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Le Tantra : art de vivre

Par Le 22/12/2018

 

Roger-Michel Berger : « Le tantra, ce n’est pas que du sexe »

 

Qui dit tantra, dit sexe, pense-t-on souvent. Et la promesse d’une sexualité sacrée, de massages érotiques, ou encore de techniques pour avoir plus de plaisir… Mais cette philosophie n’ouvre pas uniquement la voie à une sexualité différente. Elle constitue aussi un véritable chemin de développement personnel. Un voyage vers soi. Initiation avec Roger-Michel Berger, auteur de Le Tantra, un art de vivre, un art d’aimer.

Propos recueillis par Margaux Rambert

« Le tantra, ce n’est pas que du sexe »

© iStock

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En France et en Occident, on associe le tantra au sexe. Pourquoi ?

 

Roger-Michel Berger : Parce que les médias et certains organisateurs de stages ont véhiculé cette idée-là. Le massage tantrique est notamment très à la mode dans le monde de la prostitution. Mais si vous regardez les textes anciens, par exemple le Vijñâna Bhairava, sur les 112 pratiques de tantra, il n’y en a que trois qui parlent de sexe.

En quoi le tantra dépasse-t-il le champ de la sexualité ?

 

Roger-Michel Berger : Le tantra est un art de vivre. Une philosophie, une voie spirituelle laïque. Le mot sanskrit tantra veut dire « tissage ». Et « texte, livre ». Une des notions clés est ce qu’on appelle, toujours en sanskrit, le spanda. C’est-à-dire la vibration, le frémissement de la vie. Pour pouvoir le ressentir, il faut être vraiment dans la présence. Grâce, notamment, à la méditation. Le tantra est aussi un chemin vers soi-même. Il aide à prendre conscience de qui l’on est, de ses faiblesses, de ses ombres aussi. A se libérer de ses peurs et de ses blocages. C’est une voie de développement personnel. 

Chez certains, le tantra a mauvaise presse : pour ses détracteurs, il serait même dangereux et synonyme de laisser-aller sexuel, de débauche…

 

Roger-Michel Berger : En quoi est-il dangereux de devenir amoureux de la vie ? Le tantra aide à augmenter son potentiel, à avoir moins peur… Certes, certains font du tantra car ils n’ont pas encore vécu vraiment leur sexualité. Alors ils ont besoin de cela. Mais c’est un tout début. Dans le tantra, on souligne la noblesse du corps. Le sexe fait partie du tout. C’est une force de vie incroyable.

C’est pour cela que dans les temples indiens, il y a des représentations de gens qui font l’amour dans toutes les positions possibles. L’idée n’est pas d’exciter. Mais celui qui est éveillé va se réjouir de cette image de la sexualité. En fait, le sexe peut être un point de départ : on peut ressentir des choses magnifiques. Et si on continue dans cette voie, on peut aller plus loin. Et arriver alors à l’éveil, un état de méditation et de présence permanente.

Concrètement, en quoi consiste cet art de vivre au quotidien ?

 

Roger-Michel Berger : Un travail essentiel concerne la respiration. C’est la méditation fondamentale. Nous respirons environ toutes les quatre secondes, soit 21 600 fois par jour. Mais nous n’en avons pas conscience. Sauf lorsque nous sortons du bureau et que nous prenons une bouffée d’air, par exemple. Ensuite, il y a tout un travail sur ses limites, sur l’espace. La méditation peut vous rendre poreux. Vous pouvez laisser tomber les frontières de votre corps. Et ainsi vous ouvrir davantage aux autres et ne faire plus qu’un avec l’univers.

Il vous est sûrement déjà arrivé de ressentir cela : un instant d’éternité. Que cela soit en faisant l’amour, en contemplant un beau paysage, en entendant une belle musique… Ces petits instants sont des clins d’œil du divin. Une pratique consiste à les cultiver. Dans ces instants-là, nous ne sommes plus séparés du tout. C’est ce que l’écrivain Romain Rolland, dans une lettre à Freud, appelait « le sentiment océanique ».

En quoi le tantra est-il aussi un art d’aimer ?

 

Roger-Michel Berger : C’est un art d’aimer car on parle aussi de sexe (mais pas que !). Quand on pense sexualité, on pense tout de suite à mettre les sexes ensemble et à bouger beaucoup. A avoir un orgasme, si possible plusieurs, et si possible en même temps. Mais on peut aussi faire l’amour en se regardant dans les yeux.

Le tantra est loin de toute logique de performance. On devient d’ailleurs véritablement orgasmique au moment où l’on n’a plus l’objectif de l’orgasme. C’est à ce moment-là que le corps s’ouvre, et que la jouissance nous tombe dessus comme une grâce. Le tantra nous conseille par exemple de rester dans l’espace entre l’excitation du début et l’orgasme. C’est un espace extraordinaire à explorer. Mais cela suppose d’avoir une sexualité différente, plus féminine.

En quoi cette sexualité est-elle plus féminine ?

 

Roger-Michel Berger : Il y a moins d’activité, plus de détente… Ce n’est pas comme dans les films pornographiques où les gens n’arrêtent pas de bouger et d’avoir des orgasmes à répétition. Là, il s’agit de mettre les sexes ensemble, car ils ont leur intelligence propre. Avec tout ce que nous avons appris – ou pas – sur la sexualité, nous faisons faire à nos organes sexuels des choses dont ils n’ont pas forcément envie. Si nous mettons nos sexes ensemble et que nous les laissons faire, c'est-à-dire que nous restons simplement « l’un dans l’autre », nous pouvons alors développer des sensations beaucoup plus subtiles, délicates, qui sont délicieuses à explorer. Le sexe devient une méditation. Le matin, un couple peut très bien « se mettre ainsi ensemble » dix-quinze minutes. Et profiter des subtiles énergies qu’il aura échangées toute la journée durant.

Quelle est la différence entre le tantra et ce que l’on appelle le néo-tantra ?

 

Roger-Michel Berger : Le néo-tantra est un tantra qui a été adapté à l’Occident. Pour un Oriental, méditer en restant assis deux heures ne pose pas de problème. Pour les Occidentaux, davantage. On a donc développé des méditations actives où l’on fait travailler le corps, comme ça le mental peut se reposer un peu. L’autre apport du néo-tantra, c’est le côté social, le travail en groupe. Celui-ci apporte un champ d’énergie, car les gens sont soutenus par le groupe. Ca aide aussi dans le travail sur les émotions.

Vous organisez des stages pour les couples. En quoi consistent-ils ?

 

Roger-Michel Berger : On n’apprend pas à l’école à être en couple. L’idée, c’est de donner aux couples qui viennent en stage des clés pour cultiver leur relation. De les aider à (ré)apprendre à se regarder, à mieux communiquer, notamment par le toucher. Par exemple, on considère souvent que le massage est un préliminaire à une relation sexuelle. Sauf que dans ce cas, on n’est plus dans le présent, mais dans le futur. L’idée, c’est au contraire d’apprendre à masser sans objectif. D’être vraiment dans la présence. Dans le don.

Qu’est-ce que le tantra vous a apporté à vous-même ?

 

Roger-Michel Berger : Cela fait vingt-cinq ans que je pratique et plus de douze ans que j’enseigne. Grâce au tantra, je suis bien dans ma peau. J’ai également acquis une meilleure compréhension de ma femme et de comment vivre à deux. Ainsi que des outils pour être en couple dans la durée. Le tantra m’a également apporté plus de plaisir dans ma sexualité et une meilleure compréhension de la sexualité de la femme... 

Comment s’initier au tantra ? Reconnaître les vrais des faux maîtres ?

 

Roger-Michel Berger : Ce qui est fondamental, c’est le respect de soi-même. Il y a des gens qui ont de la peine à poser leurs limites. La première chose à faire, c’est donc de tester les gens qui veulent vous donner une formation de tantra : serez-vous obligé de faire toutes les pratiques ? Pour nous, il est évident que personne ne l’est. On a toujours dans notre salle un « coin bleu ». Quand quelqu’un trouve qu’une pratique dépasse ses possibilités, il peut aller dans ce coin. Il nous est arrivé de récupérer des personnes qui s’étaient retrouvées dans des stages de sexualité de groupe, ce qui est bien plus de l’ordre de la partouze que du tantra. Au début, ils ne voulaient plus entendre parler de tantra. Le mieux, c’est donc aussi de récolter des témoignages de personnes qui ont déjà participé au stage qui vous intéresse.

Tantra : trois exemples de pratiques, issues du livre de Roger-Michel Berger : "Le Tantra, art de vivre, art d’aimer" (Guy Trédaniel).

Pratique : accueillir la journée

" Le matin, en te levant, prends le temps de te mettre à la fenêtre, sur le balcon ou dans le jardin. Relâche tes épaules, laisse tes bras ballants le long du corps puis ouvre les paumes vers l’extérieur, dans une posture d’accueil. Prends un temps pour accueillir cette toute nouvelle journée de vie, cette journée unique.

Prends conscience que tu ne l’as encore jamais vécue et que tu ne la vivras plus jamais. C’est une journée toute neuve.

Ce mouvement d’ouverture des paumes, tu peux aussi le faire tout au long de la journée. Ce geste extrêmement simple ouvre la poitrine et redresse le corps. Ainsi, tu es dans une posture d’ouverture et d’accueil."

Pratique : la salutation du cœur

"Asseyez-vous l’un en face de l’autre, par exemple sur un coussin, à une distance qui vous permettra de vous incliner jusqu’à ce que vos fronts se touchent.

Commencez par vous regarder avec gentillesse. Lorsque vous vous sentez prêts, en regardant votre partenaire, joignez les paumes de vos mains en touchant le sol. Levez vos mains ainsi jointes, amenez-les jusqu’à votre cœur en inspirant. En gardant les mains jointes au niveau de votre cœur, inclinez-vous en avant, en expirant et en regardant votre partenaire dans les yeux, jusqu’à ce que vos fronts se touchent délicatement. Restez un instant ainsi, les yeux dans les yeux avec un sentiment de respect pour l’autre. Puis en inspirant, relevez-vous, tout en gardant le contact avec les yeux et en expirant, laissez vos mains jointes redescendre jusqu’au sol.

Vous pouvez à présent vous dire une parole honorant votre partenaire, par exemple « Je t’honore comme un aspect du divin ».

Vous pouvez aussi imaginer pendant cette salutation que vous prenez l’énergie de la terre en inspirant et l’amenez à votre cœur et qu’à la fin, vous redonnez, en expirant, l’énergie à la terre."

Pratique : la méditation du non faire

Prévoyez une demi-heure à une heure pour cette pratique que vous pouvez faire avec vos vêtements. Faites-vous une salutation du cœur. Installez-vous tête-bêche, les jambes en ciseaux, de manière à ce que vos sexes se touchent. Trouvez la position la plus confortable possible pour chacun. Puis restez ainsi en ne faisant rien, strictement rien.

Ne cherchez pas à vous exciter ou à exciter l’autre, ne faites aucun mouvement. Soyez totalement dans le ressenti. Sentez l’énergie de l’autre dans votre sexe, sentez sa chaleur se développer à l’intérieur de vous.

Terminez par une salutation du cœur.

Une variante consiste à pratiquer cette méditation dans un hamac. Ainsi, vos poids auront tendance à vous joindre l’un contre l’autre.

Vous pouvez aussi pratiquer cette méditation en pénétration, le sexe de l’homme à l’intérieur de la femme. Mais là, il faut veiller à ne pas partir dans l’excitation, mais rester totalement détendus pour vraiment goûter la saveur de cette pratique.

Pour aller plus loin 

==>  Êtes-vous prêt(e) pour le sexe tantrique ?

Dans notre quête d’épanouissement sexuel, les traditions orientales ont le vent en poupe, avec un fort engouement pour le tantra. Une philosophie de vie qui est aussi une voie vers une sexualité différente, un chemin vers l'extase. Pour savoir si vous êtes prêt(e) à expérimenter cette vision unique du désir, de l’union et de l’orgasme, faites le point sur votre rapport à la sexualité et découvrez ce que le tantra pourrait vous apporter ! Peut-être êtes-vous plutôt un(e) tantrika en « herbe » ou bien confirmé(e).


 

"La plume fragile"

Par Le 22/12/2018

Un blog de réflexions diverses et de textes qui me plaisent, des échanges qui permettent d'approfondir les réflexions.

Que du bonheur.

 

Cher Thierry,

J’ai beaucoup repensé à ces échanges que nous avons eus — les méninges s’agitaient et trottaient comme un petit shetland dans son manège — pendant que je m’affairais chez moi et « en dehors de chez moi » (foutues courses de Noël — si seulement c’était vrai, si seulement c’était l’homme qui porte ce nom qui pouvait réellement s’en charger). Il se fait que ce petit calvaire de saison m’a fait découvrir un livre dont la couverture ne manque pas d’attirer le regard; ce livre s’intitule Ma Carte des merveilles (de Caspar HENDERSON, ed. Les belles lettres). Figure-toi que je l’ai acheté en même temps que Hors de moi, pensant l’offrir (de la part du Père Noël bien sûr…). Finalement, me retrouvant bien mal en peine et désarmée face à l’anorexie de C. Marin, et surtout après nos discussions au sujet de la conscience et la méta-conscience dans tous ses états (en soi, hors de soi), j’ai défait l’emballage de cette Carte des merveilles (réalisé avec soin par un lutin) et j’ai commencé à la lire. Il fallait se rendre à l’évidence, un ouvrage pareil (« convoquant la philosophie, l’art, la théologie mais aussi l’histoire naturelle et la recherche scientifique la plus actuelle ») ne pouvait que me plaire et surtout être bien plus captivant que celui de C. Marin. Et je ne crois pas si bien dire ! (ça fait un peu prétentieux dit comme ça, mais ce n’est pas grave, c’est pour la formule). C’est d’ailleurs un livre qui plairait sans doute bien à mon Corbot sur son érable perché qui tient en son bec toujours une plume affûtée.

Dans son introduction, l’auteur s’interroge sur la définition des mots « merveille » et « émerveillement », et il cite un certain philosophe, Martyn Evans, qui parle de l’émerveillement comme suit :

une attention altérée, irrésistiblement intensifiée, pour quelque chose que nous reconnaissons immédiatement comme important – quelque chose dont l’apparition engage notre imagination avant notre entendement, mais que nous voudrons probablement comprendre plus complètement avec le temps.

Cela m’a instinctivement évoqué ce que tu disais au sujet de la lucidité extrême et de l’inconscience ou la métaconscience et de la « conscience modifiée » en particulier. On pourrait supposer que l’imagination relèverait d’une « supraconscience », comme quelque chose qui nous dépasse et dépasse l’entendement. Et si cet état relève de l’émerveillement comme le décrit M. Evans, alors « être hors de soi » pourrait se traduire par une forme d’émerveillement. Nous n’observons plus ce qui ce passe en nous-mêmes, comme tu le disais, mais à l’inverse, nous observons, ou plutôt nous sommes attentifs (« vigilants ») à ce qui est extérieur à nous-mêmes. Se sentir témoin du Beau produirait l’émerveillement. Vivre le Beau pourrait signifier être hors de soi. L’émerveillement induit également des « émotions exacerbées » d’un ordre tout autre que celui de la colère ou de la frustration comme je l’évoquais dans HORS DE MOI.

L’état « hors de soi » pourrait donc être double ou doublement vécu, tantôt positivement, tantôt négativement. Mais dans les deux cas, il s’agit d’un état « ultime » ou « suprême » qui nous anime et qui ne peut se produire que dans un moment d’éveil presque surdimensionné (tu parlais d’irréel) comparé à l’éveil dans lequel nous nous trouvons quotidiennement, le jour, la nuit, en termes physiologiques et biologiques.

« Merveille » vient du latin mirabilia, « chose étonnante, admirable ». En anglais, le mot « wonder » vient du vieil anglais « wundor », mais l’origine de ce mot (et de sa vieille racine germanique Wundran) est obscure. Henry David Thoreau lui voyait une origine commune avec « wander » (« errer »); d’autres ont proposé « wound » (« blessure »). Ces dérivations relèvent toutes de la spéculation.
Dans la nouvelle « Undr », Jorge Luis Borges fait du mot « merveille » un mot originel, qui précède et subsume tous les autres. Ralph Waldo Emerson écrit que « si l’origine de la plupart des mots est oubliée, chacun fut au départ un éclair de génie, et fut mis en usage parce que pour le premier locuteur et le premier auditeur, il symbolisait » à ce moment-là, le monde ».

