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  • Concours littéraire.

    A votre bon coeur Messieurs Dames, un petit concours auquel je participe. Un texte court, 400mots maximum, j'en ai mis 397 :)


    il y a 1 h

    Le chant du cygne Thierry Ledru

    1 vues

    Thème : Athlettres

    Le sport est devenu, à la place de la guerre, le grand thème épique. Les écrivains sont des athlètes en chambre.

    Pour certains, la littérature est un sport de combat. Ils tapent sur les touches de leur clavier comme ils frapperaient sur un punching ball. D’autres s’émeuvent sur les corps glorieux des grands cham­pions ou des forçats de l’effort, qu’ils soient cyclistes, footballeurs, tennismen, coureurs ou cavaliers. Peut-être parce que l’intensité de la compétition est, comme la densité du livre, de la vie por­tée à l’incandescence.

    Mais il y a aussi des écrivains qui trouvent le sport stu­pide, comme la guerre. Dans tous les cas, on est pris par le texte comme on est pris par un match.

    Je veux aussi participer Toutes les oeuvres

    À bloc depuis une vingtaine de kilomètres, soixante-douze au compteur et j'avais décidé de finir en beauté. Un final très montant. Une bosse de six kilomètres que j'ai tenté de franchir sans jamais relâcher la pression, la bave aux lèvres, les tympans saturés par la force de mes souffles, la brûlure constante des cuisses. Je savais, avec l'expérience, qu'il ne fallait pas lever la tête, ne jamais regarder en avant, ne jamais subir cette vision destructrice de la pente, rester appliqué sur la poussée des jambes, le ruban de goudron qui défile sous les yeux, rester dans l'instant, ne pas espérer la fin de la montée au risque de voir fondre mon énergie. J'ai franchi le sommet et j'ai basculé aussitôt dans la pente, grand plateau, cinquante-huit kilomètres à l'heure, l'enchaînement des virages, une euphorie bienheureuse, aucune envie de récupérer mais bien au contraire de continuer à puiser dans le creuset bouillant. Un long faux plat montant et puis une nouvelle bosse de cinq kilomètres.
    Toujours à fond.
    C'est là que j'ai senti qu'il n'y avait plus rien. Un retour éphémère de la pensée et puis son effacement quasi immédiat, comme si cette pensée n'avait plus de raison d'être, qu'elle n'était qu'une intruse inutile, une excroissance qui s'était vidée de toute son énergie. Je sentais autour de moi cette odeur particulière du corps, ce parfum âcre, entêtant, lorsque l'effort impose d'aller chercher dans les abysses les forces disponibles, comme si ces forces agglutinées dans les tréfonds possédaient une odeur de cave. Je sais quand cette odeur survient que je ne suis pas loin du point de rupture et que le chant du cygne va survenir.
    Je ne savais pas où j'étais dans la montée, je n'avais plus de lien réel avec le monde environnant. Les frissons sont apparus, comme une bourrasque, des cascades caloriques déboulant du crâne jusqu'aux orteils, saturant de jouissance chaque cellule. J'ai éclaté de rire et mon rire m'a surpris.
    J'ai vu sur le compteur que la vitesse augmentait et j'ai appuyé encore plus fort, j'ai laissé couler de ma gorge les râles et la mélodie des souffles. Une montée verticale dans les gouffres intérieurs.
    Je suis arrivé au sommet de la bosse. Et tout s'est effondré.
    Il restait trois kilomètres. Je les ai parcourus comme un moribond. Comme un voyageur revenant d'un séjour étrange, une terre inconnue et redécouvrant misérablement sa condition humaine.

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    EN COMPET Livres en tête 2013 | votez jusqu'au 19 novembre (10:10)

    les votes, comment ça marche ?

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  • Il était une fois...

    Il était une fois un vieil homme, assis à la porte d'une ville.
    Un jeune homme s'approche de lui:
    "Je ne suis pas d'ici, je viens de loin ; dis moi, vieil homme, comment sont les gens qui vivent dans cette ville?"
    Au lieu de lui répondre, le vieillard
    lui renvoie la question:
    "Et dans la ville d'où tu viens, comment les gens étaient-ils donc?"
    Le jeune homme aussitôt, plein de hargne:
    "Égoïstes et méchants, au point qu'il m'était impossible de les supporter plus longtemps! C'est pourquoi j'ai préféré partir!"
    Le vieillard:
    "Mon pauvre ami, je te conseille de passer ton chemin: les gens d'ici sont tout aussi méchants et tout aussi égoïstes!"

    Un peu plus tard, un autre jeune homme s'approche du même vieillard:
    "Salam! Je débarque en ces lieux ; dis-moi, comment sont les gens qui vivent dans cette ville?
    Et le vieil homme de le questionner à son tour:
    "Dis-moi d'abord, là d'où tu viens, comment les gens étaient-ils?"
    Le jeune homme, dans un grand élan:
    "Honnêtes, bons et accueillants! Je n'avais que des amis; oh que j'ai eu de peine à les quitter!"
    Le vieillard:
    "Eh bien, ici également, tu ne trouveras que des gens honnêtes, accueillants et pleins de bonté."

    Un marchand faisait boire ses chameaux non loin de là, et il avait tout entendu:
    "Comment est-il possible, ô vieil homme que je prenais pour un sage, de donner, à la même question, deux réponses aussi diamétralement opposées?"
    "Mon fils, déclara le vieil homme, chacun porte en son coeur son propre univers et le retrouvera en tous lieux."

