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  • José Mujica

    Pas démago 22/01/2013 à 18h03

    José Mujica : voici les cinq qualités pour faire un Président de légende

    Blandine Grosjean | Redchef adj Rue89


    José Mujica, assis près de Barack Obama, lors du sixième Sommet des Amériques, à Carthagène des Indes (Colombie), le 14 avril 2012 (Fernando Vergara/AP/SIPA)

    L’Uruguayen José Alberto Mujica, plus connu sous le nom de Pepe, serait le Président le plus pauvre du monde. Il commence aussi à être le plus populaire du même monde, si l’on se fie aux journalistes (par exemple celui du New York Times) qui l’adorent. Son histoire a fait la une de Courrier international, « la préférée des lecteurs en 2012 » (article payant, nous ne l’avons pas lu...).


    La une de Courrier international, 29 novembre 2012 

    Ses réformes – légalisation de la marijuana, mariage des personnes de même sexe, libéralisation des lois sur l’avortement et soutien aux énergies renouvelables – sont évidemment extraordinaires dans le contexte latino-américain, et français pour au moins deux des réformes.

    Mais ce n’est pas ce qui fascine l’opinion internationale, et nous avec. Le président Mujica, 77 ans, ne passe pas ses vacances sur le yacht d’un bon ami, il n’a pas appris à se faire servir. Il parle mal à certains de ses concitoyens. Il tue le job de Président.

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    Humble : « sa vieille », sa petite maison et sa bâtarde Manuela

    Quand il a été élu président de la République le 29 novembre 2009, il n’a pas souhaité déménager de la petite maison (son « rancho » comme on appelle en Uruguay les habitations pauvres), 45 m² dans une banlieue pauvre de Montevideo, où il vit depuis vingt ans avec sa femme et sa chienne Manuela, une bâtarde.

    La maison ne lui appartient même pas, elle est à sa femme, Lucia, qu’il appelle affectueusement « mi vieja » (ma vieille).

    Un journaliste du quotidien espagnol El Mundo raconte qu’il l’a vu se rendre dans une droguerie de quartier pour acheter un siège de WC, et qu’il a accepté sur-le-champ une invitation des jeunes du petit club de foot Huracan, et là-bas, ils ont eu une petite discussion autour... du siège de WC.

    Il reverse 90% de son traitement (250 000 pesos, environ 9 000 euros) à différentes ONG, conduit lui-même sa vieille voiture, une Volkswagen, son seul bien, d’une valeur de 1 400 euros – même si actuellement il dispose du véhicule présidentiel, une Chevrolet Corsa.

    Chaque fois qu’on lui pose la question, et c’est assez fréquent, voire inévitable, « êtes-vous pauvre ? » il répond :

    « Mon style de vie n’a rien de révolutionnaire, je ne suis pas pauvre, je vis de manière austère. »

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    Franc du collier : « Ne faites pas les petits cons »

    En septembre dernier, il est apparu à une importante conférence latino-américaine du Mercosur avec le nez cassé : il a expliqué qu’il s’était blessé en aidant un voisin à réparer sa maison détruite lors d’intempéries.

    Ce jour-là, il avait envoyé un message de soutien à tous ceux dont les maisons avaient été endommagées par le déluge :

    « Chaque fois qu’il a plu, il a bien fini par s’arrêter de pleuvoir. Idem pour le vent. »

    Mais il a fini par se fâcher :

    « Nous sommes un petit pays avec une majorité d’habitants qui a choisi de vivre sur la côte et qui attend qu’il fasse un peu de vent pour ne pas aller travailler. La fatigue, ce n’est pas notre problème. »

    Il sait parler « vrai » aux jeunes délinquants. Là, c’était après l’assassinat d’un pizzaiolo de 34 ans, père de cinq enfants :

    « Ne vous comportez pas comme des petits cons, des nains de merde. Vous allez finir comme des rats de prison, dans le meilleur des cas. »

    Pepe Mujica s’adresse aux jeunes délinquants

    (En espagnol)

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    Réaliste : « Nous sommes tous fous »

    Pepe Mujica a appris à vivre à la dure dans les prisons qu’il a fréquentées sous la dictature, entre 1973 et 1985. Il était un des dirigeants de la guérilla Tupamaros et a été torturé tout au long de sa détention. Il a raconté dans de rares interviews que les nuits où on lui donnait un matelas, il était content.

