Articles de la-haut
Tous les jours
Tous les jours, je peux trouver sur FB ou ailleurs, des témoignages de ce genre.
Nos gouvernants, par la voix du roi en place, nous disent que "nous nous sommes adaptés au changement climatique."
Yann Barthès, sur son plateau télé climatisé, clame que "tout le monde a chaud", comme s'il existait une équité dans la situation.
Deux de nos enfants travaillent dehors. Ils cuisent.
On connaît des maraîchers. Ils cuisent.
Comme des millions de travailleurs.
Non, il n'y a aucune équité dans la situation de cuisson.
Certains sont morts, les personnes âgées les premières. Il y en aura d'autres dans les prochains jours.
Aucun homme ou femme politique, aucun financier, aucun milliardaire, ne va mourir de cette canicule, ni de la prochaine qui nous est déjà annoncée avant même que la nature et donc nous-mêmes n'ayons récupérés...
Yann Barthès, comme tous les autres animateurs, seront toujours là en 2040 pour nous dire que tout le monde a chaud, non, très chaud.
Je pourrais parler également des milliers de milliers d'animaux morts dans les élevages intensifs. On peut penser d'ailleurs qu'ils n'y vivaient pas avant même la canicule mais qu'ils y survivaient.
J'ai connu un exploitant en Bretagne, j'avais son fils dans ma classe, il avait un élevage de dindes, c'était dans les années 1980 et j'étais effaré par la mortalité dont il me parlait déjà à l'époque, rien que par la promiscuité... Quant aux gens qui se disent tristes devant cetté hécatombe, combien parmi eux mangent encore de la viande issus d'élevage intensif ? Ils ouvrent les yeux juste aujourd'hui sur cette horreur ? Alors, on peut considérer que cette crise est bénéfique...
L'Enracineuse
Srtnosoedp0i08i484g691f0mf45760mm11t5thmlilh6m1f8552g 85lt07 ·
Ca suffit !
J’en ai assez d’essayer de rester positive.
Je ne suis pas une « vraie » paysanne, de celles qui nourrissent les humains. Je ne fais que faire naître des arbres pour replanter des haies et des forêts et nourrir les autres, les non humains, les oiseaux, les insectes, les petits mammifères... prendre soin de la vie. Parce que sans eux, l’humain ne survivra pas.
Pourtant, ce soir, pour la première fois, je me suis sentie une vraie paysanne. De celles qui se débattent pour tirer de la terre de quoi nourrir le monde. J’ai compris cette attachement à la terre et ce sentiment d’impuissance face aux éléments.
Pourtant, on pourrait faire des choses… On le sait. Le GIEC et tant d’autres nous le disent depuis années, des décennies… Victor Hugo l’évoquait déjà au 19ème siècle. Des mesures concrètes sont inventoriées, publiées, proposées depuis des années.
Et ? Rien… Des petits colibris s’épuisent à chercher des gouttes d’eau pour éteindre l’incendie. Pendant que les pélicans se prélassent sous la clim et nous expliquent comment il convient de boire de l’eau.
Ce soir, je suis fatiguée. Fatiguée et en colère.
2 heures minimum d’arrosage par jour (habituellement, c’est 2 arrosages par semaine uniquement pour ne pas habituer les arbres à trop d’eau).
Des repiquages à l’arrêt sous peine de tuer les jeunes plantules qui ne supporteraient pas la transplantation avec ces chaleurs. Et donc, le risque soit de perdre tous ces jeunes plantules qui n'ont plus la place de ce développer en terrine, soit qu'elles n'aient pas le temps de grandir assez si jamais les températures baissent enfin suffisemment pour que je puisse les repiquer.
Des collectes de graines impossibles avec ces températures (d’ailleurs, les forêts sont déconseillées à cause des risques sévères d’incendie).
Le catalogue de la pépinière à réaliser en urgence pour l’envoyer aux élus et tenter de leur faire prendre des décisions indispensables pendant qu’ils se souviennent de l’horreur de cette canicule et du besoin d’arbres, avant qu’ils oublient...
Des journées à rallonge. Je tente de prendre soin des bébés arbres, de faire bouger les choses pour de bon, tout en préservant ma santé et celle de mes enfants fragilisée par les températures. Et malgré tout ce que je fais, les arrosages pluri-quotidiens, l’ombrage du sous bois, malgré tout, les feuilles commencent à cramer.
Certains de ces arbres sont issus de graines collectées en 2022 et 2023. 3 à 4 années de soin pour réussir à proposer les arbres dont nous avons besoin pour vivre.
Et ils brûlent.
Et ils crament.
Sous mes yeux.
Et les « grands » de ce monde, que font-ils ?
Plus de 40°C. Déjà 2 vagues de chaleurs fin juin. Des records explosés tous les jours. Des animaux qui meurent par milliers, des forêts qui s’assèchent, des humains qui suffoquent. « Qui aurait pu prédire ? ». « Nous nous sommes adaptés au changement climatique. » Mais les arbres meurent, messieurs et mesdames les « puissants ».
Et nous ne leur survivrons pas.
De l'épuisement à la colère
Le témoignage et la colère d'une femme qui a une ferme, en bio. Des milliers de professionnels de ce secteur pourraient en dire tout autant. Et il s'agit des gens qui produisent l'alimentation de tous. Et qui n'en peuvent plus...
Sève Rouge
tesndropSo 6231l2011à4euun7L79iu0hh46:f3j015047m mul317gu 3 ·
Je vous explique le contexte.
Aujourd'hui, la chaleur m'a mise à terre. Vers 15 heures, Dieter est venu me récupérer dans les tomates de plein champ que j'essayais de sauver en installant des piquets pour tendre une toile d'ombrage.
J'ai pourtant l'habitude de travailler dehors. Mais cette fois, mon corps a cédé. Plus de thermorégulation, plus de signaux fiables : seulement la surchauffe. Plus de 40 °C. Le vent d'autan me donnait l'illusion qu'il faisait supportable, alors que mon organisme était en train de décrocher.
Il a fallu des blocs de glace, des heures de repos et beaucoup de temps pour revenir à la normale.
Ce soir, je ne ressens ni peur ni découragement. Je ressens de la colère. Parce que ce que j'ai vécu aujourd'hui n'a rien d'exceptionnel. Parce que nous ne sommes qu'en juin. Parce que les jours à venir s'annoncent encore plus étouffants. Parce que demain ce sont nos, vos enfants, petits-enfants qui devront vivre dans cet enfer… J’ai la rage… Et nous devrions toutes et tous l’avoir...
Alors, oui : j'accuse l'inaction climatique.
J'accuse.
J'accuse les gouvernants du monde entier. Les présidents, ministres, députés, commissaires, experts appointés et fabricants de discours.
Je les accuse d'avoir vu l'incendie et d'avoir discuté de la couleur des rideaux.
Je les accuse d'avoir reçu les rapports, les alertes, les preuves accumulées depuis des décennies, et d'y avoir répondu par des promesses, des sommets, des feuilles de route et des objectifs repoussés à demain. Toujours demain.
J'accuse cette génération de décideurs d'avoir transformé la connaissance en impuissance.
Jamais une civilisation n'aura autant su.
Jamais une civilisation n'aura aussi peu agi.
Nous savons. Nous savons pour le carbone, les glaciers, les océans, les sécheresses, les mégafeux, les canicules, l'effondrement du vivant, de la biodivesité.
Et pourtant nous continuons.
Comme un conducteur qui, voyant le mur approcher, demanderait simplement un régulateur de vitesse plus performant.
J'accuse particulièrement les législateurs qui prétendent préparer l'avenir alors qu'ils organisent méticuleusement et avec persévérance son rétrécissement.
J'accuse les députés européens qui confondent transition et fuite en avant technologique.
J'accuse leur religion du progrès matériel et leur incapacité à envisager qu'un problème créé par l'excès puisse exiger autre chose qu'un excès supplémentaire.
J'accuse ceux qui ont transformé les automobiles en monstres d'acier, de lithium et de logiciels : toujours plus lourdes, plus complexes, plus chères, plus gourmandes en ressources.
J'accuse ceux qui prétendent sauver le monde en connectant tout ce qui existe : le réfrigérateur connecté, la montre connectée, la voiture connectée, la maison connectée, l'humain connecté.
Comme si la sagesse d'une civilisation se mesurait au nombre de notifications qu'elle reçoit chaque jour.
Ils nous parlent d'immatériel. Les mines, les câbles, les centres de données et les montagnes de déchets électroniques apprécieront.
J'accuse ceux qui nous promettent cinquante degrés dehors et la climatisation pour tous dedans.
Vision dérisoire.
L'air brûlera, mais rassurez-vous : votre salon sera à vingt-deux degrés. Le Titanic coule, mais les fauteuils de première classe restent confortables.
J'accuse les multinationales.
J'accuse leur talent à transformer chaque catastrophe en marché, chaque crise en opportunité commerciale, chaque limite planétaire en argument publicitaire.
J'accuse les compagnies pétrolières qui savaient.
J'accuse les géants de la technologie qui promettent que davantage de calculs répareront les dégâts causés par davantage de consommation.
J'accuse les industriels qui parlent de responsabilité tout en combattant toute mesure susceptible de réduire leurs profits.
J'accuse les banques qui financent les énergies fossiles tout en publiant d'élégants rapports sur leur engagement climatique.
J'accuse les marchés financiers qui réclament une croissance infinie sur une planète qui, elle, a eu l'impolitesse de rester finie.
J'accuse également mes anciens collègues lorsqu'ils renoncent à leur mission.
Quand les records tombent, quand les forêts brûlent, quand les hôpitaux débordent, ils nous servent leurs p... de micros-trottoirs : « Comment supportez vous la chaleur ? », « Avez-vous acheté un ventilateur, une climatisation ? », « Buvez-vous suffisamment d'eau ? »
Et le spectacle remplace l'explication.
L'anecdote remplace l'enquête.
On interroge les victimes.
On oublie les responsables.
On décrit les symptômes.
On tait les causes.
Comme si cette fournaise tombait du ciel sans histoire, sans industrie, sans décisions politiques.
J'accuse notre époque d'avoir fait du confort immédiat la mesure de toute chose.
Toujours plus vite.
Toujours plus loin.
Toujours plus connecté.
Toujours plus consommé.
Toujours plus extrait.
Toujours plus produit.
Toujours plus jeté.
Jusqu'au jour où la réalité présentera l'addition.
Car la physique ne négocie pas.
Le climat ne vote pas.
L'atmosphère ne lit pas les programmes électoraux.
Les océans n'écoutent pas les éléments de langage.
Les lois de la nature ignorent les majorités parlementaires et les campagnes de communication.
Elles s'imposent.
Et elles s'imposeront.
Alors j'accuse.
J'accuse ceux qui savaient.
J'accuse ceux qui pouvaient.
J'accuse ceux qui avaient le pouvoir d'agir.
Je les accuse d'avoir préféré la popularité au courage, la croissance aux limites, le présent à l'avenir.
Je les accuse devant les enfants qui naissent aujourd'hui.
Je les accuse devant les générations qui hériteront du monde que nous leur préparons.
Je les accuse devant l'Histoire.
Et surtout, je les accuse parce qu'ils ne pourront jamais prétendre qu'ils ignoraient.
Basta les « Qui aurait pu prédire ? ».
Nous savions.
Eux aussi. Encore plus que nous… et ils n’auront rien fait..
S'adapter

