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Témoignage

Par Le 18/06/2014

Je n'ai encore jamais rien écrit sur ce mur mais voilà, gros ras le bol !!

Ma fille de 7 ans et demi et demi sort de l'école a 11h30 le mercredi (11h15 les autres jours), nous sommes arrivés chez nous a 11h40 et le temps que je fasse a manger, elle s'était endormie 

Elle adore l'école mais la, elle est pressée d'être en vacances. Avant, elle avait horreur des vacances mais la elle est pressée d'y être !!

Ma petite de 2 ans et demi rentre chez les tout petits en septembre et je crains déjà ! Même si la directrice de l'école m'a dit que si je voulais garder ma puce les mercredi, je le pouvais. Non pas pour avoir moins d'élèves mais pour que ma puce se repose. Elle est contre cette réforme qu'elle trouve complètement absurde. Donc ma fille ira en classe les lundis, mardis, jeudis et vendredis et c'est tout. Si sa ne plait pas, je m'en fou.

J’espère juste qu'une solution sera trouver rapidement car je ne compte pas regarder ma fille de même pas 8 ans devenir de plus en plus fatiguée et se mettre a détester l'école tellement elle est naze !!! 
Et qu'on arrête de dire "les enfants devraient se coucher plus tot !" je dis STOP LA ! Je met mes filles au lit a 20h grand max et en a peine 5 minutes, elles dorment !

Ou est l'interet de l'enfant, quand l'enfant se met a ne plus aimer l'école car tellement fatigué, il n'arrive plus a suivre correctement ??

Faut m'expliquer la !!

Voilà c'était mon ras le bol

Je précise que je suis AVS, je travaille dans une école primaire ou je constate une fatigue général a partir de jeudi matin ! Les enseignants essayent de faire comme ils peuvent, des pauses ludiques et de repos au beau milieu de la matinée mais non les enfants n'en peuvent plus. Nous nous sentons impuissant fasse a tout ça et sa fait mal au coeur de voir des enfants en larmes tellement ils sont fatigués et aussi les voir ne plus réussir a travailler correctement.

https://www.facebook.com/groups/609556085733767/?fref=nf


 JE NE PARTICIPERAI PAS À ÇA !!

Refus catégorique et définitif. Et je me fiche des conséquences. Je ne vendrai pas mon âme. 

Constat

Par Le 17/06/2014

"Ceux qui peuvent traverser la vie sans "en rabattre" sont bien forts eux-mêmes, ou bien aveugles...ou vraiment n'ont pas souhaité bien haut. "

André GIDE.

J'ai souhaité si haut, dans un aveuglement si fort que le gouffre devant moi n'était pas visible et maintenant que je suis tombé au fond, je ne souhaite rien d'autre que d'oublier jusqu'au désir d'en ressortir puisque seule, cette acceptation peut me sauver de l'aveuglement. 

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (6)

Par Le 16/06/2014

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (1)

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas." (2)

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas." (3)

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (4)

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (5)

Des choeurs...Des voix d'église...Il n'avait jamais aimé ça. Il n'y avait pas de vie là-dedans, il n'y voyait que des cérémonies de cimetière. Décidément, ce thérapeute avait le don pour lui proposer des musiques irritantes. 

Non, il ne devait rien refuser. Apprendre à écouter ce qu'il n'entendait pas. C'était peut-être ça cette émotion pendant la séance du matin. Mais qu'avait-il entendu ? Pourquoi n'en avait-il gardé aucune image claire, aucune explication rationnelle ? 

Respiration abdominale. Accepter de gonfler son ventre et de se libérer de la pression qu'il s'imposait, son apparence, un physique affûté... Il n'imaginait pas un chef d'entreprise qui se laisserait aller, qui n'entretiendrait pas son corps. Il se voulait à l'image de son entreprise. Solide, soigné, attentif, efficace, infaillible...

Il s'était demandé à quelques reprises si cette activité effrénée qui le caractérisait ne cachait pas quelque chose.  

La mort... Il n'avait pas aimé cette supposition. Il avait refusé de l'approfondir. 

Une musique de cimetière... Non, c'était impossible. Le thérapeute ne pouvait pas avoir deviné ce qu'il redoutait. Il ne pouvait avoir choisi cette musique avec une autre intention que la détente...Méditer, méditer. Il n'y avait jamais ressenti autre chose qu'une bonne relaxation. Mais elle lui était profitable et il n'en demandait pas davantage. 

"J'aimerais que vous méditiez comme dans un cercueil."

L'expression l'avait ébahi. La troisième séance. Il n'aurait jamais imaginé cela et les séances suivantes avaient validé l'étrangeté de la chose. Cela l'agaçait parfois et l'intriguait à d'autres. Une alternance constante entre le désir de s'en aller et celle d'explorer davantage. 

"Mais je ne suis pas mort, avait-il répondu.

-Et si vous étiez mort à la vie en vous ? Et si vous étiez justement en dehors de la vie ? Non pas dans vos actes mais dans la conscience que vous en avez, non pas dans vos pensées mais dans l'observation que vous pouvez en avoir, non pas dans vos émotions mais dans l'analyse que vous pouvez en faire... Vous comprenez ? La vie à laquelle vous êtes attaché n'est peut-être qu'une avant-scène, un premier degré, le premier barreau de l'échelle... Ce que vous écoutez n'est peut-être pas la totalité de ce qu'il y a à entendre, ce que vous éprouvez n'est peut-être qu'une expérience infime au regard de ce qu'il reste à explorer. Je pense qu'il est approprié par conséquent de méditer comme à l'intérieur d'un cercueil. 

-Et quel est l'objectif ? 

-Imaginez-vous mort mais en ayant conscience de l'être. 

-C'est affreux. 

-Pourquoi ?

-Pourquoi, pourquoi ? Et bien, c'est tellement évident. Vous aimeriez être mort vous ? 

-Je n'aimerais pas ne pas savoir que je vais mourir.

-Oui, bien sûr mais ça ne me sert à rien d'y penser.

-Pourquoi ?

-C'est déprimant.

-Pourquoi ?

-Mais parce que j'aurai tout perdu. Moi, ma femme, mes enfants, mon travail, tout ce que j'aime.

-C'est étrange, vous n'avez pas parlé de la vie. 

-Comment ça ? Je viens de le faire. Je vous ai parlé de ma vie.

-Oui de votre vie. Pas de la vie.

-Mais c'est la même chose.

-Non."

Il n'avait rien trouvé à répliquer. Interloqué. Le thérapeute n'avait rien rajouté. Comme toujours lorsqu'il butait sur une réflexion. 

Cette activité effrénée qu'il s'était fabriquée, que cachait-elle ? 

Qu'avait-il refusé d'entendre ? 

Les choeurs s'amplifiaient par moments et il avait l'impression qu'ils le remplissaient. Il avait conscience que sa respiration s'était calée sur les voix, le flux et le reflux de son ventre comme des marées successives. 

Il est au-dessus de la mer. Au-dessus des cieux. 

La mort... les choeurs qui l'accompagnent. Il est dans son cercueil. Il n'y a personne d'autre. Rien, le néant. 

Et dans ce vide absolu, une lave coule en lui. Une présence. Une vie. 

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (5)

Par Le 13/06/2014

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (1)

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas." (2)

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas." (3)

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (4)

"Bonsoir Paul. Je me permets de vous contacter par mail pour vous adresser cette vidéo. Regardez-là quand vous serez tranquille. Essayez de ne penser à rien. Laissez-vous porter. Toujours cette idée toute simple : Écoutez ce que vous n'entendez plus. C'est en vous de toute façon, vous n'avez pas à aller chercher dans des antres insondables mais simplement à vous libérer d'une attention dirigée. Nous en reparlerons si vous le souhaitez un jour. Le coeur bat au choeur de la vie. Bonne continuation."

Pierre. 

 Vingt-deux heures trente. Christine était couchée. Les deux garçons dans leur chambre respective. 

Il s'allongea sur le canapé. Les écouteurs en place. L'ordinateur portable posé à ses côtés. La lampe sur pied, éclairage vers le plafond, diffusion légère, un halo pâle, comme un matin de brume. 

"Le coeur bat au choeur de la vie."

Il ne comprenait pas la phrase. Une de plus. Ce thérapeute fonctionnait par énigmes, il le savait bien depuis le temps.

Il ferma les yeux et repensa à sa journée. Cette impression étrange que la séance du matin s'était évanouie, que toutes les activités avaient agi comme une gomme, un effaceur impitoyable. Réunion de travail, les graphistes, brain storming, appels téléphoniques, rencontre avec l'organisateur du salon du 4X4 de Valloire, une affiche à créer, téléphone, téléphone, fax, téléphone, discussion avec l'imprimeur, le coloriste, le maquettiste, un projet avec la ville pour le bi centenaire du Château des Ducs, téléphone, fax, dicter un courrier à Laura...Une course infernale, permanente. Depuis combien de temps ? Que cherchait-il à se prouver ? 

