Là-Haut

Articles de la-haut

La réalité de l'amour (sexualité sacrée)

Par Le 20/06/2014

 

Unnamed

 

Si vous regardez un abricot, vous pouvez décrire sa couleur, sa texture, son parfum, le goût de sa chair, la dureté de son noyau, la matière de son noyau mais tout ça n'est pas l'abricot. C'est juste sa matérialisation physique. L'énergie qui le constitue n'est pas visible alors que c'est justement sa réalité profonde. Il en est de même avec l'amour. Il est tout ce qui n'est pas visible. Effacez la vision que vous en avez et observez ce qui reste."

 

Kundalini web

Lettre à Peilhamon

Par Le 19/06/2014

Lettre à Vincent et Benoit (réforme des rythmes scolaire en dedans)

Chers Vincent et Benoît.

Je m’adresse à vous deux bien que je sais pertinemment que Vincent, toi, tu t’en bats les tomates de cette réforme puisque tu es désormais député européen! Mais bon, vu que c’est toi qui  a pondu cette débilité de réforme, je te mets dans le lot hein!

BD reforme rythme scolaire

Soit dit en passant, c’est pas joli joli de mettre le dawa et après refiler le bébé aux copains hein!

Bref, je voudrais vous parler de cette réforme. Sachez le, j’habite dans un village de campagne, avec 500 habitants environ, une école et une boulangerie, seul commerce du village (si on ne compte pas les maisons de champagne).

Votre réforme là (je dis « votre » parce que c’est aussi la tienne désormais, Benoît), qu’est ce qu’elle va changer au quotidien pour les enfants de mon village?

Déjà, par rapport au système actuel, ils seront en classe 15 minutes de plus par jour (si ils ne vont pas à la garderie du soir, sinon c’est 1h de plus) en plus du mercredi matin. Comment est ce possible? J’t’explique Benoît, t’excite pas. Ton ami Vincent a décrété que les enfants travaillaient mieux et sont plus attentifs le matin. Soit, je ne dis pas le contraire. Ensuite, il a dit que ça serait tip top coolos de la laïfe que la culture, le sport, la vie quoi, entre à l’école sous forme d’activités l’après-midi en remplacement de travail scolaire classique et que ça serait fait par des animateurs, éducateurs, bénévoles, que sais-je encore. Ok, c’est bien pour tous les gamins qui n’ont pas d’activités extra-scolaire.

Chez nous ça donne ça:

planning rythmes scolaireVous ne voyez rien, bah cliquez sur l’image bande de buses!

Mais alors what’s ze phoque? Prenons l’école de mon village comme exemple (parce que bon les autres, j’m’en cogne…. rôô ça va je déconne!).

Alors dans le désordre (j’aime pas ranger):

  1. Qui peut aller chercher son enfant à 16h15 sérieux?! Même pour les parents au foyer, ça va être sport! En plus, maintenant, faudra payer cette heure d’étude surveiller 1,80€ (mais l’école n’est donc pas gratuite bon sang!).
  2. Les enfants resteront plus longtemps à l’école le soir, en plus du mercredi. Donc ils seront crevés le mercredi matin au lieu du jeudi! Mais à part ça, ils seront plus à l’écoute en classe hein! Magnifique…
  3. L’étude surveillée sera faite par les enseignants. Actuellement, elle consiste à revoir les leçons non acquises et /ou à faire les devoirs. Sauf que comme le dit l’alinéa 1 ci-dessus: « Qui peut aller chercher son enfant à 16h15 sérieux?! ». Du coup, il y aura un nombre important d’élèves ce qui rendra l’étude difficile et donc se soldera en récré par exemple.
  4. Les enseignants ont accepté de prendre en charge le TAP (Temps d’Activités Péri-éducatifs) dans la limite de leurs compétences. Autrement dit, si on a la chance d’avoir un prof champion d’échec, de sport en tout genre, de loisirs créatifs, de musique, de Jeopardy, de pompon et de bonshommes en allumettes le tout en même temps, ça peut le faire!
  5. Concernant les animateurs et autres éducateurs pour assurer ces TAP, quelle personne sensée accepterai de faire 20kms aller-retour pour travailler une heure payée au SMIC? AUCUNE! Simplement parce que prix de l’essence + SMIC = travailler pour rien et on rajoute l’horaire en milieu de journée = difficile de cumuler avec un autre emploi (ou si, un emploi de nuit à la limite). Même les étudiants, ça va les faire chier (bah oui, ils ont cours eux aussi)!
  6. Le budget des familles va en prendre un coup parce que quand tu bosses, soit, tu mets ton gosse de 8h à 18h et ça coûte 11€ par jour et par enfant. Soit, tu bosses à mi temps mais avec le temps de trajet et tes horaires qui seront les mêmes que tes gosses tant qu’à faire, bah tu les mets toute la journée et ça te coûte 11€ par jour et par enfant!
  7. Les enfants qui seront à l’école de 8h à 18h, vont vadrouiller de la salle perisco, à la salle de classe, à la cantine, à la salle de classe, à la salle polyvalente, à la salle perisco. J’espère bien qu’ils auront des jambes en béton pour en faire des futurs champions de cyclisme!
  8. Autre souci, les parents qui travaillent le mercredi (oui c’est dingue je sais!), comment vont ils faire si ils n’ont aucune solution pour aller chercher leur gamin le midi? Et oui, c’est ouf mais tout le monde n’a pas de papi ou mamie à proximité dispo et/ou qui ne bosse pas! Et bah ceux là mettront leurs enfants en ville ou  dans le privé. Imagine la perte sur 52 élèves! Même si une minorité part, on peut craindre une fermeture de classe… C’est balot, on vient juste d’investir 1 800 000€ dans la rénovation de l’école primaire…

Donc, je constate que déjà dans les villes c’est le bordel mais alors en campagne… Bien sûr cet exemple n’est que supputation et ne concerne qu’une seule école! Mais on parie combien que j’ai bon?

Alors chers Vincent et Benoît, sans déconner les mecs, vous n’avez pas autres choses à foutre que d’inciter un des deux parents (au hasard Baltazar, la mère hein) à rester à la maison parce que bosser reviendrait à pisser dans un océan de violons qui ressortent par l’oreille gauche? Il est où le retour à l’emploi? (bah pas avec la réforme du congés parental apparemment) (oups, je m’égare là) (j’écrirais une lettre à Najat).

Il est où le bien être de nos gosses? C’est déjà pas super simple et complètement inconscient de faire des gosses à notre époque (crises conimiques toussa toussa), mais là, les gars, vous voulez avorter les futurs embryons bordel (j’assume qu’à moitié ce jeu de mot pourri).

Vous avez pondu une réforme à la va-comme-je-te-pousse histoire de dire « on avait qu’on le ferai hein, votez pour nous putain ». Mais réveillez vous, la réalité, vous connaissez un peu? Nan c’est pas « plus belle la vie » les mecs… Sortez de vos bureaux et mettez vos gosses dans des écoles publiques. Après on en reparle de la réforme okay!

BD reforme rythme scolaireBD reforme rythme scolaireBD reforme rythme scolaireBD reforme rythme scolaire

Bref, votre réforme en deux mots: c’est de la merde (bon ok, ça fait plus que deux mots).

BD reforme rythme scolaire

#fucklaréforme

Crise de l'enseignement

Par Le 19/06/2014

http://rue89.nouvelobs.com/2014/06/18/francois-dubet-recruter-les-profs-a-bac5-cest-erreur-252636

Comment en est-on arrivé à recruter des profs avec 4 de moyenne au concours ? Les réponses de François Dubet, sociologue de l’éducation, qui propose un recrutement à bac+1 puis une formation jusqu’à bac+5.


Le sociologue de l’éducation François Dubet en 2006 (Rillon/Neco/Sipa)

Les instituteurs, une espèce en voie de disparition ? En mai, Rue89 a publié une enquête sur l’impressionnante pénurie des candidats au concours de professeurs des écoles. Elle montrait qu’en 2014, certains d’entre eux étaient admis avec des notes très basses à l’examen afin de pourvoir, coûte que coûte, les postes vacants (voir l’infographie en haut de cette page).

Instits en colère, parents inquiets, élèves désabusés : les réactions à cet article n’ont pas manqué. Pourquoi cette pénurie de profs ? Et comment rendre le métier de nouveau attractif ? Les réponses de François Dubet, sociologue de l’éducation, professeur à l’université de Bordeaux et directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS).

Rue89. La carrière de professeur des écoles n’attire plus. Dans les académies de Créteil et Versailles, plus de 85 % des candidats ont été admis au concours cette année, le dernier recruté ayant dans ces deux zones une note moyenne inférieure à 5/20...

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Cet entretien a été publié en avant première le 7 juillet 2014 dansnotre magazine Rue89 Week-end pour tablette. Chaque jeudi soir, vous y retrouvez le meilleur de Rue89.

François Dubet. Avec un chômage de 25 %, une telle profession dans la fonction publique devrait attirer. Ce n’est plus le cas et c’est une énigme. Elle est mal payée, c’est vrai, mais ce n’est pas nouveau  : dès les années 60, on disait déjà que les profs étaient mal payés, ils l’étaient moins que les policiers, par exemple.

Aujourd’hui, un ménage de jeunes enseignants, avec deux salaires et avec une sécurité de l’emploi totale, ne démarre pas dans la vie dans les pires conditions. Dans les pays dont les écoles sont considérées comme excellentes, comme la Suède, la Norvège ou la Finlande, les salaires des professeurs ne sont pas considérablement supérieurs à ce qu’ils sont en France. Mon sentiment, c’est donc que le salaire n’est pas fondamental dans l’explication de la désaffection que nous constatons aujourd’hui.

Il y a pourtant eu une paupérisation. Autrefois, en France, l’instituteur étaient un notable. Son train de vie était plus confortable.

Pas tant que cela. C’était un notable, mais son salaire n’était pas considérable.

Il était mieux payé qu’un plombier...

Oui, si l’on prend le fameux cas du plombier. Mais l’enseignant ne gagnait pas tellement plus que l’ouvrier très qualifié, par exemple. Les profs n’ont jamais été bien payés, mais la profession avait un prestige indiscutable.

Dans un monde du travail bien plus dur qu’il ne l’est aujourd’hui – avec un chômage qui vous plongeait dans la misère, des accidents de travail... –, cette profession, même mal rémunérée, vous donnait un prestige social et une forte stabilité de l’emploi. Mais les profs vivaient modestement, même si certains avaient un logement de fonction.

Si on augmentait le salaire des enseignants de 20 %, je ne suis pas sûr qu’on améliorerait considérablement le recrutement. D’ailleurs, regardez  : un maître de conf’ de fac est payé autant qu’un prof de lycée. Or, des centaines de candidats se présentent quand vous ouvrez un poste à la fac.

Dans l’Education nationale, les enjeux symboliques sont toujours plus importants que les enjeux matériels.

Les deux peuvent se rejoindre  : si les profs étaient mieux payés, le regard de la société sur eux changerait...

Possible, mais ce n’est pas un facteur décisif.

Si le niveau de vie n’est pas une des explications importantes de cette crise du recrutement, quelles sont-elles  ?

Il y en a deux. D’une part, un problème d’image. L’image, c’est celle d’un métier difficile. Celle d’un enseignant qui souffre, face à des élèves qui ne veulent pas apprendre, à des parents d’élèves qui l’enquiquinent, à une administration qui lui gâche la vie...

Le discours que produisent les enseignants sur eux-mêmes est celui de la plainte. Autrefois, c’était un discours sur la grandeur de la profession, le plaisir d’enseigner, de faire la classe... Il y avait une mise en scène positive, une représentation du métier qui pouvait donner envie de l’exercer.

Aujourd’hui, quand les enseignants parlent d’eux-mêmes collectivement, c’est pour dire  : « Nous souffrons, nous ne sommes pas reconnus, nous sommes méprisés, nous avons un métier de chien, c’est extrêmement difficile, nous sommes soumis à la violence »... L’image qui s’est répandue, c’est que tous exercent dans des collèges de ZEP violents, ce qui est rarement le cas.

L’image de l’école elle-même s’est renversée  : l’école qui intégrait la société, qui fabriquait des citoyens, qui les préparait à vivre quelque chose de commun a laissé place à l’image de la machine à diviser, à trier, à créer des inégalités. Les sociologues ne sont pas pour rien dans cette image, mais elle a peu à peu été intériorisée par les Français.

