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No limit

Par Le 18/11/2012

"Pourquoi dit-on d'un imbécile qu'il est borné et simultanément que la bêtise est sans limites?"
Anonyme.
Je répondrai que ça s'explique par le fait que la dimension de la bêtise est tellement vaste et ses bornes tellement lointaines qu'il est impossible pour quelqu'un de censé d'en avoir une perspective précise...

"En-saignants" du Primaire.

Par Le 18/11/2012

13.11.2012
5 réactions

Enseignants du primaire : qui sont les Dindons de l'éducation ? Interview

Se sen­tant exclus des débats sur la refon­da­tion de l'école, des ensei­gnants du pri­maire se sont regrou­pés dans un col­lec­tif bap­tisé les Dindons de l'éducation. Ils espèrent ainsi se faire mieux entendre du gou­ver­ne­ment. Vousnousils les a interrogés.
http://www.vousnousils.fr/2012/11/13/enseignants-du-primaire-lexpression-dindons-de-la-farce-nous-colle-a-la-peau-537230

Dindons de l'éducationQui est à l'origine de la créa­tion du col­lec­tif des Dindons de l'éducation et dans quel but ce col­lec­tif a-t-il été constitué ?

A l'origine, nous sommes quelques ensei­gnants du pri­maire, un peu par­tout en France, dis­cu­tant par le biais de forums. Chacun dans notre coin, nous nous deman­dions à quelle sauce nous allions être man­gés, en voyant les ministres et les réformes se suc­cé­der. Le gou­ver­ne­ment Hollande a annoncé une véri­table refon­da­tion, et nous avons voulu mon­trer que nous étions atten­tifs à ces chan­ge­ments, sou­hai­tant que M. Peillon ne passe pas à côté de cette refon­da­tion. Le but de notre col­lec­tif est avant tout de don­ner la parole aux ensei­gnants du pri­maire qui se sentent les grands oubliés de cette réforme. Et de trou­ver des espaces de dis­cus­sions à ce sujet, éven­tuel­le­ment avec les autres acteurs concernés.

C'est pour­quoi nous avons créé ce ras­sem­ble­ment d'enseignants par le biais d'une page Facebook et d'un blog qu'une dizaine de rédac­teurs ali­mentent de réflexion sur les chan­ge­ments, sur les dys­fonc­tion­ne­ments de notre métier et sur les manques. Aujourd'hui, la page Facebook réunit 2 300 fans. La péti­tion que nous avons lan­cée en début de semaine compte quant à elle plus de 4 500 signatures.

Nous tenons à pré­ci­ser que nous sommes non syn­di­qués, non poli­ti­sés. Nous ne sou­hai­tons ni prendre la place des syn­di­cats, qui dis­cutent pour nous des mesures à prendre avec le gou­ver­ne­ment, ni leur faire de l'ombre.

Pourquoi avoir choisi ce nom de Dindons ?

"Etre le din­don de la farce", une expres­sion fran­çaise qui nous colle à la peau tel un maillot de corps du début du siècle der­nier, nous, ensei­gnants du pri­maire, mis soi­gneu­se­ment à l'écart de ces soi-disant concer­ta­tions, de ces pseudo-débats média­tiques, et qui, une fois n'est pas cou­tume, allons encore lais­ser des réfor­mettes rui­ner l'école de nos élèves...

Alors, non ! Cette fois-ci, le din­don ouvre son bec, redresse fiè­re­ment sa queue, secoue effron­té­ment sa caron­cule et sort de sa basse-cour pour glou­glou­ter haut et fort qu'il ne lais­sera pas l'école de ses enfants par­tir en miettes !

Quelle est votre posi­tion sur le retour de la semaine de 4,5 jours dès 2013, défendu par Peillon ?

Pour nous la ques­tion n'est pas aussi simple! Un chan­ge­ment de rythmes sco­laires, quel qu'il soit, nous semble pré­ci­pité pour la ren­trée 2013.

L'Association des maires de France l'a elle-même annoncé : ils ne seront pas en mesure d'organiser cor­rec­te­ment ce chan­ge­ment de rythme à la ren­trée pro­chaine. Il y a une réflexion en pro­fon­deur à mener en ce qui concerne les rythmes sco­laires qui sont cen­sés abou­tir à une amé­lio­ra­tion du niveau des élèves, et ce avec tous les acteurs concer­nés (élèves, ensei­gnants, col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales, asso­cia­tions spor­tives et cultu­relles, parents...). Or il nous semble que les pre­mières mesures annon­cées ne répondent pas à cet objec­tif et risquent d'être des mesu­rettes adop­tées à la va-vite sans réelle mesure des consé­quences pour cha­cun des acteurs.

Le ministre a affirmé que les ensei­gnants, dans l'intérêt géné­ral, « accep­te­ront, sans doute, de tra­vailler une demi-journée sup­plé­men­taire sans être payés davan­tage ». Etes-vous d'accord avec ses propos ?

Quel employé accep­te­rait de tra­vailler plus pour gagner moins (car il faut quand même poin­ter qu'un jour de tra­vail de plus non payé aura un coût en charge pour nous, et les col­lec­ti­vi­tés territoriales) ?

Le fait d'être fonc­tion­naire implique-t-il d'être cor­véable à merci? A chaque réforme, notre métier se modi­fie, et nous l'acceptons sans bron­cher, nous nous met­tons à niveau sur notre temps libre, nous com­blons les manque du sys­tème par notre bonne volonté...

La phrase de M. Peillon sug­gère que, pour les beaux yeux de nos élèves et sur­tout leur bien-être, nous ne pour­rons qu'accepter ce tra­vail en plus (et ces frais en plus!) au nom du ser­vice public dû aux petits Français. Si nous refu­sons, c'est nous qui ne sommes pas com­pré­hen­sifs des dif­fi­cul­tés écono­miques du pays, et qui ne vou­lons pas faire d'efforts pour l'ensemble de la popu­la­tion. Nous ne vou­lons pas nous lais­ser faire à ce niveau. Soit la demi-journée mise en place s'équilibre avec un vrai allè­ge­ment des 4 autres jour­nées pour les élèves, mais égale­ment pour nous, soit une contre­par­tie sala­riale doit avoir lieu.

Quels sont les autres thèmes de reven­di­ca­tion des Dindons ?

Nous pen­sons que les prio­ri­tés de la refon­da­tion ne sont pas abor­dées dans le bon ordre.

Nous deman­dons l'abandon immé­diat de la remise en ques­tion des rythmes sco­laires, abso­lu­ment pas prio­ri­taire à nos yeux, tant que d'autres points fon­da­men­taux n'ont pas été revus.

Les prio­ri­tés de cette refon­da­tion doivent être l'allègement des pro­grammes sco­laires du pri­maire, la baisse des effec­tifs par classe, la remise en place des RASED (qui ont été détruits ces der­nières années) et la prise en charge des élèves por­teurs de handicap.

Nous deman­dons aussi la reva­lo­ri­sa­tion du sta­tut de Professeur des écoles, des jour­nées de décharge pour tous les direc­teurs et la péren­ni­sa­tion des postes d'aide à la direc­tion (EVS).
Mais nous ne vou­lons pas for­cé­ment à tout prix faire des éclats de notre action. Nous sommes en train de réflé­chir actuel­le­ment à des ini­tia­tives, ori­gi­nales si pos­sibles, qui nous feraient connaitre davantage.

Propos recueillis par Elsa Doladille

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Vos réactions :

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marie
le 13 novembre 2012

Je ne com­prends pas votre reven­di­ca­tion concer­nant la rému­né­ra­tion des ensei­gnants si l'obligation des heures de cours repasse à 26 ou 27 heures : je suis ensei­gnante dans le pre­mier degré depuis 1981 et donc j'ai ensei­gné 27 heures ( le samedi matin à l'époque...) pen­dant de nom­breuses années. Je ne crois pas que ce genre de consi­dé­ra­tion soit à mettre en lien avec le sens de notre métier : faire réus­sir nos élèves au mieux. Et puis, bien sûr beau­coup de choses sont à revoir (pro­gramme, rased...) mais les rythmes sco­laires aussi et enfin un ministre s'y met... Il était temps non ? Je ne crois pas que nous puis­sions refu­ser de les modi­fier pour mieux les adap­ter au rythme des enfants d'abord...
Comment avons-nous pu ne pas refu­ser et nous mobi­li­ser pour que les enfants les plus en dif­fi­culté aient des jour­nées plus longues avec le sou­tien sco­laire ( sou­vent inutile...) ; eux qui déjà n'aiment pas l'école, sans par­ler du fait qu'ils avaient encore les devoirs à faire en ren­trant le soir... Alors, mobilisons-nous, oui mais en pen­sant d'abord aux enfants.

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Fanny
le 14 novembre 2012

Marie,
Comment peut-on encore com­pa­rer notre métier actuel à celui de 1981 ?? Les choses ont changé. A l'époque, les pro­grammes n'étaient pas ce qu'ils sont aujourd'hui, les élèves non plus d'ailleurs. Et un ins­tit en 1981 gagnait bien sa vie, ce qui n'est plus du tout le cas aujourd'hui...

Bravo Elsa pour toutes ces réponses. Je m'y retrouve complètement !

Fanny

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Boulu
le 14 novembre 2012

Si nous res­tons à 26 heures d'enseignement heb­do­ma­daire com­pre­nant les 2 heures d'aide indi­vi­dua­li­sée aux élèves en dif­fi­culté, ne comp­tez pas sur moi pour mani­fes­ter contre la semaine de 4 jours et demi. L’intérêt des élèves d'abord.

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Bravo les dindons
le 14 novembre 2012

Je suis d'accord: il faut revoir le nombre d'enfants par classe et les pro­grammes. Les rythmes pour­ront être revus cor­rec­te­ment quand le gou­ver­ne­ment pourra y accor­der les moyens finan­ciers néces­saires car en fai­sant les choses à moi­tié on voit ce que ça donne (cf le pas­sage à 4 jours en 2008 qui a été fait sans concer­ta­tion et qu'on remet déjà en cause!)

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Coco
le 14 novembre 2012

Oui les din­dons c'est bien nous !!
Dans mon école on assure l'aide per­son­na­li­sée déjà le mer­credi matin... pour le bien être des enfants !! C'est mieux de tra­vailler le matin, reposé !
Mais halte ! Arrêtez Mr le ministre de nous prendre pour des din­dons, de dire sur les ondes que l'on ne fai­sait pas ce tra­vail pour l'argent !!! Les prix sont les mêmes pour tous ! Notre pou­voir d'achat ne cesse de bais­ser, on est les O.S de l'Europe !
Faire les devoirs à 25 ? Est-ce bien sérieux ?
Encore de grandes messes pour accou­cher de pauvres sou­ris ! 32 ans d'ancienneté et tou­jours les mêmes pos­tu­lats...
Vivement la retraite !

Les Aventuriers

Par Le 17/11/2012

Où sont les Aventuriers ?

Question ironique en fait. Il y en a de plus en plus mais on ne les voit plus au point qu'on pourrait penser qu'ils ont disparu et que la vie moderne les a "exterminés".

C'est le départ du "Vendée Globe" qui m'a fait repenser à mon enfance et à mon adolescence. Je connaissais et j'admirais quelques aventuriers, mes quelques copains en faisaient de même. Walter Bonatti, Eric Tabarly, Joshua Slocum, Vito Dumas, Bernard Moitessier et puis plus tard Eric Escoffier, Patrick Edlinger, Jean Marc Boivin, Catherine Destivelle, Hélène Mac Arthur, Laurence de la Ferrière, Jean Louis Etienne, Olivier de Kersauson, Alain Gauthier, il y en a tellement...
Est-ce que quelqu'un aujourd’hui sait qu'un homme a traversé l'Océan Atlantique à la nage en tirant un radeau derrière lui pour la nuit? Pas de bateau accompagnateur... Il s’appelait Guy Delage.

Rémi Bricka a traversé l’Atlantique en « marchant » sur des skis flottants…

Qui a entendu parler de Mike Horn, premier homme à faire le tour du monde en suivant l'Equateur sans assistance, en autonomie totale?

Il y en a tellement.

Pourquoi ont-ils disparu de l'univers du grand public, pourquoi les enfants ne les connaissent plus et surtout, bien plus importants que tout, pourquoi ces hommes et ces femmes ne représentent-ils plus rien, ne sont plus porteurs de rien? Qu'est-ce qui fait qu'ils ont disparu alors qu'ils sont beaucoup plus nombreux qu'il y a vingt ans? Par qui ont-ils été remplacés et pourquoi?

Pourquoi les marins du Vendée Globe laissent-ils autant de monde indifférent?...Sur le journal « L’équipe », un sondage disait que 35% des Français suivraient le Vendée Globe...

 


Quand j'avais quinze ans, il y avait une émission à la télé, "Les carnets de l'aventure", c'était géant, magnifique. Supprimé sur l'autel de l'audimat. Quand Arte a passé un film sur les frères Hubber, j'ai obtenu auprès de la chaîne les statistiques sur l'audimat et c'était désastreux. Ces deux gars ont pourtant un charisme fabuleux, une histoire incroyable, une osmose extraordinaire... Je ne pense pas que la télé soit entièrement responsable de cette disparition des aventuriers. Il faut plutôt voir un désintérêt de la part du public. Pas d'audimat, plus d'émission, c'est simple...



Je suis étonné de voir sur un forum littéraire principalement occupé par des jeunes (15-25 ans) une absence de discussions sur les aventuriers. Je ne m'attendais pas à voir des échanges là-dessus toutes les semaines mais depuis mon inscription, je n'en ai jamais vus. Dans cette littérature là, il y a pourtant eu des livres magnifiques qui ont marqué des générations: "A mes montagnes" de Walter Bonatti ou "La longue route" de Bernard Moitessier. Une vraie littérature, une vraie qualité, pas juste un compte-rendu d'expé ou d'exploit. Des pages d'une force inouïe.
Que s'est-il passé?