Alors spéculons et mettons nos sens en exergue pour appréhender ce monde ! Comment ? Eh bien, regardez par la fenêtre, oh, ces belles gouttes de pluie translucides (oubliez que vos carreaux sont dégueulasses, on vous a dit de prêter attention aux gouttes de pluie…). Autre exemple : oubliez un instant vos paquets qui commencent à vous couper la circulation sanguine et rendez-vous dans une brûlerie : humez donc cette bonne odeur de café qui se répand dans tout l’établissement. Projetez votre esprit sur ces graines de café, les caféiers, vous les voyez ? ça y est, vous êtes déjà en Amérique du Sud. Elle est pas belle la vie !

Finalement, quelle différence entre l’émerveillement et la phénoménologie ? Je vous laisse réfléchir à la question, j’attends vos copies en janvier.

Parvenir à cet état d’émerveillement nous plongerait dans la réalité-même (« le monde »), une réalité qui pourrait s’intituler « merveille » : c’est alors que nous n’imaginons plus, nous vivons la réalité de plain-pied qui s’apparente à une réalité sublimée (le Beau, la Joie) ou accidentée (le Laid, la Souffrance), mais dans tous les cas, une réalité exacerbée. Quand j’écris « parvenir à », je veux traduire ton « Jusqu’au bout ». En effet, si j’ai fait le lien entre émerveillement et « l’hors-de-soi-même », c’est aussi en raison du caractère « jusque-boutisme » qui ressort dans cette définition du philosophe Evans (« comprendre plus complètement avec le temps »).

Enfin, je profite de ce billet heureux pour te souhaiter, mon cher Thierry, et souhaiter à mes lecteurs de belles fêtes de fin/début d’année. Laissons nos sens en éveil pour tomber sous le charme de la magie de Noël (ou ce qu’il en reste) en laissant un instant de côté le côté obscur de ces festivités pour ne pas les gâcher. Restez alerte et sensible. Le monde qui nous entoure est rempli de merveilles (enfin, je le crois, quand je m’émerveille, quand je suis « hors de moi », quand la conscience et l’inconscience (ou devrais-je dire l’insouciance) s’entremêlent).

Merveilleusement vôtre,

f.

ma carte des merveilles cover

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6 RÉFLEXIONS SUR “HORS DE MOI (II – L’ÉMERVEILLEMENT)”

  1. « Un Corbot dans un érable perché tenait en son bec un carré de sucre du même arbre. La plume fragile munie de sa penne vint le chatouiller. De marbre, le volatile n’en demeurait pas moins attisé. Ne pouvant plus résister, il fit tomber le sucre admirable. La plume fragile se délecta du carré et de sa petite malice. Morale : Une plume fragile aimant les délices vous amadouera grâce à un doux supplice. »
    Que ta plume fragile continue longtemps et toujours de me ravir, moi, ainsi que mes carrés de sucre d’érable.

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    1. Ohhhh que tu me gâtes ! Que tu me sembles beau ! Se délectant de la si belle affaire la plume ravie et saisie s’écria : « Ce sucre n’est donc pas qu’un mirage. Plus l’on y goûte plus il m’en faut ! Mon bon Corbot, devant ta générosité, je t’invite au partage. Sur ces mots, la plume s’envola mais sachez qu’on l’y reprendrait volontiers à flâner, virevolter dans cette érablière du Corbot emplumé.

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  2. Sur cette invitation à la bombance, le Corbot se félicita d’avoir perdu pour finalement gagner. L’isatis au bec sucré, bleuie par le froid solstice de décembre vint réfugier ses membres gelés sous les chaudes plumes du Corbot cendré. Ils firent ripaille jusqu’au petit matin, heureux, complices, ensemble.

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  3. Eh bien, chère plume, que voilà un texte magnifique. Une belle, fluide et intégrale description de « la mystique sauvage » de Hulin ou « le sentiment océanique » de Rolland, ce que vous nommez ici « l’émerveillement ». Que je nomme « le Réel » pour ma part. L’émerveillement est un état de rupture, un autre état de conscience, une ouverture spirituelle.
    Je suis heureux de croiser aussi la route de Thoreau et d’Emerson, quel bonheur de les voir cités. Ils ont tellement à nous apprendre.
    Dans nos échanges sur le « hors de soi », j’ai évoqué des situations extrêmes mais il existe également des états impromptus de conscience modifiée. Ils sont malheureusement perçus la plupart du temps comme des « rêveries », des états d’absence alors qu’il s’agit juste d’une autre « présence ».
    J’ai tenté de décrire tout ça dans un de mes romans : à coeur ouvert ». Le personnage principal a subi un infarctus. Il vit avec une prothèse cardiaque. Une machine à la place d’un coeur. (technologie réelle) L’état émotionnel s’en trouve considérablement « ouvert »…

    Extrait : « Il raconta en détail son parcours d’entrepreneur, de financier, sa vie avec Alice, la naissance de Chloé, les dernières années, la lutte pour s’imposer sur le marché.
    « Et puis, j’ai eu cet infarctus, aucun signe précurseur. C’est Philippe, mon associé, qui m’a sauvé.
    -Vous n’aviez jamais eu de problèmes avant ?
    -Non, rien, absolument rien.
    -C’est impressionnant alors. Personne n’est à l’abri en fait.
    -Il faut croire. Mais pas grand monde n’y pense. Ou alors, c’est l’angoisse qui l’emporte, ce qui ne vaut guère mieux.
    -Et ensuite ?
    -J’ai vendu l’entreprise à Philippe. Il le méritait amplement pour son travail de toute façon. Les cardiologues m’ont dit à l’hôpital que mon cœur était fichu. Et puis, après l’implantation de la prothèse, c’est le basculement total, foudroyant, incompréhensible. Je me souviens très bien des premières heures. Pas de douleurs insupportables, j’étais sous morphine, je suppose. Je n’ai rien demandé. Le chirurgien est passé, tout allait bien, ils étaient très satisfaits et je m’en moquais. Sans comprendre pourquoi. Un détachement totalement fou. J’ai d’ailleurs pensé que j’étais fou ou que mon cerveau n’avait pas été oxygéné. J’avais pourtant imaginé le pire, je savais que ça pouvait mal se terminer. Et puis, là, peu à peu, dans la solitude de ma chambre, je me suis aperçu qu’il n’y avait aucune joie en moi, même pas l’once d’un soulagement, rien. Absolument rien. Aucun désir de reprendre le travail, aucune projection sur l’avenir, c’était comme si je découvrais le fait de vivre et que je devais me contenter d’enregistrer tout ce que je percevais dans l’instant.
    -Rien d’étonnant pour moi. L’effleurement avec la mort révèle la vie de l’instant.
    -Oui, c’est exactement ça. La vie de l’instant. D’ailleurs, la première fois qu’on m’a laissé sortir dans le parc, je me suis assis sur un banc et j’ai regardé des pigeons. Ça n’a l’air de rien mais vous n’imaginez pas à quel point c’était stupéfiant pour moi. Je regardais le balancement de leur cou quand ils marchent, j’essayais de les reconnaître, d’identifier leurs différences de plumage, de voir si certains restaient proches, si des couples étaient constitués, comment ils repéraient leur nourriture et puis j’ai fini par ne plus penser à rien, à ne plus vouloir intégrer des données précises, je les ai juste regardés. À un moment, je suis sorti de cette observation, comme si j’avais quitté une pièce, l’impression d’être projeté dans un vacarme épouvantable, j’entendais le bruit de la ville, des discussions autour de moi, des ambulances, j’ai vu passer des gens, j’ai vu tous les bâtiments, ces milliers de fenêtres comme autant de souffrances cachées, des traînées d’avions dans le ciel, et puis l’herbe piétinée autour des bancs, des papiers abandonnés à côté de poubelles vides et la première idée qui a surgi, c’est que dans l’observation des pigeons, je n’étais pas en train de rêver comme on dit, les yeux dans le vague mais que c’était maintenant que j’étais tombé dans le rêve. Je ne sais pas comment l’expliquer en fait. C’est tellement étrange. Vous savez, souvent les adultes disent aux enfants quand ils ont les yeux dans le vide, « arrête de rêver et écoute-moi », et bien, moi, j’avais l’impression que c’était l’inverse. Ça m’a fait un mal de chien, à en pleurer, là, tout seul, sur mon banc, comme si j’avais quitté la vie pour tomber dans un cauchemar immonde. Vous voyez, j’ai passé tellement d’années à vouloir tout contrôler, à me battre pour atteindre les objectifs que je visais, à valider matériellement l’idée que je me faisais de l’existence, j’aurais dû reprendre tout ça, j’étais sauvé après tout, j’aurais pu retourner au boulot, doucement bien sûr, mais en tout cas, relancer la machine. Et c’est cette expression qui a tout déclenché. Relancer la machine. Mais, c’était moi la machine.
    -On se voit toujours comme un individu menant des activités multiples et trouvant des compensations diverses, intervint-elle, avec même parfois des satisfactions personnelles, des occasions de fierté ou d’estime de soi, mais c’est complètement fou finalement puisque nous sommes effectivement des machines et que nous répétons mécaniquement les activités pour lesquelles nous avons été programmés dès notre enfance. »

    Bonnes vavances chère plume et à bientôt pour de délicieux échanges.

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    1. Ton commentaire m’enchante. Je suis ravie que le billet t’ait plu et donné une nouvelle fois matière à t’épancher. Merci pour cet extrait. À cœur ouvert est un bel écho à ce thème et tout à fait dans la continuité et le thème du livre sur Knut Hamsun dont je t’ai parlé (description, émerveillement, âme tantôt atone et cœur parfois vibrant au silence et à la vue des choses simples –le réel, la vie). MERCI ♡

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Une femme admirable

Par Le 21/12/2018

Reconnaître la valeur intrinsèque de la nature

Gauchebdo

Reconnaître la valeur intrinsèque de la nature

INTERVIEW • De passage en Suisse, la juriste française Valérie Cabanes a défendu le principe que les crimes contre l’écosystème, l’écocide, soient reconnus par la Cour pénale internationale.

Publié le 20 décembre 2018 par  dans la rubrique International

«la notion d’écocide est la seule qui puisse donner des droits à la nature», estime Valérie Cabanes. (Jérôme Panconi)

Juriste en droit international, spécialisée dans les droits humains et le droit humanitaire, la Française Valérie Cabanes défend l’inscription de la notion d’écocide (crime contre l’écosystème terrestre) dans le droit pénal international. Dès 2012, elle a participé au lancement d’une initiative citoyenne européenne, forte de 200’000 signatures, proposant une directive européenne en ce sens. Puis en 2015, elle a travaillé sur une proposition d’amendements au Statut de la Cour pénale internationale pour intégrer l’écocide comme crime contre la paix. Auteure d’«Un nouveau Droit pour la Terre, pour en finir avec l’écocide» et «Homo Natura, en harmonie avec le vivant », elle était de passage en Suisse la semaine dernière. Interview.

Avec le mouvement End Ecocide on Earth, vous voudriez que les crimes environnementaux les plus graves soient reconnus par la Cour pénale internationale (CPI) afin de pouvoir juger les responsables de catastrophes écologiques. Où en êtes-vous dans votre démarche?

Valérie Cabanes Du fait que seuls les Etats-parties et non les citoyens peuvent proposer des amendements au Statut de la CPI, cela avance doucement. Les Etats du Pacifique, comme le Vanuatu, qui sont directement menacés par les changements climatiques, sont les plus intéressés à ce que le crime d’écocide soit reconnu. En Europe, une directive approuvée en 2017 fait obligation aux États membres de prévoir dans leur législation nationale des sanctions pénales pour les violations graves des dispositions du droit communautaire relatif à la protection de l’environnement. Elle n’impose toutefois pas l’application de ces sanctions, ni à bien les définir. On m’a sollicitée pour rédiger une proposition de loi sur l’écocide en France. Au niveau politique, les Verts mondiaux et européens ont voté en 2017 une résolution sur le thème.

Ne serait-il pas finalement pas plus facile de renforcer les législations nationales face aux atteintes à l’environnement?

Le minimum auquel il faut arriver- tant au niveau national qu’international- est de reconnaître la valeur intrinsèque des écosystèmes. A cet égard, le procès de 2012 de la catastrophe du pétrolier l’Erika, qui fait naufrage en Bretagne en 1999, a permis la création d’une jurisprudence en France. Pour la première fois, la notion de préjudice écologique pur, sans lien avec l’humain, fondement juridique habituel du droit occidental, a été reconnue. 300 millions de dommages et intérêts ont été attribués aux collectivités publiques affectées et 13 millions pour le préjudice direct à l’écosystème marin. Cette première reconnaissance de la valeur de ce que j’appelle nos «communs naturels» devrait l’être aussi de façon préventive, avant même les catastrophes. Cette semaine, la décision de la cour d’appel de Virginie de suspendre un projet de gazoduc qui menaçait une aire de forêt nationale va dans ce sens.

Depuis le naufrage du pétrolier de l’Amoco Cadiz en 1978, qui avait débouché sur une condamnation d’Amoco et le déblocage d’indemnités aux plaignants, n’y a-t-il quand même pas eu d’amélioration dans les sanctions ?

Il est vrai qu’il existe un arsenal juridique renforcé en France et en Europe quand une catastrophe écologique débouche sur des dégâts humains. Le dirigeant de l’usine AZF de Toulouse a été condamné au pénal après l’explosion, qui a fait 31 morts. Suite à l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh, une loi sur le devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d’ordres a été approuvée en France. Cependant, de telles sanctions n’existent pas en cas d’atteintes à l’environnement en tant que tel. La notion d’écocide est la seule qui puisse donner des droits à la nature au nom des droits des générations futures. Elle pourrait ainsi obliger les Etats et les multinationales à garder le 80% des réserves fossiles connues sous la terre pour éviter le réchauffement de la planète de plus de 1,5°C. Elle pourrait également contraindre les gouvernements et les banques, qui dépensent 4740 milliards d’euros par an dans la promotion du pétrole, gaz et charbon, à réinvestir dans un Plan Marshall pour les énergies propres, créatrices d’emplois.

Quels sont finalement les Etats qui avancent le plus dans cette reconnaissance de l’écocide?

Les exemples de cette prise de conscience de la valeur intrinsèque des écosystèmes et de la nécessité de les protéger sont nombreux. En avril 2018, la Cour suprême de justice colombienne, saisie par 25 enfants et jeunes avec l’aide de l’association Dejusticia, a décidé de protéger l’Amazonie de la déforestation, pour protéger le climat et les droits des générations futures. Elle a aussi octroyé une personnalité juridique à la forêt pour qu’elle puisse défendre son droit à exister.

En Inde, en mars 2017, la Haute-cour de l’État d’Uttarakhand a reconnu le Gange et ses affluents comme des entités vivantes à protéger, avant de généraliser ce concept aux glaciers Gangotri et Yamunotri menacés par le changement climatique, puis à l’air, aux prairies, vallées, jungles et forêts.

A l’inverse, une compagnie comme Chevron-Texaco, qui a été condamné en Equateur pour ses atteintes à l’environnement a pu casser le jugement devant un tribunal canadien. Que vous inspire cet exemple?

Les multinationales vivent encore dans l’impunité, du fait qu’elles ne sont pas des sujets de droit international. Elles peuvent ainsi recourir à des tribunaux privés d’arbitrage de grandes instances comme l’OMC ou la banque mondiale pour revendiquer leurs droits économiques. Avec leur puissance financière, qui dépasse parfois celles des Etats, elles peuvent ainsi échapper à la justice. Notre projet d’inscrire de crime d’écocide dans la juridiction de la Cour pénale internationale permettrait de poursuivre des dirigeants des grands groupes, mais aussi les entités morales, comme les banques, qui les financent. Ces risques de condamnation des PDG pourraient, dans le même temps, renforcer leur position face aux actionnaires ou fonds de pension. Au lieu de favoriser le profit sur le court terme, ils pourraient alors revendiquer des investissements dans des technologies propres d’avenir.

Valérie Cabanes à La Chaux-de-Fonds

L’historique de cette invitation provient de Maria Belo, présidente du législatif de la ville de La Chaux-de-Fonds. L’idée de proposer cette nouveauté a été ébauchée par la section. Il s’agit d’accorder à chaque présidente ou président du législatif la possibilité d’organiser un événement sur un thème d’intérêt général à l’intention de la population et Maria Belo a obtenu l’accord du bureau du législatif.