S'adapter.
Les gouvernants usent à l'envi de ce terme mais c'est absurde.
Répondre séparément à chaque urgence, c'est appliquer un pansement sur la plaie mais être incapable d'anticiper sur l'accident suivant.
Changer durablement ne signifie pas que nous devons trouver les moyens de nous adapter. Cela signifie que nous devons cesser de fabriquer les conditions qui conduisent aux situations d'urgence.
Et ça, les gouvernants ne le veulent pas parce qu'ils sont persuadés que la population n'est pas prête à délaisser le mode de vie qui conduit l'humanité et une grande partie de l'ensemble du vivant à sa fin. Et il est malheureusement vrai que l'évolution des mentalités est si lente que les gouvernants n'ont encore, pour l'instant, aucune raison de changer de voie.
Chaque situation d'urgence sera inévitablement un cran au-dessus de la précédente.
Nous sommes en train de vivre l'année la plus froide du reste de notre vie.
On n'en pouvait plus de voir le jardin-potager-verger dépérir. On a fait tout ce qu'on pouvait pour le protéger. On est parti une semaine faire des sommets dans les Pyrénées. Monter vers 3000 mètres en pleine canicule, c'est clair qu'on n'était pas nombreux. J'en arrive même à me demander si l'été ne va pas finir par devenir la saison la plus abominable. Les quelques personnes avec lesquelles nous avons discuté étaient effarées par les températures qu'on avait sur les sommets et bien évidemment tous les gens du coin nous répétaient qu'ils n'avaient jamais vu ça.
Il leur suffira d'attendre l'année prochaine pour voir que ça n'était qu'une étape.
On ne s'adaptera pas à une augmentation générale de 4 degrés sur la Terre. On en périra, les uns après les autres.
J'imagine que les milliers de scientifiques qui l'ont annoncé depuis les années 1970 sont partagés par deux sentiments : la satisfaction de voir que leurs études étaient justes et la désolation de voir qu'elles n'ont servi à rien.
On est rentré pendant la nuit et ce matin, à 6 heures, on a fait le tour du terrain.
Les protections ont limité les dégâts. La pergola au-dessus du potager et les paillasses qui la couvrent, les tipis que j'ai installés avec des vieilles planches au-dessus de chaque jeune arbre, les cagettes récupérées sur les marchés, les voiles d'ombrage, toutes les installations bricolées sauvent de la mort les plus résistants.
Mais nous ne sommes qu'à la fin juin.
Si une autre canicule de la même ampleur arrive pendant l'été, les pertes, ici et partout en France, seront très, très grandes.
On attend la pluie...En espérant que ça ne soit pas de la grêle.
Et je me demande comment les maraîchers vont faire pour tenir le coup, physiquement, moralement et financièrement.
Jean de Florette
Deux fois par semaine, pendant que Nathalie s'occupe du potager, c'est à dire toutes les plantes, le paillage et l'arrosage, je prends mes arrosoirs et je fais le tour du terrain pour les arbres qu'on a plantés depuis un an et demi. Des arbres qui n'avaient aucune chance de pouvoir grandir parce qu'ils avaient germé au bord d'une route où ils auraient été coupés par les personnels de la DDE, au bord d'une piste forestière où ils auraient été écrasés par les grutiers, des arbres au milieu des sentiers de randonnée où ils auraient été piétinés etc...
Aujourd'hui, pour voir ce que ça donne, j'ai mis en marche l'application STRAVA qu'on utilise quand on marche en montagne ou quand on fait du vélo. On a le kilométrage, la durée, le dénivelée.
Aujourd'hui, avec mes deux arrosoirs pour chaque trajet, j'ai fait 7 km 600 sur un hectare de terrain. Désherbage, paillage, arrosage, "transpirage." On ne fait pas beaucoup de marche en montagne à cette période de l'année. On marche pour le potager et les arbres. On a discuté avec un maraîcher bio du secteur. C'est dur, très dur...Il n'est pas certain de pouvoir continuer. Le travail est énorme, la rentabilité très faible, les aléas très, très nombreux. Un orage de grêle peut anéantir le travail de plusieurs mois en quelques minutes. Il en a fait l'expérience. Nous aussi pour notre petit potager nourricier.
Si on n'avait pas une source sur le terrain, tout serait déjà en train de mourir. Certains arbres, d'ailleurs, malgré les arrosages et l'ombrage que j'ai installé avec des voiles sont en train de dépérir, les résineux principalement.
Il fait trop chaud, le vent du sud brûle les feuillages en surface et le manque hydrique finit le travail. Et on est à 500 mètres d'altitude, dans "l'Ardèche verte", celle du nord du département.
Il faudrait un arrosage journalier. Et je ne suis même pas sûr que ça suffirait. On est en juin et c'est la deuxième canicule après celle du mois de mai. L'été risque de finir en hécatombe. Et c'est une réelle souffrance pour Nathalie et moi.
Mais qu'en sera-t-il dans deux, trois, cinq, dix ans ? On est engagé dans une course contre la montre. Il faut qu'on arrive à faire pousser des feuillus, beaucoup de feuillus pour que l'ombre des feuillages protège le potager, que les feuilles mortes nourrissent le terrain. J'ai construit une pergola sur toute la surface du potager, on y met des paillasses en attendant que toutes les plantes grimpantes, chevrefeuilles, akabias, vignes et autres lianes prennent la relève.
Les robiniers faux-acacias se montrent les plus résistants et les plus vigoureux avec les érables et les frênes. Les hêtres sont tous morts, quelques châtaigners tiennent, d'autres pas. Les chênes poussent mais très lentement, c'est connu, on le savait. Les noisetiers et les charmes ont démarré mais c'est encore incertain.
Une fois que des feuillus seront suffisamment grands, on pourra tenter de nouveau de planter des résineux. Il suffit de regarder les forêts naturelles. Les buissons, les ronces, les fougères et les arbustes protègent les jeunes arbres. Les résineux poussent à l'ombre. L'idéal, pour eux, est de démarrer leur existence sous une forêt de feuillus. On a été imprudents ou présomptueux. J'ai vu mourir certains sapins en quelques jours. S'il s'agissait d'étés "normaux", on y arriverait. On l'a fait dans notre terrain en Savoie, puis en Creuse. Mais depuis ce temps-là, l'été s'est mis à frapper dès le moi de mai et jusqu'en septembre-octobre.
Les terrains en pelouse ne sont pas favorables à la plantation des arbres. Ils sont trop vulnérables et le terrain qu'on a acheté était quasiment occupé par de la pelouse, juste de la pelouse. Il a fallu tout reprendre à zéro et un an et demi après notre arrivée, le deuxième été qui s'annonce risque d'être très rude...Et le prochain ?
Tous les jours, je pense aux gens qui travaillent dehors, deux de nos enfants par exemple. Nous, on démarre à 8 h et on arrête à 13. On reprend parfois en fin de journée. Mais ça n'est pas un travail de force et on n'a pas d'autre pression que celle qu'on se met.
Comment les animaux tiennent-ils le coup ? Je ne sais pas. Quel est l'impact sur leur survie ?
Cette souffrance de la nature, elle me noue le ventre.
Il y a un scientifique que j'écoute grandement : Christophe CASSOU.
Tenir le coup.
Court, instructif, un texte de qualité. Un résumé de ce qui aurait pu nous faire disparaître, tous. Mais certains et certaines ont tenu le coup. Ils sont dans notre ADN.
Les cloportes
J'adore les observer.

"Le cloporte sous ton pot de fleurs n'est pas un insecte. C'est un crustacé terrestre — un cousin direct des crabes et des crevettes. Sa lignée remonte à plus de 300 millions d'années et c'est le seul crustacé à s'être pleinement adapté à la vie sur terre.
Ce qu'il fait là-dessous : il mâche les feuilles mortes, le bois en décomposition et les débris organiques et les convertit en nutriments directement assimilables par les racines. Une colonie active traite la matière organique plus vite que bien des systèmes de compostage de jardin.
"Faut qu'je marche"
Voilà, c'est ça, faut que je marche ou que je pédale ou que je remplisse les arrosoirs à mes citernes et que j'arrose mes arbres éparpillés sur un hectare, jouer à Jean de Florette et ne me préoccuper que de la bonne santé de tous ces jeunots qui vont passer leur deuxième été pour certains, le premier pour les autres, qui doivent s'enraciner, plonger profond, profond, se gorger de forces avant cette traversée éventuellement caniculaire et que je prie pour qu'il pleuve et que mes citernes se remplissent.
Il faut que j'occupe mes pensées avec des choses emplies de beauté.
Parce que le soir, quand j'ouvre l'ordinateur, je sais qu'en quelques clics, en quelques pages, la paix peut voler en éclats. Non, rien ne m'oblige à m'infliger cette douleur mais j'écris une dystopie dans laquelle les trois-quarts de l'humanité disparaissent alors je me dois d'être crédible et l'humanité m'offre à chaque jour les raisons de la voir s'effondrer. Et elle m'offre tout autant les raisons de décrire le cheminement des survivants, ceux pour qui l'amour reste le maître.
"Faire preuve d'humanité"
En voilà une expression qui mériterait d'être remaniée...
Cimetière de baleines
"Les tissus mous et les lipides contenus dans cette masse de carcasses représentent "à peu près 6,7 millions de tonnes de CO2 piégé", explique Xiaotong Peng."
Cette phrase m'interpelle.
Pourquoi ramener la vie de ces animaux merveilleux à un problème de CO2 créé de toutes pièces par l'activité humaine ?
Et si tant est que ça soit pertinent, alors, il faudrait calculer la quantité de CO2 qui n'a pas été prise en compte par le massacre des baleines perpétrés par les hommes depuis des siècles et mettre en avant que toute atteinte au vivant représente une augmentation de notre impact sur la planète.
Cette propension à ne pas aller au bout d'une réflexion est vraiment pitoyable.
Au fond de l'océan Indien, un stupéfiant cimetière de baleines
information fournie par AFP •10/06/2026 à 17:50