Je fais une distinction importante entre le monde des aventuriers et celui des sportifs. Leurs intentions, leurs raisons, leurs objectifs, leurs rêves ne sont pas les mêmes. Le Vendée Globe est évidemment une compétition mais elle garde une part d'aventure . Gerry Roufs ou Nigel Burgess n’en sont pas revenus… Tony Bullimore, Thierry Dubois, Raphael Dinelli, s’en sortis d’extrême justesse.


Quand Raphaella le Gouvellou traverse le pacifique en planche à voile, elle est seule. Ça reste un exploit personnel, pas une compétition. Elle n'a quasiment pas de sponsor, aucune couverture médiatique. Elle n'est pas dans un espace sportif comme on le vit avec les médias.

Gérard d'Aboville a vendu sa maison pour pouvoir payer l'embarcation qui lui a permis de traverser l'Atlantique à la rame. Les droits d'auteur de son livre lui ont permis de repartir pour la traversée du Pacifique et ce livre-là est grandiose ! (cette traversée n'a jamais été refaite depuis.)
 

Un engagement énorme, la "gratuité" de l'acte, juste une passion exclusive, une façon de concevoir l'existence. Bien sûr que chaque génération a ses aventuriers mais l'acte lui-même ne change pas. La technologie a évolué mais l'homme est le même. Aujourd'hui, certains font un 8000 mètres en 2 jours quand il en fallait 20 il y a trente ans. La préparation est beaucoup plus affinée, le matériel, les repérages, la phase préparatoire, la connaissance physiologique, psychologique, la connaissance du terrain, de la météo etc...Ça n'empêche pas les aventuriers de connaître des échecs et parfois de ne pas revenir.
En fait, je pense qu'il y a une très grande méconnaissance de beaucoup de monde sur ce milieu-là. Sur les gens qui y vivent et y trouvent leur bonheur. Les repères qui sont les leurs ne sont pas ceux qui ont cours.
Quand j'entends mes élèves demander : "Mais combien il gagne de sous celui qui gagne le Vendée Globe?", ça donne une idée du problème...

Le sport ultra médiatisé impose des repères matérialistes. Les garçons ne rêvent pas de jouer au foot, ils rêvent d’être millionnaires en jouant au foot.

Pourquoi les médias et le public vont-ils s'intéresser au derby OM/PSG, en parler trois semaines à l'avance et trois semaines après le match et ignorer ceux qui sortent du "cadre"?...
Lorsque Tabarly gagne la transat anglaise en 1966 je crois bien, il descend les Champs Elysées encadré par une foule gigantesque. L'impact état énorme.

Cet engouement n'existe plus.

Il y a bien un public et ils sont bien souvent d'ardents défenseurs de la cause existentielle des aventuriers mais ce public est relativement âgé. Ne s'y trouve pas la jeune génération à quelques exceptions près, heureusement.

Il suffit d'aller dans un collège demander aux élèves de citer le nom des marins du Vendée Globe. 

Combien parmi eux sauront qu'aujourd'hui vient de disparaître Patrick Edlinger...

Un homme que j'ai rencontré une fois, à Buoux, une immense gentillesse, une très grande humilité.Il a "révolutionné" l'image grand public de l'escalade. Patrick Berhault était très souvent encordé avec lui. Qui se souvient de Patrick Berhault disparu dans les Alpes ?

On les prend pour des fous parce que leurs défis sont personnels, qu’ils ne s’enrichissent pas, qu’ils risquent de mourir. Dans la logique actuelle, on a à faire à ce genre de raisonnements : à quoi ça sert ?

Et en effet, prendre le temps d'être seul, de se retrouver face au monde, et de se contenter d'atteindre un objectif, plus pour le chemin que pour la destination, c'est une vie décalée.

Les critères de réussite sociale ont toujours fait des véritables aventuriers des fous. On les appelait "Les conquérants de l'inutile" mais Lionel Terray qui utilisait l'expression pour un de ses livres, était imensément connu en France.

Qui aujourd'hui a entendu parler de Lionel Daudet ? Sa "voie intérieure" est pourtant si belle.

 

L'affection que je porte à certains aventuriers vient du fait que ce sont des individus qui portent une vision de la vie que j'aime particulièrement. Je sais ce qu'ils m'ont apporté. Ça a la même importance que certains écrivains. Je pense que pour les enfants, les ados et même les adultes cet engagement dans une voie personnelle, hors de toute limite, a une force immense. Et qu'elle manque dans ce monde agité. Je le vois en permanence avec les enfants que je côtoie.

Alessandro di Benedetto, marin italien. Il participe au Vendée Globe mais il a déjà fait le tour sur un voilier de 6m50...Hallucinant...

Les garçons de ma classe connaissent les footbaleurs italiens parce qu'ils en entendent parler et qu'ils gagnent des millions. L'argent est devenu l'objectif, le moyen est secondaire.

L'identification des garçons est trouvée.

Pour les filles, il s'agira des chanteuses et des people.

C'est caricatural mais malheureusement général.

Pour les filles, il ne s'agit pourtant pas de manque d'exemples. Florence Arthaud, Peggy Bouchet, Priscilla Telmon, Isabelle Autissier, Catherine Destivelle, Helen Mc Arthur, Raphaelle le Gouvenou, Samantha Davies... Elles existent ces femmes.

Bon, une pensée pour les marins du Vendée Globe, avec un aperçu de ce qu'ils vont connaître dans le Grand Sud...

 

 

Une bougie à la main.

Par Le 11/11/2012

J'utilise parfois une métaphore pour montrer aux enfants le chemin qu'ils parcourent dans les apprentissages cognitifs. Il s'agit des lampadaires. Sur le chemin de la connaissance, ils vont rencontrer un lampadaire qu'il s'agit d'allumer. C'est le travail qu'ils vont fournir qui va alimenter en énergie la colonne jusqu'à atteindre l'ampoule d'où jaillira la lumière. Cette lumière va éclairer le chemin qui se présente devant eux et ils devineront dans l'obscurité la silhouette du lampadaire suivant. Il faudra qu'ils s'aventurent sur le chemin en profitant de la lumière du lampadaire qu'ils viennent d'allumer, ils devront accepter de progresser dans une semi-obscurité, des zones d'ombres, ils devront éviter les pièges sur le chemin, des trous, des ornières, les fossés du bas-côté. Si l'exploration se révèle trop pénible, ils pourront toujours venir se ressourcer à la lumière du lampadaire allumé. Il n'y a aucun échec dans ce repos nécessaire, juste une accumulation des nourritures indispensables pour se projeter de nouveau sur la route. Avancer en terrain inconnu dans un état de stress, de peur, de tension, n'est nullement favorable. Les émotions génèrent des obstacles illusoires, comme des fardeaux qui viennent compliquer davantage la tâche.

On peut utiliser également la progression des alpinistes sur une montagne himalayenne. Ils partent du camp de base, ils vont se charger de tout le matériel nécessaire pour aller installer le premier camp. Ils vont monter lentement pour que leur organisme s'habitue à la pression de l'environnement. Quand ils atteindront un replat favorable à l'installation du camp, ils s'accorderont un repos prolongé afin que leur organisme récupère des efforts produits et accumulent les forces nécessaires pour la suite. Ils repartiront lorsque le cheminement aura été minutieusement observé aux jumelles, discuté, préparé, que chacun connaîtra sa tâche, que le matériel indispensable aura été réparti dans les sacs. Il est possible que la montée vers le camp 2 n'aboutisse pas au premier essai. Trop difficile. Ils poseront le matériel et redescendront au camp 1 reprendre des forces. Aucun échec dans cette décision mais l'acceptation des délais, la reconnaissance en eux de leurs faiblesses. Ils doivent s'accorder ce repos, peut-être même redescendre jusqu'au camp de base pour que ce repos soit encore plus bénéfique.
Le cheminement se répètera jusqu'au sommet.


Cette validation des connaissances, ce repli vers des territoires connus, ce repos nécessaire avant une nouvelle exploration, une nouvelle avancée en terrain inconnu, les enfants le vivent continuellement. Il est indispensable de leur faire comprendre qu'il n'y a aucun échec dès lors que l'individu reste engagé dans le cheminement à venir. Avancer coûte que coûte est un risque inutile et dangereux. C'est soit une prétention exacerbée, soit une inconscience. Nullement une sagesse.



Qu'en est-il au regard de l'apprentissage existentiel ? La différence essentielle, à mes yeux, se trouve sur l'absence de balisage. Dans l'aprentissage cognitif, chaque étape à venir est connue, répertoriée, cadrée, préparée. L'enfant avance dans un terrain qui lui est inconnu mais l'enseignant en connaît chaque étape.

Dans l'apprentissage existentiel ou spirituel, chaque individu avance dans un territoire qui a certainement été parcouru par d'autres explorateurs mais leur expérience ne peut pas l'aider. Il n'y a pas de chemin commun. Dans les apprentissages cognitifs, les routes sont partagées par des millions de voyageurs. Seul, le temps nécessaire à chacun variera. Quelles que soient les routes choisies, elles ont déjà été parcourues et les balisages installés.

Dans le domaine spirituel, je ne pense pas que les routes empruntées par les prédécesseurs puissent permettre une avancée certaine. Il ne s'agirait que d'une illusion. Le fait de connaître un peu les écrits de Krishnamurti ne me fait pas progresser sur le chemin que cet homme a emprunté. Je reste immanquablement sur un chemin personnel. Sans doute que les réflexions qui me sont proposées participeront à l'accumulation de l'énergie interne indispensable à l'éclairage de mes lampadaires mais ça ne sera jamais les lumières des autres explorateurs.

Le marcheur spirituel est seul sur son chemin. C'est peut-être cette solitude qui rebute tant les humains.

L'accumulation des savoirs cognitifs favorise les rencontres et surtout les comparaisons entre individus, ce qui contribue à l'image de l'ego. Il s'agit d'une connaissance partagée mais la compréhension de soi reste bannie dès lors que la connaissance devient le seul enjeu.

Dans l'exploration spirituelle, il n'y a aucun palier identifiable, aucun diplôme, aucune étape commune. Et par conséquent aucune comparaison possible.

"Ah, je suis plus éveillé que toi ! "

Absurdité totale qui confère à son propriétaire la nécessité de retourner au premier lampadaire...Il n' a rien compris. D'un point de vue spirituel.


Je vis finalement la même chose lorsque j'écris. Depuis bien longtemps, je n'ai lu un roman. Aucun bonheur à le faire. Il ne s'agit pas d'un rejet critique ou d'une prétention absurde mais bien la nécessité d'avancer sur mon chemin, sans croire que je pourrai user des énergies déployées par d'autres. Si je cherchais à m'attribuer la lumière d'un autre pour parvenir à avancer, je ne ferai que m'égarer, je ne marquerai pas mon propre chemin, je marcherai dans des traces déjà inscrites. Je provoquerai moi-même l'égarement et je me plaindrai immanquablement un jour de ce manque de soutien, de cette absence de solidarité qui me condamne à errer dans les noirceurs. 

J'écris avec une bougie à la main. Les ombres sont chancelantes, instables, le moindre souffle fait vaciller la flamme, mais je sais que derrière moi, les refuges sont ancrés, je sais où je peux me reposer et attendre l'épuisement des tempêtes. J'ai appris la patience. Vingt ans que j'écris. Chose surprenante, la cire de la bougie diminue au fil du temps, les années ruissellent, mais la lumière s'amplifie, insensiblement. Il m'arrive parfois de me projeter vers ce jour où la mèche de la bougie trempera dans un calice infime de cire et j'imagine la clarté. Se consumer pour rayonner au plus loin des horizons offerts.

L'humilité

Par Le 10/11/2012

Écrire, écrire, écrire. Le silence des mots dans le foisonnement des idées que je porte est redoutable, je voudrais les arracher à ce chaos intérieur, qu'ils soient immédiatement accessibles, qu'ils jaillissent à l'instant même où ils deviennent indispensables...

Mais je n'en suis pas là alors, je cherche, je cherche, j'écris, j'efface, je recommence, j'écris, j'efface, je recommence, j'écris, j'efface, je recommence... Levé à quatre heures... Et au bout de deux heures, j'ai fini dix lignes que je recommencerai demain.

La douleur et la patience.
Je sais aujourd'hui que je n'ai aucun talent, que rien ne me sera jamais facile, que je devrai travailler, travailler, sans relâche. Le talent n'a pas besoin d'être travaillé, il est là, il est constant, immuable, ineffaçable. 
Je ne me libèrerai pas de cette douleur de l'enfantement des mots.
Mais j'apprends, peu à peu, la patience.
Je n'ai plus de colère contre moi-même.
 