    Lors de la célébration du centenaire d’un hôpital psychiatrique, il a expliqué que, « des problèmes de psychiatrie, il n’y en pas qu’ici, ils sont aussi dehors... nous sommes tous fous ». L’assistance a ri de la plaisanterie. Alors il a continué :

    « Il y a de ça des années, quand j’étais en prison, j’ai souffert d’une paranoïa persécutrice infernale. J’entendais des voix. Ils m’ont envoyé dans un hôpital psychiatrique. »

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    Philosophe : « La liberté, c’est passer le balai et avoir du temps »

    Pepe Mujica n’a pas que des amis en son pays. Un ancien administrateur de la banque Republica, dit de lui que :

    « Son style, c’est celui du café du commerce, celui de philosopher sans fin et de ne rien faire. »

    Il aime s’exprimer, et parmi ses nombreux apartés philosophiques, j’ai choisi celui-ci, tiré d’un entretien à La Republica :

    « Je veux avoir du temps pour les choses qui me motivent. [...] C’est ça la vraie liberté : la frugalité, consommer peu, avoir une petite maison qui me laisse du temps pour profiter de ce que j’aime vraiment.

    Sinon, il faudrait que j’ai une domestique, et je devrais supporter une présence étrangère chez moi. Et si j’avais beaucoup de choses, il faudrait que j’en prenne soin pour qu’on ne me les volent pas. La vieille ou moi, on passe le balai, et voilà, il nous reste beaucoup de temps, c’est ça qui nous enthousiasme. »

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    Pas démago : travaillez moins, pour consommer moins

    Ses discours internationaux tranchent, et réjouissent une partie de la population latino-américaine. Celui qu’il a donné lors du sommet Rio+20, en juin 2012, sans cravate – personne n’a jamais pu lui en faire porter –, est une sorte de manifeste personnel, qui a fait un flop dans son pays :

    « Mes compagnons travailleurs ont lutté pour obtenir les huit heures de travail quotidien. Là, ils vont obtenir les six heures. Mais celui qui obtient les six heures prend un deuxième emploi, et donc il travaille bien plus qu’avant. Pourquoi ?

    Parce qu’il doit payer un tas de dettes. La petite moto qu’il a achetée à crédit. La petite auto qu’il a achetée à crédit. Et rembourser ses dettes et encore les rembourser. Et quand il peut enfin profiter de tout ça, c’est un vieux plein de rhumatisme, comme moi, et sa vie est déjà derrière lui. »

    Ses dernières vacances d’été (de Noël dans l’hémisphère Sud), il les a passées comme un petit retraité. Avec Olga, aux terrasses de cafés, sans garde du corps. La photo a fait le tour de Twitter.

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  • Noam Chomsky : manipulation des masses

    Les dix stratégies de manipulation de masse – Noam Chomsky

     

     

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    1/ La stratégie de la distraction

    Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

     

    2) Créer des problèmes puis apporter des solutions

    Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

     

    3/ La stratégie de la dégradation.

    Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

    On retrouve tout ça dans le fameux cahier n 13... (Je rappelle que le démantèlement de l'école publique et des services publics y sont clairement identifiés)

    Cahier numéro 13 de l'OCDE

    OCDE, c'est du long terme...

     

    4/ La stratégie du différé.

    Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

     

    5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge.

    La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

     

    6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion.

    Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

     

    7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise.

    Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

     

    8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité.

    Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

     

    9/ Remplacer la révolte par la culpabilité.

    Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…

     

    10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes

    Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

     

  • La passion qui délivre

     

    Les passions, dans l'imaginaire collectif, sont souvent décriées et les gens passionnés considérés comme des "inconscients". Effectivement, il existe des passions dévorantes. La lucidité n'est pas de mise car le plaisir du "passionné" prend forme dans la puissance des émotions générées par la passion. Sa "passion" n'est qu'un prétexte à jouir des émotions et des effets associés. C'est la passion émotionnelle et il n'y a pas d'élévation dans ce processus mais un avilissement de la personne.

    Spinoza proposait pourtant une démarche de reconnaissance de la passion et de son fonctionnement. L'homme est libre de ne pas céder aux passions. Il peut en jouir tout en observant le processus. La passion destructrice n'est donc pas une fatalité puisqu'elle implique un passage à l'acte et que dans l'acte, l'homme peut insérer sa volonté et son contrôle.

    Les marins solitaires du Vendée Globe ou les alpinistes sont des gens passionnés et ils grandissent à chaque instant, non pas dans un abandon euphorisant et incontrôlé mais dans une exploitation de leur potentiel au coeur de cette passion. La passion devient dès lors un engrais.

    Ou un poison.... Le crime passionnel. Le dictateur. Les financiers, les traders, les marchands d'armes. 

    Passionnés par le pouvoir, par la puissance, par l'influence, par la domination. Intégralement soumis à leurs egos et aux conditionnements éducatifs et sociétaux.

