Là-Haut

Articles de la-haut

Etats modifiés de conscience (spiritualité)

Par Le 02/07/2014

 
REVUE INEXPLORÉ
INREES
 
 
 
 
 
http://www.inrees.com/articles/Decouverte-etats-modifies-conscience/
 

A la découverte 
des états modifiés de conscience

En modifiant nos états de conscience, nous pourrions développer notre intuition, mieux nous connaître et obtenir de précieuses informations.
Cet article est accessible dans son intégralité uniquement aux abonnés INREES
© Aleshyn_Andrei
Chaque fois qu’elle doit faire un choix ou prendre une décision importante dans sa vie, l’écrivaine et pianiste Corine Sombrun confie qu’elle « [s’]offre une petite transe [pour] calmer le mental et obtenir des réponses ». Certes, tout le monde n’est pas, à l’instar de cette « exploratrice de la conscience », une chamane initiée depuis 10 ans au sein du peuple Tsaatans en Mongolie, ayant la capacité d’entrer dans une transe profonde par sa seule volonté, mais nous avons tous la possibilité, comme elle, d’étendre notre conscience au-delà des limites habituelles de notre corps et de notre cerveau, pour voyager dans d’autres dimensions, celles de notre inconscient individuel et de l’inconscient collectif. L’objectif : se connecter à notre être profond, réveiller notre intuition, notre source d’inspiration mais également goûter aux expériences transcendantales et vivre des moments d’extase transformateurs. 

 

Transe quotidienne


Sans nous en rendre compte, nous avons tous déjà connu l’état de transe. Dans le cadre de nos occupations quotidiennes – penser, parler, manger, lire, marcher – nous sommes dans ce que les neuroscientifiques appellent un « état de conscience ordinaire ». Un état que nous connaissons tous, qualifié de neutre, banal, usuel. Les paramètres « espace, temps, corps, moi » y sont familiers. Comme l’explique Charles T. Tart, professeur américain de psychologie, internationalement reconnu pour ses recherches sur la nature de la conscience, « notre état de conscience ordinaire est un outil, une structure, un mécanisme d’intégration qui nous permet d’interagir avec une certaine réalité sociale acceptée, un consensus de réalité ». Selon lui, cet état est maintenu grâce à un effort actif du mental qui cherche constamment à le perpétuer. Nos 5 sens perçoivent mais c’est notre « mental » qui interprète ces perceptions, et façonne sans cesse notre réalité ordinaire. Or, plusieurs fois par jour, dès qu’il le peut en réalité, notre cerveau se plonge spontanément et brièvement dans une transe. Si pour beaucoup d’entre nous, le mot « transe » a tendance à effrayer car il est associé à un état spectaculairement violent accompagné de convulsions, il s’agit en fait d’une potentialité tout à fait naturelle de notre conscience… à s’évader. En effet, quand nous dormons, quand nous sommes « dans la lune », ou encore lors de phases d’auto-hypnose – lorsque nous fixons longuement un objet, un paysage, une flamme, ou dans notre voiture après plusieurs heures de conduite sur l’autoroute –, nous mettons ce mental sur pause, et modifions involontairement notre état de conscience. Nous sommes en transe. « Lorsqu’ils jouent, les enfants se mettent naturellement et très facilement en état modifié de conscience », précise par exemple Paul-Louis Rabeyron, pédopsychiatre des hôpitaux, responsable d’enseignement à l’Université catholique de Lyon et membre du comité directeur de l’Institut métapsychique international. Si déjà les filtres physiologiques que constituent nos 5 sens nous empêchent de percevoir la réalité telle qu’elle est vraiment – nous ne voyons, par exemple, ni la lumière infrarouge, ni les ultraviolets, nous n’entendons pas les ultrasons, notre odorat est limité comparé à celui des autres animaux… –, notre éducation et notre système de croyances, propres à chaque culture, créent, à l’âge adulte, de nouveaux filtres mentaux qui, un peu comme une passoire, ne vont laisser passer que certaines informations. Ce que nous percevons et appelons notre réalité n’est en fait qu’une interprétation des stimuli parvenant à notre cerveau. Malgré cela, chacun de nous, plusieurs fois par jour, échappe donc à ces conditionnements mentaux en entrant inconsciemment en transe. 

Un état modifié de conscience (EMC) – appelé aussi état de transe, état holotropique ou état de conscience chamanique – se produit donc lorsque notre système de référence à la réalité, nos filtres, cessent temporairement de fonctionner, si bien qu’il se produit, selon Charles T. Tart, une « restructuration de la conscience » sur d’autres bases, d’autres filtres, permettant alors l’accès – conscient ou inconscient – à des aspects invisibles, ou cachés, de la réalité ordinaire. Autrement dit, on perçoit des images, des sons, des informations, inaccessibles dans notre état de conscience ordinaire. « En état de conscience ordinaire, c’est comme s’il y avait un brouillage intense qui empêche notre conscience de “voir”, de capter certaines informations, explique le Dr Olivier Chambon, psychiatre et psychothérapeute, spécialiste des EMC. Quand les ondes cérébrales ralentissent, le silence s’installe et permet plus de clarté. Pour être plus explicite, j’utiliserai l’allégorie suivante : quand on remue l’eau sans arrêt, on ne peut pas voir ce qu’il y a au fond d’une mare. Si l’on arrête de la remuer, en revanche, les sédiments vont se redéposer, l’eau va s’éclaircir, et l’on verra ce qu’il y a au fond. Eh bien avec la conscience, c’est pareil ! » 
 

Une recherche perpétuelle


Depuis toujours, aux quatre coins de la planète, l’homme a cherché à se débarrasser de ces filtres, et ainsi percevoir ce qu’il qualifie d’autres réalités. Dans les pratiques de divination et de guérison chamaniques, les rites de passage, mais aussi avec le développement des perceptions extrasensorielles, l’influence de ces expériences de conscience modifiée revêt une importance considérable tant pour la vie culturelle des civilisations préindustrielles que dans l’histoire spirituelle de l’humanité. « Au contraire de la civilisation moderne, les cultures indigènes estimaient hautement les états holotropiques et dépensaient beaucoup de temps et d’énergie à développer des moyens sûrs et efficaces de les induire, explique Stanislav Grof, psychiatre américain d’origine tchèque, pionnier des recherches sur les EMC. Elles utilisaient ces états comme un véhicule dans leur vie rituelle et spirituelle [...]. Ces états jouèrent également un rôle crucial dans le diagnostic et la guérison de divers troubles. Bien que les cultures aborigènes aient souvent disposé de connaissances impressionnantes sur les remèdes naturels, elles mettaient tout d’abord l’accent sur la guérison spirituelle. Cela impliquait habituellement l’induction d’états de conscience holotropiques – pour le malade ou le guérisseur, ou pour les deux en même temps (…) De plus, ils constituaient une source d’inspiration artistique, apportant de nouvelles idées pour les rituels, les peintures, les sculptures et les chants. » 

Une transe peut être naturellement induite par le sommeil, à travers les rêves, mais aussi par la méditation, les exercices de respiration profonde, l’hypnose, la sophrologie, la musique – tambours, maracas, hochets… –, des danses frénétiques et autres formes d’expression cognitivo-corporelle – yoga, tai-chi, qi gong… – ou encore la répétition verbale, comme les mantras. De manière plus drastique, plus risquée aussi, notre conscience peut être modifiée par l’isolement social et sensoriel – séjours prolongés en forêt, au sommet d’une montagne, dans une grotte… –, le jeûne, la privation totale de sommeil, le bombardement sensoriel ou encore la prise de substances psychédéliques. Moins spirituel mais tout aussi surprenant : l’hyperconcentration et l’hyperlucidité nécessaires à la pratique de sports extrêmes ou de haut niveau peuvent également induire un état modifié de conscience. Un état de grâce, que l’on peut presque qualifier d’état second, dans lequel le champion est capable de se dépasser et d’agir avec un temps d’avance. 

Si nous sommes tous capables de changer naturellement d’état de conscience, les chamanes demeurent les maîtres en la matière, puisqu’ils savent contrôler leurs actions, diriger leurs aventures lors de leur transe, et rapporter des informations précises leur permettant d’enrichir leur savoir et de soigner. « Je peux voir, les yeux fermés, des animaux, des visages, des images, des couleurs, des représentations géométriques, des chaînes de cause à effet, à la fois évidents et impossibles à expliquer, raconte Corine Sombrun. L’essentiel est que, sans le moindre mot, toute question qui me vient à l’esprit semble aussitôt trouver sa réponse. En fait, tout se passe comme si la transe éveillait en moi une formidable intuition. Comme si, soudain, mon cerveau s’ouvrait à des capacités inconnues, plus subtiles. À une sorte d’hyperintelligence perceptive me permettant de résoudre un problème donné, en révélant ce que je ne savais pas que je savais. » 

 

Sentiment d’unité


Contrairement à ce que l’on aurait pu croire, ces « voyages » de la conscience dans d’autres dimensions, quelle qu’en soit l’induction, ne semblent pas altérer les fonctions intellectuelles, ni à court, ni à long terme. D’après les spécialistes de la question, ils offriraient même, à l’inverse, une compréhension plus claire de la réalité que nous expérimentons au quotidien. Différents chercheurs spécialisés dans les EMC ont défini les états de transe comme une relation non linéaire au temps, à l’espace, et au corps. A également été constatée une acuité des sens, avec pour corollaire des perceptions exacerbées de notre environnement. En transe, nous avons en effet le sentiment de nous dégager des limites de notre ego, que les temps passé et futur peuvent coexister dans l’instant présent et que nous sommes, par ailleurs, reliés à quelque chose de plus vaste, à un ensemble universel conscient. De fait, ces expériences dites « transpersonnelles » – au-delà de notre ego, de notre histoire personnelle – engendrent des modifications de la conscience de soi et une transformation de nos rapports avec le monde. « Nous pouvons accéder à une compréhension psychologique profonde de notre histoire personnelle, de nos dynamiques inconscientes, de nos difficultés émotionnelles, et de nos problèmes relationnels, écrit Stanislav Grof. Nous pouvons également faire l’expérience de révélations extraordinaires sur divers aspects de la nature et du cosmos qui dépassent largement notre culture et notre formation intellectuelle. Toutefois, les révélations de loin les plus intéressantes que peuvent apporter les états holotropiques concernent les problèmes philosophiques, métaphysiques et spirituels. Nous pouvons effectivement faire l’expérience de la mort et de la renaissance psychologique, de tout un spectre de phénomènes transpersonnels – sentiment d’unité avec d’autres personnes, la nature, l’univers et Dieu. Nous pouvons découvrir ce qui semble pouvoir être interprété comme étant des mémoires d’autres incarnations, nous pouvons rencontrer de puissantes figures archétypales, communiquer avec des êtres désincarnés et visiter de nombreux paysages mythologiques. » 

 

Des capacités inexplorées


Physiologiquement, que se passe-t-il ? « Le système nerveux est ce qui nous permet de construire notre perception de la réalité, explique l’anthropologue médical suisse Jean-Dominique Michel. Toutes ces techniques d’accès à un état modifié de conscience déconstruisent la réalité ordinaire car elles viennent perturber le système nerveux et ralentir l’activité cérébrale qui se manifeste par un changement de fréquence mesurable. Le cerveau va se mettre en mode alpha ou thêta, c’est-à-dire en relaxation légère ou profonde, selon l’intensité de l’expérience. Ce qui va ouvrir une brèche permettant d’accéder à d’autres niveaux de réalité. » Les électro-encéphalogrammes, les magnétoencéphalogrammes et les scanners constituent des outils qui, en neurosciences, nous permettent aujourd’hui de commencer à objectiver ces états. 

Depuis 7 ans, Corine Sombrun, la Française « mongolisée », comme elle s’amuse à le dire, joue justement les « souris de laboratoire » au Canada, et plus récemment en France, pour évaluer les effets de la transe sur le cerveau. Les premiers résultats démontrent que la transe modifie de manière spectaculaire le fonctionnement des circuits cérébraux activant des zones dites « perceptives ». « Ce qui expliquerait pourquoi cet état me permet d’accéder à d’autres informations et, en quelque sorte, à une perception augmentée de la réalité, précise Corine Sombrun. Pour l’écrivaine et chamane française, les études approfondies sur la transe chamanique auxquelles elle participe actuellement permettraient d’explorer les nouvelles frontières des capacités cérébrales. Et de les exploiter. « La pratique de cette technique de transe, qu’il est donc possible d’induire par la seule volonté, pourrait nous aider à développer cette forme d’intelligence perceptive qu’on a tous naturellement en nous, mais qu’on ne nous apprend pas à utiliser, et que ces états modifiés de conscience permettent d’amplifier. Des capacités qui offrent une façon plus intuitive d’envisager notre rapport à notre corps, aux autres et à notre environnement. La transe permet de sortir de l’ego, dans lequel le cerveau spéculatif semble nous enfermer, et révèle l’être humain dans la totalité de ses capacités, l’entraînant dans le monde de l’intuition et délaissant provisoirement celui de la raison dans lequel nous évoluons dans la réalité ordinaire. »

Le chamanisme, Stéphane Allix et Audrey Mouge
Editions de la Martinière (Mai 2014 ; 168 pages) 



Pour une psychologie du futur, Stanislav Grof
Dervy Poche (Novembre 2009 ; 632 pages) 


 

 
 
 
 

INEXPLORÉ 23

Abonnez-vous et profitez aussi des avantages INREES.com

L’homéopathie dilue des substances naturelles pour en...
Mettant en lumière des structures psychiques et symboliques...
De plus en plus de coachs et de psychothérapeutes intègrent...
 

