COMBIEN DE MILLIARDS ENGRANGES PAR LES LABORATOIRES ?
Les morts ne comptent pas.
Les vies brisées ne comptent pas.
EFFROYABLE.
Le cas de cette jeune femme et de toutes celles qui subissent en Inde et dans le monde, les mêmes abominations.
Le fait que les gens se plaignent que les dirigeants ne soient pas assez sévères est totalement légitime. Aucun gouvernement ne DOIT tolérer cette violence faite aux femmes.
Mais ce qui est terrifiant, à mes yeux, c'est que la loi fasse office de garde fou, qu'elle devienne le seul barrage.
Les lois sont à la mesure de la dégradation des humains.
Il est interdit de violer, interdit de tuer, interdit de torturer, interdit de porter atteinte à la personne.
Fallait-il donc que ça soit écrit dans un texte de lois ?
C'est ça, aussi, que je trouve effroyable...
Et il semblerait, pourtant, que nous soyons une espèce évoluée...
http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL5E8NS90420121229?pageNumber=3&virtualBrandChannel=0
(Actualisé avec mesures de sécurité, déclarations §§5,9,10)
par Kevin Lim et Eveline Danubrata
SINGAPOUR/NEW DELHI, 28 décembre (Reuters) - La jeune femme dont le viol en bande organisée à New Delhi a provoqué un mouvement de colère et d'indignation en Inde est décédée vendredi à l'hôpital de Singapour où elle avait été transférée au lendemain de Noël.
"Nous sommes très peinés d'annoncer que notre patiente s'est éteinte paisiblement à 04h45 locales (16h45 GMT). Sa famille ainsi que des représentants de la Haute-Commission de l'Inde (ambassade) étaient présents à son chevet", a déclaré dans un communiqué Kelvin Loh, directeur de l'hôpital Mount Elizabeth.
Âgée de 23 ans, cette étudiante en médecine a été sauvagement agressée et violée le 16 décembre pendant près d'une heure à l'intérieur d'un minibus. Ses agresseurs l'ont ensuite jetée du véhicule en marche.
La sauvagerie du viol dont elle a été la victime a déclenché à New Delhi un mouvement de protestation et de dénonciation des violences faites aux femmes.
Par crainte de nouvelles manifestations, les autorités de New Delhi ont fermé des stations de métro et interdit à la circulation le quartier du centre ville, théâtre de la protestation ces derniers jours.
Les manifestants, qui ont affronté parfois durement les forces de l'ordre, ont réclamé un renforcement des moyens mis en oeuvre pour assurer la sécurité des femmes dans une ville où, en moyenne, un viol est signalé à la police toutes les dix-huit heures.
Les médecins singapouriens avaient auparavant indiqué qu'elle souffrait d'un important traumatisme cérébral et "luttait contre la mort". Elle avait été victime d'un arrêt cardiaque et d'infections pulmonaire et abdominale.
MALAISE GÉNÉRAL"
Le Premier ministre Manmohan Singh a déclaré samedi être profondément attristé par la nouvelle de la mort de la jeune femme et a exprimé son souhait que les "émotions et énergies" déclenchées par l'événement soient utilisées de manière "constructive".
La ministre en chef de l'État de Delhi, Sheila Dikshit, a quant à elle exprimé son dégoût.
"C'est un moment honteux pour moi, non seulement en tant que ministre en chef mais également en tant que citoyenne de ce pays."
Pour beaucoup d'observateurs politiques, de sociologues et de manifestants, le viol de la jeune femme a été un élément déclencheur, les Indiens considérant que le gouvernement délaisse les questions économiques et sociales.
"Les gens ne réagissent pas juste à un viol. Ils réagissent face à un malaise général, à leur frustration concernant les dirigeants. Ils ont le sentiment que ceux-ci sont complètement déconnectés", explique l'analyste politique Neerja Chowdhury.
New Delhi est la ville d'Inde où les crimes sexuels sont les plus fréquents.
Un viol y est enregistré toutes les 18 heures par la police et 24.206 agressions sexuelles ont été rapportées cette année, une hausse de 9,2% par rapport à 2011.
Mais la brutalité de l'agression du 16 décembre a déclenché les plus importantes manifestations depuis des rassemblements contre la corruption qui avaient fragilisé le gouvernement du Premier ministre, il y a un an et demi.
Depuis ce viol collectif, les autorités ont promis un renforcement des patrouilles pour assurer la sécurité des femmes rentrant du travail ou de quartiers animés, une hausse du nombre de bus de nuit et la mise en place de comparutions rapides en justice dans les cas de viols et d'agressions sexuelles.
Mais les manifestants attendent des mesures plus appropriées et un engagement ferme du gouvernement contre les agressions sexuelles. (Devidutta Tripathy, Ross Colvin; Henri-Pierre André, Jean-Loup Fiévet et Agathe Machecourt pour le service français)
http://www.inrees.com/articles/Charlotte-Valandrey-temoignage-d-une-memoire-cellulaire/

De coeur inconnu, Charlotte Valandrey
Le Cherche midi (Septembre 2011 ; 332 pages)
http://www.lefigaro.fr/impots/2012/12/21/05003-20121221ARTFIG00624-gerard-depardieu-ses-amis-prennent-sa-defense.php
La lettre ouverte de Philippe Torreton attaquant dans Libération Gérard Depardieu de manière injurieuse a déclenché une avalanche de réactions en faveur de l'acteur. De l'«assez minable» lancé par le premier ministre Jean-Marc Ayrault, on est rapidement passé à la vindicte de Philippe Torreton. Ses insultes envers le comédien ont été condamnées dans les colonnes du Figaro par Pascal Thomas, Jérôme Savary ou encore Xavier Giannoli. Vendredi, ce fut au tour de Catherine Deneuve de manifester dans un billet d'humeur sa désapprobation à «Monsieur Torreton…».
Le courroux de la reine Catherine s'exprime par une allusion historique à la Révolution française: «Qu'auriez-vous fait en 1789, mon corps en tremble encore!» Le réalisateur Jean Becker, qui avait dirigé Gérard Depardieu dans La Tête en friche, répond: «Deneuve suggère que Torreton est un nouveau Robespierre. C'est un peu fort. Mais j'ai presque envie de lui donner raison. Vous voulez mon avis? Philippe Torreton est un con. Toutes ces années, Depardieu a bien travaillé pour la France. Qu'on le laisse tranquille!»
Ils sont en tout cas nombreux à revendiquer pour lui cette liberté. À commencer par la comédienne Jeanne Moreau: «Chacun est libre de faire ce qu'il veut de sa vie. Personnellement, les histoires d'argent ne me gênent pas, ce qui m'ennuierait plutôt, ce sont les amitiés avec les dictateurs… Mais toute cette polémique ne me regarde pas et ne m'intéresse pas.»
Pour le cinéaste Patrice Leconte, cette succession de lettres ouvertes publiées dans la presse «fait remonter à la surface les inimitiés, les rancœurs et les jalousies. Je suis proprement effaré des proportions prises par cette affaire qui n'en est pas une. C'est navrant. Je pense que les gens du métier se sont “balancés” parce qu'ils pensaient que c'était la fin du monde. Sinon, ils auraient fermé leur gueule.»
Grande amie de Gérard Depardieu qu'elle a transformé en comte de Monte-Cristo, la réalisatrice Josée Dayan s'insurge contre les propos de Torreton et se dit «solidaire de la réponse de Catherine Deneuve et de celle de Fabrice Luchini». Ce dernier avait déclaré à Sud-Ouest: «Quand on attaque Depardieu, il faut avoir une filmographie solide. Moi, je ne fais pas de leçon de morale. Chacun dit ce qu'il veut.»
Les blessures profondes
Jean-Pierre Améris - qui vient de faire tourner Depardieu dans L'Homme qui rit d'après Victor Hugo (sortie le 26 décembre) - voit surtout en lui l'humanité et la poésie du génial comédien: «J'ai été surpris et choqué par l'attaque de Torreton: ça ne se fait pas entre gens du métier. Il devrait savoir qu'un acteur, c'est double, c'est triple, et que sa vérité est au moins autant sur scène et à l'écran que dans la réalité. A-t-on envie de savoir que Chaplin était radin? Souvent les acteurs ont un côté scorpion, autodestructeur et il y a de cela chez Gérard Depardieu, éternel gamin, éternel voyou, provocateur, avec cette tentation de gâcher les choses.»
Sa fille Roxane, 20 ans, connaît bien les blessures profondes de son père. Elle lui a d'ailleurs écrit une déclaration d'amour sur lepoint.fr dans laquelle elle écrit: «Mon père est mis sur la sellette comme pour le procès d'un grand criminel (…). Malgré sa notoriété, c'est un homme que j'ai toujours vu vivre dans une grande simplicité et proche des gens. Il explore le monde avec excès. Il aura marqué le siècle avec une émotion que seul un grand cœur peut contenir.»
Jean-Pierre Améris renchérit: «Il faut voir tout ce qu'il nous a donné, tout ce qu'il est capable de donner encore. Il n'est pas dans une tour d'ivoire, il s'expose, il prend des risques, avec une générosité et une humanité rares. On ne peut pas demander à une nature aussi exceptionnelle de faire tout bien. Il y a en lui des gouffres qu'il essaie de combler. Il est dans une fuite en avant, partagé entre pulsion de mort et avidité de vivre. Il me rappelle cette phrase de Victor Hugo qu'il prononce dans L'Homme qui rit: “Si seulement on pouvait sortir du malheur comme on sort d'une ville.”»
Le problème, pour moi, n'est pas de savoir si c'est bien ou pas. On s'éloigne de la cause. Pourquoi est-ce qu'autant de gens fortunés quittent le pays ? Voilà la seule question à laquelle il faut répondre. Nous ne vivons pas dans une geôle, les portes sont ouvertes.
