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Pilule mortelle (santé)

Par Le 14/12/2012

 

Pilule : Marion Larat, l'injustice transformée en combat

LE MONDE | • Mis à jour le

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Marion Larat doit déposer plainte pour "atteinte involontaire à l'intégrité de la personne humaine" contre le directeur général de Bayer Santé, auprès du procureur de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Elle est lourdement handicapée à la suite d'un accident vasculaire cérébral, dont elle estime que la pilule de 3e génération Meliane est la cause.

Comment dire l'immense injustice ressentie, la colère qui l'anime ? Marion Larat, 25 ans, tente de raconter sa vie brisée en s'agaçant de ne pouvoir convoquer les mots plus rapidement, "pfff...", en comptant sur ses doigts pour retrouver un chiffre, une date. Puis un silence, son regard s'absente. Elle bredouille, ne supporte pas de ne plus être celle qui parlait et pensait à toute allure. "Avant...", commence-t-elle souvent ses phrases.

Lire l'enquête (en zone abonnés) : Alerte sur la pilule de 3e et 4e génération

"Avant, j'étais vraiment bonne élève, avec un an d'avance." En juin 2006, Marion la jolie, Marion la brillante élève de classe préparatoire au lycée Montaigne de Bordeaux, vient de se frotter aux concours des grandes écoles de commerce. Quand, soudain, elle s'effondre, terrassée par un AVC massif. Un œdème se développe dans son cerveau, elle plonge dans un coma dont elle se réveille, trois jours plus tard, hémiplégique et aphasique. S'ensuivent neuf opérations au CHU de Bordeaux, des mois en centre de rééducation ; une lutte acharnée pour redevenir la Marion des interminables randonnées en montagne, des lectures de sociologie, et pour ne pas se laisser envahir par la dépression.

Car il lui faut l'admettre. Elle ne sera plus jamais cette femme-là. La nouvelle Marion est handicapée à 65 %, épileptique, sa main droite ne lui est plus d'aucune utilité (elle était droitière), sa marche et son élocution sont extrêmement laborieuses. Elle blâme le sort. Tente de reprendre ses études pour s'en découvrir physiquement incapable. Quand un jeune homme entre dans sa vie, en 2010, elle envisage de reprendre la pilule. La nouvelle gynécologue consultée demande transmission des analyses de sang faites à l'hôpital. Elle découvre alors l'anomalie génétique dont Marion est porteuse : le facteur II de Leiden, qui accentue la coagulation. Une contre-indication à la prise d'une contraception orale.

QUÊTE DE JUSTICE

En clair, c'est sa pilule, Meliane, qui a provoqué l'AVC. "Après ça, je n'ai pas dormi pendant un an. J'ai appris que 8 % des femmes avaient la même anomalie, donc j'ai réalisé que d'autres étaient mortes, que d'autres allaient mourir." Marion n'avait jamais entendu parler des dangers thromboemboliques de la pilule. Ne se savait pas davantage porteuse d'une mutation génétique – personne, dans sa famille, n'ayant connu le moindre accident de santé évocateur. En juin, la Commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux de la région Aquitaine, confirme le lien : "L'AVC est survenu dans les trois mois de la prescription du Méliane. Ces éléments constituent autant de présomptions graves, précises et concordantes permettant d'imputer la survenue de l'AVC à l'administration du Meliane."

Quelques mois avant, Marion avait vécu comme une violence la réunion d'expertise commandée par la commission. On lui a demandé si elle avait envisagé de mettre fin à ses jours. Que répondre lorsque ses parents sont dans la salle ? Ne pas se laisser dévorer par la colère... Ne pas rester à jamais la handicapée qui vivote avec 700 euros d'allocation mensuelle... Marion effectue, à tout petit rythme, un service civique. Idée lui vient de créer et de commercialiser des bas de contention moins laids que ceux qu'on lui a infligés à l'hôpital. Le nouvel Institut du service civique, lancé cet été par Martin Hirsch, fait d'elle une lauréate soutenue dans ses projets d'activité. Mais rien ne la fera dévier de sa quête de justice. Elle a renoncé aux indemnisations, espérant que sa voix porte devant le tribunal de grande instance. Toutes les autres jeunes filles, elles, doivent savoir. 

 


 

La justice défendra toujours les multinationales.
 
Les juges savent très bien qui distribuent l'argent.
 



 

Cadeau

Par Le 14/12/2012

Magnifique

Bon.

Par Le 12/12/2012

Rien à dire.

Et surtout, lassé de parler tout seul.

Pratiquement aucun commentaire alors qu'on va arriver à 30 000 visites et 80 000 pages lues sur l'année.

J'hiberne.

Bonne continuation à ceux et celles qui passeront par ici.

Burn out

Par Le 11/12/2012

Professeurs des écoles : le burn-out des débutants

Burnouthttp://www.formapex.com/formation-professionnelle/893-professeurs-des-ecoles-le-burnout-des-debutants?616d13afc6835dd26137b409becc9f87=8b99b2184315f706916bb8ad0b77de96

La Lettre de l’éducation publie une interview de Laurence Bergugnat, maître de conférences en sciences de l’éducation. Celle-ci parle d'une étude menée sur l’épuisement professionnel des enseignants débutants par sept chercheurs en sciences de l’éducation et en psychologie de l’université de Bordeaux II-IUFM d’Aquitaine. Ces derniers ont suivi une cohorte d’enseignants débutants pendant 3 ans, de la fin de leur formation à l’IUFM en 2008 à la fin de leur 2e année d’affectation. Soulignons qu’il s’agit donc d’une cohorte qui n’a pas subi de plein fouet la masterisation, la désastreuse réforme du ministre Chatel (on peut donc légitimement penser que les résultats obtenus pour ceux de 2008 seront bien pire pour les cohortes suivantes). L’échantillon initial se composait de 744 stagiaires de tous les IUFM de France, dont 45 % de professeurs des écoles, qui ont été interrogés six fois au cours de la période. Le travail est allé en se simplifiant pour les chercheurs puisque il ne restait que 84 “survivants” à l’arrivée. Soit une déperdition de près de 90 % de l’effectif initial ! On comprend que le ministère ne donne aucune statistique sur les abandons des (jeunes) enseignants. La question des démissions, année après année, reste l’objet d’une véritable omerta…

Voici ce que dit Laurence Bergugnat (passages mis en gras par nous) : « Notre étude montre des signes plutôt élevés d’épuisement professionnel, puisque 9,14 % des enseignants sont en burn-out au cours leur première année d’exercice. Ce phénomène se caractérise par trois symptômes : l’épuisement émotionnel, la dépersonnalisation de la relation avec les élèves - l’enseignant ne supporte plus l’élève ; il est incapable de lui manifester de l’empathie, de la bienveillance, et développe une attitude cynique, de rejet ou d’humiliation. Le troisième symptôme est le non-accomplissement : l’enseignant ne se réalise plus dans son travail. Ce sont les professeurs des écoles qui souffrent le plus d’épuisement émotionnel : 54,80 % d’entre eux sont concernés, contre 39,40 % des professeurs de collège et de lycée, 37 % des professeurs de lycée professionnel. »

Il est intéressant de noter que « c’est en agissant en amont, sur les sources de stress – telles que la surcharge de travail, la difficulté scolaire, le décrochage, l’hétérogénéité des classes, les dysfonctionnements de l’institution, le manque de valorisation, les conflits relationnels et le manque de respect des élèves - que l’on construit un climat scolaire de qualité. » Donc les sources de stress sont bien connues et inventoriées, même si rien n’est fait de sérieux pour y remédier au sein de l’Éducation nationale.

D’après Laurence Bergugnat, « les enseignants en burn-out font souvent le récit d’un enseignement traditionnel, qui exclut, isole, exige des élèves qu’ils restent tranquilles ». Ce qui n’est sans doute pas faux parce que  «  les enseignants en burn-out amènent leurs élèves à se sentir plus compétents ». Ils ont donc le souci de l’efficacité de leur enseignement : «  Le burn-out est corrélé à des antécédents personnels, en particulier le sentiment d’efficacité et les représentations du métier. » Par conséquent, les enseignants constructivistes sont moins victimes de burn-out, puisque dans les pédagogies “actives” l’efficacité de l’enseignement est loin d'être un enjeu crucial.

D’ici à ce que les chercheurs recommandent aux jeunes instituteurs de prendre leur métier avec moins de sérieux, d’exigences et d’ambition, il n'y a qu'un pas. À titre prophylactique bien sûr…

 

Indignation

Par Le 11/12/2012

« Quand je cesserai de m’indigner, j’aurai commencé ma vieillesse. » Gide

Ce monde a un intérêt. C'est qu'il entretiendra en moi une indignation éternelle, ce qui fait que je mourrai sans avoir jamais vieilli.

Ré(d)action suicidaire

Par Le 11/12/2012


Je suis effaré de ce tollé médiatique et c'est très représentatif des problèmes de fond au regard de tout ce qui concerne l'existentiel.

Qu'on ne vienne pas dire que les adolescents ne sont pas concernés par ce genre de drame et qu'il est inutile d'en parler avec eux, ni encore moins de les faire réfléchir, ni même de proposer un travail de création littéraire, ni même de considérer qu'ils pourraient, un jour, être touchés par cette infinie douleur du "dégoût de soi"...Non, non, fermons les yeux, bouchons-nous les oreilles, ne les regardons pas ces jeunes, tout va bien tout va bien..;

Je ne rappellerai pas les statistiques du suicide chez les jeunes, c'est terrifiant. Une réalité.

Il s'agissait d'un TRAVAIL accompagné, d'une réflexion personnelle ayant une finalité de création littéraire tout autant que de plonger les adolescents dans des tourments, qu'ils soient personnels ou pas ne changent rien. S'ils ne sont pas concernés, ils auront comme tâche d'aller chercher en eux cette réalité qu'ils ignorent, s'ils sont concernés et que ces pensées les ont déjà assaillis, que cette tentation les a effleurés, ils auront l'occasion de les partager. La parole est un baume salvateur.

Les parents qui l'ignorent devraient s'ouvrir et écouter. 

Quelles sont les raisons de cette indignation ?

L'énoncé était trop violent ? Mais je rappelle que l'Education nationale impose aux professeurs d'étudier Baudelaire ou Appolinaire, que le travail des adolescents consistent à extraire de ces textes la noirceur et le dégoût de la vie, les angoisses et les folies. Aucun parent ne s'en  émeut. Ces parents vont-ils s'opposer à "La nausée" de Sartre ? Vont-ils refuser "L'étranger" de Camus ?