Il avait été surpris par ces questions insensées. L'impression qu'en lui un horizon inconnu se révélait.

Il était rentré à dix-neuf heures trente, un horaire honorable au regard de certaines journées.

Christine corrigeait ses cahiers de classe.  

Il l'avait embrassée sur le front. Elle avait levé vers lui un regard fatigué. Cette ride qui barrait son front. Elle s'étendait comme une lèpre. 

Pendant le repas, Albin avait raconté une nouvelle altercation avec le professeur de chimie. 

"Il nous prend pour ses esclaves. Je ne supporte plus cette humilation. J'en ai marre d'être pris pour un gamin. J'ai l'impression que pour tous ces profs, nous ne sommes que des individus complètement ignares, incapables du moindre raisonnement en dehors de leurs cours. Et ça m'apporte quoi à moi, toutes ces formules que je dois apprendre ? 

-La possibilité un jour de gagner ta vie, avait-il répondu. Les diplômes, c'est la seule issue. Tu ne peux rien faire d'intéressant en dehors de cette voie.

-Gagner sa vie ? Mais je n'ai pas à la gagner, elle est déjà là, Papa."

Il n'avait eu aucune réponse. 

"Aurora";

Le titre du morceau. Y avait-il une signification cachée à son intention ? Tout ce que ce thérapeute disait ou faisait était empli de sens. La moindre anecdote contenait une leçon à saisir. Il ne l'avait pas compris au début. Mais il avait toujours eu confirmation dans les jours qui suivaient. Comme si tout était déjà inscrit, comme si tout était déjà prévu. À moins que nos comportements et nos pensées viennent influer sur la vie elle-même, à moins que nos actes soient les graines des actes à venir, comme un enchaînement inéluctable.

Mais alors, comment pouvions-nous accepter de vivre sans observer cette vie ? L'impression ne d'être qu'un acteur incapable de comprendre la pièce dans laquelle il joue. Et la jouer pourtant. 

Ce sentiment d'impuissance et d'ivresse, comme un abandon au naufrage. L'orchestre du Titanic qui s'obstine à jouer de la musique. 

Sa vie coulait dans les affres de l'inconscience avec des justifications nourries d'illusions apprises.

Cette nausée qui durait et s'amplifiait insidieusement. Cette alternance insoumise entre les obligations professionnelles, cette nécessité de gagner sa vie, cette fierté de chef d'entreprise et ce chaos existentiel dont il ignorait la source. Comme une aurore qui point. 

Un sursaut. Il se redressa et cliqua sur le mail de Pierre.

"Bonne continuation"."

Comme si son thérapeute avait deviné son intention de ne plus revenir...

Était-il donc si prévisible ? Il ne s'agissait pas d'une inexplicable capacité à prévoir l'avenir, il n'y croyait pas un seul instant. Non. Impossible. Il avait nécessairement montré ce qui était en lui et ce thérapeute, sans magie aucune, l'avait ressenti. Nous étions des livres ouverts pour qui savait déchiffrer. 

Pourquoi avait-il pleuré pendant la séance ? Qu'avait-il donc éprouvé ? Il n'avait aucune explication rationnelle et n'avait pas gardé assez de détails pour y trouver une réponse. Il se souvenait juste avoir pleuré et il n'en restait désormais qu'une certaine colère. Comment accepter de ne pas se comprendre ? 

Et pourquoi se perdait-il ainsi en interrogations infinies ? 

Il était allé voir ce thérapeute parce qu'il avait la réputation d'apaiser le stress. Il avait imaginé des séances de massages relaxants, une énergie retrouvée et le retour au front, chargé de forces nouvelles. 

Au lieu de ça, il se sentait désormais aspiré par des sables mouvants...

Et il en avait peur. 

Il ajusta les coussins sous sa tête, lança la lecture de la vidéo, s'allongea confortablement, les mains jointes sur sa poitrine et ferma les yeux. 

FIFA

Par Le 12/06/2014

C’est la théorie de la saucisse:

«Si vous aimez quelque chose, n’essayez pas de savoir comment c’est fait.»

Après la neutralité du Net, John Oliver s’est attaqué à la Fédération internationale de football, la Fifa, ce dimanche 8 juin dans l'émission Last Week Tonight, sur HBO. Et l'humoriste britannique arrive parfaitement à expliquer les enjeux au public américain (et européens):

«La Fifa est une organisation incroyablement grotesque. Expliquer à quelqu’un comment fonctionne la Fifa est un peu comme lui montrer Two Girls One Cup. Vous le faites surtout pour regarder comment il réagit

Une série d’extraits de journaux télévisés montre l’argent dépensé dans des stades qui ne serviront que pour quelques matchs, les retombées économiques qui ne reviennent pas aux Brésiliens, mais à la Fifa:

«Imaginez l’argent comme des poils pubiens, et la Fifa comme de la cire. Quand ils s’en vont, ils prennent tout l’argent avec eux. Y compris dans certains endroits dont vous ignoriez l’existence.»

Ajouter à cela le fait que la Fifa ne paie aucun impôt ou taxe:

«Le Brésil laisse ainsi à la Fifa 2,5 millions de dollars. Wesley Snipes (condamné à trois ans de prison pour fraude fiscale en 2010) doit donc se dire que le foot était la solution.»

Mais la Fifa laisse aussi beaucoup derrière elle... comme des lois.

En 2003, le gouvernement brésilien a banni l’alcool des stades pour des raisons de sécurité. Petit problème du côté de la Fifa, Budweiser (une marque de bière américaine) sponsorise la Coupe du monde. Jérôme Valcke, le secrétaire général de la Fifa s’était exprimé à ce sujet, ce qui donne une raison à John Oliver de se moquer de son accent:

«J’ai peut-être l’air arrogant, mais on emmerde vos lois et la sécurité. C’est bien comme ça qu’on dit?»

Avant de reprendre plus sérieusement:

«Et le plus incroyable, c’est que la Fifa  réussit. Une loi Budweiser autorise la vente de bière dans les stades de foot. A ce point-là, soit vous êtes horrifiés, soit vous êtes soulagés que la Fifa ne soit pas sponsorisée par la cocaïne et les tronçonneuses.»

Avant d’expliquer que la Fifa est déjà allée plus loin:

«Quand l’Afrique du Sud a accueilli la Coupe du monde en 2010, la Fifa a obligé le pays à créer des tribunaux spéciaux.  Ceci a l’air drôle dit comme cela, sauf que, c’était loin d’être une blague. Deux Zimbabwéens qui ont volé deux journalistes un mercredi, ont été arrêtés le jeudi, et commencé leur peine de 15 ans de prison le vendredi.»

Tout cela avant de rappeler que la Fifa elle-même et certains de ses membres dirigeants sont régulièrement accusés de corruption:

«Et si vous pensez que la Fifa ne peut pas être encore plus comiquement grotesque, voici leur salle de réunion. Elle ressemble comme deux gouttes d’eau à celle deDocteur Folamour. Je crois que c’est la meilleure preuve que c’est une organisation qui n’en a rien à foutre de ce que vous pensez d’elle. Et pourtant, la personne à la tête de la Fifa continue de répéter que cette dernière n’est qu’une humble organisation à but non-lucratif… Avec une réserve de plus d’un milliard de dollars à la banque.»

Il décide ensuite de présenter Sepp Blatter en publiant un extrait où un présentateur raconte que le président de la Fifa pense que la meilleure façon de rendre le foot féminin plus attractif est de demander aux filles de mettre des shorts plus courts.

Mais le plus terrifiant avec la Fifa n’est peut-être pas son passé ou son présent, mais son futur.

«Le Qatar en 2022? Il y a entre une et cinquante raisons pour lesquelles c’est une horrible idée.»

Premièrement la température, avec des pointes à 50°C. Et en revenant sur lesaccusations de corruption pour que le Qatar accueille la compétition :

«J’espère que c’est vrai. Sinon, c’est littéralement insensé. Pas seulement à cause du temps, mais aussi à cause des conditions de travail. La Coupe du monde au Qatar est l’entreprise de construction la plus mortelle depuis les pyramides d’Egypte. Et à ce point, j’espère vous avoir montré à quel point la Fifa est consternante.»

Et pourtant, comme la plupart des gens dans le monde, nous sommes incroyablement excités avant même le coup d’envoi du premier match, jeudi 12 juin. Pour l’expliquer, John Oliver décide de rapprocher le foot des autres religions:

«Le foot n’est pas qu’une simple religion. C’est plus que ça, et la Fifa est son église. Prenez une minute pour réfléchir à cela: son leader est infaillible, elle oblige des pays sud-américains à construire des cathédrales opulentes avec de l’argent qu’ils n’ont pas, et elle est responsable d’un nombre incroyable de morts au Moyen-Orient.

Mais pour beaucoup de gens à travers le monde, comme moi, c’est le seul gardien de la seule chose qui leur donne une raison d’être.»