Depardieu en a assez d'être taxé d'une façon qu'il juge démesurée. Il a de l'argent et il donne du travail à un grand nombre de personnes (restaurant, magasin de motos, vignobles etc...) Doit-on le lui reprocher ?
C'est absurde.
Ce taux d'imposition a été mis en place pour pallier aux folies financières, aux errances des euros députés, aux arrangements entre amis banquiers et politiciens. La crise économique ne vient pas des gens qui ont accumulé de l'argent par leur travail mais d'apprentis sorciers qui ont laissé jouer avec les allumettes des pyromanes financiers.
Que l'Etat aujourd'hui s'en prennent aux grands capitaux est une aberration. Une fois que le maillage industriel aura disparu, une fois que ces capitaux seront partis, l'ensemble de la masse salariale en souffrira. On parle de "solidarité" mais si cela contribue à l'appauvrissement du pays, il s'agit surtout d'un désastre à venir.
Pendant ce temps-là, les financiers continuent à percevoir des subsides dépassant l'entendement, les politiciens continuent à s'enfoncer dans leurs délires "eurocratiques" et l'Islande continue son renouveau. Là-bas, les politiciens corrompus sont en prison, les banques les plus spéculatives ont fermé, elles n'ont pas été sauvées par des crédits gigantesques contribuant ensuite à la hausse de la dette et donc des impôts.
ici, on marche sur la tête et on condamne les ouvriers en supprimant les patrons d'entreprise. Que les salaires des patrons du CAC40 soient honteusement élevés, c'est une certitude. Ils ne méritent pas une telle surenchère. Ile se débrouillent très bien d'ailleurs pour ne payer le moins d'impôts possible. TOTAL est un champion en la matière. Doit-on comparer Depardieu à Total ?
TOTAL est protégé par les politiciens. Pas Depardieu. Ni tous les petits patrons qui n'en peuvent plus.
Que les médias s'amusent à retranscrire la guerre médiatique des tweet écrits par des people, c'est du paravent qui fait monter l'audimat.
Depardieu mourra d'un infarctus ou se plantera en scooter. Dommage pour lui mais tout ça, c'est de l'esbrouffe et les politiciens sont bien contents que ça occupe la populace.
Cette opposition entre le rat des champs et le rat des villes, entre le capitaliste et l'ouvrier, entre l'ISF et le RSA, tout ça, ce sont juste des pare-feux. Quand on craint pour un château de cartes qui a pris de la hauteur, on s'intéresse surtout à la solidité du support.
Dans notre cas, le support, c'est l'Europe et plus profondément encore la mondialisation. C'est du sable mouvant. Ce qui se passe à la surface, ce sont les dégâts collatéraux. Pas la cause des troubles.
Depardieu, c'est une carte. C'est tout. Il ne fait pas tenir le château à lui tout seul.
Les fondations sont pourries. C'est là qu'il faut agir.
Que les médias donnent le coût des euro députés. Là, on aura une bonne raison de s'indigner. Que des journalistes d'investigation enquêtent sur les réseaux financiers, les paradis fiscaux, tous ceux qui les protègent et en profitent, qu'ils mettent en avant tous les arrangements entre amis.
Depardieu, c'est insignifiant...
Le Parisien a publié mardi 7 décembre un rapport du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) qui montre que depuis le début de la crise financière, la puissance des Paradis Fiscaux n’a pas régressé.
«Les paradis fiscaux, le secret bancaire, c’est terminé », affirmait à la télévision Nicolas Sarkozy, le 23 septembre 2009. A en croire un rapport publié aujourd’hui par le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) et dont notre journal s’est procuré une copie, les choses ont très peu évolué pourtant depuis l’éclatement de la crise financière, il y a trois ans.
La note est même particulièrement « salée pour les pays dont les richesses sont détournées vers les paradis fiscaux », s’alarme l’ONG qui souhaite obliger les multinationales à publier leurs comptes, pays par pays, voire filiale par filiale.
Une activité économique artificielle
« Les îles Vierges britanniques (qui comptent 830 000 sociétés pour 24 491 habitants en 2010), les îles Caïmans, le Luxembourg, l’île Maurice et les Pays-Bas ne représentent que 1% du PIB mondial et 0,27% de la population de la planète », constate l’étude. A eux cinq, ces pays pèsent pourtant « 1,7 fois plus que les Etats-Unis et trois fois plus que le Japon, l’Allemagne et la France réunis en matière d’investissements à l’étranger », s’étonne l’ONG, se basant sur des chiffres de l’OCDE. Explication : ces Etats sont un havre de paix pour les holdings et autres sociétés écrans. Certains de ces pays garantissent même l’anonymat aux investisseurs s’y domiciliant (fonds spéculatifs, sites de commerce ou de paris en ligne et même messagerie rose…). Des conditions idéales pour qui souhaite échapper au fisc.
Mêmes mécanismes d’évasion pour l’épargne. Ilot de 116 km2 planté entre la France et le Royaume-Uni, le territoire de Jersey, où les taxes et les droits de succession sont quasi inexistants, gère ainsi près de 500 milliards d’euros d’actifs, abritait, l’an dernier, 1 030 fonds spéculatifs et comptait une banque pour 1 125 habitants.Le terrain de jeu préféré des multinationales
Depuis le1er mars, les entreprises françaises implantées dans l’un des 18 paradis fiscaux référencés par le gouvernement (lire ci-contre) sont passibles de sanctions financières. « Ces dispositions ne valent que pour les pays n’ayant pas de convention fiscale avec la France », remarque Jean Merckaert, auteur du rapport. En revanche, pas de sanctions, a priori, pour les entreprises implantées dans des pays ayant un accord de coopération avec Paris. « Et comme ces Etats sont incapables de fournir des informations fiables sur les sociétés établies sur leur territoire, ajoute Jean Merckaert, pour ces dernières, le risque est quasi nul. » D’autant qu’elles sont souvent secondées par « nombre de banques, juristes et avocats d’affaires ».
Soucieuses d’alléger leur comptabilité, de payer moins de frais de siège ou moins de droits de propriété, par exemple, les multinationales ont bien compris les avantages qu’offre l’implantation dans ces territoires à la fiscalité parfois opaque. Parmi les 50 premières entreprises européennes, trois (le britannique Lloyds, l’allemand Bosch et le français Total) ne donnent quasiment aucune information sur leurs filiales. Les 48 autres, elles, déclarent 4706 filiales dans des paradis fiscaux, nous apprend l’étude. Les entreprises françaises — dont certaines sont publiques! — n’échappent pas à la règle(tableau ci-contre), la palme revenant aux banques.Paradis fiscaux : Sarkozy protège Panama
Ratifié dans la précipitation en toute fin d’année, le traité de coopération fiscal avec le Panama a fait peu de bruit dans la presse.
En signant ce texte, la France permet à ce paradis fiscal de sortir de la liste noire des pays non coopératifs. Son gouvernement menaçait d’exclure les entreprise françaises de gros contrats, Nicolas Sarkozy a cédé au chantage de son homologue panaméen.Un petit coin de parapluie pour un coin de paradis ». Si Georges Brassens ne figure pas dans son iPod, Nicolas Sarkozy a pourtant retenu le refrain. En signant à la mi-2011 avec son homologue panaméen un accord fiscal, le président a offert le dernier paraphe des douze sésames nécessaires pour sortir ce petit paradis fiscal d’Amérique centrale de la liste noire des pays non coopératifs. Restait au Parlement à ratifier le fameux traité. Ce qui tardait au président panaméen. De passage en France fin novembre, à Ricardo Martinelli, était-il venu plaider la remise en ordre de sa législation sur l’identification des actionnaires, l’absence de comptabilité des sociétés off-shore ou des titres au porteur ? Rien de tout cela à en croire Valérie Pecresse, la ministre du budget, qui qualifiait encore le Panama d’état « non coopératif», quelques jours auparavant. Le Président est surtout venu menacer d’écarter les entreprises Française des contrats mirifiques du pays : Alstom pour le métro de Panama city (déjà signé) ou la Compagnie du Rhône pour l’élargissement du canal.
Le 30 novembre, le gouvernement panaméen met ses menaces à exécution : la Coface qui assure les financements tricolores à l’export est mise hors jeu, fragilisant le contrat Alstom. Message reçu 5 sur 5 : le lendemain, le texte de ratification est déposé sur le bureau de l’Assemblée nationale, et adopté dans la foulée. Qu’importe que « Le Forum mondial a jugé, en septembre 2010, que le Panama satisfaisait trois critères sur dix », explique Nicole Bricq, la nouvelle rapporteur général PS du budget au Sénat, qui emporte un vote négatif au Palais du Luxembourg. Sans doute, ayant à cœur de mettre en œuvre la promesse présidentielle, « les paradis fiscaux, c’est fini », la majorité UMP à l’Assemblée blanchit de facto le Panama en ratifiant le traité.
Voilà des choses intéressantes...
Pour qui travaillent les "journalistes" ?
Les people du cinéma feraient mieux de se taire. Ils contribuent à l'enfumage.
"Je veux être tout ce que je peux devenir."
Katherine MANSFIELD (1888-1923)
Cette phrase contient des extensions considérables.
Que signifie "être" ?
Que signifie « vouloir » ?
Que signifie "pouvoir" ?
Qui est "Je" ?
Plus étourdissant encore, comment expliquer que cette phrase suggère que nous possédons déjà un potentiel défini et qu'il convient de l'exploiter ? Cela signifie-t-il que tout est déjà inscrit en nous et qu'il revient à l'individu de parcourir le chemin ? Ou bien, s'agit-il d'une projection dans un avenir à conquérir, une lutte pour atteindre des rêves générés par l'individu lui-même et non des objectifs déjà établis, à priori ?