J'ai même appris à pleurer de bonheur quand parfois les mots me viennent, se découvrent et que jaillit cette chaleur intérieure qui me bouleverse. J'ai appris à laisser les larmes couler, à me fondre dans cette émotion suprême de la création qui me transporte. J'ai appris à n'avoir aucune prétention envers ce bout de phrase qui s'offre à moi, je sais que je n'y suis pour rien, que je n'ai rien trouvé, que tout est là, autour de moi, dans l'espace, tous les mots, toutes les émotions et qu'il s'agit juste d'apprendre à s'ouvrir, à recevoir.
Je ne crée rien de personnel, sinon cette brèche dans la muraille de mes intentions.
Je n'ai réussi à écrire que lorsque je n'ai plus voulu le faire.
C'est comme un chat sauvage qu'on voudrait apprivoiser. L'intention est un repoussoir. Il faut juste s'asseoir, ne rien dire, ne rien tenter et le laisser se mouvoir. Peut-être, qu'un jour, il s'approchera, peut-être qu'un jour, il acceptera de sentir la main tendue. Mais si je m'approche de lui, je sais qu'il partira.
Les mots sont des chats sauvages.
La douleur de ne pas parvenir à les caresser à l'envie est une douleur fabriquée.
La patience est le remède.
Alors, je me lève la nuit, je m'assois, je m'immobilise, je ferme les yeux et j'entre dans cet espace intérieur où la volonté n'est pas de mise. Et parfois, parfois, les mots s'approchent...
Souvent, je me suis laissé prendre par l'euphorie et j'ai tendu brutalement une main avide, j'ai voulu accélerer le mouvement, imposer mes désirs, je suis retombé dans les travers prétentieux de l'homme qui se croit écrivain. Et tout disparaissait.
J'en voulais aux mots, je les maudissais, cette envie furieuse de les abandonner. Vaste supercherie. Ils n'ont pas besoin de moi.
Plus tard, inévitablement, je revenais m'asseoir puisque moi, j'ai besoin d'eux. J'acceptais qu'ils soient les Maîtres. C'est le chat qui décide d'aller vers la main tendue.  
Patience, patience, immobilité intérieure, ne rien vouloir, ne rien attendre, être dans l'absence pour être présent.
 
J'ai connu, parfois, des frôlements, des contacts furtifs, des effleurements infimes, j'ai connu des nuits d'ivresse aussi, des étreintes enflammées.
Je sais maintenant que rien n'est durable.
Les mots ne seront jamais apprivoisés. Ils reprennent leurs distances comme bon leur semble. Et si la colère m'envahit, si je la laisse m'emporter, ils s'éloigneront davantage.
L'humilité. C'est sans doute ce que j'aurai mis le plus de temps à comprendre, à apprendre, à garder.
 
L'humilité.
 
 

SANTE: conflits d'intérêts.

Par Le 09/11/2012

Médicaments inutiles ou dangereux :
Stop aux conflits d'intérêt
dans les instances
officielles de santé

Madame, Monsieur,

Des millions de Français avalent tous les jours, sans le savoir, des médicaments inutiles, dangereux, et parfois pas plus efficaces qu'un placebo (une pilule de sucre).

Ces médicaments ont été autorisés par les experts de l'Agence française des médicaments (AFSSAPS), ils sont remboursés par la Sécurité sociale. Ils coûtent des milliards chaque année à notre assurance maladie, et ils causent des milliers d'accidents et des centaines de morts.

Cette situation ne peut plus durer.

C'est pourquoi notre association lance une grande pétition nationale pour une Opération Mains-Propres dans les instances officielles de santé : plus aucun expert qui autorise les médicaments ne doit avoir de lien financier avec l'industrie pharmaceutique, et je compte sur vous pour signer cette pétition et la faire circuler partout autour de vous.

Car la situation en France n’a jamais été aussi alarmante :
- Sur 40 présidents, vice-présidents et autres dirigeant de commissions de l'AFSSAPS, l'Agence française des Médicaments, 31 ont des contrats personnels de « consultance » avec l'industrie, pour des montants allant de 5 000 à 600 000 euros !!

- Sur 30 membres de la commission d'autorisation des médicaments (AMM) de l'AFSSAPS, 26 ont des contrats personnels avec l'industrie ;

- Tous les membres des commissions de l'ANRS (Agence nationale de recherche sur le sida) sont sous de multiples contrats avec les firmes qui produisent les médicaments qu'ils doivent évaluer.
Il y a donc des conflits d'intérêt, des histoires d'argent, peut-être même de la corruption, à tous les étages de notre principale instance de santé.

Et c'est pareil au niveau Européen : au plus haut niveau, les conflits d'intérêts gangrènent le système des autorisations de mise sur le marché des médicaments.

Il ne faut pas s'étonner qu'il y ait tant de médicaments dangereux, et inefficaces, qui arrivent dans nos pharmacies, dans nos hôpitaux... puis qui risquent de nous être administrés par nos médecins, en toute bonne foi :

  • Eric Abadie, président de la commission de vigilance de l’Agence européenne du médicament de 2007 à 2011, a été directeur des affaires médicales du syndicat des industries pharmaceutiques, avant d’occuper également des postes à l’Afssaps. En aucun cas il ne peut être considéré comme un expert indépendant, qui n'évalue les médicaments que selon sa conscience.

  • Son prédécesseur, Jean-Michel Alexandre, qui a présidé la commission de vigilance de l’EMA de 1995 à 2000 et qui travaillait également à l’Agence française des médicaments (AFSSAPS), est  devenu consultant pour l’industrie pharmaceutique, notamment pour les laboratoires Servier, et il pourrait avoir joué un rôle décisif dans l'autorisation du Médiator, avec la catastrophe sanitaire que l'on connait.

  • Thomas Lönngren, directeur exécutif de l’Agence Européenne du Médicament (EMA) de 2001 à 2010, a monté, parallèlement, son propre cabinet de conseil à l’industrie pharmaceutique. Et ça marche fort : neuf entreprises pharmaceutiques sur dix passeraient par ce cabinet, « Pharma Executive Consulting Ltd », pour obtenir l’approbation réglementaire pour leurs produits !
Ce n'est donc pas votre intérêt, ni la sécurité des malades qui sont les seuls critères pour l'approbation des médicaments.

Les considérations financières, et l'intérêt économique des grandes industries pharmaceutiques, jouent un rôle majeur dans ce que le système de santé vous fait avaler.

Cette situation ne peut plus durer :

Plus aucun expert qui autorise la mise sur le marché et le remboursement de médicaments chimiques potentiellement dangereux, ne doit avoir de conflit d'intérêt avec l'industrie.

C'est pourquoi je vous demande de signer d'urgence la pétition ci-dessous, pour une Opération Mains-Propres contre les conflits d'intérêt dans les organismes de santé publique.

Cliquez ici pour signer la pétition.

Nous pouvons avoir un effet massif, grâce au réseau européen de près d'un million de citoyens qu'a tissé l'Institut pour la Protection de la Santé Naturelle (IPSN).

Mais il n'est pas nécessaire d'être sensible aux bienfaits de la santé naturelle, comme l'est l'IPSN, pour signer cette pétition, qui concerne tout le monde :

Imaginez que les lois sur le tabac soient votées par des experts payés par les fabricants de cigarettes. Que ce soit eux qui décident, non seulement d'autoriser partout la cigarette, mais également de rembourser les fumeurs avec l'argent public !

Une telle corruption ne pourrait pas durer. Le Parlement voterait immédiatement une loi pour l'interdire.

Mais pour les médicaments, cela dure depuis un demi-siècle, et rien ne change :

Ce sont ces experts qui ont autorisé le Médiator (1300 morts), le Vioxx (35 000 morts au niveau mondial), l'antidiabétique Actos qui peut provoquer hépatites et cancers de la vessie, les pilules contraceptives de 3e et 4e générations qui sont aussi efficaces que les pilules de 2e génération mais qui provoquent trois à quatre fois plus de phlébites et d’embolies pulmonaires, les antitabacs Champix et Zyban qui sont en réalité des antidépresseurs avec les mêmes risques d’hallucinations et de suicide, et tant d'autres médicaments toxiques.

Tous ces médicaments sont avalés par des milliers de personnes qui ne se doutent de rien, parce qu'elles font confiance aux autorités !!

Et soyez bien persuadé que, si vous et moi ne nous mobilisons pas, rien ne changera :

Deux éminents professeurs de médecine, le Professeur Bernard Debré, et le Professeur Even, ont encore dénoncé ce scandale dans leur nouveau livre sur les 4000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux, qui est paru à la rentrée.

Mais malgré l'agitation médiatique, aucune initiative n'a été prise par les pouvoirs publics.

Il manquait la pression populaire.

C'est pourquoi je vous demande de solliciter tout votre entourage pour rassembler des centaines de milliers de signatures pour une Opération Mains-Propres dans le secteur pharmaceutique. Vous, vos parents, vos enfants, nos amis et collègues, nous sommes TOUS concernés.

Et ensemble, nous pouvons obtenir le vote d'une nouvelle loi pour interdire aux experts des agences officielles d'être en lien financier personnel avec l'industrie pharmaceutique.

Car non seulement un grand nombre de ces médicaments nous détruisent la santé, mais ils coûtent si cher qu'ils sont en train de mettre tout notre système de santé en faillite :

L'influence de l'industrie pharmaceutique est telle en France, que nous dépensons pour nos médicaments jusqu'à 70 % de plus que nos voisins (Angleterre, Italie, Allemagne...).

Les Français sont parmi les plus gros consommateurs du monde de médicaments : 50 boîtes par personne et par an, en moyenne.

Notre santé en est-elle meilleure ?

Pas du tout : nous sommes autant, sinon plus malades que nos voisins, et notre espérance de vie n'augmente plus depuis plusieurs années.

Au contraire, d'inquiétantes restrictions de soin pour vous, moi, et tous nos concitoyens vont très bientôt devoir être prises, si vous et moi n'agissons pas aujourd'hui.

Les Professeurs Debré et Even estiment que chaque année, « 15 milliards d'euros sont jetés par les fenêtres ». Il concernent des médicaments qui sont inutiles, mais aussi dangereux.

La Cour des comptes a annoncé dans un rapport publié le 13 septembre 2012 que le déficit de la Sécurité sociale est de 14,7 milliards d’euros dont 6,8 milliards d’euros pour la seule branche maladie. Et cela est largement dû à notre folle surconsommation de médicaments.

Beaucoup de personnes ne réalisent pas que, si la Sécurité Sociale fait faillite, notre système de santé s'effondrera. Les malades des hôpitaux seront renvoyés chez eux. Les personnes qui ont besoin de soins seront abandonnées à elles-mêmes.

Mais l'hécatombe a en fait déjà commencé, sous nos yeux :
- selon les études scientifiques, 200 000 Européens sont tués chaque année par les effets secondaires des médicaments, dont le coût est évalué à 79 milliards d'euros.

- rien qu'en France, 144 000 patients sont hospitalisés chaque année en raison des médicaments prescrits, selon l’AFSSAPS.
Tout cela parce qu'on n'aura pas eu le courage de prendre à temps des mesures contre la corruption dans le système de santé.

Ces mesures sont simples, et nos voisins nous ont, là aussi, devancés :

  • Aux Etats-Unis, le Président Obama a réussi à faire passer le Sunshine Act en 2011, pour lutter contre la corruption de l’administration par l’industrie pharmaceutique.

  • Au Royaume Uni, le Parlement a adopté le Bribery Act, littéralement la loi sur la corruption.
En France, une loi a été voté sur le sujet le 29 décembre 2011. On a parlé de Sunshine Act à la Française.

Mais le temps que le nouveau gouvernement se mette en place, l'industrie pharmaceutique a eu le temps de réagir. Et cette loi prometteuse a été vidée de son sens par un nouveau décret d'application du 15 septembre 2012.

Le Dr Philippe Foucras résume les négociations qui ont eu lieu : « Pour ma part le plus choquant a été d’être le témoin de l’attitude de fonctionnaires de la République française, soumis et écrivant quasi sous la dictée de l’industrie pharmaceutique les lois de la République. »

L'association Europe et Médicaments ajoute : « Un "permis de corrompre" au quotidien, voilà tout ce qui resterait du "Sunshine Act" à la française, (...) vidé de son sens par un projet de décret en préparation au ministère de la Santé. »

Et c'est la réalité : en France, à chaque scandale, le gouvernement a pris des demi-mesures, très vites vidées de leur sens sous les pressions de l’industrie pharmaceutique.

C’est un bouleversement du système qu’il faut aujourd’hui : une opération Mains-Propres dans les instances de santé officielles.

Nous pouvons l'obtenir si nous sommes assez nombreux à signer cette pétition, mais votre voix est indispensable, ainsi que votre mobilisation pour transmettre ce message autour de vous.

Enfin, au risque, de vous choquer si vous aviez l'intention de simplement détruire ou fermer ce message sans rien faire, pensez bien au service que vous rendez à l'industrie pharmaceutique en restant passif.

Je compte sur vous pour ne PAS choisir de contribuer au silence, et pour signer maintenant vous aussi notre grande pétition.

Pour signer la pétition pour une opération Mains-Propres, cliquez ici
.

Un grand merci,

Augustin de Livois
Président

PS : Il s'agit d'une question élémentaire de protection de la population en danger. Si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour les enfants malades, les personnes de votre entourage, vos parents peut-être, qui prennent sans s'en douter des médicaments potentiellement toxiques. C'est toute une révolution qui doit avoir lieu.


Institut pour la Protection de la Santé Naturelle
Association sans but lucratif
253A Chaussée de Wavre
1050 BRUXELLES
www.ipsn.eu

Merci d’avoir signé la pétition pour une opération Mains-Propres

Institut pour la Protection de la Santé Naturelle

Madame, Monsieur,

Un grand merci d’avoir signé la pétition au Président de la République pour une opération mains propres dans les instances officielles de santé.

L’Institut pour la Protection de la Santé Naturelle est déterminé à mener jusqu’au bout cette action au plan national et européen. C’est notre rôle de lanceur d’alerte.

Mais c’est votre soutien et celui de vos proches qui fera toute la différence. N’hésitez donc pas à inviter les gens autour de vous à rejoindre notre cause. C’est une manière simple de garantir que notre mouvement prenne de l’ampleur et que votre voix soit entendue.

Car c’est le rapport de force que nous aurons réussi à créer qui nous permettra de faire changer les choses.

Voici le lien que vous pouvez envoyer à vos proches afin qu’ils prennent connaissance de la pétition :

http://www.ipsn.eu/petition/petition_t.html

Vous pouvez également partager cette pétition sur vos réseaux sociaux à l’aide des boutons ci-dessous :


Avec tout mon dévouement,

Augustin de Livois

Président

 

Institut pour la Protection de la Santé Naturelle

Institut pour la Protection de la Santé Naturelle – 253A Chaussée de Wavre – 1050 Bruxelles

www.institut-protection-sante-naturelle.eu

Association sans but lucratif conforme à la loi du 27 juin 1921.