Non, ils ne diront rien parce que, pour eux, ça ne concerne pas leurs enfants. Ce sont des délires d'écrivains névrosés. Mais vos enfants aussi sont névrosés, comme vous, comme moi, comme TOUT LE MONDE ! 

Et ceux qui n'iront jamais explorer les gouffres finiront par y tomber. LISEZ DONC VICTOR HUGO BANDES D'IGNARES !!

Cette fois, ce professeur, plutôt que de s'en tenir à des études de textes abscons pour beaucoup, propose une introspection. Et là, on crie à l'horreur ?

Pour quelle raison ?

"Parce que chez nous, on ne parle pas de ça, Monsieur. Tout le monde va bien."

Et bien tant mieux, profitez-en, ça pourrait ne pas durer. L'absence de paroles ne signifie pas que tout va bien. Juste que pour l'instant, les effets de cet étouffement sont contenus.

Qu'imaginent-ils ces parents ? Que leurs enfants n'en parlent pas entre eux, qu'ils n'ont pas de jeux suicidaires quand ils roulent en scooter avec le casque posé comme un béret ? Qu'ils n'ont pas de pulsions morbides ? Qu'ils ne vont pas aller se piquer une nuit ? Qu'ils ne vont pas aller faire l'amour sans capote ? Qu'ils ne vont pas rouler bourré ? Que tout va bien, que tout va bien, que tout va bien...

J'ai l'impression d'entendre parler la famille Groseille (la vie est un long fleuve tranquille)

Rappelez-moi déjà quels sont les films qu'ils sont allés voir dernièrement ? Il n'y avait pas de découpage de viande ? Aucun meurtre, pas de suicidé, pas de sérial killer, pas de torture, pas de mort ? Pourquoi TF1 cartonne avec ses séries américaines ? On n'y parle pas de mort là-dedans ? Pourquoi les laissez-vous regarder ces boucheries perpétuelles ? Vous n'êtes pas offusqués là ? Comme c'est bizarre...

-Non, non, pas de mort, chez nous tout va bien, on ne s'intéresse pas à ça."

MAIS VOUS ETES CONS OU VOUS LE FAITES EXPRES !!!

Ce professeur propose aux adolescents un travail qui les touche, le travail de toute une vie : ALLEZ VOIR EN SOI.

Et il est suspendu...

Oui, ce monde est taré, ce monde est débile, ces adultes sont des ignares, des crétins finis, des incapables.

Et si un jour, ces parents sont appelés à la morgue de l'hôpital pour aller identifier le corps de leur enfant, qu'ils ne viennent pas pleurer que la vie est injuste.

La beauté féminine

Par Le 09/12/2012

Soirée Miss France... il ne s'agit pas d'un talent, juste d'un don de la nature. Je connais des skieuses, des alpinistes, des artistes peintres, des "écrivaines", qui ont une beauté naturelle éblouissante mais qui ont avant tout un talent qu'elles travaillent, qu'elles exploitent, qu'elles approfondissent et c'est là qu'elles trouvent une beauté admirable. Le reste, c'est juste un cadeau. Et que la télé mette en avant cet aspect de la femme en délaissant totalement celles qui oeuvrent à l'exploitation d'un potentiel physique et psychologique, ça me désole. L'impact sur les enfants est désastreux... Voilà par exemple ce que j'appelle la beauté féminine.

JUSQU'AU BOUT : Lucidité de l'angoisse

Par Le 09/12/2012

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Il se réveilla heureux. Il retira rapidement le rideau et regarda le fourgon vert. Il ne vit aucun mouvement. 8h30. Ils étaient déjà partis.

L’impression de rattraper des heures de sommeil. Les deux journées de vélo ne lui avaient laissé aucune courbature. Il s’en félicita. Il enfila un short et sortit. Ciel nuageux. Une légère couverture dentelée, comme une haleine glacée. Pour le bleu du ciel, ça devait être agréable de se glisser sous des draps aussi accueillants. Nulle menace dans cette vapeur suspendue.

Il décida de marcher. L’envoûtement des pas, le retournement vers soi… Plonger à l’intérieur. Le goût d’un bonbon de son enfance. Il revenait régulièrement. Il n’aurait su le décrire mais il le ressentait pourtant. Ce n’était pas dans la bouche mais dans une mémoire profonde, diffuse, insaisissable, un abysse impossible à situer. Comme un envahissement. Qu’y avait-il d’autre dans ces endroits inexplorés ? Etait-il possible de remonter plus loin dans le temps ? Une mémoire à l’échelle de l’humanité se cachait-elle en nous ? Une mémoire à l’échelle de l’univers, était-ce possible ? Portions-nous bien plus que nos simples souvenirs ?

Enflammé par les idées, il se prépara joyeusement et partit. Il délaissa les sentiers et s’enfonça sous les arbres. Une borne d’altitude placée sur la carte. C’était son objectif. Entraînement pour le Grand Nord.

Méandres sous les pinèdes, franchissements de talus, remontées de flancs rocailleux, faire le point avec la boussole, tracer un azimut, prendre des repères…

Il essaya de replonger dans la discussion de la veille. L’opposition entre l’essence et la personnalité. Où en était-il ? Un fouillis de pensées lui brouilla rapidement l’esprit. Désagréable malaise. Comme un travail titanesque, une odyssée périlleuse, sans aucune balise. En était-il capable ? Il décida de chercher parmi les écrivains ceux qui auraient pu s’intéresser à cette théorie et qui l’aurait analysée. Il n’en trouva aucun et il perdit les quelques réflexions personnelles qu’il avait réussi à extirper des méandres de son cerveau agité.

Il s’arrêta pour rectifier son cap avec la boussole. La traversée d’une zone de feuillus encombrée d’arbustes épineux et de taillis serrés l’avait écarté de son axe.

Lorsqu’il voulut reprendre le fil de ses réflexions il n’en restait qu’un capharnaüm indescriptible. L’impression de devoir tout reprendre à zéro. Il en garda une pénible sensation d’impuissance et décida finalement de ne penser à rien et de se concentrer sur la marche.

Les parfums de résine, les chants joyeux d’oiseaux invisibles, les couleurs chatoyantes des frondaisons, la découverte curieuse d’un nouveau paysage, quelques traces d’animaux dans une boue séchée, des sentes discrètes qu’il suivit silencieusement attisèrent peu à peu cet abandon.

Et pourtant ce dépit, cette déception tenace. Ce n’était pas ainsi qu’il parviendrait à progresser dans sa propre connaissance et la désillusion le rattrapait. Une lutte inéluctable, comme si les pensées ne pouvaient cesser de se combattre, de se chevaucher, de se contredire, il voulait cesser de penser et devait y penser pour y parvenir. Désirer l’apaisement et créer dès lors les conditions favorables à l’émergence du dégoût, une nasse inévitable, ce dégoût de l’impuissance en lui.

En débouchant dans une clairière, il s’aperçut que la couverture nuageuse s’était déchirée et que des taches de bleu parsemaient le tissu tendu du ciel. Une étrange similitude avec les différents états dans lesquels il évoluait depuis quelques mois. Les trouées éparses pouvaient représenter les quelques moments de clairvoyance qui parvenaient parfois à déchirer la masse compacte de son engourdissement. Les eaux boueuses du lac. La nature, quand on l’observait réellement, offrait de multiples possibilités d’analyses de l’existence. Mais cette simple observation restait insuffisante si l’on désirait parvenir à une conscience supérieure. Comme un simple jeu enfantin, une connivence imaginaire. Il en resta troublé puis l’idée jaillit brutalement comme un éclair de lucidité, une fulgurance qui faillit le renverser !

Il s’arrêta.

Le ciel, comme son esprit, procédait de la même façon, ils étaient semblables et égaux dans leurs existences ! Il ne s’agissait pas de se comparer occasionnellement à un élément de la nature mais de vivre comme cet élément, aussi fragile ou déterminé que lui, aussi troublé ou apaisé. Identique. Lui, simple être vivant, membre à part entière d’une nature vivante, il ressentait les mêmes troubles, les mêmes agitations, les mêmes apaisements qu’un ciel, qu’un lac, qu’un arbre ou qu’un insecte. Leurs effets étaient sans doute différents dans leurs matérialisations visibles mais leurs causes restaient communes. Les ouragans ou les tremblements de terre pouvaient donc représenter les conséquences d’un trouble profond de la planète, trouble assimilable à celui d’une crise de nerfs chez l’homme.

Durant quelques secondes, cette idée lui sembla totalement folle puis finalement cela lui parut évident. Les animistes l’avaient ressenti depuis longtemps. Cette terre était vivante, tout comme lui et il la percevait enfin dans sa réalité. Tous ces textes ésotériques qui prenaient, à travers cette vision, une portée considérable, ces réflexions qu’il n’avait pas su saisir, ces témoignages incompris.

Mais si cette nouvelle conscience s’avérait exacte, tout ce que l’homme infligeait à la nature devait la plonger dans une totale incompréhension vis à vis de cette humanité.

« Pourquoi cette espèce vivante me cause-t-elle autant de douleurs ? »

Cette question devait résonner à chaque instant dans l’âme de cette planète. Il en eut honte. Terriblement honte. Aucune autre espèce vivante ne se permettait un tel affront, l’idée d’une atteinte physique inconsidérée et injustifiée ne pouvant sans doute même pas s’éveiller dans l’esprit d’aucun des autres membres de cette vie. Le plus incroyable étant d’entendre ces hommes accuser la montagne meurtrière, la mer implacable, les volcans cruels d’avoir emporté quelques vies humaines. Mais pouvait-on honnêtement demander à cette planète de rester impassible juste parce que nous vivions à sa surface ? La puce qui nous sautait dessus ne nous demandait pas de rester immobile et de cesser toute activité. Elle savait bien qu’elle prenait un risque en s’aventurant sur cette surface vivante, mouvante et colérique. Elle en assumait la décision. Nous étions bien les seuls à oser nous plaindre des phénomènes inhérents à la vie de notre vaste foyer.

Il essaya de recentrer chacune de ses pensées et d’en retirer un résumé, une formule parfaite, un condensé précis qu’il pourrait facilement transmettre aux hommes qui seraient prêts à l’écouter. Il ne trouva rien de simple. Vouloir limiter de telles réflexions revenait systématiquement à en perdre un aspect et à donner à l’ensemble une impression farfelue. On ne l’écouterait même pas, on se moquerait de lui, il s’en doutait bien et entendait déjà les railleries. L’humanité s’était enfermée dans une vision restrictive mais rassurante, une hégémonie qui satisfaisait son désir narcissique. Vouloir établir une égalité d’existence, une similitude dans nos émotions avec un brin d’herbe ou une fourmi relevait de l’utopie absolue. Personne ne l’écouterait.