S'agit-il donc de ne pas manquer ce qui est en devenir, une ligne à suivre et non à tracer?
S'agit-il plutôt d'un projet à bâtir et d'une lutte à mener ?
N'y a-t-il pas un risque de laisser faire si on accepte l'idée que tout est déjà tracé ?
Pourquoi se démener si tout adviendra "fatalement"' ?
Et s'il s'agit bien d'une architecture à élaborer, puis à construire, comment saisir ce potentiel inséré ?
On peut supposer que ce potentiel originel n’est pas uniquement inscrit dans le corps mais également dans l’esprit. Il y a une volonté, une force intérieure. Comment les révéler ?
Herman Bull fait partie des plus grands alpinistes d'après-guerre. Il avait été placé dans un orphelinat à huit ans. Frappé de rachitisme, une croissance flétrie par les privations. Mais la passion de l'altitude l'a saisie. Prisonnier de guerre, il a encore souffert au-delà de tout. Il a pourtant été le premier alpiniste à atteindre un sommet de huit mille mètres en solitaire...Personne ne parvenait à le suivre. Une force mentale incommensurable. Des ascensions en solitaire qui n'ont été répétées que bien plus tard.
Alors ?
Est-ce que les épreuves endurées ont forgé ce mental d'acier, ce corps en a t-il été nourri au-delà de toutes les prévisions médicales?
Ou bien était-ce un chemin déjà inscrit et les épreuves étaient-elles le chemin de la révélation de ce qui était là?
Est-il devenu ce qu'il était déjà ? Ou s'est-il construit au-delà de ce qui était envisageable ?
J'ai évidemment cherché à analyser mon propre parcours sous ce projecteur de la conscience de Soi.
Je sais d'où je viens, ce que j'ai vécu, ce qui m'a nourri, empoisonné, formé, traumatisé, grandi. Je sais surtout que TOUT CELA était intimement lié et que rien n'était évitable. Les drames comme les joies. En sachant que cette vision des évènements n’était issue que de l’interprétation que j’en avais et qui s’est révélée bien plus tard totalement subjective et incomplète.
Est-ce qu'il s'agissait d'un enchaînement de faits et de leurs conséquences, ces conséquences élaborant secrètement les évènements à venir ? Comme une main manipulant un chapelet, les doigts passant d'une perle à une autre... L'individu est toujours libre d'arrêter cette manipulation. Mais le chapelet existera toujours...L'enchaînement existe à priori. Ne pas en user ne l'efface pas.
Est-ce qu'il s'agissait d'un enchaînement de faits et de leurs conséquences, ces conséquences n'ayant aucun effet sur la suite de l'existence étant donné que l'individu possède un libre arbitre suffisamment puissant pour tirer les conclusions des évènements et de varier le parcours ? Rien au ciel n'est écrit. Je suis celui qui dessine le ciel.
Un entrelacs d’interrogations constantes, toutes les hypothèses qui tournent en boucle et se contredisent mutuellement.
Je pense aujourd'hui qu'il est impossible de répondre à ces interrogations en restant dans la dimension du mental. Bien que ce soit le mental qui les élabore...Tout le dilemme est là...
Les réponses qui m'ont été données n'ont pas surgi dans la dimension du moi, de l'ego, de la raison. Elles sont apparues parce que le cadre avait volé en éclat.
L’écriture que j’ai aujourd’hui, je la dois à des milliers d’heures de travail, elle n’était pas en moi à priori, je l’ai construite peu à peu, lentement, avec des phases éblouissantes et de longues périodes sombres. Mais le désir d’y parvenir n’a jamais disparu. D’où vient-il ? Est-ce quelque chose qui a toujours été là, comme un organe rapporté ? Ce que je devais devenir ? Pourquoi suis-je toujours revenu à l’écriture alors qu’elle n’a quasiment jamais été reconnue par les éditeurs ? L’objectif inséré était bien au-delà. Une évidence. Mais j’ai mis longtemps à le saisir. Ce qui me peine aujourd'hui, c'est de ne pouvoir répondre à l'attente des lecteurs qui me demandent ce qu'il en est de la publication de mes ouvrages. Ca ne dépend pas de moi, je n'y peux rien...
Ma volonté était illusoire parce que le désir ne m’appartient pas. « Je ne veux pas désirer », l’expression est absurde. Je n’ai fait que répondre à une intuition insaisissable. Je n’ai pas « voulu » être ce que je dois devenir, c’est ce désir qui s’en est chargé. Ma volonté s’en est nourri. C’est l’humilité qui est à comprendre.
Le mental est un serviteur et son Maître se tient dressé dans une dimension archétypale. Jung l’explique bien mieux que moi. Kant parlait de « sujet transcendantal », celui qui possède le libre arbitre, la possibilité du choix de ses actes. Je suis libre de continuer à écrire ce texte ou d’éteindre l’ordinateur. Mais même si j’attends dix ans pour reprendre cette réflexion, j’y reviendrai immanquablement parce que le désir est là et qu’il n’est pas effaçable. Il peut être étouffé par l’incapacité à rester lucide et par l’égarement dans les voies multiples de l’existence sociale mais, intérieurement, dans cette dimension psychique, profonde, secrète, intime, dans ce gouffre sans fond et sans lumière, se tient le désir, ce désir originel qui n’est pas issu de la raison, ni même d’un besoin, ni même d’un manque.
Il s’agit de ce désir qui est le ciment des cellules, l’énergie fondatrice, la raison de leur cohésion. C’est le désir qui bat au cœur de la structure.
C’est lui qui maintiendra éveillé la volonté d’être ce que je dois devenir. Et je n’existerai que dans le saisissement de ce désir et l’abandon de toute prétention au regard de cette volonté. Ma volonté n’est rien sans ce désir et les gens égarés sont ceux qui ont étouffé le désir au-delà de la raison vitale pour se perdre dans la raison mentale.
Je ne peux rien vouloir de réel hors de la conscience de ce désir originel.
UN SITE LITTERAIRE
http://www.ipaginablog.com/
Publié par admin le 22 déc 2012
Proposé et animé par Allison et Tippi Rod
Attention : les dépôts de textes sont limités à un seul par 24H00. L’afflux massif d’auteurs ces dernières semaines nous y encourageant. Ainsi, chaque auteur disposera de plus d’attention et de suivi. Ce temps servira à chacun pour soigner plus encore ses textes avant de les donner à lire. En conséquence, si vous souhaitez participer à l’atelier d’écriture en flash le vendredi à 20H30, merci de ne déposer aucun texte au-delà du jeudi à 20H30. Cette disposition, afin d’offrir et d’assurer à toutes et tous, un service optimal, la qualité plutôt que la quantité. Merci de votre compréhension.
Sujet 1 :
« Côté obscur »
(A déposer sur ipagination.com pour le Jeudi 27 décembre 2012 avant 20H30)
Qui n’a jamais rêvé de faire tomber un ennemi dans l’escalier ? Dénoncer son frère à sa place ? Et qui sait peut être même draguer la femme/le mari d’un(e) collègue lors d’un dîner ?
Aujourd’hui, et jusqu’à vendredi midi, vous activez le dark mode, laissez votre petit diable détruire toute conscience pour vous livrer à tout ce que vous avez toujours rêvé de faire, en dépit de la morale.
Bien entendu, après cela, vous serez forcés de vous repentir en moins de 1500 mots…
Un excellent article.
http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20121221trib000738815/faut-il-craindre-une-aggravation-de-la-crise-ou-pire-encore-.html
Jean-Yves Lefevre, chargé de cours à l'Université de Paris Dauphine | 21/12/2012, 08:59 - 2163 mots
La crise que nous traversons est la suite logique des choix d’hier. Pour bien comprendre, il faut remonter à la fin des "30 glorieuses" d’après guerre, stoppées par les chocs pétroliers des années 70. Tandis que le monde communiste s’écroulait quelques années après, toutes les économies libérales occidentales étaient aussi confrontées à un sévère épuisement de la croissance. Pour relancer cette croissance, nous sommes rentrés dans l’ère de ce que les économistes appellent le « néolibéralisme ».
Il avait trois principaux piliers :
• Le développement de la mondialisation, marquée par l’émergence de nouvelles puissances économiques. C’est 1/3 du monde, parmi les plus pauvres, qui se met à produire bon marché, pour le plus grand bonheur des consommateurs des pays riches.
• La limitation de l’interventionnisme étatique puisque l’on fait l’apologie de « l’efficience des marchés ».
• Le développement intense de la diffusion de crédits, pour stimuler la consommation, donc la croissance.
Les "marchands" sont alors les nouveaux rois, les tout-puissants, car cela fonctionne. La croissance repart, la rentabilité moyenne des entreprises est même multipliée par 5 entre 1980 et 2007.
Les banques (qui sont aussi des entreprises marchandes) sont l’instrument privilégié de ce néolibéralisme. Elles bénéficient d’une réglementation permissive (suppression du cloisonnement entre les banques de crédit et les banques d’investissement mis en place après la crise de 1929) et profitent de mesures qui favorisent leur pouvoir (la bancarisation générale par exemple : tout le monde doit déposer son argent dans une banque).
Riches et libres, les banques investissent pour leur propre compte l’argent des dépositaires et s’octroient des crédits à elles-mêmes. Elles achètent des immeubles (des quartiers entiers), des entreprises (ou des bouts d’entreprises). Elles "financiarisent" l’économie. Elles investissent sur des marchés à effet de levier comme ceux ce que les professionnels appellent les "dérivés" où avec 1 euro, elles spéculent sur 100, transformant la bourse en casino.
Mais le recours au crédit s’est à ce point généralisé qu’il en est devenu excessif, pour tous les acteurs économiques :
• Les ménages (aux USA, on a même prêté à des familles que l’on savait insolvables).
