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Les lieux perdus

Par Le 02/03/2020

Dans une discussion sur les maisons isolées, perdues dans des lieux déserts, des vallées de montagnes, loin des masses et de leurs nuisances, j'ai réalisé à quel point, dans mes romans, ces lieux d'habitation trouvaient souvent une place...

Il n'est pas étonnant que ça soit aujourd'hui notre projet le plus intense : quitter cette vallée désormais trop urbanisée, trouver une maison sans aucun vis-à-vis, enveloppée dans un cocon de silence, hors de tous regards, au bout d'une piste en terre qui semble ne mener nulle part...

Kundalini

Piste forestière de l’aiglon. Un grand panneau en bois. Elle trouva étrange que la direction soit aussi bien signalée. Elle pensa à l’indication d’un restaurant d’altitude, une ferme auberge. Elle espérait se tromper.

Elle roula doucement en regardant dans le rétroviseur le nuage de poussières. Elle sourit en pensant que ces volutes retombaient sur sa vie passée, qu’elle montait vers la lumière.

Elle atteignit enfin un vaste replat encadré de végétation et parsemé d’arbres solitaires, la surface d’un terrain de football, un plan horizontal inséré dans la pente. Elle devinait au plus loin une rupture de pente, l’impression que le plateau basculait sur le vide. L’emplacement d’une citadelle isolée.

Une bâtisse en pierres à l’entrée du pré, comme une ancienne ferme d’alpage. Un plain-pied ramassé, trapu, un défi au temps.

Un hangar ouvert protégeant un véhicule.

Une vingtaine de mètres plus loin, un petit chalet rectangulaire avec un toit d’un seul pan. Couvert de panneaux solaires. Elle pensa à un bungalow de camping qui aurait été renforcé par des bardages. De grandes fenêtres, une étrange éolienne au sol, des pâles horizontales, courbées et qui tournaient régulièrement malgré l’absence totale de vent.

Des murs de pierres sèches qui délimitaient l’espace, un potager aussi vaste qu’un bassin olympique, des réservoirs d’eau disséminés. Des troncs entiers couchés au sol, empilés et débités. Des stères de bois rangés sous un appentis.

D’autres panneaux solaires inclinés sur des supports métalliques.

Et puis, cette immense cabane à mi-hauteur d’un feuillu. Une maison perchée qui la fascina.

Elle gara son véhicule sur le bas-côté de la piste. Une allée gravillonnée conduisait à la maison. Un toit récent. Pas de mousse sur les lauzes, des poutres brutes, pas encore traitées. Deux grandes baies vitrées sur la façade. Des rideaux opaques entièrement tirés.

Elle claqua la porte de la voiture pour signaler son arrivée.

Aucun mouvement. Des chants d’oiseaux, le murmure d’un cours d’eau qu’elle ne voyait pas.

Un lieu si étrange. Elle se moqua d’elle. Toujours ce mot qui revenait. Tout était étrange dès lors qu’il s’agissait de Sat. Elle ne se souvenait plus exactement des paroles de Carine.

« …il est connu pour tellement de choses… »

Des brides de phrases qui l’accompagnaient.

Le visage de la gérante resplendissait et cela avait suffi à la rassurer. Carine ne l’aurait pas guidée vers une personne dangereuse. Elle semblait plutôt amusée, presque heureuse pour elle, comme s’il s’agissait d’un privilège.

Elle observa le potager. Impressionnée par la taille et la diversité des plantes. Des tuteurs, des filets de protection, des murets séparateurs, des allées. Un travail qui relevait davantage du professionnel que du particulier. Une telle quantité de légumes, ça ne pouvait être pour sa consommation personnelle. De quoi nourrir tous les résidents du camping de Carine pendant un mois. Un lacis de rigoles parcourait l’étendue, un réseau minutieusement conçu pour apporter de l’eau d’un bout à l’autre de l’espace. Une serre avec de grandes toiles plastifiées à l’extrémité des plantations, un demi-tube d’une dizaine de mètres de long.

« Maud ! »

Elle se retourna en sursautant. Il venait de franchir l’angle de la maison. Il poussait une brouette.

Il était nu. Sans se l’expliquer, elle n’en fut même pas surprise. Comme s’il ne pouvait en être autrement.

Sat.

Elle le regarda s’approcher, figée, tremblante, émue, le cœur affolé.

Les bras et les pectoraux tendus par le chargement, les muscles saillants de ses cuisses, les sangles de son ventre qui descendaient en triangle vers son pubis imberbe.

Il s’arrêta à quelques mètres, s’assura de l’équilibre de la brouette et s’approcha. Il ouvrit les bras et déposa une bise sur une joue, puis l’autre.

Le contact de ses mains sur ses épaules, la proximité de son visage, la douceur de ses lèvres. Elle frissonna et se le reprocha. Sat percevait ce qui ne se voit pas. Elle le savait.

Un instant suspendu.

« Bonjour Maud, vous avez bien dormi ?

-Absolument pas. Des voisins beaucoup trop bruyants à mon goût.

-Eh bien, venez ici, ça n’est pas la place qui manque, » lança-t-il, joyeusement.

Un large sourire sur son visage.

« Je sais que vous êtes emplie d’interrogations, ajouta-t-il, mais c’est une invitation amicale, désintéressée, juste un moyen de vous reposer comme vous le souhaitez. C’est inutile de gâcher vos vacances alors que vous pouvez disposer ici d’un calme absolu. »

Une voix posée, un regard chaleureux. Elle sentait toute sa douceur, juste ce bonheur qu’il lui proposait. Elle n’aurait jamais imaginé une telle issue et elle en arrivait à remercier intérieurement ses voisins.

Elle avala sa salive et baissa les yeux.

L’impression de se lancer dans le vide et d’ouvrir les ailes. L’euphorie des grands espaces, le survol des jours sombres, comme si le soleil entrait en elle, parcourait son corps, cascadait en torrents scintillants.

« Je ne voudrais pas m’imposer mais puisque vous me le proposez, je suis très heureuse d’accepter.

-Très bien, alors, on ira chercher vos affaires ce soir mais dans l’immédiat, on part là-haut.

-Là-haut ?

-L’endroit que j’aimerais vous montrer ? Vous avez déjà marché nue, toute la journée, pas juste sur une plage ou au bord d’un lac, mais dans la montagne, en forêt, dans les alpages ?

-Non, jamais.

-Eh bien, ça vous dit de tenter l’expérience ? »

Il la regardait. Intensément. Un éclat pétillant dans ses yeux immenses.

« Je ne le ferais pas toute seule mais avec vous, je suis partante. De toute façon, je suis prête à tout vivre. »

Il la regarda en souriant et elle se rabroua intérieurement. Les mots avaient jailli sans qu’elle n’en juge la portée.

Elle le suivit sans un mot. Le cœur à tout rompre.

« C’est un bungalow que j’ai habillé de bois pour renforcer la structure et l’isolation. C’est mon habitation principale pour le moment.

-Et cette grande bâtisse alors ?

-Je la retape depuis mon arrivée ici, il y a onze ans. J’avais vingt-trois ans quand mes parents m’ont donné ce terrain. »

Trente-quatre ans. Elle s’était empressée de calculer son âge.

Ce mélange troublant entre ce corps d’éphèbe et la portée spirituelle de ses paroles, cette voix grave et apaisante qui la liquéfiait, la délicatesse de ce regard et cette plongée inexplicable, comme un périscope en elle. Elle se sentait si jeune à ses côtés.

« Mais je préfère vivre dans mon bungalow. »

Ils traversèrent une large terrasse en bois puis Sat ouvrit la porte.

« Et vous avez fait ça… tout seul ? »

Elle pensa subrepticement à une compagne. Ou à un compagnon. Puisqu’elle savait désormais que tout était possible.

« Non, il y a des amis qui m’aident. La cabane, là-haut, on était cinq à travailler dessus. On y a passé sept mois. Je vous la montrerai ce soir. Mais il faut y aller maintenant, on a du chemin et une longue journée à vivre. »

 

 

Coeurouvertwhite

6

Il arriva à la Godivelle après vingt heures. Une lumière rasante sur les monts et les bois, des nuages blancs qui erraient comme des pensées disparates. Il imagina que les cieux observaient la terre et commentaient le spectacle. Un sourire intérieur en constatant que la paix en lui était revenue. Peut-être le retour à cette nature, l’éloignement de la ville…

À mesure qu’il prenait de l’altitude, il avait senti l’apaisement l’envahir. Lentement, comme s’il était sorti d’un mauvais rêve et qu’il s’était éveillé. Dans les derniers kilomètres, il n’avait croisé aucun véhicule. Chaque vallonnement révélait de nouveaux paysages : des houles de collines figées, des creux protégés des vents furibonds, des bois serrés comme des retranchements de silence.

Les traversées de villages s’étaient raréfiées.

Il ne restait parfois que les lignes électriques et cette route pour marquer l’empreinte des hommes.

Il aimait particulièrement la traversée d’un vallon totalement désert, un enchâssement surprenant de prairies et de collines, quelques bois impassibles, des crêtes arrondies comme des crânes antiques.

Toujours cette impression bienheureuse d’être observé par le monde, tel un passager inconnu qui attirerait les regards.

Il s’était arrêté la première fois et répétait la chose désormais.

Il coupait le moteur, sortait et écoutait le silence en laissant ses yeux dériver lentement.

Il n’y avait rien de particulier à voir finalement. Rien de sensationnel, rien de singulier. C’est pour ça que la paix ressentie était si profonde. Il avait pensé à l’amour des océans, à cette étendue mouvante qui comblait d’amour les marins. Rien de particulier. Juste l’immensité.

Lui, il aimait les collines et les palettes de couleurs.

La Nature comme un baume apaisant, un câlin maternel, la douceur de l’amour.

Il conduisit jusqu’au village et passa devant l’épicerie. Fermée. De la lumière dans la partie habitée. Il n’osa pas aller frapper. Une douleur au ventre. Il reprit la route jusqu’au hameau.

L’air était frais quand il sortit de la voiture. Un parfum d’espace, quelque chose d’inexplicable qui l’emplissait d'une joie profonde. Il prit une longue inspiration.

Il s’arrêta à l’entrée du terrain et regarda la maison. Ancrée comme un rocher, tassée comme un dolmen. Indéracinable. Combien d’humains ces pierres avaient-elles entendus, combien de pieds avaient foulé cette terre, combien de mains s’étaient posées sur ce grain millénaire ? Combien de temps resterait-il là ? Un doute qui s’insinuait. Comme si déjà, il appartenait à ce lieu, cette vie ancestrale qui coulait en lui, un flux séculaire… Il comprenait soudainement l’attachement des gens à une terre. Il se souvenait d’un Breton qui avait travaillé dans l’usine de son père. Il ne parlait que de sa terre natale. Il avait fini par y retourner. C’était plus fort que tout.

Il se fit un plat de légumes verts. Il avait posé le saucisson sur la table sans pouvoir y toucher. L’impression inattendue d’entendre la viande pleurer la vie perdue.

Il fit la vaisselle, l’essuya et la rangea dans le buffet.

La musique du blog de Diane. Parfois, il devait s’arrêter tant les émotions l’étourdissaient, des envolées symphoniques alternant avec des plages de ressac apaisé. Il finit par s’asseoir dans le fauteuil pour écouter, les yeux fermés. Ne plus s’agiter. Comment avait-il pu ignorer ce bonheur aussi longtemps ?

Il regretta ses reproches, ils étaient inutiles, tout comme il ne servait à rien de vouloir comprendre ce qui s’était produit. Puisque cela le projetait en arrière alors que le temps présent s’offrait à lui. Il devait rester réceptif et ne pas s’encombrer. Être là, simplement. Abandonner les quêtes temporelles, ne rien vouloir, laisser venir les réponses, comme des bêtes apaisées qui n’ont plus peur, tendre l’esprit comme une main ouverte, laisser les révélations s’approcher d’elles-mêmes, le respirer, s’habituer à lui, prendre confiance, s’asseoir dans le silence et s’abandonner au présent. C’est là que la vie prenait forme, tout le reste n’était qu’une litanie de commentaires, des couvertures sombres, épaisses, irritantes, il n’avait même pas à vouloir repousser ces masses invalidantes, c’était encore une volonté emplie de peur. Juste être là, réceptif, ouvert, apaisé. Cette idée qu’il avait constamment vécu avec un temps de retard, qu’il s’était contenté de commenter les évènements et de ne jamais les vivre en pleine conscience, qu’il avait couru après les heures en s’agitant pour combler le vide, que le présent en lui n’avait jamais été autre chose qu’un passé à corriger, qu’une accumulation de réactions entachées de la nausée du temps qui s’enfuit et de l’inquiétude du temps à venir.

Il avait vécu tout en espérant vivre mais sans jamais être là. "

 

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Il rangea soigneusement les achats et reprit la route. Deux villages, des vieilles bâtisses en pierre, des collines, des murets encadrant des champs à l’herbe grasse. Il croisa une voiture. Et un vol de corneilles.

Direction « lac de Charpal. »

Il s’engagea sur la route étroite. Aucune habitation. Cinq kilomètres de longues courbes encadrées par des peuples de pins. La lumière matinale s’étendait comme une marée câline, sans vague, ni courant, juste une nappe gigantesque, tendue comme un tissu d’aquarelles. Elle rasait le sommet des épineux. Des paysages scandinaves. La palette de couleurs l’hypnotisait. Infiniment joueur, le soleil, comme un rouleau de peinture insatiable, nuançait les teintes, cendrait les crêtes, enflammait les fûts, des parcelles s’embrasaient, d’autres coulaient dans l’ombre. Ces changements incessants donnaient au paysage l’impression étrange de mouvance. Comme des risées sur l’océan.

Enfin, la pente s’atténua et il déboucha sur un immense parking. Un barrage à l’extrémité du lac. Des chemins suivaient le bord de l’eau, d’autres disparaissaient sous les arbres.

Il coupa le moteur mais dans son crâne l’écho mécanique perdura comme un écho qui s’épuise. Les mains sur le volant, il balaya le paysage, lentement, avec délectation, hésitant presque à sortir. Mettre un terme à la complicité qui l’avait uni à la cabine, au volant, à l’odeur chaude du moteur, au ronflement des pièces. Il éveilla dans ses muscles des contractions libératrices, des volontés de mouvements. Il attrapa la poignée de la porte et il descendit.

Plongeon dans le silence. Comme s’il était entré dans un bain. La paix qui coule sur la peau de son visage, se mêle à ses cheveux, glisse sous ses habits. Respiration suspendue.

Il s’appuya contre le pare-chocs avant et reprit son souffle. Rien. Il n’y avait absolument aucun bruit.

Bruit.

Le mot lui-même ici semblait privé de sens.

La limpide tranquillité ruissela en lui comme une divine liqueur et nettoya son corps de la fatigue de la route.

Il marcha vers la surface chatoyante du lac. Le crissement de ses pas sur le goudron gravillonné remplit l’espace comme un affront. Il essaya de se faire léger. Il rejoignit l’herbe avec soulagement. Comme tout promeneur au bord de l’eau, il eut envie de lancer une pierre mais il pensa aussitôt que le lac se briserait comme un miroir. Ce silence incroyable n’était que la peur terrible du lieu, que le souffle retenu de chaque plante devant l’ennemi absolu. Il imagina autour de lui des regards inquiets. Il s’assit délicatement sur une grosse roche lisse et ronde, caressant doucement le poli de la pierre. Devant lui, la surface immobile de l’eau. Une image arrêtée, un plan fixe suspendu dans le temps. Une paix indéfinissable.

Un sanctuaire. Les hommes s’étaient égarés en donnant ce rôle suprême à leurs dieux et à leurs églises. Oubliant que tout était là devant leurs yeux salis. On apprenait aux enfants à respecter un crucifix et on les laissait cueillir des fleurs. Mais sur chaque fleur arrachée, le grand corps de la nature était cloué. Et personne ne le pleurait.

Le silence du monde comme une tristesse, la détresse de la trahison.

Il retourna au fourgon et le rangea le long des arbres. Face au lac. Les mains posées sur le volant.

Le chant solitaire d’un oiseau, dans le secret des branches. Aucune réponse, aucun échange, absence de partenaire. Et pourtant cette ritournelle pétillante, cet amour de la vie. Sans intention. Un bonheur qui déborde.

La chaleur dans son ventre, un sourire qui se dessine, un flot d’émotions qui se déverse, une joie partagée.

Il avait délaissé le bonheur. La vibration dans la poitrine, cet embrasement irraisonné. Il avait associé la vie à des missions assumées, le sens de son existence à des défis achevés, comme si les actes humains offraient à la vie une raison d’être. L’oiseau n’avait pas ces tourments, il chantait simplement.

7h30.

Quand il enleva les rideaux isothermes des vitres, il vit le fourgon vert. Il avait dû arriver pendant la nuit. Il n’avait rien entendu.

Il s’habilla et sortit. Un grand sourire dans l’âme. La température était fraîche mais le bleu limpide du ciel annonçait une belle journée. Il avança vers le lac. L’eau qui se reflétait dans la passivité immobile du ciel n’esquissait aucun mouvement. Les couleurs, selon l’intensité de la lumière, éclataient de jaune ou sombraient dans le vert. Les parties terreuses et les zones rocheuses qui tapissaient les fonds dispensaient à la surface les teintes qui leur convenaient."

 

 

La haut

 

"Il a vu dans les yeux de Maud la montée des larmes. Ce sourire comme un paravent fragile. Il espère que là-bas, à Chamonix, avec Mathieu, le goût du bonheur lui reviendra, que le travail à la mairie étouffera les douleurs. À ses côtés, la joie est ignoble. Indécente. Un peu d’apaisement, à la rigueur. Mais pas davantage. Maud devait en sortir. La vie est si longue à reverdir. Il ne pourrait même pas dire si le rire renaîtra un jour et, si cela se fait, combien de temps ça prendra. Il ne voulait pas lui imposer cette attente.

La voiture a disparu. Il tourne lentement sur lui-même et balaie le paysage. Hameau de Beauvoir. Huit cents mètres d’altitude. Une route unique, étroite, qui par-delà les alpages se poursuit dans les forêts en simples pistes forestières empruntées par les bûcherons, les chasseurs, les cueilleurs de champignons ou les amoureux de la marche. Là-bas, tout au fond de la vallée, Chambéry étend ses constructions et ses brouillards opaques. Le vert sombre des pentes boisées redonne heureusement aux horizons des couleurs de vie puissante. La neige est en attente. Les nuages se remplissent, construisent en silence des avalanches floconneuses. Demain, le paysage sera transformé. Magie des montagnes qui s’habillent chaque saison des couleurs de leurs complices. La neige, douce et cristalline, offrira à la terre cet écrin de pureté où il a toujours aimé plonger. Le silence, alors, sera la note parfaite, celle de l’âme qui se repose dans l’immobilité immaculée. Il entend déjà ce silence. Il s’en est si souvent nourri. Il est en lui à tout jamais. Et il l’attend avec impatience. Pour s’y enfoncer encore plus profondément.

Il n’est pas assez habillé pour patienter dehors. Il retourne vers le chalet. Il aime cette maison. Son isolement et son architecture. Les troncs entiers qui font la structure, les baies vitrées mangeuses de lumières, le grand poêle à bois au milieu de la pièce principale, le plancher et toutes les boiseries, l’escalier en chêne, les lambris colorés, tous ces arbres transformés qui se parlent de forêts communes, qui exhalent des parfums de résine et de feuilles mordorées, s’échangent des secrets de racines, des légendes oubliées. Enfant, il aimait dormir dans un placard traversé par une poutre maîtresse. Il écoutait les chuchotements du bois, les fibres qui se racontent les saisons qui passent. Il caressait les nœuds apparents comme autant d’êtres vivants, leur demandait pardon et leur expliquait le pourquoi de leur présence.

Le chalet est de plain-pied. Pas d’escalier. Dans la région, c’est suffisamment rare pour l’avoir immédiatement enthousiasmé. Pas de cave, mais un très grand garage et l’abri pour le bois de chauffage. Un jardin très simple entoure la maison. Quelques résineux et de l’herbe. Une haie de lauriers ceinture l’ensemble.

Il entre dans le couloir et prend une veste dans la penderie. Il retourne dans le garage par une porte communicante. Il s’assoit sur un tabouret et entreprend d’enfiler une paire de bottes fourrées. Le système de laçage, très bas, a la particularité de permettre une large ouverture. Une solide bande velcro referme la partie haute. Il ne peut plus porter les chaussures qui lui plaisent, mais uniquement celles qui conviennent aux réglages de sa prothèse. Il sort.

L’air froid semble hypnotisé par la puissance des nuages qui s’accumulent. Rien ne bouge, le vent s’est enfui. Le ciel pourtant se charge continuellement de nouvelles masses sombres. C’est comme une marée opaque qui n’en finit pas de gonfler, un océan céleste qui laisserait suinter de ses profondeurs abyssales des noirceurs épaisses. Il regarde l’horizon comblé et sait qu’avant la nuit il neigera. Ce moment magique où l’humidité accrochée au vide s’abandonne à la chute et se déverse en trombes ou en bruines, en giboulées ou en neige. L’esquisse d’un sourire se dessine sur ses joues. Il n’a jamais vraiment observé le monde. Il projetait dans les horizons des intentions renouvelées, des désirs aveuglants, des projets flamboyants. Les paravents sont tombés. Ses regards sont plus larges.

