Là-Haut

Articles de la-haut

Corruption politique

Par Le 05/12/2012

La France ne se sent pas vraiment exemplaire en matière de corruption

L'Expansion.com - publié le 05/12/2012 à 16:08

Selon un rapport de l'ONG Transparency International, la France se situe au 22e rang mondial et au 9e rang européen des Etats perçus par leur population comme les moins corrompus. Les Français se défient le plus des partis politiques, des entreprises et de l'administration.

Le Parlement pointe à la troisième place des institutions perçues comme les plus corrompues par les Français
Le Parlement pointe à la troisième place des institutions perçues comme les plus corrompues par les Français
REUTERS/Charles Platiau

Les Français se défient de leurs institutions. Selon l'ONG Transparency International, la France se situe seulement au 22ème rang mondial et au 9e rang européen des Etats perçus par leur population comme les moins corrompus, avec une note de 71/100. L'Hexagone est moins bien noté que les pays scandinaves, les Pays-Bas, la Belgique, l'Allemagne ou encore le Royaume-Uni.

Défaut de transparence de la vie politique

Les partis politiques sont perçus par les Français comme les institutions les plus touchées par la corruption, devant les entreprises, le Parlement, et l'administration. Le document rappelle qu'en septembre 2011, pas moins de 72 % des Français estimaient que leurs élus et dirigeants politiques étaient "plutôt corrompus" - un record depuis 1977, date à laquelle la question avait été posée pour la première fois.

Un long chapitre du rapport est d'ailleurs consacrée au manque de transparence de la vie politique française: déclaration de patrimoine des élus, lobbying au Parlement, financement des partis politiques, cumul des mandats, tout y passe. Citant des rapports de plusieurs organismes internationaux, tels l'OCDE ou le Conseil de l'Europe, l'ONG met également en cause le manque d'indépendance de la justice financière française ainsi qu'une législation inadaptée à la sanction des cas de corruption. Elle dénonce la faible implication des institutions françaises dans ce domaine, à l'exception de la Cour des comptes et des organes de contrôle des élections.

Enfonçant un peu plus le clou, Transparency International affirme que les politiques ne sont pas les seuls responsables, et que les Français "parfois complaisants à l'égard du favoritisme et de diverses formes d'arrangements, nourrissent un rapport ambigu à l'égard de la corruption".

Articles de presse à l'appui, l'ONG fait état de nombreuses affaires de corruption entre 2009 et 2012: prise illégale d'intérêts en Savoie (affaire Zaragoza), trucage de marché public dans les Bouches-du-Rhône (affaire Granié), favoritisme en Guyane (affaire Le Pelletier), emplois fictifs en Polynésie (affaire Flosse), trafic de diplômes dans le Var (affaire de l'université du Sud-Toulon-Var), corruption d'un agent du Trésor public à Paris , abus de pouvoir de la police (affaire de la BAC nord de Marseille), etc.

Coût de la corruption en Europe: 120 milliards d'euros par an

La Commission européenne a chiffré en 2011 le coût de la corruption pour les finances publiques des 27 à 1% du PIB, soit 120 milliards d'euros.

Globalement, l'ONG juge "décevant" le niveau de perception de la corruption en Europe, notamment dans les pays les plus affectés par la crise comme la Grèce et Italie. Ces deux pays pointent respectivement à la 72e et 94e place sur 176 Etats évalués. Ils recueillent seulement 42 et 36 points sur une échelle graduée de 0 (corruption perçue la plus forte) à 100 (corruption perçue très faible). L'Italie affiche ainsi un niveau proche de la Tunisie (41 points), tandis que la Grèce égale celui de la Colombie et Djibouti.

Parmi les pays récemment frappés par la crise de la dette, l'Irlande (25e), l'Espagne (30e) et le Portugal (33e) obtiennent des scores supérieurs à 60 points.

Deux tiers des 176 pays évalués obtiennent des scores inférieurs à 50 points. Les pays du "printemps arabe" - Tunisie, Egypte, Lybie notamment - affichent des scores inférieurs ou à peine supérieurs à 40 points. La Russie (133e), avec un score de 28 points, figure toujours parmi les pays les plus corrompus au monde, mais a une nouvelle fois amélioré légèrement son rang en gagnant 10 places depuis le précédent rapport.

Notre Dame des Landes.

Par Le 05/12/2012

Notre-Dame-des-Landes : un commandant de bord en retraite écrit à la ZAD

2 décembre 2012
http://7seizh.info/2012/12/02/notre-dame-des-landes-un-commandant-de-bord-en-retraite-ecrit-a-la-zad/

Les réactions anti-aéroport arrivent de toutes parts. Parmi celles adressées aux opposants, celle d’un commandant de bord en retraite datée du 30 novembre 2012, qui exprime avec détail une réalité assez peu mise en avant. Nous reprenons la publication des Zadistes pour une diffusion plus large.

« Et si on écoutait un peu les techniciens ?

J’ai bientôt 70 ans , 40 années dans l’aéronautique, 15 comme commandant de bord, 14500 heures de vol. Je ne connais pas tous les aéroports du monde mais j’en connais beaucoup,franchement beaucoup.Néanmoins , si je veux comprendre quelque chose dans cette polémique , je dois faire comme tout le monde : procéder par comparaisons.

On me dit que l’aéroport de Nantes est dangereux car les avions passent sur la ville. Ah bon ! j’ai passé ma vie de pilote à survoler des agglomérations à basse altitude ,tant au décollage qu’à l’atterrissage , avec des procédures spécifiques à chaque endroit . Ici il faut virer sitôt l’attitude de sécurité atteinte, là il faut réduire la puissance, ailleurs c’est la pente qui est réglementée… Bref, je ne veux pas trop m’étendre sur les détails techniques mais les aéroports où les pilotes sont peinards et peuvent gérer les approches et les décollages comme bon leur semble sont rares. Aussi rares que les villes non survolées par les avions. Je connais Nantes pour avoir pratiqué cet aéroport plusieurs fois par semaine il y a quelques années et n’ai pas souvenir de spécificités particulières. Si on reconnaît Nantes dangereux , il faut interdire plusieurs milliers d’aéroports dans le monde et commencer par rayer de la carte celui de Chambéry. Hé oui les savoyards ! L’aéroport de Chambéry le Bourget est coincé entre deux montagnes sur ses flancs, le lac à un bout de piste la ville à l’autre bout. Pourtant les gros jets se posent et décollent sans scandales ni polémiques.Ne parlons pas de celui de Hong kong, : là , jusqu’en 1998 , c’était carrément un spectacle. Hongkong était dans un délire, Nantes aussi mais en sens inverse.

Si on considère maintenant l’autre volet de l’affaire, c’est à dire l’augmentation de l’activité, on va se retrouver encore une fois dans les arguments spécieux et délirants. On me dit que cet aéroport avec ses 3,5 millions de passagers en 2011 se trouve « à l’étroit » et qu’il faut prévoir l’avenir. On voudrait me faire croire que cette infrastructure arrive à saturation. C’est vrai que le chiffre ne me parle que si je compare, autrement je suis prêt à croire tout ce que l’on me dit.

Lors de l’éruption volcanique islandaise de l’année passée, Nantes qui était hors zone, a multiplié son trafic par trois pendant plusieurs jours , et tout s’est très bien passé. Les aéroports de la taille de Nantes sont les plus nombreux et il suffit de comparer avec d’autres pour se rendre compte de l’importance des balivernes prononcées sur le sujet. Un exemples parmi tant d’autres : Genève. Cet aéroport a reçu l’année passée plus de 12 millions de passagers. Oui vous avez bien lu : en fait, presque 13 millions ( je n’ai pas le chiffre exact) . Une seule piste, des contraintes de proximité urbaine et une plate-forme aussi grande que Nantes. Il est vrai que les Suisses sont en démocratie et ne se font pas enfumer. Le premier prix au championnat du monde du genre revient à San Diego en Californie : une seule piste, plate-forme beaucoup plus petite qu’à Nantes, des contraintes incroyables d’environnement et d’interdictions de nuit : 18 millions de passagers l’année passée. Oui chers amis écolos, 5 fois plus que Nantes. Bon il faut reconnaître le grand professionnalisme des contrôleurs aériens américains et aussi celui des pilotes. Les contrôleurs français sont également très bons et les pilotes pas maladroits et on voudrait nous faire croire que Nantes sera à saturation en 2020 avec… 5 millions de passagers !!! 5 millions en 2020, c’est tout ? et c’est y qui qui nous les fait ces prévisions ? Et basées sur quoi ? Si c’est aussi sérieux que le reste, on est encore en droit de douter. Même si le chiffre est dérisoire. Pour le moment présent ce n’est que moins de 4 millions.

Puisque personne ou presque dans ce pays n’écoute les arguments écolos,il me semble qu’il serait bon d’en employer d’autres : ceux qui frappent les esprits, ces arguments par exemple.L’essentiel n’est-il pas dans le résultat ?

Sauver des terres agricoles et permettre aux petits oiseaux de continuer de voler c’est bien, c’est même essentiel mais puisque personne n’écoute, tenons donc un autre langage !!!

Éviter de dépenser un demi milliard d’euros dans une lamentable stupidité à la gloire de ces hommes politiques qui auront disparu dans l’enfumage des irresponsabilités lorsque le projet réalisé révélera sa bêtise. Se préserver du gaspillage à une époque qui, nous dit-on, va devenir encore plus dure : cela devrait suffire à convaincre les plus sourds non ? et surtout renvoyer les pelleteuses au garage.

On peut aussi continuer de subir l’oligarchie, se complaire dans ce système corrompu de pseudo démocratie dite représentative, honorer 577 députés, gaver 350 sénateurs et leur permettre de donner leur nom aux édifices construits avec l’argent public. Concernant l’aéroport de Nantes je propose Ayrault port. On peut aussi espérer qu’un jour peut-être , les français découvrent que la solution n’est pas dans les hommes politiques mais dans l’action citoyenne responsable. Qu’il soient de droite de gauche du milieu ou de Mars, les politiques ne sont pas la solution : ils sont le problème. »

A l'Ouest, rien de nouveau.

Par Le 04/12/2012

Lorsque je vivais encore en Bretagne, il y a eu la lutte anti nucléaire contre l'installation d'une centrale à la Pointe du raz...Je me souviens de l'indignation de la "Gauche" envers la violence des forces de "l'ordre"...

A l'Ouest, rien de nouveau.


Notre-Dame-des-Landes: un médecin choqué par les blessures des manifestants

Par , publié le

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/notre-dame-des-landes-un-medecin-choque-par-les-blessures-des-manifestants_1194694.html

Le Dr Stéphanie Lévêque s'était portée volontaire le week-end du 24-25 novembre pour tenir l'infirmerie à côté de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes. Mais choqué par le nombre et la gravité des blessés, elle a envoyé une lettre à la préfecture. 

Notre-Dame-des-Landes: un médecin choqué par les blessures des manifestants

NOTRE-DAME-DES-LANDES - Le Dr Lévêque, qui tenait l'infirmerie à proximité du site de Notre-Dame-des-Landes assure avoir examiné une quarantaine de blessés du côté des manifestants. De son côté, la préfecture n'en compte que deux.

afp.com/Frank Perry

Douze blessures de flashballs, sept causées par l'explosion de bombes assourdissantes, des dizaines de points de suture, des fractures... En se portant volontaire pour tenir l'infirmerie de Notre-Dame-des-Landes lors des manifestations du week-end du 24 et 25 novembre, le Dr Stéphanie Lévêque était à mille lieu de s'imaginer ce qui l'attendait. "J'ai proposé mon aide car j'habite juste à côté du site. Avec un autre médecin, nous avons transformé une petite salle en infirmerie", raconte la praticienne. Alors qu'ils pensaient que les journées seraient rythmées par des petits bobos, ils se sont retrouvés à pratiquer "une médecine d'urgence".  

>> Consulter la lettre du Dr Stéphanie Lévêque 

Choquée par le nombre et la gravité des cas, elle a envoyé dès le lendemain une lettre au préfet de Loire-Atlantique ainsi qu'aux parlementaires de sa région. "En ma qualité de médecin, je souhaite attirer votre attention sur la gravité des blessures infligées par l'utilisation des armes des forces de l'ordre et cela en dehors de toute considération partisane", écrit-elle dans son courrier de trois pages. Elle assortie son courrier d'une dizaine de photos prise pendant ces deux jours. 

Au total, une quarantaine de personnes, exclusivement des manifestants, se sont pressées dans l'infirmerie de fortune, assure la praticienne. Bien loin des deux blessés (côté opposants) dénombrés le samedi par la préfecture. "Depuis le mois d'octobre, les services de secours ont été sollicités à Notre-Dame-des-Landes une trentaine de fois mais il s'agissait dans 28 cas de blessures du côté des forces de l'ordre", assure la préfecture, joint par L'Express.  

"J'insiste sur la gravité des blessures par explosions"

Certaines blessures examinées ce jour-là ont pourtant demandé des soins poussés. Un manifestant, blessé par un tir de flash-ball a "une probable lésion dentaire ou maxillaire". Un autre, qui a reçu dix impacts de bombes assourdissantes dans la jambe a une "probable lésion du nerf sciatique". "J'insiste sur la gravité de ces blessures par explosions, écrit la médecin. Les débris pénètrent profondément dans les chairs risquant de léser des artères, nerfs ou organes vitaux. Nous avons retiré des débris de 0,5 à 1 cm de diamètre, d'aspect métallique ou plastique très rigide et coupant. D'autres, très profondément enfouis, ont été laissés en place et nécessiteront des soins ultérieurs. Impossible de prévoir les lésions secondaires!" 

