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Articles de la-haut

VERTIGES : Commentaire (1)

Par Le 18/12/2012

bonjour Thierry,

j'ai terminé la lecture de "Vertiges"!

je dirai "vertigineux"!!

j'ai encore des crispations dans le ventre, tellement je me suis

pris à la lecture de votre ouvrage! j'étais dans l'histoire et avais l'impression de souffrir ce qu'ils souffraient!!

sincèrement il y a longtemps que je n'avais pas ressenti une telle impression à la lecture d'un roman!

vous êtes "un grand"!!

je vous souhaite de grands succés en librairie, vous le méritez!

merci encore pour ces très bons moments de lecture,

au plaisir de lire "noirceurs des cimes", qui, peut être me laissera la même impression;

cordialement Thierry

Robert B

Autodidacte

Par Le 17/12/2012

La formidable histoire de Milton Humason : il quitte l’école à 14 ans et finit par devenir astronome

Posté le 20th septembre 2010 Pas de commentaires

Et pas n’importe lequel…

Milton Humason est né à Dodge Center (Minnesota, Etats-Unis) en 1891. A 14 ans, ses parents l’envoient en colonie de vacances au Mont Wilson près de Los Angeles. Il est séduit par les lieux et réussit à convaincre ses parents de le laisser passer une année sabbatique pour rester à la montagne et trouver du travail.

Il n’est jamais retourné à l’école. Au lieu de ça il devient muletier. Son travail est de transporter du bois de la Sierra Madre jusqu’au Mont Wilson pour la construction de l’observatoire du Mont Wilson. Un énorme projet organisé par George Ellery Hale, un pionnier de l’astronomie.

En 1911, Humason se fiance avec Helen Dowd, la fille de l’ingénieur en chef de l’observatoire du Mont Wilson. Ils se marient rapidement après. Humason quitte son travail pour devenir contremaitre dans un ranch situé près de La Verne. Mais la montagne lui manque.

En 1917, Humason trouve une chance d’y retourner et d’impressionner son beau-père : il devient gardien (concierge) de l’observatoire.

Peu de temps après, l’observatoire propose un poste d’assistant de nuit qui consiste essentiellement à aider les astronomes qui en ont besoin pour manipuler le télescope et le dôme de l’observatoire. Humason obtient ce poste. Sa patience, ses compétences et sa diligence ont attiré l’attention de Hale en personne.

En 1919, face à de sévères protestations, Hale le nomme titulaire. Du jamais vu pour quelqu’un qui n’avait pas de Doctorat ni même de diplôme d’études secondaires.

Humason est resté à ce poste jusqu’en 1954

Milton Humason a fait des découvertes clé pour le développement de la cosmologie. Il a travaillé avec Edwin Hubble, puis avec Allan Sandage (protégé de Hubble), pour étudier le décalage vers le rouge de centaines de galaxies pour déterminer quelle était leur vitesse de récession (ou vélocité radiale). Hubble croyait (à juste titre) que la vélocité radiale d’une galaxie était liée à sa distance, une relation maintenant connue sous le nom de Loi de Hubble.

Mais ces galaxies lointaines avaient une luminosité très faible et étaient très difficiles à mesurer. Humason a développé des techniques pour optimiser les expositions et les mesures sur plaque photographique. Il a déterminé les vélocités radiales de 620 galaxies et a aidé à définir l’échelle de distance et l’âge de l’Univers. Une grande partie du succès de Hubble a été attribué aux mesures minutieuses de Humason.

L’Université de Lund en Suède lui a décerné un doctorat honorifique.

Il a découvert la Comète C/1961 R1 (comète Humason) et un des cratères de la Lune porte son nom.

D’après CSMonitor









 C'est en lisant le livre des frères Bogdanov, "le visage de Dieu" que j'ai découvert l'histoire de Milton Humason.

Ce qui me désole dans ce fabuleux parcours, c'est qu'aujourd'hui, le système éducatif interdit et même rend IMPOSSIBLE cette démarche. L'école et les diplômes sont la seule et unique voie. Cet homme était mû par une passion totale et elle lui a servi de moteur. Notre système éducatif nie la passion. Celui qui ne s'attelle pas à engranger une somme colossale de multiples connaissances ne pourra obtenir le sésame, le diplôme salvateur, il devra encaisser les milliers d'heures de cours dont il n'a que faire et il sera jugé sur sa capacité à se soumettre à cette déliquescence du bonheur d'apprendre. L'institution ne lui demande pas d'être heureux, elle lui impose d'être soumis mais malgré tout performant. C'est TOTALEMENT antinomique et il est évident que des milliers d'étudiants décrocheront et n'useront pas de leur potentiel, par dépit, par dégoût, par lassitude, par colère, par révolte. L'institution brise la passion. Elle se contente de former des techniciens, des grammairiens, des anglophones, des scientifiques, des architectes, des médecins... Combien parmi eux seront toujours aussi passionnés par leur domaine de prédilection ? Combien se seront perdus en cours de route ? Combien auront été dirigés de force dans une voie inédéquate ? Combien finiront par aller travailler pour "gagner leur vie" au lieu de la vivre ? 

Les USA possèdent encore cette capacité à reconnaître des talents dénués de diplômes. Ils sont quelques-uns à être sortis du lot par la force incommensurable de leur passion. Pour la France, c'est mort, fini, terminé, totalement exclus. Et les diplômés d'HEC et autres boutiques qui dirigent le pays sont pour beaucoup d'entre eux, des incapables à vivre. Ils savent juste gagner leur vie en menant ce pays à sa ruine. Une ruine existentielle tout autant que sociale.

  Je rêve de ce jour où les élections présidentielles compteront 90 % d'abstentionnistes.

Je rêve de ce jour où les idées d'Etienne Chouard seront reconnues.

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/

"N'oubliez pas

S'il faut retenir une chose de ce site, une seule, la voici :

 

Notre prison politique, la SOURCE de notre impuissance à résister aux scandales quotidiens, c'est notre Constitution, mais seulement parce qu'elle est mauvaise.

 

Elle est mauvaise chaque fois que ceux qui l'ont écrite avaient un intérêt personnel contraire à l'intérêt général.

 

Mais le même texte supérieur qui est aujourd'hui la source de notre aliénation pourrait être au contraire la source de notre émancipation, pourvu simplement que, à nouveau conscients et vigilants, nous reprenions le contrôle du processus constituant.

 

Donc, partout dans le monde, quelle que soit l'époque et quelle que soit l'échelle, pour protéger tous les humains CONTRE LES ABUS DE POUVOIR, seule une Assemblée constituante désintéressée, donc forcément TIRÉE AU SORT, sera un jour capable d'écrire une bonne Constitution.

Etienne CHOUARD

 

Suicide

Par Le 17/12/2012

Une prof retrouvée pendue dans sa classe

Publié le lundi 17 décembre 2012 à 17H26 - Vu 1481 fois

Philippe Robin

VILLENEUVE-SAINT-GERMAIN (Aisne). En début d'après-midi, une professeur de Bio-technologie du collège Louise-Michel a été retrouvée pendue dans sa salle de classe. Elle avait une cinquantaine d'années.

Vers 14 heures, les cours vont bientôt reprendre au collège Louise-Michel de Villeneuve-Saint-Germain, près de Soissons (Aisne). Une enseignante de bio-technologie n'est pas là pour accueillir ses élèves de 4e SEGPA qui attendent devant la porte. Des collègues s'inquiètent et entrent dans la salle de classe... et font la macabre découverte. L'établissement est sous le choc.

Jean-Luc Lanouilh, vice-président conseil général de l’Aisne n'a pas tardé à réagir : "Je suis choqué et impressionné du nombre d’enseignants qui souffrent d’un mal-être et qui, parfois, portent ainsi atteinte à leurs jours. Ce drame traduit une crise profonde de cette profession".

Une enquête a été ouverte par le commissariat de Soissons, mais le parquet s'oriente d'ores et déjà vers la thèse du suicide.













Un drame de plus dans un milieu qui les cumule. Combien d'enseignants en dépression, combien d'enseignants qui ne peuvent plus gérer la difficulté de cette mission éducative et cognitive ?

Comment est-ce possible que l'institution laisse se dérouler de tels drames ?

Comment peut-on envisager que l'enseignement prodigué par ces personnes considérablement affaiblies soit de qualité et à la mesure de la tâche ?

Combien faudra-t-il de drames du même ordre pour que l'institution réagisse ?

Que va-t-elle dire cette fois encore ? Qu'il s'agissait d'une personne "souffrant de difficultés personnelles ? Mais alors, pourquoi n'a-t-elle pas été accompagnée, soutenue, réorientée si nécessaire ? Pourquoi laisse-t-on des individus en souffrance face à des jeunes qui savent très bien entrer dans les brèches et renforcer ce mal être ?

Il est IMPOSSIBLE de mener à bien cette tâche si on ne dispose pas de toutes ses facultés et il est inadmissible de laisser des enseignants et des élèves se confronter. Il y DANGER. Pour tout le monde. Bien entendu qu'il est impossible d'être constamment performant mais ces situations témoignent d'un manque cruel de suivi psychologique.

A mon sens, il y a un problème immense dans ce domaine : personne dans les établissements n'est véritablement formé pour prendre en charge un enseignant en détresse. Les psychologues scolaires sont submergés de travail, ils ne peuvent pas gérer les enseignants, ils sont de toute façon dramatiquement trop peu nombreux pour le faire.

Il faut revoir le statut de directeur, proviseur, chef d'établissement. Ces gens, s'ils veulent obtenir ces postes, doivent suivre une formation en psychologie du travail, gestion du groupe, psychologie enfantine, ils doivent AVANT TOUT être aptes à entendre, à analyser, gérer des situations existentielles douloureuses. Au lieu de ça, les chefs d'établissement sont aujourd'hui avant tout des gestionnaires administratifs. Bien sûr que certains tentent de pourvoir aux besoins psychologiques mais ils n'ont bien souvent aucune connaissance dans le domaine, aucune analyse de la pratique et ils font ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont. Les études sont pourtant innombrables, très fouillées, les analyses sont connues dans le secteur privé, les DRH sont formés à ce genre de pratique. Et le milieu enseignant pourrait se passer de toutes ces connaissances ??? C'est soit une prétention criminelle, soit une lenteur archaïque qu'il est urgent de faire voler en éclat. Mais c'est en tout cas tout bonnement hallucinant et il n'est pas étonnant qu'on finisse par trouver des enseignants pendus dans leur classe...Ou des élèves...

Un désastre absolu. Une négation de l'individu jusqu'à la mort alors qu'il s'agit d'oeuvrer à la vie de chacun.