Il traverse lentement le terre-plein gravillonné et se dirige vers la route. À l’angle de l’entrée, marquée par une barrière glissée sur un rail, un sapin semble monter la garde. Le tronc est déjà épais. La tête le domine. Sur le côté droit, il distingue une marque, une empreinte dans l’écorce, un trou dans l’étagement des branches. Il s’approche. Il y a longtemps, dans la jeunesse de l’arbre, une branche a été brisée. Tempête, poids de la neige ? La cicatrice est propre. C’est une tache jaune couverte de résine séchée. Il passe un doigt sur les fibres noueuses et respire le parfum puissant. Autour de la plaie refermée, les autres branches se sont espacées. À cet endroit, l’objectif de la guérison concentrait l’énergie de l’arbre. Refermer la plaie, éviter les infections et l’extension du mal, ne pas ralentir la croissance du tronc, guérir, mais ne pas se focaliser sur la perte d’un membre… Il s’amuse de la comparaison et se dit que sa tendance à l’anthropomorphisme est décidément exagérée.

« Frère de malheur », lance-t-il au sapin, avec un sourire triste et un salut de la main.

Il sort du jardin et s’engage sur la route. Le ruban de goudron est ancien, craquelé, délavé et les bas-côtés sont abandonnés aux herbes. Il a acheté une carte du secteur et a repéré une piste qui se dirige vers le col de Claran. Il aime bien ce nom. Sans trop savoir pourquoi. La ressemblance avec « clarté » peut-être. Il ne cherche pas davantage et commence à monter. Le chalet est le dernier du hameau, le plus haut et le plus isolé. Il sait qu’il a peu de risques de rencontrer du monde. Il n’a pas envie de parler ni même de croiser un regard. C’est le monde qui l’apaise, pas les humains. En cinq mois, il a côtoyé tant de personnes que les visages sont déjà mêlés les uns aux autres. C’est une glu poisseuse dont il veut s’extirper. Trop d’efforts à maintenir, d’ambiguïtés à éclaircir, trop de regards fuyants à oublier, de non-dits à deviner, trop de faux-semblants à déchiffrer, de compassions forcées à vomir… Trop d’humains à supporter.

Il marche. La montagne exhale des silences qui le revigorent. Il pose sa respiration sur le rythme de ses pas. La mélodie qui s’installe l’hypnotise et vide son esprit des tourments habituels. La brûlure de ses muscles a toujours éteint les incendies de son âme. Enfant, il aimait marcher dans les pas de Walter et écouter dans son corps la vie qui bouillonne. Il n’y mettait pas de nom, ne savait rien expliquer, c’était une joie immédiate, puissante, la remontée de forces profondes. Il trouvait dans le monde le terrain idéal pour user cette énergie qui l’étourdissait parfois, et suivre Walter représentait le premier objectif de son existence. Il se construisait sur ce repère. Le monde n’était qu’un exutoire. Walter disparu, il avait longtemps erré, abattu. L’effacement du modèle ne lui avait laissé que sa propre silhouette, juste une esquisse fragile qui ne savait plus comment se remplir.

Le monde, alors, avait pris le relais. Juste le monde. Et lui-même. C’est son image qu’il avait cherché à rattraper, à affiner, à établir solidement, à étendre surtout vers une connaissance toujours plus fine et profonde. Le monde était devenu le complice. Et le guide.

Peu à peu, avec les heures douloureuses des souvenirs ressassés, la passion de la montagne s’était nourrie de sa soif de vengeance. Elle en était même devenue la source de toutes ses forces. Dominer les sommets, atteindre des pointes reculées, escalader des parois aussi lisses que le bleu du ciel, c’était redonner vie à Walter, c’était marquer la montagne de l’empreinte de la famille, le fils usant des enseignements du père pour progresser et se dresser sur les plus hauts sommets. Ils étaient deux à grimper. Il n’avait plus voulu de compagnon de cordée. Walter l’accompagnait."


 

"TOUS, SAUF ELLE"

Dans ce roman, achevé mais non publié, j'ai poussé la réflexion à son extrême. Ce lieu représente tout ce qu'on cherche à atteindre. 

CHAPITRE 39

Deux semaines qu’elle vivait à la ferme. Vibrait en elle la certitude qu’elle n’en partirait plus. L’intensité des jours passés et le bonheur de l’instant la comblaient au-delà du possible.

Toutes les émotions s’agitaient follement dans un maelstrom intemporel de souvenirs intenses.

La ferme de Théo. Un choc immense.

Il était venu la chercher. Le vendredi midi après un passage obligé à la brigade. Elle avait emporté des affaires pour plusieurs jours.

La première fois qu'elle abandonnait le foulard sur ses cheveux. Comme un rituel de passage, une autre vie, l'abandon des souvenirs. Une chevelure renaissante que Théo avait caressée tendrement.

Elle avait aimé le frisson dans son crâne, dans sa colonne, dans son ventre, elle avait fermé les yeux en posant la tête sur l'épaule de l'homme qui l'aimait.

L'homme qui l'aimait... Le cheminement de la vie était totalement imprévisible. L'idée lui fit ressentir une sorte d'étouffement, une onde de choc très profonde, comme un séisme à peine contenu. L'anticipation relevait-elle d'une illusion totale ? Là, maintenant, au regard de ce qu'elle avait connu ces derniers mois, pouvait-elle établir clairement et indubitablement la suite de son parcours ? Elle faillit en rire tellement l'idée était absurde. Elle pouvait imaginer une suite mais aucunement l'affirmer. Rien de ce qui était écrit en elle n'était accessible . La vie irait là où elle a besoin d'aller.

La conclusion l'avait apaisée et elle avait levé les yeux vers ceux de Théo.

« Je ne sais pas où la vie en moi souhaite aller et je ne demande pas à le savoir puisque l'instant contient tout ce qui me réjouit. »

Il n'avait rien répondu. Il l'avait embrassée.

Ils s’étaient arrêtés à la ferme des Balthuzar, le couple de retraités. Raymond et Yolande leur avait offert une bolée de jus de pommes.

« C’est du fait maison, ma jolie dame, » avait lancé joyeusement le vieil homme, en l’invitant à emporter la bouteille.

Elle l’avait remercié et Mme Balthuzar avait ajouté un panier de légumes.

« Ceux-là aussi, c’est du fait maison, que du bio, pour vous les jeunes. »

Ils avaient eu du mal à quitter le couple, l’un ou l’une, relançant inlassablement les discussions.

« Ils ne voient plus grand monde, avait expliqué Théo, en roulant sur la piste. Leurs deux filles ont quitté la région, mariées avec des gars des villes. La ferme leur reviendra à la mort des parents et ils la vendront le plus vite possible pour se partager le pognon, expliqua Théo. Et c’est pitoyable. »

Cinq cents mètres de piste en terre, de nombreuses ornières, des roches calcaires qu’il fallait éviter, puis la traversée d’un pré suivi d’un sous-bois de hêtres et de bouleaux.

« Et en hiver ? demanda-t-elle.

–Raymond a un tracteur avec une lame, ça fait déneigeuse quand ça tombe fort mais ça devient très rare. Je ne veux surtout pas améliorer la piste. C’est le garant de ma tranquillité. Et de toute façon, avec le réchauffement climatique, l’enneigement est de plus en plus faible.

–Je comprends mieux l’utilité d’un 4X4.

–L’avantage des vieux Toyota comme celui-là, lança-t-il en tapotant amicalement le tableau de bord, c’est l’absence d’électronique et je n’en veux surtout pas. Ensuite, ce sont des moteurs indestructibles et une mécanique assez simple.

–Pourquoi tu ne veux pas d’électronique ? C’est juste pour ne pas suivre la mode ou autre chose ?

–C’est très fragile l’électronique. Et le jour où toute l’électronique sera hors service, il n’y aura que des vieilles caisses rustiques qui pourront rouler. Une bombe à impulsion magnétique et plus rien ne fonctionne. Je t’en parlerai. Et je te montrerai les dégâts aussi de l'exploitation des terres rares dont l'industrie électronique se sert. Je ne veux pas participer à ça, en tout cas le moins possible et pas dans ma bagnole. »

Elle aimait l’écouter et elle se réjouissait de toutes les discussions qu’ils avaient eues en quelques jours tout autant que celles à venir. Elle aimait son calme tout autant que sa détermination, elle aimait ses secrets tout autant que les révélations sur lui-même, l’écartement progressif des rideaux intérieurs.

L’arrivée à la ferme. Tout était là, gravé dans sa mémoire. De ces instants de vie qui se logent au plus profond des fibres. Elle pouvait en revivre chaque minute comme un film qui tourne en boucle. Comme un instant présent dans un passé ineffaçable.

Le véhicule avait franchi le seuil d’un plateau. Un horizon découvert jusqu’à la lisière d’une forêt dense.

À quelques centaines de mètres, droit devant, elle aperçut les bâtiments.

Un pré encadré de bois, deux blocs rocheux monumentaux, cinq ou six mètres de haut, posés comme des sentinelles, une longue ceinture de barrières horizontales clouées sur des pieux massifs enserrant le terrain sans qu’elle n’en distingue intégralement l’étendue.

Elle scruta le corps de ferme. Elle y vit comme un fortin et ne parvint pas clairement à identifier une raison précise. Elle ressentit un ensemble énergétique, une aura qui semblait envelopper l'espace.

Elle entrait dans un lieu particulier et elle aima le frisson le long de sa colonne.

Théo arrêta le véhicule devant une barrière métallique posée sur deux poteaux en acier blanc. Il prit une clé dans le vide-poche et descendit. Il ouvrit un cadenas pour libérer une lourde chaîne puis il souleva le long tube fixé à un pivot. Il déposa la barre, reprit le volant et avança de quelques mètres.

Il s’arrêta de nouveau et referma l’entrée.

Elle pensa au franchissement d’un pont-levis.

Il roula jusqu’au seuil du bâtiment d’habitation.

Elle put alors en détailler l’architecture : une bâtisse en pierre, trapue, le corps soudé au sol, sur un seul niveau, le toit en lauzes, partiellement couvert de panneaux solaires. Une longère parfaitement entretenue, soignée, une rudesse ancestrale. Volets fermés, une cour gravillonnée en façade, trois grands troncs évidés, posés en ligne sur des socles en béton et garnis de plantes. Ils semblaient interdire l’entrée du lieu, comme trois gardiens empêchant l’avancée de véhicules ennemis.

Une grange fermée par deux lourds battants en bois massif se tenait sur le flanc ouest, un soubassement en grosses pierres brutes surmontées d’un bardage vertical, des planches couvertes d’une lasure sombre et parfaitement jointes. Un toit de tôles grises et un châssis supportant d’autres panneaux solaires. « Un hangar pour son matériel », avait-elle pensé. Elle nota également la présence d’une antenne très haute, bardée d’éléments horizontaux. Rien à voir avec une parabole. Plutôt l’installation caractéristique d’un radio amateur.

Une extension en pierre occupait le flanc est, comme un appartement contigu à l’habitation principale.

En arrière-plan, à une dizaine de mètres de la maison, elle devina un potager fermé par des filets tendus sur des pieux, à l’abri des sangliers, biches et chevreuils qui devaient fréquenter les lieux.

L’ensemble dégageait une force étrange, comme une obstination, un ancrage buté et indestructible. Une citadelle ou un fortin, c’était vraiment ça. Le positionnement des trois bâtiments constituait une muraille, elle imagina un convoi de chariots de cow-boys face à l’attaque des Indiens. Elle s’amusa de l’image enfantine. Elle aurait pu s’émerveiller des couleurs, de la lumière, de cette merveilleuse végétation, des panoramas magnifiques devant elle mais plus puissante que la beauté du lieu s’imposait cette idée qu’elle entrait dans un territoire réservé, une enclave militaire.

Rien de fragile, rien de vulnérable, chaque élément ayant été pensé, étudié, érigé, renforcé de toutes parts avec une volonté indéfectible. Voilà ce qu’elle ressentait.

Théo.

L’impression que l’homme devant elle se dénudait intégralement. Corps et âme.

Elle repensa à ce moment émouvant où elle avait serré sa main dans le parc de l’hôpital. Comme un territoire impénétrable en lui, un mystère qu’il avait pourtant eu envie de lui révéler.

Elle comprenait maintenant.

Elle entrait dans son secret.

Théo avait contourné la voiture, il avait ouvert la porte puis il lui avait pris la main.

« Bienvenue à la ferme, plus communément appelée dans ma tête, le désert des Tartares. »

Elle l’avait regardé, intriguée puis elle était descendue.

« C’est un film, ça, je crois bien.

–C’est surtout un roman de Dino Buzzati.

–Ils attendent dans une forteresse un ennemi qui n’arrive jamais, c’est ça ?

–Exactement. »

Elle le regarda déverrouiller deux serrures massives à la porte d’entrée, il en ouvrit grand le battant puis il l’invita d’un geste de la main.

Elle le suivit dans l’ombre de la pièce, le corps enveloppé par le rai de lumière dans son dos. Elle aima aussitôt l’odeur si particulière de ces maisons qui ont protégé des chapelets de vies humaines."

Cinéma, photographie, sport, littérature, ...Et le viol.

Par Le 02/03/2020

C'est effroyable. 

Quelques recherches et tous les milieux y passent. Dès qu'il y a des hommes "tout-puissants", leurs perversités sont couvertes, des pressions sont excercées, des silences sont imposés.

C'est effroyable.

Qu'on se souvienne de David Hamilton qui s'est suicidé. Combien d'autres dans ce milieu ?

Polanski n'est pas tout seul, bien entendu. Weinstein vient d'être condamné mais combien de personnes connaissaient tout de ses viols dans le milieu ? Combien auraient pu le dénoncer depuis très longtemps et se sont tus parce que Weinstein était tout-puissant.

Gabriel Matzneff et son éditeur : ... "les enquêteurs s'intéressent aussi à Christian Giudicelli, son éditeur chez Gallimard, aussi son compagnon de voyage aux Philippines. Dans ses livres, Gabriel Matzneff racontait son attirance pour le tourisme sexuel avec de jeunes garçons en Asie."

Dans le sport, les révélations s'enchaînent.

Si la justice n'est pas d'une sévérité totale, exemplaire, impitoyable, rien ne s'arrêtera.

INTERVIEW. Après les accusations de viol dans le patinage, les révélations de Gwendal Peizerat

L'ancienne championne de patinage Sarah Abitbol a dénoncé des viols et des agressions sexuelles de son entraîneur Gilles Beyer. Le lyonnais Gwendal Peizerat accuse le président de la Fédération Française des Sports de Glace, Didier Gailhaguet d'avoir "couvert" les agissements de Gilles Beyer. Photo d'archives. / © L. Vadam / MaxPPP L'ancienne championne de patinage Sarah Abitbol a dénoncé des viols et des agressions sexuelles de son entraîneur Gilles Beyer. Le lyonnais Gwendal Peizerat accuse le président de la Fédération Française des Sports de Glace, Didier Gailhaguet d'avoir "couvert" les agissements de Gilles Beyer. Photo d'archives. / © L. Vadam / MaxPPP

PARTAGES

L'ancienne championne française de patinage Sarah Abitbol a accusé son entraîneur, Gilles Beyer, de viols. Le lyonnais Gwendal Peizerat accuse, lui, le Président de la Fédération Française de Sports sur Glace, Didier Gailhaguet, d'avoir couvert les agissements de Gilles Beyer.

Par Renaud Gardette, avec Valérie Benais et Laure Crozat 

L'ancienne patineuse Sarah Abitbol (deux fois médaillée d'argent aux Championnats d'Europe) a révélé avoir été violée, entre ses 15 et 17 ans, par son entraîneur Gilles Beyer.
 

Les accusations de Gwendal Peizerat

Une pétition est aujourd'hui en ligne pour réclamer la démission de Dider Gailhaguet, signée notamment par Gwendal Peizerat. L'ancien champion du monde en 2000 est aujourd'hui entraîneur à Lyon. Il nous a accordé une interview exclusive.

Gwendal Peizerat accuse Didier Gailhaguet d'avoir couvert Gilles Beyer, l'entraîneur de Sarah Abitbol. Il décrit un président de Fédération aux pratiques dictatoriales.

 

"C'est un quasi-inceste"

Gwendal Peizerat: "Le fait que Sarah, Anne-Line Rolland, Hélène Godard parlent aujourd'hui, c'est très courageux de leur part. Apprendre ce qui est arrivé à Sarah (Abitbol), c'est un peu comme si j'apprenais que ma petite soeur était violée par mon oncle! Ce qu'a fait son entraîneur, c'est un quasi-inceste. Moi j'étais avec mon entraîneuse à Lyon depuis l'âge de 4 ans (Muriel Boucher Zazoui). C'est ma deuxième maman! La proximité est énorme. Pour Sarah, ça devait être impossible de parler de ça.
 

"La peur domine"

Gwendal Peizerat: "Didier Gaillhaguet est là depuis 20 ans. Il a déjà démissionné. On est dans un système où la peur, les représailles dominent la façon de manager. Celui qui est accusé par Sarah (Gilles Beyer) a été lui aussi licencié par l'Etat. On lui a retiré son poste de cadre ! Didier Gaillhaguet a réussi à revenir à la Fédération, grâce aux clubs qui ont voté pour lui, donc légitimement. Et il a choisi son bureau exécutif: il a mis Gilles Beyer, alors que les ministres de l'époque avaient demandé qu'il ne soit plus en contact avec des jeunes, de par les accusations contre lui et les soupçons de maltraitance. Chacun se protège. C'est très malsain, lourd et pesant."
 

"Il agit comme un dictateur"

Gwendal Peizerat: "On a un président qui fait tremper les gens qui sont autour de lui, soit dans des affaires pas très jolies, soit dans des trucs où ils profitent du système. Après çà ils n'oseront plus jamais rien dire contre lui parce qu'ils lui doivent telles ou telles positions, tel ou tel avantage. Il agit comme un dictateur au sein de la Fédération. Les gens ont peur de dire les choses. Didier Gailhaguet, il en a vu des ministres qui ont tenté de le faire tomber. Beaucoup. Il confond la personne et la fonction. Il est le président tout puissant, qui a tous les pouvoirs sur les juges, les entraîneurs, les patineurs, les bobbeurs, les lugeurs, les patineurs de vitesse, et tous ont un jour un témoignage pour dire : soit vous suivez la ligne imposée, soit vous allez subir brimades, représailles et frustration." 
 

"Gilles Beyer était à proximité de Sarah"

Gwendal Peizerat: "Didier Gailhaguet a vu et a très bien compris ce qui avait été dit par la Ministre des Sports Marie-Georges Buffet, quand Gilles Beyer a été évincé de son poste de cadre national pour des problèmes avec des jeunes. Et lui a choisi de passer outre et de le mettre à une position où il était responsable de la tournée des équipes de France: c'est une trentaine de galas sur un mois. On passe notre temps dans les bus ensemble, dans les mêmes hôtels. Il était à côté de nous. Il était avec Sarah. Il était à proximité de Sarah tout le temps."
 

"Il connaît les numéros de chambre"

Gwendal Peizerat: "En 2011, Gilles Beyer a été choisi par Didier Gailhaguet pour être Team Leader d'une équipe junior qui partait aux championnats du monde en Corée du Sud. Ils sont loin de leur famille, dans un pays étranger, dans le même hôtel pendant une semaine. Il avait tous pouvoirs. Il connaît les numéros de chambre. C'est lui qui organise tout. Il n'a pas forcément fait quelque chose à ce moment-là. Mais on savait très bien ce qu'il avait fait avant. Et ce qu'il était capable de faire. Moi je demande une prise de conscience globale, de l'Etat et du Comité Olympique, et une prise de conscience des licenciés et des présidents de clubs. Il faut mettre à plat la Fédération et repartir sur des bases saines.


En 2014 Gwendal Peizerat s'était présenté contre Didier Gailhaguet aux élections pour la présidence de la Fédération Française des Sports de Glace, sans succès. Il envisage de renouveler cette candidature lors des prochaines élections. 

 

La ministre dénonce un dysfonctionnement général

La ministre des Sports Roxana Maracineanu a demandé à Didier Gailhaguet de démissionner, après un entretien avec lui à Paris lundi 3 février.

"Un dysfonctionnement général existe au sein de la Fédération française des sports de glace (...). Au regard des révélations et des témoignages que j'ai pu recueillir, Didier Gailhaguet ne peut se dédouaner de sa responsabilité morale et personnelle, je lui ai donc demandé d'assumer toutes ses responsabilités et de démissionner du poste de président de la Fédération française des sports de glace", a expliqué Roxana Maracineanu.

 

Une enquête ouverte


Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour viols et agressions sexuelles sur mineurs après les accusations de l'ancienne championne de patinage Sarah Abitbol contre son ex-entraîneur Gilles Beyer. L'affaire est née de la publication d'un livre témoignage de celle qui fut dix fois championne de France de patinage artistique en couple, multimédaillée européenne et mondiale en couple. Elle y dénonce des faits qui se seraient produits entre 1990 à 1992, une période en principe couverte par la prescription, alors qu'elle était âgée de 15 à 17 ans. 

Dans un communiqué, le procureur de la République de Paris Rémy Heitz a précisé que les investigations, confiées à la brigade des mineurs, "s'attacheront à identifier toutes autres victimes ayant pu subir, dans le contexte décrit, des infractions de même nature", au-delà des faits évoqués dans cet ouvrage.