Deux des cas ont même nécessité une hospitalisation. Mais là encore, la prise en charge n'est pas simple. "Samedi, mon collègue a appelé le Samu pour un blessé mais la voiture de pompier a mis énormément de temps à arriver, ralentie à cause des forces de l'ordre", raconte la praticienne. Selon la Préfecture, ces ralentissements sont nécessaires pour garantir la qualité des soins. "Nous devons organiser un cortège pour escorter les pompiers jusqu'au lieu de l'incident. C'est pour cela que cela a pris du temps. C'est pour améliorer la prise en charge des soins et non pas pour la ralentir que nous faisons cela". Qu'importe, c'est trop long pour la praticienne qui décidera le lendemain de conduire elle-même à l'hôpital un blessé.  

Le Dr Lévêque, qui se défend de tout militantisme, a envoyé sa lettre à la préfecture le lendemain des manifestations. Son but: ouvrir un dialogue avec la préfecture pour, si ce n'est limiter le nombre de blessés, en tout cas améliorer la qualité des soins. Pour l'heure, la préfecture ne lui a pas répondu. "Nous n'avons pas du tout le même constat qu'elle, assure la porte-parole. Il nous est donc impossible de dire que nous allons faire évoluer nos méthodes". 

Incontournable Léo Ferré

Par Le 03/12/2012

"Il n'y a plus rien"

Prélude.

La poésie contemporaine ne chante plus elle rampe.
Elle a cependant le privilège de la distinction
Elle ne fréquente pas les mots mal famés elle les ignore.
On ne prend les mots qu'avec des gants : à « menstruel » on préfère périodique »,
Et l'on va répétant qu'il est des termes médicaux
qu'il ne faut pas sortir du laboratoire et du codex.
Le snobisme scolaire qui consiste, en poésie, à n'employer que certains mots déterminés,
à la priver de certains autres, qu'ils soient techniques, médicaux, populaires ou argotiques,
me fait penser au prestige du rince-doigts et du baisemain.
Ce n'est pas le rince-doigts qui fait les mains propres ni le baisemain qui fait la tendresse.
Ce n'est pas le mot qui fait la poésie mais la poésie qui illustre le mot.
Les écrivains qui ont recours à leurs doigts pour savoir sils ont leur compte de pieds,
ne sont pas des poètes, ce sont des dactylographes.
Le poète d'aujourdhui doit être d'une caste, d'un parti ou du « Tout Paris ».
Le poète qui ne se soumet pas est un homme mutilé.
La poésie est une clameur. Elle doit être entendue comme la musique.
Toute poésie destinée à n'être que lue et enfermée dans sa typographie n'est pas finie.
Elle ne prend son sexe qu'avec la corde vocale
tout comme le violon prend le sien avec l'archet qui le touche.
L'embrigadement est un signe des temps. De notre temps.
Les hommes qui pensent en rond ont les idées courbes.
Les sociétés littéraires c'est encore la Société.
La pensée mise en commun est une pensée commune.
Mozart est mort seul, accompagné à la fosse commune par un chien et des fantômes.
Renoir avait les doigts crochus de rhumatismes.
Ravel avait dans la tête une tumeur qui lui suça d'un coup toute sa musique.
Beethoven était sourd. Il fallut quêter pour enterrer Bela Bartok.
Rutebeuf avait faim. Villon volait pour manger. Tout le monde sen fout.
L'Art n'est pas un bureau d'anthropométrie.
La Lumière ne se fait que sur les tombes.
Nous vivons une époque épique et nous n'avons plus rien dépique.
La musique se vend comme le savon à barbe.
Pour que le désespoir même se vende il ne nous reste qu'à en trouver la formule.
Tout est prêt : les capitaux, la publicité, la clientèle.
Qui donc inventera le désespoir ?
Avec nos avions qui dament le pion au soleil.
Avec nos magnétophones qui se souviennent de ces « voix qui se sont tues »,
avec nos âmes en rade au milieu des rues,
nous sommes bord du vide, ficelés dans nos paquets de viande
à regarder passer les révolutions.
N'oubliez jamais que ce qu'il y a d'encombrant dans la Morale,
c'est que c'est toujours la Morale des Autres.
Les plus beaux chants sont des chants de revendication.
Le vers doit faire l'amour dans la tête des populations.
A l'école de la poésie, on n'apprend pas. ON SE BAT !

Le charbon activé

Par Le 03/12/2012

Quand on pense à tous les médocs chimiques et qu'on lit ça...


Le Charbon Activé :

C’est une poudre noire, légère, très fine, sans odeur, sans saveur et insoluble dans l’eau, capable de fixer, de capter, de séquestrer, de pomper, de piéger (absorber) les substances étrangères ou toxiques qui se trouvent dans notre corps. Ces substances qui empoisonnent notre corps et surchargent nos reins et notre foie, sont absorbées par le Charbon Activé et rejetées hors du corps. En cas d’urgence et qu’on n’en a pas sous la main, on peut récupérer du charbon de bois d’un foyer non contaminé par de la peinture ou tout autre produit chimique.

En usage interne: Le charbon de bois s’absorbe par la bouche et fournit un contrepoison efficace contre plusieurs substances toxiques (guerre bactériologique ou chimique!).

En usage externe: Il faut placer une couche de 4-5 millimètres de poudre au centre d’un tissu blanc mince. Évitez de doubler le tissu pour optimiser l’effet. Immergez ensuite la compresse à plat dans de l’eau chaude et l’appliquer sur la partie infectée. Il est préférable de laisser la compresse toute la nuit. On peut aussi utiliser de la gaze humide pour en faire un pansement durable. Pour accroître l’effet de cette compresse, on peut y appliquer un peu de chaleur à l’aide d’une bouillotte ou d’un coussin chauffant. Les infections au visage ou même des yeux peuvent être traitées de la même manière.

Petites histoires de «prestidigitation médicale» :

Cela se passe en 1813. Un certain Bertrand, chimiste français, fait une démonstration publique. Il tient une fiole qui contient 5 g de trioxyde d’arsenic (1 cuillère à thé), de quoi tuer 150 hommes. Il lève le bras et porte le breuvage aux lèvres. Les effets inexorables de cette drogue : nausée, vomissement, diarrhée, brûlure intense de la bouche et de la gorge, crampes atroces dans le ventre, déshydratation rapide et mort. Devant les yeux médusés et horrifiés de la foule, Bertrand vaque tranquillement à ses affaires et ne présente aucun trouble.

En 1831, un pharmacien de Montpellier nommé Touéry, effectue le même tour mais, cette fois, devant l’Académie française de médecine. Il avale 1 g de strychnine (10 fois la dose mortelle). Ce poison foudroie un homme en 10 minutes dans des convulsions incontrôlables et un arrêt respiratoire au milieu d’un rire nerveux effrayant. Pourtant, Touéry reste calme et détendu et n’a aucun trouble, à la stupéfaction totale des professeurs.

Le secret ? Bertrand et Touéry avaient tous deux étudié l’action du charbon végétal sur les poisons, en particulier avec des rats – et tous deux ont voulu démontrer qu’ils avaient découvert l’antidote universel. Touéry rapporta par la suite qu’il avait préalablement enrobé la strychnine dans 15 g de poudre fine de charbon végétal. Il continua ses travaux de recherche jusqu’en 1940. Patience et longueur de temps – et ce n’est qu’en 1984 que le JAMA (Journal of the American Medical Association) publia deux articles sur l’usage du charbon Activé contre l’empoisonnement à la théophylline (broncho-dilatateur) et au phénobarbital.

Un déferlement de confirmations à travers l’histoire :

• Le papyrus d’Ebers 1550 avant J.-C. mentionne déjà la poudre de charbon.
• Hippocrate (400 avant J.-C.) et Pline (50 avant J.-C.) recommandent le charbon de bois dans le traitement de l’épilepsie, du vertige, de la chlorose et de la « maladie du charbon » contractée par les tanneurs.• En 1773, Scheele explique le phénomène d’absorption des gaz par le charbon.• En 1785, Lowitz montre que le charbon est capable de décolorer de nombreux liquides.
• En 1793, D.M. Kehls conseille dans son mémoire l’usage du charbon pour éliminer les odeurs de la gangrène, purifier l’haleine, les fièvres putrides et tous les états bilieux.
• En 1865, Hunter découvre les performances du charbon de noix de coco pour absorber les gaz.
• En 1862, Stenhouse est le précurseur des masques à gaz (au charbon) qui furent utilisés pendant la guerre 14-18.
• En 1846, Garrod publie, en Angleterre, un rapport sur la neutralisation de la strychnine administrée à des chiens, des chats et des lapins, et expérimente ensuite la neutralisation de l’opium, de la morphine, de l’aconitine, de l’ipéca, de l’émétine, de la vératrine, la cantharidine, la ciguë, la stramoine, le delphinium, le bichlorure mercurique, le nitrate d’argent et les sels de plomb.
• En 1848, Rond reprend les expériences de Garrod sur les humains. Il existe plus de 40 exposés sur le sujet, établis entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle.

Les secrets du charbon Activé :

Il est obtenu en deux étapes :

1. La carbonisation
On calcine du bois en le chauffant à une température variant entre 600 et 900° en l’absence d’air.

2. L’activation
Le bois est ensuite recalciné aux mêmes températures, mais cette fois, en présence de vapeur d’eau, d’air ou de gaz oxydants. Ceci permet le développement d’un réseau très dense de micropores qui transforment chaque poussière de charbon en micro-éponge apte à piéger toutes toxines, poisons et molécules indésirables.

L’extrudation de la poussière de charbon développe une surface de contact phénoménale: 1cm3 de charbon pulvérisé présente une surface totale de 1 km2 – et 500 g de charbon contiennent 50 milliards de pores. Ceci explique ses performances : il peut absorber 97 fois son volume de gaz carbonique, 165 fois son volume d’anhydride sulfureux , 178 fois son volume d’ammoniac…

Le travail dans l’intestin :
L’intestin étant une paroi poreuse, il s’y effectue un travail de dialyse par le principe de l’osmose. Ceci veut dire qu’il se produit un équilibre entre les concentrations de produits solubilisés de part et d’autre de la paroi. Donc, si l’intestin est encombré, les réseaux lymphatiques ne peuvent dégorger dans celui-ci. Le charbon, en libérant l’intestin, active la désintoxication de la lymphe et du sang par le biais du pompage osmotique.

Le Dr Denis Burkitt, après avoir observé les « besoins » de milliers d’Africains et d’Anglais, a tiré des conclusions étonnantes. L’Africain rural élimine 80% du bol en 32 heures en moyenne, le jeune Anglais en 72 heures, le vieil Anglais en 360 heures (15 jours !).

Pourquoi ? L’Africain mange essentiellement des aliments à fibres complètes et ses selles pèsent entre 300 et 500 g. L’Anglais au régime raffiné, a des selles journalières de 110 g.

Plus un individu est carnivore et lactivore, plus ses selles diminuent (jusqu’à 50 g par jour).

L’Africain aux selles abondantes ne connaît pas l’obésité, l’appendicite, les calculs biliaires, les diverticules, la hernie hiatale, les varices, les hémorroïdes, le cancer du côlon, du rectum, la thrombose, le diabète, l’hypoglycémie.

La plus puissante pompe à poisons :

La liste des poisons est longue. Elle concerne :
• Les stupéfiants, les médicaments dangereux, les alcaloïdes, les additifs alimentaires, les produits chimiques agricoles, les métaux lourds, les gaz toxiques, les détergents, les solvants organiques, la chimiothérapie.

Mais sont aussi concernés:
• Les staphylocoques, la salmonelle, les virus de la variole, de la fièvre aphteuse, les toxines bactériennes telles que celles de la diphtérie, du tétanos, du botulisme, du perfringens, les amines toxiques de décomposition.

Et il y a encore :
• Les venins de serpent, d’abeille, de guêpe, de frelon, de taon, de scorpion, d’araignée, d’anémone de mer, de physalie, l’histamine du thon, les coquillages, les mycotoxines que l’on trouve dans les aliments à cause des antibiotiques et les redoutables aflatoxines.

Comment utiliser le charbon activé :

On considère que la durée moyenne du transit est de 18 à 48 heures.
(Pour mesurer la vôtre, manger des betteraves rouges et prenez un top chrono….)

En cas d’intoxication sévère :
La dose préconisée est de 50 g pour un adulte, de 1g/kg pour un enfant. Mélanger à de l’eau froide. Cela n’a aucun goût.
Répéter les prises de 20 à 50 g de charbon activé toutes les 4 à 6 heures pendant 1 ou 2 jours selon la sévérité de l’intoxication. La quantité théorique du charbon activé doit être au minimum égale à 8 fois le poids de toxique ingéré. La marge de 10 fois est souhaitable. Toutefois, dans les intoxications suicidaires, et chez les sujets comateux, la quantité du toxique est impossible à connaître. On administre alors entre 100 et 120 g de charbon d’office.
À savoir qu’une cuillère à soupe contient en moyenne 5 g de charbon.

CURE DE DRAINAGE
- Les posologies sont évidemment modulables en fonction de chaque cas. En moyenne, on peut opter pour le protocole de 1 cuillère à soupe aux 3 repas pendant 2 à 6 semaines selon la profondeur du drainage cellulaire qui est nécessaire.
- Pour des petits nettoyages internes, 1 cuil. à soupe par jour pendant 10 à 15 jours effectue déjà de l’excellent travail.
- Pour un enfant, remplacer les cuillères à soupe par des cuillères à café, et s’en tenir à 10 à 15 jours en tout pour des cas courants.

Y a-t-il des inconvénients à un usage prolongé du charbon ?

Il arrive que le charbon ait un effet constipant sur certaines personnes. On adjoint alors des prises de sorbitol. De toute façon, il convient de boire plus qu’à l’habitude pour compenser l’absorption de l’eau intestinale par le charbon. Il faut savoir aussi que le charbon inhibe les contraceptifs oraux. Néanmoins, il peut être pris pendant la grossesse.