Les gouvernements se succèdent et enchaînent réformes sur réformes. Avec quels effets ? Qui donc aura enfin le courage d'établir un état des lieux existentiels de ce milieu??

Le niveau scolaire n'est pas une cause du désoeuvrement de la population, enseignants et élèves... C'est l'inverse. 

 

Professeur suspendu.

Par Le 15/12/2012

UN SEUL ??? Franchement, faudrait enquêter un peu plus profondément dans le milieu.


Orléans : un prof « méprisant » suspendu

RENAUD DOMENICI à ORLÉANS (LOIRET) | Publié le 15.12.2012, 14h11

ILLUSTRATION. Depuis jeudi, une professeur de français a été suspendue par le rectorat du Loiret. On lui reproche des mots déplacés perçus comme discriminatoires.

ILLUSTRATION. Depuis jeudi, une professeur de français a été suspendue par le rectorat du Loiret. On lui reproche des mots déplacés perçus comme discriminatoires. | LP/GAEL CORNIER

Zoom

Le lycée technologique Pothier d’Orléans est toujours en émoi. Depuis jeudi, une professeur de français a été suspendue par le rectorat. On lui reproche des mots déplacés perçus comme discriminatoires.

Depuis la rentrée, les 26 élèves d’une classe de 1re STMG (sciences et technologies du management et de la ), à majorité d’origine étrangère, se disent victimes de propos insultants de sa part.

Cette enseignante de 60 ans, normalienne et agrégée, n’avait jusqu’à septembre jamais enseigné à des filières technologiques. A la rentrée, le ton est donné quand, pendant une quinzaine de jours, elle refuse d’enseigner à cette classe.

« Nous lui avons demandé pourquoi mais elle n’a pas souhaité répondre », témoignent des parents. Début octobre, elle accepte ce poste. « Lorsqu’elle a vu les noms qui figuraient sur la liste d’appel, elle nous a dit qu’elle avait le vertige », raconte Samir, un élève. « Elle disait qu’elle était trop diplômée pour nous », ajoute Nacira. Le 25 octobre, jour de l’Aïd, alors qu’elle constate l’absence de certains jeunes, elle aurait lancé aux autres : « Vive les fêtes religieuses, on est enfin tranquilles ! »

« Elle disait que le français était une langue étrangère pour nous et elle menaçait de ne pas nous faire passer le bac blanc », assurent également des élèves. Les lycéens en ont parlé à leurs parents qui ont écrit au ministre de l’Education nationale. Hier, les délégués ont été convoqués par le chef d’établissement pour établir un rapport détaillé des propos. « C’est une affaire bien triste et nous devons faire la lumière. Une est en . Cette professeur est actuellement interdite d’accès en cours. Elle est convoquée jeudi et nous verrons quelle suite nous donnerons. Ce sont des accusations graves et si les faits sont avérés, il peut être envisagé un conseil de discipline », indique, embarrassé, Denis Toupry, inspecteur d’académie du Loiret.

Guerre de tranchées

Par Le 15/12/2012

Les agressions envers les enseignants. On ne les compte plus depuis le début de l’année, mais qu’en est-il envers les élèves ?…

Hier, un ancien élève vient me voir en classe. Il est dégoûté, désespéré, déprimé, au fond du trou. Un petit gars, dans une situation familiale très difficile, aucun soutien, non pas parce que les parents ne le souhaitent pas mais parce qu’ils ne peuvent pas, en survie constante, une maladie lourde pour le père, une maman qui gère comme elle peut. Et bien, ce petit gars a reçu cette appréciation sur un devoir d’Anglais : « Qu’est-ce que tu fais au collège, tu viens te chauffer près du radiateur ? »

Au CM2, il a bossé comme un mort de faim, il a progressé toute l’année, il était fier de lui, il avait retrouvé une estime, une envie d’apprendre, ses faiblesses n’étaient plus une condamnation mais une opportunité de se battre, de devenir meilleur. Et là, après quelques mois de collège, l’image qu’il a de lui, c’est celle d’un « nul ».

Tous les jours, en France, des enfants sont « poignardés » par des professeurs qui n’ont aucune conscience du mal qu’ils font, qui sont incapables de comprendre, de ressentir, de partager, d’avoir la moindre compassion, d’éprouver le moindre amour.

Et les médias vont hurler quand ils seront poignardés.

Qui se pose la question de ce que vivent les enfants ?

Pour ma part, le prof est responsable de ce que les élèves lui font vivre. Non pas qu'il est responsable de la situation extérieure à sa classe, de toutes les difficultés inhérentes à la société, chômage, misère sociale, angoisses générées par les images de ce monde, contre tout cela il ne peut rien mais il se doit d'être le "Maître" du sanctuaire que doit être l'école. Les enfants qui y viennent n'ont pas à y souffrir et cela n'enlève en rien leur devoir de travail. L'immense différence au regard du monde extérieur, c'est qu'à l'école ils sont en droit d'attendre un regard accueillant, attentif, respectueux, une attitude nourrie par la patience, l'écoute, l'échange surtout, l'échange...Combien sont-ils ces professeurs qui connaissent réellement leurs élèves? S'ils ne voient face à eux que des élèves, comment pourraient-ils espérer établir une relation respectueuse puisqu'ils nient dès le départ, l'individu lui-même. C'est à l'adulte enseignant de faire le premier pas. Pas l'inverse. Les enfants et même les adolescents ne savent pas encore observer leurs propres fonctionnements. Ils agissent à l'instinct et leur instinct les conduit à une position défensive si l'adulte, face à eux, se contentent de monter au front...Je n'ai pas respecté mes professeurs "à priori" mais parce que je sentais profondément qu'ils nous respectaient. L'attitude inverse est tout autant vraie. Mais il est bien plus facile d'instaurer un rapport de forces, c'est à la portée de n'importe qui. La formation des enseignants est similaire à celle des gradés de l'armée. "Nous ne vous demandons pas d'en faire des hommes mais des techniciens. Montrez leur que vous possédez le savoir dont ils ont besoin pour trouver leur place. Qu'ils vous soient soumis. Mettez en place un conditionnement favorable à l'obéissance. Ils n'ont pas à comprendre ce qu'ils font, ils doivent juste appliquer vos directives."

A l'inverse, on peut apprendre aux enfants à observer ce qu'ils vivent. Un exemple : j'ai expliqué cette semaine que lorsque j'avais décidé au tennis de passer du revers à une main au revers à deux mains, j'avais réalisé que l'ensemble de mon jeu s'était détraqué. Tout à fait normal. On apprend par paliers et il faut accepter que les acquis précédents soient atteints lorsqu'un autre apprentissage se met en place. Il faut apprendre la patience et l'attention, apprendre à rester positif et appliqué, réfréner la colère ou le dépit, ne pas considérer que l'objectif est plus important que l'acte présent etc etc...
Pourquoi les enseignants ne parviennent pas, pour beaucoup d'entre eux, à établir ces échanges existentiels, puisqu'il s'agit bien de ça ? Parce que la formation initiale ne les a pas amenés à cette voie ? Et pourquoi ne réalisent-ils pas que c'est le nœud du problème, pourquoi ne s'y engagent-ils pas d'eux-mêmes? Pourquoi attendent-ils des solutions techniques à un problème qui ne relève pas de la technique? On nous dit maintenant que tout ira mieux parce qu'on va travailler le mercredi matin, que le calendrier va changer, qu'on va revoir les programmes et patati et patata...Trente ans que je vois les mêmes plantages. On marche à l'envers et NOUS sommes responsables. Pas les enfants. Et qu'on ne vienne pas me dire que ce que je prône ne fonctionne que dans des classes "tranquilles". J'ai été éducateur sportif pour délinquants adolescents caractériels et j'ai enseigné en SEGPA. Et puis d'ailleurs, les classes "tranquilles", ça fait un moment que ça n'existe plus. Où que ça soit.

Alors, on fait quoi ?
Pour ce qui est des bulletins trimestriels, je n'en fais pas. J'écris cinq lettres dans l'année à chaque enfant. Des lettres dans lesquelles je leur parle d'eux, de leurs progrès, de leur attitude, de mes attentes, de tout ce que je ressens à travers ces instants de vie commune. Aucun jugement. Un partage. Des droits et des devoirs mais surtout, surtout en ne mélangeant jamais que ce que l'enfant fait n'est pas ce qu'il est. Le contenant avant le contenu. Toujours.

 

Les médias ne parlent que de certains cas d'agressions, qu'il s'agisse de professeurs ou d'élèves. On connaît la vue extrêmement étroite des médias et leur parti pris pour leur audimat. La réalité du terrain est toute autre. Je pourrais parler pendant bien longtemps de tous les cas que je connais personnellement, d'enfants humiliés, d'enfants qui quittent le système scolaire, non pas parce qu'ils n'ont pas les capacités à apprendre mais parce qu'ils sont au bout, psychologiquement. Non, je ne fais pas d'amalgame avec les professeurs agressés pour avoir abordé des sujets sensibles au regard de certains élèves. Le sujet est éminemment complexe. De la même façon, je connais aussi des professeurs qui œuvrent au bien être de leurs élèves à travers les apprentissages. Ils sont nombreux eux aussi. Mais je connais aussi leurs difficultés au regard de la hiérarchie, de "l'équipe pédagogique", des proviseurs, du ministère. Quand un professeur se voit reprocher une "trop grande complicité" avec ses élèves et la raison de leur rébellion avec des professeurs "autoritaristes", je me dis qu'il y a vraiment quelque chose de pourri dans ce royaume. Rudolf Steiner disait qu'il ne sert à rien de lutter contre la vieille école, il faut juste attendre qu'elle meure. Mais combien d'enfants "morts" compterons-nous avec elle ? Suffit-il de se dire qu'il en a toujours été ainsi et que l'école ne peut pas tout régler? Non, elle ne le peut pas, c'est évident. Mais, elle n'a pas pour rôle d'accroître les douleurs. Je me souviens très bien de ma scolarité. J'ai rencontré des hommes et des femmes remarquables. Peu, mais ils m'ont considérablement marqué. Je suis devenu enseignant en me nourrissant de leur exemple. Je me souviens aussi très bien de ceux et celles qui m'ont cassé. Jusqu'à en tomber malade. J'ai cinquante ans aujourd'hui et je ne supporte plus l'idée que rien n'a changé. Claude Allègre parlait de "mammouth". Je préfère le terme de "fossile". On ne change pas un fossile. On le brise, on le réduit en poussière.

