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Musique et cinéma.

Par Le 27/01/2019

Michel Legrand est parti voir ailleurs. Il reste tout ce qu'il a créé. Pour moi, c'est la musique de "L'affaire Thomas Crown". Cette rencontre Faye Dunaway - Steve McQueen......Inoubliable... L'histoire aussi. Cet homme, amoureux de lui-même et de l'argent, elle, amoureuse d'elle-même et de son ambition professionnelle et qui s'aiment pour quelques instants avant que leurs égos ne reprennent le dessus.

"Tous les moulins de mon coeur", version jazzy.

Et ce piano de la scène finale...Que de frissons...

 

 

Quant à la scène de la partie d'échecs, elle est pour moi un pur bijou. Torride. 

L'amour. 

J'aimais infiniment les films qui en exploraient le territoire. Adolescent, j'en ai vu quelques-uns qui m'ont marqué. 

"Out of Africa"

Meryl Streep et Robert Redford.

Là, encore une musique mémorable.

Ce film fait partie de ceux qui m'ont furieusement donné envie d'écrire des histoires.

 

et à écrire des scènes aussi belles que celle-ci :

Pendant l'écriture de "Kundalini", il m'est arrivé d'y songer. Cette tendresse infinie des gestes, l'attention, le saisissement libre et entier du bonheur... Le plus beau shampoing de toute l'histoire du cinéma.

Messieurs, qui me lisez, prenez soin de la femme que vous aimez à son prochain shampoing :)

Pour nous, les hommes, c'est une attention qui peut sembler désuète mais pour le coeur d'une femme, c'est comme un bouquet de roses.

 

 

 

 

 

La lumière du silence

Par Le 27/01/2019

 

Loi dattraction

"Votre esprit la possédait, mais votre conscience n’était pas encore arrivée à s’élever jusque-là. ".....

 

.Le mental en était l'empêcheur, l'obstacle, la muraille. Vouloir le briser reviendrait à y disperser l'énergie disponible. On ne construit rien avec l'entité qui est responsable du problème lui-même. C'est donc qu'il faut s'extraire du mental pour que l'esprit accède à la conscience. D'où l'importance de s'asseoir et de ne rien faire mais de bien le faire.

Finalement, si je pense à mes romans, tout tourne autour de cette quête.

 

 

"Quand vous parvenez à faire régner en vous le silence, la paix, la lumière, c’est que, pour un moment au moins, vous avez pu atteindre les régions de l’âme et de l’esprit que vous portez en vous de toute éternité. 
Ces régions auxquelles il est difficile d’avoir accès dans la vie ordinaire, la majorité des humains n’en soupçonnent même pas l’existence. 
Car de même qu’ils ignorent ce qui se passe dans leur subconscient, ils ignorent aussi ce qui se passe en haut dans le ciel, leur ciel, leur esprit, leur conscience divine.

Vous méditez par exemple sur une question d’ordre spirituel que vous trouvez difficile à résoudre. 
Vous entrez profondément en vous-même pour avoir une réponse, et après quelque temps, dans ce silence, la lumière se fait peu à peu, une réponse vous est donnée. 
Que s’est-il passé ? 
D’où vous vient cette compréhension ? 
Votre esprit la possédait, mais votre conscience n’était pas encore arrivée à s’élever jusque-là. 
Mais maintenant, à l’abri de l’agitation et du bruit, votre pensée s’est élancée dans l’espace et vous avez reçu une révélation." 
Omraam Mikhaël Aïvanhov

"Tous les chemins mènent à l'homme"

Par Le 27/01/2019

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Jacques LucasTANTRA COMMUNAUTE

Admin · 10 juillet 2018 · 

Nous sommes nombreux à nous être interrogés sur notre identité : "Qui suis-je ? " - "Qu'est-ce que c'est qu'être un homme (une femme) ? " - et aussi "Quel est le but de la vie ? ". En fait, avec du recul, je crois qu'au lieu de se confronter directement à l'énigme du "Qui suis-je ?", il est préférable de se demander d'abord : "Qu'est-ce que je suis ?". 
En effet, mieux vaut ne pas chercher ou attendre une réponse qui soit d'emblée une pleine perception satisfaisante de "moi". Le sentiment d'être "moi", est tributaire d'une bonne connaissance de soi accompagnée d'un amour de sa Nature quelle qu'elle soit. Un vrai travail d'approche, d'acceptation, d'appropriation et d'unification de soi-même est souvent nécessaire avant d'y accéder.
En réalité, notre identité personnelle, le "moi", est faite de 3 couches. 
Notre identité sexuelle ou corporelle s'établit à partir de la perception de notre sexe et de notre corps. Nous devons aimer l'image et les sensations qu'ils nous procurent pour être à l'aise avec nous-mêmes. C'est le fondement de l'identité personnelle. 
Notre identité de genre s'édifie à partir de nos fonctionnements relationnels et de nos comportements teintés de "masculin et/ou de féminin". La gestion de nos sentiments et émotions participe eux aussi à renforcer une image positive de nous-mêmes. Alors, pour être heureux, il n'y a pas d'autres solutions que de nous apprécier tel que nous sommes, sans vouloir décider de nos goûts, de nos émotions, de nos amours et de nos attirances ou désirs.
Notre identité sociale (elle-même composée de différentes facettes : professionnelle, religieuse, nationale ...) repose sur notre place dans la société, de nos actions et de nos choix d'appartenance à des groupes. L'image que les autres ont de nous ainsi que celle que nous avons de nous-mêmes doivent être cohérentes avec notre réalité, sans quoi on ne peut pas se sentir bien dans le monde. 
Et c'est l'harmonisation et la cohésion de ces 3 couches de l'identité qui conduit à l'individuation, avec le sentiment d'être unifié. Ainsi émerge une sorte d'alliance qui donne l'impression d'être juste dans ses actes : "Je me sens être moi. C'est bien ainsi et personne ne peut me prouver le contraire." 
"L'homme accompli", unifié, au "moi" réalisé, est pleinement conscient de lui-même et heureux de l'être. Il est authentique, en totale adhésion autant avec "ce qui est" qu'avec "ce qu'il est". Il se sent libre, créateur de sa vie, en pleine possession de ses désirs. Il ne cherche plus à être aimé ou à correspondre à ce qu'il aimerait être ou bien encore à ce qu'il croit que les autres attendent de lui. 
Mais pour voir ce sentiment unificateur de la personnalité émerger en soi, il faut remettre en question les croyances et les modi vivendi transmis par l'éducation, la famille, la société et la culture. La traversée de doutes et de moments de solitude est inévitable. C'est le prix à payer pour acquérir la liberté d'être "moi" différencié et émancipé. C'est un vrai travail sur soi qui demande souvent du temps !
Toutefois, si "Qui suis-je ?" engage un véritable travail d'acceptation et de connaissance de soi-même, ce n'est qu'une étape qui cache, la plupart du temps, une aspiration encore plus profonde : la découverte de "Soi", de l'universel. Sentir sa place dans le cosmos et trouver du sens à son existence constitue un achèvement de la quête de soi-même. 
Selon C.G. Jung : " L'inconscient personnel doit être traité en 1er .... faute de quoi, la porte qui mène vers l'inconscient cosmique ne s'ouvrira pas." 
L'unité intérieure permet donc, si on y aspire, d'accéder plus facilement à la perception de "Soi". Et l'accès à cette conscience s'accomplit grâce à l'Alliance du principe masculin et du principe féminin, à l'intérieur de soi. 
Quels sont les facteurs qui autorisent et/ou favorisent cette Alliance alchimique ? Et quelles sont les étapes incontournables qui ponctuent le chemin qui part de la structuration du "moi" pour aboutir à la connaissance du "Soi" ?
La résilience 
Tout au long de l'existence, chacun est poussé par les aléas de la vie à vivre des crises et des deuils dont certains peuvent déstabiliser profondément la personnalité. 
Pour Boris Cyrulnik1, la résilience permet à un homme affecté par un évènement traumatique de prendre acte de l'évènement et de l'accepter pour ne plus vivre dans la dépression. Il peut alors se reconstruire. Mais la résilience n'est accessible qu'avec une structuration précoce du psychisme et un vécu (antérieur à la confrontation à ces faits traumatisants) fait d'expériences constructives dans l'enfance. Il semble donc important pour être heureux et équilibré d'être initié à "l'art d'être résilient" et ensuite d'entretenir une attitude de "lâcher prise" face aux circonstances diverses de la vie.
Comment apprend-on à devenir résilient ?
La psychanalyse : le complexe d'Oedipe 
Depuis Freud et la psychanalyse, l'importance du père est reconnue et soulignée. Grâce à lui, porteur de la Loi, un enfant - un fils en particulier - peut s'individuer et accéder à son vrai désir - débarrassé des aspects fusionnels, névrotiques et pulsionnels qui sont, la plupart du temps, liés à la relation à la mère, sans que celle-ci en soit forcément coupable ou même responsable. 
En effet, le père doit séparer (avec amour) le fils de sa mère pour l'aider à défusionner. L'acceptation de cette séparation initie 3 autres résiliences : la prévalence du père, son insuffisance à combler sa mère et lâcher son exigence à être satisfait par elle. De cette façon, il admet qu'il n'est pas un "petit dieu tout-puissant" et accède à son humanité. Mais il lui reste ensuite encore bien du chemin à parcourir pour devenir un homme.
Le rôle du père
Une vraie relation, intime, basée sur l'amour, ne peut pas s'installer entre père et fils si le père hésite à toucher ses enfants, qu'il ne les prend pas dans ses bras, ne s'occupe pas vraiment d'eux et ne cherche pas à partager du plaisir avec eux. 
Lorsqu'un lien satisfaisant est établi, le rôle du père peut s'exercer pleinement. C'est lui qui valide son fils dans son sexe, puis plus largement dans la totalité de son être : ses bons comportements ainsi que ses projets et choix de vie. Un vrai père stimule les aspirations de ses enfants et les accompagne dans leurs réalisations. 
En retour, le fils perçoit les comportements paternels comme des références. Le père devient exemplaire. Il transmet une belle image de l'homme et du masculin à laquelle son fils aura envie de s'identifier.
Les archétypes
Selon C. G. Yung, nos psychismes se construisent à partir d'images archaïques de l'homme. D'après moi, les 4 images majeures de l'homme sont : le Père, le Guerrier, l'Amant et le Sage. Ces figures mobilisent la libido2 et façonnent le caractère et les comportements masculins. Tous issus de l'image paternelle, les archétypes sont donc potentiellement porteurs d'idéaux.
Le masculin : c'est quoi ?
Nous sommes tous nés de la rencontre d'un spermatozoïde et d'un ovule et nous avons hérité de traits physiques mais aussi psychiques et comportementaux de nos 2 parents. Les neurobiologistes attribuent une part de notre façon d'être à "l'inné" et une autre part de notre personnalité à "l'acquis" ou autrement dit, à des choix passés mais souvent devenus inconscients. 
Le masculin à l'image du spermatozoïde est dynamique, tonique, fonceur, agressif (malheureusement parfois dans le mauvais sens du terme). Il va de l'avant alors que le féminin, à l'instar de l'ovule, est passif, réceptif, accueillant. Or ce sont là les racines à partir desquelles se déclinent les caractéristiques du masculin et du féminin qui nous animent tous dans des proportions variables, personnelles. 
Pour un garçon, mieux vaut s'identifier à son père plutôt qu'à sa mère pour se "sentir être un homme".
L'homosexualité 
Notre père a désiré et sans doute aimé notre mère. Le message d'une "relation hétérosexuelle", fondatrice de l'identité masculine est ainsi transmis à l'enfant.
Si le père est réticent à toucher ses fils, ceux-ci le sentent. Ils en déduisent que les hommes ne doivent pas se toucher entre eux et que le toucher comme les émotions sont des domaines réservés à la relation aux femmes. Plus tard, à l'adolescence, des jeunes, frustrés de reconnaissance et en carence de câlins paternels, doutent de leur identité : "Suis-je un homme si je prends du plaisir à toucher et/ou à être touché par un homme ?"
Au début du 20ème siècle, sous la pression religieuse, le monde médical a créé le terme "homosexualité3". 
D'abord considérés comme des délinquants puis comme des malades, les gays se sont sentis exclus de la société. (Auparavant, il n'existait que les pédérastes - on dit aujourd'hui "pédophiles" pour les individus qui ont des relations sexuelles avec des mineurs. Ce terme, lui aussi, a été inventé récemment). 
Aujourd'hui, être homophobe est un délit poursuivi par la loi. Tant mieux ! Mais le mal est fait. Une croyance s'est profondément enracinée dans le psychisme de bien des hommes : si on prend du plaisir avec un homme, on est homosexuel et on n'est pas un homme .... ! En tout cas, c'est ce que j'ai entendu dans la bouche de certains hommes dont l'orientation est hétérosexuelle mais aussi de bien d'autres à orientation homosexuelle. 
Ainsi quand j'écoute de nombreux "gays", je comprends qu'ils se définissent d'abord comme étant "homosexuel" et ensuite homme. Ils s'excluent volontairement du monde des hommes et affirment très fort leur différence d'orientation sexuelle au point qu'elle devient pour eux une facette "re-père" de leur identité.
Et de nos jours, certains jeunes, en recherche de leur identité sexuelle, se trouvent en proie à des tourments identitaires. Ils ont peur d'être disqualifiés de leur Nature d'homme s'ils aiment ou sont attirés par des hommes. Pourtant, ce n'est pas parce qu'on préfère les hommes qu'on ne fait pas partie de leur clan ! Il n'y a pas deux communautés masculines séparées par l'orientation sexuelle ou les goûts amoureux.
Comment se sentir homme au-delà de l'orientation sexuelle ? Et est-il possible de compenser et réparer une carence de père ?
Les rituels de passage et l'homo-sensualité 
La psychothérapie peut aider les jeunes en recherche d'eux-mêmes. Mais il existe aussi des rituels de passage ; des stages "entre hommes" qui visent spécialement la validation de la Nature masculine en réparant, entre autres, les manques et dysfonctionnements liés aux carences paternelles. 
Dans les temps anciens, ces rituels étaient obligatoires, imposés à tous les jeunes4. Ils marquaient le passage de l'enfance à l'âge adulte. Des rites homo-sensuels, cadrés et ritualisés y étaient pratiqués. 
L'homo-sensualité est bien différente de l'homosexualité. La jouissance et le plaisir sexuel ne sont pas recherchés. La finalité de ces pratiques est de favoriser l'établissement d'une personnalité bien ancrée dans sa Nature masculine : identité sexuelle et identité de genre. 
Beaucoup de ceux qui ont participé à ces rituels se sentent ensuite densément être des hommes. En effet, se laisser toucher par eux aussi bien physiquement qu'émotionnellement ainsi que de s'autoriser le plaisir de les toucher permet d'intégrer son féminin intérieur et d'équilibrer ses polarités masculine et féminine. Il semblerait même que ce soit là une clé majeure sur les chemins qui mènent à l'homme.
La participation à un rituel initiatique "entre hommes" est fondamentale également pour ceux qui ont du mal à s'affirmer ou bien à trouver leur place dans le monde parce que leur masculin est sclérosé. Ils peuvent le découvrir et l'apprivoiser sans redouter l'hostilité de l'entourage.
De moi à Soi : Le Masculin Sacré
"Deviens l'homme que tu Es" disait Nietzsche. 
Ce travail est fondamental pour chaque homme mais il n'est pas suffisant pour être vraiment heureux quand on cherche du sens à son existence et sa place dans le cosmos. 
Bien enraciné dans son identité, les différentes couches du "moi" intégrées et le masculin et le féminin harmonieusement équilibrés, il est alors temps de se lancer dans une démarche spirituelle pour trouver réponse à cette aspiration légitime ?
L'énergie masculine, naturellement, incite à surpasser ses peurs, à se dépasser soi-même. Quand elle est pondérée par la part féminine de l'être et dynamisée par l'essence lumineuse, amoureuse des 4 archétypes majeurs, elle ouvre à la transcendance : c'est le Masculin Sacré qui invite à incarner ses qualités pour percevoir la dimension "cosmique" du "Soi". Mais s'y immerger requiert un travail intensif puisqu'il s'agit de lâcher "être moi" pour "être Soi".
Cette dimension de l'être, profondément inscrite en nous, transcende le moi. Et sa perception permet de se sentir connecté au "Grand-Tout". D'ailleurs, c'est à partir de cette Reliance ou "connexion" qu'on peut trouver un sens commun à tous, dénué des empreintes culturelles et religieuses. Ainsi, Socrate, en son temps, a fait graver sur les murs du temple de Delphes : "Connais-toi toi-même et tu connaitras l'Univers et les dieux". 
Mais "Soi" est impersonnel et infiniment plus grand que "moi". L'Amour qu'il dégage est perçu comme étant divin ... à condition d'être prêt à le recevoir. Mieux vaut être un homme accompli, ayant intégré sa vulnérabilité5, pour entreprendre cette démarche car l'ego doit être transcendé. Et "mourir à soi-même" est plus aisé quand "moi" n'a plus rien à prouver ou à défendre. D'ailleurs, ceux qui perçoivent son immensité tout en restant attachés à leur individualité égotique peuvent être terrorisés face à "Soi" car "moi" n'est rien ou très peu à côté de l'infinitude de l'Etre.
L'individu qui s'identifie à "Soi" se retrouve dans une perspective d'évolution et de connexion au cosmos qui dépasse l'entendement. Chacun est à sa place dans la communauté humaine comme chaque évènement qui survient aussi bien dans l'univers que dans nos vies personnelles. 
Et sentir cette perfection du "Grand-Tout" dont nous sommes une infime partie comble de joie et de sens.
J'invite ceux qui souhaitent en savoir plus sur l'un des thèmes évoqués dans cet article, à lire mon dernier livre : Tous les chemins mènent à l'homme paru en septembre 2015 aux éditions "Le Souffle d'Or", disponible en librairie ou directement sur le site de l'éditeur : souffledor.fr
Jacques Lucas

Préambule à Kundalini

Par Le 26/01/2019

Tantrisme

 

Après avoir écrit "Kundalini", je souhaitais reprendre "Les Eveillés", écrit il y a dix ans. Je réalise en le retravaillant à quel point "Kundalini" était déjà en moi, prêt à germer.