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  • Rythmes scolaires

    13 Pages de commentaires...C'est le plus intéressant d'ailleurs.


    Rythmes scolaires : «La catastrophe annoncée a bien eu lieu»

    Le SNUipp Paris posera ce mardi ses revendications auprès du recteur de Paris, François Weil.

    Évoquant une «rentrée catastrophique», le SNUipp Paris décrit des élèves «fatigués, désorientés et inquiets». La Mairie de Paris dénonce de son côté la «malhonnêteté intellectuelle» du principal syndicat d'enseignants du primaire,

    La réforme des rythmes scolaires, acte II… Après une écriture dans la douleur du décret Peillon, la mise en place serait tout aussi difficile. C'est en tout cas ce que déplore le SNUipp Paris trois semaines après la rentrée. Le principal syndicat d'enseignants du primaire, qui tirait la sonnette d'alarme la semaine dernière, rencontre aujourd'hui le recteur de Paris, François Weil. Au menu: des revendications concernant les locaux et la sécurité.

    «La catastrophe annoncée a malheureusement lieu», estime Jérôme Lambert, secrétaire départemental du SNUipp75, sur la base des premières remontées d'une enquête menée auprès des quelque 660 écoles de Paris (une centaine de réponses à ce jour). En ligne de mire: «l'alternance de jours irréguliers» -les mardis et vendredis, le temps des apprentissages s'achève à 15 heures et laisse la place aux activités périscolaires, tandis que l'organisation des lundis et jeudis est inchangée-, qui aurait des répercussions catastrophiques notamment sur les enfants de maternelle. «En une journée, ils peuvent voir passer pas moins de quatre intervenants, la maîtresse, les animateurs de la cantine, ceux des activités périscolaires et ceux des ateliers proposés après 16h30!» poursuit le syndicaliste. Évoquant une «arythmie scolaire», il décrit des élèves d'élémentaire «fatigués, désorientés et inquiets dès qu'on évoque la sortie des classes». Un élément que nombre d'enseignants constatent sur le terrain. «A 15h, beaucoup d'élèves me demandent s'il est l'heure de goûter, si le déjeuner est déjà passé…» raconte une professeur des écoles du XVe arrondissement.

    Parallèlement, le syndicat dénonce des problèmes de locaux, avec des salles de classe que les enseignants partagent désormais avec les animateurs et des problèmes de sécurité, avec une «circulation des adultes et des enfants incessante, difficile à contrôler».

    Pour la Mairie de Paris, «les enfants bénéficient d'ateliers éducatifs de qualité»

    «Il me paraît malhonnête intellectuellement de prétendre tirer le bilan d'une réforme de si grande ampleur au bout d'à peine trois semaines d'application», a rétorqué Colombe Brossel, adjointe du maire de Paris en charge de la vie scolaire, par voie de communiqué. «Je m'étonne que le SNUipp Paris (…) ose parler d'une rentrée catastrophique alors même que comme j'ai pu le constater aujourd'hui encore en visitant une école, les enfants bénéficient d'ateliers éducatifs de qualité qui se déroulent bien», explique l'élue PS. Il est clair que, dans d'autres écoles parisiennes, certains parents ne partagent pas son avis. Car la qualité des activités varie énormément d'un arrondissement à l'autre. Sur les questions de sécurité, elle explique que la Mairie n'a jamais «transigé». «Il existe à ce jour un système de contrôle des plus stricts en ce qui concerne les sorties qui ont lieu sur le temps périscolaire», affirme-t-elle.

    «Madame Brossel pratique la langue de bois attendue dans le cadre d'une campagne électorale», ironise Jérôme Lambert, qui, depuis les grèves parisiennes de février 2013, incarne l'opposition des enseignants à cette réforme. Les enseignants et l'ensemble des personnels payent aujourd'hui l'addition du passage en force de Bertrand Delanoë et du recteur de Paris.»

    Le syndicat, qui, au niveau national, exige une réécriture du décret, posera aujourd'hui ses revendications auprès du recteur: trouver d'autres locaux pour les activités périscolaires, disposer d'une liste à jour des enfants restant aux activités périscolaires et des personnels habilités à rentrer dans l'école. Il rencontrera le lendemain la Mairie de Paris.

    La capitale fait partie du petit 20 % de communes ayant choisi de mettre en place la réforme Peillon dès septembre 2013. Une décision purement politique, destinée à «sauver le soldat Peillon», selon le SNUipp Paris. Un choix «pour améliorer les conditions d'accueil des écoliers», selon la mairie. «Une mesure de justice sociale», selon le recteur.

    VOS TÉMOIGNAGES - Comment vos enfants vivent-ils la réforme des rythmes scolaires? Quelles activités ont été mises en place? Comment vous organisez-vous? Faites-nous part de vos témoignages dans les commentaires ci-dessous ou en écrivant à temoin@lefigaro.fr.

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    202 commentaires

    • Pour ma part je suis contre et on devrait revenir à la semaine à 4 jours, comme c’est depuis plus de 20 ans !
      Les parents auraient du être concertés et les professeurs aussi. Un référendum aurait du être fait au préalable. Cette réforma a été mise en place sans réfléchir au conséquence sur l'enfant et au niveau pécunier pour les parents
      les enfants sont déjà assez fatigués comme ça !!! c'est n'importe quoi.
      Dans les petites communes comme là où je réside, les activités seront payantes, c'est pas normal, ça va encore baisser notre pouvoir d'achat. Cette réforme n'est pas équitable pour tous les enfants.

    • C'est une catastrophe! Il faut que les maires actuels se mobilisent pour ne pas mettre en place cette "réforme"stupide. Ma fille est hyper fatiguée depuis les nouveaux rythmes. Les activités ont lieu après la cantine. La reprise des cours est très difficile après ces activités. Aucune motivation... Elle sort comme avant à 16h30 donc aucun allègement. Et le mercredi matin en prime...
      Mais quelle ineptie!!!!