 

Aucune professeur ne sera jamais parfait pour la simple raison que nous sommes dans une dimension humaine. En technologie, on peut parfois parler de perfection. Dans une classe, on peut viser la perfection en sachant qu’elle restera inaccessible. Elle consistera uniquement à refuser catégoriquement les stéréotypes, les amalgames, les « méthodes », les jugements péremptoires, l’idée que plus aucune évolution n’est envisageable, elle consistera à écouter, à ressentir, à être patient, attentif, accueillant. Elle consistera aussi à être rigoureux, intransigeant quand il faut l’être mais en étant capable de justifier chaque décision, non pas au regard d’un règlement intérieur mais au regard de l’humanité.
Dans une classe, chaque enfant est une individualité mais il évolue au cœur d’un système familial, sociétal, il a une histoire personnelle et elles sont de plus en plus complexes…Il ne s’agit pas pour tous les acteurs qui se croisent de "soutenir" l’un ou l’autre, de s’opposer, de soumettre, de convertir mais d’œuvrer conjointement, en bonne intelligence, à l’éveil de l’enfant. Bien évidemment que c’est difficile mais rien n’est possible en se figeant dans une citadelle. L'échec, sinon, est déjà programmé. Nous n’accueillons pas des élèves, nous accueillons des enfants. Ils rentrent dans les enceintes scolaires avec leur histoire et il est aberrant d’espérer les voir entrer, « nus » et disponibles. Soit, l’ensemble de l’individu est pris en considération, soit on se heurtera à un élève, c’est inévitable. Bien évidemment qu’il faut laisser du temps aux enseignants pour valider une telle démarche. Encore faut-il qu’ils l’acceptent. Je connais une professeur qui s’est vue reprocher par « l’équipe pédagogique » d’un collège sa trop grande complicité avec les élèves, c’était de sa faute si les élèves ensuite se rebellaient dans les autres cours. La hiérarchie n’aime pas les singularités pédagogiques, elle n’aime pas que les enfants soient considérés, qu’ils ne soient pas que des élèves. « C’est le terreau du désordre. »
Non, c’est le ferment de l’humanité.

Y'a du boulot...

Par Le 15/12/2012

Pourquoi certains enseignants finissent en maisons de repos !!
 
Quelques perles...
 
- Les soldats se cachaient pour éviter l'éclatation des obus.
- Les avions lançaient des espadrilles contre l'ennemi.
- A la fin, les hommes commençaient à en avoir marre d'être tués.
- Après la défaite, les Français prirent comme chef le maréchal Pétrin.
- Le 11 novembre, tous les morts de la guerre fêtent la victoire.
- Sur les champs de bataille, on voit les tombes de ceux qui sont tombés, c'est pourquoi on les appelle des pierres tombales.
 
MOYEN AGE
- Les paysans étaient obligés de jeûner à chaque repas.
- La famine était un grave problème pour ceux qui n'avaient rien à manger.
- Au Moyen Age, la bonne santé n'avait pas encore été inventée.
- Les Moyenâgeux avaient les dents pourries comme Jacquouilles.
- La mortalité infantile était très élevée sauf chez les vieillards.
 
JEANNE D'ARC
- Son nom vient du fait qu'elle tirait à l'arc plus vite que son ombre.
- On l'appelait "La Pucelle" car elle était vierge depuis son enfance.
- Jeanne détestait les Anglais à qui elle reprochait de l'avoir brûlée vive.
 
SCIENCES PHYSIQUES
- Une bouteille d'eau explose s'il gèle car, sous l'effet du froid, l'eau devient un explosif.
- Le passage de l'état solide à l'état liquide est la niquéfaction.
- Quand on a un corps et qu'on le lâche, il se casse la gueule.
- Un kilo de Mercure pèse pratiquement une tonne.
- Le cheval- vapeur est la force d'un cheval qui traîne sur un kilomètre un litre d'eau bouillante.
- Un avion dépasse le mur du son quand l'arrière va plus vite que l'avant.
- Les atomes se déplacent dans le liquide grâce à leur queue en forme de fouet.
- La climatisation est un chauffage froid avec du gaz, sauf que c'est le contraire.
 
CHIMIE
- Le gaz sulfurique sent très mauvais. On n'a jamais entendu une odeur pareille.
- Pour rendre l'eau potable, il faut y ajouter de l'alcool à 90°.
- L'acier est un métal plus résistant que le bois.
 
MATHÉMATIQUES
- Un polygone est une figure qui a des côtés un peu partout.
- Pour trouver la surface, il faut multiplier le milieu par son centre.
- Cette figure s'appelle un trapèze car on pourrait y suspendre quelqu'un.
- Un triangle est un carré qui n'a que trois bordures.
 
SCIENCES ET NATURE
- Le chien, en remuant de la queue, exprime ses sentiments, comme l'homme.
- Les lapins ont tendance à se reproduire à la vitesse du son.
- Pour faire des oeufs, la poule doit être fermentée par un coq.
- L'artichaut est constitué de feuilles et de poils touffus plantés dans son derrière.
 
LE CORPS HUMAIN
- Le tissu tissé autour de notre corps est le tissu tissulaire.
- Le tissu cellulaire est le tissu que les prisonniers fabriquent dans leur cellule.
- Le fessier est un organe en forme de coussin qui sert à s'asseoir.
- C'est dans les chromosomes qu'on trouve le jeune homme (génome).
- Quand on a mal en haut du derrière c'est qu'on a un long bagot.
- Les ambidextres sont des gens qui ont dix doigts à chaque mains.
- L'os de l'épaule s'appelle la canicule.
- C'est dans les testicules que se développent les supermatozoïdes.
- La femme a un sexe pareil que l'homme, mais rentrés à l'intérieur.
- Quand une femme n'a plus de règles, c'est la mésopotamie.
- L'alcool est mauvais pour la circulation. Les ivrognes ont souvent des accidents de voitures.
- Au cours de la respiration, l'air rentre par devant et ressort par le derrière. (Ah ! ben vous voyez on ne fait que respirer quand on "pète" !)
 
LES MALADIES
- Pour aider les enfants à aller aux toilettes, on leur met des suppositoires de nitroglycérines.(Séverine, 20 ans, Ecole de soins infirmiers). (ça
explique les selles explosives des nourrissons)
- La plus contagieuse des maladies est la vermicelle.
- Quand on a plus de dents, on ne peut mâcher que des potages.
- L'opération à coeur ouvert, c'est quand on ouvre la poitrine de la tête aux pieds.
- A l'école le médecin est venu pour le vaccin anti-titanic.
- Dans les écoles, les médecins vaccinent contre le BCBG.
 
VOCABULAIRE
- Quand on est amoureux de sa mère, c'est le complexe d'Adipeux.
- Quand on ne veut pas être reconnu, on voyage en coquelicot.   (c’est ma préférée : la plus poétique !!!)
- Le métier des fonctionnaires consiste à fonctionner.
- Les hommes qui ont plusieurs femmes sont des polygones.

 

"Débille"

Par Le 15/12/2012

C'est l'annotation d'un professeur sur un devoir de littérature d'un élève de lycée.

"Débille" avec DEUX L.

 

Au-delà de l'incommensurable bêtise de ce "professeur", je me demande surtout ce qu'il attend de cette remarque, de ce jugement, de cette insulte portée à un adolescent.

Des cas comme celui-là, il s'en produit des centaines par jour, des milliers peut-être dans toutes les classes de France.

Je hais considérablement ces enseignants. Je sais le mal qu'ils font, je sais quel est le traumatisme vécu par ces jeunes individus qui subissent quotidiennement l'ire névrotique de ces personnes censées les accompagner dans leur développement.

Je pense que ce milieu enseignant est peuplé de gens malades. Psychologiquement malades. C'est sans doute le pire scandale qui soit au coeur de la fonction publique.

Ils sont malades parce qu'ils n'ont aucune connaissance d'eux-mêmes et que cette absence d'observation des phénomènes internes qui les dirigent les empoisonnent continuellement. La raison en est très simple : ILS ONT PEUR.

 

Un enseignant n'ayant jamais oeuvré à sa propre connaissance agira de façon à recevoir la re-connaissance dont il a besoin pour exister. Il ne vit pas, il existe à travers sa profession et tous les éléments venant parasiter ou même s'opposer à cette re-connaissance dont il se nourrit seront des ennemis qu'il faudra soumettre, contraindre, humilier si nécessaire. C'est sa survie qui est en jeu. Les élèves ne seront jamais rien d'autre que des sujets devant apporter la considération sociale qui contiendra l'estime de soi dont cet adulte a besoin.

En l'absence de CONNAISSANCE DE SOI, on met en place des systèmes oeuvrant à la RE-CONNAISSANCE DE SOI.

C'est là que les conflits prennent forme. Des conflits externes parce que l'individu n'est rien en lui-même qu'un vaste chaos.

Cette estime de soi, au lieu de prendre forme à travers un travail spirituel, se forgera dans une posture frontale, une confrontation dont le professeur doit sortir vainqueur pour exister. Tout est bon pour y parvenir, la sanction, l'humiliation, les arrangements pervers à l'intérieur du groupe, la manipulation des esprits les plus soumis pour contraindre les plus retors.

 

"Ah, mais moi, je ne sais pas faire avec un garçon comme le vôtre, il faut l'emmener voir un psy."

Une phrase prononcée par une enseignante à une mère décontenancée.

L'institution protège ces enseignants-là, l'enfant est l'élément perturbateur, la famille est la source des perturbations. L'institution n'est pas responsable, les éléments qui constituent l'institution se soutiennent, cet enfant doit quitter le cycle "normal"...

 "NORMAL" ????

Mais cette institution est remplie de gens qui se conduisent de façon irresponsable. Est-ce cela la "normalité" ?

 

Monsieur Peillon (ni aucun Minsitre) ne changera rien parce qu'il ne s'attaque pas au problème majeur.

Il veut réformer la formation ? Qu'il commence donc par limiter le droit à se présenter uniquement pour des étudiants ayant mené des études de psychologie. UNIQUEMENT. Pas des masters d'économie ou d'archietcure ou de biologie moléculaire...Il faut une connaissance du développement de l'individu.

Qu'ensuite, il mette en place des suivis d'analyse de la pratique. Les conférences pédagogiques, formation continue et autres inspections, c'est un gachis de temps et d'énergie. Trois heures à écouter blablater un intervenant qui n'a sans doute jamais mis les pieds dans une classe. Chacun rentre chez soi et met les documents reçus à la poubelle. En 30 ans d'enseignement, je ne me souviens pas d'une seule séance de formation continue m'ayant apporté quelque chose d'indispensable.

L'analyse de la pratique consisterait à être observé en classe par des personnes ayant le cursus professionnel à même d'apporter une aide psychologique, existentielle, philosophique, relationnelle, affective, humaine...Des choses indispensables en quelque sorte...Toutes celles qui sont ignorées par l'institution.

