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  • Le désastre de l'Euro



    http://www.atlantico.fr/decryptage/homme-qui-disait-deja-en-2000-que-euro-allait-amener-trop-maisons-en-espagne-trop-fonctionnaires-en-france-trop-usines-en-allema-641349.html

    Economiste et financier, Charles Gave s'est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire en 2001 " Des Lions menés par des ânes ". En s'appuyant sur un graphique, il démontre comment les technocrates ont freiné la croissance économique de l'Europe

    De 1975 a 2000 , la croissance en Europe, telle que l’on peut la mesurer en utilisant les indices de la production industrielle était de 2. 5% par an en moyenne. Qui plus est, la dispersion autour de cette moyenne était très faible, chacun croissant allégrement de 2.5 % par an, avec cependant des petits à-coups de temps en temps, corrigés très vite, ce qui permettait à chaque pays de revenir dans le peloton sans trop de problèmes. A partir de 2000, une vraie catastrophe semble avoir frappé les économies du vieux continent. La croissance s’arrête NETTE.

    La moyenne (ligne orange sur le graphique) passe d’une pente fort régulière de 2.5 % par an à une pente de 0 % par an. Les 12 dernières années sont DE LOIN les pires en Europe depuis les années trente, en tout cas pour les pays de l’Europe du Sud. De plus, la dispersion autour de cette moyenne « explose » pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale et l’Europe se scinde en deux. D’un coté, l’Allemagne (accompagnée de certains pays du Nord) qui continue sa croissance , et de l’autre la France, l’Espagne, le Portugal ou l’Italie qui perdent entre 10 % et 20 % de leur capacité industrielle (en 12 ans!),ce qui ne s’était JAMAIS produit. Mais quelle est donc cette catastrophe, ce Tsunami qui a réussi à tuer en si peu de temps toutes ces économies en Europe dont la croissance équilibrée faisait l’admiration du monde entier ? La réponse est simple. Une intervention technocratique dans l’un des prix les plus importants dans tout ce qui touche à l’allocation du capital, le taux de change.

    Revenons en arrière: En 1990, l’Allemagne se réunifie, ce qui créé une immense panique en France. Munie d’une banque centrale crédible, la Bundesbank, possédant la plus grande et la plus efficace économie en Europe, l’Allemagne va dominer ses voisins et le DM devenir la monnaie de réserve et d’épargne de chaque Européen, ce qui interdira aux technocrates/élus Français de continuer à vivre au dessus de leurs moyens et d’enregistrer déficits budgétaires sur déficits budgétaires. Branle bas de combat entre Delors, Trichet and co, et l’Euro est mis en chantier avec comme but ultime de tuer la Bundesbank et de pouvoir continuer à avoir des déficits. Le prix à payer toutefois était d’avoir un taux de change fixe avec la monnaie Allemande. Or c’étaient les variations des taux de change entre DM et les autres monnaies européennes qui permettaient aux différents systèmes de s’adapter au travers du temps.

    Prenons l’exemple de l’Italie qui doit « porter » une Italie du Sud quelque peu corrompue, inefficace et criminelle. L’Italie du Nord, extraordinairement efficace, avait comme habitude de gagner des DM et de transférer des Lires vers l’Italie du Sud. Quand le poids de l’Italie du Sud devenait si important qu’il mettait en danger la compétitivité de l’Italie du Nord, une dévaluation de la Lire suffisait à remettre les pendules à l’heure et l’Italie recommençait à croitre de 2 % à 3 % par an, sans problème.

    Prenons le cas de la France qui a le bonheur de compter 40 % de fonctionnaires de plus que l’Allemagne par 10 000 habitants (autre forme de corruption). Même scenario: les entreprises recevaient des DM, les fonctionnaires des francs français et tout revenait à l’équilibre par l’intermédiaire d’un changement de parité qui ne faisait qu’entériner les différences qui existaient entre les pactes sociaux des différents pays.

    A partir de l’Euro, le Sud de l’Italie et les fonctionnaires Français ne reçoivent plus qui des Lires qui des Francs français mais bel et bien des DM, ce qui rend les entreprises Italiennes et Françaises, à terme, complètement non compétitives avec leurs concurrentes allemandes. Que le lecteur imagine que les entreprises Italiennes doivent payer une forme de protection et les entreprises françaises un cout du super siège social qu’est la superstructure étatique et que les entreprisses allemandes n’ont a payer ni l’un ni l’autre..et cela dans la même monnaie…c’est entrer dans un ring de boxe contre les allemands avec les mains attachées derrière le dos.

    Et donc les usines ferment en Italie, en Espagne, en France pour aller s’installer en Allemagne. La logique ultime de l’Euro est qu’à terme il n’y aura plus d’usines nulle part en Europe, si ce n’est en Allemagne… Mais comme il faut bien continuer à payer la Mafia en Italie ou les fonctionnaires en France, et que les recettes fiscales s’effondrent compte tenu du départ des usines Outre Rhin, eh bien il faut emprunter ces transferts et les déficits budgétaires explosent…ce qui amène les génies qui nous gouvernent (et qui ont inventé l’Euro) à augmenter les impôts (pour réduire le déficit budgétaire…ce qui ne marche jamais), mais ce qui rend l’Italie et la France encore moins compétitive, ce qui fait que plus d’usines partent en Allemagne, et ainsi de suite …

    En fait, l’Euro est une stupidité économique inimaginable: bloquer le taux de change entre des pays qui ont des productivités différentes n’a jamais marché, nulle part et a en revanche toujours amené à des désastres économiques, politiques et sociaux .