Au sommaire du numéro #23

 

Orgasme et expansion de conscience (sexualité sacrée)

Par Le 02/07/2014

 
http://www.inrees.com/articles/Orgasme-expansion-conscience/
 

Orgasme et expansion de conscience

L’orgasme serait-il une voie d’éveil ? C’est ce que nous disent les plus anciennes traditions... Éclairages sur les enjeux de l’énergie sexuelle.
Cet article est accessible dans son intégralité uniquement aux abonnés INREES
© nois7 / Robert Jahns
La lecture du Grand Pouvoir du Chninkel, une quête initiatique en bande dessinée, ouvre le champ de bien des interrogations. L’oracle, une femme en l’occurrence, que vient consulter le héros, ne peut énoncer des prophéties qu’en état de plaisir ! C’est par l’orgasme que ses visions surgissent... L’orgasme pourrait-il être une voie d’expansion de la conscience ? Et si c’était la raison pour laquelle on l’appelle aussi la « petite mort » ? Les liens entre la sexualité et la spiritualité ne datent pas d’aujourd’hui ; les textes anciens, et tout particulièrement le Kama-sutra, évoquaient déjà cette particularité. Toutefois, ils semblent avoir été relégués au fin fond de notre mémoire. Pour mieux comprendre les enjeux autour de l’orgasme, tournons-nous vers la psychanalyse. L’orgasme, du grec orgân, qui signifie « bouillonner d’ardeur », est au cœur des recherches de Wilhelm Reich, suscitant à la fois la surprise et les sarcasmes de Freud. Si le célèbre psychiatre viennois a bel et bien amorcé la révolution sexuelle dont nous sommes témoins, en théorisant la nécessité de l’acte sexuel pour notre équilibre, l’orgasme en revanche lui a toujours semblé un phénomène secondaire de « décharge ». Sans grande importance, donc. Résolument à contre-courant de cette pensée, Reich soutient que « la satisfaction orgastique évite la névrose, à une condition toutefois, le total abandon de soi ». En d’autres termes, « un orgasme réussi ne se réduit pas à la seule zone des organes génitaux, mais s’étend à tout l’être, grâce notamment à la dissolution de la conscience, condition de la décharge complète des tensions ». L’orgasme constituerait alors une expérience extatique. 

 

Un cocktail de molécules bienfaisantes


Et du point de vue biologique ? Le sentiment de bien-être et d’euphorie que peut procurer l’orgasme serait dû au ballet d’endorphines qui se libèrent à ce moment précis dans notre cerveau. Récemment, des chercheurs de l’Inserm ont pu mettre en évidence la production d’un cocktail de neuromédiateurs et d’hormones qui inonderait notre cerveau pendant l’acte sexuel pour conduire à l’orgasme. On y trouve notamment de la dopamine et des endorphines comme la lulibérine, qui rend euphorique, et l’ocytocine, qui renforce le lien affectif, toutes deux messagères du désir et du plaisir. « Les effets seraient comparables à ceux ressentis par les fumeurs d’opium », écrit le Dr Marc Schwob dans son ouvrage De l’amour plein la tête ou La Biologie de l’amour (Éd. Hachette), établissant ainsi un lien entre l’orgasme et les états modifiés de conscience. Aux États-Unis, des recherches corroborent cette hypothèse. « Ce sont les mêmes parties du cerveau qui sont activées au cours d’une méditation intense et pendant un orgasme », explique la Dre Pooja Lakshmin, spécialiste de l’orgasme à la Rutgers University (États-Unis), à savoir, plus précisément, le système limbique et le cortex somatosensible (ou sensoriel), avec pour effet une profonde connexion à l’instant présent. Comme souvent, les résultats scientifiques récents viennent confirmer des expériences bien plus anciennes. Ainsi, Margot Anand, disciple d’Osho et pionnière du tantra en Occident, évoque dans son ouvrage La Voie de la sexualité sacrée (Éd. Trédaniel) que ce sont « les maîtres indiens et védiques, il y a 5 000 ans, qui auraient découvert la méditation et l’éveil en explorant l’art de prolonger les états orgasmiques ! » 

 

Les dessous de la « petite mort »


Parmi les indices qui tendraient à soutenir la vision « mystique » de l’orgasme, le terme de « petite mort », qui lui est associé, mérite qu’on s’y attarde. L’origine de l’expression remonte au XVIe siècle, et désignait une sorte de syncope, d’étourdissement, de grand frisson nerveux. À l’époque d’Ambroise Paré, chirurgien de son état, il avait été établi que l’orgasme provoquait, de manière plus ou moins fugace, ces types de symptômes « corporels ». Au fil du temps, le langage érotique se l’est appropriée, nous en transmettant le mystère, via la voix des poètes en premier lieu. Pour la psychologue Catherine Blanc, « au moment de l’orgasme, on a comme une espèce de conscience de la mort de tout ce qu’on a construit, de son identité, de tout ce qu’on maîtrisait jusque-là ». Une vision que partage Jacques Lucas, coauteur avec Marisa Ortolan du Tantra, horizon sacré de la relation : « Il y a une petite mort du “moi”, et c’est alors le “soi” qui apparaît... » Ainsi l’orgasme, quand il est vécu comme une petite mort, ouvrirait de nouvelles perspectives, plus larges. 

L’orgasme comme voie d’expansion de conscience semble par ailleurs une évidence dans les traditions orientales. Dans le Kama-sutra, écrit vers le Ve siècle, le brahmane Vātsyāyana annonçait déjà que « le plaisir sexuel [est] un excellent moyen d’accéder à la béatitude ». Autrement dit, comme l’exprime si bien le Dr Gérard Leleu, « la jouissance résultant de l’union sexuelle est une expérience métaphysique car elle déclenche un changement majeur de conscience : l’extase ». La tradition tantrique qui repose sur une vision sacrée de la sexualité nous éclaire sur ce point. Ainsi, l’union de la femme et de l’homme serait la réplique de celle de Shakti et de Shiva de laquelle naquit le monde. La femme, connectée à la déesse, c’est-à-dire à l’aspect féminin de la divine création, s’unit à l’homme, l’aspect masculin du divin. « Cette vision, poursuit le Dr Gérard Leleu, sacralise également le désir », qui devient alors cette force d’attraction inéluctable, attirant l’un vers l’autre les principes séparés pour reconstituer l’unité originelle. En d’autres termes, « la sexualité tantrique permet de sortir de la dualité de notre condition humaine, et de nous reconnecter à la source, mettant ainsi fin à l’illusion de la séparation d’avec notre divinité », traduit Jacques Lucas. Ainsi, l’union sexuelle et son aboutissement orgastique s’avèrent une voie royale pour atteindre la « félicité » par la fusion entre l’humain et le divin. 


 

Sentiment océanique


Alors, qu’est-ce qui différencie le simple orgasme à visée de décharge, de celui qui nous mène à l’expansion de conscience ? « Le sentiment océanique ! répond Jacques Lucas. Là, je perds ma dimension corporelle au profit de quelque chose de beaucoup plus vaste, un sentiment d’unité et de complétude, dans un moment d’ouverture et de relâchement. » Selon Margot Anand, « l’ego et le temps s’effacent, l’énergie sexuelle et la conscience deviennent un ». Autre fait notable, « un orgasme procurant une élévation de conscience ne s’accompagne pas obligatoirement d’une éjaculation ! », précise Marisa Ortolan, psychothérapeute en psychologie biodynamique. Ses effets pourraient s’apparenter davantage à une montée de Kundalini, « ce serpent de feu lové dans notre bassin, qui se déploie le long de notre colonne, jusqu’à notre chakra Ajna du troisième oeil, selon la tradition védique », ajoute-t-elle. Appelé « l’énergie des profondeurs » par Lilian Silburn, directrice de recherche au CNRS, l’orgasme est pour elle « une énergie latente dans le corps humain qui sert de fondement aux expériences mystiques les plus élevées. » 

Toutefois, comment y parvenir reste mystérieux… « Cette expérience échappe totalement au contrôle », précise Jacques Lucas. « Cette montée orgasmique spécifique s’exprime quand il n’y a plus de comportement volontaire, et une perte de vigilance », a pu observer Marisa Ortolan. Si tenter de la provoquer et se crisper sur sa venue est totalement vain, voire contre-productif, certains facteurs en favorisent en revanche l’expression. « Dans les pratiques tantriques, dédiées à la sexualité sacrée, respirer ensemble et rester connectés par le regard sont de précieuses pistes accessibles à tous », indique Jacques Lucas. « Ritualiser les ébats en invitant notre partie divine en est une autre », ajoute Marisa Ortolan. Le simple choix de se mettre en route pour réunir ces conditions va en favoriser l’accès, « entraînant toutefois une profonde transformation de la personnalité, de ses relations, à l’autre et à la vie », rappelle Jacques Lucas. Renouer avec la part sacrée de notre sexualité s’inscrit dans une démarche spirituelle, qui demande un renversement radical de nos valeurs. Alors seulement nous pourrons accéder à cette incroyable énergie que libère l’orgasme, pour nous ouvrir à la nature essentielle de notre être. Faites l’amour, pas la guerre, un slogan toujours d’actualité !

Le Tantra, horizon sacré de la relation, Marisa Ortolan, Jacques Lucas
Éditions Le Souffle d'Or (Novembre 2011 ; 168 pages) 



Psychologie du yoga de la Kundalinî, Carl-Gustav Jung
Albin Michel (Janvier 2005 ; 271 pages) 


 

 
 

Bhoutan

Par Le 30/06/2014

Là-bas, je veux bien être encore enseignant...

Destination à venir, nécessairement. 

Pardonner

Par Le 30/06/2014

Auras

Pardonner, ce n'est pas oublier l'offense ou l'abandon, 
Ce n'est pas excuser l'autre,
Ce n'est pas nier ses émotions et ses sentiments,
Ce n'est pas l'effet d'un coup de volonté,
Ce n'est pas nécessairement se réconcilier avec l'autre.
Pardonner, c'est d'abord se libérer du désir de vengeance et du ressentiment, (...)
C'est libérer l'autre de sa dette et lui vouloir du bien (...)


~ Jean Monbourquette

Sophrologie

Par Le 29/06/2014

Dr Yves DAVROU

"Les sentiments, les pensées, les émotions, les angoisses, les inquiétudes se traduisent toujours, au niveau du corps, par les tensions. Ces tensions musculaires sont plus ou moins profondes, selon le degré d'intensité et la qualité du facteur qui les déclenche. La peur peut se manifester par des tensions dans la nuque, le dos, les mâchoires. La colère, dans les poings fermés, le front plissé, les lèvres pincées. la joie dans le coeur, le ventre etc...

Le corps est donc, toujours, le siège de ces manifestations, mais nous ne le savons pas, pour la simple et bonne raison que nous ne connaissons pas notre corps, que nous ne l'observons pas réellement.

En effet, l'éducation occidentale privilégie, depuis des siècles, en négligeant, en niant même, l'importance du corps. Or, la pensée ne peut maîtriser l'émotion, qui est une pulsion profonde et puissante qu'aucun raisonnement ne peut endiguer. 

Avez-vous déjà essayé de raisonner un amoureux ? Avez-vous déjà essayé de raisonner une personne angoissée par des arguments ? C'est la plupart du temps inutile.

Par contre, les manifestations corporelles de ces pulsions sont tout à fait contrôlables, par l'intermédiaire de la détente des muscles superficiels et profonds, détente qui va s'étendre à l'esprit, grâce au jeu "activateur-désactivateur" de tout le système nerveux. Ce système réagit en chaîne. Il faut savoir que la montée de l'émotion entraîne la montée des tensions qui à leur tour vont amplifier les émotions, et ainsi de suite...

L'inverse est aussi vrai. La détente musculaire va entraîner une détente mentale et un apaisement qui, à leur tour, vont détendre un peu plus le corps et ainsi de suite...Nous possédons un véritable thermostat de l'émotion qui permet de réguler automatiquement l'émotion et les tensions qu'elle entraîne...jusqu'à un certain point. 

Au-delà de cette limite, il faut que nous l'aidions, sinon il peut se dérégler et entraîner des lésions par mauvaise adaptation. C'est ce thermostat (l'hypotalamus) qui règle nos fonctions végétatives, notamment en commandant l'hypophyse et la sécérétion des hormones.

Nous pouvons donc agir sur nos mécanismes les plus profonds, les plus végétatifs, les plus automatiques. Cela veut dire que si nous n'en sommes pas conscients, nous pouvons les détériorer, sans nous en rendre compte.

Imaginons que nous sommes des vases, de tailles et de formes différentes, ouverts à l'extérieur et aux contenus variables. Si le vase est petit, il est vite plein, il en a rapidement "ras le bol" et la moindre goutte le fait déborder. Pour que ce vase ne déborde pas tout le temps ou qu'il ne casse...il y a deux solutions.

La première est celle qui a été adoptée par une grande majorité de l'humanité, c'est de vider le vase de son trop-plein, de ses contenus négatifs, afin de faire un peu de place à de nouvelles expériences et il faudra recommencer une fois le vase à nouveau plein...L'effervescence de la vie, les "loisirs", les accumulations matérielles, des relations superficielles, des visées extérieures, essentiellement extérieures, des objectifs de hiérarchie, le cadre social, l'appartenance, la reconnaissance......

L'autre solution est celle que la sophrologie préconise : l'augmentation de la capacité du vase, son développement. Ce vase symbolique est bien concrétisé par le corps, notre contenant, celui qui reçoit toutes les informations de l'extérieur, celui que nous présentons et sans doute celui qui "trinque" le plus...

Puisque ce corps est le contenant de tout notre nous-même, apprenons à le connaître, à l'apprécier, à le savourer, à l'aimer. Non seulement, nous ne le connaissons pas mais on nous a appris que "le silence du corps est rassurant"...Lorsque nous l'entendons, c'est bien souvent quand il se plaint ; "J'ai mal à la tête...J'ai mal partout..."

Mais pourquoi n'aurions-nous pas aussi "bon à la tête", "bon partout"...?

Pourquoi toujours ce négatif ?

Une éducation millénaire, basée sur le péché de la chair, nous a marqués d'une plaie difficile à guérir. Une plaie continuellement entretenue..."


Pour connaître le corps, il faut l'écouter...Apprendre à écouter ce que nous n'entendons plus... 