Pourquoi est-ce que les techniques de "communication non violente" ne sont pas enseignées. Qui dans le milieu a entendu parler des travaux de Marshall Rosenberg ? 

Je connais des enseignants qui ont détruit des dizaines d'enfants, traumatisés, dégoûtés, saccagés, humiliés, et qui sont très bien notés par la hiérarchie, considérés même, portés aux nues... L'institution trouve dans ces enseignants-là la validation du système, évaluations, remédiations, graphiques, statistiques, projet d'école, travail d'équipe... Tous ces paramètres n'ont aucune valeur étant donné qu'ils sont au service d'un système destructeur. 

Qu'on demande aux Français quelle image première ils ont gardé de leur parcours scolaire ?

Est-ce que la souffrance, l'ennui, la peur, le dégoût, la colère, la révolte, l'absence, la soumission sont des réponses honorables ?

L'école est un service public.

Est-ce qu'un service public a le droit d'exclure, de détruire, de rejeter, d'humilier, d'abrutir, de soumettre ?

Quelle est la mission de l'école ?

Quelle est la mission des enseignants ?

Quels sont les moyens mis en oeuvre?

Est-ce qu'ils sont pertinents ?

Qui est habilité à juger du bon fonctionnement du système ?

Et bien, c'est la dernière question qui fait tout s'écrouler. Dès lors que les instigateurs d'un système sont les seuls à juger de sa pertinence ou de son efficacité, les résultats sont faussés. Toutes les structures chargées d'étudier les résultats des élèves ne tiennent compte que de l'aspect cognitif des résultats. Est-ce qu'un organisme indépendant au système s'est déjà interrogé sur le bien-être des élèves, leur développement spirituel ?

Rien que le terme "spirituel" est une aberration dans l'institution. Alors, comment pourrait-on espérer voir un jour une enquête sur le bonheur des élèves.

Un Inspecteur m'a reproché d'utiliser le terme de "méditation" et tenait à ce que je parle de "relaxation". Pourquoi ? 

 

A l'inverse de la méditation et de la dimension spirituelle, on voit aujourd'hui les enfants de maternelle qui sont ÉVALUÉS. Ils ont trois ou quatre ans et ils sont déjà étiquetés par l'institution. Le dossier va passer de main en main, le renforcement identitaire va s'imposer, peu à peu, tout le système oeuvrant à une reconnaissance du système...L'enfant catalogué devient une statistique.

"Il est en échec, il est en décalage, il est agité, il perturbe, il n'écoute rien, il est bête, il est "DÉBILLE."

 

LES PARENTS SONT BEAUCOUP TROP TOLÉRANTS. Cette peur de l'école, cette peur de s'opposer à l'enseignant, elle est extrêmement révélatrice de l'image générée par l'institution. L'école est un tribunal. Les parents y sont jugés. 

Le gouvernement veut s'occuper des élèves en difficulté...

Qu'il commence déjà par virer tout les enseignants qui détruisent ce métier, tous ceux et celles qui ont fait de l'école un centre de détention. 

Après, on pourra peut-être avancer.


 

La stratégie du choc

Par Le 15/12/2012

Journaliste, essayiste et réalisatrice, diplômée de la prestigieuse London School of Economics, Naomi Klein est l'auteur du best-seller international No Logo, traduit dans vingt-huit langues et devenu une référence incontournable dans le monde entier. Elle contribue régulièrement à la rubrique internationale de The Nation et The Guardian, et s'est rendue en Irak pour le magazine Harper's. En 2004, elle a réalisé un film documentaire : The Take, sur l'occupation des usines en Argentine, qu'elle a coproduit avec le réalisateur Avi Lewis

L'objet de l'ouvrage : le choc (et sa stratégie) est une métaphore ou un paradigme : le choc politique, économique, social est à un pays ce que la torture est à un individu. Ceux qui pratiquent cette violence extrême partent de l'idée qu'il faut effacer et déstructurer pour écrire autre chose : "Nous allons vous presser jusqu'à ce que vous soyez vide puis nous vous emplirons de nous mêmes" (G. Orwell, 1984, cité par l'auteur). En fait, c'est faux, bien sûr. Le pays ressort brisé pour des décennies comme l'individu qui parfois meurt ou devient fou. En outre, le choc appliqué au pays implique souvent la torture massive des opposants : il y a donc un lien entre le niveau individuel et le niveau global. NK illustre son propos avec les expériences criminelles d'Ewen Camron de l'université McGill dans les années soixante, expériences financées par la CIA, le programme MKUltra, la méthode Kubark (Partie 1).

Le second fil conducteur qui donne l'unité à l'ouvrage (de la première à la dernière page) est la dénonciation constante de l'idéologie de l'école de Chicago et de son maître à penser Milton Friedman (1912-2006), fils spirituel de Friedrich Hayek (1899-1992). On suit la piste de l'application de ces théories dans un certain nombre de cas entre les années soixante-dix et les années quatre-vingt-dix : les pays du cône sud américain, Chili, Argentine, Bolivie, Brésil (l'opération Condor), l'Indonésie, pour finir avec la Pologne, la Russie (Eltsine 1993) et l'Asie d'une façon générale. La piste en question pue l'odeur de terre brûlée et de charogne : les société sont ruinées, mais lorsque leurs économies finissent par se redresser, les populations ont sombré dans la misère et les élites se sont enrichies sur le dos des pauvres au-delà de toute décence démontrant ici dans tous les cas qu'il n'y à pas d'effet de percolation : l'enrichissement de l'élite n'a aucun effet positif sur la misère des masses (Parties 2 à 4).

Les parties 5 et 6 de l'ouvrage portent sur la seconde phase de l'application de la théorie de l'école de Chicago, en fait, son aboutissement extrême par une application méticuleuse grâce au 11 septembre (dont la nature exacte n'est pas réellement questionnée par l'auteur). Le capitalisme crée le désastre (Irak, Yougoslavie, Afghanistan) ou utilise les catastrophes naturelles (Tsunami au Sri-Lanka, Katrina) pour mettre en place le circuit fermé des profits liés à la destruction et à la reconstruction. Rien n'échappe plus à la privatisation. L'État corporatiste n'est plus qu'une coquille vide au sein de laquelle les dirigeants des grandes sociétés privées agissent sans contrainte et s'enrichissent sans limitation.

La partie 7 (et dernière) est une réflexion sur la globalisation d'un tel système qui mène manifestement vers la fiction de Ruffin dans Globalia. Les élites accaparant les plus beaux espaces de la planètes se protègent dans des zones vertes derrière des murs de sécurité, 25% à 60% de la population est mise au rancard. "zones vertes" et "clôtures" de sécurité sont déjà les paradigmes d'un apartheid global.

Ce livre est passionnant, mais sa lecture est un peu déprimante même si la conclusion tente d'exprimer quelques réflexions optimistes. Les pages de remerciement mettent en évidence un travail relativement collectif même s'il revient à l'auteur de l'avoir écrit. Quelque absences remarquées dans un index pourtant bien étoffé : AGCS, Bilderberg, PNAC .. Enfin, pour faire une lecture réellement intelligente de ce bon livre, lire préalablement Friedman (Captalism and Freedom) et même Hayek (La route de la servitude) serait peut-être une bonne idée.

Pilule mortelle (santé)

Par Le 14/12/2012

 

Pilule : Marion Larat, l'injustice transformée en combat

LE MONDE | • Mis à jour le

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Marion Larat doit déposer plainte pour "atteinte involontaire à l'intégrité de la personne humaine" contre le directeur général de Bayer Santé, auprès du procureur de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Elle est lourdement handicapée à la suite d'un accident vasculaire cérébral, dont elle estime que la pilule de 3e génération Meliane est la cause.

Comment dire l'immense injustice ressentie, la colère qui l'anime ? Marion Larat, 25 ans, tente de raconter sa vie brisée en s'agaçant de ne pouvoir convoquer les mots plus rapidement, "pfff...", en comptant sur ses doigts pour retrouver un chiffre, une date. Puis un silence, son regard s'absente. Elle bredouille, ne supporte pas de ne plus être celle qui parlait et pensait à toute allure. "Avant...", commence-t-elle souvent ses phrases.

Lire l'enquête (en zone abonnés) : Alerte sur la pilule de 3e et 4e génération

"Avant, j'étais vraiment bonne élève, avec un an d'avance." En juin 2006, Marion la jolie, Marion la brillante élève de classe préparatoire au lycée Montaigne de Bordeaux, vient de se frotter aux concours des grandes écoles de commerce. Quand, soudain, elle s'effondre, terrassée par un AVC massif. Un œdème se développe dans son cerveau, elle plonge dans un coma dont elle se réveille, trois jours plus tard, hémiplégique et aphasique. S'ensuivent neuf opérations au CHU de Bordeaux, des mois en centre de rééducation ; une lutte acharnée pour redevenir la Marion des interminables randonnées en montagne, des lectures de sociologie, et pour ne pas se laisser envahir par la dépression.

Car il lui faut l'admettre. Elle ne sera plus jamais cette femme-là. La nouvelle Marion est handicapée à 65 %, épileptique, sa main droite ne lui est plus d'aucune utilité (elle était droitière), sa marche et son élocution sont extrêmement laborieuses. Elle blâme le sort. Tente de reprendre ses études pour s'en découvrir physiquement incapable. Quand un jeune homme entre dans sa vie, en 2010, elle envisage de reprendre la pilule. La nouvelle gynécologue consultée demande transmission des analyses de sang faites à l'hôpital. Elle découvre alors l'anomalie génétique dont Marion est porteuse : le facteur II de Leiden, qui accentue la coagulation. Une contre-indication à la prise d'une contraception orale.

QUÊTE DE JUSTICE

En clair, c'est sa pilule, Meliane, qui a provoqué l'AVC. "Après ça, je n'ai pas dormi pendant un an. J'ai appris que 8 % des femmes avaient la même anomalie, donc j'ai réalisé que d'autres étaient mortes, que d'autres allaient mourir." Marion n'avait jamais entendu parler des dangers thromboemboliques de la pilule. Ne se savait pas davantage porteuse d'une mutation génétique – personne, dans sa famille, n'ayant connu le moindre accident de santé évocateur. En juin, la Commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux de la région Aquitaine, confirme le lien : "L'AVC est survenu dans les trois mois de la prescription du Méliane. Ces éléments constituent autant de présomptions graves, précises et concordantes permettant d'imputer la survenue de l'AVC à l'administration du Meliane."