Photo prise par "Global TREnD, IDSSE" et diffusée le 10 juin 2026 montrant le plus grand cimetière de baleines connu au monde, découvert par le submersible chinois Fendouzhe, à sept kilomètres de profondeur dans l'océan Indien ( Global TREnD, IDSSE / Handout )
Près de 500 squelettes, dont certains vieux de 5,3 millions d'années, gisant à 7.000 mètres au fond de l'océan Indien: des scientifiques ont découvert le plus grand cimetière de baleines au monde et il regorge de vie.
Répartis sur un corridor long de 1.200 kilomètres à l'Ouest de l'Australie, ces carcasses de cétacés soutiennent tout un écosystème, dont de nombreux organismes seraient inconnus de la science, selon une étude publiée mercredi dans Nature.
Les scientifiques pensent que les baleines sont mortes en si grand nombre dans cette zone parce qu'il s'agit d'une aire d'alimentation importante — combiné à une tranchée en forme de V qui canalise les carcasses vers les fonds marins.
C'est une "découverte vraiment unique", salue le paléontologue américain Stephen Godfrey, qui la compare à la première observation de sources hydrothermales regorgeant de vie au fond des océans en 1977.
"Le plus ancien fossile, ainsi que de nombreux crânes plus récents, montrent que les +chutes de baleines+ se sont accumulées sur ce site de façon ininterrompue pendant au moins cinq millions d'années", écrit-il dans un article accompagnant la publication de l'étude dans Nature.
On savait déjà que lorsque les baleines meurent, leurs corps coulent au fond des océans et nourrissent la faune des profondeurs — un phénomène appelé "chute de baleines".
Mais les chercheurs ont été "stupéfaits" quand ils ont pris la mesure de leur découverte, confie à l'AFP Xiaotong Peng, de l'Académie chinoise des sciences et auteur principal de l'étude.
"Découvrir une nécropole d'une telle ampleur était totalement inattendu: l'étendue de la distribution, la profondeur et l'éventail des âges dépassent tout ce que nous avions imaginé", souligne Xiaotong Peng.
"Une expérience vraiment incroyable"
En 2023, les chercheurs chinois ont effectué 32 plongées à bord du petit submersible "Fendouzhe" dans cette zone de l'océan Indien appelée Diamantina.
L'engin pouvait transporter jusqu'à trois personnes et collecter des fragments de fossiles à l'aide de bras robotisés.
Observer le cimetière de ses propres yeux a été "une expérience vraiment incroyable", raconte à l'AFP Peng Zhou, co-auteur de l'étude.
"Les écosystèmes florissants que nous avons vus nous ont offert une perspective complètement différente sur l'environnement par ailleurs sombre et froid qu'est le plancher océanique", détaille-t-il.
Autour des carcasses, s'affairaient des méduses, des ophiures (proches des étoiles de mer), des vers foreurs d'os et des mollusques bivalves.
La plupart de 485 fossiles de cétacés recensés appartiennent à la famille des baleines à becs - dont une espèce jusque-là inconnue et aujourd'hui disparue.
En extrapolant à partir du nombre de fossiles retrouvés, les auteurs estiment que plus de 10 millions de squelettes pourraient reposer au fond de l'océan dans la zone Diamantina.
Les tissus mous et les lipides contenus dans cette masse de carcasses représentent "à peu près 6,7 millions de tonnes de CO2 piégé", explique Xiaotong Peng.
Une immense source de nourriture pour les animaux vivant en eaux profondes, similaire aux sources hydrothermales qui créent leurs propres écosystèmes.
Certains des animaux observés vivent également dans des sources hydrothermales et des suintements froids, ce qui suggère que les carcasses de baleines pourraient relier ces communautés marines profondes.
Bien qu'il s'agisse de loin du plus grand cimetière de baleines jamais découvert, des fossiles trouvés lors de chalutage laissent penser que d'autres pourraient exister, par exemple au large de l'Afrique du Sud ou de la péninsule ibérique, selon l'étude.
C'est "extrêmement enthousiasmant", estime Craig Smith, océanographe à l'Université d'Hawaï (Etats-Unis), qui a découvert la première "chute de baleines" en 1987 et n'a pas participé à l'étude.
"Le nombre considérable de chutes de fossiles de baleine documentées, y compris une nouvelle espèce de baleine à bec, est vraiment remarquable et d'une importance majeure pour comprendre l'évolution des baleines et leur répartition au cours des temps géologiques", souligne-t-il auprès de l'AFP.
Cette "découverte remarquable" apportera "probablement de nombreuses nouvelles connaissances ", notamment sur les espèces vivant dans ces communautés dites "chimiosynthétiques", que l'on pensait fortement réduites par la chasse commerciale à la baleine, abonde Amy Baco-Taylor, spécialiste de ces écosystèmes à l'université d'État de Floride.
Un Dieu malfaisant.
Genèse 1
…26Puis Dieu dit: Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. 27Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il créa l'homme et la femme. 28Dieu les bénit, et Dieu leur dit: Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l'assujettissez; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre.…
Alors, permettez-moi de le dire, Dieu est un être malfaisant.
Car il y a Lyhanna. Et tous les autres enfants, violés et assassinés par des hommes et toutes les femmes violées et assassinées par des hommes et il y a la guerre et tous les enfants et toutes les femmes qui y meurent, toutes les guerres dont on nous parle et celles dont on ne nous parle pas.
Un être malfaisant capable de créer des êtres immensément bons et des êtres monstrueux. Pourrait-on parler de perversité de sa part ?
Ou alors, c'est qu'il n'existe aucunement et que les hommes sont une malfaçon de la nature.
Félix Radu - J'accuse
J'accuse le temps d'excès de vitesse
J'accuse la mort de faux et d'usage de faux
J'accuse le silence de refus de coopérer
J'accuse les départs d'abandon et les chagrins de coups et blessures
J'accuse l'amour et les séparations d'association de malfaiteurs
Et l'habitude de violence conjugale
J'accuse la poésie de ne pas exister
Et la beauté pour ses absences répétées
J'accuse les sourires de vol à main armée, et les yeux de voyeurisme pervers
J'accuse mon cœur de tapage nocturne et la mélancolie pour harcèlement
J'accuse mon ombre d'atteinte à la vie privée
J'accuse la tendresse de ne pas figurer dans la loi
J'accuse la bêtise pour injure envers l’humanité
J'accuse la haine puis la colère
J'accuse l'univers pour non-assistance à personne en danger
J'accuse mes parents pour homicide involontaire et plaide coupable
Pour les enfants qu'un jour j'aurais
J'accuse la curiosité de détournement de mineur
J'accuse l'ivresse de pot-de-vin et la mémoire de trahison
J'accuse l'histoire d'aujourd'hui pour plagiat sur celle d'hier
J'accuse l'esprit pour évasion répété et l'art pour l'y aider
J'accuse les hommes d'incohérence
J'accuse les arts de tentative de noyade et la solitude d'isolement forcé
J'accuse la peur d'enlèvement et l'espoir pour cumul des fonctions
J'accuse les poètes de mourir et leurs écrits d'être resté
Euphorie de la violence
Victoire du PSG.
Certains et certaines ont vécu leur plus belle soirée de l'année.
C'est dire...
Et dans cette euphorie survient la violence.
Elle est larvée, sous-jacente, n'importe quel événement suffit à la libérer. La masse a une propension bien connue à devenir folle.
Je poste ça parce que si jour, les trois tomes qui suivent "Les héros sont tous morts" sont publiés, si quelqu'un vient me dire que mes écrits sont exagérés, qu'ils dépassent la réalité, je rappellerai qu'un simple match de foot suffit à libérer les casseurs, que ce goût de la destruction, du pillage, de la violence envers tout le monde et n'importe qui, pas uniquement les forces de l'ordre et donc l'Etat, c'est un phénomène connu, déjà vu mille fois. Et qui se reproduira.
Je laisse à chacun imaginer ce qu'il en serait si, un jour, pour X raisons, et ces raisons s'amplifient inéluctablement, le contrôle venait à échapper à l'Etat et que les masses devenues folles laissaient exploser cette violence. La question essentielle est simple : que deviendront les individus qui ne veulent pas de cette violence en eux ?
La dystopie en cours explore la violence, tout autant que l'amour.
Les héros sont tous morts
Tous, sauf elle
Le désert des barbares
Terre sans hommes
Ces quatre romans décrivent une trajectoire.
Le premier explore les noirceurs humaines.
Le deuxième désigne ce qui survient quand les noirceurs nourrissent le chaos.
Le troisième montre ce qui apparaît quand les structures s'effondrent et comment s'organisent les survivants.
Le quatrième pose la question ultime : que devient le monde lorsque l'homme n'en est plus le centre ?
LE DESERT DES BARBARES
« Le silence. Tu n’imagines pas à quel point, j’ai rêvé de ce silence. Je l’ai même espéré. Mais je ne pensais pas que ça pourrait arriver en aussi peu de temps. L’humanité est une entité fragile, ça fait longtemps que j’en suis convaincu. Elle est fragile parce qu’elle porte en elle une puissance destructrice qu’elle n’imagine même pas. L’humanité s’est étendue depuis des millénaires avec une réussite totale, elle a tout conquis, elle s’est tout attribué mais il y a un élément qu’elle ne maîtrise pas, c’est sa folie. La folie de chaque humain, elle est en nous, en toi, en moi, n’importe qui. Nous la contenons, individuellement. Non pas juste par respect des lois, par peur des sanctions, par peur des représailles mais parce que l’amour de la vie reste le maître. Lorsque tout va bien. Mais maintenant, que la contamination est lâchée, les premiers fous libèrent les autres. Et la peur de la folie des autres réveille la folie de ceux qui ont peur. Rien ne peut arrêter ça. »
Elle ne trouva rien à répondre parce qu’elle avait connu la folie, il y a longtemps déjà, dans une autre vie, dans un aéroport, puis la folie d’un homme au volant d’une voiture, juste pour un sac de billets, pour le pouvoir de l’argent, jusqu’à décider de tuer ses propres équipiers et une femme qu’il ne connaissait pas, qui ne lui avait rien fait. La folie cachée en chacun et qui parfois prend les rênes. Est-ce qu’elle risquait un jour de basculer ? Est-ce qu’elle pourrait perdre le contrôle ? Est-ce que ce monde de chaos pourrait l’envahir au point de devenir folle à son tour ?
« Théo, il n’y a qu’une solution.
- Oui, Laure, je sais ce que tu vas me dire. Enfin, je pense le savoir. L’amour, c’est ça ?
- Oui, Théo, l’amour. Il faudra beaucoup d’amour.
- Mais je pourrais tuer mille hommes pour te sauver. Est-ce que je serais fou pour autant ? »
Elle se libéra de ses bras et se retourna. Elle devinait dans la clarté céleste l’intensité de ses yeux.
« Il serait préférable de n’être jamais confronté à cette question.
- Nous le serons, probablement, toi comme moi. Un jour prochain, nous pourrons être obligés de tuer quelqu’un. Alors, je repose ma question. Serons-nous fous de le faire ? Et une autre question s’impose aussi. Est-ce que tu es prête à tuer quelqu’un pour me sauver, c’est à dire sauver l’amour que tu as pour moi ? »
Elle posa la tête contre sa poitrine.
« Oui. »
Il posa les mains sur ses joues et leva son visage.
« Et nous ne serons pas fous lorsque ça arrivera. Parce que c’est l’amour qui nous guidera. »
Un homme en colère
Arthur KELLER
Un homme en colère.
En colère parce que ça fait très longtemps qu'il explique les mêmes choses et que rien ne change, fondamentalement.
Je pourrais ajouter d'ailleurs que rien ne changera volontairement, fondamentalement. C'est fini. Il faut arrêter de croire qu'on va guérir la maladie. Nous sommes la maladie et nous n'avons aucunement l'intention de nous guérir parce que cela voudrait dire que nous sommes prêts à changer, radicalement, de mode de vie. Non, ça n'arrivera, pas, pas volontairement mais ça se fera par nécessité et ça ne sera pas agréable.
C'est tout le fond de l'écriture de ma quadrilogie, le tome 4 en cours. Et je n'écris pas ça par goût, par curiosité malsaine, empli d'une tendance morbide, amusé par les descriptions de l'effondrement des civilisations. Non, vraiment pas. Je n'ai aucun plaisir à décrire une humanité dévastée. Et d'ailleurs, parfois, quand j'écris, me vient à l'esprit le visage de nos trois-petits enfants. Et là, j'arrête d'écrire, j'éteins l'ordinateur et je vais lire Krishnamurti, Prajnanpad, Desjardins, Di Mello, Eckart Tolle ou un album de "Martine à la montagne"
vues 26 mai 2026 #Keller #climat #Systémique
Dans cet extrait issu de l'Université Bretagne Sud, Arthur Keller, spécialiste renommé des vulnérabilités systémiques et des stratégies de résilience, livre un diagnostic implacable sur la crise écologique actuelle. Il démontre avec méthode pourquoi la transition énergétique et l'énergie décarbonée restent dérisoires si l'on refuse de traiter la véritable maladie de notre civilisation, à savoir une machine globale qui convertit la nature en déchets. Un décryptage systémique indispensable pour comprendre les limites des solutions médiatiques et faire la distinction cruciale entre les simples symptômes environnementaux et le dérèglement global de notre biosphère.
Départ : 4 heures du matin
Cinq jours de rando dans le Vercors, des coins perdus, des sentiers très peu parcourus. On dort dans le fourgon, en forêt.
J'ai des nuits parfois compliquées... Des crampes dans les deux jambes (sténose canalaire lombaire), des fourmillements constants, des douleurs dans les hanches (arthrose), bref, des nuits de m... et quand on est dans le fourgon, Nathalie en subit les conséquences. Alors, cette fois, devant l'impossibilité de dormir, on s'est fait un café et on est parti sur la rando du jour.
4 h du matin.