Je sais que ce que je vis depuis plusieurs mois et qui s'est accéléré dernièrement est une expérience positive étant donné que toutes les douleurs et tensions qui ont surgi sont des champs d'expérimentation que la vie met à ma disposition. Puisque je veux devenir thérapeute, il n'est pas meilleur terrain d'apprentissage que le champ de ruines qui me remplit...

J'ai un point de contraction très fort à l'épaule gauche depuis deux jours...

"L'épaule est pour le bras, l'équivalent de la hanche pour la jambe. C'est l'articulation basique, le point d'ancrage, l'axe premier du bras. Elle représente les axes conceptuels profonds de notre capacité et de notre volonté d'action et de maîtrise. Nos épaules portent la trame inconsciente de notre rapport à cette action et à cette volonté de maîtrise sur le monde. la capacité à agir, la volonté volontaire, les préjugés, les intentions appartiennent à la symbolique de l'épaule. Tout ce qui touche à nos désirs profonds d'agir sur quelque chose ou quelqu'un aura donc une relation somatique directe avec elle. Comme la hanche, l'épaule est la porte de l'Intégration, la porte du Non-Conscient mais ici, dans le rapport à l'action, alors que pour la hanche, ils 'agit du rapport à la relation. C'est à ce niveau que les désirs et les volontés d'agir émergent, sortent pour s'exprimer dans le réel. 

Cette image de porte est révélatrice car l'os qui relie la pointe de l'épaule à la poitrine s'appelle la clavicule , ce qui signifie "petite clé" en latin...Or, le point d'attache de la clavicule au sternum se situe sous le Chakra de la gorge, qui est celui de l'expression de soi. Cette remarque prend encore plus d'intérêt lorsqu'on réfléchit au fait que le seul moyen d'expression de l'homme dans son incarnation est justement le "faire", l'action, dont les épaules sont la porte..."

Michel ODOUL

"Dis-moi où tu as mal".


Je ne suis pas malade, j'apprends juste à me connaître. 

Wei-chi : la crise est une opportunité de transformation et en ce sens, elle se doit d'être honorée.


"Levez-vous !"

Par Le 29/06/2014

NETWORK (1977)...

Cet extrait de "Network" (Main basse sur la télé) de Sidney Lumet sorti en 1977 nous prouve que le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui est prévu et planifié de longue date. Un personnage, magnat des médias, nous dépeint un monde sans nations dirigé par l'argent et les grandes entreprises et des humains absorbés par la virtualité médiatique.
Fiche du film : http://www.premiere.fr/film/Network-552862

"Il n'y a qu'en vous-mêmes que vous trouverez la vérité. "

Une dernière fois...

Par Le 29/06/2014

Demain, je retourne dans ma classe. Pour quatre jours.

Le seul moyen pour que le rectorat ne compte pas mes congés d'été en congé maladie. 

Système totalement absurde mais je n'en suis plus à une absurdité près de leur part. 

J'ai pleinement conscience que le contenu de  ce blog a beaucoup changé dans les derniers mois. 

Cette désintégration de l'enseignement, les drames de ce monde, la violence des Puissants, tout ce qui doit être dénoncé, sans cesse, tout ce qui doit être partagé; cette utilisation de la technologie qui crée des passerelles.

Il n'est plus possible aujourd'hui de dire qu'on ne pouvait pas savoir.  

Mais dans cette quête de l'information réelle, qu'en est-il de l'individu ? Est-il phagocyté par cette dépense d'énergie ? Existe-t-il autrement que dans ce combat qu'il mène ? 

Je suis en tout cas surpris de l'effacement progressif de ma vie passée...

Je ne suis plus enseignant. J'aurai au moins réussi à faire le point là-dessus. 

De la douleur, immense, de la culpabilité qui me ronge, de la tristesse qui m'assomme, j'ai fini par basculer dans l'oubli. Tout s'évanouit et je n'ai aucun désir de réactiver les images du passé. 

Je continuerai à suivre les effets de cette Réforme parce que je veux savoir si ce que je prophétise se réalisera. Je n'en ai guère de doute, malheureusement.

Devant l'entêtement du gouvernement, j'en arrive même à penser que ces conflits sont intentionnels, que le gouvernement savait très bien, dès la conception de cette réforme, que les Communes ne pourraient pas suivre, que les problèmes pour les familles seraient infinis, que la dégradation des conditions de vie et d'enseignement seraient exponentielles.

Pour quelles raisons le GVT aurait-il fomenté un tel projet ?

Imaginons que des dizaines de communes continuent à refuser l'application de cette Réforme, que le GVT se retrouve devant la justice, que des interventions coercitives soient mises en place, que les conflits prennent une ampleur considérable...

Imaginons que le GVT décide dès lors de se retirer...De déléguer intégralement la responsabilité de l'organisation de l'enseignement aux communes.

"Puisque des Maires et des familles refusent ce que nous proposons, et bien nous avons décidé que désormais l'enseignement serait à la charge des communes, qu'elles auront pour responsabilité de trouver des enseignants, qu'elles les paieront...Les établissements appartiennent aux Communes et désormais les enseignants seront leurs salariés."

N'est-ce pas cela l'objectif final ? 

Je n'en ferai pas partie en tout cas. 

C'est aux familles de prendre leurs responsabilités. 

Moi je ne suis qu'un pion épuisé. 

Demain, je retournerai devant les enfants. Quatre jours à tenir. Comme si le cadavre que j'ai enterré au fond du jardin devait sortir de sa boîte. Une dernière fois. 

"La mort est dans le pré"

Par Le 29/06/2014

Suivre les injonctions de l'Etat

Aller toujours plus vers l'exploitation intensive

S'endetter pour rentabiliser...

Une fois endetté, utiliser les pesticides pour rembourser les dettes

Le noeud se resserre, le tabouret vacille, il faut s'empoisonner et empoisonner la population pour ne pas mourir sous la pression des banques. 

C'est effroyable...

Esclavage

Par Le 27/06/2014

Primark : trois appels à l'aide découverts et une grosse question d'éthique qui se pose

M. LE ET S.C Publié le - Mis à jour le 

MAGAZINEUne autre étiquette a été découverte, ainsi qu'une lettre interpellante dans un jeans Primark. Tout ceci relance le débat sur les conditions de travail de ceux qui, dans les pays du Sud ou même en Europe, fabriquent « nos » vêtements. Eclairage avec Jean-Marc Caudron, d'achACT.

 

Primark, l'enseigne irlandaise de vêtements bon marché est à nouveau pointée du doigt depuis deux jours après la découverte interpellante d'une jeune fille. Et il semblerait que cette histoire d'étiquette en guise d'appel à l'aide ne soit pas un cas isolé. Une autre cliente affirme au DailyMail avoir découvert l'inscription "Conditions dégradantes de travail " sur un habit acheté l'an dernier dans le même magasin, celui de Swansea au Pays de Galles. A 21 ans, Rebecca Williams s'est dit choquée en découvrant ce mot cousu main. " J'avais l'habitude d'acheter de nombreux vêtements chez Primark, mais je ne le ferai plus. Ça m'a fait réfléchir sur la façon dont les vêtements sont faits! ", explique-t-elle.

Une autre histoire du même genre commence à tourner sur la toile. Il s'agit de celle de Karen Wisinska . Elle a récemment découvert dans la poche d'un jeans acheté à Belfast chez Primark une lettre manuscrite en chinois dont l'intitulé était plutôt alertant: « SOS! SOS! SOS! », ainsi que la carte d'un ouvrier. L'emplette datait de juin 2011, mais était restée bien rangée sur une de ses étagères jusqu'à aujourd'hui.


Via les réseaux sociaux et Amnesty International, la cliente choquée a pu prendre connaissance de la traduction:

  • Nous sommes prisonniers de la prison de Nan Xiang de la province du Hubei en Chine. Notre travail à l'intérieur de la prison est de produire des vêtements de mode pour l'exportation. Nous travaillons 15 heures par jour et la nourriture que nous mangeons ne serait même pas servie aux chiens ou aux porcs. Nous travaillons aussi dur que des bœufs dans le champ.

De son côté, l'enseigne irlandaise dit enquêter sur ces différents faits qu'elle estime très étranges. Sur Twitter, on peut lire ceci: "Nous continuons à enquêter sur les origines d'une étiquette supplémentaire qui a été trouvé dans une de nos robes."


Le mystère reste entier et ces découvertes déstabilisantes. S'agit-il de faits réels ou d'une manière très efficace de conscientiser les consommateurs? Eclairage avec Jean-Marc Caudron, d'achACT (action acheteurs consommateurs), organise qui lutte pour un travail décent.

De manière très pragmatique, est-ce possible qu’un travailleur soit à l'origine de cette étiquette?
On ne le sait pas. Probable, ça l'est, évidemment. Cela correspond aux conditions de travail harassantes des travailleuses, je le dis au féminin parce que ce sont principalement des femmes qui travaillent dans l'industrie textile. Le message exprimé sur l'étiquette correspond en tout cas à la réalité observée sur le terrain. On en a eu les preuves durant l'année écoulée avec l'effondrement du Rana Plaza (une usine textile qui s’est effondrée le 24 avril 2013 à Dacca au Bangladesh, tuant plus d’un millier de personnes, ndlr) ou les manifestations en Asie sur la question salariale dans l'industrie du vêtement...


Primark faisait justement partie des marques identifiées au Rana Plaza… Illustre-t-elle particulièrement les conditions de travail imposées aux travailleurs du Sud par les enseignes low cost européennes?
C’est une enseigne de plus en plus importante en Europe et en Belgique aussi où plusieurs ouvertures sont prévues. Et on sait en effet qu’elle se fournissait au Rana Plaza. Les bas prix qu’elle propose peuvent nous faire imaginer les conséquences sur les travailleuses asiatiques. Mais cela ne veut pas dire que les enseignes low-cost en font moins que d’autres marques plus luxueuses… Un vêtement vendu plus cher dans nos pays et parfois identifié « made in Europe » – comme Benetton ou Hugo Boss…- peut aussi cacher des conditions de travail désastreuses (lire à ce sujet la récente enquête menée par achACT et la Clean Clothes Campaign) Dans le cas du Rana Plaza, l’enseigne irlandaise Primark a réagi rapidement. C’est elle qui a mis le plus gros montant d’indemnités sur la table.

Cette affaire relance le débat sur les conditions de travail dans l'industrie textile et l’importance du lien entre travailleurs et consommateurs… 
Cela rappelle d’ailleurs le film China Blue qui dressait le portrait d’une jeune fille de 16 ans fabricante de jeans en Chine. Il visait à montrer qu’il y avait une personne derrière le vêtement. Nous défendons ce lien entre consommateurs et travailleurs pour qu’une prise de conscience s’effectue du côté des consommateurs. Mais aussi pour créer une solidarité et que les consommateurs puissent interpeller les grandes marques sur les conditions de travail déplorables qu'elles imposent à leurs employés.


Comment, en tant que consommateur, une étiquette peut-elle nous renseigner sur l’"éthique" du vêtement que nous achetons ?
L’affaire soulève justement la question de la transparence des étiquettes. Dans l’Union européenne, il n’y a pas d’obligation de marquer le pays d’origine. S’ils sont souvent mentionnés, c’est parce que le vêtement est destiné également au marché américain ou canadien, où c’est obligatoire. Les étiquettes ne nous fournissent donc aucune information sur le respect des travailleurs. C’est pourquoi nous plaidons pour avoir un système sur base d’un code chiffré qui identifie le lieu de fabrication d’un vêtement. Cela permettrait de travailler sur la solidarité de la filière et de soutenir les travailleuses. Avec cette étiquette, les travailleuses pourraient aussi savoir vers qui sont destinés les vêtements qu’elles confectionnent.



ALLER PLUS LOIN :

Le site d'achACT http://www.achact.be/ rassemble plusieurs rapports sur les conditions de travail dans le secteur du textile, des jouets ou de l'électronique, pays par pays ; invite à agir à travers plusieurs campagnes ; et livre les outils pour une consommation plus responsable.

Fausse démocratie

Par Le 27/06/2014

. Analyse de notre système politique : l’élection crée notre impuissance politique.

http://lavraiedemocratie.fr/7-i-a-notre-impuissance-politique.html

I. A. Notre impuissance politique est prévue par la Constitution

« Il faut qu’une constitution soit courte et obscure. Elle doit être faite de manière à ne pas gêner l’action du gouvernement. » (Napoléon Bonaparte)

L’ensemble des normes (Déclaration des droits de l’Homme, lois, décrets, contrats…) sont hiérarchisées dans le droit français selon la pyramide des normes. Au sommet de celle-ci se trouve la Constitution, qui s’impose à tous les textes de loi. Pour comprendre les défauts de notre système politique, il convient de s’intéresser à ce texte qui est supposé organiser au mieux les pouvoirs en nous protégeant des abus et en nous assurant du respect d’un certain nombre de libertés fondamentales.

1Nous devons d’abord faire le constat de notre impuissance politique : nous ne sommes que de simples électeurs, notre avis sur la politique nationale ne doit être pris en compte qu’une fois tous les 5 ans. Entre temps, le référendum est laissé à l’initiative des dirigeants et il n’existe aucune possibilité légale de faire annuler leurs décisions si le peuple les conteste (hormis le contrôle de constitutionnalité, mais de nombreuses lois conformes à la constitution de la Ve République ont fait l’objet de contestations populaires). En outre, les mandats ne sont pas impératifs et donc les programmes des candidats ne sont pas des engagements solides.

2Il nous faut aussi constater l’inertie du système : le choix que l’on nous propose lors des élections ne nous permet pas de défendre l’intérêt général. Quel que soit le parti que l’on nous présente, les inégalités sociales et le chômage demeurent voire empirent, nos services publics ne sont pas défendus voire sont menacés... Bref, il n’est pas étonnant dans ces conditions que les gens s’abstiennent de voter. Pour l’anecdote, le bipartisme a été dénoncé avec humour et pertinence par l’ancien premier ministre canadien Tommy Douglas en 1944 dans un discours allégorique connu sur le « pays des souris », invariablement gouverné par des chats (noirs ou blancs)... Un discours aisément transposable à d’autres pays et d’autres époques...