Au sein du POP neuchâtelois, plusieurs membres estiment que le capitalisme sera éliminé par les dégâts que produit la destruction de notre environnement, dès que ses effets seront perçus directement par la population. Actuellement c’est le défit climatique qui est souvent évoqué, mais le recul de la biodiversité constitue aussi une alarme déterminante pour la survie de l’être humain. C’est donc tout naturellement que Maria Bello a invité Valérie Cabanes à venir présenter son objectif de donner des droits juridiques à la nature.

La juriste, auteure du livre «Un nouveau Droit pour la Terre», s’est d’abord exprimée au Lycée Blaise Cendras devant une centaine d’étudiantes et étudiants et, le soir, elle donnait une conférence publique gratuite. Nous avons constaté que plusieurs étudiants subjugués par l’entretien du matin étaient présents à la conférence. Valérie Cabanes a partagé ses opinions devant un public de plus de 150 personnes. Son constat et ses activités pour faire changer les mentalités étaient très forts et elle a condamné sans réserve le capitalisme et les entreprises multinationales qui continuent sans vergogne de s’enrichir sans aucune considération pour la destruction de la biodiversité et du climat.

«Une vie hors-sol, isolée du vivant»

L’intérêt manifesté par le public laisse à penser que la multiplication des informations se révèle indispensable pour faire face au danger qui nous menace directement.

Valérie Cabanes exprime son inquiétude, car «nous vivons comme hors-sol, isolés du reste du vivant, oubliant que nous sommes des êtres de nature. Nous devons réapprendre, à l’image des peuples premiers, notre rôle de gardiens. (…) Cette démarche exige de baisser nos armes économiques, de questionner notre rapport à la propriété, de limiter la souveraineté des Etats et de repenser la démocratie. Elle impose enfin de reconnaître que la nature a le droit d’exister et de se régénérer. Pour garantir aux générations futures un environnement sain et pérenne.»

Les militantes et militants du POP sont très satisfaits du succès de cette première expérience et espèrent qu’elle sera reprise par les futures présidences du législatif local,

Alain Bringolf

"Le grand chef blanc a parlé"

Par Le 20/12/2018

Trois ans en "refus d'obéissance" à la réforme des rythmes scolaires. Convoqué huit fois en hôpital psychiatrique, refus de l'indemnite de départ volontaire, mi à demi salaire suite "à une erreur informatique", perte de mon poste sur la commune....

J'imagine un peu ce qui va se passer pour cette enseignante.

 

Le grand chef blanc a parlé

   

 

Hugh grand chef blanc, tu as bien parlé et tu as restauré l’autorité du conseil des anciens, tous ces chauves à grandes bouches qui parlent, parlent et comprennent qu’un bon indien est un indien mort ou grabataire.

Le grand chef blanc a parlé treize minutes pour apaiser le ressentiment de millions d’indiens. Le grand chef blanc, au début de sa palabre, a prévenu que si les millions d’indiens continuaient de lui courir sur le calumet, il allait être intraitable pour rétablir l’ordre. Il en va de l’autorité du grand tipi de l’Élysée.

Le grand chef blanc accorde une part de bison fumé supplémentaire pour les fêtes et chaque mois, les vieux indiens recevront une galette de maïs et une bouteille d’eau de feu. Les jeunes indiens sont sommés de ranger leurs flèches dans leur carquois au plus vite sinon ils finiront empalés sur le totem de justice et le grand chef blanc les enduira de goudron et de plumes. Hugh grand chef blanc, tu as bien parlé et tu as restauré l’autorité du conseil des anciens, tous ces chauves à grandes bouches qui parlent, parlent et comprennent qu’un bon indien est un indien mort ou grabataire.

Qui a pu regarder sans hurler Emmanuel Macron hier soir à 20h sur toutes les chaînes comme au bon temps de l’ORTF ? Plus d’audience que pour la coupe du monde, nous dit-on. Nous sommes dans un monde où le football est une unité de mesure et où on pense qu’un élan collectif peut être acheté pour 100 euros. Un monde où un président de la république peut commencer une allocution sans présenter ses excuses à toutes les victimes des répressions policières, à celui qui n’a plus de main, à celui qui n’a plus d’œil, à celle qui s’est fait insulter et traiter de sale petite pute arabe. Un président qui ose jeter en pâture le mot fédérateur, le mot censé rassembler le peuple, le mot « immigration ». Rassemblons-nous pour bouffer de l’étranger, du mineur isolé, du jeune majeur aux poches vides, du vaurien métèque et profiteur.

Emmanuel Macron pendant treize minute a montré son vrai visage, mains sur la table, yeux rivés au prompteur avec l’empathie du dompteur pour le lion. Saute dans le cerceau, français en gilet jaune ou pas, et ferme ta gueule. A partir de janvier, tu l’auras ta friandise et toi le vieux encore vivant tu seras moins taxé et pourras donc souscrire une assurance obsèques avec option cercueil en mélaminé renforcé avec poignets en laiton. De nombreuses voix s’élèvent (dont celle de Laurent Berger, qui est au syndicalisme ce que Vivagel est à la gastronomie) pour enjoindre les gilets jaunes modérés à saisir la main tendue. Un peu la même sensation que si on serrait la pogne d’un alien gluant et hostile. « We are our friends » comme dans Mars Attacks !

Je suis professeure et je remercie tous les lycéens pour leur courage physique et moral. Sans eux, je serais désespérée dans mon lycée à écouter papoter celles et ceux qui ont des avis éclairés sur le monde, tendance lampe de chevet. Je remercie les gilets jaunes qui campent sur les ronds-points et qui m’ont aidé à comprendre que, non, derrière chaque français dans la débine, ne se cache pas l’ombre grimaçante de Marine Le Pen. Vive la lutte, la rage joyeuse, l’union des contraires. Quelle que soit l’issue de ce mouvement, la France y aura gagné en dignité et en intelligence collective.

Emmanuel Macron est terne, Emmanuel Macron est vieux, Emmanuel Macron n’est pas un président. Emmanuel Macron est un commercial arrivé au pouvoir par le pouvoir des urnes funéraires. Ton bulletin de vote signe ta perte camarade.

Sophie Carrouge (professeure lycée Le Castel)


Notre collègue et amie Sophie Carrouge a été convoquée jeudi à 15H30 au Rectorat pour répondre de cette tribune.

Nous ne comprenons pas que notre liberté d’expression, pourtant garantie par la constitution, soit remise en cause. Cette convocation est particulièrement inquiétante quand on sait que Sophie est en pointe dans la lutte contre la réforme du Bac et Parcours Sup, ainsi que dans la lutte quotidienne pour nos élèves étrangers en situation irrégulière.
En solidarité, nous avons décidé de signer cette tribune en la faisant nôtre.

Bruno Haberkorn
Victor Diaferia
Christine Mehdaoui
Florian Boucault
Marine Bignon
Jean Clerc
Solange Féchard
Sophie Perard
Rémi Fonvieille
Samy Bani 
Jean Charles Ouazana
Stéphane Doméraki
Gabrielle Navarès
Xavier Variot
Sarah Abou
Raphaël Jouffroy
Anne Vernaton
Cécile Joly
Elise Robert
Aurélien Requena
Emmanuelle Frenot
Valérie Haberkorn
Laurence Bevilacqua
Didier Porthault
Catherine Finet
Asma Addou
Nenad Babic
Christophe Courtois
Maud Vu Van Kha

Lisez aussi : Le communiqué de soutien de collègues et de parents d’élèves du Castel qui appelle à aller soutenir Sophie Carrouge devant le rectorat jeudi 20 décembre à partir de 15h15.

Nathalie Vieyra : sur le massage tantrique

Par Le 20/12/2018

Qu'est-ce que le massage tantrique ? Quelles sont les clefs pour pratiquer un massage tantrique en couple ? Qu'apporte une séance de massage tantrique avec un professionnel ?

Nathalie Vieyra, spécialiste du massage tantrique et auteure du livre "Lâchez prise" répond à toutes ces questions ... et bien d'autre encore ! Benjamin Tournier de Gabriac réalise une interview de Nathalie Vieyra pour Magic Love, le 1 er site de rencontre bien-être et spirituel.

Site de Nathalie Vieyra…

 


"Lâchez-prise" de Nathalie Vieyra


 

S'inscrire sur Magic Love, le 1er site de rencontre bien-être et spirituel : https://www.magic-love.com

https://youtu.be/CJbUyixwOeg

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Le procès des Etats.

Par Le 19/12/2018

Valérie Cabanes

18 h · 

Pour que la CPI poursuive les dirigeants pollueurs, il faudrait élargir son champ et reconnaître le crime d’écocide. Une piste que nous défendons mais aussi des Etats, « notamment des pays insulaires du Pacifique, victimes du dérèglement climatique ». 
En attendant, l’espoir tient en un mot : jurisprudence. 
Dans de nombreux pays la loi permet déjà d’intenter des procès contre l’Etat en cas de pollution de l’environnement. Aux Pays-Bas, la justice a ordonné en octobre dernier au gouvernement de réduire les émissions de gaz à effet de serre du pays plus rapidement que prévu, « afin de protéger la vie et la vie familiale des citoyens ». Au même moment, un procès s'ouvrait aux Etats-Unis, devant la Cour d'Oregon après la plainte de 21 jeunes citoyens qui accusent le gouvernement d’avoir « violé leurs droits à la vie, à la liberté et à la propriété » en ne sortant pas du modèle basé sur les énergies fossiles. En France, quatre associations ont lancé ce mardi une action en justice contre l’Etat français, un recours à soutenir ici

https://laffairedusiecle.net/

Des manifestants masqués en chefs d'Etat à Berlin, le 29 juin 2017, en marge d'un sommet international.

Des manifestants masqués en chefs d'Etat à Berlin, le 29 juin 2017, en marge d'un sommet international. — John MACDOUGALL / AFP
  • Alors que la COP 24 vient de s’achever, « 20 Minutes » s’est demandé si nos dirigeants politiques pourraient un jour être jugés pour crime contre l’humanité, au regard des dégâts humains causés par le réchauffement climatique.
  • Si le droit pénal international ne le permet pas encore, il pourrait prochainement évoluer car de nombreux Etats ont déjà été condamnés par des juridictions nationales pour avoir mis en danger des écosystèmes, et les conditions de vie des citoyens.
  • En France, quatre associations intentent ce mardi une action contre l’Etat.

« Emmanuel Macron, la Cour vous condamne pour crime contre l’humanité pour ne pas avoir mis en œuvre des mesures limitant la pollution et avoir ainsi délibérément contribué au dérèglement climatique ». Cette sentence n’est à ce jour que pure fiction mais il est possible que des dirigeants politiques et économiques se retrouvent un jour sur le banc des accusés, jugés pour avoir pris des décisions nuisibles pour notre environnement. Partout dans le monde, des juristes, des associations et des citoyens s’activent pour que l’écocide - contraction d’écosystème et de génocide - soit reconnu en droit pénal international et que les responsables de la destruction de l’ environnement répondent de leurs actes devant la justice.

Des projections de bilans humains

Leur argument ? Les décisions des chefs d’Etat et des dirigeants de multinationales ont des conséquences à moyen et long terme sur l’environnement et vont causer la mort de milliers, voire de millions, voire de milliards de personnes. Ces bilans macabres sont le fruit de travaux scientifiques étayés, qu’il s’agisse de ceux du climatologue Jean Jouzel (qui annonce 150.000 morts en Europe d’ici 2050), du Centre commun de recherche de la Commission européenne (150.000 morts en Europe d’ici à 2100) ou de de l’université d’Oxford (un demi-million de morts en 2050).

La plus alarmiste, publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), prévoit que la Terre pourrait franchir un point de bascule « dans quelques décennies seulement », avec une température moyenne « de 4 à 5 degrés Celsius plus élevée qu’à la période préindustrielle et un niveau de la mer de 10 à 60 mètres plus haut qu’aujourd’hui ». Ce qui aurait pour conséquences de ne rendre notre planète habitable que pour un milliard de personnes, contre 7,5 milliards à ce jour. De quoi expédier rapidement nos chefs d’Etat devant la Cour pénale internationale qui juge des responsables de génocides.

Les droits des générations futures

Mais un coup de fil à la juridiction nous refroidit rapidement. « La CPI ne peut enquêter sur les crimes contre l’environnement que s’ils ont été commis afin de faciliter un crime qui entre dans compétence de la Cour. Par exemple si un fleuve a été délibérément pollué afin de déporter ou détruire une population », nous explique son porte-parole Fadi El Abdallah. Le Statut de Rome limite les crimes sur lesquels la Cour est compétente : génocide, crime de guerre, crime contre l’humanité et crime d’agression. La destruction d’un écosystème ne correspond pas à sa définition du crime contre l’humanité.

« L’écocide est défini comme une atteinte grave à l’environnement, susceptible de menacer les droits des générations futures ou la sûreté de la planète, au-delà des souverainetés nationales, explique la juriste Valérie Cabanes*. Il est reconnu dans une dizaine d’Etats. Or, dans le droit occidental, les droits des générations futures n’existent pas, elles ne sont pas un sujet de droit, donc il ne peut y avoir de crime transgénérationnel ».

Une jurisprudence déjà touffue

Pour que la CPI poursuive les dirigeants pollueurs, il faudrait élargir son champ et définir le crime d’écocide. Une piste défendue par des associations et citoyens, mais aussi par des Etats, « notamment des pays insulaires du Pacifique, victimes du dérèglement climatique », note Valérie Cabanes. Il leur faudrait convaincre au moins deux tiers des Etats parties de la CPI. « Ce n’est pas du tout inatteignable », juge la militante écologiste. « Les Etats-Unis n’ont pas ratifié le Statut de Rome, la Chine non plus », souligne-t-elle. Cela élimine de la table des négociations les deux pays les plus pollueurs de la planète, devant l’Union européenne. « Je pense que c’est tout à fait envisageable, et on n’en est pas loin », abonde Corinne Lepage. L’avocate et écologiste craint toutefois qu’une telle « révolution juridique » n’ait pas lieu avant « un emballement des catastrophes naturelles entraînant des morts en quantité importante ».

L’espoir de nombreux défenseurs de l’environnement tient en un mot : jurisprudence. Dans de nombreux pays la loi permet déjà d’intenter des procès contre l’Etat en cas de pollution de l’environnement. Aux Pays-Bas, la justice a ordonné en octobre dernier au gouvernement de réduire les émissions de gaz à effet de serre du pays plus rapidement que prévu, « afin de protéger la vie et la vie familiale des citoyens ». Au même moment,un procès s'ouvrait aux Etats-Unis, devant la Cour d'Oregon après la plainte de 21 jeunes citoyens qui accusent le gouvernement d’avoir « violé leurs droits à la vie, à la liberté et à la propriété » en ne sortant pas du modèle basé sur les énergies fossiles. En France,quatre associations ont lancé ce mardi une action en justice contre l’Etat français.

De longues batailles judiciaires en perpective

Projetons-nous dans quelques décennies : la jurisprudence et le plaidoyer de nombreuses ONG ont porté leurs fruits, et la CPI est désormais compétente pour enquêter sur les écocides. Elle peut être saisie par des citoyens et de longues batailles judiciaires s’annoncent.

Comment démontrer qu’un chef d’Etat ou patron a intentionnellement ou délibérément mis en danger la sureté de la planète ? « Pour Donald Trump par exemple, c’est presque une évidence, puisque lui-même a déclaré qu’il ne croit pas au réchauffement climatique », note la juriste Valérie Cabanes. Quant à Emmanuel Macron, son cas s’annonce plus compliqué : « il faudrait prouver qu’il n’a pas pris les bonnes décisions quand il fallait les prendre ». Elle préconise de s’appuyer sur les «limites planétaires», c’est-à-dire des seuils chiffrés (de particules de CO2 dans l’atmosphère ou d’acidité des océans, par exemple). Pour les écolos, ce couperet judiciaire est la seule contrainte efficace pour que les Etats et les entreprises relèvent leurs exigences écologiques. C’est en tout cas ce qu’imagine Corinne Lepage : « cela responsabiliserait nos dirigeants. L’âme humaine est faite de telle sorte qu’il faut toucher au porte-monnaie ou à la responsabilité personnelle pour lui faire de l’effet ».