Montée de nuit avec la frontale, silence, le faisceau limité des lampes et puis quand on levait les yeux, l'apparition lente de la lumière, juste un voile et peu à peu l'envahissement du ciel, le retrait de la nuit, le passage lent vers l'apparition du soleil. On a remonté un long couloir rocheux et on est arrivé au col avant que le soleil n'émerge. On a suivi les crêtes vers le point haut du jour.
Bien évidemment, on était les premiers au sommet et là, trois bouquetins nous regardaient, surpris sans doute, de voir du monde aussi tôt dans la journée; Ils sont partis tranquillement dans les pentes.
Une belle journée.





Yuka dans un roman.
Celles et ceux qui lisent ce blog depuis plusieurs années déjà se souviendront de l'épisode douloureux de Yuka, le chien de notre fille. J'avais roulé sur lui avec le fourgon.
Yuka est toujours vivant et toujours empli de la joie de vivre. Je sais tout ce qu'il m'a enseigné. J'avais l'occasion ici d'en faire part, de le raconter dans un roman.
TERRE SANS HOMMES
CHAPITRE 28
« Le Cap Horn, Francis. »
Une immense pointe rocheuse, des falaises gigantesques plongeant dans les flots, un sommet comme un promontoire en bout de terre, découpant le ciel bleu. L’impression d’une île flottante résistant aux courants, juste posée sur la mouvance. Soleil rasant qui effleurait l’immensité et la peignait d’un vert sombre, des vaguelettes couraient dans le sens du voilier comme des animaux jouant avec un inconnu, curieux, amusés ou incrédules. De contempler la terre et les roches, de deviner la végétation rase, d’imaginer les arbustes recroquevillés, ils en humaient les effluves, les parfums mêlés de l’iode et de l’humus, de l’écume et de l’herbe mouillée. Des oiseaux marins les suivaient en bandes, comme des enfants attirés par un spectacle imprévu.
« On passe le Cap Horn comme on ferait une petite balade tranquille, petite risée, vent arrière, pique-nique au soleil. »
Ils avaient enfilé les vestes chaudes davantage par respect pour le lieu que par nécessité.
« Oui, Tim, je sais, ça n’existe pas. Mais en fait, tout ce qui se passe depuis des mois n’était pas censé exister, même si les gens comme toi pensaient en avoir imaginé l’exact déroulement. Finalement, ce beau temps n’est jamais qu’un élément supplémentaire.
-Oui, tu as raison, c’est exactement ça, comme si maintenant, le monde que nous avons connu avait basculé dans une version irrationnelle parce que nous, les humains, nous sommes irrationnels envers la planète depuis des siècles.
-Nous sommes la Terre et la Terre est ce que nous sommes.
-On en revient toujours à ça désormais.
-Et donc, il est impossible de prévoir la suite et tout ce que toi et tes confrères survivalistes avaient anticipé tombe dans le néant. On ne sait rien de ce qui peut arriver.
-Et ça n’est pas pour me rassurer.
-Attends, Tim, tu te rends compte de ce que tu me dis ? Tu es inquiet non pas que le chaos que tu envisageais soit arrivé mais que son extension ne réponde pas à tes anticipations. Mais est-ce que c’était vraiment possible de tout prévoir, d’identifier chaque événement, de cartographier le chaos, est-ce que ça n’est pas une forme de prétention, peut-être même un défaut d’esprit cartésien de se dire que tout peut être planifié, même quand il s’agit d’un basculement planétaire ? »
Tim le fixa quelques instants.
« Là, tu me touches en plein cœur, camarade. Et je t’en remercie. Je t’ai pourri la vie à chaque fois que tu voulais connaître la suite et maintenant, c’est moi qui m’inquiète et tu as raison, c’est uniquement parce que ça ne répond plus du tout à ce que j’envisageais et tu as raison de dire que c’est complètement con de vouloir identifier la suite alors que plus rien ne ressemble à rien. On vogue sur l’inconnu.
- Ah, oui, c’est ça on vogue sur l’inconnu. »
Ils scrutèrent encore le cap, cette terre dont ils n’avaient pas vu la moindre parcelle depuis leur départ, cette terre sur laquelle ils ignoraient tout des événements passés, de ceux en cours et de ceux à venir. Franchir ce cap mythique ne les combla aucunement parce qu’ils n’étaient pas des marins, ils n’étaient pas en course, ils n’étaient pas en voyage, ils étaient deux êtres ignorant tout, n’ayant plus aucun repère, aucune référence, aucune projection fiable, ils n’étaient que deux hommes poussés par le vent, être là ou ailleurs ne changeait rien car où qu’ils puissent être, ils ne pouvaient s’en contenter, ni même s’en réjouir, rien ne serait jamais fini, tout resterait incertain, la seule chose dont ils puissent s’assurer de la réalité, c’était la vie en eux, le souffle de leurs poumons, le battement de leur cœur. Se réjouir du moment, de l’instant unique, rejeter tout le reste, le passé, demain, l’heure suivante. Être là, simplement. Il n’y avait aucune joie, aucune euphorie, aucun enthousiasme, aucune inquiétude, aucune appréhension, aucune peur, rien, juste la sérénité et l’un comme l’autre n’en avait encore jamais exploré à ce point la profondeur.
« C’est dans le chaos que le saisissement intégral de l’instant devient possible. »
Tim regarda intensément Francis, comme s’il avait besoin de temps pour réaliser ce que son compagnon révélait.
« J’ai pensé un certain temps que tu étais un brave gars un peu con. Ben, maintenant, Francis, tu vois, je suis heureux d’entendre tout ce que tu me donnes. Moi aussi, j’ai eu de la chance de tomber sur toi. »
C’est dans l’après-midi que Tim s’aperçut que la ligne qui courait derrière le bateau était agitée de soubresauts. Il sortit un cabillaud, une belle pièce qu’il s’appliqua à tuer sitôt tombée sur le pont.
« Poisson frais pour ce soir avec une boîte de petits-pois.
-Je te laisse le vider, j’en suis incapable.
-Eh bien, tu vas apprendre mon gars, » répliqua Tim.
Il descendit dans la cabine et revint avec une planche à découper, un couteau et une paire de ciseaux.
« Passe moi la barre et suis les consignes. »
Couper les nageoires au ciseau, écailler, entailler depuis l’anus, retirer les intestins, écarter les branchies, sortir les organes, découper au couteau les filets en suivant l’arête centrale.
Francis leva la tête une fois le travail achevé, fier de lui. Tim leva un pouce.
« Maintenant, tu gardes précieusement les abats pour appâter des congénères, tu descends à la cuisine, tu les fais frire et tu m’amènes ça. »
Ils mangèrent en contemplant le coucher du soleil sur les montagnes de la terre de feu.
« Tu sais qu’on est des privilégiés ? Tu en as conscience ?
-Ouais, Tim, ça fait un moment que je le sais. On ne sait rien de l’état du monde humain et on peut juste supposer que c’est un sacré merdier. Et nous, on mange du poisson frais en admirant les lieux, sans aucun risque, peinard, là où beaucoup, avant que tout parte en vrille, auraient pensé qu’on est en danger dans des endroits infréquentables. L’inversion du ressenti est impressionnant. Et d’ailleurs, on peut se dire que si on arrive un jour sur les côtes françaises, ce qu’on va découvrir pourrait nous faire regretter le Cap Horn et les océans.
-C’est possible, effectivement. Et pourtant, c’est toujours ce que je veux faire.
-Tu veux t’arrêter sur une île habitée comme tu m’avais dit ou tu laisses tomber ?
-Non, j’ai laissé tomber l’idée parce qu’on n’a aucune idée de ce qu’on va trouver, ni même si on nous laissera accoster et je n’ai pas envie de prendre de risques. On file vers la France et on verra une fois sur place. C’est là-bas que je veux voir où ça en est. Aux Malouines ou sur d’autres îles, ça ne m‘intéresse pas et on n’a aucune obligation. Pour la bouffe, ça tiendra, le dessalinisateur fonctionne à merveille, on n’a rien cassé sur le bateau. J’ai bossé les cartes et je pense que le mieux, c’est l’île de Ré et de là, si on peut rejoindre le continent, on traverse tout droit jusqu’à la Savoie.
- Et comment ? Tu imagines bien qu’il n’y a pas de bus, pas de train, pas d’avion. Une bagnole, peut-être mais faut de l’essence. Est-ce qu’il y aura de l’essence ?
-Des vélos. Des petites routes, huit cents kilomètres, une douzaine de jours, sur l’île de Ré, on trouvera deux vélos.
-T’es vraiment dingue, toi, j’adore. »