3Nous sommes insuffisamment protégés contre les abus de pouvoir car nous élisons des maîtres qui prétendent abusivement être nos représentants. « Pour pouvoir devenir le maître, le politicien se fait passer pour le servant. » (citation attribuée à Charles de Gaulle). Nous avons certes une toute petite garantie : la séparation des pouvoirs (souple, en plus : en pratique, l’exécutif utilise la majorité législative de son bord politique pour légiférer, et l’indépendance de la justice est un idéal menacé). Mais malgré cela, nos dirigeants mènent des politiques qui nous sont défavorables et des inégalités sociales très fortes pèsent sur notre société. La constitution de la Suisse indique dans son préambule, elle, que « La force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres. ». Ajoutons à cela que nos maîtres politiques sont régulièrement impliqués dans des scandales qui montrent qu’ils défendent des intérêts particuliers et donc abusent de leur pouvoir. Il faut bien comprendre que le concept de « démocratie représentative » n’a été inventé que pour légitimer des régimes instaurés par des gens qui craignaient le pouvoir du peuple. Aux États-Unis, le philosophe Takis Fotopoulos relève que « Les pères fondateurs de la constitution américaine n’en voulaient pas (fin du XVIIIe siècle) et ont donc inventé la démocratie représentative. Leur objectif réel était de dissoudre le pouvoir populaire, afin de garantir que le système démocratique, qui prétendait répartir le pouvoir à égalité, serait bien compatible avec la dynamique de l’économie de marché, qui provoquait déjà une concentration du pouvoir entre les mains d’une élite. […] Si la démocratie représentative a été inventée, ce n’est pas parce que la population était trop nombreuse. Le raisonnement des pères fondateurs n’était pas : “La représentation est nécessaire parce que la république à un vaste territoire” mais “Il est souhaitable d’avoir une république territorialement étendue pour que la représentation soit inévitable”. La notion de représentation […] a donc été imaginée pour servir de filtre : elle était exactement l’inverse de l’Iségoria, l’impératif d’égalité de parole de la démocratie. […] Ainsi comprise, la démocratie cessait d’être l’exercice du pouvoir politique : on en faisait au contraire l’abandon de ce pouvoir, qui se trouvait transférée, via les élections, à une élite politique. ». En France, l’abbé Sieyès (député du tiers-état ayant rédigé le serment du Jeu de paume et participé à la rédaction de la constitution après la Révolution) le reconnaissait lui-même dans un discours du 7 septembre 1789 : « Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté particulière à imposer. S’ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet État représentatif ; ce serait un État démocratique. Le peuple, je le répète,dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants. ».

4« Aux yeux des riches, la seule valeur de votre existence, c’est qu’ils ont besoin de votre bulletin de vote à chaque élection pour faire élire les politiciens dont ils ont financé la campagne. » (Michael Moore). Il est quasiment impossible pour un citoyen lambda de s’engager pour participer aux décisions politiques du pays car il n’y a pas d’égalité réelle entre les candidats aux élections. Le mythe de l’égale éligibilité des citoyens ne tient pas : pour être élu par des millions de personnes, il ne suffit pas d’avoir des qualités, il faut se faire connaître par une campagne que seule une personne très riche ou soutenue par des puissances d’argent peut financer. Ceci vaut autant pour l’aspect matériel que pour la présence dans les médias nationaux, l’égalité réelle du temps de parole dans les médias de masse n’existant que pendant quelques semaines avant les élections — et c’est même d’ailleurs déjà trop pour un certain nombre d’éditorialistes. Or ces puissances d’argent (les 1 %, parfois proches des plus gros actionnaires des médias de masse) ont des intérêts particuliers plutôt contraires à l’intérêt général (ou du moins à l’intérêt du plus grand nombre, les 99 %) (exemple : le Code du travail) : l’élection nous assure que nos dirigeants seront redevables de leur élection à des puissances d’argent et non au peuple, donc qu’ils n’agiront pas dans l’intérêt de ce dernier (ou seulement en apparence juste avant les élections pour briguer un nouveau mandat), tout simplement car d’autres intérêts priment. On remarque au passage que, sauf mandat unique prévu par la constitution, les élus doivent travailler à leur réélection en même temps qu’ils exercent leurs fonctions. L’élection prévoit donc intrinsèquement que l’élu ne travaillera pas exclusivement à préserver l’intérêt général (il doit aussi travailler à préparer sa réélection ou à organiser sa succession).

5La constitution qui s’impose à nous aujourd’hui est un héritage de celle du 4 octobre 1958, qui a été écrite pour De Gaulle. Elle a donné un pouvoir démesuré à l’exécutif. Cela avait du sens pour un homme qui voulait sincèrement défendre les intérêts nationaux, mais c’est dangereux pour des présidents moins vertueux. Notre constitution actuelle, bien que réformée sur de nombreux points depuis 1958, a gardé cette esprit d’exécutif fort typique d’une « dictature éclairée » menée par la personne du Président. Est-ce vraiment le meilleur système pour protéger le peuple des abus de pouvoir ? On peut en douter.

« C’est un extrême malheur d’être sujet d’un maître duquel on ne peut jamais être assuré qu’il soit bon, puisqu’il est toujours en sa puissance d’être mauvais quand il le voudra. »(Étienne de la Boétie, La servitude volontaire, 1576).

6« Dès qu’on se laisse gouverner, on est mal gouverné. » (Alain). Dans le système actuel, nous sommes dépossédés de tout rôle politique quotidien : notre implication est l’exception au lieu d’être la règle. Nous sommes ainsi éloignés de la politique alors que c’est elle qui est susceptible de protéger nos services publics et nos salaires, de réduire le chômage, la pauvreté, les conflits avec son employeur... Brefs, nos problèmes de tous les jours, qui intéressent forcément chaque individu, même celui qui prétend que la politique ne le concerne pas !

7Si nous tentons de nous révolter, on nous rétorque qu’il suffit d’aller voter et la police nous réprime : notre impuissance politique est rendue possible par l’existence d’élections qui légitiment que l’on étouffe (ou du moins ignore) toutes les contestations qui s’expriment autrement que par la voie électorale (réforme des retraites, aéroport de Notre-Dame-des-Landes, mariage homosexuel...). Cela se traduit par la tendance de l’oligarchie élue par la majorité à imposer ses vues aux minorités politiques et à éviter toute initiative de délibération à visée décisionnelle au sein du peuple. Ainsi, la prise en compte des intérêts des minorités n’est assurée que par le bon-vouloir occasionnel des élus de la majorité (exemple des droits des LGBT ou des étrangers, longtemps méprisés et encore partiellement ignorés pour la simple et bonne raison qu’il n’est pas rentable dans un système électif de défendre des minorités puisque c’est la majorité seule qui a le pouvoir de réélire).

8« Le secret d’une autorité, quelle qu’elle soit, tient à la rigueur inflexible avec laquelle elle persuade les gens qu’ils sont coupables. » (Raoul Vaneigem). Au-delà de la légitimation de l’action des élus au détriment de toute contestation extérieure au processus électif, l’élection permet d’attribuer à l’ensemble des électeurs la responsabilité des erreurs des élus. Si les actions de l’élu sont mauvaises, les électeurs sont supposés avoir une part de responsabilité : ils auraient fait un mauvais choix, ils n’auraient pas été capables de prévoir les trahisons possibles dans le futur mandat ! Mais la liberté du choix (qui autorise le blâme postérieurement) ne commence qu’à partir de l’instant où l’on fait la différence entre ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous. Cette rhétorique évite en fait aux élus d’avoir à assumer la pleine responsabilité de leurs décisions en laissant dire que leurs erreurs dépendent en partie de la volonté de leurs électeurs.

Suite : I. B. L’élection n’est pas un catalyseur mais un inhibiteur de démocratie

Désobéir

Par Le 26/06/2014

Le droit de désobéir est parfois un devoir. 

 http://www.everyoneweb.fr/presentation_tier/Index.aspx?WebID=LoiEduNat&BoomID=B1&KnooppuntID=K457&KnoopOpen=True&LG

8) Un fonctionnaire peut-il refuser d'exécuter un ordre de son supérieur s'il estime que cela le mettrait en défaut avec la loi et porterait atteinte à l'intérêt public ?

OUI

 

L'article 28 de la Loi n°83-634 du 13 juillet 1983 dite Loi Le Pors indique d'une part que le fonctionnaire "doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique", mais pas "dans le cas où l'ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public".

 

Remarquons cependant l'aspect très restrictif de ce "devoir de désobéissance". Il ne suffit pas que l'ordre soit illégal, il faut démontrer qu'il l'est manifestement, ce qui laisse une marge d'interprétation non négligeable à celui qui donne l'ordre et aux autorités dont le fonctionnaire solliciterait l'arbitrage. Il faut démontrer, en outre, que l'ordre porte gravement atteinte à l'intérêt public.

 

Il en résulte que le fonctionnaire n'a plus qu'à choisir entre deux bâtons pour se faire battre. Soit il résiste à son supérieur et s'expose à de graves sanctions immédiates comme c'est le cas des enseignants du mouvement des "Désobéisseurs". Soit il obéit et s'expose au risque de se voir reprocher ultérieurement son zèle dans la mesure où le fait d'avoir reçu des ordres ne justifie pas que l'on transgresse la loi ou la morale.

 

On comprend ainsi le malaise des directeurs d'école sommés de renseigner le fichier "Base Élèves". Les uns résistent et ils subissent des sanctions, comme c'est le cas en Isère, ou à Coulomiersdans la banlieue toulousaine où Alain Refalo mène une résistance courageuse. Les autres obtempèrent et s'exposent à certaines des sanctions très graves (des peines de cinq ans d'emprisonnement et 300 000 € d'amende) que les articles 226-16 à 226-24 du Code Pénal réservent à ceux qui se livrent à des traitements de donnée qui ne respectent pas tous les critères de la Loi 78-17 du 6 janvier 1978 dite "Informatique et libertés". S'il devait leur arriver de répondre devant la loi à de telles infractions, le fait d'y avoir été enjoints par leur hiérarchie ne constituerait pas une excuse. Il existe une jurisprudence des "crimes de bureau".

 

Le destin (2)

Par Le 26/06/2014

Le destin se nourrit de la logique du hasard.

L'intuition... Il convient à mon sens d'analyser ce que nous entendons par là. Premièrement, il me semble que nous sommes obligatoirement au fil du temps engagés dans des schémas de pensées et que ces schémas constituent des chemins sur lesquels nous aimons avancer. Dès lors, nous risquons de voir dans un phénomène la validation d'une pensée ancienne, sa confirmation. C'est là que la vigilance ou la lucidité jouent un rôle essentiel. 
Il est possible par conséquent que le cas surprenant d'une intuition vienne nourrir en moi l'idée de cette âme qui a en charge mon parcours. Ca ne serait donc nullement une preuve mais juste un ressenti qui convient à mon cheminement spirituel.
Mais il est possible également que cette intuition soit en fait nourrie elle-même par l'assemblage hétéroclite de mes anciennes expériences de vie et que ce que j'appelle une intuition ne soit en fait qu'une résurgence inconsciente issue de ma mémoire.
Je prends un exemple.
Je fais de l'escalade. Il m'arrive parfois d'arriver dans un passage particulièrement complexe et je ne sais pas si je dois prendre à droite ou à gauche, rien ne me permet d'être certain de la suite. Et pourtant, il pourrait s'avérer redoutable de ne pas partir dans le bon passage. Alors, j'observe, j'essaie de trouver des repères... Et puis, là, soudainement, j'ai l'intuition que je dois partir à droite... Qu'est-ce qui s'est passé ? On pourrait imaginer qu'en fait, dans ma mémoire, il reste quelques traces d'une ancienne voie, ressemblant quelque peu à celle-ci et que la décision que j'avais prise d'aller à droite s'était révélée juste...Peut-être que la couleur du rocher, la lumière, la structure de la roche, la forme d'un pilier ont suffi à créer dans mon inconscient le rappel de cette décision favorable. Je ne m'en souviens pas, de façon rationnelle, mais ce ressenti est là. Et je vais le suivre.
Si cette décision s'avère être la bonne, selon mes schémas de pensées, je vais considérer cette intuition comme un signe intérieur, une écoute intime, une apparition de mon âme, celle qui a en charge mon parcours.

Ou alors, il ne s'agira que d'un pur hasard, un sacré coup de chance... Aucune intention d'âme mais juste une issue favorable, une tournure qui aurait tout aussi bien pu virer au cauchemar... 

Prenons maintenant le cas d'une décision défavorable. Après une longue traversée ascendante sur des prises ridicules, je me retrouve au pied d'un pilier surplombant absolument infranchissable. Et cette traversée que je viens d'effectuer m'interdit tout retour...Je suis piégé...Selon mes schémas de pensées, je vais voir dans cette situation une sacrée déveine ou une mauvaise intuition... Mais comment peut-on concevoir une mauvaise intuition si on accepte l'idée qu'elle vient de notre âme ? Ça paraît impossible que notre âme soit à la source d'une galère monumentale ?

"Ah, la vache, pourquoi elle me fait ça ????"

Mais dans le cheminement de l'âme, cette galère est nécessaire. Je ne dois pas la voir avec mon mental. C'est là que prend toute la force de cette conception de la vie. Je suis là, c'est à dire moi en tant qu'individu, parce que mon âme a besoin de cette épreuve pour avancer ou pour que tout s'arrête. Il ne me reste donc qu'à entrer en lutte contre mes faiblesses pour voir où cette intuition d'âme veut m'amener. Ça ne dépend pas de moi que je sois là mais ça dépend de moi, pour l'instant, que je mette tout en oeuvre pour m'en sortir...Et là, j'aime mon âme dans ce qu'elle me propose de vivre. Et si je tombe et que tout s'arrête, c'est que l'âme jugeait cette fin idéale dans son parcours d'âme.