    Ceux-là sont morts intérieurement, ils n'existent plus, ils ne sont que des plantes grimpantes fixées sur un tuteur artificiel. Que le tuteur disparaisse et ils tomberont au sol.

     

    C'est là qu'entre en jeu la notion de "juste milieu".

    Le juste milieu.

     

    Il y a un choix à faire. Sombrer ou s'élever. La passion est un abîme ou un chemin vers les cimes intérieures...

     

     

  • Passé, présent, futur

                                                                                                                                                 Résultat de recherche d'images pour "triskell"

    En Bretagne, il est dit parfois que le Triskell symbolise les trois dimensions temporelles et que le point de convergence représente l'instant.

     

    Il y a trois temps de conjugaison. Mais ces trois temps n'existent pas de la même façon. Il faut être inscrit dans le présent pour pouvoir se projeter dans le passé ou dans le futur. Il y a la conscience présente des choses passées et la conscience présente d'un futur à venir. Si je reste ancré dans le passé et que je le ressasse, je ne suis plus dans le présent et je perds ma faculté à saisir la vie. Je me nourris de choses mortes ou elles pourrissent en moi. Si je me projette dans un espoir et que le futur me nourrit, je perds là encore l'opportunité d'être vivant. Je suis dans un cas comme dans l'autre un fantôme temporel qui n'a plus de matière mais qui erre dans les affres d'un mental tout puissant.

    Cela ne signifie pas que cette psychologie temporelle n'a pas d'importance mais il convient d'en saisir la futilité et même le danger.

    Le passé ne peut pas être un souvenir revécu et la prévision n'est pas une vie réelle. Ces deux entités psychologiques sont des ersatz éphémères et il ne tient qu'à moi de jouer avec sans qu'elles ne me dominent.

    Le passé et le futur ne sont pas de purs néants mais ce ne sont pas non plus des existants. Ils ne sont que des extensions rendues possibles par la puissance trompeuse de mon mental. Cette puissance ne doit pas se retourner contre moi.

    Bien entendu, mon passé est à la source de mon présent et le futur que j'envisage peut nourrir les forces présentes. L'équilibre à établir est un travail de longue haleine. L'observation interne se doit d'être constante. Ne jamais se perdre dans l'illusion. 

    Même si le présent bascule sans cesse dans le passé, je dois faire en sorte que ce présent soit le plus efficient possible pour que le passé ne sombre pas dans le regret.

    Même si le présent est une projection constante et immédiate vers le futur, je dois faire en sorte que ce présent soit le plus efficient possible pour que ce futur ne devienne pas une illusion.

    La phrase que j'écris tombe immédiatement dans le passé et la phrase que je conçois n'est pas encore écrite. C'est l'intensité du présent qui parviendra à établir une justesse dans cette imbrication. Le présent représente donc un espace extrêmement bref, quasi inexistant au regard du temps. Mais c'est justement là que prend forme l'intensité. C'est parce que le présent est redoutablement furtif qu'il se doit d'être saisi à bras le corps, étreint, aimé, au risque de tomber dans un passé vorace ou un futur hallucinogène. C'est pour cela qu'il est juste et bon que le mot "présent", de par sa connotation temporelle, soit remplacé par le mot "instant". Lui seul existe.

     

  • Ubuntu

    Un anthropologue a proposé un jeu aux enfants d'une tribu africaine. Il a mis un panier de fruits près d'un arbre et a dit aux enfants que le premier arrivé gagnait tous les fruits.

    Au signal, tous les enfants se sont élancés en même temps ...... en se donnant la main !! Puis ils se sont assis ensemble pour profiter de leur récompense.

    Lorsque l'anthropologue leur a demandé pourquoi ils avaient agi ainsi alors que l'un d'entre eux aurait pu avoir tous les fruits, ils ont répondu : "Ubuntu. Comment l'un d'entre nous peut il être heureux si tous les autres sont tristes ?"

    UBUNTU dans la culture Xhosa signifie: "Je suis parce que Nous sommes"...

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  • Une leçon

    VOCABULAIRE

    Travail sur les superlatifs avec mes élèves.

    Consigne : Rangez du plus faible au plus fort les séries d'adjectifs

    "maigre, mince, squelettique"

    L'ensemble de la classe a rangé dans l'ordre suivant :

    "squelettique, maigre, mince."

    Je me suis demandé ce qui avait pu motiver cette réponse alors que POUR MOI, c'était exactement l'inverse.

    Et bien il s'agissait de la logique des enfants et de l'imprécision de ma consigne.

    Les enfants ont jugé que dans un état squelettique, la personne était plus faible que celui qui était maigre et plus encore que celui était mince. Celui-là était donc le plus fort...