• Les entreprises (dans les pays anglo-saxons toujours, avec la pratique de l’OBO qui consiste pour une entreprise à emprunter l’équivalent de sa valeur, afin d’investir puissamment sur les marchés notamment).
• Les Banques qui ont considérablement développé leurs propres investissements à crédit ou à découvert.
• Les États qui recourent à l’emprunt (par l’émission d’obligation) non plus pour investir mais pour fonctionner ou parfois seulement payer leurs dettes.
Or, le crédit consiste à prendre immédiatement la richesse de demain (en anticipant donc sur des revenus futurs). Évidemment, si ces recettes futures ne se fabriquent pas, c’est la panique !
C’est exactement ce qu’il s’est passé en 2008. L’économie mondiale a connu un moment de récession (moment de respiration normal dans une économie de marché), sauf que cette récession s’adossait à une situation de surendettement généralisée, d’où la panique des marchés bousiers, la peur du spectre de la crise de 29. Au cœur de cette panique, nous avons redécouvert que les établissements financiers (les Banques et les Compagnies d’assurances) pouvaient faire faillite comme toute entreprise et que notre économie financiarisée à outrance était en fin de compte devenue très fragile et même incontrôlable du fait de son caractère systémique (c’est-à-dire qu’un Établissement ou un État qui fait défaut, peut entrainer les autres).
Depuis, les marchés ont bien récupéré, notamment aux États-Unis. La capitalisation mondiale est revenue à son niveau d’avant 2008. En d’autres termes, l’histoire que nous relatent la bourse peut se résumer ainsi : la crise est derrière nous !
C’est aussi le discours que relaient les politiques et bien sûr les banquiers, qui voudraient que le monde d’hier se prolonge. C’est-à-dire que la thèse économique qui est défendue aujourd’hui encore reste "néolibérale", niant la rupture et l’alerte de 2008 qui nous parlent pourtant des limites atteintes par ce système.
La quasi-totalité des économistes non-attachés au monde bancaire ou gouvernemental estime pourtant que non seulement la crise n’est pas derrière nous, mais que les problèmes ont doublé de volume, pour certains d’entre eux.
• Par exemple, l’endettement des États occidentaux a globalement doublé; celui des entreprises s’est un peu réduit, mais pas celui des ménages (aux USA, 8 ménages sur 10 consomment toujours 110 % de ses revenus).
• Le chômage a doublé en Europe du Sud et aux USA, contrairement aux statistiques que l’on soumet au peuple, car là bas, non seulement la durée et le montant de l’indemnisation est 3 fois inférieurs aux nôtres, mais lorsque le demandeur d’emploi arrive en fin de droits, il sort des statistiques (il sort même de la population active). Décidément, on ne compte pas de la même façon en Europe que de l’autre coté de l’Atlantique.
• Toujours aux USA, 30 % de la population est tombée sous le seuil de pauvreté (5 % chez nous). Le soir, dans les grandes villes, on ouvre les gymnases pour servir « la soupe populaire ». Le nombre de personnes éligibles aux bons de nourriture augmente de plus d’un demi-million chaque mois. 8 millions de familles ont déjà perdu leur maison. La Banque Mondiale vient même de constater que le système de santé américain est devenu moins efficace en termes de mortalité infantile que celui de la Biélorussie ou de la Malaisie. Ce sont des faits !
• En Europe, la scission entre les banques de crédit et celles d’investissement est en cours pour éviter les abus d’hier. Aux USA, non ! Idem pour l’utilisation abusive des effets de leviers qui fait prendre des risques monstrueux aux banques, donc à l’argent des déposants.
En fait, la principale mesure qui a été mise en place depuis 2008 (à savoir la politique monétaire accommodante des banques centrales) est en réalité 'une intervention de pompier" qui fait plaisir aux marchés, mais les mesures qui pourraient embellir l’avenir des peuples n’ont pas encore commencé à être explorées.
L’effet d’optique que procurent les plans de quantitative-easing suffit à nous rassurer, nous laissant penser qu’effectivement, la crise s’éloigne. En effet, avec cette inondation de milliers de milliards de dollars et d’euros déversés par les banques centrales dans l’économie et les marchés, les affaires peuvent continuer; la circulation de l’argent est fluide. Mais cette politique de "planche à billets" de la FED et maintenant de la BEC, consiste à fabriquer de l’argent sans contrepartie de richesse (du faux argent en somme, comme les crédits insolvables qui ont conduit à la crise de 29 et à celle de 2008).
Ainsi, entre 2008 et aujourd’hui, on a partiellement substitué le crédit pour stimuler les marchés et l’économie, par la fabrication d’argent fictif, ce qui, au bout du chemin, revient au même, car pour mettre en face de cet argent « inventé » une production de richesse équivalente, on anticipe toujours sur la croissance demain. L’argent d’aujourd’hui reste l’argent de demain.
La question qui se pose est alors la suivante : comment allons-nous faire pour fabriquer demain, la croissance que nous n’avons pas su générer ces trente dernières années sans l’utilisation abusive du crédit, alors même que ce modèle a trouvé ses limites en 2008 ? Comment allons-nous fabriquer de la richesse alors que la croissance est en panne dans les économies occidentales et en net ralentissement dans les pays émergents ?
L’Europe est en récession, nonobstant ses problèmes de cohésion. Les États-Unis pourraient générer (selon les chiffres officiels) une croissance de 2 points l’année prochaine, mais en réalité, son endettement progresse 5 fois plus vite que son PIP, alors que les américains ont déjà des dettes abyssales (55 000 milliards de dollars : ils doivent plus d’argent que la valeur totale des entreprises cotées dans le monde). Enfin, la croissance des pays émergents se réduit au point qu’ils ne pourront plus aider les pays riches comme hier. Ils doivent désormais financer la création de leur propre middle-classe et développer leur marché intérieur afin de moins dépendre des exportations. On notera ici le caractère kafkaïen de cette situation où les pauvres devaient aider les riches à payer leurs dettes et à consommer. Quand les choses sont à l’envers, c’est bien que l’on marche sur la tête…
Pourtant, le maître mot qui court dans les bouches de tous dirigeants politiques, de tous les financiers, c’est encore et toujours : la croissance. Mais cette fameuse croissance ne pourra mécaniquement plus être aussi soutenue qu’hier et tout se passe comme si nous étions dans la négation de ce constat. Comme si l’on voulait maintenir un système économique "néolibéral" atteint d’un cancer (qui se prépare depuis 30 ans et qui s’est vraiment déclaré en 2008), en le soignant avec de l’aspirine, pour lui fluidifier le sang (l’argent qui circule en lui).
Nous sommes assis sur une véritable poudrière et nous le nions. Seule la taille de la mèche nous est inconnue; s’agit-il d’une mèche longue ou d’une mèche courte ?
La situation est explosive car (en Europe et encore davantage dans le monde anglo-saxon) elle porte en elle tous les ferments d’une nouvelle crise majeure, peut-être comparable à celle de 1929, avec une forte probabilité de faillites bancaires et de compagnies d’assurance. Les États le savent si bien que l’essentiel du temps de travail lors des 4 derniers sommets européens a été consacré au sauvetage des banques (d’où la création de "l’union bancaire"). Les premières faillites ont déjà commencé et ce phénomène pourrait fortement s’accélérer, avec comme toile de fonds d’une part, la crise des dettes souveraines qui impacte massivement les établissements financiers, et d’autre part la désillusion qui viendra des USA dans les mois à venir.
Sur le plan patrimonial, pour nous épargnants, le choix d’une banque ou d’une compagnie d’assurance s’appuyait hier sur des considérations relatives à sa notoriété, à ses tarifs, son implantation. Aujourd’hui, il faut en priorité faire son choix selon des critères de solvabilité afin de passer, dans les meilleures conditions possibles, la crise financière et bancaire que l’on devrait rencontrer dans les mois à venir. Dans un tel contexte de risque, il s’avère plus prudent de prendre des mesures pour préserver son patrimoine, en bon père de famille. Il ne faut pas hésiter à protéger ses portefeuilles de valeurs mobilières et plus généralement tous ses actifs financiers, afin de pouvoir mieux rebondir en sortie de crise et saisir des opportunités qui ne manqueront pas de se présenter. En attendant, il faut bien choisir ses banques, ses compagnies d’assurance et privilégier les solutions d’investissement patrimoniaux sécurisés par des établissements dont on peut valider la solvabilité.
Ensuite, plus philosophiquement, on peut s’interroger sur cette situation alarmante. Si nos modèles de croissance sont en panne, quel est le message que de la crise de 2008 porte en elle ? Pourquoi avons-nous tant de mal à fabriquer cette croissance pour laquelle nous œuvrons tous, tous les jours, jusqu’à nous en rendre malade ? Peut-être que nous voulons générer un développement économique à une vitesse supérieure à celle du progrès scientifique et technologique ? Peut-être que notre avidité appelle plus de rapidité que le progrès ne le permet ?
Par exemple, on sait désormais qu’il faudrait sept Terres si tout le monde voulait consommer comme les américains ; trois Terres pour que tout le monde ait le même niveau de vie qu’un français. Alors, n’avons-nous pas atteint les limites de se que peut nous donner notre Terre, pour l’instant en tout cas, en l’état actuel de nos connaissances ?
A une époque où un tiers du monde vient de décider d’arrêter d’avoir faim (les pays émergents) et demain l’Afrique, ne sommes nous pas en train de demander quelque chose d’impossible : de la croissance, encore de la croissance, alors qu’il est très probable que nous venons de rentrer dans une ère où c’est le partage qu’il nous faut apprendre. Partager l’enrichissement sur la scène économique internationale et au sein même des nations. Dans cette nouvelle aventure, il faudrait rester pragmatique plutôt de dogmatique si l’on veut éviter l’exode des richesses et des talents qui sont créateurs d’emplois. Par exemple, il conviendra d’éviter de confondre la contribution des plus riches avec leur spoliation, comme certains pays sont tentés de le faire. L’ennemi n’est pas le riche, mais plutôt notre obsession à générer de la croissance artificiellement dopée, auquel s’ajoute notre difficulté à organiser un partage équitable.