Gilles Beyer, 62 ans, a reconnu, dans une déclaration écrite à l'AFP, "des relations intimes" et "inappropriées" avec Sarah Abitbol, lui présentant des "excuses". L'ancienne championne les a aussitôt refusées.
 
Au début des années 2000, sur la base d'un signalement de parents, Gilles Beyer avait fait l'objet d'une enquête judiciaire qui n'a pas abouti, puis d'une enquête administrative, qui a conduit le ministère des Sports à mettre fin à ses fonctions de cadre d'Etat, le 31 mars 2001. Malgré cette mise à l'écart, Gilles Beyer a poursuivi sa carrière au sein du club parisien des Français volants, présidé par son frère Alain, jusqu'à son éviction vendredi, et a effectué plusieurs mandats au bureau exécutif de la Fédération française des sports de glace (FFSG) jusqu'en 2018.

D'autres anciennes patineuses ont émis des accusations similaires contre M. Beyer et d'autres entraîneurs. Hélène Godard a accusé ainsi, dans le quotidien sportif L'Equipe et l'hebdomadaire L'Obs, Gilles Beyer d'avoir eu des rapports sexuels avec elle, alors qu'elle avait 13 et 14 ans. Anne Bruneteaux et Béatrice Dumur ont accusé elles un autre ancien entraîneur, Michel Lotz, d'avoir abusé d'elles dans les années 1980 alors qu'elles avaient 13 ans.

Après les scandales qui ont éclaboussé notamment le monde du cinéma et le milieu littéraire, cette affaire a plongé la FFSG et son insubmersible président Didier Gailhaguet dans la tourmente. La ministre des Sports a reçu M. Gailhaguet, à la tête de la FFSG depuis 1998, à l'exception de la période 2004-2007, pour qu'il s'explique notamment sur le maintien en poste, dans les années 2000 de Gilles Beyer, malgré les soupçons qui pesaient déjà sur lui. Elle a également demandé sa démission, mais le patron de la fédération, âgé de 66 ans, a éludé les questions sur son avenir, promettant de faire des révélations au cours d'une conférence de presse mercredi 5 février.

 

Violences sexuelles dans le sport : l'ancienne skieuse Claudine Emonet accuse son entraîneur de l'époque d'agressions

 

Claudine Emonet lors de la descente de Val d'Isère le 13 décembre 1986. / © France 3 Claudine Emonet lors de la descente de Val d'Isère le 13 décembre 1986. / © France 3

PARTAGES

La libération de la paroles des victimes de violences sexuelles dans le sport s'est propagée au monde du ski. Le plus grand défi pour les victimes : briser l'omertà et faire bouger les consciences, pour que ces actes ne se reproduisent plus.

Par TH 

Après le patinage, après l'escalade, c'est au tour du ski d'allonger la liste des domaines sportifs contaminés par des cas violences sexuelles. Les révélations de la patineuse Sarah Abitbol, qui accuse son ancien entraîneur de l'avoir violé alors qu'elle n'avait que 15 ans, ont ouvert une brèche dans le monde du sport.

Son témoignage a notamment encouragé l'ancienne skieuse Claudine Emonet à dénoncer des cas de harcèlement dans le milieu compétitif. Dans un post Facebook, elle a décidé de témoigner contre son ancien entraîneur, qu'elle accuse d'agressions sexuelles. Sur elle, mais aussi sur "plusieurs de mes coéquipières". Des faits qui se seraient déroulés à cheval sur les décennies 1970 et 1980. 

 
"J’étais tout juste majeure au moment de ces agressions, mais certaines les ont subies alors qu’elles étaient encore mineures", écrit-elle. Cet homme s'est selon elle comporté "comme un gourou manipulateur, abusant de son pouvoir, de son emprise, agressant, harcelant, menaçant, et enfin, brimant et maltraitant psychologiquement lorsque ses assauts étaient repoussés".

 

"Nous, les victimes, on prend pour perpète, et pour lui tout va bien"


Des agressions répétées, qui ont pu avoir des répercussions psychologiques lourdes sur Claudine Emonet et ses jeunes coéquipières de l'époque. L'ancienne skieuse a choisi de ne pas s'exprimer devant nos caméras, mais a accordé 
un entretien au Parisien (article réservé aux abonnés).

"Il m'a pourri ma vie. Nous, les victimes, on en prend pour perpète, on souffre, et pour lui, pour eux, les mecs (les agresseurs), tout va bien", s'indigne-t-elle dans le quotidien. Elle choisit par ailleurs de ne pas nommer son agresseur, par peur d'un procès en diffamation.

Claudine Emonet précise que "les paroles fortes de Jean-Claude Killy " l'ont encouragée à rompre le silence. "Le harcèlement sexuel dans le sport, c'est pire que le dopage", 
disait-il ainsi en 2018 au Figaro.

Il qualifiait alors ces actes de "phénomène très répandu" et "sur lequel tout le monde ferme les yeux", dénonçant "des autorités indignes qui brisent [les] carrière et [les] rêves" des jeunes. En tant qu'ancien skieur alpin, investi dans plusieurs associations de ski, Jean-Claude Killy et ses déclarations avaient déjà de quoi interroger.

 

Enfin une réaction des institutions


Aujourd'hui, Claudine Emonet dit vouloir aider les victimes "à porter ce fardeau. C'est un énorme fléau. Le monde du ski doit se rendre compte que ce problème existe, qu'il n'est pas épargné", continue-t-elle dans Le Parisien.

De son côté, le président de la Fédération française de ski Michel Vion a affirmé, toujours 
au Parisien, avoir découvert l'affaire "en lisant le témoignage". "Les faits, inadmissibles, se sont déroulés il y a plus de 40 ans, poursuit le président de la FFS. Mais ne nous réfugions pas derrière la prescription. Il est important que la parole se libère".

Virigine Despentes : «Désormais on se lève et on se barre»

Par Le 02/03/2020

"On est les humiliées, on se lève et on se casse" : le cri de "rage" de Virginie Despentes après la cérémonie des César

 

Dans une tribune publiée par "Libération", la romancière, victime d'un viol dans son adolescence, salue le départ d'Adèle Haenel en pleine cérémonie.

Virginie Despentes pose à Barcelone (Espagne), le 4 mai 2017.
Virginie Despentes pose à Barcelone (Espagne), le 4 mai 2017. (ANDREU DALMAU/SIPA)

Elle dit "avoir envie de chialer de rage et d'impuissance". La romancière Virginie Despentes publie une tribune, lundi 2 mars, dans Libération, pour apporter son soutien à l'actrice Adèle Haenel, qui a quitté la cérémonie des César après la remise du prix de la meilleur réalisation à Roman Polanski. Elle salue en ce geste, "la plus belle image en quarante-cinq ans de cérémonie".

"Ton corps, tes yeux, ton dos, ta voix, tes gestes tout disait : oui on est les connasses, on est les humiliées, oui on n'a qu'à fermer nos gueules et manger vos coups, vous êtes les boss, vous avez le pouvoir et l'arrogance qui va avec mais on ne restera pas assis sans rien dire, écrit Virginie Despentes. Vous n'aurez pas notre respect. On se casse."

L'autrice de King Kong Théorie, dans lequel elle évoquait son viol subi à l'adolescence, s'en prend longuement aux "puissants" et aux "dominants". Elle accuse ces derniers de se protéger mutuellement : "Si le violeur d'enfant c'était l'homme de ménage alors là pas de quartier : police, prison, déclarations tonitruantes, défense de la victime et condamnation générale. Mais si le violeur est un puissant : respect et solidarité."

Célébrez-vous, humiliez-vous les uns les autres tuez, violez, exploitez, défoncez tout ce qui vous passe sous la main. On se lève et on se casse. C’est probablement une image annonciatrice des jours à venir.Virginie Despentesdans "Libération"

Virginie Despentes décrypte l'absence de récompense notable pour le dernier film de Céline Sciamma, dans lequel joue Adèle Haenel. "Si Portrait de la jeune fille en feu ne reçoit aucun des grands prix de la fin, c'est uniquement parce qu'Adèle Haenel a parlé et qu'il s'agit de bien faire comprendre aux victimes qui pourraient avoir envie de raconter leur histoire qu'elles feraient bien de réfléchir avant de rompre la loi du silence."

"Bande de bouffons"

Pour elle, c'est cette même "loi du silence" qui explique que l'affaire Polanski a été si peu abordée sur la scène des César. "Les uns les autres savent qu'en tant qu'employés de l'industrie du cinéma, s'ils veulent bosser demain, ils doivent se taire. Même pas une blague, même pas une vanne. Ça, c'est le spectacle des césars."

Enfin, Virginie Despentes rejette l'"imbécilité de séparation entre l'homme et l'artiste", en réponse à ceux qui appellent à distinguer l'œuvre de Roman Polanski du reste du personnage : "Toutes les victimes de viol d'artistes savent qu'il n'y a pas de division miraculeuse entre le corps violé et le corps créateur. On trimballe ce qu'on est et c'est tout. Venez m'expliquer comment je devrais m'y prendre pour laisser la fille violée devant la porte de mon bureau avant de me mettre à écrire, bande de bouffons."

«Désormais on se lève et on se barre», par Virginie Despentes

"Je vais commencer comme ça : soyez rassurés, les puissants, les boss, les chefs, les gros bonnets : ça fait mal. On a beau le savoir, on a beau vous connaître, on a beau l’avoir pris des dizaines de fois votre gros pouvoir en travers de la gueule, ça fait toujours aussi mal. Tout ce week-end à vous écouter geindre et chialer, vous plaindre de ce qu’on vous oblige à passer vos lois à coups de 49.3 et qu’on ne vous laisse pas célébrer Polanski tranquilles et que ça vous gâche la fête mais derrière vos jérémiades, ne vous en faites pas : on vous entend jouir de ce que vous êtes les vrais patrons, les gros caïds, et le message passe cinq sur cinq : cette notion de consentement, vous ne comptez pas la laisser passer. Où serait le fun d’appartenir au clan des puissants s’il fallait tenir compte du consentement des dominés ? Et je ne suis certainement pas la seule à avoir envie de chialer de rage et d’impuissance depuis votre belle démonstration de force, certainement pas la seule à me sentir salie par le spectacle de votre orgie d’impunité.

Il n’y a rien de surprenant à ce que l’académie des césars élise Roman Polanski meilleur réalisateur de l’année 2020. C’est grotesque, c’est insultant, c’est ignoble, mais ce n’est pas surprenant. Quand tu confies un budget de plus de 25 millions à un mec pour faire un téléfilm, le message est dans le budget. Si la lutte contre la montée de l’antisémitisme intéressait le cinéma français, ça se verrait. Par contre, la voix des opprimés qui prennent en charge le récit de leur calvaire, on a compris que ça vous soûlait. Alors quand vous avez entendu parler de cette subtile comparaison entre la problématique d’un cinéaste chahuté par une centaine de féministes devant trois salles de cinéma et Dreyfus, victime de l’antisémitisme français de la fin du siècle dernier, vous avez sauté sur l’occasion. Vingt-cinq millions pour ce parallèle. Superbe. On applaudit les investisseurs, puisque pour rassembler un tel budget il a fallu que tout le monde joue le jeu : Gaumont Distribution, les crédits d’impôts, France 2, France 3, OCS, Canal +, la RAI… la main à la poche, et généreux, pour une fois. Vous serrez les rangs, vous défendez l’un des vôtres. Les plus puissants entendent défendre leurs prérogatives : ça fait partie de votre élégance, le viol est même ce qui fonde votre style. La loi vous couvre, les tribunaux sont votre domaine, les médias vous appartiennent. Et c’est exactement à cela que ça sert, la puissance de vos grosses fortunes : avoir le contrôle des corps déclarés subalternes. Les corps qui se taisent, qui ne racontent pas l’histoire de leur point de vue. Le temps est venu pour les plus riches de faire passer ce beau message : le respect qu’on leur doit s’étendra désormais jusqu’à leurs bites tachées du sang et de la merde des enfants qu’ils violent. Que ça soit à l’Assemblée nationale ou dans la culture - marre de se cacher, de simuler la gêne. Vous exigez le respect entier et constant. Ça vaut pour le viol, ça vaut pour les exactions de votre police, ça vaut pour les césars, ça vaut pour votre réforme des retraites. C’est votre politique : exiger le silence des victimes. Ça fait partie du territoire, et s’il faut nous transmettre le message par la terreur vous ne voyez pas où est le problème. Votre jouissance morbide, avant tout. Et vous ne tolérez autour de vous que les valets les plus dociles. Il n’y a rien de surprenant à ce que vous ayez couronné Polanski : c’est toujours l’argent qu’on célèbre, dans ces cérémonies, le cinéma on s’en fout. Le public on s’en fout. C’est votre propre puissance de frappe monétaire que vous venez aduler. C’est le gros budget que vous lui avez octroyé en signe de soutien que vous saluez - à travers lui c’est votre puissance qu’on doit respecter.

Il serait inutile et déplacé, dans un commentaire sur cette cérémonie, de séparer les corps de cis mecs aux corps de cis meufs. Je ne vois aucune différence de comportements. Il est entendu que les grands prix continuent d’être exclusivement le domaine des hommes, puisque le message de fond est : rien ne doit changer. Les choses sont très bien telles qu’elles sont. Quand Foresti se permet de quitter la fête et de se déclarer «écœurée», elle ne le fait pas en tant que meuf - elle le fait en tant qu’individu qui prend le risque de se mettre la profession à dos. Elle le fait en tant qu’individu qui n’est pas entièrement assujetti à l’industrie cinématographique, parce qu’elle sait que votre pouvoir n’ira pas jusqu’à vider ses salles. Elle est la seule à oser faire une blague sur l’éléphant au milieu de la pièce, tous les autres botteront en touche. Pas un mot sur Polanski, pas un mot sur Adèle Haenel. On dîne tous ensemble, dans ce milieu, on connaît les mots d’ordre : ça fait des mois que vous vous agacez de ce qu’une partie du public se fasse entendre et ça fait des mois que vous souffrez de ce qu’Adèle Haenel ait pris la parole pour raconter son histoire d’enfant actrice, de son point de vue.

Alors tous les corps assis ce soir-là dans la salle sont convoqués dans un seul but : vérifier le pouvoir absolu des puissants. Et les puissants aiment les violeurs. Enfin, ceux qui leur ressemblent, ceux qui sont puissants. On ne les aime pas malgré le viol et parce qu’ils ont du talent. On leur trouve du talent et du style parce qu’ils sont des violeurs. On les aime pour ça. Pour le courage qu’ils ont de réclamer la morbidité de leur plaisir, leur pulsion débile et systématique de destruction de l’autre, de destruction de tout ce qu’ils touchent en vérité. Votre plaisir réside dans la prédation, c’est votre seule compréhension du style. Vous savez très bien ce que vous faites quand vous défendez Polanski : vous exigez qu’on vous admire jusque dans votre délinquance. C’est cette exigence qui fait que lors de la cérémonie tous les corps sont soumis à une même loi du silence. On accuse le politiquement correct et les réseaux sociaux, comme si cette omerta datait d’hier et que c’était la faute des féministes mais ça fait des décennies que ça se goupille comme ça : pendant les cérémonies de cinéma français, on ne blague jamais avec la susceptibilité des patrons. Alors tout le monde se tait, tout le monde sourit. Si le violeur d’enfant c’était l’homme de ménage alors là pas de quartier : police, prison, déclarations tonitruantes, défense de la victime et condamnation générale. Mais si le violeur est un puissant : respect et solidarité. Ne jamais parler en public de ce qui se passe pendant les castings ni pendant les prépas ni sur les tournages ni pendant les promos. Ça se raconte, ça se sait. Tout le monde sait. C’est toujours la loi du silence qui prévaut. C’est au respect de cette consigne qu’on sélectionne les employés.

Et bien qu’on sache tout ça depuis des années, la vérité c’est qu’on est toujours surpris par l’outrecuidance du pouvoir. C’est ça qui est beau, finalement, c’est que ça marche à tous les coups, vos saletés. Ça reste humiliant de voir les participants se succéder au pupitre, que ce soit pour annoncer ou pour recevoir un prix. On s’identifie forcément - pas seulement moi qui fais partie de ce sérail mais n’importe qui regardant la cérémonie, on s’identifie et on est humilié par procuration. Tant de silence, tant de soumission, tant d’empressement dans la servitude. On se reconnaît. On a envie de crever. Parce qu’à la fin de l’exercice, on sait qu’on est tous les employés de ce grand merdier. On est humilié par procuration quand on les regarde se taire alors qu’ils savent que si Portrait de la jeune fille en feu ne reçoit aucun des grands prix de la fin, c’est uniquement parce qu’Adèle Haenel a parlé et qu’il s’agit de bien faire comprendre aux victimes qui pourraient avoir envie de raconter leur histoire qu’elles feraient bien de réfléchir avant de rompre la loi du silence. Humilié par procuration que vous ayez osé convoquer deux réalisatrices qui n’ont jamais reçu et ne recevront probablement jamais le prix de la meilleure réalisation pour remettre le prix à Roman fucking Polanski. Himself. Dans nos gueules. Vous n’avez décidément honte de rien. Vingt-cinq millions, c’est-à-dire plus de quatorze fois le budget des Misérables, et le mec n’est même pas foutu de classer son film dans le box-office des cinq films les plus vus dans l’année. Et vous le récompensez. Et vous savez très bien ce que vous faites - que l’humiliation subie par toute une partie du public qui a très bien compris le message s’étendra jusqu’au prix d’après, celui des Misérables, quand vous convoquez sur la scène les corps les plus vulnérables de la salle, ceux dont on sait qu’ils risquent leur peau au moindre contrôle de police, et que si ça manque de meufs parmi eux, on voit bien que ça ne manque pas d’intelligence et on sait qu’ils savent à quel point le lien est direct entre l’impunité du violeur célébré ce soir-là et la situation du quartier où ils vivent. Les réalisatrices qui décernent le prix de votre impunité, les réalisateurs dont le prix est taché par votre ignominie - même combat. Les uns les autres savent qu’en tant qu’employés de l’industrie du cinéma, s’ils veulent bosser demain, ils doivent se taire. Même pas une blague, même pas une vanne. Ça, c’est le spectacle des césars. Et les hasards du calendrier font que le message vaut sur tous les tableaux : trois mois de grève pour protester contre une réforme des retraites dont on ne veut pas et que vous allez faire passer en force. C’est le même message venu des mêmes milieux adressé au même peuple : «Ta gueule, tu la fermes, ton consentement tu te le carres dans ton cul, et tu souris quand tu me croises parce que je suis puissant, parce que j’ai toute la thune, parce que c’est moi le boss.»

Alors quand Adèle Haenel s’est levée, c’était le sacrilège en marche. Une employée récidiviste, qui ne se force pas à sourire quand on l’éclabousse en public, qui ne se force pas à applaudir au spectacle de sa propre humiliation. Adèle se lève comme elle s’est déjà levée pour dire voilà comment je la vois votre histoire du réalisateur et son actrice adolescente, voilà comment je l’ai vécue, voilà comment je la porte, voilà comment ça me colle à la peau. Parce que vous pouvez nous la décliner sur tous les tons, votre imbécillité de séparation entre l’homme et l’artiste - toutes les victimes de viol d’artistes savent qu’il n’y a pas de division miraculeuse entre le corps violé et le corps créateur. On trimballe ce qu’on est et c’est tout. Venez m’expliquer comment je devrais m’y prendre pour laisser la fille violée devant la porte de mon bureau avant de me mettre à écrire, bande de bouffons.

Adèle se lève et elle se casse. Ce soir du 28 février on n’a pas appris grand-chose qu’on ignorait sur la belle industrie du cinéma français par contre on a appris comment ça se porte, la robe de soirée. A la guerrière. Comme on marche sur des talons hauts : comme si on allait démolir le bâtiment entier, comment on avance le dos droit et la nuque raidie de colère et les épaules ouvertes. La plus belle image en quarante-cinq ans de cérémonie - Adèle Haenel quand elle descend les escaliers pour sortir et qu’elle vous applaudit et désormais on sait comment ça marche, quelqu’un qui se casse et vous dit merde. Je donne 80 % de ma bibliothèque féministe pour cette image-là. Cette leçon-là. Adèle je sais pas si je te male gaze ou si je te female gaze mais je te love gaze en boucle sur mon téléphone pour cette sortie-là. Ton corps, tes yeux, ton dos, ta voix, tes gestes tout disait : oui on est les connasses, on est les humiliées, oui on n’a qu’à fermer nos gueules et manger vos coups, vous êtes les boss, vous avez le pouvoir et l’arrogance qui va avec mais on ne restera pas assis sans rien dire. Vous n’aurez pas notre respect. On se casse. Faites vos conneries entre vous. Célébrez-vous, humiliez-vous les uns les autres tuez, violez, exploitez, défoncez tout ce qui vous passe sous la main. On se lève et on se casse. C’est probablement une image annonciatrice des jours à venir. La différence ne se situe pas entre les hommes et les femmes, mais entre dominés et dominants, entre ceux qui entendent confisquer la narration et imposer leurs décisions et ceux qui vont se lever et se casser en gueulant. C’est la seule réponse possible à vos politiques. Quand ça ne va pas, quand ça va trop loin ; on se lève on se casse et on gueule et on vous insulte et même si on est ceux d’en bas, même si on le prend pleine face votre pouvoir de merde, on vous méprise on vous dégueule. Nous n’avons aucun respect pour votre mascarade de respectabilité. Votre monde est dégueulasse. Votre amour du plus fort est morbide. Votre puissance est une puissance sinistre. Vous êtes une bande d’imbéciles funestes. Le monde que vous avez créé pour régner dessus comme des minables est irrespirable. On se lève et on se casse. C’est terminé. On se lève. On se casse. On gueule. On vous emmerde. »

Coronavirus et baisse de la pollution

Par Le 01/03/2020

Dans la trilogie que j'avais menée jusqu'au début du tome 3, l'idée était de décrire une atteinte majeure sur l'humanité, des millions de morts. Puis de décrire l'évolution de la biodiversité et de la nature en général à la suite de cette hécatombe.