* Auteur d’Un nouveau droit pour la Terre (Seuil, 2016)

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PLANÈTE

«Les marches pour le climat et les pétitions ne suffisent plus», estime Cécile Duflot

 

JUSQU'AU BOUT : avant Kundalini

Par Le 17/12/2018

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JUSQU'AU BOUT

La prochaine publication.

C'est un roman que j'ai écrit il y a une dizaine d'années. 

Quelques éléments explorés dans "KUNDALINI" s'y trouvaient déjà.

 

"Il se réveilla à 9h. Il ne se pressa pas trop, pensant bien que la courte nuit avait dû les inciter à rester couchées. Il déjeuna et partit tranquillement à la plage. Il regretta de ne pas avoir fixé le rendez-vous au bungalow. Il les aurait vues plus vite, elles se seraient senties obligées de se lever pour l’accueillir.

Il marcha pour s’éveiller au monde et sentit qu’il n’était pas seul…

Sous les arbres, quand il approcha de l’océan et qu’il entendit sa rumeur par-delà les dunes, il ôta son tee short. Il aurait voulu se mettre nu pour se présenter devant lui mais les hommes ne l’auraient pas compris. Leurs yeux vicieux auraient pris cela pour une agression ou une perversion quand il ne s’agissait que d’une offrande. Il garda son pantalon et escalada le dôme de sable.

Quand il déboucha au sommet des dunes, il fut saisi par la beauté du paysage. Il s’arrêta.

« Bonjour », dit-il à la mer.

Il en était persuadé désormais, elle était vivante comme lui, comme le soleil, comme les nuages, les oiseaux, les arbres, les poissons cachés, tout rayonnait d’une lumière commune. Il fallait simplement édifier l’osmose, la synergie, la résonance universelle, comme le bouton d’une radio qu’il suffisait de tourner pour trouver les ondes. Il avait toujours aimé cette image, il la comprenait encore mieux. Il inspira une grande bouffée d’air iodé et essaya de visualiser les particules gazeuses dans son être, l’excitation de ses propres cellules au contact de cette vie puissante. En découvrant le large, il constata que la mer n’avait pas d’ombre, c’était l’être vivant le plus grand et il n’avait pas d’ombre. Il n’y avait jamais pensé car il ne l’avait jamais perçue ainsi, il n’avait toujours vu qu’une immensité agitée ou calme, posée devant les hommes. Parfois, il lui avait bien attribué des caractéristiques humaines, pour s’amuser, marquer de son empreinte un espace naturel, mais il ne l’avait jamais ressentie réellement comme un être à part entière. Il comprenait maintenant combien sa vision avait été réductrice. Elle était, sur cette planète, l’être vivant possédant la plus grande énergie lumineuse. Voilà pourquoi des foules considérables se ruaient sur son corps, au bord de sa peau bleue et attirante. Tous, ils cherchaient à ressentir cette lumière mais ils ne le savaient pas. Il aurait fallu y penser, accepter l’idée, s’y plonger réellement, ça ne faisait pas partie de ce monde agité, c’était trop d’efforts, et simultanément trop d’humilité et d’écoute de soi. Chacun se chargeait de la lumière intérieure de la mer, du soleil, du vent, des parfums, des oiseaux blancs du large, pensant simplement à être bronzé, reposé, amusé. Mais pas illuminé…Et pourtant, elle continuait à diffuser sa lumière sans rien attendre en retour. Devant elle, personne ne pouvait réellement se sentir seul ou abandonné. Dans les moments de solitude humaine, il restait toujours cette possibilité de rencontrer un être planétaire. Cet individu assis, seul, sur une plage ou un rocher n’était pas réellement seul. S’il acceptait d’écouter la lumière qui rayonne en lui, s’il s’abandonnait et laissait s’établir le lien, le lien unique, immense, le lien avec la mer, avec l’univers, comment aurait-il pu se sentir seul ! C’était impossible. Il fallait le dire aux hommes, aux enfants d’abord. Oui, d’abord aux enfants. Ils écouteraient immédiatement car ils le savaient déjà mais n’osaient pas le dire. Les adultes sont si réducteurs, si raisonnables…Si coupables aussi. Non… Pas de condamnation…Il fallait développer le bien, ne pas les juger mais les aider. Il étouffa sa colère sous les caresses du soleil. Il descendit sur la plage, s’éloigna de la zone d’accès et se déshabilla. Alors, il sentit pleinement le contact.

Il marcha sur le sable mouillé. C’était incroyable cette surface d’échange, incessamment excitée, ces caresses entre l’eau et la terre, ce contact permanent…Contact… Il sentit soudainement l’importance de ce mot. Il chercha si la terre en possédait un autre plus vaste encore et pensa à l’atmosphère. La planète et son atmosphère. C’était comme cette vague sur cette plage. L’atmosphère se couchait sur le corps de la Terre l’enlaçant totalement, la caressant, la protégeant et cette atmosphère, elle-même, baignait dans un environnement plus vaste. Il pensa que nous étions tous protégés par plus grand que nous et tous reliés par cette lumière commune, que la plupart des scientifiques, trop présomptueux, trop limités par leurs connaissances, ne parviendraient jamais ni à identifier, ni à situer, ni même à comprendre. L’humilité restait le fondement de l’amour.

Il marcha sur le sable mouillé comme sur un lit défait, le point de rencontre de deux amants suprêmes. Chaque vague étirait son grand corps vers la plage lascive, étendait des nappes mouvantes, écumeuses et pétillantes comme autant de langues curieuses et il sentait émaner du sable mouillé des parfums subtils, des envolées d’essences délicates. Son corps, enveloppé dans ces baumes inconnus, se revigorait et se renforçait. Il suffisait d’être là, ouvert au monde, réceptif, oublier d’être l’homme pour devenir le complice.

« Pierre !! »

Il se retourna. C’étaient elles. Nues et belles. Elles marchaient les pieds dans l’eau. Le soleil matinal teintait de rose le satin de leurs corps et la vie les illuminait ! Immobile, il les regarda s’approcher. Il crut discerner au creux de leurs ventres un nœud brillant, un cristal éclatant, quelque chose qui irradiait au-delà de la lumière visible. Il voulait bouger mais sentit ses pieds soudés au sable alors, il laissa le bonheur venir à lui. Il eut l’impression que son ventre s’ouvrait pour les accueillir, que l’amour en sortait pour les envelopper, que des flots de joie toujours retenus s’élançaient enfin.

Birgitt le toucha la première. Elle passa ses bras autour de son cou et l’embrassa sur les deux joues. Yolanda l’entoura à son tour. Il sentit la pointe de ses seins contre son torse. Aucune excitation ne s’éveilla. Il en fut heureux. Il était au-delà de cet amour humain. Il savait qu’il lui restait à découvrir une autre dimension, un état supérieur, qu’il était sur le seuil de ce monde et que rien ne l’obligerait à faire demi-tour. Elles lui parlèrent mais il n’entendit rien. Il suivit le mouvement de leurs lèvres mais n’en perçut que le parfum. C’était délicieux, une liqueur sucrée coulait en lui, un bonheur d’enfant, la quiétude du bébé dans le ventre de sa mère, un sourire intérieur. Il avança d’un pas, les enlaça par la taille, les rapprochant l’une l’autre, jusqu’à joindre leurs épaules. Elles le regardèrent sans inquiétude et se laissèrent guider. Leurs deux corps serrés, unis peau à peau, il appuya sa joue sur l’épaule de Birgitt et respira la douceur de Yolanda. Silencieuses, elles posèrent une main dans son dos et ne bougèrent plus. Alors, il laissa la musique du monde entrer en lui. Les vagues, le vent léger, les rayons solaires, l’eau sur ses pieds, leur peau si douce, la musique du monde comme une seule note maintenue, suspendue, la note parfaite, la vibration de l’univers, la palpitation de la lumière…Il vit une larme couler doucement sur la joue de Yolanda. Il la regarda descendre lentement, suivre la courbe du nez, piqueter le tissu tendu de la lèvre. La pointe de la langue la saisit.

Il releva la tête. Elles pleuraient toutes les deux en souriant.

« Pourquoi ? demanda-t-il.

« C’est beau tout ça, murmura Birgitt. C’est si beau…On pensait plus c’est possible, avoua-t-elle. C’est beaucoup de toi on a parlé ce matin avec Birgitt. C’est beau tout ça. On va marcher tous les trois ?

- Pas trois, répondit Yolanda. Tous. »

Ils se sourirent encore, du sourire de la lumière. La lumière. Il sut qu’il ne la perdrait plus jamais. Il aurait peut-être du mal à la retrouver mais elle serait là, en lui, au cœur de l’amour et de s’en savoir habité diffusait déjà une immense sérénité.

Ils avancèrent sur la terre et la terre bougea dans l’univers. Mouvements communs dans le même apaisement, dans la même unité. Ils échangèrent leurs paroles comme on échange des nourritures, ils s’en délectèrent, jamais rassasiés, toujours curieux d’une nouvelle saveur.

Ils dépassèrent les endroits connus, alternant les grandes étendues désertes avec des plages fréquentées. Sans y penser, ils abandonnèrent les séances d’habillage déshabillage et restèrent nus.

Ils atteignirent un lieu étrange, vaste courbure de la côte les isolant de toute vision humaine.

Birgitt demanda à s’asseoir. Elle semblait bouleversée.

« Je voudrais vivre dans un endroit comme celui-là, murmura-t-elle. Je verrais pas les hommes, que ceux ils feraient l’effort de venir ici. Je serais sûre de rencontrer des gens comme moi et comme vous deux. On serait bien ici, ça serait vraiment la paix. »

Ils ne répondirent pas mais lui sourirent. Elle s’allongea directement sur le sable.

Il scruta l’horizon en pensant aux enfants.

Comment leur montrer tout cela, comment leur prouver que la vie est là et nulle part ailleurs ?

Comment leur faire ressentir la lumière sans les immerger au creux de cet amour ?

Est-ce que quelques jours à Pen Hir seraient suffisants ? L’importance de sa mission, un serment à vivre, pour se supporter, pour grandir et rejeter l’hébétude de la vie quotidienne.

Il suivit longuement les vagues du large et leurs grandes ondulations, élégantes et répétitives, comme une respiration profonde. Il crut discerner dans ces soulèvements majestueux des regards d’enfants curieux. Il se sentit observé. Le monde nous étudiait, il en était certain désormais, c’était évident. Nous étions regardés comme le monde regardait les insectes éphémères et les arbres majestueux, les brins d’herbe légers et les baleines bleues, les oiseaux pélagiques et les enfants rieurs. Et toutes les choses du monde se regardaient les unes les autres.

Yolanda posa une main sur son épaule. Il tourna la tête. Des yeux, elle lui désigna Birgitt.

Elle avait posé les mains sur son ventre, elle avait fermé les yeux, sa poitrine montait et descendait doucement. Rien d’autre ne bougeait.

« Elle est dans le calme, murmura Yolanda penchée sur son épaule. Tu veux faire aussi ?

- Oui, indiqua-t-il de la tête.

- Allonge-toi, je vais t’expliquer. »

Elle colla sa bouche à son oreille, il suivit ses indications. Sa voix, comme des souffles câlins, glissait en lui et l’envahissait. Elle parlait par phrases courtes lui permettant de s’installer dans chaque période, d’abandonner peu à peu les sournoises résistances, les pudeurs éducatives. Nu, les yeux fermés, allongé sur une plage, aux côtés d’une jeune fille dévêtue, il se laissa pleinement guider, sans aucun autre intérêt que la délicieuse petite voix dans son oreille.

Elle lui avait dit de poser les mains le long de son corps. Elle lui avait appris à respirer. Il n’y parvint pas tout de suite mais elle l’avait prévenu, il ne devait pas s’en inquiéter. Il lui obéit et ne s’en affola pas. Il continua comme elle le disait, avec la même patience. Quand il ne ressentit plus le moindre désir d’y parvenir, ni la moindre volonté de réussir, quand il atteignit l’oubli de tout sauf de son souffle, et que la petite voix s’était retirée en toute confiance, en lui conseillant une dernière fois de « laisser partir », alors il put suivre dans son être le souffle de la vie. Une présence inconnue. C’était partout et impossible à placer, ni dedans, ni dehors. Partout.

Puis ça disparut.

Il pensa à la petite voix et recommença à compter, comme elle le lui avait appris. Premier souffle, un, deuxième souffle, deux, troisième souffle, trois, quatrième souffle, quatre. Il recommença encore puis de nouveau, puis ne sut plus quand il recommençait, puis ne pensa plus qu’il comptait, puis ne reconnut que le souffle répété. Longtemps répété. Et la présence réapparut. C’était comme une lumière qui ne cessait de s’étendre dans un espace clos, tout était déjà rempli mais la lumière continuait à s’éloigner et faisant cela elle semblait toujours plus proche. Simultanément, elle gagnait en densité. Cette densité étrangement légère le suspendit à l’intérieur de lui-même, ni dans son crâne, ni dans son corps. Elle le maintenait hors de tout contact et à la fois il ressentait la lumière comme si elle le touchait, s’étendait sur lui comme une eau apaisante. Il pensa qu’il s’agissait peut être de sa conscience…Sa conscience seule, sans les apparats habituels, les camouflages grotesques, les substitutions ordinaires, les déviances quotidiennes…

Ce rappel brutal de la faiblesse des hommes effaça tout et la présence disparut.

Il n’aurait pas dû laisser la colère revenir. Il le comprit immédiatement. Oui, il y avait des mensonges, il ne fallait plus s’en préoccuper, c’était le mal, il devait penser au bien, uniquement au bien.

Il ramena les yeux à la lumière extérieure. Ébloui, il posa une main en visière. Il tourna la tête. Birgitt était toujours allongée, les yeux fermés. De l’autre côté, Yolanda le regardait.

« C’est bien, très bien, murmura-t-elle ravie. Tu es resté longtemps. C’est beaucoup pour une première fois.

- Tu n’as pas fait comme nous ?

- Non, je t’ai regardé tout le temps, j’ai pensé à ton calme, pour t’aider à le trouver. On ne sait pas si ça fait quelque chose mais on fait ça avec Birgitt. Tu as vu comment c’était ?

- J’ai perdu le contact une fois et puis en comptant c’est revenu. Je ne saurais même pas dire ce que c’était. J’ai pensé à ma conscience et là tout est parti.

- Il ne faut rien se dire, juste compter et puis après vivre sa respiration. Si tu fais venir une pensée, même si c’est une bonne pensée, tu perds tout. » 

Birgitt avait ouvert les yeux et les regardait murmurer.

« J’avais besoin de ça », dit-elle au bout d’un moment.

Pierre tourna la tête.

« J’ai fait comme toi tu sais ! dit-t-il enthousiaste. Yolanda m’a expliqué et j’ai trouvé quelque chose de calme, une sensation étrange, comme du vide mais ce n’était pas vide. Je voyais par-dedans, ça grandissait tout le temps. »

Birgitt sourit à son amie.

« Tu apprends vraiment vite, affirma-t-elle.

- Je suis certaine que tu as déjà vécu des moments comme ça mais tu ne contrôlais rien alors c’était moins fort, ajouta Yolanda. Tu es rapidement resté calme. »

Il pensa à ces séances de cannabis pendant lesquelles il tombait dans une absence étrange. Ça n’avait été qu’une fuite, une dérive de plus. Maintenant, il allait apprendre à maîtriser ce voyage.

Il ferma la porte de la geôle et n’en dit rien.

Ils échangèrent encore leurs idées, longtemps, sur la conscience, la méditation, l’univers, la philosophie…La chaleur du soleil les invita finalement à la baignade. Ils jouèrent dans les rouleaux. Birgitt, surprise par une vague puissante s’accrocha à la taille de Pierre qui s’efforça de la retenir. Il la serra totalement contre lui, sans penser à autre chose qu’au jeu. Quand la vague se retira, elle les laissa enlacés, ventre contre ventre, peau contre peau, les bras joints dans le dos. Yolanda les regarda. Ils sourirent et se séparèrent.

« Vous étiez très beaux tous les deux », dit-elle, gentiment.

Il baissa la tête et remonta sur la plage.

Elles échangèrent un regard étonné. Elles le rejoignirent. Il s’était assis et laissait couler du sable entre ses doigts.