 

LES ÉVEILLÉS

 

« Puisque je ne maîtrise rien, je n’ai rien à souhaiter et si je ne souhaite rien, que je ne suis plus dans l’espérance, je ne peux pas être déçu par les événements qui surviennent ou par l’absence de toute évolution, de tout changement. Chaque instant est un changement et une continuité, un prolongement et une cassure, une surprise et une routine. C’est juste le regard que je lui porte qui l’étiquette mais si cette observation est dénuée de toute interprétation, l’événement, quel qu’il soit reste ce qu’il est. Laisse la vie te vivre et rien ne pourra t’atteindre. »

Elle était dehors, assise sur la terrasse. Elle avait senti lâcher en elle une résistance ancienne, elle avait entendu tomber dans l’océan de ses prétentions la chaîne rouillée de ses certitudes, comme un ancrage qui rompait ses amarres, le courant de l’existence qui reprenait ses droits. Il ne lui restait qu’à être dans l’acceptation inconditionnelle.

Le bonheur ne prenait son envol qu’à partir du moment où l’être ne cherchait justement pas à s’envoler. L’intention comme l’aspiration n’étaient que des entraves. Cette élévation euphorique ne lui appartenait pas plus que les effondrements. Elle n’en était pas responsable mais il dépendait d’elle d’en souffrir ou pas. Juste un regard lucide.

Sourire intérieur. Bouffées de chaleur. Elle avait levé les yeux. Toujours cette impression d’être conseillée. De ne pas être seule.

Au-delà des étoiles, le fond du ciel rayonnait d’une étrange pâleur laiteuse, des reflets de veilleuse lointaine.

Elle était retournée se coucher avec une envie irrépressible d’aimer Yoann, de tout son corps, de toute son âme, comme s’il était impossible de garder en elle cette énergie sublime, qu’elle devait en jouir, la libérer, la consumer, jusqu’à la dernière particule. Elle s’était allongée contre le corps chaud, elle l’avait caressé, tendrement, il dormait, profondément recroquevillé dans le nid du sommeil, elle avait murmuré à son oreille, glissé sa langue sur le lobe, ses doigts dessinant sur sa peau nue des arabesques soyeuses, il avait gémi, doucement, il s’était étiré, elle avait enveloppé la verge dans ses mains en coquille, le cœur bondissant, l’esprit enflammé, la pointe de sa langue avait tracé un chemin sinueux jusqu’au membre ranimé, elle l’avait piqueté de baisers mouillés, cette chaleur dans son ventre, cette certitude bienheureuse d’avoir libéré en elle une énergie étouffée, elle devinait l’envol pétillant des étincelles, myriades d’étoiles filantes, elle l’avait chevauché, la tête fébrile du sexe érigé avait délicatement entrouvert les lèvres luisantes, comme un vaisseau ardent la tige gonflée de désirs avait tracé dans son calice impatient des sillages constellés de pollens vivaces, des semences de bonheur, elle avait senti ruisseler en elle la sève épaisse des embrasements, des magmas flamboyants qui délivraient dans les fibres des explosions singulières, des remontées insatiables de flux incandescents, des palpitations d’univers, l’espace en elle l’avait absorbée, elle avait perdu pied, envahie de visions inconnues, des folies sublimes qui la bouleversaient.

Elle s’était abandonnée à l’inconscience, elle avait accéléré les mouvements ondulatoires, accentué les pressions, exacerbé les contacts, plongé la langue dans sa bouche ouverte, malaxé ses épaules, mordillé sa poitrine, tordu les draps, sans pouvoir clairement identifier la source des gémissements lascifs qu’elle percevait dans le brouillard phosphorescent de son esprit.

Explosion.

Cataclysme.

Son corps comme un épicentre adorant les séismes, électrisé, secoué de spasmes, tensions musculaires, abandon, relâchement ultime, partir dans le flux du plaisir, inconscience, inconscience, n’être qu’une vibration tellurique, le noyau embrasé d’un cœur d’étoile.

Recommencer.

Recommencer.

Recommencer.

Jusqu’à l’épuisement.

Puis cet effondrement douloureux, cette descente vertigineuse, ce retour incontrôlable, cette lourdeur si éloignée, si étrange, si cruelle.

Laisse la vie te vivre.

Elle avait psalmodié le précepte jusqu’à ce que le sommeil l’emporte."

LES ÉGARÉS : L'Ange et la mort (12)

Par Le 26/01/2019

Portes au dela

J'ai repris ce roman.

Je l'ai écrit, il y a dix ans.

Et depuis ce temps, j'ai réalisé bien davantage encore à quel point ma vie a été modelée par ces jours et nuits de veille. Je sais par exemple que c'est là-bas que j'ai commencé à méditer. Sans savoir que je le faisais, sans y mettre de mots. Je sais que c'est là-bas que j'ai découvert l'incommensurable puissance émotionnelle de l'amour. C'est là-bas que j'ai découvert la force immense de la prière. Celle dont les mots ne viennent pas d'un livre liturgique mais du cœur. De son propre cœur. 

L'énergie infinie de la vie en soi.

Le lien avec la nature, un arbre, un parterre d'herbes sauvages, les nuages, le ciel, les oiseaux.

La méfiance envers le monde humain et l'accueil inconditionnel de l'amour quand il survient. 

Et la musique, celle de Keith Jarret, celle qui jaillit en moi, parfois, sans prévenir, comme un leitmotiv éternel. 

Il sera en moi encore quand je serai mort.

 

 

LES ÉGARÉS 

 

27 août. Le jour de son anniversaire, dans la chambre d’hôpital, au chevet de son frère.

Ses parents lui avaient donné de quoi acheter un disque. Keith Jarret. The Köln Concert. Il en rêvait depuis longtemps.

« Vas-y mon chéri, prends ton temps, promène-toi, écoute des disques, ça fait si longtemps que tu es là. »

Cette voix adorée.

« Merci Maman. »

Il avait glissé le billet dans sa poche. Il avait embrassé ses parents.

 

« À tout à l’heure Christian, avait-il dit en se tournant vers son frère. Je vais chercher Keith Jarret. »

 

Il espérait qu’intérieurement l’évocation du piano cristallin le réjouisse, que la pureté des notes l’investisse, adoucisse ses luttes.

« T’inquiète, je te le prêterai ! » 

 

 

Deux mois qu’il n’avait pas quitté Christian, deux mois qu’il n’était pas sorti de l’hôpital. Il avait veillé son frère comme on surveille une bougie et il avait fait de son amour pour lui une réserve de cire, l’interdiction de l’usure des forces, l’interdiction de l’affaiblissement de la flamme. Il ne savait pas si cela avait contribué au maintien de la lumière dans l’âme de Christian mais il percevait dans son propre espace intérieur l’émergence d’une force qui le bouleversait, une révélation dont il ne pouvait encore mesurer l’importance.

En quittant le couloir des urgences, il avait réalisé qu’il allait sortir de l’enceinte de l’hôpital.

Il s’était arrêté, le cœur battant.

Une autre vie.

Un autre monde.

Des gens heureux, affairés, perturbés, inquiets, amoureux, insouciants, des voitures, des vitrines, le bruit de la ville, les couleurs, des odeurs.

Plus de murs aux peintures délavées, les effluves écœurants des désinfectants, les blouses des infirmières, les visages abattus des visiteurs, les voix mesurées ou les pleurs, le roulement des chariots, les appels dans les chambres, les sonneries sur le panneau lumineux des salles de veille, les émanations rebutantes des nourritures industrielles, les fenêtres closes, les horizons limités, le silence interminable des nuits, l’ombre invisible de la mort.

Une nuit, il avait imaginé être dans la mort elle-même. La vie luttait à l'intérieur pour survivre, se reproduire et s'étendre... La vie était comme un cancer pour la mort. Elle la rongeait. Il était fier de participer à cette lutte, à cette multiplication acharnée des cellules vivantes dans le corps de la mort.

Il avait traversé le parc de l'hôpital puis l’immense parking. Son trouble avait enflé conjointement à la rumeur des rues. Il avait pensé au prisonnier qu’on lâche dans la ville après des années d’enfermement.

Premier trottoir.

Il s’était dirigé vers le centre-ville.

Un autre monde.

Tous ces gens pressés qui ne savaient rien de l’hôpital, qui ne voulaient sûrement pas en entendre parler, qui géraient leurs existences agitées comme si tout devait durer.

Un groupe de jeunes croisés sur un passage-piétons. Ils riaient. Il suffisait pourtant d’un chauffard pour que certaines vies s’arrêtent, que d’autres soient projetées dans un monde de douleurs, d’opérations, de rééducations, de médicaments, de dépendance, de dépressions. Ils ne savaient rien de la vie. Parce qu’ils ignoraient que la mort les guettait. Et pire que la mort encore : la souffrance.

Il avait senti avec une force immense qu’il n’appartenait plus à ces groupes humains, à cette frivolité juvénile, qu’il ne pouvait plus supporter cet aveuglement entretenu, il avait eu envie de crier, de leur dire de se taire, de penser à tous les corps brisés qui luttaient jours et nuits sans connaître l’issue du combat, qui s’accrochaient désespérément au goutte à goutte suspendu au-dessus du lit, l’attente d’une opération de la dernière chance, le corps qui se morcelle, la lucidité de l’esprit qui enregistre chaque dégradation, chaque symptôme, la moindre douleur autopsiée, les médecins qui défilent avec leurs contingents d’adorateurs, leurs dossiers et leur suffisance, leur inhumanité diplômée.

Il n’était plus de ce monde.

C'est de ce jour qu'il avait toujours marché en ville les yeux baissés et les yeux levés dans la nature.

Tous ces gens mourraient un jour, demain ou dans vingt ans, quelle importance. La mort était déjà dans leurs cellules, elle les dévorait, insidieusement. Nous n’étions jamais seul. La mort, en nous, était une compagne fidèle.

À moins, comme il l'avait imaginé, que nous naissions au cœur de la mort et que nous devions apprendre à y survivre. Certains ne tenaient pas longtemps et nourrissaient très vite le terreau des cimetières. D'autres s'acharnaient. Par défi. Vivre de toutes ses forces et épuiser la mort de l'intérieur.

Centre-ville, rue de Siam. Il descendait vers le port militaire. Des parfums iodés. Le cri d’un goéland par-dessus les toits.

C’est là qu’il l’avait vue.

Elle marchait vers lui. Une tenue, une grâce, une fluidité qui l’avait bouleversé. Un choc inattendu, inespéré, comme si elle évoluait au cœur du monde sans en être aucunement atteinte, comme si le monde n’avait aucune emprise sur elle. Toutes les pensées avaient jailli comme un éclair, une fulgurance qui avait effacé en lui deux mois de cauchemar.

Une longue robe blanche, une chemisette bleu ciel, froissée comme du papier crépon, elle marchait les yeux baissés, de longs cheveux blonds flottant sur ses épaules, le balancement mélodieux de ses bras, la rondeur de ses seins sous le tissu, pieds nus dans des sandales à lanières qui remontaient sur ses chevilles, dix mètres, il allait la croiser, il s’était arrêté pour retarder l’échéance, le souffle coupé, plus de bruits, plus de mouvements, la ville avait disparu, il ne restait qu’une bulle protectrice, un espace protégé, elle avait levé le visage, elle l’avait regardé, la profondeur d’océan de ses yeux, immenses, bleus, lumineux, il n’avait plus bougé, catalepsie contemplative, elle avait souri, un soleil sur la peau lisse de ses joues, une fleur épanouie, le galbe rosé de ses lèvres, toute la beauté du monde, une envie immense de pleurer, de tomber dans ses bras et de pleurer, de vider toute cette horreur accumulée auprès de son frère, là, sur l’épaule de cette jeune fille, sans bouger, respirer le parfum de sa peau, s’enivrer de douceur, laisser couler les douleurs et s’abandonner à la quiétude, aucun désir, juste la paix, tout oublier.

« Bonjour. »

Elle était passée en l’enlaçant de sa voix.

Le miel de ses notes avait ruisselé en lui et s’était lové au creux de sa mémoire.

Il pourrait la retrouver aujourd’hui au milieu d’une foule, juste sa voix, deux notes comme une mélodie soyeuse, une caresse indicible, au-delà des choses connues.

Il s’était adossé à une vitrine, les jambes tremblantes, il ne savait même pas s’il avait répondu, il l’avait regardée s’éloigner, elle flottait au milieu des arabesques de sa robe, suspendue par la grâce, intouchable, intemporelle, une fée.

Un cadeau d’ange.

Retour.

Il avait acheté le disque tant désiré. Il avait demandé à en écouter les premières notes dans le magasin.

Dom… dom… dom, dom, dom…

Cristallin. Une joie ineffable, incommensurable, une création au-delà de l'humain, un piano divin.

Les bâtiments de l’hôpital. Si grands.

Il s’était arrêté dans la traversée du parking. Il avait levé les yeux.

Combien d’âmes en souffrance, combien de corps brisés, de vies sur le départ ? Certains en sortaient, aussitôt remplacés, certains y restaient, on les descendait à la morgue, la famille venait chercher le corps, une camionnette noire, le cimetière, des fleurs, des prières, le trou dans la terre, les proches qui pleurent.

Évaluer le nombre de fenêtres. Le nombre de patients. Deux par chambre, le plus souvent.

Combien allait mourir avant la fin de la journée ?

Il avait repris son avancée vers la ligne de front, le couloir d’entrée des urgences puis l’escalier vers le service de neurochirurgie.

Les cris, les pleurs, les drames, les horreurs, tout était contenu dans les murs blancs, il le sentait, rien ne disparaîtrait jamais.

Il faudrait raser et brûler chaque pierre, tout réduire en poussière puis tout disperser dans l’océan.

Il marcha dans les couloirs. La jeune fille flottait dans son âme.

Elle dansait sur les notes de piano, enveloppée d'amour, l'amour de la vie.

La grâce d’un ange.

Septicémie.

La broche qui consolidait le fémur. Infection nosocomiale. Les chirurgiens avaient décidé de recommencer. Nouvelle anesthésie. Combien Christian en avait-il eue ? Il ne savait plus. Nouvelle attente, les poings serrés. Cette concentration des forces.

Il savait désormais parfaitement s’y prendre.

Aucune déperdition d’énergie, une limitation des pensées, juste le maintien du contact avec Christian, il était avec lui, en lui, au cœur de sa survie, dans le courant de son sang, chaque pulsation de son âme, une sollicitation constante de son esprit, ne pas le laisser partir.  