Cette question du "destin" dans les mains de cette âme est un sacré problème. 
Si effectivement, nous décidons qu'il existe une "ame", une "énergie", un "Soi", etc ...et que cette âme a une Conscience, non pas notre conscience mentalisée (J'ai conscience en ce moment de ce que j'écris) mais une Conscience qui appartient à une dimension éternelle, universelle, qui prend sa source dans le flux vital et ne peut pas le quitter, une âme qui a besoin de parcours matérialisés dans une enveloppe pour affiner son évolution, alors on peut s'attendre de sa part à un choix objectif, elle sait ce dont elle a besoin, cette Conscience a conscience de ses manques, de ses errances, des paramètres inachevés, elle va donc chercher une "destinée" qui correspondra à ce qu'elle doit apprendre, on peut imaginer une âme étudiant diverses options humaines et choisissant par exemple l'enveloppe de celui qui va devenir "moi". Cela sous-entend qu'elle a donc accès à une vision future, qu'elle peut "imaginer" ce qui va se produire dans la vie de ce "moi", tout ce qu'elle va pouvoir développer au coeur de cette enveloppe...
Dès lors, ce "moi", lorsque sa conscience sera suffisamment évoluée, va chercher à comprendre son "destin", son cheminement, les évènements survenus dans sa vie et sur lesquels il n'avait aucune emprise possible, sa naissance, sa famille, son pays, son physique etc..."Mais pourquoi, pourquoi, pourquoi ?"...
Et là, on entre tous dans un conflit intérieur parfois redoutable. Nous allons nous plaindre, nous lamenter ou nous réjouir d'un destin qui nous brutalise ou nous comble alors que ce regard est issu d'un mental, de l'ego, de nos identifications et pas de cette âme...Elle, l'âme, elle sait très bien où elle va...Notre vision du Bien ou du Mal doit bien l'amuser d'ailleurs...

Même le nouveau-né qui va mourir deux heures après sa naissance a une âme qui savait ce qu'elle voulait. 
Si on rejette cette éventualité parce qu'elle est insupportable, alors il faut rejeter tout le concept d'âme.

Il faut à mon sens établir une distinction claire et nette entre l'âme et le mental, et ne pas essayer de comprendre l'âme avec ce mental.

 Evidemment, lorsque je vois la catastrophe aux Philippines, je me demande par quelle épouvantable malédction, ce peuple peut encore avoir été frappé, comment un tel acharnement néfaste peut exister... Une vision mentalisée, par compassion...Même si d'ailleurs, dans mon salon, elle ne sert à rien...

 Mais, reprenons l'idée de l'âme. Il y aurait donc dans la vie brisée de tous ces gens le choix volontaire d'une âme... Difficile à accepter... Parce qu'il est très douloureux de se dire que cette immense souffrance est intentionnelle et que cette intention nous sera toujours inaccessible... C'est sans doute cela le plus effroyable... Nous ne connaitrons jamais le projet de cette âme. Nous continuerons à errer au gré des évènements exogènes sans jamais savoir ce qui se trame depuis le début au coeur de cette enveloppe fragile.

 Si, et seulement si, nous considérons cette hypothèse viable...

 

 Car, si ça n'est pas le cas et qu'il faut s'en tenir à un hasard facétieux, ou sordide, alors, il faut accepter cette errance absolue et opter pour l'absurdité définitive de l'existence. Nous n'allons nulle part, ni en tant qu'individu, ni en tant qu'esprit, si jamais il y a autre chose qu'un simple cerveau... Nous nous rapprochons juste des vers qui nous rongeront.

Il faut choisir. Une intention ou le néant.

J'en viens à me demander si cette fameuse intuition ne serait pas une entité à part entière qui se révélerait dans certaines situations mais bien plutôt l'osmose enfin établie entre notre raison et nos émotions.
Imaginons deux voies parallèles : celle tracée par la raison, c'est à dire notre intellect et l'accumulation de connaissances tirées de nos expériences, la capacité à nous servir de ces expériences pour avancer dans la voie de cette connaissance et puis une deuxième voie tracée par nos émotions, le bouleversement généré par l'usage de nos cinq sens, joie, colère, contemplation, des émotions qui se mêlent à l'interprétation faite par notre intellect et par conséquent, bien souvent, un détournement de ces émotions, un alourdissement, des dérives. 
Il est difficile d'imaginer un individu avançant dans une voie sans jamais explorer son parallèle. 
L'intuition consisterait par conséquent, non pas à tracer une troisième voie (sur quelle base serait-elle construite ?) mais bien plutôt à unifier ces deux entités en nous pour construire une voie bien plus large, cesser le passage alterné de la voie de la raison à celle des émotions tout en parvenant à user des deux potentiels pour projeter l'individu dans une unification supérieure, une osmose créatrice. 
Pour Platon, l'intuition est la saisie immédiate de la vérité de l'idée par l'âme, indépendamment du corps.

Au contraire pour Épicure, l'intuition est la saisie immédiate de la réalité du monde par le corps, indépendamment de l'âme. 

Et s'il s'agissait d'une saisie concertée ? L'apparition spontanée de l'individu unifié ? 
Lorsque je suis dans en montagne et que j'ai l'intuition que le passage à suivre est à gauche alors que les éléments visuels me pousseraient davantage vers la droite, n'y a-t-il pas en moi une réunification de TOUS les éléments dont je dispose, à travers la connaissance générée par l'expérience et simultanément, une "divination" des ressentis sensitifs...
Pour Michel Henry, l'intuition est la propriété que possède la vie de se sentir elle-même hors de toute idée.
C'est là que je me retrouve. Toujours cette projection vers un accord absolu avec la Vie. Il ne s'agit pas d'un cheminement volontaire mais d'une offrande de l’Énergie vitale lorsque l'humilité me fait accepter l'idée que je ne suis pas le Maître de mon existence mais que je peux être le Maître de ce que la Vie me propose.

  Le destin se nourrit de la logique du hasard...
Si nous ne parvenons pas à établir une vision claire de l'existence, c'est peut-être parce que nous sommes conditionnés à mettre en opposition plusieurs "interprétations"...Dans un registre scientifique, dans un regsitre religieux, dans un registre spirituel, dans un registre nihiliste. Ou pire que tout, dans une indifférence totale...
Le libre arbitre consiste peut-être tout simplement à reprendre sa liberté de penser et rien d'autre...
Une liberté d'âme...

Grève de la faim

Par Le 25/06/2014

Réforme des rythmes scolaires : la maire de St-Médard-en-Forez annonce son intention de faire une grève de la faim

Evelyne Flacher est en colère. Contre l’État, « qui ne nous entend pas, nous les opposants à la réforme des rythmes scolaires ». Comme le ministre de l’Éducation nationale, Benoit Hamon « qui menace les maires qui n’appliqueront pas la réforme de condamnation ».

L’élue de la petite commune de 976 habitants a  annoncé, ce mercredi 25 juin, à la fin du conseil municipal son intention d’entamer, une grève de la fin ce lundi 30 juin

L’élue de la petite commune de 976 habitants a annoncé, ce mercredi 25 juin, à la fin du conseil municipal son intention d’entamer, une grève de la fin ce lundi 30 juin

Mais aussi contre les médias « qui privilégient ceux qui appliquent la réforme » et contre le conseil d’État « qui n’a toujours pas donné de réponse à notre recours pour l’annulation du décret alors que pour Dieudonné, il n’a mis que quelques heures». 

L’élue de la petite commune de 976 habitants a donc annoncé, ce mercredi 25 juin, à la fin du conseil municipal son intention d’entamer, une grève de la faim ce lundi 30 juin. « ce n’est pas un coup de tête, je vais m’installer devant la mairie, et le gouvernement va devoir se bouger car je suis un tout petit gabarit » prévient Evelyne Flacher

A Saint-Médard-en-Forez où 13 enfants sont concernés par les nouveaux rythmes scolaires, les 11 élus du conseil municipal ont voté une délibération le 15 novembre 2013 sur la non-application du décret Peillon-Hamon.

> Soyez le 1er informé, inscrivez-vous gratuitement à nos newsletters, cliquez ici

Lettre ouverte

Par Le 24/06/2014

Lettre ouverte à Benoit Hamon

 Par  (Express Yourself), publié le 

Monsieur le ministre de l'Éducation Nationale, je suis papa de deux petites filles et je découvre votre prose du 12 juin 2014, le courrier que vous venez d'adresser aux parents de France. 

Tout d'abord, nous n'avons pas en commun la réussite de mes enfants. Comme parents responsables, c'est à mon épouse et à moi-même que revient le devoir de pourvoir aux besoins de nos enfants. Le vôtre est d'y concourir. 

Votre courrier témoigne d'une profonde hypocrisie car nulle part vous n'y faites mention de l'expérimentation en cours. Les rythmes dont vous parlez n'existent pas encore et ils n'existeront pas avant trois ans. Par ailleurs, le propre d'une expérimentation n'est-elle pas d'être volontaire ? Or votre expérimentation nous est imposée à tous. De quel droit ?! 

Sur ce point, la seule once de vérité que l'on puisse trouver à votre diatribe réside dans les cinq matinées travaillées. Est-ce un choix judicieux ? Vous l'affirmez en citant des études internationales. Pourtant, vous ne nous présentez pas ces études, vous ne les expliquez pas et nous devrions pourtant vous croire par la seule force de votre discours. Je m'y refuse ! 

Imaginer que nous puissions boire vos paroles comme texte d'évangile ne peut être que le résultat d'un aveuglement. Ce doit être ce même aveuglement qui vous permet, devant l'Assemblée Nationale, lors des questions au gouvernement posées le 10 juin 2014, de vous ériger en juge. Vous y avez affirmé que tous les recours seront rejetés. Monsieur, vous n'êtes que ministre et si vous avez la possibilité de saisir la justice pour faire appliquer la loi, avez-vous le droit de préjuger du résultat de ces saisines ? 

Quant à moi, j'ai bien l'intention de saisir la justice, si c'est possible et nécessaire, espérant ne pas être le seul, non pas pour réclamer un coup d'arrêt au changement mais pour demander que l'État remplisse ses devoirs envers la Nation. En effet, monsieur le ministre, l'inconsistance des décrets concernés va laisser bien des enfants sur le carreau. Vous vous êtes préoccupés du temps scolaire mais vous avez laissé de côté le temps périscolaire, fuyant lâchement votre responsabilité. 

En conséquence un temps qui aurait pu être mis à profit pour gommer les inégalités va se réduire, dans bien des communes, à de la simple garderie. Le mercredi, jour ouvré autant qu'ouvrable, les enfants n'auront pas accès aux cantines scolaires et, parents, nous pouvons légitimement nous inquiéter pour la sécurité de nos enfants. Pourtant cette sécurité, lorsque nos bambins vous sont confiés, est un devoir de l'État ! Vous l'esquivez en faisant du mercredi, en dehors de la matinée de cours, un temps extrascolaire. Bien sûr, vous pouvez me rétorquer que c'est à moi de m'organiser mais de quels droits remettriez-vous en cause notre droit et notre devoir à travailler ? Comme parents, nous n'avons pas que le devoir d'instruire nos enfants ; nous avons également le devoir de les nourrir, de les vêtir et de les loger. Comme État, la France s'est d'ailleurs engagée à nous y aider de toutes ses forces. La faiblesse avec laquelle ce changement de rythme est conduit vous a fait ignorer la Convention des Droits de l'Enfant, traité international dont la France, je crois, est signataire. Relisez-là ! 

À ce propos, je vous signale qu'à aucun moment, les enfants n'ont été consultés. Pourtant certains, c'est le cas d'une de mes filles, font preuve d'une maturité suffisante. En accord, avec les engagements de la Nation elle aurait dû, et je le suppose d'autres enfants avec elle, être entendue sur un sujet qui la concerne au premier chef. 

Monsieur le ministre, la réforme de l'Éducation Nationale est une promesse de campagne de François Hollande, la seule que vous ne sauriez ignorer car elle engage l'avenir de la Nation, mais on ne peut réussir un tel chantier sans un engagement plein et entier. Le compte n'y est pas ! Et il est évident que le gouvernement essaye d'imposer un changement sans débourser les sommes indispensables. Vous promettez un fond d'amorçage de 50€ par enfant sur deux ans alors que le minimum serait de 150€ par enfant et par an. Et je parle bien ici d'un minimum car je dirais qu'il manque à cette réforme plusieurs millions d'euros, 1,5 milliards si j'en crois l'Association des Maires de France, d'un engagement concret et durable de l'État. Où sont-ils ? Que faites-vous de notre Constitution qui vous impose pourtant le devoir suivant ? 

Article 13 du préambule de la Constitution de 1946 : La Nation garantit l'égal accès de l'enfant et de l'adulte à l'instruction, à la formation professionnelle et à la culture. L'organisation de l'enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l'État. 

Mais qui suis-je pour interpréter notre Constitution ? Un simple citoyen qui comprend à sa lecture que votre obligation ne s'arrête pas à l'enseignement mais s'étend à tout ce qui y concourt. 

Monsieur le ministre vous tentez de nous rassurer en affirmant que " les équipes académiques ont travaillé, dans chaque commune, main dans la main avec les enseignants, avec vos représentants et avec les élus locaux pour que la modification des temps scolaires se fasse dans les meilleurs conditions ". Si vous le croyez vraiment, c'est qu'on vous a menti. À chacune des réunions auxquelles j'ai participé, dans le canton de Fayence, nous étions seuls. N'étaient présents que les enseignants, la mairie et les parents ; vos équipes académiques ont été inexistantes ! Elles se sont bornées à transmettre vos directives et celles de votre prédécesseur sans jamais participer activement à la mise en place des nouveaux rythmes. De fait, se sont la crainte et la défiance qui se sont immiscées entre les Français alors que vous auriez dû les unir. 