    Nous y sommes , en plein milieu…

    Quand l’Euro a été créée en 2000, j’ai écrit un livre, « des Lions menés par des Anes » dans lequel je disais que l’Euro allait amener à trop de maisons en Espagne, trop de fonctionnaires en France, trop d’usines en Allemagne. Hélas, j’aurais préféré avoir tort. Le désastre est d’une telle ampleur que j’étais persuadé que l’Euro devait et aller disparaitre, et cela de façon Démocratique. La classe (au sens Marxiste du terme ) des technocrates qui l’a crée se rend cependant bien compte que son pouvoir ne tient que par l’Euro et fait tout pour que l’Euro survive, même si cela doit amener la ruine des populations Européennes. Eux, ils continueront à très bien se porter et à aller de symposium en conférence et de Davos à Aspen.

    Ce qui veut dire que l’exécution finale de ce monstre sera sans doute révolutionnaire et non pas Démocratique, lorsque l’un des pays martyrisés se souviendra qu’il est SOUVERAIN et sortira sans demander d’avis à personne ce qui sera bien embêtant.

    Cet article a déjà été publié sur le site de l'Institut des libertés
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  • Désobéissance civique

     

     

     

  • Devenir enseignant

    Un article qui date de mars 2012.

    Pour ma part, dans ma classe, alors qu'il y a vingt ans, un tiers des enfants voulait être "maîtresse" ou "prof de sport", aujourd'hui, il n'y en a PLUS DU TOUT.


    Devenir prof: «Qui ça fait rêver aujourd’hui?»

    Le nombre de candidats aux concours de l’enseignement est en chute libre, et certains postes ne sont mêmes plus pourvus. Pourquoi le métier de professeur ne fait-il plus rêver?

    Nicolas Sarkozy dans une école de Montpellier, 28 février 2012. REUTERS/Philippe Laurenson

    - Nicolas Sarkozy dans une école de Montpellier, 28 février 2012. REUTERS/Philippe Laurenson -

    Invité de la matinale de France Inter jeudi 1er mars, Nicolas Sarkozy s’interrogeait en ces termes sur la baisse des vocations dans l’enseignement:

    «Est-ce qu’on se pose la question de savoir combien d’enfants aujourd’hui dans une classe ont envie de devenir professeur? Qui ça fait rêver aujourd’hui, le statut que la société réserve aux professeurs?»

    Quelques jours plus tôt, le candidat UMP avait suggéré d’augmenter le temps de présence des professeurs de «18h à 26h» par semaine et d’assortir cette mesure d’une hausse de la rémunération pouvant aller jusqu’à 500 euros par mois. Une proposition grâce à laquelle il espère «vendre du rêve» à une jeunesse pour qui le statut de professeur est de moins en moins attractif.

    De moins en moins de candidats

    Si la «revalorisation» du métier d’enseignant est l’objectif affiché du candidat UMP, c’est que, depuis le début des années 2000, le nombre de candidats au Certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré (Capes) est en baisse. En témoigne une campagne de recrutement inédite, à mi-chemin entre une publicité pour l’armée et une annonce Pôle emploi, lancée au printemps 2011.

    Selon le rapport annuel de la Cour des comptes, le nombre d’inscrits aux différents concours d’enseignement dans le second degré est passé de 86.250 en 2010 à 65.314 en 2011, «une baisse de 20.936 inscriptions», soit 24% en un an.

    De plus, le nombre de présents, c’est-à-dire d’étudiants qui passent effectivement le concours, est également en chute libre. Seuls 51,6% des inscrits au Capes se sont présentés le jour de l’épreuve en 2011, contre 69,9% en 2010. Avantage pour les étudiants, le taux de réussite au Capes a fortement augmenté du fait de la raréfaction des postulants.

    Des centaines de postes non pourvus

    Mais il y a plus préoccupant: tous ceux qui choisissent quand même de passer le concours ne le réussissent pas forcément. C’est là tout le paradoxe: près de 70.000 postes ont été supprimés dans l’Education nationale depuis 2007. La logique voudrait que les postes restant soient pourvus facilement. Dans les faits, certaines matières font face à une vraie pénurie de candidats.

    Les résultats des écrits du Capes sont tombés en février 2012. Selon le syndicat SNES-FSU, le nombre de candidats admissibles est inférieur au nombre de postes à pourvoir dans plusieurs matières, comme en lettres classiques ou en musique, et la situation est critique dans d’autres spécialités comme l’anglais ou les mathématiques. De la même manière, des centaines de postes n’avaient pas été pourvus en 2011, dont 376 en mathématiques, rapportait le Monde.

    Les matières scientifiques et techniques sont particulièrement sinistrées. Une partie des étudiants préfère souvent s’orienter vers le secteur privé, plus rémunérateur, plus prestigieux et, paradoxalement, «plus rassurant», explique Alexis, 25 ans. Après avoir étudié la chimie dans une université parisienne, il a renoncé au Capes pour travailler dans une entreprise pharmaceutique. «Pourtant je voulais vraiment enseigner, mais on a l’impression d’être livrés à nous-mêmes dans cette formation», raconte-t-il.