    • Il faut être honnête , ce rythme est fatigant. J'ai été obligé de les enlever de l'étude.
      Moralité : je rentre à la maison et je leur fait répéter les devoirs (alors qu'avant ils rentraient , c'était fait). En contrepartie, ils se reposaient le mercredi.

      Le bonus : ils ne font plus de sport le mercredi car la mairie de Paris a redispacher les créneaux des associations sur les lundis et mardis soirs.

      Bref, à Paris, c'est la loose.
      fatigués
      activités nulles
      devoirs à 20h
      suppression du sport

      CQFD

    • mon fils, 7 ans, est déjà très fatigué avec ces nouveaux rythmes. et jouer au ballon prisonnier ou faire une ronde pendant 1h30 est lassant à la fin....résultat il ne veut plus aller à ses vraies activités hors temps scolaire. la mairie fait ce qu'elle peut, et devra sans doute augmenter ses impôts pour financer tout çà. Dans l'histoire, dites moi qui est satisfait?

    • En tant qu'employé de la ville et donc, un de ces intervenants sur tout les temps, j'appuie totalement les revendications des syndicats (pour une fois) parce que je le vis de l'intérieur.
      La réforme a été facile à faire pour nos têtes pensantes : il faut modifier les temps vous travaillerez donc maintenant de telle heure à telle heure. Point.
      Pour tout le reste c'est : demerdez-vous.
      Mise en place comme chacun peut, budgets faméliques, on compte sur nos bonnes volontés pour que tout se passe bien et, parce que nous sommes professionnels, c'est majoritairement le cas mais à quel prix ?
      Il serait bien qu'un jour, les gens qui évoluant en haute sphère prennent le temps d'écouter les professionnels qui se trouvent au bout de leurs réformes, ces gens qui sont chargés de subir/appliquer ce qu'ils décident sans nous concerter parce que, contrairement à ce que disait ce "cher" ministre de l'Education, l'enfant est au sein de nos préoccupations et que nous sommes au contact de ceux-ci à longueur de journée (équipe enseignante comme d'animation).
      Encore une fois, nous n'étions pas contre la réforme mais nous demandions à avoir voix au chapitre afin que les choses s'organisent pour le mieux pour tout le monde mais visiblement, n'étant pas des énarques, nous ne sommes que de petits exécutifs ignorants .
      Je remercie encore M. le maire de Paris pour sa lettre en début d'année si risible de vouloir nous passer de la pommade. Des paroles mais où sont les actes ?

    • Il n'y a pas qu'à Paris où c'est la catastrophe.
      Partout où les nouveaux rythmes scolaires ont été mis en place, les élèves sont fatigués, et les activités proposées sont loin d'être celles proposées, c'est-à-dire qu'on fait subir 3/4 d'heure de plus de coloriage ou de foot dans la cour que l'an dernier, ceci en plus de l'épreuve que représente pour un enfant de moins de 12 ans d'aller en classe 5 jours d'affilée.
      Honte au gouvernement socialiste et qu'on abroge ce décret qui rend la réforme obligatoire !

    • Je trouve au contraire cette rentrée particulièrement calme et organisée.
      Pour le moment, mes enfants sont satisfaits.
      A suivre.

    • Il n'y a qu'en France que ce rythme ne conviendrait pas...
      Tristes syndicats. Quand saura-t-on faire légitimement taire ces gens (et je ne parle que de ces syndicalistes véreux, non de cette majorité de profs qui fait parfaitement son travail), ces gens qui ne pensent qu'à eux avant de faire leur travail !

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  • "Sur le chemin de l'école"

    Je vais aller voir ce film avec mes élèves. Il est toujours sain de leur montrer d'autres vies et qui plus est des enfants qui luttent quotidiennement pour pouvoir se rendre à l'école. En plus de tout le reste...


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  • Keny ARKANA

    Terre Mère n’est pas à vendre.

    Keny ARKANA

     

    Ils ont répandu le sang un peu partout sur ton sol
    T’ont recouvert de ciment, jusqu’à étouffer ton sol
    Te détruise pour du papier, pour souiller tes profondeurs,
    Pour nous faire croire en ton deuil, on ne portera pas ta tombe, car on veut te voir vivre,
    Ils t’ont séquestrée de leurs ombres, nous on veut te voir libre…

    Tes enfants t’entendent crier, ressentent ta souffrance,
    Aujourd’hui sont prêts à se battre pour prendre ta défense
    Les puissants te persécutent, comme ils nous persécutent,
    Tombés dans la démence, et charmés par Belzébuth
    Après t’avoir pillée, fragmentée, bombardée, vidée de tes substances, tes richesses ils ont gardées !
    Sans aucun respect, se sont approprié ta chair,
    Depuis des millénaires pour t’avoir se font la guerre,
    Pacha Mama, tes enfants sont toujours là,
    éparpillés sur le globe le point levé pour le combat,
    Pacha Mama, c’est nos racines qui sont en toi, tout notre amour sera plus fort que notre désarroi,
    Pacha Mama, ton vase rempli à ras-bord,
    Ils t’ont condamnée à mort, ils nous ont condamnés à mort !
    De toute part s’élèvent nos voix, allez leur dire d’avance,
    Que malgré leur mauvaise foi, Terre n’est pas à vendre !

    REFRAIN X2
    Terre Mère, Pacha Mama (X3)
    Notre Terre n’est pas à vendre !