L’école, c’est « l’endroit où mon gamin risque de se faire jeter » et dans certains quartiers, c’est carrément « la machine faite pour nous exclure ». A cela s’ajoute une perte de confiance dans la culture scolaire. Cette dernière n’est plus perçue que comme un moyen de sélectionner  : la « vraie culture » est ailleurs...

Dans les médias, vous ne trouvez plus beaucoup d’image positive des enseignants, à part ce vieux feuilleton, L’Instit, qui présente un enseignant idéal, positif, qui a des relations formidables avec les gamins et roule à moto...

Et qui travaille en milieu rural...

Oui ! L’action se passe aujourd’hui, mais c’est un enseignant d’autrefois. Le reste du temps, les enseignants sont soit ridicules, soit en souffrance. Le temps de La Gloire de mon père, de Marcel Pagnol [autobiographie où il livre son admiration pour son père instituteur, ndlr], c’est fini. Il y a eu un renversement de l’image des enseignants, produit pour une part par le monde enseignant lui-même.

Un exemple frappant se trouve dans une récente enquête, on demandait à des sondés : « Souhaiteriez-vous que vos enfants soient enseignants  ? » La profession qui souhaitait le moins que ses enfants soient enseignants, c’était les enseignants  ! C’est terrifiant. On ne peut pas dire indéfiniment  : « Passez un concours pour faire un métier de chien. »

Quand ce changement de discours s’est-il produit et qu’est-ce qui l’a déclenché  ?

Ce changement de discours des enseignants sur eux-mêmes a eu lieu il y a une vingtaine d’années. D’abord, le métier est devenu objectivement beaucoup plus difficile qu’il ne l’était. Dans un collège normal, quand il a une heure de cours, un prof en passe la moitié à établir l’ordre scolaire. Je crois aussi qu’on a assisté à une évolution du syndicalisme enseignant, devenu extrêmement défensif.

Il était pendant longtemps axé sur les revendications salariales et les conditions de travail, mais il appelait ausi à la grandeur de l’éducation. Il se réclamait d’un grand projet culturel, démocratique, national... Aujourd’hui, c’est terminé.

Pour avoir des enseignants qui vous parlent très positivement de leur métier, il faut leur parler en tête à tête. Il faut qu’un individu vous parle de l’intimité de son boulot. La parole collective, elle, est toujours négative. On ne demande plus d’augmenter les salaires parce que le travail avec les élèves est important, mais parce qu’il est épouvantable  !

Et pourtant, si le métier est effectivement devenu plus difficile, c’est un métier qui a ses bonheurs, ses voluptés. Une autre chose qui a selon moi complètement changé le recrutement, c’est le bac+5 exigé pour passer le concours. Au fond, pendant très longtemps, le choix d’être enseignant était un choix positif et précoce.

Une « vocation »...

J’aime bien le mot de vocation, mais il évoque souvent une période passée dans laquelle l’enseignant se sentait investi d’une mission morale et politique. Là, je parle simplement d’un goût pour le métier, qui était défini précocement.

Jusqu’aux années 60, pour devenir instituteur, on était recruté dans les écoles normales au niveau la troisième. Vous alliez dans une école normale, vous passiez le bac et vous deveniez instituteur... C’est un choix que vous faisiez positivement et tôt. Quand vous faisiez des études de lettres, vous saviez au sortir du bac que l’enseignement était grosso modo votre destin.

QUAND ON EMBAUCHAIT LES PROFS ENCORE ÉTUDIANTS

En 1957 sont créés les Instituts de préparation à l’enseignement secondaire (Ipes), alors que la scolarisation jusqu’au collège devient de plus en plus courante.

« “Construire un collège par jour” [expression d’un ministre de l’époque, ndlr] ne suffisait pas, il fallait aussi assurer attirer vers le métier de professeur, puis fidéliser, de nombreux étudiants », rappelle la syndicaliste Marianne Auxenfans dans un article consacré aux prérecrutements dans l’Education nationale.

« Recrutés par concours locaux dans les universités à bac+1, les “Ipésiens” percevaient un “prétraitement” correspondant à 171 % du smic de l’époque, avec l’obligation d’assiduité et aussi de réussite universitaire. »

Il y avait même à cette période un système qui s’appelait les Ipes [instituts de préparation à l’enseignement secondaire, lire encadré, ndlr]. Vous passiez après le bac un petit concours assez facile qui vous donnait l’écrit du Capes. Et au lendemain de votre licence, vous passiez l’épreuve orale du Capes. Les choix professionnels se définissaient assez tôt.

Aujourd’hui, que se passe-t-il  ? Les étudiants vont à l’université, généralement au terme de choix souvent négatifs  : « Je n’ai pas pu faire une classe prépa, une fac sélective, un IUT... » Tendanciellement, les futurs enseignants ne sont plus les meilleurs étudiants  : il faut quand même le dire  !

Les meilleurs étudiants, eux, font tout pour ne pas aller à la fac. Une école d’assistantes sociales ou d’éducateurs a un quota de candidats sur le quota de reçus plus considérable que l’Education nationale. Ce ne sont pas des métiers tellement mieux payés ou tellement plus faciles.

Les étudiants font leur licence  : en histoire, en langues, en français en sciences, etc. Ils se demandent alors ce qu’ils vont faire  : « Si je pense que je suis très bon, je fais une thèse. Si je pense que je suis bon, je fais un master compétitif. Si je pense que je suis bon en sciences, je m’oriente vers une formation d’ingénieur »...

Beaucoup parmi les autres, ceux qui pensent qu’ils ne sont pas assez bons, qui ne sont pas trop sûrs, vont vers les concours d’enseignants.

Ce ne sont plus les meilleurs étudiants. Et je dirais même qu’en sciences, ce ne sont non seulement pas les meilleurs, mais ce sont souvent les moins bons.

Au Capes, on a un mal fou à recruter en maths, en physique, en chimie...

Le choix professionnel, qui était positif et précoce, est devenu avec le système bac+5 un choix souvent contraint, parce qu’il n’y pas d’autre voie, et qui n’est pas fait par les meilleurs des étudiants.

Prônez-vous le rétablissement de filières précoces, à la manière des écoles d’ingénieur ou des facs de médecine  ?

Je pense que les filières que choisissent les bons étudiants, ce sont des filières à sélection précoce, celles qui garantissent leur avenir. L’étudiant préfère un IUT, une école d’ingénieur, une école de commerce. Il y trouve d’emblée l’image d’un avenir professionnel, et c’est pour lui un choix « positif ».

Il faudrait donc recruter les futurs enseignants à bac+1 ou bac+2  ; ensuite,on les formerait jusqu’au master. Pourquoi se bagarre-t-on pour devenir infirmière, alors qu’on n’arrive pas à recruter des enseignants  ? Les infirmières ne sont pourtant pas mieux payées que les enseignants... et leur métier n’est pas plus facile. Mais elles ne sont pas recrutées à bac+5  !

On a commis une erreur. On est passé de l’idée, juste, qu’il faut que les enseignants aient un niveau bac+5 à l’idée, fausse, qu’il faut donc les recruter à bac+5. Ce sont deux choses qu’on a eu le tort de confondre.

J’ajoute que si l’on recrutait à bac+1 ou bac+2, on aurait des chances de recruter de bons élèves d’origine populaire. Parce que des bons élèves d’origine populaire, on en trouve à bac+1, mais ils ont presque disparu à bac+4. Ils n’ont pas survécu dans le système : il faut tenir  ; quatre ans d’études, c’est long.

Tenir financièrement, dans votre filière « professeur des écoles », serait plus facile  ?

Oui, parce que vous avez la garantie, une fois passé le concours d’entrée, que vous passerez la sortie. Si on disait  : « Tu es un bon élève, tu as une mention au bac, tu auras une bourse, et à la fin tu feras des stages et au bout tu auras un métier », je suis persuadé qu’on rendrait le métier plus attirant.

Je vois mes propres étudiants qui passent le Capes. Ils sont là, ils passent la licence, ils arrivent en maîtrise et se demandent ce qu’ils pourraient bien faire. Et souvent ils choisissent instit’, parce qu’ils ne quitteront pas la région. Ils regardent aussi le Capes, mais c’est très compliqué  : il y a le risque d’atterrir dans un établissement de ZEP où personne ne veut aller...

Ce type de calculs n’existerait pas si vous mettiez en place un recrutement plus précoce. Comme les polytechniciens, les ingénieurs, les médecins, les infirmières, les travailleurs sociaux... Si vous croisez cela avec l’image très négative du métier, cela ne déclenche pas l’enthousiasme.

En même temps, on embourgeoise le recrutement. On se retrouve avec des candidats pas très bons d’origine sociale favorisée...

Pourquoi cette idée de recrutement précoce n’aboutit-elle pas  ?

J’en avais parlé à Vincent Peillon [précédent ministre de l’Education, ndlr]. Il n’y était pas hostile.

Mais il se heurtait à deux obstacles majeurs. Le premier, c’était les universitaires, qui veulent que les étudiants s’inscrivent chez eux avant d’entrer dans une école professionnelle – sinon, c’est une perte sèche pour les universités. La seconde raison, c’est que le syndicat Snes [Syndicat national des enseignements de second degré, ndlr] est un défenseur absolu de l’idée qu’on doit recruter sur un niveau académique, qui selon lui fait la valeur d’un prof.

Quand vous avez sur les bras les facs (et notamment les facs de lettres) et le Snes, ça devient compliqué.

Dans le système actuel, vous êtes censé être spécialisé dans une discipline avant de devenir enseignant. Et dans le cas des professeurs des écoles, vous n’avez même pas d’obligation disciplinaire. On se retrouve avec des gens qui disent : « Je vais faire instit, mais moi les maths, je ne peux pas. » C’est embêtant.

Vincent Peillon a réformé la formation, en créant les écoles supérieures du professorat et de l’éducation (Espe). Est-ce un simple retour aux Instituts universitaires pour la formation des maîtres (IUFM)  ?

Il y a de grandes chances pour qu’il ne s’agisse que d’un retour aux IUFM. Certes, le recrutement est un peu plus précoce, mais cela pose un problème aux étudiants, le concours ayant lieu avant le master. Alain Boissinot [président du Conseil supérieur des programmes, ndlr] a proposé par provocation de supprimer le concours. Car soit on recrute au niveau master, soit on recrute par concours...

Aujourd’hui vous pouvez avoir le master des métiers de l’enseignement, mais pas le concours qui permet d’enseigner  ! Imaginez que vous fassiez une formation de médecin, que vous alliez jusqu’au bout de cette formation, et qu’on vous dise à la fin  : « OK, mais vous ne pouvez pas exercer la médecine... » En tout cas, on n’a pas basculé dans un autre modèle. On est dans une situation ambiguë, et l’ambiguïté, cela refroidit les étudiants.

Vous dites que le salaire n’est pas déterminant dans les problèmes de recrutement. Ne peut-on pas cependant imaginer que les professeurs travaillant dans les établissements difficiles soient beaucoup mieux payés que les autres  ?

Je suis totalement favorable à cette piste. Mais ce n’est pas si simple. D’une part, si vous faites cela, vous avez 300 000 types dans la rue demain, au nom de l’unité de la fonction publique, l’unité de la République, l’égalité des traitements sur le territoire, etc. On touche là à une vache sacrée.

D’autre part, cela supposerait un changement fondamental du mode d’affectation. Aujourd’hui, il se déroule « à l’aveugle »  : on considère que tous les enseignants se valent  ; l’administration, qui contrôle le recrutement, affecte les enseignants en fonction des postes disponibles. En général, les jeunes vont là où personne ne veut aller.

Ils y vont, ils obtiennent des points, certains se pacsent parce que cela fait des points supplémentaires, puis ils vont rejoindre des endroits plus paisibles. C’est désastreux pour les élèves de ces établissements difficiles  : ils sont victimes à la fois du turn over des profs et ce sont les enseignants les moins expérimentés qui font le boulot le plus difficile.