    Même si le site du ministère de l’Education nationale assure que «le nombre de candidats présents aux concours suit la baisse du nombre de postes» et qu’on «retrouve en 2010 le même ratio candidats/postes qu’en 2000», le recrutement des nouveaux enseignants demeure laborieux.

    Le «manque de lisibilité» de la formation

    Moins de candidats donc, mais autant d’élèves. Si le nombre d’enfants scolarisés dans le secondaire (privé et public) a en effet diminué d’environ 500.000 entre 1993 et 2010, la tendance est repartie à la hausse depuis 2009, selon les chiffres du ministère. «Dans les dix prochaines années les besoins en enseignants seront constants ou en hausse», estime Patrick Demougin, président de la Conférence des directeur d’IUFM (CDIUFM).

    Selon ce directeur de l’IUFM de Montpellier, deux facteurs expliquent la fuite des jeunes: une cause «conjoncturelle» tout d’abord. Les études sont plus longues et le stage rémunéré après le concours a été supprimé. Patrick Demougin déplore surtout un «manque de lisibilité».

    «Aujourd’hui le système est déconstruit, tout le monde forme les professeurs, les étudiants sont perdus.»

    A cette  désorganisation s’ajouterait «une tendance structurelle» plus profonde: «La désaffection pour les métiers de l’éducation est un phénomène européen», affirme Patrick Demougin qui prépare une étude pour la Commission européenne sur le sujet.

    «Le métier manque de reconnaissance, il est souvent sous-payé et souffre souvent d’une véritable méfiance sociale à son égard.»

    Un concours à bac+5

    Pour Frédéric Charles, enseignant-chercheur en sciences de l’éducation à l’université de Picardie Jules Vernes, la crise du recrutement a principalement été causée par les récentes réformes. «L’Etat et le gouvernement ont créé cette crise, en modifiant le processus de recrutement et en asséchant le nombre de postes», lâche-t-il, amer.

    «Il y a près de 2,8 millions de chômeurs en France, les professeurs bénéficient d’une certaine sécurité de l’emploi, et pourtant les candidats désertent le concours. Le métier ne fait plus rêver mais l’explication est politique.»

    Dans le viseur des professeurs et des étudiants, la réforme de la formation des enseignants, qui avait provoqué l’un des plus longs mouvements de protestation universitaire en 2009 et 2010. Alors que les concours étaient jusqu’alors accessibles à bac+3, avec une licence, ils sont désormais «masterisés», terme barbare pour signifier qu’il faut un master, soit un bac+5, pour devenir professeur.

    Des études plus longues qui découragent

    La Cour des comptes a pointé du doigt en février 2012 le caractère contre-productif de cette réforme. Non seulement les économies budgétaires espérées n’ont pas été au rendez-vous, mais l’allongement de la durée des études a contribué à décourager les éventuels candidats, explique Frédéric Charles:

    «Les étudiants se projettent dans l’avenir, on leur a annoncé qu’ils devaient faire deux ans supplémentaires d’études, avec une moins bonne formation. Dans ces conditions, certains ne veulent plus tenter leur chance, alors qu’ils seraient certainement de bons profs.»

    Passer le concours du Capes aujourd’hui s’apparente à un «parcours du combattant», raconte Kévin Rossary. Etudiant lyonnais de 23 ans en histoire-géographie, il vient de réussir les épreuves écrites et prépare l’oral prévu en juin.

    «On nous demande d'être pratiquement bilingue dans une langue vivante, de maîtriser l'informatique, de faire deux stages, tout en préparant le concours et en rédigeant un mémoire de recherche.»

    L’emploi du temps est chargé et la pression de l’examen quotidienne. Difficile alors pour les moins fortunés d’avoir un petit boulot à côté, une situation qui concerne pourtant «50% des candidats au Capes», selon Patrick Demougin. A un problème de vocation s’ajoute donc un aspect financier: «La masterisation a réduit considérablement le nombre de candidats, car beaucoup d’étudiants ne peuvent pas se permettre de payer 2 ans d’étude en plus», estime Lisa Chamaraud, qui prépare elle aussi le Capes d’histoire.

    «Les jeunes ont peur du métier d’enseignant»

    Mais l’allongement des études n’est pas seul en cause. Philippe Meirieu est catégorique: «Le métier d’enseignant ne fait plus rêver parce qu’on se trompe d’objectif et de méthode», lâche le vice-président de la région Rhône-Alpes en charge de la formation, élu sous l’étiquette Europe Ecologie.

    Pour ce chercheur spécialiste des sciences de l’éducation et inspirateur de la création des IUFM en 1990, «enseigner c’est transmettre une passion, un savoir, un désir, et non pas échanger une marchandise». Or, estime-t-il, les réformes de ces dernières années visent «à gérer l’école comme une entreprise, avec ses exigences d’efficacité et de rentabilité».

    Pour l’universitaire et homme politique qu’est Philippe Meirieu, «les jeunes ont peur du métier d’enseignant». Peur du manque de formation, peur d’être envoyés dans des zones difficiles, peur du déracinement (en étant nommé loin de leur domicile), peur de faire de longues études pour un salaire peu élevé. «Tout concourt à décourager les jeunes», résume-t-il, avant d’ajouter:

    «La promesse d’augmenter le salaire n’est pas suffisante pour les remotiver, surtout si elle s’accompagne d’une dégradation des conditions de travail.»