    Tes enfants meurent avec toi, dans l’oubli de l’ignorance,
    que l’homme moderne ne veut pas voir
    Fatalité sublimée sous la flèche de Lucifer, civilisation suicidaire !
    Les puissants se font la guerre, pour te voler tes richesses,
    T’ont mis à la vente, et brevettent chacune de tes espèces,
    Terre Mère, patrimoine ancestrale de vie,
    considérée comme une vulgaire marchandise à leur service
    Pacha Mama, on porte ta tristesse dans nos airs,
    Exploitée, comme nous autres, ta détresse est dans nos êtres,
    Pacha Mama, tu es le reflet de nos cœurs, torturée et meurtrie dans le siècle de l’horreur,
    Pacha Mama, ils ne voient pas ta souffrance,
    Encore moins ton amour ni le souffle d’une dernière chance
    A tous les enfants de la Terre, le mot d’ordre est délivrance,
    Allez leur dire que notre Mère n’est pas à vendre !

    REFRAIN X2
    Terre Mère, Pacha Mama (X3)
    Notre Terre n’est pas à vendre !

    Notre Mère qui est la Terre, que ton nom soit respecté,
    Que ton règne revienne, que tes enfants puissent t’aimer
    Donne-nous aujourd’hui, la force d’y croire,
    Pardonne-nous notre rage, qu’on se nourrisse d’espoir
    Ne nous soumets pas au cynisme que l’homme moderne cultive,
    Délivre-nous de la machine et de sa haine qui nous surine
    Que ta force reprenne ses droits,
    Qu’on se rappelle que c’est toi qui reçois la vie sous la lumière des étoiles !

    Ils ont répandu le sang un peu partout sur ton sol,
    T’ont recouvert de ciment, jusqu’à étouffer ton sol
    Ont empoisonné ton air, souillé tes océans,
    Tes rivières et tes mers et ont vampirisé ton sang
    Ils ont fracassé tes saisons, déréglé ton climat,
    Ils ont coupé l’horizon avec du béton dégueulasse,
    Ils ont exterminé ta faune, racheté ta flore,
    Sous estimé ta force, pour nous condamner à mort Pacha Mama !

    REFRAIN X2
    Terre Mère, Pacha Mama (X3)
    Notre Terre n’est pas à vendre !

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  • Réforme scolaire : le CHAOS

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    Le Point.fr - Publié le - Modifié le

    Un directeur d'école maternelle parisienne brosse un tableau très noir du désordre

    suscité par la mise en place de la semaine de 4,5 jours. Effarant !

    Depuis l'adoption de la semaine de 4,5 jours, "c'est le chaos, les enfants ont perdu tout repère", affirme un directeur d'école maternelle parisienne.
    Depuis l'adoption de la semaine de 4,5 jours, "c'est le chaos, les enfants ont perdu tout repère", affirme un directeur d'école maternelle parisienne. © AFP PHOTO MYCHELE DANIAU

    Début septembre, un écolier français sur cinq découvrait la semaine de 4,5 jours. Chaque commune ayant adopté la réforme des rythmes scolaires était alors libre d'organiser la journée des élèves de maternelle et d'élémentaire comme bon lui semblait, pour que les journées de travail soient moins longues. À Paris, en contrepartie des cours le mercredi matin, les petits referment leurs cahiers le mardi et le vendredi à 15 heures. Une très grande majorité d'enfants restent ensuite dans l'enceinte de l'école pour des "temps d'activités périscolaires" (TAP), dont l'idée était de proposer une ouverture au monde et à la culture au plus grand nombre.

    Las, après trois semaines d'expérimentation, les critiques fusent. Devant les protestations entendues à la sortie de l'école, les fédérations de parents d'élèves, comme la PEEP, ont lancé un sondage pour recueillir les avis. Un syndicat d'enseignants, le SNUIpp, affirme que les premières remontées sont "alarmantes". Face à cette grogne qui monte et le tollé annoncé, le ministre de l'Éducation nationale reste serein : cette réforme "est faite, d'ailleurs on le voit bien, uniquement dans l'intérêt des enfants. On voit que pour les adultes, c'est plus difficile", ironisait Vincent Peillon lundi matin. Après trois semaines d'expérimentation, un directeur d'école maternelle parisienne (qui a souhaité rester anonyme) dresse pourtant, lui aussi, un bilan peu reluisant de ces nouveaux rythmes.

    Le Point.fr : Quelles sont les premières conclusions que l'on peut tirer de l'instauration de cette semaine de 4,5 jours ?

    Monsieur le directeur : Personne ne s'y retrouve. Les adultes, parents, enseignants, animateurs et intervenants en tout genre finiront bien sûr par s'habituer à ces changements. Mais pour les enfants, c'est le chaos total. Ils n'ont pas deux jours consécutifs semblables. C'est un problème majeur, a fortiori pour les tout-petits que sont les élèves de maternelle : ils ont besoin de régularité pour structurer leur temps. Et dire que l'un des principaux arguments des partisans de la réforme était de "travailler le mercredi pour éviter une semaine trop saccadée". Quel échec !

    Concrètement, comment cela se manifeste-t-il ?