Cheminement inverse.

Par Le 06/11/2012

En fait, quand j'écris une histoire, j'attends qu'elles imaginent comment elles voudraient que je sois pour que je puisse les

écrire comme elles le souhaitent.



Apprendre sans professeurs.

Par Le 02/11/2012

A débattre 01/11/2012 à 19h16

Apprendre à lire sans prof ? Les enfants éthiopiens y arrivent

Yann Guégan | red. chef adjoint Rue89


http://www.rue89.com/2012/11/01/apprendre-lire-sans-prof-les-enfants-ethiopiens-y-arrivent-236725



La vidéo sur Livestream
Intervention de Nicholas Negroponte à la conférence EMTECH

A partir de 1h00mn05s, en anglais

C’est une expérience qui rappelle le scénario du film « Les dieux sont tombés sur la tête », dans lequel une bouteille de Coca, jetée d’un avion, atterrit dans un village bushmen et chamboule le quotidien de ses habitants.

Sauf qu’avec l’opération menée par One Laptop Per Child (OLPC) auprès d’enfants éthiopiens analphabètes, ce sont nos certitudes occidentales sur l’apprentissage qui pourraient bien être bousculées.

L’ONG livre depuis 2005 du matériel informatique simple et robuste dans les pays pauvres, et indique avoir déjà distribué 2,5 millions d’ordinateurs portables de type XO dans quarante pays. Son fondateur a exposé sa démarche lors de la conférence EmTech, organisée par le Massachusetts Institute of Technology (MIT), à Cambridge fin octobre.

Nicholas Negroponte et son équipe sont partis d’un constat : parmi les 100 millions d’enfants qui n’ont accès à aucune éducation, beaucoup se trouvent dans des zones isolées, dans lesquelles aucun adulte autour d’eux ne sait lire et ne peut donc les aider. Mais peuvent-ils apprendre tout seul ?


Des enfants éthiopiens avec les tablettes distribuées par One Laptop Per Child (Matt Keller/OLPC)

Pour le savoir, l’organisation a livré des tablettes pré-équipées à une quarantaine d’enfants dans deux villages éthiopiens, Wonchi et Wolonchete, à une centaine de kilomètres d’Addis Abeda.

Alimentées grâce à un panneau solaire, elles contenaient une collection de plusieurs centaines d’applications, de jeux, de livres, de dessins animés et de films (en anglais), mais n’étaient accompagnées d’aucune instruction, ni d’aucun manuel. Des données sur leur utilisation étaient enregistrées dans une carte SIM, changée chaque semaine.

« Je pensais que les enfants commenceraient par jouer avec les cartons », raconte Negroponte. Mais les cobayes ont très vite apprivoisé leur nouvel outil :

« Après quelques minutes, ils avaient déballé et mis en route les tablettes. Après une semaine, chaque enfant utilisait en moyenne 47 applications par jour. Après deux semaines, ils utilisaient les jeux destinés à l’apprentissage des lettres pour se mesurer les uns aux autres, et le village chantait les chansons sur l’alphabet. »

« Ils ont débloqué l’accès à la caméra »

Quelques mois plus tard, les tablettes étaient toujours fréquemment utilisées, et certains enfants commençaient à écrire des mots. Ils avaient tous personnalisé leur tablette, et même fait leur débuts de pirate informatique :

« Un imbécile chez nous avait bloqué l’accès à la caméra, alors ils ont “hacké” Android [le système d’exploitation installé sur la tablette, ndlr] pour l’activer à nouveau. »

Ce qui a ravi Negroponte :

« C’est exactement ce genre de créativité, de curiosité et de goût pour l’enquête que nous considérons indispensables à l’apprentissage. »

Ces résultats impressionnants doivent être confirmés par d’autres expériences du même type, mais ils pourraient changer la façon dont One Laptop Per Child conçoit son action. L’organisation s’appuie jusqu’ici sur les écoles existantes, sans toucher les enfants totalement privés de scolarité :

« Ça pourra leur prendre six mois, dix-huit mois, deux ans, mais est-ce qu’ils vont réussir à apprendre à lire, vraiment ?

S’ils peuvent apprendre à lire tout seul, ensuite ils peuvent apprendre en lisant. Pourrait-on leur donner un outil pour ça, sans avoir à construire des écoles, embaucher des professeurs, fournir des manuels ? »

Quand l’école tue la curiosité

Mais pour Negroponte, les pays développés ont aussi des leçons à tirer de cette expérience :

« Des enfants parviennent à apprendre à lire sans aller à l’école en Ethiopie, tandis qu’à New York, d’autres n’arrivent pas à ce niveau alors qu’ils vont à l’école. Que faut-il en conclure ? »

La facilité avec laquelle les jeunes, quelle que soit leur culture d’origine, s’approprient les tablettes, encourage selon lui à repenser les méthodes d’enseignement traditionnelles :

« Les enfants peuvent beaucoup apprendre par eux-mêmes, davantage que ce que nous imaginons. Les enfants sont naturellement curieux, et cette curiosité reste intacte si on ne la décourage pas, ce qui est souvent le cas à l’école.

Avoir accès à des bibliothèques contenant des manuels ou des encyclopédies est une bonne chose. Mais c’est peut-être moins important que de concevoir un monde dans lequel les idées se forment, se révèlent et se réinventent, au sein d’un apprentissage fondé sur l’action et la découverte. »

Sigur ros

Par Le 02/11/2012

Le groupe que j'écoute depuis bien longtemps. Tellement de pages écrites avec leur musique dans les oreilles. Quand j'écoute certains morceaux, les lignes me reviennent en mémoire. Comme si je voyais un film avec la bande musicale.

JUSQU'AU BOUT

EXTRAIT.

"

Quand il ouvrit la porte latérale, il constata que le patron du centre naturiste ne s’était pas trompé. On devinait déjà que le voile grisâtre qui s’était couché sur le bleu du ciel ne tarderait pas à s’évanouir.

Le soleil dispersait des parterres blanchâtres aux quatre coins de l’horizon. Il laissa la porte ouverte. Les parfums du jour naissant tapissaient le fourgon d’un air vivifiant.

Il prépara joyeusement le café du matin. Un merle siffleur faisait ses vocalises.

Toilette, un peu de rangement, préparer le sac de la journée, la serviette était encore humide du bain de la veille, elle sècherait au soleil. Le soleil, la mer, Birgitt et Yolanda, c’était le bonheur, le grand bonheur, tout simple, à en rire tout seul, à vouloir garder les sensations juste sous la peau, à portée d’âme et pouvoir y plonger à n’importe quel moment, pour se refaire une santé !

Il démarra et rejoignit le parking de la plage. Il regarda la montre du tableau de bord. 8h20.

« Alors là, c’est peut-être un peu trop tôt ! » se moqua-t-il à voix haute.

Il décida d’aller marcher sur la plage. Il escalada le cordon de dunes.

Le vent léger du large l’accueillit, apportant l’odeur piquante du sel, des algues, des particules d’eau sans cesses agitées, le parfum de l’immensité. Il contempla l’étendue et pensa que c’était l’amour qui s’ouvrait devant lui. La paix, la beauté simple et nue, des odeurs mêlées, un corps offert aux regards, juste aux regards, pour le plaisir des yeux, et puis surtout cette complicité silencieuse, l’inutilité des mots, le bonheur limpide d’être ensemble, juste ensemble. C’était beau, si beau et si tendre. Il enleva ses chaussures et descendit sur la plage et dans la pente il pensa que, comme lui à cet instant, tout descendait un jour à la mer. Les glaciers et les ruisseaux, les rivières et les fleuves, les routes humaines et les chemins de forêts, tout aboutissait finalement dans ce grand corps accueillant. Et même si on restait au bord, même si on ne s’aventurait pas sur sa peau et qu’on restait assis contre ce ventre immense, on retrouvait déjà la paix de l’enfant contre sa mère. C’était ça la magie de l’océan…Comme un refuge offert à l’humanité entière.

Il se gorgea du chant mélodieux des vagues, buvant à satiété cette vibration vocale, sourde et puissante, continue et changeante, mélodie pénétrante qui diffusait dans les fibres des frissons humides et iodés. Il sentit combien son corps résonnait immédiatement à ces accords millénaires, s’ouvrant magiquement à cette musique universelle. Tous les hommes pouvaient un jour résonner à cette musique. C’était le chant du monde. Il pensa à tous les individus, debout, à cet instant, devant cette immensité horizontale, il eut envie de leur parler, de leur dire combien il était heureux de savoir qu’ils contemplaient la mer, comme lui, tous unis dans le même amour, dans le même respect. Il y avait tant de choses simples à vivre ici, dans cette nature, tant de joies accessibles. Qu’y avait-il donc de plus important que cette sérénité, cet oubli de tout, cet éblouissement sensoriel ? L’homme n’avait rien inventé. Il n’avait fait que copier misérablement les bonheurs du monde pour finir par les détourner, les salir par ses déviances, les mépriser finalement pour des chimères éphémères. Aucun bonheur n’avait la durée de celui-là. On pouvait passer une vie entière au bord de l’océan sans jamais éprouver la moindre déception, le moindre soupçon de trahison. La mer était pure dans ses sentiments et ses offrandes. Elle se donnait. Il se promit d’en parler aux enfants, de leur raconter le vent marin soyeux qui parfume la peau, le soleil généreux qui la réchauffe, le goût salé sur les lèvres, la symphonie des grands fonds remontée avec la houle, les caresses de l’eau comme des câlins maternels et cette envolée des regards au-delà de tout, au-delà de la courbure du dos de la mer, là-bas, quand on bascule de l’autre côté, si loin qu’on croit que c’est impossible à rejoindre. C’est un corps jamais découvert, c’est un être unique qui n’attend rien mais qui donne tout. Il donne la vie à tous ceux qui l’aiment. Il le dirait aux enfants. Il leur montrerait surtout. Il les plongerait dans le monde.

Il se sentit fort et heureux. Il marcha sans penser, sur un rythme de houle, les pas dans le sable comme le parcours respectueux des doigts d’un homme sur un corps de femme, des gestes délicats, légers, effleurements subtils. Il n’aurait pas osé courir. Il voulait juste que le sable le sente passer, délicatement. Il laissa une vague lécher ses pieds. Ce fut comme un salut matinal, un bonjour joyeux mais un peu endormi. L’eau se retira avec un sourire écumeux, des petites bulles d’air pleines de joies qui se dispersèrent dans le rouleau suivant. Il se demanda si l’océan avait pu ressentir ce contact. Est-ce qu’il percevait toute la vie qui l’habitait, les poissons amoureux, les coquillages multicolores, les baleines câlines, les dauphins joueurs, les algues dansantes ? Et les hommes, est-ce qu’il les ressentait comme des prédateurs impitoyables ou parfois aussi comme des êtres bons ? Il s’arrêta et regarda le large, lançant sur les horizons ouverts tout l’amour qu’il pouvait diffuser. Il se déshabilla et entra dans l’eau, juste quelques pas, sans atteindre le creux des rouleaux. Il s’allongea sur le dos et attendit la vague suivante. Elle le baigna soigneusement, glissant entre ses cuisses, passant sur ses épaules, jetant malicieusement quelques gouttes sur son ventre. Les yeux fermés. Il s’était senti enlacé par des bras souples et sensuels.

Il fut peiné pourtant de tous ces hommes et femmes qui avaient oublié ce mystère de la vie, enfermés dans des bagnes insipides. S’ils pouvaient retrouver l’enfant en eux, l’enfant et sa joie simple, l’enfant et son rire devant la mer, juste ce plongeon pétillant dans un monde adoré, combien leurs vies s’embelliraient.

« Retournez dans le monde, pensa-t-il de toutes ses forces. Abandonnez-vous à l’amour que cette terre vous offre. »

Il répéta cette litanie d’espoirs. C’était si triste cette plage déserte, ce vide d’hommes.

 

Il se releva et reprit son sac. Il resta nu et marcha les chevilles dans l’eau. Une trouée dans le ciel dispensa un souffle chaud qui descendit sur la plage comme une haleine solaire. Il s’arrêta et ouvrit la bouche, buvant les ondes célestes, inspirant à pleins poumons cette chaleur ténue mais pleine de promesses. Au large, des bandes bleues, luisantes de lumière, s’étaient peintes à la limite de la mer. Le vent de la marée montante rameutait vers la côte ces plages éclatantes comme autant de halos incandescents. Des crayons rectilignes, vastes torrents éblouissants, cascadant des altitudes éthérées, tombaient sur la mer enflammée. Il imagina les poissons remontés sous ces auréoles chaudes, jouant à la surface miroitante, frissonnant de bonheur sous leurs écailles.

Sa mélancolie disparut. C’était trop beau pour pleurer. De joie peut-être, mais pas pour autre chose.

Quand il s’arrêta, il s’aperçut que la courbure de la côte l’isolait de tout. Il ne voyait plus l’accès à la plage et devant lui, aucune zone habitée, ni même portant trace humaine, ne se dessinait. Cette solitude lui parut incroyable, presque irréelle. Le cordon de dunes le coupait de tous regards vers les terres. La mer était vide de toutes embarcations. Aucune trace dans le ciel du passage d’un avion. Seul au monde.

Il s’allongea. Une large déchirure, dans le fin tissu nuageux, se forma au-dessus de ses yeux. La boule ardente apparut soudainement, en quelques secondes, comme si les nuages vaincus s’étaient dispersés tous ensemble. Il ferma les yeux. L’impression que son corps s’enflammait tant la chaleur libérée trancha avec l’air frais de l’ombre. Ce fut comme une lave qui coula en lui, non seulement sur sa peau nue mais dans les muscles et les entrailles. Comme les paupières, fermées mais trop fines, laissaient passer une incandescence aveuglante, il s’assit pour ouvrir les yeux.