Si vous voulez changer cette situation, ce qui me semble nécessaire, il faut changer complètement de système. Il faut adopter celui qui est en vigueur dans la plupart des autres pays  : vous avez un titre professionnel (par exemple, professeur d’espagnol) mais c’est l’établissement qui vous recrute. Et certains établissements peuvent avoir des moyens supplémentaires afin de pouvoir vous recruter à de meilleurs conditions financières.

Pour dire les choses de manière brutale  : il faudrait généraliser le système d’affectation en vigueur dans les écoles privées. Mais aucun syndicat n’acceptera un tel changement, à part peut-être le Sgen [Syndicat général de l’Education nationale, ndlr]. Il faudrait pourtant le faire. Nous sommes dans la pire des conjonctures  : on a massifié l’université, il y a du chômage, et on ne parvient pas à recruter les enseignants. Peut-on continuer ainsi  ?

Faut-il aussi changer la façon dont on gère les carrières des professeurs, dont on évalue leur travail ? Orienter ceux qui ne sont pas aptes à enseigner vers d’autres postes  ?

Ce sujet est encore plus tabou. Logiquement, si l’on recrute bien et si l’on forme bien, l’écrasante majorité des enseignants doit être apte à enseigner. Au quotidien, on croise très peu d’ingénieurs « non aptes », très peu d’infirmières « non aptes »... Non  ?

Je ne sais pas. Ce qui est sûr, c’est qu’on a tous eu de très mauvais profs à un moment...

Oui et on sait que « l’effet prof » est considérable. Par exemple, la qualité d’un prof de CP est déterminante pour le parcours scolaire d’un élève, quelle que soit son origine sociale. Au fond, les enseignants sont maltraités  ; quand ils rencontrent des difficultés, ils sont laissés à eux-mêmes  : ils se démerdent.

Logiquement, dans un milieu professionnel, quand vous rencontrez des difficultés, vous êtes aidé pour les surmonter  : on vous forme de nouveau, on vous soutient... Ce n’est pas le cas dans l’éducation  : vous êtes seul dans votre classe. Vous souffrez le martyr et il ne se passera rien.

Ce qui m’étonne, c’est que les enseignants ne protestent pas contre cela. Le système actuel leur apparaît comme une protection, mais elle est illusoire. Beaucoup sont victimes de ce système.

De même, ils préfèrent être évalués par un inspecteur qui vient tous les sept ans assister à une heure de classe avant de leur mettre une note à peu près automatique, plutôt que d’être soumis à une évaluation collective de leur établissement, où leurs difficultés seraient examinées de façon constructive... Les enseignants tiennent au système actuel, qui les protège du regard des collègues, du chef d’établissement, des parents, des élèves... Résultat : on ne sait pas quoi faire des gens qui déconnent.

Il y a un autre problème. Je crois qu’il faudrait qu’on forme les enseignants suffisamment bien pour qu’ils connaissent d’autres modes d’exercice de leur métier. Aujourd’hui, vous êtes professeur des écoles, vous ne dépasserez jamais le CM2  ; vous êtes professeur de collège, vous n’irez jamais dans une école élémentaire.

Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas, dans une vie professionnelle, changer d’exercice. On pourrait imaginer une formation commune collège/école élémentaire. Qu’est-ce qui empêche un instit d’enseigner en sixième ou en cinquième  ?

Vous êtes depuis longtemps défenseur d’un rapprochement entre le collège et l’école élémentaire. Pourquoi est-ce important  ?

Je pense qu’une des réformes essentielles consisterait à décrocher le collège du lycée et de le rapprocher de l’école élémentaire. Il y a trop de gamins qui sortent faibles de l’école élémentaire, et qui ne peuvent pas être sauvés par le collège.

Parce qu’ils sont perdus avec dix professeurs différents  ?

Oui, et parce que ces professeurs ont des niveaux d’exigence définis par le lycée.

Notre système ne coule pas complètement, parce qu’il y a des armées de profs généreux, ouverts, travaillant comme des brutes... Heureusement  ! Mais cela ne fonctionne que grâce à la vertu de ces individus. Le système, lui-même, n’est pas vertueux.

L’éducation était la grande priorité du président François Hollande, et l’école primaire, la grande priorité de l’ancien ministre Vincent Peillon. Est-ce un échec sur toute la ligne  ?

L’affaire des rythmes scolaires a flingué le projet. Même si ce changement finit par se mettre en place, il aura épuisé la capacité de réforme du quinquennat. Sur le « socle commun de connaissances », le rapprochement collège-école élémentaire, on s’oriente vers des mesures d’une extrême timidité  : on parle de quelques dispositifs qui pourraient être mis en place entre l’école et le collège.

Au lieu de s’embarquer dans des réformes que le gouvernement a eu du mal à mettre en place, Vincent Peillon aurait pu dire  : « Nous recrutons désormais sur un nouveau statut. » Les 60 000 postes créés auraient alors trouvé un sens. On aurait dit  : « Les candidats qui passent le nouveau concours seront mieux payés, mais ils auront une autre obligation de service, ils seront recrutés par les établissements. »

Enfin, il reste un enjeu plus difficile encore sur la table  : le déséquilibre financier du système. Le lycée est surfinancé. Un lycéen coûte en France, 38% de plus que la moyenne des lycéens de l’OCDE. L’élève de l’école élémentaire coûte 17% de moins. Vous serez bien obligé d’organiser un transfert du lycée vers l’école.

Il faudra arrêter les options invraisemblables, les filières superfines, les classes européennes et autres « seconde théâtre ». C’est sympa, mais ça coûte très cher. Cependant, je n’imagine pas que ce gouvernement aura le courage de s’attaquer à ce dossier. Il y a quelques mois, Vincent Peillon a lancé une sonde sur les salaires des profs de prépa. Douze heures après, il a plié bagage.

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (7)

Par Le 18/06/2014

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (1)

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas." (2)

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas." (3)

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (4)

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (5)

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (6)

Il ne pouvait faire autrement. 

Il était retourné chez le thérapeute.

Ce rêve était d'une telle puissance. Jamais, il ne s'était réveillé en pleurant, jamais il n'avait été aussi bouleversé par des images oniriques.

Il était allongé sur la table de massage. Une musique de fond qui l'intriguait. Une musique de film certainement. 

Il racontait. Le cheval qui galope au bord de l'Océan, une force qui le réjouissait, une course joyeuse nourrie par un bonheur infini, comme si coulait en lui l'énergie de l'animal, il était dans son sang, dans ses muscles, dans sa joie, dans cette conscience ultime de la vie en lui...

Et sans que rien ne le laisse présager, sans aucune alerte, sans aucun prémices, le cheval s'était écroulé dans une gerbe de sable, il avait roulé sur lui-même et s'était immobilisé. Mort. 

Et c'est lui qui s'était approché. Il n'était plus dans ce corps éteint où luisaient encore des rigoles de sueur. Rien, aucun mouvement dans la poitrine, aucune souffle suspendu, tout s'était arrêté avec une soudaineté effroyable.

Les yeux ouverts de l'animal. Une brillance étrange, comme des larmes figées. 

Il n'avait pu en supporter davantage. Une douleur insupportable qui l'avait réveillé en sursaut. 

"Qu-avez-vous ressenti?

-Une épouvantable tristesse, une horreur, cette certitude incompréhensible que c'était moi. 

-Et vous n'avez pas supporté de vous voir mort ?

-Évidemment. Comment pourrais-je le supporter ? 

-Que pensez-vous de la mort ? 

-C'est la pire invention de la création."

Une voix sèche, cassante, déterminée.

Le thérapeute se leva du fauteuil et vint se placer au bout de la table. Regards croisés.

"Permettez-moi de vous donner ma vision de la mort. Vous en ferez ce que vous voulez. 

-Vous n'avez jamais cherché à m'imposer quoi que ce soit de toute façon.

-Je suis très heureux que vous l'ayez ressenti ainsi. 

-Je vous écoute."

Un sourire qui s'esquisse, comme un bonheur discret.

C'était la première fois qu'il voyait le thérapeute exprimer ainsi une émotion intime. Il avait toujours été impassible au fil des séances et il s'était même demandé si cet homme éprouvait parfois quelques embrasements, quelques bouffées de bonheur ou de quelconques moments de mélancolie, tout ce que lui vivait à de multiples reprises. 

"Que faites-vous lorsque vous recevez un courrier ? Imaginez une grande enveloppe marron. Vous ne connaissez pas l'expéditeur. 

-Et bien, je déchire l'enveloppe et je sors la lettre ou le document. 

-Que faites-vous de l'enveloppe ?

-Je la jette sans doute. Aucune raison que je la conserve. Je vérifie juste avant que l'adresse de l'expéditeur soit bien inscrite sur la lettre.

-Et que faites-vous du courrier? Il s'agit d'une longue lettre en fait. Plusieurs feuillets écrits à la main. 

-Je la lis bien entendu. 

-Et cette lettre vous bouleverse, elle vous concerne en tous points, elle parle de vous, elle vous connaît parfaitement, elle s'est écrite elle-même.

-Comment ça ?

-Cette lettre, c'est votre âme. L'enveloppe, c'est votre corps. Vous avez déchiré l'enveloppe pour pouvoir lire le courrier. Je pense que c'est ce qui se produit à notre mort physique. Je dis bien physique, c'est à dire lorsque l'enveloppe se déchire. 

-Qui déchire l'enveloppe ?

-Votre âme lorsqu'elle considère qu'il est temps pour elle de lire le courrier, c'est à dire l'ensemble de son parcours terrestre. La mort de son enveloppe la libère de toutes les contingences de la vie terrestre et c'est dans la paix de l'âme qu'elle pourra analyser clairement ce qu'elle aura vécu et ce qu'elle se doit de vivre encore. 

-Comment ça de vivre encore ?

-Dans un prochain parcours, dans une autre enveloppe, celle qui lui permettra d'éprouver de nouvelles épreuves, de nouvelles expériences, de nouvelles situations. Toujours dans l'intention d'aller vers une connaissance ultime de soi. Non pas de nous en tant qu'individu, nous ne sommes que des enveloppes, mais la connaissance spirituelle, une connaissance qui n'est pas du registre humain mais dans une dimension divine. 

-Vous voulez dire que notre âme décide de notre mort corporelle pour se libérer d'un parcours qui devient sans intérêt ? 

-Je ne dis pas qu'il est sans intérêt mais en tout cas, le parcours effectué lui suffit. Et il lui est par contre devenu contraignant de devoir s'y soumettre. Donc, elle déchire l'enveloppe. 

-Qu'y a-t-il d'écrit sur la lettre?

-Votre parcours de vie, les évènements ou les situations quotidiennes, vos pensées, vos tourments, vos passions, vos amours, vos espoirs, vos désillusions. C'est votre âme qui parle mais c'est votre mental qui transcrit. Tout le problème vient du fait que le mental n'est pas capable parfois d'entendre ce que l'âme lui murmrure parce qu'il est inscrit dans un vacarme constant, celui de l'agitation de votre condition humaine. Certains auront à lire des milliers de pages, d'autres ne disposeront que d'un brouillon râturé et très bref, un condensé dérisoire d'une vie manquée. 

-Vous avez hâte de lire votre courrier ?

-Je n'ai aucune impatience ou peur à avoir étant donné que cette étape ne dépend pas de moi. 

-Et si vous vous suicidiez ?

-Ce serait le choix de mon âme.

-Et si vous étiez mort le jour de votre naissance ?

-Ce serait le choix de mon âme.

-C'est un peu facile, je trouve. Comme une soumission à des évènements dramatiques sur lesquels vous ne voulez pas intervenir.

-Je ne pense pas comme vous. Il me semble qu'il est bien plus difficile d'accepter l'inéluctable que de le fuir. Cette peur qui vous terrorise, vous la fuyez peut-être dans l'agitation de votre vie mentale et vous n'entendez plus votre âme. 

-Apprendre à écouter ce que je n'entends plus. " C'est ça que vous vouliez me dire ?

-C'est à vous de le décider. 

-Et à quoi me servira-t-il d'écouter ce que je n'entends pas ?

-À faire en sorte que votre âme puisse lire des milliers de pages. Que décidez-vous de faire de votre parcours de vie ? Voilà la question essentielle. Vous allez me répondre que vous avez réussi à créer l'entreprise dont vous rêviez, vous ne manquez de rien, matériellement, vous avez une femme qui vous aime et que vous aimez, vous avez deux enfants et vous les accompagnez au mieux, vous avez des projets, chacune de vos journées a un objectif qui s'inscrit dans cette vie sociale. Mais qu'en est-il de votre âme ? Que connaissez-vous d'elle ? Lui avez-vous déjà apporté la moindre importance ? Avez-vous déjà imaginé que cette vie sociale n'est peut-être qu'une ébauche ou même pire un paravent ?"