Cette "loi Fifa" qui ligote le Brésil

Par Pauline Hofmann

Publié le 10 juin 2014 à 19h59Mis à jour le 10 juin 2014 à 20h48

     
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Un manifestant écoute un discours devant une cohorte de policiers brésiliens (illustration)
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Un manifestant écoute un discours devant une cohorte de policiers brésiliens (illustration) © Reuters

TOUTE PUISSANTE - Brasilia a dû voter la "loi générale de la Coupe", qui dédouane la Fifa de toute responsabilité et préserve les sponsors de la Coupe du monde.

Le Brésil doit gérer une fronde sociale et l’organisation de la Coupe du monde de football au même moment. 42 employés du métro de Sao Paulo ont été licenciés lundi pour avoir fait grève, en vertu d'une législation mise en place pour la Fifa, estiment les signataires d'une tribune dans Libération. La Fédération, elle, n’est pas très inquiète, puisqu’elle a assuré ses arrières en mars 2012 en faisant voter la Lei geral da Copa, la loi générale de la Coupe.

Le Fifa protège ses deniers. Cet appareil législatif imposé par l’instance internationale du football bouleverse fortement l’économie brésilienne. Quand la Seleçao jouera, la Fifa a ordonné un jour férié dans les villes.

Plus grave : porter atteinte à l’image de la Fifa ou à ses sponsors est désormais un crime fédéral, tout comme l’utilisation sans autorisation de l’image de la Coupe du monde. Des employés de métro de Sao Paulo ont été licenciés après leur grève justement dans le cadre de cette loi. "C’est une grave atteinte à la liberté d’expression", estime pour Europe 1 Marc Perelman, chercheur en esthétique philosophique à Nanterre, signataire de la tribune.

La tradition du football populaire en prend également pour son grade, puisque la Fifa a imposé la fin des prix réduits. Le gouvernement a malgré tout voulu maintenir des tarifs seniors.

Cette "loi Fifa" qui ligote le Brésil

© Reuters

La libre-concurrence, connais pas. Mais les vrais protégés de la Fifa avec cette Lei geral da Copa controversée, ce sont ses sponsors. Fini l’interdiction de boire de l’alcool dans les stades brésiliens. Peu importe la violence engendrée par la consommation d’alcool, la Fifa veut préserver ses relations avec un de ses plus gros sponsors, Anheuser-Busch, qui fabrique la bière Budweiser. La fédération a également assuré de gros cadeaux aux entreprises engagées dans l’organisation de la compétition, notamment les entreprises de travaux publics, grâce à des exonérations fiscales, des réductions de délais dans l’obtention de permis, ...

Comme le remarque pour Europe 1 le sociologue Patrick Vassort, la Fifa a réussi à mettre la libre-concurrence entre parenthèses le temps de la compétition. Elle se réserve le privilège de toute activité commerciale sur certains produits aux abords des stades. Les 300.000 vendeurs installés dans un périmètre de 2km autour des stades devront baisser leur rideau s’ils ont l’intention de vendre des produits de sponsors de la Fifa.

Cette "loi Fifa" qui ligote le Brésil

© Reuters

Des tribunaux spéciaux. Pour juger si les Brésiliens respectent ou non cette loi Fifa, l’instance internationale de football a bien l’intention de créer des tribunaux d'exception, comme cela a été le cas en Afrique du Sud, totalement anticonstitutionnels dans un pays qui assure l’égalité de ses citoyens devant la justice. Pourtant, le Tribunal fédéral suprême a débouté une action contre la Loi générale de la Coupe.

De plus, la Fifa se dédouane par avance d’éventuels incidents : "Le gouvernement fédéral assumera la responsabilité" d’un incident "lié à la sécurité" et "objectivement attribué à la Fifa, à moins que la Fifa elle-même contribuera à cet incident", explique l’Etat.

Mais le Brésil le promet, l’Etat garde sa souveraineté, puisqu’"aucun amendement ne va à l’encontre de la Constitution fédérale ou de l’ordre légal du pays." Ce n’est pas l’avis des deux signataires de la tribune deLibération, qui estiment, comme l’ancien joueur brésilien Romario, que la Fifa sera le temps du Mondial "la vraie présidente du Brésil". Cette loi temporaire, dans tous les cas, sera supprimée cinq jours après la compétition.

Dosettes : Nespresso à nouveau condamné

STATU QUO - La grève du métro suspendue

MOUVEMENT SOCIAL - Grève dans le métro à Sao Paulo

CONTESTATION - Qui sont les manifestants brésiliens ?

INTERVIEW - "La Fifa fait une sorte de néo-colonialisme", selon Sébastien Lapaque

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (4)

Par Le 11/06/2014

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. "

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas." (2)

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas." (3)

Il avait rejoint sa voiture. Il ne se souvenait pas des derniers instants avec le thérapeute...Comme s'il n'était pas vraiment revenu, comme s'il volait encore dans les cieux lumineux. Une étrange impression, un inconnu qu'il porterait en lui-même.

Il avait pleuré. Il regarda les yeux rougis dans le rétroviseur. 

Il avait une réunion avec les graphistes de la boîte. Une gêne puissante, comme une honte. Il ne pouvait pas se permettre de se présenter comme ça à ses employés. Il imaginait déjà les rumeurs gonfler devant la machine à café. Il fallait passer à la maison, prendre une douche, boire un café, retrouver ses esprits, effacer les traces de ce voyage...

Cette musique qui ne le quittait plus. Les notes répétitives, comme des paroles saccadées, des voix qu'on ne peut étouffer.

Passer à la maison. Téléphoner à Laura d'abord, qu'elle prévienne les graphistes du report de la réunion. Ne pas donner d'explications, il n'avait pas à se justifier auprès de ses employés et il ne l'avait jamais fait. 

Il démarra et entra dans le flot des voitures. Centre-ville. Circulation des âmes en boîte. Des silhouettes enfermées dans des carcans métalliques. Aucun regard, toutes les pensées tournées vers un but précis, des pensées insoumises qui tournent en boucle, musique répétitive des actes programmés. Une dame âgée au bord du trottoir, les yeux fixés sur le courant implacable des automobiles, comme une âme en peine au bord d'un fleuve infranchissable. il accéléra et passa au feu orange. Milieu du carrefour, circulation bloquée. L'autre voie qui se libère et d'autres véhicules qui surgissent, grignotent quelques mètres et se figent. Mouvements opposés des masses. Se faufiler, anticiper chaque mouvement aussi infime soit-il, ignorer les visages, ignorer les passants, ignorer le monde.

Ignorer le monde.

Les notes répétitives dans sa tête.  

Un contrat énorme à venir. Il fallait que les graphistes se surpassent, un marché publicitaire qui pouvait devenir une vitrine sur toute la région, augmentation substantielle du chiffre d'affaires, Il avait déjà manqué les affiches du salon du 1er roman l'an passé. Il ne l'avait toujours pas digéré. L'ambiance dans l'équipe s'en était ressentie. Il avait détesté cette propension du personnel à tirer un trait sur cet échec. Il aurait voulu sentir et voir un engagement plus fort, une volonté de s'imposer, de surpasser la concurrence. L'impression d'être le seul concerné, de porter toute la charge de l'entreprise. 

Reprise du trafic. Vingt minutes pour rejoindre la maison. Il s'accorderait une heure de pause.

Une maman et ses deux enfants sur le passage piétons. Il força le passage sans un regard. Pas de temps à perdre. 

Il en avait assez de cette musique. Toujours ces notes qui s'imposaient à son esprit. 

"Gnagnagna, gnagnagna, gnagnagna, gnagnagna, gnagnagna, gnagnagna, gnagnagna, boum boum boum...

Gnagnagna, gnagnagna..."

Incapable d'en retrouver la puissance qui l'avait saisi. Il n'en restait que l'irritation.

"Apprendre à écouter ce que vous n'entendez plus."

Il se gara dans l'allée de la maison et sortit. 

Mais qu'avait-il entendu ?

Les clés dans la malette en cuir.

Pourquoi avait-il pleuré comme ça ? C'était absurde. L'impression d'avoir été manipulé. Il ferait peut-être mieux d'arrêter ces séances. Ce thérapeute était finalement trop étrange. Et il lui était surtout désagréable de se sentir aussi vulnérable en sa présence. Comme s'il agissait sur lui au même titre qu'un médecin légiste, ce sentiment désagréable d'avoir été autopsié sans autorisation préalable.

Allumer la cafetière. Silence de la maison. Natacha avec ses monstres de dix ans et les deux garçons au lycée. C'était tout de même effrayant ce que sa femme racontait de son travail. Une classe ingérable, des enfants irrespectueux, apathiques ou surexcités, toujours cette impression de devoir les forcer à apprendre. Il se souvenait avec bonheur de ses années d'école primaire. Que restait-il de cette école qu'il avait aimée ? Il devait à l'institution tout son parcours professionnel et à écouter Natacha, il lui semblait aujourd'hui que même les jeunes enfants n'y voyaient qu'un exutoire possible à tout ce que le monde insérait en eux. Il s'inquiétait de plus en plus de l'épuisement chronique de sa femme. Elle ne parlait que de ça et ne pas l'écouter revenait à la voir exploser. Quant aux deux garçons, le lycée n'était pour eux qu'un champ de bataille contre l'armée des professeurs. 