Les indications de la carbothérapie• Empoisonnement par absorption de substances toxiques ;
• Intoxication alimentaire (tels que ceux dus à la salmonelle, au staphylocoque, à la Listeria…).
• Intoxication par médicaments, stupéfiants, alcaloïdes, produits chimiques agricoles (organo-phosphorés …), métaux lourds, détergents, solvants organiques. On le préconise tout particulièrement dans les intoxications par antidépresseurs tricycliques, Chloroquine, Paraquat, Barbituriques, Colchicine, Phénothiazines, Benzodiazépines, Digitaliques, Salicylés, Bêta-bloquants, Méprobamate, Théophylline, Carbamazépine, Paracétamol, etc.
• Maladie de Lyme : amortit les troubles par élimination des toxines du borrélia dans le sang
• Epuration digestive
• Diarrhées, le charbon actif étant un constipant;
• Aigreurs d’estomac, gastralgies
• Aérophagie
• Gastro-entérites
• Infection intestinale accompagnée de constipation et de fermentations
• Mauvaise haleine (halitose) – Travaux du Dr Guinney Los Angeles
• Hoquet chronique
• Flatulence – Travaux du Dr Hall (USA)
• Colostomie (anus artificiel) – Travaux Drs Cappeler Rüffenach, Müller et Halter de Bern;
• Selles nauséabondes et diarrhées nerveuses – Travaux Dr Riese et Damran;
• Tourista (diarrhée des pays chauds);
• Complications de l’insuffisance rénale- Travaux Dr Kopp.
• Tous troubles intestinaux – Travaux du Dr Chevreul -Paris;
• Cholestérol et triglycérides – Travaux du Dr Friedmann;
• Prurit généralisé – Travaux de Pederion Matter -Czerwingski – Llach.
• Sels biliaires en excès : Travaux de Needle Krasopoulos et De Bari.
• Jaunisse et bilirubine des nouveaux nés
4,5 gr de charbon actif par jour. (Travaux de kuenger, Schenck, \/ahlenkamp, Kuegking, kuenzer, Ulstrom, Eisenklam, Davis, Yeary, Lee.)
• Cirrhose et encéphalopathie hépatique
• Alcoolisme: il est intéressant de savoir qu’un gramme de charbon (l/2 cuillère à café) neutralise 60 ml de Whisky. A creuser pour les cures de désintoxication…
• Toxicomanies (tabac – drogues)
• Champignons vénéneux: (voir intoxication sévère). La carbothérapie ne dispense pas de contacter un centre anti-poison.
• Problèmes ORL et hygiène dentaire
Par ailleurs, le Dr Yatzidis de l’université d’Athènes a signalé en 1961 que 1 gr de charbon peut capter : 9 mg de créatinine endogène, 8 mg d’acide urique, 1,75 mg des phénols, 0,30 mg d’indican, 1 mg de guanidines, 35 mg d’urée, 0,35 mg d’acides organiques. Entre 4 et 20 mois de traitements en continu, avec des prises de 20 à 50 gr par jour n’ont entraîné aucun inconvénient.

Les applications récentes :

- En milieu hospitalier, les salles d’opération sont assainies par des filtres à charbon pour neutraliser les gaz anesthésiques (halothane, éther, cyclopropane, métoxyflurane, propanidide, protoxyde d’azote).
- Les produits d’assainissement de l’eau : chlore, ozone, bioxyde de chlore, permanganate… tous toxiques, peuvent être éliminés facilement par des filtres à charbon.
- Mais il est aussi efficace pour le mercure, le plomb, les insecticides, les herbicides, les hormones et même certaines substances radioactives.

Le charbon est probablement l’agent de décontamination le plus simple, le plus valable et le moins cher que nous connaissions. Mais le public et les malades, et même beaucoup de médecins, ne le savent pas. Pourtant il est aussi d’une grande utilité en cas d’insuffisance rénale sévère.

Inertie

Par Le 03/12/2012

"Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, ce sont les jugements qu'ils portent sur les choses" (Epictète)



Quand je pense que des milliers d'écrivains, de penseurs, de philosophes, de gens inconnus, cogitent en ce moment sur leurs fonctionnements internes et qu'il existe déjà toutes les réponses dans les écrits les plus anciens, je me dis que nous sommes finalement à l'arrêt depuis des

millénaires et que nous nous obstinons à démarrer, chacun individuellement, au lieu d'user de l'inertie déjà existante. Un sur-place effrayant. Si les individus ne s'acharnaient pas à exister dans leur ego en se persuadant de faire de grandes découvertes mais travaillaient ensemble à exploiter toutes les données déjà existantes, on n'en serait pas là. Tout ça est d'une lenteur exécrable...Quelques individus vont continuer à avancer...Sur sept milliards.

Vie intérieure

Par Le 01/12/2012

Il est étonnant de constater que le langage autorise l’usage des deux auxiliaires dans le cas de la conscience.

« J’ai conscience que c’est difficile. »

Il s’agit d’une conscience tournée vers une situation, un élément qui m’est extérieur, comme une conscience projetée. Je ne suis pas impliqué dans cette conscience mais j’ai conscience de la situation. J’analyse les difficultés mais je reste détaché de cette conscience. Elle se nourrit de perceptions et d’expériences passées. La mémoire y joue donc un rôle considérable. C’est une conscience temporelle.

« Je suis conscient que c’est difficile. »

Il s’agit cette fois d’une conscience en moi qui a conscience de la difficulté de la situation comme une conscience renvoyée. Il ne s’agit plus seulement d’avoir conscience de quelque chose, mais d’être une conscience. Elle devient quelque chose en moi, ou quelque chose qui est moi, une sorte d’entité qui est révélée non uniquement par la situation elle-même mais par le fait que je suis totalement impliqué dans la conscience que j’en ai. Même s’il y a une part d’expériences passées dans cette conscience, elle est surtout en prise directe sur l’instant. On ne peut être auto conscient que de ce qui est. La dimension temporelle ne permet que la conscience. L’instant présent autorise la conscience réfléchie. On peut imaginer d’ailleurs que la gestion de cette situation sera plus efficiente dans le second cas. L’individu n’est pas seulement tourné vers l’agitation extérieure, il n’a pas simplement conscience de tout ce que cela implique (ce qui est déjà bien) mais il a conscience également que ce travail en lui le renvoie à son unité, à une connaissance de lui à travers les dispersions quotidiennes. Il est possible de donner à ce florilège d’actes un sens intérieur : la conscience de soi, l’observation vigilante de tout ce qui advient en soi lorsque l’individu se projette consciemment dans le monde extérieur.

On retrouve le même usage de la langue avec la notion de douleur.

« J’ai mal au dos. »

« Je suis mal. »

Étonnant de constater que la souffrance psychologique ne soit pas évoquée de la même façon que la douleur physique. La souffrance, qui dit « je suis mal » renvoie l’individu à sa conscience, une observation de lui-même, une introspection nécessaire. Il conviendrait pourtant de ne pas limiter la notion de vie intérieure à une image négative. « Nous sommes comme des noix. Pour être découverts, nous avons besoin d’être brisés. » Khalil Gibran. Est-ce qu’il est envisageable que la vie intérieure ne soit pas qu’une recherche de « soins » pour lutter contre la souffrance mais également et surtout une quête spirituelle afin d’éviter justement les enfermements, les aveuglements qui conduisent à cette souffrance ? C’est sans doute lorsque nous parviendrons à ce principe de responsabilité que nous grandirons.

L'élastique

Par Le 29/11/2012

Le lien qui unit un enfant à ses parents pourrait prendre la forme d'un élastique.
C'est l'enfant qui est en avant, les parents le suivent.
C'est lui qui trace son chemin, influencé certainement par les commentaires des parents.
Les parents se doivent d'accompagner l'enfant, faire en sorte que l'élastique ne soit pas inconsidéremment tendu.
Des parents qui resteraient figés dans leur peur et chercheraient à retenir l'enfant génèreraient une tension qui irait immanquablement en s'amplifiant.
L'enfant, l'ado, le jeune adulte ne peut pas rester sur place, il faut qu'il avance. Nécessairement il s'éloignera.
Soit les parents l'accompagnent, le soutiennent, le conseillent, gèrent eux-mêmes leurs craintes sans les transmettre, et dès lors ils font en sorte que le lien ne soit pas une tension mais un contact, soit ils refusent cette évolution, il s'ancrent dans leurs certitudes, ils se nourrissent de leurs peurs et les transmettent. L'élastique va se tendre, se tendre irrémédiablement. Aucune avancée ne peut être stoppée sinon par la mort. L'enfant devra lutter pour s'éloigner, pour répondre à l'appel des horizons, sa route sera chaotique car il devra sans cesse lutter contre la tension qui le retient.
Les ressentiments, les conflits, les incompréhensions, les colères, finiront par s'achever dans la rupture.

L'élastique sera brisé.
Personne ne s'en remettra jamais.

Il ne faut pas tendre l'élastique, il faut suivre le mouvement. C'est nous qui suivons les enfants et pas l'inverse. Comme le dit Khalil Gibran, "la vie ne va pas en arrière".
Si l'élastique à force d'être tendu se rompt, tout le monde en souffre.
Les parents diront :
"Avec tout ce qu'on a fait pour toi, on t'a protégé de tout..."...
Et l'enfant répondra :
"Avec tout ce que m'avez empêché de faire, vous m'avez privé de tout ce que je devais découvrir."

Les parents souffriront de cette absence de reconnaissance, l'enfant souffrira de ce qu'il est devenu et de la souffrance qu'il fait subir à ses parents. Double peine...

Il en est de même dans la relation de couple. Il ne s'agit pas que l'un suive l'autre, ça serait désastreux mais que l'un et l'autre ajuste la souplesse du lien qui les unit. Il ne s'agit pas d'un enchaînement mais d'un attachement spirituel, non pas une dépendance mais un accompagnement parallèle qui va être nourri par l'amour et l'attention de chacun. Les périodes de relâchement sont des périodes de repos, des moments de validation des découvertes de chacun, des partages. Lorsque l'un reprend sa route, l'éloignement s'installe mais la souplesse du lien joue son rôle. C'est lorsque la rigidité s'installe que le risque de brisure prend forme. Comme un élastique usé par les intempéries, décharné, fragilisé par les conditions de vie. C'est la rigidité spirituelle qui entraîne l'affaiblissement du lien parce que l'éloignement, l'évolution de l'autre n'est plus supportée, qu'elle est perçue comme une trahison, une menace. L'élastique est perçu dès lors comme une entrave au lieu d'être une opportunité de retrouvailles et de partages.

Il est facile, bien évidemment, d'envisager que cette rigidité spirituelle est la résultante d'une enfance bridée par un élastique qui n'était qu'une entrave. Reproduction du schéma, puissance du conditionnement, jusque dans le traumatisme.

Tout chemin de vie commence par une enfance. La suite n'est qu'un prolongement joyeux et confiant ou l'enchaînement de misères renouvelées. 

Histoire vraie: la force de l'humour.

Par Le 29/11/2012

Johnny Lee Clary (né le 18 Juin, 1959) est un ancien du Ku Klux Klan est devenu un leader qui pentecôtiste chrétienne et se déplace maintenant dans le monde entier prêcher l' Evangile et de l'enseignement contre le racisme et la haine des groupes tels que le Ku Klux Klan , Neo Nazis , et le Aryan Nations . Clary est aussi connu comme l'Ange catcheur Johnny qui eu du succès dans les années 1980 dans la Fédération National Wrestling (NWF).

Contenu

Famille, enfance et jeunesse

Johnny Lee Clary est né le 18 Juin 1959 à Martinez, en Californie . Il a été élevé dans une famille raciste, où son père l'a encouragé un langage raciste et le traitement des Noirs, [1] et a veillé à ce que Clary assisté à une toute église blanche. [2] Bien que le père de Clary, un catholique , n'était pas un Klansman ( le KKK est un anti-catholique du groupe), les Etats Clary que son oncle, Harold, était membre et qui se vantait d'Harold père de Clary de tournage d'un Afro-Américain homme. [2]

Selon les entrevues Clary a donné, sa jeunesse a été marquée par une vie de famille violente et tragique, et aussi par un manque de stabilité. À l'âge de 11 ans, il a vu son père se suicider et a été shunté d'un membre de la famille à l'autre. Finalement, il se retrouva seul dans East LA , où il s'est impliqué dans des gangs , et a rejoint le Ku Klux Klan au moment où il avait 14 ans. [2]

carrière Wrestling

En 1983, Johnny est devenu un lutteur professionnel et a été formé (avec son frère Terry Clary) par l'ancien NWA Heavyweight Champion du Monde Junior , Danny Hodge . Terry a commencé sa carrière sous le nom de Sugar Boy, avec Johnny comme son manager sous le nom de Der Kommisar 1980 après une chanson nouvelle vague de ce nom. Terry est le plus notable pour presque maintenant le NWA World Heavyweight Title Jr. pour une période très brève. Le scénario avait Terry vaincre puis-champion Danny Hodge après Johnny (représentant un talon caractère managérial) conclu sous les cordes pendant le match et Hodge déclenché avec une canne, puis la décision avait annulé en raison d'Johnny «ingérence».

Terry a continué à se débattre, changeant son nom de Buddy "Bad Man" Savage. Johnny a quitté la gestion lutte et a commencé à lutter par lui-même, en utilisant le nom de Johnny Angel. On lui a donné la NWF / NWA Heavyweight Title Arkansas en 1986 et est apparu dans des émissions pour Kansas City All Star Wrestling avec la National Wrestling Association . Plus tard, il a rejoint la National Wrestling Federation et a affronté certains lutteurs remarquables tels que DC Drake , Wendi Richter , et Sgt. Slaughter .