« Je suis là Christian, je suis là, avec toi, je t’attends. »

Il avait imaginé se glisser dans une artère et remonter au cerveau, murmurer au cœur des cellules la nécessité de tenir, de ne rien lâcher, il était là, à l’intérieur, sa vie comme un don, son énergie comme une réserve inépuisable, une offrande, enlacer la vie éreintée de Christian, la réconforter, lui prodiguer tout son amour, toute sa force, établir un barrage contre la Mort, dresser des murailles, consolider les brèches, être à l’intérieur comme un guerrier farouche. Le sabre de l’amour prêt à trancher les armées de la Faucheuse.

Il s’était installé dans le parc, sur un banc. Face à un cèdre majestueux. Adossé, les jambes étendues, il avait basculé la tête en arrière, les yeux fixés sur l’horizon vertical, une échappée par-delà les murs immenses des bâtiments, le ciel translucide semblait imiter les espaces océaniques, quelques risées écumeuses, des courants résistants à la dilution dans le corps immense, des chapelets de récifs cotonneux, la rumeur de la ville montait comme une houle indocile, quelques éclats parfois comme des vagues à l’assaut des écueils, des oiseaux blancs dérivaient sur les grands fonds, leurs arabesques lentes suivaient les vents solaires, des chemins invisibles qu’ils savaient deviner, tant de paix, cette douceur du monde par-delà les enceintes.

Christian ne pouvait pas partir, il devait replonger dans cet amour, goûter encore aux bonheurs simples, à la vie câline, sans intention, juste la contemplation, l’abandon, la quiétude des émotions originelles, la connivence, l’osmose.

« Ne pars pas Christian, je t’en prie. La vie a besoin de toi.»

Toutes ces prières, cette force diffusée, cet attachement fraternel qu’il maintenait.

Le cèdre lançait vers la lumière son sommet tabulaire, enivrant l’espace de senteurs résinées, des peuples de branches s’étalaient sur des plages de vide, dominaient la pesanteur comme des tapis suspendus, les aiguilles avides captaient les jus nourriciers, le tronc fiché dans la terre jaillissait telle une aiguille rocheuse, une colonne végétale, massive, compacte, dressée contre le Temps, des arrondis de racines couraient sous la surface, étendant leurs ancrages, tellement de forces, tellement de vie. Née d’une graine infime. Il avait pensé au germe de vie que ses parents avaient créé, Christian unifié dans le secret intime de sa mère, la fusion émotionnelle de deux amours au service de la vie. Il était impossible que ça s’arrête. Pas maintenant.

Christian était remonté du bloc. Placé immédiatement dans une chambre stérile. Ils ne pouvaient aller le voir que deux heures par jour. Ils enfilaient une longue blouse, des chaussons en papier, ils cachaient leurs cheveux sous un fichu, portaient un masque devant la bouche. Tout devait être jeté à chaque fois. Christian ne réagissait à aucune sollicitation, il maigrissait, cinquante kilos pour un mètre quatre-vingt-seize. Branché sur des perfusions aux aiguilles épaisses.

Charlotte passait prendre des nouvelles.

« Ne désespérez pas, il est bien suivi. On sait traiter ce genre de problème désormais. Mes collègues m’ont dit que les médicaments étaient efficaces. »

Ils ne la croyaient pas vraiment.

Ils regrettaient les crises de folie. Christian y était plus vivant que dans ce sommeil mortuaire.

L’épuisement de ses parents. Tous ces allers-retours, leur travail, les heures d’angoisse, l’inquiétude d’une sonnerie téléphonique, un appel qu’ils avaient sûrement imaginé. Ils les avaient vus vieillir, perdre le sourire, le goût de la vie.

La masse solide de son père fléchissait, les épaules tombaient, le visage sombre, abattu.

Sa mère semblait tendue à se rompre, aux aguets, comme un filament fragile, juste préservé par la vie suspendue de Christian.

Comme un cordon ombilical restauré et le refus de la lame qui le tranche.

Tenir, tenir. Ne pas couler en entraînant les autres, ne pas être celui qui perd pied, tenir, tenir, pas de faiblesse, l’interdiction de sombrer. On ne coule pas devant un rescapé. On le veille, on lui transmet son énergie, on résiste à tous les courants sombres, on lutte, on se bat, on le maintient à la surface.

Cette impression de flotter au milieu d’un océan d’incertitudes et de ne pas avoir le droit de s’enfoncer. Penser constamment à celui qui reste, à la détresse de sa solitude intérieure, à cette lutte viscérale contre l’invasion morbide.

Court-métrage en classe.

Par Le 26/01/2019

 

Là, je suis émerveillé. Très ému. Il y a une petite fille "particulière" dans ma classe. Une très grande sensibilité, une intelligence vive, étendue à tout ce qu'elle fait, alliée à une joie de vivre qui rayonne. 
Il y a quelques jours, j'ai passé ce court-métrage dans la classe. Puis, on a beaucoup parlé.

L'empathie...L'intuition...L'expression des émotions...Le respect...La reconnaissance...


On a détaillé aussi la mise en scène, le jeu des acteurs, le travail du cameraman, les prises de vue, le symbolisme du râteau qui tombe, les feuilles emportées par le vent, le fait de planter la fleur parmi les autres, comme le retour de la petite fille avec les autres enfants...

Le travail cinématographique comme le travail d'écriture d'une histoire.

Je viens de corriger le texte de cette petite fille "particulière". Et elle a écrit ça :

"A la fin du film, quand le jardinier et la petite fille mettent la plante parmi les autres, on voit du pollen qui vole et je sais pourquoi. Le pollen, c'est la vie qui revient. C'est pour dire que la petite fille est guérie. La vie est la plus forte, elle revient toujours".

Voilà les moments qui me manqueront quand je fermerai ma classe pour de bon.

 

Lundi, on va travailler sur cette vidéo-là.

Je vais constituer deux groupes qui auront pour mission de raconter l'histoire sous les deux angles de vue : le passager occidental et l'Arborigène. 

Ensuite, on cherchera ensemble à définir précisément la morale de l'histoire. 

Objectifs :

Réfléchir sur les raisons qui nous amènent à une mauvaise compréhension de la situation au début de l'histoire : l'allure "riche", soignée et connue de l'occidental contre l'allure "étrange", hirsute et inconnue de l'Arborigène.

Analyser ce que représentent les préjugés et d'où ils viennent : éducation familiale, conditionnement sociétal, impact des médias, transmission historique (école...)

Observer en soi les émotions éprouvées au début de l'histoire.

Observer en soi les émotions éprouvées à la fin de l'histoire.

Comprendre l'origine des émotions de la première partie.

Comprendre l'origine des émotions de la deuxième partie.

 

Quelles leçons tirer de cette histoire ?

 

Pour ma part, après les avoir laissé exprimer tout ce qui viendra, je leur dirai :

- qu'il ne faut pas se fier qu'aux apparences.

- "Il ne faut pas se fier aux apparences", c'est pour les bisounours et c'est dangereux. 

Il y a des gens que je peux croiser et dont je me méfierai. Non pas nécessairement en raison de leur apparence mais en raison de leurs regards... Parce que le regard va plus loin que l'apparence : il sonde l'esprit. 

Il faut se fier à son intuition, pas nécessairement à l'éducation. Il faut surtout apprendre à identifier les deux puis à passer la situation au tamis de ces deux méthodes d'analyses. Qu'est-ce que me dit mon intuition ? Qu'est-ce que me transmet mon éducation ? Que me conseille l'assemblage des deux ?  

On va certainement beaucoup discuter :) Les enfants me parlent souvent de l'intuition. C'est quelque chose qui les interpelle beaucoup et quand on lance le sujet, on n'en voit pas la fin :) 

Le travail d'expression écrite contiendra bien évidemment comme objectif d'appliquer toutes les règles de la langue déjà étudiées. 

Le travail artistique sera de dessiner les visages des deux personnages, côte à côte, de face. 

L'occasion aussi de leur faire écouter ça et de leur montrer ces images.

On vient d'étudier en Histoire l'époque des grands voyages maritimes, les explorations des océans et les colonisations qui ont suivi.

Géographie et Histoire. 

On finira par les sciences avec la faune endémique de l'Australie. 

Semaine bouclée. 

 

 

 

 

Du bon usage des crises

Par Le 25/01/2019

 

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Un texte magnifique, sublime, unique. Un extrait d'une conférence de Christiane Singer.

A le lire, je me dirais presque qu'il est ridicule et présomptueux que je veuille écrire des livres sur tout ça quand ça a déjà été si parfaitement décrit. Si cela ne me concernait pas directement et prioritairement, il serait juste en effet que je cesse tout écrit. 

Mais j'écris par nécessité. Pas simplement par plaisir ou passion.

Je me soigne à écrire ce qui me guérit.

Un jour, il y a longtemps, je me suis dit que peut-être toutes ces histoires, puisqu'elles me sont utiles, vitales, salvatrices, peut-être pourraient-elles l'être quelque peu pour des lecteurs et lectrices. Peut-être que ces histoires pourraient devenir une invitation à ne plus avoir peur des crises...

J'ai connu des crises redoutables. A travers l'histoire de mon frère, Christian, puis par des déflagrations dévastatrices dans mon corps, l'explosion des seuils de douleur et de souffrance. Je sais aujourd'hui tout ce que ces périodes m'ont enseigné. S'agit-il d'une leçon offerte par la vie elle-même, ce qui laisserait entendre qu'une "intelligence" intervient, ou s'agit-il d'un progrès que je suis en droit de m'approprier ? Sans fausse modestie, sans prétention, sans l'oubli de l'humilité nécessaire. 

Bien sûr que d'autres humains ont connu ou connaissent des drames bien plus graves que les miens. Je vis dans un pays en paix où des soins existent, j'ai toute la nourriture nécessaire, je ne suis aucunement en danger. Les humains qui connaissent des crises de cet ordre, guerre, famine, épidémie et qui parviennent malgré tout à s'éveiller intérieurement, à explorer l'espace de la conscience, ces humains-là, je les admire considérablement. Ils sont là, les véritables héros, les gens qui devraient être vénérés. Les autres à leurs côtés ne sont rien. 

Oui, les crises intérieures sont des tremplins. Si tant est que l'individu parvienne à se hisser jusqu'au dernier mètre, trouve l'énergie consciente de ramper jusqu'au bord du vide. Et d'y sauter.

 

J'écris comme l'individu qui rampe vers le vide, je sais que là-haut, lorsque j'y parviens et que je saute dans le vide intérieur, les mots m'accompagnent, ils sont comme des ailes. Et le vol au-dessus de mes gouffres est désormais délicieux.  

Les situations passées n'ont pas changé. Elles sont toujours dramatiques et douloureuses. Mais je les regarde maintenant à travers le prisme de ce que j'y ai appris. 


 

DU BON USAGE DE LA CRISE

"J’ai gagné la certitude que les catastrophes sont là pour nous éviter le pire. Et le pire, comment pourrais-je exprimer ce qu’est le pire ? Le pire, c’est bel et bien d’avoir traversé la vie sans naufrages, d’être resté à la surface des choses, d’avoir dansé au bas des ombres, d’avoir pataugé dans ce marécage des on-dit, des apparences, de n’avoir jamais été précipité dans une autre dimension. Les crises, dans la société où nous vivons, elles sont vraiment ce qu’on a encore trouvé de mieux, à défaut de maître, quand on n’en a pas à portée de main, pour entrer dans l’autre dimension. Dans notre société, toute l’ambition, toute la concentration est de nous détourner, de détourner notre attention de tout ce qui est important. Un système de fils barbelés, d’interdits pour ne pas avoir accès à notre profondeur.

C’est une immense conspiration, la plus gigantesque conspiration d’une civilisation contre l’âme, contre l’esprit. Dans une société où tout est barré, où les chemins ne sont pas indiqués pour entrer dans la profondeur, il n’y a que la crise pour pouvoir briser ces murs autour de nous. La crise, qui sert en quelque sorte de bélier pour enfoncer les portes de ces forteresses où nous nous tenons murés, avec tout l’arsenal de notre personnalité, tout ce que nous croyons être.


Récemment sur une autoroute périphérique de Berlin où il y a toujours de terribles embouteillages, un tagueur de génie avait inscrit sur un pont la formule suivante : « Détrompe-toi, tu n’es pas dans un embouteillage, l’embouteillage c’est toi ! ».

Nous sommes tous spécialisés dans l’esquive, dans le détournement, dans le « divertissement » tel que le voyait Pascal. Il n’y a au fond que cette possibilité, subitement, de se dire : « Oui mais tout cela, tout ce qui m’enserre, tout ce qui m’étrangle, mais c’est moi ! ».

Ce serait une erreur de croire que la crise est quelque chose de normal, d’inhérent à la nature humaine. Il y a de nombreuses sociétés, toutes les sociétés traditionnelles, qui ont une toute autre façon d’agir. Un ami anthropologue m’a rapporté ces mots d’un Africain qui lui disait : « Mais non monsieur, nous n’avons pas de crises, nous avons les initiations ». Et les initiations sont la ritualisation de ces passages, c’est-à-dire cette possibilité pour l’homme de passer d’un état d’être naturel, premier, à cet univers agrandi, où l’autre versant des choses est révélé. Et il s’avère que toutes ces initiations, dans leur incroyable diversité, et inventivité – parfois des rites d’une cruauté qui nous paraît insoutenable - ont tous la même visée : mettre l’initié en contact avec la mort, le faire mourir ; le vieux principe du « meurs et deviens ». que ce soient les rites des aborigènes australiens qui enterrent les néophytes pendant trois jours sous des feuilles pourries, ou les épreuves auxquelles sont soumis les jeunes Indiens,
il n’y a pas un rite pourtant qui soit aussi cruel que l’absence de rite. Et la vie n’a pas d’autre choix que de nous précipiter ensuite dans une initiation, cette fois sauvage, qui est faite non plus dans l’encadrement de ceux qui nous aiment, ou qui nous guident, de chamans, ou de prêtres ou d’initiés, mais dans la solitude d’un destin. Ces catastrophes qui ne sont là que pour éviter le pire ! Il peut vraiment paraître très cynique de parler ainsi. J’ai connu cette période où lorsqu’on entend une chose pareille, et que l’on est soi-même plongé dans un désespoir très profond, ces propos paraissent d’un cynisme insupportable. Et pourtant quand on a commencé à percevoir que la vie est un pèlerinage, quand à une étape de ce pèlerinage on regarde en arrière, on s’aperçoit vraiment que les femmes, les hommes qui nous ont le plus fait souffrir sur cette terre, sont nos maîtres véritables, et que les souffrances, les désespoirs, les maladies, les deuils, ont été vraiment nos sœurs et nos frères sur le chemin. Je sais que cela peut avoir une coloration insupportable quand on est dans une phase de désespoir, mais c’est tellement fabuleux quand on s’arrête en cours de route, quand on regarde en arrière, et qu’on se dit : « mais oui, c’est vrai ! ».

Comment se joue la crise ? On pourrait utiliser ce mot de retournement, de renversement. Qu’est-ce qui se passe dans la crise ? Il se passe à peu près ceci qu’une voix s’adresse à vous, et vous dit : « Tu as construit une vie, oui bravo, eh bien détruis-la ; tu as construit une personnalité, formidable, bravo, détruis-la ; tu t’es battu, tu as été courageux, un courage extraordinaire, mais l’heure de la reddition est venue, à genoux ! ». Ou encore, comme pour Abraham : « Tu as mis un fils au monde, bravo, rends-le moi ! ». Tous ces moments de l’intolérable, de l’inacceptable, qui dans l’ordre des choses vécues, dans l’ordre de l’immédiat sont le scandale absolu ! Rends-mois ce que je t’ai donné ! Pour moi la plus extraordinaire histoire qui les symbolise toutes est celle de Job. J’adore cette histoire de Job, j’y reviens toujours. Job a été vraiment le serviteur de Dieu, l’homme de tous les succès. Une vie accomplie, entourée de richesse, de troupeaux de bœufs, ses femmes, ses fils, ses serviteurs, une richesse que Dieu bénit. Ce même homme, Job maudit, Job sur son tas d’immondices qui gratte ses ulcères, Job qui ne lâche pas prise, qui dit : « Je m’adresserai à Toi mon Dieu, jusqu’à ce que Tu m’expliques la raison qui me ferait accepter l’inacceptable, j’attends de Toi une réponse qui me convainque ». Et cette interrogation qui le pousse pendant des jours et des semaines et des mois, à ne pas lâcher prise et cette phrase qui est pour moi une des phrases les plus poignantes : « Pourquoi ne peux-Tu pas donner raison à l’homme contre Toi-même ? ».