Monsieur le ministre en écrivant cette lettre et en la diffusant mon but n'est pas d'arrêter toute réforme car, c'est une évidence pour beaucoup, la France et son système d'enseignement en ont bien besoin. Mon objectif est de réclamer que l'État et le gouvernement dont vous faites partie prennent toutes leurs responsabilités sans en esquiver aucune. Il y va de mes enfants, de ceux de mes amis, de ceux de mes voisins, de ceux de chaque Français. 

Monsieur Hamon, il est grand temps pour ce gouvernement d'investir pleinement dans l'avenir du pays. 

 

Gauthier Vranken 

Papa et Représentant de parents 

Les propos et infos de cet article n'engagent que son auteur.

La rédaction de LEXPRESS.fr n'a pas vérifié ni validé cet article.


En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/lettre-ouverte-a-benoit-hamon_1554006.html#F1vyL3yXuOpAcAQP.99

Le changement

Par Le 23/06/2014

10390497 647606975322615 3700017542672581084 n

 T : "Il y a un effet chronique qui pousse au changement. Comme si tout devait immanquablement être transformé, même ce qui fonctionne déjà...C'est la course au changement orchestrée et menée bien souvent par des individus qui n'y voient que l'opportunité de s'inscrire dans l'Histoire et non essentiellement l'idée d'un progrès. Il n'est qu'à voir le désastre actuel dans l'enseignement. Le changement, s'il n'est qu'un produit commercial, politique, égotique, intéressé n'a aucune valeur. Le changement, ça serait peut-être aussi de commencer à comprendre que ce qui fonctionne n'a pas à être changé...

JF :  Le problème, c'est qu'il y a plus de changements que d'individus qui veulent changer, le déséquilibre vient juste de là. Parce que dès lors que l'on accepte le progrès dont le cours est immuable, le changement vient avec, mais on est toujours à la traîne pour appréhender ce changement.

T : Mais c'est l'idée du "progrès" qui me taraude...Est-il inéluctable de vouloir changer ? Quand je repense à mon enfance et aux adultes que je côtoyais, leur vie était bien plus sereine que celle des adultes que je rencontre, dans la grande majorité. Il ne s'agit pas nécessairement de la crise actuelle mais bien de modes de vie, de valeurs humaines, de choix...Et je ne suis pas du tout persuadé que ces choix aient été bénéfiques.

JF :  Tu n'as pas tort...mais le progrès fait inéluctablement parti de l'évolution, non ?

T :  Le progrès pourrait être donc également de ne pas croire à tous prix que tout doit changer, nécessairement, et que ceux qui s'opposent aux changements sont des réactionnaires...Ils sont peut- être tout simplement lucides...Si on observe le monde animal ou végétal, on pourrait considérer qu'il n'y a plus aucune évolution mais c'est peut-être ça justement le bonheur...

De plus, cette course au "changement", dès lors qu'elle est extérieure à l'individu et qu'elle répond uniquement à des critères mercantiles, génère une angoisse relative à cette difficulté constante pour suivre le mouvement et ne pas se retrouver "largué"...Mais largué par rapport à quoi ? La notion de progrès peut-elle être extérieure à l'individu ou ce progrès n'est-il qu'une supercherie ? N'est-il pas préférable d'établir en soi les critères inhérents à ce progrès existentiel et à se concentrer là-dessus ? J'en arrive à penser fatalement que nous sommes victimes du progrès et non les bénéficiaires. Je ne renie pas les progrès de la médecine ou de la technologie mais je conteste l'idée que le progrès ne peut s'établir que dans des domaines environnementaux. C'est en soi qu'il faut progresser pour ne pas subir les progrès rapportés et qui ne nous concernent pas directement. La question fondamentale est donc la suivante : Un individu qui ne se connaît pas peut-il progresser ou ce progrès qu'il absorbe va t-il finalement contribuer à sa propre perdition ?"

Il n'est qu'à voir le Peuple Kogis. Le refus de l'exploitation du café, orchestrée par le gouvernement, signifiait que ce changement occasionnait trop de désordres et qu'ils n'en valaient pas la peine... Le changement n'est pas nécessairement un progrès...L'évolution peut s'établir aussi dans la préservation des valeurs qui fondent, unissent, éveillent...

"LES HÉROS SONT TOUS MORTS"

Les heros sont tous morts

« Cet argent porte la Mort. Tout l’argent du monde porte la Mort mais parfois, les hommes le purifient par la bonté de leurs actes. Nous ne pouvons pas polluer notre Mère avec une histoire emplie de morts. Nous ne pouvons pas retrouver nos racines en souillant la Terre. Nous ne pouvons pas tenter de soigner le territoire de nos ancêtres en répandant dans l’espace les souffrances des âmes perdues. Toute la violence du monde où tu vis se nourrit des âmes perdues. Personne ne cherche à purifier cette histoire et tous les remèdes proposés sont des poisons supplémentaires. Cet argent est un poison pour les âmes et ceux qui ont cherché à construire leur bonheur en se nourrissant de ce poison en sont morts. Nous ne pouvons pas prendre cet argent. Toi-même, depuis que tu as pris cet argent, tu vis dans la peur. Figueras l’a sentie, Ayuka aussi, nous aussi. Ton âme est en souffrance mais tu possèdes aussi en toi l’éveil à la vie. Tu entends des paroles que tu ne saisis pas. Comprends que la vie est en toi, qu’elle te parle, qu’elle te propose un autre chemin, une voie de conscience, une voie d’observation, une exploration de ton espace intérieur. Toutes les tentatives de réparation du Mal sont vouées à l’échec dès lors que les moyens utilisés sont eux-mêmes les piliers de ce Mal. Vous les Petits Frères, vous pensez qu’il suffit d’avoir les moyens pour que tout s’arrange. Mais si les moyens sont employés par des individus en souffrance, la souffrance se répand. Il n’y a que les esprits en paix qui peuvent purifier la Terre. Vous, les Petits Frères, vous portez trop de souffrances. Vous nous voyez comme des êtres pauvres, misérables, sous-évolués. Mais parce que vous cherchez en nous uniquement les moyens que vous utilisez. Votre regard est faussé. Cet argent transforme ton regard. Mais l’argent n’est pas responsable. Il n’est qu’un moyen de combler un vide immense en vous. Il nous est difficile de ne pas succomber aux promesses offertes par cet argent. Nous avons discuté pendant des mois avant de détruire les plants de café donnés par le gouvernement. L’argent qui circulait dans la communauté créait des problèmes immenses, c’est toute la cohésion du clan qui était menacé. Dans vos pays, cette cohésion n’existe plus. Et cet argent porte tous les effets de cette destruction spirituelle. Vous n’avez plus d’esprit. Vous êtes des âmes perdues. »

 

La Vie qui parlait en elle. L’image l’avait considérablement troublée, elle s’était sentie habitée. Et son âme, maintenant, percevait quelques paroles.

 

« Nous sommes très vigilants à purifier les lieux où nous vivons car de nombreuses souillures sont répandues. Il faut expliquer nos actes à la Terre, nos travaux, nos installations, nos pensées, nos rêves, nos émotions. C’est un travail immense et continu. Nous ne pourrions pas appliquer cette purification si nous nous chargeons de choses depuis trop longtemps corrompues. Les dons que nous avons déjà reçus sont offerts par des individus qui ont de belles âmes. Il nous est possible de travailler sur la purification de cet argent parce qu’il contient une émotion positive. »

 

Elle avait deviné la phrase suivante, elle avait compris. Rien ne serait possible.

 

« L’argent que tu transportes est couvert de sang. »

 

Kalén avait expliqué qu’elle ne pouvait pas rester dans le village avec cet argent. Que les narco trafiquants ou des soldats finiraient par percevoir la présence de cette fortune. Que des habitants du clan pourraient même en être affaiblis.

Elle ne comprenait pas. Kalén avait dit que les pensées les plus puissantes se propagent et que celles qui sont attachées à l’argent, à la possession, au pouvoir, au paraître ont une dimension incommensurable, que le monde des Petits Frères est totalement englobé par ces pensées et qu’elles entretiennent le conditionnement de tous, depuis la plus petite enfance jusqu’à la mort. Le clan ne pouvait se permettre de laisser ces effluves se répandre.

Elle devait quitter le village.

Une rupture. Tout ce qu’elle avait espéré, tout ce qu’elle avait imaginé. Un désastre, un chaos.

Elle avait demandé pourquoi le vieil homme qu’elle avait rencontré en arrivant lui avait dit que Figueras était dans son cœur.   

« Figueras a senti ta peur, il a vu les images de tes pensées. Et comme Figueras est un homme bon, il a décidé de t’accompagner pour t’aider à comprendre. »

Là, pendant qu’elle tentait de retenir toutes les paroles entendues, elle imaginait l’âme de Figueras, quelque part en elle. Comment était-ce possible ?

Figueras avait parlé d’un champ de conscience. Tout était lié dès lors que l’Amour nourrissait l’âme des hommes. Les Petits Frères qui aiment vivent tous dans le même monde. Les autres vivent dans un espace individuel, étroit, sombre et néfaste. Il ne s’agissait pas de l’amour primaire entre des individus incomplets mais de l’Amour inconditionnel de la Vie.

Elle ne comprenait pas. Et elle sentait l’épuisement se mêler à la colère.

Partir. Ils ne voulaient pas d’elle, pas de son argent, ils ne voulaient pas de son aide, ils préféraient laisser les terres de leurs ancêtres dans les mains des exploitants forestiers, des exploitants de mines, des dynamiteurs de montagnes. Et bien, tant pis pour eux. Elle saurait bien utiliser cet argent pour elle."

 


 

 

 

Je ne suis pas malade...

Par Le 23/06/2014

Je suis juste entrain d'apprendre quelque chose...


La vision chamanique de la maladie mentale : ce qu’un chaman voit dans un hôpital psychiatrique

Print Friendly

(Source : SpiritScience, extrait de The Natural Medicine Guide to Schizophrenia, par Stephanie Marohn (incluant Malidoma Patrice Somé), pages 178-189, ou dans The Natural Medicine Guide to Bi-polar Disorder)

Famille Dagara. Image : Wikipédia

Dans la vision chamanique, la maladie mentale signale la « naissance d’un guérisseur », explique Malidoma Patrice Somé. De ce fait, les troubles mentaux sont des situations spirituelles critiques, des crises spirituelles, et doivent être considérés comme tels pour aider le guérisseur à naître.

Ce que l’Occident voit comme une maladie mentale, le peuple Dagara (en Afrique de l’Ouest, Dagaaba en anglais) le voit comme « des bonnes nouvelles de l’autre monde. » La personne traversant la crise a été choisie comme médium pour porter un message à la communauté, devant être communiqué du monde spirituel. « Les troubles mentaux, les troubles comportementaux de toutes sortes, signalent le fait que deux énergies incompatibles ont fusionné dans le même champ, » dit le Dr. Somé. Ces perturbations se produisent quand la personne n’est pas aidée pour faire face à la présence d’une énergie du monde spirituel.

Lorsque le Dr. Somé est venu la première fois aux États-Unis en 1980, pour ses études supérieures, l’une des premières choses qu’il a vue a été la manière dont le pays gérait la maladie mentale.  Quand un étudiant qu’il connaissait avait été envoyé dans un hôpital psychiatrique pour « dépression nerveuse », le Dr. Somé était allé lui rendre visite.

« J’étais choqué. C’était la première fois que j’étais confronté directement à ce qu’on fait ici aux gens qui ont les mêmes symptômes que j’avais vus dans mon village. » Ce qui a frappé le Dr. Somé, c’était que de tels symptômes étaient perçus sous l’angle de la pathologie, avec l’idée qu’il faut stopper le trouble. C’était en opposition complète à la manière dont sa culture voyait une telle situation. Alors qu’il regardait les patients dans la salle austère, certains dans des camisoles de force, d’autres shootés aux médicaments, d’autres criants, il se disait, « C’est comme ça qu’on traite les guérisseurs naissants dans cette culture. Quelle perte ! Quel dommage qu’une personne finalement alignée avec une puissance de l’autre monde est ainsi gaspillée. »

Pour le dire autrement, d’une manière peut être plus compréhensible pour la mentalité occidentale, c’est que nous en Occident ne sommes pas formés à faire face aux phénomènes psychiques, au monde spirituel, et personne non plus ne nous apprend à reconnaître son existence. En réalité, les capacités psychiques sont dénigrées. Quand les énergies du monde spirituel émergent dans la psyché occidentale, l’individu est complètement démuni pour les intégrer ou même comprendre ce qu’il se passe. Le résultat peut être terrifiant. Sans un environnement adéquat, et une aide pour faire face à une percée d’un autre niveau de réalité, en fin de compte, la personne devient folle. De fortes doses de médicaments anti-psychotiques aggravent le problème et empêchent une intégration pouvant conduire à un développement de l’âme et une croissance de l’individu ayant reçu ces énergies.

Dans le service psychiatrique, le Dr Somé a vu beaucoup « d’êtres » qui traînaient autour des patients, des « entités » que la plupart des gens ne voient pas mais que les chamans et les médiums peuvent voir. « Elles provoquaient les crises chez ces personnes, » dit-il. Il lui apparut que ces êtres essayaient d’extraire les médicaments et leurs effets des corps des personnes avec qui les êtres voulaient fusionner, et ce faisant ils renforçaient la douleur des patients. « Les êtres agissaient presque comme une sorte d’excavateur dans le champ énergétique des personnes. Ils faisaient cela avec acharnement. Les personnes concernées se mettaient à crier et à hurler, » dit-il. Il ne pouvait pas rester dans cet endroit et dut partir.

Dans la tradition Dagara, la communauté aide la personne à concilier les énergies des deux mondes  – « le monde spirituel avec lequel il ou elle est fusionné(e), et le village et la communauté. » Cette personne a la capacité d’agir comme un pont entre les mondes et aide les vivants en leur apportant les informations et les soins dont ils ont besoin. La crise spirituelle se termine donc par la naissance d’un nouveau guérisseur. « La relation entre l’autre monde et le notre est celle d’un parrainage, » explique le Dr. Somé. « Le plus souvent, la connaissance et les dons qui ressortent de ce genre de fusion sont une connaissance et des dons directement apportés par l’autre monde. »

Les êtres qui renforçaient la douleur des détenus de l’hôpital psychiatrique cherchaient en fait à fusionner avec les détenus pour faire passer des messages dans ce monde. Les personnes avec lesquelles ils voulaient fusionner ne recevaient pas d’aide pour apprendre comment faire un pont entre les mondes et les tentatives des êtres de fusionner étaient contrecarrées. Il en résultait la persistance du trouble initial de l’énergie et l’avortement de la naissance d’un guérisseur.