Il pensa à Nelly et à Jean-Jacques. Un possible partage.

Le retournement vers soi. Il ne s’agissait pas de se contenter d’un regard humain mais d’instaurer un regard différent, neuf, épuré, jusqu’à l’effacement de cet humain. Qu’il ne reste qu’une forme de vie en symbiose avec d’autres formes de vie. L’oubli de soi, quand il ne s’agit que d’une forme aiguë de prétention, était la clé nécessaire à cette ouverture vers le monde. Il tenait la solution et la joie qui le gonflait aurait pu le faire voler au-dessus de la cime des arbres.

Ce fut comme une naissance et l’accession à une nouvelle lumière.

Pas, cette fois, la lumière artificielle d’une salle d’hôpital mais la lumière de l’univers. Un rayonnement d’étoile, un embrasement au cœur de ses fibres, un noyau en fusion, une âme libérée, un envol. Des vagues de frissons qui cascadent.

Un autre état de conscience, différent de celui prôné par l’esprit humain. Un état naturel. Un état de connivence avec le monde. Nous serions donc en dehors de la vie, attachés comme du bétail à tirer dans une fuite aveugle des fardeaux imposés, à nous abrutir jour et nuit de drogues licites, à nous interdire, par tous les moyens, de nous observer. Il pensa à ses journées de travail, à ses six heures en classe, à ses deux heures au bureau, à l’entretien de son logement et de son fourgon, de son vélo et de toutes ses petites affaires, aux courses, à la télévision et à la radio, à ces informations d’un monde en débâcle, aux discussions sur le mauvais temps et le prix de l’essence, et à tous les passe-temps dérisoires pour occuper les dernières minutes de cette mort camouflée dans une journée quotidienne. Toutes nos activités nous tournaient irrémédiablement vers un extérieur artificiel, à des distances considérables de nous-mêmes et du monde. De notre complicité avec ce monde. Nous étions tous dans un état de non vie.

Il s’assit au sommet d’une butte. Il dominait la cime des arbres. Le paysage devant lui s’étendait jusqu’à l’horizon. Il eut peur brutalement de ce qu’il découvrait.

Il eut peur du moment où il redescendrait parmi les morts.   

Il eut envie de leur parler. Il eut pitié d’eux. Pour la première fois, il aima l’humanité. Pendant quelques secondes. Pourquoi cette humanité avait-elle abandonné ce bonheur ?

Il chercha… Et comprit qu’il ne devait pas le faire. Chercher, c’était encore faire appel à l’esprit humain pour répondre à une question qui concernait un ordre planétaire, une harmonie universelle d’où l’homme s’était retiré.

Il déposa son sac, sortit sa serviette et l’étala. Il se déshabilla et s’allongea au soleil. Les yeux fermés.

Une brise légère mais régulière coiffait le sommet dégagé et repoussait les insectes. Il pensa aux rennes de Scandinavie qui progressent sur les crêtes ventées pour se protéger des taons. Il suivit leurs longues marches. Vaste troupeau obéissant à des migrations séculaires, chaque individu posant ses pas dans les pas de ses ancêtres, acceptant la loi du groupe sans même y penser, perpétuant sereinement un ordre naturel. Un faucon survolait les troupeaux. La danse suspendue de l’oiseau le conduisit au bord de l’océan. Jonathan Livingstone l’accueillit. Le goéland avait acquis la liberté à travers le vol, il avait brisé les règles établies et choisi de développer des qualités extraordinaires pour éveiller sa propre connaissance. Mais s’il avait atteint une liberté sublime, il ne le devait qu’à une volonté farouche. Ce n’était pas un exemple accessible à tous. Le développement de cette connaissance hors du commun n’avait été rendu possible qu’à travers l’extrême perception et l’absolue maîtrise de son essence. Il avait retrouvé enfoui sous de misérables comportements quotidiens toutes les possibilités de son corps et de son esprit. De son être unifié. Aujourd’hui, le culte de la personnalité qui servait de référence ne représentait en fait que la consolidation d’un système pervers, nullement l’accession à cette connaissance supérieure. Ce n’était pas l’homme qui était promu mais sa totale participation à une vie de masse. Et les quelques individus parvenant à s’extirper de cette foule anonyme cautionnaient par cette fausse réussite un esclavage doré, totalement éloigné de toute essence. Rien ne s’éveillerait. Ce n’était pas l’homme libre qui pouvait jaillir mais juste l’homme privilégié, profitant avidement de l’opulence sordide des plaisirs offerts par ce système, l’embellissement frénétique des murs de la prison. Celui qui y parvenait apparaissait comme le plus heureux et le meilleur des hommes et la foule envieuse continuait à rêver avec le même enthousiasme aveugle, la même convoitise, se nourrissant d’espoirs de gloire et de fortune quand la paix de l’âme restait à portée de main, accessible à tous, sans distinction sociale, raciale ou d’intelligence. C’est l’esprit seul, sa sensibilité et sa capacité à goûter pleinement l’importance d’un brin d’herbe comme celle d’une étoile qui ouvrait les portes du monde.

Il s’étonna de la fluidité de son raisonnement. Il ne se souvenait pas avoir connu auparavant des éveils aussi flamboyants. Il ne pouvait certifier qu’il parviendrait à échanger de telles idées mais ce bonheur  était déjà si inattendu qu’il lui suffisait amplement. Il douta d’ailleurs d’une possible transmission. N’était-ce pas à chacun de constituer sa propre théorie ? Sa propre vérité…Opposée à cette vacuité terrible qui nous étouffait. Soudainement, encore une fois, le vide de l’existence telle qu’elle était instituée, lui brûla la gorge. Physiquement. Il s’assit, prit la gourde et avala plusieurs goulées d’eau fraîche. L’angoisse disparût mais la tension dans laquelle l’esprit s’était maintenu céda d’un coup. Les larmes coulèrent, librement, sur les joues, il fallait pleurer, il le sentait, c’était une délivrance nécessaire, pas une fuite ou un abandon mais un lien avec ce monde oublié et battu. La rencontre triste de deux consciences esseulées, la complicité fabuleuse de deux esprits en sursis, deux êtres condamnés à plus ou moins brève échéance, sentant au-dessus de leurs consciences effrayées la menace permanente d’un sabre que l’espèce humaine tenait fièrement.

Il refusa de sombrer dans les noirceurs et se releva. Il reprit son sac et s’engagea sur une sente. Il força son pas durant de longues minutes, crachant des bouffées de déprime dans les souffles jaillis de ses poumons, dans les brûlures de ses muscles, les gouttes de sueur qui voilaient ses yeux. Il sentit combien la peur pouvait étouffer les plus beaux sentiments, les plus intenses émotions. Il avait entrevu son retour parmi les hommes et la terreur qui s’était dressée l’avait tétanisé. Comment supporter ce mensonge immonde ? Ça ne lui semblait plus possible.

Il marcha comme un forcené, évadé d’une prison morale et qui court, qui court, sentant dans son dos la rage haineuse des morts.

Il serpenta entre les arbres, hors de tout objectif et de toute conscience réelle. Ce fut une fuite sans but. La douleur était en lui, les terreurs l’habitaient. Et il souffrait davantage encore de ne pas maîtriser ces assauts morbides, de ne pas parvenir au contrôle de soi et de devoir, pour trouver une certaine paix, consumer ses forces dans des défis déraisonnés.

Il atteignit un nouveau sommet, simple colline déboisée, ouverte sur les horizons. Dans la dernière montée, un vertige l’avait ébloui. Il décida de manger. Espérant surtout y trouver l’absence de pensées dont il avait besoin.        

Face à lui s’étendaient des pentes boisées, vastes mers de couleurs superbes sur lesquelles les rayons solaires, variant leurs inclinaisons et leurs intensités, jouaient pendant des heures. Il devina, sous le secret des frondaisons, les itinéraires répétés des animaux, leurs parcours ancestraux, incessamment agressés par des hommes envahisseurs. Il sentit l’angoisse pesante des espèces encerclées, les cris suppliants des arbres abattus, les râles étouffés d’une terre labourée, toutes ces souffrances quotidiennes qui resserraient impitoyablement sur des êtres fragiles leurs étreintes mortelles. Il aperçut au loin une brume étrange, surplombant une vallée invisible. Était-ce une vapeur échappée d’un lac ou la pollution d’une ville ? Embryon de pluie ou haleine putride. C’est de nos âmes que s’élevait ce poison. L’empreinte des hommes sur la Terre. Le cerf, au fond des bois, percevait le parfum pestilentiel des fumées d’usine, le ronflement des moteurs, le vacarme des avions, le hurlement aigu des tronçonneuses, les appels des chasseurs vers les meutes excitées des chiens. Même le parfum âcre de sa sueur agressait les narines des animaux aux abois. L’homme n’était toujours qu’une menace, que le complice cynique de la mort. Le dégoût. Il n’était qu’un humain. Les fumées de son fourgon, les routes dont il profitait, les champs sulfatés pour les récoltes forcées dont il se nourrissait, les bétails engraissés pour des populations obèses, les mers vidées par les filets dérivants, les centrales nucléaires pour des électricités gaspillées, les forêts vierges rasées pour des meubles coûteux, les fleuves agonisants sous les rejets nitratés, les décharges sauvages et les dépotoirs engorgés. On immergeait dans les fosses marines des containers de déchets radioactifs comme on jetait par les fenêtres des voitures un paquet de cigarettes. Le geste était le même. C’est la mort qu’on propageait.

Le dégoût.

Il ne voyait pas d’issue et sentait combien ses réflexions le conduisaient à une impasse. Si les animaux vivaient dans la peur permanente, la planète elle-même ressentait-elle cette angoisse ? Représentions-nous désormais le mal absolu ? 

Sa simple présence éveillait dans les arbres des frissons inquiets et les gens incrédules mettaient cela sur le compte du vent. Un pigeon passa devant lui. Son vol était puissant et rapide. Etait-ce une fuite, la recherche désespérée d’un dernier refuge ? On trouvait jusque dans les mers australes des traces de dérivés chimiques. Où pouvait-il aller ? Les feuilles des arbres, autour de lui, le regardaient avec des yeux terrifiés, des hordes d’insectes affolés fuyaient devant ses pas aveugles, les nuages empoisonnés pleuraient des larmes acides.

Les hommes avaient propagé la mort. Ils étaient son plus fidèle allié. L’humanité comme l’étendard de la grande faucheuse.

Le dégoût.

La violence du dégoût.