    Rendre le métier plus attractif: la formation avant tout

    Pour inverser la tendance et attirer plus d’étudiants, les différents acteurs de l’éducation sont quasiment unanimes: l’accent doit être mis sur la formation. Fin 2011 la CDIUFM a publié ses «22 propositions à destination des candidats à l’élection présidentielle».

    Au cœur des réclamations: une «remise à plat» du dispositif. «Il faut sélectionner plus tôt» les futurs enseignants, éventuellement en mettant en place un prérecrutement, avance Patrick Demougin, qui, comme Philippe Meirieu, estime qu'une hausse de salaire comme celle proposée par Nicolas Sarkozy ne peut pas suffire à elle seule.

    Hausse des rémunérations, création de postes, autonomie des établissements, recruter plus tôt, mieux former, encadrer les jeunes professeurs, autant de propositions qui fleurissent dans les programmes des candidats à la présidentielle. Une chose est certaine: ce n’est qu’au prix d’une refonte profonde que l’Education nationale pourra faire à nouveau rêver les jeunes générations.

    Mathieu Perisse

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  • La pauvreté intérieure des riches.

    «On m’appelle le président le plus pauvre, mais je ne me sens pas pauvre. Les pauvres sont ceux qui travaillent uniquement pour avoir un style de vie dépensier, et qui en veulent toujours plus. C’est une question de liberté. Si vous n’avez pas beaucoup de possessions, vous n’avez pas besoin de travailler comme un esclave toute votre vie pour les soutenir, et vous avez plus de temps pour vous-même.»

    José MUJICA, président de l'Uruguay.

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  • Délit d'empoisonnement

    Entre une partie du monde qui meurt de faim, une partie qui meurt obèse et une partie qui mourra empoisonnée, il devient difficile de survivre. En même temps, plus vite on disparaîtra et plus vite la nature se reconstituera. Allez, allez, on accélère !!!


    Viandes, poissons : l’homme va-t-il mourir de son alimentation ?

    Après le scandale des lasagnes à la viande de cheval, nous sommes en droit de nous poser bien des questions sur toute la chaîne alimentaire et ses dérives : le consommateur est sans cesse abusé, trompé sur la marchandise, le but étant pour l’industrie agro-alimentaire de générer des profits toujours plus importants au détriment de la santé de chacun : les produits sont mal contrôlés, mal étiquetés, le consommateur est mal informé…

    Une nouvelle inquiétude se profile à l’horizon : la Commission européenne a indiqué, jeudi 14 février, que les poissons d'élevage pourront à nouveau être nourris avec des farines de porc et de volaille à compter du 1er juin. Ce mode d’alimentation avait été totalement interdit et banni dans l’Union européenne en 2001, après cinq années de crise de la "vache folle"…
     
    " La commission prévoit d'autoriser le recours à des "protéines animales transformées" qui ne présenteraient pas les mêmes risques que les farines animales produites jusque dans les années 1990 pour nourrir poissons, poules ou mammifères d'élevage. Ainsi les PAT ne seraient fabriquées qu'à partir de produits d'abattage propres à la consommation humaine et prélevés sur des animaux sains, alors qu’on a longtemps utilisé dans ces farines toutes sortes de sous-produits de carcasses."
     
    Le temps a passé et il semble qu’on n’ait pas vraiment tiré les leçons de ces erreurs graves, de leurs conséquences dramatiques : les technocrates de Bruxelles décident pour nous de notre alimentation…Qui pourra vraiment contrôler et vérifier le contenu de ces farines animales ?
     
    D’ailleurs, quand on voit les conditions d’élevage des poissons dans les fermes d’aquaculture, on peut se demander qui a envie de manger du poisson d’élevage : pangas, saumons, tilapias, crevettes font, paraît-il, les délices des consommateurs chinois,la Chine étant le premier «  fabricant «  de ces poissons…
     
    Plus gros producteur mondial de poissons d'élevage, la Chine en est également le principal client : 80,2 % des poissons consommés en Chine sont issus de la pisciculture, contre seulement 23,6 % en 1970. Dans le reste du monde, la proportion, bien que plus faible, est aussi en forte progression (26,6 % contre seulement 4,8 % en 1970).
     
    Apparemment, les consommateurs chinois sont peu soucieux de leur alimentation et, aussi sans doute, fort mal informés…
     
    Les conditions d’élevage de ces poissons sont le plus souvent indignes…Ainsi les pangas parqués dans des fermes d’élevage,au Vietnam sont des poissons omnivores capables de digérer tous les déchets, toutes les pollutions industrielles et le Mékong dans lequel ils vivent est un des fleuves les plus pollués du monde, un gigantesque égoût…
     
     De plus, ce poisson ne se reproduisant pas facilement à l’état naturel, il reçoit un traitement de choc pour faciliter la ponte des œufs : les femelles se voient donc injecter des hormones féminines qui servent à stimuler la reproduction…
     
    En Norvège, les saumons d'élevage sont traités au diflubenzuron, pesticide destiné à lutter contre un parasite : les poux de mer...
     
    Les problèmes sont multiples et la pisciculture elle-même semble générer de nouvelles maladies des poissons comme ces poux de mer, par exemple...
     