En somme, la crise de 2008 est déjà oubliée alors qu’elle n’était très probablement que les prémices d’une crise plus importante, celle d’un modèle économique qui bute sur des limites infranchissables pour le moment, celle de la Terre, de notre Savoir et de leur exploitation. Il est fort possible que l’Homme soit arrivé à une époque de son histoire où il doive apprendre à mieux gérer son antagonisme : convoiter tout en partageant. C’est certainement cela le message de la crise de 2008. Et si tel est le cas et que nous ne l’entendions pas, nous courons un risque supérieur à celui d’une nouvelle crise mondiale.
Dans cette perception des choses et contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, la croissance de demain dépend plus de notre capacité à innover et à partager plus équitablement, que d’un système économique. Espérons que nous en prendrons conscience à temps.
Jean-Yves Lefevre est dirigeant du Cabinet « LEFEVRE & Associés » conseil en patrimoine.
"Lorsque l'esprit et l'intellect se sont développés, l'homme s'est demdandé: Qui suis-je ? Qu'y avait-il avant moi ?
Alors a commencé la quête de la réalité.
En cherchant la réponse à la question "Qui suis-je" ? l'homme a déplacé la conscience de l'extérieur vers l'intérieur.
La sagesse a dirigé la conscience vers l'intérieur et l'homme a perçu son âme.
Le voyage de l'âme dans le monde extérieur était achevé, celui de l'intérieur commençait. "
Mahaprajna.
Combien d'humains se reconnaissent là ?...
Le Sûtra du coeur.

Quand je pense qu'en France, tout le monde râle quand les routes ne sont pas déneigées...
bonjour Thierry,
j'ai terminé la lecture de "Vertiges"!
je dirai "vertigineux"!!
j'ai encore des crispations dans le ventre, tellement je me suis
pris à la lecture de votre ouvrage! j'étais dans l'histoire et avais l'impression de souffrir ce qu'ils souffraient!!
sincèrement il y a longtemps que je n'avais pas ressenti une telle impression à la lecture d'un roman!
vous êtes "un grand"!!
je vous souhaite de grands succés en librairie, vous le méritez!
merci encore pour ces très bons moments de lecture,
au plaisir de lire "noirceurs des cimes", qui, peut être me laissera la même impression;
cordialement Thierry
Robert B
Et pas n’importe lequel…
Milton Humason est né à Dodge Center (Minnesota, Etats-Unis) en 1891. A 14 ans, ses parents l’envoient en colonie de vacances au Mont Wilson près de Los Angeles. Il est séduit par les lieux et réussit à convaincre ses parents de le laisser passer une année sabbatique pour rester à la montagne et trouver du travail.
Il n’est jamais retourné à l’école. Au lieu de ça il devient muletier. Son travail est de transporter du bois de la Sierra Madre jusqu’au Mont Wilson pour la construction de l’observatoire du Mont Wilson. Un énorme projet organisé par George Ellery Hale, un pionnier de l’astronomie.
En 1911, Humason se fiance avec Helen Dowd, la fille de l’ingénieur en chef de l’observatoire du Mont Wilson. Ils se marient rapidement après. Humason quitte son travail pour devenir contremaitre dans un ranch situé près de La Verne. Mais la montagne lui manque.
En 1917, Humason trouve une chance d’y retourner et d’impressionner son beau-père : il devient gardien (concierge) de l’observatoire.
Peu de temps après, l’observatoire propose un poste d’assistant de nuit qui consiste essentiellement à aider les astronomes qui en ont besoin pour manipuler le télescope et le dôme de l’observatoire. Humason obtient ce poste. Sa patience, ses compétences et sa diligence ont attiré l’attention de Hale en personne.
En 1919, face à de sévères protestations, Hale le nomme titulaire. Du jamais vu pour quelqu’un qui n’avait pas de Doctorat ni même de diplôme d’études secondaires.
Humason est resté à ce poste jusqu’en 1954
Milton Humason a fait des découvertes clé pour le développement de la cosmologie. Il a travaillé avec Edwin Hubble, puis avec Allan Sandage (protégé de Hubble), pour étudier le décalage vers le rouge de centaines de galaxies pour déterminer quelle était leur vitesse de récession (ou vélocité radiale). Hubble croyait (à juste titre) que la vélocité radiale d’une galaxie était liée à sa distance, une relation maintenant connue sous le nom de Loi de Hubble.
Mais ces galaxies lointaines avaient une luminosité très faible et étaient très difficiles à mesurer. Humason a développé des techniques pour optimiser les expositions et les mesures sur plaque photographique. Il a déterminé les vélocités radiales de 620 galaxies et a aidé à définir l’échelle de distance et l’âge de l’Univers. Une grande partie du succès de Hubble a été attribué aux mesures minutieuses de Humason.
L’Université de Lund en Suède lui a décerné un doctorat honorifique.
Il a découvert la Comète C/1961 R1 (comète Humason) et un des cratères de la Lune porte son nom.
D’après CSMonitor
C'est en lisant le livre des frères Bogdanov, "le visage de Dieu" que j'ai découvert l'histoire de Milton Humason.
Ce qui me désole dans ce fabuleux parcours, c'est qu'aujourd'hui, le système éducatif interdit et même rend IMPOSSIBLE cette démarche. L'école et les diplômes sont la seule et unique voie. Cet homme était mû par une passion totale et elle lui a servi de moteur. Notre système éducatif nie la passion. Celui qui ne s'attelle pas à engranger une somme colossale de multiples connaissances ne pourra obtenir le sésame, le diplôme salvateur, il devra encaisser les milliers d'heures de cours dont il n'a que faire et il sera jugé sur sa capacité à se soumettre à cette déliquescence du bonheur d'apprendre. L'institution ne lui demande pas d'être heureux, elle lui impose d'être soumis mais malgré tout performant. C'est TOTALEMENT antinomique et il est évident que des milliers d'étudiants décrocheront et n'useront pas de leur potentiel, par dépit, par dégoût, par lassitude, par colère, par révolte. L'institution brise la passion. Elle se contente de former des techniciens, des grammairiens, des anglophones, des scientifiques, des architectes, des médecins... Combien parmi eux seront toujours aussi passionnés par leur domaine de prédilection ? Combien se seront perdus en cours de route ? Combien auront été dirigés de force dans une voie inédéquate ? Combien finiront par aller travailler pour "gagner leur vie" au lieu de la vivre ?
Les USA possèdent encore cette capacité à reconnaître des talents dénués de diplômes. Ils sont quelques-uns à être sortis du lot par la force incommensurable de leur passion. Pour la France, c'est mort, fini, terminé, totalement exclus. Et les diplômés d'HEC et autres boutiques qui dirigent le pays sont pour beaucoup d'entre eux, des incapables à vivre. Ils savent juste gagner leur vie en menant ce pays à sa ruine. Une ruine existentielle tout autant que sociale.
Je rêve de ce jour où les élections présidentielles compteront 90 % d'abstentionnistes.
Je rêve de ce jour où les idées d'Etienne Chouard seront reconnues.
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/
S'il faut retenir une chose de ce site, une seule, la voici :
Notre prison politique, la SOURCE de notre impuissance à résister aux scandales quotidiens, c'est notre Constitution, mais seulement parce qu'elle est mauvaise.
Elle est mauvaise chaque fois que ceux qui l'ont écrite avaient un intérêt personnel contraire à l'intérêt général.
Mais le même texte supérieur qui est aujourd'hui la source de notre aliénation pourrait être au contraire la source de notre émancipation, pourvu simplement que, à nouveau conscients et vigilants, nous reprenions le contrôle du processus constituant.
Donc, partout dans le monde, quelle que soit l'époque et quelle que soit l'échelle, pour protéger tous les humains CONTRE LES ABUS DE POUVOIR, seule une Assemblée constituante désintéressée, donc forcément TIRÉE AU SORT, sera un jour capable d'écrire une bonne Constitution.
Etienne CHOUARD
Publié le lundi 17 décembre 2012 à 17H26 - Vu 1481 fois

Philippe Robin
VILLENEUVE-SAINT-GERMAIN (Aisne). En début d'après-midi, une professeur de Bio-technologie du collège Louise-Michel a été retrouvée pendue dans sa salle de classe. Elle avait une cinquantaine d'années.
Vers 14 heures, les cours vont bientôt reprendre au collège Louise-Michel de Villeneuve-Saint-Germain, près de Soissons (Aisne). Une enseignante de bio-technologie n'est pas là pour accueillir ses élèves de 4e SEGPA qui attendent devant la porte. Des collègues s'inquiètent et entrent dans la salle de classe... et font la macabre découverte. L'établissement est sous le choc.
Jean-Luc Lanouilh, vice-président conseil général de l’Aisne n'a pas tardé à réagir : "Je suis choqué et impressionné du nombre d’enseignants qui souffrent d’un mal-être et qui, parfois, portent ainsi atteinte à leurs jours. Ce drame traduit une crise profonde de cette profession".
Une enquête a été ouverte par le commissariat de Soissons, mais le parquet s'oriente d'ores et déjà vers la thèse du suicide.
Un drame de plus dans un milieu qui les cumule. Combien d'enseignants en dépression, combien d'enseignants qui ne peuvent plus gérer la difficulté de cette mission éducative et cognitive ?
Comment est-ce possible que l'institution laisse se dérouler de tels drames ?