Tim avait pris le premier quart de nuit. À tourner en boucle les paroles de Francis. Est-ce que d’avoir passé un temps infini à anticiper le futur, il en avait oublié de vivre ? Est-ce que d’avoir maudit le drame de son passé, il en avait oublié d’être là ? Il pensa soudainement au chien de Taylor, un ami scientifique. En reculant avec son fourgon, Taylor avait roulé sur son chien. Un accident inexplicable. Le lien entre lui et ce chien était au-delà du vécu habituel, une sorte de couple, une fusion, une proximité de cœur ou d’âme mais en tout cas, Taylor s’en était voulu à un point que personne ne pouvait imaginer. Le chirurgien à la clinique vétérinaire avait dit qu’il fallait piquer l’animal, qu’il ne s’en sortirait pas sans séquelles et Taylor avait refusé, il avait demandé l’opération, ou plutôt les opérations, le bassin à reconstituer, la peau nue, les poils rasés, des cicatrices qu’il fallait surveiller. Le chien avait survécu. Taylor l’emmenait avec lui au travail, il avait fabriqué un chariot, le chien incapable de marcher plus de dix mètres. Un beau chien, puissant, plein de vie et là, il se souvenait d’un animal diminué, éteint, en sursis. Des semaines d’incertitudes puis des semaines de rééducation. Taylor avait peur que son chien lui en veuille. Et le chien l’aimait toujours autant. Il n’était plus aussi agile, une santé plus fragile, des effets secondaires mais le chien l’aimait toujours autant. Et un soir où Taylor l’avait invité chez lui, il lui avait donné l’explication, il avait compris. Le chien était là, présent, dans une totale captation de l’instant, aucunement désespéré des courses devenues impossibles, des jeux avec la balle, des sommets avec son maître. Aucun attachement au passé, aucune projection dans l’avenir. Prendre ce qui est et s’en réjouir. Et lui qui se croyait maître de ses pensées et de ses émotions, maître de ses choix et de ses décisions ne vivait en réalité que dans la rage pour ce passé qui avait emporté Aurore et leur enfant et la rage pour ce futur empoisonné par une humanité dévorante.
Jamais là.
Il avait vu la récupération du chien, son retour progressif à une vie de chien, les balades, les jeux avec la balle, les sorties en montagne avec son maître, le regard pétillant, les yeux brillant d’amour.
Et lui avait vécu avec la tristesse, la détresse, l’abattement et la haine pour les tueurs, il avait renié toute joie, comme un hommage pour Aurore, comme s’il devait avoir honte d’être en vie, comme s’il devait pourrir sur pied contre le corps mort de la femme de sa vie. Il avait souhaité la disparition des vivants parce que lui-même refusait de l’être.
Le chien de Taylor avait saisi chaque pas comme une victoire et s’était nourri de la joie qu’il en retirait. Et lui avait saisi chaque donnée de ses recherches, chaque information sur l’atteinte à la planète pour valider son attachement morbide au passé et son impatience à voir advenir ce futur dévastateur dont il rêvait.
Il regarda les étoiles et la teinte bleutée de la nuit. Des myriades de lumières si lointaines qu’il était impossible d’en réaliser les distances. Des privilégiés, avait dit Francis. Le privilège d’être en vie. Mais il ne suffisait pas d’en avoir conscience, encore fallait-il en user.
Il ajusta le réglage des voiles et finit de boire sa tasse de café. Il repensa à sa maison dans les bois, ce refuge qu’il avait orchestré et qui n’était finalement qu’une tombe à l’image de l’existence dans laquelle il s’était cloisonné. Le chaos était une délivrance, un envol, une renaissance et non une fin.
Lorsque Francis le rejoignit pour prendre son quart, il vit dans le regard ébahi de son compagnon le reflet des étoiles.
La chrysope aux yeux d'or
"Au coeur de l'Atlantique tourmentée de mon être, il m'arrive de jubiler dans un calme muet, tandis que les planètes néfastes gravitent sans fin autour de moi sans toucher la place profonde et intime où baigne l'étincelle de ma joie."
Herman MELVILLE "Moby Dick"
Quel est le lien entre cette phrase et un article sur un insecte ?
J'en ai trouvé une ce matin contre la vitre de la véranda, je l'ai regardée longuement puis j'ai ouvert le panneau.
Et l'étincelle de ma joie rayonnait et les planètes néfastes avaient disparu.
Les larves ne vont pas tarder à éclore et les pucerons qui se régalent des fèves du potager vont avoir quelques soucis. Equilibrage naturel du rapport de forces.
La chrysope verte, un insecte auxiliaire à protéger
https://www.detentejardin.com/petite-faune/tous-les-insectes/la-chrysope-verte-un-insecte-auxiliaire-a-proteger-1047000
Très utile au jardin comme dans la véranda pour réguler les pucerons et les cochenilles - © Adobestock
Publié le 11 févr. 2024 par Armelle Robert
La chrysope verte est un petit insecte volant nocturne dont la larve fait parler d'elle dans la lutte biologique contre les parasites du jardin. Vorace, elle dévore jusqu'à 500 pucerons pendant son développement. Adulte, elle joue un rôle important dans la pollinisation.
Portrait de la chrysope verte ou Chrysoperla carnea
La chrysope verte ou Chrysoperla carnea (anciennement Chrysopa carnea) est une espèce d'insecte faisant partie de la famille des Chrysopidae (qui signifie en grec "à œil d'or" ) et de l'ordre des Névroptères. On l'appelle communément tantôt demoiselle aux yeux d'or (ou mouche aux yeux d'or) tantôt lion des pucerons (ou loup des pucerons).
Le mince corps de l'insecte adulte mesure entre 10 et 15 mm tandis que ses ailes translucides, irisées et finement nervurées atteignent 25 mm. La tête de la chrysope se caractérise par des yeux globuleux à reflets dorés, de longues et fines antennes et des fortes mandibules. Nervures et corps sont d'une couleur vert vif qui vire au rose en automne rendant la chrysope plus discrète dans son abri hivernal. Cette couleur verte et la finesse des ailes évoquent une libellule miniature.

© Adobestock
Des œufs à l'insecte vert, le cycle de vie de la chrysope verte
Dès le mois de février/mars ou au premier redoux du printemps, les femelles des chrysopes pondent leurs œufs, une vingtaine par jour pendant près d'un mois, sur des feuilles à proximité de proies potentielles qui assureront la nourriture des futures larves. Les œufs de chrysope, d'environ 2 mm, elliptiques et verdâtres, sont curieusement positionnés à l'extrémité d'un pédoncule fin et muqueux sécrété par la femelle, les préservant ainsi des prédateurs et des larves de chrysopes.

© Adobestock
Une à deux semaines plus tard, les œufs devenus bruns à maturité donnent naissance aux larves de chrysope. De 7 à 10 mm de long au 3e et ultime stade larvaire, elles évoquent un crocodile brun-jaune marqué d'une bande centrale crème entourée de deux bandes rouge-brun. Les larves, très voraces, sont pourvues de mandibules acérées et proéminentes permettant d'agripper et de perforer leurs proies pour y injecter du venin et des sucs digestifs. Ces sucs liquéfient l'intérieur de la proie que la larve de chrysope vient ensuite aspirer goulument! Les larves sont bien dissimulées sous des débris végétaux et des proies consommées.

© Adobestock
Après le stade larvaire, vient le stade nymphal qui dure 1 à 2 semaines. La nymphe qui patiente au sein de son cocon soyeux collé sur un rameau ou une feuille jusqu'à ce que l'insecte adulte sorte de ce cocon après lente découpe d'un opercule. Rapidement, les femelles fécondées vont assurer les premières pontes...
Selon la température et la lumière du jour, il faut entre 3 semaines et deux mois pour que la chrysope verte effectue son cycle complet de développement. La vie des dernières chrysopes vertes de la saison est toutefois plus longue car elles passent l'hiver à l'état adulte, tandis que de nombreuses espèces de chrysopes passent l'hiver au stade nymphal. Selon les années, il peut se succéder 2 à 3 générations de chrysopes vertes (jusqu''à 4 en climat doux).
Où vit la chrysope verte ? Le point sur son habitat
L'habitat de la chrysope verte varie selon le moment de l'année. A la belle saison, œufs, larves et adultes apprécient la végétation sèche et exposée aux rayons du soleil : herbes hautes, arbustes, arbres ...Pendant l'hiver, la chrysope cherche des lieux sombres et préservés des précipitations: abris de jardin, tas de bois et de feuilles mortes, greniers, hangars.