La première fois qu'ils percevait chez le thérapeute un certain énervement, une intonation appuyée, loin de cette voix monocorde qui caractérisait chaque séance. 

"Je n'ai jamais pensé au fait que je puisse avoir une âme. Et je pense qu'il ne s'agit que d'une interprétation de votre part. Rien ne vient affirmer avec certitude que cette âme existe.

-Et pourquoi avez-vous pleuré alors en écoutant cette musique, la séance passée et pourquoi encore en écoutant celle que je vous ai envoyée et pourquoi avez-vous fait ce rêve du cheval mort ?

-Peut-être tout simplement que je suis plus fatigué que d'habitude, davantage de stress, peut-être que c'est le résultat de nos séances, peut-être que ça réveille en moi une sensibilité plus forte. 

-Quand vous dites sensibilité, vous pensez sans doute à sensiblerie et ça vous dérange de vous voir sous cet angle, ça ne correspond pas à l'image que vous voulez préserver de vous. Mais vous êtes attiré malgré tout, vous voulez en savoir davantage et donc, vous êtes revenus alors que vous aviez décidé d'arrêter.

-Comment le savez-vous ?

-La façon dont vous m'avez dit au revoir. Vous n'étiez déjà plus là. 

-Et qu'est-ce que je dois faire pour comprendre ce que mon âme désire ?

-La vie se chargera de vous faire vivre ce que votre âme désire dès lors que vous serez capable d'écouter. 

-Vous voulez dire que si je parviens à écouter mon âme, les événements correspondront à cette voie spirituelle ?

-C'est exactement ça. Je pense que nous vivons ce dont notre âme a besoin et qu'elle a déjà choisi mais que cela n'est possible que si nous l'écoutons. Vous vous en apercevrez par vous-même. Les changements ont déjà commencé. Il ne vous reste qu'à écouter si vous souhaitez qu'ils s'amplifient. 

-J'aimerais bien écouter chez moi cette musique. Qu'est-ce que c'est ? 

-Funeral March. Dans le fim de Terence Malick "A tree of life".

-J'en ai entendu parler mais ça ne me tentait pas.

-Ça n'est pas un film pour le mental. Il faut le regarder et l'écouter avec son âme. Et vous voyez, cette musique-là, il y a deux mois, elle vous aurait irrité. Maintenant, elle vous attire."

Il ne répondit rien,. Fin de la séance. 

Il s'appliqua à saluer le thérapeute de façon à ce qu'il sache qu'il reviendrait...


Suite plus tard...

Témoignage

Par Le 18/06/2014

Je n'ai encore jamais rien écrit sur ce mur mais voilà, gros ras le bol !!

Ma fille de 7 ans et demi et demi sort de l'école a 11h30 le mercredi (11h15 les autres jours), nous sommes arrivés chez nous a 11h40 et le temps que je fasse a manger, elle s'était endormie 

Elle adore l'école mais la, elle est pressée d'être en vacances. Avant, elle avait horreur des vacances mais la elle est pressée d'y être !!

Ma petite de 2 ans et demi rentre chez les tout petits en septembre et je crains déjà ! Même si la directrice de l'école m'a dit que si je voulais garder ma puce les mercredi, je le pouvais. Non pas pour avoir moins d'élèves mais pour que ma puce se repose. Elle est contre cette réforme qu'elle trouve complètement absurde. Donc ma fille ira en classe les lundis, mardis, jeudis et vendredis et c'est tout. Si sa ne plait pas, je m'en fou.

J’espère juste qu'une solution sera trouver rapidement car je ne compte pas regarder ma fille de même pas 8 ans devenir de plus en plus fatiguée et se mettre a détester l'école tellement elle est naze !!! 
Et qu'on arrête de dire "les enfants devraient se coucher plus tot !" je dis STOP LA ! Je met mes filles au lit a 20h grand max et en a peine 5 minutes, elles dorment !

Ou est l'interet de l'enfant, quand l'enfant se met a ne plus aimer l'école car tellement fatigué, il n'arrive plus a suivre correctement ??

Faut m'expliquer la !!

Voilà c'était mon ras le bol

Je précise que je suis AVS, je travaille dans une école primaire ou je constate une fatigue général a partir de jeudi matin ! Les enseignants essayent de faire comme ils peuvent, des pauses ludiques et de repos au beau milieu de la matinée mais non les enfants n'en peuvent plus. Nous nous sentons impuissant fasse a tout ça et sa fait mal au coeur de voir des enfants en larmes tellement ils sont fatigués et aussi les voir ne plus réussir a travailler correctement.

https://www.facebook.com/groups/609556085733767/?fref=nf


 JE NE PARTICIPERAI PAS À ÇA !!

Refus catégorique et définitif. Et je me fiche des conséquences. Je ne vendrai pas mon âme. 

Constat

Par Le 17/06/2014

"Ceux qui peuvent traverser la vie sans "en rabattre" sont bien forts eux-mêmes, ou bien aveugles...ou vraiment n'ont pas souhaité bien haut. "

André GIDE.

J'ai souhaité si haut, dans un aveuglement si fort que le gouffre devant moi n'était pas visible et maintenant que je suis tombé au fond, je ne souhaite rien d'autre que d'oublier jusqu'au désir d'en ressortir puisque seule, cette acceptation peut me sauver de l'aveuglement. 

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (6)

Par Le 16/06/2014

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (1)

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas." (2)

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas." (3)

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (4)

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (5)

Des choeurs...Des voix d'église...Il n'avait jamais aimé ça. Il n'y avait pas de vie là-dedans, il n'y voyait que des cérémonies de cimetière. Décidément, ce thérapeute avait le don pour lui proposer des musiques irritantes. 

Non, il ne devait rien refuser. Apprendre à écouter ce qu'il n'entendait pas. C'était peut-être ça cette émotion pendant la séance du matin. Mais qu'avait-il entendu ? Pourquoi n'en avait-il gardé aucune image claire, aucune explication rationnelle ? 

Respiration abdominale. Accepter de gonfler son ventre et de se libérer de la pression qu'il s'imposait, son apparence, un physique affûté... Il n'imaginait pas un chef d'entreprise qui se laisserait aller, qui n'entretiendrait pas son corps. Il se voulait à l'image de son entreprise. Solide, soigné, attentif, efficace, infaillible...

Il s'était demandé à quelques reprises si cette activité effrénée qui le caractérisait ne cachait pas quelque chose.  

La mort... Il n'avait pas aimé cette supposition. Il avait refusé de l'approfondir. 

Une musique de cimetière... Non, c'était impossible. Le thérapeute ne pouvait pas avoir deviné ce qu'il redoutait. Il ne pouvait avoir choisi cette musique avec une autre intention que la détente...Méditer, méditer. Il n'y avait jamais ressenti autre chose qu'une bonne relaxation. Mais elle lui était profitable et il n'en demandait pas davantage. 

"J'aimerais que vous méditiez comme dans un cercueil."

L'expression l'avait ébahi. La troisième séance. Il n'aurait jamais imaginé cela et les séances suivantes avaient validé l'étrangeté de la chose. Cela l'agaçait parfois et l'intriguait à d'autres. Une alternance constante entre le désir de s'en aller et celle d'explorer davantage. 

"Mais je ne suis pas mort, avait-il répondu.

-Et si vous étiez mort à la vie en vous ? Et si vous étiez justement en dehors de la vie ? Non pas dans vos actes mais dans la conscience que vous en avez, non pas dans vos pensées mais dans l'observation que vous pouvez en avoir, non pas dans vos émotions mais dans l'analyse que vous pouvez en faire... Vous comprenez ? La vie à laquelle vous êtes attaché n'est peut-être qu'une avant-scène, un premier degré, le premier barreau de l'échelle... Ce que vous écoutez n'est peut-être pas la totalité de ce qu'il y a à entendre, ce que vous éprouvez n'est peut-être qu'une expérience infime au regard de ce qu'il reste à explorer. Je pense qu'il est approprié par conséquent de méditer comme à l'intérieur d'un cercueil. 

-Et quel est l'objectif ? 

-Imaginez-vous mort mais en ayant conscience de l'être. 

-C'est affreux. 

-Pourquoi ?

-Pourquoi, pourquoi ? Et bien, c'est tellement évident. Vous aimeriez être mort vous ? 

-Je n'aimerais pas ne pas savoir que je vais mourir.

-Oui, bien sûr mais ça ne me sert à rien d'y penser.

-Pourquoi ?

-C'est déprimant.

-Pourquoi ?

-Mais parce que j'aurai tout perdu. Moi, ma femme, mes enfants, mon travail, tout ce que j'aime.

-C'est étrange, vous n'avez pas parlé de la vie. 

-Comment ça ? Je viens de le faire. Je vous ai parlé de ma vie.

-Oui de votre vie. Pas de la vie.

-Mais c'est la même chose.

-Non."

Il n'avait rien trouvé à répliquer. Interloqué. Le thérapeute n'avait rien rajouté. Comme toujours lorsqu'il butait sur une réflexion. 

Cette activité effrénée qu'il s'était fabriquée, que cachait-elle ? 

Qu'avait-il refusé d'entendre ? 

Les choeurs s'amplifiaient par moments et il avait l'impression qu'ils le remplissaient. Il avait conscience que sa respiration s'était calée sur les voix, le flux et le reflux de son ventre comme des marées successives. 

Il est au-dessus de la mer. Au-dessus des cieux. 

La mort... les choeurs qui l'accompagnent. Il est dans son cercueil. Il n'y a personne d'autre. Rien, le néant. 

Et dans ce vide absolu, une lave coule en lui. Une présence. Une vie. 

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (5)

Par Le 13/06/2014

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (1)

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas." (2)

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas." (3)

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (4)

"Bonsoir Paul. Je me permets de vous contacter par mail pour vous adresser cette vidéo. Regardez-là quand vous serez tranquille. Essayez de ne penser à rien. Laissez-vous porter. Toujours cette idée toute simple : Écoutez ce que vous n'entendez plus. C'est en vous de toute façon, vous n'avez pas à aller chercher dans des antres insondables mais simplement à vous libérer d'une attention dirigée. Nous en reparlerons si vous le souhaitez un jour. Le coeur bat au choeur de la vie. Bonne continuation."

Pierre. 

 Vingt-deux heures trente. Christine était couchée. Les deux garçons dans leur chambre respective. 

Il s'allongea sur le canapé. Les écouteurs en place. L'ordinateur portable posé à ses côtés. La lampe sur pied, éclairage vers le plafond, diffusion légère, un halo pâle, comme un matin de brume. 

"Le coeur bat au choeur de la vie."

Il ne comprenait pas la phrase. Une de plus. Ce thérapeute fonctionnait par énigmes, il le savait bien depuis le temps.

Il ferma les yeux et repensa à sa journée. Cette impression étrange que la séance du matin s'était évanouie, que toutes les activités avaient agi comme une gomme, un effaceur impitoyable. Réunion de travail, les graphistes, brain storming, appels téléphoniques, rencontre avec l'organisateur du salon du 4X4 de Valloire, une affiche à créer, téléphone, téléphone, fax, téléphone, discussion avec l'imprimeur, le coloriste, le maquettiste, un projet avec la ville pour le bi centenaire du Château des Ducs, téléphone, fax, dicter un courrier à Laura...Une course infernale, permanente. Depuis combien de temps ? Que cherchait-il à se prouver ? 

Il avait été surpris par ces questions insensées. L'impression qu'en lui un horizon inconnu se révélait.

Il était rentré à dix-neuf heures trente, un horaire honorable au regard de certaines journées.

Christine corrigeait ses cahiers de classe.  

Il l'avait embrassée sur le front. Elle avait levé vers lui un regard fatigué. Cette ride qui barrait son front. Elle s'étendait comme une lèpre. 

Pendant le repas, Albin avait raconté une nouvelle altercation avec le professeur de chimie. 