    Les enfants ont perdu tout repère : le lundi, l'école se termine à 16 h 30, le mardi à 15 heures, le mercredi à 11 h 30... Ils ne savent pas s'ils retrouveront leur maîtresse après la récréation de l'après-midi, si c'est l'heure du goûter parce que les animateurs arrivent, les élèves de petite section découvrent parfois un animateur à la place de leur maîtresse en se réveillant de la sieste... Impossible pour eux de se projeter dans la journée : à quelle heure quitteront-ils l'école ? Resteront-ils avec les mêmes camarades tout au long de l'après-midi ? Certains sortent à 15 heures, d'autres à 16 h 30, voire à 17 h 30... Et le ballet se poursuit jusqu'à 18 h 15 ! C'est extrêmement anxiogène pour des petits âgés de 3 à 5 ans. Tout cela pour que les élèves soient moins fatigués ? Mais le temps passé en collectivité est plus important qu'avant ! C'est absurde. En tant que directeur d'école, je constate des faits objectifs : il y a davantage d'absentéisme et de maladies que l'année dernière à la même époque. La différence est si significative qu'il ne peut s'agir d'une simple coïncidence.

    Quels sont les gros problèmes posés par la réforme au sein d'un établissement comme le vôtre ?

    Il y a tout d'abord le souci des locaux. Les classes, "prêtées" de 15 heures à 16 h 30, ne sont plus exclusivement dédiées à l'apprentissage. Et même si, en maternelle, le temps passé avec la maîtresse s'articule autour de jeux, ceux-ci ne sont pas de même nature que ceux proposés par un animateur. Les enseignants avaient évoqué cette question avant que la réforme ne soit instaurée, et cela avait alors été perçu comme un réflexe corporatiste, comme si les instituteurs ne voulaient pas partager leurs jouets. Mais cela n'a rien à voir ! Les enfants ne comprennent plus s'ils sont autonomes et peuvent choisir leur activité ou s'ils doivent suivre une règle dont l'objectif est pédagogique. Il y a mille façons de passer du temps dans un "coin cuisine" : on peut simplement jouer ou alors tenter de sélectionner uniquement les couverts nécessaires à table et les choisir tous de la même couleur. Un animateur n'a ni la même autorité ni la même approche qu'un enseignant, et les pistes sont brouillées pour les enfants.

    Lorsque les cours s'arrêtent à 15 heures, les Atsem (agent territorial spécialisé des écoles maternelles), qui assistent les enseignants pendant la journée notamment pour tout ce qui a trait à l'entretien de la classe et l'hygiène des enfants, deviennent animateurs pour les TAP. N'est-ce pas un repère qui perdure tout au long de la journée pour les jeunes élèves ?

    In fine, pas du tout ! Car l'Atsem change de rôle. Les enfants ne savent plus quand se tourner vers elles (ce sont quasiment exclusivement des femmes, NDLR). Vont-ils la voir quand ils ont besoin d'aller aux toilettes, comme c'est le cas pendant la classe ? Ah non, plus maintenant, il est 15 heures passées, elles organisent un jeu. Mais, attention : le lendemain matin, si les enfants ne comprennent pas ce qu'il faut faire, c'est à la maîtresse qu'ils doivent cette fois s'adresser, car l'Atsem sera en train de ranger l'activité précédente. C'est le bazar absolu. Par ailleurs, toutes talentueuses qu'elles soient, les Atsem ne sont pas formées pour occuper les enfants : au mieux, elles les laissent libres de faire ce qu'ils souhaitent, au pire, elles jouent à la maîtresse en tentant de reproduire ce qu'elles ont vu le matin pendant la classe.

    Certains syndicats, comme le SNUipp, ont dénoncé des "problèmes d'hygiène et de sécurité". Qu'en est-il ?

    C'est absolument exact. Dévolues désormais à partir de 15 heures à d'autres activités, les Atsem ne peuvent plus ni ranger la classe, comme elles le faisaient avant (rendant impossibles des activités plus salissantes en classe, comme la peinture acrylique ou la cuisine, qui nécessitent un nettoyage particulier), ni nettoyer l'école comme avant en se relayant tout au long de la journée. Désormais, une entreprise de nettoyage vient le samedi matin dans l'école : mais une cour d'école jonchée de feuilles mortes et de fientes de pigeon a besoin d'être nettoyée plus d'une fois par semaine ! Un dortoir où un petit a fait pipi par accident aussi ! L'hygiène et la propreté sont essentielles dans une école !

    Mais malgré toutes ces difficultés, les TAP permettent-ils réellement aux enfants de découvrir de nouvelles activités ?

    Pour le moment, pas du tout. Une fois les temps de passage de relais entre les équipes passés, il ne reste plus qu'une heure, deux fois par semaine. La qualité des ateliers proposés n'y est pas du tout, et les animateurs, pourtant pétris de bonne volonté pour la plupart, improvisent, alors que des petits ont besoin d'être bien encadrés. Que peut bien comprendre un enfant de 4 ans inscrit en activité "sciences", lorsqu'on lui explique ce qu'est la poussée d'Archimède ? Où sont ces magnifiques activités qu'on nous avait vantées ?

    Cela ne peut-il pas s'arranger ? Après tout, cela ne fait que trois semaines que la rentrée a eu lieu...

    Certaines difficultés vont bien sûr disparaître avec le temps. Mais je ne vois pas comment l'expérience pourra jouer sur la fatigue, ou sur le temps de collectivité devenu plus important. Pour bien faire, il faudrait tout bonnement revenir en arrière : la semaine de 4,5 jours est une aberration, tout du moins en maternelle. La coupure du mercredi était essentielle pour les enfants. Mais restons réalistes : cette loi ne sera pas abrogée. On pourrait imaginer que la journée se termine plus tôt ou commence plus tard tous les jours, de manière régulière, et que l'on compenserait en réduisant les grandes vacances. On pourrait aussi remettre l'école le samedi une semaine sur deux ou sur trois, comme ce fut le cas par le passé.

    Et pour améliorer la situation actuelle ?