Comment peut-on envisager que l'enseignement prodigué par ces personnes considérablement affaiblies soit de qualité et à la mesure de la tâche ?
Combien faudra-t-il de drames du même ordre pour que l'institution réagisse ?
Que va-t-elle dire cette fois encore ? Qu'il s'agissait d'une personne "souffrant de difficultés personnelles ? Mais alors, pourquoi n'a-t-elle pas été accompagnée, soutenue, réorientée si nécessaire ? Pourquoi laisse-t-on des individus en souffrance face à des jeunes qui savent très bien entrer dans les brèches et renforcer ce mal être ?
Il est IMPOSSIBLE de mener à bien cette tâche si on ne dispose pas de toutes ses facultés et il est inadmissible de laisser des enseignants et des élèves se confronter. Il y DANGER. Pour tout le monde. Bien entendu qu'il est impossible d'être constamment performant mais ces situations témoignent d'un manque cruel de suivi psychologique.
A mon sens, il y a un problème immense dans ce domaine : personne dans les établissements n'est véritablement formé pour prendre en charge un enseignant en détresse. Les psychologues scolaires sont submergés de travail, ils ne peuvent pas gérer les enseignants, ils sont de toute façon dramatiquement trop peu nombreux pour le faire.
Il faut revoir le statut de directeur, proviseur, chef d'établissement. Ces gens, s'ils veulent obtenir ces postes, doivent suivre une formation en psychologie du travail, gestion du groupe, psychologie enfantine, ils doivent AVANT TOUT être aptes à entendre, à analyser, gérer des situations existentielles douloureuses. Au lieu de ça, les chefs d'établissement sont aujourd'hui avant tout des gestionnaires administratifs. Bien sûr que certains tentent de pourvoir aux besoins psychologiques mais ils n'ont bien souvent aucune connaissance dans le domaine, aucune analyse de la pratique et ils font ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont. Les études sont pourtant innombrables, très fouillées, les analyses sont connues dans le secteur privé, les DRH sont formés à ce genre de pratique. Et le milieu enseignant pourrait se passer de toutes ces connaissances ??? C'est soit une prétention criminelle, soit une lenteur archaïque qu'il est urgent de faire voler en éclat. Mais c'est en tout cas tout bonnement hallucinant et il n'est pas étonnant qu'on finisse par trouver des enseignants pendus dans leur classe...Ou des élèves...
Un désastre absolu. Une négation de l'individu jusqu'à la mort alors qu'il s'agit d'oeuvrer à la vie de chacun.
Les gouvernements se succèdent et enchaînent réformes sur réformes. Avec quels effets ? Qui donc aura enfin le courage d'établir un état des lieux existentiels de ce milieu??
Le niveau scolaire n'est pas une cause du désoeuvrement de la population, enseignants et élèves... C'est l'inverse.
UN SEUL ??? Franchement, faudrait enquêter un peu plus profondément dans le milieu.
RENAUD DOMENICI à ORLÉANS (LOIRET) | Publié le 15.12.2012, 14h11
Le lycée technologique Pothier d’Orléans est toujours en émoi. Depuis jeudi, une professeur de français a été suspendue par le rectorat. On lui reproche des mots déplacés perçus comme discriminatoires.
Depuis la rentrée, les 26 élèves d’une classe de 1re STMG (sciences et technologies du management et de la gestion), à majorité d’origine étrangère, se disent victimes de propos insultants de sa part.
Cette enseignante de 60 ans, normalienne et agrégée, n’avait jusqu’à septembre jamais enseigné à des filières technologiques. A la rentrée, le ton est donné quand, pendant une quinzaine de jours, elle refuse d’enseigner à cette classe.
« Nous lui avons demandé pourquoi mais elle n’a pas souhaité répondre », témoignent des parents. Début octobre, elle accepte ce poste. « Lorsqu’elle a vu les noms qui figuraient sur la liste d’appel, elle nous a dit qu’elle avait le vertige », raconte Samir, un élève. « Elle disait qu’elle était trop diplômée pour nous », ajoute Nacira. Le 25 octobre, jour de l’Aïd, alors qu’elle constate l’absence de certains jeunes, elle aurait lancé aux autres : « Vive les fêtes religieuses, on est enfin tranquilles ! »
« Elle disait que le français était une langue étrangère pour nous et elle menaçait de ne pas nous faire passer le bac blanc », assurent également des élèves. Les lycéens en ont parlé à leurs parents qui ont écrit au ministre de l’Education nationale. Hier, les délégués ont été convoqués par le chef d’établissement pour établir un rapport détaillé des propos. « C’est une affaire bien triste et nous devons faire la lumière. Une enquête est en cours. Cette professeur est actuellement interdite d’accès en cours. Elle est convoquée jeudi et nous verrons quelle suite nous donnerons. Ce sont des accusations graves et si les faits sont avérés, il peut être envisagé un conseil de discipline », indique, embarrassé, Denis Toupry, inspecteur d’académie du Loiret.
Les agressions envers les enseignants. On ne les compte plus depuis le début de l’année, mais qu’en est-il envers les élèves ?…
Hier, un ancien élève vient me voir en classe. Il est dégoûté, désespéré, déprimé, au fond du trou. Un petit gars, dans une situation familiale très difficile, aucun soutien, non pas parce que les parents ne le souhaitent pas mais parce qu’ils ne peuvent pas, en survie constante, une maladie lourde pour le père, une maman qui gère comme elle peut. Et bien, ce petit gars a reçu cette appréciation sur un devoir d’Anglais : « Qu’est-ce que tu fais au collège, tu viens te chauffer près du radiateur ? »
Au CM2, il a bossé comme un mort de faim, il a progressé toute l’année, il était fier de lui, il avait retrouvé une estime, une envie d’apprendre, ses faiblesses n’étaient plus une condamnation mais une opportunité de se battre, de devenir meilleur. Et là, après quelques mois de collège, l’image qu’il a de lui, c’est celle d’un « nul ».
Tous les jours, en France, des enfants sont « poignardés » par des professeurs qui n’ont aucune conscience du mal qu’ils font, qui sont incapables de comprendre, de ressentir, de partager, d’avoir la moindre compassion, d’éprouver le moindre amour.
Et les médias vont hurler quand ils seront poignardés.
Qui se pose la question de ce que vivent les enfants ?
Pour ma part, le prof est responsable de ce que les élèves lui font vivre. Non pas qu'il est responsable de la situation extérieure à sa classe, de toutes les difficultés inhérentes à la société, chômage, misère sociale, angoisses générées par les images de ce monde, contre tout cela il ne peut rien mais il se doit d'être le "Maître" du sanctuaire que doit être l'école. Les enfants qui y viennent n'ont pas à y souffrir et cela n'enlève en rien leur devoir de travail. L'immense différence au regard du monde extérieur, c'est qu'à l'école ils sont en droit d'attendre un regard accueillant, attentif, respectueux, une attitude nourrie par la patience, l'écoute, l'échange surtout, l'échange...Combien sont-ils ces professeurs qui connaissent réellement leurs élèves? S'ils ne voient face à eux que des élèves, comment pourraient-ils espérer établir une relation respectueuse puisqu'ils nient dès le départ, l'individu lui-même. C'est à l'adulte enseignant de faire le premier pas. Pas l'inverse. Les enfants et même les adolescents ne savent pas encore observer leurs propres fonctionnements. Ils agissent à l'instinct et leur instinct les conduit à une position défensive si l'adulte, face à eux, se contentent de monter au front...Je n'ai pas respecté mes professeurs "à priori" mais parce que je sentais profondément qu'ils nous respectaient. L'attitude inverse est tout autant vraie. Mais il est bien plus facile d'instaurer un rapport de forces, c'est à la portée de n'importe qui. La formation des enseignants est similaire à celle des gradés de l'armée. "Nous ne vous demandons pas d'en faire des hommes mais des techniciens. Montrez leur que vous possédez le savoir dont ils ont besoin pour trouver leur place. Qu'ils vous soient soumis. Mettez en place un conditionnement favorable à l'obéissance. Ils n'ont pas à comprendre ce qu'ils font, ils doivent juste appliquer vos directives."
A l'inverse, on peut apprendre aux enfants à observer ce qu'ils vivent. Un exemple : j'ai expliqué cette semaine que lorsque j'avais décidé au tennis de passer du revers à une main au revers à deux mains, j'avais réalisé que l'ensemble de mon jeu s'était détraqué. Tout à fait normal. On apprend par paliers et il faut accepter que les acquis précédents soient atteints lorsqu'un autre apprentissage se met en place. Il faut apprendre la patience et l'attention, apprendre à rester positif et appliqué, réfréner la colère ou le dépit, ne pas considérer que l'objectif est plus important que l'acte présent etc etc...
Pourquoi les enseignants ne parviennent pas, pour beaucoup d'entre eux, à établir ces échanges existentiels, puisqu'il s'agit bien de ça ? Parce que la formation initiale ne les a pas amenés à cette voie ? Et pourquoi ne réalisent-ils pas que c'est le nœud du problème, pourquoi ne s'y engagent-ils pas d'eux-mêmes? Pourquoi attendent-ils des solutions techniques à un problème qui ne relève pas de la technique? On nous dit maintenant que tout ira mieux parce qu'on va travailler le mercredi matin, que le calendrier va changer, qu'on va revoir les programmes et patati et patata...Trente ans que je vois les mêmes plantages. On marche à l'envers et NOUS sommes responsables. Pas les enfants. Et qu'on ne vienne pas me dire que ce que je prône ne fonctionne que dans des classes "tranquilles". J'ai été éducateur sportif pour délinquants adolescents caractériels et j'ai enseigné en SEGPA. Et puis d'ailleurs, les classes "tranquilles", ça fait un moment que ça n'existe plus. Où que ça soit.
Alors, on fait quoi ?