J'avais d'ailleurs prévu d'utiliser un virus, entre autres désastres,(la plastisphère) "Plastisphère" mais en y ajoutant une rupture d'approvisionnement en pétrole. On peut imaginer ce que donnerait l'extension d'un virus mortel dès lors que ne fonctionnent plus les services de santé.
Bon, ça sera peut-être pour plus tard si on sort vivant de ce virus-là ^^

En tout cas, en Chine, ce que je prédisais dans cette trilogie est en cours.

Il serait intéressant de connaître les conclusions des climato-sceptiques qui refusent de reconnaître l'aspect anthropique du réchauffement climatique...

Coronavirus en Chine: ces images de la Nasa montrent la chute spectaculaire de la pollution

Le coronavirus pourrait avoir un fort impact sur le réchauffement climatique. La différence de pollution de l'air en Chine, entre début janvier et fin février, est spectaculaire.

CHINE - Ces images satellites en disent long de l’action humaine sur l’environnement. Publiées par la Nasa, elles montrent une baisse drastique des niveaux de pollution en Chine liée à la baisse d’activité, aux mesures de confinement et aux fermetures d’usines provoquées par l’épidémie de coronavirus, selon l’agence spatiale américaine.

Ces images satellites font apparaître les niveaux de dioxyde d’azote -un gaz nocif émis par les véhicules à moteur et les installations industrielles- sur la période s’étalant du 1er au 20 janvier, quand l’épidémie ne s’était pas encore autant propagée; et entre le 10 et 25 février, quand les habitants sont restés le plus possible confinés chez eux et une grande partie des usines ont été mises à l’arrêt.

pause_muslim@MuslimPause


On est la plus grande menace pour cette planète. Les images de la NASA montrent la baisse de la pollution atmosphérique sur la Chine à un degré plus bas suite aux restrictions de circulation et la baisse de l'activité industrielle.

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La Nasa a aussi comparé les deux premiers mois de 2019 à la même période cette année, pour la ville de Wuhan, comme on peut le voir ci-dessous.

Parveen Kaswan, IFS@ParveenKaswan

An eye opener.

NASA pollution monitoring satellites have detected significant decreases in nitrogen dioxide (NO2) over China. A noxious gas emitted by vehicles & industries. Showing a direct relation between Wildlife trade (which is banned now), Health, Economy & Environment.

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 “Une révélation.

Les satellites de surveillance de la pollution de la Nasa ont détecté des baisses significatives de dioxyde d’azote (NO2) au-dessus de la Chine. Un gaz nocif émis par les véhicules et les industries. Montrant une relation directe entre le commerce des espèces sauvages (qui est désormais interdit), la santé, l’économie et l’environnement.”

“C’est la première fois que je constate une baisse aussi spectaculaire sur une zone aussi vaste pour un événement spécifique”, a déclaré dans un communiqué Fei Liu, chercheuse sur la qualité de l’air au Goddard Space Flight Center de la Nasa, des propos rapportés par la BBC.

Elle a ajouté qu’elle avait observé une baisse des niveaux de dioxyde d’azote pendant la récession économique de 2008, mais que cette diminution avait été plus progressive.

Tracy Alloway@tracyalloway

Some of the charts showing movement of people and economic activity in China (or lack thereof) during the coronavirus outbreak are just stunning.

These via Nomura:

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Ces graphiques montrent les mouvements de personnes et l’activité économique en Chine (ou leur absence) pendant l’épidémie de coronavirus sont tout simplement stupéfiants.

L’épidémie du nouveau coronavirus s’approche des 2900 morts pour 80.000 cas en Chine. La province de Hubei, berceau de cette épidémie, représente encore 96% des cas.

En dehors de celle-ci, une certaine reprise est maintenant perceptible dans le pays, notamment avec la réapparition de quelques embouteillages à Pékin aux heures de pointe.

Polanski : L'artiste et le violeur.

Par Le 01/03/2020

Florence FORESTI : Il y a bien longtemps déjà que j'estime grandement cette femme. Dans son registre humoristique et dans ses différentes prises de position.

Là, elle a donné dans le sublime.

Personnellement, je suis consterné par ce prix donné à Polanski et je comprends parfaitement qu'Adèle Hannael décide de quitter la salle. Le film dans lequel elle joue, bien que nominé plusieurs fois, n'a obtenu aucune récompense...C'est là que j'ai décidé d'aller chercher la liste des membres de l'académie des Césars. Eh bien, il faut chercher un moment avant de la trouver...Faut qu'ils assument maintenant. Autant que ça se sache :

file:///C:/Users/Utilisateur/Downloads/liste-des-membres-de-lapc-sept.201926-fevrier-2020.pdf

LISTE DES MEMBRES DE L'APC
Au 1er septembre 2019 :
M. Jean-Jacques ANNAUD, Réalisateur, Oscar du Meilleur Film Étranger, 1977
M. Charles BERLING, Comédien
Mlle Juliette BINOCHE, Comédienne, Oscar du Meilleur Second Rôle Féminin, 1997
M. Pierre BISMUTH, Scénariste, Oscar du Meilleur Scénario Original, 2005
M. Bertrand BLIER, Réalisateur, Oscar du Meilleur Film Étranger, 1979
Mme Mathilde BONNEFOY, Chef Monteuse / Productrice, Oscar du Meilleur Film Documentaire,
2015
M. Ludovic BOURCE, Compositeur de musique, Oscar de la Meilleure Musique écrite pour un film,
2012
M. Serge BOURGUIGNON, Réalisateur, Oscar du Meilleur Film Étranger, 1964
M. Dominique BOUTONNAT, Président du CNC
M. Jean-Claude CARRIÈRE, Scénariste/ Producteur, Oscar du Meilleur Court Métrage, 1963
Mme Caroline CHAMPETIER, Directrice de la Photographie
M. Nicolas CHARTIER, Producteur, Oscar du Meilleur Film, 2010
M. COSTA GAVRAS, Réalisateur/Scénariste, Oscar du Meilleur Film Étranger 1970
Mlle Marion COTILLARD, Comédienne, Oscar de la Meilleure Actrice, 2008
M. Jean-Loup DABADIE, Scénariste, ancien Président de l'APC
M. Yves DARONDEAU, Producteur, Oscar du Meilleur Documentaire, 2006
M. Alexandre DESPLAT, Compositeur de musique, Oscar de la Meilleure Musique, 2015
M. Jean DUJARDIN, Comédien, Oscar du Meilleur Acteur, 2012
M. Samuel FAURE, Directeur Général de ECE
M. Michel GONDRY, Réalisateur, Oscar du Meilleur Scénario Original, 2005
M. Laurent GRÉGOIRE, Agent artistique
M. Robert GUÉDIGUIAN, Réalisateur
M. Michel HAZANAVICIUS, Réalisateur, Oscar du Meilleur Réalisateur, 2012
M. Gilles JACOB, Président d'Honneur du Festival de Cannes
M. Luc JACQUET, Réalisateur, Oscar du Meilleur Documentaire, 2006
M. Sam KARMANN, Réalisateur, Oscar du Meilleur Court Métrage, 1993
M. Philippe LABRO, Réalisateur
M. Bertrand de LABBEY, Agent artistique
M. Thomas LANGMANN, Producteur, Oscar du Meilleur Film, 2012
M. Didier LAVERGNE, Maquilleur, Oscar du Meilleur Maquillage, 2008
M. Claude LELOUCH, Réalisateur, Oscar du Meilleur Scénario 1967
M. Jean-Xavier de LESTRADE, Réalisateur, Oscar du Meilleur Documentaire, 2002
Mme Tonie MARSHALL, Réalisatrice
Mme Margaret MENEGOZ, Productrice
M. Marcel OPHULS, Réalisateur, Oscar du Meilleur Documentaire, 1989
M. Roman POLANSKI, Réalisateur, Oscar du Meilleur Réalisateur, 2003
M. Philippe POLLET-VILLARD, Réalisateur, Oscar du Meilleur Court Métrage, 2008
M. Alain ROCCA, Producteur
M. Philippe ROUSSELOT, Chef Opérateur, Oscar de la Meilleure Photo, 1993
M. Nicolas SCHMERKIN, Producteur, Oscar du Meilleur Court Métrage d'Animation, 2010
M. Dominique SEGALL, Attaché de presse
M. Alain TERZIAN, Producteur
Mme Danièle THOMPSON, Réalisatrice/Scénariste
M. Pierre UYTTERHOEVEN, Scénariste, Oscar du Meilleur Scénario, 1967
Mme Joële van EFFENTERRE, Chef Monteuse
M. Régis WARGNIER, Réalisateur, Oscar du Meilleur Film Étranger, 1993

M. Gabriel YARED, Compositeur de musique, Oscar de la Meilleure Musique écrite pour un Film, 1997

 

Je précise que Florence Foresti n'est pas revenue sur scène après cette attribution à Polanski et elle a juste tweeté "ECOEUREE".

 

Les vidéos mettent du temps à démarrer en ce moment sur youtube, même quand elles sont valides...Il faut attendre quelques secondes.

 

Aux César 2020, le discours de Florence Foresti sur Polanski surprend tout le monde.

 

"Popol", "Atchoum", "Roro": la maîtresse de cérémonie des César n'a pas ménagé le réalisateur de "J'accuse" en direct sur Canal+.

“J’ai décidé qu’Atchoum n’était pas assez grand pour faire...

REUTERS

“J’ai décidé qu’Atchoum n’était pas assez grand pour faire de l’ombre au cinéma français et au reste de la sélection” a commenté Florence Foresti sur la scène de la salle Pleyel à Paris.

CÉSAR - On attendait de pied ferme la prestation de Florence Foresti en tant que maîtresse de cérémonie des César 2020. Et en pleine polémique autour de Roman Polanski, l’humoriste a surpris tout le monde ce vendredi 28 février en multipliant les allusions au réalisateur accusé d’agressions sexuelles.

Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour voir les premières références de Florence Foresti à l’affaire. Dans une vidéo introductive mettant en scène ses répétitions de discours avant le grand jour dans un personnage de “Joker”, elle n’y va pas de main morte.

“Bonsoir, bienvenue à la cérémonie des taulards!... Euh des César. Il parait qu’il y a des gros prédateurs... Euh producteurs dans la salle. Ça tombe bien, je suis bien équipée... pour signer les gros contrats ! Pour le photocall vous ferez attention à poser de face mais aussi de profil, ça peut toujours servir.”  

Une séquence humoristique qui donne le ton de la soirée. Quelques instants plus tard sur scène, Florence Foresti poursuit avec des allusions aux scandales d’agressions sexuelles dans le cinéma et notamment l’affaire Weinstein, reconnu coupable d’agression sexuelle et de viol le 24 février dernier.

Elle a pour l’occasion inversé le scénario, se mettant dans la peau du harceleur, multipliant les avances auprès du chorégraphe Léo Walkcomme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessous.

“Tu as quel âge Léo? 25 ans? 21 ans d’écart, ça va. Ça ne choquera personne ici. Tu m’attends en loge, j’ai des contrats à te faire signer. Ou alors, non tu sais quoi: tu m’attends dans la chambre d’hôtel ça sera plus simple. ”

Florence Foresti est par la suite revenue sur la difficulté à tenir ce rôle de maîtresse cérémonie en pleine polémique Polanski. Pas vraiment la soirée qu’elle avait envisagé lorsqu’elle avait accepté la proposition.

“Bonsoir mesdemoiselles, bonsoir mesdames... et -s’il en reste- bonsoir messieurs, peut-être qu’ils ont un bracelet électronique? Bienvenue à la dernière... à la 45e cérémonie des César. (...) Elle a bien choisi son année Foresti pour faire son retour ou pas? Ça s‘appelle le pif, elle s’est dit 2020 c’est pour moi c’est sûr. J’ai accepté il y a longtemps, c’était bien avant ... la tempête!

“Qu’est-ce qu’on fait avec Roro?”

Et pour éviter tout malaise au sujet du film “J’Accuse”, elle a très vite crevé l’abcès, détendant l’atmosphère dans les estrades de la salle Pleyel.

“De toute façon pour qu’on soit totalement tranquille, il faut le dire, il faut qu’on règle un dossier sinon on va avoir un souci pendant la cérémonie. Il y a douze moments où on va avoir un souci. Il faut qu’on règle le problème sinon ça va nous pourrir la soirée. Qu’est-ce qu’on fait avec Roro? Qu’est ce qu’on fait avec Popol? Ne faites pas comme lui, ne faites pas les innocents vous savez très bien de qui je parle. Qu’est-ce qu’on fait avec Atchoum?

43 ans après les faits je ne vais pas régler les problèmes comme ça. À l’époque j’ai trois ans (...) lui il est au Hollywood en train d’essayer de faire rentrer... dans les... sauf qu’il y arrive et je devrais devenir juge d’application des peines du cinéma? Je suis désolée, je ne suis pas la Greta Thunberg du cinéma français. How dare you?”

“J’ai décidé qu’Atchoum n’était pas assez grand pour faire de l’ombre au cinéma français et au reste de la sélection” a-t-elle déclaré avant de faire applaudir les castings de “Portrait de la jeune fille en feu”, “Les Misérables” et “La belle époque” pour leurs nominations. L’humoriste a ensuite raillé “J’accuse”, associant l’œuvre de Polanski à un film sur “la pédophilie dans les années 70″.

 

Blanche GARDIN que j'aime beaucoup également avait déjà jeté un premier pavé dans cette boue :

 

Si on en croit certaines personnes, il est juste de séparer l'homme et l'artiste. Ce qui signifie pour moi qu'un homme dont les comportements relèvent de la justice peut venir souiller son art.

Non. Quelle que soit la qualité de son travail, il n'est plus légitime. Tant qu'il n'a pas réglé son dû. Tant qu'il n'a pas reconnu la souffrance de ses victimes. Tant que ces victimes continuent à souffrir, indéfiniment, de cette idée aussi tenace qu'une tumeur, qu'elles sont peut-être "responsables" de ce qui s'est passé. 

Je rejette intégralement toute idée de prescription de la même façon pour une raison toute simple : la victime ne sera jamais délivrée, elle, de sa souffrance, elle ne bénéficiera jamais de la moindre prescription émotionnelle et sa vie ne sera jamais délivrée du mal reçu. 

Qui donc peut s'adjuger le droit de dire que des faits sont prescrits pour la simple raison que le temps s'est écoulé ?

Si Hitler était toujours vivant et qu'il venait à être capturé, serait-il prescrit de ce qu'il a fait ? 

A partir de quelle gravité prescrit-on des faits ?

Et si violeur est retrouvé le lendemain de la date officielle à partir de laquelle les faits sont prescrits, c'est trop tard ? 

Comment peut-on ériger de telles lois ? Qui sont ces "humains" qui peuvent ainsi détruire une deuxième fois les victimes ? 

Et qu'en est-il de tous ces entraîneurs sportifs qui tombent aujourd'hui sous la libération de la parole des victimes ? Est-ce qu'ils doivent être condamnés pour avoir violé des enfants, des adolescents, pour avoir brisé des vies entières ? Et si un entraîneur a contribué à faire de sa victime une championne olympique, est-ce qu'on doit le disculper ? 

Imaginons que Philippe Lucas (que j'estime grandement ) ait abusé de Laure Manaudou ? Doit-il être condamné alors que cette championne a marqué l'histoire du sport français ? Après tout, on est là aussi dans de l'art, de l'art sportif. Lucas et Manaudou, c'etait le summum à leur époque. 

La femme actuelle de Jean Dujardin, ex patineuse professionnelle, veut se présenter à la présidence de la fédération de patinage, après la démission forcée du président qui a couvert des actes pédophiles sur des athlètes. Elle cautionne le choix artistique de son mari qui tient le rôle principal dans le film de Polanski. Bon...Et comment va-t-elle juger les actes d'un entraîneur pédophile qui aura mené à des titres internationaux, par des chorégraphies magnifiques, une jeune fille qu'il aura violé à plusieurs reprises. Le choix artistique sera-t-il prioritaire ? 

Non, il ne peut pas y avoir de scission entre l'homme et l'artiste. C'est impossible, impensable. 

Et ceux et celles qui critiquent ce "tribunal populaire", qui tiennent à défendre la création artistique, qui veulent continuer à penser que le 7 ème art est hors du monde social, qu'il est au-dessus des lois et de la morale la plus instinctive, ceux-là... Non, je vais garder ça pour moi...

 

Coronavirus et végétarisme

Par Le 29/02/2020

En voilà un argument de poids !! 

La comparaison entre la Chine et l'Inde et leurs régimes alimentaires.

 

 

Pourquoi y a-t-il plus d’épidémies d’ampleur en Chine qu’en Inde ?

 

Par lepetitjournal.com de Chennai | Publié le 29/01/2020 à 01:00 | Mis à jour le 03/02/2020 à 15:12

coronavirus inde chine

2 commentaire (s)

Le coronavirus actuel nous fait poser de nombreuses questions, notamment celle-ci : pourquoi la Chine est-elle plus susceptible d’être à l’origine d’une épidémie à portée internationale que l’Inde par exemple ? Lepetitjournal.com de Chennai tente d’y répondre.

1ère explication : l’Inde est plus végétarienne

61 % des maladies infectieuses sont d'origine animale. Et d’après de nombreux experts, l’épidémie de coronavirus proviendrait d’un animal sauvage vendu sur le marché de Wuhan, point de départ de la maladie. Les premières victimes seraient ainsi les vendeurs de ce marché local spécialisé dans la vente en gros de poissons et de fruits de mer. Pour aller plus loin encore, des chercheurs estiment que ce nouveau virus proviendrait probablement de la chauve-souris. Mais, à cette heure-ci on ignore toujours quel animal l'a transmis à l'homme. Cette situation rappelle celle du virus SRAS, un virus qui a sévi en Chine il y a 17 ans, tuant 774 personnes parmi les 8 000 contaminées entre 2002 et 2003. Le SRAS venait aussi de la chauve-souris.

L’origine animale avérée du virus est donc un argument en faveur de l’Inde puisque le pays est largement moins consommateur d’alimentation animale que son voisin. En effet, selon l’ONUAA (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) l’Inde est le pays où les habitants ont le plus faible taux de consommation de viande (3,2kg /personne en 2007).  Et selon une étude nationale datant de 2014, 30% seulement de la population indienne est végétarienne, ce qui représente tout de même plus de 400 millions de personnes, faisant bien de l’Inde le pays le plus végétarien au monde. A noter tout de même que la consommation de viande est en hausse ces dernières années, à travers une classe moyenne en plein essor.

coronavirus inde chine

2ème explication : « le wet market »  

Pour comprendre la propagation de l’épidémie de l’animal à l’homme, des chercheurs pointent du doigt la trop grande proximité entre les animaux et les hommes sur les marchés chinois, appelés “wet market”. Ces marchés ont la particularité d’y vendre souvent des animaux vivants, y compris des animaux sauvages (une coutume qui permet d’assurer la qualité et la fraicheur de l’animal).

coronavirus inde chine

De fait, ce type de marché est beaucoup moins courant en Inde ; on va plutôt croiser de petites échoppes le long de la route proposant la vente de poulets (vivants) ou de poissons (péchés le matin même). De manière générale, la vente de bestiaux est un sujet encore tabou en Inde. En 2017, partant du fait qu’une majorité d’Indiens considèrent la vache comme un animal sacré, le pouvoir fédéral arrivé au pouvoir avait décidé de mettre un terme à la vente, non seulement de vaches, mais aussi de taureaux, bœufs, génisses, veaux, buffles et chameaux. Mais en Juillet 2017, sous pression de la rue, la cour suprême a décidé de ré autoriser  le commerce de bétail sur les marchés à bestiaux à des fins d’abattage ou de sacrifices religieux.

3ème explication : La Chine voyage plus

Tout d’abord, très concrètement, la Chine est un pays dont le transport aérien est en pleine expansion et prospère : 12 compagnies sont classées parmi les 100 1ers opérateurs du monde, et les aéroports chinois sont parmi les plus fréquentés du Monde (101 millions de passagers par an à Pékin, 74 millions à Hong Kong et Shanghai).  Le déséquilibre est flagrant avec l’Inde qui n’enregistre que 3 compagnies parmi le classement mondial et ne voit passer « que » 69 millions de passagers chaque année dans l’aéroport de Delhi.  Plus généralement, on estime en 2018 à 611 millions de passagers transportés en Chine ou depuis la Chine (vols intérieurs ou internationaux) contre 164 millions passagers indiens*. De fait, les indiens sont de moins grands voyageurs à l’international préférant encore un tourisme intérieur (à noter toutefois  que la classe moyenne supérieure commence à sortir du territoire depuis quelques années). Tout cela pour en venir à la conclusion qu’une épidémie humaine en Chine aurait plus de chance de se propager au sein du pays ou à l’international que l'Inde.

coronavirus inde chine

*source : Statistiques mondiales de l’aviation civile, de l’Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) et estimations du personnel de l’OACI.