Le paysage avait changé. Tout s’était paré de lumière. Un gigantesque rouleau bleu vif avait repeint le tapis mouvant de la mer, des milliards de cristaux doraient le sable et l’embrasaient, les rouleaux écumeux balançaient des panaches blancs qui découpaient en puzzles agités les pièces bleues du ciel. Il se retourna et regarda la masse compacte des nuages gris qui refluait, battue et pitoyable, vers des terres plus accueillantes. Il se leva en bondissant. Le soleil ! Birgitt et Yolanda allaient arriver !

Il ramassa son sac et d’un pas rapide reprit ses traces."

Ouragan médiatique...

Par Le 01/11/2012

Sandy a fait des dégâts à New York, le métro est sous l'eau et TF1 et autres guignols de l'info usent et abusent de pathos vomitif.

Mais alors HAÏTI ou CUBA n'existent pas pour eux. Pas un mot, pas une image, RIEN. Bientôt, il va y avoir une campagne d'aide aux victimes newyorkaises, lancée par Nagui ou un autre demeuré de la clique télévisuelle.

Je les hais.

Dégoûté...


Haïti menacé par la famine et le choléra après l’ouragan Sandy

Haïti menacé par la famine et le choléra après l’ouragan Sandy

Les intempéries provoquées par Sandy ont causé des dégâts considérables à Haïti où 52 morts ont été recensés. Aujourd’hui, les autorités s’inquiètent des conséquences à long terme du passage de l’ouragan qui a détruit une grande partie des récoltes et aggravé les conditions sanitaires dans le pays.

Si tous les yeux sont actuellement tournés vers les Etats-Unis et notamment la ville de New York, il faut rappeler que la côte américaine n’est pas la seule victime de Sandy. Avant cela, l’ouragan a également sévi dans les Caraïbes où il a fait de gros dégâts notamment à Haïti. Selon le dernier bilan, le pays caribéen détient même le triste record du bilan le plus important en terme de victimes : 52 personnes y ont trouvé la mort, 15 sont toujours portées disparues et 19 ont été blessées suite aux intempéries qui ont balayé Haïti pendant trois jours.

Mais dans cette région régulièrement touchée par les phénomènes climatiques et encore traumatisée par le séisme du 12 janvier 2010, les pluies diluviennes et les vents violents ont eu des conséquences dévastatrices. Inondations, glissements de terrain et destructions de maisons ont frappé de plein fouet les habitants qui peinent déjà à se remettre des dernières catastrophes. La région la plus sévèrement touchée est le département de Port-au-Prince, à l’ouest du pays où a été recensée une vingtaine de morts, dont des familles entières ensevelies dans leurs maisons effondrées. Dans la capitale, les campements de fortune, qui abritent encore 370.000 victimes du séisme de 2010, ont été durement affectés tandis que le sud d’Haïti dénombre 18 morts.

 

70% des récoltes totalement détruites dans le sud

Si les dégâts sont très importants et devraient s’accroitre au fur et à mesure que les secours s’affairent, les conséquences à long terme du passage de Sandy sont encore plus préoccupantes. En effet, l’ouragan a dévasté 70% des récoltes du sud du pays et tué une grande partie du bétail. Les autorités haïtiennes et les organisations humanitaires présentes sur place s’inquiètent ainsi que les prix des biens de première nécessité n’augmentent à cause de la destruction des plantations et des cultures de subsistance. « L’économie a subi un coup sévère« , a ajouté le premier ministre.

« Tout ce que les paysans avaient – maïs, tubercules – a été dévasté. Certains avaient déjà préparé leurs champs pour les cultures d’hiver et ça a été dévasté« , a commenté pour sa part Jean Debalio Jean-Jacques, directeur du département du Sud au ministère de l’agriculture cité par le Monde.fr. Régimes de bananes, arbres à pain, cultures de café ont été totalement détruits dans les différentes régions du pays. Ce « désastre agricole » fait ainsi prédire à certains, notamment le maire de la ville d’Abricots Kechner Toussaint, une « famine dans les prochains jours« .

Face à la situation, l’Etat et les organisations humanitaires présentes sur les lieux ont donc rapidement réagi en distribuant de la nourriture, de l’eau et d’autres biens de première nécessité aux victimes de l’ouragan. Mais « les stocks sont à un niveau dangereusement bas. Après la tempête tropicale Isaac en août, ces stocks n’ont pas été reconstitués« , a averti George Ngwa, porte-parole de OCHA, qui coordonne l’aide humanitaire en Haïti. Pour renforcer l’action, un appel international a été lancé et le Venezuela y a déjà répondu en envoyant de l’eau et de la nourriture en Haïti. L’Union européenne s’est également dit prête à soutenir les efforts de reconstruction en Haïti, ainsi que dans le reste des Caraïbes touché par l’ouragan.

 

Une recrudescence des cas de choléra

Néanmoins, la famine n’est pas la seule menace qui plane sur le pays alors que Sandy a également aggravé les conditions sanitaires dans lesquelles vivent les habitants. Or, depuis octobre 2010, Haïti est en proie à une tenace épidémie de choléra qui a affecté plus de 600.000 personnes et fait quelque 7.400 morts. Si elle connait des atténuations, elle se renforce régulièrement et les organisations craignent que les cas se multiplient de nouveau suite au passage de l’ouragan. D’ailleurs, au cours des derniers jours, l’Organisation panaméricaine de la santé a noté une forte augmentation des cas de choléra présumés dans sept départements, dont 86 dans les camps de réfugiés de Port-au-Prince.

Une hausse d’autant plus préoccupante qu’elle reste difficile à évaluer précisément dans la mesure où plusieurs communautés demeurent isolées et uniquement accessibles par hélicoptère. Face à la situation, le président Michel Martelly et le premier ministre Laurent Lamothe viennent ainsi de décréter l’État d’urgence pour une période d’un mois sur l’ensemble du territoire haïtien.

La déclaration de l’État d’urgence a été prise dans la soirée du 30 octobre, après avoir fait consensus auprès de tous les ministres du gouvernement haïtien, selon le ministre Gardy.

Sources : Maxisciences / Le Journal du Siècle

Transhumanisme (2)

Par Le 01/11/2012

Publié le 31 octobre 2012 à 10h04 |Mis à jour le 31 octobre 2012 à 10h04

Clinatec: la presqu'île scientifique de Grenoble

Baptisé Clinatec, le laboratoire soutenu par le Commissariat... (Photo AFP)

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Baptisé Clinatec, le laboratoire soutenu par le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et le CHU de Grenoble a obtenu cet été l'accord de l'Agence nationale de sécurité du médicament pour procéder à ses premiers essais sur l'homme après environ cinq ans de recherche.

Photo AFP

 
Agence France-Presse
Grenoble, France

Faire marcher un tétraplégique, changer l'humeur d'un dépressif ou encore éliminer les tremblements d'un malade de Parkinson grâce à un boîtier implanté dans le cerveau sont quelques-uns des projets développés en toute discrétion par un laboratoire grenoblois.

Répartis le long d'un couloir, six chambres, encore vides, et un bloc opératoire occupent le rez-de-chaussée du laboratoire flambant neuf, à l'allure austère et à l'accès ultra-sécurisé sur la presqu'île scientifique de Grenoble.

Baptisé Clinatec, le laboratoire soutenu par le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et le CHU de Grenoble a obtenu cet été l'accord de l'Agence nationale de sécurité du médicament pour procéder à ses premiers essais sur l'homme après environ cinq ans de recherche.

Début 2013, dans la clinique où se côtoient une soixantaine d'ingénieurs, médecins et biologistes spécialisés dans les nanotechnologies, les patients volontaires se prêteront à «l'un des projets les plus prometteurs» du laboratoire, intitulé «interface cerveau-machine», annonce son directeur François Berger.

Le programme consiste à implanter à la surface du cerveau d'un tétraplégique un minuscule boîtier contenant des électrodes. Les micro-puces enregistrent l'activité cérébrale du patient et la transforment en mouvement par le biais d'un bras ou d'une jambe robotisés.

Ainsi, lorsqu'un handicapé pense à lever le bras il émet des signaux électriques qui sont captés par le boîtier puis «digérés» par un logiciel, lequel active le bras ou la jambe articulés, vulgarise François Berger, professeur en biologie cellulaire.

Les essais sur des singes et des cochons enfermés dans un étage du bâtiment, auquel l'accès a été refusé à l'AFP, «n'ont montré aucun effet secondaire», affirme François Berger.

Neurostimulation cérébrale

Parallèlement à ce projet, les chercheurs travaillent à la miniaturisation des composants utilisés dans la neurostimulation cérébrale mise au point il y a une vingtaine d'années par l'un des artisans de Clinatec, le neurochirurgien grenoblois Alim-Louis Benabid.

Membre de l'Académie des sciences, Alim-Louis Benabid, qui n'a pas souhaité répondre à nos questions, a développé une technologie permettant grâce à l'envoi d'une fréquence électrique dans certaines zones du cerveau de faire disparaître les tremblements des malades de Parkinson.

«L'enjeu aujourd'hui est d'affiner les zones du cerveau excitées grâce à des électrodes plus petites mesurant moins d'un millimètre, afin d'être plus efficace et de soigner d'autres maladies», souligne M. Berger évoquant à demi-mot les dépressions graves et les troubles du comportement.

Si on estime à environ 150 000 le nombre des personnes atteintes en France de la maladie de Parkinson, la neurostimulation profonde ne concerne que 5 à 10% des malades en raison des nombreuses contre-indications, tient à nuancer l'association France Parkinson.

«Je peux à nouveau conduire sur de courtes distances, me déplacer sans aide et je suis passé d'une vingtaine de médicaments par jour à plus que quatre», témoigne Jean-Jacques Garnier opéré en juillet 2011.

«Cette technique est une réussite extraordinaire», reconnaît la directrice de France Parkinson, Mathilde Laederich. «On peut cependant regretter l'absence d'une base de données recensant les effets secondaires (...) telles que des chutes imprévisibles et des difficultés d'élocution très invalidantes», poursuit-elle.

Le collectif grenoblois Pièces et main d'oeuvre, qui avait rassemblé en janvier dernier, lors de l'inauguration de Clinatec sur la presqu'île scientifique de Grenoble, une centaine de manifestants, voit de son côté une nouvelle «porte ouverte vers la production de robots humains».

Pour ce groupuscule, qui fustige «la tyrannie technologique» et l'absence de transparence, les expériences de Clinatec sont «un pas de plus vers ''l'homme-machine'', toujours plus performant et compétitif», estime un de ses représentants qui refuse de donner son nom.


Moi aussi, je me pose certaines questions...

Quant à l'expérimentation sur les animaux, je ne m'y ferai jamais... Mais je raisonne comme quelqu'un qui n'a pas de problèmes de santé... Débat extrêmement complexe et sensible...

Musique...Ana Never.

Par Le 31/10/2012

Une semaine que ça passe en boucle dès que je commence à écrire.

DAZIBAOUEB

Par Le 31/10/2012

UN SITE à découvrir; Infos et articles écrits par les abonnés.

http://www.dazibaoueb.com/article.php?art=77

Auteur : Marc L.

DAZIBAOUEB est en quête d'une information vraiment alternative, notre but est d'être les passeurs d'une information pluraliste, ouverte, indépendante et pertinente dans l'impertinence.

Notre défi est d'aller au-delà des apparences et des discours officiels relayés par les médias dominants et de vous donner l'envie et les moyen d'être vous aussi passeurs d'infos et acteurs de votre devenir.

Il nous a semblé tout indiqué de reprendre une très ancienne tradition extrême-orientale : le DAZIBAO et de l'adapter au web pour en faire DAZIBAOUEB.

Le dazibao, littéralement « journal à grands caractères » en Chine est une affiche rédigée par un simple citoyen, traitant d'un sujet politique ou moral, et placardée pour être lue par le public. L'expression de l'opinion publique par l'affichage est une tradition de la Chine impériale.

Les voyageurs rapportent que les citoyens mécontents écrivaient ou imprimaient des affiches pour critiquer l'administration du magistrat impérial, qui étaient placardées dans la ville et jusque dans la rue devant le tribunal, siège du magistrat. Le peuple se rassemblait autour des affiches pour les commenter.

De la même manière, chacun peut publier un article sur Dazibaoueb et commenter les articles publiés.

Ne subissons plus l'info, faisons là !


Un article sur l'école.