    De plus, dans cette industrie du poisson, les producteurs se trouvaient devant une impasse car les poissons d'élevage étaient et sont nourris pour une grande partie de farine et d'huile de poissons issus... de la pêche.
     
    La pisciculture, souvent présentée comme une solution idéale à la surpêche, pèse en fait lourdement sur les ressources halieutiques. Sur les 90 millions de tonnes de poissons pêchés chaque année, près du quart sert à nourrir d'autres poissons ou des animaux d'élevage. C'est ce qu'on appelle la pêche minotière. 
     
    Dès lors, la seule solution serait de revenir aux farines animales…
     
    Mais quand on voit tous les détournements, toutes les tromperies et toutes les fraudes qui pèsent sur l’industrie alimentaire, on se demande s’il ne serait pas plus judicieux de tempérer notre consommation de viandes et de poissons…
     
    En Manche, en baie de Seine, les sardines et d'autres espèces comme les bars ou les maquereaux sont contaminées aux PCB....
     
    Pour ma part, j'ai éliminé de mon alimentation la plupart des produits préparés et je me refuse à acheter du poisson d’élevage dans la mesure où les producteurs se permettent tous les abus... mais même les poissons pêchés en mer sont parfois pollués...
     
     
    Source : Le Monde

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  • Aborigènes contre Areva

    Au moins en Australie, Areva n'arrivera pas à soudoyer les gouvernements de l'UE pour aller piller les terres comme ils le font en Afrique sous couvert de "terrorisme"...


    ATOMIQUE – En Australie, un Aborigène déjoue les projets de mines d’uranium d’Areva

    Face aux 14 000 tonnes d'uranium logées dans les terres septentrionales d'Australie, Areva nourrissait de grandes ambitions. Le gisement était estimé à 2 milliards de dollars, selon média australien ABC News. Mais le géant du nucléaire français peut mettre au placard ses permis d'exploitation et ses velléités minières : des Aborigènes ont gagné le combat qu'ils menaient depuis des décennies contre les mines qui devaient être creusées sur leur territoire de Koongarra, rapportent un article d'un blog de Mediapart ainsi qu'un communiqué de l'Observatoire du nucléaire.

    Après la découverte de gisements d'uranium en 1970, cette zone d'une douzaine de km2 avait été exclue du parc national de Kakadu, se retrouvant de ce fait privée de protection légale. La bataille de ces Aborigènes, et en premier lieu du propriétaire traditionnel de cette terre, Jeffrey Lee, a permis de la classer l'année dernière au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco, puis de la réintégrer pleinement, en février, au parc national.

    En 2011, une délégation australienne avait ainsi fait le voyage jusqu'à Paris pour rencontrer le comité de l'Unesco et le convaincre de classer le site, rapporte un article d'ABC News. Selon le média australien, "le gouvernement a déclaré que le géant de l'énergie Areva avait formellement demandé que la nomination de Koongarra soit retirée de l'agenda de la rencontre". Le journal avance également que l'Aborigène a reçu "d'énormes pressions" pour cesser d'entraver les projets miniers d'Areva, et aurait pu devenir "l'homme le plus riche d'Australie" s'il avait cédé. "Il est légitime d'estimer que ces offres d'Areva relevaient de la corruption, pas nécessairement sur le plan juridique mais assurément sur le plan moral", accuse l'Observatoire du nucléaire.

    Quoi qu'il en soit, Jeffrey Lee a fait savoir, sur le site australien The Age, que "le fait que les Blancs m'offrent ceci ou cela ne m'intéresse pas", et qu'il n'était pas "intéressé par l'argent. J'ai un travail. Je peux acheter de la nourriture, je peux aller pêcher et chasser". Sur le site Environment News Service, il explique aussi : "J'ai dit non aux mines d'uranium à Koongarra, car je crois que la terre et les croyances propres à ma culture sont plus importantes que l'exploitation minière et l'argent. L'argent va et vient, mais la terre est toujours là, subsiste toujours si nous nous en occupons, et s'occupera toujours de nous."

    Se trouvent à Koongarra de l'art rupestre aborigène, des sites sacrés, des roches ocres et de la brousse. Dans la conception aborigène du "temps du rêve", explique Environment News Service, le site abrite aussi la demeure de Namarrgon, être mythique qui manie la foudre, et "ancêtre créateur responsable d'un spectaculaire orage électrique sur le plateau d'Arnhem". L'électricité, déjà...

     

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  • Grigory Perelman

    11 septembre 2007

    http://abcmaths.free.fr/blog/uploaded_images/2007/09/le-gnie-des-maths-retir-du-monde.html

     

    Le génie des maths retiré du monde


    C'est un homme hirsute, qui vit reclus dans un quartier de Saint-Pétersbourg à la mauvaise réputation. Grigori Perelman est un mystère. Du jour au lendemain, ce génie a abandonné les mathématiques et la recherche, pour une vie de rien. Il venait de refuser la médaille Fields - l'équivalent du Nobel - après avoir été le premier à résoudre l'une des sept énigmes du siècles, la conjecture Poincaré.