Les notes répétitives dans sa tête. Un agacement exponentiel. 

Qu'est-ce qu'il avait vécu dans le cabinet du thérapeute? Il cherchait des souvenirs précis et ne trouvait qu'un chaos de sensations inconnues. À quoi cela lui avait-il servi ? Le renforcement de son mal être, cette impression nauséeuse de ne rien comprendre. Mais peut-être convenait-il de ne pas chercher à comprendre, cette idée qu'il suffisait de s'abandonner à l'amour. 

L'amour...

Était-ce cela qu'il avait éprouvé, était-ce l'amour qui l'avait fait pleurer ? Mais l'amour de quoi ? Il n'en avait aucune idée. Il se souvenait vaguement de troupeaux d'animaux galopant dans des plaines et des nuages de pollen mouchetant le ciel de flocons virevoltants. 

Tout cela était absurde. Il avait été hypnotisé par le thérapeute. Ça n'arriverait plus. Déjà, dans les séances précédentes, il avait trouvé étrange cet état de plénitude qu'il avait éprouvé, comme s'il avait avalé un anxyolitique. Une forme d'endormissement qui le révoltait désormais. Et maintenant, en plus, il le faisait pleurer sans qu'il n'y comprenne rien. Et avec une musique obsédante qu'il ne parvenait pas à effacer. 

Fini, terminé. Il devait se concentrer sur son travail. Il ne se ferait plus avoir. C'était un moment de faiblesse passager, il allait se reprendre. De toute façon, le travail lui avait toujours été bénéfique lorsqu'il succombait à des moments de trouble intérieur. Travailler, c'était le meilleur moyen d'évacuer toutes ces bêtises.


 Suite plus tard...  

Mondialisme et obésité

Par Le 11/06/2014

L’obésité, maladie du mondialisme

Nicolas Bourgoin.

http://bourgoinblog.wordpress.com/2014/06/09/lobesite-maladie-du-mondialisme/comment-page-1/#comment-1239

La semaine passée, un couple de Britanniques du comté de Norfolk a été mis en état d’arrestation, accusé de mauvais traitements envers leur fils de 11 ans qu’ils « auraient laissé devenir obèse ». Relâchés sous caution après plusieurs heures, ils risquent de voir leur enfant placé dans une famille d’accueil. Ce fait divers a eu de nombreux précédents. Peu étonnant quand on sait que le Royaume Uni compte un quart de personnes obèses, le taux le plus élevé des pays Européens. Simple hasard ? Les causes de l’obésité, rarement génétiques, sont avant tout sociales, la qualité des conditions de vie et de l’alimentation étant déterminante. Or la pauvreté, conséquence de plusieurs décennies de politiques ultralibérales, est endémique au Royaume Uni – la moitié des enfants anglais vivront sous le seuil de pauvreté en 2020 et le marché de la restauration en expansion continue. En février dernier, la chaîne KFC a ainsi annoncé qu’elle allait ouvrir 300 restaurants d’ici cinq ans. La situation dramatique que connaissent les Anglais pourrait bien préfigurer ce qui attend les européens :l’obésité ne cesse de progresser sur le continent de même que les inégalités sociales, et la pénalisation de la misère et de ses effets, inspirée par la révolution néo-conservatrice étasunienne, y devient peu à peu la norme.

ObesesLa fabrique des pauvres

Privatisations à tout crin, baisse des dépenses publiques, monétarisme effréné, réduction du rôle de l’État, déréglementations des salaires et des prix, libéralisation de la finance : le Royaume-Uni est depuis le début des onze années de règne de Margaret Thatcher sous le feu de la politique mondialiste dans ses aspects les plus brutaux. La révolution néolibérale nord-américaine, qui a substitué le Worfare State au Welfare Statea transformé radicalement et rapidement le visage de la Grande Bretagne. Le chômage a fait plus que doubler entre 1979 et 1983, conséquence de la politique de réduction massive des effectifs dans le secteur public. Aujourd’hui, les inégalités sociales y sont plus grandes que partout ailleurs en Europe et la pauvreté s’y est installée durablement. Parallèlement à la dégradation des conditions de vie, l’obésité s’est développée de manière exponentielle : de 1979 à 2013, le pourcentage d’adultes obèses passe de 7 % à 25 % et aujourd’hui plus de la moitié des britanniques sont en surpoids. Les taux d’hospitalisation des 5-19-ans pour l’ensemble des diagnostics liés à l’obésité ont plus que quadruplé en 10 ans et même les bébésne sont pas épargnés. Si cette tendance se maintient, c’est la quasi-totalité (90 %) de la population britannique qui sera obèse en 2050.

L’obésité, maladie de la pauvreté

L’obésité n’est pas un phénomène individuel mais avant tout social. Pour s’en convaincre, un simple examen de sa prévalence en fonction du niveau social suffit. En France, l’obésité est près de deux fois plus répandue dans les catégories les moins favorisées (16,7 % chez les ouvriers, 16,2 % chez les employés) que dans les catégories plus aisées (8,7 % chez les cadres supérieurs), selon l’enquête épidémiologique nationale sur le surpoids et l’obésité 2012. Le revenu est un facteur important. Près d’un adulte sur deux (48,4 %) touché par l’obésité, vit au sein d’un foyer aux revenus inférieurs à 1 200 euros contre 7 % de ceux qui ont un revenu mensuel supérieur à 5 300 euros. 
Le niveau de diplôme est fortement lié aux pratiques alimentaires. Selon l’étude citée plus haut, le taux d’obésité est trois fois plus élevé chez les personnes d’un niveau d’instruction équivalent à celui de l’école primaire (24,5 %) que chez les diplômés d’un 3ème cycle d’études supérieures (7,3 %). Selon une étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc), « les plus diplômés sont ceux qui ont l’alimentation la plus saine (plus de fruits et légumes, des apports plus élevés en nutriments des meilleurs indices alimentaires…) parce que ce sont ceux qui s’intéressent le plus aux liens entre nutrition et santé ». L’obésité est bel et bien une maladie de la pauvreté dans toutes ses dimensions – économique, culturelle et sociale – et de plus en plus nettement car ses écarts de prévalence suivant la catégorie sociale tendent à s’accroître. Elle a des conséquences néfastes sur l’état de santé des individus, donc sur leur longévité – contribuant à creuser encore un peu plus les écarts d’espérance de vie entre classes sociales.

Encore et toujours, punir les pauvres.

La réponse des pouvoirs publics britanniques face à cette épidémie est en complet décalage. Elle tient en une formule : sanctionner les victimes. Autrement dit, faire porter aux individus eux-mêmes la responsabilité de leur propre état physiologique ou aux parents celle de leur enfant, sous couvert de « responsabilisation ». Et en épargnant pour le coup le vrai responsable : le libéralisme qui a favorisé à la fois la progression de la pauvreté, les comportements sur-consuméristes et l’essor du marché de l’alimentation low-cost destinée aux pauvres, malsaine et déséquilibrée. Au Royaume Uni, cette éthique de la responsabilité individuelle est poussée à l’extrême : placement des enfants obèses dans des familles ou des structures d’accueil, instauration d’une taxe anti-obésité appliquée aux personnes en surpoids et suppression des aides sociales et des allocations pour les personnes obèses ou en surpoids qui refuseraient de faire de l’exercice. Toutes ces mesures ne peuvent que pénaliser financièrement des populations déjà fragiles, compromettant encore leur accès à une nourriture saine qui, au fur et à mesure que la pauvreté se développe, tend à devenir un luxe réservé à une minorité. Cette politique discriminatoire s’applique jusqu’aux policiers anglais menacés d’une baisse de salaire en cas d’inaptitude physique.

Société précarisée, société sécuritaire

On retrouve avec la pénalisation de la pauvreté et de ses effets physiologiques, les ingrédients d’une culture du contrôle importée des États-Unis qui associe intensification de la surveillance des populations précaires, restauration de la mission punitive du droit pénal et prédominance accrue de la privation de liberté dans l’économie des sanctions. Autrement dit, redéfinir les problèmes sociaux en termes de sécurité publique pour les résoudre par l’usage exclusif de la sanction[1]. Les États occidentaux ont de plus en plus recours au rapport de forces brutal, à la militarisation du discours et des pratiques policières pour tenter de contenir les désordres produits par le développement du chômage, de la pauvreté et de l’insécurité sociale propres au capitalisme post-fordiste. Les dispositifs d’accompagnement social de la période de l’après-guerre sont abandonnés au profit du filet policier et pénal.