Il se leva et prit le chemin du retour. Un court instant, des désirs de suicide. Il en gardait sur les lèvres un goût sucré, presque bon, l’anéantissement salvateur de la culpabilité et l’impression d’un geste enfin à soi.

Il ne devait pas rester seul. Il en mourrait. C’était certain.

Tête baissée, il parcourut les bois, la mort aux trousses et c’est ce sentiment effroyable de la fin à venir que les hommes étouffaient sous des agitations frénétiques. Ne pas savoir, ne pas écouter ni sentir. Rien. Vivre dans l’aveuglement, juste pour se supporter. Nous étions la mort et nous le savions. Mais nous maintenions avec obstination l’interdiction de le dire.

Il finit par courir espérant que la violence de l’effort empêcherait toute intrusion raisonnée.

Arrêter de penser et ne penser qu’à cela.

C’était donc cela le rôle du sport. Juste le complice d’une dictature complexe. L’opium du peuple, un de plus.

Ne pas penser. Courir. Etouffer le dégoût sous des épuisements musculaires.

« Arrête de penser ! » cria-t-il dans le silence craintif des bois. Des sanglots échappés bloquaient ses souffles dans la gorge serrée.

« Arrête de penser, gémit-il, arrête, c’est plus supportable. »

A l’orée d’une clairière, il s’arrêta. Il ne se souvenait pas de cet espace dégagé. Il regarda autour de lui et ne reconnut rien. Au premier instant, il se dit qu’il était perdu mais l’absurdité de cette conclusion le frappa. Parmi les hommes il était perdu. C’est ici qu’il était quelque part mais il n’y trouvait pas les repères inculqués et se sentait totalement égaré.

Avant de s’effondrer, il fonça, droit devant.

Ce n’est pas le temps qui s’égrena mais la répétition mécanique de ses foulées, la force de ses respirations, l’usure de ses muscles, le choc dans son crâne des pas retombés, les crachats de salive qui suintaient aux coins des lèvres et les larmes salées qui coulaient de son corps comme un pus honteux.

Honteux.

C’est ainsi qu’il déboucha sur une route. Il reconnut l’accès au lac. Il était descendu trop bas. Il remonta le ruban goudronné et songea à ces milliards de kilomètres balafrant la planète, cicatrices sans cesse entretenues, élargies, renforcées, reliées entre elles par des réseaux de plus en plus étendus. Il crut devenir fou et comprit qu’il découvrait la vraie raison. Les fous, de leurs côtés, traçaient de nouvelles routes pour rejoindre plus rapidement leurs semblables.

Le parking, le fourgon. Il courut encore, s’engouffra, ferma la porte et sauta fébrilement sur la boîte de cannabis. Anesthésier les flots de pensées sous des brouillards parfumés, étouffer fébrilement des consciences insupportables.

 

 

Les bienfaits de la crise.

Par Le 08/12/2012

Prise de conscience, adaptation, changements des comportements, solidarité, partage... La capacité à innover de l'humain prend forme dans les étapes les plus redoutables.


http://alternatives.blog.lemonde.fr/2012/11/28/ce-million-de-revolutions-tranquilles/?goback=.gde_1416777_member_190570617

Le monde compte pas moins d’un million de révolutions tranquilles

Un million de révolutions tranquilles

C’est avec un doux mélange de modestie et d’enthousiasme qu’elle se défend d’avoir réalisé une encyclopédie mondiale des alternatives citoyennes. Pourtant, l’ouvrage de la journaliste Bénédicte Manier (Un million de révolutions tranquilles, paru aux éditions Les Liens qui Libèrent, 324 p.) offre un survol riche et passionnant des actions menées par les pionniers de la transition vers une société plus participative, solidaire et humaine.

Lutte contre la faim, habitats coopératifs, microbanques, ateliers de réparation citoyen, financement en autogestion d'emplois ou de fermes bio, échanges de biens, de services et de savoir, etc... tout y est ! Embarquement immédiat.

Une effervescence de terrain

benedicte manier photo jde

Bénédicte Manier - Photo @ jde

Journaliste à l’Agence France Presse (AFP) depuis 1987, Bénédicte Manier s’est spécialisée au fil des ans sur les questions de développement et de pauvreté des populations. Dans ce livre, elle propose un voyage itinérant au pays des solutions citoyennes appropriées aux enjeux du siècle – de la réhabilitation du réseau des johads (bassins creusés dans la terre pour recueillir les eaux de ruissellement et recharger les nappes phréatiques) au Rajasthan en passant par les réseaux de coopératives de production en Amérique Latine, des exemples de relocalisation des modes de vie aux systèmes de santé citoyen qui existent aux Etats-Unis ou en Belgique.

"Ces révolutions, j’ai l’impression de les connaître depuis toujours, confie-telle. J’ai croisé des quantités de domaines liés au développement local et j’ai profité de mes déplacements personnels pour ne pas passer des vacances idiotes. Je suis donc allée voir sur place ce dont j’ai entendu parler".

L’auteur confirme ainsi son intuition : ces initiatives se multiplient partout à l’identique - ou presque - en dépit de leurs domaines d’application très variés (habitat, santé, consommation, etc.) et de leurs conditions de développement, dans les pays industrialisés ou émergents. "Certains de ces mouvements existent depuis trente ans, mais la crise accélère le développement des alternatives", note la journaliste pour qui les inspirations à l’origine de ces révolutions sont également les mêmes où que l'on soit. "Les citoyens répondent au même désir, et nous avons affaire à une effervescence de terrain qui concerne des millions de personnes dans le monde", explique l'auteur.

Pour elle, ces évolutions ne sont pas marginales : elles se développent au cœur des sociétés et les classes moyennes qui sont au cœur du changement. Et elles posent une question : qu’est-ce qui fait que les gens mettent en place des alternatives identiques sans se connaître ?

Le rôle du politique

Un élément de réponse se trouve peut être dans l'incapacité du monde politique à comprendre réellement la portée ces actions". Les citoyens ne sont pas contents du système dans lequel ils vivent et tracent eux-mêmes les voies du changement, à tel point que leurs dynamiques prennent de vitesse le politique et le secteur privé : "alors que la défense de l’intérêt collectif voudrait que le monde politique soit plus à l’écoute, le système actuel ne répond pas à ses aspirations", regrette Bénédicte Manier pour qui cela signe la fin d’une époque, comme elle me l’a confié dans la pastille sonore suivante:

Mais si ces initiatives citoyennes sont possibles, c'est aussi par l’existence d’une démocratie qui garantit la manière dont la société civile peut prendre les choses en main. "Je ne suis pas allée enquêter en Chine ou en Russie, mais je n’y ai pas repéré pour l’instant ce type de dynamique" souligne Bénédicte Manier.

D'ailleurs, ces révolutions ne se font pas contre le politique, mais bien plutôt en parallèle. "Les citoyens qui agissent le font parce qu’il faut le faire. Bien souvent, le pouvoir politique ne les soutient pas car ils croient d’avantage dans les grosses infrastructures de développement, les moyens simples ne sont plus dans leur imaginaire", estime-t-elle tout en soulignant qu'il est possible d'observer de la collaboration et de la bienveillance publique dans certains pays, comme au Brésil ou en Argentine. A Rosario par exemple, la municipalité a recensé les terrains et aménagé 60 hectares de terrains vacants pour y permettre le développement de 800 jardins communautaires qui nourrissent 40 000 habitants (sur les 1,2 millions que compte l'agglomération). Cela a relancé l’économie locale et prouve à quel point le soutien politique peut faire la différence.

Une "réappropriation" du monde

Au fil des pages, on mesure l'ampleur de la réappropriation du pouvoir citoyen. La journaliste explique: "pendant un temps, le citoyen s’est effacé devant le consommateur : on a tout fait pour lui, on lui a amené des supermarchés, du made in China, etc. jusqu’à ce qu’il se rende compte que ce type d’économies a des effets négatifs en terme d’emplois, qu’il engendre une perte de qualité, des crises sanitaires et autres excès".

Le temps est venu du changement par la proximité, le partage et le collaboratif : le succès des AMAP et autres initiatives relevant de la consommation collaborative ne montre-t-il pas qu’il est possible de retrouver une qualité et une transparence? Il est aisé d'agir sur notre environnement immédiat. Le changement concret permet de la réappropriation et l’entrée dans l’ère de la post-mondialisation où les sociétés changent peu à peu leurs valeurs.

Les jeunes entrepreneurs sociaux mènent aussi des projets enthousiasmants: ils ont envie de créer des circuits, des plateformes de distribution de produits bio, des coopératives d’énergie verte, des entreprises de service de proximité – avec une économie tournée vers les besoins des population. Et cette économie est aussi profitable que l’économie traditionnelle, à la différence que ce profit est mis au service d’une logique positive pour la société.

A bon entendeur...

Anne-Sophie Novel / @SoAnn sur twitter

Crise parentale.

Par Le 06/12/2012

Et une fois que le diagnostic est posé ?


Éducation : une famille sur deux désemparée

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Par Agnès Leclair Publié Réactions (10)
Plus de la moitié des jeunes interrogés déclarent éprouver ou avoir éprouvé des difficultés scolaires.
Plus de la moitié des jeunes interrogés déclarent éprouver ou avoir éprouvé des difficultés scolaires. Crédits photo : age fotostock/Stuart Pearce

Certains parents souffrent de ne pas pouvoir protéger leurs enfants comme ils le souhaiteraient.

Les parents sont-ils au bord de la crise d'éducation? Aujourd'hui, une famille sur deux estime qu'il est difficile d'élever ses enfants, selon une enquête de l'observatoire des jeunes et des familles de la fondation Apprentis d'Auteuil. C'est le sentiment de ne pas pouvoir les protéger autant qu'ils le souhaiteraient qui prédomine. Un quart des parents partagent cette inquiétude. Pour autant, leur «malaise» éducatif semble diffus et les sondés peinent à en définir les contours.

Certaines familles sont désarçonnées par le comportement ou les réactions de leur descendance (17 %), d'autres évoquent des difficultés à fixer des règles et des limites (13 %) et une sur dix avoue avoir déjà eu besoin d'une aide extérieure pour les seconder dans leur tâche éducative. Mais aucun écueil n'est pointé unanimement par les parents, selon cette enquête pour laquelle OpinionWay a interrogé 1024 foyers ayant au moins un enfant à charge, 1005 jeunes de 18 à 26 ans et 250 jeunes d'Apprentis d'Auteuil du même âge. «On ne peut pas parler d'un sentiment d'incompréhension entre parent et enfants», analyse Cédric Leva, responsable de l'observatoire.