"Il nous prend pour ses esclaves. Je ne supporte plus cette humilation. J'en ai marre d'être pris pour un gamin. J'ai l'impression que pour tous ces profs, nous ne sommes que des individus complètement ignares, incapables du moindre raisonnement en dehors de leurs cours. Et ça m'apporte quoi à moi, toutes ces formules que je dois apprendre ? 

-La possibilité un jour de gagner ta vie, avait-il répondu. Les diplômes, c'est la seule issue. Tu ne peux rien faire d'intéressant en dehors de cette voie.

-Gagner sa vie ? Mais je n'ai pas à la gagner, elle est déjà là, Papa."

Il n'avait eu aucune réponse. 

"Aurora";

Le titre du morceau. Y avait-il une signification cachée à son intention ? Tout ce que ce thérapeute disait ou faisait était empli de sens. La moindre anecdote contenait une leçon à saisir. Il ne l'avait pas compris au début. Mais il avait toujours eu confirmation dans les jours qui suivaient. Comme si tout était déjà inscrit, comme si tout était déjà prévu. À moins que nos comportements et nos pensées viennent influer sur la vie elle-même, à moins que nos actes soient les graines des actes à venir, comme un enchaînement inéluctable.

Mais alors, comment pouvions-nous accepter de vivre sans observer cette vie ? L'impression ne d'être qu'un acteur incapable de comprendre la pièce dans laquelle il joue. Et la jouer pourtant. 

Ce sentiment d'impuissance et d'ivresse, comme un abandon au naufrage. L'orchestre du Titanic qui s'obstine à jouer de la musique. 

Sa vie coulait dans les affres de l'inconscience avec des justifications nourries d'illusions apprises.

Cette nausée qui durait et s'amplifiait insidieusement. Cette alternance insoumise entre les obligations professionnelles, cette nécessité de gagner sa vie, cette fierté de chef d'entreprise et ce chaos existentiel dont il ignorait la source. Comme une aurore qui point. 

Un sursaut. Il se redressa et cliqua sur le mail de Pierre.

"Bonne continuation"."

Comme si son thérapeute avait deviné son intention de ne plus revenir...

Était-il donc si prévisible ? Il ne s'agissait pas d'une inexplicable capacité à prévoir l'avenir, il n'y croyait pas un seul instant. Non. Impossible. Il avait nécessairement montré ce qui était en lui et ce thérapeute, sans magie aucune, l'avait ressenti. Nous étions des livres ouverts pour qui savait déchiffrer. 

Pourquoi avait-il pleuré pendant la séance ? Qu'avait-il donc éprouvé ? Il n'avait aucune explication rationnelle et n'avait pas gardé assez de détails pour y trouver une réponse. Il se souvenait juste avoir pleuré et il n'en restait désormais qu'une certaine colère. Comment accepter de ne pas se comprendre ? 

Et pourquoi se perdait-il ainsi en interrogations infinies ? 

Il était allé voir ce thérapeute parce qu'il avait la réputation d'apaiser le stress. Il avait imaginé des séances de massages relaxants, une énergie retrouvée et le retour au front, chargé de forces nouvelles. 

Au lieu de ça, il se sentait désormais aspiré par des sables mouvants...

Et il en avait peur. 

Il ajusta les coussins sous sa tête, lança la lecture de la vidéo, s'allongea confortablement, les mains jointes sur sa poitrine et ferma les yeux. 

FIFA

Par Le 12/06/2014

C’est la théorie de la saucisse:

«Si vous aimez quelque chose, n’essayez pas de savoir comment c’est fait.»

Après la neutralité du Net, John Oliver s’est attaqué à la Fédération internationale de football, la Fifa, ce dimanche 8 juin dans l'émission Last Week Tonight, sur HBO. Et l'humoriste britannique arrive parfaitement à expliquer les enjeux au public américain (et européens):

«La Fifa est une organisation incroyablement grotesque. Expliquer à quelqu’un comment fonctionne la Fifa est un peu comme lui montrer Two Girls One Cup. Vous le faites surtout pour regarder comment il réagit.»

Une série d’extraits de journaux télévisés montre l’argent dépensé dans des stades qui ne serviront que pour quelques matchs, les retombées économiques qui ne reviennent pas aux Brésiliens, mais à la Fifa:

«Imaginez l’argent comme des poils pubiens, et la Fifa comme de la cire. Quand ils s’en vont, ils prennent tout l’argent avec eux. Y compris dans certains endroits dont vous ignoriez l’existence.»

Ajouter à cela le fait que la Fifa ne paie aucun impôt ou taxe:

«Le Brésil laisse ainsi à la Fifa 2,5 millions de dollars. Wesley Snipes (condamné à trois ans de prison pour fraude fiscale en 2010) doit donc se dire que le foot était la solution.»

Mais la Fifa laisse aussi beaucoup derrière elle... comme des lois.

En 2003, le gouvernement brésilien a banni l’alcool des stades pour des raisons de sécurité. Petit problème du côté de la Fifa, Budweiser (une marque de bière américaine) sponsorise la Coupe du monde. Jérôme Valcke, le secrétaire général de la Fifa s’était exprimé à ce sujet, ce qui donne une raison à John Oliver de se moquer de son accent:

«J’ai peut-être l’air arrogant, mais on emmerde vos lois et la sécurité. C’est bien comme ça qu’on dit?»

Avant de reprendre plus sérieusement:

«Et le plus incroyable, c’est que la Fifa  réussit. Une loi Budweiser autorise la vente de bière dans les stades de foot. A ce point-là, soit vous êtes horrifiés, soit vous êtes soulagés que la Fifa ne soit pas sponsorisée par la cocaïne et les tronçonneuses.»

Avant d’expliquer que la Fifa est déjà allée plus loin:

«Quand l’Afrique du Sud a accueilli la Coupe du monde en 2010, la Fifa a obligé le pays à créer des tribunaux spéciaux.  Ceci a l’air drôle dit comme cela, sauf que, c’était loin d’être une blague. Deux Zimbabwéens qui ont volé deux journalistes un mercredi, ont été arrêtés le jeudi, et commencé leur peine de 15 ans de prison le vendredi.»

Tout cela avant de rappeler que la Fifa elle-même et certains de ses membres dirigeants sont régulièrement accusés de corruption:

«Et si vous pensez que la Fifa ne peut pas être encore plus comiquement grotesque, voici leur salle de réunion. Elle ressemble comme deux gouttes d’eau à celle deDocteur Folamour. Je crois que c’est la meilleure preuve que c’est une organisation qui n’en a rien à foutre de ce que vous pensez d’elle. Et pourtant, la personne à la tête de la Fifa continue de répéter que cette dernière n’est qu’une humble organisation à but non-lucratif… Avec une réserve de plus d’un milliard de dollars à la banque.»

Il décide ensuite de présenter Sepp Blatter en publiant un extrait où un présentateur raconte que le président de la Fifa pense que la meilleure façon de rendre le foot féminin plus attractif est de demander aux filles de mettre des shorts plus courts.

Mais le plus terrifiant avec la Fifa n’est peut-être pas son passé ou son présent, mais son futur.

«Le Qatar en 2022? Il y a entre une et cinquante raisons pour lesquelles c’est une horrible idée.»

Premièrement la température, avec des pointes à 50°C. Et en revenant sur lesaccusations de corruption pour que le Qatar accueille la compétition :

«J’espère que c’est vrai. Sinon, c’est littéralement insensé. Pas seulement à cause du temps, mais aussi à cause des conditions de travail. La Coupe du monde au Qatar est l’entreprise de construction la plus mortelle depuis les pyramides d’Egypte. Et à ce point, j’espère vous avoir montré à quel point la Fifa est consternante.»

Et pourtant, comme la plupart des gens dans le monde, nous sommes incroyablement excités avant même le coup d’envoi du premier match, jeudi 12 juin. Pour l’expliquer, John Oliver décide de rapprocher le foot des autres religions:

«Le foot n’est pas qu’une simple religion. C’est plus que ça, et la Fifa est son église. Prenez une minute pour réfléchir à cela: son leader est infaillible, elle oblige des pays sud-américains à construire des cathédrales opulentes avec de l’argent qu’ils n’ont pas, et elle est responsable d’un nombre incroyable de morts au Moyen-Orient.

Mais pour beaucoup de gens à travers le monde, comme moi, c’est le seul gardien de la seule chose qui leur donne une raison d’être.»


Cette "loi Fifa" qui ligote le Brésil

Par Pauline Hofmann

Publié le 10 juin 2014 à 19h59Mis à jour le 10 juin 2014 à 20h48

     
  •  
Un manifestant écoute un discours devant une cohorte de policiers brésiliens (illustration)
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Un manifestant écoute un discours devant une cohorte de policiers brésiliens (illustration) © Reuters

TOUTE PUISSANTE - Brasilia a dû voter la "loi générale de la Coupe", qui dédouane la Fifa de toute responsabilité et préserve les sponsors de la Coupe du monde.

Le Brésil doit gérer une fronde sociale et l’organisation de la Coupe du monde de football au même moment. 42 employés du métro de Sao Paulo ont été licenciés lundi pour avoir fait grève, en vertu d'une législation mise en place pour la Fifa, estiment les signataires d'une tribune dans Libération. La Fédération, elle, n’est pas très inquiète, puisqu’elle a assuré ses arrières en mars 2012 en faisant voter la Lei geral da Copa, la loi générale de la Coupe.

Le Fifa protège ses deniers. Cet appareil législatif imposé par l’instance internationale du football bouleverse fortement l’économie brésilienne. Quand la Seleçao jouera, la Fifa a ordonné un jour férié dans les villes.

Plus grave : porter atteinte à l’image de la Fifa ou à ses sponsors est désormais un crime fédéral, tout comme l’utilisation sans autorisation de l’image de la Coupe du monde. Des employés de métro de Sao Paulo ont été licenciés après leur grève justement dans le cadre de cette loi. "C’est une grave atteinte à la liberté d’expression", estime pour Europe 1 Marc Perelman, chercheur en esthétique philosophique à Nanterre, signataire de la tribune.

La tradition du football populaire en prend également pour son grade, puisque la Fifa a imposé la fin des prix réduits. Le gouvernement a malgré tout voulu maintenir des tarifs seniors.

Cette "loi Fifa" qui ligote le Brésil

© Reuters

La libre-concurrence, connais pas. Mais les vrais protégés de la Fifa avec cette Lei geral da Copa controversée, ce sont ses sponsors. Fini l’interdiction de boire de l’alcool dans les stades brésiliens. Peu importe la violence engendrée par la consommation d’alcool, la Fifa veut préserver ses relations avec un de ses plus gros sponsors, Anheuser-Busch, qui fabrique la bière Budweiser. La fédération a également assuré de gros cadeaux aux entreprises engagées dans l’organisation de la compétition, notamment les entreprises de travaux publics, grâce à des exonérations fiscales, des réductions de délais dans l’obtention de permis, ...

Comme le remarque pour Europe 1 le sociologue Patrick Vassort, la Fifa a réussi à mettre la libre-concurrence entre parenthèses le temps de la compétition. Elle se réserve le privilège de toute activité commerciale sur certains produits aux abords des stades. Les 300.000 vendeurs installés dans un périmètre de 2km autour des stades devront baisser leur rideau s’ils ont l’intention de vendre des produits de sponsors de la Fifa.

Cette "loi Fifa" qui ligote le Brésil

© Reuters

Des tribunaux spéciaux. Pour juger si les Brésiliens respectent ou non cette loi Fifa, l’instance internationale de football a bien l’intention de créer des tribunaux d'exception, comme cela a été le cas en Afrique du Sud, totalement anticonstitutionnels dans un pays qui assure l’égalité de ses citoyens devant la justice. Pourtant, le Tribunal fédéral suprême a débouté une action contre la Loi générale de la Coupe.

De plus, la Fifa se dédouane par avance d’éventuels incidents : "Le gouvernement fédéral assumera la responsabilité" d’un incident "lié à la sécurité" et "objectivement attribué à la Fifa, à moins que la Fifa elle-même contribuera à cet incident", explique l’Etat.

Mais le Brésil le promet, l’Etat garde sa souveraineté, puisqu’"aucun amendement ne va à l’encontre de la Constitution fédérale ou de l’ordre légal du pays." Ce n’est pas l’avis des deux signataires de la tribune deLibération, qui estiment, comme l’ancien joueur brésilien Romario, que la Fifa sera le temps du Mondial "la vraie présidente du Brésil". Cette loi temporaire, dans tous les cas, sera supprimée cinq jours après la compétition.