Dans La nouvelle école capitaliste, ces profs chercheurs démontrent comment le système scolaire français s’est plié à la politique néolibérale et a désormais pour objectif de former des travailleurs capables de répondre aux exigences des entreprises.
Excessif ? Pas du tout : il suffit de lire les rapports de la Commission européenne et de l’OCDE, à l’origine de cette transformation entamée dans les années 80 et accélérée par Sarkozy.

nouvelle-ecole-capitaliste.jpg

ISBN 978-2-7071-6948-8 19,50€ / parution aout 2011
Ce qui ressemble aujourd’hui à un sabotage de l’école – suppressions de classes, réduction des effectifs enseignants et appauvrissement de la condition enseignante – ne suffit pas à caractériser la mutation historique de l’école. Celle-ci ne joue plus seulement une fonction dans le capitalisme, comme l’ont montré les analyses critiques des années 1970, elle se plie de l’intérieur à la norme sociale du capitalisme.
La connaissance est désormais assimilée à un facteur de rentabilité
L’” employabilité ” est le principe et l’objectif de la normalisation de l’école, de son organisation et de sa pédagogie. L’école devient peu à peu un système hiérarchisé d’entreprises productrices de ” capital humain ” au service de l’” économie de la connaissance”. Elle cherche moins à transmettre une culture et des savoirs qui valent pour eux-mêmes qu’elle ne tente de fabriquer des individus aptes à s’incorporer dans la machine économique.
La nouvelle école capitaliste généralise et systématise les inégalités
Les effets inégalitaires de la concurrence, la mutilation culturelle introduite par la logique des ” compétences ” ou la prolétarisation croissante du monde enseignant révèlent la perte d’autonomie de l’école par rapport au nouveau capitalisme et aux luttes des classes sociales autour de l’enjeu scolaire.
Dans ce livre de combat et de théorie, les auteurs renouvellent la sociologie critique de l’éducation en inscrivant les mutations de l’institution scolaire et universitaire dans celles du capitalisme contemporain. Ils entendent ainsi donner à tous ceux qui se sentent concernés par cette problématique éminemment politique les outils d’analyse pour construire une alternative convaincante et résolue.
L’école idéale, est-ce une utopie ?
Durkheim, un des fondateurs de la sociologie moderne, disait que si on veut comprendre un système d’enseignement, il faut essayer de comprendre quel homme il veut former. Veut-on, comme aujourd’hui, former un humble travailleur flexible et docile ? Où veut-on concevoir un nouveau citoyen ? C’est à dire quelqu’un qui nse contentera pas de voter tous les cinq ans pour son nouveau dirigeant, mais un citoyen qui, doté des outils de compréhension et d’action sur le monde, sera armé pour participer activement à la vie publique et au gouvernement économique.
Ce projet là est plus que jamais actuel. Jaurès allait jusqu’à dire qu’il faudrait être fou pour rêver d’une école plus égalitaire dans le monde capitaliste. Une véritable école démocratique n’est concevable que dans une société démocratique. C’est cette ambition que nous devons avoir.
————————————————-
Christian Laval, Francis Vergne, Pierre Clément et Guy Dreux sont enseignants et chercheurs. Ils sont membres de l’lnslitut de recherches de la FSU où ils animent un séminaire public sur ” Les politiques néolibérales et l’action syndicale “. Ils ont publié plusieurs ouvrages sur les questions d’éducation.

Un rêve revendicatif.

Par Le 30/10/2012

Levé à 4h15, je ne dors plus là...Je rêve des dialogues des personnages de mon bouquin...Ils me causent comme si j'étais dans leur histoire. Là, je viens de rencontrer le personnage principal dans un café...

Il m'a dit qu'il voulait revoir sa fille...Il avait un visage radieux. Il y avait la rue derrière la vitrine. J'ai vu ses yeux...Je l'écoutais simplement, il y avait du mouvement dans la salle mais je ne sais pas qui c'était, je ne me souviens que de mon interlocuteur.

Alors, voilà, c'est écrit. Sa fille va venir le voir. Et c'est évident maintenant que ça devait se faire. Tout s'emboîte clairement.

Ce qui m'interpelle, c'est que mon cerveau continue à écrire quand je dors...Ou plutôt, il vit ce que je vais devoir écrire.

"C'est grave Docteur ?

-Oui, assez tout de même.

-Tant mieux."





À COEUR OUVERT

"La sonnerie du téléphone. Numéro de portable de Chloé affiché sur l’écran.

Une peur soudaine, l’imagination qui s’envole.

« Allo Chloé ?

-Bonjour Papa. »

«Papa », elle avait dit « Papa. » Une vague de chaleurs dans son ventre.  

« Je ne te dérange pas ?

 -Non, bien sûr ma belle, je suis très heureux de t’entendre.

-J’aimerais te voir Papa.

-Quelque chose ne va pas ? »

Elle avait une voix éteinte, presqu’un murmure, comme un condamné dans ses dernières paroles.

« Je m’en veux, Papa. Je m’en veux de ma colère contre toi.

-Il ne faut pas Chloé, tu avais toutes les raisons d’être en colère. Je comprends tout à fait. Je n’ai pas été assez présent pour toi et en plus je suis parti. Tu ne pouvais pas réagir autrement.

-C’est fini tout ça, Papa. »

Les larmes qui s’imposaient, l’écran disparaissait derrière un voile humide, un kaléidoscope dont les mots lui parvenaient comme des douceurs insurmontables. Il posa un coude sur la table et appuya la tête dans la main, une lourdeur brutale, une fatigue immense, comme un fardeau déposé et qui révèle dans la fin des efforts prolongés l’écrasement de la masse.   

« Papa, tu es là ?

-Oui, Chloé, je t’écoute, je suis là.

-Papa, j’ai beaucoup parlé avec Maman, elle m’a beaucoup aidé à comprendre. Et j’y ai beaucoup réfléchi aussi. Je sais que tu travaillais pour notre bien, pour qu’on ait une vie facile, qu’on ne manque de rien. Je sais aussi que tu as ouvert un compte pour moi et que tu y as déposé beaucoup d’argent pour mon cabinet d’architecte. »

Elle revenait vers lui pour l’argent, sa seule reconnaissance, une peur terrible qui rongeait ses entrailles.

« Mais ça n’est pas ça l’important Papa. J’ai compris que c’était ta façon de m’aimer, que tu ne savais pas faire autrement et lorsque tu as changé après ton opération, je ne t’ai plus reconnu et j’ai cru que tu ne m’aimais plus. C’était idiot. Je te reprochais ce que j’avais toujours espéré sans me l’avouer. »

Il ne l’avait jamais entendue parler avec une telle clairvoyance. Il se reprocha cette idée ancienne qu’il ne pourrait jamais retrouver sa fille, qu’il n’aurait plus jamais avec elle cette complicité dont rêve un père, cet accompagnement confiant et respectueux, attentif et sans être intrusif, cet équilibre délicat qui relève de l’art d’aimer. Il se promit d’appeler Alice.

« Est-ce que tu vas revenir à Paris prochainement ?

-Je viens de voir un nouveau cardiologue à Clermont-Ferrand mais il ne me plaît pas du tout. Je vais retourner voir celui qui m’a opéré. Mais ça n’est pas pour tout de suite. Mais je peux venir n’importe quand de toute façon. C’est à toi de me dire quand tu seras disponible.

-N’importe quand Papa. Pendant les vacances de Noël, si tu veux. Ou alors, c’est moi qui viens te voir ! »

Il essuya ses larmes et respira profondément. Ne jamais désavouer la vie, ne jamais croire qu’elle n’a plus rien à montrer, que le parcours à venir est déjà tracé. Et même s’il l’est dans une dimension qui nous échappe, ne jamais croire qu’on peut l’imaginer. Les idées qui jaillissaient en lui. Comme des graines maintenues en terre pendant des siècles de sécheresse et qui profitaient d’une pluie soudaine. Tout allait trop vite, des grésillements dans sa poitrine, il aurait voulu serrer Cholé dans ses bras.

« C’est un immense bonheur que tu me donnes Chloé. »

Elle perçut dans sa voix des larmes cachées, des émotions suprêmes.

« Moi aussi, je suis heureuse Papa. »

Ils décidèrent d’une date, il viendrait la chercher à la gare de Clermont.

« Tu sais Chloé, j’ai rencontré une femme, elle s’appelle Diane.

-Je sais Papa, Maman me l’a dit. C’est très bien. Tu me la présenteras ?

-Bien sûr Chloé, elle sera là. »

Elle passerait les fêtes de Noël avec eux. Il n’en revenait pas. Elle avait mis fin à la discussion, elle ne voulait pas parler de l’essentiel sans être à ses côtés. Un bouleversement inimaginable.

Ne rien présager des gens. Il n’oublierait pas le message.

« Je t’aime Papa, à bientôt. »

Il entendait la voix et la prolongeait en écho, il la laissait rebondir dans l’antre lumineux de son crâne.

Il appela Alice. Il ne devait pas la priver de ce bonheur. Elle l’avait initié, elle en était la source.

Elle décrocha. Une voix enjouée, rieuse, il devinait un bonheur immense. Était-ce cette énergie nouvelle qui avait déclenché l’évolution de Chloé ? La promiscuité au bonheur le rendait-il contagieux ? En était-il de même pour l’éveil à soi ? 

« Oui, Paul j’ai beaucoup discuté avec Chloé. Et ça m’a fait un  bien immense, à moi aussi. Je suis très heureuse que Chloé t’ait appelé et qu’elle veuille te voir. Mais tu sais, je n’y suis pas pour grand-chose. Tu verras, elle a changé. Ou plutôt, elle s’est changée.»

Il ne voulut pas dire qu’à son avis, la vie s’en était chargée.

« Je crois qu’elle a appris à observer ses émotions et à ne plus les considérer comme des vérités intangibles. Ce sont juste des parfums volages et dont il ne faut pas s’enivrer. »

Cette stupéfaction qui ne le quittait plus. Cette pensée ahurissante que tous les gens autour de lui se lançaient dans une voie verticale, un saisissement affamé de l’essentiel. Et lui vint aussitôt  à l’esprit qu’il en était toujours ainsi mais qu’il n’avait pas été capable, antérieurement, de le comprendre. Ces imbrications complexes des relations humaines, ce lacis infini d’influences, le désœuvrement spirituel qui cachait les beautés intérieures. Il n’avait sans doute jamais rencontré la vraie Alice parce qu’il n’avait jamais cherché auparavant à se connaître.

Grésillements amplifiés. Il posa une main sur sa poitrine, un souffle brûlant dans sa gorge, il ouvrit la bouche et respira profondément.

« Paul, il faut que je te laisse, j’ai rendez-vous chez la gynéco.

-La gynéco ?

-Non, non, je ne suis pas enceinte, lança-t-elle en riant. C’est juste une visite routinière. J’entre dans un âge à risque tu sais !

-Ok, je te laisse, passe le bonjour à Philippe.

-Je n’y manquerai pas et je sais que ça lui fera plaisir.

-Prends soin de toi.

-Toi aussi Alice, à bientôt. »

 

  


A CŒUR OUVERT : Le transhumanisme

Par Le 29/10/2012

Coeurouvertwhite

 

 

CHAPITRE 14

 

Ils avaient convenu qu’il appellerait plusieurs fois dans la journée. En arrivant à Clermont, en sortant de chez le cardiologue, en quittant la ville.

La lumière du jour ne perçait toujours pas clairement lorsqu’il arriva en ville. Une chape grise qui maintenait le soleil au secret, un voile tendu qui donnait au ciel l’impression d’un linceul. Il s’en voulut de se laisser aller à de telles comparaisons. L’inquiétude de Diane qui le perturbait.

Il trouva le cabinet. Bâtiment cossu, escalier en plexiglas transparent, il ne voulut pas de l’ascenseur, il avait envie de marcher, des paysages de collines enneigées dans les yeux, une pensée émue pour Diane. Sonnette. Il poussa la lourde porte capitonnée et se présenta à l’accueil.

Une jeune femme, petit chemisier serré sur une poitrine volumineuse, décolleté plongeant, longue tresse blonde, yeux maquillés, lèvres pulpeuses, le prototype de la secrétaire sexy et qui le savait.

« Monsieur Laskin, bienvenue. Le professeur Champotier est impatient de vous rencontrer. Il va vous recevoir. Si vous voulez bien patienter quelques instants.

-Merci. »

Cet accueil enthousiaste le dérangeait. Le visage réjoui de la jeune femme, cette voix chaleureuse, comme si son cas relevait de l’exceptionnel. L’impression désagréable d’être un animal de foire. Il surprit plusieurs fois le regard fasciné de la secrétaire.

Il n’avait jamais vu une salle d’attente aussi luxueuse. Des fauteuils confortables, tables en verre massif, un distributeur d’eau fraîche, des photographies de paysages insérées dans des cadres en aluminium, des peintures d’art moderne minutieusement éclairées par des petits spots, des dalles de marbre au sol, le bureau de l’accueil plus vaste qu’un bureau élyséen, une musique new âge en fond sonore, une propreté absolue, un rangement méthodique, jusqu’aux revues sur les tables disposant de casiers en bois sculpté.

Un homme sortit d’un bureau, discuta quelques secondes avec la secrétaire, il la fit rire et se retourna. Grand, chemise ouverte et pantalon en flanelle. Cheveux poivre sel, une allure sportive.

Il avança vers Paul, le visage réjoui, il tendit une large main avec un sourire écarlate. Une chevalière en or.  

« Monsieur Laskin, j’avais hâte de vous rencontrer, Professeur Champotier. Si vous voulez bien me suivre. »

Un bureau ovale, un luxe clinquant, fauteuil en cuir, un Mac dernier modèle.

« J’ai eu l’immense honneur de suivre une formation de six mois avec le professeur Carpentier et vous êtes mon premier patient portant un cœur Carmat. »

Une euphorie qui lui déplut, un enthousiasme qui tranchait avec le professionnalisme froid et méticuleux des cardiologues qu’il avait vus jusque là. Il était persuadé que ce professeur était un adepte de la chirurgie esthétique. Un visage trop lisse. Il en avait tellement vu des cadres adeptes du bistouri, un argument de vente qu’ils disaient, savoir emballer le produit dans un coffret de luxe. 

« Je connais parfaitement votre dossier Monsieur Laskin, je vais vous épargner le sempiternel questionnaire sur l’historique. Passons tout de suite aux examens si vous le voulez bien. »

Il en connaissait le parcours. Une assistante se présenta. Le même physique que la secrétaire. Le Professeur avait des critères de choix très précis. Il se laissa faire, examens routiniers désormais. Le cardiologue se contentait de poser les questions d’usage tout en étudiant les données informatiques. Il répondit sans s’étendre.

« C’est vraiment une technologie extraordinaire ! Depuis le temps que la communauté médicale attendait ça. Nous avons tous vu tellement de patients succomber dans l’attente d’un greffon. C’est insupportable. Et puis, cette réussite exemplaire ouvre des applications gigantesques. Nous sommes entrés dans l’ère du transhumanisme.

-Le transhumanisme ?

-Vous n’en avez pas entendu parler, Monsieur Laskin ? Je suis surpris que vous n’ayez pas été informé là-dessus, c’est fascinant et vous êtes un précurseur.