«Il a besoin d'un cadre», «je ne sais plus comment m'y prendre avec lui» sont les phrases leitmotiv des adultes qui appellent le numéro azur de la fondation d'Auteuil pour raconter et trouver une issue à leurs problèmes éducatifs. «L'appelant type est une mère monoparentale et la majorité des appels concernent des garçons de 11 à 15 ans puis les 16 à 18 ans», décrit Marie de Saint-Laurent, directrice du service d'écoute. Les parents désemparés n'affichent cependant pas tous le même profil socioculturel. «Nous sommes aussi contactés par des familles aisées mais qui se retrouvent face à des difficultés majeures qu'elles n'iraient pas confier à une assistante sociale», souligne-t-elle.

«Ça ne va pas à l'école»

La conversation débute souvent de la même manière. «Ça ne va pas à l'école», commence par lâcher le père préoccupé ou la mère soucieuse. Nombre d'entre eux disent même envisager la solution de l'internat. «On sent chez eux une grande angoisse de l'avenir. Certains craignent aussi des dérapages avec les fréquentations du collège», explique Marie de Saint-Laurent. Plus de la moitié des jeunes interrogés (54 %) déclarent d'ailleurs éprouver ou avoir éprouvé des difficultés scolaires.

En deuxième rideau, «les appelants finissent souvent par décliner des complications familiales», poursuit la directrice du service d'écoute. Un ennui de santé, un père absent, une brouille… Le discours ambiant ne ferait rien pour les rassurer. «Ils éprouvent la culpabilité d'être de “mauvais parents”, notamment vis-à-vis de l'école. Parfois, ils n'osent même plus appeler tant ils ont peur d'être jugés pour l'absentéisme ou le décrochage de leur enfant. Ceux qui travaillent et ne peuvent pas obliger physiquement ces derniers à s'y rendre traversent de grosses crises d'angoisse», raconte Marie de Saint-Laurent. Côté enfants, la famille - avec ou sans accroc - garde cependant son image de cocon. 78 % des 18-25 ans s'y sentent en sécurité tout comme 72 % des jeunes d'Apprentis d'Auteuil au parcours plus heurté.

La divinité humaine

Par Le 05/12/2012

http://www.syti.net/LegendeHindoue.html

Une vieille légende hindoue raconte qu'il y eût un temps où tous les hommes étaient des dieux. Mais ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahma décida de leur ôter le pouvoir divin et de le cacher à un endroit où il leur serait impossible de le retrouver. Le grand problème fut donc de lui trouver une cachette.

Lorsque les dieux furent convoqués à un conseil pour résoudre ce problème, ils proposèrent ceci: "Enterrons la divinité de l'homme dans la terre."

Mais Brahma répondit: "Non, cela ne suffit pas, car l'homme creusera et la trouvera."

Alors les dieux dirent: "Dans ce cas, jetons la divinité dans le plus profond des océans."

Mais Brahma répondit à nouveau: "Non, car tôt ou tard, l'homme explorera les profondeurs de tous les océans, et il est certain qu'un jour, il la trouvera et la remontera à la surface."

Déconcertés, les dieux proposèrent: "Il ne reste plus que le ciel, oui, cachons la divinité de l'homme sur la Lune."

Mais, Brahma répondit encore: "Non, un jour, l'homme parcourra le ciel, ira sur la Lune et la trouvera."

Les dieux conclurent: "Nous ne savons pas où la cacher car il ne semble pas exister sur terre ou dans la mer d'endroit que l'homme ne puisse atteindre un jour."

Alors Brahma dit: "Voici ce que nous ferons de la divinité de l'homme: nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c'est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher."

Depuis ce temps-là, conclut la légende, l'homme a fait le tour de la terre, il a exploré, escaladé, plongé et creusé, exploré la lune et le ciel à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui.



Corruption politique

Par Le 05/12/2012

La France ne se sent pas vraiment exemplaire en matière de corruption

L'Expansion.com - publié le 05/12/2012 à 16:08

Selon un rapport de l'ONG Transparency International, la France se situe au 22e rang mondial et au 9e rang européen des Etats perçus par leur population comme les moins corrompus. Les Français se défient le plus des partis politiques, des entreprises et de l'administration.

Le Parlement pointe à la troisième place des institutions perçues comme les plus corrompues par les Français
Le Parlement pointe à la troisième place des institutions perçues comme les plus corrompues par les Français
REUTERS/Charles Platiau

Les Français se défient de leurs institutions. Selon l'ONG Transparency International, la France se situe seulement au 22ème rang mondial et au 9e rang européen des Etats perçus par leur population comme les moins corrompus, avec une note de 71/100. L'Hexagone est moins bien noté que les pays scandinaves, les Pays-Bas, la Belgique, l'Allemagne ou encore le Royaume-Uni.

Défaut de transparence de la vie politique

Les partis politiques sont perçus par les Français comme les institutions les plus touchées par la corruption, devant les entreprises, le Parlement, et l'administration. Le document rappelle qu'en septembre 2011, pas moins de 72 % des Français estimaient que leurs élus et dirigeants politiques étaient "plutôt corrompus" - un record depuis 1977, date à laquelle la question avait été posée pour la première fois.

Un long chapitre du rapport est d'ailleurs consacrée au manque de transparence de la vie politique française: déclaration de patrimoine des élus, lobbying au Parlement, financement des partis politiques, cumul des mandats, tout y passe. Citant des rapports de plusieurs organismes internationaux, tels l'OCDE ou le Conseil de l'Europe, l'ONG met également en cause le manque d'indépendance de la justice financière française ainsi qu'une législation inadaptée à la sanction des cas de corruption. Elle dénonce la faible implication des institutions françaises dans ce domaine, à l'exception de la Cour des comptes et des organes de contrôle des élections.

Enfonçant un peu plus le clou, Transparency International affirme que les politiques ne sont pas les seuls responsables, et que les Français "parfois complaisants à l'égard du favoritisme et de diverses formes d'arrangements, nourrissent un rapport ambigu à l'égard de la corruption".

Articles de presse à l'appui, l'ONG fait état de nombreuses affaires de corruption entre 2009 et 2012: prise illégale d'intérêts en Savoie (affaire Zaragoza), trucage de marché public dans les Bouches-du-Rhône (affaire Granié), favoritisme en Guyane (affaire Le Pelletier), emplois fictifs en Polynésie (affaire Flosse), trafic de diplômes dans le Var (affaire de l'université du Sud-Toulon-Var), corruption d'un agent du Trésor public à Paris , abus de pouvoir de la police (affaire de la BAC nord de Marseille), etc.

Coût de la corruption en Europe: 120 milliards d'euros par an

La Commission européenne a chiffré en 2011 le coût de la corruption pour les finances publiques des 27 à 1% du PIB, soit 120 milliards d'euros.

Globalement, l'ONG juge "décevant" le niveau de perception de la corruption en Europe, notamment dans les pays les plus affectés par la crise comme la Grèce et Italie. Ces deux pays pointent respectivement à la 72e et 94e place sur 176 Etats évalués. Ils recueillent seulement 42 et 36 points sur une échelle graduée de 0 (corruption perçue la plus forte) à 100 (corruption perçue très faible). L'Italie affiche ainsi un niveau proche de la Tunisie (41 points), tandis que la Grèce égale celui de la Colombie et Djibouti.

Parmi les pays récemment frappés par la crise de la dette, l'Irlande (25e), l'Espagne (30e) et le Portugal (33e) obtiennent des scores supérieurs à 60 points.

Deux tiers des 176 pays évalués obtiennent des scores inférieurs à 50 points. Les pays du "printemps arabe" - Tunisie, Egypte, Lybie notamment - affichent des scores inférieurs ou à peine supérieurs à 40 points. La Russie (133e), avec un score de 28 points, figure toujours parmi les pays les plus corrompus au monde, mais a une nouvelle fois amélioré légèrement son rang en gagnant 10 places depuis le précédent rapport.

Notre Dame des Landes.

Par Le 05/12/2012

Notre-Dame-des-Landes : un commandant de bord en retraite écrit à la ZAD

2 décembre 2012
http://7seizh.info/2012/12/02/notre-dame-des-landes-un-commandant-de-bord-en-retraite-ecrit-a-la-zad/

Les réactions anti-aéroport arrivent de toutes parts. Parmi celles adressées aux opposants, celle d’un commandant de bord en retraite datée du 30 novembre 2012, qui exprime avec détail une réalité assez peu mise en avant. Nous reprenons la publication des Zadistes pour une diffusion plus large.

« Et si on écoutait un peu les techniciens ?

J’ai bientôt 70 ans , 40 années dans l’aéronautique, 15 comme commandant de bord, 14500 heures de vol. Je ne connais pas tous les aéroports du monde mais j’en connais beaucoup,franchement beaucoup.Néanmoins , si je veux comprendre quelque chose dans cette polémique , je dois faire comme tout le monde : procéder par comparaisons.

On me dit que l’aéroport de Nantes est dangereux car les avions passent sur la ville. Ah bon ! j’ai passé ma vie de pilote à survoler des agglomérations à basse altitude ,tant au décollage qu’à l’atterrissage , avec des procédures spécifiques à chaque endroit . Ici il faut virer sitôt l’attitude de sécurité atteinte, là il faut réduire la puissance, ailleurs c’est la pente qui est réglementée… Bref, je ne veux pas trop m’étendre sur les détails techniques mais les aéroports où les pilotes sont peinards et peuvent gérer les approches et les décollages comme bon leur semble sont rares. Aussi rares que les villes non survolées par les avions. Je connais Nantes pour avoir pratiqué cet aéroport plusieurs fois par semaine il y a quelques années et n’ai pas souvenir de spécificités particulières. Si on reconnaît Nantes dangereux , il faut interdire plusieurs milliers d’aéroports dans le monde et commencer par rayer de la carte celui de Chambéry. Hé oui les savoyards ! L’aéroport de Chambéry le Bourget est coincé entre deux montagnes sur ses flancs, le lac à un bout de piste la ville à l’autre bout. Pourtant les gros jets se posent et décollent sans scandales ni polémiques.Ne parlons pas de celui de Hong kong, : là , jusqu’en 1998 , c’était carrément un spectacle. Hongkong était dans un délire, Nantes aussi mais en sens inverse.

Si on considère maintenant l’autre volet de l’affaire, c’est à dire l’augmentation de l’activité, on va se retrouver encore une fois dans les arguments spécieux et délirants. On me dit que cet aéroport avec ses 3,5 millions de passagers en 2011 se trouve « à l’étroit » et qu’il faut prévoir l’avenir. On voudrait me faire croire que cette infrastructure arrive à saturation. C’est vrai que le chiffre ne me parle que si je compare, autrement je suis prêt à croire tout ce que l’on me dit.