© Adobestock
Insecte nocturne, la chrysope échappe à la prédation de nombreux oiseaux et araignées, mais elle est la proie de son ennemi naturel, la chauve-souris, surtout si un lampadaire l'attire dans son halo lumineux. Heureusement pour elle, elle est dotée d'un système émetteur/récepteur d'ultra-sons à la base des ailes lui permettant d'esquiver le plus souvent son attaque.
Est-ce que la demoiselle aux yeux d'or se repère à ses piqûres ?
La chrysope verte est du genre discret. On ne la repère pas à ses piqûres car elle est totalement inoffensive pour l'humain. Si sa larve est carnassière, l'insecte se nourrit de pollen, nectar et miellat. Il est visible de mai à septembre au crépuscule ou la nuit. Son vol est maladroit malgré ses ailes élégantes. Si on touche une chrysope, on peut constater qu'elle diffuse une odeur désagréable grâce à des glandes sécrétrices activées par la menace.
D'autres chrysopes
Il existe de nombreuses espèces de chrysopes qui appartiennent au genre Chrysopa et non Chrysoperla comme notre chrysope verte. Elles s'en distinguent par une apparence légèrement différente selon l'espèce et un régime alimentaire à l'âge adulte composé de proies comme au stade larvaire. Caractéristique qui les rend également intéressantes pour la lutte biologique. La chrysope verte représente dans notre pays plus d'un tiers de la population des chrysopes observées.
Chrysopa perla
Assez rarement observée en France ( < 1% des chrysopes sur le terrain), elle est aussi nommée lion des pucerons comme sa cousine la chrysope verte. Elle s'en distingue par des ailes nervurées de noir et des taches noires sur le corps. Sa larve est brun ocre.

Chrysopa perla © Adobestock
Chrysopa pallens
Plutôt rare également (5% des chrysopes observées), Chrysopa pallens, la chrysope pâle ou chrysope des haies se reconnaît à sa grande taille > 30 mm et sa tête marquée de plusieurs taches noires (après observation minutieuse).

Chrysopa pallens © Adobestock
Quel est le rôle de la chrysope verte au jardin ?
La chrysope verte a un rôle d'auxiliaire du jardinier car sa larve se nourrit de nombreux parasites. Ainsi, elle régule les populations de ravageurs, permettant de se passer de produits phytosanitaires même bio ou des méthodes de grands-mères aux effets pas toujours maîtrisés. A l'âge adulte, la chrysope verte participe à la pollinisation quand elle butine en quête de pollen et de nectar. Elle augmente la production de fruits et de légumes au potager et au verger.
Lutte contre la cochenille, le puceron, la pyrale...
La larve de chrysope verte (et des autres chrysopes) est friande des œufs, des larves et des adultes d'arthropodes, un vaste embranchement comprenant des animaux au corps segmenté, couvert d'une cuticule ou d'une carapace. Elle dévore ainsi pucerons, cochenilles farineuses, chenilles dont celles de la redoutable pyrale, acariens ( araignées rouges), aleurodes, thrips... Elle peut dévorer plusieurs centaines de pucerons au cours de son évolution.

© Adobestock
La chrysope verte est notamment utilisée dans la lutte biologique contre la cochenille noire de l'olivier.
Chrysope ou coccinelle, meilleur auxiliaire ?
La chrysope verte est l'auxiliaire complémentaire de la coccinelle. Même si elle consomme moins de pucerons que la coccinelle qui en consomme sous forme larvaire et adulte, elle démarre son activité plus tôt dans la saison. En effet, les chrysopes supportent mieux la fraîcheur printanière et permettent de limiter les population de ravageurs et ainsi de prévenir leur infestation. Elles ont un beau rôle à jouer dans les cultures maraîchères précoces en champ ou sous abri.
Le trio de choc des auxiliaires indigènes du jardin: coccinelle, chrysope et syrphe ceinturé ( Episyrphus balteatus)
Comment attirer les chrysopes ?
En laissant pousser des herbes folles parsemées de fleurs mellifères et nectarifères choisies aux quatre saisons, pour assurer des sources de nourritures aux adultes qui viendront pondre. La chrysope verte apprécie les ombellifères (carotte sauvage, aneth, fenouil, achillée) mais aussi la bourrache, l'échinacée, le chèvrefeuille, le lierre, le framboisier, le pissenlit.
En plantant une haie mélangée qui assurera un abri au sec en hiver aux adultes et de la nourriture à la belle saison.
Les chrysopes sont sensibles aux produits phytosanitaires même bio, préservez-les en proscrivant leur emploi.
Abri à chrysopes
il en existe des tout prêts dans le commerce mais il est possible d'aménager aux chrysopes adultes un logis pour l'hiver avec une simple boîte en bois bien sec, percé de quelques trous de 15 mm faits à la perceuse. Remplissez-le de paille ou de fins rameaux issus des tailles faites en automne. Suspendez ce nichoir en fin d'été dans un arbre en positionnant les ouvertures plein sud.
Acheter des chrysopes
Les larves de chrysopes vertes ont une action curative sur les premières colonies de parasites. Elles sont commercialisées à leur tout premier stade larvaire (elles sont alors moins voraces). Elles ont été élevées dans des insectariums et nourries avec des œufs de teigne de farine. La période optimale pour un lâcher au jardin est d'avril à juin même si c'est encore possible jusqu'en fin d'été. Cette période s'étend à toute l'année sous serre chauffée, dans la véranda ou la maison.
Comment utiliser les larves de chrysopes ?
Prévoyez 50 larves par m² parasité, un deuxième lâcher 15 jours après en cas de forte infestation et des boîtes de lâcher pour les plantes les plus hautes. La commande est généralement expédiée la semaine suivante. Si vous ne pouvez lâcher les larves tout de suite pour cause de précipitations, placez-les au frigo dans le bac à légumes au maximum 2 jours. N'essayez pas de voir les larves, elles sont camouflés dans de la cosse de sarrasin ou du carton alvéolé. Saupoudrez-les ou placez le carton sur les plantes parasitées mais sans présence de fourmis. Ces dernières les empêcheraient de nuire aux pucerons qui les nourrissent de leur miellat. Attention, si les sources de nourriture manquent, la larve de chrysope passe au mode cannibale.
"Your life is your life"
L'autre texte musical que j'écoute de temps en temps. Je sais quand j'en ai besoin.
Pour la musique, la voix, les paroles de Bukowski.
Parfois, quand je me couche le soir et que je ne trouve pas l'interrupteur des pensées, je me récite la première phrase et je m'endors, paisiblement.

Artiste : Charles Bukowski
The Laughing Heart
Your life is your life Ta vie c'est ta vie
don't let it be clubbed into dank submission. Ne la laisse pas se faire matraquer par une froide soumission.
Be on the watch. Sois sur tes gardes.
There are ways out. Il y a des issues.
There is a light somewhere. Il y a une lumière quelque part.
It may not be much light, Peut-être qu'elle éclaire peu
but it beats the darkness. Mais elle bat l'obscurité.
Be on the watch. Sois sur tes gardes.
The gods will offer you chances. Les dieux vont t'offrir une chance.
Know them. Rencontre-les
Take them. Prends-les.
You can't beat death, but Tu ne peux pas battre la mort, mais
you can beat death in life, sometimes. tu peux battre la mort dans ta vie, parfois.
And the more often you learn to do it, Et plus tu apprends à le faire,
the more light there will be. Plus il y aura de la lumière.
Your life is your life. Ta vie c'est ta vie.
Know it while you have it. Sache-le tant que tu es en vie.
You are marvelous. Tu es merveilleux.
The gods wait to delight Les dieux attendent de se délecter
in you. en toi.
Il reste une braise
Revenir vers l'intimité, vers le coeur, l'âme, l'intérieur, abandonner les visions qui abîment, méditer, retrouver la braise sous les cendres, souffler dessus et se réjouir de son éternité.
Traduction des paroles de la chanson : Sit Around The Fire -
Jon Hopkins, Ram Dass, East Forest

