des projets inutiles et imposés se moque des recommandations de la Commission "Mobilité 21" qui considère ce projet comme non prioritaire.

Il se moque des recommandations de la Cour des Comptes, de l'Inspection Générale des Finances, du Conseil Général des Ponts et Chaussées, de la Direction Générale du Trésor, des anciens Présidents de RFF et de la SNCF, des élus et des citoyens.

A l'inverse le 9 juillet dernier le premier ministre a revu à la baisse de moitié les engagements du Grenelle de l'Environnement en réduisant de moitié le nombre de camions qui devaient être transportés par les trains dans les Alpes.

Où sont le bon sens et la décence ?

La Coordination des Opposants au Lyon Turin appelle tous les élus et citoyens à se mobiliser contre la gabegie de 30 milliards d'argent public, ceux qui pensaient que le Gouvernement pouvait tenir compte de l'état des finances de la France et reconnaître l'inutilité de ce projet pour ne pas décréter l'utilité publique en sont pour leur frais.


Les opposants ne seront pas entendus par l'Assemblée Régionale alors qu'ils proposent des solutions réalistes :

  • Ni Philippe ESSIG ancien Président de la SNCF, Président de la société qui a construit le tunnel sous la Manche, qui a déclaré : « Dans un environnement contraint, ce serait une erreur majeure de consacrer les ressources financières qui resteraient à des investissements ferroviaires pour le tunnel de base du Lyon-Turin. Cet ouvrage n'est pas nécessaire aujourd'hui et pour longtemps. La ligne actuelle n'est exploitée qu'au tiers de sa capacité. Ses performances pourraient être considérablement améliorées …. »

  • Ni Jean Pierre DUPORT ancien Président de RFF qui a déclaré : « Le fret est pénalisé par des retards techniques. Aujourd’hui encore, on ne connaît ni la position exacte ni la vitesse des trains, ce qui limite les possibilités de fluidifier les circulations, de gagner en fiabilité et en capacité ; le freinage des trains fret est archaïque, les vingt secondes s’écoulant entre la commande de freinage et son activation « consomment » plusieurs centaines de mètres d’infrastructure ; la circulation des trains de fret se réserve un an et demi à l’avance, délai dissuasif qui gaspille des circulations réservées et in fine non utilisées ; les chargeurs déplorent la non-traçabilité des envois ; l’absence d’attelage automatique limite la charge des trains et perpétue des métiers dangereux… » (preuve des marges de manœuvre disponibles sur l'existant)

  • Ni Yves CROZET membre de la Commission Mobilité 21, Professeur au LET Lyon qui a déclaré : « On voit que sur les 3 tunnels français, les deux routiers Fréjus Mont-Blanc et ferroviaire Fréjus, les trafics baissent depuis une dizaine d'années, que ce n'est pas lié à la crise, que ça a commencé en 1994, depuis cette époque, les trafics routiers plafonnent et ils plafonnent essentiellement parce que les échanges entre la France et l'Italie ont atteint une sorte d'asymptote... »

  • Ni la Coordination des opposants au Lyon Turin qui révèle jour après jour que les trafics ne saturent pas la ligne existante, qu'aucune des déclarations faites devant l'Assemblée Nationale le 13 février 2002 ne s'est réalisée, elles prévoyaient la saturation de l'existant en 2010 et la déclaraient « préalable indispensable », elles promettaient de mettre 300.000 camions sur les trains, elles annonçaient l'utilisation des vingt millions de tonnes disponibles, elles annonçaient 371 millions pour les études et descenderies.

  • Ni le monde agricole unanime qui a adressé un appel à tous les parlementaires pour leur demander de rejeter l'accord franco-italien du 30 janvier 2012 et d'arrêter le LYON-TURIN inutile.

  • Ni les élus de droite comme de gauche qui ont déclaré ne plus soutenir ce projet malgré leur soutien durant plusieurs dizaines d'années.

Les Conseillers Régionaux n'entendront pas non plus Philippe DURON qui a déclaré que 82% des français rejettent les nouveaux projets et choisissent l'utilisation de l'existant, que les japonais sur les mêmes lignes que nous font passer beaucoup plus de trains...

Les Conseillers Régionaux n'entendront que le dogme du LYON TURIN, on leur parlera à n'en pas douter de CAVOUR et des pentes, mais on ne leur dira pas que les Suisses font passer 17 millions de tonnes de marchandises sur la ligne historique du Gothard qui a les mêmes pentes et date de la même époque.

Comme les lobbyistes n'ont plus d'argument et ne peuvent répondre aux faits et aux constats, ils invoquent le projet « pluri séculaire » comme les intégristes invoquent la volonté du tout puissant.

A l'appui de leurs incantations, ils utilisent la publicité, les pleines pages dans ... l'Equipe et les deniers publics alors que des efforts sont demandés à tous.

Et comme leur Dieu s'appelle le Lyon Turin, ils lui organisent de grandes messes comme celle d'aujourd'hui ou celle de l'an dernier dans la même enceinte.

Mais ils délaissent l'essentiel et les priorités :

  • la mise en œuvre des moyens pour reporter aujourd'hui les camions sur le train comme promis devant l'Assemblée Nationale et le Sénat en 2002

  • Le développement de nouveaux matériels ferroviaires automoteurs intelligents, plus performants et plus adaptés au transport régional qui représente 80 % du trafic routier des marchandises.

  • Le doublement des lignes ferroviaires entre Saint André le Gaz et Chambéry et entre Annecy et Aix les Bains.

Les opposants sont sûrs, que comme tous les grands services de l’État, comme la Cour des Comptes, comme la Commission Mobilité 21, comme nombre d'autres élus, les Conseillers Régionaux ne se laisseront pas berner par les incantations et la grand messe que l'exécutif régional ose appeler « débat ».

Il est encore temps d'adopter une attitude responsable et de constater la baisse durable des trafics, les besoins de doublement des lignes ferroviaires, la modernisation du matériel ferroviaire.

L'objectif reconnu de tous est l'utilisation de l'existant, reconnaître aujourd'hui que l'existant n'est pas saturé, que le matériel permet d'améliorer les performances, n'hypothèque en rien l'avenir.

Philippe DURON le disait encore le 2 juillet devant les Députés, il n'existe que deux financeurs des infrastructures de transports : les passagers et les contribuables.

Les Conseillers Régionaux sauront le rappeler à l'exécutif et refuser la voix unique.

Coordination des Opposants au Lyon Turin


Contact Presse:

Daniel IBANEZ 06 07 74 10 17 contact@lesmollettes.eu / Olivier CABANEL 06 09 85 87 39 olivier.cabanel@yahoo.fr

http://lyonturin.fr/



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