Aussi longtemps que Job demande à Dieu de paraître devant lui, et de lui expliquer l’inexplicable, de lui dire la raison de toute cette horreur, de tout ce désespoir, de tout ce désastre d’une existence : « Viens ! Viens, je n’ai plus que la peau sur les os lui dit-il, viens, parle-moi ». Dieu ne vient pas, Dieu ne parle pas. Arrivent tous les amis, tous les copains, les thérapeutes, qui lui expliquent : « Ecoute, je suis persuadé que tu as fait une erreur, écoute, réfléchis, souviens-toi ! » Mais Job ne les écoute pas, le brouhaha des voix dehors.

« Réponds-moi, réponds-moi ! » Et quand l’ami Elihu lui a dit : « Mais non, tu vas voir, Dieu ne répond pas ». A ce moment-là, Dieu répond. Contre toute attente Dieu répond. Mais Dieu répond à côté de la question. Dieu n’évoque pas un seul instant toute la vie de Job détruite, tous ses espoirs anéantis, sa famille, tous ceux qu’il a aimés, Dieu parle du ciel et de la terre, des oiseaux et des arbres, Dieu parle de la mer, de l’océan et des plages. Dieu répond à côté. Et voilà que se passe l’inattendu. Job, loin d’être scandalisé par cette réponse, qui n’en est pas une dans l’ordre de la logique, voit subitement tout d’un autre lieu. L’entière création, d’un autre lieu, d’un lieu où tout le drame d’une être ne fait même pas un remous à la surface du créé. Un lieu de l’univers agrandi, et job dit : « Mon Dieu je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant je t’ai vu ». Et Job est un autre homme. Et à partir de ce moment-là par une ironie divine, tout lui est rendu puisqu’il n’a plus besoin de rien. C’est au niveau de cette histoire de Job, que j’ai pour ma part rencontré le travail de Dürckheim. Dans une crise vraiment très profonde. Après avoir traversé une existence très préservée, très occupée à éviter les naufrages, toute cette adresse à passer entre les catastrophes, entre les blessures, et subitement, après quinze ans de mariage, l’arrivée d’une autre femme, l’arrivée dans une existence préservée d’un autre être, qui du jour au lendemain détruit l’univers que vous vous étiez construit. Et la traversée, pendant deux ans, trois ans, de la solitude de l’abandon, dans un pays étranger, dans un village au bout du monde, et la rencontre du travail de Dürckheim et d’une remarquable femme, son élève, qui travaillait avec la voix. Alors que j’attendais d’elle qu’elle me donne la force de faire mes bagages, et de partir avec mes fils, elle m’a dit : « Tu restes là, assise au milieu du désastre, là. Tout le travail que j’ai fait par la suite avec le corps, avec la présence au monde, aux choses, cette leçon, non seulement d’accepter l’inacceptable, mais d’y entrer, d’y établir ses pénates, entrer dans le désastre, à l’intérieur, et y rester, y rester ! Non pas fuir, mais oser rester, à l’endroit où je suis interpellée, à cet endroit où tombent tous les masques, où tout ce que je n’aurais jamais pu croire s’avère être en moi, tous les démons, toute l’ombre. Les paroles éclatent et tous les démons déferlent dans la vie, la jalousie, l’envie de meurtre, l’autodestruction. Et je reste là et je regarde. Cette troisième voie est probablement le salut pour notre époque si torturée. Je m’explique : nous connaissons dans notre Occident deux voies quand nous sommes dans un état d’étouffement, d’étranglement ; l’une c’est le défoulement, c’est crier, c’est exprimer ce qui était jusqu’alors rentré. Il y a de nombreuses formes de thérapies sur ce modèle et c’est probablement, en son lieu et place, quelque chose de très précieux, pour faire déborder le trop plein. Mais au fond, toute l’industrie audiovisuelle, cinématographique, est fondée sur ce défoulement, cette espèce d’éclatement de toute l’horreur, de tout le désespoir rentré, qui en fait le prolonge et le multiplie à l’infini. L’autre réponse, c’est le refoulement : avaler des couleuvres, et devenir lentement ce nid de serpents sur deux pattes, avec tout ce que ces vipères et couleuvres avalées ont d’effet destructif sur le corps et l’âme. Et le troisième modèle qui nous vient d’Extrême-Orient et qu’incarnait Dürckheim : s’asseoir au milieu du désastre, et devenir témoin, réveiller en soi cet allié qui n’est autre que le noyau divin en nous. J’ai rencontré voilà quatre jours, en faisant une conférence à Vienne, une femme ; et c’est une belle histoire qu’elle m’a racontée qui exprime cela à la perfection. Elle me disait à la perte de son unique enfant, avoir été ravagée de larmes et de désespoir, et un jour, elle s’est placée devant un miroir et a regardé ce visage brûlé de larmes, et elle a dit : « Voilà le visage ravagé d’une femme qui a perdu son enfant unique », et à cet instant, dans cette fissure, cette seconde de non identification, où un être sort d’un millimètre de son désastre et le regarde, s’est engouffrée la grâce. Dans un instant, dans une espèce de joie indescriptible, elle a su : « Mais nous ne sommes pas séparés », et avec cette certitude, le déferlement d’une joie indescriptible qu’exprimait encore son visage. C’était une femme rayonnante de cette plénitude et de cette présence qu’engendre la traversée du désastre. Il existe, paraît-il, dans un maelström, un point où rien ne bouge. Se tenir là ! Ou encore, pour prendre une autre image : dans la roue d’un chariot emballé, il y a un point du moyeu qui ne bouge pas. Ce point, trouver ce point. Et si un seul instant, j’ai trouvé ce point, ma vie bascule, parce que la perspective est subitement celle de Job, cette perspective agrandie, de la grande vie derrière la petite vie, l’écroulement des paravents, l’écroulement des représentations, un instant, voir cette perspective agrandie."

Extrait d'une conférence de CHRISTIANE SINGER

L'amour : récapitulatif

Par Le 23/01/2019

Suite à un échange avec une lectrice, j'ai pensé à un texte que j'avais écrit, il y a quelque temps et j'ai voulu le retrouver. Je suis donc allé sur la page de mon "manager" pour lister les articles portant le mot "amour" ou "aimer" dans le titre...Et je ne m'attendais pas à ça. Il va vraiment falloir que je réfléchisse à un moyen de classer tout ça par thème : amour / conscience / penser / âme / mental / ego / intuition / émotion / corps / esprit / désir / sexualité / besoin / communication / ................

 

"A COEUR OUVERT" : l'amour

"L'amour de la sagesse" (spiritualité)

"TOUS, SAUF ELLE" : Entre chaos et amour

Aimer

Aimer et ensuite apprendre (spiritualité)

Aimer l'amour. (roman)

Aimer la Terre (spiritualité et Nature)

Krishnamurti et l'amour.

L'Amour véritable (spiritualité)

L'Amour révélé

L'amour inconditionnel (spiritualité)

L'Amour et le juste milieu.

L'amour et le besoin (spiritualité)

L'amour et le besoin (2) (spiritualité)

L'amour et le besoin (3) (sexualité sacrée)

L'amour en otage (spiritualité)

L'amour du silence. (spiritualité) 

L'amour divin

L'amour de la Nature (spiritualité)

L'amour des âmes (spiritualité)

L'amour des montagnes. (A CŒUR OUVERT)

L'amour dans mes romans

La littérature complexe

Par Le 23/01/2019

 

La situation est-elle conjoncturelle ou la crise est-elle partie pour s’aggraver ?

Rentrée littéraire dans une librairie en 2017 Rentrée littéraire dans une librairie en 2017• Crédits : FRED TANNEAU / AFP - AFP

La situation est-elle conjoncturelle ou la crise est-elle partie pour s’aggraver ? Le classement annuel des 50 meilleures ventes de livres toutes catégories et formats confondus (roman, poche, essais et documents, bande dessinée, jeunesse fiction, jeunesse illustrés, poches jeunesse, beaux livres, et pratique) fait état d’une chute de 14% en volume d’exemplaires vendus. 

Le 30 janvier prochain on connaîtra l’étude globale qui ne porte pas uniquement sur les meilleures ventes mais toujours est-il que les voyants sont au rouge. Ce top 50 représente 17% de moins en chiffre d’affaire que l’an dernier, selon sont les chiffres qui viennent d’être publiés par Livres Hebdo avec l’institut Gfk.

Déjà en 2017 l’année avait été mauvaise pour cause d’élections présidentielles, ce qui engendre en général un léger ressac sur les ventes de livres. Quant à 2018 on y souligne déjà l’absence de sortie d’un nouvel album d’Astérix. C’est bien connu dans l’édition, avec 2 millions d’exemplaires à la clé, les années sans Astérix ont forcément un impact négatif sur les chiffres globaux des meilleures ventes. 

Mais avant de voir confirmer ou non cette forte tendance à la baisse en 2019, reste à déplier ce que révèle le dernier classement de Livres Hebdo. 

Parmi les premiers enseignements de cette vague de résultats, on constate que les livres-locomotives ont réalisé de moins bonnes performances que l’année précédente, que le format poche progresse nettement avec 32 titres classés parmi les 50 meilleures ventes contre 24 l’année dernière, et que par catégorie seuls les livres poches mais aussi jeunesse illustrés et poche jeunesse sont en croissance.

Pour la 8ème année consécutive c’est Guillaume Musso qui est numéro 1 du classement avec le format poche d’Un appartement à Paris, le livre le plus vendu de l’année, il est aussi troisième avec son dernier opus en grand format La jeune fille et la nuit. De là se dégage, déjà, une forte sensation de concentration.

Et avec une 11ème place pour le Goncourt Leurs enfants après eux (Actes Sud) de Nicolas Mathieu et la 21ème place pour le Prix Femina et prix spécial du Renaudot Le lambeau de Philippe Lançon : aucun grand prix d’automne ne se sera hissé dans le top 10. L’effet de diversification propulsé par les bandeaux de prix fonctionne donc moins bien.

Ce qui est en outre à l’œuvre, qui se perpétue et s’accélère depuis la fin des années 90, c’est l’effondrement de livres du milieu. Ces ouvrages jadis autour de 20 000 et 30 000 exemplaires, ces auteurs des éditions de Minuit ou de POL, qui n’ont plus d’espace. La polarisation s’accélère et dessine un champ entre très gros et touts petits. Certes la surproduction a poussé à un turn over assez néfaste  avec des ouvrages chassés de plus en plus vite des librairies et des auteurs pénalisés car ils n’ont pas le temps de trouver leur lectorat.

Mais la surproduction n’est peut-être pas la seule en cause. Comme le résume Vincent Monadé, président du Centre National du Livre : « Certains éditeurs ont déjà freiné leur publication, mais demeure ce constat qualitatif : une réduction de l’appétit pour la littérature complexe. Hors celle-ci est inquiétante car c’est cette littérature complexe qui fait l’histoire littéraire plus qu’elle ne raconte des histoires ».

Il y a bien à un Michel Houellebecq qui caracole en tête des ventes depuis début janvier et dépassera au moins les 200 000 exemplaires, mais quelle résonance pour les Pascal Quignard, Pierre Michon et autres Pierre Bergounioux qui seront les grands auteurs de demain ? 

Dans la pièce "Les idoles" de Christophe Honoré, le personnage d’Hervé Guibert dit qu’il écrit pour ce lecteur même unique qui un jour fera revivre son livre dans son corps. Pour qu’il existe encore, il ne faut pas éduquer le lectorat à l’aventure esthétique, mais augmenter le nombre de grands lecteurs. Quelques livres pour se divertir dans l’année ne suffiront pas à se mettre sur la piste de ces grandes œuvres complexes qui font progresser la lecture complexe du monde.

Qi Gong pour le dos

Par Le 21/01/2019

QI GONG & DO-IN  ·  01. décembre 2017

Soulager les douleurs dorsales et lombaires avec le Qi Gong et le Do-In

Cet article vous propose quelques mouvements simples du Qi Gong et du Do-In pour soulager les douleurs dorsales et lombaires. Cette routine qui dure environ 10 minutes consiste en des automassages, des étirements et de la digipression.


Place à la pratique, automassages...

Mal de dos

En médecine traditionnelle chinoise (MTC), la colonne vertébrale et les muscles environnants sont en étroite relation avec les méridiens du Rein et de la Vessie. Il est donc courant que les douleurs dorsales et lombaires soient en lien avec ces deux méridiens.

C’est pourquoi les mouvements et automassages proposés ici ont pour but de renforcer et de favoriser la circulation de l’énergie dans ces méridiens.

Durant ces exercices il est primordial de ne jamais aller jusqu’à la douleur, il faut rester dans une zone confortable.

Dans la position debout, les pieds écartés de la largeur des épaules, les genoux déverrouillés et le corps relâchéprendre conscience de sa respiration sur 3 cycles respiratoires.

Commençons par les lombaires :

  1. Frotter les mains l’une contre l’autre pour y amener de la chaleur.
  2. Joindre le pouce et l’index de chaque main pour former un cercle, et faites plusieurs séries de percussions des lombes jusqu’au sacrum du haut vers le bas.
  3. Frotter fortement les lombes avec vos mains.
  4. Poser les mains à plat sur vos reins et sentir la chaleur se diffuser. Imaginer que vous soufflez à travers vos mains pour remplir vos reins à chaque expiration.
Do In pour la lombalgie

Puis on frotte les deux jambes en simultané avec les deux mains. Répéter le mouvement suivant au moins 3 fois :

  • On descend par l'arrière des jambes, des fesses jusqu'aux chevilles.
  • On remonte par l'avant, des pieds jusqu'à l'aine.
  • On redescend par l'extérieur des jambes, des hanches jusqu'aux pieds.
  • On remonte par l'intérieur des jambes, de la cheville jusqu'au nombril.

Nous allons maintenant détendre le ventre pour libérer le dos :

  1. Poser la main gauche paume sur le nombril (main droite si vous êtes une femme), et l’autre main par-dessus.
  2. Amener votre respiration à vos mains. Prendre conscience du rythme sous les mains.
  3. Toujours une main sur l'autre, frotter verticalement de haut en bas une douzaine de fois. Puis faites de même horizontalement de gauche à droite.
  4. Frotter maintenant en faisant des cercles sur votre ventre, d’abord dans le sens des aiguilles d’une montre puis dans le sens inverse. Une douzaine de fois dans chaque sens.
  5. Puis frotter le tour de la taille depuis le dos jusqu'au ventre, trois fois.

... et étirement

Qi Gong pour la lombalgie

Enfin, nous allons faire un étirement des méridiens et des muscles, du dos et de l’arrière des jambes. Nous allons partir de la position debout, et nous pencher lentement vers l’avant jusqu’à avoir la tête en bas. Pour cela, il faut avoir l’intention de dérouler vertèbre par vertèbre tout le dos. On peut pour s'aider imaginer une balle qui roule de la nuque jusqu'au sacrum.

  1. Commencer par enrouler la nuque, puis les dorsales, et les lombaires.
  2. Laisser tomber les mains devant les pieds, et respirer librementdans cette position.
  3. Laisser les tensions s’évacuer par la tête et les bras.
  4. Secouer légèrement la tête et les bras.
  5. Si vous le pouvez, passer vos doigts sous vos pieds et tendez vos jambes pour étirer l’arrière des cuisses.
  6. Enfin, plier légèrement vos genoux et forcer sur vos pieds pour vous relever doucement, toujours vertèbre par vertèbre, jusqu’à revenir à la position verticale.

Attention de ne pas vous relever trop rapidement lors de cet exercice au risque de vous faire mal. Répéter cet étirement au moins 3 fois.

Digipression pour le mal de dos

Je vous propose le travail de deux points d'acupuncture pour soulager les maux de dos. Ces points doivent être stimulés par une pression des doigts (pouce ou alors majeur sur index) durant 5 cycles respiratoires.

Ces points se situent sur les jambes gauche et droite, sur le méridien de la Vessie.

Digipression et mal de dos

©anne-duval.com

V57 : Montagne du soutien

Ce point se situe à la naissance des jumeaux au centre du mollet, sur la face postérieure des jambes.

Digipression et mal de dos

©anne-duval.com

V58 : Propage le Yang

Il se situe à un travers de pouce du point précédent, en largeur et en hauteur, vers le côté externe de la jambe.