Quelques mois avant, Marion avait vécu comme une violence la réunion d'expertise commandée par la commission. On lui a demandé si elle avait envisagé de mettre fin à ses jours. Que répondre lorsque ses parents sont dans la salle ? Ne pas se laisser dévorer par la colère... Ne pas rester à jamais la handicapée qui vivote avec 700 euros d'allocation mensuelle... Marion effectue, à tout petit rythme, un service civique. Idée lui vient de créer et de commercialiser des bas de contention moins laids que ceux qu'on lui a infligés à l'hôpital. Le nouvel Institut du service civique, lancé cet été par Martin Hirsch, fait d'elle une lauréate soutenue dans ses projets d'activité. Mais rien ne la fera dévier de sa quête de justice. Elle a renoncé aux indemnisations, espérant que sa voix porte devant le tribunal de grande instance. Toutes les autres jeunes filles, elles, doivent savoir

 


 

La justice défendra toujours les multinationales.
 
Les juges savent très bien qui distribuent l'argent.
 



 

Cadeau

Par Le 14/12/2012

Magnifique

Bon.

Par Le 12/12/2012

Rien à dire.

Et surtout, lassé de parler tout seul.

Pratiquement aucun commentaire alors qu'on va arriver à 30 000 visites et 80 000 pages lues sur l'année.

J'hiberne.

Bonne continuation à ceux et celles qui passeront par ici.

Burn out

Par Le 11/12/2012

Professeurs des écoles : le burn-out des débutants

Burnouthttp://www.formapex.com/formation-professionnelle/893-professeurs-des-ecoles-le-burnout-des-debutants?616d13afc6835dd26137b409becc9f87=8b99b2184315f706916bb8ad0b77de96

La Lettre de l’éducation publie une interview de Laurence Bergugnat, maître de conférences en sciences de l’éducation. Celle-ci parle d'une étude menée sur l’épuisement professionnel des enseignants débutants par sept chercheurs en sciences de l’éducation et en psychologie de l’université de Bordeaux II-IUFM d’Aquitaine. Ces derniers ont suivi une cohorte d’enseignants débutants pendant 3 ans, de la fin de leur formation à l’IUFM en 2008 à la fin de leur 2e année d’affectation. Soulignons qu’il s’agit donc d’une cohorte qui n’a pas subi de plein fouet la masterisation, la désastreuse réforme du ministre Chatel (on peut donc légitimement penser que les résultats obtenus pour ceux de 2008 seront bien pire pour les cohortes suivantes). L’échantillon initial se composait de 744 stagiaires de tous les IUFM de France, dont 45 % de professeurs des écoles, qui ont été interrogés six fois au cours de la période. Le travail est allé en se simplifiant pour les chercheurs puisque il ne restait que 84 “survivants” à l’arrivée. Soit une déperdition de près de 90 % de l’effectif initial ! On comprend que le ministère ne donne aucune statistique sur les abandons des (jeunes) enseignants. La question des démissions, année après année, reste l’objet d’une véritable omerta…

Voici ce que dit Laurence Bergugnat (passages mis en gras par nous) : « Notre étude montre des signes plutôt élevés d’épuisement professionnel, puisque 9,14 % des enseignants sont en burn-out au cours leur première année d’exercice. Ce phénomène se caractérise par trois symptômes : l’épuisement émotionnel, la dépersonnalisation de la relation avec les élèves - l’enseignant ne supporte plus l’élève ; il est incapable de lui manifester de l’empathie, de la bienveillance, et développe une attitude cynique, de rejet ou d’humiliation. Le troisième symptôme est le non-accomplissement : l’enseignant ne se réalise plus dans son travail. Ce sont les professeurs des écoles qui souffrent le plus d’épuisement émotionnel : 54,80 % d’entre eux sont concernés, contre 39,40 % des professeurs de collège et de lycée, 37 % des professeurs de lycée professionnel. »

Il est intéressant de noter que « c’est en agissant en amont, sur les sources de stress – telles que la surcharge de travail, la difficulté scolaire, le décrochage, l’hétérogénéité des classes, les dysfonctionnements de l’institution, le manque de valorisation, les conflits relationnels et le manque de respect des élèves - que l’on construit un climat scolaire de qualité. » Donc les sources de stress sont bien connues et inventoriées, même si rien n’est fait de sérieux pour y remédier au sein de l’Éducation nationale.

D’après Laurence Bergugnat, « les enseignants en burn-out font souvent le récit d’un enseignement traditionnel, qui exclut, isole, exige des élèves qu’ils restent tranquilles ». Ce qui n’est sans doute pas faux parce que  «  les enseignants en burn-out amènent leurs élèves à se sentir plus compétents ». Ils ont donc le souci de l’efficacité de leur enseignement : «  Le burn-out est corrélé à des antécédents personnels, en particulier le sentiment d’efficacité et les représentations du métier. » Par conséquent, les enseignants constructivistes sont moins victimes de burn-out, puisque dans les pédagogies “actives” l’efficacité de l’enseignement est loin d'être un enjeu crucial.

D’ici à ce que les chercheurs recommandent aux jeunes instituteurs de prendre leur métier avec moins de sérieux, d’exigences et d’ambition, il n'y a qu'un pas. À titre prophylactique bien sûr…

 

Indignation

Par Le 11/12/2012

« Quand je cesserai de m’indigner, j’aurai commencé ma vieillesse. » Gide

Ce monde a un intérêt. C'est qu'il entretiendra en moi une indignation éternelle, ce qui fait que je mourrai sans avoir jamais vieilli.

Ré(d)action suicidaire

Par Le 11/12/2012


Je suis effaré de ce tollé médiatique et c'est très représentatif des problèmes de fond au regard de tout ce qui concerne l'existentiel.

Qu'on ne vienne pas dire que les adolescents ne sont pas concernés par ce genre de drame et qu'il est inutile d'en parler avec eux, ni encore moins de les faire réfléchir, ni même de proposer un travail de création littéraire, ni même de considérer qu'ils pourraient, un jour, être touchés par cette infinie douleur du "dégoût de soi"...Non, non, fermons les yeux, bouchons-nous les oreilles, ne les regardons pas ces jeunes, tout va bien tout va bien..;

Je ne rappellerai pas les statistiques du suicide chez les jeunes, c'est terrifiant. Une réalité.

Il s'agissait d'un TRAVAIL accompagné, d'une réflexion personnelle ayant une finalité de création littéraire tout autant que de plonger les adolescents dans des tourments, qu'ils soient personnels ou pas ne changent rien. S'ils ne sont pas concernés, ils auront comme tâche d'aller chercher en eux cette réalité qu'ils ignorent, s'ils sont concernés et que ces pensées les ont déjà assaillis, que cette tentation les a effleurés, ils auront l'occasion de les partager. La parole est un baume salvateur.

Les parents qui l'ignorent devraient s'ouvrir et écouter. 

Quelles sont les raisons de cette indignation ?

L'énoncé était trop violent ? Mais je rappelle que l'Education nationale impose aux professeurs d'étudier Baudelaire ou Appolinaire, que le travail des adolescents consistent à extraire de ces textes la noirceur et le dégoût de la vie, les angoisses et les folies. Aucun parent ne s'en  émeut. Ces parents vont-ils s'opposer à "La nausée" de Sartre ? Vont-ils refuser "L'étranger" de Camus ?

Non, ils ne diront rien parce que, pour eux, ça ne concerne pas leurs enfants. Ce sont des délires d'écrivains névrosés. Mais vos enfants aussi sont névrosés, comme vous, comme moi, comme TOUT LE MONDE ! 

Et ceux qui n'iront jamais explorer les gouffres finiront par y tomber. LISEZ DONC VICTOR HUGO BANDES D'IGNARES !!

Cette fois, ce professeur, plutôt que de s'en tenir à des études de textes abscons pour beaucoup, propose une introspection. Et là, on crie à l'horreur ?

Pour quelle raison ?

"Parce que chez nous, on ne parle pas de ça, Monsieur. Tout le monde va bien."

Et bien tant mieux, profitez-en, ça pourrait ne pas durer. L'absence de paroles ne signifie pas que tout va bien. Juste que pour l'instant, les effets de cet étouffement sont contenus.

Qu'imaginent-ils ces parents ? Que leurs enfants n'en parlent pas entre eux, qu'ils n'ont pas de jeux suicidaires quand ils roulent en scooter avec le casque posé comme un béret ? Qu'ils n'ont pas de pulsions morbides ? Qu'ils ne vont pas aller se piquer une nuit ? Qu'ils ne vont pas aller faire l'amour sans capote ? Qu'ils ne vont pas rouler bourré ? Que tout va bien, que tout va bien, que tout va bien...

J'ai l'impression d'entendre parler la famille Groseille (la vie est un long fleuve tranquille)

Rappelez-moi déjà quels sont les films qu'ils sont allés voir dernièrement ? Il n'y avait pas de découpage de viande ? Aucun meurtre, pas de suicidé, pas de sérial killer, pas de torture, pas de mort ? Pourquoi TF1 cartonne avec ses séries américaines ? On n'y parle pas de mort là-dedans ? Pourquoi les laissez-vous regarder ces boucheries perpétuelles ? Vous n'êtes pas offusqués là ? Comme c'est bizarre...

-Non, non, pas de mort, chez nous tout va bien, on ne s'intéresse pas à ça."

MAIS VOUS ETES CONS OU VOUS LE FAITES EXPRES !!!

Ce professeur propose aux adolescents un travail qui les touche, le travail de toute une vie : ALLEZ VOIR EN SOI.

Et il est suspendu...

Oui, ce monde est taré, ce monde est débile, ces adultes sont des ignares, des crétins finis, des incapables.

Et si un jour, ces parents sont appelés à la morgue de l'hôpital pour aller identifier le corps de leur enfant, qu'ils ne viennent pas pleurer que la vie est injuste.

La beauté féminine

Par Le 09/12/2012

Soirée Miss France... il ne s'agit pas d'un talent, juste d'un don de la nature. Je connais des skieuses, des alpinistes, des artistes peintres, des "écrivaines", qui ont une beauté naturelle éblouissante mais qui ont avant tout un talent qu'elles travaillent, qu'elles exploitent, qu'elles approfondissent et c'est là qu'elles trouvent une beauté admirable. Le reste, c'est juste un cadeau. Et que la télé mette en avant cet aspect de la femme en délaissant totalement celles qui oeuvrent à l'exploitation d'un potentiel physique et psychologique, ça me désole. L'impact sur les enfants est désastreux... Voilà par exemple ce que j'appelle la beauté féminine.

JUSQU'AU BOUT : Lucidité de l'angoisse

Par Le 09/12/2012

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Il se réveilla heureux. Il retira rapidement le rideau et regarda le fourgon vert. Il ne vit aucun mouvement. 8h30. Ils étaient déjà partis.