Date de sortie :11.11.2021
Sit Around The Fire (original)Sit Around The Fire (traduction)
Beyond all polarities / Au-delà de toutes les polarités
I am / Je suis
Let the judgments and opinions of the mind / Laissez les jugements et les opinions de l'esprit
Be judgments and and opinions of the mind / Soyez des jugements et des opinions de l'esprit
And you exist behind that / Et tu existes derrière ça
Ah so / Ah donc
Ah so / Ah donc
It’s really time for you to see through the absurdity of your own predicament / Il est vraiment temps pour vous de voir à travers l'absurdité de votre propre situation
You aren’t who you thought you were / Vous n'êtes pas celui que vous pensiez être
You just aren’t that person / Tu n'es juste pas cette personne
And in this very lifetime / Et dans cette vie même
You can know it / Tu peux le savoir
Right now / Tout de suite
The real work you have to do / Le vrai travail que vous avez à faire
Is in the privacy of your own heart / Est dans l'intimité de votre propre cœur
All of the external forms are lovely / Toutes les formes externes sont ravissantes
But the real work / Mais le vrai travail
Is your inner connectionEst-ce votre connexion intérieure
If you’re quiet when you meditat / Si vous êtes silencieux lorsque vous méditez
If you truly open your heart / Si vous ouvrez vraiment votre cœur
Just quiet your mind / Calme juste ton esprit
Opn your heart / Ouvre ton coeur
Quit the mind, open the heart / Quitte l'esprit, ouvre le coeur
How do you quiet the mind? / Comment apaiser l'esprit ?
You meditate / Vous méditez
How do you open the heart? / Comment ouvrez-vous le cœur ?
You start to love that which you can love / Vous commencez à aimer ce que vous pouvez aimer
And just keep expanding it / Et continuez simplement à l'étendre
You love a tree / Vous aimez un arbre
You love a river / Vous aimez une rivière
You love a leaf / Vous aimez une feuille
You love a flower / Vous aimez une fleur
You love a cat / Vous aimez un chat
You love a human / Vous aimez un humain
But go deeper and deeper / Mais allez de plus en plus profondément
Into that love / Dans cet amour
Til you love that / Jusqu'à ce que tu aimes ça
Which is the source of the light behind all of it / Quelle est la source de la lumière derrière tout cela
Behind all of it / Derrière tout ça
You don’t worship the gate / Vous n'adorez pas la porte
You go into the inner temple / Tu vas dans le temple intérieur
Everything in you / Tout en toi
That you don’t need / Dont tu n'as pas besoin
You can let go of / Vous pouvez lâcher prise
You don’t need loneliness / Tu n'as pas besoin de solitude
For you couldn’t possibly be alone / Car tu ne peux pas être seul
You don’t need greed / Vous n'avez pas besoin de cupidité
Because you already have it all / Parce que vous avez déjà tout
You don’t need doubt / Vous n'avez pas besoin de douter
Because you already know / Parce que tu sais déjà
The confusion is saying / La confusion dit
«I don’t know»" / Je ne sais pas"
But the minute you are quiet / Mais à la minute où tu es calme
You find out that in truth / Vous découvrez qu'en vérité
You do know / Vous savez
For in you / Car en toi
You know / Tu sais
Plane after plane will open to you / Avion après avion s'ouvrira à vous
I want to know who I really am / Je veux savoir qui je suis vraiment
As if in each of us / Comme si en chacun de nous
There once was a fire / Il était une fois un incendie
And for some of us / Et pour certains d'entre nous
There seem as if there are only ashes now / Il semble qu'il n'y ait que des cendres maintenant
But when we dig in the ashes / Mais quand nous creusons dans les cendres
We find one ember / Nous trouvons une braise
And very gently we fan that ember / Et très doucement nous attisons cette braise
… blow on it… / souffler dessus
… it gets brighter… / elle devient plus lumineuse
And from that ember we rebuild the fire / Et à partir de cette braise, nous reconstruisons le feu
Only thing that’s important is that ember / La seule chose qui compte, c'est cette braise
That’s what you and I are here to celebrate / C'est ce que vous et moi sommes ici pour célébrer
That though we’ve lived our life totally involved in the world / Que même si nous avons vécu notre vie totalement impliqué dans le monde
We know / Nous savons
We know that we’re of the spirit / Nous savons que nous sommes de l'esprit
The ember gets stronger /La braise devient plus forte
Flame starts to flicker a bit / La flamme commence à vaciller un peu
And pretty soon you realize that all we’re going to do for eternity / Et très vite tu réalises que tout ce que nous allons faire pour l'éternité
Is sit around the fire / C'est s'asseoir autour du feu.
La nuit.
Voilà ce dont nous rêvions comme lieu de vie.
Un très grand terrain, isolé.
La nuit noire, l'absence de lumières artificielles, le silence et le chant des oiseaux.
L'enfer en mer
Plus le vivant se raréfie, plus "l'intelligence" de l'homme lui donne des idées pour piller encore davantage. C'est une fuite en avant et c'est "légal". Si les gouvernements et l'union européenne laissent faire, c'est bien que l'argent est plus puissant que tout. Car il ne s'agit bien que de ça.
Rechercher dans les articles de vert
Dans l'actu
112 mètres de long et 400 tonnes de poissons pêchées par jour : un nouveau «navire de l’enfer» mis à l’eau en mer du Nord
https://vert.eco/articles/112-metres-de-long-et-400-tonnes-de-poissons-pechees-par-jour-un-nouveau-navire-de-lenfer-mis-a-leau-en-mer-du-nord
Chalute des classes. Inauguré ce vendredi à IJmuiden (Pays-Bas) par le géant de la pêche Parlevliet & van der Plas, l'Annie Hillina risque d'aggraver la surpêche dans les eaux européennes. L'association de défense de l'océan Bloom a prévu une manifestation sur place.
08/05/2026
Par Esteban Grépinet
Sur la côte d’Opale, dans le nord de la France, un bateau de pêche artisanale remonte en moyenne 30 à 40 tonnes par an. Bientôt, ces petites embarcations pourraient voir arriver un nouveau mastodonte dans leurs eaux : l’Annie Hillina, capable de capturer 400 tonnes… en l’espace d’une journée. «Ils vont faire en un jour ce que nous débarquons sur dix ans», déplore Stéphane Pinto, ancien fileyeur et vice-président du Comité régional des pêches des Hauts-de-France.