Le Royaume-Uni avec ses 4 millions de caméras de surveillance – une pour 14 habitants, ce qui en fait le pays le plus surveillé d’Europe – et ses 85.000  détenus – deux fois plus qu’il y a 20 ans – fait figure de pionnier en la matière. Loin d’être un fait divers banal, cette nouvelle chronique de la misère ordinaire condense à elle seule tous les ingrédients des maux du libéralisme : l’essor de lajunk food bon marché, la boulimie sur-consumériste, l’explosion des inégalités sociales – y compris celles devant la mort – et la pénalisation de la misère et de ses effets sociaux. L’industrie agroalimentaire, la grande distribution et la restauration rapide pourront continuer à faire des profits sur le dos des pauvres tandis que les inégalités sociales s’accroîtront toujours plus et que les laissés-pour-compte s’entasseront dans des prisons surpeuplées. Ce qui arrive aux Anglais préfigure ce qui sera bientôt la norme en Europe : des populations malades, précarisées, désaffiliées, paupérisées, coincées entre surendettement et surconsommation et n’ayant pour seul horizon que les dispositifs de prise en charge policière et pénale.

  [1] Voir mon livre, La Révolution sécuritaire (1976-2012), Champ social, 2013.

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Honorer

Par Le 11/06/2014

Levé à 4h30...Assis dehors, j'écoutais les oiseaux saluer le lever du jour. Une symphonie disparate emplissant le silence de la nuit qui se retire. Est-ce que j'ai salué cette vie maintenue pendant mon sommeil ? Est-ce que j'ai conscience du privilège inexplicable d'être encore là ? Est-ce que je suis capable de chanter intérieurement, de me réjouir, d'honorer ce cadeau inestimable ?
Encore faudrait-il parvenir à sortir des pensées mécaniques, à délaisser les émotions mortifères, à comprendre que le passé s'est éteint et que la fin du jour n'existe pas encore, qu'il n'y a rien d'autre que cet instant lumineux de l'aurore...J'ai retrouvé soudainement la musique de Moby..."Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " Il ne s'agit pas seulement de l'écrire. Encore faut-il le vivre pleinement...

Aurore

Crise sanitaire

Par Le 10/06/2014

C'est effroyable.

Dans les chiffres, dans les conséquences, dans le fait que ce sont les populations défavorisées qui sont les plus touchées...

Et des laboratoires pharmaceutiques cherchent LA molécule qui permettra d'enrayer ce fléau et par la même ooccasion d'engranger des milliards...Est-ce qu'on doit les critiquer et les freiner dans leurs recherches ? Non, sûrement pas. Il suffit de penser aux victimes. Mais le raisonnement qui consiste à trouver un traitement à un problème qui relève parfois, uniquement, de comportements addictifs et destructeurs, m'interpelle considérablement...Et j'en suis même à me demander aujourd'hui devant cette absurdité si ceux qui en profiteront ne sont pas ceux qui entretiennent le problème. Il faudrait voir quels sont les participations actionnariales des grands groupes alimentaires...S'ils ont des participations financières dans des laboratoires pharmaceutiques, on aurait une réponse...

 


 

USA: 29 millions de diabétiques
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Par lefigaro.fr avec AFPMis à jour le 10/06/2014 à 21:22 Publié le 10/06/2014 à 21:20
Les Etats-Unis comptaient en 2012 plus de 29 millions de diabétiques, ce qui représente une augmentation de 11,5% par rapport à 2010, selon un rapport alarmant des autorités sanitaires fédérales publié aujourd'hui. Une personne sur quatre ignore souffrir du diabète de type 2 ou adulte, précisent les Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

Outre les 29 millions d'adultes atteints de diabète, soit 9,3% de la population, 86 millions, soit plus d'une personne sur trois, est prédiabétique (c'est à dire avec un taux sanguin de glucose plus élevé que la normale). Sans perte de poids et sans activité physique, 15 à 30% de ces personnes deviendront diabétiques dans les cinq ans, selon les CDC.

L'obésité, qui affecte plus d'un tiers des adultes américains, est le principal déclencheur du diabète de type 2. Les responsables sanitaires parlent de véritable épidémie baptisée "diabesity". "Ces dernières statistiques sont alarmantes et soulignent la nécessité d'intensifier les actions pour réduire le fardeau du diabète dans notre pays", insiste Dr Ann Albright, directrice de la division du diabète aux CDC.

On diagnostique deux fois plus de diabète chez les Noirs, les Hispaniques, les Amérindiens ainsi que chez les autochtones d'Alaska que chez les Blancs non-hispaniques, ont aussi constaté les chercheurs. Mais la proportion d'adultes aux Etats-Unis qui sont prédiabétiques est quasiment similaire chez les Blancs (35%), les Noirs non-hispaniques (39%) ainsi que chez les Hispaniques (38%). 

Le rapport précise également que 208.000 jeunes de moins de vingt ans souffrent de diabète de type 1 (juvénile) ou de type 2.
Le diabète est une maladie grave caractérisée par un taux élevé de glucose dans le sang. Elle peut être jugulée par une activité physique, un régime alimentaire adéquat, un usage approprié de l'insuline ou encore un traitement. Traiter le diabète permet aussi de réduire d'autres risques de maladies cardiovasculaires alimenté par l'hypertension artérielle, un taux élevé de cholestérol ou le tabagisme.

Les diabétiques courent un risque plus grand de maladies cardiaques, d'accident vasculaire cérébral, de défaillance rénale et de complications graves dont une perte de la vision, une amputation des orteils, des pieds ou des jambes, voire une mort prématurée, met en garde le rapport. Selon les CDC, en 2012, le diabète et ses complications ont coûté 245 milliards de dollars en soins médicaux et en manque à gagner économique comparativement à 174 milliards en 2007.

Exemple d'horaires

Par Le 10/06/2014

Le message d 'une maman, à Embruns, Hautes Alpes. Quatre écoles élémentaires et pas une seule n'applique les mêmes horaires...


"Maternelle de ma fille et mon fils 
Lundi mardi jeudi vendredi : 8h30 12h - 14h 15h45 
Mercredi 8h30 - 11h30

Mon fils en primaire : 
Lundi 8h30 12h - 14h 16h30 
Mardi 8h30 12h  -14h 15h 
Mercredi 8h30  - 11h30 
Jeudi 8h30 12h - 14h 15h45 
Vendredi 8h30 12h  - 14h 15h45

Et la cerise sur le gâteau pour les enfants qui prennent le car ( ça sera le cas des miens, je n'ai pas le choix ) : 
Prise du car seulement à 16h30 : Mon fils qui finit à 15h doit attendre 1h30 pour rentrer en car...Ou alors, je dois payer la garderie..."


1h30 à attendre sur le trottoir... 

...On appelle ça désormais l'école communale ou pire encore l'école de quartier. 

Mais c'est pour "l'intérêt des enfants", qu'ils ont dit...

Plus de télé...

Par Le 10/06/2014

J'avais douze ans, je m'en souviens très bien. On était tous dehors, on jouait avec les voisins, il n'y a jamais eu autant de fêtes,  un baby boom spectaculaire et un renouvellement des matelas dans toute la Bretagne:)

Une bien belle époque !) 


Bretagne. Il y a 40 ans, l’attentat du Roc’h Trédudon

Il y a 40 ans, un attentat visait l'antenne du Roc’h Trédudon. Des milliers de foyers sont restés privés de télévision plusieurs semaines.

Dans la nuit du 13 au 14 février 1974, l’émetteur du Roc’h Trédudon, à Plounéour-Menez dans les Monts-d’Arrée (29), est la cible d’un attentat. Plusieurs bombes explosent ce soir-là. L’attentat est revendiqué par le Front de Libération de la Bretagne (FLB).

L'émission de France Inter, le 14 février 1974 :

 

Les auteurs de l’attentat n’ont jamais été arrêtés, ni même identifiés.

« Le sabotage spectaculaire de l’émetteur de télévision de Roc-Trédudon fait passer l’activisme à l’échelon supérieur : celui du terrorisme à l’Irlandaise », écrit Ouest-France en première page, le 15 février 1974. « Voici maintenant un million de Bretons privés, pour des mois peut-être, de la télévision. La télévision devenue, quoi qu’on puisse penser de l’ORTF, le pain quotidien du loisir ».

« Comment l’attentat du Roc-Trédudon ne provoquerait-il pas la consternation de tous ceux qui militent hors d’un vain extrémisme, pour une Bretagne plus largement maîtresse de son destin, pour le sauvetage de sa langue et de ses valeurs spirituelles ? Au moment où, grâce à leurs efforts, s’affirme une reprise de conscience de l’identité bretonne, quel effet repoussoir ! », écrit encore Franck Choquet, chef du service politique de Ouest-France, dans cet article.

« La Bretagne mérite mieux », conclut-il.

Cliquez pour agrandir la une de Ouest-France, du 15 février 1974 :

L'abîme...

Par Le 09/06/2014

Friedrich Nietzsche


"Que celui qui combat les monstres prenne garde dans sa guerre, à ne pas devenir un monstre lui même. À force de plonger trop longtemps votre regard dans l’abîme, c'est l’abîme qui entre en vous."


Je sais...J'ai compris...

Le deuil est consommé. Je ne regarde plus cet abîme.