Coronavirus : Pénurie de médicaments

Par Le 29/02/2020

Le "WEI-CHI".

En Chine, lorsqu'une crise survient, le dicton populaire utilise cette expression qui consiste à séparer la situation en deux paramètres. Le "WEI", identifie la crise, le "CHI" identifie l'opportunité de transformation que cette crise propose...

Magnifique attitude mais sera-t-elle saisie par les nos dirigeants ? 

Un problème majeur, par exemple : la pénurie de médicaments. Les produits actifs viennent principalement de Chine et d'Inde. Le problème a déjà été soulevé par un collectif de scientifiques en 2019. 

 


TRIBUNE. Pénurie de médicaments : « Il faut relocaliser la production en Europe »

 

AOÛT 19

https://www.asso-malades-thyroide.fr/wordpress/index.php/2019/08/19/tribune-penurie-de-medicaments-il-faut-relocaliser-la-production-en-europe/

AFMT

 23h59 , le 17 août 2019

Le professeur Jean-Paul Vernant et un collectif de médecins hospitaliers appellent à rapatrier en Europe la production des principes actifs pour lutter contre les pénuries de médicaments qui se multiplient. Retrouvez leur tribune dans le JDD.

 En 2018, l’Agence nationale de sécurité du médicament a noté 868 signalements de tensions ou de ruptures d’approvisionnement.
En 2018, l’Agence nationale de sécurité du médicament a noté 868 signalements de tensions ou de ruptures d’approvisionnement. (Sipa)

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Voici la tribune du professeur Jean-Paul Vernant et d’un collectif de médecins hospitaliers qui souhaitent le rapatriement en Europe de la production des principes actifs permettant la fabrication des médicaments : « Très rares il y a une dizaine d’années, les pénuries de médicaments se multiplient. En 2018, selon l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), on a noté 868 signalements de tensions ou de ruptures d’approvisionnement dont les malades sont les premières victimes lorsque cela concerne des médicaments d’intérêt thérapeutique majeurs (MITM) pour lesquels il n’y a, le plus souvent, pas d’alternative efficace disponible. C’est 20 fois plus qu’en 2008 (44 signalements). Les malades ont ainsi subi de multiples pénuries concernant des médicaments du cancer, des antibiotiques, des corticoïdes, des vaccins, des traitements de l’hypertension, des maladies cardiaques, du système nerveux…

Lire aussi – La malnutrition chronique, un fléau méconnu

Ces pénuries ne touchent pas les très chères innovations thérapeutiques mais des médicaments peu couteux qui, bien qu’anciens et tombés dans le domaine public, constituent toujours l’essentiel de la pharmacopée.

La production des principes actifs de 80% des médicaments passés dans le domaine public a été délocalisée en Inde et en Chine

Il y a dans la fabrication d’un médicament plusieurs intervenants. D’une part des laboratoires de chimie qui produisent le principe actif, d’autres part des laboratoires pharmaceutiques qui font le travail de façonniers et qui, après l’ajout d’excipients, fournissent le produit fini au dosage requis sous forme de gélules, de comprimés ou d’ampoules. Alors que ces laboratoires pharmaceutiques résident pour la plupart en Occident, la production des principes actifs de 80% des médicaments passés dans le domaine public a été depuis plusieurs années, pour des raisons de moindre coût, délocalisée en Inde et en Chine.

Ces différents intervenants peuvent être à l’origine de ruptures d’approvisionnement. Une malfaçon du principe actif peut être à l’origine d’une pénurie qui sera d’autant plus grave et prolongée que le laboratoire en cause en est le seul producteur. Mais le plus souvent les ruptures d’approvisionnement sont liées à une incapacité plus ou moins prolongée de production des laboratoires pharmaceutiques -qu’ils soient eux-mêmes façonniers ou qu’ils aient confié cette tâche à des sous-traitants- souvent médiocrement intéressés par la fabrication de médicaments de faible rentabilité. Dans la plupart des cas, après des semaines ou des mois de pénurie, les médicaments réapparaissent sur le marché avec des augmentations non contrôlées des prix.

Plusieurs mois de stocks permettraient d’amortir les défauts d’approvisionnement

Le travail de signalisation et d’information concernant les ruptures d’approvisionnement est efficacement réalisé par l’ANSM. Plusieurs cadres juridiques ont été élaborés depuis 2012 afin de lutter contre ces ruptures d’approvisionnement. De nouvelles obligations ont été imposées aux laboratoires pharmaceutiques afin qu’ils mettent en place des plans de gestion des pénuries (PGP). Mais l’efficacité de ces mesures apparaît jusqu’alors dérisoire et surtout, comme leur nom l’indique, ces plans visent à gérer les pénuries et non à les prévenir. Il conviendrait donc de substituer aux PGP des PGPP (plans de gestion et de prévention des pénuries).

Afin de prévenir les pénuries, nous soutenons l’idée que :

  • soient imposées dans l’urgence, aux laboratoires pharmaceutiques titulaires de l’autorisation de mise sur le marché, la constitution et la gestion de stocks de MITM sous forme de produits finis. En effet les laboratoires travaillent, par soucis d’économie, à flux tendu -comme les industriels de l’électroménager! Le plus souvent responsables des pénuries, ils sont les mieux à même d’en connaitre les causes et d’en prévoir la survenue. Plusieurs mois de stocks permettraient d’amortir les défauts d’approvisionnement. La pénurie avec ses conséquences pour les malades serait ainsi prévenue.
  • soit rapatriée en Europe la production des principes actifs – ils y étaient encore fabriqués il y a une quinzaine d’années. Le coût du principe actif ne représentant qu’une très faible part du produit fini, cette relocalisation ne devrait pas pénaliser significativement le prix des médicaments.
  • soit créé un établissement pharmaceutique à but non lucratif, si possible européen, sinon français, comme aux Etats –Unis. Là-bas, à l’initiative de médecins indignés par les conséquences des multiples pénuries pour les malades et choqués par les augmentations itératives de prix, plus de 500 établissements hospitaliers se sont réunis pour fonder un établissement pharmaceutique de ce type produisant des médicaments passés dans le domaine public. La création d’une telle structure permettra de prévenir les pénuries et sera le garant de la qualité des médicaments et de prix justes et pérennes. »

Professeurs et médecins des hôpitaux signataires de la tribune : Jean-Paul Vernant, Gilles Montalescot, Veronique Leblond, Alain Astier, André Grimaldi, Philippe Grimbert, François Bricaire, Cécile Goujard, Richard Isnard, Jacques Young, Francis Berenbaum, Christine  Katlama, Alain Fischer, Corinne Haioun, Thomas Papo, Joël Ménard, Eric Caumes, Louis Jean Couderc, Jean-Philippe Spano, François Boué, Anne Gervais, André Baruchel, Sophie Crozier, Pierre-Marie Girard, Xavier Mariette, Didier Bouscary.

 


La délocalisation de la fabrication des principes actifs des médicament pourrait être responsable de pénuries en France. Alors faut-il relocaliser cette tâche sur le territoire français? 

Certains s'alarment de ce qui pourrait représenter une "bombe sanitaire".

Des professionnels de santé alertent, ce dimanche, sur un phénomène, de plus en plus fréquent en France : les pénuries de médicaments.

Et ils mettent en cause notamment la délocalisation de la fabrication des principes actifs par les laboratoires pharmaceutiques. Cette tâche est confiée à des laboratoires de chimie basés en Inde ou en Chine, majoritairement. "La production des principes actifs de 80% des médicaments passés dans le domaine public a été depuis plusieurs années, pour des raisons de moindre coût, délocalisée" sur ces territoires, peut-on lire.

La sous-traitance en question

Or, la sous-traitance d'une partie de la fabrication des médicaments favorise la survenue de pénuries, selon les professionnels qui appellent ainsi à relocaliser ces activité. Ces derniers préconisent, enfin, la constitution de stocks dans les laboratoires pharmaceutiques, qui fonctionnent actuellement en flux tendus, et la création d'un établissement pharmaceutique non lucratif. 

Pénurie de médicaments : des médecins veulent relocaliser la production en Europepar franceinfo



"Plus d'un Français sur quatre affirme aujourd'hui avoir été en difficulté pour acheter un médicament courant. Entre 2008 et 2018, c'est près de vingt fois plus de pénuries signalées", avait souligné la ministre de la Santé Agnès Buzyn fin mai. Le ministère de la Santé a dévoilé lundi 8 juillet un plan du gouvernement pour lutter contre la pénurie de médicaments en France. La ministre, Agnès Buzyn a plaidé pour un meilleur partage de l'information et une meilleure gestion du "circuit du médicament", du fabricant jusqu'à à la pharmacie.

Coronavirus et les scientifiques

Par Le 29/02/2020

En date du 28/02

Dans le milieu scientifique, ça cogite à fond... Le premier labo qui sort un vaccin décroche la timbale...Mais il serait tout aussi urgent de s'interroger sur l'apparition de ces virus...Et qu'on ne vienne pas nous parler de pangolin...

Coronavirus et pangolin

 

https://www.lematin.ch/sante/sciences/decouverte-majeure-coronavirus-grce-dubochet/story/22370619?fbclid=IwAR2fM4nVozWET2OxRjENpPRo5VhTxKoy13CgE8KzXwuZBwMx5x6zOW1qFDo

 

Si vous vous demandiez à quoi servait la découverte qui a valu à Jacques Dubochet le prix Nobel de chimie en 2017, en voici un exemple tout à fait concret et combien actuel. Une équipe de chercheurs de l'Université du Texas vient en effet d'identifier une protéine-clé du coronavirus. Pourquoi est-ce une protéine-clé? Parce que c'est elle qui permet au virus d'entrer dans les cellules pulmonaires pour les infecter.

Les scientifiques sont parvenus à créer une modélisation en trois dimensions de cette protéine à l'échelle moléculaire. Que cela arrive deux mois après la découverte de ce nouveau coronavirus est tout à fait remarquable, comme le souligne France Culture, car avant il fallait 10 ans pour arriver à pareil résultat. Et si, aujourd'hui, on peut faire ces découvertes, c'est grâce à la cryo-microscopie électronique, une technique qui consiste à congeler très rapidement des échantillons biologiques sous forme hydratés, permettant à ceux-ci d'être observés sous vide par des microscopes électroniques sans que l'eau qu'ils contiennent ne s'évapore.

La méthode du Vaudois

Trois hommes ont été récompensés en 2017 par le prix Nobel de chimie pour avoir mis au point cette technique, Joachim Frank, Richard Henderson et le Vaudois Jacques Dubochet. C'est le professeur de l'Université de Lausanne qui avait trouvé la méthode de vitrification pour figer l'eau très rapidement en faisant chuter sa température sans en changer la structure. Ce qu'il a résumé par: «J'ai inventé l'eau froide.»

Les chercheurs de l'Université du Texas ont donc utilisé cette méthode pour refroidir des échantillons du coronavirus à -150 degrés avant de les bombarder d'un flux d'électrons. Cela a permis de créer une image en trois dimensions des molécules et, notamment, d'une glycoprotéine spike, qui est une protéine qui se trouve à la surface du virus. Ce sont de telles protéines qui permettent au virus de pénétrer dans des cellules pour les infecter et ce sont donc les cibles privilégiées des scientifiques pour trouver un vaccin. Si l'on est en effet capable de trouver une substance qui désactive cette protéine, le virus ne pourra plus se propager.

La protéine de surface du coronavirus, modélisée en trois dimensions, sous des angles différents. Science

Parue dans «Science» le 19 février, cette étude montre que cette protéine du coronavirus présente de nombreuses similitudes avec celle du coronavirus responsable de l'épidémie de SRAS en 2003. Sauf que l'affinité du nouveau coronavirus (qui s'appelle SRAS CoV-2, tandis que la maladie qu'il provoque se nomme Covid-19) pour les cellules hôtes humaines serait, selon les chercheurs 10 à 20 fois plus élevée que celle du SRAS de 2003. Cela pourrait, selon eux, expliquer pourquoi cette nouvelle épidémie se propage si facilement d'homme à homme.

La riposte se prépare

Maintenant que la cible est connue et sa structure cartographiée, cela devrait permettre le développement rapide de ce que les chercheurs appellent une contre-mesure médicale, c'est à-dire le développement de diagnostics, d'anticorps thérapeutiques et, au bout du compte, d'un vaccin pour, concluent les chercheurs, faire face à la crise de santé publique en cours.

Dubochet toujours passionné

Jacques Dubochet a appris la nouvelle de cette découverte grâce à sa méthode jeudi dernier, alors que Lematin.ch le rencontrait en vue de la sortie le 4 mars prochain du film qui lui est consacré, «Citoyen Nobel». S'il est à la retraite, il se passionne toujours pour tout ce qui touche à son ancien domaine de recherche et s'est empressé de demander le lien sur l'article de «Science». Mais il ne l'avait pas encore lu au moment où nous l'avons quitté.

Michel Pralong

Créé: 28.02.2020, 16h42

VOTRE AVIS

L'ancien système

Par Le 29/02/2020

Texte de Bernard Werber

https://positivr.fr/bernard-werber-systeme-societe-revolution-demode-livre-voyages/

Il est cubique, titanesque, froid.
Il est doté de chenilles qui écrasent tout.
C’est le système social dans lequel tu es inséré.
Sur ses tours tu reconnais plusieurs têtes. Il y a celles
de tes professeurs,
de tes chefs hiérarchiques,
des policiers,
des militaires,
des prêtres,
des politiciens,
des fonctionnaires,
des médecins,
qui sont censés toujours te dire si tu as agi bien ou mal.
Et le comportement que tu dois adopter pour rester dans le troupeau.

C’est le Système.
Contre lui ton épée ne peut rien.
Quand tu le frappes, le Système te bombarde de feuilles :
carnets de notes,
P.V.,
formulaires de Sécurité sociale à compléter si tu veux être remboursé,
feuilles d’impôts majorés pour cause de retard de paiement,
formulaires de licenciement,
déclarations de fin de droit au chômage,
quittances de loyer, charges locatives, électricité, téléphone, eau, impôts locaux, impôts fonciers, redevance, avis de saisie d’huissier, menace de fichage à la Banque de France, convocations pour éclaircir ta situation familiale, réclamations de fiche d’état civil datée de moins de deux mois…

Le Système est trop grand, trop lourd, trop ancien, trop complexe.
Derrière lui, tous les assujettis au Système avancent, enchaînés.
Ils remplissent hâtivement au stylo des formulaires.
Certains sont affolés car la date limite est dépassée.
D’autres paniquent car il leur manque un papier officiel.
Certains essaient, quand c’est trop inconfortable, de se dégager un peu le cou.

Le Système approche.
Il tend vers toi un collier de fer qui va te relier à la chaîne de tous ceux qui sont déjà ses prisonniers.
Il avance en sachant que tout va se passer automatiquement et que tu n’as aucun choix ni aucun moyen de l’éviter.

Tu me demandes que faire.
Je te réponds que, contre le Système, il faut faire la révolution.
La quoi ?
LA RÉVOLUTION.

Tu noues alors un turban rouge sur ton front, tu saisis le premier drapeau qui traîne et tu le brandis en criant :
« Mort au Système. »
Je crains que tu ne te trompes.

En agissant ainsi, non seulement tu n’as aucune chance de gagner, mais tu renforces le Système.
Regarde, il vient de resserrer les colliers d’un cran en prétextant que c’est pour se défendre contre « ta » révolution.
Les enchaînés ne te remercient pas.
Avant, ils avaient encore un petit espoir d’élargir le métal en le tordant.
À cause de toi, c’est encore plus difficile.
Désormais, tu as non seulement le Système contre toi, mais tous les enchaînés.
Et ce drapeau que tu brandis, est-il vraiment le « tien » ?
Désolé, j’aurais dû t’avertir.

Le Système se nourrit de l’énergie de ses adversaires.
Parfois il fabrique leurs drapeaux, puis les leur tend.
Tu t’es fait piéger !
Ne t’inquiète pas : tu n’es pas le premier.
Alors, que faire, se soumettre?
Non.
Tu es ici pour apprendre à vaincre et non pour te résigner.

Contre le Système il va donc te falloir inventer une autre forme de révolution.
Je te propose de mettre entre parenthèses une lettre.
Au lieu de faire la révolution des autres, fais ta (r)évolution personnelle.
Plutôt que de vouloir que les autres soient parfaits, évolue toi-même.
Cherche, explore, invente.

Les inventeurs, voilà les vrais rebelles !
Ton cerveau est le seul territoire à conquérir.
Pose ton épée.
Renonce à tout esprit de violence, de vengeance ou d’envie.
Au lieu de détruire ce colosse ambulant sur lequel tout le monde s’est déjà cassé les dents, ramasse un peu de terre et bâtis ton propre édifice dans ton coin.

Invente. Crée. Propose autre chose.
Même si ça ne ressemble au début qu’à un château de sable, c’est la meilleure manière de t’attaquer à cet adversaire.
Sois ambitieux.
Essaie de faire que ton propre système soit meilleur que le Système en place.
Automatiquement le système ancien sera dépassé.
C’est parce que personne ne propose autre chose d’intéressant que le Système écrase les gens.
De nos jours, il y a d’un côté les forces de l’immobilisme qui veulent la continuité, et de l’autre, les forces de la réaction qui, par nostalgie du passé, te proposent de lutter contre l’immobilisme en revenant à des systèmes archaïques.
Méfie-toi de ces deux impasses.
Il existe forcément une troisième voie qui consiste à aller de l’avant.
Invente-la.
Ne t’attaque pas au Système, démode-le !
Allez, construis vite.
Appelle ton symbole et introduis-le dans ton château de sable.
Mets-y tout ce que tu es : tes couleurs, tes musiques, les images de tes rêves.

Regarde.
Non seulement le Système commence à se lézarder.
Mais c’est lui qui vient examiner ton travail.
Le Système t’encourage à continuer.
C’est ça qui est incroyable.

Le Système n’est pas « méchant », il est dépassé.
Le Système est conscient de sa propre vétusté.
Et il attendait depuis longtemps que quelqu’un comme toi ait le courage de proposer autre chose.

Les enchaînés commencent à discuter entre eux.
Ils se disent qu’ils peuvent faire de même.
Soutiens-les.
Plus il y aura de créations originales, plus le Système ancien devra renoncer à ses prérogatives.

Le « Livre du voyageur », dont est extrait ce texte, date de 1997. 

Vaccin pour le coronavirus

Par Le 29/02/2020

Eh bien voilà ce que les marchés financiers attendent avec une impatience fébrile...Il suffira maintenant de surveiller les cotations des bourses pour savoir si  cela se confirme...Les travailleurs vont pouvoir retourner bosser, les consommateurs vont pouvoir consommer, les avions déverser leurs passagers, les cargos naviguer, les banquiers encaisser.

"On est peu de choses ma pauvre dame"...

 

 

https://www.i24news.tv/fr/actu/israel/1582822846-coronavirus-dans-3-semaines-un-vaccin-sera-pret-scientifiques-israeliens

Coronavirus: "un vaccin sera prêt d'ici quelques semaines" (scientifiques israéliens)
i24NEWS

27 février 2020 à 18:04 - dernière modification 28 février 2020 à 08:16

Un nouveau cas de coronavirus a été confirmé jeudi en Israël

Une équipe de scientifiques israéliens est en train de mettre au point un vaccin contre le coronavirus qui pourrait être prêt d'ici quelques semaines et disponible sous 90 jours, selon le ministre israélien des Sciences et de la Technologie, Ofir Akunis.

"Félicitations à MIGAL pour cette percée impressionnante. Je suis convaincu qu'il y aura de nouveaux progrès rapides, qui nous permettront de fournir une solution efficace face à la menace mondiale du coronavirus," a déclaré Akunis, rapporte le Jérusalem Post.

 

On a ce matin une idée précise de l'impact économique du virus sur la Chine. Il en sera de même partout.

https://www.zonebourse.com/EURO-SWISS-FRANC-EUR-C-4594/actualite/Chine-Les-services-et-l-industrie-a-des-plus-bas-historiques-PMI-30086227/

 

PEKIN, 29 février (Reuters) - L'activité dans le secteur manufacturier chinois est tombée à son plus bas niveau jamais enregistré en février, soulignant l'impact de l'épidémie de coronavirus sur la deuxième économie du monde.

L'indice PMI manufacturier officiel a reculé en février à 35,7, après 50,0 le mois précédent, montrent les données communiquées par le Bureau national de la statistique (BNS), nettement en dessous du seuil qui sépare contraction et expansion de l'activité.

Les analystes interrogés par Reuters anticipaient un indice PMI de 46,0.

Ces données présentent un premier aperçu officiel de l'état de l'économie chinoise depuis que l'épidémie de coronavirus est apparue en décembre dernier, faisant près de 3.000 morts dans le pays.

L'économie chinoise devrait subir un nouveau coup dur au premier trimestre de cette année, ce qui pourrait inciter le gouvernement chinois à déployer des mesures de relance supplémentaires.

L'activité dans le secteur chinois des services s'est également contractée à un rythme record. L'indice PMI officiel du secteur s'est établi à 29,6 en février, après 54,1 en janvier, montrent les données du BNS.

L'économie de la Chine est davantage tournée vers le secteur des services depuis l'épidémie de Sras en 2002-2003 et représente désormais environ 60% du produit intérieur brut (PIB) du pays.