Inauguré le 8 mai aux Pays-Bas, l’Annie Hillina peut remonter 400 tonnes de poissons par jour. © DR
Ce gigantesque chalutier est inauguré ce vendredi à IJmuiden (Pays-Bas, à une quarantaine de kilomètres d’Amsterdam) par le groupe Parlevliet & van der Plas, l’un des cinq géants néerlandais qui dominent la pêche industrielle en Europe (notre article). Avec 111,5 mètres de long et 21 mètres de large, ce navire-usine fait frémir depuis plusieurs jours pêcheur·ses et organisations de protection de l’environnement.
«Fuite en avant technologique»
Prévu pour remonter 60 000 tonnes de poissons à l’année, l’Annie Hillina égale un autre géant des mers, jusque là connu comme le plus grand chalutier au monde : l’Annelies Ilena. En service depuis les années 2000, ce dernier est lui-aussi possédé par la société Parlevliet & van der Plas.
Le tout nouveau bateau de l’entreprise néerlandaise «incarne une fuite en avant technologique mise au service de la destruction de l’océan et de la pêche artisanale», dénonce l’association de défense de l’océan Bloom. Ce «navire de l’enfer», comme le surnomme l’ONG, «s’est déjà vu octroyer des autorisations de pêche pour toute une batterie d’espèces déjà surexploitées».
L’Annie Hillina doit pêcher des poissons fourrages, ces petites espèces en bas de la chaîne alimentaire marine : maquereau, sardine, hareng, chinchard, ou encore merlan bleu. Plusieurs de ces animaux sont pourtant surpêchés dans les eaux européennes (notre article). Les scientifiques appellent par exemple à diviser par quatre les prises de maquereaux dans l’Atlantique nord – une recommandation que n’a finalement pas suivi l’Union européenne, qui a acté en mars dernier une baisse de seulement 48% des captures.
À lire aussi
Le cabillaud, victime emblématique de la surpêche dans les eaux françaises
«Il y a quelque chose qui m’échappe» dans la stratégie de Parlevliet & van der Plas, témoigne Laëtitia Bisiaux, responsable de la campagne pêche industrielle à Bloom. Je ne comprends pas comment ils peuvent investir 80 millions d’euros dans un système contraint par des quotas en baisse avec l’effondrement des poissons, et avec des prix du carburant qui explosent.»
La militante n’hésite pas à soupçonner le groupe de «fraudes», rappelant par exemple que l’un des chalutiers géants dont il a la gestion avait été condamné en 2012 à 595 000 euros d’amende en France pour avoir pêché illégalement plus d’un millier de tonnes de poissons.
Bientôt dans les eaux françaises ?
Bien que sous pavillon des Pays-Bas, l’Annie Hillina dispose de droits pour pêcher dans les eaux françaises, au large de la Normandie et des Hauts-de-France. «En novembre-décembre, ces chalutiers aspirent la zone et mettent à blanc toute la zone côtière, c’est un vraie concurrence déloyale pour les petits pêcheurs», dénonce Laëtitia Bisiaux. «Il y a une répercussion sur la ressource, mais aussi sur la cohabitation entre les métiers, complète Stéphane Pinto. Nous subissons aussi les interdictions de pêche dans les zones anglaises, et on réduit l’espace maritime tout en augmentant la pression sur la ressource avec des navires de plus en plus gros.»
L’annonce de la mise à l’eau de ce nouveau chalutier géant est accueillie froidement par le monde de la pêche française. «N’importe quel pêcheur ne veut plus de ces bateaux usines qui pêchent beaucoup trop, a par exemple réagi Olivier Leprêtre, président du Comité régional des pêches des Hauts-de-France, dans Ouest France. La pêche artisanale fait vivre beaucoup de monde à terre, ces chalutiers épuisent la mer.»
Le groupe néerlandais doit cependant respecter des quotas de pêche, fixés par l’Union européenne pour chaque État membre, et répartis ensuite entre les pêcheur·ses dans chaque pays. Il dispose d’accords pour pêcher dans d’autres régions du monde, comme en Amérique du Sud ou le long des côtes africaines.
À lire aussi
À bord d’un navire de Greenpeace, ces pêcheurs gambiens traquent le chalutage illégal : «Nous demandons qu’ils respectent les règles»
Pour Bloom, «un tel navire n’a sa place nulle part. Ni dans la bande côtière française en conflit avec les artisans, ni au large de l’Écosse à affamer les fous de Bassan [des oiseaux marins, NDLR], ni en Afrique de l’Ouest à piller les communautés côtières parmi les plus vulnérables au monde.»
L’association organise une manifestation avec citoyen·nes et pêcheur·ses ce vendredi en début d’après-midi sur le port d’IJmuiden pour dénoncer l’inauguration de ce «navire de l’enfer». Plus globalement, elle appelle à l’interdiction des navires de plus de 25 mètres dans les eaux territoriales françaises (soit les 22 premiers kilomètres depuis la côte), ou encore à un «plan de démantèlement des navires-usines».
À lire aussi
Dans les aires marines protégées, les deux tiers de la pêche industrielle échappent à toute surveillance
Interdiction totale de la pêche au chalut dans les aires protégées : le gouvernement préfère le «cas par cas», les associations s’étranglent
Féminicides
Tous les jours, toutes les nuits, des milliers de femmes, partout dans le monde. Dans ce monde de mâles. Jusqu'aux enfants. Qu'on ne me dise pas que cette espèce, ce genre humain, ne porte pas en lui une folie meurtrière.
Un homme soit-disant de raison, conscient, lucide, aimant, protecteur, doté d'une intelligence inégalée dans l'ensemble du Vivant. Qu'on m'explique alors...
Aucun animal ne m'a jamais suscité de dégoût.
Un policier municipal soupçonné d'avoir tué par balles son ex-compagne et leurs deux enfants, dans le Val-d'Oise, avant de se suicider
L'enquête a été confiée à la brigade de recherches de Pontoise et à la section de recherches de Versailles.
/2023/07/06/64a68815cd1a7_placeholder-36b69ec8.png)
Article rédigé par franceinfo avec AFP
France Télévisions
Publié le 10/05/2026 11:59 Mis à jour le 10/05/2026 12:20
Temps de lecture : 1min /2026/05/10/6a0056d1628e7288838904.jpg)
Photo d'illustration d'une voiture de police à Paris le 1er mai 2026. (BASTIEN OHIER / AFP)
Un homme est soupçonné d'avoir tué par balles son ex-compagne et leurs deux enfants, samedi 9 mai à Villers-en-Arthies (Val-d'Oise), avant de retourner l'arme contre lui, a-t-on appris dimanche auprès du parquet de Pontoise, confirmant une information du Parisien(Nouvelle fenêtre).
Une enquête en flagrance des chefs de "meurtres précédés ou suivi de meurtres" a été ouverte après la découverte des quatre corps, a précisé le parquet. Elle a été confiée à la brigade de recherches de Pontoise et à la section de recherches de Versailles.
La disparition signalée par le nouveau compagnon de la mère
Selon le parquet, c'est le nouveau compagnon de la femme qui a signalé, samedi après-midi, que cette dernière ne répondait plus à ses appels, alors qu'ils devaient partir en week-end. Selon lui, sa compagne, avec qui il est en couple depuis un peu plus d'un mois, s'était rendue la veille au domicile de son ex-concubin, un policier municipal qui travaillait de nuit, pour garder leurs enfants.
Arrivés sur place, les gendarmes ont remarqué la présence du véhicule de la compagne devant le domicile, dont la porte était verrouillée et les volets baissés. Un impact de balle était également visible. Une fois entrés à l'intérieur, les gendarmes ont trouvé les corps sans vie de la femme, de l'ex-conjoint et de leurs deux enfants, âgés de 9 et 13 ans. Une arme de poing a également été découverte dans le domicile.
Selon les premiers éléments de l'enquête, ce policier municipal des Hauts-de-Seine, âgé d'une quarantaine d'années, aurait conservé son arme de service. Il est suspecté d'être l'auteur des coups de feu mortels et de s'être ensuite donné la mort. Le parquet précise qu'il "n'existe aucun antécédent judiciaire de violences conjugales entre les ex-époux". Des autopsies seront réalisées, a ajouté le parquet, et les investigations se poursuivent pour confirmer les premiers éléments relevés ainsi que pour déterminer les raisons de ce triple homicide.
Hier soir, j'avais écrit ça pour la quadrilogie en cours.
TERRE SANS HOMMES
"Il faut que je te raconte quelque chose, mon amour, quelque chose qui t’aidera à comprendre que ce monde est une horreur, pour moi, depuis longtemps, le monde humain et plus particulièrement le monde des hommes, celui des mâles. On pourrait dire aussi celui du mal, lui-même. »
Une voix sombre, mesurée.
Il resserra son étreinte autour de Laure, comme s’il voulait la prévenir et la protéger.
« C’était ma deuxième année à Grenoble, j’habitais dans un immeuble au dernier étage, juste un studio. Je vivais seul. Sur le même palier, il y avait un couple avec un enfant, un jeune enfant, quatre ans, un petit garçon. Je rentrais du boulot et j’ai entendu des cris, des bruits sourds, comme des objets lourds qui tombaient, puis encore des cris, une femme, des hurlements plutôt, une dispute, sévère, celle qui peut faire des dégâts, j’avais déjà vu cette femme et son enfant, elle avait trente ans, une personne aimable, toujours souriante, un petit bonhomme, lumineux, je n’oublierai jamais son visage. »
Il s’arrête, il inspire longuement.
« J’ai frappé à la porte et c’est là que j’ai entendu ce cri, un cri qui s’est arrêté, net. Je n’avais aucun doute, j’ai sorti mon arme, j’ai défoncé la porte, je suis entré, un couloir, j’ai avancé pour arriver dans un salon, il y avait un homme avec un poignard à la main et au sol, la femme, égorgée et le petit garçon, lui aussi, dans une mare de sang. »
Laure s’appuie contre lui comme on le ferait contre un pilier, pour ne pas tomber, un vertige, l’horreur qui la submerge. Le crane enserré dans un étau.
« Il m’a regardé, les yeux exorbités, il avait du sang sur le visage, il a levé le poignard en hurlant et m'a foncé dessus, j’ai tiré, pleine poitrine. »
Silence.
« Il y a eu une enquête, la hiérarchie m’a laissé entendre que j’aurais pu éviter de l’abattre. Ils ont jugé que la légitime défense s’imposait mais qu’il aurait été préférable pour l’image de la police que je le blesse, qu’il y ait un procès, que la justice fasse son job. Mais, moi, Laure quand j’ai vu cette femme et ce petit garçon, égorgés, tous les deux, il n’était pas question que je le laisse en vie. Je l’ai tué, consciemment, volontairement, sans aucune hésitation. Et je n’ai jamais eu le moindre problème de conscience. Depuis trois ans que j’étais sur le poste, j’étais intervenu sur huit féminicides et sur cinq affaires d’inceste. Des enfants violés, des femmes battues, violées elles aussi, l’une d’entre elles a été défigurée avec de l’acide, défenestrées, poignardées, tabassées à mort, étranglées. Cette femme-là et ce petit garçon, je les connaissais, j’avais parlé avec eux, ils existaient dans ma vie, ils n’étaient pas que des identités, des numéros de dossiers, des affaires en plus. »
Silence.
« Je n’ai jamais voulu voir ce monde, toutes ces horreurs, ce sont des actualités que j’ai toujours rejetées.
-Des actualités, Laure, c’est bien ça le problème, ce ne sont pas des cas isolés, des événements exceptionnels, ce sont des faits quotidiens, tu m’entends, des faits quotidiens. Les informations n’en relatent que quelques-uns, il en manque des centaines.»
Elle devine la colère, la souffrance qui s’impose.
« Comment fais-tu pour supporter tout ça ?
-Je ne le supporte pas, je le combats et je savais qu’un jour, ça s’arrêterait, non pas que j’irais faire autre chose mais que le chaos s’en chargerait, que je n’aurais pas d’autre choix que de venir ici. Et en attendant, je faisais le job. Ce que j’ai appris dans ce drame, c’est que je pouvais tuer, que j’en avais la capacité et que je n’étais pas fou."
Jean-Marc GANCILLE : "Carnage"
Nous sommes en situation de guerre totale envers le Vivant. Nous sommes une espèce invasive, sans aucune limite, un virus dévastateur. Coupables et complices.
Jean-Marc Gancille
Paul Watson (Autre)
9782374252421
208 pages
17/09/2020
Rue de l'échiquier / DIAGONALES
Résumé :
« L'espèce humaine tue consciemment, volontairement, chaque minute dans le monde, plus de 2 millions d'animaux. Autrement dit, elle massacre en une semaine 50 fois plus d'animaux que l'ensemble des victimes humaines de toutes les guerres de l'histoire de l'humanité. »
Dans ce nouvel essai, Jean-Marc Gancille expose un tableau sans concession de la relation que l'être humain a nouée avec le monde animal, fondée sur la domination et l'exploitation, et ce dès avant la naissance de l'agriculture.
Sacrifices religieux, collections et commerce d'animaux sauvages, domestication, utilisation des animaux à des fins militaires ou pour des expériences de laboratoires, captivité forcée dans les zoos et aquariums, chasse et pêche récréatives, élevage intensif ou surpêche… On n'en finit pas d'établir la liste des formes qu'adopte l'anthropocentrisme.
L'auteur n'en reste pas à ce triste bilan. Il démontre que ce carnage n'est pas seulement un éternel enfer pour les animaux mais aussi une tragédie pour l'espèce humaine en raison de la destruction des écosystèmes, une négation immorale de la sensibilité des animaux et une supercherie de l'industrie agroalimentaire, qui entretient auprès du public l'idée selon laquelle il serait nécessaire de consommer des protéines animales. Enfin, il dessine une voie d'action pour « en finir avec l'anthropocentrisme » sur le plan juridique, alimentaire, agricole… et décrit les méthodes pour mener cette lutte.
02 mars 2021
Il est petit, sa peau est fragile, il n'est pas très fort, pas très rapide.
Il a des fusils, des filets, des buldozers.
Il a une forme d'intelligence.
Il invente, fabrique, achète, jette.
Il communique sur la toile, jusqu'aux étoiles.
Il ne sait plus qui il est, à quoi il sert. Il s'illusionne.
Il se propage, presque aussi vite qu'un virus.
Il tue, brûle, pollue, fore, écrase, gaspille.
Il mange, devient obèse, anorexique, déprimé, puéril.
Il affame, assoiffe, fait l'autruche.
Il est poète, philosophe, tractoriste, actionnaire, rêveur, briseur.
Il rit, il pleure. Il oublie. Recommence.
Il parque les lions, les girafes. Pour leur survie. Il paie pour les abattre entre les barbelés, se sent puissant, fait une photo le sourire en gâchette.
Il admire les dauphins, les requins, les méduses, dans leurs prisons de verre.Trop étroites, un goût de béton, aucun horizon aquatique. Il les soigne, les protège de l'océan ratissé jusqu'au corail par les grands chalutiers. Il est humain.
Il apprend aux enfants comment vivent ses cousins les chimpanzés, et aussi les éléphants, les tigres..., toute la belle faune sauvage, si loin de chez elle. Il singe la réalité. Il la soigne, la protège des chasseurs de trophées, de la sécheresse, de la déforestation.
Il multiplie cochons, moutons, veaux, poules. Et même les visons, juste pour la douceur de leur fourrure. Les abattoirs, c'est pas comme les aquariums, ils n'ont pas de vitres.
Plus de 7 milliards d'êtres humains à nourrir. Ils vont pas brouter de l'herbe, c'est pas des moutons. "La viande et le poisson c'est bon, quand-même ?"
On pourrait penser autrement la vie, notre rapport à ce qui nous entoure, tous les êtres, les plantes, les fleuves, la terre. On pourrait manger autrement, partager, préserver. On pourrait.
Juste après cet essai, j'ai lu le roman de Jørn Riel : le jour avant le lendemain.
Le peuple des Inuits savait vivre en harmonie avec les autres espèces. On ne pourrait plus vivre comme le faisaient ces tribus indigènes, ou comme le font encore quelques tribus isolées, notre culture est trop éloignée de la leur. Mais on peut réapprendre à écouter le monde, à ne plus piétiner, asphyxier, essorer la planète jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de vers de terre, d'abeilles, de krill. Peut-être bien qu'on vivrait plus heureux. Qui sait ?
Je remercie Les Éditions Rue de l'Échiquier et Babelio pour cet essai percutant. Un portrait sans concession de l'homme, ce sauvage qui ravage tout sur son passage. Un vrai carnage.