J'écoute de nouveau ce que je n'entendais plus.

Spinoza : le désir

Par Le 09/06/2014

L’ESSENCE SUBJECTIVE DU DESIR

1) Le désir est l’essence de l’homme (Spinoza)

a) Le désir de vivre. – Rappelons d’abord que le désir, en un sens, est l’essence même de la vie : vivre, c’est désirer vivre. Tout est désir, y compris l’aversion qui n’est que le désir de s’éloigner d’une chose qui ne nous plaît pas. Tout ce qu’on fait, on le fait parce qu’on le désire. Ce désir immanent à la vie, Spinoza l’appelle “conatus”, d’un terme qui veut dire “effort”. Il écrit : “Chaque chose, autant qu’il est en elle, s’efforce de persévérer dans son être” (Ethique III, prop. 6). Tout corps, tout être résiste à sa propre destruction, aucun ne veut mourir (cf. la célèbre définition de la vie énoncée par le médecin Bichat : “la vie est l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort”). La particularité de l’âme, et donc de l’homme, c’est qu’elle a conscience de cet effort.

b) L’essence de l’homme. — Donc le désir est le moteur même de nos actions ; on peut dire qu’il est le « sujet » de nos actions. C’est pourquoi Spinoza affirme “le désir est l’essence de l’homme”. L’essence de l’homme, c’est ce qui fait qu’un homme est un homme et le reste. D’abord précisément à cause du conatus, du désir d’exister comme essence de tout être vivant. Mais si le désir est l’essence de l’homme, cela veut dire aussi qu’il est propre à l’homme. Pour l’homme, en effet, le désir n’est pas seulement désir de vivre, mais le désir de vivre en tant qu’homme. Or l’homme possède un esprit, une conscience. D’où une nouvelle définition du désir, applicable à l’homme seul : “le désir se rapporte aux hommes, en tant qu’ils ont conscience de leurs appétits et peut, pour cette raison, se définir ainsi : le désir est l’Appétit avec conscience de lui-même”. Les autres êtres vivants ont des tendances, des « appétits », ils subissent la loi du «conatus », mais ils ne connaissent pas le « désir ».

c) Subjectivité et souverainete du désir. – Désir et conscience sont donc intimement liés. C’est pourquoi on peut parler d’une « subjectivité » du désir, au sens d’abord où l’homme est conscient de ses désirs. Inversement, l’homme ne désire que parce qu’il est conscient (sinon il se contenterait de ses « appétits », comme les animaux). Mais le désir peut être dit « subjectif » dans un autre sens encore. En effet le désir est souverain, il est “sujet” dans un sens parce qu’il décide lui-même de ce qui désirable et de ce qui ne l’est pas. Contrairement à ce que pensait Aristote, nous ne désirons pas une chose parce que nous la jugeons bonne (ce qui suppose que le jugement est premier), mais nous la jugeons telle parce que nous nous efforçons vers elle, parce que nous la désirons (cela suppose la primauté du désir). C’est le désir qui crée la valeur, qui donne de la valeur aux choses, non l’inverse. Par exemple, ce n’est pas parce qu’une chose «est » belle (selon quel critère ?) que nous la désirons, c’est parce que nous la désirons que nous la voyons belle. Il n’y a plus de « bons » ou de « mauvais » objets du désir : si le désir est sujet, comme on l’a dit, ce n’est plus l’objet du désir qui fait la valeur du désir. D’ailleurs il vaudrait mieux ne plus parler des désirs (confusion du désir avec ses objets multiples), mais plutôt du désir comme sujet. Désirer, c’est bien (activité), ne pas désirer, c’est mal (passivité).

Evidemment, ceci n’a de sens que si l’on ne confond pas Désir et Appétit. Les appétits livrés à eux-mêmes peuvent être mauvais. C’est la conscience qui fait la différence, c’est pourquoi également il y a une subjectivité du désir. C’est la conscience qui apporte aux appétits une unité, une durée, un sens, et qui les transforme en désirs.

Il reste cependant une difficulté : le désir est sujet, mais son objet reste flou. On a dit : désirer, c’est bien. Mais désirer la mort, est-ce bien ? Le simple fait que le désir soit conscient, et souverain, ne rend pas ce désir bon.

La solution au problème est la suivante : il ne suffit pas d’affirmer que la conscience accompagne le désir (Spinoza), il faut reconnaître que la conscience (c’est-à-dire l’homme) constitue aussi le vrai objet du désir, du désir en tant qu’humain. D’autre part, c’est une chose de considérer la conscience comme un attribut majeur du désir, c’en est un autre de définir la conscience tout entière comme « désirante»… C’est ce que nous enseigne Hegel (19è) : désirer et être conscient ne sont pas seulement « associés », c’est proprement la même chose. C’est parce qu’elle est désirante, tournée vers une « autre » conscience en quête de reconnaissance, que la conscience est dynamique et peut progresser.

 

http://r-eveillez-vous.fr/savons-nous-bien-ce-que-nous-desirons/

 

Un site à lire et à partager.


"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas." (3)

Par Le 08/06/2014

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (1)

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas." (2)

Nouvelle écoute.

 

Il s'aperçut que les notes longues du synthétiseur apparaissaient bien plus tôt que ce qu'il avait décelé à la première écoute. Il s'était laissé prendre par le leitmotiv e til  n'avait pas su s'en libérer...

 

Les yeux clos, il vit crépiter des lumières, comme des papillons virevoltants. 

Longue inspiration, longue expiration. Sans le vouloir, sa respiration avait adopté un rythme particulier, comme si les notes agissaient sur lui comme un chef d'orchestre. 

Apaisement.

Un crescendo céleste. L'expression s'imposa, une évidence. 

Les notes longues qui montaient et gagnaient en puissance.

Il se sentit aspiré, une ascendance tiède et délicate, aucun soubresaut, une élévation d'âme...

L'âme...Le mot avait jailli comme un diable hilare de sa boîte. 

Il en sourit et laissa les sensations l'envahir. Comme des retrouvailles, des embrassades attentionnées, un câlin de femme...

Ascension...

Des chaînes de montagnes et des glaciers, des jungles infinis tapissant la Terre d'une houle frissonnante, des plaines aux herbes dansantes, des brises gonflées de chaleur, des vols d'oiseaux lancés à travers les horizons lumineux, et l'Océan, l'Océan, comme il ne l'avait jamais vu. Un fin liseré dessinant l'arrondi de la planète, reflet de l'atmosphère, miroirs symétriques, l'un et l'autre se contemplant, il devina la rotation de la Terre dans l'espace, mouvement indicible d'une puissance incommensurable, la Terre tournait sur elle-même dans une courbe solaire et nous n'en étions même plus étonnés...

 

Les notes longues qui montaient vers les cieux. 

Une paix inconnue gonfla en lui, une succession effrénée d’images déboula, une masse compacte animée d’une volonté inébranlable, il regarda derrière ses paupières et vit le monde, il le vit comme il ne l’avait jamais entendu et l’expression ne l’interpella même pas, il s’abandonna au flux dans ses veines.

 

Il sentit courir en lui des troupeaux de zèbres, la puissance des antilopes, le grondement puissant des sabots sur le sol, la montée de la sève dans les bourgeons affamés, il entendit la croissance des herbes, il suivit le parcours obstiné des insectes dans les jungles des sous-bois, le vol bondissant des papillons amoureux, il entendit le chant des vents d’altitude et se laissa porter par les grands courants marins, coula dans les fleuves au milieu des limons, survola les sommets, descendit lentement au cœur des glaciers, icebergs dérivant dans les mers polaires, il imita le silence des pierres, plongea au cœur des atomes, fusionna dans les coulées de lave, glissa sur une fougère dans un corps d’escargot, amibe insérée dans un conglomérat visqueux, il sentit ruisseler en lui le parfum des fleurs, des milliers de parfums comme des tourbillons enivrants, il compta en un milliardième de secondes les flocons qui tombaient sur le monde.

« Je suis la vie présente en moi… Je suis l’énergie, la beauté de l’ineffable. J’écoute ce que je n’entendais plus. »

 

Ce cœur qui bat sans que rien ne l’explique, cette mélodie sourde, régulière, comme un tambour éternel, cet apaisement immédiat, une comptine récitée en lui, un condensé de douceurs pour le calmer.

Plus de grésillements mais une chaleur diffusée dans les fibres, un courant continu, il devinait une charge électrique, rien qui ne puisse être identifié, rien qui ne puisse être saisi par la raison, il percevait encore cette osmose inimaginable avec les éléments de la vie, cette rencontre fusionnelle, ce partage qu’il n’aurait su concevoir.

Le courant en lui. 

 

L’impression qu’il était réfugié dans une grotte close et que l’agitation du monde s’approchait.

Le leitmotiv le saisit à la gorge. Il en fut atterré puis il comprit aussitôt qu’il en était responsable. Le flux vital était toujours là, les notes longues comme un chœur divin…  

Placenta humain, placenta terrestre, placenta divin…Une succession infinie, des expériences à saisir pour grandir, des expériences pour valider la croissance…

 

Il ne comprenait rien à ce qui jaillissait en lui.