Les secteurs des transports, du tourisme, de la restauration et du divertissement ont été durement touchés depuis l'apparition du virus, les gens évitant les zones surpeuplées. (Lusha Zhang et Ryan Woo, version française Arthur Connan)

Coronavirus et économie

Par Le 28/02/2020

Là, au moins, c'est clair... Voilà ce qui inquiète les dirigeants des Etats...L'Autorité des Marchés Financiers (AMF) a écrit ça ce soir :

A mon sens, la seule raison de ce pataquès, c'est la contagiosité exponentielle de ce virus, non pas pour son aspect sanitaire mais pour ses conséquences sur l'économie...Des millions de salariés ne pouvant pas aller travailler, des milliers d'entreprises fermées, des échanges commerciaux suspendus... La mondialisation favorise son extension et comme il n'y a pas de vaccin, c'est la panique sur les marchés financiers. La grippe fait 20 fois plus de morts tous les ans mais au moins, elle rapporte des milliards à l'industrie pharmaceutique. Il y a une énorme hypocrisie dans le comportement des dirigeants...

https://bfmbusiness.bfmtv.com/entrepris ... 66274.html

"Toute connaissance d'un impact important de l'épidémie sur l'activité, la performance ou les perspectives notamment doit être communiquée sans délai", insiste l'Autorité des marchés (AMF), dans un communiqué publié vendredi soir.

L'Autorité des marchés financiers rappelle aux sociétés cotées leur devoir de se montrer transparentes concernant leur exposition aux risques économiques liés à l'épidémie de coronavirus, dans un communiqué publié vendredi soir.

"Toute connaissance d'un impact important de l'épidémie sur l'activité, la performance ou les perspectives notamment doit être communiquée sans délai", dans le but de garantir l'égalité d'accès à l'information par les investisseurs, écrit le gendarme boursier.

"Du fait de l'incertitude quant aux développements futurs de cet épisode, il est recommandé que les émetteurs réévaluent périodiquement son impact connu et anticipé sur l'activité et les perspectives quant à son caractère significatif ou son montant", ajoute le régulateur.

Ainsi, insiste l'AMF, "même en l'absence d'information précise à communiquer, les émetteurs qui communiquent des perspectives 2020 au marché sont invités à indiquer quelles hypothèses ont été retenues dans leur établissement, eu égard aux impacts potentiels de l'épidémie".
Incertitudes et baisses d'objectifs

Du fait de la sensibilité nouvelle de certaines informations (zones géographiques d'activité, de production, de sous-traitance, d'approvisionnement, salariés concernés), il est recommandé aux émetteurs de communiquer ces informations à l'occasion de la présentation de leurs résultats annuels.

Les sociétés cotées ayant clôturé leurs comptes au 31 décembre 2019 doivent déposer avant le 30 avril 2020 leur rapport financier annuel dans lequel doit figurer un volet décrivant les principaux risques et incertitudes auxquels la société est confrontée.

L'AMF indique avoir "échangé ces dernières semaines avec de nombreuses sociétés cotées en amont de la publication de leurs résultats annuels, afin de les inviter à évaluer les conséquences de la situation actuelle et à décider de l'opportunité d'une communication spécifique".

Cette semaine, plusieurs entreprises cotées ont été contraintes de revoir à la baisse certains de leurs objectifs pour 2020 en raison du Covid-19, telles que Bureau Veritas et Danone."

 

"Thierry VISSAC : "le virus de la peur"

Par Le 28/02/2020

C'est d'actualité mais c'est de toute façon intemporel :

 

Vers la mort

La mort.

 

 

Et la peur dans un autre registre tout aussi intéressant :) 

 

A propos du coronavirus (2)

Par Le 28/02/2020

C'est assez hallucinant ce qui se passe en ce moment. Cette focalisation des gouvernements et par mimétisme des médias et des populations, m'interpellent considérablement. Il ne s'agit pas de la grippe espagnole, du virus Ebola qui aurait quitté l'Afrique pour d'autres horizons, d'un virus extrêmement violent, avec un taux de mortalité considérablement élevé... Il suffit de lire quelques articles scientifiques pour réaliser que ce pataquès dépasse l'entendement. Dès lors, il faut essayer de comprendre ce qui pourrait justifier une telle dépense d'énergie de la part des gouvernements...

A propos du coronavirus

Avec quelques recherches sur le net, on trouve des articles, en Anglais, émanant de scientifiques, qui montrent à quel point, la situation actuelle est quelque peu disproportionnée et incomprénhensible...

"L'année dernière, nous avons eu 34 000 décès dus à la grippe", explique l'épidémiologiste Brandon Brown de l'Université de Californie à Riverside. En moyenne, la grippe est responsable de 12 000 à 61 000 décès par an. "Et ce n'est qu'aux États-Unis", explique Brown."

"Cette saison de la grippe (qui commence généralement aux États-Unis en octobre et culmine pendant les mois d'hiver), les Centers for Disease Control and Prevention estiment que plus de 15 millions de personnes aux États-Unis sont tombées malades de la grippe. Plus de 150 000 Américains ont été hospitalisés et plus de 8 000 personnes sont décédées de leur infection. Et, ce n'est même pas une année de grippe particulièrement mauvaise.

 


 

Un site recense les statistiques de mortalité due à la grippe dans le monde :

https://www.planetoscope.com/mortalite/602-nombre-de-deces-dus-a-la-grippe-dans-le-monde.html

Nombre de décès dus à la grippe dans le monde

3 à 5 millions de personnes sont affectées sévèrement par le virus de la grippe chaque année dans le monde et 500 000 en meurent. Cela représente plus de 13000 décès par jour à cause de la grippe en moyenne annuelle.

Depuis le 1er janvier

808 073

Depuis que vous êtes connecté

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La mortalité de la grippe dans le monde

La grippe dans le monde


Combien de morts à cause de la grippe ?

250 à 500 000 000

> Selon l'OMS, la grippe saisonnière est responsable dans le monde de 250 000 à 500 000 décès par an.

 L’Organisation mondiale de la santé estime qu’elles entraînent entre 3 et 5 millions de cas graves et 250 000 à 500 000 décès par an dans le monde. Les hospitalisations et les décès surviennent principalement dans les groupes à haut risque (personnes âgées, malades chroniques,…).

Les épidémies de grippe surviennent entre octobre et avril dans l’hémisphère Nord et entre avril et octobre dans l’hémisphère Sud. . Sous forme d'épidémies saisonnières classiques, la grippe touche déjà chaque année des millions de personnes dans le monde, et provoque des centaines de milliers de décès. 

COMPARER : la grippe en France

Le palmarès mortifère de la grippe

On connait la grippe depuis l'Antiquité et le Moyen-âge. 

> Tout au long de l'histoire, la grippe a été une cause d'épidémies au fil des siècles. La forte variabilité génétique des virus responsables fait craindre la survenue d'une épidémie touchant l'ensemble de la planète, trois « pandémies » ayant frappé au cours du XXème siècle, dont celle provoquée en 1918 par la grippe « espagnole »

Les grandes épidémies de grippe dans le monde

 4 sous-types de grippe A ont provoqué des épidémies importantes aux 19 et 20 ème siècle :

  • 1918 A(H1N1) grippe espagnole (près de 20 millions de morts)
  • 1957 A (H2N2), grippe asiatique partie de Chine (environ 2 millions de morts)
  • 1968 A (H3N2), grippe de Hong Kong (un million de morts donc 40 000 en France)

 


Puis, en cherchant dans les domaines économiques, on trouve des commentaires qui mettent en avant le problème de la mondialisation et on peut déjà davantage comprendre tout ce que cela implique...Comme je l'avais écrit dans mon premier aticle sur le coronavirus, le problème est avant tout économique et non pas, prioritairement, sanitaire. 

"Il faut savoir que quasiment toutes les branches sont dépendantes de la Chine. Les antibiotiques sont tous fabriqués en Chine, les génériques également. Plus de personnel dans les usines, plus de médicaments. L’industrie automobile fait produire des pièces en Chine... Apple fait rassembler leur téléphones en Chine. Il y a des Callcenters avec support techniques qui agissent depuis la Chine et ainsi de suite. Ca va ralentir l’économie dans le monde entier... Une guerre entre l’Iran et l’Iraq n'aurait qu’un impact sur le pétrole et non pas sur l'économie toute entière.
Après cette crise les entreprises vont diversifier leur chaine de fournisseurs pour ne plus être dépendant d’un pays... et ça va couter de l’argent... moins de bénéfices..."


 

Un article du jour indique déjà les réflexions que tout cela engendre :

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/medicaments-faut-il-relocaliser-la-production_3842485.html

D'année en année, la France est de plus en plus dépendante du reste du monde pour produire ses médicaments. 80% des principes actifs, les composants essentiels du produit, sont fabriqués hors de l'Union européenne, dont 60% en Chine et en Inde. En Chine, beaucoup d'usines sont à l'arrêt à cause du Covid-19. Pour l'instant, il n'y a pas de risque de pénurie. Les laboratoires ont du stock, mais pour combien de temps ? Pour la députée centriste Agnès Firmin Le Bodo, qui est également pharmacienne, il est nécessaire de relocaliser la production.

Des coûts de production trop élevés ?

La Chine compte plus d'un millier d'usines, contre moins d'une centaine en France. Parmi elles, le site de Pithiviers, dans le Loiret. Ici sont fabriqués des principes actifs, ensuite vendus aux laboratoires. Aujourd'hui, le téléphone du patron n'arrête pas de sonner. Depuis la crise du Covid-19, une dizaine de laboratoires qui achetaient habituellement en Chine lui demandent de l'aide. Relocaliser une partie de la production est possible, mais beaucoup de laboratoires sont encore réticents. En cause, selon l'Académie nationale de pharmacie : des coûts de production en France souvent trop élevés par rapport au prix de vente des médicaments. Le groupe Sanofi vient d'annoncer vouloir réorganiser son activité et créer en France un site dédié à la production de principes actifs. Il deviendrait le numéro 2 mondial du secteur.

 


Un autre article qui détaille la différence avec le SRAS sur le plan économique :

 

https://www.usinenouvelle.com/article/le-coronavirus-plus-contagieux-pour-l-economie-que-le-sras-selon-ing.N926194

Avec 8.100 cas et 774 morts, le Sras avait amputé le produit intérieur brut (PIB) chinois de 1,2 point de pourcentage et la croissance mondiale de 20 points de base.

Le coronavirus 2019 a pour l'instant fait plus de 400 morts et contaminé plus de 20.000 personnes mais le bilan gonfle tous les jours.

"Le problème, c'est que la Chine a changé de taille", a expliqué mardi Julien Manceaux, économiste d'ING, lors d'un point de presse à Paris.

"En 2003, elle représentait 4% du PIB mondial, contre 16% aujourd'hui."

L'épidémie a donné lieu à la plus grande opération de quarantaine collective jamais mise en place, avec plus de 40 millions d'habitants concernés, a-t-il souligné.

Avec 11 millions d'habitants, Wuhan, épicentre de l'épidémie, est le fief du secteur automobile chinois avec la présence de Dongfeng, deuxième constructeur du pays, mais aussi de PSA et Renault.

En 2018, 1,7 million de véhicules sont sortis des usines de la région, selon des chiffres fournis par ING.

"Le simple fait que les usines restent longtemps à l'arrêt aura nécessairement des conséquences sur la production", a dit Julien Manceaux.

En provoquant des ruptures dans les chaînes d'approvisionnement et un manque à gagner pour certains secteurs comme l'hôtellerie, l'épidémie devrait avoir un impact réel sur le commerce mondial.

L'impact sur les matières premières, avec une contagion inévitable aux pays émergents les plus dépendants des exportations de ressources de base, sera quant à lui considérable, a-t-il ajouté.

L'épidémie de coronavirus, facteur conjoncturel comme les tensions commerciales, vient s'ajouter à d'autres facteurs, structurels ceux-là, qui ont contribué à précipiter en 2019 la croissance chinoise à son plus bas niveau depuis près de 30 ans (+6,1%).

Ce ralentissement devrait se poursuivre cette année et peser sur les perspectives de l'économie mondiale, selon ING.

"Tout dépendra de la durée de l'épidémie et de la capacité des autorités chinoises à l'enrayer mais quel que soit le choc du virus sur l'économie, la contagion sera plus importante aujourd'hui qu'en 2003", a dit Julien Manceaux

(Patrick Vignal, édité par Marc Angrand)

 


 

https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/01/28/coronavirus-des-craintes-de-voir-l-economie-mondiale-s-enrayer_6027494_3244.html

"Simultanément au déclenchement de la crise sanitaire, les inquiétudes économiques et financières apparaissent. Même s’il est trop tôt pour évaluer les conséquences de l’épidémie chinoise du coronavirus, la consommation des ménages dans la deuxième puissance économique mondiale est déjà durement touchée, faisant planer une menace sur le reste du continent. Un ralentissement en Asie, qui génère près des deux tiers de la croissance du PIB mondial, pourrait avoir des conséquences sur les grandes entreprises du monde entier. Les principales places financières mondiales ont clôturé en baisse, lundi 27 janvier. Le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, cédait 1,57 % à 3 243,63 points. L’indice Nikkei de Tokyo, qui a terminé mardi en baisse de 0,55 %, avait déjà chuté la veille de 2 %, sa plus lourde perte depuis cinq mois. La perspective d’une contraction de l’activité chinoise a également fait chuter les cours du pétrole qui ont atteint lundi leur plus bas niveau depuis fin octobre.

Lire aussi  Coronavirus : en Chine, les leçons à demi apprises du SRAS

L’épidémie pourrait « potentiellement avoir un impact élevé mais de courte durée » en Chine selon le cabinet Oxford Economics qui fonde son analyse sur les effets qu’avait eus l’épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) en 2002 et en 2003, à l’origine de la mort de 800 personnes en Asie. La croissance chinoise en rythme annuel avait décéléré à 9,1 % au deuxième trimestre 2003, contre 11,1 % au trimestre précédent. Ce ralentissement avait frappé plus durement les secteurs de la distribution, du tourisme et du transport aérien. Mais la croissance avait vite rebondi pour atteindre les 10 % au deuxième semestre 2003. Faut-il s’attendre au même scénario ? « La consommation est devenue aujourd’hui un moteur plus important de l’économie chinoise », met en garde Julien Marcilly, économiste en chef de la Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur (Coface), une société d’assurance-crédit. Un moteur d’autant plus important que les exportations chinoises ont ralenti au cours des derniers trimestres, affectés par la guerre économique entre Pékin et Washington avant l’annonce d’une trêve mi-janvier.

Economie « mondialisée »

La consommation intérieure contribue aujourd’hui à hauteur de 57 % des richesses produites chaque année en Chine. Or l’épidémie tombe au pire moment : en plein Nouvel An lunaire, une période où les Chinois consomment et voyagent plus que d’habitude. Le cabinet Standard & Poor’s a calculé qu’un recul de 10 % des dépenses des consommateurs chinois, dans les secteurs des divertissements, des transports ou du tourisme, pourrait freiner la croissance du pays d’environ 1,2 point de PIB. Tandis que la panique se propage dans d’autres provinces, les habitants restreignent leurs déplacements pour éviter les risques de contamination, et reportent leurs achats, ce qui pourrait peser sur la consommation et augmenter le taux d’épargne déjà élevé dans le pays."


Tout ce que cela m'amène à penser, c'est bien que les Etats, dans leur majorité, s'inquiètent de la santé des concitoyens, non pas au regard des décès possibles mais de l'effet délétère sur les salariés et par contre-coup sur les consommateurs. Des usines à l'arrêt, des populations confinées, une chute considérable des échanges économiques par une baisse de la production et de la demande, des déplacements suspendus, des contrats repoussés, c'est comme une engrenage qui s'arrête de tourner par contagion, d'étage à étage...

L'usine mère de PSA (Peugeot) attend par exemple des containers de pièces venant de Chine. Elle n'a aucune idée de la date de livraison... Rupture des chaînes de production, chômage technique, , perte de parts de marché...Toutes les entreprises qui vont devoir ralentir leur activité seront à même d'engager des périodes de chômage technique...Baisse du pouvoir d'achat, baisse de la consommation, baisse du PIB...

Quant à ce principe de précaution qui fait que les gouvernements apparaissent aux yeux d'une partie de la population comme des gens responsables, c'est juste de la poudre aux yeux.
"Tuez-vous au travail sans modération. On vous remplacera."

Là, il n'y a plus aucun frein. Il suffit de regarder l'état des personnels médicaux dans les hôpitaux. Il y a sans doute plus de morts parmi eux qu'à cause du coronavirus...Et les exemples sont très nombreux, dans bien d'autres secteurs économiques. Les agriculteurs... La misère dans laquelle une bonne partie d'entre eux se tuent au travail...Les retraités les plus démunis, "charge inutile", qui n'a plus de pouvoir d'achat... Le nombre considérable d'ouvriers travaillant dans des milieux toxiques et qui devront se battre en justice pour faire reconnaître une maladie professionnelle...

On entre là dans la mise en évidence de tout ce que la mondialisation a engendré comme risques planétaires en plus des dégâts environnementaux. Tous les Etats sont dépendants des uns des autres, ils sont tous reliés, enchaînés de surcroît à quelques leaders, Chine, Usa, Asie du sud-est. Notre consommation occidentale a une origine étrangère. Que ces zones soient ralenties et c'est toute notre économie qui s'enrhume, elle aussi...

La baisse des actions, sur les marchés financiers, prend une ampleur vertigineuse...

Il est certain que dans les laboratoires, tous les scientifiques compétents en virologie, doivent bosser comme jamais... Le laboratoire qui sortira en premier un vaccin entrera au panthéon des hausses les plus faramineuses de l'histoire de la bourse...
Et comme en plus, ce coronavirus entre dans la catégorie des virus saisonnier, ça sera le jackpot annuel...

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/covid-19-peut-on-etre-infecte-plusieurs-fois-par-le-nouveau-coronavirus_3843467.html


""Le consensus qui émerge parmi les épidémiologistes est un scénario dans lequel cette épidémie va devenir une nouvelle maladie saisonnière – un cinquième coronavirus endémique".

Il existe en effet quatre coronavirus humains circulant de manière endémique toute l'année en France, lesquels "donnent des rhumes bénins alors que le nouveau coronavirus est l'équivalent d'une grosse grippe", expliquait le 9 février, dans Le Parisien, Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. "Avec ces quatre autres [coronavirus], les gens ne développent pas d'immunité à long terme", poursuit The Atlantic, imaginant un futur dans lequel "la saison des rhumes et de la grippe" deviendrait "la saison des rhumes, de la grippe et du Covid-19".

 


 

Il y aurait encore beaucoup à dire sur cette situation.

Mais il est clair pour moi que tout ça n'est pas sain du tout.

Il n'est jamais bon de jouer avec la peur...Les médias qui comptabilisent les morts sans jamais préciser leur état de santé initial, comme ce patient qui avait une pathologie cardiaque et dont le décès est uniquement porté au crédit du virus...

Je ne suis pas médecin, je ne sais pas comment va évoluer ce virus, si les températures printanières vont le faire disparaître, si une mutation peut être envisagée, si son retour l'an prochain sera plus virulent, si un vaccin aura été trouvé...

Mais sur un plan économique et politique, il y aura beaucoup de leçons à en tirer...

 

 

Annette ROSSI : "Alexandre"

Par Le 26/02/2020

Une prochaine lecture, assurément. 

Des échanges avec l'auteure. Un amour similaire de l'écriture. Les aléas et nombreuses difficultés du parcours "d'écrivain". 

Un blog qui ravira les amateurs d'Histoire et de voyages au long cours, d'archéologie et de mythologie.

 

https://annetterossi.wordpress.com/?fbclid=IwAR2nYK5DOfckuJvuYAI2LOFoIS7gyDHc-hj33-UFpQpSS_4pr8BHyQvn1E4

 

ALEXANDRE

 

20 Août 2019

À mes lectrices et mes lecteurs,

Après de longs mois de silence je reviens vers vous pour vous présenter mon premier roman.

Mes voyages à travers le monde, ma rencontre avec Philippe, des grands moments de bonheur et d’enrichissement personnel tout comme les passages douloureux, m’ont un jour incité à écrire, puis finaliser, ce livre, fruit d’années de recherches et de travail obstiné.

« Alexandre » est un roman d’aventures, d’histoire, d’amitié, de complicité et d’amour qui se décline en trois tomes :

I – Le pacte de Babylone.

II – La malédiction de Tamerlan.

III – L’horizon d’Aton.

Ils sont disponibles à l’achat :

– Sur le site internet, en direct www.sentiersdulivre.fr

– En librairies, sur commande, en indiquant le titre, nom d’auteur et distributeur Hachette Livre.

– Sur les plateformes fnac.frcultura.framazon.frchapitre.comleslibraires.fr

En format numérique sur kobo fnac (vers octobre pour la version numérique).

Pour moi cette épopée se termine aujourd’hui, j’espère que pour vous elle ne vient que de commencer.

Bien sincèrement,

Annette

  

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Mensonges avérés du ministre de l'agriculture

Par Le 25/02/2020

C'est sorti aujourd'hui et j'espère que ça mènera cette ord... à la démission.

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L214 reçoit par erreur des mails compromettants du ministère de l'Agriculture

Des échanges qui vont à l'encontre des déclarations du ministre Didier Guillaume sur les pratiques de l'abattoir Sobeval.