« La culture occidentale ignore constamment la naissance des guérisseurs, » affirme le Dr. Somé. « En conséquence, l’autre monde aura tendance à contacter de plus en plus de personnes pour essayer de capter l’attention. C’est plus dur pour eux. » Les êtres spirituels sont attirés par les personnes dont les sens n’ont pas été anesthésiés. « La sensibilité est très souvent une invitation,” note-t-il.

Ceux qui développent les soi-disant troubles mentaux sont ceux qui sont sensibles, ce que la culture occidentale définit comme de l’hypersensibilité. Les cultures indigènes ne le voient pas de cette manière et les personnes sensibles ne pensent donc pas qu’elles sont hypersensibles. En Occident, « c’est la surcharge de la culture dans laquelle ils sont qui les détruit, » observe le Dr. Somé. Le rythme effréné, le bombardement des sens, et l’énergie violente caractérisant la culture occidentale peuvent accabler les personnes sensibles.

Schizophrénie et énergie étrangère

Dans la schizophrénie, il y a une « réceptivité spéciale à un flux d’images et d’informations, qui ne peut pas être contrôlé, » déclare le Dr. Somé. « Quand cette sorte de déferlement arrive à un moment qui n’est pas choisi, et particulièrement quand il comporte des images effrayantes ou contradictoires, la personne se met à délirer. »

Dans cette situation, il est nécessaire d’abord de séparer l’énergie de la personne des énergies étrangères venant de l’extérieur, en utilisant la pratique chamanique (ce qu’on appelle un « balayage ») pour nettoyer ces dernières de l’aura de la personne. Avec le nettoyage du champ d’énergie, la personne ne capte plus le flot d’informations et donc n’a plus de raison d’être effrayée et troublée, explique le Dr. Somé.

Il est alors possible d’aider la personne à s’aligner avec l’énergie de l’esprit qui tente de se manifester depuis son monde, et de donner naissance à un guérisseur. Le blocage de cette manifestation est ce qui crée les problèmes. « L’énergie d’un guérisseur est une énergie à haute tension, » observe-t-il. « Quand elle est bloquée, elle brûle la personne. C’est comme un court-circuit. Les fusibles sautent. C’est pourquoi ça peut faire très peur, et je comprends pourquoi cette culture préfère enfermer ces gens. Ils crient et hurlent, et on les met dans une camisole de force. C’est un triste tableau. » Encore une fois, l’approche chamanique consiste à travailler sur l’alignement des énergies pour qu’il y ait aucun blocage, que les « fusibles » ne sautent pas, et que la personne puisse devenir le guérisseur qu’elle est destinée à être.

Cependant, il convient de noter à ce stade que tous les êtres spirituels qui entrent dans le champ énergétique d’une personne ne sont pas là à des fins de guérison. Il y a aussi des énergies négatives, qui sont des présences indésirables dans l’aura. Dans ces cas-là, l’approche chamanique consiste à les retirer de l’aura, plutôt que de travailler à s’aligner avec des énergies discordantes.

Alex : Fou aux États-Unis, guérisseur en Afrique

Pour mettre à l’épreuve sa croyance que la vision chamanique de la maladie mentale est vraie dans le monde occidental comme dans les cultures indigènes, le Dr. Somé a ramené un patient avec lui en Afrique, dans son village. « J’ai voulu savoir, par curiosité, s’il est véritablement universel que la maladie mentale soit liée à un alignement avec un esprit d’un autre monde, » dit le Dr. Somé.

Alex était un américain de 18 ans qui avait vécu une crise psychotique à 14 ans. Il avait des hallucinations, était suicidaire, et traversait des cycles dangereux de dépression grave. Il était dans un hôpital psychiatrique et avait reçu quantités de médicaments, mais aucun ne l’aidait. « Les parents avaient tout essayé – sans succès, » dit le Dr. Somé. « Ils ne savaient pas quoi faire d’autre. »

Avec leur permission, le Dr. Somé a ramené leur fils en Afrique. « Après huit mois ici, Alex était pratiquement normal, » rapporte le Dr. Somé. « Il pouvait même participer aux soins donnés par des guérisseurs; en restant avec eux toute la journée à les aider, les assistant dans ce qu’ils faisaient avec leurs patients… Il a passé quatre ans environ dans mon village. » Alex est resté par choix, et pas pour être soigné plus longtemps. Il se sentait « bien plus en sécurité dans le village qu’en Amérique. »

Pour aligner son énergie avec l’être du monde spirituel, Alex a effectué un rituel chamanique à cette intention, bien qu’il était légèrement différent de celui utilisé chez les Dagara. « Il n’est pas né dans le village, donc il fallait quelque chose d’autre. Mais le résultat a été similaire, même si le rituel n’était pas exactement le même, » explique le Dr. Somé. Le fait que l’alignement de l’énergie permit à Alex de guérir démontra au Dr. Somé que le lien entre les autres êtres et la maladie mentale est bien universel.

Après le rituel, Alex commença à partager des messages que l’esprit avait pour ce monde. Malheureusement, les personnes à qui il parlait ne comprenaient pas l’anglais (Dr. Somé n’était pas là à ce moment-là). Toute cette expérience a fini par conduire Alex dans une université, où il étudie la psychologie. Il est retourné aux États-Unis quatre ans plus tard car il s’était « rendu compte qu’il avait fait tout ce qu’il devait faire, et qu’il pouvait aller de l’avant dans sa vie. »

Aux dernières nouvelles, Alex est à Harvard en psychologie. Personne n’aurait pensé qu’il aurait pu terminer ses études de premier cycle, et encore moins avoir un diplôme d’études supérieures.

Le Dr. Somé résuma ce que la maladie mentale d’Alex indiquait : « Il demandait de l’aide. C’était un appel d’urgence. Sa tâche et son destin était d’être guérisseur. Il disait que personne n’y portait attention. »

Après avoir constaté l’efficacité de l’approche chamanique sur Alex, le Dr. Somé conclut que les êtres spirituels sont tout aussi problématiques en Occident que dans sa communauté en Afrique. « La réponse à cette question pourrait se trouver ici, au lieu de devoir faire tout le chemin pour la trouver à l’étranger. Il pourrait y avoir un moyen de dépasser toute l’expérience de la pathologie, pour avoir la possibilité de former le rituel approprié pour aider les gens. »

Le désir de connexion spirituelle

Voir le site de Stephanie Marohn

Un point commun que le Dr Somé a remarqué dans les troubles « mentaux » en Occident est « une énergie ancestrale très ancienne qui a été placée en stase, et qui finalement émerge dans la personne. » Il faut alors la retracer, remonter dans le temps pour découvrir quel est cet esprit. Dans la majorité des cas, l’esprit est lié à la nature, surtout aux montagnes ou aux grands cours d’eau, dit-il.

Dans le cas des montagnes, pour donner un exemple illustrant le phénomène, « c’est l’esprit de la montagne qui marche à côté de la personne et qui, en conséquence, crée une distorsion spatio-temporelle qui affecte la personne prise à l’intérieur. » Il est alors nécessaire d’avoir une fusion ou un alignement des deux énergies, « pour que la personne et l’esprit de la montagne ne fassent plus qu’un. » Encore une fois, le chaman réalise un rituel spécifique pour obtenir cet alignement.

Le Dr. Somé croit qu’il est souvent confronté à cette situation aux États-Unis car « la majeure partie du tissu de ce pays est constituée de l’énergie de la machine, et il en résulte une déconnexion et une rupture d’avec le passé. Vous pouvez fuir le passé, mais vous ne pouvez pas vous cacher. » L’esprit ancestral du monde naturel nous rend visite. « Ce n’est pas tant la volonté de l’esprit mais la volonté de la personne, » dit-il. « L’esprit voit en nous une aspiration à quelque chose de grand, quelque chose qui donne du sens à notre vie, et donc l’esprit répond à cela. »

Cet appel, que nous faisons sans même le savoir, reflète un « désir puissant d’une connexion profonde, une connexion qui transcende la matérialisme et la possession des choses, et qui pousse vers une dimension cosmique tangible. Ce désir est en grande partie inconscient, mais pour les esprits, il n’y a pas de différence entre le conscient ou l’inconscient. » Ils répondent aux deux.

Dans le rituel pour fusionner l’énergie de la montagne et l’énergie humaine, ceux qui reçoivent « l’énergie de la montagne » sont conduits dans une zone de montagnes de leur choix, où ils ramassent une pierre qui leur parle. Ils ramènent la pierre pour le reste du rituel et la gardent comme compagnon; certains la portent même sur eux. « La présence de la pierre fait beaucoup pour régler la faculté de perception de la personne, » note le Dr. Somé. « Ils reçoivent toutes sortes d’informations qu’ils peuvent utiliser, c’est donc comme s’ils obtenaient des indications tangibles, venant de l’autre monde, sur la manière de vivre leur vie. »

Quand c’est l’ »énergie d’une rivière », ceux qui sont appelés vont voir la rivière et, après avoir parlé à l’esprit de la rivière, trouvent une pierre dans l’eau qu’ils ramènent pour le même genre de rituel qu’avec l’esprit de la montagne.

“Les gens pensent que quelque chose d’extraordinaire doit être fait dans une situation extraordinaire telle que celle-ci, » dit-il. Ce n’est généralement pas le cas. Parfois, c’est aussi simple que de porter une pierre.

L’approche du rituel sacré pour la maladie mentale

L’une des choses qu’un chaman peut apporter au monde occidental est de permettre aux gens de redécouvrir le rituel, qui fait si cruellement défaut. « L’abandon du rituel peut être dévastateur. Du point de vue spirituel, le rituel est inévitable et nécessaire si l’on veut vivre, » écrit le Dr. Somé dans Ritual:  Power, Healing, and Community. « De dire que le rituel est nécessaire dans le monde industrialisé est un euphémisme. Sans cela, nous avons vu dans mon propre peuple qu’il est probablement impossible de vivre une vie saine. »

Le Dr. Somé ne pensait pas que les rituels de son village traditionnel pouvaient être simplement transférés en Occident, et donc dans le cadre de son travail chamanique, il a conçu des rituels qui correspondent aux différents besoins de cette culture. Bien que le rituel change selon l’individu ou le groupe impliqué, il perçoit que certains rituels sont en général nécessaires.

L’un d’eux consiste à aider la personne à découvrir que sa détresse vient du fait qu’elle est « appelée par des êtres de l’autre monde qui veulent s’allier avec elle pour effectuer un travail de guérison. » Le rituel permet de résoudre cette détresse et de répondre à cet appel.

Un autre rituel dont nous avons besoin est celui de l’initiation. Dans les cultures indigènes du monde entier, les jeunes sont initiés au monde des adultes quand ils atteignent un certain âge. L’absence d’une telle initiation en Occident explique en partie la crise dans laquelle les gens sont ici, dit le Dr. Somé. Il encourage les communautés à réunir « les idées créatives des gens qui ont eu ce genre d’expérience, pour former une sorte de rituel alternatif qui puisse au moins réduire ce genre de crise. »

Un autre rituel qui répond souvent aux besoins des personnes qui viennent demander son aide, consiste à faire un feu de joie, et de brûler tous les « éléments symboliques des problèmes que l’on porte à l’intérieur (…) Ce peut être des problèmes de colère et de frustration contre un ancêtre qui a tué des gens, était esclavagiste, ou quoi que ce soit, un héritage avec lequel doivent vivre les descendants », explique-t-il. « Si ces choses sont perçues comme bloquantes pour l’imagination humaine, le but de la vie de la personne, ou même qu’elles enferment dans une vision négative sur la vie, alors il est logique de réfléchir à comment transformer ce blocage pour en faire un chemin vers quelque chose de plus créatif et de plus épanouissant ».

L’exemple des problèmes avec les ancêtres se retrouve dans les rituels conçus par le Dr Somé, révélant un grave dysfonctionnement dans la société occidentale et dans le processus menant à « l’illumination ». Ce sont des rituels ancestraux, et le dysfonctionnement qu’ils visent est notre attitude, le fait de « tourner le dos » massivement aux ancêtres. Certains des esprits qui tentent de se manifester, comme nous l’avons dit, peuvent être des « ancêtres qui veulent fusionner avec un descendant parce qu’ils souhaitent guérir ce qu’ils n’étaient pas en mesure de faire dans leur corps physique. »

« Quand la relation entre les vivants et les morts n’est en équilibre, c’est le chaos », dit-il. « Les Dagara croient que si un tel déséquilibre existe, il est du devoir des vivants de guérir leurs ancêtres. Si ces ancêtres ne sont pas guéris, leur énergie malade va hanter les âmes et les psychés de ceux qui ont pour responsabilité de les aider. » Les rituels se concentrent sur la guérison de la relation avec nos ancêtres, portant à la fois sur les problèmes particuliers d’un ancêtre individuel, et les problèmes culturels plus généraux que renferme notre passé. Le Dr. Somé a vu des guérisons extraordinaires se produire lors de ces rituels.

Adopter l’approche du rituel sacré pour la maladie mentale, plutôt que de considérer la personne comme un cas pathologique, donne à la personne affectée — mais aussi à la communauté dans son ensemble — l’occasion de regarder les choses de ce point de vue, ce qui conduit à « une pléthore d’opportunités et d’initiatives de rituels qui peuvent être extrêmement bénéfiques pour toutes les personnes présentes, » déclare le Dr Somé.