Dosettes : Nespresso à nouveau condamné

STATU QUO - La grève du métro suspendue

MOUVEMENT SOCIAL - Grève dans le métro à Sao Paulo

CONTESTATION - Qui sont les manifestants brésiliens ?

INTERVIEW - "La Fifa fait une sorte de néo-colonialisme", selon Sébastien Lapaque

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (4)

Par Le 11/06/2014

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. "

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas." (2)

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas." (3)

Il avait rejoint sa voiture. Il ne se souvenait pas des derniers instants avec le thérapeute...Comme s'il n'était pas vraiment revenu, comme s'il volait encore dans les cieux lumineux. Une étrange impression, un inconnu qu'il porterait en lui-même.

Il avait pleuré. Il regarda les yeux rougis dans le rétroviseur. 

Il avait une réunion avec les graphistes de la boîte. Une gêne puissante, comme une honte. Il ne pouvait pas se permettre de se présenter comme ça à ses employés. Il imaginait déjà les rumeurs gonfler devant la machine à café. Il fallait passer à la maison, prendre une douche, boire un café, retrouver ses esprits, effacer les traces de ce voyage...

Cette musique qui ne le quittait plus. Les notes répétitives, comme des paroles saccadées, des voix qu'on ne peut étouffer.

Passer à la maison. Téléphoner à Laura d'abord, qu'elle prévienne les graphistes du report de la réunion. Ne pas donner d'explications, il n'avait pas à se justifier auprès de ses employés et il ne l'avait jamais fait. 

Il démarra et entra dans le flot des voitures. Centre-ville. Circulation des âmes en boîte. Des silhouettes enfermées dans des carcans métalliques. Aucun regard, toutes les pensées tournées vers un but précis, des pensées insoumises qui tournent en boucle, musique répétitive des actes programmés. Une dame âgée au bord du trottoir, les yeux fixés sur le courant implacable des automobiles, comme une âme en peine au bord d'un fleuve infranchissable. il accéléra et passa au feu orange. Milieu du carrefour, circulation bloquée. L'autre voie qui se libère et d'autres véhicules qui surgissent, grignotent quelques mètres et se figent. Mouvements opposés des masses. Se faufiler, anticiper chaque mouvement aussi infime soit-il, ignorer les visages, ignorer les passants, ignorer le monde.

Ignorer le monde.

Les notes répétitives dans sa tête.  

Un contrat énorme à venir. Il fallait que les graphistes se surpassent, un marché publicitaire qui pouvait devenir une vitrine sur toute la région, augmentation substantielle du chiffre d'affaires, Il avait déjà manqué les affiches du salon du 1er roman l'an passé. Il ne l'avait toujours pas digéré. L'ambiance dans l'équipe s'en était ressentie. Il avait détesté cette propension du personnel à tirer un trait sur cet échec. Il aurait voulu sentir et voir un engagement plus fort, une volonté de s'imposer, de surpasser la concurrence. L'impression d'être le seul concerné, de porter toute la charge de l'entreprise. 

Reprise du trafic. Vingt minutes pour rejoindre la maison. Il s'accorderait une heure de pause.

Une maman et ses deux enfants sur le passage piétons. Il força le passage sans un regard. Pas de temps à perdre. 

Il en avait assez de cette musique. Toujours ces notes qui s'imposaient à son esprit. 

"Gnagnagna, gnagnagna, gnagnagna, gnagnagna, gnagnagna, gnagnagna, gnagnagna, boum boum boum...

Gnagnagna, gnagnagna..."

Incapable d'en retrouver la puissance qui l'avait saisi. Il n'en restait que l'irritation.

"Apprendre à écouter ce que vous n'entendez plus."

Il se gara dans l'allée de la maison et sortit. 

Mais qu'avait-il entendu ?

Les clés dans la malette en cuir.

Pourquoi avait-il pleuré comme ça ? C'était absurde. L'impression d'avoir été manipulé. Il ferait peut-être mieux d'arrêter ces séances. Ce thérapeute était finalement trop étrange. Et il lui était surtout désagréable de se sentir aussi vulnérable en sa présence. Comme s'il agissait sur lui au même titre qu'un médecin légiste, ce sentiment désagréable d'avoir été autopsié sans autorisation préalable.

Allumer la cafetière. Silence de la maison. Natacha avec ses monstres de dix ans et les deux garçons au lycée. C'était tout de même effrayant ce que sa femme racontait de son travail. Une classe ingérable, des enfants irrespectueux, apathiques ou surexcités, toujours cette impression de devoir les forcer à apprendre. Il se souvenait avec bonheur de ses années d'école primaire. Que restait-il de cette école qu'il avait aimée ? Il devait à l'institution tout son parcours professionnel et à écouter Natacha, il lui semblait aujourd'hui que même les jeunes enfants n'y voyaient qu'un exutoire possible à tout ce que le monde insérait en eux. Il s'inquiétait de plus en plus de l'épuisement chronique de sa femme. Elle ne parlait que de ça et ne pas l'écouter revenait à la voir exploser. Quant aux deux garçons, le lycée n'était pour eux qu'un champ de bataille contre l'armée des professeurs. 

Les notes répétitives dans sa tête. Un agacement exponentiel. 

Qu'est-ce qu'il avait vécu dans le cabinet du thérapeute? Il cherchait des souvenirs précis et ne trouvait qu'un chaos de sensations inconnues. À quoi cela lui avait-il servi ? Le renforcement de son mal être, cette impression nauséeuse de ne rien comprendre. Mais peut-être convenait-il de ne pas chercher à comprendre, cette idée qu'il suffisait de s'abandonner à l'amour. 

L'amour...

Était-ce cela qu'il avait éprouvé, était-ce l'amour qui l'avait fait pleurer ? Mais l'amour de quoi ? Il n'en avait aucune idée. Il se souvenait vaguement de troupeaux d'animaux galopant dans des plaines et des nuages de pollen mouchetant le ciel de flocons virevoltants. 

Tout cela était absurde. Il avait été hypnotisé par le thérapeute. Ça n'arriverait plus. Déjà, dans les séances précédentes, il avait trouvé étrange cet état de plénitude qu'il avait éprouvé, comme s'il avait avalé un anxyolitique. Une forme d'endormissement qui le révoltait désormais. Et maintenant, en plus, il le faisait pleurer sans qu'il n'y comprenne rien. Et avec une musique obsédante qu'il ne parvenait pas à effacer. 

Fini, terminé. Il devait se concentrer sur son travail. Il ne se ferait plus avoir. C'était un moment de faiblesse passager, il allait se reprendre. De toute façon, le travail lui avait toujours été bénéfique lorsqu'il succombait à des moments de trouble intérieur. Travailler, c'était le meilleur moyen d'évacuer toutes ces bêtises.


 Suite plus tard...  

Mondialisme et obésité

Par Le 11/06/2014

L’obésité, maladie du mondialisme

Nicolas Bourgoin.

http://bourgoinblog.wordpress.com/2014/06/09/lobesite-maladie-du-mondialisme/comment-page-1/#comment-1239

La semaine passée, un couple de Britanniques du comté de Norfolk a été mis en état d’arrestation, accusé de mauvais traitements envers leur fils de 11 ans qu’ils « auraient laissé devenir obèse ». Relâchés sous caution après plusieurs heures, ils risquent de voir leur enfant placé dans une famille d’accueil. Ce fait divers a eu de nombreux précédents. Peu étonnant quand on sait que le Royaume Uni compte un quart de personnes obèses, le taux le plus élevé des pays Européens. Simple hasard ? Les causes de l’obésité, rarement génétiques, sont avant tout sociales, la qualité des conditions de vie et de l’alimentation étant déterminante. Or la pauvreté, conséquence de plusieurs décennies de politiques ultralibérales, est endémique au Royaume Uni – la moitié des enfants anglais vivront sous le seuil de pauvreté en 2020 et le marché de la restauration en expansion continue. En février dernier, la chaîne KFC a ainsi annoncé qu’elle allait ouvrir 300 restaurants d’ici cinq ans. La situation dramatique que connaissent les Anglais pourrait bien préfigurer ce qui attend les européens :l’obésité ne cesse de progresser sur le continent de même que les inégalités sociales, et la pénalisation de la misère et de ses effets, inspirée par la révolution néo-conservatrice étasunienne, y devient peu à peu la norme.

ObesesLa fabrique des pauvres

Privatisations à tout crin, baisse des dépenses publiques, monétarisme effréné, réduction du rôle de l’État, déréglementations des salaires et des prix, libéralisation de la finance : le Royaume-Uni est depuis le début des onze années de règne de Margaret Thatcher sous le feu de la politique mondialiste dans ses aspects les plus brutaux. La révolution néolibérale nord-américaine, qui a substitué le Worfare State au Welfare State, a transformé radicalement et rapidement le visage de la Grande Bretagne. Le chômage a fait plus que doubler entre 1979 et 1983, conséquence de la politique de réduction massive des effectifs dans le secteur public. Aujourd’hui, les inégalités sociales y sont plus grandes que partout ailleurs en Europe et la pauvreté s’y est installée durablement. Parallèlement à la dégradation des conditions de vie, l’obésité s’est développée de manière exponentielle : de 1979 à 2013, le pourcentage d’adultes obèses passe de 7 % à 25 % et aujourd’hui plus de la moitié des britanniques sont en surpoids. Les taux d’hospitalisation des 5-19-ans pour l’ensemble des diagnostics liés à l’obésité ont plus que quadruplé en 10 ans et même les bébésne sont pas épargnés. Si cette tendance se maintient, c’est la quasi-totalité (90 %) de la population britannique qui sera obèse en 2050.

L’obésité, maladie de la pauvreté

L’obésité n’est pas un phénomène individuel mais avant tout social. Pour s’en convaincre, un simple examen de sa prévalence en fonction du niveau social suffit. En France, l’obésité est près de deux fois plus répandue dans les catégories les moins favorisées (16,7 % chez les ouvriers, 16,2 % chez les employés) que dans les catégories plus aisées (8,7 % chez les cadres supérieurs), selon l’enquête épidémiologique nationale sur le surpoids et l’obésité 2012. Le revenu est un facteur important. Près d’un adulte sur deux (48,4 %) touché par l’obésité, vit au sein d’un foyer aux revenus inférieurs à 1 200 euros contre 7 % de ceux qui ont un revenu mensuel supérieur à 5 300 euros. 
Le niveau de diplôme est fortement lié aux pratiques alimentaires. Selon l’étude citée plus haut, le taux d’obésité est trois fois plus élevé chez les personnes d’un niveau d’instruction équivalent à celui de l’école primaire (24,5 %) que chez les diplômés d’un 3ème cycle d’études supérieures (7,3 %). Selon une étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc), « les plus diplômés sont ceux qui ont l’alimentation la plus saine (plus de fruits et légumes, des apports plus élevés en nutriments des meilleurs indices alimentaires…) parce que ce sont ceux qui s’intéressent le plus aux liens entre nutrition et santé ». L’obésité est bel et bien une maladie de la pauvreté dans toutes ses dimensions – économique, culturelle et sociale – et de plus en plus nettement car ses écarts de prévalence suivant la catégorie sociale tendent à s’accroître. Elle a des conséquences néfastes sur l’état de santé des individus, donc sur leur longévité – contribuant à creuser encore un peu plus les écarts d’espérance de vie entre classes sociales.

Encore et toujours, punir les pauvres.

La réponse des pouvoirs publics britanniques face à cette épidémie est en complet décalage. Elle tient en une formule : sanctionner les victimes. Autrement dit, faire porter aux individus eux-mêmes la responsabilité de leur propre état physiologique ou aux parents celle de leur enfant, sous couvert de « responsabilisation ». Et en épargnant pour le coup le vrai responsable : le libéralisme qui a favorisé à la fois la progression de la pauvreté, les comportements sur-consuméristes et l’essor du marché de l’alimentation low-cost destinée aux pauvres, malsaine et déséquilibrée. Au Royaume Uni, cette éthique de la responsabilité individuelle est poussée à l’extrême : placement des enfants obèses dans des familles ou des structures d’accueil, instauration d’une taxe anti-obésité appliquée aux personnes en surpoids et suppression des aides sociales et des allocations pour les personnes obèses ou en surpoids qui refuseraient de faire de l’exercice. Toutes ces mesures ne peuvent que pénaliser financièrement des populations déjà fragiles, compromettant encore leur accès à une nourriture saine qui, au fur et à mesure que la pauvreté se développe, tend à devenir un luxe réservé à une minorité. Cette politique discriminatoire s’applique jusqu’aux policiers anglais menacés d’une baisse de salaire en cas d’inaptitude physique.