Johnny Angel, était DC Drake gestionnaire d 'dernier dans la NWF. Clary représenté Drake juste avant la retraite Drake. L'événement le plus mémorable entre les deux s'est produite à Kalispell, Montana quand Drake a été créé pour répondre à Sgt. Abattage de défendre son titre. Clary est arrivé dans la région de Kalispell environ une semaine avant le match et a créé un tollé à la radio locale et des émissions de télévision. Le soir du match, plus de 5000 fans voulaient la tête de Clary sur un plateau. Dans le match, Clary intervenu et a coûté Slaughter la ceinture, une émeute s'ensuivit et les deux Drake et Clary avait besoin d'une escorte policière vers le vestiaire. Clary a également représenté l'Ange espagnol cette nuit-là dans un match contre NWF championne Richter Wendi . Clary ingérence continue dans ce match et ainsi à peine fait revenir à la zone des vestiaires. Après le match, la police d'État du Montana a suggéré que Clary ne pas revenir à leur état. Drake et Clary rester amis à ce jour.

«Quand j'ai rencontré Johnny, je n'avais aucune idée de son origine ou de ce qu'il a été impliqué dans (KKK). C'était nombreuses années plus tard, après avoir lu son livre, que j'ai réalisé l'ampleur et la profondeur de son implication dans le Ku Klux Klan. L' fait qu'il a fait une pause dans son passé et est devenu un évangéliste réussie est un atout pour lui et montre la force de ses convictions actuelles. carrière de lutteur Johnny aurait pu être beaucoup plus de succès s'il n'avait pas été accablés par la haine qu'il portait avec lui depuis son enfance. Mais son histoire est celle de la rédemption. Aucune expérience n'est un gaspillage si les leçons sont apprises. Et dans le cas de Johnny, il a pris ces leçons et a fait le choix de partager ces expériences avec les autres. Sa vie est une source d'inspiration pour tous et est presque parallèle avec l'histoire sous-jacente qui a fait de la lutte professionnelle tel succès peut-bonne et vaincre le mal. Il vit que la philosophie quotidienne et continue à diffuser ce message. " - DC Drake

Johnny a tenu le titre Heavyweight Arkansas avec succès à plusieurs reprises entre 1986 et 1988, remportant même des matchs contre son frère Terry (sous le pseudonyme d'amis Savage). Johnny retraite de la lutte le 30 Juillet 1988 à Grove, Oklahoma après avoir remporté une bataille royale de 10 hommes. Au moment de sa retraite, il était toujours le champion Heavyweight Arkansas. En 2002, il a fait un retour ponctuel à la lutte professionnelle, en concurrence avec "Nature Boy" Buddy Landel lors d'un spectacle en Caroline du Nord en 2002.

racisme et la conversion à un prédicateur lutte contre le racisme

Alors que la lutte, Clary a poursuivi son implication dans le KKK. Selon ses entrevues avec plusieurs médias, Clary est devenu le Grand Dragon du bras de l'Oklahoma des chevaliers blancs du Ku Klux Klan . Demandes de Clary sont devenus de plus en plus déçus par le KKK, même en se levant à travers ses rangs. Il mentionne une première brosse avec le christianisme évangélique milieu des années 1980 et la fin, mais, selon lui, avait peur en revenir au KKK et a continué pour devenir l' assistant de Imperial des Chevaliers Blanc organisation en 1989 tout entière. [3] Au cours de son le leadership des chevaliers blancs n'a pas recueilli beaucoup d'attention médiatique pour leurs activités, mais Clary était un porte-parole actif pour le Ku Klux Klan, la défense contre le racisme et la violence contre les non-Blancs. Dans ce rôle, il est apparu sur talk syndiqué montre notamment ceux hébergés par Oprah Winfrey et Morton Downey, Jr . [4]

Dans les entrevues Clary affirme qu'il a quitté le KKK pour de bon en 1990 et a rejoint une église évangélique. Cette fois, il est resté avec l'église et en 1991 commença à prêcher. Il fait équipe avec Wade Watts , un prédicateur et ancien chef de la section de l'Oklahoma Association nationale pour l'avancement des gens de couleur (NAACP), avec lesquels il avait déjà affrontées à de nombreuses reprises au cours de son temps dans le KKK. [5]

L'histoire de la conversion de Clary d'une Klansman à un prédicateur anti-racisme a attiré l'attention de nombreux médias chrétiens et plusieurs talk-shows nationaux australiens. Clary est également apparue sur ressortissant américain talk-shows tels que "Donahue", et "Geraldo", en discutant les questions raciales aux Etats-Unis. [6]

Johnny Lee Clary est maintenant un ministre ordonné en vertu Jimmy Swaggart et vit à Baton Rouge, en Louisiane [7] .

L'impuissance apprise

Par Le 28/11/2012

 JUSQU AU BOUT

EXTRAIT

"Dans la soirée, il se plongea dans la lecture. Il était consterné de voir le retard général que l’école avait accumulé dans ses méthodes alors que depuis 1920, une femme avait découvert qu’il était tout à fait possible de travailler différemment. Pour les auteurs de ces ouvrages, notre système scolaire était le plus efficace pourvoyeur de cas « d’impuissance apprise. »

L’expérience du brochet l’effraya au plus haut point : Un chercheur avait plongé un brochet dans un aquarium divisé en deux parties par une vitre invisible pour le prédateur. De l’autre côté de la vitre, il avait placé un petit poisson. Lorsque le prédateur eut faim, il se précipita sur la petite proie et se heurta violemment à l’obstacle. Il revint à la charge et s’assomma de nouveau. Toutes ses tentatives s’avérèrent évidemment infructueuses. Il finit par abandonner et resta prostré, piteusement, dans son coin. Lorsque le chercheur retira la vitre, le brochet ne fit aucun essai pour manger le petit poisson. Il avait appris l’impuissance.

Le chercheur, après d’autres expériences du même type, avait défini exactement ce que ces termes impliquaient chez l’enfant. Lorsqu’il subissait plusieurs échecs consécutifs dans une matière ou dans plusieurs, l’enfant  finissait par ne plus manifester le moindre désir de maîtriser la situation, il devenait incapable d’établir un lien entre ses actions et ses résultats et il pouvait même tomber dans un état dépressif. L’écrivain insistait sur l’extrême gravité de cette situation. Par l’intermédiaire de ce conditionnement, vécu pendant des années, répété de façon identique par des enseignants stéréotypés, tous persuadés de détenir la bonne méthode, assimilant les uns après les autres les conclusions de leurs prédécesseurs, l’enfant finissait par penser qu’il était non seulement nul en mathématiques ou en français, mais qu’il n’avait même aucune aptitude en rien. Il enfilait alors le costume de cancre, ce costume que le système scolaire n’avait cessé de lui imposer. L’écrivain finissait en condamnant les pédagogies coercitives qui établissaient leur fonctionnement sur la comparaison entre élèves. « Un tel a le niveau que j’espérais, un tel ne l’a pas, un tel a réussi mes évaluations, un tel les a ratées. » Et les enseignants se réjouissaient de « leurs » réussites avec certains élèves et se plaignaient du manque de travail et de volonté des autres. Et ils condamnaient, sans aucune arrière-pensée, sans le moindre doute, ceux qu’ils avaient eux-mêmes détruit, à petit feu, justifiant toujours, avec une fierté évidente, la qualité de leurs enseignements devant les excellents résultats des élèves les plus malléables ... ou les plus soumis."

We are not what we say we are

Par Le 27/11/2012

Il y a des musiques qui sont belles à pleurer, comme si on retrouvait des émotions lointaines, des souvenirs d'enfance, des parfums perdus, des frissons jamais oubliés, tout ce qui se cache en nous, comme un petit animal craintif, il faut de la paix en soi pour que l'amour jaillisse.

L'amour de la Nature (spiritualité)

Par Le 24/11/2012

Le titre évoque bien entendu, en première pensée, l'idée que l'homme peut aimer la Nature.

Mais la Nature éprouve-t-elle de l'Amour pour nous, pour tous les êtres, les végétaux, tout ce qu'elle crée ?
Y a-t-il en elle une émotion, un sentiment, un bonheur ?

Bien entendu, au premier abord, la proposition paraît absurde. Pour que cela soit, il faudrait une conscience et par conséquent un organe émetteur, un "cerveau", une entité extrêmement évoluée...
La Nature ne peut pas être assez évoluée pour ça.

Non, c'est cette phrase qui est absurde en fait. Rien de connu n'est plus évoluée que la Nature. Nous en sommes un élément, performant c'est un fait, mais devant la richesse infinie de la Nature, rien ne dit que nous en sommes le point ultime au point d'être plus évolués qu'elle alors que nous en sommes issus. Cela signifierait qu'une des créations serait plus perfectionnée que le "créateur" lui-même... Que nous aurions conscience de l'élement qui nous a créés alors que ce "créateur" en serait dénué...

Il semblerait par conséquent que cette performance nous ait amenés à penser que rien ne serait plus conscient que l'être humain au point que la Nature dont nous sommes issus ne possèderait pas cette conscience. Comme s'il nous était insupportable d'imaginer une entité supérieure.
Et je ne parle évidemment pas d'un Dieu issu de la conscience des hommes.

Je parle uniquement de la Nature.

Mais si la Nature est effectivement dotée de cette conscience, cela suppose qu'il y a en elle une intelligence et par conséquent une intention quant à sa création. Nous sommes des êtres dotés d'intelligence et de conscience et nous nous engageons dans des voies précises avec une intention, un projet, une projection temporelle. C'est cela qui a permis l'évolution de notre espèce et nous ne pouvons pas regretter les temps préhistoriques. Nous vivons dans une sécurité bien supérieure à celle de Lucy, de Toumaï, des Gaulois, des serfs, des sans culottes, des Poilus, de nos grands-parents...Impossible de le nier. Malgré tout...

Bien, nous avons donc évolué en fonction d'une intention, celle d'améliorer le quotidien de chaque individu. Le nôtre d'abord. En travaillant à notre survie individuelle, nous avons contribué à celle de l'ensemble.

Pouvons-nous dès lors envisager que la Nature, dans l'hypothèse d'une conscience et d'une intelligence, agisse différemment que la création la plus évoluée de son oeuvre ? Il nous est bien nécessaire de considérer que cette Nature a un projet. Ou alors nous devons rejeter toute idée d'intelligence de sa part. Ce qui reviendrait à dire que nous sommes une entité disparate issue d'un fabuleux hasard...Hum...

Bien. Quel projet ? Voilà LA question... Ce projet nous est-il accessible dès lors que nous adoptons une attitude hautaine, dès lors que nous ne sommes plus dans un statut de création respectueuse mais que nous nous attribuons le rôle de maître supérieur ? Dès lors que nous considérons la Nature comme une entité hasardeuse, comment pourrions-nous accéder à ce projet alors que nous ne voyons dans notre évolution que le résultat de nos efforts et non une osmose constructive entre le "créateur" et son oeuvre ?

Si dans une classe, un élève en vient à penser qu'il est plus performant que le maître, il finira obligatoirement par fabriquer en lui un projet qui ne sera plus celui de ce maître...Je reconnais que parfois, c'est préférable pour les élèves au vu de certains professeurs...

Mais pour l"humanité ? Avons-nous bien fait de nous extraire ainsi d'une fusion nourricière en décidant que nos performances millénaires suffisaient à nourrir notre évolution ? Quelle évolution ?
Médicale, culturelle, technologique, matérielle. Oui, c'est indéniable.
Est-ce suffisant ?
Qu'en est-il de cet Amour dont je parlais ? Lorsque j'aime la Nature, le sait-elle ? N'y a-t-il de ma part qu'une opportunité que je saisis, la plénitude de la contemplation, le bonheur de la marche en montagne, l'émerveillement devant la neige qui tombe, ou cette joie infinie en moi transmute-t-elle dans le corps immense de la Nature ? Est-ce que je lui suis relié en tant que créature naturelle au point qu'elle ressente ce que je vis lorsque je l'aime ?

On pourrait craindre si c'est le cas qu'elle ressente depuis un certain temps une animosité quasi générale et non un amour infini...

Se pourrait-il dès lors que cette intention, ce projet de la Nature se soit révélé inconsidéré et que nous ayons échappé à son contrôle ? Mais a-t-elle instauré un contrôle ou sommes-nous une expérience libre de toutes entraves ? Le risque me paraît monstrueux...Se peut-il que cette intelligence humaine se soit retournée contre le "créateur" lui-même ou cela fait-il partie d'un projet qui nous échappe totalement étant donné qu'il semble se retourner contre l'expérimentateur lui-même ?

L'expérimenté se révolte et délaisse toute forme d'amour. Il brise ses chaînes ou ce qu'il imagine être des entraves, il s'élève sur le piédestal de son progrès, il réduit la création à une marchandise... Et cela ferait partie d'un projet ? Alors cela voudrait dire que la raison de la Nature est au-delà de la raison humaine. Et que nous ne pouvons pas la comprendre.

Ou bien que tout ceci n'était qu'une élucubration de plus et que nous ne sommes qu'un hasard fortuit au milieu d'un capharnaüm intersidéral.

Tant pis si c'est le cas. Je continuerai béatement à aimer la Nature en imaginant qu'elle m'aime en retour. Au moins, je continuerai à marcher respectueusement dans l'herbe, à parler aux arbres, à caresser leurs écorces, à contempler une roche, à honorer les torrents de montagne et à bénir les flocons de neige.

 

P1010628 3

A CŒUR OUVERT : Mon cœur

Par Le 24/11/2012

Mon coeur.

Heart of fire by andreeabloom d4lkl4l

Bien sûr, en lisant le titre, on s'attend à tomber sur une déclaration d'amour, des phrases merveilleuses, un hommage flamboyant envers l'être aimé...Celle que j'aime sait combien je l'aime. "Le diamant de ma vie dans l'écrin des montagnes."

Mais il s'agit de mon coeur, le mien, celui qui bat dans ma poitrine. Il y a quelques temps, j'ai fait une alerte vasculaire cérébrale sous la forme d'une diplopie binoculaire. Examens en urgence, échographies des artères, scanner cérébral et électrocardiogramme. Et c'est là que j'ai rencontré mon coeur. Je l'ai vu battre sur un écran. Au début, j'ai pensé immédiatement aux échographies sur le ventre de ma princesse, lorsqu'elle portait nos enfants. Ce petit battement rapide, ce petit être en formation, un bonheur à venir.