« C’est quoi le problème, Pierre ? demanda Yolanda. Tu as l’air triste. C’est quand tu as serré Birgitt ? C’est pas un problème pour moi. C’est pas la jalousie entre nous deux si tu serres Birgitt. C’est bien avec toi et rien peut casser ça. C’est personne qui pense faire l’amour. Toi non plus, on le sait bien, ça se voit. »

Il releva les yeux.

« C’est bien comme ça nous trois, il faut pas mettre des choses qui font du mal… Il faut pas aller vite avec l’amour. On le sait, c’est important prendre le temps. Nous deux, on veut plus avoir du mal comme avant, c’était beaucoup, beaucoup de douleurs, c’est heureux comme ça pour nous trois. On veut pas penser faire l’amour et on veut continuer à t’aimer. »

Ces mots incendièrent son ventre mais la chaleur, trop forte, ne forma aucun mot. Il la regarda intensément. Puis il se tourna vers Birgitt. Il tendit les mains en avant, paumes vers le ciel. Elles les saisirent et les serrèrent.

«C’est vrai, c’est mieux comme ça. Il ne faut rien casser… Je vous aime toutes les deux. »

Et disant cela, il comprit que ce n’était pas l’amour qu’il avait connu avec Nolwenn. Cet amour-là était humain. Il était à un autre degré maintenant, ni supérieur, ni inférieur. Autre chose. Il pensa aux ondes circulaires formées par une pierre jetée dans l’eau. Il était parti du centre, il avait atteint par des efforts constants le premier cercle, puis le deuxième et un autre, avançant avec une volonté tenace et une curiosité sans cesse renforcée, abandonnant sa lourdeur humaine pour une évanescence plus favorable à une progression régulière. Rien ne le ramènerait vers le centre. Il continuerait à tendre sa conscience vers les ondes sans cesse éloignées, en expansion constante, tel un univers. Cette image qu’il aimait tant éveilla un prolongement qui le surprit. Il tenta de l’expliquer.

« Si notre conscience a la possibilité de grandir à l’intérieur de notre espace clos, c’est sans doute que nous ne l’avions pas développée auparavant et qu’il reste de la place mais se pourrait-il aussi que cette conscience soit extérieure à nous-mêmes, comme une conscience commune dans l’Univers et qu’il s’agisse simplement de la saisir pour l’inviter à occuper notre espace intérieur et que cet espace intérieur soit à la dimension de l’Univers ou l’Univers lui-même ? La plupart des hommes vivrait sans conscience, ce qui pourrait expliquer aussi les déviances de l’humanité. À la place de cette conscience universelle jamais rappelée, l’esprit s’emplirait de valeurs intrinsèquement humaines, totalement détachées de la source commune et ces valeurs, nombreuses et variées, incessamment renforcées pour le maintien du mensonge, donneraient l’impression à l’humanité entière qu’elle est sur la bonne voie…La manipulation de la masse par la masse elle-même nous a entraînés sur une fausse route. Nous ne sommes pas sur la voie de l’univers. Nous ne sommes plus en expansion avec lui. Nous sommes perdus parce que nous vivons dans une enveloppe de chair à laquelle nous sommes identifiés alors qu’il s’agit de l’Univers. »

Il s’aperçut à travers le silence retombé qu’il n’avait pas parlé aux filles mais à lui-même.

Il tourna la tête vers Birgitt.

« J’ai pas tout bien compris. C’est des mots difficiles, il faut tu apprends le hollandais !

- Ouh la ! Je suis déjà nul en anglais alors le hollandais, ça va me prendre vingt ans.

- Je veux bien t’apprendre pendant vingt ans, » continua Birgitt sérieusement.

Il lui sourit. Autant d’années que celles déjà vécues. Elle s’imaginait dans vingt ans toujours à ses côtés. Il aurait quarante-deux ans. La situation importait peu, il s’en apercevait pleinement. Il ne s’agissait pas, nécessairement, de constituer un couple et une vie sociale mais de continuer sur la voie de la connaissance, le reste, si ça devenait bon pour eux, se ferait naturellement. Ce n’était pas la finalité, ce serait juste une étape.

Il tenait toujours leurs mains. Sans les lâcher, il se leva et les invita à le suivre.

Quand ils rencontrèrent un tronc, lisse et blanc, échoué sur le sable, rejeté à mi-hauteur par une grande marée, ils posèrent les sacs et mangèrent.

Pour la première fois, c’est Birgitt qui étala la crème solaire dans le dos de Pierre. Jusqu’ici, il s’était débrouillé. Il proposa ensuite de lui en faire autant. Il passa doucement ses mains sur la peau bronzée et n’en ressentit aucune excitation, juste le plaisir d’une volupté partagée. Il sentit combien cette pression des corps et cette retenue pour éviter des gestes apparemment suspicieux limitaient les relations humaines. On revenait à cette sexualité omniprésente quant il ne s’agissait que d’attention et de partage, on pouvait être accusé de perversité ou d’obsession maladive quand on désirait ce simple apaisement de l’autre, l’éveil joyeux de son sourire. C’était ridicule. Les hommes, encore une fois, s’étaient fourvoyés dans une impasse. À considérer que l’acte sexuel était la finalité d’une rencontre, le passage obligé, on attribuait à tous les gestes attentionnés une connotation sexuelle. Les enfants perdaient la grâce et la simplicité de leurs relations en imitant un monde adulte dénaturé et tortueux. Il songea aux difficultés qu’il avait rencontrées pour que les enfants acceptent de s’allonger dans la classe pour écouter tranquillement de la musique. C’était pourtant si simple, être ensemble, se laisser aller, s’abandonner et vivre…Tout simplement. Et si pour partager les moments de bonheur, si pour aider l’autre à le goûter pleinement, les contacts physiques s’avéraient utiles, pour quelle raison devrions-nous retenir nos gestes ? Seule la morale était perverse, c’est elle qui véhiculait ces dérives. L’amour était bien au-delà d’un seuil physique, à ce stade, on n’entrevoyait qu’à peine le bord de l’espace à découvrir, il le savait maintenant, il ne désirait pas faire l’amour avec Birgitt, ni avec Yolanda. Ils étaient déjà dans l’amour, ils avaient dépassé le seuil et avançaient dans des horizons lumineux.

Il continua à masser le dos de Birgitt en s’attardant sur la nuque.

Il revit en flashs rapides des périodes de l’année et la multiplicité des rencontres… Comme s’il était possible d’y trouver un équilibre, une plénitude permanente, c’était juste un égarement supplémentaire, une fuite inhérente aux images véhiculées par le monde adulte, la sexualité comme une fin en soi, l’aboutissement d’une relation. Ridicule. Il ne ressentait ni honte, ni colère envers lui-même mais une infinie tristesse. Tant de relations égarées dès le départ, tant de prolongements possibles, de complicités profondes arrêtées dans leurs élans par des objectifs sexuels à atteindre.

Il ferait peut-être l’amour un jour avec Birgitt ou avec Yolanda mais il se laisserait simplement guider par le bonheur. Pour l’instant, le but était ailleurs. Les événements à venir parleraient pour eux.

Ce fut une nouvelle journée de calme, de jeux, d’échanges, de regards et de sourires. Une journée heureuse, toute simple.

Alors qu’ils rejoignaient le bungalow en fin d’après-midi, le propriétaire du centre leur annonça que la météo pour le lendemain n’était pas très optimiste.

« Et si je vous emmenais en balade ? Vous êtes déjà allé à la dune du Pilat ?

- C’est tous les ans quand on était petite, avec nos parents, s’exclama Birgitt en riant.

- On connaît tous les grains de sable ! » ajouta Yolanda.

Il n’insista pas.

« Et faire de la voile, ça vous plairait ?

- Avec un bateau et des voiles ? interrogea Birgitt incertaine d’avoir compris.

- Oui, ça s’appelle un dériveur. Vers Arcachon, il doit bien y avoir moyen d’en louer un.

- On n’a jamais fait ça ! dit Yolanda.

- C’est pas grave, moi je connais. Je peux très bien mener le bateau tout seul mais je suis certain que ça va vous plaire. Et autour du banc d’Arguin, ça doit être magnifique.

- Moi, c’est d’accord, confirma Birgitt.

- Moi aussi !

- Super, on va aller demander si le patron du camp connaît un loueur de bateau. »

 

Douze symptômes

Par Le 17/12/2018

Je ne commente pas. Chacun et chacune le fera pour soi :) 

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Une militante déterminée.

Par Le 15/12/2018

Atteinte du syndrome d'Asperger, une jeune Suédoise de 15 ans appelle les enfants à la grève pour militer contre le réchauffement climatique et devient l’une des adolescentes les plus influentes de 2018 du Time Magazine.

© Instagram Greta Thunberg

© Instagram Greta Thunberg

Dans une vidéo postée sur son compte Instagram alors qu’elle participait à la COP 24 en Pologne, Greta Thunberg, une Suédoise de 15 ans, appelle à la mobilisation générale pour le sauvetage de la planète. « Qui que vous soyez, où que vous soyez, on a besoin de vous maintenant », lance-t-elle dans sa capsule vidéo.

Avec cet appel général à la grève, elle s’adresse à la population mondiale incluant les enfants qui sont, eux aussi, invités à se joindre aux militants en manquant les cours de ce vendredi. Si elle n’a pas encore le droit de vote, la jeune fille compte bien faire entendre sa voix. « Vous parlez seulement de cette éternelle croissance verte, parce que vous avez trop peur d’être impopulaires », dénonce Greta devant les délégués internationaux de la tribune de l’ONU.

« Vous êtes trop immatures pour dire les choses telles qu’elles sont, mais moi je n’en ai rien à faire d’être impopulaire. Moi je me préoccupe seulement de garder une planète vivante », s’était également exprimée l’adolescente sur Franceinfo.

 

En 1992, une autre jeune fille avait fait sensation.

On pourrait penser que ça n'a servi à rien au niveau politique quand on voit la situation actuelle, 26 ans plus tard. Mais on peut constater pourtant que le nombre d'individus conscients augmente jour après jour. Il viendra le moment où le pouvoir de la masse s'imposera. 

 

Vivre dans un écovillage

Par Le 15/12/2018

 

Image associée

Si je pousse la réflexion un peu plus loin dans le temps, je pense que ces éco-villages seront les "noeuds vivants et solidaires" d'une probable époque très tourmentée. 

Autonomes, intégrés à la nature et non aux zones urbaines et regroupant tous les talents nécessaires. 

 

 

Je veux vivre dans un écovillage où l’on respecte l’humain et la planète

 Fabrice Renault

 

 

Les écovillages sont-ils les communautés du futur ? C’est une question que je me pose depuis quelques années. Il faudra bien que j’aille vérifier ça un jour ! Mais au delà de la réponse qu’il me reste à trouver, je constate que ce concept est encore très peu connu de la majorité des gens. Pourtant, les écovillages sont  apparus dès le début du 20ème siècle. Depuis, ils se sont développés un peu partout à travers le monde. La France n’en compte que quelques dizaines seulement. Je pense que les communautés qui font vivre ces écovillages sont exemplaires à bien des égards.

vivre dans un écovillage

Je veux vivre dans un écovillage où l’on respecte l’humain et la planète

Les écovillages se sont construits avec le souci d’incarner une solution d’avenir. Ça tombe bien : c’est ma préoccupation majeure l’avenir !

Laissez-moi vous présenter ce que sont les écovillages, quels concepts ils mettent en pratique. Peut-être que vous aussi serez séduit(e) ? J’espère vous donner l’envie, sinon de vous y installer demain, mais au moins d’y regarder de plus près et de vous poser certaines questions.

Un écovillage, c’est quoi au juste ?

Premier constat : des communautés de taille raisonnable

Un écovillage rassemble une communauté de gens dans un lieu à taille humaine, ne dépassant généralement pas les quelques centaines d’habitants. La plupart des écovillages se sont créés de manière spontanée. Ils se sont développés au fur et à mesure des rencontres avec d’autres personnes, au gré des capacités des uns, puis des autres. Ça tombe bien, j’ai moi-même quelques aptitudes que j’aimerais faire profiter à d’autres… pas vous ?

vivre dans un écovillage

Plusieurs points communs réunissent les membres de la communauté. À commencer par leur intérêt pour des valeurs éthiques. C’est, fondamentalement, ce qui les amènent à développer des modes de vie différents, ou alternatifs diront certains. En effet, bien des différences existent entre les écovillages et les villes, petites ou plus grandes, dans lesquelles vivent une grande majorité de la population. L’éthique, quand il n’est pas galvaudé, ce terme est bien trop souvent absent du mode de vie en société qui nous est proposé. C’est bien là que le bas blesse pour ce qui me concerne.

Préserver la Terre pour les générations futures

J’ai un enfant. Je sais que je ne suis pas le seul. Je sais aussi que je ne suis pas seul à m’interroger sur l’état du monde de demain. Dans bien des écovillages, l’objectif commun s’articule autour d’une envie profonde partagée : celle de léguer aux générations futures un monde riche et intact. Transmettre un monde que les hommes n’auront pas détruit, un monde qui aura encore une nature entière à offrir.

C’est bien cela que je veux, et rien n’y personne ne m’empêchera de le faire !

L’idée est simple : ne pas considérer notre planète Terre comme un puits sans fond duquel on pourrait soustraire tout ce que l’on veut sans jamais devoir le lui rendre. Au contraire, toutes les ressources prises à la Terre doivent pouvoir lui être rendues. Il s’agit ainsi de vivre sans laisser de traces néfastes. Je suis parfaitement d’accord pour passer d’une vie de consommateur effréné à celle d’un artisan de la nature préservée, responsable de mes actes, fier de ce que je lègue aux autres.

L’humain au centre des préoccupations

Mais au delà de la seule question environnementale, l’écovillage attache aussi beaucoup d’importance à l’humain. Un écovillage s’emploie à recréer une mini-société qui n’est pas individualiste. La convivialité y a une importance capitale, au même titre que le respect et la solidarité. Les habitants bâtissent des liens forts les uns avec les autres, pour favoriser l’épanouissement de chacun tel qu’il est.

La concurrence et la compétition n’ont pas leur place dans les écovillages. Alors que chez nous, ces notions sont développées dès la scolarité… Je ne souhaite pas posséder plus qu’un autre. J’aimerais que chacun dispose du nécessaire, et je suis près à investir de mon temps pour cela. Ça tombe bien, car dans un écovillage, on se concentre plutôt sur ce que l’on peut construire ensemble, pour chacun des membres de la communauté. On cherche à répondre collectivement aux besoins particuliers de chacun, ni plus, ni moins.

Quand le respect n’est pas un vain mot

Respect de chacun. La vie en communauté dans un écovillage consiste aussi à respecter les différentes croyances, notamment religieuses et politiques, des autres habitants. Arrêtons donc de stigmatiser « les autres », ceux qui n’ont pas fait les mêmes choix que nous.

Respect de tous. Les gens sont libres de décider par eux même. Le pouvoir n’est pas confisqué par quelques uns. Les décisions se prennent en communauté, sur les principes de la démocratie participative. La seule vrai démocratie en fait. Car, force est de constater que notre société d’aujourd’hui est axées autour d’un pouvoir décisionnaire qu’il n’est pas possible de contester.

Respect des générations futures. Enfin, le concept de durabilité est également fondamental dans les écovillages. La durabilité est au centre de toutes les décisions prises par la communauté, qu’elles soient liées à l’environnement, à l’humain ou à n’importe quel autre domaine. L’impact de chaque décision est donc pris en compte, pour s’assurer qu’il ne soit pas négatif. L’idée, ici, est d’utiliser le présent pour construire le futur, et veiller à ce qu’aucune action mise en oeuvre ne le détruise. Qui peut souhaiter « détruire l’avenir » ? Toutefois… qui ne le détruit pas, bien malgré lui ?

Centrer la vie de l’écovillage autour de l’environnement

Vous le savez maintenant : l’environnement et sa protection est un point essentiel dans les écovillages. Les habitants visent tous à réduire leur empreinte écologique autant que possible. Pour cela, ils utilisent un grand nombre de techniques qui les différencient souvent fortement des pratiques de la société actuelle.

Tout d’abord, ils créent des maisons durables qui s’intègrent à leur environnement. Il est question ici, de construire des maisons avec des matériaux écologiques, mais aussi de créer des maisons passives. L’énergie renouvelable fait évidemment partie intégrante de ces habitats, qui tendent vers l’autonomie énergétique.