Les notes longues comme des nourritures spirituelles.

Notre naissance, cette expulsion du ventre maternel. Nous n’avions pas compris. Nous nous pensions humains, nous n’étions qu’une nouvelle forme embryonnaire. La Terre était un deuxième placenta. Nous devions y grandir avant que la mort ne nous renvoie au placenta divin, celui des âmes, celui des énergies originelles, dans le flux vital, dans le courant des particules…

 

Le leitmotiv des conditions de vie n’était qu’une sourdine posée sur cette âme, l’interdiction de grandir, une condamnation que nous nous infligions. Il fallait en sortir et se nourrir de l’Amour.

 

Les phrases en lui comme des bourgeons gorgés de vie.

 

Il ne comprit pas les larmes. Il se l’était toujours interdit. Les injonctions de son père. Un garçon ne pleure pas. Et l’homme à venir doit tuer l’amour de la vie. Brider les émotions et s’en tenir à la raison apprise.

 

Il ne pouvait plus.

Il aurait pu en mourir. Alors que la Vie était là…

 


Suite plus tard…

R.I.P...

Par Le 08/06/2014

Suicide d'un prof à Marseille : «imputable au service», selon l'Education nationale

Publié le 07.06.2014, 14h09 | Mise à jour : 14h33

ARCHIVES. L'Education nationale a reconnu que le suicide d'un enseignant d'un lycée de Marseille à son domicile la veille de la rentrée 2013-2014 était directement lié aux conditions de travail, a indiqué samedi une source syndicale.

ARCHIVES. L'Education nationale a reconnu que le suicide d'un enseignant d'un lycée de Marseille à son domicile la veille de la rentrée 2013-2014 était directement lié aux conditions de travail, a indiqué samedi une source syndicale. | LP

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L' nationale a reconnu que le suicide d'un enseignant d'un lycée de Marseille à son domicile la veille de la rentrée 2013-2014 était directement lié aux conditions de travail, a indiqué samedi une source syndicale. <btn_noimpr> Le recteur de l'académie d'Aix-Marseille a annoncé vendredi lors d'un comité technique académique, réunissant représentants des personnels et de l'administration que ce suicide était «imputable au service», a indiqué Séverine Vernet, une responsable régional du SNES-FSU.

«Cela signifie la reconnaissance du fait que ce geste a un lien direct avec le travail, que seul le travail explique ce geste. C'est aussi la reconnaissance des carences de l'administration dans l'accompagnement des personnels et les moyens accordés à la médecine de prévention», a poursuivi Mme Vernet, secrétaire du CHSCT académique. Le rectorat n'était pas joignable samedi pour commenter cette information.

La réforme de la filière technique mise en cause par l'enseignant

Pierre Jacque, professeur d'électronique en série STI2D (Sciences et technologies industrielles et du développement durable) du lycée  (13e arrondissement) a mis fin à ses jours le 1er septembre 2013 à l'âge de 55 ans, expliquant dans une lettre adressée à ses collègues que «le métier tel qu'il est devenu» ne lui était «plus acceptable en conscience».

Dans cette lettre, il dénonçait notamment les conditions de «la mise en place de la réforme» de l'ex-ministre de l'Education nationale Luc Chatel «faite à la hussarde dans un état d'affolement que l'inspection a du mal à dissimuler». Les CHSCT «avaient alerté à l'époque l'administration sur la souffrance grandissante des personnels suite à cette réforme de la filière STI2D (Sciences et technologies industrielles et du développement durable) », souligne Mme Vernet, estimant que cette reconnaissance, une première dans l'académie, était «essentielle» pour la famille de ce professeur, qui était marié et père de deux filles.
  •  07/06/2014 - 20h10

    Heureusement qu'il y a encore quelques bons médecins ou psychiatres attentifs qui évitent le drame en mettant en arrêt maladie et à l'abri avec des soins ... car il n'y a pas que dans l'éducation nationale qu'on désespère et harcèle les actifs et il n'y a pas que le métier de prof, tel qu'il est devenu, qui n'est "plus acceptable en conscience" .... la liste est longue.

  •  07/06/2014 - 19h22

    Je suis enseignante quand j'organise une sortie scolaire et que je demande à des parents de m'accompagner, à la fin de la demie journée, ils n'en peuvent plus et me demandent comment je tiens... Régulièrement, on me dit qu'on ne ferait ce métier pour rien au monde. Pourtant, je ne travaille pas dans une zone difficile... Ne pas avoir deux mois de vacances l'été , beaucoup d'enseignants sont pour mais apparemment, c'est le milieu touristique qui décide de l'avenir de nos enfants. Pour les nouveaux rythmes, certaines écoles ont proposé de grignoter sur les vacances, ce sont les directeurs académiques qui ont refusé. Discutez avec des enseignants, écoutez nous et faites vous une opinion de nous après. Je sais que les apparences ne nous valorisent pas mais je pense que beaucoup d'entre nous valent le coup de creuser un peu.

Le chemin de l'amour conscient (sexualité sacrée)

Par Le 07/06/2014

"L'amour d'un être humain pour un autre, c'est peut-être l'épreuve la plus difficile pour chacun de nous...l'oeuvre suprême dont toutes les autres ne sont que des préparations...L'amour, c'est l'occasion unique de mûrir, une haute exigence, une ambition sans limite..."

Rainer Maria RILKE

 

 


 

"Á ce jour, les relations amoureuses ne nous ont peut-être jamais autant appelés à faire preuve d'honnêteté et de conscience envers nous-mêmes et envers l'autre. car si nous voulons garder la relation vivante, nous devons nous libérer de nos vieilles habitudes et de nos aveuglements et développer la puissance, la sensibilité et la profondeur de lm'être humain. Autrefois, quand des gens voulaient explorer les mystères profonds de la vie, ils se retiraient dans un monastère un ermitage mais aujourd'hui, le couple serait le lieu où l'on peut affronter tous nos dieux et nos démons. 

Les relations de couple n'étant plus une source prévisible de confort et de sécurité, elles nous obligent en quelque sorte à choisir entre deux attitudes : lutter pour nous raccrocher à des fantasmes et à de vieilles formules qui ne correspondent plus à la réalité ni ne nous aident vraiment ou apprendre à voir dans les difficultés qui surviennent dans nos relations une occasion de nous éveiller et de réaliser nos meilleures qualités humaines, telles la conscience, la compassion, l'humour, la sagesse et la quête de vérité dénuée de toute peur.

Le couple devient alors un chemin, une voie pour approfondir notre lien avec nous-mêmes et l'être aimé et développer notre sentiment d'exister."

"Le chemin de l'amour conscient"

John WELWOOD

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas." (2)

Par Le 06/06/2014

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (1)

Il entendit le thérapeute appuyer sur les touches de l'appareil. Une chaîne hifi qu'il utilisait régulièrement pendant les massages.

Des musiques relaxantes qui l'avaient irrité au début. Il n'aimait que le folk et le country...

Et puis, il avait fini par reconnaître que les effets apaisants du massage se conjuguaient parfaitement bien avec les tempos de ces musiques contemplatives.

Il s'attendait donc à entendre quelque chose de similaire.

Premières notes. Une mélodie répétitive, quelques notes qui sonnaient comme une mélopée entêtante. 

Aucune parole. Il n'en avait pas l'habitude. Au début, pendant les premières séances, il en avait même éprouvé un manque. Il s'était surpris à attendre une voix jusqu'à ne plus entendre la musique..."Apprends à écouter ce que tu n'entends pas..." Il commençait à comprendre...

Répétitions de la mélodie, des notes sèches, un peu étranges, impossible pour lui d'identifier le style...Encore une fois. Mais il avait appris peu à peu à s'abandonner, à ne plus attendre quelque chose de connue, ou à se réjouir de pouvoir donner un nom,  de montrer sa culture...Il avait ressenti un soir l'immaturité de cette attitude... Il tentait d'appliquer la découverte mais ce leitmotiv était vraiment irritant. Impossible de s'en défaire.

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas."

Il se répétait la consigne puis laissait disparaître aussitôt cette pensée. 

"Á quoi vous font penser ces premières notes ?

-Quelque chose d'entêtant, quelque chose dont on voudrait se débarrasser. Désolé mais ça m'énerve.

-Tant mieux."

Il fut surpris et même perturbé par cette remarque. En quoi le fait d'être irrité pouvait bien lui être utile ? Il ne venait pas là pour en sortir encore plus tendu. 

"J'aimerais que vous imaginiez que ces notes qui vous irritent représentent en fait tout ce qui remplit actuellement votre vie. Je vous laisse intérieurement en dresser le catalogue. Inutile de m'en faire part. Imaginez maintenant que ces notes, vous ne pouvez vous en défaire, elles vous poursuivent, jours et nuits, elles agissent en vous comme un poison qui vous intoxique et vous rend même malade."