Cette fois, je n'arrivais pas à réaliser que c'était mon coeur, un organe en moi, celui qui portait le flux vital, celui que la vie avait investi pour que j'apparaisse. Une émotion immense, là, avec une force belle à pleurer, ce mouvement régulier auquel je ne pense pas, pour lequel je n'interviens pas, gonflement, contraction, gonflement, contraction, un tempo liquide, comme au fond d'un océan.

Clouic cic, clouic cic, clouic cic, clouic cic...

Mon coeur...L'impression que le terme ne convenait pas. Comment s'attribuer un organe que je ne possède pas, sur lequel je n'ai aucun pouvoir, qui vit en moi sa propre existence, dans le secret d'un corps auquel je suis identifié puisque c'est lui que les autres voient ? Je ne suis qu'une enveloppe et lui le courrier. Et j'ignorais son message.

Clouic cic, clouic cic, clouic cic, clouic cic...

La vie extérieure à laquelle on attache toute notre énergie et cette vie cachée qu'on ignore, à laquelle on ne pense même pas, comme si sa présence était une évidence, comme si son fonctionnement relevait de la raison, qu'il n'y avait pas à s'en préoccuper autrement que de chercher à rester en bonne santé. Une insignifiance brutale. Comme si, là, sous mes yeux, dans l'écran coloré, ces flux sanguins, ces valves animées de spasmes contrôlés (par quoi, par qui?) , toute cette machinerie miraculeuse prenait soudainement la forme réelle de la vie. J'ai pourtant déjà été confronté à bien d'autres soucis de santé. Mais je n'avais jamais vu mon coeur en direct. La médecine ne m'avait proposé que des radios, des scanners, des images figées, sans aucun son, aucun mouvement, aucune vie "palpable". On devrait peut-être faire passer un électocardiogramme à tous les enfants de la Terre. Qu'ils aient tous la chance immense de rencontrer un jour la Vie qui est en eux. Qu'ils réalisent, même si ça n'est pas verbalisé, que c'est la vie qui se sert de nous, que nous ne sommes que des convoyeurs très chanceux.


Tout ce que j'ai vécu, tous ces élans qui m'ont laissé hagard, ces instants merveilleux au coeur du monde, n'étaient-ils que des approches inachevées, des horizons insuffisamment parcourus, et l'amour pour les êtres, ces embrasements de l'âme ou du coeur, cet antre mystérieux qui s'enflamme, n'étaient-ils que des tremplins insignifiants, des sauts de puce alors qu'en moi se tenait un géant assoupi ?

En fait, moi aussi, j'ai été enceinte. Enceinte de la conscience de la Vie. Et j'ai enfanté ce jour-là.

Je comprends aujourd'hui pourquoi j'ai eu ce désir irrépressible d'écrire "A coeur ouvert".

Coeurouvertwhite

Effondrement

Par Le 24/11/2012

Il faut que je trouve ce livre...

Des livres
Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie [Jared Diamond]
Jared Diamond, Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie. Gallimard, 2006.

(JPEG)

[Article de 2006, complété en février 2010, à la suite de la parution de Questioning Collapses. Human resilience ecological vulnerability and the aftermath of empire, Cambridge University Press]

Géographe à l’université de Californie, à Los Angeles, Jared Diamond est également un biologiste et un physiologiste qui publie son troisième ouvrage sur l’avenir du monde. En reliant un impressionnant travail d’archives et de prospective, il éclaire les questions que nous nous posons sur le climat, l’environnement, les ressources. Qu’on ne s’y trompe pas : en écrivant sur les Vikings ou les Mayas mis en parallèle avec les Rwandais, les Haïtiens, les Chinois ou les Australiens, pour J. Diamond, c’est de notre futur qu’il s’agit.

D’autant que Diamond prévient le lecteur : « L’échec n’est pas réservé aux petites sociétés périphériques vivotant dans des contrées fragiles. Les sociétés les plus évoluées et les plus créatives peuvent aussi s’effondrer » écrit-il, en citant l’exemple des Mayas dont le temps a englouti, en quelques dizaines d’années, la brillante civilisation. Ces millions d’habitants dont il ne reste rien des dynasties, des calendriers, de l’art, de l’écriture, de l’urbanisme, de l’astronomie... Diamond n’y va pas par quatre chemins : c’est l’exploitation sans vergogne des ressources naturelles qui fut largement à l’origine de la chute de la Grèce mycénienne, des civilisations du Moyen Orient et de l’Indus ou de l’Empire khmer dont il reste l’étonnant Angkor Vat : « Tous les peuples sont susceptibles de verser dans la surexploitation de leur environnement, d’autant plus que sa dégradation progressive, brouillée par les fluctuations ponctuelles, reste difficile à appréhender ».

Jared Diamond a développé plusieurs cas dans son ouvrage dont on peut, à titre d’exemples, citer quelques analyses. Il parvient à écrire une véritable géographie des Mayas. On sait que les densités en pays maya étaient très élevées entre 250 et 800, du fait des techniques d’irrigation qui ont fait la fortune de cités-Etats. Comme elles le firent en Europe avec les cathédrales, les « villes » entrent dans une concurrence au plus beau temple, alimentée par les pouvoirs monarchiques locaux. Le déboisement ruine la forêt, assèche le climat qu’un cycle général de réchauffement des températures rend encore plus prégnant. Une famine provoque des guerres civiles, des maladies tandis que les rois se coupent du peuple. C’est pourquoi Cortès ne verra rien des Mayas dans les Yucatan qu’il traverse en l’an 1524. Un deuxième exemple est celui des moai de l’Ile de Pâques. 847 moai - dont une moitié reste encore dans des carrières - pesant jusqu’à 270 tonnes, ont été taillés et alignés sur des plates-formes monumentales. Comment refaire la géographie de cette île, sachant que les Polynésiens s’y sont installés probablement vers l’an 900 et que huit cents ans plus tard, les navigateurs européens n’y découvrent que la ruine et la désolation des arbres et des animaux disparus. La forêt aurait été détruite en six cents ans, pour produire ces statues qu’il avait fallu acheminer sur des rails en bois, avec des cordages. Les chefs auraient, dans leur délire concurrentiel, conduit à l’extension des terres cultivées et à la ruine de la forêt. L’impossibilité de construire des pirogues, la famine jusqu’à l’anthropophagie, la destitution des chefs à la fin du 17e siècle et, pour finir, la destruction des statues, brisées au niveau du cou, par la société qui les avait édifiées, tel fut le destin des douze tribus des Pascuans.

Pour Jared Diamond, quatre facteurs peuvent concourir à l’effondrement d’une société : le changement climatique, la dégradation de l’environnement, l’hostilité des voisins, des rapports de dépendance avec des partenaires commerciaux. Mais les réponses apportées par une société, selon ses valeurs propres, peuvent enrayer le processus, comme Diamond le montre pour le cas de la République dominicaine qui partage le même espace géographique qu’Haïti. Les Vikings installés au Groenland offrent une belle occasion de montrer comment ce peuple fut victime du petit âge glaciaire au 14e siècle. En refusant de s’accommoder au froid, de chasser la baleine, de manger du phoque, en préférant garder le mouton et le bœuf nécessitant du fourrage, l’urbanisme scandinave et ses églises coûteuses, les Vikings s’exposent à la mort plutôt que d’embrasser le genre de vie des peuples locaux qu’ils détestent.

Les analyses sur la Chine, « géant qui titube », l’Australie ou le Montana surprendront plus d’un lecteur. Elles montrent qu’il n’y a rien de fatal dans la course accélérée à la dégradation mondialisée de l’environnement mais qu’il va falloir prendre de bonnes décisions. Comment peuvent se mobiliser les grandes entreprises pour protéger l’environnement ? Et qu’est-ce que cela implique que le monde soit devenu un « polder » ? Diamond sait, comme Fourastié en ses Trente Glorieuses, être persuasif en décrivant la Californie comme il la voit : « Les problèmes environnementaux et démographiques ont miné l’économie et la qualité de vie en Californie du Sud. Ils sont dans une large mesure responsables de nos pénuries d’eau et de courant, de notre accumulation d’ordures, de notre surpopulation scolaire, de nos pénuries de logements, de nos hausses de prix et de nos embouteillages ». En France, on pourrait remplacer Californie par... Languedoc ou Provence pour actualiser spatialement la démonstration. Diamond fixe de sérieuses mises en garde : non, la technologie ne résoudra pas ce type de problèmes ; non, les ressources sont bien épuisables ; oui, il y a bien un problème alimentaire mondial ; non, la crise démographique ne s’épuisera pas d’elle-même. Et il enfonce le clou en fustigeant ceux qui pensent que le souci de l’environnement est un luxe de riches.

La parution de Questioning Collapse en 2010 par des anthropologues et archéologues anglo-saxons est un pavé dans la mare de J. Diamond. Ils nient l’effondrement de l’île de Pâques avant l’arrivée des Blancs, dans les dernières décennies du 18e siècle. Ils expliquent que les Mayas ont changé d’activité autour de l’an mil. Ils appuient l’idée que ces mêmes Mayas auraient migré ailleurs (il y en a 7 millions aujourd’hui) tout comme les Vikings qui ont fui le Groenland, tout simplement. En accusant les civilisations mayas, viking ou pascuane d’avoir été aveugles sur la dégradation de leur environnement, Diamond aurait passé sous silence le rôle de la colonisation qui a décimé l’Amérique du Nord et l’Australie de populations par le choc microbien ou l’extermination. C’est se garder de l’examen de conscience que devrait faire l’Europe sur sa conquête coloniale. D’ailleurs, P. Mc Anany et N. Yoffee accusent tout simplement Diamond d’avoir inventé l’idée de catastrophe environnementale pour ne pas voir les pages effroyables d’une histoire des peuples autochtones qu’il faudra bien un jour réécrire et porter au grand jour.

Compte-rendu : Gilles Fumey (géographe, université Paris-Sorbonne)

URL pour citer cet article: http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=896
"J'ai rencontré un voyageur venu d'une terre
antique
Qui disait:Deux jambes de pierre, vastes
et sans tronc,
Se dressent dans le désert. Près d'elles, sur le sable,
Mi-enfoui, gît un visage brisé, dont le sourcil
qui se fronce
Et la lèvre plissée, et le ricanement de froide
autorité
Disent que le sculpteur sut bien lire ces
passions
Qui survivent encore, imprimées sur ces choses sans
vie,
A la main qui les imita, au coeur qui les nourrit.

Et sur le piédestal apparaissent ces mots:
"Mon nom est Ozymandias, roi des rois;
Contemplez mes oeuvres, ô Puissants et
désespérez."

Rien de plus ne reste. Autour de la
ruine
De ce colossal débris, sans bornes et
nus
Les sables solitaires et unis s'étendent au
loin.

Percey Bysshe Shelley, Ozymandias.

MOREY éditions

Par Le 24/11/2012

J'aime beaucoup la présentation de cette maison d'éditions. Je vais les contacter.


  • «La vraie sagesse de la vie consiste à voir l’extraordinaire dans l’ordinaire.» Pearl Sydenstricker Buck.
  •  MOREY EDITIONS est née en 2010 d’un simple constat : « Nous sommes nombreux à vivre des moments Extraordinaires dans notre vie ordinaire. »
  • Florence Dell’Aiera, qui est à l’origine de ce projet, est la première à avoir l’idée de créer une maison d’édition mettant en avant des auteurs extraordinaires. Ce terme, signifiant « toute expérience sortant de l’ordinaire »n’est pas le fruit du hasard. Il est grand temps de communiquer sur ce que nous sommes, des gens ordinaires vivant parfois des phénomènes inexpliqués ! » A travers des récits de fictions, des témoignages, des ouvrages de recherches, MOREY EDITIONS souhaite partager sa propre curiosité face à l’inexplicable tout en gardant en tête l’essentiel : avoir les pieds bien ancrés sur terre ! Les différentes collections voyant le jour chez MOREY EDITIONS sont donc là pour apporter aux lecteurs une ouverture sur l’Extraordinaire d’une manière générale et sans a priori aucun. MOREY EDITIONS souhaite aussi recevoir des manuscrits d’auteurs étrangers francophones. Vous êtes à l’autre bout du monde ? Aucun souci, nous pouvons travailler ensemble tout de même pour des versions numériques de vos ouvrages ! Envoyez-nous par mail vos manuscrits en vérifiant de bien remplir les conditions énumérées ci-dessous.
  • Parle Français, Anglais américain, Italien, Russe et Chinois mandarin

http://www.morey-editions.com/

L'informatique à l'école...

Par Le 24/11/2012

Vive l’informatique à l’école ! (faudrait juste des ordis)

http://blog.francetvinfo.fr/l-instit-humeurs/2012/11/24/vive-linformatique-a-lecole-faudrait-juste-des-ordis.html

Publié le 24 nov 2012 / 2 commentaires


A l’école, l’informatique est au programme. Normal, on est au XXIème siècle, me direz-vous. Détrompez-vous. Un rapide petit tour dans une salle informatique scolaire vous confirmera que l’école française est toujours au XXème siècle. Chaque année, on doit faire valider aux élèves ce qu’on appelle le B2i, le Brevet Informatique et Internet, qui comporte un certain nombre de compétences comme « prendre conscience des enjeux citoyens de l’usage de l’informatique et de l’internet et adopter une attitude critique face aux résultats obtenus » ou encore « découvrir les richesses et les limites des ressources de l’internet ». Dans les faits, ça se résume souvent à découvrir les limites des ressources disponible pour travailler correctement.