L’impression de rattraper des heures de sommeil. Les deux journées de vélo ne lui avaient laissé aucune courbature. Il s’en félicita. Il enfila un short et sortit. Ciel nuageux. Une légère couverture dentelée, comme une haleine glacée. Pour le bleu du ciel, ça devait être agréable de se glisser sous des draps aussi accueillants. Nulle menace dans cette vapeur suspendue.

Il décida de marcher. L’envoûtement des pas, le retournement vers soi… Plonger à l’intérieur. Le goût d’un bonbon de son enfance. Il revenait régulièrement. Il n’aurait su le décrire mais il le ressentait pourtant. Ce n’était pas dans la bouche mais dans une mémoire profonde, diffuse, insaisissable, un abysse impossible à situer. Comme un envahissement. Qu’y avait-il d’autre dans ces endroits inexplorés ? Etait-il possible de remonter plus loin dans le temps ? Une mémoire à l’échelle de l’humanité se cachait-elle en nous ? Une mémoire à l’échelle de l’univers, était-ce possible ? Portions-nous bien plus que nos simples souvenirs ?

Enflammé par les idées, il se prépara joyeusement et partit. Il délaissa les sentiers et s’enfonça sous les arbres. Une borne d’altitude placée sur la carte. C’était son objectif. Entraînement pour le Grand Nord.

Méandres sous les pinèdes, franchissements de talus, remontées de flancs rocailleux, faire le point avec la boussole, tracer un azimut, prendre des repères…

Il essaya de replonger dans la discussion de la veille. L’opposition entre l’essence et la personnalité. Où en était-il ? Un fouillis de pensées lui brouilla rapidement l’esprit. Désagréable malaise. Comme un travail titanesque, une odyssée périlleuse, sans aucune balise. En était-il capable ? Il décida de chercher parmi les écrivains ceux qui auraient pu s’intéresser à cette théorie et qui l’aurait analysée. Il n’en trouva aucun et il perdit les quelques réflexions personnelles qu’il avait réussi à extirper des méandres de son cerveau agité.

Il s’arrêta pour rectifier son cap avec la boussole. La traversée d’une zone de feuillus encombrée d’arbustes épineux et de taillis serrés l’avait écarté de son axe.

Lorsqu’il voulut reprendre le fil de ses réflexions il n’en restait qu’un capharnaüm indescriptible. L’impression de devoir tout reprendre à zéro. Il en garda une pénible sensation d’impuissance et décida finalement de ne penser à rien et de se concentrer sur la marche.

Les parfums de résine, les chants joyeux d’oiseaux invisibles, les couleurs chatoyantes des frondaisons, la découverte curieuse d’un nouveau paysage, quelques traces d’animaux dans une boue séchée, des sentes discrètes qu’il suivit silencieusement attisèrent peu à peu cet abandon.

Et pourtant ce dépit, cette déception tenace. Ce n’était pas ainsi qu’il parviendrait à progresser dans sa propre connaissance et la désillusion le rattrapait. Une lutte inéluctable, comme si les pensées ne pouvaient cesser de se combattre, de se chevaucher, de se contredire, il voulait cesser de penser et devait y penser pour y parvenir. Désirer l’apaisement et créer dès lors les conditions favorables à l’émergence du dégoût, une nasse inévitable, ce dégoût de l’impuissance en lui.

En débouchant dans une clairière, il s’aperçut que la couverture nuageuse s’était déchirée et que des taches de bleu parsemaient le tissu tendu du ciel. Une étrange similitude avec les différents états dans lesquels il évoluait depuis quelques mois. Les trouées éparses pouvaient représenter les quelques moments de clairvoyance qui parvenaient parfois à déchirer la masse compacte de son engourdissement. Les eaux boueuses du lac. La nature, quand on l’observait réellement, offrait de multiples possibilités d’analyses de l’existence. Mais cette simple observation restait insuffisante si l’on désirait parvenir à une conscience supérieure. Comme un simple jeu enfantin, une connivence imaginaire. Il en resta troublé puis l’idée jaillit brutalement comme un éclair de lucidité, une fulgurance qui faillit le renverser !

Il s’arrêta.

Le ciel, comme son esprit, procédait de la même façon, ils étaient semblables et égaux dans leurs existences ! Il ne s’agissait pas de se comparer occasionnellement à un élément de la nature mais de vivre comme cet élément, aussi fragile ou déterminé que lui, aussi troublé ou apaisé. Identique. Lui, simple être vivant, membre à part entière d’une nature vivante, il ressentait les mêmes troubles, les mêmes agitations, les mêmes apaisements qu’un ciel, qu’un lac, qu’un arbre ou qu’un insecte. Leurs effets étaient sans doute différents dans leurs matérialisations visibles mais leurs causes restaient communes. Les ouragans ou les tremblements de terre pouvaient donc représenter les conséquences d’un trouble profond de la planète, trouble assimilable à celui d’une crise de nerfs chez l’homme.

Durant quelques secondes, cette idée lui sembla totalement folle puis finalement cela lui parut évident. Les animistes l’avaient ressenti depuis longtemps. Cette terre était vivante, tout comme lui et il la percevait enfin dans sa réalité. Tous ces textes ésotériques qui prenaient, à travers cette vision, une portée considérable, ces réflexions qu’il n’avait pas su saisir, ces témoignages incompris.

Mais si cette nouvelle conscience s’avérait exacte, tout ce que l’homme infligeait à la nature devait la plonger dans une totale incompréhension vis à vis de cette humanité.

« Pourquoi cette espèce vivante me cause-t-elle autant de douleurs ? »

Cette question devait résonner à chaque instant dans l’âme de cette planète. Il en eut honte. Terriblement honte. Aucune autre espèce vivante ne se permettait un tel affront, l’idée d’une atteinte physique inconsidérée et injustifiée ne pouvant sans doute même pas s’éveiller dans l’esprit d’aucun des autres membres de cette vie. Le plus incroyable étant d’entendre ces hommes accuser la montagne meurtrière, la mer implacable, les volcans cruels d’avoir emporté quelques vies humaines. Mais pouvait-on honnêtement demander à cette planète de rester impassible juste parce que nous vivions à sa surface ? La puce qui nous sautait dessus ne nous demandait pas de rester immobile et de cesser toute activité. Elle savait bien qu’elle prenait un risque en s’aventurant sur cette surface vivante, mouvante et colérique. Elle en assumait la décision. Nous étions bien les seuls à oser nous plaindre des phénomènes inhérents à la vie de notre vaste foyer.

Il essaya de recentrer chacune de ses pensées et d’en retirer un résumé, une formule parfaite, un condensé précis qu’il pourrait facilement transmettre aux hommes qui seraient prêts à l’écouter. Il ne trouva rien de simple. Vouloir limiter de telles réflexions revenait systématiquement à en perdre un aspect et à donner à l’ensemble une impression farfelue. On ne l’écouterait même pas, on se moquerait de lui, il s’en doutait bien et entendait déjà les railleries. L’humanité s’était enfermée dans une vision restrictive mais rassurante, une hégémonie qui satisfaisait son désir narcissique. Vouloir établir une égalité d’existence, une similitude dans nos émotions avec un brin d’herbe ou une fourmi relevait de l’utopie absolue. Personne ne l’écouterait.

Il pensa à Nelly et à Jean-Jacques. Un possible partage.

Le retournement vers soi. Il ne s’agissait pas de se contenter d’un regard humain mais d’instaurer un regard différent, neuf, épuré, jusqu’à l’effacement de cet humain. Qu’il ne reste qu’une forme de vie en symbiose avec d’autres formes de vie. L’oubli de soi, quand il ne s’agit que d’une forme aiguë de prétention, était la clé nécessaire à cette ouverture vers le monde. Il tenait la solution et la joie qui le gonflait aurait pu le faire voler au-dessus de la cime des arbres.

Ce fut comme une naissance et l’accession à une nouvelle lumière.

Pas, cette fois, la lumière artificielle d’une salle d’hôpital mais la lumière de l’univers. Un rayonnement d’étoile, un embrasement au cœur de ses fibres, un noyau en fusion, une âme libérée, un envol. Des vagues de frissons qui cascadent.

Un autre état de conscience, différent de celui prôné par l’esprit humain. Un état naturel. Un état de connivence avec le monde. Nous serions donc en dehors de la vie, attachés comme du bétail à tirer dans une fuite aveugle des fardeaux imposés, à nous abrutir jour et nuit de drogues licites, à nous interdire, par tous les moyens, de nous observer. Il pensa à ses journées de travail, à ses six heures en classe, à ses deux heures au bureau, à l’entretien de son logement et de son fourgon, de son vélo et de toutes ses petites affaires, aux courses, à la télévision et à la radio, à ces informations d’un monde en débâcle, aux discussions sur le mauvais temps et le prix de l’essence, et à tous les passe-temps dérisoires pour occuper les dernières minutes de cette mort camouflée dans une journée quotidienne. Toutes nos activités nous tournaient irrémédiablement vers un extérieur artificiel, à des distances considérables de nous-mêmes et du monde. De notre complicité avec ce monde. Nous étions tous dans un état de non vie.

Il s’assit au sommet d’une butte. Il dominait la cime des arbres. Le paysage devant lui s’étendait jusqu’à l’horizon. Il eut peur brutalement de ce qu’il découvrait.

Il eut peur du moment où il redescendrait parmi les morts.   

Il eut envie de leur parler. Il eut pitié d’eux. Pour la première fois, il aima l’humanité. Pendant quelques secondes. Pourquoi cette humanité avait-elle abandonné ce bonheur ?

Il chercha… Et comprit qu’il ne devait pas le faire. Chercher, c’était encore faire appel à l’esprit humain pour répondre à une question qui concernait un ordre planétaire, une harmonie universelle d’où l’homme s’était retiré.

Il déposa son sac, sortit sa serviette et l’étala. Il se déshabilla et s’allongea au soleil. Les yeux fermés.