Société précarisée, société sécuritaire

On retrouve avec la pénalisation de la pauvreté et de ses effets physiologiques, les ingrédients d’une culture du contrôle importée des États-Unis qui associe intensification de la surveillance des populations précaires, restauration de la mission punitive du droit pénal et prédominance accrue de la privation de liberté dans l’économie des sanctions. Autrement dit, redéfinir les problèmes sociaux en termes de sécurité publique pour les résoudre par l’usage exclusif de la sanction[1]. Les États occidentaux ont de plus en plus recours au rapport de forces brutal, à la militarisation du discours et des pratiques policières pour tenter de contenir les désordres produits par le développement du chômage, de la pauvreté et de l’insécurité sociale propres au capitalisme post-fordiste. Les dispositifs d’accompagnement social de la période de l’après-guerre sont abandonnés au profit du filet policier et pénal.

Le Royaume-Uni avec ses 4 millions de caméras de surveillance – une pour 14 habitants, ce qui en fait le pays le plus surveillé d’Europe – et ses 85.000  détenus – deux fois plus qu’il y a 20 ans – fait figure de pionnier en la matière. Loin d’être un fait divers banal, cette nouvelle chronique de la misère ordinaire condense à elle seule tous les ingrédients des maux du libéralisme : l’essor de lajunk food bon marché, la boulimie sur-consumériste, l’explosion des inégalités sociales – y compris celles devant la mort – et la pénalisation de la misère et de ses effets sociaux. L’industrie agroalimentaire, la grande distribution et la restauration rapide pourront continuer à faire des profits sur le dos des pauvres tandis que les inégalités sociales s’accroîtront toujours plus et que les laissés-pour-compte s’entasseront dans des prisons surpeuplées. Ce qui arrive aux Anglais préfigure ce qui sera bientôt la norme en Europe : des populations malades, précarisées, désaffiliées, paupérisées, coincées entre surendettement et surconsommation et n’ayant pour seul horizon que les dispositifs de prise en charge policière et pénale.

  [1] Voir mon livre, La Révolution sécuritaire (1976-2012), Champ social, 2013.

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Honorer

Par Le 11/06/2014

Levé à 4h30...Assis dehors, j'écoutais les oiseaux saluer le lever du jour. Une symphonie disparate emplissant le silence de la nuit qui se retire. Est-ce que j'ai salué cette vie maintenue pendant mon sommeil ? Est-ce que j'ai conscience du privilège inexplicable d'être encore là ? Est-ce que je suis capable de chanter intérieurement, de me réjouir, d'honorer ce cadeau inestimable ?
Encore faudrait-il parvenir à sortir des pensées mécaniques, à délaisser les émotions mortifères, à comprendre que le passé s'est éteint et que la fin du jour n'existe pas encore, qu'il n'y a rien d'autre que cet instant lumineux de l'aurore...J'ai retrouvé soudainement la musique de Moby..."Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " Il ne s'agit pas seulement de l'écrire. Encore faut-il le vivre pleinement...

Aurore

Crise sanitaire

Par Le 10/06/2014

C'est effroyable.

Dans les chiffres, dans les conséquences, dans le fait que ce sont les populations défavorisées qui sont les plus touchées...

Et des laboratoires pharmaceutiques cherchent LA molécule qui permettra d'enrayer ce fléau et par la même ooccasion d'engranger des milliards...Est-ce qu'on doit les critiquer et les freiner dans leurs recherches ? Non, sûrement pas. Il suffit de penser aux victimes. Mais le raisonnement qui consiste à trouver un traitement à un problème qui relève parfois, uniquement, de comportements addictifs et destructeurs, m'interpelle considérablement...Et j'en suis même à me demander aujourd'hui devant cette absurdité si ceux qui en profiteront ne sont pas ceux qui entretiennent le problème. Il faudrait voir quels sont les participations actionnariales des grands groupes alimentaires...S'ils ont des participations financières dans des laboratoires pharmaceutiques, on aurait une réponse...

 


 

USA: 29 millions de diabétiques
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Par lefigaro.fr avec AFPMis à jour le 10/06/2014 à 21:22 Publié le 10/06/2014 à 21:20
Les Etats-Unis comptaient en 2012 plus de 29 millions de diabétiques, ce qui représente une augmentation de 11,5% par rapport à 2010, selon un rapport alarmant des autorités sanitaires fédérales publié aujourd'hui. Une personne sur quatre ignore souffrir du diabète de type 2 ou adulte, précisent les Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

Outre les 29 millions d'adultes atteints de diabète, soit 9,3% de la population, 86 millions, soit plus d'une personne sur trois, est prédiabétique (c'est à dire avec un taux sanguin de glucose plus élevé que la normale). Sans perte de poids et sans activité physique, 15 à 30% de ces personnes deviendront diabétiques dans les cinq ans, selon les CDC.

L'obésité, qui affecte plus d'un tiers des adultes américains, est le principal déclencheur du diabète de type 2. Les responsables sanitaires parlent de véritable épidémie baptisée "diabesity". "Ces dernières statistiques sont alarmantes et soulignent la nécessité d'intensifier les actions pour réduire le fardeau du diabète dans notre pays", insiste Dr Ann Albright, directrice de la division du diabète aux CDC.

On diagnostique deux fois plus de diabète chez les Noirs, les Hispaniques, les Amérindiens ainsi que chez les autochtones d'Alaska que chez les Blancs non-hispaniques, ont aussi constaté les chercheurs. Mais la proportion d'adultes aux Etats-Unis qui sont prédiabétiques est quasiment similaire chez les Blancs (35%), les Noirs non-hispaniques (39%) ainsi que chez les Hispaniques (38%). 

Le rapport précise également que 208.000 jeunes de moins de vingt ans souffrent de diabète de type 1 (juvénile) ou de type 2.
Le diabète est une maladie grave caractérisée par un taux élevé de glucose dans le sang. Elle peut être jugulée par une activité physique, un régime alimentaire adéquat, un usage approprié de l'insuline ou encore un traitement. Traiter le diabète permet aussi de réduire d'autres risques de maladies cardiovasculaires alimenté par l'hypertension artérielle, un taux élevé de cholestérol ou le tabagisme.

Les diabétiques courent un risque plus grand de maladies cardiaques, d'accident vasculaire cérébral, de défaillance rénale et de complications graves dont une perte de la vision, une amputation des orteils, des pieds ou des jambes, voire une mort prématurée, met en garde le rapport. Selon les CDC, en 2012, le diabète et ses complications ont coûté 245 milliards de dollars en soins médicaux et en manque à gagner économique comparativement à 174 milliards en 2007.

Exemple d'horaires

Par Le 10/06/2014

Le message d 'une maman, à Embruns, Hautes Alpes. Quatre écoles élémentaires et pas une seule n'applique les mêmes horaires...


"Maternelle de ma fille et mon fils 
Lundi mardi jeudi vendredi : 8h30 12h - 14h 15h45 
Mercredi 8h30 - 11h30

Mon fils en primaire : 
Lundi 8h30 12h - 14h 16h30 
Mardi 8h30 12h  -14h 15h 
Mercredi 8h30  - 11h30 
Jeudi 8h30 12h - 14h 15h45 
Vendredi 8h30 12h  - 14h 15h45

Et la cerise sur le gâteau pour les enfants qui prennent le car ( ça sera le cas des miens, je n'ai pas le choix ) : 
Prise du car seulement à 16h30 : Mon fils qui finit à 15h doit attendre 1h30 pour rentrer en car...Ou alors, je dois payer la garderie..."


1h30 à attendre sur le trottoir... 

...On appelle ça désormais l'école communale ou pire encore l'école de quartier. 

Mais c'est pour "l'intérêt des enfants", qu'ils ont dit...

Plus de télé...

Par Le 10/06/2014

J'avais douze ans, je m'en souviens très bien. On était tous dehors, on jouait avec les voisins, il n'y a jamais eu autant de fêtes,  un baby boom spectaculaire et un renouvellement des matelas dans toute la Bretagne:)

Une bien belle époque !) 


Bretagne. Il y a 40 ans, l’attentat du Roc’h Trédudon

Il y a 40 ans, un attentat visait l'antenne du Roc’h Trédudon. Des milliers de foyers sont restés privés de télévision plusieurs semaines.

Dans la nuit du 13 au 14 février 1974, l’émetteur du Roc’h Trédudon, à Plounéour-Menez dans les Monts-d’Arrée (29), est la cible d’un attentat. Plusieurs bombes explosent ce soir-là. L’attentat est revendiqué par le Front de Libération de la Bretagne (FLB).

L'émission de France Inter, le 14 février 1974 :

 

Les auteurs de l’attentat n’ont jamais été arrêtés, ni même identifiés.

« Le sabotage spectaculaire de l’émetteur de télévision de Roc-Trédudon fait passer l’activisme à l’échelon supérieur : celui du terrorisme à l’Irlandaise », écrit Ouest-France en première page, le 15 février 1974. « Voici maintenant un million de Bretons privés, pour des mois peut-être, de la télévision. La télévision devenue, quoi qu’on puisse penser de l’ORTF, le pain quotidien du loisir ».

« Comment l’attentat du Roc-Trédudon ne provoquerait-il pas la consternation de tous ceux qui militent hors d’un vain extrémisme, pour une Bretagne plus largement maîtresse de son destin, pour le sauvetage de sa langue et de ses valeurs spirituelles ? Au moment où, grâce à leurs efforts, s’affirme une reprise de conscience de l’identité bretonne, quel effet repoussoir ! », écrit encore Franck Choquet, chef du service politique de Ouest-France, dans cet article.

« La Bretagne mérite mieux », conclut-il.

Cliquez pour agrandir la une de Ouest-France, du 15 février 1974 :

L'abîme...

Par Le 09/06/2014

Friedrich Nietzsche


"Que celui qui combat les monstres prenne garde dans sa guerre, à ne pas devenir un monstre lui même. À force de plonger trop longtemps votre regard dans l’abîme, c'est l’abîme qui entre en vous."


Je sais...J'ai compris...

Le deuil est consommé. Je ne regarde plus cet abîme.

J'écoute de nouveau ce que je n'entendais plus.