-Non, moi, je ne suis qu’un cobaye. »

Un ton cinglant qui interpela le cardiologue. L’homme reprit la lecture des données informatiques. Il parcourait les graphiques d’un œil fasciné.

« En tout cas, le transhumanisme est la clé d’une nouvelle humanité. L’ouverture vers un homme dont les faiblesses chroniques et les plus lourdes auront été effacées. »

Le visage s’était relevé, les yeux brillants. Les pensées qui l’emportaient, comme une allégresse d’enfant devant un cadeau inespéré. Réellement une fascination. Paul en éprouva un malaise. L’impression d’avoir affaire à un Docteur Jekyl. Il faillit lui demander de lui montrer ses diplômes.

« Si je comprends bien, vous considérez que ce cœur est un progrès ?

-Oui, bien entendu. Vous ne le pensez pas Monsieur Laskin ?

-J’aurais préféré être capable d’améliorer mon existence au lieu d’en arriver là.

-Mais puisque le mal était fait, il fallait bien vous sauver, non ?

-Je ne vous dirai pas le contraire. Mais ça ne m’enlèvera pas de l’idée que la prévention doit rester une priorité. La connaissance de soi. La lucidité, voilà la mission essentielle.

-Vous n’aviez eu aucun signe alarmant avant votre infarctus Monsieur Laskin ?

-Aucun d’un point de vue physiologique. Beaucoup d’un point de vue existentiel.

-Cet aspect-là ne me concerne pas.

-C’est également ce que m’a dit le professeur Carpentier.

-Nous sommes des mécaniciens, Monsieur Laskin.

-Et en quoi consiste votre transhumanisme alors ? Concrètement.

-Le transhumanisme est un mouvement intellectuel qui considère que les sciences doivent améliorer les caractéristiques physiques et mentales de l’homme. Le handicap, la maladie, la vieillesse et même la mort doivent être combattues et pour cela, il convient de transformer l’homme. Les prothèses comme la vôtre représentent l’avenir. Le transhumanisme affirme que l’espèce humaine, dans sa forme actuelle, ne représente pas la fin de notre développement mais est une phase intermédiaire. Vous êtes un exemplaire d’une nouvelle humanité, Monsieur Laskin. Et vous serez de plus en plus nombreux.

-À vous écouter, on dirait que vous m’enviez.

-Si je découvrais que je suis malade du cœur, j’opterais immédiatement pour cette technologie. Je ne voudrais pas d’un greffon humain. Ce système-là est bien plus performant. Pas de traitement médicamenteux, pas de rejet, pas de risque de caillot, vous vivez avec une technologie extraordinaire Monsieur Laskin, bien plus performante qu’un cœur humain.

-Vous oubliez l’autonomie électrique et la durée de vie de cette machine.

-Dans dix ans, au plus, tout cela aura été réglé.

-Est-ce que vous avez idée des transformations intérieures de l’individu ?

-Que voulez-vous dire ?

-Est-ce que vous avez envisagé le fait que cette implantation puisse avoir des conséquences d’ordre existentiel ? Des conséquences insoupçonnables ?

-Il existe un suivi psychologique pour les patients qui le désirent mais je n’ai rien lu de tel dans votre dossier. Vous le souhaiteriez ? Vous avez des difficultés personnelles Monsieur Laskin ? »

Il eut envie de se lever et de partir. Il sut qu’il ne reviendrait jamais.

« Je vais vous dire monsieur Champotier, votre transhumanisme me fait penser à un monde scindé en deux. Une humanité archaïque, originelle, ancestrale, biologiquement indemne et une humanité biologiquement modifiée et ce que vous en dites me laisse craindre que votre désir est d’établir une suprématie, une caste d’immortels ou en tout cas de gens sélectionnés, des nantis. Je devine dans votre démarche une volonté de puissance.

-Je ne prône pas l’eugénisme, contesta le Professeur, ébahi.

-Je ne sais pas ce que c’est Monsieur Champotier. Je n’ai pas vos connaissances. C’est mon cœur qui vous parle. »

Il s’aperçut aussitôt de l’incongruité de la tournure.

« Ou mon âme plutôt. »

 Le professeur posa les feuillets du dossier.

« De quel droit refuseriez-vous la possibilité à tous les malades à travers le monde d’être guéri ?

-Je n’ai aucun droit. Mais lequel possédez-vous pour décider de changer la biologie de l’homme, les mécanismes les plus profonds ?

-Le serment d’Hyppocrate, tout simplement. 

-Au point de vouloir transformer l’homme en machine ?

-Nous ne voulons pas transformer l’homme en machine mais user des machines pour prolonger l’homme.

-Mais quels hommes ? Lesquels, Monsieur Champotier ? Pour l’instant, vous avez besoin de cobayes pour tester vos nouvelles technologies mais les produits les plus perfectionnés seront réservés à une élite, vous le savez bien, l’Humanité a toujours fonctionné comme ça. L’argent interviendra nécessairement un jour. Et là, il s’agit de prolonger la vie et même, vous l’avez dit, de vaincre la mort. Et vous pensez que l’Humanité entière va bénéficier de ça ? Vous êtes naïf ou manipulateur.

-Regrettez-vous votre cœur, Monsieur Laskin ? »

Le ton avait changé. Le sourire scintillant s’était crispé. Mâchoires serrées.

« Je ne suis qu’un cobaye. Un cobaye vivant. Et si je venais à mourir, vous vous empresseriez de m’autopsier pour mieux comprendre votre machine.

-Afin de sauver d’autres vies, c’est toujours comme ça que ça fonctionne.

-Tout à fait d’accord et c’est normal. Mais ce que vous proposez désormais n’a plus rien à voir. J’imagine davantage une volonté d’expérimentation pour établir un deuxième groupe humain.    

-Vous êtes insultant, Monsieur Laskin.

-Pourquoi prenez-vous ça pour une attaque personnelle ? Vous vous considérez comme un pilier de ce projet ? Et si cela vous touche, c’est bien qu’il doit y avoir quelque chose de vrai. Si vous veniez me dire que je suis un gros con, ça ne me toucherait pas étant donné que ce n’est pas ainsi que je me considère. Alors pourquoi dites-vous que je vous insulte ? »

L’homme reprit les feuillets.

« Vos examens sont parfaits. Rien à dire. »

Il ne voulut pas évoquer les grésillements dans sa poitrine. Pas avec cet homme-là. Il retournerait à Paris le mois prochain.

Il se leva.

« Je vous enverrai les résultats des prises de sang et des autres examens en cours. Si quelque chose de suspect est décelé, je vous alerte immédiatement. Vous restez en ville jusqu’à demain ?

-Non, je rentre. Ma compagne est malade, je ne veux pas attendre.

-Vous prenez le risque de refaire la route si quelque chose le réclame ?

-Il n’y aura rien. Je vais très bien. Je le sais. Je vais même mieux que tout ce que vos examens pourraient déceler. »

Il sortit de la salle sans attendre d’y être invité.

« Je règle à l’accueil, c’est ça ?

-Effectivement. Au revoir Monsieur Laskin.

-Adieu, Monsieur Champotier. »

Marie-France GARAUD

Par Le 28/10/2012

MERCI MADAME. Respect.

La fronde

Par Le 28/10/2012

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/patrons-medecins-enseignants-francois-hollande-face-a-la-contestation_1180441.html

Pas de manifestations massives depuis l'élection de François Hollande, mais des fronts qui s'ouvrent les uns après les autres. Le dernier en date? Ce dimanche, des patrons réclament dans une tribune publiée par le JDD une baisse massive de leurs charges, une idée pourtant écartée par la président cette semaine. Retour en cinq épisodes sur les contestations qui visent le gouvernement. 

1. Les pigeons. D'abord spontané, puis bien organisé, le mouvement des entrepreneurs "pigeons" s'est répandu en quelques jours sur Internet. Sa réussite? Positionner les créateurs d'entreprises en "petit" face au "grand méchant gouvernement". Il leur a fallu moins d'une semaine pour obtenir des aménagements sur la fiscalité entrepreneurs. 

[Lire: pourquoi le mouvement des "pigeons" a marché] 

2. Les médecins. Eux aussi savent se faire entendre. Les toubibs sont parvenus ont réussi à peser sur les négociations sur l'encadrement des dépassements d'honoraires en bloquant longtemps les discussions. Et si leur tentative d'imiter les "pigeons" n'a pas rencontré un succès franc, l'accord final ne leur est vraiment pas défavorable. 

[Lire: les médecins, un (anti)corps puissant] 

3. Les enseignants. Eux, au moins, ne risquent pas d'aller fronder sur leur compte Facebook. Les enseignants, qui craignent d'être lésés par les réformes de Vincent Peillon, sont tenus à une certaine réserve.

MDR :)))))


S'il savait...

Reste alors la rue: une "mobilisation d'ampleur" pourrait avoir lieu avant le 19 décembre, date à laquelle le projet de loi d'orientation et de programmation sur l'avenir de l'école doit être présenté au Conseil des ministres.  

[Lire: pourquoi les professeurs pourraient se retourner contre Peillon] 

4. Les patrons. Un "ultimatum". C'est ce qu'adressent ce dimanche 98 grands patrons au gouvernement dans une tribune publiée par le JDD. "Nous sommes arrivés au bout de ce qui est supportable", tonnent ces PDG qui plaident pour une baisse massive de leurs charge. 

[Lire: l'ultimatum des patrons à Hollande et Ayrault] 

5. Cheminots, agriculteurs, routiers... à qui le tour? Dans ce contexte où la moindre profession lésée n'hésite pas à faire entendre sa voix, il ne serait pas surprenant de voir, dans les semaines qui viennent, un nouveau front contre le gouvernement apparaître. Faites vos jeux.

Un monde sans humains: le transhumanisme

Par Le 28/10/2012

Où allons-nous?

Vu que j'écris un roman qui a pour objet le premier coeur artificiel implanté chez l'homme, la question du transhumanisme se pose avec urgence.

Transhumanisme

H+, un symbole du transhumanisme

Le transhumanisme est un mouvement culturel et intellectuel international prônant l'usage des sciences et des techniques afin d'améliorer les caractéristiques physiques et mentales des êtres humains. Le transhumanisme considère certains aspects de la condition humaine tels que le handicap, la souffrance, la maladie, le vieillissement ou la mort subie comme inutiles et indésirables. Dans cette optique, les penseurs transhumanistes comptent sur les biotechnologies et sur d'autres techniques émergentes. Les dangers comme les avantages que présentent de telles évolutions préoccupent aussi le mouvement transhumaniste1.

Le terme « transhumanisme » est symbolisé par « H+ » (anciennement « >H »2) et est souvent employé comme synonyme d'« amélioration humaine ». Bien que le premier usage connu du mot « transhumanisme » remonte à 1957, son sens actuel trouve son origine dans les années 1980, lorsque certains futurologues américains ont commencé à structurer ce qui est devenu le mouvement transhumaniste. Les penseurs transhumanistes prédisent que les êtres humains pourraient être capables de se transformer en êtres dotés de capacités telles qu'ils mériteraient l'étiquette de « posthumains »1. Ainsi, le transhumanisme est parfois considéré comme un posthumanisme ou encore comme une forme d'activisme caractérisé par une grande volonté de changement et influencé par les idéaux posthumanistes3. En France, ce mouvement cherche à s'organiser autour de l'Association Française Transhumaniste.

La perspective transhumaniste d'une humanité transformée a suscité de nombreuses réactions, tant positives que négatives, émanant d'horizons de pensée très divers. Francis Fukuyama a ainsi déclaré, à propos du transhumanisme, qu'il s'agit de l'idée la plus dangereuse du monde4, ce à quoi un de ses promoteurs, Ronald Bailey, répond que c'est, au contraire, le « mouvement qui incarne les aspirations les plus audacieuses, courageuses, imaginatives et idéalistes de l'humanité »5.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Transhumanisme


L'instit'humeurs, suite...

Par Le 27/10/2012

http://blog.francetvinfo.fr/l-instit-humeurs/2012/10/06/une-eleve-difficile-a-integrer.html

Une "élève difficile" à intégrer

Publié le 06 oct 2012 / 38 commentaires


 Il y a quelques jours, Michelle, une collègue de CE1, a reçu la visite de notre chère inspectrice. Ca s’est relativement mal passé. Michelle angoissait pas mal à l’idée de cette visite : elle a dans sa classe une petite fille nommée Kadiatou qui pose de gros problèmes. L’année dernière déjà, la demoiselle a pratiquement foutu en l’air la classe de CP de Gisèle, laquelle a passé ses récrés à pleurer en salle des maîtres, histoire de relâcher la pression.

Kadiatou est une petite fille qui est arrivée en CP peu socialisée et qui n’est pas du tout, mais alors du tout, entrée dans les apprentissages. En CE1, elle ne sait pas lire, écrit à peine son prénom en lettres scriptes majuscules, sait vaguement écrire les nombres jusqu’à 9, ne peut se concentrer plus de 10 minutes sur une tâche simple et a besoin de ludique sinon elle n’est pas intéressée, bref, elle a un niveau de grande section de maternelle, et encore. Comme elle ne peut suivre la classe, et malgré ce que Michelle se crève à lui proposer – graphisme simple, activité ludique sur ordinateur, coloriage, découpage … –, Kadiatou se lève à sa guise, se balade en classe, crie, danse, rit, pleure, sort parfois de la classe, parle aux autres élèves qui travaillent, fait une crise de temps en temps... Seul aspect positif : elle n’est pas souvent violente.

Au quotidien, c’est épuisant, franchement épuisant : lait sur le feu, Kadiatou peut déborder à chaque minute. Elle mobilise une attention énorme, demande une énergie considérable, et forcément la classe en pâtit. Les autres élèves, même habitués, sont moins concentrés, plus agités, le groupe est volatile, instable. Et l’enseignant, toujours sur le qui-vive, jamais détendu, ne peut se consacrer entièrement à sa classe, aux élèves en difficulté qui requièrent une présence de tous les instants.