Une brise légère mais régulière coiffait le sommet dégagé et repoussait les insectes. Il pensa aux rennes de Scandinavie qui progressent sur les crêtes ventées pour se protéger des taons. Il suivit leurs longues marches. Vaste troupeau obéissant à des migrations séculaires, chaque individu posant ses pas dans les pas de ses ancêtres, acceptant la loi du groupe sans même y penser, perpétuant sereinement un ordre naturel. Un faucon survolait les troupeaux. La danse suspendue de l’oiseau le conduisit au bord de l’océan. Jonathan Livingstone l’accueillit. Le goéland avait acquis la liberté à travers le vol, il avait brisé les règles établies et choisi de développer des qualités extraordinaires pour éveiller sa propre connaissance. Mais s’il avait atteint une liberté sublime, il ne le devait qu’à une volonté farouche. Ce n’était pas un exemple accessible à tous. Le développement de cette connaissance hors du commun n’avait été rendu possible qu’à travers l’extrême perception et l’absolue maîtrise de son essence. Il avait retrouvé enfoui sous de misérables comportements quotidiens toutes les possibilités de son corps et de son esprit. De son être unifié. Aujourd’hui, le culte de la personnalité qui servait de référence ne représentait en fait que la consolidation d’un système pervers, nullement l’accession à cette connaissance supérieure. Ce n’était pas l’homme qui était promu mais sa totale participation à une vie de masse. Et les quelques individus parvenant à s’extirper de cette foule anonyme cautionnaient par cette fausse réussite un esclavage doré, totalement éloigné de toute essence. Rien ne s’éveillerait. Ce n’était pas l’homme libre qui pouvait jaillir mais juste l’homme privilégié, profitant avidement de l’opulence sordide des plaisirs offerts par ce système, l’embellissement frénétique des murs de la prison. Celui qui y parvenait apparaissait comme le plus heureux et le meilleur des hommes et la foule envieuse continuait à rêver avec le même enthousiasme aveugle, la même convoitise, se nourrissant d’espoirs de gloire et de fortune quand la paix de l’âme restait à portée de main, accessible à tous, sans distinction sociale, raciale ou d’intelligence. C’est l’esprit seul, sa sensibilité et sa capacité à goûter pleinement l’importance d’un brin d’herbe comme celle d’une étoile qui ouvrait les portes du monde.

Il s’étonna de la fluidité de son raisonnement. Il ne se souvenait pas avoir connu auparavant des éveils aussi flamboyants. Il ne pouvait certifier qu’il parviendrait à échanger de telles idées mais ce bonheur  était déjà si inattendu qu’il lui suffisait amplement. Il douta d’ailleurs d’une possible transmission. N’était-ce pas à chacun de constituer sa propre théorie ? Sa propre vérité…Opposée à cette vacuité terrible qui nous étouffait. Soudainement, encore une fois, le vide de l’existence telle qu’elle était instituée, lui brûla la gorge. Physiquement. Il s’assit, prit la gourde et avala plusieurs goulées d’eau fraîche. L’angoisse disparût mais la tension dans laquelle l’esprit s’était maintenu céda d’un coup. Les larmes coulèrent, librement, sur les joues, il fallait pleurer, il le sentait, c’était une délivrance nécessaire, pas une fuite ou un abandon mais un lien avec ce monde oublié et battu. La rencontre triste de deux consciences esseulées, la complicité fabuleuse de deux esprits en sursis, deux êtres condamnés à plus ou moins brève échéance, sentant au-dessus de leurs consciences effrayées la menace permanente d’un sabre que l’espèce humaine tenait fièrement.

Il refusa de sombrer dans les noirceurs et se releva. Il reprit son sac et s’engagea sur une sente. Il força son pas durant de longues minutes, crachant des bouffées de déprime dans les souffles jaillis de ses poumons, dans les brûlures de ses muscles, les gouttes de sueur qui voilaient ses yeux. Il sentit combien la peur pouvait étouffer les plus beaux sentiments, les plus intenses émotions. Il avait entrevu son retour parmi les hommes et la terreur qui s’était dressée l’avait tétanisé. Comment supporter ce mensonge immonde ? Ça ne lui semblait plus possible.

Il marcha comme un forcené, évadé d’une prison morale et qui court, qui court, sentant dans son dos la rage haineuse des morts.

Il serpenta entre les arbres, hors de tout objectif et de toute conscience réelle. Ce fut une fuite sans but. La douleur était en lui, les terreurs l’habitaient. Et il souffrait davantage encore de ne pas maîtriser ces assauts morbides, de ne pas parvenir au contrôle de soi et de devoir, pour trouver une certaine paix, consumer ses forces dans des défis déraisonnés.

Il atteignit un nouveau sommet, simple colline déboisée, ouverte sur les horizons. Dans la dernière montée, un vertige l’avait ébloui. Il décida de manger. Espérant surtout y trouver l’absence de pensées dont il avait besoin.        

Face à lui s’étendaient des pentes boisées, vastes mers de couleurs superbes sur lesquelles les rayons solaires, variant leurs inclinaisons et leurs intensités, jouaient pendant des heures. Il devina, sous le secret des frondaisons, les itinéraires répétés des animaux, leurs parcours ancestraux, incessamment agressés par des hommes envahisseurs. Il sentit l’angoisse pesante des espèces encerclées, les cris suppliants des arbres abattus, les râles étouffés d’une terre labourée, toutes ces souffrances quotidiennes qui resserraient impitoyablement sur des êtres fragiles leurs étreintes mortelles. Il aperçut au loin une brume étrange, surplombant une vallée invisible. Était-ce une vapeur échappée d’un lac ou la pollution d’une ville ? Embryon de pluie ou haleine putride. C’est de nos âmes que s’élevait ce poison. L’empreinte des hommes sur la Terre. Le cerf, au fond des bois, percevait le parfum pestilentiel des fumées d’usine, le ronflement des moteurs, le vacarme des avions, le hurlement aigu des tronçonneuses, les appels des chasseurs vers les meutes excitées des chiens. Même le parfum âcre de sa sueur agressait les narines des animaux aux abois. L’homme n’était toujours qu’une menace, que le complice cynique de la mort. Le dégoût. Il n’était qu’un humain. Les fumées de son fourgon, les routes dont il profitait, les champs sulfatés pour les récoltes forcées dont il se nourrissait, les bétails engraissés pour des populations obèses, les mers vidées par les filets dérivants, les centrales nucléaires pour des électricités gaspillées, les forêts vierges rasées pour des meubles coûteux, les fleuves agonisants sous les rejets nitratés, les décharges sauvages et les dépotoirs engorgés. On immergeait dans les fosses marines des containers de déchets radioactifs comme on jetait par les fenêtres des voitures un paquet de cigarettes. Le geste était le même. C’est la mort qu’on propageait.

Le dégoût.

Il ne voyait pas d’issue et sentait combien ses réflexions le conduisaient à une impasse. Si les animaux vivaient dans la peur permanente, la planète elle-même ressentait-elle cette angoisse ? Représentions-nous désormais le mal absolu ? 

Sa simple présence éveillait dans les arbres des frissons inquiets et les gens incrédules mettaient cela sur le compte du vent. Un pigeon passa devant lui. Son vol était puissant et rapide. Etait-ce une fuite, la recherche désespérée d’un dernier refuge ? On trouvait jusque dans les mers australes des traces de dérivés chimiques. Où pouvait-il aller ? Les feuilles des arbres, autour de lui, le regardaient avec des yeux terrifiés, des hordes d’insectes affolés fuyaient devant ses pas aveugles, les nuages empoisonnés pleuraient des larmes acides.

Les hommes avaient propagé la mort. Ils étaient son plus fidèle allié. L’humanité comme l’étendard de la grande faucheuse.

Le dégoût.

La violence du dégoût.

Il se leva et prit le chemin du retour. Un court instant, des désirs de suicide. Il en gardait sur les lèvres un goût sucré, presque bon, l’anéantissement salvateur de la culpabilité et l’impression d’un geste enfin à soi.

Il ne devait pas rester seul. Il en mourrait. C’était certain.

Tête baissée, il parcourut les bois, la mort aux trousses et c’est ce sentiment effroyable de la fin à venir que les hommes étouffaient sous des agitations frénétiques. Ne pas savoir, ne pas écouter ni sentir. Rien. Vivre dans l’aveuglement, juste pour se supporter. Nous étions la mort et nous le savions. Mais nous maintenions avec obstination l’interdiction de le dire.

Il finit par courir espérant que la violence de l’effort empêcherait toute intrusion raisonnée.

Arrêter de penser et ne penser qu’à cela.

C’était donc cela le rôle du sport. Juste le complice d’une dictature complexe. L’opium du peuple, un de plus.

Ne pas penser. Courir. Etouffer le dégoût sous des épuisements musculaires.

« Arrête de penser ! » cria-t-il dans le silence craintif des bois. Des sanglots échappés bloquaient ses souffles dans la gorge serrée.

« Arrête de penser, gémit-il, arrête, c’est plus supportable. »

A l’orée d’une clairière, il s’arrêta. Il ne se souvenait pas de cet espace dégagé. Il regarda autour de lui et ne reconnut rien. Au premier instant, il se dit qu’il était perdu mais l’absurdité de cette conclusion le frappa. Parmi les hommes il était perdu. C’est ici qu’il était quelque part mais il n’y trouvait pas les repères inculqués et se sentait totalement égaré.

Avant de s’effondrer, il fonça, droit devant.

Ce n’est pas le temps qui s’égrena mais la répétition mécanique de ses foulées, la force de ses respirations, l’usure de ses muscles, le choc dans son crâne des pas retombés, les crachats de salive qui suintaient aux coins des lèvres et les larmes salées qui coulaient de son corps comme un pus honteux.

Honteux.

C’est ainsi qu’il déboucha sur une route. Il reconnut l’accès au lac. Il était descendu trop bas. Il remonta le ruban goudronné et songea à ces milliards de kilomètres balafrant la planète, cicatrices sans cesse entretenues, élargies, renforcées, reliées entre elles par des réseaux de plus en plus étendus. Il crut devenir fou et comprit qu’il découvrait la vraie raison. Les fous, de leurs côtés, traçaient de nouvelles routes pour rejoindre plus rapidement leurs semblables.

Le parking, le fourgon. Il courut encore, s’engouffra, ferma la porte et sauta fébrilement sur la boîte de cannabis. Anesthésier les flots de pensées sous des brouillards parfumés, étouffer fébrilement des consciences insupportables.

 

 

Les bienfaits de la crise.

Par Le 08/12/2012

Prise de conscience, adaptation, changements des comportements, solidarité, partage... La capacité à innover de l'humain prend forme dans les étapes les plus redoutables.


http://alternatives.blog.lemonde.fr/2012/11/28/ce-million-de-revolutions-tranquilles/?goback=.gde_1416777_member_190570617

Le monde compte pas moins d’un million de révolutions tranquilles

Un million de révolutions tranquilles

C’est avec un doux mélange de modestie et d’enthousiasme qu’elle se défend d’avoir réalisé une encyclopédie mondiale des alternatives citoyennes. Pourtant, l’ouvrage de la journaliste Bénédicte Manier (Un million de révolutions tranquilles, paru aux éditions Les Liens qui Libèrent, 324 p.) offre un survol riche et passionnant des actions menées par les pionniers de la transition vers une société plus participative, solidaire et humaine.