Pour ce qui est des bulletins trimestriels, je n'en fais pas. J'écris cinq lettres dans l'année à chaque enfant. Des lettres dans lesquelles je leur parle d'eux, de leurs progrès, de leur attitude, de mes attentes, de tout ce que je ressens à travers ces instants de vie commune. Aucun jugement. Un partage. Des droits et des devoirs mais surtout, surtout en ne mélangeant jamais que ce que l'enfant fait n'est pas ce qu'il est. Le contenant avant le contenu. Toujours.
Les médias ne parlent que de certains cas d'agressions, qu'il s'agisse de professeurs ou d'élèves. On connaît la vue extrêmement étroite des médias et leur parti pris pour leur audimat. La réalité du terrain est toute autre. Je pourrais parler pendant bien longtemps de tous les cas que je connais personnellement, d'enfants humiliés, d'enfants qui quittent le système scolaire, non pas parce qu'ils n'ont pas les capacités à apprendre mais parce qu'ils sont au bout, psychologiquement. Non, je ne fais pas d'amalgame avec les professeurs agressés pour avoir abordé des sujets sensibles au regard de certains élèves. Le sujet est éminemment complexe. De la même façon, je connais aussi des professeurs qui œuvrent au bien être de leurs élèves à travers les apprentissages. Ils sont nombreux eux aussi. Mais je connais aussi leurs difficultés au regard de la hiérarchie, de "l'équipe pédagogique", des proviseurs, du ministère. Quand un professeur se voit reprocher une "trop grande complicité" avec ses élèves et la raison de leur rébellion avec des professeurs "autoritaristes", je me dis qu'il y a vraiment quelque chose de pourri dans ce royaume. Rudolf Steiner disait qu'il ne sert à rien de lutter contre la vieille école, il faut juste attendre qu'elle meure. Mais combien d'enfants "morts" compterons-nous avec elle ? Suffit-il de se dire qu'il en a toujours été ainsi et que l'école ne peut pas tout régler? Non, elle ne le peut pas, c'est évident. Mais, elle n'a pas pour rôle d'accroître les douleurs. Je me souviens très bien de ma scolarité. J'ai rencontré des hommes et des femmes remarquables. Peu, mais ils m'ont considérablement marqué. Je suis devenu enseignant en me nourrissant de leur exemple. Je me souviens aussi très bien de ceux et celles qui m'ont cassé. Jusqu'à en tomber malade. J'ai cinquante ans aujourd'hui et je ne supporte plus l'idée que rien n'a changé. Claude Allègre parlait de "mammouth". Je préfère le terme de "fossile". On ne change pas un fossile. On le brise, on le réduit en poussière.
Aucune professeur ne sera jamais parfait pour la simple raison que nous sommes dans une dimension humaine. En technologie, on peut parfois parler de perfection. Dans une classe, on peut viser la perfection en sachant qu’elle restera inaccessible. Elle consistera uniquement à refuser catégoriquement les stéréotypes, les amalgames, les « méthodes », les jugements péremptoires, l’idée que plus aucune évolution n’est envisageable, elle consistera à écouter, à ressentir, à être patient, attentif, accueillant. Elle consistera aussi à être rigoureux, intransigeant quand il faut l’être mais en étant capable de justifier chaque décision, non pas au regard d’un règlement intérieur mais au regard de l’humanité.
Dans une classe, chaque enfant est une individualité mais il évolue au cœur d’un système familial, sociétal, il a une histoire personnelle et elles sont de plus en plus complexes…Il ne s’agit pas pour tous les acteurs qui se croisent de "soutenir" l’un ou l’autre, de s’opposer, de soumettre, de convertir mais d’œuvrer conjointement, en bonne intelligence, à l’éveil de l’enfant. Bien évidemment que c’est difficile mais rien n’est possible en se figeant dans une citadelle. L'échec, sinon, est déjà programmé. Nous n’accueillons pas des élèves, nous accueillons des enfants. Ils rentrent dans les enceintes scolaires avec leur histoire et il est aberrant d’espérer les voir entrer, « nus » et disponibles. Soit, l’ensemble de l’individu est pris en considération, soit on se heurtera à un élève, c’est inévitable. Bien évidemment qu’il faut laisser du temps aux enseignants pour valider une telle démarche. Encore faut-il qu’ils l’acceptent. Je connais une professeur qui s’est vue reprocher par « l’équipe pédagogique » d’un collège sa trop grande complicité avec les élèves, c’était de sa faute si les élèves ensuite se rebellaient dans les autres cours. La hiérarchie n’aime pas les singularités pédagogiques, elle n’aime pas que les enfants soient considérés, qu’ils ne soient pas que des élèves. « C’est le terreau du désordre. »
Non, c’est le ferment de l’humanité.
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Pourquoi certains enseignants finissent en maisons de repos !! |
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C'est l'annotation d'un professeur sur un devoir de littérature d'un élève de lycée.
"Débille" avec DEUX L.
Au-delà de l'incommensurable bêtise de ce "professeur", je me demande surtout ce qu'il attend de cette remarque, de ce jugement, de cette insulte portée à un adolescent.
Des cas comme celui-là, il s'en produit des centaines par jour, des milliers peut-être dans toutes les classes de France.
Je hais considérablement ces enseignants. Je sais le mal qu'ils font, je sais quel est le traumatisme vécu par ces jeunes individus qui subissent quotidiennement l'ire névrotique de ces personnes censées les accompagner dans leur développement.
Je pense que ce milieu enseignant est peuplé de gens malades. Psychologiquement malades. C'est sans doute le pire scandale qui soit au coeur de la fonction publique.
Ils sont malades parce qu'ils n'ont aucune connaissance d'eux-mêmes et que cette absence d'observation des phénomènes internes qui les dirigent les empoisonnent continuellement. La raison en est très simple : ILS ONT PEUR.
Un enseignant n'ayant jamais oeuvré à sa propre connaissance agira de façon à recevoir la re-connaissance dont il a besoin pour exister. Il ne vit pas, il existe à travers sa profession et tous les éléments venant parasiter ou même s'opposer à cette re-connaissance dont il se nourrit seront des ennemis qu'il faudra soumettre, contraindre, humilier si nécessaire. C'est sa survie qui est en jeu. Les élèves ne seront jamais rien d'autre que des sujets devant apporter la considération sociale qui contiendra l'estime de soi dont cet adulte a besoin.
En l'absence de CONNAISSANCE DE SOI, on met en place des systèmes oeuvrant à la RE-CONNAISSANCE DE SOI.
C'est là que les conflits prennent forme. Des conflits externes parce que l'individu n'est rien en lui-même qu'un vaste chaos.
Cette estime de soi, au lieu de prendre forme à travers un travail spirituel, se forgera dans une posture frontale, une confrontation dont le professeur doit sortir vainqueur pour exister. Tout est bon pour y parvenir, la sanction, l'humiliation, les arrangements pervers à l'intérieur du groupe, la manipulation des esprits les plus soumis pour contraindre les plus retors.
"Ah, mais moi, je ne sais pas faire avec un garçon comme le vôtre, il faut l'emmener voir un psy."
Une phrase prononcée par une enseignante à une mère décontenancée.
L'institution protège ces enseignants-là, l'enfant est l'élément perturbateur, la famille est la source des perturbations. L'institution n'est pas responsable, les éléments qui constituent l'institution se soutiennent, cet enfant doit quitter le cycle "normal"...
"NORMAL" ????
Mais cette institution est remplie de gens qui se conduisent de façon irresponsable. Est-ce cela la "normalité" ?
Monsieur Peillon (ni aucun Minsitre) ne changera rien parce qu'il ne s'attaque pas au problème majeur.
Il veut réformer la formation ? Qu'il commence donc par limiter le droit à se présenter uniquement pour des étudiants ayant mené des études de psychologie. UNIQUEMENT. Pas des masters d'économie ou d'archietcure ou de biologie moléculaire...Il faut une connaissance du développement de l'individu.
Qu'ensuite, il mette en place des suivis d'analyse de la pratique. Les conférences pédagogiques, formation continue et autres inspections, c'est un gachis de temps et d'énergie. Trois heures à écouter blablater un intervenant qui n'a sans doute jamais mis les pieds dans une classe. Chacun rentre chez soi et met les documents reçus à la poubelle. En 30 ans d'enseignement, je ne me souviens pas d'une seule séance de formation continue m'ayant apporté quelque chose d'indispensable.
L'analyse de la pratique consisterait à être observé en classe par des personnes ayant le cursus professionnel à même d'apporter une aide psychologique, existentielle, philosophique, relationnelle, affective, humaine...Des choses indispensables en quelque sorte...Toutes celles qui sont ignorées par l'institution.
Pourquoi est-ce que les techniques de "communication non violente" ne sont pas enseignées. Qui dans le milieu a entendu parler des travaux de Marshall Rosenberg ?
Je connais des enseignants qui ont détruit des dizaines d'enfants, traumatisés, dégoûtés, saccagés, humiliés, et qui sont très bien notés par la hiérarchie, considérés même, portés aux nues... L'institution trouve dans ces enseignants-là la validation du système, évaluations, remédiations, graphiques, statistiques, projet d'école, travail d'équipe... Tous ces paramètres n'ont aucune valeur étant donné qu'ils sont au service d'un système destructeur.
Qu'on demande aux Français quelle image première ils ont gardé de leur parcours scolaire ?
Est-ce que la souffrance, l'ennui, la peur, le dégoût, la colère, la révolte, l'absence, la soumission sont des réponses honorables ?
L'école est un service public.
Est-ce qu'un service public a le droit d'exclure, de détruire, de rejeter, d'humilier, d'abrutir, de soumettre ?
Quelle est la mission de l'école ?
Quelle est la mission des enseignants ?
Quels sont les moyens mis en oeuvre?