Le point travaillé pourra être rebondi, très en surface ou sensible, dans ce cas il faudra faire des pressions douces et apaisantes. Dans le cas contraire le point pourra être mou et vide, il faudra alors faire des pressions toniques et rebondissantes.


L'ensemble de cette pratique dure environ 10 à 15 minutes.

Pratiqués quotidiennement ces exercices peuvent apporter un réel soulagement des douleurs. Si elles persistent, n'hésitez pas à consulter un praticien en shiatsu ou un professionnel de santé.


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Qi Gong et Do-In

Par Le 21/01/2019

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QI GONG & DO-IN  ·  26. janvier 2018
 

Sommeil et insomnie, la réponse de la médecine chinoise

Cet article présente le sommeil du point de vue occidental et oriental, puis propose quelques mouvements issus du Qi-Gong et du Do-In pour lutter contre les problèmes de sommeil.


Mon précieux...

Sommeil, insomnie, et shiatsu

Le sommeil est précieux car il est à la base de l’équilibre physique et émotionnel de l’individu. A l’échelle d’une vie, il représente 1/3 de notre temps !

Et pourtant, ce n’est pas simple pour tout le monde...

"Seul celui qui a vécu la maladie connait le bonheur de l'homme en bonne santé, seul l'insomniaque connait la douceur du sommeil retrouvé" ~ Stephan Zweig.

Selon l’association France Insomnie, 30 à 40% des français sont sujets à l’insomnie occasionnelle et 10% souffrent d’une forme chronique. Ces insomnies peuvent se présenter sous plusieurs formes :

  • Difficulté d’endormissement.

  • Réveils nocturnes durant la nuit.
  • Réveil précoce au petit matin.
  • Sommeil agité et non réparateur.

Les rythmes et cycles du sommeil

Nous avons tous des rythmes et des besoins différents face au sommeil, certains se contentent de 6h de sommeil, d’autres ont besoin de 10h pour bien vivre la journée… Il n’y a pas de règles générales en la matière, il semble juste opportun d’écouter son propre rythme, sans aller en dessous de 5 à 6h de sommeil pour éviter la fatigue et l’épuisement.


Alerte info : nous dormons en moyenne une heure de moins par nuit qu’au siècle dernier, ce qui représente une nuit de moins par semaine !


Le sommeil se compose de plusieurs cycles qui se répètent, un bon dormeur passera en moyenne par 3 ou 5 cycles d’environ 90 à 110 minutes. Chaque cycle comporte 5 phases :

Cycle du sommeil
  •  L’endormissement (ou éveil calme) est la première phase, assez courte elle dure 5 à 10 minutes. Elle se signale par des bâillements et un engourdissement général, les ondes cérébrales passent de l’état Bêta (état de veille) à Alpha (détente profonde). Nous naviguons entre sommeil et éveil, et le moindre bruit suffit à nous réveiller.
  • Le sommeil lent léger dure 10 à 15 minutes et le réveil est facile. Durant cette phase le cœur et la respiration ralentissent, de même que les ondes cérébrales qui passent en rythme Thêta. Les muscles se détendent, les oreilles entendent mais la tête ne comprend pas.
  • Le sommeil lent profond est une phase de récupération qui dure environ 30 minutes, le réveil est plus difficile. Les fonctions biologiques ralentissent encore, les muscles sont relâchés, les oreilles n’entendent plus, la température baisse, la respiration est lente et régulière. Le corps et l’esprit sont au repos.

  • Le sommeil très profond dure environ 30 minutes, c’est la phase la plus intense et la plus récupératrice du sommeil. Similaire à la phase précédente, le sommeil est cependant plus lourd et le réveil très difficile.

  • Le sommeil paradoxal est la dernière phase, il dure 10 à 15 minutes. Il porte bien son nom car bien que le corps soit parfaitement détendu, le cerveau s’active brusquement, le pouls et la respiration sont irréguliers, et les yeux font des mouvements rapides sous les paupières. A la fin de cette phase, le dormeur se réveille ou part pour un nouveau cycle après avoir repris conscience très brièvement.

Le sommeil vu par les chinois

Le sommeil est ici vu à travers une perspective Yin et Yang qui entretiennent une relation d’interdépendance et de changements alternatifs. La journée et l’activité (Yang) laissent place à la nuit et au repos (Yin), puis revient le Yang, et ainsi de suite.  

En Médecine Traditionnelle Chinoise, le sommeil correspond à une intériorisation et une mise au repos de l’énergie Yang du corps. En cas d’insomnie nous dirons que le jour déborde sur la nuit.

L’alternance entre veille (Yang) et sommeil (Yin) fait intervenir deux Vaisseaux Merveilleux, vestiges de la construction embryonnaire de l’individu, qui sont respectivement Yang Qiao Mai et Yin Qiao Mai.

Yang Qiao Mai

©anne-duval.com

Yang Qiao Mai, Vaisseau d'élévation Yang

Yin Qiao Mai

©anne-duval.com

Yin Qiao Mai, Vaisseau d'élévation Yin

Le premier, Yang Qiao Mai, extériorise l’énergie Yang le jour pour défendre (pathogènes extérieurs) et réguler (température, humidité) le corps. Cette énergie va pénétrer par la cheville et émerger au coin de l’œil, déclenchant ainsi l'éveil et l’ouverture des yeux.

Le deuxième, Yin Qiao Mai, intériorise l’énergie Yang la nuit pour nourrir et réguler les organes. L’énergie va pénétrer par le coin de l’œil, entrainant ainsi l’endormissement et la fermeture des yeux, puis irriguer les organes internes avant d’aller se ressourcer dans les Reins.

La qualité et la durée du sommeil sont aussi très dépendants du Cœur et du Foie. Ces derniers vont enraciner l’Esprit dans le corps et permettre un sommeil profond et calme. Le Sang va retourner au Foie où les rêves sont élaborés pour épurer le psychisme tandis que le corps reconstitue son énergie (appelée Qi).

Les causes de l’insomnie

Les causes de l’insomnie peuvent être multiples, allant de l’alimentation aux facteurs émotionnels (insécurité, stress, etc) en passant par le surmenage. Il conviendra d’user d’un peu d’introspection et/ou d’en discuter avec votre praticien en shiatsu ou un professionnel de santé pour mieux en déterminer la cause exacte.

Cependant, voici quelques conseils généraux qui pourront favoriser un bon sommeil en cas d'insomnie :

  • Évitez la prise d'excitant (tabac, alcool, café, …) après 15h.
  • Évitez les écrans (ordinateurs, tablettes, téléphones, ...) tard le soir.
  • Évitez les siestes qui prendront sur votre nuit.
  • Votre chambre doit être dans le noir absolu (pas de lumière la nuit).
  • Espacez votre repas de votre coucher d'au moins 2h.
  • Mettez en place une petite routine avant de dormir (lecture par exemple).
  • Couchez-vous à heures régulières pour instaurer un rythme biologique.
  • Si le sommeil vient, ne faites pas de grasses matinées mais levez-vous à une heure raisonnable.
  • Pratiquez la respiration consciente avant de dormir.

Qi Gong pour favoriser le sommeil

Voici une routine de Qi Gong à pratiquer le soir au coucher pour favoriser le sommeil et l’endormissement.

Qi Gong et insomnie

Tout d’abord un premier exercice qui va vous permettre de libérer l’énergie stagnante dans la poitrine et le haut du corps. Il se pratique assis en tailleur ou debout, et peut aussi aider si vous souffrez de maux de tête.

  • Respirez profondément durant 3 cycles respiratoires pour vous détendre.

  • Mains jointes avec les doigts entrelacés, frappez de haut en bas entre votre sternum et votre gorge, afin de déloger l’énergie stagnante.

  • Pencher la tête en  arrière, puis faites le son « aaaaaaaaaaaah » tout en continuant de frapper de haut en bas entre sternum et gorge.

Qi Gong et insomnie

Je vous recommande maintenant de pratiquer la posture suivante pendant environ 10 minutes (voire 20 minutes si nécessaire). Elle s’appelle "maintenir deux tigres en respect" et permet d’abaisser le Qi tout en se débarrassant des tensions émotionnelles.

Dans la position debout, les pieds écartés de la largeur des épaules, les genoux déverrouillés et le corps relâché, prenez conscience de votre respiration sur au moins 3 cycles respiratoires. Essayez de conserver votre verticalité tout au long de la posture.

Vos paumes de mains sont placées vers la terre, au niveau de la ceinture. Laissez s’écouler vos tensions dans la posture. Si une pensée se présente, laissez la passer sans l'alimenter ou surenchérir.


Ce faisant, porter à nouveau votre attention sur votre respiration et votre posture. Laissez vous bercer par votre rythme respiratoire.

Digipression du sommeil

Je vous propose également le travail de trois points d’acupuncture que vous pouvez pratiquer à la suite du Qi Gong décrit plus haut. Ces points se situent de manière symétriques sur les côtés gauche et droit du corps. Ils doivent être stimulés, de chaque côtés du corps, par une pression des doigts (pouce ou alors majeur sur index) durant au moins 5 cycles respiratoires.

Digipression du sommeil

©anne-duval.com

V62 : Vaisseau de l'heure Shen

Il se situe sur la face latérale du pied, sous la malléole externe.

Parfois appelé "grand point des insomnies", il doit être travaillé en dispersion, c’est-à-dire en faisant des mouvements doux et circulaires.

Digipression du sommeil

©anne-duval.com

R6 : Mer lumineuse

Il se situe sur la face médiale du pied, sous la malléole interne, en symétrie de V62.

Ce point doit être lui travaillé en tonification, c’est-à-dire de manière dynamique et énergisante, avec par exemple des pompages.

Digipression du sommeil

©anne-duval.com

V1 : Éclat de la prunelle

Il se situe au coin interne de l’œil. Il doit être travaillé en dispersion, c’est-à-dire en faisant des mouvements doux et circulaires.


Comme pour tout travail énergétique personnel, c’est la régularité qui fera le succès. Ces exercices pratiqués quotidiennement au coucher peuvent apporter une très nette amélioration des insomnies.

Si vos insomnies persistent, n'hésitez pas à consulter un praticien en shiatsu ou un professionnel de santé.


"C'est beau".

Par Le 21/01/2019

Reçu ce jour : 


"Thierry
J'ai prêté "La haut" à ma belle sœur puis à ma belle mère (désolé pour les royalties).
Ma belle sœur est conquise, elle a parcouru ton site mais n'ose pas t'écrire un mot.
En ce qui concerne ma belle mère, je lui ai demandé son avis hier soir, elle est restée sans voix, émue. 
Cinq minutes sont passées, elle est revenue sur le sujet, elle a juste dit "c'est beau".

Rester sans voix à la pensée d'un de mes romans et condenser les émotions dans ces deux mots :"C'est beau", c'est pour moi un immense cadeau.  

LÀ-HAUT • Roman

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"L'écologie intégrale"

Par Le 21/01/2019

 Usbek & Rica 

20/01/2019 07:00

 

L'« Écologie intégrale » appelle les Terriens à prendre le pouvoir

 

Vincent Lucchese

Delphine Batho en 2009

Dans son manifeste politique qui prône une Écologie intégrale, Delphine Batho, à la tête du mouvement Génération écologie, redessine la politique selon un axe Terriens contre Destructeurs, appelé à remplacer le clivage Gauche / Droite.

« L’enjeu de conserver une planète habitable pour l’humanité supplante désormais tous les autres. L’écologie est devenue une question de vie ou de mort. » Dès les premières lignes, le décor est planté. La gravité de la situation justifie toute l’orientation d’un projet radical. Dans son manifeste, Écologie intégrale(Éditions du Rocher, 2019), Delphine Batho ambitionne de réorienter l’ensemble du jeu politique au travers du prisme de l’urgence environnementale.

Nous sommes actuellement sur une trajectoire de réchauffement climatique de 4°C voire 5°C d’ici quelques décennies, la biodiversité s’effondre et menace de nous emporter dans sa chute, les énergies fossilesterres rares et autres ressources s’épuisent sans promesses d’alternatives de qualité équivalente. Ce constat, qui fait si peu réagir nos dirigeants, fait-il de Delphine Batho une adepte des théories de l’effondrement ?

« Le raisonnement des collapsologues est trop mécaniste »

La députée, présidente depuis septembre 2018 de Génération écologie, connaît bien la collapsologie. Elle était témoin de la défense en décembre lors du Tribunal pour les Générations Futures d’Usbek & Rica, chargé de juger les collapsologues. « Ils ont en partie raison, nous précise Delphine Batho. Mais leur raisonnement est trop mécaniste sur les énergies fossiles. Les réserves de charbon à prix accessible sont par exemple encore gigantesques. »

Écologie ou barbarie

Pas d’effondrement inévitable, donc. Même si « la vérité oblige à ouvrir les yeux sur les destructions en partie irréversibles », concède-t-elle, appelant à mêler « résilience » pour s’adapter à l’inévitable et « résistance » pour éviter le pire. Celle qui fut aussi ministre de l’Ecologie prône ainsi l’instauration d’un « État-résilience », « nouvelle étape historique de la construction républicaine », écrit-elle. De la même façon que l’État-providence a mutualisé les risques sociaux, il nous faut aujourd’hui inventer la mutualisation des risques écologiques.

La logique derrière « l’écologie intégrale » est d’opérer la même métamorphose dans tous les domaines. L’écologie, enjeu suprême, doit prévaloir pour repenser les relations sociales, l’éducation, la santé publique, l’aménagement du territoire, nos modèles économiques et industriels, etc.

L’initiative n’est pas inédite. Les appels solennels à changer de paradigme face à l’urgence environnementale ont été lancés à la chaîne ces derniers mois par des scientifiques et par la société civile. Plusieurs mouvements politiques l’ont également mis au coeur de leur projet. « Nous sommes déjà en guerre. Contre notre environnement. [...] Cette guerre, qui peut conduire à la mort de tout et de tous, nous devons enfin l’appréhender », écrit Raphaël Glucksmann (Les enfants du vide, Allary éditions, 2018), co-fondateur du mouvement citoyen Place publique. L’écologie politique est aussi au centre du mouvement Génération.s dont le manifeste dénonce le « productivisme » et appelle à une ère « post-croissance ».

« J’oppose l’écologie intégrale à l’écologie homéopathique des Verts et des autres partis »

Pour Delphine Batho, tous les partis ou mouvements existants partagent pourtant une même lacune fondamentale : ils se réclament de la gauche. Une terminologie qu’elle estime surannée, voire dangereuse : capitalisme et marxisme seraient les deux facettes d’une même pièce, le productivisme. Soit précisément ce qui nous a conduit à dépasser les limites planétaire et à mettre en péril notre avenir. « J’oppose l’écologie intégrale à l’écologie homéopathique des Verts et des autres partis », tranche-t-elle. « Il faut une rupture avec le libéralisme et avec le socialisme qui posent tous deux la question du partage des richesses comme préalable. »

Pour l’écologie intégrale, penser le respect des limites planétaires devient la question préalable qui induit, ensuite seulement, celle du partage des richesses, et de fait un objectif de réduction des inégalités. La politique ne doit donc, dans cette optique, plus se structurer autour d’un clivage gauche / droite mais par une opposition entre Terriens et Destructeurs. Là encore, les risques d’effondrement, de guerres et de catastrophes, bien réels, servent pour la députée à justifier un manichéisme radical : « On voit partout monter cette confrontation entre forces fascisantes et écologie. Nous sommes face à un choix binaire entre écologie et barbarie », nous assène-t-elle.

Renverser les Destructeurs

Ce nouveau clivage, inspiré des notions de « Terrestres » et « Hors-sols » définies par le philosophe Bruno Latour, pointe les ennemis du doigt. Les Destructeurs seraient aussi bien ceux qui se fourvoient dans des ambitions de « croissance verte » évitant de remettre en cause la croissance du PIB que les puissances économiques qui détruisent sciemment nos conditions d’existence ou encore les dirigeants politiques qui nourrissent activement l’hyperconsommation et se sont discrédités dans une complicité avec les lobbys industriels, corrompant les États jusqu’à les réduire à l’état de « valets des lobbys ».