Lors de l’éruption volcanique islandaise de l’année passée, Nantes qui était hors zone, a multiplié son trafic par trois pendant plusieurs jours , et tout s’est très bien passé. Les aéroports de la taille de Nantes sont les plus nombreux et il suffit de comparer avec d’autres pour se rendre compte de l’importance des balivernes prononcées sur le sujet. Un exemples parmi tant d’autres : Genève. Cet aéroport a reçu l’année passée plus de 12 millions de passagers. Oui vous avez bien lu : en fait, presque 13 millions ( je n’ai pas le chiffre exact) . Une seule piste, des contraintes de proximité urbaine et une plate-forme aussi grande que Nantes. Il est vrai que les Suisses sont en démocratie et ne se font pas enfumer. Le premier prix au championnat du monde du genre revient à San Diego en Californie : une seule piste, plate-forme beaucoup plus petite qu’à Nantes, des contraintes incroyables d’environnement et d’interdictions de nuit : 18 millions de passagers l’année passée. Oui chers amis écolos, 5 fois plus que Nantes. Bon il faut reconnaître le grand professionnalisme des contrôleurs aériens américains et aussi celui des pilotes. Les contrôleurs français sont également très bons et les pilotes pas maladroits et on voudrait nous faire croire que Nantes sera à saturation en 2020 avec… 5 millions de passagers !!! 5 millions en 2020, c’est tout ? et c’est y qui qui nous les fait ces prévisions ? Et basées sur quoi ? Si c’est aussi sérieux que le reste, on est encore en droit de douter. Même si le chiffre est dérisoire. Pour le moment présent ce n’est que moins de 4 millions.

Puisque personne ou presque dans ce pays n’écoute les arguments écolos,il me semble qu’il serait bon d’en employer d’autres : ceux qui frappent les esprits, ces arguments par exemple.L’essentiel n’est-il pas dans le résultat ?

Sauver des terres agricoles et permettre aux petits oiseaux de continuer de voler c’est bien, c’est même essentiel mais puisque personne n’écoute, tenons donc un autre langage !!!

Éviter de dépenser un demi milliard d’euros dans une lamentable stupidité à la gloire de ces hommes politiques qui auront disparu dans l’enfumage des irresponsabilités lorsque le projet réalisé révélera sa bêtise. Se préserver du gaspillage à une époque qui, nous dit-on, va devenir encore plus dure : cela devrait suffire à convaincre les plus sourds non ? et surtout renvoyer les pelleteuses au garage.

On peut aussi continuer de subir l’oligarchie, se complaire dans ce système corrompu de pseudo démocratie dite représentative, honorer 577 députés, gaver 350 sénateurs et leur permettre de donner leur nom aux édifices construits avec l’argent public. Concernant l’aéroport de Nantes je propose Ayrault port. On peut aussi espérer qu’un jour peut-être , les français découvrent que la solution n’est pas dans les hommes politiques mais dans l’action citoyenne responsable. Qu’il soient de droite de gauche du milieu ou de Mars, les politiques ne sont pas la solution : ils sont le problème. »

A l'Ouest, rien de nouveau.

Par Le 04/12/2012

Lorsque je vivais encore en Bretagne, il y a eu la lutte anti nucléaire contre l'installation d'une centrale à la Pointe du raz...Je me souviens de l'indignation de la "Gauche" envers la violence des forces de "l'ordre"...

A l'Ouest, rien de nouveau.


Notre-Dame-des-Landes: un médecin choqué par les blessures des manifestants

Par , publié le

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/notre-dame-des-landes-un-medecin-choque-par-les-blessures-des-manifestants_1194694.html

Le Dr Stéphanie Lévêque s'était portée volontaire le week-end du 24-25 novembre pour tenir l'infirmerie à côté de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes. Mais choqué par le nombre et la gravité des blessés, elle a envoyé une lettre à la préfecture. 

Notre-Dame-des-Landes: un médecin choqué par les blessures des manifestants

NOTRE-DAME-DES-LANDES - Le Dr Lévêque, qui tenait l'infirmerie à proximité du site de Notre-Dame-des-Landes assure avoir examiné une quarantaine de blessés du côté des manifestants. De son côté, la préfecture n'en compte que deux.

afp.com/Frank Perry

Douze blessures de flashballs, sept causées par l'explosion de bombes assourdissantes, des dizaines de points de suture, des fractures... En se portant volontaire pour tenir l'infirmerie de Notre-Dame-des-Landes lors des manifestations du week-end du 24 et 25 novembre, le Dr Stéphanie Lévêque était à mille lieu de s'imaginer ce qui l'attendait. "J'ai proposé mon aide car j'habite juste à côté du site. Avec un autre médecin, nous avons transformé une petite salle en infirmerie", raconte la praticienne. Alors qu'ils pensaient que les journées seraient rythmées par des petits bobos, ils se sont retrouvés à pratiquer "une médecine d'urgence".  

>> Consulter la lettre du Dr Stéphanie Lévêque 

Choquée par le nombre et la gravité des cas, elle a envoyé dès le lendemain une lettre au préfet de Loire-Atlantique ainsi qu'aux parlementaires de sa région. "En ma qualité de médecin, je souhaite attirer votre attention sur la gravité des blessures infligées par l'utilisation des armes des forces de l'ordre et cela en dehors de toute considération partisane", écrit-elle dans son courrier de trois pages. Elle assortie son courrier d'une dizaine de photos prise pendant ces deux jours. 

Au total, une quarantaine de personnes, exclusivement des manifestants, se sont pressées dans l'infirmerie de fortune, assure la praticienne. Bien loin des deux blessés (côté opposants) dénombrés le samedi par la préfecture. "Depuis le mois d'octobre, les services de secours ont été sollicités à Notre-Dame-des-Landes une trentaine de fois mais il s'agissait dans 28 cas de blessures du côté des forces de l'ordre", assure la préfecture, joint par L'Express.  

"J'insiste sur la gravité des blessures par explosions"

Certaines blessures examinées ce jour-là ont pourtant demandé des soins poussés. Un manifestant, blessé par un tir de flash-ball a "une probable lésion dentaire ou maxillaire". Un autre, qui a reçu dix impacts de bombes assourdissantes dans la jambe a une "probable lésion du nerf sciatique". "J'insiste sur la gravité de ces blessures par explosions, écrit la médecin. Les débris pénètrent profondément dans les chairs risquant de léser des artères, nerfs ou organes vitaux. Nous avons retiré des débris de 0,5 à 1 cm de diamètre, d'aspect métallique ou plastique très rigide et coupant. D'autres, très profondément enfouis, ont été laissés en place et nécessiteront des soins ultérieurs. Impossible de prévoir les lésions secondaires!" 

Deux des cas ont même nécessité une hospitalisation. Mais là encore, la prise en charge n'est pas simple. "Samedi, mon collègue a appelé le Samu pour un blessé mais la voiture de pompier a mis énormément de temps à arriver, ralentie à cause des forces de l'ordre", raconte la praticienne. Selon la Préfecture, ces ralentissements sont nécessaires pour garantir la qualité des soins. "Nous devons organiser un cortège pour escorter les pompiers jusqu'au lieu de l'incident. C'est pour cela que cela a pris du temps. C'est pour améliorer la prise en charge des soins et non pas pour la ralentir que nous faisons cela". Qu'importe, c'est trop long pour la praticienne qui décidera le lendemain de conduire elle-même à l'hôpital un blessé.  

Le Dr Lévêque, qui se défend de tout militantisme, a envoyé sa lettre à la préfecture le lendemain des manifestations. Son but: ouvrir un dialogue avec la préfecture pour, si ce n'est limiter le nombre de blessés, en tout cas améliorer la qualité des soins. Pour l'heure, la préfecture ne lui a pas répondu. "Nous n'avons pas du tout le même constat qu'elle, assure la porte-parole. Il nous est donc impossible de dire que nous allons faire évoluer nos méthodes". 

Incontournable Léo Ferré

Par Le 03/12/2012

"Il n'y a plus rien"

Prélude.

La poésie contemporaine ne chante plus elle rampe.
Elle a cependant le privilège de la distinction
Elle ne fréquente pas les mots mal famés elle les ignore.
On ne prend les mots qu'avec des gants : à « menstruel » on préfère périodique »,
Et l'on va répétant qu'il est des termes médicaux
qu'il ne faut pas sortir du laboratoire et du codex.
Le snobisme scolaire qui consiste, en poésie, à n'employer que certains mots déterminés,
à la priver de certains autres, qu'ils soient techniques, médicaux, populaires ou argotiques,
me fait penser au prestige du rince-doigts et du baisemain.
Ce n'est pas le rince-doigts qui fait les mains propres ni le baisemain qui fait la tendresse.
Ce n'est pas le mot qui fait la poésie mais la poésie qui illustre le mot.
Les écrivains qui ont recours à leurs doigts pour savoir sils ont leur compte de pieds,
ne sont pas des poètes, ce sont des dactylographes.
Le poète d'aujourdhui doit être d'une caste, d'un parti ou du « Tout Paris ».
Le poète qui ne se soumet pas est un homme mutilé.
La poésie est une clameur. Elle doit être entendue comme la musique.
Toute poésie destinée à n'être que lue et enfermée dans sa typographie n'est pas finie.
Elle ne prend son sexe qu'avec la corde vocale
tout comme le violon prend le sien avec l'archet qui le touche.
L'embrigadement est un signe des temps. De notre temps.
Les hommes qui pensent en rond ont les idées courbes.
Les sociétés littéraires c'est encore la Société.
La pensée mise en commun est une pensée commune.
Mozart est mort seul, accompagné à la fosse commune par un chien et des fantômes.
Renoir avait les doigts crochus de rhumatismes.
Ravel avait dans la tête une tumeur qui lui suça d'un coup toute sa musique.
Beethoven était sourd. Il fallut quêter pour enterrer Bela Bartok.
Rutebeuf avait faim. Villon volait pour manger. Tout le monde sen fout.
L'Art n'est pas un bureau d'anthropométrie.
La Lumière ne se fait que sur les tombes.
Nous vivons une époque épique et nous n'avons plus rien dépique.
La musique se vend comme le savon à barbe.
Pour que le désespoir même se vende il ne nous reste qu'à en trouver la formule.
Tout est prêt : les capitaux, la publicité, la clientèle.
Qui donc inventera le désespoir ?
Avec nos avions qui dament le pion au soleil.
Avec nos magnétophones qui se souviennent de ces « voix qui se sont tues »,
avec nos âmes en rade au milieu des rues,
nous sommes bord du vide, ficelés dans nos paquets de viande
à regarder passer les révolutions.
N'oubliez jamais que ce qu'il y a d'encombrant dans la Morale,
c'est que c'est toujours la Morale des Autres.
Les plus beaux chants sont des chants de revendication.
Le vers doit faire l'amour dans la tête des populations.
A l'école de la poésie, on n'apprend pas. ON SE BAT !