15 PC pour 350 élèves

Dans notre école, il y a 350 élèves. Dans la salle informatique, il y a 15 ordinateurs. En début d’année, on a fait un planning pour la salle info, chaque instit a choisi un créneau horaire. Ma classe, c’est 45 minutes le jeudi en début d’après-midi. Comme je n’ai pas 15 élèves dans ma classe mais 27, j’ai le choix : soit je mets deux élèves par ordi (enfin, un assis devant, un debout derrière, vu qu’il n’y a pas assez de chaises), soit je fais deux demi-groupes : un sur les ordis, l’autre en autonomie sur, disons, de la lecture.

Cette année, on a réussi à libérer la classe mitoyenne de la salle info, il suffit de se poster à la porte et de forcer un peu sur son strabisme naturel pour surveiller les deux salles en même temps, info d’un côté, lecture de l’autre. Je demande au groupe info d’allumer les ordis, puis je mets le groupe lecture sur les rails, explique ce que j’attends, répond aux questions des élèves, puis m’installe pour quelques minutes en salle info.

Goupil

Goupil

Les ordis n’ont toujours pas démarré. Ah oui, j’ai peut-être oublié de vous dire : on a de vieux PC merdiques, qui n’ont que 4 ans mais qui sont tellement pourris que je crois bien qu’on a touché un fond de stock de la Stasi issu du démantèlement de la RDA. Les TO7 70, MO 5 et autres Goupil de mon enfance étaient probablement plus puissants. Comme en plus, toutes les classes de l’école travaillent sur les mêmes ordis, qu’aucun enseignant n’a le temps de "nettoyer" les disques ou de défragmenter, il faut attendre 10 bonnes minutes avant d’arriver sur le bureau. Du coup, il ne reste que 30 minutes. Bon. Je retourne du côté du groupe lecture. En guise d’autonomie, la moitié discute et fait semblant de s’y mettre quand j’arrive, l’autre moitié ne m’a pas vu entrer et continue à discuter. Grondement.

Plantade et attente de chargement

Je reviens en salle info où les premiers écrans s’allument. Je lance les élèves sur un travail d’édition, avec recherche d’images sur le net, insertion dans un document text (oubliez word et office, vous êtes à l’école), mise en page et impression. Pour la recherche d’images, je préfère ne pas être trop loin. J’ai donné comme thème « animaux domestiques », mais on ne sait jamais sur quoi on peut tomber page 5. Le temps pour les élèves de taper correctement sur le clavier, de trouver l’animal et choisir la photo, je vais voir le groupe lecture, qui vient en moyenne d’attaquer le premier paragraphe de la première page. Grondement bis. Retour en salle info, où trois ordis ont planté. Redémarrage, je sens que ces trois-là n’auront même pas le temps de voir à nouveau le bureau. Les autres ont choisi leur animal, leur photo, et attendent : je ne sais pas pourquoi, le téléchargement des photos prend toujours des plombes. Peut-être parce qu’on a une connexion tout à fait pourrie (j’entends presque la musique caractéristique des modems 56 k de la préhistoire numérique…). C'est bête qu'ils aient détruit le Minitel. Pour le wifi, oubliez aussi. Les ondes.

Plus le temps de commencer

Antonin Moulard @ Flickr

Plus que 10 minutes, je rêve. Heureusement, Kevin a réussi à charger son image de bull-terrier, il peut commencer sa mise en page. J’en profite pour rappeler les règles et les usages. Détour rapide vers le groupe lecture, qui finit tranquillement la deuxième page, tant pis pour les questions, on les fera en classe. Les 5 dernières minutes, on les passe, avec le groupe info, à essayer de sauver les images chargées et à commencer la mise en page. Les 3 qui avaient planté viennent de retrouver leur bureau, super. Je leur dit d’aider les autres, de toute façon ils n’ont plus le temps de commencer.

Bon sang de toner

Kevin a fini, chouette, on va pouvoir imprimer, ça fera un exemple pour les autres, pour la prochaine fois. Enfin, si l’imprimante veut bien, c’est pas moi qui commande. Il faut dire qu’elle n’a pas été changée, elle, quand les ordis l’ont été (y avait quoi avant la Stasi ?). Je trifouille, j’ouvre tous les capots, les referme, je reboote, pendant ce temps je demande aux autres d’enregistrer et de quitter, mais surtout pas d’éteindre leur ordi (je pense à ma collègue qui va arriver, je vais lui faire gagner 10 bonnes minutes). Tout compte fait, le problème de l’imprimante, c’est qu’il n’y a plus de toner. Bon, tant pis, on va imprimer sur l’imprimante N & B, de toute façon son bull-terrier, à Kevin, il est noir et blanc. Bien sûr, comme une fois sur deux avec cette antiquité, j’ai droit au bourrage papier, avec option petit morceau de feuille coincé tout au fond. Comme c’est mort pour l’impression (ce que je ne regrette pas, au fond, un bull-terrier, en plus d’être vraiment moche, c’est pas un super exemple d’animal domestique), je demande aux élèves de se ranger dans le couloir, je passe prendre les lecteurs (« déjà ??? mais j’ai pas encore fini » ose Rania), j’essaie de régler le bourrage papier au passage, n’y parviens pas, prends mon rang et réintègre dans ma classe. Il est 14 h 25 quand mes élèves s’assoient à leur place, c’est bien, on n’a pas perdu notre temps.

Impossible d’installer des logiciels

http/philippe.aussel.free.frlogicielslogitheque.html

Le lendemain midi, avec les 4 élèves de mon groupe de soutien, pardon, d’aide personnalisée, je décide de travailler sur l’ordi de la classe. Il est un peu plus vieux que ceux de la salle info (sérieux, y avait quoi avant la Stasi ?), et il est difficile d’y travailler à plus de deux. Heureusement j’ai amené mon ordinateur portable, comme ça les élèves peuvent travailler par deux. J’ai bien été obligé d’amener mon ordi perso : j’ai voulu installer des petits logiciels gratuits sur le PC de la classe (des freewares tout bêtes, permettant de travailler sur les tables de multiplication), mais je n’y suis jamais parvenu. A chaque fois, l’ordi me demande si je dispose des outils administrateurs pour installer un logiciel. Non, je n’ai pas les outils administrateur, et le monsieur qui a les outils administrateur passe une fois par an à l’école. C’est ça l’Education Nationale, le principe de précaution poussé à l’extrême, jusqu’à l’absurde : impossible d’installer des logiciels libres et gratuits, pourtant diablement intéressants.

Voilà pourquoi je fournis mon ordinateur perso, qui en plus est bien plus rapide. J’ai installé le logiciel sur la multiplication en 15 secondes, les élèves aiment beaucoup et progressent.

« Evitez les blogs de classe, c’est un conseil »

Lors d’une formation en anglais, l’année dernière, on a passé une journée à créer un blog dédié, en nous montrant des tas de logiciels, sites et portails. Hyper intéressant. Le problème, c’est qu’à chaque découverte, le formateur nous disait : « Bon ça, je vous le montre, mais vous ne pourrez pas l’utiliser en classe, c’est pas libre de droits », ou encore « pour installer ces fonctionnalités, vous devrez disposer des outils administrateurs » (puisque je vous dis qu’on les a pas !). On s’est tous demandé à quoi bon nous présenter des outils inutilisables en classe…

En guise de conclusion, le formateur nous a dit : « De toute façon, je vous déconseille de faire des blogs en classe ou à l’école. Il y a eu beaucoup de problèmes ces dernières années, notamment s’agissant du droit à l’image et à la vie privé. Les familles ne plaisantent pas avec ça, la Loi non plus. Le cadre législatif est ainsi fait que vous serez toujours, vous instit, perdant. A vous de voir ». C’est tout vu.

La France, quart-monde numérique

Le numérique est une des priorités du ministre. Le budget alloué au numérique a triplé, par rapport à 2012, dans le projet de loi de finances de 2013, pour atteindre 10 millions d’euros.

En 2010, le rapport Fourgous révélait que la France se plaçait en 24ème position sur les 27 pays européens en matière d’équipement informatique à l’école. Un rapport du HCE (Haut Commissariat à l’Education) sur "Le numérique à l’école" détaille les carences : la France propose en moyenne 8,6 ordinateurs pour 100 élèves à l’école élémentaire (dans mon école, on est loin du compte) ; le matériel est renouvelé tous les 7 ans quand il devrait l’être tous les 4 ans ; près de 10 % des écoles n’étaient pas encore connectées à Internet en 2010 ; 3,5 % des classes de primaire étaient équipées il y a deux ans d’un tableau numérique interactif, contre 78% au Royaume-Uni.

Le numérique, les tablettes, la pédagogie online, les portails d’outils TICE, les salons du numérique scolaire, la technologie qui va révolutionner la manière d’enseigner, tout ça c’est super, mais on ferait peut-être bien de commencer par nous donner des ordinateurs, non ?... Quant à la formation des enseignants dans ce domaine, il est plus sage de ne pas aborder la question.

 

Suivez l'instit'humeurs sur Facebook.

 

Philosophie de la sagesse

Par Le 24/11/2012

Il n'est pas nécessaire de s'observer longtemps pour s'apercevoir que nos réactions sont "mécaniques" et nous renvoient à des fonctionnements anciens. J'appelle ça la "personnalité". Elle ne nous appartient pas, elle se constitue à travers les conditions de vie. Si nous devions répondre consciemment à chaque stimulus de la vie, nous nous épuiserions sans doute. La mécanicité nous permet donc de répondre rapidement aux évènements quotidiens. C'est un peu comme si nous utilisions notre disque dur. Les données sont là. Il n'y a rien à inventer. Il convient juste de savoir que ces données nous ont été « implantées » à travers notre éducation, notre histoire, nos bonheurs, nos traumatismes.


"Quand tu les comprends, les choses sont ce qu'elles sont. Quant tu ne les comprends pas, les choses sont ce qu'elles sont."

Le problème principal vient du fait que cette personnalité n'accepte pas les choses et qu'elle tient absolument à les marquer de son empreinte. C'est l'ego. Dans nos relations humaines et dans les relations qu'on entretient avec soi-même, il y a un conflit latent qui émerge souvent et qui n'est que la preuve de notre incomplétude. Nous ne sommes pas unifiés avec la vie. Gurdjieff disait que la machine humaine est mue par l'énergie automatique des centres et qu'elle tient l'individu sous sa coupe. L'essence, qui est la partie réelle de nous-mêmes est devenue passive. Elle s'efface parce qu'elle ne peut pas fonctionner dans le conflit. Elle n'émerge que dans la plénitude. Comme nous n'avons pas été sollicités à vivre sereinement nos émotions, nous ne fonctionnons qu'à travers notre personnalité.

L'éducation occidentale se limite à un enseignement intellectuel. La spiritualité en est absente. La vigilance envers nos émotions est bannie. Nous devons juste apprendre à refouler, à contenir, à maîtriser. Mais il ne s'agit pas d'une maîtrise réelle. On n'apprend pas la vigilance à un condamné. On l'enferme dans les conditionnements et les rituels. La maîtrise réelle n'existe qu'à travers l'acceptation et l'analyse.

En fait, nous ne sommes pas des individus mécaniques mais nous agissons de façon mécanique. Nous avons appris des adultes auxquels nous étions soumis que les changements venaient de l'extérieur: de nos parents, de nos maîtres, de nos dirigeants, de nos patrons, de la société en général...Cette identification à des schémas de pensées fait peser sur l'essence une masse gigantesque.

Si nous nous rebellons, ça n'est jamais qu'une réaction à des phénomènes qui finissent pas nous étouffer. Nous ne sommes toujours pas libres dans notre essence mais manipulés par une personnalité qui s'identifie à la rébellion. Ça n'est jamais qu'une nouvelle forme de mécanicité. Nous imaginons que le travail sur soi porte ses fruits et que nous nous "éveillons" alors que nous restons "déterminés" par des phénomènes extérieurs. La personnalité a simplement pris une autre forme. Ces émotions qui génèrent cette colère et cette révolte prennent leur source dans le puits des traumatismes de l'enfance. Ce sont des émotions négatives et elles occupent une place considérable. Les conditions de vie, l'exubérance, la multiplicité des phénomènes qui nous assaillent font que nous recouvrons ces traumatismes et que nous ne les observons pas dans leur genèse, que leurs conséquences nous échappent, que bien souvent nous attribuons à des stimuli extérieurs les résonnances émotionnelles qui nous submergent. "C'est la faute de..." Une faute extérieure.
 

Il faut basculer dans un autre état de conscience pour réaliser que les traumas n'existent pas dans l'esprit de l'individu mais que la personnalité les entretient car elle y prend forme.

"Je suis celui qui souffre...Je suis celui qu'on n'aime pas...Celui qu'on ignore...Je suis une victime des autres...Je suis incompris..."

Je suis surtout incompris de moi-même. Le problème majeur vient du fait que le mental, serviteur fidèle de la personnalité, trouve son énergie dans le passé psychologique qu'il a créé. Il ne peut pas exister dans l'instant présent. Il est tourné vers le passé car c'est là qu'il dessine ce qu'il pense être. Il se nourrit des traumatismes.

La conscience de la vie, (pas des conditions de vie mais de l'instant hors du temps) permet l’effacement de l'ego, du mental, de la personnalité. Elle renvoie ces entités à leurs places réelles. Juste des partitions d'un disque dur. Ça n'est pas l'individu, c'est un programme "informatique" destiné à faire fonctionner l'individu dans l'existence sociale. Pas dans l'existence spirituelle.

L'objectif est de ramener l'attention vers l'essence et de cesser d'entretenir la personnalité. Elle ne disparaîtra pas mais elle réintègrera la place qui est la sienne. Un ouvrier, pas un maître d'intérieur. Ni encore moins l'architecte.
La difficulté vient de la mise en place de cette prise de conscience. A mon avis, ça ne peut pas passer uniquement par le mental et c'est là que l'écriture montre ses limites. Comment pourrait-on se libérer du mental en usant de ses outils? La parole, la réflexion, l'écriture, l'analyse ou la psychanalyse. Cette énergie que j'utilise pour ranimer mon essence et la plénitude dont elle a besoin, elle s'épuise à lutter contre des entités redoutables. Mais si je lutte contre un "mal" en usant des outils avec lesquels ce mal s'est installé est-ce qu'il est possible de construire un état de conscience qui ne soit pas infecté par les miasmes des cadavres?