Le jeudi 20 février, L214 a révélé de nouvelles images choc dans un abattoir en Dordogne. On pouvait y voir la mise à mort de veaux, pour certains encore conscients, sur la chaîne d’abattage. Lors de son enquête, l’association a noté plusieurs manquements aux règles : lors de l’abattage standard, la tête de certains animaux n’était pas maintenue avant qu’ils soient étourdis, les employés ne vérifiaient pas si les veaux étaient bien inconscients avant d’être saignés…

L214 a demandé la fermeture de cet abattoir. Ce à quoi Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture, avait rétorqué le 23 février sur Europe 1, que "les images et les faits n’étaient pas avérés".

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"J’ai diligenté immédiatement des contrôles et les contrôles montrent que le respect du bien-être animal est là", avait-il déclaré. La préfecture de Dordogne avait également, de son côté assuré "qu’il n’y avait pas de mise en évidence de non-conformité à la réglementation".

C’était sans compter sur un échange de mails entre des hauts fonctionnaires du ministère de l’Agriculture que L214 a reçu par erreur. L'association vient de dévoiler leur contenu dans un communiqué de presse.

Dès la veille de la publication des images de l’abattoir, le ministère s’active. Dans une boucle de mails où 17 personnes sont présentes, une conseillère du cabinet envoie : "Il nous faut des edl [éléments de langage, ndlr] bétons pour ce soir…"

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© via le communiqué de presse de L214

Ces éléments de langage sont ensuite listés et envoyés aux différents services : aux services du ministère de l’Agriculture, mais également aux services du commerce extérieur puisque l’abattoir exporte notamment en Israël, en Égypte ou encore aux États-Unis.

© via le communiqué de presse de L214

 

Dans un échange datant du 20 février à 10 h 04, quelques heures après la diffusion des images de L214, l’un d’eux écrit clairement avoir "fait la liste des non-conformités indéniables, voire majeures, relevées". Pourtant, trois jours plus tard, le ministre Didier Guillaume assurait que "les contrôles [à l’abattoir Sobeval, ndlr] montrent que le respect du bien-être animal est là".

© via le communiqué de presse de L214

Suite à ces mails, l’association L214 demande la démission de Didier Guillaume. Brigitte Gothière, cofondatrice, assure que "nous sommes confrontés à un ministre qui dissimule le non-respect de la réglementation, qui n’ira jamais à l’encontre des lobbies de la viande, jamais dans le sens de l’intérêt général, qui ne défendra jamais les animaux".

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Contacté par Konbini news, le ministère de l’Agriculture n’a pas encore répondu à nos sollicitations.

Par Julie Breon, publié le 25/02/2020

 

Temps libre

Par Le 24/02/2020

Je suis à la retraite depuis septembre 2019. 

J'ai 57 ans.

Oui, je sais, j'ai une chance immense, je suis même un privilégié au regard des seuils de départ à la retraite bien au-delà des 60 ans. 

Je touche une pension de 1715 euros après avoir commencé à travailler à 19 ans. 

Je ne me plains pas. C'est même une "grosse" retraite par rapport à celle de beaucoup d'artisans, d'agriculteurs, de commerçants et de bien d'autres professions.

Il n'en reste pas moins que j'ai toujours détesté la "politique du pire" qui consiste à se contenter de ce qu'on a parce qu'il existe des situations bien plus difficiles. C'est une attitude que les politiciens adorent développer dans l'esprit des électeurs. Pendant que eux... Je ne m'étendrai pas sur les disparités monstrueuses qu'on trouve entre le bas de la pyramide et son sommet...Sans que cela soit aucunement justifié dans la plupart des cas. 

Je rappelle juste que le salaire des enseignants en France est très bas par rapport à nos voisins immédiats. Trois fois plus élevé par exemple en Allemagne. Je suis convaincu que dans moins de dix ans, la crise de recrutement dans l'enseignement va atteindre un niveau critique...Les démissions prennent d'ailleurs une ampleur jamais connue.

Que fais-je de tout ce temps libre désormais ? 

Tellement de choses.

Rien parfois et je m'applique à le faire du mieux possible.

Je m'allonge, je ferme les yeux, j'écoute ma respiration. Je suis en moi.

Je bricole, je lis, je marche, je skie, je me suis remis à l'Anglais avec Nathalie, une heure par jour. 

Tout ce que j'ai fait à la maison n'aurait pas été réalisable tant que je travaillais. Je n'aurai pas eu l'énergie pour ça, ni même le temps. Il m'est arrivé de bricoler des journées entières. Le recyclage est le maître mot. Ne rien dépenser qui peut être récupéré. Je suis devenu un vrai fouilleur de bennes. J’ai récupéré des vitres qui allaient être jetées dans la déchetterie du secteur. Elles sont devenues un séchoir à fruits et légumes et une serre à semis. Les dizaines de palettes que je décloue au pied de biche m’ont servi à faire l’encadrement des fenêtres de la grange, un étendage à linge, des meubles pour nos trois jeunes ou pour la maison.

Tout cela m’amène à revenir sur le revenu de base ou revenu universel. Il est clair pour moi que la robotisation du monde salarié va avoir un impact considérable dans les années à venir. Il va falloir que les États subviennent aux besoins vitaux de toutes les personnes qui vont perdre leur emploi. Des centaines d’études ont déjà été menées sur cette évolution et les chiffres sont disparates. De 10 % à 47 % d’emplois condamnés...Quoiqu’il en soit, c’est la voie toute tracée.

Il va donc falloir également que les individus eux-mêmes revoient leurs objectifs de vie...Leur façon de vivre...Leur vision existentialiste et non plus salariale.

Il y a des personnes qui lorsqu’elles partent à la retraite tombent en dépression bien qu’elles aient une pension suffisante. L’idée d’être devenu « inutile » est insupportable. Personnellement, je trouve cela effrayant.

Que le chômage puisse conduire à la dépression, je le conçois aisément. L’argent est nécessaire et la misère sociale touche beaucoup trop de gens.

Si la robotisation amène les États à répondre aux besoins vitaux des individus par l’attribution d’un revenu de base, il faudra donc que les individus eux-mêmes, ne considèrent pas cela comme une exclusion mais bien comme l’opportunité d’une autre vie.

Il est clair également que cela remettra en cause la consommation. Un revenu de base de 1000 euros ou de 2000 euros, ça n’est pas la même chose quand il s’agit de faire vivre une famille… A 500 euros, n’en parlons même pas…La consommation des « masses populaires » se réduira inévitablement. Je ne parle pas de ceux qui ne parviennent déjà pas à s’en sortir avec leur salaire actuel mais de ces gens qui choisiront une vie libérée d’un temps important de travail en sachant que le Revenu de base compensera la perte financière. Un mi-temps, une année sabbatique, un retrait total du marché du travail...Là aussi, les études ont du mal à identifier les intentions de chacun mais toutes les études mettent en avant une perte de croissance par une consommation de biens fortement diminuée.

Et c’est d’ailleurs, à mon avis, le frein majeur pour les États...Il ne s’agira plus de parler de « croissance économique » mais bien de « croissance spirituelle »...Ouh, le vilain mot...Tout le problème est là...

En tout cas, mon "temps libre", je le bénis, je l'exploite du mieux possible. 

 

Un séchoir pour les fruits et légumes, pommes, tomates, champignons... Le jour où je l'ai terminé, je l'ai laissé au soleil, il faisait 14 degrés sur la terrasse et 28 degrés à l'intérieur de la caisse. La circulation d'air, entrée d'air froid par en bas, évacuation de l'air chaud par en haut à un effet de déshydratation. Très efficace. On voit aussi la serre à semis avec sa paille et les vitres récupérées à la déchetterie. 

 

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Revenu universel

Par Le 23/02/2020

En 2017, la Gironde avait initié une expérimentation du revenu universel. 

J'ai cherché des informations récentes et je ne trouve rien...Si quelqu'un habite dans ce département et a des retours de l'expérience, je suis preneur ^^. Merci. 

 

Cette vidéo est issue d'une page entièrement dédiée au revenu de base. Plusieurs vidéos sur le même thème. 

Le Mouvement français pour un Revenu de base explique la totalité du processus


COLLOQUE « RENFORCER LE CONTRAT SOCIAL : QUEL REVENU POUR UNE SOCIÉTÉ PLUS SOLIDAIRE ? »

28 septembre 2019

PARTICIPEZ À LA SEMAINE DU REVENU DE BASE DU 16 AU 22 SEPTEMBRE !

16 septembre 2019

 


 

OUVRIR LA CARTE DANS UNE NOUVELLE FENÊTRE

Vous voulez rejoindre une dynamique locale ? Nous sommes présents dans de nombreuses villes en France.
Ecrivez-nous : groupeslocaux@revenudebase.info


Le revenu de base est un revenu versé à chaque individu membre d’une communauté politique donnée, sans condition ni contrepartie. Ce nouveau droit appelle à un changement de paradigme visant à replacer l’économie au service de l’humain.

La Gironde veut expérimenter le revenu de base

© France 3 © France 3

PARTAGES

Dans une tribune publiée dans le JDD, les présidents socialistes de 8 conseils départementaux, dont Jean-Luc Gleyze à la tête de la Gironde,  annoncent qu'ils vont tester le revenu universel dans leurs départements respectifs.

Par Maïté Koda 

C'était une des grandes promesses du candidat malheureux à la présidentielle Benoît Hamon. Malgré sa défaite, la question autour du revenu de base, beaucoup critiquée pendant la campagne, n'est pas sortie du débat politique.

Ce dimanche, les présidents des conseils départementaux de la Gironde, de l'Aude, de l'Ariège, du Gers, de la Meurthe-et-Moselle, de la Haute-Garonne, de l'Ille-et-Vilaine et de la Seine-Saint-Denis ont publié une tribune dans le JDD.

Un texte dans lequel ils annoncent "revendiquer leur rôle de défricheur des possibles" et font part de leur décision d'expérimenter ce fameux revenu de base.

 

 
Le RSA échoue à vaincre la pauvreté

"Nous qui gérons chaque jour le RSA, nous mesurons tous les jours le rôle essentiel d’un filet de sécurité contre la grande pauvreté mais aussi ses limites, écrivent-ils. "Le RSA échoue à vaincre la pauvreté".
 
 

 

Nous savons que l’accès à l’emploi reste une marche essentielle vers la dignité et l’insertion sociale.

Refusant la résignation, nous voulons être offensifs. Nous voulons innover socialement et redonner du sens à un projet de société.

 

 
Balayant les critiques qui associent le revenu de base à une allocation supplémentaire, ils affirment que ce revenu "pose de fait la question de l'autonomie du citoyen, son apport au travail et son engagement dans la société".

 

Le revenu de base n'est pas fossoyeur de la valeur travail

Début de l'expérimentation en 2019

Avant d'expérimenter ce revenu, une étude de faisabilité sera menée, précise le JDD. "Nous espérons des résultats théoriques sous quatre à six mois après le lancement de l'étude, estime Jean-Luc Gleyze, qui aimerait que l'expérimentation débute en 2019.
 

 

Un souhait de longue date

Le département de la Gironde souhaite depuis longtemps expérimenter le revenu de base. En mars 2017, il avait sollicité le gouvernement et le parlement pour l'adoption d'une loi autorisant l'expérimentation pionnière de ce revenu dans le département.
 
 
 
Le conseil départemental du Lot-et-Garonne, également favorable à l'expérimentation, mais souffrant de difficultés financières (plus de 200 millions d'euros de dépenses sociales) a fait savoir qu'il soutenait la démarche des huit présidents de départements.
 
 
 
 

 

Le revenu de base, qu'est-ce que c'est?

Le revenu de base, ou revenu universel était un des thèmes de campagne de Benoît Hamon lors de la présidentielle de 2017.
Il s'agit d'un revenu reversé sur une base individuelle, sans conditions de ressources. Son montant reste à définir, même si la Fondation Jean Jaurès, proche du PS, l'avait estimé dans une étude à 750 euros par mois et par personne.

Son coût, lui est estimé entre 300 et 600 milliards d'euros. Si ces partisans, de droite comme de gauche (Benoît Hamon, Pierre Larrouturou, Dominique de Villepin, Nathalie Kosciusko-Morizet…) voient en lui un outil de lutte contre la pauvreté, ces détracteurs lui reprochent de favoriser l'assistanat.

  •  

 

Une vidéo, sans images, mais très intéressante, claire et plus "accessible" que la précédente, selon moi. 

 

 

"Le mal a dit"

Par Le 21/02/2020

J'ai déjà évoqué ce travail dans le blog mais il est bon de le remonter de temps en temps. Cette page est davantage détaillée que les précédentes.

Les émotions et la maladie, des liens à connaître quand on cherche à comprendre le "pourquoi" et non seulement à soigner les causes.

 

https://corpsetcoeur.wordpress.com/2014/08/25/la-maladie-le-mal-a-dit-la-relation-entre-les-emotions-et-les-maladies/?fbclid=IwAR16-NjJPVLexDAND1qbTG74mP7UezfLMGWaeBmJsqvwxI7wmorBRGOtYwM

 

SANTÉ ET BIEN-ÊTRE

La maladie, LE MAL A DIT… La relation entre les émotions et les maladies

Corps à Coeur

« Tout ce qui ne s’exprime pas s’imprime! »

miroir et illusion

Corps à Coeur est un lieu où les messages du corps sont écoutés et pris en compte. Le corps n’est pas juste un « instrument » ou un « véhicule », je le considère comme un temple ( le temple de l’âme) et aussi comme  » le film de votre vie ».

Toutes les émotions que vous refoulez à l’intérieur de vous-même parce que vous ne pouvez pas ou ne voulez pas les verbaliser, peuvent se cristalliser dans différentes parties de votre corps.

Les émotions génèrent des symptômes physiques, par exemple LA PEUR, L’ANGOISSE  donnent des palpitations cardiaques, des vertiges, sueurs, tremblements ou mains moites.

  • LA PANIQUE peut provoquer des diarrhées.

  • LA COLÈRE retenue ou LA RANCUNE : une crise de foie.

  • LA DIFFICULTÉ A TROUVER OU A PRENDRE SA PLACE  peut provoquer des infections urinaires à répétition.

  • QUELQUE CHOSE QU’ON NE VEUT PAS ENTENDRE OU QUAND ON NE VEUT PAS S’ÉCOUTER, des otites, douleurs d’oreilles.

  • QUELQUE CHOSE QU’ON N’A PAS OSÉ DIRE, QU’ON A RAVALÉ , une angine, des maux de gorge.

  • UN REFUS DE CÉDER, DE PLIER, D’OBÉIR OU DE SE SOUMETTRE, des problèmes de genoux.

  • PEUR DE L’AVENIR, PEUR DU CHANGEMENT, PEUR DE MANQUER D’ARGENT, des douleurs lombaires.

  • INTRANSIGEANCE, RIGIDITÉ, douleurs cervicales et nuque raide.

  • CONFLIT AVEC L’AUTORITÉ, douleurs d’épaules.

  • TOUT PRENDRE SUR SOI, également douleurs d’épaules, sensation d’un fardeau.

  • SERRER LES DENTS POUR AFFRONTER QUELQU’UN OU UNE SITUATION SANS RIEN DIRE…douleurs dentaires, aphtes, abcès.

  • PEUR DE L’AVENIR, DIFFICULTÉS A ALLER DE L’AVANT, OU BESOIN DE « LEVER LE PIED »: douleurs dans les jambes, les pieds, les chevilles.

La colonne vertébrale est aussi un merveilleux terrain d’investigation de toutes nos émotions refoulées ( voir l’illustration ci dessous )

decodage dos                                         Illustration tirée du livre de R.Fiammetti : les cartes du langage émotionnel du corps

Bien sûr, il ne faut pas généraliser, l’origine d’une douleur peut être tout simplement  mécanique, un faux mouvement ou un coup de froid….mais si vous ne trouvez pas d’explications contextuelles, alors essayez d’entrer « en contact » avec ce qui se joue au plus profond de vous.

Pour ma part, j’utilise régulièrement l’ouvrage de Jacques Martel :  Le grand dictionnaire des malaises et des maladies  pour mettre des mots sur les maux…cet ouvrage est une sorte de guide pour comprendre  » ce qui se joue » que je pourrais avoir tendance à refouler, ou à ne pas vouloir « regarder »…

En voici quelques extraits :

Maladies du foie : le foie représente les choix,  la colère, les changements et l’adaptation.
On peut souffrir du foie quand on ne parvient pas à s’adapter à des changements, professionnels ou familiaux.

  • Difficultés d’ajustement à une situation.

  • Sentiment de manque continuel ou peur de manquer.

  • Colère refoulée.

  • Personnes sujettes aux maladies du foie : les personnes qui critiquent et qui jugent beaucoup (elles-mêmes et les autres) et/ou qui se plaignent souvent.

Maladies de la vésicule biliaire :
La vésicule biliaire est en rapport avec l’extérieur, la vie sociale, la lutte, les obstacles, le courage.
Se battre. Esprit de conquête.

  • Se faire de la bile, s’inquiéter, s’angoisser.

  • Sentiment d’injustice. Colère, rancune.

  • Se sentir envahi, empiété sur son territoire par une personne autoritaire.

  • Agressivité rentrée et ruminante, mécontentement retenu.

  • Se retenir de passer à l’action. Difficultés à faire un choix, de peur de se tromper.

LA GLANDE THYROÏDE

  • Profonde tristesse de ne pas avoir pu dire ce qu’on aurait voulu.

  • Sentiment d’être trop lent par rapport à ce qu’on attend de nous.

  • Impuissance, sentiment d’être coincé dans une situation, être devant un mur, dans une impasse.

  • Être bloqué dans la parole ou dans l’action, être empêché d’agir.

  • Pas le droit de parler, de s’exprimer. Ne pas se sentir écouté. Difficultés à s’affirmer.

  • Une déception ou une injustice n’a pas été « avalée » et est restée en travers de la gorge.

LES HERNIES

En règle générale  : de la détresse implose à l’intérieur et demande à être libérée.

  • Désir de rompre ou de quitter une situation où on se sent coincé, mais où l’on reste par peur de manquer de quelque chose, généralement du matériel.

  • Auto-punition parce qu’on s’en veut, incapacité à réaliser certaines choses qu’on voudrait.

  • Frustration de travailler dur, se sentir poussé à aller trop loin, ou essayer d’atteindre son but d’une manière excessive, qui en demande trop. Une poussée mentale (de stress) essaie de sortir.

Mais en plus, le lieu où siège l’hernie indique son message émotionnel de manière plus précise et complémentaire : 

Hernie inguinale : (dans l’aine) : difficulté à exprimer sa créativité, secret que l’on renferme et qui nous fait souffrir. Désir de rompre avec une personne qui nous est désagréable, mais avec laquelle on se sent engagé ou qu’on est obligé de côtoyer. On aimerait sortir, s’extirper de cette situation.
Hernie ombilicale : nostalgie du ventre de la mère où tout était facile et où se sentait totalement en sécurité. Refus de la vie.
Hernie discale : conflit intérieur, trop de responsabilité, sentiment de dévalorisation, ne pas se sentir à la hauteur de ce qu’on attend de nous, projets et idées non reconnus. La colonne vertébrale représente le soutien.
Besoin d’être appuyé, soutenu, mais difficulté ou impossibilité de demander de l’aide.
Hernie hiatale : se sentir bloqué dans l’expression de ses sentiments, de son ressenti.
Refouler ses émotions.
Tout vouloir diriger, ne pas se laisser porter par la vie  mais la contrôler.

LES GENOUX

Douleurs aux genoux, genoux qui flanchent, genoux qui craquent, douleurs aux ménisques : refus de plier, de se « mettre à genoux » (de se soumettre) de céder, fierté, ego, caractère inflexible ou au contraire, on subit sans rien oser dire, on s’obstine, mais nos genoux nous disent que nous ne sommes pas d’accord avec cette situation.

  • Difficultés à accepter les remarques ou les critiques des autres.

  • Problèmes avec l’autorité, la hiérarchie, problèmes d’ego, d’orgueil.

  • Devoir s’incliner pour avoir la paix.

  • Ambition réfrénée ou contrariée par une cause extérieure,

  • Entêtement, humiliation.

  • Culpabilité d’avoir raison.

  • Colère d’être trop influençable.

Les maladies LA PEAU, eczéma, acné, psoriasis
Les maladies de peau ont très souvent, à l’origine, un conflit de séparation mal géré, une séparation mal vécue, soit par la mère, soit par l’enfant, ou la peur de rester seul et un manque de communication.
Séparation aussi envers soi-même : dévalorisation de soi vis-à-vis de l’entourage. Porter trop d’attention à ce que les autres peuvent penser de nous.

Eczéma :

  • anxiété, peur de l’avenir,

  • difficultés à s’exprimer.

  • Impatience et énervement de ne pas pouvoir résoudre une contrariété.

  • Séparation, deuil, contact rompu avec un être cher.

Chez les enfants, l’eczéma peut résulter d’un sevrage trop rapide ou d’une difficulté de la mère à accepter que son enfant ne soit plus « en elle ». Sevrage de l’allaitement ou reprise du travail de la maman et culpabilité non exprimée, mais que l’enfant ressent et somatise ainsi.
Querelles ou tensions dans la famille, que l’enfant ressent. Insécurité.

Acné :  manière indirecte de repousser les autres, par peur d’être découvert, de montrer ce qu’on est réellement, parce qu’on pense qu’on ne peut pas être aimé tel que l’on est. Puisqu’on se rejette, on crée une barrière pour que les autres ne nous approchent pas.