Est-ce qu'ils sont pertinents ?
Qui est habilité à juger du bon fonctionnement du système ?
Et bien, c'est la dernière question qui fait tout s'écrouler. Dès lors que les instigateurs d'un système sont les seuls à juger de sa pertinence ou de son efficacité, les résultats sont faussés. Toutes les structures chargées d'étudier les résultats des élèves ne tiennent compte que de l'aspect cognitif des résultats. Est-ce qu'un organisme indépendant au système s'est déjà interrogé sur le bien-être des élèves, leur développement spirituel ?
Rien que le terme "spirituel" est une aberration dans l'institution. Alors, comment pourrait-on espérer voir un jour une enquête sur le bonheur des élèves.
Un Inspecteur m'a reproché d'utiliser le terme de "méditation" et tenait à ce que je parle de "relaxation". Pourquoi ?
A l'inverse de la méditation et de la dimension spirituelle, on voit aujourd'hui les enfants de maternelle qui sont ÉVALUÉS. Ils ont trois ou quatre ans et ils sont déjà étiquetés par l'institution. Le dossier va passer de main en main, le renforcement identitaire va s'imposer, peu à peu, tout le système oeuvrant à une reconnaissance du système...L'enfant catalogué devient une statistique.
"Il est en échec, il est en décalage, il est agité, il perturbe, il n'écoute rien, il est bête, il est "DÉBILLE."
LES PARENTS SONT BEAUCOUP TROP TOLÉRANTS. Cette peur de l'école, cette peur de s'opposer à l'enseignant, elle est extrêmement révélatrice de l'image générée par l'institution. L'école est un tribunal. Les parents y sont jugés.
Le gouvernement veut s'occuper des élèves en difficulté...
Qu'il commence déjà par virer tout les enseignants qui détruisent ce métier, tous ceux et celles qui ont fait de l'école un centre de détention.
Après, on pourra peut-être avancer.
Journaliste, essayiste et réalisatrice, diplômée de la prestigieuse London School of Economics, Naomi Klein est l'auteur du best-seller international No Logo, traduit dans vingt-huit langues et devenu une référence incontournable dans le monde entier. Elle contribue régulièrement à la rubrique internationale de The Nation et The Guardian, et s'est rendue en Irak pour le magazine Harper's. En 2004, elle a réalisé un film documentaire : The Take, sur l'occupation des usines en Argentine, qu'elle a coproduit avec le réalisateur Avi Lewis
L'objet de l'ouvrage : le choc (et sa stratégie) est une métaphore ou un paradigme : le choc politique, économique, social est à un pays ce que la torture est à un individu. Ceux qui pratiquent cette violence extrême partent de l'idée qu'il faut effacer et déstructurer pour écrire autre chose : "Nous allons vous presser jusqu'à ce que vous soyez vide puis nous vous emplirons de nous mêmes" (G. Orwell, 1984, cité par l'auteur). En fait, c'est faux, bien sûr. Le pays ressort brisé pour des décennies comme l'individu qui parfois meurt ou devient fou. En outre, le choc appliqué au pays implique souvent la torture massive des opposants : il y a donc un lien entre le niveau individuel et le niveau global. NK illustre son propos avec les expériences criminelles d'Ewen Camron de l'université McGill dans les années soixante, expériences financées par la CIA, le programme MKUltra, la méthode Kubark (Partie 1).
Le second fil conducteur qui donne l'unité à l'ouvrage (de la première à la dernière page) est la dénonciation constante de l'idéologie de l'école de Chicago et de son maître à penser Milton Friedman (1912-2006), fils spirituel de Friedrich Hayek (1899-1992). On suit la piste de l'application de ces théories dans un certain nombre de cas entre les années soixante-dix et les années quatre-vingt-dix : les pays du cône sud américain, Chili, Argentine, Bolivie, Brésil (l'opération Condor), l'Indonésie, pour finir avec la Pologne, la Russie (Eltsine 1993) et l'Asie d'une façon générale. La piste en question pue l'odeur de terre brûlée et de charogne : les société sont ruinées, mais lorsque leurs économies finissent par se redresser, les populations ont sombré dans la misère et les élites se sont enrichies sur le dos des pauvres au-delà de toute décence démontrant ici dans tous les cas qu'il n'y à pas d'effet de percolation : l'enrichissement de l'élite n'a aucun effet positif sur la misère des masses (Parties 2 à 4).
Les parties 5 et 6 de l'ouvrage portent sur la seconde phase de l'application de la théorie de l'école de Chicago, en fait, son aboutissement extrême par une application méticuleuse grâce au 11 septembre (dont la nature exacte n'est pas réellement questionnée par l'auteur). Le capitalisme crée le désastre (Irak, Yougoslavie, Afghanistan) ou utilise les catastrophes naturelles (Tsunami au Sri-Lanka, Katrina) pour mettre en place le circuit fermé des profits liés à la destruction et à la reconstruction. Rien n'échappe plus à la privatisation. L'État corporatiste n'est plus qu'une coquille vide au sein de laquelle les dirigeants des grandes sociétés privées agissent sans contrainte et s'enrichissent sans limitation.
La partie 7 (et dernière) est une réflexion sur la globalisation d'un tel système qui mène manifestement vers la fiction de Ruffin dans Globalia. Les élites accaparant les plus beaux espaces de la planètes se protègent dans des zones vertes derrière des murs de sécurité, 25% à 60% de la population est mise au rancard. "zones vertes" et "clôtures" de sécurité sont déjà les paradigmes d'un apartheid global.
Ce livre est passionnant, mais sa lecture est un peu déprimante même si la conclusion tente d'exprimer quelques réflexions optimistes. Les pages de remerciement mettent en évidence un travail relativement collectif même s'il revient à l'auteur de l'avoir écrit. Quelque absences remarquées dans un index pourtant bien étoffé : AGCS, Bilderberg, PNAC .. Enfin, pour faire une lecture réellement intelligente de ce bon livre, lire préalablement Friedman (Captalism and Freedom) et même Hayek (La route de la servitude) serait peut-être une bonne idée.
LE MONDE | • Mis à jour le Par Pascale Krémer

Lire l'enquête (en zone abonnés) : Alerte sur la pilule de 3e et 4e génération
"Avant, j'étais vraiment bonne élève, avec un an d'avance." En juin 2006, Marion la jolie, Marion la brillante élève de classe préparatoire au lycée Montaigne de Bordeaux, vient de se frotter aux concours des grandes écoles de commerce. Quand, soudain, elle s'effondre, terrassée par un AVC massif. Un œdème se développe dans son cerveau, elle plonge dans un coma dont elle se réveille, trois jours plus tard, hémiplégique et aphasique. S'ensuivent neuf opérations au CHU de Bordeaux, des mois en centre de rééducation ; une lutte acharnée pour redevenir la Marion des interminables randonnées en montagne, des lectures de sociologie, et pour ne pas se laisser envahir par la dépression.
Car il lui faut l'admettre. Elle ne sera plus jamais cette femme-là. La nouvelle Marion est handicapée à 65 %, épileptique, sa main droite ne lui est plus d'aucune utilité (elle était droitière), sa marche et son élocution sont extrêmement laborieuses. Elle blâme le sort. Tente de reprendre ses études pour s'en découvrir physiquement incapable. Quand un jeune homme entre dans sa vie, en 2010, elle envisage de reprendre la pilule. La nouvelle gynécologue consultée demande transmission des analyses de sang faites à l'hôpital. Elle découvre alors l'anomalie génétique dont Marion est porteuse : le facteur II de Leiden, qui accentue la coagulation. Une contre-indication à la prise d'une contraception orale.
QUÊTE DE JUSTICE
En clair, c'est sa pilule, Meliane, qui a provoqué l'AVC. "Après ça, je n'ai pas dormi pendant un an. J'ai appris que 8 % des femmes avaient la même anomalie, donc j'ai réalisé que d'autres étaient mortes, que d'autres allaient mourir." Marion n'avait jamais entendu parler des dangers thromboemboliques de la pilule. Ne se savait pas davantage porteuse d'une mutation génétique – personne, dans sa famille, n'ayant connu le moindre accident de santé évocateur. En juin, la Commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux de la région Aquitaine, confirme le lien : "L'AVC est survenu dans les trois mois de la prescription du Méliane. Ces éléments constituent autant de présomptions graves, précises et concordantes permettant d'imputer la survenue de l'AVC à l'administration du Meliane."
Quelques mois avant, Marion avait vécu comme une violence la réunion d'expertise commandée par la commission. On lui a demandé si elle avait envisagé de mettre fin à ses jours. Que répondre lorsque ses parents sont dans la salle ? Ne pas se laisser dévorer par la colère... Ne pas rester à jamais la handicapée qui vivote avec 700 euros d'allocation mensuelle... Marion effectue, à tout petit rythme, un service civique. Idée lui vient de créer et de commercialiser des bas de contention moins laids que ceux qu'on lui a infligés à l'hôpital. Le nouvel Institut du service civique, lancé cet été par Martin Hirsch, fait d'elle une lauréate soutenue dans ses projets d'activité. Mais rien ne la fera dévier de sa quête de justice. Elle a renoncé aux indemnisations, espérant que sa voix porte devant le tribunal de grande instance. Toutes les autres jeunes filles, elles, doivent savoir.
Pascale Krémer
COMBIEN DE MILLIARDS ENGRANGES PAR LES LABORATOIRES ?
Les morts ne comptent pas.
Les vies brisées ne comptent pas.
Magnifique
Rien à dire.
Et surtout, lassé de parler tout seul.
Pratiquement aucun commentaire alors qu'on va arriver à 30 000 visites et 80 000 pages lues sur l'année.
J'hiberne.
Bonne continuation à ceux et celles qui passeront par ici.