Ensuite, les écovillages font la part belle à la permaculture, qui leur permet de cultiver fruits et légumes tout en respectant le sol et la nature. Au niveau alimentaire, l’un des objectifs de ces communautés est l’autosuffisance. Au moins, plus besoin de se demander ce qu’il y a dans notre assiette, sachant que la réponse n’est jamais très rassurante…

L’environnement est aussi respecté par le désir de ne gaspiller aucune de ses ressources. Nourriture et eau sont ainsi utilisées avec le plus grand soin.

Enfin, les écovillages donnent beaucoup d’importance à la gestion des déchets. Sans surprise, il n’est évidemment pas question de produire un nombre infini de déchets qui mettront l’environnement à mal. Le recyclage occupe donc également une place de choix au sein des décisions prises par les membres de la communauté.

Vivre ensemble et penser « communauté »

Les écovillages mettent de nombreuses initiatives en place pour favoriser les interactions sociales favorisant le développement personnel de chacun(e). L’harmonie entre les habitants est précieusement mise en oeuvre et préservée dans les écovillages. En comparaison avec ce qu’est la vie en communauté dans la plupart des villes grandes ou moyennes, c’est le jour et la nuit.

vivre dans un ecovillage

Coupés du monde les écovillages ? Pas sûr…

De nombreuses activités culturelles et sociales sont notamment organisées, mêlant enfants et adultes. Dès lors, adieu les émissions télévisées quotidiennes qui ont une incidences si néfaste sur les individus.

On trouve aussi un grand nombre d’initiatives économiques, telles que la mise en place de petites entreprises locales qui créent de l’emploi au sein de la communauté en utilisant les forces et qualités de chacun de ses habitants. L’accent est également fortement mis sur l’entraide et l’échange. Non, l’argent ne régit pas tout !

Au final, l’objectif est de créer une communauté dans laquelle il fait bon vivre. Dans un écovillage on ne vit pas entouré de voisins à qui l’on n’adresse pas la parole. C’est une communauté ou chacun trouve sa place, ou chacun à de la valeur et des compétence reconnues.

Plusieurs formes autour d’un même concept

Les écovillages peuvent prendre plusieurs formes selon le lieu dans lequel ils sont installés, mais aussi selon leurs habitants et leur dynamique. Si certains écovillages se trouvent à la campagne, d’autres se trouvent aux abords des villes, ou même dans certains quartiers urbains. Cela permet aux habitants de continuer à travailler en ville. En effet, le but n’est pas de vivre en rejet de tout ce qui compose la société actuelle.

C’est pourtant une idée facilement véhiculée par ceux qui ne connaissent pas la vie d’un écovillage. Cette idée selon laquelle «des sectes fermées», voire dangereuses, constituent les écovillages est bien-sûr fausse. Probablement est-il rassurant pour ceux qui n’osent pas s’en rapprocher, de coller une étiquette négative aux écovillages.

C’est une façon rapide et pratique de se dédouaner d’un possible rapprochement, et/ou de s’abstenir de faire le bilan d’une vie de travailleur-consommateur-pollueur.

C’est bien de cette vie là dont je veux m’éloigner, pour aller vivre un jour prochain, dans un écovillage où l’humain et la planète sont respectés. Je suis persuadé que cette envie est partagée par plus d’une personne. Et vous, y avez-vous déjà songé ?

Pour en savoir davantage :

Consultez l’annuaire des écolieux, écovillages et écohameaux en France : toitsalternatifs.fr

Site du réseau mondial des écovillages (en Anglais) : GEN.ecovillage.org

 

 

 

"Kung fu"

Par Le 13/12/2018

"Kung Fu".....Cette série-là, je pense que c'est ma première rencontre télévisuelle avec la spiritualité. Je peux retrouver la musique du générique en quelques secondes et je me souviens même qu'à la plage, je m'amusais à imiter la démarche du héros dans le sable :) J'adorais les insertions de souvenirs avec l'image qui se flouait parfois pour les annoncer. J'adorais la sérénité du personnage et les phases d'éveil dans son enfance. J'en étais très touché...C'est certainement aussi la première fois que je découvrais les philosophies orientales...Je ne m'en suis jamais éloigné par la suite...J'entendais des paroles qui me semblaient étranges et m'interpelaient, cette vie intérieure, tout ce qui ne se dit pas, toutes les questions insolubles... Je suis allé vers la philosophie pour répondre sans doute aux questions de cet enfant.

Mon écriture porte quelque chose de cette série. J'ai toujours voulu que la nature soit le lieu d'éveil des personnages de mes romans. Qu'elle soit même l'instigatrice, la facilitatrice, le calice, le seul endroit pouvant générer ce genre de transformation ultime. Dans KUNDALINI, la nature est donc un personnage à part entière. Il y a Sat, Maud et la montagne, la forêt, les rochers, les plantes, les torrents, les cascades, les canyons lumineux, les lacs aux eaux pures, les nuages, le vent, le silence.... Et deux personnes qui parlent, se découvrent, se révèlent, se dénudent, s'explorent.

KUNDALINI :" un pur bijou"

Par Le 12/12/2018

Thierry Ledru

1 min · 

Il doit y avoir un alignement de planètes, je ne vois que ça :) 
Deux messages enthousiastes le même soir, par deux femmes que j'estime au regard de leur engagement dans le développement personnel, c'est un bonheur immense.

 

 

"J'ai la joie de vous partager un pur bijou : le livre Kundalini de Thierry Ledru, 435 pages parcourues avec délice et émotion en 3 jours ! Un régal pour l'âme et le cœur... C'est simple, je n'ai jamais rien lu d'aussi beau sur la sexualité sacrée... Et maintenant je saurai quoi conseiller à mes clients comme lecture pour aborder ce thème. Mon corps a réagi aussi en lisant ce livre (larmes de reconnaissance, frissons, pfff...), enfin un livre d'une justesse incroyable et au style époustouflant qui résume parfaitement bien le processus que je vis depuis plusieurs années ! A diffuser.

Je ne résiste pas à l'envie de vous en partager quelques pages."

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Valérie-Anne Jouinot‎ à Bien-être, spiritualité, relations conscientes & sexualité sacrée

55 min

J'ai la joie de vous partager un pur bijou : le livre Kundalini de Thierry Ledru, 435 pages parcourues avec délice et émotion en 3 jours ! Un régal pour l'âme et le coeur... C'est simple, je n'ai jamais rien lu d'aussi beau sur la sexualité sacrée... Et maintenant je saurai quoi conseiller à mes clients comme lecture pour aborder ce thème. Je ne résiste pas à l'envie de vous en partager quelques pages

Voici déjà la 4e de couverture : 
Maud, professeur de yoga, a cinquante-deux ans. Laurent, son mari, l’a quittée. Sans aucun signe précurseur. Une rupture destructrice. Des mois de détresse, de colère, de remords, d'interrogations sans fin.
Puis Maud décide de s'accorder un séjour dans une région perdue des Alpes. Besoin de nature et de paix intérieure.
Elle va rencontrer Sat, un homme plus jeune qu'elle. D'origine hindoue, il détient la clé de l'éveil de Maud. Elle va vivre avec lui une réelle métamorphose.
Naturisme, méditation, respect, silence, contemplation, libération, conscience… Sexualité sacrée vers le couple divin. Illumination.
Jusqu'à l'ultime révélation… Ce qui est au-delà du connu.

« Puisque nous pensons en fonction de nos expériences et des sensations éprouvées, qu'en est-il lorsque la sensation est irrationnelle ? À quelle objectivité peut-on prétendre ? Une émotion qui n'a pas de raison d'être et qui en vient à briser toutes les certitudes et les modèles intégrés doit-elle être rejetée ou pleinement explorée ? Quitte à prendre des risques au regard d'une vie formatée… Je n'avais pas le choix. Il fallait que j'écrive ce roman… Je ne pouvais pas déposer simplement de telles questions dans un coin de ma tête au risque qu'elle se mette à pencher d'un côté. »

Le mot de l’éditeur : « Thierry Ledru signe ici un OVNI littéraire. Une fiction qui a des allures d’essai philosophique, et qui trace un cheminement spirituel tout en emportant le lecteur dans une histoire grandiose et poétique. Un roman qui éveille les consciences et les sens, le tout composé d’une écriture magnifique et envoûtante ».


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KUNDALINI : "roman initiatique"

Par Le 12/12/2018

Reçu aujourd'hui sur ma page Facebook.

Je rayonne de bonheur.

L'expression "roman initiatique" m'émeut considérablement. C'était effectivement mon objectif.

Ce genre de romans est, à mes yeux, au-delà de la lecture habituelle. Il n'est pas destiné à transformer les gens mais à insérer en eux le désir de la transformation, de l'éveil à soi.

J'ai écrit ce roman en ressentant quelque peu les émotions que j'avais éprouvées à lire, adolescent, le livre "Citadelle" d'Antoine de Saint-Exupéry, le livre qui m'a décidé à écrire à mon tour...Le roman initiatique de ma vie. Non pas avec la prétention d'en comparer les écritures mais juste cette conscience que ce livre agirait peut-être de la sorte.

Si cela est le cas, j'en suis immensément heureux.  

SpiriVie - les rendez-vous de la Vie Spirituelle

2 h · 

"Voici un de mes livres préférés écrit par Thierry Ledru. Ce livre est un roman initiatique de nos dimensions sacrées et énergétiques. C'est aussi une histoire d'amour comme vous n'en avez encore jamais lue ...

Pour commander le livre ou l'offrir à Noël : https://www.editionsdu38.com/hors-collection/kundalini/"

 

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Climat : toujours plus chaud

Par Le 11/12/2018

Que ça soit essentiellement "naturel", que ça soit "provoqué" par l'humanité ou que les deux causes s'imbriquent n'est pas le sujet. 

 

Là, c'est juste l'aspect factuel qui compte : ça chauffe. 

 

L'année 2018 a été la deuxième plus chaude jamais enregistrée en Arctique depuis 1900

L'administration océanique et atmosphérique américaine a aussi constaté une diminution de près de moitié de la population de caribous depuis deux décennies dans la région.

Un bateau de pêche rentre dans le port de Svolvaer (Norvège), le 4 mars 2013.
Un bateau de pêche rentre dans le port de Svolvaer (Norvège), le 4 mars 2013. (ALISTER DOYLE / REUTERS)

L'année 2018 a été la deuxième plus chaude jamais enregistrée en Arctique depuis 1900, annonce une agence gouvernementale américaine, mardi 11 décembre. Il a fait 1,7 °C plus chaud que la moyenne des trois dernières décennies et le réchauffement y est deux fois plus rapide que la moyenne mondiale. Seule l'année 2016 avait historiquement été plus chaude que 2018. 

La tendance est évidente : les cinq dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées, selon l'administration océanique et atmosphérique américaine (NOAA) qui a coordonné ce rapport de référence écrit par plus de 80 scientifiques de douze pays.

Dans son rapport annuel, NOAA prévient également que le réchauffement climatique alimentait "des changements profonds" dans l'écosystème. Elle a constaté une diminution de près de moitié de la population de caribous depuis deux décennies dans la région et a observé une remontée des algues rouges vers l'Arctique, à la faveur du réchauffement des eaux.

 

En deux siècles, l'humanité va annuler 3 millions d'années de refroidissement du climat

 

Si les émissions de CO2 continuent au rythme actuel, les chercheurs estiment aussi que d'ici à 2150, la Terre sera revenue 50 millions d'années en arrière.

Le barrage de Theewaterskloof (Afrique du Sud), pratiquement asséché, le 10 mai 2017. Il fournit habituellement une grande partie de l\'eau potable de la ville du Cap.
Le barrage de Theewaterskloof (Afrique du Sud), pratiquement asséché, le 10 mai 2017. Il fournit habituellement une grande partie de l'eau potable de la ville du Cap. (RODGER BOSCH / AFP)

Le climat de la Terre devrait ressembler d'ici à 2030 à celui d'il y a trois millions d'années. C'est ce qu'ont calculé des chercheurs qui publient une étude, lundi 10 décembre, dans les comptes-rendus de l'Académie américaine des sciences (en anglais). La charmante période en question est celle du milieu du Pliocène, quand le climat était aride, les Amériques du Nord et du Sud n'étaient pas encore jointes, le Groenland n'était pas encore glacé et le niveau des océans était 18 mètres plus haut. Les températures étaient 1,8 à 3,6°C plus élevées qu'aujourd'hui.

"Nous allons vers des changements très spectaculaires dans un temps extrêmement court", prévient Jack Williams, professeur de géographie et expert en paléo-écologie et climatologie à l'université du Wisconsin à Madison.

"De nombreuses espèces vont disparaître"

Si les émissions de CO2 continuaient au rythme actuel, les chercheurs estiment aussi que d'ici à 2150, la Terre sera revenue 50 millions d'années en arrière, à l'aube de l'évolution des premiers mammifères (les dinosaures ont disparu il y a 65 millions d'années).

Les calottes glaciaires mettent très longtemps à fondre, donc le Groenland ne redeviendra pas vert dès le siècle prochain, explique Jack Williams à l'AFP. Et les océans ne remonteront pas de 18 mètres. Mais la soudaineté du réchauffement devrait prendre par surprise des espèces qui ont mis des millions d'années à évoluer jusqu'à leur forme actuelle. "Beaucoup de choses se sont passées dans l'histoire de la Terre – de nouvelles espèces sont apparues, des espèces survivent. Mais de nombreuses espèces vont disparaître, et nous vivons sur cette planète, rappelle Jack Williams sur le site de l'université de Madison (en anglais)C'est préoccupant, et cette étude nous montre comment nous pouvons utiliser l'histoire de la Terre pour comprendre les changements actuels et nous y adapter au mieux." 

Politique

Par Le 11/12/2018

 

Politique .

C'est un mot que j'emploie rarement et un thème qui m'horripile mais il y a des choses qui ne doivent vraiment pas rester inconnues.

 

Pendant que Macron parlait aux "gilets jaunes", le Sénat votait l'allègement de "l'exit tax"

 Le Sénat. Photo d'illustration. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Cette mesure, mise en place sous Nicolas Sarkozy en 2011 avec pour objectif de freiner l'exil fiscal, a été rabotée sur demande du gouvernement.

Par L'Obs

Le vote est presque passé inaperçu, puisque tout un chacun était concentré sur les annonces d'Emmanuel Macron pour tenter de calmer la colère des "gilets jaunes". Mais le symbole est fort : pendant que le président de la République s'adressait aux "gilets jaunes", les sénateurs ont voté ce lundi 10 décembre en soirée l'allègement de l'"exit tax", sur demande du gouvernement.

Cette taxe, instaurée en 2011 par Nicolas Sarkozy, porte sur les "plus-values latentes" de chefs d'entreprise qui décident de transférer leur domiciliation fiscale à l'étranger, en cas de cession effective de leur patrimoine en France dans les quinze années suivant leur départ.

Emmanuel Macron avait annoncé au printemps sa suppression afin de renforcer l'attractivité de la France, mais, face à la polémique naissante sur le sujet, le projet de loi de Finances (PLF) prévoit finalement de lui substituer un dispositif "anti-abus" plus ciblé. Plus allégé également...

Concrètement, aujourd'hui, les plus fortunés qui partent à l'étranger doivent attendre quinze ans avant de vendre leurs actions, sinon ils payent cet "exit tax" de 30% sur les plus-values qu'ils réalisent à l'étranger. Avec la mesure voulue par le gouvernement et votée par le Sénat lundi, les exilés fiscaux devront attendre entre deux et cinq ans, et non plus quinze, pour ne pas être taxés sur les plus-values réalisées à l'étranger.

 

"Redonner de l'attractivité fiscale à la France"

Cette mesure en plein mouvement des "gilets jaunes" a indigné les sénateurs de gauche qui ont dénoncé un cadeau aux plus aisés, rapporte Public Sénat. Les sénateurs de gauche ont donc déposé des amendements pour supprimer cet allègement fiscal, sans succès. 

Le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, a dénoncé sur Twitter "l'hypocrisie de Macron et de son gouvernement" :

"Vous pouvez maintenant vous exiler fiscalement à l'étranger sans payer d’amende !" 