Spinoza : le désir

Par Le 09/06/2014

L’ESSENCE SUBJECTIVE DU DESIR

1) Le désir est l’essence de l’homme (Spinoza)

a) Le désir de vivre. – Rappelons d’abord que le désir, en un sens, est l’essence même de la vie : vivre, c’est désirer vivre. Tout est désir, y compris l’aversion qui n’est que le désir de s’éloigner d’une chose qui ne nous plaît pas. Tout ce qu’on fait, on le fait parce qu’on le désire. Ce désir immanent à la vie, Spinoza l’appelle “conatus”, d’un terme qui veut dire “effort”. Il écrit : “Chaque chose, autant qu’il est en elle, s’efforce de persévérer dans son être” (Ethique III, prop. 6). Tout corps, tout être résiste à sa propre destruction, aucun ne veut mourir (cf. la célèbre définition de la vie énoncée par le médecin Bichat : “la vie est l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort”). La particularité de l’âme, et donc de l’homme, c’est qu’elle a conscience de cet effort.

b) L’essence de l’homme. — Donc le désir est le moteur même de nos actions ; on peut dire qu’il est le « sujet » de nos actions. C’est pourquoi Spinoza affirme “le désir est l’essence de l’homme”. L’essence de l’homme, c’est ce qui fait qu’un homme est un homme et le reste. D’abord précisément à cause du conatus, du désir d’exister comme essence de tout être vivant. Mais si le désir est l’essence de l’homme, cela veut dire aussi qu’il est propre à l’homme. Pour l’homme, en effet, le désir n’est pas seulement désir de vivre, mais le désir de vivre en tant qu’homme. Or l’homme possède un esprit, une conscience. D’où une nouvelle définition du désir, applicable à l’homme seul : “le désir se rapporte aux hommes, en tant qu’ils ont conscience de leurs appétits et peut, pour cette raison, se définir ainsi : le désir est l’Appétit avec conscience de lui-même”. Les autres êtres vivants ont des tendances, des « appétits », ils subissent la loi du «conatus », mais ils ne connaissent pas le « désir ».

c) Subjectivité et souverainete du désir. – Désir et conscience sont donc intimement liés. C’est pourquoi on peut parler d’une « subjectivité » du désir, au sens d’abord où l’homme est conscient de ses désirs. Inversement, l’homme ne désire que parce qu’il est conscient (sinon il se contenterait de ses « appétits », comme les animaux). Mais le désir peut être dit « subjectif » dans un autre sens encore. En effet le désir est souverain, il est “sujet” dans un sens parce qu’il décide lui-même de ce qui désirable et de ce qui ne l’est pas. Contrairement à ce que pensait Aristote, nous ne désirons pas une chose parce que nous la jugeons bonne (ce qui suppose que le jugement est premier), mais nous la jugeons telle parce que nous nous efforçons vers elle, parce que nous la désirons (cela suppose la primauté du désir). C’est le désir qui crée la valeur, qui donne de la valeur aux choses, non l’inverse. Par exemple, ce n’est pas parce qu’une chose «est » belle (selon quel critère ?) que nous la désirons, c’est parce que nous la désirons que nous la voyons belle. Il n’y a plus de « bons » ou de « mauvais » objets du désir : si le désir est sujet, comme on l’a dit, ce n’est plus l’objet du désir qui fait la valeur du désir. D’ailleurs il vaudrait mieux ne plus parler des désirs (confusion du désir avec ses objets multiples), mais plutôt du désir comme sujet. Désirer, c’est bien (activité), ne pas désirer, c’est mal (passivité).

Evidemment, ceci n’a de sens que si l’on ne confond pas Désir et Appétit. Les appétits livrés à eux-mêmes peuvent être mauvais. C’est la conscience qui fait la différence, c’est pourquoi également il y a une subjectivité du désir. C’est la conscience qui apporte aux appétits une unité, une durée, un sens, et qui les transforme en désirs.

Il reste cependant une difficulté : le désir est sujet, mais son objet reste flou. On a dit : désirer, c’est bien. Mais désirer la mort, est-ce bien ? Le simple fait que le désir soit conscient, et souverain, ne rend pas ce désir bon.

La solution au problème est la suivante : il ne suffit pas d’affirmer que la conscience accompagne le désir (Spinoza), il faut reconnaître que la conscience (c’est-à-dire l’homme) constitue aussi le vrai objet du désir, du désir en tant qu’humain. D’autre part, c’est une chose de considérer la conscience comme un attribut majeur du désir, c’en est un autre de définir la conscience tout entière comme « désirante»… C’est ce que nous enseigne Hegel (19è) : désirer et être conscient ne sont pas seulement « associés », c’est proprement la même chose. C’est parce qu’elle est désirante, tournée vers une « autre » conscience en quête de reconnaissance, que la conscience est dynamique et peut progresser.

 

http://r-eveillez-vous.fr/savons-nous-bien-ce-que-nous-desirons/

 

Un site à lire et à partager.


"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas." (3)

Par Le 08/06/2014

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (1)

"Apprends à écouter ce que tu n'entends pas." (2)

Nouvelle écoute.

 

Il s'aperçut que les notes longues du synthétiseur apparaissaient bien plus tôt que ce qu'il avait décelé à la première écoute. Il s'était laissé prendre par le leitmotiv e til  n'avait pas su s'en libérer...

 

Les yeux clos, il vit crépiter des lumières, comme des papillons virevoltants. 

Longue inspiration, longue expiration. Sans le vouloir, sa respiration avait adopté un rythme particulier, comme si les notes agissaient sur lui comme un chef d'orchestre. 

Apaisement.

Un crescendo céleste. L'expression s'imposa, une évidence. 

Les notes longues qui montaient et gagnaient en puissance.

Il se sentit aspiré, une ascendance tiède et délicate, aucun soubresaut, une élévation d'âme...

L'âme...Le mot avait jailli comme un diable hilare de sa boîte. 

Il en sourit et laissa les sensations l'envahir. Comme des retrouvailles, des embrassades attentionnées, un câlin de femme...

Ascension...

Des chaînes de montagnes et des glaciers, des jungles infinis tapissant la Terre d'une houle frissonnante, des plaines aux herbes dansantes, des brises gonflées de chaleur, des vols d'oiseaux lancés à travers les horizons lumineux, et l'Océan, l'Océan, comme il ne l'avait jamais vu. Un fin liseré dessinant l'arrondi de la planète, reflet de l'atmosphère, miroirs symétriques, l'un et l'autre se contemplant, il devina la rotation de la Terre dans l'espace, mouvement indicible d'une puissance incommensurable, la Terre tournait sur elle-même dans une courbe solaire et nous n'en étions même plus étonnés...

 

Les notes longues qui montaient vers les cieux. 

Une paix inconnue gonfla en lui, une succession effrénée d’images déboula, une masse compacte animée d’une volonté inébranlable, il regarda derrière ses paupières et vit le monde, il le vit comme il ne l’avait jamais entendu et l’expression ne l’interpella même pas, il s’abandonna au flux dans ses veines.

 

Il sentit courir en lui des troupeaux de zèbres, la puissance des antilopes, le grondement puissant des sabots sur le sol, la montée de la sève dans les bourgeons affamés, il entendit la croissance des herbes, il suivit le parcours obstiné des insectes dans les jungles des sous-bois, le vol bondissant des papillons amoureux, il entendit le chant des vents d’altitude et se laissa porter par les grands courants marins, coula dans les fleuves au milieu des limons, survola les sommets, descendit lentement au cœur des glaciers, icebergs dérivant dans les mers polaires, il imita le silence des pierres, plongea au cœur des atomes, fusionna dans les coulées de lave, glissa sur une fougère dans un corps d’escargot, amibe insérée dans un conglomérat visqueux, il sentit ruisseler en lui le parfum des fleurs, des milliers de parfums comme des tourbillons enivrants, il compta en un milliardième de secondes les flocons qui tombaient sur le monde.

« Je suis la vie présente en moi… Je suis l’énergie, la beauté de l’ineffable. J’écoute ce que je n’entendais plus. »

 

Ce cœur qui bat sans que rien ne l’explique, cette mélodie sourde, régulière, comme un tambour éternel, cet apaisement immédiat, une comptine récitée en lui, un condensé de douceurs pour le calmer.

Plus de grésillements mais une chaleur diffusée dans les fibres, un courant continu, il devinait une charge électrique, rien qui ne puisse être identifié, rien qui ne puisse être saisi par la raison, il percevait encore cette osmose inimaginable avec les éléments de la vie, cette rencontre fusionnelle, ce partage qu’il n’aurait su concevoir.

Le courant en lui. 

 

L’impression qu’il était réfugié dans une grotte close et que l’agitation du monde s’approchait.

Le leitmotiv le saisit à la gorge. Il en fut atterré puis il comprit aussitôt qu’il en était responsable. Le flux vital était toujours là, les notes longues comme un chœur divin…  

Placenta humain, placenta terrestre, placenta divin…Une succession infinie, des expériences à saisir pour grandir, des expériences pour valider la croissance…

 

Il ne comprenait rien à ce qui jaillissait en lui.

Les notes longues comme des nourritures spirituelles.

Notre naissance, cette expulsion du ventre maternel. Nous n’avions pas compris. Nous nous pensions humains, nous n’étions qu’une nouvelle forme embryonnaire. La Terre était un deuxième placenta. Nous devions y grandir avant que la mort ne nous renvoie au placenta divin, celui des âmes, celui des énergies originelles, dans le flux vital, dans le courant des particules…

 

Le leitmotiv des conditions de vie n’était qu’une sourdine posée sur cette âme, l’interdiction de grandir, une condamnation que nous nous infligions. Il fallait en sortir et se nourrir de l’Amour.

 

Les phrases en lui comme des bourgeons gorgés de vie.

 

Il ne comprit pas les larmes. Il se l’était toujours interdit. Les injonctions de son père. Un garçon ne pleure pas. Et l’homme à venir doit tuer l’amour de la vie. Brider les émotions et s’en tenir à la raison apprise.

 

Il ne pouvait plus.

Il aurait pu en mourir. Alors que la Vie était là…

 


Suite plus tard…

R.I.P...

Par Le 08/06/2014

Suicide d'un prof à Marseille : «imputable au service», selon l'Education nationale

Publié le 07.06.2014, 14h09 | Mise à jour : 14h33

ARCHIVES. L'Education nationale a reconnu que le suicide d'un enseignant d'un lycée de Marseille à son domicile la veille de la rentrée 2013-2014 était directement lié aux conditions de travail, a indiqué samedi une source syndicale.

ARCHIVES. L'Education nationale a reconnu que le suicide d'un enseignant d'un lycée de Marseille à son domicile la veille de la rentrée 2013-2014 était directement lié aux conditions de travail, a indiqué samedi une source syndicale. | LP

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L' nationale a reconnu que le suicide d'un enseignant d'un lycée de Marseille à son domicile la veille de la rentrée 2013-2014 était directement lié aux conditions de travail, a indiqué samedi une source syndicale. <btn_noimpr> Le recteur de l'académie d'Aix-Marseille a annoncé vendredi lors d'un comité technique académique, réunissant représentants des personnels et de l'administration que ce suicide était «imputable au service», a indiqué Séverine Vernet, une responsable régional du SNES-FSU.

«Cela signifie la reconnaissance du fait que ce geste a un lien direct avec le travail, que seul le travail explique ce geste. C'est aussi la reconnaissance des carences de l'administration dans l'accompagnement des personnels et les moyens accordés à la médecine de prévention», a poursuivi Mme Vernet, secrétaire du CHSCT académique. Le rectorat n'était pas joignable samedi pour commenter cette information.

La réforme de la filière technique mise en cause par l'enseignant

Pierre Jacque, professeur d'électronique en série STI2D (Sciences et technologies industrielles et du développement durable) du lycée  (13e arrondissement) a mis fin à ses jours le 1er septembre 2013 à l'âge de 55 ans, expliquant dans une lettre adressée à ses collègues que «le métier tel qu'il est devenu» ne lui était «plus acceptable en conscience».

Dans cette lettre, il dénonçait notamment les conditions de «la mise en place de la réforme» de l'ex-ministre de l'Education nationale Luc Chatel «faite à la hussarde dans un état d'affolement que l'inspection a du mal à dissimuler». Les CHSCT «avaient alerté à l'époque l'administration sur la souffrance grandissante des personnels suite à cette réforme de la filière STI2D (Sciences et technologies industrielles et du développement durable) », souligne Mme Vernet, estimant que cette reconnaissance, une première dans l'académie, était «essentielle» pour la famille de ce professeur, qui était marié et père de deux filles.
  •  07/06/2014 - 20h10

    Heureusement qu'il y a encore quelques bons médecins ou psychiatres attentifs qui évitent le drame en mettant en arrêt maladie et à l'abri avec des soins ... car il n'y a pas que dans l'éducation nationale qu'on désespère et harcèle les actifs et il n'y a pas que le métier de prof, tel qu'il est devenu, qui n'est "plus acceptable en conscience" .... la liste est longue.

  •  07/06/2014 - 19h22

    Je suis enseignante quand j'organise une sortie scolaire et que je demande à des parents de m'accompagner, à la fin de la demie journée, ils n'en peuvent plus et me demandent comment je tiens... Régulièrement, on me dit qu'on ne ferait ce métier pour rien au monde. Pourtant, je ne travaille pas dans une zone difficile... Ne pas avoir deux mois de vacances l'été , beaucoup d'enseignants sont pour mais apparemment, c'est le milieu touristique qui décide de l'avenir de nos enfants. Pour les nouveaux rythmes, certaines écoles ont proposé de grignoter sur les vacances, ce sont les directeurs académiques qui ont refusé. Discutez avec des enseignants, écoutez nous et faites vous une opinion de nous après. Je sais que les apparences ne nous valorisent pas mais je pense que beaucoup d'entre nous valent le coup de creuser un peu.

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