    Au milieu d'une forêt d'immeubles soviétiques, dans un dédale de béton parsemé de bouleaux, le 98-3, rue Budapestskaïa, dans la banlieue sud de Saint-Pétersbourg. Nous sommes dans le quartier populaire de Kouptchino, à vingt bonnes minutes, en marchant, du terminus de la ligne de métro n° 2. Kouptchino, une cité-dortoir construite à la fin des années 1960 sur d'anciens marais asséchés, près de l'aéroport. Au cinquième étage d'un bloc sinistre qui en compte huit, l'appartement 131 et sa vieille porte en bois. Difficile de croire qu'un génie du siècle se terre au coeur de cette zone qui, la nuit tombée, traîne une mauvaise réputation. C'est pourtant là que vit, à la réglette de ses maigres besoins, cet illustre hirsute de 41 ans à l'allure de vagabond insaisissable: le grand mathématicien russe Grigori Iakovlevitch Perelman.

    Le 11 novembre 2002, un article mis en ligne par ce chercheur obstiné sur arxiv.org allait changer l'histoire des mathématiques. En 39 pages, "Grisha" Perelman parvient à résoudre l'un des "sept problèmes du millénaire" listés en 2000 par l'Institut Clay, qui a mis à prix leur résolution à un million de dollars chacun: la conjecture de Poincaré. Avancée en 1904 par le mathématicien français Henri Poincaré, cette conjecture est "une hypothèse audacieuse concernant rien moins que la nature et la forme de notre Univers", raconte, dans un résumé gourmand et vulgarisateur, le professeur américain Donal O'Shea, récent auteur d'un livre sur le sujet*.

    Fort de sa démonstration, au printemps 2003 Perelman effectue une "tournée" aux Etats-Unis pour présenter ses travaux. Et emporte l'adhésion de ses pairs. Trois ans plus tard à Madrid, il est alors logiquement récompensé par la prestigieuse médaille Fields, l'équivalent du prix Nobel dans la discipline. Mais, comme annoncé, le "héros" n'est pas là, ce 22 août 2006. Deux mois avant la cérémonie, il avait précisé qu'il refuserait la médaille, une première, et qu'il ne se rendrait pas en Espagne. Il renonce également à la prime d'un million de dollars qui lui est promise.

    Coupé du monde extérieur

    En fait, le mystérieux Grisha a largué les amarres depuis six mois, quittant brusquement son poste au célèbre Institut Steklov de mathématiques où il travaillait depuis quinze ans. Reste seulement cette missive aride de deux lignes que déterre la secrétaire dans son dossier: "Je vous demande de prendre en considération ma démission pour raisons personnelles au 1er janvier 2006", peut-on y lire. Le revirement est sans appel: Perelman fait également savoir qu'il a complètement arrêté les maths. Fin de partie pour l'idéaliste, retourné à l'austérité de sa vie d'ermite pour esquiver l'insignifiance du cirque qui l'entoure.

    Depuis, il est quasiment coupé du monde extérieur. Pour remonter le chemin de son renoncement, il faut retourner au centre-ville. Rue Kirostchnaïa, à l'école 239, un lycée scientifique de renommée mondiale. Là, son nom est inscrit au tableau d'honneur - année 1981 - face à l'escalier central. "Grigori Perelman, vainqueur des Olympiades internationales de mathématiques-physique". Avec un score parfait: 42 points sur 42 possibles. "Il avait la note maximale dans toutes les matières sauf en sport, note Sergueï Roukchine, un de ses anciens professeurs. Pas parce qu'il n'aimait pas le sport, mais parce que cela lui prenait du temps sur les maths..."

    La genèse d'un parcours exceptionnel: de 1982 (il a 16 ans !) à 1987, il étudie à l'Université de Leningrad (ex-Saint-Pétersbourg), d'où il sort diplômé avec mention d'excellence. Il entre comme doctorant à l'Institut Steklov et soutient sa thèse en novembre 1990. Mais déjà, il s'illustre par ses réticences aux honneurs, refusant un prix accordé par la Société européenne des mathématiques... Son CV lui ouvre toutefois les portes des grandes universités américaines: NYU, Stony Brook et Berkeley, où il travaille deux ans, de 1993 à 1995. C'est lors de son séjour californien qu'il rencontre l'éminent professeur de mathématiques américain Richard Hamilton. Lui aussi s'est penché sur la conjecture de Poincaré et a déblayé le terrain. Perelman va finir le boulot. Il entre à "Saint-Pet'" à l'été 1995 et s'enferme, pour sept ans, dans ses équations... Jusqu'au fameux courriel du 11 novembre 2002. Et à cette renommée qu'il a préféré fuir.

    Objet d'un culte sur la Toile

    Paradoxe des temps modernes, cette quête farouche d'anonymat a fait de Grisha une vedette involontaire, jusque dans les pages de la jolty press (la presse jaune, les journaux à scandales russes). Le rebelle au regard habité, qui fuit argent et distinctions, étonne, détonne et intrigue. Un tee-shirt a été édité à son effigie. Côté pile, son visage superposé sur celui du Christ. Côté face, un slogan: "L'argent ne peut pas tout acheter". Le 19 juin, le tabloïd Komsomolskaïa Pravda a publié les dernières photos en date de Perelman, tirées d'une vidéo faite au téléphone portable, dans le métro. Un film d'une totale banalité: "le génie" monte dans un wagon à la station Kouptchino, reste debout près des portes, l'air ailleurs, et descend trois stations plus loin. Depuis l'année dernière, ce Diogène moderne est également devenu une vedette du net. Sa radicalité enflamme les forums et les sites satiriques. On délire sur son look de "moujik" et la longueur de ses ongles, qu'il laisse pousser à hauteur de trois centimètres. Un petit film amateur, délirant, intitulé Life after Poincaré: a Perelman adventure, a même été mis en ligne sur un site de vidéos en partage. On y voit un faux Grisha rencontrer et faire disparaître un faux Russell Crowe, l'acteur qui incarnait le mathématicien John Nash - un autre original - dans le film A beautiful mind (Un homme d'exception).