Dans l'Hémicycle, la secrétaire d'Etat au ministère de l'Economie, Agnès Pannier-Runacher a, elle, défendu l'allègement de l'"exit tax", censé "redonner de l'attractivité fiscale à la France", selon des propos rapportés par Public Sénat. Des propos alignés sur ceux de son ministre de tutelle. 

"Si on veut faire la reconquête industrielle de la France, nous avons besoin [...] d'une politique fiscale sur le capital qui soit différente. Le capital, c'est nécessaire !", avait ainsi défendu le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, devant les députés le 15 novembre 2018, soulignant au passage le supposé manque d'efficacité de "l'exit tax".

Voir aussi cette tribune vidéo de l'Obs : 

Texte pour mes élèves

Par Le 09/12/2018

Résultat de recherche d'images pour ""Les 7 miroirs de l'âme" de Charles Buthart"

 

"- Si j’ai bien compris, personne ne peut m’énerver, me blesser ou me déstabiliser ? demanda le prince...
- Tu as bien compris, ce ne sont pas les paroles ou les actes des autres qui te dérangent ou que tu n’aimes pas, mais les vieux démons qui se réveillent en toi à cette occasion : tes peurs, tes souffrances, tes failles, tes frustrations... Si tu jettes une mèche allumée dans une jarre d’huile, celle-ci s’enflammera... Mais si la jarre est vide ou qu’elle contient de l’eau, la mèche s’éteindra d’elle-même...
Ton agacement face aux autres est comme un feu qui s’allume en toi et qui peut te brûler, te consumer, te détruire... Mais il peut aussi t’illuminer, te forger, te façonner et faire de l’autre un allié sur le chemin de ta transformation.
Toute rencontre difficile devient alors une confrontation avec toi-même, une épreuve, une initiation...” dit le génie.

Extrait du conte "Les 7 miroirs de l'âme" de Charles Buthart

Que faire de plus ?

Par Le 09/12/2018

Depuis la sortie de "KUNDALINI", je tente de trouver les moyens d'en faire connaître l'existence et de donner envie aux gens de le lire.

J'ai un blog et une page FB et je les fais vivre quotidiennement.

J'ai contacté une journaliste locale, elle est venue à la maison pour un échange, c'était pour la sortie de "Les héros sont tous morts", en septembre. L’article n'a jamais été publié (Dauphiné libéré").

J'ai contacté huit libraires locaux. Grenoble, Chambéry et Albertville : aucune n'a répondu à mes messages.

J'ai demandé à participer à un salon littéraire régional mais je n'ai pas obtenu de place.

J'ai contacté trois radios nationales et n'ai eu aucune réponse......

Le problème est cornélien, en fait. Comme je ne suis pas connu, je n'intéresse personne mais sans passer par les canaux médiatiques, je ne peux pas être connu. Les lecteurs et lectrices ne connaissent pas mes livres autrement que par mon blog et ma page FB et ça n'est pas suffisant pour les inciter à un achat puisque je ne suis pas connu du grand public et que les achats sont systématiquement tournés vers les livres mis en vitrine, qu'il s'agisse de vitrines virtuelles sur le net ou des vitrines dans les villes.

Les librairies de Chambéry n'ont même pas mes livres en magasin. En même temps, ils ne savent pas qu'ils existent.

Donc, je tourne en rond. Et c'est quelque peu déprimant au final.

Quand je vais sur amazon ou la fnac et que je vois des dizaines de commentaires sur les livres médiatisés de Musso, Lévy, Coehlo, Gounelle et les livres primés, je vois bien que tout dépend de la médiatisation.

Je ne juge pas du contenu de ces livres et je ne me compare pas à ces auteurs mais qui pourrait juger de l'intérêt de mes romans s'ils ne sont pas lus ? Et quel est le moyen de les faire connaître pour qu'ils soient commentés ?..................Là, personnellement, je n'ai plus de réponses.

 A mon sens, l'écriture a deux raisons d'être : l'analyse personnelle de l'existence PUIS son partage. Si le partage est bridé par des contingences contre lesquelles je ne peux pas grand-chose, est-ce que je dois garder mes écrits pour moi ? Mais alors, quelle est la raison d'être de la littérature ?

Et si mes romans n'ont qu'un intérêt minime, comment pourrais-je le savoir et chercher à les améliorer s'ils ne sont pas lus ou qu'ils ne sont pas commentés ? 

J'aime infiniment écrire des histoires. J'en ai déjà expliqué ici les raisons profondes. Je continuerai à le faire parce que ce travail m'est profondément utile, révélateur, éveilleur...

Dois-je le faire uniquement pour moi ou chercher encore à le partager ? Là est la question. Est-ce justifié de venir ainsi me heurter à des murailles de médiatisation que je ne parviens pas à franchir et qui finissent par assombrir mon esprit et le priver de la joie créatrice ? 

Je n'ai pas encore la réponse.

Jusqu'ici la balance entre la création et son partage avait établi un certain équilibre. 

Je ne sais pas ce qu'il en sera dans quelques temps. 

 

 

Crise et point de rupture

Par Le 08/12/2018

 

Comment les riches détruisent la planète

 

Un article qui date de 2008 sur un livre publié en 2007.

Il ne s'est rien passé depuis sinon l'enrichissement de certains, l'appauvrissement des autres et la planète qui part à vau-l'eau. 

Vient maintenant l'époque où la classe sociale moyenne tend vers le bas et où la classe sociale la plus pauvre tend vers le cimetière. On approche par conséquent du point de rupture. Celui que les nantis refusent d'admettre en promettant à la masse populaire "des jours meilleurs grâce à la croissance retrouvée"....

Il n'est plus temps de prôner la croissance. Elle n'est que le maintien de la vitesse du véhicule vers le mur. Il faut apprendre à freiner. Une fois à l'arrêt, on pourra peut-être faire demi-tour. 

 

 

https://www.monde-diplomatique.fr/mav/99/KEMPF/16157

 

 

 

"Comment les riches détruisent le monde"

 

Et si la dégradation de l’environnement était intimement liée à la crise sociale dans le monde ? En effet, ceux qui détiennent les leviers politiques et financiers sont aussi les promoteurs d’un modèle de consommation à outrance, dévastateur pour la planète... mais imité par les couches moyennes. Que ceux du haut de l’échelle misent sur la décroissance, et l’effet d’entraînement est assuré... La préservation de la terre passe par plus d’égalité.

par Hervé Kempf  

Les trois ou quatre générations situées à la charnière du troisième millénaire sont les premières dans l’histoire de l’humanité, depuis que les bipèdes arpentent la planète, à se heurter aux limites de la biosphère. Cette rencontre ne se fait pas sous le signe de l’harmonie, mais sous celui d’une crise écologique majeure.

Soulignons-en quelques aspects. Le premier d’entre eux est l’inquiétude nouvelle des climatologues : ils raisonnent depuis quelques années sur l’hypothèse d’une irréversibilité possible du changement climatique. Jusqu’à présent, on pensait qu’un réchauffement graduel interviendrait, mais que, quand l’humanité se rendrait compte de la gravité de la situation, il serait possible de revenir en arrière et de retrouver l’équilibre climatique. Les climatologues nous disent qu’il est possible qu’on atteigne un seuil tel que le système climatique dérape vers un désordre irréversible. Plusieurs séries d’observations nourrissent cette inquiétude : les glaciers du Groenland fondent bien plus vite que ne le prévoyaient les modélisateurs  ; les océans pourraient pomper moins de gaz carbonique ; le réchauffement déjà à l’œuvre, accélérer la fonte du pergélisol, cette immense couche de terre gelée située en Sibérie et au Canada, qui de ce fait menacerait de relâcher les quantités énormes de gaz carbonique et de méthane qu’elle recèle.

Une deuxième observation est que la crise écologique ne se réduit pas au changement climatique. Celui-ci est le phénomène le mieux connu du grand public, il n’est cependant qu’un volet de la crise globale, dont un autre a une importance sans doute équivalente : l’érosion de la biodiversité, dont l’ampleur ne peut être mieux illustrée que par le fait que les spécialistes parlent de « sixième crise d’extinction » pour désigner la disparition accélérée d’espèces que notre époque expérimente. La cinquième crise d’extinction, il y a soixante-cinq millions d’années, avait vu la disparition des dinosaures.

Troisième volet, peut-être moins sensible ou moins bien synthétisé que la problématique du changement climatique : une contamination chimique généralisée de notre environnement, dont deux aspects sont particulièrement troublants. D’une part, les chaînes alimentaires sont contaminées, certes à des doses minimes, par des polluants chimiques. D’autre part, il apparaît de plus en plus clairement que le plus grand écosystème de la planète, l’ensemble des océans, que l’on pensait presque infini dans sa capacité de régénération, est de plus en plus affaibli, soit par la pollution, soit par la dégradation de tel ou tel de ses écosystèmes particuliers.

(On peut ajouter que depuis cet article, la pollution des océans par le plastique est reconnu et prouvé)

Cette entrée en matière définit l’urgence politique de notre époque. Cependant, ce n’est pas d’aujourd’hui, ni même d’hier, mais depuis plusieurs décennies que notre société est avertie du péril. Depuis que Rachel Carson a lancé l’alerte avec Le Printemps silencieux en 1962, depuis que, dans les années 1970, la question écologique a pénétré avec éclat le débat public, conférences internationales, articles scientifiques, luttes des écologistes ont depuis lors amassé une masse de connaissances confirmant toujours la tendance générale.

Pourquoi, alors, nos sociétés ne s’orientent-elles pas vraiment vers les politiques qui permettraient d’éviter l’approfondissement de la crise écologique ? C’est la question cruciale. Pour y répondre, il faut analyser les rapports de pouvoir dans nos sociétés. Elles sont en effet organisées pour bloquer ces politiques nécessaires.

Comment ? Depuis une vingtaine d’années, le capitalisme se caractérise par le retour de la pauvreté dans les pays riches. Le recul du taux de pauvreté, continu depuis la fin des années 1940, s’est interrompu dans les pays occidentaux voire, dans certains cas, s’est inversé. De même, le nombre de personnes en situation de précarité, c’est-à-dire légèrement au-dessus du seuil de pauvreté, augmente lui aussi de façon régulière. Par ailleurs, au niveau mondial, le nombre de personnes en situation de pauvreté absolue, c’est-à-dire disposant de moins de 2 dollars par jour, reste de l’ordre de 2 milliards, tandis que l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (en anglais, Food and Agricultural Organization, FAO) estime à 820 millions le nombre d’humains insuffisamment nourris.

L’augmentation des inégalités depuis une vingtaine d’années constitue un autre aspect de la crise sociale. De nombreuses études l’attestent. L’une d’entre elles, conduite par deux économistes de Harvard et du Federal Reserve Board, est des plus parlantes. Carola Frydman et Raven E. Saks ont comparé le rapport entre le salaire gagné par les trois premiers dirigeants des cinq cents plus grandes entreprises américaines et le salaire moyen de leurs employés. Cet indicateur de l’évolution des inégalités reste stable des années 1940, moment où commence l’observation, jusqu’aux années 1970 : les patrons des entreprises considérées gagnaient environ trente-cinq fois le salaire moyen de leurs employés. Puis se produit un décrochement à partir des années 1980, et le rapport monte de façon assez régulière jusqu’à atteindre environ cent trente dans les années 2000.

Ces études signifient qu’une rupture majeure est intervenue dans le fonctionnement du capitalisme depuis soixante ans. Durant ce que l’on a appelé les « trente glorieuses », l’enrichissement collectif, permis par la hausse continue de la productivité, était assez équitablement distribué entre capital et travail, si bien que les rapports d’inégalité demeuraient stables. A partir des années 1980, un ensemble de circonstances, qu’il n’est pas lieu d’analyser ici, a conduit à un décrochage de plus en plus prononcé entre les détenteurs du capital et la masse des citoyens. L’oligarchie accumule revenus et patrimoine à un degré jamais vu depuis un siècle.

Il est essentiel de s’intéresser à la façon concrète dont les hyper-riches utilisent leur argent. Celui-ci n’est plus caché comme au temps de l’austère bourgeoisie protestante décrite par Max Weber : il nourrit au contraire une consommation outrancière de yachts, d’avions privés, de résidences immenses, de bijoux, de montres, de voyages exotiques, d’un fatras clinquant de dilapidation somptuaire. Les Français découvrent avec M. Nicolas Sarkozy un exemple désolant de ce comportement tape-à-l’œil.

Pourquoi cela est-il un moteur de la crise écologique ? Pour le comprendre, il nous faut nous tourner vers le grand économiste Thorstein Veblen, dont la pensée était rangée par Raymond Aron au même niveau que celles de Carl von Clausewitz ou d’Alexis de Tocqueville. Bien oubliée aujourd’hui, elle n’en présente pas moins une saisissante pertinence.

Résumons-la à l’extrême. Que disait Veblen ? Que la tendance à rivaliser est inhérente à la nature humaine. Chacun d’entre nous a une propension à se comparer aux autres, et cherche à manifester par tel ou tel trait extérieur une petite supériorité, une différence symbolique par rapport aux personnes avec lesquelles il vit. Veblen ne prétendait pas que la nature humaine se réduit à ce trait, il ne le jugeait pas d’un point de vue moral, il le constatait. S’appuyant sur les nombreux témoignages des ethnographes de son époque, il constatait aussi que cette forme de rivalité symbolique s’observe dans toutes les sociétés.

De surcroît, poursuivait-il, toutes les sociétés produisent assez aisément la richesse nécessaire pour satisfaire leurs besoins de nourriture, de logement, d’éducation des enfants, de convivialité, etc. Pourtant, elles produisent généralement une quantité de richesses bien supérieure à la satisfaction de ces besoins. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit de permettre à leurs membres de se distinguer les uns des autres.

Veblen constatait ensuite qu’existent le plus souvent plusieurs classes au sein de la société. Chacune d’entre elles est régie par le principe de la rivalité ostentatoire. Et, dans chaque classe, les individus prennent comme modèle le comportement en vigueur dans la couche sociale supérieure, qui montre ce qu’il est bien, ce qu’il est chic de faire. La couche sociale imitée prend elle-même exemple sur celle qui est située au-dessus d’elle dans l’échelle de la fortune. Cette imitation se reproduit de bas en haut, si bien que la classe située au sommet définit le modèle culturel général de ce qui est prestigieux, de ce qui en impose aux autres.

Que se passe-t-il dans une société très inégalitaire ? Elle génère un gaspillage énorme, parce que la dilapidation matérielle de l’oligarchie – elle-même en proie à la compétition ostentatoire – sert d’exemple à toute la société. Chacun à son niveau, dans la limite de ses revenus, cherche à acquérir les biens et les signes les plus valorisés. Médias, publicité, films, feuilletons, magazines « people » sont les outils de diffusion du modèle culturel dominant.

Comment alors l’oligarchie bloque-t-elle les évolutions nécessaires pour prévenir l’aggravation de la crise écologique ? Directement, bien sûr, par les puissants leviers – politiques, économiques et médiatiques – dont elle dispose et dont elle use afin de maintenir ses privilèges. Mais aussi indirectement, et c’est d’une importance équivalente, par ce modèle culturel de consommation qui imprègne toute la société et en définit la normalité.

Nous rebouclons maintenant avec l’écologie. Prévenir l’aggravation de la crise écologique, et même commencer à restaurer l’environnement, est dans le principe assez simple : il faut que l’humanité réduise son impact sur la biosphère. Y parvenir est également en principe assez simple : cela signifie réduire nos prélèvements de minerais, de bois, d’eau, d’or, de pétrole, etc., et réduire nos rejets de gaz à effet de serre, de déchets chimiques, de matières radioactives, d’emballages, etc. Ce qui signifie réduire la consommation matérielle globale de nos sociétés. Une telle réduction constitue le levier essentiel pour changer la donne écologique.

Qui va réduire sa consommation matérielle ? On estime que 20 à 30 % de la population mondiale consomme 70 à 80 % des ressources tirées chaque année de la biosphère. C’est donc de ces 20 à 30 % que le changement doit venir, c’est-à-dire, pour l’essentiel, des peuples d’Amérique du nord, d’Europe et du Japon. Au sein de ces sociétés surdéveloppées, ce n’est pas aux pauvres, aux RMIstes, aux salariés modestes que l’on va proposer de réduire la consommation matérielle. Mais ce n’est pas non plus seulement les hyper-riches qui doivent opérer cette réduction : car même si MM. Sarkozy, Vincent Bolloré, Alain Minc, Bernard Arnault, Arnaud Lagardère, Jacques Attali et leur cortège d’oligarques se passent de limousines avec chauffeurs, de montres clinquantes, de shopping en 4 x 4 à Saint-Tropez, ils ne sont pas assez nombreux pour que cela change suffisamment l’impact écologique collectif. C’est à l’ensemble des classes moyennes occidentales que doit être proposée la réduction de la consommation matérielle.