    Si l'organisation actuelle est conservée, il faut mettre en place des locaux adaptés pour sanctuariser à nouveau les classes, et surtout, redonner aux Atsem leurs missions initiales. Il est surréaliste d'imaginer qu'une petite fille ne puisse être changée que par une Atsem pendant la journée d'école, mais puisse à partir de 15 heures être changée par un animateur de 20 ans embauché pour d'autres aptitudes !

    Que risque-t-il de se passer à plus long terme, avec cette semaine de 4,5 jours ?

    L'école a été complètement désorganisée par cette réforme. Je ne m'attendais pas à ce que le bazar soit si important. On a bougé quelques pions du domino, et tout s'est écroulé. Les résultats n'étaient pourtant pas si mauvais : une étude vient de montrer que le niveau des petits écoliers à l'entrée en CP avait nettement progressé en une quinzaine d'années. Pourvu que cette réforme ne vienne pas inverser la tendance.

    moumoute 25 le 27/09/2013 à 20:29  Signaler un contenu abusif

    On vous l'avait bien dit, non ?

    C'est marrant, mais y'a qq mois en arrière, les instit (dont je fais partie) se sont mis en grève pour alerter l'opinion publique : cette réforme était du grand n'importe quoi : aucune amélioration à attendre pour les enfants, de la fatigue en plus et une organisation comme seule l'éducation nationale en a le secret.

    résultats : on nous a taxés de corporatistes, de feignants, de jamais contents, d'éléphants non réformables.

    Et maintenant, tous les médias (ou presque) dénoncent la "réforme", les parents s'indignent et surtout VOS enfants subissent en premier ce vrai bordel !
    Mais bien sûr, personne pour se souvenir que les enseignants l'avait prédit...

    Trop tard...

    femme60 le 27/09/2013 à 17:02  Signaler un contenu abusif

    C'est du grand n'importe quoi

    Mon petit fils de 4 ans n'aime pas du tout ce qu'il y a après l'école en plus d'être fatigué.
    Il demande a ses parents de venir le chercher après le travail avec la maitresse car après c'est "nul". Les gamins sont fatigués et s'ennuient.

    padolie le 26/09/2013 à 01:13  Signaler un contenu abusif

    Fallait s'en douter...

    Une réforme menée sans concertations ni recul, ne pouvait qu'être désastreuse et, en effet, ce sont les maires qui en sont responsables, puisque qu'il y avait la possibilité de reculer d'un an la mise en application de ce système...
    Se précipiter ainsi pour aller dans le sens du gouvernement, alors que rien n'était prêt, il fallait s'y attendre...

    Une enseignante parmi d'autres le 25/09/2013 à 23:13  Signaler un contenu abusif

    Critique à nuancer.

    J'ai quand même envie de nuancer les proposde ce directeur qui ne sont à mon avis pas dirigés contre la bonne personne : ce sont les mairies qui ont décidé des horaires d'école post réformes, donc si 2 jours consécutifs ne sont jamais les mêmes ce n'est pas la "faute à la réforme" mais "la faute à la mairie".
    De même, si les activités sont si peu organisées, c'est parce que la mairie de Paris a décidé de changer les rythmes dès 2013 alors qu'elle aurait pu se laisser le temps de réfléchir et de former des animateurs en appliquant la réforme en 2014.

    Enseignante à Velizy, commune qui est sur la semaine de 4, 5 jours en élémentaire depuis des années (elle n'est jamais repassée à la semaine de 4 jours), tout le monde en est très content et les activités sont très bien organisées.
    (En revanche pour la maternelle c'est effectivement plus discutable, les élèves ont encore besoin de beaucoup de repères)

    Des chronobiologistes sont en faveur du travail le mercredi, mais peut-être pas sous les modalités qui ont été mises en oeuvre à Paris...
    Cette réforme se veut changer les choses trop rapidement mais tout n'est pas de la faute de Mr Peillon, les mairies ont une grande part de responsabilité dans la chose.

    Et sinon, raccourcir les vacances d'été ne serait pas non plus une mauvaise idée, (même si alléger les journées de classe sans proposer de système qui permettrait aux parents de faire garder leurs enfants c'est utopiste) mais il faudrait alors bousculer tout le calendrier des vacances, parce que les 10 dernières semaines consécutives de classe cette année pour la zone C seront éprouvantes pour les enseignants comme pour les enfants, je n'imagine même pas de rallonger cette dernière période. (sans compter que par temps de chaleur, tout le monde est bien moins efficace en classe... ).

    Ocre le 25/09/2013 à 23:10  Signaler un contenu abusif

    Réforme vue de l'intérieur

    Je suis coordinatrice de cette réforme dans une commune. Je gère les plannings, les intervenants, les commandes de matériel, les relations avec le corps enseignant, les parents, les élus et le personnel de la mairie. Constat 3 semaines après la rentrée : nous sommes épuisés. Nous éprouvons plus de frustrations que de satisfactions, les arrêts maladie et les démissions fleurissent déjà. Les locaux sont inappropriés pour accueillir tout ce brassage, c'est une MJC ambulante que nous installons deux après-midi par semaine et que nous déplaçons vers l'autre établissement. Les enfants se fatiguent, se lassent, deviennent tendus, agressifs, ingérables dans les groupes. Certains enfants nous ont demandé le droit à des temps calmes, le droit de gagner du temps en faisant leurs devoirs (surprise ! Il parait que ça n'existe plus !) D'autres enchainent les activités et les temps en collectivité, c'est inhumain. Dans les établissements, les enseignants nous traitent comme des intrus, ils réclament leurs salles pour effectuer leurs temps de soutien ou de projet pédagogique (Réforme APC qui se superpose à celle-ci). Les tensions sont fortes, nous ne pouvons pas assurer des prestations de qualité, nous occupons les enfants comme nous pouvons. Pas d'AVS pour les enfants handicapés qui sont intégrés aux activités sans adaptation, des ATSEM qui n'ont plus le mercredi matin pour préparer, s'organiser. Perte de temps, d'énergie, d'argent et d'intelligence ! Il est encore temps de faire marche arrière et de se poser pour réfléchir : oui aux interventions extérieures qui viendraient soutenir les projets pédagogiques, oui aux ouvertures culturelles, aux ateliers découvertes, à la curiosité, aux partages, aux échanges mais sans stress, sans forcing : pouce ! S'il vous plait : pouce ! On arrête de jouer avec les nerfs des enfants et d'user les bonnes volontés.