« Les gilets jaunes sont le premier mouvement social de l’anthropocène »

« Les gilets jaunes sont en ce sens le premier mouvement social de l’anthropocène, nous dit-elle. Au-delà des revendications sociales initiales et de la violence des groupes extrêmes que je condamne, c’est un mouvement fondamentalement politique : beaucoup de Français ont compris que les règles démocratiques étaient corrompues par les intérêts privés et le poids des lobbys. »

Le projet « révolutionnaire » de renversement des Destructeurs et de conquête du pouvoir par les Terriens doit être démocratique et non violent, précise le manifeste. Si l’on peut souscrire à la lucidité dont il fait preuve sur la gravité du moment et le besoin de réponses radicales, la stratégie clivante exposée au fil des pages laisse davantage sceptique sur les opportunités d’y faire adhérer une majorité de citoyens.

Dans les pas de la Révolution française

À commencer par les prochaines élections européennes, où Génération écologie doit présenter une liste, et devra se partager les maigres intentions de votes de « Terriens » avec la pléthore d’autres formations se revendiquant d’un projet écologique. Mais Delphine Batho avance confiante. Avec la certitude que le sens de l’histoire joue en sa faveur. À la manière dont Paul Hawken voit dans la multiplication des initiatives citoyennes le réveil du « système immunitaire » de la planète, la députée espère l’union des Terriens.

« Il y a plein de signaux d’un basculement en cours dans la société : dans les choix de consommation, vers le bio, avec le succès de pétitions comme L’affaire du siècle, et les mouvements de désobéissance civile, comme Extinction Rebellion, le mouvement britannique qui arrive en france, les mouvements non violents comme Alternatiba ou ANV-COP21, l’engouement pour le développement personnel, que je n’interprète pas comme le summum de l’individualisme mais comme un besoin de redonner du sens partagé par de plus en plus de citoyens », dit-elle.

« L’histoire n’est pas terminée. Il y a une nouvelle étape de l’histoire de l’humanité à construire »

Une quête de sens qui doit aussi selon elle être un levier majeur de mobilisation. Pour déboulonner le puissant récit du capitalisme et de l’hyperconsommation, Delphine Batho place la révolution des Terriens qu’elle appelle de ses vœux « dans le prolongement de la Révolution française, comme une nouvelle étape du progrès humain ». L’État-résilience doit aussi redonner du sens au contrat républicain. Ainsi, selon l'élue, nous pourrons opérer un véritable « changement de civilisation », entrer dans « un nouvel âge de l’humanité » pour renouer avec la nature et prendre conscience de la « communauté de destin qui nous unit au vivant humain, animal et végétal ».

Une manifestation de l'organisation prônant la désobéissance civile Extinction Rebellion au Royaume-Uni.
Une manifestation de l'organisation prônant la désobéissance civile Extinction Rebellion au Royaume-Uni. (cc) Julia Hawkins

« L’histoire n’est pas terminée. Il y a une nouvelle espérance, une nouvelle étape de l’histoire de l’humanité à construire », insiste la présidente de Génération écologie. Reste à voir si les potentiels Terriens éparpillés dans la constellation de mouvements écologistes français seront séduits par sa vision. Le manifeste ambitieux et concis, a pour lui l’avantage, ou l'inconvénient, de ne pas être encore un programme et de s’arrêter aux principes généraux.

Désunis face au péril

On y retrouve toutefois, au sein des principes terriens, plusieurs marqueurs de ce que d’autres appellent encore la gauche. Le rôle de l’État est ainsi fortement réaffirmé et appelé à se développer. La transformation du productivisme en « économie permacirculaire et biosourcée », qui respecte les limites planétaires et réduit les flux d’énergie et de matière, ne s’oppose pas à l’économie de marché mais entend la réguler drastiquement et faire en sorte que la destruction de la nature ne soit plus rentable, quitte à assumer les faillites de Destructeurs. Cette régulation ainsi que l’instauration d’un État-résilience passerait donc, selon le manifeste, par un État fort.

L’écoféminisme est aussi affirmé. L’oppression de la nature répond selon cette thèse à la même logique que l’oppression des femmes et des minorités. Une occasion de rappeler l’attachement au droit à l’avortement, à la procréation médicalement assistée et à l’émancipation des femmes. Et de clarifier les différences entre les Terriens de Génération écologie et l’écologie conservatrice chrétienne qui se réclame également d’une « écologie intégrale ».

Enfin, le respect des limites planétaires induit aussi pour Delphine Batho une réduction des inégalités, les plus riches étant les plus pollueurs et ceux qui devront donc fournir l’effort le plus conséquent.

Autant de marqueurs qui soulignent peut-être le paradoxe le plus dommageable de ce manifeste. Si les différences avec les autres partis et mouvements sont parfois significatifs, le constat partagé d’une extrême urgence environnementale pourrait justifier une union sacrée entre forces écologistes. À défaut, la planète risque de prendre plusieurs degrés avant que les destructeurs du monde ne commencent à se sentir menacés.

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 Image à la une : Delphine Batho en 2009 (cc) Ségolène Royal

Usbek & Rica

"Tantra communauté"

Par Le 20/01/2019

Un message reçu sur le groupe "Tantra communauté" à propos de "KUNDALINI". Très heureux :


""J'ai lu votre livre, il m'a profondément 'remué'. C'est la première fois que je me retrouvais face au connu dans mon vécu d'homme avec le 'temoignage' d'une autre personne, de plus un homme, même si c'est un roman. Je connais et reconnais tout ce que vous décrivez dans la magie de ces communions et dans cet ambiance. Cela m'a permis de trouver la Paix d'être ainsi. J'aspire désormais à faire cette rencontre pour pouvoir me manifester pleinement auprès de celle qui saura s'abandonner et s'offrir... Un grand merci. J'aime beaucoup votre site aussi et vos écrits... 

" Cela m'a permis de trouver la Paix d'être ainsi."

Cette phrase a pour moi une importance considérable puisqu'elle représente le sens même de l'écriture. J'ai décrit cela sur mon blog il y a quelques jours à la suite d'un échange avec une lectrice.


""Pourquoi as-tu écrit ce livre ?

-- Parce que c'était nécessaire, parce que c'est le moyen qui me permet d'approfondir ce que je porte, d'en analyser chaque élément. Ensuite, une fois que ce travail est fait et que je considère que je n'ai plus rien à y apporter, je tente de le partager en souhaitant simplement que ces mots fassent écho, qu'ils permettent à chacun et chacune de recevoir ce cheminement personnel comme une sorte d'invitation à explorer son propre espace intérieur."

 

Je conçois parfaitement que la littérature soit un moment de plaisir, juste celui de la lecture, de l'évasion, du rêve, de pensées qui s'échappent du quotidien.

Heureusement que cette littérature existe. Elle représente d'ailleurs une voie d'accès vers une littérature plus "engagée". Cette littérature qui brasse, "remue", bouscule. La bibliothécaire de la médiathèque où j'étais invité hier soir m'a expliqué qu'elle avait éprouvé le besoin de déposer "Kundalini" avant d'en lire la fin. 

La première fois que j'ai connu ce trouble, c'était pour "Citadelle" de Saint-Exupéry. J'éprouvais le désir de continuer à lire mais plus encore le besoin de "souffler".

Comme s'il était nécessaire que j'assimile intégralement ce que j'avais lu pour saisir intégralement la suite. 

Intégralement. C'est un mot important pour moi. Celui qui symbolise l'effet intérieur de la lecture. Que l'individu soit intégralement bousculé, invité à explorer les effets de l'histoire en lui, à comprendre ce qui se révèle.

Que tout cela puisse aboutir à un état de plénitude est un bonheur immense.

 

LES ÉGARÉS : réécriture

Par Le 18/01/2019

Anita berchenko, fondatrice des éditions du 38 souhaite publier l'intégralité de mes romans.

J'ai donc décidé de reprendre "LES ÉGARÉS ". 

Je sais qu'il est inabouti. Je sais que lorsque je l'ai écrit, les émotions étaient trop intenses pour que je puisse simultanément ne pas perdre de vue l'écriture elle-même. 

Je sais qu'il ne s'agit pas de mon écriture actuelle mais principalement d'une libération existentielle. 

Je dois reprendre ce texte et le passer par le filtre assidu de la forme. Le fond est posé et ce fut si difficile par moments que les mots n'ont pas été ajustés, que les phrases sont alourdies par ce flot chaotique d'émotions réveillées.

Ce livre est intégralement personnel. De la première à la dernière ligne. 

Je l'ai écrit pour être en paix.

Une thérapie solitaire.

 

Rien de bien extraordinaire à ce sujet mais j'ai fini par comprendre en l'écrivant pour quelle raison j'aimais autant les musiques répétitives. 

Elles ressemblent parfois à la mélodie hypnotique d'un électrocardiogramme, la nuit, quand vous veillez un proche. 

Les quelques notes de piano au début de ce morceau. Puis les violons, comme des respirations, des souffles ténus.

J'ai véillé mon frère, cliniquement mort, pendant des semaines. Il y a très longtemps.

Ces musiques révèlent les empreintes fossilisées dans ma mémoire, les sons, les odeurs, les lumières, les silences, quelques mots parfois. Toutes ces nuits de veille.

Des tristesses immenses puis des élans surpuissants d'énergie. 

Des douceurs ineffables aussi. J'étais assis dans le fauteuil basculant, une couverture sur les jambes. J'écoutais la vie de mon frère dans son corps détruit. Cette machine qui battait la mesure. 

Comment était-il possible qu'un coeur batte encore dans un tel chaos ?

J'ai aimé la vie dans ces nuits de silence. J'ai aimé sa force, sa ténacité. J'espérais même pouvoir l'aider dans sa tâche. Il m'est arrivé de ne plus voir mon frère dans sa forme humaine mais uniquement cette vie insérée. 

Il m'est arrivé même de ne plus m'éprouver vraiment, de perdre conscience de mon être et de n'être plus que ce rayonnement.

Je sais que tout ce que j'écris prend sa source dans ces nuits silencieuses. C'est là-bas que mon esprit s'est ouvert et pendant trente ans, j'ai pensé à l'inverse que j'y avais perdu une partie de moi-même. Et parce que je ne comprenais rien de tout ça, il a fallu que moi aussi, je goûte aux affres de la douleur et de la souffrance.  Mon corps n'a pas subi trois hernies discales accidentales : je les ai fabriquées. Inconsciemment et minutieusement fabriquées.

On devrait toujours chercher la cause des choses puis analyser intégralement leurs effets. Ne pas chercher à comprendre revient à se condamner à une double peine, puis une triple, puis une autre encore. Si nécessaire. 

La vie ne peut pas être figée. Puisqu'elle était encore active dans le corps de mon frère alors que la médecine le condamnait à mourir dans les heures à venir, c'est que moi qui dispose de tout mon potentiel physique et cérébral, je dois comprendre, je dois chercher, je dois grandir, je dois honorer l'existence, enlacer cette vie en moi.

 

2014 02 25 18 28 29

"Cinq jours après l’opération de la boîte crânienne le pansement de Christian avait été retiré.

Il avait suivi les mains de l’infirmière qui dévidait lentement le ruban sali.

Christian n’avait toujours pas repris conscience. Juste de brèves remontées agitées. Suivies de plongées abyssales. On leur disait que c’était les effets de l’anesthésie ajoutés au traumatisme.

Les compresses collées par des suintements gras se déroulaient comme des peaux détachées de la chair.

Le besoin impérieux de s’appuyer contre le mur, de sentir dans son dos une masse solide.

La peau plissée dissimulait un creux immonde, un vide effroyable, comme un trou couvert par une toile fripée. L’insignifiance de ce qu’il avait imaginé. Le cerveau à fleur de peau, une mince pellicule flétrie devant servir de carapace.

Le chirurgien était passé. Il était très satisfait. C’était une première pour l’hôpital. Et « une belle réussite. »

Il avait imaginé son frère découvrant dans un miroir « cette belle réussite », ce visage ravagé, ce crâne mutilé, cette cicatrice boursouflée qui dessinait d’une oreille à l’autre un liseré immense. L’empreinte ineffaçable d’un désastre consommé.

C’est cette nuit-là qu’il avait rencontré la mort.

Pendant son tour de veille. Il était dans le fauteuil. Ce n’était pas qu’un rêve. Impossible qu’une telle précision puisse se mêler à des sensations aussi fortes. Il n’a d’ailleurs jamais rien oublié. Rien. Et pourtant, quand elle est arrivée, il dormait. Un simple rêve aurait succombé à l’acide du temps.

Le froid. Il l’avait senti remonter en lui comme un liquide dans la masse cristallisée d’un sucre. Impossible de l’arrêter, un envahissement inéluctable, le souffle glacé qui gagne les fibres, fige les membres, il s’était lové dans une demi conscience, cherchant à se recouvrir de la couverture, puis les frissons s’étaient immiscés dans son bassin, son périnée, le bas de sa colonne, l’impression d’une présence à ses côtés, quelque chose d’indéfinissable, comme une vapeur, une pesanteur collante sur ses yeux, l’incapacité de s’extraire du sommeil, de s’arracher à cette étreinte qui l'enserre, le froid qui se répand dans sa poitrine, l’intuition que cette vapeur étrange vise le crâne, que cette ascension sans reflux a pour objectif d’envahir son esprit, que la citadelle doit tomber sous les assauts polaires, il tremble, la peur s’installe, une étreinte autour de sa gorge, le froid qui l’encercle et ruisselle en lui, comme un fluide doucereux qui l’endort, l’entraîne, épuise ses résistances, il se sent couler comme une pierre, toujours ce froid qui l’immobilise, l’alourdit, pèse sur sa conscience, cette nuée qui s’infiltre désormais par les narines, il en sent les effluves discrètes, comme un poison langoureux, il suffirait d’ouvrir les yeux, ouvrir les yeux, c’est pourtant si simple, cette impuissance effroyable, cette horreur qui le raidit, ce dégoût et cette honte, il s’était recroquevillé, des tremblements sur les lèvres, l’impression d’une lutte perdue, la découverte répugnante de son insignifiance, toutes les faiblesses intimes qui nourrissaient des détresses invalidantes, ouvrir les yeux, c’était pourtant à la portée de n’importe qui, cette honte et ce dégoût de lui-même, cette fragilité immonde qui l’étouffait depuis si longtemps, elle était là, dans toute sa rage, elle l’étranglait, elle l’étranglait.

L’air qui siffle dans le tuyau rétréci d'une trachée artère, une quinte de toux, le bruit qui résonne dans sa tête, le râle de la vie qui s’en va, un gargouillis hideux, quelques chapelets de bulles, une asphyxie comme une étreinte fatale, la vie qui se retranche dans les derniers bastions de son esprit agonisant, le froid qui le fossilise, il sent qu’il part, la terreur, la terreur qui l’inonde, le remplit, le pénètre, le fiel gluant qui ruisselle dans ses veines, cette semence assassine, le dégoût de sa faiblesse...

Non, c'est impossible, insupportable, inacceptable.

Lutter, il doit lutter, s’échapper, il concentre son énergie dans le creuset de son esprit, une boule ardente, il y puise des désirs de survie, des volontés de jaillir, de s’arracher du piège, de briser l’enceinte, il se concentre, se concentre et il ouvre les yeux en hurlant, comme deux volets repoussés par des mains puissantes, l’intrusion désirée de la lumière, il déplie les jambes, repousse furieusement la couverture, il se lève, il titube en râlant, il balance les bras pour repousser l'ennemi invisible qui s'acharne.

Il s’approche du lit, Christian qui étouffe, la bave aux lèvres, une crise d’angoisse qui l’emporte, les yeux révulsés, la terreur, la terreur, l’horreur qui le broie, les douleurs qui le submergent, son frère qui se noie dans la boue de son désespoir, il est trempé de sueur, il lutte, il n’en peut plus, et ce cri rauque, ce cri infini, ces larmes qui jaillissent, ces sanglots qui encombrent sa trachée artère, ses mâchoires bloquées qui ne peuvent même pas s’écarter, il étouffe, il se noie …

« Christian, respire, respire, je suis là, Christian, regarde-moi, ne pars pas, je suis là, Christian ! »

Il sait que son frère étouffe, qu'il va mourir, que son cœur ne pourra pas tenir.

Il se lève, il sort dans le couloir désert et il hurle.

« Charlotte ! Charlotte !! »

Elle arrive en courant, il la laisse passer, elle se penche au-dessus du visage défiguré.

« Christian, écoute-moi, je vais te donner un calmant, ça va aller tout de suite. Je reviens. »

Elle sort de la chambre.

Il la remplace.

« Christian, reste là, ne pars pas, tu m’entends, tu vas t’en sortir, tu vas t’en sortir, Christian ! »

Charlotte revient. Elle a une seringue. Elle enfonce l’aiguille dans le cathéter et injecte le liquide.