On voit ici que la question de l’inégalité est centrale : les classes moyennes n’accepteront pas d’aller dans la direction d’une moindre consommation matérielle si perdure la situation actuelle d’inégalité, si le changement nécessaire n’est pas équitablement adopté. Recréer le sentiment de solidarité essentiel pour parvenir à cette réorientation radicale de notre culture suppose évidemment que soit entrepris un resserrement rigoureux des inégalités – ce qui, par ailleurs, transformerait le modèle culturel existant.

La proposition de baisse de la consommation matérielle peut sembler provocante dans le bain idéologique dans lequel nous sommes plongés. Mais, aujourd’hui, l’augmentation de la consommation matérielle globale n’est plus associée avec une augmentation du bien-être collectif – elle entraîne au contraire une dégradation de ce bien-être. Une civilisation choisissant la réduction de la consommation matérielle verra par ailleurs s’ouvrir la porte d’autres politiques. Outillée par le transfert de richesses que permettra la réduction des inégalités, elle pourra stimuler les activités humaines socialement utiles et à faible impact écologique. Santé, éducation, transports, énergie, agriculture sont autant de domaines où les besoins sociaux sont grands et les possibilités d’action importantes. Il s’agit de renouveler l’économie par l’idée de l’utilité humaine plutôt que par l’obsession de la production matérielle, de favoriser le lien social plutôt que la satisfaction individuelle. Face à la crise écologique, il nous faut consommer moins pour répartir mieux. Afin de mieux vivre ensemble plutôt que de consommer seuls.

Hervé Kempf

Journaliste, auteur de Comment les riches détruisent la planète, Seuil, Paris, 2007.

Enfance et plasticité neuronale

Par Le 08/12/2018

J'initie les enfants de ma classe (28 enfants de CM1) à la pratique du yoga et de la méditation. C'est très révélateur avant même la première séance de les écouter parler de ces pratiques. Leur regard est bien évidemment influencé par la famille et la société toute entière. Certains enfants sont enthousiastes et ne s'interdisent rien, totalement détachés du regard des autres et certains enfants sont déjà limités par des influences diverses et ne s'accordent que difficilement le droit d'explorer, avec sérieux...

C'est là que toutes les expériences sur la plasticité neuronale sont essentielles...

 

Plasticité cérébrale : 4 règles d’or

Lors des six premières années de sa vie, l’être humain possède un mécanisme cérébral que l’on pourrait dire absorbant, le dotant du pouvoir d’incarner l’environnement sans effort, en réalisant pour chaque expérience vécue, un nombre impressionnant de connexions neuronales. Et, parmi les centaines de connexions qu’il crée par seconde, le cerveau ne conserve que les connexions les plus fréquemment utilisées. C'est ce que l'on appelle l'élagage synaptiquec'est ainsi que l'être humain apprend et se spécialise.

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Puisque le cerveau ne conserve que les connexions les plus fréquemment utilisées, par conséquent, ce sont les expériences quotidiennes de l’enfant qui s'encodent et structurent directement l’architecture de son cerveau. Un beau matin, nous rions de le voir faire comme nous, de parler comme nous, de bouger ou de réagir comme nous : c'est souvent un moment particulièrement drôle, surprenant, voire difficile, car l'enfant nous renvoie en miroir les gestes ou les attitudes que nous lui avons transmis inconsciemment, simplement en vivant à ses côtés. Nous pensons qu'il nous imite, mais il serait plus exact de dire qu'il manifeste à l'extérieur ce qui s'est encodé à l'intérieur.

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Une étude saisissante, menée en 1995, illustre la puissance de ce phénomène. Des centaines d'heures d'interactions entre des enfants et des adultes dans 42 familles de tout le spectre socio-économique ont été enregistrées. Les enfants ont été suivis de l'âge de 7 mois jusqu'à l'âge de 3 ans. Les chercheurs ont constaté que 86 à 98 % des mots utilisés par les enfants à 3 ans provenaient directement du vocabulaire de leurs parents. Mais ce n'est pas tout. Non seulement les mots qu'ils utilisaient étaient identiques à ceux de leurs parents, mais le nombre de mots utilisés, la longueur et le style des conversations étaient également les mêmes. Par exemple, les parents de familles les plus pauvres avaient tendance à faire des commentaires courts et superficiels, comme “Arrête,” ou “Descends,” alors que les familles plus favorisées avaient de grandes conversations avec leurs enfants sur une grande variété de sujets.

Il faut donc l’entendre, qu’on le veuille ou non, ce sont ces petites choses auxquelles nous ne faisons pas forcément attention - la façon dont nous parlons, dont nous agissons et réagissons au quotidien - qui structurent, sans aucun filtre, les capacités et les comportements de nos enfants. Autrement dit, nos attitudes préparent les leurs. Cela doit être dit, redit et entendu. Il nous faut maintenant agir en conséquence, aussi bien à la maison qu’à l’école.

#1 Exemplaire tu seras.

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Quels sont nos comportements, nos mécanismes quotidiens ? Sont-ils en cohérence avec les comportements et les attitudes que nous voulons voir fleurir chez nos enfants ? Commençons donc par là : que l'on soit parent ou enseignant, accompagner un enfant exige une présence à soi, une observation consciente de nos propres gestes et attitudes. Si nous souhaitons voir l’enfant s’exprimer joliment et avec aisance, avoir des gestes délicats et harmonieux, ou faire preuve d’empathie, il n’y a pas 36 solutions : la première des choses à faire est de le faire soi-même. Il s’agit là de la première règle d’or appliquée dans la classe de Gennevilliers, et, je ne vous le cache pas, ce fut la plus difficile à respecter dans l’urgence d’une classe de plus de 25 enfants. Néanmoins, lorsque l’on sait que l’enfant possède un mécanisme cérébral aussi puissamment absorbant, qui se structure à partir de tout ce qu’il perçoit, et que l'on passe en moyenne 6h par jour avec lui dans une classe, cet effort n’est pas une option, c’est uneresponsabilité.

#2 La démonstration tu feras.

Incarner soi-même les attitudes ou les gestes à transmettre à l’enfant est un excellent début, mais ce n’est pas suffisant : il faudra également les lui montrer explicitement. Par exemple, lorsqu’il essaiera de dérouler un tapis de la classe - même s’il nous voit régulièrement le faire correctement - il faudra le lui montrer. Même chose pour se laver les dents, ranger sa chaise ou simplement saluer quelqu’un.

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Une démonstration claire, c’est à dire silencieuse et séquencée, permet d'optimiser la transmission des gestes. Néanmoins, pour que l’enfant puisse les reproduire, il faudra que les circuits cérébraux nouvellement créés se renforcent, c'est à dire qu'il faudra que l'enfant voie et répète plusieurs fois l'expérience.

Cliquer sur l’image ci-dessous pour visualiser la façon dont nous procédions pour montrer les premiers gestes de l’autonomie aux plus petits.

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#3 La démonstration, plusieurs fois, tu feras.

Et le lâcher prise tu pratiqueras. Car, nous venons de le dire et il est toujours bon de le répéter : la transmission, immédiate ne sera pas. Il faudra du temps, de la fréquence et de la pratique pour que les circuits cérébraux nouvellement créés se renforcent et transforment des comportements observés en acquis solides. Dans son livre, le Dr Catherine Gueguen rapporte : “Quand les expériences vécues sont répétées, les connexions et les circuits cérébraux sont consolidés en cinq ou six mois.” Il faudra donc faire preuve de patience, et de lâcher prise : si l’enfant ne reproduit pas immédiatement ce que vous lui montrez, respirez, c’est tout à fait normal. Les aptitudes que nous souhaitons lui transmettre - telle que ranger délicatement sa chaise ou attendre son tour - ne seront donc pas acquises en une fois (ni en deux, ni en trois), c’est par les expériences et les observations répétées que l’enfant les construira.

Une façon très efficace et naturelle de fournir ces expériences et ces observations répétées, est de placer les enfants dans un environnement où ils pourront évoluer avec des enfants plus âgés, qui ont déjà acquis ce que l’on souhaite transmettre aux plus jeunes.

#4 Le mélange des âges tu vénéreras.

Prenons l’exemple d’une classe traditionnelle. En première année de maternelle, l’enfant devra principalement apprendre les gestes de l’autonomie et développer ses capacités langagières. A priori, il ne va pas absorber ces gestes ou un meilleur niveau de langage avec ses copains de classe à peine plus autonomes ou plus à l’aise linguistiquement que lui. L’Institution ose ce que la nature a sans doute jugé trop risqué - ou trop limitant : elle désigne une seule personne, l’enseignant. Ainsi, en caricaturant un peu, la source d’absorption pour l’enfant de maternelle dépend d’une seule personne, ce qui, en plus d’être inacceptable pour le cerveau en pleine maturation qui demande à être nourri généreusement, est inacceptable pour la santé de l’adulte qui peut vite s’épuiser à nourrir plus d'une vingtaine d'enfants. Une autre façon plus adaptée d’organiser la classe, serait de renverser ce flux vertical d’énergie inadapté pour tout le monde, et de le passer à l’horizontale. Comment ? En réunissant des enfants d’âges différents et en les laissant interagir librement au sein d’un environnement structuré.

La classe de Gennevilliers comprenait trois niveaux d’âges. Les enfants effectuaient leurs trois années de maternelle dans la classe, en montant d’un niveau chaque année. Ainsi, nous accueillions chaque année des enfants de petite section pour compléter le groupe. Nous n’avons pas eu la possibilité d’accroître davantage l’amplitude de ce mélange des âges - nous étions limités par des contraintes institutionnelles - mais, si nous avions pu le faire, nous l’aurions largement étendu. C’est ce que nous ferons lorsque nous développerons notre recherche dans les années à venir.

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De cette façon, l'intelligence plastique des petits se voit richement nourrie, non plus seulement en situation d'apprentissage, mais également dans un contexte vivant et dynamique ; ils observent et interagissent plus de 6h par jour avec des camarades de classe plus âgés : ils n'ont plus seulement l’adulte pour #exemple, ils ont toute une classe d'enseignants qui leur fournissent de belles #démonstrations #répétées simplement en vivant à leurs côtés. Les grands aident spontanément les petits, et les petits adorent ça. La classe devient un lieu d’émulation et d’émancipation - pour tous.

➊ Plasticité – pour le meilleur ou pour le pire

Groenland et fonte des glaces

Par Le 08/12/2018

ENVIRONNEMENT

Au Groenland, une fonte des glaces sans précédent

La calotte glaciaire fond plus rapidement qu'au cours des 350 dernières années et fait monter le niveau de la mer dans le monde entier. Jeudi, 6 décembre

De Alejandra Borunda

Des chercheurs examinent les eaux fondues au bord de la calotte glaciaire du Groenland.

PHOTOGRAPHIE DE GINNY CATANIA, NAT GEO IMAGE COLLECTION

Pendant quelques jours en juillet 2012, il a fait si chaud en Arctique que la quasi-totalité de la surface de la calotte glaciaire du Groenland s'est transformée en neige fondue.

Il faisait si inhabituellement chaud que les scientifiques, sortant de leurs tentes au sommet de la calotte glaciaire, se sont laissés tomber à genoux dans la neige soudainement si douce. Puis la neige a commencé à fondre.

À la lisière de la calotte glaciaire, les flaques bleues se sont accumulées sur la surface blanche et plate. Les gouttes de la fonte ont coulé, se transformant en de larges rivières à fort courant. L'eau a traversé les ravins et s'est répandue dans les crevasses. La crue d'une rivière proche de la banquise était si importante qu’elle a balayé un pont qui existait depuis des décennies. Tellement d'eau s'est infiltrée dans les entrailles de la calotte glaciaire cette année-là que le niveau de la mer a augmenté de plus d'un millimètre.

La fonte était alarmante, rien de semblable à ce que les scientifiques connaissaient. Mais personne ne savait réellement à quel point l'événement était inhabituel ou inquiétant. Depuis, les scientifiques ont découvert que l'été de 2012 marquait l'apogée de 20 ans d'augmentation sans précédent du ruissellement des eaux de fonte en provenance du Groenland. Plus inquiétant encore, ils ont constaté que la fonte se fait encore plus rapidement que l'augmentation des température de l'air. Alors oui, 2012 était une année particulièrement mauvaise, mais ce n'était qu'un aperçu de ce qui pourrait arriver.

« La fonte de la calotte glaciaire du Groenland est à son paroxysme sur ces trois ou quatre derniers siècles, et certainement encore avant », a déclaré Luke Trusel, chercheur à la Rowan University du New Jersey et auteur principal de la nouvelle étude, publié aujourd'hui dans Nature.

Les conséquences de la fonte ne sont pas qu'abstraits : une fonte complète des calottes glaciaires du Groenland déverserait sept mètres d’eau supplémentaire dans les océans du monde entier. Les scientifiques préviennent donc que ce qui se passe dans les pôles est important pour quiconque vit à proximité d’une côte, mange de la nourriture qui passe par un port ou atterrit dans un aéroport proche de l’océan.

LA GLACE, UNE EMPREINTE DU PASSÉ

Les scientifiques savaient déjà que le Groenland fondait rapidement; ils suivaient la décroissance de sa taille depuis des satellites. Mais les données satellitaires clés ne remontent qu’au début des années 90. Ils ne pouvaient donc pas établir avec précision la gravité de la situation. Un réchauffement si précipité était-il déjà arrivé ? Était-ce inhabituel par rapport à la période qui précède le changement climatique causé par l’homme ? Personne n'était en mesure de le dire.

Ils ont dû trouver un moyen de remonter le temps, alors ils sont allés à la source : la calotte glaciaire. Ils se sont répartis la surface de la glace et ont foré une série de noyaux de glace. Ces derniers contenaient des informations sur le niveau de fonte de la calotte glaciaire sur quelques centaines d'années. Ils ont comparé cela avec des modèles, ce qui leur a permis de calculer la quantité de ruissellement qui donnerait lieu à ce type de glace.

UN VILLAGE DU GROENLAND ÉVACUÉ À L'APPROCHE D'UN ICEBERG

Les résultats étaient clairs. La fonte et le ruissellement ont commencé à augmenter juste au moment où les premiers changements climatiques causés par l'Homme ont frappé l'Arctique, au milieu du 19e siècle. Mais le véritable drame s'est déroulé au cours des 20 dernières années : soudainement, l'intensité de la fonte a été multipliée par pratiquement six par rapport à avant la révolution industrielle.

« C’est vraiment comme actionner un interrupteur » déclare Beata Csatho, une glaciologue de l’Université de Buffalo, qui n’a pas participé à l’étude.

L'EFFET GOUTTE D'EAU

Il était également clair que la fonte accélérait plus rapidement que la température ne montait. Plus il faisait chaud, plus la calotte était sensible à ce réchauffement, principalement parce que l'eau fondue en surface modifie sa couleur.

« Pensez à un flocon de neige blanc cotonneux », explique Trusel. « En fondant, il deviendra une goutte.»

Les gouttes absorbent bien plus la chaleur du soleil que les flocons cotonneux et blanc. Plus ils absorbent de chaleur, plus ils deviennent liquide et plus ils fondent. « Ainsi, même sans aucun plus changement de température, une fois qu'ils ont commencé, ils ne s'arrêteront plus de fondre », explique Trusel.

Cela n'augure rien de bon pour l’avenir, notamment parce que la température de l’air en Arctique augmente plus rapidement que partout ailleurs sur la planète.

« Ce que nous observons en ce moment est vraiment sans précédent. Ces augmentations de fonte sont provoquées par le réchauffement provoqué par les humains qui rejettent des gaz à effet de serre dans l'atmosphère », a déclaré Ellyn Enderlin, spécialiste des glaciers à l'Université du Maine, qui n'a pas participé à l'étude. « Les réactions de la Terre, ses sursauts, ne peuvent pas compenser tout cela. Le système ne peut pas s'adapter à ce taux de changement pour le moment. »

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