    Balade le 25/09/2013 à 21:45  Signaler un contenu abusif

    Ego quand tu nous tiens

    Oui Mr Peillon voulait avoir sa "loi" - quant aux conséquences, c'est pas
    grave, les enfants seront déboussolés pendant encore 4 ans, et après le
    prochain Ministre de l'Education Nationale fera encore des changements
    cela fait des années que ça ne marche pas, aussi, voyez les résultats
    les enfants ne savent ni lire, ni écrire sans faire des fautes d'orthographe
    avant le "certificat d'études" même si cela fait sourire, n'était pas évident
    a réussir, il fallait avoir zéro faute à la dictée, la moyenne en calcul, et
    l'histoire de France etc. Combien d'enfants, actuellement réussiraient
    à cet examen ?

    bâtisseur le 25/09/2013 à 19:10  Signaler un contenu abusif

    Tout ceci est nul...

    Il faudrait mieux voir les programmes et faire que les enfants entrant en sixième sachent lire, compter calculer, écrire sans fautes et avoir de l'imagination avec moralité et application de la devise de la république : la liberté, l'égalité, la fraternité et donc le respect de l'autre et faire que les parents soient formés régulièrement à leur rôle ! Idem pour les niveaux suivants avec deux voies classes : professionnelles et intellectuelles pour encadrer ! Enfin ouvrir à tous les métiers avec efficacité et envie du travail ! Supprimer les examens dans leur conception de massification actuelle qui est nulle et revenir à l'ancienne conception avec des examens vrais et complétés par les notes de travail régulieres ! Penser excellence efficace !

    JRenémont le 25/09/2013 à 17:58  Signaler un contenu abusif

    Il fallait couper les vacances d'été en deux

    « cette réforme "est faite, d'ailleurs on le voit bien, uniquement dans l'intérêt des enfants. » dixit Peillon. Sur quelles bases a-t-il tiré cette conclusion ?

    Le mercredi libre permettait de véritables activités : sorties montagne, mer, famille. Et permettait aussi le suivi médical ; sans le mercredi matin, les médecins ne savent plus comment faire.

    Alléger les journées était sans doute une bonne chose, mais la vraie bonne solution était de couper les vacances d'été en deux, trop longues pour les enfants, et trop chères et trop compliquées à gérer pour les parents.

    don diegue le 25/09/2013 à 17:57  Signaler un contenu abusif

    Le ministre est un philosophe...

    ... C'est à dire quelqu'un qui pense et décide par idéologie avant d'observer, ce qui est tout le contraire d'une démarche scientifique. Les difficultés de cette réforme voire sa nocivité étaient prévisibles mais on "sortira" l'excuse habituelle de l'effet pervers ou de la mauvaise volonté des enseignants !

    navrre le 25/09/2013 à 16:10  Signaler un contenu abusif

    K6 a raison

    Il n'était pas nécessaire d'avoir fait de grandes études pour prévoir le fiasco de cette réforme stupide. Tout de même, lorsque les acteurs adultes sont unanimes pour dénoncer les effets délétères, un ministre, fut-il de gauche, ne peut pas avoir raison. Il nous dit en rigolant qu'elle gêne davantage les adultes que les enfants ; à ceci près que l'on en voit déjà les effets sur la fatigue des enfants au quotidien. Il n'y a plus aucune stabilité. Dans la plupart des communes rurales qui se sont engagées, bien à la légère, dans la réforme, on est incapable d'assumer financièrement la fin de journée. Alors, on colle les enfants au CLAE une heure à l'avance. Quant aux parents, qu'ils se débrouillent pour caser leurs gamins pendant la demi-heure précédent leur sortie du travail ; et en même temps, on veut promouvoir le travail féminin...
    On est en pleine incoh-errance et cela ne fait, hélas, que commencer.

    Lire la suite

  • "Mars", Fritz Zorn.

    L'éducation nie-t-elle la nature de l'enfant?...

    Au siècle de Rousseau, on ignorait les particularités de l'enfant. Il était défini de manière négative comme un être qui n'est pas encore adulte. Rousseau disait que l'on ne connaît pas l'enfance et qu'en matière d'éducation, les adultes commettent deux erreurs : vouloir enseigner aux enfants ce qu'il importe aux adultes de connaître, sans prendre en considération ce que les enfants sont en état d'apprendre et systématiquement toujours chercher l'homme dans l'enfant, sans penser à ce qu'il est avant d'être adulte.

    L'enfant ne serait qu'un adulte en devenir et n'existerait pas pour lui-même. Il serait un projet et non une réalité aboutie...

    Pourquoi, selon Rousseau, empêcher les nourrissons de se mouvoir en les emmaillotant, pourquoi dissoudre les liens du sang en les confiant à une nourrice ?