    S'il n'est pas schizophrène comme Nash, le vrai Perelman tendrait plutôt vers la misanthropie. Difficile de débusquer la bête, qui fuit farouchement toutes les sollicitations. "Je ne pense pas que mes paroles puissent avoir le moindre intérêt public, a-t-il brièvement répondu, en août dernier, au quotidien anglais The Daily Telegraph. L'autopromotion existe, et si certains veulent en faire, bonne chance à eux. Mais je ne conçois pas ça comme une chose positive. Autant que je sache, je n'ai rien à offrir aux lecteurs." Le seul entretien qu'il ait accordé de bonne grâce remonte au début de l'été 2006, avant la tempête de Madrid: le magazine américain The New Yorker lui avait consacré un imposant article, en pointant certaines querelles responsables de son exil intérieur. Perelman y évoquait son amertume face à une polémique née en Chine (où est contestée sa prépondérance dans la résolution de la conjecture de Poincaré) et, au-delà, le manque d'intégrité de la communauté scientifique, les querelles oiseuses de son microcosme. La persécution médiatique dont il fit l'objet, dans les jours suivant sa consécration involontaire à Madrid, parachèvera son splendide isolement.

    Plus d'un an après, Galina Prytkova, sa voisine de palier de l'appartement 130, subit encore les dommages de cette effervescence. Après un accueil plutôt glacé, elle profite de la présence d'une amie, aperçue au pied de l'immeuble, pour sortir de chez elle et entrer dans la discussion. "Dès le moment où il a résolu l'énigme, tout le monde s'est précipité chez lui et chez sa mère, où il est souvent [elle vit avec la soeur de Perelman à proximité, son père a émigré en Israël]. Alors ils se sont cloîtrés. Mais quelle est cette modestie qui pousse à refuser une telle somme ? C'est un mystère pour tout le monde... Cette mathématique-là, personne ne peut la résoudre !"

    Il refuse les sollicitations, n'a "rien à dire"

    Un adjectif revient, effectivement, à l'évocation de son caractère et de son comportement; "skromno": humble, modeste, discret. Un reportage de la chaîne NTV, rediffusé en juillet, le montre au retour des courses, démarche lente, un vieil anorak sur le dos, un bonnet râpé sur la tête et un sac en plastique blanc à la main. Filmé en caméra cachée, on l'entend ronchonner sur l'augmentation de deux roubles du prix du kilo de pommes (1 euro vaut 35 roubles). Pas vraiment le style "nouveau Russe", à l'heure du capitalisme sauvage et sans complexes qui sévit dans le pays. En fait, Perelman "subsisterait" grâce à l'argent qu'il a gagné comme maître de conférences à Berkeley, il y a une douzaine d'années. Il a ses habitudes en fin de matinée dans les rayons du supermarché du coin. Et selon une vendeuse, "il ne parle avec personne. Je ne l'ai jamais vu accompagné". Une confirmation, aussi: "Son comportement n'a absolument pas changé depuis ces histoires."

    A l'image de ses résolutions. Le mathématicien français Gérard Besson, directeur de recherches au CNRS, est un spécialiste des travaux de Perelman. Il a écrit plusieurs courriels au "génie" pour obtenir des détails sur ses recherches. "Il ne m'a jamais répondu, raconte-t-il. C'est frustant car j'avais des questions à lui poser. Intellectuellement, il est hors norme. Sa méthode est originale et il a apporté des idées nouvelles. En revanche, je n'ai pas de jugement à porter sur sa vie..."

    Même silence radio à l'Institut Steklov. Son actuel directeur, Sergueï Kisliakov, a pris ses fonctions deux semaines après la démission de Perelman, fin décembre 2005. En souriant, il cite à la volée d'illustres "prédécesseurs" pour démystifier le cas Perelman: Alexandre Grothendieck, un autre grand mathématicien reclus, lauréat rebelle de la médaille Fields 1966, ou le compositeur finlandais Jean Sibelius (1865-1957), qui a brutalement arrêté de composer dans les années 1930. Il raconte qu'en juin une invitation lancée à l'occasion d'un hommage rendu à son directeur de thèse, dont Perelman fut pourtant le dernier élève, est restée, une fois de plus, sans réponse. "Il y a encore du courrier qui arrive pour lui ici, explique Kisliakov, blasé. Si on lui demande quoi faire de ces lettres, Grisha nous répond: 'Gardez-les. Ou jetez-les à la poubelle.' En partant d'ici, il a dit qu'il trouverait un autre métier. Que fait-il à présent ? Je n'en sais rien."