 

L'inspectrice donne un conseil

Pendant l’inspection Kadiatou s’est tenue relativement correctement, elle s’est contentée de faire du bruit, de parler, de se balader… une Kadiatou light, quoi. Michelle a pu faire à peu près ce qu’elle avait prévu de faire, mais lors du débriefing l’inspectrice lui a d’emblée reproché d’être trop tendue, trop focalisée sur Kadiatou, au détriment du reste de sa classe et de son cours. Michelle est restée un peu interloquée : bien sûr qu’elle était focalisée sur Kadiatou ! Evidemment qu’elle était tendue ! Une inspection, vu la rareté de la chose, est déjà source suffisante de tension, ajoutez-y l’incertitude, l’angoisse de voir se réveiller le phénomène qui peuple vos nuits de cauchemars ou les écourte, on peut comprendre une légère crispation ! Et puis, même sans inspection, avec ce genre de gamin dans sa classe, on est rarement détendu !

Et l’inspectrice de lâcher, manière de diagnostic et de conseil tout à la fois, ces phrases lourdes de sens : « De toute façon, il ne faut pas vous escrimer à vous occuper d’elle, ça ne sert à rien, vous ne pourrez pas faire de miracle ; l’essentiel au fond est qu’elle soit scolarisée  ».

... L’inspectrice a-t-elle mesuré la portée de ses propos ? A-t-elle perçu ce que signifient réellement ces paroles ? Ca ne sert à rien d’essayer d’apprendre quoique ce soit à Kadiatou, de se fatiguer à lui enseigner quelque chose. L’essentiel est qu’elle soit scolarisée. Peu importe ce qu’elle fait en classe, peu importe qu’elle n’apprenne rien. Vous ne pouvez pas faire de miracle. Acceptez de renoncer à ce qu’est votre métier même, enseignant. Faites le deuil de votre mission, de votre devoir, de votre vocation, vous ne pouvez rien pour elle.

Le pire, c’est que ce n’est pas faux. Vu l’état de la gamine, vu ses caractéristiques comportementales, vu son inadaptation à l’école, vu son incapacité à vivre dans une classe, à être élève même juste un peu, vu son environnement social, familial, l’enseignant de CE1 qui travaille sur le sujet et le verbe ne peut pas grand-chose pour elle. Faire faire du travail de maternelle par tranches de 15 minutes à Kadiatou n’y changera fondamentalement rien : que peut-on vraiment, enseignant seul dans sa classe, pour cette petite ?

L’inspectrice a raison sur un point : on ne peut pas faire de miracle. Et c’est précisément ce qui intolérable, inacceptable, car merde à la fin, si on a des élèves dans nos classes, c’est bien pour faire quelque chose d’eux, quelles que soient leurs difficultés, non ?!! Sinon, que font-ils dans nos classes ? Doit-on accepter l’idée que le fait d’être scolarisé constitue un but en soi, peu importe le reste ? Doit-on accepter les conditions de cette scolarisation, les conséquences pour les autres enfants ?

 

D’autres cas

L’année dernière, nous avions dans l’école un cas, Jeff, un gamin de CM1 analphabète complètement instable, au comportement problématique pour lui et pour les autres. Bien que bénéficiant d’un AVS (Auxiliaire de Vie Scolaire) à mi-temps, il a sérieusement miné le moral de son enseignante, Claire, qui nous a confié n’avoir jamais été aussi tendue de toute sa carrière : son anxiété, sa nervosité rejaillissaient sur les autres gamins, parfois à la limite de l’emportement physique. Claire, qui a le mérite de la lucidité, pense que seul avec d’autres gamins comme lui Jeff aurait été encore plus mal, et que cette année, même s’il n’a pour ainsi dire rien appris, lui aura au final été bénéfique.

Mais à quel prix ?... Pour Claire, pourtant solide, qu’on a vu piocher toute l’année ? Pour les autres élèves, perturbés dans la classe ? Pour nous tous dans l’école, qui avons eu à gérer le Jeff dans les récrés, à la cantine, à l’étude, ses victimes, ses coups de sang, ses provocations, ses sorties de route (et encore, on n’est pas malchanceux, il y a des écoles, des classes même, qui comptent plusieurs Jeff…) ?

 

L’année d’avant, c’était Luis, un pré ado primo délinquant, bien connu des services de police du coin. Il était arrivé dans l’école au printemps, c’était sa 4ème école de l’année : on se le refilait comme une patate chaude. Au bout de deux jours il avait retourné la classe de Cathy, et on s’était réparti le bonhomme dans nos classes sur la semaine. Je l’avais une demi-journée : ça ne s’était pas trop mal passé, mais les après-midi où il était parmi nous, je n’étais jamais détendu, les élèves de ma classe non plus. Non travaillions mal, il fallait le plus souvent reprendre le lendemain. Une demi-journée de perdue par semaine. Luis est resté deux mois, il a fait encore deux écoles dans l’année, il est aujourd’hui déscolarisé.

 

Que faire de (pour ?) ces élèves ?

Evidemment le rôle de l’école est d’accueillir les enfants de la République. Mais pour certains d’entre eux, il paraît évident qu’un projet adapté doit être mis en place, et malheureusement ce n’est pas toujours le cas. Parce que les structures d’accueil spécialisé (CLIS, Classe pour l’Inclusion Scolaire - on notera avec Daniel Calin le remplacement du mot "intégration" par "inclusion" ; IME, Institut Médico-Educatif ; ULIS, Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire …) sont de moins en moins nombreuses : coûteuses en infrastructures, en personnel hautement qualifié, elles sont aujourd’hui sacrifiées sur l’autel des restrictions budgétaires. Mais aussi parce que la prise en charge de ces enfants suppose une reconnaissance officielle à la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) sans lesquels rien ne peut être mis en œuvre. Or de nombreux parents, effrayés par l’officialisation des troubles de leur enfant ou simplement en situation de déni, font obstacle et ne permettent pas qu’une telle prise en charge survienne. Or on ne peut rien faire sans l’aval des parents, même dans ces cas-là.

La loi de 2005 sur l’intégration des enfants handicapés a, bien malgré elle, contribué à dégrader la situation. On ne peut que se réjouir de l’intégration des enfants handicapés, j’ai eu une élève autiste dans ma classe pendant deux ans et j’ai adoré travailler avec elle. Mais la loi de 2005 est aussi l’occasion de justifier toutes les intégrations, sans discernement, sans réflexion, sans adaptation, sans réelle vision ni projet particulier, et ce alors qu’elle couvre des situations très diverses, voire radicalement différentes : entre un autiste « de haut niveau », un handicapé moteur en fauteuil et un enfant souffrant de troubles du comportement, peu de points communs.

Vous devez intégrer, dit-on à l’école sans lui donner les moyens de le faire correctement. On se contente trop souvent de balancer sans plus d’accompagnement le gamin dans une classe dont l’instit n’est absolument pas formé pour comprendre ce type d’enfant et encore moins travailler avec. Dans le meilleur des cas on peut compter sur un AVS, très mal payé, peu qualifié, pas formé (et encore, cette année, 2 700 postes en moins alors que la demande explose).

 

Dans un rapport paru il y a quelques jours sur « le climat scolaire en primaire », Eric Debarbieux révèle que 37% des enseignants ont eu au cours de l’année des problèmes avec des enfants gravement perturbés. Il fait également part du malaise des enseignants et de l’hypocrisie institutionnelle : « Il y a eu une étrange naïveté – que beaucoup interprètent comme une volonté plus économique que réellement humaniste – en décrétant une intégration des enfants en difficultés (et l’on se contentera ici de ce terme générique) dans une période de diminution des moyens humains, des aides spécialisées et de la formation professionnelle. La très grande majorité des [enseignants] ne remet pas en cause les valeurs réelles qui sous tendent une école de l’égalité, y compris pour les plus fragiles et les plus difficiles, mais ils estiment l’assumer seuls, sans formation, sans reconnaissance sociale ».

En pleine « Refondation de l’école », il est souhaitable que ces questions soient abordées. Sans quoi la situation des Kadiatou, des Jeff, des Luis (et donc des écoles et des classes qui les accueillent) ne s’améliorera pas dans les années à venir. Des enfants que l’institution a le devoir d’accueillir, mais qu’elle ne se donne pas les moyens d’accueillir correctement, et dont les inspecteurs nous disent qu’on ne peut rien pour eux. Injonction paradoxale.

De son côté, ma collègue Michelle a fait ce que l’inspectrice lui disait : elle n’a plus proposé à Kadiatou d’activités spécifiques, de travail particulier, la laissant libre de faire ce qu’elle voulait pour mieux se concentrer sur le reste de sa classe. Ca a duré une demi-journée : Kadiatou était encore plus insupportable. Forcément, elle n’avait rien à faire. Ce serait trop facile s’il suffisait de faire comme si elle n’existait pas…

 

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5 réactions sur 38

  • La question de la formation (enseignants et AVS) est importante mais ne suffirait pas à répondre de manière satisfaisante à l'intégration des enfants difficiles en classe banale.
    Les prises en charge mentionnées (orthophonie, psychomotricité, psy, CMPP...) sont bien souvent nécessaires. Sébastien Rome parle de rééducation inclusive.
    J'émets cependant des réserves -dans l'idéal, car je sais bien qu'on est loin du tableau avec des PE formés et des enfants pris en charge- car cela représente pour l'enfant des trajets, beaucoup d'intervenants et du temps de classe en pointillé (et je ne parle pas de la surcharge de travail pour l'enseignant de la classe qui sera en lien avec les différents partenaires).
    Il existe des structures chargées d'accueillir et de scolariser ces enfants : les ITEP où la prise en charge est thérapeutique, éducative et pédagogique.

    En cette période de "refondation", il semble malheureusement que le sort des enfants difficiles ne sera pas abordé. Ni celui de l'enseignement spécialisé d'ailleurs. Encore moins celui des établissements médico-sociaux (donc pas Education Nationale).
    Je suis moins convaincue par le maintien en milieu ordinaire de ces enfants -même avec les moyens qui semblent nécessaires- que par un passage en institut spécialisé dont c'est la mission.
    Mais il s'agit d'établissements médico-sociaux : même si ces établissements se battent pour continuer à travailler et à accueillir des enfants, le champ pédagogique passe en dernier. Défendront-ils leurs unités d'enseignement alors que la concertation pour la refondation de l'école les a oubliées ?

  • Blandine TRICAUD 2 weeks ago

    Bonsoir,
    C'est avec beaucoup d'émotion, même 3 ans après que je viens de lire votre article... J'ai eu moi aussi une "Kadiatou" dans ma classe MAIS comme vous le souligniez si justement la violence en PLUS.
    Elle a levé plus d'une fois la main sur moi, j'ai même fait faire par un médecin une constatation pour coups et blessures !!!
    Comme je me suis sentie seule ce jour là. Mes collègues et directrice étaient très présents mais je n'ai eu AUCUN soutien de ma hiérarchie. JAMAIS ! et ça c'est vraiment difficile. Les seules réponses de mon inspecteur furent :
    - Vous représentez l'école de la République vous devez accueillir cet enfant.
    - Faites vous frapper mais SURTOUT ne frappez pas en retour.
    - Si vous n'êtes pas capable de l'accueillir dans votre classe, arrêtez vous...
    Même 3 ans après ça me fait mal. Même les parents des autres élèves qui ont assisté à des scènes de violence à mon encontre n'ont pas bougé !!!
    Ma petite D. avait 6 ans, un parcours de vie certes chaotique mais cela n'excuse pas tout...
    La violence existe contre les instits de l'école primaire je l'ai rencontrée mais personne n'en parle jamais. Merci.

  • PE épuisée 5 days ago

    Je fais comment si X (grand costaud) tape les PS (gros pb de violence entre autres) ? Réponse de l'IEN : ils ne vont pas en mourir.
    X est là aussi pour être seulement en contact (sic!) avec d'autres enfants.
    Blandine, j'ai eu sensiblement le même discours. C'est écœurant.
    J'aimerais que ces IEN viennent et prennent notre classe.

    PE épuisée et enfoncée par la hiérarchie, sans aucun soutien avec 2 bientôt 3 enfants handicapés dans sa classe en ZEP.

  • Blandine TRICAUD 5 days ago

    Chez nous un jour l'inspecteur est passé à l'école alors que D était en pleine "crise", il nous a croisé dans les couloirs en plein désarroi, mais dans ces cas là l'inspecteur est lâche, il pose son dossier sur le bureau de la directrice et il fuit. Fermant derrière lui la porte sur notre colère et fermant les yeux sur la situation infernale que vous vivions.
    Il reviendra pour l'équipe éducative,il entendra les cris pendant une inspection de collègue mais rien pas une fois il n'a affronté la réalité en face, seulement des paroles en l'air...et moi, mes yeux pour pleurer...

A la recherche du Soi perdu.

Par Le 26/10/2012

"Chaque femme porte en elle une force naturelle riche de dons créateurs, de bons instincts et d’un savoir immémorial.
Chaque femme a en elle la Femme Sauvage. Mais la Femme Sauvage, comme la nature sauvage, est victime de la civilisation.
La société, la culture la traquent, la capturent, la musellent, afin qu’elle entre dans le moule réducteur des rôles qui lui sont assignés et ne puisse entendre la voix généreuse issue de son âme profonde."

— Clarissa Pinkola Estès : Femmes qui courent avec les loups


Un livre magnifique. On pourrait faire le même constat avec les enfants, filles et garçons mélangés. La femme comme l'homme ne seront que des résidus. Ceux et celles qui en prendront conscience un jour n'auront plus qu'à partir à "la recherche du Soi perdu."

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