Lutte contre la faim, habitats coopératifs, microbanques, ateliers de réparation citoyen, financement en autogestion d'emplois ou de fermes bio, échanges de biens, de services et de savoir, etc... tout y est ! Embarquement immédiat.

Une effervescence de terrain

benedicte manier photo jde

Bénédicte Manier - Photo @ jde

Journaliste à l’Agence France Presse (AFP) depuis 1987, Bénédicte Manier s’est spécialisée au fil des ans sur les questions de développement et de pauvreté des populations. Dans ce livre, elle propose un voyage itinérant au pays des solutions citoyennes appropriées aux enjeux du siècle – de la réhabilitation du réseau des johads (bassins creusés dans la terre pour recueillir les eaux de ruissellement et recharger les nappes phréatiques) au Rajasthan en passant par les réseaux de coopératives de production en Amérique Latine, des exemples de relocalisation des modes de vie aux systèmes de santé citoyen qui existent aux Etats-Unis ou en Belgique.

"Ces révolutions, j’ai l’impression de les connaître depuis toujours, confie-telle. J’ai croisé des quantités de domaines liés au développement local et j’ai profité de mes déplacements personnels pour ne pas passer des vacances idiotes. Je suis donc allée voir sur place ce dont j’ai entendu parler".

L’auteur confirme ainsi son intuition : ces initiatives se multiplient partout à l’identique - ou presque - en dépit de leurs domaines d’application très variés (habitat, santé, consommation, etc.) et de leurs conditions de développement, dans les pays industrialisés ou émergents. "Certains de ces mouvements existent depuis trente ans, mais la crise accélère le développement des alternatives", note la journaliste pour qui les inspirations à l’origine de ces révolutions sont également les mêmes où que l'on soit. "Les citoyens répondent au même désir, et nous avons affaire à une effervescence de terrain qui concerne des millions de personnes dans le monde", explique l'auteur.

Pour elle, ces évolutions ne sont pas marginales : elles se développent au cœur des sociétés et les classes moyennes qui sont au cœur du changement. Et elles posent une question : qu’est-ce qui fait que les gens mettent en place des alternatives identiques sans se connaître ?

Le rôle du politique

Un élément de réponse se trouve peut être dans l'incapacité du monde politique à comprendre réellement la portée ces actions". Les citoyens ne sont pas contents du système dans lequel ils vivent et tracent eux-mêmes les voies du changement, à tel point que leurs dynamiques prennent de vitesse le politique et le secteur privé : "alors que la défense de l’intérêt collectif voudrait que le monde politique soit plus à l’écoute, le système actuel ne répond pas à ses aspirations", regrette Bénédicte Manier pour qui cela signe la fin d’une époque, comme elle me l’a confié dans la pastille sonore suivante:

Mais si ces initiatives citoyennes sont possibles, c'est aussi par l’existence d’une démocratie qui garantit la manière dont la société civile peut prendre les choses en main. "Je ne suis pas allée enquêter en Chine ou en Russie, mais je n’y ai pas repéré pour l’instant ce type de dynamique" souligne Bénédicte Manier.

D'ailleurs, ces révolutions ne se font pas contre le politique, mais bien plutôt en parallèle. "Les citoyens qui agissent le font parce qu’il faut le faire. Bien souvent, le pouvoir politique ne les soutient pas car ils croient d’avantage dans les grosses infrastructures de développement, les moyens simples ne sont plus dans leur imaginaire", estime-t-elle tout en soulignant qu'il est possible d'observer de la collaboration et de la bienveillance publique dans certains pays, comme au Brésil ou en Argentine. A Rosario par exemple, la municipalité a recensé les terrains et aménagé 60 hectares de terrains vacants pour y permettre le développement de 800 jardins communautaires qui nourrissent 40 000 habitants (sur les 1,2 millions que compte l'agglomération). Cela a relancé l’économie locale et prouve à quel point le soutien politique peut faire la différence.

Une "réappropriation" du monde

Au fil des pages, on mesure l'ampleur de la réappropriation du pouvoir citoyen. La journaliste explique: "pendant un temps, le citoyen s’est effacé devant le consommateur : on a tout fait pour lui, on lui a amené des supermarchés, du made in China, etc. jusqu’à ce qu’il se rende compte que ce type d’économies a des effets négatifs en terme d’emplois, qu’il engendre une perte de qualité, des crises sanitaires et autres excès".

Le temps est venu du changement par la proximité, le partage et le collaboratif : le succès des AMAP et autres initiatives relevant de la consommation collaborative ne montre-t-il pas qu’il est possible de retrouver une qualité et une transparence? Il est aisé d'agir sur notre environnement immédiat. Le changement concret permet de la réappropriation et l’entrée dans l’ère de la post-mondialisation où les sociétés changent peu à peu leurs valeurs.

Les jeunes entrepreneurs sociaux mènent aussi des projets enthousiasmants: ils ont envie de créer des circuits, des plateformes de distribution de produits bio, des coopératives d’énergie verte, des entreprises de service de proximité – avec une économie tournée vers les besoins des population. Et cette économie est aussi profitable que l’économie traditionnelle, à la différence que ce profit est mis au service d’une logique positive pour la société.

A bon entendeur...

Anne-Sophie Novel / @SoAnn sur twitter

Crise parentale.

Par Le 06/12/2012

Et une fois que le diagnostic est posé ?


Éducation : une famille sur deux désemparée

Mots clés :

Par Agnès Leclair Publié Réactions (10)
Plus de la moitié des jeunes interrogés déclarent éprouver ou avoir éprouvé des difficultés scolaires.
Plus de la moitié des jeunes interrogés déclarent éprouver ou avoir éprouvé des difficultés scolaires. Crédits photo : age fotostock/Stuart Pearce

Certains parents souffrent de ne pas pouvoir protéger leurs enfants comme ils le souhaiteraient.

Les parents sont-ils au bord de la crise d'éducation? Aujourd'hui, une famille sur deux estime qu'il est difficile d'élever ses enfants, selon une enquête de l'observatoire des jeunes et des familles de la fondation Apprentis d'Auteuil. C'est le sentiment de ne pas pouvoir les protéger autant qu'ils le souhaiteraient qui prédomine. Un quart des parents partagent cette inquiétude. Pour autant, leur «malaise» éducatif semble diffus et les sondés peinent à en définir les contours.

Certaines familles sont désarçonnées par le comportement ou les réactions de leur descendance (17 %), d'autres évoquent des difficultés à fixer des règles et des limites (13 %) et une sur dix avoue avoir déjà eu besoin d'une aide extérieure pour les seconder dans leur tâche éducative. Mais aucun écueil n'est pointé unanimement par les parents, selon cette enquête pour laquelle OpinionWay a interrogé 1024 foyers ayant au moins un enfant à charge, 1005 jeunes de 18 à 26 ans et 250 jeunes d'Apprentis d'Auteuil du même âge. «On ne peut pas parler d'un sentiment d'incompréhension entre parent et enfants», analyse Cédric Leva, responsable de l'observatoire.

«Il a besoin d'un cadre», «je ne sais plus comment m'y prendre avec lui» sont les phrases leitmotiv des adultes qui appellent le numéro azur de la fondation d'Auteuil pour raconter et trouver une issue à leurs problèmes éducatifs. «L'appelant type est une mère monoparentale et la majorité des appels concernent des garçons de 11 à 15 ans puis les 16 à 18 ans», décrit Marie de Saint-Laurent, directrice du service d'écoute. Les parents désemparés n'affichent cependant pas tous le même profil socioculturel. «Nous sommes aussi contactés par des familles aisées mais qui se retrouvent face à des difficultés majeures qu'elles n'iraient pas confier à une assistante sociale», souligne-t-elle.

«Ça ne va pas à l'école»

La conversation débute souvent de la même manière. «Ça ne va pas à l'école», commence par lâcher le père préoccupé ou la mère soucieuse. Nombre d'entre eux disent même envisager la solution de l'internat. «On sent chez eux une grande angoisse de l'avenir. Certains craignent aussi des dérapages avec les fréquentations du collège», explique Marie de Saint-Laurent. Plus de la moitié des jeunes interrogés (54 %) déclarent d'ailleurs éprouver ou avoir éprouvé des difficultés scolaires.

En deuxième rideau, «les appelants finissent souvent par décliner des complications familiales», poursuit la directrice du service d'écoute. Un ennui de santé, un père absent, une brouille… Le discours ambiant ne ferait rien pour les rassurer. «Ils éprouvent la culpabilité d'être de “mauvais parents”, notamment vis-à-vis de l'école. Parfois, ils n'osent même plus appeler tant ils ont peur d'être jugés pour l'absentéisme ou le décrochage de leur enfant. Ceux qui travaillent et ne peuvent pas obliger physiquement ces derniers à s'y rendre traversent de grosses crises d'angoisse», raconte Marie de Saint-Laurent. Côté enfants, la famille - avec ou sans accroc - garde cependant son image de cocon. 78 % des 18-25 ans s'y sentent en sécurité tout comme 72 % des jeunes d'Apprentis d'Auteuil au parcours plus heurté.

La divinité humaine

Par Le 05/12/2012

http://www.syti.net/LegendeHindoue.html

Une vieille légende hindoue raconte qu'il y eût un temps où tous les hommes étaient des dieux. Mais ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahma décida de leur ôter le pouvoir divin et de le cacher à un endroit où il leur serait impossible de le retrouver. Le grand problème fut donc de lui trouver une cachette.

Lorsque les dieux furent convoqués à un conseil pour résoudre ce problème, ils proposèrent ceci: "Enterrons la divinité de l'homme dans la terre."

Mais Brahma répondit: "Non, cela ne suffit pas, car l'homme creusera et la trouvera."

Alors les dieux dirent: "Dans ce cas, jetons la divinité dans le plus profond des océans."

Mais Brahma répondit à nouveau: "Non, car tôt ou tard, l'homme explorera les profondeurs de tous les océans, et il est certain qu'un jour, il la trouvera et la remontera à la surface."

Déconcertés, les dieux proposèrent: "Il ne reste plus que le ciel, oui, cachons la divinité de l'homme sur la Lune."

Mais, Brahma répondit encore: "Non, un jour, l'homme parcourra le ciel, ira sur la Lune et la trouvera."

Les dieux conclurent: "Nous ne savons pas où la cacher car il ne semble pas exister sur terre ou dans la mer d'endroit que l'homme ne puisse atteindre un jour."

Alors Brahma dit: "Voici ce que nous ferons de la divinité de l'homme: nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c'est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher."

Depuis ce temps-là, conclut la légende, l'homme a fait le tour de la terre, il a exploré, escaladé, plongé et creusé, exploré la lune et le ciel à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui.



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