    Par Alban TRAQUET, envoyé spécial à Saint-Pétersbourg
    Le Journal du Dimanche

    Ci-dessous , l'article publié sur abcmaths en août 2006 lors de l'attribution de la médaille Fields à Grigori Perelman :

    Médaille Fields: la conjecture de Poincaré démontrée par Grégori Perelman

    Les grands médias mettent en avant l’herméticité de la conjecture de Poincaré , on peut toutefois expliquer très shématiquement de quoi il s'agit:

    Commençons par la dimension 1. Sur une feuille de papier, tracez une ligne raisonnablement sinueuse, sans qu’elle ne se recoupe, puis terminez-la en revenant au point de départ. Bien. Cette ligne fermée, imaginons que ce soit un élastique : il est facile de se convaincre qu’on peut la déformer sans la briser pour obtenir un cercle. Et bien voilà la conjecture de Poincaré en dimension 1 (1, c’est ce qu’on appelle la dimension d’une ligne, en mathématiques).

    Passons en dimension 2. Là, il faut faire un petit effort d’imagination. Notre élastique devient alors une sorte de patate, dans l’espace, aussi déformée que vous le voulez, avec des bosses, des creux, un peu comme les personnages du dessin animé «Les Barbapapas», mais sans trou. Ce qui nous intéresse, c’est la peau de cette patate, sa surface. Et bien on peut la déformer, cette surface, en imaginant qu’elle soit élastique, pour qu’elle devienne un beau ballon bien rond, c’est-à-dire une sphère. Voilà la conjecture de Poincaré en dimension 2 (qui est la dimension d’une surface, en mathématiques). La conjecture de Poincaré s’énonce en toute dimension: 3,4, etc. On a démontré qu’elle était vraie en dimensions 1,2, vous en êtes maintenant convaincus, mais aussi en dimensions 4,5, et toutes les dimensions supérieures.

    Mais il manquait la dimension 3. Depuis 1904 :C’est ce manque qu’a comblé Grégori Perelman.

    Il faut imaginer qu’on a un volume (c’est-à-dire un objet de dimension 3), plongé dans l’espace à 4 dimensions. Qu'est-ce que l’espace à 4 dimensions, me direz-vous ? . On peut répondre que c’est l’espace-temps, mais on n’est pas tellement plus avancé... En tout cas, en maths, cela existe. On a des espaces de n’importe quelles dimensions. Donc imaginons un «volume», dans l’espace à 4 dimensions, qui soit raisonnablement bosselé, et surtout sans trou. Et bien on peut le déformer pour qu’il devienne une sphère de dimension 3.

    Mais qu'est-ce qu'une sphère de dimension 3 ? Peut-être est-ce exactement l’espace où nous vivons ...

    Très approximativement , voilà la conjecture émise par l'immense mathématicien Henri Poincaré.(" la démonstration nous mènerait trop loin " disait -il avec beaucoup de clairvoyance)

    Un siècle plus tard , Gregori Perelman a démontré cette conjecture

    Les mathématiciens du monde entier ont validé la démonstration, et c’est pour cela qu’ils ont attribué une médaille Fields à Grégory Perelman. Qui s’en moque et préfère cueillir des champignons dans ses forêts russes!

    Il a refusé la médaille. Il aurait même aussi refusé une récompense que lui proposait un institut de mathématiques (un million de dollars), au motif qu’en Russie, l’argent génère toujours la violence.

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  • Ne plus être dérangé

    Parfois, il vient en moi une étrange impression. Plus rien ne me touche, plus rien ne m'atteint. Non pas que que je sois indifférent. L'impression que rien n'est là pour être atteint. Je pense que c'est cela l'état méditatif en fait. Bien que je n'ai jamais tenté de m'initier en quelque façon à la chose. Je ne peux pas être dérangé étant donné qu'il n'y a plus rien qui puisse l'être. 

    J'ai une grippe carabinée associée avec une bronchite et une baisse de tension, en arrêt depuis mercredi. Cet après-midi, je me suis allongé, j'ai fermé les yeux et à un moment, j'ai senti que je ne sentais plus rien. Comme si je n'avais plus de corps. J'étais incapable de visualiser mes jambes, mes bras, mon ventre, ma tête, rien, un immense vide. Il ne restait en fait que le souvenir associé à ces différentes parties, un rappel de la mémoire mais rien de tangible, de réel, de matériel. Simultanément, je percevais un flux, une chaleur étrange, comme un courant qui coulait à l'intérieur d'une enveloppe qui n'existait plus, que je ne ressentais plus. Juste une énergie, un crépitement qui a fini par ne plus être limité par l'imagerie associée à mon corps. Un rayonnement global s'est installé, je n'ai plus senti la pression de mes paupières, rien au niveau du crâne, ni même l'appui de ma tête sur le coussin, juste cette énergie...

    La Vie.

    Je connais depuis longtemps déjà cet état. Je sais que la Vie est là. Qu'il n'y a plus rien de superficiel, que le Moi est effacé, que les images sont éteintes, qu'il n'y a plus rien qui puisse être dérangé parce que rien n'a de prise sur cet état.

    Bien sûr, il aurait suffi que le téléphone sonne pour que tout s'arrête. Mais cet état n'aurait pas disparu pour autant. Il est toujours là. Il est immuable. Comme la rotation de la Terre. L'énergie ne disparaît pas, elle est juste couverte par des éléments artificiels.

    Mon corps est l'élément le plus artificiel qui soit, celui qui représente l'obstacle le plus puissant. Il n'y est pour rien. C'est juste un problème éducatif. Lui aussi est une victime.

    Il faut réapprendre à s'extraire de l'enveloppe.

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