Le charbon activé

Par Le 03/12/2012

Quand on pense à tous les médocs chimiques et qu'on lit ça...


Le Charbon Activé :

C’est une poudre noire, légère, très fine, sans odeur, sans saveur et insoluble dans l’eau, capable de fixer, de capter, de séquestrer, de pomper, de piéger (absorber) les substances étrangères ou toxiques qui se trouvent dans notre corps. Ces substances qui empoisonnent notre corps et surchargent nos reins et notre foie, sont absorbées par le Charbon Activé et rejetées hors du corps. En cas d’urgence et qu’on n’en a pas sous la main, on peut récupérer du charbon de bois d’un foyer non contaminé par de la peinture ou tout autre produit chimique.

En usage interne: Le charbon de bois s’absorbe par la bouche et fournit un contrepoison efficace contre plusieurs substances toxiques (guerre bactériologique ou chimique!).

En usage externe: Il faut placer une couche de 4-5 millimètres de poudre au centre d’un tissu blanc mince. Évitez de doubler le tissu pour optimiser l’effet. Immergez ensuite la compresse à plat dans de l’eau chaude et l’appliquer sur la partie infectée. Il est préférable de laisser la compresse toute la nuit. On peut aussi utiliser de la gaze humide pour en faire un pansement durable. Pour accroître l’effet de cette compresse, on peut y appliquer un peu de chaleur à l’aide d’une bouillotte ou d’un coussin chauffant. Les infections au visage ou même des yeux peuvent être traitées de la même manière.

Petites histoires de «prestidigitation médicale» :

Cela se passe en 1813. Un certain Bertrand, chimiste français, fait une démonstration publique. Il tient une fiole qui contient 5 g de trioxyde d’arsenic (1 cuillère à thé), de quoi tuer 150 hommes. Il lève le bras et porte le breuvage aux lèvres. Les effets inexorables de cette drogue : nausée, vomissement, diarrhée, brûlure intense de la bouche et de la gorge, crampes atroces dans le ventre, déshydratation rapide et mort. Devant les yeux médusés et horrifiés de la foule, Bertrand vaque tranquillement à ses affaires et ne présente aucun trouble.

En 1831, un pharmacien de Montpellier nommé Touéry, effectue le même tour mais, cette fois, devant l’Académie française de médecine. Il avale 1 g de strychnine (10 fois la dose mortelle). Ce poison foudroie un homme en 10 minutes dans des convulsions incontrôlables et un arrêt respiratoire au milieu d’un rire nerveux effrayant. Pourtant, Touéry reste calme et détendu et n’a aucun trouble, à la stupéfaction totale des professeurs.

Le secret ? Bertrand et Touéry avaient tous deux étudié l’action du charbon végétal sur les poisons, en particulier avec des rats – et tous deux ont voulu démontrer qu’ils avaient découvert l’antidote universel. Touéry rapporta par la suite qu’il avait préalablement enrobé la strychnine dans 15 g de poudre fine de charbon végétal. Il continua ses travaux de recherche jusqu’en 1940. Patience et longueur de temps – et ce n’est qu’en 1984 que le JAMA (Journal of the American Medical Association) publia deux articles sur l’usage du charbon Activé contre l’empoisonnement à la théophylline (broncho-dilatateur) et au phénobarbital.

Un déferlement de confirmations à travers l’histoire :

• Le papyrus d’Ebers 1550 avant J.-C. mentionne déjà la poudre de charbon.
• Hippocrate (400 avant J.-C.) et Pline (50 avant J.-C.) recommandent le charbon de bois dans le traitement de l’épilepsie, du vertige, de la chlorose et de la « maladie du charbon » contractée par les tanneurs.• En 1773, Scheele explique le phénomène d’absorption des gaz par le charbon.• En 1785, Lowitz montre que le charbon est capable de décolorer de nombreux liquides.
• En 1793, D.M. Kehls conseille dans son mémoire l’usage du charbon pour éliminer les odeurs de la gangrène, purifier l’haleine, les fièvres putrides et tous les états bilieux.
• En 1865, Hunter découvre les performances du charbon de noix de coco pour absorber les gaz.
• En 1862, Stenhouse est le précurseur des masques à gaz (au charbon) qui furent utilisés pendant la guerre 14-18.
• En 1846, Garrod publie, en Angleterre, un rapport sur la neutralisation de la strychnine administrée à des chiens, des chats et des lapins, et expérimente ensuite la neutralisation de l’opium, de la morphine, de l’aconitine, de l’ipéca, de l’émétine, de la vératrine, la cantharidine, la ciguë, la stramoine, le delphinium, le bichlorure mercurique, le nitrate d’argent et les sels de plomb.
• En 1848, Rond reprend les expériences de Garrod sur les humains. Il existe plus de 40 exposés sur le sujet, établis entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle.

Les secrets du charbon Activé :

Il est obtenu en deux étapes :

1. La carbonisation
On calcine du bois en le chauffant à une température variant entre 600 et 900° en l’absence d’air.

2. L’activation
Le bois est ensuite recalciné aux mêmes températures, mais cette fois, en présence de vapeur d’eau, d’air ou de gaz oxydants. Ceci permet le développement d’un réseau très dense de micropores qui transforment chaque poussière de charbon en micro-éponge apte à piéger toutes toxines, poisons et molécules indésirables.

L’extrudation de la poussière de charbon développe une surface de contact phénoménale: 1cm3 de charbon pulvérisé présente une surface totale de 1 km2 – et 500 g de charbon contiennent 50 milliards de pores. Ceci explique ses performances : il peut absorber 97 fois son volume de gaz carbonique, 165 fois son volume d’anhydride sulfureux , 178 fois son volume d’ammoniac…

Le travail dans l’intestin :
L’intestin étant une paroi poreuse, il s’y effectue un travail de dialyse par le principe de l’osmose. Ceci veut dire qu’il se produit un équilibre entre les concentrations de produits solubilisés de part et d’autre de la paroi. Donc, si l’intestin est encombré, les réseaux lymphatiques ne peuvent dégorger dans celui-ci. Le charbon, en libérant l’intestin, active la désintoxication de la lymphe et du sang par le biais du pompage osmotique.

Le Dr Denis Burkitt, après avoir observé les « besoins » de milliers d’Africains et d’Anglais, a tiré des conclusions étonnantes. L’Africain rural élimine 80% du bol en 32 heures en moyenne, le jeune Anglais en 72 heures, le vieil Anglais en 360 heures (15 jours !).

Pourquoi ? L’Africain mange essentiellement des aliments à fibres complètes et ses selles pèsent entre 300 et 500 g. L’Anglais au régime raffiné, a des selles journalières de 110 g.

Plus un individu est carnivore et lactivore, plus ses selles diminuent (jusqu’à 50 g par jour).

L’Africain aux selles abondantes ne connaît pas l’obésité, l’appendicite, les calculs biliaires, les diverticules, la hernie hiatale, les varices, les hémorroïdes, le cancer du côlon, du rectum, la thrombose, le diabète, l’hypoglycémie.

La plus puissante pompe à poisons :

La liste des poisons est longue. Elle concerne :
• Les stupéfiants, les médicaments dangereux, les alcaloïdes, les additifs alimentaires, les produits chimiques agricoles, les métaux lourds, les gaz toxiques, les détergents, les solvants organiques, la chimiothérapie.

Mais sont aussi concernés:
• Les staphylocoques, la salmonelle, les virus de la variole, de la fièvre aphteuse, les toxines bactériennes telles que celles de la diphtérie, du tétanos, du botulisme, du perfringens, les amines toxiques de décomposition.

Et il y a encore :
• Les venins de serpent, d’abeille, de guêpe, de frelon, de taon, de scorpion, d’araignée, d’anémone de mer, de physalie, l’histamine du thon, les coquillages, les mycotoxines que l’on trouve dans les aliments à cause des antibiotiques et les redoutables aflatoxines.

Comment utiliser le charbon activé :

On considère que la durée moyenne du transit est de 18 à 48 heures.
(Pour mesurer la vôtre, manger des betteraves rouges et prenez un top chrono….)

En cas d’intoxication sévère :
La dose préconisée est de 50 g pour un adulte, de 1g/kg pour un enfant. Mélanger à de l’eau froide. Cela n’a aucun goût.
Répéter les prises de 20 à 50 g de charbon activé toutes les 4 à 6 heures pendant 1 ou 2 jours selon la sévérité de l’intoxication. La quantité théorique du charbon activé doit être au minimum égale à 8 fois le poids de toxique ingéré. La marge de 10 fois est souhaitable. Toutefois, dans les intoxications suicidaires, et chez les sujets comateux, la quantité du toxique est impossible à connaître. On administre alors entre 100 et 120 g de charbon d’office.
À savoir qu’une cuillère à soupe contient en moyenne 5 g de charbon.

CURE DE DRAINAGE
- Les posologies sont évidemment modulables en fonction de chaque cas. En moyenne, on peut opter pour le protocole de 1 cuillère à soupe aux 3 repas pendant 2 à 6 semaines selon la profondeur du drainage cellulaire qui est nécessaire.
- Pour des petits nettoyages internes, 1 cuil. à soupe par jour pendant 10 à 15 jours effectue déjà de l’excellent travail.
- Pour un enfant, remplacer les cuillères à soupe par des cuillères à café, et s’en tenir à 10 à 15 jours en tout pour des cas courants.

Y a-t-il des inconvénients à un usage prolongé du charbon ?

Il arrive que le charbon ait un effet constipant sur certaines personnes. On adjoint alors des prises de sorbitol. De toute façon, il convient de boire plus qu’à l’habitude pour compenser l’absorption de l’eau intestinale par le charbon. Il faut savoir aussi que le charbon inhibe les contraceptifs oraux. Néanmoins, il peut être pris pendant la grossesse.