  • Refus de sa propre image, de sa personnalité ou de sa nouvelle apparence.

  • Honte des transformations corporelles.

  • Difficulté à être soi-même, refus de ressembler au parent du même sexe.

Psoriasis : personne souvent hypersensible qui n’est pas bien dans sa peau et qui voudrait être quelqu’un d’autre. Ne se sent pas reconnue, souffre d’un problème d’identité. Le psoriasis est comme une cuirasse pour se défendre.

  • Besoin de se sentir parfait pour être aimé.

  • Souvent une double conflit de séparation, soit avec deux personnes différentes, soit un ancien conflit non résolu, réactivé par une nouvelle situation de séparation.

  • Se sentir rabaissé ou rejeté, à fleur de peau.

  • Se protéger d’un rapprochement physique, ou protéger sa vulnérabilité, mettre une barrière.

LES BRAS : Il y a de nombreuses causes émotionnelles liées aux douleurs et aux problèmes de bras.
Les bras sont le prolongement du coeur et sont liés à l’action de FAIRE et de RECEVOIR, ainsi que l’autorité, le pouvoir.
Les douleurs aux bras peuvent être liées à de la difficulté à aimer ce que je dois faire. Se sentir inutile, douter de ses capacités, ce qui amène la personne à se replier sur elle et à s’apitoyer sur ses souffrances.

  • Se croire obligé de s’occuper de quelqu’un.

  • Ne pas se sentir à la hauteur lorsqu’on est le « bras droit » de quelqu’un.

  • Difficulté à prendre les autres dans ses bras, à  leur montrer de l’affection.

  • Je m’empêche de faire des choses pour moi-même, parce que je me souviens des  jugements négatifs et des interdictions durant mon enfance, ce qui m’avait blessé.

  • Je ne me permets pas de prendre ou je regrette d’avoir pris quelque chose, ou je pense que j’ai obtenu quelque chose que je ne méritais pas.

  • Ou quelque chose me revient de droit , que je n’ai pas pris, je ressens de la colère.

  • Se rapporte au fait d’avoir été jugé par ses parents.

  • Vouloir emprisonner quelqu’un dans ses bras pour l’avoir sous contrôle, mais avoir dû le laisser s’envoler, et ne plus pouvoir l’aimer et le protéger (un enfant, par exemple…).

  • Vivre une situation d’échec, devoir baisser les bras.

les douleurs des ÉPAULES

LES ÉPAULES : c’est ce qui PORTE. Les épaules portent les joies, les peines, les responsabilités, les insécurités.
Le fardeau de nos actions et tout ce qu’on voudrait faire, mais qu’on ne se permet pas, ou qu’on n’ose pas…
On se rend responsable du bonheur des autres, on prend tout sur soi, on a trop à faire, on se sent écrasé, pas épaulé, pas soutenu.

  • Douleurs possibles aussi quand on nous empêche d’agir, ou que l’on on nous impose des choses.

  • Lorsqu’on vit une situation dont ont ne veut plus, on désire passer à autre chose, mais le manque de confiance en soi nous bloque.

  • On manque d’appui, on manque de moyens. On ne se sent pas aidé.

  • Une personne chère ou l’un de nos parents vit de la tristesse et on aimerait prendre son chagrin et ses problèmes pour l’en libérer.

  • Colère retenue contre un enfant ou une autre personne qui se la coule douce alors qu’on ne se donne même pas le droit de prendre un temps de pause.

  • Au travail ou à la maison, avec son conjoint, on se sent dans l’obligation de se soumettre, on se sent dominé sans oser réagir.

  • On vit de l’insécurité affective (douleur épaule gauche) ou de l’insécurité matérielle (douleur épaule droite).

Épaules rigides et bloquées : blocage de la circulation de l’énergie du coeur, qui va vers l’épaule, puis vers le bras, le bras donne (le bras droit) et reçoit (le bras gauche).
Ce blocage d’énergie est souvent retenu dans une articulation ou un tissu (capsulite, bursite).
L’énergie doit circuler du coeur vers les bras pour permettre de FAIRE, de réaliser ses désirs.
On porte des masques, on bloque ses sentiments, on entretient des rancunes (douleurs dans les trapèzes, surtout à gauche). parfois envers soi-même.
On paralyse ses épaules pour s’empêcher d’aller de l’avant, de faire ce qu’on aimerait vraiment. On prend le fardeau sur soi plutôt que d’exprimer ses demandes et ses ressentis, de peur de mécontenter l’autre.
Difficulté ou impossibilité à lever le bras : conflit profond avec sa famille, difficulté à voler de ses propres ailes.

Essayez de modifier, clarifier ou de lâcher-prise par rapport à la situation qui vous perturbe. « Le mal a dit » = votre douleur essaie de vous dire quelque chose, de vous signaler que quelque chose perturbe l’harmonie en vous, d’attirer votre attention sur quelque chose à changer dans votre vie.

Reconnaissez et acceptez ces émotions, si vous les éprouvez, mettez des mots dessus, acceptez votre ressenti.

Une fois les émotions négatives reconnues, acceptées et évacuées, le corps peut cesser de vous envoyer ce message de « mal a dit. »

 Chakra-du-coeur

(Sources :  livres de Lise Bourbeau, Jacques Martel, Claudia Rainville et Philippe Dransart et article de Celine Zen en soi Alvarez diffusé sur FB en 2012.)

Macron et les chasseurs

Par Le 20/02/2020

Au moins, là, les choses sont claires...

L'ouverture de la chasse au 1er juin est avant tout un projet politique.

L'article date de février 2018

 

https://www.20minutes.fr/politique/2220187-20180214-pourquoi-emmanuel-macron-fait-cour-chasseurs

Pourquoi Emmanuel Macron fait-il la cour aux chasseurs?

 

POLITIQUE Le chef de l'Etat reçoit jeudi à l’Elysée Willy Schraen, le président de la Fédération nationale des chasseurs...

Thibaut Le Gal et Laure Cometti

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Emmanuel Macron aime la chasse.

Emmanuel Macron aime la chasse. — Photomontage TLG/20mn
  • Depuis la campagne présidentielle, Emmanuel Macron envoie des signaux aux chasseurs.
  • Le chef de l'Etat reçoit ce jeudi le président de la puissante FNC.

Voyez un peu la scène : nuit polaire sur le château de Chambord, Emmanuel Macron se recueille sous les flambeaux en compagnie des présidents des fédérations de chasse française, tous en bottes. En face de la petite troupe, une autre mal en point. Une trentaine de sangliers se vident de leur sang au son des cors. Sublime journée de chasse. Le chef de l’Etat, de passage au domaine pour son anniversaire mi-décembre, tient à saluer un à un les participants.

Chasseurs de France@ChasseursFrance

Le Président de la République @EmmanuelMacron était au @domainechambord ce soir. Il a salué la contribution de la à la .

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« La présence d’un président à Chambord pour le tableau de chasse est une première depuis quarante ans, se félicite Thierry Coste, conseiller du président sur la chasse et la ruralité. Emmanuel Macron n’hésite en rien à utiliser les symboles. Il a compris que "le tableau" parle à tous les passionnés, même dans le plus petit village de France. »

Depuis la campagne présidentielle, le natif d’Amiens prend grand soin de caresser les chasseurs dans le sens du poil. Le président de la République recevra d’ailleurs jeudi à l’Elysée le patron de la FNC (Fédération nationale des chasseurs), Willy Schraen.

« Emmanuel Macron avait fait une très grosse impression à notre Congrès [le 14 mars dernier], se souvient le président de la très puissante fédération. Il avait dit qu’il assumerait les chasses présidentielles [officiellement abolies par Jacques Chirac mais toujours pratiquées] plutôt que de les cacher et il les reconnaissait comme faisant partie du patrimoine français. Il avait marqué des points. A lui maintenant de concrétiser. »

« Macron, c’est un provincial. Un vrai, un Picard »

Emmanuel Macron serait-il un chasseur né ? Thierry Coste appuie le trait : « Il a un rapport extrêmement sain avec la question pour une raison toute bête : contrairement à l’image qu’on veut lui donner d’un président des villes, c’est un provincial. Un vrai, un Picard. Quand on est d’Amiens, on est imprégné par cet univers. » Un proche du président rectifie le tir :

« Emmanuel Macron n’est pas un chasseur. Il n’avait jamais vu un tableau de chasse avant novembre. Il ne connaissait pas la chasse, mais il a compris son importance : il considère que ça fait partie du patrimoine et de la ruralité », dit le sénateur François Patriat.

Cet intérêt nouveau pour la battue est aussi une question de réseau. C’est le sénateur de Côte-d’Or, macroniste de la première heure, qui a présenté son ami Thierry Coste au président. Ce dernier est également lobbyiste auprès… de la FNC.

Tout ce petit monde connaît bien le sujet. François Patriat, le tout nouveau président du conseil d’orientation du domaine de Chambord, possède d’ailleurs à son palmarès quelques sangliers, cerfs et mouflons. Entre deux photos de trophée, il précise : « Pendant la campagne, j’ai signé au nom d’Emmanuel Macron des engagements, pour discuter des dates de la saison de l’oie et de la popularisation du permis. »

« La nomination de Hulot a perturbé les chasseurs et les ruraux en général »

Car Willy Schraen espère des annonces de la part du chef de l’Etat. « C’est une réunion de travail. Il y a des points de crispations. Et un peu de dissonance entre ce que dit l’Elysée et ce qu’il se passe dans les ministères… La chasse à l’oie a semé le trouble. Nicolas Hulot nous a opposé une fin de non-recevoir, ce n’est pas digne d’un ministre de l’Ecologie. »

La décision de ne pas accorder de dérogation pour prolonger la période de chasse à l’oie au-delà du 31 janvier a entraîné la colère d’un millier de chasseurs, descendus dans la rue au début du mois. Une déclaration de l’ancien animateur télé sur la chasse à courre avait également fait monter la tension fin décembre.

>> A lire aussi : Nicolas Hulot dénonce une «pratique d’une autre époque»

« Emmanuel Macron a fait un sans-faute pendant la campagne mais la nomination de Hulot a perturbé les chasseurs et les ruraux en général. Mais, depuis, mis à part quelques points, Nicolas Hulot fait preuve de pragmatisme. Il est d’ailleurs le ministre de tutelle de la chasse française. Il est conscient que le président aime et soutient la chasse », rappelle avec malice Thierry Coste.

« Laurent Wauquiez est davantage en harmonie avec le monde rural »

Ce soutien ne fait pas l’unanimité. « Je ne vois pas en quoi les chasses présidentielles ont un quelconque intérêt pour promouvoir la grandeur de la France. Ça vient d’un autre temps, je ne comprends pas trop la position d’Emmanuel Macron sur cette question », s’étonne le député MoDem du Finistère Erwan Balanant.

Avec 1,2 million de chasseurs en France, la question est aussi très politique. La campagne a montré que cet électorat, difficile à débusquer, est très disputé. D’autant que le parti Chasse, pêche, nature et traditions, qui rassemblait les fusils de droite comme de gauche il y a quinze ans, peine aujourd’hui à exister.

« Pour l’instant, il n’y a rien de concret pour nous. Cette fameuse rencontre à Chambord, les chasses présidentielles, ça ne nous intéresse pas particulièrement. Nous, c’est la chasse populaire qu’on veut défendre, celle du samedi et du dimanche », grince Erick Marolleau, vice-président du CPNT, désormais associé au parti Les Républicains. « Laurent Wauquiez est davantage en harmonie avec le monde rural. Il suffit de voir ce qu’il a mis en place dans sa région, 3 millions d’euros de subventions pour les chasseurs [en 2016]. »

Depuis quelques semaines, le nouveau patron de la droite utilise ces thématiques rurales pour taper sur l’exécutif. « Il est clair que Marine Le Pen, Laurent Wauquiez, Gérard Larcher et d’autres n’ont jamais autant parlé de ruralité que ces six derniers mois… Mais ils vont avoir des mauvaises surprises, car le chef de l’Etat a pris des engagements sur la politique rurale », répond Thierry Coste.

À deux ans des municipales, le président doit soigner son image auprès de l’électorat rural. »

Désobéissance civique

Par Le 20/02/2020

Tiens, voilà que les scientifiques souhaitent s'y mettre.

Je leur souhaite bien du courage.

J'espère que celui qui a lancé l'idée ne se retrouvera pas tout seul...

Je sais ce que ça donne, j'ai testé...

 

La désobéissance civile

 

Dans "Le Monde", les scientifiques, issus de diverses disciplines, dénoncent l'inaction des gouvernements. 

Des militants écologistes participent à une action dans l\'aéroport de Schipol, à Amsterdam (Pays-Bas), le 14 décembre 2019.&nbsp;
Des militants écologistes participent à une action dans l'aéroport de Schipol, à Amsterdam (Pays-Bas), le 14 décembre 2019.  (ROMY ARROYO FERNANDEZ / NURPHOTO / AFP)

Ils sont océanographes, biologistes, climatologues, sociologues, astrophysiciens, agronomes, économistes, psychologues... Jeudi 20 février, mille scientifiques issues de diverses disciplines ont signé une tribune, publiée dans Le Monde, pour dénoncer "l'inertie" des gouvernements face à l'urgence climatique

"Depuis des décennies, les gouvernements successifs ont été incapables de mettre en place des actions fortes et rapides pour faire face à la crise climatique et environnementale dont l'urgence croît tous les jours. Cette inertie ne peut plus être tolérée", écrivent-ils, pointant que "les catastrophes [environnementales] se déroulent sous nos yeux." Une situation alarmante, d'autant plus que "l'objectif de limiter le réchauffement sous les +1,5 °C est désormais hors d'atteinte, à moins de diminuer les émissions mondiales de 7,6% par an, alors qu'elles ont augmenté de 1,5% par an au cours des dix dernières années."

Une croissance "en contradiction" avec la lutte contre le changement climatique

"Notre gouvernement se rend complice de cette situation en négligeant le principe de précaution et en ne reconnaissant pas qu'une croissance infinie sur une planète aux ressources finies est tout simplement une impasse", poursuivent les signataires. Ces objectifs de croissance sont, estiment-ils, en "contradiction totale avec le changement radical de modèle économique et productif qu'il est indispensable d'engager sans délai." Et de dénoncer, "l'inconséquence et l'hypocrisie de politiques qui voudraient d'un côté imposer la sobriété aux citoyens tout en promouvant de l'autre un consumérisme débridé et un libéralisme économique inégalitaire et prédateur."

Ainsi, les signataires appellent "à participer aux actions de désobéissance civile menées par les mouvements écologistes", citant les Amis de la Terre, Attac, Confédération paysanne, Greenpeace, Action non-violente COP21, Extinction Rebellion ou encore Youth for Climate. Et d'inviter "tous les citoyens (...) à se mobiliser pour exiger des actes de la part de nos dirigeants politiques et pour changer le système par le bas dès aujourd'hui", de façon à dégager "des marges de manœuvre (...) pour faire sauter les verrous et développer des alternatives."

Interpellant les dirigeants politiques, la tribune exhorte "l'exécutif et le Parlement à faire passer les enjeux environnementaux avant les intérêts privés en appliquant de manière ambitieuse les propositions issues de la Convention citoyenne pour le climat et en prolongeant son mandat pour lui donner un pouvoir de suivi de leur mise en œuvre."

TEXTE

"Nous, soussignés, représentons des disciplines et domaines académiques différents. Les vues que nous exprimons ici nous engagent et n’engagent pas les institutions pour lesquelles nous travaillons. Quels que soient nos domaines d’expertise, nous faisons tous le même constat : depuis des décennies, les gouvernements successifs ont été incapables de mettre en place des actions fortes et rapides pour faire face à la crise climatique et environnementale dont l’urgence croît tous les jours. Cette inertie ne peut plus être tolérée.

Les observations scientifiques sont incontestables et les catastrophes se déroulent sous nos yeux. Nous sommes en train de vivre la sixième extinction de masse, plusieurs dizaines d’espèces disparaissent chaque jour, et les niveaux de pollution sont alarmants à tous points de vue (plastiques, pesticides, nitrates, métaux lourds…).

Pour ne parler que du climat, nous avons déjà dépassé le 1 °C de température supplémentaire par rapport à l’ère préindustrielle, et la concentration de CO2 dans l’atmosphère n’a jamais été aussi élevée depuis plusieurs millions d’années.

Selon le rapport de suivi des émissions 2019 du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), les engagements pris par les pays dans le cadre de l’accord de Paris de 2015 nous placent sur une trajectoire d’au moins + 3 °C d’ici à 2100, et ce à supposer qu’ils soient respectés.

L’objectif de limiter le réchauffement sous les + 1,5 °C est désormais hors d’atteinte, à moins de diminuer les émissions mondiales de 7,6 % par an, alors qu’elles ont augmenté de 1,5 % par an au cours des dix dernières années.

Chaque degré supplémentaire renforce le risque de dépasser des points de basculement provoquant une cascade de conséquences irréversibles (effondrement de la banquise, dégel du pergélisol, ralentissement des courants océaniques…). Les études préparatoires au prochain rapport du GIEC (CNRS-CEA-Météo France) suggèrent que les rapports précédents ont sous-estimé l’ampleur des changements déjà enclenchés. Un réchauffement global de plus de 5 °C ne peut plus être exclu si l’emballement actuel des émissions de gaz à effet de serre se poursuit. A ce niveau, l’habitabilité de la France serait remise en question par des niveaux de température et d’humidité pouvant provoquer le décès par hyperthermie.

Les sociétés humaines ne peuvent continuer à ignorer l’impact de leurs activités sur la planète sans en subir les conséquences, comme l’ont montré de longue date et chaque jour plus clairement de nombreuses études reflétant le consensus scientifique. Si nous persistons dans cette voie, le futur de notre espèce est sombre.

Notre gouvernement se rend complice de cette situation en négligeant le principe de précaution et en ne reconnaissant pas qu’une croissance infinie sur une planète aux ressources finies est tout simplement une impasse. Les objectifs de croissance économique qu’il défend sont en contradiction totale avec le changement radical de modèle économique et productif qu’il est indispensable d’engager sans délai.

L’inconséquence et l’hypocrisie des politiques
Les politiques françaises actuelles en matière climatique et de protection de la biodiversité sont très loin d’être à la hauteur des enjeux et de l’urgence auxquels nous faisons face. Loin de confirmer une prétendue opposition entre écologie et justice sociale, le mouvement des « gilets jaunes » a dénoncé à juste titre l’inconséquence et l’hypocrisie de politiques qui voudraient d’un côté imposer la sobriété aux citoyens tout en promouvant de l’autre un consumérisme débridé et un libéralisme économique inégalitaire et prédateur.

Continuer à promouvoir des technologies superflues et énergivores comme la 5G ou la voiture autonome est irresponsable à l’heure où nos modes de vie doivent évoluer vers plus de frugalité et où nos efforts collectifs doivent être concentrés sur la transition écologique et sociale.

L’absence de résultats de cette politique est patente : comme l’a relevé le Haut Conseil pour le climat, le budget d’émissions de gaz à effet de serre fixé par la Stratégie nationale bas carbone française n’a pas été respecté entre 2015 et 2018. En dépit des déclarations de bonnes intentions, l’empreinte carbone par habitant de la France (incluant les émissions importées) reste aujourd’hui encore supérieure à son niveau de 1995, à 11 tonnes d’équivalent CO2 par habitant et par an, alors qu’elle doit descendre à 2 tonnes d’ici à 2050.

La prochaine décennie sera décisive pour limiter l’ampleur des dérèglements à venir. Nous refusons que les jeunes d’aujourd’hui et les générations futures aient à payer les conséquences de la catastrophe sans précédent que nous sommes en train de préparer et dont les effets se font déjà ressentir. Lorsqu’un gouvernement renonce sciemment à sa responsabilité de protéger ses citoyens, il a échoué dans son rôle essentiel.

En conséquence, nous appelons à participer aux actions de désobéissance civile menées par les mouvements écologistes, qu’ils soient historiques (Amis de la Terre, Attac, Confédération paysanne, Greenpeace…) ou formés plus récemment (Action non-violente COP21, Extinction Rebellion, Youth for Climate…).

Nous invitons tous les citoyens, y compris nos collègues scientifiques, à se mobiliser pour exiger des actes de la part de nos dirigeants politiques et pour changer le système par le bas dès aujourd’hui. En agissant individuellement, en se rassemblant au niveau professionnel ou citoyen local (par exemple en comités de quartier), ou en rejoignant les associations ou mouvements existants (Alternatiba, Villes en transition, Alternatives territoriales…), des marges de manœuvre se dégageront pour faire sauter les verrous et développer des alternatives.

Les enjeux environnementaux avant tout
Nous demandons par ailleurs aux pouvoirs publics de dire la vérité concernant la gravité et l’urgence de la situation : notre mode de vie actuel et la croissance économique ne sont pas compatibles avec la limitation du dérèglement climatique à des niveaux acceptables.

Nous appelons les responsables politiques nationaux comme locaux à prendre des mesures immédiates pour réduire véritablement l’empreinte carbone de la France et stopper l’érosion de la biodiversité.

Nous exhortons également l’exécutif et le Parlement à faire passer les enjeux environnementaux avant les intérêts privés en appliquant de manière ambitieuse les propositions issues de la Convention citoyenne pour le climat et en prolongeant son mandat pour lui donner un pouvoir de suivi de leur mise en œuvre."

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