« C’est un calmant. Ça va aller, Christian. Ça va aller. »

Elle enserre la tête qui se balance de droite à gauche, elle plonge ses yeux au cœur de sa souffrance, elle caresse ses joues, sa voix est un baume d’amour, un lien qui le retient.

« Ça va aller, Christian, on est là, on est avec toi, on va s’occuper de toi, je t’ai donné un calmant, ça va passer. »

Il a les jambes qui tressautent, les doigts crochés autour des barres qui encadrent le lit, un râle lugubre dans la gorge, les yeux exorbités, figés sur l’horreur intérieure, le regard lointain, vers un monde inhumain.

Elle serre délicatement la tête immobile contre sa poitrine.

« On va te laver un peu, Christian, tu es en nage. »

Il pleure, il ne bouge plus, il la fixe, comme un point d’ancrage contre le courant mortel.

« On est là, Christian, on est avec toi. »

Ce regard halluciné. Comment pourrait-il l’oublier ? Combien de fois il a revu en lui ces yeux torturés, le reflet de l’enfer ? Dans quel chaos Christian avait-il été jeté ? Il imaginait des champs de batailles jonchés de cadavres mutilés.

« Charlotte …

Oui, Yoann ? »

Il doit se libérer, expulser par les mots partagés ce venin létal, se purifier, extraire de son esprit cet envahissement barbare.

«  Elle était là.

-- Qui ça ? »

Silence. Les mots comme des glaires dans sa gorge.

«  La mort … La mort Charlotte. Je l’ai sentie. Elle était là. »

Elle le regarde. Il est au bout du lit. Il a les mains serrées sur les montants métalliques, les avant-bras qui tremblent.

« Je reviens, Christian. »

Elle s’approche, elle l’enlace, le serre contre sa poitrine.

« Je m’étais endormi. Elle était dans mon rêve mais je n’arrivais pas à sortir, je n’arrivais pas à me réveiller, c’était affreux, tu sais comme quand tu tombes et que tu n’arrives pas à ouvrir les yeux … Mais là, c’était pire. J’étouffais. Pourquoi est-ce que, moi, j’étouffais alors que c’est Christian qui partait ? J’ai l’impression que la mort voulait m’empêcher de l’entendre. Tu te rends compte, elle a essayé de le prendre et elle est venue dans mon rêve pour faire son sale boulot. Putain, je la hais !

- C’était un rêve Yoann. Ne crois pas tout ça. Tu es juste très fatigué, tu es toujours sous tension, c’est normal que tu fasses des cauchemars. Ne t’inquiète pas, ça va aller maintenant. Christian va dormir et tu dois te reposer. Tu sais, les cauchemars de Christian, c’est un bon signe aussi même si c’est effrayant à voir. Son cerveau fonctionne, il a des réactions, une vie profonde. C’est pour ça aussi que maintenant on peut augmenter les doses de calmant. On ne pouvait pas prendre ce risque avant. Je vais chercher de l’eau et un gant, on va le laver un peu et changer ses draps, ils sont trempés. »

La mort était là, il le sait, ça n’était pas qu’un cauchemar.

 

 

La confiance

Par Le 16/01/2019

Un échange sur Facebook à propos de la promotion des livres.

 

"Il faut laisser faire ce que l'on ne maitrise pas .;. plus on cherche à se vendre, moins cela marche .. Faire confiance . Comme te dirait un ami écrivain, "pourquoi as tu écrit ce livre ?" … le sens de ton action trouvera en face les justes personnes. Chacun de nous est une goutte d'eau mais même si tu touches 100 personnes, ce sera toujours 100 personnes sur la masse. Et il vaut mieux 100 personnes au fur et a mesure du temps, qui lisent et intégrent le contenu que 5000 qui laissent ton livre sur un rayonnage …. Fais confiance !

--  La confiance est un état intérieur auquel j'ai longuement réfléchi... Je la vois comme une droite tracée au sol, je suis au point A, je vise le point B, chaque pas est de ma responsabilité et doit être parfaitement exécuté. C'est à dire que tout ce qui relève de mes possibilités doit être intégralement assuré, sans que rien ne soit laissé au hasard. C'est ce travail qui me permet d'atteindre le point B à partir duquel, les choses à venir ne sont plus de mon ressort. C'est à partir de là que je peux me laisser porter par la confiance. J'ai fait ce que j'avais à faire. La suite ne m'appartient pas.

"Pourquoi as-tu écrit ce livre ? " Parce que c'était nécessaire, parce que c'est le moyen qui me permet d'approfondir ce que je porte, d'en analyser chaque élément. Ensuite, une fois que ce travail est fait et que je considère que je n'ai plus rien à y apporter, je tente de le partager en souhaitant simplement que ces mots fassent écho, qu'ils permettent à chacun et chacune de recevoir ce cheminement personnel comme une sorte d'invitation à explorer son propre espace intérieur. Par contre, il est de mon devoir de renvoyer l'ascenseur à la maison d'édition et par conséquent d’œuvrer au mieux à la promotion du livre ;) Je ne suis plus tout seul dans l'histoire. Il s'agit d'un partenariat. C'est comme ça que je vois les choses en tout cas. Et j'ai une infinie reconnaissance envers Anita Berchenko, l'éditrice. Donc, je vise le point B au-delà duquel, je pourrais me dire que j'aurai fait de mon mieux. Et qu'il me restera juste à nourrir la confiance, saisir les pensées positives, délaisser les autres."

Doléances des maires

Par Le 16/01/2019

Interview de Sylvie Najotte, maire de Montigny-les-Vaucouleurs, un village perdu en Meuse.
 

"Écoutez, à l’Association des maires de France, à l’Association des maires ruraux, cela fait des années que nous tirons la sonnette d'alarme ! Des doléances, nous n'avons cessé d'en remettre aux pouvoirs successifs, les cartons de nos contributions pourraient remplir cette pièce… L'inégalité de gestion des territoires, la bêtise du 80 km/h sur les routes, le n'importe quoi de la taxe d'habitation, les précarités sociales, tout cela a été dit. Auparavant, nous n'étions pas soutenus et peu écoutés ; maintenant, nous ne sommes même plus respectés.

Aujourd'hui, nos concitoyens veulent passer à l'action. Très bien. Les réponses doivent être faites par ce pouvoir et on nous dit « il faut venir en relais pour expliquer notre politique ». C'est non. Ce n'est pas à moi de sauver le gouvernement. Rendez-vous compte : on ne sait toujours pas comment va être compensée la suppression partielle de la taxe d'habitation, qui est quasiment la seule ressource des petites communes. Si les maires ont un rôle à jouer, c'est de désamorcer les situations violentes, de faire baisser la tension, de calmer."

- La mobilisation des gilets jaunes reste très forte dans la Meuse. Comment sortir de ce conflit ?
"Oui, c'est un mouvement très suivi. La Meuse est un département pauvre comme Job et il y a une vraie sincérité dans ce mouvement. Personnellement, je trouve que c'est un mouvement extraordinaire, il pose les bonnes questions. Le réduire à un mouvement de féroces, c'est une provocation supplémentaire, même s'il faut toujours condamner les violences. Mais quand le premier ministre, la semaine dernière, intervient à la télé et ne parle que de violences, c'est une folie ! Ces gens ne lâcheront rien et n'accepteront pas les violences policières.
Que fait ce pouvoir ? Affaiblir les communes, diminuer le nombre de conseillers municipaux, forcer aux regroupements et aux intercommunalités. Les gens n'y comprennent plus rien, on mélange tout. La commune, c'est le premier niveau de la citoyenneté, c'est là qu'on apprend la démocratie de proximité, le contrôle des élus, ce que demandent justement les gilets jaunes. L’État fait du populisme en s'attaquant aux élus, en piétinant la ruralité, en voulant diminuer le nombre de parlementaires, il crée un chaos. Et voilà même qu'il nous ressort la mesure d'un contrôle accru des chômeurs : mais c'est cela, le populisme ! "

-- Et que diriez-vous au préfet de la Meuse, s'il venait à vous téléphoner ou à vous rencontrer ?
"Que les gens ne comprennent plus rien à l'organisation territoriale, à la fiscalité, aux prestations sociales. Ils sont complètement perdus et savent seulement qu'ils sont les victimes de tours de bonneteau entre taxes et impôts. Macron n'a pas été élu sur son programme, il a été élu face à Marine Le Pen. Il faut reconstruire de la citoyenneté et il faut écouter les acteurs locaux. J'avais réussi à décrocher un emploi aidé de 20 heures par semaine. Nous l'avons perdu. Ce ressenti type « les petits, fermez-la » est largement partagé. Il faut arrêter de concentrer tous les moyens sur les métropoles et mailler le territoire, donc rendre solidaires les gens. Et il faut arrêter d'humilier les gens."

Amazon

Par Le 16/01/2019

Même si dans le post précédent, je présente ma page auteur sur le site d'Amazon, je ne cautionne nullement les pratiques de cette entreprise.

Seulement, je n'ai pas le choix. 

J'ai écrit à cinq librairies du secteur pour me présenter et présenter mes romans : aucune n'a répondu. 

J'ai contacté deux journalistes locaux. La première personne est venue à la maison après avoir lu "Les héros sont tous morts". C'était en septembre. L'article qu'elle a écrit n'est jamais paru et je n'ai plus aucune réponse à mes mails. J'ai donc contacté un deuxième journaliste qui m'a dit que ça l'intéressait. Je lui ai proposé plusieurs dates pour venir à la maison et je n'ai plus eu de réponse. 

Il y a un moment où l'impression de devoir ramper pour être entendu devient très pénible. 

 

Si par contre, j'envoie un mail à Amazon pour modifier ma page "auteur", ils me répondent dans la journée.

Comment je m'en sors pour me passer d'eux ?...

C'est impossible et je ne l'ai pas choisi. 

Je le subis.

Amazon, vendeur de destruction massive

 

En 2018, le géant du commerce en ligne aurait détruit 3,2 millions de produits invendus en France, selon les estimations de la CGT. Un documentaire choc diffusé ce soir sur M6.

Par Catherine Pacary Publié le 11 janvier 2019 à 17h06 - Mis à jour le 13 janvier 2019 à 18h03

Temps deLecture 2 min.

« Pour tenir ses délais de livraison, clé de son succès, Amazon stocke les produits dans ses entrepôts. Le seul problème, ce sont les invendus. » « Pour tenir ses délais de livraison, clé de son succès, Amazon stocke les produits dans ses entrepôts. Le seul problème, ce sont les invendus. » LUCAS JACKSON / REUTERS

M6, dimanche 13 janvier à 21 heures, enquête

Au rayon des aberrations commerciales, on connaissait déjà le gaspillage alimentaire ou encore l’obsolescence programmée, deux thèmes abordés dans Capital, le magazine d’information de M6, dimanche 13 janvier à 21 heures. Le sujet d’ouverture, en revanche, est inédit : Amazon organise la destruction massive de ses invendus. Près de 300 000 objets neufs ont été jetés en trois mois dans son entrepôt de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), le plus petit des cinq établis en France par le géant de la vente en ligne – les autres sont à Montélimar (Drôme), Orléans, Amiens et Lille. Au niveau national, cela représente 3,2 millions d’objets manufacturés neufs jetés en 2018, selon les estimations d’élus CGT.

Des boîtes de Playmobil, vendues 36 euros sur le site, de Lego, de couches (31 euros), des machines à pop-corn, le tout dans leurs emballages d’origine, mis à la poubelle. Les chiffres sont à la démesure d’Amazon, devenue, lundi 7 janvier, l’entreprise la plus chère du monde : 300 millions de produits disponibles, 34 millions d’objets vendus par jour.

Lire aussi  Amazon devient l’entreprise privée la plus chère au monde

Guillaume Cahour, arrivé à Capital en septembre 2018, a mené l’enquête. Tout est parti d’un on-dit, signalé par Alma Dufour, membre des Amis de la Terre, en octobre 2018. Amazon détruirait des produits neufs… Après vérification, l’entreprise est contactée mais refuse de répondre. Deux anciens témoignent alors, dont Julie (à visage caché). « De 70 % à 80 % de ce qu’on jetait était vendable »,dit-elle.

Il manque la preuve par l’image. Un membre de l’équipe de Capitalva donc de se faire embaucher dans l’entrepôt de Chalon-sur-Saône. Un procédé journalistique – l’infiltration – discuté. « Je m’accorde ce procédé, soit quand on est certain d’avoir affaire à quelqu’un de malhonnête, soit si l’accès direct est impossible ou si l’on sait que l’on aura une démonstration totalement biaisée si on vient en caméra ouverte, répond Guillaume Cahour. Ce qui était ici mon cas. »

En cause, la politique de stockage

En caméra cachée, donc, la cellule V-Return, pour Vendor Return, est localisée. Les différentes étapes de la chaîne de destruction se précisent. Amazon ne vend pas ses produits, ou peu, mais ceux de ses vendeurs. Et pour tenir ses délais de livraison, clé de son succès, elle stocke leurs produits dans ses entrepôts. Le seul problème, ce sont les invendus. « Seules deux options sont offertes aux vendeurs : récupérer la marchandise ou la détruire », complète Guillaume Cahour.

Le système de facturation du stockage d’Amazon dissuade les vendeurs de rapatrier leurs invendus

Amazon a, en effet, mis en place un système de facturation du stockage tel (26 euros/m3 au départ, 500 euros/m3après six mois, 1 000 euros/m3 après un an) qu’il dissuade la quasi-totalité des vendeurs, implantés à une écrasante majorité en Chine, de rapatrier leur marchandise. D’un simple clic et pour un coût dérisoire, ils ordonnent donc en masse à Amazon de la détruire. Ce qui permet à Amazon de récuser toute responsabilité dans ce gâchis.

« Le système Amazon amplifie la surproduction, puisque son principe est de proposer une offre pléthorique, commente Guillaume Cahour.Je ne dis pas qu’acheter ou vendre sur Amazon est malEn revanche, vendeurs et acheteurs connaissent-ils les conditions ? Je pense que non. Ce reportage peut éveiller à une certaine forme de responsabilité. »

De là à causer du tort au mastodonte ? « On a déjà lu un certain nombre d’éléments inquiétants à son sujet. Amazon aurait précipité des entreprises à la faillite, aurait pratiqué l’optimisation fiscale et la brutalité dans son management. Malgré tout, elle continue à progresser. C’est stupéfiant. »

"Écrivain, un métier"

Par Le 16/01/2019

ECRIVAIN, UN METIER...

... Au fur et à mesure de mes déplacements dans des salons du livre ou par des mails de fans, je me suis rendu compte qu’être « écrivain » fait beaucoup fantasmer, et génère beaucoup de questions. D’innombrables personnes écrivent ou veulent le faire. Il me paraît intéressant de faire le point, à la lumière de mon expérience, puisque cela fait maintenant plus de trente ans que je suis publié avec quarante ouvrages à mon actif sous mon nom, une dizaine écrits sous pseudonymes, quelques autres en tant que « ghost writer » à mes débuts pour différentes personnalités. Sans compter plus d’une centaine d’anthologies thématiques en policier, fantastique et science-fiction ; et beaucoup de recueils de nouvelles d’auteurs les plus divers (Fredric Brown, Ross MacDonald, William Irish, Robert Bloch, Richard Matheson, etc.). Ainsi que la direction de nombreuses collections chez des éditeurs tels que Fleuve Noir, Encrage, Clancier-Guénaud ou, plus récemment, chez l’éditeur de poche Points avec « Points Crime ».

Mais c’est sur mon activité d’auteur que je vais me pencher. Il faut savoir qu’en France, il est quasiment impossible de vivre de sa plume. Cela commence mal, me direz-vous. Oui, mais c’est la triste réalité. Bon an, mal an, on estime qu’environ 150 à 200 écrivains en vivent et n’exercent pas d’autre métier. Seuls une poignée gagnent très bien leur vie, Marc Lévy, Guillaume Musso, Amélie Nothomb, Maxime Chattam, Jean-Christophe Grangé, Franck Thilliez, etc., vous les connaissez tous. Ils signent tous des best-sellers. Ce n’est pas du tout mon cas, je n’ai jamais eu de « best-seller » à mon actif, je suis plutôt un « long-seller ». Mes livres vont continuer à se vendre sur une longue durée, voire sur plusieurs décennies, comme « Serial killers » chez Grasset dont la première édition est sortie en 1993 avec 288 pages. L’édition « définitive » est parue en juin 2014 et comporte 1 104 pages. La première édition a bénéficié d’une publication dans Le Livre de poche en 1995. En 1999, « Serial killers » a aussi été publié dans une version club dans « Le Grand livre du mois ». Il a été maintenant traduit dans une quinzaine de pays. Toutes éditions confondues, il s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires en vingt-six ans. Mais c’est un livre que je ne céderai plus jamais à un éditeur de poche, même si je l’avais fait en 1995. A l’époque, j’avais également besoin de me faire connaître. 