    Ils ont tenu compte de la personne.

    Une grande leçon pour moi. Je les ai remerciés.

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  • Ce qui est en nous.

    JARWAL LE LUTIN, tome 4

     

    Marine était allongée sur son lit. Elle avait laissé la fenêtre ouverte. Les yeux dans le vague, elle regardait passer les nuages. Elle revoyait le retour à la clairière, l’arrivée à l’orée de cet espace découvert, l’absurdité révélée de ce jeu des pierres. C’était fini, effacé, un rituel insignifiant. Elle réalisait à quel point cette journée avait marqué l’entrée dans un autre espace, une dimension bien plus haute mais il n’en restait malgré tout aucune honte, aucun déni. Ce jeu, comme tous les autres, avait fait partie de sa croissance, de son éveil. C’est d’avoir élaboré ces pratiques qui en avaient permis l’effacement. Rien n’était inutile.  

    Elle revoyait aussi Rémi qui proposait à Tian un combat avec les bâtons. Il avait trouvé un morceau de hêtre bien droit, dur, facile à tenir. Tian avait accepté en limitant les touchers aux jambes. Interdiction de frapper plus haut.

    Ils s’étaient salués, Rémi avait imité le rituel présenté par son adversaire. Les pointes des deux bâtons posées sur le sol puis une mise en garde. Rémi avait essayé par un balayage rapide de son bâton de toucher immédiatement la jambe gauche de Tian. Une parade sèche et parfaitement maîtrisée de son adversaire. Il n’avait même pas eu le temps d’esquisser un deuxième mouvement que le bâton de Tian tapait son genou. Il avait voulu recommencer en changeant de techniques d’attaque et avait connu la même désillusion. Tian était d’une dextérité stupéfiante, une vitesse et une précision inégalable. Sans aucune marque de satisfaction sur son visage. Juste de la concentration.

    « Et bien, j’ai hâte que tu nous enseignes ce que tu sais Tian. Je suis très impressionné.

    -Tu sais déjà tout ce dont tu as besoin Rémi. Mais tu ne sais pas le trouver. Je ne possède rien de plus que toi, ni que personne d’autre. J’ai juste appris à utiliser ce que je possédais sans le savoir. »

    Elle avait été étonnée de cette réponse. Nous avions en nous ce que nous devions apprendre à connaître. Devenir ce que nous sommes alors que nous pensions être. C’était difficilement exprimable finalement. Comment aller vers un but quand il n’est même pas mesurable, quantifiable, identifiable, répertorié ? La vie ne proposait rien à priori, il n’y avait rien d’établi mais tout à saisir. Tout ce qui était nécessaire à cette exploration était déjà en nous. Sans que nous ne possédions de mode d’emploi. C’était effrayant d’imaginer que nous puissions passer à côté de nous. Cette impression de vivre à l’intérieur d’un trésor et de ne pas parvenir à soulever le couvercle. Etre soi-même le butin et ne pas pouvoir en user. Comme une condamnation qu’on s’imposait par manque de discernement ou de volonté. L’humanité n’était peut-être qu’une ébauche, une tentative avortée. Nous n’avions pas encore accouché de nous-mêmes.

    Elle s’obligea à bouger sur le lit comme si cette douleur dans son ventre pouvait s’apaiser, comme si ce simple mouvement maîtrisé pouvait combler l’insignifiance révélée.

    Un tourbillon de pensées en elle.   

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  • Recherche.

    Le site IPAGINATION recherche une personne compétente dans le domaine de l'édition de livres e-book et version papier. Poste bénévole, rénuméré par la passion !!

    "Nous recherchons une personne qui connaisse ce qui est caractéristique de l'édition (typographie, règles d'imprimerie...) avec la maîtrise d'In-Design un logiciel Adobe pour la fabrication des e-books... puis des versions papier

    Nous sommes sur un lancement par trimestre et cette compétence est importante dans le dispositif de lancement avec respect des délais...

    "Maîtriser" In-Design c'est non seulement connaître le logiciel (c'est une sorte de word amélioré) mais c'est surtout comprendre les paramètres utilisés par les éditeurs / imprimeurs... il y a un vocabulaire technique... le réglage des blancs par exemple pour éviter qu'il y ait des espaces trop grands, les césures qui se passent plus ou moins bien... le respect des règles quand il y a des dialogues, des renvois... ... Celui qui "fabrique" le bouquin doit les connaître et les maîtriser car il doit parler "pro" avec l'imprimeur..."

    Vous pouvez répondre ici si vous êtes intéressés. Je transmettrai. Ou alors prendre contact avec le site http://www.ipagination.com/com/Accueil?rmenu=0

    Merci.

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