Note :

Héritage immunitaire

Par Le 23/06/2014

Une mémoire immunitaire chez le fœtus

Malgré un environnement stérile, le fœtus produit in utero une petite population de cellules immunitaires « mémoire », reflets d’une rencontre possible avec un micro-organisme et importantes pour combattre les infections.

Marie-Neige Cordonnier
    • Imprimante
    • 3
    •  
    •  
    •  
vue d'artiste d'un foetus
Sebastian Kaulitzki/shutterstock.com

L’environnement fœtal est considéré comme stérile, aussi pensait-on que les nouveau-nés avaient un système immunitaire immature et « naïf », vierge de toute expérience, et que ce système n'acquiérait une mémoire des infections qu'après la naissance : chez l'enfant et l'adulte, parmi les cellules chargées d'éliminer les micro-organismes infectieux – les lymphocytes T –, certaines gardent une mémoire des agents pathogènes rencontrés, et réagissent ainsi plus vite à une nouvelle agression de ces mêmes agents. On pensait que ces lymphocyte T « mémoire » n'existaient pas encore chez le nouveau-né en bonne santé. L’équipe de Richard Lo-Man, du laboratoire Régulation immunitaire et vaccinologie, à l’Institut Pasteur à Paris (U1041, Inserm), vient de prouver le contraire.

Dans des conditions stériles, les biologistes ont prélevé et caractérisé les lymphocytes T du cordon ombilical de 48 nouveau-nés en bonne santé immédiatement après la naissance. La plupart des cellules étaient naïves : elles ne présentaient aucun signe typique des lymphocytes T mémoire, tel que l’expression de certains gènes impliqués dans le déclenchement d’une réponse inflammatoire spécifique de ces lymphocytes. In utero, les cellules naïves jouent un rôle important dans la tolérance entre le fœtus et la mère (chacun « voyant » l’autre comme un corps étranger).

En revanche, une petite population de cellules présentaient des caractéristiques de lymphocytes T mémoire. Ces cellules ne provenaient pas de la mère, car elles portaient bien le patrimoine génétique de l’enfant. Et elles se comportaient in vitro comme des lymphocytes T mémoire, produisant une réponse immunitaire inflammatoire. Comment se sont-elles activées in utero ? Kjersti Aagaard, du Collège de médecine Baylor et de l’Hôpital pour enfants du Texas, à Houston aux États-Unis, et ses collègues apportent peut-être une piste de réponse.

Ces biologistes ont récemment montré que le placenta, que l’on pensait stérile, abrite en réalité une population de bactéries non pathogènes – un microbiote tels ceux qui peuplent l’intestin, la bouche, le nez, le vagin ou la peau – comparable par analyse génomique au microbiote oral. Les auteurs pensent que les microbes voyagent de la bouche vers le placenta par le sang. La constitution d’une mémoire immunitaire de ces bactéries (dans l’hypothèse où le fœtus se trouverait exposé au microbiote placentaire) pourrait être une première étape de la formation du système immunitaire anti-infectieux.

Richard Lo-Man et ses collègues étudient à présent les événements infectieux anténataux et les traitements antibiotiques susceptibles de perturber la mémoire immunitaire fœtale, afin de mieux comprendre sa mise en place.


 Pour ma part, je verrais bien là un héritage immunitaire issue de vies antérieures. Mais rien ne peut encore être prouvé par la science. Il ne s'agit que d'intuition ou de croyances ou d'hallucinations. Mais il me plaît de fouiller dans cette direction-là...

"Les enfants du siècle"

Par Le 23/06/2014

Un roman étrange, troublant, inclassable et c’est ce qui fait sa richesse.
Des parcours de vies, des personnages engagés ou perdus, l’importance considérable de la Nature, tous les dangers que les hommes font peser sur son maintien, toutes les valeurs humaines les plus profondes, toutes les perditions d’un monde urbain où les individus se perdent, le retour à la terre, l’amour infini des êtres qui ne répondent pas aux mirages de la croissance matérielle mais qui portent en eux les traditions les plus respectables, celles qui ne portent pas atteinte à la Vie, le regard inquisiteur du Pouvoir, son discours sécuritaire quand il ne s’agit que d’une enceinte carcérale, les mirages du Progrès quand il n’est que l’effacement des libertés, la main mise des Puissants, des multinationales et de leurs intérêts destructeurs...
Tout est là, dans une écriture très riche, émotionnelle, visuelle, aimante, sensible, celle d’une femme dont on sent que les réflexions l’entraînent dans des espaces qu’on ne peut qu’aimer. 
Oui, il s’agit bien d’un texte qui laisse des traces, qu’il faudra relire car le foisonnement d’idées ne laisse pas place à la futilité de cette littérature fadasse qui nous environne, un livre qu’il faudrait diffuser... A partager sans modération.

Un livre de EVA WISSENZ

Les enfants du siècle

Acheter ce livre

Par cheque


Au-delà des temps et des récits, la fable raconte la mise en place puis l’effondrement de la civilisation de Fluxus et ce qui s’ensuivit en Afrique, non loin de Bandiagara, où un autre futur est peut-être possible. Et puisque l’écologie nous enseigne que tout est lié, on rencontrera divers personnages qui font l’histoire sans le savoir... Un paysan d’autrefois, une prisonnière politique, un planteur d’arbres, un moine, des activistes, une conteuse, des refusants, une maire ainsi que de jeunes marcheurs bien décidés à ne pas répéter les erreurs de leurs ancêtres... toute une humanité aboutissant à un autre futur, est-ce possible ?
En 2006, Le Centre National du Livre a accordé une Bourse de Découverte pour soutenir l’écriture de ce roman.
>Voir les commentaires des lecteurs.

L’auteur
Eva Wissenz est née au Maroc, puis grandit en Corse et à Paris. Destinée à une carrière universitaire, elle quitte cette voie et choisit de se consacrer à l’écriture (voir ses premières publications). Aventureuse, artiviste, écrivain, journaliste, elle est active dans l’écologie, l’énergie solaire et les droits humains. Elle vit en Finlande.
Poche — 270 p. — 12 €
Acheter l’e-book

De Léonie Ferry
24 mars 2014
Merci et bravo, c’est vraiment bien écrit, et on ne s’ennuie pas une minute — après le premier chapitre, je l’ai dévoré, je n’arrivais plus à m’arrêter de lire et j’ai adoré ces changements de narrateurs. Je dis après le premier chapitre, car j’ai eu du mal au début avec tous les personnages, la généalogie. La fin est superbe, les témoignages des "sans nous". Ah, je me retrouve tellement !! Je me suis dit que cette fable il fallait que je la fasse voyager autour de moi ! Génialissime !

De Jean Ziegler, vice-président du Comité des droits de l’Homme des Nations-Unies
1er nov. 2013
Je vous remercie vivement de votre beau, très important livre, Les Enfants du siècle. Amicalement.

De Martin Matin
9 oct. 2013
Drôle de livre. Trouvé par hasard, complètement hors normes. C’est une histoire mais pas vraiment, comme une frontière entre ici et là-bas, maintenant, hier et demain, une vision certainement. On dirait que ça part dans tous les sens mais en fait non, c’est comme un ensemble vivant, organique et ça nous tend un miroir, en fait ça m’a beaucoup décalé. On suit des veines qui traversent l’Histoire et des histoires singulières et à la fin on arrive quelque part, un lieu plus qu’un dénouement. On reconnaît des événements (Bhopal ?), des lieux (Cuba ?) mais notre attention est attirée par autre chose tout le temps, par la vie en fait. Il se dégage de tout ça une énorme énergie de vie. On a dit "la littérature à l’estomac", je me souviens plus qui, là je dis qu’elle vient et va au cœur. Je suis curieux de savoir si ce livre peut trouver son chemin vers des lecteurs contemporains.

De Anna Cantavenera
9 août 2013
Il faudrait qu’il y ait plus de livres comme celui-ci ! Très touchée par cette histoire totalement actuelle et universelle. Si beaucoup de gens pouvaient le lire ça accélérerait la prise de conscience en responsabilisant davantage les gens par rapport à ce qui se passe. C’est une écriture forte et un style très particulier.

De boudet
8 juin 2013
J’ai beaucoup aimé "Les enfants du siècle" et particulièrement l’idée de revenir au début du développement et de remettre ainsi les pendules à l’heure, de réfléchir à comment tout a commencé. C’est un livre surprenant, riche en rencontres humaines qui tout en nous projetant dans le futur nous amène à nous interroger sur notre présent, sur ce qu’Eva Wissenz appelle très justement le monde d’hier, un monde absurde où les écarts et les inégalités règnent. Troublant comment ce livre extra-ordinaire nous donne à penser : sur notre planète, notre avancé dans le temps, l’écologie, l’humanité. Et comment nous en sommes arrivés là... 

Le destin (1)

Par Le 23/06/2014

Le destin désigne, au moment présent, l'histoire future d'un être humain ou d'une société telle qu'elle est prédéfinie par une instance qui est soit considérée comme supérieure aux hommes (éventuellement divine) dans les conceptions finalistes du Monde, soit comme immanente à l'univers (éventuellement la Philosophie de l'histoire ou la nature) dans les conceptions déterministes.

Face à son destin

Dans ces conceptions, il est souvent considéré comme très difficile – voire impossible – à un homme ou à une société d'échapper à son destin, au moins dans ses grandes lignes. La notion de destin s'oppose ainsi à celle de libre arbitre.

wikipedia

 


À COEUR OUVERT

"Nous vivons dans des schémas de pensées, des répétitions rassurantes sur lesquelles nous bâtissons l’identification qui nous convient et que les autres adoptent. C’est l’habitude. Un leitmotiv ronronnant. Tout ce qui porte atteinte à cette mélodie connue est considérée comme une agression, une atteinte à cette liberté que nous croyons posséder. Alors, nous renforçons les défenses. Accumulation de biens, accumulation de relations, accumulation de connaissances. Mais il n’y a aucune compréhension interne. Tout cela reste tourné vers l’environnement immédiat, une scène onirique. Personne n’est là, réellement. C’est un théâtre de marionnettes. La révélation du drame vient fermer le rideau, les acteurs disparaissent, le jeu s’arrête, le public a quitté la salle, les lumières se sont éteintes. Si les résistances sont suffisamment puissantes, l’individu concerné prend peur. Il appelle au secours, il crie, il hurle, il maudit la vie et ses épreuves. Mais si la rupture est totale, la porte s’ouvre. L’individu découvre une autre forme de perception. Il ne comprend rien mais pourtant, tout tombe en lui comme dans un puits ouvert. Plus aucune résistance. À cœur ouvert. C’est ainsi que je nomme cet état.Coeur188

-Et pourquoi dites-vous qu’il n’y a pas de hasard ?

-Parce que c’est une intention. Celle de la vie elle-même. Elle a un projet. L’extrême complexité du phénomène vivant ne peut pas être vide de raison. Non pas une raison cartésienne et castratrice mais une raison comme un objectif. Il y a une raison à tout ça.

-Et le drame serait une ouverture ?

-Parce que nous rejetons d’emblée l’idée d’une exploration. Le paradigme établi sert de modèle éducatif. Nous nous sommes trompés.

-Cela signifierait que la vie n’a pas su prévoir ce qui arriverait ?

-Peut-être avions-nous le potentiel et qu’elle nous a laissé le choix de nous en servir. Certains y parviennent sans attendre. D’autres sont sur le seuil. Ils ont juste besoin d’une aide provisoire, un coup de pouce de ce destin qui n’en est pas un.

-Pas de destin non plus alors ? Tout comme le hasard ?

-Non, évidemment. Mais il y a une volonté qui ne nous appartient pas. L’idée de destin suppose que nos vies sont écrites d’avance. Ce qui existe, ce n’est pas un destin fixe et irrémédiable, mais des tendances, des influences profondes, liées à notre passé, nos racines, notre milieu social, notre époque, toute notre éducation. Le destin qui concerne notre futur est une invention du passé. Tout ce qui a été vécu est projeté dans l’avenir si l’individu n’en a pas conscience. C’est comme s’il polluait à priori un espace vierge. Il n’y a rien d’écrit mais il existe un réseau gigantesque d’influences. Il dépend de chacun de les identifier et de s’en extraire si nécessaire. Le destin n’existe pas fondamentalement, c’est l’apathie spirituelle qui le créé. C’est là que je pense que se situe la volonté de la vie. Que nous devenions lucides. Le destin est une vision étroite de nos existences. La volonté de la vie est de nous apprendre à aller voir plus haut."

 


Si je considère qu'au ciel tout est écrit et que je suis soumis à un destin, il est totalement antinomique de se croire doué d'une puissance capable de changer ce destin. Car un destin qui pourrait être changé ne serait pas un destin. L'éventuel changement du destin annihile l'idée même du destin.

Si je considère que je possède la puissance nécessaire pour changer mon destin, il est possible que je m'illusionne car ce changement au regard d'un parcours bien tracé n'est peut-être que la continuité même de mon destin. Je crois être intervenu alors que je ne fais que suivre ce qui est déjà tracé.

Le fait que je quitte l'enseignement alors que tout pouvait laisser supposer que je continuerais ainsi jusqu'à l'âge de la retraite n'est sans doute pas une intervention de ma part sur une destinée toute tracée mais la suite programmée de mon parcours. Sans que je ne puisse aucunement ni le prévoir, ni même m'y opposer...

"Tout ce qui ne parvient pas à la conscience revient sous la forme du destin."

Carl Gustav Jung

 

Je pense que c'est là que se situe le libre arbitre. Dans le CHOIX d'analyser la vie, non pas seulement dans ses événements quotidiens mais dans la compréhension profonde de nos actes et de nos pensées. 

Nous sommes libres de comprendre les raisons de nos chaînes...

Le destin est-il nourri par la logique du hasard? ...

Site : La seiche.

Par Le 22/06/2014

Dans l'océan du net, des chroniques et plus de 1000 adresses fiables, éthiques et bio.



http://www.laseiche.net/

Les chroniques de La Seiche
  • 199
  • 200
  • 201
  • 202
  • 203
  • 204
  • 205
  • 206