Evidemment, tous mes ouvrages ne connaissent pas un tel succès, même s’ils « marchent » bien. Ainsi « 999 ans de serial killers », à présent épuisé en grand format chez Ring, s’est vendu à près de 25 000 exemplaires et « Qui a tué le Dahlia Noir ? » a été réimprimé trois fois. Ces deux titres sont maintenant sortis en poche, début 2016, chez La Mécanique Générale. Chez Points, mes six titres, « Le Livre noir des serial killers », « Tueurs », « Profileuse », « Mes conversations avec les tueurs », « Le Livre rouge de Jack l’Eventreur » et « A chaque jour suffit son crime » se vendent tous très bien. Dans la collection, mon « best-seller » est « Le Livre noir des serial killers » qui atteint les 200 000 exemplaires et qui a été relooké avec trois couvertures différentes chez Points. Par contre, il faut savoir que l’économie pour un auteur en poche n’est pas l’atout majeur. Vous touchez 5% des droits, les autres 5% vont dans la poche de l’éditeur grand format d’origine du livre. Avec les retenues d’usage, vous touchez entre vingt et trente centimes d’euro par exemplaire vendu. Mais une sortie poche vous fait connaître et crédibilise vos ventes en grand format, car si la première sortie de l’ouvrage n’avait pas marché, aucun éditeur de poche ne l’aurait repris. Attention aussi à ne jamais publier tous vos ouvrages en poche, sinon vous vous tirez une balle dans le pied. Pour un écrivain, les ventes grand format représentent l’immense majorité de ses gains.

Justement, parlons-en de ce sujet tabou des gains. Comme je l’ai dit, peu d’auteurs vivent de l’écriture : en France, on estime que c’est le cas pour 5 à 7% d’entre eux. Il paraît environ 250 titres différents tous les jours, qu’il s’agisse de littérature, de documents, de BD, de guides pratiques, de scolaire, de manuels, etc. Je reconnais que je fais partie de ces 5 à 7% qui en vivent à plein temps, sans avoir d’autre profession à côté. Par contre, je n’ai pas ou peu de retraite, ce qui m’oblige à travailler encore longtemps, n’ayant jamais été salarié. Mon métier d’écrivain et la spécificité de mes ouvrages font que je complète mes droits d’auteur par de très nombreuses conférences/débats/projections dans des bibliothèques municipales, centres culturels, médiathèques et des entreprises qui invitent leurs cadres et clients pour m’écouter discuter de mon travail autour des tueurs en série. Ces conférences sont rétribuées, ce qui n’est pas le cas pour celles que je fais dans des salons du livre en France et à l’étranger ; il en est de même pour les librairies où c’est presque toujours gratuit. En 2014, j’ai effectué 114 déplacements pour de telles conférences. En 2015, j’ai dépassé les cent voyages. Ces vingt-cinq dernières années, je dois approcher (ou dépasser) les deux mille conférences. C’est quelque chose que j’adore faire, j’aime le contact, répondre aux questions, même si cela représente une certaine fatigue. Lorsque vous avez répondu à des dizaines de questions pendant plusieurs heures, les voix tournent dans votre tête et il est souvent difficile (pour moi) de m’endormir. Parfois, vous êtes aussi dans des villes peu attrayantes et lorsque vous rentrez seul dans votre chambre d’hôtel en province, il y a quelquefois des « coups de blues ». Voilà pourquoi je prends toujours un grand plaisir à rencontrer les « vrais visages » des fans. Il y en a toujours au moins quelques-unes (surtout des femmes) à chacun de mes déplacements. Certaines sont même devenues des amies au fur et à mesure de ces rencontres. 

Lorsque vous êtes publié, l’éditeur va vous verser un à-valoir, ce qui se pratique de plus en plus rarement car le secteur du livre est en crise, environ 2 à 3% de ventes en moins d’année en année. Cet à-valoir vous est versé en deux ou trois fois (à la signature du contrat, à la remise du manuscrit, à la publication de l’ouvrage) et vous le gardez, même si vos ventes ne dépassent pas cette somme. Cela peut aller de 1 000/1 500 € pour un premier roman à plusieurs centaines de milliers, voire plus, pour les écrivains les plus vendeurs. Les miens s’échelonnent entre 10 et 25 000 €. Il peut y avoir des exceptions, pour « 999 ans de serial killers », j’ai, par exemple, renoncé à demander le moindre euro d’à-valoir, en échange d’un pourcentage sur les droits plus élevé que ce qui est pratiqué habituellement. Pourquoi ? Parce que j’ai cru au projet de David Serra et, parce qu’en 2012, il démarrait Ring, sa maison d’édition et qu’il ne disposait pas d’un budget conséquent au départ. Pari gagné en ce qui me concerne. Quant aux pourcentages, ils s’échelonnent en grand format entre 5% (ce qui est inacceptable) et tourne autour de 8 à 10% en général. Après, vous pouvez avoir des formules 10/12/14, suivant le palier de vos ventes : on vous augmente votre pourcentage si vous dépassez les 10 000 exemplaires de ventes, et ainsi de suite. En ce moment, mes pourcentages vont de 12 à 16% des ventes, ce qui est très bien. Je suis loin de quelques rares auteurs de « best-sellers » dont les pourcentages dépassent les 20%, mais ils se comptent sur les doigts des deux mains. Vous avez aussi quelques écrivains, qui font partie de jurys prestigieux, publiés dans les maisons autour de Saint-Germain-des-Prés, vont toucher des à-valoir et/ou pourcentages peu en rapport avec leurs ventes effectives.

D’autres fois, vous êtes perdant comme cela a été le cas pour moi avec Edite et son patron, Jean-Christophe Pichon, que je considérais comme un « ami ». J’ai fait quatre ouvrages pour cet « éditeur » pour lequels j’ai reçu des chèques en bois et des traites impayées. C’était toujours, « je t’envoie ça d’ici quelques semaines, c’est juré », « un investisseur va entrer dans le capital »… Jusqu’au jour en 2013 où j’ai appris qu’il avait déposé le bilan en catimini. Il n’a même pas voulu me donner d’exemplaires gratuits de mes propres ouvrages lors de cette faillite. Bref, cet « ami qui me voulait du mal » m’a coûté plusieurs années de travail pour rien et, probablement, 30 à 40 000 € de pertes au bas mot. Une expérience démoralisante. Depuis, je traîne toujours ce manque à gagner. Fort heureusement, je suis très satisfait de mes relations avec mes éditeurs actuels, qu’il s’agisse de Ring, Grasset, Points, La Martinière, et, le tout dernier, La Mécanique Générale. Pourquoi d’ailleurs, un cinquième éditeur, me direz-vous ? Je reste très attaché et fidèle aux personnes que j’ai rencontrées. Chez Points, c’est Marie Leroy qui a crû en mes livres pour les sortir en poche en 2010. Logiquement, étant chez Grasset, au sein du groupe Hachette, c’est Le Livre de poche qui aurait dû m’éditer, mais ils ont trop hésité, du coup c’est Points qui a remporté le marché. Lorsque Marie Leroy m’a annoncé qu’en 2014, elle quittait Points pour diriger tout un pan – hormis les « beaux livres » - chez La Martinière, elle m’a demandé de lui écrire « La Bible du crime ». Elle changeait juste d’étage puisque Points, Le Seuil et La Martinière font partie du même groupe avec d’autres éditeurs. 

Mon dernier ouvrage « L'Ogre des Ardennes » paru chez Grasset le 7 novembre dernier s'est déjà vendu à un peu plus de dix mille exemplaires et, d'ici juin 2019, je vais publier trois nouveaux livres chez deux nouveaux éditeurs pour lesquels je n'ai encore jamais travaillé. Il y a aussi la préparation d'une collection de trente BD sur les tueurs en série qui va paraître chez Glénat à partir de 2020. Premier album sur Ted Bundy.

En 2019, écrire un livre ne suffit plus, loin de là. Je dirai que cela représente maintenant 50% du travail. Il faut savoir communiquer, « se vendre ». Cela, je l’ava is compris depuis longtemps. Je m’investis beaucoup dans cet aspect des choses. J’ai toujours insisté pour choisir les titres de mes ouvrages, avoir mon mot à dire pour les couvertures, écrire les quatrièmes au dos de mes livres. La seule fois où cela n’a pas été le cas, c’est avec « Les serial killers sont parmi nous » chez Albin-Michel. Je n’aime pas la couverture, ni le titre, ni le texte d’accroche. J’avais opté pour « Serial killers made in France ». Nous devions poursuivre avec d’autres titres déjà signés, mais j’ai préféré rembourser mes à-valoirs pour récupérer mes contrats. Chez Ring, à un moment donné, les représentants ont insisté pour utiliser un fond beige crème avec « Qui a tué le Dahlia Noir ? » et je sentais que mon éditeur devenait indécis. J’ai alors beaucoup insisté pour garder ce jaune acidulé qui était notre choix de départ à David Serra et à moi-même. Et je ne peux que m’en féliciter. Pour « La Bible du crime », il y a eu des discussions au sujet de la couverture et du titre. Je trouvais que le premier projet de couverture était banal, avec un titre plébiscité par les représentants, « A chaque jour son crime », et que je détestais. J’avais choisi « Bible de sang » (pas « La Bible de sang ») ; finalement, nous avons opté d’un commun accord pour « La Bible du crime », en ces temps d’intégrismes religieux, même si j’estime que mon premier choix est plus fort. La sortie poche chez Points de « La Bible du ctime » s'est faite en 2016 sous une nouvelle appellation, « A chaque jour son crime ».

Comme je l’ai dit, il faut savoir communiquer, « se vendre » auprès des médias, faire du « storytelling », avoir une personnalité ou un métier particulier qui fascine. J’ai (un peu) un avantage sur les autres, c’est que je suis pratiquement le seul dans mon créneau depuis que j’ai commencé il y a plusieurs décennies. Et il ne faut jamais oublier que nous vivons dans un monde où tout est très vite oublié, Internet étant passé par là. Je ne me suis jamais endormi sur mes lauriers. A côté de mes livres, j’ai beaucoup fait de reportages, documentaires et émissions pour la télévision, sorti des DVD, créé mon site Web en 2003 avant de le suspendre fin 2015 pour utiliser Facebook. Je n’oublie jamais que c’est grâce à vous, lectrices et lecteurs, fans, que mes livres remportent un certain succès. Voilà pourquoi je continuerai toujours à rester accessible, à répondre, le plus souvent, à vos demandes et sollicitations par mails ou lors de nos (trop brèves) rencontres dans des salons ou pour des conférences. Je vous suis très redevable et je ne l’oublie jamais. Merci à vous toutes et à vous tous.

Stéphane Bourgoin

Thierry Ledru 

1 h · 

"En 2019, écrire un livre ne suffit plus, loin de là. Je dirai que cela représente maintenant 50% du travail. Il faut savoir communiquer, « se vendre ». 


Un article très intéressant sur la problématique de l'auteur. Personnellement, j'essaie de faire au mieux au regard de cette indispensable promotion. J'ai envoyé quatre exemplaires de "Kundalini" à des revues ou personnalités. Aucune réponse... J'arrête les frais. Il ne me reste que mon blog et les réseaux sociaux pour faire connaître mes écrits et je sais que sans le soutien des lecteurs et lectrices, c'est une goutte d'eau lancée dans un océan si vaste que les ondes générées par cette goutte qui tombe s'effacent en quelques minutes. Si je regarde sur Amazon les pages des auteurs cités dans cet article, je lis des commentaires de journalistes travaillant dans des grands journaux, revues, et sites divers : 200, 300, 400 commentaires sur Amazon, des pages Facebook comptant des milliers de fans...Je ne suis rien là-dedans, je n'existe même pas. Il n'y a donc que les lecteurs et lectrices qui peuvent changer cela. Un commentaire laissé sur ma page Amazon suffit à faire "remonter" le livre dans les compteurs des algorithmes et à amplifier la visibilité dans les moteurs de recherche. Les avis des lecteurs sont très importants dans la décision d'un achat et pas que dans le domaine du livre d'ailleurs. 
Je n'aime pas vraiment lancer ce genre "d'appel", ça me met mal à l'aise. Je le fais aussi pour la maison d'édition qui me publie. Par reconnaissance. Peu de gens ont idée de la difficulté à être publié et je mesure tous les jours la chance qui est la mienne désormais en voyant mes cinq romans sur l'étagère de la bibliothèque.

 Ma page "auteur" sur Amazon

Thierry Ledru

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  1. Kundalini: L'étreinte des âmes

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  2. La-Haut (un Chemin Spirituel)

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Black out en France

Par Le 14/01/2019

Black out évité de justesse.
Que ceux et celles qui étaient au courant (lol, le jeu de mots) lèvent le doigt....
Personnellement, ça m'amuse quelque peu cette histoire. D'abord, parce que ça fait quelque temps que je m'intéresse au sujet ( cf écriture de la trilogie en cours) et deuxièmement parce que personne n'est capable d'identifier la raison de ce problème...

On n'était pas dans une période de grand froid (chauffage électrique) ni bien entendu dans une période de canicule (climatisation).

Non, c'est juste que les interactions entre les différents pays européens fragilisent considérablement le réseau électrique et qu'il est extrêmement difficile de mettre le doigt sur les causes de ce risque de black out (panne électrique généralisée). Juste pour dire qu'il est judicieux d'avoir un stock important de bougies et de piles chez soi....

Bon, par contre, ça m'inquiète un peu quand même parce que je n'ai pas commencé à écrire le tome de 3 et que ça m'embêterait un peu qu'au lieu que ça soit un roman d'anticipation, ça devienne un roman historique...

 

Réseau électriqueComment la France a frôlé le black-out national jeudi dernier

 

Il s’en est fallu de peu, jeudi dernier. La France a frôlé la panne générale d’électricité, la faute à une sous-tension sur le réseau électrique. À tel point que RTE, le Réseau transport d’électricité a dû faire appel aux industriels qui le pouvaient pour réduire leur consommation sur le champ, à 21 h jeudi soir…

LA VDN | 

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La France a frôlé la panne générale d’électricité, la faute à une sous tension sur le réseau électrique. PHOTO archives MATTHIEU BOTTE LA VOIX DU NORD

La France a frôlé la panne générale d’électricité, la faute à une sous tension sur le réseau électrique. PHOTO archives MATTHIEU BOTTE LA VOIX DU NORD - VDNPQR

   

Le soir du 10 janvier, on aurait pu tous finir à la bougie. Il s’en est fallu de peu. C’est la Commission de régulation de l’énergie (CRE) qui en a fait part dans un communiqué. « Le 10 janvier vers 21h, la fréquence du système électrique français et européen est passée très en dessous de 50 Hz. Or, quand la fréquence s’écarte trop de ce niveau, le système électrique pourrait connaître des coupures importantes, voire un «black-out »  ».

Sur le coup, RTE fait appel à tous les industriels qui le pouvaient pour qu’ils réduisent immédiatement leur consommation, pour faire remonter la fréquence sur le réseau. Ce qu’ils ont fait. Ils en sont aujourd’hui remerciés. « La CRE se félicite de la bonne réponse des industriels interruptibles à la sollicitation de RTE : grâce à leur réactivité, ils ont contribué à assurer la sécurité d’alimentation en électricité en France, et plus largement en Europe. »

Reste à trouver ce qui a bien pu causer cette baisse de tension, car jeudi soir, il ne faisait pas particulièrement très froid en France. Cette forte baisse de la fréquence du système électrique s’explique lorsqu’il y a un fort déséquilibre sur le réseau, quand la demande dépasse largement l’offre, c’est-à-dire que les capacités du réseau électrique se montrent insuffisantes pour couvrir les besoins des Français, à ce moment-là. En 2017, la pointe la plus importante, dans la région, a été enregistrée le 18 janvier, avec 9 103 megawatt-heure.

« La CRE demande à RTE de travailler avec ses homologues européens pour identifier les causes de cet événement et proposer des mesures correctives. », informe le communiqué.

 

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