    Pourquoi penser qu'en les entourant de mille délicatesses, on ne les protège pas mais on les affaiblit?

    Pour Rousseau, une éducation qui respecte l'ordre naturel est une éducation qui doit prendre le contre-pied de ce que l'on tient habituellement pour bon.

    Selon rousseau, les âges de l'enfance ont tous leur caractère propre. L'ordre naturel veut que l'enfant se développe à son rythme. Il est donc pernicieux de vouloir brûler les étapes de ce développement. Inutile par exemple, que de chercher à l'intéresser en lui parlant de ce qu'il sera plus tard. Pareillement, c'est aller à l'encontre de l'ordre naturel que d'enseigner des langues, c'est à dire des mots et seulement des mots, à l'âge où l'enfant est seulement capable d'accéder à la connaissance des choses, des objets.

    "Oserai-je exposer ici la plus grande, la plus importante, la plus utile règle de toute éducation ? Ce n'est pas de gagner du temps, c'est d'en perdre. " Rousseau.

    Pour les opposants de l'époque et les fondamentalistes actuels de l'Education nationale, la nature a fait de l'enfant un être inachevé. Seul le soutien de l'éducation et de l'enseignement peuvent permettre à cet enfant de parvenir à l'autonomie. 

    L'autonomie ???

    C'est dans ce terme que se joue la manipulation effroyable que nous connaissons. S'il s'agissait réellement d'accéder à l'autonomie, c'est le développement de la totalité de l'enfant qui serait mis en avant et non son conditionnement à des systèmes mercantiles, politiques, scientifiques, éducatifs.

    Il est illusoire de croire au libre arbitre et encore moins pour un enfant. Comme il n'est pas perçu comme un être achevé, à l'instant où il existe, il apparaît comme une mission salutaire de le combler de données partagées par les dirigeants.

    L'enseignement ne peut pas amener l'enfant à l'autonomie puisque l'enseignement lui-même n'est absolument pas autonome. Un système, dont l'intention est de mouler l'individu aux piliers du système lui-même, ne peut pas se permettre d'éveiller des enfants à une conscience réelle.

    Pourquoi la philosophie n'apparaît dans le système scolaire qu'en classe de terminale ? La réponse est évidente. Socrate est bien trop dangereux. 

    L'éducation peut parvenir à développer cette autonomie si les parents ont eux-mêmes engagé un travail de fond sur leur appartenance aux systèmes, s'ils sont parvenus à s'observer lucidement. S'ils ne sont que des individus insérés, sans aucune distance, sans aucun esprit critique, ni même d'esprit du tout, il est vain, là encore d'envisager la moindre autonomie. Il ne s'agit bien évidemment pas d'une autonomie financière mais bien d'une autonomie de conscience.

    D'autres fondamentalistes ont exploité les propos de Rousseau jusqu'à abandonner leurs enfants à la nature. Plus aucun repère, plus aucune structure. Un désastre.

    Il y a toujours dans les mouvements de pensées des extrêmes qui apparaissent. Ceux qui n'y comprennent rien.

    Les fondamentalistes opposés ont tenu à instaurer les enceintes les plus hautes. Religions, mariages sociaux, mariages de castes, hiréarchie.


    Lisez, si ce n'est déjà fait, le livre de Fritz Zorn, "Mars"


    "Je suis jeune et riche et cultivé ; et je suis malheureux, névrosé et seul. Je descends d’une des meilleures familles de la rive droite du lac de Zurich, qu’on appelle aussi la Rive Dorée. J’ai eu une éducation bourgeoise et j’ai été sage toute ma vie. Ma famille est passablement dégénérée, c’est pourquoi j’ai sans doute une lourde hérédité et je suis abîmé par mon milieu. Naturellement j’ai aussi le cancer, ce qui va de soi si l’on en juge d’après ce que je viens de dire. "

     

    C’étaient les premières lignes d'un roman unique écrit par un professeur devenu écrivain, et nommé Fritz Angst.

    Plus connu sous son pseudonyme Fritz Zorn (qui signifie en allemand « la colère ») il est mort d’un cancer à l’âge de 32 ans, en 1976, quelques temps après la publication du livre.

    Rien ne prédestinait ce natif de Zurich à écrire ses mémoires…

    C’est en fait la révélation de sa maladie qui va le conduire à remettre en question sa brève existence, et à s’interroger sur les origines de sa souffrance.

    Fritz Zorn est désormais sûr d’une chose : son cancer est la conséquence logique d’une éducation trop bourgeoise, qui l’a empêché de s’épanouir et d’être heureux.

    A travers ce récit fragmentaire, l’auteur se livre sans complaisance, déclarant la guerre – tel le Dieu Mars – à sa famille et à son héritage.


     

    Un cancer...

    Mais que vit la planète aujourd'hui si ce n'est l'extension de tumeurs ?

    L'éducation et l'enseignement sont les poisons qui coulent dans nos veines.

    Depuis le début de l'année, dans ma classe, les moments les plus beaux, les émotions les plus puissantes, les réflexions les plus profondes, sont apparus dans les échanges d'ordre philosophique. Le besoin est immense, la réception complète. Des individus affamés.

    Il faut rompre cette dégénérescence des tumeurs éducatives, la stopper, en inverser le cheminement.

    Cette crise n'aura de sens qu'au jour où elle deviendra une mutation réelle, profonde, totale, irréversible.

    Cela passera par les enfants.

    "La femme est l'avenir de l'homme" disait Aragon.

    Les enfants sont l'avenir des deux.

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  • Philo

    Le niveau de l'enseignement n'est que le reflet du niveau général. Il n'est pas la cause, il est la victime.


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