 

En fait, je n'écris pas. Je ré-écris. Rien de neuf. Toujours la même chose. Parce que les outils que j'utilise sont les poisons qui m'ont contaminé. J'écris par "réaction", pas dans un état de "création". (C’est étrange de voir qu'il s'agit des mêmes lettres...).

Finalement, lorsque je marche en montagne et que j'entre dans un état d'absence au monde humain, dans un état de clairvoyance, que mes pensées tombent sous mes semelles au rythme de mon pas, je suis davantage en moi-même que lorsque j'écris. L'idéal serait que je reste branché sur un ordinateur et que les mots s'inscrivent. Cette fluidité émotionnelle nourrit des pensées neuves. Je comprends les adeptes du "zazen". Unifier le centre intellectuel et le centre émotionnel.
Personnellement je préfère marcher.

 

La douleur survient lorsque le retour rompt cette plénitude. J'ai beau me dire que "les choses sont ce qu'elles sont" et que c'est moi qui les rends douloureuses, je sens de plus en plus un besoin irrépressible de passer à autre chose. Accrocher mes sacoches sur mon vélo et partir en ligne droite, sans aucun objectif sinon celui de rouler et de me "vider". De tout. Puisque ce qui reste est essentiel.


On retrouve chez Marx l'idée que la vie conditionne la conscience, c'est-à-dire que les conditions de vie conditionnent la pensée. On retrouve ça aussi dans le freudisme d'une certaine façon, c'est-à-dire l'idée que des mécanismes ou des pensées dont nous n'avons pas conscience déterminent notre conscience.

Est-ce que dans cette vigilance spirituelle, il s'agit vraiment d'une liberté, ou simplement d'une pirouette de la pensée qui nous ferait croire que nous sommes libres. On retrouve la problématique de Sartre sur la contingence de l’existence.

Ce que je n'aimais pas en philo au lycée, c'est cette image d'une philosophie très élitiste, intellectuelle, compliquée, je la trouvais assez prétentieuse et je ne voyais surtout pas l'intérêt qu'elle pouvait avoir au vu de sa complexité. Je me demandais même si cette complexité n'était pas entretenue par ses fondateurs pour leur permettre de rester dans des sphères intellectuelles et ne pas se mêler au "bas peuple". Je m'opposais souvent avec la prof de philo à ce sujet!


Lorsque j'ai découvert les livres de Krishnamurti, ça a été un choc. Je me sentais bien avec lui. Au lieu de m'égarer dans des voies diverses, opposées, toutes aussi complexes les unes que les autres, je trouvais quelqu'un qui m'aidait réellement et c'est cela à mon sens le but de la philosophie. Qu'elle soit un apport accessible et pas une lutte intellectuelle. J'avais besoin de cette clairvoyance concernant l'individu dans son intégrité, son unité, son observation.

Ensuite il y a eu Swami Prajnanpad et Arnaud Desjardins, Henry David Thoreau, Anthony de Mello, Eckhart Tolle, Yvan Amar, Jacques Lacarrière, Comte Sponville, Catherine Bensaid, Boris Cyrulnik, Taisen Deshimaru, Ruppert Sheldrake, Thich Nhat Hanh ...Des gens qui ne s'inscrivent pas dans une philosophie occidentale mais plutôt dans une démarche spirituelle construite sur une philosophie humaniste. Il est donc tout à fait possible qu'on puisse retrouver chez ces gens des apports de la philosophie occidentale mais ce qui m'intéresse, c'est qu'elle me parle! 
 

Il n'est pas question pour moi d'aller dire que la philosophie occidentale ne vaut pas la ou les philosophies orientales mais ce que je pense par contre, c'est que l'une s'adresse à une "intelligentsia" et l'autre au peuple. Les "conférences" de Krishnamurti ou de Ma Ananda Moyi, ou de Swami Prajnanpad attiraient des gens de toutes catégories et les sujets étaient traités de façon à ce que la majorité des assistants se sentent impliqués. J'aurais aimé vivre ça...
Un autre problème vient du fait que ça fait des années que j'ai décroché de la philosophie occidentale. J'ai oublié mes cours de terminale, j'ai oublié les livres que j'ai lus, les auteurs que j'ai étudiés mais justement parce que je ne les ai "que" étudiés. Je n'ai rien vécu auprès d'eux, rien ressenti d'aussi puissant qu'avec les auteurs que j'ai cités plus haut. Donc, pratiquement tout s'est effacé.

C’est là que se situe l’échec de cet enseignement. Il n’a jamais été présenté de façon à être vécu. Alors que c’est justement le fondement même de la philosophie.

"La philosophie est une pratique discursive (discours et raisonnements) qui a la vie pour objet, la raison pour moyen et le bonheur pour but. Il s'agit de penser mieux pour vivre mieux. Le bonheur est le but de la philosophie et la sagesse en est le moyen." Comte Sponville

La sagesse se reconnaît donc au bonheur mais un "certain" bonheur. Il ne s'agit pas d'un bonheur nourri d'illusions mais d'une analyse approfondie de la vérité. Le philosophe s'attachera avec rigueur à une vraie tristesse plutôt qu'à une fausse joie, il ne se détournera pas de la lucidité pour se perdre dans des dérives hallucinogènes, quitte à devoir abandonner un "bonheur" fabriqué. Mieux vaut une saine vérité qu'un mensonge camouflé. Quelque soit la rudesse. Les bonheurs illusoires sont les ferments des détresses à venir. On en revient à ces fameux espoirs comme autant de falots qui s'éteignent à la moindre brise. Le philosophe s'attelle à rester impliqué dans l'instant, à le décortiquer sans pour autant s'épuiser jusqu'à la déraison. Il n'évolue pas dans un espace clos mais au cœur de la vie quotidienne sans pour autant que cette vie quotidienne ne devienne un espace clos. Sa raison est au seuil, alternant les engagements réels dans une vie sociale et les retraits dans le silence de ses pensées. Il ne s'agit pas pour lui d'être coupé de la "Cité" mais de s'y fondre sans jamais s'y perdre.

Saint-Augustin parlait de " la joie qui naît de la vérité." Spinoza parlera de "béatitude" par opposition aux bonheurs factices, ponctuels, éphémères de la vie frénétique de la Cité. Les bonheurs illusoires ont besoin d'être constamment alimentés par de nouveaux subterfuges, ils s'épuisent rapidement et conduisent immanquablement à une addiction pathogène. La société de consommation entretient le stock des toxicomanes.

Philosopher revient par conséquent à tenter d'être heureux à travers la vérité. Le bonheur n'est pas sa norme dans le sens où il n'est pas un objectif autorisant les déviances. Le philosophe acceptera les conclusions les plus redoutables. Le bonheur s'il n'est que le maintien des œillères lui est insupportable...Cette norme du bonheur à tous prix n'est pas de son domaine. La pensée "positive" n'entre pas dans son champ d'investigations dès lors que ces pensées sont détournées de la vérité.

Il ne s'agit pas de penser ce qui nous rend heureux mais de penser ce qui nous paraît vrai. Cette vérité sera la source du bonheur. Et cette vérité est bien plus difficile à saisir que des bonheurs illusoires. Si le bonheur est le but, il n'en devient pas pour autant un alibi de la dérive.

 

Philosopher n’est pas une activité intellectuelle.

C’est une nourriture. Elle est vitale.

Un instant hors du temps.

Par Le 23/11/2012

DÉLIVRANCE

 

 

Dès les premières minutes, il chercha à se concentrer sur le rythme de ses foulées, la musique de son souffle et de ses pas, le tempo de son cœur, se coupant du monde extérieur, n’acceptant que les rayons solaires et la brise fraîche, sans objectif précis, il ne chercha pas à se concentrer sur la route ou sur les autres coureurs, limitant le travail de son esprit à la précision de ses gestes et quand il sentit que les muscles des jambes durcissaient, que le ventre et le dos supportaient de plus en plus difficilement les chocs répétés, il s’interdit de penser à un possible abandon et, peu à peu, il sentit s’installer en lui la mécanique hypnotique de la course, s’engloutissant à l’intérieur de lui-même, insensible à toutes les sensations extérieures, ne vivant que dans l’infini profondeur de son propre abîme, il ne distingua de son corps que le passage rapide devant ses yeux d’un pied puis d’un autre, le premier disparaissant, immédiatement remplacé par le second et cela sans fin, et il trouva magnifique la mélodie répétitive de ses pas sur le corps de la Terre, cette alternance rapide et saccadée et cette absence de volonté, le corps agissant indépendamment de tout contrôle, sans conscience, et donc sans fatigue, le cerveau, submergé de douleurs ayant abandonné l’habitacle, s’évaporant dans un ailleurs sans nom, il la trouva délicieuse cette musique en lui, chaque foulée se répercutant dans l’inextricable fouillis de ses fibres musculaires, dans les souffles puissants jaillissant de ses poumons vivants, et il comprit pleinement, par-delà les mots réducteurs, que les poumons, le cœur, le sang et les cellules n’existaient que dans ces instants d’extrême exploitation, que les jours calmes étaient des jours morts, des jours sans éveil, des jours d’abandon et de faiblesse, des heures disparues dans le néant de la mort, c’était inacceptable et il ne l’accepterait plus, sa vie devait désormais être comme cette course, sans cassure, sans déchet, sans seconde évaporée, une absolue mise en valeur, il sentit les larmes couler, c’était si beau ce moment de vie, enfin la vie.

 

Un instant hors du temps.

 

Il savait tellement bien d’où il venait.

 

L’an passé. Il avait trente-neuf ans. Hernie discale. Une sciatique foudroyante, l’impression d’une plaie ardente courant sur sa jambe, il aurait voulu écarter les chairs et arracher le cordon brûlant, un couteau édenté planté dans le dos, des crampes comme des décharges électriques, les orteils tordus, recroquevillés, il ne contrôlait plus rien, il ne pouvait plus se lever, il rampait jusqu’aux toilettes, des jours et des nuits de pleurs, les regards impuissants de Leslie et des enfants ruisselaient en lui comme du plomb fondu, leur détresse, cette panique contenue, il se retenait de hurler, en surdose de morphine, hallucinations, des armées de scorpions couraient sur son ventre, déchiraient la plaie fermée de son nombril et s’enfonçaient dans les chairs, il cuisait dans des bouillons de magma où flottaient des résidus de corps, des entrailles blanchies, des femmes éventrées, des crânes de bébés déchiquetés flottaient autour de lui, les yeux exorbités le fixaient horriblement, les veinules éclatées comme des lacis de barbelés, des glaires sanguinolentes coulaient dans ses poumons, il voulait cracher mais n’en avait pas la force, il suffoquait, des scarabées voraces dévoraient son anus, dévastaient ses intestins, rejoignaient les armées de blattes qui grouillaient dans son dos et rongeaient les fibres, des tentacules de méduses enserraient son visage, il sentait parfaitement les ventouses urticantes, il étouffait, il étouffait, sans pouvoir s’enfuir, tout était dans son crâne, dans son corps violenté, la folie, la folie le gagnait, il le savait.

 

Il allait mourir. Aucun répit. Plus de sommeil, juste quelques plongées cauchemardesques et des réveils paniqués, le souffle haletant, les yeux exorbités devant l’horreur qui le rongeait de l’intérieur, le membre torturé se rigidifiait inexorablement, une courbure répugnante s’installait, une arabesque hideuse, comme une malformation dégénérative.

 

Quand Leslie partait au travail et les enfants à l’école, qu’il se retrouvait seul dans la maison silencieuse, il songeait au suicide. Avaler toute les boîtes de morphine, sombrer dans le coma et partir, libérer les êtres aimés. La douleur du cimetière s’atténuerait. Finir dans un fauteuil roulant condamnait Leslie et les enfants à un calvaire.

 

Il devinait parfois des regards attendris, des mots susurrés dans le caveau morbide de sa détresse, une voix apaisante qui lui parlait de patience, de confiance, d’un cheminement obligatoire, il imaginait des bénédictions d’anges gardiens.

Le rêve. Une voix qui lui parlait. Au cœur d’un halo bleuté.

 

« Ce que tu vois n’est pas la vérité. Ça n’est qu’une image. Ton âme sait où elle va. »

 

Il n’en parlait pas.

 

 

 

 

Le chirurgien. Il avait espéré ne jamais le revoir, ne jamais retrouver ce parfum irritant des désinfectants, ces lumières glauques dans les couloirs souterrains, le bloc opératoire comme une salle de torture, la voix mielleuse de l’anesthésiste qui vous dit de vous laisser aller alors que vous ne savez pas si vous allez revenir, la chambre de réveil, l’angoisse des membres paralysés.

 

« Pour résumer simplement l’opération que j’envisage, je dirais qu’il va falloir vous ouvrir au niveau ventral, sortir en partie les intestins pour accéder à la colonne vertébrale, on visse une plaque après avoir cureté les disques, puis on ouvre au niveau du dos pour aller placer une plaque identique et on boulonne les deux. Comme vous n’aurez plus de disques vertébraux, ce système va bloquer la colonne et vous protègera définitivement. Trois heures d’opération devraient suffire.»

 

L’envie furieuse de se lever du brancard et de s’enfuir en courant, cet homme était fou.

Il avait dit à Leslie de le sortir de cette cage immonde, ils étaient rentrés et le calvaire avait duré.