Les indications de la carbothérapie• Empoisonnement par absorption de substances toxiques ;
• Intoxication alimentaire (tels que ceux dus à la salmonelle, au staphylocoque, à la Listeria…).
• Intoxication par médicaments, stupéfiants, alcaloïdes, produits chimiques agricoles (organo-phosphorés …), métaux lourds, détergents, solvants organiques. On le préconise tout particulièrement dans les intoxications par antidépresseurs tricycliques, Chloroquine, Paraquat, Barbituriques, Colchicine, Phénothiazines, Benzodiazépines, Digitaliques, Salicylés, Bêta-bloquants, Méprobamate, Théophylline, Carbamazépine, Paracétamol, etc.
• Maladie de Lyme : amortit les troubles par élimination des toxines du borrélia dans le sang
• Epuration digestive
• Diarrhées, le charbon actif étant un constipant;
• Aigreurs d’estomac, gastralgies
• Aérophagie
• Gastro-entérites
• Infection intestinale accompagnée de constipation et de fermentations
• Mauvaise haleine (halitose) – Travaux du Dr Guinney Los Angeles
• Hoquet chronique
• Flatulence – Travaux du Dr Hall (USA)
• Colostomie (anus artificiel) – Travaux Drs Cappeler Rüffenach, Müller et Halter de Bern;
• Selles nauséabondes et diarrhées nerveuses – Travaux Dr Riese et Damran;
• Tourista (diarrhée des pays chauds);
• Complications de l’insuffisance rénale- Travaux Dr Kopp.
• Tous troubles intestinaux – Travaux du Dr Chevreul -Paris;
• Cholestérol et triglycérides – Travaux du Dr Friedmann;
• Prurit généralisé – Travaux de Pederion Matter -Czerwingski – Llach.
• Sels biliaires en excès : Travaux de Needle Krasopoulos et De Bari.
• Jaunisse et bilirubine des nouveaux nés
4,5 gr de charbon actif par jour. (Travaux de kuenger, Schenck, \/ahlenkamp, Kuegking, kuenzer, Ulstrom, Eisenklam, Davis, Yeary, Lee.)
• Cirrhose et encéphalopathie hépatique
• Alcoolisme: il est intéressant de savoir qu’un gramme de charbon (l/2 cuillère à café) neutralise 60 ml de Whisky. A creuser pour les cures de désintoxication…
• Toxicomanies (tabac – drogues)
• Champignons vénéneux: (voir intoxication sévère). La carbothérapie ne dispense pas de contacter un centre anti-poison.
• Problèmes ORL et hygiène dentaire
Par ailleurs, le Dr Yatzidis de l’université d’Athènes a signalé en 1961 que 1 gr de charbon peut capter : 9 mg de créatinine endogène, 8 mg d’acide urique, 1,75 mg des phénols, 0,30 mg d’indican, 1 mg de guanidines, 35 mg d’urée, 0,35 mg d’acides organiques. Entre 4 et 20 mois de traitements en continu, avec des prises de 20 à 50 gr par jour n’ont entraîné aucun inconvénient.

Les applications récentes :

- En milieu hospitalier, les salles d’opération sont assainies par des filtres à charbon pour neutraliser les gaz anesthésiques (halothane, éther, cyclopropane, métoxyflurane, propanidide, protoxyde d’azote).
- Les produits d’assainissement de l’eau : chlore, ozone, bioxyde de chlore, permanganate… tous toxiques, peuvent être éliminés facilement par des filtres à charbon.
- Mais il est aussi efficace pour le mercure, le plomb, les insecticides, les herbicides, les hormones et même certaines substances radioactives.

Le charbon est probablement l’agent de décontamination le plus simple, le plus valable et le moins cher que nous connaissions. Mais le public et les malades, et même beaucoup de médecins, ne le savent pas. Pourtant il est aussi d’une grande utilité en cas d’insuffisance rénale sévère.

Inertie

Par Le 03/12/2012

"Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, ce sont les jugements qu'ils portent sur les choses" (Epictète)



Quand je pense que des milliers d'écrivains, de penseurs, de philosophes, de gens inconnus, cogitent en ce moment sur leurs fonctionnements internes et qu'il existe déjà toutes les réponses dans les écrits les plus anciens, je me dis que nous sommes finalement à l'arrêt depuis des

millénaires et que nous nous obstinons à démarrer, chacun individuellement, au lieu d'user de l'inertie déjà existante. Un sur-place effrayant. Si les individus ne s'acharnaient pas à exister dans leur ego en se persuadant de faire de grandes découvertes mais travaillaient ensemble à exploiter toutes les données déjà existantes, on n'en serait pas là. Tout ça est d'une lenteur exécrable...Quelques individus vont continuer à avancer...Sur sept milliards.

Vie intérieure

Par Le 01/12/2012

Il est étonnant de constater que le langage autorise l’usage des deux auxiliaires dans le cas de la conscience.

« J’ai conscience que c’est difficile. »

Il s’agit d’une conscience tournée vers une situation, un élément qui m’est extérieur, comme une conscience projetée. Je ne suis pas impliqué dans cette conscience mais j’ai conscience de la situation. J’analyse les difficultés mais je reste détaché de cette conscience. Elle se nourrit de perceptions et d’expériences passées. La mémoire y joue donc un rôle considérable. C’est une conscience temporelle.

« Je suis conscient que c’est difficile. »

Il s’agit cette fois d’une conscience en moi qui a conscience de la difficulté de la situation comme une conscience renvoyée. Il ne s’agit plus seulement d’avoir conscience de quelque chose, mais d’être une conscience. Elle devient quelque chose en moi, ou quelque chose qui est moi, une sorte d’entité qui est révélée non uniquement par la situation elle-même mais par le fait que je suis totalement impliqué dans la conscience que j’en ai. Même s’il y a une part d’expériences passées dans cette conscience, elle est surtout en prise directe sur l’instant. On ne peut être auto conscient que de ce qui est. La dimension temporelle ne permet que la conscience. L’instant présent autorise la conscience réfléchie. On peut imaginer d’ailleurs que la gestion de cette situation sera plus efficiente dans le second cas. L’individu n’est pas seulement tourné vers l’agitation extérieure, il n’a pas simplement conscience de tout ce que cela implique (ce qui est déjà bien) mais il a conscience également que ce travail en lui le renvoie à son unité, à une connaissance de lui à travers les dispersions quotidiennes. Il est possible de donner à ce florilège d’actes un sens intérieur : la conscience de soi, l’observation vigilante de tout ce qui advient en soi lorsque l’individu se projette consciemment dans le monde extérieur.

On retrouve le même usage de la langue avec la notion de douleur.

« J’ai mal au dos. »

« Je suis mal. »

Étonnant de constater que la souffrance psychologique ne soit pas évoquée de la même façon que la douleur physique. La souffrance, qui dit « je suis mal » renvoie l’individu à sa conscience, une observation de lui-même, une introspection nécessaire. Il conviendrait pourtant de ne pas limiter la notion de vie intérieure à une image négative. « Nous sommes comme des noix. Pour être découverts, nous avons besoin d’être brisés. » Khalil Gibran. Est-ce qu’il est envisageable que la vie intérieure ne soit pas qu’une recherche de « soins » pour lutter contre la souffrance mais également et surtout une quête spirituelle afin d’éviter justement les enfermements, les aveuglements qui conduisent à cette souffrance ? C’est sans doute lorsque nous parviendrons à ce principe de responsabilité que nous grandirons.

L'élastique

Par Le 29/11/2012

Le lien qui unit un enfant à ses parents pourrait prendre la forme d'un élastique.
C'est l'enfant qui est en avant, les parents le suivent.
C'est lui qui trace son chemin, influencé certainement par les commentaires des parents.
Les parents se doivent d'accompagner l'enfant, faire en sorte que l'élastique ne soit pas inconsidéremment tendu.
Des parents qui resteraient figés dans leur peur et chercheraient à retenir l'enfant génèreraient une tension qui irait immanquablement en s'amplifiant.
L'enfant, l'ado, le jeune adulte ne peut pas rester sur place, il faut qu'il avance. Nécessairement il s'éloignera.
Soit les parents l'accompagnent, le soutiennent, le conseillent, gèrent eux-mêmes leurs craintes sans les transmettre, et dès lors ils font en sorte que le lien ne soit pas une tension mais un contact, soit ils refusent cette évolution, il s'ancrent dans leurs certitudes, ils se nourrissent de leurs peurs et les transmettent. L'élastique va se tendre, se tendre irrémédiablement. Aucune avancée ne peut être stoppée sinon par la mort. L'enfant devra lutter pour s'éloigner, pour répondre à l'appel des horizons, sa route sera chaotique car il devra sans cesse lutter contre la tension qui le retient.
Les ressentiments, les conflits, les incompréhensions, les colères, finiront par s'achever dans la rupture.

L'élastique sera brisé.
Personne ne s'en remettra jamais.

Il ne faut pas tendre l'élastique, il faut suivre le mouvement. C'est nous qui suivons les enfants et pas l'inverse. Comme le dit Khalil Gibran, "la vie ne va pas en arrière".
Si l'élastique à force d'être tendu se rompt, tout le monde en souffre.
Les parents diront :
"Avec tout ce qu'on a fait pour toi, on t'a protégé de tout..."...
Et l'enfant répondra :
"Avec tout ce que m'avez empêché de faire, vous m'avez privé de tout ce que je devais découvrir."

Les parents souffriront de cette absence de reconnaissance, l'enfant souffrira de ce qu'il est devenu et de la souffrance qu'il fait subir à ses parents. Double peine...

Il en est de même dans la relation de couple. Il ne s'agit pas que l'un suive l'autre, ça serait désastreux mais que l'un et l'autre ajuste la souplesse du lien qui les unit. Il ne s'agit pas d'un enchaînement mais d'un attachement spirituel, non pas une dépendance mais un accompagnement parallèle qui va être nourri par l'amour et l'attention de chacun. Les périodes de relâchement sont des périodes de repos, des moments de validation des découvertes de chacun, des partages. Lorsque l'un reprend sa route, l'éloignement s'installe mais la souplesse du lien joue son rôle. C'est lorsque la rigidité s'installe que le risque de brisure prend forme. Comme un élastique usé par les intempéries, décharné, fragilisé par les conditions de vie. C'est la rigidité spirituelle qui entraîne l'affaiblissement du lien parce que l'éloignement, l'évolution de l'autre n'est plus supportée, qu'elle est perçue comme une trahison, une menace. L'élastique est perçu dès lors comme une entrave au lieu d'être une opportunité de retrouvailles et de partages.

Il est facile, bien évidemment, d'envisager que cette rigidité spirituelle est la résultante d'une enfance bridée par un élastique qui n'était qu'une entrave. Reproduction du schéma, puissance du conditionnement, jusque dans le traumatisme.

Tout chemin de vie commence par une enfance. La suite n'est qu'un prolongement joyeux et confiant ou l'enchaînement de misères renouvelées. 

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