Silence. Juste la musique.

"Maintenant, j'aimerais que vous preniez conscience du fait que ces notes qui vous irritent n'existent qu'à travers l'importance que vous leur donnez. Elles n'ont aucun pouvoir sur vous. C'est vous qui leur en donnez.. J'aimerais que vous tentiez d'inverser ce regard habituel. Vos conditions de vie sont ce que vous en faites. Je ne nie pas la difficulté de votre situation de patron d'entreprise ou la charge de père ou la culpabilité envers le temps que vous ne pouvez accorder à la femme que vous aimez...Je sais tout cela. Mais il y a quelque chose que vous n'entendez plus et cette absence donne aux sons qui se répètent une portée immense... C'est parce que vous ne percevez qu'une part infime de la vie que vos conditions de vie vous pèsent."

Silence.

Il se répétait intérieurement la dernière phrase. Puis il revenait à la musique.

Une batterie, discrète, une rythmique très bien menée, il devait se l'avouer. 

Des violons ou un synthétiseur, il ne savait pas les distinguer. 

"Voilà, je savais que vous les entendriez."

Il n'avait rien dit.

-Comment savez-vous ce que j'entends ?

-Vous avez bougé les pieds quand vous avez pris conscience qu'il n'y avait pas que ces notes entêtantes. Jusqu'ici, vous étiez resté parfaitement immobile."

Un coup de chance, pensa-t-il. C'est n'importe quoi. 

"J'aimerais maintenant que vous imaginiez que vous volez avec ces notes longues, vous les entendez bien maintenant, vous allez même réaliser parfois que le leitmotiv s'efface et lorsque vous y penserez, il réapparaîtra aussitôt. Vous comprenez ? Il n'est rien d'autre que l'importance que vous lui accordez."

Silence.

"J'aimerais que vous preniez de la hauteur. Vous n'êtes pas un oiseau et vous n'avez jamais volé. Mais votre conscience sait le faire. Ne réfléchissez pas, laissez-vous porter par les notes longues, violons ou synthétiseur, peu importe. Laissez-vous transporter, laissez votre conscience prendre de la hauteur. Ecoutez ce que vous n'entendez plus. Vous perdrez le fil parfois et vous aurez peur de vous écraser. Aucun problème. Laissez-vous tomber, laissez le leitmotiv vous envahir de nouveau et puis, reprenez votre vol, retournez dans les notes longues, imaginez les paysages, imaginez ce que vous n'avez jamais vu."


Suite plus tard...

Rainer Maria Rilke

Par Le 06/06/2014

"Soyez patient en face de tout ce qui n'est pas résolu dans votre coeur.

Efforcez-vous d'aimer vos questions elles-mêmes, chacune comme une pièce qui serait fermée, comme un livre écrit dans une langue étrangère.

Ne cherchez pas pour le moment des réponses qui ne peuvent vous être apportées, parce que vous ne sauriez pas les mettre en pratique, les vivre.

Et il s'agit précisément de tout vivre. 

Ne vivez pour l'instant que vos questions.

Peut-être simplement, en les vivant, finirez-vous par entrer insensiblement, un jour dans les réponses." 

Rilke.


C'est fascinant pour moi de constater, que tout au long de ma vie, je suis toujours tombé, immanquablement, sur les livres dont j'avais besoin à l'instant présent...

Merci aux Grands Hommes. 

L'année dernière...Même période...

Par Le 06/06/2014

Désabusé, désenchanté.

  • Par la-haut
  •  
  • Le 02/06/2013
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Interview du président du club de rugby de Toulon.

 Très marqué après la défaite de ses ouailles face à Castres hier (19-14) en finale du Top 14, le président du RC Toulon Mourad Boudejllal a confié ses difficultés à gérer la dimension émotionnelle de son rôle. « Ce boulot, il me ronge un peu, il me ronge de l’intérieur, c’est vachement dur. Je vais rester parce que j’ai commencé un boulot et j’aimerais le terminer mais je ne tiendrai pas longtemps comme ça, a ainsi glissé Boudjellal. Il te ronge dans les défaites, il te ronge dans les victoires. Dans les victoires et les défaites, tu perds toute notion de la réalité de la vie. Qu’est-ce que c’est dans ta vie d’avoir perdu un match, quand tu penses à ce qui t’attend demain ? Tu te dis ‘ qu’est-ce que j’ai été con ‘ ! Tu es con et pourtant tu as mal. Et c’est ça qui te ronge. Quand tu vis et que tu n’es plus dans la réalité des choses, tu passes à côté de ta vie. Ou alors c’est simplement une drogue pour éviter la lucidité mais cette drogue, elle fait du mal. »


 Désabusé et désenchanté.

La connotation négative de ses deux termes me surprend.

Être désabusé est une victoire étant donné que le terme signifie que l'individu n'est plus abusé, ni par lui-même, ni par les évènements. C'est là que surgit la lucidité dont parle Boudejllal.

Être désenchanté est une libération, la fin d'un "enchantement", ou d'un sortilège. Être abusé est une condamnation à errer dans les affres des émotions insoumises. Qui est responsable ? La réponse est à chercher en soi. Les évènements ne sont que des phénomènes dont la réalité dépendra de la lucidité. S'ils deviennent un fardeau, c'est que l'individu s'était projeté au-delà des évènements eux-mêmes. La tournure prise par les évènements n'implique pas que l'individu s'y abandonne.

La lucidité.

C'est étrange de constater que les individus désabusés sont considérés comme des gens abattus, sans espoir, sans énergie, sans intention alors qu'ils ont justement atteint cette plénitude des émotions. Il n'est pas question pour autant de ne rien éprouver. Il s'agit juste de ne pas s'identifier à ces émotions. Je ne suis pas ce que je ressens et j'observe le cheminement des émotions en moi. Je les laisse s'étendre sans qu'elles ne me rongent parce que je sais rester le maître intérieur.

Je suis désabusé au regard de mon travail avec les enfants. Il ne s'agit pas d'une déception mais d'une désillusion. J'en suis responsable étant donné que je faisais porter aux enfants le poids de mes exigences envers moi-même. Une erreur monumentale. J'ai vécu dans les illusions de mon pouvoir, de mon influence, de mes intentions. Que les effets espérés ne soient pas à la mesure de l'énergie dépensée est une désillusion profitable. Il me reste à apprendre le détachement. Être là sans aucune attente, juste montrer comment je m'enseigne moi-même, comment je m'éduque, comment je m'observe. Il ne dépend pas de moi que les enfants s'en servent. Les influences qu'ils subissent sont bien plus puissantes que tout ce que je pourrais proposer. Il n'est pas question pour autant d'abandonner ma façon d'être. Je dois apprendre à ne rien attendre, à ne rien espérer. C'est l'espoir qui conduit à la déception. Être désabusé a un avantage immense, c'est celui du marcheur qui ne s'intéresse pas au but à atteindre mais au pas à faire.

Le désenchantement, je le comprends non pas dans la détresse des illusions perdues mais dans la beauté de l'acte pur. Je fais ce que je suis, je pense ce que je dis, j'accomplis ce qui me construit. Que les autres autour de moi y trouvent un quelconque intérêt ou qu'ils en soient totalement indifférents ne change rien à la donne. Je suis non pas ce que je veux être mais juste cet être désabusé qui n'attend rien et qui agit au mieux, libéré de toute pression.

C'est pour cela d'ailleurs que je ne veux pas écrire avec une intention éditoriale, comme si le contrat de publication représentait l'objectif suprême. Je ne ferai que m'abuser et m'enchanter si je me soumettais à cette intention. Je sais ce que j'ai appris de moi en écrivant pour moi. Je sais ce que je n'aurais jamais découvert si j'avais écrit pour les autres. Et c'est parce que ce travail-là, aujourd'hui, me comble que je peux le proposer aux autres.

"Je suis enchanté de cette publication."

Cette phrase représente finalement une abomination si on considère que l'enchantement est un sortilège dont les émotions se nourrissent. Être enchanté est un abus et il est effroyable de s'abuser soi-même. 

  Je suis heureux qu'une éditrice s'intéresse aujourd'hui à mes textes, non pas comme une reconnaissance mais parce que des passerelles vont se créer. Rien n'aurait été possible si j'avais écrit avec un cadre prérequis, avec une trame à la mode, dans un registre reconnu.

Les déceptions et les colères ressassées envers les éditeurs qui refusaient mes textes n'existaient que par rapport à cet enchantement dans lequel j'évoluais et que j'avais moi-même érigé. J'aurais dû arrêter d'écrire d'ailleurs, depuis le temps. Mais l'écriture est plus importante que l'enchantement et maintenant que je suis désabusé, je peux m'abandonner à l'émotion d'être publié.

Je suis responsable de la réalité, je suis responsable de ce qui me ronge ou m'apaise.

Être désabusé est le chemin indispensable pour parvenir à la lucidité et déposer enfin ce qui ronge ou ce qui apaise, ce qui éloigne du réel et construit une réalité inconstante.

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