 

Des jours et des nuits de tortures incompressibles, des torsions de muscles irradiés, des nerfs lacérés, son corps qui maigrissait, se décharnait, disparaissait dans la fange vorace des cauchemars éveillés, son esprit aimanté par l’écrin de la tombe, cet ultime refuge, cette paix acquise qui le tentait, les vers grouillant dans son corps éteint le terrorisaient moins que ces décharges électriques vrillant ses fibres, une guerre sans merci, un champ de bataille, seul au milieu d’une terre ravagée, des assauts incessants, la fureur des combats, les crampes comme des barbelés arrachant les chairs, tenir, résister, s’enfouir sous les draps comme au fond d’un trou, ces éclats d’obus qui le déchiraient, ces spasmes, ces sursauts à chaque blessure, la guerre en lui, son corps envahi, impossible de fuir.

Il était son propre ennemi.  

 

 

 

 

Et puis.

L’apparition d’Hélène.

Un conseil d’une amie, une médium magnétiseuse, Leslie avait pris rendez-vous. Il avait étouffé les douleurs en triplant les doses de morphine. Se lever, serrer les dents, marcher jusqu’à la voiture en traînant la jambe gauche, elle ne réagissait plus. Leslie l’avait soutenu. Plus rien à perdre.

Une petite maison dans la montagne, un jardin très soigné, des volets et un portail violets.

Hélène en haut de l’escalier. Ce premier regard. Inoubliable. Tellement de force et tellement d’amour. Elle avait demandé à Leslie de les laisser. Elle lui téléphonerait quand ça serait fini.

Il s’était effondré sur une banquette moelleuse. Les effets de la morphine qui s’estompaient, la terreur des douleurs à venir, tous ces efforts qu’il allait devoir payer. Une petite pièce lambrissée, aménagée pour la clientèle, des bougies parfumées, quelques livres. Ils avaient discuté, quelques minutes, tant qu’il pouvait retenir ses larmes puis elle l’avait aidé à se déshabiller.

 

« Je vais te masser pour commencer. Tu as besoin d’énergie. »

 

Il s’était allongé en slip sur une table de kiné.

Les mains d’Hélène. Une telle chaleur.

Elle parlait sans cesse. De ses expériences, de ses patients, elle l’interrogeait aussi puis elle reprenait ses anecdotes, des instants de vie.

 

« Tu veux te faire opérer ?

- Non.

- Alors, il faut que tu lâches tout ce que tu portes. »

 

Il n’avait pas compris.

Elle avait repris son monologue, son enfance, ses clients, ses enfants, son mari, son auberge autrefois, maintenant la retraite, quelques voyages.

 

Les mains d’Hélène, sa voix, la chaleur dans son corps, ce ruissellement calorique. L’abandon, l’impression de sombrer, aucune peur, une confiance absolue, un tel bien-être, des nœuds qui se déliaient, son dos qui se libérait, comme des bulles de douleurs qui éclataient et s’évaporaient, une chaleur délicieuse, des déversements purificateurs, un nettoyage intérieur, l’arrachement des souffrances enkystées, l’effacement des mémoires corporelles, les tensions qui succombaient sous les massages appliqués et la voix d’Hélène.

 

« Tu sais que tu n’es pas seul ?

- Oui, je sais, tu es là.

- Non, je ne parle pas de moi. Il y a quelqu’un d’autre. Quelqu’un que tu portes et tu en as plein le dos. Il va falloir que tu le libères. Lui aussi, il souffre. Vous êtes enchaînés.»

 

Il n’avait pas encore parlé de ce frère qu’il avait perdu… Incompréhension totale.

 

Les mains d’Hélène, comme des transmetteurs, une vie insérée, les mots comme dans une caisse de résonance, des rebonds infinis dans l’antre insondable de son esprit, une évidence qui s’imposait comme une source révélée, l’épuration de l’eau troublée, les mots comme des nettoyeurs, une sensation d’énergie retrouvée, très profonde, aucun désir physique mais une clairvoyance lumineuse, l’impression d’ouvrir les yeux, à l’intérieur, la voix qui s’effaçait, un éloignement vers des horizons flamboyants, il volait, il n’avait plus de masse, enfin libéré, enfin soulagé, effacement des douleurs,  un bain de jouvence, un espace inconnu, comme une bulle d’apesanteur, un vide émotionnel, une autre dimension, les mains d’Hélène qui disparaissaient, comme avalées doucement par le néant de son corps, il flottait sans savoir ce qu’il était, une vapeur, plus de contact, plus de pression, même sa joue sur le coussin, tout avait disparu, il n’entendait plus rien, il ne retrouvait même pas le battement dans sa poitrine, l’abandon, l’acceptation de tout dans ce rien où il se dispersait, le silence, un silence inconnu, pas une absence de bruit mais une absence de tout, plus de peur, plus de douleur, plus de mort, plus de temps, plus d’espace, aucune pensée et pourtant cette conscience qui naviguait, cet esprit qui surnageait, comme le dernier élément, l’ultime molécule vivante, la vibration ultime, la vie, il ne savait plus ce qu’il était, une voix en lui ou lui-même cette voix, la réalité n’était pas de ce monde, il était ailleurs, il ne savait plus rien, un océan blanc dans lequel il flottait mais il n’était rien ou peut-être cet océan et la voix était la rumeur de la houle, l’impression d’un placenta, il n’était qu’une cellule, oui c’est ça, la première cellule, le premier instant, cette unité de temps pendant laquelle la vie s’était unifiée, condensée, un courant, une énergie, un fluide, un rayonnement, une vision macroscopique au cœur de l’unité la plus infime, des molécules qui dansaient.

Où était-il ?

Quand était-il ?

Qui était-il ?

Fin du Temps, même le présent, comme une illusion envolée, un mental dissous dans l’apesanteur, ce noir lumineux, pétillant, cette brillance éteinte comme un univers en attente, concentration d’énergie si intense qu’elle embrasait le fond d’Univers qui l’aspirait, la vitesse blanche, la fixité noire, la vitesse blanche, la fixité noire, le Temps englouti dans un néant chargé de vie, une vie qui ruisselait dans ses fibres, des pléiades d’étoiles qui cascadaient, des myriades d’étincelles comme des galaxies nourricières dans son sang qui pétille.

 

Un instant hors du temps.

 

Il était sorti en marchant.

Qu’avait-il vécu ?

 

 

Il passa la ligne d’arrivée sans en avoir conscience.

Un instant hors du temps.

C’est Leslie qui l’appela et le sortit de sa torpeur.

Il avait achevé son premier marathon.

 

La contingence de l'existence (spiritualité)

Par Le 23/11/2012

L'expérience de la contingence est le fondement de l'oeuvre de Sartre.

 

 

L'existence est injustifiable dans le sens où elle ne répond à aucune nécessité. Elle peut être comme elle pourrait ne pas être. Pourquoi y-a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Dès lors que l'individu est propulsé dans cette existence, il s'y trouve enfermé. C'est la raison de la nausée. La contingence, possiblité que quelque chose soit ou pas, que quelque chose arrive ou pas, est à la source de l'angoisse. 

Cette conscience ne peut être contrée qu'à travers l'établissement d'un projet. L'existence précède l'essence. "L'homme n'est rien d'autre que son projet, il n'existe que dans la mesure où il se réalise. "

Sartre y trouve les raisons suffisantes à l'élévation de la liberté.

C'est là que je n'adhère plus.

L'engagement dans une voie personnelle ne libère pas des enceintes originelles. Mais il autorise la joie.

C'est le symbolisme du torrent qui restera inévitablement inscrit dans le lit naturel. Rien ne l'empêchera pourtant d'exprimer sa force, de sortir parfois de son cours, de réduire les obstacles en gravas. Tout comme il souffrira parfois des périodes de sécheresse.

 


 

 LES ÉVEILLÉS

Elle franchit un pont au-dessus d’un torrent sautillant. L’eau limpide carillonne sur les roches usées. La mélodie cristalline emplit l’air comme si rien ne pouvait en atténuer la force. Elle s’arrête.

Des vaguelettes s’enlacent, se submergent, rebondissent, serpentent, dessinent d’infinies arabesques incessamment recommencées.

Contemplation.

Elle réalise dans le spectacle de cette eau tumultueuse que le torrent n’a pas de liberté. Le lit qu’il emprunte était un sillon déjà existant. Le courant qui l’anime répond à la pente. Sa constance, sa pugnacité, sa patience renforcent le canal qui l’enserre. Et pourtant dans cette dépendance continuelle, il éclabousse de son énergie les espaces qu’il traverse. Il est libre de sa joie.

Cet amour inconditionnel qui vibre en elle et la bouleverse jusqu’aux larmes est un torrent infatigable. Elle est le lit de cette énergie libérée. Pendant des années, elle a contenu cette force par des barrages érigés, des retenues éducatives, des refoulements inconscients. Elle a bridé le flot par des soucis identitaires, des reconnaissances narcissiques, toutes les dérives de l’égo tourmenté. Cette vague sans reflux, cette cascade rebelle, s’est libérée désormais de ces digues hautaines. L’amour coule en elle comme l’eau limpide de ce torrent. Mais elle ne maîtrise rien. Un obstacle impromptu, une roche tombée, un arbre déraciné ou un glissement de terrain perturbent le cours impétueux. Le torrent sait que la patience l’emportera, que les imprévus ne sont que des résolutions retardées. Elle ne possède pas cette sérénité. Une parole blessante, un regard détourné, une incompréhension durable, une indifférence mortifère, une attente brisée, surtout celles de Yoann, sont pour elle des barrages épuisants et l’alternance d’euphorie et de détresse confère à ses troubles une force indomptable qui la laisse parfois terriblement démunie. L’impression d’être envahie, de n’être qu’un réceptacle souillé. Un désarroi impitoyable. L’amour en elle comme une lave torturante.

En contemplant le liseré fougueux, elle imagine dans son cheminement vers les hauteurs un retour vers la source, une remontée patiente vers les nappes enfouies de son inconscient enseveli. Dans ses muscles embrasés des désirs de clarté, des compréhensions ultimes. L’esprit entretient les forces, nourrit les fibres, alimente la flamme. Chaque particule de ce corps animé résonne de cette énergie aimantée par la lumière qui scintille. La difficulté à situer clairement le début de son envolée intérieure. Le passé immédiat s’estompe. Depuis quelques temps les évènements s’entremêlent comme des volutes légères, le cours de sa vie cascatelle comme cette eau limpide, le parcours n’est pas de son ressort, le lit est déjà creusé, le déni de l’évidence est le calice des souffrances, l’acceptation est un bonheur incommensurable, elle l’éprouve à chaque instant, c’est devenu une certitude et elle sait aussi qu’en remontant à la source, elle pourra en explorer le moindre recoin, goûter aux ruissellements fondateurs, fouiller les argiles opaques, libérer les tensions accumulées, extirper des vases sombres les refoulements enkystés.


Tu n'est pas Je.

Par Le 22/11/2012

Je reviens parfois sur ce texte. Je sais dans quel état je l'ai écrit. Pas plus de dix minutes. Une révélation soudaine. La compréhension fulgurante de ces deux entités en moi, cette lutte constante de "Tu" qui prend forme dans les réseaux humains, les relations sociales, les identifications rapportées et les regards qui nous empoisonnent.

L'oubli de "Je" qui ne peut être saisi que lorsque "Tu" s'efface. 

Une lutte qu'il faut mener jusqu'à son terme pour vivre soi-même et mourir comme un nouveau-né.


 

Qui es-Tu toi qui m'étouffe sous tes certitudes

Entassées comme autant de fêlures

Tu as établi ta souveraineté au royaume des altitudes

Miasmes enluminés d'infinies convenances,

Soumissions passives, vicieuses accoutumances,

Qui es-Tu pour vouloir ainsi me perdre alors que Je t'héberge

Tu as voulu te nourrir des amitiés soudoyées,

Honorer les vénérations, les reconnaissances

Te gaver sans répit des amours passés,

Tu as cru prendre forme, pâte malléable

Abandonnée langoureusement aux caresses versatiles

Tu réclamais ta pitance le cœur éteint

Et l'ego malhabile, prêt à t'humilier pour calmer ta faim,

L'euphorie anarchique te servait de remède et

Tu refusais d'écouter en ton sein

Vibrer une âme éteinte qui tendait vers sa fin

Tu as rogné le Temps comme un poison pervers

 Avide d’espoir et gangréné de remords

 Mais la Vie a trouvé la faille et t'a mené vers le tombeau

Nulle crainte pour elle Tu n'étais qu'un vaisseau

Tu pouvais bien sombrer dans les abysses lointaines

Elle était l'Océan, Tu te croyais capitaine

Au creux des montagnes mouvantes Tu as eu peur enfin

Tes pensées se sont tues et Je suis revenu

De mon corps paralytique ont jailli des lumières

Des étreintes amoureuses ruisselant de semence

Palpitations d'univers comme autant de naissances

J'ai compris les douleurs car Tu n'étais plus là

Dressé à la barre d'un navire perdu Tu n'avais pas le choix

Ta solitude morbide t'emplissait de morve

Il fallait que Tu craches toutes tes nuisances

Pour échapper enfin aux avides noirceurs

Je ne t'en veux pas Tu sais,

Tu as fait ce que Tu croyais juste

Le courant était bien trop fort pour toi

Je te tends la main désormais

Il n'y a plus rien à fuir, ni peur à nourrir

Le Temps que Tu vénérais te privait des instants

Le Temps que Tu as gâché n’en a plus pour longtemps

Il n’est qu’illusion même si Tu ne comprends rien

Tu as rejoint ton âme et Tu t'y sens bien

Laisse -toi porter

La Vie sait ce dont elle a besoin

L'Océan n'existe que là où Je me trouve

Cesse de regarder les horizons éteints

Ils ne sont que chimères et Tu t'épuises pour rien

Je suis là maintenant et Tu peux t'abandonner.

Tu es mort pour ton bien.

 

  • 234
  • 235
  • 236
  • 237
  • 238
  • 239
  • 240
  • 241